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Huybert van Bucheil (1513-1599)
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Huybert van Bucheil (1513-1599)
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r R A j^'ïiC' Tooi/i.
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4
L’Hiftoiré de France..
Enrichie des plus notables occurrences furuenues ez Prouinces de l’Europe amp;pays voifins,foit en Paix foie en Guerre: tant p®urîe fait Seculier qu’EcIefiaftic: • Un iußj^ues a ces temps» *
TOMES’ECOND.
AVEC SA TABLE.
A la Royne ’ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Mere du Roy.
De ^imprimerie.
19gt;- ^byabamH.
J
-ocr page 12- -ocr page 13-gt; c/;rquot;vsgt; À D A M nbsp;éncores qu il n y aye chofe en ce monde fi grande ny
honorable que le fouuerain Empire furies homme|^ntre i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lefquels les Roys paroiflent haut efleuez comme Lieutenafts de
M Dieu, pour les conduire amp;gouuerncr. Ce neftalTeztouteâfôis au Print ode commander, s’il n’y aporte les moyens propres à l’entretien de fön Eftat. Car bien qu’il feuft le plus excellent de fon aage, en toutes gratis. Si eft-ce que le naturel foible, voire
gliflant au mal plus qu’au bien : ne peut parmy l’eternelle variété de toutes choies qü’il he fö corrompe alfez toft amp;nbsp;en fin donne entrée à la corruption de tout fon Royaume. Veu que la ftiute du Prince, grande felon la grandeur de la puiflàn-ce : eft dautant plus trouuée mauuaife yque par exemple elle s’eftand au prejudice de fes fujetsi qui fe conforment plus volontiers à fes portemës bons ou mau- • uais qu’ils föyent : qu’aux vertueux effets amp;nbsp;fages remohftrâces d’autruy. N^irt-dre encor luy féra l’auantag« d’auoiFtrouuë le plu?excellant peuple amp;nbsp;le plus aile à manier qu’il feaiiroit fouhaiter; Commentons difent que lés François fë laiffent conduire à l’appetit de leur Roy;Gar ces melmes accidens qui font bPon*A;4^ cher les Princes altèrent au femblable le naturel de leur peuple. Woz premiers peres ont efté à noftre refpeôl,plus fimplesamp;debonnaires qu’on ne föauroit croire . Tous lefquels neantmoiiîs allans de mal en pis ; ( comme toutes ehôfes em-pirent au long aller ) ont laiffé enfans pirç^ qu’eux. Et nous encor plus mefchans que nos ayeulx, produirons des faruiuans au refpetft de la malice defquelz nous ferons eftimez meilleurs qu’ils ne fçaûroient eftre. Bien qu’il femble à au- • cuns, que nous fbyons paruenus à l’extreme vieillefle d’iniquité : jfioàlæilg l’infedion dePnoz vices nous put de fi loin^ : que nous ne pouult;iis melmes fôuffrir le remede , pour nous guérir de tant de maux: Tel à tousjours efté 5 eft fera le naturel à tous hommes que pour eftre plus duids au mal qu’au bien , à la corruption qu’à l’amandement : cette vertu de laquelle vn peuple fè faift remarquer fur le refie 4ps Nations , ne peut eftre de longue durée . ^ar fe changeant enj:ous Eftats ; elle s’altere peu à peu amp;nbsp;en fin dégénéré és vices amp;nbsp;imperfeéiions qui luy font perdre fa lueünfi le P rince n y remedie par vn fignalé deuoir: Ce n’eft doncîe commandement ay l^bonté du peuple qui rend le Prince bien heureUx:veu que ces qu:^itez tiennent trop de l’incertaniiMais la continue d’vne vertu fölidcjqui peut obuier à tous incôueniés. Et ores que tous doiuent eftimereftr^de leur deuoir, d’en empefcher l’entrée: nbsp;nbsp;*
Cela
neantmoins femble plus particulier à ceux qui ont le defir de commander; • nbsp;nbsp;nbsp;• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Aa ij
-ocr page 14-Car, encor qu’ils pcuflcnt régner afleurez tout le cours de leur vie ne fe donnans peine de l’auenir.Sy ëft-ce que ne deuans s’eftimer nez pour eux feuls. Ains aufli pour tous autres à qui ilz peuuent proffiter (^’ilz ont tant fbit peu de cefte gene-reufè vertu qui nous fait aynier amp;nbsp;honorer à tout jamais) le deuoir d’amitié vers le pays amp;Iercfpedqu’ilzdôiueiy à leurs fuccefleurs : les pouflèront àcerchcr tous moyenide profiter à autruy. Et fur tout d’aflurcr plus que d’eftandre leur EftaC à l’auenir , comme dilbit ce Roy de Sparte, Qu’il laiflbit le Royaume à les enfàns : non de plus-grande eftandue, comme là femme vouloir; ains de plus-. longue^ de glus ferme ôc honnorable durée qu’il ne l’auoit eu de fes deuan-• ciers. Les moyens y font alfez clairs (Madame) qui ne doibuent eftrc pris d’ailleurs que du contraire à ce qui caule la ruyne de tous Empires. Car comme il n’y à que la volonté de^Di e v , amp;nbsp;la fuitte des chofes de ce monde ( de^elIes D i e v s’ayde, comme de caulçs fécondes à fa volonté ) qui changent, ôi: ruynent les principautez. Aulfi le Roy qui fe conforme au vouloir Celefteamp;qui d’ailleurs fçait bien remarquer le motif des accidens humains : affin d’y pouruoîr felon l’occafion : il eft impolfibU qu’il ne regne auec tout heur amp;nbsp;contentement. Cell pourquoy les plus auifez des anciens tpreuoyans en I’incopfiance de ce monde, les aecidens qui pourroyentchanger vneMonarchie : ( Comme le bon Pilote preuoit l’orage amp;nbsp;dextrement refifte au fortu-nal qui le menalfe) s’efuertuerent de trouuer vn moyen,lequel arreftant la malice des homme^ les* tint tousjours prefts ou peu eflongrftz du chemin de vertu. En-treles plus fameux de la mémoire ancienne, Moyfe fit alfez cognoiftre, dref-• fant la forme du Gouuernement Ifraélitic; ce qu’il auoit apris dgs plus excellans Eftets du pairé:amp; particulièrement remarque en la Monarchie des Egyptiens. •Cctaccortamp;refofuCappit^ne,inlpiréde D i b«v: perfuada le peuple d’If-raël à fe conformer à fa volonté : 1^ propolànt les diuins Commandemans pour •arr^fter les aétions de l’amc, amp;. la Police pour le reglement de tout le relie qui conferne le Maintien de celle vie humaine. La reuerence amp;nbsp;crainte diuine, eut telle force, que les hommes du commancemênt, n ofoyentpenfer amp;nbsp;moins faire que le contenu des faintes Coix; fi prelïees dictent les fundions de l’ame par lefouuenird’vnefaintepieté.Puislesflatuts Politics amp;nbsp;ordonnances de lalu-llice , regierent fi bien les fujets au relie; qu’auec.ledeuoirdes Magillrats, celle focieté humaine commença de fe mieux porter que parauant. Et creurent demieux lesEllats,tât que les fages Princes fe monllrerét affediônez à la conlerultion du public plus q«e de leur particulier.Mais comnTe tout hommfc variàble de naturel amp;nbsp;amy de changement s’ennuie au long aller d’vne chofe, amp;nbsp;fur tout fi elle luy geinele naturel: pour le defir que toutes créatures ont à leur franchife. Les hommes le font peu à peu émancipez tant de ces ellroits liens de Religion: (que la malice des Jjommes puis lesHerefiesfirentmelpriferd’vn chacun ) que de la violence des lulligiers : bonne part defquelz rendirent eux mefmes la jullice amp;nbsp;profelfion^’icelle redicule à ceux qui jugent de la vaccation felonie merite des Officiers. Ces deuxpilliersvraisfondcmens des Républiques , ainfi corromguz par le depraué naturel du peuple, que|e Prince ne fça-uoit ou ne daignoit reformér: occafionnerent bien toll aprez la ruyne de tout l’e-Hat, Si bien que les Nations voyfine?y furuenans à la trauerfe n’eurent fort affaire ( Si les feditions n’en auoyent ja précipité la fin) à lesruyner par
• nbsp;nbsp;nbsp;• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l’elfon
-ocr page 15-i’effort de Icürs afmes. Comme donc l’entretien de cohduitte d’vne vertu foli-de ) plus que fi le Prince ranaenc la conduitte de fon Eftat au principe de ceux le-lo’rt lé m'odelle defquels le fien fut drefl'é par fes deuanciers : le fera jouyr de la plus heureufe Republique qili viue entre les hommes {. Ainfi maniant les aflfei-res felonie naturel des hommes de cc temps: il n’eft que trop certain que tout ira de mal en pis. Geft la raifoniceft le clair exempled’vne vertu notoire qui peu-uent regier, voirC eternifer vn Efiat. Au rebours, la nonchalance des Chefs, laiP fans les âffâires fe conduyre par hazard fins prcuoîance amp;nbsp;felon l’humetir des hommes qui en tout temps amp;nbsp;en tous lieux ont gauche à leur deüoir^ à efté la principalle occafiôn de la corruption: puis d’vne*ruyn^ entière de toutes Republiques; De la vient que tous cchx qui ont dilcouru des affaires d’Eftât fur les hommes eftiment les Republiques peu différantes ànoftre na-turel.L’vn amp;nbsp;fautre difent-ils^ ont leur naiflanee, grandeurcorruptioi^t fin commune ä toutes chofes. L’vn amp;nbsp;l’autre ont leur excez amp;nbsp;caufes de mquot;^liadies, elles fe changent amp;nbsp;altèrent en forte de leur premiere intégrité : que fi par la force d’vn accident non grçueu : efles. ne tombentdu tout: fans ddh^te parue-nués à leur Vieillefl’e amp;nbsp;dernier periode ( que nature difent-ilz ordonne à toutes chofes ) faudra qu’élles fouffrent la ruyne^qu’ilz eftiment ineuitable : Oppinion, toUtes^-fôis auffi efloignée de raifon, que ennemie du deuoir requis à 1 entretien de cefté ’compagnée mondaine , Car pour s’éftré trop* liez eh la eonfideratioq des chofes-hâturelles : Et i^auoir dreffe les yeux plus haut que porté l’eftendue de cfe bas' monde : ( ce que les plus auifez des anciens ont tous]ours blafme ) ilz ontpriuez eyx amp;nbsp;les lcurs,du plus beau amp;nbsp;affeuré moyen qui fe puiffe trouuer • à ■maintenir amp;nbsp;perpétuer la vie dés Republiques. Lequel bien pris amp;nbsp;pr^jtic-qué^^peybauec lecoi^s étorniferl^homdecetteéMonarchfe Fyançoife.. Ceft quéfe'Prihce fé reprefenteyauoiréfté mis de D,-Iie y,.non feullerrient pour cômmander : Ains pour fefaireaymer^ adiflirer de tous les fiens, par lès ter-» tueux'exemples de fa bonne vie./ Ce n’eft pas le commabdeuicnt qui fait le grand Roy : Ce n’eft pas l’eftandue de fes pays ; nonplus que le naturel guerrier-,l’obeiflance, ny la riclîeftè ou refpritefueîllé de fbn peuple w Et comme refpondit Agefilaus ce braue Roy^de Sparte à ceux qui tuy haut loüoyent la ma-gnificqûe grandeur du R;oy des Perfes. Pourquoy éft-il plus grand que moy s’il n’eft plus j ufte?Les ^yras amp;nbsp;Barbares payens ont tout eda de cômun auec nous voire y querellent auâtage.Ceft’dc fe rëdre admirable par les e^ts an-ciehne'Vértü.ixs beaux hayons de laquelle req^iréntpremieremeht pdmimtîles au menu populaire ceaxjqui en eftoyct mieux fournis.Piûsilesfireht appellerNo-blesamp;par grades difterë8,efleuer en fin peu à peu augôuuernemét de toUt le peU pie. Lequel pour fefaçonner voire prendre à plaifir'd’imiter fonPrince:(la vie du-qUèl àtôüsjours efté pour reigle auxfujets)en fin fera de tel naturelamp;prédra pareille habitude q le-foiiuerainjtellemêt ejue laRepublique maintenue par vnPrince déUotieux, preuoyanc ôpBon jafticier: peuple d’ailleürs par vue Nation de rhefihe hümeur amp;nbsp;volonté : nepourra fouftfir aiÂre changement que;de feien eh mieux'amp;jamais demalenlpisv^MAD am e puis que la vertugrauéèau cœur d’aucuns de voz anceftrçs premiers peres : les à rendus fi îemarquables fur tous les ■‘autres qu’ilz en ont acquis létitrerde Nobles; Entre lefquelz ceux qui la faifoient plus paroiftre au profit de tous, ont efté faits amp;nbsp;nommez Princes,
• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iij
-ocr page 16-Roys amp;nbsp;Monarques : Ceft bien raifon que celle niefme vertu qui à commancé cefte Nobleflèamp; grandeur en Fame de voz deuanciers : l’entretienne amp;: confer-ue au deuoirdevoftreRoyalleMajefté. Doncques Madame ce grand D*i E V J qui nous à donné le Roy Tref-chreftienvoftre filz Lieutenant de (à Majefté pour nous gouuemer : recerche de luy amp;nbsp;de vous tant pour voftrc particulier qye celuy de nqi. François amp;nbsp;afleurance de cefte Monarchie : que nous- cftimans dignes de voftre fceptrc, amp;nbsp;vous conformans aux vertueux exemples de ces anciens Chefs, amp;nbsp;Policeurs d’Eftats : vous nous mainteniez libres amp;nbsp;afleurez en l’exercice de la Religion amp;nbsp;juftice tant neceftàires entre les . hommes . Vous nous preferuiez de tous accidens qui nous pourroient ad-uenir pour le différend de Religion premièrement : de laquelle l’on ne fe peut paffer jion plus que de la lumière du Soleil. Les hommes laiffez hors la bride de la pafl^lle de D i b v ; feront comme poulains efehappez qui ne s’afujedirontai-fèmtnt au joue des Loix humaines. Ains bien que reprins, fè jederont aux châps des la premiere occafion,pour s’efcarmoucher à la fuitte de leur plaifirs. Ce bon DIE v di-je*fbus la puifTance duquel tous Roys regnqi^veut auffi que vous nous reformiez la juftice.Que vous nous la donniez entière. Et leuiez le mafque â ceux qui la defffuifent amp;nbsp;en abufent fouzl’aaôlorité de fon nom.Or comme la Religio ne peut eftre réglée amp;nbsp;moins entretenue fi elle n’eft appuyée de la juftice.Laquelle au reciproque à belbin d’vne deuotieufe pieté. Eftant la Religion jufte, amp;nbsp;la juftice de foy fainte amp;nbsp;Religieufe . Auffi l’vne amp;nbsp;l’autre doiuent de neceffité, c-ftre maintenues par la Paix qui les preferuera desexcczamp;indignitezquelles • fouffrent au cours des guerres C iuilles. La douceur de la Religion amp;nbsp;luftice ne pci|{ compatir auec la cruauté de ces troubles François. La voix del’vneamp; l’autre, efttropfoîblcpour fefaireentendie parmy les horribles cliquetis de nos fànglantes armes. Combien donc marheurcuxamp; à jamais defplorablefe-lt;a FEftat de ceftujr autres-fois fi*florifïànt Royaume ! Sy à l’appetit de ceux qui fous je «e fçay quel prétexté, vous veullent faire viure en perpétuelle guerre : nous fbmmes contraints de continifcr à nous rougir les mains du fang de noz voyfins amp;nbsp;autrement Kons amis ? Ce Royaume ne peut ainfi durer. Et DIE V ne vous à conduit au milieu de^nous, pour nous faire paflèr la vie en perpétuelles Séditions. Veu doncques Madame ,rvrgente neceffité que nous auons d’vn bon amp;nbsp;long repos: redonnez nous la Paix , laquelle fes Trcfchrc-ftien^^l^s ô/^pere grand, nous acquirent par l’effufion du fang de nozancef-tres. Rai|enez nous au paifiblc^ heureux Eftat*, auquel vous eftes née, auez cfténourrie : amp;nbsp;efieuéc pour nous commander. Et n’y auraccluy de nous, je le dis autant eflongné de flaterie que je fuis graces à D i e v dç contrainte amp;nbsp;neceffité: qui ne s’eftime heureux de fupplier D i e v pour le maintien de voftre grandeur amp;nbsp;afleurance dc^voftre Eftat. Lequel je fupplie le tout-puif-fânt accroiftre d’heure à autre en toute profpcrité, à l’honneur de cet Empire amp;nbsp;contentement des fujets aftèz miferables pour ce têps: les portemés defquelz j*ay ofé vous reprefenterpar?e labeur: non moins pour vous faire cognoiftre quelles fècouffes cete Monarchie à receu, non pour le mal’heur amp;nbsp;difgrace de la fortune.(Car l’homme auifë n’apreuue autre defaftrc,que le cdhrroux deDieu amp;nbsp;la faute des idiots. ) Mais par l’animeftx différant de diuerfes amp;nbsp;fimulées pafi fions mondaines: Que pour donner à cognoiftre à chacun le naturel,les moyens
I-
-ocr page 17-la grande amp;nbsp;petite valeur des François : lefqucls ôu leurs luruîuans, pourront juger amp;nbsp;peut eftre agréer* ines frais, ttion temps amp;nbsp;trauail à courir ça amp;nbsp;la,fur le* ftenduë de ce Royaume amp;: pays eftrahgiers ( afin de ramafler tant de faits notables couchez, en cete Hyftoirepour ne laifler mourir auec le corps le nom des plus genereux : ) autant que la hardiefle du plu» humble de voz feruireurs à vous offrir ce qui peut eftre à l’auis d’aucuns,ne merite d’empefeher la feüë d’vneMa-jefté* Perfuadë neantmoins que rien ne peut eftre grandement profitable au fu--jet, que ce qu’aprez D i e v le Pnnee fauorife : ôc qu’eadeffeins hauts amp;nbsp;loüa* blés i le vouloir vous eft aflez: je ne crairis voüs prefönter ce qui ne peut defpla* ’ ire auxplus curieux des chofès gentilles. Lcfquels pourueus d’vn cœur franc ôé genereux prenent tout en bonne part: nbsp;jugent les adions des hommes, félon
le defir duquel elles p^teat plus que par l’euenement n’y oppinion dt^om^ mun. Viuez contente en fheireufc jouyftânce déroutes graces diuiweR
-ocr page 18-'L'BÎÇ^ ELLE N CE . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 Hifloyre.
’O N. ne fçauroit plus dignemant exprimer le meri te de l’Hiftoire que lappellant M aiftrelTe èc vrâ^ T refor de la vit humaine, N ourrice de la •mémoire des Temps,amp; en vn mot la vr *yc efcolle de fàgefle de tou-létc dci’Hi- te vertu. Or fi la mémoire eft Treibr de l’entendement, fans laquelle les adions? tcTvacJ”^ des homme?rcfteroient manques amp;nbsp;inutiles rL’hiftqire aufli fera la con(êrueamp;: “°”’' feul moven d’affranchir d’vn eternel oubly, les dits amp;nbsp;faits mémorables de tous humains, amp;nbsp;de la Nature mefme. A ce j occafions amp;nbsp;qu aprez la cognoiflânee de Dieu, l’homme n’a que fon plaifîr lie profit pour la principalle fin de fà vie ( deux accidens en la rencontre defquclz gift le fbuuerain bien de ccte vie mondaine, ) lefquelz l’Hiftoire fornit plus que toutes autres vacatjpns qui ne dônent que l’vn • nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ou l’autre voire fort maigrement. Et qu’outre la cognoiflânee, l’amour amp;nbsp;crain-
• te deDieu(que nous prenôs de l’Hiftoire fainte plus que d’autres efcrits)toutes fortes d’Arts amp;nbsp;Sciences defquelles nous puifons tant d’auanAges : nous ont efté données amp;nbsp;retenues par Je feul bien faif de l’Hiftoire: qui niera qu’elle ne foit, ce que l’homme doiue juger le plus defirable bien qui luy fçauroit auenirî ^uTlle ne doiue eftre plus louée amp;tecerchée qu’autre profeflion ? Et que par cô-fequent rHiftoriographe ne fe puifle prcualoir fur tous humains ?
Or comme le monde eft le General fujet ôke l’Hiftoire: laquelleyprendlesa-dions Celeftesnaturelles amp;hùmaincs pour matière: ne difeourantmoins des caulés fur-ellementaires amp;nbsp;de l’Ordre mis au monde pour y comtempler l’ad-• mirable pouuoir amp;nbsp;l’incomprehenfible jugement de Dieu : que des progrez amp;
• effets de la Nature, aufquels elle joint pour plus de plaifir amp;nbsp;profit neceflâire, lesadÎBÂdeslhommesconferuatricesdecetefocietéhumaincrileft tref-necef-fâire afin fe n’offencer Dieu, qp de faillir à la Nature amp;nbsp;nabufe^Ies hommes, que le difeours en foit apuié furRaifons diuines aflèurées amp;nbsp;probables,eïquelle$ reluyfent la Religion, Prudence amp;nbsp;bon fçauoir, accompagné de la certitude d’v-ne experience mondaine, pour mieux tracer à tous hommes les regies plus ne-ceflaires à la conduite de leur vie.
L’hiüojfc le ne m’eftendray point en long difeours pour monftrer combien font grans îouabjcque nbsp;nbsp;moycus quc l’homme peut tirer de lldiftoire pour difeerntr le bien du mal,le
iXnccT Pæfit^u dommage,l’honneui^e ce qui eft def-honnefté:Suiure la vertu amp;nbsp;fe retirer du vice:auec autres mil traits qui fe peuuent dautât mieux comprendre par rHiftoirc,que par le narré des fciences : qi/icelles n’ont qu’vn re^it d’vne fimplc raifon que chacun penfeauoiraufli bonne que celuy qui fe veuj: mefler d’enfei-gner.Mais l’Hiftoire outre la raifonjàl’exéple des chofes pafleeszdefquelles cette raifbn
-ocr page 19-râifon eft tclleméf fortifiée quelle ne laiflè rie à douter qui puifle retarder rhôme delà fuyure amp;nbsp;mettre en effct.Encor eft-ce tout ce q les fciéces peuuét apporter de bien a riiôme.Mais l’hiftoire à mil autres traits excellésamp;:neceflàires,a.fçauoir qui ne pcuuent toutes-fois ellre coprins par autre moyen que de l’hiftoire.C orne apprendre à fe bien porter en fon deuoir,a bien manier fon melnage, policer vne ville,gouuerner vn cftat,remédier aux changenltns, pouruoir aux inconueniens prochains,procurer les mutations de mal en mieux, amp;nbsp;plufieurs autres enfeigne-mens fort notables amp;nbsp;necelfaires.-lefquels on peut prendre aucunement des Phb lolbphes,Ofateurs,Theologiens amp;: autres.Mais non fi bien ne fi amplement que de l’hiftoire.Encorfautdl qu'ils les ayent premièrement prins amp;nbsp;puife^defhi- • ftoire cognoiflance du pafle.N’eft-ce pas vn fingulier proffit que vous tirez de rhiftoire,qu’eny voyant toutes fortes de vertus recommandées d’vne louange perpetuclle:amp;au rebours tbus les vices ôc^imperfedions mefprifées , d^ous mefmes amp;: par inftind fecret de nature, uous foicz poufle d’vn defir d’iu^eur d’enfuyure ceux que tel difeours vous faid cognoiftreauoir efté fi vertueux ? Et au contraire hayr amp;nbsp;detefter ceux-cy qui n’ont fait que noircir leu» honneur amp;nbsp;eonfcience d’vn blafme eternel ? par vn mefpris auquel ils ont efté tenus par vn banniflèment infame ou par quelque punition qu’ils ayent fouffert en leur vie? N’eft pas le foudre de Guerre Scipion l’Africain, digne d’etemelle mémoire de s’eftre fi heureufement conformé à l’exemple de Cyrus, duquel la vie exprimée par Xenophô,non tant au (iefir de la vérité, qu’au patron amp;nbsp;reflèmblance d’vn fâ-ge amp;nbsp;vaillant Prince,fut fi bien engrauée au cerueau de ce chef RdTnain amp;nbsp;par luy mefine heureufement pratiquée, que non feulément les grandes guerres qui • nbsp;nbsp;*•
furuindrentenÊfpaigne n’y finirent pour l’eftonnementamp;meruei lies que chacun auoit conceu de luy , ^pour 1^ mefpris de tous les Oappitaines quH a- \ uoient precede. Mais les voleurs amp;nbsp;brigans mefçnes l’eurent en telle reuercnce, qu’ils le furent veoir amp;nbsp;parler,pour changer l»ur cruauté amp;nbsp;Barbarie en l’humai-^ ne amp;vertueufe douceur qu’ils fèmbloicntveoiremprainte en la fq^eêc naturel de ceft Empereur.Qpelle autre raifon que du proffit excellent,euft feeu auoir ce grand Turc Soliman,en ce qu4le premier de fa ra qui auoit jufques là mefpri- (mitatiou féamp;fuv les lettres:feit tourner en vulgaire les Commentaires des Guerres de Cefar? Aufli en peu de temps adjoufta-il a fon Empire l’Afic mineuramp; bonne par nbsp;nbsp;nbsp;•
tie de l’Afrique.Qui mefmes auoit aiguillonné Cefar à l’imitation de femblabîe vertu que Alexandre le Grand,duquel lifant les viâoires,nc fe pewt tenure plo- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/
rer.Pour ce que fe voyant en l’ùage auquel ce Roy Grec auoit ja doi|ite partie dumondenl n’auoît encor rienfaid digne de fes conceptions. Qui a efté occafion de tant de belles conqueftes à Alexâdre,que b vertu d’Achilleèlaquelle Homere(fanslaPoefie duquel ce Roy ne pouuoit dormir à fon aife ) auoit re-prefenté en fon Poefnié par plaifir plus qu’à la vérité. Le feul fouuenir des vertus amp;nbsp;vidoires de Miltiades, n’efchauffa-il jas tellement le cœur à Temiftocle qu’il n’en pouuoit doriftir journe nuit pour le defir de fe rendre tel ou plus grad q luy? Mais pour biffer en arrière, ces exemples eftran^rs. C^i a rendu Charigs ein-quiefme Empereur tant honoré par ceux de fon temps,quc ce qu’il s’eft propofé d’éfuiure les fàTds de Loys ii. Roy deFrance?La vie duqutl il portoit toufiours aucc luy reprefentée és fidelles eferits 4e Philippes de Comines Sieur d’Argen-t ton eu Poitou?Qu’els’fontles TheüIogiês,Philofophes,Legiftes ou autres Au-
A a iiiij
-ocr page 20-teUrs qui vous pôürf oient àifïli arfedionner à la vertu? Les aftcîehs confiâerans lé fMiofophie merueilleux proffit qu’on peut tirer de la Philofophie, l’ont bien appelle conduite de noftre vie,Pôur ce notamment qu’elle nous defcouure fi an naif le bien Sile mâl,qu’il femble ne tenir qu’àThomm^ s’il ne fuyt le pire amp;nbsp;prend le meil-leur,pour s’accommoder en toues cholèsjvoire s’y rendre heureux amp;nbsp;tres-con-tent.Tous ces enfeignemés de vertu neantffioins reprefêntez en ces beaux traits de Philofoplîie ne fçauroient produire aucun fruit.Pdur ce què ce font liuz amp;fim pies difeours de la raifonexprimée par la paroUe fans effed,fi le tout rt’eftoit rap porté à la pratique.C’eft a dire à l'exemple du bien amp;nbsp;du mal qui autres-fois fe-• roit adienu ét aduiendroit d’heure à autre à chacun homme,ainfi que l’on le voit par l’hiftoire'.Ioint que le difcours d’efprit quelque bonne raifon qu’il aye pour fondementm’cli jamais tenulî vray n’y alfeuré:que ce quiapaflelcfäitamp; quia jael^pratiqué.D’autantqu’vn chaCunellfi amouréUxdelà conception amp;ju-gei^OTWju’il le prife ordinairement plus queceUuy d’vn autfe.N ’eftimant point tantTauis Öt difeours d’aurruy,qu’il luyvueille bailler l’authorité de croire ceS enfelgrïemeiis,cofflme fi c’eftoit chofe dót le Laid: eu£l palfé deüailt fes yeuxzou qu’il feuft alfeuré eftre aduenue aupârâuant.Or l’hiftoire n’eft que la conferue amp;
alTeurancé de celle pratique.Doncquej la dodrine qu’on en prend à bien plus de plaifir,plas de grace,amp; entre melme auec plus d’efficace en noz elprits, que ne qu’on tire de la Philofophie ou autres fciences. Dauautage n’eftant l’iii-cdicé, Di ftoire qu’vn vray narré de plufieurs exemples particulies:ils font beaucoup plus ueamé'î^ ptoptcs à efthoüuoîr Ôr enfeigner que les àrgumens, régies,preceptes,ny autres • nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' fortes d’enfeignemens impérieux des Philôlbphes'; D’autant que les exemples
piaifîr amp;pro font particuliers,arreftez fur chacun fait,accompagnez amp;efclarcis par la lumière prel'entcnt de toutes leurs circfenllances Jdaisles demqpftratiops des Philolbphés amp;nbsp;autres Câfemble. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;■ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
font generalijs,amp; tendent plus .à dóner à entendre amp;nbsp;prouüer quelque chofe. Ou ^îes^xemples paflàns outre,font prefentez pour mettre etl öeuure Sgt;c exécuter : ne monftrans {tellement comme il faut faire, ains impriment vne alfeôtion de vouloir ainßfaire,par vne inclinatió naturelle qus^ous hommes ont à imiter.Côrtie Von voit les femenccs des verftis qui relient es cotirs généreux, s’elueiller par v-ne jaloufie amp;nbsp;certaine emulation de ceux qu’on leur dit eftre ou auoir efté en degré pareil à eux. Et comme en Noblelîê de lang amp;grandeur d’Eftat,ils ne veulet ceder à aucümencor moins le veulent ils faire en gloire dé faids vertueux: fembla bles àceux quîils voyent couchez par l’hiftoire. Outre ce les exemples ont plus d«^Âni^ a nous perlùader,pour la beauté delà vertu qui y eft emprainte.La-quelle à telle force,que par tout ou elle le voit,clle le fait delireramp;aymer.Bt pour ce quelle eft toulîours fuiuie de la vérité: elle plaift amp;nbsp;proffite encor j)lus que la PhilofophienelaPoelîe quilafflafque amp;defguifeésfaids quelle recite. Dau-trepart y a il fciéce,pour auoir la cognoilTance dé laquelle les lettres ne vous font necelTairesamp;auoir clïe ja auparäuat inftruit des premiers traits és autres Iciéces? Corne on did qu’eftans toutes jointes amp;nbsp;vnies par melmes liens,!’vne ne fe peut copreçdre que par l’ayde des tutres^ce qui ne le peut faire qu’auec vne logueur de temps amp;nbsp;peine infinie.L’hiftoire feule vous difpenfant de ces fraiz amp;nbsp;trauaüx n’a befoin du fecoursH’aucunes d’icelles,Aîhs eftât toute natiô cftrieufe de tranf* ferer toutes fortes de liures en là langue naturelle (lans parierde moyens qu’on a de confeiuer la mémoire des chofes autrement que par eferits ) elle s’entend ou f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de
-ocr page 21-de viuc voix, ou par la fimple ledure qu’on y veut faire, fans aucun Dodeur, Or le fondement dp ce plaifir,vient de ce que le naturel de tout homme^e plaift en la cognoiflance de chofes diuerles qui y font plus qu’ailleurs. A caufe comme difent aucuns qu’ayant noftre nature vne affedueufe inclination à fon bien fowie Diueffit« raimelle le va cerchant en tout ce qu’elle cuyde beau ou bon en ce monde. Mais ne trouuantparmy ces choies caduques rien dequoy fe contenter fous la voute du Ciehelle s’ennuye amp;fe fafche bien toft de fi longue peinc.Si qu’errât enla témérité de fes appetis,elle ne ceftè de changer continuellement, jufques à ce qu’e-ftant vnie à cefte fin demiere de fon bien fouuerain(ou eft la perfedion de toute beauté amp;nbsp;bonté ) fes fouhaits lèrôt à vn coup alTouuis.Soit que la fliuerftté nous plailè pour la nouucauté:laquelle eft agréable ànoz {èns,veu le defir qui eft naturel à tous hommes de fçauoir amp;nbsp;cognoiftre toutes chofes. Et pour ce que plus de choies diuerlès feprelehtent en l’hiftoiÂ: qu’ezautres profeflions: l’efa^ di-uers amp;nbsp;adif de loy (comme la nature melme eft diuerle amp;nbsp;fe plaift en lî v^eté de lès adions,)le refiouit plus en la diuerfité d’icelles qu’en la ledure de toutes autres fcienceszlefquelles ne vilàns qu’a vne fin,amp;ne s’eftendanS que fur vn fiijenfafchent pluftoft qu’elles ne refiouilfent l'homme de fi longue eftude.Mais l’hiftoire nous plaift encores dauâtage,qiie le plaifir n’y eft pas feul, ains refiouit amp;proffite enfemble.Car corne la ledure qui n’apporte qu’vn vain amp;nbsp;oTfeux plai-fir aux lifans,ne peut contenter les plusaduifez :non plus que celle qui proffite fcuUement làns plaire amp;nbsp;refiouir les lèns pour les adoucir par quelque allegemêt de plaifir.A ufli celle qui a ces deux points reciproqUes,eft déliré e S vniuerlèlle- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
ment rcceuë de toutes fortes de gens.C’eft pour cela que Alphonfe Roy de Na- • pies fort malade à Capouezvoyant que les Médecins ne luy proffitoient de gen: refolu de ne prendre plus d^Medecins,fe meit à lire Quinte^urfe des faids amp;nbsp;geftes de Alexandre le Grand:efquels il print fi grand plaifir,que nature s’en for-tifiantjfurmonta peu a peu la grandeur amp;nbsp;obflfnation de fon mal. Si que retourné» lain il donna congé à fes Médecins ne failànt plus côte d’Hipôcras^ Galien au prix de Quinte Curlè.Pour mefmc occafion Ferdinand Roy d’Elpaigne de malade qu’il eftoit,le meit au prelniereftat de lànté, pour le bien que la ledure des
hiftoires de Tite Liuc luy en moyéna. Et quoy de Laurens de Medicisjfumoni-mé Pere des lettresdequel fans aucune ayde de Médecins,bien que fort mallade fut aufli toft gueryqu’il'eut leu le faid notable de Conrad troifiefine Empereur Proffit, lequel refolu de faire mourir Guelphe Duc de Bauieresôc ruyne^auci les habitans qu’il tenoit ja long temps afliegezjçn fin vaincu par les g: importunes prières des Dames amp;nbsp;Damoifelles de la villc:il leur permit de fortir vies amp;nbsp;bagues fauues:pourueu qu elles ne prinftènt de la ville q ce qu elles pour-roiét emporter fur leurs efpaules.Mais elles non moins aflèurées que pitoyables y bifiàns tous leurs biens,emportèrent fur elles le Duc,leurs marys, leurs peres enfans amp;nbsp;tous les parens amp;nbsp;amys quelles peurent. Dequoy l’Empereur mefine reçeut vn fi mcrutilleux contentement: que deflors il pardonna au Duc Ton cnnemy, enfemble à tout ce dont U auoit parauaft fi fort juré la ruynç. •
Maihentati*
Doneques comme il n’y a rien qui vienne parfaid en la lumière de ce monde amp;quclcsfcienCesmefmescontemptatiues(lefquelles conîiftans plus en confi-derations d’cfprit.qu autres adions) nefe propofent autre fin que imaginatiue amp;nbsp;l’exercice fans cfted de Ten rendement humain ) n ont eu leur commcncemét
• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parfaid
-ocr page 22-pärfait»Ains adjouftans les derniers à l’inuétioh de ceux qui les auoic ht precede nous ont en fin amené les fciences fpeculatiues à tel eftat que l’on voit : au iour-d’huy * life faut alfeurcr que l’hiftoire à précédé toutes autres dodrines Tiieo'ôgic. me^ine la Theologie àefté beaucoup plus fimple au commencement^ que lors que noz premiers peres , fe contentans de regier les adions de leur vie , feuflentlpirituelles ou terriennes corporelles , felon la remohftrance amp;nbsp;faint aduertilfement d’vn Prophete ou autre Miniftre du vouloir facré : ils n’a-uoient le cerueau embrouillé en tant de douloureufes confiderations: qui nous font depuis furucnues par les traditions des hommes qui fe font ingerez de faire ’ autant de liuÆs amp;nbsp;comrhentaires fur ce qui eftoit fimp le amp;nbsp;vray de foytqu’ils a-uoiét de jugemens diuers les vns des autres.Or deuant qu’il y euft aucun corps deliùres facrez c’eft à dire forme exterieure de fcicce Theologalled’hifioire inef merÄnt Ecclefiaftique foit Mofaiqul^jfoit C^reeque^Egyptienne ouautres: nous auog jatlonné amp;nbsp;entretenu la mémoire tant des nommes defquels Dieu s’eftoit voulu feruir pour l’entretien amp;accroiflemcnt de fon Eglife:que de tout ce qui concernoit fon faint vouloir.Encores efi-il plus certain que laiurilprudence,c’eft à dire la fcience des loix amp;nbsp;j uftice:à efté dônée amp;nbsp;maintenue par la faueurde l’hi-ftoire plus que par autre difcours que |^s iurifconfultes en ayent fait. Gar corne cefte profefiionne eonfiftoit anciennemat foit entré les Hebricux foit entre les Perfes,Egyptiés,Grecs,Romains,Gauloisamp;autreszqu’enlatraditiue deecrtah lurifprudcn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Je loixicroifiaiit la malice des hommes, cr«ut aufti le defir de fe priui-*
legieramp; exempter de ces liens fi eftroiéts.Si que les homes tafchans de les fnter-• prêter accomoder aux occurreces amp;nbsp;faire entédre folô leur fens amp;nbsp;appétit de ce V qu’ils vouloiêt faire:ont en fin drelîé défi gros volumes, q la fciece en a efté der puis beaucoup plu? renômée^mal aifée à^tendre^qu’elle n’eftoit lorsque l’hi-ftoire feulle comprenoit ce qui eftoit le prihcipal d’iccllé, auee les rioiris amp;nbsp;vie
•deceux qui auoient efté les plus Âghalez aux Gouuememcs de chacun peuplci AinfidelaN^decîheamp;aufresé • nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. J r.
Au refte il n’y a Art,Science,ne vacation, «lefinement de celles que,, nous àp-péllons â(ftiues,amp;: dont la fin gift plus à faire quelque chofe vifible amp;nbsp;corporcllé qu’a contempler ny trauailler d’efpriu^ui n’aye prins vie de l’hiftoire.Car eHé îefc ' • a mis en auant amp;nbsp;les conferiie plus qu autre ehofe.N’^ôcpas noz deuancierspre-ihXmpH iTiierement remarqué par vn long amp;nbsp;aflidu vfage,plufieurs faiéls amp;nbsp;accidehs parie denn- ticulfog^u’ilf ontmis en apres parefcrit com’nie pour- les,xonforuer .^auiwefor ’° *'’ • d^ncm^e?Leurs nepueux venans apres en auoîr CÔnfideré d’autres amp;;ràppor-té les leurs -auec les premiers qu’ils efclarcHfoiént par vn bon difcours de raifon y adjouftans les caufes à chacun accident-jpuis leur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;apres leurs’fihs auf-
quelles chacune occurrence fe referoitren oht faid vn art amp;nbsp;feiencc telle que par la faueur de l’hiftoire qui en eft corne mere amp;nbsp;gardienne^ l’homme.en peut tiri^r les moyens poUr s’en feruir a fon befoiri, comme nature veut que toutes chdfes tournent au proffitamp;contenfetnentde*l’homme.
Oiitre ce,je dis quel’hiftoft-e eft non feullement plus ancienne que toutes au^ tres fciences.Maîs qu’elle a eU cours entre les hommes deuât mefine l’vfagû des lettres*Car comme tiles ne furent inuentéts toutes àlafbis*Aint par diuers hoôi mesjén diuers temps,eri diuers pays, amp;^ourdiuerfes occafions l’vnc aprcsl’au-fré polir s’en feruir en fin a'mîcux exprimer amp;nbsp;plus fidcllemént conferuerde dif-
-ocr page 23-cours de la raifonrdeuant l’inuention de lettres, les hommes ne perdôient pour tant la mémoire de ce qui fe pafloit,non plus que de ce qui s’eftoit faid aupara-uant eux.Car ils laifloient le fouuenir des belles chofes paflees,qu ils faifoiçnt apprendre de main en main par cœur à leurs enfans. (Comme mefmes les Grtcs appeloiét Nomi pour le chât)qui eftoiér conferuées en la mémoire des hommes par léchant des vers,efquels elles eftoient rédigées pour les apprendre, chanter amp;nbsp;s’en fouuenir plus aifément.Et la Poelie femblablement eftoit ordinairement chantée és feftesjeux ôc feftins publics . Les Barbares mefines habitans es terres Neufues Occidentales,fans conlèrue d’aucunes lettres,ont certaine cognoif-fânce de bien huid cens ans parauant l’arTiuee des Elpagnols en celais 15,laquelle ils gardent encor par leurs danfes amp;nbsp;chanfons qu’ils appellent Areytos. C’eft pourquoy les Grecs l’appellent hiftoire , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nçn pas
comme ils difent tous nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pource qu’elle n’arrefte le cours amp;nbsp;flu^e la
mémoire. Ains feullement du temps, la cognoiflànce duquel feroit aôtreçient perdue. Qui fait que l’homme ne^fe peut amp;nbsp;ne fe pourra jamais palfer de la co-gnoifîànce amp;nbsp;recerche cj^Sichofes humaines.Si fait bien de tous art5,fciences,amp; autres vacations, tefmoins tous amp;nbsp;tant de peuples nouuellement trouuez. Car routes nations ont, linon les lettres amp;nbsp;efgrits d’vne lèmblable forme : du moins quelques autres moyens, pour conceuoir amp;nbsp;retenir la memoke des ^us belles chofes qu’ilz iugent deuoir eftre fçeuës du palfé, pour inciter amp;nbsp;rcigler les furui-uans à lèmblable deuoir. •
Somme que s’il eftoit aulTi aifé à chacun,de recueillir amp;nbsp;appliquer à fon vfage les enfeignemens que donne rhiftoire,comme infailliblement c’eft la regle de la • vie humainenc ferois d’auis que tous homes entralfent promptement amp;nbsp;de gfin-làut és riches amp;nbsp;belles campagnes des hiftoires. (Sar fçauroft-on imaginer cho-feplusplaifanteouprofïitable que d’eftre alfis au theatre de la vie humaine, le-quel eft rcpreî^nté en rhiftoire?merueilleulèifient bien fourny de tout ce quf eftb requis pour fa perfedion?app rendre amp;nbsp;deuenir fage fans auciîh dager amp;nbsp;aux def-pens d’autruy:recueillir toutes Ibftes d’exemples pour les appliquer commode ment à Ibn vfage amp;nbsp;en tous eulnemens? Voire qu’âuoiraflifté au confeil des plus grands du monde,traittans des chofes d’importance:lc trouuer aulTi à l’executio qui eft vne chofe que nous délirons entre plulieurs autres? Amaflèr en là memoi- nbsp;nbsp;nbsp;•
re tous les temps du monde qui autrement leroit impolTible pour la brieueté de , celle vie? Voir le cômencement,rauancemét amp;nbsp;la fin des MonarcÂes?G^noiftre clairement les^atfes des maux que le public amp;^articuliers fouffrent?Encn^s hautesamp; mal-aifée s à voir quelqu’vn qui marcheamp; tombe au dâger deuant vous? N’eftre iamjis delpourueu de certaine experience?E t pour le faire court, par les chofes palfees preuoir fagement(ce qui eft le propre d’vn homme auifé)rauenir en tous fes’euenemens amp;nbsp;iuger du prefent comme il apparnent? Or puis qu’ainft eft que tant plus vne hiftoire eft riche amp;j)laine de bons enfeignemés:mieux doit De laieâu-on eftre preparé en approchant de fa ledure.Veu aulfi qu’il y a autant de difficul- gj’*' té à bien iuger des faids d’autruyrque des fiés pr^pres.Et que perfonoe tât clair voyant puiflions nous eftre en ce monde,ne fçauroit bien confidercr la vie d’au- aucc difctc-truy qui ne peutrcgarderàlalienne.fls’enfuit donc qu’ily a biéaffairea manier les hiftoires comme il appartient.Et qu’Il ne faut pas feullement audir quelque prudence ciuille,mais eftre bien réglé aucours delavie,auant qu’approcher de
-ocr page 24-Ïa.Sinó qu’ö vucilc extrâüagüer amp;: eftre âgifé ïans ceÏÏê dVnè facó hiiferabie par les vaines imaginations du monde. Car corne il aduiêt en vn baquet fumptueux richement fourny de toutes fortes de viandes délicates,les vns taftent de cccy amp;*de 'Gelajaucuns en petit nombre s’arreftët a vnmefme mets.Ceux qui ont trop grandappetittrouuent tout bon^amp; chacun prend plaîfir felon qu’il a lepailais difpofë.En telle forte toutésfois que l’ on doit tenir mefure:felon que la complexion du corps amp;nbsp;nature le requiert enprenât nourriture certaine,(impie, non cor fompué amp;nbsp;conuenable au corps humain,le plus qu*il eft poflible.Autrementfi l’ô exccde,ou fi l’on force fon naturel, le repas apporte plus d’incommodité que de plaifir.Sembjâbiement encores que l’on voye mille chofes differentcs,millc con-feils diuérs en toute celle variété de la vie humaine : Si que chacun juge de fes dépottemens amp;nbsp;de ceux d’autruy felon fon fens amp;nbsp;apprehenlioh. Si eft-ce qu’il n’y lfau vnfeul ’cheminàlavrayeveftu, amp;nbsp;tout hornme qui le luit dextrement, doit ^Ire eftimé viure comme il eft requis; Les autres reflemblent à ceux qui ne tiennent aücüne mefure és banquets ; car ils ont infinies viandes deuant les yeux qui leur chAouillent l’appetit.Ce pendant ils ne peuvent trouuer ny en leur vie ny en celle d’autruy,chofe qu’ils deliberent refolument fuyure, amp;nbsp;ne fçauent ou tirer.Or fi nature à rien donné à I’honjme pour en vfer ou s’en abftenir: c’eft a fa vie amp;nbsp;a celle des autres, âquoy il doit regarder de bien pres * Mais qui eft-ce je Vous prie qui rapporte au côpas delà vertu,toutes les parolles, toutes les adiós amp;nbsp;celles d’autruy,pour le moins auHi exadement qu’ü prendra garde aux viandes qui luy ferot prefentées,amp;qui ne s’eftime trcs-fuffîlant amp;habille à juger de tout? : Ceft mcrucilles combien les hommes fe trompent en ceft endroid,eftimant que l’e^riture d’vne hiftoire enfeigne celluy qui jette les yéux deflus, Veu quelle fournift feullemen? matière pour apprèndr». Eftartf de tel vfagesque les viandes d’vn banquet,c’eft a dire fefuant aux peffonnesjfelori quelle trouue leurs éfprits , difpofcz.C’eft pourquoy nous en’Voyons aüeuns tran^ortez, delà douceur des -mots, amp;nbsp;caurir tellement apres qu’ilz perdent le meilleur. Telles gens ne prof-fitent non plus a lire les hiftoires qu’a ouyr îbuer d’vn Luth. Ils palfent autant de temps polir eftre incoiltinent^pres trauaillez de t^elquefoücy plus fafeheux que au parâuantiGar il n’y a nul vray plaify* que celuy qui tend à la vertu. Les autres font aigüillÔnez feullemet de cefte rcfplêdiflante Image de gloireamp;s’y fc laiffent transformer. Tant l’elprit humain eft ployable en tout’ce qui a luftreôt grad aj * par^fi^i^ais îela ne leur ffert de rien,amp; ne fe fouuiënent pas q les beaux exëpleÿ lîÔntenus és hiftoires ne font pxopofez à ceux qui fiiyuët la vdttif, finon affin de mefprifer la gloire fi elle ne fe prefente pour loyer vertueux : amp;nbsp;fe porter mode-ftement quand elle nous accompagne. Ét comme perfonne d’clpriyaffis ne faid fon comte d’afpirer à mefme gloire,qu’en viuant comme ceux qui y font parue-nus par mefrne vertu.Toutesfoj^ nous en voyons plufieürs,qui pour auoir leu de belles ehofes,font les fuffifans amp;nbsp;s’éftimët je ne fçay quoynelTemblant aux Bafi teleurs qui veulët faire les Princes apres auoir defpouillé l’haLit de quelque Roy qu’ilft reprefentoict fur vn efAaffaut.il y en a d’autres amp;nbsp;en grâd nombre qui ne prennent plaifir qu’a chofes nouuelles amp;nbsp;eftrangçs, gens de cœur bas,qui à la façon des idiots eftiment plus vn manteau d*efcarlate,que celluy ^ui le porte.Et la pourtraiture de^quelque embleme que l^Authcur amp;nbsp;difpofitió d’icelluy. Au refte quoy quel’vn des principaux buts de l’hiftoire, foit de refueiller la ftupidité des a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hommes
-ocr page 25-hommcsdes munir contre tous les dangers .Et que tant d’exemples y contenus qui ont vne tres-grande efficace pour perfuader les bons ccrueaux, tendent a cela principallement-.il adulent au contraire , neantmoins par la vaine aflèurancc eu laquelle prelque tous hommes s’endorment : n’eftimans que les mal’heurs d’au-iruy leur touchét en rien. De forte qu’on entend amp;nbsp;lit les plus mémorables cho-fes du monde fans y prendre garde en forte que*ce foit.Il s'en trouve encor d’autres qui veullent mesfnies contreroler la principalle partie de l’hifto^irc , comme s’il falloir eferire les chofcSjiion pas ainfi qu elles font aduenues, ains comme elles doiuét aduenir.Par ainfi celle audace d’vne part,la ledure definefurce amp;nbsp;con-fufe de liures de l’autre, faid que comme par les humeurs corrorflpues,4a fanté corporelle empired’on acquiert auec la mauuaife habitude de jugement, vn ren-üeriement de raifon qui doit eftre la plus faine amp;nbsp;mieux réglée en noftre vie. Et n’a l’on jamais vocation arrèftée.Bref comme la nourriture ne fert de rien nbsp;nbsp;nbsp;in-
tempcrans:aufli l’on ne recueille fruit quelcôque,de tout ce qu’on lit.Etfnr ^m-ble qu’il y â preique mefme confideration à lire l’hiftoire, qu’a bien examiner là vie.La premiere difficult^ procédé du renuerfement de noftre difcotrsjqui nous pouffe ou noftre deffr encline, amp;nbsp;non pas ou les exemples de l’hiftoire nous de-uoient attirer viuemet.Mais cefte cy n’eft^Jas moindre que les hiftoires meftnes deforiuent les chofes aduenues d’vn tel ftil,qu’ils ne fe contentent pas (f attirer le Ledeur.Ains aufli s’arreftans à leur gouft,amp; voulant y faire accommoder les au-tres:cntrepofent leur jugeifiens,pri{ent cccy ou cela le plus qu’ils peuuent. Se faiiâns accroire qu’on doit fuyure tout ce qu’ils trouuent bon.Si en cela ils pro-cedoient à la bqpne foy , il feroit aifé de s’accorder; ou ne point s’arrefter à leur HiftorietJ dire.Mais il feroit à defirer en tel fiecle mefmement,que les hiftoriés ne flataflent pas tant les Ledeurstreffèmhlans au»Cuifiniers qi»i ontplusTi’cfgardàrappetit qu’a la fanté de leurs maiftres. Ainfi donc nous fommes fouuent trompez amp;nbsp;par noftre jugement amp;nbsp;par le préjugé de ceux qifi ne fe contentent d’eferire les «ho, fes fimplement. l'Hyftoriê eft l’interprete des chofos aduenuA.S’ilgt;i le jugemêt corrrompu,il en prend de fon oeuUtc,comme quand vn bon vin deuient punays cftant mis en vn puant vaiflèaufou gafté par quelqilfe autre mauuais artifice. En-quoy on ne peut remarquer qu’vne extrenae ignorance ou imppofture infuporta-ble.Ne voyez vous pas que prelque tous Hiftorisen,attribuét les grâds exploits nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•
à la fagelfe amp;nbsp;force des hommes?Si que de fols,ils en font des enragez par telle flatterie?Car encor que toute leur eognoiflànce ne puifle apprelfcndejJ|^ho-fes qui paroifltnt aux yeux:quê leur force amp;nbsp;vigpeur ne monte non plÇs qS^l-le du ver de terre. Toutesfois il ne faudra qu’vne vidoire de peu de confequence pour leur pçrfuader qu’ils font dignes de gouuemer tout le monde.Au contraire l’Hyftorien craignant Dieu,cndifânt que les affaires font exécutées voirement par l’induftrie amp;nbsp;force des hommeszmais que lajjrouidcnce de Dieu conduiét le tout,deliure les hommes de folie amp;d’idolatriequi n’eft pas moindre mal que l’autre.Cet aduertilfement n’eft à autre 5n que pour bié faire preparer tous ceux qui veullent feuilleter les hyftoires,premier que db venir à la ledurc d’icelJes. Et les rendre alfeurez qu’il y faut entrer fort diferettemêt. Si non il adviendra a telz cftourdys,comme à certains villageois,qui fe trouuans au iSc d’vne ville entreret en vne belle boutique d’Apotiquaire^ apres s’eftre afriandez fur les dragées, confitures amp;nbsp;autres chofes plaifantes à la bouche : cftimans que le refte des dro-
• nbsp;nbsp;• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gue«
-ocr page 26-gUes eftoient de mefrae faueur humèrent roudain,aualerent engloutirent tout ce qu’ils y trouuerentîdont lés vns deuindrent mallade$,amp;les autres tellemet fre ûetiquesjqu’outrela rifée qu’ils apprefteregt à toute l’armée, s’ils ne moururent • bien toft,tourmentez de langueur:ne fçeurent onques fe remettre au premier e-ftat de leur fânté.Car comme il ƒ a des commoditez amp;c incofnmoditez en noftre Vie,auni l’hyftoire qui éft la viue Image d’icelle,incommode,ou accomode beau coup ceux qui s’y veulent adonner.Mais l’exellence ôi. proffit de l’yhftoire fe co-gnoift encor mieuxjpar la vie eternelle que les hommes amp;nbsp;tout ce qui eft porté par ce difeours, y reçoiuent. Car toutes chofes vieilliflent amp;nbsp;meurent en fin par le Cours^u temps.Les fciences mefmes encor qu’elles foient vn merueilleux don d’efprit : periflènt en fin,ou par le cours des guerres,ou parles innondations d’eau»negligence des hommes ou autrement. Puis comme le temps enfante par foisMc grands efprits,differens des premiers : c^ux-cy renouuellent ce qui s’en efl decadêce,ou eftoit ja mort n’en reliant plus que la feulle mémoire portée par l’hylloire.Contre laquelle,chofe du ryonde non pas le temps mefme qui pert tout:n8 peut rien.A celle occalîon vn Romain diét fort auifement que Sala-mine Ille Grecque mourroit plufloll,que les chofes qui y auoient ellé faiéles par les Grecs.Aulfi fut elle depuis engloiitie par vn Deluge d’eaux, comme Egire, Bure,Heîie,Crete:de laquelle nous ne voyons auiourd’huy que le tiers de ce que les anciens ont cognu qui pour ce l’appelloientEcatÔpolis.Qif ell-il puis peu de temps aduenu fur Hollande,Frife amp;nbsp;pays voilins Septentrionnaux ? elquelz, on voit encor en plufieurs endroits les bouts des clochers amp;nbsp;autres ruynes de grandes villes couuertes d’eaux,côme vous voyez que la mer gaigne ^n plufieurs au-tr«endroits?Tout cela ell perdu amp;nbsp;n’en relie plus que la mémoire portée par les eferits des Hylïbriograpbcs qui en ont^ouludenner la cognoilTance à leur pollerité.Mais l’hilloire ne mourra iamais, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;■ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;’ ;
-ocr page 27-Du Vintquatnéme Liure
B T} Tàe r^^iitheurà la pourßiitte de fin hifioire.L'Eflat de France mil ciru] cens fieptante.Totlf ^e^ de guerrefe retirent enleursmaifionSsdrlt^Chefs ’Froteftansàlali^chelle. Le A^ariage du F^yaueclA fille de L'Empereur continue' amp;nbsp;accomplytfuecgrandes magnificences,Les Frinces Proteftans d'Allema,-gne enuoyent ttyfmbafi'adeurs au pour luy congratuler ce AEariage nbsp;nbsp;l'entretien defon Fd^ de paix: a4ux
points, ae la harangue defc^uelz il refpond, ios renuoye honorablement.Les Catholiques Protefians commen cent a fe plaindre les vns des autres .Occafion aux Protefians d'enuoyer députez, en Court pour y faire entendre leurs doléances:^ au Ppy d'enuoyer Commijfaires par toutv fies Prouinces,çfi entr'autres le Mare fichai de Cofii fié (fi Proutiere Maifire des Ppejueftes à la Pnchelle: tant pour auifier auec la P^yne de Tfiauarre^ lt;s..4miral aux moiens plus propres a maintenir le Royaume en Patx:que pour ouurir propos d'vnMariage entre le Prince de Bearn (fi fia fieur, (fi aufiid'vne guerre contrePEfipagnol. L'Edit de paix y efi examiné.Et fur ce les Protefiâs s'efiendent fort enlonguesplaintes de l»poure execution d'iceluy.lt;i.^Equoy le Marefichalrefpond. Desbordemens dePiuieres.Efimeutes àpouen en7formandye,0renge en Dauphiné (fi autres endroits fur leÆonfederez.Ta-xês fur eux par lettres duPyy, aßn de payer le cinquième de leur reuenu,forsles7fiobles,poHr le payement de leurs Peifires.Synode^ la Rochelle general pour les Protefians. Entrée du Ppypuis ae la Poyne das P arts.Les Ppys de France couSiurriters defieoir (fi tenir leur lit de jufiiee au Parlement de Faris, (fipourquoy. L'authori-te ae cefie Court (fi de la chambre dorée.Harangue que le Ppyy fit (fi la force quil vet^ efire donnée à fies E^tz. arreèlei!^ en fion fieulpriué Confieil fians autres remof^ances.Fumulte a Farts pour la Croix Gafiine (fi léoccafion. P,e T(oy enuoya Teligny à la F^chelleitdt pour ajfieurer les Protefiâs de fion bon -vouloir enuers eux:qtià la pour fiuitte du Mariage dentre le Frince de Bearn (fi Madame Marguerite fi fieur :(fià la guerre de Flandres, pour les filtre -venir en Court, Surquoyla Ppyne de Ffauarre efi confieillée diuerfiement (fi de diuers endroitz. f,lle -va à Fartsfionfilz eflant à Bloys bien fuiuy de PLoblejfie Protefiante en Court, zMariSge du J^ince de Condé^ Madame la Marqûifie de E^fle fille dufiu Duc d^ Neuers.Mariage de r.,4miral (fide la Contejfie D’entramont tn Sauoye .tfiLfariage deTeligny auec Loijide Coligny fille de l’itHmiral. Lignerolles l'-vn des grans mignos de fion Excellence efi tué en Court. Odet de CoBgny Cardinal de Chafitllon, -voullant s'embarquer a aimptone port d'.Angleterre pour reueoir la France, efi en poifionnépar -vnfien fieruiteur qui depuis efi deficouuert,pendu^ efi,-trang lé co mme Efiion meurtrier à la F^chelle. •
SO V s auez veu pdr le narré des chofès pafleesj feftrange cours des guerres tant Françodès que circonuoifynes:de la milêre delquelles vous ayant tilg par vn Edit de paix: je^ne vous laiflôis, à/non auis, moins de plaifir en la confideratiosÂÎÂI^g^s fl rares:qu’à moy de proffitSc contentement elperé en lheureule jouïffince d’vn repos fi deuo tieuièment attendu. Mais puis que le vouloir de ce grand Dieu, tranchant le cours de lailc qu’il nous aucyt laifle goufter par deux années: a conuerd noftrc plaifir en vn fi faicheux ennui: auec f occafion m’eft crue la volonté, de vous reprelênter ce qui nous eft furuenu depuis ce temps: auquel le malheur de ce Royaume,ou pour mieux dire la trop ingenieulê fiib-tilité d’aucuns, nous a fi peu fait relpirer de fi longues’fe penibles ceuruées : afin de mieux nous efchauifer à la pourfuitte de la carrière que leur faute a fait prandre au refte des Francois,mal auiièz plus que mefehâs toutesfois,de feftre lailfé mener a findiferet appétit de ceux quiont abuie de leur creâce.Malheur,malheur à ceux,quAie le plailênt qu’au mal^^amp;plMs mal heureux celuy qui de naturel mefehant, fencourage a faire mal par falïèurance qu’il prend de couurir Scceler IcFmeichancetez à chacunJ'Car que les hommes le tÂilfent: les autres choies animées,voire la terre qui tient le corps enlèu^i: fær qui a donné palïàge a îAmepour aller haut ou bas:amp; Dieu mefine crieront la defcouuerte de leurs iniquitez.Qi^c chacun en Juge a la capacité de Ion fens: me fuffift d’hiftorier bien qu’auec plus de fidelité,que d’eloquence,le?
Bb
-ocr page 28-Nouembre.
i î 7 O.
L’HISTOIRE DE FRANCE.
merucilleux portemens de nos contemporains pour ne faillir a mon deuoir d’eternilêr au profit de nos rierc nepueus, la memorable rencontre des plus effranges choies qui auindrent jamais en aucun ellat de ce monde. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Eftatdcla France l’an mil cinq cés fepcantc.
Doiicqiics pour joindre à la mémoire du pnlîcjc Ibuuenir des renouuellées {editions Fran-çoifês.L’an mil cinq cens lêptantCjl’Éilat de ce Royaume cftoit tel que la paix Idlennellemet jurée par les {jlus grans de fvn amp;nbsp;fautre collé: receuë, émologuée, puis en fin publiée preß que par tous les Parlemcns de France:chacun congealcs trouppes mclîncmét les ellrangeres. Puis les Catholiques amp;Protcllâs reprindret le chemins de leurs maifons efquclles beaucoup n’auoient ellé veus depuis trois ans : voire que plufieurs des Confederez notammant, que le • bruit tant 4c faits d’Aimes plus que la vérité, auoit lait morts: trouiierent en grand deß • plaifir leurs affaires domclliques en autre ellat qu’ils n’elperoient. Quelques femmes melmes remariées au dcceu de leurs maris. Peu le réconcilièrent auec ceux qui en furent l’occafion.
Plufijurs patientèrent, aucuns lé tindrent à la vengencc, le relie y pourueut lélon le cœur amp;nbsp;mofcns qu’vn chacun pouuoit auoir. En general tous les bons Catholiques amp;nbsp;Confederez, coiiMlt;»les pales mariniers efehappez d’vne grolle ôc’longue tempefle: dreffoient leurs prières au Ciel, pour les bien heurer à l’auenir d’vne affurée bonafïé, d’vn temps clair amp;nbsp;férain, lequel changeant les ennuis paffés auec vn plaifir {Mefènt: leur fill voyr le relie de leurs jours accompagne du repos tant defiré. Des Chefs Proteflans «ucuns fuyuirent les Princes qui fé retirèrent à la Rochelle auec la Roync de Nauarre: comme l’Amiral, le Conte Ludouic de Nanffiu, Teligny,la Noucamp;plulieurs agtres pour y attendre en plus de féureté,difoient ils, . l’executiftiamp;auanccment de cefte paix.La Charité,SancerrcôêCognac reccurét les gamifons
Protcflantcs que le Roy y auoit ordonées pour deux ans portés par l’Edit:cfquellcs les Princes mirent tels Gouucrneiirs amp;nbsp;foldats qu'ils voulurét.Mais la Rochelle n’en recent pour ne con-treuenir aux^jneiens priuillcgcs que les Roys trcs-Chrefliens luy ont donné amp;nbsp;de pere en fils continué jufques à ce jour.Ainfi la plus part des vns ôc autres falïéuroient de la bone volonté
• du Roy à l’entretien de la paix:qui eft en France le principal point a c^ effet,veu la deuo-tieulc rcucrence que les fujets ont fi long teps rendue à leurs Princcs.Le Roy mefine pour da-uJhtagc imprimer c«lle oppinion au cœur des liens: jnduitpar la Royne û mere qui ne cer-choit que dignes alliances à lès enfans: pouffé d’ailleurs piff vn inllint naturel qui le mouuoit ‘ a le moyéner vne femme pour en tirer vn fucceffeur à la fleur de Lys: fc relôlut de mettre vnc Mariage (fe pftimptc fin au propos encommencé Âc Ibn mariage auec Madame Ylâbeau féconde fille de Charles amp;nbsp;fEmpereur N^^ximiîian.Dôt on prenoit encores vn plus grad augure d’vne paix durable: tant
Yfjibcaii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;“■ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
d’Autriche pour le doux amp;nbsp;fimple naturel de celle Princclïè débonnaire,amp; de naturel conforme à toutes
(rd°equot;cEm nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quepour la coi^ideration du perc, v^u le deuoir d’Empereur de procurer
pereur Ma- VU reflabliffemcnt de paix en laChrcfticnté.C’ell pourquoy les plus auiles receurent vn grâd ximilian. plaifir de celle alliance: à laquelle le Roy amp;nbsp;Roync fa mere clloicnt aùffi menés, tant par le • relpeél de îancicnne Noblcllc de la mailôn d’Aullrichc:quc du grade qui honoroit le pere fur des^omaîs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;léigueurs de ce temps. Auoüé de tous les Potentatz le premier Prince de la Chrellien
té:biei^më les »litres comme Souuerains en leurs terres,ne rcconoiflént fEmpire,ny autre lifl^^rccbmonde pour fuperieur en chofe qui Ibit.D’autant que par la dejterité de leurs de uanciers, ils fé font acquis fur la nonchalance amp;: fetardilé des Empereurs Rommains,3ufquels
l’Empereur
cellui ci a fuccedé: la louuerainneté de leurs Ellats.Occafiô qu’ils le tilrent Roys par la grace pi°,fiX7 Dieujcomme ne rçconoilîàns autre occafion de leur grandcur.Outre ce feguillonnoit à ce Roisamp;Prin- vn défit d’cftraindre plus fort que jamais ^ancienne conléderation d’entre les nations Gauloi ftîcns ne re- Germaine: amp;nbsp;fuccelfiuement entre la Françoile amp;nbsp;Allemande. Brief toutes choies lèm-conoillént bloient facheminer auî^ienamp; repos ffe ce Royaume.Les propos de mariage auoient ellé enta-1 Emoercur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tcmps amp;nbsp;fi bien pourfuiuis la ptix faiéte, que le mariag« conclu amp;; arrellé par
en neu.
ÎEmpereuramp;les députés par la mt^llé trcfchrefliéne:Nicolas de Neufville dit villeRoy Con Mariaec de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d’Ellat:iy fut enuoyé pour relôudre des particularitcz qui fi pourroient pre
Phiiiippc lènter.La premiere fille de Maximiliâ elloit ja promilè auRoy d’Elpagne demeuréveuf depuis mic a*^ ^*^1* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Elilàbeth leur clu Roy Charles. Scs dciSc freres Princes de
premiere fil Boheme amp;nbsp;quelques autres lèigneurs,DamcS|^ Damoilclles la condiiirent par mer en Elpa-ic de l’Em- gneamp; y demeurèrent quelque temps pour mieux l’habituer aux façons Elpagnollcs. Ayans les pereur. cholès pris tcl aiianccment pour la féconde: le Conte de Rets premier Gentilhomme de la • nbsp;nbsp;nbsp;• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chambre
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chambre alijourd’huyMarcfchal de Gondy fut enuoyc vers rEfnpcreur,aucc ample pouiioir d’exécuter Icfurplus: Ipecialle procuration à Ferdinand frere de l’Empereur pour eß poufer par parolle de prelênt au nom amp;nbsp;comme procureur du Roy,Ylâbeau fa niepee. Ce qui le fit à Spire, où les Eftats d’Allemagne eftoient alTemblez, pour auilêr donner ordre aux affaires de l’Empire. Ce qui donna occafion à l’Empereur d’y mener VEmperierc fa femme amp;nbsp;fâ fille pour faprocher tousjours de France amp;nbsp;y paTacheuer le mariage encomniancé. Les fiançaillçs furent faites en la grandeEglilê pari’Archenefque de Mayence Eledeun où fe treuucrent les Seigneurs affemblez pour la diette Imperialle, le vint amp;nbsp;deuxième d’Odobre. Puis l’Empereur donna charge de conduire fa fille à l’Archeuefque de Treues Eledeur de l’Empire, laques Dclfs parauant Chanoine de celle Eglifè: tant pour la charge que cell Electeur a de tout temps d’eflre Chanccllier amp;nbsp;Surintendant des affaires de France en Alleffiagne: que pour en eflrc Seigneur voifin,amp;au relie tenu pour fuffifant à cell effet: alfillé^de l’Euefi que de Strasbourg,du Marquis de Badcamp; du Conte de Solern auec plufieurs autres Seigneurs Ù Gentils hommes Germains. Elt; pour entretenir Fiancée la vefuc du Conte d’Araitibcr-ghe qui lui elloit vn fidele Truchemgnt pour entendre la volonté des Seigneurs Frayais: auec plufieurs autres DamesSc Damoilêlles de nom. Lc.Roy auertidefonacheminemenfen France,donna j niques à Mezieres pour îattendre amp;nbsp;receuoir. La Ville efl frontière fur les marches de Champagne^ de Luxembourg au de là la Meufè.Bien que la place fbit p«iteôclêrrée: le tout ncantmoins fut preparé 9eîc)rte,que d’vne place de guerre on en fit vne ville de pópe amp;nbsp;magnifîcence.De là là Majellé enuoya le vint quatrième Nouembre lesDucs d’AnjouSc d’Alençon lès frétés amp;nbsp;le Duc de Lorraine jufques à ^dan quatre lieüës'de Mezieres {^ur la re-ccuoir. Afin que tout ainfi que lôn Excelêce auoit ellé chefamp; condudeur des Armées Ciuil-les en temps pleins de calamité: qu’il full aulfi en temps de paix, d’Amitié amp;nbsp;d’Alliance fraternelle: le premier à receuoir cc^que là Majellé deuoitauoir pour le plus cher amp;nbsp;prccieux en ce monde. Pour les accompagner elloicnt les Ducs d’Aumalle, de Guile, de MÔtmorcnci amp;nbsp;plufieurs autres. A leur arriuée laDuchellè de Bouillon fille du Duc de MontpencierSe Dame de Sedan pawfôn mary, rendit Ibn fruit. Aucuns la melme nuit remarquerét vne Elloil-le fur le Challcau fi claire amp;nbsp;luilànre, qu’encor’ que le temps full pluuieux amp;nbsp;plein de njjp-ges: cfclairoit toute la place amp;nbsp;Ibn f ontour^omme fi c’eulliellé vn pctiffioleil en plein midi îclpace de demie heure. Ce qu’ils prindrent en bon augure comme fi les Allres fe voulaient ' resjouir d’vne telle rencontre, dont beaucoup clperoj^nt vne grande félicité auenir à ce pp-ure amp;nbsp;tant delôlé Royaume. Les autres interpretoient cell accident pouifhonneur Sc auan-cement particulier de la mailbn de Bouillon. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•
Auertis que la Fiancée auoit couché à Üougi deux lieues de Sedam en Ibrtircnt le vint quatrième NoucmbreSc la rencontrerei^ entre deux villages BSlan amp;nbsp;Bazeilles.Donc defeendus amp;nbsp;l’auoir auec toutes fortes de courtoilês reuerences, honnorablement reccuc: remontèrent à cheual pour la mener à Sedam :ou arriuée 8? delcendant de fon coche pour monter les • dcgrczdu Challeau, le Roy .lêtreuua à la rencontre qui elloit alléén pofte de deux lieues par de la Mezieres palfé par vne Calcmate en habit deguifé, ôc le vilàgc couucrt de Ibn man- • teau pour voir là dcllinée : dont aucrti Ibn Excellence print occafion de iTiy nipi^i^rle collé du Challeaft pour la faire tourner celle part,aiant le viûge nu amp;nbsp;la telle couuerte^mi Scoffion le Cliapeau par dclfus: dont le Roy parti,retourna aflèurer la Roynclà mere de cc qu’il auoit veu à Ibn defir amp;nbsp;contentement. Le fellin fut magnifique ou la Fiancée Ibuppa à part. Venuz d’Mezieres defeendirent en la grande Salle des fellins où la Roync mere accompagnée de Meldames Claude amp;nbsp;Marguerite de France la premiere Duchclïè de Lorraine amp;nbsp;des Cardinaux, la rcceut:amp; apres les reuerences elle la^onduièl en Ij Salle haute où le Roy îattendoit, lequel l’auoir falué amp;nbsp;parlé quelque peu à elle fut,menée en là chambre repolêr attendant le Ibuper auquel elle fè trcuua le lendemain. L’Eleèlcur aiant faièlla rcuerence àfà Majellé lui en fit dcliurâce en telle Ibrte.Les députez de L’Binpercur entrez en la chambre du Roy,fa Majellé y arriua auec grand’ fuitte amp;nbsp;la Fiancée apres, fe tenant contre L’Eletleuf. Puis îvnde lès Doéleuiÿ commence à déduire ci^Latin telle nue, les accojjjlsamp;traièlés de maria- Deliurancc ge falèls Sc promis entre le Roy Charles ScYlàbel. Les fiançailles faièles à Spire par Fer-dinant Archeduc Daulltich en vertu du poÄioir à lui enuoyé. La charge des'députez'
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L’HISTOIRE DE FRANCE.
pour la mener amp;nbsp;mettre és mains du Royilaquelle confignation amp;nbsp;deliurance ils faifoient prequot; fêntement, amp;nbsp;fiiplioient la Majefté appreuuer tout ce qui en auroit efté fait: elperansque ce Mariage lèroit grandement vtile à la Chreftienté fèour l’vnion des Princes amp;nbsp;nations vœfi- ' nés. Alors l’Eleâeur dit en latin qu’il prefèntoit au Roy, Ylabellà femme fuiuant la charge. Priant Dieu que le Mariage reülcift à bonne fin. Adonc furent leuës par le Secretaire Brulardqui auoit le departement d’Allemagne, les lettres de pouuoir en latin par lefquelles les Eleôleurs Eliefque de StrasBourg, Marquis de Bade amp;nbsp;Comte de Holers eijoient nommez: puis Moruillier Euelque d’Orléans amp;nbsp;Garde des lêaux, ( feftant le Chancelier l’Holpital retiré en là mailbn,)auoir Iceu du Roy la relponce: dit en latin que le Roy auoit veu amp;nbsp;entendu le contrad de mariage qu’il appreuuoit, amp;nbsp;receuoit auec grand contentement Yiâbel pour feftime :Taquelle il ^romettoit aymer Sttraider comme ce qui luytouchoit le plus: remercioit au parfijs les députez de leur peyne. Ce fait l’Eleâeur la prefenta au Roy,amp; à la Royne mere. Le Roy la iàluë: là mere fembraça amp;nbsp;baiiâ, la mettant entre deux. Puis elle fut menéc?lê parer pour les elpoulailles d’vna robe de toille d’argent couuerte de perles, amp;vn graiK^anteau Royal demis de velloux viollet lèmé lt;ie fleurs de lys d’or, bordé d’hermines moBcneté, dont la queuë tenoit plus de vint aulnes de longzfur la telle vue Couronne à îlm perialle enrichie de grans diamans, rubis amp;nbsp;elmeraudes de prix excecif.Le Roy habillé d’vne robbe de toilie d’argent couuerte en borderie de perles amp;nbsp;fourrée de loups ceruiers comme lès trois frétés les Duez d’Anjou, d’Alençon amp;nbsp;de Lorraine. La Ducheflè de Lorraine amp;
Ordre amp;nbsp;ccrimonics tenues au mariage
Madame Marguerite en auoient de pareilz.
Alloient dixfcpt rancs de Lanfquenets rfe la Royne portans les coulleurs. Puis les Suiflès du Roy amp;nbsp;de fes deux freres, ïêpt tambours, lêze trompetes fuiuis de plufieurs Gentils-hommes les Cheualliers de rOrdre.Apres marchoient ceux du Conlèil du Roy à robes longues Franœ°^*^' develloux noir.Puis les Chancelliers de la Roynemere amp;nbsp;du Duc d’Anjou. Les Ambaffa-deurs.Les qifetre heraus d’armes: Les Seigneurs Allemans.Lés Cardinaux amp;nbsp;Duc de Guilê » portant le bafton de grand Maiftre au milieu des deux huilTicrs de la Chambre, tenans leurs * maflès d’or. Le Roy fuiuoit,à gauche duquel eftoit l’Eleôteur. Puis le Mtrquis du Mayne au lic^ du grand Chambellan. La Royne Ibuftenüe par ion Excellence amp;nbsp;le Duc d’Alençon à gauche portans la qutuë delôn manteau. Madar»e de Monrpenfier, les Princefles d’Auphin amp;dela Rochefur-yon. La Royne mere conduite parle Duc d’Vzez, portant là queue la Diÿne de BrelTuire leur du feu Duc d’hampes. La Duchelfe de Lorraine. Madame Margue-riteJ-.es Doüairiere^de Guifeamp;de Nemours.Madame de Guiicamp;de Neuers.LaConneftable
La Maref chalfe de Montmorenciamp; plufieurs autres vellues de toille d’or amp;d’argcnt.Et les filles de deux Roynes julques à lèptante cinq vellues 5e toille d’argent frizé : la rue couuerte de drap: Les côpagnies de la garde (fh Roy des deux collc/jufques à l’Eghlè nollre Dame où le Cardinal de Bourbô les elpoulâ le vint fixiéme Nouébre.Le Roy aagé de vint ans dés la fin de • luin dernier amp;nbsp;la Royne de lêze au mefine tnoys fatal pour la nailTance de deux qui le deuoiêt rencontrer en mariage.Le tout fait furent jettez efcuz pilloletS: amp;nbsp;nombre de tellos pour lar-• nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gelîè Royalle. Et fut par le heraut proclamé à haute voix le mariage de leurs Majellez : allans
les Awn^lniers^u Roy cercher les poures par toute la ville pour leur dôner argent.Les tables fiUrotleruies pour le difiier marchans deuant la viande, les trompetes amp;nbsp;Hérauts le genou en terre quand ils approchoient de la table du Roy : fiiiuis des Maiftres d’hoftel duRoyamp; des deux Roynes portans le bafton de Maiftre d’hoftel par bas, fiiiuis par le Duc deGuilè grand R nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;portant le bafton efleué.Puis les Seigneurs SeCheualliers de l’Ordre qui portoient les
® plats. Le Roy fut lèruy de panetier par le Prince Dauphin, d’Efchanlôn par le Duc de Lon-gueuillcjd’Efcuier trençhant par leDjic d’Aumalle. Lé Roy eftoit au milieu d’vne longue table fous vn days de toille d’or amp;nbsp;d’argent: à droim luy eftoit la Royne amp;nbsp;à^auche laRoyne mere: fous laRoyne leDuc d’Anjouamp;fon frere apresXa Royne mere eftoit accoftée de ffiledeur pres duquel eftoit U Ducheflè de Loltaine. Puis de l’autre cofté vis^àvisde l’Eledeur eftoient les Atîîbaflâdeurs du Pape, du Roy Catholique, d’Elcoflè amp;nbsp;deVenilè. Y auoit deux autres tables és deux coftés deja Realle:rvne pour les E^clefiaftics, pour les Sieufs Allemans, amp;nbsp;les Dames de Montpencier,Princeflè Dauphinamp;de Nemours.L’autre pour les Duc de Monroen-cicr^a Prîceflè de laRoche,laDoüairiere de Gftfe la Ducheflè deGuilèôc laDame de Brefliiire: les
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Jes trompettes lônnoient tousjours : le diïîier fait le grand aumofiuer dit graces : Et le héraut proclama de rechef le mariage à la porte, ou Ion fit largclTc. Puis on commança la danlê, laquelle finie tous le retirèrent c» leurs chambres, atendans pareil feftin au foir* Le vint huitième, de MarillacSc de faint Bonnet Surintendans des finances firent prelèns aux Seigneurs Germains. AfEledeur d’vn buffet de vefljlle d’argent doré de grande valeur: amp;nbsp;aux trois autres chacun leficn de douze cens efeuz. Bien quarante autres eurent chaînes d’or. Ce fait le Roy ayant refolu fbn retour, ordonna Madame Magdaleine deSauoye vefue du Conneftablc Dame d’honneur de la Roinc, amp;nbsp;en fbn abfence pour fâ vicilleflè Madame de Dampierre de la maifbn de la Chaftagneraye en Poitou,Merc de la Comteflè de Rets. Et pour Cheualicr d’honeur lui fut choifi le Comte de Fefeo. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Les*Eie-
Comme le Roy facheminoit à Paris, les Electeurs fêculiers amp;nbsp;autres Seigneurs d’Aile- éfewsamp;au-magne lui enuoyerent leurs Ambaffadeurs pour lui tefînoigner le grand plaifir qu’ils rece- ” uoyent de l’alliance prinfêen leur pais :amp;auffi pour le prier d’entretenir fbn Edit de paix: yent cogra-veu le defir qu’ils auoient que fon Eftat le maintint auffi heureux qu’ils le fâuroient J’^rer tuier leRoy du plus intime amp;nbsp;affeétionné PrinceMe laChreftienté. Les Ambafïàdeurs venus àyrfiers-Cofterez lui firent cette harangue le vint quatrième Décembre 1570- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Sire, Les Trefilluftres Eleóleiyrs Palatin amp;nbsp;de Saxe amp;nbsp;de Brandebourg, Richard Duc de Bauietes, George Çr^leric Marquis de Brandebourg, Ludouic d^itemberg, gue des Am Guillaume Lantgraue de Hefïè, lean Albert Duc de MecKelberg ôc Charles Marquis de Bade nous ont ici enuoyez pour declarer à voflreMajefté la grande joye qu’ils ont rcceu de la nouuelle Alliance entre la Majeftè Imperialle amp;nbsp;la voftre : efperans que doiefîiauant, d’vn commun accord, vous ccrcherez de remedier aux grans maux qui trauaillent la Chre-ftientè. Et que Dieu par fà ûinte grace vous donnera vn heureux fuccez de fi vertueufê en-treprifè. Ce qu’ils le prient de*tres-bon cœur de faire, en telle fbrte que fbn fàint Nom en Ibit loué, amp;nbsp;tous gens de bien en reçoiuent contentement. Ils efperentaufîi quelle fera caufê non feulement d’entretenir, mais auffi d’augmenter îamirié qui a efté de tout temps • entre les predeceffAirs de voftre Majeftè amp;nbsp;les leurs. Ce que voftredite Majeftè a affez déclaré par la refponce qu’elle a faite aux lettres que quelques vns d’entr^eux vous efcriuirÂit de Hildeberg ÎEfté païfé. Pour tefinoignegt; doneques qu’fis ont délibéré de correfpondrc à la finguliere affeélion que voftre Majeftè par ladite refponce démontré auoir non feulement enuers eux, mars auffi enuers tout lEmpire : ils nou« ont donné charge d’offrir de leur pMX • à voftre Majeftè toute amitié,plaifir, amp;fèruice:amp; vous congratuler dlt;? la paj^ par laquelle vous auez par voftre bonté amp;nbsp;lâgeftè apg^ifé les pernicieux troubles qui auoient efté à leur grand regret fufeitez en voftre Royaume. Et parce que la bonté de voftre nature, ne voftre aage n’ont point permis que voftreMajeftéaieefteaucunementcoulpabledcsmauxparci dauant auenus. Dieu a regardé voftre Royaume de fbn œil de pitié, vous mettant au cœur cefte fâinte affeCüon à la paix que vous auez démontrée, qui a efté le fèul moyen de confer- • ucr vos fujets amp;nbsp;voftre Eftat.-Dbnc ( Sire ) puis que le bien de la paix vous cft deu, amp;nbsp;la caufê des maux de la guerre à autrui: tous ceux qui défirent voir voftre Efta^^orifïànt, efpe-rent, que vous cfïàyerez de confêruej la grande reputation qu’auez acquifê, en la fbifSÄ^j^^ tre îauis amp;nbsp;volonté de plufieurs. Laquelle ne pouuez mieux confêruer qu’en perfêueranc en ce vouloir de faire viure vos fujets en repos amp;nbsp;tranquilitè : en gardant inuiolablement à chacun la liberté que par voftre Edit de pacification leur a efté promifê. Si vous le faites ( Sire )amp; qu’il y ait quelqu’vn qui felfàye d’empefeher voftre deffêin, amp;nbsp;de nouueau troubler voftre Eftat : Nos tref Illuftres Princes amp;nbsp;Seigneurs nous ont enuoyez ici pour figni-fier à voftre Majeftè qu’en ce cas ils emploieront toutlt;e qu’ils ont de forces amp;nbsp;de pouuoir pour vous aider a refifter à telles entreprifês, amp;nbsp;piaintenir voftre Royaume en paixamp; repos.
Confiderez (Sire) que la multitude du peuple, comme dit le Sage, eft la Couronne du Roy : amp;nbsp;le principal commandement, amp;nbsp;la principale L(^ que Dieu amp;nbsp;nature ont ^onné aux Rois amp;nbsp;aux Princes, C’eft la confêruation de leurs fujets. Ceux qui de/îrans vous induire a ne garder point vos promeffes-^difent, qu’il eft impoftble qu’vn Eftat dure auquel il y a diuerfité de Religion : parlent autrement qu’ils ne penfênt : ou ils fbntigno- cntoustêps rans de ce qui feft fait par ci deuant: amp;nbsp;de ce qifi fe fait encores en plufieurs grans amp;nbsp;florilfans Eftats. Nous ne parlerôs point de lEftat desTurcs, où Ion ne force la confcience de’pcrfbnne:
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amp; mclmes les MoinesChreftiens habitans au Mont Athos qu’on appelle maintenant la fointe montagne reçoiuent tous les ans aumolhes du grand Seigneur pour prier Dieu pour là lâu-té^amp; pour la conforuation de fon Eftat. C’eft vne*chofo alTeurée qu’au Royaume de Pollo-gne qui eft vn des plus grans de la Chreftienté: la Religion Grecque amp;nbsp;la Romaine ont eu lieu de tout temps. Et melm’en pli^fieurs villes y a Eglifo des deux Religions. Et depuis quelques années la plulpart de la NoblelTe y fait profeffion de celle des Proteftans : amp;nbsp;fi ne voyons point que pour cela l’Eftat foit troublé, amp;nbsp;les grandes charges font enrr’eux indiffe-rément diftribuées. Le changemêt de religion qui feft fait en Allemagne fcmbloit au com-mancement bien plus eftrange, que ceux qui fo font maintenant. Et touteffois ÎEmpereur . Charle^fi pu^nt amp;nbsp;fi auifo Prince apres auoirpar plufieurs années délibéré fur tel affaire: . accorda par prouifion à Ausbourg fan mil cinq cents trente,la paix que nous appelions de la Religion. Et fan mil cinq cents cinquante cinq,ladite prouifion fut conuertie en Edit perpétuel. De laquelle paix nous jouïflbns encores à prefont: amp;nbsp;viuons en repos amp;nbsp;en amitié les vnsÂiéc les autres. Et les Proteftans nefont moins affeôti(?nncz que les Catholicques à fu-uenitwn^ affaires de la Majefté Imperialle quand la il:ccffité le requiert. Et combien que les Êuefques de Rome ayent efté affez diligens a folliciter ceux de lEmpire qui font encores fous leur obciflànce, à ne nous point endure^-, ils n’ont point efté fi mal-auifez que de vouloir troiftiler leur Patrie, pour obéir aux paffions d’auqruj. Ferdinand de tref heureufo mémoire a efté autant affeôiionné a fEmpire Romain que Prince de fon temps: amp;nbsp;touteffois a enduré que la Religion Romaine fo foit changée en Siterie amp;nbsp;Lufotie qui font Prouinces de fonRlt;^aumc deBoëmc: amp;nbsp;vnpeu auant là mort en quelques lieux d’Auftriebe. Mais (Sire) fur tous vous doit efinouuoir fexemple de finuiéliffime Empereur Maximilian noftre fouuerain Seigneur amp;nbsp;Prince. Car comme voftre Majefté fa choifi pour Pere, aufli elle doit auoir pour exemple en ce que vos deux EftaÄ ont de commun par enfomblc. Perfonne n’ignore qu’il n’ait ottroyé aux feigneurs amp;nbsp;Gentilshommes d’Auftriebe non fou-* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;• lement la liberté de leurs confeiences : mais auffi de dreffer Eglifos à la forme de celles des
Proteftans à certaines conditions, lefquelles il leur a jufqucs à prefont fhuiolablement ob-
Guerres Ciutlles produifent Dcaiicoup de maux amp;nbsp;d’InjuRices,
levées. Et pour iïal|pr feulement qu’à ce qui cft voifin de noftre temps, depuis que Con-ftantin le grand eut receu en lEnl^ire Romain lÂlt;eligioH Chreftienne : Il ne conrraignoit point pour cela les Ethnicques de changer leur religion: fexercice de laquelle ils retindrent libre j niques au temps de Theodofe q»i ferma les Temples des idolles,parce qu’il les voyoit fréquentez dlt;^eu de gens, amp;nbsp;quafi tant Iculement de ceux qui en auoyent quelque proffit. L’on dilputoit ce temps-la que c’eft autre choie jJ’ellrebonfujed,amp;eftrebonChrcfticn: car combien qu’vu fujet lôit d’autre religion que fon Prince : il ne lailfe point pour cela lui faire lëruice où la necéffité le requiert. Comme nous voyons les Rois de Pollognc amp;nbsp;de Molcouuie ^uoir fous leur obeilïànce graqd nombre de Tartares amp;nbsp;MahometiRcs, lefqucls les ferueiit hdelement aux guerres qu’ils ont contre leurs voefins,amp;mefmes contre les autres Tarures qui lont de mcfme nation amp;nbsp;de melme religion qii’eux. Plufieurs Princes Chre-ftiens, èc entr’^tres l’Euefque de Rome,endurent les luifs: defquels ils tirent grand proffit. NiA^HTcgons ces exemples (Sire ) pour relpondre à cqux qui»ont tousjours tafehé de per-luader à voftre Majefté qu’elle ne doit endurer en fon Royaume aucune*diuerlité de Religion. Ils deuroyét penfer que la liberté que vous accordaftes à vos fujets il y aura neuf ans a ce mois de lanuier : fut caufe que plufieurs vindrent à la conoilTancc de la Religion reformée, de laquelle aucun danger ne peril ne les a peu diuertir : car c’eftàÔieu fculqui a puilTance fur les conlciences des hommes, qui melrnes ne l’ont pas fur la leur propre : tant s’en-faut qu’ils 1« puilTent auftir fur celle d’autrui. Il femble que ceux qui furent caufe des premiers troubles amp;nbsp;guerres ciuiUes en voftre Royaume^n’anoyent pas expérimenté combien peut la religion au cœur des hommes qui ont la vraie crainte de Dieu : car ils^en|pient que la crainte d?perdre la vie Scies biens feroit que perfonne ne foforoit oppofor à leurs delïèins. La neceffité puis apres a conduit les choies plus auant,mais comme les Sages ont tousjeurs juge, il faut regardlt; aux guerres ciuilles qiii a le tortducom-mancement. Car depuis qu’elles font côman^es,infinies injuftices le font d’vn cofté amp;nbsp;d’au tre,cftimant vn chacun cela eftre licite qui fort à la cônforuauon.Il feft cômis en ces guerres des
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des exemples d’inhumanité qu’on n’eut jamais penfè deuoir eftre commis par vn peuple duquel la douceur a elle par Cl deuanttant renommée. Toutesfois lâborité eft encores apparente , en ce qu’il'a tousjours accepté la Paix quand voftre Majefté la leur a propolee, Sgt;c fcQ: fubmis à voftre obciflànce. Nous auoni veu peu de guerres Ciuilles aux autres nations qui n’ayent pris fin par la totalle viéloire de fvne des parties ,amp; la ruine de l’autre; oubieif de toutes les deux : furuenant vn tiers qui les opprimoit. Telles viéloires comme a dit quelque Sage ancien ont eu bien fouuent en elles plusse mal que la guerre mefmc. Car communément ceux qui font viélorieux fo laiflènt mener à leurs paflîons, ô^commettent infinies cruautez; les vus par defir de vengeance, les autres pour auoir le bien de finnocent, fouuent lui font acroirc qu’il a fait chofos où il n’a jamais penlé. Et combien que les Rois amp;nbsp;Chefs fo foient eflayez quelques fois de modérer telles viétoires : il eft peu fouuent aduenu qu’ils layent peu faire . Mais Dieu n’a point permis ( Sire ) qu’on foit venu .Tte poftiél en voftre Royaume : ne que vos mains, ou celles des voftres, ayent en Paix commis quelque chofo dont la pofterité les puifiê acculer. On ne debaroit pas en ces guerres de la grandeur de voftre Majeflé,car il n’y auoit jàcrfonne d’vn colté ni d’autre qui ne la defiraltanais ontlou-toit de celle queîEuefquede Rome a»vfurpce en la Chrcfliènté, pour laquelle maint(^fi'il fiifcite infinis troubles ,amp; fait confumer les forces que Ion deuroit-oppofor aux Turcs parauenture fltallie fora la premiere qui fenfontira. Vous deuez , Sire, eftimer vosfujetz, qui fo font fouftraitz de fon obeilïàncc, ?n ce vous cflre plus fideles qu’ilz ne veulent auoir en ce monde autre Seigneur ne faire hommage à autre qu’à vous . Et certes les Empereurs de la Germanie ne receurent jamais tant de dommaiges de leurs ennemis eftrangers: que leur a apporté falfcôtion que leurs fujets ont j^rtées aiixEuefques de Rome q^ii yfou-loient anciennement fufeiter troubles quand bon leur fombloit. Ne croyez donc point (Sire ) fon confo‘il,ni de ceux qui craignent que le feufeflaignanten voftremaifon,ne fallume en la leur. Ains eftimez i^ue ceux qui vous confoillerontd’obforuer inuiolablement ce que vous auez promis par voftre Ediél de paciffication : vous foront fidelcs^fujetz amp;nbsp;for-iiiteurs, bons voefins amp;nbsp;amis. Eten cas qu’il y ait quelqu’vn qui entreprenne de le violer contre voftre vouloir foit de vos fujetz ou autres : nous fignifions de rechef à voftre Majefté qu’en vn tel cas nos Tres-illuftres Princes feront tousjours prefts d’employer ce qu’ils de forces amp;nbsp;pouuoir pour vous a(der a nuintenir voftre EÂat en paix 8c en repos. Et d’autant qu’ils voyent à quoy tendent les praticques amp;nbsp;defïèins de fEuefque de Rome : ils veulent bien qu’il fâche qu’ils ont délibéré d’auifor doi^iauant de plus pres qu’ils n’ont f^t jufques à prefont à n’eftre point furpris; Sefoppofor plus viuement à.fos cruelz defïèins qu’ils n’ont fait par lepalïe. Entre les caufos deffiifdites ils ontoccafion de fofhefoontenter de ceux qui ont efté les auteurs des Troubles en ce Royaume, par ce que les leuées de gens en Allemagne, les paffoes 8c montre^ tant de l’vn des cofteî que de l’autre : ont porté de trefi grans dommaiges à quelques vns d’entr’eux.
Il refte ( Sire) que nous prions Dieu qu’il mainfîenne voftre Majefté en cette fâinte aflfeéli-on qu’elle a motrée jufques à.prcfont à la paix :amp;lui faire la grace de bien toit voir fon Royaume en fon ancienne fplendeur amp;nbsp;réputation. Pour à quoy paruenir nous efperôs que laRoine fora tousjours d’accord auec ^ous, enfuiuât en ce la fâge clemence amp;nbsp;generofife de cem^ont elle eft yfTue. News efperôs aulfi que la Royne mere de voftre Majefté ayant long têpsgoïl^ uerné cet Eflat,c5me vn nauire en pleine mer battu de tous coflez d’orages Sc de tormens: amp;nbsp;l’ayant en fin côduit au port de paixamp;de repos: ne permettra pas qu’on le remette derechef à la miforicorde îles vents. Nous croyons aulfi que Monfoigneiir voftre frere ne fora pas moins defireux de côforuer fâ Patrie que voftre Majefté melmes.Et ne doutôs point queDieu ne lui baille affoz d’occafion d’exécuter heureufomét en autre^chofos cette mande venu qu’il a fait conoiftre à tout le monde en fâ premiere jeuneffo.Nous efperons que Monfieur le Duc voftre frere tous les Princes dt voftre fang, amp;nbsp;autres Officiers de voftre Couronne: brief tous ceux qui ont quelque paît au gouuemement de voftre Eftat: paieront combien ils font redeua-bles à leurPatrie,amp; qu’ils ne fâuroiêt faire chofo qui leur foit plus pemicieufo que Me 1/fouil-1er du fong de ceu?^qu’elle a produits : ni chofo plus loüable que de Ij maintenir en repos amp;nbsp;y faire florir la vertu. Ce que nos tres-Illuftres Princes vous fupplient trefiaffeétueufoment de
♦ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B b iiij
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Le Roy ref pond aux Ambafla-deurs d’Allemagne.
L’HISTOIRE DE FRANCE.
faire.Et pour cet effeél nous ont icy enuoyé,foffrans de leur part a faire en tel cas tous offices de bons parens amp;nbsp;voefins,anciens amis amp;nbsp;léruiteurs de voltre Majefté : ils vous prient aulfi de croire qu’autre cholé ne les a fait tenir tels propos finonle fingulier defir qu’ils ont de voir ^llre Royaume florilïànt en paixôc en tranquilité:*car ils ne doutent point que voftre Majellé de foy melmc n’entende trop bien tout ce qui lé pourroit dire en tel cas:amp; qu’elle n’ait gens en Ibn làge Conléil qui faduertiflé d« tout ce qui eft necelïàire. Le vint quatrième Decébre le Roy ayant de^vifue voixamp;par eferit entendu ce q les Ambalfadeurs ont eu charge de luy expo fer, fa Majellé leur fit relpôce qu’elle mercie en premier lieu de toute la plus grande affeélion mefdits Seigneurs les EleéleursôcP rinces de la Cordialle demÔllration qu’ils luy font deleur fingiiliere bienueillanceôc amitié:ayâs enuoyé lelHits Amballàdeurs pour lé conjouïramp;congra tuller %|jec el^ de la nouuelle alliacé quelle a nagueres côtraélée auec l’Empereur parle mariage de là fille: laquelle alliance elle veut bien faire entendre à mefdits Seigneurs Eleôleursamp; Princes auoir principalement defirée pour auoir conu qu’ainfi que ledit Empereur tient le premier titre ôedegré d’honneur entre les Princes Chrelliens:Dieu luy a donné aulfi de grans lén^ prudences, amp;nbsp;excellentes vertus de magnanimité,clenTence amp;nbsp;bonté, qui lé doiuent délirer 11141 haute dignité. Outre ce fell tousjours montPé affeélionné a procurer amp;nbsp;maintenir vnîionamp;heureux repos en la Chrellienté. A quoy lintétion de ladite Majellé eft de luy coref pondre, auec telle volonté quelle elpere au plaifir 4e Dieu que leurdite commune alfiance léruira grandement pour ellablir vne alîéurée tranquilité par«tcuite la republique Chrelliéne. Et fi dauantage elle a ellimé que la bonne amp;nbsp;parlàitte amitié qu’elle a par naturelle inclination auec mefdits Seigneurs les Eleélcurs Princes de la Germanie: amp;nbsp;qui luy aellé comme héréditairement lailfée par fes pere amp;nbsp;ayeuhfera par le moyen de ladite Alhance tousjours de plus en plus corroborée, qui font les principaux fruits qu’elle en a efperé amp;nbsp;defire tirer. Et pour le regard de l’autraÇoint de congratulation,qui eft de la paix qu’il a pieu à Dieu d’e-ftablir en fondit Royaume.Elle leur relpond qu’elle nedout?point que mefdits Seigneurs les EleéleursSc Princes fé refténtent ôc fouuiennent de la grande amitié amp;bienvueillance que les Roys de tresheureufé mémoire Henryamp;François pere ôcayeul de fàdite Majefté ont porté aux Princes de fEmpire leurs predecefïéurs: ne reçoiiient tousjours vne granâe joye amp;nbsp;plaifir de cft|u’ils verront fuc(ÿder amp;nbsp;fé promouuoir pour le bien,proffitamp; vtilité de ce Royaume:com me a efté la pacification des trou^es.Et prend entonne part les fàges amp;nbsp;prudens records que mefdits Seigneurs les Eleéleursamp; Princes luy ont fait faire pour fentretenement de ladite pa-cification.Car il n’y a rien en ce mondfc qu’elle ait tant à cœur,nia quoy plus conftâmant elle perféuere, qu^ trauailler de mettre amp;nbsp;conféruer la paix vnion amp;nbsp;repos entre fés fujets: comme le vray Scfeul moyen de la profperité des Royaiyaies amp;nbsp;Eftats. Chacun auffi a peu voir corne fés fujets n’ont point pluftoftpontrdl’enuye qu’ils |qoient de venir à la conoiffancc de leur deuoir: qu’elle ne les ait benignement embrafles amp;nbsp;receus en fà bonne grace. Au furplus le Roy prie trefàfFeélueufémét mefdits Seigjaeurs les Eleéleurs amp;nbsp;Princes de côtinuer enuers luy celle bonne volonté qu’ils démontrent. Et qu’ainfi comme luy fuyuant les veftiges de fés anceftres amp;nbsp;de fà naturelle inclination: les ayme amp;nbsp;eftime aUec toute fincerité de cœur amp;nbsp;d’affeélion autjjit qu’il eft poffible : eux auffi luy voullans mutuellement correfpondre, fé ti-gj^ffïlfféurez qu’en tout tempsamp;occafion ils trouueront fàdift: Majefté prompte amp;nbsp;entièrement difpofée a employer les moyens que Dieu luy a donnez fàns rien y efpargner pour la con féruationSc acroiflément de leurs dignitez amp;nbsp;honneurs.
Débordé-mens des
L E Samedy fécond jour de décembre mil cinq cents léptante,le Rholne fleurie renommé ay ant efté retenu en fon cours impétueux par vn accidét aduenu en vn deftroit ou il pafïé nom-Riuicres de mé le pas de Leclufé pres Geneue: fenfla tellement que fur les vnze heures de nuiâ: il fe des-Royau ß impetueufémwt autour Ly«i amp;nbsp;fit vn rauage fi horrible qu’il emporta beftial, hom-mesjfemmesjamp;enfans jufques a enleuer les meftairiesamp;grâges des chqjnpsjdontles Lyonnois fé trouuerent en grande perplexité: ayans l’eau bien haute en diuers quartiers de leur villejSc voyaii^ quelques Arches de pont^u Rhofheamp;des maifbns ruynées par celle violence qui dura j niques au Lundy enfuyuant.Ge fleuue desbordé fit de grans dommages és autres endroits du D’auphiné amp;nbsp;Languedoc. Vn moys auparauit y aiioit eu vn pareil del«gc en Anuers amp;nbsp;le léziéme de Nouembre Ferrarre auoit efté furieufement agitée d’vn tremblement deterre auec
grandesamp;eftrages ruynes.Le Pau d’ailleurs fèltoit aufli desbordé fort impetueulêment gaftant beaucoup
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beaucoup de pays a fentour.Tour fhyuer fuyuant fut extraordinairement afpresamp; rigoureux. Tellement que ce Rhofne tant roide amp;nbsp;impétueux amp;nbsp;les autres Riuieres de France donnèrent caufes fe-paflage long temps aux hommes,aux CheuauxSc Chariots qui vouloient pafler fur la Glace, condes pre-Les Naturaliftes farreftoient aux caulcs lêcôndes,attribuans foccafion du tout à ce que f Au«p tomne preceddent auoit efté eftrangeSc fort pluuieux.Mais d’autres regardans plus haut failli elles fôt cx-roient que les extraordinaires effets de la nature:ne preiâgeoient rien moins qu’vne violente rigueur fur les humains,les eftranges portemens deiquels vray jouet de ce faux pionde: vous Plaintes ièront ci apres reprefènrez auec merueille de la maliceôc vaine incôftâce d’vn chaeû de nous,
Le Roy eftant à Villiers Cotterets fur les plaintes des Catholiques iè tourmentans de fin- interpréta commodité qu’ils receuoient par l’Edit de paix és articles qu’ils propofêrent: déclara ià vo-t Z r 1 gt;rr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;‘ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 1 1 nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- dit de paix
lotite en clclarcnlant aucuns qui euHent peu lembler douteux: en reftreignant dtaiftresfSc cal- faice’par la fat ceux que ho luy fébla corne on peut voir fi Ion en rapporte la ledure au côtenu de l’Edit,
Les Proteftans au fêmblable ne le trouuans tous alïèurez pres leurs voefins ou ils feftoi- ion. ent retirez apres la paix amp;nbsp;le dilàns fort incommodez en autres chofês: firent entendrejeurs Plaintesdes dolleances à la Royne de Nauarre*amp;: Admirai qui le tenoient à la Rochelledelquels en adrfbr-tirent leurs députez qu’ils auoyent enuoyez enCourt pour receuoir les plaintes amp;remftiftjj^n ces de leurs confederez: afin de les faire conoiftre au Roy qui leur prometoit y pouruoir lè-lon le belbing.Les députez elloient Bricqeiemaut le pere,Telligny,la Nouëamp;Cauagnes:mais Députez Telligny alloit amp;nbsp;venoit portaiafla volonté des vns aux autres. Voila comme à peyne fortis d’vne longue amp;nbsp;malheureulë guerreûls lêmbloient le dilpolêr au commancement d’vne autre Court, lêdition, ou du moins a le preparer les vns aux aigrres fuffilàntes occafions pour renouuellcr vne plus furieulê guerre que les palfées. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;•
Donc lt;v e s fur les plaintes qui commançoienta le drelïèr d’vn amp;nbsp;d’autre collé fur fen-treden de l’Edit pacific: le Roy enuoya à la Rochelle le Marelchal de Colle amp;nbsp;Proutiere Maif refchal de tredes Requellesauecluy,pouralfeurer la Royne de Nauarre, Amiral amp;autreÞ là bonne ^âg^giig^^ volonté à lâentretenement deIbn Edid: conférer auec eux, efclarcir amp;nbsp;relbudre aucunes am- pour enteti-biguïtez qui lêmbloient occafioner les mefeontentemens reciproques dont nous auons parlé: afin que le tout rapporté pardeuant là Majellé,y ordonner comme il trouueroit par Conlêil. teftans. Mais Ipecialemant pour metre la Royne deNauare en propos du mariag« de lôn fils Prince^e Bearn auec Madame Marguerite là 'lêur:amp;lâAmiral ez termes dâvne Guerre quâil motroit auoir nbsp;nbsp;nbsp;â
volonté de faire au Roy dâElpagne fur le païs bas,pour reparer plufieurs offences receuës de là part.Et fur ce leur perluader de venir en Court, auec aÃêurance quâils y lêroient tous les bién ⢠recueilis. Or pour toucher au point public, eftansalfemblez le premier Panuieji i 57 i. la i^yr. Proutiere joignâc le i .amp;le zy.article de lâtdity remarqua vne côtrarieté:voullâs neantmoins nditdePaix interpreter le tout en faneur des Catl^liques qui deuoient r^uoir leurs meubles apparens no examiné en pris par voye dâhollillité en têps de Guerres. Surquoy f Amiral remontra quâil valloit mieux commencer par les plus grands: nâeftant a elpergr que les petis eulïênt railbn de ce quâils cerchent fi on la dénié aux principaux:comme on refùlê la ville de lEllore à la Royne de Na-uarre:amp;:au Sieur Prince de Côdé,Valleryamp; autres places.Sy quâil nâa aucö moyé de le mettre à couuert. Ajoutant quâaucuns des Protellans pourueus de benefices amp;nbsp;bien»Eclefial^ucs nâot encores peu ellre remis éli la jouilïà nce dâiceux lêlon lâEdit.Bien touteffois que lâ^^liift (bit plus grand à ceux de la Religion quâaux Catholiques Romains:Si efl-ce quâayans efté lût cela confideré que telle recerche entretiendroit pluftoft vne aigreur amp;nbsp;partialité, quâil nâa-meneroit de bign amp;foullagement:luy lêmbloit quâil valloit mieux laiflêr ainfi le texte, remettant à la Religionamp;confciencà des cômilïà ires lâexecution de lâarticle pour la reftitution des meubles.Quand au 5. article ponant reftitution de la Religion Catholique en la Rochelle, les Commilïà ires y pouruoiront auec les Maires amp;nbsp;Efclftuins aufquekjufquâà ce jour les Ca tholiques nâen auoiét fait inftâce.Sur le cinquième apres que la Proutiere eut dit quâon fêten doit autrement que les Côfederez: aflà uoir quâau lieu ou a^ra choifi le Sieur de haute juftice fou principal domicilie il y fbit refident: fins que le lieu puiftê eftre cenfe ny réputé fbyprin-cipal domicilie ny ayant quâaucuns de là famille: amp;nbsp;que lâAmiral dit quâil fê tenoit au tex-re,amp;quâautremct iWaudroit rôpre toutle refit de lâarticle.LeMarefchà f dift quâil rapporteroit le tout au Roy pour en auoir fi volonté. Sur 8. Proutiere remontra que dâautant que le Roy auoit accordé lâexercice de la Religion pour le Gouuemement dâOrIeans,Touraine, le
B b iiiij
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* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mayne amp;nbsp;païs Chartrain outre Sanccrrc, au bourg de Maillé, fur lâalïèurance que les Sieurs
de Telligny amp;nbsp;de la Chalïètiere lui donoient que le Sieur de Loüé haut lufticier de Maille fy condefcêdroit:que maintenant hir la plainte dudit Sieur de Maillé là Majefté diloit nâcntcndrc je forcer à receuoir le Prefche. Surquoy Telligny ouï amp;nbsp;quâaulfi il fut fait plainte pour Cham-paigne amp;nbsp;Brye à Villcnoce où il nây a point de faux-bourgs: amp;nbsp;appartient ledit Villcnoce à vn de la relligion : de Mailli la ville où|jây a ville ne faux-bourgs pour Bourgongne: pour Bre-taigne de Belcheret qui eft au Sieur deLaual. Que puis quâil plaift à fa. Majcüé remuer celui de Maillé, que lêmblablement il remue celui de Villcnoce, Mailly la ville amp;nbsp;Belcherel ; atten-du que lors de feftablifïèment deldits lieux il fut accordé quâil ne fe feroit elchange ni tranlla-tion que du conlèntement amp;nbsp;parties ouïes. Le Marefchal accorda pour ceux de ïôn departc-. nbsp;nbsp;ment jJây pc|if noir : mais quâil lêroit befoin de fe üruir de la tranflation de Maillé pour les au-
. nbsp;nbsp;nbsp;tres de Villcnoce amp;nbsp;Mailli. Qiæ neâtmoins faudroit obtenir declaration du Roy En tout eue-
nement. Letres audit Sieur de la Frontiere, par lefquclles le Roy attendant que le Sieur Maref chai y pourueuft veut quercxcrcicc fe continue à Maillé. Sur le i o. pour la deffence dâexerâ cilt;^ de religion amp;nbsp;dilcipline, fors és lieux permis fut veu vnC ordonnance imprimée amp;nbsp;intitulée, Ãréionnances du Roy fur les deifcnccs de tenir Efclt;»lle amp;c. ni lire en quelque fcience que ceîbit en chambre ou publicq, fils ne font commis de la Religion Catholicque Romaine, a-ucc lâarreft de Parlement. Les lettres du 4. Odobrg lignées Dolu: par lefquelles il eft plus accordé que dtmandé. Le SieurMarefohal ditnâen auoir rien obljrué, ains fuiui lâEdit. Comme auflî le Sieur Amiral a dit quâil eftoit bondefuiure IâEdid. Sur le 2j. la Frontière dit que ceux de la Religion ne fopouuoycnt fuiuant lâEdit dire exemps des charges ordinaires amp;nbsp;extraordinaires impofocs durât les troubles non plus que les Catholicques. Fut relpondu quâor quâil ne foit bien exprimé,amp; à caufe du mot, impoferont, qui fe référé an futur : fi eft-ce quâe-ftant cet article joint anec le dernier qui porte quâils foront defohargez de toutes impofitions faites ou à faire il ni en faut dâautre amp;nbsp;fnree à efté remis au RÃy.
, Apres cela ils remontrèrent és melhies termes qui fniuent par forme de difoours au Maref ⢠⢠cesde^ro- chai amp;nbsp;commiflà ires, comme lesinjuftices, indignitez, deffiancesamp;fonpçons elqueUeslon reftansen feftoit tousjours eftudié dâentretenir ceux de la Religion : eftoient cauft amp;nbsp;foui motif de b phTme au naiftà ncc,nourriture amp;nbsp;accroiflèment des troubles en ce Royaume:Que le principal but où il Marefchal foftoit vifor pout cftablir vn bon 8c four repos efte^t de leuar toutes ces deffiances dâvne part dâantre. Pource lui vouloiét remarquer les juftes occafions quâils en auoient: le priant que ⢠sâil içaitquelà Majefté en ait en aucine, les vouloir declairer. En premier heu que depuis le commenc^ent des premiers troubles ceft Edidde pacification eftoit le troifiéme qui a-uoit efte fait. Que mefine anec le focond y anoit eu^rticles focrets comme à ce dernier. Quâés deux premiers chacun auoitbienjgt;euconoitre comme on sâeftoit gouuemé amp;quelonlça-uoit aflèz comme là Majefté auoit refifté de tout fon poiuioir anec quelques gens de bien qui aiment ceRoyaumeamp; qui preuoioent les inconueniens amp;nbsp;incomoditez quâvne guerre y pou-⢠noie apporter^ pour empefeher le cours des malheurs qui fo preparoient. Que neantmoins la force de ceux qui pour leur ambition amp;nbsp;inimitiez particulieres'Sc pour faire leur profit de la ⢠ruine de ce Ro^iime ont commandé au Roy, à fon Confoil amp;nbsp;à tout fon Royaume: à efté tel-lejjj^^econnë amp;nbsp;reuerée quâon nâa peu empefoherle cours dedeur impetuofiré : enqnoy on pouuoit conoitre que leRoy eftoit tout ainfi qnâvn maiftre de nauire qui afoh butamp;delTein de foire vue routte: Ãc ceux de fon equipage en venllent faire vne autre tonte contraire. Q^il nây a point de doute que ceux qui meinent le vailfoan, ne le conduifont la part quâils voudront, quoy que ce foit contre la volonté du maiftre. Et eft ce que maintenant lonajnfte occafion de craindre quand Ion voit que ceux qui ont cy deuant forcé la volonté du maiftre de ce vaif foau: ont toute pareilfoepuiflà nce amp;«ntorité quâils auoient au parauant. Quâils nâaient auflî maunaifo aflèétion quâils eurent jamais enuers nous: elle eft aflèz telmongnée par les effets tout contraires à ce qui à efté promis, par les forces que le Roy entretient fous propos qui ne font gueres moindres que fil auoiÃ^ne bien forte guerre. Lelquelles outre les ruines du peuple amp;l»s (îcfiènces inutilles' quâelles apportent, dont il foroit trop plus raifonnable de les retrancher veu mefinewentles dettes amp;nbsp;grande^ affaires que fa Majefté a for les bras: ne peu-uent remarquer autre chofo finon vne deffiance que le Roy a de ceux de la Religion : ou bien que Ion leur veut encor courir fus: ainfi que ftnafoit fomer le bruit partout. JEt ne peut on
pas
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pas pcnfêr furquoy on pourvoit fonder vne occafîon de deffiance defHits de la Religion: veu que depuis le commencement des premiers troubles jufques à prelcnt: ils ont fait entieremêt tous les deuoirs amp;nbsp;fubiniflîons que fidelles ôc affedionez iêruiteurs amp;nbsp;fujets pouuoient faire. Et outre toutes ces précédantes demonftrations ce deuoir dernier auquel ils font fubmis obligez à paier plus quâils nâont vaillant amp;nbsp;nâont de moien: couronne tellement leur Åuure quâil nây à aujourdâhuy perfonne qui ne puiflè aifoment reconoitre de quelle fincerité ils marchèrent quand on vit que lors quâil à pieu au Roy leur ottroier lâexercice 8e leur Religion, il nây à eu condition fi dure qui leur ait efté offerte, quâils nâaient volontiers accepté: tant pour leur deuoir de leurs confciences: que pour faire conoitre au Roy lâenuic quâils auoient dâauoir fâ bonne grace. Et pour leuer auffi les fauflès perfiiafions, impoftures amp;nbsp;calomnies , dont ils eftoient tant outrageufoment taxés. Aiant trop mieux aimé paier lesTolies 3e ceux qui ont efté caufo de ces maux, amp;nbsp;qui de gayeté de cÅur ont fait ce quâils ont voulu: que de contefter amp;nbsp;farrefter 8c par cela empefoher le bien dâvne paix tant neceflà ire en ce Royaume: encores que la neceifité 8c contrainte (comme chacun fçait) aie fait faire aufdits del^e-ligion tout ce quâils ont fait: ne voulons pas auffi entrer en juftification pour ramentgq^ir les occafions qui les auoient meuz de prendre les armes qui ont efté coneuës 8c jugées de chacun eftre tresjuftes 8c legitimes. Mais dâautant quâil y à quelques points 8c parucularitez fort occaln claires 8c manifeftes pour les deux dernieres prinfos dâarmes, fomble bieneftre Apropos dâen °eft,ueLcs coucher 8c remarquer quelques vns. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iâ prote-
Le premier donc eft la conjuration 8c confpiration faite à Bayonne: laleuée desSuiftès auLVpnT pour lâexecution dâicelle qui furent leuez fous pÃtexte dupaflà ge du DucDâAlq^ en Flan- les armes, dres: 8c neantmoins encores que ledit Duc DâAlue fut pafte les firent auâcer jufques à Chafi teau Thierry ville prefque au milieu du Royaume. La rupture de la paix faite à Longiumeau par la refolution de fo faifir de to«s les Ponts 8c paftà ges comme ils firent. Les entreprifos du Cardinal de lâOrraine pour furprédre feu Monficur le Prince de Condé 8c Mdhfieur lâAmiral quand ils partirent de Noiers, 8c ceux qui eftoienr deftinez pour ce faire. Qwnt au lieu de faire-fairc raifon au^it Prince des injuftices generales 8c indignitez particulières faites à luy par la requefte quâil enuoia au Roy par vn fien Secretaire contenant auffi lâoccafion deÃn departement; ledit Secretaire fut arrefté 8e^mprifonné: 8c ledit Sieur Prince arriuant à Cofiie luy fut apporté lettres par lefquelles eftoit mandé aux Baillifs 8c Senefehaux de luy courir fus 8c à ceux qui lâaccompagnoiét comme à rebelles 8c criminels de leze Majefté. La bulle expe- , diéepar le Pape en luillet pour lâalienation des cinquantemilleefous des biens des Ecclefiafti-ques par laquelle datte fopeut aifément juger quâeleauoit efté refoluë au paraiitt: 8c auoit on-conuenu du temps pour lâobtenir. Et lâEuit fait au mois de Septembremilcinqcensfoixan-te 8c huit par lequel ils font reuocqu^r au Roy tous les autres precedes Edits. Nâeftoit ce pas fo moquer delà Majefté? 8c nous vouloir entretenir en vne continuelle deffiance de tout ce quâils nous promettroient jamais ? Or maintenant pour toutes les adions 8c deportemens dont ⢠on vfe enuers nous: nous nâauohs pas moindre occafion de deffiance que par le pafte: veu mef mement comme nous auons ja touché vn mot ci deuât que ceux qui ont efineu fufeité 8c en- ⢠tretenules troubles: font eu« mefmes qui ont aujourdâhuy toute lâautorité publiqui^njeur mains; tant des aftnes que juftice 8c finances, intelligence ancienne auec les AmbaftadeÃs efträgers quâils entretiennét ez ligues8c aftbciatiôs quâils ont faite parla ruine 8c exterminatio de la Relligion.C^e Ion entretient auffides gens de guerre fans propos.Que toutes les villes qui ont tenu pour ceux de la Religion 8c celles qui ont rendu la plus prompte obeifTâce, fot celles aufquelles lonmetdesgarnifôsScquireçoiuét les pires amp;nbsp;rigoureux traitemés: les chargeât Sc foullât extraordinairemét. Bref il fomble que Ion vucillc (pr eux pratiquer toutes les rigueurs de lâEdit: en paftà ntfous filléce tout ce que les Catholiques font, 8c ce fous la faneur, fuport 8c côuiuécs deeGouuerneurs 8c Magiftrats. Que pource qui côcerne le fait de la Royne de Nauarre 8c Meffieurs les Prices 8c autres,lâô nâeà à autre chofo conu que b^es pa-rollcs 8c fâs aucun effet, en ce quâon tient écores les places de ladite Dame, cômeîâEflorc.En ce que dés le dixiéoieAouft dernier on nousgafta Brillac fieu deftiné (ipur les prefohes. La dc-claratiô que le Royà fait depuis lâEdit, à Villiers Cofterets qui rogne 8c reforre lâEdit de paix enplufieurs articles. La façon que Ion fo gouifeme tant au fait de la compagnie de Moficur le Prince de Nauarre que de fon Gouuemmét ou Ion luy baille pour Lieurenât le Marquis
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Lâ HISTOIRE DE FRÃNCE.
I î 7 I.
He Villars qui non feulement ne Teft venu cercher comme il doitamp; que fâ charge le requcr-roit, mais ne luy a pas feulement cfcrit. Q^e Monficur le Prince de Conde ne peut rentrer en fà maifôn a Valleri:amp; que ceux dâAchon fe vantent quâil mourra trois cens GentishÃ-me dcuant quâils en fôrtent. Q^e vn Baftard de LanfTac cil plus fauorizé quâvn bail ard de Bourbon .Le reffus que fait Moruilliers dâexpedier les prouifions fur les articles fccrets:amp; la rclponce quâil fait de ne le voulor faire pource quâils ne font pas emologucz à la Court, qui eft fo moque? du Roy amp;nbsp;vouloir rendre fâ parolle amp;nbsp;promeffes feintes. Que Ion enuoie par toutes les Prouinces de ce Royaume pour fouoir quel moicn amp;nbsp;volonté Ion a dextermi-ner ceux de la Religio, amp;nbsp;quarid il fera temps. Chofos que Ion feait de ceux mefînes qui font en telles charges emploiez amp;nbsp;qui f en vantét.C^c le Châcelier de lâHolpital auoit cfté demis pour fombler trop homme de bien. Que Ion à enuoié en Efpagne, Portugal, Italie amp;nbsp;autres lieux pour fà uoir ce que chacun voudra contribuer pour cell clFeól. Qnil fell fait vne alfem-blée es quartiers de la Guyenne côpofée de douze ou treze y alfiflant entre autres le Sieur de la A^flettc: où il à cflé aduifé quâil nâefloit pas bon de rien «ommencer encores amp;nbsp;principal-leme^ cependant que la Royne de ISlauarre amp;nbsp;Meflî»urs les Princes amp;nbsp;autres qui efloient en(Jbres à la Rochelle feroient enfomble. Mais que cela ne pouuoit plus gueres durer, amp;nbsp;quâil falloir ou que ladite Dame amp;nbsp;Meffieurs les Prince^ fen allaffent à la Court oùfe rctiraffent en leurs maifcns. Qriefils alloient à la Ãourt câefloit là ou ils les demandoient. Sâils fen al-loient en Beam Seils nâeuflènt les moiens de fè fà ifir de leurs perfonnes en y allant: quand ils y feroient il fallo it mettre de fi bonnesgarnifons le long de la Riuiere de Garonne Se autres paflages guâils nâeuffent plus de moien 9e fo rejoindre aux autres forces: Se que par ce moien la partie facheueroit aifoment. Qiæ Ion à auifoSe deffeignéauec vn ingénieux pour forriifier Broüage, Se que Ion y doit commencer au mois de Mars prochain, qui eft lâvne des les lainrcs pl^â^ iufignes Se ouuertes defhances quâils nous puiffent deltiffer. Le Marefchal répliqua en des Catho- pcu de parolPcs à tout Cela quc comme il faffeuroit de la bonne volonté du Roy Se de ceux cliques fur qyj apres fà Majefté tiennent les premiers rans en fonConfeilpour entretenir vn long Se agréable repos à tous fos fujets: Aufli ne pouuoit il penfor que la moitié dt tant de plaintes ne Cüfcdcrez fti^iènt eflongnes de vérité: fe perfuadant bien quâils les croient telles, mais que cefte crédulité leur vient en partie dâvne crainte que telles dîofos nâauiennent ( comme tous f imaginée
Refponcc du Maref-chaldc Code auec
mens des
eftre preftz où ja venu ce qui plus les paflîonne ) en part ie aufti dâvn faux rapport que gens éceruelez amp;nbsp;mutins de nature, leur fogt trop fouuent plus que de vérité qui y foit. Laquelle ne luy pourroit eftre celée en chofos de telles confoquence. Partant, les prie de les raier de leur cerucauj'^ffin que de chofos fauffesnâen forteqf vnvray effet prejudiciable à toutlâEf-tat pour le repos, pour le plaifiramp; auancemét duquel maitenir: tous bons citoiens doiuét oublier les injures paffées pour grandes quelles foient, iffqu elles ont tousjourseftépoftpo-fées par les plus vertueux de la mémoire ancienne, à la confideration de la chofo publique. Mefinemcnt aujourdâhuy que lâoccafion fen prefonte plus belle que jamais par ceft Edit de paix accordé, puis juré inuiolable dâvne part amp;dâautre.Qûand à ce qui concerne le malcontentement de quelques particuliers, indignez que lâEdit nâeft en tout amp;nbsp;par tout execu-téà l|(|^proffit.Te prince hors le commandement duqyel no»s ne deuons imaginer aucu-nrâ¬nôfe: le veutamp; fentend executer ainfi. Eftant fi bon au refte, fi raifonn*able amp;nbsp;tant amateur du bien indifferement dâvn chacun fien fujet : quâil ne différera de prefter louïc amp;fatfi-faire aux plaintes quâon luy voudra faire, foit pour le regard du paffé, foit pour les occurrê-ces qui fo prefontent chacun jour. Mais comme apres iexces dâvn gros orage Si rauine dâeau: la terre pour fochcquâellefoit ne peutfi toft que îorage eft fini,boire toute lâhumeur dot elle fe voit couuerte: Ainsfjutpar neceffi^ quâelîefiicce cette liqueurpeu à peu amp;nbsp;auec le temps: ou bien que fimpetuofité dâvn vent foc,amp;fou lient la viue challeur dâvn agréable Soleil luy aident à enleucr ce quelle a de furcroift amp;nbsp;la defeharger dâautant: Ainfi, bien que nos partialitez aient pris fin par vne bonne amp;nbsp;affeiWéc paix: la tempefte neantmoins de nos guerres plus que ciuille^efté fi grande: nous a chargé le cÅur de tant amp;tant de forte de mefoontentement que la mémoire ne fendent fi toft effacer de nofVe efprit. Celuy qui plus «ft offencé, ne peut fi toft digerer famertume de fos douleurs: aucun pour bien compofè quâilfoit, ne peut oublier fl foudain le fouuenir de fos pertes, amp;nbsp;vieilles injures que les plus forts luy ont fait endurer: fi lâautorité du Prince n'y remedie par {âexpedient dâvn bon Confeil. Ou en cas que diftrait par
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les occurences de diuerfes confiderations : II fcmblc balancer vers lâvn plus que lâautre parti; nous nâatendions le remede de la longueur du tempsde cours duquel nous apportant nouuel-les occafiôs dâemployer nos Elprits à dâautres cholèsmc nous perfuadera feulement,ains auljj nous forcera par tat dâeftrangcsamp;ditiers accidês qui fembarafïènt à toute heure es affaires des hommeside mettre fous pied le fôuuenir de nos anciennes douleurs,pour nous conduire plus heureufèment es affaires qui fc prefenreront à lâauenir. N^is sâil faut juger du merite des plaintes par la juftice des occafions: Qui les a plus grandes que nous qui fommes contrains vous craindre plus en paix quâê guerre?Lâefpace des deux as que les troubles ôt duré:nous,ne vous doutiôs amp;ne vous craigniôs que bie peu,pource que nous jouïôs tous à belles armes defeou-uertes: afïèurez que vous ne teniez la campagne quâa noftre ruine. Aujourdâhq^ eu e]^ard au . fidele deuoir que tous bons fujets doiuent a leur Prince: nous ne vous deuons foupçonner. Car obeifïà ns au Roy amp;nbsp;nous repofâns fur lâEdit de paix:nous vous deuons eftimer amis, voi fins, parens, compatriotes ,*⢠alliez amp;nbsp;conjoinds par vne melme obeif^nce que nous deuons à vn feul Prince. Mais confideram vos aéhons portemens, nous fommes contraints fTqpus auons fhonneuramp;la vie des noflres e« quelque pris:nous deffier de vous amp;nbsp;vous fbujjç»nner plusque jamais.Quelles occafiôs fçauriez vous auoir de faire en la Rochelle tous enfèmbife fî long fèjour?Si durant la Guerre on entar^oit propos de paLx, vous preftiez les deux oreilles, tous curieux,difiez vous,de reuoir vos maifônsamp;cheres familles.Ce défit q, le deit accroiftre au log alleramp;plus il efl; déliré :^eft il efùanouy en dâeux ans?Il y a outre ce pres de fix mois que la paix eft faite: amp;nbsp;néanmoins vous nâauez mis le pied hors la ceinture de la ville. Celuy là ns doute lèroit habile homme qui perliiaderoit aux Catholiques que vollrc fi long f^our nâeft occafionné que de la crainte du peril que vous pourriez encourir en vos mailôns.Car maints Seigneurs des voflres demeurent és leurs,en bon repos amp;nbsp;telle aflèurance quâils eulïènt feeu defirer. Au relie quand le Roy dtfireroit vous auoir, il ne le feroit en ce temps : autrement il fèroit trop mal auile, amp;nbsp;le voulant faire il nây procederoit contre vn, dâeux ne trois Chefs:ains le voudroit mieux alTeurer quâen cela. Moins y demeurez vous pour vne meilleure expedi-tion de vos publiques alfaires.Car la Royne de Nauarre SiMeflieurs les Princes,ont telle cre ance vers le relie quâils fen repolêront biê fur la fuffifance de leur Confeil.Si bié que dâefif e tant de Chefs enfèmble fi long temps amp;nbsp;etÃieu qui commande à la mer amp;nbsp;à la terre; amp;nbsp;qui par conlêquent vous donne les intelligences auec toute nation:efl vn merueilleux fbupçon à tout le parti qui vous a eflé contraire. Qui plus efl îajjpointement amp;nbsp;entretien que de freche ⢠mémoire Ion a fait ici des principaux Chefs amp;nbsp;Soldats de voflre confederation|par le moyen amp;nbsp;diligence defquelsvous fèroit aife de faire vne prompte leuée de gens de guerre: auec lefquels Ion fe fâifîroit auffi toll des villesamp;autres places voefines du gouuernement dâOnis: ne leur rabat tant lôit peu, ains leur^aufTe fort lâopinion qîiâils ont conceu de vos delïèins. I^âauantage que font en ce haure,en Broiiage, en Réamp; colles prochaines,tant de hauires ef quipez en Guerre coûtas les vns fur lElpagnol, lâautre fur le Portugais:celluy-ci fur le Fran- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
çois Ceux la fur les premiers-qüâils rencôtret pour les piller?Quandil nây aiiroit autre mal q les equipages defeendus en terre attendans la vente de leurs buttins, amp;nbsp;cependant forcez de * viures,fôiit contrains fellargiefur terre pour rançonner les premiers quâils treuuent,H^^ monde dâautres ifleommoditez diredement contraire à lâEdit. Cela fèul vous deuroit eftre plus grande occafion de rompre tout amp;nbsp;defhuer celle ville de fi grolTe gamifôn: que nâefl la fècrette intelligence que vous prétendez auoir à les entretenir.
S V R la premiere fut relpondu que quand lefdiéls Sieurs Princes elloient arriuez à la Ro- Refponce chelle amp;nbsp;plus dâvn mois apres: il nây auoit nuis gens de guerre entretenus: amp;nbsp;que Ion auoit eflé contraint le faire quad 15 auoit entêdu que luy dâw collé venoi%auec grades forces de refchal de pied amp;nbsp;de cheual:Et de fautre cofté le Marquis de villars auec nôbre de Compagnées. Auf-fi que de toutes parts Ion voioit entoures les villes renforcer les garnifôns Cathohques.Mais quâil feroit bien aile de remedier à cela. Et quâils feroit bUn aifes de calfèr ceux qtiâikauoi-ent, pourueu que le mefme fut fait par tout. Surlafeconde,quâonnelè pouuoit départir quâon nâeuil mis lareiglemêt quâil conuenoit mettre par tout ce Ro)»ume pour laleuée des deniers quâil falloir pour faire le paiemêt des d^tes êquoy Ion clloit en toutes fortes obligé. Et quelque diligence amp;nbsp;folicitaüon qui en eult eflé faite: Ion nauoit feeu obtenir vne lèule prouifion. Et que facilement on nâauoit pas nouuelles des députez qui efloicnt à la Court
pour
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pour fcauoir fil fc trouuoit quelque difficulté amp;nbsp;lt;{uâil falloir bien eftre enfèmblc pour pour-uoir a telles dclpefches. Car aucun ne les voudroit faire eftans fèparez. Que Ion fesbahifïôit bien des difficultez que Ion faifoit pour celazveu que câeftoit choie de fi grande coniêquence. tt comme le Roy eftoit obligé ainfi que ceux de la Religion: il ne falloir point faire de doute quâà faute de payement amp;nbsp;aux termes promis,quâon ne fift faire arreft fur tous les marchans amp;nbsp;marchandiies de Francc.Et que cela ièroit cauiè de rompre tout le traffic. Au refte quâils ne fai Ibient rien fur mer que bien auouëzjvoire de tel auquel ieul ils auoient a rendre conte de leurs aélions. Voila le ibmmaire des deuis, eiquels iê paiïèrent la premiere amp;nbsp;fuiuante journée de lâan 1571. Se retirant toft apres le Marefchal pour en faire le raport à iâ Majcfl:é:dont en
, auint Å que^e vous feray entendre en autre endroit.
Naturel de I ne fefinerueillera de lâeftrange naturel de fhomme,lequel( iân s parler dâvn millier g^c°amp;*^dif- fautes ) pour iâ legeretéôc peu de diferetion en toutes choiês,ne peut eftre rendu concret. tent amp;nbsp;treuue tousjours quelque choie qui luy deiplaiftèVoire qui pis eil, pour rendre les autre^ à hffi dciplaiiâns que luy:leur donne iâns ceifê nouuellc»occafions de mal contentement. Maiipgmmâen toutes compagnies bien que le plus grand nombre ioit des malauiiez: iè trÃiue tousjours quelques vns, la vertuamp;difcretion deiquellcs tempere les defirs exceffifs du reite de la troupe.La France auifiiiôuftenoit bon nombre de Seigneursamp; autres auiiêz periôn-nageSjla iâgtife amp;nbsp;modeftie deiquels apaiiâ peu à peu fexceciue chaleur de ceux qui pour tel les amp;nbsp;autres confiderations que vous entendrez; euiïènt auifi toil voulu mettre le feu aux e-touppesdequel nous euft apporté vn mode de maux plus grans fans comparaiibn que les pre-miers.C^r lans doute comme Ihommc empireSc nâamende jamais pour quelque raiiônamp;vcr-tueux exemple quâon luy iâche propoièr;plus nous yrons auantSc plus croiilraauec la mahee de Ihomme,lâincroyable calamité de ces Guerres Ciuilles.Confiderant lefquelles me iêmble que comme le corps cacochime amp;remply de mauuaiiès hu«ieurs:or que par la fuffizance de quelque boiî Médecin il iêmble auoir repris iâ premiere diipofition: fi nâen peut toutesfois la
⢠finté eitre fi parfai6teamp; aiTeurée,quâaucune de les parties ne reiTentét de ce fardeau excremc-teux:pource q la fciêcc du Médecin nepeut eitre fi heureuiêamp;acccôplie quâelle luy face eua-emer tout ce quâil a de mauuais. Mais faut laiflêr au bon regime amp;nbsp;à lâexercice leiquels auec La paix ne nbsp;nbsp;temps luy feront vuyder tout êe qui luy peut Ãlter dâoccafion de malladic. Ainfi la paix
peut aflopir pout bonne ôc bien faitte quâelle feultme peut fi bien remettre feftat enlbn entière diipofi-»edu pafc Qtie les membres dâiceluy ne reflêÿitent les incommoditez pailees.Les guerres ciuillcs ref fêmblcnt,aux lâymats,loches ôc telles autres vermines glueuiês, lefquelles rampans fiir terre amp;nbsp;fur les fruiéts dâicelle, laiiïênt tousjours la marque de leur excrement glutineux: mefinement fi les feditions font longues amp;nbsp;fi enragées que les Hançoiiês. Car outre le mal plaiiânt fouuc-nir du pafle:elles ne laifïcnt que trop de reite de miiêres^ calamitez aufquelles il vaut mieux fermer les yeux,que cercher à tous propos les moyês de fen venger:ciperans que le temps plus
⢠aiïêuré Médecin que les hommes;en emportera auec la mémoire les douloureux cffeéls ( que nous iêntons ordinairement quelque temps apres que les Gliérres font aifoupies )par le furue-⢠nue de la paix ^nt defirée.
iâiucr grad. année îhyuer fut merueilleuiêment froid, j ufques a gltcer fi fort la Seine,le Rofîic Se Autres fleuues,que les beites chargéesamp;charriots pailbient deiïus. Les fruiétS en furent fort endommagez en Prou ence amp;nbsp;Languedoc:encor que le clymat y foit plus chaut quâailleurs:plu-fieurs mefmes en ont perdu les membres aucuns en font morts en Françc.
Mars 1571. E N Mars mille cinq cens iêptante vn femeut vue iêdition a Rouen, laquelle aigrit encores dâauantage les cÅur sja vlcerez des vnsamp;autres comme vous entendrez.Suiuant la pennif-Sedition a leRoy donnojt à tous haut^ufticiersamp;ayans fiefs de haubert en Normandie de pou-Rouëiiponr uoir faire preiches,entretenir tous exercices de Religion:amp;y receuoir tous ceux quifivoudroi le Prekhe. ent tiouuer. Boudeuille amp;nbsp;Proteftans de Rouen qui nâen cit diitant que dâvne demi licuc:cn obtindrent dâabondant nouuellc ^rmiffion de François de Mont-morency Marcfohal de Fran ceSd lwly*de Rouen: dont aduertis les Catholiques dehbererêt les empefcher.Les Proteftans
JJ fi acheminent le 4. M^s vn Dimanche de grand matin.Ceux qui fortirent les premiers par la thoiiqucsq po^tc Cochoiie,nâeurentempefchemêt. Mais ceux qui les fuiuoient furent moquez, injuriez, ^epoferxne aucuns bien baftus par ceux qui fê treuucrenrà la porte quâils gardoient.Car encores fefoient les gardes en plüfieurs villes de France,comme Rouêu Orleans. Toloze, Parisamp;plufieurs au
tres
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ties villes qui nâauoient voulu pofer les armes: quelque requefte que les Proteftans euflènt prelèntce à cell effeót. Or commâen telles animeules-cntreprifes,de petis commencemeus OU fefchauffc à choies plus grandes: Les Catholiques délibérèrent de leur empefeher le r»-touramp;les battre fi bien quâils nâauroient plus enuie dây'retourner: ce quâils firent au retouncar en aiant tué 15. les autres elchaperent qui çà qui là tellement blcficz amp;nbsp;fi fort battus quâa-uec leniiie ils perdirent le moyen dây retourner fi louuentquâils eufient fatt.Soiidà in les plain tes en font faites au Roy par les deputez:lequel eftant lors-à la chafiè cn Tèùraine fo montra fort indigné cotre les autheurs dâvu tel remuëment;commandaau Marefohalilè Montmotéh cy de sây acheminer auec telles troupes de Soldats que la force luy demeuralt:afîn dâe« faire puis apres juftice exemplaire à toute laFrance.Et auec luy deuxConfeillers au#arlci»cnt de ⢠Paris pour faire le proces à ceux qui en feroient coulpables.Mais entrez ch vÃleles autheüfsâ Tauoienr ja gaigné a fuir, aucuns des petis furent pendus amp;nbsp;les-effigies de 5 ,0 0'. aiitfè's porterct la peine de corps euadez. Aucuns furent bannis,les autres punis par la bouiceijj bien quâauec le tepms la chaude mémoire de ce faitfcfcoula de la pa'ffiô deS hommcSjfailà hs tôir leschofos vn peu autres quâelles nâeftôicnt parauant. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â : .i.. â¢â¢
P E V auparauantvnefemblablefodition auintenQrcngcvilIcdeDâauphinéquiappar- ^^âlonen tient a ceux de Nanflbu portant titre detf*rincipauté, en laquelle neantmoihs le Roy tehoit Oaup^^nc^ tousjours garnifon au ChafteMi pour mieux fafleurer de la villcamp; du plat pars côntre les eii-treprifos dâvn eftranger.Vous aucz veu cornent par lâEdit elle deuoit eftre rêduc'â'fon 'propri ctaire. Et que de lès fujets ceux qui auoient fuyuye parti des Proteftans fi pourroient retirtr amp;nbsp;viure en toute liberté de confcience, laquelle leur lutdeffendue parles Gathe^iques du lieu, fou dainquâils furent de retour. Car yayans fait entrer nombre dé Soldats du Contât Veneffin: ils prindrent les armes auec eux, amp;nbsp;fe mans fur les Gonfederez en tiærcnt grand nombreamp;quelques femmes mclnies auec eux, lailïà ns fort bleccz ceux qui reftoient de cefte cfineutte:amp; y euft eu plus dâinfolenceamp; cruauté fi ceux de la Garnifon (à laquelle commà h-doit Mont mejan y lailïé par le Marefchal dâAnuille folon la commiffion du Roy 'qui îenuoïâ ⢠en fouGouiicrnemcnt pour y faire entretenir lâEditjnâcn euflènt retiré bcaucoup:lefquels fof-tans en ville appaiferent en fin la fedition peuple elmeiuDont le Roy auerti par les plain tes que les députez luy en firent,amp; le Prince dâOrenge auffi: il luy permit dây eniioyer tels que bon luy fembleroit pour tenir la ville amp;nbsp;Chafteauenfohnom:amp; gôuuerner les fujets comme il verroit efire a faire par raifon.Surce il y enilbia Berchon à quilavillcamp;toutlepaïs ⢠fut rendu fous lâobeiflà nce du Prince. Sâoudain quâil fut là , fails faire autre rcc«che du palTé il cômanda à tous au nà du Prince,quâilseuffent a viurc pà ifiblement les vns auec les autres Scfiiiure la formeamp;teneur de lâEdit paix'.fi^uffrant chaef^arti le libre cx.ercice de la Reli gion contraire à la ficnnc.Lcs autheursamp;côplifles du faitfeîloient retirez hors la ville pour leLirfoureté:mais confiderez les paifibles portemans du Gouucrneur: mefiue quâil lïaffiftoit aux prefehes ni autres exercice.s de Religion proteftante : falfeurcrentpeu à peu . Et en fin retournèrent en leurs maifons, où ils demeurèrent paifibles par quelques mois:lelqucls ex- , pirez il fait prifonniers tous ceux quâjkpeut appréhender coulpables de tel ateident.^is ai ât obtenu cómiffi^ du Roy pour en foiré jufticc:il en fit faire le procès par nôbre dâAu^w» amp;nbsp;autres gens de Confeil quâil fit venir des prochains fieges de Dâauphiné amp;nbsp;Languedoc, par lâauis amp;nbsp;jugement defquels il en fait pendre amp;nbsp;eftrangler quelques vns:lcsabfons punis en figure amp;nbsp;cogfifquc les biens de ceux qui ne leur fombloicnt mériter la mort. Tout cela fait à la pourfuite du Comte Ludouic:lcquel refidant lors à la Rochelleamp;y auoir receu les plaintes dés fujets de fon frere,cn enuoia demander juftice au Roy peu apres q le Marefchal de Cofl'é fut parti de la ville. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Voila comme en plufieurs endroits du Royaume, les Proteftans difoient auoir Proteftans grandes occafios de fe plaindre:amp;mefinc generallemêt pajLtoute la Frâce ils fo tormentoiét fort des patentes que le Roy auoit enuoyées par tout fon Royaume à la diligenco»des^rin- leur reuenu ces, ncantmoins Amiral, la Roche-fouccaud amp;nbsp;autres qui eftoient pleges amp;nbsp;rcfponclans du total poilr faire paier à tous les Proteftans ^uturiers le quint dcni?{âde leur reuenu pour Reiftres. acheuer le paiement des Reiftres quâils auoicilt fait venir en nombre de fopt mil cinq cens ôc fix mil Lanfqucncts Ions le Duc des dâeux Ponts mil cinq cens foixante neuf. Car le Roy leur en à uoitauancé vne partie pour les mettre hors duRoyaumc.Ils difoiét que câcftoitfâns
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;raifon
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raifon 8c ittipofllble de le fairejveu les grandes pertes ^incroyables inconucnics qui leur cRoi ent auenuz tout le cours des guerres. Auec ce quâil leur falloir nourrir, gager les Miniftres fuuenir à plutieurs autres fraiz. loint quâilz nâeftoicnt exempts de paier les tailles ordinaires amp;nbsp;autres impofitions du Roy. Par ainfi ce taux extraordinaire les ennuioit merueilleufe-ment. Voire que plufieurs ne frefluentoient les prefches amp;nbsp;ne fe dirent de la Religion de deux ans apres afin de nâeftre cotizez. La plus part neantmois pour lâefpoir quilz auoiét en la durée de la paixamp; defir de voir lâexercice de leur Religion libre par tout.Laifoient tout ce qui leur eftoit pofl'ible, amp;nbsp;aflèmblerent les Commiflaires à ce députez grande Ibmme dâargent cnpeudemois.
Rocheîie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;me^e temps les Eglilês Proteftantes de toute la France voulant reftablir lâEftat amp;
pour les pro difciplinc des Eglilês dont la plus partauoient cfté ruinées par îinfolencc des guerres: obtin-teftans. drent du Roy lettres amp;nbsp;permilfion de falïêmblcr 8c tenir vn Synode general à la Rochelle. Le fupplians dây faire alfilter des Catlioliques ceux que bon luy lêmbleroit, affin de voir amp;nbsp;luy ra^rter leurs portemens amp;nbsp;ce qui y feroit traité 8c relôlu.Tlufieurs Miniftres amp;nbsp;autres aiant cha^aés Eglilês fi treuuerent .Entre autres AnthointfChandiou,Nicolas des Galarsamp;beau-cotip dâautres. Tous lelquels elIeurentThcodore de Befze pour y prefidenpourlequel lesPrin-ces auoiét prié le Senat de Geneue de lây enuoier.i.a Royne de Nauarre, les PrinceSjf Amiral amp;nbsp;plufieurÃutres des plus remarquez Protefians y affifterenfcOny propolà beaucoup de cho fês nommément le moi en de reftablir lesEglifes diffipées. Puis on lê relblut fur le point de la doôlrine. En apres,» la dilcipline Eccleluftique fut milê en auant. On y parla auffi de quelques ceremonies en lâadminiliration de la CeneSc de plufieurs autres cholês partie defquelles Rirent relôluës,Ics autres différées au prochain Synode.
Entrée du nbsp;nbsp;nbsp;Incontinent après la paix, les Parifiens auoient commencé a faire leurs preparadfz pour
Roy à Paris. lâentrée du ^oy, laquelle fut différée j iifques à ce mois de Nîars. Tant afin de la faire plus magnifique, amp;nbsp;faire juger à tous que le Roy ne vouloirpenfêr quâà la paix: comme toutes les fi-⢠gures amp;nbsp;inferiptions de cefte entrée le demontroient,auec lefquelles eftoient meflez plufieurs vers Grecs,Latins 8c Fraçois à la loüange du Roy, de la Royne mere, amp;nbsp;3u Duc dâAnjou.En-lt;Ãres que le peuplc,parifien mefinement, fê fcandalifiift aflêz, de ce quâau lieu dâobfêruer les jeufhes deCarefine en prières, humbles 8c fôbre^euotions:lon ne parloir que de jeux,feftes, danfêsamp; autres mondanitcz.Dont les Catholiques tournans tout à la faueur desConfederez:
⢠eftimoient le Roy fê vouloir peu,à pe« emanciper dâvnc Religieufê fêruitude, au plaifir de la liberté Prote^ante.Le Mardy fixiéme jour de Mars fur les dix heures du matin le Roy arriua aux faux bourgs SaintDenis,où il monta fur vnEfiifiafaut pour voir paffer les compagnies des Eftara de la Eftats de la Ville, amp;pour ouyr 1^ harangues,amp; receuoy; les lalutations qui luy feroient faites vdledcPar Jg leur part. Les Moines amp;âPrebftres auec leur equipage marchoient les premiers, fuiuis de LvniucrfitéjDoéieurs és arts 8c des Leé^eurs duRoy.Le Reéleur en queue aiant fês douze ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Bedeaux auec leurs maflês dâargent doré.Et apres eux les Procureursamp;Mefïà gers des Natiôs.
Ceux la paffezvint le Corps de la Ville.Premierement dixhuid cens hommes de pied,choifis ⢠de tous les meftiers,dont furet faites trois bandes, Auatgarde,bataille8irieregarde diftinguées couleurs .Puis les menus officiers de la ville jufques à nombre deCent cinquâte:ils eftoict fuiuis de cent harquebufiers à cheual ayant trois trompettes deuât eux.Apres marchoi ent les cent Archiers 8c les cent Arbaleftiers fuiuis dâvne trouppe de cent jeunes homes en-fans des principauxBourgoisSc marchas de la ville en fort braue equipage amp;*tous à cheual:la plus part fur cheuauxdâEfpagne, ou autres chenaux de fêruice. Apres ceux la marchoiét les æaiftrcs des Åuures deCharpêterie,Maçonnerieamp;Cappitaine de lâArtillerie de la ville auffi à cheual, puis leshuiét Sergens la defille montez. Marcel preuoft des Marchas fur vne mulle haruacheé de yelous noir à franges dâor les fuiuoit, derriere lequel eftoient les quatre Elchc-uîns fur mulles. Les Procureur,Receueur 8c Greffier fuiuoient. Puis les fêze Quarteniers, vintqi^tr^Maiftres ou garde del^Iarchâdilê,amp; trente deux des principaux Bourgeoisamp; notables marchas.La compagnie duCheuallier duGuet compolee de cent cinquante hommes, dót cinquante eftoiét Cheual aians deuant em^ledit Cheualier nômé Teûu armé richement 8c accompagné de fês Lieutenâs ôcGuidon.'^noit apres les vnze vints Sergés à pied, les quatre Sergens fiefiez à Cheuahles cent Notaires, les trente deux Cômifïà ires du Chatellet,puis les Sergens de la douzaine de la garde du Preuoft de Paris qui les fuyuoit bien monté, riche-a ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ment
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ment armé amp;nbsp;habillé amp;fiiiiu de trois Lieutenans Cinil, Criminel amp;nbsp;particulier ; puisde^ deux AuocatzSc Procureur du Royamp; des vint quatre Conlcillers du Chaftellet aians en queue quelques autres Auocats ie Procureurs. Ceux-la palTez venoient les Generaux de? Gcncrat« Monnoyes auec leurs fix HuilTiers amp;nbsp;Greffier, fuiuis des deux Prefidens accompagnez des desMonuo-Changeurs Sc autres Officiers de la Monnoye. Les Gens«dc la Court des Aides venoient a-pres : 8c 3-itec eux marchoit le General des Finances en la charge de Paris. Text fuiuant ve-noient les Prefidens,Maiftres CorredeursSc auditeurs des Comptes. Puis les gens du Parle- Comptes, ment aians deuant eux leurs Huiffiers fuiuis des quatre Notaires amp;nbsp;Greffiers criminel 8c des Parkaienc. prefentations; Le Greffier ciuil 8c le premier Huiffier portât robe dâelcarlate, vn bônet quarre de drap dâor fourré de menu verd clpuré. Les fix Prefidens venoient apres vÃus dt leurs grades Chappes d'cfcarlatte,leurs mortiers de velous noir bâdez de toille dâor en la telle ainfi quâil elt accoullumé. M.Chrillofle de Thou premier Prefident auoit fiir felpaule gauche de là chappe trois petites bandes de toille dâor à la differéce des autres.A leur queue eftoieat les Prefidens dcsÃnquelles amp;ConÃillcrs tant Laiz que Ecclefiaftiques. Les deux Aduoc^ts de» 8c Procureur General. Tous aprochaifs de lEfchafaut y montoient pour faire leurs ha?agilt;s Enqueues, au Roy : pres duquel elloient fes deux Freres, le Duc de Lorraine,le Prince Dauphin 8c plu-fieu autres Princesôc grans Seigneurs. Birague Chancelieramp; dix Maiftres des Regueftes. Le Preuoft des Marchans ayant faislà harangue,les Clefs de la ville furent prelèntées aiiRoy.Peu de temps aprez commancerent a marcher ceux qui elloient de fa maifon amp;nbsp;fuitte. Aflà uoir les Maifon de Maiftres des Requeftes,lcs deux Huiffiers de la Chancellerie. Les Grand AudicncerSc corn-mis du Côterolleur. Le Châcelier Birague fuiui de fon Efcuyer,Secretaire 8c de lêsTaquais.
Quelque elpace apres,fuiuoit le Preuoft du Duc dâAnjou accôpagné de lèsLieutenant ^Archers. Cent chenaux legers fous la charge de Monrrueil grand Preuoft de France.Dc Camby Capitaine des Guides fuiui defes 4. guides entretenus à la fuitté du Roy. Aptes vindrent les Pages des GenulshÃmes Capitaines,Contes,Cheualiers de lordreamp;Marelchaux de France bien montez fuiuis dudit grand Preuoft auec tous les Officiers. Apres eux elloient lesCa- * pitaine,Lieutenât,Eiîïèigne 8c Archers de la garde du Duc dâAlençon.Les Capitaine,Lieugt; tcnâtamp;Archers de la garde du Duc dâAnjoi^^Les Gentilshoipes de la chSbreSc quelque gras Seigneurs. Les Cheualliers de Tordre tous richement armez ayans calà ques de drap dâor amp;nbsp;dâargent fort bien montez fiir grans chenaux. Les Gardes des SuiftesduRoy 8c de les freres marchoiét apres fuiuis des HauboisSc Trompettes. ApÃs les pourfuiuans treze Herautzamp; le Roy dâArmes vellus de leurs cottes. Puis quatre Pages du Duc de Lorrainc,fix dh Duc dâA-* lcnçon,fix du Duc dâAnjouSc treze du RoyiTrois elcuyers dâelcurie,dont Tvn portoitle manteau royal,Tautrc le chappcau,amp; le tie^ les gâteles. Le premier efcuyer portoit TArmet royal couiicrt du Mantelet royal de velous pers femé de fleursde Lys dâor trait fourré dâhermine amp;nbsp;couronné dâvne grande couronc dole.Apres marchoiét à chenal les Merefehanx de Danuil- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
le 8c de Tauanes fiiiuis des lômmehers dâArmes du Roy à pié. Puis marchoit le chenal de parade du Roy ayat à Tarçon de la'lèlle la MalTe dâvn cofté'amp; TElloc de Tautreamp; mené par deux ⢠cfcuyers dâefcurie.Lc Cote de Charny grand Efcuyer marchoitapres bié montà amp;arm^^r-tant en efeharpe Tef^ée de paradt du R®y. Le Duc de Guylc grâd Maiftre de France le coftot^ oit à main droite portant fon Ballon de grand Maiftre.Le Roy fuiuoit,amp;eftant arriué à la porte S. Denis 8c apres auoir efté là lüé de TArtillcrie fo mit fous vn Ciel de velous pers fort enrichi de broderie dâ^r porté par les quatre Efoheuins : 8c puis par autres julques au grand Tem-ple,amp; de là au Palais. Il eftoit armé dâvn hamois blanc curieufement poly, graué 8c enrichi amp;nbsp;paré par delTus dâvn là ye de drap dâargent frizé, excellent 8c tref richement garni de cane-tillesôô frizé dâargét.Le relie de fon habillemct eftoit de m^me fort lùmpâIueux. Son chapeau de toille dâargét auffi bordé,enrichi 8c garni dâvn cordon dâor de grade valeur auec vn panache blâc femé de grand nôbrede belles perles: eftat monté fu^vn exccllétamp;braue cheualbor dé amp;caparalfonné de mclrne parure q fon foye: aiant deuât lui les laquaisamp;efouyers d*el^rie.
Apres eux eftoit Tvn des portemâteaux,THuiffier de Tordreamp; de la châbre,les 24. Archers de la garde du corps.Sur le derrière duPoille à drÃte eftoit le Marquis de Ãayéne grâdChâbel-lâ,derriere lcRoy. Pres de lui eftoiêt les deux freifs duRoy.Puis le Duc deLorraineamp;lePrin ce Dauphin fuiuis des deux Ducs de Nemoursamp;dâAumalle,Meru,Thoré,Candalc,Contedc Rets,Lâlà c,dçs 2oo.gctilshômes,Nâc6 vidafine de Chartres,duMâsScvicôtedâAuchiauec les
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Archers des gardeszde Chemaux Maiftte des cercmonies.En tel ordre le Roy pafla par lame S.Denis amp;nbsp;vint du grâd Chaflcllcc au Pont noftrc Dame. Puis defeendit au grand Tcmplcôt â¢de là reuint au Pallais où il lôuppa le loir habillé dâautres veilcmens magnifiques Royaux.
Le lendemain les Preuoft des Marclians, Eleheuins autres Ofticiers de la ville de Paris, lui allerer prelênter vn magnifique pillent dâargent doréamp;de fort grand prix.Specialcmét à eau-fe de la fà çog.Câcftoit vn grâd pic dâeftal fouftenu par quatre Dauphinsdur lequel eftoit drcl-ParScL'^au chariotdc triôphe trainé par deux Lyons portant a dis Cybellc,Neptunc!,Plutonamp; lu-Roy. no:amp;fur deux Colônes cftoit vn lupiter reprefentant le Roy auec là demie accouftuméc P i-
ETE ET I V s T I c El ayant fut là telle vne couronne Imperialle loullenuc dâvn collé par llt;»bec dk'u Aigle pole fur la crouppe de Ibn chenal : amp;nbsp;de lâautre collé par le feeptre qu il tcnoit.Aux quatre coings du pié dâcllal elloiét les figures des quatre RoisCharles,aflauoir le grandjle quint,le feptiéme amp;nbsp;le huitiémc.11 y auoit aulTi des Eferiteaux latins à la louage delà Mcÿc,des Frcrcs,de la fÅur amp;nbsp;du Roy rcprelentez par les dieux amp;nbsp;deelïès fus nommez.
* Lâentrée du Roy ainfi laite leDimanche vnziéme de M5rs,les Elchcuins lurent auerris que Ij^tflnelêroit Couronnée à faint Denis le Dimanche vintcinquiéme jour du melmeMois, 8c au leudi enlùiuant feroit Ibn entrée en ladite ville afin quâils enflent a le tenir prellsamp;pour-uoir à toutes choies commâils auoient fait à lentiée du Roy. A quoy ils cômancerent a donner ordre en toute diligence : fi bien quelle y fut receuë lt«vintneufiéme auec prefquc plus Fraix excef- niagiiificcnce que le Roy. Somme que tel portoit le quart, tel le tiers amp;nbsp;tel le tout de Ion fis és indif- teiienu lurlès efpaules. Plus heureux ei:j^ores que ceux quilôus le vain elpoir de Court, dâe-crets des lire yefjs recompenlèz de îvn d'eux le virent en fin deuoir amp;c prelfez de payer beaucoup François, .qnâüs nâauoicnt vaillant.
S V R ces entreffaittes le Roy curieux de bien régler la luftice de lôn Royaume amp;nbsp;fes Officiers coiwmis à la diftribution dâicellc: fut confeillé auofï fait vne entrée magnifique dans la Les Rois de Capitalle ville de fon Royaume,amp;la Roine apres lui: dâaller au Parlcmét de Paris côme prin-FrdWce cf- cipalde tous lesSoiiuerains lîeges de la luftice deFrâeeiaccôpagné des pnncipauxSeigneurs crezpur e^Olfii-'ærs dc la Courône.Pour remôtrer ce quâon lui auoitlait entcdKamp; le dcfirquâil auoit autonicr la que la luftice fuft «iiftribLîée à gui elle eft deuL On eftime railonnable en vn EftatRoyal que lufticcen jjj nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pj-jnce lôit recueillie amp;nbsp;obfcruée côme loy lôuueraine entre tous fes fujets.
nient. Mais au moyé du mauuais naturel ôc du peu de jugement des homes: joint la varieteamp;incer-⢠titude des accidés : le Roy melmc a te plus grand intereft quâil y aye quelque forme amp;nbsp;apparente folénâé a faire paffer fm vouloir en force de loy amp;nbsp;dâordônance publique. Mefmcmcnt quâoutre ce que la volôté du Prince eft dautât pins fujetre a eftre lurpnftôécircoucnuë quâelle eft fongneufêmét efpiée : il ikauient que trop fôuu^ que les fà utes en font irreparables tant Pailemeiis lui quâaux fiés.Lcs Parlemés doneques nâeftans inftituez à autre fin que pour reprefenter la ⢠amp;ieur auto- Majcflé du Roy en l'égalle diftribution lt;ic la luftice quâil veut eftre faite par toute lâeftenduc nté, Re fes terres: Les Rois de France ont tousjours entretenii cette folennelle façon de faire : auflî ⢠toft que facrez Rois ils ont fait leur entrée à Paris,declarant leur vouloir fur la difpofitilt; n du R^^ume: Ã^autorifer la luftice amp;nbsp;venir au lieu principal de tout le.pais ou elle fadminiftre:
*pour exhorter fes Officiers a y bien faire leur deuoir.Leur dt^nant entrâautres choies a entendre que tous Eftats font maintenus par la Rehgionamp; Iuftice,fà ns laquelle voire lâvne dâicel'es les principautez ne peiiucnt eftre maintenues :amp; telles autres choies quâon leur a difoouru parauant quây aller. Le Parlement eft compofé de plus de fix vints Confei|lcrs, diftribuez en dri'aHs pfuficurs Chambresîchacunc defquellcs a deux Prefidens. La principalle eft la premiere qui fe-tient en vne Salle dont le lambris eft tout dâor nioullu,amp;: fappelle la grand Chambre qut nâeft que pour vuitftr les appellaffons vcrballes en laquelle on plaide à huis ouuert. Es autres Ro^cn foîi on vuide les proces par efcript. Le lit de luftice du Roy y eft. Câeft a dire quâil y va quelques Parlement, fois felon les oCCurrences qui prefentent: amp;nbsp;fê fied fur vn tapis de vêlons fêvné de fleurs dc Remontran Ly^amp;lt;fur fou chcfcft vn richcpoilc de drap dâor : les Pairs amp;nbsp;autres Seigneurs à fos coftez: Ch.1Ã^^7 Prefidens amp;nbsp;Confeillers de çà amp;nbsp;de là chacun en fon rang. Le Roy Charles fuiuanr aux Gens cette loüablc couftffme des anciens y fut le douzième Mars amp;nbsp;leur tint ces propos.
Comdc ' Tant plus je confidere la dure amp;|iuerfe fortune,que jâay courue depuis mon auene-Paricmcut ment à la Courône: plus jâay a louer Dieu,amp;lui rendre graces de la protcélion quâil a prifè de mes jeunes ans contre lâinjure du temps : plus auflî je conois îobligation que jâay à la Roine ma
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ina Mere, laquelle me'voyant entrer en mon regne en fi bas aage que je ne pouuois par nature aiioir encores acquis fexperienceamp; jugement necclBirc pour gouuernerdemoy-mcfme vn tel Eftat : anbralà la charge de mes affaires, pour incomparable affeôtion quâlie me portoit: amp;nbsp;depuis a tousjours fôuRenue auec telle force prudence tant de 13beur,'de foing St vigij lance: que je reconois lui deuoir apres Dieu le fâlut de moyamp; de mon Royaume: duquel voi-ant maintenant les troubles par la prouidence Diuine apgaifèz : S)C moy en faage-.auec les ans, elle mâa donné conoiflà nce de ce qui plus appartient à lâhonneur Si deuoir de^bon Roy. Ce que fur toutes chofès de ce monde je defire: amp;de pouuoir eftablir fi fêurement le repos de mes. fujets quâils ne retourneront jamais aux calamitez quâils ont fôuffertes. Et que par le benefice de la Paix je peux guérir amp;nbsp;refoudre les playes faites par finj ure des troubles : comme je voy que pour feffet de mon intention il eft trcfineceflà irc de mettre viuementla rq^i à fgeuure. ⢠le fuis bien refolu de le faire fans perdre temps : me confiant amp;nbsp;appuyant tousjours fur la prudence de la Roine ma mere, laquelle ne faudra en fi bonne Åuurc mâaider félon fon zele ac-couftumé. le mâafïèure auffi que mon frere le Duc dâAnjou fy euertucra de fà part autant que je le defire. Il a ja par fi bons tefnlbignages fait prenne de la vertu: il mâa porté fi fingulieraaf-feélion : amp;nbsp;en toutes choies rendu taftt dâobeilïà nce : que pour ces confiderations,amp;«p#urce quâil eft mon frere,que là prolperité depend de la mienne : amp;nbsp;quâil a plus dâintereft que^ul autre ;çres moy au bien de mon Eftat : 1^ lui ay donnéla Superintendance Sc charge princi-palie de mes affaires: bien cer^in quâil fen acquittera tref dignement amp;nbsp;à mon contentement félon la fiance que j'ay de lui. Mon frere le Duc dâAlençon lui aidera dorelhauant a porter ce faix.Voulant en fécond lieu pour la fraternelle amitié que je lui portejSi pour lés merites : me rcpolér fur lui de toutes les honorables charges que je lui pourray départir. Comme donques je léray Iccouru de leur trauail amp;nbsp;vigilance : lâelpere auec le bon Conléil dâeux amp;nbsp;des Princes,Seigneurs amp;nbsp;autres notables pcifonnages de mon Confeil : que Dieu fauorilà nt ma bonne intention me fera la grace d^remettre mon Royaume en là force amp;nbsp;fplendeuj. Or câeftant aujourdhui prelentée foccafion de venir en ce lieu fuiuant la loüable couftume des Rois mes predecelïéurs:jâay voulu vous rendre participas de ma deliberation:amp;lur icelle vous declarer aucuns points app^henans à voftre Eftat amp;nbsp;profeflîon, afin quâinformez de ma volonté,vous-vous y acquitiez du deuoir que jây recerche.Ie vous diray que de tous leynaux auenus en nf6 Royaume par la malice du téps : celui que^lus je deplore, 5c auquel je treuue le remede plus difficile, eft la corruption des mÅurs en toutes fortes dâhommes amp;nbsp;de la difeipline en tous E-ftats. En quelque part de mon Royaume que je tourne les yeux: je voy les cholés defuoyées c*rronpus, de leur droit chemin,defordônéesamp;confulés: IpecialemétfEftat de la luftice fi^cfreiglé,quâà peine v voit-on plus fancienne marque d^la ReligionSc difeipline qui y doit eftre. le nâentens pas dilà nt celafiire prejudice à fhôneur des gens de bien : mais vous declarer auec mô grand regret vne vérité que nul ne peut ignorer. Parquoy dautant que de la luftice principalement dcpaid la prolperité dâvn Eftat amp;nbsp;le repos des fiije|s dâicelui : jâay propofé procéder viuement à la reformatio des abus : en quoy je defire que vous Superieurs des autres luges en fadmini- ⢠ftration de la Iuftice,fà ciez les prémiers voftre deuoir.Et vous aiâscet hôneur de me reprefen- parki^n« ter en ce lieu,fîege premier amp;nbsp;plus ancien de ma fouueraine luftice: cómenc^ par vous-mef- de Pan«, mes a reformer les abus qutpeuuept eftre par cours de temps entrez en cette corhpa^fce.^ laquelle par fautôrité que je lui donne je cômunique ma plus royalle preeminence. le me re-pofé fur elle de la charge dont je fuis plus relponfable deuât Dicu,5c redeuable enuers mes fu- jeuéir. jets: la vie amp;nbsp;fhoneur defquels jâay mi s en vos mains.Toutcs lefquclles cholés lignifient aftéz la bonne côfciênce amp;nbsp;intégrité de vie qui doit eftre en vous. le vous admonefte doneques de cercher fongueulément fil y a quelquâvn dâentre vous taché de vice qui ne foit tolerable,amp; le corriger là ns diffimulatiô:afin q le fcandaleamp;le blafme »e redonde furious.Ne fouffrez auarî-ce demeurer en cette maifon:âchaftéz-en toutes faótiós amp;nbsp;partialitcz. Ni permettez brigues ni menées,vices trop répugnas à luftice.Delquels neantmoins je voy quâen fopinion des homes cete côpagnéc nâeft pas exempte.Ie le vous di mal volontifts.Mais câeft afin que vous v pour-uoycz,amp;que vos bons deportemens à lâaucnir efteignent ce blafme de fopinion des firmes,
Au demeurant, je vous commande de garde« eftroitement mes Edits éc Ordônances : amp;nbsp;pen- nbsp;nbsp;Edits a
léz que je vous ay mis en ce lieu pour obéir à njs loix : non pour leur commander ni les mef-prilér. Si for la verification des Edits ou autres lettres que je vous enuoirey: vous trouuez
-ocr page 46-â , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t ' H I S T Ã I R F t) E F R Ã Sf C fe.
difficulté fur laquelle arreftiez qùâil me falle faire remontrances : faites les fins vfêr de loft-Autoritéamp; guciir je les oiray volontiers. Mais auffi je veux que vous aiant declare mon intentionâ, puiflancé VOUS y obeiffiez fins cftrc Cil difpute aucc moy qui fuis vodre Roy amp;nbsp;Maiftrc :qui ceneik racn?dé'quot; jjueux que vous CG qui le doit amp;nbsp;peut faire pour le bien amp;nbsp;neceffité de mon Eftat. Les affai-Franceau- tesduqueljc rcferuc à moy Icul. Parquoy regardez a vous contenir modeftement dedans rateurs desquot; nbsp;nbsp;nbsp;bonics dc VOS Eftats qui font eftgbbs feulement pour ùdminiftration de la lullicc, corre-
Roys abai- (ftion des cnmcs,amp; faire obforuer mes Edits ôe ordonnances. Obcilîà ns à mes commande^ Ã^anioin ægjjj. jâauray occafion de me louer de vous : amp;nbsp;vous gratiffier des honneurs amp;nbsp;loyers cen-dignes à vos merites. Qui les mclprifora ne deura trouucr cil range fil tombe en mon indignation . lâordonne à vous Prefidens, de vous alîèmbler aucc quatre Conlcillers dc ma ⢠Court^cls quâelle députera à tels jours amp;nbsp;heure extraordinaire que vous auifcrcz : amp;nbsp;au lieu . que bon vous Icmblcra, foit en ce Palais où fvne de vos maifons. Et enfemble regarder c6 que jugerez expedient pour le bien de ma luftice amp;nbsp;reformation des abus qui f y commettent : dont vous drelTerez memoires amp;nbsp;articles que vous mâenuoyerez le plus promptement qu« Circle pourra* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
E»uiiron ce temps furuint à Paris vn tumulte entreffe peuple, lequel euft efté fort danger Tumulte de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nâeuft efté bien toll appaifé : tant par l'autorité du Roy que de la Court de Parlement
Paris pout amp;nbsp;dcs principaux Bourgeois dc la ville. Durant Igs j. troubles Galline riche marchand de la croix Ga- Paris auoitêllépar arrell du Parlement pendu amp;cllrangléppurauoirfouffert contre les E^ dits du Roy les prefohes cllrc faits en fi. maifon, fes biens confilquez au Roy, amp;nbsp;fi maifon mile par terre: en la court de laquelle pour exemple du fait, on auoit drelïé des deniers pro-uenans dc la vente de lès biens : vne croix îorée fort magnifiquement faite de'forme pyramidale en laquelle fon procès eftoit graue tout au long auec la forme de fon execution.La Roi-ne de Nauarre amp;nbsp;lAmiral importunez par les heritiers de feu Gaftincamp; généralement de plu-licurs Proteljans parifiens ; remontrèrent fi fouuent au Ro^que telle croix nâeftoitquâvn lignai mémoire odieux des troubles palTçz, 8^ vne occafion dâapporter mille querelles qui ⢠en pourroient auenir: Quâil permift quâelle full abatue lelon que portoit fon Edit, par Ic-qiiel la mémoire des choies pallecs doit dire olléc de toutes choies. Maft lui aiant dâailleurs les Catholiques remontre que le peuple eftoit fort indigné de cela : amp;nbsp;quâil eftoit à craindre quâil ne fe refoluft dâempefeher fos Officiers, amp;nbsp;^uc de ce nâauint vn grand fcandalc à Paris mere de la France, que toutes les autres pourroient fuiuie ; il permit quâelle full remuée au ⢠cymetiere des Inocens : en quoy il peafoit contenter vus amp;nbsp;autres. Les Confederez fohei-teurs de ce fa^, en ce que par le remumant, lignominie des condamnez prenoit fin : amp;nbsp;les Catholiques en ce que lesProteftans demeuroteyttousjours notez reftantla croix en fon entier au veu de tout le monde.C^ccafion que peu à peu ils en foliciterent la ruine amp;nbsp;fi viue-ment, que fur la fin dc lâan par les itérées julTions de fi l^lajefté, les Officiers de la ville y te-nans la main auec tous les Guets: elle fut ^atue de nuit pour éuiter vne plus grande cimente que la premiere, en laquelle neantmoins le peuple indigné de ce fefineut amp;nbsp;fefchaufa dc ⢠forte que fe ruant fur les maifons des Proteftans, il en pi Haï roi s fur le pont noftre Dame; fc licentiant jufqwes la,quc fil nâeuft efté tenu en bride par Marcel Preuoft de Paris: le Cheua-h#r ^ffGuet amp;nbsp;quelques autres dâautorité fuiuis des /v'chier.^ Sergens de ville Scplufieurs autres : dont ilsfeftoient pour cet effet 8c par le commandement du Roy accompagnez : fins doute, aucun Proteftant conu en Paris nâeuft demeuré en aftèurance à fi maifon. Les Magi-ftrats de ville courans dc çà de là auec leur fuitte en armesamp;mcttans bonne garde par les can-toris:effraierent tellement cette populace apres deux ou trois renuerfez morts pour exemple Naturel du auxauttcs : que le tout fe porta mieux quâon nâelperoit : faifins voir en fomme que comme P il nây a rien plus fier èc infolent en ^rofperité que le peuple: Auffi riy a il rien plus craintif. Députez doux amp;nbsp;humble en aduerfité : quand il fc voit forcé de paffer à la diferetion dâautrui. Sans vont^îaRo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poftc Sgt;c Craint à la diferetion du plus puiflà nt.
chelle afleu Comc fcs choiès fo paffoient Ãnfi,les députez des Princes firent vn voyage à la Rochelle â^es dda bs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^^urct la Roinc de Nauarre,les Princesamp;ceux qui leur affiftoiét de la merueillcufe vo-
ne volonté îonté qle Royfèmbloiftuoir a maintenir fon E«kt de paix:amp; nômément le bon vouloir quâil du Roy ver» Jgur pottoit cu particulier. Qif il y auoit gr^d cfpoir que la Roine Mere amp;nbsp;fon Excellence tórc venir quitâs peu à peu de leurs premieres rigucurs(quâil falloir adoucir par quelques bons fèruices) en Court. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fo confor-^
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le cotiformcroient à mefoc volonté. Que le Roy proteftoit foi ment quâil vouloir reco-noitre amp;nbsp;auancer ceux quâil trouueroit les plus fuffilans de Ion Royaume à lui faire lèruice. Qiïeux en particulier auoient eftezfort bien receusj carcflcz amp;nbsp;honorez de beaux prefens quela Majefté leur auoit fait : outre ce quâil le montroit fort affeéhonné à deux chofes, del* quelles on lui auoit parlé dés le commencement du traité de Paix.Au Mariage dentre le Prince de Bearn, amp;nbsp;Madame là fÅur: Puis à fcntrepnfc in païs bas. Mais poiirce que choies de telle conlêquence ne le pouuoit pas auancer que par fentreueuë conference de ceux qui plus auoient de pouuoir à l'execution dâicelles; fa Majefté déliré fort quâils huilent trou-uer à Blois, où ils feront les bien receus comme ils ont charge de leur dire amp;nbsp;les en aftèurer.
Aucuns eurent cesnouuelles aggreablcs ; dâautfes eftoient dâauis de ne rien précipiter: ains meurement auilêr ôc aux moyens de les exécuter, amp;nbsp;à la conlêquence «pres 1« fait. ⢠Lapins part nây trcuuoient que tout auantage pour en mieux afteurer le repos du Royaume, Seen particulier ÃEftat de la Religion Proteftante. Surce de Biron fur enuoyé parle Roy à la Rochelle induire amp;nbsp;perfuader tant la Roine de Nauarre que les Princes amp;nbsp;lAgairal de fachemincr en Court, pour lauancement de chofe fi grande: les afleurant en telle Ibrte du vouloir de là Majefté quâil nây fîîloit rien plus: leur remontrant que la fimpleflfe1fc:^it trop grande de loulfrir efcouler lî belle occafion, à IhonneurSc profit de toute la France. Lâoccafion perdue ne leur reftoit quâvi»vain repentir de leur faute palTéc ;amp; vn dclplaifit merueilleux que le Roy, la Roine fa Mere amp;nbsp;autres plus apparens apres eux, côneeuroient à bon droit fur les Proteftans : jufques a ramener, peut élire, les affaires à leurs premieres nuferes dcfquelles les Confederez ne felôient q^ie lôrtrr, que le Roy commençoit tellement a aimer : que les Seigneurs de Guylèamp;autres qui plus lêmbloient les fauorifer, a-uoient efté comme forcez fc retirer de la Court, pour le peu de carelfe amp;nbsp;maigre vilà gequé le Roy leur fefoit. Toutelfois ils ne furent conlêillez dây aller fi roft. Ainfi lailïà ns faire les entrées du Roy amp;nbsp;de la Roine à Paris : la Roine de Nauarre demeura encore quelque temps à la Rochelle auec le Prince de Bearn fon Fils ; lequel accompagné de fon coufin Prince de Condé, eftoit retourné de la rcueuc de fes païs où il eftoit allé, tant pour conoi- ⢠tre amp;nbsp;contanter lêsTujets : que pour voir les places, mefines les frontières de ion Royaume: amp;nbsp;y ordonner felon le befoin. Or defiroii^e Roy merueilleufement lt;^ie ce Mariage print vne fin, tant pour icruir de rafrechiflèment des anciennes alliances entre les maiiôns de Val- cntreiePnn lois, celles de Bourbonamp;s dâAlbert (Icfquclles deux jointes tiennent le Royaume de Na-narre pour ce jour) que pour eftablirvn meilleur nfcien dâappaiierSc aftèurer ÃEftat de la Aftigucrke France : oftant aux Confederez tous ibupçons quâon leur vouluft nuire à fault;«jiir. Et pour-ce quâil voioit plufieurs grans peftônna^es, tant eftrangers que naturels de ion Royaume, lui defconièiller ce Mariage comm^illegirime, Sequi nepguuoiteftrè que pernicieux à îvn amp;îautrc parti : veu la proximité du ià ng amp;nbsp;la contrariété de Religions. Il pria le Pape lui enuoyer vne dilpenlè, tant pour raiion du ià ng, q^ie pour la diiference de Religioss : amp;nbsp;quâil pemiift au refte quâon y vià il des ceremonies quâon treuueroit les plus propres amp;nbsp;expedien-tes pour le bien des aftaires dotait ion Royaume : pour la confideration duquel amp;nbsp;de toute ÃEgliiè Catholique il difoit faire cela plus que pour autre reipeôf.Mais il en Ãu refui^Sc ne feut que par le moien que nbsp;nbsp;diray.ailleurs. Ce Papefappelloit Pie 5. natif deBofto^titf PapePie j.
ville Lombarde pres Alexandrie, cflcué de fort bas lieu à cefte haute dignité. Il auoit autres-fois efté Inquifiteur de la Foy cotre les hérétiques à Millan,où il fc porta fi fidele amp;nbsp;diligentj quâapres plufieurs grades il fut eileu Cardinal ; amp;nbsp;en fin Pape de Rome. - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Confultatî-
Ayant donc le Roy Charles fait porter ce teimoignage de bonne volonté à la Roine de Na- on pour le uarreamp;au Prince de Beamiôn Fils; apres plufieurs remercimésôc telles autres parolles dâho-ncur:îoffre ne lui iêmbla de moindre importance q maÃ.iie a execute pour la diuerfité dere ligiôs.Au moyen dequoy elle employa quelque tëps pour auifer à loifîr fur ce fait de confeié-ce.Car aujourdhui lesSeigneurs,voire les pens particuliers pour fi peu de moies quâils aient: fe diipéicnt eux mefinesSc fort libremét du deuoir du fang'qui red les parties proeî^es aaretes defang°amp; îvne de îautre.Vray cft q les Politics diibicnt que côme les loix amp;ordreCiuil proeeWét dâo- parenté nâ piniô plus que dâvnc vérité q nature aye eft«bly pour ce fait: quâaufli^ellc côftitution depéd weentre^ies de îautorité amp;moyé particulier du Prince acof ,qui faitamp;dÃne les ordonnaccs à iès fujets ic- grans,amp; lô le naturel,tant dâeux que des affaires qui fe prefèntét. Et pource quâil nây a rien dâetcrncl
Cciij
-ocr page 48-âquot;â¢*»7». nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANGE.
aflèiiré en ce monde : faut de neceflîté que ceux qui font eflcuez au Gouuernement dâvn Eftat tel quâil foit : changent les loix amp;nbsp;diuerfifient lâordre politic felon la diuerlîté des oc-cafions qui foffrent. AulTi que lâoccurrence dâvn fi grand bien à venir quâils elperoient de 1« conjondion de deux fi proches parens: leur auoit fait aifement contreuenir à telle corn ftitution obforuéc par leurs deuanciers, de laquelle ils ne fo voudroient emanciper lâns grande confideration : ne fuft-ce q»ie pour la crainte que les Seigneurs qui fécondent le Prince en fonJEftat: amp;nbsp;peii à peu le refte des particuliers qui prennent droit a fe conformer aux mÅurs amp;nbsp;façon de faire de leur Souuerain : ne fattribuafient en fin pareille liberté de renuerfer ce que les anciens ont auifément ordonné pour le four entretien de tout 1 Eftat. Doneques la Koine de Nauarre craignant feulement que la confcience dâelle èi. de fon Fils y flirt bicfféegt;Elle en demanda premièrement fauis dâaucuns des plus renommez Miniftres de la France: puis des autres, tant Nobles que de ceux dont elle voyoit le jugement de quelque prix au maniment des affaires de ce monde. Sçauoirfi le Mariage pouuoiteftre legititne entre deux perfonnes de Religions fi differentes, Elle en eut de viue voix amp;nbsp;par lettres la refolution de plufieurs : la plus part defquels conclurent la conjonction legitime Coiÿ:^? îopinion de plufieurs autres toutesfois, lefquels ne fo fondans moins fur la raifon Diuine que fur les portemens humains : amp;nbsp;fur tout raportant les actions paffées à celles de leur temps gour mieux juger de lauenir: faffoi^oient quâil ne pouuoiteftre fi heureux quâils defîroienc Ainfi donc bien que la parolle de Dieu y centrariaft, la raifon Ciuillc ne-antmoins feruit de fondement aux Politics pour baftir ledifice dont je vous parlerayen autre heu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Sur ce le Mariage eft conclu amp;nbsp;affeuré pour le Prince de Beam, fans que le Roy fift grande difficulté pour le different de Religion : feulement vouloit que fà fÅur fuft mariée en face dâEglifo fuiuant les ceremonies Romaines : commâ auffi il obtint vne difpence du Pape pour la confoiiguinité dâentre les pour-parlez. Le Pape cependant qui nâappreuuoit cette alliance,amp; craignoit quâelle ne fuccedaft au prejudice de la Religion Catholicque aiant en-⢠iioié le Cardinal Alexandrin fon Neuen vers les Rois dâEfpagne amp;nbsp;de Portugal pour les in-di^ire a guerroyer le Turc, amp;nbsp;entrer en ligue auec fa Sainteté amp;nbsp;la Seigneurie de Venife: défi pcfcha auffi toft vers à celui Cardinal, ÃEuefque S^uiati ( qui auoit auffi charge dâempefoher ce Mariage en France ) affin quâil pratiquaft îalhance des Rois de France amp;nbsp;de Portuga par le mariage de Madame Marguerite auec le Portugais Dom Sebaftien. Occafion que le Legat ⢠Cardinal auoir negotié en Portugal ftiiuant la volonté du Pape : paffa foudain en France,amp; lors mefme q«e la Roine de Nauarre facheminoit en Court, quâil trcuua amp;nbsp;outrepaflà courant la pofte fans mefme la faluër. Ce fût en Mars cjaiâil fut fort fauorablement receu, traité amp;nbsp;â¢conduit à la Françoifo, fans neaniinoins emporter rien lt;^s fins pour lefquelles il eftoit principalement venu : fçauoir pour la rupture de ce Mariage pour fouuerture de lâautre : non plus â¢que pour joindre le Roy Trefichreftien à laJigue fainte. Mais feulement vne promeffe quâil fo montreroit tousjours le fils ainé de lâEglifo : amp;c que tous fes dj^ins ne tendoient quâà la fou-I aR^ine de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;honeur amp;nbsp;auancemant de la religion Catholicque : dontîé Pape receuroit de grans tefi
Nauarre amp;nbsp;moi^ges daiü peu de temps. nbsp;nbsp;nbsp;'
* ^^ent^ant la Roine de Nauarre fut tant folicitée dâaHer en Court quâei^ fin accompagnée Coure quot;nbsp;du Conte Ludouic amp;nbsp;plufieurs autres elle fut treuuer le Roy à Blois : duquel,amp; de la Roine Mere notamment elle fut amiablement receuë, comme de tous les autres. Brief, le Mariage de fon Fils apres plufieurs menées amp;nbsp;difficultez faites fiir quelques points futen fin conclud amp;nbsp;arrefté. Conformes neantmoins de volonté au principal : controuerforent vn peu fur les acceftbires dâicelui. Sçauoir eft des ceremonies amp;nbsp;du lieu auquel tout fo parache-ueroit. La Mere du Pftnce ne vouliîît permettre que fon Fils efpoulâft ni mefmes fuft fiancé à la Catholicque : amp;nbsp;euft pluftoft confonti la rupture du Mariage accordé que les ceremonies Romaines. ⢠La Roine Mg'e ne fo montroit moins roide à fentretien de la ReUgion pour lgt;coMfcieace de fa fille. Surquoy le Roy pria fort la Roine de Nauarre dâaccorder cela tant à lui quâà fà fÅur, Que les ceremonies fe fiffont à faccouftumée. Lui remontrant en outre que le deuo^ de fà grandeur lui cJInmandoit de bénir fà nélifier le Mariage de là fÅur à lâancienne forme de la Reli^tn que fos Pères lui auoient lailfo de main en main, comme heritage quâil vouloit garder en fon entier. Mais voiant la refolution contraire
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contraire de cefte Roine dit tout haut ( comme en cholerc ) quâil dilpenlêroit là ïôeur des liens ordonnances tant de îvne que de l'autre Religion : amp;nbsp;quâil les feroit elpoulèr par autre pluftoft que le Mariage le rompift. Cefte parolle comme venue dâvn tel Roy courut aulïi toft par toute là Court: efueillant les Elprits des François à conlîderations aulft diuerlès quâ«-ftoient legeres les alfedions qui les palïionnoient. Les Proteftans ailes de la parolle, en pre-noient vn plus aftèuré prefage dâvn bon repos à venir. ^u contraire, les Catholicques fen â¢â montroient fort indignez,dilà ns que le Roy changeoit dâhumeurs : que les Huguenos lui deft roboient le coeur peu à peu : amp;nbsp;quâauec le temps il pourroit aulïi quitter la Religion ancien-ne pour la nouuelle. Grand nôbre des vns amp;nbsp;des autres neantmoins y prenoientplailîr : corn- François amp;nbsp;me Ion voit les François li affeôbonnez vers leur Prince quâils prennent à honneur de îimi- leur doter amp;nbsp;enfuiure en mÅurs, parolles, habits, contenance amp;nbsp;toute forme de vie qBâil vont tenir, jg fSnncc'^a-Voire que plulîeurs melmes des plus remarquez au Royaume dilènt,hautamp;clair,quâils nâont ucciaraifô amp;nbsp;ne veulent fuiurc autre religion que celle du Prince telle quâelle lôit. Qui eft vn grand ⢠point a bien maintenir vn Eftat à fa deuotion,fi le Prince en Içait dextrement vier. Et n)f lêm-ble que fi deuotieufe reucrence*vient dâvne habitude que le naturel des anciens fujets gan-gnez par les bons amp;nbsp;vertueux portenlbns de leurs Princes,ont lailTé comme héritageift^irel amp;nbsp;ordinaire à leurs enfans amp;nbsp;riere neueux du jourdâhui. Car il nây a rien qui force plus vn peuple a honorer lôn Seigneur, que la vertu amp;nbsp;douceur naturelle quâil praticque amp;nbsp;fait voir au proffit des fiens. La rigueur les fait craindre, amp;nbsp;confequemment peu aimer : encor cefte crainte amp;nbsp;froide amitié ne durerôt que pour le teps que durera Toccalîon de craindrezeô-me le Ibuuenir de tant de choies palfées nous foi-^alTez conoiftre. Mais la douceuramp;dilcreti-on neantmoins demeure au cÅur, amp;nbsp;produit lès efteéls tant que les homes qui en ont receu
plaifir ou proffit lè peuuent remuer fur la terre. Voire que decedans ils font leurs enfans heri- uaiicdes Vc tiers de celle volonté, non moins que du refte quâils leur lailïènt en heritage. Car lî par fauis
des plus excellens naturels quiTurent oneques : les vices, les maladies amp;nbsp;impqffeétions tant tage a leurs du corps que de îelprit des peres, defeendent comme fuccelfion naturelle aux enfans : beau-coup pluftoft la vertu, les gracesSc autres bonnes impreffions de felprit, vont prandre melme ⢠liege au cÅur des enfans (notâmêtfils lônt bien nez ) quâelles auoient en leurs parens dece-déz. Ainfi lut en lin conclu que les promis des Elpoux à venir,feroioÃt receuës par le Cardinal de Bourbon,hors les ceremonies de Åglife Romaine. Qimd au heu nupual,la Roine R«â de Nauarre ne vouloir accorder que ce fuft à Paris ;pource quâelle j ugeoit celle ville trop Ca thohcqueamp;peu affedionnée tant à la mailon deBlt;furbon quâà celle de Nauarre. Mais le ⢠Roy inftftant au contraire : lui remontra quâil ne vouloir changer lâancienne 8lt;loüable façon de faire que fes predeceflèurs auoient entietenu julques ici: de célébrer les Mariages Royaux en la Capitale de leur Royaume. loigt que tous en prandroîpnt vn plus grand tefinoignage,amp; plus ferme affieurance dâvne bonne paix, fi les nopccs y eftoient faites comme fiir vn Theatre de toute la France. Qui peuuoit au refte mieuxà amp; pluftoft fournir tout ce qui lèroit requis amp;dcmandé dâvne amp;nbsp;dâautre^a^ue la Capitale de tout le Royaume? Fut en fin accordé que tout fe feroit à Paris, amp;nbsp;le plusl^idain quâon pourroit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Eftans ainfi ces chofes amp;nbsp;autres dont je parleray ailleurs reciproquemêt acÃîrdées : LRoi- jg NauTrre ne de Nauarre promit quâell? feroiwenir lôn Fils auffi toft quâil auroit drefte Ibn train^t en à Paris, telle relblution partit de Blois pour aller à Paris lieu deftiné à faccompliflèment du furplus. Le Prince Peu apres fHeritier de Nauarre vinttrouuer leRoy à Blois,fuiui de maints fignallez Sei-gneurs amp;nbsp;Gentilshommes Proteftans. Le grand nombre delquels pour lè monter à pres de cinq cens Bien qualliffiez : rendoit la trouppe fi grolfe, que plufieurs faprefterent aftèz dâoc-cafion dâen murmurer. Là fut conclu le Mariage entre les deux parties amp;nbsp;ceux qui auoient p puiftà nce fur elles. Les principaux Articles du Contraft portoient. En ce melme temps on condéamp;de preparoit le Mariage dentre Henry de Bourbon fils ailhé du feu Prince de Condé auec Ma-rie de Cleues la plus jeune des filles de Neuers furnomm^ Marquife dâIfles riche amp;nbsp;de meft me Religion que lui. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠« Mariage de
Durant ces propos,lâAmiral veuf de Charlotte de Laual (decedée à Orleans dés 1« deuxi-
émes troubles ) lè Maria auec la Fille du Gbmte dâEntramont enSSüoye, amp;tant pour lès tç^-g ^âEn-vertus que pour la recommandation de fes T^ceftres bien renommée en lôn pals amp;nbsp;quar- tramont üers circonuoifins. Le Duc de Sauoye îauoit voulu marier auec vn Gentilhomme fien là uo-
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, rit. Mais elle nây voulut condelccndre pour aucunes confiderations, qui retardèrent ce Mariage. LâAmiral y employa la faueur du Roy, lequel en efcriuit afFeâueuïêment au Duc : fau-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;thorite duquel lui eftoit neceÃiirc, en ce melmemenr quâà îoccafion du feftin de cc Mariage
Mariage de defcndu quâaucun de qualité nâeuft 2 le marier en fes terres auec eftrangers lâns lôn Teiiigny a- Iceu. Le Mariage le paracheua dans la Rochelle auec peu de magnificence : comme fc fit aulfi dcîâAmiral Telligny auec Loilè de Cotgny fille de lâAmiral quâil auoit long temps pourchaflee.
En ce tenjps Lignerolles fut tué en Court parle jeune Villcquierfon ennemi, alTifté du Ligneroiies Conte Charles,S. leanfrere de Montgommery èc autres. Et bien quâil fuft le plus grand mi-tueenCoutt jg Monfieur, fi eft-ce,poutce quâaucun nâelpoulbit la pourfiiitte quâen failôit la vefue: on dit que la mort lui eftoit caufèe pour auoir failli enuers ceux quâil honoroit. Surquoy cha-., ⢠nbsp;nbsp;cun jugeant 4e foccafion particuliere félon la conoiflà nce des affaires de Court : les plus aui-
^conftancc rdfoluoient au peu de fèureté grandâ inconftance quâon voit és habitudes des petis ende Court. U ers les grans à qui ne marche diferettement amp;nbsp;ne preuoit à lauenir. De fimple Gentilhomme il^ftoitvenu Cheualicr de Lordre,Chef dâvne compagnée dâhommes dâArmes amp;Gou-uerneur pour fâ Majefté en Bourbonnois par la grande faue*ir quâil auoit de lôn Maiftre.
Ãrftflefine ûilôn Odet de Coligny Cardinal Euefqife amp;nbsp;Conte de Beauuois qui depuis le LeCardi- Commencement des troifiémes troubles auoit refté en Angleterre pour entretenir laRoine nal de Cha- affeôlionnée amp;nbsp;lècourable aux Proteftans : amp;nbsp;la Paix faite employé pour le Mariage de Mon-de^rÃmkal ^cur amp;dâelle*: voyant le peu dâelpoir quâil y auoit: appellé par l»n freie îAmirafpart de Court meurt cm- pour fembarquer à Amptone. Mais empoilônné par vn fien valet de Chambre au lêntir amp;nbsp;AngîcterrT â^^âigcr dâvne poiumc : mourut au gran(;^regret des Reformez. Lâempoilônneur fut depuis faifi amp;nbsp;en qualité dâefpion exécuté à la Rochelle, où il confelÃ, tout.
Mais pource que je me fuis propofé pour fujet à mon hiftoire :1e plus memorable de cc qui feft paffé de nos jours és Prouinccs de la Chreftienté : je fuis dâauis de laiflèrpour vn temps 1^ mlt;noirc des choies Françoilês, amp;nbsp;vous reprelènter les eftranges remuëmens des â â Turcs contre les Italiens amp;nbsp;Elpagnols : lefquels fe diligentent dâalïèmbler leurs forces pour ⢠nbsp;nbsp;garentir fille de Chypre de la puilfance ides Mahometans. Pource que fentreprilè eft fon me
morable, tant pour le merite de fille en laquelle a efté fvn .des plus renommez Royaume qui dependift de fEnnpire dâOrient: que pour la ^uerfité de lès euenemens merueilleux: ' me lèmble expedient vous faire entendre en peu de parolles le naturel de fille
amp; la forme de lôn Gouuernement, pour mieux vous efclarcir de
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- combien de Maiftres êlle a changé. Et comme de la main des
⢠PÅteuins elle eft en fin venue aux Vénitiens par droit de bien lèance comme les plu« forts fur la race de Lufigne». Vous y verrez aul^ quelle peine ont pris les Chreftiens pour le
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;maintenir aontre la force des
Othomans. â
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T
SOMMAIRE. W
Du Vintcinquiéme Liure â¢
(
ä nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;E. S T A T ancien,changement ç^firtilitéde l'jflede Chypre. Auec les droits Cr pretenÃons que
Chreftiens Cr Vrinces de Foy contraire y querellent. Les préparatifs Cr efforts de l'armée fl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des XJenitienspour la deffndre:armée naualle des Vénitiens, Effa-
»(?/Æ Cr^Mres Chreflienspour rompre les deff 'eins du Turc.Leurs diuiÃonsCrpstrtialitez.,Famagoufle principal haure de Chypre affiegée, batue Crprife auecgrffidesnortalite des Chrefliens: auffi malheureux à la defence de T^icofle Cr autres cartiers de Chy pre, dont le Turc Ãfrit feigneurà la grande perte desUenitiens Cr deshonneur de la ligue Chreflienne trop lente CrpeuaffeElione'ea fecourirles Cypriots. PourÃite des deffâeins de la Guerre'en Flandre: l'â'^mirai enfn perfuadé va en Court ou le zJFfarefchal de'^ Coffé enuoyépar le âF.oy à la^flochelle pourcefl effeéllemena.Lafiiuorablement recueily de tous,conflilleauTi.^y de fatiguer auecla 'F^ne d'^îy^ngleterre Cr l^s Allemans.Puis ouure les occasions ftâ moyens défaire la Guerre a l'Ffpagnol.Ce fait retiré a ChafltUon enuoyele Capitane Minguetiere defcouurir en mer. Les eauxà desbordent. Tremble terre effouuantable.L' AmbajfadeurcÃle Cardinal Alexâdrin Tf^once du Tape veullent deflourner le Foy de ce Mariage Cr de la Guerre du pays b as,au/quels il reffond.La 7^^ egotiation élu Cardinal Alexandrin vers PEPfagr^l Clâ Portugais: tant pour les liguer auec fa fainteté ^Aes 'Uenitiens contre le Turc: qu^our enta mer vn propos de tJilLariage entre dom Sebaflien Foy de Portu^ Cr^^adame zAiarguerite de FrancefÅur duFsy.
Hypre eft fvne des belles amp;nbsp;plSs riches Iflc de la Mediterranée. Elle a vin amp;: huille en abondance, aflèz de froment : les met»ix dâairain amp;nbsp;de cuiurey faifon*ierent le temps palTé, amp;nbsp;le vitriol fleur dâairain amp;nbsp;le Ladanoi^ aufli.Le Camelot en ijient faid de poil dellié des cheu-resdaimant, le fèl blanc dur comme pierre, lefucre amp;nbsp;coton en telle abondance que lesVcnitions en foumifloient toute fEurope deuant la defcouuerte queles Portugois amp;nbsp;Elpagnols ont fait de leurs Indes * Orièrï^Iês amp;nbsp;Occidétales des reuenus delquelles ils foumiflènt au-jourdhuy toute la Chreftienté.On y trouue auflî Agaits,Eme^dcs,
Criftal, ametifte fimple amp;nbsp;aiftres choies excellentes. Elle a elle en lômme fi riche de toutes les nations domtées par les Romains: aucune ne remplift plus leurs trelôrs que celle la réduite en Prouice parCaton Ibus Ptollomée dernier RoyEgypte.Auflî lâappelloiêt les Gréez Mfle Macarie,câefi: a dire heureulè.On ne peut dire fi les habitas font naturels(quâaucuns nom met Indigenes:lesGrecs Amphtochtones)ou eftrangcrs.Mais la cômune voix emporte quâils font mellez de Grecs,Feniciens,Syricns,Egyptiensamp; Eftiopiens.Soit que le mellange du peuple de diuers humeurs aye caufoles délices amp;'Corrupft)n des Chyjtites: ou le naturel du pais abondant en tout ce qui apporte plaifir à lâhomme: ou bien loyfiueté en laquelle ils ont vefou long temps: Câefte Ifle a gaigné le nom de la plus lubricqueamp;diflâolluë nation du mon de.Et croy quâà cefte occafion lesGrecs ont feint queVenus y eftoit née,ou quellefulUDame de cefte Ifle:laqueIIe à lexemple peut eftre des Babyloniens dâAflyrie,où pour couuriÃs pail lardifos ouurit à ce quâaucuns difont lâEfccile à la lubricité des fiîfcs, lefquelles pour fo marier fo preftoient aux eftrangei; : ifin que du jfis de leur chaftetc clles,achetaflènt celuy qui les voudroit pour mari. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C c iiiij
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Quand à lâEftat amp;nbsp;gouuernement du peuple : fi nous voulons recerchcr lâEftat ancien de u«nement* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parler fuiuant ceux qui nous ont laifle ce quâils en auoient aprins: nous ne paf
de Chypre, ferôs la Monarchie des Egyp tiens qui fafujedirét îlfleamp;depuis eux melrnesamp;les Chipriens dpintez par les Perles reconur ent le Perlà n pour Seigneur. Mais fil en faut parler par conje-ôl:ure,nous deflFaillât la mémoire de choies anciénes:je me perfuadeq Chypre tant quâelle a e-fté Ille,amp;lors quâelle tenoit à la terrienne de Sirie:a tousjours luiui la fortune de celuy qui a maitrilè lès vqf fins. Les Egyptiés nây les Perles nâont eftez les premiers qui ont doté la Sirie, Greceamp;Illes de leuat.Les Allyriens,Medes ScEthiopiés ont premier quâeux ellédu leur puifi lance fur les nations de lâAfie amp;nbsp;Alfricque.Mais pour ne fembler vouloir amener qlque choie nouuelle:jeme tiendray à ce que difent Hérodote,Strabonjofepheamp;autres hiftoriens qui ⢠telmoignêt q»e celle Ille elloit gouuernée parRoytelets que lesGrecs appelloientTirâs.Puis ⢠nbsp;nbsp;domtée pas les Egyptiens, Perles amp;nbsp;Macedonicns:en fin la lèigneurie de celle Ifleamp; des au
tres prochaines ell venue aux Romains au temps de Ptolomée dernier Roy Egyptien lôusCa ton,qpi par le commandement du Senat lui donna forme de Prouince. Depuis la Republic-que Romaine changée en Monarchie, amp;nbsp;icelle diuilee îvnê Orientalle amp;nbsp;fautreOccidental-le Empereurs Orientaux qui auoient leur fiege ÃConllantinople pour les Chrelliens: mamtindrent Chypre deuotieulè julques à la venue des Sarrazins. Lefquels côduits par Hot-man(quatriéme Amiral ou Prince Sarrafin)lbus fEaipire de Conllantin fils dâHeraclée la pillèrent toute, comme ils firent aulfi îan 747. fous îAmiral M*ruan au temps de Conllantin Copronyme. Puis les Arabes fous Aaron frere de Mofeh au temps de Charlemagne qui en jouît par quinze ans,amp; j niques à ce que Nÿcephore ayant chalTé Yrenée amp;nbsp;fon fils Conllantin, la racheta auec la paix à deniers comtans. Continuans les voyages de la terre Sainte fous G odefroy de Bouillon amp;nbsp;autres Princes : Regnaud de Challillon Gaulois Prince dâAntioche y alla auec armée amp;nbsp;fen fit Seigneur, voyant que les Grecs ne la pouuoient tenir: reco-noilïà nt tout^lFois ÃEmpereur des Grecs comme aulfi appefloit-lon les Cypriens Grecs. Depuis fan I I ÿ !⢠lors que Phillippes Roy de France amp;nbsp;Richard dâAngleterre pallèrent en la ⢠terre Sainte contre Salladin qui auoit pris lerulà lem : Richard elgaré fur mer par tormentc fut contraint dâaborder en Chypre.Dont les Grecs lui delFendirent fentree quâil gagna en fin ncantmoins : faccagsKnt fille,amp; failà nt prifonniej^Ilà ac Comene homme faélieux amp;nbsp;vfurpa-teur de fille contre le vouloir de fEmpereur fon parent. Dâoù auoir prins force deniers, olla-ges amp;nbsp;mis garnifons par tout : fen va en Palelline le joindre aux autres.Les Princes ellant lut ⢠leur retour,amp;; voyant le Royaume de Ãrulâlem perdu, duquel Guy de Lufignan elloit Roy : Royî dâAn- Richard lui pgrfuada de le quitter amp;nbsp;prandre celui de Chypre ( car les Grecs ne portoient til-gleterrc co- tre que de Seigneurs de Chypre) en payât aux Tenaplers certaine fomme quâil auoit emprun-leru^aiem^^ donnant Celle Ille en gage) amp;nbsp;quâil quittail le^roit du royaume de lerulà lem de La maifon Syrie. Ce que fit Guy. Ainfi les Anglois lè font portez Rois de lerulà lem: amp;nbsp;les Poeteuins,de â¬Â»Poitoquot;u Chypre: dont ils ont paifiblemët jour par ⢠8 ans jufques à ce que les Vénitiens leur aient pretend les ollé par finelîè. Voici Comment. A Guy mort là ns hoirs Ei^çr^n frere fucceda, lequel ef Ylà bel vefue de Henry Compte dç Champagne amp;nbsp;lèigneur de Tyr eut pour accroif Chypre amp;nbsp;lèmem Cellâ antienne peuplade amp;nbsp;Colonie de Phéniciens mere de Cartage amp;nbsp;autres places. T^r amp;nbsp;s dô R'-hs^cc les Allemâs recouurit amp;nbsp;fortifia la ville de Bamch.Ivfais les gran§ maillres desTem-Colonies piers amp;nbsp;de fHofpital faint lean en lerulà lem qui nourrilfoient Marie fille de Girard de Mont-de Phenicî- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la donnefeiit à lean de Brenne Prince de Vienne en Dauphiné en mariage: delà pointant
baft^Cana- du Royaume Emery qui ne lè foucioit,difoit-il, des affaires de la terre Saintegt;dont il mourut gc,Gades jg delpit. Et lui fucceda lean fon fils à lean Henry de Lufignen qui afpiroit au titre de Roy de feile amp;c lerulà lem quâil voioit tombé és mains des Allemans. Mais mourant fan 125 o.Alexandre de Lufignan vint à la CoRronne lècourfl par les Génois. Et de fon temps S. Lois 5». vint en Chypre,^ de là en la terre Sainte. A cet Alexandre lucceda Henry 2. qui premier fortifia Famago-lle.Et la fin toute lèmblable à P^olemaide perdue par les Chrelliens. Hugues de Lufignan vint a»es4|ui lè portoit aulfi Roy de lerulà lem. Et pour la recouurer palTà en France pour accorder les Princes Chrelliens partialilèz, failà nt Roy de Chypre deuant que partition fils Pierre. Hugues mour/R au voyage i 2 . SoiTfils Pierre incité par le Pape Vrbain 5. vint à Genes,cn Allemagne amp;nbsp;en France;puis en duyenne à Edoüar Prince de Galles qui le lècou-rut dâargent (comme aulfi fit ÃEmpereur Charles 4.) pour vnir les Chrelliens contre les Sar-rafins
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rafins. Mais refuze il enuoya nombre de François amp;nbsp;Anglois, lefquek furprindrcnt Alexan drie amp;nbsp;la faccagerentmây demeurans que trois jours. Puis iè retira en Chypre ou i 3 7 2. il fut tué par fon here en Nicofie.Le premier iêptébre Pierre fo fils luy fucceda fecouru par les Vcmticnsamp;Gcnoys que ion pere auoit amené amp;nbsp;fut Couronne à Famagofte le i o. Oétobre,* 137 2 .au Couronnement duquel le premier lieu fuft donné aux Magiftrats des Vénitiens. Les deux Nations auoient leurs Cytoyens en Chypre aus« vn Podeftat ou Conful pour faire droiâ fous îautorité duRoy à ceux de la nation que les Infulaires aimoient plusiencores que le Roy féblail porter lesGenois pour le droit dâhoipitallité qûâils auoient pratiqué enuers luy
feu fon pere: occafion que le lendemain plufieurs dâeux vindrent en armes au Palais.Ce que rapportèrent les Vénitiens au Roy qui les fift précipiter du haut des feneftres en bas. Et de mefme challeur on rccercha tous les Génois leiquels on fift mourir nâen rechai^pansiquâ vn * bien blefte qui en porta nouuclles à Gencs.La charge de venger cete injure fut dônée à Pierre Fregolê auecDomenu Catanée lefquels affiftez de 14 mille hommesamp; 700 chçuaux affiege-rétamp;prindrét Famagofte par le moyen de la Royne Clcre qui haiftbit ceux qui auoiét follici-té fon fils à ce Maflà cre, lefquels fîîrent mis en pieces. La paix fut donnée au Roy à condition que lesGenois retiendroiét Famagoftê^le Roy fobligea de leur paier pour quelques 4 O. mille Efeus de tribut amp;nbsp;pour oftage les deux fils du Prince dâAntioche qui auoient auflî follicité le Roy contre euxamp;Iaques de LuÃgnan lequel ils enfermèrent à caufê quâil auoit tafi ché fenfuir enFrance pour machiner cotre la Seigneurie.Le Roy pour fo venger fo joiuél aux Venitiens.Efpoufe la fille de Bernabon Seigneur de Milaro lequel luy enuoya 8. cens hommes à cheiial.Et la fille conduite à Venifo fuft par s Cornaries menée en Chypre. Famagofte affiegé par mer le port fut gaigné. Mais la ville tenant bon, fallut fo retirer à grand perte. Ainfi les Génois y demeurèrent par 5. ans apres lefquels Pierre mort les Infulaires nomerent laques fon Oncle prifonnier,Roy: que les Génois accompagnèrent de dix Galleres:ou arriué, leur donna à puramp;a plain Famagofte en reconoiftà nce du traiéfementamp;bô deuoi# enuers lliy amp;nbsp;fobligea à quelques milliers de Ducats par certaines années. Ayant régné 18. ans laiflà fon fils quâil auoit eu en prifon,heiitier:lequel tafoha par la corruption de quelques vns auoir Fa ⢠magofte:tout fut dc/couuert,les traîtres punis amp;nbsp;la ville mieux gardée que parauant. Il laffie-gea à 2o.ans auec telle animofîté quâil jura nâen partir que la Barbe ne luy grifonnaft amp;nbsp;quâil feroit mourir ceux qui luy parleroient de fo retirer.Or comme leGouuemeur luy remôftraft les plaifirs receus de la Seigneurie:Refpondit que la Courtoifie de Genes eftoitfondée furfv-furpation du bien dâautruy. Mais il falut leuer le fiege Marriuée de lâarmée quâamena Anthoi- ⢠ne Grimald qui aprouifionna la ville.Puis retiré renient le Roy au fiege,refollu 4e fauoir par famineamp;fift fermer le port afin que focours4Ãy viures nây entraffont.Mais lesGenois obeiflà ns afllegé. lors aux François y enuoyerent arguée fous Geoffroy B^uciquant Marefchal de France Gouuerneurà Genes qui vainquit le Roy, auquel il donna telle conditions de paix quâil voulut; puis retourna en France. En ce temps Mel^hée Soudan du grand Caire fo fouuenant de la prife amp;nbsp;rauage dâAlexaiidrie_par les Chypriens vint en Chypre 141 mettant tout a feu amp;. fang: amp;nbsp;les InfuUairesenroutte print le Roy prifonnier,faccageaNicofieamp; emmena Soidan.^. prefque tout le peuplecaptif.Puis le Roy rançôné de fix vinrs mille Efousamp;trikutaire,retour na mourir fan 1432. laiflîns deux enfans, Anne fiancée à Loys fils du Duc de Safibye gilean de peu deffet qui en féconde noces efpoufà la fille dâvn des Seigneurs de la Moréedes Palcologues,ennemie des Ceremonies Romaines que fuiuoiét les Chypriês fur lefquels elle commandoitplys que fon mary jufques a y introduire la Religion Grecque. Elle auoit vne nourrice qui la gouuernoit amp;nbsp;fo nourrice vn fils quifaifoit en cefte Ifle tout ce quâil vouloir.
Le Roy auoit vn Baftard nômé laques de grand cÅur amp;rufè aux afFaires:amp; de la Royne He- differentes laine vne fille nomméeCharlotte quâil donna à lean fils 9u Roy de Portugal qui fuft appelle pour S urinrendant aux affaires duRoyaume,fo fachans lesChypriens dâvn gouuernement de femme;qui remift tout en fon premier Eftat. Occafion que le fils de la nourrice le fift mourir de poifon amp;nbsp;le tout fut encor remis comme au parauant. Si que le fils de cefte jiourrice traiôtoit mal Charlotte qui fen plaignant a fon frere Baftard occafionna la mort de edit em-poifonneur.Ce laques qui alpiroit au Royauirte eftoit Euefque de Nyt^fîe contre la volonté de lâEglifo Romaine qui le foauoit Baftard.La Rfyne pourfuiuât le meurtre du fils de fo nour rice fift que ce BaftardfortiftSc fen alla à Rodes:amp;parainfi fit le mariage delà fille auec Lois
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fils du Duc de Sauoye quâelle prefloit de venir pour foppofcr aux defleins du Bafiard, lequel ⢠fuiuy de lêcours reuint amp;nbsp;campa deuant Nicofic. Où tous les ennemis occis le v eift maillre de la place. Le Sauoyen eftant lëcouru des Vénitiens, le Baftard le gouucmant pariâauis de ⢠A. Cornarie ^enitien qui luy donna vne Barque auec cent partilïà ns: fenluit en Alexandrie.
Où fuiuant les Conftantonopolirains(qui en leurs querelles faidet desTurcs qui les alTujectif Ibient puis apres: ) il demande lêceurs au Soudan côme au Seigneur Ibuuerain de Chypre:lê plaignant quâil fils heritier auoit efté challe par les François. Le Soldan manda à Loys quâil lôrtill lailTant le Royaume à fonValTal.Mais luy ayant fait entendre que les Baftards ne fucce-- , dent;il fi accordoitj lâns lôn fils qui meude pitié du Baftard fill tant que laques fut déclaré
Roy:amp;venu en Chypre tout fut ficn fors le fört de Cerine où Loysamp;fô lècours le retira.Char ⢠nbsp;nbsp;nbsp;lotted fen«ne le retirant ores aux Rodiens pour auoir gens qui furent rompus: or au Pape
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Piejores aux FrançoisSc tantoll au Sauoyen ne peut rien lairc:fi que Loys quiéta la place amp;nbsp;le
droit au Royaumeamp;lê retirât en Sauoye lè fift Hermite comme Ion pere grand Aymé qui fut depuis Pape a Ripaile: eftantlà femme nourrie par les Papes. laques elpoufa Catherine ftUc duVeniticn M. Cornare laquelle mourant 1470 illailîà grolle amp;nbsp;eut trois enfâns que le Sfcffat Vénitien fift lôudain conduire à Venife,où ilsTurent bien entretenus leurs vies durât: Min que sâils eulTent eftez en fille ils nâculfent lèruy de couuetture à ceux qui fen fuftent vou lu feruir pour remuer mefnage: laques ordonna «jue fi le fruiét legitime venoit à mourir la RoyncCatlicrinc jouïft duRoyaume:amp;jufques à ce que lâenfant fuft paruenu en aage pour te nir terre.Il ordôna 7. hommes aufqucls il recômanda lâEftat dont y auoit aucunsChypriens, aucuns Vénitiens,dâautres Elpagnols Catalans. Clurlotte cependant vraye hcritiere fauorilee de lean Saplan grand Coneftable amp;nbsp;du Comte de Tiypolydeux deslèpts Gouuerneursde Chypre: enuoya vers Mocenicque general Vénitien qui lors failôit la Guerre en Afie:le prier dâauoir la caulc jxaur rccomniandée:qui luy relpond quâil luy ferort to ut plaifir autant que le pubhc fe p^urroit cftandre:lè Ibuucnât des biensamp;Ccurtoifies receus par lès predelîeceur s. Mais quâil y auoit vne obligation particuliere de la Seigneurie vers le Roy laques deffunét: feljnjulc duquel en eftoit fille adoptiucamp; enceinte de laquelle IcSenat tafeheroit de garder le ii^Tn niatl fiæît dâhcritagc au fruiél qui en Ibrtiroit. Au refte quâelle nâeftoit lèulà à qui laques auoit credâEftat. âofte le Royaumc,aigs auffi aux Génois qui en aÿ)ient la meilleure partifeftônant quâelle pen loir que les Royaumesamp;Ieur conqueftes ne depwdoient pas tant des loix que de la force des armcs.Pourceeftoitilrefbludedeffendrela dâemmedu Roy: amp;nbsp;de fait y mit fortes Garni-⢠Ions pour les Vénitiens. Mais les Elpagnols entre autres Pierre dâAuille Collonnel de îinûnterie,4e Comte de Tripoly, RiccieMarin Neapolitain amp;nbsp;Archeuelque de Nyco-fic, Catelain qui eftoit des lêpt Gouuerneurs^ commencèrent a dreflèr menées pour en delmonter les Vénitiens. Cet ^rcheuelquc eftant Naples Ambafladeur pour le Roy laques lorsquâil mourut, confeilla à Ferdinand fils dâAlfonceRoy de Naples defe faire Roy de Chypre.Les moyens eftoient l^mariage de luy amp;. Catherine vefueamp;dâvn Baftard â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Ferdinât auec la Baftarde du Roy de Chypre,lequel auroft pour fô droit le tiltre de Prince
de Galliléeamp;douze mille Ducats de rented que Ferdinandleréndroit deffenfeur de Chypre contre tous.Ciomme il le preparoit a la deffcnce,il fut deuancé par Mocenique.Les partiaux de Ãrchcuelqueneantmoinsprenans les armes denuùSt tucrftitau logis de laRoyne, Paulin Lappc vn des premiers de la ville amp;nbsp;le Médecin de là Majefté. Cornare amp;nbsp;Benbe fon Ne-ne U cerchezamp;en fin rendes auec promeflè de vie lâuue furent tuez par Riccieamp;TriftanGibc let Chefs de la conjure.Puis les Elpagnols entrèrent au Palais Se prirent la Baftarde du feu Roy aagée de fèpt ans quâils fiancèrent par Procureur au Baftard de Ferdinant : lequel ils a-uertirent detout.Les Infullaires:aulfi enuoierent vers la Seigneurie Vénitienne pour luy faire troiiuer bon la mort de Cornare:fof^ant la Royne dâeferire à Mocenicque que lâarrogance amp;nbsp;auarice de lâoccis en auoient efté caulê:amp; quâelle auec fôn fils eftoit libre amp;nbsp;quâelle gouuer-noit là ns deftourber tout le Royaume. Cependant les conjurez dilpolbient de tout.Vray eft que George Contaren, leur miTquelquc empefehement jUlquesalavenuë des Galleres de Superence Lieutenant de Moceniqueslequel relfufé par les conjurez de rendre les fortereflès I e droit des à la Royne:y fait veuirMocenicque par lequekout fuft apaifé fuians les Conjurez où ils peu Venitiés au rent, amp;nbsp;y laiflà Garnifons fiiffifântes contre|outes cntrcprilcs. En fin lâenfant meurt naturcl-dcâcbTOrc. leæent ou par accident qui luy hafta la mort. La Seigneurie retira la Royne Catherincj apres me
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U tîiort de laquelle les Vénitiens font portez inaiftres amp;nbsp;ligitîmes heritiers de Chypre CoiA-rne pères de Catherine ; leperéfolon la Loy entrant csbiensamp;fucccflîonsdcfesenfà nsiEt \;n ont jouy par cent ans en toute liberté fons y auoir jamais cfté inquiétez hây du Turc nây dü jurt fur It Soldan julqucsa lâan 1570. que le Turcapourfùiuy les delpendanceS des Royaumes conquis furie Soldan dâEgypte comme à tous Princes ( melmement à Ceux qui ont Ta- â nantageamp; les forces en main ) le droid,comme difoitBrejjne Roy Gaulois aux Romains :ou du moins faparéceSepretexte de raifon ne manque jamais pour recercher ce dÃti|s ont énuie.
S r le Soudan du grand Caire amp;nbsp;lêigncur dâÃgypte pretend droit ( comme dit le Pape Pic, amp;nbsp;la mémoire des chofospalfoes le tefinoignent ) fur les Mes de Chypre amp;nbsp;de Rodes gotiidà n Ãk comme delpendantes amp;nbsp;hommageà bles à la Couronne de Paleftine fur li^uelle il comrnen- Caire en E-doit par les vidoires que fos deuà nciers auoient autresfois eu fur les ChrefticnsyeTujc au-jourdhuy fucceflèur dâEgypte ne pouuoit auoir foute nây du droit riy dâaifedion a quereller de amp;nbsp;Chy'* ces'Mes.Si que rien luy fembloit empefoher la pourfuite de ce quâon luy auoit ofté:que les tre P'*'â ues quâil auoit accordé à lâAmbalfodeur Vénitien qui luy eftoitallécongratulerfonauene-ment à la Couronne apres le dece?de Sultan Soulimanfônpere qui auint i 5 6 71 deuant Siget en Allemagne auec lequel il^auoient inuiolablement entretenu II Treue dé^fan I S 3 9 â Et parce moyen feftoient merueilleufoment enrichis, Ãcacommodez leur places de tout ce qüi leur eftoit befoin: nâeftagt inquiétez dâaucuns, par le moyen de la Neutralité quâlis entretenoient és Guêtres que les Chreftiens auoient cependant auec les Barbares. Mais Selim venant à la Couronne: LâEmpereur Maximilian amp;nbsp;celuy des Perfes ayans fait treues auec luy: SialfujedifArabic amp;nbsp;autres Prouincés qui feftoient reuoltées: ne manquoit Venitîthi de défit non plus que de moyens dâentreprendre fur les Occidcntaux,delquels il hailToitplus ÃEfpagnohfur lequel il deliberoit fo venger des pertes paftees:fo prefontant nommément aflèz fouorableoccafion pour la guerre des Mores quâil deliberoit focôurir en Grenade contre le Roy Philippe.Maisfon Conièil iil^enieufomét corrompu luy fit changer dâauis, 4,eftournant lâorage fur les Vénitiens qüi penfoient jouir dâvn plus longamp; aflèuré repos. Entre autres lean Mique Eipagnol quâon dit foru des luifs que Ferdinant chaflà dâEipagne: fort rufé tant pour la viuacité de fon Eijlrit que pour les voyages amp;nbsp;trafficqs quâil auoit foiéts en plufieurs lieux de la Chreftienté: met en auant au Turc les incommoditez amp;nbsp;déshonneur quâil réccuoit de? cefte Seigneurie,à loccafion de Chypre enclïuée parmi les terres de fon Empire: Ihonneur amp;nbsp;rchion-proffit merueilleux qui auiedroit à tous fos fujets dé la ptifo dâicelle:Ia couftume desOtomans ^â4 quj venus à laCouroiiile de cOrhmencér leur regne par quelque haute entreprifo, afin de furpaflèr ou du moins efgaller la gloircamp;grâdeur de leurs Anceftres.Que lEmpire bafti f^f telle façon défaire à pris fi heureux progrès amp;nbsp;auancçmentfi lionnorableen la couftume dâicelle: que Chypre, comme autre chofo rte le peut mieux accroiftré: auffi rien ne le fçauroit pluftoft abaiflèr amp;nbsp;perdre du tout, que fi par vné pareflè amp;nbsp;feneantifo baftarâe^ les fucceflèurs meiprifoient dâacroiftre leur Eftat pour là jouïftà nce du prefont^Oneques Prince excellent nâa rien eipar-gné pour obtenir ce grade honneur, qui rend les viuà ns fomblables aux cèlcftesjen ce * que par ce moyen ils font conhnrde tous amp;nbsp;rendus immortels à toute etemitéi Que cefte occafion le rendroit plus loüable que tous fos predeceflfours,pourueu quâil ne l^à iflà ft efoou 1er. Car comme le temps fen aulfi l^occafion tourne foce, fenuolle, voire defdaigneuOef tre meiprifoe,fo reiroltc au parti contraire. Qi^ fos deuà nciers auoient élfaié par armes la fuffi-fonce de tous mortels: plufieurs delquels ils auoient domté auec grand honneur. Mais quel trophée de toute gloire leur auoit efté bafti par les viéloires quâils auoient obtenu fur les Chreftiens nommément fon pere: lequel du viuantdâvn des grans Empereurs qui ayeefté en Occident, feftoit fait Seigneur de Rodes amp;nbsp;prefque de toute la Panoine amp;nbsp;dé plufieurs villes obeiflà ntes à la Seigneurie Venitienne?Qif il fo réfomuint à combien de fois il auoit fait trébler toute la Chreftienté par la venuëamp;memorables exploits des deux effroiables ar mécs quâil auoit fait camper pour la prifo de Vienne Bolleuerd de lAllemagrte ou pluftoft de toute la ChreftientéiQuellcs pertes il a fait foufFrir à tous IcsCÃreftiens au dernier fiege de Mal tes. Et bien que la fortune luy euft efté contraire en Allemagne : conftà nt neantmoin/ert là refolution il deliberoit dâvn coeur genereux 5* inuincible de faire voirie dernier effeét de là puilfance deuantVienne,fi la mort enuieufo du cimble delà gloire: ne luy euft trâché le fil de fi beaux delfoins.Et croy que Dieu (difoit il )vous reforuant la prifo de cefte placeÃûconquefté
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de Germainedl a laiffé,prendre a fes laniflaires Sighet amp;nbsp;Iules deux forterefïès que les Chre-ftiens eftimoient imprenables, comme pour vous appreftcrle chemin à la prife de Vienne. Puis luy auoir remonftré quâil ne deuoit craindre aucun Prince mortel,ioir pour la paix quâil , auoir auec les Empereurs Chreftiensamp; Perià n: loir pour les Guerres amp;nbsp;diuifions qui tor-mentoiét la France amp;nbsp;i'Ãfpagne.Que îltalie diuiice à tant de Potentats,nâeftoit peur le bâder contre vnefi grande puilïà nce qu^a fienne. LâAngleterre,Pologne amp;nbsp;autres ne demandoiét quâà viure ai paixamp; font trop eflognez pour luy nuire en aucune lbrte:concluoit que la plus belle occafion fè prelèntoit de prédre Chypre fur les Vénitiens: puis fc ruer lîir Candie amp;nbsp;de Venifela nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Vierge ( ainfi appellét les Venitiés la capitallc de leur Seigneurie pour nâauoir, dilènt
Vierge, nbsp;nbsp;ils,jamais cfté prillt;)laquelleairujeôlie Ãc Rome par apres:vous ferez vray amp;nbsp;aflèurc fuccelïèur
⢠des Ãmpq^ursRomains.Cequivouseftailedefairc,confiderélepeudcmoiens quâont les . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Chreftiens de vous en reculer: mefmement les Vénitiens autres dâItalie. Car bien que la
mémoire du pafle, recommande plufieurs des geftes quâils ont autresfois heureufement fait: celle gaillarde vigueur neanunoins amp;nbsp;le los de leur ancienne difeipline miliataire feil efua-nouye par vn fi long repos auquel ils fe font nourris j ulquts à prefent en toutes delices mon-daiaot : a briguer honneurs, a trafficquer amp;nbsp;courre nbsp;amp;nbsp;là pour fenrichir comme marchans
lt;Jliâilsfbnt:quifait quâil y a peu de Soldats parmy eux amp;nbsp;moins encores dâexperimentez Capitaines: occafion quâils font forcez de fier leur iglut amp;nbsp;fèurcté de leur Seigneurie, à la Foy des eftrangcrs quâils foudoient pour la conduite de leur guerre. Dont pourroient ils au refte trouuer la grande prouifion de viures qui leur fera neceflaire pour dreflèr armée contre la voftre $ Dâoù viendra tant dâargent qui leur faudra pour fuuenir à tant amp;nbsp;tant de frais quâils y feront contraints de fairc?Ils ont eu loifir amp;nbsp;moyens dâamaflèr de gratis deniers depuis quâils ont changé la guerre à la paix: les particuliers font riches qui aideront au public: ils ont de grâds reuenus,plufieurs Doancs,gros péages amp;nbsp;gabelles. Mais tout celaamp; beaucoup dâauan-tage felpui^raen peu de tempsToint quâils font grans def^ens à la confcniation de leurs places,entretic de leurs Olficiers,empefcher que leur ville ne fo face terre ferme, amp;nbsp;autres occu-rences qui fo prefentêt dâheure a autre. Qui me fait criore puis que les terres de leur Eftat corne à lâEfpagnol ne font jointes: Ains fort foparées les vues des autres : Que leur trefor nâefl fi ^rand quâon chanty. Au rebours tous moiens vous abondent, toutes chofcs vous rient,amp; ne refte quâvn ferme propos amp;nbsp;coufageufo refoluuÃi dâcxecuter ce quâon vous pr0pofo:chofo ai-foe fi vous rêtreprcnez.Ils fc pourront liguer auec quelques vns des Princes Chrefticns:mais ⢠telle confederation nâcft jamais duraljle, tachant chacun à foire fon proffit: loint les deffianccs quâon voit i^aiftrc à tous propos parmi tels colleguez.
Le Turc s'arreftant à ces remonftrances amp;nbsp;auyes quâon luy fit entendre dâailleurs , de^e-Refponce vn Chaoiis ( ceft à nous vn Heraut ) auec le Secretaire de lâAmbaffodeur Vénitien pour des Veniti- demander Chypre,amp; en cas de refus leur dénoncer la guerre:que les Vénitiens en fomme preens au Turc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;redition de ce quâils dirent tepir par droit de fucceffion amp;nbsp;juftement. Au forplus
⢠ne sâeftonnerent des menaces Turquefques tant pour auoir efté auerti de leurs menées ( comme chofos preueucs esbranlent moins le cÅur des hommes^ effie pour lefpoir quâils auoient de rendrevaigs les efforts ennemis.Quant à fauertiffoment, ils lauoient receu de Conftanti-Vcniücnne. no]#ifc:amp; par vn prefoge qui leur vnit le 15. Septembre, par lequel ils foupçonnerent que leur repos ne foroit de longue durée. Ce fut que fur la nuiél le feu fo prift. aux poudres de lArcc-nac pour grande que fuft la dilligence à les garder.Si quâen vn moment 5 o. Cacques brufle-Brulemcnt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;injpetuofité que toute la ville en trembla: trois Tours en furent abbatues où egt;
ftoient les poudres amp;nbsp;y eut tel effroy que tous sâeftimoient comme perdus. loint que peu au paraiiant on mit vn liuret en lumière predifont que ce jour y auroit des tonnerres amp;nbsp;foudres fi effroiables que tous j^s cdiffices femiroiét par terre. Le nouùeau mur de Muran où Ion foit le verre à vn mille de la ville fuft mis bas,fors du cofté de Mura amp;nbsp;tout le monaftere des Dames de Ccleftrin toutes lefquelles ( fors vne qui mourut) en furent mutilées.Aucun vaifleau tou-tesfois nây fut bruflé fors quelques vns dâenfondrez. Toutes les verrieres de Muran rompues amp;le fcnngrâd quâ5 fouît de Padouë,Treuife jufques en Iftrie amp;nbsp;Dalmatie. Si le Senat n'euft mis quelques mois a^int 800. Cacques de paudre en cinq ou fix forts de pierre couuers de lames de plomb en diuers endroits: la ville qpft veu fon extrémité. En mefine temps le feu fo prit ne fpait-on comment à Conftantinople où il brufla infinité de maifons. Auffi les Mofoen uittes
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uittcs bruflerent toute la poudre que le Turc failbit garder à la Tane fur le Flcuue Tanais amp;nbsp;y Préparatif» mourut grand nombre dâhommes: La dilligence de pouruoir à tous inconueniens fut de pre-parer amp;nbsp;enuoier tout ce quâils jugerent necelïà ire pour fortiffier Trenitc Tamalle premieres le que ter villes de Chypre au jourdâhui nommée Nicofie qui ed la principalle amp;nbsp;Famagofte la plus «-ehe pour le beau port qui y eft. Cependant auoir Içeu les préparatifs de l'Armée naualle du Turc amp;nbsp;des exploits que failbienr fes gens en lllirie amp;nbsp;Dalmatic: amp;nbsp;que ja. Bernard Moripetre Chef des leurs y elloit mort: y ordonnèrent pour fucccHcur Fabie Canat : amp;4îrcnt toiÿ:e dil-ligence dâauancer leur Armée de mer. Cependant ils arrellercnt tous les Turcs en vn lieu de Venilè,amp; lêllcrcrent leurs biens du lean de la Seigneurie :pource que le Turc en auoit autant Turcs amp;nbsp;Ve faid aux Vénitiens traffiquans en lès terrcSjSc auoitfait arrefter François Barbare leur Ambaf-
ri nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ir- gt;nbsp;r \ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii. A icftcznvnc
ladeur nâeltans permis a aucun de lortir qû aucc la garde. Puis aiant donne laRiargêde 1 Ar- part sX dâau-mée de mer à Hierolinc Zian le 2 j. May luy mettant Ibllennellement lâenfeigne laint Marc en main fuiuant la couftume: luy comanderent le preparer au pliiftoft pour le voyage. LâEf pagnol aulïî arma fes Gallcres a*ilquelles lè joignirent quelques vailïcaux Génois pour le (e-cours Vcnitien.Lâarmée Turquefqug neantmoins prit la route de Chypre delcouuerte au pre mier Juillet pres Paphos. Dont auant les Turcs mirét toutes leurs forces à terre à SafllR^ lâns aucun empefehement encor quâAllor Bâillon fut dâauis de leur empefeher la delccnteSc les principaux de Nicolie qui prelènterenr Requefte à ces fins. Mais Nicolas Dandule Gouuer-neur amp;nbsp;Horocas Collateral ne le permirent, veu le peu de gens quâils auoient amp;nbsp;quâil ne falloir dâelgarnir les places. loinét quâil y auoit _jo.millc jufques aux ennemis amp;nbsp;amenoiet pour exemple que force Paluicin fort eftimé pour IcWrs par les Vénitiens au fait de guerre auoit eu mefmes auis au Senat de Venifè.Les Stradiots (ce font chenaux legers amp;nbsp;auant-coureurs)qui Nicoficaf-cftoient à Saline fe retirerent fous Roques à Nycofie,dcuant laquelle comparuft partie de ^cgé. lâInfanterie Turcquefquelà ns43anonnây Cauallericle 2. luillet qui donna cÅur à Palaflè Fanécn de fbrtir dcffusjmais il ne fuft creu, amp;nbsp;le lendemain le refte y vint canfper amp;nbsp;cinq ces chenaux Turcs tirèrent vers Famagofte pour fè fà ifir de paflà ges Se garder les fèconrs amp;nbsp;vi- , ures dâentrer en Nicofie.il y pouuoitauoir lors ij. cens hommes de deffenceltaliensj Grecs ⢠amp;nbsp;infullaires : mais la pefte qui y auoit commandé par-auant y continuant en auoit ja emporté beaucoup. Leur Cauallerie eftoit de cifiq cens Stradiots ôe quelqfte Cauallerie des Bans amp;nbsp;tiere bans amp;nbsp;nombre de volontaires. Les Turcs auoiét4. mille chenaux fix mille laniftà i-res,amp; 2 5. mille autres Soldats.Le pauillô du General Muftata Baftà eftoit fur les mots man-lt;lians,amp; là contre fopinion des Infulaires creuEns y trouuerent eau douce qui les acommodî fort/eftendans jufques à demi quart de lieuë de Nycofie fe prefentans aflèz |^ur attirer les afi fiegez à lâefcarmouche lefqucls furent empefehez de fbrtir pour vn temps : en fin y eftans tué leurCollonel dâInfanterie CortA Macédonien le coiflmandement de ne fbrtir fut plùse-ftroittementpubhé amp;nbsp;entretenu: quoy voyant les Turcs dreftèrent leurs Caualliersjtréchéesj Aprocbcsamp; terrafes amp;nbsp;Icuées auec vn fon au mont S. Marfne efleué en baterie auec vue incroiable dilli- baterijs de» gence quâils continuerenrjoin-Tg«: nuiôl:,nonobftant les Canonades des affiegez: dâoù ils corn-mencerent la baterie fur les maifbns amp;nbsp;courtines de la ville. Ils en dreftèrent vn autre à fà int ⢠George de Magnane dont 4s tiroient aux maifons amp;nbsp;deffenees.' Le 5. au ccRtftau Mjjgueritè entre les forts de Confiance amp;nbsp;Po*docataro,amp; le 7. fur la colline du mont Tomandie : de la ils firent leur aproches jufques à la contrâ-efearpe pour batte mieux la muraille amp;nbsp;vis à vis des quattrebaftions de la ville firent 4. autres forts à 50. pas pres des murailles, amp;nbsp;par quatre jours bâtirent dés le matin jufques au foir les quatre forts auec fbjxanteCaftöhs fans relâche, fors trois heures fur le midi pour refrefehir le Canon à caufè de la grà hde chaleur qui eft là . ti ' Mais voyans les coups vains,dont les balles fengrenqjent dans le terrin mol: fè mirent à pion-ner efleuant des terraffes dâvne merueilleufe hauteur. Si que nonobstant les Canonnades vin-drent à la Contrâ-efearpe par trenchées dont ils jefioient la terré contre Sedans le fofte de la ville endommagcaiLs fort ceux qui fe prefenterent à la nwraille. Leifrs forrs efioieilt bien fofi . ,. fbiez bien flanequez amp;nbsp;fafeinez de tous collez des fafcihes que la Caùà llyrie a^oj^oit:pour-ucus de bonnes côtrâ-efearpes amp;nbsp;autres hynitions neceflà ires qui j^s coutiroient des Canonnades Se coups dâharquebufe des affiegez.Su jce ils dehbererent abattre leihaut des Tours fur-quoy vnc faille fut refoluë de mille Fantalfins côduits par Pioneiï Se Albert Scote.' Sonic Je» : Plaifâtin lefquels fbrrirent le 15. Aoufi fi refblument quâils gaigncrentde'ùx fortSjinettans en
teleffroy
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Aouft,
' tel effroy tout le camp que fi la Cauallerie les eu ft fuiui amp;nbsp;donné en flanc au chaut du combat comme ils fateendoient, lâennemi euft receu vnc merueilleufo perte. Mais ponrcc quâon nâauoit efpoir quâé la Nobleflè:on ne la voulut fouffrir dehors.Si que lâennemi fo reconoifià nt tourna telle fi furieufoment quâil mit les Chrelliens en defordre ; cent furent faits prifonniers les Chefs tuez amp;nbsp;plufieurs y demeurèrent, le refte fo retira en ville: occafion quâon ne permit plus aucune fortie:fi bien que les Twres firent de la en auant ce quâils voulurent, amp;nbsp;les batti-renten tant tk fortes par 45. jours amp;nbsp;notammctaii 15.aflà uts quâils leur liurcrent:que de i cens ne leur en refloit 'ÿ 00. hommes de deffencc. Auec cc toutes munitions mefinement la
poudre cômenpa à leur faillir. Occafion quâils enuoierent à plufieurs fois à Famagofte amp;nbsp;à la montagne faire entendre leur neceffité par lettre chiffrée.Mais lâennemi garda û bien les pafta-⢠ges quâél priiÃous les mefià giers fors lean Baptifte Colomb qui retourna fans proffit, amp;nbsp;leur ⢠monftroient les Turcs les lettres furprifès: afin que defêfperez de focours ils fe rcndifîent fans Aflant furi attendre îextremité laquelle fo prefonta le dernier Septébre,auquel les quatre premiers Chefs entreprindrent dâenleuer chacun fon fort amp;nbsp;mettre tout au ^1 de felpéc. Ils commencèrent dés lepoint du jour,amp; firent tant par rafrechiffoment d^foldats que le Baflà de la Carmanie forÿ. vif fort de Podocataro prefque tous les Grecs amp;nbsp;Italiens y cftans morts hônorablemét; ft d^aiTaut?' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;empefcher Horacas auec fes frétés amp;nbsp;le Capitaine Palaftê fuiui de plufieurs autres
(qui tous y demeurèrent) que lâennemi fécouru nâeiftraft par la,dedans là ville auec telle furie amp;nbsp;fi fonglant carnage qui dura par fix heures,quâil vaut mieux fen taire que de nâen dire affoz. Voire que ûns la venue de Muflafa qui promtft la vie à ceux qui fairroiét les armes ( chacun combattant encores CS rues amp;nbsp;cantons de Iwille comme ils fo pouuoient rencontrer: ) Les les itaUcns Turcs nâen euffont pris vn foui à merci. Cela fut le moien à 2 5. ou 30.. des principaux de fe 'TTfPopulace. Prefque tous tiennent quâoutre les fautes cy defiùs commifos en Chypre' dc nâauoit cmpcfohéla defoente à Salines par 2 5. milles Frmjeomates quâon y euft peu Ic-amp;priie dc per Scfairc voiir en bataille fur les monts aux ennemis:auec autres forces quâon y euft peu afi Nicofie. nbsp;nbsp;f^j^bler : ôc le peu de faillie quâon fift à Nycofie dés le commencement : quâon euft encores
⢠peu repouffor lâennemi auec la Cauallerie qui eftoit en la ville,monftât à j o o. Stradiots outre les bans amp;nbsp;riere bans,amp; les volontaires qui faifoient le nombre de mille tous bons hom-Lâenrrc-vil- plufieurs autrefmoiens eheuaux:dont on c^ft peu accommoder les harqucbuziers.Ec le amp;nbsp;mur difoiit quc dâAndule ne fe feruit pas dâvne commodité qui eftoit en villc,fpauoir dâ\ n large en uns apUenc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;depuis les muts jufques aux maifons de la ville où il eftoit aifé de difpcfer bô-
pomeria. fne Cauallerie à vn befoin amp;nbsp;troupe de lÃrquebuzicrs pour donner en flanc à lâennemi. On dira que les faufcs faites font aifées à remarquer. Il ne faut pourtant fen taire, puis que les premiers dc la nation qui a failli les remarquent. Ioinôlâque fi nous auons efprit nous enfâgirons en mefîne ou fomblable occurrence par la faute dâautruy fi elle nous eft donnée à entendre. Autremet fi les fautes des premiers nous font cachées : mille erreurs fur mefme fujet ne prof-fiteront de rien amp;nbsp;viurons lors corne belles 13ns difereuon. Non foulemantau feit de la guer
Nicofic,
Confcil en lâArmée na-uaile du Turc fur la Batailc.
rezmais aulfi eu la Politique amp;nbsp;és autres affaires particulières arhancun.
Chrcftiens
Muflafa auoir laifïe4.mille Fataflins amp;nbsp;mille Chenaux pour garnifôs à Nicofie fous le goii iiernei^t de Mifftafer fvn des principaux Chefs: tira droit à Fagiagofte. Surquoy les Turcs auertis quel Armée uauale de s Chreftiensvenoit reloluë tic les charger: Aly General de mer qui auoit quatre cens vaiffeaux entre lefquels y auoit cent foixante Galleres bien pourueuës êc fournies de. cent bons hommes chacune.Soixante Galeotesjtrois Vénitiennes amp;nbsp;fix Mao-ncs a porter viures, autant de palandres pour les chenaux, dixhuit grolfes naux marchâ-des amp;nbsp;le refte Caramulâls : nâeftoit dâauis de prendre le hazard.Mais lâopinion de Muflafa fut fuiuie qui dit que fe feroit contre la gr^deur amp;nbsp;Majefté de l'Empereur sâils refufoient le cô-Armée de bat. Promettant à tous que la libéralité du grand Seigneur les reconoitroit chacun félon fon â mcrite.Lors tous les efclaues Sgt;c autres inutillcs au côbat mis à terre pres Famagofte où tous re rompe amp;nbsp;feftoient ja rendus: amp;nbsp;fapreftant chlt;un à fon dcuoir:enuoierentdeux Nauires au Cap Saint cCcûchcz Euphanilt;^ilt; anciennement le promontoire Acmas amp;nbsp;de la plus outre pour prendre lan-idy. gue du deflèin des Chrcftiens. Mais auflî toll quâi^ feeurent quâil retournoient chacun en fon Armée de païs:aucc viie joyc incroi^le reprenans les cap amp;nbsp;autres lailîêz en terre ils leuerent lâancre qucfqüè'ft feziéme Oélobre. Pyaly prenant la route dc Ãonftantinople amp;nbsp;Haly de Rhodes emmenant retire char- fe fleur dc la jcunçlTe Cypuottc ttcfors amp;nbsp;infinies dclpouilles pour prefenter le tout à Selim gée de butin nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gÃ
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Zi Mahomet le principal Balcha y auoit entre autres vn grand Nauire chaîné de diuers bu-unsjou cftoient aufli les poudres amp;nbsp;vnc Damoifèlle entre autres laquelle eftimant le péché de captive qt« mourir volontairement, moindre que le mal amp;nbsp;deshonneur de tomber entre les mains des vidorieux: Et plus grande loüange de mourir auec honneur û chaftete gardée: que de viur(*dgt;autrcs deshonnorée en feruitude perpétuelle: mit le feu aux poudres qui bruflereut tout fors 5 où «iâ«' ôquot;. Turcs efehapez à la nage pour en porter certainesnouifelles.Semblable à la Grecque Hip- amp;nbsp;nsj,e. po:laquelle le voiât és Nauires de lès ennemis aima mieux le précipiter en lâeau ^ue dâeftre vi olée.Comme fit Digne belle par excelléce en Aquilée:laquelle voiant les foldats dâAtile Roy des Huns rauir, violier,amp; renuerlèr tout:aima mieux lè précipiter dâvne Tour de là mailôn au fleuue Natilbn: que de pratiquer la mercy des vidorieux. Vray eft que ces deux ne perdirent que leur vie amp;nbsp;celle cy auec la ficnne celle de plufieurs centaines dâautres. MaS fi aAa elle là loüange dâauoir afranchi par vne ü prompte mort, la vie de tant de perlônnes qui aurremée culïènt velcu plus que miferablcs en ce monde.
Quand à farmée de mer Chrétienne amp;nbsp;du deuoir quâelle fit poiif deliurer lllic de la fiîr- uaiTca« * ce Turquelque, voyci corne le tout lè^ortazLes Vénitiens mirent la leur les premiers ciyner. Cbreftiens Puis fElpagnol leur enuoialôus lean André Dorie ó'o.Galleres bié equippées amp;nbsp;fournicstle tout le befoin. Le Pape à mclme elfcdt en arma quelques vues, aufquelles le joignirent celle du Duc de Florence fous le cômandemem de Marc Anthoine Colone: Ez deux arméesy a^ uoit plufieurs perlônnages fignallez tant pour la Noblellè de leur race que pour la rare vertu dont ils eftoient recômandez au fait miiiitaire,nômémentauec André Dorie eftoit Alüarc Bacian ,Iean de Cardone, amp;nbsp;Afeague de la Corrft en la foy vaillance amp;nbsp;pratique duquel lèuroit fort le Roy Phillipe.Partis de Meftinc amp;nbsp;atriuez à Otrâte,fc retirerétfur la fin du mois precedent au port de Sude ( jadis Amphimalée en Candie) amp;fe joingnirent à lâarmée Vénitienne. Ce fut là quâils mirent en »^liberation fil falloir aller lècourirChypre.Les Vénitiens amp;nbsp;j^^ifons Itallicns conclurent au lècours,mais Afeague pour Dorie amp;nbsp;les Efpagnols,dir toflthaut Zi de- qui empef-puis le fit rédiger par efcript:quâccor quâils ne füllet venus quâà celle fin amp;nbsp;que câeftoit la plus belle amp;nbsp;loüable entieprife quâô fçauroit fà ire.Si eft-ce quâil eftoit dâauis que premierquehmS. jç charger cerà fexecuuô dâicelie,on feuft alfeuré de deux chofcs,la i. de ÃEftat Zi dclïeins de fénemji: VArmee^ £t à celle fin îon depefeha 2 .Galleres vers Chypre pour predre lâgue taf de ÃEftat de Chypre queXfe-quedeîArméeTurquelque.La a.fçauoirfEftat de lâarmée Venitiéne, dâautât que de jour à courirChy autre ils eftoiét auertis du deffaut des viures amp;nbsp;lôldats qui y maquoient.Afin mclme de doner ' plus de cÅur aux autres de bié fairc:Il dit luylèmbletton quâon reuifitaft tous les vaillèaux Reuctædc lt;lc îarmée Reaile Zi vouloir que le General des Alïbciez,lès Lieutenas Zi autrft mébres Ibuf frilïènt le mclme en leur endroit.Mais que*voiât côbien lentemét les alliez rafrelchilïbiêt leur Armée tormentée de pelle Zi dilette â¬e viurcs:auoit dit quâà ne pouuoit arrellcr là , plus haut que de ce mois de Septébre:Lcqucl terme encore quâil feftimaft plus long quâil ne falloir, Zi Septembre quâen 8. jours on pouuoit aller de Candie à Chy^re:ncantmoins il fatedroit leallemét Zi non % plus pour la charge quâil auoit .delbn Prince de retourner lôn Armée fi autre occafion ne le prelèntoit. Surce il enuoia les 2. Galées pour elpies. On ne fill monftres néanmoins que 15. jours apres la rcmôftrancc:amp;gncores auec telle ruze que pour faire croiftre le nobre d«i^ Soldats qui desfailloient le General Vénitien auoit ( dit il ) tellement dilpofè fes Naux elquifs Zi Galleres que le lôldat le pouuoit aifèment tranlportcr dâvne en autrc;amp;: que de luy il auoit fait voir à lÅil toute lôn Arxmée aulfi belle Zi bien fournie quâon en Iceut délirer dâvn tel Roy. Et corne il vilîtoit quelques vailTcaux Venitiens,il vit à clair deffaillir la 5. partie de la Chiorme vogueurs,matelots amp;nbsp;homes neccllaires à la marine:melme quâô auoit fait palîèr plufieursma-telots pour lôldats.Si quâil nây en auoit vnclèulle qui pc^ft fournir en lôldats,en matelots,cent hômcs.Partant lôn auis eftoit quâauât toutes choies on raffrelchill amp;nbsp;armaft bié à point toutes les Galleres Venitiénes .Q^ cela full fait par dâautres que les Capitaines qui auoiét la charge dâicelles:amp; là ns les pillottes Zi Mariniers quâô auoit mis amnôbre des lôldats à la rcueuë. Puis quâô allait refolumét charger lâéncmi.Les 2 .Galeotes elpies nâoutrcpallèrétfille dtf S^arpâthe où quelques Grecs leur dirét que fénemi au^it réduit les Galleres à i tfo.Lcs Venitiés toutes fois ne prenoiét ces railôns en paicmët,alleguâ^e deshôneur q les E^gnolsacquetxoiêt ; ,Si venus fi auât ils fe retiroiét à la vcué de fénemnâns îauoir veu enface.La hôte, dâaiiqir tât cô-lümé dâargét fas aucun proffit.Le dômage euidét Zi infinies incômoditez dôt ils .çiwrgerôiéc
Dd
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^es Vciïr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tcncmi reliât le plus fort fur les Venitics,ils lâccouragcroicr par viie rat foudahic
tiens aux rctraittc de les fuiure amp;nbsp;enuahir les terres fujettes aux Roy dâElpagnc. Qi^iâaii relie ils ne phnF ^ouhTfc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lureux. Car encor que lenobre des gallans homes quâils auoict amené loir eklar-
la'^^ci par la difgrace dâvne pelle: Jaqlle caulée par le châgemét de fair 8c de la nourriturcjcn auoit bataille, enleué plufieurs millicrs:amp;que lèmblablemét les viures leur foicntaccourfis:!! leur relie allez neanmoins pour fournir à la bataille, qui ne peut élire que Ibudaine courte li tous y marchent dâaulu bon pied quâeux. Marc Anthoinc Colone fur tous fiff ecHcnnoit à celle refolu-LeGradedc tion, lôit quâil vill Ics forces ballantes à cell effed: ou que feguillon dâhonneur le pouflbk all delîr dâvne gloire immortelle quâil penlôit le moiennerpar vne tant fig,nallée viéloire que 1« cîi^fl celle la, en^aquelle il fe promettoit le commandement fur tous les Chelz comme Lieutenant des chref- Ju Pape: non moins que sâil y eull enuoié vn Legat ou Patriarche: encor que André Doric deballit ce point dâhonneur : ne voulant reconoillre aucun fur luy ne fes troiippes. Dorie nc-Arracc ^ntmoins û accorda en fin les batailles ordonnées demanda la pointe. Ainfi le dixlêptiémc chreftiéne. Septembre auant jour firent voille en nôbre de cent quarante Galleres, vnze grolîès Naüx amp;nbsp;hui^auires marchans:le lendemain ils raderent auOamp;nal dâentre Rhodes amp;. Scarpantc atteil-dÃis des vailïèaux les moins legiers, lefquels venus ils palTerent vn peu plus outre 8c le garèrent près terre ferme. Ayans ainfi finglé trois ;oiy;s de bon vent: la tempelle les fit arrellerà FroidesEaux où Dorie mit derechef fon opinion en auant,augrty quâil fut de la prilê de Nico-fie:Et quelâarméc Turquefque nâelloit moins forte que le premier jour fexculânt fur le foiblc élquipage des Veniticns.Le General delquels y conlentit voiant la là ifon fi auancée Comme aucuns ont lailfé par eferit, concluant à qiielque autre deflèin amp;nbsp;nommément,à la finprilë de Negrepôt. Ce que Dorie contredit pour ellre le lieu trop auat én terre ennemie, leur Armée difcômodée de tout 8c laquelle pourroit ellre enclolè en fArchepelague dâoù îls nelçaurôi-ent lortir là ns combattre lâArmée ennemie.Concluoit plultell dâentreprendre fur Durazo Oà Caltro-nouo où ailleurs fur la Morée:furquoy fut rclbluquc f Armée fe retircroit. Ainfi le lendemain arriuerciit à fille de Scarpante au port de Trillan où Dorie requill auxLigues que
* nbsp;nbsp;nbsp;là ns aucun interell de leur amitié,il luy full loifible de partir auant les aiftres: délibérant Ib re
arer par f Archipclague, 8c tirant la routte des Illes Zante 8c Cephaleriie aller quérir la Sicile dont il clloit parti. A quoy on luy fit entendre qfetoùs defiroient aller de compagnie julquês à Candie, 8c de la à Zante dâoù chacun le pourroit retirer où il voudroit : ellantà ctaindre
⢠( difoient ils ) que fi fennemi Içauoit^leur dâesbandade, il nâenuoyall fur la queue les cent Galleres quâ^ auoit prelles au deshonneur de tous 8c domage particulier des plus malheureux . En fin apres plufieurs parolles piquantes les vns aux autres nommément de Colone vers Dorie 8c Charles Dauallos: Dorie promit de les accompagner pour tout le mois. Ainfi le vint-lêptiémc Septembre tous prindrent la routte cfe Candie, où allant Colîône perdit deux Galleres du Pape qui furent enfondrées par fimpetuofité des vents. Arriuez à Candie à Comte le General de f Armée Realie print conge de fes alTociez auec toute courtoÿfie reciproque de Martine- du moius en aparcncc, pour tirer à Melfine port de Sîcile'où ii'ramena fon Armée entière. guemort. . Entre lesÿlus remarquez de f Armée Vénitienne mourut en ce voyage Hyerofme Com
te dalt;Martincngue qui auoit ellé enuoyé par le Senat ^Fama^lle auec authorité 8c charge Punition de dây mener trois mille hommes combattans de renfort. Lâarmée de retour à Courfou, fut en-æA?méç joinél par le Sénat à Augullin Bà rbadicque de def apointer de toute charge Hierofine Zian Venier Ge- Scnatcur 8c le mener prifonnicr à Venilè: au lieu duquel fut mis Sebaftien Venier lors Gourerai de nemeur à Corfou. Plufieurs racontent maintes 8c dîuerfos occafions de ce fait, attribuà ns A v^nhiéne nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;defcentc en fifle 8c la prifo de Nycofié: tant y a que la punition des Generaux mal
heureux nâa point eft^ particuliere aux Cartageois. Car il nây eut one nation qui ne reCêt-chafi: le ChefdâArmée pour le defà ftrc auenu en ÃEfiat quad il ne fopouuoitcouurir dâaucun ficn notable deuoir pour obuier à tel inconuenient. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
LâArmée Vénitienne cependant,ne demeuroit oyfiue à Corfou-. Car comme aucuns dâE-pire, awJJurdhui Albanie eurent perfuadé les Vénitiens dâarmer trois mille Fantaffins pouf prendre le fort de la (^ymere que trois cens Xiircs gardoient 8c donné oftages du bon de -uoir quâils y promirent ^re:lesChreftiens fuiuis de milleGrccs qui le joignirent à eiix aflà il-lirctfi refolumét leRocherSc leCollau duCnafteau que les cnemis hors dâelpoir de focoùrs, fabandonnerent (ccoiilanslanuiél par vn vallon pour fen fuir fils nâeulîcnt eflcz fuiiùs 8c plufieurs
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pluficurs dâcux taillez en pieces. Ceux delà Garn ilbii Tu rquefquc de Nouocaftro cependant, furprindrent deux Galleres Scâlept vaifleaux Vénitiens quâon enuoyoit pour la deffen-cc du fort du Cataro.Surce Quirin Lieutenant de celle Armée de mer auec vingtquatrc bon« nés Gallcres vint à la Morée pres le Golphe de Marine où il afliegea par mer amp;nbsp;par terre le fort bafti depuis deux ans pour falïcurance dupais, Sife^ranlafi bien à Canonnades quâen cinq heures il lâemporta; y fà ilânt mourir cinq cens Soldats : ralâ le fort duque| il emmena à Santes vingtquatrc grolïès pieces de fonte. Auec cela depefeherent Marc Anthoine Quirin deux mille â auec quatre grolïès Naux Setreze Galleres qui portoyent deux mille Soldats dellitepour ra- Fantafins. frclchir ceux de Famagolle où ilarriua en neuf jours amp;fceut par AllorBailon combien ils elloyent preflèz par îenncmy( qui auoit huitGallcres au port deConllancc o* il an^it ba- ⢠jfti vnfort pour cmpelcher fentréc en la ville aux Infulaircs: ) quâil pouuoit emporter ce fort pendant quâil lortiroit pour abatte la Tour que le Turc auoit drelïee ; le tout relôlu, Quirin furprint les Turcs endormis,prit vneGallere, en mill trois à fons amp;nbsp;les autres en fuitte.Ccpen-dant quâAllot forçoit la tour où il tua quatre cens Soldats amp;nbsp;en tira deux pieces dâArtillerie.
Ce fait Qmrin print les plus riches*marchandilcs amp;nbsp;toutes les bouches inutillesà dgt;^er re pour les mener en Candie où failânt voille vn peu eflongné de Famagolle il le rua fur quatre Galleres amp;nbsp;vncNau qui portoyent buit cens lanilTaires amp;nbsp;lôixante mille pieces dâor amp;nbsp;deux Caques pleine dâAlpres q^iâon enuoyoit de Conllantinople pour la lolde des aflîegeans.
Le vingteinquiéme Auril les Turcs en nombre de deux cens mille hommes pour lelpoir du butin de Famagolle quâon dilôit beaucoup plu^ grand que de Nycolîe : campèrent deuant la ville au lieu quâon dit Pome dâAdam,ayant planté au bout dâvnc lance la telle de Dandulle Gouucrneur de Nycolîe par le commandement de Mullafa pour dâauantage les ellonner: drelîerent leurs plattes formes, trenchées amp;nbsp;autres préparatifs de batterie quâils auançoyent Armée du auec vne extreme diligence par faide de quarante mille pionniers deuant que fArmce Chre- J p llienne arriuall, comme le bruit clloit. Le Capitaine Goet mort, la charge de îArtilIeric fut mag^oÃc. donnée à Nellor de Marunengiu;, Surce trois cens Cytoiens auec autant dâharquebuziers sailédes Itahens lôrtircnt fur^ennemi,mais vne partie y ellant demeurée auec peu dâelfeél on delfendit affiegez. leslâillics à faduenir. Le dix neufiéme May le Turc commence dix fqfts pour la batterie 5e Icptante quatre pieces. Dont quatre BafiIiqiTes elloyent dâvne delmefurée grandeur amp;nbsp;prenoit cel^^urie (apres auoir bien battu les maifons de ville amp;nbsp;fort endommagé les habitas) depuis la porte Limillè, julques à Lâarcenac. Etlbudain les breches jugées raSonnables ils donne-rent lalîà ut en cinq endroits des Bafiliques auoycnt battu la Tour Nappée amp;nbsp;t^^nte trois Ca- cinq en-nous la porteLimilfe, dclfendue dâvn haut rempart amp;nbsp;dâvn bon Rauclin où Farrella le General Mullafe:Et afin que les alTiegez ne ré^aralïènt les brcches:llt;ÿ Turcs auoient fi bien flaneque leurs rampars que les harquebuziers qui y elloyent accommodez endommagèrent fort ceux qui le monllroyent aux remparemens. O ccafion çpie lean Marmorie ingénieux pour les cou-urir: drelfa des tables amp;nbsp;mantellens dailies appuiées de cheurons entrauerlèz pour mieux défi * rober la terre à ce necelfairc. Mais comme il fy mpefehoit, vne balle l'emporta de ce monde au grand regret de tous. Voyans donc les Turcs auoir allez rempli le folfé de «rre amp;nbsp;fait chemin efgal pour aller au ramplk ils fi»ent vne porte à leur fort. Et afin de nâellre veuz lortans de là : ils drelïèrent aux deux collez des delFences de cheurons entrauerlèz continuez julques à la muraille le to ut a felprcuue du Canon pour ellre armez de claies, facincs, terre prelTée amp;nbsp;lacs pleins de laine,cotton amp;nbsp;telle autre matière amortilïà nt la violence du Canon. Ainfi le rendirent Maillres du Rauclin, du Rampart Nappée, dâAndrutic, du fort du cap Saint, de la Courtine forterelTe du haute par le moyen des mines quâils y firent, auec vne diligence amp;nbsp;indullrie grande. Les alfiegcz voyans les rampars perffus : eurent retours à toutes fortes de feux artificiels qui endomagerét fort îennemi : outre le pris dâvn Ducat propofé à tous ceux j qui aporteroiét vne de ces balles de laine.LcSeigneur Magie Cheuallicr amp;nbsp;ingénieux auoit la i $ 71-charge des côtremines auec lelquellcs il efuata trois mines duTurcLe 21 .luing le^Turcs mi- Aitaut rc-rét le feu à la mine de la tour du haute amp;nbsp;foudain Giambelly fut ordoné pourfaflaut auquel il pouffé, alla auec vn grâd nôbre de foldats fi furieulèrflét que fäsPierrc des C3fcs, Nellor de Mattiné-gueamp; Allot Baillofuiuis de pluficurs autres,lalkille clloit perduc.Lâénemi repoulTéauec gra de perte pource que lalfaut auoit duré cinq heures, à la rcueuë des Chrelliens cent y furent defirez: amp;nbsp;pluficurs dâeux par la faute de ceux qui ne Içauoyent pas lancer les feux. La nuiél
⢠nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dd ij.
-ocr page 62-luing. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
â nbsp;nbsp;â fuiuante lettres leur vindrent de Candie les afïèurant que lâArmée de mer faiianç'oic pour les
fêcourir, mais cenâcftoit que pour leur faire prendre cÅur: la furie du Canon continua fà ns celle contre laquelle ils ramparoyent denuiét les breches déroutes matières pour ri* ches quelles fullènt. Le vingtlcptiéme luin, les Turcs mirent le feu à la mine du rempart quifift telle ouuerturc quâelle defêouurit tous les Chrcltiens alTiegez. Mullafa prelênta* uoit ja dilpof» tous les gens pour falTaut nbsp;nbsp;pour les encourager leur remonftra quâà ce jour
fîniroyent leurs trauaux amp;nbsp;les alïcuroit du pris de leurs vidoires palTces veu les fors des cn-nemys par terre j le nombre de Chreftiens fi diminué ; la faute quâils auoycnt de toutes
Remonitra- cholcs. Que fhoiineur nây lêroit moindre ayant la pofterité cefte journée pour jamais re* ral^Ti^quot;'^'que poury paruenir il falloir vaincre cefte ftulc journé. Que la for* pourcncou- tune qui nâabandonoit aifèment ceux quelle à vne fois courtifte : leurdonnoit les moyens fôFdaVs^à r- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceux la meftnepar lelquels ils auoycnt afliijetty le Royaume de Chypre, aflà uoir
-Haut. vn cÅur généreux amp;nbsp;conftammant relblu es plus hautes amp;nbsp;dangereulès entreprilês comme eftoiteefte ty. La honte que ce leur lêroit fils eftoyent forcez à delfnordre la ville qui lêul-leiefton en toute fille par ceux quâils auoycnt tant battus amp;nbsp;qui lônt aujourdâhui aux derniers aboys. Qften tout cas il valloit mieux mourir en combatant que dénigrer tant Ibit peu celle vertu quâils auoyent receuë comme heriftge de leurs Anccllres auec vn tel Ibupçon de coüardilê.Q^âils combatoyenr juftement pour retirer ce qiie les Vénitiens auoyent lou-ftraid à leur Empereur, lequel Succelïêur des Soldans du Caire ( fur lefquels ceux-cy ont emporté Chypre ) nepeuuoit que juftemcntdemander ce qui cil lôrti de lès Anceftres. Si les Vénitiens en ont iouï ce à cité par la débonnaire libéralité de noftre Prince, enquoy ils le monftrent bien ingrats : amp;nepcuuent quâils nâen Ibyent toll punis par le julle vengeur des offences. Ne voulez vous leur dilbit il apres, vous vcngei^de tant de braues Seigneurs Capitaines amp;nbsp;Sfildats que ceux-cy ont cruellement mis à mort en fi juftes querelles ? Vous ne gt;nbsp;l^auriez mieux vous rendre indignes amp;nbsp;de lâamitié quâils vous ont portée, amp;nbsp;du Nom que ⢠vous auez renommé par tout le monde fi vous en mettez la vengeanc^lbus le pied. Auec t^s propos amp;vn rare exemple quâil monftroit à tous de bien faire Ibn deuoir à falTaunefi chauffa tellcmentle fÅur de tous les alfiftans qi^ feftoit à qui feroit le mieux. Mais Neftor Martinengue lôuftintfi relôlument cefte premiere chaleur que les autres luy venansdelê-cours peinent faire reculler tous les Turcs qui combatirentpar fix heures auec grandepcnc Harengue nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;plus alïêurcz.Trente moururent dà Chreftiens amp;nbsp;fixCapitaines de nom:comme aulfi du
dclâEuclijuc dcLinuflc pourani -racrles Chreftiens à fouftenir r^aut des Turcs.
Aflaut.
Raueltn gaigné par les Turcs
Friquaflèc
pour
les Turcs,
collé du fortSt tour du haute où les Turcs y perdirent encores plus. Neftor euft la cuillê perlée dâvne harquebuzade : amp;nbsp;bien que le deleljxjir les forçait dâeftre relbllus:lâanimculc harengue amp;nbsp;continues remonftrances «leantmoins delEuefiiuc deLimifte (quiportant la croix en lès mains mettoit toute peine dâencourager la troupe) leur aida beaucoup: Infiftant fur finlà tiablc cruauté des Turcs en cas de vidloirc : les inlbllences amp;nbsp;desbordemens quâils pra-ticquent fur les Captifs. Qu)ils ne combattent que pour vn fol. apetit de regner. Mais eux prenoyent les Armes pour la deffence de leur Religion, de léur païs, biens, femmes, 8c enfant ( qui lôTit les choies qui plus animent les hommes en ce monde) .Somme que les femmes 8c filles fi monftrarent fi courageulcs quâelles nt craignoient le melier parmiles lol-dats pour leur porter tout ce quâils auoientbefoin. Les Turcs firent Icpt autres remparts plus Autre Bate- prochains de la ville oii ils portèrent les melmes Canons dont ils deliberoient foudroier tout, riefurieufe. Ug auoient encores dâautres pieces quâil y amenerent:fi bien que le vinthuitiéme luillet ayant tiré cinq mille Canonnades ils mirent prelque toutes les dcffences 8c rempars en poudres fils ne les cuffênt drefle fort pres les vns des autres. Le lendemain ils aftà illirent encor le Rauellin 8c Ramparts Napée « donnèrent falfaut en trois autres endroits où ils furent repoulTez, toutesfois ils gaignerent leRauelin. Pource que Neftor voyant les picquiers ne fi pouuoir aiféement manier pgur îeftreflêur du lieu: Il les fift retirer : dequoy les autres feftonQoytnt, 8c comme ils fêretiroyent les Turcs entrèrent pefle mefle pour fen fà ifir : Qjjoy voyant les affieecz mirent le feu à la fricaflee. Laquelle auec vn horrible Ipeélaclc griller enleua plus de mille lures Schien cinq|cens Chreftiens. Ainfi ne reftoit du Rauellin que lamineauoitenleué, quâvne pente que le llirc minoit encore : Puis tirant la terre du foffe
Ce ramparoyent riere la porte à laquelle ils pendirent vne hcrlê pour la jetter sây lennemy y
çntroit.
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Ciittoit, deuant laquelle ils drelïcrenc leurs rempars, amp;nbsp;le préparèrent de {emporter i fur Saiiië, lelquels Aftor amp;nbsp;Loys de Martinenguc lôrtirent firent mourir plus de fix cens Turcs Eateries i-ê=. par la mine à laquelle ils mirent le feu. La delTus les batteries furent renouuellées * Et pour nouudleesi garder leurs deffences amp;nbsp;terraces, ponts, elchelles ôe mantelets du feu Artificiel, Les ChreftiensSc les Turcs les couuroyentde peaux amp;cuir de boeuf mouiléj jettans au bas force chanure, lacs de laine amp;nbsp;telle autre matière : à tout bien enlacé auec des cordes^
Outre ce le Turc aflèmbLa force boys dont on faiéldes torches à caulê quâil brûle ailement Moicnpour amp;nbsp;qui put outre mefure . Puis le jettoyent en la ville tout allumé auec des cheurons amp;nbsp;^vn Æp^ace i lates bien poilTées dont il lôrtoit vne flambe fi grande quâon ne pouuoit feftaindre amp;nbsp;dura lâennemi par quatre joursjdont les Chreftiens furent contraints parlextreme puanteur qg de l^fumée le retirer en ville qui dôna moyen aux Turcs de trauailler en plus grande liberté3amp; faprocher des rampars amp;nbsp;murailles de la ville. Laquelle cependant endurcit îextremité de la force des Famd^ du feu, amp;nbsp;de la faim. Lesafiies, chiens, chats, amp;nbsp;chenaux eftoyent mangez amp;nbsp;nây auoit que du pain amp;nbsp;des feues, duvintiigre méfié auec lâeau pour breuuage qui leur faillit peu apres. Les principaux de la ville conftderans cela: Sclanancement des rampars amp;nbsp;autflt; préparatifs de fennemy qui croifibit de nombre de courage par troupes nouuelles amp;nbsp;tomes autres choies necefià ires que Selin leur eijuoyoit. Que de cinq mfilé Italliens nâen reftoit que cinq cens, encores bien ajjbatus. Les plus vaillans des Grecs morts.Qu^il nây auoit aucun elpoir de lêcours. Prièrent les Chefs amp;nbsp;mclmement le Seigneur Bracaden dâauilêr à quelque bonne compofîtion pluftoft quâatendre la ruine de cefte ville.Qu^ils auoyent tolls feitsleurdeuoir jufqueslà ; tant quâeîpoirles à fiîhftenus. Que les choies eftoyent en tel Eftat dâvne part amp;nbsp;dâautre quâil nây auoit auc une apparence de vie fy on pourfuyuoit .QiTil falloir le garder de tomber és inconueniens de ceux qui fopiniaftrent lâns moien amp;nbsp;qui en fin ^ûr^îndui-nepeuuent obtenir ce quâils ont t)piniatremcnt reffule . Que lâexemple en eft^it tout frais rcaffiegez au mal-heureux fuccesdeNicofie.Queîennemy nâeftoitfi barbare que de violier là foyfy à eSpofition il la vne fois promilè comme ils monftrerent à Rhodes, Bude amp;nbsp;autres lieux. Somme que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
câeftoit allez obey Sux defîrs dâacquérir honneur: amp;nbsp;quâils auoyent fulfilà mment là tisfaiôlait deuoirdc leurs charges tant pour leur particulier quâü elgardà la Se^neurie Vcnitieniilfc* Le General mift peine de leur öfter toute Aainte, les alïèurant du prompt lècours: amp;nbsp;pour- Aflaut. ce dcpelcha vne lettre en Candie pour fauancerle vingtneufiéme luillet.Les Turcs mirent Aflaut par le feu à leurs mine qui fit vne grande ouuerture par laquelle ils allèrent à lâaflà tit où ils furent repouflèz auec perte dâvne part amp;nbsp;dâautre:comme aulfi il aduint le lendemain ^îaflà ut quâils donnèrent par mer au haute .Si que croiflà nt dâheure à autre les incommoditez des à lfîegez, notamment la faute de blé amp;nbsp;de poudre; ils conclurent rendre la ville à honnefte compo-fition. Pource le premier Aouft treSes leur furent accordas amp;nbsp;deux oftages donnez dâvne 1571. part amp;nbsp;dâautre attendans les Articles delà compqfition qui furent que tous auroyent la vie compofîds entière: qull iêroit loifible aux Gouuerneurs, à leurs compagnons amp;nbsp;Soldats defortir armez deFamagtfr amp;nbsp;bagues là uues, lâenfeigne defî)loyée, cinq pieces dâAtûllerieê*: trois des plus beaux ehe-uaux quâils euflènt amp;nbsp;quâen lèurcté ûiis empefehement ils lêpourroyent reiyet en Candie: que des Grecs ceux qui vouairoyentjè tenir au pais jouyroient de leurs biens comme^u pa-rauâtfâs les ennuier pour le fait de Religio.Muftafà general figna cela amp;nbsp;le porta fort courtois vers les Seigneurs lôrtis de la ville à ceft elfeól.Occafió que plufieurs le ittiret és vaifleâux pe-fansfe retirer en Câdie. Le 8. Aouft BracadéenuoiaNeftor deMartinêgue faire entédre qfur le loir il iroit luy dôner les Clefs laiflà nt Tiepoly en la forterelïè qui la luy liureroit aulfi toft.
Le priant cependant dâauoir tous les Chreftiens pour recômandez . Aquoy Muftafa dit quâil verroit volontiers Bracaden pour le merite de les verttfc. Promettant de traiter les Chre- tion grande ftiens en telle lorte quâils nâauroyent occafion de mal contentement. Martinengüe retourné à Bracaden amp;nbsp;prelque tous les autres Chefs auec cinquante Ibldats furent courtoilèment rcceus par Muftafa qui les fit leoir. Mais apres les auoiEntretenus de diUers propos commença à les callomnier leur mettant fus ainfi qu'aucuns dilênt, que la nuiél paflee ils a-* uoyent tué quelques prilônniers Turcs. Et «omme ils foi voululïèmçurger il les fit tous gâ-rotter amp;nbsp;conduire ( eftans là ns armes à la teni^ du Lieutenant Generäl ) lur la place où ils furent tous mafià crez en là prelèncc: fitcoupper les oreilles à Bracaden amp;nbsp;le failà nt jetter
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2:sâTurcs tctrc. Quc UC te vient deliurer,difoit-il,celuy que tu adores,amp; tels autres blalphemes. fiirlesChrc- Plus de cinquante furent lors tuez, amp;nbsp;ceux qui Feftoyent mis fur mer faits Captifs. Entré en ftiens rédus Ja ville,fit pendre amp;nbsp;cftrangler Thripoli .Neftor de Martinengue caché chez vn Grec contre-op 1 lon^^ cômâdemét publié du Gcneral,( qui fut de denócer tous Italiens fur peine de la vie ) fo rendit à vn Sangiaz ayant charge de Cauallerie auquel ilpromift cinq cens ducats pour ranpon quâil paya dans fopt fomaines parla libéralité de qirclquâvn qui aiioit auôlorité vers les marchands Françâois venus au Camp de la ville de Lepte en Barbarie. Voyant toutesfois quâil le vouloir mener en fon Gouuernemcnt contre le Fleurie Euphrates : gaigna vn pefeheur Grec auec lequel fo mift en vne Barque amp;nbsp;de nuid conduit à la voille faite de deux chemifos, ar-. riucrem à L^ide,puis monta en vn Nauirc François qui alloit en Candie, où bien receu amp;nbsp;. accommode dâargent amp;nbsp;dâhabits ( car il nâauoit quâvn lac ) par le Seigneur Latin Chcuallier Romain,futbienrecuillyà Vcnifoparle Duc Loys Mocenique où il recita tout ledifoours de Chypre : Le Vendredy que les Turcs honnorent fort ils conduirent Bracadenaux lieux artà illis par eux où ils lui faifoyent porter la hôte amp;nbsp;baifor l»terrc comme il paftoit deuà nt le
lez morts
Gcniji^J : puis fdleuerent aux antencs des Galleres pour le monftrer à tous Chreftiens en deftfion. En fin endurant dâvn cÅur généreux amp;nbsp;inuincible à toutes peines ( fouffi-ant left quelles encor auoit ilia coiïftaiicc de reprocher auTurc fon infidèle cruauté plus que Barbare ) lefcorchercnt vif : la peau emplie de paille mile en vne Gelere fut liée à Icntcne amp;nbsp;portée Nombre fo long de la cofte de Sirie. En foptante trois jours que dura le fiege furent jettées cent qua-Jcscanona- ranté mille Canonades. Des Seigneurs Turcs furent occis. Les Sangias dâArabie de Natolie plus fgna- amp;deTripoly. Soliman Bey Fregats, Franiburat Muftafabey. Des Chreftiens tant au liege que par llnfidclité du General Anthoine Bracaden, Aftor Bailon Federich Bailon amp;nbsp;Loys f à nwâofte. nbsp;nbsp;Martinengue, le Cheuallier de la Lance Commiflà ire general de lâArmée. Dauid Nucic
Maiftre de Camp. Miguan Perufin, Sigilînond Comte de Cafolde, François de Loby Cre-monois, François Troncauille, Hanibal Adam de Firme, Scipion de Tyferne autrement de
* CycadcCaftel, Charles Raganafoe de Cremone, François Strace, Robert Maluetie, Celât dâAuerfo : Bernardin dâAugubie, François Bugon de Veronne, laqifts de Fabien, Seba-ftéen du Soleil Florentin : Erafine de Firme, Bartliclcmy de Cernos, lean Baptifte de Riuart amp;nbsp;lean Francilque Vénitien. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
E N ce temps neantmoins fo Turc ne fo fiant en fos forces tant quâau fecours du Ciel : fit Deuotion* publier vn Ediden Conftantinople qjic tous ordres amp;Eftatsfo milfont en deuoir amp;nbsp;inuo-dc Turcs, qualfont la faneur Diuine pour la viéloire tant de ceux de Chypre prifo à la veuë de loileufo Armée des Chreftiens pleins de partiaUitez Ãc differens dâhonneur: que de fon Armée de mer
Moiensque doit tenir vn Prince pour cftrc heureux en paix amp;nbsp;en guerre.
dont je VOUS parleray tantoft. Et comme tous eftoyent en ce deuoir la prinfc de Famagofte Sc la redudion de tout le Royaunîe de Chypre à là puilïJnce luy fuft anoncée: Dont il reccut vn tel amp;nbsp;û grand plaifir quâil en fit rendre tefinoignage en toutes les terres de fôn obeiflà ncc par infinies fortes de liclïè. Et mefinc en aucrtit l'Empereur Chrellicn 8c le Duc de Salline par gens expres que le Baflà de Bude y enuoya pour les faire participer au plaifir quâil en rc-ceuoit. Deuo^on a la vérité qui deuroit faire rougir la plus part de nos Chreftiens : Lcf-quels rtc fadônant quâa fe moyéner toutes fortes de plaifiiÿ m5d«ns:feftimét eftre bié aquitez de leur deuoir Fils ont cômâdé vne proceflio pour rédre gracesdâvnc viâoirc ja obtenuë:pour laquelle gaigner neatmoins ils nâêpîoiét aucun moic nây dâelprit nây du corpsme regardas que veu lâincertain euenemêt de toutes chofes (amp;notâmentés faits de guerre amp;nbsp;gouuernemcnt dâEftats ) : Il ne faut fo repofor fur lâelpoir dâvn bié auenir:ains pluttoft mettre toute peine de preuoir aux incôuenics qui nous peuuét öfter le fruit de ceft elpoir. Ce quâô ne peut mieux faire q par deuxmoiés. Jâar les Åuur» de pieté amp;nbsp;deuotiô enuers Dieu, qui manie tout à fon plaifir:amp; par lâobforuariondâvne bonne juftice:'laquellc nâentretiendra moins le bon ordre politic en temps de paix que la difeipline millitaire en toutes les guerres quâon foauroit mener . Ce faifant il nây à doute qilfe tous hommes ne fiftènt tellement leur deuoir : que les Princes amp;nbsp;autres efleuez à la côduite dâeftatfen verroient plus heureux quâils ne foauroient
Occafion de la ruine desEftatsSe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
des maux pcnfor. Et au rebours, nbsp;nbsp;melpris amp;nbsp;contrauenwon a ces deux points qu'on peut dire vraye
qurnou^a- ôcprfocip^hefource non de ces deteftables guerres ciuillcs feulement: Ains aulfi de tous les uicnnent. maux quâaie jamais fouffert ce poure Ãc defole Royaume. Mais de cela vne autre fois plus à loifir
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loifîr. Laiflôns donc LâOthoman jouir paifiblement de fi belle conquefte puis que les Chrefi tiens ne font pour ce coup autre deuoir de luy debatre îhonneur amp;nbsp;proffit menieilleux dâvne fi haute entreprifè. S'ils drefTent quelque chofe contre luy, ie le vous feauray dire auffi toÃ: permettez moy feulement de reuoir mon pays, pour vous bigarrer mon difeours des préparatifs que les François font à leur propre ruine. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Dés le traité de paix, lesCôfederez auoicnt fait entendre à fâ Majefté quâentse tous les moi- Moyens ens pour nettoier fôn Royaume de toutes partialitez amp;nbsp;le maintenir en vh long amp;nbsp;heureux pourofter repos, le plus expedient eftoit de faire la guerre contre vn ennemy eftranger : ou du moins «icEanct . cmploier hors le Royaume les forces lelquelles nây peuuans demeurer oyfiues, prennent la moindre occafion pour fuffifânt prétexté à faire la guerre entre elles mefine: fiff le pius beau parez à la, de la France. Car comme les perfônes pour fi peu mal difpofees quelles fe treuuêt: pour ob-uier à la malladie qui fè forme en elles peu à peu : fè font tirer du fà ng ou prennent purgation eu bien par viollent exercice amp;nbsp;autres moiens, tafehent dâéuacucr l'humeur pe chante qui les menace dâvne malladie prochainc.Ainfi le bien auifè Prince amp;nbsp;tout autre qui a Sur-intédance ,, , - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J' .lt;./-/â¢â¢ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Move pour
fur vn peuple: le voiant partialneen Tachons qui ne promettent que guerres ciuile S oi^io- preicruer bre des plus grans fâchez ou mal conteus foit du Prince foit de la dilpofition des affairesmâa- Eftatde tendra pas leffeél de ces mal-contentemc«s qui ne frudiffient que (éditions : ou guerre contre îeftranger quâils amèneront «ix mefînes dans le pays. Ains pour y obuier de bonne heure il diuertira leurs Efprits ailleurs amp;nbsp;les emploians pour le féruice du public contre vn eftranger il purge par ce moien le corps de Ibn Eftar de ce^ui le pourroit troubler amp;nbsp;abattre en peu de , temps. Les Côfederez donques luy auoiêt fait cette ouuerture dâêuoier tant de forces quâil a en fon Royaume ( lelquelles nây peuuent demeurer quâen mauuais melhage veu la mauuaitié du temps ou pluftoft corruption des hommes ) Conquérir les terres neufues dont les Elpa- -gnols lé penlént aproprier:ou dâ âitreprcndre la conquefte du pays bas. Se failà n^fors de leuer dix mille bons fantalfins amp;nbsp;trois mille Caualliers: la moitié delquels porteront tiltré de No- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«
blefté qui lâcriffieront volontairement leur vie pour lôn léruice, honneur amp;nbsp;feftenduë de là ⢠puilTance en fvne ou lâautre entreprilé quâil luy plairoit dechoifir. Etauec ce quele promît quâils en raporteroient excederoit là ns comparailbn le peu de frais qWi luy en conuiendroit faire pour le commencement delvn des (feux defléins. PourcequeleRoyauoittousjours remis lexecution de tels affaires à vn autre temps: ne leur declarant quâil full de contraire ou conforme volonté a eux en cela: ils eftimerent (aulfi fcft quâil leur en fit rafrelchir la memoi- * repai; leurs deputez)quâilyauoitauilcamp;trouué aparentes les cômoditez quâIls luy auoient autrefois déclaré. Et pourcc ils y entendirent amp;nbsp;fi alfeélionnercnt plus que jamais, nommément fur la conquefte du pays bas, A^piant quele Roy pou« nâellongncr lés forces de lôy ne vouloir entreprendre fur mer.Aquoy les pouflbit fort Ludouic Compte de Nalïà u, frere du Prince dâOrenge. Quant à eux ils trouuoient alïéz dâoccafions pour en baftir fentreprilé amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
aftéz de moiens à la bien conduire,lé fantafiaiis encor plus de commoditez apres fheurculc execution dâiccllc. Voyci en general les railbns, moyens amp;nbsp;auantages quâils mettoient en a-uant. Le relie procédé de la dâexterité du General qui conduit fÅuurc. ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LesocaGSs'
Premièrement la haine antienne qui eft entre les François amp;nbsp;les Bourguignons aux vieilles qu^°propo.^ querelles delquels lâElpagnol à fuccedé:nommément pour les brulemcns,pillages amp;nbsp;merueil- foienc au leiifes pertes que du temps de lâEmpereur Charles 5 .amp; de Ion fils ils ont faits fouffrir aux Frâ- ^Ãjs'pou® çois en Picardie, Champagne, Bourgongne, Piemond amp;nbsp;Lâombardie depuis 40. ans en ça: entreprédre Outre ce fon fçait aftéz quel eft le droit que le Roy de France querellé fur plufieiirs villes que jupgy^Ãj^ lâElpagnol luy tient au païs bas. Lâindigne amp;nbsp;eftrange cruauté cômilé par les Elpagnols Ibus Petro Melendes, à laFleuridefurleanRibautamp;autresIfrançois quitftoient allé peupler le pais fous fautorité amp;nbsp;commandement du Roy. Lâinjure tout de frais faide au Marquis de Final 8c la reduélion de tout ce pais en la puilïà nce de fElpa^ol, crainte quâil ne le rendift au François comme il deliberoit faire. Le mauuais traiélement que le Roy Philipp» a fait à la fÅur du Roi là lémme tât quâelle à efté en pleine vie là ns plufieurs autres particularités quâon ne peut raconter. Les moiens de bien conduTre le fait lônt le nombre^e 15. mille bons homes Confederez quâils falïéuroient de leuer polr cell clFeél : amp;nbsp;pres de la moitié dâautant de Catholiques volonuires. Les intelligences quâils auoient au païs fur plufieurs places à lâexé-
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pie dcfqiiellcs nombre dâautres promettoient fe tourner de leur coHé: Si le Roy audorifant îentreprilè: auançoient peu dâargent duquel ils cfperoicnt peu apres trouuer ailèz dans les villes nbsp;au plat pais pour la côduitte du tout.Lâaffeclion mcrueilleuic que tout le pais bas, Bour
gongne mefme porte au Prince dâOrengcs amp;nbsp;à les frétés. Au côtraire la haine incroiable quâils ont tousjours porté à lEipagnol^ notamment depuis la venue du Duc Daine duquel ils le ddènt fi eftrangemêt traitez quâils aimeroient mieux fouffrir la rigoureuic Seigneurie de tout autre Prince que de lEipagnol, contre lequel il nây à doubte aucun quâà la faneur dâvn beau commencement tout le pais ne fe rende à la deuotion du Roy de France: duquel ils le conoif fènt encor en beaucoup de lieux les plus anciens fujets amp;nbsp;vafià ux. Quæit aux commoditez . le graiÿl hoiÿieur quâaquerroit le Roy de la reduôiion dâvn tel pais à fou obeiiïà nce : le proffit . merueillenx quâil y en viendroit quand il fe voudroit contenter de la moitié des Taxes amp;nbsp;im-pofitions quây leue lEfpagnol; amp;nbsp;à les fujets auffi pour la commodité du trafficq qui eft plus grand en ces quartiers quâen aucun autre de lâEurope . Auec mille autres auantages quâil en pourroit tirer lôit quâri vonluft faire la guerre à vn eftrangiA: ou que fe maintenant en paix il defirefipraticquer la l'impie debónaireté amp;nbsp;fiddle obeiTTacc de ces peuples vers leur Seigneur. SJRime que toutes chofès bien debatnes le Roy en voulut parler au Comte Lodouic lequel - retourné à la Rochelle afin de mieux celer fôn jeu, fit courir le bruit de vouloir fe mettre fiir mer pour faire la guerre à fEfpagnoJ . Défait il commanda drofier tout fbn equipage: amp;nbsp;ne re-ftoit que le vent. Mais tournant bride il allafôudain trouuer le Roy en habit dcfguifè pour te nir la chofe plus fècrette. Le Roy luy fit entendre lafFeôlion quâil auoit à lâacheminement de fi belle entreprifê: quâil nây efpargneroit lès moiens non plus quâà maintenir le Prince dâOrenge amp;nbsp;les frères en leur entier.Qu^il auoit au refte affez dâoccafion defe retirer de la confederation faite auec fElpagnol qui a tousjours ennuie la grandeur de la France. Qu^il ne falloir pourtant aller legpremcnt amp;nbsp;a lindifcrette en telles entreprinfès. ^ais que la chofè bien délibérée amp;nbsp;les inconucniens preueus on auiiafia y procéder par les plus expediens moiens quâon pour-roir trouuer. Sur tout les auertiflbit quâils ne fe fiafîênt en la paix que leur Roy vouloir faire auec eux par lentremife de ÃEmpercur Maximilian: le fômmaire de laquelle eftoit. Q^e le -,p. Prince dâOrenge Ãc^s frétés feroient remis en tous leurs biens dont ils jouïroient à lâauenir veut faire paifiblemcnt amp;nbsp;en toute affeurance. La memoireou pafle mifê en oubli pourueu quâils pofâfi paixauec Ics Armes amp;nbsp;ne fiffent aucunes entreprifês cotre le deuoir defiijet :amp; quâils p^ïà ffét leur d^Orènge* vie hors les terres de fon obcifTance.Outre ce le Roy Charles luy promet plus quâil nâeufi feeu amp;nbsp;fesfrercs. cfperer:efcrit ^uorablemét à fon frere le Prince dâOrenge lâauertifïà nt par luy quâil fill la plus grande leuée quâil pourroit en Allcmagne,amp; ne cefTaft cependant de baftir, amp;nbsp;de jour à autre entretenir nouuelles intelligences és villes du païs bas attendant les occafions à meurir pour commencer îentreprifè que deffus.
Ainfi donc le mariage du Prince de amp;nbsp;la Conquefte de Flandres efloient les deux ⢠principalles chofès, aufquelles Charles faffeâionnoit le plus. Et pource quâil vouloir auoir Marefchai nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâAmiral fur le tout: outre les premiers quâil auoit depefehé à la Rochelle il y enuoya
de Coiïe à Artus de CofT^Marefchal de Gounord, tant pour aflèurer les Princes de fà bonne volonté la Rochelle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour affeôtionner le Prince de Beam à ce mariage. Et fur tftut perluader à lâAmiral faire
le voyage de Court. Ce quâil pouuoit mieux faire quâvn autre pour lâancienne conoifïance amp;nbsp;amitié quâils auoient eu enfemble tant en France quâen païs eftrangcr à la fuitte des guerres e-ftrangercs. Auec ce les députez qui efloient retournez en Court luy auoient referit que veu les parolles amp;nbsp;portemens tant du Roy que de la Royne amp;nbsp;autres Seigneurs: Ils ne voient rien qui le deufl retarder dây aller. Ses Seigneurs de Montmorency mefme fes confins nâoblioient rien pour le hafler: vcuKjuâils fèmblofét gouuemer le Roy qui les auoit appelé ceux de Guyfè retirez de Court: faffeurant par lettres que le Roy auoit vne mcrucillcufè volonté de le recon-cillier auec le Duc de Guyfè pour mieux fèferuir de luy amp;nbsp;de fon Confèil au maniement des affaires duRoyaume:amp; quâil cômÃiçoit fort à porter bonne affedion aux Proteflans.Pour le-uer mefme toute crainte à lâAmiral de sây acheminer,le Roy luy enuoia lettres de pouuoir me ner cinquante Gentilshommes armez pour fà fèHrctéjufques à la Court, où en fin le Maref chai luy perfuada dâaller amp;nbsp;fy conduiôl auec Ifjn nombre de Gentilshommes. Là ne fut plu-floflarriué quâvn nombre infini y accouroit pour le voir comme chofè eflrange. Le Roy le receut
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reccutamiablementamp;aucc grind honneur fappellantfônpere. Siquelereîcuant comme il fè fut mis de genoux pour luy faire la rcuercnce,protcfta quâil nâauoit veu jour de fa vie plus ; agréable que celuy auquel il faffeuroit voir la fin de tousles troubles, amp;nbsp;le commencement Court fauo-du repos de (ôn Royaume. Entre autres choies luy tint ces propos en riant : nous vous tenons auec nous maintenât vous nâen partirez pas comme vounvoudrez. La Roine mere, lôn Excellence, le Duc Dalençon gencrallcment prefque tousles plus aparens de la Court, le rcccu-rent plus fà uorablement quâil nâeulflçeu elperer. Et qui plus eft toutes ces courtoilics furent lôudain fuiuies dâvne grande libéralité du Prince qui luy fit deliurer de fon elpargne cent milles liures pour recompenlèr les pertes quâil auoitfait aux guerres palïees.Plus luy donna le re-uenu pour vn an de tous les benefices quâauoit tenu fon frere Oder de Chaftdk^ Caftlinal êc Euelquc de Beauuois qui eftoit décédé à Hantone dâAngleterre comme nous auons dit ailleurs. Outre ce luy fait deliurer cômilîîon puiflà nce lignée de là main pour reccrcher tous les meubles que jâay dit ailleurs luy auoir eftéenleucz à Chaftillonôc ce les faire rendre par commandemant. Teligny lôn gendre fut aulfi honnor ; de plufieurs bien faits.CauagnesCon-lêiller à Tololê fut pourueu dâvn Ellat de Maifire des Requeftes. Somme que plufîeiiif remarquez entre les Proteftanslèntirent la libéralité du Prince au grand contentement du relie amp;nbsp;delplaifirmerucilleux des Catholique: melhaement de ce que lâAmiral fut remis On-lêiller au priué Confeil de là Majcllé pour tenir ranc fur tous les Marefehaux fors fur le Duc de Montmorécy ellant Duc amp;nbsp;Pair de Frâce. Le Roy luy demâde fon auis des choies qui plus luy lèmbloient dâimportance. Communique fouiient a luy en lècret,luy delcouure toute len-treprinfe du pays bas, amp;nbsp;le voulant faire General de fArmée, luy dit quâil entend que tout lê manie amp;nbsp;conduifoparfon authorité. Il le monllroit en fomme fi priué amp;nbsp;fauorable à cell homme amp;nbsp;ceux quâil aymoit: que les Catholiques jaloux dâvn fi grand amp;nbsp;tant inelperé honneur craignoiêt que leRoy nedeuint Huguenot. Veu quâil les fauorifoit tcllemeht que tout le manioit en Court par fauis amp;nbsp;entrcmilês de leurs Chefz. Lelquels rafehans dâauancer fentre- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
prinlê du païs bas, nâobmetoicnt rien a propolèr au Roy de ce quâils penfoiét profiter .à ce def ⢠foin. Or pource quâentre toutes choies necellà ires à vue entreprinfo de guerroier quelquâv^: il ell fort auantageux de lê rendre amis tousjes vÅfins de celuy quâon x't ut ataquer: on mit en auant de faire ligueamp; ferme confederation auec la Royne dâAngleterre Scies Princes dâAllemagne defquels autrement on pourroit ellre incommodé. Et pource que les Protellans François auoient eu de longue main grande amitié vers cft nations : lâAmiral fut emploie pour auilêr aux plus expediens moiens à ce faire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Pour le regard dâAngleterre la ligue lê pouuoit ailement faire tant pource que lAnglois craint que le François ne lê joigne à iElpagnol qui luy ell onnemy: que pour mieux alîêurer ce auec le trafic amp;nbsp;comerce des deux nations duquel depend le principal de la richclïê Anglefchc.
Autre comoditéfeprefeiita lors. Alïà uoir que les»Angloisdefiroient fort trouucrvnhonno- , rable parti à leur maillre^ non ruoins que les François au Duc dâAnjou auquel falliance de telle Roine feroit fort auâtageulê Sc au reciproque fort honorable la compagnie dâvn frere de Roy de Frâce:amp; duquel fheur luy auoit desja acquis vn reno immortel pour t5t de hautes cn-treprifes quâil auoit miles afin.âLe Matefchal de Mont-morency eut charge dây aller mettre la Royne dâAngleterre amp;nbsp;fon Conlêil en propos de îvn ôc lâautre point. Dâautres furent enuoiés en Allemagne mefmcment vers ffileéleur Pallatin auquel le Roy lêmbloit porter vne alFeôli-on meilleure amp;nbsp;plus ouuerte.il auoit melmc choifi leDuc leanCafimir fon filz pour fon pen-fionnaire Scie Duc Chrilloflc puilhé pour le retirer en Court auec entretenement digne de fà maifon. Il auoit aulfi enuoié lean Galeas Fregolê Génois vers le DuC de Florence pour la-cômoder dâargent qui luy auoit promis deux cent mil Sucats Icfquel?il vouloir emploier à LâAmiral îentrcprilê du pays bas. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Smlfc
LâAmiral voyant ces cholês ainfi acheminées, demanda^ eut en fin conge pour reuoir là retire à maifon Sc fujets de Challillon fur loing : fexculà nt dâvne plus longue demeure erK^ourtfur chaftillon, îimportance de fes affaires : aufquelles pour linconuenient des guerres palTées il auoit juf ques Jà fort mal pourueu. Il y receuoit fouuent lettres Sc melïà ges du.Roy qui lui demaiidoit par fois fon auis és matières de conlêquence efi^ielles il montroit ne vouloir rien refoudre fans en auoir fon opinion: le priant mclme de retourner au plufloll quâil pourroit. Ce pen-
Dd iiiij.
-ocr page 68-Le Capitaine Mingiie-liere enuo-ye par Lâami rai defeou-
LâHISTOIRE DE FRANCE.
dant pour mieux fc preparer à fexecution de ce quâil auoit entrepris, il depefoha le Capitaine Minguetiere vers les parties Occidentalles amp;nbsp;quelques autres auec lui pour bien remarquer urir les lieux: amp;nbsp;les auoir elfigiez apres le naturel, drclfer vne parfaitte reprefontation de tous ces tcsOccidé- quartiers tout autre que ceux quifen font mêliez jufques ici. Mais il fut depuis pris en com-bat à rille Elpagnolle,oii tous lès ^ns tuez il fut mis aux Galeres dâElpagne.
Eauxdesbor idées.
LâAutomne de cet an fut fort incommode tant aux perfonnes quâaux fruirs de la terre pour la vehemence amp;nbsp;continue des pluyes: lefquelles creurent fi fort quâelles firent desborder plufieurs fleuues amp;nbsp;riuieres en France : côme Scinc,Loyre, amp;nbsp;le Roine aux Efolulès mefmemant
Tremble terre. Ferrarç.
Elpagnol fâché des portemens ⢠⢠du Roy.
pres deGenciie:ou îcau découlant des montagnes peu à peu mâgea fi auant vn grand quartier de pilt;y;re qi^ tombée dans le Rofiic empefeha le cours ordinaire de ce fleuuequlques à le faire remonter en haut. Le fauxbourg de la Guiloticre fut prefque tout ruiné amp;nbsp;les fondemens des maifons minez par lâinondation amp;nbsp;delgorgement du fleurie : mefine partie du pont fait de pierre tomba dans lâeau. Grand nombre de maifons és bourgs amp;nbsp;villages les plus prochains du Rofire en furent abifinez amp;nbsp;plufieurs perlbnnes furprife? de nuit par ce desbordement dâe-auxy finirent piteufement leurs jours. On vit auflî pÃfieurs tremble-terres auec gradiflîme pÃte amp;nbsp;diffbrmation des lieux elquels ils le lêntirent nomméement à Ferrare,Padouë amp;nbsp;V c-nilè par trois fois nommément par deux Mois à Faf rare qui en fut prefque ruinée comme iâay dit ailleurs amp;nbsp;en vn village contre Generic duquel les mailbn« tombèrent par terre amp;nbsp;auec les arbres def racinez le fond amp;nbsp;campagne changea de forme : peu de perfonnes touteffois en prenoient prefâgc de nos maux à venir,aiant le refte des hommes égard à fexterieur des Princes plus quâà autre choie' digne de marque : prefque tous en fomme viuoient contens, amp;nbsp;fi ef peroient encor mieux de îauenir.
Entre ceux qui le montroient fort mal alfcôrionnez aux portemans du Roy en faucur des Proteftans ^eftoir le Pape Pieamp; le Roy dâElpagne,lcfquels fui felôient ouriertement entendre par lettres le dclplaifir quâils en receuoient. A quoy le montroit fort diligent lAmbafià dcur Elpagnol le plaignant à toute heure amp;nbsp;en tout temps au Roy Charles des entreprifes qui le bralfôicnt lôus main contre Ibn Maiflre: amp;nbsp;que tous dilôient que le Roy autorilbit tout, dont ft fexculôit pour le intenter au mieux qui lui eftoit poflible.ToutelFois les Confederez voyant que cet Ambalîà deur alïïftoit dâordinaire aiT Conlèil ori le tout le demenoit: remarquant
Doil les Pruceftav
dâailleurs les propos affeéüonnez que fElpagnol tenoit fouuent ores à la Roine Mere, ores à fon Excellences^ les focrets deuis'quâfis auoient cnlèmble la plus part du temps: fit penlèr au-prirentocca cunsquetous ne tiroientà vne mefine corde: fi que prenant de là amp;nbsp;de telles autres choies non de lou- r i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i m r- r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠t ⢠/ i i
pçon. occalion de remarquer plus auant:plus ils ^informèrent de chacune particularité, plusilscn-troient en foupçon comme nous dirons ailleurs.
LePape Pi-e veut détourner le Aariageamp; les porte-més du Roy Charles.
LcCardinal Alexandrin Legat en France.
Le Pape Pie auoit ja enuoié feCardinal Saluiati vers fa Majefté pour le détourner du marriage de la foeur auec vn hercticquc(comijie il difoit)le priant lui ^nner vn plus lain amp;nbsp;heureux party. Mais volant le Roy refolu au paracheuement de ce que delTus : il manda à fon Neuen le Cardinal Alexandrin(quâil auoit enuoyé en Elpagne vers le Roy Philippe pour les affaires de laljgue dont je vous ay parlé:) de tourner en France le pluftoft quâil pourroit. Le le conoilfoient pour lauoir veu coufturler ; amp;nbsp;que fon Oncle aians quelques moiens le mit premièrement en vn monaftere, dâoù Ibrti par degtez en fin le fit Cardinal. Sa charge con-fiftoit en trois points. Qu^il perfuadaft le Roy dâentrer en la là inte ligue contre le Turc ennemi de la Religion Chreftienne. De donner là lôeur en mariage au Roy de Portugal plulloft que celui de Nauarre : amp;nbsp;fcllongner des propos amp;nbsp;conuerlà tions des hercticques de fon Royaume : falfourant qu« tels deuis ni* lui pouuoient apporter quâvne alfourée ruine de fon E-ftat amp;nbsp;à fon Royaume voire à toute lEglife Catholicque vn dommage euident amp;nbsp;alfouré.
Refponce du Roy aux trois points du Legat.
Comme il alloit en Court il treuua la Roine de Nauarre qui fy acheminoit aufli. Dequoy a-uerti, crainte quâelle ne le deuaiftall : prend la pofte, amp;nbsp;donnant à trailers là compagnie lans la là luer ni aucun de la troupe : picque pour auoir le deuant : dont plufieuts le rrouuerent defoourtois : attribuait neantmoins le tout à 1» contrariété de religions lâexculèrent aucunement. Receu amp;nbsp;traité magnifiquement eut|pour relponcc à lès trois points quâil eftoit preft dâentrer en ligue auec les Princes ne le voul.ât rendre indigne du nom de Roy Tref chreftien
que
-ocr page 69-LIVRE VINTCINQ^VIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;22.
que (és dcuanciers luy ont laifle cntfautres tiltres dâhonneur fur les autresPrinces, mais que fins rien précipiter il falloir attendre amp;nbsp;en laiflèr meurir les occafions: voire les éuenemens de telles choies quâon verra tourner à de mcrueilleux auantages à route laChreftienté. Poui^ le fait du mariage: Il ne pouuoit ion honneur fiuf,reuoquer la promeiïè quâil en auoir fait au Prince de Bearn: mais ibuhaitoit que le Pape faifeuraft qyne tout cela iê dreifoit à bonne fin: voire à lâhonneur amp;auancement de lafoy Catholique. Meimeque lâextraordjnaire faueur quâil montre aux Huguenots ne tend à autre fin. Il prioit donc bien fort le Pape Pie le tenir pour tref-chcr amp;nbsp;premier Fils de fEgliic Carholicque. Ce fait il tire vn aneau de ion doigt amp;
lepreicnte au Cardinal pour marque amp;nbsp;ailèurance quâil ne départira jamais de fobeif fince du fiint Siege Apoftolicquc : que le Cardinal refufi neantmoins, ^fint,
que la parole du Roy j urée fuifit: le fuppliant de perfifter conftam-ment en vn fi fiint auis. Ainfi expédié apres peu de jours
il part deffrayé amp;nbsp;fi fuitte par tout le Royaume j uf quesà Lÿon,où il fut honnorablement rc-
ceu amp;nbsp;ftaitté.par les Ecclefiafti- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠â¢
ques : amp;nbsp;autres Fran- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
⢠5:ois.
* * / â
-ocr page 70-Du Vingtfixiéme Liure.
ES OLV TJ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;préparatifs du Senat ZJelhtien poitr refifler au Turc, contre lequel en leur
fitueur le Pape, le T^y d'Efpagne, le Duc de Florence nbsp;nbsp;autres Potentats Je liguent auec eux pour
les fecourir d'vnegrojfe jJrmée TJaualle ^uâHi^dreJfentfiub^Ja charge de Dom Jean D'Aujlriche firjjiaturel de Charles Empereur cotre ^li Bajeha General des Turcs. Le Qouuérneur du Mtlan-neXjJourleT^yd'EJpagnebat (gr prend Final tjui Je'vonlloit^eclarerpartijan du François. Sur les pourfuittes ijue la vefue cp- Ijeriticrs du Jeu Duc de Ãuyjîjà ijiient contre P Amiral pour la mort d'jccUuydeT^oy l'accorde auec le fils ai fineplus proche apparent l^eritier du deffitnt. L'EJlat de la France mil ciwj cens Jeptâte vn. Charles dAuflriche fils de l'Empereur eji marte auec la fille duTJuc de 'Bauiere.e^rmée de mer Turejuef-^ue (Jr fis exploits. Candie (Jr fitfirttltte. cy^rmée de terre pour les Turcs contre les Vénitiens en Albanie. Plu^ fleurs places de laejuellefe reuoltent duTurc fouJ^P eJfoir des Tenitiens .âE^gufi amp;nbsp;/2 JSJeutralité. Dulcingue (Jr autres places rendues au Ttrc. Courfis des Turcsfur le à olfi de Venifi. Qirfile definduë contre les Turcs par les fimmes habandennées de leurs maris .tALoiens lt;^ue tindrent lesTenitiens à fi bien conduire en tel ajfaire (Jr trou-uer argent. Armée'Ff auatle des Chrefiiens. Les ConfiiPfcJr dejfeins djéelle. JA Eoy de Tunes demande ficours aux Chreftieus pour ejlre remis en fin quot;J^oyaume. Ordre deslt;iArmees Chrefiienne nbsp;nbsp;Turquefijue pour le Condtat
naual. Punition en PArméeparvnChefparticullierJà nslefceudu Gencral.'E^fi duVenitienpour efchaujfer PeEJpagnol à la bataille. âE.econoijfance reciprotjue des deux armées. JJarengue des deux Generaux pour la bataille des particulliers ChejJ^aleurs Soldatz.. La bataille, 'viÿoire (Jr grace s rendues à Dieu parles Chreftiens JPour piuoy (Jr comment la plus part des grans Confitliters du Turc fint Chreftiens reniéf. Ceux ^ui ontjiut la guerre à leur pays, Jt aliens (Jr Ejpagnols. Plaintes au Egy de France par les Confidereffùr la nulle execution de fin Edit de paix. Libéralité (Jjquot; alegrcjfe de la Seigneunee de Venifipour les nouuelles de la viPlotre, Dejfeins du Eoy Selim Turc apres ^lle perte. Dejfeins de P Armée de la ligue. U armée des Tenitiens (Jr fis exploits.
Ligue des Princes Chreftiens contre le Turc.
A mémoire de cePrelat Italien me fait lôuuenir du poureEftat auquel jâay nâa guc-res laifïe laSeigncurieVenitiénedaquellelapfus part des Princes Chreftiés entrete-noiét de prières enuersDieu amp;nbsp;de grades copafliSs plus que dâautres iècours quâils fapreftaflènt de lui dôner contre vn fi grand ennemy:vers lequel neantmoins les Sénateurs ne fe monftrerent jamais cftonnez non plus que deïpoufueus de moyens. Car au plus chaud de leur^affaires : curieux de remédier à la perte deChypre quâils craiguoient (ne lâchât encore la prile de Famagofte ) Confiderans dâailleurs |a puilknee de celuy à qui ils auoient affaire, amp;nbsp;la leur auffi: crainte de perdre dauatange amp;nbsp;pour rauoir ce que deffus: le mirent en fantafie de recercher quelques Princes Chreftiens dâvn aide amp;nbsp;prompt fecours en leurs affaires. Surquoy lePape Pie cinquième fauança le premier non feulement à leur eftre fêcourable. Ains à moienner vne ligue aflèurée de quelques Seigneurs Confèderez contre le Mahome-ran.Etpoutcc apres quelques propos,allées amp;nbsp;venues de leursAmbafradcurs( qui eftoiêtpour lâEfpagnoljAnthoine ferenot dit Gwnduclle amp;nbsp;François Pacieco Cardinaux:aueclean Zuni-que fbn Ambaflâdeur pres le Pape Pie. Et pour lesVenitiens Michel Surian amp;nbsp;lean Superan-ce ) En fin M. AnthoineColone fut enuoié par le Pape leRoyCatholique vers la Seigneurie de Venife pour négocier fur Ãs articles dâicelle.Qui furent que pour refifter amp;nbsp;nuire aux infidellesâpar mer amp;nbsp;terre ils mettroientdeux cens Galleres amp;nbsp;cent nauires de chargc.Four-niroient cinquante raille Fantaflins amp;nbsp;quatre mille cinq cens hommes de chenal, artillerie, viures, argent amp;nbsp;toutes autres chofcs|fieceflaires,La ligue eftant perpétuelle, les forces fe trouucroiét dâan enan en Mars ouAuril au plus tard, en la mer de leuant pour les emploicr par
-ocr page 71-LIVRE VINES IXIEME.
pâr IcsGeneraux en toute diligêce contre les ennemis deChrift.Et que cependant lesAmbaf^ fadeurs desPrinces traiteroient tous les ans à Rome enAutomne ce qui iè deuroit faire au Pmi temps fuiuant contre fennemy. Le Pape amp;nbsp;les Cardinaux fourniroient douze Gallercs poUg* ueuës de tout le beioin. Et pour farinée de terre trois mil hommes de pié amp;deux cens feptante dâarmes. LâElpagnol les trois parties des frais (ie toute la guerre. Les Vénitiens les deuxfixiéme. Fourniroient aulfi eux deux ce à quoyle Pape eftoit oblige j^r la Ligue de mil cinq cens trente fept à condition que diuilé en cinq fEfpà gnoI en paietoit les trois amp;nbsp;les Vénitiens le refte.Au lieu dequoy ils armeroient vintquatre Gallercs dâhommes amp;nbsp;de toutes autres chofes. Au reftequi contribueroit le pluslcueroit aulTileplus amp;à lâegaldefauance lèroit paie fur le butin.Quâon prendroit viures és lieux ou Ion ic trouueroit à pn» rail«inablc: * amp;nbsp;ne fçauroit le Seigneur tirer prouilîon du lieu que les Confederez nâeuflènt premièrement leué ce quâils verroient neceflà ires pour lâArmée. Si ÃElpagnol eftoit aflà illiparlcTurciLe Venitié luy fourniroit ^o. Galleres pourueuës dâhomes amp;nbsp;autres choies cômeluy reciproque ment auVenitien aflà illy premier. Autant fi lâvn ou fautre entrcprcneitfurle Turc ne demandant rien à aucun dâeux. Les trois Chefz aflîfteroient en toutes confultatious, Ce vfift^oit tout à . la pluralité des voix.LeGeneral tant par mer que par terre lèroitDom lean dâAuftriche sâil ne pouuoit affifter au voiage ou Conifti le Sieur Anthoine Colone Duc de Paliane lcroit Chef. Le General neantmoinsnc pourroit porter là bannière. Ains la commune à la Ligue de laquelle il le nommeroit le Principal Capitaine. Es entreprifes particulières celuylèroic Chef queâfliroient ceux pour lâamour delqueîs el^p feroit faite: lieu eftoit relêrué à tous autres Princes Chreftiens dây entrer, auec les frais, que le Pape feroit tenu dexorter à y entrer. Les places côquilès lêroient parties entre lesConfèderczlèîonfaccord fait mil cinq cens vint huit là ufqueTunes,Algier,Tripoly,demeurcroientà lâElpagnol,mais tout autre butinlêroitparti à chacun lélon quâil y doit 3uoir.*Ragoulê eft franche de toutes incommoditez.Des querelles amp;nbsp;contention furuenans pour le fait de la Ligue la decilîon en eftoit deferée au Pape amp;c lès lùcceflèurs. Quâil lcroit permis à aucun de faire accord nây conuenanceaucune auec le ⢠Turc ûns le conlêntement des alliez. Depuis fut dit que de tous les differens dâentre gens de guerre Colone en demeureroit arbitre. LesAmbafladeurs obligerét leur foy,biens amp;nbsp;honctir de leur Prince à finuiolable manutention de tout cela. Et fut ligné amp;nbsp;lèélle de leur Armes, le contrad autentique qui en fut fait par Anthoine Marquelà n Dataire du Pape publié en plein Conliftoire le vingtième May mil cinq cens lêptante v« .Publications,procelîîons amp;nbsp;feftes en furent faites aulïi ailleurs, notamment à Venilë où ils reprelènterent la viétoiroBJuâils en elpc-roient pour mieux encourager leurs hommes.
En ce temps comme chacun des coljeguez leuoient gens appreftoient toutes cholês pour îentreprilê que dclTus. Le Marquis de Final retiroit quelques fuittis de Millan amp;nbsp;autres terres Final battu Iraniennes dedans Final place forte fur la terre amp;/ronticre Gctioilê ( dont touresfois il ne te- jesE^pa-noit rien amp;nbsp;ne fc reconoiflbjt valî^ dâaucun Seigneur) Beltrand dâAIbuquerquenepueu du gnoisleitf. Duc dâAlbuquerqueGouuerneur deMillan auoit fait leuée au Milanes amp;Lombardie julques à quatorze mille Fantalins dont y auoitmilleElpagnols naturels, huit mille Italiens amp;nbsp;le refte Allemans pour le fait de laLi^ue qui»tous^rindrent la route deGennes.LesElpagnols iê dou-tans de quelque intelligence entre le Marquis amp;nbsp;IcsFranpois qui le pouuoient rendre maiftres de la place, menèrent ces troupes auec faruUerie par le commandement du Roy Philipes de-uant Final où les enlèignes de fEmpercur amp;nbsp;duMarquis eftoient arborées quâils bâtirent pour Bcant:julqucs à ce que le Marquis là chans quâil venoit plus grand nombre de pieces amp;nbsp;(ans ef poir de (êcourstaccorda quâil (ôrtiroit auec les fiens armes amp;nbsp;bagues (à uues:la place demeurât au Roy Philipes pour y mettre telle garnilôn quâil aui(è?bit: Le Marqftis jouïflà ntdu reuenu l'f inin*. de la jurifdition du pais comme au parauant le liege. Ainft fortit le leziéme luing mil cinq â â cens feptante vn. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1;, . Le Duc de
Le Roy de France cependant auoir conlîderé que le vieil different dâentre le fftü Duc dé Guifê amp;nbsp;f Amiral le renouueloit: melrne que le Duc de Guilê eftoit frelchement retourné en dez parle Court bien accompagné: tellement que plulTeurs eftimoient qüâil néftudroit à foccafton de
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ./'â â¢ft nbsp;nbsp;nbsp;.-X. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1- nbsp;- poüifültcs
venger la mort de Ion pere lur celuy auquel il imputoit le fait:Poür obuier a plus grand inco- i-jueles heri-uenient fit tant qui les accordai les fit jurer entre lès mains de ne ïè rccercher à ïaucnirqile ycishrent
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jgt; ; ⢠' fur la mort
d amitlC. deleurperC
-ocr page 72-LâHISTOIRE DE FRANCE.
dâamitie.Ce qui Icmbloit à beaucoup deuoir cftaindre du tout les anciennes querelles dâentre ces deux maiîons: veu nommément la proteftation quâen auoit autrcsfois fair lâAmiral deuât Je Roy amp;nbsp;lâarrcft quâen donna là MajeÃé en fon priiiéCôfeil mil cinq cens loixante fix, duquel la fiibftance propres mots furent tels. Aiant la Dame de Guilè vcfuc de feu meffire François de Lâorraine Duc de Guyfe ei^n viuant Pair, grand Maiftrc 2gt;c grand Chambellan, de France tant qa lôn nom que comme Tutrice amp;nbsp;Curatrice de lès enfans le vintgfixiémeNo-uembre mil cinq cens Ibixante fix prelènté rcquefte ( en laquelle lès enfans Feftoient lignez ) à là Majefté tendant afin de luy eftrc permis de faire cotre les chargez 5c coupables pourfiiitte de ce que delTus en la Court de Parlemét deParis Sc y faire porter les pieces clbins par deuers ladite MajcAéifurquoy il auroit déclaré quâil retenoit à luy 6c à fon Conlèil la conoiflà nce de la matière principalle 8c de tout ce qui en depend pour auoir le tout veu en Ibndit Conlèil, faire droit à ladite Dame ainfi quâil appartiendroit par railôn. Et pour cefi: cffeél auroit ladite Majefté (alfiftée de laRoyne là mere) fait aflèmbler les Princes de Ion lang, Sc autres Seigneurs Marefehaux de France Chcualliers de fon Ordre ScVonfeillers en fondit Confcil cy dejPdRf nommez. Et en là prefcnce 8c defdits Sieurs ffit faire leélure des confelfions de feu ' lean de Poltrot foy difant Sieur de Merey ( exécuté à mort pour ledit homicide ) enuoiées au Roy par là Court de Parlemétà Paris en vertu de 1« lettres patentes 8c commandement;8c de toutes 8c chacunes les pieces Ipecifiées audit aCfc du dixlèptiéme de cedit mois. Et rapport des autres pieces, Ades 8c Requeftes produites parla ditte Dame ,8c icelle ledurc 8c rapport fait à là Majefté : auroit ce jourdâhui fait (ÿitendrc aufdits Sieurs Cardinal de Lâorraine 8c Dame de Guylè comme lèmblablement audid Sieur de Chaftillon Amiral de France les per Ibnnes appcllécs 8c alfiftans auditCôlèil pour Içauoir fils entendoient en reculèr aucuns.Lel^ j quels Sieur Cardinal de Lâorraine 8c Dame de Guylè auroiêt déclaré quâils ont prelènté Re- | quelle au Rcy comme à leur Souuerain 8c naturel Seigneur: 8c non à autre remettant à luy dâordonner en ce lait ce quâil luy plairoit. Ce que ledit Sieur Amiral auoit de là part en lèm- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
blable relpondu, quâil lè remettoit aulfi à ce quâil plairoit à û Majefté dâen ordonner. Apres nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
lelquelles declarations auroit là Majefté mandé ledit Sieur de Chaftillon Amiral 8c à luy en- â joint 8c commandé declarer en là prelèncc 8c des fulHits ce qui eftoitde vérité dudit homicide, en ce que lâon îen auoit voulu charger 8c acculèr. Lequel auroit relpondu quâil auoit cy deuant dit alfermé 8c déclaré à là Majefté comme il dilôit declaroit 8c affermoit encor corne
⢠deuant Dieu, quâil nâauoit fait, ni fait faire ne aprouué ledit homicide .Le Roy tout ce que delfus bien entendu 8c au long examiné,8c apres auoir pris furce lâauis des fusdits Princes,Seigneurs 8c gens de lôn Conlèil qui tous furent dâvn mefine auiszdeclara ledit Sieur de Chaftil- 1 Ion Amiral de France purgé dej^hargé8c innocait défait dudiél homicide 8c des charges que fon luy vouloir ou pourroit cy apres pour ce regard imputer. En impolà filêce perpétuel à lôn Procureur General 8c à tous autres.Ãait inibitions 6c deffences tant aulclittes parties que tous autres dâen faire cy apres aucune recerchc 6c pourfuite, ores ni pour fauenir loir par voye de lufticeou autrement:8c à tous luges dâen prendre aucuneCourt 8c conoiflà nce.Puis ledit Seigneur prit^s parties en là là uue garde leur enjoignant de viure en amitié lôus lôn obciflamp;n ce fans aucune entreprilè de fait les vns à fencons?»lt;les autres ftireélement ou indireôlement. Declarant ceux defdittes parties leurs parens amys ou aliez qui contreuiendront à ce jugement: auoir encouru crime de leze Majefté, comme infraéleurs de paix 8c perturbateurs du repos publicq, 8c leurs perlônnes 6c biens confifquez : lelquels audit cas il vnit 8c incorpora au domaine de là Couronne. Deftèndit outre ce là Majefté lôus les peines que delfus à toute perfonne de quelque quallité que ce lôit de contreuenir à cell Arreft ne iceluy reuoquer en doute.'Voulant iceluRelire enuoyé ^toutes les Courts de Parlement Bailliages 8c Scnechauf lees dâicelles pour y eftre leu publié 8c enregiftré à ce quâaucun nâen pretendift caulè dâignolt; rance. Fait audit Conlèil auquel eftoiêt prelens Monfieur frere du Roy,les Cardinal de Bourbon, Prince de Condé,Duc de Montpencier 8cPrinccDâauphin, Princes du là ng.Les Ducs de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Longue-ville 6c de Neuers Pairs de France le Duc de Montmorency aulfi Pair 8c Coneftable j le Chancelier,de Vidlle-ville 8c de Bourdilldn Marelchaux de France 6c de Moruilliers. i Le vingmeufiéme mille cinq cens lôiîAnte fix au Chafteau de Mohns en Bourbonnois amp;nbsp;prononcé aux parues le dernier jour dudit mois. Nonobftant tout cela neantmoinsena-
uint
⢠â¢
-ocr page 73-uinc ce que je vous diray en autre endroit mieux à propos.
Pour le regard de fEilat de la France en general par le coun dâvn anamp; demi tous lès François viuans en paix, fentretenoient û fâmiliaircment par communitez de deuis, comerces^^fta^de Is conuiues amp;nbsp;autre forte dâamitié: que auec le temps le Royaume euft recouuert fes pre-mieres richclïès : veu faifeâionnéc diligence dâvn chaQ.in a remettre par tous moiens de proffit,la perte du palTé: fi le malin ciprfi dâaucuns nâeuft peu à peu peruerti le bqjn naturel des autres quâils tirerent en,fin à leur cordelle. Surquoy on peut remarquer deux chofos. La bon- France feb té de la terre fi fertile en France : quâà peine la fçauroit on cfpuifor. Puis là variété amp;nbsp;legere in-confiance du naturel François,qui oublie auffi tofi fos pertes quâil eft prompt a fo remettre all gte în- * train de fos premiers malheurs : auffi foudain a defirer la paix, que volontaire a ptandr# le ha- coniiant. zard dâvne guerre pitoiable.
Pour retourner à la Ligue aians les Confoderez donné le Rendezvous de toute lâArmée Ã
Meffine de Sicile,Venier General vénitien amp;nbsp;M. Ant.Colone General des Galleres du Pape Armée na-V furent les premiers. lean dâAftfirie parti de Barcellonne vint à Genes le luillet.dâbù â^'^ desCÅ â¢I -là nxT-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-11 nbsp;nbsp;-r»- nbsp;nbsp;nbsp;i-r.- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠fcdcrezdc
ilauertit le Pape amp;nbsp;Venmens de la \^nue. Ilauoit les deux Princes de Boëme qui AÃient chrift con* conduit leur fôeur au Roy dâElpagne : lefquels fen allèrent à MantoUë, amp;nbsp;de là trauerfà nsTes Alpes tousjours bien fefioyez,arriuerent Allemagne vers le Duc de Bauieres où ja fEm-pereur auec Ferdinandamp;Charfos fos enfans, la Roine de Pologneamp;autres Seigneurs eftoient Aouft i^^t. arriuez.Là le ay.dâAoufi les noces dâetre Charles dâAufiricheamp; la.fille du Duc de Bauieres jgpgæ'* furet célébrées en grade magnificêce.Iean dâAufirie arriué à Genes auoit enuoié quérir ï 5. pfreur Galleres oui fattendoient à Naples. Ceux qui les alloient quérir furprindrent deuant Citta- ,
t « nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 1 c fl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n- 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1' «Aultficnc
veche deux galeotes Turcquelques, lelquelles auoicnt pris vue barque Cnrcltienne dans la- amp;dela fille quelle, outre la marchandifo y auoit vn tombeau de Marbre magnifiquement ouurc que lé Ãameres Pape Pie 5. fà ifoit porter à Bofoo^etite ville de Lombardie doU il efioit natif, iifo près Alexandrie paliere jadis Cefà rée: Il y auoit cent Turcs amp;nbsp;dix Chrefiiens efolaues. Toutes chofos {»reftes lean dâAufirie part de Genes aueC 12. Galleresamp;arriua à Meffine le 24, Aoufi: amp;fur ⢠a fin du mois lean André Dorie auec 12 .Gallcres,amp;le jour fuiuant Quirïnamp;Caual auec ko. â quot;nbsp;Nauires en guerre,de(quels ils efioient Lieutenans fous le General Ven^r.Le Conte de Sà ^ ne vint auec deux mil hommes, dont il audit charge-pour les Vénitiens. Etle ç. Oéfobre Dom Aluarez Bacian Marquis de lâînte Croix auec ^o. Galleres. Puis 12. autres. Comme â ' les troupes fa4embloicnt,le Pape enuoya à lean dâAufirie vn Goufanon amp;nbsp;Enfoigne de couleur azurée quâil auoit auparauant fà cré en vne proceffion faite à Rome au ddÿis duquel e-ftendart efioient les amioiries dâAufiricheamp;des Princes de la Ligue. Nous les lairrons aflem blcr amp;nbsp;accommoder de routes chofos,pour dire ce que les Ti^rcs braflbient contrâeux dâaiitrè cofté: car qui ne fçait les affaires que dâvne partie,il ne peutauoir vn plaifif entier nâaiant que la moitié de fon defir. Pour mieux vous efolarcir 1^ tout, jeireprandray faffilire des Turcs dés le temps amp;nbsp;les lieux aufquels je les ay ci ddfus laifïèz: afin démieux 'éoritinuef ' le fil dé môù hiftoire par vne enticre fucceffion 3âvn temps à autre fans interrompre fordre lai fuitte dâaucune chofo.
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Le Seigneur des Turcs flat«»par fjacureine-fiirrez deTèütreprifo' de Chypre, confidetà m Deflèins dâailleurs les forces quâil pouuoit mettre en mer contre lësCbrefiiens : fà ifoit efiat débieri des Turcs, tort tellement rongner feftenduë'de laSeigneurie deVériifè quâils à tarôiénfalfoz affaireä nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
der ce quâils auoient en Italie. Et bien quâon feufi à uerti de la Ligue qui fo braflbit contre-fui quelque, entre les Princes Chrefiiens : fi eft-ce que veu les differenS qui auoicric jà ^taht de fois elripef ché les exploits quâils fattendoient faire - mefme la jaloufic dâhonnéUr qbi jes mit'cntel dif cord quâils nâeurent feulement la venu de prandre la routé de Chypre pburfo^QurirFà fhà ^qz fie prifo à leur veuë au grand amp;nbsp;infame défi honneur de la Ãhréfiienté: Il n*efp'eïfoitqHè^éêfifi \ i ci fuft de plus heureux effet que la premierc,ni celle de Charles Empërëui-', amp;nbsp;des Vemtfoùs *' cotre fon pere.-Iaquellc pour fomblab les occafiôsfenalla'bî^ofi en funiéèiSîtbicn Aliéné îiii manquans dâailleurs Confoillers pour là nimer à ce à quoy là fortunéâ fià ntC amp;nbsp;fon riatUfëî.fo mcTdcs'â^ fombloient pouffor:fit Icucr jufques à 50. mil hoifîmés qnâil dOnhaiirAlyBifchadcsâpre-' Turcs,feu miers de la porte, auquel il joignit Fertau Bafohaipour cpmmarider fiir tefrë Aly fur mer. ; [g/llpwr Cette Armée qui eftoit de deux cens trente trois groffos Galle res à ucénomb'fé d^autrés'S/âifâ dâicelle, foaux partie de Confiantinoble le i 5 . Auril 1571. vint premièrement fnrgir à Cafirorofiöj
-ocr page 74-Aurii, Ij7t. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
dou ils prindrcntIa routte deNcgrcpont où ils fpalmerent, refirent ^accominodcrcntiâar-' mée de tout le bclbin. Ochyaly Roy dâAlgier amp;nbsp;celui de Tly-poly fy vindrent rendre. Ni eut pas mefine trcnteGaleotes de Corfaircs commandées pour fy trouuer qui n'y fulïènt fousCa-racoffe amp;c autres gaignans leur vie a pirater fur mer. Puis entrez en îArchipel fallerent mettre à fabry au port de Sude (autrefois-dit Amphimaléc ) quâils priiidrent. Heftie Dapricomc Daretiue où ils prindrcnt bien huit milles âmes Chrefticnnes. Ils rauagerent la Candie que les anciens appelloient Crete Ifle grande amp;nbsp;riche, autrefois peuplée de cent belles Citez:au-jourdhui nây en a que trois: Candie, (Colonie de Vénitiens qui donne le nom à ÃIfle) Canie Caniiicau- Retime. LâIfle nâeftoit guère moins grande que Chypre riche, mais fans riuicres nauigea-Cret»amp; fa bles; lans qeltc aulli qui porte venin,renommee pour les bons vins qu on nomme Maluoiiie fertilité, nbsp;nbsp;dont Tes habitans trafiquent par toute la terre : chargée de beaux fà ppins amp;nbsp;autres arbres pro
pres à nauires. Soudain mirent en terre deux mil hommes en mefine temps que François lu-ftinian y fift defeendre huit cens Corlès aiiec lelquels amp;nbsp;autres Infulaires il les força de regai-gner le bord. Mais au lendemain venus plus forts ils pilloient amp;nbsp;bruloient tout : faccagerent Biceijiebaftic en Retin emmenans grande multitud« dâInfulaires : fi les Corfes amp;nbsp;autres du pfts ne les cufïcnt combattis vaincus amp;nbsp;tué plus de douze cens des leurs. Le refte, fâuué lâarmée fit voile vers Cerigo,Zante amp;nbsp;Cephalenie, qp ils fâceagerent tout : amp;nbsp;emmencrent plus de fix mil perfonnes. De là firent la route des monts Acrocjraunes dits de Chymarioti : où ils arriucrenr comme leur armée de terre afiîegeoit la ville amp;nbsp;fort de Dulcigne.
Or pour entendre quelle eftoit cefte armée de terre, quelle îoccafion de fà venue, quels les tcircTur C^efs,les exploits amp;nbsp;fuccez dâicelle, fautâentendre quâau bruit efpandu de toutes parts de la ijuefque en Ligue Scaffembléc des Chreftiens .-pluficurs Grecs, Albanois amp;nbsp;autres vÅfins des terres Ve-Albanie. nbsp;niâcnes efîeiierent le cÅuramp; defir à leur premiere libertéifi bien que fimâginâns pour auenu
ou pouuoir aifément auenir ce quâils defiroient : firent eftat de prandre les armes contre les Turcs qui Tes maiftrifoient,pourueu quâils fuffent afièurez de fècours de la part des Vénitiens. Les Gouuerneurs dcDulcigneamp;Antinarifalliercntauec trois cens Epirotes ou Albanois,par Albanie fe Ic moien defqucls les païfâns amp;nbsp;autres Grecs deiioient le reuolter du Ti#c pour les Vénitiens reuolte con nbsp;nbsp;dcmandans que fix mil hommes bien armez,à quoy ilz fobligerent pourueu que cesGou
en faneur ⢠uemcuis Ics fccourûlTent dâartillerie amp;nbsp;de fblda« de leur garnilôn pour les conduire. Et pour dciVeoiciés faflèurcrdâvn amp;nbsp;dâautre cofté ils demandèrent deux cens oftages quâon leur donna prefque ⢠tous parens ou alliez. Ainfi ces Grecj prenans les armes incitèrent le refte à reuolte : leur remontrant quel fruit amp;nbsp;honneur leurpourroit auenir fils fe pouuoient moyenner la jouïflà a-Hjjçrté. ce de cete liberté amp;nbsp;viurc félon les loix amp;nbsp;inftitutions de leurs anceftres: defquels ils auoient cfté fi long temps priuez fous la tyrannie du Turc. Se voians touteffois repus de parolles amp;nbsp;que pour néant ils attendoiét l^fécours Vénitien : fe pFoftemans deuant le General des Turcs qui les enuironnoient de toutes parts le fuplicrent dâauoir pitié dâeux. Les deux cens oftages ⢠euffent cfté liurcz au Turc fils nâeuflent eTchappez des Albanois fort irritez contre ces Gou-t«reTu* uemeurs qui perdirent vne belle occafion de mettre touteÃAlbanic,amp; peut eftrc à fôn exem-lt;juefque. plefdifôient ÿs) toute la Grèce en liberté. Auffi tôft que le bruit fur efpandu à la porte de Se-j lim quâaucuns en Albanie fblicitoicntfés fujetg^à ^olte.Achgia fvn des principaux Bachatz de la Court amp;nbsp;le Belyerbcy de Grcce firent fôuâà in feuee de fbixante mil hommes quâils rne-nerent vers Scutariamp; enuoierent quelques trouppes à Suppôt,doù les affiegez en fin dcféfpe-rez de fècours fè retirèrent à la ûueur de la nui6t:amp; nây trouucrcnt lesTurcs que quinze pçr-fonnes fans defence. Mais tüerct plus de quatre cens hommes amp;nbsp;tout ce quâils trouuerent aux villages. Ce pendant vne Gallere partie de Corfou chargée dâhommes amp;nbsp;de marchandifés vint fùrgir à Dulcigye pour les auertir que îarmée Turquefquc y venoit. Ãaracoffe la.poiur-Ragoufins fuiuitauec fès galeres, amp;nbsp;lâeuft prinfé fi les Ragoufins ne lui euflent ouuert vne affeurée rfr u^fent qui Kaittc Cil leur port : contre lequel Caragoffe voulant fauancer : à coups dâartillerie fut forcé âleur plaiR. dc fc rcurer irrité contt'eux poiftcc quâaiant commandement par lettre de Sclim(quâil mon-troit)fuTleGolfcdeVenifçils empefehoient fes conqueftes. De là , veuë la refolution dc la Scutari, ville il affaillit amp;nbsp;ruÿ^a vne forterefle prochaine aucc fon Eglife, amp;nbsp;vn Monaftere dc ^ntBc-Scodre nbsp;nbsp;nbsp;noift. Scutari ( quâon nommoit anciennerqent Scordc amp;nbsp;pour railbn de laquelle feulement
, les Turcs menèrent premièrement leurs Forces en Albanie ) eft en la cofte dâIllirie fur vne haute montagne entournée de rochers dâaccez maLaifc .-en vn paflage fi fertilfe quâon y eft contraint
-ocr page 75-LIVRE V INTS IX LEME. / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;25.
contraint dâenchaflèr les Haras affin quâils ne creuent de trop de greffé. De là fachemlna* rent à Vlcine au jourdâhuy Dulcingue. Pline ùpelle Olchinium: dit quâau temps paffe onlcnommoit Colchinium pource que les Colchiniens lauoyent baftic. Dont le natu*,â rel de ces Kabitans efl: tel quâils ne peuuent aymer aucun effranger. Comme ils le ba-tôycnt auec quatre Canons mal-aylcméntamenez pari« montagnes leur Armée de mer ' arriua, occafion que les affîegez par mer amp;nbsp;par terre nrent accord auec Porjaii General ,, de terre le huitième Jour du liege, pour fortir à condition que les Soldats ScCytoiensne â jferoyent point offencez . Que les Soldats fortiroyent armez amp;: bagues ûuues ÃEnfeigne tompofidô au vent, amp;nbsp;leur preteroyent quatre vaiffeaux pour les conduire à Ragoule. Sara Marti-* ' nenguey eommandoitaucc bon nombre de Soldats François quâil auoit mcngt;(apips les ⢠guerres de France finies ) au fcc ours des VenitietiS. Il difoit amp;nbsp;quelques autres Chefs auf-* fi: que dés le commencement du fiege auanr la venue de l'Armée Naualle des Turcs, Voyant la faute de viures ôi. autres choies, il conlêilla aux Soldats le retirer auec les vaif lèaux qui leur reftoyent encor a» port, ou quâils le rendiffént à fennemy. Mais quâils le relôlurent de tenir bon. lufques à ce qué faute de viures ils furent forcez de compofe» lt;J^e de luy dés le quatrième Jouf fêlant deuoirdc Chef il fut blefle dâvne Canonnade amp;nbsp;porté demymort en lônlid. Si que lors dela^venucdc lArmèc de mer ; les Soldats effonnez. luy demandant lôn auis de ce.quâils deuoyent faire : nâeurent autre relpoiice finon quâil ne falloit point demander confeil à vn mort, 5? quâils le gouuernalfent lèlon lâopportunité. Mais dâautres de nommément des Cytoiens, telmoins aflèz fulpeéls en matière de Capitaines: à uoireu liberté dilôyent que les Vénitiens nâauoyent celle Jufques au Jour de la redition dâamener viures amp;nbsp;toutes choies neceffaires. Et quâon auoyt enuoyé du Golfe de Ladrim auant, trois Galleres pour leur porter Artilleries de toute forte. Lelquellcs ne partyrent de Dulcingue quâvu jbur deuant la venue de lâArmée Naualle. Comme que , , ce feuffle Turc miff les principaux de la ville amp;nbsp;quelques Soldats aux Galleres: dequoy les offageslê doutans facheminerent en certain logis, où voyant quâon les cerchoit, aime- , rent mieux lé dclfenflrc, faire mourir plufieurs affà illans amp;nbsp;bruller auec le logis que dâentrer aiLX Galleres.Ceux de Budea auertis de tout,8c ne voians moiê de rçjiffcrjfenfuirêt:auelt;? leurs biens amp;nbsp;familles vers Cataro. La Garffifon receut ceux de faérion les autres vagant Ãaamp;la furent lâgmentez par les Turcs . Ceux dâAntiuari furent fi eslfaycz-delaprinlé de Annuan. Dulcingue que leur Gowernevr Alexandre Donat enuoya Ibudain vers le ⢠Turc la luy offrir aux melînes conditions quâil accepta. Et y auoir mis c^q cens Soldats autant quâà Dulcingue fccut que plufieurs familles embrafferent le feâc Mahome-tane.
F E R T A V T furce, relôllut auec le General de mer prendre la routte du Golfe de Cataro Jadis ZeinRizonique: mais entré en LArcJripcl ils perdirent quelques Nauires par la tormente des vens Auffraux : puis cefléz ils arriuerent le huitième Aouft à Nouo-caftfo s.Aouft. * traitant doucement les priionniefs pour alecher le reffe. De fait ils enuoyerent lémondrC â Cataro entre-meflans à menaces déroute rigueur, belles promeffés dâvndcmx traitement en cas de redition. Mais auÃi toff giiq jp^rnifon eut refolument rcipondu quâon nâen feroit rien. Us firent mettre tous leurs prifonniers aux ceps amp;nbsp;à lauiron, délirant Marti-nengueauectreze Capitaines, quatre Sénateurs Vénitiens, leurs familles amp;nbsp;deux Gai* leres pour le conduire fidellement Jufques à Vcnilê. Martinengue fè plaignoit que le General fà uçoit fa foy, ayans promis deliurer tous les Soldats Mais les Turcs difoyent quâil nâcftoità prefumerquâilvouluft violier fà foy pour des Soldats amp;nbsp;quâil euff pluffoft retenu Ceux quâil deliuroit. Cataro eft en la Dalmatie au Stin Rizoniquofort peuplé amp;envn territoire fortille Jadis les Rizons cultiuoient ceffe terre.Mais linfôlencc de guerfe les força de quitter pais amp;nbsp;fc retirer là .Les Turcs dreffans si.double Canons fur de hauts rampars ba tent le fort amp;nbsp;les murailles.Mais les affiegcz fbrtyrent fi refoffiment,quâils nâeurent le loifîr de ' remener leur Artillerie en leurs vaifléaux.Ochyali amp;nbsp;Caracoffé cepcdà t aians eu dix Jours du General de mer pour voltiger auec d'o.Galleras amp;nbsp;endomager les haur» Venitics le plus quâ- amp;Caraco(iè ils pourroict:mirent a feu amp;.fang tout ce quâils rscontroient. Puis affiegerct Corcirc la noire ou Milane quâon nomme Curfote alfize çn la mer Adriaticque eflognée de Ragoufe bien
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-ocr page 76-Aouft. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
* â 7 quatre vints mil. Antoine Contarcn Gouucrncur lâchant la deliberation de lâarméejanimoit amp;nbsp;prcparoit les Infulaires à la defFence.Mais les voians fi près,il fenfiiit le premier fiir vne Fre» Généreux qjjâjj tenoit prcftc à ceft eflfeôt: à lâexemple duquel les Citoiens amp;nbsp;Infulaires fe retirèrent defetnmes â Ragoulêmc reliant en Curfole que vint cinq hommes amp;nbsp;quatre vints femmes Iclquelles plus rà fiiucdes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;virilles que leurs maris* armées amp;nbsp;amballonnées à la Ibldade : deffendirent û ge-
Turcs à ban nerculêmenj leur ville queles Turcs prindrent parti de retraite pour le vent de Nort qui coin» d onnées mcnçoit à tellement mutiner les ondes quâil y auoit aparence dâvne grolle tcmpelle prochai-ne» Ainfi Ochyali commença razer la colle du Contient, pillant les places de Lilhe, Bru-â cie, Lilîèjles Ifles de Dalmatie amp;nbsp;plufieurs autres du Golfe de Venilc. Si bien que tant luy ⢠que Ãarac^ emmenèrent plus de lèize cens perlbnnes, caprines brulans tout ce quâils ren» ⢠contrôlent.
En ce temps la Galleote des Princes de la Ligue partie de Meflînc, puis dâOtrantc pour Corfou : nâayant que douze hommes fut prilè par vne Turquelque, amp;nbsp;conlêquemmant les lettres qui dâauis aux Chreftiens de leuaut, de ce qui feftoit palïe pour la Ligue. Si bien quc4a» porteur reprelèntéau General ôcà la Torturé pour deîcouurir les entreprilês Chre-lliennes : Iceurcnt tout ce que delTus, amp;nbsp;partie de ce que je difay cy apres ; occafîon quâil delpelcha vers Selim lâauertirde tout. Puis le «iixhuiôliéme Aoult prit larouttedeBudot trouué Vide fut rafëc. Caracos alla vendre oartie deles prilpnniers à Ragoulê, où ils furent liberallement deliurezde feruitude : amp;nbsp;eult tout vendu lânsla crainte du General qui fen leruoitdcforças.Le vint lêptiéme îarmée farrellaà laValonc,où cllefacreutde trois mille lanillâiresamp;dâautant de Spachis efleus outre les ja Icuez au Gouuemement dâAlbanie: auquel Dulcingue özAndnari furent attribuées. Ce fait le General prent la routte de Corfou y failânt defeendre huit cens Cheuaux amp;nbsp;mille Fantalfins, qui fiiccagerent tout: donnant Corfou jufques am^faux bourgs quâils alfiegerent amp;nbsp;brullerent en^articis nonobllant les Canonades aiUegé par q ui Icur pleuuoyent du fore. En fin cinq cens Fantalfins amp;nbsp;mille chenaux fortirent de Cor-ks rww fou fibrufqucment quâils les firent retirer : prindrent quelques prifonniers vn Rais renegat dit Balfo compagnon de Caracos Cotycéen de nation, pour lequel oR vouluft donner la-Armée Tur- ÃJ^ues Malatclle Go^uemeur en Ilhrie amp;nbsp;deux autres de marque aucc dix milelcus. Ainlî queff|ue à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gj nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâaller au Sein de Corinth^atendre fur le Golfe de âLepante emmenant
deux Naux Vénitiennes chargées de marchandiles pour y accommoder Ibn armée de tout ce ⢠qui luy fcfoit befoin. Le Courcier^enu en toute diligence aucc commandement de demeurer au f^c de Cataro, amp;nbsp;hyuerner là près : ou de donner bataille fi fenrumy le prclên-toit : Fut renuoyé porter auertillèment des Maires qui auoyent changé depuisjpour auoir fur-ce lauis amp;nbsp;mandement de Selim.
Moiens que
VenitRD â Les Vénitiens de leur collé préparons auec vh foin extreme tout ce quâils Içauoicnt fbiencon- neccllâire à leur armée: voians dâailleurs queles forces font vaines en la campagnefilc aftairesamp;^ dclfaut à la maifon : auilèrent de trouuer moién pour encourager les hommes fc rendre à Icut dcuoir,^ dc faire vn fons de deniers pour les necelfitez de la guerre. Commandèrent en kuT nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâimplorer lâaide du Ciel paiijJûjâLiieurc» leurs affaires tant par prières
deffencc. particulicre|^ue publicques en proceflions, jeunes, oraifens, amp;nbsp;autres tels moyens ordinaires en tel cas : prians tous les Potentas Chreftiens dâen commander le fèmblable en leurs terres: Ce qui fut fait en Italie, France jElpagne, Allemagne amp;nbsp;ailleurs. Puis firent Moiende publier que tous Cytoicns euffont fous grandes peines a donner par efont dans deux moys faireirgent jg nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg biens amp;nbsp;reuenus annuels, tant en leur fujeélion quâailleurs : afin
que de là on viftcc qui foroit le phis expedient pour la Seigneurie. Enuoyerent Placide, Ragafonen Sicile pour leur apporter prouifion dc tous blez. Son Aifoé laques.Ragafon cftoit de retour de Conftantinople, où il auoit efté ( en grand peril tontcsfois, eftimé y eftrc pour autre occafion ) pour mdjzenner la deliurance des Turcs arreftez à Venife, amp;nbsp;dei leurs à (^oNSTANTiNoPLB:cc quâil finmais retournant fut arrefté par le fils de Mahomet principal Bafehaqui ne le lailTa que par rançon. Pour auoir meilleure femme de deniers fut ordonné au Confeil quâon fulpendroit pour quelques jours les gages quâon donnoit aux Gentils-hommes qui eftoyent en Magiflrat. Et la moytié des prouifions diftribuécs en com
mun:
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2 (S'.
mun: amp;nbsp;quâon ofteroit anx Luarantes lamoytiéde leur reuenii par fix mois. Puis delibe' faire argent rcrent pour empelcher le Turc de monter plus haut au Golfe deVenife: défaire trois for~ LeColfe de terelfes. Lâvne à luftino Poli fiir le Golfe de Triefte, lâautre à Pyran au pais Tergeftan,amp; la ycnde fw-troifiéme à Vtin au Friol. Auec ce ils auoyent loin quâil nây euft en ville aucun ennemy do- quot;nbsp;meftique. Aufli que parauant on auoit pris deux Conftantinopolitains dclguilêz en Hermites .Pourueurent à ce que les Chefs ne deftobaflent plus la paye des Soldats comme a-iioit fait vnde Rauene Pelegrin qui fenfuit apres le fait. Prefqueen mefme temps vint à Efpionsdcf-Venife vn Ambaflà deur que le Turc enuoyoit en France: que la Seigneurie arrefta ptifôn-nieramp; le fit conduire à Veronne pour le garder en vne Tour. Le Seigneur dâAx forti de la maifôn de Noaile eftoit lors à Venife voulant aller en Conftantinople Amb:^deqf pour ⢠le Roy de France qui fift ( mais en vain ) grande inftance de le deliurer comme perfônne fran-che3amp; allant à vn Prince auec lequel ils auoyent toute: amitié amp;nbsp;alliancc:joint quâil ne faifbit que palier par la ville.
Iay tiré îarmée Turquefqwe de Conftantinople. le lay conduite en plufieurs lieux du Golfe de Venife amp;nbsp;de Catarojcnfin jeîayfà it rader au Golfe de Lepanto: oùjejalaifïè pour sâaccommoder amp;nbsp;attendre le mandement de Selim. levons ayde mefîne main rej^e-fêntelennuy des Vénitiens pour tant de jnifères quecefte armée apportoit à leurs fujets: la crainte quâils auoyent dâen r^ceuoir dâauantage : les moyens quâils fubtilifôyent pour y ob-uier, amp;nbsp;en fômmelEftat auquel ils auoyent acheminé leurs affairesîtant pour fe garentir par terre5que pour fè préparer à vne vengeance par mer,contre les pertes receuës de leur ennemi. Refte donc à vous faire voir les portemens de farrnéc Chreftienne, comme elle marcha pour trouuer fon ennemi5amp; quelle fut la rencontre.
Les principaux Chefs delà Ligue Chreftienneafïèmblez à Meflîne cependant que ^.^çeCje-îe refte des vailïèaux, hommes à prouifions venoyent quâon accommodent farrnéc de confeiîs tout cequiluy faifbit befbing: tindrent Confèil de ce quâils deuoyent faire quand farmée quâelle prit, feroit en Eftat. Sur cefte deliberation qui dura trois jours y euft diuerfes opinions:pour-ce quâils nâeftoyent ^duertis que farmée Tu rquefque eftoit refblucde les attaquer: occa-fion quâaucuns furent dâauis dâaller affieger Nouocaftro. Les autres tourner en BarbJ-ricjveu mefme que le Roytelct eftoit là vAu depuis peu de jours,faifânt grande inffance quâon le remift en fbn Royaume perdu. Lâopinion qui emporta,fut de ceux qui remonftre- Roy de Turent quâil falloir premièrement quâon arreftaft qucft-^c quâon deuoit faire fi fennemy re-tournoit à Conftantinople auant quâils îeufîènt rencontré. Et auffi que fil ^ftoit preft à eÃre remis combatte fi lâonluy deuoit donner la bataille. Lâvn de ces points refblu, on délibéré-roit puis apres des moyens quâon deuroit tenir à lâxécution. Et pource que le fait eftoit de grande confcquence,ils trouuerent bon dâauoir aufli lâauis lt;Tes plus fameux au fait Millitairc de cefte troupe, encorquâils nâafliftaflènt au Côfèiyequel nâeftoit compofe que de lean dâAu-ftrie,Rechefèn fbn Lieutenant,Sebafticn Venier,Auguftin Barbadicque amp;nbsp;vn Secretaire auec * Marc Anthoine, amp;nbsp;Pompée,âColônes, lefquels faffembloient deliberoyent amp;refbluoycnt fi Ceux qui fêcrettcment quâaucun nâen pouuoit rien prefumer. Entre autres Afcagne déjà Corne y fut appellé: lâauis duquel fut la rcfclutiojj^^itJ^yJuipart. A cefte occafion je ne mâempefeheray la Ligue, de ce que les autres y voulurent conclure. Il remonftra quâil y auoit trois chofês, chacune defquelles deuoit retarder vn General de fè mettre au hazard dâvne Bataille. Qiwnd le dommage receu eft plus grand que le bien de la viéfoirc. Lors que François Duc de Guy-dâAfcagne fc General des François en Italie prefènta la bataille à Ferdinand de Tollede Duc dâAlbe: lâEfpagnol euft mal fait fil euft accepté le combat. Car quand bien le François y euft dó que de receu du pire, il ne perdoit que cefte armée amp;nbsp;lâautre nfcttoit en hazard tout lâEftat de fbn Maiftre. Le fécond, quand on peut voir que lâarmée ennemie eft pour fè rompre bien toft de la Ligue, fbit par diffentions fbit par faute de viures ou par maladie amp;nbsp;autres accidens. LâEmpereur RaifSs pour Charles cinquième voyant que lâarmée de la Ligue Snftlcaldique faite entre les Protc-ftans dâAllemagne nâeftoit pour durer: ne voulut jamais accepter le combat, aufli fut il miUe. viélorieux . Le troifiéme, quand le Genwral eft plus foyble.J/ous ne deuçz doij-ter des deux premiers points. Car quand nors fèrions rompus, fi eft-ce que les moyens nous reftent encores affez grans pour nous deffendre de îcnnemy, Que fi fheur nous
Ee ijâ
-ocr page 78-. nbsp;_ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRAïQCE.
Septembre.
î 7 !⢠rît,peut eftre, que les Grecs le reuolteroht contre le Turc amp;i. autres grans auantâges hoüs fcft pourront venir. Pour le refte, celle armée cil fi belle, fi gaillarde amp;nbsp;fi bien pourueuë de tout le befoin: quâil ne nous relie que le courage dâentreprendre. le confelïe que la plus part des foldats Elpagnols font bifoings amp;nbsp;nô encor adroits au fait millitaire nô plus que nos Italics que les Allemans ne font accouRumez à la guerre de mer* Voire que peu fçauentlnanier far* quebuze.Mais lâarmée ennemie nâctl guere mieux conditionnée: veu que lan pafléy cil mort de pelle amp;nbsp;aiftres maladies plufieurs vieux foldats: joindl le grand nombre de morts en Chy* pre hommes dellite. lâen dirois autant du nombre amp;nbsp;condition des vaillèaux. Qiwnt au relie je fuis fi peu verfo aux praticquès de mer que iâen attendray le Conlêil dâvn autre, fors que je vous confoillc de vous fier en partie au hazard de fortune: dâautant que jamais chofo ne fut Fortune;amp; îoiidîitte cn guerre que la fortune nây ayt eu là part pour fon loz amp;nbsp;auôlorité. Som-hazard. me qiie fortans dâicy cn diligence vous preniez la routte de Brindes ouCorfou.Car auoifinez delennemyjvousfçaurcz lERat de fes affaires amp;nbsp;plulloll à Corfou fi faute de viures ne Vous dellourne. Car ce lieu ellant plus furlepaflà ge,fafméey repalïèra le retirant à Corn llant^^le. Sur tout ie vous prie que partant dâicy vouifoiez tous relolus au combat quelque paigt;quefurle chemin vous le rencontriez. Pourcedésicy donnez ordre à fapareil qui lcra commode amp;nbsp;neceffaire à celle refolution. Car fi vous attendez à délibérer fur la veuc delâen-nemy: Ilauiendra que vos cÅurs ellonnezdelà venue, foront poucez çaamp; là lâns Içauoif quel conlêil prendre nây quel moien praticquer au combat .âAquoy le conlbtmala pluralité des voix:fi que la refolution prinlê dâvn foudain departjtous fy môllrerét fort de liberez.Puis ondeffertdit fur groffes peines de prendre le nom de Dieu en vain amp;fentrequercllcr. Ori commanda aux Capitaines, Maillrcs amp;nbsp;Patrons des vaillèaux de voir que tout full accom* mode amp;nbsp;prell en certain temps .Que chacun exhortall lès foldats à leur deuoir. EuGene-ral on leur remonllrâ la lullice de la caulè pour laquelle ils» alloient au combat* Et que pat ainfi D I E V ne pouuoit que leur eflrcfauorableen bien failà nt. Puis on fit jurer aux Ca-* ⢠^esc^efs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, foldats amp;nbsp;autres de faire leur deuoir en tout ce quâils Içauroient leur conlèruer amp;
chreftiRis doiit ils lèroient requis. Alfilloit aufurplus aux pro celfionsamp; prières publicques qui vou-dânpouHa nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;difference des Religions.
bacaülcNa' L E lèziéme Se^embre îarmée leua fancrcf compolee de deux cens huit Gallercs, fix «alle, groffes Naiix, vinteinq Nauires de charge, amp;nbsp;quarante tant Fulles que Fregat es amp;nbsp;Galleen ⢠tes. Les hommes de combat monteront à plus de vint-cinq milles touchant paye amp;nbsp;bien deux mille venus au fecours auec grand nombre de Gentils-hommes qui y elloyent à leurs delpcns. Aifti colloyans la Calabre ordonnèrent des troupes comme je vous diray. lean de Cardone Colonel des bandes Siciliennes fut deftiné auât-coureur de la Flotte à trente mil
Ordre amp;nbsp;difpofition des vaif-feÿixChrcf* tiens pour la bacille.
deuant auec huit Galleres. Deftx delquelles feroyent Vénitiennes pour cipier le chemin de Jennemy,lè tenant le foir huit ou dix mil loing de la Flotte : amp;nbsp;conduiroit deux Barques pour auertir Iarmée des occurrences. ^il defcouuroit vne troupe de Nauires quâil efti-« maft cftre lennemy: iltourncroità iâarmée fe remettre au lien ordonné. lean dâAuftrie, Venier amp;nbsp;Colone îèroyent enfemble en la bataille auec foixante quatre Galleres. A la droite de Dom louan, la Generalle du Pape oùjèroit Colone J^ieutenant General de la Ligue amp;nbsp;à fon collé la Capitane de Sauoye que^ommandoit de Ligny où eftoit le Prince dâVrbin. A gauche la Generalle des Vénitiens, amp;nbsp;à fon collé la Capitane de Genes où eftoit le Prince de Parme. Les deux derniers qui faifoyent ailes à la bataille elloyentla Capitane de Malte: celle de Pol lourdanVrfin, amp;nbsp;celle de Loumeline. A gauche amp;nbsp;à la poupe de la Reaile pour conlèrue elloyent la Capitane du Commandador Major, amp;nbsp;la Patrone dâEfpagne. .^idré Dorie ^uoit falle droite auec cinquante Galleres. Barbadlc-que la gauche auec cinquante trois, Aluare Bacian, faniere garde auec tränte Galleres, dâeP quelles y auoit douze Vénitiennes * Puis fut ordonné que tous les Capitaines gamiroyent amp;nbsp;dilpolèroyent fi bien leurs vailfeux,quâil ne r elleroit aucune elpace entrâ-eux pour dônef moyen à fennemy dâentrer cn leurs rancs dont pourroit venir leur perte. Tous les autres vaifi féaux rangez comme ^ffus. Et pourcc auroyeyt hommes expérimentez en leurs brigantins ô^vaiffeaux legers pour dreffer les ailes amp;nbsp;rancs, comme il auoit efté ordonné:lailïà ns quelque intcruallcentre les deux cornes amp;nbsp;le corps de la bataille, capables de trois ou quatre Gal-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lercsi
-ocr page 79-Livré vîntsixîëmë.
icrcs : afin que chacimcdes Flotós peuft librëmeht mouuoir cohime là hèceflité ftqüeirüiù Aufli toll que les Flottes fëroyent en ordre fc rueroyent peu à peu fur l'ëniiefny (è don^ nant fur tout garde que nulle Gallere empefehee heurtafteontte ùvoyfihe j dont les Pilotes auroyent charge : autrement feroyent pünis cohime on auilêrOit. Six groflès Nà uS: iroyent vn ou deux mil deuant là flotte, ahn de coiiurit fil fe poüiloit ÿ le front dë là t-niée: ce qui fè peut faire fi fénemi marche à la couftumécTes râcs drefîez fen croiflà nts de Lii* ne.François Dode Capitaine de ces Naux fut deftiné pour faire quâaucunë ne feflôgnaft dëà autres,ains marchaffent enfemble.Si elles fe trouuoiét en tel lieu durât le côbà f quâelles pëüf fênt côbatreamp; euflènt le vent à gré:quâelles aflà illiflènt lâennemi la part où ils vërtoiet luy poü uoir porter plus de prejudicciSi le vent manquoit on quâelles fuflènt fi eflbngnées quâelles hë nbsp;nbsp;,
peuflent dôner fecours; Cefà r dâAualos qui en eftoit Capitaine où lâautre feroit cnà rger leurs efquifs d'hà rquebuziers fournis de rout:qui lèroient conduits au milieu de la bataille' attédâs le comandement des Princes de la Ligue.Les Capitaines feroient que les fôldats ne tiretoient quâau befbin contre lënnemi i Le*armées prefies à combatre : tous Chefs exotteroientleurs gens à bien faire par les raiforts fuflittcg-Bacian deuoit aller auec diforetion au fècôürs ((e^plui preffez amp;nbsp;prendroit garde que îennemi nâcuft fon arrière garde pour luy fournir dâefoortf amp;nbsp;îupportpour voirquel nombrele Turcauroitdevaiffcaux amp;nbsp;jugeaft lequel foroit meilleur af faillir vhe partie ou le tout en gros:amp; tourner fô induftrie où il verroit le plus dâaffairès.Les 4. Gallercs à deux bancs fo deuoient tenir pres les poupes des groffes Gallcres, amp;nbsp;à chà ciîrte dix harquebuzes à croc auec deux groffes pieces dâartillerie. Et du commâneernent du cohîbat deuoyent donner fur les moindres vaiffeaux cnfiemys. Eftans ainfi tous fiir le depart t le General eniioya à chacune des troupes principalles des Goufanons amp;cnfoignes diuerfos pour fentreconoiftre ,commandant quâon en mift dans toutes les Galleres. Sa bataille eut la bannière de couleur azurée * i.a Realie portoitvn grand Crucifix amp;vn Impede nóftre signais amp;nbsp;Dame de pitié. Et vn autre des armes de tous ceux de la Ligue.Et au Cafeis vn (^ntelet bleu j auec tous ceux de la bataille.La corne gauche portoit vn gallardet jaune à Ihofté amp;nbsp;à la cot- ciueftiénc. â ne vn verd à la peno*amp; à la ricre gârde vne bandiere blanche fur la poupe.
Sinolant fur celle refolution arriuerent à Sparuimenty où aucunes firent à igüadë, dâautféB faccommoderent de boys amp;nbsp;autres chofos d«nt le lieu les pouuoit aptoprier.Puis mettant à la icntc à U voillcjtindrét la routte de Corfou dans le Golfe dâOtrantc jufques au cap des collonnes nom me par les AnciensLacimie. Là eut quelque different entre lean dâAuflrië qui vouloir faire , Aiguade amp;nbsp;Venier qui luy dit quâil nâen auoit befoin de douze jou ts. Ainfi ne firent grande diligence de marcher en tout le voiage, foit faute de rames aufquellcs plufieurs^âcftoiënt af-lêz duits: foit qii*il fâUufl tousjours quelque accommodement à telle Flotte amp;nbsp;foutiént pour ' ' le peu de volonté quâauoieht bcaucoiJp de fo hafler. Voire qfte iâns fafluce dù Gërtéral Vénitien ( qui ne vouloir perdre fi belle occafion de r^re du tout,ou du moins diminuer la puif fânec du Turc par mer auec peu de perte des Vénitiens quand fheur y euft côtrarié ) on nâeuft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
donné bauille. Car plufiëuts Chefs eftoient mal affeôlionnez. Venier enuoia lors dire à lean dâAuflrië quâil le doutoit quâil y eufl quelques vns à fon Confêil dâautre relô|^ution que luy. vriisdcvlt;gt; Et aufli pour les diuerfos occurrences qui fumindrent encor depuis comme vous verrez fuf-fizantes à les defeourager : fi peu fefffleoTSntmal liée ell au jourdhuy famitié entre les humains. Levintvniéme ils Cnuoierent Quirin auëc vint Galleres reconoiftre.vintrois Nà - it.Séptébrà uires quâils auoiertt de fcouuert* Mais on les raportaConfedetcz.Püis eriuoierent quatre vaif- â féaux prédre lâgue.Lors vn Briganun de Famà gbfle parti dé Chypre le huitième luillet amp;nbsp;de Candie vintquatre pôrtant lettres au General Vertier ; luy dit que Famagoflë hé pouuoit plus tenir fans fécours amp;nbsp;autres lettres deCaodie poult;lefquellesöh^öyoit quâils auoyent enuoié 700. Soldats en Chypre aoofcaquts de poudrcs,deux de vinaigre, des boùllcts,cuir à chauflér amp;nbsp;autres choies. Difoyët aufli ceux du Brigantin quâils auoyent eflé pourfuiuis de lennemy qui efloyent pres du Golfe de Lepante. Le iè. So^fernbrë arriuerent à Corfou, où ils attendirét le relie des vaifléaux plus pelants. Et firét fort cllroites deffenccs dë nS rie mander hors fille de ce que côceiioit farmée; De |^à ils futènt à Lëncinic cap blac de Corfoù. Monftré, Là les Nauires clpionnes reuindrêt,aireurant que fennemi elloit à Lcpante:pUis les Generaux firent reueucs de leurs armées amp;nbsp;vne monllre generalle où furent treuuez huit milles foldats ChrèiUénç. feë lij.
-ocr page 80-Oftobrc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R E . D E FRANCE.
* 7 Efpagnols douze mille Italics, trois mille Tudcfqucs amp;nbsp;trois mille aucnturicrs,nG|;.comprins les Marinicrs.leâ dâAurtric ïè pouimenâc de tous collez chacun luy faifoit la laine dâârqucbu-lades fl les coups nâculïèut cllez deflendus crainte dâauoirfaure de poudre*. Comme le Veni* â¢tien failôit reucuc de la l.cnc vn Capitaine auec 5 o.lôldats Italiens de ceux que lean dâAullrie luyauoitprellé:lêtrcuuanscn la Gallere de Calerge Retimois le querellèrent auec ceux du vailTeauiSc en fin le bourierét fi bicü que plufieurs tuez les autres rellcrcnt fort blelIcz.Vcnier y enuoia deul corn agnies defquelles le moquans y renu ou f Amiral amp;nbsp;q.autres compagnies pour luy amener ces iadieux: Lefqucls firent en lorte quâils rcpoulîerent toutes ces bandes en Puniton Je prclêncc de Venicr qui y alla:amp; la Gallere enuironnée prelque tous furent taillez en pieces. fcdRioRs^ Chefs mutins furet prins amp;nbsp;conuaincus furentaufiî toll pendus au mats de la Gallereoù fanl lequot;feeu .leurs (^)rpsfurent par vne heure lcruât dâexemple aux autres. Or jà çoit que tous dilôicnt que du General Vcnier ne pouuoit moins faire pour Ion honneur amp;nbsp;conlêruation de Ibn autorité : fi cll-cc que le General de lâarmée fen tint pour grieuement clFencc.Ltiy Icmblant que celle jurildidliô luy appartenoitfur tout autre : mcfmes que les criminels elloiont fes loldats : occafion que celle nuiéyc palfa en grande crainte dâcimente d'vnc part amp;lt;lâautre: chacun General ellant au Cô-Icièaucc tousfes Chefs. Le lendemain toutesfois ils ne parlèrent que dâordonner les batailles, amp;fy portèrent corne fils eufient voulu combattre: chacune des trois troupes auoit deux grof les Naux deuant lôy pour fen couurir amp;nbsp;garder,portant chacune q.vints pieces dâArtillerie Sc fix cens homes. Mais lean d'Aullrie ne parloir plus amiablemcnt nây auec honneur de Venicr il ne le nommoit plus de lôn nom ny de la qualité. Nâenuoioit plus fçauoir de fes ncuuelles SC cllimoit^n que Colone ne luy efloit guère plus aflcólionné: nommeemét pourccquâil auoit cfté efieu arbitre de tous les differcns de lâarmée. Failans voille neantmoins arriuent au port 4, Oftobre, Guilchard. Etau 4. Oûobre fccurent la perte dcFamagofte du p.Acuft:ayansles loldatsellé
â trois jours là ns poudre amp;nbsp;autres choies necelïà ires à leur defence : Içeurent en Ibmme ce que je vous ay d*t ailleurs amp;nbsp;que les affaires de Candie le pertoient ü mal que fi fennemy fy ruoyt ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les Infulaires fen iroient à fa deuotion fils nâauoient prompt lêcours. Ce quâils auilercnt pi c-
⢠nbsp;nbsp;micr,futdâapailêr le different des Chefs. Si que dâvn commun auis Barbadicque fut ordonné
{lt;)ur aller vers Colone , afin que par là prudence Sc autorité il moicnnall la paix.11 fit tant que tout fut afloupy à condition que Dom lean ne traiteroit rien auec Venier: ccndckcndit néant notable* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;conferer auec Barbadiqiie des choies publicques qui viendroiêt au Cenfeil. Enquoy
pourpier^ la patience de lElpagnol de Colone cil digne de loüangeivoire dâexemple a tous qui lent à k'rà ceux qui bouiffans dechollere ou laute de jugement le laiffenc trahf inter'eft^par- porKt a cc qiff plus les palficne. En ce quâils ont vertueuiement pref etc le refpcét du publicq tieuher. nbsp;nbsp;à la coiifideration de leur particulier : encor que ce particulier impettaü ce quelques choies
publicques.Carhnjure quâils rc?euoictnercdôdoità ^xplus quâa leurs nations quâils replc (entoient. Voire au General de tous ceux qui les auoient eilens pour Generaux de laiméê ⢠Chrellienne. D'autant que par ce fait on (fonnoit taifibkmcnt à entendre que chacun party auoit failly à bien cllire vn fuffifant Chef, puis quâvn fous Chef rntreprenoit de fonauterité priuée la punition de tels forfaits :m(ântrant par là quâils nâefloient capables de punir i e fait: puis quâil lefaiToit fans leur en parler. Et fcmbloKà beaucoup ^le Venier bien quâoflèncé amp;nbsp;en fa perfonne la Seigneurie qui lâauoit pourueTTSJWimfiat pour le maintenir : deuoit poiïr-.. ttnt demander reparation de celle faute au General qui luy eull fait radon par le Conlcil dei Chefs. Et quand bien il luy en eufl dénié juflice:il eufl deu neantmoins patienter attendant vne occafion plus fauorable que celle la qui leur montroit lâarmée ennemie tout contre eux refbluë de les deffaire : vfânt de laquelle il jouoit fi lElpagnol amp;lltalicn partialilcz contre luy (comme mil autres Chefs enflât fait ) le feulïènt desbandez de la Flote: a perdre lef forces de la Seigneurie fur mer: puis ellre caufe de la faire réduire au petit pied amp;nbsp;luy meline rccerchédccefait, ( comme dâordinaire les Princes jugent les choies amp;nbsp;pelênt les entreprilès felon feuenemétdâicelies plus quâà la railönSz équité.) lamais exemple ne fut plus remarquable que celui dedeuxgransCapitainesGrecsenfaitjCnlieuamp;occafionlêmbla-ble. Xerce Roy des Perlâns auoit couuert toujc la mer de jenelçay quantmillionsdâhcm-mes pour la ruine des Ãrecs nommément des Athéniens. Ariftide Sc Temilloclc deux des grans Seigneurs dâAthenes auoient de grandes querelles cnfcmble ; fur le point de combat
tre.
-ocr page 81-LIVRE VINTSIXIEME. 28.
tre, Ariftidc vint prier laiitre de mettre fous pied les riottes pà flees julqiies apres la guerre, amp;nbsp;le porter pour la confideration publicquc corne amis en icelle : lâautre nôfl moins généreux ne lui eut pluftoft accordé, quâAriftidc lui ouurc le vray moien de combatte amp;nbsp;emporter la viâoirc fur les Perles ; lequel treuué bon de tous,amp; apreuué par Eurybiadès Lacedemoniea General delArméc fut heureulèmentpraticquc à lâhonneur immortel dtftoïité la Gietc, 04 roiitte infame de lArmée ennemie, laquelle (ans cela euft aiïèrui toutes les nation, aufqucb lescommande aujourdhüi le grandTurc. Dautres jugeoientpourVenier,felon les citcon-llanccsdufait: eftimans que lean dâAuftrie nâeuft fait-aucune raifon de cela aux Vénitiens: amp;nbsp;nây en auoit par grande apparence pour beaucoup de raifons. Ce qui euft tourné non leu--lementau grand def-honneur du General ôc de la Seigneurie, mais au dommagerrcp^rable nbsp;nbsp;,
de toute lâArmée pour lauenir : laquelle dorefnauant cuit fait ii peu dâeftat de ce General qu à fexcmple des vns des antres les loldats nâculïent frit conte de lès commandemens. Si que venant le jour du combat aucun ne lui euft obci,amp; full le tout tourné en confijiîon malhcureu-lè. Il remontroit aufli la grandeur^autorité amp;(. conlcquence du fait punifTable fur le champ amp;nbsp;6ns delay. Lequel en tels affaires empkc tousjours la matière plus quâil ne tarnende. EUièienc en outre quâil valoir mieux profitant au Publicq amp;nbsp;punilûnt vn forfait : contreuenir à ce ^ui fèmble railônnable en general amp;nbsp;fe mettreuis apres au deuoir de 6tis6â:ion (fi elle y efche- ⢠oit) que de Ibuffrir ce quâen tout cas peut aporter plus de mal que de bienà la generale amp;nbsp;particuliere difpofition des affaires, enfui liant en ce fatiis de ceux qui ont dreffé les loix Romaines. Ainfi la difcrction des vns fit doucement écouler la^bouillante challcur des autres.
Si que par apres ils délibérèrent du furplus de leurs affaires : où fut refblü dâafîà ilhr les ceux forts du deftroit de Lepante; puis fortifier Zantc amp;nbsp;Cephalonie, pour ce fait,amp; fecours ecin-miin enuoyé en Candicjfé retirer pour hyuemer chacun chez fôy : à ce Occafionnez difoient les Occidentaux pour nâauoir dovitailles que julqucs à la fin dâOéfobre. Et ditpn que lean dâAuftrie ni ceux qui taccompagnoient ne trou noient bon que î Armée entraft au Golic de Lepante ccrcher îennemi comme vouluient les Vénitiens, entrâautres Sebaftien Venier amp;nbsp;Barbadicque : remifntrans par plufieurs raifons quâon y deuoit entrer, amp;nbsp;là inueftir lAimee euiL ncs Turquefque: promettans à tous vne heureufè viétoirc de telle entreprife^n fin fut refolu quB '⢠n oâ«-Barbadicque iroit auec huit Gallcres à la iBouche du Golfe, efl'ayer dâen tirer les Turcs. Et comme ils eftoient és termes d'çxecuter cette refolution,Venier ( ja bien auancé en mer ) en- âKitr. p. ..r uoya affeurer lean dâAuftrie que cinquante Galleres dgs T lires feftoient dêfmembrces;amp; def emparant lâArmée auoient pris la volte de Leuant: afin que ÃEfpagnol ne fift pliÿ aucune drf- iombat. ficulté dâentrer au Golfe : comme de fait la refolution fut lors prife dây entrer: encor que par-auant fbn confcil euft pris autre auis comme jâay dir. Mais à nouucllcs occurréccs nouueaux Gonfeilsque le Turc leur prépara ccîlnme je vousdiray.AtilfileCheuallier Gilandrade rc-uintla de prendre Langue, affeurant que f Armée dez Ennemis eftoit à Lepanto attendant îoccafion de charger les Chreftiens. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Le General Turc qui lors fafoit la cofte de Lepâto; aucrti de la refolution de Sclim à dôner BatailUamp;de facheminemét des Chreftics pour cet effet : auoit enuoyé nôbre Corfaires en diners endroits pourefpicramp;Jiii raporterTE^de leur armée. Caracos entrâautres môtéfur ncünoiitrc vnBrigantin,v6 de telle induftrieamp;fhaftiuété quâil eut loifir de prédre langue enCallalire de lâEftat de lâArmée : reconoiftre la Flotre amp;nbsp;retourner en faire fon rapport fans aucun danger; mais il raporta le nôbre des vaiftèauxbeaucoup moindre quâil nâeftoit;fôit quâil fe fuft trop ha ftéà lcs côrer, ou quâil ne peuft voir la Flotte de lâælle gauche laqlle auoit à dos lâIfle qui l'ê-pefehoit de la reconoiftre : qui fut occafion au General Turc de fè refondre à la bataille: di-fant cotre les raifons des plus vfitez aux attaques maritimes : quâil en aiioit expres cômandc-métde Selim,8cquâil fafleuroit dâemporter lâhoncur.Ainfi lefeptiéme Octobre les deux Frégates efpies retournerét auertir les Chreftiens que lâArméeTurquefque les venoit trouuer,amp; Harangue feftoit mifè à la voillc le mefme jour ayaiit vent en poupe. B! en mcfme inftant lean dâAuftrie fit mettre le carre à lâarbre amp;nbsp;la Flamme à la Peno (corne les autres diftnr arborer lâEftédart) Chrcihen pour fignal deBataille.Commâdanc leuer toutes lesBanieres,En6ignq|^Fanôs, Guidôs,Ban-derollesSc mettre tous autres Drappeaux au vent;amp;quc tous faflèmblaffènt au, fbn du double à la vift.,Kc Canô.Lui accôpagne de LoysCardone amp;nbsp;lean Sote fon Secretaire les alloit tous vifitât à uec nbsp;nbsp;nbsp;Turc.
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vn port joycuxôd vi(âge riâc pour mieux animer chacfi à Ion deuoir-.auquel il les exorta tous: leur reprelcntaiit la Julie occafion pour laquelle ils côbatoient,lâhonneur immortel, le proffit incroiable quâils y gâgneroientpar vnc viôloire fi rcmarquable.Qiïé leurs bras guidez par la faueur celelle repofoient les richeflès,lâhonneur,la gloirc,la liberté, la toy, la Religion Chre* ftienne:non deux teulement, ains de tous les Baptilêz au nom du Meffias.Au rebours lâenne* mi triomphant de leur honneur èc defpouillc,pourroit mettre vn million dâAmes Chreitiem nés en perpétuelle captiuité.Qiïils fe preparaflènt done amp;: tè tinlTènt:preft6 au mot amp;nbsp;fignal dc la bataille.Et côme Dieu veut quelques fois par petites choies amp;nbsp;depeu de cofideration pre-fâger grans accidens auenir : le mot redoublé de viôloire que pluficurs lbldats crièrent,à la départie d^ce Prince, futoccafion a beaucoup de bien elperer.de cette entrçprilê: voici lâordre quâils tindrent au combat: Le Prince Elpagnol eftoit au corps de la bataille compofèe de (52. Gallercs deffendues de trois Capiranes, au milieu delquelles eftoit la fienne, à droit celle de Colonc auec lequel eftoit Pompée, Ion frere Romegas,Michel nepueu du pâapc amp;nbsp;autres
Ordre de l'armee
Chreftiene. Sgignem-j Italiens. à gauche eftoit Venicr quc fuiuoitla Capitane de Contarin Maripetre amp;nbsp;I^ij Lorcdan:puis la Capitane Genoile où eftoit /»Prince de Parme, amp;nbsp;apres la Capitane d^auoye,commandée par de Ligny: auec luy le Prince dâVrbin. A lælle de la bataille eftoit la Capitane des Malrois commandée par Pierre lyftinien amp;nbsp;à gauche eftoit le Capitane Lo-meline en laquelle eftoit Paul Vrfin. Apres les remonftrances de chacun Chef, les prières à Dieu amp;.le desjeuncr;on fut tout esbahy que le vêt qui Jufques là auort fauorife lâennemi peu à peu faillit fè tournât en vue fi grande malace quâà peine pouuoiét ils remuer leurs vaiffeaux fans rames-.qin donna afl'ez de loifir aux Chreftiens de fê preparer amp;nbsp;renger leurs batailles.Le General Turc auoit renuoié apresCaracos deux î enegats fur deux Brigantins legers reconoi RccoijoiiÃ- ftre lâarmée qui le firét fi bié,quâcn fâchant l'ordre amp;nbsp;fEftat il perdit beaucoup de îopiniô pre-niv^imponé niierc:nommçcmenr de ce quâon luy rapporta le nombre pl»s grand, lâordre amp;nbsp;refolution à la de la viftoi- bataille amp;nbsp;le meflinge des vaiffeaux Occidentaux auec les Leuâtins:non moins que les autres
'de laVtaü- Soldats qui lâutelloient de Joie au premier raport de Caracos. Ils ne perdirent cÅur le. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pourtant,ains eftoient à qui deuançeroit fon compagnon quoy quâil fut à effendu fur peine de
la vie dâoutrepafter la Realie.
Surce lâarmée Turqiielque reflèmblant a vnc f^eft elpeflè amp;nbsp;bien toffuc:vint à fouurir amp;nbsp;e-Ordre amp;nbsp;ftendre les cornes en forme de croiflà nt.Lc Jour eftoit beau,amp; le clair Soleil enuoioit les raiôs dcïarnK^ tltoit aux ycux des Turcs qui les empefeha dâordonner fi bien leur »bataille quâil euffent peut Turqucfquc eftre fait. Aly amp;nbsp;Portau conduifoientTe corps de Bataille compofée de cent vai^^èaux,deffen,-ducparMu^!lfaCeleby grandTreforietTramontantAcmabeyamp; ton frere fils de Aly, Amat Aga,Sangcat de Feutrant, Alys Caiga Sagias de Calliopoly,Caracos Cambée fils dâHairadcn Malamur Sangeas de Mathehn,®ely Saliman Guder Gbuuerneur de lifte de Chios,Caflam-bey Gouuerneur de RodesjProuin Aga Sangeas de Napoly deMoréc,DiaparCeleby Gou-⢠uerneur de Calabe,Darolagan,Dom Dorneine,Berinebol,Ofman Rcul,Agada Ciafafér,Dra-
mius Rays amp;nbsp;pluficurs autres denomjSc firent Chefs de lælle droite Mahomet Bey auec 55. Galleres. Les Agadel Baflà ,Siroc Saguiat dâ?*Icxandrie,Caurlaus Afifcans,Dragan Vftrelâga amp;nbsp;autres luy aflîftoicnt.Ochiali print 4. vints dix Gallercs pouj^la gauche auec Caracciol amp;nbsp;Crabe les enfans Caragial Carabine ôc pluficur^ï?t5??5perimentez Scigneursj auquels affi-saint Force ftoicnt grand nombre de Pyratesamp; Corfaires pour affronter lælle droittçde lean Dorie amp;saiiit comme la.plusforte.
Flour amp;nbsp;Paul lon freie auoit
lâautre.
Voguans les deux armées de td ordre amp;nbsp;difpofition que nous auons dit, amp;nbsp;faprochans tous-ciia âe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Generaux pour ne faillir dâvn fèul point à leur pretcnte:emploiercnt le refte du
d vnepartic temps à remonftrer le deuoir à lcurs^hefs,Patrons amp;foldatspour les animerau combat en-e7 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;viffet en eux aucun ligne de faute de courage. Le General Turc entre autres cho-
£t le Duc les leur mettoit deuant les yeux ( encor quâil nâeuft pas beaucoup dâopinion non plus que les de Sarne nbsp;autres Turçs que farinée Chreftiene les dâeuft attendre ) Les grans auantages quâils auoycnt
J ufque.s kS gangnez fur les Chreftiens.Que lâEmpire des Otomans en eftoit tellement auancé General UC le bruit de leurs viôloires auoit Ja plufieurs fois fait la ronde de cell vniuers: Ce fçroit doc Turc amp;nbsp;des vne grande faute à eux^ à Jamais puniflâble,fi au lieu de coroner dâvn honneur entier le com Gcncrauxl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de fclicitez par la vi(5loire quâils efperoient tous dâemporter fur trois petis Princes
leurs Chefs joints conttc eux:Ils le laiflbient gourmander à Je ne fçay quels foldats de trois Jours.Quâils fc
V / 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fouuincirnt
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îouinnflciit cjuâeux mcfines vieux (oldats de fi long temps aguerris auoient fait contre lâEnipe'' teur Charles cinquième amp;nbsp;depuis contre Philipes fôn fils,quâil nâauoient efté moins heureux contrôles Vénitiens. Qif ils atioient couru amp;nbsp;fins aucune refiftance ces jours pafïcz toutes leurs terres amp;nbsp;en peu de jours ajouté à fEmpire des Othomans le Royaume deChypre.Vou-* driez vous démentir la gloire de vos ades pâlies vous lailfins vaincre à ceux que vous auez tant de fois rompus? Ne vous afleurez-vous pas que fi vou? emportés lâhonneur de celle journée toutes les richellès amp;fingularitez dâItalie vous font propofèes pourlemÃndreprisdu merite de vos vertus?Qiti vous elleueront foudain à lâentiere amp;nbsp;riche côqucfte de toute ffim rope, foule partie du monde qui vous relie a conquérir ? Au rebours fi faute de courage vous lailfoz gangner le delTus aux Chrellicns: que fçauriez vous elperer quâvne promue amp;nbsp;trelmi- nbsp;nbsp;,
. forable vengeance de tant Si tant dâoutrages que jufques icyvous leur auez fait foufffir? Et outre la detellable foruitude en laquelle ils vous tiendront cfclaues toutes vos vies: vn deshon* neur à jamais amp;nbsp;jgnominie perpétuelle pour vous amp;nbsp;tous ceux qui forepofont fur le boîl £âheuramp;la heur qui vous à tousjours accomjjagné. Lequel ne vient que du bon vouloir amp;dela peine fOTtuneque quâon prend à bien faire fon deuoir és^hofos efqiiellcs on eft cmploié.Câell ce quâon à ^us-jours dit que les perfonnes le faifoient la fortune eux melrncs:car fà ifins leur deuoir ils vertfti- ncnc aux ent à bonne fin de ce quâils entrcprenoiét:Si pource les difoit on heureux.Mais fils foublioi-ent, tous leurs deflèins fen alloient en fumée Sc les affaires leurs fuccedans, comme on dit,à contre poil: on les nommoitmllheureux,mal fortunez Sitres-miforablcs.Afin donc que vous entreteniez Si le renom Si les effeôls du pafie: quâon voie fortir de vous ce que tous gallans hommes doiuent monllrer à vn befoin. Le deuoir quâon requiert de vous nâell impolfible nây malayfo:il ell en vos mains.Câell que vous alîéuriez que Dieu Si fon grand Prophete Mahomet vous foront aujourdâhui fauorables, guideront vos harquebuzades, conduiront vos Cy-meterres Si adrdforont tous les c®ups 'qui fortirpient de vos Galleres: comme fins leur alfîf tance vous nâauez entretenu ce grand Empire auec moindre félicité que vos deuanciers font heureufoment bafti: Vous auez à tenir pied ferme contre fennemi iulques à la mort : garder bien vos rancs, vou% focourir les vns les autres: recharger promptement Si fur tout fé tenir * forrez, Si combattre tousjours fouz le drappeau: car fil y à aucun qui faute de cÅur fo retira du combat,je mâaffoure quâon obeyra au conanandement que jâay fait deftiettre foudain le feu dedans fon vaifièau.
Ainfi voguoient les deux armées en bonne deuotion de fo rendre chacun maiflrcffo de fon ennemy. Le commencement de la bataille vint de læll^ gauche Venitiennelpuis de la batail* le qui en ce fut fuiuic de la Corne droiéle.Voicy comment.Ie vous ay dit que ritn ne deuan-çoit les trois flottes Chrefliennes que fix groflès Naux remorchées chacunes par deux Galleres fubtilles qui les deuoient laifièr Si fcprendre leur ranc fui4e point du combat.Il y en auoit deux à chacune flotte, pour les premieres afronter les Turcs fur lefquels elles vomirent tant de feux,Boulets, chefiies,rafoirs, cartouches, cloiftr. Si telles autres Diableries enuenimées ⢠fortans de la bouche de ces quatre vints piecesDâartilleric portées en chacunes dâiceIles,queI-â les firent vn horrible meurtre des Turcs: outre le desordre des Galleres qui ne^ouuoient tenir leur ranc contre la furie d^cefte tempelle. Les Chefz Si Patrons neantmoins pour auoir veu aflez dâautres tels combats ne fefWfflSRÃÃt^ fi grand deluge: ne faifoient compte de cris amp;nbsp;piteufos plaintes des demy morts : ains dâvne opiniâtreté Si courageufo refolution outre-pafi forent ces Naux Si reprindrent leur rancs premiers que de charger les Chreftiensi Sur lefquels fauançans tirerent tant de Canonades tant de coups dâarquebuze, de flefehes Si autres traits pour vengeance du premier efohec: que plufieurs Chreftiens y finirent leurs jours. Les furuiuans defquels fauançans de pareille animofitc leur r^ondirent de mclme: enuoiant tout ce quâils pouuoient de malediélion fur les premiers: Si en cell inflant les deux armées dâextre-ment conduises Si fiuançans dâvne vogue redoublée pour fo joindre Si agraffer bord contre bord, fentre-heurterent fi lourdement que les pointes Si clptrons en lâeau,donnerent aflez de moiens aux vns Si aux autres de venir aux mains. Il eft malaifé de reprefonter lâEftft auquel ces deux années fo fontirent lors réduites: fi cejïeft que le bruit cftoit ^grand Si confus que tous les grondemês du Ciel nây enflent efté ouys; les plaintes des my morts,lcs cris des bleflez Si parolles des vns aux autres: nâeftoient foulement vaines. Ains pour néant commandoient lesChcfsjfins proffit on battoit leforpat Si matelot: tout ce qui fo faifoit ne pouuoit venir que
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de b fbuiienance du commandement pafleou dâvne praticque de guerre que ceux qui fcC toient veux en tels affaires auoient treuué la meilleure .Somme que le redoubté tonnerre des Canonsje continu hurlement des ftropiats amp;nbsp;autres qui bien blcçez fenalloient pafture aux * poillons: le froiJfis Scrompement des Galleres, le bruit qui fe failbit ésvailfeaux coulans au fons: les cris amp;nbsp;choleres des Chefz de Galleres entrc-mcllcz dâvne cffroiable image de mo;t qui le parmenoit de tous coftczdêbans lâelpelfe Sgt;c puante fumée detant de Canons amp;nbsp;harque-buzades qifi lortoient de tous coftez à la ruine des plus malheureux? nâeftonnerét en rien Sc nâempefeherent aucunement les plus lâins de foire le deuoir que vous entendrez quâils firent à fabordade.
C E V X qui fo font retreuuez en telles attaques 3 peuuent aile ment juger combien il failbit chau^ èi ^ngereux en ce combat.Car encor que les coups deCanons amp;nbsp;harquebulâdcs cefi foflent apres la charge pour feftre aprochez de ii pres que le loifir leur full dénié de recharger pour la iêconde ou troifiéme fois : fi cft-ce que les coups de picques amp;nbsp;autres long bois, les coups dâelpées,cimeterres,efi;ocs,couftelats,fechcs,caill«ux3 amp;nbsp;telles autres armes que la fu-reu^bien fouuent plus que la diferetion mettoit en anain au plus efchaulfez: firent plus de rtfeux biéquenon tant de peur que toutes ces bouches à fcu,^. coups defquels ne portoiet le plus fouuent de dix quâelles vomilïbient. Mais le Soldat voiant fon ennemy fi pres: ne pou-uoit faillir vn lêiil coup de lès armes ordinaires. Ceux des hunes,poupes amp;nbsp;Challcaux nem-mement, fendommageoient fort:pourcc quâils tiroient plus tîroit amp;nbsp;alîèurément que ceux du bas. La milcre eftoit grande pour tant de blecez, ftropiats amp;nbsp;autres qui fen alloierit mourir à la veuë de leurs parens amp;nbsp;amis fons quâaucun euft Icpouuoirde Icuraydcr. Car encor que chacun vaiftèau fuft pourucu de les Chirurhiens fournis de tout ce qui leur folloit: amp;nbsp;aians au Clins dâeux leurs fers amp;nbsp;inftrumens au feu tous rouges amp;nbsp;prefts de couper le membre t Ifcncé crainte que le venin ne montaft plus haut à la ruine detiMit le refte: les autres pourueuz de toutes fortes de medicamens pour tant de playes qui le prefentoient en vn moment. Si cft-ce que la quantité des malades cxcedans le nombre des Chirurgiens: pliifieurs auec le fong qui ⢠nbsp;nbsp;nbsp;decouloit fons rcmede: perdoient la vie au lieu du combat: comme dâaiftres bruflez des feux:
rfirtificiels aimoient mieux fo précipiter en feau pour y trouuer quelque rafrelchilTement à fextreme chaleur dâvn^ grand mal : que plus lo«g temps attendre les receptes de tous les Médecins. Les plaintes amp;nbsp;clameurs de ceux la neantmoin.', non entendus des autres pour le bruit du combat nâen defeourageoient aucun dây bien faire le deuoir. Voire fi animer dâautât plus que chacun falfeuroit faproche?du point de la viétoire tant attendue : laquelle fut dou-teufo amp;nbsp;incÃtaine pres dâvne heure, riant tantoft la fortune à ceux quâelle habandonnoit fou-dain pour fauorifor les autres, or icy ores la, dâvne courfle fort inconftantc amp;nbsp;variable folon le fnTortftantc portemét de ceux quâelle voioiAien ou mal côbattre Jbur nnemy.En fin ncantmoins rcfoluë La Realie de fo montrer partiflà ne de fvn deux: fanarence de la vidoirre fc montra premièrement du jurque cofté de laRcalle de lean dâAuftrie:laquene comme la premiere auoit funeulcmcnt abordé la biend'eften I'calleTurquefque dâAly BafTa ( en chacune defquclles eftoit les plus adroiéis amp;nbsp;courageux Juëamp;cnfin Soldats de toutes les deux armées:)fittcl deuoir quâapres vn long amp;nbsp;furieux combat, aucuns Faquot;*â¢Â«du ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la rambade gagnée fo jetterent dedans^foinis de plufialârs qui vouloient eftre partiftî-
Gmcral pans de fhonneur amp;nbsp;profit,8caufli des coupsqi^îP^'pStlrroir trouuer. Mais le General Turc ne démentant vn foui point de fon deuoir: ne fit là feulement le deuoir de Chef commandât à tout ce quâil folloit faire en telle extrcmité,amp; ordonnant de toures chofos en homme pratic amp;nbsp;vieux guerrier: Mais auffi armé de bonne eftoffe auec la targue pour fo garentir des coups ennemis amp;nbsp;le cimeterre en la droite pour refroidir les plus efohauffez: fit le deuoir dâvn auflî vadlantfoldat quâil eftoit poffible:à ^exemple duquel tous lesSeigneurs,Capitainesamp;foldars qui facompagnoientlè rdblurentfi bien à toute extrémité premier que perdre auec ce vaifi foau la vie amp;nbsp;honneur quâils feftoient conforuée jufques là : que force fut aux Chreftiens bien battus de fo retirer: lailfons plufi«iirs de leurs compagnons roides eftandus au pied des Turcs qui les mirent foudain hors lebord.Dont indignez le plus genereux,preftèz dâautre cofté par leurs Chefz noumment par lean dâAuftrie amp;nbsp;autres qui faccompagnoient qui leur reprefon-toit la honte amp;nbsp;veilai^erie dâauoir laifle fortir de leurs mains le plus grand honneur amp;nbsp;butin qui fut jamais fait fur mer, que de gangner les incroiables richeflès dâvn General des Turcs: fanimerent fi bien les vns les autres qu'ils franchirent encor la rambade:puis donnant plus
auant
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allant aux defpcns des plus mal-heureux(lefquels dâvncamp;dâautrc part tomboienr qui en îcau qui au pié de îâennemi)forcercnt le General Sc le refte des furuiuans de fe retirer au Ciraficau de poupCjCelolu dây efprouuer tous moiens pour garentir le vaiflcaujlc bon eu wanuais heur duquel il Içauoitdeuoir eftreiuiui detous'Ceuxdefonarmée.Maiscommele bonioldat re-* double de lorceSc de courage quand il lent les premiers traits de Ion entrcprilê auoir cité fui-uisdâvn bon heur: les Chrelliens combatoient lors de jaîoufieà quigangneroit premier le heu de cette retraite : amp;nbsp;fut cette mutuelle enuie fi fortunée quâils entrèrent d5 tous coftez rcmpliflà ns tout de cris effroyables de ceux qui fen alloient à la mortrfailà ns ruilTeller le lang des Turcs qui nâauoient plus autres armes que les plaintes de tous les coftez du vailîèau.
D'eux tous, le plus remarquable fut vu Ibldat Grec de Macedone feruant à îArcenac de Ve--Sôl(!,-yGrec nife,qui fadreftant au General le renuerlâ mort à les piés : pour la reconoilTancc (ffiqueT lean dâAuftrie le fit Cheualier, amp;: lui donna tteze cens Ducats de rente annuelle pour entre*-tenir ce grade aueo tel honneur quâil meritoit, outre la bougette qui auoit efté au feu General, en laquelle on treuua plus de ix mil pieces dâor. Soudain la tsfte en fnt éleuée fur vue pique,îaq.iellelean dâAuftrie porta lon^emps pour animer les fiensamp;defcourager dautjqjf les autres qui combattoint ailleurs : puis abattant les enfeignes Turcquesy fit arborer les Chft-ftiennes.
Comme les deux batailles de ces Generaux cftoient aux priles : Baftien dâAluaro deftiné pour lâArriere-garde amp;nbsp;lecourir Ceux quâil conoiftroit en auoir belôin : voyant vne Capirane Turcque voguer en diligence pour inueftir la Realie Efpagnole:!ni va au deuant, amp;nbsp;lui liufa vn tel combat que plufieurs dâvne part amp;nbsp;dâautre y demeurèrent. Et peut eftre quâil nâen ciift eu le dclTus fans lafurucnuë de celle qui portoit Cefar Daualos,Picrre de Padille,Pierre Ve-lafque amp;nbsp;plufieurs Chcualliers Neapolirains : qui combarirent fi refolument que la Turcque cedant au bon heur des Chreftié-etout fut mis au fil de îefpéc,qui nefe voulut rendre à merci. En mefme temps Portau combattoit M. Antoine Colone qui adextroit lean 3âAuftric amp;⢠lui donnoit beaucoup dâaffaire: car trois vaifîcaux eftoient fur vn.Et fans la furuenué dâvra.au- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠â¢
tre qui portoit trois cens harquebufiers eflcus, câeftoit fait du Romain. Car encor que les» ⢠Turcs ne fuflènr fi bons barquebuziers que lesChreftiens,fi eft-ce que pour eftre la plusparik adroitsamp; bien fournis de flechez enuenimé«: beaucoup plus en euflenflènti les coupxmorr tels. Mais ces nouueaux barquebuziers les defcochans des hunc':54auttes lieux doù ils coin-» ,âort. baoxiient : aidez auffi par la Cbiorme à laquelle on auoit promis liberré fils fâifoient leur fte-uoitau combat: fallut que Portauamp;fès côpagnons quitSftèntauec la viedefpoifde la vióbotre:â
le vous ay dit que chacune des deux Armees eftoit repartie en trois Flottes, quot;ftuteeiieant-' moinsfaffronterent prefque en mefmetemps: occafion quele rccitftesparticiilaritcznlt;en-pouuanr eftre fi foudain que le fait: le^ic vous puis reprefent«: fi toft comme les autres Flot-: tes ont combatu. Car au mefme inftant que les batailles fè font abordéesc les Cornes auffrfêâ j'âArmées font entrebatues,voire plus cruellement que lesBatSilles.Du moins,lé combarÿ fwrplusdong fc joiguenc» amp;nbsp;plus fanglant,bien que non 11 remarquable pour la condition des deux Generaux.jOohyap nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
h qui conduifoit près de cent bons vaifîcaux : alla refolumet cercbcriean Andre DórleiGhtefâ delà Flotte droite côpofce de dnquâte cinq Gallercsamp;dcux grofïès Niufsqnimarebo^êt ded.
lunt: lefquelles firent vn grand m.lffflWÃ!^rïrcs. Mais paffant outre reprenans dre pour fè venger de telle perte : donnèrent fi viuement furie Génois aflifté'dâOCfaucâGoni' zague,Vincent Vitellidc plufieurs autres Chefs : que bon befôin lui fut dâbuurir fEfpntamp;emd ployer tous les fèns à fâ defenfè : notamment, pource quâil aUoit affaire à vn dcsqilus rùfèz à - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
droit amp;nbsp;vaillant Chef de îarmée. loint auffi quâil auoit desbandé du mdifeu de la Flotte^port)'' bre de Galleres, pour prandre lauantage du vent amp;nbsp;charger fur les ailes, de la Flotte Turqü'efi que. Voire que Ochyali fen fufl^ndu maiftre veu le grand deuoir de Tui amp;nbsp;de tous lesfiens qui cotnbattoient à fon exemple : fi Lois Rechezen Lieutenant de lean dâAuftrieb éjuil^-trf^ omphoit de la Realie Turque) voiant vne troupe de Gallercwaller de renfort for André Dorfé
amp; quepartiede fês Galleres eftoient efeartees: nâeuft prié le Prince Efpagnod de mefl^amp;rlaRt!-alle à ion fècours : laquelle lui vint fort à temgs: amp;nbsp;commença la bataille a fefgallöTtfoâdiligence, refôlutionôc cruauté dâvne part Se dâautre. Car outre ces Seigneiu s,Vafques CifüiCTia-do5Andrade,amp;François Donc venus auec ÃEfpagnol Se quelques autres Galleres qtŸîTefui-
.. . . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â iWrent
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ùirent ycombatoientfi opiniâtrement quâÃchyâlli lèhtit la fortune bailTer l'es elpaules. Sûr ce vne Capitane Elpagnolle en laquelle eftoit le fils du Duc de Cafl.illc,Iean Vcîalque, Alc-^âAi'âgc* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Torcl amp;nbsp;plufifeurs Cheualhers de Catclcgne:dcfcouuiant vneTurque vogant ça amp;nbsp;lÃ
ncraîpris. apparance de relôlution: luy coururent fus amp;nbsp;la prindrentaucc grande difficulté toutd-fois: où ils tro uucrent les enfans dâAly autresfoisGcncral de celle armée qui cerchoient leur pere de tous collés: ignorans encor lâaccident qui luy efloit auenu: amp;nbsp;par ce moien le Iccu-rent toutà lôifir: pendant que Pierre lullinien Chef des Galleres de la Religion de Sainél lean de Malte affaillyde trois NauxcfquipéescngucrrG:failôit tel deuoirauec la feule Câpi-cane de la Religion: quâil cn prit les deux,falTeurant de l'autre fi quelques và iflcaux Turcs à la ddcouuertc de lenlëigne de Saint lean le ruans fur luy:nâeuflcnt tué plus de ein quante bra-ucs Cfieuaffiers fur la Rambadc: amp;nbsp;fulïènt entrez dedans: fi deux de ces compagnes nây fulTét fiiruenuës fort inopinément: au bruit ddquelles il fort de laChambre de poupe qui lêulc luy reftoit poùr garent de la vie: amp;nbsp;bien que fortblecé firent en forte toutesfois quâils curent la raifon des ennemis. Ochyali fur ces entre faites lëcouru dâwi nombre frais de Galleres feifoit partjgdcce quâil vouloit liir les Galleres de Andre Dorie,dix dcfquellesèlloient ja fiennes amp;^uinze autres luy venoient de renfort à fon lecours:fi lean deCardône General de la Flotte Sicilienne ne leur fut allé au deuant aucc huit Galères. Ainfi leur ferma le palTage julques à tant que la Reaile full au Iccours de Dorie.Ainfi furent prinlês ces Turcques par la fiirucnuë dâautres Chrelliennes. En la Gallere de Cardonne qui nâelloit pas au commencement du combat: elloicnt le Duc dâAuila Scplufieurs autres Cheualhers SicilicnszHenry de Cardonne,lean Oforic amp;nbsp;Diego Henriques qui auoit fur ces Galleres cinq cens Efpagnols choifis: la plus part defqucls furent bien blecez. Mais voyci quâon luy rapporte,le grand bruit amp;nbsp;confu-fion qui eftoit cn l'année pour quelques vailïêaux qui feftoient mis en fuitte, que les Chre-llicns ne pourfuiuirent pourtant : ains tomerent telle où ilsvirentfcnnemi refifter plus gail-lardemenr a leurs compagnôs. Dont Ochyali prenant augure de mauuailê iirue:quitte les vail^ lèaux pris pour tirer à la bataille, dont plus il fa proche peu à peu combatant tousjouts heant-
⢠moins:il voit allez toll que tout eft rompu:amp; le mettre en fin avau de roiKte qui le fait penlêr à b retraite . Mais les Chreftiens le lâifirent dâvn lieu par où ils jugeoient quâil dâeuft pà lïèr. De-quoy fo doutant OclTyali comme auile quâil eftoit : fit à îautre bande fo coulant le long de ter* re ferme où il ralîèmbla quelque trente Galleres:vers lelquelles la plus part des fiens le lâuuc-rent à nage. Si le Turc nâen cull aiirfi vfé: vii foui nâeuft réchappé de la bataille. Le Prince foft dain Bacian, Dorie amp;nbsp;quelques autres le pourfuiuirent jufqucs à ce que les tenebres de la nuid leur eriWeffcndiflcnt la fiiitte: à la faucur dclquclles il fo retira auec quclq uc trente vaifo Les Com» foaux. Och iali penfoit de la retraite quand Barbadicque amp;nbsp;Mahomet Bcy entretenoient leurs de Barba nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;combat,amp; Ics dcuxGciftralles agralFccs tainte?de läng, fumâtes de feux, pleines de
dicque Ve-nitien amp;
Mahomet Dey fe coni' bâtent.
Charogtics amp;nbsp;de plufieurs autres blecez : faifoient tout effort pour emporter le pris de la viéloire . Mais le Turc gangnoit de nombre amp;nbsp;dâautre chofe le Barbadicque , encor quâil fill tout le deuoir dâvn gallant Chef, focondé de QuiVin amp;nbsp;Canal Lieutenant du General Vénitien ; quand Baden duquel la charge eftoit de fecourir auec fostrante Gai* lercs les plus*preffez:luy vint en aide : Lors.commença l^hance fo montrer à fauanta-tage des Chreftiens : aulqucis outre ce le vcnHetoumanfauorable que la fumée tant des ca-nonades que coups dâharquebuze en fut portée contre la face des Turcs : fi que ne pouuans bien voir les Chreftiens pour les attaques comme ils lâcuffent voulusreüx ali contraire defooü urans leurs armes amp;nbsp;vaiffeaux à leur aifo: le combat fut fort defà uantagéuk aux Mahomettans
Barbad t
qui perdirent grand nombre d'hommes premier que de combattre à leur aile. Plufieursde leurs ennemis ncantmoins y finirctijleurs jours, entre autres Barbadicque eut vnoeilcrcuc dâvncoup de flèche Sont il mourut furie foir âufant regfltté de tous ceux de l'armée qui «luemcuc-. le conoilloient oùauoientouï parler de lès vertus : quâautre qui foit mort cn celle journée.
On dit quâauoir demandé à qui «ftoit demeurée la vidoirc amp;nbsp;fçeu que les Chrelliés lâauoict emporté»il en remercia Dieu amp;nbsp;en mourut beaucoup plus content.Ainfi fit Epaminondc ra-
porté dertri mort cn la targue de la bataille de ^cudres quâil auoit gagnée contre les Lacédémoniens. La Gallerc Se Mahomet Bcy prilc,amp; les autres preflees de court tant par les Gallc-res Vénitiennes que celle de lâarriere-garde leur fut impoflible de refifter à lâauantage quây a-uoient ja gangne les ChrèlUcnSj amp;nbsp;fallut cn fin quitter le jeu amp;nbsp;fe lâuuer à qui mieux,vers le lieu
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iieu où chacun verroit quelque nombre de G alleres Turcques bnlcmbic: qui An comihe jâà y dit vers la cofte Ibus la faueur dâOchyalh lequel nâeut loifîr dâattendre toutes celles qui peu à peu fuflènt rendues : lefquelles à cette occà fion furent priïès fâceagées par le viâoneüXi Somme quâentre tous les moiens qui lêruirent d'auancer la viôboire aux ChreftiensjOrt en re~ * marque deux fur tous : Le vent quâils eurent en Poupe dés le cÃjmenccment du combat : lequel portant la fumée amp;nbsp;puanteur de tant de canonades tn la veuë des Turcs: les empelchà fort de mettre en ordre amp;nbsp;encourager les leurs fi bien quâils enflent fait autremcift. Puis la re-ïbluë opiniâtreté dé la plus part de dix mil Forçats Chreftiens, lefquels aulfi toft quâils virent lâapparence de Victoire pour les Chreftiens,ne voulurent plus ramer, quelques baftonnades quâon leur fift fentin Ains au contraire fe fâifilfiins de pierres amp;nbsp;cailloux deftinez fur la cour-fie pour eftre ruez fur lâennemi : les lançoient contre les Turcs, plufieurs centaines deî^juels en furent renuerfez dans lâeau.
Apres aüoir rendu graces à Dieu dvnctà iitfiguaiéeViiftoire, ils firent la reueuë des pri-fônniersamp; efclaues: entre lefquels ifs trouucrent douze mil Baptifèz aux fers,amp;le refte Payens la viftoirt amp;nbsp;Chreftiens reniez quâils firent tous içourir : tant pour les punir de la faute quâils ont g3m-mis de renier leur loy,câeft a dire lEftat de leur pais, amp;nbsp;leur Foy de Baptefme:'que pourfcs chteftîén» maux quâils ont fait depuis endurer à la Chreftienté : fbit en public faiiant la guerre à tous reniez pris Royaumes amp;nbsp;autres Eftats Chreftiens : foi? en particulier à vn million dâames Chreftiennes quâils tyrannifent quand ils les treuuent en leur puiflà nce plus que les autresTurcs,voire que pourquoy^ les Saunages propres.Voici la raifôn quâauoiént les Princes de la Ligué de faire cela. Vn chà - tes Chrci cun fçait que ffiftat du grand Turc eft tellemêt bafti amp;nbsp;continué,que les plus gras Seigneurs nbsp;nbsp;nbsp;reniez
âpres lui,amp; ceux qui ont les plus beaux Eftats amp;nbsp;charges de plus grande authorité, font les foutâpr«^ié Chreftiens reniez; â fégal dcfquels depuis que le nombre des Renégats a creu en fès terres : il Turfc,amp; nâefleue que peu de Turcs à fi grandes dignitéZi Soit quâilnetrouuebonnifèurà lâauenir, dâagrandir fi fort les naturels de fès terres (comme aucuns Politics difènt que ce foitvn des Mathià . meilleurs moiens que le Prince puifïè pratiquer au plus fèur entretien de fon Eftat ) ou quâil trouue plus de fidelité amp;nbsp;fuffifânce en ceux-ci quâen autres. Pour la fuffifancc, je me le perfu- Chrtlièrii ade aifément: veu le naturel du païs defquels plus des deux tiers de ces renégats fortént, afià » uoir Italie amp;nbsp;Efpagne * le mâafîèurerois enc«r plus à leur fidelité ; non i^iâils fbient meilleurs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
de nature que lesTurcs:maisla crainte dâVne extreme punition affeurée: amp;nbsp;qui plus eft la honte immortelle de renier encor vne féconde loy : foit en la faueur des Chreftiens ou autres h^mes ne Payens: quelque grand aôfe quâils pcuflèrit executer co*htre leur Seigneur : les tient en deuoir plus que la raifon ni la bonté du naturel. Defquelles deux qualitcz ifs fè montent bien def bon7c du ni pourueus,en ce quâils ont vne fois renié leur Loy amp;Baptefme,comme fi leur faute eftoit irté-miffible enuers les hommes qui par rânontrances ou par le êours du temps pardonnent tou- ou de honte tes offenfes: lefquelles enfémble ne fçauroient eftre aflèz grades pour faire defèfperer vn hom- 0â Pâ«^-me de la bonté du Prince.Car je me perfuade que tous ces Renégats qui gouuernêtlEftatde ⢠Selim, rte font banis de leurs*païs que pour fautes particulières contre LEftat, ou contre leur fèmblable: amp;nbsp;nul pour le fait de Religion. Et croy que la feule occafion de tant de renimans eft la crainte de punition juftij^u non. Si elle^eft jufte, le renegat eft condamné. Si injufte, tant derc-commâil fe treuue des Prinws amp;nbsp;3ÃÃ^W?Tff^îon feulement ingratSj,ainsauffi tant cruels en leur ingratitude, que boufehans les ouïes à toutes raiforts : amp;nbsp;cerchans auec ce tous moyens ftiens. de defînonter vn perfonnagé de tout honneur,S^le faire mourir en fin comme vilain : lui qui à ie coeur haut ,1a raifon baffe fè laifïè piper à fbn courroux : fi que pouffé dâvn aueuglé défit de vertgeance ne fe tormente de la loy ou foy quâil tienne pour fé venger. Si eft-cc que tel de-uroit auoir deux confiderations deüant les yeux. La pr^miercj que to^ites chofès font varia- ^ons fur ic bles ; amp;nbsp;nây a paffion de haine, dâingratitude, de cholere amp;nbsp;autres affeôtions humaines qui ne P®â change auée le temps, amp;nbsp;les moiens que les hommes y apportent. Us doiuertt donc efperer que le cÅur de ceux quâils ont offencé changera. Secondement,quand vn difgratié auroit la plus äpparente occafion du monde de fè refïèntir du tort quâon lui tient : fi doit il ptnfèr que comme les fautes font particulières, auffi ne fgn doit il addrefïèr contre lEftat^ ne contre autres que ceux qui font auteurs de fon dafaftre.jQui ne jugera Muftafa General Turc côman-dant en Chypre : cruel outre la capacité de la condition humaine : dâaiioir ainfi contre fa foy traité barbarement les affiegeaen haine de-la Seigneurie de Venifè? Aucuns de laquelle lui
auoiehf
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Grans pet-fonnagcs qui ont fait la guérie à leur pays.
Athées amp;nbsp;les incóue-niens de Lâatheilhic.
LâHISTOIRE DE FR AâN C E, auoient efté enncinis?Car oe n eft pas afTcz de dire que cela eft fait: ainfi font les autres de grâd cÅur. lenâeuflèfceumc vanger autrement: ains il faut voirfilyarailbnenccqui fc fait : amp;nbsp;mâaflèure quâil nây à homme pour tnefehant quâil foit:qui ne vueille quâon die.quâil a raifôn en â ce quâil fait: ou du moins qui ne cerche quelque couleur ou beau prétexté à fon deffein.Autrement fi nous oftions la raifôn dâentre les hommes,nous ne ferions plus differents des beftes que de face amp;nbsp;parolle. Auffi ceux^ui ne voudroient conduire leurs aôfions quâau plaifir de leur feule volonté ,feroienr incontinent mis hors de la compagnie des hommes: pource quâils ofleroiêt le Soleil du monde,priuans les hommes de la raifôn qui eft le vray bien de cefte co-pagnie amp;nbsp;fôcieté humaine. La plus part dâeux fe voians defpouillez de toute raifôn pour cou-uerture demurs aóles: ont recours aux exemples des anciens. Et difâns quâils ne font rien de nouueau qui nâaie efté pratiqué par les plus excellens perfônnages qui furent onques:.voirc es plus exccllésEflats qui furet jamais amp;nbsp;peut eflre fèrôt à fauenir-.Ils amènent lâexéple dâAlcibiade; Temiftocle Arate qui fè fônt rendus à lâennemi de leur païs: pour leur monftrer les vrais moiens de dompter la Grèce amp;nbsp;la rendre de hbre, fouie amp;nbsp;efclaue de leur puiflà nce. Ils en r^ontent autant des Romains,côme de Coriolan.-lequel curieux de fc venger de quelques Romains fallà faire Chef de leurs ennemis: quâil amena viéforieux jufques aux portes de Rome: laquelle il cuftprifcamp; fà ccagéefà ns les gleurs de fâ mere qui le firent retirer: amp;nbsp;fut depuis tue par fes Soldats mefine:enquoy je dis quâil faut c^nfiderer deux points. Premièrement que toutes chofès fè doiuent juger par la raifôn,amp; non par exemplcs:fefquels à la vérité affeéfionnent les hommes à les enfuiure: mais ce doit eftre quand ils font fondez fur la vertu, fiirlebicn,fùrfhonnncur, amp;nbsp;bonne reputation. Somme que le merite déroutes aéfionsfê doit prendre de la vertu : qui nâcft que lâefFeôf de la raifon: amp;nbsp;non pas de îexemple des hommes: autrement les plus mefehans deuroient eftre auffi toft imitez que les gens de bien. An nombre defquels ny ces Grecs ny ces Romains ny autrcstjui auront fait fèmbJables chofès: ne feront jamais mis: encor quâailleurs ils fe foient monftrez fâges, vertueux amp;nbsp;pourueus de bonnes parties. Mais comme tous hommes fônt nez en corruption, câeft à dire de parens ja corrompus de Pere en fils: ceux là ont rendu en cela trop fuffifà nt tefmofgnage de limbecili-«é amp;nbsp;fragille condition des hommes: fè defuoians tant foit peu de la raifôn, laquelle ils nâont feeu ou nâont pas voullu laiflèrmaiftrifèr leurs gaffions. Temiftocle mefîne ne la il pas bien tefmoigné en ce queauoir defcouucrt la plus part des deffèins amp;nbsp;fècrets delà Grece aux Per-fâns, crainte dâeftre efleu Chef de fcmreprinfè amp;nbsp;contre fon nays ( qui nous doit apres Dieu eftre plus cher que nos propres parens )11 fe fit fôudain eftoufïer par la beuuande du fà ng tout chaud du taffreau que à ces fins il auoit fait tuer? Luy-mefîne donc à condamné les autres Grecs amp;nbsp;f omains de ce quâils ont pafTé outre amp;nbsp;fait ce quâil à eftimé trop deteftablc aux Dieux amp;nbsp;aux hommes.Second. fl y a grande difference*dâeux à ccux-cy;car ils ne changcoict que de païs,non de Religion nây confcience, qui eftoit toutç vne entre ces Paiens: encor quâil y euft diuerfité de Cerimonies: mais en General tous adoroient les faux Dieux,aufqucls ils attribuoient toutes paffions humaines. Et non pas nousé[ui nous arreftons à la vérité dâvn Dieu certain.|ls ne changeroient pas mefme de loïx ne façons de faire de leurs païs. Ains prefi que tous les retenoiciit chez les dftrangers. j^jjjscçux^ pour eftre mieux venus prennent plaifir de fuiure Religion amp;Loyx contraires pourdâauantange flSplaire à leurscnnemis:cntrc lefquels ils peuuent viure auec leur Religion premiere. Reflèmblans aux petis enfans,Icfquels choierez de peu de chofè,fè vengét par leur mal amp;nbsp;propres:defpês quad ils péfènt bié déplaire à leur mere: fils la reffufènt de difîier ou prendre chofè qui leur fèroit profitable. Si cela ne les retient,du moins la confideration fuiuante les doitenfagir. Qifils ne fônt aimez ny mef mes refpeôfezque poyr lefpoir de fè»uices: aufquels morts on ne fen fôucie non plus que de chiens. Dauantage ils ne peuueni profiter à aucuns,ny auancer leurs parens amp;nbsp;amis. Car ils nâont point dâheritages parmi les Turcs. Outre ceils deuroient creuerde defpit de la honte quâils font fouffrir à leurs parensalliez dâaiioirvnRenegatcn leur race: mefmementfil fait la guerre^u païs.Mais pource que tous cesReniez eftoient ja fans Dieu amp;nbsp;fans foy aflèurée: en aiant depuis razé touj^ce qui leur en reftoit de/nemoire au cerneau: ils ne fe peneront de telles confideratiôs: ains les diront propres à ceux defquels afïèruis fôus le lien des oppinions amp;nbsp;inuentions humaines: ( entre lefquelles ils mettent la Religion Ce police ) ne peuuent penfèr ny faire que ce quâon leur à apris: non plus que le fèruiteur ne^rtira des bornes amp;nbsp;traditiues defôn
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de fön maiftre. Et fc imocquent ainfi de notre fimplcflè, qui nous eft ce pendant plus lêure, honnorableamp; auantageufè en îvn amp;nbsp;îautre monde que tout îeftat de leur mifêrable vie. Mais il cft temps de retourner à ce qui iè pafTa apres la bataille perdue par le Turc*
Ainfi la Bataille finie, les Generaux amp;nbsp;autres Chefs fe mirent à genoux: remercians Dieu Graces à bien deuotieufement de la viâoii^ qujl leur auoitenuovée à ihonneur Sc profit de toute la Chreflienté. Venier vifita lean dâAuftrie, amp;nbsp;le priant dâounlier lepafTéjfembraflèrent fort af- fur les feôlueufêment:emploiantlcreftedu jour amp;la nuid mefinefiirle lieu delabataîllearacon- Turcs, ter amp;nbsp;ouïr le récit des faits amp;nbsp;chofès mémorables quâvns amp;nbsp;autres auoient execute. Les Generaux commandans à chacuns Chefs dâamonnefter leurs foldats à ne fc perfuadcfque telle fÅlicité vint d'eux,ni dâaucun moien humain : ains de la püre hberalité celeftei^qu^e ils . deuoient tref-humblemcnt remercier du bienamp; hôneur quâils auoient tous receus en fi heu-reufê amp;nbsp;notable journée. Le lendemain ils firent reueuë des morts, des Galleres prifès amp;nbsp;perdues: amp;du Butin que lâennemi leur auoit laiffé. Des Chreftiens moururent lean amp;nbsp;Bcrnar- des chref-din de Cardonne Efpagnols, Virgà iie amp;nbsp;Horace Vrfins Romains. Des Veniticns,Barbadique Benediél Supcrance, Contarin Maripc*re,Vincent Quirfn,Hierofme Contaren,Marin lt;îon-taren,Iean Loredan,André Barbadicque, François Bon, Marc Antoine Lande, Antoine Fîf Quali-gu« amp;nbsp;plufieurs autres auec lean Baptifte,Benoift Cypriot,laques Mctie de Cheronefc, Antoine Eudemonique,Cydon Jaques Tricin, Vicentin: lerolme Bifânce de Cataro, André Calergue amp;nbsp;Malatefte Rimini la vaillance amp;nbsp;dextérité defquels en fait de mer, confermcrenc ce queplufieurs difent: que les Vénitiensfont fort entendus au combat Naüal. Somme que les Chreftiens y ont perdu huit mil hommes :au lieu defquels ils recouurerent douze mille Nomke Chreftiens que les Turcs tenoiét efclaues à la chiorme. Lon tient que des Turcs quinze mil nbsp;nbsp;Turcs,
mo unirent au combat: amp;nbsp;plus de fix mil prifonniers. Des plus fignallez eftojent Haly G epe-ral,Acmetbey commandant fur la» Ianiftà ires,Afà mbey fils Daiiafthnamp;fôn fils Mahome t Ãey Gouuerneur de Meteline, Gyder Bcy Gouuerneur de Chyos, Capfà mbey Gouuemeur de Rhodes, Prouin Aga Capitaine de Lebyde,Muftafa Celeby grand Treforicr.AffisCaiga, Sangeas de Gallipoli» Tramontant qui comandoit fur la Gallere Reaile, Caracosamp; plufîeurs autres. Les prifonniers principaux furent Mahomet Bey amp;nbsp;Sambey enfans du General. Ma* hometBey, Sangeas de Negrepont. Syroc Bcy pris auecfâ femme, îvne des plus belles de Turcquie. Ceux-ci fe fà uuerent. Ferrant Ochyali, Murat Rays auec fon fils Benonofè. Ally le Chef amp;nbsp;Prince des Pirates, Carapero eftoit allé en Chypre auec vint groflès Naux des 2 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
parties de Conftantinople: ainfi ne fe treuua parmi les coups. Centfoixante Galleres furent prifès,quarante percées amp;nbsp;enfondrées amp;nbsp;foixante fuftes,brigantins amp;nbsp;autres vaiffSux pris. Le Chafteau de poupe de la Reaile eftoit excellSment beau amp;nbsp;plein de.grandes richeffes amp;nbsp;fin-gularitez trois fois plus grande queues autres Galleres. Lt Grec qui auoit tué le General Turc y prit {Eftendart,duquel il vendit la hampe à vn Orfeure de Venifej: amp;nbsp;en tira grans deniers : pource que le manche eftoit dâargent doré fort gros amp;nbsp;maffif, graué autour de lettres ⢠T urquefques qui portoient telle fubftance dâvn cofté. Dieu fauorifè amp;nbsp;ascroift les fideles,amp; Dieu efeoute Mahomet és dignes entrcprifês. De hutte. Dieu, il nây a point dâautre Dieu,amp; Mahomet eft le Meffager de Dku. Le Senat fçnuoya racheter, donnant par chacune once le double de ce quâelle valloit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qdÃccttepîec^'uft mife auec le refte du butiia amp;nbsp;defpouil-
les ennemies au trefor de la Seigneurie. Puis chacun General depefeha courrier pour auertir fon Prince de tout ce quefdefTus. lean dâAuftrie'enuoya au Pape lEftendart'pris au General Turc pluftoft quâà fon frère, tant pour'le reconoiftre Chef de la Ligue^uâen recompence de celui qui lui auoit enuoyé à fon departement. Câeft affez de cette bataille, crainte quâvn fi long difeours ne nous fift perdre la mémoire des affaires 4^ France.
I E vo v s aylt;Jitci deuant, quâcncor que la pluf part des Confederez François culîènt occafion de mener vie paifible amp;nbsp;contente en ce Royaume : quâaucuns neantmoins tant pour ^cs phia-le refjjcâ: du General,quepour leur particulier: eftimoient a«oir affez de raifon à fè^plaindre: usdesCon. Que lâEdit nâeftoit entièrement obierué comme le Roy lâauoit promis : notamment^our les Roquot;furcc impofîtions qufon faifôit fur eux contre la teneyr de lâEdit. Pour les gai^ifons Rcalles qui te- syc fon noient encor en LanguedojDauphinéSc ailleurs. Pour nombre dâautres groffes villes qui nâauoient laifïe les armes, amp;nbsp;gardoient tousjours les entrées commâen guerre. Pour nâauoir pasenucte» enuoyé Commiffaires par tout à lâexecution dx lâEdit. Pour lâexercicc de la Religion, quâon
nçvow-
-ocr page 90-oftobte, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
* â* ne vouloit rcccuoir en tous les lieux portez paricelluy. Pour le reftablilïèmcnt des officiers Proteftans en leurs Eftats premiers. Punitions des côntrauentiüns à lEdit 8c pluficurs autres matières portées par les articles generaux qui en furent prefêntez au Roy:amp; relpondu par luy * leant en ion priué Confeil le quatorzième Oélobre mil cinq cens fèptante vn. Comme vous verrez auec la lille amp;nbsp;partement desCommiffiaires deputoz par là Majefté pour l'execution Si entretenement des articles de la conferance.
^rà urpu- PREMIEREMENT pout effeûuer ce que là Majefté à accordé pour le payement des fentez au Reytres luy plaifê faire paier la fomme de quatre cens cinquante mille liures, dbeuë à cefte Prouftan^r Septembre à Francfort. Relponce. Le Roy à cy deuant prefté à Meffieurs les Princes Et re^ôdus Si à ceux q^ii les ont accompagnez,.la Ibmme d« deux cens mil liures pour le Licenciement Reytres : laquelle ils auoyent promis luy rendre Si rembourcer dés le premier jour de
50 mil I Nouembre paffié. Ce qui nâa efté encor fait.Neantmoûis là Majefté aura elgard à tous les mo- . foiciitpaiez iei\sdont îonlê pourra auilêr pour rccouurer lalbmmedc deux cens vint cinq mil liures. auxRçy-â^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lefdits deux mil liures pour leur eftre deliuÃz fi faire le peut fur la fin de la prê
tres. lêni^ année. 2. Neantmoins fil ne plaift à là Majefté Ãirc rendre à ceux de la Religion ce qui Lcuées de à ^fté leué fiir eux de fimpofition dernièrement faite pour le payement des Reytres Si S uillès: au moins quâil luy plailè ordonner que les exceffijfes taxes lôient rcueuës Si ce qui à efté in-ftas pour le juftement prins Si Iciié fur eux leur lôit rendu. Et pour les teçnes enfuiuant de ladite fubuen-paiemet des exempter ceux de ladite Religion du payement dâiceux. Relponce. Quand à rendre ce â qui à efté leué ou exempter pour îauenir ceux de la Religion pretenduë reformée de la fub-uention que le Roy leue fur Ibn peuple en trois ans: câeftâchoie que là Majefté ne peut aucir-nementaccorderjcftimans quâà fvnionSi concorde de lès fujets appartient grandementlegal-Utÿ de traiôhemcnt Si indifferente contribution aux charges publicques. Mais pour le regard de la prouilion ordonnée pour la moderation des taxes exdtffiuesjlà ditc Majefté entend quel-Ãonoiflace Je Ibit oblèruée: Si a ordonné fur icelles toutes expeditions necelïà ires. ?. Interdire auffi à de tels de-
⢠⢠niets à qui. tous j ugcs de conoiftrc ny fentre-meller du fait de la leuée des deniers fur ceux de la Religi-* nbsp;nbsp;nbsp;on par les articles lignez apres ÃEdit pour le paiement defdits Reytres. Et les jugemens don-
«icz par les officiers de Blois Si dâAnjou caftez comme luges ja interdits par les lettres de là Majefté cotre Si au prejudice de la relèruatiô pâf elle faite à foy Si fô priué Côlèil de la' conoif cot^îe cô cettematiere.4.0rdôner executoireamp; côtraintc eftre depefehée cotre les cottiles pat tenuene les Comiftà ircs ja deputez:à mettre inconünent les deniers és mains des Receucurs qui par ceftemarie- lefdits Commiffaircs font OU lcront eftablis. 5. Et dâautant que contre ÃEdit en plufieurs vil-, les Si pays,I?s impofitiôs faites durât les troubles ont efté leuées fur ceux de la R eligion : Si en Accordé, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pjufieurs impofitiós ont efté fà itcs depuisÃEdit fur iceux pour les dclpéces paftees,voi
re tous les jours font oélroiéeslettres pour en faire enâtermes generaux,clquelles ils fontcoti lez cotre ÃEdit dont ils font entièrement ruinez. Plailè à là Majefté ordoner comme elle a fait
⢠à aucunes Prouinces les deniers leuez contre les vint trois Si quarante cinq articles de ÃEdit
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftre rendus Si inhibitions déformais en vertu de quelcoriqucs* lettres obtenues ou à obtenir
les cotilèr pour les delpenccs palfées. Et afin quâil nây foit feit fraude quâà la cotilà tion delHits deniers qui leront impolèz à la requefte desjdj^yl^^ffifteiw^t. Relpoûce.Le Roy entend quâés cotilà tions des deniers qui îè feront déformais és villes S^ays : Sâil ny a nul Conful Efi cheuin, Conleiller ou autre deladite aflèmbléequi foit de la Religion prétendue reformée foit appelle ordinairement quclquâvn de ceux de ladite Religion pour y affifter fi bon leur fc-. ble Si voir quâils nafoient induëment furchargez ou cottilèz contre la teneur de ÃEdit Si où FoVent ils feroient en faire plaintes à là Majefté pour y pouruoir. 6. Plaife aufti à là Majefté faire vui-Icuces de der les garnifons qü^ont és pays d»Languedo,Dauphiné Si autres nâeftant de frontière, veu Dwphhé nbsp;nbsp;nbsp;grandefouHe du peuple ^ui a efté julqucs icy Si ne cefte encor pour lesincommoditez qui
amp;c. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y a tousjours dâauoir des foldats pour hoftes en là maifon Si vne garnifon dans vne ville. Rcl-
poncc. Jl a efté'pourueu fur le â¢ontenu en ceft article, aiant le Roy defehargé lès fu jeds dés gamifofls autant-quâil luy à efté poffible. 7. Et pour îexecution de IEdit feire.pofer les armes Armes foiéc aux villcs dc cc Royaiime. Et afin que les viljcs dâOrlcans, Lyon, Montpelier, Tololè, Si le deDauphiné forent rcmifes en la paciffication ordonnée y pouruoir de perfonnages, tat pour îaminiftrauon des villcs Si pays que diftribution de la lufticè, amateurs dc paix Si affe-dionne?; aîoblèruaûon de ÃEdit. Et faire vuiderauciuis qui notoirement troublent le repos delditcs
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â¢ilefdiâcs villes Se pays. Refponcè . Sera donné ordre à ce que les habitans des villes ne portent aucunes Annes dans icelles. Et que certain nombre dâentrâ-eux bienQuâaJifiezamp; lef-ponfablcs puiflènt tenir des Armes en leurs maifons, amp;nbsp;non autre fous les peines des Edits. ⢠Audi fa Majeftc fera elcóiion de certains Maiftres des Requeftes ou autres bons Confoîl-1ers pour enuoycrez villes amp;, lieux plus necelïà ires : afiijdây faire garder fesdits Edits amp;nbsp;Ordonnances. Huitième. D e p v t e r des Commiflà ires pour ^execution ^e fon Edit aux pays de Lyonnois, Dauphiné amp;nbsp;Prouence, attendu que Monfieur Molle qui eft en Commiflaf Languedo y eft occupé pour long temps, amp;nbsp;Monfieur de Mafparault député auecluy, à cefte fin sâen reuiennent, amp;nbsp;les y faire aller au pliiftoftrveu quâil y a ja quatorze mOys que ÃE- pour cxccu-ditcftfaiét duquel Icfdids pays nejouïflcnt prefque point. Rcfponce. Acfté jipoKueu fiir le contenu en ceft Article, amp;nbsp;fera mandé aux CommilTaires ja députez Ou autres én ' leur deflfaut de promptement le rendre fur les lieux pour exécuter le contenu en la Com-milTion qui leur aellé enuoyée. Neufiéme. Qve fexercice de la Religion foit cftably ez lieux ordonnez par îEdir . Et premièrement au Gouuernement du Lyo/7zjois,oii tous Religion les deux lieux cftablis par fEdit font ôfifez amp;nbsp;pas vnreftà bly. Relponce. Les faux-boffrjjs toitcftabli, de Charlicu demeureront fuiuant lEdit pour lâvn des Prefohes accordez à ceux deladiéle « Religion Refformée: amp;nbsp;au lieu de SaintJDenys delà Val fera mandé au Sieur de Man-delût, amp;nbsp;aux.deux Commilïà irgs ordonner lâexecution de lâEdit de Lyonnois : Ouyr ceux deladiCle Religion, amp;nbsp;autres qui y pourront auoirinterefl:,?c leur pouruoir de lieu commode pour ceft effeét dedans trois moys, dont ils aduertiront le Roy incontinant. Cependant faMajeftéleurà ottroyé pâr maniéré deprouifion dépouuoir faire lediét exercice en la Grange de leârt Preuoft, aulieu de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nonobftant que lâditte Grange eft
au pays du Dauphiné attendu que câeft pres de la ville de Lyon , amp;nbsp;pour la commodité de ceux du pays de Lyonnois,amp;Par prouifion lêullement. Dixiéme. Et pareillement ez villes appartenantes à là Roync Mere, amp;nbsp;Mclfieurs Freres du Roy elquelles pour la re-ftrinûion qui a cfté faiéle depuis lâEdit, amp;nbsp;contre la teneur dâicelluy à Villiers Cofteretz , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
lediét exercice eft Ãuocqué en doubte. Relponce . Les Prefehes demeureront où ils^ font eftablis,amp; au furplus fora fuiuy le reiglemcnt de Villiers coftret». Vnziéme. Aufli vn grand nombre de maifons des Sieurs hîuts lufticiers, incontinent on eft reuoqué en doute par longs proces de la haute luftice. Pour à quoÿ remedier, plaifo à là Majefté ordonner quâen veriffiant par lefdiéts Sieurs hauts luûiciesp fommairement, amp;nbsp;laps entrer en * diftention de filtres, quâils eftoyent jouyflà ns de la haute lufticeauant lesTeoubles: ils foyent remis eii lâEftat quâils eftoyent lors, amp;nbsp;leur foit permis lediét exercice : lauf à debat-KC les droids de la haute luftice. Ejpuziéme. Qvâ i l pl^ife à là Majefté faire executer
le reftablilTement des Officiers ordonné par lâEdid: ce qui nâa efté fait. Premièrement quant foiéc remis, aux Officiers Domeftiques du Roy, lâexemple desquels caulc vue imitation aux inferieurs Magiîlrats de troubler par tous moyens les autres Officiers au reftablilïèment amp;nbsp;jouïlïà nce paifible de leurs Eftats.Relponce. Pource que lâEftat de la maifon du Roy nâa peu eftre chan-gé,il a efté fait Eftat à part des Officiers Domeftiques de là maifon eftaris de la Ãeligiön Prétendue Reformée qui foront pajrz fuygg^ujj^amp;Jeur fora pourueu par cy apres. Treziéme. De mefmeles Preuofts des MSfffchaux, Lieutenans, Archiers amp;nbsp;aütres Officiers des Preuo-ftcz,qui nonobftant lâEdit voyrela plus part ayans Ordonrtanêes pour eftre remis: Sont toutesfois hors de leursEftats. Résponce. Pour lePréuoft,Lieutenant,Greffier,amp; Archiers de Lyonnois: la Sentence donnée par le liege de la Marefchaucée fortira effed, amp;nbsp;Louys du Four foy dilà nt pourueu de lâEftat de Preuoft audid Lyonnois viendra eftre ouy. Et quant aux Lieutenans amp;nbsp;autres Officiers de la PreuSftédâAnjou, autres Preuoftez, amp;nbsp;Officiers dâicelles feront remis fuiuant lâEdit. Quatorzième. Pareillement les Capitaines des Chafteauxnepeuuentyeftre remis. Ainsaux Anciens eftordonné quâils jouy-ront de leurs gages qui font communément fi petis que leftits Offices font tous/o^irs mc-furez plus au relped de la dignité amp;nbsp;autres, que des emoulumens : les autres du tout def pofledez fans recompencè. Relponce. Le Comté de Choily jouira de tous droiéls, prerogatiues amp;nbsp;emoulumens de Capiaine de Dourdan amp;nbsp;garde de la Foreft, lauf lâhabitation du Chasteav: laquelle pour cértaincs caufes demeurera en lâEftat quâelle eft de prefont. Et quant aux autres Capitaines feront remis fuiuant lEdit. Qv i n z i e m e.
Ff.
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Auflî les Baillifs amp;nbsp;Scnefchaux de robbe longue, amp;nbsp;lefdits Licutenans generaux, font dem is de leurs Eftats combien quâil ne fut pourueu à leurs Eilats. Et par ainfi quâils ne fuflènt corn-* prins en lâexemption portée par lEdit : Et quant a ceux qui comme comprins en ladite cxê-⢠ption ne rentrent en leurs Eftats, la recompence de lEftat de Conièillcr leur eft dcnice :
En forte quâils nâont ny office ny recompence. Plaifo à là Majefté ordonner que fuiuant IE* dit leur fora baillé vn Ãftat de Confoiller de la Court amp;nbsp;du grand Confoil,en payant ou rece-uant le fur^us de lalufte valleurfolon quâil eft porté par lâEdit. Refponce. LesBayllifsamp; Senefchaux'de robbe longue Lieutenans generaux,amp; ceux au lieu deiquels nâa efté pourueu au parauant lEdit: rentreront en leurs offices fuiuant le vintfixiéme Article. Et quant à ceux au lieu de^uels à efté pourueu, amp;nbsp;qui par confoquent ne doiuent entrer en leurs offices par lâEdit: leur fora pourueu dâEftats de Confoillers aux Cours de Parlement, amp;nbsp;parti c-ulie rement au Lieutenant de Bar fur Seine. Seizième. Autres qui auoyent efté pourueuz en filtres dâOffices, neantmoins leurs lettres leurs eftans delpechées par forme de Commiffion par certain rciglement ordonné deuant les foconds troables: font definis de leurs Offices, amp;nbsp;^urs commiffions reuoquées ià ns quâils ayent e« aucune recompenfo. Ains dâOfficiers ifttables font rendus priuées perfonnes. Plaira à iâ Majefté les remettre en leur Eftats pour le moins rembouriânt les pourueuz durant les troubles. Relponce. Poureequâilya Ar-reft donné auec connoiflà nce de caufo amp;nbsp;grande deliberation au Confoil du Roy qui fait dccifionde ceft Article. Et quâon alegue contre ledit Arreft, quâil eft donné contre vn particulier qui nâa dâefduit finon ce qui eftoit de fon intereft au moyen dequoy il ne doit préjudicier à lâvniuerfel, ôcceux qui ont fomblables caufos : à efté auifo que le tout fora rapporté au Roy. Stirquoy ledit Seigneur declarant là volonté à ordonné que ceux qui ont efté pourueus par Commiffion rentreront en leurs Eftats comme fils enflent eftépourueus en filtre dâOffice : amp;nbsp;leur en foront baillées lettres. Etipour le regard du Lieutenant du Maiftre des Eaux amp;Forefts dâOrléans, eft ordonné que tous deux rentreront, amp;nbsp;le dernier receu fora lâalternatif, amp;nbsp;en lâabfonce de lâautre . Dixfoptiéme. Et combien que lâon ayt remis quelques vns de la Religion en leurs Offices : Si eft-ce quâon fie leur a rendu que â¢que la moytié de leurs Eftats. Poureequelâona ordonné que ceux qui eftoyent pourueus durant les troubles jouïroyent par concurrente où alternatiuement: qui eft autant que les priuer de la moytié des emolumens de leurs Eftats. Encores lâon dénié a ceux qui ont voulu rembourfor ces pourueus durant les troubles, dây eftre receus: ce qui plaira à là Majefté leur permettre. Relponce. On ne peut accorder ceft Article là ns rcünirvne partie des Offices de France, amp;nbsp;y mettre vne diuifion perpétuelle pource quâil à tousjours efté à la diforetiondu Roy de faire amp;nbsp;créer tous Offices alternatifs, laiflà ns les gages aux Anciens, amp;nbsp;ceft Article a ja cy deuant dïlé débattu amp;nbsp;vuide .* Dixhuitiéme. Es maifons des villes afifemblées dâEftats Generaux amp;nbsp;particuliers, nul de la Religion nây eft receu pource que les Magiftrats Municipaux des villes pnncipalles furent par vn Edit de lâan mil cinq cens foixante cinq, mis par le Roy tous Catholiques amp;nbsp;ont prefeüeré depuis. Dont il auient que plufieur^impolitions font ordonnées par lefdits Catholiques, amp;nbsp;tombent fur ceux de la Religion: lefquels ne font ouys nây apijglfo^ nây à la délibération des impofitions dâicelle. Plaifeà là Majefté pouruoir à ce qiælous'prctRte d*!ffelle Religion telles oppreffi-ons amp;nbsp;pilleries qui fo font eldiéfes aflemblées amp;nbsp;hoftelz de villes ne foyent tollerez à la foulle amp;nbsp;ruine de fon peuple. Et que ceux qui ont offices perpetuelz efdiéles villes amp;nbsp;pays foyent reftablis en lâexercice, gages, penfions, amp;nbsp;emolumens dâiceux. Relponce. Ceux qui tenoyent offices perpétuels des villes y feront remis sâils en ont eftez oftez. Quant aux impofitions y a^efté pourueu Jur autre Article. Et pour le regard des aflemblées dâEftats en fora parlé au Roy qui fcraauerty sâil luyplaift delà forme qui fo tient en chacune Prouince efdides aflemblées dâEftats, auant ordonner fon bon plaifir fur lâcntrete-nement amp;nbsp;affiftance défaits dc4a Religion en iceux . Dixneufiéme. En la ville de P A R I *5 les Proffeflèurs ont eftez'du tout priuez de la faculté de lire ez foiences qui nâappartiennent en rign à UReiio i o,n , amp;nbsp;des lieux amp;nbsp;places des Colleges: par les relponces faites à VilliersCoterets contrelâexprcstexte de lâEdit. Plaifo à là Majefté fà ire garder lâEdit là ns reftriélion, comme eft expreflement porte par icelluy.
Relponce:
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Rclponcc. Ya cfté pouriieu par les refponccs qui ont eftez faites fur iemblablcs Articles meP mes dernierementà VilliersCoftrets. Et depuis le Roy a ordonné que ceux qui exerceront aujourdâhui tels Eilats amp;nbsp;charges neferont inquiétez nâyrecerchezfouspretextedela Re-« igion. Et quand lefditcs places vacqueront, faditte Majefté y pouruoira de telles perfonnes Miniftres quelle auilera. Vintiéme. Par mefme reislement a efte délfendu aux Miniftres dâhabiter ail- ^5 leurs que és lieux où fexercice de la Religion cil permis contre la liberté otroyée par le qua- bon leur tricme Article de ÃEdit à tous ceux de la Religion » Plailc à là Majcfté calTer telle deffence. Reiponce. Il nâeft beioin de prouifion generalle en ce tegard dâautre que lêlon tEdir.Et aliénant occafions particulières y fera pourueu felon lâoccurrence 580 a ces fins fera mandé aux Officiers des villes auertir là Majefté de ce qui le prclcntera en ce regard. Vint^iérrit. Ordonner pour faire pratiquer ce qui nâa eûé execute de lâEdit par les Commifià ires qui nâont fait quây pafièr : amp;nbsp;pour punir les contraueUtions qui fc feront deiormais: eftablir certains luges en certaines Prouinces non paffionnez. Reiponcc. Sera mandé aux, Commifià ires qui feront enuoyez félon fautre precedJiit Article quâils reprennent les arremens des Commifià ires precedens» Et le fèmblable aux luges Ordinaires des lieux qui en lâabfence dâautres CoiÃgt;ifi fà ires feront chargez de lâexecution de lâEditi Vintdcuxiéme. Plaifcau Roy pourueoir fur les Requeftes des Gentilshommes amp;nbsp;habitan« du plis Meffin amp;nbsp;Marquifà t de SallufTes Sc villes Noh-'r-i a» qui en dependent. Depuis le lioy à ordonné que tousles Gentilshommes amp;nbsp;autres hà birans de Mets amp;nbsp;pays Meffin auront pour lâexercice de leur Religion: le lieu de Mouthoy fans quâ- saUuccs,'^ ils puificnt faire ledit exercice ailleurs audit pays.Toutesfois ne feront fecerchez pour le fait Remis au de la Religion nây contraints faire aucunes chofes contre la liberté de leur confciences. Et fè- Koy-rontau refte egallement traitez comme les autres habitans dudit pays Catholiques. Pour le regard de Salluflès, les Miniftres amp;nbsp;autres perfônnes detenus pour le faiél de la Religion feront eflargis amp;nbsp;les habitans dudift pays ne feront reccrchez pour le fait de ladke Religion nây contraints faire chofès contraire a la liberté de leurs confciences, amp;nbsp;feront traitiez comme nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
les autres fujets Catholiques fà ns diftinélion de Religion, fà ufs quâaudit Marquifà t de Sal- leCtt. tac liiffes nây aura aucuTie afiemblée nây autre exercice de Religion prétendue refforiïiée. , vtmii'c. Quant aux habitan, le Roy en referira au Papeamp; à Monficur le Cardinal dâArmignaé par deuers lefquels il enuoyera homme efpres de fà part. Et pour le regard de les aü-tres fujets où ils feroyent empefehez en la jouïflà nce des biens quâils ont audit pays : y ferapourueu par les Officiers de fa Majefté tout ainfî à ^ue pour les Catholiques felon lâar- * reft donné en fôn Confêil à Paris le vinteinquiéme dâOéfobre, mil cinq censà bixante fix. Vinttroifiéme. Quâilplaifeà fà Majefté faire jouir ceux qui font de la Religion qui ont Benefice? des benefices deleffeCl amp;nbsp;executior^ des Articles accorde^ par fà Majefté en fefà nt ÃEdit de pacification. Rcfponce. Sera drefté vne declaration pour cell effeét aux termes les plus fuportables que faire le pourra. Vintquatriéme. Plaifc au Roy deffendre à tous luges qui aient u , pourraifôn de ladite Religion veulent empefeher, que les Peres amp;nbsp;Meres Tuteurs §d;Cu-rateurs nâayent lâéducation amp;nbsp;nourriture de leurs enfans amp;nbsp;mineurs tout ainfi quâils au-royent sâils eftoyent Catholiques. Reiponcc. Toucliant les Tutelles fur le# deux voyes propofées de prrferer le Pere oa de^jiu^Jj^Ceuftumes des lieux, en fera parlé au Roy.
Sa Majefté à ordonné queTSTPeres ne feront*empefehez en la nourriture Scinftiturion de leurs enfans felon leur Religion amp;nbsp;confciencc. Apres la mort defquels ils feront entretenus en la melhie Religion en laquelle leurs fufdits Peres les auroyent nourris, amp;nbsp;ce jufques à îaage de quatorze ans complets, amp;nbsp;lors ils demeureront en leurs libertez. Vinteinquiéme* Plaifeau Roy calTerSe declarer nuis tous ArreftsSe jugemens par lefquels ceux qui ont voulu eftre receus en offices : ont efté chargez dâinfonfler de leur R^igion, amp;nbsp;ordonner vLkht que lEdiél qui ne permet eftre faiéle diftinélion de perfônnes, fera gardé amp;nbsp;obferué. eftrerectus Rcfponce. Quand à la reception des Officiers de ladite Religion ; Il nâeft befôin dâautre declaration. Voulant là Majefté que fôn Edit fôit entretenu. Vintfixiéme. Plaifeau Roy ordonner que fuiuant lâArticle vinttroifiéme de fon Edit, tous Arrefts donnez depuis les troubles contre ceux de la Religion feront caffez, amp;nbsp;les panics remifcs en ÃÃllat quâils c- teftans. ftoyenr au parauant les troubles fans faire diftinélion quâon a voulu faire depuis,amp;: contre lâEdit. Rcfponce. LâEdit auralieu au vintroifiéme Arücle dâiceluy fors en ceux qui eftoyent de-
Ff ij.
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La petite paix de lâan 108.
Prefcrjpti-ons.
Gainifon de Ãlaie,
⢠â¢Prifesfur mer. â¢
mandeurs où qui de leur fccu,Se volontairement ont delFendu amp;nbsp;qui nâont point eftéjuge:^ ablcnsamp; par forclufion.Nc tenant en ce les prilônniers pour prefens.Et fur la difficulté concernant ledit vinttroifiéme Article defEdità caufèdes jugemens amp;nbsp;procedures de la paix dâentre les deux troubles derniers: en fera fait rapport au Roy pour fijiauoir fi lâon tiendra pour paix où pour guerre le temps de l^petite paix. Le Roy pour donner toute occafion de repos à vn chacun: veut bien que ledit Article vinttroifiéme de ÃEdit foit eftendu amp;nbsp;ait lieu au téps de ladite paix dâentre les deux ArreftsSc juge men s donnez en matières ciuilles pendant le dit temps nâaians cfté demandeurs ou prefens defendeurs volontaires fans crainte où empri-fônnement de leurs perfonnes. Vintlèptiéme. Et que fuiuantlâEdit au melme Article, toutes prefcjiptic^s conuentionneles, couftumieres ou legales dont le temps eft efeheu urantles troubles: feront tenues pour non aueneuës.Relponce. Touchant les preferiptions mentionnées audit Article : Les parties feront ouïes fur îinterpretation de lâEdit quand il fenpre-fentera quelque different. Vinrhuitiéme. Plaifê au Roy declarer que les fruits de îannée mil cinq cens feptantc prins par voye dâHoftillite quilTefloienten nature lors de la pu-bliûttion de lâEdit ne pourront eftrerepetez . R e f p o n c e . Sefà uttenir à fEdit: amp;nbsp;les c* particuliers fc décideront au Confeil priué félon leurs circonflances. Vintneufiéme. Plaifc au Roy comme il a caffé les Garnifons, rei^cquer auffi les Gouuerneurs particuliers des villes,amp; pouruoir à ce que la Garnifbn de Blaye vuide,fi ginfi fa Maiefté le treuue bon:ou quâelle ne vine amp;nbsp;commette les exaélions furie peuple comme elle fait journellement. Neat-moins que lâexercice de la Religion qui en a cfté ofté par la viollence des Soldats de laditte Garnifbn y foit remis fuiuant iEdit,amp; les mortes payes de la Religiô foi et remis en leurs char-ges.Pour les Couucrneurs particuliers remis au Roy pour le fait de Blaye. Refponce. Depuis fà Majefté a déclaré fon intention fur ceft Article qui cftquc lâexercice de laditteReligiô fera aux faux-b(jurgs où autre lieu prochain plus cômode pouFeux amp;nbsp;la Gamifon oftée de ladit te ville. Trente. Plaife au Roy declarer que les prinfes faites tant fur les fujets que Efpagnols amp;nbsp;autres eftrangers fin mer deuant la publication de tEdit faitte à la Rochelle ne feront recer-chez: Nonobftanr tous Arrefts donnez contre aucuns particuliers amp;nbsp;ctlbimifïions décernées
à fAmbaffodeur dâEfpagne pour la generalle recerche des depredations par luy prétendues. Des remonftrances faites contre la Commiffioifde îAmbaftà deur dâEfpagne fera fait raport à fâ Majefté.Refponce. Le Roy a ordonné que les cômiffiôs obtenues pour la recerche des pro ces amp;nbsp;jugemensinteruenus fus /lesditjps prinfes: furferront jufques à ce que autrement par fâ Majefté enfÅtordonné,amp; où il fora requis de permettre lefdits progrets amp;nbsp;executions defilit-tes commiftions amp;nbsp;jugemens: déclarera que les eftrangers fes voifins alliez amp;nbsp;confederez fo peiiuent bien contenter de mefine traktement quâil fait à fes fujets naturels par fon Edit. Qui eft foubliance des chofes auenuês durant les troubles.!rente-vn. Plaifo au Roy ordonner que les fils amp;nbsp;filles qui auront excédé lâaage dlt;jvintcinq ans,amp; qui pour la diuerfité des Religions auec leurs Peres amp;nbsp;Meres où autres parens qui les ont en charge nâont efté colloquez en Mariages: pourront fuiuantle droit, fomarier fansque'à faute des coiifontement des fuf
Mariages 4âenfans Proteftans fans le feeu
despateni. JftsIcurpiiifj^ rien eftre imputé, nây en leurs honneurs, nây enfiiccclfion amp;nbsp;autres droits.
Responce. SvrIcs Mariages des cn^Jjjjj^^junr^Religjpn que leurs Peres qui fe marient fans leur congé: à ce que les peres ne fespuiflentaeslîîflter : Il ne faut point de Loy Enterremäs Particuliere pour ce regard. Trente deux. Que les enrerremens és lieux où texercicc eft: permis, fo puifïént faire le jour, amp;nbsp;és autres lieux. Que les places appartenates à ceux de la Religion ne leurs feront oftées, amp;nbsp;faire punir ceux qui ont defcnterré les morts depuis Baftimens ÃEdit publié. Refponcc. Sur lesfopultures,ÃEdit fora obforué. Trente trois. Plaife au de'ï'cTtho- declarer fon iuicnrion fur le» defpouillcs amp;nbsp;démolitions faiâes durant les troubles liques. employées en autres baftimens, qui toutesfois fo congnoiffent encor. Refponce. Touchant la matière des demolitions fora parlé au Roy: Sâil treuuera que bon foit lesdittes matie-officiers res mifês en Åuure ne foyent enlfliées. Le R o y trouue bon quâil ne foit fait recerche de tel-dçs villes, les chofos pour le regard dc cc qui feft paffé durant les troublcs, foit pour repeter les matières où feftimationdâi(^lles ce qui fo treuuera ipis en Åuure. 5 4' Que les Officiers des villes Mariages, efleus durât les troubles au lieu des decedez demeurerôt en leurs Eftats. Refponce. Pour les
Officiers des villes feront les parties ouïes quand elles ne fe pourrôt accorder. 5. Pource que fur le fait de^ Mariages dc ceux dc laditte Religion ont cfté faits,amp; fo font par les Officiers amp;
Miniftres
LIVRE VINTSIXIEME.
Miniftres du Roy des jugemens amp;nbsp;ordonnances au proffit dcfduâ de la Religion, pläirä à fà Majeftc y pouruoir.Refponcc.Lc Roy à refêruc à foy la conoiflà nce Se jugement des differens qui auiendront fur ceft article lefquels y feront rcuocquez quand ils Ce prefenteront fans que ⢠chofê qui puifïè auoir elle faite: apporte aucun prejudice à lâinterprétation quefâMajefté pourra faire de fbn Edit. Trente fix. Plaifc au Roy ordonnât que lès luges conoiftront des di-ferents des mariages amp;nbsp;autres caufès qui entre les Catholiques ont accouftum« eftre jugées par les luges Ecclefiaftiques. Sans que ceux de la Religion foi eut tenus comparoifire deuant eux.Et neantmoins que és cas efquels le Pape ou Euefques ont accoultumé de bailler difpecc indifferammenticeux de la Religion feront tenus pour difpenfcz ou prendre difpcnce du Diipcncc. Roy ou de les Officiers. Refponcc. Sera regardé a prendre vu expedientztänt fiff les (îifpen-ces que fur les jugemens de tefïènce de Mariage,amp; en fera prins auis des Prefidens amp;nbsp;Gens du Roy au Parlement à Paris.
A L I ONDcfârches, Maiftfe des Requeftcs.AMeaux.AunlIotConfciller à Paris: Mont- temensdes pellier, Bellieure Confêiller. à Grenoble. Reins, Bariot Maiftre des Rcqueftes amp;nbsp;Pref^ent au grand Confcil. Dauphiné, Villencufue Prefident à Bordeaux. Orleans la Renyc Conf»l- par fa Malet au grand Confeil. Le Mans deThillyfbre Prefident à Roüen. Tolofè Rogier Confêiller à J'-â^^eduRoy D nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_. r JJ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pourlcxecu
Paris.Bordeaux Fumée Maiftre des Requeftes. Perigueux Dugatz Prefident de Bretaigne. tinn amp;nbsp;entre Bretaigne Bouguemare.Roueii^Guiotard Confêillerau grand Confêil. Prouence, Ange-noux Confêiller à Paris. Voila les moyens que prà tiquoiênt les François pour fê maintenir delà Coiifc en repos, auquel je les veux laiffcr quelque temps pour reprendre les Vénitiens qui me veu-lent faire raconter le plaifir extreme quâils receurent des nouuelles de la viétoirc gà ngiiée au Golfe de Lepanto fur le grand Seigneur des Turcs,amp; ce quâils firent de memorable puis a-pres.Viuoient en grand cfmoy:tant pour les pertes pafïees que pour la crainte que les affaires attendent ne feportaflênt encor pis. Mais aians fccu que farmée eftoit partie de Meffine,autc tel ordre amp;nbsp;refolution que nous auons dit: Ils commencèrent a mieux efperer. Ainfi attendans fort eu- les de lâar- ⢠lieux nouuelles de ce fucces. Le dixhuitiéme Odobre, arriuafur le midy au port de Venifê, Vinfroy, luftinien Jêpefehe par Venier deux jours apres la bataille. Entré au port fit tirer vng Canonnade,amp; foudainalla droit au Palais du Duc à Saint Marc,aprochSnt duquel il fit fbu-uét plôger quatre enfêignes Turquefques pour rejouiftace, à laquelle tous arriuas file à filcjÃc nbsp;nbsp;1571.
voians la Gallere chargée de butin, redoublerent vidoire à pleine bouche,amp; ne fut fi toft def Noùuellcs cendu quâil fut porté fur les efpaules de la multitude juéques en la Court du Palais: où de gc-noux dit au Duc quâil lui apportoit les meilleures nouuelles que de cêt ans on tMft ouï:Etfoü viâoirc à dain les lettres de Venier furet Icuës tout hautaucc vne incroiable liefïê de.tous, 8c nommée-^ Vcnjfc. ment du Senat qui luy donna lordrc de Cheuallerie,8c luy giift vne chefne dâof au col poUr le feruicc fait à la patrie. Et auec ce fut renuoié en farmée. Cependant les Ambà fûdeurs des Princes vindrcnt au Palais fesjouïr au nom de leu»Majefté de fi bonnes nouuelles. Defquel- , les ils firent bien toft certain^ leurs Majcftez,nomméement celuy de Frâce le Roy Charles le vintiéme Odobre qui enuoia lettres à ÃEuefque de Paris pour en faire faire les prieres,procef-fions amp;nbsp;feuz de joye quelque confederation quâil euft auec le Turc. Prefquc t jlis les Poten-tas dâItalie y enuoierent, pojj^e nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de grades lieffes. Le Senat ordonna que les
Criminels de mort prifonniers:8c les detenus pour ne les auoir déferez apres le cri public pro neut ie pour mettans fà llaires aux dénonciateurs : fêroient mis en liberté. Les larrons fous vintcihq du cats Sc qui ne feroient afïêz fors pour tirer tauiron de mefme. Les condamnez aux Galcres y ferui rc. roient la moitié du temps prefix. Si cefte moitié eft expirée fêront a plain deliurez fors quelques infames forfais exceptes en îordonnancc. Lesprifonniers pour dettes moindres decent vinteinq ducats auroient la Seigneurie pour paicur. Si âudefrus,les auditeurs accordetoient . les parties. Vne chofê y fut remarquable quâaucun ne porta ducil pour leurs parens, alliez ou préféré au amys decedez en la bataille-' tant la reprefêntation du bien^ublic, auoit effacé lâ mémoire patticuiicr. des pertes particulières és cÅurs dâvn chacun. Comme les Lacedemoniens apres k journée des Termopylesoù fous Leonides, les trois cens Lacedemoniens furent toüS tuez par les Pcrfês.Et dautât que Venier auoit prié le Senatt dâêuoyer noncueaux (îliefs de Galleres amp;nbsp;de Reconoif-la Noblcftê jeune pour le mettre au lieu des morts:On efléut i 5.des premiers de laNoblefïe, amp;nbsp;au lieu de Barbadicque laques Surâce home de merite.Fuîs môterêt tous fur la Gallere de luftinien auec les prefens que le Senat enuoioit aux Chcfs.Au refte le Senat fit crier que qui
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ff iij.
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dc'chcfz nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vific trahitre quiauoit rendu Antiuari forte dâArt amp;prefque imprenable'
mal faifans nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;attendre le Canon: il auroit mille efeus amp;nbsp;celuy cinq cens qui en apporteroit la tefte: de-
Icurs deuoir clarant ce Gouuerneur villain amp;nbsp;infame confifquant lès biens à la Seigneurie vùnt de pareib
Lettre en-uoice depuis la victoire par 1 a
le luftice à fendroit dâEmile Vlin qui eftoit fon Confeil,amp;: fe courrouça fort contre le Gouuerneur de Curfole qui feneftoit/uy. Cependant la Seigneurie remercia Dom lean dâAin ftrie du bon^deuoir quâil auoit monftré vers elle amp;nbsp;toute la Chreftienté par lcttrcs:dont late^ neurfenfuit.
Combien grande amp;nbsp;de quelle importance eft cefteviéloirc que Dieu à oélroié à la Chreftienté auec les trcs-heurcuxnom du Saint Pape amp;nbsp;du Roy Catholique, amp;nbsp;par le moien de Seigiwuric la boi*té,v«tu,amp; vaillaiice de voftre Alteffe: elle dâelle mefines le peut affoz conoiftre amp;nbsp;con-au Seigneur ftdcretjveu quâen ce bien fortuné Jour de la viéloire nâont efté foulement brifoes les forces de Dom lean cc tant defloial amp;nbsp;cruel Tiran, amp;nbsp;que par tant dâannées il a defploiées contre le fidellcpeuple d Auiiric. (3hreftié. Mais auffi a efté aux Chreftiés ouuerte la porte de fà ruine amp;nbsp;la voye de lâaqueft de lâEmpire,duquellâEmpereur voftre Pere eftoit heritier:le recouurement duquel on voit clai-rc^ftvt que Dieu tout puiflà ntauec vn fi braue comnfencement, amp;nbsp;auecques tant manifeftes demonftrations de fà grace amp;nbsp;faueur enuers voftre AIteffe:là voulu a elle reforuer.Et pour par fournir fi haute entreprifo à la grandeur amp;nbsp;gloire lt;iâicelle,à laquelle veritablemêt nous tenons . amp;nbsp;recônoiftons obligez nos Eftats,nos vies amp;nbsp;nos afïeótions:»ous luy offrons tout noftre pou
uoir,noftre volôté amp;nbsp;noftre foy.Car tant que celle noftre Cité de Venife durera:elle aura fou* uenance amp;nbsp;mémoire de ce grand bien receu de volire Altcflè:qui eft a la vérité tel quâil fobli g⬠amp;nbsp;requiert plus les faits que les parolles de celle noftre republicque: laquelle amp;nbsp;nous tous comme à toutes occurrences elle treuuerapromps amp;: prêts a JaleruirSc obeynaulTi en pourra elle voir claire amp;nbsp;manifçfte aparence eu nos vilâges amp;nbsp;en nos cÅurs,ft oneques nous pouuôs reccuoir taiK de graces du Seigneur Dieu:amp; tant de fà ueur^e voftre Altefléâquc delà voir en celle Cité rendue tant alfeótionnée à la fplendeur de lonncm.Nous avions pareillement receu grand plaiftramp; contentement à loccafton de ce que de celle bonne viéloireeft participante la Majefté du Roy Catholique pour f intereft amp;nbsp;conlcruatiô de lès Roiaumes amp;nbsp;Eftats:amp; que ftnt dâAmes Chrefti^nnes ont par melîne moien efté deliurées amp;nbsp;comme aflèurées de depredations milèrables.Certainement ( Prince SeremlTime ) ces heureux éuenemens font de telles confoquéces:que de tant moins nous deuons amp;nbsp;pouuôs douloir de lâefufton du là ngChre-⢠fticn amp;nbsp;de la perte de plufieurs Cheu^lereux Seigneurs, lefquels reforuez à mourir en fi bra-ues amp;nbsp;glorieus entreprifos:ont auec grand honneur premièrement lâuué leurs ames,puis de-liurez leurs parens, Amys,Cytoiens,amp; toute la Chrellienté de mains tant Impies amp;nbsp;Barbares conforuans amp;nbsp;accroilïà ns la foy Religion Chreftienije par la ruine amp;nbsp;deftruélion des conjurez ennemis dâicelle.Dont fo peut conoiftre que ft lefus-Chrill noftre Sauueur à ft log téps amp;nbsp;par tant de ftecles dclaié, à donner vne tgnt ftgnallée amp;nbsp;remarquable viéloire à fon peuple: Il luy a toutesfois en fin donné pleine de tout bien amp;nbsp;de toiite dperance de lâaccomplir amp;nbsp;par faire auecques la mefme main de voftre Alteflè.Combien que cy deuant il ait icelle deniée a tât de Roys,E»ipereurs,amp; Papes qui tôt à diuerfes fois procurée amp;nbsp;reclamée, amp;nbsp;qui mefines en ont efté eftimez dignes.Voiez donc amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de combien elle eft obli
gée amp;nbsp;redcuable à là diuine Majefté:amp; fi elle en cefte cauïe qui toute touche amp;nbsp;appartient au fidelleforuicedeDieu: doit fuiure les commencemens amp;nbsp;premiers Arreftsde tant heureufo fortune,amp; en elperer de Jour à autre meilleurs amp;nbsp;plus auantageux fucccz. Car chacun peut clairement voir que la Majefté diuine par quelque priuilegefingulier, fappellcpourda def-fendre amp;nbsp;maintenir la gloire de fon nom. Laquelle vocation voftre Altefle ne peut faire refus dâaccepter amp;nbsp;embralfor de tout fon c8eur, comme venant de la main de Dieu pour lâexaltation de fon Saint Nom : grandeur de vous amp;nbsp;de voftre frere le Roy Catholique. Quand à nos forces amp;nbsp;focours, voftre Alteftè fen doit preualloir amp;nbsp;afleurer de tant quâelle en peut de-firer : Et dauantage fo promettr^la rebellion de plufieurs peuples fiijets à fon ennemy auec îafliftance amp;nbsp;aide des autres Chreftiens : Lefquels combien quâeftrangers amp;nbsp;lointains: font Ja eftneus amp;nbsp;de plus plus felmouueront de la viétoire dâvn fi grand Prince amp;dela diuine inlpiration qui fora tousjours à voftre Altesse fourc guide en tous fos pen-fomens amp;nbsp;deffoins : amp;nbsp;fort bouclier en toutes telles fomblables fortunes amp;nbsp;heureux pro-grets. Ainfi fora rccouuert amp;nbsp;rendu aux Chreftiens le fâint Sépulcre de leur Sau
ueur
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iiciir lefus-Chrift amp;nbsp;grans Empires acquis à voftre nom éternel/ cment afleurez à voftrc AI-tefle à ceux qui en delcendront. Qui (cront en toutes occurréces amp;nbsp;perils gardez amp;nbsp;dépendus par ce bras tout puiflant^ par lequel aujourdâhui vous combate z amp;nbsp;lequel tient en main fefpéc nuë de fon ire contrefennerni commun pour rendre,vos conqueftes plus alléqréçs ; quot;amp;⢠les louanges de vos victoires plus dignes amp;nbsp;dclirables. Or Ibmmes nous bien certains que de tout ce que nous vous relcriuons vollre Alteffc a dâelle m^fine alTcz grande c^nciilamp;ice.Mais elle nous exeufera ü luy plaift de tant dé hârdiefîè quâelle remettra fur^fe rertrps^relènt Scïiir le deuoir, obligation amp;nbsp;deuotion noflre entiers elle. Laquelle Dieu noftre Seigneur vueille conferuer amp;nbsp;accroiftre en toute profperité de tant que defire toute la Chrchicnrc. Il euft pour
gt; r ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠ri nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 f 11â T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;victoire «H-
Ion dixième,leize Galleres Sc y. cenç'vint elclaues amp;nbsp;le dixième du butin i Le P^c vint-lept nibué. Galler es,dixneuf gros Canons, trois Canons à pierreiquarante deux petis Canons, amp;nbsp;douze cens efclaues. Le Roy,huittante vue Galleres, tränte huit gros Canons, fix Canons à pierre, huittâte quatrepetis Canons,deux mille quatre cens elclailês .La Seigneurie autâç.Puis Dom lean dâAuftrie le chargea de repreieter les Seigneurs T tires au Pape pour en faire à Ion plaifir.
Selim aucrti huit jours apres de ceik perte: ne voulut parler à aucun de tout le jour ^tant -(^jeratîô il eftoir ennuyé. Et le relie de lès fujets encor plus;ceux mefinemenr qui ne là uetîPque câelWc deSclim amp;nbsp;de La guerre craignoîet fort de perdre leur liberté: sây maginant jâ de voir les Chrellicns à leur troulïès. Mais Selim confiderant bien ceft inconuenient: ne plaignoir pis tant la perte que le nouueiie de deshonneur quâil en receuoit, à reprelèntant les glorieux actes de (es deuanciers. Etnâeuft e- celle vidoi-fté qu'il fe relîbuuenoit par fois quâaucun dâiceux auoienr receus ballonnades de la fortune: pour croire que tout eft incertain 8c variable en ce monde: joint la frefehe conquelle de Chi* pre qui le moderoit vn peu: Il en euft.efté beaucoup plus falchc. Si bien quâen fin il le rcfoult dâoublier la perte palTée, ralïèrfibler toutes lès forces amp;nbsp;cmploier tous lès moiens pour lè vem ger des Chreftiens. Puis il comnundà que lAmbalïadeur Vénitien 8c tous les fumets des Ne-nitiens,du Pape amp;nbsp;du Roy Catholique fiilïènt prilônniers. En apres aians fait magnificque-ment les oblèqucs des morts,amp; loüé ceux qui felloient les mieux portez à hfrencontre: cha- ' cun faprelle au mâtkement de Selim, qui elloit encor à Andrinapoli cependant que celuy qui nbsp;nbsp;â¢
auoit la charge des ports er Arcenats lè dilligentoit à ballir amp;nbsp;armer nouuelles Galleres 8c r» faire les vieilles.Fut en outre enjoint lèueremant à tous Beglerbeys 8c Saîigiacs des Prouinces que chacun dâeux equipallvncGallcre, fur le printemps. Les Generaux Ch rellicns dâautre DefTemsd« collé arrellerent de finformer des Captifs,en quel Ellà t elloient les forts de le Lepânto,Nerite nbsp;nbsp;nbsp;Ligue
8c autres prochains. Et bien que les Captifs les dilènt bîen pourucus:Gabriel Serbelon néant- Chreûiénc. moins y fut enuoié pour reconoillrc tout.Cepedant fut arrellc quâon nâalfiegerftt places que les Galleres ne fulfent milès en leur entier.Et pource que îhiuer ne le pouuoit Ibuffrir, lean dâAuftrie amp;nbsp;Colone confultans enlènlblc relblurent de lè retffer à Melfine,où ils arriuerent au commencement de Nouembre.
Venier aiant rabillé là Flotte enuoia tränte groflèsâNaux dè glierfe aüec fix mil Ibldats quâl-talliens quâAlbanois: aulquek commandoit Paul Vrfin pour alfieger le fort Marguerito.Si bie amp;nbsp;fes ex-que falloir preflè de fix Canons 8c force harquebuzades: Les alfiegez lè rCndiraitpar compo-fition le quinziéme Nouembr^ 8c le razeren^^r ne le voir tenable. Vne autre troupe auoit donné à Supot que les Tur£wSk)id^pnigt;,lclqi*Sls lâabandonnèrent brullans comme ils lè rc-tiroient tout ce quâils trouuerent le long de la marine. De là furent battre la Valo nne encor que la pelle full fort elchaulfée en ce pais là . Le Senat Vénitien cependant drellbit tous prepa ratifs pour auoirvne belle armée lur mer à ce printemps:^ ccrchoientplus grand nombre de grolïès Naux voians le pgafit que ces fix auoient fait : clquclles quatre lèuls hommes moururent. Elloient aulfi en deliberation de drelîèr armée par tgTe,craingnant que le Turc ne les af là illift par là . Tel elloit fEllat de fEmpire des Ãthomans, de la Seigneurie Vénitienne: du Royaume dâElpagne 8c des Ellats tant du Pape que des autres particuliers Seigneurs dâItalie. Mais câeft alïèz de celle matière pour le coup. Voions cowme le Royaume dâAngleterre lè pomporte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
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Du Vintfeptiéme Liure
S S E A/ 6 il E E desz^ilordsd'iii^ngleterretnaleontemdelaforTne duÃou-uernernent. Leprogrei. fin d'icelle. Tutt ^ndepourttoir à la fuccejfion le Duc de T^orfol autret fejleuent contre la oyne EUl^beth. Lâoccafion amp;nbsp;malheureufefin de leurfioutleuetnent. LeDucprifinnier condarXnéexecuted mort auec 1st occafiont forme du proces. La Tour ou Chafteau de Londres f capitalle d'Angleterre sfteduê lelongde laTamiÃ^OuletreÃr^Lyons, armes autres meuble importuns à F Eftat fint ferres,Les tjuerelles entre les'Ãoynes d'si^ngleterre d'fifcofii.Bruit fiurd parla France d'vneguerre contre vn eflranger. Armee de Stroffi ç^Baron de la Garde auec
fes Cf alleres en Brouage^ autres c ofies pour aller en mer, Tfatfance d'vn filz. auT^oy dâEfiagne, ifregoire tre-xjeme esleuéau Tapat:tjHi confirme la Ligue contre le Turc, Armée de^ Ligue. Le Duc de Afayene puifne'dè CuifibtenÃiHy deTfobleÃe Fraçoifi va auficoursdesUenitiens, quilere^oiuent honorablement .TourÃittes, conclufions csC les articles du traittéde ALariage entre le Prince de Beam (à zAdadame zAlarguerite .zALort de Jeanne d'Albret B.,oyne de T^auarre fin Tefiament, L'ay^miral preÃe retourne en Court a Paris, Les oc-cafions de rnotens qu'il déduit au Ti.py pour faire tourner la guerreCiuillefar r£faagnol*à la defeharge de la Fra-far le pays bas, Fflat de la Flandre dr des ConfidereTfXDrdre que donne le Duc d'Alue au pays bas, Breilhe de autres places de Holam^ fi rendent au Trince dâOrenge: ^^is la Zelande de les occafions de la reuolte de F le fin-ghe deplufieurs autres lieux. Les Troteftans François, la P^ne d'Angleterre de les Efeoffois aydent aux Con-fiderez Flamant. Accord entre l't^nglois de FEfaagnolpour le traficq.zALons dellalenciemes farprifispar le Comte Ludouic dâ lesFrançois: auec leur repr^entation de ordre quâils y donnèrent. Armée des Confidere^en Zelande dquot; fis exilons. Aial-contentement desAnglois de François Confiderefen ces quartiers. Lâoccafion de la perte de toute atfcipline militaire de de Finfilence de nosfildats. La vertu nullement reéfeFlée de moins reconuë. Le d'EPfagne enuoie le Due de Aiedtna Cely Ãouuemeur en Flandres, qui eFl battu des Gueux de Flefam-ghe, zZfont afaiegé de battu par le Dut d'Alue. lenlis de fit trouppes allant au ficours du Trince d'Or enge, def-faitespar les Flamans de EJfiagnols. Le Chef de plufieurs autres prifinniers.
E VOUS ay'cy déliant reprefent^ÃEftat du Royaume dâAngleterre dés fauenement dâHenry huiéliéme à la toronne. du pays: auec les plus notables accidensquiluy aiiiedrent. Et fur tous les changemens de Religion tant au regne dâHenry que de s Edouard, de Marie û fcuramp; dâYûbjlu^ii ifiamp;^LÃÃuy'^ifques à pre/ent. Refte mainte-
Aflemblées de nobrede Seigneurs amp;nbsp;Gentilshommes Anglois mal contas de lâEftac
nà nt à vous efclarcir les plus mémorables parîicularitez qui luÿâiiindrcnt,apres quâauoir chaf fc la Religion de fa fÅur: elle y eut remis celle quây auoit parauant elle introduit Edoüard fur les commencemens jettez par Henry huidtiémepere de tous. Ce qui luy fut occafion de plufieurs troubles comme je vous veux faire entendre.
N O M B R E de Seigneurs amp;GentilzhommesAnglois mal-contarts de IEftat, Si fafehez du Gouuernement non »tnt d'vne femrflc, que de ceux qui luy eftoient plus fauorits: faftcmblc-rent fur la fin de fan mil cinq cens foixante neuf,afin ( difoient ils ) de remettre la religion Catholique amp;nbsp;le maniement des affaires en leur ancienne fplandcur. Et auffi cuitans Its troubles pour le rc- quî poutjoient furuenir euAnglfterre apres le decez dâElifà bcth fans enfans ( Côme ils la j u-metrre amp;Ia geoient hors dâefpoir dâenauoir ) y donner ordre félon îauis cômun desEftats. Refôluz en cas Ca±oHque nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laRoyne fuft déclt;»ifeillée par ceux dcfquels ils enuioient la faueur,de la forcer à ce quâils
en leur en- cftimoient necefïà irc au bien publicq du Royaume. De fait les Comtes de Northombellanc uer.Auçc dâOucûmclland amp;nbsp;autres affemblerent le plus de gens quâils peurent au quartier dâYorck: de-fiberca
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libérez dâentrer au païs, fi on ne vouloit faire droit à leurs demandes. Mais la Roine qui ne Iwmoîcn* trouua bonnes leurs fins: non plus que leurs aflèmblées: affiftcc de la plus grand parr^dc tout ^oynquot;pour le Royaume: rompit aifement leurs delTeins par leuée de gens quâelle fit amp;nbsp;commanda là irc«fôprc coup au Conte de Sufiex Prefident amp;c Chef du Conicil de là Majeftc en ces quartiers. Si bien que les petis elgarez qui çà qui là au bruit de la venue de tant de gens contrâeux, les Contes fuitifs du Royaume: tout le païs fut en peu de jours i«mis à la premiere deuotion. Voici les occafions que ces mal-contans pretendoient pour juftificr leur leuée. Puis f Arreft quâEliza-bethâleur Roine donna contrâeux : que jâaime mieux vous faire lt;onoitre par leurs propres mots amp;nbsp;placards quâils femerent par f Angleterre, que par aucun autre difeours miens.
N O V s Thomas Conte de Northombelland Charles Conte dâOueft melÃnd, A tous fc-les fideles fujets de la Roine,amp;à tous ceux de la vieille RcligionCatholicque: Salut.Sçachez mépâr les que nous auec plufieurs autres bien difpofees perfônnes tant de la Nobleflè que autres: auons promis noftre foy à fauancement de cette noftre bonne volonté amp;nbsp;intention qui eft que yo- «e pour fai-yans plufieurs defbrdres amp;nbsp;ambitfcufès perfônnes auprès de la Majefté de la Roine, auoir par fubtils amp;nbsp;cauteleux moyens, amp;nbsp;pour fauancer eux mcfmes, mis fous le pié la vraie amp;nbsp;CÃt]^- au telle, licque Religion ordonnée de Dieu : amp;nbsp;par le mefme abufe la Roine amp;nbsp;deftruit le Royaume, ccrchans amp;nbsp;procurans maintenant la ruine de la Noblelïc dâicclui. Pour cet effet nous femmes affemblez pour y refiftcrpgr force, ou pluffofl: aueefaide de Dieu amp;nbsp;vous bon peuple: afin de pouruoir a redreffer telles chofês defôrdonnées: amp;nbsp;mefmes a reftablir toutes couftu-mes amp;nbsp;libertez anciennes à lEglife de Dieuamp; de ce noble Royaume.Craignansamp; preuoyans que fi nous ne le feifôns nous mefmes : nous y pourrons efire contraints amp;nbsp;forcez par les E-ftrangers: au grand hazard amp;nbsp;peril de fEftat,de nos païs: aufquelles chofês tous fommes obli-gez.Dieu fà uue la Roine.Puis par la publication de ces placards, la Roine fut confêillée pour mieux rompre leurs forces amp;nbsp;delîêins,de publier en tous endroits leur jugemcnt«8c condamnation portée par cet Arreft. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
L A Majefté de la Roine ayant efté fur la findefEfté diuerfêment informée de quelques Cogjcae murmures fêcrets q8i fê feifôienr en auciflis lieux de la cofte dâYorck amp;nbsp;en ÃEuefehé de Du- â rant : amp;nbsp;mefhies de plufieurs mauuaifês Aflèmblées faites en icelles paraies tendans à rebclli- ne dâAngie-on: Defquelles encores que par la premiere ^formation la vérité en ait efté aflêz conuë amp;nbsp;cf ['écoutes clarcie. Ce neantmoins,fâ Majefté nâauoit voulu fen donner garde de fi près, jufques alors deNonhé-que par autres fecrettes aflêmbléesamp;conuenticules req^uuellez par lesContes de Northom-belland amp;nbsp;Oueft melland, auec plufieurs autres perfônnes fùfpcôfes leurs comfliftes, ladite laud. Majefté en ait efté plus perfuadée auec ce que lefihts deux Comtes fà ifbientpar tous lieux amp;nbsp;places ouuertc declaration quâils en croient les autheurs. Syrquoy le Comte de Suflêx Prefident du Confêil de là Majefté aux parties tendantes au North,Iui en auoit donné fêmblable auertiftement: amp;nbsp;mefmes de la rumeur qui court d^ tels bruits mauuais fôudainement venus amp;nbsp;aufli toft paftêz : amp;nbsp;aufli de ce que toft apres il auoit mandé lefHits deux Contes pour*conférer auec lui defHits bruits, lefqucls comme ils ne pouuoient dcfhier ce qui en eftoit : prote-fterent en toute fimulauon quâils eftoient mnocens de tels aéfes. OfFrans dâexpefer leurs vies propres contre tous ceux qui^trcmaiidgt;*oi«Jt^e violer les loix. Surquoy faftêurant ledit Sieur Prefident,ne leur pen^ïP^uIement de f?retirer : mais aufli leur donna charge amp;nbsp;pou-uoir dâexaminer dâeux-mefmes le fait dâiceux bruits. Touteffois dautant que le feu amp;nbsp;preten-te de leur trahifbn eftoit desja tant allumé amp;nbsp;auancé, que la flamme amp;nbsp;fureur en croifloit de plus en plus : ladite Majefté pour ne vouloir entrer en quelque fôupçon de fà Noblefle:amp;de-fireufê de voir lefdits Contes defehargez d'icelles calomnies : amp;nbsp;pour mettre fon peuple hors de crainteamp;en repos: manda audit ficur Prefident de venif par deuers elfe.Surquoy ledit ficur Prefident ayant defîors(commâ il fêmbloit)defcouuert quelque chofe dauantage de leur mauuais propos amp;nbsp;deflêins : tendit en premier lieu de les adoucir amp;nbsp;foire venir vers lui par fôn cf crit;afin de confulter fur cet affaire. En lieu dequoy ne firedî lefihts Contes que diluer auec refponccs friuolles,lefquelles donnèrent occafion audit ficur Prefident, de les requérir de rechef plus affedionnément que par deuant,dâaller le trouucr: ce quâils lui defhiercnt lors tout ouuertement. Tellement que la Roine aigrie de cela, leur fit expedier fês propres lettres de commandement: à ce quâils euftent a comparoir par deuant ladite Majefté : dont nonobftant ils auroient fait refus,Voire meûnes auât que lefiiitcs lecrçs leur euflènt efté dcclarce$:auoient
⢠nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ef üüj
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-ocr page 100-Noucmbgt;T, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
â Ja au melpris de fà ditc Majcfté, fait aflcmble r de tel nombre de gens, quâils auoient peu,qui ⢠nâeftoienttoutesfois en grand nombre: parce que les plusfagcsamp;honncftes auoient rcfufé de les accompagner. Et de là entrez en vne ouuerteamp; actuelle rebellion : fe font fortifiez en Armes,amp; en appareil de guerre: jufques a forcer maifons Eglifos : amp;nbsp;faire pluficutsproclamations fous leurs propres noms amp;nbsp;de leur authorité. Pretendans dâcfmouuoir les fujets de Ãdite Majefté de fuiure leur parti, ccmme fils eftoient perfonhes capables de rompre amp;nbsp;fu-uertir les loâx: menaçansamp;intimidansle peuple,ores quâils ne peuflent paruenir à leur deflèin amp;nbsp;pretente : que les eftrangers entreroient au Royaume pour îaeheuer. Faiiâns entcixirc amp;nbsp;amp;nbsp;publier dauantage: quâils ne pretendoient rien moins que dâattenter contre là Majefté.Qm ⢠eft tqptcfif^^s vn prétexté dont les Trahiftres Se infradeurs du bien amp;nbsp;repos publicq : fe cou-. urent ordinairement. Aucc ce que leur qualité amp;nbsp;fuffil^cc bien remarquée, fera conoitre o-culairemcnt quâils font deux perfonnes aufli mal choifisamp; mal habiles en toutes chofos : que autres quâon.pourroit trouuer en ce Royaume. Tellement queû Majefté a bien apcrccu que I/grandâ poureté defoits deux Contes, îvn ne retenant qwâvnc petite portion du bien perdu de ifs Anceftres : amp;nbsp;l'autre prefque confomme tout fon patrimoine : les auroit peu induire de ffleueramp;faccompagner fous couleur de plufieurs perfuafiôs dâvn grand nombre de gens fauteurs amp;nbsp;defoiperez : pont là tiffaire à leur priuée neceflité amp;nbsp;ambition. Laquelle touteffois ils ne pourroient deguifor ne couurir lâns prefomption tref certaine de trahifonamp;entreprifo contre ladite Majefté amp;ÃEftat de fonRoyaumç de long temps cachée amp;furfifo par ceux qui les ont à ceci prouoquez: auec ouuerture de quelques autres plus gcncralles entreprifos. A cau-fe dcfquelles,il a fcmblé bon à ladite Majefté dâauertir tous fos bons amp;nbsp;loyaux fujets de la trà -hifon,rebellion amp;nbsp;mauuais comportemens dclHits deux Contes ( contraire au naturel de la Noblelïcjqui ont ouucrtement amp;nbsp;trahitreulèmcnt entré emrcbellion, amp;nbsp;rompu le repos public,lequel auoît desja continué en ce Royaume par Iclpa« de vnze ans amp;plus. Ce qui rend ce fait dautant plus deteftable amp;nbsp;dclplailà nt à Dieu (qui nous auoit donné cette longue paix) amp;nbsp;montre leur manifefte ingratitude entiers leur fouueraine Dame: és mains de l«]uelle tou-⢠. telFois leldits deux Contes auoient par ci deuant en particulier amp;nbsp;par piuficurs fois fait pro-^èflîon de leur foy amp;nbsp;fidelité. Parquoy ladite Majefté a enjoint amp;nbsp;exorre tous lès bons fujets, dâêpioycr tout leur pouuoir amp;nbsp;moiens,tant pou» la conlêruation de ladite Paix comunc: que pour aprehender amp;furprandre au pluftoft que polTible fera : toutes maniérés de perfonnts ⢠qui feront amp;nbsp;montreront quelque faucur, de fait,conlêil ou parollc aufdits rebelles amp;nbsp;à leurs entreprifos amp;nbsp;alfociez. Et combien que ladite Majefté ait ja voulu amp;nbsp;commandé audit Conte de Sulfox%n Prefident amp;nbsp;Lieutenant General aux parties du North : de les proclamer amp;nbsp;publier Traiftres amp;: Rebelles contre fa. Couronne amp;nbsp;dignité. Aulfi veut amp;nbsp;entend ladite Ma-/efté que dâabondant amp;nbsp;afin dâdfter tout prétexte dâi^ioranccjpar ces prefontes: leflits deux Contes de Nortombelland amp;nbsp;Oueftmelland, leurs complilfosjadhcrans amp;nbsp;fauorits: foient te-
⢠nus,publiez amp;nbsp;reputez pour tels en toutifon Royaume,Païs, T erres amp;nbsp;Seigneuries de fon o-beilïà nce. Sâalfourant ladite Majeftéjquc cet auertilfomenefera fuffilà nt à tous bons amp;: loyaux fujcts,pour Ijs retenir en leurs deuoirs amp;nbsp;les garder dâeftrefoduits par Icfdits Rebellcsamp;lcurs complices : nonobftant quelques remontrances ou publicat^ns quâils pourroient auoir faites ou faire par eux,ou ceux qui nâont pas la^ace d^îî^ csÃix: ains pluftoft dâémouuoir tumultes à la ruine du Royaume amp;nbsp;du peuple. Donné au Chafteau de VVinfors, le vint quatrième jour de Nouembfc mil cinq censfoixante neuf audouziémeanduRegnedefaMa-jefte. Dieu lauue la Roine.
Mais comme vn inconuenient nâauiet gucres foui: ce ne fut le dernier ni le moindre mou-uemêt que la Roine ^ntit en fos pa'ié venir de fos fujets pour inclines occafions.Car bien que les premiers autheurs de telles entreprifos fulfont horsrfi elb-ce que la Caufo amp;ivray motif d'f ceuxrcftans en fon Royaume: il ne pouuoit long temps manquer de Chefs qui rcnouucl-lalfont les melmes mal-contcnta»nens : notamment apres quâils eurent veu ce tumulte apaifo par le Cbnfoil, conduite amp;nbsp;prefquefoule creance de ceux qui leur fombloient au pris dâeux comme nouueaux venus, tant à tEftat de Noblelfojquâau rangamp;s manimés dâafaircs quâils tc-noient en leur puilïà nce. Or comme ceux qui ccrchent toute faucur amp;nbsp;appui de tous : man-dienttous rrtoiens amp;nbsp;occafions pour y paruenin Au motif que delTus, ceux-ci ajoutèrent quâil foroit bon puis que la Roine ne vouloir declarer par îauis dcsEftatsvn fuccclfour à la
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à laCoiU'oiine : de pouriioir Marie Stuärd (Roinc dâEfcofle prifonniete en Angleterre). Roine du Pais, par le Mariage dâvn Seigneur Anglois quâon lui donheroit. Veu que la Couronne luy âpartenoit : amp;que pour en auancer feffedt : le Roy d*Eipagneamp; autresPrin^ ces voifins ne leur manqueront de lêcours * Pource le Duc de Nolfolc fur mis enjeu, a-greé de tous comme aiant le plus de moiens quâautre du Royaume. Lequel au reciproque aL lechc par fefpoir dâvnc Couronne Royalle: promit dây faire fôn pofTiblcj pourusu que le tout fuft tenu fecret amp;nbsp;diligenté. Ce que la Royne Elifâbeth trouua bien mauuais auffi toft quâelle en fut auertic: doutant de pis à fauenir.Encores quâelle fift lèmblant faprouuer,craignant irriter la NoblcHè. Laquelle le voiant de plus en plus reculée de Court (ans grade ne Eftats: par ce que laRoyncne pouruoioit à la fucceflîô,relblut faire par force ce quâelle nâauÃ't pefl obte^ nir par belles parolles amp;nbsp;douces remonftrances : Içauoir eft faire declarer laRoyne Marie dâE-coiTc Royne dâAngleterre amp;nbsp;auancer fôn mariage auec le Duc deNolfoc qui les pouflôit à la roue. Premièrement ils atirerent |c fecretaire Secile en tel lieu quâils eufïènt peu faire de luy à leur plaifir où ils luy firent trouuer b^n celle leur deliberation de faire ( non par force^ declarer à la Royne va fucccfièur. Mais retourné luy perfuada le halter pour remédier à tel in«Ã- i-« Anglois lien ient premier quâil pallà ll outre. Ce fut dâenuoier quérir le Duc de Nolfoc pour parler à elle; qui y vint : lequel luy aiant juré quâil nâattentoit à rien moins quâà ce faire Roy ne autre Royne en choie contraire à laMajefté fut »enuoié: amp;nbsp;lôrti de Londres le retira en û mailon fous la garde dâvn Chcuallier de lâOrdre amp;: quelques douze hommes que la Royne luy donna. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;riedâ Ecofle.
La Royne enuoie vers les autres, amp;nbsp;en auoir gangné quelques vns: les fait desbander amp;nbsp;ef-garer les vns des autres. Puis auoir Iceu leurdelïcin, renuoie quérir le Duc: lequel venant Nolfoc pn-fut rencontré par le Capitaine des gardes amp;nbsp;mené prifonnier à Londres. Doù nous le ferons forcir quand il fora temps. Les autres là chans fon enpnfonnementfo retirèrent ailleurs amp;nbsp;alTc^ blent près de deux mille Cheuaux amp;nbsp;autant de gens de pied que piquiers quâârbaleltiers, Année de croilîà nt le nombre de jour à autre.Contre lelquels foudain laRoyne leue amp;nbsp;enuoie fô armée la Royne fous la charge de tro^s Lieutenans,amp;: à bandes feparées,qui fe montoientà vint cinq mil hom-mes: en retenant autant pres dâelle à Vueft moullier contre Londres.Et de fait deflors de ce^ lujcts. alTemblécs elle fo trouua allez eftônée, julqugs à réforcerfos gardes: amp;nbsp;n(«lailfoit-on entrer les perfonnes fi legerement que par le palfe.Ce que Secile amp;ChamcrlanSur intendant des finâces îaifoient : là chans bien que câeftoit plus à eux amp;nbsp;leurs confors à qui on en vouloir quâaux au-très. Et de fait falfombléeen armes de la Noblelfo auoi» efté faite entre autres occafions pour entrer en Londres prandre les trois que delTus, remettre les loix Catholiques âfla Noblelfo aux Eftats acouftumez.Le DucdeNorfoc eftoitle principal Chef, mais dâautres auoient ja drelTé la partie amp;nbsp;lauoient mis en j»i pour mieux authorifer felFeôl des mefeontentemens quâils auoient dâeftre reculez de la comunication des charges amp;nbsp;honneurs de Court. Aquoy ils joignoient le dclplaifir de voir la Religion Catholique comme en melpris par tout le Roi* du rcniu- ⢠aume: puis la mauuailê dilpofition des affaires. Le changement de la Religion amp;nbsp;reculement des anciénes amp;nbsp;plus noblesFamilles dâAngleterre: au lieu delquelles ot^ receuoit de nouuc- contrôla aux quâeux amp;nbsp;nombre dâeftran^ers qui rie pcuuent (difoient ils) eftre affeftionnîz au bien de fEftat) corne les naturels. Et;jî^oyjHe peu dâI^at quâonfaitd'llire vnluccelfourà laCoU; ron.ie apres le deces de la Royne: la rtîort de laquelle ne pourra ce failà nt apotter quâvne fof^ me dâEftat, plein de mifores Sê calamitez: par les guerres ciuilles qui viédront entre ceux qui débattront de laCouronne. Us communiquerét cefte intelligence auDuc dâAlue pr Italien au Pape amp;nbsp;Roy dâEfpagne: puis auRoy de France amp;nbsp;deuoit on liurer aux Efpagnols du Duc vn haute commode alfoz pres deDoures: lefquels entrans en Angleterre trouucroiét les gens du lieu ( où eftoit la Royne dâEfooffo pnfonniere ) en armes pour fà ^eliurance. Norfolc auffi en armes iroit à Londres, où la Tour foroit foudain prinfo par fos partifà ns. Ãttout le pays de Nort plus Catholique quâailieurs fo reuoltcroit: amp;nbsp;eri pgudc temps mefines en Irlande on changeroit l'Eftat amp;nbsp;gouuernemcnt du pays.Sur cefte intelligêce au commencement de lâan mil cinq cens foptante deux le Roy eftant à Blois le mariage de Monficur dâAnjou auec la RoyneElifà beth fut mis auât; pour mieux y paruenir, deFoix y futeniftié amp;nbsp;luy fit-onentc-dre que tant de chofos amp;nbsp;fi grandes fo braffoient contrefà Majcfté, quâelle ne fenpouuoit ga-rentir que par laffiftancc de la fleur de Lys.La Royne y prefte forcille plus pour tirer conoifo lance de fos entreprinfos que pour fcffeét du mariage, auquel fon Confoil ne preftoit gueres
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forcille,
-ocr page 102-landler. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forcille la Royne le porta en forte neà ntmoinSjquâaucuns François Iiiy dcfcoiiurcnt ce qufâ IR'
defiroit fçauoir premier que de 1 euer armée. L'entreprinfê de tuer ces trois Seigneurs f ut cô-⢠muniquée à plufîeurs mefme au Comte de Pembrot qui ne la trcuua foure ne bonne dâautant que pour eftre tousjours le Secretaire pres la Royne faudroit le tuer déliant fa Majcflc: difà nt quâil fo dcclaroit cnnemy de ceux^jui fentrcprendroient.Aufli cella ne fut execute: joint que Sicile qui aqpit efpionspres de chacun dâeux pour lesefclarcr: enf utaucrticc mcfhie jour,. Bref les Chefz de la Royne fauançent contre eux amp;nbsp;pource que l\ n des Chefz trop craintif amp;nbsp;parefïèux ne mit allés toft les gens en ordre comme vouloientaiicunsJoindquepluh-cursfaparelfoient de fournir au rende-vous pour la crainte de leurs parens amp;nbsp;amis japrifon-⢠niers tn la »ur, quâon menaçoitde mortfoudaine: amp;nbsp;qui dailleurs leurs mandoient quâils ⢠naâtentaflént, rien dâautant quâils voioient la Royne en fort bonne volonté: on les furprint de forte que fans attendre le choc tous fenfuirent à la premiere defcouuerte de îarméc: amp;fe retirèrent qui ça qui là hors le Royaume les vns en Flandres pour fuiure la grace du Roy dâEfpa-gne. Les autres en Efcofîé .Les Irlandois aufh fe reuolterent fous vnChefquâils efeurét. Mais c^a^ie dura comme rien. Puis on procéda contre le Duc deNorfolc Sciés complices parle Scnefohal dâAngleterre aflifte de neuf Comtes, f Amiral 8c dixhuidl Barons.
L B douzième jour de lanuier la Royne dâAngleterre voulant le proces criminel de Thomas Hauart Duc de Norfolc, eftre fait: feit alfembler les Pairs de fon Royaume pour alTifter Cnmmeî jugement dudit proces. George Talbot Comte de Shercuufburg y reprelénta la perfonne du Duc de degrand Maiftre En fonabléncç la garde de laRoync dâElcolfefutcommilé à Raphael Saldcr ^ois*conCheuallier. Puis, la Royne y fit venir huit autresComtes auec dixlépt Lords entre Icfquels la , damnée à proccdutc fut tcllc quc IcDuc fut attaint de crime câpitaI.Ce qui plus fenchargea ou qui dÃ-quot;'lanuiéf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grande conj eôlure de ces portemens fut vne milfiuc trouuée en fon Cabinet laquelle
157X. ilfefforça renuerfer fus vn fien Secretaire à qui il auoitau précédant baillé des blancz-fignez de là main dilà nt que la lettre en eftoit fvn. La premiere de ces charges fut pour auoir pratic-neveigpnT* qué dâelpoufer clandeftinement la moderneRoynedâEfeofléau defcciidecelledâAngleter-aucun Prin- re.Contreuenant par là 8c failà ntbrefche à ÃOrdonnace 8c ftatuts de lâan mil quatre cens vints «eftran- deffeiidant à tcgis Anglois dâelpoufer vn Prince ouPrincellé de pais eftrangicr là ns le faire au préalable entendre au Roy ou Royne dî^ngleterre. Lalcconde que le Duc feftoit entremis de la fedition cfmeuë en fan mil cinq cens foix âte neuf au pays de Septentrion d'An-⢠gleterre: dont le pays fut mer iieilleuf^ét troublé ôc en dômagé 8c laRoyne trauaillée par les principallcs^enées 8c pratiques dâicellui Duc. Pour ces occafioins il fut là ifi 8c par le commandement de laRoyne lcrré en la tour deLondres attendant quâon luy fift fon proces.Mais en fin la Royne le fift ellargir comme jâay dit faiûnt entej^dre par lettres 8c melTages à la Royne dâAngleterre quâil eftoit grandement marry 8c repentant dâauoir prefumé elpoulér celle dâEfi collé: prometantfous fon feing 8c léel ne Ig melier jamais plus auant du fait dudit mariage nây * en autres cholés regardans la condition 8c ÃEftat de ladite Royne dâEfeofté. Toutesfois il fc trouua que la premiere pratique dâentre ladite Royne 8c ledit Duc nonobftant ces repentances 8c promeflés faites, au contraire auoit tousjours continué fins interruption, Par les artifices 8c menées dâaucuns perfonnages qui Ig^ ont fait p^rç^aine clpcrance: tant durant îemprifonnement de ce Duc que depuis fon eflargiflément enfi maifon julques à ce quâil fut dernieremant remis en la tour. Outre ce fut attaint dâauoir mis toute peine de priuer la Royne defonRoyaume 8c fe faproprier: changer ÃEftat de la Religion 8c republique: inciter pour ce les fujets à rcuolte: 8c que pour mieux executer telles entreprifes fichant le terme quâauoit tc-nuMarie naâgueresRoyne dâEfcoflé( laquelle difoient ils fattribuantle nom 8c tiltre deRoyne dâAngleterre: 8c auoir conjoint fts armes dâAngleterre 8c dâEfeofté en fon cachet 8c vail-folle dâargent: vouloir par ce moicn priuer la Royne Elizabeth legitime Royne dâAngleterre) auroit neantfnoins contre tout deuoir de vray fujeôl voulu fo joindre par mariage auecMarie: à elle enuoié lettres à ces fins, 8?preléns reciproques quâon appelle en France fouucnance 8c en Angleterre Trotons. Luy auroit prefté grande fême de deniers 8c fait plufieurs telles cho-fos nonobftant que dgftence luy auroit efté faite de paftér outre au mariage ce quâil auoit promis 8c figne de fi main.Le troifîémc quad certains rebelles fé font efleuez nâa guère au quartier de nort 8c iceux contraints de fé retirer cnEfooflé, Anuers,Brabant. Et a procuré de leur feirc tenir argent amp;nbsp;pareillement à efté adhérant auxScigneurs dâEfeofté ennemis defcouucrts
-ocr page 103-LIVRE VINTSEPTIEME. 39-de là Ma/cfté ⢠Le quatrième, quâil auoit eu intelligence amp;nbsp;lècrette pratique auec ÃEueP que tic Rome Pape pié: aucc le Roy dâElpagne le Duc dâAlue.Quâil deuoit receuoir argét du Pape amp;nbsp;gens de guerre du Roy le tout par fentreprinlè du Duc dâAlue.Quc celle menée auoit efté conduite par vn Italien nommé Robert Rudolphi. QiTil auoit promis mettre fus vnc bonne amp;nbsp;forte armée de ceux de là nation pour mettjj^e en liberté MaricRoyne dâElcolIc l'elpoulêr de chaflèr fa Majellé de fes Royaumes amp;nbsp;Eftat. Le cinquième gue cinq let
tres de creance furent deliurées à cell Italien Ivne pour le Duc dâAluc, fautre pour le Pape la troifième pour le Roy dâE^agne. Le Duc les aprouuant comme ellans faites en fon nom amp;nbsp;les aiant lignées fltalien partit dâAngleterre le lèzième Mars milcinqcens lèptantevn. Et le treziéme de la Royne Elizaleth. Le fixième Roben Rudolphy aiant fait lès diligqficcs ÿers le nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Duc dâAlue ScEuelque deRome fit tenir les premieres le dixhuiéliémeAuril audit an.Le Duc les aiant rcceu commanda à vn lien Secretaire les déchiffrer amp;nbsp;les mettre en vulgaire. Luy les leut le 2 5 . Auril amp;nbsp;les garda : le Sommaire elloit que le Duc dâAlue auoit donné bonne audience à Robert amp;que les Cdhfederez lè rinlïènt prells quand le Roy enuoieroitgens de guerre en Angleterre. Le lèptiéme quê le lèzième luin fuiuant il reccut lettres du Pap» par lelquellcs il promettoit toute aide pour mettre Marie en liberté puis exécuter lôn entreprinlè amp;nbsp;deliberation. QeâîI auoit comploté auec autres de mouuoir nouuclle Rebellion pres de Londres.Quc la ville lèroit foiÿéeamp; cependant certaines compagnies palTcroient du pays bas à vn haute dâAngleterre le plus conuenable à ce faire amp;nbsp;en ceft eftat les forces eftrangercs fallieroient aucc les rebelles amp;nbsp;pourfuiuroient ce quâils auifèroient eftre le meilleur amp;nbsp;le plus expedient de faire contre la Royne amp;nbsp;fes Eftats. (^e ces entreprilès amp;nbsp;de lès complices nâef-toient point fèulement coneuës eferites amp;nbsp;conclues: mais aulfi les meflà giers furent dâAngleterre defpechez en Carefine dernier vers aucuns mal zelez enuers la Royne dâAngleterre por-tans autorité de les aftèurer des mÃens amp;nbsp;deliberations des Principaux de la côfpjration.Ou-tre ce quâil auoit aulfi projeété que au mefine inftant qne f Angleterre lèroit enuahie,lâIrlande lèroit quand amp;nbsp;quand aflailfie amp;nbsp;furprife: afin dâautant plus diminuer les forces de la Royne dâAngleterre où au iTioins les diuertir de la pouuoirlècourir Sedeffendre. Que par melme main la Royne dâEfcolfe lèroit enleuée hors du lieu où elle cftoit detenyë en habit delguile* oudeforceenmouuanülèditionau Royauirà : Ãcpar ainfi rcmife en liberté amp;nbsp;publiée Roi-ne dâAngleterre amp;nbsp;dâEfcolfe,amp; que Ibn fils le Prince lèroit pareillement mené en Elpagne a-uec lèmblables deliberations tendans a lèmer feditions nbsp;nbsp;troubles en Angleterre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lu^cment
Pour conoitre de ces charges, les Pairs furent (comme dit eft)aflèmblez par ordonnance de Ia Roine qui apres le lèrment prefté par deuant les luges deila Quefiief-benche ainfi appeliez par terme du païs,de bien amp;nbsp;equitablement juger lèlon leurs confeiences : fi ledit Duc eftoit tie Nor coulpable ou non : lè retirèrent en vne chambre à fefeart pofir en délibérer amp;nbsp;bailler leur a-uis, appellé par termes Anglois,Vcrdiél. Pendant cette Confultation,Ia loy ncjles permet de dâvn boire,manger,auoirfeu ni chandelle,ou parlera perlônne,licenâeftauxtclmoins produits enmeCapi* contre lâaceufé: ou pour fçauoirâfils eftoyent dâaccord du fait en charge à eux commis, g^èurrer Ne pouuoyent auffi différer a remettre ladccifion du négoce à autre fà ifôn i^ainçois falut quâils faccordaftènt du fait de nbsp;nbsp;D^, auant que partir de là . Apres ils en firent leurs raports
aufdits luges fur labfôIutioiWlTcdflaamnatioi^uditprifbnnier«. Et pource quâils le treu-uerent Criminel: prononcèrent par leur Verdiél que félon Dieu amp;nbsp;en leur Conlcicnce il e-ftoit coulpabledes cas dont il eftoit chargé. Qui fut le dixlèptiéme jour de lanuier. Cela fait les luges lui demandèrent quels moiens amp;nbsp;deffences il auoit pour fexempter amp;nbsp;garentir de
la peine ordonnée par la loy : ou pour empefeher que jugement de mort ne fenfuiuift. Mais Norfolc cS-nâayans lès railons amp;nbsp;deffences efté trouuéesîreceuables: il fut condami^ à auoir la tefte tran-chée Se renuoyé à la prilôn en attendant le temps de lôn execution. Tquteffois parce que plu- té amp;nbsp;pour-ficurs autres eftoient chargez du mefine fait cftans encores detenuz en la grolïèTour de Lon-dres, lôn execution fut fiirfifè jufques à tant que leur procez Ãift inftruit amp;nbsp;parfait. Semant le Duc par maniéré de dire dâvne Efponge pour efprcindre amp;nbsp;tirer de lui tout ce que ton pou-uoitpour efclarcir la vérité amp;nbsp;circonftances du fait : comme auffi des egtrcprilès de lès corn- clergé eft plicesôc alliez. Surquoy faut noter que par la loy dâAngleterre: fi quelquâvn eftant conuain-eu de crime(celui de leze Majcfté excepté) reclame le benefice de lôn Clergé auant que ju- nier en An-gement de mort fôit donné, cette loy eft ceremoniculè julques là : Et tant les ordres de ÃEgli-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lé
-ocr page 104-r HISTOIRE DE FRANCE.
fè(qui ont depuis acquis la natureamp; forme de loy politique) ont jadis efté en reuerance chcà les Anglois : que le prifonnier nâeft débouté de Ibn Clergé : ( que Ion peut qualifier quail comme tonfiire ) Mais leslugcs font venir par deuant eux le Curé ou le vicaire de la parroifle * oùilsfontaficmbleziluy donnans charge de juger en là confcience fi le prifonnier qui eftà la barre jaux fors aux liens: merite jouyr du benefice de fonClergé.LePreftre luy baille vn liuredes Pfeaumes de Dauidamp;luy monftre amp;nbsp;marque vn verfot pour voir fil peut lire ou non. Alors Tes luges demandent au Curé en ces termes legit vt CLERicvs?fiI refi pond NON L E G 1 T les luges le deboutét du priuilege de fonClergé.Mais fil relpond que en fa confcience. legit vt clericvsIcs luges le reçoiuentau benefice de fon Clergé. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cel^fait l^xecureur de la haute juftice prefont, dâvn fort chaud auquel ell graué la lettre .F. fi-
gnifiant Felonie: luy imprime au mufole de la main feneftre. Puis efl deliuré à ffiuefque dio-ce-foin pour eftre jugé felon les loix Ecclefiafticques. Les fêlions,larrons, volleurs amp;nbsp;autres malfaiteurs font receuz au priuilege de leur Clergé. Sauf ceux qui font attaint de crime de Mort du Majefté, ou ceux qui ont defrobé vn guelding ou filtre befte cheualline. Ainfi le Duc DuedeNor- ne ^s côplices nâen pouuoiét jouyr,bien que plufieufs dâeux le requiflét. Et eut en fin la tefte tftnchée deuant la tour. Premier que mourir, encor quâon luy haftaft fon decez fi eut il loifir de parler au peuple amp;nbsp;luy faire entendre quâil eftoit aceufo de beaucoup de chofos vrayes, parmi lefquelles fos ennemis lui en auoient fuppofè beaucoup nbsp;nbsp;fauflès. Confcflà donc auoir at
tenté au Mariage de cefteRoyne fans lefoeudefo Princefle qui fut foccafionpourlaquelb il fut premièrement mis prifonnier en la tour.Ce quâil reconoiflbit luy eftre auenujuftcmét auflî en auoit il demandé pardon à la Royne: laquelle meué de douceur amp;nbsp;compaifion luy re-mift la punition delà faute apres que il luy eut juré de fo porter à l'auenir tel quâil deuoit. Ce quâil reconoiflbit pourtant nâauoir fait. Ains auoir retombé en fo premiere faute. Se vouloir aufli defoharger de ce quâon luy imputoit auoir conipiré eSntre lEftat de laRoyne: par le mo-ien des négociations des NunceduPape amp;nbsp;autres enuoiées par le Duc dâAlue. Confoflbit feulement auoir failli en ce quâil nâauoitdefoouuert les complots quâil faifoientau prejudice ⢠de fo Maiftrefle. Quant à ce quâon le difoitPapifte protefta ne fauoir eife amp;nbsp;ne feftre en aucu
â¢ne façon. Ainfi mourut conftamment le plus grand Seigneur qui fuft en Angleterre apres a-uoir recommandéîes eqfans à la Roine. Laquefle bifoura de les auoir pour recommandez. Et jouît fon fils de fos biens fors de Thonneur de Duché qui lors eftoit foui en ce Royaume:
⢠nbsp;nbsp;Plufieurs furent foifis en mefine temgs : dont aucuns furent exécutez, les autres fo fouuerent
de viteflè en Flandres,Franceamp; ailleurs où ils penfoient demeurer plus librement en la foure-té de leurs vies.Or pour vous faire entedre fur quoy eftoit apuiéfeipoir de ce poure Seigneur.
Le fondement de toutes ces chofos eft tel. Le Roj^Henry huitième dâAngleterre : eipoufo plufieurs femmes: la premiereTÅur de Charles depuis Empereur, vefue de fon frere Arthus qui touteffois ne laUoit one conuë à cau^ de fon bas aage corne Ion difoit : de-laquelle il eut * Marie,puis il répudia la mere faifont declarer le mariage inceftueux amp;nbsp;la fille baftarde, pour tipoufor vneDamoifolle Angloifo nommée Anne de Boulen de laquelle nalquit Elizabeth a prefent Royale. Mais luy auoir fait trancher la tefte en publicqpour quelque foupçons il fo maria auec Semer de laquelle il eut^doüardqj^uy^^cedaamp;r mourut en lâaage de foze ans. Marie quoy que déclarée baftardegt;^utRoynepariW51onté du peuple cfineu contre les grans dupaïsSc fpeciallcment contre le Duc de North-ombelland qui auoit fait fon fils Roy par le mariage de luy amp;nbsp;de leane de Suffolk a qui il difoit apartenir la Couronne par teftament dâEdoüart qui lâauoit inftitué fon heritiere. Mais le pere,Ie filsamp;la breu eurent les teftes tranchées.Puis Elizabeth fucceda à fo fôeur Marie decedée fons hoirs. Henry huitième eut trois foeurs:I^vne fut marié»au Roy dâEcofle dót fortit laques Stuard lequel eut en fo coudes noces de la Douairière de Longueuille fÅur du Duc de Guyfo vne foule fille Marie qui efpoufo François deuxiémc,Roy de Frâce.Par ainfi Elizabeth venant a mourir fons hoirs Marie Stuard fille de fon coufii^ermain demeuroit fil nây auoit autre empefehement Royne des deiftt Royaumes. Mais du viuant de Henry huitièmeaucuns tiennent que le Parlement dâAngleterre auoit a^refté que les enfans de cefte fbeur du Roy marié enEcoflè nây les defoen-dans dâiceux ne pourroient hcriter à la Couronne dâAngleterre pour les confiderations quâauoient eues les Eftats du Royaume autheurs dudit Arrcft.Venons au refte des particu-laritez de Londres.
La Tour
-ocr page 105-LIVRE VINTSEPTIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;40.
La Tour eft vne grande place carrée,hors amp;nbsp;contre le 'circuit deLondres: aiant en chacun La tout- ou coing vne tour pour deifendre lès courtines cntournées de fcau quâon a delrobé de la Tarai- ^J^Londre» Ce. Dedans fenceinte de ce quarre le voit nombre dâedifices deftinez a plufieurs Eftats va^ Capitalle cations dâArtilâns, qui nây trauaillent que pour la Roine. Laquelle y a les maiftres Officiersôc ÆÆ g ouuriers de la Monnoye du Royaume : car on ne bat moynoye que là ,amp;la plus commune eft (ur h Riue le Schelin qui vaut neuf fols françois : amp;nbsp;le demi qui en vaut quatre fols amp;nbsp;dem^. Quant à for nbsp;nbsp;nbsp;Tââ¢quot;
ils ont îAngelot amp;nbsp;le noble Edouard. Lâor amp;0 lâargent y font en leur pureté plus grande beau-coup que parmi nous : qui falcifîons tout:amp;nous melmes. Elle y a aulïi lès Armuriers, qui ne dâAiigleter-trauaillent quâa faire ou nettoier les armes qui y font lî belles amp;nbsp;en telle quantité quâil y en a fâ-â-pour vn grand nombre de milliers dâhommes. Ellelt;y a là canonnerie amp;nbsp;tels autres ellÿts qui ⢠font necelïà ircs à la defènlè dâvn Royaume. Puis féleue au milieu de ce quarré vne groflè amp;nbsp;belle Tour en forme de Donjon qui commande à tout le rcfte.Et là eft fongnelilèment gardé lâArcenac. IcTrefordclaRoine, qui eft grand pouiTe peu de grans affaires quâelle a eu depuis fon aue- Threfor nemenr à la Couronne : amp;nbsp;les biêns de plufieurs Seigneurs Gentilshômes amp;nbsp;autres, lelquels â confilquez amp;nbsp;réunis à la Couronne Irrt augmentent fort le rcuenu que lès predcceflèulfe gnt tousjours fait garder là dedans, pour la lèureté quâils y ont treuué plus grande quâailleurs. Si bien quâencor que la forterellè ne foit bien flanquée ni accômodée commâ on les lait aujour- Lions amp;. au-dhui : elle lèroit neantmoins difficile a prendre. A lâentrée de cette fortereffè elle fait garder fes Lions 8ê autres belles là uuages: animaux quâelle fait fortir le premier de fan pour les faire quâon fait combatte en veuë de tous contre les dogues.(Ce font beaux, hardis amp;nbsp;puiftà ns chiens) con-tre lesOurs les Taureaux amp;nbsp;autres animaux faroulches pour en auoir amp;nbsp;dôner plaifir au lieu contre le s où elle lè retreuue au commancement de fan. Et couftumierement lors quâelle fait fon pro-grez que nous pourrions nommer reueuë de fon Royaumeamp; pourmenade par lès terres com- Progrez de me faifoient anciennement les bdlisRois: tant pour fe faire voir à leurs fujets : que pour les conoiftre,remédier à leurs plaintes,amp; en general dôner ordre aux affaires de leurRoyaume re. , par fauis de gens de bien qui les fuiuoiétpour Conlèil.Bien autremét que nos premiers Rois Reujficquc de France: amp;nbsp;Charlffmagne melme lequel dit Eguinard fon Chancelier quelque part quâil fa*iâoicnt _ euft befoin dâaller foit en aflèmblée, foit pour autres affaires il fe fefoit lÿener fur vn charriol: les bons que des bÅufs tiroient, amp;nbsp;quâvn bouuier ct^duifoit à la mode vrlageoilè. Mais la rulée cor-ruption de nos hommes melprilèroit ailement la vertueulè fimplicité de ces Anciens, qui fu- aumes. rent plus grans que ces moqueurs ne feront jamais. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Sur ce commancement dâannée I 572. on lèntit en France vn remuëmen|^e nouuelle guerre quâon difoit eftre drelfée contre vn Eftranger: 5ô penfoient la plus part que ce full fEfi des Francez pagnol: pource que le bruit de la conguefte de Flandres croiflbit de jour en jo ur : encor que le Roy vouluft quâon en drelfaft les préparatifs le plus couuertemenr qu on pourroit : crainte dâüffcncer fi ouuertemët contre la teneur de fallj^nce de fon frere Philippe.Les Proteftans au contraire fi portoient à defcouuert pour tirer plus grand nombre dâhommes: amp;nbsp;auec ce f Amiral amp;nbsp;le Conte Ludouic confèilloient amp;nbsp;preffoient le Roy de diligence: lui remontrant quâen tels affaires toutes chofès meuremêt dchberéesamp; preftes à feffeél : la tardiueté nây pou-uoit quâamener vn grand dommaM amp;nbsp;perte dâoccafions irreparables : notamment pour la refoius defcouuerre des Confèils amp;nbsp;pï^araufs, que feÃnemi pourroit faire au contraire. la quantité dâargent auoit efté enuoyé au Prince dâOrenge,auquel le Roy mandoit quâil fè diligentaft de leuer la plus grande Armée quâil pourroit,amp; la faire defoendre au païs bas pour là , joindre les fiens. Il en auoitaulfi fait deliurer à f Amiralamp;Conte Ludouic pour cet effet. Dauatage pour leucr autres troupes de gens fans grans fraiz on faifoit courre vn bruit fourd, quâvn grand Sei- Pérou amp;nbsp;gneur entreprenoit vn voyage au Pcrou,la plus riche terre de toutes les^efcouuertes par fEfi «chefles pagnol pour le prlleramp;y faire riche le foldat à jamais : ou du moins combattreamp;deffaire f Armée Efpagnole retournant de là comme elle vient tous les ans chargée de tout le reuenu Armée de profit que le Eoy dâEfpagne fait en toutes fès terres: qui fè nWmte le moins à neuf ou dix mil- Ã^niaTe lions dâor, fans grande fomme dâautre argent pour les particuliers amp;nbsp;infinité de riclies mar- pouraïler chandifès quâon en amené en queuë, amp;nbsp;en la faueur de f Armée du Ro]^ Pour ce fait ils don-noient le rendc-vous de leurs gens amp;nbsp;Natures en Brouage amp;nbsp;Bordeaux. Le moicn eftoit que les Efpagnols ayans cfté plufieurs mois au voyage cafïèz amp;nbsp;alangouriez, amp;nbsp;la plus part malades pour les incommoditez de fi longues routes amp;nbsp;diuerfité de climats quâils paflènt: le ren-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de-vous
-ocr page 106-Aurii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T Ã I R Ã t) E FRANC E.
* 5des-vous pour fc rafrefehir auxEffores: Ifles appartenantes à lEfpagnol cfquelles ils terriffent â amp;nbsp;fe refont peu à peu attendant lâarmée nouuelle qui en mefme temps fort dâEfpagne pour les â¢aller raffrefehir de nouueauxfoldats: crainte que fi quelques ennemis abordoient la premiere arméefi mal menée comme jâay dit: On ne prit auec les trefors du Roy touteequiferoit aporté du Pérou . Le François qui pour trois ans de guerre ne demande quâvn mois de bon temps pour fj remettre fur les armes: nâeut pluffofl focu le vent de telle entreprilê quâil ne fe mit aux champs pour trouuer chefz dignes de commandement. Lcfqucls nemanquerét non plus: car ils falTeuroient tellement de ce butin, que la plus part vendirent les vns leurs terres, les autres partie dâicelles, aucuns les arrenterent à longues années: prefque tous fobligerent ⢠nbsp;nbsp;à leur%crca»ciers qui leur fournifïbient argent pour fê mettre en conche, cquipper nauires en
François.
Creance
⢠guerre, amp;nbsp;auoir fuittc dâhomes afïêurez pour faire dâautât plus vne mcillcüre main fur lâEfpa-gnol.Somme*liuc lâon eufl jugé le François nâauoir jamais fenti aucune incommodité prece-Lcgcrctédu dente. Si grande eft la legereté de fêsEfprits.Et plus grande encor la deuotion quâil porte aux Princes amp;nbsp;Seigneurs qui luy commandent pour faire abf^ument ce qui leur plaiff : fans au-trgnftnt fenquenr fil y à raifon ou moien afïêuré de lâêxecuter.Leur fuifit quâil y aie quelque
deSeigne- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
ursFraçois apparence. levons parlerayplus amplement decefte entrepnfe en autre endroit amp;nbsp;plus a fut le peuple.
propos.
Royne dâAn gleterre.
IE vous ay cy defTus fait entendre comme le Roy auoit ewuoié leMarefchal de Montmo-îeRo dcquot;*^ rency en Angleterre pour deux fins. La premiere pour traiter vne Ligue offenfiufc amp;nbsp;deffen-France amp;nbsp;la fine entre luy amp;nbsp;la Royne dâAngleterre.Lâautre pour fonder fil y auroit moien de faire leMa-riage de Monfieur fon frere auec la Royne. Monfieur luy auoit donné à cts fins vne bien ample procure contenant pouuoir dây negotier promettant dâauoir agréable amp;nbsp;apruuer tout ce quâil y ncgocieroit. Pour le premier il trouua celle Princeffe amp;nbsp;ceux de fon Confêil en bonne deuotion.Le fécond point, fut fans cffeél.Soit que MonTieur aie depuis reuoqué fâ procu-
Mariage de Monfieur ^auec la Roy
ne dâAngleterre ft le
peut faire,
re: ou que le Confêil de la Royne nâaie trouué le Mariage de la Royne afïêuré pourtEflat du païs: veu tinegallité dâaage ou pour le peu dâaffeéliô quâils ôt prefque tous dâeftre comandez î par vn Prince effranger. Tefmoin le RoyPhilipes qui y fut afiêz mal traité amp;nbsp;tous fês Eipa-^nols encor pis. Mais la Ligue fut fi bien pourfuiuie dâvne part amp;nbsp;dâautre y aiant le Roy em-ploié la faueur que les Princes Proteflans Français peuuoient auoir vers laRoyne : que le Ma-refohal de retour, elle fut arreflée à Blois le dixneufiémc Auril mil cinq cens fêptantc deux*
Eftans député dâvne part François dc^Montmorcncy, René de Biragiie,Sebaftien de ÃAubf pine: Efiiel ÿ Paul deFoix pour lcRoy de France. Et Thomas Hehuuicd VValfinghuan Am-baflà dcur pour laRoync dâAngleterre. Lâamiral Clinton y fut puis apres enuoié pour lavoir fôllemnellement jurer au Roy amp;nbsp;publier à Paris. La^ubftance portoit quâils lêroient tenus fen-tredeffendre cotre qui que ce fut: allié jamy/rere ouCoufin de tvn des deux fans aucune exception de perfônes, parenté, caufe ou^lliance,qui puiflè eftre entre tvn deux amp;nbsp;leurs vaf ûux. Sâentrcayderôt de huit vaiflèaux armez chargez de douze cens hommes auitaillez pour deux mois amp;munitionuezauxdefpensdequienaura beîcgt;in:amp;defixmil hommes de pié, paiez felon l^ifte faite par qui fen ïêruira.Les François obeyront à tAmiral ou fôn Lîeutenat dâAngleterre amp;nbsp;au reciproque des Angloi^La Royn^j^li|f^e fix mille à pié pourra eflire cinq cens lances qui reuieudront à trois mifle cheuaux paie^ia Françoifc. En plus grand befôin pourrot demâder plus grand aide tvn de tautre à leur difcretiô.Cas auenât que les fu jets des collegucz feront arreflez comme lâAnglois amp;nbsp;Lois enFlandreSjHaihautjArtois, Bra-bat, Holâde, Frifê,Pologne,Prufîèj amp;nbsp;tous autres lieux: leRoy fera tenu de les redemader fils ne font en icelluy pays dedans dixhuit jours:en Italie dedans vînt trois: enEfpagneamp;Portugal dedans trantc trois:fiM'a tenu arreftef les fiijets amp;nbsp;biens de lâarreftant jufques à ce que tout foit refiitué amp;nbsp;au rebours .Les Anglois ne feront recerchez en France pour le fait de Religion. Trafiquerot en lieu ou dans quatre mois feront accordez,amp; y auront eftapes amp;nbsp;magafins auec Confèillers amp;Côfuls pour leurfhit: exempts de fujedion:au benage, fujets aux gabelles qui faccorderont entre les Colleguez amp;nbsp;dans ledit temps fans fê pouuoir aucunement augmërer. Auront tels priuileggs que jadis en Anuers,Bruges, Berghes. Sâefforceront tous deux de pa-ciffier rEfcolïè.Rcmcttrontés mains de lâEfooffois ce quâils enauroient nouuellement occupez dedans 4o.jours.Nâentreprendmnt riendeffus non obftât laRoyne qui fê plaint aucuns dâeux ont follicitéfês fùjetsà rebellion amp;rcccufcs rebelles. Pourra pourfuiure fês aôlions*
- nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cominfr
-ocr page 107-LIVRE VINTSEPTIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4t..
Comme auffi le Roy cn pareil cas. Si guerre ou difïcntion vient entre les Colleguez apres en cftre auertis auront foLxante jours de terme à prendre garde à leur fait: apres Icfquels pourrôt eftre arreftez.Depuis amp;nbsp;le 15. luin 15 72. le tout eftant raporté à laRoyne dâAngleterre cftant 9 à VVesmonfterpresLondres:cllejuradâoblerueriamp;: entretenir tout le traité, le 14. delônre-^ gne cn la forme qui fuit, tournée du latin comme les pret^îdens articles. Nous Eliiâbeth par la grace de D i e v Royne dâAngleterre, France, amp;nbsp;Hibernie defenfèreflè de la4by: promettons ôc jurons cn parollc de Royne amp;nbsp;foy de Princefle Chreftienne és mams de tres-illuftre Duc de Montmorency Pair amp;Mare{chalde France, Gouuerneuramp; Lieutenant Generalen ÃIfle de France pour le tres-ferenilfime amp;nbsp;tres-puiffant Prince Charles .9. Roy de France amp;c. Et dllluftres amp;excellens perlônnagcsPaul de Foix, Confêiller au priué Confêil dtdit ft'ince â amp;nbsp;de Bertrand de Salignac Sieur de la Motte Fenellon Cheuallier de fOrdre du Roy de France amp;nbsp;fbn Ambaflà deur ordinaire pres de nous, fur les lâincles Euangilles de D i e v: que nous entretiendrons amp;nbsp;ferons entretenir inuiolablement amp;nbsp;fans aucune contradiétion tous amp;nbsp;chacuns les pads, conuétions, amp;nbsp;articles du Traide,Ligue, Côfederation amp;nbsp;eftroite amitié conclue amp;nbsp;arreftée le 19. Auril palTé entreTnes Ambaifadeurs amp;nbsp;ceux du tres-ièreniflîme amp;nbsp;ftcÿ-puiflà nt Prince Charles neufiéme par la grace deDieuRoy deFrance noftrc frère amp;nbsp;bon allié fans lôuffrir quâaucune chofe y foit inuouée par nous ou nos fujets diredement ou indirede-ment au contraire ou prejudice dudit traidé en quelque forte ou maniéré que ce foit-Entef nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â '
moin dequoy nous auons mis noftre main en ces prefentes en noftrc Palais de Vves monfter â quinziéro luin mil cinq cés foptante deux amp;nbsp;de noftre regne le quatorzième figné.Elifobeth.
Sur la finde cefte année le Roy Philipeseuft vnfils de la fille de lâEmpereur dont on fit toute forte de lieftè en Elpagne amp;nbsp;en Italie mefine. le 17. Décembre en firent à Rome tout autant pour mefine occafion. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pagne
Sur la fin dâAuril le Pape Pie cffiquiémc mourut:fous le Pontilficat duquel je vous ay did ailleurs que la Ligue Chreftienne auoit eu commencement. Au bruit de fon decez diuul-gué par toute la Chreftienté : plufieurs Euefques amp;nbsp;Cardinaux facheminerent à Rome ⢠pour yen eflirevndâ?ux qui luypeutfuccedcr. Le Cardinal de Lorraine entre autre y fut^ par le mandement du Roy Tres-Chreftien. Lequel aftèuroit à laRoyn»de NauarreSc autres Confederez luy auoir donné bons amp;nbsp;îinples memoires au nouucau Pape pour luy moyenner vne dilpence fuffizânte à ce Mariage: les delays St remifos duquel commen-çoyent à fafeher les Protestans qui fembloyent^ foupçonner quelque chofo . Mais le plaifir quâilsreceurent de lâabfonce du Cardinal, elperans manier le Ro Ylt;plus librement que jamais: leur fift aflèztoft effacer telles confiderations du cerueau. Les Cardinaux alTcmblez cfleurent le Cardinal Ãon Compaignoquif^fitnomer Grégoire treziéme Sacré le neufiéme May lequel dona la dilpence amp;nbsp;confirma cefte Ligue Sainde entre les Princes, fobligeant aux mefines conditions que for^predecefleur. Ce qui fut occafion quâà , fon exemple Sc par les remonftrances quâil leur en fit: chacun fefuertua pour ytrauaillerà bon efoient, amp;nbsp;fournir à tout ce quails verroyent neceflà ire pour redrelfer vne autre belle Ar-mée.Le Pape deliura îeftendart de feglife à Romegas corne Lieutenant GeneraWâic^llefous Marc Anthoine Colone pour^ gujj! feftoit v^leureufoment porté cn la guerre dernière contre les Turcs deuant Cêp^to . Et afin que lArmée de lâEglife fut mieux pourueuë: Il donna puilfance à quelque Cardinaux dâabfoudrc routes petfonnes tant feculiers que reguliers en donnant de leur bien felon leur qualité; dont il elperoit tirer vn grand fons de deniers. Dâautre cofté lean dâAuftrie diligentoit la fîenne au plus de fon pouuoir, pour la mener à Corfou : Lieu où fe deuoit aftèmbler toute lâArmée Chreftienne dont il deuoit entor eftre General. Lequel memoratif des injures palfées auoit tanrlt;à id enuers la See gneurie de Venife quâelle mit vn nouueau Lieutenât fur icelle ( bien cotre la couftume) en la Li^cCh^re* place de feuBarbadique qui repreféteroit le General par toute farmée,lequel toutesfois ne fc- fticnne. roit rie fans IcCôfoil amp;nbsp;auis deVenicr;leSenat y nôma pour Lfeutenât laqueFofcary ey efgard à la rccomadation de fes vertus. En peu de jours les Venitiés eurêt drefle la leur;amp; fe rendit à Corfou attendâs lesConfederez de jour à autre.CependantSara de Martinêgue aiant ralféblé Corfou. nouuellcs troupes afficgeaNouocaftro en Dalmatie fur le Golfe de Cataro amp;c preflbit fort la Nouo Ca-garnifon Mais le Gouuerneur Dalbanie au defpartementduquel eft cefte place, y venant aucc main plus forte, luy fit dâefinordre ce Chafteau amp;nbsp;fe retirer dâoù il eftoit parti. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nengue.
-ocr page 108-Aurii, 157z. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
En ce temps amp;nbsp;au bruiét de la grande Armée que le Turc par les moiens que je vous ay dit ailleurs dreflôit: plufieurs Gentils-hommes amp;nbsp;autres de France que dâvne que dâautre Reli-
⢠gion,{ortirent du Royaume fous la charge amp;nbsp;conduite de Charles de Lorraine Marquis aujourd'hui Duc dcMajenne pour fo treuuer aux entreprifos de la Ligue contre les Turcs, lef quels on difoitfo preparer pour le Ãege de Malte. Arriué à Venifo la Seigneurie luy fit de Duc de Ma- g^ans honn»urs amp;nbsp;à tous ceux de (a fuittotant pour la mémoire de celuy duquel il elloit for-jenne va en ti,que pout la recommandation de fes vertus : notamment luy donna la charge amp;nbsp;conduite Italie cotre nbsp;nbsp;nbsp;tulipes volontaires, lefquelles eftoient venues en grand nombre de toutes pars a ce vola
les Turcs,
ge pour la deffence de la foy.
Armée Chreftien' ne fit Tur-qucfquc.
Eh finies troupes des Chreftiens joindes à Corfou : Lâarmée fut vn long temps le long de la Cofte de la Morée : puis entre Modon amp;nbsp;Coron amp;nbsp;julques à flfle de Lerigo au-tresfoisdite Cytherée. Ils furent aufli à Nauarrein amp;nbsp;bâtirent le Chafteau qui eft pofè for vnejettée de terre en mer: attaquèrent Modon que nombre de Gallercs ennemies fauori-foyent outre la Garnifon du dedans : aprocherent par fois fi pres fArmce Chreftienne amp;la 'ÃpFquelque quâon nâen elperoit quâvne grolTe amp;nbsp;fondante bataille : defaid le bruit en a couru tel par la Chreftienté.Maîs il ne fo chargèrent jamais en gros amp;nbsp;fe retirèrent en fin chacun chez foy là ns faire chofo grâdemêt memorable,pour nâauoir chacun General fçeu treuuer les moyens de prendre auantage for fonennemy .Retournons maintaiant aux affaires de Fran-
C'tinuatiô
du°Pourpà r- La Royiie de Nauarre en ce téps folickée de venir en Court à la conclufion de îa^nce en-ntr^k nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y voulant prandre auis de lès amis ScConfoillers: les trouua fort differens.Oe-
Pdncc de' cafion que le temps amp;nbsp;la précipitation la refolurent pluftoft que fapparence des raifons quâon
Nauarre amp;nbsp;la Iceur du
luy alleguoit. Ainfi dflpofoc,dcpefcha gens pour aller en quelques endroits dedans amp;nbsp;dehors Roy. le Royaume vers aucuns hommes doéles failâns profeflîon de là Religion: lefquels elle prioit ⢠Confeilsdi- înftamment luy donner auis, fi elle pouuoit accorder ce Mariage amp;nbsp;cornâ-elle fy deuoitgou-uers^uâeut uemer là ns bleflèr là confoience ny nuire aux Eglifos reformées. Proteftant quâen ceft endroit N^arrcfulhy eu aucun autre elle ne vouloir en forte que ce full rien entreprandre fi on luy monftroit quilyeullmal.Lasrelponcesfurent diuerfos Jclon lâhumeur des perfonnes à qui elle en dc-mandoit confoil. Ceux qui regardoient fimplement à la Paix: amp;nbsp;ne confideroient que fappa-
le Mariage de (ônfils Prince de
Francourt
amp; autres.
lement eftoient dauis: ains aufli prioient la Royne de Nauarre de ne perdre fi belle occafion. Q^Iquestutres vn peu verfez aux affaires amp;nbsp;manicmens de Court eftoiét de contraire auis. Ils prioient la Royne de Nauarre de côfiderer quels tours on auoit jouez au feu Roy fon mari amp;nbsp;defquels elle (çauoit faire d^beaux difeours fouucQtesfois: lâvh delqiiels mefines auoit efté cforit amp;nbsp;publié fous fon nom pendant les derniers troubles. Que la Royne mere auoit de gras moiens Que le Roy eftoit acofté des cnitemis mortels des Princes amp;nbsp;de tous ceux de la Rcli-gion.Que la Royne de Nauarre ne pourroit jouît du Prince fon fils folon fon intention apres quâil foroit marié:attendu quâil prenoit vne femme de plus grand elprit quâelle ne pcfoit.Aufli que la lk)int Mere ne laiflèroit tellemét fon gendre,quâelle ne le tint côme par le picd.Qu^en cas quâelle vouluft remuer quelque chojê^|ie Iauroitlt;qlâ^iflà nce folô quâelle à vne infinité de deffeins amp;nbsp;de moiens pour les cxccuter.Et que fi l^nncc de Nauarre perfoueroit en fâ Religion:tant fen falloir que ce Mariage appottaft quelque proffit : qu'au contraire câeftoit comme vne fomêce de troubles.Attendu que le Roy,nây le Duc dâAnjou fon frere ne le pour roient voir de bon Åil.Sâils luy faifoient bon vflà ge,ce feroit pour le mettre en manuals mclha ge auec les Catholiques.Q^e de penfor auancer la Religion par tel degré: câeftoit temps per-du,veu que les chofts eftoient en tel train amp;nbsp;la maifon de Valois tellemét enuelopée auec les Catholiques,que les Huguenots auroiét encores fort afià ire quelque foucur quâils euflcnt.IIs remonftroicnt dauantage,auct^t que le Prince de Nauarre print parti ailleurs : il en foroit redoutable a fos ennemis. Et nâauroyt faute dâappuy, tandis quâil fauoriforoit les Huguenots à bon efeient. Aucontrairc ne pouuoit beaucoup auancer de lâautre part pour beaucoup de raifons qiiUls alleguoyent. Quelques Confoillers de la Royne de Nauarre defi-rans voir ce Mariage acomply pour leur grand bien auenir quâils en attendoyent : nâeurent faute de répliqué à chacun de ces points. Ils difoyent doncq, que le traittement fait au
⢠feu
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feu Roy de Nauarre eftoit procédé de lâinimitié de ceux de Guylê : aufquels deux accidens on pourroit facillemét remedier.Que ce Mariage deiârçonneroit entieremêt ceux de Guyiê alors que lesPrinces Sc lâAmiral auec euxjauroient tel accez versie Roy quâô fe deuoit propo* lêr«Quc lâ Royne Mere ne pouuoiteftre en cholcre contre le Prince de Naiiarre, amp;nbsp;que ce-* fie alliance fadouciroit. Joint que venant fur faage elle v»udroit pluftoft le resjonïr auec iês enfans: que les mettre en mauuais mefiiage lâvn contre lâautre. Et quâelle aimoit^ tendreméc là fille, que fou gendre auroit part à celle affieélion. Que fi le Prince de Nauarre eftoit lôu-* lient pres du Roy fon beau frere: ce lêroit vn moien pour aider grandement à ceux de la Re-ligion:amp; quâon donneroit tant bon Cohfeil à ce Prince,que les filez de là belle mere ( quand ores elle entreprandroit ) lêroicnt bien allez a romprc.Et que lî nouueaux trouble^uruélioiet: elle ne pourroit faire violence à Ibn Gendre quâà famanifefte confufion. Que la perlcuerance du Prince de Nauarre en là Religion, pourroit faire que le Roy voudroit entendre la vérité des cholêsiamp;allèmbler quelqueConcile national pour remettre tout en meilleur train. Q_uon chejuiroit bien des Catholiques:La plus part delquels nâont autre Religio que celle des Prin-ces.Et que le Duc dâAnjou nâentreprandoit rien pendant que le Roy porteroit bon vilagȈ Ibn beau frere.Que lî le Prince de Nauarre refulbit ce partide Roy cholere extrêmement, fen falcheroit. Qiie la Royne Mere ne digereroit facillement vn tel melpris: amp;nbsp;que ve nant le feU à le rallumernl nây auoit apparence que dâvne milere extreme.Ils ajouftoiét que le parti eftoit recommandable pour la bonne grace,Noblelïè amp;nbsp;auantages que la Royne Mere feroit à là fille bien aimée,Iaquelle auroit le fons du coffre.Et quant à ce quâon trouuoit eftrange ce nou-ueau Conlèiblls repliquoient quâon ne le deuoit cftonner,li pendant la fureur des armes : cela nâauoitefté mis en auant.Que fardeur des courages eftant corne efteinte, le Roy bien con-lêillé de diuers endroits:aiiroit trouué ce bon amp;nbsp;là int expedier pour ralier lès fujets: amp;nbsp;que ce ftoitluy faire grand tort,dâeftimer quâil full lî mcfchant,dc vouloir par le moien de là fÅur, le vanger de ceux dcfquels il nâauoit jamais peu esbrâler les cÅurs auec toutes les forces. Quâil auoit infinis autres a^aires:amp; que tant de telmoignages de G lîncere volonté, ne deuoient e- ⢠ftre tant pris de trailers. Et que câeftoit faire tort à la Majefté Royalle de lâauoir en telle repiu ration, (^and aux ceremonies du Mariage, lcroit aile à en accorder. EPque le Roy amp;nbsp;Royne là Mere nâeftoient pas lî fcrupuleux.Q^e pour le bien de la paix ils accorderoient à la Royne deNauarre peut eftre plus quelle ne penlbit. Que Madame léroit ce que lôn frere luy co- * manderoit: amp;nbsp;eftoit lî bien aprilé quâelle lôuffriroit dâelke enleignce. Et nâeftouperoit pas les oreilles quand le Prince feroit parler ou prelcher quelques Miniftres en là prelêllte. Quant au refte,ce nâeftoient nouuclles quâon deuil legerement receuoir: attendu que lî on vouloir cônlîderer le tout de bien prcs,les rapp®neursfepourroient bien fort tromper. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Mais quelques autres dedans amp;nbsp;dehors le Royaume auertis de ce pourparlé,amp;: priez bien exprelïement par la Royne de Nauarre îen relôudri?: luy en firent de notables auertilïèmens. nés de diuc» La lômme delquels cotenoit en fuhftace. Que les promelTes de Mariage amp;nbsp;les Mariages mef-mes faits entre perlônnes de diuerlès Religions elloient valables: amp;nbsp;melmes entre les Infidel* mais non les amp;Idolatves,encorcs que les Mariages ne foient du tout là ns quelque tache : ?ntant quâils ne le font point en la crainte nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du noij»d(iDieu. Toutesfois Dieu conlèruateur du raifons.
genre humain,u'a pas tellement ollé toute difference du bien amp;nbsp;du mal de lâentendement des plus mefehans: quâils ne mettent grande difference entre la conjonélion du Mariage, amp;les villains desbordemens de plulîeurs. A plus forte railôn le Mariage eftoit ferme entre deux parties dontlâvnc craignoit Dieu, amp;nbsp;que ^infidélité de fautre ne pouuoit rompre ce lien. Autrement Saint Paul nâeuft jamais confeillé à la partie fidelle, de demeurer tant peu que ce fbit auec lâInfidclle. Et en apliquant cela aux perlônnes dont eft queftion : Dilôycnt ne pran-dre cemotdâInfidellesen là lignification generalle, mettans difference entre les Papilles amp;nbsp;autres peuples qui nâont du tout connoilïà nce deDi|v. Finablement concluoyent quâil eftoit loylîble faire Mariage : pourueu quâvne partie conlcntift dâhabiter auelt;? lâautre, fans que celle qui nâeftoit de la vraye Religion vouluft contraindre lâautre à chofes illicites. Mais la difficultéeftoitde fçauoir, ficela eftoyt expedient. Efpourmonftrerquâil ne feftoit.IIs alleguo'ient que le Seigneur aiant voulu que les Ifraëlites faliafïènt auec ceux de leur nation:auoit môftré le danger qui pouuoit auenir failà nt autremét. Allà uoir diuers maux que fexpericce a finalement dcfcouuerts. Qtf il y auoit bien quelque exception à cela: Afu-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Gg ij.
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
quâva Iftaëlite pouuoit cfpoufcr vnc eftrangerc. Mais auec certaines cautions amp;cônfidera-tions fort expreflès. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f Apoftre nâauoit pas dit fans caufe quâil ne faut point facoupler a-
â¢uec les Infidelles. Les Peres amp;nbsp;Anciens Doreurs de PEâ life afïà uoir Tertulian, Ciprian,Hie-rofmCjAuguftin entrâ-autres auoient fort condamné ces Mariages. La partie affedionnée à la-vraie Religion Ce mettre en grand dSnger dâeftre tirée par lâautre à vanitez amp;nbsp;Idolatries. Que Salomon amp;nbsp;pluficurs autres Roys de luda, en eftoient de beaux miroers. Et quâil falloir confi-derer les grans maux auenus par telles conjonétions. Ce confideré fuplioient la Royne de Na-uarre de bien auifêr premièrement fi le Prince fbn fils pourroit point eftre par tel moien attire a quitter fà Religion. Si Madame fôeur du Roy auoit quelque affedion non feulement à ce Princ?:ains* uffi à la ReligiÃ.Ou fi elle promettoit vouloir acquieffer à raifon.Ils luy mettoiét en auant les inconueniens. Que fi elle venoit à mourir la Royne Mere auoit de merueilleux moiens pour esbranler fôn Gendre. Quâil y auoit peu dâapparence que la fÅur du Roy peufl Cl toft oublier la Court où la quitter fi foudainement. Et qi^ demourant elle nâauroitfaute de gen^our la côfermer en fà Religion.Sur tout quad l^Mariage fèroit acôply. Et quâelle auoit afftz dâallechemcs pour obtenir beaucoup de celuy quâelle efpoufêroit. Ils ramanteuoiet auffi à la Royne de Nauarre ce quâon auoit braffé au feu Roy fôn mary, fan t 561. quand le Pape amp;nbsp;les fiens pourfuiuoiét de faire diuorce entre ledit Roy fon mary amp;nbsp;elle à caufê de la Religio. Auffi luy propofôient ce quâelle nâignoroit pas fEftat de la C6urt,amp; finallcment lire de Dieu fi en ceft endroit elle faifôit chofè quelconque contre fà gloire. Ces auertiflèmensfurent en-uoiez és mois de lanuier amp;nbsp;Feurier 1572.3 foccafion defquels la Royne de Nauarre eftoit
fort trauaillée en fôn Efprit.Et quoy que quelques vns luy fiffent les chofes fort doucesamp; plat fà ntes.Si cft-ce quâelle y voioit beaucoup de difficuItez.Lors mefmement quâelle confideroit à quelles gens elle auoit affaire.Toutesfois eflant refôluë q^c ceMariage nâeftoit illicite: elle conclud auffi ne faire rien dont û confeience fuft bleflee nây fhonneur Eftat de fen fils reculé. Et euiter toutes occafions de mal; autant quâil fèroit poffible : amp;nbsp;quâeftant pres du Roy clleperdroit la vie pluftoft que de promettre quelque chofè qui fuft côsre Dieu-.lequel pour-iioiroitaurefte.Qu^iluyfutoccafiondefachemineren Court pour y effeduerce quâelle a-uoit tant débattu enTbn efprit.Mefmemét à la pcffiiafion de Francourt fbn Chancelier amp;nbsp;quel ques autres lefquels oppiniaftres du commencemét aucontraire :amp; peu à peu esbfanlez,enfin faffeôliônerêt fi fort à la conclufiô de ce Mariage parles hautes promeftès amp;nbsp;vaines efperâccs dót ils fè laiflèrét apafter:quâils poufl^êt cefte Princeffe à fachemincr enCourt quâelle trou-ua à Bloys. Ãiis y auoir refb*lu tout prefquâau defir de leurs Majeftez:elle en part pour treu lier amp;nbsp;preparer à Paris tout ce quâelle jugeoit neceflà ire a fauâcemêt amp;nbsp;perfeóliódu furplus.
La Roync
Doneques la Royne deNauarre arriua dans Paris l^quinziéme May pour y recouurer les deNauarre beaux joyaux dont elle rauloit parer la fblennité nuptialle defbn fils. Mais elle nây eut »eurtà Pa- long temps fejoumé quâauoir curieufèmdht recerchéle plus de fingularitez dont onfè pou-dôiunÅ de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;retournant fè fèntit furprifè dâvn mal qui luy fis rendre fefprit le dixiéme luin au
fa dernière cinquième de fa maladie. Aucuns difènt que pour auoir trop pené ce jour, amp;nbsp;feftre repofec volonte, fueur: vnc pleurefie fenleiia de ce monde, nâayant pour la. foiblefïè de fbn corps eu la vi
gueur de refifter à la violence du mal : elitäres quâefî**fwiift aagée de quarante trois à quarante quatre ans gt;. Plufieiirs murmuroyent quâon luy auoit empoyfbnné le cerueau, parfodeur des gans perfumez quâon luy prefènta. Ce neantmoins afin dâenleuer lâoppi-nion à chacun, on luy ouurit le coffre, amp;nbsp;nây fut trouuée marque de poifbn aucune. Ains fèullcment vue inflamation amp;nbsp;mal de poumons qui luy auoit caufe la ficure continue . Dr bien quâelle ne fuft regrettée de tous: fi fut elle plainte amp;nbsp;defirée de ceux qui la fureur voir que dâvne que dâautre Religion. Le Roy mefme, la Royne Mere, fbn Excellence, le Duc dâAlençon,amp; leurs maifbns en chargèrent ledueil par expres commandement, pour tefinoignage du grand de^laifir quâils en receuoyent. Puis le corps embaumé amp;nbsp;mis en Cerdieil, fut honorablement conduit en lieu où Henry fbn pere fut inhumé. Deuant que mourir elle fit vne longue remonftrâce à TignonuilleGouuernante de fà fille Caterine, pour la luy reciter amp;nbsp;croire le bon Confèil du Prince fbn frere.Pour fin fèntat (bn corps afoiblir,amp; de ic^yne nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;redoubler fit fbn teftamét le S.Iuin.Par lequel auoir ordôné de fà fepulture au cômun
dcNauarre. tôbcau de ces Anccftres,fà ns pôpe,amp;fuiuant fà Religion:cômande à fbn fils de viure amp;nbsp;main tenir tous fès fu jets felô icellc:eftre auteur amp;nbsp;loial gardien de Ca fÅur jufques à fa voir mariée ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à vn
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à vn Prince digne dâelle amp;nbsp;de mefme profeffion : Tenir le Prince de Condé amp;nbsp;le Marquis de Conty comme fes propres freres amp;nbsp;les entretenir auec lâAmiral en toute vnion pour lèruir à Dieu:linftitue fon heritiervniuerfêllelon le contraddemariage dâentrefon Pere amp;nbsp;dâclle:amp; ⢠les conuentions accordées entre le Roy amp;nbsp;elle furie mariage de luyfonfilsamp;de Madame Marguerite. Voulant que là loeur prenne fa legitime lêlon le droit elcrit, èc les couftumes des lieux où lesbiens lcront aflis:aucc toutes les bagues amp;nbsp;joiaux tant liens quâà elle engagez: ou lâargent qui reuiendra du def engagementjpourueu que le grand Colier amp;nbsp;le grand Ruby balay engagez en Angleterre demeurent héréditaires à la mailbn de Nauarrc.Luy donne auf fl par precipu là bordeure dâElîneraudes.Voulantquelbn fils paie les gages de trois années compris celle cy,à tous fes Officiers amp;nbsp;Seruiteurs.Luy recommandant ffir tous d^BeaifUois, nbsp;nbsp;nbsp;*
FrancOLirt,amp; de Berune,comme Tignonuille à là fille.Priant lôn Coufin le Cardinal de Bourbon,amp; le Conte de Coligny Amiral dâellre executeurs de celle fienne dernière volonté.
On ne lailfa pourtant de continuer le propos encommencé du Mariage du Prince de Bearn aujourdâhui Roy de Nauarre, Souuerain de BeariijDuc de Vcndolîne,dâAlbret,de Beaumôt, amp;c. Pour le preparer dâvne amp;nbsp;dâautre part à îacomplillcmcnt dâiceluy.Lequel fut lî dilig^iif t lolicité que le tout fut arrellé,puis exécuté comme vous entendrez. Quant aux Articles conclus amp;nbsp;fignez le vnziéme Auril mil cinq cens lôixâte douze à Bloys, par Charles, Catherine amp;nbsp;Ieanne:contre lignez par Fizes Brulard amp;nbsp;Pinard ils eftoienttels.
Premièrement ledit Seigneur Roy en faueur amp;nbsp;contéplation dudit Mariage donnera eh dot à madite Dame fa foeur la lomme de ^oö. mil efeus dâor Soleil, vallans 54. Iblz lâcfcu: amp;nbsp;ce cntrèT pour tous droits fucceffifs paternels amp;nbsp;maternels. Et moieiinânt ce, en palïà nt le contraâ: de Mariage fera ladite Dame les renonciations requilês à IclHits droits lùccelïifs paternels amp;nbsp;ma- Madame terncls au proffit dudit Sieur Roy amp;nbsp;de lès fuccellèursÿc aians caulè; amp;nbsp;promettra les ratiffier le lendemain des Nopces, amp;nbsp;mon^it Sieur le Prince promettra auffi par melrne contraél de â lâauthorilèr pour faire ladite ratificatio.Pourcc que les grans amp;nbsp;importans affaires dudit Sieur Roy,rincômodité du téps,ôô les delpences qui luy tombent fur le bras:ne peuuent permettre ⢠défaire deliurcr en argent contant la Ibmmede 300. mil elcus corne il defireclâedit Sieur fera, emploier ladite lômme en achapt de rente au^enier douze fur la ville de ?aris. Duquel reue-nujladite Dame là fÅur jouira amp;nbsp;par lès mains: afin quelle ait meilleur moien d'entretenir honorablement comme il conuient a là grandeur,lâEllat de là mailôn.Que deldits trois cens mil efeus les deux cens mil demeureront propres à la dite ôamc : fes fuccelïèurs amp;nbsp;ayans caulc. Et les autres 100. mil elcus Ibrtiront nature de meubles. Et du jour que lelHits Sieur Prince amp;nbsp;Dame feront eljjoulêz : Ils lêront vnis amp;nbsp;communs en tous biens meubles amp;nbsp;conquells immeubles faits durant amp;nbsp;confiant Icusdit mariage. La Royge Mere du Roy pour le fingu-lier amour quâelle porte à Madame là fille: luy donnet« la lômme de deux cens mil liures tournois: laquelle lêra*emploiée en achapt de rcteÃir la ville de Paris pour ellre propre à ladite Dame, lès fucceffeurs amp;nbsp;aias caufe amp;nbsp;de laquelle elle jouira par fes mains pour lâentrete-nement de lôn Ellat. Monfieur, amp;nbsp;Monfieur le Duc donneront pareillement à madite Dame leur fÅur, chacun dâeux lalômme de vint-cinq mil liure, failà ns enfemble la lôftnme de cinquante mil liures. Laquellelol^jj^ra pareilJpBlgiit emploiée entente amp;reuenu annuel qui demeurera propre à ladite Daine amp;nbsp;aux liens. En cas de dilïôlution dudit Mariage par le trefpas dudit Sieur Prince: Ladite Dame furuiuant lôit quâil y ait enfans ou non ; Il fera en fon choix amp;nbsp;option de fe tenir à communauté du bien: ouârenoncer à icelle. Et en cas de renonciation, elle demeurera franche, amp;nbsp;quitte de toutes dettes amp;nbsp;ypothecques de ladite communauté: encores quelle fefuft obligée durant ledit Mariage. Pourra neantmoins ladite Dame reprandre deux cens cinquante mil elcus de trois cens miPa elle donnez par la Royne là Mere, amp;nbsp;les cinquante mil liures auffi à elle donnez par Meffieurs lès freres amp;nbsp;tous les autres biens qui luy pourront ellre elcheus amp;nbsp;auenus durant le Mariage, par fucceffion où donation de fes parens amp;nbsp;Amis: auec lôn doüaire amp;nbsp;tous lès habillemens baguesBamp; joyaux 8c vaiffelle dâargent feruans amp;nbsp;dellinez à là perlônne amp;nbsp;à lôn vûge ordinaire à quelque fomme quâils lè puilïènt monter: Enlèmble les bagues amp;nbsp;joyaux qui lu^ auront ellé donnez en faneur dudit Mariage par ladite Dame Royne de Nauarre, amp;nbsp;ledit Sieur Prince. Lelquels pour obuicr à lâauenir à tous troubles, lèront mis en inuentaire. Le cas auenant que ladite Dame dcccdc auant ledit Prince: amp;que dudit mariage nây eull cnfans:les Succeflèurs ôc
-ocr page 112-lanuicr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
ayons caufe de ladite Dame, auront recouureront toutes les bagues amp;nbsp;joyaux par elle ap-portezamp; contenus en linuentaire qui en aura efté faitjauec ledit Sieur Prince:pourueu quâel-
⢠le nâen euft au parauant dilpofe. Enfemblc les deux cens mil efeus à elle conftituez en dot : amp;nbsp;qui deurot demeurer propre à elle amp;nbsp;aux fiens : enfemble les deniers à elle donnez tant par la Roine amp;nbsp;mere que par MefTteurs lis Freres ; amp;nbsp;outre les autres biens immeubles qui lèroient auenus amp;nbsp;efeheus à ladite Dame par fucceflîon. Item au cas que ladite dame decede deuant ledit Sieur Prince: amp;que de leur Mariage y ait enfens:le Gouuernemcnt dâiceux amp;nbsp;aminiftra-tiondes biens delailTezpar ladite Dame, demeurera audit Sieur Prince julques à ce quâils lôient en aage. Sçauoir les malles de dixhuit ans amp;nbsp;les filles de quinze : lâns quâil loit tenu
* dâen ftndif compte : pourueu touteflFois,quâil entrtienne lefdits enfens Iclon leur qualité: Sa-
* tiffà ce amp;nbsp;fupporte les charges de la maifon. Pareillement au cas que ledit Sieur Prince precc-
daft ladite Dame amp;nbsp;quâl y ait enfans de leur mariage : elle aura faminiftration amp;nbsp;Gouuerne-ment de leurs perfonnes amp;nbsp;biens meubles tant quâelle demeurera en viduité : amp;nbsp;julques à ce que lefdits enfans lôient paruenus en aage : les fils de dixhuit ans amp;nbsp;les filles de quinze. Sans qjie^adite Dame loit tenue rendre compte ni payer aucun reliqua : pourueu aulfi quâelle entretienne lelHits enfans, quâelle lôutienne amp;nbsp;garde les droits amp;nbsp;lâtifface aux autres choies de Douaire mailôn. Ledit Sieur Prince douera ladite Dame de quarante mil liures de rente amp;nbsp;reuenu annuel pour en jouir par elle la vie durant, lors que doüaire aura lieu. Et ce fur le Duché du Vendomois, lès appartenances amp;nbsp;deppandances. Et où le trouucroit leditDuché ne valoir de reuenu annuel ladite lomme de quarante mil liures: lcra fait fuppléement julques à la con entrance de ladite lômme fur le Duché de Beaumont, ou autres terres amp;lèigneuries plus commodes à ladite Dame à lôn choix amp;nbsp;option. Laquelle pouruoira à tous Offices amp;nbsp;Benefices dâicclles Seigneuries qui lui feront baillées en affignation de lôndit doüaire : amp;nbsp;fi aura en icelles tout pouuoir : auec la ville amp;nbsp;Chafteau de Vend?)lme pour lôn habitation quâil lui meublera de tous meubles, ornemens amp;nbsp;vftanciles, julques à la lômme de trente mil liures.
⢠Sans que ladite ville ôi Chafteau ainli meublez lôit comptée ou vienne en diminution du reuenu dudit doüaire: que pareillement la faculté de pouruoir aufdits Offices lui loit en rien comptée. Il elbremis au bon vouloir de l^ite Dame Roine de Nauarre amp;nbsp;dudit Sieur Prince de donner à madite Dame en faneur de ce Mariage des bagues amp;nbsp;joyaux de telle qualité amp;nbsp;pour le pris quâil leur plaira. Lelquelles bagues ainfi données en faueur dudit Mariage lèront miles par Inuantaire,afin q«e pour lauenir il nâé puilïc eftre rie rcuoqué en doute. Ladite Dan» Roine de Nauarre en faueur dudit Mariage qui autrement ne le feroit : confirmera entant que belôin lèra ^article contenu au Contraôt de mariage dâentre le feu Roy de Nauarre amp;nbsp;elle : aflà uoir ledit ^eur Prince fuccedera^ tous les biens tant prelèns quâà venir: amp;nbsp;déclarera de nouueau ledit Sieur Prince lôn heritier vniuerfel au contenu dudit article. Item eft accordé en faneur amp;contempla«on'dudit Mariage que le premier fils delcendant deldits Sieur Prince amp;nbsp;Dame futurs elpoux:fera déclaré heritier vniuerlcl dudit Sieur Prince. Et fil y a plufieurs enfans, les autres auront leur legitime aux biens eftans es païs de droit clcrit. Et poift le regard de ceux qui lônt és païs couftumiers : partageront comme puilhez Iclon la couftume des lieux. Et au cas^^ije le premiqj^^mfidéclaré heritiervniuerlèl: mouruft fans enfans: le droit dâheritier vniuenel lèra à lauSe ffts plus ainé dâaagc, procrée du-dit mariagc:ainfi conlècuriuement de perc en fils habilles a fucceder. Et en delfaut de malle, à la fille aillée dudit mariage. Et aulfi conlècuriuement de fille en fille comme il eft dit ci défi fus des malles. Et aliénant que ledit Sieur Prince furuefquift ladite Dame,amp; conuolaft en lè-condes noces, nâayant enfans malles de ce premier mariage: mais Iculcmcnt des filles;amp;quâil y euft enfans malles dudit fécond mariage : en ce cas la Seigneurie de Beam lèra amp;nbsp;appartiendra apres le decez dudit Sieur Prince, à la fille ainée du mariage de lui amp;nbsp;de madite Dame au contenu des loix amp;nbsp;couftumes de Bearn. Et ce lâns prejudice de la legitime de ladite fille ainée ésiiiens dudit Sieur Prince, fituea amp;nbsp;alfis és pays de droit eferit: amp;nbsp;de telle part amp;nbsp;portion qui lui pourra appartenir és biens alfis en pays couftumier lèlon les couftumes des lieux. Item eft acconlé, au cas que ledit Sieur Prince decede le premier,amp; quâil y ait enfans de leur Mariage : amp;nbsp;que madite Dame conuole en fécondes noces dont elle ait pareillement enfans:les ilfiis du mariage dudit Sieur Prince amp;nbsp;clle,lôicnt malles ou femelles ou les delccn-dans dâeux:fiiccederont amp;nbsp;lèront heritiers de la moitié de tous les biens, tant meubles que , - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;immeu-
LIVRE VINTSEPTIEME.
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immeubles prelêns amp;nbsp;à venir de ladite Dame, de quelque part quâils lui foient auenus amp;nbsp;ef* cheus. Ladite Dame Roine de Nauarre pour la finguliere afFcÃion quâelle porte à Monfieiir ââ le Prince Ibn Pils,Ãlt;: afin que lèlon fa. dignitéamp;grandeur il ait plus de moyen dâentretenir lôn ⢠Efiatdui dclaiflèra de prelcnt f vfufFruiôiamp;jouïflà nce de la haute amp;nbsp;ballè Conté dâArmagnac: fruits,proffitsamp;reucnus dâicelui,auec le depos des offices ^benefices: ÃC generalemet de toutes choies dependans defdits Contez fans rien relcrucr. Semblablement lui rcm^tra Si quite-ra en faneur dudit Mariage les douze mil liures de douaire quâelle a fur toutle Conté de Harle amp;nbsp;autres biens dudit Sieur Prince. Monfieur le Cardinal de Bourbon en faneur amp;nbsp;contem- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i -
plation dudit Mariage, ã pour laffeétion quâil pone à Monfieur le Prince lôn neuen : cou-fermera an profit dudit ficur Prince, les dénonciations amp;nbsp;renonciations de9«fucc»ffions * paternelles amp;nbsp;maternelles ci deuant par lui faites en faneur du deffund: Roy de Nanar-re Ion frété. Et outre a donné audit Sieur ce qui lui elf deu de relie de la lômme de cent mil liures par la Tranf adion faite Si pallee à Paris: par laquelle il a elfe accordéamp;tranfigé entre ladite Dame Roine de Nanarr^Sc ledit fieur Cardinal pour la fucceffion de la mailôn dâAlençon. Spécialement pour les terres db Challeau-neuf amp;Thimeraiz. Fait à Blois le vnzfbjjie Auril mil cinq cens Ibixante douze. Ainfi ligné Charles,Catherineamp; leanne. Et contrefigné Fizes,Brulart,Pinart.Voila Ivn des principaux DclTeins du Roy fort anancé: reprenons maintenant les préparatifs de fautre, fçauoir cil ÃEntieprinlè fur Flandres par les feeretes menées de lAmiral.
levons ay dit que ÃAmiral,auoir cllé quelque temps en Court le retira à ChallilloniOU le Roy amp;nbsp;plufieurs autres lui elcriuoient Ibuucnt: amp;nbsp;melmemét pour le faire retourner, ven que les affaires quâil fçanoit ne le pouuoient conclure ni acheminer là ns là prelènce .Soit quâil fut lêcrettement ponlTé dâvn inlf ind naturel: ou que les remontrances de îAmiralleamp;antres qui îaccompagnoient valulïèiit tantlîlr lui : il ne ponnoit predre la relblution dây aller; alléguant pour fes principales exeufes le peu dâamitié que lui portoient les Parifiens de tout téps, amp;nbsp;le nôbre dâennemis quâil fçanoit auoir en la mieux peuplée ville deFrâce. A quoy le Roy relpôd lâaris^ viét quâil nâauoit occafîdh aucun e de craindre ce peuple. Quâil nâolèroit rien attenter contre Ibn vouloir. Et quant au relie, il auoit fi bien pourueu pour le tenir en bri^e : quâil nâen denoit craindre aucun remument. Et de fait il auoif ellroitcment commandé par lettres Sc melTages à Marcel Preuoll des Marchans quâil fill en forte quâil nâauint aucun fcandale à Paris pour la prelènce de f Amiral : autrement quâil lui en fçauroit bi^ faire rendre compte. A ces mefines ⢠fins la Roine Mere amp;nbsp;fon Excellence lui auoient auffi elcrit.Si bien quâil y auoit yandc apparence que tons fy den Jïènt porter paifiblement. Et pour y mieux obuier,le Royamp; la plus part des Seigneurs dé France y vindrêt pour folennilèr ce Royal Mariage. Et outre ce pource que le Roy elloit refolu de le paracheuer encor que le Pape ne lui enuoyall dilpenle: il auoit mâdé grand nombre deNoblçlïè pour y affiller.LaI^oin^deNauarre,les Princesamp;antres en anoiêt auffi amené beaucoup de leurs partilâns,amp;en venoit tous les jours: fi bien que tous treuuoiét ellrange la longueuramp; lente parelfè(comme ils difoient)de fAmiral : vers lequel le Roy auoit cxprelfoment enuoyé Cauagnepour îalïèurer du tout:amp; le haller de venir. Sur|[noy Briqne-maut voiant quâil ne fauancoitcour ^ela:lui refont bien au long au nom duRoy pour lui per-fnader de plus en plus a fo dili^STEn fin il viTl^^aris, où il fut receu comme au parauant.
Auquel le Roy communiqua foudain la refolution quâil auoit pris tant fur le fait du mariage, que pour fentreprifo de Flandres: montrant de craindre bien fort que la longueur quâon y te-noitify prejudiciaft en quelque chofe. AquoyîAmiral joyeux de le voir fi deliberéipour defeharger par ce moyen tout fonRoyaume de tant de malheurs qui lemenaçoient fi les guer res ciuilles enflent continué : lui en parla aflèz généralement. Mais en fia le Roy lui auoir dit quâil en vouloir auoirfon confeil,notamment for les moiens quâil falloir tenir à la foure conduite de tels deflèins: amp;nbsp;quâelle fin le toutpourroit reüffir : auec les cômoditez amp;nbsp;incommo-direz qui en pourroient venir dâvne part amp;nbsp;dâautre: Q^el^es jours de delay paflez quâil a-uoiteudcfà Majeflé pour y mieux auifer, parla ainfi: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Harennû«
Sire, encor que la contrariété des humeurs Françoifès, amp;nbsp;les longue^ recheutes de cefte vieille maladie caufoc par le différend de Religion : ne peuuoient faire luger de voflre Eftat coiisni A* que la ruine dâicelluy : ou que du moins il deuft laifler partie de fos membres amp;nbsp;de fo force: nn'il de pieu neantmoins comme le foui Médecin qui en celle maladie dcfofpcrée luy pouuoit don- ter*
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
auRoy rcmcdc: fait tant.dc graces à voftre Majefté de le voir guary: remis amp;nbsp;refaid fus pied. Rc-Charlcs la ffg de le preiêruer dâvne recheute: le maintenir par tous les moyens en (ante loifibks 8c: pof ks p^Fsb» ^itgt;les. A cecy nây a rien plus propre quâvn exercice prins à temps qui conlômme les mauuais contielâEr- humeurs qui les pourroient caufèr amp;nbsp;confirmer ce qui entretient la fânte. Câeft dâentrepran-fint deÃeC* guerre dehors pour entrcjpnir la paix dedâs.Et comme tous bons politicques ont de charger le tout temps ^it mettre vn énemi en tefte a vn peuple aguerri de peur quâil ne le deuiene a lôy de°Gucrres nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Chacun Içait comme le François malaifement, qui a goufté les armes les peut laifïèr
«iuilcs. amp;nbsp;comme fôuuât degayeté de cÅur par faute dâennemi,il querelle ion compagnon amp;nbsp;amy mefincs. LâItalien, lâAllemant, le SuilÃ:, la paix faite retourne à fon mefticr,lc François deipri
⢠fê toi*s aunees meftiers,demeure Soldat, amp;par faute de plus comode exercice piufieurs aymét
⢠mieux ou cercher la guerre au loing ou la faire aux paflà ns fur les chemins, que de le repolêr chez eux. Pour vuider donc tant de lang corrompu amp;lupcrflu qui pourroit créer quelque notiuelle maladie au corps de voftre Eftat: il faut ou là igner ou pour le moins efuenter la vaine. Il faut dif je entreprandre vnc guerre:mais il faut quâelTc lôit jufte,facile.Etvtille,amp;que le P^dÃit nây foit non moins honorable que lâhonneur p Affitable.Ettclle pour le faire court:n'en voy-je aujourdâhui que contre le Roy dâElpagne. luftement la luy pouuez faire pour les injures quâauez receu de luy en voftre bas aage qui delcouurent bien combien il vous eft amy. Car non contant de vous auoir plus par fraude que par force depoflèdé dâvne bonne partie de prouinces hefeditaires de vos ayeulx pour vous brauer jufques au nouueau monde amp;nbsp;entre les plus barbares faire apparoiftre que pour quelque tort quâil vousfeift nâen failles aucun femblant .11 a taillé en pieces voz lôldatz en la Floride amp;nbsp;vous en à chalfé hors lors que les diflcnflîons de voftre peuple ne vous donnoient le loifir de vous en rclêntir. Des biens il eft venu à l'hôneur.Il vous a ofté la precedence en laCourt de l*Empereur,8c a enjambé lefgalité en celle de Rome qui font les deux où chacun a efgar.dEtSrigue le melme non à Rome lêul-lement: mais par tout où vos Ambaflà deurs fe font rencontrez julques là , que de tous frais à Romme comme fil vous voulloit deffier,il a taché le melme: enquoy le Pape fell monftré 11 lèmblabié à fon predeccireur,quc contre le droiél: duquel de tout temps vous auez efté en po-celïlon,il nâa voullqjîailler La paix a voftre Ambaflà deur pour ne fembler faire tort à fautre'. Et câeft ce melcmbleauoir donné vn augure d^guerre vous aiant relfuzé la paix à tousd eux comme fi le RoydâEfpagnc pour les cruautez quâil a exercées contre les Chréftiensdeuoit ⢠vous defemparer du tiltre que vos pr^decefleurs ont aquis par infinies vidoires conquilês fur les Turcs.î^agueres voyât voftre Majefté auoir autres fois tenu propos dâacheter leMarquilât deFinal amp;nbsp;recompenfor leMarquisaillcurs,il la enuahi de faitamp;deforce craignant comme les Chefz de lentreprinfe difoient ouuertcment que lesjrançois nâymeilTent le pied en lieu 11 important câeft à dire ceux de itmpire amp;nbsp;pays dâItalie de quoy il monftroit quâil fe defioit de vous amp;nbsp;deffiancc eft tousjours accompagnée fie peu dâamitié. Ce failà nt fa reputation eft teb ⢠lement accreuc aux delpens de la voftre quâil fembloit prefque à toutes prouinces amp;nbsp;contrées neutres dâItalie que vous dependilfiez en quelque façon dé luy amp;nbsp;les Lis feulfent du tout lief tris là ns efpoif de reflorir jamais.Iufquc là quâen leursCourts à la grand honte amp;nbsp;contre-cÅur de tous vraiz François on lappelloit fimpl^ent Roy cgmnWil eftoit non feullement le premier mais feul en la Chreftienté de ce tiltre. ^i lâon me on^Til eft doublement voftre beau frère doublement vous a il offencé vous portant fi peu de relpeét ou pour le moins ne vous eft pas bon frere qui drelfe lese mbufehes à vos biensamp; hôneurs.Si fon mallegue par bon office le fecours quâil vous donna en vos guerres ciuilles, je demanderay fi cellui là fera eftimé bon ami de quelquâvn qui le voiant tranlporté de collere amp;nbsp;palfion julques à ce vouloir tuer foy melîne luy bailleüla dague en là main pour fe depefeher amp;nbsp;non plus toll celuy qui la luy cache amp;nbsp;refuze tant que la collere ait cédé à la raifon? Il nây à François fil nâcft tranfubftantié cnElpagnolqui neconfelfebien celle auoir efté fon intention amp;nbsp;ce font vieilles finelfesde nourrir la guerre en vn Eftat voWîn rât que ou la part vaincue nous appelle au feruice ou toutes les deux abatues foient côtrainéles de nous receuoir.il nâattédoit(Sire)que de voir voftre feeptre brifé amp;nbsp;voftrlt;^Couronne en pieces pour en ramalfer les cfclats amp;nbsp;en recuillir les fleurons. Si depuis la paix faitefon eut à fimitation de Maximiliam premier diligemment eferites amp;nbsp;entoilées toutes les oc calions quâil vous à donné de la rompre amp;nbsp;les injures dont il vous a prouoquéà guerreouuertej le volume feroit pieça plein. Il me fuffit en auoir touché quel-
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qucs vues.Pour conclure que fi les torts receus qui rendent la guerre jufte Ce lailTent en arrie' re ou fc dilatent plus long temps, voftre aôtion iè paflerævoftre droit deuiendra tort amp;nbsp;voftre caufe legitime lemblera pretexte amp;: le point à îapetit cautionné dont foccafion qui fe tnonftre , vous ne la pourrés laiflèr là ns y laiflèr de voftre honneur:vous ne la pouuez dilaier (ans perdre le proffit de la pourfuite. Et fi on me dit quâil faut plus auo^r d'efgard au proffit general 'de la Chreftientéquâau voftrepropre, veu quâileftau joutdâhui empelché contre le Jure : câeft encores vn desvieils coups dâeferime de fes Anceftrcszqui contre tous le lont parez de là guerre des infidelles vfans fous ce beau manteau de plus dâinfidcllité enuers les fidelles que le Turc enuers ceux quâil tient pour infidelleSjSil eft ft zélateur, quâil commence a reftablir les Princes en tout ce quâil leur retient,amp; vfurpe reftabliftà nt voftre Majefté en fes Paârimcgncs: vn Roy de Nauarre en fon Royaume, autrement dâautant eft il plus à hair que le Turc. Qtfe plus eft haiflà ble le chien qui mange lâautre, que le Loup meftnes. le laifle qtiâoncques'îoh nâoit parler que par proces quâait ma partielt;ontre qui ce foit je fois teftu 'de différer niôftia-dion amp;nbsp;pourfuitte. Mais quâeft ilbCfoinores dé dilputer-ficllefe doi't'faircî'Confiderônspln-toft comme elle fe doit conduire amp;nbsp;enitetenir.Vous lauéz ja commencée Sire, amp;nbsp;quel^ÿ mine quâil face autant vous en fçait il de gré que lî vous auiez mis armées en Campagne fous vos Enfeignes, amp;nbsp;y enfliez efté en propre perfonne » Qinnd il voit que voftre Majefté à receu,fauorifé,honnoré, amp;nbsp;gratiffié le Comte Ludouic de Nauffeau en là Court amp;nbsp;autres Seigneurs amp;nbsp;gctilshomes quâil riêt pour rebelles,quad il feait que voftre Majefté à cômunic-qué aucc le Seigneur de Genlis rcuenu de Mons,en clperâce de retournerSc mener des forces amp;nbsp;chofes encores qui palfent plus outre,que peut il autre chofe penfer linon que voftre Majefté luy voudroit nuire:mais quâelle fait couuertcment ce quâouuertement nâoferoit? LâElpa-gnol ( Sire ) nâen penfe pas moinszautant vous eft il ennemy pour luy auoir monftré voftre ef pée que pour îenauoir battu. Autaftt pour auoirdefeouuert des lignes de mauuailè volonté que pour en auoir produids les effeds:en temps amp;nbsp;lieu ils le vous garde.Mais voftre Majefté fe doit fouuenir que le premier coup en vaut deux. La guerre nâeft point jufte feulement, mais necelfeireli lâonze veut en auenirvne très perilleufe:amp; vous declarant vous ne faides point vn ennemy mais combattez celluyqui eft desja faid. Mais poujee que maint bon proces fe pert quand la partie eft plus forte quÃe droit; amp;nbsp;que le moyen de pourlûiure def-faut, je veux maintenant monftrer que la pourfuitte vous eft tres fà cille : amp;nbsp;ce tant pour îaugmentation de voftre force depuis la paix faide aue^ques luy que diminution de la lien-ne. La Guerre ( Sire ) ce fait plus par fer que par or,plus par hommes que par arg^t.La force des hommes conlifte en ce qui eft dedans le pays lotis nous:amp; dehors fous noz alliez, amp;nbsp;en toutes les deux vous le paflèz. Dedans vos pays au lieu que jadis le peuple fuioit les Armes,!! les fuit au lieu quâil fermilfoit: il ^ute au fon du tamboâur.Lâelpée du Gentil-homme eft aguifee du Bourgeois dâefrouilléé le foc du Rboi^reur forgé en coufteau. Autant que voftre Majefté a de Bourgades autant de Garnifonsamp; pepinieres de Soldats, amp;nbsp;non Bifoings mais trelâguerris aiant plus veu de fîcges, routes,elcarmouches, furprinfes en vn an des guerres ciuilles,quâen dix: julques là que qui obeiflbit en vos guerres commande ain^eftrangcrs;
amp; qui cftoit Capitaine, a tiltrei^e C^lonnel.Etfi fon me did que ce nâeft rien dâauoir des Soldats qui ne les haobeiflà ns,8^l!?lcs là diôslloïTïlu tout amorties y mettet la defobeilïà n-cc.Ie relpôs quâêtre les homes particuliers amp;nbsp;lîmples foldats nây a point de fadiô:que fil en y a reftét entre les Chefs,amp; les oublierôt à voftre parolc:voire melines à lédroit de lâênemi où îvn mettra le bout du pied,fautre tafehera à mettre le talion corne fon à veu à la prinfe du Haute , lors voftre Majefté verra quâelle auantage a celluy qui fe fert des liens fur celuy qui fe fort dâeftrangers. Le fujet fert amp;nbsp;obéit comme fils,feftranger comme feruiteur,leferf pour fe vie amp;nbsp;pour fon honneur auec expedation de fes feruices eftant à la veuë de fon Maiftre 8c Prince pour fe voir de luy recompenfer ou chaftier.Lâeftranger,fert feulement pour acquérir des biens:fil ne vous coufte rien,il nâobeit quâà demi,amp; ores t^iâilfoit de voftre folide on nâen peut jouir quâaux couft amp;nbsp;confentement des parties d'or attire amp;nbsp;le fer le repouffe, for fatte-reScla pceur de mort fen retire, amp;nbsp;comme chacun laiflè les biens pour l^vie feuucr: pour ne fe hazarder, feftranger laiflè la vie pour le butin qui feulfinuite a combattre. le laiflè que
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forces cftrangeres font tousjours fupportees en vn Royaume,amp; que le degaft dâvn pais en cft trop plus grand, amp;nbsp;tant que le Cytoien efpargne le läng de fon Concitoien, feftrangcr elpar-gne le fang de fon ennemi plus que celle du Paylân:quoy quâami confédéré il foit. Dont je laiffe a penler à cclluy qui a veu la France non aguerrie quand la NoblelTe fit tefte à fltalicn, E{pagnol,Allcmant, Angloisamp; lesReitresliez enfomble:cc quelle feroit aujourdâhui que toute quallité de gens tout aagé,5i a peine que je ne dis tout foxe, eft accouftumé amp;nbsp;expérimenté aux armes. Or les Eftats du Roy dâE^agne ne font pas pour le jourdâhui ainfi: car ou tre que fElpagnc nâeft pas fi peuplée comme la France : les Gentilshommes de toute ancié-neté marchent folon le contrat quâils ont aucc le Roy:nâeftans tenus que deffendre le pais colore qi^i faflà illiroit amp;nbsp;ne paflent trop volontiers les monts Pirenées : comme ainfi foit que voftre NoblefTe va cercher la guerre là où elle cft feu ftee en la mer glacialle où en la Zone tor .ridc.Au plus grand Camp que tEmpereur ait jamais fai(ft,nc fe trouuercnt oneques plus de fop;.mille hommes de pied Efpagnols enfemble, amp;nbsp;quelque fopt ou huit ces cheuaux legers. Sâil feu tire de nouueaux fe foront Bifoings tels que celtx, quâà ce grand befoing le Duc de Mgdinaceli a amenezdemi defaiéls de la mer en Flaifdres. Cependant il faut que ÃEfpagnc fburni.ftc à tout, car eftant la couftume de lElpagnol de réduire les pais en Prouinces, amp;nbsp;pour la dcffiance,amp;; befoin quâil en a, amp;nbsp;tenir par tout Citadelles Garnifons contre fos fu jets il faut quâil en enuoic és Royaumes de Naples,de Cicille amp;nbsp;Naiiarre,Barbarie amp;nbsp;pais bas,amp; a Millâ il en faut maintenant vn bon nombre contre le Turc amp;nbsp;tous les ans pour les Yndes dont elles demeurent en tout bien dépeuplée. Les Royaumes de Naples amp;nbsp;Cicille amp;nbsp;lâEftat de Millan ont affaire a fournir îarméc contre le Turc amp;nbsp;Cicille pour eftrc pres de Naples a befoin de grandes Garnifons comme plufieurs autres lieux,amp; fi fon me dit que pour la vidoire de fan paffé il nây ait que craindre de ce cofté là , vn peut coup deffobé nâa pas mis vn fi fort ennemi en terre quâil ne fo puiffe promptement releuer, il nous ap|)refte la mort cependant que nous triomphons delà ficnne, oneque ne fo vit grand Empire qui nâait vengé la perte au premier jour, pour maintenir fon peuple en fobeiftà nce craintiue,amp; lâennemi en peur amp;nbsp;outre ce que en la guerre commencée pour vn foldat ou Capitaine quâil a perdu,les (Srtftiens en ont perdu deux, rifle de Cypreconquifolâns efooir de la luy arracher, fuffit bien pour paier les frais des Galleres amp;nbsp;in/îrumens denauigage quâiJlaperdus : joindque quand il fovoudroitre-pofor, la Ligue contraindroit le Roy dâElpagne de pourfuiure la vidoire apres auoir vaincu, dâvfor de lavidoire. Du bas pais t^e jadis nous a donné plus de trauaux que toute lâElpa-gne il peut attendre plus de domaige que de proffit. Car outre ce quâil a perdu le coeur, amp;nbsp;du peuple amp;nbsp;^e la Noblefle qui cft en bon François plus quâà demi auoir perdu le pais, vne bonne partie des Gentilshommes eft exécutées ou banie les ordonnances qui môtent à 5.mil chenaux ou fix cents lances à cinfl cheuaux pour lance %us la charge de quatorze Capitaines: nâen fourniroient pas mil aujourdâhui: car pfiir nâauoir efté paiez des trois années entières la plufpart font fans cheuaux amp;nbsp;armes amp;nbsp;le pays mal fourni de cheuaux faids. Bref plufieurs pour fuir la fodition font allez paflèr leur temps en diners lieux,comme ez Courts de lâEm-perenr,amp; dJtalic.DâInfantcrie il nâen foauroit trop auoir:car outre ce quâil a vinthuit places où ibuent garnifons ordinaires fur les confins de voftre Maj^é,il a tant de bonnes villes,dÃt il craint la reuolte quâil ne les peut pas nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à demi. iJfÃ^ndes, jâofo dire fans crainte dây
paflèr mefurc quâelles fôt la foiblelfo dâicclluy:Car eftât que qui acquiert pays,amp; non force il fornine dâautant que ce pays acquis ne luy donne point dâhonneur, ains faut que lâEfpagnc fen depenplepour lâen peupler, tellement quâil luy en anient comme ceux qui acquièrent par quelque faneur, vn honneur qui requiert delpence amp;nbsp;ne donne point moicn dâen faire. Q^apres maint calçnl de lâaubert font contrains de faire banqueroutte: Si lâon me dit quâil eft armé par mer,amp;; que voftre Majefté ne reft,amp; que les Gaulles en font demi enuironnées: je f accorde, mais il ne nous peut nuire fur la cofte de la grand mer:car il nây a que Galleres fur la mer de leuant,la cofte detanguedo eft forte aflez,celle de Prouencebien que non for-tiffiée {ftr tout bien cft elle fortiffiable à peu de frais:fil met pied a terrrc,le pays eft par nature amp;nbsp;par exercice agueriy pour les râembarrer comme il feft veu à Marfeille ou Charles le cinquième fo heurta deux foisenbam puis courant nos coftesilfe defliedâaucc les Vénitiens auec Icfquels il eft ligue contre le Turc que luy eft befoigne fur les bras ) Qui fempefehera aflèz, voila quant aux forces intérieures cft il affoybly amp;nbsp;vous grandement renforcé. Venons mainte-
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maintenant à celles de dehors qui confiftent en ce quâon peut efperer des alliezamp; confederez Il faut ici côfidercr que depuis que la France démembrée par partage,feft raflemblée fous vn Prince:jamaisffifpagnelêulequoy quâelle aie efté reünie de melrne: ne la oie attaquer.Mais * ce quâen auons eu de dômage a elle par les forces dâAllemagne haute amp;nbsp;balïè:ou dâ Italie reünies toutes ou parties dâicelles fous lâEmpereur Charles amp;nbsp;Ig Roy Philipe fon fils,auec lâalliance des Anglois qui ne nuifoiet gueres moins Si fouuët auec îautorité du Pape.Tellemét q tout calculé,onques neperdifines bataille ou lEIpagnol Et le quart de lâarmée ennemie.Si par force Aftuce de il ne vainquoit:moins par fon aftuce qui ce peut comprendre en vn mot,de ne dire jamais ce Efpagnol. quâil fait:Sc ne faire jamais ce quâil dit. Ains pluftoft nous à tourmété par faftuce des malcon-tans amp;fubornez qui fo retiroient vers luy,que par force amp;nbsp;fineflè fubtille qui fuft e»luy.X)res nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
ne fommes nous plus ainfi.LâAnglois requis,jadis elpoufoit la querelle de tous nos voifins c5 tre nous à telle q uellc deffence. Mais la Royne Elilâbeth vous eft Confédérée Si fon ennemie comme la premiere oflfencée. loint que pour fenuie quâelle a de Zelande pour les Anglois nouuellement defeendus à FlAin^, Si pour les hoftilirez palïees entrâ-eux:elle y pourra aifément condefeendre. Elcofle ne nâus doit pas nuire pour la trelà ncienne Ligue quWl^ a auec noftre natiÃ. Et ne le voudroit pour la haine de linquilition dâEIpagne.Et ne pourroit, Veu là foibleflc ordinaire pour les fadiôs du Roy de la Royne amp;nbsp;des Hameltous brigâs le gou uernement eftranger qui fentre-trauaillent allez eux melmes. LâAllemagne qui le temps paf le nous battoitaious prefte aujourdâhuy la main Si nous prefonte vneLigue qui ofte dâvn coL té les forces de lâEIpagnol amp;nbsp;de lautre double lesnoftres. LâEmpereur quieft Chefde ceft Empire ôc poureftre beaupere de tous deux, fo pourra en ceft endroit monftrer neutral.Et fil fo formalife pour le Roy dâEIpagncou pource quâil eft fon beau filz, beaupere amp;nbsp;Coufin gcrmain:ou par la fucceflion dont par le nailïà nce de .D. Ferdinand il eft joint:fo fora auec peu dâeffeéf aiant le Turc voifîn en Hoi1grie,qui durant les trefues par fos continuelles courfos luy fait peur Si apres la fin dâicelles qui nâeft trop loin luy fera la guerre tout à bô efoiét.Lcs Eccle fiaftiques,partiepour lapoureté neluypeuuent donner aucun focours : partie pour la haine quâils ont à lâEIpagnolEt ceux qui ont plus depouuoir Si de vouloir pour eftre nos voifins Si limitrofes de peur dâeftre comme entre deux forefts enforré entre voftr^Majeftéamp;lcsPro-teftansmâoforontfesbranler.Et encores queqfR à de fargentfomble enpouuoir tirer des hom-mes:fi eft ce que ou peu ou tard en tireroiêt les Elpagnols,fi les Princes Proteftans les vouloi-ent empefoher de tout leur pouuoir Si autorité: laquelle ils emploieront tres-volontiers à la ⢠ruine du Roy dâElpagne leur capital ennemi fils fo voient côjoints auec voftre I^ajefté. Les Grifonsamp;les Suilfos des fopt cantons font tousjours à voftre deuotion. Et les autres quâils prifont plus que tous autres en guerre:ne veullent,côme ils parlent,védre leur lang: lequel ils donneront librement en celle occafion dont deppend en partie le repos de leur Eftat. En Italie le Pape eft ligué auec lâEIpagnol: mais eftans^u jgjurdâhuy fos canons pour la plus part en-clouëzamp;fes forces engagées en la guerre du Turc qui eftvnennemy contre qui le plus grand de toute la Chreftienté auroâit bien affaire: de fos deux mains il ne vous fçauroiten-quoy nuire . lâajouftcray que lOIfice du Pape fomble eftre plus toll de fo lÿetrre entre deux combattans que fo ranger auec l^vn dâeu^: fi_au grand dommage de la Chreftienté cha cunnevoioitle contraire.Les quot;^fiïfiens pounfesifelmcsempefohemensne nous peuuent rien faire.Et joint la Ligue quâils ont auec voftre Majefté:fe moftreront neutres.Et afin quâils ne fo glorifient point de la touche quâils donnèrent îan paffe au Turc: outre mefme que leur Seigneurie eft en tel Eftat pour celle Ligue que viétorieufo ou vainque elle Fabaiffe tous les ans dâvn quart: ils viuent Si fc maintiennent par le trafic qui eft en Lcuant ou Ponent ou en AlIemagnc.Du Leuat pour caufo de la guerre ils nâapportent rien.Et pourtant nâont que por ter en Ponent tellement que dâvne melme barrière leurs deux portes font fermées. Ainfi la guerre defire grans fraiz: les fraiz fo font par le traffique Si la guerre fempefohant nây à moien de la maintenir longuement. Maintenant .D. leandâAuftricïle, ou pour le foupçon quâil a de voftre Majefté:ou pour felperance de quelque bon fuccez en Barbarie, ne veut aller en le-uant: en ce cas il rompt la Ligne que le Roy dâElpagne a auec les Vénitiens. Dont fera bien aifè à faire la paix auec lefdits Venitiés fi mattés quâils ne peuuét à la lôgue attâdre de la guerre que la ruine de leur Eftat amp;nbsp;du particulier. Et faire tomber tout forage fur les terres de fEIpagnol.Tous les Potentats dâItaliepour vne mutuelle haine ou enuie: viuent en perpetucl-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le
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le deffiaiice: contribuent fi peu quâils ont de trop,contre leTurc.Et encores quâaucuns ibietlt comme tributaires au Roy dâEfpagne; ou pour mieux dire à lès gages: le ne fçay fils le défirent voir fi grand. Et ores quâainfi fuit, les Italiens ne fentrebattent que volontiers à qui premier paflèra les Alpes. Le Duc de Sauoye eft par le traité de la paix amp;nbsp;par la nature de fon E-Ilat : enfermé de tous coi'lcz neutre: amp;nbsp;quand il voudroit eftre de la partie : iêroit plus enclin à votre Majefté quâau Roy dâEfpagne: partie pour îalliancc,amp; partie pour la Duché de Milan qui eft trop fort amp;nbsp;trop pres de lui. Refte a voir les moiens neceflà ires à la conduite de cette guerre. Les vns eftiment les deniers nerfs dâvne Armée. Les autres y preferent les hommes: Comme que ce foit, fvn amp;nbsp;lâautre vous eft à main amp;nbsp;à plaifir. Vofttc Royaume fourmille de genbqui â¢â¬ demandent que, ou eft-ce? Et ne fut oneques la France tant chargée dâhommes, loit pour la Caualerie, foit pour îlnfanterie: lâvne Ã4 îautre mal difeiplinée. Mais puis que nos troubles y ont amené le defordre: auec le nom, fujctamp; occafion de la guerre, fo change-aifomcnt la formeamp;conduitte dâicelle. Mefmement lors lt;^ie le foldat fo retreuuant loin de retraite amp;nbsp;faucur en païs cftranger : verra finfolcncc de fon naturel arreftée par la rigueur dâvne ^utition autonfée de votre Majefté :pourueu auflî^uâil foit bien payé amp;nbsp;fà tifFait en la reco-noiflà nce de fon deuoir.Or la paie ne vous peut manquer pour la liberalle deuotion que tous vos fujets vous rendront: fi vous les defehargez de nos mutineries demi cnuieillies és entrailles de la France. Tous y contribueront plus largemcnt,amp; auec plus de gayeté de cÅur quâon ne Içauroit croire. loiiit les moiens que vous aucz desja prefts. Dâailleurs, bonne troupe de Nobleftc autres inefinement de noftre Religion, pafleront partie du temps à leurs propres fraiz. Et qui eft bien a confiderer : veu lâoffre de plufieurs eftrangers, on pourra faire la guerre en te! pays dont les naturels fourniront la plus part des moiens à voftre Armée : félon les ouuertures quâon vous en a desja fait. Dautre part llnfonterie ne vous montera gueres plus à payer que dâordinaire.Tant parce quâen temps de paix il v(?us en faut vn grand nombrcEt re-duifânt la guerre comme il faudra au païs de fennemi : la guerre mefîne fournira le refte amp;nbsp;payera à demi les foldats. le laiffc que les Ecclefiaftiques ne voudroient pas eftre moins liberaux contre leftrangcr,quâ és guerres ciuilles.Non moins volontaires enuers voftre Majefté quâenuers vos pred^ceftéurs qui au befoin aucunesfois ont prins la moitié, voire prcfque tous . leurs reuen us amp;nbsp;le fond mefîne. le ne toucheray point aux Anates amp;nbsp;autres droits fuffifans de payer ce qui fera extraordinaire de cette Guerre. Si Ion me dit que le Roy dâEfpagne ait moyen dâemprunter la Bource dâAnuer^qui eft tout fon principal fondement : elle ne lui aidera pas bcaucqÿp. Car par les ports de mer que tiennent les Gueux : la trafficque eft nulle,amp; par confequent la Bource mal garnie. Les Marclians ont tant prefté quâils en font las:amp;fi peu qui leur en refte pour la haine quâils portent à fa façon dg Gouuerner : il nâeft gueres à fon commandement: amp;nbsp;la ville dâAnuerseft tellement endettée, quâelle ne facqukeroit point pour deux millions dâor : tant quâil faut quâelU: enfprunte à é. 8. amp;nbsp;12. pour cent. Les Geneuois depuis la pnnfé de Final qui leur importe de 6^0000.liures tous les ans de perte : ne font plus fi affedionnez à lui. Dâailleurs ne peut il efperer. Et partant eftant voftre Majefté plus forte que lui en ^ns de guerre amp;nbsp;égalle en finance : nây a doute que la guerre ne vous foit facile à entretenir.Or nous pouuons donc jufteméj^cileme^t^j^ la guerre à fEfpagnob.mais ou? Premièrement ne la faut faire quâen vnlieu: car pour auoir embraffé la guerre en plufieurs lieux tout en vn temps : nous auons ruines touté nos entreprinfés. Il nây a meilleur quâà la Romaine ou Turqyefque, mettre toutes fés forces dâvn cofté : de peur que mangeans trop ne digérions mal,amp; nefoions contrains de reuomir. Et ce lieu ne doit point eftre ÃEfpagnc : car câeftvnpaïs montagneux, aiiantageux pour le tenant :amp; où la Nobleflé eft forcée de fé défendre, qui autrement ne bougera du pays. Pour fItalie, il faut palier les Alpes : amp;nbsp;chacun fçait que quoy que le pays ait efté engraiflé de noftre fâng amp;nbsp;honneur : jamais les Lis nây ont peu bien florir. Il faut (Sire) entreprandre for le bas païs, où le peuple vous appelle : où foc-cafion vous inuite : où la diuifÃn vous ouurc les portes de villes, amp;nbsp;vous fait breche raifon-nable pour donner fafïà ut à tout le païs. luftement irez vous fur les juftes pretentions quâa-uezfurFlandrcs,Arjpisamp;Henaut,aufquelsla féulc auerfité a fait renoncera vos predcccf feurs:amp; en viendrez facilement à bout ayant fennemi loin amp;diftrait: amp;nbsp;vos forces ôc de vos alliez tout à fentour. Pour ce faire votre Majefté pourra traitter accord auec le Prince dâ0-nnge qui tant par vne bonne amp;nbsp;forte Armée quâil a au païs : que par IcscÅurs du peuple enclin«
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clins à luy,corne liberateur:vous y pourra beaucoup fcruir.Et fans cloute ne demadera pas mieux,côfideré quâores quâil profpere à Ion gré dedâs le pays jniques à le mettre entre lès mains' il ne fe peut maintenir que par vne alliance amp;nbsp;faueur. Et apres faire la guerre comme amy du « pays amp;nbsp;ennemi des ennemys du pays.Vangeur de la tirânie amp;nbsp;reftituteur de la libertc.Car pour bien côquerir faut comencer parlacoquefte des cÅurs Si le relie viêt apres tout à lôn aile. Et pource quâil lèra belbin entretenir comme és premieres guerres de.Piedmont, vne Icure difeipline: Et par conlèquent bien paierie lôldat, afin quâellant payé il ne pille : Et fil pille nâait dequoy fe plaindre dâellre puny: Mettre vne bonne amp;nbsp;fulfizante armée tout à vn coup, pour faire grolfe g uerre Se courte. Et non de petis camps comme jadis car fi elle dure, la traf^ fique faut,le païs le ruine, le peuple fattiedit fe rend prompt à le reuolter. AfiaiWr le «Åur ⢠du pays, amp;nbsp;non frontières qui elt la vieille eferime, dont les coups ne portent que fur les bras ôc fur les jambes. Car ainfi couppez vous la racine des nerfz, delquels deppend tout le mou-uement.Etnây aura danger quâelles couppent les viures, car vous lêntantfuffilâmmentfort pour les deliurer: elles ne le voudront le faire. Et ores quâelles le voudroientne pourront partie pour ellre petites places capables de peu de gens, amp;nbsp;partie pour la mer qui vous ciÃlg-nera afièz, laquelle vous lèra ouuerte par tout. Delfier le Chef du pals en battle, par le fiege de quelque ville Capitalle, riche amp;nbsp;foible comme Bruges. Et fil fuit le choc il ne fuit la perte car le prenant dâalTaut ou par compofition, vous y gangneres beaucoup dâautre amp;ily pert toute la fienne. Et fil le veut hazarder il hazarde toutfuccezamp; le joue en vn coup de dez. Apres îauoirprinle pour inuiter lesautres:fi câell par accord, rendre lahberté; rellitucrles immunitez-.augmenter tes priuilleges:amp; diminuer les exaólions. Si câell par alfaiit, monllrer exemple de rigueur en la perlbnne non du peuple mais de quelques Chefz hays du peuple mefme. Ne faheurter point en vne petite place forte ou le gain ell petit amp;nbsp;la perte grande, quand ne feroit que du temps. Mais en lieu dont la furprinlè acquiert réputation par tout les pays. Ce faifant les murailles tomberont en vollre main dâelles melmes: amp;nbsp;les portes fouuri-ront fans y mettre la Ãlefz. Lâaiant acquis, vollre Majellé le pourra facillement garder: non , par gamilôns ny citadelles, aiant fennemy fi loing: mais comme vray Prince par les ralèr plus toll amp;nbsp;les mettre és mains des villes.Et ainfi lè^ôt les murailles gardées parles hommes quâau-ncs premièrement acquis par vollre libéralité amp;nbsp;débonnaireté: amp;nbsp;non les hommes alïèruis amp;nbsp;captifs par rampars de murailles bailies pour les emprilônner. Or à plaider ce proces, les défi pens ne palferont point le principal. Car fil y à de f hongeur, vollre Majellé y aura du proffit nbsp;nbsp;*
en quoy vous mettrez voftre ennemi fort loin. Et luy qllerez le moien de regarder fiir vollre Court. Vous euiterez la defpence de gamilbns: aiant pour frontière ou lifierele Brabant. Ou fi lesBrabançons vous ellizent: laMeuztbien remparée ou remparable de tous collez: amp;nbsp;leuts priuilleges veullent quâau cas quâaucuns d'icei^lôit rompu ils Ibient ablôus du lèrment pre-llé à leur Prince amp;nbsp;en liberté de fe donner à qunts veulent. Et plus commode de Princes ne peuuent auoir quâvn Roy dePrançepourla railôn quâil nâelloresde dilcourir. Enlômme vous acquérez vn païs auquel nâauez prouince qui le puilTe comparer en grandeur, beauté, richelïès, peuples villes amp;nbsp;commoditez tant de mer que de terre amp;nbsp;dont lâns fouiler perlônne vous pourrez chacun an tirer vi^||jj]»on dâof^^ii^ement vous redoutera fi puilïà nt voyfin. LâAnglois vous rclpeélera, ne fe pouuant commodément palïèr du commerce auec le pays bas. Autant en fera le Danois amp;nbsp;le Suede. Vollre peuple fen enrichira pareillement. LâElpa-gnol comme en ellant loin de terre lâns elperance dây reuenir amp;nbsp;forclos de mer y aura perdu le plus beau.Et vous (Sire ) qui aures auec Ihonneur immortel receu le proffit incroiable de telle viéloire:lèrez à tauenirfi crainél de vos contraires: tant chéri amp;nbsp;honoré de vos amis amp;nbsp;alliez que vollre bon heur vous tracera alTez toll le chemin pour ellre le plus grand Monarque de la Crellienté. Ce que le Roy prenoit de fi bonne part quâon leull jugé jouyr desja du moins en expeélatiue de tout ce qui luy elloit propole. Et fi alfeélionnoit tellement quâvn jour de delay lui lèmbloit dix ans entiers:jufques là quâil ne le plaignoit que des tépoylèmens dâaucuns. Surquoy lAmiral lè conformant à lès hemeurs : pour luy complaire dauantage; Delays st falfeuroit outre ce que lâns doute en matière de guerre les delays Scnamiles lônt fort dange ^emponfe-renies: amp;nbsp;outre les incommoditez dont nous auons parle ailleurs, il dilôit qu on deuoit bien craindre que les intelligences ne lèperdilïènt par telles longueurs, amp;nbsp;que les perlônnes pra-ticquées ne manqualïènt de cÅur au belbin: ou fulîènt gangnez par fennemy ou changealfét
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâauis
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â dâauis penfant pour lès longueurs que les moiens ne fuflcnt fi prefts ne fi beaux quâon leur a fait entendre. Pour ces raiîons on pourroit perdre des occafions belles amp;nbsp;fortauantagculês à ⢠faire choies de grande importances pour tout le Royaume. Surce comme là Mafefté luy euft dit que ce nâeftoit alïèz de conceuoir choies hautaines: quâil faut élire bien allé lire de lès moiens pour y ateindre: luy demand) quels hommes il y voudroit emploier.A ce lâAmiral falïèu-re de trois ipil Gentilshommes. Et comme le Roy luy euft aulfi nommé quelques vns des Catholiques quâil deliberoit emploier: il demande les noms des principaux de ceux que lâAmiral luy auoit nommé pour les conoiftre mieux :amp;lc pria dâen faire ync lifte pour la luy don-ner.Ce quâil fitipuis luy dit quâil dreftà ft les compagnies amp;nbsp;dônaft les commilfions à tels quâ-⢠il auifèroiétant de pied que de chenal: commande à lès Threlbriers luy deliurer lâargent qui ⢠lui faudra emploier là ns toutesfois lâaftreindre à y mettre la caulè de la deliurance des deniers: amp;nbsp;quâvn mandement ligné du Roy à la defeharge du Threforier y liilfilôit. Puis elcriuit à Monducet Ibn Agét vers leDuc dâAlue quâil draft deprilôn ôcfauorifift le plus quâil pourroit en fon nom tous ceux qui de la desfaite de Içnlis lè treuueroient és mains des Elpagnols. Ce fit en partie. Somme quâil proteftoit vouloir faire la guerre à jeu delcouuert.
P O V K retoitner à îentreprinfe de Flandres: les Confederez y voiant le Roy fort aftèdio-né 5 ne pouuoient penlèr que le tout ne fe portail bien: occafion quâvn chacun des Chefz fai-foit eftat dây emploier la plus part de lès moiens, voians que tout y eftoit fi bien auancé. Apres melmement auoir feeu quâon auoit ja partagé le pais bas:le Roy prenant pour foy ce qui eftoit outre Hollande, Zelande amp;nbsp;Frilè qui demeuroient paracortau Prince dâOrenge aulècours duquel il promettoit enuoier lâAmiral auec vue forte armée. AttanJant laquelle Strolfi amp;nbsp;le Baron de la Garde furent depelchez pour drelïèr armée de Galleres 8c vaiflèaux rons fur la colle de Bretaignc:aux fins dâempefeher que lâarmée que ÃElpagnol pourroit enuoier en Flandres ne peut delcédre amp;nbsp;prej udicier aux troupes de f Amirâl.Ce fut lors que les Proteftà s co-mécerét le jeua defcouuert,ôc lè hafter pluftoft q le jour des intelligéces ne portoit:tant pour la crainte que leurs menées ne fuflènt defcouuertes amp;nbsp;deuancées par f erjf mi veu ces logueurs de Court : que pour y embarraftèr le Roy : ou du moins luy oller toutes matières 8c occafions de remilès:Lâ^miral auoit ja enuoié non^re de Gentilshommes 8c Capitaines au pais bas:8c les autres fur les frontières nâattendoient que le jour de lâexecution 8c pluficurs dâautre Entrepiife cofté pour effeduer leur commilfion: qui auoient tous tant de chenal que de pied le rendc-fur le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vous en la Picardie à vne journée degaris. Alors leComte Ludouic,la Noue, lenlis, 8c quel-
ques autre.^artent deParis pour lâexej:ution de leurs entreprilès: auiquclles deuant que venir je fuis dâauis pour mieux vous donner le tout à entendre: de vous reprelènter ffiftat du Prince dâOrenge 8c du pays bas. Ce qui me fera reprendreja matière de plus haut.
Difeours le vous ay autresfois fait conoiftre le vrai nwtif 8c malheureux progrez des troubles de Flades affaires dtes.Vous y auez veu la prôte relblutiô Silcflnoiés quâôt eu à fe maintenir, ceux qui folèrent jeFiandres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deflèins du duc dâAllie 8c de Ibn armée. le vous y ay aulfi fait voir la poure ilTue
de falTeurance que le Cote dâAiguemôt 8c lès lèmblables prenoient de leur merite, plus que de leur deuc«r:attâdans les effeéls dâvne bien contraire humeur Efpagnolle qui par vne mort bôteulè leur fit lèruir dâexéple à tousceu^juÿiôp fimpi^^jipmal félèz ne lè defiét de ceux,lc party defquels ils ont olfécé.Ie ne vous ay teu non plus combien de fois lesCôfederez Flamâs fe font armez:quel heur 8c malheur les à voulu acompagner: combien de fois ils ont pratique les diuers euenemens dâvne guerre incertaine. Somme vous feauez lâheureufe pour fuitte que lâEfpagnol fit en terre ferme fur les troupes du Prince dâOrenge, Comte Ludouic 8c autres Seigneurs, contraints en fin de quiter la Flandre pour relFugier tantoft en Allemagne, ores en France 8c maintenant ailleurs où lâelpoir dâvn gratieux recueil les pouuoit conduire. Leur dernier coup,fut lâan mil cinq cens lbixanteneuf,qne lèretreuuans en Flandres affiliez dâvne troupe de Germains quâà pié quâà cheual: Ils choifirent pour le plus expedient de laiflèr leur païs 8c faller joindre aux Français quiparlaueu du Prince de Condé 8clous la charge de ' lenlisjivîoruilliers 8c autres drelïoyent forme dâArmée en Picardie pour lè reallier à leurs frères qui les attendoyeiÿsen Poitou: pluftoft que de tenter derechef le hazard dâvne guerre au païs où lâElpagnol auoit plus dâauantage quâeux:elpcrans les affaires Françoilès reduittes à tel parti quâils lè fantafioiet .-retourner enféble pour plus heureufemét abatte les cornes à lElpa-gnol,triomphant de leurs defpouilles.Leur deliberation toutesfois ne pouuant reùfcirf comme il
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me il nây a rien plus incertain que lâeuenemêt du dellèin de îhomme) Au moicn de quelques differents qui furuindrent entre les Chefs Allemans: ils drelïèrent la tefte de leur armée vers Allemagne: ou paruenus plufieurs Collonelz donnèrent les noms au Duc des deux Ponts qui drefloit vne armée pour les Confederez François. le vous ay par fêmblable fait entendre * comme quand amp;nbsp;en quel lieu ces deux armées Françoifès amp;nbsp;Germaine ( non les deux Generaux qui moururent premier que fê voir en mefme arméeamp; prefque mefme mois) fê joindrent po urvenir au fîege de Poitiers amp;nbsp;la bataille de Montcontour: vn peu deuant laquelle le Prince dâOrenge laiflà nt fès deux frétés enFrance fut fblicité par les Proteftans François de retourner en Allemagne praticquer nouueau fècours: veu la longue fuitte que la pefte de ces guerres de France, fèmbloit trainer à ceux qui confideroient les affaires de plus pres: ajjns e:j^ard nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
que quant elles finiroient pluftoft, fè fèroit autant de préparatif /a drefle pour les guerres de Flandres,aufquelles les Chefz amp;nbsp;principaux Capitaines François luy promelt;âoient toute af-fîftance . loint quâils efperoient que fi le Roy condefcendoit de bonne vogle à vne Paix fêure: luy perfuader entreprendre ou du ifioins conniuer à la conquefte de Flandres: tant pour la facilité de îentreprifè, veu les moiens quâÃs auoient dâ.vn amp;nbsp;dâautre cofté:quâeu efgard au gigt;nd auanuge qui en viendroit à laCouronne.Mais les guerres de France eurent long traid:amp; cft moiens furent pctis,à faire brâler gens de guerre qui ne marchétquâauec la croixSdabaniere.
Ainfi pafTafan 11570.amp; 1571.amandier auecpeu de fruit le fècours des Allemans: auec lesquels il demeura j ufques en fan 1572. quâaiant receu moiens de France amp;nbsp;Allemagne (comme je viens de dire)il drefïà fix mille Reitres amp;nbsp;nombre de Lanfquenets auec lefquels il ehe Ucours entreprit de redefeendre au pais bas : En mefme temps que le Comte Ludouic, Amiral amp;nbsp;au-tres fbllicitoient fort le Roy à cette conquefle. LâEftat en fut drefïe : le pais mefme diuifé qui deuoit eftre au Roy,amp; qui au Prince,cas auenant de la conquefte paifiblc. Deffein qui reuffit auffi mal que celui de Lois 11. qUf vouloir diuifèr les biens de Charles dernier Duc de Bour-gongne auec fEmpereur Maximilian : lequel refpondit plaifâmment à fès Ambafïà dcurs a-pres leur auoir fait le difeours des deux côpagnos Allemans, qui pour auoir le lôupper franc de leur hofte;lui auoKt védu la peau de lours qui gaftoit tout le pais deuant que f auoir tué:a- nbsp;nbsp;nbsp;â¢
uifôns (dit-il)premièrement a gagner vne bataille fur lui amp;nbsp;conquérir fôn pais paifible:puis nous le parugerons en fèureté amp;nbsp;à loifir. /I^ant touteffe e Roy Charles prefté foreille amp;nbsp;confènti à toutes les ouuerturcs des Confederez : fèmbloit ne treuuer rien plus beau ni plus auantageux à la fieur de Lys .De fait il fournit argent à la praticque, aux intelligences amp;nbsp;à la nbsp;nbsp;â¢
conduite des troupes : il permit leuer hommes en Ion Exjyaume: Et à f Amiral amp;autres Chefs dây aller. Commanda aux Gouuerneurs des Frontières fauorifèr en tout ce quâils pourroient îentreprife du Comte Ludouic. Si bien quâaprochant le jour prefix à f execution de plufieurs fècrettes praticques dreflees par le Comte Ludouic amp;nbsp;autres fiir maintes places du païs: amp;nbsp;a-uoir fait fes préparatifs comme il peut : prit cAiigé du Roy afïèz lècrettement amp;nbsp;auec peu de gens entre au pais pout furprendre Mons,capitale ^e Haynaud,amp; Valencienes : faftèurat que fur h Flan* les autres Chefs feroient leur deuoâir fur le refte des places efquelles ils auoient entretenu juf dre amp;nbsp;nuques là leur intelligences. Faifanteftat quâaiant toutes cesplaccsà deiiotion:^lpourroiten fujcts à u peu de temps dreffer forme dâTVméc^au moi^ des François qui marcheroient a fon fècours: RoyCatho. amp;dc plufieurs fuitifs Flamensî^allons: LeRJSWs crainte de fEfpagnol ne viuoientquâau plus obfcur des bois amp;nbsp;Forefts de ce païs : occafion quâils en ont efté fiirnomméz Bouguilli-ons. Auec ce joints à f Armée que fôn frere auoit: il faifôit eftat dâeftre le plus fort à la campa-gne. Et en fin fEfpagnol chaffé du païs,amp; chacun remis en fâ naturelle liberté:fafreuroit dâaï- derci pour fement effeéiuer la promeftè faite au Roy de France. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Flandre.
Or pour mieux vous foire voir les moiens defquels ils fè font fèruis tant pour leuer homes amp;nbsp;argent : que foutenir les frais de la guerre laquelle je vous veux reprefènter:me fèmble ex- Ordre amp;nbsp;le-pedient vous faire premièrement entendre fEftat auquel le Duc dâAlue aiant chafïe le Prince dâOrenge tan mil cinq cens fbixante huit, comme je vouslt;y autreffois difeouru :policcoit aurais ba». tout le pais bas pour lâentretenir en la fujedion de fon Maiftre. Afin quâauoir veu {füis apres ce qui eft auenu de bien ôc de mal à lâvn amp;rautrc(ce que je vous dediÿ^ay en peu de paroles) vous puiffiez mieux juger lequel des deux eft a imiter, comme celui qui afceu donner meilleur parti à fès affoires. Car câeft fort peu que de fe contenter du plaifir quâon prend à la Icéfu-re des hiftoircs : jeunes amp;nbsp;vieux,bons amp;nbsp;mauuais,doôles amp;nbsp;ignorans ont cela de comun par-cnfcmblc
-ocr page 122-Mayiîr». nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
enfèmble. Mais le principal dcuoireft a rerriarquer les accidens quâon y voit tracez pour les accommoder à Ion particulier : amp;nbsp;à lâEftat du pais auquel vn chacun le trcuue efleué. Le Duc dâAille voyant le Prince dâOrengeamp;fes Freres chalïèz en France, amp;nbsp;tous les ennemis du Roy hors le pais : délibéra nâaiant plus affaire de fi grandes forces, ta licencier la plus part: mclmement les Reiftresôc Lanfquenets fors quelques Regimes quâil mit à Aniiers. Puis il diuilà le relie des troupes dcfquelles il le vouloir feruir: comme Elpagnols amp;nbsp;Vvallons és villes amp;c places de confèquencc par tout le pays bas : Iclon quâil en preuoioit le belbin. Pour entretenir tant de Compagnées, fournir aux reparations amp;nbsp;fortifications des places,ereôlions des Citadelles appointement de pJufieurs Chefsellrangers tant de pied que decheualpour ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les ^loir ^ousjours prells amp;nbsp;alfeurez à vn belbin, amp;nbsp;fuucnir à millâ autres expediens que la
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;guerre traine de necelfité apres elle: ne lui fufïifoit le rcuenu ordinaire du pars pour ellre fort
diminué : au moien que plus du tiers des habitans, dés le commencement des guerres amp;nbsp;peu à peu quiterentle bas païs mefinement la Flandre, Brabant,Artois amp;nbsp;Hainaut: les plus riches quartiers de tout ce qui ell venu au Roy Phillipe par fallfence de la toilbn dâor auec les tours deèÃallille. loint que le plus allèuré du reuenu ordinaire amp;nbsp;extraordinaire vient du traffic de Aarchandilc: laquelle prelque lêule entrctientamp; nourrit tous ces pays. Il treuuoit auffi les deniers trop cours que fon Maillre lui enuoioit auec les Bifoings dont il a plufieurs fois acreu fon Armée. Il fallut donc de neceffité quâil impofâft nouuelles taxes exaélions non encores ouyesfur ceux qui auoient jufques la vefeu plus à leurs aifès,que mal contens du gouuer-nement Efpagnol. Câeft ce qui lui donna occafion dâimpofèr le vinticme de tout le bien dâvn chacun puis le dixiéme amp;nbsp;autres fort extremes amp;nbsp;rigoureufesleuées,vcu les pertes du paffé amp;nbsp;la calamité en laquelle les guerres precedentes auoient réduit tout le pays.Le vintiéme fut le-ué en plufieurs endroits fans conrradiôlion qui peut autrement älterer fEflat du pays. Mais quand on entendit Icuer le dixiéme, amp;nbsp;quâaucuns des prii#ipaux eurent confideré amp;nbsp;donné a entendre aux communes la confêquence de ces nouuelletez : le peuple qui pour les guerres le voioit priué dt la plus part des commoditez de fon traffic : y refifla fi viuement; quâapres a-⢠Hoir veu le Duc dâAlue rciterer les mâdemens de fon Prince: amp;nbsp;preflei*la main plus animeu-fcment que jamais à fexeciition du tout : fo formaliza de forte contre lui amp;nbsp;fos Officiers, que fil nâcufl modéré cette rigueur,la chofo ne fo f iffi paffée fi doucement quâelle fit.Plufieurs villes neantmoins ja irritées de ces nouuelles amp;nbsp;fi eflranges exaélions non moins que de lâinfb-
⢠lence des foldats que le Duc enuoioit de ça de là en gamifons : Ãc des Citadelles quâil faifoit efleuer és places de la foy defquelles il fedoutoitleplus:preflatref-volontiersrouyeamp;:lc cÅur à ceux que le Prince dâOrenge amp;nbsp;Comte Ludouic, cependant,enuoioient de toutes parts,pour proffiter en fi belle occafion : amp;nbsp;faire retirer de lâobeiflà nce Efpagnollele plus de places quâils pourroient: pour grande que feuft la diligence de lâEfpagnol à la garde de les Brcflcamp;au-furent furpri^^^x premiers traits dâvn fi notable changement.
â¢trés places Comme Brcfle par le Comte de la Marche dit de Lûmes lequel chafle par le Duc dâAlue a-ferendm nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres des terres fujetes au Roy dâEfpagne,ôéfeflât retiré en Angleterre,fut con-
au Prince traint dc feixallcr pource que les Anglois difoient à la Roine quâil empefchoit par les courlês dâorenge. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vaiflcaux faifoicnt fur mer : le traffied^ays. Er^pa^ forcé de fo jetter en mer auec le
la°Ma7che nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nauires quâil peut pour courrr^^à au domTOge de lâEfpagnol amp;nbsp;Portugais : fo
jetta dedans Brcfle auec peu de foldats fur le poinôl du jour:amp;leur fit faire le forment au Prince dâOrenge contre lâcfpoir du Duc d'Alue qui nây auoit voulu enuoyer garnifon : fo fiant en leurs promeffes dc ne fo retirer jamais de la fujeélion du Roy : comme le Comte de Boffu lâa-uoit affeuré à leur requefle. Puis quelques autres places firent le femblable : commâ en tout changement dâEflat ceux qui font les premiers au remuement des chofos nouuelles, ne font jamais fouis: Ains fo voient ordinairement fécondez amp;nbsp;tiercez de plufieurs autres qui aiment mieux apreuuer par telle affiflance lâcntreprifo des plus hardis au hazard de leur vicamp; dc tout ce quâils ont de plus cher fous Ifcfpoir dâvn meilleur changement pour eux : quâauec peu de perte amp;?en affeurance de ce quâils ont le plus précieux en ce monde : viure à la difcrction dc
Villes dâHo ceux quâils baient cqp^me ennemis dc leur propre vie. Ainfi plufieurs villes du pays bas rc-îande (é r^en î^oncerent à fobciflà nce Efpagnolle,mefincmcnt celles dâHollâdc,Zelandc amp;nbsp;autres ïflcs vÅ-dcin auPrin fines: lefquclles comme plus eflôgnécs du Duc dâAlue amp;nbsp;fos Officiers,en craignoict moins la ce d orege, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. poyj- fç yoit affiliez des partifà ns du Prince dâOrenge duquel la prcfonce amp;nbsp;pro-
meffe
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iticfTe Hâvn prompt fecours-cii fit declarer tel qui n enflent autrement ofè côtreucnir aux man-dcmens du Duc: nommcement celles de Zelande comme Fleflînghe, Canfcr 8c autres places le mouuement defquelles pour auoir porté confcquence à tout le pais voire à toute la mer ⢠vÅfinejay délibéré vous declarer par le menu premier que paflèr outre. loint quefordre du temps me côuie à ce faire,pource quâelles ont eflé des prcrgieres à quereller amp;nbsp;débattre fim-pofltlon du 10. Car afin quâaucun nâeftimedes occafions des guerres de tout pais autre- nâeftcaufc ment que la vérité porte:Il faut faflèurer quâil ny à eu aucune caulè de Religion en ce fait nâen de la guerre principal nâen conîèquence:Ainsfeulementfê lont efleuez pour vne caulè Politique Içauoir aujourd'hui eftvn pur amp;lèulmefcontentement des tribus 5c*impofitions que les Elpagnols mettoient de au pays ba* jour à autre fur le peuple nommémét le i o. auquel ils lè font oppofez afin que la etntinmatiô
ne donnant matière aux Elpagnols de faire pis amp;nbsp;croiftre de plus en plus leur auarice ( corne impoâtions ils difoient ) infà riable:telle licence ne gangnaft: û auant quâauoir leué toute la greife du poure caufe du rc-pcuple;ils ne lailfaflcnt le païs en friche amp;nbsp;dcfpourueu de toute humanité.Vrai eft que la hai- jè^Hoîand« ne que tout le païs bas porte naturcTlemét de lôgue main à fElpagnobloint fextreme rigueur amp;nbsp;Zelaudc. de ces portcmcns:ont eflé corne caulès ?onlèquutiues qui ont fait encores plus opiniatreFl^ Flamens au principal.
le vous ay dit q les principaux moiés du Duc dâAlue à remette le païs bas en fon premier de uoineftoiét feflabliflèmétdes garnifoSjtereäiö des Citadelles amp;nbsp;lâimpofitio des Tribus:dâau-tâtq par le dernier il les alFoiblilfoit tellcmét q quâdbié ils euflènt refolu felleuer ils le voioict delîiuez de moiens pour luy faire la guérre.Mais ores quâil ne feft treuué place depuis que le Prince fortit du païs i ^^7. qui luy aie eflé dcuotieulè:cn laquelle il aie pratiqué ces ^.points: plufieurs dâicelles neantmoins prindrétoccafion de fen plaindre amp;nbsp;vengcr.Le Duc le preiiof oit bien,Slt;: crainte de pis enuoia gamifon en quelques villes corne en Mildebourg principal-lede Zelande,amp; Magazin de la traî?:e de tous les vins qui de France amp;nbsp;dâailleurs vont en tous ces païs.Il en vouloir faire autant à Fleflînghe qui eft côme la clef de cefte Ifle:mefme y auoit enuoié fon ingénieux Paciot qui y auoit ja tracé le plan dâvne Citadelle de forme prelque fèm- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
blable à celle dâAnuers.Mais forcé de fe retirer au Duc pour autres occurrences: LÅuure demeura imparfaite. Dont creuft Sc augmêta m^rueillcufèmét ledefdain coficeu tant de tel cha ftie-villain ( ainfi appellét ils telles fortereflès quâô dreflent pour manier à baguete Sc en toute liberté le fimple peuple ) que pour les impofitios dont je vous ay parlé:Tellemét quâil ne leur falloir quâvue bien petite occafion à faire efleuer perfonjjes fi aigries amp;nbsp;animées. Auint que le Duc non content de tenir en bride la premiere place de fifle 8c autres qui lui femi^loiét dâim-portancc:pouracheuerfÅuureencômencée depefoha Pacieco auec nombre de foldats defti-nez pour la garnifon de Flefllnghe.Ioiqf que le Duc craignant quâà lâexemple de Breflc 8c autres places,Flefl'mgucs veu laflietc 8c cômodit^u lieu;ne fift cntreprinlè pour la liberté (à la quelle les autres lâinuitoiêti lefquelles auoient jl^Sgné quelques vns des principaux de la vil- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
le: ) feftre ja par fecrettes menées aflèuré des portes. Artillerie,poudres. Armes, lieux publics 8c autres choies quâil eftimoit neceffà ires à fon deflèin: eiuioya ce Chef auec nombre de Soldats pour garnifon quâil vouloir aflèurer par lcredion de la Citadelle quâil y aueit ja deftiné felon le plan que Pacieco fon ii^moux en aüi^yjgjjé fur le cofté de la porte qui tourne à Ra-meguin. Mais le malheur voulul^our eux, que le melme jour de fon arriuée qui fut le fixié- nbsp;nbsp;Apuni,
me Apuril fefte dcPafques,le Curé parochial nômé Brodehner qui auoit efté abrcuué de tel lecntreprifeconuertitle Textedefon Profile amp;nbsp;exortarion, en vn auertiflèment quâil fit au peuple pour fe donner garde de la confpiration que les Elpagnols auoient faite pour lè faifir de la ville,amp; punir tous ceux quâils eftimoyent contraires à leurs deflèins. Defquels mefines
ils portoyent les noms amp;nbsp;furnoms par eferit. Et au refte faire deshabitansà leurplaifiramp; gamifon dd volonté. Voyci quel fut le commencement de la reuolte de Fiessinghe. Les Maref chaux amp;nbsp;Fourriers des conpagnies entrez en ville auec Pacieco amp;nbsp;nombre dâautres pour ordonner des cartiers 8c logis de leurs troupes : irritèrent fiTort deux ou trois des |jabitans qui lè difoyent plus preflèz que dâautres amp;nbsp;que leurs moyens ne portoyent : que feftans fafehez auec les Elpagnols amp;nbsp;auoir dit quâils ne receuroient tant dw^oldats à leurs mai-fons : les autres perfiftans au contraire : en fin de parolles vindrent aux mains : efquelles les habitans nâayans le meilleur : lè mirent à fuir 8c crier par les rues quâon les vouloir facca-ger,quâon les vouloir tuer 8c que la Garnifon nây venoit que pour ruiner du ton t les habitans.
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Ce bruitnc fut fi roft porté par les Cantons, amp;nbsp;fur tout au Temple Parochial où la plus part du peuple eftoit afiemblé pour ouïr le prefche du Curé, qui rendit auffi toil ces plaintes pi-⢠toiables à tous les alfiftans; que tous ne coururent aux maifons pour fe mettre en armes amp;nbsp;le retreuuer à la garde dcsCantons,où fanimans les vns les autres,en fin dâvne mefine chaude furent lâifir tous les Efpagnols Sc Pa^'ieco le premier. Ce fur lors que tous crièrent quâon fift mourir le fiU de ce Duc Tiran ( ainfi l'appelloient) penfans que ce fut fon fils.Tellement que Pacieco pnns fut auffi toft mené en prifôn eftroite. Siirquoy fà fuite qui ne fefoit que jetter les ancres prefte à defeédre amp;nbsp;prendre rerrcqugea au port amp;nbsp;façon de faire du peuple que les premiers eftoient defcouuerts: occafion que ne prenant le loifir de leuer les ancres amp;nbsp;tirer au ⢠nbsp;nbsp;nbsp;Cabe^an:fouperent les cables pour fè mettre à la voille 8c fe retirer dâoù ils eftoient partis,
⢠nbsp;nbsp;nbsp;raconter fi piteufe noiiuelle au Duc dâAlue qui fen contrifta fort: Nommément de la prife de
les gens pour la rançon defquels il offroit tout ce quâils euffent voulu en deniers ou autre ri-cheflè.Mais ce peuple commandé de collere nây peuft prefter foreille.- Car ils les firét cruellement mourir, puis trancher les telles amp;nbsp;les efleuer fur les murailles en fpeélacle à tous Elpa-g^^ft.Et fur ce enuoierent en Allemagne au Prince dT)renge. Et en France au Comte Ludo-uic les recercher de confcil amp;nbsp;fècours en tel befoin:fà chans bien que Åfpagnol ne lairoit ce traiôt impuni fil y peuuoit quelque chofe.Depuis le Duc penfâ par plufieurs fois aux moiens quâil pourroit auoir de la regagner fbit par forcelb;t par ruze 8c finefte dâcfprit:jufques à aprou lier lâcntreprifè de ceux qui luy confèilloient dâequiper nombre de Nauires que grans que péris chargez de fôldatsaias la liurée desGueux, 8c pourPauillôs desfrelerfurles hunes fembla-' blés Bannieres,Pauillons 8c Enfeignes à celle quâon difôit que le Comte Ludouic porteroit Knd^'uP^ni Y atfiiææù.Car le bruit couroit entre eux quâil y deuoit arriuer bien roll auec nom-ce dâOrege bre de Nauires au fccours de tout le païs.Mais celle feinte defcouuerte par vn Gentilhomme
François qui enuoiaauertir ceux de Flelfinghe du tout:dc%eura lânseffeél. Canfer (oùe* ftoit iâArcenac 8c Magafin de lâArtillerie poudres,balles, harnois 8c autres munitions de gucr-⢠nbsp;nbsp;nbsp;re de toutes les Illes ) fyiuit bien toll fexéple de Flelfinghe .Plufieurs melmes des habitans de
Mildebourg auoient dés le commencement accordé auec les habitas dcTlelfinghe de le met-Beauuois i trc tous à vn mcfindjour en liberté:8c chalîèr tous ceux qui fc voudroiciit opiniatrerà fuiurc gnerFieffin- comaiidemct Efpagnol.Mais Beauuois fils de^arlemont Gouuerneurde la ville, tant pour ghe. leur rôpre coup:que pour elfaier de remettre Flelfinghe en fô premier deuoir:y alla au pluftoft * quâil peut:vfant de toutes les railbns moiés quâil peuft fubtilizer vers ces habitas afin dâob-uier aux inlt;gt;ueniés de la guerre:8c côlequement de îétiere ruine de ce pais en cas quâils per-Mildcbourg fiftalfét en leur premiere opinió.Mais il les trouua fi fermes 8c rclolus dâexecuter leur defleins que lui melmc detenu cóme prilónier fut en fin forcéjpour efehapper leurs mains de côniucr Difliinula à telles entreprifes:8c parler plusaigremét que tous de finlblléce amp;nbsp;desbordemens desElpa-tion nota- gnols: notamment és portemés du Duc dpÃrfe contre lequel il promit faire reuolter Milde-cliapeNcs^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lauenit la guerre à feu 8c à fang dâvn mutuel accord auec eux aulfi toll
mains enne quâils lâauroiêt lailTé retourner à Mildebourg.En lômmeil habla fi biê:que leur aiant fait croi mies. j.g partie de «e quâil voullut: eut congé de le retirer à Mildebourg lôus lâelpoir 8c alTeurance quâil donnoit de ce nouucau changemeiTt^^g^ venu pri^||^rmes pour la defféce de la ville contre les Gueux;la fortifiant 8c au relie commençant a drefler tous les préparatifs quâil peut pour la rendre fujeôle à lôn premier Maiftre: auec IcChafteaude Ramequin, Ermuc, Tregous 8c places circonuoifines qui ne feftoient encor fait conoiftrepartilâns des Gueux, Contrôles delfeins delquelsleDuc dâAlueauertide tout ce que dclTus luy enuoiagens, argent, 8c toutes autres prouifiöns quâil eftimoit necelfaires non Icullcment à maintenir lès places en leur deuotion premiere : mais à regangner tout ce qui gauchoità lèsmande-mens :prernier que les Gueux eullènt jette fondemens alfez futfizansde la guerre quâil pre-uoioit miferable à tout le pays. Voyla les oCGafîons,voylalcsdelIèins du changement aue-nu en l^olande,Zelande 8c quaÃiers prochains:pour lefquels mieux 8c plus particulièrement vous faire conoiftre: je vous veux reprelènter comme en vnc carre premièrement le fit 8c naturel du païs,auec flmmeur 8c fuffilânee de ceux qui le cultiuent:Puis viendray à particulari-1èr chacun lieu 8c place plus remarquable tant dâHolande que de Zelaode. Ce failânt je maf lèure que les moiés dontles deux ennemis ont vie Ibit par terre loit par mer à bien aflà illir 8c bien deffendre chacune place: vous y lèront fi au vifs exprimez: que vous nây délirerez non plus que fi vous y eulfiez efté en perlbnne. Et ceux qiÿ y auront affilié, lè les reprefenteront comme fi les ataques duroient encor. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Apres
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Apres la prife de B relie amp;nbsp;Fleffinghede Duc dâAlue voulut mettre garnifôn par le païs.Pour- i ir 7 i. ce 11 enuoia à Enculen dix compagnies dâElpagnols lefquels paflà ns par Roterodam furent re-fulèzzdont Indigné le Comte de BofTu fit tant que par accord fait entres les habiransfqui tous au pan bas. en Holandeamp; Zelande le maintenoiét francs de garnifons)amp; les Chefs:que dix foldats entre- Roterodam roient a la fois par la porte my ouucrte attendant le refte jufques à ce que ces dix fuflent hors Moien de Sc là ns meche.Mais les dix premiers aulieii de paffer outre farrefterent en la porte amp;nbsp;en firent entrer dâautres:dont les habitans indignez murmurèrent amp;nbsp;peu à peu fefehauffans en tuèrent lous lâcipoir cinq où fix.Dequoy fâchez les Efpagnols entrèrent par force pefle mefle amp;nbsp;tuerent 4.0à cinq des principaux auec plus de cent des autres plus aparens. Ainfi pafïcrent lailfans quelques vns pour garnifbn jufques à Eneufè qui les refufâ.Si bien que les habitas fê portans plu^opirgatres ⢠à la deffence de leurs Preuilçges pour la rigueur dont ils auoient traiéfc ceux de Roterodam quâils nâeuffent peut eftre fait autrement: apres plufieurs allées amp;nbsp;venues par fintcrceffion de quelques vns:on leur fit grace dâexemption: aians les principaux aii nom de tous juré ; de ne partir de Lobcilïà nce du Roy Phili^pe:amp;; de ne contreuenir à fes comrnandemens. Ce qui fut praticqué és autres villes pour nâirriter dbuantage le pais qui fèmbloit auoir quelque enu» de fèlbiifleuerà lafâueur de quelque uouucau changement. loint que le Duc ne fê Voioir tant 9e forces quâil euft afïêz de compagnies pour difhibuer en tous les endroitSjIefquels il euft bien voulu tenir en deuoir par la crainte de fes troupes.Méfines en aucuns quartiers il monftra voir loir foulager le peuple entant que fôn deuoir amp;la neceffité du temps le permettoit.Comme au pays bas,Malines auoit long temps fouffert la grande ccynpagnie ( ainfi fappclloit pour eftre la mieux fournie ) de Dom Pierre laquelle y auoit vfé de tels excès que les habitans nâen pou-uans plus fouffrir linfolence; importunèrent le Parlement dâen moienner la fortie vers le Duc æ® nbsp;nbsp;7'
dâAlue:ce quâil fit:mais voiant fEftat de fês affaires fe changer en plufieurs lieux: délibéra dây âifom;' remettre garnifon : Et de fait il fit «aarcher quelques foldats dont vn Doyen de la Confrairie des-Ferronniers auert\^ par vn François:auffi toft afïêmbla la communauté en laquelle toutes chofes debatucs à îaccouftumée fut refolu de prendre les armesamp; fê maintenir librcs.La ville viücs fian-fe dit franche amp;nbsp;non füjette ne enclauée dâaucun pays comme Grumiche en Frifê,Salins en la 'Franche Comté amp;nbsp;telles autres villes i Les Eftendars ne demeurèrent loijg temps à eftre def ccuucr-ploiez amp;nbsp;fichez es lieux publicqs.Car corne tous auez gangné vne de ces principalles Coh- neurs fia«. frairics:elle gangne aifêmét toutes les autres à fôn parti.Les armes prinfes,eftônercnt fort ceux du Parlement qui eft la premiere amp;nbsp;plus notable Court de tous les pays bas: amp;nbsp;nommément ⢠ceux quâon difôit fauorifêr tels deftêins Efpagnols. Voire quâen fin ( comme l^^cuple fef branle peu à peu amp;nbsp;trop toft feflance à tout ce quâon luy propofe en fâ fureur ) ils defiberent de lés tuer amp;îeulïêntfaiâ: fans îautorifé de ceux quâils eftimoyent fauorabics au menu pem pie. Lefquels les auoir aflêuré que le Duc leur otroyeroit tout ce quâils demanderoyent: pofêrent les armes amp;nbsp;retornerent à leurs meftiW^nis y demeurer longtemps neantrnoins:
Car incitez par quelques vns qui leur apportoyent nouueaux auerrifïêments : fê remirent fuiantia * en place amp;nbsp;refôlus de maintenir âla ville contre lâEfpagnol :⢠refufêrent les Garnifôns amp;
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hipaenollc
firent auec lé Prince dâO r e n g e que quelques centaines de gens depie^y entrèrent pour% due pour ladeffence.Lumes y entra,4upc pombrc^dej^antaflîns qui la tint comme je vous diray ailleurs. j ; : nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Du Ptincc
. ) Encores que le pdys pour eftre tel que deffus foit deffenûble «à peu de gens contre plu- dâOrenge. fleurs : Si eft-ce que les habitans non naturels ne ftilez à la guerre ; amp;nbsp;ayans affaire à vne na- p®â tion des plus guerrières de ce temps pour la fanterie: furent confeillez de fe regier felon les a- vont au fc uis amp;nbsp;mandemens du Prince dâOrenge,qui leur enuoya Gentilshommes amp;nbsp;quelques Capital nés pour conduire leurs affaires félon que le temps amp;nbsp;Loccafion fê prefênteroit. Defpefche- pays bas. rent quelques Chefs en France amp;nbsp;Angleterre pour leuer auec argent le plus de Soldats quâils pourroyent:treuuernommémentharquebuziers François dontfAmiral (furies promeffes duquel le Prince dâOrenge fcrcpolôit pour la plus part) Ihoit fait promeffes. De fait de Crets qui en ce temps vint en France, eut affeurance dâvne bonne troupe dâharqucTmziers: amp;nbsp;les auoir fait embarquer à Diepe comme ils eftoyent la plus paj^Normans : en mena quelque nombre à .Flcffinghe où dâAmiral enuoia auffi Gilliers ingénieux, pour efleuer en deffence les places du pais qui nâeftoient fortiffiées que de terraftês amp;nbsp;petites,tranchées , en-
Hh ij. .
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â cores fi mal conduites quâauec peu dâeffort les Elpagnols les eullênt peu enleuer dâvn premier alïaut. Les autres alerent treuuer le Prince en Holande qui fe tenoit à Delph. Lcfquels
il employa comme vous entendrez vne autre fois. Ce qui fe fit neantmoins au delceu du
⢠Roy: Et contre le vouloir deplufieurs Catholiques qui en auenirentlâ Majellé. Lequel Les Prote- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ordonner pour lors de contraire au moyen de la faueu r quâil portoit aux Pnn-
ibns Fian- ce de Nauarrc amp;nbsp;autres Chefs Proteftans. Par melme moyen quelques Chefs Anglois prati-Rr^dâAn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lcs*cnuoiez du Prince dâOrenge, leuerent amp;nbsp;firent marcher à diuerlcs fois julques
cloivpour le tra^c.
gietcrrc al- à quinzc cens Anglois prelquc tous Picquiers fors peu dâharquebuziers, delquels mêliez a-Fiamens quelques François ils faifoient la pointe de leurs charges. Semblablement les Marchans contMfEf. du pÿ^s lç:j^hans la faueur que leConlêil de la Royne portçit aux Gueux : elguillonnez aulfi pagnoL (ju jefir de gangner en ce pays: portoient le plus de viures amp;nbsp;autres marchandilês dCzUt ils pouruoioientfennemy defElpagnohletoutpar coniuencede la Royne,laquelle nqlè voulant declairer ennemie du Roy Phillippe: foulfroit que les fujets ( pour nâempefeher difoit elle les moiens de les enrichir) portalfent telle fà ueurquâÃspourroientaux Gueux amp;nbsp;paiti-là ns^iu Prince dâOrenge:Comme à la vérité plufieurtqui en leur cÅur viucnr. encor à la Ro-nftine dedans Angleterre: accommodoient de viéluailles amp;nbsp;marchandilês le Duc dâAlue amp;nbsp;lès Soldats, plus lêcrettcment neantmoins que les autres qui font tousjoors allez tout à def-couuert en Holande, Zelande, amp;nbsp;autres Illes prochaines: iufques en May 1575. Que le Roy Phillippe amp;nbsp;la Roine dâAngleterre faccorderent de lailfer traffiquer leurs fujets recipreque-Accorden- ment en tout le pays bas amp;nbsp;Royaume ^âAngleterre amp;nbsp;Irlande comme je diray ailleurs. Ainlî aiâcc le cÅur amp;nbsp;animofité mutuelle, croifloient peu à peu les moiens des Ollrcgueux ésquar tiers plus efloignez du Duc dâAiue par les menées du Prince dâOrenge amp;nbsp;lëcrettes intelligen ces de les Confederez : Quand le Prince dâOrenge Ãc Comte Ludouicq portez de la faueur
Monsamp; fa fituatiun.
du Roy Charles ^:Et de falîîftance des Proteftans François,entreprindrent rout à vn coup lur la Flandres amp;nbsp;autres endroids du pays bas c omme je vous veux faire entendre. Et pource que leurs delïèins fadreflèren t à Mons Vallenciennes plus ouuertcment amp;nbsp;mieux à propos que fur autres places: le vous veux faire conoiftre que câelt de celle place. â¢
Mons Capiralle de Hainaut feilend fur le pied ae la Montagne quâelle cnccrne de tous co-flcz.Laquelle felleuarau milieu de la ville, port; le Challeau du Comte du pays:alle2 fort amp;nbsp;treuué fuffizint pour dire fArcenac amp;nbsp;Magazin des armes, pieces, poudres, boulets, amp;nbsp;autres munitiôs de guerre: voire le trelôr des deniers que reçoitle Roy Philippe de toutle pays. La ville ell ceinte dâalïèz bonnes mu Ailles,ellofFéez de pierre grilê,pourueucs de tours bien perlées pour flancs amp;nbsp;deffences de leurs courtines. Les lolïèz au relie larges amp;nbsp;creux remplis de feau de la petite Riuicre qui y palfe. Et bien que celle ville ne foit frontière: fon nâa lailïé pourtât de la bié fortiffier:falïeurât de 4.gros Bouleuerds reuellus de pierre grilê amp;nbsp;pourueus de bas amp;nbsp;larges folïèz.Du collé de la Fraiic^le a vne plaine amp;nbsp;grande Campagne. Laquelle aprochantde Mons finill en prairie pour lepallurage dont les habitans accommodent leurs haras.Car le lieu ell fort gras amp;nbsp;fertillc en herbage,pour le voilinage de la Riuiere laquelle rc-tcnuë,inond^ tous ces quartiers* A fopolîte vers bruxelle,cc ne font que bois amp;nbsp;bocages entre coupez. La ville ell accômodée de feau dâvnel^ine laquelle y fourd outre le cours de la Ri-uiere: laquelle le joint aux cours de la HSÃfffqui fait portSRon nom à tout le pays. Outre ce elle à 2.beaux Ellancs qui croilTentdesfources amp;nbsp;petis coulas dâeau quâoy voit en bô nôbre. Le Comte Ludouic lâchât la place telle,amp; fournie de riches habitans: la jugea mériter dâellre marchâdée:Et pource y auoit entretenu fon intelligéce auec quelques habitâs:li bien quâaulïi toll quâil fceutfétreprilê deBapaumes faillie par îvn de lès côpagnons; craingnât que les autres places perdilfét cceur:amp; que fElpagnol à cellâ alarme foubfônât ce qui elloit au relie des Places,ne pourucut à tout:Sur le cômencemét de May part de Paris ailes Iccrettemct amp;nbsp;accô-
Entreprifc fur Mons
pagne de peu d'hômes.Car il auoit enuoié deuant 30. hommes que Capitaines que Soldats à Mons faignâs de paffer outre po«r fè mettre à la folde de fElpagnol: cotre le Prince amp;nbsp;fon fre-par le Corn- re.Leqflcl au femblable iè haftantfur faflèurance que lenlis auec nôbre de cheuaux nbsp;nbsp;.comte U ouic. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâharquebuziers û rreuueroit le lendemain à la Diane, y entré :Mais il nây treuua lôn
intelligence tant alïèîirée quâil le promettoit.Car de trois cens qui luy auoient juré:deux Iculs fe decl^rcrent. Anthoine Oliuier Peintre qui depuis a Hit la guerre fur la mer amp;nbsp;vn autre. Ne laiiTe pour cela toutcsfoisdâalfembler le peuple,auquel il promift afiranchilTementdela urannie
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tirannie Elpagnolle par vn recouurement de leur ancienne liberté : fans oublier à leur deP duire les moyens quâil auoit praticqué tant en France quâen Allemagne amp;nbsp;Angleterre en fa« ucur de tout le pays bas, éc pour le maintenir en repos amp;nbsp;liberté aflèurée : fans plus rien payer au Duc dâAllie. Les habitans neantmoins qui fè fîoyent plus en leur nombre, proui- * fions amp;nbsp;force de leur place; qu'ils ne craignoyent la force de fEfpagnol qui ne les auoit beaucoup inquiétez jufques là : refpondirent refbluëmcnf quâils fefloyent bien maintenus fans! rien payer amp;nbsp;quâayans efté doucement traitez par le Duc, ils ne deliberoyéht fê rendre compagnons de la mifere dâauttuy. Partant quâils fê retiraft:autrement que fans le refped de fâ maifôn amp;nbsp;de fês vertus : ils fêroyent en fin contraints de faire chofê qui ne luy plairoit gue-res. Somme quâapres pluficurs tels deuis amp;nbsp;refponces plus animées que parauant : auffî que , le Comte fentoit le peuple branfler Si fefmouuoir peu a peu : force luy fut de prendre party , de retraite la plus lenre amp;nbsp;pareffeufe quâils peuuoit neantmoins : laiflant deux Capitaines en queue auec les harquebuziers. Comme les premiers fuffênt eflongnez de la ville dâvn quart de licuë,ils defcouurent vne troiqw de chenaux amp;nbsp;groffe pouciere en lâær. Soudain ils crient Monspris Ienlis,Si à ce motie plus prompt de toii« fiiiiiy de quelques autres, retourne criant dedan^de- par ksCorf dans: Sifauance fi heureufêment droiél à vne autre porte (voyant celle par laquelle ils^-ftoyentfôrtis ja fermée) quâil fait jetter fon chenal les deux pieds deuant fur le pont quâon hauçoit desja : lequelabatu par le lans Si pefantenr de ces deux corps, les harquebuziers a-courans, eurent aflêz de loifir dây entrer. Lors faifà ns le nombre du fccours plus grand: Le peuple qui ja prenoitlcs armes fut peu à peu eftonné, voyant lâentrée Si refôlus prepartifs de ces eftrangers. Somme que le Comte fê fâifift des Clefs de la maifôn de ville. Fut au Cha-fteau, dreffa les compagnies : ordonna des corps de gardes : puis voyant le nombre de cinq j . à fix cens hommes nâeftre fuffizant contre dix mil quâils peuuoyent eftre dâhabitans:enuoya n^sLifepat prierlaNouë (qui levintnenfiénte du mefme mois entré en Vallenciennes auoit ja refêrré la^ouëamp; par trenchées,foixâte harquebufiers Efpagnols dans la Citadelle quâil efperoit prendre en peu de jours) dây amener fês forces,8ipouruoir à fà place comme il verroir les moyens. Il laifà Fauas Genril-homm« du pays pour la garde des trenchées auec les habitans qui promireni ⢠faire merueilles : Mais auffi coft quâil fuft party, deux compagnies y furent enuoyées par ÃE-uefque de Cambray : lefquelles furprenans lt;uec les Efpagnols fôrtis du fort, la garde des trenchées ôi de là donnans en la ville en tuerent plus de trois cens. Si prefque autant dâeftouf-fez qui ttauailloyent à qui pluftoftfôrtiroit des portes. Le Comte treuua dedans Mons dâar- ⢠-mes, Artillerie, poudres Si autres munitions de guëTre,ce qui luy en falloir : auec grand nombre de deniers. Et donnèrent fôixante mil liuresdâintrade les Receueurs diFRoy , a ce contraints par le Comte fans les threfors qui defcouuroyentde jour en jour momméement comte lu-celuy de Viglius Prefident du Parlcmdbt du païs,renommé lurifconfulte Si des plus fuflfizans douîc a .ms» de fa robbe.Payet euft la charge de la police Si^lj^ouuernemét en fabféce du Côte.Rouuray fut efleu Colonel de flnfanterie.Bernardiere Serg^t Major.Et la MeaufTe grand Maiflre de â ⢠îartillerie.Il y auoit 8. compagnies'dâharquequziers prefque tous François qui fy alloient ren dre de jour à autre Si quelques Vallons.Il auoit deux compagnies de Corfêlets ( on les veut appeller aujourdâhui homes dâarmes ^ui ne imitent efti e efgallez aux chenaux legers de nos peres).Ilsfaifôient force rondes^^^trouilles jïWflSç nuiél: pour la crainte de tant dâhabitans, qui furent traitez doucemét neantmoins Si les Preftres mefmes fuiuant la promeffê du Com-te.On defarmales habitans fors ceux qui fênrollerét Si firent Enfeignes comandées par Capitaines François dcfquelles vne eftoit môtée quâon nômoit des Carabins.Au refte on nây treu ua pas grans viures pource quâelle nâeft frontière Si que les habitans ne fe doutoient dâaucuns ennemis.Le peu qui y fut trouué fuft encor aftêz mal mefnagé : pource que le Comte nâefti-moit voir fennemi fi pres: Ains l'aller treuuer auffi toft que fôn frere feroit paffé la Meufe. ordre que
Le Duc cependât crainte de pis,delibera dâobuier le pluftoft qu'il pourroit a ce que tels cô-mencemés ne trainaflênt vne plus longue queue de miferes ajires eux.Pource enuoia par tout au pays bas auertir tous fes Chefs de fê tenir prefts au premier mandement. Et tant pour aflêurcf Milde-bourg Si autres places de Zelande : que pour enleuer Fleffinghe des mains des habitans pre- cófedercz, mier que fêcours y allaft : fit fortir dâAnuers nombre dâArtillerie auecTeurs munitions pour pieflinghe aflîeger la place veu lâimportance dâicelle: tant pource que câeftlaClef de llfle Si propre pour eftre bien fortifiée : que pource quâelle peut empefeher que Mildebourg Si autres
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places de Zelande ne reçoiucnt aucunes prouifions: dâautant quâelle eft-fituée à fembouche-ment deîEfcaut par lequel tous viures defeendenten flfle comme je vousay reprefenté parla carte.11 pouruoioit de mefme main à Mildebourg dâhommes amp;nbsp;de viures pour quelques téps amp;nbsp;pareillement à îlfle de TrcgousvÅfine de Zelande y en uoiat hommes amp;nbsp;prouifions îcom-
DetièinsSc me à beaucoup dâautres places. Mais trauaillant en ce deuoir: les Orengez nefe diligentoient Ses^^Confc- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;afïêurer leurs places Sc nouuellcs coqueftes.Cai de Crez amp;nbsp;autres .meneret plus
d crez pour de cinq cen? harquebuziers François en Fleffinghe,amp; auffi toft les Anglois y entreret en plus aflujetirle . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- . . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
pays bas.
grand nombre; gens ramalïez à la defrobée amp;nbsp;hors laneü du Roy Charles'. Vrayeft que la
Royne dâAngleterre bien quâelle nâautorifâft ôi ne donnaft les Commiffions. aux Capitaines Anglpis pgur leuer leurs gens: conniuans neantmoins à telles enrreprifes elle amp;nbsp;fôn Confeil: eftoiet bien aifes que par telle occafiô fès fujets fadextrifTentamp;fhabitiiaflent à la guerre quâils
nâauoient de long temps praticquée: Le Prince dâOrenge fit auffi venir les Lanfeequenets amp;nbsp;à fecoMrs'de cnuoia en Efeoflè leuer le p lus de Soldats quâon pourroit : pendant quâil drefloit fôn Armée France en Allemagne pour defeendre au pays bas ; delibçré dây jejindre fôn frere amp;nbsp;les troupes Fran-reVfcoflèamp; lefquellcs fuiuant lauis quâil en auoit de Monjoucet Agent près le Duc dâAlue pour Allemagne- I?Roy : fê deuoyent bien toft auancer pour lâexecution de la Conquefte de tout le refte de
Flandres : auffi toft que toutes les forces des Confederez feroient joinéles.Le Duc dâAlue au fêmblable qui auoit gens en la Court de France lefquels luy mandoient tout : fê prépara au
Le Prince
mieux de Ibn poflible à rendre tous ces efforts vains,ou du moins y faire Ion pouuoir. Pourcc il auoit ja enuoyé hafter Fryderich de Brunfuich autres Chefs Allemans afin quâils fe
diligentaftênt dâamener leurs troupes pour mieux faire tefte aux Germains du Prince : Ainû de tous collez on dreffôit les préparatifs dâvne grofïê amp;nbsp;fânglante guerre.
Mildebourg A V s s i toft que les eftrangers furent arriuez à Fleffinghe : le cÅur creut aux habitans amp;nbsp;à tous les autres du pays, jufquesalôrtirhors,mettrelefeȈ la porte de Mildebourg, tirer nombre de Canonnades contre amp;nbsp;fe preparer pour y entrer : Mais les affiegez auoir bien ga-bionné amp;muny le dedans, y rendirent tous leurs efforts vains amp;nbsp;fallut quâils fê retiraflênt au
finghe.
Preparvis de ceux de Fleflinghe tant par mer que parterre amp;nbsp;les exploits de leur armées
bruit de la venue du fecours Efpagnol quâils mettoyent peine dâincommoder neantmoins en toutes fortes. Si bien que tant pour mieux continuer au dommage de fEfpagnohque pour treuuer moyens fuflîfans à la fôlde de tant de Soldats amp;nbsp;autres frais de cefte guerre: IlsdeU-bererent de le jetter aq^x champs pour gangner le plus de places quâils pourroyent : amp;nbsp;auec ce prendre amp;nbsp;dreflêr grand nombre de Vaiflêaux pour faire la guerre fur mer. Etempefeher nonfêullementles viures amp;nbsp;autresifecours devenir à Mildebourg quâils defiroyent prendre pour Are Maiftres de lâIfle : Mais auffi que le Roy dâEfpagne ne peut enuoyer par mer hommes, argent, marchandifês nây autres chofes à fôn Armée que tout ne paflà ft par leurs mains. Cela refôlu fut prefque auffi toft cxeciflé. Car ils jetterent pres de trois mille Soldats aux champs amp;nbsp;dreflerent en peiujc temps plus de cent cinquante Nauires de toutes fortes. Non pourtant fi toft, que lc*Uuc lequel je vous ay diét fe preparer à tous in-conueniens: nâeuft ja enuoyé bon nombre de Soldats amp;⢠quantité de viures amp;nbsp;autres pro-
uifions dedans Mildebourg à linflante requefte de Beauuois Gouuerneur delà place:lequel ne barfânt à tenir la Campagne,donnoit ordre que du moins le dedans fut bien aflèuré fi le dehors eftoit à la deuotiô defes ennensiSît!^ nouueâiMi^nus voulans profiter de toccafio amp;nbsp;recôpenfèr la perte du paffé:fortent pour reconoiftre amp;nbsp;endomager à leur poffible les Soldats qui de jour à autre arriuoient à Fleffînghe. Pres de la ville y a vn Chafleau nommé Saubourg, garde par deux cens Vallons. Pour gangner la place,les Efpagnols fenbufqucrent dedans la Cenfc prochaine attendans îoccafion de furprendre le Chafteau:la garnifon duquel fort. Mais les Catholiques les chargerêt fi brufquemét qu'ils leur firent tourner dos: les pour fuiuant fi chaudement quâils entrèrent quafi pefle mefle eux dedans la place.Sibien que apres quelques volées de Canon ils prindrent parti de quiéler la place amp;nbsp;fê retirer à Fleffinghefex-cufâns de naâuoir afièz tenu,fugt;la faute de poudres amp;nbsp;autres prouifions. A cefte nouuelle les puuâluké. habitaiTs bien effraiez fôrtent auec ceux de Canfer. Mais receus à belles harquebuzades Efpa-gnolles quâils nâauoient encor pratiquées: furent bien tofl contraints de retourner : puis y employèrent les Eftran^rs lefquels ne fê faifà ns prier de fbrtir,fe jettent aux champs droit à Saii-bourg.Mais ils le trouuerent fi bien pourueu Sôla Cenfê mefine où ilsfê vouloyent camper pour les affamer, fi bien gardée par leurs retranchemens ( defquels ils fauoyent desja renfermée
Saubourg pris par les
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renfermée auec Ie Chafteau ) quâils jugèrent peine perdue d e plus y fêjourner. Ainfi la troupe Efpagnollc dônoit de jour à autre le pallè-temps de felcarmouche à ceuxde Fleflînghe qui for-toicnt fur eux pour contenter les habitans merueilleulêment fâchez dâvne fi prochaine prilê. Mais en fin croiflà nt le nombre d'eftrangers amp;nbsp;le cÅur dâaller batre la place du Canon quâils auoient à Canfer,Arlênal des munitions du Roy dâElpagnq^ diminuant dâailleurs les viures de ceux de Santout qui nâen peuuoient que fort incômodement eftre fêcourus par I^ildebourg: Ils le quittèrent pour lè retirer à la Capitalle quâils delibcroient tenir à lextremité auec le Chafteau de Ramequin où petit nombre dâEIpagnols feftoientfortiffiez. Si que les eftragers joints auec ceux du pais le voians près de trois mil Soldats Maiftres de flfle ( fors de Milde-bourg) fe refoulurent defcendre en la grand terre:voir fi les villes voudroient branfler ^la fa- ⢠ueur de celles qui les premieres feftoient déclarées pour la Confederation.Comme de fait au nbsp;nbsp;nbsp;â¢
cimes auoient délibéré dâen augmenter le nombre. Le Prince dâOrenge auoit enuoié Serras pour y commander dés lors quâils fc furent déclarez amp;nbsp;quâils demandèrent lecours au Conte de la Marche qui tenoit la Brefle.Lîqucl aiant vne compagnie de François pour iâ garde:apre-ftaîoccafion aux Anglois de fen fafchJr. loint la faute de paie à quinze florins par moi^^i commençoit desja a manequer pource que le pais nâauoit encor donné ordre de faire vn fons de deniers, affin de pouruoir à toutes occurrences, du moins les plus neceflâires. Comme de peut feu naift vn grand embrafêment fi la matière nâen eft deftournée : les Anglois vindrent tumultuairementau logis du Gouuerneur en intention ( difbicnt la plus part des eftrangers: ) de fe rendre maiftres de la place fi la compagnée des François fâifis de leurs armes ne les eufi à Fleflînghe fent adoucy.En fin neantmoins pour les contenter fallut leur donner argent.Puis les François prenans exemple fur eux en cela: voulurent auffî eftre paiez. Sans doute le General eft bien habille fil peutfé lêruir de grand nombre dâeftrangers plus fors que fes naturels, fans les bien paier: Enquoy me lèmble que de foutes les graces qui font neceftà ircs à ces Chefs : lâautorité General dv amp;nbsp;bonne reputation du pafte y eft des plus neceftà ircs: Pourueu que les autres graces comme fquot; â d^^oir vaillance, libéralité, diferetion entoures chofosamp; telles autres faneurs du Ciel viennent a-pres.Vous verrez comme fo porta ceftui-cy en fà charge pour le fuccez de îentreprife quâil fit âcceffM tant en terre ferme quâà Tregous amp;nbsp;ailleurs. Aians donc les Confederez Zelande trois mil- rcs. le eftrangers de focours auec nombre de Flamens amp;VaIlons ,entreprindrent de defcendre en tes Confe-terrefousla charge de Serras: laiftà nt le Baily de Fleflînghe pour y gouuerner. De Crez fut Colonel des bandesFrançoifos, defquelles ils laiflèrent^Jeux compagnées pour la garde de la deiccdent à place. Gilbert Morgan, Breinfton amp;nbsp;quelques autres commandoient à neuf enf^nes dâAn-glois.Leurs deflèins eftoit de faflèurer dâvn bon nombre de villes du pais bas;aucunes defquel les leur eftoient allé faire entendre qiuÿout le pays branloit à leur deuotion. Et queles prin-cipalles ouuriroient les portes aufli toft quâelles verroiét les forces ; armes amp;nbsp;banieres de rant dâeftrangers.Faifà nsEftat au furplus que les'pla^Ãwimies amp;nbsp;croiftà ns de jour à autre de nombre dâhommes qui ne demandoient quâon eft-ce: Ils tiendroient aifomentla Campagne pour incommoder lEfpagnolamp;fe joindre au Conte Ludouic fil auoit affaire dâeux. Defoendus par la Riiiiere prirent Ausbourg grand village, Ecloy, puis Ardembourg ou quelques Bourgeois de Bruges fvne des princi|^e»de FlaiHjkc^^rent treuuer Serras, lauertir du bon vou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* â *
loir que la plus part des habitans auoient pourfe rendre partiftà ns du Prince. Surquoy furent renuoiez pour inciter le refte à ce declarer amp;nbsp;ouurir les portes de la ville. Les Bourgeois retournez treuuerentpluficnrs de leur humeur. Mais ils vouloient premièrement auifor aux moiens quâil falloir tenir à la redition dâvne telle place. Pource efleuré: pour le plus expedier de faire le toutauec fauthorité publicque, par vne generalle refolution de tous où de la plus part des habitans: lefquels à ceft effeéf fêroient aflèmblez en Confèil publicq. Ainfi fe faifà ns voir lens amp;nbsp;peu refolus, les chofos tirerent en longueur. Si que ceux qui fauorifoient le Duc, Efpagnols,Italiés,amp; autres Flamens,anertis de cefte menée amp;nbsp;de farmée fi vÅfine:eurcnt aftes de loifir de fafïembler,dâêuoiêr par deners eux,leur remôftrfr les incôueniens quâilsjè prepa-roiét pour jamais à leur pofterité amp;nbsp;à toute la ville. Qif en tous cas il valloit mieux fermer les portes aux vns amp;nbsp;autres:fè porter neutres,amp; ne defplaire non plus que^ofiter à aucun des 2.
partis. Serras cepédant qui les bras croifêz artédoit nouuelles de leur volontéivoiaht que les chofos prenoiêt vn fi log trait,amp; impatiét de plus lôgue demeure fâsentreprédre autre chofo, quite la place 8c facheminc à Gaud Capitalle de Flâdres: Les habitas de.laquelle auertis de fo
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' venue amp;nbsp;de ce qui eftoit refolu à Bruges ja cotraire à fon partiduy refuze leS portes amp;nbsp;mettét Srrtfu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P^*^ nóbre de foldats quâils firent fortir dâincômoder fes troupeSjqui ne firent autre
fentlesCó- choie quâefcarmoucher les Gantois.Qupy votant Serras craignant que fil donnoit plus auant fcderez. terre,Ics autres places à îexemple de fe^rincipalles ne fe declaralïcnt ennemies, amp;nbsp;leurs forces jointes ne lui vinflent tréchjr le palïage de là retraitte : quitta le delïein dâaller joindre le Comte Lijdouic amp;nbsp;retourna fes troupes par oii il les auoit amenées là inesamp;entieres. Serras Tregous nbsp;nbsp;elperant eftre plus heureux vers Tregous où il penlôit auoir de bonnes Sc lèures intelligences
ics^nfede Y Conduit lès Ibrces.Et pource quâil falloir palTer par vne bourgade premier que delcouurir la rcz. villenlenuoia fur le loir nombre de François harquebuziers pourgangner celle auenuë:lel-
⢠quels4ùrpi»nans de diligence fix ou fept Elpagnols qui en diuers endroits failbientles lènd-⢠nelles, les tuerent fur lechamp.Etlà uançans furie relie dedans le bourg auecles Anglois (qui à leur mode le voians pres de joindre lennemy mènent le plus grand bruit dâarmes amp;nbsp;de voix quâils peuuent ) rompent amp;nbsp;effraient tellement deux cens autres lôldats qui elloient ordonnez pour la garde de la place: quâils nâeurent quâà là ifiPleur roily amp;nbsp;autres préparatifs de fbup^er pourlè retirer bien halliuement à Tregous lôift lafaueur des tenebresde la nuit:auer-tineur gens de la venue des Confédérés: lefqiiels là ns autre effort le contentèrent de lommer la ville de le rendre auec affeurance de bon traitement. Mais comme ils nâen rinlïènt compte, Serras veu le peu dâeffcôl de fa pratique fit auancer deux pieces de Campagne quâil y auoit fait mener: amp;nbsp;les plaçans vis à vis de la premiere pone en battit quelque temps fvne des tours delquelles les alfîegez tiroient grand nombre dâarquebuzades amp;moulquets quâils auoient pour toutes pieces dont ils blelîèrent plufieurs Confederez. Comme ils le refroidilïènt tou-tesfois peu à peu de tirer Serras fit aprocher lès gens julques aux folTez: ellimant quelôn im telligence luy aporteroit quelque bon heur. Y auoir neantmoins attendu long temps fins pro-fit amp;nbsp;voiant quâil nâauoit pieces pour faire breche: retira lîs troupes à deux lieues derrière. Ce qui encouragea les tenans pour lôrtir fur la queue auec peu de fruiôl neantmoins. Puis au fcrm#!«' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;venue de cinq censlôldats lôrtis dâAnuers amp;nbsp;dâautres deux cens de Bergues
ponesà fes quc menoit lefils duDuc: fit ellat de ramener lès gens à Flelfinghe qui luy ferma les portes Confederez facufiiit de trahifou^ourcc quâil nâauoitfiit autre choie deuant Bruges, Gand, amp;nbsp;Tregous.
Les intelligences defquels ils croioient fi alïèurees quâon nây pouuoit fiillir:comme plufieurs jugent des entreprinlès dâautruy à îeuenement plus quâa la conduite amp;nbsp;poffibilité dâicel-⢠les. La plus part de ces troupes notaijment les François, furent contraints logera Soudan grand bour^ quâils tranchèrent Raccommodèrent lôudain pour fy couurir des attaques de fElpagnolqui n'enelloit gucres elloigné. De fait ceux de Mildebourg Tregous amp;nbsp;cartiers voifins,faffemblerent peu apres: amp;nbsp;à vne diane lè ruejjpnt fi viuement fur eux : quâapres vne grande deffence amp;nbsp;decez de plus de cinquanteFrançois RAnglois: fallut en fin ceder à la vio ^traque Icucc des pourfuiuans:lefquels reprenan Ji^arge des premiers amp;nbsp;ja laffez: gangnerent jufi furieufc à quesau milieu du bourg fanimans lesvnsles autres pour achcuerlc demeurant qui elloit fort esbranlé, fins vne piece de campagne, laquelle tirée droit à eux, les effaroucha delôrtc fur les Con- que les plus «fehauffez commencèrent à lè refroidir: lors melmement quâaucuns Diepois en-fedetez, courageans leurs lôldats lortirent des barrjetej^ur donnej^oup perdu parmi les E^agnols amp;nbsp;furent tellement fuiuis que fencouragêà nsles François amp;nbsp;Anglois comme à fenuy: amp;nbsp;lîii-uantfexemple de leur Chefz: force futà fElpagnol de delmordre, amp;nbsp;lè retirer au grand pas fi chaudement pourfuiuis toutesfois quâvne troupe qui felloit retirée en vne grange fut lôudain grillée fins mercy :amp;plufieurs des autres bien bleffez qui ne lè pouuoient fi lôudainemêt retirer: ils y perdirent 15o.hommesamp; les François le Capitaine Riuiere fort regrette de tous: en haine dequoy tous ceux que les Anglois amp;nbsp;Flamens prenoient ne rechapoient jamais du gibet: pource auffi que les Elpagnols en auoient pendu des leurs. Ce fait les Anglois delibe-rerent de reuoir lâAngleterre amp;nbsp;quiter le païs.DonrSerras indigné força la plus part de doner leurs chçuaux pour mener fartifferie quâils vouloiét lailïer:fit bruller les tentes amp;nbsp;partie de la bourgade. Ainfi f armée mal menée amp;nbsp;fins retraite vaguoiét les vns de ça les autres de là par 15 jours en grande chetiède viures quâon leur denioit.Iufques à ce que les habitas de Flelfinghe fichans ^les Fraçois de la garnifo en auoiéttiré la nuit par fus les murailles bon nôbre:lailïè-rét entrer le relie crainte de mutinerie.Pour laquelle euiter on remit fus vne autre ctreprilè fur Tregous pour fauoir de force ou de famine. Ilsymenerét 5?.Can5s debateriepris à Flelfinghe
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L'lflc quâon nÃmc vulgairement Trcgous fappelle Beulan plus grande que Zelande eflon-gnée dâelle de 2. lieuës:clle eft fur la Riuiere quâon nome nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dont viennent à Anuers amp;nbsp;au- h féconde
tres villes du pais bas les commoditez du vin, blé, chairs, beurre, lait, froumage, bieres, amp;nbsp;autres choies que portent les Illes vÅfines. Elle approuifîonne le pais prochain de blés amp;nbsp;pa-fturages: les eaux melmes y font bonnes:Mais Zelande dejj^rtie en fille de Mildebourg, Tre- zeiandcamp; gous amp;nbsp;Serixé nâa Riuiere nây Fontaine nây Puits,fors vn à Mildebourg:nây eau douce:ains fou- naturel foment Citernes où feau du Ciel fo garde vn mois. Au refte la ville eft fize en pais Marefoa-gcux:fos murailles font alfoz bonnes dâeftolFe mais mal flanquées amp;percées:fos portes poures amp;nbsp;mal accommodées, les folfozpetis où les habitans nâauoient que deux compagnies fvne dâElpagnols îautre de Flamens amp;nbsp;pour toute Artillerie deux Moulquets.Ils fo refo^urêt ijeant- nbsp;nbsp;nbsp;â¢
moins de tenir encor vne fois fous falfourance du focours que fo Duc leur auoit promis. Les nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Confederez gagnèrent incontinent les faux-bourgs:où ils faccommoderent:puis départirent les cartiers à chacune Nation: amp;nbsp;firent les aproches de lArti llerie quâils diuiforent en deux pour barre en diuers endroits:refolfis de faire vne breche à la porte de la telle,amp; Iautre du collé des Flamens qui eft à Iautre porte opofite:amp; ce dâautant plus aifoment quâaucun ne f»foit contenance de fortir pour four débattre la venue . Les breches furent toll faires. Celle prcHa porte de la Telle auoit vinteinq pas dâeftêdue où nombre de François amp;nbsp;Anglois tous la che-mifo fur fo dos amp;nbsp;en plein minuit furent viuement chatouilez par les harquebuzades amp;nbsp;coups â depicquesdes alfiegez, cependant que deCrez fournilfoir lefcalade à la portermais pourcc que les efchelles nâauoir efté bien mefurées furent trop courtes amp;nbsp;quâon tint bon à la bj-eche. lâaflà ut nefortit aucun elFet que de coups fur les plus efchaufFez:melmes ne firent aucun de-uoir à Iautre breche, pource quâelle ne fut jugée raifonnable pour lintermilfiô de la haterie. Ce peu heureux commencement en delgouta alfoz amp;nbsp;encor plus fo bruit du focours afo femblé de Mildebourg, dâAnuÃs amp;nbsp;autres places qui venoit en dilligence : tellement que fo liege leué on mill quelques troupes de François amp;nbsp;nombre dâAnglois à la retraite : tant pour, là uorifor lembarquement des compagnies là ns defordre, que pour lAnil-lerie amp;nbsp;bagage de toutes les compagnies: lugeant le General que les François fy porteroient mieux,non pour leur donner dauantage de courage fur les autres: mai^pource quâil les ju- Retraite geoit plus naturels amp;nbsp;mieux vfitez au combH: de larquebus quâautre nation. Or ce pars tout fendu amp;nbsp;foifoié afin de faire couler leau de mer amp;nbsp;de pluie dedans les Riuieres,amp; de là au foin de la grand mer:eft de tel naturel quâon nây va que par gateaux ou par Digues qui font hautes leuées de terre ez collez defquelles leau cil fort profonde. Or, que les harquebliters ne foiét plus propres en lieu eftroit,fouftenus de nombre de Corfelets amp;long bois:aucun tant peu foit expérimenté au fait de guerre ne peut ignorer. Auoir donc emploié fix fopmaines en celte Ifle:ils commencèrent a bafteler amp;nbsp;faire palTer les compagnies pendant que les François amp;nbsp;Anglois fauorifoient four embarquement:elft»»^eftés dans fo faux-bourg de la ville alTem-blez en vn fort où ils combatoient ceux qui eftoient fortis de la ville: Mais le jeu ne peut durer fi long temps que befoin eftoit pour les autres prefts a palfor: Car foit quâils fo vilfont trop rudement chargez: ou quâilsfofachalfont dây relier fi long temps les derniers: Uà defompare-rent la place amp;nbsp;faifans fuir IEf{lt;gnolapres citant que les Digues les pouuoient conduire: furent occafion de la mort de plu^c deux cens que dâeux que dâautres, pour le focours def quels ils eftoient ordonnez.des plus heureux eftoient ceux qui treuuoient bateaux prefts:plu-fieurs defquels enfondroient pour la penlânteur de la charge: ou renuerfoient fîls fo mettoiét trop dâvn bord. Les autres fo jettans en leau lùr les oreilles aimoient mieux perdre Armes,ba-gages amp;nbsp;bazarder la vie fi pourement : que de fo mettre à la merci'^e tel qui peut eftre four veut def-eiift fait bonne guerre. Le Canon fut lâuué mais tout fo bagage perdu. Serras condiiéleur de fos troupes fo voiant mal voulu de plufieurs qui fo deshonnoroient dâintelligences auec len- 5^^ je la ncmi:fe retira au Prince duquel il auoit efté enuoié:fuppliantfon Excellence, veu que tout mauuaifcrc homme notamment ceux qui font efleuez aux grades de coifüuite amp;nbsp;gouucrncmcnt:ne doi- qüâoniuy uentfoulement eftre exemps de faute mais aufli de toutfoupçon-.quâil luy fut permis âe fo def d'jnn«. charger de tel iinpropere par fo moien des Armes : affigeant amp;publian|par toutes les villes, que quiconque luy vou droit mettre à fus aucune chofo contraire au deuoir de noble amp;nbsp;dâhô-me de biê:quâil luy feroit paroiftre le contraire par la voye de duel amp;nbsp;combat deluy à là per-fonne. Autrement fi aucun ne fo prefontoit dans tel temps quâil luy plairoit ordonner.-que tefo
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Le temps af Ic nây autrc chofc ne lu y fut imputée: tenu de tous à fauenir net de telles fautes .Mais aucuns füupift amp;nbsp;luy confèillerent de lailTer manger tels bruits au cours du temps,qui eifaceroit de la mémoire wire leâ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hommestoutes CCS chofes mieux queefes placars, duels, nây autre deuoir quâil pourroit
mauuais monftrer en public. Que telles choies eftoient du naturel des charognes,cxcremans,amp; telles hom'meT autres cholcs villaines amp;nbsp;eorrompyes de Ibyilefquelles plus elles font remuées amp;nbsp;plus fontent elles : rendant tousjours plus mauuaifo odeur que lî on les laiflbit croupir: dâautant que fair amp;nbsp;la challeur duSoleil en attirant tousjours peu à peu ce qui eft humide de ce corps infeôl:ne laillènt en fin que lefec priué de toute mauuaifo fonteur.Ioint que la plus part des Chefzfa-uoient tousjours eu en bonne réputation: amp;nbsp;difoient prefque tousqueles fautes quâil auoit * fait îuy cftf#c t auenuës par la fimplelTe de fon naturel amp;nbsp;faute dâexperience plus que de mauuaifo volonté quâil euft à fon parti. Il eftoit doux, fimple amp;nbsp;fi traitable quâil accordoit tout ce Le General quâon vouloit,fuiuant Ic premier auis quâon luy donnoit:lequel il laiflbit aufli toll pour en pra-méeVcou tiquer vn autre de celuy qui plus auoit dâautorité en fon endroit. Ainfi nâeftant aucunement uernement refolu, falloit quâil fc portaft deuant les villes quâil alla foffimer comme vous aues entendu, quel ü doit Io#^^qnâil nâauoit jamais commandé en guerre amp;nbsp;mofhs gouuerné vn filt;onfus amp;nbsp;malaifèEfi cRk. tat que celuy de Fleflînghe,au commencement quâil fo déclara pour fon Maiftre.Comme dôc euft il peu conduire trois mil foldats eftrangers amp;nbsp;fi diners dâhumeur de langue amp;nbsp;de façons de faire ? Si eft ce que la plus part des Princes de ce temps nepouruoient pas autremét à leurs affaires.Et difont prefque tous quâils aiment mieux fofier en ces chofos dâimportance à leurs domeftics amp;nbsp;conus de longue main:quâà nouueax venus.Comme fi aucun autre ne peuft doner aflèurancc de fo foy loiauté. Laquelle aufurplus nâeft pas foule partie requifo à tels gens: ains y a dâautres graces aufli neceflà ires que celle là : toutes lefqu elles manquent le plus fou-uenten ceux quâon efleué à cesGrades. Les autres reconoiflet lâerreur mais ils difont pour tou-Les grans tes excufos: que faute de perfonages dâentendemët,ils fon t*contraints fo foruir de ceux qui les dcs«rT*quot; ^lâ^uent. Aflèz de galans hommes les pourroient accompagner fils honnoroient la vertu amp;nbsp;les eux4pour- perfonnes qui la pratiquent folonleur merite: car tels gens ne demandent quâeftre emploiez non pour fenrichir comme font vn tas de malotrusCapiraneaux,ains pour faire paroiftre leurs grâces amp;nbsp;vertus au proffit du public. La Vertu hait rien plus que foifiueté amp;nbsp;ny à chofo qui Les vertu defplaifo plus à vn cÅur genereux, que de croupir és cendres, fons efclairer en fi efpefles tene-gnçm de^' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hommcs parla vine lumière de leurs vertus: laquelle aufli, afleurée de fon mérite,
cournfer veut eftre recerchée amp;nbsp;honorée devons: nâaiant rien en plus grand deflain que fureter la les grans amp;nbsp;^es éârinces au long pourchas de ces Eftats mondains, quâon ne galope en ce temps que pourvu proffit particulier fons aucune confideration du public.
puiUes Frä nbsp;nbsp;Depuis la plus part des Anglois creurent en opiniQii de fo retirer en leur pais. Malcontens
çois quittée de la paie amp;nbsp;dâautres chofos: fi bien quâils quiderent le foruice duPrince fembarquans és vail-la Zciandc. Anglois qui aportoienr le vin, la bi^^^ autres chofos dont il accomodoient ces quartiers pour argent: amp;nbsp;nâen demeura quâvne compagnée.Ãe qui futoccafion que fenuie de fo retirer vint aiffez toft aux François quâon emploia touteffois à quelques autres entreprifos: notamment à Ijrufler aucuns Nauires de Mildebourg qui eftoient à deux lieues de Flelfinghc la plus part chargez de fol amp;nbsp;autres hardcjJ^^i^rnifon de^^Jidebourg fortoit fouuent amp;nbsp;fata-quoit de belles efcarmouches dâvne part amp;nbsp;dâautre ou plufieurs demeuroient tefmoins de leur
Occafion yaillance.Mais ceftoit tout ce qui fo fefoit pour lors en ces Mes: tellement que les deux tiers dcfèLiflace dc François firent eftat de fo retirer de là : notamment apres la journée de SaintBartholomy amp;nbsp;des foldats ]a redition de Mons: voians quâon les appelloit haut amp;nbsp;clair trahiftres amp;nbsp;lafehes: contraints kmTnïïc fouffrir lors ces indignitez pour nâauoir fauantage des forces entre leurs mains. Sans doula corruptió te comme finfolente pefte de ces deteftables guerres ciuilles: eft tellement generalle; que les phnViîù^t' giicrtiersSc paifibles y participans à fegal: foublient egallement en leur deuoir.Il y auoit de la taire. foute des foldats comme de ceux qui les auoient enuoiez quérir: amp;nbsp;pour le bien defquels ils hazard«ient leur vie. Lâoccafion de tout le mal néanmoins me femble procéder des gens de guerre plus que des autres: amp;nbsp;de la faute des Generaux plusquedes Chefz particuliers amp;nbsp;moins encor des foldits, qui en toute guerre obéiront aflèz, pourueu quâon leur donneChefs
Capitane- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg cerueau amp;nbsp;de valleur: non pas ces Capinineaux de ce temps qui nâallans à la
3UXqCCC nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tâ1 zz*it nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;⢠T
temps. guerre que pour picorer: donnent toute liberté au foldat pour auoir part au buun.Lcs autres ores que liberaux, font de fi bas lieu, de vie fi ville amp;nbsp;abjede: que mefprifoz par les foldats qui
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qui les conoiflent de veue ou de renom : faut de iie-ceflîtç quâils leur donnent mefme licon, ce que fauaricieux pour eftre fuiuis : autrement il iêroit toft Capitaine fans gens. La faute ne vient non plus ou du moins entiere,de ces Capitaincaux.Car voiant que peu de gallans horn mes demandent les charges en ce temps milcrable: pouiïèz dâvn defir de iê faire conoiftre amp;nbsp;* faaancer ou acquérir des biens,le preiêntcra au Generalauec nombre de iôldats auflî peu fuffifans que lui. Le General faute de vertu le receurapoiîr lui donner çommilfion de Icuer le plus de gens quâil pourra. Câeft à lui a fenquerir du merite de tels gallansamp;leSlreiiuoier de Capitaines,Soldats : pour les faire enroller fous la charge dâvp Chef fuffiià nt.Lequel lâchant veut eftte qué les honneurs doiuent eftre receusSç non demandez : que la vertu doit eftre recerchéç: ne le prelêntera à Ibn General que pour lèruir au public : non pour briguer tels grades bien , quâhonnorables câeft le deuoir lors du General de reconoirre le merite de ceGaliand ffôme , par vn grade honorableSçùutorilêr en icelui. Car corne fil nâeft autorile du General il nâen le fa en fin plus relpeôlé des liens que ces Capitaincaux.âAulfi les Soldats le lachâs autorile, ehe-ri'amp;refpeôiçdelônGenerahlcronsmduitsà fexernplede là vertu amp;nbsp;forcez par lâautorité du Ãrerefpe-pOuuoir quâon lui donne: de faire toi^f le deuoir. Mais il ne le treuue aujourdâhui Geq^ral a«-amp;au-qui face cela. Au contraire la vertu melpriléeamp;h-âïe par l'ignorance de prelquc tous nos hotW- leCcneraL mesi eft fi abbailfée quâon ne tient compte aujourdâhui que dâvn jeune plailântin,vcrt veftu: lequel pourmenant bien la plume fur l'oreille, amp;nbsp;maniant Dieu à toutes mains : aura plus de charges quâil ne voudra. le ne veux pas dire que les jeunes ne foient quelques fois dignes de Gens de qui commander.Iâen Içay à qui la vertu croift deuant faage.Et fi ne lêrois dâauis de ceux qui con-(eillent à vn General de prendre vns amp;nbsp;autres vieux amp;nbsp;nouueaux : pource dilent ils que les dâhui/ jeunes ont plus de feu amp;nbsp;»^ont plus brulquement à vne charge que plufieurs vieux routiers qui craignent 8c fuient bien fouuent.Ie confdTe tout celr, Aulfi la praticque contraire me de-: mentiroit. Mais pource que qui vgut bien conduire vne guerre à bonne fiu : doit confiderer que fur routes chofes la difeipline millitaire y eft necelïâire: (fous laquelle on comprend lo-beiflânee, refpeétamp; autre deuoir du Soldat vers le Chef jôcquâoù les jeunes commandent nây peut auoir de moien*faute de raifon, jugement 8c diforetion que le peu dâaage 8c experience nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
des choies leur dénié: le dis que les commandemens en Chef, ne le doiuent donner quâà per-fonnes d'autorité;de cerueauSc de valleur : q»i pourront diieipliner leur^gens finonfi parfaû tement que les Grecs 8c Romains, voire les Italiens Eipagnols 8c François en Piemont : du moins en aprocheront le plus pres quâils pourront,par la dilcretion.dâvn bon jugementSepra-tique de ce quâils auront veuamp;c leu du paifé.Vray eft qut je fuis dâauis que les Lieutenans par- Quels Ca-ticipaftciit de faage 8c de jeuneftè. Mais que les Enicignes tiniènt plus de cette jcffiie challeur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en
bouillante Ãc courageulê pour conduire le Drapeau es lieux commadez : ûns auoir la difore- Lieutenans tion des routiers de noftre temps,quâil^ fait trop chaud : quâon veut perdre les hommes, ôc amp;Enfeigncs quâil fe faut garder à meilleure occafion : comn^efoent les comandez par Galpar de Cojigny nbsp;nbsp;°â ââ
lors Colonel de la FanterieÃcdepuis Amiral de France : de porter leurs Enièignes à la breche de Dinan. Ce quâils refuièrent, jugeans Iç lieu trop dangereux : occafion quâils furent dégradez des armes à la tefte de lâArmée,declarez villainsôc incapables de tous grades. Vous auoir donc bien efclarci de ce que je vous voulois faire entendre : je retourneray au dilcours de noftre France ôc premièrement v^îst pâarleray %Rv«yage de lenlys pour mener fos troupes au Prince dâOrenge. Mais il y a fi long temps que le Duc de Medina-celi eft fur la mer:quâil me femble nâauoir ameinc, que pour mâattendre : afin que je le conduiic au païs bas, où fon Roy lâenuoye pour y commander au lieu du Duc dâAlue. Laiflons donc Ienlys,8c prenons ceChef qui vient par mer dâElpagne en Flandres auec troupes de Bifoinsamp;nombre dâargent:afin que vous fçaehiez ce qui lui auint fur mer à lâoccafion des Oftregueux.
Ie vous ay ci dcftiis fait entendre la rigueur de laquelle vfoit le Duc dâAlue fur le pays bas : ôc les occafions quâil en penfoit auoir. Comme que ce fut neantmoins,le Roy dâEipagne dés hn paffé auoit ja refolu en fon Conièil dây enuoyer vn aigre perfonnage pour y commander en fon licu,8c le faire retourner en Efpagne. Or pource que le Duc lui auoit majfdé quâi} lu Duc de auoit faute dâargét8cde foldats:le Roy aiant enchargé au Duc deMedina-celi de faller releuer, Mcdma-cc. lui donna deux mil Bifoins:( ce font jeunes hommes qui nâont encoRlonné leur nom pour fenroller en guerre.) ôc quantité de deniers. Il feftoit autres-fois mis fur mer: mais le vent lui batu par le? fut tousjours fi contraire quâil fut contraint rçlafchcr : for? celle fois que fo joignirent à là flo-
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te 25.autres vailTeaux marchands que Italiens quâEfpagnols que Portugais chargez dâefpice-riCj fucre, drap de foye Sc autres marchandifes propres pour releuer le traffic qui le perdoit au pays. le vous ay dit auffi que les Gueux auoient nôbre de vailFeaux fur mer équipez en guer-* re : amp;nbsp;quâoutre ce,tous les vaifleaux qui deuoient à Anuers ou autres tels endroits de terre: pallôient neceflà irement vis à vis amp;nbsp;à la portée dâvne cononade de FleffingheSi Ramequin. Si bien que le Duc defcouucrt par lÃGueux le dixiéme de luiiijfut contraint de palïèr à la rherj .ï, ï ci de leurstanonades : crainte defquelles.douze Nauires marchands le Jailferent prendre a-â¢gt; bordez par ces vaifleaux : notamment ceux quâils nomment Flibotz: plufieurs amenèrent de ' bonne vogle, dâautres fallerent efchouër à la colle de Ramequin, nommément ceux où c-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lloient les Bifoins qui de là fe retireret à Mildebourg.Aucuns lurent coulez au fons.Le Duc
, nbsp;nbsp;nbsp;pou â¢ne fe mettre à leur merci defeend en vn bateau auec 2 5. ou jo. plus haut pour prendre
terre à îEfclulê,doù il fut à Brugesjpuis à Gand amp;nbsp;en fin à Anuers,fe plaindre au Duc dâAlue de là fortune amp;nbsp;de lâauis quâil auoit donné à fon Maillre auquel il auoit par lettres amp;nbsp;melfagcj fait lâEftat du pais plus heureux amp;nbsp;paifible quâil ne le trei^ioit. Les Gueux en lomme là ns au-cuijp perte,firent vn grand butin quâon elleuoit jufqups à la valeur de fix cens mil eleuz : en-Grand b«- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loldats ne lé reflentiflâent gucres du pris de ces marchâdiies vendues.fls treuuerent
tinqueceux bien deux cens mil efeus quâen Ducats quâen Reaux de Callille amp;nbsp;de Portugal. Mais lamoi-tnitin ne vint en conoiflà nce. Car les Chefs,Soldatsamp;mariniers en deftoberent Fur^laX'tc la moitié :1e relie vendu à vil pris comme il auienr tousjours quand on ell prefle de vendre du Duc de pour faire argent. Si quc le tout ne monta à Cent mil efcus qui furent employez aux affaires liEfpagnok du païs plus vrgcntcs amp;nbsp;prcflces. Il me Icmblc temps à cette heure de mâacquiter de vous montrer comme le Duc dâAlue fe gouucrne és autres quartiers du païs bas.
Le D V c dâAlue fafché de la perte de ces places : de la venue de tant dâellrangers en-DeÃeins du nemis,8ô encor plus de la prilê de Mons : relblut lôudain ^^âemployer toutes les forces à la re-Duc dâAlue prinlê : tant pour tenir le relie des places de terre ferme en bride amp;nbsp;atente de îeuenement du fiege quâil y vouloir mettre : que pour empefeher quâà la venue de plufieurs François que les ⢠Côfederez y enuoioient de jour à autre: le Comte ne peut en fin drclfeBforme dâArmée pour tenir la campagne aux defpens amp;nbsp;dommage merueilleux de toutes lés Garnilôns. A ces fins il Mons aflie- aflémblc fur la fin cft luin pres de deux mil quâtlpagnols que Vallons amp;nbsp;autant de Lanlque-Fedric^fils nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoir fait venir quatre cens chenaux des Ordonnances du païs : il donne la charge
du Duc de tout à DomFcderic deTolede lbnfils:lcquel pour lâauis desScigncursamp;autresChefs quâil Daluc. lui donna pour Conléil : pour formedâArmée quâil deliberoit acroillreSc autorifer de là pre-lènce Iclon^uc les occafions fy prclènteroicnt: il halla lés troupes dâaller, non tant pour pren dre les affiegez de force que pour empefeher (comme jâay dit)lon ennemi de croillre :amp;pour oller auffi aux affiegez tous moiens de recou tirer viufes. En lômme les incommoder au plus de lôn pouuoir,atendant là venue amp;nbsp;le reflues compagnées quâil y pourroit conduire : lefi quelles il deliberoit cmploier ce pendalf^ontre le Prince dâOrenge pour lui empefeher le paflà ge de la Meule. Sâafleurat que cette barrière fermée:lâArmée de lôn fils pourroit à la longue emporter la ville de Mons. Ainfî rclolu : Dom Federic facheminc à Mons auec lés troupes fur la fil?de luin 1572. lefquelles aprochées de la ville ne peurent ellre empefehées pour les lôrtiesamp;itcrées efcarmouches des FraaçMg^uâellcsffiüiJlfnà ircnt vn fort dâvncAbbaye di-flante, vn quart de lieuë des faux-bourgs noméc Bellcan pour fafléurance de toute lArmec. Où ils demeurèrent jufquesà la veniië du Duc, comme jci vous diray, elcarmouchansûns ceflé neantmoins,pour empefehef quâils nâallaflént quérir viuresôc lécours; occafion léule de la venuë de fes côpagnées.Car le Duc preuoioit bien quâils nâen peuuoientauoir beaucoup: pource quâon nâauoit couftume dây en mettre ni faire prouifion aucune de Guerre,pour de viurcs nâeflre Mons ville frontière: que pour auoir mal mclhagé ce qui y clloit: nâelperans ellre fi toll relferrez, ains drefler vne Armée pour courre la campagne à la venuë des François amp;nbsp;celle Sorties des Pôgt;^ce. loint quc la prinle ^oit ellé faite fur îarriere là ilôn des fruits ja mangez. Parquoy affieges les noiMieaux fe môtrans fur terre encor pendans: il les falloir gagner à coups dâclpée,lc grain pour la ger- gerbes melmement pour lefquelles lé drefloient de jour en autre belles efcarmouches. le vous en reciteray dlt;^ qui pourront léruir dâexemple. La premiere fut de cinquâte chenaux amp;nbsp;quatre vint harquebuziers chofis,que conduilôit Rouuray : lefquels allans quérir les gerbes dâvn champ prochaffijfurent rencontrez par trois cens Vallons,aucclcfquels ils combati-rent
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rent û bien, quâa hide de leur cauallerie ils les menèrent batans jufques à leur fort:amp; reportèrent fans perte que dâvn homme, les gerbes quâils auoient enuie dâauoir.Mais la leconde bic qu'en plus grand nombre ne leur fut pas fi heureulê: car encor quâils eulïcnt enfoncez leurs ennemis: neantmoins lulien Romero y furuenant auec quatre cens Eipagnols, leur fit haban- * donner la place: contrains de reculer au grand pas j ulquâà la contre-efearpe: qui garentit la vie à plufieurs dâeux.Q^uelquc centaine dâEipagnols entreprin3rent dâenleuer îabbayedâEpinleu pres de la ville que Rouray gardoitauec cent lôldats. Mais ils y furent tellementâreceus que force leur fut de retourner en leurs tentes: relèruans celle entreprilê à plus de loilir amp;nbsp;meilleurs moiens quâils nâauoient lors. Ils le meintindrent en telles ataques, julques à la venue dç lenlis de laquelle je vous veux dire ce que jelcay.Aulfi toit que Monsfut pris^ que les , Chefz curent donné forme dâEllat a leur conquclle: ils furent dâauis que lenlis retournait en France, à plufieurs fins: la premiere pour auertir là Majcftéf par huis duquel cçmouucmcnt toumede elloit venu, du fuccez de leur entreprilê, de lEf at quâils y auoient donné, des moiens quâtls nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
auoient depoulTer la fortune plus auant: des rem umans dâHolande amp;nbsp;Zelande: de la laueur a'Jet tir (a quâils reccuoient dâAngleterre,dâElcolï»amp; Allemagne:fur tout de la leuée que lelùit le cedâOrengeen Allemagne: Sc defeljwir de là prompte venue. Quâilluy pleultpourfuiuft nombrède vn fi beau commencement. Du moins permettre quâon leuallle plus de gens quâon pour- Fiançoi? roit enuoier en Flandres y joindre le Prince amp;nbsp;lès Germains;Contre le Duc dâAlue qui dref-lüit forme dâArmée. En cas de refus affeélionner les Princes amp;nbsp;lâAmiral à y enuoier le plus de lôldats quâils pourroient. lenlis leur auoir promis quâil y feroit le polfible amp;nbsp;particiilieremét alfeuré quâil y emploieroit fes moiens pour en leuer amp;nbsp;amener luy melmes jufques au lieu : part de là amp;nbsp;vint en Court auertir le Roy amp;nbsp;lôn Conlêil de tout ce que dclTus. Ce qui cfmeut diucrlcment les perlônnes felon la diuerfité de leurs paflîons. Puis auoir eu bonne refponce du Roy amp;nbsp;pennilfion de leuer gêna: alfeurancc de lâAmiral qui auoit ja enuoié toutes les cô-. milfions pour drelTer les compagnies tant de pied que de chenal: amp;nbsp;donné le rendez-vous de toutes à vnc journée de Paris, où il efperoit luy mefine trouuer là compagnée dâhommes dâarmes dans ce temps: Sêconduirc le tout: il fachemina en Picardie où au bruit de la conquellc ⢠de Flandres amp;nbsp;des grans butins qui les y atendoient: en peu de jours il eut leué de trois à quatre mil Fantalfins amp;nbsp;deux cens hommes dâariWes auec deux compagnées 8âarquebuziers mô- Dcficin que tez. LâAmiral qui auoit dit à lenlis quâil allait trouuer le Prince dâOrenge pour luy lcruir dâa- i'nnâà ^ia uantgarde: voulut que Beau-leu Enteigne delà compagnée de gen-dâarmes: y menait trente conduite de des flens: dâautres y en menèrent ce quâils peurcut fan Acception de quelles confcicnces ny Religion ils fulïênt. Le Baron de Renty auoit vn Regiment de neuf enlêignes d?Fantalfins. leumellcs de huit,Beârenguaruille de fixjanilfac fut delliné pour côduireles auant coureurs. Sur le feptiéme de luillct ils commentent à marcher auec mil amp;nbsp;mile inlôllcnces que ces gens failôient fur le païlà nt nommément les piexjD^ Aulfi toll que le Comte en fccut la def^ marche,illiiy manda quâil print le chemin par CaRibrefisSc fallait joindre à hrméedelôn frere: tant pour luy faciliter le paflà ge de la Meule que les garnilôns dupais aflcmblées: luy empefehoient: que pour euiter le hazard dâellre rompus par les troupes que le fils du Duc dâAlue ( commandant à hrmée qui allîegcok Mons) luy pourroit enuoier fur les bras. loint / quâil ne lêruiuoit de rien à Moiis^u le bon nOTlbrc de gens quâil y a liiffizans pour faire leuer le ficge:Et que par ainfi les troupes nây lêruiroient quâa manger les viures qui leur faudroient tout aulfi toll amp;nbsp;feroient en fin contrains de le rendre par famine. Il luy contremanda quâil ne craignoitlennemy.Et quâellant à Mons amp;nbsp;auoir veu les compagnons il pourroit palïêr outre, Surce les troupes marchent,mais fi négligemment amp;nbsp;prenant tellement leur ailés par les cen- troupes, lès amp;nbsp;bourgades: que vous les eulTiez tenus pour alTeurez que ïennemy elloit à cent lieues dâelles:amp; qui pis elloit ils nâauoient aucune guide alfeurécjne bien inllruite du chemin quâil falloit prendre, pour fefloigner le plus de tennemy. En fin venues pres de BolTu vne lieuë amp;nbsp;amp;nbsp;demy de Mons: il enuoie cent chenaux faire la delcouuert^ le regiment du Baron de Rend marchoit apres le premier desFâtalfins: lumelle le fuiuoit amp;nbsp;le relie en fin. lenlis le Rmgraue, laniflà c amp;nbsp;autres elloient en queue, ellimans que fennemy les dâeull ataquer par là . Mais ifs en Icntirent plulloll la defcouuerte par le deuant, quâils ne penloieft. Comme le païs efl entre couppé amp;nbsp;plein de haies amp;nbsp;huilions : dont le penlôit preualloirlenlis pource quâil elloit fort de fanterie:Les delcouureurs huertirét quâils auoient veu quelque Cauallerie lorée dâvn
bois
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boisîôCcafion que Ie Baron dcRenty choifit quelques centaines des fiens pour enfans-perdusi les feparant pour feruir de tefte au bataillon, attendre Ia fortune. Mais auflî toit que la Ca-uallerie eut delcouucrt que les chenaux quifortoient du bois en la campagne ne prenoitfin: amp;nbsp;que nombre dâarquebuziers fauançoient pour les attirer à fefcarmouchenls furent fi efton-nez quâils nâeurent quâa lê retirer gluftoft que le pas. La caUallerie de fElpagnol qui eftoient gens des ordonnances du païs commandez-parNoir-carmes amp;nbsp;autres,voians ceux cyiê retirer fi chaudenîént prirent cÅur de les pourfuiure. Mefinement que leur cent mofquetaires Eipa-gnols eftoiêt ja aux attaques auec la tefte du regiment deRenty.Laquelle intimidée par la fuite de fà cauallerie amp;nbsp;furuenuë de tant de gens:fe met en route à laquelle eftoir desja tout le régiment fiy; le corps duquel ces defcouureurs auoientpafte.Sibienquelercftceftonnéparla fuitte amp;nbsp;delbrdre de tant de gens, ne la fit longue à fê desbander. Mais bien trois mil pailâns quâils auoient tant tormentez amp;nbsp;qui les fuiuoient crians à Dieu vengeance: les receurent mal courtoifèment, fors ceux qui fe laiflbient mettre en chemife. Plus de douze cens y moururêt. Renty Maiftre de Camp faflèurant fur la force de fonch«ual tua plus de vint paifâns deuant qult; mourir. Ringraue mourut. lenlis fê rendit amp;nbsp;laiiffac. Le Baron de Renty menez priien-* niers à Anuers amp;nbsp;plus de 6. cens autres en diuerfês pnfons donty auoit plus de fôixante
Gentilshommes. Beau leu auec fept ou huit arriua la nuit à lâÃbaye dâEpinleu ou
' â ⢠nbsp;nbsp;il donna tant de conoifiamp;nce amp;nbsp;marques de Iby que Paietluyouurit. Et le i,
lendemain pres de cent harquebuziers entrerét à Mons où je fuis délibéré les laifler plaindre leur defâftre,plus que leur faute particuliere trop ordinaire au François-.pour reprendre ceux qui fapreftent pour fôlennifer les nopccs du Roy de Nauarre dedans Paris:pendant que les plus foupçonneuj^fiimu-fbient à pronoftiquer le fiiccez de tout ce quedeflus. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; lt;nbsp;-
En propos dtt 'Rp,ynf frure dr r z^miral. Stnode nationna! à Nifmespour les TroteÃans. Famine en Lanyuedo. ConÃderations frr le frit de la âF^ligion. Source de la corruption de tous EÃats. Le Fpy demande nbsp;nbsp;reçoit les villes dégagé données aux ConÃderez pour deux ans premier ^ue le terme frÃ
expiré. Lettres du Ãoy à tous les (jouuemeurspour aÃturer les EProteflans de la Paix. lugemew diuers desentrepriÃs de Flandres.f^Lrmée de StroÃi en 'Proüage.Les âFochelloisfiupçonnenr tout,(à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;raiÃns.yna
ges du Terou. Entreprifes frr la p^ochelle defrouuertes. Lettres des 'Ãochellots à r Amiral. La refronce frr leur deuoir à lâendroit de cefle tAérmée. Lettres du Baron de laGarde aux F^chellois zér leur refronce. Confideratios amp;nbsp;dtuers auertifremens queplufieursPreteflans donnoientc^' enuoioient à lâAmiral pour le defiourner de laCrean-ce de Court nbsp;nbsp;luy frire fiupçonner l'auentr . âPourquoy l'tA'mtralfrt confiant à nertMlprefrmer d'aucun .Les
fiançailles efroufrtUes de tienry de Boi^bon Poy defifijsuarre céf de tAIarguerite de FrMce feur du 'Fpy
E Roy Charles cependant, nâauoit foin que dâacheminer fos deflèins à la fin quâil A s feftoit pro^ofo. Quqy fêlant il auoit plufieurs perfonnes a contenter, amp;nbsp;ne le pou-
uoit faire quâen delplaifant à trois fois autant de grans perfonn^jges. Il le perfuadoit neantmoins de les entretenir tous,3? ne Fen elloigna de guère comme vous verrez.
II difoit que fur toutes chofes le mariage de fi fÅur amp;nbsp;la coquefte deFlandres luy eftoient en Entre pro-finguliercrecômâdation.Que le premier nâeftoit différé que par les remifos duPapequifefoit di ficulté dâéuoier fa bulle de dilpéce: amp;nbsp;quâaulfi toff venue, aulfifoudainforoitle^ariagc ac- mereamp; comply. Et comme aucuns luy difoient que le Pape ne fenuoieroit jamais,il aflèura dây pour- lâAmual uoir en cas de refus. Quant a fautrc,le^rcparatifs Fauançoient de toutes pars fi ouucrtement que les Catholiques amp;nbsp;nommeement ïAmbalfideurElpagnol nâauoit autre fujetquedefo plaindre: auquel leRoy allèuroit que tout ce fefoi^^on deceu.LaRoyncMerc auffi ialïèuroit à ffifpagnol deuât tous.LeRoy difoit au lèmblable à lâAmiral que fi Mere en eftoit ignorante. Laquelle côme fogneufe de lEftat de fon fils amp;nbsp;de la feuretéde toutleRoyaume:craignât plus incertain euenemant de fi hautes entreprifès, quelle ne Faflèuroit fur faparenc^ des raifons quâaucuns difeoureurs amenoi^ poyr facili^rtel deffein: dit au Roy deuant quelques vns du Conlêil amis de f Amiral, qu^k auoit foci^ê Bonne part quâil eftoit autheur de cefte en-treprifo de Flandres; luy remonftre auec vn long difoours plein dâaffcéfion, quels inconucnics luy en auiendroiét amp;nbsp;à tout fonRoyaume,dôt il Fexcufi fort: lâaftcurât bien quâô luy en auoit tenu quelque propos de la part dâaucuns eftrâgcrs defôRoyaume:amp; quâil y auoit efté folicité: mais quâil nây voulut jamais prefter foreille: craignant que telles nouuelletez luy fuflent pre-judiciables.SommefafTeura defuiurefon Confeil amp;nbsp;luy vouloir obéir en toutes chofos. Auffi toft il fait venir f Amiral auquel il cômunique tout ce que deflus luy jurât neâtmoins quâil ne lairoit jamais les chofes à demy faites:ains refolumSt en pourfuiuroit les premiers rraiéls fi bic jettez: pource,quâil falloir hafter le fait amp;nbsp;y pouruoir en toute^urcté,afin quâil ne luy en auint aucun inconueniét nây à fon Royaume.Car,dit il,je nâaurois pas fculcmét affaire auec lEfpa-gnol,ains auffi auec tous les naturels de laFrâce.Parainfi f Amiral afïèiygde fô bô vouloir:mi Sinode N*-toute peine dâauancer encor plus affeófueufement ce qui en eftoit commencé. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;N^ifæcs.
En May les Eglifês Proteftantes du Royaume, affignerent vn Sinode National à Nifmes en Lâguedo: ou par la permiffiô amp;nbsp;fous lâautorité duRoy qui en fit expedier lettres: plufieurs des principaux
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principaux Miniftres de laFrâce furet afTemblez entre autres Béze, Chandiou amp;nbsp;des Gallars qui fut efleu pour y prefider : où Ion reprint la difputc de la doctrine Eeelefiaftique. Lors en ce pars de Languedoj mefinement en la cofte maritinejbien que le païs loit bonamp;pourueii de Famine, nbsp;nbsp;tout ce qui eft requis à îentretien de fhôme: la famine y cltoit fi grande que les pouresy tom-
boient roides morts par les rues, ^our y poùruoir entf autres moiens ils ordonnèrent vacations és Courts de la luftice : afin que les moins riches ne le confommallènt en frais pour y aller plaider amp;nbsp;pourfuiute leur droit.
I E nâoubliray vue choie notable amp;nbsp;digne dâeftre bien remarquée à fauenir pour le fait de la Religion : mais elle peut amp;nbsp;doit eltre eftenduc à tout ce qui eft contredit aux hommes amp;nbsp;⢠qui Jpur nbsp;nbsp;en finguliere alFeótion, lôit de Guerre: Ibit de Police,foit de Religion ou autre E-
Confîdera- le VOUS ay dit que les moiês que la plus part des François auoient de le remettre de leurs f premieres pertes^ par le cours de lèze mois quâils auoient efté en reposzlâalfeurâce que la paix Religion, lèroit de longue durée: la paifibleamp;amiable conuerlâticn des vnsamp; autres.Ioint le bruit commun que le Roy vouloir enuoier tous les gens de Guerrê( que le peuple eftime lalource ou duenoins les inftrumens de lès maux) hors de Franêc contre vn Eftranger : leur auoientfait perdre le Ibuuenir de leurs calamitez pafîées; julques là ;qucle plailâns en la paifible jouïllà n-ce de beaucoup de moiens quâils auoient de gagner,que la bonté de leurs terresSe la diligente fubtilité de preffiter leur apportoit; nâemploians leurs Efprits quâà fenrichir,amp;lè donner du oubTiquot; temps les vns auec les autres : ils oublièrent allez tcft le deuoir qui leur falloir emploier cntDieuai- pour agréer à Celui qui eftoit lâAuteur de toutes leurs cemmeditez. Ceux entrâautres qui fement en mieux Ciuililêz lèmbloient auoir lelprit plus ouuert que le refte : ne le donnans beaucoup la Religion3amp; parelïèux au fait de confcience,ne le mentroient diligens quâà leur plaifiramp; proffit: fe moquoient mefme de ceux qui plus zelez accôplifl'oient mieux le deuoir de Chre-ftiens. Aucuns ne trouuoicnt le chant ni la forme de parler en lEglife Proteftante conuena-ble aux perlônnes. Dâautres qui le vouloient faire voir plus zelez fâamufoient a recerchervne ft'* P fo7c tiouuclle forme de dilcipline Ecclefiaftique : treuuans la forme amp;nbsp;traditiue de longue main cotwmpus- vfitée, mal commode pour le temps. Y en auoit qui îeftimoient peu eSnforme au naturel de ce à quoy on fapproprioit. Nombre des reformateurs de la difciplinCjpoulTcz du vent dâvnc vaine curiofité,panèrent outre : le prefumans d^nes amp;nbsp;fuffilâns dâamener ( difoient-ils ) la do-drine à là perfedion-.amp;motrer les erreurs de tels dont ils nâeftoient dignes de baifer les pieds. Si bien que tel guidé par le vent dâambition,vn autre de lotte curiofité,amp; plufieurs meus dâvn ,, bon zclc l^s jugement allèuré: le Ibnt tellement lèparez de la compagnée Chreftienne( jâen-tens detvncSclautre Religion, lefquellcs ont vn melmefondement qui eft lefus Chriftduquel elles prennent le nom)quc lâEglife a plus efté ébç^nlée en temps dePaix au moien de ces differens domeftiques: quâelle ne fut au cours de toutes ces guerres palïees,par iâinlolencedc nos cruelles armes.Elmerueillez vous mjjutehant comme fe peut faire que le bruit des armes Ibit fi grand quâon ne puilfe ouïr les loix parler : ni le Magiftrat ordonnant ce qui eft requis a la Police : veu que lEglilê nâa choie plus contraire que la guerre.Vous voiez les armes préjudicier moiiÿ beaucoup à lâentretien amp;nbsp;auancement de lEglilè quâ vue longue Paix en vn païs mefinement fi bon amp;nbsp;fi plein de dehees que^quot;C^uy-cy:pu^^j|jir mieux dire parmy vn peuple filz de la fortune, fi legier amp;nbsp;variable en les conceptions que la confiance ny Icaurait trouucr lieu de demeure. Confiderations qui me font alTeurer quâil nây à moyen plus propre pour ef branler amp;nbsp;en fin abatte vne Religion telle quâ elle Ibit parmy les François,que de leur en per-Lcs cliofes lâexercice libre. Car autant que lâhomme ayme là liberté amp;nbsp;en abulê toutes-fois : au-avfces def tarit hayt il la lèruitude amp;nbsp;contrainte en laquelle neantmoings il le comporte mieux quâen mal aifées* jouïflà nce de fafranchife : Qui ne voit que tous hommes vont naturellement au contrai-plus agréa- fe de Ce qui leur efi plus interdit ? Tant quâAnibal fut contraint faute de places fauorables : CraVnte amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâItalie, la neceffité la forcé douurir les yeux de Ibn entendement, pour fubtililêr
neceflîté toutes fortes de moyens à le Ãuarentir, faire Ibn deuoir amp;nbsp;acquérir honneur entrauaillant mamticncc pour ruiner lalèigneurie des Romains. Mais auffi tofi que la vitoyrc quâil eufi fur eux à Ca-iTomme'cn nes :luy cutmoyen^laprilèdeplufieursplaces, laredution dâvnnombre de Prouinces, leur deuoir Jcj grandes commoditcz quâil receuoit fur tout de la Calabre amp;nbsp;Terre de labour : nom-X'amp;ÃVbon- méement à Capouë:fe voyant comme enfranchilc amp;nbsp;deliuré de neceffité de plus faire la dance dc^ Guette fi toîde amp;nbsp;là ns celTe comme au parauant : fapareflà de forte parmy les plaifirs deli-grâs moiés^
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ces de Capoue : amp;nbsp;à fon exêplc tous ceux de fon armée deuindrent fi negligens amp;nbsp;curieux de Occafion leur plaifir: que les Romains fi fou uct vaincus:croilïà ns de cÅur amp;nbsp;dâautres moiens par fâ pa-teflcdc forcèrent en peu de téps de fo retirer en fon païs dâAfFricque:pour lè focourir cotre les neur quâA-Romains .Où en fin vaincu;amp; côtraint lâabâdôner mourut en home indigne de les premieres vcrtus:viuant fous la tyrânie dâvn Prince eftrager.Ainfi feftporté Antiochus Roy dâAfie Suc-ccfièur dâAlcxandre.Et plufîeurs autres non moins mal-auirez Seigneurs.Somme que câeft la ptincipalleoccafio de la ruine de tous Eftats no fculcmêt fèculierszAins ÃEftat Ectlefiafiique cft fujct à fomblable inconueniét.Pource que la raifon amp;nbsp;les accidens y font, amp;nbsp;ont tousjours eftéièmblablcsîQuâd furet les Ifraëlites ( peuple cfleu de Dieu pour heritage particulier) tousEftaw deuotieux enuers celuy qui les auoit tiré de captiuite? Au teps de mifèrcs quad toutes cho- »Jâoccafiô. fes leur toumoiét à cotre poihfoitque lesfeditiôs les trauaillafièntzou les courfos des ennemis prochains, ou la famine, ou la pefte, ou tel autre accident:qui nous fgit tous amp;nbsp;force les plus tion^ amp;nbsp;^ui-niefchâs à dreffer les yeux au Ciel corne au lieu duquel fèul vicnent les moiés de nous en affrâ chir. Mais deliurezzauifi foudain q«e la Truie, retournoient à leur bourbier amp;nbsp;rema.choient fé^idiers leur premier vomiflcment.Cet cxemplorfiiffifo à mofirer que le naturel de f home neregimbe q^âEciefiaf feulement à feiperon comme le Poulain quand on luy ofte le plaifir de fa premiere francniÃ: Ains pource quâil aime fur tous joiaux la liberté^il fcftudie du tout à contrarier à ceux qui I0 veulent priuer de ce doux fruid. Et ne le peut on quâà fine force renger à deuotion.
Aiant le Roy fait entedre aux Proteftas fon grâd deuoir pour maintenir ÃEdit de Paixlt;n fon entierdes bones erres quâils auoict de là volonté à cÃtinuer de mieux en mieux:Voire jufques villes de ga-à melcÃtêter les Catholiques.Et aulfi le peu de jours qiu reftoiêt des 2. ans portez par ÃEdit: leur redemanda les villes quâils tenoiét pour gages de fon bo defir à fétretiê de la Paix inuiola ble. Ce quâil fefoit pour faire connoiftre à tous,que les fujets ne falTeurcntmoins de là fimplc parolle,que de tous les gages quâià s Içauroiêt aiioir de luy: Que pour foulagcrfon peuple qui ne peut quâen eftre fort incômodé.Ils cômâderét à ceux quâils auoient chablis pour Gouuerj neurs dâen fortir,faire vuider les garnifons,amp; remettre le tout és mains de ceux que là Majellé y enuoieroit. Ainfi ftirët la Charité,Sancerre amp;nbsp;Congnac mifes entre les mains du Roy ( qui nâycftablift autres Gouuerneurs pour lors.) La Rochelle lè difoit exempte de Gouuerneurs gages aux amp;nbsp;gamilbs eftrâgeres par le biê fait de leurs Anceftres,lelquels aias chalïS les Anglois de leur villc:Et par ainfi fellas afranchis amp;nbsp;mis en liberté de fe dôner à tel prince qui leur plairoit:ou uant les lè porter nâeutrcs:aimerét mieux que lè dire libre s ou falfujetir à dâautres,retourner à fobeilfâ ce de la Majellé Tref chreftienne fous cenaines côditifts,entre lelquelles ils metét i'exéption £aRocbclle de Gouuerneur amp;nbsp;garnifon foraine des principalles:qui leur furet accordées.Et Ibpuis à cha- lâvnc des Cunefuccelfiô de Roys cofirméespour demeurer inuiolablcs à tauenir.Au reciprocque là Ma-jellé pour tefmoigner fon bô vouloir vers eux amp;nbsp;à f étretiê de fon Editænuoie lettres à fes Par çoit gou-lemés amp;nbsp;Gouuerneurs des Prouinces:les là ilà n^mains de la própte obeilfance des Côfede- â«neur ny rez à la reflitutio de lès villcs:amp; déclarât fon inrétion ellre de les lailïèr jouir librempt de tout ForTinequot;amp; ce qui leur apartiét Sclà ns aucuneârecerche du palïelèlô le côtenu en fon Edit.Ce qui fut en- pourquoy. cor de furcroit à fopinion que tant de gens auoiét conceuë par les portemés fulHits, de la durée dâvne bone Paix.Sommc que fefoçant p^i à peu du cerneau des François lc?pertes amp;nbsp;ennuis des guerres ciuiles par tellSîpparencesôCT)bjet dâautres entreprilès qui lè prelèntoient alTcz contraires à telles lèditions:fon ne parloir en tout le Royaume que du mariage du Roy de Nauarre amp;nbsp;de la conquelle de Flandres:à laquelle tous les Protellans amp;nbsp;les deux parts des plus remuans Catholiques faffeélionoient comme vous verrez.
Sur ces portemans plufieurs jugeoient à leur fà ntafie du remuement amp;nbsp;ifluë de tant de me- jiuersdc nécs:peu à la vcrité:amp; la plulpart lèlon la diuerfiré des palfions qui les y poulïbiêr. Ceux à qui rentreprife les honneurs elloient déferez nâen pouuoient mal prefumer:ou pour ellre aueuglez amp;nbsp;ellour-dis du vent de Court, ou pour fextremité du defir à les cxecuter.Mefmemant ceux qui pre- de lenii«. fiinioicnt de la facilité decete entreprilè lèlon îaparëce du^ifcours deîAmiral. Des autres -, . ceux qui ne fc vouloient ingérer à fentremilè dâaucune cholè : en jugeoient lèlon lo»ir lèns amp;nbsp;la plus part à bonne fin. Les autres, qui elloyent fâchez de nây auoir elle employez amp;nbsp;aucuns (mais bien peu ) quiauoyent le cerucau vuide de tels affaires autaf^que de'paffions : nâen pouuoient prefutncrquemal .Mclmementduvoiagc de I e n l i s deuanr quâil lèfitôc ce pour deux raifons. La premiere que le mcllingetrop foudain amp;nbsp;auec fi peu dâoccafion de
li
-ocr page 140-kin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,i; L'H.rs TO IRE D E FRANCE.
â â7âquot; Soldats Proteftans Catholiques; nelêpourróit entretenir long temps quâauec fcahdal* le, amp;nbsp;peut «lire la ruine de lâannée pour beaucoup dâoccurrences qui auiennent en ces guerres:La féconde que les principaux de France fçauoiét toute celle menée, les conleils,dcf ⢠léins,moiens,amp; la fin à laquelle on tédoit. Ennemis au relie de ceux qui coduilôient ces troupes qui ne pouuoient faillir de defcouurir le tout à fennemidequel léroit mal habille fil nâen fefôitlôn prolfit.De ces confider;ftions ils montoient plus haut,amp; dllôient que lallémbléé de tant de Seigneurs, Gentils-hommes amp;nbsp;Capitaines nâauoit point elle faite tant pouf ce mariage que pour attirer les premiers des Protellans en fi beaux rets: deffaillans autres moiens aux Catholiques dâen auoir la railôn.Et dilbient Ibupçonner cela pour plufieurs occafions prcce-- dentes.Le bon recueil amp;nbsp;meilleur congé du Cardinal Alexandrin les amenoit à ce foupçon.
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L'ziftorit?amp; creance de f Ambalïà deur Elpagnol au Confeil du Roy amp;nbsp;les de uis ordinaires a-
f * nbsp;nbsp;nbsp;ucc la Royne Mere amp;nbsp;Monfieur le Duc ( à plaignant toutesfois comme fil nâen Içauoit rien)
maHKw quot;nbsp;I-e Roy à demâdé dilbient ils amp;nbsp;nâa celTé quâil nâaie heu les villes données en gage pour deux Proteftant, gns aux Confcderez deuant que ces deux ans fulfent expirez. Ceux de Guylc Ibnt retournez amp;nbsp;bien receus en Court: mieux accôpagnez que jawais,encor que par Conléil on les eut fait lirur de Court.Et nâoublias la mort delaRoine de Nauarrelé perluadoiét:que farmée du Baron delà Garde en Broüagenâelloit'que pour lùrprendre la Rochelle fi proche dâelle: autre-PArmée de meut fi câelloit pour le fecours du Prince,dâOrenge elle le full drellee mille fois plus commo-BroüagT demoet au haute de Grace,à Dieppe où en quelque autre port de Bretagne ou Normandie prochaine de Flelfinghe.Lcs delais de ce mariage ne font que pour les faire tous venir aux no. ces,où lapins part dâeux quiy arriuent de jour en autre file à file.La défaite de lenlis amp;nbsp;de tou tefon Armée nâell procedée que des auertilïèmens de Court amp;nbsp;des faux foldats:qui marchans fous luy ne fouhaitoient autre choie que ce quâils ont veu. Et ne fe faut dilbient ils lailïér pipper par ce mariage amp;nbsp;entreprilcs de Flandres. Car lé font deux moiens pour allémbler amp;nbsp;attirer tous les Chefs Protellans. Non plus quâaux executions que le Roy à permis faire des lédi-tions de Rouen amp;nbsp;Orenge.Car il faut faire quelque chofe pour alïéurer les hommes.Sur tous
⢠les Rochellois foupçonnoient merueilleulément les delléins Catholiqifcs.Notamment pour lé voir entournez dâvne Armée gouuernée par le plus grand de leur ennemis: amp;nbsp;que de jour a autre lâon en riroit tcÃites fortes de prouifions Ãc«niinitions pour la guerre. loint quâon enrol-loit tous les noms des Protellans à Lyon amp;nbsp;nomméement de ?eux qui venoient de dehors,encor quâon dit que câelloit pour le voiage de Flâdrcs.En mefine temps aulfi le Duc de Neuers felloit lâifi de la Charité amp;nbsp;y auoit faitftntrer là copagnie dâhomes dâarmesprefque tousitaliés fous precexif dây faire les monftres. Auec ce les menaces ordinaires des Catholique s:que les â Proteflâs ne palferoiét pas les 2 .ans de ÃEdit là ns malheur.Câelloit vn bruit fourd qui couroit parmi le peuple ûns autheur que plufieurs tomerent à ^auuais prelà ge:lélô le Prouerbe corn mun.Que la voix du Peuple ell la voix deDifiucâell à dire,ce que le peuple penlé amp;nbsp;fait cou rir là ns ai.v:re diferetiô que dâvn mouuem^fnaturehviét le plus fouuent à effct.Sôme que plu-Dieuï fieurs falTeuroient que fi chacun de ces accidés particuliers ne pouuoit par foy efueiller le^fit des homes à foupçoner quelque chofe des aóliós Catholiques fur les Protellâs:que tous enfé blc bié pefez^roiét alfez fuffifates occafiôs pour ne lé fier à e^:notâmêt les cófiderauós quâa noient les Rochellois fur les portemes du Baron de la GardÃ^ de fon armée fi proche dâeux. Armóc Je nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bclfus que pour mieux fauorilér fentreprife que le Roy autorifoit fur le pals
Strofli amp;nbsp;bas: 11 nâauoit léulement conlénti que le Côte Ludouic ( qui depuis la Paix julques là , auoit Ga'âc c Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tousjours demeuré à la Rochelle) enuoiall Nauires en guerre cotre lElpagnol amp;nbsp;Por
Broüagc. tugais,fur lelquels il auoit fait de grades prilés vendues à la Rochelle:mais aulfi auoit elle dâa-Les Rochel- uis quâô y drcflà ll vne Armée de 7. à 8. mil hommes pour aller au deuat amp;nbsp;fe faire Maillre de Elpagnolle,chargée de richelïés Peroutieres.Puis afin quâô ne penlà ll que telle entre-Armée 8e prinfe feult authorilee par fa Majcllé:ne retourner en France ains aller à Flelfinghc,y emploi-pour iuoy. gf les hômes,richeflés amp;nbsp;Nauire^u lécours du Prince dâOrége:lélô lalécrette confederation qiîâil auoit auec luy: lequel fatiguoitfElpagnol dâautre collé ainfi que je vous ay dit ailleurs. Corne il nây a choie quiplus anime le foldat à la luitte de la guerre: que felpoir du gain, dâvn gros amp;nbsp;alTeuré butin (ffrô luy met deuât les yeux:La friâdilé des lingos amp;nbsp;autres richelïés Pe-routiers animerêt fi fort les Frâpois:que les Capitaines en treu uoiét plus quâils ne vouloiét: amp;⢠fi bié en coche de tout ce qui leur elloit requis:que vous eulfiez jugé le moindre, GctilhômC de dix
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de dix mille liures de rente : ponrec melmement que le Ibldat pççqaiit exeipple de fes Capiöi-ncs plus braues que Seigneurs de grande mailbn-: ,(amp; qui combatans à qui ièroitles plus ma-gniffiques 8c mieux Riiuisiauoient les aucuns hipotcquez les autrçs vendu partieRe leur fembloic vouloir efgaller ou du moins lêcôder de bien pres la parade de Ion ÃheE Voila corn- nbsp;â¢
me Stroflî Colonel de la fanterieFrançoilèj le Barô de la GardejLanflà CjBelle-yilIej Clermôt-Tallar J le Vicomte dâVzes, d'Ouartyamp;nonîhredâautres qBiauoiçnt chacun leur vaiffèau: treuuerencenmoinsderien dcó^. à 7. mil tels lôldats quâils defirôiçnt: la vie, habits, armes, pompes, jeux j amp;nbsp;tels autres excez neantmôins de la plus part dâeux -. le paioient aux delpens du/iPaylân des Ifles amp;nbsp;quartiers Maritins de la Saintonge,pourcc,que febarquerriét le ijdeuoit faire en Broüage desGalleres amp;nbsp;quelques autres Natures rons: amp;nbsp;à Bordeaux du refte de lAr- lt;« mée qui deuoit fournir au Rende-vous que le Genefal lui donneroit.i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
' DepuisleMayjufquesen Aouft,fonnefitquâéploierletépsà equipcramp;auitaillerlesvaif ⢠â . féaux rons amp;nbsp;ceux du Baron delà Garde: Tant de ChiormçaMatelots amp;nbsp;Soldats que de bons Maiilres Patrons Pillottes amp;nbsp;Capitajjies dignes de cômandemenutous Icfquels cela fait:atten-doient non pas le vent amp;nbsp;marée,qui fe pr^fenterent alïéz Ibuuét; Ains le cômadement de def mater amp;nbsp;faire voile pour fuiurc la route quâon deliberoit tcnir.Mais on dilaioit fi Ibuuent Sfa» uec telles excufes:que pluficurs en Ibupçonnerent la trop longue demeure.Notâment les Ro- ie$ Kochel-chçllois qui ne lé môftrerét en cela moins craintis veu la cófideratió du palïe:que Ibgneux de faire bône garde,auec les occafiôs qui lé prefenterét dâailleurs.Mefmemét ceux qui entédoiêt mée de le fait de la mer en felôiêt redoubler la crainte aux principaux.Ils Içauoiét que ÃArmée de ÃEfi pagnol vient tous les ans en luillet ou du moins en Aoulhconfequemment quâil faut aller au j®â deuantbien 2. mois parauant:tant pour la longueur du chemin qui eft entre le lieu de fern- Perou. barquemét amp;nbsp;les Aflbres ou ils la deliberoient attendre amp;nbsp;lefquclles ne font moins eflongnées tüores. que de 4. cens lieuës:que pour doujjler les pointes Ci on veut feflongner de la terre,pour prendre le largue: ou crainte de vent contraire fi on nâalloit 15. iours pu vn mois deuatfon arriuée à pes llles,où elle fait efguade 8c lé rafrelchit de tout ce quâelle à befoin:amp; de là vient en Elpa-gne à la faueur dâvneaiirre armée encor plus forte que le Roy luy enuoie pour foorte 8c alleu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«
rance de lés deniers.Outre ce,la prouifion quâils faifoient pour leurs vailléaux notâment pour les Galleres,nâeftoit pas pour vn mois,veu le q^bre de gens quâils portoiem. Or pour aller au déliant tArmée par de là les Alfores, lâatendre,combatre,amp; de là fins terrir en aucun liemaller quérir la Flelfinghc côme les Catholiques difoient:il ne faut faprouifionner pour moins que de (J. mois:veu quâon ne feroit moins de 12. cens lieues» or quâon euft tousjours vent à Ibu-hait,amp; entre 2. efcoutes.Mais qui plus eft le vent dâaual tient quelque fois fi longeéps en ma-reant vers ces parties Occidentalles: 8c au retour ceux dâAmont font au rebours les plus fou-uent fl longs ( comeil nây a rien de plu.lt;inconftant 8c moins certain que le vent) que lâon eft par fois contraint de manger tout fur mer atendant la faueur du vent .Si bien que fi lâon nâa vi-ures 8c longues prouifions pour tenir la mence né^fewit qu'vne rilee à tous amp;nbsp;trop grande per te à ceux qui plus y auroient hazardé. Dauantage la confideration des Galleres amp;nbsp;la qualité du Baron de la Garde General dâicelles: leur donnoient encor moindre elpoir en ces volages Les Galk-que toutes autres cholés.Les Galleres ne font propres que pour le lcuant:Mer be JUcoup plus nbsp;nbsp;nbsp;*5â'^
calme que ce grandOcean duqilfkoufes autrÃmcrs dâefcoullent.Son mouuement mefinc eft fi paifible que le flus 8c reflus bruiant de noftre grade mcr:lémble vne groflé tempefte au ref peâ de la petite 8c lente aleure de la Mediterranée.Plufieurs Princes les Eftats defquels font bornez de lâOceà -.ont bien des Galleres comme lâAnglois, le Danois, le Suede, 8c quelques autres: mais câeft plus pour vne montre de grandeur ScmagnifficenceRoyalle, que pour le profit quâils en tirent. Car on ne les voit gueres perdre de veuë les caps 8c hautes de leurs retraites : dâautant que les vents y font fi grans 8c furieux:qui agitent 8c troublent la mer dâvn fi viollcnt courroux:quâencor que les Galleres aient la voille,elles féroient aullî toft couuertes 8c abifmées des groftés vagues qui leur briferoient les flancs 8c tous leurs aparaux. Aulfi peu fouuét fortét elles dâentre les terres,fi le calme 8c la bonace neles atire plus haut.Ils nâ^édoict rien de bon non plus,des defléins du Baron delà Garde,tantpour feftre tousjours môtré enne mi affeólióné du parti:que pour la creâce quâil a entre les plus gras CatWiques de ce Royau-me.Ils ajoutoiët à cela beaucoup de péris propos indiferertemét jetez par aucûsCatholiques.
Et afléz de portemens de quelques autres qui ne leur faifoient prefumer quâvne mauuaifc fin
li ij.
-ocr page 142-Juillet, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R ÃfâD E FRANCE.
â de tout cela.Mais ce qui plüÿ lés ennuioit elloit le fouuenir des munitions amp;nbsp;autres chofos ne celfoires à cet embarquemét que Strolfi amp;nbsp;tôuS âles autres Seigneurs Capitaines amp;nbsp;foldats a-uoierit pris amp;nbsp;enlcué de la Rochelle,fous vn dôné à entédre quâils alloient faire vn beau coup ⢠nbsp;nbsp;lut îennemi pour le feruice de k Majellé:des lihgos,marchâdifos amp;nbsp;autres ric'helfes duquel re-
toümâs chargézdls prohièftoiéht venir ancrer à la Rochelle amp;nbsp;y lailfor tout en paià nt à diforé-tiô.Ils regretöiéterttrâ-aufres mt^ucilleufemét les pieces de gfolfo amp;nbsp;menue artillerie,les bou-lets,poudrès,bilcuits amp;nbsp;telles autres prôuifiôs de marine dôt ils craignoiét auoit âlFaire:amp; encor plus quâon ne tornall les moiés fortis dâeux à la ruine de la ville amp;nbsp;de tout le parti. Melîne Entreprifes qug plufieurs Catholiques fi ellre retirez fous prétexté de fy aeômoder deS cliôfos requifos à filong voiagerauôientfocrettement reconu la ville:entreprins dclâenlcuer,amp;jadrelïelescô-plcÃs prftls à les executer:fi le trop grand foing des habitans non moins jaleuX de la ville qué de chofo quâils aient pour la plus precieufe de ce monde:ne les eufteftonnezamp; faiâ; haban-dôner la place,les vns apres les autres le plus couuert amp;nbsp;moins négligemment quâils peurenf. Voicy les premieres plaintes publiques que firent les Rqfhellois du comportement de celle Armée naualle reforiuant à lâAmiral comme il fenfujt.
dâaucuns Chefs Ca-thÃiques fur 1b Rochelle def couuerce pendant le fejour de rÃtnnéc en Broûage.
Lettres des Rochellois à lâAmiral} pour auolr fon auis fur Icconipor-temenc de lâArmée de Mer Gâtho-lique.
⢠ÃÃfoigneur nous elperiôs quâd dernieremét vous auertiCnes de ce qui fo paflbit par deçà par Monfieur le Rèceueur Bobineau que cete armée Naualle faprellall pour faire voilleamp;lainet ce pais en liberté:mais nous y voions fi peu dâauâcement amp;nbsp;fi peu de moiés quâil nous fembk / quâelle ne doit jamais faire le voiage.Car il y a tant de lôldats en Saintonge amp;nbsp;en GalcÃgne èc en arriue tous les jours:que quand il y auroit fix fois autant de Nauires que fon en a : ils ne fe-roient capables de receuoir les troupesiqin font cependât vn extreme degaft amp;nbsp;ruine du païs: lâns les inlôléces eftrâges 8^ infuportablcs defquelles ils vlènt.-encores que Môfieur de Strolfi les cÃtienne le mieux quâil peiit.Et fontEftat toutes les bâdes de dôner fur celle ville:amp; dilênt
tout appertement que fans la promeflè du fac de celle vill^ls ne le fullènt mis aux châps:amp; rc-ceuôs chacun jour auertilTemens des pais circôuoifins par nos amis que tout ce quâils peuuét entédre dâeux,câell vue entreprilè fur celle ville,lôit par toutes les troupes ouuertemêt ou pat ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelque furprinle:St nous admoiiellent chacun de nous tenir fur nos g«rtles.Ce que nous fai-
lôns auec grade incomodité en ce teps de la récolté des fruits,amp; lêra bié pis approchas les ve-dâges auquel tëps Ãous doutôs dâellre chargegt;de ces bâdes: encores que Môfieur Strolfi ait fait retirer celles qui y ont ellé,amp; en 6. ou 7. jours y ont fait grâd dÃmagc.Car il fen prelcntc encore chaeû jour pour fy venir loger julques à la Leu amp;nbsp;au Plôb qui eft à nos portes. Nous croiôs que leur Majellc nâentende c»s choies. Mais les euenemâs en font fi dagereux que Vne faute faite ^li ne le recouure jamais en tel caszlèroit nollre entière ruine,tirâs vn trait de logue côlèquence.Car le moindre mal dót on nous menace ell que pour le moins on mettra S.ccns foldats en garnifon en celle ville. Cela nous fait doutft de quelque chagement de volôtez de leurs Majcllez,fi ainfi ell ordôné.-Et côbiéqiie nous nâaions côneu en Môfieur de Strolfi que toute declaratiô de l?ône volôré de nous fSîre bô amp;nbsp;hônelle traitemcnt:toutesfois nous fômes en fulpend amp;nbsp;doutôs de ce que nous deuôs faire.Parquoy-auôs en diligence delpeche le porteur pour vous fupplier ce que nous fëfons treshumblement Môfoigneur, pour la bonne alFe-cliÃ.que de^ollre grace il vous plaill de nous porter pârticulieremêt amp;nbsp;au bié public:Il vous plaife en chofo fi perilleufe amp;nbsp;importâte, nous ^fepartir 3e v^re bon Côlèil felô la grade pru-dêce q Dieu vous a largemêt departie:afin que lèlô iceluy nous nous puilfiôs côduire amp;nbsp;goü uerner en cell affaire côme nous ferôs en tous autres :amp; vous ferons perpétuel amp;nbsp;tres-humblc lêruice dâaiflfi entière amp;nbsp;bonne alfeôlion que nous foluôs tres-humblemét vos bonnes graces. Priât Dicu,Môlèigneur,quâil vous côlcrue en toute prolperité.De laRochelle ce pénultième jour de luillet, 157 2. fouforit. Vos tres-humbles amp;nbsp;obeilïà nsferuiteurs les Maire Efeheuins amp;nbsp;Pairs de la ville de la Rochelle amp;nbsp;fuferit à Monlêigneur Monlèigneur fAmiral. Lors elloit Maire en la Rochelle laques Henry dit de Monlfidan.Sa relponce fut telle.
^ondues de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jâay reccu vollre le^re par ce porteur par laquelle vous mefaites entédre les deffia
lâAmiral nbsp;nbsp;CCS où^éous mettét les diners bruis qui fo lèmêt quâô vueillefaire vne entreprilè fiirvollre ville
diray; que quoy que fà veille dire vous nâauezDieu merci nulle occafiô de craindre.Car il nây nbsp;nbsp;nbsp;point dâapparence côme je croy que dés celle heure vous en forez ap-
perccus. Et que ces troupes foront parties ou partiront bien toll : Voiis pouuez alleurer que fi jâeullè conneu quâil y eull eu quelque occafion de deffiance, je nâeulfe pas failly à vous en auertir : ayant en telle affeélion vollre ville amp;nbsp;tçut ce qui touche vollre foureté amp;nbsp;repos que
-ocr page 143-LIVRE VINTHVITIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;59-jâen auray tou s jours {ôinamp; mâenploieray de tout mon pouuoir pour la conlêruatio dâiccne,amp; le bien de chacun de vous.le voy graces à Dieu le Roy fi bien difpofè à lentretcnement de la paix entre fes fujcts:que nous auons tous occafion de le louer. Et nâaiant pour cefte heure autre choie à vous dircujc nâalongeray celle lettre que pour me recômander de bien bon cÅur à vos bonnes graces.Priant Dieu Melficurs vous vouloir tousjours tenir en là S. garde amp;nbsp;pro-teâiô.De Paris le y.Aoull 15 ya.Ainfi ligné au bas de la lettre lt;nbsp;Vollre entiercmét bié bô a-mi, Challillon. ôc déifias à Melfieurs les Maire Elcheuins amp;nbsp;Pairs de la ville de la Rochelle.
En ce têps le Barô de la Garde General des Galleres retourné de la Court en Broüage amp;nbsp;ap perceuâc que lesRochelloisauoiét toute occafiô dâétrer en Ibupçon amp;nbsp;delfiâce pour finlôle-ce de lâarmée ellêdue enOnis amp;nbsp;Saintôge,mit peine de les ralîèurer leur relcriuat cgme i|fuit.
Melfieurs ellant arriué en ce lien.-lvne des premieres choies à efte dâeuoier par deuers vous autres le Seigneur dâAudiger : pource qu'on fait courir vn bruit par deçà le plus faux amp;nbsp;mef- Baron delà chât quâon fçauroit dire:qui elt que nous voulÃs vous faire delplaifir amp;nbsp;à ceux de vollre ville. Garde aux Et tant fen faut que les intentiôs di»Roy amp;nbsp;de laRoinelà Mere amp;nbsp;Monfieur fon frerelônt que vôus foiez Ibulagez amp;nbsp;relpeélez autant que milles autres villes de ceRoyaiime:amp; me le r^ô-manderétau partir de la Court.lây veux obeïr amp;nbsp;vous rclpons que fil y a perlbnne qui entr?-prenne qui lôit Ibus ma charge de vous olFencer en general où en particulier, je le feray cha-llier exéplairement:vous priant bien fort à ceux qui iront amp;nbsp;viendront là dcs faire accômoder de ce qu'ils auront befoin en paians de gré à gré. Melfieurs je prie rtollre Seigneur quâil vous donne en là nté tref bonne longue amp;heureulc vie. De Broüage ce quatorzième Aoulljmil cinq censlèptante deux. Signé vollre trelïèur amp;nbsp;parfaiélami Poulin.
Les Rochellois qui fçauoient que leBaron elf oit ancien ennemi de leur Rcligion.Et qui in-commodoit tout leur traffic Se commerce par fes Galleresmâolâns firriter amp;: perfuadez dâvue grande beneuolencc du Roy enuet» eux Se tous ceux de la Religion: luy relpondirent le plus doùcénaent quâils peurent comme il fit alTez entendre par vue autre lettre qui fuit.
'MelTieurs jâay receu vollre lettre que mâont baillé de vollre part lesSeigneurs deCoureilles
amp; Gargoullaud.Etfufs efté bié ailé dâauoir entêdu que vous elles Lié alleurez du tout du faux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Rochellois
bruit quâon a feit couriramp; quâil nâen ell rien.Ie leur en ay encores faitentédre de viue voix fin tentiô dii Roy amp;nbsp;de la Roine là Mere amp;nbsp;Monlîigneur qui à le maniment ^es Armes:amp; prié le vous dire.Et que je ne mâelpargneray jamais en choie que je puilïè pour vous garder dâellreof fencé cotre qui le voudroic entreprédre. Vous le croiez ainfi amp;nbsp;quâil ne le fera riê que le Roy ne le cômâde par bones lettres patétes. Mais cepédât gdldez vous q fon ne vous trôpe:amp; aies {eBaron de enfouuenâce fauis q je vous en dône:qui ne vous peut finô lèruir fi vous féluiuez .Ce que je la Garde a-vous prie de faire amp;nbsp;nollre Seigneur vous douer Melfieurs en parfaite là nté tresbone amp;nbsp;lôgue Ro^heîîois 'Vie.De Broüage ce ao.Aoull 1572.Ibuîcrit.Vollre trelïèur amp;nbsp;parfait ami corne frere Poulin, defedeffiet Pour fecrcteamp; bien conduite que feull fentreprj^des Catholiques fur les Côfedercz:pour grades que peulïènt ellre les carelTes que le Roy leur felôitrnon moindres que falïèurâce de fi des, délité quâils auoiêt en luy:(occafià peut élire de findiferette parelïè qui les retiroit de Ibgneu-femét remarquer les portemâs de ceux defqls ils fedeuoiet douter)Ie feu neâtmoins qui ja log têps crópifiqit Ibus la cêdre:rédoit parjoistell^fumée,que mains particuliers pluîloll quelçs plus teinarquez ,lbupçon3s qu3.q choie de ce qui en elloit:en auoiêt ja dôhé îaucrtilïèmêt à ÃAmiral'amp; quelques autres qui nâen firct toutesfois plus dâEllat que luy. On ne lailïà pourtat Confidera-de lui môllrer par lettres plus au log que de vine voix,ce quâaucuns pour ellre embaralïèz en tiens quâau-mefinedâger ne luy vouloiêt celer.A celle occafiô le prioiét de côfiderer principallement cholès.La qualité des perfôhcs alfauoir celle du Roy amp;nbsp;ceux qui luy affilloienr en côleil.Puis encendreà la fiéne qui reprefente la plus part de fô parti.Secôdcmét les occafiôs que le Roy péfe auoir de les hayr.Pôür le tiers.Cônae en telles occurrêces les Princes du palfé le font portez vers leurs ont fait pu-fujets.Qiut au premier difoicïit ils,cncor que les Côfederez falïèurét de nâauoir de fait liy de parolle offécé le Roy:fi fe fêt il neâtmoins olfëcé dâeux en fvn»amp; fautreIbrte,voire grâdemér. parcifans à Il à dôc occafiô de fe vêger.car ils nâôt point dâautre luge que luy pour vider le différé fi foc-
r- n . n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« r ° nbsp;nbsp;1 1 nbsp;nbsp;nbsp;â'h b n r i P 13 ⢠T auxno-
calio eit juitc ou no .Le nloie fi prelente voire plus fauorable qu il ne feult Icçu delirer.Jirier ces du Roy ilsfesbailfêt côme îêuic ne luy en ell desja venuë.Melînemét à vn jeun^rincc qui en tel cas lt;icNaiiarre, ne charge volôtiers fon cerneau des- confideratiôs fil en reCeuroit hôneur ou dcshôneiuygain
ou perte^bié ou maljhaine-ou amitié ou bien aucû autre prejudice de quelque endroit.De lui ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;li iij.
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il cft fujet amp;nbsp;vaO, duquel les Princes fuportêt beaucoup moins les ofFenics amp;nbsp;brauades que dâvn eiirâger,cotre lequel fil eft loilible de fc vâger le doit il pas eftre d'auâtage fur le fujetqui nâa droit de fuperioritéjde côpetencc n'y de qualité aucune? Ains lèulcmcnt de nuë ôc fimple ⢠obeiflà nce en toutes choies que luy commandera fon Prince? Cell pourquoy les Ancrés ont
dit amp;nbsp;le voions de jour à autre pratiqué: que la haine amp;nbsp;courroux du Souuerain vers le fujet qui lâa offence eft à vie,amp; ne meuft quâauec le dernier de lès jours. Voire palïè de Pere en Fils amp;nbsp;comme fticcelfion ordinaire delcend pour heritage naturel aux heritiers aucc le refte des biens du delFunt.Ne faut ici fubtilliacr en vain que li la vengeance eft permilc fur lEftrangcr clic eft deftailônnable, illicite amp;nbsp;dcshonnorable vers le fujet qui ne doit attendre du Prince X que toute douceur,tout bicn,amp; auantage de lôn viuant:non moins que le fils du bon naturel
de Ibfi Pere,olfenlé quâil lôit. Car tout cela font Maximes du premier aage, auquel les homes pouflèz à toutes adiós par le leul inftind dâvne fimple vertu:ne pouuoient ou côme dilèntnos Courtizansnâauoient felprit nây Ihabileflè de penfer, dire, ne faire chofe tant lôit peu dclplai-fâte à leur vÅfin.Pour ne fçauoir que câeftoit de faute ny jjeché ils nâauoient ny Loy ny Magi-ftr^ ordonné pour la punition des mal laits dont ils q^auoiet encores ouï parler. Aujourdâhui Itfs nomes aians auec le téps changé de naturehehangentauee fopinion, tout ce qui concerne la maniéré de viure par enlèmblfc. Et fur tout aians efté les Roys Se Princes Souuerains créez pour comanderjdonner LoiXjcftablir forme de viurcjamp; guider à leur apetit ceux qui leur ont dôné tant de pouuoir fur cuxzlls ont en fin gangné ce point quâil leur faut obeïr ablôlumétjamp; fans aucun cÃtredit elFeduer ce qui leur viét en fanufierprenâs droit de condâner amp;nbsp;punir les contreuenâs à leur plaifir:lclon quâils auilènr pour le bié de leurs alfaires.Puis donc quâils font eux mefmes les Loix vines come dilôiét les Empereurs Romains: ils feront auec le temps que ce qui lèmble aujourdâhui beau fera laid dans vn mois amp;nbsp;au rebours. Ce quilera treuué bon en vn temps: à peu de mois on feftimera manuals : le pro^table fera treuué de grand prejudice au bout de fan. Ce que vous reputez honneur dedans vn an fera fuy de tous comme villain amp;nbsp;malfeant à chacun. Brief ce que vous appeliez honneur, droit, railôn, luftice, beau, foy, pieté, temperance, chafteté amp;nbsp;telles antres vertus : font biens amp;nbsp;auantages introduits pat les Roys amp;nbsp;Gouuerneurs pour les particuliers : aucuns defquclsfen peuuent preualloir fut les autres. Ce ne foftt quâautant de graces amp;nbsp;regommandations particulières c'eft à dire infti-tutiüs des premiers du peuple pour mieux faire viure amp;nbsp;comporter les petites amp;nbsp;fimples per* fonnes par cnfomble:^ non pour les gras amp;nbsp;Souuerains Princes qui font le droit,îhonneur, U Iuftice,la fq\',la raifon,la pieté amp;nbsp;vertt à leurs fitjets.Voila pourquoy Cefâr ne fefoit difficulté decôtreueffirau droit,foy,raifon amp;nbsp;pieté: Câeft à dire aux ordônances Politiques de fon pais: pourueu que par moics tels quâils fuflènc:il vint à gangner le Gouuernemét amp;nbsp;Surintendance fur tous.Encor moins ajoutoiét ils,fc faut il fier à fap^encc exterieure des hômcs,puis que le dedans eft fi fortpreocupé de paffion contraire.Les belles parolles,les bonetadcs,lcs careftès, les beaux fomblans,lcs eftroits jurcmanSjîîTiterées promeires,la foy rejurée amp;nbsp;tels autres Ard cles:ne fontquâautat dâamielemâs quâon nome aujourdâhui eau benite de Court: pource que ce font les premiers trais amp;nbsp;plus ordinaires moiés que les Princes tiénent aujourd'hui pour a-tirer les hôiÃcs dans les rets amp;nbsp;puis les ploier à leurs deflèins:côme les Preftres alpergent pre-mieremét de leur eau confâcrée ceux aufquelsîls font puis^^res flefohir les genoux au Temple pour participer à leurs deuotions.il faut difoit Lifânder General des Lacedemoniés troper les petis enfans par oyfclets amp;nbsp;petis Images quâon appelle marmofèts: amp;nbsp;les homes qui font en Mge de difcrction,par ferments amp;nbsp;autres plus grandes atteftations.Somme que le dire de ne fut jamais mieux receu ny praticqué quâaujourdâhui quâoù la force du corps ne peut rien il faut vfèr de celle de iâe^rit;qui font paroles affeôl:ées,animeufès promcfres,juremâs,fineflèî, rufès amp;nbsp;diffimulations aufquelles les fimples croient plus quâil ne leur eft expedient. Ce que fautre vouloit entendre quant il difoit quâoù la peau du Lyon ne profite il y faut accommoder celle du Renard. P^rce que câeft vn Animal pleinde fubtilles innuetions par lef quellcssl viét au deffus de ce quâil demâde.Tous les Princes amp;nbsp;Eftats en font logez là : amp;nbsp;tiret à grand auantage de pratiquer les maximes du Secretaire Florérin,facomodans des 2.formes de combat:dc celle (fe fhomme qui gift en felprit.Et de celle des beftes qui nâeft quâen la force du corps félon les occafions,pour bien jouer le rolle de la befte amp;nbsp;de fhomme enfèmbic: comme fils fortoient de fEfcolle de Chiron le Centaure demi home amp;nbsp;demi befte: fous fin-ftruélion duquel Achiles amp;nbsp;plufieurs autres Princes Grecs furentmis pour bien conoiftre amp;
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praticquer la ruze de faider de fes deux natures. Afin que fi le Prince cft forcé de contrefaire la befte, quâil choififle lâhumeur duRenard amp;nbsp;du Lion pluftoft que dâautres brutes. Car comme ceftui-cy ne fc peut garder des cordes amp;nbsp;filets ingenieulêment tendus pour le furprendre: le Renard auffi eft trop foible pour le deffendre des Loups amp;nbsp;autres puifià nts animaux : à de- * faut de iâvn ils l'accommoderont de lâautre:amp; autreméc ne fera point eftimé fhomme entre les Courtifans qui ne Içait jouer les deux perfonnages. Voulans monftrer que le Prince auifé ne peut amp;nbsp;ne doit garder la foy quand elle Juy eft prejudiciable: foit à fhonneur foit au profit de luy ou des fiens. Mcfmemant où les occafions èc neccifitez qui laluy ont faiét promettre font ja paflees: au temps corrompu mefinement auquel nous fommes. Brief fi fon nâauoiteii par ci deuant amp;nbsp;par plufieurs fois les occafions amp;nbsp;propres fujets de tel deffi : il en faudi^it pgrler dauantage. Mais ^experience du pafte, difoient ils, nous deuroit rendre plus fâges que la rai- . fou qui ie prefente en cefaiétfi euidentepournous.Voiez dâauantageà quivousauez affaire. Noftre Prince ne parle à vous que par forganne dâautruy. Câeft à dire en bon François quâil eft executeur des penfècs amp;nbsp;deftèin^e ceux qui le poftèdent: Aftauoir Italiens amp;nbsp;Eipagnols italiens, ou leurs Ambaftà deurs penfionnaires. Nations efquelles vous dciiez remarquer de^ cho^s. Eipagnols. La premiere, quâellesnc font point jeunes ny aprentiues corne la noftre au manimaffldu mon? de. Ains Vieilles amp;nbsp;routières pour îinuention amp;nbsp;bonne conduite de mille moiens quâelles peu lient fubtilizer pour venir je ne diray à leur honneur ( car comme jay dit ceft vne trop lourde fimpleftède recerchcr aujourdâhui le point dâhonneur en ces affaires ) ains au deftiis comme que ce foit de telles occurréces que celles que nous a enfanté la fiiruenuë des guerres ciuilles.
Au moien quâelles ont veu amp;nbsp;pratiqué tant de femblabiés leditiôs Ãc tels autres remarquables Italics pour accidens qui ont perdu amp;nbsp;du tout ruiné tant dâEftats autrefois bien eftablis, amp;nbsp;changé ceux âââcpius^ qui reftent aujourdâhui en leurs païs: quâils peuuent maintenant donner la leçon à toutes au- finsamp; liabi-tres Nations pour fo conduire en fcÃiblables occurrences. loint fauantage dâcfprit quâils ont [YaTçok fur nous. Car fi nous auons des graces pour lefquelles les François fo peuuent preualloir fur Allemand eux( comme il nây a peuple qui nâaie quelque faneur particuliere pour le faire reluire fur les autres ) Aulfi ont ils R dextérité dâvn elprit plus ouuert amp;nbsp;inuentif que nous: lequel aidé par ⢠lefouucnir delexperience du pafte: à cfté laifte par forme dâhabitude naturelle, comme pour heritage de Pere en Fils à ceux que nous voiôÃiujourdâhui femploier pour la ruine de noftre parti. Pour le fécond point qui eft foccafion de la haine que le Roy nous peut porter: Affin de recercher fans paffion fil à peu ou point dâoccafion de nous hair. Toutes occafions de hai- Catlioliqs ne viennent dil fait ou de la penfèe de celuy que fon hai?^ fi la penfoe le monftre mauuaifo par quelque portement exterieur,encor quelle nâaie forti effet au prejudice dâaucun. A Roy pen-fo que nous lâaions offencé en fvne amp;nbsp;fautre forte.Car il dit que nous auons tousjours treuué mauuaifo la forme tant de là vie que de îon Gouuernement: amp;nbsp;en fpecial pour le fait de Religion, dé laquelle il nous à voulu priuer,amp; fait pu^ir comme heretiques grand nombre de miliers de ceux qui nous ont precedé.Occafion des premieres, fécondes amp;nbsp;troifiémes guerres de France efquelles noftre portement luy a efté lâautre occafion de nous hair: atribuant a noftre foule entreprilé: le miferable Eftat amp;nbsp;prefque entière ruine de fon Royaume. Nous difons bien que ceux de fon Confoil fqpjanÿnez a n^us recercher de la vie pour le fait de Religion;
amp; par confoquent forcez de nous tenir fur la deffenciue ; Que nous nâauons pris les Armes quâé conféquéce,par force amp;nbsp;ncceflîté;à laquelle on ne doit imputer,(ains à lâoccafiô dâicelle) la ruine de lâEftat.Mais ceux qui le poftédêt luy deftournêt les yeux pour ne bien pefor telles excufos.Et par ainfi attribuant tout à noftre faute:nous hait amp;nbsp;nous veut pourfiiiure corne en- _ nemis jurez de la Courône quâon luy a mefine fait a croire que nous luy voulios öfter. Don-ques le meurtre de tant de milliers de Seigneurs amp;nbsp;autres Catholiques tôbez fous le trâchât de nos e^ées; tant de places fà cagécs,tant de païs ruinez,tant de groftés plaintes mefines que nous auons fait de luy parmi les Eftrangers, amp;nbsp;par efeits, amp;nbsp;de viue voix par ceux que nous leurs auons enuoiez Ambaffadeurs pour fauâcemét de nos aÃircs:font les vraies occafios de fon maltalent amp;: offence, quâil végera fil peut fur les plus endormis amp;nbsp;pareftéux de nofls tous* Mais qui vient le plus a confiderer eft la Religion de laquelle nous auoij^ufques icy fait pro* feffion diuerfo à la ficnne, en laquelle il eft né, baptizé, nourri amp;nbsp;elleué parmi nous: amp;nbsp;laquelle, fondement amp;nbsp;premiere occafion de tous les remumans François : ôc confequamment de tous les maux, comme ils difent, qui font depuis furuenus en ce Royaume : fos Confoil-!
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1ers luy font extrêmement hair. Si que luy auoir perfuadé que fou E s t a t ne peut pro-fperer fous la diuerfité de deux Religions: amp;nbsp;quâil nâen doit fouifrir que celle fur laquelle fon Eftat à elle fondé: lâon fait en fin refoudre d'emploier tous lès moiens pour exterminer de fon Royaume auec la Religion tous ceux qui en ont fait profeflion ouuerte. Nous auons de belles raifons pour luy monftrerque nollre caulê ell bonne, voire fuffilântc pour conuaincrc les plus obllinez qui voudroient nier que deux Religions diucrfos fopeuuent compatir en vn Eftat.Mais leRoyne lésa jamais entendu parlâaftuce de nos auerlà ires, qiiinonsont tous-jours efté barrières en tels affaires, crainte que nous enflions* accez à laMajellc : amp;nbsp;fans parler de raifons: il nây a choie qui le doiuc empefoher d'enfuiurc/fi toutes choies font bien pelées à lajpalla^jce dâvn ferme jugemant)fexemple amp;nbsp;forme de gouuerncr quâaucctout heur entretiennent les Germains, Polonois,Suedes, Danois, Suifles, Anglois, Efcoflôis ', amp;c Duc de Sauoye. Les Elpagnols mefmes fi jurez Catholiques: en leurs p^ïs bas permertent plus de di-uerfitez de Religions quâil ny à prefquc dâEllats. LeTurc,leMolcouite amp;nbsp;le Pape qui plus ell entretiennent pour le bien,dit il, defon Eftat lesChreftiefts amp;nbsp;luifz es villes de fon obeiflà ncc:
ne fow^as neantmoins de diuerfe côme nous: Muis de fortconrrairesReligionsChrefticn neamp;Iudaïque. Yen a qui paflent outre faflèurans de maintenir auec raifons fuffifantesqufi les Eftats desChreftiens ont tousjours efté les moindres,les plus mal regle7,amp; de plus courte vie, que ceux desPayens comme vous diriez Perlés, Indois , Egyptiens, Gréez, Romains, Tartares amp;nbsp;autres: tous lefquels neantmoins nâont jamais fait difficultédâcntretenir diuerfes voire du tout contraires Religions parmi eux. Ce nâeft pas, dilént ils, pour Ifcencierlesho-mes à fuiurc telle Religion quâils fe pourroient fantafier. Mais feulement pour montrer puis que tant dâexcellens Eftats Paiens depuis le commencement du monde lé font tant bien amp;nbsp;fi longuement entretenus là ns auoir eu neantmoins aucune conoilfonce du Saint amp;nbsp;lâcré vouloir de Dieu auec tant amp;nbsp;fi diuerlcs dénotions celeftes: qiit noftee Eftat lé pourra bien maintenir encor que nous fuflions dediuerlésReligions: pourueu quâon dilpolà ft tellement le peuple quâil full fogneux à pratiquer deux cholés. Lâamour au léruice de Dieuamp;lâobeiflà nce a ce que les Gouuerneurs ordoneront fur nous:qui font les deux pilliers amp;nbsp;frais fondemês de tous Eftats.De dire à cela comâaucuns font que cesPrinces permetêt la diuerfité de Religiös pour-ce quâils les ont ja treuué plantées trop auant ft fort anciennes en leur Eftat. Ce quâils ne fc-roient fi elles y euflént efté auflî nouuelles quâen France: il nây à aucune aparence. Car outre ce quâon ne doit eftimer cholé jeune ce qui à refifté aux efforts de tous Chreftienspar foixâ-te ans amp;nbsp;d^uis le commécement diFRoy François premier fous lequel feulement la Religion commença de bourjonncr.On la voit aujourdâhuy plus forte, plus enuieilie quâelle ne fut jamais icy ne en autre lieu: voire croître de jour en jour à la perteamp;diminutiô de là contraire. Encor donc que nous peuflîons juger par la confîdcration de nos raifons de ce que le Roy doit faire: ne jugeons touteffois par icell« de ce quâil peut : amp;nbsp;moins encor de ce quâil veut. Car puis quâil nâented nos raifonsamp;que peut eftre il ne les treuucroit bÃnes félon que les cet ueaux des homes font differents à conceuoir vne cholé pour bonne quâelle foit: ne nous abu-foiii point en nollre bon droit. Ains veillons à noftreléureté plus que jamais: veu les extraordinaires amp;nbsp;trop grandes faueurs quâon nous^ fait jalqucs^icy: lefqnellcs femblent nous a-uoir plongez les fens en vn trop grand oublydenoftre deuoir.Lâinconftance des cholés humaines amp;nbsp;le trop variable naturel de fhomme, acourcit la durée du bien amp;nbsp;plaifir de cemon-dc pour le changer en vn long amp;nbsp;fâcheux cours dâennuySc danger incrOiable. Puis donc que le Roy ell ja perl'uadé à nous haïr,amp; pour nollre faitamp;pour noftre penlée , comme contraires à fon ailé amp;nbsp;ennemis jurez de fonEftat: perfuadons nous auflî veu Ion naturel chaud amp;nbsp;bouillant: quâil ne nous a jufquesicy reccrchez amp;pourfuiuis pournous quiter à la remilé. Mais pluftoft quâil lé reprefonte vn deshonneur quâil acquerroit à jamais de nous laiflér viure en la gloire de luy auoir par tant dâannées fait telle amp;nbsp;à tous les Potentats de la Chreftienté qui ont fouuent couplé leurs moiens pour mieux nous arrefter foit au commencement foit au milieu oiffin de la carriere.Il nây à forte de gens fi jaleux de fhonneur que lesPrinces,plus encor que les amoureux de leurs Maiftreflés.Comme ils lé voient elleuez fur tous: aulfi penfont ils auoir tel auantage fur leurs fujets quâil ne leur foit loifiblc léulcment de penfor amp;nbsp;moins de contrarier à ce quâils ont vne fois imaginé.Plus encor fe feroit on moquer fi fon fo perfuadoi t quâils euflént pitié du degaft amp;nbsp;perte des biens: voire de la vie propre de leurs fujets. Nobles
ou au-
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OU autres quâils (oient. Car,difcnt iisjla terre eft grafle qui renouuelle aucc peu de labeur (es fruits dâan en an, en tout eiicnement pais gafté leur vaut mieux que pays perdu. La Noblelïè (dilcnt-ils)nc le perd non plus. Car pour deux mil Gentils hommes amp;nbsp;Capitaines morts en vne Guerre ou le jour lèul d'vnc bataille : le Prince en peut faire de dix mille vilains autant de Nobles dés le lendemain. Quant au decez des autres : ceux qui pour diuerlès confidera-tions ne fuiuent le train des armes : en baftilïènt plus en vn mois quâil nâen meurt en toute v-ne guerre : notamment en France en laquelle bien quâapres la mort de deux millions de per-fonnes depuis le commencement de ces mutineries: on voit encor neantmoins fourmiller les hommes plus que jamais fur feftcnduë de toutes les Prouinces de la fleur de Lys.Somme que les Princes fè perfuadâs que tout le refte des humains eft né pour eux, comme toiles tjjôfes font faites pour fhomme : ne failà ns aucun Eftat de toutes les aôfions de leurs'fujets, fi elles nefe font à leur reipeth mefurent toutes choies à leur plaifir amp;nbsp;contentement partit ulicrcfili en reçoiuent hôneur ou profit ou les deux enlèmble ils auouënt tour : fi au rebours tout leur eft en forte defplailânt quâil ne faut*parler que dâvne prompte fuite pour euiter Içurfureur èc indignation foudaine. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠zi . â¢
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I â 333-Pïihïes qui ont remis
- ' Vous répliquerez quâil nâeft point inconuenient de croire que noftre Princene fe fouuient plus du paffé : ores quâil euft eu autresfois quelque occafion de nous en vouloir : tant pource que plufieurs autres Princes ont vertueiifement pardonné leurs offenfes: que pour la foy quâil amp;nbsp;qui non. nous a donné de mettre le pafte en oubli. loint les promelTes itérées, les honneurs, careflès ôc auancement quâil nous fait. Ce quâaucuns Princes ont fait eft rare amp;nbsp;pour la malice de nos hommes ne peut eftre pris en exemple ce jourdhui: mais bien pluftoft le mal, les meurtres cruautez amp;nbsp;aflalfinats du pafte : comme nous fommes tous plus enclins de naturel à fuiure le mal,quâà pratiquer le bien amp;nbsp;la vertu de nos deuanciers. Pource que la plus part des homes font mefchans,amp; peu font vertuen«: Prefque tous amp;nbsp;chacun en fon particulier enfuit legrand pluftoft que le petit nombre. Dauantage ce quâaucuns Princes ont vertueufomeà t pratiqué ioubli de leurs offences : eft venu pour fvne des deux occafiôs que je diray ou pour les deux cnfcmble lefquelles ftianquent au cas qui fo prelènte. Sçauoir eft les perfonnes qui leur affi-ftans au Confeil amp;nbsp;raportans toutes occurrences au bien du public plus Quâau paruculier du Prince, ni du leur propre : les deftournoient^e fuiure finftint que tous nommes prefquâont naturel à la vengeance. Mais ici tout le Confeil du Roy nous eft ennemi juré à noftre entière ruine. Lâautre, que plulîeurs Princes ont efté fi débonnaires amp;nbsp;de tant fimple naturel quâils e-ftimoient mefchanceté à vn Roy de punir vne offence.I^is aujourdhui Ion appelle cette ver-tueufe fimplicité : vraie fotieamp;trop lourde beftife. Mefmement à vn Prince de naturel chaud, brufque, bouillant amp;nbsp;actif comme eft le noftre, îhumeur duquel ne fimbolifo en rien auec cette fimple fimplicité de plufieurs anciens. Somme que tous les autres ont tousjours inftam mentpourfuiuis la vengeance des injures quâils penfoient amp;nbsp;quâon leur fefoit fouuent acroire auoir rcceu : car ils fy portent à tappet it de leur Confeil. Câeft pourquoy les Anciens ont fâ-gemeiitrefolu quâil valoir mieux à 'vn Eftat Monarchique auoir vn mauuais Prince aflîfté Sc conduit par tauis dâvn bon Confeil, câeft à dire de gens de bien : quâvn bon Prin je gouuerné par mauuaifes gens. Tels Princes ne fe fouuie^dront feulement, ains pourfuiuront toute leur vie la reparation dâvn defplaifir receu : amp;nbsp;y tiendront tousjours les moiens quâon leur propo-fera. Aucuns y vont par voye ouuerte,câeft aftà uoir par force dâarmes(côme tEmpereurChar-les cinquième fit du commencement contre les Germains: amp;en Elpagne contre ceux qui fap pelloicnt la fainte vnion, efleuez contre ceux lefquels introduifoient vne mauuaife forme de Gouuernement en Efpagne fauoris du Roy, amp;nbsp;la plus part eftrangers 1519. Ainfi en a fait le Roy Charles depuis 1560. lufques aujourdâhui quâil femble vouloir nous combatte dâvne plus rufée façon : voiant que tautre lui a bien peu auancé fes affaires. Les autres pour ne pro fiter rien à jeu defcouuert : y emploient ( comme on dit) la peau du renard, puis que celle du lyon nây fert de rien. Pource y procèdent par feintes amp;nbsp;diflimglations : careffans, honorans amp;nbsp;auançans par toutes fortes de moiés ceux defquels ils ont juré la mort:amp;y ajourent filà voient quâil y aye quelque refte de deffi : tant de juremans amp;nbsp;fi exécrables proteftatiôs que plufieurs font en fin comme forcez\ie les croire.Lors pour nâauoir fait aucun apr^ de defFcnce,ils font afiément fots-pris : je voulis dire furpris en leurs couches ou en quelque aftèmblée quâon aura fait à propos. Tous ces Princes neantmoins,bien que tenans diuers moiens en la conduite
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⢠de leurs entrcprifcs : fcreflemblent touteffois en vne choie. Quâils nâen veulent quâaux premiers Chefs ; lelquels morts pour la creance quâils auoient fur le relie : tous font ailement joug au commandement du parti contraire. Aulfi ne lèroit ce pas le veng ctjque de pourfuiurc amp;nbsp;reccrcherjulqucs à la dernicrc piece du naufrage. Mais cruellement maitrifer amp;nbsp;comme dilôient les anciens manger les hommes à la canibalc. Tous Ellats en ont tousjours vféainfi : ÃEmpereur Charles 5. melinement, lôit en Allemagne, lôit en Elpagne. Mais fur toutes nations qui me féblent auilees en cecy: lAnglois fi porte trcflà gcment. Car comme il nây a Royaume Iquiaye louffert plus dâefineutes amp;de remumans leditieux : ores pour le different de fEftat entre les maifons dâYorch amp;nbsp;dcLâAnclallre: tantoft pour le motif de Religion : encor yX que^îlufigurs batailles y aiet eftees gangnécs:amp; tout vn party forcé de caler à fimpetiiofité du â vent contraire': le viéforieux ncantmoins felt tousjours contenté dâalfeurer lôn bon heurpar le decez des plus aparansChefz de lôn ennemy : tenans les autres quâil licentioit lôudain cha-Le Prince cun à lâ-demeurc ; pour aulTi bons amis que lès partilà ns.
ucV nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâvnPrince généreux tels quâils doiucnt ellre tous amp;nbsp;quâon les doit croire, pour-
re contre uoes dâvuc vraic amp;nbsp;cutierc vertu: ne voudra jamais*vfer de ces façons dcfrcfcées à lè vanger fcsïüjâ¬ts, melmementfirr ceuxjlaviéloire delquels neluy peut ellre honnorable amp;nbsp;encor moinsaua-. quot;Jââ tageulc en autre choie que celôit.Ains y procédera plulloll fil elt relôlu à la vengeance par .' Ivoie de fâit, pour aprcller plus de matière à là gloire parle moien dâvne vaillance amp;nbsp;dextérité dâElprit quâil pourroit cmploier à la conduite de lôn enrreprilè. Cela elt tousjours reuenir au deuoir du temps palïe: le naturel de nos hommes ne lèvent plus regier à Icllcnduë dâvne fi ef troite vertu, pour deux occafions. Alïà uoir pour la qualité des hommes amp;nbsp;pour le relped du fait en foy,Pour le premier les Princes font aujourdâhuy fi peu dâellat de leurs fujets quilc drelïènt contre cux;quâils ne les cllimcnt dignes de combatte ny emploier leurs moiens Roy-auxiODntrc leurs delfeins. Dâautat que fe lônt,difent ils,firrtples creatures, nées pour obéirlèu-lemeMt amp;nbsp;la plus part à feriiir ceux qui ont le plus de puilïà nce: vn genereux Lyon ne fera jamais ellat des petites belles:ains fataquera lèulement à celles qui lèmblét auoir vne plus gran-⢠de ou pareille puilfance à la fienne. Joint quâen tout cas, il ne lè faut jafhais mettre au hazard dâaquerir déshonneur voire peut ellre delôntir tout en vn inllantlônenticre ruine,commc fait celuy qui entreprend vne guerre cotre qui^c foit: le naturel delaquelle ell fi variable que ccluy qui Icmblele plus puilfant ell le plus lôuuêt vaincu â¢Quelle perte donc amp;nbsp;quel deshonneur acquerroit le Prince fi par la perte dâvne bataille ou de plufieurs,il elloit contraint de doner la cart^blanche à lès fujets amp;nbsp;forîner le relie de fa vie à leur apetit ? Sans doute la perteamp; le deshonneur redoublét au vaincu par plus petits que foy.Dâautre part quand ils eftimeroiét leurs fujets dignes dâvne guerre: il n ell expedient au Prince dây confentir parplufieurs railôns.Prernicremét ce lèroit les acoullumer comme à vn droit dâcgalité amp;nbsp;peu à peu les faire entrer en competence aucc leur Souucrain. Si bien quâà la longue ( comme toutes cholès empirant p eft à peu, la liberté quâon donne à f homme le conduit en fin à vne licence desbor-dée;)le fujeélvoudroit conoillre du deuoir de lônPrince:'amp; apres fatribueroit le droit amp;nbsp;puil-là ncedelejjcfmettrefil lepenlôit lôrtir de lôn deuoir. Dont pourroit en fin venir îinconue-nïent de changer fEllat Royal en Democratic pu du moins nbsp;nbsp;Arillocraüc: choie la plus do-
mageablc amp;nbsp;qui à potteroit le plus de deshonneur à vn Prince quâautre du monde. Ceux qui parle raport des affaires du palfé à celles de leur temps:jugent des incidés auenir: Içauêt quâli nây a rien plus dangereux âuPrince que dâaccoullumer lôn peuple à reconoillre amp;nbsp;pratiquer lès forces. Le naturel des armes cell à dire de la puilïà nce,aporte tousjours le défit à Ihommc dâen vier à fon profit amp;nbsp;dommage dâautruy. Par conlèquent fi les fujets lè voient fi forts quâils aient moien de lè mettre en liberté.â il nây a moiens, vie, biens,honneur, confc icncc amp;nbsp;füs ont encor choie plus cherc, quâils ni emploient pour jouir du bien de leur franchilè: que tous elliment le plus beau amp;nbsp;plus excellent joiau que la nature aye donné à tous hommes.
amp;°G'*r e*' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lerefpeél des fujets deftoi#ne lePrince de côtellerauec eux^la quallité du ftit luy delcô-
ouiierte fe lèilleraâdauâtage.Car toutes voies de fait lônt pleines de dâger: incenaines, variables,fujeéles doit fuir, à perteamp;: deshoneur^croiable pour bien côduites quâelles foict.Au côtraire la voie lècrerre quâil peut tenir par vne acorte diffimulation de lôn delfein,cll toute alfeurée: pleine de proffit pour lui amp;nbsp;pour lEllat de tout fon Royaume, quâil ellime ne pouuoir remettre en Paix que par ce moien.On ne Içauroit à cela relpondre que deux cholès,a(ïà uoir que ccl^c voie nâell pas aflcufce
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aflèurée à fcxecution. Secondement quand elle feroit aflèurée apres VHe entière execution de Chefs : fî eft-ce que les guerres ne lairront pour cela de recommancer. Car fi Ion ne tue que les Chefs principaux: les autres le refièntans de cela le remetront en deffenceSc recommance-ront comme de plus belle.Il eft aifè delâtiffaire à cela.Car pour le moins cette voye eft beaucoup plus aflèurée,lôit en ^execution, lôit à fauenir que Tautrezlçauoir eft de faire la guerre à defcouuert laquelle ne finira jamais que par la ruine de tctjt fEftat. Au refte il nây a pas tant de fraiz,ni de peine ni de iôuci: amp;nbsp;aucc ce aucun du parti nâeft en danger.Outre plus câeft autant delpefcher dâennemis qui ne mordet plus.Car commâon dit plus de morts moins de con traires.En toutreuenement amp;nbsp;pour couper broche à toute répliqué. Or quâil y aie des incom-moditez en cette voie (comme il nây a deflèin ni aâion qui nefoit fuiuie, voire accompagnée de quelque inconuenient) il y en a tousjours moins quâen fautre,qui eft longue cdle-ci Courte : lâautre fujette à vne infinité de fraiz, cette ci lâns aucune deipence que dâvn jour ou dâvne nuiéf : la defcouuerte incertaine amp;nbsp;variable pour fihconftance naturelle de la guerre : cette-ci toute afièurée, veu que tous lc%Chefs font en vn lieujfà ns lôupçon ni aucunes Armes de dcffencc : au lieu,dis-je, où ilsfont les pjus haist où il y a plus de leurs ennemis : où le R^amp; tous les Chefs contraires qui îaccompagnent commandent à baguctte,auec infinis Soldatsfe autres ennemis pourueus dâarmes requifès à cet effet: fi bien quâil fèmble nây refter que la har-diellè a cômander ce meurtre,veu que foccafion y eft fi propre amp;nbsp;lâexecution fi facile.
Pour le troifiéme point. Si nous auons lentendemcnt fi ftupide,ou preocupe de quelques confiderations mondaines qui nous deftournent de noftre deuoir : du moins fôions figes en ceci par lexperiêceamp;remarque des accidens qui font furuenus tant à ceux du pafte quâa nous mefmes. Il ne fê treuue nations dâentre les modernes plus foifonnantes en telles cruautez que lâItalienne amp;nbsp;lâEfpagnolle : qui fora pour verifier encor plus ce que deftus. Vous a Ion pas au-tresfois leu le Confoil que le Roy Jarquin donna à fon fils(lequel feignant le fâché des manuals portemans de fbn Pere, feftoit retiré chez les Gabins fos ennemis ) coupant la telle de tous les pauots de fon jardin : ne lui donna-il pas à entendre par là quâil lui falloir tuer en vn jour tous les princip»ux pour fo rendre le refte fouple amp;nbsp;deuotieux à fi volonté ? ainfi fut il fait. Antonin Caracalle irrité contre les Alexandrins de ce quâils auoient fait amp;nbsp;recité quelques vers de fa vie : les alla voir faignant vne «eueuë des plus propres à 15 guerre. Affombicz les fit tous tailler en pieces: amp;nbsp;commanda à tous les Romains qui lâauoient fuiui dâé^rgeter chacun fon hofte la nuiéf fuiuant.La boucherie fut fi grande quâil nâolà faire copter les corps: ains efcriuant de cela au Senat Romain,lui manda quâihre fo falloir mettre en peine pour Iça-uoir quels amp;nbsp;combien y auoient efté meurtris : quâon fo contentait quâils auoienÃ)ien merité la mort. Defiroit pas Nero apres auoir veu joyeux le feu forcencr par les plus beaux endroits de Rome: que tous les Romain^ïeuftent quâvne telle pour la trancher foudain? pour-ce quâil les voioit de contraires portemans aux liens ? Scruius Galba auoir fait venir le peuple de trois villes de Portugal pour traiter, difoit-il, ce «^ue le bien de leurs affaires requeroit : en choifit neuf mille des plus gailars quâil delà rma,amp; en auoir foit mourir partie vendit le refte à lâencant. Antonin Comode feftudioit par fois à projeter amp;nbsp;mettre à effeél le plus de meurtres amp;nbsp;cruautez qflil pouuoit : luhen Gouuemeur dâvne Prouince fon plus fîhorit, quâil embraffoit Sebaifoit ordinairerîfent, îappellant fon Pereamp; cher mignon:nefutil pasfocre-tement tué par luy ? Deuant que venir au.x Italiens ifliis en partie de celle race Romaine: le veux vous montrer que ceux quâon eftimoit anciennement les plus lâgesamp; mieux policez ne fi pouuoient commander non plus. Lylânder General des Lacédémoniens, ne fit il pas fous couleur dâamitié venir à foy huid cents Milefiens,puis les fit tous tailler en pieces?Pour vous faire entendre que bien fon dez amp;nbsp;policez que Ibient les Eftats ( comme eftoit celuy de Lacedemone) les Princes ncantmoins fo laiftent maiftrifor à lâappetit de vengeance pour petit vent qui les pouffe à cruauté : laiftà nt tousjours la bride lafohe de leur courroux ou lâappetit fcnfuel guidé par la foule apparence dâvne fauce raifon,les p ej^ conduire. Cleomenes Roy de Lacedemone ne fit il pas fous prétexté dâamitiéamp; profit du Public,aftèmbler lesEphores prin Cipaux Chefs de Sparte, amp;nbsp;vrais Contreroleurs de ffiftat : puis les fit tous efgorgeter ? Arta-xercc Roy Perfan apres la vidoire fur fon frere Cyrus, voiant quâil ne ^uuoit auoir le deffus des dix mil Grecs venus au focours de fon ffere décédé au combat : fill tant par belles parol-les quâil perfuada à leurs Chefs, auoir mis en oubli le courroux autresfois conceu contrâeux 8c quâÃ
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amp; quâà prclènt efmcrueillé de leur confiance amp;nbsp;vertu Guerrière: jura de leur donner tous les moiens quâils auifiioicnt pour retourner en leurs païs.Mais auflî tofi quefiir îafieurance de lès courtoifies ils fc furent afîcmblcz auec les principaux Chefs de fon Armée pour en delibe-⢠rer,amp;; auifèr aux moiens quâils deuoient tenir pour le faciliter vn retour heureux en la Grèce: ils furent tous maflà crez :amp; fut contrainte leur petite Armée de créer dâautres Chefz en leur place. Ãet excellent Chef dâarmées Nicolas Picinin apres auoir fait infinis fermees au Pape amp;nbsp;à Robert Roy de Naples: ne fut il pas infiamment prié de venir à auec foy amp;nbsp;ferment duPrinceamp; puis neantmonis apres toutes les courtoifies dont ils fi peurent auifir in-humainemêt tuéc'Par quel autre moicn que de diflîmulations5feftins,amp; autre» carefiès ouuer-teSjOliuerot fi moienna il laSeigneurie de Ferme quâc tuant lôn onde qui en efioit Seigneur y amp;nbsp;plu?grans de Ferme quâil auoic inuité auec fin Oncle à vn banquet? Auflî fut il par mefine moyen mis à mort auec Vrfin amp;nbsp;quelques autres par Ccfà r Borgia le plus dif fimulé Seigneur qui fut one en Italie. Qui ne côduit jamais autrement fis defleins,dont il eft tant loüé par quelques Italiens quilefleuentfur tous les ylus cxcellens Chefz de leur temps. Sonperc Alexandre fixiémePapenâeft il pas loiiégarlesmefincs Italiens pour le Seigneur qui parloit le plus 4e PaiXjFoyjamp;pieté: qui neatmoins fuioit le plus lâentretien amp;nbsp;pratique de ces vertus fi elles ne luy eftoient auantageufis? Caftruccio Cartracani fi fit par mefine moien Seigneur de Luques. Anthoine S'pinoleGouuerncur pour les Génois en Corfi auoir juréamp; donné là foy aux premiers de Tlfle: les appelle au Confiil amp;nbsp;de la au banquer, ou ils leur fit à tous trencher les teftes: Et pour parler des Elpagncls, Ferdinand dâAragon en fit autant aux principaux de fon Royaume apres les auoir fait venir à Naples fous la foy amp;nbsp;paroUe de Roy: mais il les fitaulfi villainement mourir quâhonneftement il les auoit banqueté.Nefutpas tout tellefcftin que leDuc dâAhie fit ces ans paficzaux Comtes dâAiguemont, dâHorne amp;nbsp;autres delqucls apres le conuy il fit voler les teftesfur fefihafaufi^^e fitChriftierne deuxième Roy de Danemarch, fur lesliabitans de Holme îvnedesprincipalles villes de Suede. Mil cinq censdixfipt ?' Charles fiptiémenoftre Roy pour acheter la Paix fit amitié auec le Duc de ⢠Bourgongne. Et pour le mieux affiurcr pource quâil y auoit occafio» dedeffiaumoiendc la mort de fon perc Duc dâOrléans que le Bourguignon auoit fait tuer à la porte Barbette à Paris: en jura les arÃcles fur Ihoftie conlacrée.^iis le fit venir à Montereau Faut-yone pour Ic feftoie^mais enfin il fut tüéfur le pont parTanegui du Chaftçl Ivn des firuiteurs du feuDuC dâOrléans qui nâen euft ofi feulement penfir la vengeance fil nâen euft cfté auoüé.Dont infinis maux auindrent à nos Peres. â¢
-S'o.\ft»iE TANT De viue voix que par mfifiucs amp;nbsp;autres difiours quâon enuoiaa lâAmiral: ont mit toute peine luy faire entrer en fantafic quâon nâaimoit point les Confederez quelque femblat quâon leur fift.Qu^on fi prcparôit à IB véger du paffé:amp; quâil fi falloir doutef fins faflèirrcr en la foy, forment, accors faits,ny places données par le Roy pour arres de fon bd vouloir. Et quâil falloir croire que lesCatholiques ont cela pour articles de foy depuis amp;nbsp;para-uaot le Concilc de Gormftace auquel lean Hus amp;nbsp;lerofine de Prague furent bruflez contre la foy amp;nbsp;fiuf conduit de lEmpereur Sigifinond. Quâil ne fiut garder la foy aux hérétiques. Joint qtiâà vfi ficret Gânfeil tenu entre les peres au dernier Concile de Trente : il fut difoient ilsirefoluiQu^on.pcutamp;tdoiton tuer tousles hcretique?.T)u du moins ne pardonner aux Chcfz dâic'éuxj cnfuiuuht.én'cclediredc ceux qui en ont donné leur aids. Quâvneteftede Saurhô vaut mieux que dè cent Grenouil-cs. Remontroiêt aufiî que les Princes refiliflent de IcurFoÿ,accpiis,promeflcs amp;nbsp;traitez faits par crainte, force ou neceftité; foudain que cefle foc-cafion fur laquelle ils ont eftez faits.Notamment que les Politics tiennent cefte maxime infa-lible, quelePriiicene -doitgarder les conuentions faitesauec fosfujets armez. Onajoutoità cela le meurtre des Normans pres Roücn: outre ce la fimple amp;nbsp;maigre punition qui en auoit efté faite par la faueur quâils auoient trouué en Court. Les homicides faits par ceux de Troye en Champagne fur quelques Ãonfederez retournans du Prcfihe.Que ceux de Rouen Si OrleansMnenaçôient lesPrefohes dâvne prompte fin les deux ans palTez: comme on murmu-roitaulfrentre les Catholiques courtifins, mefinemant Italiens. Que larmée de mer qui fi drcflbit à Bordeaux8FenBrôüagefouscouIIcurdâallerau'ficüurs du Prince dâOrenge,rieft quâvne feinte pour furprendre la Rochelle amp;nbsp;autres lieux vÅfins desConfederez.Car lesGal-leres font vaiflèaux ineptes en tellemer:amp; au refte elles feroient plus grande prouifions de vi-tuaillc?
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. duailles quâeUes' ne font. Pour fin amp;nbsp;pour mieux le reueiler finon par la confideration de (ôn particulier,' dû moins pour le rcfpeCf du General amp;nbsp;particulicremant de tous les autres -quâil voioit enuelopez enmefine hazard amp;nbsp;qui le difôient porterie danger fur lès elpaules. ⢠On lui remontra que ce que delfus nâeftoit pour appreuuer,ains pour détourner le mal quâon craignoitauenir. Gar,difoient-ilsjfi vous nây obuiez melpr^ittous bonsauertiflèmans:ils ne -Jainront pour toutes vos raifons confiderations imaginaires a faire plus de maux peut eftre âque ne fauriez penfèr ; amp;puis ne reftera que les larmes amp;nbsp;vaines plaintes à ceux qui vous fur-uiuront. Garle faic auenu qui nous pourra faire raÃbnamp;juftice du mal que les plus grans idu Royaume nous auront moyenne ? Quel reconfort donc le cas auenu?Q^l moien amp;nbsp;ven-geâce vous fera de dire fi vous efehappez je ne le penfois pas. le nâeuflè jamais cre» tellecho- qf le î il ne mâaufendra plus. lây donneray bien ordre vnâ autre fois. Gc font parolles de petis en-fans peu praties au maniment du monde. Telles verues font indignes dâhommes qui pour la difcrction dâvn bon jugemantaidé par la praticque dâvne longue fuite dâannées: doiucnt pre-uoir, puis deftourherfi delà ftreux fticonueniens que ceux qui nous panchentfur la tefte.Gar on nây peut faillir quâvue fois : non plift quâ és fautes de guerre où ilvatousjours delaR^if, -laquelle perdue ne fo peut rccouurir par la plainte des furuiuans. Somme que tous ceux-lafo fantafians desja voir la mort voltiger fur leurs elpaules : nâeftimans treuuer rampart ni moien aflèuré contre tant de maux quâils fe promettoient quâen quittant Paris : concluoient à vne foudaine retraite, en laquelle ils fo fefoient bien fort de preuenir les inconueniens quâon leur apreftoit.
LâAmiral neantmoins qui euft en autre chofo peu donner bon auis à vn malade : tousjours confiant amp;nbsp;aflèuré en la bonté du Roy, recuillit amp;nbsp;renuoya ceux qui de diuers endroits lui a-porterent ces raifons ôc auertiflèmens auec vn aflèz mauiftis viiâge. Ne leur relpondant finon que fi par lepafle il y auoit eu occJfion de fo defficK que Dieu guidant tout par fo volonté : a-uoit tellement flefohi le cÅur du Roy:quâil le falloir louer de fos portem£ns,plus que fouppo- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
ner de mauuaifo foy. Gonfeflbit queMonfieur leur eftoit ennemy: mais que par bonsforuices nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
illèroitadouci.Que fts Ligues procurées par le Roy en Angleterre, Flandres, Allemagne: amp;nbsp;les appointemens des deux fils Palatins, foifoient foy de la bonté du Priiye. Qjue les affaires aloient fi bien en Flandres ( nonobftant la defftite delenlis pour laquelle leRoy prometoit vn autre meilleur focours ) que f Agent du Roy pres le Duc dâAlue donnoit continuement auis au Prince dâOrenge de tous les deflèins du Duc Scie Prince à lâAgent tous les fiens. Qw f Armée de Strolfi amp;nbsp;Baron de la Garde nâeftoient pres de la Rochelle flue poui^ttcndre la Flotte dâElpagne, la combattre; puis fingier à la Fleflînghe pour fo joindre au Prince dâOrenge amp;nbsp;foire apres la guerre à defcouuert. Jâour fon particulier, que le Roy fauoit accordé auec le Duc de Guifo amp;nbsp;donne fo foeur non rant pour femme au Roy de Nauarre que pour arre de fo foy à tous les Huguenots:ainfi que parloir le Roy quelquesfois : pour mieux fo marier dâamitié auec eux : amp;nbsp;leur feruir de comble de toute foureté. Partat quâon ne lui en parlaft plus. Lâhomme, difoit-il, nâauroit jamais repos fil vouloir interpreter toutes occurrences à fon def auantage. Et vaudroit mieux mourir cent fois, que viure en perpétuel foupçon : notamment fous ceux qui ont toute puiflà ^qp fur nous, (^il eftoit fooul de telles allarmes : la longue fuitte de fos vieux ans n auoit efté que trop rompue de fomblables frayeurs. Bref quâen tout e-üeiiement il auoit aflèz vefou. Défait, de ceux qui ont de plus pres remarqué fos ordinaires façons de viure; aucuns îont cftimé las amp;nbsp;ennuie, les autres fooulé de plus long temps viure veu le desbordement quâil deteftoit en plufieurs chofos de ce monde.
Laiflbns tels prefoges qui ne feruent quâà nous attrifterSc rendre chagrins à latente de lâeue-nement de ce qui doit auenir : pour nous réjouir vn peu en la veuë de tant de magnificences Royalles qui fo font à Paris. Pour doneques vous bigarrer la retendue de la diuerfité de tant de chofos mémorables qui fo paflbient en mefine temps au plus beau de noftre France : amp;nbsp;notamment du mariage Royal duquel je vous ay autresfois tenif quelque propos : amp;nbsp;enfomble des eftranges remumans qui le fuiuirent dont toute lâEurope non que la France fut abreuuée: Sachez que le Roy Charles voiant toutes chofos bien difpofées à fi haute^urnée, refolu dâen voir la fin : fit en forte contre lâauis neantmoins des plus grans Catholiques de fon Royaume amp;nbsp;prefquc de tous les Ambaflà deurs eftrangers : quâil fut arrefté dâvne amp;nbsp;dâautre part,que les Fiançailles amp;nbsp;Efpoufoilles fo feroient en mefme jour deuant la principalle entrée du grand Fiançailles Temple
-ocr page 152-Aouft. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE Igt;E FRANCE.
amp; efpoufail nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Paris qui porte le nom de noftrc Dame par les mains du Cardinal de Bourbon fur.
les du Roy vn efchafaut haut elleué en veuë de tous ceux qui voudroîent y alTifter. Quoy fait le Roy de ProwitanF N^uarrCjPrince de Bearn,Duc de Vendolme,deBeaumont amp;nbsp;dâAlbret, Comte de Foix dâAr-amp;deMada- magnac amp;nbsp;de Bigore'. le pourroit retirer pour aller au Prefohe amp;nbsp;là fernme entrer au Tcin-meCatheri- pjç p^yj. nbsp;nbsp;nbsp;Ja melTe que diroit Jp mclme Cardinal. Ce qui ne fut pourtant aulfi toll exécu
té que le lêmbloit délirer la Majefté. Car aucuns jours le palïcrent en feiles amp;nbsp;Banquets atte-
Nûc^tu Roy Be Navarre amp;nbsp;de Madame Catherine de France.
Preuoft de rHoftclamp; grand preuoft de Frâ-ec.
dans la fôicnnitc que lâon dilaioit pour diners refpeóls de jour à autre:mcfmementpourcc que le Cardinal de Bourbon nây ofoit toucher crainte dâolFencer là conlcience ûns cftre dilpencc du Pape. Comme il fut en fin aiantrenuoic quérir; vne plus ample difpence.que celle-quâon luy ÃJoit feit tenir: amp;nbsp;furent efpoulèz le dixhuiticme Aouft mil cinq cens lèptante deux. Ce fait chacun le. retira où le deuoirde confcience luy commandoit. Puis lesdeuotions para-cheuées des deux collez:tous le treuuercntau fellin fîngulier magnifique le polfiblc : fuiui par trois jours entiers dâinfinies fortes de jeux, pompes amp;nbsp;magnilficences telles quâon peut penlèreftre ordinaires à tels Princes amp;nbsp;Seigneurs quâelltoient ceux qui honoroient de leur prÃence celle folcniteRoyale: que les Anciens apelotent Court planiere à laquelle toute qualité dâhommes que naturels quâellrangcrs elloient honorablement reccuz. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
En ce melmc temps le Roy bien inlormc de la fuffilà nce amp;nbsp;vertu notoire de Nicolas de Beaufremont Baron de Senefoey : luy donna pour reconoillà nce de lès merites le
U nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ballon amp;nbsp;Ellat de grand Preuoft de ÃHoftcl ( quâauoit autresfois exercé
Montreul auec lEftat de grand Preuoft de France}quelques contraditions que luy eullènt peu donner lesMaref chaux deFrancc comme pretendans la jurifdi-tion amp;^uilïà nce telle leur apartenir occafion que depuis lânlbrt aucun nâenauoit
- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftépourueu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ,
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J'
-ocr page 153-W.gt;.Du vintncufiéme Liure ;
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ML retournant du Confiildu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;efi blecéau bras dâvné harlt;juebufadefecreete. Confeil
dâ'aucuns Proteflans apres ce frit. Lquot; amiral fué.en fin lopù.frmnée Sains âSarthelemy ejiuâon nome Matines de 'pans ou prefque tous les Chefs nbsp;nbsp;nbsp;Seigneurs ProteÃans firent defpeÃcbeî^. L'aubes-
pinfieury. Les rachape^de Taris. Le corps de l'j4mtral trainé, mutilé,puis pe^upoï les pieds au gibet de Montfrucon. Le Tjy veut epr mande à tous les (jouuerneurs ^ue fs Edits de paix fient entretenttfLe va enfonTarlementfe plaindre de l'inflencedes'Proteflans.Declaration duPpy frr le motif de eetefrur-
nee. Defindtout autre exercice dePeltgion que laféne. Inflruélios à tous tesGouuerncurs fur leur charge contre tes Trotefians de leurs Prouinces.zTbîoiens que tindrenf les Catholiques pour empefeher que le refe des Trotefans ne.t'eÃeuafi parlaFranceà l'occafiondes ^atinis de Paris. Le fubilé.zyfrréft auTarlement de Paris contre [ Amiral,'Briquemaut tér Cauagnes prins fnterrogez gehennez^penduf^éftrangles^à Taris.CMeurtres des Tro teftans es autres endroitit. du Ppyaume epr notammant és Capitalles des 'Prouinces à l'exemple de Parts comme à P,oùen,sOrleanSy Lyon, Tolofe, Bourdeaux, Toitiers, Angers, 'Lf^antes, Tours, Troye, Sens,Dùon autres. Le T.oy de T^auarre obeifrau 'Ppy (p- en fn le Pririce de Condéiaufquel'^ on donne Ojfciers fruiteurs Catholiques , Cimfderattpnfrr le frit de la Saint Barthelemy tant de ta part dcsCatholtques qu'à utref.'Caufis du malheur de tous hommes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
E s trois jours fuiiians les Noces Royalles, ne furent quâautant de feftes amp;nbsp;renouuellées lôlennitez exquifcs. Le quatrième qui fut vn Vendredy vintdeuxiéme dudit mois,tAmirai retournant du Louure où le Con- bkffé. feil le tenoit y prefidant Monfieur félon fa couftumecfutattÃnddâvne harquebuzade à trois balles venant dâvnefeneftre trclifîee dâvn logis prochain, ainfî quâil lifôit vne Requefte quâon i'auoit prié de prcfcnrer au Confcil : îvne luy emporta le maiftre doit de la droite: lâautre balle le bleça au bras gauche pres du carpe amp;nbsp;fôrtit par folocrane.Il montra la maifon de laquelle eftoit forti le coup,qui fut fôudain enfoncée: mais nây furent treuuez que fharqiiebuz amp;nbsp;vn laquais auec la feruante: eftant ja farquebuzier forty par derriere vers le Cloiftre-SaintGermain de iAuxCrrois: ou le cheual preft auec les piflollestemmena,jufques à la porte Saint Anthoine,dâoù nfbflté fur vn cheual dâEfpagne fît tant qu'il fè fâuua de vitefîè quelque diligence quâon foeut faire apres. Aucuns difènt quâil ne fortit deParisveulafa-ueutamp;fouretéquâily treuuoitplus grande quâailleurs. Le Roy bien fafehéqui joüoità la paume amp;nbsp;le Duc de Guifo auec luy:en quita le plaifir,jtirant quâil en feroit punition exéplaire à îauenir.Et force fît interroger ceux qui furent treuuez dedans le logis. Le laquayditquc pour le peu de jours quâil eftoit à ceft harquebuzier quâil ne le conoifloir que du nom deBolland, de fa garde. Les plaies penfées par les plus expersChirurgiens entre autres parxA,nthoinc Paré Chirurgien du Roy amp;nbsp;le plus renommé de la France; oneutbonefpoirdclableffure. Le Roy auquel ja le Roy de Nauarre amp;nbsp;autres Seigneurs Conférerez auoient fait leurs plaintes: amp;nbsp;demandé juftice dâvn tel attentat: LaRoynemere ôcprefque tous les Seigneurs Catholiques le furent voir, pour le confoler amp;nbsp;offrir leurs moiens à vne prompte guerifon.Et furce leRoy confefTantquefurfâfoySc bien vueillancc il eftoit venu eîTCourtamp;: partant quoy quâil fentiftla douleur des blcffures: que fmjure amp;nbsp;outrage neantmoîns eftoit fait à fâ perfonne: faffeura quâil eftoit refolu dâen faire juftice fi exemplaire quâil en feroit mémoire à jamais. Surquoy f Amiral en remit la vengeance à Dieu, amp;au Roy le jugement. Et
pource
-ocr page 154-Aouft,âz. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
pource quâil doutoit de la longueur de fâ vie: lefùplioit lâoùïr fur certains points ncccflâires à la confèruation de fon Eftat. Mais par lâentreuenuë de quelques furucnaiis celafut rompu.
Confeil dâaucuns Proteftans
Par ainfi qui bien côfidcrera le fuccez des chofès paftées, croira facilement que les Proteftans eftoient en grand efinoy : amp;nbsp;quâoutre ce que deffus, ils prenoient loccurrcnce jdc cette bleflèurc pour vn effet confirmaftf des prefages fufdits Elle aporta fans doute affez de matière à tous de difeourir diuerfêmcnt fur ce qui en pourroi t fuccedér : notamment à ccu)t à qui le fait touchoit de plus pres. Les vns en fefoient auteur le Duc de Guifè:comme le plus aparent a gt;resia bief quâcuft lAmital. Les autres accommodoient cet accident au prefage quâils auoient ja donné dâvn grand malheur à venir : puis quâon feftoit adreffé à va tel Chef; ôc donnans à 1 Aijirai. penîcr que cela venoit de plus haut : difôicnt que câeftoit le commencement de ce quâils a-uoient tant de fois mais auffi vainement prédit,que Caffandre la ruine des Troiés.Puis quâils auoient failli à le tuer quâils feroient quelque recerche pour la punition du fait : mais que ce ncfêroit que pour mieux endormir le refte : jufques à c^ que leur entreprifè fiift toute prefte S^vÅfine de lâexecution. Partant confèilloient toq^; amp;nbsp;nommément le Vidame de Chartres dâemmener le blecé hors de là ou de le laifièr : pource quâil ne valloit mieux que mort : foit que les balles fuffent empoifbnnécs à la ruine du refte ; foit que le coup ne fuft mortel. ( veU
le lieu où il eftoit duquel ils falïèuroient quâil re^haperoit moins que do cent tels coups que cetui-la) amp;nbsp;fe retirer tous chacun au lieu où il penlê auoir plus de moiens : afin de le conlêr-ucr amp;nbsp;auec eux tout le refte du party reformé : duquel on doit craindre la ruine en tel lieu, amp;nbsp;pour tel accident plus que pour autre inconuenicni qui lui Içauroit auenir, Teligny néant-moins plus incrédule quâautre de la troupe: Briquemaut extrêmement affedionné à f Amiral} amp;nbsp;quelques autres firent tant que la demeure fut arreftée amp;nbsp;rclôluë par entrâeux : pour deux railôns. La premiere,que îaccidcnt nâeftant furuenu queHâvne querelle particuliere: alïèurez dâailleurs de la bonne volonté du Roy qui en promettoit faire telle recerche amp;nbsp;fi exemplaire punition que les viuans nâen receuroient moins de contentement que les à venir dâexemple 3 le mieux porter en telles affaires : il nâeftoit, difoient-ils, railônnable, jionnefte ni expedienta leur party : de fonder occafion dâallarme fur ce quâon peut faire éuanouïr en peu de temps î voire dont on fefWarcira en trois heures. Au^ ce, il leur feroit encor moins honnorable dâabandonner au bon du fait, celui lequel depuis longues années, nâa rien eu cher ni voulu el-pargnerpour la conduite,feureté, honneur Scauancement du petit troupeau : lequel apre^ Dieu ne lui eft moins rcdeuable q»e chacun à Ibn propre pere: veu que lâentretien,feureté,amp; confèruÃô de la vie : ne fut jamais moins eftimée que le premier don dâicelle.Mais que pour ne fèmbler auoir en mefpris les bons auertifïèmans quâils auoient ja rcceus de tant dâendroits: encor quâils ne peuffent croire le deflêin de^ Cathoiiques fi.eftrange quâon le failbit : arrefte-rent de fupplier fâ Majefté de permettre quâon emmenait le blelTé à Challillon fur.Loin deux journées de la, en cas quefon mal le pcult lôuffrir. Sinon que nombre de Gentilshommes cl-pars çà amp;nbsp;là par vue fi grande eftenduë que celle de la nonpareille de France : vinflènt faire leur demeure en la rue amp;nbsp;au plus près de la mailôn de f Amiral : pour mieux faflèurer fils def-couuroi^rt choie plus grande de la part de ceux de Guylè. Le Roy ne treuuât bon le premier poinét le conforma au lècond,amp; fut exécuté. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢â¢
Pluficurs qui auoient moins de renom amp;nbsp;plus de fens,craignans pis que les autres dautant plus ai/êz à tromper que plus ils falfeuroient en la belle apparence de ceux qui ne leur vou-loicnt aucun bien : délibérèrent de pouruoir à îaueniramp;donner parti à leus affaires au mieux quâilspourroient : ores que le tems fi courtSi les moiens ne les fauorilà flènt gueres pour eftrc fi prelTcz amp;nbsp;tant ellongnez de leurs mailôns : la voye quâils y tindrent fut dâauertir les principaux Chefs de ceux qui nâelloient partis pour les Noces : de faprclter amp;nbsp;faire ce quâon leur commanderoit.Que fi 1 Amiral elloit blelTé la maladie eftoit curable: mais quâil auoit le cer-ucau auffi fain que jamais.Lÿ autres treuucrent pour le plus expedient dây aller eux-mefmes: pouf mieux aftèurcr amp;nbsp;diligenter ceux qui auoient refté par vn fidele rapport de ce quâils a-uoient veu amp;nbsp;ouï dedans Paris. Ne prefageans au refte rien de bon, pour ceux qui feroient plus longue demÃre en telle ville amp;nbsp;parmi tant dâennemis : apres vn tel efchec que celui de ÃAniiral.De fait fil euft cité conduit en fà maifbn de Chaftillon : outre les Chefs qui Jeuffent accompagnez fôrtans de là :âplus de mil chenaux ly fuflènt allé trcuuer,pour entreprendre ce quâil euft voulu: attendant le refte qui en moins de rien euft fourni auRendez-vous. Mais le
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Roy pour cmpefcher cela : luy offrit chambre dedans le Louure pour f y retirer. Que fi la douleur de fèsplayes ne le permetoit ; il promit lui enuoier pour fâ fêureté vne compagnée des Soldats de là garde. Ce qui fut aulfi toft raporté à f Amiral ; lequel fen contentant le . remercia treshumblement. Et fiirent ainfi mis cent harquebuziers fous Coulfeins deuant fon logis par le commandement du Roy : Lequel outre ce refotiuit à beaucoup de Gouuemeurs amp;nbsp;à lès Ambalïà deurs pres les Princes Eftrangcrs. Affin quâils filïènt entendre à tous combien cell aóleluy dcfplaifoit, duquel ilprometoitfirigoureulè punition que tous lcroyent retardez dâen olèr attenter vn lèmblableà îauenir. Aucuns neanmoins augmentèrent leur premierfoupçon quand ils virent entrer au Louure fix croc hete urs chargez dâarmes. Mais Teligny tousjours confiant aux promelïès de Court ( elquelles toutesfois il fombioit nlt;( fui-lire pas tant là volonté que fon defiin ) en delperfuada plufieurs, aulqucis il Et croire que ce- * ftoit peurs paniques que telles fraieurs quâon le donnoit là ns occalion : SiC que les Armes 1èr-uiroyent au combat que le R o y auoit ordonné efire faiél vn de ces jours au Chafieau. Tous en general experts Medecinsâez maladies dâautruy : amp;nbsp;qui fefoyent leçon à prelà ger les dclà ftres à leurs Amis: le montrerentTort mal accorts a preuoir la longue cheute de l«irs infortunes. Voyla comme toutes choies foffroyent dâelles melmes à iâauancement du defîèin Catholique. Le Roy curieux dâalïembler en vn les Chefs Confederez en print foccafion fur fouuerture quâeux melmes luy en auoyeiit faid : penfans aflèurer le bielle. Ainfi leur fit à tous marquer logis en la rue de lâAmiral.
V O V s voyez quâefians les affaires de France en tel Efiat il efioit impoffible que tous en general nâculTent les lèns préoccupez de diuerfes affeélions. Car les Catholiques non con-tens de viure tousjours alïèurez ayans lâautorité de lâEfiat par deuers eux : alpiroyent dâvn ardent defir à mettre fin à ce quâils auoyent de longue main comploté contre leurs aduerlà ires. Quand aux Confederez aucuns ffourris non foulez du vent de Court : palloyent joyeulè-maut le temps fous lâclpoir dâvne promeflè Royalle : viuans en attente que les entreprilès con-ceuëspourIclêruicedelaMajefiéfurlesEfirangers;rcüfciffentreffeéi quâils fefioient fan-tafiez.Les autres ne pouuans habandonner le premier dcffiamp; foupçon quâils fefioient ja imprimez ne conceuoient moins de delplaifir amp;nbsp;regret des portemans Catholiques: que de îalfeurance quâauoient leurs compagnons és parolles de leurs ennemis. Mais tous en general eftoyent accompagnez dâvne crainte non pareille : les Catholiques que leur delfein ne rcüfoit auffi heureufèment quâils fefioyent propofé Cqjnme toutes perfonnes font moins af fèurées fur lefaicl de îexecution, quâau commencement dâvne haute cntrepril^. Ceux cy que ce quâon doutoit ja des Catholiques ne fortifi à effeél au defà uantage de tout le party. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Car pour beaucoup de tefmoignages lt;jui apparoiflbiêt euidens de plus en plus ^prefque tous commençoyent à fefueiller du profont fbmmeil de pareflè, auquel les carefïes de Court les auoyent enfeuelis : amp;nbsp;fo reconoiffoyent de forte que filefaiéleufi cfiédauantage remis: les choies nefè fuflènt portçcs Comme vous entendrez. DontfaperceuanslesCapi-taux ennemys des Confederez : Scnevoulans fuir à fi belle occafîon de trancher les racines à leurs vieux ennuys qui fèmbloyent bourjoner amp;nbsp;croître à veuë dâÅil : inlt;i(terent afïèz tofi nombre de forains retreuiie»dedans Paris pour en peu dâheure auoir toute raifon du paffé. Ce fut de tuer les plus renomez dâeux en vne nuiét: le failà ns forts dâen faire apreu-uerfexecution au Roy, Royne Mere amp;nbsp;Monfieur apres le fait beaucoup mieux quâauant le coup pour la grandeur amp;nbsp;douteux hazard de fi haut delïèin. Ainfi curieux de profiter îoccafion qui fe prelèntoit fi fauorable : auoir marqué les maifons amp;nbsp;donné les noms des principaux amp;nbsp;autres plus fignalez apres eux: fiir les deux heures apres la minuiél du Sa-medy venant au Dimanche vintquatriéme Aoufi firent batre la cloche là inôl Germain de lâAuxerrois pour lignai à tous les auerus amp;nbsp;autres de melme volonté de tuer les plus mar- . j quez amp;nbsp;mieux conus Huguenots qui cfioyent en Paris. Alors les Gardiens de lâAmiral en-foncèrent lès portes amp;nbsp;lâauoir tué en fon liét jeté par la ferfîfire j puis traîné en la rue amp;nbsp;là louméc de maifonlà ccagée rendirent en peu de temps toutes les maifons vÅfines vefues dâhabitans amp;nbsp;des plus beaux meubles quâils en peurent enleuer. Apres que la tn^ipe de Couffins eut latines Pa commencé le jeu amp;nbsp;accommodé lâAmiral de la façon que deffus: Les autres gardes amp;nbsp;la eifiennes, Noblelfe prefie à ceft effet,lè porterêt de mefme fur les autres carders prochains du Louure.
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de laRocL Le Comte de la Roche foucaud nonmoins chèrement aimé pour fès GentilcRés de Court amp;nbsp;Foucaud, autres vertus qui luy effoyent familières du Roy Charles que de Henry deuxième à ⢠la fuite duquel il auoit pafTé la plus part de (ës jeunes ans : trop affeuré ez plaifirs amp;nbsp;continue des recreations de Court : efpreuua en mefine inftant que eftant le doux plus amy de la Nature que la rigueur amp;nbsp;cruauié : on peut gangner les fimples par douceur amp;nbsp;courtoifie plus que par menaces amp;nbsp;autres portemans qui euflènt aifemant mis les hommes en lôup-çon dâvne volonté mauuailè. Tellemant quâefueillé par ceux qui luy aporterent le bon jour mortel : à peine eut il loifîr de les reconnoiftre Sc le delperfuader quâils fuflènt ceux auec qui le loir deuant il auoit mené fi joyeufê vie : quâil la fentift aulfi toft fuiuie dâvn fi trifte amp;nbsp;piteux reueille matin : que force luy fut dâaller viure en fautre monde : pour exemple à tous qui trop fimples amp;nbsp;non aflèz fôupçoneux : jugent des portemans humains, à fa-'i çligny. nbsp;nbsp;parence plus quâà la vérité dâiceux. Teligny de Montreul en Poitou depuis peu de temps
fait Gendre de f Amiral quiùimoit vniquemant non moins pour la douceur amp;nbsp;fimple vertu de lès portemans : que pour là dextérité au maniment de tous aflà ires i.Guerriers amp;nbsp;Politics : Le premier lè laiHà pipper aux trompeux elpoir des vanitez mondaines. Mefine que pour nâe-ftre encor aflèz rompu à la praticque de ce faux monde: amp;nbsp;embraflà nt dâvn (bin merueilleux, îombre pour le vray amp;nbsp;(blide corps quâil deuoit cercher:ne vouloir croire fcfchec des Catholiques jufques à ce que pourfuiuyamp; tué dâharquebuzades comme il pcnfbit gangner fur les tuiles des maifbns prochaines à (on logis : print en gré la départie de îAme qui fen vola paiée de (bn propre erreur: faifant conoiftre que homme pour rempli de graces amp;nbsp;fauori(e quâil (bit de toutes peribnnes, comme il eftoit chery amp;nbsp;recommandé de tous que dâvne que dâautre Religion: ne peuuoit cftre dit heureux deuant le jour que la nature exprclTemant ordonné pourfaire le jugement de la vie paflee felon le merite de noftre dernier Eftat. Comme les Catholiques eftoient clchauffez apres ceux que dclTus amp;nbsp;autres vÅfins de î Amiral: Ceux des Gardes firent fortir nombre de Gentils-hommes ( que le Roy de Nauarre auoit le (bir de-LcBronde uantfaiôl coucher en (bn Antichambre) pour les tuer (ur le Pont du C|jalleau. Le Baron de Pardailan, Pardailan naturel Ga(con amp;nbsp;duquel la (u(fi(à nce (bit en faiôl millitaire (bit en matière dâEftat: bien que croi(ïà nta«ec fauancée fuite de (èsjoÿrs ne luy euft moins acquis de bruit que de creance amp;nbsp;dâamitié parmi (ès Confederez : nâaiant toutesfois que depuis ce jour bien remarqué mais trop tard, quâinfinie eftoit la troupe des mal auifez : amp;nbsp;que les Proteftans aueuglez Iburds amp;nbsp;recreuz à tout, fors quâà l^r bien : ne peuuoient auoir autre fin pour ifluë de cc-ftcmilèrable vie quâvn delèlpoir de tout bien, en calant aux rigueurs de leur delâftrc: le Le Baron de P^dii^dapour le (èul reconfort de la perte de (à vie : quâil fe(bit beau mourir pendant que la Pilles. vie eftoit entière amp;nbsp;(ans reproche. Mais le Baron de Pilles Perigordin qui (brty du printemps de (bn aage,entroit en (bn Efté bouilant pour luy rendre la main prefte amp;nbsp;(budaine à tous hazards : auoit plus de cÅur à (èplaindreque de force à refifter amp;nbsp;moins de (à geflè, à patienter (bn infortune : jetant courtes larmes neantmoins à fi longs foulpirs: amp;nbsp;delpitant les Auteurs dâiceux auec les inftruments de leur volonté: tomba parmi les E(pieux amp;nbsp;Halebardcs de la Garde du Roy: Lelquelles luy amp;i(ânt rendre le dernier fou(pir de (à vie: finirent auec le cours de (ès ennuis, fos jeunes mais hautains defirs qui ne kiy eftoyent que menues pencées amp;nbsp;encor en herbe pour produire quelque belle fleur à fauenir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Leyran fu jet au Roy
de Nauarre,efehapé dâvn nombre de coups qui luy faifoyent rendre le (ângdetous codez: gangnela chambre de laRoync de Nauarre quâil vit ouuerte fort apropos; où il trcuua bien qu'animeu(èment pourfuiuy, la douceur amp;nbsp;pitié plus Naturelle aux Dames, que la rai-fon à ceux qui preocupez de quelque palfion ne penlènt quâà executer comme que ce (bit Ponden' CC quâils ont vne fois imprimé en leur cerueau. Le Baron du Pont en Bretagne furnomme Bretagne dc Soubize pour faliancc prilèauec Damoylèlle Catherine de Parthenay (èule heriticre de ^e So^Hze Soubize : auoit ja efté renuerie corps (ans ame par vn autre corps de Garde comme il vouloir^ller treuuer lâA m i lut l aulfi toft quâil fut auerty de lâentreprife Catholique. Ce Gentil-homme aulfi vaillant que re(pée,mis en lufticc fiir la (èparation dc (bn mariage amp;'demi vaincu, (à ns»lefir toutesfois de (è tenir au jiigemantdes hommes : viuoit mcrucil-Iculèment ennuié du delplaifir de (à propre vie.Si bien quâaflà illi de tous endroits,eftimât que celuy peuuoit bien peu qui ne pouuoit mourir; céda à la violccc de ceux qui luy precipiterét la fin
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la fin dc G dolente amp;nbsp;fafcheufc vie. Ainfi f Ame ennuyée du fejour motteljlè defeompagna du corps pourcercher ailleurs vue demeure plus paifîble.PuuiautCIaueau de Poitou parmy les fruits de la penible vie duquel, la fortune auoit tousjours moiflbnné quelque efpy dâamertu- pffuiauc meme full: plus toft Ibrti de Paris,que fuiui de ceux qui luy haftetet la mort pour le piteux loi-cr de tant de choies quâil auoit execute auec honneur: fut ou fin forcé de laiflèr auec la vie iâ compagne de liél ( quâil auoit mené à Paris voir les lolcnnitez Rcalles ) és mains amp;nbsp;deuotion dâvn Catholique qui îelpouia apres amp;nbsp;mort comme il auint à plufieurs autres.
Pendant que les plus affedionnez Catholiques cou voient deçà delà au dommage des plus malheureux que dâvne que dâautre Religion: La cloche du Palais batoit fins ceiTe pour final à la populace dâacheucr le reftepar toute la ville.Côme les oiieleurs engluent amp;nbsp;prftientâplufi toft les oiieaux és lieux où ces beftiolles craignét amp;nbsp;doutent le moins; Ainfi desCatholiques ceux qui pouflèz dâvn defir de vengeance fur leurs ennemis particuliers, ou qui nourris amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
efleuez par la picotée des guerres paftees ne cerchoient que le butin: curent lors beau moien de fe cotenter.Sur le poiat du jour les Duc de Guilê,dc Neuers,dâAumale amp;nbsp;autres bien fui- Le vidamc. uis pour refueiller ceux qui dormoiét aux faux bourgs S.Germain(où pour la beauté du iftu grande Nobleftè auoit chpifi iâ demeure ) voulâs fortir par la porte Bulfi furet retardez:Pour- Proteftans ce que le portier auoit pris vne Clef pour lâautre quâil eftoit retourné quérir à là maifon. Ce qui dôna loifîr à la plus part de le fauuer à fuite.Si que le Vidafine de Chartres, Côte de Mot- cenmin fc gÃmcry,Frontenay,Caumont,Colombieres amp;nbsp;plufieurs autres cftoiét ja à chenal quad ceux ïauucnt amp;nbsp;ci Ibrtirent de la porte pour auoir eftez aucrtis par vn qui expres tteuua moien de forcir de la ville: furent neantmoins fuiuis jufques à Montfort.Mais pour lauantage quâils auoient, peu y demeurerent.Marchant le tefte leeret amp;nbsp;en dilligence jufques à ce quâauoir fini leurs affaires: Ils prindrent îexpedient de le retirer en Angleterre pour la-proximité de la mer qui les y por-ta.Cepcndant les rues de Paris fe pauoient de Corps.Lcs portes amp;nbsp;mailôns teintes en là ng:en-courageoienr le Peuple fc lêmbloit à fi efehauffer de plus en plus èc combatte à qui plus en tueroit.Si que les plu^animez ttainans les meurtris à la Riuiere pour les cnlèuelir au ventre ⢠des poiflons:failôiét rougir la Seine dâvn fi nouueau amp;nbsp;tât inelperé carnage.Apres mefinemét quâô eut fait entédre au Peuple.Quc les Huguenots pour tuer le Roy auoient voulu forcerle Corps de garde,amp; que ja ils auoient tuéplus de 20. lôldats Catholiques. Alors ce Populace guidé dâvn defir de Religiô-.joint à laffeétià quâil porte à fon Prince,en eut meurtri beaucoup dau3ntage:Si quelques Seigneurs contents de la mort d^ Chefs:ne feuftent fôuuent deftour-né.Plufieurs Italics mefines coûtas montez amp;nbsp;armez par les rues tant de la ville qie des faux boiirgs;auoir ouuert leurs mailôns à la feure retraite des plus hcureux:môftrerent aflèz quâils ne haioient tant les perfonnes que les o]*iniôs quâelles fcftoiét imprimes au cerueau. Outre la Nobleftè plufieurs du tiers Eftat amp;nbsp;gens de marque furent tuez en cefte challeur. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Francourt
Francourt Manceau iffu de bas lieu mais coneu par lès Eftudes:Puis renômé entre les Prote- chancdlier ftans pour leur auoir lcruy a perfuader aux Germains de leslècourir aux leçons amp;nbsp;troifîémes troubles:Et reconu pour autres deuoirs par vn Eftat de Chacellier de Nauarre; fit voir de Ion Meffine viuât que côme le fait des guerres nâeft la vacation qui lèule peutauancer lôn pr^cftèur: On pouuoit auflî acquérir hÃneur atiwemét que par les Armes.Voire que le renô quâelles dônent eft dâauflî foible amp;nbsp;petite durée que celuy des lettres amp;nbsp;manimant dâEftat auquel il excclloit lès côpagnons:eft afteuréSê de vie eternelle.Rien ne lui fut deffence contre la mort neatmoins: Ains côme chaeû eft tiré par lôn dèftin qui luy eft ordôné deuât le premier de lès jours:aufi fi toft que defguifé pour efehaper il euft efté reconinfut fi chaudemât acheué quâheureux de mourir lâns auoir loifir de le plaindre,voire dây penlèr lèulemét:amp; quâeuflènt cotre laueugle amp;nbsp;lôurde,mort,profità tant de railônsèMontra à lès furuiuans pour fruit de là fin,que celuy eftoit indigne de côpalfion qui aiât par tant de diuerlès occurrences elpreuué la folâtre legiereté de fortune ne fe rejette lèulemêt entre lès bras:Ains lôn elpoir furmôtant la railôn,met toute peine de faire embarquer les autres en melme mer de plaifir amp;nbsp;cotentemât de ce mode, qui plus ami de Gloire que de vraie vertu.- à tousjours trôpé ceux qui nâaflèurent le pied de leur fon- LaPlacc dement que fur la lîmple aparencc du premier objeél quâon leur prelènr« La place Prcfident premier aux Generaux : de quelque fimpleSô doux narurcl quâil feuft:extrememant hay ne- auxGcnc-anLmoins;amp; pour là Religion en laquelle il feftoit tousjours porté des plus zelez: Et pour ini-mitiez particulieres:môtra bic que nâaiat autre force ne hardieffe que de mourir,luv reftoit la
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â 7 foule vertu de fouffrir fons larmes nây plaintes feminines:lcs coups redoublez de fos ennemis. Puis le corps trainé en feau, fut habandonné de fame laquelle faffranchit par vn tant precipi-⢠té depart (fi elle compatit aux paflions corporelles) des hazards, maladies, inim iriez amp;nbsp;au-ennuis vrais appanages de la vieilleflè des furuiuans.Pierre de la Ramée Picard de feflêur à Pa- cu Vetmandois Ancien ProfFcflè*ir à Paris dâEloquence amp;nbsp;Philofophiezfeftoit acquis par tou qucncc^ ÃEurope vn grand bruid en fvne amp;nbsp;fautre vacation. Mais entre autres deuoirs de Philoib-Philofopliie phie ccluy fauoit plus recommandé, par lequel il mettoit peine de réduire à la pratique amp;nbsp;vfoge ordinaire de cefte vie humainc:toutes les conÃderations des Philofophes Grecs amp;nbsp;La-- tins. Lefquelles autrement foment de peu amp;nbsp;mefmes ne recréent f homme que dâvne vaine Ipe 'Y jçulation: qui ne fait quâefueiller felprit lâns aucun profit. Mais luy ramenant ces difeours vagues amp;nbsp;elguerez à la confideration dâvn bien certain amp;nbsp;aflcurc: fombloit reprendre la traditi-ue de Solon,Th31es,Socrate amp;nbsp;autres excellens Philofophes Grecs: qui raportans la Philofo-phic celefte à la naturelle: amp;nbsp;faifà ns voir par effed ce que leurs deuanciers nâauoient que fan-tafiez:reueftoientdâvnefolideamp;profitable adionpolitique,ceftc autre fois nue ôcfimple ap-paftnee de vertu. Quand à fautre,il auoit ja alfoz montré de quantes belles fleurs, amp;nbsp;de combien de fruids excclléts eftoit riche lâEloquence G recque,Latine amp;nbsp;Fran^oifo. Encor que je ne ïçay quelle collegialle fureur, faiant ja forcé à vne guerre literalle contre Charpentier autre Profoflèur en Philofophie :alentift aucunement la chaude Scanimeufo pourfuitede fos Eftudes. En quoy nous faut infaliblement remarquer amp;nbsp;tenir pour afleiiré: que comme il ne feft peu faire au cômencement des lettres amp;nbsp;origines des foiences:quâauec facroilfomant des Artz ne feft crue fenuie entre les ProfFeflèurs dâiceux : Aufli la diuerfité des temps nous enfantant diners perfonnages pour illuftrer amp;nbsp;remettre ce que lâignorance ou parelfe de leurs de uanciers ont lailfo fener: auec la diuerfité des moyens quâelle leur a donné pour y paruenir: leur a lailTé vne reciproque jaloufie pour y trauailler à qui^mieux: laquelle guidée par la rai-fon au but dâvne confideration publicque, ne peut que plaire amp;nbsp;profiter à tous. Mais fo pro-⢠polânt vne gloire amp;nbsp;vaine ambition populaire en fos ombrageux combats, plus que le profit de ceux à finftrudion delqucls ils font ordonnez: à la moindre pique amp;nbsp;facheufo occafion
Lonicnie Sc cretaire Rouilard Côfciler, les
Scolaftique:fo convertit en haine immortelle ^qui ne peut faillir a produire tels fruids que delTus. Si eft-ce que ces contentions foolaftiques fondées fiir vne ambitieufo jaloufie deferi-reou dire mieux que les autres, eft chofo trop bafleSc qui font fonEfoolier trop opiniâtre. Mais fi elles fadreflent à vouloir con^atre ce qui eft fi excellent amp;nbsp;fi apertemant, vrây quâon ne le peut «niter ou contredire : me fomble vne vraye folie priuée de tout fontimant. Som« meque laRaméeaccortamp;fubtil à efcrireplus quâà mourir: fut fi bien recerché par les en-uoyez de fou ennemy: que mort à dagades fut pfecipité du hautdefon Colegeenbas. Ainfi le corps trainé pour pafturc aux poiflbns: fut laifTé de fon ame qui pourra jouir dure-nom amp;nbsp;merite de fos eforits. De Lomenie Secretaire des finances . Rouilard Confoiller en
Chapes amp;
très.
La vair.e amp;
Parlemant viuant à la Catholique, Mais aians quelques .opinions Proteftantes fur lefquçlles fos ennemis prindrcntoccafi on de le faire mourir : de Chapes Sc Robert Aduocats fameux enmelmeSoLirt ,1e Capitaine SalcedeEipagnol bien quâennemi des Reformez amp;nbsp;plufieurs autres perfonnes remarquées pour auoir pareille iiruë,fureaÃnfin traites à la Catholiqueief preuuants quâor que nul ne puiflè fuir la mort : Si cft-ce que le deftin ne îauance pas tant que noftre propre faute.Car qui nous trompe que nous mefine?Quc la vanité amp;nbsp;defiaifon de nos
^fdcs'hom defirs? Lefquels efguerez en lagreableamp; definefuréc contemplation du jouet (je veux dire objed) de ce faux monde ( qui trahitte nous repaift dâvn doux fuitif amp;nbsp;incertain ) faute de
juger de bié toutes cholèsnious moiêne la lêule amp;: vraie occafion à nos infortunes?LelquelIes nous pourrions cuiter neantmoins, fi nous viuions difcrets en toutes chofes: ( Comme b promptitude de fefprit ,12 fôlidite du ccrueau, amp;nbsp;lâheur de la mémoire ne nous font donnez pour autre fin.) Où fi nos ame^euuoient preuoir nos dcfaftres amp;nbsp;prefà ger les bons ôc mau-liais aiyidens qui nous doiuent auenir. Mais tout cela nous manquant,refte la condition de fhôme telle que cefte vie fi belle en apparence,pert foudain 8^ en vn foui matin tous les fruits quâenfi long téps amp;nbsp;«lec tant de peines nous auôs cueilli,en la piquante raboureufo pleine de ce môde.Sans doute la vie eft côme vn petit pré, fous les fleurs amp;nbsp;herbes duquel le Serpéc cft caché pour picquer celuy qui ne marche auec diforetion. Si quelque chofo plaift à U veuë : Câeft pour nous engluer amp;nbsp;charmer nos elprits plus que parauant:amp; non pour faire jouir
livre VINTNEVFIEME.
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jouirfhomme dâvn bien lolide amp;nbsp;alïèuré. Voire que mile plaifirs ne valient vn lèul ennuy ' que le plus heureux pourra rencontrer à la fin de lôn voiage. Ce qui a donné occafion à pluficurs des plus excellens naturels dâentre les Anciens.Confiderans commela nature pour- ⢠uoiant les belles brutes de tout ce qui leur elloit necellâire à la conduite de leur vie:elle failoit nâaillreîhomme en pleurs, croître en lôulpirs,viure en pain« Sc finir en malheureux ) la défi pouiller du nom de mere pour fappeller lâuuage Maraftrc de la nation humaine:auec laquelle il vaudroit beaucoup mieux ne naître point,que de viurc lôus les extremes rigueurs dâicelle. Mais ces Païens ne confideroient pas foccafion pour laquelle ce mal nous ell promis dés le premier de nos jours : amp;nbsp;au contraire lalïèurance dâvn bien entier amp;nbsp;perdurable qui nous atend en la belle troupe des bien heureux. Voila comme le denuer jour fiernft les-^eux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
a la chere lumière de plus de mile Protellans.
Entre les Seigneurs François qui furent remarquez aiioir garenti la vie à plus de Confie-derez, les Ducs de Guylè, dâAumale, Biron,Bellieure,amp; Vualfinghan Ambalïà dcur Anglois par qui com lesobhgercntplus:leRoy mefiiielâuua la vie à plufieurs autres qui falîènrererit dâaller a la æguVs^dâA-Melfie amp;nbsp;quiter leur Religion. Comme îl fit en fin promette au Roy de Nauarre amp;nbsp;PrincÃe ^er^ vicom-Condé peu au parauant marié auec la puifnée fille de Neuers Marquilè dâIlles aulquels il don â'æ na a entendre quâil ne vouloir plus Ibulfrir autre Religion que la iienne. Quelques vns de lôn Conlèil amp;nbsp;du Parlement luy remonllrerent îincroiablc amp;nbsp;pernicieux inconuenient de la
dam le Baro de Paulin la Curée de Durefortdit
licence que la Populace prenoit pour les Armes quâon luy auoit mis en main: amp;nbsp;quâon met-toit parla en grand danger pluficurs gens de bien aulquels leurs ennemis particuliers feroiét æachcGra-aifément perdre la vie par celèul moien . Auecce quâil lèroit beaucoup meilleur amp;nbsp;plus proæciics feur procéder contre les coulpables par voie ordinaire amp;nbsp;de jullicc : que par voie de fait qui de vûircCa-cH plaine dâinfinis dangers. Afexemple du Senat Romain qui trcuua mauuais lesportemans ' de Galba fur les Minillres de Ner^, nommemant Nimphidius amp;nbsp;fes complices que lès Soldats tuerent dâauélorifépriuée lâns leunlaire le proces premièrement que mourir. Occafion
Duias, Ga-
inantfaiis plus portcj Armes.
que le Roy fur le chaqjp vers le loir du Dimanche, fit faire deffence à lôn de trompe quâautres mand7^â que ceux de la Garde amp;nbsp;les Officiers de la ville ne prinlènt les armes ne phlônner fiur la vie: Ains que tous a fauenir fulTent mis ez mains de lullice amp;nbsp;quâils fie retiralTeat en leurs maifons claufes. Ce qui deuoit appaifier la fiureur du Peuple amp;nbsp;donner loifir à pluficurs de fie retirer hors de là . De ceux qui relièrent neantmoins, pluficurs retombèrent au premier danger. Car comme libelle vne fois efichauffiée ne lè rapaifie poiy; le premier moyen quâon veut tenir à îadoucir : Aulfi vn tel peuple compofe de fi differens humeurs : vnefois mis ei^Turic pour telle occafion mefinemant que defliiSjUe ië peuuoit fi toft reconoiftre. Ains fi altéré du lang Huguenot ne cerchoit que les moyens 4e donner vne autre pinlâde aux rechapez de la premiere chaleur. Vray eft que celle pourfuitefembloit le refroidir à ceux quinâeulTent voulu tenir aucun moyen à leur vengeance ou defir inlâtiable de gangner. Mais aux pourfuiuis, le Peuple ne paroilïoit rien quiéter de fa fureur: encor quâà diuerlcs fois le Roy itérait lès premieres deffences à tout homme fur peine de la vie de ne prendre Armes ny prilonniers lâns lôn congé. Si bien que le prelque dernier jour de la Sepmaine/ut peu moins ranarque de meurtres particuliers quâauoient ofte les autres.
fice ceflèt le meurtre amp;nbsp;la pilleiié
V Q Y L A comme lAmiralSc autres lès partilïà ns montrèrent que la Gloire des plus heureux fefcoulant comme Nege au Soleil: amp;nbsp;nây ayant rien plus trompeux que felpoir des grandeurs amp;nbsp;telles beautez de ce monde : quâen fin milèrable cil celuy lequel y polè le fondemant de lès delTeins. Enquoy lè voit a plein combien la fortune ( fi nous ne dilbns la derniere de nos fautes ) peut retrancher du vray amp;nbsp;lohde honneur de nos vertueulès conceptions: fi nous nâauons fentendement alTez bon pour les exccuter aulfi heureufement quelles ont ellé conceuës. AinfifurentlesConfederezlâifisdecequele Vulgaire appelle mourir.: qui nâcll pourtant que la fin dâvne prilôn obfcure aux elpris généreux. Mais intollera-ble ennuya ceux qui ont mis tout leur efpoir en forde fange de ce monde amp;nbsp;vangez de Court plus variable amp;nbsp;inconllante que la fortune mefme. En general tous les decedez pourlefaiél de confcience, lèmblent fellre voulus conformer au Papülon,lequel voletant autour la lumière dont il clmerueille la fplendeur : en fin en elpreuuc la vertu qui le brülle mourant pour trop aimer. Aulfi les Confederez ne prenans fi grand plaifirquâà fcxercice amp;nbsp;maintien de leur Religion: en efpreuuerent la vertu,qui leur fit changer
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« Ã7».
LâHISTOIRE DE FRANCE.
de vie Sceflimer heureux de mourir pour cefte caufeirefolus que la mort quâils eftiment leur donner entrée à la gloire perdurable:fcruoit à tous de fêul moicn amp;nbsp;alfeuré reconfort du mifêrablc Eflat de cefte vie- quâils euffent autrement eftez contraints de trainer parmi les ordures de la vanité de ce monde.
Lâausbepin Ãcuri.
Le corps de
Lâaubefpin à demi fêc Ãc defîiBé de feuilage: fleuryâ neantmoins au Cimetière fà int inocent à Paris fur le midy du Lundy:futeftimé miracle du Peuple qui yacourut de tant dâendroits lâAmirii 7 metre gardesimais on tient que ce fut fartiffice dâvn Cordelier pour faire croire traîné amp;nbsp;pé- que la France recouuroit fâ belle fleur perdue contre tout efpoir humain.Et de fait celane fit qftefehauffer le peuple dâauantage.Si quâeftimans que Dieu appreuuoit par là fes aôlions:fcn aefp^uamp; allaîoutAirieux droit au logis def Amiral duquel ils prindrenr, trainerent8c defehirerent le creKcmant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lieux:Puis luy auoir coupé le membre 8c la tefte quâon garda,traincrent 8c pen
dirent le Tronc par les pieds au Gibet de Montfaucon: duquel il fut apres defeendu 8c enter
ré fccrettemant.
LeRoyva Le 16. IcâRoy accompagné des plus grans va ouïr meâffe de bon matin:amp;auoir rendu gra-enPariemét cdÃà Dieii dâvnfi heureux euenemantjfait afîèmbler toutes les chambres de fon Parlement toriicric nbsp;nbsp;( dit la Court des Pairs 8c fancicn lict de luftice des Roys) en la Chambre dorée; où fuiui de
fait de Paris Mcffieiiirs fesfrcresSc autres premiers de la Court; Apres feftre plaint des portemans dufeU Amiral amp;nbsp;autres qui îauoient fécondé en fês entreprifes dreflees fous le nom de la Religion: leur montra en quels dangers dâvne prompte ruine : il auoit misfôn pourc Royaume.Pourcc neantmoins quâil auoit efté dés le berceau nourri dâvn lait de douceur amp;jufques là entretenu de clemcnce amp;nbsp;mifêricorde plus que de rigueur amp;nbsp;cruauté: leur auoit tousjours pardonné les cho/ês paffées, Eux au contraire croifTans en mefchanceté amp;nbsp;ingratitude pour venir au comble de toute iniquité: auoient ofé ajouter à leur premiers defmcrites le plus vilain amp;nbsp;detefta-LeRoy Ce ble aôfe quâon eufl feeu imaginer : afïà uoir de le tuer auec fes freres la Roynefâ Mere 8c tout Prouftan* quâilseuffeutitrcuué de la race de Vallois. Voire mefmefôn cher Coufin le Roy deNauar* ⢠nbsp;nbsp;nbsp;â re pour efleuer le Prince de Condé Roy de France affin de mieux cond^iirc tout le Royaume
à fa. fantafie : 8c peut cftre auoir auffi puis apres meurtri le Prince de Condé 8c tous les vrays heritiers du RoyaL»me:fc faire Roy luy mefme^e tous les François. Pour ces raifôns auoit efté contraint dâvfêr de remedes extremes 8c violents à vne maladie fi defefperée affin: de defraci-ner comme que ce fufl vne fi eftrangc 8c dangereufê pefte de fôn Royaume. Il vouloir donc que toLisfçeuflènt que ce quieftoit ;^|ienu contre les Huguenots auoit efté fait-8c drefïepar la volonté ôdà cul commandement de là Majefté. Ordonnant dâinformer de la conjuration tant
fidcnt con
de f Amiral que de fes complices: y procéder félon les Loix 8c forme accouftumées és crimes de leze Majcfté:y donner Arreft 8c exccuter les conièiincus félon la charge ponée par leur proces. Surquoy de Thon premier Prefident auoir loüé vn tel failt;ft comme retirant au graue De Thou Pâ^lt;^pos da Roy Loys vnziéme qui difôit ordinairement : que celuy qui ne fçait diffimulere-premier P) e ftoit indigne de régner: rend humbles graces à fâ Majefté au nom de tout le Parlement: le-fume' 1« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d'orcfîiauant Eftat que par ceft accident bien quâeftrange ( duquel le corps de b
firme les
Roy.
propos du France chclt;gé dâhumeurs fi corrompues auoit bon befôin ) la fôurce 8c toutes occafîons de tant de maux qui ont affligé ce defolé Royaume : féra tairic ^âautant que les principaux Auteurs de nos guerres ciuiles enleuez de ce monde le refte du peuple fé tiendra coy 8c fans le rc-Pibrac Auo- t^tier:qui donnera moien a tous de viurc en paix 8c dâeftablir vn afïéuré repos en tout le Roy-cat du Roy fciiiblabJc-«nent.
aunie. Lors Pibrac Auocat du Roy luy demande fil plaift à là Majefté que lâaccident fôit cn-regiftré au Greffe du Parlement pour en conferuer la mémoire à la pofterité. Puis fil nâentend pas que les deux Eftats Ecclefiaftic amp;nbsp;ludiciaux fôient reformezjen apres fil neveut pas quâon cefle Si. mette fin à tant de meurtres qui fc font dâheure à autre en tant dâendroits dâvnc fl grande ville que Paris. Auquel il refpond quefôn plaifir eft que la mémoire en fôit enregi-ftrée. QiTilpouruoira an fécond point : pour le tiers il commande que fur lâheure on aille deffendre à fou de trompe amp;nbsp;à peine de la mort en tous les cantons de la ville : quâaucun ne fuft fi hardi de tuer ame viuante, de piller ne tourmenter aucun fors ceux qui feront ordonnez pour ce faire .»Le vinthuitiéme jour il enuoye lettres aux Gouuerneurs defès Prouin-ces voulant faire entendre à tous que fcul il eftoit fauteur de tout ce qui eftoit aucnu.Et nom
mément en fait expedier Si publier vue declaration expreHè telle qui fuit.
Sa Majefbî
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Sa Majefté délirant faire fçauoir amp;nbsp;connoillrc à tous Seigneurs Gcnülshommcs amp;nbsp;âutrés Dcciaratfô de lès fujets : la caulè amp;nbsp;occafion de la mort de lâAmiral amp;nbsp;autres lès aderans amp;nbsp;complices der- Aiæ nierement auenuë en celle ville de Paris le vintquatriéme jour du prclènt mois dâAouft:dâau-tant que ledit fait leur pourvoit auoir eftédeguilé autremant quâil nâeft. Saditte Majefté de- â¢'â»'curdch dare que ce qui en eft ainfi auenu à efté par lôn expres comiftandement amp;nbsp;non pour caulè au- proteftans, cune de Religion,ne contreuenir à fesEdits de pacification quâil à tousjours entendu comme encore veut amp;nbsp;entend oblèrucr,garder amp;nbsp;entretenir;ains pourobuier amp;nbsp;preuenir fexecutiort dâvne malheureule amp;nbsp;deteftable conlpiration faite par ledit Amiral Chef amp;nbsp;autheur dâicelle, amp;nbsp;fefdits adhcrans amp;nbsp;complices en la pCrlônne dudit Seigneur amp;nbsp;contre lôn Ellat,la Royne là Mere,Melfieurs lès freres,le Roy de Nauarre,Princes amp;nbsp;Seigneurs ellans près dâeux fParquoy I là ditte Majefté fait fçauoir par celle prelènte declaration amp;nbsp;ordonnance à tous Gentilshômes amp;nbsp;autres quelconques de la Religion pretenduë reformée.- quâelle veut amp;nbsp;entend quâen toute lèuretcSc liberté:ils puilfent viure amp;nbsp;demeurer auec leurs femmes enfans amp;nbsp;families en leurs maifons fous la protedion dudit Seigneur Roy tout ainfi quâils ont par cy deuant fait amp;nbsp;p^u-uoient faire fiiiuant le benefice dcfdits E^its de pacificationiCommandanr amp;nbsp;ordonnant trel-exprclfement à tous Gouuerneurs amp;nbsp;Lieutenans Generaux en chacun defes pars amp;nbsp;Prouinces amp;nbsp;autres lès lufticiers amp;nbsp;Officiers quâil appartiendra.-de nâattenter ne lôufFrir dire attente ne entrepris en quelque lôrte amp;nbsp;maniéré que ce foit:és perlônnes amp;nbsp;biês defdits de la Religiô, leurfdittes femmes, enfans amp;nbsp;familles fur peine de la vie contre les delinquans amp;nbsp;coulpables. Ettieantmoins pourobuier aux troubles,lcandales,lôuppons amp;nbsp;dcffiâce qui ponrroiêt auenir à caufe des Prelches amp;nbsp;alTemblées qui lè pourroient faire tant és mailons delÃits ôpntilshom-mes quâaillcurs.-lèlon amp;nbsp;ainfi quâil elloit permis par les fuldits Edits de pacifficatiô ';là dite Ma- Exercice de jeftéfaittrclèxprelfement inhibition amp;nbsp;delFences à tous lefdits Gentilshommes amp;nbsp;autres eftas PrJ^'nanis de ladite Religion:de ne faire aflèmÃlées pour quelque occafion que ce lôit; jufques à ce que deftenduc. par ledit Seigneur apres auoir pourueu à la tranquilité de lôn Royaume en lôit autremêt ordô-né.Et ce fur peine de ^elôbeiflà nce amp;nbsp;de confilcation de corps amp;nbsp;biens.Ellaulfi exprelîèmct ⢠deflfendu fur les mefmcspeincs,à tous ceux qui pour railôn de ce que dellùs auioiët ou retien
droient des prifonnicrs,de ne prendre aucune ignçon dâcux:amp; dâauet tir incontinent les Gou-uerneurs desProuinces ou Lieiitenâs Generaux du nà amp;nbsp;qualité deÃits prilbnniers:Lclquels ladite Majefté ordonne les reiafchcramp; faire mettre en libertédi ce nâcft tOutesfois quâils fbient des Chefs qui ont eu commandement pour ceux de la Rlt;ligiô:ou qui aient fait des pratiques amp;nbsp;menées pour eux.Et lelquels pourroient auoir eu intelligence de la conlpiratiotÃIifditérait quel cas ils en auertiront incontinent Gdite Majefté pour furcc leur faire entendre là volonté. Ordonnant auflS que dorelhauant nul n^foit fi hardi de prendre amp;nbsp;arrefter prifônnier aucun pour raifon de ce que delTusrlà ns îexpres commandement dudit Sieur ou de ces Officiers. Et de nâaller courir nây prendre par les champs Fermes amp;nbsp;Métairies aucuns chenaux, juments, bÅufs,vaches amp;nbsp;autre beftiahbiens,fruits, grains ny choies quelconques : amp;nbsp;ne meffaire ne mcldireaiix Laboureurs.Mais les lailïèr faire, amp;nbsp;exercer en paix amp;nbsp;auec toute feureté leur labourage amp;nbsp;ce qui eft de leur vacation amp;nbsp;ce fur les peines fufdites. Fait à Paris le vitHhuitiéme jour dâAouftj'i 5-72. Signé Charier amp;nbsp;au dellous Fizés.Puis leur fait expedier dâautres lettres auec amples memoires amp;nbsp;inftrudionsfur le fait de leur charge felon que les occafions requer roient. Celles du Comte de Chamy portoient.
Les P rot cf tans qui ont eu clwt-
ge.
Le Roy confiderant lâemotion nâagueres auenuë en celle ville de Paris en laquelle a cfté tué le feu Amiral deChallillon amp;nbsp;aucuns Gentilshômes qui eftoiét auec luy pour auoir malheu- onsqucic reufemét conlpiré dâattéter à la perfonne de là Majelléjde la Roine fa Mere amp;nbsp;de Melficurs lès nbsp;nbsp;âs lèT'*
freresjdu Roy de Nauarie amp;nbsp;autres Princes amp;nbsp;Seigneurs eftans près dâeuxjamp; à Ion Ellat : que Gouuer-ceux delaReligiô prétendue reforméeme fachans au vrai les caulês amp;nbsp;occafiôs dâicelle emo- p'i.ouinâs tion:feront pour f elleucr amp;nbsp;mettre en armes comme ils ont fait les tïtgt;ubles palïèz: faire non- de fon Roy-uelles pratiques,menées amp;nbsp;delïèins contre le bien de là Majellc amp;nbsp;repos de lôn Royaur»e:Sâil n y elloit par elle pourueu amp;nbsp;fait conoiftre la vérité aux Gentilshômes amp;nbsp;autre fujetsde ladite leur charge Religion comme ce fait elt palfé ; Et quâelle eft en leur endroit fou inteÃionamp; volonté. Et eitimant que pour y remédier il eft très-grand befoinque les Gouüerneurs des Prouinces dé de leurre-Ion Royaume aillent par tous les endroits de leur Gouucrnemés.Elle veut que pour celle oc-cafion Moniteur le Comte de Charnyjgrand ElCuier de France, lôn Lieutenant General au
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-ocr page 162-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIR.EDE FRANCE.
Aouft.
5 7 gouuerncment de Bourgongnc: aille diligémenc par les villes amp;nbsp;lieux dudit Gouuerncmcnt: où cftant arnué il auifera les tneillcurs moicns quâil pourra de faire viure en paix, vniô amp;nbsp;repos ⢠touslcs fujcts defadite Majcfté tant de fvnc que de lâautre Religion: amp;poury paruenirtera ' rindwiuTs tloucement appelleren public ou en particulier ainû quâil verra eftrepour les mieux amp;nbsp;plus Catlioli- à propos pour le bien amp;nbsp;fcriiice dt là Majefté: les Gentilhommes des lieux où il yr3:amp; aufli les * -nref^^r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des villcs dâiceluy Goiiuerpcment qui feront de la Religion: aufquels il déclarera
que le telle amp;nbsp;fera entendre la vente de ladite emotion auenuë en cefte ville : pource que lâon pourroit defguife le fait autrement quâil nâeft. Et leur dira que fà diteMajefté aiant defcouuert que kuaiila fous ombre de la blcHiire dudit feu Amiral de laquelle elle vouloir faire faire la j uftice felon i-occfeîi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ordre qui y auoit ja efté donné: Iceluy Amiral amp;nbsp;lesGenrilshommes de fâReligion qui
du fait de eftoient en cette ville auec luy: fans atendre leffeéf de ladite juftice, auroient fait vne mefehâ-Uarij. te malheureufe Si deteftable confpiration, contre la perfbnne de fâditeMajcfté, de la Royne la mere,Mcflîeurs fès freres, du Roy de Nauarre amp;nbsp;autres Princes amp;nbsp;Seigneurs eftans pres dâeux amp;nbsp;contre fEftat: ainfi mefine quâaucuns des princijiaux adherans de ladite conlpirationre-conoiftans leur faute, lâont confefle: elle à efté contrainte à fon grand regret pour obuier amp;nbsp;preuenir vn fi mefchant,pcçniticux amp;nbsp;deteftable deftèin: Si non pour aucune caufe deReligiô: ny pour contreuenir à Ibn Edit de pacification,de permettre ce qui eft auenu leDimanche vint quatrième jour du mois dâAouft enlaperlônne dudit Amiral amp;nbsp;lès adherans amp;nbsp;complices: entendans ladite Majefté que ce nonobftant lefdits delà Religion puilïènt viureamp; demeurer en toutes libertez amp;nbsp;feureté auec leurs femmes,enfans amp;nbsp;famille en leurs mailôns: fous là pro-d nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâuue-garde: comme elle les y maintiendra Si fera maintenir fils lè vcullcnt conre-
Gouucr. nir doucement lous fon obeiftà nce comme elle le defire. Voulant que à cefte fin ledit Sicur neurs aux Comte de Charny offre Si baille fes lettres de lâuue garde de bonne Si autentique forme:qui pLïibkr' feront de telle force amp;nbsp;vertu que fi elles eftoient données amp;nbsp;p rinlès de là Majefté.Et quâen ver-I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tu dâicellcs,ilsfoicnr conferuez de routes injures,violences amp;nbsp;opreflions: auec inftru6üonsamp;
⢠deffenccs trcs-cxprelTc s à ceux delèsfujets Catholiques quels quâils ^ient,de nâattenter fur peine de la vie.iux perfonnes,biens ne familles defilits de la Religion qui fè contiendront doucement en leurs mtifons : amp;. fi aucuns eftoienHi téméraires amp;nbsp;mal auifèz à faire chofè contre lefdites dcffences. Si violier lefoites fà uuc-gardes: ladite Majéfté veut que punition prompte, rigoureufe Si exemplaire en foit faite afin que cela 1èr ue pour contenir les autres de ne faire le lèmblablc.Qui eft le vrayamp;feul moigde fallèurâce que laditeMajefté peut bailler aufdits de b Religion; tuec parolle amp;nbsp;promeflès quâelle leur donne : de leur cftre bon Prince amp;nbsp;btgnin protefteur Si conlèruatpur dâeux Si de tout ce qui leur touche; quand ils demeureront amp;nbsp;vi-uront fous leur obeiftà nce: lânsentreprendre oufà ir^chblè contre fon lèruice amp;nbsp;volonté. Et parce que là Majcfté afouuentconeu que les entreprilès amp;nbsp;deliberations faites par lelditsde la Religion contre fon lèruice: ont efté refolus entreâeux Si aflèmbléesés Prefohes que les Ãxcrci( lt;â G cntilshommes auoient liberté de faire faire en leurs maifons amp;nbsp;Fiefz: ledit Sieur le Comte la Religion dc Chamy fera entendre particulièrement aux Gentilshommes qui ont acouftumé faire lel-deflenrfue j nbsp;nbsp;Prcfcltes,que laditeMajefté confiderant quâil nây à rien qui tant elîncuue amp;nbsp;anime les Ca
tholiques contre ceux de la Religion que lefdits Prefchcsôiaftèmblécs; amp;nbsp;que les continuas il eft tout certain que cela eft caulè d'épireramp; augméter Icldites emotionsiQw pour cefteoc-cafion ladite Majefté defire quâils les facent ceflèr.âjulques à ce quâautrement par elle en foit or donné: amp;nbsp;quâils faccommodent à cela comme à cholè qui fort grandement alâelfed defon intention ; qui eft dc ramener doucement fofoits fujets a vne vraye Si parfaite amitié, vnion amp;nbsp;concorde les vus auec les autres, mettant toute diuifion Si partialitez en oubly. Etdâautant que cela leur pourra lèmblcr dur au commencement : ledit Si^r Comte de Chamy regardera à leur faire dire doucement amp;là ns quâils en puiftènt entrer en aucune mauuai-fc conjeôlurc .Car aulfi ladite Majefté veut procéder en toute vraye fincerité à fen-droit ^c ceux qui fo conforntent à là volonté amp;nbsp;obeiftà nce, en laquelle il les éxortc dc viure auec toutes les meilleures perfuafions quâil pourra amp;nbsp;aftèurera dâeftre en ce failà nt fourement maintciws amp;conlèrucz comme les autres fujets Catholiques: ainfi que ladite Majcfté veut quâil face. Et affin quefoldits fujets Catholiques lâchent comme ils auront à fo conduire en cccy : ledit Sieur Comte de Charny leur dira que ce nâa jamais efté amp;nbsp;nâeft encores lâintention dc fadite Majefté,quâil foit fait aucun tort, injure ou oppreffion à ceux de ladite
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â¢'Hur. A
ladite Religion ; qui comme bons amp;nbsp;loiaux fujets fc voudroient contenir doucement Cil fon obciffance.Declarant aufdits Catholiques que fils foublioient tant que dâoffenccr ceux de la Religion qui le porteront tels enuers ladite Majefté : amp;nbsp;ceux aulïi qui auront à cette fin prins dâelle ou dudit Sieur le Comte deCharny lettres delâuueg arde;elle les fera punir ôc chafticr lur le cliamp comme tranfgrellèurs de les commandemês lans aucune clperâce de grace, pardon ou remilfion. Ce que celui Comte de Chamy leur exprimera amp;nbsp;déclarera auec les p us exprelTes parolles quâil lui lcra polfible. Et fera aufli executer bien eftroitement. Et apres que fuiuant îintention de ladite Majefté il leur aura par cette voie douce ( qui eft celle quelle aime le mieux) cerché les moiens dâalîèurer le repos entre lêlclits fujets : amp;nbsp;de mettre quelque gt;nbsp;alfeurance entre les vus ôc les autres: Ceux qui le conformeront en cela à la volonté de iMlite
S'. Ah
Majefté: elle les y confortera ôe leur fera tous les meilleurs amp;nbsp;plus doUx traitemens qui lui Ic^ ra polfible. Mais fil y auoit quelques vns de la Religion qui le rendiflènt opiniatresSc rebelles à ladite Majefté, là ns aiioir efgard aufdites dcmontrances:amp; fulTent aflcmblcz en armes failà ns menées amp;nbsp;pratiques contre le bien de lôn lèruice : ledit Sieur Comte de Charny leur courra fiisôc les taillera en picces,auant quâils aient moien de le fortilficrSc joindre enlcmble.Etplt;^ir cet effet alïèmblera le plus de forces quâil lui fera polfible, tant des ordonnances du ban amp;nbsp;arriéré ban : quâautres gens de guerre amp;nbsp;Soldats à pied des Garnilbns amp;nbsp;habitans Catholiques des villes de lôndit Gouuernement. Et afliegera ceux qui fe tiendronrSc rendront forts és villes de leftenduë dudit Gouuerncment: de maniéré que la force amp;nbsp;autorité en demeurera à Ãdite Majefté. Fait à Pans,le trentième jour dâAouft i 5 7 2. Signé Charlcs,amp; plus bas Bru-lard . Celle du Duc de Guylè eft du dixhuitieme Septembre qui luit.
Mon Coufin, encores que je vous aie par toutes mes precedentes allez fait entendre amp;nbsp;âicn'oi^s conoitre combien je defire que tous mes lîijets tant de la Noblelïè quâautres qui font profef du Roy au fiondeâla nouuelle Religion 1? contiennent doucement au dedans de votre Gouuernc-ment : foient par vous maintenus amp;nbsp;conlêruez eu ute lèureté Ibus ma proteélion amp;nbsp;lâuue- charge de gatde : fans quâil leur Jpit en leurs perfonnes,biens amp;nbsp;facilitez donné aucun trouble ni empef lt;^'i'apagne, chement. Ce neantmoins jâay efté auerti que en quelques endroits de mon Royaume il fcft ' fait amp;nbsp;continué beaucoup de là ccagemensSc ÿlleries des mailons de ceuxlt;le ladite nouuelle Religion tant aux champs quâaux villes fous couleur de demotion auenuë en ma ville de Paris le vint quatrième du mois dâAouft dernier paffe : chofe qui mâeft infinimant delplailà nteamp; defagreablc : amp;nbsp;à laquelle je defire eftre pourueu. Au jpoien dequoy, mon Coufin, je vous prie que fur tant que defirez me faire conoitre faffeéfion que vous portez au bi»nde mon fcruice,vous ayez à prendre ce fait à cÅur : amp;nbsp;à conlêrucr amp;nbsp;maintenir au dedans de voftre Gouuerncment, felon ce que je vous aji dit cydeuant amp;nbsp;tref-expreffèment eforit : que tous ceux de la nouuelle Religion qui fe contiendront doucemcnt,foient par vous conlêruez là ns fouffric quâil leur foit vfé dâaucune violence,foit pour le regard de leurs biens ou de leurs per fonnes non plus quâà mes autres fujçts Catholiques. Et là où il leur auroit efté fait quelque tort ou outrage contre ma volonté que je vous ay ci deuant déclarée : encores prclêntement je veux amp;nbsp;entens que vous faites faire vn bien exemplaire chaftiment de ceux qiièfe trouue-rant coiilpablcs : de forte que l«ur punition lêrue dâexemple pour tous les autres : amp;nbsp;que je me puiffê voir obey en cet endroit comme je veux eftre par tout:amp; mes commandemens re-. cens de tous mes fujets auec autre reuerence quâils nâont efté par le paffe. Vous aflêurât,mon Coufin, que la plus agréable nouuelle que je puiffê aprendre de vous, ce lcra dâouïr dire que vous auez fait quelque bon chaftiment de ceux de qui jâauray efté defobei. Et fiirce je prie-ray Dieu, mon Coufin, quâil vous ait en là là intc garde. Eforit à Paris le i 8. jour de Septembre i 5 7 2. Signé Charles amp;nbsp;plus bas Brulard.
Lemelme jour on célébré le lubilé par le cômandement du Roy où tous affifterent pour rendre graces à Dieu de ce que le tout feftoit porté à leur défit : amp;nbsp;telmoigner aulfi quâil ne vouloir quâvne Religion en fon Royaume, amp;nbsp;que touslês fu^ts tinlênt mefme formende vie Reiijon. quelafienne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^cRova-
Ce melme jour le Roy fit publier vn Edit,par lequel il veut eftre foeu If vray amp;nbsp;fcul auteur uoue tftrc de tout ce qui eft auenupourlê deliurerde la conjuration des Huguenots. Veut toutesfois auteur ds que fans préjudicier à fes autres Edfts de pacification-.to us les Gouucrncurs amp;nbsp;autres les Offi- toutesfois ciers maintiennent les Huguenots enPaix:8£ toutesfois ne les laiflêr jouir des affêmblèes pref-
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Aoüft'
IÃ7Ã.
Paixamp;a-iieccc def-fend tout exercicÃe Religion.
Arreft du Parlement contre lâAmiral Bri-lt;]iiqil?lt;ît amp;nbsp;Cauagnes.
LâHISTOIRE DE FRANCE.
efiesny autDK exercices de leur Religion.Que fils attentent quelque choie cotre cette iiennè ;ÿolonté ils les déclarent encourut la peine de la vie amp;nbsp;confifeation de tous leurs biens.
La Court de Parlement auoir aprcuué ce que le Roy en auoit fait amp;nbsp;dit; députa coinmiilai-res pour faire le proces aux coupables.Et pourcc que Briqucmautamp; Cauagnes furet ià ifis le premier en habit de palefrenier â¢hcz.Vuallinghan Ambafladeur pour laRoync d'Angleterre amp;nbsp;relêrucz à vne folcnnelle execution. Leur arreft fuiuit bien toft amp;nbsp;en forme amp;nbsp;en eiFeâ celuy delAmiral: par lequel; affin que jâcuiè des mots propres. Veu par la chambre ordonnée par le Roy en temps de vacation: les Infonnations faites apres la mort interrogatoires, confel-fions amp;nbsp;dénégations de quelques prifonnierszlcs papiers, lettres amp;nbsp;autres cnieignemants pro-duift à rneime fin. lâAmiral eft déclaré auoir efté attaint amp;nbsp;conuaincu du crime delezc Ma-jefte, perturbateur ôc violateur de Paix: ennemy de repos, rranquilitc Sefeureté publique:
Chef principal auteur amp;nbsp;conduéteur de ladite confpiration faite contre le Roy amp;fôn Eftat. Sa mémoire damnée, fôn nom fuprimé à perpetuité.Et pour reparation defdits crimes ordonne que fôn corps fi trainer le pouuoit, finon en figure : feroit pris par fexecuteur de haute jiif tiÃ: mené conduit amp;nbsp;traîné fur vne claie depuis les priions de la Confiergerie du Palais: juf ques à la place de Grenue: amp;nbsp;iliée pendu à vne potence: qui pour ce faire lêroit dreflceamp; érigée deuant îhoftcl de âville Sc y demeureroit pendu lelpace de 24. heures amp;nbsp;ce fait leroit porté amp;nbsp;pendu au gibet de Montfaucon au plus haut amp;nbsp;eminent lieu les enfeignes, armes amp;nbsp;armoiries duditfeu traînées à eues de chenaux par les Rues de Paris amp;nbsp;autres villes bourgs amp;nbsp;bourgades où elles lêroienttreuuées auoir eftemilèsà fon honneur: amp;nbsp;apres rompues amp;nbsp;bri fèes parfexecutcur de la haute juftice en ligne dâignominie perpétuelle en chacun lieu amp;nbsp;carrefours où fon à acouftumé faire cris amp;nbsp;proclamatiôs publiqués.Toutes lès armoiries amp;nbsp;pour-traitureslôit en bofte ou peinture,tableaux amp;nbsp;autres pourtraits en quelques lieux quâils foient caftez, râlez, rompus, amp;nbsp;lacerez. Enjoignant à tous juges Heyaux de faire executer chacun en Ibnt reftôrt,pareille laceration dâarmoiries:amp; à tous lès fujets du reftbrt de Paris:de nâen gat ⢠der ou retenir aucune. Tous les biens féodaux dudit feu mouuans de l^Couronne de France remis Sc incorporez au domaine dâicelle: amp;nbsp;les autres fiefz amp;nbsp;biens tant meubles quâimmeii-bles, acquis amp;nbsp;coafifqucz au Roy. Declarant^es enfans de lâAmiral ignobles, villains routu-riers, infames, indignes ôc incapables de teller ne tenir Eftats Offices, dignitez amp;nbsp;biens en France. Lelc[uels fi aucuns en ont font déclarez acquis au Roy: ordonnant que lamailôn Seigneuriale amp;nbsp;Chaftcl de Chaftillon ftyr Loin qui eftoit lâhabitation amp;nbsp;principal domicile dudit Coligny:eiféble la baffe Court ôc ce qui depéd du Principal manoir:lèrôt démolis ralèz amp;nbsp;a-batus:amp; delfendu de jamais y baftir ny ediffier: amp;nbsp;que les arbres plâtez és enuirons de la mai-Ibn amp;nbsp;Chaftel pour iâembeliflèment amp;nbsp;decoration dâicelle,lèront coupez par le millieu: amp;nbsp;en laire dudit Chafteau vn pillier de pierre de taille erigé:auqucl fera milè amp;nbsp;apolee vne lame de cuiurcen laquelle lèra graué Ãcelèrit le prclènt arreft.Et que dorelhauat par chacun an le vint quatrième Aouft lèront faites prières publiques amp;nbsp;proceftions generalles dedans Paris pour rendre graces à Dieu de la punition de la confpiration faite contre le Roy amp;nbsp;fon Eftat. Pareils arreftsfort»pour le demoliftèment des maifbns furent donnez contre Briquemaut amp;nbsp;Cauagnes: prononcez amp;nbsp;exccutez le vintfèptiéme amp;nbsp;vintneufiémoiOélübre mil cinq cens fèptante deux. Le premier fur vn fantofine au lieu du corps de îAmiral ja pendu par le peuple amp;nbsp;def Qui tua nbsp;nbsp;pendu par autres. Ces deu x furent exécutez fur les perfbnnes propres, le Roy prefènt deuant
l'AmiraJ. lequel ils proteftoient du tort quâon leur faifôit de les pendre pour vne telle occafion. Voila comme ces deux moururent: mais onnefçait auvray qui tua lâAmiral encor que le plus de voix en face auteur vn Allemand nommé Befine : car dâautres fè font vantez luy auoir donné coup mortel. Apres que Galba lâEmpereur fut mort, Othon fit tuer lunius amp;nbsp;Lacon auec plufieurs autres. Aucuns de ceux mcfme qui nefeftoint empefehez de cete tuerie; tant pout fe faire voir du parti: bien quâils en fuftènt fort efloignez: Que pour atraper quelque recom-penfe^ Ipuillercnt leur mains ôÃfpées au fang des meurtris voire julqucs emporter au Prince les telles des principaux: lelquels Vitelius fit depuis recercher amp;nbsp;mourir exemplairement. Surquoy plufieurs (^»nfiderâs le naturel des hômes:puis remarquans en particulier chacune de leurs aôlions;treunoient Brutus amp;nbsp;lâAmiral afîèz aprochans demelmes defirs.En ce difoict ils que le premier nefutpouftèà la conjure contre Celar par haine, ny dâaucune enuie de vengeance, auarice ny autre motif que dâaffranchir fon pais. (Encores queCafilus amp;nbsp;fès com-
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pîices eufîènt autres deflèins) de la fêruitude en laquelle ils penlbient que Celà r le voulu!} fousmectre. Et par mefine moien acquérir honneur immortel paf vn exploit fi audacieux. Au fèmblable ceftui-cy, cftimant les labeurs bien emploicz à dclcharger la confcience de !ôn par- ⢠ty dupefà nt faix des traditions aulquelles les Catholiques le vouloient alTujetir :feftoit ja tracé la voye pour acquérir fous la charge amp;nbsp;autorité dâMitruy : vn durable renom entre les fiens. Leur mort neantmoins furent bien differentes-.car lâvn mourut volontairement, amp;nbsp;fo tua apres la bataille perdue contre Odaue, nepueu de celuy quâil auoit tué. Lâautre fut forcé à la mort parle fèruiteur de celuy qui îaeeufoit dâauoir fait mourir fon pere. Il lèmble neantmoins quâil y aie plus de confiance en cefiuy-cy quâen Brutus quifo tua nâofà nt apres la perte de fon Armée, comparoifire déliant fon ennemy, de crainte duquel il fo tuoit. loint qu^fail-ly de cÅur; il fo defofpcroit de fos moiens qui luy refioient beaux amp;nbsp;grans. Aflà uoir vnGene-ral commandement fur toute la mer amp;nbsp;pais prochains. Encores queCafiius (qui refioit entier auec fon armée ) eufi efiédeffaitpar fos ennemis. Cequinefufiauenu fil eufifeeu le bon Eftat de Brutus. Mais cefiui-cy mourut auec telle refolution à la mort, que fans crainte aucune de ceux qui le tuoienten luy refpon^ant aux parollcs franches quâil leur tenoit: amp;mÃns encores defofperant des moiens quâil eufi foudain emploie fi on ne leufi forré de fi court: ne fombloit prendre la mort moins en gré que celuy, qui ennuié deviure fous vnlabirintheamp; mer infinie dâcnnuis:efi bien aifo de changer fEfiat prefont, pour vne plus heureufo condition à lauenir.
Ie vous ay parlé des lettresSi forme dâEdit que leRoy enuoia dés le vintfixiéme jour à tous les Gouuemeurs de Prouinces.Ceux là amp;nbsp;autres Magifirats auoir rcceu fos lettres fi compor- ques reportèrent aucuns folon i'Edit:les autres au defir de Ihumcur de long temps allumé contre les Pro teftans: ceux mefinement qui prefumerent leurs adions deuoirefire agréables aux plus gras de h Frâ« de la fuitte du Roy.On les repartiten trois endroits à Lyon,pour les egorger amp;nbsp;tirer en lâeau ® ( apres le refus du bourreau neantmoins qui ne vouloir procéder que par autorité de jufiiee.
Et les foldats de la Citadelle qui fo dirent defiinez à la guerre amp;nbsp;non à fi vile proffeflîon )Cer- de Lyon» tains habitans fous la conduite de Morinel amp;nbsp;le Cloelâle : firent piteufoment taindre les lieux amp;nbsp;rues où ils auoient eficz reforrez,amp; rougir^efine le Rofoe, du fing de plus de huit cens Bourgeois. Vn Italien Luquois garda la tefie quâil coupa à vn autre LuquoisProtefiant, bani de fon pays par la Seigneurie pour auoir la fomme dâargent quâelle auoit propofé à celuy qui Icferoit mourir .Plufieurs autres Italiens qui font en gr:;y;id nombre dedans Lyon,furent veus endiuerslieuxforesjouïflà nsdetel exploit: comme fi la France deuoit bien tofliefire vefue corps Brode fos enfans naturels pour y receuoir les eftrangcrs en plus grande fcureté amp;nbsp;profit que para- iâtyon' uant: ou pour la joie quâils reçoiucnt de voir la Religion Protefiante afièz contraire à leurs deflèins, finir par tour leRoyaume. Mais ce qui fut trouué encores plus cruel fut que comme onlesjetoitcnla Riuiere: aufli tofi quâvn Apothicaire eufi dit que la graiflè de leurs corps efioit profitable à plufieurs chofes:^ quâon cnpourroit tirer grand argent fi on la vouloir vendre: on y vit foudain courir tant de peuple que câefioit à qui mieux defcouuriroit les ven-traillesamp;en tireroit plus de graiflè, pour la vendre à ceux qui la demandoien». Tous ces corps flûtans au gré des vens amp;*ondes du Rofoe: furent pouffez en diuers lieux comme à Tournon, Vienne, Valence, Viuiers, Bourg, Saint Efprit, Auignon amp;nbsp;autres lieux riuerots: les habitans defquels fembloicnt auoir en horreur vn tel fpeôfcacle, plus quâaprouuer loccafio dâiccluy- mefinement ceux dâArles la plus ancienne amp;nbsp;mieux peuplée ville deProuence: laquelle faute dâeau de puits amp;nbsp;de fontaine: efi contrainte boirele Rofoe: amp;nbsp;faccommoder de fos eaux en toute neceflité: fi bien quâencor que les Citadins foient des plus fermes Catholiques: fi eficc que pour lâincommodité auenuë: foit pour ne trouuer bonne telle façon de procéder contre fos ennemis: ils detefioient merueilleufement les auteurs dâvne telle cruauté.
Occafion que les Catholiques de Prouencedcuenus plus douxamp; paifibles que par le paHe, parlobjet de teile amp;nbsp;fi eftrange nouueaute font demeurez d^uis en bon repos: encty quâils ayent aflèz de boute feux vnsamp; autres pour enflamer les cÅurs des Prouenceaux. Ailleurs comme jay dit le meurtre fut grand ou petitlèlonlhumeur de ceux qutauoient creance fur le refte du peuple. LesTololëins n'en firent beaucoup mourir.Car la plus part feftoient ja retirez qui à Montauban quâaux autres endroits de plus leur accez. Le Baron de Montferrand Gouuerneur à Bourdeaux nây euft peu rien faire fil nâeuft en ce temps amp;nbsp;fous autre pretexte fait
Tülofc,
Bourdeaux.
Jgt;eptembre
Rouen,
Le Prince de Ãondé fait prifon-nier pour auoir rcfufé la mclfe.
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
fait entrer quelques bandes de (ôldats qui en meurtrirent enuiron trente: empelchant les Ma' gillrats amp;nbsp;autres Citadins dç la ville quâon nâen tuaft dauantage. Ceux de Rouen fi montrèrent plus efehaufez. Car encor que Carrouges leur Gouuemeur \ oulull attendre vn plus ample auis.de la Majefté:fi eft-cc que les habians Ibit pour lâancienne haine quâils portent aux Protellans: foit pour le jugemen»donné contrâeux à îoccafion du tumulte dcBoudeuille: ils ouurirent les priions où le Gouuemeur les retenoit : amp;nbsp;en firent vn grand carnage. Ceux de MeauXjOrleans amp;nbsp;autres lieux les imitèrent de pres. Tours, Angers, Nantes,Rcims,Poitiers amp;nbsp;autres villes fi portèrent plus doucement. En Prouence nommément le Comte de Tende Gouuemeur ne voulut croire aux lettres que la Mole natif dâArle lui en aportoit. Depuis moft en fon liét amp;nbsp;comme aucuns veulent dire fubtilement empoilbnné : eut le Marefchal de Rets pour fuccelïèur au Gouiiernement. De Gordes aulfi ne fe porta fi rigoureux en Dauphiné. Non plus que S. Heran en Auuergne : meu de la mcime confideration que le Comte de Tende pour auoir receu parauat vne declaration du Roy touchant la mort de lâAmiral con traire aux lettres quâon lui aportoit. Somme quâen moins dâvn mois plus de vint mil Prote-ll^s tombèrent Ibus la fureur des Catholiques.
En ce temps amp;nbsp;le 9. de Septembre voulant le Roy que tous lès fujets fulïènt de mefine Religion que lui : enuoya quérir le Prince de Condé auquel il dôna'choix de fvne de trois cho* fes : de la mefl'e, de la mort,ou dâvne perpétuelle prilôn. Auquel aiant rclpondu quâil nepren-droit jamais la premiere: dit que quand bienivne des deux autres full en la puilTance duRoy, que Dieu neantmoins elloit par delfus pour faire du tout à Ibn plaifir. Somme que la confideration du temps prefiint,les perfuafions de fes pà rens auec les induélions dâvn Minilire dit du Roller amp;nbsp;de quelques autres lâesbranlerent enlbrte commâaulfi firent le Roy de Nauarrc que peu à peu ils condelcendirent à la volonté des Catholiques: amp;nbsp;à leur exemple pluficurs Seigneurs, Gentilshommes amp;nbsp;autres fe formèrent à la Catholique.La RoineMere donapoiir Chancelier au Roy de Nauarre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Mefine dit de Malalfilèôc le pourueut dâautres Gern
tilshommes amp;nbsp;Officiers : commâ elle fit aulfi à Monfieur le Prince de^Condé,afin de mieux les entretenir au deuoir amp;nbsp;obeillà nce de la Majellé Tref chrellienne.
Tous reccrchcat toriginc amp;nbsp;vraie Iburce ^âvne telle entrcprilè, de laquelle plufieurs ont rentrc|Hife nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tant de vine voix que par efcrit.Vous jugerez qui plus amp;nbsp;moins le feront ellongncz
des matines du but. Car cu aiât chacun deuïle au defir de la palfion qui les maitnlbit:ne fe faut efmerueil-
de Paris.
iproitamp; piiilTanîC dâvu Roy.
ler fi preocupez dâalFeôlion que toys montrent auoir à leur parti: peu dâeux aient rreuué le vray moti^dâvn tel accident. Les Catholiques bien que dilferens en la caulè, faccordent nc-antmoins de fauteur : que tous auouënt le Roy, veu mefine que depuis il fell déclaré tel en Parlement, amp;nbsp;par lettres à lès AmbalTadeurs en païsaellranges. Mais ils Ibnt differents en ce que les vns font la caufe de ce fait de longue main préméditée : amp;nbsp;pour le repos de fEftat qui autrement eut en apparence perpétuellement agité le corps de nollre France: les autres maintiennent quâelle fut prilè fur le champ,amp; que née de loQcafion qui le prelènta lors : elle fut c-xecutée aulfi toll que le fu jet le lèmbla requérir. Vns amp;nbsp;autres ont des railbns pour jullilfier leur auis. Celles des premiers font, Q^e les Rois font ordonnez de Dieu pour Gouuerncr amp;nbsp;vier de toute puilîà nce fur leurs fujets. Câell pourquoy Die« dit aux Ifiaëiites que le droit du Roy elloit de faire tout ce quâil lui plairoit tant des perfonnes que des biens dâicelles. Et ne faut, dilènt-ils, fubtilizer pour interpreter cela des Tyrans. Car le peu pie ne demandoit quâvn Roy,faireurant que Dieu les pouruoiroit dâvn bon Prince. loint que Dieu nâcull vou- 1 lu mal pouruoir fon peuple clleu. Et auec ce que SaüI,Dauid,Salomon, ni lès fiiccelTeurs ne furent oneques Tyrans : ains vrais Rois encor quâils aient failli en quelque choie particuliere comme il ne peut auoir rien de parfait en ce monde. Câell pourquoy les Romains pöuffe« dâvn mefine inllinél de nature: ont efleu amp;nbsp;confirmé Augulle leur Ejnpereur autorilântla loy royalle par laquelle le peuple,câell à dire tous les Ellats: lui donnaamp; en là perfonne à tous lès fuc^effeurs : tout le droit,tOTi te puilTance amp;nbsp;autorité quâil felloit maintenuamp;conlèrué juf ques la. Voila pourquoy ils nous ont lailïe par elcrit que les Rois ne font fujets à loix : autrement veu la peine qjiâils ont à manier vn fi grand corps : ils lèroient de pire condition que le moindre de leurs fiijets. Ils confelïènt bien quâil y a tousjourseu deux fortes de bons Roisj les vns efleus, les autres Rois nez amp;nbsp;héréditaires. Que ccuxfla nâont autre puilîà nce que celle fous les articles amp;nbsp;conditions de laquelle ils font appeliez au Gouuernemcnt.Mais que la bri-â de
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den'eft pasainfi fence aux derniers, qui ont à cefte occafion droit de dire amp;nbsp;faire ce qui leur plaift: pourucu que cela ne tende à la Ruine de ÃErtatpourla conlêruation amp;nbsp;accroifîèment duquel, Nature les fait venir comme de pere en fils. Si doneques tel Roy qu'eft le noftre, fêm- , ble faire tort à aucun de fès fujets: comme de les bannir ouconfifquer leurs biens, ou faire mourir quelques vns dâeux: il faut faire joue à fâ piiiflà nce^our nâauoir les fujets autre remède que patience amp;nbsp;prières à Dieudeluy fléchir le cÅur: encor quâil fift mal. lointf pour y ajouter le droit de nature) que ce nâeft au cheual ( qui nâeft que pour fêruir) à regimber co-trefefperon qui le picque. Doneques le deuoir du fu jet eft de le perfuader, que leRoy ne pra-ticque lès voies extraordinaires fans grade occafion,bien quâelles luyfôiétinconeuës:pluftoft que fè preparer à la vengeance contre le vouloir de i'Apoftre qui ne deifiandcque prier Dieu * pour leMagiftratcncor,ditil,quâil fôit mefehant. Que dira lâon doneques en ce fait où foc-cafion eft fi manifefte? Soit quâon le confiderc comme prince perfônne,fôit comme publiq ue: il à tresjufle caufe de fc venger de fès ennemis particuliers qui le font auflî de fon Eftat: duquel il luycftoit impoffible voir le repos afièurc que par le deces de ceux quiluy ont fait la guerre, tant de fois brûlé fes places, fâcîagéfon Royaume, tue fès fujets, armé les eflran^rs contre là Couronne amp;nbsp;qui plus efl: mefprifela liberalle largeflè de tant de dons, de tant dâEf tats,charges amp;(. honneurs quâil leur auoit fait par-le paflc,pour les ranger à deuoir de reconoif tre la paternelle douceur de fa Royalle Majefté. Dauantage la Raifon naturelle amp;nbsp;le confènte- De Heox ment de tous veullent que quand nos affaires font tellement difpofèes que force nous eft de tôber en Ivn des 2. inconueniés:quâil nous eft loifible amp;nbsp;plus auantageux de choifir le moin- moindre. dre,amp; fuir celuv qui nous fèmble le plus prejudiciable à fEftat de nos affaires. A beaucoup plus forte raifon tous hommes de fâin jugement,euftènt confèillé leRoy depraticquerce quâil a fait.Car veu que fEftat de fonRoyaume eftoit fi troublé, voire de fi court menacé dâvne ruine ineuitable: que la continue des guerres luy euft moienné fil ne fc defà ifoit desChefz de ce parti:à fcxemple de plufieurs autres Monarques, il a beaucoup mieux aimé fè priuer ( contre û naturelle inclinatiôjouteffois ) dâaucunlt; Chefs Huguenots incôpatibles auec ceux desCa- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
tholiques(lefquels il auoienttousjours plus aimé) quedefè confiner en guerre perpétuelle que la diuifîon amp;nbsp;partialité de ces deux fortes^c fujets luy euft amené. Spmme que le Roy voiant quâil ne pouuoit quâà la longue ranger a force dâarmes les Huguenots au deuoir dâo-bciflà ncc: foit pour eftre comme defefperez ou pour les fècrettes intelligences amp;nbsp;autres moiés quâils entretenoient en fon Royaume j fè refolut dâen auoit la fin comme que ce fuft: inftruit alfez que les Princes veu la puilfâce quâils ont fur leurs fujets: ne doiuent eftre fi^rupuleux quâils ne pratiquent la finefïè du Renard ou la force du Lyon nâauroit lieu . Et ne fè faut,ajoutent ils,anefter au naturel amp;nbsp;jeuneflè di^Roy comme incompatibles à vne fi grande,fi longue amp;nbsp;refoluë diffimulation de fon premier deflein. Car pour le naturel il eft fi bien difeipliné: quâil ne peut degenerer de fès predeceflèurs, lefquels mefînement Loys amp;nbsp;Charles huitième apreuuoient la diffimulation amp;nbsp;la difoient propre à vn Prince fur toutes autres vertus. Moins fè faut il esbahir de la jeuneflè. Car le temps portequclesjeunesapprennentamp;conçoi-uentpluftoft mille fois quâau temps pafle:amp;fè treuuent en toutes chofès plus fou(iains amp;nbsp;ha- Denoirdes billes que leurs deuanciers pou» fi peu quâils foient bien nourris.Mefînement fils hantent cô- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ils
pagnies comme nos Princes qui ont tant de matières dâexercices pour fè rendre habilles amp;nbsp;ac pnt complis en toutes chofès deuantfaage.Brief le fommaire de leur auis eft que comme les Rois ont eftez preordonnez de Dieu amp;nbsp;efleus desPeiiples pour 1q^ gouucrner amp;nbsp;non au contraire: quâauffi doiuent ils gouuemer en luftice. Quoy faifà nt ils confidereiit cefte qualité de Gou-uemeurs ( qui eft le droit, fautoriré amp;nbsp;ce que nous appelions aujourdâhui Majefté à comma-der ) comme la caufè qui fait que la perfonne nâeft plus commune mais fâinte,facrée amp;nbsp;inuio-lable: à laquelle pour eftre bon amp;nbsp;fidelle Citoien de la Monarchie amp;nbsp;communautéfil faut rendre fèruiceamp;obeiflance.Voire dâautant plus reueremmaiit que nousypouuons contempler vnvifimage de ce trcfgrand. Eternel ScSouuerain Monarqu?de lâvniucrs . Et quici^nquey dcfobeyt doit eftre tenu amp;nbsp;puni comme feditieux amp;nbsp;rebellemon pas au Roy feulement ains à fEftat ceft à dire à fautoriré puiflà nceSc Majefté qui vient dâen haut: 8^|Confèquemmcnt de Dieu puis quâil effeôtuent ce pourquoy ils font ordonnez fur nous . Car en ce quâils font appeliez en la parolle fainte, és Hiftoires amp;nbsp;PÅfies profanes : icy Confeillers : là âTuteursâ, ores Gouucrneurs, maintenant Nourriciers, tantoft Conduèfeurs, amp;nbsp;Pafteurs du Peuple : Il eft
certain
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La raifon ne fc doit tousjours dire.
LâHISTOIRE DE FRANCE.
certain que ces noms fèroient vains amp;nbsp;ridicules fi leurs perfones ne leruoient à la chofè publique de Confeil, deffence, Gouuernement, entretien amp;nbsp;conduite en leurs affaires: amp;nbsp;fi dâaffe-élion paternelle ils ne procuroientlebienamp;fâlut du peuple. Somme que le Roy feinblc celuy: qui comme perfonne publicque, ne veut ne fait amp;nbsp;nâattente rien de la propre volonté: finon quâelle loir fondée fur la rai^n vniuerlcllc: amoneftéparla propre conlcience de celle dignité Royalle, que ce nâa pas cité fambition populaire qui aye fait elleuer f Eftat au comble de telle Majcfté: mais la modelte vertu elprouuée entre les bons, qui le font volontairement foufinisà vn qui leur feroit comme la bouche des loixamp; bonnes difeiplines . Ce qui leur moiennera telle creance vers les fujets, quâils ne fc voudront curieufement enquérir du motifs* occafion des pdrtemans du Prince: encor que par fois ils femble dur à plufieurs du peuple: autrement peu à peu naitroit vn nombre fi elFrcné de controlleurs quâen fin le Roy feroit peut eftrc confeillé amp;nbsp;incité dâen faire autant commeCleomencs desEphorcs Lac.edemo niens. La railon de toutes aélions diloit vn läge Romain: ne le peut amp;nbsp;ne le doit dire fi fon ne veut lailfer corrompre amp;nbsp;anéantir beaucoup de bonnes inftitutions au grand deûuantagedu piÃlic. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
A V cv N s des Catholiques, nomméement ceux qui apres lefait en lailïèrent quelques difeours par elcrit: Se tel qui fuit attribuent tout au juflc courroux que le Roy prit contre les Protellans apres la blelîiire de fAmirahfur le rapport quâon luy fit que delêlpcrez dâauoir jul-ticc de ce fait pour la faueur quâauoient ceux de Guife: fe la vouloient faire eux melmes:t3nt fur les auteurs de la blelTurc que fur les perlônnes de leurs Majcllez Se de Melfieurs fes freres: à quoy,dilcnt ils,le Roy du commencement prefta volontiers foreille: lé perfuadans quelque cholé de ce raport eftre vray veu les hautains portemas Se parollcs de brauades que plufieurs des Protellans apres la blelTure de leur Chef, tenoient haut Se clair Se deiiant tous: julques à menacer mefmes ceux de Guifef quâils failbient auteur*de tout) de les aller forcer en leurs mailbns Se faire pis fils nâauoient prompte juftice de celle blelTurc. Aquoy ils ajoutoient les propos de îAmiral blelTé: lequel comme le Roy,Roine mere Se autreyalaflént confoler leur dit : quâil pourroit par ce coup demeurer impotent dâvn bras: mais aulfi lain de cerucau que jamais: Se que fi leurs Majelléz ne feuflént fi temps retenu leur aiantplufieurs fois demâ-dé Ion congé: ce mal ne luy fut auenu: quâil ne pouuoit atendre autre en Paris,mais que Dieu donneroit ordre à tout. Surquoy ceux qui doutoiôt les artifices ruiez de celuy les elprits duquel affinez par la continue de nos guerres:voire les léns ja vléz à la conduite de tant de trou-pes:failbiét^refumer que fon cÅur vFceré du deshôneur quâvn jeune ret auroit pris vn vieil oi-
léau,plus que de la confideration dâautre mal: ne repoferoit jamais quâil nâeull remis lés freres en campagne,pour fe venger à dcfcouucrt de la plaie^uâon luy auoit fait en crainte amp;nbsp;cache-te:furent dâauis de donner fuitte au premier coup par vne Ibudaine mort des principaux Con-federez. Melmement dirent ils au Roy,que fur foccurrence de la blelTure les premiers faflém-blercnt au logis de lâAmirahSc ne demeura long temps à .courir vn bruid ( duquel le Roy fut à îinllant auerti par deux perfonnages lefquels y auoient fait nombrejque les Huguenots Tap-prelloient pour Talféurer de leurs Majellez. Si queleRoy prelïedâyobuier, fut confeillé de preuenir leur delTein par vne execution lôudainc de tous cesChefs lâns Tamulér aux informa-. dons Scjugcmans ordinaires requis és cas particuliers: non és occurrences qui concernent Xi°au Roy ^3 vie OU LEftat des Princes. Les mieux verléz au maniment de ce mode font dâauis quâés ma-contre les ladics extremes amp;nbsp;dangcreulés ij eft loifible amp;nbsp;befoin dâvlérde remède prompt, extreme amp;nbsp;. Ptoteflans. jj32ardeux: quâil falloir incontinent aller au déliant delà conjuratiô , la preuenir amp;nbsp;dellour-
Confeil
ner promptement fur la tefte des conlpirateiirs iâcncombricramp; le mefehef quâils machinoient contre le Roy amp;nbsp;les fiens:amp; que {ans plus tarder fur lâheure mefmcil falloir mettre la main aux armes amp;nbsp;fe depefeher dâeux.Le Roy la Royne mere amp;Menicurs les freres dilbient quâvue telle execution lôudaine, rigoureulê ôc extraordinaire eftoir voirement digne de lâaudace amp;nbsp;mefcha|iceté de ces malheureuî : Mais quâil leur fèmbloitplus equitable amp;nbsp;plus digne de la clemence dont le Roy auoit tousjours vfé en leur endroit:eftoit de faire plus amplement informer amp;nbsp;procéder colore eux: amp;nbsp;ce pendant faire prandre prifoniers ceux que Ion difoit auoir conjuré. Alors les anciens remonftroient quâil falloir ici commencer par fcxecution.Qi^e en vne chofe fi euidente amp;nbsp;vn peril fi grand amp;nbsp;fi proche, il fèroit bien dangereux dâattendre vue fi longue trainee d'informations de delais amp;nbsp;de procedures.Quâon auoit aft'aire à des hommes trop
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trop audacieux amp;nbsp;en trop grand nombre pour cuider exécuter ces prinfes de corps.Que le Roy eftoitprelTé du temps. Que les choies de plus grande conlêquence le tournent bien iôu-uent en moins tie rien: amp;nbsp;pendent comme à vn fillet. Et que fi dans la nuiót prochaine lâon ne nbsp;â¢
venoità boutdesconlpirateurs:câeftoit lâitduRoy amp;nbsp;de tout le Royaume. Acelarelpond fa Majefté quelle nâauoit point feulement à conferuer là vie^ mais aulfi lôn nom amp;nbsp;bonne renommée en lôn cntier.Q^ fi ton failôit informer plus auant, amp;nbsp;que les conjurez eftans prins prilônniers fuflent conuaincus: il auroit pourucu aux deux.Car que diroient les nations ellrâ-ges,dilôit-il, finon que pour venger les vieilles injures on auroit requis amp;nbsp;affedé ce prétexté ' de conjuratiÃ?Ajoutöit à cela que le Royaume luy auoit efté tellemét lailïe par ces Anceftres nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
amp; aulfi que dés lôn jeune aage la Roynelâ mereîauoit inftruidamp;enlêignéparlà prudeifce, amp;nbsp;accouftumé aux Loix de la juftice de telle lôrte, quâil ne voudroit jamais condamner per-fonne là ns tauoir ouy: ne permettre que celuy full tué quinâauroit efté condamné: Seferoit grande conlcience de lôuffri r à tendroit du moindre de les fujets quâil full puni comme coul-pable de crime lâns luy auoir faid faire nbsp;nbsp;parfaire lôn proces.QiTil aimoit mieux encouri^e
danger de là vie que dâentamer là réputation ou bleflèr lôn ame: mais quâil elperoit puis que la choie eftoit ja delcouuerte que tous ces dangers pourroient eftre euitez là ns tuer perlônne.
Laillèz je vous fupplie celle e^erâce.Sire,dit tvn de ces vieillardsjCar tels conjurez pourront parauanture bien eftre tuez fi ton y va incontinarit: mais de les prendre il eft impolfible fi ce n'eft vn ou deux amp;nbsp;encores non là ns meurtre que vous voulez neantmoins euiter: amp;nbsp;quand bien vous vous là uueriez de leurs aguets, pour le moins ne pourrez vous efchappervne autre guerre ciuile:amp; alors lêrons nous contraints de voir par la quatrième fois les pilleries brufi lemens,ruines,degafts amp;nbsp;embralèmens dont vos Gaules fument encores trop milerablement. Et en voulant par trop elpargner vqj ennemis certains amp;nbsp;jurez: vous aurez contre voftre intention efté cruel enuers la patrie, amp;nbsp;prodigue de vos bons amp;nbsp;loiaux fujets. Câeft ce bblmc ( Sire ) dâauoir comme trahy le pays: câeft celle charge amp;nbsp;remords de conlcience quâil faut craindre amp;nbsp;auoir en hoareur. Car au relie tout homme de bien amp;nbsp;equitable: appreuuera vn ⢠ade ft beau amp;nbsp;fi neceflà ire: lequel nous Içauons vous eftre loifible par toute railôn amp;nbsp;droid humain:amp; nây auroit pas faute dâexemple queitaus pourrions vous allegiftr fi la matière re-queroit vn long difeours pluftoft quâvne prompte execution. Et pourtant,Sire,là uuez vous, fauuez la Royne voftre Mere, ûuuez nous tous, là uuez le pays. Voila les railôns quâaucuns Catholiques ont fait publier pour montrer quâelle occafien le Roy a eu de commâder ce qui fut fait au vintquatriéme Aouft. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
iLsconfellent tous maisles deux parts deteftent les cruautez pratiquées furies Francczî Peuple amp;nbsp;aufquelles melmes ils enflent bien vouluîîbuier. Mais le peuple poulfé dâvn extreme amour quâil porte à fonPrince peu moindre quâeft là reuerece enuersDieuf auquel il lêmbloit vouer en facrifices tant de corps pour offrandes expiatoires de lés pechcz:)fi trouua tant animé quâil fut,difent ils,impolfible de feulemant atiedir la boudante fureur de tant de telles. Ce nâfeft aujourdâhui, ains de tout temps telle à efté la Nature de la Populace-.que ou bien elle fe tient coye oyfiuemant ou bien le mutinant dâvne extreme violence le desborde à toute Ãuauté: amp;nbsp;ne garde moien nây mefure quelconque. Outre ce il nây a jamais faute parmi les hommes -en quelque part du monde que ce lôit de haines,enuies,noilès, querelles, amp;nbsp;proces de tous lef quels maux noftre France à raifon de trois precedens troubles regorgeoit deftoutes parts. Et par tant,tandis que les vns peuflènt à reuager leur PriiKe:les autres à vâger leurs injures parti-culieres:les autres a là ouler leur haines:les autres à piller amp;nbsp;butiner on ne le lôuuient point de la volonté du Roy:on nâoit point lès Edits : on luy fait nâaillre infinies occafions de doleurs, regrets amp;nbsp;fâcheries. Car il ne fut en là vie en telle peineiSc ne porta onques rien fi impatiem-mant: que dâentendre la mort de ceux quâil defiroit conlèruer en toute lôrte. Il auient prelque ordinairement en telles lèditions amp;nbsp;tumultes que les moins là ges y ont plus de puilfance amp;nbsp;authorité. Car le Conlêil des prudens nâeft receu ny elcouté finon lors, que le temps ffft calme amp;nbsp;tranquille. Mais aulfi toll quâen vue ville où abordent des hommes de toutes parts amp;nbsp;diuerfes nations comme eft Paris:la poinéle de la fureur fc melle parmi lc?elprits dcquelques vns : lôudain amp;nbsp;qualî en vn moment elle prouigne amp;nbsp;feilend à merueilles paflà nt de fvn à fautre auec vne célérité incroiable.Et au moyen de la participation amp;nbsp;contagion du mal,com mepar vn folennel lèrmcnt ce fait vne liailôn de courages amp;nbsp;mutuelles, volontez qui agran-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dit ce
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Fidelité amp;nbsp;rcijprencc des Frâçois vers leurs Pirncc.
dit ce parti amp;nbsp;lui donne des forces cxcefliucs:dont il deuiêt de plus en plus inlôlcnt Sii. redoutable. Et tout ainfi quâvne grande Riuierc quand elle eft desbordée rompt amp;nbsp;brile ce quâon luy veut oppolèr, ou bien palïc par deirus,amp; ni à remede quelconque pour lâarrefter amp;nbsp;ramener à fon droit amp;nbsp;ordinaire cours,queceluydu tempstauflî leureftoit,di{entils,impoflîble, dâappailèr vne telle multitude dâhommes fi effarouchez amp;nbsp;fôuftenus: mefinement pour occa-fion fi grade que cete cy .Et moins encor la ranger au train acouftumé de là vie par autre voie que celle du jour. Ajoutez à ce point la confideration de noftre naturel amp;nbsp;le los qui eft comme hereditaire à ce peuple François.Il nây eut onques nation qui ait tant rcueré ou plus fâinte-ment honoré lEftat Royal que la noftre: ne qui auec plus dâaffeétion vehemente dâamour amp;nbsp;plu? de fidelité le Ibit maintenuèamp;côportée à lâendroit de lôn Prince louuerain. Eftrc conu de lui ou nommé par là bouche nouslêmble vn trelgrand lauantage : voire julques à mettre en cela le comble de nos louhaits amp;nbsp;félicité humaine.
Auis des nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jLcs Proteftans a u contraire bien quâils ne le peulïènt du commencement fà ntafier,que le
iL?kmequot;u*r. Royquileur auoit jufqueslà montré fi beau femWant en full le promoteur : fe perfuaderent trede la s.i au long aller veu îhumeur de ceux qui le gouuernoiétamp; la continue defieure en chaudmal: Barthelemy nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;longue main dilfimulé Ibn deftein pour couler le temps amp;nbsp;preparer toutes cho
ies cependant à Icxecution dâvn fi haut projet,quand foccafion fi prelènteroit fauorable. Sâeft trcuué bon nôbre dâautres qui jugeans du fait auenu lêlon les circonftanccs dâicelui amp;nbsp;nommément au raport du pallé auec les confiderauons tant du naturel amp;nbsp;façons de faire des pef' lônnes que des choies quâils voioient le comporter lors de cette entreprilè: nâont pas voulu donner auis fi aigre contre les vns ni contre les autres : ains eftimans que le fait full auenu i-nopinément amp;nbsp;là ns plus longue preuoiance : dilênt que le tout apres la blelîèure eft luruenU par occafion amp;nbsp;à maniéré de dire par contrainte tirée dâ^me choie à lâautre. quot;Voici comment. Ils mettent le Roy amp;nbsp;la plulpart de Ibn Conlèil commâ ils font auffi Jes Proteftans hors de toU te conlpiration : veu le comportemant des choies tant précédantes que 'furuenuës depuis le ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fait : amp;nbsp;dilênt quâapres que îharquebufier eut failli f Amiral ( ce quc^luficurs attribuent à ls
querelle particuliere des deux mailôns de Guyfe amp;nbsp;de Coligny) les Catholiques prelumans que les fauoris de*!âAmiral,( veu le grand nojjibre de partilà ns quâil auoit) en recerchoient v-ne vengeance : confideré nommémant lâamasSi prouifions dâarmes quâaucuns de leurs failoient de jour à autre ( aux fins toutesfois de preuoir, dilbient-ils, à plus dangereufes entre-prilês de ceux de Guyle ) donnèrent fubtillemcnt à entendre à leurs Majeftez : que le tout fc trainoit à ^fcur delà uanrage :lbit quâon leur en vouluft ou à dâautrcsj veu que le remumant en viendroit ne pourroir tendre quâau là c amp;nbsp;rauage dâvne fi grolïê ville que Paris. Quâil vâ-loit mieux preuenir que dâeftrefurpris: à eux melm«nent,lâautorité defquels lêroit tousjouts vers les füjets,lE juftification des entreprilcs exécutées à leur aueu: fi bien que leur Majeftez perfuadées par tellesamp;autrcs railôns: prelfécs dâailleurs à lâexecution dâvne chofc,lailongueut amp;nbsp;retardement de laquelle importoit à tant de Seigneurs amp;nbsp;autres Catholicques de la vieamp; pertcâde tous leurs moiçns,laftherentlabrideà ceux,qui nâeftoient à ce retenus jque de b crainte dÃes olfenfêr. Comme que ce fut les chofes fê portèrent ainfi quâauez entendu, câeft à dire fi mal que rien plus; non pour les Proteftans fêulemffnt : ains auffi pour plufieurs bons Catholiques, traînez par fecrettes paffions partieuHeres à mefme malheur que celui qui a-tendoitleurs ennemis.
fuHcs me Plufieurs fempefehent a difeourir fur le merite dâvn tel accident: amp;nbsp;nômémant de la mort rites de la dc lâAmiral ôc autres plus fignalez apres lui. Les vns difênt âquâils feront à jamais def honorez mîrai amp;nbsp;au nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnorf leur femble infame amp;nbsp;malheureufe tant pour îoccafion que pour la fer*
très Chefs me dâicellc. Les autres au contraire,les defehargeans de toute confpiraton : les tiennent morts pour lenuie feule quâon portoit à leur vertu : amp;nbsp;par confequent les eftiment heureux dâeftte affranchis de lenuie dc ce m^de.Mais heureux fur tout,pour eftre morts pofteffeurs delà vc^-heureux amp;nbsp;tu QiM Ics efclairoit en tous endroits. Car, difent-ils, comme nul ne doit eftre dit heureux a-Kâ f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
dernier de fes jours : quelque vie vertueufe quâil aye tousjours mène veu lâinccrtitU' de des chofes motHlaines qui le peuucnt deftourner au mal. Auffi ceux qui nâaians jamais for-ligné de la vertu : meurent en la pofleffion dâicelle : peuuent eftre dits heureufement triompher de fenuie,amp;enfemble de îopinion de tous ceux qui ne jugent bien ni rondemant du mérite
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rite des hommes. Ils difent dauantage, que qui voudra bien efplucher feftat de cette vie humaine : ne lui Içauroit treuuer que deuxlbrtes de fin. Lâvnc belle, honefte,profitable amp;nbsp;bien heureufedâautre contraire. Si lâon ne veut attribuer celle de ces gens icy à Ivne des deux : ils n^rt des falTurent du moins que celuy fait belle fin,qui en mourant faffranchift de tous ennuis.Et bien ^wmmes. que plufieurs voire tous lëvoululïènt attribuer cela, eftainla Mort, commune aux bons amp;nbsp;mauuais;amp; aflèurée fin à toutes les aélions du corps. Si eft ce que cela eft particulier à ceujt qui emploiez au manimant de grandes alfaires:empelchent le long cours de leur vie, dâinfinis milions de fouets. Tels ne Ce doiuent dire mourir, ains viure à perpetuirézfils laiflènt à leurs Neueux matière de profiter en la confideration de leur vie premiere: la mort de laquelle dô-nant vieà la gloire de leurs faits (puis que fcnuiceftaint lâhonneur du viuant) imprima en ' nbsp;nbsp;â¢
nos efprits auec vn regret dâeux, vn defir de nous conformer à ce quâils auront enfanté de bon pour lesfuruiuans. Au rebours fi gauchans à Icurdeuoir : ils employent leurs moiens à autre fin que celle pour laquelle ils font eflciiez fur le refie des hommes : outre le dommage quâils font de ne profiter au publicq comme ils font obligez amp;nbsp;le delplaifir que les bons reçoiuent du pouuoir amp;nbsp;autorité quâonquot;leurà donné : auec le deshonneur immortel qiÃls Ce moiennent amp;nbsp;à toute leur race (fuiuie dâvn eternel reproche d'efire venus de mauuais de-uanciers) ils font que toute la pofierité Ce reprefente leurs aélions paflees pour les fuir comme celles des autres pour les enfuiure. Comme que ce foit neantmoûis qui confiderera bien la choie en foy, le precedent amp;conlcquent à icelle auec toutes les circonfiances du fait: di- morts à ra que jamais gens ne furent tant aucuglez : onques ceux qui plus ont à it profelfion de finef p«ââ-le ne furent mieux affinez : Depuis que le monde efi ; creatures ne furent fibienprifos à la pipée : Car on ne les fçauroit totallement excufor de faute, veu la longue pratique de fi grandes affaires quâils auoient conduiél : laquelle les deuoit rendre fà gesà leurs defpens, voire dignes dâen foire leçon à autruy. N^is qui les rend fur tout inexcufobles :eft le peu de compte voire la rifée quâils foifoient,dcfclaignans les remonfirances amp;nbsp;aflèurez auertiflèmans quâon leur donnoit de leur prochain defafire. Surquoy plus il y penfo amp;plus ytreuue je matière * de confideration. Sans doute la quallité de ces perfonnages : la grandeur de finconuenient auquel ils ont paré de la tefie, amp;nbsp;ce qui en efi depuis auenu : mefêmble Ijien mériter, que mementics tous mefmement les grans y regardent de plus^res quâils ne font. Car ce nâeftaflèzde difi Gransdop courir du foit auenu, qui ne peut cfire quâil ne foit foit: ce nâeft afîcz mefîne dây reconoiftre deriesincô-la faute des hommes : Ains fi nous voulons fcmbler mieux auifez : il en fout reccrcher fori- ueniensdes gineamp;vrayefource pour fc garder du moins à fexempFe dâautruy de tomber enrefîne in-conuenient. Les plus excellens en tous fiecles : fempefehans à faire voir lacaufode tels de- maux amp;in. fofires amp;nbsp;notables incidens que ceux doyt jâay parlé : en attribuent feuenement au foui cour- couueniens roux de la Fortune : difons quâelle nous aueugle, quâelle nous esblouift fi fort la vigueur de noftrc entendement, quand elle nous veut foire le jouët amp;nbsp;vraye matière de fon inconftance: que force nous eft de la laifTermaitrifor fur nous en toute liberté: ne nous reftant aucun pou-noir dâempefeher que la force de fon ire, ne nous rende aufli malheureux quâelle à vne fois projeté. De moy toutesfois qui ne puis receuoir és aélions humaines aucun bon iiiy mauuais heur, hazard nây fortune quelcijnquc : maintiendrois volontiers que nous y foifons noftre fortune, noftrebon où malheur nous-mefmes. Siparvnefoge conduite noftre entreprifo reüfcit à noftre defir nous nous,foifons vne bonne fortune : Si au rebours nous marchons in-diforets, mal preuoyans amp;nbsp;mal deftournans ce qui peut rompre ou retarder nos defreins:câeft cefte foute, câe*ft noftre indiforette preuoyance qui fait la mauuaifo fortune. Et non chofo aucune qui foit fur le pouuoir des hommes. Plufieurs neantmoins qui nâont le cerneau affez fort pour bien remarquer la fuite amp;nbsp;variable cours des accidens humains : ne fo peuuent per-fuader quâil nây aye vn certain bon où mauuais heur : à raifon defquels on appelle les hommes bien où mal fortunez,bic ou mal heureux,pource quâil fomble à îinfuffifonce d u cerneau des hommes amp;nbsp;fur tout à la petite capacité du vulgaire: quâés dHions efquelles on en voit des malheureux, les plus foges y failentfouuent, amp;nefi peuuent conduire à leurplaifir. Mais câefttonsjourslafautede cesfoges lefquels foublientlesvns plus, les augjes moins fonuent: amp;fo laiflènt tranfporter au vent dâAmbition,à vn apetit dâhonneur, dâauarice, de vengeance, de plaifir,de cholere où à telles autres confiderations mondaines, qui leur font autant de pierres de chopemant, pour les foire broncher an plus beau chemin du monde : foute quâils cm.
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HuUnmnn-mtnabeÃfi fit prude tia fed te nos fucimus fortuna de-cim flaque loceimus.
Setpiens do~ tnitubttur lt;dÃrts.
LâHISTOIRE DE FRANCE.
ploient leur fèns amp;nbsp;clprits ailciirs quâà ce quâils entreprennent où qui leur eft de plus dâimportance. Mais je fuis dâauis, que comme f homme bien ne amp;nbsp;pourueii dâvn bon fens: peut marcher auifèmanten toutes choies amp;nbsp;iè porter diferet en toutes lès adions: pourueu au relie des moiens humains lèlon lEllat amp;nbsp;condition de vie en laquelle il fe voudra maintenir : Si dâvn bon jugement il preuoit les accidens ( comme il fera aifément fil nâemploye lès lèns aileurs) que facomodant des bons amp;nbsp;deltournant les mauuais: Il ell impolfible quâil lôit trompé nây malheureux en lès affaires: fil nâell forcé de lè lôus-metre à quelque inconuenient par v-nevoyebicn extraordinaire: comme de lenuie amp;nbsp;mefchanceté dâvn plus puil^t que luy ou autrement. Celuy des Anciens qui lè moquant de fortune dit.
⢠toute vertu requilè a lè bien gouuerner eftoit en nous, li nous auions^lâ-geffè ; nâa pas ditautre cholè que le Romain qui a laifle par elcrit que la lâgcflè de Ihomme maitrilè amp;nbsp;gouueme les Affres. Nâeff-cc pas aflèz dit pour auoir companion des milèresFran- r coilèsîVoions donc li les calaipitez Flaman-
⢠des Ibnt moindres otrtligncs de
plus grande pitié.
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Du Trentiéme Liure nbsp;nbsp;â¢
'ü I T T E duÃegede nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Le Ducd'Aine'Ueuteinpefcherl'entreeaHT^rince
d'Orenge (^äÃn Année, tjui defiend d'Allemagne au pays bas. Les places quelle prat. Lettres du nbsp;nbsp;nbsp;d ceux de Sancerrepour receuoirgarrufin Catholique. Si les Protefians
peuuent porter la croix. Du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zALiniflre renonce fiifiy ep- fiiit tournerplufieurs
Seigneurs cp-autres à la fiy Catholique. De fin progrez zp repentance. Lettres du P\oy aux Gouuerneurs pour ofler la'PjligionTroteftante amp;eflablir la Catholique :aueclt deuoir des Ecclefiaflicqs aians charge.F orme dlabjuratio qu on enuoie aux Gouuerneurs 'k pour y contrainte les FroteÃans ; auec la creace qdtls doiuent tenir. Le F^y ofie tous â les Efiats aux Froteflans, orquils abjurajfint. Le F^y deispauarte epâ Prtnce de Codé enu oient lettres excufitoires du pajj'é au Fape, qui les reçoit en fi bergerie, cP leur efint patetnellement .^oye publique à F^omme (p-en pilleurs lieux pour la quot;Journée Saint Barthelemy, feflecp' fi lennitè de la journée Saint tdfilichel. Le'B^y del^uarre eficrit ercfis pays pour y abolir la 'IReligionFroteflante quefi Adere y auoitplan-tee. Mais onne veut rien changer:fisfijets le difins ca^f. ^Autant enfile Duc de LâÅrraine.SigifimondT^oy de Pologne meurt. La 7(oyne mere enuoie lâEueJque de \aléce en Pologne drejfir les préparât!fi pour fiire entrer zAfonJieur en feleélion du quot;Boyaume,auec fis harengues aux Efiats.
cy deflTus que faut que le fîls du Duc com-manda aux troupes qui campoient deuant MÅis : les atta-L quesfèmbloientfydrefTer par forme deplaifiramp; ordinal-Mons en re exercice quây prenoient ces guerriers,plus que dâopinia Hainaut, tre inimitié qui fuft entre les deux parties: comme fi les Efpagnols ne fufTent baftans ou nâeuflènt charge de faire plus que cela: amp;nbsp;les alfiegez nâaians elpoir decroupir long temps entre des murailles : veu que le Prince l^ur amenoit hâ vnefi groflè armée. Mais filseuflènt foeu.ee que je viens de dire : ils enflent autrement penfc à eux. Le Duc dâAlue qui en fut plufl;ofl:auerty,fafleura foudain parles porte*
mans Parifiens, du bon heur defos affaires. Tellement quâencor quâil vit la grofle troupe des lcDuc iGcçmains qui ramenoient le Prince dâOrengeen les pays: ne fiteftattoutesfoys dâemploier' eut empef. tputes fes forces pour luy en boucher les paflagcs.Ains auoir ordonné quelques troupes pour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h«
garderies bords de la Meule: ne fit difficulté de mener le relie de fesforces auec vintquatre Meufeau ⢠Canons amp;nbsp;finit Coulenrines deuant Mons : refolu de le prendre au nez du Prince amp;nbsp;de fos battre mós
^Gprfnains. Les alfiegez conçurent auffi toll là venue tant parla falue des Canonades amp;nbsp;in- tsutenfem-fipis coups dâharquebus que lès gens tircrcnt:que pour les ditferens portemans des Ibldats de Ppm pederiçh qui commencèrent à lé manier autrement que par le pafle. Car aianffait vne telle de fes Elpagnolsjils donnèrent aux faujt bourgs de Bertemond quâils gangnerêt en fin. Mais croilfantauec le nombre le cÅur des alfiegez: lesEfpagnols fnren^orcez dâabandonner leur conquefteifî que les François eurent aflèz de raoien pour mettre le feu aux maifons amp;nbsp;bruflerent le fiiux bourg,tellement que de trois jours ils ne fy vindrent camper. En fin le lieu
L1 ij.
-ocr page 174-septembre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
LâAbaye dâEpinleu bat UC amp;en-leuée par les Efpa-gaols.
delèrt fut repris amp;nbsp;lè retranchèrent comme au mitan de la rue: gardant le Temple vers eux affin quâils euflènt plus de moiens à leur deffendre fi on lesyvenoit incommoder. De là ils commencèrent leurs tranchées qui prenoient hors le faux bourg, les continuant julquesau pauè amp;nbsp;de là au rauelin de la porte. Et pource quâils y vouloient aller par diuers endroits : ils en conduirent deux autres fur ce^e chauffée dâeftanc qui eft tout de contre amp;nbsp;forteftroite : fi que les aiant amenées julques au Tapecuhemboucherent toutes les trois en vne.Là ils dreffe-rent vne forme de Blocus fy fortifians de planches,Ibliueaux, facines,lâcs de terre amp;nbsp;telles autres matières quâô treuue à propos,ou quâon y aporte pour lè couurir amp;nbsp;y loger vn bon corps de garde,lequel y repolbit Jour amp;nbsp;nuiét, relblus de le tenir pour tirer lâeau du foffé:amp; par ain-fi all^r plus librement à faflamp;ut.Ce qui leur fut impoffible pour l'opiniatre deffencc de nôbre dâharquebuziers que le Comte auoit logé dans la Contre-efearpe qui les empefehoit de couper la retenue dâeau qui leur reftoit. Sur ces entrefaites:Le Duc voiant les commoditez que les tenans receuoient def Abaye dâEpinleu:tantpour les forties amp;nbsp;retraites quâils pourroyent i- faire par là en toute fèuretérque pour les viures qui leur venoient de ce quartier : délibéra de le«r enleuer la place.Câeft vn fimple ediffice diftanr^âvnc Canonade de Monsique Payet qui y cÃmandoitauoitaucunemantaccômodépourlalèurcté de 150. harquebuziers quilete-noient amp;nbsp;îauoient Ja fi bien deffendu fous Rouuray par cy deuant, que les Elpagnols furent contraints fen retourner les mains pendantes à leur General.Le Duc fit placer deuat f Abaye trois Canons amp;nbsp;vne Couleurine:dont il fit battre le portail inccflà mment.Il y enuoia 54. Ca-
Afliegez en Mons comme auertis des Matines Parificnnes.
nonades donc îediffice fut tellement esbranlé que voiant Payet quâil ne falloir plus que trois ou quatre coups à le voir par terre,amp; donner aiflèz dâouuerture à ffifpagnol dây entrendelibe-raîabandonneramp;: en fit fôrtirfès gens quâil conduit efcarmouchans tousjours Jufqucs en la ville à toute fèureté fans perte dâvn fèuhfôus la faueur neantmoins des barricades quâon auoit par allant dreffées fur la chauffée.Et auffi dâvn nombre de theuaux amp;nbsp;3 o. harquebuziers qui fôrtirent pour luy fauorifèr fa retraiéleilefquels fbuftenans la chaude pourfuite que la cauallc-rie de fennemi faifbit deçà amp;nbsp;delà le paué:dônerct en fin affez de moicn à tous de fè retirer à couuert.Ainfi fEfpagnol maiftre de la place y auoir laiffé Garnifon telle quâil luy fèmbîoitiiC' oefïà ire:ramena le lÿfte à la pourfuite des retranchemens amp;nbsp;autres Åuures necefïâires pour a; uancer la furieufè batterie de la ville.Pour les âlonner amp;nbsp;fe faciliter de plus en plus la prinfc de la place:Il leur enuoia vn fôldat que fès gens auoient pris à vne cfcarmouche pour les auet-tir de la mort de îAmiral amp;nbsp;de tant dâautres Seigneurs amp;nbsp;Capitaines qui fauoient accôpagné: en fomme nbsp;ce que vous auez veu cy deffus.Dequoy bien esbahis nâen firent toutesfois
fes ncceHai-
blant: Ains le renuoierent au Camp pour luy donner à cônoiftre quâils ne vouloient reccuoir gês qui leur apportafïènt mauuaifès nouuelles amp;nbsp;quâJJs fen tourmentoiet encor moins. Sôæc que les trois chofes aufquelles le Duc fè monftroit le plus affedionné, cftoiétles trachées de-res à confide uant les portes pour empefeher les faillies des affiegcz.Lâauâcemet de la batterie quâil vouloir veut en Je- diligenter Sc continuer ûns intermiffion. Puis les préparatifs à faflà ut auquel aiant délibéré uer vne pia- faire fâ batterie à la porte de Bertemôt,il voioit 3. choffs luy prejudicier. Le Rauelin qui coU eed afiauc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pQjje deffimdoit les deux courtines amp;nbsp;lefoffé.Lâeau qui eftoit dedans,puis fcfpaulc
que les tenans auoient fait fur la Contref carpe pour loger n^bre dâarquebuziers qui puflent deffendre lâentrée au foffé en cas que le Rauelin allà ft par terre: empefeher auffi par ce moicn la côduitc de leurs tranchées quâelles ne vinffent ouurir la Contref-carpepour entrer au foffé-
Préparatifs des afliegez à 1âalläut.
Batrcrics de Mons.
Il donna neantmoins tel ordre à tout,quâauec grand nôbre de Pionniers pour remuer terre amp;nbsp;porter toutes matières necelamp;ires à leur ouurage,diligence amp;nbsp;refolution de foldats: amp;e. peuuoit aporter de luy,fçauoir eft la conduite amp;nbsp;autorité à toutes cholêsjquâil gagna julqucs aux foflèz: délibéré de les nettoier dâeau pour faciliter îaccez de la breche que fon Artillerie pourroit fai rc.Cotre laquelle neatmoins les alTiegez feftoiêt pouruenus de bons rapars amp;nbsp;plat «es formes quâils auoiét elleué here les murs és plus foibles endroits où ils jugeoifet que la bat terie le jiourroit pluftoft adrelIÃ.Ils feftoient auflî retranchez à melme fin, amp;nbsp;outre cey auöft de long têps pour la deffenlè de chacune porte vn bo Rauelin folïoié amp;nbsp;eftolfé de melme nia-tiere que les muraille amp;nbsp;portes de la ville hors lelquelles ils auoient cfté baftis.
L A batterie fut diuerlê. Car le Duc partit lès pieces en trois endroids. Il en dc-ftina fix pour battre en la ville à coup perdu, affin dâeftonner les habitâns amp;nbsp;effrayer le plii^
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plusidu,Soldaïs.fquâjl poutfoit. Il les logea aux faux-bourgs fur vn mont qui commande, eu U villes St pource inCommodoit fort le dedans. Puis diftribua le relie en deux enr; droHsw;.Tp,U£es nt5antmoins nâauoyent quâvne mire, Içauoireftle Rauelin St muraille de Bertemont où if dehberoit faire breche. Les-trois prenjiers joursîde la batterie furent emlt; ployer à leuerlesdefifeueesquieftoyent le portai, quelques Tourions qui flanquoyent les: Co'utttiues Stic Raiielin.fur lequel ilinfifta dauantage pourle voir lalèureté de tout cell en-dmidSt û compolition de bonne eftofles: Ils famulèrent du commencement à batre la por-tedcBertémontipuyé de deux Toursde haut defiiuelles ils bâtirent par deux jours de dix Canons qui le percèrent à jour lâns autrementâfoffenlcr. Tellement quâils le voulurent batre au piedç.mais le Rauelinle couuroit qui eftoit bien gardé. Ce fait auec huit pieces quâils a-uoyent placées bas fur le bord de feftand qui vient au folle de Bertemond, bâtirent en forte lés deflènees quâils les râlèrent tant à droit quâà gauche: puis employans le relie de leurs Canons contre le Rauelin: Enerctindrent en Ibrte la batterie quâils le renuerlèrent prelque tout en poudre. Nâen reftant aux aifiegez que le derrière où ils feftoyent retranchez amp;nbsp;gabionez pourlaifaut. Ils battirent auflî la Tour Saint André compofée dâvne efpaiflèamp; forte etigfe amp;nbsp;toute de brique contre laquelle grand nombre de Canons ne peurêt autre choie que la per- ^îrdesTffic* cer: mais fi à cler que les alfiegez ny pouuoyent loger enlèureté .Toutesfois pour remedier gez, à cell inconuenient, ilsâpratiquerent dedans le rempart qui eftoit derriere la Tour, vn flanc où ils logèrent trois Canons amp;nbsp;deux Couleurincs fur rouës qui endomagerent fort ÃElpa-gnol amp;nbsp;fen penlbyent encor mieux preualoir à lâaflauu Ils relèruerent auflî pour cet elfed vn autre flanc fur la platte forme quâils auoyent ellcuée à lâautre cofté de la porte Bertemond, où ils logèrent cinq autres pieces dont lElpagnol ne les fccut delloger quelque deuoir que filfent lès pieces à cefteffed. Il employa quatre jours fuiuis de quatre nuicls pour faire la ... â batterie que jâay did : amp;nbsp;continuqjent ces grondemans de Canons pres dâvn mois auec peu . । dâinteruallesjtant pour plus grande ouuerture,que pour donner moins de repos amp;nbsp;de crainte ; de Ibrtir aux alfiegez; lelquels toutefois pourueuz dâhommes, de Canons, de poudre, vi-üres amp;nbsp;autres chofes «quilès comme jâay dit : ne le tourmentoient fort de telles feopeteries nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠qui nelesempefchoyent dc fortir où ils en yoioyent 1âoccafion,tantoft à chenal ores à pied lt;omrae ils penlbyent eftre pour le mieux. B^letc Gentil-homme Valoft. lôrti par vn trou de lEclu/è du folle auec dixhuit harquebuziers furprintfi chaudement les premieres gardes, quâil leur fit dâesfroy quiter leurs tranchées apres la mort de vint-cinq ou trente quâils renuerferent dans leurs corps de garde. Mais comn« il feuft à la retraite pour le nombre dâennemis qui acouroit à la charged! euft vne harquebuzade dedans les RÃns dont il mourut quelques jours apres quâil fuft retiré en ville. Les alfiegez ce pendant preparoyenr toutes matières à la defence de la brAhe. Tellement que fauoir comblée de lenes, lids, ûcs amp;nbsp;telles autres matières ordinaires, amp;nbsp;le Rcuelin au lêmblabié : Ils fe tenoyent auflî forts queparauant. La Nouë entreprenoit de deftendre la breche auec cent Gentils-hommes amp;C. nombres de picquiers amp;nbsp;harquebirfiers choifis. Auec ce ils dchberoient de loger cinquante harquebiifiers dedans ce qui reftoit du Rauelin amp;nbsp;deux cens fur la Contrefearpe pour-plus tesprepa-grandc deffence de ce lieu qui jjortoit coup à tout ce front de ville. Sur ce vwînt le Duc ratîfsdâaikr quâil ne pouuoit enuoyer icsgensà fafîà utà pied fee, au moyen quâon nâauoit fçeu trancher amp;nbsp;netoyer le folTé dâeau pour les empelchemcns que jâay dit : fit faire des bateaux couuers à îeipreuue des harquebuzades, percez à petites Canonierespour nôbre dâarquebuziers quâil il vouloir metre amp;nbsp;les enuoyer ainfi couuers fur îcau du fofle jufques à la breche. Puis y faire felon le cÅur amp;nbsp;les moyens qui fy prefenteroyent. Et pour aller au Rauelin amp;nbsp;le gangner, fit drefler vn pont de cordes, pipes amp;nbsp;planches quâils oftoyent quand ils vouloient.
.MbE N ce temps le Comte de Mansfeld amena à lâEipagnol trois cens Reitres de renfort:aft'u. rant la venue du Prince dâOrenge prochaine, duquelà cefte occafion nous delduirons les defleins amp;nbsp;exploits dclâarmée Germaine quâil amena en veuë^esMôs amp;nbsp;de ce qui luy furuint puis apres : ce que fordre du temps me conuie à déduire. loint que la venuë amp;nbsp;crainte de cefte armée retarda non ieulcment lâaftà ut de Mons: ains auifi beaucoup dâautres entreprin-fçs que lâExcellence duDuc auoit reiôlu dâexecuter au delà uantage des iffiegez.Lefquels dâau tre cofté fe preparoient à tous euenemans qui leur eulTent peu venir de cefte part.
-ocr page 176-septembre. ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâH I S T O I R à D E FRANGE.
renée amp;nbsp;fes exploits jgf-
quesà la veuë de Mons.
Armée du AI A N T Ic Ptince dâOrenge par le moien de lâargent que le Roy de Francé luy auoit en-Princedâo- uoye amp;nbsp;qucIqucs faueuts rcceucs cn Allemagne: Icué fopt mil cinq cens Reitres, quatorze mil Lanlquenets amp;nbsp;trois mil de Vallons.-pallè le Rhin, amp;nbsp;délibéré de gârtgher vn-palfoge fur la Meufe pour de là joindre les forces que fon frere auoit en Henaiit. Acheminé pour cell ef-fed auec fos deux frétés Henry amp;nbsp;Chrillophle de Naulïà ujIe Comte de Berby, Feltrc Maref-chal Mailtre de Camp amp;nbsp;autres Colonels Allemans fo fait Maillrc du palfoge de fur la Meufe,amp; met en rlt;ÿte nombres de Vallons amp;nbsp;quelques Reitres lefquels fortis des Gamifons du pays amp;nbsp;contrée de Namur luy penfoient defendre lâentrée au pays bas. Là quelques centaines de Fiancez harquebuziers amp;nbsp;nombre de cheuaux ramalfez de Bourgongne, Champagne, Picardie amp;nbsp;cartie rs circonuoifins:le furent trouuer pour luy faciliter- lepaflà ge de la Riuiere; lequel gagné,amp; lâchant la diligente Sc furieufe batterie de Mons: crainte de pis fe diligente pour enleuer le liege: ou donner bataille auDuc . Gangnant pays fomme Rulemondc à donner pallage amp;nbsp;fournir viure à fon Armée: laquelle en auoir faidreffus fut efoalée dâvn collé amp;nbsp;les portes brullées de lâautre: fi que les Vallons entrez de force y firent vn terrible ced^âo^rége æ^'^^ge fur ccux quâils trouuoyent en armes amp;nbsp;contredifans à leur vouloir.De melme fureur il enuoya fommer Niuelles qui refufoit lâentrée pour îelpoir dâvn prompt fecoursde lâArmée Catholique fi prochaine, à laquelle ils auoyent enuoyé donner auertiflement de telle venue. Mais aulfi toll que le Prince en eut fait aprocher fon Armée,fe mirent en deuoir de complaire au plus fort amp;nbsp;compoferent à vne fomme dâargent auec quantité de viures quâils donnèrent pour lâArmée .Laquelle tire droit à lâennemy refoluë de le combatte. Le Duc auerti de lâa-cheminemant amp;nbsp;refolution de ces troupes, ne bouge ains referre fes troupes; diltribue feS
Rullemon-dc amp;nbsp;Niuel-Ics prinfe
Le Duc ne pieces ez endroits où il en auoit plus de befoin, amp;nbsp;fortifie fon Camp au mieux quâil peut, fort du'cap nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;contente de faire fortir cinq cens cheuaux pour reconnoillre les troupes. Le Prince qui
le.
pour accep- le foeut aulfi toll, dcsbandc quatfc Compagnies de Reitr»sfousla charge dâHenryfon frère terlaBatail chargeans fon enncmy là ns autrement le reconiioillrc que de prime veuë: le prelle fi fort quâil le mena battant pellemelle jufques à fes retranchemans : fi bien que lâInfanterie ellimant à la refoluë defmarche de ceux-là ; que toute lâArmée les luiutll full en grand branf le de delloger là ns le commandement amp;audorité des Chefs qui peu à peu alïeurerent les
Armée du Duc.
Soldats. Le Comte Henry perdit quinze oiÃczc hommes blccezdes harquebuzades foi' ties des retranchemens jufquesaufquels ilauoit couru penfânt eftre fuiuy des douze cens cheuaux quâil menoit. Retourné à fon frere amp;nbsp;ùuoir afTeuré de feftonnemant auquel il auoit lailTé lâEfp^nol : Lâencourage dây avancer legros de fôn Armée. Ce quâil faid en donnant julques au moulin qui eft fur le haut de Giumagne où il retint toutes les compagnies en bat-taille par quatre heures attendant quelques choies delôn ennemy, quâil vouloir atirerà la bataille par vue montre des les troupes amp;nbsp;infinis clt;Ãjps de Canons quâil luy fit tirer au tra-uers de lôn Camp fort long temps : aufquels le Duc ne relpondit que Canonades reciproques ,auec peu de mal dâvne amp;nbsp;dâautre part. En fin il fit lôrtir troupes dâharquebuziers pour efcarmoucher à la faueur des Vallons,, bocages amp;nbsp;fôflcz qui eftoyenr entrâcux.Cc qui dôna occafiô au Prince de prier lèsColonels de fauancer fur eux pour faire prendre autre party à leur General.Ce quâils firét fous là côduite de telle alFeóhó quâils dÃnerét julqucs aux trâ chemâs des Efpagnolsdefquels les receurêt auec tel nôbre delarquebuzadcs quâils en tuerent peu,mais en blelferêtplufieurs nomémât nÃbre de cheuaux. Leur refohië demarche fut telle en fomme que plufieurs dirent que sâil euft fait marcher fa fanteric, quelle y euft faid plus de malauxEfpagnols. Si bien que confideré fauantage du lieu amp;nbsp;la nuid qui le prefloit: le retira pour loger à Carillon pres Saint Guelinoù toutesfois nây trouua prelquc que boire ny manger au moyen du degaft que ÃElpagnol y auoit ja fait pour dâautant plus incommoder celle Armée. La nuid palfée ainfî peu commodément pour gens qui auoyent trauaillé; Le P R I N c E fut conlêillé de faire vn pont fiir la Riuiere de Guimach qui va à Saint Guclin amp;auoir palTé lès troupes auertir fou frere delà venue amp;nbsp;prendre refolution enlèmblc du par fus.Msis le Duc auoit desja faid fortir à couuert mil ou 1200. Elpagnolsdelquels coftoyans' tousjours la Riuiere lâempefcherentdelà pretente.En melmc temps le Duc recent 2ooo.chc-uaux que luy auoit ^ené ffiuelquede nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;autres troupes le venoient joindrepouracroi-
flrefonarméedejouren jour qui eftoitdeiz. mil que Elpagnols que Vallons amp;nbsp;prelquc autant
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autant de Lanlqucnets auec quatre mil cinq cens Reitres qui luy clloycnt venus de diuers endroits.La delTus le Prince receut nouuelles que Ibn frere luy.enuoioit centlalades pour luy aider à forcer vne auenuë : quâau relie les Compagnons lè portoyent bien, amp;nbsp;fort délibérez de Ibullenir les efforts de fEfpagnol. Surquoy il mit de rechef au Confèil fi fon deuoit retourner voir fenemy: à quoy la plus part donnant la voix, fArmée marcha droit aumcfme moulin pour y demourer plantée en bataille par cinq heufes attendans îElpamol: lequel le fçaehant retourner, cerche fbn auantage. Pource fè fâifit dâvne Coline proÃaine qui e-lloit fur la venue du Prince, amp;nbsp;laquelle auoit vn Ruiflèau à coflé, duquel fEfpagnol efpc-foit cllre deffendu amp;nbsp;y fit fbudain porter quelques miliers de fagots que de paille que dâautre matières lèche amp;nbsp;brullable, affin quâà la lueur de tant de flames, fès pioniers peufîènt conduire les trà lichécs quâil auoit deffigné fur le mont, affin dây enferrer les pieces dâArtiflerje quâily vouloit faire ouyr aux Confêderez . Le tout execute comme il auoit cornprins lefo-luj de nen lortir,amp;fe faire feulement Icntir par nombre des Canon^des quâils enuoiroit au Prince dâOrenge de là en hors. Et deffait auffitoft quâil fe fut prefenté en veuëjle Ducluy enuoya vne iâlue de lès pieces aulqugllcs amp;c autres coups cntrefuyuans les ProteUgns tefpondirent par vn long temps: le Prince neantmoins atteiidoit-autre cholè de lâElpa-gnol, qui ne vouloir faire coulier le jour quâen Canonades amp;nbsp;quelques efcarmouches dreflees dâvne part amp;nbsp;dâautre. Si bien que le Prince voiant les partilans du Roy Charles qui le fuiuoient, commencer à jouer au mal contint amp;nbsp;lè vouloir retirer quelque en full foc-cafîon;jugeant dâailleurs la rclôlution du Duc dâAlue par là longue demcure:fit Eftat de le retirer vers Niuclles. Mais le Duc qui ne le vouloir lî toll lailïèr repolèr : enuoya 120. Elpa-gnols pour luy donner vne camilâde la nuiél fuiuant.il elloit couuert de 800. Reitres mipar-tis aux deux auenuës du Camp Elpagnol. Et plus en là logeoitles Lanfquenets aflèz pres des Vallons. Les Fantaffins Elpagtvls pour nâellre delcouuers prindrent à gauche fillans le long dâvn petit Ruilïeau qui lauoit le pied du pendant tur la telle duquel elloicnt les Reitres.
Trcnchez de iiuidf.
Si bien quâils nâen eurent fa larme que par les cris amp;nbsp;plaintes des fuiars. Car palïà nt celle Ca LâEfpagnol ualerie les Elpagnols «hargerent 11 rudement le premier Regiment des Lanlquenets:quâauoir rompu le corps de garde fur lequel ils auoient renuerle les Sentinelles : Ils firent vne grande gitnentde boucherie du relle.Puis lè mirent à la retraiôliAn laquelle ils ne perdirent qui vaille le parler. Le jour venu le Prince fill battre aux champs amp;nbsp;Ibnner à cheual pour tirer à Malines, ou ils furent jours à repolèr farmée.Puisy lailïa 120. Lanlqucnets amp;nbsp;500. Reitres pour lèureté des habitansientre lefquels 2 5oo.'portoientarmcs,liccntfe le relie qui lè mecontentoit fort de la paye qui leur manquoit.Et faillit le Prince melîne a tomber en inconuenient pa^i eux,léf-quels il auoit alïèuré ( lè fiant aux promelïès des François) de leur faire tou cher paye auflî toll de fon Ar-quâilslèroient entrez en Henaut.Ainfi rÃblu de quiter la Flandreamp;abadoner les afliesez quâil âïâéemaicô-bailoit fans les toucher:Il manda à lôn frere amp;nbsp;aux François qui facompagnoientjle fuccez de je paiemét. fes affaires,amp;comme lui eflant impoffible de le fecourir il deuoit fôultenir vn où deux allà ux: puis fil voioit lâenncmy opiniâtre à feprinfè,fè retirer auec le meilleur nombre des Gentilshô-mes amp;nbsp;autres quâil pourroit.Aiantpafle Ãnderndem trauerfà le Rhein à Orfon amp;nbsp;retira en Delphes, plus de force pour les afliduez Requefles entremellées de menaces des Colonels qui luy demandoient la paye,que de bone vogle.Le^ lettres leuës en plein Confèil des principaux affîegez pource q_ue le Comte elloit au lidfort tourmenté dâvne fieure continué:bien quâils fulïènt fort eà onnez des Matines de Paris:!! prindrent ils larefolution de faire encore mieux que ne mandoit le Prince fils pouuoient:aians la côfideration de ne lailïèr à la boucherie tant de Chefs amp;nbsp;vaillans fbldats qui elloient là venus pour fôn lèruice. Epfur tout, tant de poures familles dâhabitans qui ne deuoient comme ignorans leur entreprilès, porterâla peine de ce defâllre.En fin toutesfois importunez par les plaintes du peuple amp;nbsp;peu de relblution des fimples lôldats notammant des Catholiques, aucuns delquels le mutinoient ouuertemant cotre les principaux Chefs, amp;nbsp;dâautres aimoient mieux lè defiober des murailles en bas que dâa-tendre plus long fiege;commcnçans tous peu à peu à delèlperer de tous moiens : veu ^rinci-palemât la mort de tant de Sieurs amp;nbsp;Capitaines remarquez,veu la Retraite de farméc du Prince dâOrenge à laquelle iis auoient plus dâcfpoinveuë la relblution amp;nbsp;prej^ratis du Duc dâAlue à la prinlè de la place,joint les diuifiôs où pour mieux exprimer les deffiâces qui entroiêt ja au cÅur de quelqiiesChefs des aiTicgez:IIs refblurdïit dâentendre à quelque bonne compo-
LI iiij.
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Septembre.
fition à laquelle lôn Excellence nâeftoit moins alfeélionAée pour emporter lâhonneur dâauoir gang né vnc telle place pourueuë de tels homes amp;nbsp;lans pertes dâaucun de valleur( que le General doit conferuer comme Ion Åil) en li peu de temps. Accshnsla Noué, Senarponamp; Mons fe réd Saucourt furent depputez pour la moienner:lelquels en fin îaeorderent auec telles conditios à compofi- que les Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines fujets du Roy Ibrtiroient auec vn cheual, leur armes amp;nbsp;tion de vie î*
- T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B 1 A A 1 A A « lt;*... nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A 1 1 ⢠« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fT « M Y A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;B-B *â B nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;flll **BA B A
amp; bagues fauues,
bagages.Les foldats auec leurs armes,meche allumée fur le lèrpentin.Quâils jureroit ne portee jamais âmes à îauenir contre le Roy Philippes fil nâauoit gue rre contre les Franc, fors a» Comte Ludouic pour lequel les.Franpois firent quâil pourroit jouir de l'accord. Ils prefterent ce forment au Maillre du Camp eftans fortis en la campagne.Pour lâalTeurance de foy inuio-lablg-.Le Duc leur donna le Baron dâAubigny amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parent du Duc d Afeot pour lelquels
la Nouë,Saucourt,lc Capitaine Colmontamp; foin fils demeurèrent au camp du Duc lequel tint bien là foy.Et la compofition accordée ne traida point mal les habitas de Mons eu efgard quâils nâauoient efté participans à lâintelligence du Comte Ludouic.Pour le regard des fogis ils fo retirèrent,amp; ne marchèrent long temps enfombleiLes vus retournât en France les autres fuidirent quelque têps le Comte jiifquâen Allemagne. Il fen alla a Meurs amp;nbsp;de là à Cologne où les portes luy furent fermées contraint de loger aux faux-bourgs. Puis il fo retira à Delem-bourg maifon quiappartiêt à fon frere:laiflà nt par ce moien le Duc dâAlue paifible poflèlfour de tout le pais bas qui eft en terre ferme. Car aulfi toft quâil eut laifle Garnifon à Mons Si ordonné des affaires comme il penfoit eftre expedient: Il mena fos troupes contre les villes amp;nbsp;autres places que le Prince dâOrenge luy auoit enleuéà fo venue. Mais fi elles auoient cfté promptes à quiter fon partielles ne le furent moins à fo remettre en lobeifià nce premiere, fe» recirans lès Garnifons du Prince crainte du fiege.Le Duc nâoublia pas à les punir folon quâil penfoit quâelles mentaffent. Affin toutefois que je ne mefgare fi loing à recercher la mémoire ' des chofo-s eftranges,que je vous face peu à peu perdre loMouuenir des affaires domefbques: le vous prie vous remettre en mémoire fEftar des affaires de France tel que je vous ay repre-fonté cy deffus.
IE vous ay dit que plufieurs François retirez en Sancerre pour gflend de leur vie, dâautant quâils la fçauoicnt ville de guerre amp;nbsp;affeéfionnée de tout temps à leur party:fi retrcuuans jufques à cinq cens, refolurent défaire garde Sux portes amp;nbsp;fi tenir cloz amp;nbsp;couuers au mieux de leur pouuoir. C c quâentendu par les Catholiques, le Roy leur enuoia mefmes lettres quâil : auoit enuoié par Audenars aux Rochellois fors que ces mots nâeftoient aux autres. Vousa-'^ourTcccquot;^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vous defircz nous faire,amp; pour euiter tousinconueniéî
uoir garni- vbus rcceuicz les gens de guerre quâauons ordonné au Sieur delà Chaftre Gouuerneuramp; Lieutetiant General au pays de Berry. Les mettant cnnoftre ville amp;nbsp;Chafteau dâicelle pour voftre garde Sc conforuadô fons y faire difficulté ny vier dâexeufos que ci deuant nâen auez eu, ny nâauriez à prefent befoin, ny autre quelconque exeufe ny dellay, que ne pourrions oyrde bonne part.Attendu que tel eft noftre vouloir pour uoftre foruice amp;nbsp;pour voftre bien amp;nbsp;con-foruation: aiant ordonné lefoits gens de guerre eftre pafoz amp;nbsp;entretenus affin quâils ne vous tournent foulle. Ains foulcmcnt pour voftre cohfcruation. Surce le cinquième de Septembre la Chaftre Bailly de Berry leur enuoia vne declaraj^ion du Roy pour faire ceffor les Prefohes. Aquoy*ils nâobeirentla voiaiîs contraire à fEdit de Paix mil cinq cens foptante. Puis obtint commiflîon du Roy pour y eftablir garnifon amp;nbsp;fut jufquesâ Montigny pour h leur communicquer. Conferans ces lettres auec ce qui fo faifoit par tout le Royaume: falfé-blent le foziéme Septembre pour auifor à la refponcc quâils enuoierent par Loys de Sampre laquelle fut en fomme quâattendu la malice du temps, les tueries amp;maflà crcs de ceux de la Religion continuas de toutes parts comme ils en font certainement aucrtis: feftans tousjours comportez fidelement amp;nbsp;nâaiansnul jufte occafion dâeftre recerchez: ileftoit aifoà voit quâon tendoit à les tuer amp;nbsp;traiter comme les autres. Et veu que par priuillegcs de leursCom-
Lettres du Roy à ceux
Rcfponcc des Sancerrois.
Sancerrois
fedifent - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
exempts de tcs ilsfont cxempts de garniftWi: ils ne la pouuoiet receuoir. Suppliant trcshumblcmct deftre garnifon-,, excuÃz: cat finon quâils voullulTent de propos délibéré auancer leurs jours amp;nbsp;le précipiter eux melmcsrils ne j^ouuoient foire autrement. Surce crainte de furprinfe:ils accomoderent la brefehe pres la portcSerrure,que leComteMartinégue auoit fait aux autres troubles. Et pour cftre maintenuz ils enuoierent en Court vers de Fontaines premier Elcuicr du Roy amp;nbsp;gendre
de la Comteffe de Sancerre pour le fiipplier dâen prandre heaufe en main: faire entendre an
Roy
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Roy îmocence de ceux qui viuoient paiüblemenr amp;fà ns befoin de garnilôn. Sur tout ils luy faifoient enceudre que les laiffans en paix:centdes principaux ^Fobligeroient à luy amp;nbsp;rafliirc-rojcnt fur leurs vies quâils ne feroiét rien contre lâEdit de Paix. Il leur enuoia Cadaillet dit de Chiron valet de Chambre amp;nbsp;veneur duRoy antienlcruiteur du feuComte de Sancerrcjhom-me accord propre pour gangner la volonté des habitans ; defquels il esbranfla la plus part amp;nbsp;les gingna en fin à la deuotion Catholique. Et parce que Fontaines leur auoit elcrit quâils enuoiaflènt vers luy: ils en defpeïcherent cinq des plus notables auec Cadaillet pour foire eli-tcndre leur porremans eflres autre quâon ne luy auoit rapoâné.Mais foifons ce qui leur fut con-feillé:demanderent pardon à fo Majefté au nom de tous les habitans.Et outre ce prièrent Fon-teines pour aller à Sancerre les gouuerner:fè foifons forts de lui foire entrer.Le vint fixiéqje du ⢠mois Cadaillet y arriuaôé les députez apres, qui furcht defououëz en pleine afifemblée: en-uoians prier de Fôteines de ne le haftet point corne relôlus de ne receuoir aucunCatholique. Surce la Chaftre conleilloit de procéder contre eux par voie de fait. Mais lâauis de Fonteines fut fuiui qui conleilloit dâatendre vn peu: ce qui ne fit quâalTeurcr dtuantage les réfugiez, left quels neantmoins preuoians auec plufietirs des naturels amp;nbsp;originaires les inconueniens 4^ la g. guerre que tel refus ameneroit,delibererent alTez toll le retirer lôus la marque de la croix pour tciianspcu-aller librement par tout. Pource aucuns difputerent fi cela le pouuoit faire en bonne confeiê-ce. Les vus difons que le ligne eftoit indiferent de loy amp;nbsp;que la croix blanche eftoit lEnlèigne h «oix en ancienne des François: laquelle les Pro te ftan s mefmcs pourroient porter contre lElpagnol «s guerres-amp; Bourguignon ou autre ennemy du Royaume. Les autres confiderans la circonftance du temps amp;nbsp;quâoutre ce aux autres guerres contre ceux de la Religion: elle a tousjours eftéla marque des Catholiques: eftant lors plus fpeciallemét le lignai des meurtriers qui en portoict tous par trophées: Il fut dit quâil ne leur feroit loilible dâen porter. Et que fuiuant le Prouer-be ( qui ne voudra reflèmbler au lîoup quâil nâaffuble pas fo peau ) Ceux qui en eftoient venus là :deuoient pluftoft reconoiftre leur infirmité, que dâapprouuer tel fait. Mais la plus part nâen tint contc.Somme que le vintneuîiéme du mois Sampré aiant chargé la croix reuint auecquefa relponce cîlforme à ce que deirus:qui mit les réfugiez en plus grâd loin que deuât Le Mimlli e comme vous entendrez ailleurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rwoncela
Hugues Sureau dit du Rozier autrelfois tFn des plus fuffifonsMiniftres dâOrléans r eftoit Religion lors des matines de Paris, en vne petite Eglilè diftante vue lieue de Paris. Dâoù quatre jours â1âââ* apres il délibéra partir amp;nbsp;contrefoifont le Catholique lôrtit hors du Royaume.Mais interrogC pJuÃeurs par le luge de la premiere ville où il arriua : treuué varftnt Se craintif, puis ajuré^ar forment quâil*eftoit:aianttout confelïe fut misprilônnier.Où du commencement ilfo relblutà la mc'iiceft mort pour foconfoience, encor quâil euft ja îentendement fort embrouillé touchant la fuc- porté diuer celîion perlônnelle en fâEglifo Catholique. Mais cette rclôlution ne fut quâvne bouffée de trèquot;icrhom-vent qui palfo fbudain. Car fe reprefontant la grandeur de la perfocution generalle par toute la mes. France : la trouua tout autre que les precedentes calamitez lelquelles il auoit tousjours efti-mé eftre autant de vifitationsSc ver'^s ordinaires par lelquelles Dieu purge lôn Eglifo: les ju-geans marques certaines des enfons de Dieu. Mais dautat qu'en cette dernierc fo ÿoioit comme vne ruine entière de tEglif^ans apparence dâaucun reftablilfement, commêça à feftim.er vn tefmoignage de findignation de Dieu. Comme fil euft déclaré par là quâil auoit en dete-llation amp;nbsp;condamnoit la profelfion amp;nbsp;exercice de la Religion Proteftante. Veu melmement quâil eftoit retourné par tant de fois à les frapper amp;nbsp;en fin les renuerfor du tout :comme vou -lant ruiner cette Eglifo,amp;fauorifer la Catholique. Surce,la chair qui ne regarde que le danger prefont,demandant à fo fouuer, gangna le delTiis : amp;nbsp;fo relôlut de reconoitre amp;nbsp;auouër lE-glife Romaine vraye Eglifo en laquelle il defiroit eftre receu. Ce quâil déclara le jour melrne au Iuge:elperant eftre lôudain ellargi pour fo retirer hors laFrancc,amp;fapliquer à quelque choie poury paftèr le refte de fos joursjl.es autres prilônniers de melme religion firent corne lui, vaincus par fon autorité, amp;nbsp;les râlions quâil alleguoit. Par ainÃfortireqf aulfi-toll. De lui non content de ce efcriuit le mefmc aux principaux de lôn Eglife,pour motrer quâil foilôif le tout de franche volonté. Et à fo famille mclîne,lâexortant fo ranger à cette ancienne Eglifo dont ils eftoient tous lortis. Le luge ce pendant auoit auerti le Roy de fo prifo,amp;^es grans lignes de fo conuerfion à ÃEglifo Catholique. Voire auoit ja reccu mandement de fo Majéfté de le lui en-uoier. Occafion quâil fut mené en Court où il déclara tout ce que delfus. Et fit tout ce quâil
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peut pour fuader au Roy deNauarre, Prince de Condé amp;nbsp;autres de quitter leur Religion, aller à la Meflè amp;nbsp;viure en Ibmme à la Catholique. Tant quâil fut à Paris on le menoit de codé amp;dâautres vers les Sieurs,Dames,Damoilêllesamp; autres Proteftans quiPauoient ouïpreichcr, ⢠pour les diuertir de ce quâil leur auoit autresfois perfuadé ; Ãc alloit auflî fouuent lui mcime pour esbrâler tous ceux quâil pourroit. Encor que tous feftonnafTent fort de le voir ainfi traf , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;formé: amp;ne fê peuflènt perfuader quâil dift de cÅur ce qui fortoit de fa bouche.Et fil en treu-
uoit aucuns defplaifâns de la faute qu'ils penfoient commettre bien que par contrainte: il leur propoibit tQUsles argumensquâil pouuoit à les confirmer en ÃEglifè Catholique : leur apprenant à fendormir en leur mettant comme des oreillers fous les coudes :ainfi que parle Ãze-, chicl. Il nâauoit pas melme opinion que les Catholiques,fur plufieurs poinds. Mais il fy laif foit gagner peu à peu: dilânt que combien que le corps de noftre Seigneur ne foit point en ce quâon montre à la Meflè : neantmoins on fo pouuoit licitement agenouiller, puis que câeft H vn tel quel refte amp;nbsp;vraye trace du vray Sacrement de ce précieux Corps ; amp;nbsp;quâen regardant le Sacrement, or quâil foit fort diffèrent amp;nbsp;cflongné de îinftitution de lefus Chrift, amp;nbsp;de fad-lîj^iiflration ancienne : il fuffit que nous leuions le «Åur au Ciel. Auquel lieu foulement eft le vray Corps vi liant en noftre Seigneur qui regne amp;nbsp;faflîed à la dextre de Dieu fon Pere. Mefines il efcriuit lettres à Madame de Bouillon à Sedan par le commandement du Duc de Montpencier fon Pere : pour îatirer à mefine cftat. Et bien quâil lèntift en foy la condanation comme lui-mefme a eferit de là propre confciéce pour les poinds dont on eft aujourdhui en debat : amp;nbsp;quâil nâeuft aucunes raflons qui le conientaflèntpour approuuer la dodrine, cere-monîesamp; difoiplines des Catholiques: voirâ que fos amis lui remontraflènr les fautes: il cftoit neantmoins tellement gagné-quâil ne dehberoit faire autre demeure quâà Paris,où je fuis délibéré dele laiflèrpour le reprandre quand il en fora temps.
Eftans les chofos en tel eftat : le Roy pour faflèurer dmiantage contre fos fujets ; enuoic à tous les Gouuerneurs de fos Prouinces fos lettres patentes pour maintenir les Reformez pai-fibles en bon amp;nbsp;aflèuré repos telles qui fuiuent. *
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C-H ARLES parla grace de D i e v Roy de France, A tdfts ceux qui ces prefon-
Lctcrcs Pa- nbsp;nbsp;nbsp;lettres verront,Salur.Comme pour preuenir lâeffet de lamalheureufoamp; deteftable conlpi-
tentec du ration faite par le Ãu Amiral amp;nbsp;aucuns fos cctnplices amp;nbsp;adherans fur noftre perfonne, celle k^Gouucr- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;re trcf honorée Dame amp;nbsp;Mere, de nos tfefochers Se tref amez frétés les Ducs dâAnjou
les pour le repos du Royaume.
neurs defes amp;nbsp;dâAlenç:on,Roy de Nauarre amp;nbsp;autres Princes amp;nbsp;Seigneurs eftans pres de nous : aians elle Prouinces contraints faire procéder à îenconttt dâeux par îexecution que chacun a peu entendre ; lâns fidre tous rc fluc noftr?intention fuft que pour raifon de ce, aucuns de nos fujets entrepriflènt les vns for tireramp;accô- jgg auttes qui fuft pour älterer le repos public,Stoffencer le particulierjni que lâinnocent pot tenu en iccl wft lâiniquitéamp;faute du coulpable: neâtmoins eftans5a nouuelle courue par tous les endroits de noftre Royaumcamp;obciflà nce : les peuples tant des villes que du plat païs,fo font tellement e(meuz,tant pour la deffiâce en laquelle ils entrerêt;amp; le dager auquel ils nous péfoient.eftre: que pour les inimitiez côceuës poul les dommagesamp;intcrefts quâils auoient fouffert de ceux de la nouuelle oppinion durant les troubles paffez : que par vne licéce effrenée,infinis meur-tres,pillenes Straiiiffemans auroient efté commis fur plufieurs perfonnes de ladite nouuelle opinion : auec telle fureur que lâautorité de nos Officiers amp;nbsp;miniftres de luftice auroit eu peu de force à les contenir amp;nbsp;reprimer. A quoy defirans pouruoirSc remedier,nâaians rien plus cheramp;en recÃmandation que la conforuation de nos fujets;amp;ne permette que le fong dâiceux foit par tels moiens refpandu:comme le deuoir dâhumanitéamp;office de bon Prince le requiert. Apres auoit mis îaffaire en deliberation, amp;nbsp;pris fur ce îauis de la Roine notre Dame amp;nbsp;Mçre, nofdits frétés Roy de Nauarre amp;nbsp;autres Princes Seigneurs amp;nbsp;Gens de noftre Confoil priuc : Auonspar leur bon Confoil Si commune deliberation ordonné,^ ordonnons que tous les Lcs'Gouuer Gouuetneurs de nosProuinces fachemineront proprement chacun en leursGouuerncmcns: quot;Men^ieurs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iceux faite ce^Jèr tousaroubles,rumultes,émotions,meurtrcs^pillcries,rançônemens,
rauifl^ens de biens meubles amp;nbsp;occupation des immeubles,beftail,vins,gtains amp;nbsp;generallc-ment toutes voies de fait : faire punir amp;nbsp;chaftier exemplairement ceux qui les auroient com-mifos :principalem?nt depuis la publication de notredite declaration. Et donner ordre à lâa-uenir que tels Ihconueniens nâauiennent. Ce que nous leur enjoignons trefoxpreffément ; Si nous auertir du deuoir amp;nbsp;diligence quâils y auront rendu : à ce que nous en puiflions demeurer
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Ter fatiffait. Et affin que noftre volonté foit du tout conuë amp;nbsp;que nul nâen pretendât caufe d'i-gnorantieme puifle couurir fa. mauuailê volonté fous faux pretexte.Nous auons de rechef défendu fur peine de la vie à toutes perfones de quelque Eftat, qualité«amp; condition quâils foiét de ne tuer, meurtrir ny attenter par voie de fait aux perfonnes ni biens dâaucuns de ladite nou-uelle oppinion. Ordonnons amp;nbsp;entendons que les biens qui auroient cité pris fur eux où aucuns dâeux: foient reftituez nbsp;nbsp;rendus promptement. Et les détenteurs dâiceux à ce foire con
traints par emprifonnement de leurs perfonnes amp;nbsp;toutes autres voies de rigueur. Que ceux de ladite nouuelle oppinion qui ne fo trouueront chargez dâauoir entrepris contre noftre per-fonne amp;nbsp;Eftat depuis noftre Edit de pacification: ne rien attenté contre iceluy Edit: ne puiT fent eftre recerchez ny moleftez en leur perfonne amp;nbsp;biens par voiede jufticenyautreqjent, pour raifon des chofes aucnuës durant les troubles paftèz amp;c parauant ledit Edit. Et Ci aucuns cftoicntdetenuz prifonniers moleftez ou empefehezou leurs biens foifiz: quâils foient mis à pleine amp;nbsp;entière deliurance. Et à cefte fin pour entière obforuation de noftre intention: Enjoignons aulHitsGouuerneurs nos Officiers aians lautorité de juftice 8c aux Maires amp;nbsp;Efohe-uins des villes: prandre en leur garde amp;nbsp;proteélion ceux de ladite nouuelle oppinion. Punr-uoir que les efmotions, meurtres amp;nbsp;pilleries ceflènt amp;nbsp;nâauiencnt icy cy apres en aucune forte fur peine de nous en prandre à eux où il fo treuuerroit de leur foute, negligence ou diffimula-tion. Voulons auffi que lefdits Gouuerneurs amp;nbsp;nos Lieutenans Generaux en chacune defoi-tes Prouinces: fo tranfportent par les villes amp;nbsp;lieux de leursGou uernemcns.Et falTent foire les cheuauchées aux Preuofts de noz treschers amp;nbsp;amez Confins les Marefehaux de France, par les endroits quâils verront les plus neceftà ires:pour chaftier amp;nbsp;punir promptement les voleurs, meurtriers amp;nbsp;autres gens mal viuans, à la foule 8c opreffion du peuple. Feront auffi lefoits Gouuerneurs chacun en fon cfgard aflèmbler la Nobleflè de chacun Bailliage de leurs Gou-uernemens en la ville principalle Sê autres de leurBailliage quâils verront plus à propos. Pour leur declarer noftre vouloir amp;nbsp;intention conformément à ce que deftus. Et dauantage en la principalle ville du Bailliage amp;nbsp;autres où ils paflèront en leur gouuernement: feront venir par deuers eux tous les^fficiers de luftice, 8c auffi les Maires, Efoheuins 8c quelques vns des principaux Citoiens: aufquels ils déclareront de viue voix noftre intention. Leur foifont cô-mandement de îenfuiure chacun en fon efgartFAuifor auec eux des regiemens qui foront ne-ceflà ires pour le repos 8i tranquilité des fujets: lelquels ils feront mettre par cforit,auec inj un-tion de les obforuer. Et fil eft befoin dâautre prouifion, nous en auertiront pour y fotiffiaire . Et pour autant queâen ces efinotions 8c defordres que fdh à veuz,lesOfficicrs de luftice fofôt exeufez quâils nâauoient la force fuffizante pour réfréner la fureur Scinfolence du peuple ny aprehender les mal-foitteurs 8c les punir^nous voulons amp;nbsp;entendons que lefdits Gouuerneurs Commandent de par nous aux Maires 8c Efoheuins des villes, faftèmbler 8c foire Eledion de certain nombre de bons 8c notables Citoiens 8c amateurs du bien 8c repos publicq. Lelquels foront tenuz dâauoir armes en leurs maifons pour eux 8c leurs foruiteiirs. Et affifter lefoits Maires 8c Efoheuiils touteffois 8c quantes que befoin fera. Aufquels Maires,Efoheuins 8c habi-tans fiifdits: enjoignons en tous cas dâelmotion populaire, fodition ou autre force^ublicque dâaffifter 8c accompagner les luges pour nous faire obéir 8c noftre Iuftice,foire cellcr les troubles , prandre amp;nbsp;aprehender les mal-foitteurs les faire punir fur peine de nous en prandre auf dits Maires amp;nbsp;Efoheuins qui refuforôt,auec lefoits Citoiês 8c autres forces des villes,defquel-les ils pourront dilpofer, dâalftfter lefdits Officiers. Et és cas fufdits nous voulions 8c entendós que tous lefdits Officiers de noftre luftice aillent en perfonne où foront leichtes efinotions: pour les faire cefler,prandre 8c aprehender les auteurs 8c coulpables: les conftituer prifonnier pour apres 8c le plus promptement que faire ce pourra: inftruire amp;nbsp;juger leur proces. Et afin que îautorité de noftre luftice foitrelpedée amp;nbsp;obeîe: amp;nbsp;que la force luy en demeure: lefdits Maires Efoheuins amp;nbsp;habitans aînfi elleuz accompagneront amp;amfteronten perfonne lefdits Officiers. Et auffi à ce que le repos fo puilfo mieux maintenir Ains lefdites villespar fvnion 8c intelligence tant de noz Officiers que de ceux qui ont le Gouuernement delclites villes 8c les principaux habitans dâicelles: enjoignons aufditsOfficiers Maires amp;nbsp;Efoheuins defalfombler vne fois la fopmaine;amp;, là délibérer des chofes qui feront requifos pour le bien defditcs villes 8c y pouruoir promptement. Et où ils verront eftre befoin dâauertir le Gouuerneur: le ferôt en diligence afin que rica ne demeure en arriéré. Outre ce entendons que les deliberations qui
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Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
qui fc refondront efditcs alTemblécs: le luge qui y prefidera,face proceè Verbal quâil reprclciV-tera au Gouuerneur pour montrer la diligence dont ils auroient vfé à fexecution-dc noftre vouloir. Si donnons en Tnandement ôcc. Depuis neantmoins il fut confeillé leur en.enuoier dâautres, Si telles qui luiuent. -
Autres let-
Le Roy ayant conu que la declaration quâil a feite fur les occafions qui le font nâa gueres prefentées en cette ville de Paris: les memoires Si inftrudions de faâvoloncé quâil a enuoyées de toutes parts aux Gouuerneurs de lès Prouincesôi Lieutenans generaux en icelles ; Si lettres du Roy particulières aux Senefehaux Si à fes Courts de ParlemensSiautres Miniftres Si Officiers auxGouucr de luftice, nâont peu jufquesici empefcherle cours des meurtres, pilleries Si feccagemens pXinces^* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;part des villes de ce Royaume au grand defplaifir de fe Majefté. A
aux premieres.
differentes aulfé pout le plus fiiigulier remede enuoier tous des Gouuerneurs en chacun de leurs Gou-uernemensiaflèuré quâattendu leur qualitéSipouuoir quâils ont de feMajefté;ils fpauront bien faire fuiure Si obfêruerfon intention : laquelle pour plus amplement declarer fadite Majefté a fait depefeher fes lettres patentes qui leur feront baillées : lefquellcs il entend quâils fecent cxÃSlement obferuer. ⢠Outre le contenu defquelle^Monfeigneur le Duc de Guyfe Gouuer-neuf Si Lieutenant general pour fadite Majefté en Champagne Si Brye : fera venir deuers lui les Gentils hommes de la nouuelle oppinion refidansen Ibn Gouuernement.Leur dira que k vouloir Si intention du Roy eft de conferuer euxSi leurs femmes,enfansSifemiIles: les maintenir en la polTeffion Si jouïflà nce de leurs biens. Pourueu que de leur part ils viuent paifibk-ment,rendans à fe Majefté lâobcilTanceSifidelité quâils lui doiuent. Ce que.'faifens le Roy aufli les gardera quâils ne fôient par voye de luftice ni autrement,inquictez ni molcftez en leurs peidonnes Si biens: pour raifon des chofes faites durant les troubles Si deuant ÃEdit de pacife cation au mois dâAouft mil cinq cens fbixante dix. Apres les amoneftera amiablement ne per-feuerer plus longuement en ferreur des nouuelles oppiniftns. Si de reuenir à la Religion Catholique : fe reconcilians à ÃEglife Catholique, Apoftolique Si Romaine : en la doârineSi obeiflancede laquelle lesRois fes predeceffeursSileurs fujets ont tousjours feintement vefeu: Si ce Royaume feft fe»ngneufcmant conduit Si maintenu. Leur rcmf?ntrant les malheurs calamitez qui fbni auenuës en cedit Royaumgdepuis que ces nouuelles oppiniôs fent entrées és efprits des hommes. De combien de meurtres elles ont efté caufes^QlLelles ont deftoic ceux qui font tombez du droit chemin quâont tenu leurs Aneeftrcs»Elles les ont feit Icparef premièrement de tEglife, apres de leurs plus proches parens. Selbntauffi élongnez du ferui-ce de leur^oy,voire de fobeillà nce^ fidelité quâils lui doiuent corne Ion a veu depuis ce re* gne. Que jaçoit que les Auteurs Si Chefs de cette part aient voulu couurir leurs aétions du tiltre de Religion ou de confcience : touteffois les ^uures Si effets ont affez montré, que k nom de Religion nâeftoit quâvn mafque pour couurir toutes machinationsSi defôbciffancefSi feus ce prétexte affembler,fuborner Si gagner gens. Les aftraindre Si par ferment faire jurer en la Caufe, feus ce tiltre de religion. Et par telles voies les diftraire de la naturelleaffeéfiou quâils doiuent à leur Roy : confequemment de fen obedîance. Eftant aflez notoire que quelque commandement quâait peu faire le Royîà ceux de la nouuelle oppinion : ils ne lui ont o-bei depuis fen regne : finon autant quâil plaifeit à leurs Chefe. Au contraire quand leurfdits Chefs ont commandé prandre les armes: féleuer,femparer des villes,brufler Eglifes,piller Si feccager, troubler le Royaume, le remplir de feu Si fang: Ceux qui feftoient ainfi defvoiez à les fuiurcjoublioicnt toute loyautéSitout deuoir de bons fujets pour obéir Si executer leurs comrQandemcns. Lefquelles chofes fi les Gentils hommes veulent bien confiderer â¢â¢ ils jugeront facillement côbien feroit leur conditio malheureufeSimiferable:filsy perfeueroiet plus nbsp;nbsp;,
longuement. Car ils peuucnt bien dâeux-mefines eftimer que le Roy enfeigné par fexperien-ce de tant de dangers : doiu il a pieu à Dieu preferuer lui Si fen Eftat : aiant efprouué les mah nbsp;nbsp;|
heurs Si calamitez que ce Royaume a feuffert par les furprifeS des Chefs de cette Caufejleurs adhérons Si complices : quâime fe feruira jamais volontiers dâvn Gentil homme fen fujet qui tiendra autre Religion que la Catholique:Si,en laquelle auffi le Roy fuiuant fes predcceffeuts veut viure amp;nbsp;mougr. Il veut auffi pour öfter toutes deffianccs entre fes f ujets, pour efteindre la feurce des difeors Si feditions:que tous ceux,principalement les Gentilshommes defquek il fe fert és lieux plus honorables,qui defireroient eftre de lui reconus pour bonsjSi loiauxfe-jets,qui voudront auoir fe bonne grace,ôi eftre de lui cmploiez és charges de fen feruicefe Ion
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Ion leurs degrez amp;nbsp;quallitez: facent profeffion de viure dorefnauant en mefme Religion que ' lafîenne. Aiant efprouué que les difeords amp;nbsp;guerres ciuillesne cefïèront en vn Efùt où il y aura diuerfité de Religion. Et quâil eft impoffible à vn Roy maintenir en vn Royaume, incompad-cefte repugnance de Religion à la fienne : ne difirent en leur cÅur que changemêt de Roy amp;nbsp;dâEftat.Parles raifons fufdites le Sieur Duc deGuifé,pour les amener à mefme fin,fesforcera nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;!
de perfuader la Noblefïé amp;nbsp;autrCs perfonnes quallifiez de ladite nouuellc opinion, de retourner dâeux mefmesôc de franche volonté à la Religion Catholique: amp;nbsp;dâabjurer la nouuelle fans attendre plus expres commandement du Roy. Car en quelque forte que ce foit ledit Seigneur eft refolu faire viure fes fujets en ft Religion:amp; ne permettre Jamais ny tolcrer quelque chofè quâil en puiflé auenir quâil y ait autre forme amp;nbsp;exercice de Religion en fon Royaume ⢠que de la Catholique. Ledit Sieur de Guife cômuniquera aux principaux Officiers amp;Ma-giftrats aians la principalle charge amp;nbsp;aminiftration de la luftice des villes de fon Gouuerne-ment la declaration de ladite Majefté-.afin quâils entendent quâelle eft fon intention amp;nbsp;la bonne fin à laquelle elle tend au repos amp;nbsp;vnion de fes fujets. Pour par ledit Sieur de Guifè amp;nbsp;lefdits Officiers amp;nbsp;Magiftrats, eftre procédé autc vue mefme intelligence amp;nbsp;correlpondence à Laufet que deffiis. A ce que le fruit, amp;nbsp;vtilité en puiftè reülfir telle que ft Majefté defire : non feulement pource qui le peut regarder, mais fvniuerfcl de fon Royaume. Les Baillifz amp;nbsp;Senefi chauxquinefontdelaquallitérequifepafTeront Procuration pour refigner dedans vn mois Eftatspr» leurs Offices à Gentilshommes capables de la qualité portée par LEdit force fait qui les pour-
rout tenir amp;nbsp;exercer. Ec à faute de ce faire fà Majeité les declare maintenant comme des lors priuezdeleursOffices. Etafinquâils nâaientoccafiondecoulleurde remilé exculê: elle entend amp;nbsp;leur permet quâils puilfent refigner leurs ditsEftats fans pource paier aucune finan- .. ce. TousBaillifs Si Senefehaux refiderôt en leurs Bailliages amp;nbsp;Senefchaucées fur peine de pri-uation. Et où ils ne pourroient ce feire pour autre empeichement: Seront tenus refigner. Ce quelâditeMajefté entend pareillement quâils puilïènt faire fans paier finance. Tous.Acche-uefques ScEuelquesrefideront fur leurs beneffices amp;nbsp;ceux qui par vieilleflè,indilpofition de perionnesjou autrement ne pourroient prefeher kanoneer laparollede Dieu amp;nbsp;euxmefi mesedtffierle peuple à faire autres fundions appartenans à leurs charges^ amp;nbsp;dignitez; feront tenuz prandre vn conducteur. Ils affigneront^enfion honnefte amp;nbsp;raisonnable telle quâil fera auilè lèlon les fruits amp;nbsp;reuenu du beneffice. Les Curez pareillement refideront fur leurs beneffices. Ou feront admonneftez de les refigner à autres qui refideront en perfônne amp;nbsp;feront deuoir de leurs cliarges. Les Archeuefques amp;nbsp;Euefquesâfinformeront de ceux qui tiendrofit les Abaies amp;nbsp;Priorez amp;nbsp;autres beneffices qui font en leurs Diocefes de quelle qualité ils font amp;nbsp;le deuoir qu'ils rendent à laminiftra^on de leurs beneffices.Dont ils feront procez Verbaux quâils mettront és mains des Gouuerneurs qui les enuoieront, puis apres à ft Majcftc, pour y pouruoir ainfi quâelle verra eftre à faire par raifon. Feront refider aduellement les Curez és lieux de leurs beneffices, ou pouruoiront à iceux dâautres perfonnes capables félon les difi
ii.«
pofitions canoniques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â quot;
P 0 V R mieux paruenir à fexecution de cell Edit il voulut commencer par leyilus, grans. Le Roy fait Et pource fit tant que le Roy de Nauarre amp;nbsp;Madame ft foeur,le Prince de Condé, là femme.^ Rdïgioi^au autres de la Court acquiefoerent aux remôftrances amp;nbsp;menaces quâil leur fit. Notâment apres Roy de Na-que des Roziers Miniftre dâOrléans ( lequel pris ce Jour là amp;nbsp;mène au Roy luy auoit promis quot;^â7Pnnee de recompenlér par vne contraire proféffion de confcience, les fruits de tant de prefohes quâil de Condé auoit faits à la Proteftante) eut perfuadé le Prince quâil deuoit fuiurela Religion Romaine. d autres. Ce Miniftre en côuertit beaucoup dâautres amp;nbsp;à melme fin fut enuoié auec Maldonat lefuifte Mi7iftr°e'*re* à Mets amp;nbsp;à Bouillon pour remettre la Dame du lieu fille du Duc de Montpenfier au train de nie fa Reii-ReligionRomaine.Mais lé moquant de ft conuerfion,fut la premicrc.caulé amp;nbsp;fecondement les fà uquot; «lîer lettres quâil receut de lés amis réfugiez en Allemagne: q des Roziers retiré à Hildeberg fit par auPrince de eferit publier amp;nbsp;imprimer vne autre abjuration de ce quâil diÃit auoir efté forcé de confeflcr tefmoignant par la finconftance des hommes:amp; combien eft grande la variété ou comme dit nbsp;nbsp;Robert
Salomon la vanité des cholés de ce monde. Mais pour reprandre le preqjier propos. Le Roy retourne afin de coupper broche aux feintes amp;nbsp;diffimulations en tel cas accouftumez aux autres Pro- Proteftant teftans:Futconléilléde faire pratiquer vne forme dâabjuration que chacun feroit douant les Fofmedâab-Curez de fa Parroiffe telle qui fuit. Premièrement lefdits defuoiez voulans retourner augi- ÿhc?cfiê ton tonfeffioB
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de foy que fon de lEglifcfê doiueut prcfênter à leurs Curez ou Vicaires pour eftre inftruits de ce quâils quot;**^i'**^ def^*' faire.Ce fait cftoient enuoiez au reueréd Euefque amp;nbsp;Diocefain/on Vicaire ou Oifi' yezX lÿoy cial pour faire ladite abj uration amp;nbsp;confeflîou en la forme amp;nbsp;manière fuiuante. le natif de Catholique diocelè de amp;nbsp;c. demourant à amp;nbsp;c. rcconoiflânt par la grace de Dieu la vraye foy Catholicq»'^ eftre rcceus amp;nbsp;Apoftolique de laquelle par ^acoulpeamp; faute je me fuis defvoié amp;nbsp;ièparé depuis amp;c. amp;nbsp;cnl'Egiifc, defirant retourner au troupeau de la vraie bergerie Chrefticnne,qui cil fEglife CatholicquCj ^cn^L*oiâ¢Â° Apoftoiique amp;nbsp;Romaine. Confeflè auoir abjuré Sc anatematife encores à preiênt par deuant 1-amefau- vous,Mon(êigneur amp;nbsp;fuperieur, jâabjure amp;nbsp;anatematife toute erreur dâherefie, Lilt;hericnnej Caluinifte èc Huguenotique: amp;nbsp;toute autre herefie quelle quâelle {'oit : de laquelle jâzy efté et
⢠dei^^t cntachéamp;difFamé. Confens à la foy de noftre mere fainte Egide. le vous fuppli au nom de DieUjde ion Fils lefus Chrift,de la glorieulè vierge Marie fa mere,de tous les faints ôi. faim tes de Paradis : quâil vous plailè me receuoir au trouppeau amp;nbsp;bergerie du peuple de Dieu qm vit fous lobeiflà nce du Pape Vicaire ordôné de noftre Sauueur Icfus Chrift en ladite Eglifo lt;nbsp;Me fubmettant de porter patiemment amp;nbsp;faire volontiers la Penitence quâil vous plaira mâor-dwiner pour tabfolution de mes fautes que jâay coiflifts^pendant que jâay vefou eldites feôles» Dequoy je demande amp;nbsp;requiers pardon à Dieu amp;nbsp;à ladite Eglifo, amp;nbsp;à vous qui eftes ordonne Pafteur dcEÃeu leCrcateurjabfolution: auec telle penitence que jugerez eftre iâlutairepour -.7/ ; K . lalà tisfadiondemespechezamp;offcnccs.Età ce que conoiflîez que de bon cÅur jâay fait amp;nbsp;â fais ladite abjuration. le confeflè dauantage deuant Dieuamp; vous, que je croy ce qui eft contenu au fÿmbole des ApoftreSjCellui de faint Athanafo amp;nbsp;autres confeflîons de foy faites amp;nbsp;2-prouuées par les faints Conciles de ÃEglife Catholique, Apoftolique amp;nbsp;Romainejdont la 61*^' des'cïtho- Eglifo Romaine vfe en la Meflè. Affauoitjle croy vn fèul Dieu le Pere Tout-puiftant,Crea-lïqucs. nbsp;nbsp;nbsp;teur du Ciel amp;de la Terre amp;nbsp;toutes chofos vifiblesamp;inuifibles. Et en vn foui noftre Seigneur
Icfus Chrift Fils vnique engendré de Dieu le Pere, auanfla conftitution du monde. Dieu de Dieu,Lumiere de Lumiere,vrayDieu de vray Dieu,engédré non pas crée, confubftanciel au ⢠Pere^âpar lequel toutes chofos ont efté faites : qui par nous hommes amp;nbsp;pour notre folut eft defoendu du Ciel,amp; a efté conceu du fointEiprit, a pris chair humaitic de la vierge Marie, 3^ a eftéfoit homme^a fouffert amp;nbsp;a efté crucifié pour nous, fous Ponce Pilate: a efté enfoucii, cft defoendu aux enfers, le tiers jour cft rcflufcitl^ ainfi que les Eferitures lâauoient tefinoigne prédit: puis monté au Ciel,amp;eft aifis à la dextre de Dieu fon Perc,amp; de rechef viendra glori-eufoment juger les vifs amp;nbsp;les morts.Le Royaume duquel fora eterncl.Ie croy au foinél Efpritj Seigneur amp;nbsp;vinifiant qui procédé dfî Pere ôc du Fils amp;nbsp;qui auec le PereSc le Fils eft enfomble adorâé amp;nbsp;^orifié : lequel a parlé par les Prophètes de niefme foy. le reconois la fointe Egfi^ê
Batcfmc, (Catholique amp;nbsp;Apoftolique. le confeflè vn Baptefing par lequel les péchez font remis, amp;nbsp;at-tens la refurreéfion des morts amp;nbsp;la vie etemelle. le croy pareillement,reconoisamp;confeflè tout ce qui eft contenu aux liurcs tant du vieil que du nouueau Teftament,approuuez par ladite fà intc Eglifo Catholique, Apoftolique amp;nbsp;Romaine, folon le^ fons amp;nbsp;interpretation des faints Doéfeurs, receus par elle : rejettant toute autre interpretation fauce amp;nbsp;errorinée. le reconois Sa^remens de ladite Eglifo Catholique,Apoftolique amp;nbsp;Romaine auoir efté inftituez par noftre Seigneur lefus Chrift amp;nbsp;quâils font neccflà ires pour le lâlut du genre humain,
⢠' core que tous ne doiuent de neceflîté eftre à tous conférez. Aflà uoir je reconois que lefdits
fopt lâcremens font le Baptefinc,la Côfirmation, f Euchariftic(qui eft le S.fotremét de lautel) PenitencCjfExtrcme on6lion,amp; tordre de Mariage. Et que Icfciits fà cremens conferentgraâ ce,amp; que dâiceux le Baptelme^Ia Confirmation amp;nbsp;Ordre ne peuuent eftre reiterez fans focrF . . â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Icgc.Que lefdits lâcrémens ont teffet que ladite Eglifo enfoigne.Et que la forme amp;nbsp;vfoge aû-
Dc lameflê quel ils faminiftrent aux Chreftiens eft fointe amp;nbsp;neceflà ire. le reconois aufli que la Meflè cft vn là crifice amp;nbsp;oblationdu vray Corpsamp; lâng delefusChrift fous les elpeccs de pain amp;nbsp;de vin meflez auec eau:lefquelles matières de pain amp;nbsp;de vin fous lefditcs elpeces font en la Meflè pat les parolles foruans à la Gonfiftration qui font diresamp;prononcées par le Preftrcjrranflubftan-tielIesâK^tranfinuées en la fubftâce dudit corpsamp;fong de lefiis Chrift:nonobftant que les qua-litez amp;nbsp;accidens dgpieurent efdites elpcflcs apres ladite confocration.Et.qxie la Meflè eft foin-DclaCon- t^^re amp;nbsp;proflfitablc tant aux viuans quâaux trelpaflèz. le conoy la Concomitance, câeft à dim coinicancc. que teceuant le corps de lefusChrift fous lâefpece de pain foulcment,IôH fcç.oit pareillement le lang de IcfusChrift. le confeflè que la prière Scinterceflion des Saints pour les viuans^ tref-
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trefpaflez eft (âinte amp;nbsp;bonne amp;nbsp;fâlutaire aux Chreftiens, Se nâeft contraire en forte que ce iôit à lhonneur de Dieu.Quc les prières faites en fEglilêpour les fideles trclpaflèzleur profitent à laremilTion de leurs pechezSc diminutions des peines encourues pariceux. Quâil y a vn Purgatoire. Purgatoire où les Ames qui font détenues font fecourucs par les prières des fideles, le con-fclTe quâil faut honnorer amp;inuoquerles faints regnans aueg Icfus Chrift: amp;nbsp;que ceux inter- Dcifaiars. cedent pour nous enuers Dieu , amp;nbsp;leurs relicques doiuent eftre reuerées. Que les comman-» demensSi traditions de ffiglifo Catholique, Apoftolique amp;nbsp;Romaine tant ceux qui appartiennent à la forme amp;nbsp;Ceremonie du foruice diuin, amp;nbsp;dâaflifter à icelles ( que je croy eftre pour atirerle peuple Chreftien à pitié amp;nbsp;conuerfion à fonDicu, commes, jeunes abftinances de viandes,obforuations des feftes amp;nbsp;autres pollices Ecclefiafticqucs folon la tradidonales traditie« Apoftres amp;c fâincts peres continuées depuis la premitiue Eglilê jufques à ce temps; Et de- ' puis introduits en tEglifo par lâordonnance des Confiles receuz en icelle de long temps ou de n'a gueres) font faints amp;nbsp;bons aufquels je veux amp;nbsp;dois obéir comme preforipts amp;nbsp;direz parle Ãint Efprit; auteur amp;nbsp;diredeur de ce qui fort à ^intention de la Religion Chreftienne amp;dc lEglife Catholique, Apoftolique amp;nbsp;Romdîne. le croy pareillement amp;nbsp;accepte tous les artidfcs du péché originel amp;nbsp;de la juftification. lâafferme affeu rément que nous devions auoir amp;nbsp;retenir les Images de lefus Chrift,dc fà fâinte Mercjde tous les fà inrs amp;nbsp;leur faire honneur amp;nbsp;reue- Dcsiæagcs rance. le confoffo lepouuoir des indulgences auoir efté laiifo en LEglife par lefus Chrift à Pardons amp;nbsp;îvfâge dicelie eftre grandement fâlutaire.Come auffi je connois amp;nbsp;confeffo lEghfe de Rome ⢠eftrela Mere amp;nbsp;Chef de toutes les Eglifos amp;nbsp;laquelle eft conduide par le Saint Efprit.Et que jâ toutes prétendues infpirations particulières y côntreucnantes.âfbntfugeftions du Diable, Prin- iâEgiifc Ro. cedediffonfîon quiveutfoparer fvnion du corps mifticquedu Sauueurdu monde. Finalle ment je promets eftroitement garder tout ce qui eft ftatué amp;nbsp;ordonné par le Confile dernièrement tenu à Tréte.Et promets à Ditu amp;nbsp;à vous de ne me jamais départir de lEglifo Apoftolique amp;nbsp;Romaine.Et où je le ferois(ce que Dieu ne vueille)je me foumes aux peines des Canôs de laditeEglife faits, ftatués amp;nbsp;ordonnez cotre ceux qui tombée en Apoftafie laquelle abj ura-, tion amp;nbsp;coamp;lfion de fô^ jay figné. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:. n j
VO VS ne vites jamais tant de croifozj tant de patenotiers, tant de largeffos aux trous des Conuerfion Eglifos amp;nbsp;Parroiffes: tant de chandelles amp;nbsp;autres telles dénotions Catholiques. Dont aucuns à lTca Preftres fe rioient ouuertement: lefquels falTurans que telles craintiues dénotions leurs naif tho.'ique. foient fur le boit des leures; amp;nbsp;que leurs âmes pour auoir ja prins vn ply tont contraire à ce-tuy cy: fo forineroient à lEpicurienne pluftoft que à la Romaine:fy p laifontoient ^ôrgeou-uerce de leurs prières plus que des ofFrâdeS dot ils fo feruoiêt côme de defpouilles amp;nbsp;trophées dâhonneur: pour brauer de la vidoire datant dâames en apparance altérées de ces dénotions Catholiques: difans ncantmoins quâils vouloient praticquer dâvne charité Chreftienne amp;nbsp;fraternelle ce qui eft porté en la fâinte efcriture.Que les Angçs fo rejouifTet plus dâvne ame con-Uertiequedecent autres. Nonoftanttputcela neantmoinsle Roy priuetous IcsProteftans te Roy encor quâils abjuraffont leurs confoicnces, de tous Eftats,charges amp;nbsp;honnneurs quâils auoiêt parauât. Soit quâils fulfent de Iuftice,de finance ou autre vocatio fors de petites chajgesipour- reiiduz aux ucu quâils ptatiquaffont îabjuration cy defTus exprimée. Il peut tirer vn grand argent de ce-la, comme tout amp;nbsp;fans aucun refped de merite eft venal en France, voire la France mefme fi on pouuoit trouuer vn acheteur qui la peuft paier. LâEdit fut tel.
Le Roy confiderant combien fos Officiers amp;Magiftrats delà Iufticeamp; ceux qui ont le maniment amp;nbsp;aminiftration de fos finances qui font de la nouuelle opinion,foroicnt fufjxîôts amp;nbsp;odieux, amp;nbsp;mettroiét en grande deffiance fos fujetsCatholiques fils exerpoient à prefont leurs Offices apres ces emotions fraîchement auenuës : pourcaufo que lefolites Offices de luftice amp;nbsp;finances demeureroient à ceux qui les tiennent. Et que cela pourroit ramener au peuple, nouuelle occafion de fefinouuoir. Et mefines ne foroiét par ce moien ceux de nouuelle opinion fans danger amp;nbsp;inconuenient en leurs perfonnes, encore? quâils abjuraffont ladite nouuelle opinion Si fifTentprofefTiondelalaintefoyamp;ReligionCatholiqueamp;Romainei/aMa-jeftedefirantcuiteróc obuier aux maux amp;nbsp;nouueaux troubles quïfotoieiÿ pourenauenir: a . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;
auifè de faire déporter lefHits Officiers de lexercice de leurfoites Offices jufques à ce que par clic en euft efté autrement ordonné. Q^ neantmoins obeifTans cependant iceux Officiers à fa volonté amp;nbsp;viuans paifiblement en leurs maifons,fâns rien attentcr,praticqucr ny rien entre-
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LâHISTOIRE DE FRANCE,
prandre contre fon fêruiccâls fërontpaiez de leurs gages.Et ceux qui voudront rcilgner JcuH' dites Offices à perlônnes Catholiques fe rctirans par deuers fâ Majefté; elle leur pouruoià fort honnorablement. Et pour le regard des menus Officiers là ns gages q ui ne fe treuucnt fâcheux, comme Notaire s, Sergens amp;nbsp;autres aufquels leurs Offices nâatribuent point dâauto-rité,amp; ne peuucnt eftre fi odieu^ ni en dcffiances au peuple comme les autres : la Majefté a a-uife que iceux menus Officiers qui voudroient abjurerdadite nouuelle oppinion,amp; faire pro-feffion de ladite foy Religion Catholique, Apoftolique nbsp;nbsp;Romaine pour y viure dorefha-
Dedaratió des l'rotc-
uant : feront continuez en Fexercice amp;nbsp;jouïflà nce de leurs Eftats.Et que les autres menus Officiers qui voudront perfifter en leur nouuelle oppinion, fc depanent de leurs fufdits Eftats, jufques à ce quâil y ait efté autrement pourueu par Edite Majefié : ce qui eft pour les incon-ueniensqui leur pourroient auenirfils exerçoient leurfdits Eftats à caufè de la grande delfi-anceamp;fôupçon quâont lefdits Catholiques de ceux qui font de la nouuelle oppinion. Et tou-tesfois Edite Majeftc aiant mis en confideration que la plus part dâiceuxOfficiers non t autre moien de viure que lâexercice de leurfdites offices : elle veut quâils foienten liberté de pou-uÃr refigner leurfdites Offices à perfonnes Catholiîjuesamp;capables. Et lors quâils E retireront vers elle pour cet efFct:elle leur fera la plus grande grace amp;nbsp;moderation de finances quâil fêta poffible. Laquelle refblntion,vouloir amp;nbsp;impreffion de Edite Majeftc : elle veut eftre déclarée aufdits Officiers de ladite nouuelle prétendue opinion : tant pour Es Gouuemeurs amp;nbsp;Lieu-tenans generaux de Es Prouinces:que par Es Gens tenans Es Cours de Parlemcns,Chambre des CompteSjCours des aides,Gens du grandConEi],TreEriers deFrancCjGencraux denos Financcs,Baillifs,Scnefchaux,Preuofts,Iuges ou leurs Lieutenans amp;nbsp;chacun dâeux commeà lui appartiendra. Et à cette fin vcutamp;entend Edite Majefté, quâils aient chacun en leur regard a faire appellcr par deuant eux particulièrement amp;nbsp;à part, chacun de EEits Officiers de ladite nouuelle opinion qui Eront de leurs Corps,Charges,Siêgesamp; lurifdidions. Et les amonnc-fter de E conformer en cet endroit à lâintention de Edite Majefté, telle quelle eft ci defliis. Et fi aucuns defdits Officiers de luftice ou Finance de ladite nouuelle opinion, aians autorite à cauE de leurfdits Eftats fefforcentSe veulent retourner au Eing de lEgliE Apoftoliqueamp; Romaine : leur Erg dit que Edite Majefté laujp agréable : nâaiant rien en plus fingulicre affe-ébion. Et que cela lui donnera tant plus de fiance amp;nbsp;dâaftcurance de leur bonne volonté. Et que Edite Majefté ne les exclura de E Emir dâeux à îauenir..Mais leur pôuruoira ci apres fc' Ion que leurs deportemans le mériteront. Eteependant-veutneantmoinsveu les raiEnsci deflus dit®, quâils E déportent de îexercice de leurfdits Eftat5amp; Offices jufques à ce que par elle en fort ordonné. Et par ce quâen plufieurs lieux amp;nbsp;endroits de ce Royaume on a faitpro-ceder par voye de Eific fur les biens de ceux deladij^ nouuelle opinion qui-Emt morts,oU qui font abEnsamp;des autres qui font cachez, amp;nbsp;ceux auffi qui eftoient demeurez en leurs maifons': encor que Edite Majefté ait desja fait entendre par E declaration du vinthuitiéme dâAouft dernier, quâelle vouloir amp;. entendoit que lefditsjle la nouuelle opinion cntrafEnteU leurs biens : toutesfois affin quâen cela il ne foit aucunement douté de Edite intention,!« Eit choEtfontreuenante à icelle : elle declare de nouucau, veut amp;nbsp;entend que fuiuant ladite declaration faite du vinthuinéme dâAouft, lefdits delà nouuelle opinion qui font encor vi-uans, prefens ou abEns : ne E trouueront chargez amp;nbsp;coulpables de ladite derniere confpira-tion, ni auoir attanté contre Edite Majefté ou fon Eftat : ni pareillement fait choEs contre Es ordonnances: de ne reconoitre autre que Edite Majefté ou ceux qui auront autorité de commander fous elle. Et là où ils fçauront que Ion attenteroit à lâencontre dâicelle,Edite Majefté, de fon Eftat amp;nbsp;Eruice : de lui reueler incontinent amp;nbsp;à Es Officiers comme Es bons amp;nbsp;loiauX fujets. Et pour öfter toute doute de foupçon tant à la Noblefté,quâ autres à cauE quâen la declaration du vintquatriéme du mois dernier paflé font côtenus ces mots : fi ce nâeft toutesfois qu'ils foienr des Chefs qui ont eu commandement pour ceux de ladite nouuelle oppinion: ou qu^ls aient fait des praticqSes ou menées pour eux, amp;nbsp;lefquels pourroient auoir eu intelligence de la confpiration fufdite : Edite Majefté declare quâelle nâentend que des choEs faites amp;nbsp;pafTées durar®les troubles precedans fEdit de Pacification du mois dâAouft mil cin^l ftans que le foixante dix, foit faites aucunes recerches ; ne quâaucun en foit molefté en E perfonne Roy entend OU biens : que pour ce regard jouïfEnt du benefice de lâEdit: mais que les fiifdits mots fen-eftre rcccr- nbsp;nbsp;nbsp;jgnj; feulement de ceux, qui ne E trouueront auoir adhéré ou eftre coulpable de la der*
nicrc
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niere confpiration faióle contre la perfonne de (âdiéle Majefté amp;nbsp;fbn Eftac. Ettjueles autres qui font mis prifônnicrs foyent mis en liberté. Et quand à ceux qui voudroyent faà re profeffion de foy amp;nbsp;retourner à la Religion Catholicque : lâdide Majcfté defire que fês Gouuerneurs amp;nbsp;Officiers les excitent amp;nbsp;confortent le plus que faire ce pouürra à fcffeôt amp;nbsp;execution de celle bonne volonté. Qiæ leurs parens amp;nbsp;^mis Ibyent auffi exhortez à faire le lêmblable de leur part. Et que fi aucun les olfenlôyent en leurs biens ; lad idle Ma-jeflé veut que prompte amp;nbsp;rigoureulê punition enibitfaiéle. Et afin que Ion fuiue la forme qui a ellé tenue en la profeffion defoy que font ceux qui retournent à lâEglilê Apollo^ licque amp;nbsp;Romaine : levons enuoye ce prelèntmémoire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Sur ces entrefaites le Roy pour tousjours mieux falTurer de la volonté amp;nbsp;conlcicnce des Princes Proteflans; leur auoir fait renoncer leur Religion à Paris où ils alloyent à la prîneede Mcflè, leur fit eferire au Pape auquel par lean de Durelort dit Duras expres enuoyé pour Condeef-ce fait : Ils tcfmoignent vn merueilleux delplaifir dâauoir ellé delmembrez de lâ commu- papc. nion de lâEglilê par la faulïè dotrine iJon tils auoyent ellé abreuez dés leur jeunelle.Be-quoy ils nâatribuent la faute à leurs parens, ains à certains mefehans gainimans qui les a-uoyent lêduits.Que toutefois par la grace de D i e v ils reconnoilfoient lâerreur amp;nbsp;le de-telloycnt de tout leur cÅur. Partant le fupplient comme vray Pere amp;nbsp;So uuerain Pontife de leur pardonner foffence, les receuoir au fein de fEglilc amp;nbsp;dâattendre dâeux à fauenir comme de bons amp;nbsp;de vrais enfans : toute reuerance filialle ; dont ils fupplient les alfeu-rer par lettres: Affin que perfuadez de là milêricorde ils puillent à lauenir viureenbon repos de conlcience. Duras ( duquel le Pere mort au fiege dâOrléans auoit eu grandes charges lôus le Prince de Condé aux premiers troubles :) porta les lettres aufquelles le Pape relpond auec Bulles amples de Ion pouuoir, tant pour faire connoillre celle Conuerfion à tous: que pour inciter ces Princes à faire la guerre à leur ancien party. Voicy leurs lettres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
Tressai NC T^ere lelperânce que Jâay de la Paternelle alfeéiiort que pôrtez tous-
â Jours comme Vicaire de Di ev en terre à ce que lès enfans defiioyez'pour quelque temps uarreauPa de nollre MereSainéheEglilè ApollolicqueS^Romaine,ôclè repentansamp;reduilà nsIbyent benignementreceuz: à tellement vaincu le doute quâautrement je pouuois auoir delaju- decenom. Ile feuerité de vollre Sainélcté : quâapres auoir efté conforté par le Roy Tref Chrellien amp;nbsp;par la là ge amp;nbsp;prudente admonition de la Royne Madame ma belle Mete : Meffieurs fes freres, Monfieur le Cardinal de Bourbon mon Oncle amp;nbsp;de mon Coufin Te Duc de Montpenfier à celle perfuafion : le me fuis finallement refolu que vollre diéle Saindeté rcconnoilEns pour lâvn des liens par l?s premieres marques que jâay receuë en ladiôlc Eglilè en la foy en laquelle jâay ellé Baptizé:amp;ne mâimputant linllitution qui depuis ma ellé donné ( dont il nâefloit point en moy veu mon bas aage faire jugement ou eleélion dâelle) ne defdaignera de mourir'fë bras de Ibn Indulgence. Et en receuantla Confef fion de celle mienne penitence amp;nbsp;reduólion ou obeylïà nce comme je lâay tclmgignée amp;nbsp;protellée en la prelcnce du Nonce de vollre Sainéleté: me receuoir au Giron dâicelle Egli-fe; dont je vous reconnois Chef: me receuoir amp;nbsp;repùter déformais pourtreshumble amp;nbsp;trelôbeilïà nt amp;nbsp;trefdeuot fils : Comme jâen fupplie treshumblement vollre Sainéleté à laquelle jâelpere rendre bien tofl folennelle lubmiffion pareille à celleîdemes predecellèurs Roys parperfonnages exprelfes que je délibéré enuoyer vers vollre diéle Sainéleté fy toll quâil luy plaira fauoir agréable: ainfi quâelle entendra par le Gentilhomme quedelpeche à prefent le Sieur Cardinal de Bourbon mon Oncle tant pour cell effeâ: quâauffi pour fiipplier treshumblement vollrediéle Sainéleté de ma part , quâen approuuant le Maria- DifJjence gc dont il à pieu au Roy me honnorer auec Madame là fÅur : nous donnez amp;nbsp;oélroyez pour la conlà nguinité qui ell entre nous la difpcnce quâil Icie necelTaire: auec tclleabfo- Nauarre. lution que nous amp;nbsp;nollie poflerité en demeurions defehargez enuers D i e v amp;nbsp;v2gt;llre diéle Sainéleté: Laquelletreflà inélPere je fuppliele Créateur vouloir longuement con-ieruer amp;nbsp;maintenir pour le bien, regime amp;nbsp;gouuernement de foditelà inTc Eglilè. A Paris le troiliéme dâOélobre.
N o s T R E trefeher fils en T e s v s-C h r i s t Salut amp;nbsp;benediélion Apollolicque. lt;Hi Pape au Nousnâauons leu cholè plus agréable que les lettres de vollre Maj ellé. Car ce que peut
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vn Perefouhaitter eftimer dâauantage, que voir lônFils trefeher, releué de la inortf Ou quelle mort peut on trouuer plus pernicieulè amp;c mifeiable que celle de lâAme? Et * quelle viedoyuent les hommes plus defirer amp;nbsp;aymer que la foy Catholicque delaqueh le quiconque eftdefcheu Eeft enlèmble aliéné de fcfpcrance amp;nbsp;charité ? Cell à dire quâil afaid perte entièrement de toift Ion bien. Car Iclon que nous auons de foy, nous ay-mons diôl Saùîôt Gregoire. Et autant que nous aimons, autant nous donnons dâelperan-ce. Parquoy Saind Paul appelle la foy fubhftance, amp;nbsp;vray fondement des choies quâon clpere. Nous deuons defirer premièrement celle foy ellre des Chrelliens maintenue amp;nbsp;, perpétuée inuiolablement en fon intégrité. Apres fi quelquâvn fell feparé dâicelle que aufli toll il y font remis. Ayant donc leu les lettres de vollrc Ma;cité touchant voftre redudion à noftre Mere Sainde Eglifo de laquelle la deception amp;nbsp;impiété dâautruy vous auoit diftraid ôc foparé lors que pour la fimplicité de vollrc basaage, nâauiezle jugement dây penlêr; nous auons rendu infinies graces à D i e v. Et encores que fufliez al^nt de Corps, vous auons eu prefent en Elpyt chery amp;nbsp;embraflé de cÅur de pen-fee; nâayans moindre joye amp;nbsp;plaifir que ce paReur ce pere quinouseftpropoleeni'E-uangile. Et auons aulfi voulu dire comme luy, esjouyfléz vous auec moy car jâay trou-ué vnc breby qui eftoyr perdue amp;nbsp;ce mien fils eftoit mort amp;nbsp;il eft relTufoité; il eftoyt perdu Sç il eft trouué. Câeft à prefont que vous elles noflrc Fils rellitué à nousamp;à ce-fte Eglifo militante par la grace de D i e v fous lâEnfoigne duquel vous vous elles enrôliez amp;nbsp;donné la foy au Saind Sacrement dcBaptelme. Là haut aulfi vous luy elles amp;nbsp;à ÃEglifo triomphante tellement conjoind : que celle vérité melme telmoigne quâil y 3 fort grand joye au Ciel de vollre Conuerfion refipilïà nce. Il relie que à ces deux points que nous voyons en vos dites : lettres alïà uoir dclplaifir amp;nbsp;repentance des offences paf-foes amp;nbsp;profeflion de la vraye foy, vous ajoutez ce troifiéme de Saind Ciprian. Celuy,dit il,faid penitence lequel captiuanr fos affedions amp;nbsp;volontez en fobeyflà nce des comman-* demans de D i e v: obtempère à ces Minillrcs par fes officieux ^ruiccs amp;nbsp;bonnes ceU' ures fo rend D i e v propice amp;nbsp;là uorable. Ce que nous elperons de vollrc Majellé,pai Je moyen de la ^raeç de D i e v lequel vf)us à retiré de fi grandes tenebres pour vous donner îheureufo jouyffance de là lumière amirable. Et nous promettons aulfi que tous-jours vous vous y reprefonterez deuant les yeux fes benefices 8c faneurs. Et que tout« que vous auez de richelEes, de dons dâElprit, degr.'uideur 8c puiflà nce: ( dont vous elles de celle beneficence diuine heureufement accomply ) vous le refererez 8c en vforez du tout en la gloire 8c loüangede D i e v. Et que par ce moyen vous-vous perfuade-rez que ce nâelt pas affez que vous entendiez qidelles doyuent ellre vos adions: fi enfeffl-ble vous ne faides ce que vous entendez ellre vollre deuoir . Car ceux qui oyent h Loy ne font point julles deuant D i ev: ains ceux qui la mettent en effedforont iulli-fiez. Et tout ainfi que les Åuures ne font pour rien comptez: fi elles nâacompagnenth foy: Ainfi la foy eft mortelà ns les Åuures.Elleuez thonneur de vos pcnfèesà chofosdignes de vollre Majellé 8c vertu Royalle:8c connoilfoz celle grace 8c debonneretc infinie de D I E V enuers vous. Car il preferue 8c garde les vns dés leur enfance en leur innocence 8c pureté de vie. Et permet les autres tomber affin, que dâautant plus ardamment ils fo leuent pour combattre, que ignominieufoment ils elloyent tombez deuant les yeux de ce grand Capitaine: Et que par celle ardeur 8c vertu ils esfacent toutes tachées amp;i-gnominie dont ils elloyent auparauant fouillez .Qui en vfora de celle façon 8c auec celle pro-feffion de penitence amp;nbsp;de foy : donnera les fruids dignes de ces deux vertus: fo pourra bien promettre ôc attendre leslà laires que D i e v à reforuez à ceux qui Iaiment,plus grands que les yeux ny les oreilles ny tout autre fontiment peuuent perceuoir 8c comprendre . Et de celle mefinf grace 8c recompenfe feront bien heurez le Roy Tres-Ghre-llieif, la Royncjle Cardinal de Bourbon 8c IcDucdeMontpenfier parlefquels Diev a voulu que luffiez fi là intement induid 8c perfuadé à la reunion de ÃEglifo Catholique Leur foy 8c vertu?vous doiucnt dire à imitation,8c dâautant que vous elperez plus grande rc-compenfo par ce-quâil ell croyable que vollre redeudion fora caufo que par vollre exemple plufieurs fe réduiront. Confideré que la vie du Prince ell la reiglc des adions du peuple. Nous vous enuoyons la dilpence que vous demandez,8cfil fuiuient autre chofo enquoy nous puiflîons
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puiflions par i'audorité Apoftoliquc gratifier à voftre Majeftc, nous defirons eu eftre auertis: affin de vous donner argument trefinanifefte de noftre bien veillance èc affeélionnée volonté én voftre endroift. Donné à Rome de Saint Pierre de fous le fèel du Pefoheur le premier ⢠jour de Nouembre Mil cinq cens foixante douze fan premier de noftre Pontificat.
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'TreffainEl T^ere apres attoir baifé la Sainteté de -vospieds en toute humilité.
Par mes dernières lettres jâauertiffois voftre là inteté que le Roy de Nauarre, fi foeur ca'rX^jde le Prince de Condé amp;nbsp;lès freres mes Nepueux: enfimblelaMarquifo de lâIllemaNie- Bourbon ce, laquelle lediôh Prince de Condé auoit cfpoufoe hors lâEglifo : cftoyent par la bon- papl*'' té amp;nbsp;mifiricorde infinie de noftre bon D i e v tout puiftà nr, venus à cefte refolution qu'ils oiit abjuré lâerreur de la Religion dont ils eftoyent inbus dés leur enfances. Receu noftre Religion Catholique, Apoftolicque amp;nbsp;Romaine, ôc dâiccllc fait publicquement libre amp;nbsp;volontaire profeflîon. En quoy certainemant nous nâauons pas eu peu a faire. lt;?ar ayans prins fauis des plus recommandez en doélrine amp;nbsp;bonne vie amp;nbsp;plus fignalez Doéfeurs que nous ayons en la faculté de Theologie : enfomble de quelques Euefques pour me conforter amp;nbsp;ayder en lâaffedion amp;nbsp;folicitude que jauois de defraciner cefte pefte amp;nbsp;pernicieux erreur grauéamp; emprainél en finterieur de leurs cÅurs: Nous y auons employé beaucoup de jours, le plus fouirent fins nul efleét; amp;nbsp;neantmoins apres nous eftreplufieursfoys raflêmblezamp;conuenuz fiir cefte mefine occurrance : finalîement ont veu à defcouuertSc conu les piperies, menfonges amp;abuz de leus Miniftres.Etont confefle ouuertement quâil ny a autreEglifo quefApoftoIicqueamp; Romaine.En cefte creance aftèurez; lâontam-brafle non point par fimularion, ains auec fi grande gayetté amp;nbsp;fincerité de cÅur : quâil me leroit iinpoflible le dire nây penfor feulement : fins vn plaifir extreme amp;nbsp;contentement indicible. Car de toj^te fanxietté dâelprit amp;nbsp;fâcheries dont par plufieurs ans paftèz jâeftois ⢠inquietté pendans quâils eftoyent tenus captifs dans les liens de cefte herefie : lemefons par ce lêul benefice de D i e v du toutal^é amp;nbsp;garenty. A lâinfinie «bonté duquel, je dois amp;nbsp;rendray toute ma vie graces imortelles. Et quant à voftre Sainteté par la perfua-fion amp;nbsp;fiintes monitions de laquelle jâay entreprins la peine de ce Saint Åuure : le luy dédié vnc foruitude perpétuelle. Et reçoy auec elle vne joyp infinie pour la fi fiinte conuerfion demcsNepueuxà lareünion defEglifo: lefquels promettent par leurs aäionsljue jamais ils ne defuoyeront de lâobeylfance de la Sainte amp;nbsp;inuiolable Eglifo Romaine. Ce queay-aot conneu par lâauis des fufoiéfs Doreurs, Euefques, du Nonce de voftre Sainteté qui mâa tousjours affifté en toutes ces chofos, amp;nbsp;duquel lâayde mâa efté trefigrcable : les a-uons reccus au Giron de lâEglifo fous la faueur de voftre grace. Attendans amp;nbsp;implo-rans pardon amp;nbsp;benediétion plus ample de voftre Sainteté . Laquelle affin dâimpetrer amp;nbsp;vous faire plus grande preuue de redudion, penitence amp;nbsp;fincere obeylfincc enuers le fiege Apoftolicque: ont délibéré prefonter leurs Requeftes à la Sainteté de Os pieds. Q^ant à moy de peur quâen cefaid de Religion, il ne femble que je neleurvueillein-terdire ce qui cft de mon deuoir : amp;nbsp;fi fort mefloigner des Loix de Nature amp;nbsp;du fing de mes ayeux ; le fupplie à genoux tres-humblement cefte voftre beatitude : quâil luy plaife tirer des trefors de lâEglifo,lâIndulgence quelle leur connoiftra propre amp;nbsp;folon le merite de leurs offenfos. Et ayant efgard à lâinftitution amp;nbsp;education quâils ont de leurs enfance receuës auec le lait: leur ouuriren leur penitence les bras du benefice de voftre indulgence: ôcleur pardonnner gracieufoment ce quâils ont offenfo deuant quâils euffent receu la dodrine de la Sainte Eglifo Catholique. Et approuuer par fon audorité Apo-ftohque leurs Marias: afin quâeux amp;nbsp;leurs pofteritéen demeurentdefehargez ,amp;quâ-ilspuiffent à leut Salut en toute vertu Sc fainteté paffer le reue de leur vie. Carplujilsfo refontiront de lâindulgence amp;nbsp;benedidion de voftre Sainteté: dâautant plus demo urront aftraints amp;nbsp;obligez à rendre le foruicc quâils luy doiuent, à receuoir fos eommandemens en fobciffance de cefte voftre Sainteté amp;nbsp;Apoftolique a uthorité.
Tressaint Pere je prie le tout puiffant de vouloir conforucr amp;nbsp;maintenir voftre Mm ij.
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LâHtSTOIRE DE FRANCE.
Rcfponce du Pape tau Cardinal de Bourbon-
Saintcté:pour le bien amp;nbsp;regime de fbn Egliiè amp;nbsp;de toute la Chreftienté.De Paris le troiliémè Oôtobre.
I N O s T R E fils amp;nbsp;bien aimé Salut amp;nbsp;diledion ApoRolique. Par vos lettres amp;nbsp;celles de â nos chers enfâns les Roy de Nauarre amp;nbsp;Prince de Condc : lefquclles auons leu plufieurs fois auec tant de plaifir 8c contentement quâil eft pofllblc : Auons conu de quel bien amp;nbsp;don de grace D i e v à par fâ bonté eux , vous amp;nbsp;nous ion Eglifc heureufêment fauorifez. Car destenebres dâimpieté, les a retirez à la trefagreable lumière de la vérité Catholique. Et de la mort releuez à la vie, a voulu que dâvne fi ûinte 8c celefte entreprinlê, vous fulfiez au-theur 8c moyen: auec tant delôucieulè peine pour puis apres recompenfer en abondance ôebien heurer éternellement le merite de voftre zele amp;parfaiôi:e alFeôhon: quenousenv-ne fi grande jouyflà nce de tous biens fuffions remplis deplus^rand plaifir que lé peut dire. Câefl: auflî la fentence des Saints Peres qui connoiflbyent cela par experiance: que rEuefquc Symbolilê 8c participe par je ne fçay quâelles fimphatie en la joie que i Eghlè reçoit de voir en elle le maintenir ScacroiftrePhóneur de Dieu . Parce que la gloire de rEglilceft celle delôn PÃlat 8c Pafteur. A cefte Eghlc ces Tres-illuftres,^ trefehers enfans font reftituez amp;nbsp;remisà leur premier intégrité de foy. Et auons elperance de la bonté 8c miforicorde infinie de Dieu: que cefte joyc tant particuliere que publicque viendra à Pacroiftement 8c comble de fi perfedion à lâoccafion que par vn tant infigne amp;nbsp;remarquable exemple : plufieurs feront pouflez 8c induiéls reprandre le chemin pour rentrer en iâEglifodont ils eftcÿ'ent four-uoyez amp;c eflongnez entièrement. Qiuant aux peines que vous auez prinfos pour elfe-étucr vn fi Saint Åuure : nous ne le pouuons louer que par parolles de ce Tres-Saint Pere Gregoire . Si nous confiderons exadement ( dit-il ) les chofos inuifiblcs, cell vn plus grand miracle conuertir le pecheur par la parolle 8c predication 8c confolation de propos Saints : que reftiifciter vn Corps mort. Car en ceftuy eft relTulcité la chair encore mortelle. En lâautre eft vinifié lâAme pour viure éternellement. Or fi câeft chofc familière amp;nbsp;commun à tous ceux qui font tenus captifs amp;nbsp;aueuglez en lâobfotire ignorance de leurs vices: Auoir aulfi à contre-cÅur Scaulfi grief que la mort de fo tirer decc-fte obfcurité à 1» tref-deleélable lumière vertu: 11 eft certainement encor plus diffi-cille à ceux qui font enfouelis dans les tenebres de fhereticque impiété , de sâen pou-uoir elchapper amp;nbsp;affranchir. Car le Diable les tient plus auant plongez amp;nbsp;eftroitemcnt liez voyant quâil nây a autre crim^par lequel il puiflè def vnir amp;nbsp;foparer les hommes de rEglife,Si les rendre ennemys dâicelle. Et que tant que la foy tiendra fon fiege dans le cÅur : 11 ny a elperance de Salut. Et quâaufli toft quâelle en eft dehors, ne refte que battante dâvne ruyne perpétuelle 8c future damna|jon. D i e v vous ayant donc faiél gp-ce que ayez peu faciliter amp;nbsp;donner heureux fiiccez à la difficulté dâvne telle occurrancc : q^ue refte il finon que tant quâil fora en nous polfible, nous rendions treshumbles graces à ceftuy noftre Dr ev: amp;nbsp;les recommandons de noftre affeôlion fos çnfà ns ? Nous leurs eforiuons 8c délirons que vous leur confermiez par parolles les promeffos que nous leurs faifons: à ^uoir que nous les auons à jamais trefehers amp;nbsp;que nous ne perderonsvne foule occafion où nous puilfions demonftrer à faire paroiftre noftre paternelle affedion en leur endroit . Nous leur enuoyons les difpences quâils demandent, amp;nbsp;sâil y a autre cho-fo enquoy nous puiffions vous 8c eux grattiffier, ce nous fora plaifir dâen eftre aducr-tis.
Lettres du Prince de Condc au Pape,
De Saint Pierre de Rome fous le féel du Pefeheur, le premier Nouembre mil cinq cens foixante do u zc,de noftre pontifie at îan premier.
Tr E s s A I N c T Pere lâhumble confiance que nous auons en lâamour là indeamp; paternelle alfeélion que vous auez tousjours eue enuers les vrays enfans de Dr e v :amp;dc la grace 8c douceur de laquelle voftre bonté conftumiere vfà à Ijendroid de ceux qui pour.quelque temps égarez 8c diftraiéts de voftre troupeau, fo veüllentdâvn cÅur contrit 8c humilié retourner à la Sainte 8c Catholique Eglifo : nous a tellement eflongnez la crainte 8c douteeque autrement nous pouuons auoir j uftement de la méritée rigueur de vo ftre fouerité:que apres auoir efté doucement amp;nbsp;Sainéfement amoneftez par noftre trefoher 8c treshonnoré Seigneur 8c Oncle Monfieur le Cardinal de Bourbon: 8c prins le Saint auis des
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des plus fpeciaux Religieux, Dodeursdc la Sainte faculté de Theologie: nâont voulu, ne nous auffi douter que la Sainte Conuerfion du pecheurne foit à noftre bon D i e v trelâ-greable : Nous auons eftimé Pere très Saint que nous eftans retournez maintenant à la foy ⢠de noftre premiere creance : la marque de laquelle nous auons par vos Miniftres cy deuant rcccuëau Saint Sacrement du Baptefme : Voftre Saindet* ayant cfgard au delphifir amp;nbsp;repentance que maintenant nous auons de nos offences palTées procedées plus de finftruôtion amp;nbsp;education (que nous encores jeunes amp;nbsp;tendres dâefprit amp;nbsp;jugement auons receuë de îautruy) que de noftre malice amp;nbsp;connoilïà ncc : ne nous refuféra fil luy plaift de nous ou--urir maintenant les bras du benefice de fôn indulgence:amp; de nous receuoir au Giron dâicelle Sainte Eglilè Apoftolique amp;nbsp;Romaine, en laquelle par proteftation de dorcfânauant dây viure amp;nbsp;mourir, nous vous reconnoiflons pour Chef amp;nbsp;Vicaire General de D i e v en ter-* re, Comme tel nous daignez déformais tenir amp;nbsp;reputter pour vos tres-humbles, trefde-uots enfans amp;nbsp;fimples brebis de voftre Saint troupeau. Receuant en nous la Confelfion de noftre foy. Creance amp;. reduétion, penitence amp;nbsp;obciflà ncc quenoüs faifons à jointes mains de cÅur deuoft amp;nbsp;dâelprit humilié aux pieds de voftre Sainteté : fomblable à celle Ãùe nous auons aduelement faite par deçà du tefmoignage de laquelle il plaift bien au Roy noftre Souuerain Seigneur nous honnorer, amp;nbsp;vous en taire la foy par les lettres quâil en eforit prcfèntementà voftre Sainteté.Et à laquelle aulfi Tresflà inôt Pere reconnoilTons foffence que nous nul confeillcz, auons commife entiers D i e v amp;nbsp;voftre Sainteté au Mariage qui eft accomply entre nous deux Confins germains enfans de frere amp;nbsp;de lafÅur, contre for- du Mariage doniunceamp; inftitutionde noftre Mere Sainte Eglifo. Supplions treshumblement voftre ûinteté nous la remettre amp;nbsp;pardonner. Et icelle approuuant nous accorder voftre grace amp;nbsp;difpence de conlânguinité . Et nous en donner telle abfolution que nous amp;nbsp;noftre pofte-rité en démolirions defohargez enuers Dievamp; voftre Sainteté. Laquelle Tref Saint Pere nous fupplions le Créateur vouloir longuement conforuer amp;nbsp;maintenir pour le bon Gou-uernement amp;nbsp;augmentation de là lâinte Eglife.A Paris le troifiéme Odobre. La relponce en ⢠fut telle,plus afièdueule neantmoins.
Bien aimez amp;nbsp;Nobles cnlans en I b s v s-C h r i s t Salut amp;nbsp;benedidion Apofto lique. Loiié foit D i e v Pere de noftre Seigneur I e s v s-C h r i s t , Pere de mifericor- prince de de amp;nbsp;confolation qui nous confolle en toutes nos a®idions .Car auffi nous ne deuons vier dâautres termes en vne fi parfaide joye, laquelle nous à leué tout delplfific-amp; en-uie que juiques à prefent nous auons porté de la perte de voftre Salut en la foparation de TÃglilè. Et de cefte mefine joye Mvne amp;nbsp;lâautre lerulâlem cefte tcrreftreSc la cele-fte eft remplie. Nous auons leu vos lettres teftnoin de biens amp;nbsp;faneurs que D i e v vous à de fa grace liberallement départie pour voftre fi libre amp;nbsp;allegreprofeffion de foy amp;nbsp;Reunion de noftre Mere Eglifo vnique, amp;nbsp;hors de laquelle il nây a point de Salut.
Or dâoù la malicieufo fraude dâautruy vous auoit retirez amp;nbsp;feparez : la voftre affedion amp;nbsp;franche volonté vous à remis . De forte que cefte foparation ne vous peu? tourner à blaime.Et voftre redudion vous reüffit à honneur amp;nbsp;loüangeperpétuelle. Ayans donc leu vos let tres; Nous nous fommes resjouys dâvne aifo amp;nbsp;contentement indicible .Car par icelle nous connoiflons que vous auez raporté la gloire de triomphes lur le Diable lequel sâeftoit emparé de la forterefiê de foy. Câeft aflà uoir quâil auoit renuerfè le fondement de Salut. Maintenant celuy aux yeux duquel toutes chofos font nues amp;nbsp;def-couuertes: enfoigne quefaidceftennemyeftantchafle.QuandlâElprit immonde (dit-il) eft forty de lâhomme il marche par les lieux focs amp;nbsp;arides: cerchant repos amp;nbsp;nâen trou-uant point. Alors il dit, je le retrouuerayenmamaifondontjefuisforty. Vous donc tref chers enfans veillez amp;nbsp;refiftez amp;nbsp;confirmez en la foy, amp;nbsp;garez le bouclier de cefte foy contre les darts enflammez : de peur que sâil vous furprend delpourueuz ne votis ad-uienne ce qui sâenfuit : Et la fin de ceft homme eft pire que le commmancement. Soyez auffi auertis quâil vous faut fouftenir vn autre combat. Car D ?e v eftant renoncé non feulement par parolles, ains auffi par ceuures : Sathan fefforcerade vous öfter cefte demonftration de foy, laquelle reluit aux ceuures . A cefte caufo donnez peine
Mm iij.
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que celle foy que vous portez foitauflidemonftréeamp;paroiflèenvos allions extérieures, affin que tous connoiflènt que là ou abonde le péché, la grace y abonde dauantage. Aufl» . perfuadez vous que voftre foy vertus font dignes dâhommes Chreftiens. loint ÃExcellance de voftre lang Royal amp;nbsp;Tres-illuftre rang que vous tenez,feront occafion deSalut à plufieurs. Car comme les aôlions amp;nbsp;mÅur^des Princes font en la veuë amp;nbsp;regard dâvn chacun : nous ef-peronsque par voftre exemple plufieurs feront ûiduiôts à reprandre la foy Catholique, amp;ïc maintenir en lintcgrité dâvne vertueufe vie. Or vous ferez excitez à ces vertus que nous auôs dides amp;nbsp;aux fruióts dignes de penitence: quand vous aurez cet heur de vous remettre deuant les yeux, la fouuenance des benefices amp;nbsp;faueurs que vous auez rcccu de noftre Dieu immor-
⢠tel. Car au lieu de peine vous auez raporté de là debonaireté graces amp;nbsp;mifericorde: fens faire preuue de cete trefgriefue fentence de Saint Gregoire.Les pécheurs tiennent les yeux ou-uerts en la peine, lefquels ils ont fermez en la coulpe. Finalement haftez vous dâautant plu-ftoft paruenir à Dieu que vous en eftiez eflongncz:amp; penfez quâil eft ferutateur de vos cÅur» amp;quevos plus intimes amp;nbsp;fecrettes cogitations luyfonr manifeftes. Cheminez deuant luy en wi ce ri té de vie,amp; dâvn coeur parfaiélement ChreThien. Quant à la dilpence que vous demandez,nous vous fodroions de bien bon cÅur,amp; ne vous manquera à jamais rien de noftre part de tout ce qui fe peut efperer dâvn Pere trefidebonnaire à fendroit de fes enfans bien nc2 amp;nbsp;vertueux; pour tels auffi nous vous auoüons amp;nbsp;ambraftbns dâvn feint baifer amp;nbsp;bien veillan-ce paternelle. Obeiflèzau Cardinal de Bourbon voftre Oncle, amp;nbsp;vous pcrfiiadcz quâil vous eftdiuinement donné du Ciel. De Saint Pierre à Rome fous lefeel du Pefcheurle premier Nouembre mil cinq cens foixantc douze,lâan premier de noftre ponüficat.
Congratulation du Roy Tres-Chreftien auec le Pape Gregoire trefiéme de ce Nom pour fextirpation des herefies de fon Royaume,amp; augmentation de la Religion Catholique amp;nbsp;Romaine aux Indes Oriaitales.
⢠Charles neufiéme de ce Nom par la grace d« D i e v P^oy ^e France Tres-Chre-ftieniayant volonté amp;nbsp;foin dâauancer la gloire Se honneur de Dr ev amp;nbsp;de fiiprimer toutes herefies femée à fon grand regret en fon Royaume : amp;nbsp;abolir les feélateurs dâvne Religion nouuellepretenduë toutefois Reformée; apres longues prières qui ont cfté faiéles par fe Ma-jefté felpace de douze ans,amp; par fes tres-humbles trefeffeéüonncz fujets. Finallement à eU bonne mue de fe feinte affe6lion:poyrce quâen peu de temps contre fattentede toute raifort humaine ô#jugement de la prudence de la chair: plus ont efté occis en vn feul jour quâen douze ans, aufquels les Canons,dagues, piftoles amp;nbsp;Soldats eftoyent en furie.Chofe qui ref jouyt fe grandeur amp;nbsp;Majefté,amp; îincite à reconnoiftr^ue telle tant inopinée viôi:oire,ne vient de luy ne de fes forces : ains du Seigneur des Armes amp;nbsp;des batailles. Dieu tout puiflà nt auquel il rend grace amp;nbsp;fe recommande tous les jours. Au fiirplus ce qui augmenta fe joye eft quâapres feleélion de noftre Saint Pere le Pape Gregoire trefiéme de ce nom plus diuine-ment feite que humainement:nouuelles luy font venuës de lâheureux accroiflèmét de fEgh-fe Vniuerfeile Catholique aux Indes amp;nbsp;parties Orientales.Et pour vn fi grand benefice qui eft la pacification de fon Royaume amp;nbsp;dilatation de la Religion Chreftienncamp; diminution de fes auerfeires ; Le Roy eftant abfent de corps prefent dâElprit auec la Sainteté du Pape amp;nbsp;du venerable College des Reuerandiffimes Cardinaux en fe Sainte Chappelle de Paris fondée par fonayeul de tres-heureufe mémoire Saint Loys : elperantauoir meilleur pro-grez, ne ceflè dâen rendre grace à D i b v. Toutes ces chofes furent publiées au Confiftoire du Pape, auquel affiftoyent les Cardinaux, entrâ-autres Charles Cardinal de Lorraine fArt de grace Mil cinq cens feptante deux le trefiéme jour de Septembre, amp;nbsp;eferit en lettres dâor aux Linteaux des Pofteaux de la fulHiéle Sainële Chapelle.
Le Pape auoir rec^u les nouuelles de tout ce que deftus, fuiuy du College des Cardinaux en va rendre graces à D i e v à Saint Marc. Le jour fuiuant en célébré vne Méfié folennelle, puis publié vn lubilé pour remercier D i e v dâauoir deliure la France amp;nbsp;foe Eglifc de fes ennemis, de la conferuation du pays bas,amp; de la vi-éloirc fur les Turcs. Puis prie D i e v donner vn Roy à la Pologne affeôlionne a maintenir amp;nbsp;croiftre fEglife Catholicque. Surlefoiron fit jouer le Canon duChafteau Saint
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Angeamp; drefïôycnt aucuns François les feux de Joye pour la vióloi re de JEglilê Romaine fur les Proteftans. On y fit auffi des Procédons lôlennelles aufquelles les Pape affilia auec les Cardinaux amp;nbsp;grand nombre de Relicques J puis la Meflè fut chantée par vn Cardinal en la ⢠Chappelle Saint Loys,au deuant laquelle fê voioit la Congratulation cydelïiistranlcrite par le moicn du Cardinal de Lorraine du titre Saint Appolinaite: auquel le los eftoit du tout attribué.
Sur ce le Roy curieux de remettre amp;nbsp;afïèurer la foy Catholique amp;nbsp;Romaine: non fculcmêt enfon Royaume ; Mais aulfi en toutes les terres des Princes qui tenoient de luy : communiqua fon deffein au Roy de Nauarre, lequel voiant que le Roy vouloir faire tenir mefine traditi-ue en Bearn, Foix, Nauarre autres païs fiijers au Roy de Nûuarre : fit que le Prince drelfa jg vue deffence en forme dâEdiél à tous lès fujets de Bearn de ne faire nây fbuffrir aucun exerci- Nauarre cf-AdclaReligionProteftante:ainsallertousà laMeireamp; ne viure aucunement que à la Ca- payspouT tholique,Apofi:olique amp;nbsp;Romaine. Du viuantde laRoynelâ Mcre,Ies Eftats de Bearn fe- öfter la Re-ftoient aflèmblez tant pour le faid de la Religion que autres affaires du pays, amp;nbsp;par vn auis eftabbMa Gencral,la Religion Romaine auoit efté chaffée de tous ces quartiers.Pour la remettre amp;nbsp;^r feule Catho ter cet Ediél auec lettres particulières à quelques vns des principaux, Grammond y fut en-uoyélequelyfit ce que entendrez ailleurs.
Henry par la grace de Dieu Roy de Nauarre,Seigncur Souuerain de Beam à tous prelêns amp;nbsp;auenir Salut.Naiâs rie tant defiré depuis quâil à pieu à Dieu nous appeller a la fuccelfiô de nofi Roy de Nadirs Royaume amp;nbsp;païs:finô que les ruines amp;nbsp;defolatiôs qui y cftoiét auenuës tant pour les diiii-fiôspreraieremét tollerées amp;nbsp;depuis introduites pour le fait de la Religion : que des terres amp;nbsp;Religion en troubles qui les ont fuiuis.âpuiffent eftre par quelque bô ordre amp;nbsp;reglemet redreffées amp;nbsp;repa- ièspay». rées.Eteftimâtque le meilleur Côfeil que nous pouuiôs amp;nbsp;deuiôs prédreen affaire de fi grâd poix amp;nbsp;importâce eftoit de laRoine noftre trefehere amp;nbsp;treshônoréeDame amp;nbsp;belle Mere:pour la finguliere prudence, fà gefte amp;nbsp;vertu qui eft en elle.Du fèmblable la Roine noftre trefehere amp;nbsp;treftiinée côpagne ^efplt;»ufc amp;nbsp;de noftre trefeher amp;nbsp;trefaimé Oncle Monfieur le Cardinal ⢠de Bourbon : Pour le zele amp;nbsp;affeéfion amp;nbsp;trefparfaiéle amour que chacun dâeux nous porte: Nous auonspar leurdit Confeil amp;nbsp;auis. Et po|^ nous relôudrc en ces diuifioAs amp;nbsp;diftradiôs de Religion à ce qui fèroit fâlutaire tant à nous quâà nofdits Royaume amp;nbsp;païs: ententiuement voulu ouïr vne Côferance volontaire amp;nbsp;amiable de beaucoup de grans amp;nbsp;fuffilà ns perfônna-gesamp; Doéteurs Catholicques en Theologie,qui nous gnt cfté reprefentez par noftre diôt Oncle. Deuant Icfquels eftant admis amp;nbsp;introduits aucuns des plus fçauans Miniftnts dâoppi-nion contraire: apres plufieurs difputes par plufieurs amp;nbsp;diners jours traittez entrâ-eux,auroiêt lefditsMiniftres par fi grands amp;euidens|efinoignages amp;nbsp;atgumens,efté conuaincuz par lef dits Catholiques quâils auoyent franchement reconeu Scconfeffe .Comme entf autre à fait Maiftrc Hugues Sureau dit de Roziers amp;nbsp;leurs compagnons amp;nbsp;Miniftres de la ville dâOr-leans amp;nbsp;autres endroits de ce Royaume:quâils auroient merueilleufêment efté (êduits en leurs erreurs amp;nbsp;aidés à faire faillir les autres. Et icelles reuoquans amp;nbsp;abj urans amp;nbsp;fen repentans, ont requis eftre receus amp;nbsp;recueillis au giron deîEglife Catholicque, Apoftolique amp;nbsp;ilomaine: dont nous auons rapporté tel fruiél que reconoiflà ns celle Eglife eftre la feule Colonne de vérité: Sur laquelle tous Roys amp;nbsp;Princes Chreftiens doiuent appuier amp;nbsp;eftablir la Religion de leur Eftat. Et defirans à cefte caufe que tous nos fujets fbyent à noftre imitation amp;nbsp;exemple induits à fuiure cefte voie.Et les chofes qui par cy deuant auoient efté ou faites ou ordonnées contre,0c au prejudice de lâancienne amp;nbsp;trefloiiable forme de ladite Eglife Catholicque \ Apoftolique amp;nbsp;Romaine, en fbnç calices, abrogées amp;reuoquées quâil nây ait plus occafion entre nos fujets de les tenir en diftradion amp;nbsp;diuifion.Et la mémoire des querclles,contentiôs, jugemens, Arrefts amp;nbsp;autres chofcsfurucnucs à caufè defdites diuifions qui pourroient laifler à la poftcrité quelque femence de piques, haines ou reproche^ tellement aflbpis que nous puiffions voir toutee qui appartient : premièrement à îhonneur amp;nbsp;fèruice de Dieu reduiél en fon ancienne fplandeur amp;nbsp;vnion félon lâordre amp;nbsp;inftitution de noftre dite Mere Sainte Eglife Catholicque Apoftolique amp;nbsp;Romaine: Se nofdits peuples viuans paifible^ient amp;nbsp;en concorde cnfemble deliurezdc tantdâoppreffions, vexations, foulles 8c dommages quâils ont eu pour lefdites diuifions 8c guerres 8c où il y auoit à craindre quâik ne rccheufrent,fil nây eftoit
M m iiij.
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â pour la bonté de Dieu pourueu de remedej que nous penfens conforme à fa volonté. Sçauou I filions que nous pour toutes ces caufes, auons par les fufdits auis de la Royne noftre dite DS'
. me amp;nbsp;belle Mercjde noftre compagne amp;elpoulê, dudit Sieur Cardinal de Bourbon noftre Oncle amp;nbsp;plufieurs autres notables perlônnagcs de noftre Confêiljdit ftatué amp;nbsp;ordônéjdilônSj ftatuons amp;c ordonnons voulons amp;nbsp;nous plaift ce qui fenfuit.
Premièrement que ladite Religion Catholicque,Apoftolique amp;nbsp;Romaine foit remife en tous les lieux amp;nbsp;endroits de noldits Royaume amp;nbsp;païs où fexercice dâicelle pour lefdites diui-fîons ou regiemens furce interuenus à efté delaifte amp;nbsp;intermis,poury eftre librement, amp;nbsp;feule exercée ûns aucun trouble ou empelchement. Defandans tout autre exercice de Religio*^
⢠nouuelle.Et pour obuier à toutes occafions de meffiance amp;nbsp;de foupçon entre noldits ftijets aux conuenticulles amp;nbsp;fecretes aflèmblées qui fe pourroient encores fufeiter amp;nbsp;entretenir,fi Miniftres de ladite non uelle Religion eftoiét foufferts en noldits Royaume amp;nbsp;païs.Ordônoils que tous lefdits Miniftres de quelque qualité amp;nbsp;condition quâils loient:aient à vuider amp;nbsp;for' tir hors noftre Royaume amp;nbsp;pars,fi ce nâeft quâils le reduifent a ladite Religiô C3tholicque,A-pÃftolique amp;nbsp;Romaine:amp; abjurent leurs erreurs.Auquel cas entendons quâils loient confer-liez amp;nbsp;puilTentâdemeurer eiklèureté en nofdits Royaume amp;nbsp;païs amp;nbsp;non autrement. Voulons aulfi que tous Euelques amp;nbsp;Prelas, Abbez , Chappiftres, Curez, Commandeurs amp;nbsp;autres perlônnages Eclefiaftiques fortis hors nofdiéfs Royaume ôô païs à caule defdits troubles: rentrent en lâentiere amp;nbsp;paifible polTelfion amp;nbsp;jouïflà nce de leurs Euefehez, Abayes, Com-manderies, Benefices, biens amp;nbsp;rcuenuz. Et en perpoyuentles dixmes autres droiéïs qui leur appartiênentxôme ils felôientau parauat lefdites diuifiôs amp;nbsp;quâils en enflent efté delâifis. Nonobftant les ordonnances liirce faites pour la dilpofition amp;nbsp;dilpenlâtion deldits biens:amp; de îinftitutiô de certain Conlèil quâon dilôit Ecclefiaftique: lequel à la requefte amp;nbsp;remonftrâcc des Sindics de noftre dit pays, nous auons fuppnmc amp;nbsp;aboly: fuprimons amp;nbsp;abohflbns par ces dites prelèntes. Voulions amp;nbsp;nous plaift que les Commilfaires, fermiers amp;nbsp;rcceueurs eftabli« au Royaume amp;nbsp;Gouuernement defdits benefices,lôient contraint» dâen rendre compte amp;nbsp;les deniers dont ils le trouueront redeuables ôc rehquataires amp;lèlon la partieuhere nature amp;nbsp;qual-lité des benefices dont ils lêront procédez: eftre rendus amp;nbsp;reftituez aux Titulaires defdits benefices quâils conoiftront auoir efté priuez à caule defdites troubles. Et les autres deniers où il nây a aucune perlônne priuée qui ait interefts: eftre mis en noftre main julquesà ce que par nous en Ibit autrement ordonné. Et en rcuoquans tous jugemens, arrefts, procedures, là ifies, req^s amp;nbsp;decrets, donnez à foccafion amp;nbsp;pour le fait des troubles furuenuz à caule de ladite Religion amp;nbsp;diuifion denolHits fujets, tarit viuans que morts depuis le commencement deldits troubles : auons iceux lugemens, arrefts, p,ÿ)ccdures, lâifies, ventes amp;nbsp;tout ce qui fen cft enfuiuy dés aprelênt cafte amp;nbsp;anullé:voullons iceux eftre oftez amp;nbsp;raiez des regiftres de nos Courts tant Souueraines que inferieurcs:enlêmble tout ce qui reftoit de monumens pubU que lôit tableaux ou au tres chofes qui lôit pourdifamerSc deshonnorer leur mémoire amp;nbsp;de leur pofterité.Et moiennant ce voulions que tousGentilshômes, Officiers amp;nbsp;autres perfones de nofdit^ujets de quelque quallité amp;nbsp;condition quâils lôient: rentrent en tous amp;nbsp;chacuns leurs biens droits amp;nbsp;aérions honneurs, Eftats, Offices, charges, dignitez dont ilseftoient pourueuz.Et delquels ils jouïflôiét amp;nbsp;euflet peu jouïr là ns lelHits troubles,jugemês amp;nbsp;arrefts interuenus contre eux à îoccafion dâiceuxtroubles.Et afin que pour les choies ainfi reftabhes amp;nbsp;remifes en leur premier Eftat, nul nâentrepregne par reproche ou autrement des choies fufeiter quelque querelle ou altercation: nous voulions que la mémoire déroutes choies paf-lees dâvne part amp;nbsp;dâautre dés amp;nbsp;depuis lelHits troubles amp;nbsp;efinotions en noldits Royaume amp;nbsp;pays, demeu re eftainte amp;nbsp;aftoupie: comme de choie non auenuë.Et ne lèra loifible à nos procureurs Generaux, ny autres perlônncs publiques ou priuée quelconque en quelque temps j ny pour quelque occafion que ce lôit: en faire mentiô, proces amp;nbsp;pourfuite en aucune Court ny lurifdition. Defèndans à tefts nos fujets de quelque Eftat ou quallité quâils lôient: quâils nâaient à renouueller la mémoire, fattaquer, injurier, ny prouoquer fvn l'autre par reproche de ce qui câeft palT^dilputer, contefter, quereller, ny fourrager ou offencer de fait ou de pa-rolle. Mais le contenir amp;viurepaifiblcmentenlèmble comme fujets nez lôus mclme Ciel nourris fur mefine terre,obligez à mefiiie Prince amp;nbsp;viuâs lôus mefine loix,ftiles amp;nbsp;couftiimcs font tenus de faire fiir peine aux contreuenans dâeftre punis comme infraéleurs de paix amp;nbsp;per- nbsp;nbsp;s
furbateiirs
-ocr page 195-L I V R E T R E N T I E M E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;85.
turbateurs de la tranquilité publique.
SI donnons en mandement à noftre trqscher amp;nbsp;tresaimé Coufin Ie Sieur deGramont Goiiuerneur amp;nbsp;noftre Lieutenant General reprelentant noftre perfonne en noftlits Royaume lt;nbsp;èc pays: Gens de la chambre de noftre Royaume ôcCourt lôuueraine de Bear ouBaillif, Sene^-chaux jAlcaidesSc autres nos Iufticiersamp; Officiers quâil «partièndra ou leurs Lieutenans: que cete noftre prelènre ordonnance ils facent lire publier amp;nbsp;enregiftrer en leurs Courts amp;nbsp;lurifdiôtionSjSc icelle entretenir, garder amp;nbsp;oblèruer inuiolablement amp;de poinr en point amp;nbsp;du contenu jouir vier plainemcnt amp;nbsp;paifîblement ceux quâil apartiendra. Celïà nt amp;nbsp;faiûnt ceflèr tous troubles amp;nbsp;empefehemas au contraire.Car tel cft noftre plaifir en telmoin dequoy auons à ces preféntes lignée de noftre main fait mettre amp;nbsp;appolèr le féel de nos Armes. Donné à Parisle feziéme jour dâOétobre mil cinq cens foixante douze. Signé Henry. Et fur le reply par le Roy de Nauarre Brodeau amp;nbsp;Séelle fur double queue. Les reformez neantmoins amp;: plufieurs Catholiques fujets du Roy de Nauarre, le perfuadans que leur Prince eftoit captif-amp; quâil nâauoitferuiteur aucun autour delby qui ne luyfuftvn elpion apofté par le Conlèil des Catholiques qui à uoient fait fEdit:nelè lôucierent de cela. Ains le tenans lur leurs gafees le maintindrent(nonobftant diuerlès algarades) enÃEftat auquel la Roynelesauoitlaiflèz.' Elperans que li leur Roy lôrtoitdcprilbnil leur tiendroitvn langage droitement contraire aux patentes que delfus.
Amelîne fin le Duc de Lorraine deffend Icmblable exercice de Religion en tous les endroits de Ibnobeiflà nce. Permettant neantmoins à chacun de vendre tous lès biens amp;nbsp;pour- te Duc de uoir à fes affaires dedans vn an pour vider le pays amp;nbsp;cercher ailleurs demeure. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lorrain^^
le vous ay dit cy delfus quelques choies des faueurs que le Roy fembloit montrer au feu chaifcria Amiral, Comte Ludouic amp;nbsp;autres Confederez, contre le Roy dâÃlpagne pour la conquefte RcHgiôPio du pais bas à Ibn proffit amp;nbsp;eftendue de la Couronne de France.Dont plufieurs jugeoyent quâil Ãn y auüit entre ces deux Princes quelque lemence de querelle pour fenuie que chacun dâeux portoit à lôn lêmblabl^Ce que delfus auenu,le Roy Charles luy elcriuât fefclarfift du tout amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
' fallèure entre autre quâil apparoift maintenant amp;nbsp;fort à delcouuert où tendoient lès dellèins du palfé;lefquels auerez par lesaccidensfurueiÿis depuis,le doiuent allez aftèurer delbn ami-tié amp;nbsp;de lafoy quâil veut continuer en Ion endroit amp;nbsp;luy en faire preuue à toutes les occaliôs 'cnt au Roy quâil voudra. Somme que tout lôn but eft à ruiner non les Princes Chreftiens lès alliez amp;nbsp;bons amis: mais les heretiques amp;nbsp;lès fujets reuolrez de Iqji obeilfance. Et pour en rendre plus rcrâdc fon quot;nbsp;ouuert telmoignage: il fit marcher quelques vieilles bandes Françoilès tirées dult;Piedmond ami«é. en Picardie pour garder ces quartiers des entreprinlès du Prince dâOrenge en faueiir de lôn bonfrereleRoydâEfpagne. La plus paft des Proteftans reftes de telles affignations fe rcti-roientés lieux mieux alïeurcz que là où ils eftoient recerchez. Entre autre les deux fils ainez deiy^iralauecleurfÅurvefuedeTelignyamp;leComtedelaVal ainé des enfans deDande de feu Ami-lot vont à Geneuc puis à Berne amp;nbsp;Balle lèjourner entre les Suilïès qui les fauorilôient de leur poiuioinje vous diray ailleurs ce quâils firent depuis. Car je vous veux premièrement faire voir les pratiques drelfées pour le Royaume de Pologne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
La Royne mere nâaiant rien en plus lînguliere recommandation que dâauancer la gran-Royne deur deMeffieurs lès enfans: à tousjours eftimé ne le pouuoir faire plus honnorablement quâé Mçre les failânt pouruoir chacundâvneCouronne Royalle: lôit par eleâ:ion,lôir par alliance qui les lâ^gne^pour pourroit amener au comble dâvn fi grand honneur.Et dâautant quâelle Içauoit que Sigilmond y amp;re eiiirc Roy de Pologne eftort fort malade: elle cÃmuniqua à lean de Monluc Euelque de Valence ' le delïèin quâelle auoit de faire porter propos à Sigilmond de donner là lôeur à Monfieur lôn du pays, fils,auec allèurancc de le faire rcceuoir par les EftatsRoy dePologne veu quâil eftoit hors d'ef poir dâauoir enamp;ns. loint que fi le Roy attaint dâvne malladiefort dangerculè venoit à decoder; que celuyquâôy auroit enuoiémettroit peine de gagner l^faueur de quelques Seigneurs-du Royaume,lôus fauis amp;nbsp;côduite defquels onpouurroit puis apres y enuoier gés de njarqnc.
Si bien que les guerres finies par la paix qui auoient retardé celle négociation : amp;nbsp;auoir ra-pelé fEuefque de Vallance à Blois en Feburier mil cinq cens lôîxante deuze: elle relôlut dây enuoier Balagny auec lettres de fEuefque lôn oncle adrelféfe au Roy Sigilmond. Auoir parlé à fArcheduc Ferdinand amp;nbsp;long temps communiqué auec fEmpereur.-arriuaen Pologne en plein Efté la pelle eftantfort efineuë par tout leRoyaume:ou il commença à pourluiure là pre-
M m iiiij.
-ocr page 196-Nouembre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;micreinftrudion aflà uoir de tirer vne promefte du Roy de donner là fÅur à Monfieur amp;nbsp;de
logne meurt.
procurer versies Eftats quâil fuft receupour fuccefiêur à la Couronne. Sur ce Sigifinond Ro^^°Po curut Icfèptiéme luillct occafion quâil fe mift à ferner par tout les loüanges des vertus du-â ' dit Sieur pour venir au fécond point.Puis y laiffant vn Secretaire de lEucfque de Vallcnce retourna en France pour affeiirer au Roy de ce quâil auoitmanié: lequel des la fin de luillct fut auerti de la mort de ce Roy amp;nbsp;de la pourfuittc que faifbir fEmpereur pour auancer fArche-duc Ferdinand fon fils à ce Grade. Comme auffi failoit le Mofcouite,le Roy de-Suede, le Due
de Prüfe amp;nbsp;le Vainode de Tranfiluaine nommé en Hongrie Battory Iftuan que les Latins difentStefanus Battory,de fimple Gentilhôme Vaiuode pour lâexcellence de fês vertus.Quf ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;îoccafionna dâauancer iâcffeél de ce pour parler,afin de pouruoir fon frere dâvn fi beau amp;nbsp;grand
Royaume:enquoy il nâeftimoitcôtreuenir à laliance amp;nbsp;deuoir dâamitié quâil auoitauec ÃEm-Monluc pcreur,par ce quâil ne poiirfuiuoitfeul ains qu'en tout cas les autres le pourroient empörtet Eucfquc de fur luy. 11 ne reftoit quâvn perfiinuage fuffifant à fexecution de telle chargc.Poureffeduerla-Vaiiancc. quelle fEuefque de Vallenccfutelleu tant pour les rares vcrtusdece PreJat,que pour la co-noiffance de bonnes habitudes quâil auoit laifle en ce païs. loint que preuoiant les tempeftes
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Y.
qui deuoiét cnnuier la Frâcc:il nâeftoir marri de fen abféter pour nâeftre occulaire tefinoin des maux quâil euft bien voullu deftourner fil euft peu. Il parrit de Paris le p remier Aouft mil cinq cens foixante douze.Dont arrefté à Challons par vue malladie,il entendit lâeffet des matines Parifiennes quilefithafter pour preuenir les mauuaifes nouuelles qui en pourroient eftre elpanduës par lAllemagnc.Mefine que Manegrc Lieutenant du Gouuerneur de Verdun farrefta comme prilbnnicr en Lorraine; dâoù forty par lettres duRoy, Roynemereamp;defon Excellence : done jufqlies à Straffebourg où il treuua Bazin refugié quâil amena pour luy fet' uiren cefte negociatiô.Mais venu à Francfort les Colonels desReitres le firent arrefter peut âauoir paiement de ce qui leur eftoit deu par le Roy des gages de la derniere guerre fous Mef-ficurs les Prjnccs.En fin neantnaoins Monluc plaida là cauïê amp;nbsp;obtint gain de caufè le vint deuxième de Septembre.Puis il donna jufques à Lipfê enSaxe au comqjjencement dâOdobre. Party de la il defpecha en Pologne Bazin amp;nbsp;vn Gentilhomme Polaque pour euenter les affaires amp;nbsp;les-luy mander. Sur le quinziéme du mqjs il paruint à vnc ville frontière de Pologne bù il receut leur lettres par lelquelles ils le haftoient dây aller deuantfaftèmblée des Eftats,auf quels il enüoia fes lettrcspour auoir licéce de les aborder. De là il fachemina à Piflreich puis à Couin: bidonnant plus outre ilfceutdu Chaftelainde Laudan nouuelles des Compétiteurs au Rq^aume. Pour retarder lefquels bibaftirvn fondement affuré de fâ charge: eferiuit les lettres qui fuiuent aux Officiers du Royaume fur la fin dâOéfobre mil cinq censfôixante douze. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
tres '^lb!fires,'l!^ucrandiffimeSySpeSahles,iJl'lagnifiejties, Généreux Seignenrs: les t^^rcheuef-queSiEueÃtjues, E'allatins ^ChaÃelains, autres Seigneurs Officiers: à toute la
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;E^hleJJe du tresamfle Gouuernement deT^ologne, Lttuanie,âE^JJief nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
3 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pru'f^ ,'ifii/afiouie aJJèmhlezà Uarfà uie fies très--
''I' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;honnorez Seigneurs paix ^filfctté.
M E s s I ⢠vR S,le Roy Tres-Chreftien mâaiioit defpcfché pour aller deuers vous amp;nbsp;aucc moy vn de fts Confeillers du Parlement de Grenoble fuiuant ce quâil vous auoitefcritpar le Seigneur Andreas Meufmery Gentilhomme de voftre nation. Mais il eftauenu que ledit Con-fcillef eft demeuré mallade:amp; de ma part je îay efté alTez longuement amp;nbsp;comme jâauois re-couuertc la fanté amp;nbsp;mâeftois achem iné pour fatiffaire à ma charge: ils me font furuenus dâautres empefchcmés que vous entcdrez fil vous plaift par le Sieur Krafofki amp;c par lé Sieur Bazin Officier du Roy |res-Chreftien que je vousenuoie cxpreflèment: vous priant que apres que vous les aurez ouïsjil vous plaife de mâauertir en quel lieUjSc auquel temps vous voudrez que je me prefente à vous.Car je ne fuis pas délibéré mâapprocher de plus pres que ce ne (bit aucc voftre congé. Cependât afin q«e vous ne foiez en peine des caufcs de ma venue amp;nbsp;que pour eftre artiué tard, autres nâaient le moicn de preocuper vos ciprits en la pourfuittc qui fc fait de voftre Couronne:il me fêmble deuoir fommairemcnt vous faire entendre que le principal point de ma charge^ft de vous declarer la bonne, fincerc amp;nbsp;fraternelle intention du Roy de France mô Maiftre entiers vous amp;nbsp;voftre Royaume:pour lequel ce que jâelpcre vous rcceurez fort volontiers amp;nbsp;lêrez bien aife quâil vous prelènte Monfieur leDuc dâAnjou Ibn frercjqui eft
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8lt;f.
pour le dire en vn mot fon bras droit fur lequel il fapuie entièrement amp;nbsp;pour le ûit de la guer-re amp;nbsp;pour le lait du gouuernement du Royaume. Tellement quâil ne vous prelênte pas vn Roy de Sue enfant qui ait belbinluymeGne dâeftregouuemé: Mais vous prelcnte vn Prince dâaage corn-pétant, Prince expérimenté en toutes choies qui font neceftà ires pour heureufoment porter ans amp;nbsp;pour le faix^ôit pour la Paix foit pour la guerre dâvne grande amp;nbsp;puiflà nte Couronne. Comme eft la voftre. Il ne vous preiènte pas vn Prince qui vous apporte vne troifiéme ou quatrième Re- fils de lâEm-ligion non vfitée amp;nbsp;conuë ny entendue parmynous: Maisvn Prince vrayement Catholique de Religion non de faétion amp;nbsp;qui eft de telle amp;nbsp;fi grande prudence amp;nbsp;experiance qu'il fi gou-iiemera fi fiigement que bien quâil y ait quelque diuerfité de Religion entre vous : il vous co- leMoicoui-iéruera les vns amp;nbsp;les autres en toute fureté. Il ne vous preien te pas vn Prince qui vous apporte nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
ny mÅurs ny couftumes Barbares Si inufitées: Mais au contraire iliépreiènteraà vonsauec que. tel intentionzquâaueçque la ciuilitéquâon voit reluire en là France de la où il part,il luy fora fa- Pour ledit cille de faccommoder amp;embraiforvos mÅurs amp;nbsp;couftumes qui font certainement pleines de prudéce amp;nbsp;ciuilité. Il ne vous prefontf pas vn Prince qui en lieu de vous apporter vn r^os Mofeouite ameneaueefoy vne inimitié amp;nbsp;vne guerre auec çeux quiontpuiftà ncedevousdônerlapei-ne.Ains au contraire il vous preiènte vn Prince qui nâa point dâennemis qui pour raifon de iâ queisic peifonne nydulicu oùilpart,puiflènteftreoffencez contre vous: fi vous luy faite ceft hon-neur de fappeller pour eftre voftre Roy. Qui plus eft comme il nâa point d'ennemis auffia pas quâil fuf* il beaucoup d'amis qui luy portent fi bonne volonté Si Lur puiiTance eft fi grande, que fon P*â* pourra dire que les forces de voftre Royaume en foront redoublées.Voftre Nation a tousjours aimé la noftre auifi honnoré Si fauorifo de la voftre.VoftreNobleiTe hantera noftre Royaume la noftre vous vifitera vous hâtera,vous foruira fil venoit occafion qu'il en fuft befoin.Le Roy de PruiTe amp;nbsp;ne vous prefonte pas vn Prince qui foit poure amp;nbsp;neceifiteux Sequifoit contraint de recom-penfor les liens des Offices Si Eftats qui pour raifon doiuent eftre reforuez à vous amp;nbsp;à ceux lemagnc de voftre Nation.Mais vous prefonte vn Prince qui de foy eft fi riche amp;nbsp;a tant de pays qui luy qâ* à cfté apartiennent,où il à taK d'Officiers dâEftatsamp; de benefices que non feulement ilauramoien
de recompenfer ceux de la natiommais auffi en pourra gratifier plufieurs dâentre vous qui au- Pour ront enuie de faire quelque fojour en Frâce.L^Roy ne vous prefonte point vn Prince qui foit tât voifin devos païs que pour auoir les forces voifines vueilic ouSpuiftè entreprâdrefur vos fra chifos,libertez amp;nbsp;loix obforuées.Mais au contraire il vous prefonte vn Prince qui nâaura force que les voftres: qui ne prendra appuy, fouftien ny grandeur finon fur voftre amour amp;nbsp;fidelité amp;nbsp;obeiflà nce.Bien eft vray que la où vos autres ennemis voudroient aflà illir voftà Royaume Ducâd*c il aura tousjours de bons amis qui fo joindront à vous pour la Couronne amp;nbsp;les anciens li- Saxeamp;poux mites de voftre pays.Sur ce attandant qilfe je me puiflè approcher pour plus amplement vous °quot; foire entendre ce qui ma efté commandé par le Roy tres-Chreftien amp;nbsp;par mondit Seigneur le Duc dâAnjou fon frere:je vous fupplie,Meffieurs, vouloir confiderer Si examiner le contenu de cefte lettre amp;nbsp;vouloi r reconoiftre quâen feleôüon que vous ferez de mondit Seigneur: il ne vous peut auenir perte ne dômage ni incomodite aucune. Au côtraire vous en deuez ef perer amp;nbsp;pouuez vous promettre faugmentation Si la grandeur de cefte puiflà ntc t^ouronne îamplification le repos amp;nbsp;fureté de voftre pays. Le bien amp;nbsp;fauancement dâvn chacun de vous qui aurez vn Prince bon,fage,prudent Si liberal.
rcur.
Cecy cft dit pour le fils dcTEmpe-
W Du Trentevniéme Liure
de la Prance depttts lajourne'e du u int quatrième dâ^oufi dite l(f dâ Parü.L'Eftat ^porte'mans du refie des Confederez en fraitée bafionnade.La TichelleÃreÃut à ne receuoirgarniÃn ny aucun Catb»quot; P°^^ f^ommander. £t reçoit tous les Con^dereil^quiy uoulurent reà a4 Ãn exemple Sancerre, Montauban, T^ijmes ^pluÃeurs quartiers Langue do, i^^^ercy, Dauphiné nbsp;nbsp;autres prenent les Jirmts pour meÃne^^-
Dtuers effets des calamttez cér perÃcutions, Strasbourg redouble la garde amp;nbsp;les Suiffes prennent les a4rmes crainte des Catholiques François. Moiensamp; 3 p'^tptirattfs du quot;Fpypour rauoir les villes quià liguent enÃn quot;Poyaume, tsotsrsfila prià de ces Armes eà legitime: auec les occafions qu'alleÿeentl^^ 'P^oteÃans à la reprtnà dâicelles. Gouuernement d^ucunes villes Protefianttt' Pât'gt;'onde la (ffarde cér de Stroffî aux'^chelloisauecleur reffonCf'
r V W v Ordre que les quot;FochePots commencent à donner à leur deffencetCr les prepatA' tifs des Catholiques ^our les affleger par mer Cr par terre. LettresduPlJpj aux Tlp^chellois. Lettres de Biron a eux mefimes qui tache par tom motens d'y entrer comme Cjouuerneur. Lettrti du à oy de Péauarre aux 'Rochellois. Cafires en AlbigeoisÃrprinÃpar la CroiÃtteÃr les ProteÃans. PluÃeUfS autres lettres duà oy aux Ãochell ois à mefi^gs fins de laiffer entrer le Gouuerneur: leur donnant exercice de quot;Byquot; ligion 'priuatif^ement lt;i zo«J autres, cér les exemptans degarnifons. Lettres de la Ãoyne eA'Jere, de tAionfient} Cf de Bircn, du Baron de la Garde aux Ãochellois auec leurs reffonces. Eilat de Langue do: cér comme cetff deT^ifmes à refilurcnt. Efiat deUiuarets, Dauphiné Ct'F'ezelay. Duchelar amp;nbsp;autres placer ÃrpriÃspAl lesProteÃans. Efloillenouuelle. Efmeutesà BourdeauxÃr les^roteÃans. Sancerreaueclarefilutiondesyt^' tire^jp- la reprefintation de laplace auecfin paifige. Ligue cp affociation entre les Ãochellois ^y rcfitgiez. PA P'igcn député par leÃoy vers lesÃechellois outragé cp comment. LesÃochellois enuoient encourager les Seù gneurs Cappttaines cp autres refigiez en Angleterre, D'oit ils demandent fecours. P'n Loup entre de plein jour (A laÃochelle çp des mterpretattons quâon donnafiir la monde ceÃebeÃe. Frouifions cpfiirtificationsde lavUlé-Guerre decla'j^e. Solennité de P Ordre Saint zAlichel. V^Ãe de 'Ãe prifi par les G alleres. La Fiafiqueprifi pA^â lesÃpchellois. ChaÃeau de Sancerre fiirpris par deÃacan fiere de Fontaines Gendre de laConteJfe de Sancerre. Les ProteÃans de Languedo, Q,wercy ippays voifins fie liguet pourfittre la guerre aux Catholiques du pays.Efiét deMontuuban.Efiatsdes Frotefians affetnblezaÃealmont.
Encor que les narrez precedans vous efclarciflcnt aflèz de ÃEftat auquel demeura b France depuis le vintquatriéme dâAouft jourvoüé aux marines de Paris, julques aux préparatifs quâvns amp;nbsp;autres drefferent pour de rechef enfanglanter la miferable face du pars de leur naiflà nce. Si eft-ce que auoir confideré que ce mien labeur pourroit tomber és mains dâautres que desFrançois qui nâen peuuentprefumer ce quâvn naturel peut du lieu qu^ luy eft connu par plufieurs ai^es moiens: en faueur des curieux du palTéqe vous parleray eu general de ÃEftat de ce Royaume; puis viendray à particularifêr les portemans des François eU chacun endroit dâicelluy. Ce qui vous facilitera tellement laconoiflà ncc des guerres amp;nbsp;autres fignallez accidÃs auenus par deux ans entiers amp;nbsp;confteutis au jour Saint Barthélémy â quâil vous femblera les auoir veux couler comme deuant vos yeux. Moicnnant aufli que gr^i' tieux vers fauteur à ne delmembrer le corps dâvn tel diieours à parcelles: vous aiez la conftau-ce de pourfuiure jufques à la fin amp;nbsp;de mefine ardeur que vous en aurez leu le commcnccmét'
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Me (êmblc quâon ne fçauroit mieux exprimer f Eftat du pars quâen vous faiïânt enteadre les Eftat de h defleins des vns amp;nbsp;des autres: puis les moiens quâils tindrent à texccution dâiceux : eniemblei les portemans du refte,qui demeurez paifibles aimoiêt mieux le tenir cois pour treuuer queL jourdâAouft quelcureréà leurs perlbnnes, amp;nbsp;juger des coups dâautrui attendans la En dâvn tel çommanccr ment : que fe jetter à vn bal incertain que plus relôlus quâeux, auoient ofè commancer. Ir parleray premièrement des Confederez comme de ceux qui premiers firent eftat de le jetter aux champs pour lauuer leur vie. Aucuns à la fuite en pais eftranges : les autres es lieux de France qui leur lêmblerent de plus afteurée retraitte.
Comme donques en tous les endroits de la France les Catholiques fiflènt vne fi chaude pourfuitte fur les Confederez : ceux qui auoient eu loifir defé retirer du Royaume, en pre-noient les moiens lêlon que fy prelèntoient les occafions. Les Bretons, Normans, Picards amp;nbsp;def autres qui auoifinét la mer Anglefcheibien quâauec peu de moiens, voire que nâaiaus aucuns que le lêul elpoir de trainer la viote par quelques moiens qui lé pourroient prefenter entre les lajoLmcç Anglois;fabandonnerent(recerchezamp;forcez par leurs voilinsjà la merci des ondes pour cour- *16 Paf«-roucéeamp; elîneuë de grolfes tempeftes qift la trouuercnt la plus part dâeux.En fin neantmOÃis ils prindrent terre en Ile qui auoit autrefois efte à plufieurs,lieu dâaftéurée retraite. Les autres plusvoifins des Suilfes amp;nbsp;Allemans : aimèrent mieux cerchcr lieu de refuge parmi eux : que lé mettre au hazard de perdre la vie en leurs mailôns.De ceux qui refterent en France,Ies vns aimèrent mieux calâner en leurs biensamp;ores viuoter en grand Ibuci cadrez pres de ceux quâils cftimoient leurs amis; ores fabandonner à la merci de leurs contraires qui les ont en fin fait prendre tel parti quâils ont voulu. Les autres lé perfuadans treuuer vne demeure fi non paifible,du moins plus afléurce entre ceux quâils auoient treuué côformes demÅurs,de vie, de conlcience amp;nbsp;Religion à la leur : lé retirerent és places autrefois Proteftantes. Lefqucll es prindrent aulfi toft la relblution de lé maintenir libres des entreprinlés Catholiques ; tant jj|)ur auoirefté maintenues depuis les troubles en telles franchilés: que pour felïrange ra-port des delTeins ennemis que failôient ceux qui de tous endroits y refugioiét pour le garand amp;nbsp;léureté de leur vie.^ lairray les réfugiez faccomoder fils peuuent en pais cftrange,amp;mâen tairay jufques à ce quâ y auoir efté pour bien recercher lâeftat auquel ils ont vefeu : amp;nbsp;les a-uoirtiré dç là (efperans reuoir encores vn jour^es graflés côpagnées de la fleur de Lys: ) vous faire entendre leurs portemens enlémble amp;nbsp;les defféins quâils ont baftiz,conduits amp;nbsp;mis à fin pour lé vanger des injures paflees. Mâarreftant pour le coup à vous reprelénter au vray les di-ucrsremumans des Proteftans 'reliez en France depuisîeichec reccu à la journées. Berthe-Icmy. Carauoir veu comme lé pourmenerent les plus vÅfins dâAngleterre,Suifté amp;nbsp;Allemagne; Relie à confiderer la delmarche eje ceux qui cultiuent le milieu de la France amp;nbsp;autres quartiers qui relpondent au Sus amp;nbsp;aiioifinent la grand mer Oceane.
LesPÅteuins, quelques Xainélongeois amp;Angoumoifinsaueçnôbre des plus cftognez donnèrent à la Rochelle.Des Françoisamp;leurs yoefins,ceux qui nâeurent moien de courir fi a-uant; demeurèrent à Sancerre . Le relie lé retira en Qi^ercy veu la commodité de Montauban, amp;nbsp;Languedo pour la confîderation de Nifinesamp; autres plaçes elquelles les Ãonfederez auoient tousjours demeuré les plus puillà ns. AinfiTerridesautreffoisditSerignac elchapé des matines Parifiennes : arriua fur la fin de Septembre 3 Montauban quâil treuua comme ja délibéré de fermer les portes aux Catholiques. Melme quâau premier bruit des nouuclles de Paris: les Montalbanois auoient conléillé ceux des villes prochaines qui leur eftoient venus Môtauban. demander leur auis commâ ils lé porteroient en tel affaire : de fermer ou bien garder les portes. Commâ entrâautres à ceux de Millaud principalle de Rouergue,amp; Puylaurens capitale de Lauraguez. Mais auoir confideré ce que Terrides raporta auoir veu amp;nbsp;fenti : lé relblurent à vne deffence perpetuelle.Tellement que les remôtrances des Vilcomte de Monclar,amp; Baron de Paulin aulquels le Marquis de Villars auoit lâuué la vie à Paris pour fen léruir aux affaires du Roy.amp;quâil auoit enuoié vers eux pour les perfuader à lé {ftrter obeiftans à là Majefté : ne les peurent aucunement esbranler. Aulfi que le nombre de Soldats amp;nbsp;autres qui dcTololéSc ail leurs fyretiroient de jour en jour: les occafionnoit alTezpour fanimer à la deffeneç. De là Terrides lé pourmenant és places vÅfines amp;nbsp;vifitant ceux de là conoillance;fit en forte que tant par fes remontrances que par îexemple de Montauban :plufieurs autres villes,Seigneurs amp;nbsp;Capitaines des païs voifins,le relblurent à mefine parti de le bien garder,munir Ã0 aprouifi-
onner
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
onner de tout cc qui eft ncceflà irc au fait de la guerre.En mefine temps Reyniers Gentilhomme voifin de Montauban rechapé comme plufieurs le retira aucc fa famille dansVillcmur ville, Chafteau amp;nbsp;Vicomté à trois lieues de Montauban fur vne mefîne Riuiere. Elle eft au Roy de Nauarre. Mais pource quâil difôit y auoir quelque hypoteque, il fy retira auec vn grand nombre de Soldats qui le furentrfrouuer en ce lieu. Somme que plufieurs autres villesamp;fot' tes places à lexemple des principallesfê pourucurétau fcmblable de tout ce quâelles jugèrent requis à leur deffcnce. Comme Quoflà des,Viole,Negrcpelife,S. Anthonin, les Chateaux de ' Malaufè,Flognac, lAbbaye de Belle perche pour la commodité du paflà ge de Garonne. Au pais de lâAuraguez,Puylaurcns,S. Paul dâAmiate,Vitcrbe amp;c.En Albigeois Rcalmond,Lou-berSjRoquecourbc. De Languedo, Nifiiies.De Rouergne,Millaud. Du Viuarez, Aubenas, Vfez, Auduzes, Gabian : commâ auflî firent les villes de Geuaudan amp;nbsp;les Seuencs. Celles de Foix firent de mefmc comme MazereSc le Madazil, lefquelles auoir appellé leVicontede Caumont pour leur alfifter, tout frais venu de Paris y ajoufta quelques villetes amp;nbsp;chafteauX vÅfins. Le Vicomte de Gourdon prit auffi Cadenat amp;nbsp;Cadeillat au haut Quercy. Les Mont-alRinois fôrtis pour furprandre Buzet à trois lieues ^eTolofê fur le Tarn; fen faifircnt,amp; y mirent Yület pour commander au paftà ge qui eft de côlcqucnce à tout le pais. Le Vicomte Paulin ne voulant eftre des derniers fe mit en campagneamp; prit de force Lombers, furprit Albam: fit fermcrTillet commâaufli plufieurs autres villes dâAlbigeois fê mirent en fcmblable deffen-ce. A fcxcmple defquelles depuis beaucoup dâautres en diuers pais ont efté faites Proteftan-tes: comme je vous feray cpnoitre fuiuant( aucc le cours du temps peur de rien confondre) le fil de l'hiftoire encommancé.
Portemens des Catho-h(^es fur les Prote-llansdemcu rczenFran-cc.
Donques les dcflèins Proteftans eftoient defaflèurer de leur vie par fort diuers moiens: aucuns par les armes, plufieurs à bien fuir; les autres par vne profeffion nouuelle SiCatholiquc? amp;nbsp;bon nombre par vne fècrette demeure és lieux où ils fembloient eftre plus cachez. Ceux qui nâayans dcfêmparé le lieu de leur demeure ordinaire, fous fcfpoir de quelque fauorafifc traitement quâils attendoient par le moicn de leurs amis amp;nbsp;de îexcc^ition des lettres que le Roy auoit enuoié par toutes fes Prouinccs: furent diuerfèment traitez, félon le diuers naturel des Gou uerneurs amp;nbsp;Officiers Royaux aufquej^ le Roy auoit eferit amp;nbsp;enjoint de les maintenir en paix amp;nbsp;toute fêureté. Sans doute comme les hommes pèchent autant ou plus par exemple que de leur naturel : plufieurs meuz de zele de religion, eftimoient faire fâcrifice à Dieu, de hafter la mort à ceux quâils penfoiât fauoir méritée. Dâautres poufïéz dâvne enuic cotre leurs prochainsjPeux ci dâvn appétit de vengeance fur ceux quâils eftimoient leur tenir tort.CeuX la brulans dâvn défît dâauaricc pour auoir les biens de leurs voifins. Et tels agitez par el vent dâambition pour le preualoir des Chargcsamp;Eftats Pijpteftans : non moins que grand nombre cfjicrans viure à fauenir en vn affèuré repos fi ceux du parti contraire eftoient decedez. Tous eftimoient en general eftre fuffifà mment difpcnlèz ( par exemple des grans qui leur auoient autorifé les matines de Paris) de la faute quâils pourroient cômettre fi auec la vie ils faifôient perdre les biensamp;le fôuuenir rnefine de la France à ceux quâils difôient auteursamp;nourriciers de tant dc^uerres ciuiles dont ils auoient efté tormentez par le pafte. Ainfi la plufpart des Proteftans craignoient la mort, amp;nbsp;tous en general la perte de leurs biens quâils voioient defirez de tous endroits.Sommc que plufieurs confideré les portemens des Gouuerneurs,la plufpart defquels ne fè trauailloient pas fort de bien entretenir les Edits du Roy pour obuier à tant d'infolences amp;nbsp;mifères incroiablcs qui fê faifôient à leurs yeux : rcmarquoient le peu; voire nul cftat quâils font du menu peuple : le trauail duquel neantmoins eft apresDieu le fêul moyen dâentretenir leur vie amp;nbsp;continuer leurs portemens fî fiers. Et neantmoins jeffayque ce nâeft dâaujourdlîui. que cet humeur a pris pied au cÅur des François. Qui touteffois ne doit excufcrSc couurir fa faute du manteau de fa vieille couftume: veu que fans la Loy de Dieu,la raifôn de nature(amp;comme aucuns difênt,)lcdcuoir dâhumanité nous poufte à faire beaucoup plus de conte de nos fêmblabfts bien quâinfcricurs,quc nous ne faifôns en ce tcmps.IulesCe-fâr le plus grand Capitaine quâeurent jamais les Romains, tefmoignc par fes hiftoires que les Gaulois de fôn tenÿgt;s y a plus de fêze cens ans ( aux vices defquels nos pères ont hérité plus quâà leur bienamp; honneur quâils facquirent par autre moien) ne faifôient aucun Eftat du peuple quils manioient comme Maitres leurs cfclauesamp; fêruiteurs. Mais puisque la Religion Chrefticnne nous rend tous efgaux en fautre vie ; amp;nbsp;mefine en ccte-ci quant à lame ( principale
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pale amp;nbsp;la plus noble partie de Lhomme il nâeft pas raiiônnable que la diffcrance des biens amp;nbsp;honneurs mondains qui font toutes chofes vaines: nous face aucunement mcfprifcr ceux que Ih^feulc amp;nbsp;vaine opinion des horiimes plus que la vérité: rend moindres que nous.Voila pour-quoy peu de Gouuerneurs amp;: autres Officiers voians le peuple fi acharné fur ces mifcrables: luy faifoient entendre la volonté du Roy. Et moins encor pyniffoient ils la licence desbordée quefimpunité du premier mal fait, luy donnoità lapourfuitte dufurplus: tant pour nâeftre foupçonnéfauorilêr ceparti: quepoury voir en quelques endroits vne impoflîbilité dây ob-uier. loint la conniuence de laquelle la plus part paroient à tous defordres, quâils ne voioenr que trop volontiers. Auec Lexeufo quâils prenoient fur lâexemple de ce qui eftoit auenu dans Paris. Ce que tous interpretoient vn certain commandement amp;nbsp;fignal haut efieué de la Ca- ⢠pitalle de France pour en faire autant fur tous les membres du Royaume, quâon auoit fait fur Inconuc-la tefte dâicelluy.Tant importe de mettre les Armes és mains dâvn peuple indiforet,de donner jquot;7pén»prê moien de venger les querelles particulières à celuy qui ne peut y tenir moicn ny vfor de rai- ncntiùrlcs Ibn aucune. De defpouiller en fomme le Magiftrat ordinaire de fa puiflà nce,pou r la tranlpor-ter à ceux qui nâont de jugement pour cftvfer: non plus que les aimes mefineslclquellestcó-me outils infenfoz Ce maniét de force plus que de diforction.Laquelle ne fçauroit dire en cho mettre les le qui de foy nâa de fons ny mouuement aucun.Lcs plus heureux en fomme furent les plus po-lires amp;nbsp;ceux qui plus trouuerent de bons amis.Lefquels demy perfuadez par les Maiftres des peuplc-Prouinces que le Roy les vouloir entretenir en Paix;Firent en fin eftat dây attendre Leuenemét que Dieu voudroit enuoier aux entreprifts du Roy amp;nbsp;de fon Confoil.
La calamité des homes amp;nbsp;perfocutiô qui leur auiét,foitpour le regard de LAme foit pour la côfideratiô du corps ou autre chofoqui nous furuiét pour nous caufor ennuy perte amp;nbsp;delplai calamité amp;nbsp;fir.-prodiiit 2, forts diuers effets.Et croy quâelle fo coforme au naturel du cÅur quâelle trouue perfecutiwo difpofé à fvn Lautre. Cell alfauoir à côftance amp;nbsp;à legereté. Ceux qui pourueuz dâvn cÅur genereus faffeurét de Linjuftice du mal quâô leur fait fouffrir par ladiforetiôdâvn jugemêt quâils ont à difeerner le bié dâauec le mal qui eften ce môde:demeurct refolus.Et plus on leur en fait fouffrir,plus mett* ils peine dây refifter amp;nbsp;côtredireà ce quâils voict eftre mauuais amp;nbsp;pernicieux du côtraire. Les autres forôt abatus du premier coup:amp; plus on les chargeraplus sâhu milierotils à la pefâteur de la charge.Ce qui ne peut procéder q de fvne des 2 .occafiôs ou de deux enfâble.Sauoir eft de la faute du cerueau qui ne pouuât comprandre que à tort on le ge-henné: que injuftemét on le preflè amp;nbsp;trauaille îon fans fin: vient peu à peu à fimaginer quâil y a de fa faure:amp; en fin perfuadé quâil fouffre mcritoirenîbnt amp;nbsp;à grande raifon:fo ^nforme au defir de fes pourfuiuans. Si ton nâen veut attribuer le motif à faute de courage: lequel amenât vne crainte de fouffrir chofe effrange non acouffumée, contraire au plaifir, repos amp;nbsp;auan-cemât quâon receuoit parauatren peu de téps on voit le patiét côduit à côfeflèr toutes chofos, pluftoft que fouffrir tantfoit peu de mal. Cela peut auenir à plufieurs pour les deux occafiôs enfomble comme je vous feray voir ailleurs mieux à propos. Somme que teffonement fut fi general par toute la France, que la crainte Fen efpanditau de là les lifieres du Royaume: nommément à Strasbourg pour le doute quâeurent les habitas des François qui à peti|^s bandes fo retiroient-en Allemagne pour lafouretté de leur vie. Car les Strabourgeois fo tenans forrez amp;nbsp;fur les Armes à la garde de leur place: ne fen aflèurerent jufqucs à ce quâils fourent comme le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg
tout câeftoit porté entre lesFrançois.Mais lesSuiflès fombloiêt auoir plus dâoccafion de train- ville amp;nbsp;ne dre quelque nouueau remument parmyeux : veu la diforepence dâhumeurs ja de long téps pcârfonne''^ altérées pour la differance de la Religion entre lesCantons de leur ancienne communauté. Si que bien bien que entrez en foupçon amp;nbsp;deffiance des vns des autres : ils firent foudain leuées de gês dt guerre pour la defféce de chacun pais ja efineus à raifon des nouuelles qui eftoient venuës de France amp;nbsp;du bruit qui couroit par lesCantons, que fi le Roy pouuoit emporter vne pleine amp;nbsp;aflèurée viéloire fur les Proteftans de fon Royaume: ne faudroit ( veu le peu difoient ils ou SuâiTcs point dâamitié que les Princes portent à tels forme de Gouutrneurs) à parrialifer cefte corn- 3^ g^.^^ munauté, pour faire ruiner les Suiffès par enfomble. Et auec le païs, leur faire perdà Lanciê guerre poiy honneur quâils feffoient acquis,non feulement de feftre vnanimét entr^enuz en bonne ami- * ,âc jp quot;nbsp;tié jiifques aujourdâhuy:mais dâeffre appeliez amp;nbsp;cheremét apointez par tous les Princes de ce thoiiques. temps pour la deffencc ^ proteélion tant de leurs Effats que de leurs propres perfonnes. Aucuns difoient quâil ataqueroit les Bernois le plus grand amp;nbsp;mieux peuplé Canton de Suiffès.
Puis
-ocr page 202-oa.Noué. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
*â Puis Zurich, amp;nbsp;en apres tout le refte qui fait profeffion dâautre Confoience que de la Romaine : fondans loccafion de ces querellesSc nouueaux remumans fur la non vray fêmblancc que ceux ci endureroient à lauenir ( veu feftrangetc du fait auenii en France) que les autres Cantons Catholiques enuoiaflent leurs gens au Roy pour faire la guerre au refte de leurs frères. Tant pour le refpcd dâvne mefnjp religion ( les Profeftèurs de laquelle doiuent fentrâaimer amp;nbsp;fentrc-fêcourir Ivn lautre) que pour la crainte, que le Roy ayant acheiiéfes ennemis en fôn Royaume : ne fift ruer les Cantons Catholiques de long temps afriandez à la paye des François, fur le refte des Suifles leurs patriotes. le vous diray ailleurs cequienauint. Car jene veux de fi loin mâeflongner du fouucnir des mifores Françoifes, encor plus mifêrablcs que je ⢠ne les fçaurois exprimer. Voila donc ffiftat des vaincus. Voici en general le comportement des vidorieux.
DciTeins (îu Presque tous fc perfuadoient veu les Chefs Proteftans abatus,amp;le refte des Confederez en Roy amp;nbsp;les fi petit nombrc,quâon fe moquoit de ceux qui en faifoient Eftar : que leurs Majeftez ne cer-moiensquâil cfjoient plus quâ aflcurer la France dâvn bon amp;nbsp;eternel repos. Car outre la raifon apparente a à fiiK nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;teWefir ; les lettres ci deftiis enuoiées aux Gouuern?urs faifoient foy que tel eftoit leur inten-
à .rjuoir les places qui le ligiioiéï.
tion. Poiircc toiitcffois quâà nouuelles occurrances nouueaux confêils : le Roy fâchant la te* clés Confederez réfugiez tant en effranges païs que aucunes places de fôn Royaume â pour fermer les portes à fês commandemens : change de deffeinSjSe fit Eftat dâcmploicr tous fês moyens à les ramener à leur deuoir. Il y procéda diuerfêment. Premier que praticquer la voyc de fait,i! voulut fonder fi les remontrances,promefTes entremeflées de menaces amp;nbsp;la creance quâaucuns de leurs Chefs reftez amp;nbsp;gardez à cet effet : auoient autresfois eu parmi eux:
La prinlc des armes contre le Roy pourla Religion nâcft légitime ni pofli-ble.
ne pourroit lui moienner ce quâil ne vouloir gagner par force,quâapres tous les autres moiens perdusamp;t hors dâefpoir. Il auoit commandé à tous Gouuerneurs amp;nbsp;autres Officiers de fês Pro* uincesjfê retirer chacun en fon Gouuernement: affin dâépefeher toutes leuées des Proteftans. Et fi comporter au refte felon les memoires amp;nbsp;inftruéfions dont je vous ay parlé. Ils fê portèrent comme vous auez veuzjufques à ce que voiant la refolution des Ãonfederez ( qui efeha-pans de jour à autre fe retiroient és places refoluës ) croître amp;nbsp;fe munir de toutes chofês nc-ceftâires à leur deffence: Le Roy cômanda à chacun Gouiierneur de leur faire entendre quel eftoit leur deuoir : le bien quâils pouuoient receuoir defo ranger à fâ volonté. Au contraire le dÃmage qui leur enpourroit venir, amp;nbsp;fimpoflîbilité de tenir auec fi peu dâhômes contre tant de forces. Faifâns la plus part de tels AmbafTades par quelques Proteftans referuez des matines de Par^ à tels amp;nbsp;autres effets.Daâtitât neantmoins quâil ne vouloir faillir à fon deffein dâabolir la Religion Proteftante en fon Royaume : amp;nbsp;le nettoier de toutes fêditions : il dreflâ les préparatifs dâvne guerre future, en cas que la douceu^de ce premier moien ne lui peuft mo-yenner ce quâil euft bien voulu auoir fans les fraiz, peine amp;nbsp;hazard de la rigueur des armes. Et pour ce commanda la reueucamp;montre en armes à toute fâ Gendarmerie : Enjoignant tant aux Chefs quâ aux hommes dâarmesamp;Archers des Compagnies de fè tenir en leur Garnifon, jufques à ce quâil pluft à fa Majefté dâen ordonner autremêt. Voila lâeftat de la France depuis le jour S. l^rthelemy jufqucs aux préparatifs de la guerre dont je vous veux parler. Eftat di-je reprefenré par les dcflêins des vns amp;nbsp;des autres. Enfêmble les moiens quâils tindrent à fcxc-cution dâiceux : en quoy la mifêrable condition des Proteftans vous eft aflèz defcouuerte. Pour exprimer laquelle encor plus neantmoins, je nâoublieray vne chofê qui pourra grandement feruir à lauenir. Et à foccafion de laquelle ce parti bien que mal mené dâailleurs : a cfté conduit prefque jufques à fextremc fin de fês mifêres.Et ofêray dire,quâelle ne lui a moins pre judicié,quc la rigueur de fcscnnemis.Mais dautant plus ennuïé que îinconuenient ne venoit que dâeux mefînes, fans que leurs aucrfâircs y aportaftênt rien du leur. Câeft lâopinion que le tiers d'eux auoit,que la guerre entreprinfê contre le Roy nâeftoit legitime ni poffible. Corne les raifons ci deflbus difcourucs amp;nbsp;auec le piteux cours, le plus malheureux euenement tant des guerres Ciuiles nées lâvne 9e lâautre (nommément le defâftre de la S. Berthclcmy) le faifoient euidam ment conoitre.
P O V R mother la guerre illegitime ils mettoient en auant, le rcfpeél de la qualité du Roy. Contre laquelle fâcrée amp;nbsp;inuiolablc,nâeftoit permis de fefleuer. Puis la confiderati-on de la caufê pour laquelle on prend les armes. En quoy ils debatoient tant par raifons, que par autorité des plus excellans en tous aages. Et par exemples des plus fameux accidens qui
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auin-
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auindrent onques. Pour le premier ils difoicntjque veu le reciproque deuoir dâentre le Prince Non Icgitr-amp; fes fujets:Comme il eft ordonné de Dieu pour commander:aufli le fujeteft né pour obeyr fins quâil aie le pouuoir de preftrire nây reiglercefteobciflà nce, autrement ce ne lêroit eftre füjet ains vrai Contrerolleur des mandemens du Roy.Ce que Dieu luy mefine à voulu fignif-fier au peuple quâil a mieux aimé de tout le monde. Lors qpâil luy demada vn Roy luy relpon- jesRoys «t dant quâil en auroit vn: Mais quâil feroit fimplemêt amp;nbsp;abiblument ce quâil lüy plairoib Aquoy icurspuif-le peuple acquieflà nt le print paifiblement fous ces conditions. Câeft pourquoy fApoftre ad-monefte vn chacun Chreftien de prier Dieu pour le Magiftrat:Encor3dit-iljqUâil foit mefehat amp;nbsp;fcandaleux.Scnfuit docques Fil fort defon deuoirordinairejquâon doitfoufrir pluftoft que refifter à fi volonté,laquelle peut eftre feulemét changée par îordônance duDieu qui lây a mis ⢠amp;nbsp;non du peuple qui lâa receu comme ordonnance neceftaire à la conforuatiô de la focieté hu-inaine:qui autremét Fen alloit de confiifion en vne prompte amp;nbsp;aflèurée ruine.Câeft pourquoy les Apoftres amp;nbsp;Anciens Peres qui les ont fuiuis,voire meime lefus Chrift: En general tous les Chreftiens de la primitiue Eglifo,mcâvoulurent oneques contefter contre les Empereurs Romains aulqucls ils fo voioient fujets^rtirdonnâce diuine. Nonobftât les horribles amp;nbsp;crBslles perfocutions quâeux amp;nbsp;leurs fitellitesfaifoient de jour à autres fur leurs pouresamp; miforables corps. Ains tant Fen fa^ut quâils Faidaflènt des moiés dâoffencer les perfocuteursrquâils refufoiét la deffenciue;parans par toutes armesvne côftante, vertu amp;nbsp;patience continue,pour vray amp;nbsp;af-fourc omemét de leur Chreftiëne.Dequoy les hiftoircsEclefiaftiques font fi replies quâil iFeft befoin dâempefeher le papier. Vrai eft que par cy deuant on reljjondoit à cela que Chrift, les Apoftres amp;nbsp;autres Chreftiens fidelles qui ont fouifert martire fous la cruauté des Romains:lè font deftournez de toute dcffence,ponrce quâils fo recônoiflbient perfonnes pures princes amp;' côme fimples Miniftres enuoiez de Dieu.non pour fonner la Trompete amp;nbsp;batre aux champs, poiirfiire leuée dâhômes amp;nbsp;côbatre pour vn Royaume. Ains prefeher la parolle amp;nbsp;par le clair letantimât dâvne voix celefte,appcller les plus eflongnez du vrai trouppeau,pour fo venir amp;nbsp;fe ranger au fiin de la bergerie Chrcftiéne.Mais que les Côfederez auoiét le Magiftrat fous Ifeu- * -torité amp;nbsp;côduite duquel ils marchoient en troupes pour maintenir ce .quâils nâeuflènt vouluj difoient-ils,entreprendrefins fon aueu Aujourdâhui donc,que tous les Cheft ( deux ou trois defquels leur pouuoient reprefenter le Magiftrat )font deceddezfifaueu de qui peuuent ils continuer leurs anciens deflèins? Car eftant aujourdâhui tous priuez«amp; particuliers, nây aiant vn foui dâeux delcendu dâaucune branche de la fleur de Lys : fous qui peuuent ils Faflèmbler pour rendre leur entreprinfo amp;nbsp;port dâarmes legitimes^ approuuez de gens de De dire que le Roy amp;nbsp;ceux qui luy afîîftoiét,ont mal fait de tuer ainfi lesChefs .Et quâoutre ce ils ont excédé mefure furie refte.Pofons le Cÿ quâainfi foit.Si eft-ce que la faute dâvn nâexcufo les péchez de lautre: Aulfi le fait particulier de quelque Catholique fur les Chefs Confederez, ne legitime le mauuais delTein du refte dâiceux. Et moins encor fait, qiiâil foit permis au fujet de faire raifon foy mefine du tort quâon a fait a fon compagnon. Non plus quâil à droit dâordon- fadisni ner delà punition de quelque mal fait auenu au Royaume. Voyons dâau^itage,combien dan- amp;nbsp;partiali-gereiife cft la confoquence de tels atentas vne fois.permis en vn Eftat. Sans doh^ il nây a for-te demalcontens pour quelque occafion bonne, mauuaife où ridiculle quelle foit : qui nâen- Eftat. trepregneFefleuer » Et partialifint vne partie des fujets: faire du pis quâil pourra contre fes en- Que les nemis. Ce qui ne fçauroit auenir que par la ruine oü grand defiftre de tout fEftat. Ainfi que Proteftans les fadions de Bourgongneamp; dâOrléans en France des Rozes blanches amp;nbsp;rouges en Angle- fa*ifc°iaâgu^ erre, des Blancs amp;nbsp;noirs à Floréce. Les Guelphes amp;nbsp;Gibelins en Italie amp;nbsp;Allemagne; ailleurs gt;e au Roy ainfi des autres nous font aflèz connoirtre .Mais fi la Loy deffendant toute prinfe dâarmes,pu- joUrnée^s. niffoitatiffitoft le fait que le delTein mis en euidertee : Il nây a doute que tout ne fe portaft Bcnhckmy felon raifon amp;nbsp;equitté. Pource que la plus part des hommes jugent de chacune choie par fa-parence ou euenement dâicelle: comme aucuns font foloh le naturel amp;nbsp;merite quâils y con-noillènt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Gérerai
P O V R fimpoffibilité, difoyent-ils, nous nâauons à iicuns Chefs dignes de commander en dâarmée amp;nbsp;rilne de General dâarmée : auquel la vertu nâeft feulement requilê: ains ÿilfi îautorité pour le âluaiuez faire obcyr,la creance vers les Soldats;les biens,la vaillance,la generofité ,.refolution,conftan-ccjliberalité ôi autres moiens necelfaires à gangner St Facquerir des hômes.Toutes lefquelles
N n
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Caufes du mauuais
qualitez necelïaircs à vn General manquent en tous les Chefs qui relient, encor que la verfH leur fort familicre.Où font dauantage les moiens pour urer fecours ellranger^ Où font les villes qui peuuent fournir de viures,dâarmcs,dâartillerie,de poudre à vn befoin?De retraite alfeii rée pour nous repatrier en cas de ballonnade? Où font les deniers fi neceflà ires à la conduite de la guerre? Où lè pourront trotter les hommes apres fi grand carnageèVn lèul Prince voire à peine vn Icul Gentilhomme olè leuer la telle pour lè joindre amp;nbsp;declarer Chef de deux ou trois delèlperez qui veulent branler. Voions au contraire fennemi pourueu de tout cela, amp;nbsp;plus encor.Le Roy nâell plus comme on difoit par le pairé,en bas aagc,amp; gouuerné par autrui Ains auec faage il a creu de cÅur,de force,dâe^rit amp;nbsp;de moiens pour nous perdre tous. Son Confeil ne fut jamais fi grâd,ne fi animé contre nous.Non vn lèul mais tout le Royaume:mcf mes les deux tiers des nollres prclls à luy faire plus de lèruice quâil ne voudroit defirct, voire contre nousmefmes fi nous prenons les armes.Ourre plus il protclle haut amp;nbsp;clair quâil nous veut tous maintenir en paix.* Q^âil a auôlorilè la journée de Paris pour fe vanger des particulières injures quâil lè lèntoit auoir reccu de lAmiral amp;nbsp;aii^s lès adherans: affin de donner vn replt;à dâautant plus alfeuré au relie de lès fujets. Som^câi^ie tout bien confideré, difoicnt-ils, le piteux projeél amp;nbsp;encor la plus malheureulè fin de nos guerres pallècs : nous font aflez cui-demment connoillrc combien delplailènt à ce grand Dieu toutes telles entreprinlèsivcu quâil nâ^ jamais bénit leffed de nos armes. Dâautant que nous auons tousjours elle de mal en pis-Nous auons fait mourir vn million de Confederez. Nous auons tousjours acreu la perte de nos biens,de nos Ellats,auec le piteux rauage de toute la France en general.Et fommes encor moins alTciircz de nollre vie, de nos biens, de nollrc confciencc amp;nbsp;Religion quâau parauant les premiers troubles.
Aucuns au relie de ceux là atribuoient la caulè de fi malheureux cuenement à la prouiden-
progrcz ez
ProuUcncc de Dieu-
Dieuj qui nâauoit oneques voulu bénir leur port dâarmes.Et les autres ( qui corne plus LotXns* guerriers amp;nbsp;acouftumez au maniment des armes: en jugeoient naturellement amp;nbsp;par lappa-ra/fce des accidens)à la mauuailê coduitte de lâAmiral amp;nbsp;autres Chefs quâils auoitt fuiui:LcS aélions delquels ils auoient fi haut loüé de leur viuat quâils les mettoient hors de Paragon de tous les Capitafnes du monde.Maintenant ils faj|bient leçon ( corne lêuls reliez pour la conduite des armes ) des fautes de lAmiral: inféras par là que fi leur affaires fe font rousjcurs mal
Fauces de lâAmical amp;nbsp;dâaucres Chefs en la conduice de
portées du viuant de ces grans Capitaines:qu*il nây auoitapparance aucune de les amtndera-pres leurs decez. Aquoy ils ajouftoiétle defôrdre amp;nbsp;mclpris de toute difciplinc militaire lt;]ui croift de jou#à autre entre les François^! bien que les Chefs defpourueus de fuffilà nce:amp;le5 lôldats du deuoir dâobeiffance amp;nbsp;viuas pires quâAthées amp;nbsp;Canibales en ce Royaume:Dicu, di-cur guecre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rcdoit par tant dè preuuesjautât de tefinoignjges quâil nous falloir delefperer dâeftre
jamais heureux au port des armes prinfes pour le fà id de la Religion.
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Au furplus quand la raifôn,quand fautorité^quand fcxéple de tous les plus grans qui furet
onques:Quand toutes les Loixdiuinesamp; humaines: Quand toutcôbattroit contre le Roy. pour redre le port dfs armes cotre luy legitime amp;nbsp;poflible.Si eft-eeque celle feule Côfedera tionjdifoiél-êlsjdcuoit détourner les fujets djcntreprêdre contre fon Princeifçauoir eftjla perte incroiable voire indicible tant de perlônnes que de biés,Places, Prouinces amp;nbsp;de toutes autres
chol^ qui font au Royaume:quinâen peut raporter quâvne finale amp;nbsp;hôteulê dcflrudiô pour fvn 8c laiitre parti.Les mieux pourueus de jugemes amp;nbsp;quiauec le naturel,joignent lacquifitif chofes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;remarque des accidés palTez leur apportetcofclTeront tousjours que ceux qui entrepre
quifesatou nent cholès hautes, mefinemêt de telle imporrâce-.premier que mettre leur projet en lumière tes entre- j-jen executcr: ne doiuét lèulcmct bien conlîderer fi leur entreprinlê ell julle puis fi elle ell pnnfcs. nbsp;nbsp;nbsp;polfible:mais aulfi trouuer les moiés pour luy faire reüfcir bône fin.He Dieu quel bie, dilôiét-
ils,quel auâtage ont reccu lesfujets Frâçois de tât de leuées,dc tant dâiterez remumâs dâarmes, plus pourc amp;nbsp;plus milcrable voire plus deplorable que neIçauroient croire ceux qui nâonf ny cerueaupour en juger auec raifon,ny fexperiance des cholès pour en prefumer ce qui en cil: plus detellable que ne voudroiet croire ceux qui maitrifez de leurs fortes paffions (dâenuie, dâauaricc,dâambitioii^e vengence amp;nbsp;tels autres pelles dâvne ame pourueuë de bonne nature) neveulcntviure quâà la continue de telles guerres pourfennehir, ou autremant contenter leurs damnées affcélions . Mais ceux qui ont le cerueau ralfis amp;nbsp;la connoilîà ncc de telles praticques humaines:foit pour en auoir ouï parler,ou enauoir leu dcftmblableczHilloiics du palfc:
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lööt
dll paffé: Et encor plus ceux qui ont fcnti les fouetades: ceux qui ont fouftert la perte de leurs biens, le baniiTenient du pays de leur naiflà ncc; lesftropiats les Alangonois pour la longueur des maladies quâils en ont acquis. Ceux qui ont perdu leurs parens ou amis en lôm-me ceux qui ont reccu quelque pinGde au malheureux cours de ces guerres Ciuilcs : feront les premiers à dire haut amp;nbsp;clerc que la fin de telles Tragédies, nâen peut eftre que fânglan-te Sc deteftable.Puis donc que la fin de nos dclfcins nepeut eftre que mifèrable.Pourquoy les enfantons nous ? De quâelle aucuglée rage leur failbns nous voir la precieulê lumière du jour qui ne deuroit eftre employé quâen repos, quâen profit au contentement dâvnchacun ?
Quelques vns relpondoyent que cela ne doit retarder les fujets à cercher les moiens par les armes ( puis que toute autre voielcur maque) defafrâchir des calamitez amp;feruitudes incroia ⢠blesdquelles ils ont efté nourris julques ici,foit en Corps ou ez biés de ce modeclbit en elprit amp;nbsp;deuoir de confcience.Car corne il nây a entreprinlè ny choie du mode qui nâaie auec iby lès comoditez amp;nbsp;incômoditez:Et que pourtant il ne faut laiiTer de fi emploier fur la crainte que les incômoditez furpafterôt leur contraire: Au{fi,bien quâils prenoiét tous ces maux amp;nbsp;miiera-bles dcfaftres eftre les vrais amp;nbsp;neceflà ires Apanages des guerres Ciuilcsrquâils ne doiuét plt;Ãr tant defilier leur entreprinlè.Elperant que le bien qui en viendra par falFranchiflèmét de tant delèruitudes furpalîèra de beaucoup toutes les pertes quâils pourroientlbulFrir de la durée de ces guerres.Dâautât quâils nây peuuét obuier.Ils fçaiiét bien que S. Paul dit quâil ne faut faire fake mal mal,affin que bien en auienne .Mais ils font aulfi certains amp;nbsp;relolus que ÃApoftre comme prb affin que ucc perlônne quâil eftoit amp;nbsp;fimple Miniftre enuoyé pour prelcher le faiôl de côfcience amp;nbsp;non aù^nne reigler les aélions politiques amp;nbsp;entreprinlès qui concernent Icntretien amp;nbsp;acroilïèmét ou refor mation dâvn Eftat:nâa parlé que des aôlions particulières de Chrellien à Chreftien amp;nbsp;non des publicques côme celle-cy,qui le font par îauôlorité de toute vns cômunauté:Pour le bic non dâvn ou de 2. ains de tout le pays amp;nbsp;de ÃEftat en gencral.Outrc plus,difoict-ils, toutes les cala- Les Catho. mitez (à la côfideratîon defquelles on nous veut faire déporter de nos cntrcprilès)nc nous font point particulières .Mai^ cômuncs auec les Catholiques.Lelquels en fentent autât que nous, de perces ⢠voyrepliis eu elgard au party .Nous nâauons faiél perte de tant ne fi grands Chefs. Car nous ne les auions pas. Et ont plus perdu à ime foule journée de Dreux que nous en tout le cours des guerres.â Car le jour de Saint Ãerthelemy nâeft faûion de guerre : Ains fineftè amp;nbsp;tromperie de laquelle les habilles fo fontlaiffez coiffer (commâ-à vne guerre de Renards: ) encores moins de Soldats pource que nous nâen auons tant. loind quâils ont plus affiegé de Places que nous .Deuant lefquelles foperd amp;nbsp;fo mutile trois ^is autant dâhommes que dedans. Ils ont auflfi perdu plus de biens. Car ils en ont plus. Ils tiennent les grans Eftats amp;nbsp;les plus beaux reu^uz du Royaume. Quand on nây conteroit que les Eclefiaftiques,Financiers,Marchans amp;nbsp;lufticiers. Voire que leursricheflèsfont vne des Moiensde occafions qui rendent nos Soldats fi prompts au fon du tambour St fi conftans à fouffrir entreksâ'*^ la longueur des guerres: pour laflèurance quâils ont du butina fentretenirtousjours dâvne Proteftant. telle picotée qui ne leur peut manquer. Au contraire fur qui prendroit le Catholique fil ne defioboit les fiens mefines ? Sur des poures Marchans qui premier que de 4ebufquer vendent tout pour mettre en armes amp;nbsp;cheuaux : aflèurez de fo recompenfor aux delpens du Catholique. Nousnâauonsau refte aucun fons de deniers que nous puiffions perdre que celuy que nous pouuons faire à la fucur de noftre Corps au defpens des Catholiques : aulfi tort que les armes fontprinfes. De Places nousenauonsfi peu mais fi bien pourueuës de bons hommes : que le gain leur eft perte alfourée. Si bien que leur grandes pertes fur-montant les petites receptesqui leurvienent: leur font alfez connoiftre que le jeu ne vaut pas la chandelle quâils y bruflent. Mais tout cela nâeft rien did nây à propos relpondoyent les refroidis (ainfilcsappelloycntils) Car fi les guerres Ciuiles font miforables (comme rien nâeft plus à fiiyr que les foditions) voulez vous les entretenir amp;nbsp;vous y rejeter pour cefte foule raifon que les calamitez en font infoparables?Cete raifon ne ^rtit jamais de telle bien faite.
Car au contraire linfoparabiiité fil faut ainfi parler,vous en doit plüftoft lèparer ou vous faire voiries plus fots amp;nbsp;les plus eftourdis qui furent oneques, de fo precipitci^e gayeté de cÅur à vnmal que vous auez des ja preueu ne pouuoir euiter, fi vous faites cela.Encor moins cftes - vous excufables pour la communauté de telles mifores. Car comme le bien qui auiendroit
aux Catholicques leur foroit propre Si ne vous foroit en rien auantageux : Aulfi le mât Nn ij.
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qu'ils en iôuffrent leur doit demeurer: amp;nbsp;ne deuez eftrc fi deipourueuz de fens que à l'exemple des chiquaneurs ( leiquels opiniâtres en proces ne craignent delpendre tout leur bien fur vndifFerand mal fondé ou mal conduit: affin de ruyner leur parties aduerlês) vous vueil-lez entrer en miiere pour y foire enfoncer vos ennemis.Ou du moins patiéter vos pourctez,amp; Confolatiô ^^ï^^^ces par la confideration d»la mifère dâautruy. Il nây a que les âmes perdues amp;nbsp;deftinées desmifera au feu de perdition qui tiennent ce langage : que la confolation des miferables eft auoirlês dâaucirfcs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;queccftc confolatiou iôit limitée au difeours de la railbn, laquelle fc
pareils. propofons Ics miforables en leur particulier, diminuent amp;nbsp;amoindriflènt autant le fôuue-Tn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;diforaccs parcedeuis ordinaire amp;nbsp;familier fondé fur la raifon des vrais excm-
ftans per- pIcs de ccux qui ont couru mefine fortune. Mais il nây a rien de femblabic à ce foiél. Au par b longueur raifon ne les deliure de foutes pour vnc autre confideration. Câeft que la perte eft des guefre, tousjours plus grande à eux quâaux Catholiques. Vne place prinfe leur importe elle pas dix l«c*ath^^ plus que dix au Roy plus fort quâeux ? Comme ils confefiènt vn homme mort ne leur ligues. eft il pas de plus dâimponance que dix au Prince, auquel les Soldats formilleront tant quâil aiffaeftat? La grandeur des pertes ne doit eftrenîêfurée au nombre, mais à fEftat amp;nbsp;qua-Caufes'de chacun party. Si bien que le mal eft tousjours aux Confedez amp;nbsp;tourne tousjours en la longueur fin le dcfoftrc fur eux. Tellement que plus dureront les guerres amp;nbsp;plus perdront ils. Si cTuUes en ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dclhuëz de Chefs amp;nbsp;de Soldats, dâarmes amp;nbsp;de retraite faudra qu'ils gemifîènt fous
France. la jouë du vidorieux fil ne leur foiéf graces. Câeft pourquoy le confoil qu'on leur donnoit du commancement des guerres, eft aujourdâhuy trouué bon amp;falutaire: comme lors ridicule Si hazardeux.Quâils deuoyent harter la guerre amp;nbsp;coucher de tout aux premirs troubles. Mais ils ont fomblé ceux qui vont le petit trot quand il fout aller au grand galop. Ou les Pirates amp;nbsp;efeumeurs de mer qui ne font que demie caché fur le fuiard quâils pen-lêntauoir auffi tort atteint jufques à ce que le voyans plus leger deamp;meileure voile, ik mettent toutes voilles hors, pour recompenfer la perte du pafle. Mais ils le voyent ter-⢠rir ou cfohouër contre quelque lieu de deffance amp;nbsp;gagner la rade ^âvne ancre ou de quelque Haure dâaflèurée retraite : Si bien que la propofition demeure tousjours en lôn entier: que fi la fin nâert bonne, îentreprinfo ÿç. fe doit executer encore quâelle iôit jufteSi poffiblc. Mais pour leurorter, difoyent-ils, tous prétextes de drefter leur entreprifo : H ne leur fout que foire connoiftre la grandeur des moyens du R o y, fanimofité defon party à conrtamment pourfuiure la ruyne des Confederez. Et au rebours le peu de leurs moyens, linconrtante reiôlution tant des Chefs qui relient, que de Soldats auffi mal animez que ceux cy : Si que le tout meurement confideré il ne leur relie pour toute coulleur quâvn efpoier que Di bv les aydera Si/era tout reùlcir à la gloire de ion lâint Nom, à la bencdiélion du prochain amp;nbsp;à lâacroiflèmenr amp;nbsp;lèureté de fon Eglilê. Sur-quoy, difont-ils, comâ-ils ne veulent poinél elplucher ce que D i e v veut, ce quâil fera De la toute 4*^*â*^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pcuuent peiiiiader que ce loit le deuoir dâvn bon Chre-
puiu'ancc Hicn dc bouchcr les yeux à toutes raifons aparantes, mefprilêr la confideration de tous de Dieu, moyens hamains , rejeder de lôy tout bien amp;nbsp;foureté quâon luy offre pour le précipiter à tous hazards, fenfondrer de gayeté de cÅur à tous perils, amp;nbsp;pertes euidentes amp;nbsp;mal encontresalTeurées : affin dâatendre lâeuenement de ce que D i e v ne luy alfeurc quâen rcpiu5quot;par foifoâit lôn deuoir .Sa grandeur, lès merueilles amp;nbsp;pour le dire en vn mot la toute puilTancc miracle ne nâcrt: point mile en doute. Nous en lômmes tous certains amp;nbsp;relôlus : mais câeft quâil eft 'tquot;aóTdbai' bon amp;nbsp;tout puiffont quand il luy plaift, amp;nbsp;ne veut eftandre les richeflès delà bontés. té fur tous ceux qui la défirent amp;nbsp;qui mclprifont dâemployer la vertu de leur efprit à fc bien conduire amp;nbsp;praticquer les moyens quâil leur à donné (non pour eftre lailTez vainsi amp;lè rouiller: ains pour les mettre eneuidence) attendant la gueule baie que la Manc leur tombe du Ciel. Que la pierj^e jete encore vne fois lôurce dâeaux, amp;nbsp;tels autres merueilles quf D I e V à voulu faire autrefois pour conuaincre lâincrédulité des hommes de ce temps là amp;nbsp;monftrer enlèmble la toute puiflà nce de fo Diuinité . Puis donc que croyant tout cela noua nâauons plus affaire de tels moyens extraordinaires : D i e v nous veut foire trauailler. Il veut que nous employons les moyens ordinaires qui fônt de foire amp;nbsp;fuyure ce qui à de lâapparence de poffibilité, pour tourner tout à noftre bien amp;nbsp;profit dc noftre prochain. Or la poffibilité doit cftre confiderée félon les moyens de vous amp;nbsp;de voftrc
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tic voftre aduerfâire qui (ont tels en ce faiâ: que vous auez entêdu: puis doc quâil en a aucuns il faut juger que la fin en fera malheureufe amp;l dommageable. Parquoy il ne la faut entre- Powquoy prendre. Pour le dire en bref ils en gagnèrent tant Ibit pour le poix de ces raifons : foit pour ftà n/ont re-la confideration de leur calamité prefènte : que la plulpart nemettoit plusenauant quâvne prim les ar-contrainte amp;nbsp;ncceflîté qui les forçoit de prendre les armes pgur leur deffence. Lelquelles ils enflent Volontiers enterrez, fils enflent efté aflèurez de couler celle vie en paix amp;nbsp;repos t^t â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;
defiré. Mais voyans le Roy dâvn collé, les Catholiques de fautre à lbn exemple ne tourner la veuë que lur eux pour les traiôler comme les autres : Ils furent, direiit-ik, neceflitez à la def-fcncc que D i e v, que la Nature, que la Loy des Princes mefines, de pitoyable fait Julie
amp; legitime en cas quâon nâayc autre moyen de garentir la vie. Dâautant que ce nâell mon def rfre- ⢠fein de Juger de ces faâibns, nây balancer le merite de deux parties : ains lêulement' de coucher au vray le faiél, les raifons amp;nbsp;les moyens quâvn chacun a tenu pour le maintenir : le reti-reray la plume pour ce regard : me fuffilânt de dire, comrrfe je fuis aflèuré que fi le Roy eull bien fait exécuter les lettres amp;nbsp;memoires quâil enuoya à lès Gouuerneurs amp;nbsp;fur tout Ibngneu lèment puiiir les contreuenans à là volonÃ,dâentretcnir les Confederez paifibles en toute lt;Ãu-ccuramp; repos aflèuré; les villes Protellantes nâeuflènt ellé fi remplies quâon les vit depuis.
fi la meilleure part des habitans lè fuflènt retirez quand elle eullveu le defirduRoy â execute ainfi quâil le prometoit ,amp; que chacun de lès fujers ledefiroit: Mais fauarice, le -?Ãle aueuglé, ^ambition amp;nbsp;telles autres ballardes alfedions qui matrilôyent le coeur de j ceux qui auoient quelque pouuoir en chacune Prouince: ennuicrent tellement le relie * des Confederez ; que force leur fut de lè ralier auec les autres qui du premier coup de tambour felloyentdeclarez vouloir viure ou mourir comme ils auoient ellé enlèignez pat lepaflë,
.3;; C E V X qui tindrent ferrries neantmoins: Relpondoicnt à tout cela tant de viue voix que par eferit retenu amp;nbsp;publié. Ou ils monllrent quel ell le deuoir amp;nbsp;puiflancc du Ma-j ^illrat. lufqucs où fqp luy doitobeyr. Quand refiller en quelles chofes prendre les ar- , mes contre luy. Occafion que je ne mâen chargeraydauantagele cerueau lt;nbsp;lediraylèu-lement que la plus part des Confederez qui lè relblurent à la deffenciue: fanimerentà /es Pro«-' prendre les armes pour vn défit de venger la mort de tant de leurs compagnons : plus que par la force de toutes les railbns quâon leur alleguoit . Car aujourdâhuy le temps cil venu tel : où pour mieux dire les hommes ayans commencé vne cholè bonne ou quatrième mauuailè, fe plailènt tant à la continue de leur prerniers iraiéts ; Que remonJlrance ne les peut dellourner de la pourfuitte, aimans mieux ce femble ( Je parle de ceux qui nâont le cerueau pour Juger le merite de l^ntreprinlè quâils font ou quâils feuorilènt auec dâautres, la creance defquels ils fuiuent plus que la railon) laiflèr le Jugement de leurs adionj à la fuitte du temps ( qui en fera Juger lapofterité lèlon lâeuenemant plus quâà leur défit ny felon le merite de fcntreprinlè .⢠) que de marcher en toutes cholès dilcretément amp;nbsp;auec raifon. Somme que le jugement que fiiifoyent bonne part des Confederez fur la reprinfe des armes: Je diôls Sieurs, Gentils-hommes, Cappitaines, Miniflys amp;nbsp;toute autre forte de gens qui deftournoyent le plus dâhommes quâils pouuoyent detelsdef feins; préjudicia fi fort à lâentrcprinfe de plus relôlus; que voyans aucuns dâeux lè déporter par les remonftrances de ceux cy : Les autres incertains quel party ils deuoyent fuiure ; à peine les Protellans lè peurent accorder pour ce deffendre vnanimement contre les Catholiques. Voire que nâeuflènt ellé lesnouuelles qui fut celle incertitude leurve-noyent de plufieurs endroiéls de fanimeufe amp;nbsp;cruelle pourfuitte quâon failôit fur leurs frétés e^ars deçà amp;nbsp;delà . loind les grands préparatifs que le Roy failôit tant en France quâaileurs pour leuer gens amp;nbsp;lè dilpolèr à vne guerre prochaine : dont les Confederez ne pouuoyent clpcrer quâvne alfurée amp;nbsp;entière ruyne de ce peu qui relloyt à leur * party. Confiderémcfmcment quâils nâauoyent aucuns CÃfs de nom, amp;nbsp;que les plus grans qui à uoyent autrefois conduiél leurs troupes lôus le Prince de C o n d eamp; ÃAmlral, leur conlèilloyent vne retraite paifible. Et en cas de refus Jps menaçoyent de les abandonner pour lèruir le R o y contre eux : Comme il luy auoyent promis amp;nbsp;juré aux Matines Parifiennes ; ils nâeuflènt olerlè promettre aucune bonne yfluëen leurs alfairçs. Ne mefmcs peu auoiv les moyens de le relôudre à la ddfenfiue contrçccux def
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quels ils nâcfpcroyent aucune faneur. Mefme que de ceux qui maintenoyent les places, plufieurs lïy demeuroyent que pour gangner temps amp;nbsp;le plus dâhommes qiiâils pourroyent à leur opinion : affiti de rendre les villes ez mains du Roy. Voyrc que bon nombre des principaux amp;nbsp;autres qui ièmbloyent les plus zelez amp;nbsp;mieux reiblus à tous cuenemens ; quiterent ftoT/ours nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;abandonnèrent leurs «ompagnons auffi toil quâils ièntirent le remument ^e lâAr-
efté autant mée Rcalc. Bref ceux qui eftoyent treuuez les mieux auiicz: qui plus meipriibyent la nicf[Ki{ècamp; calamité en laquelle ilsvoioyent leur party prcffdâertre reduiéf : amp;qui en autre temps euf-quçk'bon fenteftélcvraypoùrfraiél d'vnc conftanceaffeuréecontre tous perils; baiflerent la teile, uoiÃ^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deuotion des plus forts. Comme que ce ibit ne mâem peichant point au ju;
gemens defheur qui pouuôit accompagner lâvnamp;îautre deiïêin : je recite fimplement cc qui eil: auenu aux vns amp;nbsp;autres:amp; nommément au places qui tindrent conne les entreprinfes Catholiques.
' PlVsievrs décès villes le laiilèrent manier à la couftumée, par le plaifir amp;nbsp;volon-
^ensder* lt;lés Gentils-hommes voyfins quâelles y eftablirent Gouucrncurs pendant les troublés. NÃis beaucoup dâautres notamment la Rochelle, Montauban, Sancerre amp;nbsp;grand nombre de celles de Gafeongne, Quercy amp;nbsp;Languedo: nâen voulurent dâautres qitc les Maires, Conïîils amp;nbsp;tels autres plus aparans dâentrâ-eux : qui de tout temps,difoycnc-ils,en auoyenteû le Gouucrnemcnt âffiftcz pour Confeil des Pairs amp;nbsp;Eicheuins, luratSjSc tels autres les
villes Fran-çoifes fous les Maires dâicclles.c rcfufânsja Noblei^ pour commander.
Baillifs amp;
Senefehaux
Gauuer-ncursdes
plus fignallez des habitans. Que le Maire du Pallais n'eftoit anciennement autre que Sur-intendant fur les principaux affaires de France; à ion exemple, les Maires de chacune ville y aitoyent telle auctorité amp;nbsp;puiflânee que les Baillifs amp;nbsp;Senefehaux fur les Prouinccs, leiquelles ne reconnoiffent autres Chefs ny de la luftice ny des Finances, ny du refte de la Police quâeux. Mais que tout eftant aujourdâhuy fi fort altéré de ion premiernà -turel : nâciperans plus de mercy en la fureur des Catholiques : Us craignoyent, diibyent-ils, que les Gentils-hommes ie portans vers eux comme beaucoup de Seigneurs font fu£
Proainces. fujfets en cc Rôyaume : nâenffent plus dâeigard à leur plaifij amp;nbsp;proffit particulier: ,1 quâau bien Si auancement delEftat de chacune ville. Si bien que les Gentils-hommes nâyayans que libre amp;nbsp;iêur accez : les Clcf^es portes, le fignal, les gardes, regardes,reue uës, le mot du guet, les defpeches, les Finances amp;nbsp;telles autres choies deiperidoyent du ⢠Maire amp;nbsp;de fon Confeil. Voila le changement dâEffat que la miferable longueur des gucr-
rcs nous à ptoduid.
Ordvc que donne le Roy pour rauoir les villes qui fcprcpareiic
L E Hfoy cependant, auoir feeu la refolution de tout ce party : ne trouua rien plus expedient au bien de fes affaires, que dâenuoyer vers chacune ville en particulier : leur rc-monftrer par fes Gouucmeurs (aulquels ils çnjbiuâ: fc retirer chacun en fon Gouuer' nement ) le deiioir dâobejâffance quâelles doiuenttoutes rendre à lâMajefté.Le bien qui leurçnpouuoit aueniramp;lesinconueniensdu contraire. Pour quelque choie qui fuit auc-aladeffccç. en iôn Royaume, quâil falloir oublier lepaifé pour febien porter à fauenir : puis quC choies faiéfes ne peuuent quâelles neiôyent auenues. Quâil nâentendoit contreuenir à iês premiers Sdids.'Ains permettre à chacun iâ liberté de confcience ià ns aucune iccerchc de Religion. Voulans toutefois pouruoir aux moyens de rigueur,cn cas que la douceur de ces rcmonftrances ne les peuft fléchir à fa deuotion : commanda à fes Gouucmeurs de Prouin-
ces dâafïcitibler cependant le plus dâhommes quâils pourroyentpour renger les Confédérés à ion défit. La Chaftre Gouuerneur de Berry fut commande de le pouruoir contre les réfugiez en Sancerre. Biron déclaré par le Roy Gouuerneur de la Rochelle, Saintonge amp;nbsp;pays Donis,amp;. le Cote duLudeGouuerneur en Poitou, pour remettre la Rochelle au deuoir dc6 premiere obeiflà nce: Le Marquis de Villars nouuellement pourueu de fEftat dâAmiral amp;nbsp;Gouuerneur de Guyenne,fut enuoié de Court affin de tanter tous moiens pour rendre Mon-taubanamp; telles autres places lt;^a fubmiffion Catholique. Pouf mefme fin le Marefchal DâaUquot; uille ^achemina à lôn Gouucrnemêt de Languedo pour enleuer Nifînes Sc autres places qui ic rédoict Cofederées des mains de ceux qui fy attribuoiét desja quelque puiffance.Tous eu general furet amplomét inftruits de la volotc du Roy. A laquelle fe conformas,firent ce quâils peurét à rentiere executiô dicelle.Côme je fuis délibéré de vous faire entédreapres que jâaU' ray parle des Rochellois:de fEftat Si retraite delqviels,là Majefté,tous les Catholiques amp;nbsp;tncC-mes prefque tous lesConfederez (èmbloicnt fc trauaillcr plus que dâautres choies qui leurfuft en quel'
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eh quelque rcfped.Occafion que je mây arrefteray dauantage pour mieux vous reprelenter ficge qui fut mis deuant cefte viUc5S3ncerre}Quolâde5Sommieres amp;{. autres en diuers cartiers d,e France.Et notamét dâHarian enHolande batue par lesElpagnols.Toutes lefquelles aflîegces en vn mcfme temps: {émirent neantmoins diuers cuenemens; plus heureulès les vnes que les autres comme je vous feray voir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Pour donques vous reprelenter au vray ÃEftat des villes cy deflûs mentionnées : amp;nbsp;comme elles fe comportèrent depuis le vintquatriéme Aeuft, jour dédié à la deuotion des Catholi- jea ferui dâe ques : le commanceray par la Rochelle, tant pource quâelle aefté la premiere fur fes gardes: que pour auoir efté exemple à toutes les autrcs:amp; les auoir conduit comme par la main pour entreprendre ce quâelles nâeullènt peut eftre lèulemcnt ozé conceuoir en leur efprit* Vous a-uez veu cy defliis les deflèins amp;nbsp;préparatifs de Stroffy Sc Baron de la Garde fur lâentretien de leur Armée de mer .Elle eftoit fi voifinc des Rochellois ôc compoféede tant de guerriers leurs anciens ennemiszquâils penfoient auoir alTez d'occafion dâen craindre quelque furprinlê, comme je vous ay dit ailleurs. Où je vous ay fait voir les lettres quâils en clcriuoient à lAmi-ral. Depuis,amp; le vintneufiéme Aouft, ils furent auertis de ce qui eftoit auenu à Paris. OÃca-fion quâils commencèrent a redoubler les gardes. Melmemant apres auoir ouï aflèurer à plu-fieurs fuitis,quâô en laifoit autât par toutes les villes du Royaumc.Belleuille, Roches Baritaud Scplufieurs autres que Seigneurs Gentilshommes amp;nbsp;Soldats de cefte armée:cftoient lors dedans la viÃe.Lefquels voiant quâon fè desfioit dâeux plus que auparauant:amp;les cfclairoit on de fi près quâils nâeuflènt Iceu quand ils en euflènt eu le vouloir:rien execiiter au prejudice de la ville:prindrcnt parti de le retirer au plus toft quâils peurêt. Ce qui leur fut permis,amp; dâemporter tout ce quâils auoient auec eux.Encor que le bruit couruft quâils deliberoict de le lâifir de la ville à la ûueur de lâarmée Naualle. Puis les Rochellois elcriuirent à Srroftÿ amp;nbsp;Baron de la Garde qui eftoient en Broüage pour entendre dâeux plus à plain comme le tout feftoit pafte à Paris amp;nbsp;ailleurs .Aux fins aulfi dedefeourir leur intentions fri eftoit poflible.Le Baron leur fift cefte refponce par
Meirieurs,nous eftions enlèmble le Sieur de Strofty amp;nbsp;moy quand voftre homme prelènt Lettres du porteur eft arriué: Scauonsveu vos letrres:^ans mcrueilleulêment marris des mauuaftês Baron delà nouuelles quâon faid courir en voftre ville. Et quant aux dommages que diéles auoir reccu RocheUoïs. aux lieux circonuoifins. Vous Içauez bien que câeft par negligence de nous en auoir auerty. Car dés fheure jâeuftè bien remédié comme je fais a pjelà nt, qui eft que les gens amp;nbsp;vaifteau du Sieur de Bclleuille fen viennent auec lesautrcs.Sâils ne le font jây rcmediray bifU.De Mon fieur de Belleuille amp;nbsp;Roche Baritaud je leur eferi defen venir incontinêt fi leur lânté le peut porter. Des autres fils ne font mallades^ile maftèute quâil nây en a pas vn qui ne fen vienne. Au ' refte feides tant pour le lèruice duRoy, pou r vous mefines amp;nbsp;à ma Requefte, que fur la couleur de ce fujet vous ne retirez point ces poures mal confeillez de la Religion ,comme il y en ä desja beaucoup. Mais les renuoyez chacun en leur mefhages amp;nbsp;ils feront beaucoup mieuz. Et vous aflèurez du Sieur Strofïy amp;nbsp;de moy : que nous ne permetterons jamais que piece qui foit fous noftre charge vous offence nây en focret ny public. Car outre ce que leurs Majeftez nous ont did de vine voix,amp; par trois courriers qui font venus depuis ce qui eft auenu à Paris: Ils nous ont mandé de vous foulager amp;refpederen tout ce que mous pourrons : Et faite obferuer lâEdid de pacification gencrallement par tout j amp;nbsp;vous auertir à la vérité descaufes dont eft furuenu le tumulte. Et encores que je lâche que vous allez efté auertis de voftre cofté par gens toutesfois paftionnez, jâen ay did à voftre depputé pre-font porteur ce que jâen ay feeu de diuers lieux: qui vous le Içaura mieux reciter que je ne le vous pourrois eferire, qui me gardera de faire cefte plus longue. Ne voulant faire tort à fafuffilânce.Bien vous afture je, que fi me voulez croire auec fauis de la plus part de vos bons Citoycns:vous viuerez en paix amp;nbsp;en repos. Et remettes ^ar ce moyen voftre ville en la grandeur amp;nbsp;reputation quâelle a efté autrefois. Meftîeurs je prie noftre Seigneur vous donner en bonnefanté longue amp;nbsp;heureufo vie. De Broüage ce dernier jour dâAouft 1572.
Ainfi ligné. Voftre tref-cher amp;nbsp;plus cher amy, Poulin, amp;nbsp;deftiis, A Motfeurs meftîeurs les Maires,Iurats,Pairs de la Rochelle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' l ettres teÃ
⢠MessievrsJc viens prelcntement de receuoir voftre Ictrre touchant quelque compa- ponfiuc de gnies dequoy vous vous plaignez.Ie ne fuis dâautre opinion que celle que mâauez connusjqui
Nn iiiji
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L'HISTOIRE DE FRANCE.
Strofii con-fcille amp;nbsp;veilt aider les lïochel-lois.
clt dâobferiier laluHice particulièrement tenir la main au foulagcinent du peuple amp;nbsp;le voftre.Ileftvray que allions pour le certain donné lerende-vous pour nous embarqiicraii dernier de ce mois . lieft furuenu ce quâauez entendu à Paris. Surquoy le Roy nous à mandé craignant que cela ne commift dcfôrdrc,tenir la main à la Paix amp;nbsp;vnion de tout le monde. Ce que nous defirons faire amp;voi^ prie devons en aftèurer, vous priantauflîcommcjemâaf-lêure que ferez, en faire le melîne pour enfuiure fôn intention. Nâeftant lapreiènte à autre effet je me recommande trefthumblemcnt à vos bonnes graces priant Dieu vous tenir en û garde. De Broiiage ce dernier Aouft mil cinq cens foixante douze. Strofti dit aux députez de la ville que fi laRochelIc eftoit en crainte amp;nbsp;fc vouloit aider de fôn confcil 8e moien,il leur donneroit pour leur garde amp;nbsp;lêuretté telles compagnies amp;nbsp;de telle Religion quâils voudroiét. Mais le tout raporté en la ville, les Rochellois ne furent dâauis de fuiure ce confeil: n'y defro-guer à leurs priuileges quifônt de ne receuoir aucune garnifôiains de garder eux melmcs leur villeamp; maintenir leur Religio jufques à la dernière goûte dcleur fiing. Et parce qu'ils eftoiet mal munis pour fôuftenir vn fiege, fut auife quâon pjocederoit en ces affaires faut grand bruit amp;nbsp;le plus fecretement quâils pourroient.
Ordre que Jes Rochcl-lois donnèrent pour le dedans de la ville.
Compagnie du Maire laques Henry.
Dâautant que la Rochelle eft affifè fur la grand mer Occeane: eftant limitrophe amp;nbsp;tenue pour vne des Clefs de France: elle à aeouftumé mefinesen temps de guerre, dâeftrearmec pour fâ garde amp;nbsp;confêruarion: Par la conduite du Maire affifté desEfeheuins amp;nbsp;Pairs dâicelle-A cette caufê eftant depuis les troubles diuifee en huit quarticrs,ils efleurcnt huit CappitaineJ dont chacun en fôn quartier enroUe hommes propres pour les armes. Les vefues amp;nbsp;autres pef fùnnes fuffifântcs 'fourniffent dâhommes pour la garde. Ainfi cerchans les moiens de fè garentir fans grand changement: en donnèrent la charge à huit Cappitaines aians chacuns deux cens hommes fans gages 8c viuans à leurs defpens. Voire que plufieurs durant le fiege ont logéamp; nourrydes fôldats forains,paié léprunt 8c fâtifait aux autres charges de la ville: encor quâu^ aient pafte plus de neuf mois en cefte fatigue de guerre fans vier de leur négociation amp;nbsp;trafà acouftumé. Outre ces compagnies dâhabitans naturels eftoit celle dueMaire de ville amp;nbsp;de tout temps à efté la plus belle comme compofee de cent de la maifôn de ville 8c de ceuX qui demeuroiêt pres de luy quâon apelle entrejes barrières du Maire. Et qui luy affiftent jout amp;nbsp;nuid quand il les mande. DArandel en eftoit Lieutenant affifté dâvn nombre de fôldats ef trangers choifis pour plus grande afleurance de cefte troupe.
Prépara tifs de Cathüli-quqs pour adjeger la Rochelle pat mer amp;nbsp;pat terre.
Armée de Strolh amp;nbsp;Baren de la Carde.
O R pour vous faire entendre de gucls gens ils furent fècourus: comme ils fc portèrent î les entretenir 8c conduire tout en fôrte, que inconuenient nây auint auquel ils ne peuffent remédier: reprefêntez vous les grans 8c magnifiques préparatifs de 1Armée nauale dont je vous ay parlé. Car en fin tous ces beaux 8c magnifiques apçrefts vindrent à néant. Et peu à peu corne nege au Soleil,fefcoula fefpoir de combatre lEfpagnol; plus que le defir de fês richeflëSâ Car venant le Septembre amp;voiantle Roy que les Rochellois fermoient fiôbftinémcnt les yeux à fà volonté : 8c mefines quâils difpofoient toutes chofes à vn fiege prochain: comme fils cufîènrefté auertis du deflèin de leurs ennemis:commanda au Marcfchal dcBiron,Comtc du Lude 8c aiftrcs Chefs de Icuer plus de gens qu'ils pourroient, prendre les places vÅfines de la ville, faccomoder puis faire le gaft 8c ordonner des quartiers à lArmée qu'il deliberoit en-uoierdeuant fous la charge de Monfieur. Et d'autant qu'il faifôit eftat de faffiêger par mer amp;nbsp;par terre; il fit rompre au grand defplaifir 8c perte incroiablc de beaucoup, le deflèin de ceux qui e^eroient voiager en mcr:non pas farmée qu'ils auoient préparée a ceft effet.A laquelle il manda fèfiiifir des Ifles maritimes de XaintongeÃc Poitou. Comme de Marennes, Olcron, Broüage, Soubize, Marans 8c autres lieux defqucls on pourroit tirer faneur contre les Ro-chcllois. Puis prendre 8c tenir la Rade à Chef de baic,pour fermer le paflà gc à tous ceux qri voudroient par vaiflèau entrer en la Rochelle amp;nbsp;en fortir pour aller ailleurs. Donnant toutes charges pour ceft effet au Ba|pn de la Garde quideuo it amener fês Gallcres fournies 8cnó' bre dcK'aiflèaux rons,aufqucls depuis par le vouloir de Monfieur, le Vicomte dâVzas fut laiP /é pour commander tant à farmée naualle quâaux hautes, 8c toutes autres chofès qui en pou^' roit defpandrc. â â¢
L'A R M E E de mer ncantmoins de laquelle jufques icy nous auons parlé: rieftoit plus ce quîlle auoit efté. Car par ce quelle auoit efté compoféc de Confederez 8c Catholiques tant Seigneurs, que Gentilshommes,Cappitaines, fôldats. Mariniers Si Matelots qui eftoienth pins
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plus part Proteftans: auffi toft que les nouuellcs des Noces furent elpanduës par la France ; les Confedcrez ne craignansmoins entre eux, que fils eullènt efté à Paris; abandonnèrent la place, dont la plus part fans dire à Dieu tira droit à la Rochelle. Occafîon que nây pouuans tous viure à leur bourfe, on les diftribua auffi toft par compagnies, fur le gouuernement. Duâ quel on les retira comme je vous diray par îauertilïèment tjliâon eut que le Marefchal de Biâ ron y acheminoit fes troupes pour falfujetir toutes les places vÅfincs. Et lors les Capitaines amp;nbsp;Soldats furent-diftribuez ez mailôns des habitans pour y cftre nourris felon lesmoy- que donne, ens quâauoit le Maiftre du logis fins aucun excepter. Les autres Gentilshommes amp;fo-rains qui auoient aflèz de moiens dâeux:le nourriflbient à leur bouriè ôc des prouifions quâils pour ftyfte. auoient tiré des champs fur les Catholiques. Le premier loin quâeurent les Rochellois, fut dâaprouifioner la ville de tout ce quâils jugeoientneceftaire a vn tel fiege. Et fur tout diligeil- roiét stuoir, terlarecole des fruits du gouuernement amp;nbsp;des vins fpecialemenj: defquels ils ferrerenten peu de jours plus de trenre mille tonneaux, qui leur feruirent comme vous entendrez. Secondement mettre tant fur les hommes, prouifions que lorterelfcs amp;nbsp;munitions de gue^c; vn tel ordre quâinconuenient nây auint qui peuft occafionner la perte de la place.Lâautre con-fideratiôfut dâenuoier rccercher delecours tous leurs Confederez quâils Içauoient poiirucuz non moins de volonte que de moiens à la manutantion du party.Notament les retirez en Angleterre amp;nbsp;ceux de Quercy amp;nbsp;Languedo. le vous diray ce qui en auint quand foccafion fi prefentera. Maintenant pour ne rien confondre: jene traióleque ce qui câeft palfé dedans autour la ville tant par les vus que par les autres au dommage reciproque des plus malheti-
Plaintes du
L E Baron de la garde en ce temps demanda aux Rochellois pour le feruice de fi Majefte Baron de la grande prouifion de blez, vins,chairs amp;nbsp;poiflbns fillez:lcs blalmant aulîî défaire en leur ville ^ochcllpis* trop grande garde amp;nbsp;de retirer les hommes fugitifs amp;nbsp;mal confiillez.Ce qui eftoit difiitdl vn prefige de guerre. Les Rochellois relpondirent leficondde Septembre quâils nâauoient aucuns viures finon quelffues moulues pour vn mois fiulemçnt.Et quâils retirent les autres prouifions de jour à autre du pars de Poitou amp;nbsp;Xaintonge. Que les vins eftoient laplufpart ez caucs dont ils'ne pourroient eftre tirez quâils iw fuflent gaftez. Et ne fatendoient à recueillir lois refpon beaucoup de vin ésvandanges prochaines. Tant pour les chofis pafteesque pourlafiifin trop tardiue.Q^'ils ne gardoient leurs portes plus eftroitementque de coüftume. Et auoient nk jcuAil. commandement de fi Majéftéfouuent réitéré- amp;priuUegede ce faire. Etqifaurefte ne fi ic'.mai .. trouueroit ville en tout le Royaume plus paifîblc que la Rochelle.Quâils ne reftuoient en P'âââ*®â®-icelle outre quelques poures Marchans amp;nbsp;autres perîônnes: que de fes troupes amp;nbsp;de celles de Monfieur de Strolfi . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Il y auoit en la rade de Chef de baie vn fort beau amp;nbsp;bon Nauire nommé le Prince qui a-partenoit aux heritiers du feu Baron de Piles par don que luy enauoitfaitla RoynedeNa- Baron de U uarre, pour reconoiftre les firuices quâil auoit fait à la Caufe. Auquel deuant quâaller à Paris Garde, y auoit laifïele Cappitaine Prouençal pourj commander Sccerchef fi fortune fur mer. Il eftoit lors de retour de fes voiages efqucls il auoit fait grand proffit. Mais les Gallcres linuef tirent foudain dont il fut fort blafiné amp;nbsp;encor plus pour ne feftre allé exeufir: ains aüoir fiu-uy les Catholiques lelquels depuis tirerent grand commodité de ce vaiffiau.
Entre les troupes de Stroffi eftoient plufieurs Proteftans qui penlbient que f Armée fuft drelTée pour fauorifir leur Religion: dont aucuns fur fauertiftèment du fait Saint Barthélémy auec leurs armes amp;nbsp;equipage fe retirèrent à la Rochelle laquelle par ce moien fut promptement armée Sepourueu étant devaiflèauxque debonnombre delbldats. Outre lelquelsfi rendirent tant en ce mois que les deux fuiuans bien cinquante Gentilshoinmés, cinquante cinq Miniftres amp;nbsp;quinze censloldats plus de la nioitié de Poitou,Xaintonge amp;nbsp;Onis.Si trou-uerent auffi quelques foldats de Paris, Orleans, Tours, Boutflcaux amp;nbsp;autres endroits de/é
Royaume.Comme les Magiftrats mettoient peine de faire leur deuoir en laRepubliqifi,auffi lesMiniftres eftoient lôigneux des exortations amp;nbsp;prières accommodées à lanecëffitédu téps. leuCncordt Et dâautant quâils tienent le vray vfigcdu jeufiie eftre pour rompre les Ãeürs , .humilier les perfinnes amp;nbsp;les dilpofer aux prières: amp;nbsp;que cefte afflidion eftoit la plus grande qu'ils euflet receuz en ce Royaume; Le Confiftoireordona le jeufiiepublic le Mercredy amp;nbsp;leudy neufié-me amp;nbsp;vnziéme de Septembre; ou le peuple fe trouua nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bien djlpofe poUr auôir gemy Sf
N,n iiiij.
-ocr page 212-septofto. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
(ôuuent pleuré depuis les nouuclles de Paris.
à auoi r la Rochelle.
. Le Roy, à qui la Rochelle eftoit vne elpine au pied qui fennuioit fort : ne cefloit dây poi-tiendeRoy ter la main : amp;nbsp;trauailloit fortà ce que le Marefchal de Biron Gouuerneur de la Rochelley fuft receu. Efperant que fil pouuoit jetter ce fondemét, le refte lêroit allez aile à baftir. Aiant pour vray femblable que les Rochellois aimeroient mieux le reccuoir là ns autre fuitte que de Ion train : que dâencourir lâindignation du Roy amp;nbsp;fexpolêr à vne fi cruelle guerre que celle dont on les menaçoit. Aulfi que ce Marefchal au oit efté requis par eux pour leur Gouuerneur fur tous les Seigneurs qui nâeftoient de leur Religion, loint que les Depputez à la dernière Paix auoient fait entendre auxRochellois quâil eftoit fvn des pl us deuotieux à la PaiXj^ qui fauoitprocurée amp;nbsp;auancée de tout lôn pouuoir. Et melme à Paris auoit retiré en fAarce-nal plufieurs perfonnes de la Religion. Entrâautres deux députez de la Rochelle à la Court amp;nbsp;à Paris.Et touteffois affin quâil full mieux receu, le Roy le failà nt acheminer en lôn Gouuer-nement,enuoia deuant Audenars accompagné de fvn de ces dpputez auec la lettrc.fiiiuante.
Lettres du Roy aux Rothellois.
Chers amp;nbsp;bien-aimez, nous eftimons appartenir à falfeôlion dâvn Roy : de tenir nos fujets bi^n auertis de noftre intention.- affin quâeftans informez de la fincerité dâicelle,ils lâchent ce quâils doiuent enfuiure amp;nbsp;ne foient abulcz par inauertance ou autrement. Dautant moins en occafion dâimportance comme eft celle qui fell prefentée ces derniers jours. Surquoy encot que ne doutions aucunement de votre obeifîà ntc volonté: amp;nbsp;que nâajoutiez foy aux rapports fi aucuns vous eftoient faits autrement que à la vérité : nous vous auons bien voulu faire b pjrelcnte que vous enuoiôs par le Sieur dâAudenars expres pour vous faire fçauoir,que lefeu Amiralamp;autres fes adhcrans eftans en cette ville : auoienr certainement amp;nbsp;euidâment confpi'
ré contre notre perfonne,celle de la Roine notre tref honorée Dameamp;Merejde nos tref chers amp;trefaimez freres les Ducs dâAnjou amp;nbsp;dâAlençon, le Roy de Nauarreamp;autres Princes Seigneurs:amp;eftoient prefts à executer leur damnable entreprinlc lors que moins nous y pen' fions amp;nbsp;que moins ils en auoient dâoccafion. Ce quâils eulfent fait nâcuft efté que Dieu nous inlpirent, amp;nbsp;nous faiûnt toucher corne au doigt cette conjuration pai^preuues plus certaines que ne délirions : nous nâauons peu du moins que de les faire tomber au lieu quâils nous a-uoient preparé. Dont nous rendons grace à ^iotre Seigneur,amp; nous alfeuions que tous nos bons fil jets en receuront vn mcrueilleux bienSc contentement. Les auilânt au lurplus amp;nbsp;vous en particulier : que cela nâa efté fait à caulé ou pour haine de Religion ni pour contreuenirà nos Edits de Pacification : lefquels puions tousjours entendu comme entendons oblêruer, garder amp;nbsp;«itretenir inuiolablement. Ains lêuiement pour obuier à lexccurion dâicelle con-Ipiration. Declarant à tous nos fujets quelconques de la Religion prétendue reformée:no-tre intention eftre quâen toute feuretéamp; liberté ils puîlfent viure amp;nbsp;demeurer auec leurs femmes,enfansamp; famille s en leurs mailbns,lôus la proteélion de nos Edits. Ne voulans que pour rai/bn de ce leur Ibit mclfait ni medit,ni attente à leurs perlônnes amp;nbsp;biens fiir peine de la vie des delinquans amp;nbsp;coulpables.Voilalâintérieur de noftre intention que ferons trelètroitement oblêruer. Eftant alTeurcz qne nofdits fujets en lêront trelâilês amp;nbsp;contens: amp;nbsp;que vous entrâau-tres porta» emprainte au coeur comme vous faites toute naturelle affeôlion amp;nbsp;obeiflà ncc cn-uers nous : ne vous laillêrez aller à croire autre chofe que la vérité ci delTus dite. Moins permettrez aucuné'cmotion,prinlês dâarmes amp;nbsp;violences contre vos concitoiens en votre ville. Et nâaurez communicatio auec eux, dont nous lêrions trefinarris. Mais au contraire voulons amp;nbsp;amoneftons fur tout le leruice que nous defirez faire : de vous maintenir tousjours fidèlement en notre obeiflà nce amp;nbsp;proteiftion comme nos bonsamp;loiaux fujets:viuans vnis en bonne amitié les vus auec les autres lôus îoblêruation de nos Edits : qui eft le plus grand contentement amp;nbsp;plaifir que nous Içauriez donner. Eftans trefeertains que trouuerez de tant plus nous votre Roy,enclin amp;nbsp;difpolê à vous conlêrucramp; fauorilêr par tous les moiens qui lêrôt en nous. Ainfique fanons déclaré à lâvu de vos Citoiens lequel nous vous renuoions auec ledit Sieur dâAu^pnars Maiftre dâhoftcl de notre IbeurlaRoine deNauarre.Auquel vous ajouterez telle foy que feriez à nous-mefines. Donné à Paris letrantiéme Aouft. Pareillement le Marefchal de Biron elcriuit ajjft Rochellois par le mcfme Audenars ce qui fenfuit.
Lettres du nbsp;nbsp;Meffîeurs,lc Roy enuoie vers vous le Sieur dâAudenars Maiftre dâhoftcl de la Roine de Na-
dc^Birô aux U3rrc,auec vn de vosPairs:pour vous faire entendre là volonté amp;nbsp;intention furce qui eft inter-Rochellois. uenu.Aquoy je mâafteute que vous-vous réglerez: amp;nbsp;aimerez beaucoup mieux obéir à h volonté
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volonté de fà Majefté que de vous fumettre à vue infinité de malheurs qui pourroient fuccequot; derauenant le contraire. La lettre de ladite MajcftéSc ce que vous diront les dclTufdits de là part, vous doit donner allez dâalTurancc de ladite bonne volonté en voftre endroit. De moy vous me trouucrez tousjours preft à mâcmploier de toute alfedion pour vous, de tous les moiens que Dieu mâa dôncz.Et me remeélâtaulfi fur tous los defuldits jeferay fin me pour recommander bien affeéluculêment à vos bonnes graces amp;nbsp;lupplie le Créateur vous domier^ Melfieurs,en là nté parfaiôte hcureulê amp;nbsp;longue vie.De Paris ce premier de Septembre, n NegodatiS Av D E N A R s arriué à la Rochelle le Icptiéme de Septambre ayant donné les lettres aukRo- dâAudenars chclloisamp;communiqué lès inllruétions,nâoublia rien à ^execution de là charge tant enuers les nbsp;nbsp;Roebel
Magiftt^ts que le peuple de tvne amp;nbsp;lâautre Religion allèmblez pour cet effet en la mailbn;de ville. Et comme on luy euft remonftre que le Roy deffendoit par lès lettres patentes defeire aucune alTemblee pour îcxercice de la Religion. Et que la Rochelle le pourroit beaucoup mieux entretenir en paix amp;nbsp;concorde auec la continuation dudit exercice comme au parauâr.
Veu que la plus grade part amp;nbsp;les principaux en font profelfion. Dauantage que toute maÿre dedelfianceleur lèroitoftée fil plailbit à là Majefté commander que f Armée qui eftoit autour deleur portes de laquelle ils receuoient milles torts amp;nbsp;incommoditez:fe redraft. Et que le commerce là ns lequel ils ne pouuoient font retenir leur demeuraft libre comme auparauât. Reljx)ndit quâen premier lieu là creance portoitquefà Majefté leur accordoit tout exercice de la.Religion en la ville.-pourueu quâils ny admylïènt aucuns eftrangiers ou forains. Et quâils receulfent le Sieur de Biron leur Gouuerneur. Quâil auertiroit le Roy de leur bonne volonté vnion amp;nbsp;concorde.Enfemble des torts qui leurs eftoient faits par f Armée naualle.Les alfurant Cc que îintention de là Majefté eftre que les armées le retiralfent amp;nbsp;que le Sieur de Biron eftant arri-ué en la ville, feroir incontinant effeéluer ladite intention.Et afin quâils fufïènt mieux relôlus Rochdloisk de la volonté du Roy: il eftôit dâauis quâils enuoialfent quelquâvn pour auertir là Majefté de ce que delfus-.amp; le fuplier tres-humblemen t que Ibn bon plaifir fuft de leur accorder lâexercice de la ReligionlêlonJesEdits précédas amp;C faire defpecher lettre à celle fin:ce qui full aprou-ué de tous. Audenars promift outre ce,elcrire lettres au Baron de la Garde au grand contentement des Rochellois. Aulfi parla il particuli^ement à aucuns qui auoient le maniment des affaires de la ville,auec promeftes de grans prelens amp;nbsp;Eilats delquels le Roy auoit délibéré de reconoillre leur bonne volôté.Et luy auoit comandé de les en alfurer. Etentrâautres dit à des Mortiers que le Roy tirant le lèruice de luy tel quâil elpjroit: quâil le pouruoiroit dâvn Eftat de Prefident ou Maiftre des Requeftes. Et bien que lâexemple de Francourt full r(Ãent:amp; que lesRochellois doutalfent de la foy quâon tenoit à ceux de leur Religio:neantmoins pour tousjours acheminer leurs affaires, contini^ns leurs premiers propos, ne luy donnèrent aucun mefcontentement.Tellement quâil eftimoit que là legation lèroit fruélueulè au Roy amp;nbsp;à luy honnorable amp;nbsp;fort auantageufe.
Cependant le Marefchal de Biron faprochoit des quartiers de la Rochelle: accompagné de û femme, dcBrifembourg fa Ibeur auec autres Dames amp;nbsp;Damoilêlles. Train relèntant plus la paix que la guerre. Eftant arriué à Niort dix lieues de la Rochelle: facofta fort desCentilsho- a^sieur de mes Protellansaufquelsil perfuada ailement, quâil ne cerchoit quele repos du Royaume amp;nbsp;Biron pour lebié de la Rochelle.Detcftoit les maflà cres amp;nbsp;les auteurs de fi malheureulè entreprinlè.Pria Rochelle'^ Cigongne Gentilhomme dâOnix pres de la Rochelle( qui auoit tousjours fait grande profefi fion auec les Confederez) de venir en la ville,eftimant que les Rochellois le relpeéleroient âpour la conformité de Religion.Mais eux aians fulpeéts tous ceux qui venoient de celle part: trouuerent ellrange lAmbalïà de de Cicongnes par ce que le droit de voifinage amp;nbsp;là profelfio luy commandoitdâeftredeffenleur de celle Caufe. Le Marefchal de Biron enuoia aulfi îvn des députez de la ville:enlèmble Boifleau fvn de lès gens pour amplement auertir les Rochel-lois de lâintention dudit Sicur:amp; enuoia par lefufdit Boilfeau autres lettres du Roy.
Chers St bien aimez comme nous délirons fur toutes choies la conlèruation de nas bons amp;nbsp;fidelles fiijets; nous voulons aulfi leur donner entière occafion de falfurer de noftre bonne amp;nbsp;fincere intention.Nous vous avions ces jours palfez delpcfchezle Sicu«tA*»dcnars amp;nbsp;auec Lettres du luy vn de vos Concitoiens pour vous declarer amp;nbsp;rendre capables de noftre volontétà laquel-le nous sftimons que vous ferez conformez comme bons amp;nbsp;obeilïà ns fu jets font tenus de fai-rc.Ncâtmoins nous nâauons voulu delaiftcr vous enuoier noftre cher amp;nbsp;bien aimé le Sieur de
Biron
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Biron Chcualier de noftre Ordre Cappitaine de cinquâtehommes dâArmes de nos ordona-ces, Confêiller en noftre Confeil priué amp;nbsp;grand Maiftre de noftre Artillerie. Lequel nous auons choifi, fait amp;nbsp;crééCappitainc amp;Gouuerneiir de noftrp ville de la Rochelle amp;nbsp;païs dâ0-nix. Pour vous faire aitendre encore plus particulièrement noftre vouloir Seintentionr auquel nous vous enjoignons amp;nbsp;anfoneftons dâobeiramp; ajouter telle foy que vous feriez à noftre propre perfonne. A Paris le huitième joiir de'Septembre. Auec ce le Marelchal de Biroft eU' . uoia aux Rochellois vne telle lettre du Roy de Nauarre.
Lentes du -â' MefTieurs, combien que je ne doute nullement de vôftre fidellité au lèruice du Roy mon Roy de Na- Sèigneur amp;entierc obeiflà nce à lès commandemens: ü nâay je pas voulu palTer îoccalîon qui Rochcli'ois nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;devous eferireparMonfieur de Biron delpechè deuers vous par fa Majeftc: fans
vous faire la prelènte pour vous prier comme celluy qui defire voftre bienamp;conlêruation autant que vous mdmes pourrez faire : de vouloir auec tout honneur amp;nbsp;relpcèl que les bons amp;nbsp;fidellês fujets doiuent à leur Prince entendre ce que le Sieur de Biron à encharge amp;nbsp;comma-dement devons dire: amp;nbsp;vous renger amp;nbsp;lumettre fi lysrement amp;nbsp;franchement à fintention de là Majefté quâelle puilTe conoiftre que vous ne dépendez que dâicelle: nbsp;nbsp;que vous nâauez vo
lonté que la fienne lèullc. Câeft ce me femble le moien que vous auez à tenir pour vous con-lèrucr amp;nbsp;maintenir. Et pour vous releuer amp;nbsp;garentir des perils qui vous mcnalïènt. Si vous en vlcz autrementjConfiderez je vous prie que îeleéhon que ladite Majefté à fait dudit Sicut de Biron pour commander en voftre ville fousfon autorité: ne vous eft pas peu fauorabk poureftreicelluy Sieur de Biron comme vous conoilTez tresbien, Cheualier dâhonneur^ tant defireux amp;nbsp;amateur delà paix, quâil lè comportera auec vous en toute douceur amp;nbsp;fans vier de rigueur ne violence quelconque. LâalTeurance que jâen prens mâen fait vous prier encores cete fois de rendre vne prompte obeiftà nce. Et de ne douter aucunement de la bonté de ladite Majefté, entiers laquelle encores que jelatrouuc de bonne affeâionen voftre endroit: je mâêploiray tousjours pour vous faire plaifir dâaulTi bon cÅur que je fupplie le Créateur, Melfieurs, vous tenir en là là inéfe garde. De Paris ce dixiéme Stptembre.
Bq I SS E Avfit entendre aux Rochellois que le Marefchal de Biron fen venoit à Surgercs Lettres des amp;defireroit communiquer auec aucuns du ct^ps de ville députez parlesCitoiés.Et pour ceft Rochellois effed bailla vn palïc port de Ibn Maiftre fur lequel les Rôc hcllois députèrent Moriflbn amp;nbsp;BironkyIâ^^f^ndcl, efcriuant par eux le vint troifiéme Septembre au Marefchal, luy failà nt entendre la faifant leur detrelïc en laquelle ils Ibnt par îarn^e de mer amp;nbsp;de terre.Quâ on leur couppe viures de toutes plaintes de â3^5 comiiÃfe à des ennemisCombien q uc le Roy les tient par fes lettres pour bons amp;nbsp;fidelles Jeur armée nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, J - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
de mer- fujcts.Et felmerucillent comme on enjambe ainfi licentieulèment contre lâintention delà Majefté .Leur eft grief que tarmée de mer les ennuie tanilaquelleà efté par le majeur part accommodée à la Rochelle de viures,m unitions amp;Artillerie de laquelle à prefent on les bat par met Sebatteroiton volontiers par terre. Qif ils lônt contraints lè maintenir en telle garde amp;fcü-retté comme fils auoient affaire aux ennemis de la Coürône.Car la puiflà nce amp;nbsp;autorité quâil à â pcuuentailèment remédier à ces maux. Et que cela fait, faprocheront de bonne affechoti de là grailrtcur pour en toute alîèurance receuoir lès commandemens lôus lobeilïà ncedclà Majefté: lè raportans des particularitez auxe Dputez de leur ville.
Les Députez arriuez à Surgeres communiquèrent longuement auec leMarelchalquilcs Le Sieur de tira à part amp;nbsp;commança,aucc grandes larmes à delplorer la condition de ce temps amp;dc ce po-feîTn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Royaume:detcftant fentreprinlè amp;nbsp;execution de Paris. Puis loüeDieu de ce que lôn nom
cre^ J trouueroit elcrit entre ces gens la. Promettoit de faire retirer toutes forces fi toll quâil lèroit en la ville. Et que fi Ion auoit doute de luy: quâil lè contenteroit y entrer luy troifiémfl voire pour deux ou trois heures lèulement. Amn que intention du Roy eftant effeéluéc :il Birtn fc CO- mettre ce païs en liberté.Putrement le Roy lè malcontentât dâeux, nâoubliroit rien pout tente y en- leur fairelèntir là jufteindignÿion.De là il fauance à la ïarrie à deux lieues de la Rochelle troïfiémc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;entendre plus ailcment nouuelle. Et outre leldits députez quâil enuoia depefeha aulfi
de lâAubouïniere amp;nbsp;Boilïèau le vintfixiéme de Septembre qui tous quatre concluoient à lôn entrée penlà ns^aiià euiter de grandes calafnitcz. Mais aucuns des Rochellois jugeans celle entrée de grande conlèqucnce, par ce quâil trouuerroit en ville grand nombre dâhommes à fi deuotionj comme quçlquâvn auoit ja affeuré. Veu dâautre part le bruit qui couroit de lônentrée
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tree par tout tant par ceRoyaume que par les pais cftrangers.Si que ceux q ui voudroient donner focours à la Rochelle dâhommes, viures ou munitions: feroieiat par ce bruit retardez voire du tout deftournez. A ces occafions eftoient dâauis qu'on ne le receuft tant que les armées lèroient fi pres. Ainfi donc auoir ouy la créa ce amp;nbsp;difoours de ces députez de Lâaubouïniere amp;nbsp;Boilfeau :1e Confondu Maire compofé des plus fignalez Gentilshomes amp;nbsp;autres forains a-uec les ordinaires de la ville alfombléz pour en conférer: fut auerty que les Galleres eftoient à Chefde baie, ou vn trompette du Baron de la Garde aporta deux lettres aux habitans de ce melme jour.Par fvne il difoitque le jourauparauant ilauoit reccu lettre du Roy,de laRoy-ne amp;nbsp;de Monfieur: par lefquelles îauertifloient que le Sieur de Biron deuoit eftrereceuce jour en leur ville. Et quâil fi trouuaft afin quâeux deux auilâftènt à ce qui foroit requis pour le foruicc de fa Majefté. Et fi le Sieur de Biron nâeftoit encores arriué: les prioit luy faire Iça-uoir de fos nouuelles. Lâautre lettre contenoit quâil penfoit enuoier la fufdite par vn Gentilhomme. Mais voiant les armes en leur main, quâil auoit donné cefte charge à fon trompette. Les priant depenfor quâils auoiét vn bonJRoyamp;grâd pour chaftler ceux qui ne luy voudrlt;ÿct obéir. A la mefoie heure arriua vn meftà ger de Montauban qui porroit auertiiTemêt que ceux de Caftres cappitalle dâAlbigeois aians receu là vn Gentilhomme leur vÅfin pour Gouuer- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
neurauec grandes promeflès de maintenir ceux de îvne amp;nbsp;lâautre Religion : partie dâeux furprifcfur auoit efte mifo au fil de lâefjiée:Le Gouuerneur aiant cotre là promeftè mis de nuiôl en la ville à cs Protef-plufieurs genf dâarmes amp;nbsp;foldats.De ces deux occurrences amp;nbsp;autres ceux duConfoil recueillirent vne manifefte refolution dâvn meurtre general amp;nbsp;furprife de leur ville. Si quâà la pres-difnée leMaire fit aflèmbler tous lesBourgeois amp;nbsp;habitans de la ville pour leur faire entendre Jintention de là Majefté amp;nbsp;dudit de Biron.Tout le peuple feferia à haute voix quâil ne deuoit Refolution cftre receu en la ville julques à ce que les armées fulfontcongées ou tellement retirées que jenc^ce. tout foupçon Scdelfiance fuflènt leuez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uoùBiron.
Le Marcfchal de Biron attendant la relponce de ceux de la Rochelle: recent auertiftèment que leCappitaine Pouiÿry( qui les nouuelles de Paris amp;nbsp;la fimulation de îembarquement entendus feftoit retiré des troupes de Strolfi) deliberoit le charger. Car il auoit quelques Argo-lets quâil tenoit au païs dâAunis ou il auoit faitjjeaucoup de pillages. Et ores quâil fuft eftimé vaillant amp;nbsp;hazardeux: neantmoins pour les grandes amp;nbsp;juftes plaintes quâon faifoit de luy: le Maire amp;nbsp;fon Confoil ne le voulurent receuoir en ville nây fauouër aux champs. Sur ceft auer-tiifoment le Marefohal monta incontinant à cheual amp;nbsp;r^ourna à Surgeres où les Rochellois fcxcuforctfort enuers luy,pour auoir aucunemet fauonfo lesentreprifos de ceft hcWne:auquel mefme ils auoient donné congé ne fen voulans aider quelque affaire qui fo prefontaft. Occa-fion que Pourptyfo retira de là à peu df jours amp;nbsp;depuis fo tua luy melirnc volontairement de craintede tomber vif és mains de fos ennemis. Ce mefine jour les Rochellois firent refponce veut char.
ger Biron.
au Marefchal comme il Fenfuit.
Monseigne VR voftre lettre receuë amp;nbsp;voftre volonté entendue de venir en celle vil- tertres des le par le rapport qui nous à efté fait de voftre part par les Seigneurs de Morcilles amp;nbsp;de Treil-maynard:nous auôs au pluftoft que pofllble nous à efté apres auoir entendu le coAmun aiiis des habitans de cefte ville: depefehé le porteur ne trouuant aucun des noftres qui aye voulu entreprendre le voiage,pour vous iûpplier ce que nousfaifôns tres-humblemét,Monlèigneur, puilque ûMajefté nous à fait tant d'honneur de fafleurer de noftre tref humble obeiflà nce amp;nbsp;fidclÃté conneuë: quâil vous plaifè nâen entrer en doute amp;nbsp;ne trouuer eftrange fi en ce temps fi périlleux eftans enuironnez dâvne armée terreftre amp;nbsp;naualle:nousfommes en vne merueil-Iculc deffiance. Mefinement fachant que les maflà cres continuent par tout comme nâagueres eft auenu à Caftres par fentrée dâvn Gouuerneur qui à voulu tout mettre au fil de fcfpée ce qui eftoit de la Religion. Dont toutefois partie le font lâuuez amp;nbsp;font aux mains contre les autres. Aulfi quâil y a huit mois que toutes ces trouppes nous^nuironnent à cefte mefrne in-tentio amp;non autre.Cc que Dieu mercy ils ont failly à executer par deux ou trois furpri»fos. Et encores nâagueres fous lâaflurance de voftre venué:confpiration à efté faite par aucuns de nos Citoiens par intelligéce que nous auons cômancé à defoouurir.Et cefte nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous à efté
apertemët déclaré par Monfieur le Baron de la Garde lequel penfà nt que vous fulfiez en cefte ville comme il nous à eferit: feft prefenté aueefes Galleres pour vous venir trouuer à cema-tin.Ces chofes font de grand poix ( car il y va de nos vies) que combien que nâauons jamais
eu que
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IÃ7».
LâHISTOIRE DE FRANCE.
Lettre du
Roy aux Rotheliois
eu que tref-bonne amp;nbsp;honnorable reputation de voftrc grandeur, bonté amp;nbsp;bonne grace: nous lômmes contrains vous (upplicr tref humblement nous faire tant de bien Sc de faneur quâen demonftrant par vn etfcdt certain, la bonne volonté quâil vous plaift nous declarer: vous contenter pour le preiênt de nâentrer en celle ville ⢠Etfurfoir julqiies à ce que les chofes Ibient plus coyes amp;nbsp;paifiblcs amp;nbsp;tou te oÃafion de deffiance tolluë.Et de crainte des trouppes de piéd de chenal qui pcuuent forcer noftre liberté en laquelle fa Majefté nous a permis viure:lôus lentiere obeiflance de laquelle nous confernerons à jamais celte ville au peril de nos vies. Et vous ferons tousjours tref-humblc feruicc dâaulïi bonne alfeélion que nous là lüons trefhum-blementvollre grandeur. Prians Dieu. Le vint lêptiéme arriuerent à SnrgeredâAndcnarsamp; Treillaux hiles aucc lettres du Roy, de la Royne mere amp;nbsp;de Monlieur, telles que les voicz cy dellbus.
Chers amp;bien aimez nous auons receu auec lîngulier contentement vos lettres du dixié-
de Paris 14 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mois Iclquclles outre ce que particulièrement nous à fait entendre le Sieur dâAude-
Septembre. nar^ porteur dâicelles: nous ont tant plus confirmé ft^^enrance que auons de vollre droite intention Sc fidellité amp;nbsp;quâen ces prelentes occafions vous continurez audeuoirdes bonsamp;
loiaux fujets comme nous fommes bon Roy: voullans quâen conoilfiez tousjours tant mieux les elFets, Ã0 en quelle recommandation vous nous elles. Ainfi donc ferez auertis. Premièrement que nous vous fçauons tresbon gré des paifibles deportemans dont efcriuez auoif vie en cefdites occafions:quâil nây a eu efmotion ny alteration en vollre ville:que tous noz fujets de fvne amp;nbsp;fautre Religion le contiennent en repos:amp; que vos aélions refpondcnt à noftre volonté en fobfcruation de nos Edits de pacification lôus le benefice delquels defirez cftre nrct aux Ro maintenuz.Quj nous font trelà greables nouuelles.Ellimans bien que douez ellre tref alfures chclloi» de nollre bonne volonté: laquelle en general amp;nbsp;particullierà ellé abondament telmoignée: Åde leiT' Hielmcs touchans nos Edits lelquels vous amonellons amp;nbsp;ordonnons dâentretenir Sc obforiiet Religion amp;nbsp;amp;nbsp;encores que par nos dernieres declarations amp;nbsp;pour les confiderations y mentionnez amp;quc mânt à tout mclines pouuez juger euflions inhibé amp;nbsp;delfendii toutes alïèmbAées amp;nbsp;Prelches tant eZ autres de fü maifons des Gentilshommes que ailleurs par nollre Edit de pacification jufques apres auoir aufquek ü pourueu à la tranquilité de nollre Royaume aions autrement ordonné. Neantmoins cola cydeuant noilïà ns vollre droite intentionné voulons que foiez compris efdites delFences. Mais que deffendu. exceptez puilfiez faire exercice de la Religion prétendue reformée commâauparauät« Entendans neantmoins amp;nbsp;vous ordonnant que ne receuiez aucuns ellrangers dedans vollre ville lans Idirongé amp;nbsp;permiflîon du Sieur de Biron voflre Gouuemeur. De falfedion, vallcur amp;nbsp;intégrité duquel auons entière alïèurance. Nây quâametiez aufoites alfomblées amp;nbsp;Prefeheî autres perfonnes que les habitans amp;nbsp;domiciliez de tlt;iut temps en ladite ville. Au demourant nous faifons partir amp;nbsp;rcuenir les forces tant de mer que de terre qui elloient en vos quartiers. Voulans que fi aucune prinfe de vailTeaux amp;nbsp;autres choies auoif; ellé faite fur vous: elles foiét incontinant rellituées. Non foulement permetons mais ordonnons exprelltment que le libre commerce ôc trafic foit remis amp;nbsp;continué. Et pour vous demonllrer quelle alTurance auons de vollre fidellité^ alfeôlion queviurez paifiblement amp;envnion:amp;vous conlêruercz de tous inconueniens: nous efcriuonsprelcntement audit Seigneur de Biron vous faire l^auoir Le Roy exé que nâcntendons vous faire bailler aucune ganiifon: amp;nbsp;que nous contenterons pourueu que cLlloisdc conoilfiez, refpeéliez amp;nbsp;obeilfiez audit Seigneur de Biron comme deuez. Ce que vous en-gainiiôn. joignons de faire tenant le lieu quâil fait. Et ellant perfonnage de telle ellime amp;nbsp;vertu. Voila les mclUeuresôc plus conucnables prouifions que pouvions vous baillcr.Vous recommandant tousjours vollre deuoir amp;nbsp;obeiflance. Sur tout ne rcceuoir aucuns ellrangers nây auoir pratique ou intelligéce auec eux:cllâs infoparables de nous fuiuat vos priuileges que vous auons tref volontiers confirmé.Et au furplus ne faites faute de croire ledit Sieur de Biró amp;nbsp;luy obéir comme à nous mefines en ce q^ic luy faifons prefentement entendre amp;nbsp;continurons cy apres à luy ryander de nollre intention. Et aufli croiez entièrement ledit Sieur dâAudenars lequel nous vous renuoions prefontement par delà . De Paris le dixncufiéme Scptêbrc.
Lettre de 1.1 Meflîeurs J«Ufl|ires quâauez eferites au Roy,Monficur mon fils amp;nbsp;à moy: nous ont cfté Roincincrc tref agreables:8e ellime que vous rcceiierez aucc entière affeâion amp;nbsp;rcconoiflà nce la relpôcc deParis quâA VOUS faitl .Et que de là part vous dira le Sieur de Biron.Vous alfurant bien,que vous ne lÿ.Scptcm- hiy là uriez faire plus deforuice que continuans comme vous faites à viureen repos, vnjcnamp; amitié
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âmitiéfousfonobeiflà ncc. Cequiluy fera auffi grand plaHîr dâentendre que vous relpediei ledit Sieur deBiron voftrc Gouuerneur conformemât au lieu quâil tient valeur Sc me-ntezduquel vous receuerez tout bon amp;nbsp;gratieux traitement. De ma part je vous prie bien fort de croire que je moieaeray tous)ous ce qui fera pour voftrc bien Si aiiantagc. En per/cuerant par vous au deuoir de bons amp;nbsp;loiauxfujets. Priant Dieu voïKauoitj Meilleurs, en là garde là inte.
Mcfficurs, par ce que le Roy mon Seigneur amp;nbsp;frere fait particulièrement entendre fon in- Lettres de tention au Sieur de Biron amp;nbsp;à vous fur les lettres que luy auezelcrites amp;nbsp;ce quâil defire que Monfei-faites amp;nbsp;continuez pour Ibn lêruice Si contentementje ne vous feray longue letrre.Sculemct nbsp;Roya'^
me remetray fur les fiénes.Vous difât neâtmoins que mâauez fait plaifir de mâelcrireamp; auertic Rochellow. du bon ordre qui eft en voftre ville Sc fvnion, paix amp;nbsp;amitié en laquelle vous viucz.Qui me font nouuelles tref agréables amp;nbsp;lêront de tant plus quad perlèiiercrez comme je mâalîéure en celle bonne alFeólion. Melmement que ledit Sieur Roy mon frere vous en adonné tant dâoc-cafion amp;nbsp;vofts gratifie ainfî que verrez par lès lettres amp;nbsp;effets. Au demon rant vous luy fere^ feruice amp;nbsp;vous fera honneur amp;auantagc^âhonnorer amp;relpeôter ledit Sieur de Biron lelort le lieu quâil tient amp;nbsp;là valleur Sc merite Sc luy obeir.Dont je vous prie bien fort amp;nbsp;nollre Sei* gneur quâil vous ayt en là garde.Elcnt à Paris le dixnefiuéme Septebre. Signé Henry. LeMa-refchal de Biron neantmoins aiant receu la lettre des Rochellois telle que dellus. Fut fort fâché amp;nbsp;parla relponce leur euft volontiers fait entendre combien leur graticulctté luyeftoif mal agréable: finon quâil fut retenu dâvne elpcrance de paruenir aies dclïèins par autre moien amp;nbsp;pourtant il efcriuit aux Rochellois la lettre fuiuante.
McflicursJâay entendu par voftre lettre amp;nbsp;par les Seigneurs de Laubouïniere amp;BoiIïcau ce quifcpallà hier en la Rochelle. Dont je fuis tref-marry vousafl'urant deuantDieu Sc mon B,ronaux honneur que îintention Sc commandement du Roy eftoict au contraire: côme je monftrerois Koeheliois. par vne lettre de là Majefté eferite au Sieur Barô de laGarde Sc au Sieur de iMoreilles Sc Treil mainard Sc autre dudit S j^urBaron à moy.Qui faifoit mention du commandemét quâil auoit. Mais je nef^ay quel vent à couru ou quel humeur dâaller au contraire. Tant y a quâil nâafçeu aucunes nouuelles ny receu lettre de moy elper^pt le lendemain que arriuerois en voftre ville faller trouuer pour le faire retirer félon les lettres que le Roy luy en à eferit. Or encor que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
à mon grand regret jene fais cequejâeftimois dire au contentement du Roy amp;nbsp;au repos de vqft^p ville, du pais des enuironsamp;detoutlc bienpubli^du Royaume: fieft-ce que je ne lailïcray à defpclcher au Roy pour luy faire entendre ce qui fell pafte: auec toutes cÃulcs accompagnées dâartifices pour les faire admettre amp;nbsp;pour auoir des lettres de fa Majefté reiterati-ues auec expres commandement pour f^e retirer lefdites Gaileresôc forces de ce pais. Ce pendant je vous prie bien affeduculêment amp;inftament vous contenir en la bonne volonté que lefdits Sieurs de Laubouïniere Sc Boiflèau vous ont laiflèz amp;nbsp;que me mandez par voftre icttre.Qui eft que voulez demourer en fobeiflà nce du Roy: amp;oftanslelditesforcesamp;dcffi-anc es: vous demourez en voftre premiere opinion de me receuoir felon fintention du Roy quâil vous à fait entédre tant par lettre que par moy amp;par ceux des voAres que ton vfkus à en-uoiez en pofte quifont les fieÃs de la Mothe Sc Bouh ereau.Et vous prie croire que là ns le de fit que jâay quela bonne intention du Roy full exécutée Sc ne fut fophiftiquéepar autrui:que jcnâeulTc prins telle charge pleine de peine,trauail Sc calonnie. Car jâay allez dâempelchemét en ÃEllat amp;nbsp;Office que jâay en ce Royaume.Ie vous prie,Meftîeurs, bien affedueulcmcnt que 6 Majefté ne Ibit point deceuë de la bonne opinion quâil à de vous Sc de falTurance que je luy aydonnée.Qui fera fin me recommandant affcólueufemenr à voftre bonne grace priant. De LeBaron de Surgercs ce vint fîxiéme feptembre.Lc Baron de la Garde fur ces menées mettoit grande pci- nbsp;nbsp;nbsp;Rochel
ne de feite entendre aux Rochellois quâil eftoitleuramyamp;: fortdefircux de leur bien êc re-pos. Or par ce quâils fe plaignoientlbuuëtque le commerce leui^ftoit empefehé par les Gai-lercs qui contraignoient dâaller en Ré ou Broüage les vajftèaux qui defiroicn t venir a l»Ro-chelle:ilfefculôit fort par lettres dilà nt que les vnseftoient fbrbansamp;Pirates quâil vouloitfai-rc punir par jiillicc.Et que les autre» deâleurs bon gré auoient pris port ez llBiiif«Ãifdits. Bref Lettres rci-quâil ne vouloir empefeher leur commerce Sc trafic en aucune forte. Les Rochellois firent ref nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
ponce aux lettres du Roy, de la Koyne mere Sc de Moniteur felon que le tout eft icy couche, lois auKoy, '
S I B E nous randôs graces immortelles à voftre Majefté,de faffurance de nos intentions Sc fidellitez
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Lâ H î à T à I R E DE FRANC E.i
fidelitez quâil vous à pieu declarer par vos lettres doles enuoiées par le Sieur dâAudcnars:lcf quelles nous ont dâautant plus resjouïs cntendans voftre volonté amp;coinmandement dera-peller ou enuoier loin de nous les forces qui nous tiennent comme afliegez huit mois à spâf mer 8c par terre: amp;nbsp;renouueller vn repos 8c tranquillités reftabilfantle commerce cefféi Ce * que aufli Monfieur de Biron naftre Gouuerneurnous à promis faire, ce qui nâa point èti dd* fet. Mais le font de plus pres aprochées8c affemblées.Er à melrne jour que le fieur de Birofl procha Ãc nâeftoit quâa deux lieues de celle Ville: Monlîéur le Baron de la Garde fappr*^^^ auffi auec lès Gallcres 8c Nauires pour entrer auec quelques intelligences dâaucuns ellafisâu dedanssdeliberez de felleuer. Ce qui nous mit en vn merueilleux elmoy aiant ce melhie jour ellé auertis des nouueaux mal-traitcmentsfaits à ceux de laRcligion en aucunes villes ôcRcux non gueres ellongnez de nous,par ceux qui commandoient en icelles fous fautorité de voftrt Majellé. Parquoy fufmes contraintsfupplier ledit fieur de Biron de furfoir de venirenceft^ ville,) ulques à ce que par la retraite 8c ellongnement des forces nous piiilfions enfeurctéamp; hberrételle quâil plaift à voftre Majtllé lereceuoir,fhonnorer, luyobeir tômmcnoftrede-i^irleporteScfuiuant vos Edits de pacification puis quâil vousplaift iccux y dire entfête-
, nuz. Ce que fuppliops tref humblement voftre Majellé ( Sire ) nâimputer à aucune mauuâi-Ce intentiÃ:ains nous exeufer en celle part8ccôtinuer celle voftre côfiance 8ccertaineairuraf^ de noftre loyauté8c tref humble 8c entière obeifià nce. Commenousalfuronsque lotis icef
le vous conferucrez nos biens 8c nos vies dediez à jamais au lcruice de voftre Majellé. Prians Dieu (Sire)quâil luy plailè icelle maintenir en là grace auec toute prolperité.De voftre ville de AlaRoync Rochellc cc vintueufiéme Septembre.
mere. Madame nâaian s jamais efté en autre volôté 8c intention que de porter toute obeilftne^ tref humble à vosMajeftez:8c là chans le defir quâauez de noftre bien 8c repos: noui auons fait 8c faifons tout deuoir dây continuer. Combien que foions ellrangemant troublez pat forces qui nous enuironnent huit mois à 8c plus. Toutefois puis quâil a pieu à vos MajfH^^ qucâllcslc retirent:nousen receurons vn grand 8c fi nguher bien.Ei^ont rendons grates tref humbles à voftre Majellé, Madame. Ce qui nous donnera moien de receuoir, refpcCler beir à Monfieur de Biron noftre Gouuernqpr fous fobeiflà nce de vos Majeftcz.En laquelle perlèuerons à jamais au deuoir de tref bons.tref fidellesSc tref loiaux fu jets.Et dâaulfi bonneäf' feétion que nous prions Dieu,Madame, vous croiftre en là grace tout heur 8c prolperité.
Monleigneur les lettres quâil à p|eu à vollreExcellance nous eferire, nous ont lèiuy coinDâ® dâvnelpO'on au cheual courant là carrière: nous rechaufà nt dâautant plus au deuoir du tref humble lèruice 8c obeilTance à leur Majellé 8c à vous. Enquoynous continuions à jamais aiant receu cell auantageque dâentendrele commandement de faire départir lesforcesOjn* nous tiennent depuis huit mois,comme alfiegez. Dont nous délirons 8c attendons l'effet pour auoir moien deviureen repos 8c tranquilité auec tel rel|?eél,honncur Scobeiflancc quâils* parrient receuoir Monfieur de Biron Scies commandemens de leursMajeftez 8c de voftre B' cellance. Laquelle nous prions Dieu, Monleigneur, vouloif augmenter en là grace de toute félicité« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Confeil dc= L E s Rochelloisncantmoins, voians que ces forces ne delpl#foiêt:ains le portoient ja coW' la Rochelle ennemies continuèrent en leur premiere refolution.Or dâautant quâaux affaires qui le pre-fentoient à la Rochelle leur eftoit befoin tenir près de la perfonne du Maire vn Conlcil dâhomes affvélionnez au party 8c à la conlèruation de la ville. Combien que le Confeil eullaO' couftumé ellre choifi de vinteinq Efeheuins 8c foixante 8c quinze Pairs que font les centre la ville. Toutefois par ce que les Bourgeois 8c forains auoient pareil interell en celle caulc que ceux de la maifon de ville: fut délibéré y admette des Efeheuins, Pairs Bourgeois trangiers quatre de chacune defdites quallitcz. Entre les Efeheuins furent nommez Pierre? Lieutenant general à la lu^ce, des Mortiers, Villftrs, Morilfon.Et Huet, 8c par ce qu'il y uoÿ;cinq Efeheuins, furent lèulement nommez trois Pairs auec'quatre Bourgeois. Pourlo^ , forains furent élleuz quatre Gentilshommes. Languillier, là int Eftienne, Rochcfîrard Sclyââ Elïà rs.Et nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;appellé pour affilier auConlèil Etambé autrefois Prdi'
dent de la Chambre des comptes à Nantes. Aucuns defiroient quâil y euft à ce Confeil quelques Miniftres.Mais ilsfexculcrentfur l'importance de leur cîiarges.Promettant tant ccusdo la ville que les forains de fi trouuer toutes fois 8c quantes quâils y lèroient appeliez. Et par ce cn''l
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qu'il y auoit en ville beaucoup de foldats réfugiez qui nâauoient moyen de fentretcrtir. S. E* ftienne fut dieu pour commander aux gens de cheualamp;drdïà vue Cornette quâil tint aux champs pour empelcher que {ennemi ne fourrageaft le païs dâOnis nommé le Gouuerne- Rochelle^ ment de la Rochclle.Le3 autres qui nâauoient moyen furent appointez par le Maire.De fauis oen, du mehneConlcil des Eflà rs, la Riuiere le Lys, le Normand amp;nbsp;Virollet dreflerent chacun v- guerre en Ja ne compagnée de fix vints harquebuziers forains paiez à di/liures par mois. Outre ce qua-tre autres Cappitaines auoient chacun de vinteinq à trante foldats forains payez comme def \ fus quâon nommoit les quatre petites compagnées.Piiis la ville auoit huit autres compagnées chacune'dedeux cens hommes pour le moins là ns celle du Maire. Deux cens autres volontaires y retirez là ns fenroollcr fe gardèrent pour les occafions dquelles ils dperoient faire , leurdeuoir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, *
Comme les Rochellois refolus à leur deffence dreflbient les préparatifs pour le maintenir-contre felFort de leurs ennemis : les autres carriers plus ellongnez de la France ne tardèrent gueres à prandre mefine refolution amp;nbsp;tendre à melme fin que ceux-ci. Montauban lè relblut alTez toft comme je vous diray ailleurs, ^âcu fallut que ceux de Nifines ne rendiflent la vj^le à leur Gouuerneur.Pluficurs des principaux eftonnez de la cheutc dâvn fi gros orage que celui de Paris (fimpetuofité duquel diftiloit encor entant dâendroits du Royaume :) fefoou-loicnt en diuers lieux. Quelques autres quittoient la Religion fo retirans de bonne heure ce leurlèmbloit és villes Catholicques ccrcher le pardon quâils efperoient auoir par tel moien. Aucuns deteftoient la Religion amp;nbsp;îabjuroient à defoouuert. Ce pendant loyeufo Lieutenant pour le Roy en Languedo follicitoit le relie à receuoir la Garnifon du Roy. Eux relpondent Nîfm«. apres plufieurs lèmôces quâils veulêt obéir au Roy.ToutelFois à caufe des meurtres fi freqiiës de leurs frères; quâils ont jufte occafion dâellre fur la garde. loyeufo rechargeoit les alfourant par tous moiés propres de la bonne volonté du Roy,qui les vouloir entretenir en paix fous le benefice de fes Edits.11 y a liege Prefidial à Nifmes,relïbrtillânt au Parlemêt de Tolofof'à cau-fo de ce la plulpart des habitans font de robe longueamp;Iulliciers ; bonne part delquels elloient dâauis quâon preuint laponne grace du Roy par la reddition de la ville. Mais la plulpart du peuple amp;nbsp;aucuns des principaiUX,entrâautresClaufoneConfeiller zélé à fon parti de creance en ville : maintindrent quâil ne fe falloir Ãndre puis quâen ouurant les portes ilfaudroit tandre les poitrines aux glaiues des meurtriers. Occafion que crainte que les partilâns de loyeufo qui jouramp; nuiét hors amp;nbsp;dedans praticquoient tous moiens de fo rendre les plus forts: eftablirent grolfe Garde où tous alfilloient pour rdinarquer les fortans amp;nbsp;entrans en ville. Surce les Confiais alTemblent le Confonde ville pour fe refoudre en telle occurrence. Où y eut diuerfité dâauis ; tendans plufieurs à fo rendre pluftoft quâopiniatrer auec fi peu de moiens à vue euidente ruine. Les ^luttes gangnerent neantmoins : qui opinèrent quâil ne fo falloir point hailer : ains prandre Confoil fur les occurrances. Que Dieu leur affifte-roit, amp;nbsp;que fil falloir mourir en vne jufte deffence ( ce quâils rafehoient dâeuiter) encor cela foroit plus fupportable que de fe liurer és mains des brigans qui leur feroient mefine grace quâà ceux de Paris, Lyon, Rouen, Caftres amp;nbsp;autres villes. Que la mort de ceux qui refiftoient à linjufte fureur de lâennemi : cftoit plus douce amp;nbsp;honnefte que de fe laiflèr icfquclles maifacrer par les bourreaux. Que cette refiftance eftoit legitime de droit Diuin amp;nbsp;hu-main. Quâils ne leuoient point les armes les premiers, en furprenant mefine fennemi f il lurcntau leur eftoit poifible : ains repouftbient feulement par deffence legitime la violence des maffacreurs armez du nom amp;nbsp;autorité du Roy. Que fi ils y mouroient, leur mort foroit precieufo douant Dieu, qui pour certain les regarderoit en pitié amp;nbsp;leur donneroit quelque ouucrture en fi grandes extremitez . QiTil falloir en filence amp;nbsp;patience, auoir recours à celui qui aiant fait la plaie y foauroit aplicquer le remede conuenable. Quâau delay de fo rendre nây auoit aucun danger : ouy bien en cette précipitation confeillée par les mal-affeurez; veu quâen different j les moyens de refifter ot dâefehapper fo prefonteroient ou fo feroient voir plus ouuertement. Les remontrances amp;nbsp;autres raifons gangneitnt la pluralité des voix : qui conclurent de ne receuoir Garnifon : ains attendre vn temps plus doux. Et que ce pendant on refpondroit paifiblement au Baron de lo^^WlFSs auertiffent
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L'HISTOIRE DE FRANCE. ,
ccuxde Scuenes 8c Viuarets de leur relolution amp;nbsp;les exonèrent à lêmblablc.deùoiTj^pout les voir aflaillis de mefines armes quâeux. Quant à ceux de Prouence le yicui .Comte de Tende mort amp;nbsp;fon fils le Comte de Someriue : le Gouuernement fut d onne à iGalpart du Saux diôl Tauanes Marefchal de France qui Icut au lieu du Marquis de VilarsTait Amiral employé ènCuyenne J comrfieje vous diray ailleiu-s. IltintlesProuencà uxficraintis que rien ne le remua.- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: ù '. f:' ) e n-
EÃatduVi- L E Roy auoit enuoyé pour Gouuerneur en Viuarets Logieres Cheuallier de Tordre. Les uarett, Protcftans toutefois y eftoyentlcsplus forts. Mcfînemant dans Aubenas ,Priuas,le Pouzin 8c Villeneufue qui font les principalles 8c plus importantes places du pays. Les Catholi-⢠ques voyans les incommoditez du Pouzin qui commande au Rofne, fen fà ifirent foudain. viileNeuf- Mais Villeneufuefo voulut du commanccment maintenir neutre. Elle eft peà teville fife en lieu commode pour les habitans qui y ont leur bailliage refortiflà nt par apel à Nifmes. Les Catholiques amp;nbsp;Proteftans feftoyent accordez à fo deffendre 8c maintenir tous enfomble: ^uriedef- difons quâils eftoycnt frétés amp;nbsp;Concitoyens. Et quâil falloir, de commune volonté refiftet fendre ton- à c^ux qui troubletle repos de la France. Ils accortient en fommè par ferment folennel dâcfli-tretous. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Capitaines des deux Religions qui tourà tour feroyent lés rondes, patrouiles amp;
Villencufuc furprinfc par les Catholiques.
Mirebel pris par les Proteftans.
reueuës tant de nuid que de jour : en telle forte que le Catholique veilleroit fur ies'Proteftans 8c lâautre au rebours. Affin dâeuiter toute mauuaifo opinion Mirebel futefleu par eux. Et Baron par les Proteftans. Ainfi continuèrent leurs trafics amp;nbsp;particuliere négoces jufo ques à ce que aucuns Catholiques auertirent le Gouuerneurde Ãaprocher de la ville auec forces quâils aflurerent de mettre dedans .Logieres fc prefontc aâûec commandementau nom du Roy à Mirebel deluyouurir fe quâil faift. Et auoirmis Gardes aux portes reçoit les troupes qui de toutes pars faffomblerent autour de luy : pendant ,que Baron glifé dehors amp;-à fon defoeu fo.rerire à Mirebel petite villette prochaine où auec Pradelle GentilhommÃ
Cchcll.ir kirpiis par vnecaucnie liirlts Ca-ilioücucs.
Prcfchcs «liez en l.anguedo.
Romonftiâ-ces au fieur lie loieufc pour i;e rc-tcuoir gar-lulon.! iSriP ruts.
du lieu , irfé ûifitdu Chafteau 8c fut depuis la retraite de tous les. Proteftans. Melffiô quâils fê mireni a Ja fortifier comme ils entendoyent. Logieres tachant de perfuadcrà tous quâil les vouloir entretenir Ibus le Benefice des Ediéis Royaux : â¢interpelle Aubenas amp;nbsp;P ri lias. Mais relbluës de fc conformer à fexemple de Nilmes à ne rcceuoir Garnilôn: Ils aymercntmieux achepterle repos que Wletonpaya au double. QuelquePtcteftans dû pays fe faifirent aufli de la ville amp;nbsp;chateau de Chelar en mefrne moys apres la demie' re Paix. Le Capitaine la Mote fut delaifte Gouuernëur au Chafteau auec periteGarni-fon. Les nouuelles de Paris ouyeaamp; lêretrouuant la Mote à Valence où il aflèuroitde Gordes de là Place : fut aueny de la prife dâicelle . Car ceux de la ville ayant tenu le Chafteau aux autres guerres: auoyent faiift vne Cauerne fous terre pour fy là uuer fib euftent efté forcez quand leâCapitaine laTorrette^es aflîcgea: la Cauerne alloit reljxin-dre en vne des canes de la ville 8c nây auoyt que cinq ou fix des principaux qui le ffa-uoyent. Lefquels fc voyans traitez autrement quâils ne defiroyent: Et fur tout forcez à la Meflc: loinôî: la crainte de la Garnifon qui les menaçoit-dc mort. Ilsleuerent la pierre qui bouchoit lâentrée de la cauernepar laquelle entrans de nuit 8c tuans la garnifon du Chafteau^ ceux qui fe deffendirent fafleurerent de la place. Surce le Baron dcloicufo ne ceflbit dâeferire à ceux de Nifmes 8c les exorter de faire ceflèr les Prefehes fuiuantles Edits afin de nâcftrc déclarez rebelles. Ce quâils firent 8c ne prefehoient que de nuit. Ou,( comme en routes chofes deffendues le defir croift) y alloit plus de peuple que de jour : faccom-modantparce moyen amp;nbsp;à lâintention du Roy amp;nbsp;a la necclfitédu temps. Ceux des Scucncs 8c Viuarets fo conformeront à leur exemple : mais refifterent tousjours aux Garnifons quâon leur offroit, remontrans les refufor pour la foureté tant de leurs vies que de leurs confciences. Priansloycufode juger droirementde leur intention. Qûils nâaiment rien rant que la paix amp;lc repos pour rendre telle obeiftà nce au Roy quâils doiuent. Et quâil ne tiendra à eux; pouf' lieu que par bons moiens on feur ofte toute jufte deffiance. Si au contraire on fuit le train accoiMf urne de tendre les filets 8c cmbiifohes, 8c quâon fc gouuerne commâ on a fait le pafle^ ils font prefts de JmifFrir tous les maux du monde pluftoft que tédre le col au coufteaux des brigâs 8c mafffffPffi s.QiJc câeft à faire à gens infonlez de ie précipiter de gayeté de coeur a vn perd fl cuidct.Là dcftùs ils'inÃtrent lâiniquité des meurtres publics.Et aiioir defcouuert lesper jurcsamp;malhcurtezcómifos en ce faifà nt: maintienét quâil eft permis par droit diuinamp;hiimain foppol^'^
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fopoferà la violence des meurtriers. Et quâils ne prennent poinôl les armes contre le Roy j ains contre des brigans qui abulènt furieuièment amp;nbsp;impunément de fauâoritc Roiale. Nous ffauons bienjajouftoyent-ils,quelle eft noftre portée quâelle amp;nbsp;combien grande eft la puil^ lance de noz ennemis. Mais nous ne doutons nullement que D i ev juftc yaigeurnâafli-fte en temps propre à nous poures opreflèz, pour nous faire la grace de garentir amp;nbsp;defendre nos vies contre la violance des brigans: ou finir nos jours en vne là inde refiftance qui tefi mogneraà la pofterité combien eft deteftablefiniquité de nos ennemys . Et quâelle à efté noftre conftance amp;nbsp;grandeur de courage a maintenir j niques au bout vne jufte querelle. Re-metant lâeuenement à D i h v Si bien joyeux au millieu de tant dâangoiflès dâeftre alfiegez à tort.Et dâauoir pour apuy vne bonne confcicnce qui nous fera auoir vnfuccez heureux en la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
vie amp;nbsp;en la mort.
Qvant au Dauphiné les Proteftans elpars qui ça qui là : nây tenoyent vne lèule P^^ce» Et yauoit garnilbn Catholique en toutes les villes. La Nobleflè, lufticiers amp;nbsp;financiers Dâauphiné. elFroyez de la tempefte Parifiene qui continuoit en tant dâendroits : le cachoyent, peur du Tonerre. loinól: les affeâueulès prières (jue de Cordes leur Gouuerneur leur en failoit Ãt les aparentes menaces dâvn autre-portemant que paifible .De tt)us ces refroidis les vns le cachoyent, les autres vidoyent pays : plufieurs abjurèrent leur Religion comme vh millier de Francez. Mombrun arrefté par les promeflès amp;nbsp;menaces que le Roy luy fit tant par lettr es uohcL^^ quemelïà gcsamp; inftamment lôlicité à lè tenir coypar dcGordcs.-nâoza remuer nây atencer cho- Mombrumq le qui loir. Vous verrez comme il le porta par apres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ha o v»
Parmy ces préparatifs amp;nbsp;recommancement de nouuelles mais plus grandes douleurs que les palTéesraparut au Ciel vne nouuelleeftoille grande comme leftoille du jour amp;nbsp;merueil-leulêment claire fur le commancement de la nuiél, auprès la Calfiope ayant la figure comme dâvn Rhombe ou fzOenge.La parution en fut remarquée par Corneille Gerne Aftronome:le 9. Nouêbre fur le lôir.Et dit quâelle ne bougea delà place lâefpace de trois lêmaines.Et eft en opinion comâ-aulfi plufieurs autres quâelle reflèmbloit à fEftoillequi aparut auxSages qui vindret adorer lefusCHfift en Betheleem apres là nailïà nce.Elle fut veuë felpace de neuf mois ou enuiron enFrance, AngleterrejEfcolTejAllemagne amp;nbsp;autres endroits aueç grande merueil le de plufieurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Pour nâoubher ce qui eft auenu aux païs voifins du Dauphiné amp;nbsp;Viuarets:aulfi toft que les nouuelles des deuotios Parifiennes furent lèmées au païs de Vellay tenant au Viuarets:Roche- pays de bonne Gouuerneur amp;nbsp;Senelchal du Puy fit entédre à chJCun que fintentiô du Rojeftoit que Vellay. tous allalTct à ja Melïè. Et quâil auoit allez de moiens pour les y faire obeïr fils ne le môftroiêt tels que fa Majcfté defiroit.Les vns quitterét leur Religiöses autres le retirerét au Viuarets ou hors du Royaume.Auefis conillerêt at^as la pluie à palfer.Ceux de S. Voy qui eftoiét tous de la Rcligion:apre5 auoir publié le Jeune pour leur abailïèr les cÅurs, amp;nbsp;elleuer leurs elprits en hautxontinuerét les preches.LeCapitaineVacherelïès qui aux dernieres guerres auoit cô- . mâde auChafteau deDeuelïèt: lâchât que le Chafteau de Beaudifné eftoit aile à fortifier à eau Beaudifiie. fe de fon alfiete fur vn haut roc,hors de là pe amp;nbsp;de mine,amp; nâeftant cômandé dâautÿne môta^ gne:delibera de fen emparer. Mais craignat que les Catholiques y millènt garnilbn amp;nbsp;pour o-fter toute doute quâil fen vouluft là ifinlbn de Dezague ville du Viuarets 5.lieues de Beaudifi né amp;fuiui de quelque Ibldats met le feu au corps du logis de ce Chafteau qui nâeftoit pour lors flâqué ny tenable en cet Eftat.Ce qui fit peler à tous quâil nâauoit enuie de fi retirer. Mais reuenu toft apres auec 50. Ibldats quelques Maçons amp;nbsp;Charpetierszrepara le lieu en toute dil-ligécc.Lcs Catholiques alors batétleToque-là in par toutle-Vellayipuis ralà mblâtbié 2. mil queloldats que Pay^ns,y vont pour empelcher la fortificatiô qui ne ceflà pourtant: plufieurs foldats Artifâs tenât farquebuze prefte dâvne main amp;nbsp;îinftrumét à trauailler de fautre. Si bié quâauertis 2. jours apres que Iccours de 150. Ibldats venoient aux alfiegez de Viuarets:lê reti-rerct en dilligêce:lesquels toutefois furent pourfuiuis par le fecÃursamp;la garnilbn joints en vn. Peu toutesfois y furent tuez. Depuis VacherelTes fit plufieurs'courlês fur les bourgade? quâil força à la contribution du Chafteau pour en entretenir la Garnilbn. Quelque temps apres S. Vidal Gouuerneur du Vellay amp;nbsp;de Barge Gouuerneur duViuarets tacherenffn^s en vain de fiirprendre la Place quâils trouuerent tous jours bien gardée
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-ocr page 222-Nouembrc, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
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ifpaly. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Le Capitaine Guyard d u Puy en Vellay, fe ûifitDifpaly petite ville amp;nbsp;Chaftcau apartenant 3
'ffiucfcjue du Puy amp;nbsp;fitué à la veuë de la ville du Puy.Et le garda quelque téps auec beaucoup Montejou ^âiâicotnâtioditèz poutiès vôyfins. Puis Saint Vidal îaflîegea mais nây gangnant rien quâvue Fay. ' ' harquebuzade: Il pratiqua vn Capitaine de la Gamifôn lequel aydé par quelque Soldats fiens 5 tua Guyard amp;nbsp;auec là teïlÿ rendit la Place au Gouuerneur. Dâailleurs le Montejou renommé pour la prife amp;nbsp;mort de la MotteGoudrin :palïe du Dauphiné au Viuarez Sgt;(. de la en Velay où il auoit efté faiôtChcf:lc mit peu demoys apres en campagnée auec quel' 'ques troupes pour eflà yer de reprandre le Chafteau de Fay que le Capitaine Mathias reiiol-té aux Catholiques auoit rendu. Mais tombé en embufeade amp;nbsp;là Compagnie defFaiéte fut ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tué fur le Champ combatant à cheual pource quâil ne le pouuoit fouftenir fur lès jambesa
Tcufcaflic- cau/è des maux ibuffers enprifonpour la mort de la MoteGondrin .Depuis Saint Vidal reprit lesChafteaux de Saint Quentin amp;nbsp;de Chatenil où il fit pendre vn Miniftre.Et fui' ''idfoire alfiegea lavilledeTenfe affiftédes troupes que ceux de Lyon luy auoycnt cuencrez enuoyé de renfort. Ayant Canoné la place comme les aflîegez parlementoyent : vn Catho-pourycer- lilt;!^icde la ville treuua moyen défaire entrer les aÃîcgeans, qui en firent vne grande bou-chcrie. Car apres les auoir cruellement meurtris: ils leur fandoyent le ventre leur arra-choyent les boyaux amp;nbsp;entrailles pour y cercher de lâOr. Dâautant quâils en auoyent furprins vn aualant quelques pieces dâor qui penfoit ic là uuer à compofition. De là les Catholiques attaquèrent le Chafteau de Mons pres Saint Paul que lâAnge auoit furprins quelque
I temps auparauant. Et bien quâil fûfi: fort dâalTiete : toutefois apres quâon eut ofte aux alfie-gez la fontaine qui eil à la porte du Chafteau: ils le rendirent vie amp;nbsp;bagues faunes. Mais Saint Voy. OU en tua la plus part. Le Baron de Saint Prie en mena fixen fon Chafteau pres Sa^t Eftienne de Forefts où aucuns les auoir tué on les fit porter en la place de Saint Eftiefl' ne pour effrayer leur Compagnons amp;nbsp;aflèurer les Catholiques. Ceux de Saint Voy tous de la Religion éfrayez de tant de viéloires amp;nbsp;cruautez ; enuironnez de Garnifôns à deux lieues autour amp;fè voirà defcouuertcnlieu champeftre: ceflèrent de prefeher. Maisfu-rent tellement tormentez que plufieurs furent forcez de fè fà uuîter au Viuarez. Ils c-ftoyent plus de de huiél cens familles qui dmuis douze ans nâauoycnt ouï de MeÃe : iU' LcSicur de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par Bonefoy qui auoit efté leur Vicaire amp;nbsp;depuis retiré à Geneue fut renuoyé là pouf
Bironpout- Miniftre. le vous garde le furplusà autre endroit. Reprenons les affaires des Rochellois ⢠fuit Centrer nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Le Marefchal de Biron pourfuiuant fôn entrepnfè: sâen alla en Broüage pour con-
«n aVI e. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auet^trofly amp;nbsp;Baron de la Garde. Puis du premier Oélobre eferiuitauxRcchel-
lois offrant eflongner toutes les forces qui cftoyentautour leur ville tant par mer que par terre: amp;nbsp;les faire retirer au lieu dâoù ils ne pourroyent auoir jufte deffiance.Et moyen-LcBaron liant quâils bailleroyent feureté conuenable defèn^intenir enla ville fous lâobeyftà ncc des delà Garde Edits dc fà Majéfté. Et quâils receuroyent celuy que le Roy voudroit enuoyer pour fou MX Rochel nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg Baron dc la Garde par vne lettre du mefine jour eforiuit aux Rochel
lois quâil femerueille comâ-ilsfont difficulté de receuoir le Marefchal dc Biron: parce que le Royqüia grande fiance en eux: penfo que cela foit desja exécuté: les affûtant quâen Stroffe^ux g^fâ^ral amp;nbsp;en particulier il femployrapour les gens de bien de leur ville, faffu rant quâils Rochellois ne refuforont les offres dudiél Sieur de Biron qui font honneftes amp;nbsp;auentageufos. poiiria Paix nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Strosse auffi duquel les lettres eftovent plus refoeôfées : leur propofo quâil choifif
font la Paix ou la Guerre. Sçauoir la Paix en obeyfîant à la Majeftéqui eft lefoulmoy-Refolution conforuer leur vies, biens amp;nbsp;honneurs. Deliurant la France des grande calamitez. des Ivochcl» lois. Comme au contraire la guerre bien fà nglante ne leur peut manquer fils continuent en leurs dilayemans. Sur quoy les Rochellois ayans receu lettres toutes dâvn mefme Con-foil amp;nbsp;de mefine argument : fo fenroyent reduids à grande neceffité. Et parce quâil leur fembla raifonnable de deux maux occurrans eflire le moindre: trouucrentrefolument par dcsRochel- tout difcouts: quc la Paix telle quâon leur vouloir donner: eftoit le plus grand mal rondeia^ gucrtcle moindre. Si quecerchans quelque bonneSc ferme affeurancecontre tantdâin-Gardcamp; Certitude: ncnjo^ercnt remede plus propre que la deffiancc. Pource toutes chofes dc-kuTrcfolu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leurfuentvne briefue refponce, contenant en fomme quâon leur promettoyt beau-
non. coup amp;nbsp;que tienne feffcéluoyt. Que perfonne de ce monde ne fçauroyent eftre plus dc-fireux dâvne bonne paix quâils eftoyent. Quâon leurfaifoit entendre vncdroidc intentiou amp;fin-
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amp; fincere affeélïon de (à Majefté. Etqueneanttnoins ils eftoyent moleftezamp; foulez con-tre cefte intention Au refte que leur lettres precedentes amp;nbsp;leurs paifibles comportemans inonftrent clairement la bonne volonté quâils ont au fcruice de leur Majeftez. Le Marefchal de Biron cnuoya en ville la Riue Gentilhomme Proteftant pour fpuoir plus entièrement la volonté des Rochellois les prians par lettres de felclarcirde toute leur intention. Aufém- Lcttrcsdâaü blable Douarty de mefme Religion amp;nbsp;qui aux precedens troubles auoit fejourné longue-ment à la Rochelle: eferiuit aux Rochellois à fâ Requefte, les priant faire Eftat des remon- Rodidloi» ftrancesde la Riue.Qu'ils le doyuent aflbrer des promeflès que leur fera le Sieur de Biron
quâils le donnent garde de donner argument aux malins dâexecuter de plus grandes cruautez par toute la France. Le Baron de la Garde elcriiût aulïi aux Rochellois quâil ⢠à bon elpoir que tout le portera bien . Et leur donne conlèil de députer deux de la mai-foii de ville qui allent trouuer le Marefchal de Biron pour arrefter auec luy la forme quâil faut tenir pour faire retirer les forces qui font autour ïa ville. Et pareillement les eftran-gerseftans en la ville. Et quâen fon particulier ils doyuent autant elperer de luy que dâamy quâils ayent. Les Rochellois à ce continuèrent leurs precedentes relponces, amp;nbsp;par ce qiftls efcriuirent bien au long au Marefchal de Biron par la Riue amp;nbsp;que la lettre eft de côfoquan-ce,vous la verrez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lettres reP
Mon s E I G N E v R apres auoir rendu relponces aux lettres quâil auoit pieu a voftrc pondues grandeur nous eferire par voftre trompette : nous auons receu le jour dâhier par Monfieur de la Riue la recharge que nous auez enuoyées, defirant dâentendre noftre refolution fur deBiron. ce que nous auez elcrit amp;nbsp;ce que demandons. Aufli auons entendu ce que ledit Sieur de la Riue nousadiél de voftre part. Vous fupplians tres-humblement de nous exeufor fi pluftoft nous ne vous auons fait relponce; Et par elcrit qui nous à efté rapporté de voftre part par Monfieur deThonay Boutonne. Car dâautant quâil ne portoit que parolle: nouspenfions auoir lâtisfaiél par parolle. Mais nous fommes trefdeplailâns de ce que comme nous penfions auoir fÿôh que, par nos lettres du vintfixiéme Septembre, nous ne vous a-uons mieux efclarcy nos volontcz tres-bonnes amp;nbsp;plus alfeôtionnées pour le bien amp;nbsp;1èr-uice de là Majefté amp;c la voftre fous fon obeyllj^ce. Dont vous fupplions tres-humblement nous exculèr.La briefuette de noftre relponce à peut cftre donné caulè de tobfourité. Sipft-ce que par tout ce que vous auez eferit amp;nbsp;faid dire par vos députez: il nous à lèmblé vous auoir mis deuant les yeux le milerable amp;nbsp;calamiteux Eftat de ce temps : amp;nbsp;melmement de cefte ville. Latresjufte douleur que nous auons de nous voir fi longtemps l»ftillement traiâez. Lâorreur des exemples prochains. Les caulès toutes claires de noftre crainte amp;nbsp;deffiance: non point de voftre grandeur mais de plufieurs ennemis apertemant déclarez de cete poure ville. Lâextreme peril auquel nous fommes expolèz.Et le defir affeélionné que nous portons au bien, repos, vnion amp;nbsp;tranquilité commune. Nos comportemans paifibles en occafions fy efmeuës amp;nbsp;troublées. Et la finguliere affedion amp;nbsp;là inte liberté eh laquelle là Majefté nous à déclaré nous vouloir maintenir.Pour ces câulès auons fupplié voftre grâdeur, comme faifons encor treshumblement,Monlèigneur: de ne prendre en mauuailè part fellon- Rochellois gnement que auons fait de vous donner entrée en celle ville. Qjm au parauant quây entrer il veulent rc-vous pleuft enuoyer fi loin toutes Içs forces qui nous caufent telles craintes ! que nous puif sieu° dZ fions eftre hors de tout doute amp;nbsp;vous receuoyr en toute lèureté, paix amp;nbsp;repos fuiuant Biron* les Edids de Pacification. . Et vous pouuez bien alfürer quâil nây a eu de noftre age Gou-uemeur mieux venu, relpeété, honoré amp;nbsp;obey que vous forez de nous, fi ce bien nous e-ftoitauenu.Et donneriez moien à quelques poures gens:lelquels fenfuians là uuez des malïà -cres:amp; autres qui nepeuuans demeurer en lèureté en leur maifons fe font retirez en celle ceinture à couuert : de prendre leur liberté ailleurs amp;nbsp;à nous de les èn faire fortir le plus doucement que nous pourrions. Ce que aliénant, ne pouuons honneftement faire amp;nbsp;en lèureté
r J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 r, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i. ZI nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1 T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Z- 1 « ⢠r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 F-ittangers
melme de nous pour le nombre qui y eft. Car d eftrangers il n y en a vh foui,bien y loijt quel- nul en la ques vints où trente Gentils-homes: plufieurs de nos voifins amp;nbsp;qui pour nâeftre pillez, là cca- Rochelle gez amp;tuez en leur maifons:font venus icizAufquels nâauos peu refuzer li^jjj^^etraite.Tous brcdequot;°lt;X lefquels y font en pareille deuotion que nous # Et nây a celluy de nous qui nâaie receu vn ttef üquot;â-grand mal contentement du rapport quâon nous a dit vous auoir efté fait amp;nbsp;quâon vous à cité cercher en voftre logis à la larrie le foif que vous pärtiftes, pour vous outrager i Car nous
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* â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nây auons penfc. Ce font peut eftre quelques coureurs qui tiennent les Champs desbandez
des compagnies de lâarmée amp;nbsp;lefquels nâauons voulu receuoir en noftre ville amp;nbsp;nâapproii-uons leurs adions en aucune choïès amp;nbsp;moins en celle là : Mais font beaucoup denuiflance-amp; telles que fi ne craignions trop entreprendre '.forions faillie fur eux pour les tailler en pieces . Comme du tout amp;nbsp;de ÃEl^t de celle ville: Le Sieur de la Kiue vous pourra faire le dif cours. Nous vous fupplions tres-humblemcnt ne nous imputer celle infolence, de laquelle nous nâauons rien foeu que par rapport amp;nbsp;ferions bien marris delâauoir confonty. Ains vous alTurer que nous délirons tous faire treshumble foruice à vollre grandeur dâaufli bonne alFeólion que là lüons treshumblement vos bonnes graceSjamp;L prions Dr ev, Monfeigneur. Le ⢠Baron de la Garde qui nâelloit moins affeélionné à la reduélion de la Rochelle : leur eniioya BaroTdHa lettres à mefine fin.
Garde aux Messievrs incontinent que nous eufincs veu voz dernières lettres Monfieiit Rocheliois. Biron, le Sieur Stroflÿ amp;nbsp;moy : commançalmes a faire acheminer les gens de piedamp; les ellongner de vollre ville . Amn que perfonne ne peu 11 dire quâon vous veuiles re Aucunes furprinfos. Et du collé de la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;renuoyer les Mariniers que jâauois faiél
venir en Broüage pour armer quelques vailfoaux en volonté de les tenir û pres de voz Rades que ceux qui ont lâiôl armer des Gallions: rieulfent oie fortir de vollre Haure. Nous auons faiôl tout cecyafin que fa Majcllé connoilfo quefonne vous à donné jamais occa-fion de vous plaindre comme vous auez foiôl. Voulansentout èc partout comme nous deuons vous gratifier. Mais ellant aucrty hier matin de diuers endroiéls amp;nbsp;de perfonna-ges véritables que je croy : que vous autres permetez encores dciqcurerlà entour vollre DcfT i des nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;compagnies des gens de cheual amp;nbsp;de pied : Fai dies armer amp;nbsp;cquiper des Vaif
Vrotcüins foaux dans voftre Haure amp;nbsp;aulfi au Plomb : Que journellement vos Chaluppes amp;nbsp;Gal-furRhé. lions font des depredations fur les poures fujets de là Majellé. Etfellans mis audeiioir de vouloir faire defoendre en fille de Rhé là ns que jamais il leur ayent baillé occalîon leur faire ddplaifir finon que fon voulull prendre en mauuaile part la fidelle obeylfancc quâils deuoyent au Roy, ainfi que D i e v le commande. Mettant ces chofos en confi-deration amp;nbsp;quâil nây a jour qui nâimporte beaucoup à la foulle amp;nbsp;dommage des poures innocents : le fuis bien voulu moy melme venir icy. Afin quâil nây aye plus dâallées amp;nbsp;venues. Et que cependant on ne permette à ceux qui vous veulent mettre en la guerre , continuer en leurs pilleries amp;nbsp;volleries pour vous dire franchement, que là amp;nbsp;quand vous nây pguruoyrcz pour tout Difhanche prochain : nous y pouruoyrons ainfi que nous fommes obligez pour le deuoir de nos charges . Quant à moy je defireroys que vous vouliilfiez prendre la peine de députer deux de vos Cytoiens pour venir julques icy. Affin que nous auifilfions les moyens quâil faut tenir à vnechofo de fi grande importance: Et fi ne voulez croire ma foyamp; mon honneur que je vous oblige de les vous renuoyer incon-tinant. Et sâil y a quelquâvn qui en doute je vous enuoiray deux perfonnages de qualité qui ne bougeront dâentre vos mains jufqucs à ce quâils foient retournez. Ils refpondirent à cela comme ^nfuit.
Monfoigneur nous auons tant de fois fatisfaiél au contenu de voftre lettre : amp;nbsp;monftré par effet que nous fommes en tout deuoir de lâobeiflà nce de là Majefté ( ce que nous ne trouuons T iric à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voftre part ayants tousjours vos forces autour de nous qui nous guerroyent : ) que nous ne
Boiirdeaux. pouuôs plus efcrire que ce que nous vous auons eforit nâaguere fur ce-'naians rien de nouucau finon qUe nous fommes auertis quâon à maflà cré ceux de la Religion à Bourdeaux.Et quanta nous nâauons rien entreprins nây fait finon de nous conlêruer.Ce que nous ferons Dimanche amp;nbsp;tous jours aydant D i e v. Auquel no us prions, mon Seigneur, vous changer la volonté du Baron de nbsp;nbsp;nous mal faire amp;nbsp;nous mettre en liberté.
la Garde. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Melfieurs'encores que mayez auerty par voftre lettre dâarfoir: auoir là tisfait tantde fois à ce
que vous eforiuois.Si veux-je ften encore vous faire cefte cy pour la derniere que vous eferi-ray jamais,fi je ne vois bic par effet que vous aicz changé dâoppinion amp;nbsp;de façon defairc.Cat voulans direvous fçauez bien quâô ne vous à jamais guerroié encores quâé aiez don né toutes les occalios auec les armes deicouucttcs.Quant eft de ma part ne vous ay jamais requis que vous failfilfiez entrer piece de ceux qui font fous ma charge en voftre ville. Mais au cÃtraire ay tousjours dit de vous garder:Puis q le Roy fe fioit en vous autrcs.Par ainfi je vous
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prie autant afFeólueufêmcnt que je puis de vous contenter de cela. Eteft beaucoup. Et ne permerez que ceux qui lé difent eftre à la foJdc de voftre \ ilJe ou bien à fentretenement, vi^ lient fur les poures fujets. Et ceux qui nauigent pour gangner leur vie qui ne vous ont jamais fait Jefplailîr ny ceux de flflede Ré dont la plus part font de la Religion que dites voftre, foient ennuiez.Quant à ceux qui ont efté exécutez à Bourdsaux ôc autres lieux de ce Roy-aumejevousendiraylacaulêquicft pource quâô les à trouuezaux rollesdes cÃlpirateurs cotre le Roy,la Royne mere, Meflîcurs les frcres.Et le vous peut faire croire le bon Si honefte traitement quâont les gens de bien qui font aux villes,bourgs amp;nbsp;villages lelquels viuêt en paix amp;nbsp;font honnorez amp;nbsp;relpeélez, comme ils eftoientau parauant les troubles, là ns que en fait ny en dit on les offence aucunement. Voila qui me fait encor entreprendre de vous prier at- * tendant la refponce des lettres que vous auez eferites auRoy qui ont efté enuoiées en diligéce; empefeher quâil ne fo face aucun mal ni defplaifir à perfonne, Et fi voulez entretenir quelques gens pour voftre garde,faites le à vos defpens,perfonne ne vous en garde. Me promettant cela je feray retirer les miens amp;nbsp;me permets tant de Monfieur de Biron quâil en fera le fomblable. Eftans CCS chofos fi raifônables fi vous nâeftes delibcrezdu tout de vous perdre: le tiens pÃir certain que les accepterez ne voulâs autre chofe de vous que voftre promefie comme je vous donne la mienne. Surce je priray Dieu, Meflîeurs,vous donner la grace de me croire plus que ceux qui ont tant dâenuie de vous mettre en guerre comme jay volonté de vous voir en repos. De ma Gallere Reaile ce dixiéme Oéfobre.
Monfeigneur nous fômes bien marris quâil ne vous plaift vous contenter de ce que nous Refponces vous auôs efcrit.Enquoy pouuiós auoir fâtiffait à noftre dcuoiramp;en auez veu les effets de nofi nbsp;nbsp;nbsp;au
trepartCe que ne voions de la voftre qui nous amoneftez de paix:Et cobienque huit ou neuf ron de la mois nous au es fait la guerre ou uerte prenans nos biens, nous voulez faire croire toutefois Garde, que câeft nous qui menons les armes. Chacun voit le contraire. Car il ne nous peut eftre imputé auec raifon que nous aions fait vn foui aéfe qui ne foit de tref paifibles amp;nbsp;obeiffâs fujets defaMajcfté. Q^ine^ifons mais par force fouftenons la guerre que vous nous faites: amp;nbsp;nous en couuros le mieux quâil nous eft poflîble.Chofo permifo pour jufteamp; naturelle deffé-ce à noftre grand regret, perte Sc dommage .Ej^fi nos voefins ont eu quelque foulle ce nâa pas efté que par ceux de vos trouppes,que pour leurs infol fonces nâauons voulu receuoir en cefte ville plus long temps que pour le refpeâ: de vous amp;nbsp;de Monfieur de Stroffi: conforuans cefte pourcville en fon intégrité. Laquelle fuiuant voftre Confoil tref bon en cefte part, nous de libérons garder par la grace de Dieu, comme nous fommes tenuz : pour obuier à lt;e que tels malfacres nâauienncnt comme és villes prochaines, que nous croions eftre innocentes du crime que leur impofoz.Et vous pouuojj^s dire vne fois pour toutes,que tant que nous oirons amp;nbsp;verrôs tellesSi fi horribles nouuelles:amp; forons ainfi traitez corne vous côtinuez: nous nous plaindrons à bonne occafion deuant Dieu 5c noftre Roy. Qui eft tout ce que vous pouuons promettre vous fuppliant humblement, Monfoigneur, de vous tenir pour fâtiffait puis que nous fuiuons voftre Confoil. Et entrer en volonte de nous laiffor viure en paix, repos amp;nbsp;libériez amp;nbsp;icelles affeéluant nous prions Dieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
SurceDouartyefcritau Maire lefuppliant luypermettreenleuer delà Rochelle foixante quintaux de bifeuit pour le nauire du Sieur Stroffi for lequel il deuoit aller: comme auffi le jemandes refte des vailfoaux auoient commandement dé fo retirer. Mefmes les gensdepiéd cftoient Douanv commâdez de fo retirer promptement en Picardie. Demandoient outre quelque vins amp;nbsp;de ââj* lâartillerie ajoutant quâil nâeuft fait cefte demande finon quâil fçauoit bien que cela nepou-uoit incommoder la ville amp;nbsp;quâil le pouuoit aifément executer. La reponce fut que les bif cuits eftoient aux particuliers qui fen cftoient munis par ce quâils ne rcceuoient plus de farines ny de bleds à caufe des paflâgesqui four eftoient fermez, comme ilfçauoit tref bien. Q^ant aux vins : vandanges ne font encores faites ôc nâefpere guâen recuillir pour la proiufi-on de la ville. Touchant f Artillerie le Maire difoit auoir fâtiffait par vne autre lettre. Laiffons les affaires Rochelloifos en fi douteux eftat pour voir fi au cÅur de la France les Proteftans eftoient plus affourez.
P O V R c E que je vous ay cy deuant parlé de S an c e r n e ; amp;nbsp;que jâay allez de matière plViagc pour vous en dire encore dauantage : je fuis dâauisdc vous effigier la ville amp;nbsp;fon contour rcpi cfemet pour mieux vous faire entendre ce que je vous diray ailleurs du dedans amp;nbsp;du dehors de
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cefte place aflîcgée comme vous verrez cydcflous.Elleeftaflîfêau millieu amp;nbsp;comiïieau centre du Royaume de France, au pays amp;nbsp;Duché de Berry fur vne haute amp;nbsp;roide montagne. Pourcc lâon nây peut aller fans y monter de toutes pars: qui fait la place naturellement forte. Lâendroit le plus accelTible cil entre le Midy amp;nbsp;ÃOccident tirant à Bourges. Elle prend forme ouale amp;nbsp;prefque ronde. Occafion quâelle cft bien peu flanquée par dehors amp;nbsp;nây a point mef' mes que huit où neuf tours à la ceinture des murailles. Elle contient pres de deux mille cinq cens pas de tour amp;nbsp;quatre portes prefque vis à vis amp;nbsp;opofites ivncà lâautre : fçauoir cft porte Feuhard apclée vulguairement porte Cefar vers Septentrion au plus haut:amp; porte vieil au plus bas vers midy qui cft la longueur de la ville dâenuirô fept cens pas.Sa largeur depuis por-⢠te faint André versOccident jufqucs à porteOifon versOrient eft de cinq cens cinquante pas.
Le Chafteau eft fitué au plus haut du mont entre porte Cefà r amp;nbsp;porte Oifon y fer Liât de muraille à la ville à laquelle il commande comme vne Citadelle.il y a vne autre montagne plus haute apelée Lorme au loup fi près de la ville quâelle peut commander au dedans:cnuironncc de tous coft es de collines amp;nbsp;montagnettes, lefquelles comâauflî celle qui porte la ville font prÃque toutes plantées en vignes qui rendent des vîns fort renomez en la France: defquelsils trafiquent fur Loyre: les eaux de laquelle nâen paflènt quâà vn quart de lieue vers le leuantau port ûint Thibaud où y à dix ou douze maifôns entre lequel amp;nbsp;la ville y a vne petite campagne de prairies amp;nbsp;terres labourables. Et à vn trait dâarc vers la ville vn beau grand bourg fermé de murailles dit fà int Satur du nom de fabaie aflfez ancienne qui y cft fondée.Vn peu plu^ haut amp;nbsp;au pié du mont eft levillage deFontenay ainfi dit à caufè des belles fontaines qui y fot: où les habitans or quâils aient plufieurs puits dedans la ville: vont prendre îeau amp;nbsp;lauer lexi-ues. Meneftreul autre bourg en remontant de f autre cofté de la montagne en eft à vn quart de lieuë. Il y a su refte plufieurs autres villages circonuoifins comme Cheueniol, Verdigu/j Dury en vaux,Bue amp;nbsp;autres.Le pays en fomme eft fort bon amp;nbsp;fertile tant de blez que dâautres fruits neceffaires à la vie humaine. Refte maintenant avons faire conoiftre lEftatde la ville«
IE vous ay cy deuant reprefèntéla crainte amp;nbsp;partiallité cfquelle^viuoient les retirez Sancerre amp;nbsp;les occafions dâicelles. Puis effigie la ville amp;nbsp;fon paifà ge apres le naturel. A pre* font je vous veux monftrer comme ces paffioiÿ creurent de plus en plus en leurs efprits.McP memant par la venue des Cappitaines Durbois amp;nbsp;autres lefquels dés le premier amp;fuiuaflS Sortie de jours dâOdobre aucc plufieurs fbldats tant de pied que de chenal: fe prefonterent en vcuè d« ceux de San la ville.Sur lefqucls aucuns fortirent à fefcarmouche, laquelle nâaiant pris fin notablej fut fon-nie dâvne firtie que firent les Cappitaines la Fleur amp;nbsp;Montauban furies trouppes logées amp;nbsp;barriquadées à Cheueniol. Sur lefquels ceux cy donnèrent fi brufqucment que Durbois pfo aucc dâautres amp;nbsp;quarante laiffoz pour morts: enconjagerent les habitans dâozer danantag« quâils nâauoient fait.
V O v s croiez bien quclereflfuz dâentrée ne pouuoit amener que diuifions à Sancerre. Caries partifans de Fontaines amp;nbsp;les amis des Députez qui luy auoient obligé leur honneur de luy faite entrenremuoiét toutes pierres pour exécuter leur promeffo.Remôftrâs aux autres quâeftant l«eau frere du Comte, il aimoit la ville amp;nbsp;auroit intereft fi la place eftoit ruinée amp;nbsp;les habitans deftruits. loint quâil ne demandoit lâentrée auec force, ains foulement luy dixième. Ne vouloir outre entrer au Chafteainvoire nâempefehoit quâon ne fift garde pour faffou* rer. Mais les habitans amp;nbsp;réfugiez raportans à cela lâEftat des autres prouinces amp;nbsp;comme fut La Crciiz. jeUgj fcintcs promcflcs lenuoié par le Marefchal dâAnuille pour perfuader à ceux de Caftres à fo porter obeifTans aux Edits du Roy: auoit de nuit fait entrer contre fâ parolle plufieurs cô-pagnics de foldats qui les auoient ruinez. Et quâà tel exemple amp;nbsp;plufieurs autres fomblablcs, Les Rochellois demouroient conftans en leur opinion:fo refolurent en ce que quand de Fontaines eiift eu le vouloir dâaccomplir ce quâil difôit il: ne fpauroitfexccutcr nây eux mcfmcs fauorifer en rien fon deffein centre tous ceux de lâautre party qui f y eftoient retirez. Allegans que lej:cmps eftoit venu pour ne croire plus aux parolles amp;nbsp;promeffos des homes. Et moins encor à laffeéfion que plufieurs Seigneurs difent porter à leurs fujets pour la conferuation de leurvillc. C^lJjjJj^y a dâautres moiensaffoz pour les recompencer de telle perte. Quefn entroit nul nâoferoit luy contredire à faire tout ce que bon luy fembleroit. Auec ce que fon honneur ne luy permettoit coucher vne nuit en ville hors le Chafteau. Et ne fouffriroitf^' mais que les hahitans qui ne luy eftoient pas foulement inferieurs mais comme fujets: foy deuffoirt
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XII.
dcuHènt rien prefcrire: nây rien faire en ville contre ion vouloir. Le vint neufiéme Oôlobre il Entiéeen arriuaà Cofiie deux lieues deSancerre ouplufieurs de la ville luy furent faire la reuerance quâil recent humainement. Ce qui caufâ plus de partiallitez qucparauant. Etpource quâil sieur de fpiioit quelle eftoitîautorité amp;nbsp;relblution des réfugiez en Sancerre : les pria de luy enuoyer quelques vns pour leur parler. lean Minier dâOrléans amp;nbsp;Ieai»Girardin Médecin dâAuxerre y r. furent delpefchez apres que deux Gentilshommes y furent entrez pour oftages.Mais fçaehant quâil nâauoit charge de les alTurcr de leur confciéce amp;nbsp;exercice de Religion en Sancerre: leur promettant toutes autres choies en auantage: retournèrent fans rien faire. Adonc il le rclolut deles auoir par autres moiens.Il a noir comme jâay diôt gangné plufieurs des habitans amp;. entre autres Labertauches amp;nbsp;Charles Luchet Capitaines qui commandoienr au Challeau: lefquels * luy gangnerent aulfi toll ceux qui leur alfiftoient à la garde. Ils y portèrent poudres,meelies, Viuresamp; autres prouifîonslêcrettcs quâils y jugèrent necclfaires auec les plus précieux de
â leurs meubles. Ãlleguans pour cxcule quâils ne falTeuroient des réfugiez en ville delquels ils Le dufteaj ledilbient menacez. Puis firent miirailleramp;ramparcr les aucnuës du Chafteau pour aller en gangné^par ville: crainte dâeftre forcez par là : Et definuraillercnt la porte de Fer qui relpond aux Chaifips îespartifaiit pour y donner entrée aux Catholiques, comme je vous diray ailleurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dcFomcnos
En ce temps comme il nây auoit moyen quâon ne pratiquai! pour réduire la Rochelle à la Catholique: Le Roy commanda à Durand Procureur de la maiion de ville amp;nbsp;de plufieurs par ticuliers de la Rochelle en la Court de Parlement à Paris: eftant de la Religion Proteftante dâaller à la Rochelle où il auoit beaucoup dâAmis amp;nbsp;connoilTans, aufquels il pourroit perfua-der quelque choie au contentement de là Majefté amp;nbsp;profit de la ville. Et quâen tout il fe gou-uernall parfauis du Marefchal de Bironjlequcl fur cela efcriuit aux Rochellois ce qui fenfuit»
Meflicurs, le Roy auoit opinion que mâeulfiez receu en voftre ville:veu ce que luy en auez alfuré tant par vos lettres que par Monfieur dâAudenars Maiftre dâhollel delaRoyne de i«trcslt;lu NaiiarreSc par Treille aux filles de voftre corps de ville. Il y à bien voulu enuoier Monfieur Sieutdc Bfc
, r â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;...1 nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-11 i-ziz-Kz ronauxRo
Durand qui eft voftre ^ocureur de ville pour vous aliurer en premier de la volote de la Ma- chcUois. jefté:le defir quâil a queviuiez en repos amp;nbsp;paix auec contentement. Etlpauoir de quoy vous aurez à plaindre pour là delTus y pouruoir. Il ijâa apporté lettre pour cet effed lefquelle je vous communiquerois fi jâeftois en voftre ville.Et encores le ferois à quelquvân des voftres fi en voulez enuoier vers nous amp;nbsp;dont vous auriez contentement attendant que vousviftè en corps.Et nâeftant cete dâautre elFediIe feray fin de S. lean Dâangely.
Les Rochellois le melcontenterent de Durand fur tous ceux qui auoient embaUiidé fentréc du Marefchal de Biron en ville.-tant pour les lieux dont il venoit,que pour eftre aux gages amp;nbsp;Confeil de la ville laquelle à leur auisi^onlêilloit trelmal en ceft alfaire. De Thou premier Prefident de Paris efcriuit lettres par luy au Lieutenant amp;nbsp;Moriflbn:les conuiant gracieufe-ment à procurer la Paix telle que les Majeftez defireroient fort quâils receuiTent. Toutefois Refponcer ceux du Confeil efperans fe feruir de Durand,ne luy monftrerent que bon vifage: amp;nbsp;firent ref- dciRochd. ponce par luy au Marefchal Sieur de Biron remonftrans que de leur part ils ont tousjours ef-feâué tout ce quâils auoiét promis.Que de lautre part /execute tout le contrairci â¬ar de jour à autre,ils font referrez amp;nbsp;leurs commoditez retrachccs.Ceux qui auoient acouftumé de trafiquer auec toutes fortes dâeftrâgers: nâont pas moien de traficquer auec leur voifins. Que leur marchandifes font pillée à leur veuë.Et que le Sieur deRoian a fait prendre en Olone deux Na uires de la Rochelle chargées de drogueries amp;nbsp;efpiceries de la valeur dcquinzcà feize mil efeus. Plufieurs autres Nauires chargez de bled amp;nbsp;de vin ontefté pillez par lâarmée de mer. Et de nou ueau vn Nau ire venant de terre Neufue à efté arrefté. Somme quâils enuoient auec Durand,Martial Congnard fvn des Bourgeois de la ville pour entedre du Marefchal de Biro ce quâil luy plaira communicquer. Lequel referiuant aux Rochellois du vingtvniéme Oélo-bre,fê plaignait dcnâauoir receu telles refponces quâilfatcndc^t. Et de ce que Congnard nâauoit aucunes lettres nây memoires. Et que le tout nâeft que vent en belles parolles. Ãt que fils euffent enuoyé quelques vns des leurs auec pouuoir de conclure amp;nbsp;arrefter: les forces fcâ roænt a prefent eflongnées. Les prie donc affeélucufèment de fe rcfôudre^M^âl^ Vigen. Le- Le Sieur je quel referiuit de S. lean dâAngely au Maire le dixhuitiéme Oéiobre quâil eftoir enuoiépar Vigeu. IcurMajcfté pour leur communiquer affaires de confèquance.Requerant à cefte fin paflèport neceffairc pour fa lêurcté. Le Maire fit refponce quâil ne pouuoit accorder feutrée en la ville
_ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Qo iiiij.
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Scpt.Odo.
pour beaucoup dâoccafions quâil fçauoit bien. Que fil lui plaifl: le rédre à Tadon village pres la porte S. Nicolas,on entêdra volôtiers là charge:amp;lui fut enuoié pafleport tel quâil defiroir. Sur ces menées les Rochellois preuoians de lEftat amp;nbsp;fuitte des alfaires : que ces troubles
glCT.
Le Vigen Ambafla-dcur bJcllc amp;nbsp;volé par les Prote-Rans.
Ainbafla-dcursourra-Sei.
ne le pouuoient apaiferfans grande difficulté; pour ne laiflèr en arriéré les moiens qui fe pre-Anâociation Icntoieut à leur deftence, fallier«nt tant ceux de la ville que les eftrangers par lêrment folen-des Rochel- nel. promettans de maintenir leur Religion,foppofer de toutes leurs forces aux ennemis dâi-' celle, procurer amp;nbsp;auancer tous moiens neceflà ires pour vne telle deflrence entiers tous ceux du Royaume amp;nbsp;autres qui auroient affeôlion à leur parti : amp;nbsp;de ne parlementer amp;nbsp;conclure aucune Paix fans tauis de tout le peuple.
Du Vigean ayant reccu pafleport vint à TalHon le vintdeuxiéme Oôtobrc;amp; le furent trou-uer Languillier,Villiers amp;nbsp;des Mortiers députez du Conlèil,aufqucls fill entendre lâintention de leur Majefté Scplulieurs propos de la part de Biron.Mais comme câeftoit la raefine remontrance qui auoit elté faite par tous les autres, auffi eut il pareille rclponce que les precedans. Partant retourna coucher à Ciguognes trois lieues de laRochelle,où arriuerent de nuid quel-qvÃs lôldats fe diGns de la Cornette de S. Eftienne lelquels ayans force la mailon amp;nbsp;tué deux ou trois des hommes du Vigcnamp;lui bleflc en Ion lid dâvn coup dâelpée: emmenerent les che-uauxamp;emporterent le meilleur de fes hardes. Languillier fon parentamp;ami remontra foudain au Maireôcprincipaux du Conlêil lindignité de ce fait,duqucl nous ferons,difoit-iljtous char gez.Et que les ennemis de la Religion prendroient grande occafion à dénigrer tous ceux qui lontfledans la Rochellc,jvoire toute lEglife de Dieu f ils nâen faifoient vne luftice cxemplai' re : veu que f injure efloit faite aux Majeftez, dclquelles il efloit AmbalTadeur. Et enfemlle ceux de la ville qui îauoient fait venir lous leur pafleport amp;nbsp;Gufeonduit. Or comme tout le peuple deteflaft fade : les Miniftres qui lors prefehoient confirmèrent le melme : remontrant que par les droits Diuinôc des Gens,les Ambaflà deurs eftoient nommez là intsamp; inuiolablet pourla feureté quâils deuoient auoir parmi toute Nation. S. Eftienne neantmoins auoüa ce qui auoit efte fà it,aflcurant quâil le maintiendroit de bonne guerre à tqjitcs perfonnes bien entendues au fait milliraire ; ajoutant quâil ne retourneroit jamais à la Rochelle fi on ne vouloir auouër ce fà it.Touteffois apres que plufieurs lettres dâaflèurance lui furent eferites parlesRo-chelloisien fin fe rendit en ville.Et eftant au Confeilamp;parlant de ce qui f eftoit paflé dift quâil' receutauertiflèmét quâon auoit veu auprès de Ciguognes quinze on feze homes bien môtex amp;nbsp;armez. Si que les jugeans ennemis qui faflèmblaflent pour le charger : corhmanda à quelques vns (^s fiens dây allerScfe rendft les plus forts.Pour à quoy paruenir,de premiere entrée en tuerent deux ou trois amp;nbsp;bleflèrent du Vigen quâils ne conoiflbient. Mais auoir feeu qui il eftoit fe retirèrent. Or la mailôn de Siguongnes leur e^oit fulpede dautant que le fieur dudit lieu frequentoit ordinairement les ennemis de la ville amp;nbsp;defconfeilloit les amis dây entrer.Au refte que le Maire aiat donné pafleport à du Vigen, deuoitauertir les Côpagnies qui eftoient à la campagneiou pour le moins le faire accompagner par vn Trompette ou Tambour député. Que celui qui a les armes en main doit tant quâil peut rendre fern parti le plus fort contre ceux quille conoift.Par ainfi ceux qui auoit ja eft é arreftez pour ce fait,furent relafchczamp; S. Eftienne retourna à G compaignie montrant tousjours neantmoins vn grand mefeontente-ment de ce quâon auoit trop recerché ce fait.'amp;imputoit le tout à quelques particuliers quâil eftimoit enuieux de G profperité amp;ennemis de G perlbnne. En ce teps le Capitaine laDaugc qui auoit comandé aux trois troubles fut jugé,puis execute à mort diffamé pour fesvoleries.
LesRochcl- Les Rochellois relpondirent au Marefchal de Biron par du Vigen le vintquatriéme de ce a^fi°ut nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nâauoient point entrepris de lui là tiffaire de vent ou de parolles comme il leur a-
de Biron, uoit efctit : Ains quâils eftimoient lui auoir tellement là tiffait quâil auoit occafion de fc contenter. Quâils ne cerchoient quâen fêruant à Dieu auoir paixamp;lêuretté. Et quâils entendoient tousjours du contraire. NeâtnioinSjpar ce que les malTacrcs continuent fur les plus obciflà ns: quâils ont doneques jufte occanon de le tenir fur leurs gardes.Que les droits diuin,naturel amp;nbsp;des gens leu r permettoit veiller pour leur côlèruationamp;lcuretc.Que f il euft execute ce que tant de fois il^m^j^is : ils lui enflent obeijtelpeâéamp;honnoré fur tous IcsGouuerneurs quâils ont eu jamaisctncur ville. Au refte fexculerent fort de ce qui efloit auenu à leur grand rc' grct au Sieur du Vigen : tant enuers lui que le Sieur de Biron amp;nbsp;autres. Les prians tous de ne leur imputer tel fait qu'ils nâauoient conlèiilé ni trouué bon. Et portoient vn grand dcfplaif*^ de ce
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II2.
de ce qne le Sieur de Vigen auoit efté û mal traiólé au retour de lôn Ambaflà de.
C O M M E les Rochellois nâattendans rien moins que le liege: fe preparoient à la delFencc: vn grand Loup vieux amp;nbsp;gris, entra de plein jour dedans la ville par le Coy de la grande bouche- trc en plein rie.Câeft vn canal de pierre allez eftroit deftiné pour vider ez folïèz le lang, entrailles amp;nbsp;au-tres immondices de la boucherie.Dont fesbairent allez de perfonnes tant pour le moien quâil amp;nbsp;icj p,eia. auoit tenu à palier par vn tel conduit: que pour foccafion dâvne venuë fi rare à tels animaux: g«« 9ââ?â îordinaire fejour defquels font les bois amp;nbsp;grans marets fort cllognez de la ville.Car ceux qui ° font autour, leur ont tousjours efté trop clairs amp;petis pourencouurir la race. Si bien que comme fentrée de fi cruelles amp;nbsp;furieufos belles,fit craindre à aucuns des plus fuperftitieux vne grande mortalité dâhônies au dedans, à la charogne defquels elles leur fombloient fache-miner, veu lâoccurrence des guerres amp;nbsp;liege prochain. Aulfi lafoudaine mort quâon luy donna: fitprelâger les autres plus fermes en leur refolution: ( ou pour encourager les moins alTeu-rez ) que les Catholiques perdroient au fiegc, plus que ceux qui ne penlâns quâa fo bien cou-urir,nevouloient que repoullèr lâeffort de leurs ennemis qui les venoient endommager.Mais lailfons la limplicité de ceux cy amp;nbsp;fine acortilè des autres,pour j uger au vray de chacune cno-lè. Ce loup forty des bois pour alleren quelle: amp;nbsp;pourfuiuy par les chiens de chacune bourgade jufques aux marets de la ville: ne fauilà quâil le fentit pluftoft enfermé entre la ville amp;nbsp;le là ux bourg de Cognes dit lâint Eloy ( qui nâeftoit encor abatu ains feftandant fort loin en pointe amp;nbsp;comme vis à vis du faubourg là int Nicollas amp;c Tasdon: faifoit reprefonter la terre dâentre deux, en forme de langue) julques au bout duquel forcé dâaller: amp;nbsp;dâailleurs atiré par lodeur de telles infeétions: fut contraint pour le garantir de fo jeter dans celle Cloaque: hors laquelle aperceu dans la ville amp;nbsp;mieux chalfo que jamais: fut aullî toll mis à mort fur le paué.
Cevx qui venoient de France,apportoient nouuelles que le Roypreparoit de grandes forces contre la Rochelle: amp;nbsp;que toutes autres affaires eftoientlaifl'ées pour y vacquer. Et pource que les Rochellois auoient ja enuoié quelques hommes amp;nbsp;lettres en Angleterre dont ils nâauoient eu aucunyelponce: délibèrent de faire entendre ffiftat de leurs affaires aux Vi- LesRochel-dalmes de Chaftres,Comte de Montgommery amp;nbsp;autres leurs frères rechapez de Paris. Et fil lois enuoiét eftoit poflible elmouuoir la Royne dâAngleterre ^fonConfoil à prandre compalfion des E-ghfosÃrançoifes pour la conformité de la Religion qui eftoit és deux Royaumes. Car quant recours à ceux qui reftoient en France la plus part abandonoient leur côfoience pour là uuer leur vies amp;nbsp;les biens. Les autres elloient contrôliez de fi pres quâÿs nâauoient moiens de faffembler. Et moiens. ceux qui auoient les armes en main, auoient auffi les ennemis à leurs portes.Po A ces caufos le Confoil députa le jeune Perdillan, amp;nbsp;Claude du Moulin, Miniftre de Fontenay en Poitou amp;nbsp;lean Dauid, Pair delà maifon de vil|e. Puis le quinziéme du mois enuoierent apres eux lean de la Place Bourgeois aulquels il donna lettres. Et pareillemenj vne à la Noue pour luy faire tenir au pays bas, ou Ion leftimoiteftrepour lors :auec amples memoires amp;nbsp;procurations pour tirer viures, munitions de guerre amp;nbsp;tout autre focours neceflà ire. Or pour ce que les lettres eftoient de mefone fubftance: vne fuffira pour monftrer quelle eftoit la négociation des Rochellois en Angleterre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lettres des
Monfeigneur depuis les horribles maflà crcs dontDieu vous à retiré amp;nbsp;vous a preforué par Rochellois fa grace: nous auons par diuers melïà gcspar mer amp;nbsp;par terre, fait deuoir de vous faire enten-dre lEftat de cefte ville amp;nbsp;refolution quâauons prinfo auec aucuns Gentilshommes qui fo font goumery amp;nbsp;redus en cefte ville:Mais nous nâauôs aucune nouuelle de vous,dont nousfomes en efmoy tat nbsp;nbsp;ch^ftres
pour le refped de voftre perfonne, que îimportance des affaires .Qm nousafaitenuoieren demefmes Angleterre ou fon nous a affuré voftre retraite auoir efté faite : les prefons porteurs vous ferot entendre comme toutes chofes fo paflènt amp;nbsp;lelquels il vous plaira croire de ce quâils vous diront de noftre;part. Vous fupplians tref humblement., Monfoigneur, nous faire tant de bien Si dâhônçur que de nous confoiller amp;nbsp;aider en cefte grande neteffité à maintenir la gloire de Dieu amp;nbsp;laconforuation de ce qui refte des gés de bien en ce miforableRoyaume.Vousaffurât que nous vous ferons à jamais tref humble amp;nbsp;affeétionné feruice dâauffi bon cÅur que nous faliions tref humblement vos bonnes graces. Priant Dieu, Monfeigneur.«*i*lb nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Guerre de.
Les Depputez firent voilles pour alleren Angleterre la nuit du vint cinquième Oéiobre. ciaréc.
La guerre eftoit lors ouuertement declarée,pour ce que tous ceux quâon conoifloit cftre de la Rochelle, eftoient retenuz prifonniers amp;nbsp;mis à rançon. Tons les vailfoaux qui vouloient aller
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Oélobre.
Hiuec de lâanij/t.
Prouifioni de la ville.
Fotwficati-0ns de la Rochelle.
aller à leur haute eftoient arreftez amp;nbsp;les marchandilês appanenanres aux Rochellois faifies amp;nbsp;confi/quees. Somme tous ades dâhoftilité exercez contrâeux, comme auflî de leur part ils ic preparoient à la defFence : amp;nbsp;nâen faifoient pas moins leurs Ibldats contre les Catholicques.
Tout le mois pafle amp;nbsp;le Nouembre,lc portèrent douxamp; fees côme le plus beau printemps quâon euft peu voir. Ce qui apofta grande commodité pour les vandanges tant à les faire,que ferrer les vins qui entrèrent en ville enuiron vint cinq mil tonneaux. Depuis le matin j ufques au foir les chariots amp;nbsp;chenaux chargez de toutes prouifions,pafloient és portes dâvnefuitK continuelle. Si bien que la ville qui receuoit peu de commoditez par mer, eftoit par ce moyen auitailléc par la terre.Ce mefinc temps ainfi beau amp;nbsp;iêrain donnoit moien à faire les reparations neceflà ires.La porte des deux moulins qui eftoit lâendroit de la ville le plus foible: fut fortifié par vn fort en tenaille, reueftu de pierre de taille du cofté de la mer ; amp;nbsp;le refte de Ion tour muni de fofle large amp;nbsp;profond.Lon trauailloit fort vers Cognes a la contrâefearpe de Icf-peron amp;nbsp;hors la porte S. Nicollas pour retrancher lèlon la commodité des eaux. Lon rem-paæit en pluficurs endroits depuis la place du chateau,julques à la tour dâaix fuiuant les def Chinon in- f^jnsdc Robert Chinon ingénieux duquel on fe lèruoit : encor quâaucuns le foupçonnalTent RochcUoi^* parce quâauparauant il auoit fortifié Broüagelôus les commandemens de StroflîScBaron deh Garde. La plulpart du trauail fe faifoit par les volontaires tant habitans quâeftrangcrs.Dâautrc Lettres du ville entretenoit plufieurs ouuriers amp;nbsp;journaliers à lès defpens. Sur ce le Baron de h Baron lt;lc la Garde dcriuit aux Rochellois le feptiéme Nouembre quâil ne faifoit que venir de la CourtS^ RocheHo^s. ^uoit à leur communiquer chofos qui importoient le feruice du Roy amp;nbsp;leur grand contente
ment. Par ce les prioit de députer deux dâentrâeux qui le vinftènt trouuer. Et que fi les députez doutoient de falTeurance de leurs perfonnes il enuoiroit deux Genulshômes en leurph' ce. Les Rochellois relpondirent quâ aucun des leurs ne vouloient prendre le hazard de fortit de la ville en temps fi périlleux. Qj^e f il lui plaifoit dâenuoier là creance par eferit ils luifo roient relponce.
Ceremoni- En cc temps le Roy délibéra faire fa faint Michâelamp;celebrer la folennité de fon ordre auTein-nitezdcrôr P^^ notre Dame de Paris,où les préparatifs eftans faits.LeRoy venu dans leCueur falfît à main dtc s. Mi- droite fous vn daiz de drap dâor amp;vn peu plusJpas au melme cofté eftoiét aflisleDuc dâAnjon fon frere, les Ducs de Montpenfier, Neuers amp;nbsp;de Guilê, le Marefchal de Tauanncs,le Prince Dauphin,la Chappelle aux Vrfins,Rubcpre amp;Villequicr le jeune. Deîautre cofté du cueut à gauche y auoit vn autre daiz aufli 4^ drap dâor fous lequel nây auoit perfonne. Mais y eftoict foulemcnt^s eculTons amp;nbsp;armoiries des Rois dâElpagne, de Dannemarc amp;nbsp;de Suede: Vnpet* plus bas eftoient aftis le Roy de Nauarre, les Ducs dâAlençon 8c dâVlez, le Prince de Condé, de Sanlâc,dc Loflès,de Chauigny,le Comte de Retséc Villequier lainé. Tous ces Seigneurs eftoient habillez de blaqcôc couuerts de leurs grans manteaux de drap dâargent auec la grande queue traînant en terre. Le chapperon de veloux Cramoifi, enrichi de broderie dâor amp;nbsp;de grande quantité de perles 8c pierres precieufes auec le grand Collier de lâordre par deftiis. An deuant du Roy dans le cÅur eftoient aflîs fur des fieges couuerts de drap dâors les maiftresdes Ceremonfts,les Huiflicrs,Treforier,Greffier 8c Chancellier de lâordre tous veftus de grandes robbes de fatin blanc auec les chapperons de latin cramoifi. En cet equipage le Roy 8c ces Seigneurs aflifterent la veille de S. Michel à vefpres.Et le jour à lameflè 8c à velpres8c vigiles pour les âmes des Cheualliers trelpaflèz.Puis changerét de liurée.Car le lendemain en la celebration du foruice des morts : aflifterent le Roy 8c ces Seigneurs fiilHits tous veftus de grans manteaux,8c chapperons à bouîlets noirs auec le grand collier de lâordre par defliis : excepte le Roy qui auoit le manteau 8c chapperon viollet. Puis allans à lâolfrande premièrement mat-choit le Roy feul preceddé par les Officiers de tordre tenant vn Cierge en main(fuiui du Due dâAnjou fon fferc qui prefenta fon offerte).LeRoy eftat retourné en fon liege,leDuc dâAnjou preceddé par les fiiflits alla ai^fi prelcnter fon offerte lui foui : commâ aufli fit leDu^ dâAlençon 8à le Roy de Nauarre, puis les autres Seigneurs. Ainfi le Roy renouuellant tordre des Cheualiers de France : voulut nommément que le Roy de Nauarre 8c Prince de Condé y lîftaflènt coüBBÃRres de tordre. Lequel plus rempli des deux tiers quâau temps pafle : auflî cftoit-il plus autorifè au téps de nos pères quâau jourdhui.CÃmc peu de belles inftitutions anciennes demeurent en leur entier li elles durent long temps fans eftre reformées. 11 fut eftabü
par le Roy Lois vnziéme îan
auquel temps on les appeloitChcualiers ûns repfo-ehe*
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ehe. Parce quâaucuns nây eftoient efleuz qui eulïènt fait aófe reprochable en leur vie. Lale^ Gentilshommes Catholiques prefènterent vne requefte au Roy luy donnant entendre que le j nôbre des Nobles cftoit encores fort grand enfon Royaume. Le fuppliant dâaffurer vne feule ij^rs durcir Rehgiô entre fês fujets affauoir la Catholiquefur laquelle lEftat de fen Royaume amp;nbsp;fa Cou- die au Roy. rône mefme auoient efté fondez. Luy promettant emploier vie â¢amp; tous leurs moiens pour la maintenir en fôn entier: ce que le Roy mit peyne de faire comme vous entendrez.
Dâautant que fifle de Ré diftante de la Rochelle dâenuiron deux lieues de mer eftant du ciflcdeRé GouuernementdâOnix, eft de grande importance pour la ville:rant à caufe du vÅfinagc que des bonnes Rades qui y fbnt.Et quâeftat à la puifface des Rothellois ils pourroient plus commodément nauiger amp;nbsp;auoir viures amp;nbsp;toutes prouifions par la mer: le Confeil de la ville deli- ⢠bera y enuoier pour la furprendre amp;nbsp;fen rendre maiflres fi fairefè poiiuoit. Aquoy fut efleii vn Chef qui le huitième Nouembre fit equiper quatreNauires amp;nbsp;plufieurs chalupespre-nant de chacune compagnie quelques fôldats quâil fit embarquer fur le foir affin quâils ne fuf-fènt defeoutiers. Or ce mefme jour deux Galleres feftoient approchées fous pretexte dâauoir apporté en ville les lettres du Baron de la^arde.En fvne defquelles nommée la Fiafque eflgt;iêt deux ingénieux du Roy fvn nommé Augulfin amp;nbsp;fautre Greguet, qui retiroient le plan de la ville amp;nbsp;fondoient la profondeur de lâeau en ceft endroit auquel depuis la Caraque fut pofee pourempefeher feutrée amp;nbsp;fbrtie de la Rochelle: comme il fera dit cy apres, Les Rochellois aians mis à la voile: rencontrèrent les Galleres à fancrepardelaChef de baye où le premier Nau ire chargea la Fiafque fi promptement que ceux de la Gallere nâeurent moien défaire Galleres â grande refinance amp;nbsp;moins de loifir à fê retirer. Et ne faut douter que les forçats à quf on cri- ââpufque ' oit liberté ne fauorifâflènt le party des affaillans. A fentrée Greguet amp;nbsp;quelques autres furent prmfe aueç tuez. Furent auffi prins prifonniers Paul Emile, neueu du Comte de Fiafque Génois amp;nbsp;Cap- pauâftmiiie pitaine de la Gallere auec fingenieux Auguftin. Mais il y eut telle confufion entre ceux de amp;nbsp;Au^uftm la ville, partie pour fobfcurité de la nuit, partie pour faffedion de butiner; quâils fè blefïbient les vnsles autres amp;nbsp;mefmes en tomba quelquâvus en la mer.Lâautre Gallere qui eftoit au Côte de Rets auertie aux (léfpens de la Fiafque: coupa les cables amp;fè fà uua à la fuite donnant la larme en f Ifle de Ré. Qui fut caufe que les Rochellois fè contentans de leUr prinfè retournèrent fans paffer outre. Le lendemain liberté fuîdonnée aux forçats. Le jour fuiuant les foldats furent de rechef embarquez pour aller en Ré fous la conduite de Renoliere Gentilhomme de Poitou amp;nbsp;du Cappitaine Saunage fèrgent major. Mais lors quâils furent prefts de faire defeeh-te le frais creutfi à coup quâils furent contraints de retoütner fans rien faire
S V R ces entrefaites le Roy conduit Madame Claude fa fÅur Ducheffe de Lorraine en fes païs. Pendant fabfence duquel peu fa lut quâil nâauint vn autre grand tumulre à Paris. Plu- juhfa^four fieurs afriandezaux pilleries paffées qfiine leur auoient gueres durény profité entre leurs cnLorraine. mains.-voulans recommancer les butins acouftumez fur lesProteftans.Ou pluftoft fous ce pretexte ûccager les meilleures maifons des Parifiens.Maisla fà gepreuoiance de Loys Gonzague Duc de Neuers y obuia fi dextrement, que le feu en fut efteint prefqne pluftoft qnâalumé.
IE vous ay dit cy déliant quâaucuns de Sancerre feftoient feintement fâifiz d^ chafteau pour y faire entrer les Catholiques. Apres longues diffimulations amp;nbsp;feftre affeurez de trente trois foldats quâils auoient gangné entre les habitans:le neufiéme Nouembre ils refufèrent ouuertementles rondes amp;nbsp;le changement des gardes quâon y enuoioitpour lefoupçon dâeux. Ils firent fortirSainpré, vers Racan frere de Fontaines que Loys Dargent, amp;nbsp;Simon Renant auoientefté quérir amp;faitvenirau Chafteau de Buzanlure lÿie lieuëamp; demie de Sancerre. Lequel fy eftant acheminé auecfà trouppe amp;nbsp;embufqué aux ruines des Temples fâint Rom-ble trois cés pas de la ville:efcalla la faufîè braie du Chafteau.Mais nây entra que dixfèpt foldats auec luy pource que la fétinelle de faintDenis tira fur eux amp;nbsp;dÃnat falarme fur la furprin-fèduChafteau: le Cappitaine Pafquelon fort par la porte Oifon amp;nbsp;empefchale refte dâyen- prisparie trer ramenant vn foldat dit Pantauge, Lequel affura que dixfè^ fèulement y eftoient entrez. SicurRacan Que la cauallerie de Fontaines amp;nbsp;autre infanterie eftoient à fà int Saturamp; lieux circonSoifins eurde Fonde Sancerre. Et quâauec le fècours de la Charité amp;nbsp;autres places vÅfines ilsdchberoient ren- tain«, dre la place Catholique.De Racâ entré amp;nbsp;le Cappitaine durbois auec fix aûtfes^is à Chuue-niol armez: joints aux trente quatre de la ville qui fournifïbict le nombre de foixante de def-fenceen toutou enuirÃ: fe mit en tout deuoir dâaffeurer laplace amp;nbsp;gangnerla ville fur faftèu-
rancc
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Nouembre,
* 57 7' rance dâvn prompt fcc ours que les habitans empefcherent parla compagnie dcPafquilon forty hors pour le combattre à la faneur des vignes amp;nbsp;autres auantages que le naturel du pays donne aux Fantalïîns. Les autres ce pendât fous les Cappitaines la Fleur, Montauban, Buifà amp;nbsp;les réfugiez fo barriquent amp;nbsp;barrent les auenuësdu Chafteau crainte dây eftreforcez .Et pour empefeher les aflîegez bruflent la premiere porte du Chafteau auant le jour: contrelef quels ils jcôtoient grand nombre de groftès pierres de deffus les tours du cofté ftint Denis amp;nbsp;autres endroits. Dés la diane, harquebuzades nây manquèrent dâvne part amp;nbsp;dâautre. Ceux de
iciuiccdu Roy.
la ville amenèrent deuant les afliegez, pour butes à leurs coups leur peres, meres, femmes Pieté nulle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres perlonnes plus aifecftionnez.Mais taffeéhion au foruice du Roy,lâefpoir dâef-
cnjHcirc. trebien reconneuz de la prifo de cefte place, ou la force des cftrangcrsqui commandoien*: au Chafteau: Vainquit la pietté amp;nbsp;tout autre zele quâeuflènt peu auoirlcs habitans de San-cerre retirez en ce Chafteau.Duquel les harquebuzades ne ceftà ns, blefferent quelques vns pofequot;aifces poures parens quâon leur auoit prefonté pour les efmouuoir à compaflion dâvn fi prefét perildcleurvie. loint que pour faire les aproches amp;focouurir des coups Catholiques: ils lei^ faifoient porter fagofts aifles, focs 8c telles autres matières propres à leur deftèin. Pet' poient tous les logis prochains de Chafteau pour y rafufter les harquebuziers puis; menèrent nombre de maçons amp;nbsp;vignerons pour lâpper le grand corps de logis du Chafteau vers Sep' tantrion. Ou pour nâeftre percé, on ne les peut empefeher dâaller amp;nbsp;ouurir en quatre endroits çefte vieille amp;nbsp;eipefle muraille pour y faire entrer trois foldats de front: Les aflîegez ce pem dantjedloiêr force prières du haut delà tour là intGeorge.Mais à caufodu balet du toit où il® lâpoient auec les ais ôc mantellets de bois dont ils fo conuroicnt:ils ne peurent eftre oflencez* Ces tours gangnées pour y donner îaflà ut quand il foroit temps ; firent apporter quantitédf! bois pour brufler la fécondé porte que les autres remparoient au dedans. Les Sancerrois vof ant que. les grandes Efeuiries quâon lâpoiteftoient pleines de foin qui empefehoit îentréey mirent le feu: mais ce foin bruflant omifcoit tout. Efehaufant de forte les voûtes amp;nbsp;le lieu oU
ou il eftoit: quâil feruoit comme de rampart contre ceux qui y auoient mis le fou. Ce que le® aflîegez touteflois ignorans, pour barrer cefte entrée fo trauaillerent défaire creuer, tomber abattre la vou jle. pour f y fonifîer. Et mirent le feu fur ce corps de logis qui eftoit vn beau 8^ grand grenier plein de bled, meub les,amp; fagotf.De forte que le toit, amp;nbsp;tout le logis fut foudaiu cmbrazé.Et mefinç le feu gagna la vis de la tour ûint George ôc brufla le petit tourrillon qui eftoit au haut . ,
Tout cela ne fo faifoit fous grandenmortallitc amp;nbsp;blefleures de part reciproque, mefinemct des habitait pour eftre plus à defoouuert. loint que le cÅur redoubloit aux afliegez de voù le focours fi près, jufques à oïr comme auflî de la ville, les trompettes 8c tambours battre aux champs pour les venir fouftenir. Mefines quâils voiftient palfor les batteaux chargez defol-dats au port faint Thibaut , au bas 8c à mille pas du Chafteau. Si que les aflîegcans crainte que le focours nây entrafbfirêt en toute diligêceaporter 8c jeterforce eaux dedans le feu 8cti-rer auec crochets 8c autres engins de fer les pieces de bois bruflantes, le foin fumant,8c tout ce qui empefehoit Centrée laquelle ils eftoient refolus de faire à toute perte dedans le Chaf teau. SomiRie que ce delTeiii chaudement pourfuiuy:eftonna tellement les aflîegez quâils fe re-folurent de quider la place. Sâapareflà ns de forte en toutes leurs aélions que Martinet ( habitant retenu au Chafteau crainte quâil ne defoouurit leurs deflèins) trouua moiendc fo jettet dans les vignes du cofté de la porte Oifon. Puis entré en ville il nâeut pas pluftoft raconté le peu de refolurion des aflîegez:f|ueles habitas plus animez fur cet auîs: y entrerentfur les cinq heures du foir fans grande refiftance.Le CappitaincLaurens y fut le premier lequel gangnant la visdelatourfointGeorge pour efohaufée quâelle fuft: monta tout au haut où criant ville gangnée tous fencouragerent à la reprifo de la place que les Catholiques tindrent dixfopt heures. Racam 8c autres voiansle focourstarder foretira. Vnpage duRoy,yfuttué:CadaiIlet qui auoit conduit îentrcprinfolblecé 8c porté en ville fut aflommé par les habitans. Le butin y fut afl«z grand des armes 8c argent 8c autres meubles que les retirez 8c habitans y laiflerent â Le lendemain apres midy tousaflèmblez aux halles pour rendre grace à Dieu de telle reprin fo futremorgplifBPFrançois de la Marc dit du Claireau Miniftre du lieu:Qtoil y auoit quatre ans quâau mefine jour le dixiéme Nouembre Dieu auoit auflî dcliuré Sancere des Catholiques de Bourges 8c autres,qui la penfons aflîeger auoient amené leur artillerie jufques à Che-ueniol
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114,
uenioldemielieuë delà . ilsretirèrent efpouuanrezJà n$âaucune;pQUi;fiiitc, Ãefqu briiflant an Chafteau axioit caufé que kspaflà ns raporterençi.à Parisla pnamp;'de Sancerre q^i . en fut imprimée amp;nbsp;publiée par tout. Cefte reprife encouragea plufieurs im^inçenir la viflç cotre tous euenemes. Elle en refroidit dâaut res nbsp;nbsp;des plus_riches de la vil,le,4g(qu!4^.lt;îiâiâ^P?
SiC emmenans tout ce quâils auoient: mefrnes plufieurs portans les armes corjtre j furent occa- ' flou de grand es incomrnoditez que leurs partifânsfôufrirent par apres conuj^e jejypq^diray,-«^ ^igt; fon Ijeù.âpour voir que font les compagnons de ceux cy S^-ajMues .çndjroitsgt;dç; ja l^wpçe.
Y A y s, 51 toll que les nouuelles des meurtres faits à Tolofè fo les Prôtefj:ans,:,furent,çfpap;
p3Ãs prochain: ceux de Mantaùban,Secp.ndejille du païsjfê.çpntenterent,âç Montauban mettre les Catholiques en prifon crainte que Je peuple pe/èfruaft fur eyx.Puis les licendexét nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
où bon leurfembla, fors vn qui opiniaftre à fbn mal amp;nbsp;inju tiai^ijç ceux qui auoicnt.tpute pqi^ fancefur luy fut tué, comme,fon le menoit en.ptifon. Peu apres jljs receuren.t,lettres delà Mg; jefté par lefquelles il entçndoit quâils feuffent maintenuz en paix^ amp;nbsp;repos de conscience Sç bonne grace de fâ Majefté : pourueu quâils fê fôufiniffent'à leurCpuuerneur. Or. comâilj,, vefeuffent incertains de la continue du mai ou de fefFet à la bonne volonré du Roy;-Le Bar^ deTerrides, Regniers, Mouleins,Verglac amp;nbsp;plufieurs autres refehappez des Matinçs Parifîé nesrleurauoirau long recité les eftranges anamures du paffe comme jâaydit-ailJeurs: Les perfuaderent en fin que lâintention des Catholiques nâefioit autre que dâexterminer auec les je***'^' Proteflansaout lexercicede Religion autre que Catholique. Letoutmis auÃonfèilamp;de*. ^«cy, batu de part amp;nbsp;dâautre: Tant par les habitans quâeflrangcrs qui fi trouuerent: la refolutionfyt quâon prendroit ouuertement les armes. JLors furent efleuz Chefs refpondaias ap premier uergnc cs. Confulfquâils reconoiffentpour fêul Gouuerneur en ces troubles)pour dreffer compagnies SipouEuoir aux affaires de guerre. Et de mefinemain deTerridcsSc autres le pourmenans par le païs pour inciter à leur exemple les autres places: enuoierent gens à la Rochelle, Nif mes, Millaud, Caftres amp;nbsp;autres endroits lesauertirde leurrelblution amp;les exorterà lem deuoir. Aquoy tous le confirmèrent fors ceux de Caftres. Lcfquels refulà ns le lecours des Vi- Caftr«. comte.de Paulin,amp; BarSn de Panas furet furpris,aucuns tuez les autres du tout régez à la dc^ uotion des Catholiques que leur Gouuerneur y fit entrer de nuit lôusla faueurdes compagnies qui y eftoient de long temps en gaÃifôn: apresleur auoir promis tout bon traitement fils fê vouloient conformer à la volonté du Roy. Somme que la relôlution de ces villes feeuës de toutes pars ; encouragea grand nombre des Proteftans à Icuer la telle amp;nbsp;olêr dauan-tage quâils nâeuffent fait fils le feuflènt veudelhuezde retraite. Le s MontalbannoR auoir entendu les defïcinsSc préparatifs des Rochellois: prindrent encor plus de courage. quâauoir ordonné leur trouppes, aprouifionné la ville, amp;nbsp;drelfé leurs préparatifs de leurs fortifications â en cas de fiege: ilsfe jettent aux champs flonnans la conduite amp;nbsp;furintendancc des affaires de guerre aq Barà de Torrides pour îauoir tousjours coneu des plu s zelez amp;nbsp;relôluz au party.Et ce qui aporte grande creance vers le peuple: fans aucune confideration de Ibn particulier, Terrides métrant lambition amp;nbsp;auarice ( fource de toutes les tempeftes qui tormentent la mer de cefte j'Jsâfjgquot; vie humaine) tellement fous pied: quâil nâa autre loin que du General. Leurs premiers exploits furent de renforcer le Chafteaude Ter ride place forte enGafeogne quâil maintient efhc lien encor que feu fonfrere aie laifte vne heritiere. Enrreprenans fiir Rabaftins amp;nbsp;Albigeois . Ce qui ne fucceda pour eftre leurs cfchelles trop courtes. Prenent par efcallade Bu-zet fur le Tar à trois lieues de Tololê ou Yolet demoura Gouuerneur pour öfter tout le trafic auxTolozains de ce collé là .Salïêurcnt de Villemur ou Regnjpr cômanda. Somme quâauoir furpris nombre dâautres places: alTuré celles qu'ils auoient tenu aux autres troubles: mis gar-nifôn aux paftà ges: amp;nbsp;fans cela entretenans nombre dâhommes prêts à tenir la campagne: ils entendirent en peu de temps que les choies qui parauant lêmbloient delêlperées commen-çoient à faffermir amp;nbsp;prendre pied en Quercy, Rouergne, Lauraguais, Albigeois, Comté de Foix, Bigorre, Bearn amp;nbsp;autres plus prochains.Or pourcc que r^luz de faire la guerre ils de-firoient y mettre vn ordre au feeu amp;nbsp;gré de tous les Eftats ne feuft ce que pour le conRiftre tous: fê rcfpondre les vns aux autres, amp;nbsp;fenttelêcourir à vn befôin:Ils alfignerent yne journée blezà Reai-à Realmont en Albigeois où lê trouuerent députez de tous endroits. Ent^SWfe les Baron deTerrides autrement appellé le Baron de Serignac, âVicomte de Lomague, les 'Vicomtes de Paulin, de GordonSc dePanats la Baftide,Regnies, Moulins, Yolet amp;nbsp;autres: apres longue
dclibcratiô
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^deliberâtîôriÿdcîaguerre ils départirent les Gouuernemês.Lc Vicôte de Gourion euf Quef' Les genera- jêy;ou CadétiaC, Seneuierés Souillac Si autres places-tenoiét fort.Dc Terrides eut îautre paf' tie de QuercÿjVcrs Mnotauban amp;nbsp;la Galcongne.Le Lauraguez elcheut au Vicomte de Pau-L^guedo, îiân ou Puÿlâuià nsjancienne,richcââamp;forteplaééi ténoitpour luy gouuernéè par Senas.Lc St depank Vicomte de Paiiats, fut eftably^en Rouergne auec le Baron de Panats, Ibn frere luy alfiftoit aux Protef- i^illaudi Le Vicomte de Caunront auoit pour là 'généralité lé Comté de Foix, amp;nbsp;le pays de montagne ôify âuoit plufieurs placcsProteftantcSiPour fin fut arrefté que fi Ivii dâeüüà iioit befoin'de fccours enlôn quarticrilcs autres Generaux lcroienrtenuz dây aller amp;nbsp;luy obeiraucc r cjuj-.nüjr, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forces pour euiter lajalouzie quflê pourroitautremétmetre entreccux qui jouïf'
CÃdrc des temps ef-clarcitforc laderitéde iâiiiftoirc.
lent de pareil Grade. Chacun retourné en là Généralité: fclForce de faire la guerréamp;coffl-battre par maniéré de dire comme à lenuy les vns des autresjdelquclsjevouslairray ledif Courscnautrelà ilôn pour ne confondre lordre des temps qui me lêmble aflèurer laveritc dâvne hiftoire plus quâautre choie. Et beaucoup mieux efclarcir les occurrances qui fi voient que fi on y proccdoit autrement. Pour cc coup je ne vous parlerayque des entreprifes de cftix de Montauban . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
LâEftatamp; cntrcprir.fe des Montal-banois.
â Auoir '^'fis- par compofition Villedieu, Chafteau vÅfin amp;nbsp;la tour d'Orgueil à trois hcuè's dâeux: altrans plus haut ils aflèmblerent les forces du pays julques à deux mille harqiiebu-ziers amp;nbsp;quelque Cauallcric trainans vu canon quâils auoient fait fondre à Montauban deuant Moùticoux Monricou'filé fifr la Riuiere dâAneron apartenante à la vefue de NegrepchlTe.Mais la refolU' afliegebatu tion des afiïegéz fut telle quâauoir lôuftenustrois alïà utsamp; vne cfcallade: forcèrent les Pro lté pHès ââ' fefians mal pourbeuz de poudres amp;nbsp;de boulez de quiéler la place pour entreprendre liirReal-Proteftans. uillcOU les Catholiques eftoient enalfez bon nombre pour leur faire démordre la
Rcaluillc quuéc.
âpres la morj amp;nbsp;blelïiire de plufieiirs Proteftans. De là ils tirerent à Vioule où ils perdirent auflîleiifstemps. Si qiiefachans toutes les gamifons encouragées fur le malheureux fucceï des autres places:/ê retirerent à Montauban amp;nbsp;y ramenèrent lâartillerie qui nâen à party depuiJ ) à cauïe des pertes receuës: relôluz au refte de bien garder ce quâon tenoitôc vier defurprinfo plus que de force ouuerte: Ce qui leur fuc céda mieux, comme vous entendrez en autre lieu. ' nbsp;nbsp;nbsp;'
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DuTrentedeuxiéme Liurc.
pourfircer let l^pchelloij s'ils ne reçoiuent Gouuerneur GarniÃm. Là yeprefintée auéc toutes fis commodités^ priwleges dicelie. La, venue di la'^oue potir à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T^ochellois à receuoir les conditions de paix ^ue le^i^y leur ojfroit nbsp;nbsp;les deuis ^ueplu-
' fieursiJl/inifires ep' autres eurent auec luy » L'Edit du^oy pour Ãtre retourner les Protefians re~ tnltursmaifins: comme plufieurs firent. Ligue entre le'Eoy de Dannemarc nbsp;nbsp;la ville de Lubec pour fiti-
reguerre au oy de Suede, ^nconuenies qu'aportent à vn E^at les malcontens du Gouuernement d'iceluy. Occa-pens des guerres dâentre les E^ys de Dannemarc joint à ceux de Luhec nbsp;nbsp;le quot;fipy dé Suede. Batailles l^aùalles
(P'iapatx entr'iceux Ãiuiedu rauage piteux du ti^Eofcouite en Liuome pendant tjue le Tartaré Ãcageoitla ^oficouie apres auoirBrufie' z^bfofichou Cappitalle du E^yaume. Les troupes que Biron mene fiirÃou-uemement de la Bpchelle: dont il prend toutes les places. Puis la Grimenaudiere apres quelques volées de Canon qui fint refirrer totes les Protefians enla ville: auoir brufie' çp-gafié tout ce quâtls ny auoientpeu trairter. Lettres du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à quelques particuliers de la E^chelle. Eefilution (P^ préparatifs des Sancerrois à leur defièncCi
Efiatde Dauphine. Si les attmesprifis par les Protefians fintjuiles. Et qui doit premier pofir les n^^rmesdu Epyoudes Protefians. Police reglemet que les âprotefians de Languedo ,Q^ercy, Dauphiné çp- pays vÅfins eftablifièntpour leur confiruation contre les Catholiques.Efcarmouches entre les affiegez. de laE^chelle nbsp;nbsp;les Cà -
tboliques.defquelsilsrefiufientlesConfirenees ep- Parlemens de paix ePquot; pourquoy. Armée duE^y deuaittSan-cerre (p- fis efforts. Lettres du Ejgt;y amp;nbsp;de Biron aux Ezchellois. intelligence de Puy Gaillardpourfitrprandre la E^cheUe defiouuerte nbsp;punie frr les entrepreneurs .La Noué esleu Chef pour la guerre dans laEochelie. Les
diuifions eèquot; paitialiteH^qui s'y mettent. Les ajfiegez enuoientgens pÿer auoirficours d'Angleterre. Lettres de fin Excellenceà la Noue ^ d'autres à la Noblefiey retiréeaues les refionces. La palijfade desâLff^res Catholiques pour entrauerfir (p- boucher le haure de la'E^chelle.Forts Catholiques à portNeufcp- à la pointe de lâEguil-le dite de CoureiÃes.
O V s auez veu par le difcours des chofes paflees, en qücî Ellât fè maintenoient les villes amp;nbsp;autres places Proteftantes relôluës de Ce deffendre contre les Catholiques. Etenfemblelesdiuersmoîensque le Roy praticquoit pour les amener à Ion obeil* fance: Soit par douces remonftrances de leur deuoir, de leur irnpuiflà ii^ amp;nbsp;de la grandeur de fesmoiens: Soit par îentremilè tant des Gouuerneurs de les Prouincesquedes Scigneursamp; autres Chefs Confederez à qui on auoir lâuué la vie à Parisj pour les erhploier à perfuader leurs compagnons de le foubsmettre à la rnercy des Catholiques. Mais à prelènt que fa Majefté voioit le peu dâeffet que tous ces moiens aüoient reüfcy à le faire relpeéler de fes lu jets, comme il elperoit:changeant dâauis il fe rèlblut de les humilier à là volonté par force dâarmes, amp;nbsp;toutes autres voies de rigueur quâil pourroit praticquer à leur delà uantagc. Et pource quâil voioit que la redudion de la Rochelle portoir coup au relie des autres: toutes chofes mifes lôus pied, il délibéra dreflèr les plus grans préparatifs quâil pourroit contre celle place amp;nbsp;contre Sancerretout enlêmble. Pour fonder encor Ig coeur des Rochellois neà nt-moinsamp;leurlailïèr quelque clpoir de rentrer en grace fils fe conuertilfoient de bonne heure: il leur enuoia lès patentes pour leur declarer la guerre à feu amp;nbsp;à là ng, fils ne fe vouToient renger à autre deuoir quelepalTé. Et le tout par lemefmc Marefehalde jgimj^uquel aulïi toll quâil feut äuerty du refus d es Rochellois à luy ouurir leurs portes, il eîiuoi^es patentes qui fuiuent pour les leur faire tenir.
Charles par la grace de Dieu Roy de France à noflré Amé amp;nbsp;féal le Sieur de Birôn Patentes 4« Pp
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Dccembrc. ï$7î-
Cheuallier de noftre ordre Confeiller en noftre Confeil priuc, grand Maiftre Si Capitaine ;eneral de noftre Artillerie: Noftre Lieutenant à la Rochelle amp;nbsp;pays d'Onis,Salut. Combien
Rocheilois
«Vde Bk5 general de noltre Artillerie: rsoltrc L,ieutenant à la Rochelle Hc pays d UniSjSalut. Combien pour corn- quâauatit amp;nbsp;depuis que le feu Admirai amp;nbsp;fès complices ont efté preuenus en leur malhciireu mander aux nbsp;nbsp;coulpiration: Nous aions donné à nos fujets de la Rochelle toute occafion de faflèurer de
de luy obe- noftre droite fincere intention; les voulans maintenir, conferuer amp;nbsp;traiter comme nos bós LT. lujetsj Sans leur rien imputer des troubles paflèz nây auoir aucune mauuaiiê affeôhon enuers ment deles eux: Ce que par pluiieurs fois leur auons mâdé amp;nbsp;teimoigne, mefinemêt par vous leur Gou-5rTpquot;r^tou- uerneur :Leur ordonnant devons receuoir Si obeyr ainfi quâils doiuent Si comme reprefen-tesvoies. nbsp;tant noftre perfonne amp;nbsp;enuoyé pour leur dite conièruation: néanmoins à noftre treigrand re-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gret auons veu que ià ns aucune caufe ils eftoient entrez en deffiance amp;nbsp;crainte: laquelle cftiquot;
uoinauttc-
mions du commancement quâils fimprimoiét pour ne bien comprandre noftredite intention: ou eftre pouflèz par aucune iêditieux ennemis de leur repos.Et auons appliqué tous moiens Si remedes conuenables pour leur öfter icelle crainte. Et efperions quâils fèdenftènt fieren nous amp;nbsp;noftre bonne volonté:dont ils ne peuuent aucunement douter. Mais nous conoilfons à prelênt auec plus de certitude quâil nâeft requis pêur noftre contentemêt amp;nbsp;pour leur bien: que delaiftà ns la naturelle affedion amp;nbsp;obeiflance de bons fujets laquelle ils dilent toutesfois auoir en plus grande recommandation que leurs propres vies:amp; la vouloir expofer pour nO' ftrelcruice. Us font obftinément tous effets contraires amp;nbsp;dommageables: Tant fen faut quâils vous aientreceu amp;nbsp;tenu compte de nos commandemens, mefme ont excedé indignemét ceux qui âlloient pour les amonefter de leur deuoir: Retirent en noftre ville de la Rochelle gens^c guerre Si lbldarsâ:praticquent Si font notoirement Si fècretement tout ce quâils peuuent pour le fortiffier encontre nous leur Roy; amp;nbsp;continuent de mal en pis. De Ibrtc que lêlon Dreu^ luftice nous auons toute occafion amp;nbsp;fômmcs côtraints dâen prendre raifon par les armes: pu'® que la voie douce Si amiableamp;par nous fi fort defirée amp;nbsp;recerchée ni à peu faire aucunfruid-Et pour y pouruoir de noftre part amp;nbsp;nous aider desmoiens quâil a pieu à Dieu nous donner Nous faifons drefter vne belle Si puiflà nte armée fous la conduite de noftre trefeher amp;nbsp;trefti-méfrerelcDuc Danjou amp;nbsp;deBourbonnois noftre Lieutenant General reprefonrant noftre perfonne,accÃpagné de nos trefohers amp;nbsp;trelâmez freres le Duc Dalençon amp;nbsp;Roy de Nauartfi Si de nos trefehers amp;nbsp;amis Confins les Prinâbes de Condé amp;nbsp;Dauphin amp;nbsp;autres Princes amp;nbsp;Seigneurs amp;nbsp;Officiers principaux de noftre Royaume. Nous demourant tousjours vn defir q uâils fo reconnoîflent comme ils doiuent amp;nbsp;euitent ce qui eft preparé.Pour ces caufos amp;nbsp;afin de tant pl,^ faire paroiftre noftreditt fincere intention Si combien nous aimons la douceur^ clemence auant que dâvfor des armes:Nous vous mandons Si ordonnons que vous faffiez corne nous faifons trefoxpres commandemét par ces prefentes à nofdits fi) jets de la Rochelle:^'â' uoiant à cefte fin par deuers eux ou autremet leur faire fçauoir cefte fois pour toutes Si pou^ la dcrniere:de receuoir par effet nos cômandemens:vous tenir amp;nbsp;obeyr côme à leur Goiiuet-neur amp;nbsp;noftre Lieutenant reprefontat noftreperfonne:faire fortir tous eftrangers Si autres nây cftans de long temps habitans.Nâauoir aucunes praticquesamp; intelligences auec eux:Liccntict toutes fo^es foit par mer Si par terre:Ceffer toutes voies dâhoftilitté Si faire deuoir de bons amp;nbsp;obeiflà ns Si fidelles fujets.Auquel cas nous voulons amp;nbsp;entendons quâils foient maintenus amp;nbsp;conforuez.Les prenant à noftre protediô Si fà uue gardc:Sans quâil leur foit nây à aucun dâeux mêffaiâ: ores ny à fauenir en corps ou biens pour caufe de Religion ou autrement: oubliât les chojês paffées jüfijues à prefent,nc quâils foient empefehez en la jouyflà nce de leurs priuilk' ges.Etoiailsferoientfimalcopfeillez dont rcccurions trefgrand defplaifir amp;nbsp;mal contente-mcnr;de ne fà tisfaire promptement à ce que defrus:amp; voudroient vfer de remifes Si excufcsJc fonder fur leurs deffences amp;nbsp;autres artifices amp;nbsp;moiens que ne pourrions prandre que pour aJ-feurance de mauuaife volonté Si oppiniaftreté: vous leurs déclariez, comme leurs déclarons par ces prefentes quâaians failli à leur deuoir Si obeiffance de bons fujetstcôtemné nos coinaquot; Deciaratiô dcmés iious Ÿoulons quâils ylbjent réduits Si pourfuiuis par les armes corne rebelles, pertur-aux^Rochcl bateifrs de noftrC Eftat Si indignes de noftre bône grace. A ces fins Si audit cas,vous ordono® lois faite nbsp;nbsp;trcfexpreffemct de cômccer à leur nuire par tous moiês q vous pourrez.Cômâdâtà ceuxqquot;'
tXiu^ Roy. Ils ont adnl^Å^lc qui fôt de leur parti ou auroiét aucune intelligcce auec eux. Et feroiét» téméraires de les fauorifer par inaduerantee ou autrement:de fê retirer incôtinant amp;y renocc'-Sinó ordóncr à nosOfficiers de procéder à iâécôtre dâcux,Par ûifies de leurs bics amp;nbsp;autres vo'quot;
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CS que de raifon: comme enuers Criminels de leze Maj eft é. Prometant en bonne foy amp;nbsp;pa-rolle deRoy auoir agrcablejtenir ferme amp;nbsp;ftablcjauthorilèr approuuer tout ce que par vous amp;nbsp;autres de par vous fera dit,fait Sc execute en ceft endroit amp;nbsp;ce qui en defpend: Nonobftant que le cas requift mandement plus Ipecial ôc choies quelconques a ce contraires. Car tel cit noftreplaifir.Donné à Paris le cinquième Nouembre mil cinq cens iôixante douze: Et de no* ftre regne le douzicmepinfi figne Charles amp;nbsp;plus bas de Ndtifuille. Cependant pour maihte- j nir le refte de les fujets en deuoir amp;nbsp;les deftourner de prefter iccours à ceux qui ie voudroient bander contre luy. Il fit publier fEdit que vous auez veu cy deifus par tout ion Royaume.
Mais premier que vous faire voir le refte des préparatifs que Monfieur drefloit pour le fiege de la Rochelle: le veux vous repreiènter le fit amp;païiâgc dâicelle au plus prez du Natu- , rcl. loint que tous comprandront mieux les plus notables particulliarirez qui fy/ônt veucs dâvne part amp;nbsp;d'autre. La ville prend le haut dâvne Coline le pied de laquelle battu dâvn cofté de la mer, feilend au refte fi lentement fur la plaine que malaifément jugeriez vous la ville fi cileuée fi vous ne la regardiez de loin, amp;nbsp;luy rapportiez le fit de la Fons amp;nbsp;autres Bourgades ville, voyfines. Son aifiette eft ailèz auancée fusie cours de la mer Occeanne laquelle y entre pa^vn Canal fait tout expres pour y faciliter dauantage Centrée amp;nbsp;iortie desNauires qui y traficquêc. Elle ne prend forme certaine ny ordinaire: Ains comme elle a efté baftie a plufieurs fois amp;nbsp;ac-creuë de murailes iêlon les occafions' auifi elle eft fort pointue pour le nombre des encon-gneures auancées en forme dâEfperons amp;nbsp;longuesTenailles quâelle à qui luy iêruent de Bafti-ons amp;nbsp;Rauelins plus aiïèurez pour ià deifence. Le circuit de la place eft d iuers fa face regarde la grand mer contre les Brûlantes impetiiofitez de laquelle: elle parc fes hantes amp;nbsp;larges mu- ; railles eftoffées de groiïès pierres de taille deiïéndue de trois groiïès Tours amp;nbsp;depuis peu de
' temps flanquées dâvn Gabus amp;nbsp;de la Tenaille comme je diray tantoft.Le derriere de la ville eft: terre ferme de joo.pasou enuiron tirant vers Poitou. Les deux autres endroits font Marefts* Ceux qui font à droite entrât en la ville par la porte deCongne,font douceins, par ce quâils ne font remplis que dâeaux de pluye: au moien que les habitans nây laiflènt couler la mer. Lâeau de laquelle ils retienneift au foffé de la porte des Moulins par vn larron quâils y ont dreffé : les autres Marefts de la gauche font follans.Mais aujourdâhui lÅuure en eft prefque perdu à foc-cafion des incommoditez que les guerres Cingles y ont amené.Au delà cesMarefts c'eft terre ferme en laquelle on fort par la porte S. Nicolas pour donneren Saintonge amp;nbsp;Angoumois,
PovR le regard de fon paifogc:Elle eft fifo en vn beau,bon amp;nbsp;fort endroit de païs:non moins i-aâRochek pour y receuoir routes les comnioditez que le temps deJPaix defire:que les auant^es propres SinecefTairesà vne guerre. Le païs eft defcouucn amp;nbsp;prefque tout chargé de vignobles fors le auecks^ Cartierdâeftinepour les Maretz fà lans qui augmentoient lesreuenfts des Citadins en fà ifon amp;auitMfîê* paifible plus quâils nâont fait depuis ces^uerres, linfolencc defquelles à ofté auec le vouloir, n« commo-les moiens foin amp;nbsp;induftrie aux Rochellois dâentretenir louiiragc du fèel.Mais le vin y a tous jours efté en grande abondance:lcquel diftribué en plufieurs pays nommémant en Bretagne, Angleterre,Efcoflè, Flandres,Holande amp;nbsp;autres cartiers du Nort:leur donne beaux moyens dâen rapporter grand argent,bleds, cuirs, toille amp;nbsp;telles autres marchandifes quâils voient les plus nccelTaircs à la ville.Encor que les pays de Poitou,Saintonge,Angoumois amp;Te Gouuer-nement mefme quâon appelle pays dâOnis:leur fourniffent en abondance tout ce qui leur eft requis dâailleurs. Si bien quâores que la terre ferme leur apporte grandes commoditez. Le Haute neantmoins fomble eftre p lus auantageux pour en receuoir foit en paix foit en guerre tout ce qui leur eft neccflà ires Nây fçauroit auoir cinq cens ans au plus que la grand mer y a* mène les grans vaiflèaux pour le trafic du pays. Et peu auparauant la ville nâeftoit quâvnc peti- Origine de te Bourgade laquelle fe peuplant comme la mer croifioit amp;nbsp;de plus en plus y aportoit de corn moditez foit pour la pefche,foit pour la cômerfo des lieux circonuoifins foit pour le trâfport des richeffes du lieu en pays eftranges:fut en fin efleuée en droit de comunauté auec pouuoir dâen ceindre.de murailles,tout ce quartier quifébloitle plus ^opre pour le trafic de mercô* Pgysbons me jâay dit ailleurs. Au refte tout ce pays quâon appelleOnix cftoitPoitou amp;nbsp;encores p5r deçÃ
. compris fous.le nom amp;nbsp;terres des Comtes de Poitou comme jâay dit ailleurs. Le premier défi quels Guillaume eut vne fille Alienor laquelle répudiée par le Roy Loâ^Wff^teux e^ou-lâ. Henry Roy dâAngleterre. Auquel fous le nom de Comté de Poitou elle porta en dot , entre autres biens amp;nbsp;Seigneuries, la Rochelle petite pour lors fons y mentionner ne fpeciffier
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â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aucunement le pays dâOnix nây vier dâautre forme de particularité par le contract qui léparart
PreuiTegè*^'^ nbsp;nbsp;lieu de Comte de Poitou. Ainfi les Roys d'Angleterre en ont jouï amp;e alTeurc les Franchies
dclaRo- gcpriiiilleges que la Royne Allienor leur en auoit continué dePereenfils. Le principal defquels eftoit le droit de communauté donné à Niort mille cens nouante neuf auec jullie« haute, moienne èc balTe, cens, rentes amp;nbsp;domaines. Ce que les Chartres tant Latines qu« Françoifes Ipeciffient allez amplement. loint quâil nây auoit encores Chafteau ne forterdfo nây gardes quâau temps des Anglois. Lcfquels crainte des François leurs voyfins y elleuerent le Chafteau furnommé de Vauclair duquel on voit encores les ruines aujourdâhuy : drelfé en ce heu pour commander au haute qui venoit julques là .Car lamer nâayant encor pris b cou rie vers Tadon, Netré amp;nbsp;Saint Nicolas; fefgajoit fur toutes les prairies prochaines dn dcl^Ro-ââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Contre lequel le faifoitfembarquernentamp;defcente de tout le trafic de la ville*
chclle. Mais comme la mer croift tousjours de vaze peu à peu : Elle en laiflè tant à les reflus amp;nbsp;retirades : amp;nbsp;à fa venuë elle jettoit petit à petit tant de pierres,grauier, cailloux, bourbier, limon amp;nbsp;telles autres excremans de ce grand corps : quâauec peu dâartifice on luy boucha lôn al-Icqje vers la porte des Moulins. Si bien que les hatwtans commandez encor par les Angloi-S la voyant prendre Ibn cours plus naturel vers Saint Nicolas: Ils tranlporterent le haute au lieâ' ou ils efleuerent deux Tours de la Chefne auec la Tour de la Lanterne qui furent enfembk la muraille, bafties près quâen vn temps. La Garnilon des Anglois toutesfois demoiiroit de U Ro tousjours au Chafteau pour tenir en bride amp;nbsp;deuotion afteurée {es Citoyens : Du joue def-chcJic chan quels, bien quefafehez dâeftre fujets à vnefi rigoureulèferuitude : nelepeurent tirer ne-To^slja atitæoins julques au temps du Roy Charles leptiéme. Soudain apres que les PÅteuins en-üics. rent chalicz les Anglois de Poitiers pour elleuer la Fleur de Lys fiir les murailles.Alors ceux cy animez à leur exemple, treuuerent le moyen que je vous ay did ailleurs de chalfcr lent Garnilon à Bourdeaux. Et le rendre au Roy Ibus les conditions que Æay did en autre endroit-dc7id amp;nbsp;commencèrent les priuileges delquels me Ibuuient auoir amplement dilcoiiru en autre 2c cours, nbsp;nbsp;lieu. Et pour lelquels vous verrez cy apres vne guerre memorable à jamais. Voila ce qu*
mefembleengeneraldelafituationdela ville que vous comprandféz mieux par vn^Natre plus particulier amp;nbsp;Ipecial : Autrement à peinelçauriez vous comprandre îalfiette amp;nbsp;camp«' gement de ÃArmée Royalle : ny melmes les aftacques amp;nbsp;delfences dâvne part amp;nbsp;dâautre fi j« ne vous expolbis le dedans amp;nbsp;le dehors plus à delcoiiuert : le ne parle à ceux qui ont non lêulement bien faid leur deuoir dehors ou dedans. ( Car ceù nâeft alTez pour comprandre îalfiette amp;nbsp;force dâvn lieu. ) Mais qui ont fongneufement remarqué le fit, le plan amp;nbsp;le contour de la pîice ; auec tout ce qui deuoit eftrc bien oblcrué en vn tel liege : La France ne fut jamais tant pourueuë dc'vaillans hommes, ne mieux garnie de gens deccrueau ballans à bien comprandre vne choie gentille. le lailïè-donc*cecy à tous eftrangers Sc autres François qui nâontfaid que nombreau liege ou quelque deuoîr : Mais alTez mal reconneu b place amp;nbsp;Ibn païlà ge.
Pour venir au particulier. La ville eft de moienne eftendue., fort lêrrée de mailôns toutes bien pourucuës dâhabitans amp;nbsp;parce peuplée de grand nombre de riches hommes que la continué des pierres Ciuiles à rendus du its amp;nbsp;leurs enfans melînes comme nez aux armes pour en auoir entendu le Ibn ScCliquets des le ventre de la mere.La porte deCongne affin de com-mancer à la plus renommée: de tout temps à efté triple, bien eftofée, bien pourueuë de Cre-LaRocheiie ncaux amp;nbsp;matchecoulis, de larges amp;nbsp;profonds foftèz auec lulfilà ns Raueîins pour les delfcn-Jcpteiintóe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâautant quâelle ne gar^doit aflez les courtines amp;nbsp;pans de murailles de la Ville; par fa-
par le menu uis de Scipion Vergano de Conean ingénieux Vénitien expert amp;nbsp;vaillant pourlbn Eftat; On Fortificati- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gauche de la porte vh haut efpefon reueftu de groftès pierres de taille.Non fi grand amp;
ons de la fi auâcé de fes murailles toutesfoisique les courtines en (oient aifément de(Fendues:bon de fof-Rocheiic. £^2; au refte amp;nbsp;bien alTeuré de (bn rampart quâon luy à falfiné par derriere pour fon Artillerie amp;nbsp;autres commodités aiÃc la Santinelle dreflee fur le fin bout pour defcouurir en tous cfldroiéts. Au refte les trois portes de Congne fe fuiuoycnt de droit fil îvne faii-tre. Mais pource que îexperrence ( plus afteurée Maiftreftê de toutes choies que la rai-Ibn ne toutii^Wffffderations de îelprit humain ) à defcouuert le danger de telles portes mefinemant és retraites paftees : on changea la premiere amp;nbsp;la mift on plus bas pour entrer en la ville tirât fur la main droite.Sortant de là pour tirer à droir:les murailles ne Ibnt droites
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tes, ains fort fînciifêscn forme de tenailles jufquesà laTour de Moureilles qiiiefthautâ amp;nbsp;large amp;nbsp;qui deffend tout ce quartier. Au lieu de cete Tour y auoit ancienne ment vne mai-fon qui appartenoit à f Abbaye de Moureille pres Luçon amp;nbsp;S. Gemme en Poitou.Les Religi-cuxjAbbéamp;Couuent de laquelle felchangerent auec certaines rentes que les Maire amp;nbsp;Elche- amp;nbsp;foti ori-uins leur donnèrent à Icurcommodité. René Pinchôn Parifien en eft aujourdâhui Abbé par Sââ'* la libéralité du feuComte du Lude.Les affaires amp;nbsp;maifôn duquel il auoit fi bien manié : quâil nâeuftfccu de moins reconoitre le merite de fes vertus, fignalées non feulement pour îexcel-lance de fâ doéfrine : mais auffi pour vn rare exemple dâvnc vie fâinte amp;nbsp;irrcprehenfible. Mais outre CCS bonnes parties, la viuacité amp;nbsp;promptitude dâefpriti fort recommandé au mani-mét de tous affaires: quâil eft aujourdâhui fvn des quatre Sin,dics que tout le Clergé de Fran- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
ce a choifi pour la côduite des affaires Ecclefiaftiques pres la Majefté Tref chreftiennc.Don-quesau lieu de cete maifbn les Rochellois y baftirent ceteTour i g pp.fôusIeandeGhilloil Maire de la ville amp;nbsp;14 i o. fous Hue de Belot Maire fut parachcuée auec fès courtinesSc tou-rettes. Tout ce Cartier nâeft employé quâen marets amp;nbsp;la pliifpart fà lans : ainfi nommez pour îÅuure du fel quâon y a fait autreffois au«; vn grand proffit amp;nbsp;commodité pour la ville. Cite Tour eft fuiuie de la porte S.Nicollas qui mene en Saintonges,forte dâaffieteamp;de main dâhom me non moins que du voifinage des marets à gaucherSc de la mer qui à droit bat fes murs, amp;nbsp;aux grandes marées emplit fès foflèz. Des la porte S. Nicollas Jufques à celle des moüllins, câeft toutMer.Pout maintenir laquelle contre vne Armée Naualle, y a premièrement à quelque centaine de pas de la porte S. Nicollas vn Boulleuerd quâon nomme le Gabuz,fondé fur la graue deîinuention amp;nbsp;modelie du mefme ingénieux pour flanquer amp;nbsp;deffendre toute cete cofte Jufques à la porte,amp;mcfine Jufques à la groflèTour furnommée de S. Nicollas. Elle eft gro{fe,forteamp; bien munie de toutes pieces amp;nbsp;fortes dâarmes pour la deffence de la ville.Tout Joignant eft celle de la Chefne peu moindre : mais auffi forteamp;; mieux pourueuë. Ainfi nom. Tour de la mée pource quâon y tend la Chefiie qui prend à fautrcTour pour empeîcher lesNauires dâen-trerou fortir hors le Haute fins congé. Poür la tandre amp;nbsp;garder y a vn Capitaine gagé de la ville qui rcfidant en la Tour eft nômé Capitaine de cete Tour.-amp; renouuellé dâan en an pour importance que cefte place femble tirer apres foy.En laquelle gift vn des principaux points de la feureté de la ville : tant pour eftre fentréî ôé garde du Haute que pour feruir ces deux Tours comme dâArfenal des armes, poudres, artilleries amp;nbsp;telles autres prouifîons de guerrci
La grande Mer coulle par fentre-deux de cesTours 8c fur le pied dâicelles, pour entrer de- LeHaurë dans le haure long,13rge,net amp;nbsp;aflèuré. Au refte accomrribdé dâvn longSc beau Caj^eftoffé de grandes pierres de taille tout couuert de grans logis : le bas defquels(quâils nommentChaiz) eft deftiné par les proprietaires à receuoir les marchandifès des nauires qui veulent trafiquer en ce pott.Defcendus à la Chefne, fâilsTnt fait, la marée venue (qui ne faut de douze heures en douze heures deux fois le Jour) le retirent à chef de baye (dont Je vous parleray tantoft) pouryefpierleventamp;la commodité défaire voille où bon leur fèmble. AceteTour de la Chefne prend la muraille de la ville,hauteamp;forte,toute de pierres de tailleamp;bien taluée pour mieux refifter aux furieufès amp;nbsp;brûlantes ondes de cetOccean.De droite ligne elle amp;ftend fur la graue jufques à vne autre Tou r prefque auffi grofïèSc de mefme eftoffe nôméè laTour de la Lanterne : pource que le Maire y faifoit autreffois mettre félon les ftatuts politics de la ville j vn gros cierge ou autre maffif flambeau dans vne lâteme de pierres qUi eft elleuée fur vh des coftez des hautes galleries de la Tour,pour adreffe5c fignal de feuretté à ceux qui voyageans cheUc.ââ fur mer auroiét efgaré leur routezou feroient pourfuiuis dâcqpcmis, ou bien furpris^ de quel que autre accident. Et auffi pour les auertir aians relafché,des bancs, efcueils,afnes,coftes, fables amp;nbsp;autres lieux dangereux qui auec vn grand hazard fé rencontrent en cete Mer: tant par ceux qui tiennent la toute dâEfpagne que dâAngleterre allant à môtamp;à val.Cete loüable cou £^^3^ ftume neantmoins feft perdue depuis peu de temps: foit que les mariniers plus experts quâau flambeau temps pafïe,conoiflcnt les batures amp;nbsp;tous autres lieux dangereux defquels ils fe gardent ailé-métjfors quâé tépeftes extraordinaites.Ou quâautre occafiô face ceffer ce qui en tout profite plusquâil ne peut nuire.Comâon fobférue en pliifieurs endroits à fexeoledi^at deMeffi ne.(Car les Pheniciésamp;ceux dâEgypte ont efté les premiers voyagéursSctramqimis fur mer) fait par Soûftres, Excellent Architcéfe Guidien aux defpens ôc Rcqueftes de Ptolomée Phi-
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ladephc Roy dâEgypte:efleué fur vne Tour que fôuftient vu haut Rocher dans vne petite'Ifli Fat dcMcffi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAlexandrie à laquelle peu à peu le Limon, \3.2.c amp;: Grauier que les flots du Nil
y ont amenédont joint ôc rendu mefine terre.Depuis les Romains en dreflcrct de tels à Puzol au port Doftie que ÃEmpereur Antonin Pie fit redreflèr: à Raucnne Meffine, Genes amp;nbsp;nos Roys à . Boulongne,Corban amp;nbsp;plufieurs autres endroits de ce Royaume. A cete Tour on laif-(e la graue haute efleuée poyr brider les furieuiès courlês des grandes Marées :amp; tirant a-droit on trouue aflèz toft la porte des Moulins bien munie amp;nbsp;fortiflie de tour temps. Henty dâAlbret Roy de Nauarre amp;nbsp;Gouuerneur de Guyenne pour la Majefté Tres-Chreftiennea-uoir entreprins de bien fortiffier celle ville: y amena vn Ingénieux à plufieurs inuentions amp;nbsp;, modelies imparfaióls duquel Scip ion fut contrainôt faccommoder. Ãntrâ-autres il efleua vn
Bouleuard deuant celle porte qui en a demourée plus forte amp;nbsp;alïèurée que parauant. Et plus hautà coHéauoit jeté les fondemens amp;nbsp;préparatifs dâvnc autre en forme de Tenaille pource que le premier nâeftant alfez auancc ne delcouuroit fi loin quâil elloit requis. Scipion à reue-llu celluy là amp;nbsp;lié auec le premier, lâaccommandant de fes foflez quâil a fait aprofondir pont y jrandre plus dâeaux. Si bien quâil en a rendu fauonuë beaucoup plus malailee. Tellement que de cefte porte on deffend (fans les vieilles Tours.Lelquelles aflèz fortes amp;nbsp;rejettées hors les murs garder toutes les courtines julques à lâautre Bouleuard furnommé de la porteNenlue lequel au lèmblable cil accommodé comme defliis flanqué dâvn amp;nbsp;dâautre collé ) jufquesa« Bouleuard nommé delEuangileJequelellplusgrandamp;large que tous les autres. Et pont îaccommoder ils ont ouuert le pied des murailles de la ville, pour y enuoyer gens amp;nbsp;munitf ons au belôin amp;: tout à couuert. Depuis ce lieu tirant à mont,les murailles font fort courbeS) pourueuës de grand nombre de Tours pour flans amp;nbsp;deffances à leurs courtines jufques à h grolle Tour quâon nomme la Tour dâAix forte amp;nbsp;de bonne ellolFe. Laquelle outre la com* moditc de lès canonnières,lèruoit de plateforme à f Artillerie quâon y place pour commander à toute la Campagne quâelle defoouurc. Car elle fait vne cncongneure en cell endroit. A ce-fie occafion elle deffend dep amp;nbsp;delà jufques en Congne. Les Rampars, terre plains, pU^^ formes amp;nbsp;endroits Ipacieux entre les maifons amp;nbsp;murailles de villîpouryalligner de belles tranchées , ne manquent au dedans foit pour foullenir les pieces ou pour appuicr les pluâ foibles murailles en cas quâon voulull braqué le Canon contre. Melmement entre ces deuX derniers Boulleuers defquels nous venons de parler.Et dauantage ez lieux efquels ils ont plu® douté la force amp;nbsp;le peu dâefpeflèur des murailles: Ils ont à lâoppofite au dedans fait grandes amp;nbsp;larges trac^iées foullenuës de fortes «nurailles au derriere leparapel delquclles Iharquebuziö amp;nbsp;picquier ne pourroit faillir les premiers qui fauantureroienr pour gangner la place en cet endroit. Les Marets, au relie entre-couppez de mille foflèz efquels la mer fejouë à plaifir quand on luy veut laifler la bride,continuent julqueflà . Si quâil ell malaifé dây camper 8^ moins dây placer le Canon. Les foflez de ville y font fort larges, nets amp;nbsp;profonds : finiflà ns en fons de cuue,Efcarpez du bas, pourueus au relie dâvn nombre de Calèmates qui fontau picH des cncongneures de la muraille que jâay dit lèruir de flancs auec leur cotre elcarpes elleuéeS jufques à moitié des murailles qui ne laiflènt que leur parapet pour bute auCanonzbien pour ueuë dâal^s amp;nbsp;corridor fur lequel trois hommes iroient ailcment de front. La mer outre cela remplit les foflèz j ulques au delà du Bouleuard de lEuangille ez groflès Marées. Plus outre, les foflèz font fort bas amp;nbsp;larges amp;nbsp;plus profonds que les autres . lufquesà vneformedeBou leuard ancien que felperon auoifine dâaflèz prez.Tous deux auec le carrier commandez par le clocher du Temple de Cogq^ qui ne fort plus que de plate forme:haut efleuée pour vedete amp;nbsp;autres vlà ges guerriers:Car ellandant là vcuè fur toute la Campagne il defcouure aifément toutes les auenuës de la ville à laquelle mefine il commande. Le Temple ell ruiné fors la paP laRochcl- tie plus prochaine des murs lefquels en font fouftenus amp;nbsp;mieux accommodez que parauani cicEs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;apuiez par le derriere contre la viollence du Canon.Et dâailleurs fi biê apropric
France. de canônicrcs amp;nbsp;autres chofo?requifos à ces murailles quâelles en reçoiuêt grades comoditez» Comme les Ainfî vous voiez quelles efloient les fortifications de cete ville fan i yyo.julques à ce jour, mit eltó tai^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poutcl^ port de mer amp;nbsp;par ainfi Frontiere,à efté mifo au rang des Clefs de France:
te à h Ro- fondée dâau^H??s occafions là garde ordinaire amp;nbsp;en poffelTion imcmoriale dâentretenir fes chciicde fortifications,lefquelles neâtmoins ont efté iufques aux troubles de France aflèz Amples pour temps en - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r
temps. le voir bien muniee du coite mantin amp;nbsp;lans crainte vers terre ferme.
Vous
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Vous voîcz le plan,le fit amp;nbsp;dcffence de la Rochelle tant par terre que par mer ; laquelle entre par le canal que jâay nommé ci defliis amp;nbsp;quâon doit proprement nommer le Haute de la ® Rochelle:qui vient de Chefde baye quâon nôme vulgairement ehe de bois.Câeft vn endroit de la grandâ mer que tous Nauires qui doiuent à la Kochellcjonttrouué plus propteamp;mieux couuett de vents pour y mouiller l'ancre, y rader amp;nbsp;faire tel^ièjour que leurs affaires permettent : cilogné dâvne grande licuë de la ville. Ce grand corps humide defeendaht vers la Rochelle iê ferre amp;nbsp;cftrecift,contraint par deux coftez de terre quâils appellent pointes, pource que la terre fauance en mer côme en aiguilânt,tvnc de ça,lâautre de la: paffe Iciquelles fauan-çanttousjoursamp;réplifià nt peu à peu le haurcRochelloisrelle jette cómedefpite de feftre veue Rochelie ainfi preffée les vagues eicumantes contre les murs amp;nbsp;répars de cete ville blanche^ Ainfi lâont pourquo/ tousjoursappellée les Anglois pour les rocs vÅfins qui font amp;nbsp;aparoifiènt blancs aux voia-geursfur mer venans en ville. Comme le flus ordinaire amp;nbsp;perpétuel de cet Element amené ehe. pour le plaifir,pourle profité contentement des Citoiens, toutes fortes de richefies : auifi le reflus alternatif de ce vague amp;nbsp;non jamais paifiblc Ocean: les rameneamp;conduit en toutes les parties du monde non que de la Chreftiênté. Or pour bien conoitre la Baye de la Rochelft, il feut noter trois chofos. Ce qui eft proprement le haute; puis les vafcsamp;la rade apres. LaBayè afin que fans confondre les termes on conoiffe le propre nom de chacune chofo : fens fy abu* jaRochelIc. fer comme on fait en plufieurs endroits : eft tout le coulant dâeau qui depuis le lieu de pleine mer ou demeurent amp;nbsp;radent les Nauires: feftend pour lauer les murailles de la ville jufques à Tadon au de la S. Nicollas.Et pource que cote pointe de terre blanche qui paroift à ceux qui viennent par mer à la Rochelle eft lâendroit quâon trouue le plus propre à la demeure des Nauires: nos ayeulx lâont prins pour le commencement de ce coulant ou bras de mer: lâappelant Chc de baye pource que la mer commance dés là fon cours vers laRochelle. Ainfi eft de toutes les autres entrées de mer en terre quâon appelle communementBayes fi elles font longues, fi courtes on les nomme Anfes; ou autrement felon le langage du païs.Mais le vulgaire ignorant amp;nbsp;en tout indiferej, nommément sé termes de la langue naturelle: corrompt aifoment toutes appellations pour fi peu dâaparancc qnâil y aye au contraire. Cete fauuage race de ma-thelots a corrôpu ce mot de Chef de baye fapjjcllant ehe de bois pource quâelle.y ivoioit quel que forme de bois taillis au deffus.Mais le lieu auoit ce nom cent ans deuât que le bois y fuft* Et dés lors que les proprietaires cultiuoient cet endroit: côme meilleurs mefhagiers tjuc ceux quâils ontlaiffé depuis.Ellc a auffi corrompu ce mot deCoups de vague enquouë de vache, lieu dâvne maifon à deux lieues de la ville où y a vn petit canal de mer pouf la à efccnte des moindres vaiffeaux,cÃme Bretonsamp;dâautres qui veulent charger des vins. Mais Csü affez de cela. Venons particularifor les trois ciniroits de notre Baye Rocbeloifo. Tous Nauires nâentrent pas au haute. Car il nâeft propre que pourries barqufes,ramberges,galiotes amp;nbsp;tels autres vaiffeaux de cent cinquante à deux cens tonneaux au plus. Car f ils paffent deux cens, il faut amp;queis Na-attendre le gros dâeau amp;nbsp;les grandes marées. Vray eft quâon y voit des Hourquesamp; tels autres y P'â' Nauires Septantrionaux jufques au port de 5oo.amp;^5o.tonneaux.Maiscelavient delafoigt; me des vaiffeaux, lefquels aians le fons large amp;nbsp;feflargiffans tout à coup depuis b quille en h^ut : ne tiennent pas tant de profond la moitié que nos nauires.François,ni les autresfliefmcs qui tirent trois braflès pluftoft que ces gros nauires deux. Auffi ne font ils fi frians de voille que les notres:mais plus durs ôc^plusaflèurez contre les flots que ceux-ci. Chacune nation a fon particulier. Les vaiffeaux defehargez ou qui nâont affairé en ville, fortent la chaîne baiffée ! ils nâattendent que le temps ou la marée fur les vafos.Car il?font là parez .Les vafesjfont tout ce que la mer retou rnant laiffe à defeou uert hors le haute de la ville, Au refte peu de Nauires demeurent fur les vafos, fils ne font prefts dâentrer y attendansla marée oula chaîne baiffée ou le vent à faire voille en pleine mer. Tous entrent au haute pour leur feureté.Car par ce , que la rade amp;nbsp;toute fe baye eft fiijette aux vents dâaual nomij|ément de Siroeft vent împetu eux;Mefmementcnhiuer:nilarade ni les vafes ne les fçauroient garentir de perte^La rade eft depuis lentredeux des pointes jufques contre la pointe de Ré amp;nbsp;le large de la mer.à la LaRadede veuë de Ré, amp;nbsp;de ehe de baye. Elle eft ouucrte aux veuës dâaual. Occoâgïu^e les Naui- hPaliec. res leucnt fancre foudain quâils preuoient le mauuais temps 6c vont prandre lâabri de Ré à laPaliccqui les couure de ces dangers. Câeft vnc autre rade à vne lieuë de la ville qui feroit belleôcbien plaifente au trafic de mer, fi les Rochellois y vouloicnt fouffrit
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les bà ftimensrà ceux quf viennent du Pérou, des Affores, des Canaries amp;nbsp;âutresârourcs rf-Ef' A quels ves nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Portugal. Toute labay e amp;nbsp;la muraille de la ville que les groÃes Tours flanquent
gift la Ro- porte droitement Eft-Oeft. Si bien que pour eftre defcouuerte des vents dâaualellcjîe craint cheilc. dâautres vêts que ceux-la:le(quels par fois y font mcrueilicux,amp;.y ont caufè de-gcasmaufragcs.
Le Roy conoiflà nt que tousses moiens dont il auoitvfé pour faire entrer Biron en JaKn-chclle nâauoient de rien profité : y employa la Noue nouucllement venu de Flandres, lequel aimant la Paix plus que la Guerre, encor quâil foir f vn des plus auifez amp;nbsp;refolus guerriersde France:letrauailla pour perfuader aux Rochelloisla Paix que lâMajeité eflimoitprofi' tableà euxamp;à toutle Royaume.Et y auoit grande apparence quâil peuft executervne telle . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- entreprifêlt; Parce quâil nây auoit en France Gentilhomme de la Religion plus fîgnaléquelni
pour le maniment des armes amp;nbsp;affaires de confêquence. loint quâaux troifiémes troublesil anoitefté Gouuerneur de la ville. Commâ il alloit pour cet effet accompagne dcGadaignt) trouuerBiron:rencontravn Miniftre auquel il fît beaucoup de difeours de faffeôfion quâih-uoit à maintenir fEglïfè da Dieu. Et encor quâil full enuoyé de la part de fà Majeffé : fi eft-ce qu^l defiroit feruir à Dieu,promettant ne jamais donner confèil contre la liberté des EglifeS. Ce feit il defpecha vers les Rochellois de Teiles amp;nbsp;ce Miniftre pour les auertir de fâ chargeai venue'versâeux pour les difpofcr à rcceuoir fônConfêil.Aufti pour lui rapportervn paffe-port. Ces nouuelles entendues altererent aucunement les Rochellois; mefmement pource quâils sâeftorent ja refolus de fc gouuerner par fbn Confcilamp;du Comte de Mongommen' auf quels ils auoient eferit en païs effranges pour fe retirer auec eux. Voire quâaucuns doutoient kis^ei^e^- le'feHoit rcccuoir, difâns quâen matière dâEftat Ion ne doit entreprandre chofè qui defôy rent furla amp;nbsp;fens äutfe occurrance peut apporter vn euenemant douteux. Partant que fa charge leurC' du'^s^'ur^dc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Comme venant de part ennemie: nâeftoict dâauis de le receuoir.Mais les remon-
laNouë. trances de tout le refte gagnèrent tau is de ces particuliers ; aufquels ils perfuaderent aifenaént que nâaian? plus affaire que dâvn Chef de valleur amp;nbsp;dâautorité: le Sieur de la Noue leur effoit comraeJdiüinement enuoié pour eftonner amp;nbsp;rompre tennemi : encoj^rager amp;nbsp;bien conduira les aflîegescrvpu tant de beaux traits guerriersamp;politics quâil auoit fi heureufement mis à fin, à ^tenttetien Scaccroiffement de tout le pani.Igint quâoutre cc,pourauoir efté conu de cÅur gènereiixÃlt;:. vrayementNoL'le:ils faflèuroient qüâil aimeroit mieux mourir que tacher fon nom Scâdeméntirthonneur de fe vie paftee par vnc defênion ignominieufe à liiiamp; toute fe râ' çc« Partanfreqtieroient inftammentamp; comme à mains jointes quâimputant cet accident qui lui eftoitaWfenu! à la mifère du temps plus quâa la droiture de Ion naturel : ils le receuffent^ touyftent^alâauffi bonne affeâion quâauparauanr. Refôlution prifê de touïr, le Confcil lui en-«oia lettre portanten femme, puis quâil auoit chofes importantes à leur communiquer ; quâil FauanpaftCpôur vfêr des termes de la lcttre,)jufques à Tadon. Tel jour quâil vous plaira dont -et-, VOUS nous auertirez:amp; fi voulez quelquefcortepourvotreperfenneamp; de ceux qui feront a-invous tek quâil vous plaira nous faire fpauoi^nous la vous donerons.Somme que laNoue arriua à Tadon le dixncufiéme de ce mois,où fê rendirent Languillier, Roche Enard,ViIiers amp;nbsp;MercâiBdeputez de la ville: aufquels il 6t entendre que le meurtre auenu à Paris ; le Roy commanda aux François qui eftoient dedans Mous enHainaut quâils eufiènt à remettre la ville entrclesmainsdu Duc d'Aineamp;fen retourneren France le plus feudainemêt quâils pouf-Rclatiô de îoient. Et daUtant quâentre les feldats François eftoient plufieiirs Catholiques Romains, qifl me forti de aùfre auis'vouloiént fifiure le Confeil du Roy .Pour euircfplus grande confufiomlon-füt Mons^ nbsp;nbsp;Contraint de receuoir vne Paix Hâtée amp;nbsp;peu auantageufè pour les aflîegez : Et par ce que ife
mà ins'^dcs fiât ttfiÃcw-oftages ': perdit là ' commodité dé fuiûre les troupes deFJandres. Occafion que Cathoiiqs ffont rértdûfeus4afôy-de.Monfieur deLongucuilIeGouuerneuramp;Lieutenât poürfeMajefll eiHOTrà ux nbsp;nbsp;ptus-de PicatdietPuis oamp;mandé dâaller etr Gourt,Tus enuoyé par leurs Majeftez pourvoil^
Rochellois. propofer laPaixqué Ic Rcgt;yeii|enid vousbail-ler;laiffentci3trervh'Gouuemeurcn ccte'vsllcf?
par celt;noieft^uiter le fiegeamp;fec-'dâicelleamp;dônervTafraichiflèmènt à toutes les EglifeTdééeRö-yaUme.Et cefaifentléursâMajeftcz mâont chargé »devons affeiirer que receuansvoftrd OnU' .. i}erncuramp;V(^(pBBB»portans;cômebonsamp;loyauxfujets; lâexercice delaRclipiort vo'u?déiHont ra en telle liberté que lauez' continué jufques à prefent.Toutesfois fi mâen demà ndief quot;cOnfed je ferôis dkuis que nâen fifficz riensquâauecques bonnes afïèurances. Et vousdifpoféV^ Vn accord qui fbit profitable à vous amp;nbsp;à tous noz freres. Auffi bien la 6n de toutes les guerres eff de paruenir à vue bonne Paix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Les
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Les députez qui: hâauoient charge de refpondre ains feulement .deraporteP ceqliâilsan-roicnt entendu: commencèrent à difcourir de beaucoup déchoies auec luy.Et mefinement le prièrent fort dâembralfor le party de lEglife qui eftoit û rudement alïà illie par tout ce, Royr aumeamp;quê Dieu quifauoit fouuent bénit pour melmcscaufes,auroit celle defance tref a-: greable. Le lendemain plufieursdelaville le furent trou u(^ à Tadonpour levoiramp;ltlyûi-gt;I-csMiniC retous bons offices.Mefmes les Minillres ellrangcrs enuoierent deux de leur côpagniepoureVcuadcr Je â hiy faire entédre fefperance quâils auoient quâil embralTeroit ccte caulc pour lardeur amp;nbsp;là inte ficui: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t,
affedion quâil mentroit en la deflfence de lEglile de Dieu.Et qu e par ce moien le pourroient nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
vanter dâauoj'r receu de la main de leurs ennemis îinftrumét de leur deliurance.A quoy il ref p-rty. pond que câeftoit toutfon défit intention de foruir à Dieu, Sc maintenir fon Eglifo. Voire * quâil feftimero it-plus heureux dâeftre portier en icelle que grand Maiftre au Palais,des Roys.â Surcc le Côleil de la villeauoir meurement délibéré Sc feltre refolu fur la charge de la Noue fit rclponce. Quâils auoient jufte occafionde ne receuoir le Marefchal de Birt.n. Et partant quâil plaifo à là Majefté leur donner, vn Gouuerncur de la Religion; ou les lailTer viirrc'paifi-Rcfponces blement les.vns auec les autres comme ils ont fait jniques à prefont, en tout deuoir ôc olftif lance enuers la Majefté.Surce la Noue requill de conférer auec fix ou fopt Miniftres de quel- de la Noue ques points qui touchoient la confcience. Ce qui fut fait le vintroifiéme dudit mois entre les 4° deux portes de faint Nicollas. Et auoir entendu leur auis fur les caufes de cete gucrrc»Et fo ncment. fontant farilfait de leur relponce,promit de demourer en ville amp;nbsp;faire pour la deffance de cere' caufe tout ce quâil luy foroit polïible. Dequoy tout le peuple fut autant resjouy que de toute' autre bonne nouuelle quâil eu ft peu entendre. Ce fait pour rendre raifon au Roy de fort Am-balTadc/enallaà lâint leanDangely trouuer Biron amp;nbsp;de Gadaigne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Editlt;Ju Roy
Le dixneufiéme Nouembre le Roy fitpublier vn Edit, cômandant à tous ceux qiii eftoiet pom faire
horsdu Royaume ou dans les villes occuppées par les Proteftans retourner dans leurs mai-fons.Cc failânttout le pafte leur eftoit pardôné. Auec delFence de les molefter en leurs corps tâs en leurs amp;nbsp;conlciences pourucuqif ils fo continftènt en paix. Et quant aux rebelles à ce commande-ment: les menaçok de confifojiier leurs biens;proteftant que ce quâil aiioit fait chaftier lâAmiral amp;nbsp;fos adherà hs: nâeftoit pas pour exerceiÿ/ne rigueur infinie fur fos fujéts de la houuellc opinion. Ainsfon intention auoir efté de pouruoir à la conforuation de fon Royaume pâfâvh remede fi neceflaire: encor quâen apparance il fuft fortvioIent.Pour le regard deplufieurs qui pour euiter la fiireiir du peuple feftoient retiré en pays etranger où dans les ^nes'ipié jcs rebelles tenoient: luv comme vn bon pere de famille auoit pitié de lés voir tant Biifftlfainfî banis de leurs maifons.Et pourtant leur commandoit dereuenirincônrinanfchez éiix-. les afl'urant quâils y pouuoient venir en toilt;e afin rance-pour lieu' tjue'ce fuft dans rfbis {êpffià înès apres. Et que ceux qui eftoicnt dans les vilfôs lâifies par lesfèditieux: eulTentà le reifter Verÿ leGouuemeurdela Prouincepourluy bailler leurs noms amp;nbsp;prometre deuantpicu'fdâertre à fauenirfidelles fil jets du Roy.Sâils fobftinoient à demourer là amp;nbsp;mefprifcr là grâce? qûâlk faficurairent dâen receuoir lechaftiment dcu aUk-dbftinez amp;nbsp;endurcis. Qifil â cônfiftjiiera leurs-biensfils ne comparoiflènt dans leterme prefix: afin qtf ils lâchent que ceft'^âabüfor dé la douceur de leur Prince.Declarant quâil Icsénà tierdt de bonne heure; afin.que lés tdbelles quiforontchaftiez rte puiftentprétendre a'ucune^anfe dâignorance. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Plufîeuts
⢠Si
t 'CeftEditfotdôudain porté aux Ambaftâdeufs de la Majèfté prés les Princes eftfâfigcrs: Fiancez re» nomementetf Allemagne, Suille amp;nbsp;Angleterre pour en faire retirer les y réfugiez oélupplier pays eftran* les PrftïCesne les yfouffrir cotre fintcntion du Roy .En formflé plufiéurs nây pouuans demeU-rer comtnodémfehtffoif à faute dâârgent, foit pour findifpófitiöh'deleurs perfonnesïou qïiâîls fauucz. fo'tepofidfortf fort tà ftduranco quâon leur donnoit amp;nbsp;autres occafiotó:reuihdrent en Frà rtte où la plus part'-fo trôuua miéiiX qüâils nâauoient efpcré. La Mdtfé Fêficlbnfiir tous; fopór^ deX-trement écfs'Ies rerirèz en Angîéfferre pour les en tirer amp;quot;afi|tblw autant le'Jccôu fsquot;que le Comte de Mortgômery ert penfolt tirer pour Ic^m'âier à là Rôchèlîc'tômprcdâarmée îÿâùilfë des Catholiques.Semblablement fAmbafladeur- du Roy afixl fiéur's'des' Ligüesfolliclâta fort quâils chaftà lTént les Proteftans re'tirez pà rmyeuxâ/afin de lèsfafrèfdouiBÃR^rânée.Mâis ils nây voulurent entendfe. ' nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7 â ' ' ' l.ctttesdu
quot;Æ Baron de la Garde cepêdant efcriuit difvfnfvâhiémc ditdit mpisvne leùrdPô'rtf^'f^léiï- ^â^Kochck le:par laquelle prioit lés Rochellôis de luy enuoier les députez qt?ri âüoît demandez i promé' bis.
-ocr page 244-; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
Nouembre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jgyj auoir^t entendre ie commandement de leurs Majeftez amp;nbsp;de Monfieur frei«
du Roy: les renuoieren toute afTurance. Les prioit auflî que le corps amp;nbsp;equipage de la Galk' rc prinfenomée laFiafque feufiér côfcrucz.Et quâil efperoit fairejuftice des traiftres qui auciet fait la prinlê. Les remercioit au relie de îhonnelle traitement qu'ils font au lîeur Paul EniillC' Recommandoic auiTi vn nommé Auguftin, paintre que Monfieur luy aùoit donné au parte-mant de la Court pour luy reprelenter au naturel toute la Guienne amp;nbsp;les riuages de la mer dc-RefpoacM Cap bcrton, jufques en terre dâOeft qui ell de la Calais. A quoy les Rochellois refpon-des Rochd- dirent le vinttroilîéme du mois. Qu^âil ne pouuoit ignorer leurs comportemans defquels leRoy mefmcs nâen faifoit doute. Qim toutes ces Promellês nâelloient que parollcs fans eflfed. Que ⢠parlant de paix il taifoit guerre mortclle.Comme ils en auoient de bons memoires par luy do-nez au Capitaine Carie amp;nbsp;au Seigneur Paul Emilie. Et quant au Capitaine Auguftin quâil nommoit peintre, Câeft vn ingénieux lequel lors quâil fut pris auoit retiré le plan de cete ville amp;lês fortifications. Et que ncantmoins lefdits Paul EmiUeamp; Auguftin,nâont eu que fort bon traitement-.combien que Ion tue amp;nbsp;maffacre les noftres en tous endroits. Quant à la creance quâft à du Roy: quâil la peut enuoier par eferit afin qu*ils yj refpondent fil eft befoin.
Donques la Noue retourné en ville le vintlèpticme du mois: fut le lendemain receuâU Confèiboù il donna entendre quâil falloir communiquer aux Egliiès qui fubfiftoient encores-Et mefmemcnt a Montauban,Nifmes amp;nbsp;Sancerre: afin de moienner quelque bon accord amp;nbsp;rC' tarder dâautant les forces de fennemy. Mais ceux du Confcil nây vouloient entendre poU^ quelques raifôns. Sur tout parce quâonleur auoit raporté que la ville de Sancerre auoitfaiHy dâeftre furpriniè en parlementant. Mais pour vous aporter plus de plaifir par la bigarrure de diuersîujets à cete hiftoirc: je veux enlacer icy les notables occurences despaysSeptentri' onaox peu moins tourmentez de guerres ciuiles que lesFranpois.
Ligue entre nbsp;nbsp;nbsp;Puis que le premier amp;nbsp;princijial motif de vous faire voir cete hiftoire,à efté prins furies
Dâ^*marc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ciuilles des François : il ne fera mal à propos de vous faire conoitre quelques chofes
amp;il1gt;ec des (éditionsauenuës entre les Suédois. Sachez donc que 1560. fgr le commencement jiour faite la guerre contre le Roy de Danemarc,îe Roy Henry fils de Goftaue fit prandre prifônnicrfo*^ auRoy'dc frere,Ican Duc de Finland en vn fienChateai^oupçonnant quâil iè vouluft efleuer contre Lt Suede. autant haï que (onfterebien aimé de tout le peuple : lequel dâailleurs eftoit allié duRoydî Polognefon ennemi. Durant cete guerre,Henry tormeta fes fujets en tant de fortes quegrans Malcontens amp;nbsp;petits Commencèrent à fefleuer contre lui mil cinq cens foixante huit, julquesà deliurer duG otiuer- jg pfjfon l^Duc dc Finlaud,lequel Jîi confentement des Eftats du Royaumè,aftîegea lôn fie-vnRoyau- rc Hcn^ qui feftoit retiré dedans Stockholn: remontrant par eferit imprime queHenrydés (ôn auenement à la Couronne auoit rejeté les ancieryj Côlèillers du Royaiime,lc laiftà ntgou-uerner.par certains jeunes mignons de Cour. A îoccafiondequoy il auoit attiré la haine 5^ les armes des Princes lès voifins contre le Royaumc:Et que toutes les calamitez furuenuës d« puis,proccdoicnt des fourccs quâil particularilôit aftèzsalTauoir.Qif il auoit à grand tort foup-çonné fon propre frere,fous prétexte quâil eftoit allié du Roy de Pologne.Quâil detenoitplu-fieurs plac^ au Roy de Pologne.Quâil nâauoit jamais voulu condefeendre à vn bon amp;nbsp;auan-tageux accord pour le païs .Retenoit les Ambaflà dcurs des villes maritimes,là ns faire aucun conte de leurs propofitipns. Failôit prandre lesNauircs des Princes eftrangers, côme du Roy d'Efpagne. Et les arreftoit au port de Stockholn, auec grandes incommoditez des amis dc h Couronne. Qif il auoit donné charge à vn certain Capitaine nommé GeOïgcPerlè de faire â , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tuer le Duc leâ fon frcreScle petit fils dâicelui.Puis liurcr là vefue és mains des Ambalftdcurs
du Molcouite qui attendoient cete proye dés vn an au parauant; comme venus expres en Suede pour cet effet. Que îintention dâHenry auoit efté dâexterminer auec fon fferc tous fèsautres parens,amp; laNobleftè de Suede,comme feflà y fen eftoit fait voir ùn precedent en la ville dâVplâle,où plufieurs Seigneu^GcntilshÃmes amp;nbsp;perfonnes notables auoient efté maflà crcï) notamentle Comte deVvefterick, Baron Fleringfholiiï^ Coufin du feu Roy ,fès deux fls (îvn defquels Henry tua dçfâ propre main) amp;nbsp;trois autres Ãhcualliers qui eurent la gorge coupée en nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;George Perfe executeur de tels meurtres,auoit efté rccompenfc
remis en ch^c au lieu dufuplice par luy mérité. Outre tout cela on propofoit que Heruy
T auoitfait mourir cruellement 5c injuftement plufieurs de fesfujets, pour enrichir de leur - defpouilles ce Perfoôc tels autres gamemens. Qtf en îignominiç Scopprobe de non Royal-il auoit
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il aiioitefpoufé amp;nbsp;fait Royne vne fienne putain,de race la plus ignoble de tout le Royaume,amp; mefpriféîalliance des Princes vÅfins amp;nbsp;Seigneurs eftrangers. Bref quâil auoit renuerfè tout lEftatdii Royaume, violé Ibn ferment, enfraint lesloix diuines ôc humaines, amp;nbsp;déclaré quâa-pres quâil auroit fait tuer tous les Suedes les vns apres les autres,quâil fenfuiroiten Ruflye,Iaif faut le Royaume en proye à celui qui premier foccuperoit.Sans vouloir permettre au Roy dé Polongne ni à autres de pacifier les affaires, ni dâenuoyer fecours contre le Roy Danemarc amp;nbsp;la Seigneurie de Lubec.Cetc declaration portoit plufieurs autres accuûtions,lefquelles nâex-primoient en fomme quâvn notable tefmoignage de lire de Dieu contre ce Roy: lequel les ennemis reprefentoient tcllemant priué de tout bon fens quâil prenoit à jeu de confpircr contre foy-mefme amp;nbsp;contre ion Eftat : fefficace de laquelle fut telle,quâincontinant apres cete publi- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
cation le peuple quitta tout oiiuertement Henry,lequel fut rendu auec fà ville de Stockholm és mains du Duc lean qui le fit ferrer en la mefine prifon où il auoit efté detenu lelpace de plufieurs années,6:mania depuis les affaires au gré de tous.
Pour dire quelque chofè de longues amp;nbsp;cruelles guerres,dâentre les Rois de Danemarc,Su-ede amp;nbsp;leurs alliez : mefinemant quâelles Ãnerent en ce temps ici : faut entendre quâen fan vil cinq cens foixâte les Seigneurs de Lubec,ville maritime en la mer Baltique, feftre liguez a- Guerre«» uec FridericRoy deDânemarc pour maintenir,difbiêt-ils,la nauigatiô en iès libertez ancien- deDannc-ncs:denôcerêt la guerre à Henry Roy de Suede fils de Goftaue.Se plaignâs des torts faits aux marc joint marchans de Lubec amp;nbsp;Dannemarc en la mer de Suede amp;nbsp;de plufieurs autres exces.Sur tous je tubec amp;nbsp;de fempelchement quâHenry donnoitau trafic, notamment en Liuonie. Voicy les occafions» le Roy de Comme laLiuonie feuft ruinée par les continuelles amp;nbsp;furieufes courfes du Moffouite.-elleie janauigMi-deiînembra en plufieurs Seigneuries.Le grand commandeur des Cheualliers Theutoniques on. Seigneur du Duché quâil ne pouuoit plus garentir, fc rendit vaflà l du Roy de Polongne. Magnus Duc dâHoIlâce frere de Federic Roy de Dannemarc eut ÃEuefché de Hapiêil,Dorpat amp;nbsp;fonterroir.Name, Velin, amp;nbsp;Viteften demeurèrent au Molcouite: Reuelamp; Raualieiê rendirent au Roy de Suede Henry. Occafiô de la guerre contre ceux de Lubec qui y trafiquoiét.
Mais Henry oppoiôit S cela les droits de fes predeceflèurs: amp;nbsp;auoit vn an auparauant eferit amiablement aux Seigneurs de Lubec prians que leurs marchans gardaflènt les preuileges à quoy ils difoient nây eftre aucunement aftraîhts, tellement quâauant la guerre ouuerte,16 Roy de Suede print quelques nauires de Lubec.Et comme les choies fe preparoient à la guerre le corps de cete villelibre efcriuit: à fEmpereurFerdinand,quâils eftoiet contraints prandrc les armes pour maintenir leurs bourgeois amp;empefchetles efforts du Roy deSi||de.Etque pour ceft effet, ils feftoient alliez du Roy de Dannemarc non moins intereffé quâeux. Outre ce demandèrent iècours aux Eftats de ÃEmpire. Si que Ferdinand promit donner ordre a pa-cifier CCS troubles auplustoftquâjlferdît poffible. Cependant les Seigneurs de Lubec en-uoient Ambaffade vers leMofcouite, afin de lâinduire à prandre les armes contre le Roy de Suede, luy remontrant finterçft quâil y auoit. Ils nâobtindrent rien toutesfois, à caulê de fali-ance qui lors eftoit entre ces deux Princes. Pour cela ils ne laifferent le mettre en campagne amp;nbsp;fur mer auffi. Mais il donna promptemant tel ordre par tout,q uoy que Fredeÿc amp;nbsp;ceux de Lubec euffentvne puiffante armée: que par terre ils ne gangnerent au commancement quâvn Chafteau nommé Esbourg, amp;nbsp;le pays dâalentour. Le neufiéme de Nouembre les troupes du Roy de Dannemarc, famaflerent de diuers garnilbns julques à ièpt compagnies dé gens de cheual,amp; vintquatre Enièignes de gens de pied, couransfus aux Suedes campez de-uantfEmftat, quâils mirent en route. Si quâen la pourfuitte ^ite par les gens de cheual fuiuis de deux mille harquebuziers: trois mille Suedes furent tuez amp;nbsp;perdirent auec leurs Enlêi-gnes quarante piece de Canon, grande quantité de poudres amp;nbsp;autres munitions de guerre â Le Comte Gautliier de Schuartzembourg le porta vaillamment en celle rencotre où il eftoit CoJonnel des gens de cheual. Au mois de May de fannée fuiuante y eut bataille naualle au port de Boruholin, entre les Nauires de Danemarc amp;nbsp;de Sued?.Mais quâapres vn long amp;furi- Bataille fur eux côbat: les Suédois emportent îhonneur amp;nbsp;profit de la journée.Car huitNauires de Dan- quot;cs^Roy^de nemarc felauuent à toutes voiles: trois autres furent prinfes aftà uoir lâAmiralle vne nommée Dannemarc h Biche, amp;nbsp;la tierce Hedor.Les Suedes traitèrent fort rudement les prilonmcrÃ^oire quela plus part moururent de faim amp;en prifon, aiant efté premieremét tondus amp;nbsp;enfroquez comme le Roy de moines amp;nbsp;releguez en diuers lieux dé Suede. Celle viôloire haufla le cÅur aux Suedes left quels
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
* nbsp;nbsp;quels cuuifon fix Icpmaines apres vindrcntprefijuc au mefine endroit aflà illir la Flotte dd Lu*
bec amp;nbsp;DamenarCj aiant vn Amiral nommé flnuincible,au moien duquel ils demeurèrent les Maiftres le premier jour t Mais au moien que le jour fuiuantceNauirc embrafé de feu 4*** le print à la poudre,coula au fond auec vn autre:fiq les Suedes furent deffaits perdans en cefte rencontre la valeur de plus de cent mil efeus. Depuis ce temps, jufques en fan mil cinq cens Ibixante huit la guerre continua,mais non fi aprement à caufè des troubles furuenus enSuede comme je vous ay dit cy deifus. Mais au commanccment de Nouembre en fan fus mentionné,farmée de Dnanemarc laquelle peu de temps au parauât auoit doué la chafle par terre auX Suedes: entra dans le Royaume amp;nbsp;print vn fort Chafteau nommé Vvardeboiirg aflîsfurvn , roc près de la mer. Apres c ela Frederic irrité de la mort de fès deux principaux Cappitaincs fvn delquels eftoit décédé de malladie, îautre auoit efté tué d vne moufquetade parlesaifif gez; entra dans la Suede,amp; malgré toute refiftance mit tout ce quâil rencontra à feu amp;nbsp;a fan^ Deux ans apres Frederic alTembla les Eftats de Dannemarc,pour auilèr Ipecialement aux moi-Paixfinallc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Continuer la guerre contre lean Roy de Suedefrerede Henry lors prifonnier. Mais
enucies pagfinterceffiondeÃEmpereur Maximilian, desRêis de France amp;nbsp;de Polongne amp;dc quel' Roys dcDa Princes dâAllemagne: les affaires demeurèrent en fiirfèance jufques fur la fin de fan mü ' cinq cens fêptâte que la Paix fut conclue à Stetin en Pomerauie entre les deux Roys amp;nbsp;la Sei' gneurie de Lubec par les Articlesde laquelle, les vns rendans ce qui auoit efté prins fur le$ autres, chacun demeuroit enfèslimites anciens amp;nbsp;la nauigation libre amp;nbsp;affurée à tous. Cc-luy des trois qui violeroit la Paix fè condamne a paier amande dâvn million dâor. Etpoutcc que le Roy deDanemarc feftoit déporté de faire la guerre durant les troubles de Suede entre Henry chaffé par le peuple amp;Iean fôn frere depuis Roy :Ieâ luy paia pour fes interets cent eiÃ' Armée amp;nbsp;ra quante mil Dalers. Mais le Mofeouire dâefpité dâauoir perdu fà proye ( à fâuoir la femme uagedes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Seur du Roy de Pologne quâHenry luy auoit promifè ) amp;nbsp;quâon auoit renuoié de,Siiedî
Ld4onk*amp;quot; fès Ambaftà deurs les mains pendantes: pour fè vanger quitta la Liuonie dans laquelle ilfc' Finiauddc ftoit jeté ijyi.furlafiii de Iuin:pourentrer au Duché de Finland des apartenances du Sue-dois.Ou les Mofeouites firent dâeftranges rauages:Somme quâauoir t5ut mis à feu amp;nbsp;fang:«®' Armée amp;ra menèrent plufieurs milliers deperfônnes en trefmifèrable captiuité.Contraints en finneaut-Tartares en tnoins de le retirer pour la venue des Tartares tn nombre de Ibixâte dix mil cheuaux,lefquels Mofeouie. afficgcrent à fimprouifte Molchou Capitallede Mofeouie: amp;nbsp;alïèz toft mirent le feu en lî plus part des maifbns qui ne font que de bois amp;nbsp;cheuilles. Si que fauoir veu embrafèe amp;nbsp;tî grand nombre de perfônnes: emmanerent les autres pourefclaues malgré la refiftaneequ^ nombre de Mofeouites lesfuiuans en queue leur voulurent faire: la plus part defquels furent en fin rompus amp;nbsp;taillez en pieces.Voila comme lesRoysfônt les vrais Magiftrats de la Diuini' té pour punir les homes amp;nbsp;Fentrechaftier eux mefmdS.Voire ceux qui penfiènt eftre les plus allurez en ce monde. Plusà loifir jevous reprefènteray au naiflâEftat du.Cham deTartarieSi du Seigneur de Mofeouie. Reprenons à prefènt les guerres ciuiles des François :defquelles mefemblevousauoir propoféle plus notable cffetaufiegequele Roypreparoit deuantla Rochelle.
Birmujwâii DonqJes le Marefchal de Biron qui auoit eu commandement delâMajefté dâentrer au amène au Gouuemement amp;nbsp;refèrrer les Rochellois le plus pres quâil luy lèroit poffible: ayant fept cor-nemenquot; de de caualletie, dixhuit Enfeignes de gens de pied,cinq cens pionniers amp;nbsp;deux coleuri-laRocheiic. nes: Le quatrième Décembre fit entrer fès troupes auGouuernement par deux endroits .Au paffage du Béraud versPoitou,^uec des vaiffeaux menez expres pour trauerfer le paffage qui Les troupes cft fur le chemin de Luçon à la Rochelle. Et pat la Baftille à dcux grands lieues du Béraud Proteftan- fijr le chemin de Mauzé à Marans. Lors pour les Rochellois eftoient en Garnifôn le Capitai-c7horJ*îr' ncNormant à Marans,}a Muffe là NuailéSc Viroletà Andilly auec chacun fà compagnie rille fc rcti- dâharqucbuziers.Etla Rhé du Puis Belliart auec vint hommes gardoit le Chafteau de Chî-ron en veuë du Beraud.Où ftR^oiant forcé aucrtit leCapitaine Normant de fe fà uucr.Mais ne voulaftt fè retirer fans voir fenncmi,le defcouurit fôudain de deux coftez.La Muflè auoit party de Nuailc fur la minuiét.Etbien quâils jugeaffent tous que fils fengageioent: le fècoursdc la ville ( qilt;rt?Wîlidroit fi loin auancer fès gens pour le bcfôin quelle en auoit : ) ne leur feroit que trop tardif : Le Capitaine Normant toutesfois voulut voir de plus pres la contenance des Catholiques. Pource auoir commâdé au Capitaine Enfèigne de retirer tous ceux de pis
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de pied auec quarante harquebuziers montez amp;nbsp;dix autres fortis de lavillc pour faffifterà fa retraite: demeurèrent en queue. Mais auflî toft forcez de gangnervn Chafteaù prochain quâon nomme la Grimenaudicre fife en moitié du chemin de la Rochelle à Marans où fc rendit Virollct au ec là compagnie:pour talonez quâils feuflènt des Catholiques firent contenan-cetoutesfois de vouloir garder la place. Cependant Biron fgifoit auancer fa cauallerie attan- fiegéebatuë dans les gens de pied auec les deux couleurines pour battre ce lieu:voiant le peu dâeftat quâils faifoient de là lêmoncc amp;c mefine quâils auoient retenu amp;nbsp;bande les yeux à Ibn trôpette pour- ^â6$. ce quâil eftoit entré fans relponce à là chiamade. La place eft fermée de fofle plein dâeau amp;nbsp;hors dufofle du cofté du bois y auoit vne grange pleine de fourrage. Où Normant mitle feu pour öfter à fennemy lemoiende fen accommoder. Mefine à cauft du feu amp;nbsp;groffe fumée * il fut contraint placer lès pieces beaucoup plus loin quâil nâeuft fait. Les Catholiques tirerent cinquante coups delquels ils abatirent vne des tours, laquelle d'vne encougneure flanquoit les deux courtines du Chafteaù. Toutesfois cmpelchez à quelques Icgieres elcarmouches des affiegez Ibrtis hors: joint que la nuit fauançoit fort, relêruerenr faftà ut au lendemain matin. Se contentant leGeneralfaftèurer defafliegez par les corps de garde quâil cftablit autour la place.Dc laquelle neantmoins les tenans le voians loins de fècours, en lieu mal pourueu de tout ce qui eftoit requis à vn fiege, amp;nbsp;menacez du tranchant de felpee ennemie: le refolurent de lôrtir fous la faueur de la nuit qui les couuroit des fi noires amp;nbsp;elpeflès tenebres que le corps de garde quâils faucerent à la fortie: ne les euft feeu difcerner pour les tirer. Virolet qui voi-oitfescheuaux deplus grand pris que ceux de fes harquebuziers: aima mieux fo mettre au hazard de perdre la vie amp;nbsp;tout ce quâil auoit,que laifler îefpoir de les fouuer. Ainfi le trompette aueugle fonnant lefignalde placegangnéc,fità îinftant ramplir le Chafteaù de Catholi-ques.Lelquels ni trouuerent grand butin; courans dés la Diane apres ceux qui ne pouuoient eftre quâa demie licuë de là . Mais joints auec les premiers que conduifoit Renoliere porte Enfeigne,fe tindret ferrez.Et marchans à la faueur des hayes, vignesjtaillis/olfez amp;nbsp;tels autres auantages quâils trouuerent par les chemins : clcarmouchans fons celTe neantmoins, fo coulèrent alfez toft dedans Ta ville pour conter lefuccezdes arresamp; premiciitrait du fiege futur. Ainfi Marans, Charon,Nuailé, la Grimenaudiere amp;nbsp;telles autres places que les Rochel-loisfeftoient gardez pour eflargiramp; dâautant mieux entretenir leurs forces,prjfes:les; réfugiez
en la Capitalle nâefperoient rien moins quâvn fiege prochain dâarlnée Reale. Ce'fait de Biron Armée Ca-prit pour fon quartier le bourg de faint Sandre, StroflcColonnel des'bandesFräpöifosfo reti-rajà Pilleborcau amp;nbsp;fix Enfeignes deGoas fo logerét à RoRflay.Ainfi les autresfacotmoderérit prend fes aux cartiers qui leurs furent diftribuez amp;nbsp;fo firent tous munir de tranchées, térrafles, barriéà -des amp;nbsp;chofes propres pour fo garentir des courfosdeceux de la ville. A la premiere auenùë defquelles fut mis le Cappitaine foint NÃartin, furnommé le Luterien pource quâil auoit efté autrefoisProtcftant.il auoit douze cens braueslbldatsamp;'quionttousjours fait le deuoir. Du Ga Colonel dâvn regiment des vieilles bandes Françoifos fort fauory de Monfieur fut logé à Neftré quelque deuoir que les Rochellois peuflènt faire pour mettre le fou au bourg amp;nbsp;luy.oftertoutesfes commodirez.Ce jourFlogeac Saintongeois auec douze chtpaux alla vifiter ceux de Pilleborcau où comme ils eftoient encores en defordre fiir la commodément de leurs logis, en fut tué quelques vns du camp. Ce pendant Cfeux;de la ville riéceflbient de démolir amp;nbsp;mettre le feu cz maifons amp;nbsp;villages prochains einpörtans ou gaftans les viures refi tez auGouuernement.Toutesfois ceux du camp trouuerent en plufieurs endroits grand nom- viiie^fircnt bre de vins amp;nbsp;de foins: qui leur aidèrent fort à paflèr leur hiwer .Adoucies Rochellois qui nedoutoient plus quâon preparoit contre eux vn grand fiege: affez eftonnezj comme la nou-Ueauté amp;nbsp;commencement de toutes chofos triftes, mefinement non acouftumées, engendre vn certain eftonnement au cÅur des perfonnes: dcfpecherent homme le foptiéfne du mois de rechef a leurs Députez en Angleterre auxVidame amp;nbsp;Comte d^VlongommeTy,poïir leur fai
re entendre le befoin quâauoit la ville dâvn bon amp;nbsp;prompt focours. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠Les Rochel-
Dâailleurs le Roy Charles fesforçat par tous moiês dâaffoiblir les Rochellois.' Et perfuadé, âc^KAefe^n que retirât la Nobleflè de la ville ils nâauroiêt cÅur amp;nbsp;moicn de fo coforu^^ijijiijj^nâentendre Angleterre, la plus part dâeux corne il fo falloir pouruoir contre vn fi long fiege. Auflî quâils nâauoient home de telle experiance amp;nbsp;autorité qui lôus^fos commandemês peuft vnir amp;nbsp;manier les cÅurs des Rochellois comme il eftoit bien requis en cefte occurrance: eniioia lettres a Languillier
amp; la Roche
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Lettres du Roy à de Languillier
Lettres de Languillier au Roy.
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
8c la Roche Enard, donnant ordre que les autres Gentils hommes fuflènt fôllicitezdeforuf hors la ville par tous moyens ôc les plus propres defquels on peut auifer.
Moufieur de Languillier, jâeuoic le fleur deBiron en ma ville de la Rochelle,de laquelle lui ay donné le Gouuememcnt poury commander 8c y eftablir mon intention fiiiuantineâ Edits.Et dâautât que je fuis aucr|i que vous eftes dedans ladite ville ; 8c que les habitans votis y ont receu : je vous prie amp;nbsp;commande comme votre Roy,vovs retirer en votre maifon poUt । vous y comporter 8c viureibus foblèruation Ãc benefice de mes Edits. Ce que fi vous j jâentensôc veux que vous yiôyezauec votre famille maintenu, garde 8c confêrué fans qui f vousfôit fait aucun defpIaifir.Mais aufli on cas que ne vouliez obéir à ce que je vousmanHC) 1 (brtir de ladite vi lie ôc faire aéte de fujet tel que vous mâeftes : je vousauià que jeferayptu' t ceder à fencontre'de vous ôc de vos biens comme criminel de leze Majeftc. Le premier par* ti vous fera plus vtile honorable. Et partant ibiez fi là ge ôc bien confeillc que de le fuiuf® ôc ambralfer. Priant Dieu,Monfienr de Languillier, vous auoir en fa garde. Efcrit à Paris ce dixiéme jour de Nouembre. Sur quoy Languillier auoir communiqué ces lettres, ôc auft toà refôlii de nâen efFeéfuer le contenu, relpondit.*
Sire, ayant hier feulement receu la lettre qu'il a pieu à votre Majefté mâelcrire debug temps : j'ay bien oie prendre la hardieflè de vous faire refponce pour vous rendre conte, cer* tain Ãc veritable de mes comportemans depuis la mort auenuë de tant dâilluftres perlbnnage$ à Paris : ôc laquelle je voiois approcher de moy tous les jours par lêmblable voye de ville en ville comme faiibis-je par plufieurs mailôns particulières en tout leplatpaïs.Quifutcaulé quâen premier lieu pour la fèuretté de ma vie : je me retiré à quatre lieues de chez moy, chant fabrydâvn fi impétueux orage. Ne me pouuant perfuader ce que je vis bien toftapr^^ pour faueu quâil vous pleut faire de ce quifeftoit pafle. Chofe qui mâaugméta de beaucoup feftonnement en quoy jâeftois. Et me fit changer dedefleinque jâauois pris de me tenir coj (bus îafTcurance quâil fèmbloit que votreMajefté vouluft donner à mes freres. Etfcmblabk
ment receuât fur tels propos plufieurslettres de Monfieur du Lude,du Sieur delà Haye Lien tenant de Poiélouôc du Baron deBelleuille mon neuen ; auec tres-viuespcrfuafionsdeW^ contenir là où jâmoy.Mais mâaiant efté enuo^é par ledit fieiir de la Haye mefmes, vne lettres dâEdiét publiéôcimpirmé portant par expres de lè fâifir de tous ceux qui pourroient auoir cU quelque commandement aux troubles qui le font palfez : je deliberay lors fur cela de mâef ⢠I' venir en çetç ville: pour auec plus de temps rcfpirerôc auoir en confideration quelque lêure-
té de fauq^ement des chofés qui fo^aflbient.Surquoy en fin je me fuis refolu apres auoir veH J ÃEdit folennel que votre Majefté a enuoié par vos Prouinces : contreuenant du tout à la tref-eftroite promeffe que vous auez faite à Dieu, à tant de Princes eftrangers ôc à vos pouresfu' jets de nous maintenir en liberté de nos confcicnce?, feureté de nos vies ôc jouïflânce de nos biens. Auez déclaré neantmoins ne vouloir permettre en tout votre Royaume autre exercice de Religion que celui de la Romaine en laquelle graces à Dieu( qui mâa fait fi grande miferiâ corde de me donner la vrayeconoilfance dubutdemonfalut) jâaimerois mieux eftre mort de mille grorts que de me fousmettre jamais.Parquoy je vous fupplie tref-humblement de ne vouloir trouuer eftrangene maUMais quejepaflèle refte de mes jours en lieu où laParolledc ce grand Dieu qui vous permet de regner,floriircôc foit purement anoncée. Car il nây a nulle autre caufe je vous jure par le mefme Dieu ( Sire) qui me peuft empefeher dâobeir promptement ôc de bon cÅur à tous les commandemens quâil vous plairoit de me faire. Mais le fait de la Confcience emporte tani»: ôc eft fi inuiolable que pour nullechofo je nây voudrois con-treuenir. Si eft-ce pourtant que je ne doneray cet auantage à Gentilhomme, Capitaine,nâau-tre quifoit né votre fujed : dâauoir tousjours eu en plus finguliere recommandation la grandeur de votre Eftat, la prolperité ôc bonne fonté de tous les Rois vos predeceftèurs,fous le tref-heureux regne delquels jâay depuis mon plus jeune aage porté aufli alegrement les armes que t compagnon que jâaye eu de mon temps. Et feray toute ma vie pour mefines caufes, de meilleur cÅur que jamais : quand il aura pieu à ce bon Dieu de vous illuminer.Et que je verra/ en toute fourgté ôc liberté là parolle prefehée par le pais de votre obeiflance. Dequoy (Sire) je fay tref flumbl^icnt requefte au Seigneur Dieu vous faire bien âtoft la grace:en vous donnant dâailleurs auec tref heurefe Ãc longue vie le comble de félicité.A la Rochelle ce huitié-
me de Décembre mil cinq cens iôixante amp;nbsp;douze.
Lâvnc
livre TRENTEDEVXIEME. 124.
Lâ V N E des chofcs quâon eftime des plus neceflà ires en vn fiegCjCft la commodité de lean auec telle abondance quâelle ne puilTeeftreoftéeamp;diuertie. La Rochelle a grand nombre de puits doux qui ne tarifent jamaiSjûns compter les puits (allez. Et outre elle a trois fontai- Roâhdkâ nés qui ont leur fource du village de la Fons amp;nbsp;viennent par conduits (bus terre en trois endroits de la ville. Parce le treziéme Décembre de Biron ameng de grandes forces en ce village pour rompre les tuyaux amp;nbsp;leurs cours,de telle (orte que ceux de la ville nâen receuflent fv-fage accouftumé. Occafion que déflors on fit deffence en ville quâaucun nâeuft à v(èr Sgt;c (e feriiir de ces fontaines. Gardes melînes y furent eftablies pour mieux faire praticquer les def-fences du Magiftrat crainte dâempoilbnnement. Mais les fontaines ne cefièrent de jetter feau en pareille abondance que de couftume: amp;nbsp;toft apres tout le peuple fen (èruit comme aupar- ycutdeftoift auant. lugeant vn chacun que telles eaux qui viennent de loin ne pouuoicnteftrc aiiement «er lâeau empoifonnées.âcomme aufli ne pourroient eftre empefehées ni diuerties pour le grand nom- i^aRochelle bre des bonnes (burces qui (è rendent dedans ces tuyaux. Ainfi conurent lesCatholiques que «laâs câ la Rochelle ne pouuoit eftre prinlè par la di(êtte des eaux. Ce pendant efcarmouche fe ren-forçoit dâvne part amp;nbsp;dâautre entre la villeamp;?laFons où les Rochellois perdirent cinq ou fix (cedars entrâ-autres le Capitaine Alemagne Lieutenant du Capitaine Normât.Les Catholiques y perdirent plus dâhommes amp;nbsp;entrâautres S. Geneft Guidon de Biron. En mcfme «temps que cec entre la ceux de Sancerre toutes cho(ès debatues prindrent telle conclufion en leurs affaires que je vousdiray.
Par remontrances des vns aux autres ils firent eftat de (è relbudre à guerre ouuerte. Parce Les Saneer* cfleurent pour Chef amp;nbsp;Gouuerneur de la ville le Bailly loaneau qui îauoit efté aux derniers troubles. Drefferent vne compagnie de cinq cens habitans cômandez par Martignoiijy corn- guerre amp;nbsp;pris cent vignerons auec leurs fondes delquelles ils auoient fait preuuepar ci deuant quâon nommoitPiftolles de Sancerre. Les réfugiez furent repartis és compagnies de la Fleur qui comandoit à petit nombre de Cauallerie qui fy treuua. De Montauban^ du Buiftbn, Pafque-lon amp;nbsp;leCapitaineDoriual.DâAubigny auoit charge fur les volôtaires : failâns tous les eftran-gers armez nombre de trois cens (bldatsamp;trois cens cinquante habitans. Martignon le Pere e-ftoit fergent Major. Puis eftablirent vn ordre tant à la Police de la ville quâau fait militaire* Et dautant que les réfugiez (bupçonnoient plufTeurs habitans quâils difbient auoir fauoriféla prinfèduChateaujfut ordonné quâau Conlèil de la viUe nâalfifteroient quâvnze eftrangers quâils nommerent.Ce fait ordonnèrent des trouppes qui deuoient aller chacun jour au fourrage amp;nbsp;quelle de viures pour maintenir la place quâils pdUrueurent de ce quâils pe|ÿ:ent öfter à leur ennemi qui ja grolfilïbit amp;nbsp;peu à peu fauançoit fur eux. Notâment le Capitaine Car- â tier dâOrleans,à la compagnée duquel aucuns de Sancerre feftoient jettez pour de jour à autre ennuier leurs compagnons :lefqucls Raflèrent tout ce mois de Décembre en telles e(car-mouches attendans le gros de farmée quâvns amp;nbsp;autres elperoient en bref. Le fixiéme de ce mois Riual autrement la Pomme conuaincu dâauoir rançonné amp;nbsp;pillé par les villages contre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
les deffanfes, mefines dâauoir chauffé les pieds à vne femme du bourg de Menetreol pour a-fti ede uoirargentdâelle:futpcnduamp;eftranglé :amp;deux autres (bldats auec vne chambr^ere fouë- sancerre. tez, pour larcin. Touteffois ils (è montrèrent trop pareftèux.fCar bien que les plus auifèz fa(^ feuralfent dâvn fiege) à la récolté des fruits. Et ce dautant que le Bailly fabulant és forces du Roy quâil nâeftimoit fuffilântes pour faire trois Armées:perfuada à plufieurs quâil lairroit Sancerre comme ville fienne apres la prinlê de la Rochelle,Montaubanamp;Ni(mes;deuant lefquel-les il eftimoit deuoir emploier toutes (es forces.Occafion quljls ne femploierent à recercher Sancerrou autant de prouifions quâil leur falloir: ni mefines à ramparer ni retrancher la ville comme il eftoit requis: non plus que faire le Gaft à S. Satur,Fontenay amp;nbsp;autres villages où les Catholiques faccommoderent comme ils voulurent.
C e p e n d a n t les Miniftres firent celebrer le jufhe à la Rochelle le (eze dixhuitié-me de ce mois: pour mater les coeurs amp;nbsp;rendre les hommes pltà obeiflà ns quâils nâeftoient. cLue? °
En mes m e temps Gourdes Gouuerneur en Dauphiné nâoublioit aucun moien pro-Eftat de pre à maintenir le pais en Paix : tachant par lettres amp;nbsp;autres voies de perfiiade^tous Chefs Dauphiné-amp; autres Proteftans de fuiure la Religion Catholicque commâil dilbit eftr?PînRntion de Majefté quâil nây euft que cete Religion en (bn Royaume : amp;nbsp;de faire polêr les armes à ceux qui les auroient pris de leur mouuement propre ou par ^exemple des autres. Or comme tous
les
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â Içs Dâauphinois leurs voifins font communément plus confoiencieux plus gens dé bien que nos François:de/quels lâabondance de tous biens amp;nbsp;la continue licêce des armesjà eu pin* de force a corrompre leur nature, que la poureté amp;nbsp;le labourieux repos de ceux qui pour w plus partviuent cz montagnes: Aulïi ne voulans rien faire contre le deuoir de confoienceéic quâils refulâflènt le premier pgint: fi cft-ce quâils doutèrent long temps du fécond : jufquesa publier leurs raifons dâvne part amp;nbsp;dâautre.Ceux qui difoient quâil falloir mettre les armes bas puis que le Roy le commandoit: vfoient de ces raifons. Qi^ le Prince auoit toute pui^là u^Æ fur eux fors que fur la confoience,qui ne le doit amp;nbsp;ne fo peut deffandre par armes. Que îexe' prînfes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;primitiue Eglifo le montre alfez, en laquelle/vn foulChreftien ne feft ingéré de maiU'
Qui doit po fer les ar-
pjur la Rc- tenir vne chofo IpirituelleSc dont la deffencc apartient à vn Dieu foui, par moiens terriens^ ligion. fragiles qui font en la puilfance du Magiftrat foui. Auecce que feuenemant malheureux tant de guerres ciuiles encommancées pour le fait de la Religion, montre affoz combien Dieu benift telles entreprinfos. Somme que prefque tous en vindrent là , dâeftimer raifônable de pofer les armes amp;nbsp;débattre feulement qui les deuoit pofor les premiers des Catholiques
im'en des*^' Ftotcftans. Ccux la fo fondoiét en droit amp;nbsp;en faufbrité Royale.Le droit veutjdifoient-ils,^«^ Cathoii- ceux qui maiftrifont ceffent les derniers en ce qui fora teciproquemant accordé entre les pa^' rcftaiK nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâautorité amp;nbsp;honneur du Roy foroit interelTc de faire à utrement. Ca r ce feWi'
ade dâobeilfiuiceà lui qui a toute puiflà nce de commander.
Les autres au contraire,ont aulfi lailfé leurs raifons par eforit, difâns que fi on dilpute p^ le droit il nây a ceîuy qui ne confeffo quâon ne peut juftement requérir quelquâvn quâ11 celle de parer, de mettre la main au deuant ôc de fo deffandre: que premier on nâaie ceffé de tirer, de fraper amp;nbsp;dâoffenccr.Car eftant toute chofo qui à vie naturellemant aprinfo à la conferueH câeft confoquammant vn ordre du tout naturel, que qui la veut öfter, doit cefler premier celuy qui ne tache quâa le retenir. Et nefo peut prefumer quâil en laiffo la volonté tant quâil eO rericne les moiens ja defploiez entre fos mains.Pour donc vider cela il faut voir,difènt-ils, qu* eftfagreffé amp;nbsp;qui fagreffour.Qui pourfuit amp;nbsp;qui faune fà vie.Qui tire les coups amp;nbsp;qui met fo bouclier au deuant. Peu de mois auanr ces derniers troubles les Proteftans, difoient-ils,inon' trerent bien quâils fo fioient du tout en la parolle à eux donnée:rendant auant le terme les vil' les baillées pourfo couurir des coups Cathofîques. Ils eftoient tous paifibles amp;auoienttellfi' ment effacé de leur efprit tout fouuenir de guerre : quâà peine fofouuenoient ils où eftoien* leurs armes.Le vintquatriéme Aouft ils furent par vn mauuais confeil,prefques tous meurtri* dedans S^euant le Palais Royal Sc^uis apres par toute la France. Encor toutesfois ne prif mes nous les armes. Mais partie de nous fo contenta de fuir, partie de fermer la porte par vn mouuemant naturel à la mort qui nous pourfuiuoit. Finalement aucuns des noftresfo refofo' rent de fermer les portes contre ceux qui auec grotfos armées venoient pour leur couper b gorge dans leurs maifons. Et apres infinies proteftations, voians les glaiues teints du fang de nos frétés apreftés contre le leur: cercherent les moiens de fen parer amp;nbsp;fo couurir au moitf mal quâil leur fut poffible.Nous auos donc pris les armes pour noftre deffance.Par confequét Ladeffance câeft à eij^ qui pourfuiuëtnoftre mort de mettrebas les premiers.La Loy Ciuilc pemet à îef-rSuVeS- cfoue pourfuiui par fou Maiftre courroucé fefpée au poing,luy fermer la porte de fa chambre trefô raaif- mefme,pour fyfà uuer.Et fil la veut forcer,de la barrer le mieuxquâil pourra:amp;fil fefforccpluJ fan wiuT outre,de fo metre contre luy pour luy empefeher Centrée; Qiæ fil nâeft le Maiftre qui fait cete fon pere. violancc:mais quelques galans de Maifttes Seruitcurs qui fous lâautorité du Pere de famille le veulent tuer: il nây a doute qu^a Loy ne luy permette encor dauantage. Et que fi on luy did quâil ouure hardiment quâon ne luy fera point de tort amp;nbsp;quâil le refufo tant quâil verra les aP mes en main,il nây a aucun qui le condamne: dâautant quâen fefpoUuentement où il eft reduù ne pcuuant Fil ouure amp;nbsp;quâon le veille tromper,auoir recours quâà fo jeter par les feneftres: il ne peut eftre affouré quâon nâay point de volonté pour luy iluire tant quâil voit quâon aye les moiens en main.Or les Roys%nt appeliez Peres du peuple.Par confoquant ils doiucnt traiter leursTujets comme enfans. Il eft donc plus permis aux enfans quâaux Efolaues: comme il eft plus requis des Peres que des Maiftres.Eftant chofo affiu'ée que les fujets doiuent eftre tenus en autre rai^^îïeïes Efclaues.LePere jetera fon efpée bas:fcraretirer ceux de qui on fo meffie: chatira les bourreaux : amp;nbsp;faprochant pour confoler fos enfans, les defohargera de toute crainte,leur tandant fa main de toute humanité pour leur faire metre les armes bas. Que ft lâon
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fon die qiiâilyva de fhonncuramp; reputation dâvn Roy de faire Jclemblablc : Ils reiporideiit sileRoy au contraire que Ie plus honorable titre quâont amp;nbsp;curent jamais tous les Roys du monde, eft de porter titre de Perc du peuple. Ved que les titres ic donnent pour lâeffet ⢠Et ceft effedS: les armes conuient à ce nom là . Il va bien de lâhonneur entre deux ennemis à qui premier laKîèrâ les armes car ils combatent à quilèraleplusfortamp;empcyitera lâauantage: Mais icynây a rien defemblable : veu que nous ne débattons que pour la dcifcnciue. Voyre que thorn ncur des Catholicques fera perdu fils ceflbyent de vouloir forcer les fujetsà cequcla rah lônamp; la bonté naturel le les peut mieux induire que les armes pour les mener en triomphe.
Son honneur eft de le montrer bénin amp;nbsp;doux: cercher tous moyens de les regangneramp; les retirer du delêlpoiroù il les a mis. Autrement fous vn prétexté de coniêruerleur reâ ⢠putation : ils la perdét acquérant celle de sens inhumains. Au refte les fu jets ne veulent en-treten cópetance auec hiy: qui doit montrer quâil eft non tant le plus fort; que meilleur Prim auxPercs. ce quâilsne font bons fujers:Les bons Princes font eftimez lâImage de Dieu en terre. Dieu au quel les homes font plus tenus quâaux Roys: veut auoir ceft honneur de nous aimer premier je Dieu a que nous luy.Et ne le pouuons aimer prAiier quâil ne nous aie aimé.Il ne le courouce janîà is injuftement comme les Princes à toute heure.Et toutefois il ceflè pluftoft de nous hair que joPuX gou-nous luy.Et defpouille pluftoft les Armes que nous noftre rebellion;Lâamour eft vne grande vertu,amp; naturellement veut commancerdu plus parfaid,duvray Prince vers lès fojets, du vray Pere enuers les enfans: defendant pluftoft que montant . Et lors par vne certaine refleôhonles enfans commandent a aymer le Pere amp;nbsp;les fujets le Prince. Et comme câeft aux Peres de commancer : auflî eft-ce à eux mefinc de recommancer fil finter^ romp, amp;nbsp;fils viennent à delfiance de cercher les moyens de les aflèurer. Voyla comme (è perfuadans que câeftoit aux Catholicques à mettre premieres les Armes bas : ils fc fefo-lurent en fin,de e confèruer par vne jufte deffance tant que leurs pourfuiuans leroyent armez. Ce quâils fo perfuadoyenr dâautant plus jufte: quâoutre les raifons quedeftusôc les exemples du pafte ^ui les aprenoyent à fe mieux couurir amp;nbsp;plus foupçoner les por-temans de leurs ennemis quâils nâauoyent fait julques là : ils ne penfoyent faire aucun tort à perfonne,fi fc tenans fur la deftènciue leulem^nt,ils ne faifoyent delplaifir à aucun, quâeftans violentez par ceux mcfmes qui les contraindroyent deles molefter* Puis publièrent les Articles qui fuiuent pour le reglement de la guerre amp;nbsp;police,pendant que ces troubles auroyent cours en ces pais de Languedo, Dâauphiné amp;nbsp;cartiers prochains.
Premieremant que corne les Niniuites à la voix de Ionas:Les fideles aufti à la v«ix de Dieu courroucé parlant par fes lêruiteurs fos verges amp;nbsp;menaces;publient amp;nbsp;obfèruent eftroidemét amp;nbsp;fans hypocrific par autant de jours quePEglile auifera çn chacune ville ou Dieu les aura retirez: vn Saint Sc Chreftié leulhe qui lerue à les humillier abatte amp;nbsp;mater la chair amp;nbsp;efleuer ÃEfprit à Dieu. Que par prières publicques amp;nbsp;trelà rdentes,auec vn continuel amandemat de vie du plus grâd jufques au plus petit: ils facent corne de nouueau,ainfi quâau temps de lofias paix amp;nbsp;alliance auec ce grâd Pere de famille irrité pour leurs pechez.Et force fvn auec fautre conjoinâs par vraie foy amp;nbsp;charité:IIs anoncent la mort duSeigneur,celebrans fâ rqf moire en laftion de la faintc amp;nbsp;fâcrée Cene.Que cela fait en chacune ville eftans aftcmblez en lieu pu-blié:Ils jurent pour eux amp;nbsp;leur poftcrité,dâaccomplir inuiolablement les Loix qui fuiuent af fauoir» i. Q^en attédant quâil plailè à Dieu (qui à les cÅurs des Roys en fa main) de changer celiiy de leur Roy,amp; reftituer lEftat de France en bon ordre ou fufeiter vn Prince voifin qui foitmanifefté par fa vertu amp;nbsp;marques infignes eftre liberated decepourepeupleaffligé:a-pres le ferment fait 3 ils eflifènt auec voix amp;fuffrage publicques enleurdite ville ou Cité vn Chef ou Majeur pour leur cômander tant en fait de guerre pour leur deffenfe amp;nbsp;confèruation: que de la Pollice ciuile : affin que le tout y foit faiól par bon ordre. 2 . Q^âà chacun defdifts Majeurs ils eflifènt vn Confèil de vintquatre homn^s . Lefquels amp;nbsp;pareillement Confeilau le Majeur fera pris amp;nbsp;choifi fans acception de la qualité : foit des Nobles ou dâctjtre le ' peuple tant de la ville que du plat païs : Comme ils feront conus propres pour le bien public. 5 . Quâoutre lefdits vintquatre Confeillers qui feront ordinai#is,âH^ le Majeur quifera le 2 5. y ayt 75. hommes efleuz lefquels feront nombre de ccnt;qui feront pareillcmêt fdJ pour la indifféremment pris tant des habitas des villes que du plat pays.Pardcuat lefquels pourrôt ap-peller les parties ez caufes ctiminellcs feulement .Câeft aftà uoir où il y auroit codamnation de
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mort, baniflèmentou mutilation de membres. 4. Que fans le Conlèil des vintqiiatrcâ le Majeur ne puilïè relôudre ny faire aucune chofe de la guerre amp;nbsp;de la Police qui peu uent tomber fous deliberation amp;nbsp;des chofos de plus grandes importances. QueleCon-foil des vint cinq ne puilïc autre chofe determiner fans le Ccnfèil des cent comme pour Loy nouuelle ou abrogation (^âaucune Ordonnance des Monnoyes, leuée de deniers, accord de Treues ou Paix ez chofos diredement touchante au public amp;nbsp;d'importance. Que les chofos ordonnées par les Chefs amp;nbsp;Confeils; Soycntdilligemment exécutées^ volontairement, ïâns aucune cundation comme deuant D i ev fur peine de corrediou exemplaire. 6. Que tous les ans aux Calendes de lantiier les vinteinq fe deppofent . de leurs charges en lâalTemblée des cent amp;nbsp;puis demourans perfonnes priuées ( finon du nombre des cent) par lâauis dâeux tous, on procédé à nouuelle eledion dâautres. Afc' uoir dâvn Majeur amp;nbsp;vinât-quatre Confoillers qui foront choifis comme eft did cy def-fus. Et dont ne foront eilens ceux qui foront nouuellement deppofoz : fil eft trouuébou à la pluralité des voix. Excepté le Majeur qui ne pourra eftre appellé à mefme charge qiftl nây ayt deux ans dâinterualle pour le moinÃ. Mais demeurera du nombre des vint-quatre Confoillers pour cefte année : En forte quâil nây en aura que vinttrois a eilirc de nouueau. Et puis le nouueau Majeur qui fora le vinteinquiéme. Et aliénant la mort de quelquâvn dâeux dans lâAn : foront aifomblez les cent qui y pouruoyront pour I0 re-fte de lâannée folon quâils verront eftre bon. 7 . Que ces vinteinq le jour enfuiuant leur eledion, caifont les foptante cinq amp;nbsp;eneilifent autant tn leurs places commedd-fus. Dont foront exclus ceux qui en auront cfté lâanneé derniere foulement, amp;nbsp;foit ainü pourfuiuy ceft ordre tant que befoin fera. 8. Que fi quelquâvn dudiél Confeilde» cent eft appellé à quelque charge Ciuille ou militaire ifoit depofè dâentre les cent, finon quâil fuft enuoyé en qualité de Commiflà ire pour traider de Paix, Guerre ou autreaf faire public auec Princes ou Republicques. 9. Que ceux qui foront comptables ne puiflent eftre appeliez à charge aucune quelle foit, jufques apr^s la reddition amp;nbsp;doft ure de leurs comptes . Et quâils ayent payé le relliqua fils font redeuables. Et fiaU' cun donnoit voix amp;nbsp;fuffrages à vn compt^lc foit condamné à vint cfous dâamande, quâil payera promptement à peine de prifon. 10. Que les Officiers ordinaires de la lu-ftice fils font conneuz gens de bien: demeureront en leur premier Eftat pour îexercet comme de couftme: amp;nbsp;juger abfolument des caufosde leur premiere Iurifdidicn:aucC Confoil d^ douze de la qualité rd^uifo. Et fi lefoids Officiers ordinaires ne font gens qui ayent accouftumé desâaquitter de leur deuoir amp;nbsp;hors de toute chiquaneric : en les defmcttant: Le Majeur amp;nbsp;Confoil de chacune ville en pourra cftablir dâautres de la qualité requifo amp;nbsp;neccifaire pour exercer lâEftat de fudicature . Et foront lefdids Officiers General fujets à Cenfures, Repprimcudes amp;nbsp;chaftimens fil y efohet. ii. Quâentre touslef-pourlagucr dids Chefs amp;nbsp;Confeils particuliers ils eflifont vn Chef General à la façon de Didatcur
Romain pour commander en la campagne: Auquel auffi ceux des villes amp;nbsp;Citez obey-ront en mut ce qui fora de fa charge pour le benefice commun de leur conferuation. La façon dâeflire ce Chef General feroit bonne fi comme les Ioniens, Doriens, Boetiens, Achetés, Dolopcs, amp;nbsp;autres peuples des douze floriffantes villes de Grece, quipoura-uifcr à leur Eftat faffombloyent deux fois fan. Ou comme le Confoil des Amphitions du temps de Paufânias : Les Majeurs amp;nbsp;Confoils des villes fo pouuoyent aflèmbler en quelque lieu amp;nbsp;villes commodes*pour toutes. Mais pource que cela leur eft malaifè pour maintenant : Ils pourront apres vne Sainte ptiere chacun M a i e v r amp;nbsp;Confoil aflem-blé endroid foy: procéder à teledion dâvn Chef General. Etenuoyer chacun Majeur amp;nbsp;Confoil fon vÅu amp;nbsp;fuftfage à celluy de la ville qui par vn auis courant fora trouué plus propre à recueillir tous les auis des autres affin :que là folon la pluralité des voix amp;nbsp;fuffrages qui y foront enuoyez de dehors : loints auec celluy de dedans. Celluy foitfolcmnel-lemcnt déclaré amp;nbsp;prononcé Chef General dâentre les membres à qui D i e v par le plus de voix lâaura voplu accorder. nbsp;12. Et combien que lesneceffitez des guerres nâatten-
Gencrâr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tcusjours le Confoil. Et que comme lâon did la guerre fo face à lâÅil: Nâeant'
j'Aniiée. moiiis quâil foit efleu par mefine moyen amp;nbsp;par la mefine voix que deftus, vn Confoil aU
Chef General, duquel il foit tenu de prendre auis toutes-fois amp;nbsp;quantes que lâoccafion fi prefontera
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prdêntera amp;nbsp;que Ia ncceHité du temps amp;nbsp;des affaires Ie permettra, . Queparmcf mes moyens fóycnt efleuz cinq Lieutenans au General, qui luy fuccederont félon quâils feront nommez vn apres la mort ou defmilê de lâautre en mefme ou femblablc charge pourcuiter toute confufion defôrdrc amp;nbsp;inconucnicnt, qui pourroit auenir par lâentreprin-Cc que les ennemis pourroyent faire en trahifôn ou autrement contre le General : pour priuer les membres de conduire par là mort. 14. Que tous lefdiôls Chefs amp;nbsp;Lieutenans foyent gens qui ayent tant que faire fê pourra la crainte de D i e v, fon honneur, fa gloire amp;nbsp;fon Eglifo en fouuerainc recommandation. Etauec la prudence foyent ac-compagnez de quatres chofos que lâon Içait deuoir eftreenvn grand Cappitaine. Spauoir fesLieutc-cft de fciencc Militaire, de magnanimité, de hardiefïè, de reputation amp;nbsp;creance, amp;nbsp;de ⢠profperité en lès entreprilès. 15. Que les Confeillers des Chefs des villes amp;nbsp;de la campagne outre la connoilïà ncc de lâArt de la guerre amp;nbsp;de la Pollice : foyent de ceux que letro beau Pcrc de Moyfe luy conlcilloyt dâauoir pour foulagement : hommes vertueux, qui craignent D i ev, amp;nbsp;hommes véritables, qui ayent en haine lâauarice. lôquot;.
Quails prennent garde à ce que did le» Sage: Q^e la repentance fuit de pres leConÃil leger. Et que la plus part des fautes en la Guerre amp;nbsp;en lâEftat ne le peuiient faire quâ-vnc fois. Partant quâils nâoublient le garder dâen faire : amp;nbsp;nâoublient à remédier à tout ce que par Confeil le pourra remedier amp;nbsp;pouruoir. i 7. Que fur les deniers amp;nbsp;tre-for public ( quoy quâil ne doiue dire en cet affaire de Religion amp;nbsp;neceflîté comme à fo conferuer apelé le nerf de la Guerre ) chacun endroid foy en chacune Cité eflilcnt de gens de bien amp;nbsp;fans fraude tant pour reccuoir que pour deliurer, amp;nbsp;autres pour contre-roller, amp;nbsp;fur tous vn Contrerolleur General eflably au lieu où ils aduiforont le mieux amp;nbsp;gens fuperintendans aux Finances, tous comptables au Confèil pour cuiter toute fraude amp;nbsp;maluerûrion . 18. Et pour obuier aux Calomnies lefquelles fouuent font efpar- Calomni«. fcsà fus aux Chefs amp;nbsp;principaux membres du Corps par lâArtifice des ennemis ou par ambition ou autresfèmblables pefles que le Diable faitfouuentgliflèramp;cerchedâintroduire en lâEglifc : Ou ^ui naiflènt de quelque foupçon legerement pris par les Soldats ou par le peuple : Et pour empefoher les defordres qui en aduiennent bien fouuent. Qif il foit loyfible en chacune ville à vn chacun, flâaceufer pardeuant le Majeur amp;nbsp;fon Confeil tous ceux foyt de la Noblefïc, ou autres Chefs ou membres quâils penforont machiner, praticquer ou faire quelque chofe contre le bien public de la Religion amp;nbsp;de la def- Acuferles fence commune du Corps. Et sâil auenoit que le fo«»pçon tuft fur le Chef amp;nbsp;le Con- foupçonnex feil ou partye dâicelluy : faeufateur pourra requérir que les cent foyent alïèmbiez pour le bien public. Aquoy feront tenuz fatiffairc le Majeur amp;nbsp;le Confèil. Et là pardeuant eux tous, propolèr fon aceufâtion affin dây*cftre pourueu comme ils verront cftre bon. Et ne lè tiene pourtant aucun de ceux qui fèront ainfi accuièz pour offenfo de lâaccufateur, qui ne doit eftre mené que dâvne bonne confcience. Ains pluftoft lâacufé foit aifèamp; joyeux que D I E v face à tous fès compagnons pgt;aroiftre fon innocence fi elle y eft. i ÿ. Que fuiuant les jiigemens qui fenfuiueront foit faide punition condigne des coulMblesfâns auoir efgardà telles fautes, ny ez autres aux feruices paffez, que les coupable leurs parens amp;nbsp;amis peuuent auoir faids. Affin que la vertu à laquelle parmy les hommes eft deuë rcconnoiflà nce amp;nbsp;guerdon: ne foit fâtisfaide de fès merites au prejudicedelagloi-rc de DI E v amp;nbsp;de la fèureté commune: Auec la remiffion de la peine deilë à la faute: Ains foit l'vne tousjours gucrdonnéeamp; lâautre chaftiée amp;jjgt;unie : amp;nbsp;quâauffi aux fauxac-eufatcurs foit impofee peine fuiuant les Loix, Ordonnances amp;nbsp;couftumes des lieux. 20. Que la neceffité de tenir Armée en Campagne paffee : Le General en remetant fa charge entre les mains du Confèil : ne defdaigne point, ny les autres Chefs inferieurs pareillement leur temps accomply, de retourner comme parauant perfonnes priuées ou auoir moindre charge. 21. Qi^ ton introduilè amp;nbsp;obfèrue treftftroidement depuis le Chef General, jufques aux moindres Chefs amp;nbsp;membres la difciplineEclefiafticque amp;nbsp;re4igieu réordonnée Scintroduidc parcydeuant par les Sinodes tenus en la France auant la dernière diffipation des Eglilès par les Miniftres amp;nbsp;Anciens dâicelle. Affin qife parâ« moyen on voie à lâÅil le Regne de D i e v amp;nbsp;le feeptre de fà parolle eftably amp;nbsp;entretenu: amp;le regne
0.^4 ij-
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Lâ H'I s T o I R E D E F R A^N C E.
Difeipline militaire.
dçSathan auec la cohorte des vices que-le monde amp;nbsp;la chair entretiennent deltruióls, chaf-abollis d'entre les fiddles, comme il aparticnt à vrays enfans de lumière. Eftansal-furez quâen ce failà nt ils ièront bénis à la villç aux champs. Ils habiteront en toute leurc-té J rien ne les elpouuentera, le coufteau meurtrier ne paflera pointpar leur terre. Cinq dtn-trâ-eux pourfuiuront cent de leurs ennemis: cent, dix mille. Le Seigneur eftablirafon alliance auec eux les fera croiltre amp;nbsp;multiplier en paix amp;nbsp;abondance de toutes choies necef-laircs. La ou au contraire fils melj?rifent les ordonnances de D i e v vniant : fils lailTeÃt regnet les vices amp;nbsp;desbauchez parmy eux : La peur, le tremblement, les maladies amp;nbsp;autres langueurs amp;nbsp;toutes fortes de malledidions les pourfuiuront : Le Seigneur tiendra tous-jours là face courroucée contre eux. Ils mourront par la main de leurs ennemys amp;nbsp;finiront fins que nul les pourfuiue.Le Seigneur ajouftera aufli fil ne voit vn amandement: fept fois au double de leurs playes : comme il en a menacé fon peuple dâIfraël en la place duquot; quel ils ont fans doute efté plantez . 2 2 . Qu'à lâexecution dâvne fi Sainte Åuure qUquot; eft feîlabliflèmcnt amp;nbsp;obforuation de la difeipline Ecclefiafticque, à vn frain tantfiint amp;ne-cq|fiire les Magiftrats tiennent la main aux Conlijloires dans les villes. Et à la campagne le Generaldôn Confeil amp;nbsp;autres Capitaines amp;nbsp;tant quâil y aura de gens de bien en rarmée.2i' Qdon introduife aulfi amp;nbsp;quâon praticque le plus exadement que faire fo pourra entre tous les Capitaines,ChefsjMajours amp;nbsp;Soldats la difeipline millitaire de laquelle ne fera befoin de faire beaucoup dâArticles amp;nbsp;ordonnâces eftant la multitude dâicelles, fi leurs Chefs fontleut deuoir,fuperfliie.âamp; ne le faifins point,pernitieufe amp;nbsp;domagable.ll fuffira que toute la difeipb ne militaire foit P uiilà nte dâenfoigner fous la Loy de D 1 e v.EtdefairepraücquerauxSol' dats f Art amp;nbsp;Meftier des Lacédémoniens, lequel en fomme confifloyt en trois choies:A bieo obeyr à leurs Officiers: à porter gaiement les trauaux de la Guerre : amp;nbsp;a vaincre ou moU' rir au combat. Quâils fe fouuiennent de ce queludas Machabéen, relpondit aux cÅurs faillis : Que la viSoire ne gift pas en la multitude Si au' grand nombre des Soldats' Ains la force eft du Ciel. Partant quâen inuoquant continuellement le Seigneur ilsfui-uent en leurs entreprifes lâexemple de ce bon Machabéen contft Nicanor amp;nbsp;autres CU' nemis du peuple de D i e v amp;nbsp;nâoublient ce que Gedeon affilié du Seigneur fit de beau amp;nbsp;de gaillard auec trois cens Soldats; cofttre les Madianites: Car à vray dire tout aiu-fi que les ennemis au temps de Machabéen : auffi bien aujourdâhuy les mefehans alfail-lent ils ce pourc peuple confus par leur injuftice, trahifon amp;nbsp;defloyauté. Voulans a-battre le feruice de D i ev amp;nbsp;deftruire hommes, femmes Se enfans. Etau contraire les fiddles cÃnbatent pour la gloire de D i e v : pour la deffence de fon Eglifo amp;nbsp;pous leur vie amp;nbsp;conleruation. 24. Qu^e les Cappiraines feftudient à faire exercer les Soldats aux armes, au combat, à lâefcarmouchd», à fouftenirouliurervnaffaut. Et que le General en particulier feftudie à apprendre à toute lArmée de fe renger en vn dein dâÅil fi befoin eft en bataille: en plufieurs amp;nbsp;diuerfesà garder leurs rangs: à ferallier félon le lieu les gens ou félon les ordres, rangs amp;nbsp;conftitution de bataille de lennetny ou autre nçceffité occurrente. 2 5. Que les Chefs amp;nbsp;principallement le Generalha-renguenUfouuentlâarmée; amp;nbsp;les particulières compagnies pour encourager, retenir,louer, blamier ou autrement renger le Soldat, felon loccafion qui fo prefentera. 26. Que les Soldats Chreftiens ayent honte quâil létrouue entrâ-eux querelles, brigues amp;nbsp;débats: Nâayans jamais efté trouuez entre les Soldats (quoy que prophancs) de lâarmée dâAn-nibal en vn fi long temps quâil fit la guerre aux Romains : Bien qne fon armée full coin-Eiincmis nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Soldats de diuerfesânations amp;nbsp;langues : Quâils confiderent quelle vergongnc
comme irai cc feroit à Vil homme,fi les membres fentrequerelloyent lâvn lâautreiQgel reproche ce feroitâ tcz. yn pere de famille fi on voyoit fes enfans fentrepicquer. Et partant quâils auifént de combatte Rigueur en toutc viiion amp;nbsp;concorde la querelle du Seigneur côme deuat fiface. 27. Et pource quâils inî^armcz cftéenfoigiié tant par thcoric^ue que par praticque amp;nbsp;e;(periécc:que de 5. voies du traiéfemet Douceur 4^â ® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fitreaux ennemis la moicne à efté tousjours dómageablecóme celle qui n acquiert
aux autres. point dâamis amp;nbsp;ne priue point dâêncmisiQu e tous les Chefs amp;nbsp;confoils fe refoluêt a faire pw-ticquer ex^ximéftres .2 extrcmitcz.Sçauoir eft toute rigueur enuers les traiftres amp;nbsp;fêditieuX armez.Et toute douceur quâil fora poffible enu ers les Catholicques paifiblcs.28.Que de ceux
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U nül nc foit efpargne. Et quâà ceux cy ne foit faiót aucun outrage ne force en leur con-fcicnce, honneur, vie biens. Ains foyent conferuez en amitié amp;: en paix comme patriot-tes amp;nbsp;frétés bien aimez en leur communicquant ladoélrine de Salut auec toute charité amp;nbsp;aifedion Chreftienne : autant quâils fe voudront rendre capables amp;nbsp;docilles pour la re-ccuoir : Sans vier en leur endroiâ: pour regard de la foy que dâvn bon exemple que chacun fefforccra de leur donner en bien viuant. Sulïilà nt moyen fil plaiftà D i e v le bénir, auec predication de lâEuangile: pour les amener à la connoiflà nce du Souuerain bien de lâhomme. 2 p. Vray eftque pour autant que lâEftat affligé des fidelles pourroyt auoir belôin de viures, munitions amp;nbsp;deniers :.les François Catholiques ( ainfî traidez que did eft ) Pourront eftre priez de les en lècourir. Et aliénant quâils refuzaflènt de le . faire ; y pourront en cas de grande neceflité eftre contrainds par tous les plus honne-ftes moyens dont on le pourra auilêr. Ce qui ne pourra tourner à blalme fi on confide-re que Dauid en la neceflité feft ferui des pains de propofition . 50. Surquoy les Chefs amp;nbsp;Conlèils feront auerds de bien amp;nbsp;lôngneulèmcnt mefiiager tout ce qui pourra tomber en melîiage amp;nbsp;proffit publicqu« : pour ne rien defpendre fufperflument, Et nâ«-uoir.à charger les Amis plus que de befoin. Prenans garde à ce que Tite Line did, que la guerre fè nourrift elle mefme. Comme lâEnfcigne tres-bien-le long temps quâAnibal à mené la Guerre en Itallie fans auoir ayde ou argent frais, de la republicque de Carthage. I. On fçait bien que quand on fera contraind de camper : Si le Soldat eft in-ftruid amp;nbsp;commandé de fè contenter'de lâordinaire du bon homme auec toute modeftie amp;nbsp;crainte de D i e v : Cela auiendra aifément fi outre la parolle de D i e v amp;nbsp;les Loix militaires qui leur doiuent fêruir de bride amp;nbsp;de conduide : Le Cappitaine ou Soldat confidere le traidement quâil voudroit luy eftre faid fil eftoit en la place du bon homme. Voire tout le village en Corps fera bien aifede dreflèr Eftappe, fournir munitions, argent amp;nbsp;autres commoditez entre les mains de ceux qui feront eftablis pour les rece-uoir. J 2. Cefte bonne amp;nbsp;modefte façon de loger : outre que câeft le deuoir du Soldat Chreftien dâainfi le^raticquer : contentera infiniment le cÅur du peuple, des villes amp;nbsp;du plat pays qui fçait combien cefte querelle eft jufte amp;nbsp;la deffence contrainde. Au contraire le party des ennemis mefehant, trafftre, defloyal amp;nbsp;volontaire: tellement quâau lieu que par le pafle les desbauches amp;nbsp;defôrdres auoyent aliéné le bon homme des fidelles: en forte quâen vn bien grand village quand onyalloitpourylogcrà peinetrou-uoyt on à qui parler: Maintenant auec vn tel deportement, le bon homme fefforcera de recuiilir le Soldat. Et de faire au refte tous les bons offices qui luy fera poffiole contre les ennemis de la Paix amp;nbsp;focieté ciuille des François. 5 . Qifil y ayt vn ou plu-ficurs bons Preuofts de Camp : accoApagnez de bon nombre dâArchers pour punir à la rigueur Si promptement les fautes que le Soldat desbaucljé pourroit faire contre la Loy de D I E V Si la police de lâArmée. 54. Que les Chefs fè fôuuienncnt de ce que Polibe dit. Que la partye la plus requifè en vn grand Cappitaine eft, quâil connoiflè les Confeils amp;nbsp;le naturel de fon ennemy. Et partant ne foyent jamais fans vn bon nom-bre defpions, defquels ils doylient Si peuuent auoir à rechange de toutes pars. 5 .⢠Quâils ayent entre toutes leurs maximes de negotiation cefte cy en fingulierc recommandation: de ne fc fier jamais en ceux qui tant de fois Si par fi infignes amp;nbsp;prodigieufès trahifôns ont violle Si rompu la foy, le repos Si la paix publicqiic: ne jamais fe defârmer tant quâils feront pourfuitte contre la doctrine de Salut ou contre la v^e de ceux qui en font profef fion : fe gardans bien de fiire jamais de ces Paix qui fèruent dâinftrumens à maflacres. Que fil auenoit de tomber en quelques termes dâaccord : ce foit auec telles conditions quâa-uanttoutÅuurefoit rcfblumenteftably ce qui eft expedient pour la gloire de Dieu . Et apres cclla fi bien auife à la fèureté des poures Eglifès, quâelles ne fôient jamais plus à la mercy des Loups Si Tigres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. «r a
T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠1 /Y* I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« ç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LcMiniitrô
1 E VOUS ay ci deilus déduit comme^en quelque temps amp;nbsp;pourquoy le Miniftre du Ruziet de Rozief quitafa Religio. Apres que la premiere ardeur qui îauoit pouffé à fè rédre Catholique fut vn peu rcfroidie:ilcômâçapeu à peu à fèntir vne guerre intérieure en luy mefifte. Pt»cipalemêt Piotcftant. fil eftoit employé pour conuertir quel quâvn à la Catholique. Puis vn autre moyen furuinc
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
â â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour luy faire penfer à fôy. Qiund le Duc de Mompencier fenuoya auec Maldonat lefiiiw
le quatrième Nouembre pour ramener Madame de Bouillon qui eftoit à Sedan à la Reli-gion Romaine. Car demeuré chezvn Gentilhomme fur la frontière : pendant que Maldonat difputoità Sedan, il recent lettres amp;nbsp;offres de fès amis pour le retirer. Alors il coin-mança à regreter fa vie paflée. Si que Maldonat de retour, amp;nbsp;luy auoir faiôl entendre que le Comte de Rets les demandoit a Mets : Ils y allèrent pour deftourner les Proteflans de leut foy. Il.y pârla vne fois en public pour rhonftrer que fEglifè Romaine eft celle en laquelle il fe faut ranger amp;nbsp;demeurer. Le refte du temps il ouyt Maldonat amp;nbsp;Maurus prefchans amp;nbsp;dif-putâs des points de la Religion. Ou il fe perfuada encor plus de reprandre là premiere creance-Tellement que le dixneufiéme Decembre,le Comte retourné dâvn voyage ,amp; leur auoit fait
LesCatho-liques vont jiilijues aux vazes attaquer les Na uireSjdes Proteflans.
dir/e quâil faîlcit partir au lendemain ; on luyaporta lettres pour fauertir que ia femme amp;nbsp;en-fans eftoyent en lieu leur hors le Royaume amp;nbsp;quâil auifà ft à luy. Occafion que le lendemain fur les neuf heures du matin il fort fans eftre conneuny repris par ceux qui furent enuoye^ le retenir. Il va jufques à Strasbourg, puis à Heyidelberg : Ou auoir reconnu fâ faute de-uajît plufieurs, en efcriuit luy mefmes vne Confeflion imprimée amp;nbsp;publiée en phifieurs cn-droids.Et depuis ce temps il vefquiten grande angoiffe dâefprit.Sique fcftre retiré à Franfo^ où 1 reprit fà premiere vaccafion de Corrcôfeur à lâImprimerie : 11 mourut enuiron trois ans apres.Vray amp;nbsp;afïèufe teimoing de la fragilliré amp;nbsp;inconftance des hommes.
L A nuiôf du feiziéme le Nauire du Cappitaine Roulet Boiflèau Rochellois eftant fur le^ vazes pres la ville : fut alïà illy affez furieulemenr par quelques Pataches fourniz des Soldats de Lanfac qui deuoyent eftre fècouruz par les Galleres. Tellement que le Cappitaine Gendarme Lieutenant de Boiflèau amp;nbsp;deux Soldats fè fetterent dâeffroy en la mer où ils furent noyez amp;nbsp;quatre autres ie fâuuerent en la Chalupe. Mais Boiflèau amp;nbsp;les Soldats qui luy ftoyent iè deffandirentfi courageuièmentjque les aflaillans furent contraints fe retirer aueC perte de trois hommes gc cinq de blecez. Peu apres la Noue voyant la leuneflè des aflîegeï) bouilir de trop grand ardeur defcarmoucher : la conduifôit aux ataquesfi heureufeiueni quâil fit quiter aux Catholicq ues les maifbns amp;nbsp;lieux quâils fattenddyent garder .Quoy voy-ans aucuns dâeux fèmircntà chaflèr pres Tadon où ils auoyentdreflè forte ambulcade pen-fans atttirer ceux de la ville qui ncfortirent iftutesfois que pour reconnoiftre l'entreprifetlf
Viroletfc retire aux
Vovs auez veu comme le Cappitaine Virollet fut pris à la Grimenaudiere. CepeU' *^uisen fa'' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;referuewnt fa compagnie amp;nbsp;procuroyent tous moyens pour le
niaifonouil dcliurer .^ais il efcriuit au Maire que ceux de la ville eftoyent trop longs à deliberet cfliué. fyj rançon. Et que Monfieiir dâEftrofle layant payée îauoit pourueu dâvne compâ' gnie entretenue auec promelfe quâil ne feroit forten là conlcience,remerciant leMaù^ de là bonne volonté. Dcj^iis on lè mécontenta de luy des deux collez. Si que fruftre de lôn efperance il lè retira en là maifon où nefutpluftoftarriuéquâvnCatholicque lien ennemy le tua. Les gens de guerre cependant commençoyent à fefehaufer dâvne part amp;nbsp;dâautre-.Scnentendoit on plus parler que delortiez amp;furieiilèsataqueslôit à piedfôita cheual cruelles fe montra la Charité des particuliers de la Rochelle grande enuers: les S.oldats blecez . Mefinemant pour encourager dauantage les aflîegez efcarmouchans les Dames portoyent vin, confitures, dragées, vinaigre pour raffraichir les Canons dâhar-quebuze, linges, Åufs, eftoupes amp;nbsp;telles autres matières pour les bleflèz. Mais dâautant que par la ftequance des forties le nombre des bleflèz croiflbit à lâexemple des troubles precedens: furent eftablis tSommilfaires pour dreflèr le logis de ûinte Marguerite où au trefois eftoyent les Nonains quâon appelloit les SÅursNoires:affin dâaccÃmoder ce logis amp;nbsp;le pouruoir de chofès neceflà ires pour îentretenement des bleflèz.
L A nuièl du vintquatriéme Décembre fur les huit heures du fôir,ceux du Camp viUquot; drent auec grandes forces à Quatre Moulins à vent pres la porte de Congne efquels eftoyeot quelques Soldats amp;nbsp;autres qui veilloyent pourauçir des farines. Or parce que le Mair® auoit reccu aduertiflèment de fentreprifè Catholicqueûl auoit commandé que tous ceux qui eftoyent e»Moulîïns fè retiraffènt en ville. Neantmoins le defirquâils auoyent derecouurer des farines : leur fit mefprifèr le commandement. amp;nbsp;îentreprinfe de fennemy. Surquoy comiuu
cà lue.
Deuoirdes femmes al-(îegez.
Prouifions pour les blcHcz.
LIVRE TRENT TEDEVXIEME, 12^.
comme ils nâeiifïènt aucune Sentinelle ains fuflent en continuel debat à qui engrenetoit Icpremiet: ceux du Camp arriuerent, leiquels fans aucune refiftance en tuerent quelques vns à tartinée prindrent bonne quantité de grains amp;nbsp;farinesjmirent le feu aux Moullinsjpüis fe retirèrent auec tränte priiônniers. Sur le vintcinquicme du moys le verglas eftoit tel que les chenaux ne ic pouuoyent tenir. Neantmoins lortirent ^e la ville aucuns Gcntilshom- Froid amp;vet mes amp;nbsp;Soldats pour aller à la guerre vers Chayfà y où entrâ-autre Flojac fut tellernent bleà fé dâvne harquebuzade quâil en mourut peu de jours apres. Le trentième de ce moys les Rochellois enuoyerent homme expres en Angleterre vers les Vidame, Comte de Mongom^ tes Rochel mery amp;nbsp;leurs Députez tant pour içauoir de leurs nouuelles, que pour leur faire entendre'ioistefcri-lâEltat de la ville, combien on fe repofoif fur le iècoursdepar delà : amp;nbsp;que lors nây auoit à uentenAtv Ché de Baye que les cinq Gallercs amp;nbsp;trois grans Nauires qui de faiél ne meftoyent pas grand empefehement à tentrée . Car le quatrième de lanuicr lors quâon celebroit la Cene y arriua vn petit Nauire chargé deharents ibrets malgré .les Galleres qui firent grand effort pour îempefeher dâenfrer. Surcc ils furent auertis que Biron auoit receufôixantepiecesdâArtil-Icrtccntrelefqnellesy auoit trente fix CAonsamp;vn double Canon quâon nommoit MitSi-ne, parce que plufieurs difbyent quâon ne prendroitla Rochelle fans Mitaine, câeft à dire jâcath^ fans difficulté : amp;nbsp;vne piece nommée IcFrezay polt;r lefôn quâelle rendoit plus elpouuenta- iiquesamp; bleque lesautres,Sc raportantau cry de cet animal quâon dièl prefâger grande mortalité: Receut auec ce grand quantité de poudre amp;nbsp;tels autres préparatifs de batterie;aueG affurance que Monfieiirfachemineroit auec toutes les forces amp;nbsp;plus grand efpoir dâenleuer la ville au premier affaut.
Biron efcriuicauxRochellois du huitième lanuief quâil auoitfaièl: tenir leurs def-nieres lettres au Roy par le Sieur de Gadaigne qui eftoit de retour: amp;nbsp;auoit commandement defaMajeftè dâentrer en ville pour leur faire entendre la dernîererefblution de fa Majefté: parce, requeroit quâon enuoiaft par ledit Gadaigne fiiffifant paftèport amp;nbsp;hoftages. La reft Leficurde ponce fut quâils ne pouuOTent enuoyer hoftage poùr beaucoup de confiderations quâil pou- Biron veut uoit bien juger:amp; requcroyait quâon leur enuoyaft les lettres de là Majefté auec la creance amp;nbsp;y^p'ariemés inftruÃtions du Sieur de Gadaigne affin de fair^ refponce félon que Dieu leur conféillêroit. Dequoy de Biron non content efcriuit de rcchcf ledixiémcfuiuant.Qüe les lettres du Roy côtienét beaucoup de points qui font renais fur la creance du Sieur de Gadaigne. Et dâautant que lettres nâont point de replicquc : Ils ne pourroyent bien comprendre îintention de fa Majefté fans la parolle du porteur. Au refte quâil ne feftoit^amais veu que de Princ# à Prince les Ambaffadeurs ne fuflent librement ouys. Etféroit chofétrop eftrange fi les fujets reje-èfoyent f Ambalfade de leur SouuerainJpont par toutesNations ils eri receuroyent trefgrand blafmc fils fé randoyent fi difficilles * Et particulièrement efcriuit les mefmes chofés à la Nouë:ajoutant quâil auoit îefprit trop gros pour tirer le fubtil amp;nbsp;juger lesraifons des Rochellois fils ne luy faifoyent entendre plus particulièrement. Et quâil auoit tousjours craint ce qui aduient où il y a diuerfité de teftesSc dâoppinions quand loti ptopofé dâentrer en quelques faièis amp;nbsp;moyens paciffiques.Si lâon eftinioit que cela ce fift par faute de moyens amp;^e fqrces: ils verrpyent bien le contraire à fon grand regret. Les Rochellois luy firent refponce contL nuans leurs premiers propos, fçauoir de ne conférer aueC lediéf Gadaigne que par eferit, pour plus aifèment entendre fa charge amp;nbsp;y faire tefponce:affin dâobuier à beaucoup de calom^ les Rochel' nies defquelles ils font chargez à tort. Et faffeurent que ceux qui peferont bien leurs aéfions: netrouueront dequoy les blafmer en cet endroièl ⢠Encores que par les forties amp;nbsp;efearmou-ches ceux dû la ville fuffent façonnez ôc aguerris à leur deuoirîToutesfois la perte des homes leur importoit de tant:quâelles furet jugées plus dômagables en ce téps que la vaillâce fébloit facquerir trop cheremét pour les affiegez.Par ainfi le Côfeil fut dâauis quâon ne fift fortie de 4. jours pour le plus, Ce qui fémbloit dur à quelques Capitaiiÿsamp;foldatsaccouftumez de sonicsdcf-voirfénemi tous les jours. Parce deux foldats forains voias les portes fermèesamp; fansauoireft féduêspout gard à deffincefaite par le Conféihdefléndirêt das le foffépar vne lôguc efchelle près le*battF on de fEuangillcjoar laquelle les pionniers amp;nbsp;maneuures qui befongnoieqjaux fofléz amp;nbsp;contre elcarpcs,auoientaccouftumé dedefcendreSc monter. Siquâauoirpafféla contre cfoarpe trouucrcnt à combattre plus pres quâils ne penfoientj où tvn dâeux fut tué.Ce qui donna tel
Q^q iiij.
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1Ã7?-
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
Efcarmou-ehe du 15. kguiec.
larme à la ville quâil fut impolfible de plus contenir la plus part des autres quâils ne lôrtilîênt au Iccours des leurs.Tellemcnt que la Noue auerty de ce quâaucuns de la ville elloient fort engagez: alfembla foudain nombre de cheuaux amp;nbsp;Fantalfins. Auint que les Catholiques y auoient ce jour amené leurs plus grandes forces amp;nbsp;felloient mis en trois trouppes pour attirer amp;nbsp;enuelopper ceux de la ville: joutesfois ils elloient tellement embufquez amp;nbsp;la plus part au village de la Fons; que ce ux de la ville jugèrent leurs forces aflèz grandes pour refiller à ceui qui paroilïbient. Si bien que la Noue ne craignit de diuilêr lès troupes amp;nbsp;les faire combattrt en tous les endroits où les Catholiques le monflroient.Ou,bien quâils fculicnt en plus grand nombre amp;nbsp;que lelcarmouche eull duré plus de cinq heures ians quâautre choies les fêparaft que foblcurité de la nuit: furent leulemét tuez troistgt;u quatre de la ville amp;nbsp;enuiron vint bld' lèz.LesCatholiques au lêmblable ne fen retournèrent lâns perte reciprocque delquels les Ã' pitaines la Sale amp;nbsp;le Fouillou tous deux blelTez furent menez prilônniers en ville.
Siege de Sancerre.
Pour reprendre lEllat de Sancerre laquelle je vous aylailTée le préparant contre vnlîeg^ prochain. Le troifiéme lanuierla compagnie du Comt e Briene amp;vne autre deCauallerie pâturent amp;nbsp;firent alte fur le chemin de Bourges.Puf^ le neufiéme deux trouppes de cauallçnc le monllrerent fur la Grelle vn quart de lieue pres fur le chemin de lâinte Gcme.Vne heure3' pres deux oils, dâautres gens à cheual leffijhcls joints aux premiers amp;nbsp;quelque peu efearmoU' chez par les lôrtis,lè tindrent en bataille jufques au loir que leurs cartiers amp;nbsp;logis faits: furent accomodez à S. Satur,Fontenay,Sury en vaux amp;nbsp;autres villages prochains de la ville.Ledixic' me cinq Enlèignes des vieilles compagnies du regiment de Goas,le logèrent à faint Satur ferengerent aulfi plufieurs lôldats ramalïèz de Coine amp;nbsp;places voefinespour fifortifiernon lâns elcarmouche dâvne part amp;nbsp;dâautre. Quinze jours apres huitEnlèignes des vieilles coP' les qui les auoient enuoiez.Le tout commandé par la Chalhc Gouuerncur de BeriyidtcoW-pagne deSarriou Galcon Maitre de camp auec partie de fon regiment le relie duquel eftoit deuant la Rochelle. Menou ,Montignyamp; de Vitry Cheualiers de f Ordre Paraflis, Maup^^ Vau u rile amp;nbsp;Menotou de Bonant,PellbIiere autres. Ainfi les habitans faperc e u rent trop de leur fa^te de nâauoir approuifiotffié la place de bonne heure. Pour y remedier ils ordonne' rent que les pouresamp; nombre de femmes amp;nbsp;enfans auec tous ceux qui ne pouuoientfernH quâa mangerjfeulïcnt mis dehors. Mais la pitié amp;nbsp;autres occafions empelcherent lâexccutioU de ce qui leur nuit plus qu'ils ne penlôient. Lp treziéme la Challre les enuoia lommer pät vn tambour dele rendre à luy leur Gouuerneur. Mais le Bailly le retint fans relponce dont plufieurs le melcontenterent amp;nbsp;fur tous la Challre. Le relie du mois fut emploié en attaques Icgieres quâils dreflèrent dâvne part amp;nbsp;dâautre pour empefeher les préparatifs quâils drelïoient réciproquement pour facomoder amp;nbsp;deflà ndre de leurs ennemis. Retournons à h Ro' chellc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
pagnies de Serriou: cinq nouuelles amp;nbsp;autres gens ramaflèz farrcllerét à Mcnellreol va quart de lieue de Sancerre amp;nbsp;carriers vÅfins. Occafion que les compagnies de la Challre, Brien^j RolleingTorfiamp; Cartier,furentlogéesà Buy,Suryamp;là autour. AueclelquelslesNobles^^ autres gens du pays fe rengerent foudain; Sans lefquels larmée elloit de quatre à cinqctoâ want sâcer- cheuaux amp;nbsp;ptcs de cinq mil Fantalfins. Seze Enlèigncs de pionniers portant la liurée des vil'
rc.
Confciéce demandée par lâAbbé 41c Gadai-gne.
LâA B B E de Guadaigne ennmé de ne pouuoir conduire là charge en la forme prelcriptc parleRoy.EtconnoiflantquelônAmbaflà deelloitmoinsautorileeque des autres qui tous auoient communiqué en ville ou dehors:elcriuit le quinziéme de ce mois à la Noue luy lai* là nt entendre lôn défit que eujtdeux peufîènt conférer cnlèmble en quelque lieu où fe pour-roient trouuer aucuns de la ville fi bon leur lêmbloit: pour declarer lâintention amp;nbsp;bonne volonté de lâMajellé.Q^âil elloit fort defireux de la paix amp;nbsp;repos public.Et quâil ne connoiflbit meilleur moien depuis que le malheur auoit voulu quâon fill profelfion de deux Religions diuerfes: que de le rendredi familiersjquc tous dâvn melme accord peulïç nt prendre celle qu* feroit la plus conforme à la verité.Tenant pour lèditicuxjtumultueux amp;nbsp;ennemis deDieu tous ceux des deux partis qui prefehent amp;nbsp;perlùadent le peuple de delFandre la fienne auec lésât' mes. Et encores q^âilfeullamp;eiilltousjours continué en la Religion Catholicque: Si ell-cc quepourîSfeélfufdit:il felloitacquis beaucoupde bons amis de la Religion Réformée-Et que toute là vie côtinueroit à defirer le bien amp;nbsp;contentement de tous.Surquoy les Rochel-lois qui ne voyoient fuffiiânte occafion pour changer leur premier auis: violent tousjours de pareille
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pareille rcfponce amp;nbsp;ne vouloicnt venir à aucun abouchement.Ioint que dâautant que cela co-treuenoit à leur aflocîationdls ne le pouuoient faire fans le confentement de tout le peuple qui n'y conlêntiroit jamais. Eftat perfuadé que le Roy amp;nbsp;lès Amballâdcurs ne tandoient qu'à leur les Rochel* furprinle amp;nbsp;ruine de leur ville. Dilôientoutre que lâargument de Biron nâauoit grand , poix car câeft autre choie des Ambalïà deurs que les Princes fentrâgnuoient où toute railôn Sz fidel-lité eft gardée; que des Ambalïà deurs dâvn Prince à lès fujets aulquels il nâeftimeeftre tenu garder aucune foy ne promeire,finon entant que îoblèruancc luy en lôit commode amp;nbsp;prolfi* table. Dâautre party auroit danger que la prelènce de Gadaigne ne resfroidift beaucoup dâhô mes qui autrement nâeftoientgueresefchaulFez. Outre ce quâil nâeftpasvray lèmblable que tout homme qui à lèrment au Pape : procure jaiîiais le bien de ceux de la Religion. Enfin ⢠Biron ne pouuant amener les Rochellois au point quâil fattendoit: leur enuoia les lettres du Roy. Leur mandant que quand à la creance amp;: inftruétion que Gaidaigne nâexecedroit le commandement du Roy. Combien quâil eft content de ligner ce quâil dira de la part de là Majefté.Les lettres eftoienttelles.Chersamp;; bien aimez nous euuoions le Sieur de Gadaigne vers vous pour vous faire entendre noftre intention fur la lettre que nous auez elcritcrdu lettres du quatorzième de ce mois:vous le croirez comme fi câeftoit nous melmes.Elcrit à Paris le vint Roy aux fixiéme jo.urdeDecembre.mil cinq cens lèptante deux, Signé Charles. Le vintiéme lan- Rochellois. uier les Rochellois aians veu ces lettres,relpondirent à Biron quâils auoyent receu la lettre du Roy portant creance par laquelle nâeftoient non plus inftruifts de la volonté du Roy quâau parauant. Parce prient les efclarcir parelcrit de ladite intention:affin que fil y auoit autant de RocheUois douceur ôdclemence quâil leur auoitfai(ft entendre: Ils fiftènt deuoir de la receuoir de tout au sieur de leur cÅur comme chofe quâils defirenr le plus en ce monde dâeftre recenneus deleur Prince pour trcshumbles amp;nbsp;obeyflans fujets. A quoy ils ont tousjours tendu amp;nbsp;tendront toute leur vie. Lefuppliantnetrouuer mauuaisdequoy ne veulent procedder par abouchement auec le Sieur de Gadaigne veu le fîege fi preïTé quâils ont à leurs portes. Q^âil peut juger combien telles façons font dangercufès en tel temps. Partant requièrent bien humblement ladite inten tion leur eftre enuoyée*par efcrit.Occafîon quâauoir receu la reïponfe des Rochellois leur ref-Æ riuit ce qui fenfuit.
M E s s IE V R s, ceft moy qui ay vn treïgFand regret dequoy vous ne voulez ouyr Mon-fieur de Gadaigne venant de la part du Roy pour vous faire entendre la bénignité de ïà Maje-fté amp;là bonne grace eftre telle que vous ïçauriez amp;nbsp;deuez defirer. Mais il voit que tant plus bquot;quot; Ion fe veut employer à faire quelque choïè pour vous: ftnt plus vous reculiez : me fache Rochellois grandement de voir le Roy eftre traité fi indignement par fosfijjets; amp;plus fi câeftoit parE-ftrangers ennemis. De vous enuoyer par eforit ce que le Sieur de Gadaigne vous a à dire de la part de fa Majefté: ne fo doit jamais^ie faire ne demander de vous: finon apres quâil aura fatisfait au commandement qui là de parler à vous, que tres volontiers il vous lairra par eferit.
Qui eft le njoyen de vous deliurer dâvn fiege dont eftez fi preflèz, comme^ vous mandez amp;nbsp;ferez. Etfurce me recommandant affcólueuïèment à vos bonnes graces je priray Dieu vous donner, Meifieurs,bonne ïà nté amp;nbsp;longue vie.Du Camp deuant la ville de la Rochelle,ce vint- 1 cinquième laniüer mil cinq cens ïèptante trois, amp;nbsp;au delTusvoftre affedionné amp;nbsp;lèruiable amy,Biron.
C E v X du Camp qui fattendoient de prandre la Rochelle pluftoft par ruze que par force: penfoient auoir bonne intelligence en ville par le moien dâvn Gentilhomme qui leur faifoit entendre quâil defireroit faire vn bon ïèruice au Roy. Etgeantmoins il communiquoit le toutau Maire amp;nbsp;à quelquft vns des principaux du Confèil en eïperancc, comme il difoit,dâat-tirer des meilleurs Capitaines du^Camp amp;nbsp;bon nombre de foldats,que ceux de la ville deffe-roient tout à leur aife amp;nbsp;affoibliroyent autant fennemy. Or luy faifoit on de belles amp;nbsp;grandes promeïTes tant en terre quâen argent de la part des Catholiqucs.Et eftoit fur le point de tou* cher vne bonne fomme de deniers. Ainfi les dixïèpt amp;nbsp;dixhuiftanuier,entrèrent en ville quelques Soldats bien en conche de Puygaillard amp;nbsp;Saint Martin furnomé leLutherien.Toûtesfois le Maire ayat affemblé amp;nbsp;pris auis de quatre ou cinq hommes efquels il comu niquoit ordinairement les affaires plus importans : Trouua que petite execution bienaneurée,^aloit mieux que grande entreprifè trop hazardeufè. Et quâil ïà lloit deffaire ceux des ennemis qui eftoient ainfi entrez en ville fous pretexte de religion: pluftoft que dâatt«ndre que plus grand nombre
Qjl iihj.
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y cntraft qui pourroicnt trouucr en ville beaucoup dâhommes propres à fauorilêr leur cntrc' de Pu^gâîl- A ces fins le Maire commanda le foir,quc tous Capitaines fe rendiflènt à leur garde. La lard pour plulpart de ces marchands feftoient mis en la Compagnie de Normand qui en fit tuer cinq» [a RüTheilc puis jettcr par deffus les murailles pres la porte Neuue : trois autres furent mis en prilbn pour euentéc. A- dclcouutir par leur tefinoignagg leur entreprilê plus au long. Ces trois fc nommoientle Ca-fióVnVcxc^- pitaine lacques de Saüx de Llfle Iourdain,lcan Nantel corporal du CapitaineCabanamp;Pierrc cution des Guillochon ditCuitinicre Picardoile quâils nômoient le maflà creur de Tours. Leur procez matchans. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Guillochon interrogé le premier,confeffa quâil eftoit venu aucc le Capitaine SaiiX
par le commandement de Puygaillardjlequcl lui auoit donné harquebuz, fournimés amp;nbsp;nio-⢠rion doré: lui auoit commandé dâobéir lu Capitaine Saux : amp;nbsp;que leur intention eftoit de femparcr de cetc ville auec fintclligéce que Puygaillard difôity auoir. Deux Capitaines Ivn nommé Birare, lâautre Langlois deuoient entrer en habit deguilé pour commander à ceux qui lèroient de la faélion.Et quâil y auoit vn Serrurier duquel Guillochon ne fçauoit le nom que Puygaillard diloit auoir des faulTes clefs : amp;nbsp;que dedans Dimanche ceux du Camp dc-udîent faprocher pour executer lâcntrcprilè : Sc qu*^ lôn arriuée il auoit reconu quatre defes compagnons. lean Martel confefTa que Biron lui auoir commandé de le retirer au quartier de S. Martin ôc fuiure les foldats qui entreroient en la Rochelle pour faire ce que le Capitalquot; ne Saux lui commanderoit. Ajootant que fil faifoit cela, il feroit riche à jamaisSc acquerroit grand honneur. Aulfi le Capitaine S. Martin lui auoit dit que bien toft il en enuoicroit dâau-tres.Que le fignal amp;nbsp;mot du guet eftoit, Badin. Quâen fa prelencc S. Martin rompit vn dou-zain en deux,amp; en bailla vne moitié à tvn dilà nt,que cela fentrerencontreroitbien enfemble 3 point nommé.LeCapitaine lacques de Saux confeflaoutre ce que delTus, quePuygaillard lui auoit dit, auoir deux portes en ville à là deuotion, par lelquelles il elperoit entrer. Et quâü auoit deux cens homes en ville qui fauoriferoient leur entreprilê.Et quâil y auoit deux Capitaines quâvn nommé la Croix lui montreroit; aufquels il deuoit obéir. Et deuant que partir du Camp, leCapitaine S.Martin print vn douzain amp;nbsp;le rompit en deux auec les dens.Puis â-yanttiré à part la Croix lui en bailla vne moitié diûnt quelque propos quâil ne peut entedre. Le mot du guet eftoit Badin en baillant le petit doigt en croc her amp;nbsp;tirant le boutdelorcilk'. Outre confellà que Puygaillard aianr le plan de la Rochelle lui montra deux portes, f^auoir S. Nicollas amp;nbsp;celle des Moulins Icfquelles eftoient à leur deuotion.
Parce que ceux du Camp auoient bruflé les Moullins prochains de la porte de Con-gnes,lon Ij^doutoit en ville quâils eifferoient autant de quelques autres qui reftoient: amp;nbsp;mef-mement du moullin à vent de la Brande qui nâeftoit qu'à trois cens pas de la contrâefcarpe.Le Capitaine Normand auoit demâdé ce moullin qui lui auoit efté ottroyé amp;nbsp;du cômencement délibéra de le fonifier.En fin conoiflà nt quâil ne fe pouuoit garder : fc contenta en tirer quelque profit.Les meufiiiers le faifoient moudre le jour,amp; le loir le retiroiét en la ville. Et pour
.la garde de ce qyi eftoit dedans y tenoit vn lôldât lêulemcnr. Auint la nuiéi du vint troificme lanuier que ceux du Camp auec Lellite de leur Infanterie menèrent deux Coulleurines pour prandre ce mollin. Et à la faneur de la Lune aians bracqué leurs pieces fort pres,tirerentfezc coups.Le lôldat qui eftoit dedans tira quelque harquebuzade là ns fctoner:le Capitaine Nor-
De',B iron
bat vn moul lin où vti fculfûldat.
icfaitfairc * , . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1,^1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠⢠\ r r u #
compofîtiô mand aunt comme piulieurs autres receu lalarme amp;nbsp;accouru aux rampars cnoit a Ion lolaat de vie fau- comme fil y en euft en piulieurs quâil encourageoit à la delfence,les alTcurant dâvn promt fe-cours.Mais en fin le lôldat demanda à parlementeramp;fit compofition pour ceux qui nâeftoient auec lui. Les Catholiques neat^moins le voians lêul dehors le retindrent prilonnier.Et parce quâil nâauoit aucun moien de payer rançon ( il eftoit cliaudronniÃr de Ré ) délibérèrent de le mettre aux Galleres. Mais comme il fut ja razé amp;nbsp;veftu en forçat: trouua moien dâefehappet
amp; le retirer en ville raconter fi plilà nte nouuellc à les compagnons.
Iniques alors tout feftoit conduit à la Rochelle Ibusfaueu amp;nbsp;autorité du Maire qui fell tousjours porte non lculemê?thef à la Police,mais aulfi Cappitaine de la ville pour y commander par toutes voyes où il conoilïoit le bclôin. Mais dautant que les alfaires croilwns de La Noue c- jour à autrezil ne pouuoit alfifter à toutes occurrances: nommémant à latonduitc des Sorties ÆÂ« gens de autres eiffreprilcs qui le drelïôicnt flir les Catholiques :fut refolu dâvn conlèntemcnt vni-guerreà la uerlèl,que pour Icsloüables parties quâon auoit conuamp; pratiquoit dâheure à autre en laNou Rochelle. jj reconu amp;nbsp;fuiui de tous corne louucrain Chef des Gens de gu crre,là ns diminution
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des droits du Maire,en toutes autres choies Iclon quâil auoit efté traité par f Aliance feite entre leshabitansdela ville amp;nbsp;les forains. Ce quâil accepta pour le refped du General delacaufo amp;feuretéde la ville plus que dâvn mouuement particulier queplufieursdefosamisnefem-bloient foliciter que tropfouuent. Lors mefinement quâils luyfeifoient fouuenir du Grade de Sur-intendant amp;Gouuerneur tant de la Rochelle que du pays dâOnis que les Princes luy auoient donné le laiflant aux troifiémes troubles Lieutenant General en tous ces cartiers. Or comme la ville feuft ja. prefque diuifée en deux feélions. Atendans aucuns le Comte de Mon-gomery pour fe laifler conduire à »fa diferetion. Et les autres treuuans la Noue de plus agréable commandement:il ne fe feut long temps comporté en cetc charge, quâen plufieurs autres ., nbsp;nbsp;nbsp;.
endroits on ne feeut allez toli fautorité quâil feftoit moiené à la Rochelle. Si que fenuiefui- * liant la vertu comme lâombre le corps: luy fufeita dehors amp;nbsp;dedans allez de Contreroleurs à Rochelle amp;nbsp;fes aétions. Somme que peu à peu lors commanda de fe defcouurir le feu des partialitez Ro-cheloifesilelquelles aporterent aux alïiegezles incommoditez que vous entendrez cy apres.
Or pour au vray vous en efclarcir les occafions: je vous feray conoirre que 15 le fondement de leurs riotes fut bon: que les moiensquâilsiindrent à baftirdelTus, furent alTezdiuers pour«f focies amp;nbsp;pour gens qui tendoient à vn mefme but: alfeuoirà la idelfance de la Rochelle.Câeft à dire à maintenir leur Religion par la conferuation de cete ville en laquelle prelque les plus fignalezProteftans eftoient ja retirez.Et laquelle prife,chacun falfeuroit que le relie des places Françoifes: ne feroient longue dclfcce fi ellesne fe rendoient à la premierefemôce de lArmée Reale.LaNouëamp;plufieurs autres que Gcnlshômes quâhabitas amp;nbsp;réfugiez en ville: pretedoiét côferuer toutes les Eglifes de Frâce par la paix que le Roy Se Mofieur juroient dâetretenir in-uiolable.Les Rochellois au contraire la penloiét mieux maintenir par vne Guerre,puis quâils nefalTeuroiêtenaucune paixvenâtdesCatholiques .Surquoy on remarquoit deux notables côfideratiôs en ceux la.Car côme gés de guerre ils ellimoiét beaucoupdes moiés duRoyquâils auoientveu:amp; bien peu de ceux des Protellâs quâils rcconoilïbiétaflèz.Et côfequémentfe re-prcfétoict toutes les Eglifes brûler fi Dieu nây operoit par autres voies que les ordinaires. Voi-res quâen tout euenemêt,les biens dâvne petite Paix pendât laquelle ils fe pourroiét tous reco-noillreamp; encouragera plus beaux delTeins: leur profiteroit plus mille fois que les rigueurs amp;nbsp;incroiables incomoditezde la cruelle guerrf qui fe prefétoiêt cotreeux.Les Rochellois au côtraircamp;Ia pluspart des réfugiez auec eux:fe reprefétant le peu dâaflèurâce quâils auoiét tant de fois trouué és promelfes Catholiques:fe perfuadoiêt que la bôté de la Noue trópoit le jugement quâil faifoit des parollesamp; fermés itérez desCathoiiques.Lelquels corne nous empirôs tous plus que nous ne meilIeurÃs:nefçauroiêteftregt;difoiét-ils,que plus mefchâsamp; plus ennemis quâils nâeftoient aux cruels meurtres de Paris.Lâautre occafiô vint de la charge quâô luy auoit donné trop limitée:amp; corne refertiée plus ampleau Côte de Montgommery duquel il auoit entendu le peu dâaffedion en fon endroit: auec le deffein quâil feifoit en Angleterre de conduire amp;manier tout, venu quâil feroit en ville,dâvne main plus haute amp;nbsp;liberté plus grand que celle qu'il jugeoit plus alfeurée. Si bien que preuoiant les euenemenrs de ce que delTus amp;nbsp;les dangereux inconueniens qui fenfiiiuroient fi reftans eux deux en ville ils fe vouloient maintenir égaux : aima mieux preuenir par fegefiè tel defeftre: que dâeftre dit^îoccafion dâaucun rantfoitpetitinconuenient au party. Voila les vraies, premiere amp;nbsp;feconde occafiôs des differens qui auindrent en la Rochelle: pourfuiuans dâvn cofte amp;nbsp;dâautre en ce quâils fef toientfantafiez pour le meileur. Si bien que comme nous .nous plaifons tous naturellement en nos opinions:leurs premieres aprehenfiós furent fuiuies amp;ygt;eu à peu maintenues auec tels portemans quâils vindrent à fe delplaire les vns aux autres. Si quâen fin le foupçon fy méfiant la prefence de la Noue ne fut moins delplaifente à quelques vns: quâà luy le fejour en ville fâcheux amp;nbsp;plein dâennuy: ne recerchant autre chofe quâvne bonne amp;nbsp;honorable occafion pour profiter aux Eglifes en autre endroit quâentre fes enuieux: laquelle feprefenta alfez tort pour recercherfecours des réfugiez en Angleterre: veu quâon nâaucft receu aucunesnouuelles de tous ceux quâô y auoit enuoié.Tellement quelaNouë leur perfuada en fin dây enuoier fn per-fonnage fignalé amp;nbsp;d e creance vers la Royne dâAngleterre amp;nbsp;les Francez réfugiez en fon Roy- Languilier-aiime: efperant que la charge luy en deufl: eftre donnée. Mais le peuple ô^tous cÃix qui nâcf-toient tranfportcz dâaffeéfion îauoicnt en tellecftime: quâils fembloient defeipererdes affai- cours dâAn res fil fabfentoit dâeux. Ainfi la voix tomba fur Languilier, lequel entrepriftie voiagè auflî alegrement
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alegremcut quâil en fut prié.On lui dona Mereau fvn des Bourgeois du Confèil qui fut chargé de procuration amp;nbsp;autres fuffiiântes inftrudions 3. cet effet. Ils partirent en la Galliotte da Sauuage la nuid du vintiêptiéme lanuierfà ns eftrc defcouuers par farmée de mer : combien quâen la rade de Che de Baye fuflènt trois grans Nauircs,cinq Gallcrcsamp; vint deux patachcs* L E vint neiifiémc lanuie r on elcarmoucha fort deuers Tadon où trois de la ville furent bleflèzSc nombre des Catholicjues. Au landemain parce que plufieurs du Camp tant de chenal que de pied amp;nbsp;pionniers eftoient vers la pointe de Conreillc: ceux de la ville furent efeaf' moucher à Ronlây,où ils en tuerêt quelques vns.Mais ils fe f ctirerçt aflèztoff pour le fecours F cà Cou ^tt^nçoit. Surce les Catholiques pour mieux brider les entrées amp;nbsp;forties du Haute: r^ïle%utre dreflèreut vn fort à la pointe de Coureille où Ion mit quelques pieces pour batre dedans h mécia poin- mer amp;nbsp;enfondrer tous vaiflêaux qui ne voudroient ameiner au plaifir de ceux qui common' te dcLcgui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qyj eftoit vis à vis fur lâautre pointe au deffous de che de Baye.
Le troifiéme Feurier jour de Carefme prenantjautrement Mardi-gras,la Noue fortit auec oj-chenaux amp;nbsp;quelque nombre dâinfanterie vers Tadon,pour attirer à lefcarmouche aucuns cfn CouixUics ^tii feftoient logez à la Courbe amp;nbsp;à la maifon de Coureilles. A mefine fin il fit fortit deux Gallions ayans chacun deux berches en prouë pour donner en flanc au fort de Coureil les. La Caualerie fit vn peu Alte tant pour dcfcouurirîennemijque pour focourir les leurs. Sur ce commandez par la Noue de donner dedans, ceux de Coureilles chargèrent fi refoln* ment que tout ce qui fe trouua en leur chemin fut mis au fil de le^ée. Ce pendant les compagnies de gens de pied qui eftoient à Neftré vindrent à grand hafte au focours de leurs com pagnonsjdc façon que fur la rctraitte lefoarmouche fut plus afpre quâau commanccmcnt.I-c^ Rochellois touteffois la fouftindrent jufquesâ la nuiôt:mais auec perte reciproque. Ce mef LaCaraque æc jour les Galletcs amenerét de Broüage à Che de Baye vn grand vaifleau quâon nommoit la grand Caraque prinfo aux 5. troubles fur les Vénitiens par les Confederez : alors reflmit fans inatzamp;defpourueuë dâequipage nây auoit que le corps qui eftoit dâenuirô huit cens tonneaux. Ils fen lèruirent comme je vous diray ailleurs. En ce temps Monficur eftant à S. font en Poitou à quatorze lieues de la Rochelle efcriuit à la Noue la tfetrre fuiuante.
M O N s I E V R de la Nouëjle Seigneur de Biron mâa fait entendre ce que lui auez mande-fon Excel- Surquoy je vous veux bien auertir quâeftant ifiTu de la maifon dont je fuis amp;nbsp;fi proche duRoy fence à la Monlèigneur amp;nbsp;frere : outre fhonneu r quâil mâa fait de me donner la charge amp;nbsp;autorité jâay en fon Royaume: je nâay jamais eu,ni auray autre volonté que la conforuation de fês bons fu jets. Et nây a rien dequoy je fuis pUis marri, que voir rcfpandre le fang de ceux que je vou-drois conllruer,fe reconoiffons amp;nbsp;remettans au deuoir amp;nbsp;obciflà nce que les fujets doiuenta leur Roy,Prince naturel amp;nbsp;Souuerain Seigneur. A cetc caufè eftant fur mon partement pour mâacheminer au Camp où je fêray dedans trois jour^ je vous ay bien voulu eferire la prefer te.Laquellc lcruira tant pour vous que tous ceux de ladite ville.Pour vous alfeurcr que reconoiffons le Roy comme vrais amp;nbsp;bons fujets : amp;nbsp;remettans ladite ville en fon obeiffonce amp;nbsp;entre mes mains : je vous promets toute affeurance de leurs vies amp;nbsp;biens, fons quâil leur foitfait aucun tort, mal ni defplaifîr : amp;nbsp;quâils feront entièrement conferuez. Autrement amp;nbsp;fi dedans le jour n#fine que jâarriueray là ;vous nây auez fotiffait: je fuis tout refolu auec les forces que jâaySc celles qui viennent encores : dâafïieger la ville fons y perdre vne foule heure de temps amp;nbsp;la prandre par force. Et faire faire tel chaftiment amp;nbsp;punition de ceux qui fy rrouueront, que cela foruira dâexemple à tous les autres. Priant Dieu furce,Monfieur de la Nouë, vous auoit en fo fointe garde. Eforit à S. Meffont le fécond jour de Feurier i 5 7 j. Signé Votre ami H E N R Y. Et au deftus,^ A Moirfieur de la Nouë. De là il fachemina à Niort. Les Rochellois Fortificaci- aucrtis foudaiii de fo venuë firent hafter les fortifications : amp;nbsp;crier quêtons deux fois le jour ons haftccs. à la hotte, fiir peine de dix liures dâamande pour la ptemiere fois amp;nbsp;confifoation de biens pour la fécondé. Or commâon y befognoit en diligcncc,les pionniers de la ville quie-ftoient enuiron deux cens fous la conduitte dâvn Chef nommé Fiémoreau alloient couppet amp;que«ir des fafeines és endroits les plus propresamp;pres de la ville : ne peuuans feftendre gue-res loin à caufe que ceux du Camp tenoient la plufpart des villages amp;nbsp;maifons prochaines, defquellesi^fortc^ntà touspropospour les empefoher. EtlesProteftanslesfouftenoient pour auancer le feruice des maneuuriers.Or corne îenuiede telle couftume qui fe pratiquoit de jour en jour par forme dâexercice entre les foldats, creuft au cÅur des Rochellois voiaus que
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que par CCS fitiqucs fouurage demeuroit en 3rriete:le Normant à la compagnie duquel et toit cfcheuë îefcorte des pionniers: auertit la Noue que fi on nây obuioit on ne tireroit grand auantage de ces fortifications ainfi haftées.Ce confideré la Noue choifir vn nombre de Caual ; liers Si. Fantalfins le cinquième Feuricr pour en embulquer partie Sc attirer léncmy: pour luy auoir coupé chemin de retraite, luy faire perdre auec f enuie tous moiens de jamais fèhnuier en cet affaire. 11 auint comme il auoit preueu. Car les Catholiques ne vouloient faillir de ha- ECcarmou-rafferfes pionniers amp;nbsp;par occafion treuucr les moiens de fexercer au jeu de îharquebuze.Cet cône toit la compagnée du Cappiraine la Porte, membre du regiment de Saint Martin lequel for- pionniers tant à ^accoutumée fur ces pionniers fauança fi fort quâil Je laiifo couper la queuc.Si bien que le Normant le prelfant en tefte amp;nbsp;la Noue à dos fut en fin con traint dâhabandonner plus de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
quarante de fes compagnons à la mort, pour fo retirer à Fetilly qù chaudement pourfuiuis furent tous tuez: fors ceux qui fous fefpoir dâvn prompt focours tindrent bon en vne chambre quâon ne peut forcer, tant à faute de bois amp;nbsp;paille pour y mettre le feu: quâauifi pour nâauoir le loifir que telle execution fombloit requérir. Ainfi la Noue en laÃTant plus de foixante corps fans ame: en ramena quarante prilônniers^ufquels on donna en fin liberté: faifânt les Rochel-lois plus dâeftat de leur delpence quedelargent qu'ils euiïcut peu donner pour la rançon . Mais ceux qui furent reconus maflà crcurs eftoientfoudain enuoiez aumagafin. Ainfi ape-loient ils la voirie. Sur la fin arriuerent quatre vints cheuaux du camp pour fecourir les leurs, mais la campagne eftoit fa vuide de combatans.
C B mefme jour la Carraque fut amenée entre les deux pointes de Chef de baye amp;nbsp;Cou-reilles fi pres de la ville que les canons pouuoient aiiement donner en tous les endroits de la Rochelle. Ce.vaifltau fut percé amp;nbsp;enfoncé en la vafo: amp;nbsp;tellement chargé de pierres, terre amp;nbsp;autres matieres:quâils faccomoderent en forme de fort amp;nbsp;plateforme pour feruir tant de corps de garde, à y boucher lâauenuë de la mer: que pour batre en ruine amp;nbsp;autrement incommoder les affiegez: lefquels à ces occafions entreprindrent la nuit fuiuante de faire telles aproches de £a carra ce vaiffeau quâils y peuifent mettre le feu auec bois, paille, gouldrons amp;nbsp;autres artifices quâils quep^éc portèrent à cet effet. Mils ce peu qui y trauailla, nâeft fuiuy amp;nbsp;focouru du refte: joint la diffi-culté qui fy prefentoit conut que ce Nauirc eiloit chargé de vale amp;nbsp;de moufle fi elpeflc,pour- lt;lre la palîf-ce que de long téps les fons n âauoient efté fiiuà nây recouriis:amp; quâon ne le pouuoit endom-mager qui ne feut mis bien haut. Ainfi le feu fut tofl: eftaint. Auec ce que la marée venant les força dây faire peu de fojour. Puis les Catholique« pour plus grande foureté de ce paflà ge: Ea îflade y amenèrent le dixhuitiéme jour plufieurs moiens amp;nbsp;petits vailfeaux quâils enfondrerent de- jâ N^u'ires ça amp;nbsp;de la; la Carraque,tirât dâvnc terre autre:fi bié liez amp;nbsp;fort vnis les vns aux autres que les pour bou-Marées ny les vens melmes ne pouuoient endommager cete chaîne de Nauires quâils nomme ur^de la rent la paliffade tirée depuis le fort de POrt neuf, corne en droite Ligne jufques à fautre bord Rochelle nây laiffant quâvne paflee pour leur commodité. En ce temps on vit plufieurs du camp trauer-fer à pied amp;nbsp;à cheual le deftroit de la mer: amp;nbsp;cheminer fur les vafos dâvne pointe à fautre. Ce Feurier. que les plus anciens de la Rochelle nâauoient veu ny ouy parler j niques à ce jour dont il ne fo fautemerueiller neantmoins: pource que la mer amenant tousjours par fucceflionde temps la Rochelle force vaze amp;nbsp;autres villenies auec foy: quâelle laifle en retournant: eft caufe que piBu à peu le Haute croit amp;nbsp;hauflè de vafes fur lefquelles on peut aller à morte marée quand le courant eft retiré amp;nbsp;non en pleine Lune Sc grande marée. Puis ceux du camp dreflèrent deux forts lâvn à Port neuf pres de la mer, fautre à la mothe iâint Michel, qui eft entre ce port amp;nbsp;le village S.
Maurice.Les foldats qui y eftoient amp;nbsp;qui faifoient efoorte à ^urs pionniers furent le quatrié- jg faquot;n quot;Mime Feurier attaquer aucuns de la ville qui eftoient à vne petite maifon appellée la Corderie '^bd. diftantevneharquebuzade de la Tenaille des deux moulins. Tellement que ceux de la ville furçnt contraints fo retirer. Mais ceux du camp ne fojournerent gueres en la maifon pour les Canonades quâon leur enuoia. Ains comme il fe retiroient furent chargez parla ^auallerie quâauoit mené la Nouë lequel foudain rechargé par ceux du dfnip fentit fefcarmouchc pour i quelque temps bien chaude pour les fien s. Mais la plus grand perte quây receurent Its Pro- pone des teftans, vint de la carraque les pieces de laquelle donnoient dedans la porte des deux Mou-lins fur farenc de la mer qui eft toute cou tierce de cailloux,le nombre tkiqucls r^alhflansfur ces foldats occafionna la mort à trois où quatre en bleflerent plufieurs autres par f inconuc- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
nient dcfquels on conut que la porte ne dcuoitcftrcdecc cofté pour y foftiren temps de
guerre w â
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eSpagnic iiouuclle des volontaires.
LâHISTOIRE DE FRANCE.-
guerre. Sur ces entrefaites la Noue curieux de foire participer tous les renfermez en ville bien amp;nbsp;mal de ce fiegeamp;: les rendre tous cfgaux à vn mefine euenement : outre les huit co^-pagnées de la ville, cinq grandes amp;nbsp;quatre petites ellrangeres amp;nbsp;celle du Maire : il en drdw vne de volontaires, laquelle le dixiéme Feurier fit montre enlaplaceduChalleaudcviu' mouRpieteres, cinquante ciiK^iquiers tous aians corfellets 'à îefpreuue,amp; trente harqiicbU' ziers. Les deux parts de la compagnée elloient Gentilshommes ou lègnalez pour quelque commandement palTé. Moniteur ellant à Mauzé bourg dillant de la Rochelle dâenuir®'â lèpt lieues: cfcriuit aux Rochelloisamp; à la NoblelTe qui elloit en ville : amp;nbsp;parce que les lettres font prelq ue dâvn mefme argument on entendra alTez îintention de lôn Excellence par celle des Gentilshommes.
Lettres de
M essievrs, je nâay jamais penlé quefulfiez tant ellongnez de la reconoilïà ncc qi*^ , , vous deuez au Roy Monleigneuramp;frere, portans le titreamp; marque de Nobleflè comme vou® Monneura nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«Vn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' aiiç
retirée à la Rochelle.
la Nobieile laiccscltimant que 11 la VOIX de la bonne amp;nbsp;droite intention nutparuenuejuiquesavouâ pour vous faire conoitrede quel foin amp;nbsp;paternelle affeélion il defire vous tirer du peril extrémité où vous elles réduits: que vous nâculfiee pris le parti que tous bonsamp;alfcélioiint^ lu jets feront tousjours pour rendre obeiflà nce au commandement de leur Prince. Maisf^' chant que j ufques ici la vérité vous a ellé defguifée. Et au contraire figuré vn courroux re irreconfihable de lui : je veux humainement exculèr la relôlution que vous aucz julqiies ici fuiuic.Et pour ne vous y lailfer plus errer,ains vous ramener au chemin auquel je mâalf^'*' re que vous alpirez: vous auertir que corne la Nobleflè Frâçoilè a cete prerogatiuefur Nation, de finguliere fidelitéamp;deuotion enuers lôn Royamp;Prince : aulfi eft il tant alfeélioniâ^ enuers icelle squâil ne defire rien plus que là conlèruation, amp;la fouorilèr en toutes choies^*'
gnes dâelle. 11 me déplairait donc par trop quâeftant par deuoiramp; obligation naturcUenieü^ tenu enuers ladite Nobleflè de la mcfmc affedtion : je vifle deuant mes yeux perdre vous,qui défirent ne fdlongner de fa. bonne grace amp;nbsp;faueur;laquelle jefçay y eftre tant encH-née quâen le requérant, vous-vous deuez promettre non feulement la lêureté de vos perfon* nés amp;nbsp;biens: Mais autant de bon traitement que bonsamp; fideles fujeFsdoiucnt elpercr,enln* rendant le deuoir tel quâil appartient. Choie qui me fait croire que comme bien conlêto vous ne voudrez vous perdre amp;nbsp;précipiter aif danger amp;nbsp;inconuenient auquel vous elles mC' nacez. Ainsvousreferuer à meilleure occafionpour faire feruice à votre Prince :amp; non contraindre à Hire lèntir la rigueur amp;nbsp;feuerité de Ã. main à lès propres fujets. La relponce fut telle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Lettres des Rochellois à Monfîeur
Mo N s E I c NE v Rjfiluiuantfintention de la Majellé du Roy notre Ibuuerain Seigneur, par là relponce à nos tref humbles rc quelles, les forces qui depuis dix mois tiennent ce pds . amp;nbsp;le ruinent fefulTent retirées amp;nbsp;ne nouseulïènt ifduitsau dernier point Scnecelfité de h conlèruation de nos vies,cn ^exercice de nollre Religion:Et que nous nâeulfions conu le mal traitement de nos autres freres amp;nbsp;confujets de là Majellé : nous ne fuflîons tombez en devance,ni en danger de voir que notre là lut nous full tourné en reproche de dureté amp;nbsp;obllina-tion : ains ferions au premier ellat paifible auquel nous viuionslôus tobeilïà nce de fa Majellé de lac^clle auons tousjours ellé tref loyaux amp;nbsp;fideles fujets, là ns aucunement nous en di-llraire ni eflongner ne degenerans en rien de nos majeurs. ToutelFois en ccte extrémité,la le-tre quâil a pieu à votre tref illullre Grandeur nous eferiresnous a grandement recréez: enten-dans par icelle lâhonneur quâil vousplaill nous faire de nous promettre la bonne grace deft Majellé.De laquelle faneur v(ÿrc,vous rendons graces immortelles: vous fupplians treshum blement (Monleigneur) quâil vous plailè immortalilèr votreGrandeur dâvne tref magnifique gloire de la reduétion de ce turbulent Ellat en vne bonne,là inteamp;lèurePaix,amp;tranqui-lité en tout fon Royaume : en laquelle puilfionslèruirà Dieu en îexerejee de notre Religion. Et rendre à la Majellé du Roy toute deuë obeilfance : amp;nbsp;treshumblc lèruice à votre tref illullre Grandeur. Prians Dftu,Monlèigneur,vous tenir en fes graces en tout heur amp;nbsp;profpe-rité. De la Rochelle, ce treziéme Feurier mil cinq cens lôixante amp;nbsp;treze.
Refponcc dclaNo-blcflc à Monficur.
LaNoblelTe fit relponce, que combien quâelle lôit du tout deuotieulè au lèruice de fou Roy : neanffnoins nâa peu paruenir à ce but qui eft lôn principal delïèin,que dâobtenir la bonne grace de lôn Prince. Et ce mal cil auenu par le rapport dâaucuns flatteurs,amp; hommesqui
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fc nourri fient en troubles comme le poiflon en f eau : amp;nbsp;rendent raifon de leur prinfe dâarmes qui ne fut onques volontaire finó ent^t que la neceflité les a forcezjde le vouloir.Nc co-noilTans pour le prelênt autre moien propre pour la conferuation de leurs vies Ipiri-nielle amp;nbsp;temporelle: que la retraite en lieux forts amp;nbsp;bien munis: jufques à ce quâil plailc à fà Majefté y pouruoir par lis vo^ ordinaires (ÿii font les tenues dâEftatsSd Ceffiôs de Concilies ubres.Supplian» ' ' tref humblement lâExcellence de Monfieur dâaùoir ef
gard à leurs juftes plaintes amp;nbsp;pour le moins né ~ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â â
leur imputer ce qui procédé de la faute dâau-truy:amp; quâen toutes autres choies de-
i nbsp;nbsp;moureront tref humbles fujets de
là Majelléj Si tref humbles lèruiteurs defon
Excellence. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
- gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠-fc-ic nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à H \ -
*
-ocr page 266-Du Trentetroifiéme Liure.
U E E de tJl^onÃeur en fin camp,mee f lufieurs Princfj,Seigneurs fstatnes. Les Anglaisfitrprennent defigratjjent tous lesNauires desEranfoùgt;â ' mans nbsp;nbsp;Vvallons refitgie1^eni^ngieterre,çp' l'occafionpourt^uoy.Tfibeanfills
Charlesefl leuée au Baptefime au nom de l'Empörtere delaB^yne d'AnglsSSf^^'.,-^ ' firence acorde'e entre les Catholiques ajfiiegez. dans la âB^chelle ^auec les Artls^^ celle. Vauis du Confiil Cr des iJtLiniflresfiriceux. 'Epfilutton des Efl^ats de Eoix, 'Uille longue, Lauraguais Cr Albigeois a P^calmont contre les Cathohqi^sS'A' me'e du 'iAarquis deKtllars en Q^ercy Cr puys vÅfins,pourueude CEfiat par le deee\^de Cohgny.Places prifis tant par luy far lesTroteÃaru: que par euxfir les Catholiques. Bfiut di mil cinq cens fiptante trois. Batterie Cr diuers afiauts aSancerre pà uftenuspar les afitegeze auec refilutisK^ ^enerÃde lesfircer par fitmine Cr nombre de bloque bitnretranchez.TSuc d'Aumalle tue' douant la auecplufieurs autres Seigneurs Ct Cappitaines de nom. zPHimftres refiufint lapai9 Csâ pourquoy. Le neantmoins fi continue pour icelle. tyLrmée du Mare fichai d'Anuilleen Languede contre les Protefiians.^'^l^' batterie Cr prifie de Sommieres à compofittonparle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;are fichai apres la mort de Candalle Cr plufieurs
Le Comte de liAlontgommerydreJfiant fin Armée en Angleterre pour le fiecours desL^oehellois: leureficrttd!'^^ afifiure. La Noue fi retire auec quelques vns delà 'Bpchelle Cr pourquoy. L'Amiral affiiegeen vain ^uis auoir pris quelques fins,fin o^rmée fi rompt aufiÿ tofi qu'il en eut enuoiéles meilleures trouppes à fieur pour le renfircer contre les B.pchellois^ fifiatdes Confiderez qui cependant s'ajfiemblent a e^ndu^t IfTl^glemet^de leurs affaires.
Son Excelé-ce arriuéc au Camp.
Cartier des Princes.
E MERCRHDY dcuxiémeFcurierle I^ic dâAnjoufreredefâ Majeftéparty Paris le dixiémelanuier auec le Duc dâAlençon frere de ïôn Excellence: Le Roy Nauarre, Prince de Condé, les Ducs de Montpencier amp;nbsp;Prince Dauphin ion de Longueuille, de Bouillon, Guylê, dâAumale amp;nbsp;de Neuers, du Marquis de Ma' ienc, des Marefehaux de Colle amp;nbsp;de Rets, Biron, Comte de Rochefoucaut, Chauigny, Moâ lue, la V^ette,Mauleurier, Paumy, Puygaillard,Clermont, du Gas, Cofleins amp;nbsp;plufieurs autres: arriua au Camp.Etpourreconoiftrela ville amp;nbsp;les delFances en approcha fi près vers Co-gne quâvn Sergent planta îhalebarde fur la contre efearpe du folTé amp;nbsp;à la mefincv heure ceux de laint Sandre tirerent vintneuf coups de canons amp;nbsp;coleurines pour là venue. Comme aulfi la plus part des compagnies Fantalfines preftes à leur deuoir: luy firent vne telle lâliie dâhat' quebuzades,quâil eut occafiorftie fen contenter.Ce jour les alfiegez le trouuerent fort clairs à leurs gardes pour reconoiftre amp;nbsp;faire le deuoir à cete venue Seigneuriale, dont plufieursfU' rent blafinez. Mais ils donnèrent elpoir de reparer la faute en autre endroit. Or Ibn Excellen* ce,MonficurleDuc, le Roy de Nauarre, Meflfieursles Princes de Condé amp;nbsp;Dauphin, leS' Ducs dâAumalle, Guylê, Lc^gucuille, Bouillon, Neuers, le Comte de la Rochefoucaut, 1« Grand Prieur de France amp;nbsp;plufieurs autres logèrent à Nieul,vne licuë de la Rochelle. Où ils demeurèrent julqucs à la fin du fîege. Le lendemain on efcarmoucha entrois endroits: aucc peu de perte. Le,jourfuiuant la Noue Ibrtitvers Cogne auec vint cinq chenaux amp;nbsp;deux cens hommes de pied. Prindrent quelques chenaux de tartillcne amp;nbsp;cinq prilônniers entre lefquels eftoit lâinte Coullombe. Ce jour la Brume eftoit fi efpcllè que Monfieur auec peu de compagnie aprocha fort pres des troupes de la Noue fans y pcnlcr. Mais on ne k vou lut
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lut charger de peur d'embulcadc quâon nâeuft peu defcouurirà caufê de feïpelïèur de cé Nua^ ge qui fauua la vie rançon à pluficurs Catholicques. Le quatorzième ceux de îa ville fôr-tisjprindrenivnCappitaine Enteigne amp;nbsp;quatre autres entre letquels fut Malcmutïc Gentilhomme Beauflèron de la maitbn du Duc de Longucuilledequel auoir payé ta rançon demeura pour future le bon ou mauuais heur des aflîegez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
P O V R c E quelaRoyne Elizabeth dâAutriche eftoltâcouchée à Paris dâvne fille dés LaRoyne le vint-feptiéme Oâobre Mil cinq cens feptantc deux^le Roy enuoya vers la Royne dâAngle-terre laprier quâelle tuft Comere:tant pour entretenir la Confederation juréepar entêmble trc cómete comme je vous ay dit ailleurs : que pour deftournerpar vne telle fignifianee dâamitié parti-ciiliere, le fecours que le Comte de Montgommery efperoit Icuer dans ton Royaume pour ⢠entrer en la Rochelle. A ces fins furent enuoyez à diuertès fois en Angleterre de la Mauuifi fiere, Chafteau neuf de Bretagne amp;nbsp;Saint lean frere de Montgommery qui ne le peurent loutesfois defperfuadcr en ton delfein : Ainfi la Royne y enuoya le Milord de Vucnceftre Catholicque. Comme il eftoit fur ton voyage, trauertântlamerdeDouureà Bologne fur vn petit Nauire, fuiuy neantmoins de troif autres palïà gcrs : fut affailly par quelques Cour- Naukes faires Francez amp;nbsp;Vvalons lefquels ne pouuans aborder fon Nauire plus leger à la voille que v7aquot;nons le Pofte qui les portoit : le rucrent fur lâvn de là compagnie quâils pillèrent apres auoir tué defgreflet quelques vns quifeftoient mis en deffance. Le bruit de cet accident porté en Angleterre: irrita tellement la Royne amp;nbsp;fon Conleil, nomemant les Catholiques : que la Commifi fion fut aulfi toft donnée a lâAmiral de fe faifir de tous les Nauires eftrangers quâil rencontre-roit fur les coftes. LâAmiral y enuoya Ion Lieutenant Horftot qui équipa l'Hirondelle fvn des moyens Nauires de la Royne amp;nbsp;quelques autres petis, aueclelquels non de force mais prians les Cappitaines eftrangers de luy aller parler pour leur communicquer choies dâimportance de la part de fa Majefté ; de laquelle ils ignoroyent la CommilTion amp;nbsp;lâoccafion dâicelle: les defgrelTerent tousauecvnmerueillcux butin quâils y itrouuerenr. Car comme il yeuft en toutes ces coftes plus de Ibixante Nauires bien équipez que de France que por-tans lesaueuz du Prince S'Orange : vn feul dâeux nâeftoit fans prilê. Ains la plus part riches de pillages faits fur toutes nations Catholicques. Tous rnis à blanc amp;la plus part prilôn-niers en Angleterre : furent occafion que fentre^rinfe du Comte de Montgommery fut de beaucoup retardée. Le Milord cependant vint en France pour alfifter au Kaptefinc decetC Princeflè qui futbaptilee le fécond Feurier Mil cinq cens feptantc trois. Le Parrain fut le DucdcSauoye: Les deux Maraines Marie dâEfpagne Etnpctiçre : mere delaRqjfne Royne dâAngleterre. Les noms defqucls:luy furent donnez Marie Elizabeth. Le député Elizabeth de rimperatrice poiu lâEnfant au Sacre auquel feruirent Loys de Bourbon Marquis de Conty amp;nbsp;Charles Monfieur fférc du Prince de Condé. Mais rcuenons au fiege de Sancerre.
Le deuxiemeFeurierles Catholicques commancetentde trancherfortifier lapins proche maifon du cofté de la ville du village de Fontenay où ils dreftérent vn fort à 4. cens sancerre pas de la ville. Et auoir employé les pioniers à faire les gabions les jours precedans: ils eh M 7 j« firent trainer nombre de Saint Satur à Fontenay,faprochans tousjours de la ville. C^endanc les Sancerrois enuoyerent de tous coftez cercher fecours amp;nbsp;faire entendre lâEftat de leur affaires ; Quelques Soldats auffi fe retirèrent à eux qui les auertirent des préparatifs: amp;nbsp;deffeins. Catholiques. Le huitième, lâArtillerie arriua par eau au port Saint Thibaud. Et joüa le Canon déz le trezièmeFeucier. Puis ledixneufiéme la bateric commança plus furieufement qu ils nâeuflént jamais creu. Ils auoyent douze pieces de bateMÃes amp;nbsp;quatre Coulcurincs. Et pource quâils furent auertis, mais peut eftre finement,quâils féroyent batus entre le Chafteau amp;nbsp;la Porte Cefà r: Et quâon y donneroit f aftâut en faueur des rochers proches de la muraille: ils trauaillerent pour abatte le chappeau de la Porte, craignans la ruine des efclats au dedans. Et au dehors que fi la ruine y tomboit elle ne féruift aux Catholiques. Ils fortifièrent auffi les plus foibles endroits du Chafteau amp;nbsp;continuèrent la tranchée juiques à Porte Cefar: metanc le tout en deffâce.Mais il ne furet attaquez par là . Ains les vouloir on empefeher par ce nîoié: affin quâils ne reparaffent vers la porte vieiljlieu plus foible amp;nbsp;plus acceffibl^ou la baterie amp;nbsp;affautfe dôneroit. Le i^. fartillerie fut amenée à S.Satur dâoù ils tirerêt 4. coups pÃir fonder la villeiîvn defquels tua vne fille du feul vêt de la balle. Puis cômâcerêt vn fort de terre fur le chemin de Saint Thibaut aux Ardilhers: firent vne Paliffade au Camp Saint Ladre au deffus
Rr
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de la Perriere où ils logèrent quelques Enfeignes: traînèrent nombre de gabions en pliilieu'â endroits pour le couurir des attaques Proteftantes. Les pioniers aulTi tranchoyent les di«' mins amp;nbsp;toutes les auenuës de la ville, pour arrefter la courlè des alfiegez fils vouloient fortit-Le quinziéme ils roulèrent deux grans mantelets de boys, de Fontenay Julques au pie vignes pour couurir les Sol(^tsamp; les aprocher au pied des murailles le jour de lâafïaiit. lgt;es deux jours fuiuans ils traînèrent deux pieces dâArtillerie au Camp S. Ladre amp;nbsp;fix lus L oi®c au Loup: qui eft vne montaigne haute au midy de Sancerre qui luy commande. Ce queflâ' fieurs trouuerent eftrange, veu quâaux autres fieges on auoit jugé ce mont trop ellongneâ^ la ville pour y faire baterie à profit. Et neantmoins les alfiegez nâont receu tant dâinconinâ® direz dâailleurs. Le dixncufiéme ils commancerent à taller la muraille entre Porte vieil
Feuriet, « 5 li-
Porte Saint André. Somme depuis le vintiéme jufquesau vinteinquiéme continuanshli^ terie : ils tirèrent plus de trois mil cinq cens canonades auec telle furie amp;nbsp;tat dâefolats qiiil®^' toyentdes murs, maifons amp;nbsp;autres endroits: qucplufieursnecroiroyentpasfipeu dâhûm' mes y ellre morts. Car en tout le liege nâell point mort vlntcinq perfonnes du Canon. ce les alfiegez remparoyent lanuiélamp;failbyentTejourtoutlc deuoir quâils pouuoyentafc munir contre telfort de ceux quilèprelènteroyentà talïà ut. Et pource que tous alïîftoyent aux Gardes,Maillrc lean de Lery Minilire du lieu qui auoit demeuré dix mois en f Ameriqn' fauilà de faire vn liét dâvnlinceul lié par les deux boutsSc pendu en tair à la façon des Saunages Ameriquains : Ce qui fut à iâinllant enfuiui de tous qui fi trouuerent beaucoup plusalc-gres amp;nbsp;dilpolls à toutes fadions, que fils eulïènt couché fur les paillalïès:Ioint quâils eftoien' netz de toute vermine. La nuid du vintquatriéme,les Catholicques felforcerentde furpf^æ dre le Rauelin:mais ils en furent repoulïe fi bien que le CappitaineDiuory des vieilles banocs y fut tué atiec vinteinq autres. LeCappitainelaBuffiere Enfoigne de la Fleury fut aulfib^®^' le amp;nbsp;en mourut quelque jours apres. Tournons au liege de la Rochelle.
Sortie de
L E Cappitaine Mirant qui commandoit fur deux petis vailfeaux : elloit forti du Haurelt;l^ NauircjRo laRochclle, commc plufieurs autres qui elloicntallez les vns en .^nglcterre, pour fortitf^' chellois. îarmée du Comte de Montgommery : Les autres couroyent fortune lùr la mer contreienâ^ ennnemis au nombre defquels on tenoit tous Catholicques amp;melmes ceux de laReligi®â qui menoyent de la marchandilè en lieux fulpeéls. Mirant auoit fait quatre prinfes de viures amp;nbsp;autres prouilions de ville quâil y eult volontiers fait entrer,mais il doutoit que Iarmée és - mer qui elloit fort grande amp;nbsp;croilfoit tous les jours ne le defualilà ft à Centrée : Toutesfois curieux rentrer amp;nbsp;dâailleurs forfé de la necelfitc poureequâor quâil eull des bledsluyamp;fc . gens nâauoyent pain ny bifeuit nây autre prouifion pour tenir la mer : Voyant le vent pmptf le hazarda de palfcr lanuiâ: le quinziéme Feurier. Et combien que la Carracque Sel®* deux forts de Courcilles amp;nbsp;Port-neufauec les vaifleaux qui elloyent en rade luy tirallênt iH; cellà mmcnt Canonnades amp;nbsp;nombre de coups dâharquebuz: fi nây eut il quâvncoup donna en Nne de fes prires: les efclats duquel blelTçrent deux hommes. Conduitneant-moins par la lueur de la Lune la clarté de laquelle là uorifoyt egalement les Catholicques pq^r les canonner amp;nbsp;pourfuiure : amp;nbsp;les Protellans pour trouucr la route de leuf entrée à trailers la palilfade: fit tant quâil fo trouua dedans la Chefne au grand defplaiüâ de toute îarmée amp;nbsp;non moindre contentement des alfiegez qui prenoyent ces vaiüeaiÃ
pour allant coureurs de l'Armée du Comte de Montgommery : Mais il neportoytquf cinquante tonneaux de vin de Bourdeaux amp;nbsp;vint-cinq' tonneaux de froment amp;nbsp;quel' ques autres petites prouifions. Le lendemain Monfieur difhaau fort de Correilles Ffearmou- retout pour auoir le chemin plus libre la Garde bailla lâalarme vers Saint NicolasfoU' ftenuë de deux cens chenaux. Les alTiegcz felpreuuerent de forte contre cesFantaflinsqu' Excellence. ils confelTerent an retour nâauoir oneques treuuc gens plus rcfolusqueles gardes de fon Excellence re montrèrent ^aulficftoit la troupe de Soldats choifis. Lâelcarmonche dut^ plus de quatre heures pendant laquelle nombre de Caualiers portans chacun fharquebüzi^'^ en Crope furent batrcfellrade vers laFonsioù ilstrouuerent allez tort rencontre de laquelllt;^ ils enlcncrent trojs prilonniers Sgt;c quatre pieces de grand cheuaux.Ie vousay parléde lach^'^' gc de r Alîbé de Giiadaigne amp;nbsp;de lès articles concernans lâintention de là Majefté vers les Ro' chellois. Biron ne les vouloir enuoier que ce ne full en Parlement. Et à ces fins follicitoir h Noue
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Noue par pliifieurs lettres pour faire códefcendre Ies Rochelloisa lâ3boüchertiétamp; que poUf le moins on parlaft hors la ville. Lequel dâailleurs ne ceflbit *de rcmonftrcr que fi lâaffaire d^ lAbbé de Guadaigncfêtraitoitparefcrir, ce que Monfieur nâaccordera pas : Ce nefêroit jn* mais fair. Quâon connoift, difbit-il, affez par les procez des lufticietS que les eferits nâont mais de fin J amp;nbsp;mettent les choies en longueur 4 Mais ceux d« Conlèil fc deffartdoient de ùf fociation: par laquelle tous Parlemans auec {ennemi eftoient interdits : Si ce nâeftoit du con« lentement de tout le peuple. En fin la Noue obtint pour accorder les diuerfitez dâôppînionS quâon vferoit partie dâabouchement amp;nbsp;partie dâeferir. Iniques à iCejour tant de la Carrà tquè quedes forts auolt elle tiré en ville près de trois cens Canonades fans quâaucitn en full offen cé: Les maifons feules en pâtirent » Ceux du Camp trauaillôient fort cependant amp;nbsp;fifr toüt ⢠de niiiôt à Etire leurs approches. En ce mefiiic temps des Bruicres Gentilhomme Ailgeuin eW-tra en la Roclielle où il fut bien reccuamp;apointcdcvint-cînqhure par môis,poUfce qtfà auoic autrefois porté les armes auec les Proteftans.Deux autres qui entrèrent auec luyâen eù*-rentautantfournis de boys, vin amp;nbsp;chandelle en leur logis, mais cetuy cy y alloit lors à autre â¢fin. Car praticque par Puigaillard pour^angner quelques vns de ceux qui fefioient retirez en ville: 11 cafeha de perfuà der Ibn entreprinlè à la Riuiere le Lys amp;nbsp;auCappitaiiie la Mulfè fon paranttotisAngeuins:lesairurâsqueleRoyne oublieroit vn fi bon féruice: amp;que Monfieur â¢reconnoiftroit telle fidellitc: promettant à chacun vint mil hures en deniers amp;nbsp;deux mil elcus de rente enterres.Mais la Mulïè qui à caule de là religion auoit quite la compagrtie du Baron . deBelleuille,connoilIà nt combien ce fait importoit: reuela le tout au Maire ayant premier Bruicres, tiré promeflè de luy auec ferment que cehiy quâil vouloitaccufèrneléroitmisà mort.'ToU'-tesfois Bruicres fut mis prilbnnier en la Tour du Garrot où il demeura julques à la Paix là hb dquot; Pumii-autre mal . En Ce temps le Boulleuard du Gabuz qui cft entre la Porte amp;nbsp;la Tour de Saint Ordpar le Nicolas poureûre bafty fur le grauier de la mer amp;nbsp;nâauoir ferme fondement enfonça de nuid g^JiercsVur amp;nbsp;le bailla de plus de la hauteur dâvn homme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- J^Ro
-0: SvtVANT ce qu^leConfeil de la ville auoit accordé à la Noue de confeâférâ auee le^ _deputez deMonfieiir partie par abouchement,partie pareferit: Biron luy efcriuit'du vintvftïéA- Jà liu nÃco-'/KicFeurier quâil auoit fait entendre le tout à I^onfieur lequel îauoit trouué tres-bon . Com- Jas.
â bien que le Sieur de Guadaigne euft commandement de ne conférer quâen la ville. Promet que le Sieur de Strolïÿ,Guadaigne amp;nbsp;luy le trouueront le lendemain à midy-au Môiilirt Dâam jboilfe pres la porte de Congne,pourueu quâil foit alfeuré que la Noue amp;nbsp;quelques vns dés â¢plus dignes amp;nbsp;p rincipaux fi rendent pour traiter enlemSle tout ce qui fera necefïirc pour le bien amp;nbsp;repos que fà Majcfté,defire à fes fu jets : ôc les tirer hors des mifères cfquelles ils font tombez. Cependant ceux du Confoilentrèrent en eflcélion de ceux quâils deuoient enuoyer pour conférer auec les députez de Monfieitrau lieu affigné.Quant à la Noue plufieursdebà -toyent quâil nây deuoit aller parce quâil eftoit Chef des armes amp;nbsp;quâil y auoit danger quâon .fift quelque tort à là perfonne : Dont la ville receuroit merueilleufo pcrte.Et quâe les Chefs conference .ne deuoyent parlementer fans grande necelfité. Dâautre part,difoitla Noue,quâil auoit de amp;parlemét bons amis au Camp qui luy pourroyent defcoiiurirchofodcconfoquance amp;tel|^ quâils ne «^esdeputest communicqueroyent volontiers à autres quâà luy. Pour ces raifons il fut 'efleu 8c auec luy P. Pierres Lieutenant Gcneral,Morticrs Sc Morillon, lefqucls fortirent pour le Parlement le Dimanche vint-deuxiéme Feurier. Mais fentreueuë fut différée au lendemain ponreeque înombredcchcuauxfit contenance de les charger. Dont Biron fexculà ôc en tança fort les auteurs de tel retardement. Le peüpie neantmoins en murmtroit autant que de la Conferan-ce accordée contre la teneur de lalfociation. Le lendemain toutesfois ils y donnèrent conï-mancement au lieu 8c heure alfigncz 8c fe trouuerent de la part de Monfieur,Biron, Sftrolfe, VilleguierScîAbbé deGuadaigne.LeComtede Rets y fut fur la fin comme aulfide la ville fî rendirent lefiiiéls députez. LâAbbé difcourut de lâintention S^clemence du Roy: Et que paf-le ce coup ne le falloir plus attendre de pouuoir flefehir là Majefté par aucunes Rcqueftes Sc priercs:Puis que le Roy fei'f oit mis en plus grâd deuoir quâil nâeftoit côucnable pour là gran- de lâAbbé dciir.Et que tous les autres fujets.de mefme religio le reputeroiét bien heiireux, fils pouuoiSt impetrerdelà Majefté la moytié de ce quâil offre à ceux de la Rochelle. Pointant parlairt cuiifcrcncé. aux députez de la ville dit. Melfieurs VOUS y auiferez meurement 8c ne lailferez couller cefte
.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rf ij.
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-ocr page 270-Feuri« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L' HISTOIRE DE FRANCE.
' occafion qui à mon auisnefcprcfentcra jamais ü fauorable. Il ajoufla beaucoup c^e paroll«^ pour elclarcir la bonne volonté du Roy;commc auflî les autres confcilloient les mefmcs en® îcs autant quâil leur cftoit poffible. Mais les députez de la ville y dirent leurs auis cciwuepsr ticuliers refpondansà pluficurs points mis enauant. Etquantau faid de leur dirent auoir feulement charge de rcccuoir les Articles de fa Majeftc entendre la crcancc® Sieur de Guadaigne amp;nbsp;rapporter le tout au Confeil de la ville. Si bien que les Articles le#^ cftans dcliurcz:promirent dâen faire tenir la rclponce le pluftoft quâils pourroient.Lcs arau® prefentez au Conlcil furent treuuez tels.
S I le Roy eftoit autant rigoureux Prince, quâil cR doux amp;nbsp;clement : Il nâeuft refpon®® ⢠aucunement à la lettre que les Maire, Efeheuins Pairs,Bourgeois amp;nbsp;habitans de la Roche le luy ont eferite du quatorzième de Décembre : De laquelle le contenu nâeft pas digne fujets qui veulent eftre eftimez fidelles amp;i. obeiflâns à leur Roy : Et auoir Ihonneur de D'®'' S)C. de fes commandemens en quelque recommandation. Car fous coulleur de Religion, J' fèmbleroit pluftoft quâil le couuaftvnc pure Stmanifèfte rebellion : voulans ignorer amp;ae' guifer la bonne amp;nbsp;Sainte intention de fa Majcftc, jÃour précipiter eux, leurs femmes, fanâ'' lesamp; mailônsenvneeuidentc ineuitable ruine: au grand regret amp;nbsp;dcfplaifir delà Ma^ fté. 2. Laquelle menée à piticamp;commilcration digne dâelle: à voulu de rechef amp;nbsp;pouf derniere fois, enuoier par deuers eux : Afin de/êntirfrly à moien de les rendre capables*^^ là droite intention. Et leur ouurir les yeux, pour leur faire voir amp;nbsp;connoiftre les Artifices amp;nbsp;menfônges dciquels ils ont efte abufêz. . Aiant à cet efFeôl choifi amp;nbsp;dépuré le Seigueâ' de Guadaigne, auquel il a donné charge fy tranlporter,apres neantmoins que Icfdits Rochd-lois luy aurot enuoié bon amp;nbsp;fuffiÃnt pafleport amp;nbsp;quelquâvn des principaux dâentre eux, geois de ladite ville pour entre les mains du Seigneur deBiron eftre oftagesSc pleigcs du trai-âcment qui luy fera fait en ladite ville. 4. Comme ledit Sieur Guadaigne aura efté intro* duid dedans ladite ville, déclarera auoir commandement expres défaire entendre facM' gc, que f intention amp;nbsp;bonté de la Majefté lüit ouïe. Et que chacun ^ronnoiftè le danger pf®* ehe amp;nbsp;eminant où ils le trcuuent pour les en tirer. y Et combien que le Roy nâeft obligé de rendre compte amp;nbsp;juftificr lès adions à nu^^amp; moins à fes fujets. Et quâil ftjffile quâcltó lôiét fi équitables deuatDieu quâil nâen puifle eftre repris. Mais le fujet doit obeyr à lôn Prin* ce, oblêruer lès Ordonnances Iclon le commandement de Dieu amp;nbsp;le droit de fidellité : lînoU il apartient au Prince le punir amp;nbsp;faire rigoureulcmentchaftier. 6. Toutesfois connoiflà nf là Majefte^erreur ou font tombez à rerenuz les habitans de la Rochelle pour leur auoir eft® les choies paflèes delguifées auec tant dâArtifices : cft contant felbulmcttrcjufques là ,que de leurfaire declarer les juftesoccafions qui lont conerjint faire punir feu Galpart de Colligny amp;nbsp;lès compliccs.Combicn quâelles lôient de prelènt fi notoires à tout le monde quâil nefen doiue plus douter. 7. Chacun à peu connoiftre par les efièds amp;nbsp;ce qui fen cft enfuiui, h peine que le Roy à prinlè pour appailèramp; mettre fin aux troubles de lôn Royaume: amp;nbsp;remet' tre lès fujets en bonne Paix amp;nbsp;en chaflèr les milères,ruines amp;nbsp;calamitez que la Guerrey nour-rifloit. A^ant faitfEdit de Pacification dcfdits troubles au moys dâAouft, mil cinq cens fep-tante. Lequel il a fait non lèulcment publier : mais exadement eftablir, fuiurc amp;nbsp;oblèrucf indilFeramraent par tous lès fujets. Si que la rigueur que là Majefté tenoit : failoit cftimcf quâil fauorilôit dauantage ceux qui faifoient profelfionde lanouuellc oppinion que les autres. Aiant rcccrché,pourfuiui amp;nbsp;fait le Mariage de Madame là lôeur auec le Roy de Nauarre pouf dâautant plus aflùrer Sc eftablir le repos de cedit Royaume: amp;nbsp;faire perdre aux lèditieux amp;nbsp;tu-multueux,iâelpcrance de ne pouuoir jamais faire renaiftre Iclclits troubles. De façon que B choies eftant en tclEftat que les gens de bien fujets à là Majefté auoient toute occafion f« promettre,jouyr dâvue perpétuelle amp;nbsp;bien alïèurée Paix: Et mcfmemant ceux de la Rochcllf aulquels là Majefté auoit peu ^uparauant fi liberallcment confirmé les Preuilegcs, franchifo amp;nbsp;libertez accordez par lès predcceftèurs,pour en jouyr paifiblemét.S.Et lè voioit que faditî Majefté nâattcndoit autre chofe apres auoir aflèuré la Paix en cedit Royaume, quâà pouruoif aux affaires quâelle 5 auec lès voifins pour lè rendre amis ceux qui font tousjours efté de cote Cûuronc.i j.Ains auoit là Majefté trop plus dâoccafio dâeftimer que la demóftratió quâils ont julques ici fait de luy vouloir rêdréobeilfâce; à efté faite affin de gagner teps de fortilficrleur villc:airemblcr viurcs,rctirer Soldats amp;nbsp;faire tous autres préparatifs de delôbciffance amp;nbsp;dâho-ûiilitc
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ftillitc. 14. Lâon à veu auflî le recueil quâils ont feit au Sieur de Vigen amp;nbsp;prife quâils ont feite detvnedes Galleres defedite Majefté laquelle le Baron de la Garde auoit enuoyé vers eux pour leur porter lettres. 15. Ils ont auflî refufe de receuoir ledit Seigneur de Biron leur Cou-uerneur. i^. Ce que voiant fe Majefté feft refôluë dây procéder par la force* Et non feulement affcmbler vne bonne amp;nbsp;puiftà nte armée fous la charge dlidit Sieur de Biron pour les aft faillir. Mais y enuoier Monfieur le Duc dâAnjou fon frere amp;nbsp;Lieutenant General : amp;nbsp;ne rien cfpargner pour fi rendre obey. 17. Non que fe Majefté vueille la ruine de ladite ville amp;nbsp;des habitans de laquelle il reconnoift certainement ne luy pouuoir reiienir que toute perte. Ains a les bras ouuers pour les receuoir toutesfois amp;nbsp;quantes quâils fetifferont à ce quâils doiuent. 18. Nâentend auflî fedite Majefté les forcer en leurs confeience. Mais au contraireeft content quâils jouïflent de graces amp;nbsp;libertez promifês par fbn dernier Edit de Pacification comme elle auoit commandé au Sieur de Biron les y conlèruer. 19. Nâaiantfedite Majefté rcuo-qué ledit Edit de Pacification. Mais feulement prohibé la continuation des prdches amp;nbsp;aflèm blécs à caufe des maux amp;nbsp;inconueniens qui en pourroient auenir. Corfime ledit Seigneur de Guadaignefpaura bien dire. 20. Confeîfent neantmoins fe Majefté quâelle defireroit grandement voir tous les fu jets réduits à vne mefine Religiô. Et faire profeflîon de celle quâil tient à lexemple des fes predeceflèurs. Aiant efprouiié depuis fian auenement à la Couronne : les conjurationspernicienfes amp;nbsp;entreprflês qui ont efté faites amp;nbsp;dreffees Ibus ce mafque de Religion amp;nbsp;pieté efdites aflemblées .21. Pour ces confiderations,fadite Majefté à fait amoneftef plufieurs de fes fujets de retourner en la Sainte Religion Catholique: amp;nbsp;de laiflèr cete nou-uelle opinion.Mais il ne le trouucra quâaucun y ait efté contraint par Loix ny par ordonnance feite par fadite Majefté. Aiant les Eucfques amp;nbsp;Prélats de ce Royaumejdrefle vne forme dâabjuration laquelle on a fait fuiure à ceux qui ont de leur bon gré voulu quiter cefte nOuuelle opinion amp;nbsp;non autrement. 22. Aiant ladite Majefté fait commandement au Seigneur de Guadaigne promettre amp;nbsp;aflîirer au Maire, Efeheuins amp;nbsp;Bourgeois de ladite ville de la Rochelle au cas quâils luy rendent obeilTance, ouurant les portes au Seigneur de Biron ou autre aiant charge defedite Majefté, lây receuant comme il apartient pour y maintenir lâautorité de fadite Majefté,amp; nâeftre plus à la diferetion des^nutins : leur faire cefte grace de leur permettre fexercice de leur Religion auec pareille liberté que fedite Majefté leur à oélroié par fondit Edit de Pacification amp;nbsp;fens quâil en foit rien diminué amp;nbsp;alteré-.dont leurs feront defpechcz tellcslettres quâils reconnoiftront leureftre debefbin. 2^. Etouaucunsnefèpoiiuans contenter de ladite intention defe Majefté pour quelque occafion quecefoit: vouflrclbntfe retiâ rer hors de ladite ville ou du Royaume 8c aller viure ailleurs pour quelque temps ou autre-ment:fedite Majefté leur permettra le pq^iuoir faire auecque toute feureté pour leurs femmes, families amp;nbsp;biens dcfquels ilspourroient difpofcr à leur diferetion. 24. Mais auflî ou lefdits Ro-chcllois mal conlèillez fë monftreront opiniaftresamp; ne voudrontacepter la grace qui leur eft ofFcrteauantquedepaflcrpIusoutre à îexpugnarion de ladite ville: ledit Seigneur de Gau-daigne déclarera quâils feront jour 8c nuit pourfuiuis le plus viuement qu'on pourra pour en aiioir la fîn.Nâeftant conlêillée ny deÃberée fe Majefté y obmetre aucune chofèaflî« de les fai re feruir dâexemple memorable à la pofterité. 2 5. Et pource que fon à entendu quâils fentre-tiennent en quelque oppiniô 8c efperance dâeftre à fextermité aflîftez 8c fecourus dâAngleter-teoùde Montgommery acompagné dâvn nôbrede François : Ledit Sieur de Gaudaigne leur fera entendre 8c connoiftre que ce font Artifices qui les abulênr ôc ruinent:attendu que fadite Majefté eften bonne Paix auec la Roync dâAnglererre.Lalt;j?ielle luy à mandé de nouueau quâelle veut cÃtinuer 8c entretenir le traiélé de Paix dernier feit auec fâ Majefté.Et ne fouffrir que fes rebelles foient aflîftez ny aucunement feuorifoz de fes fujets.Eftant côme eft le naturel de tout Prince,ennemie mortelle de toute rebellion. 21?. Au regard de Montgommery il cerche pluftoft dâobtenir grace 8c mifericorde par deuant fa Maiefté:que de rien entrepredre. Et quand il auroitmauuaifè volonté il foroit fort malfuiuides François. Car la plus grand partie de ceux qui ont pafle en Angleterre 8c aux Ifles font retirez en leurs maifons où ils font conferuez 8c maintenuz en toutefeureté comme Coiilombiers 8c autres. 2j^. Le Seigneur de Gaudaigne parlera particulièrement aux principaux de la ville pour leur faire entert dre fintentioII de fe Majefté: Voir la faute quâils commettent 8c le peril où ils font pour tomber ûns cfpoir de grace ôc mifêrieordâ fils foppiniaftrent ert leur rebellion. Mais où ils
Rr iijlt;
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
le retireront amp;nbsp;enuoiront deuers Monfîeur frere de là Majefté il les receura graciculèment.
Quant à ce que fà Majcfté dû que le Comte ne fera fûiui des Frances réfugiez en Angk' terre,telle en fut toccafion. Sa Majefté auoit donné toute charge à la Mote Fenelon Ion AiU' balïà deur pres la Royne dâAngleterre,dâinciter tous François à fê retirer par lâuue-gardes^ paflèports pour Icfquels on luy Jhoit enuoié blancs lignez amp;nbsp;tous autres moiens quâil verroK propres à cet effet: Affin de delpouiler le Côte du fecours quâil efperoit.De faitfAmbafïà deU'^ fi porta fi dextremêt : quâil en defperluada beaucoup qui fê retirerent en leurs maifons où furet aflez paifibles tât que la defïâce de la Rochelle leur afliira la vie.Ccmc entrâautres Colo-biersjlc jeune VifcomteBourry,GaufIèuilleamp;plufieurs autres dc toutes qualitez:mefmes qult;^ plulieurs firent nombre au Camp des Catholiques campez pour la prife dc cete ville.
Confeil des Roehelloi* a'femblé fur let articles du Rey amp;nbsp;fa refolu-â¢ion.
Allis det Minifttes.
Quand les articles du Roy apportez par f Abbé de Gadaignefurent communiques au Co-feil le vinteinquiéme Feurier: aucuns côfcillerét fur le doute du fècoursamp;faute de viures: d uifêr à la Paix. Mais la plus part eftoient de côtraire opinion cftimâs pour cefte heure qiiâón^ pöuuoit faire paix qui ne fuft plus dangereufe queja guerre. Le mefine Confêil demanda hâ uis à tous les Miniftres qui eftoient en ville Icfquels refpondirent quâil falloir attédrefecours de Dieu puis quâil ne parroiflbit aucune aflèurâce en la paix.Lc jour fuiuât par fauis du Cofl' feil le Maire fit afïcmblcr le peuple à S. Yon pour entendre fbn auis fur les Articles amp;nbsp;rcfpóc^ de la ville. Le fait eftant propofé vn Miniftre forain aiant charge dc les côpagnons piopofe? points.Le premier dc bien confiderer finrention des ennemis aufqucls on auoit afFaire:remer-ciant le Maire amp;nbsp;Meffieurs delà ville de lâHumanité dont ils auoiét vfe enuersleuis frères fugiez parmi eux ajoutant vne exortatio dc perfcuerâce: Et à ne fé laflèr dc porter la CroixdC lefiis Chrift.Le fécond point eftoit de garder îvnion amp;nbsp;fôcieté qui doit cftre entre tousksfr dellcs:Affin de ne traiter aucune paix particuliere,ains côme il eftoit couenable y côprandrc la liberté amp;nbsp;repos de toutes les Eglifes de ce Royaume.Le 5. quâô ne pourroit rien cfpcrerde certain des Articles du Roy pour deux côtrarietez manifeftes.Lâvne quâil ne difôit nâauoir rc-uocqué lâEdit de Pacification duquel le principal eftoit lâexercice dt la Religion quâil neantmoins interdit amp;nbsp;prohibé par tout le Royaumc.Lâautre quâaibnt deffandu generallcmct ledit exercice,neâtmoins le permetoit à laRocshelle dont eftoit aifè à recueillir quâil permetoi^^ ce quâil ne vouloir poinr.Et à la premiere occafió auroit phrs dâefgard à fà volôté quâà vue pet miffiô forcée par laquelle il dônoit à ceux quâil eftimoit rebelles ce quâil nâaccordoitaucfttt' ment aux plus obeiflà ns de fbn Royaume amp;nbsp;qui feftoient contenus en leurs maifons. Puis vn Miniftre ot la ville au nô du Confiftoire appreuua ce que deflus.-exhortant le peuple à vnion amp;nbsp;concorde les vns auec les autres.Qui eftoit le moié de les cofèrucr dc la vioîlancc de leurs ennemis.Parlerent auffi quelques vns du tiers Eftat amp;nbsp;mefmemà t 1. Biraud de S . lean dâAæ geJly:lequel difoourut quâen S.Iean lors quâelle fut alfiegée par lâarmée Reale eópofee dc Rd' tres,Souïfîés,Italliens amp;nbsp;grad nóbre de Francez: le Roy y eftâr en perlonne amp;nbsp;toute la Court jufques aux Dames amp;nbsp;Cardinaux:nây auoit que 600. hommes des habitans amp;nbsp;forains amp;nbsp;pour toute Artillerie vne piece de campagne, 5.paftèuollans,2.fôuconneaux auec trois milliers de poudre fitilemét.Et encores quâils fufïèntfurieufèmét battus amp;nbsp;que les brèches fuffent fi grades que la ville fêmbloit eftrevn village:Si eft-ce que rien ne les incômoda tant que Icsparle-mens qui dônoient les moiens à lâennemi de faire fes aproches,de fê munir à fon aife de ce qui luy deflà illoit, amp;nbsp;faire branler des homes qui fans cela fc feuftènt monftrez fermes corne ro-chers.De ces parlemens en fin on vint à vne côpofition honorable pour les affiegez qui pou-uoient fortir ou demourer en toute affurance de leurs vies amp;nbsp;biens.Mais à la mode de Court la côpofition fut pratiquée à rebours amp;nbsp;y en eut plufieurs demafïà crcz,pillez,rançonnez2t femmes viollées. Côbien que la liberté des maux ne fuft en telle licence amp;nbsp;autorité qu'elle eft de prefènt amp;nbsp;depuis le coup dâeflà y fait à Paris.Parce concluoit à ce quâon ne fift autre rd-
Parlemans dâAngleterre.
que des Canons ennemis. Aians ainfi parlé amp;nbsp;quelques autres vnis dâoppinion auec eux:fut arrefté que les Parlemens eftoiêt trop dangereux amp;nbsp;que ûns iceux on traiteroit le tout paref-desRoch°eï- cnt.Auec«e quâoTi ne rcceuroit Paix qui ne fut generallcamp;à lâauancemêt de toutes lesEgli' lois fur les lès dc Ce Royaume auec communication à celles qui fubfiftent Si ont les armes en main. Put aruclcs du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gmjoyée la rcfponcc aux Articles du Roy telle qui fuit.
SI eneques les Maires^Efeheuins, Pairs,Bourgeois Si habitans dc la Rochelle, furent!
bon
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bon droit remplis de triftcflè,deuilamp; dcfplaifir extreme :Câeft aprefent que à prcs âFeRte mis en toutdeuoir de recourir à la Majefté du Roy leurfouuerain Seigneur, amp;nbsp;luy faite entendre côme ils ont fait par plufieurs foisamp; amplemant par leurs dernieres lettres du treziéme de De- lois aux ar cembre auec rres-humbles fupplications,les juftes occafîons de leur deffiance, contre les for- (âjpaf[âab cesarniées contre eux amp;nbsp;contre tous ceux qui font profeflion 4e la Religion Reformée félon bé Je Gala parollc de Dieu en ce Royaume: La conlcruation de leur lâlut leur eà imputée à rebellion: ,^â',®7uRoy De laquelle ils Ibntaufli ellongncz corne ils ont de tout temps fait paroir,quâils eftoient tres-fidelles,trcfloiaux amp;nbsp;trciobeiiTans fujets de fa majefté. Ne feftans aucunement diftraits de lo-bciflà ncc dâicelle. En laquelle MeiTieurs les Princes amp;nbsp;les Seigneurs Gentilshômes de ladite Religion: Et mefine feu Monfieur lâAmiral ont tous jours fait deuoir dâentretenir leflits de la Rochelle.Lcs aifurant par plufieurs referiptions de la droite intention de là Majcfté:amp; toliflant toute deffiance aufdits Rochellois. Et mefines par les lettres à eux clcritcs par ledit Seigneur Amiral du 20. Aouft vn peu auparauant (â mort,les caufes de laquelle lelHits de la Rochelle remettent au jugement de Dieu. Et nâont mis les armes en main pour faire guerre à fa Majefté ny à autres quelconques. Ains feulemeTit pour enipefcher dâeftre forcez, viollentez maflâ-crez Stlà ccagez comme ils eftoient menacezôc pourfuiuis non pas à caufé dâaucune rebelliÃ: Mais pource quâils viuoient paifiblemêt en leur Religionscomme tant dâautres bons amp;nbsp;obeif fà nsifujets de fa Majefté,qui ont efté preuenus de telles violances,la furie dcfquelles Icfdits de la Rochelle nâeuffent jam3is,eruitées fans vne manifefte amp;nbsp;miraculeufé affiftance de Dieu.Ai-ant autour deux amp;nbsp;mefmes en lenceinte de leurs murailles, les forces préparées à cete fin: Auf quelles il ne pleuft à Dieu permettre dâexecuter leur tant damnable amp;nbsp;cruelle entreprifé : De-laquclle lefdits de la Rochelle nefaperceurent quâils nâeufîent quafi le glaiue à la gorge.Donc ilsontfupplié tres-humblement fà Majefté de les deliurer.Cc quâil leur à promis.Neantmoins ils ont efté tousjours affiegez par mer amp;nbsp;par terre.Leurs marchandifés,Nauires, biens amp;nbsp;pof-feffions prifés pillez amp;nbsp;rauis.Et tous effors dâarmes amp;nbsp;aéles dâhoftillité contre eux exercez par îarmée que fa Majefté di^it eftre dreffee à autre effet. Laquelle a fouftraidamp; coupé tant quâil luy à cftépoffible aufdits de la Rochelle: tous moiens de viure. Et mefmes auparauant quâil fut mention des cruautez exécutées quafi partout ce Royaume : Sans que lefdits de la Rochelle euffent fait aucune demonftration de prandre les armes.Quc fi le Baron de la Garde amp;nbsp;autres nâeuffent ainfi exercez la Piraterie: Lefdits de la Rochelle nâeuflént ataqué les Gallercs qui tenoient la bouche de lamer, empefehant lâentrée des Nauires Marchans Terreneuuiers amp;autres eftans à la voile pour y arriueï.Cc qui eftoit leur ftire guerre ouuerte contugtintentio de fa Majefté. Chofé qui fut apertemant connue par leur marchandifés prifés qui eftoient encores en la Gallere qui à efté prife, en laquelle furent trouuez Auguftin amp;nbsp;Greguet Ingénieux. Lefquels auec ladite Gallere feftoient auparauant amp;nbsp;le mcfme jour approchez de la Rochelle pour en dreftér le plan Ãc inuenter moiens de la furprandre. Câeftoient les lettres que le Baron de la Garde feignoit dâenuo/er aufdits de la Rochelle. Lefquels en cete part nây autre nâont entendu faire autre chofé que fe garentir amp;nbsp;deffand redâvne ouuerte viollance : amp;non faire injure nây force à aucun. Car fourrage fait au Sieur de Vigeh nâa efté faite par eux, ne de leur vouloir,ny expres ou tacite conféntemant. Et nâont jamais approuué vn fi malheureux afté commis par ceux,qui pour en euiter la digne punition fe font retirez de ladite Rochelle ail Camp du Roy. Dont lefdits Rochellois ont prié le Sieur de Biron faire luftice : amp;nbsp;de leur pan en ont fait metre vn des Complices fur la Roue. Mais auoit efté ledit Sieur de Vigen dignement receuamp;oy defdits de la Rochelle. Qui luy auoienr otfert efoorte de gens de cheual pourfafeureté.Laquelle il refufà .Leur eftant donc imputé les outrages amp;nbsp;autres chofés fiilHi-tes: Ils connoiftént que fà Majefté eft trcfinal informée du fait, de la bonne volonté, intenriotï amp;nbsp;intégrité des aélions amp;nbsp;innocences defdits de la Rochelle. Lefc|uels fans la manifefte force de farmée de mer,qui fous la coduite du Baron de la Garde à mefme heure amp;nbsp;comme à point nomme feprefenta; amp;quâà bonne raifon il craignoient: Enfant en toute obeiffance defà Majefte, receu, honnoré amp;nbsp;refpeéfé fediéf Sieur de Biron entrant en la Rochelle en paix, Comme vn bon Gouucrneur. Et ainfi ont ils tousjours faiéf comme ils aurqyent auparauant au Sieur Beaupiiy Lieutenant dudiâ: Sieur de Biron venant de la part dew Majefté. Laquelle Icfdiéis de la Rochelle fupplienttref-humblementdâinterpretercnmeilleiiré part ce quils nont faiét jufques à prefcntnôn tant pour crainte de leurs biens amp;nbsp;vies
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* que poim leur lâlut 8c exercice de leur rcligiÃ:qui leur eft cômun en ce que tant de Seigneur* Gentilshommes 8c peuple de ce Royaume, bonne partie defquels à mefme fin fe font retirez en la Rochelle pour y viure felon les Edits de Pacification quâil a pleuafâ Majefté cflablir* Lefquels Edits puis quâil plaift au Roy declarer nâauoircalTez nyrcuocquez: Lefdits de 1^ Rochelle en louent Dieu 8c röhdent graces immortelles à fâ Majefté. Supplians tres-huinbk-ment icelle les y vouloir maintenir 8c tous fos autres fujets de la Religion. Et fâ Majefté trou-iiera en eux fuiuant le commandement de Dieu toure obeiffance,fidclité 8c loiauté fans qu'*
foit befoul dâarmes ny forces aucunes pour les y contraindre . Lcfquclics ils lupplicnt tres-huniblement vouloyr incontinent licencier amp;nbsp;rétablir vne bonne. Sainte amp;nbsp;inuiolabk ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Paix amp;nbsp;tranquillité en tout Ion Royaume. Ceffans toutes pcrlêcutions remettant amp;reftitii'
ant chacun en fes biens, honneurs amp;nbsp;degrez, Maintenant fes bons fujets amp;c les confo' liant en toute pieté. Et châtiant les mefehans par la bonne luftice. Câeft le defiramp;aÃé étion dcldits de la Rochelle de tous autres fujets de là Majché dépareillé condition^: Religion. Puis donc quâil plaift à amp;nbsp;Ma i e st t leur declarer fon intention eftic telle. Et que ce bien eft cômun à tous ceux qui font *1 pareille calamité amp;nbsp;affliélion : font touchez de mefme défit: lefdits de la Rochelle fupplient tref-humblementûMajeftc^ Monfoigneur reprefontant là perfonne, de mettre en effet cete bonne volonté: auec telles feæ retez quâon ne puifiè plus auoir de double,crainte ne deffiance ny moien de rompre vn forint reftabliffemét dâvn bic amp;nbsp;repos de ce Royaumc.Et que pour cet effet il plaife à Monfeigneâ'' permettre aufdits de la Rochelle, de le faire entendre à ceux des autres villes amp;nbsp;Eglifes refot' mées de ce Royaume: pour eftre auec eux dreflèz les Articles amp;nbsp;fermes affurances dâvne** fâinte refolution. Ce quâils ne peuuent nullement obmettre, y eftans obligez par la regle chanté qui eft vn des principaux points de Icurdite Religion. Et par la foy amp;nbsp;promeffe fe doiuent les vus aux autres. Supplians aulfi trefhumblent fâ Majefté Monfoigneur,nâf''' trer en aucune fùfpicion quâil fo foit tiaiélé és affemblées amp;c Prefohes de ladite Religion, chofoqueleforuicede Dieu, amp;nbsp;ce qui eft de ladoéfrinc Chreftiei*ne. Et quâil leur plaife^* aucun foupçon eftoit entré en leurs Efprits.-iceluy leuer amp;nbsp;prandre vne plaine 8c entièreco^' fiance amp;nbsp;affurance de lâintégrité defdits de IjRcligion reformée. Car autrement commel^ exemples des Anciens Payens amp;nbsp;hiftoires des chofos paffées nous enfoignét: il foroit bien dif-ficiJIe Yoire du tout impoffible traiéfer 8c arreüer aucune chofo de valleur 8c lôgue durée.Si' gné lacques Henry pour Maire, 8c plus bas H Philippes pour Greffier.
camp des CathoU-«jues.
C E p^idât on ne laifloit dâefcarmoucher 8c fefehaufer à la guerre de part 8c dâautrc.Mefm^ le lendemain du parlement,la Noué forti auec quinze ou feze Piftoliers chargea pres de trente Catholiques fi brufquement quâil les mit eu routp. Toutesfois en fin il fe trouua engagé8e vÅfin de fâ mort fil nâeuft eftéfoc^uru par le Cappitaine Marfâut qui en recent vne piftolla-lufticc des tJe Jont il mourut. En ce temps le Cappitaine Cadet quâon difoit Turc de nation, fut execu-vo eurs au Jsfieiil par le commandement de Monfieur à foccafion des volcries dont on le chargeoin Nonobftant les prières 8c requeftes de plufieurs tant Seigneurs que Cappitaines qui moien-noient f^deliurance.Dont fon Excellence fut loüée de tous en la jufte punition des volleurs-A Lâ I s SV E de cefte affemblée fur lauertiffement que les Catholiques auoient trente deux pieces de batterie dedans la Fonsjamp;fatendoient efoarmoucher à lâaprefdifnée de toutes leurs forces pour enfoncer amp;nbsp;furprandre les affiegez entre midy 8c vne heure: ceux du campfo pre-fonterentde tous coftez entre midy amp;nbsp;vne heure fur lefquelsles affiegez fortirent pourles
joindre de pres en forte que troiffont le combat peu à peu leurs dura fanimofité reciproqu« plus de fix heures. La Noue y perdit fon chenal 8c y euft laiffé la vie fi la bonté de fa cuiraf-fe ne feuft garenty de plufieurs harquebuzades quâil y rcccut. Il y perdit trois CappitainesS^ fix autres foldats de nom fâns vn grand nombre de blecez qui fen retournèrent en ville dont les compagnons raporteren^ les morts. Les Catholiques auffi y laifferent plufieurs Chefs8i plus de cinquante foldats.Les femmes félon quâelles auoiét fait cy deuât encourageoient fort leurs gens:leurportant vin 8c confitures exquifos 8c routes chofos propres pour les blecez.Te-Les femmes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâaucunçs portèrent du vin parmy ceux qui efcarmouchoient: entre autre vne jeu
ne feme f?hazarda dedefpouiller au plus fort delâefcarmouchc vn mort des ennemis duquel elle réporta fefpée 8c fharquebuze quâelle difoit auoir aquifo au dager de fâ vie. Toute la nuit Les pieces fuiuâte Ics foldats 8c pioniers du camp trauaillercnt pour loger les piecesjpendant que grand nombres
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nÃbres de tâbours battoienttaffin que ceux de la ville nâétendilTent le bruit des charriots qui trainoient farcillerie pour la placer amp;nbsp;faire jouer à leur cômodité. Le vintfeptiéme aucuns fo-rains amis de la Noue, raportans lâEftat de la ville à celuy de ùrmée Reale: pour luy periua- perfuadé der vnefortie fans retour: falTemblerent à fon logis amp;luy dirent franchement, quâils nefc vouloient perdre non plus quâeftre caulê de la perte dâau Am . Eftans biens certains quâil amp;pourquoy nây auoit pas de bled pour vn mois amp;à peine y auroit il des poudres pour autant de temps.
Q^ilne falloir efpereriècours dâAngleterre pour faliance que le Roy auoit contraólée amp;nbsp;puis pende jours reconfirmée. Et quand bien il en viendrOit, faudroit vn trop grand fecours pour forcer vne armée telle que chacun le peut voir.Qoâon nâentend aucune nouuclle dâAngleterre, de tant dâhommes quâon y a enuoiez qui eft bien figne que tout y va mal pour nous.
le premier coup de Canon ayant joüé contre cete ville: ne faudra plus parler de la Paix,finon quâon la veille receuoir la corde au col amp;nbsp;la verge blanche en main, Queplufieurs de ceux quinefontacouftumez aux batteries, les oyans fen iroient cacher dedâs les caues.Que ceux de la villeeftoient pour la plus part ingrajs enuers eux amp;nbsp;ne leur rcndoient quâinjures au lieu dubien quâils leur procuroient tous les jours. Aquoy aucuns des alfiftans ne répliqua vn fêul mot.Etfembloientplufieiirs approuuer ces remontrances, fors que le Maire arriuant fur la fin de ce propos accompagné de quatre ou cinq duConfêil. Les Mortiers amp;nbsp;Robert Dauid, entrâautres contredirent à quelques points quâils auoienr entendu. Mais le tout fut interrompu par laSauzay autresfois Lieutenant General à la luftice qui fattaqua à ceux du Confeil amp;nbsp;particulièrement aux Mortiers pour quelques bruits quâon auoit fait courir de luy: les taxans en fomme de ce quâils faifoient la guerre à leur fantafie amp;nbsp;aux defpens du poure peuple. Ainfî îaffemblée fè départit fans aucune refôlutioin.
Le dernier de Feurier fur les 8. heures du matin ceux du Camp commancerent leur bat- Battened» terie contre les deffanccs qui eftoient depuis laTourdâAix jufques au boulleuard de ÃEuan-gile.Et contre le Clocher de Congnes,parce quâil y auoit deux pieces en haut lefquellcs incommodaient fort les Oatholiques. La batterie fut de huit Canons amp;nbsp;deux Coulleurines, aucun nefeftonna toutesfois amp;nbsp;fêmbloient mefhae que le Canon euft encouragé ceux de la . ville.Les gens de guerre fê rendoiétfbudain en l«ur quartier.Le refte du peuple hôrnmes,fem-mes amp;nbsp;entans allèrent au lieu ou ton commandoit pour rampareramp; fortifficr felon que ceux qui auoient charge des fortifications tordonnoient. Cependant on faifbit charriet nombre de balles de laine, fafeines, fâcs pleins de terre pour mettre ^u ton battoit:amp; tels autres préparatifs de breches.SurcevnTromperte de Camp apres quelque volées fbmmala villf defe ren- Sommatiô dre penfant que le Canonauroit effraie les affiegez.Dit aiiffi que Monfieur demaridoit que la Noue allaft parlemanter au Camp amp;nbsp;quiil enuoieroit en fa place Sâtroflè: Le Confeil de la vil- 0 le cependant,afremblé au matin amp;nbsp;interrompu pour la baterie: fut remis à lâaprefdinée ou aucuns Miniftres enuoiez par leurs compagnons,remontrerent le mefpris quâon failbit de la pa-rolle de Dieu.Q^e la luftice nâeftoit exercée ainfi quâelle deuoit.Quâon changeoit les auis dû niftres au peuple contre la claulê expreflè detaflbeiation qui auoit efté faite amp;nbsp;jurée par tous les fidelles Confeil de qui eftoient en ville. Prièrent en fin les Magiftrats dâeffcâuer leurs remonftranccs,çuis quel-les eftoient raifonables. Sur les trois heures du loir la batterie ceffée: La Noue entreprit faire vne Ibrtie auec cent hommes paftà nt par la porte de Congne pour donner dans les prochains gabions.Comme auffi à mefme heure le Capitaine Normantfbrtant par la porte Neufue auec 5o.harquebuziersdeuoit donner de tautre cofté. Le Normant exécuta fa charge heureufe- Sortiedes 'j'mentamp; lâns perdre quâvn homme amp;nbsp;deux des liens bleftèz quTfirent perdre la vie à plufieurs affiegez.
Catholiques. Mais la Noue fut empefehé par la Cauallerie de lâennemi amp;nbsp;ne peut pourfuiure fbn entrcprinlê. Ceux de la ville fortiffierent toute la nuiéf fuiuanteSc commancerent à ram-plirdeterrelaTourdelavieilleFonteine.MirentauffiautourduclochédeCongne du cofté de la batterie,des balles de laine efperant par ce moien garéti®le Cloché.Ou pour le moins incommoder dâautant la batterie de fennnemi.
To vs fçauent combien grande eft la force dcfEloquence. Mefmemant fi elle felgaie fur vnfujet demerite:de la raifbn amp;nbsp;luftice duquel tous (e tiennent afliirez. Alors vn^erfbnnage Eloquente de creance,acommodant les raifonsSc exemples au naturel du peuple quâil veut cfinouuoir parîexcellence de fon bien dire: luy fait prendre telle impreflion que bon luy femble. A cete ûccafion la Noue fachant en quelle auélorité eftoient les Miniftres parmi les Rochellois ÃS
Rr iiiij.
1
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Mars.
ÃS7J-
Miniftres difttibuei par les com^ pagnies.
Mallades.
autres réfugiez auec eux:fut dâauis de les départir par toutes les compagnies de gens de guerre pour les rendre plus fbuples amp;nbsp;obeiffans aux entreprifes qui fe pourroiét faire à laucnir.Poiir-celes Miniftres qui eftoient trois de la ville cinquante quatre eftrangers, départirent telle* ment leurs charges quâon en donna à toutes les compagnies felon la grâdeur dâicelles certain nombre pour faire les prières ait foir amp;nbsp;au matin. Et mefmes exhorter ez Corps de Garde les Dimanches Sc autres jours lêlon que la commodité fê prefenteroit. Car fbuucnt vne mefme compagnie faifôitplufieurs Corps de garde eflongnez les vns des autres. Vne partie demoti-rant en la garde qui leur eftoit ordonnée par le Sergét Major:amp;le refte où le belbin lappelloit. uis fut arrefté entre lesMiniftres que ceux dâentre eux qui eftoiêt les mieux difpofêz/croient telle faélion de guerre que leur fà nté le permettoit, amp;nbsp;que tous néanmoins continuaftènt tant quâils pourroient de trauaillcr és fortifications qui fe faifôient de jour amp;nbsp;de nuit. Vaqueroiét auffi à la vifitation des mallades amp;nbsp;bleffez. Combien quâen tout le fiege fort peu fe trouverait attaints de malladies naturelles ce que les Théologiens attribuoi enta la prouidente de Dieib
amp; les Med ceins à lâexercice du corps. Pour auffi obuier aux inconueniens qui peuuentaue-nirlanuit durant vn fiege, depuis le premier jour 3e la batterie on ne ceffa de faire regardes, Patrouilles Patrouilles Sc Rôdes redoublées toutes les nuits efquelles les Miniftres affifloient plus fôuuét amp;nbsp;regardes, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres Comme ceux à qui on fe fioit plus quâau refte. Reprenons la mémoire de San*
Eftâtde lâani 5 7J'
cerre.
P6c de bois bradé par les fortisde
Le quatrième Mars Garguet foldat Proteftant amp;nbsp;de long temps prifonnier à ConcreflâuX eflargy,futenüoiépar Bonniuetauec grandes promeftès pour entrer en ville amp;nbsp;rapporter ÃEftat amp;nbsp;deftèins des affiegez. Defeendu au fofTé fur la minuit amp;nbsp;remonté auec vne cordepâf lafontinelle à qui ilfeftoitnomé: fut mené au Gouucrneur duquel fubtillement interrogé amp;nbsp;veu variant fut enuoié prifonnier amp;nbsp;fi fort gehenné quâil en eft mort.Les Catholiques cepeU' dant pourfuiuirent leurs tranchées nommément à lâendroit de la grange Londis: fe gabionnC' rent dedas lefofte: firctcâonieresfur la côtre-efcarpe.Etvnpôt de bois couuert de claies fous lequel ils alloient à couuert jufques au pied du rauelin fâs eftre offienécz. Si bien que les allie' g ez eftimans quâils le deuffent miner ou fe loger deffousffirent des puits pour les contreminer amp;nbsp;fê préparèrent de leur empefeher feutrée pjr là . Or pource que durant les mois de laniiier, Feurier amp;nbsp;Mars finjure du temp^fut grande, les glaces, neiges, verglats, amp;nbsp;frequentes pluies combatoient fort les affiegeâs,dont fê resjouïflbient les tenans qui nâen eftoient pas tant incô* modez pour eftre plus à couucrtSc auoirplusde préparatifs contre telles occurrences.Le huitième ks Cappitaines Pillart amp;nbsp;Rlartinat bruflerentcepont fait de bois carré auec bois, greflês ôc autres matières propres aux feuz artificiels. Les Catholiques neanmoins continue' rétâdc cauer fous le rauelin Sc y refirct vn autre pont pjus fort que le precedât.Si que lesProtef* Sancerre, taus fortis ne feeurent brufler encor quâils îendommageafTent fort. Enuiron ce temps le Cappitaine Querricres Lieutenant de Goas fut tué dâvne moufquetade près les gabions amp;tran-â ââf â chées fous la porte fâint André. Le dixiéme fur les dix heu res du foir le Cappitaine Montau-. . .1 - bâfortaueccinquâteharquebuziers,faucevncorpsdcgardedu Cappitaine Verriete fous h porte fà irgAudré:tua dix foldats deux putains amp;nbsp;enmena trois prifoniers qui auertircnr quâon mi noitle RauelinSc fous la grâgeLoudis.Pour à quoy obuier dés le matin ils commencèrent fêpt puits.en diuers endroits dans les tranchées affin dâefuanter les mines.Ce mefmc jour cinq belles fauuages que Cerfs quebifehes eftonnées du fon des Canons,fortirent des bois:amp; paf-^ötaWcdes trailers le camp Catholique où elles dônerentfalarme, approchèrent fi pres deSancer-Cerfsamp;Bif- te quc deux furent tuez pat le^hatquebuzades de la ville ou vn cerf y fut amené, faiitre qui ches paffât tomba à la portée defharquebuze entre lesfoffez amp;nbsp;tranchées des Catholiques: fut long téps pourali^T débattu par nombre dâharquebuziers. Vn du camp neanmoins luy auoir mis la corde au col Sancerre. le traîna aux tranchées. Le douzième les affiegez furent auertis que les mines continuoient
amp; quâil y auoit de poudre pc^r deux mil coups fans celle que le Roy enuoioit. Que les Ru-
chellois auoient defFait grand nombre dâennemis amp;nbsp;des premiers. Ce qui lesresjouïtamp;eîi' couragea fort. Tellement que crainte que la mine ne fift fauter le portai amp;nbsp;la plate forme Hc porte vieij^affin dâempefeher Faccez libre que les Catholiques eufïènteu dâentrer par là on cômâçapar ùuis du Cappitaine la Pierre qui du liege de Môs fy eftoit retiré:vne fêcôdctW' chéeSé vn rapartau derrière tout le le log trauerfât la grade rue,depuis la maifô deNualet ques à la gräge deLondis.Etfurét muraillées les huisamp;fcneftrcs de toutes les maifös de ce rà g
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là , nây laifïà nt que Ies Canonnières qui flanquoiêt de toutes pars.Le trcziemeBertechon pri-fonnier dés le cinquième lâuier : deicendit par vnc corde des murailles en bas en plein Jour: amp;nbsp;fit entédre auxCatholiques îeftat des afficgez:En quoy il nuifit beaucoup .LeCapitainela Mince qui fauoit fait eflargir en fut iôupçonné amp;nbsp;mis en pnïbn par lePreuoft. Maistrouué lion coulpable fut eflargi. Sur les neuf heures du foir les Catholiques penlà ns furprandre la ville : de s tranchées fe jetterent au folfé fans eftre apperceuz. Mais allans à la breche de Lon-dis pour y entrerâ.furent tellement receuz que plufieursdâeuxy demourerent eftans les autres forcez de les y abandonner. Cete nuict trois pionniers furent pris qui dirent que les mines faiiançoient fort : fvne defquclles eftoit Ja bouchée amp;nbsp;prefte à Jouer. Et parce que fvn difbit y auoir trauailléamp;en eftre forti le Jour précédant: on le mena le lendemain dans les tranchées pour y reconoitre fendroit des mines amp;nbsp;pour trauailler à les euenter. Or poiirce quâils crai-gnoient la prinfè du Rauelin dePorte vieil,veu quâils trauailloient Jouramp;nuiôl à le miner fans quâon les peuft empefcher.La nuiôl on le trancha par le milieu:amp;cn firent comme vn fécond amp;nbsp;tout nouueau,qui fut en deffance dés nbsp;nbsp;matin. La nuiét du dixfeptiéme le Jeune Martinet
fortitauec quarante foIdatSjlefquelsfurprenans les logez amp;nbsp;fortifiiez en la mailôn de feftang, en tuerent dixhuit amp;nbsp;emmenerent vn prifbnnier qui les aftéura dâeftre batuë le landemain de grande furie. Qj^e les mines eftoient preftes à Jouer : amp;nbsp;que le leudi luiuant ils auroient faà faut. De fait ils commanccrent à battre de furie fur les fix heures du matin de féze pieces. Ils menèrent la nuiél fuiuante fix pieces de batterie au Carroy marefchaux,fur le chemin de Me-neftreol dont la breche depuis la grange Londis tirant à porte Oylbn fut continuée amp;nbsp;agrandie de plus de trois toifés : amp;nbsp;y emploierent tous leurs efforts à la gagner.Ils firent trois batteries au Camp S. Ladre, à forme du Loup amp;nbsp;au Carroy : aians rompu ôc leué les deffences des murailles. Voians donc la breche de plus de trois cens pas amp;nbsp;bien vnie, difpofercnt leurs forces en ceteforte. Le Regiment de Sarriou donna au bout de la breche tirant à porte Oyfc-n Les Catho-au lieu dit la Grange londis. Pour les fauorrfér, la Chaftrc,fà compagnie dâhommes dâarmes jours'* amp;nbsp;autres gens de chcuakfè mirent à pied pour y combatte. Les Sancerrois ordonnèrent à les troupes à foutenir,Ie Capitaine la Fleur,Chaillou amp;nbsp;Montauban,fes Lieutenant amp;nbsp;Cornette aucc bien Jâaflautamp;ies foixante harquebuziers deux defquels furent emportez auant fafïà ut par leCanon qui ne laifi pour les fuu foit de Jouer par tout,pour empefeher que les affiegez nefê difpofà lTent à la deffencc.La plus ''quot;âr. part desCatholicques gliffans par les tranchées Julques au fofré,dônerent brauement jufques Aflâut gen« à la breche au haut de laquelle mefine,fépt monterêt peij^ns marcher plus outre amp;fuiuis des leurs crier,Ville gangnée : quand les affiegez fé prefénterent en gro^ amp;nbsp;fencouragftins les vns ' les autres fefiorcoient à terraffer les plus efehaufez des Catholiques.Ce pédant les fix Enfei-gnesdeGoas donnèrent au Rauellin de Porte vieil amp;nbsp;à la platte-formc de Baudin fôuftenus par Montigny Lieutenant du Comte de Bricnne amp;nbsp;nombre de Gentilshommes pour les encourager amp;nbsp;fécourir au befôin. Contre lefquels le Capitaine Pafquelon Lieutenant du Capitaine Buiffonamp;leSergent de la Ranaudiere deftinez pour la deffance de ce lieu auec cinquante harquebuziersamp; le fergent Allegreamp;Ie Corporal Lefeu commandant à ce Rauelin: les re-ceurent fi animeufement que le Capitaine Cabaçolleamp; plufieurs autres fôldats renterféz forcèrent ÃEnfeigne ja montée au haut de remporter la moitié de fôn Drappeau,fuiui du refte de la troupe. En mcfme temps les compagnies nouuelles ( fors celle de Teffier) donnèrent à la grand breche embraffans depuis la platte forme dePortc vieil,J ufques à fautre bout de la breche tirant à la porte S. André. Aufquels fc preféntcrët le Capitaine Martignonamp;le JeuneMar-tinet fon Enfeigne,où fé porteret en forte quâils nâen peurét effre enleuez. Dâailleu rs le Capitaine Texier fefforçoit à prandre la ville par efcallade à la porte Cefâr: où il fut Joint de fi pres quâauoir perdu nombre de fbldats amp;nbsp;autres blefléz fut contraint fc retirer. Mais feffortfut plus grand à la breche Loudis. Car;leRegimantdeSerriou repouffé : Boniuet, les Nobles du païs, Cartier amp;nbsp;nombre dâautres que le défit dâhonneur le cfpoir de pillage efguillon-noientà leur deuoir; donnèrent la féconde charge fibrufquemant quâaucuns montèrent jufques au bout de la breche. Mefme le Capitaine Fontaine Cornette de Cartier y fut blecé dâvne Grenade fur le pied dont il retourna boiteux . Se plaignant dautant pjgt;is que lors quâil eftoit dedans Sancerre aux autres fieges pour lesProreftans il nây auoit rcceu aucunmal. Ce pendant quatre Enféignes fuiuies de quatre à cinq cens foldats, defeendirent refblument dans le foffç.Mais au lieu de fé prefenter à la breche fc ferrèrent au boutamp;coin de la muraille
delÃ
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r HISTOIRE DE FRANCE.
de la ville quâ5 batroit encorme ceffant tousjours leCano de jouërdes cfclats duquel fiirétf gras que tôbât du haut de la muraille en bas,ils furct en fin cattaints de dcfloger.En lôme/ct aflaut fe porta fi heureufemét pour les afliegez:quâeftimâs lesCatholiques y auoir epmloiéfd' fort de toutes leurs troiipcs:voians dâailleurs tous les afliegez fy eftre bien portcz:Lcs vignerós mefmesdiuilcz en tous les endft)its dangereux âuec leurs fondes amp;nbsp;cailloux, amp;nbsp;les femmes aufli feftre prefentées au combat de main à main: outre les autres deuoirs faits parcllcsEtfüf tout que pour dixlèpt morts ôc quelques bleccz, les Catholiques cnauoicnrpcrduplüsde cinquante aux foflez Si. bien deux cens blecez dont la plus part fefloient à mort: ils fenccu* ragerent tellement quâils ne firent plus dâeftat que de la famine, qui cemmançoit à les prefer. Vn Ibldat dit Ialot,pris en combattant par vn rondachicr duquel il cfloit trainé parla brcchc: nâeuft plus toft crié à fes compagnôs quâils le tuaflènt pluftoft que fbuffrir quâil feufl: emmC' né:vitlerondachiertombc dâvne harquebuzade amp;nbsp;à finflant relleué tua defâ dague cellu/ qui Je vouloir reprandre. Et ainfi fe retira auecques les fiens. Voire que le vintiémc,)oiirdc Pafques ils fbrtirent Cl refolument dans les tranché^ q uâils les firent abandonner plus ce qui'
Mailôn de bol 1 pour les barque-buziers.
rante pas. Mais furent en fin forcez de les quiter amp;nbsp;Ce retirer en ville apres la mort réciproque de pluficurs fôldats. Les vignerons aufli fôrris à leur faneur trainerenten ville nombre de gabions, claies amp;nbsp;faflines: nonobftant que les Catholiques riraflent nombre de coups de Caiws chargez de grenades amp;nbsp;tels autres fêuz artificiels pour mettre le feu en ville, à laquelle ils nui' firent peu toutesfois par ce moien.Lc vinttroifiéme ils continuerêt de traineiamp; charrier leurs gabions de toutes parts.Et en affembleiêt grand nombre anCampfaint Ladre ccmmefîlseul* lent voulu dreflèr nouiielle batterie.Occafion que les afliegez fcsforcerent à Ce trancher parer mieux que parauant: mcfmefortifficrent le rauelin de /âint André penfant quâils deuflù battre là . Mais cenâeftoit quâvn fort quâils y baftiflcient. Et arrengerent auteur etnt gabiens le tout de cent cinquante pas de longueur. Auec trois plattes formes du cofte de la ville/p' noir eft deux aux deux bouts amp;nbsp;vue au milieu, fur laquelle le Canon fut mis.Ce pendant les fiildatscftoienttousjoursaux tranchées: fi bien gabionnezamp;t rempJ|-ez quâil y auoitprefq^® autant de foflez, gabions Si tonneaux que de foldats:fê rrainans comme tauppes fous terre tous à couuerrpour tirer harquebuzades fuFlc bord du foffé amp;nbsp;contre le Rauelin de Porte vieil, où les deux fentinelles eftoient fi proches plus de trois fèpmaines, quâvn mantelletdc bois de demy pied les fêparoit. Si que le premier qui mettoit le bout de îharquebuze ou pif toile en fà cannonieretiroit fou conjpagnon. Us roulèrent aulfi toute nuit vne grande maifofl de bois à Ãiublc eftage; du plus haut de laquelle les foldars commandoient au Rauelin, faite de gros bois carré, double amp;nbsp;remplie de bourre entre deux. Tout cela incommodoif fiforî Mauuidierc les aflîegcz que le quatorziémé ils firent telle fbrtic quâils leurs firent abandonner leurs tran* veutmoic- chécs Si fc retirer cn leur fort. Le dixfêptiéme la Mauuiflïere defpeché par le Roy, enuoialet-
ner accord.
Pionniers Catholiques.
La Ch aft re
très au Grcncticr Sergent Major de Sancerre, portant que comme il auoittousjours efle amy des habitans, continuant û bonne volonté, il fofroit en paflà nt pour leur faire plaifir:Que fils vouloientauifèr dâvn lieu fèur où il peiift parlementer auec eux il feflâieroit amp;fcmploieroit vers le SiAir de h Chaftre pour trouuer quelque bon moien dâapointemant. On le remercia vcrballcmêt fans luy rien accorder. Or la plus part des Pionniers Catholiques efteient morts amp;nbsp;tuez deuant la ville.Et par ce que ceux qui refloient mouroientde faim:ne beu noient que que de leau amp;nbsp;prcfque tous mallades de grandes froidures: furent renuoiez en ce temps amp;nbsp;les payfà ns du pays mis en leur lieu pour trauailler tant au grand fort quâaux Ardillierstrafleen forme de croix à deux pointes à chacun bout. Les afliegez ne fortirent pour les empefehet crainte de perdre leurs hommes, fors le Buiflon auec vinteinq harquebuziers qui fitabandô-prandreW nct faftcllicr aux Ardilliets. Mais à la defcouuertedu fccoursde Fontenay fut contraint defe cerre par retirer. Lc vintneufiéme la Chaftre continuant fôn deffein dâaffamer plus que dcforcerb
perte dâhô-mcs.
Thibaut. Ne demeurant des iêze pièces que deux Coulleurines placées au grand fort.Vcnons maintenant au fiege de la Rochelle.
L EtroiÃcme de Mars fur les quatre heures de fapreÃincc, comme les vnsamp; les autres ne tachaflent quâà fe nuire par la furie de leurs canons:vne moicnnefut tirée par les afliegez delTus du Cauallier duBouleuard de ÃEuagilc,laquelle perçant vn Gabion plein de terrerencontra Claude de Lorraine Duc dâAumallc, Paît de France amp;nbsp;Lieutenant General pourl*
Le Duc dâAumallc tué dâvnc moicnne.
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Roy en foiipaïsamp; Duché de Bourgogne auquel elle perça la poitrine le renuerflà ntmortûns pouuoir dire vnc feule parolle.Chef autat regretté des Catholicques pour le luftre de fes ver tusjquâautre qui foit mort y a long temps.Mais quoy nos jours ionr contez amp;nbsp;prefix à tous.
S V R le commancement de Mars ceux de Q^crcy,Foix,Ville longue, Lauraguais amp;nbsp;Albigeois faflèmblerent à Realmontà mefme fin que ceux dâÃfiduzc,où Ce treuua Artigues en i-aRochel-uoic par lesRochellois pour les recercher de quelque fecours.Lcur remontrât la neceifité de la ville de laquelle fembloit dépendre la côferuation de tout lEftat des Proteftans:amp;Ie grand bclôin quâelle aiioit dâeftre iêcouruë.Ils laiïèurerêt quâils feroient marcher trois mil harque-buziers amp;nbsp;trois cens cheuaux le plus pres de Santonge quâils pourroient pour entteprandre , felonloccafion. Mais apres que tous furent retirez deraflemblée, amp;nbsp;que le Capitaine Pujols auquel ils en vouloient donner la charge,eut pat mefgarde efté tué par tvn des fiens : aucun ncfenfoiicia.Pendât cere aiTeniblée Caftebrem furprit la ville dâAletvne lieuë plus haut que Limouxfur la Garonne: bon Euefehé ôc tellement fitué que le Canon nây peut aller que mal- wontlaur. aifèment. Dâailleurs tAmiral furprit auflîJMontlaur entre Narbonne amp;nbsp;Carcaifonne. Fut ordonné au refte par ces Eftats que Serignac commanderoit en General au Quercy qui eft vers Montauban,à Ville longue amp;nbsp;au Lauraguay. Que le Vicomte de Gourdon commanderoit Départe auhautQuerci,Perigord,Limoufinamp;:Auuergne.LeVifc.iPaulinà tAIbigeois, amp;nbsp;leViic.de Caumôtà Foix.Mais depuis fa mortGuymcrie y cômâda:Iequel touteffois fôrti pour les afià i- vcz amp;nbsp;Goures publicques pour aller à Nifmes : treuua au retour les portes fermées. Efquclles on reccut le Baron de Montagu encor quâil fuft Catholique. Cetc diftribution deGouuernementfit ceiProtc-entreprendre la conquefte de plufieurs places commâ à fenui les vns dc.s autres. Si bien que le Capitaine du Puy furprit S. Seruin en Rouergne. Le Capitaine Rampet pritauifî S. Rom-man à trois lieues de Millau. Et commâ au retour de cete aflcmblée, Serignac paiïà nt à Puy-laurensfut auertique duPadiel auoit aflîegé le Capitaine Angelyauec quatre vint ioldats dansle village de Douillé à trois lieuës de Puylaurens,atendant plus de forces pour en auoir raifon: le chargea tellewaent auec quarante ioldats amp;nbsp;fix vintsharquebuziers à lâheure met me que les aifiegez lôrtirent fur les Catholiques au fignal quâil leur auoit dôné : quâil en tua plus de de ux cens amp;nbsp;mit toutes fes forces nouwellement venues enroute. Enuiron ce temps ceux de Bearn enuoierenr vers ceux de Nifmes, Scuenes amp;nbsp;Montauban pour entendre leur Eftatamp; les aifeurer du leur. Ils leurs enuoierét les coppics des lettres que le Roy de Nauarre leur auoit enuoié pour les remettre en ÃEgliiê Catholjgue amp;nbsp;Romaine auecles relponces quâils lui auoient fait.
le vous ay dit ci deifus que f Amiral auoit congéé lès/troupes: aucunes defquclles il auoit diftribué pour Garniiôns,tât pour fe rafrefchiramp;accorrioder que pour empefeher les deifeins Proteftans amp;nbsp;maintenir les Catholicques en deuotion.Enuiron ce mois il les raflcmbla pour la plufpart à larequefte de plufieurs Gcnrilshomes du pais offenièz des couriès de S. Geniez cenicr, demeurant au haut Quercy. Lequel neantmoinsiç voiantafliegé amp;nbsp;battu en iâmaiiôn le def-fendit longuement fur felpoir du lêcours que lejVile, de Gourdon General du païs lui deuoit mirai? enuoier. Commâ auflî il y fit le poflîble, non pour combatte en gros touteffois : ains^ar attaques defrobéesamp;furprinlês ordinaires quâil failôit lur le Camp.Si bien q ue plus de deux cens hommesy moururent des Catholicques. Nonobftant cela touteffois fut contraint fë rendre Compofition de vie amp;nbsp;bagues faunes. Mais conduit à Cahors amp;nbsp;reccrché de fa vie palTée.-fut exécuté à linftantepourfuitte de lès ennemis. Le refte de lésons conduits par vn lêrgent fc retira dans vne roche prochaine,dâoù les Catholicques ne le furent tirer.Ains à la venuë de milharquebuziers amp;nbsp;cent fallades que tira de Montauban mais trop tard des Moullins : for-tirent amp;nbsp;fe joignirent auec le lêcours. Vn mois apres f Amiral alïîegea Brifenel petite ville au haut Rouergne, où la Montillicre le delfendit alfez long temps amp;nbsp;auec auantagc,dc plus de cent hommes quâil y fit mourir des Catholicques. En fin neantiHoins fut contraint le rendre vie amp;nbsp;bagues faiiues. Vous verrez ailleurs comme les Montalbanois Ibrtis en campagne le portèrent en leurs quartiers. Sur la fin de May le Capitaine Deilmc furprit par efcallade So- sorcre tî«-reze enLauraguez à deux lieuës dePuylaurens: Aiant de niiiéf palTé les efchclles aue'e li lâeau fur le pied des murailles apres que les jours precedens il eut donné quelques faufics alarmes auxfoldatsde dedans. Le Capitaine Stopinian furprit aulîîMontclquiou à deux lieuës de sorezc.M« Tolofe, dont il incommodoitfort le trafic amp;nbsp;libcrtez des Tololains. Puis fur la fin de luillet tcfqui«».
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le Baron de Fougères furprit Lodefue ville Epifcopallc amp;nbsp;bien riche fizcés montagnes (if MaSites Languedo,cn mcfmc temps que le Cappitauie la Graue furprit le Mas faintes Puellesvnf Pueliesfur-lieiicdeCaflclnaux Dary.
P ns par es j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jgffuj que^on auoit accordé lelon fauis du peuple de ne communiqué
Prottftans.
.l-a Noue remet Ic parle mein.
autrement'pareferit pour le danger desParlemens.Mais laNoue rcmonftra au Confcil le con traire: pour les railbns cy deuant déduites amp;nbsp;quâiliie falloir delpandre defauis dâvnc popu»' ce de laquelle le jugement cftoit variable amp;nbsp;incertain. Et que qui voudroît vô'fr bien tollyflf bonne fin falloir vfer dâeferit amp;: de parlement. Ceux du Conlèil pcrfuadéz de Ion autorite de lès rations cnlèmblc: condelcendirent à là volonté.Et pour là tiffairc aütuncmcnt aupeæ pic: Le Dimanche, premier jour de Mars on fit allèmbléc à là int Yonluy donnant à enteââ dre faûis du Confeil, quâon auoit clleu pour le parlement la Noue, le Lieutenant Genets amp;nbsp;MorilTon.Surce bien que plufîeurs du peuple mutmurallènt dâvn tel changement: fi qu'aulfitoit que Strolïÿamp;Mandrcuille furent enuoiezde lapartdeMonficur pqurofiag*^ pour commencer le parlement: on accorda quâot»ne tireroitdâvne parthe'dâautre jufqnf^^ pres le retour des députez de la ville. Ceux de fon Excellence, eftoienr les Comte de Rets,^ de Biron. Les Proteftans furent conduits au village de la Fons, ou efioit Monfieur leqtâj* leur dit quâils nâauroient point defccours dâAngleterre, amp;nbsp;le difoitfçauoirpar vnelettrcef Languillicr qui auoit cfté furprilè.Parce quâil nâaccorderoit autre choie que ce qui efioitd' tenu és articles du Roy apportez pgt;ar lâAbt éde Gadaigne. Quâil auoit fait entendre les æ»' ^^onrauban mes cho(cs,amp; offert pareille côdition i ceux de Môtauban qui auoient trouué le toutan^nf^' Parlement nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oux.Ef eftimoit que dcs cede heure ils feftoiét rendiiz.Cc pendant plufieursde
.3:
fur la treue.; villclortoicntpour communiquer à ceux duCamp fembrafioient vnsSé autres à la lôldâ^ comme fi tous eulfent cftcdâvnmcfmeparty. Aucuns de la ville qui regardoient defluslf^ murailles .à la faneur de ccte petite treue: eftimoient que telle communication amp;nbsp;prinautf^ auec fennemy, efioit de dà ngereulè confequence pour le regard de la ville mclincmcnt:mâ'^ onnâyfccucpouruoirpourîheurc. Le lendemain ceux du Camp fou rfuiuirent leur batte'ââ® contre le Clocher de Cognes, la Tour dâaix amp;nbsp;quelques autres deffances. Tellement qtâéâ.^ partie du Clocher tomba par la viollencc deâcinq cens Canonnades:cnlêmble deux couleiquot;âââ nés baftardes qui tfioicnr defius amp;i. furent fort endommagées.Les alfiegez aufli tiroicrenieââ^ les endroits auiqucls ils penfoient plus les incommoder.
ta tour de Cogne loin bée amp;nbsp;les deux coule-urines.
Les Minif-ttcsreffufét Japaix.
Voyant le Conlèil delà vill»que fiir la pourfinre de cetc Paix plufieurslêmblcientft' pareflèr qui en pouuoicnt trainer dâautres à leur opinion: voulut en auoir lâauis des Minillâ®^ aulqûelsil propolà quelques points.Avnlèuldefquelsneâtmoins ilsrefpôdirent,pource'!quot;® de leuenemcnt dâiceluy defpandoit la refolution des autres. Sauoir quâon ne deuoit riencoâj' dure de la paix, dont efioit quefiion là ns aucrtir amp;nbsp;Içauoir lâauis des autres Eglilès qui cfio'®â de bout.Car outre lâobligatiô generalle quâelles ont les vues au xautres'.il y auoit aulfi prom«' fe particuliere dâainfi en vier .Et furent eflcuzcinqMimftrcs,pour difeourir le tout ampleif*®â^ l)ifrer.ince cil la prelcncc du Conlèil. ''
4âoppinâons
paix.
fires
Ligues amp;nbsp;aliociations
fiiHa'propo qucTlc Mai'dy troifièmcM ars,IcCcnlèil cftant afièmblé au matin lelditsMiniftreSjfitcten' fitiondcla tendre la rclolution de leurs aflemblées. Où laNouc remôftra quâil efioitnecefià iredefaire^^ Paix:autrcmét que celle ville efioit perdue qui droit en là ruïne toutes les Eglifes de ceRo)^ aumc.Cômc au contraire delà cÃlèruatio deppédoit tour le corps des autres.Et que la need' Remonftrâ- reiidoit licite ce qui autr^ent lèroit reprehenfible. Les Miniftres propolèrent principal' ce»amp;raifons lement quatre points, le premier de Ivniô des mébres de ÃEglilè auec leur Cheflefus-Chquot; â des Mini duquel deppendêt la cójonólion deldits membres qui lè nomme la communion desSaints,Pquot;â laquelle nous lômmes obligez de procurer tant le bien denos frères que le nofire propre. Hâ nepouLionsnous départir dâeux: amp;nbsp;cercher notre reposa part là ns nous lèparerduChel^ des membres.Car encore lt;^ie les Rubenites amp;nbsp;Gaditesauee la demie lignée de Manalfc fi'quot;' lènt bien accommodez par de là le lourdain: Si cft-ce quâils premirent dâaccompagner lePâ frères aux guerres qui lè prclèntoient. Et de ne retourner en leurs mailens que leurs frétés quot;quot;nbsp;feulïènt ^reillcmcnt logez amp;nbsp;accommodez. Vrie enuoie du Camp vers le Roy: ne voiquot;®â coucherauec là femme ce pendant quefarmcc du Seigneur campoit durement lô us les kâ' tes. Le lècond point fut de la promelïè amp;nbsp;du ferment que ceux de la Rochelle auoient amp;reccuzdes frères de Montauban amp;Nilmcs. Chofede telle conlcqueticc quâil n efifquot;â railbnnablc
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raifonnable de fen difpencer légèrement .Car celuy qui ne garde voire à ibn dommage la foy promife en particulier: n abitc point au Tabernacle de Dieu. Combien plus cela eft requis pour le regard des chofes publiques Semefinement quand elles concernent la gloire de Dieu? lofiié aiant fait Alliance par fer met auec les Gabaonites, qui eftoient menteurs, encores quâil feuft prié par le peuple de ne leur garder la foy: Toutesfois ii eut plus dâeigard à la Religion du ferment quâà toutes autres conrtderations. Comme auifi pour meime fait Dieu ne laiïïà impuny amp;nbsp;vengea fur le peuple amp;nbsp;fur la race de Saül,la deftrudion quâil fit des Gabaonites: rompant la foy jurée par fes predeceiTeurs amp;nbsp;les autres lignées: aians juré de ne donner leurs filles aux Gabaonites ne voulans rompre leur ferment aymerent mieux leur conièiller de r a-uir lefdites filles. Le troifiéme point fut que quand nous fêtions, diibient-ils,tombez en la né»-ceflité prétendue: encores nefaudroir il fe précipiter commeperfbnnes qui nâauroient plus dâefperance en Dieu.Mais conoiftre que câeft luy qui domine fur la neceffité.-Iaquelle il donne amp;nbsp;ofte comme bon luy Icmble.Car encores que quelques femmes eulTent mangé leurs enfans au fiege deSamarie:la ville ne tôba pourtant entre les mains des ennemis.ludic reprend a bon droit ceux de Betulie qui auoient limité 1^ temps du fêcours de Dieu, promettans de rendre la ville fils nâeftoient fecouruz dans cinq jours. Le quatrième point eftoit que graces à Dieu oneftoitbieneflongné de telles neceflités. Et y auoit de toutes chofes neceflaircs pour trois mois: auec grande efperance de quelque bon fecours. Au refte remontroient que ccte ville lèroit diffamée, fi elle receuoit Paix fans ùuis des autres Eglifes qui fufiftoient. Mefinemét quâelle auoit moicn dâattendre bien loguement.Par ce prièrent affedueufement les Sieurs du Confeil de ne rien faire qui leur peufteftre juftement reproché: amp;nbsp;dont la rcpentencè feuft: trop tardiueà fauenir.Les autres neantmoins perfiftoient en leurs remóftrances. Et bien quâils confefTaffent que Dieu pouuoit aifement deliurer la Rochelle : ne conoiffà ns toutesfois en ceft endroit îexpreftè volonté de Dieu, maintenoient que ces argumens eftoient auflîproba-bles pour la ruïne que pourJa conferuation. Se falloir donc bien donner garde que trainâns, ces chofes en longueur: jjennemy nâeuft fauantage par force ou parfurprifê fur nous. Et lors, difoient-ils,nous fendrons combien la Paix eftoit plus douce que ladiferetionde fennemi Par ainfi la diuerfité desoppinionsempefehanour cecoupla refblutionà la Paix propofee. Etpourceque cemefniejour le peuple futallemblé aufbn de la cloché: les Lieutenant amp;nbsp;MorifTon rendans raifbn de leur chage: y furent où le Lieutenant dit que Monfieur leur auoit remonftré à part le danger où effoient ceux de la ville, amp;nbsp;combien il eftoit defireux dâvn bon accord. Ce quâil promettoit entretenir entoure feuretr^furfâvieamp; fbnhonneun»Sur celes forains qui eftoient en ville auec la permiftion duConfeil,efleurent deTambé pour affifter aux Parlcmens auec les députez de la ville amp;nbsp;requérir pour leurs Eglifès, ce quâils verroient leur cftreneccfTaire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â'î
E N ce temps fon Excellence voiant que les affatfts fè pou rroient acheminer à vne Paix, Et curieux dây comprendre auec la Rochelle, les autres places qui tenoient à mcfmc fim'ef crkà ceux criuità ceuxde Montauban, amp;nbsp;à la Nobleflèqui fy eftoit retirée: leurfaiûnt entendre fur deMontau. tout la bonne volonté quâil leur portoit. Voire particulliere à tous autres pour eftr^fâ ville amp;nbsp;drefl^r aJ«. fon pays de fbn Comté de Q^ercy, quâil voudroit fauorifèr für tous. Sur ce les fblicitoit dc des de paix dreffer articles quâil promettoit de faire accorder par le Roy fo frcre.Les prioit auffi de ne faire courfes ny aéfes dâhoftilité contre lès troupes de f Amiral,quc la Valete conduifbit pour Ibfsâ. le»« depu-Et quâil donneroit ordre quâelles fc çontiendroient fans les incommoder en rien. Surquoy les Montalbanois enuoierent des Moulins, vers fbn Excellente pour fonder fil y auoit moieh de tirer vne bÃnePaix de fâ Majefté.Mais de ne rien faire fans îauis des députez de la Rochelle auec lefquels ils pourroient communiquer. Sur ce Biron efcriuit à laNouë,ce mefme jôür.
Quâil eftoit venu vn homme expres de Montauban vers Monfieur, pour luy requérir affourâ- Bkonïla' ce d c leurs perfbnnes, de leurs biens amp;nbsp;liberté en leurs maifons^Et que cela fait ils quiteroiét Noue, les a rmes: finon quâils offroient les porter pour le foruice du Roy amp;nbsp;commandement de mon Seigneur.Que lefditsde Montauban,fê plaignoientgrandement dequoy fon ne leur auoit fait entendre bien au long la volonté du Roy. Et que fi on euft reprefènté fà clenjence long temps a quâils enflent prins le chemin quâils prennent de prefênt. Q^il voudroit bien que ccuxlà ne monftrafTent le chemin à ceux de la Rochelle: Mais que les Rochellois fê miflent les prmiersendeuoir.Tout celanc vint que de ce que je vous ay dit:Car les Montalbanois
aflèurez
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afamp;iircz que le Roy propofoit la Paix aux Rochellois qui ne la vouloient reccuoir pardculic' re,ains gcneralleamp;par fauis de leurs autres freres : toutes chofes délibérées refolurent dây eæ noyer amp;prendre le mefme parti que les Rochellois trouueroicnt le plus expedient pour leurs Egliiès. Mais leurs députez fe laiflèrent aller à îauôlorité de Monfieur. Si bien quâexcedans leur charge ils accordèrent amp;nbsp;jromirenr outre cela,de faire conlcntir leurs Citoiens à choie lelquels ils rejetèrent depuis auec vn grand deshonneur de ceux qui veulent repreiênterfous vn melme maique les perlbnnes du maiftre du valet tout enièmble.
L E Quatrième Mars leParlement fut commancé dés le matin,où le trouuerent duCaïup conü^é'^ nbsp;nbsp;nbsp;Côte de Rets,Biron, Villequier èc Guadaigne. De la ville,la Noue,Lieutenant, Morilfou
pwlaPaû amp;Detambé,aufquels les Catholicques dirent nâauoir autre charge dcMonfieur que dâaccor der à la ville f exercice libre de la Religion felon ledernierEditrlà nsycomprandrelcGoU' uernement : auquel amp;nbsp;en tout le relie du Royaume feroit accordé liberté de conlcience fans aucun exercice. A quoy ceux de la ville remontrèrent que la liberté eft fort feme en laquelle on nâauoit moicn de fcriiir à Dieu. Et quâeux qui tenoient les enfans morts lâns le Baptefroc pour damnez : amp;nbsp;jugeoient à bon droit les Mariais le deuoir faire en ffiglilè : ils oftoientà ceux de la Religion tout moien de pouruoir à tels inconueniens. A quoy le Comte de Rets relpondittSi vous faites les Baptelhies amp;nbsp;Mariages de votre Religion en vos mailônsjcn petite compagnée lâns prefehes amp;nbsp;chant de Plêaumes t vous nâen lèrez point rccerchcz. Cell tout ce que le Roy vousveut accorder pour maintenant. Et notez que lî vous-vous contentez de fon offre amp;nbsp;libcrallité ; il tiendra ce quâil aura promis. Mais fi vous obtenez dauaæ tage par importunité ou autrement : il nâen tiendra rien. Et comme les Depputez de la ville fuiuant leur principale charge demandaflènt temps amp;nbsp;loifir pour communicquer le tout aux autres Eglifes dcfqiieîs ils elîoient tenus par charitéamp;promelfe procurer le bienôc repos tout ainfi que de la Roçhellc: Le Comte répliqua, apres lâaccord faitvous aurez afièz de moienfii de loifir de communicquer ce que bon vous femblera. Mais ceux de la ville remontrèrent que la communication lcroit ridicule apres lâaccord: amp;nbsp;quâelle deutÿt précéder. Aulfi quâils nâauoient charge de requerirriaecordcrautrecholèpourcetehcure. Au commancement de ce Parlement auoit ellé accordé, que tout ce jour on ne tircroit ni ne remparcroicdâvne part ni dâaurre. A cete caulè ceux du Camp le pourmenoient à piedamp;à cheual en grand nombre à la veuëdes murailles. Comme aulfi ceux de la ville tant hommes que femmes regat-doient en toute alTeurançe pardelJuslcsmurs. Toutesfoisparceque ceux de la ville appet' ceurent quelques pionniers du Caiftp qui trauailloient : ils firent lelêmblable vers la Tout Dâaixamp; en vn endroit où ils ne pouuoiét eftre vous de ceux duCamp.Surquoy ce Parlement fut remis au,Vêdredi fuiuant, auquel les Députez nâauancerét gueres dauantage quâaux jours precedens. Si que reprenans alfez toll lEllat premier,Ie Comte de Rets le retirant des tram LcCoitite ^^Ã^sau cartierfut blecé dâvneharquebuzadeauxreims. Au 5. MarsneantmoinsleConfeil de Rets bief fut,alïèmblé,auquelfurent apelfez fix Minillres pour auilêr quelle relôlution on deuoitprem fcauitrejns; nbsp;nbsp;nbsp;f^r le traité de laPaix .Où Ion Remontra qu'il falloir regarder jufqucs où Ion pourroitfere-
. / v flraindre toucliantîEdit de Pacification auec les ;autrcs Eglifes, Mais quefi on ne le pouuoit X nbsp;nbsp;nbsp;^tenir d^utant.qüe f ennemi nâen Voulo'it ouïr parler : Ion deuoit requérir pour les autres les
â n)efmeseonditiôsamp;.lêuretésquâonpourroitimpetccirpourloy:amp;ne lailTerpourceladepour-.0^ fuiure amp;paraçheuer lâaccord tant neceflâire. Mais les Minillres continuans leurs precedens ftres^onti tdircnt quçIes Parlemens ne pouuoient apporter que de grans maux ; ce quâon auoit js nucrent à biçri.lènti tan; ä'lauiancement lie fen.nerni quâen vn grâd refroidilfement tombé fur plufieurs l'rpaiïïe villc.TelIemcpj: quâynedangcreulè diuifionlê commençoit à former parmi eux ; les vns laRochcllc dçmandans amp;nbsp;les aùtres reprouuans la;Paix dont çlloitqucllion. Mais on deuoit,dilôient-ils, bien plus fort craindre les mauuais fruits delditsParlernensf il auenoit que la Paixfuft con-duc amp;nbsp;arrellée.Car les foraiÿs fe retiraiis de la villejamp;icçlle commandée des plus gratis maf-lâcreurs du Royaume: Car pour le nioinsles principaux de la ville feroient meurdrisamp;cruel-Icment malïâcrez. Voire que fi on nâauoit point elpargné les villes les plus obeilïà ntes: quefe-roit-on à celle quâon ellime la plus rebelle?Orccmalnelcverroit:feulementau dedans du jcircuit de à Rochelle j mais rcllendroir. generallement amp;nbsp;Gns grande refillance fur tous les autres endroits de ce Royaume. Quant à la ncceffité ; nây auoit pas grande apparence dâen faire fi fouucnt bouclier, pour vouloir affii/ettir fous lâ pefiinte main toutes raifôns Diuines.
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Car les Commiffaircs de la Police fà fictirent de toutes choies en ville propres à louftenir vn liege, du moins pour quatre moys. Et nâoyt on toutesfois parler que de la famine à ceux qui abondent en tous biens. Au relie le poure peuple le contente Sc ne murmure point. Ains fe confolcau Seigneur qui ne delailîè les fions. Puis lesMinillres fadreflerent aux gros de la ville pour leur remonftrcr quâayans û bien commaucc ai*cc îlnuocation Sgt;c alfiftanCe de D I E V : ils feroyent mocquez f ils quitoyent fi lachemant vne h lâinte entrcprinle là ns meilleure occafion. Etdeuoyentobuierquâonnediftque le cÅur leur euft failly au belbitl. Ãt quâau lieu de faffermir en falTurance de la parolle de D i e v: quâils feftoyent appuyez lur de rofeaux trop foibles. Et apres aiioir mis à bon efeient la main à la charüe, fè feroyent amulcz à regarder derriere eux * Que profite lâon, en euitant la fumée de tomber dans le feu ? Et par nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
vu plus grand danger fe vouloir garentir du moindre? Si vousaymez voftre Religion, vô-ftre honneur, voz biens, voftre honnefte liberté : aprenez de deux maux à eu iter le plus grand. Car la guerre portant le mafque de Paix ne cefle point dâeftre guerre. Comme le Lotipefttousjours Loup encores quâil Ibit veuft de peaux de brebis amp;nbsp;dâaigneaux » Puislê tollmans aux Gentils-hommes. Et vous Mtflîeurs de la Nobîefle quand on vous demandoit entrans en ville la caulê de voftre retraite : vous reipoiidiez que câcftoitpour aiioir ^exercice de voftre Religion amp;:aflcurances de vos perionneSiSc biens. Confiderez quâelle liberté de confcience îon vous accorde, qui ne pourroit ûtisfaire à aucune Nation quelque Barbare quâelle fuft. Car quelle permiifion eft-ce de Religion quand tout exercice eft interdit ? Eft-ce permettre la vie quand on deffend le manger amp;nbsp;le boyre ? Au refte quelle aifu-rance trouuerez vous de laiflèr vne placefortepour loger en vn pays foible amp;nbsp;parmy ceux qui ontjuré voftre mort amp;nbsp;nâont point changé fi empirer nâeft changement? Car la befongne eft tellementauancée, quâon ne peutfarrefter en fi beau chemin 4 Et les maftà cres quâon veutauthorifer comme fi c'eftoyentaéles heroicques amp;nbsp;magnanimes : ne feront jamais bien receuz amp;nbsp;approuuez quâon nâaye fait mourir tous ceux qui les reprouuent amp;nbsp;fen peu -lientrefentir. Surquoy comme Chaillou euft dit que Di ev eftoyt aflèz puiftânt pour nous garentir de tous ces maux, amp;nbsp;nous pouuoir donner vne Paix bonne amp;nbsp;afleurée voire mefme malgré noz ennemis, Luy fut refpondu parles Miniftresque ceftargument de Toutepuif lapuiflà ncede D i ev fe deuoit pluftoft alléguer en la deffance dâvne bonne caulê, quâen la dilêrtion amp;nbsp;dellaiflêmeiit dâicelle. Et nous falloic regarder principallement la volonté de D I E V qui fe manifefte en la coni^ilfance des perfonnes, de la caufe amp;nbsp;dés temps, La refolution du Confeil fut enfommeTdc foubftenir fufques à îéxtremité pluftoft que dâaccorder chofe qui fuft dâeraifonnable. Et quâon liâenuoyeroit plus de députez. Ains la rclponcefeferoit par vn tambour. Le tout rapporté au peuple en vne alfemblée faite à celle deiaRo, fin: tous dirent vnanimemant quâil falloir preferer vne jufte guerre à vne Paix honteufe amp;nbsp;fuf cheUede pefte. Et quâils auoyent encores allez de moyens graces à Dieu pour tenir longuement. Plu- qâcs fieursmefmeslê fejouïllbient des Parlemans rompus. Ellimans quâvn jour de Parlement leur trcmké. portoitpius de nuilânee que dix de guerre.
'C E jour furent pendus en la place du Chafteau les trois marchans dont il à ^fté parle cy delfus. Sçauoir lacques de Saux amp;nbsp;fes compagnons qui long temps auoient efté con- dus au cha-damnez à mort.Mais aucuns auoyent efté dâauis quâon differall lexecutioujde peurque ceux du Camp fen voululTent vanger fur les prilônniers quâils pourroyent auoir delà ville.
Le Vendredy fixiéme Mars on propolê au Confeil quâil ne falloir auoir tant dâefgardà ce quâil auoir efté accordé par le Conlêil amp;nbsp;le peuple, comi»e à ce qui fe deuoit accorder. Car les depputez de la Ville auoient promis aux depputez de Monfieut de retourner au Parlement . Leur remonftrant quâil ne falloit ainfi fe gaber de tels hommes qui fauoyent bien fenreiiencher furie General ou particulier des premiers trouuez . Dâautre part quâil fal-loitpropofer demandes nouuelles. Sçauoir lâexercice de la Religion pour les autres places qui tiennent fort amp;nbsp;pour tous ceux qui font de prefênt en pays cftranges . Ce qui ne pourroy t bonnement fe faire fons parlement. Et que le danger eftoit fi près de la porte quâil ne failloit paffer tant de journées à confulter fans execution . Et comâ-aucuns Miniftres l^Uâ^cfcntdi-fent quâil fembloit quâon les appellâfl en Confeil pluftoft pour fe mocquer d'Ãx vcu ce qui auoit efté refolu : que pour oüyr les remonftrances de la parolle de D i è viChailou cniavüi«.
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Mars, »Ã75-
Parlement continué.
dit nous auons aufli la parolle de D i e v amp;nbsp;quand vous parlez ainfi ce font vos auis propres que vous auancez. Surquoy Robert Dauid prenantla parolle dit quâil auoit charge de plufieurs bons Bourgeois de prier le Confoil quâil ne paflà ft outre fans communicquerk tout au peuple quifoplaignoitfortdece quâon auoit changé îauis general fans occafion-Toutesfois il fut refolu que fays prendre îauis du peuple îon parlemanteroit a la prefdinéc-Si qne les Députez dâvne part amp;nbsp;dâautre aflèmblez au lieu acouftumé: ceux du Camp dirent que le Roy faifoit pareille offre aux villes de Montauban amp;nbsp;Nifmes quâà la Rochelle fans ycomprandre aucunement Sancerre parce quelle nâeftoitau Roy comme les autres,amp;
pdtir dred'er Articlcsà vnebonne Paix.
Noblcfleaf- quâil falloitfadreflèr au Sieur dudit licu fi bon leur fombloit. Surce voiant la plus part de la fcmbiec Noblcffo, que ce peuple amp;nbsp;le commun des Cappitaines amp;nbsp;Soldats ( qui comme gens aguerris prenoyent ce fiege pour exercice de leur vacation: fans autrement confiderer les douteux euenemens dâvne fi cruelle guerre ) ne pouuoyent aucunement preuoir le mal que la continue des armes leur pourroit amener : les voulut perfuader par autre moyen à la conclulion dâvne bonne Paix : Pourcelcfeptiéme Mars faflèmbla pour faire entendre au reftelaneccf-té quâils auoyent tous dâvne prompte amp;nbsp;bonne PaR.Sans laquelle lavillefeprecipitoità fa ruyne : traînant auec foy la defolation de toutes les Eglifos de ce Royaume. Quâon recon-noifloit bien quâeux tous feftoyent aflociez aux perils amp;nbsp;euenemans de la guerre auec ceux de la ville pour auancer tous enfemble comme bons Citoyens amp;nbsp;frétés vnis en la maifon D I E V, la gloire dâicelluy :Et participer en comun au benefice de la Paix. Mais dâautant, quâon les voyoitfi opiniaftres à la guerre Si conftans à leur mal, continuer auec fi peu de moyens la deffancc de leur ville, qui ne pouuoit long temps fubfifter contre les forces les : on les auoit voulu apeller pour enfemble auifêr aux moyens les plus propres amp;nbsp;auantî- i geux quâils pourroyent fubtihzer pour acheminer le tout à vne bonne Paix, amp;nbsp;fauoirlapbâ auantageufe quâils pourroient. A quoy tous preftans louïe amp;nbsp;les mains:furent à îinftantdrf fez Articles pour les prefonter aux deputezCatholiques dés le premier Parlement qui fê tien* droit: atendant lequel nous reprendrons les affaires de Sancerre.
Ncccflitcz deSancerre tliuuJguez par vn fui-ard.
Famine cô-raancc.
C O M M E la Chaftre continuaft fon delfoin dâaffamer plus que de forcer Sancerrc:aiJ coin-mancement dâAuril vn Chirurgien de Vilhers Saint Benoift Soldat, fauta la murailleamp;ftl-la rendre à la Chaftrc auquel il allcura que le? affiegcz nâauoyent de viures que pour vu moys ôi plufieurs autres choies quâil reuela au grand plaifir du General Catholicque, quinâareæ doit que telles nouuelles pour nâen auoir elfe bien^icrty iulques là . Le troifiéme les Cap* pitaines la Fleur, Pillard amp;Paqu»lonaucclôixaWe harquebuziersfortentamp;:fembufquc'âi^ ez vignes pour lurprendre le Corps de Garde de Fignoles ppfé dâordinaire lousles Noycts qui font au long du chemin. Atendans foccafion pafla Serriou Maiftre de Camp dâvn Regimant FantalLin amp;nbsp;commandant en lâarmée apres la Chaftre: fuyui de lîx autres fans les charger comme inconnu amp;nbsp;crainte de faillir à plus beau coup. Mais le Corps de Garde les d'efcouurit; viuemant pourfuyui ncantmoins cinq y demeurèrent au focours defquels comme ceux du grand fort vinlTent à la hafte leur couper chemin : les virent pluftoft forrez quâils nâenflent creu. La nuiél vne Efoadre de la Fleur fort aux tranchées , rompf amp;nbsp;metenpÃce deux grans mantelets de boys à fefpreuue des h/rquebuzesfur roués .Età la veuë de ceux qui lesauoyent abandonné en emportèrent les matières. Le quatrième ils tuerent le premier aine duquel le quartier fut vendu quatre liures. Le ftxiéme au foir vn Miniftre fortitpour amener lécours. Et le dixiéme en plein jour quelques vns fortirent par Porte Vieil lefquels fuiuis de ^gneronsôc goujats chargez de feu, paille amp;nbsp;fagots mirent le feu en la maifon Rouliere qui auoit efté retirée au Camp Saint Ladre. Et bien quelle ne Sancerrccir fc^fl ftuâà la portée de fharqucbuze du grand fort;fieft-ccquâonnelafoeut garentir du feU' cuiede et.'m Sommme que la Chaftre voyant quâil ne les pourroyt auoir par force ouuerte quâauec gran-cueécuV'^ perte des flens : refolut de bloquer la ville. La fit ceindre amp;nbsp;circuit de larges amp;nbsp;pro-7.fons. fondes tranchées lelquelles*auoyent quatre Mil trois cens dix pas de tour: gardées par fopt forts, prefque tous à la portée de fharquebuze fvn de îautre,oùils peuuoyent aller amp;nbsp;venir à couuert par les tranchées : les forts mefiiies nâeftoient cflognez des murailles I que de trlt;Ãs cens pas. Dont les Santinelles fauançoyentà dixhuit Se vint pas pres fvne de lâautre amp;nbsp;le plus foiiuent doublez . Outre ce la Chalfre faifoit faire toutes les niiiéts garde
à là Compagnie de cinquante hommes dâarmes : Toute la Noblclïc amp;nbsp;autres du pays elbtis ordinaire-
-ocr page 285-LIVRE TRE N T E TRO I s lEME. 140. ordinairement au ec luy à Saint Satur. Les autres troupes de cheual qui auoient quartiers en villages prochans, venoient fouuent faire montre en la Campagne entre la Perriere amp;nbsp;Fontenay . Ainfi les afllegez fê voians des)a comme dans le fofle amp;: au ïcpulchre : penlerent de plus pres à eux. Et comme le Confêil eull ja mis ordre aux viures: pour mieux encor néant-moins les regier : ils firent lors plus cxaóle recerche par toutes les maifôns où les Chefs de famille eftoyent enquis par ferment de declarer la quantité du Bled quâils auoyent : la moytié duquel en payant eftoit enleué fur le champ amp;nbsp;porté au Magazin .Ce qui continua trois ou quatre fois depuis : juiques à emporter tout ce qui fê treuuoit au grand delplaifir de pluficurs dont forcirent beaucoup de querelles. Le vin aufli fut taxé vn fol la pinte. Mais fur la fin fut permis de vendre le. blanc amp;nbsp;lequot; meilleur clairet fêizé deniers. Le vinteinquiéme Me readier fortir pour aller cercher fccours en Languedo.il paflà dextrement:rnais eftant presNerou-etfept lieue delà fut arrefléamp;menéà laChaftreau quel il déclara tout. Venons aux Ro-chellois.
Les Catholicques continuans à letter leurs defiènccs des affiegez. Et tous réciproquement à fè nuire par Cailonades amp;nbsp;efcarmouches quâils entretenoyent de jour à autre : Le quatorzième du mois furent leuës les lettres que le Comte de Montgommery amp;nbsp;les députez dâAngleterre auoyent enuoyées du feiziéme Fetirier .-par lefquelles il efcriuoit que fiir la procuration que les Rochellois auoyent entioyéfon auoit trouué quarante mil litires fans inte-reft. Et que de ce il auoit equippé quarante cinq vaiflèaux de guerre fans quinze autres par-rtisdelaRochelle,amp; quinze ou vint chargez démunirions attec .Lefqtielsil efperoitles le- Montgom-courir dans vn mois. Ce qui les resjouyt Sc encouragea fort. Comme atilfi firent les nouttel-les que ceux de Sancerre auoyent fbtiftenuz trois allà ux amp;nbsp;le portoyent conflamment en lois, leurauerfîté. Si bien quâaucuns fôrtirent à vne heure apres mintiiéf.Lefqtiels fê glifïà iis dans les tranchées amp;nbsp;metans au fil de felpée tout ce quâils rencontroyent : le retirèrent auec perte de douze Soldats amp;nbsp;autant deblecez. La Noue cependant qui failbit tout le polfible pour ramener les Rochellois à vne bonne compolîtion : à laquelle pour le peu dâalTeurance quâils yvoioyentamp;le lêcoursr^i foffroit; Ils ne vouloyent entendre: Auerty dâailleurs que le Comte de Montgommery ne luy vouloir guere de bien pour quelque rapport quâon luy a-uoit faiét de luy : loint à ce les confiderations dont jâay parlé cy delTus amp;nbsp;fur tout la crainte que la continue des partialitez quâil voyoit: ne caulà ft quelque delbrdre amp;nbsp;plus grand mal en Noue fe rc« cete ville:fiit conlêillédefe retirerpluftoft quedâattendre la venue de celècours duquel plu-fleurs ne îaimoient pas fort:dont la plulpart fut aulfi fache^ que de celluy duquel apres Dieu: pourquoy. Ils efperoient plus de fecours. Tant pour les rares vertusjque pour fon entière Ãc cdBnuë affe-élionau parti amp;nbsp;au particulier de la ville.
S v R c E les Catholicques menèrent plufieurs pieces prez leTreuil Menard voyfin du Moulin de la Brande, auec grande quantité de Gabions amp;nbsp;telles autres maneuures pour îaffurance tant des Canons que des Officiers de î Artillerie lt;nbsp;Qui futoccafion aux affiegez de trauailler entoure dâilligence riere la plateforme du Boulcuard de lâEuangile, crainte quâon ne fift effort en ces endroiéls. La journée nelâpaffa fans Canonnades reciproques. Et fur le fbir le Cappitaine la Fons eftant de garde à vne Cafematte, mena quelles Soldats à la Ladrerie:oii il trouua nombre de Catholicques à table quâil tailla en pieces fans far-refter à loffre des grandes rançons quâils promettoyent. La nuiélfuiuante les Catholicques firent leurs aproches jufques au bout de la vigne du Treuil Melhard où ils drefferent amp;nbsp;remplirent leurs Gabions amp;nbsp;amenèrent leurs Canons plus pres pour barre le baftion de ÃEuan-gilleb Continuans leurs tranchées depuis Paiera jufquesà lîContrefcarpe du baftion: fi Gabionnans de forte quâon ne les pouuoit que rarement offenfèr . Occafion que les affiegez preiioyans les inconuenians de tel voyfinage: fôrtirent furies dix heures au fbir du vintiéme Mars, rompirent les Gabions, renuerferent les balles de laine, fâcs, tables amp;nbsp;telles autres matières à fe couurir. Et donnèrent fi brufquement fJedans les tranchées quâils y enlaifferentplusde 6o.qui nâen parlèrent jamais-.fâns vngrand nombredeblecez,. Puis retournez entrouiierét fix des leurs adiré amp;nbsp;quelques vns blecez. Mais les Catholiques rabille-tent auffi toft leur perte.Voire que dés le lendemain fur les 5. heures du matin:comgiancerent a faire jouer toutes leurs pieces en diuers lieux: les volées defquelles nâeftoyent moindres de
Sf ij.
-ocr page 286-Aurii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
â s 7 i- foi±c,vintjvinthuir,trentCjtrentedeux Canonades. La plus part toutelois fans nuire amp;nbsp;a coups perdus à la ruyne des maifons. Le vïntdeuxiéme fur les cinq heures du matin, la batterie re-nruieâ' commanda jufques fur les fix heures du foir. Cependant les afliegez, doublèrent les gardes mefines ez Carrefours de la ville, crainte dâintelligence pour le bruit qui couroit que les Catholicquesfo wuloyenteefte nuidlâifir dâvne Tour dâentre la porte Rambautamp;leBâ-ftion de fEuangile. Le vintqifctriéme fur le midy recommancerent leur baterie plus furieu-foque les précédantes depuis laTourdâAix jufques au baftion de lEuangile amp;nbsp;les deux Baterie con fours du Chafteau. Entremeflans tousjours quelques coups à la ruyne des mailôns efqud' les il faifoyént aflèz de mal. Etpource que les alfiegez feeurent quâon vouloyt hatred** Coulombier, fè mirent à retrancher auec telle dilligence quâen peu de temps la terra*-fc fut aufti haute que la muraille entremeflée de boys amp;nbsp;terrier efpez de vints pieds,efle-uans plus arriéré vne terraflè de la hauteur dâvne toifè amp;nbsp;autant de largeur , enfernitc entre desays coufuës amp;nbsp;clouées à des pilotis pour tenir la terre ferme. Et entre ces deux terraflès vne tranchée large de trois pas dedans le lardin de fHofpital. Lanuidilsfentiren* vn tramWement de terre pour vne des mines Ãatholicques fondue fur cent cinquante Pionniers. Depuis le dernier Feurier jufques la ils tirerent douze mil fèpt cens nonanK coups du Canon. En ces entrefaiéles plufieurs fè retirèrent en ville où ils portèrent toutes nouuelles du Camp. Comme auffi quelques Soldats des moins refolus fè retirèrent aux Catholiques lesauertir de tout lEftat des affiegez . Surquoy on prit occafion dâen â foupçonner plufieurs: tellement que le Maire en mit hors aucuns defquels onnefaffe**' roit gueres que Gentilshommes quâautres. La nuid du vintfèpt pres de mil Catholicques^** prefenterent a la porte Maubec pour gangner la Contrâefearpe jdefeedre au foflè amp;nbsp;fempat^* des Cafèmattes. Mais viuemant pourfîiiuis furent en fin contrains fc retirer y laiflà ns nombre
des leurs. Le lendemain nombre de CaualJerie fe prelènta vers Tadon fur îe/quels douze o'* quinze des afliegez ïôrtirent où Lourie Gentilhomme PÅteuin fut arrefté ayant efté lôn ual tué dâvne Piftollade. Ce jour le Capitaine Prouenlà l fut tué d vne Canonade Sgt;c le Cap*' taine Saunage mourut dâvn autre coup qui luy emporta la jambe, tt eftoit Sergent Major en ville acortamp; pratic Soldat:Gargouilauteiift Ibn Grade. Lors le Kegimetdu Comte du
Le Comte du Lude amp;nbsp;les efforts defes troupes vers S. NicolJas.
fa Cauallerie faprocherent deNeftré à Tadon pour dâautantplus lêrrer les afliegez par vn^ autre armée qui les battroit de ce cofté là . Comme de fait lôn Excellence ne le voiant afle^ fort pour garder routes ces auenuësduy enuoia des Suïflès pour renfort amp;nbsp;nombre de pieces dont il battoir aflèz fôuuent les aflie^ezjque je fairay en ffiftat que defliis: pour vous reprelên-ter ce quftè faifôit en mefrne temps ez autres endroits de la France.
En melme temps que les Gouuerneurs furent enuoiez pour auoir fÅil fur leurs Prouincr* apres les Matines de Parisde Marelchal Dâanuille Lieutenant pour le Roy en Languedoy f**^ enuoiépour remettre tout le païs en dcuotionCatholique.Mais y aians trouuéles bigarrures dont je vous ay parlé:Et ne peuuât auoir autre raifon dâeux quâauoit eu leBaron de loicufefo** Lieutenant au Gouuernemant.-delibera de râger tout par force à fon obeiflà nce.Pource auoit remontré aux Eftats du païsôc principallement à ceux deTolofo Capitale de Languedo h
Armée du Marefcbal dâAniiille
confequence de tels accidens amp;nbsp;combien ils en receuroiêt dâincômoditez fi on n'y obiiioitdc bonne heuredes requit de luy aider de moiens à dreflèrvne belle amp;nbsp;forte armée pour alTieg^* Nifinesdaquelle prinfo il faflèuroit eftre fuiuie par exemple de toutes les autres amp;nbsp;viuroit lors vn chacun en Paix.Il alfembla les Garnifons amp;nbsp;la Nobicflè du païs dont il fit 6. Cornettes de Caualleriejpuis cinq mil harquebuzierszlâns les côpagnées duLionois amp;nbsp;nôbre de volótaires du païs:faifà nt toute l'infanterre nombre de dix mil piétons qui conduifoient 14. pieces de bä-terie.Le pais en fomme luy promit joo. mil liures pour fubuenir aux frais de la guerre en lâ-en Lag cd nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cfpcroit bien faire chofe de grande loüange. Mais vne occafion rôpit le cap à fon pt^'
contre ïes ° nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dcflèin. Il y a vne petite ville voifine de Befiers amp;nbsp;Montpellier quâon appelle Sômiere â*'
Proteftans. foz forte dâaflîeteamp; cômaniJée dâvn ancien Chafteau efleué fur le fommet de lamÃtagneai* Sômiere rc- pendant de laquelle eft le contour de la ville abreuce des eaux de la Vidone qui courtau pi^' pre entre. Baron de loyeufo y auoit laiflefos cheuaux de foruice auec nôbre de Soldats par formed«*
Garnifon^ns toutesfois quâil fo doutaft desProteftans. Saint Grcmian peu apres furpritb
place amp;nbsp;folâifit du Chafteau enlcmble détour ce qui eftoir au Baron. Le Marefchal auo^ entrepr**^
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entrcpriïê furNiÃnes amp;nbsp;fur vnc ancienne ville au Comte de Curlbl nomme Vztz : Mais ccla nâayant bien fuccedé amp;nbsp;auoir traucrlc ce carrier ; prit par compofiuon le Chafteaii / Saint Geny; entra de force dedans Cauuilîbnamp; faprocha de N i s m e s pour faflîeger.
Toutesfois pour nelailfervnennemy fipres de Montpe ll i er 8dqueIbnarméehâeuft cornâen barbe tels gens qui ne lesiroyent que trop Ibuuent reueiller; fe refolur de batre amp;nbsp;emporter premièrement Sommierei falTurant comme il eîi auroit auflî grande aparan- icMarcf* ce, dâcxeciiter plus ailement lès autres delïèins puis apres Jl battit la ville en deux endroiéts tant du cofte du Chafteau que joignit le Rauelih de la ville entre le Bourguet amp;nbsp;la Riuierc.
Il y fit breche railbnnable trouuant la muraille tendre amp;nbsp;de foible eftolFe.' Mais ceux qui furent à îaflà ut ne la peurent gangner: au moyen que les aflîegez tirant dâvne haute amp;nbsp;vieille nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Tour qui eftoyt dedans Siprclque vis à vis de la breche; defcouuroyenttropaifément ceux qui alloyentalâallaut auquel plus decent Catholicques moururent amp;nbsp;dauantage deble-cez. Si bien quâil fallut agrandir amp;nbsp;aplanir la breche amp;deuant tout abatrecete Tour qui fut foudain par terre. Laquelle neantmoins tombant par pieces amp;nbsp;gros cartiers de pierres détaille qui îentretenoyent tout contre 1# breche: Icriiit de Gabions aux aflîegez pour tirer les Catholicques auflî à leur aile que par-auant. Si bien que le fécond aflà ut ne fut moins mortel que le premier: Sur-ce Candalc arriua au Camp beau frere du General amp;nbsp;gendre de feu Coneftable. Lequel acompagne de cent bons cheuaiix amp;nbsp;douze enlèignes de Gafeons (quilèmoquansdelalongucparcflèdesLanguedos : le promettoyent bien le pii- l« Gafcôs lage de Sommieres pourueu que fon les gratilîaft de la pointe du premier alÃut ) alfeura le Marefchal quâil luyferoitvoyr de galans hommes fil les vouloir honnorerde quelque belle iepilb§c charge. Dequoy le General fort rejouy : voulut faire preuuede leur valeur au lendemain à la reprife des alfauts précédons : Pource lâArtillerie ayant joüé amp;nbsp;fait ce que les Officiers de-firoyent : tout le Camp fu t en armes pour fauorifer lâaflà ut desGafeons: lelquels le portèrent fianimeulèment que plus de trois cens y demeurèrent que le reffe laiflà pour retourner à leur Cartier. Dont leur Colonel ne fut moins fâché que le General de f Armée: regretans la vie de tant debrauesSoltfcts tuez par leurs voyfins melmes. Les aflîegez cependant viuoicnt fort incommodez de viures dont ils nâauoyét eu le loyfîr de faire prouifions, pour y auoir effé comme furprispar leur Gouuerneur. llsnâauftyent moindre faute de poudreamp;autrepro-uifions de fiege. Tellement que fi ceux desSeuenes, Ni smes, Viuarez, Giuodanamp; Rouergue ne les euflènt lêcourusdefix vints Soldats qui aporterent ce quâils peurertt a grand trauail, fous la conduite dâvn des frétés de Germia# amp;nbsp;de Mont-vaillant : ils fe fuLènt renduz affez toff. Le dernier de ces Soldats auxiliaires, fut pris amp;nbsp;mené au GÃieral. Et pource quâenquis du nombre amp;nbsp;de ce quâils auoyent porté amp;nbsp;du deffeindcceux qui les a-Patience uoyent eniioyé, il ne vouloit rien defcouurir : Il fut tant batu, gelhé amp;nbsp;tormenté en tant de ptotjÃaâj-lôrtes, quâil en deuint enflé comme vne tone : patientant jufquesà lamort fi effrange lâns cniatorcu-vouloir defcouurir choie qui peut aporter aucune incommodité à lès partilâns. En fin ne- âjJcôuuriâ antmoins la perlèuerancc de quatre mois hdeuant,fembla fi longue amp;nbsp;lacheule aux aflîegez, quâils prind rent relblution toutes choies manquantes de rendre la ville à compofi-tion de vie amp;nbsp;bagues lâuues à la premiere occafion qui fen prelènteroit 4 Veu mtlînemant que les cinq mil Canonnades quâils y auoyent ja receuz ,auoyent leué leurs delfances amp;nbsp;bri-fétoutes les murailles dçla ville. Aquoy le General euff volontiers conlenty fil nâeuff elperé les auoir par force dâarmes quâil effimoit voye plus honnorable quâà compofition. Ainfi que pêfent prelque tous les guerriers de ce têps:lefquels failà ns pl^is dâEffat des graces du Corps quedelclprit: preferent la fureur, vaillance amp;nbsp;tels autres mouuemans impétueux efquels les belles bruftes nous precedent: aux finelTes, ruzes amp;nbsp;telles autres fubtilitez dâelprit particulières a fhomme:Si bien quâauoir perfuadé ibn beau frere de Candale à vanger la mort de lès Ca pliâmes amp;nbsp;Soldats: difpolèlbn armée amp;nbsp;nombre de Cauallerie entrâ-autres pour fouffenir les alfaillans.Contre léfquels les aflîegez lès baricaderent où ils effi#ioient effrebefoin.Et mclîne niant mirent dçs Gabions hors la breche aux deux collez dâicelle entre les murs amp;nbsp;les faufi les braves pour leur feruir de flancs amp;nbsp;tirer à couuert ceux qui voudroient gangner la brcche..
Somme que Candale montrant lexemplc de braue Chef amp;nbsp;vaillant Soldat tout eifembkifut Cari Jalc* biccé dâvne harquebuzadeaucc plufieurs autres qui luy furent compagnons à îaflà ut 5c à la mort. Dont le General fut merueilleulemcnt fâché« Il cftoit dâvne des plus anciennes 5c notalt;â rs««
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Auril. «5 75.
bles familles de Gafoongne : venue de lamaifon de Foix en laquelle les Seigneuries de Car-dale le Captalar de Bufeh amp;nbsp;plufieurs autres places eftoient venues.Voila comme les afïîegcz tenoient contre lâefpoir de tous. Mais en fin preflèz dehors amp;nbsp;dedans, amp;nbsp;fort incommodez de tout : Le quinziéme Auril force leur fut de prandre la compofition de vie amp;nbsp;bagues fauues; fortans apres que leMarefohal eut enuoié oftages à Nifines pour leur fouretéuamboiirbatani, , enfoigne defploiée amp;nbsp;la mechê allumée fiir lelcrpentin : fopt jours leur eftant ordonne pour emporter tout ce quâils auoient amp;nbsp;fo retirer où bon leur fombleroit.Qui fut pour la plus pan aux Seuenes, Nifmes amp;nbsp;Vzez. Depuis le Marcfchal voiant les préparatifs de ceux dc Nifme^ amp;nbsp;la perte de plus de deux mil des meilleurs dc fom armée,il quitta fétreprife de fcnleuer.Oc-cafîon que lâarmée rompue amp;nbsp;repartie en garnifons pour la rcfraichir, les Catholiques deces cartiers fo retirèrent fans entreprandre grandes chofos pour le refte de cet an,
le vous ay dit ailleurs que le Roy pour empefeher les Proteftans de fefiiciller au fon de tines Parificnnes amp;nbsp;maintenir le refte en Paix: auoit enuoié fos Gouuerncurs par les Prouin-ces pour leur perfuader là bonne volonté amp;nbsp;les entretenir tous en vn repos reciproque. Et en Arméedu cas de reffus dreflèr forces pour les râgerpar toute* rigueurs à reconnoiftreleur deuoir.Paf' Marquis de ccIcMarquis de Villars pourueu pour la focôdefois de lEftat dâAmiral de France.-aiioirfurh m1 dTpra⢠commancement de fan ramafle vne armée dc dix mil hommes és cartiers dcTouraine,Anjoü, ce en Gaf- Bourdcllois, Lâandanois amp;nbsp;Agenois dont y auoit huit mil piétons le refte à chenal amp;nbsp;traint* fci Mptóts huit pieces de batterie: paflà la Garone fuffilà mment aucrty de la refolution dés Protefons^
fodeflà ndre pluftoft que fouflfir aucun Catholicque maiftrifor en leurs places. Et de premier ,
abord aiioir pris Maloze amp;nbsp;Lâabbaye de Belleperche petites places où il ne treu ua refiflancc-aflîcgeaia place de Terride que le Sieur du lieu auoit fuffifâmment pourueu dâhommespo**' dres amp;nbsp;prouifions. L e lieu au refte fe deffendant aflez de foy mefme contre vne plus armée. Faillis de cÅur neantmoins pour fefpouuante quâils virent en leurs Chefsapffâ Terridepris qiælques vollées de Canons: Ils parlementèrent amp;nbsp;rendirent la place bien quâils fuflènt plus parles Ca- de fix vints hommes dedans. Le payement du Capitaine Far gu es amp;nbsp;autres qui auoient pari*:' ïhoiiques, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rendu le Chafteau fut vne corde qui les fouftenoit des fendhres du Chafteau en bas
Flaugnac pouj- quelque delplaifir fait à la Vallcttc.Le refte fut mis a rançon. Puis afliege amp;nbsp;bat FlaU' Pââ* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gnac apartenant à Roquefeuile amp;nbsp;le prit apreS que la garnifon fe fut de nuid retirée a
fades fous la conduite du Miniftre la Fontaine. Cependant comme il lèjournoit à Mouchac on luy fit quelque ouuerture de Paix pour laquelle auacer il enuoia quérir Serignac,laCazC) Mpullins amp;nbsp;autres. Lelquels à ù Riquefte articullerent ce quâils vouloient demander. Mais aiant enuÃc le tout au Roy : Sa Majeftc les remit à fà declaration faite le vinthuitiéme Aouà parauant. Flaugnac pris fAmiral ofta aux Proteftans tout ce quâils auoient gagné en Gafeoæ gneau delà Garone.Dont encouragez,!esCatholiques le fupplierent dâefleuer lès concepO' ons à plus baux defleins: luy perfuadans que Iheur de ces premiers traids ne luy promettoit Ouofladc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aftiirée conquefte de tout ce que les ennemis tenoient en Quercy amp;nbsp;païs voifins.Aifl'
a^gee par fi petfuadé dc repaftèr la Garone enuoia lômer amp;nbsp;en cas de refus reconnoiftre Q^ofiade qm que?amp;^ab5 âmportoit fort au grand paflà ge de tout le pays.La Motte Pujols y commandoit à fix cens bat' donnée par- quebuziêTs quâil réunit lôudain des places prochaines:amp; faprouifiôna fi bien quâils prindr^^ tousrelblution de mourir pluftoft que falfujetir aux Catholiques defquels ils nâelperoientau cune mercy .Mais y auoir campé trois lêmaines lânsy donner aucun aflà ut rcmarquable.Et jU' géant de faflurance des alfiegez par les continuelles forties quâils faifoient fur fos troupes qu⢠ils endommageoient jour amp;nbsp;n^iéfzLuy venans dâailleurs plaintes de toutes pars dc finfolencc que les Soldats commettoyent fur tout le pays: loint lâincommodité de fhiucr qiiifutfo* rude en cefte année : fe refolut dâaccomplir ce que fon Excellence luy mandoit eftant cam' pée pour la prife de la Rochelle de luy enuoyer bon nombre des meilleures troupes quâil euft en fon armée. Ainfi il quira la place aucc grande incommodité des fiens. Puis choyfit vint Compagnies les plus belles ^lâil euft amp;nbsp;les donna à Goas pour conduire deuant la Rochelle-Ce quâentendu par le Vicomte de Gourdon, auquel les trouppes dc lâAmiral auroyent ja cH' leué vne ville auec grande effufion de lang de ceux qui voulurent refifter : Surprend vnc (le ces ComjBgnics au paflà ge de Dordonne où il en tailla la plus part en pieces. Le reûe Rochelle, marchant fous Goas fut bien receu amp;nbsp;les trouppes bien recueillies par fon Excellence, q*'* voyoit à fon grand regret fon armée fefolaircir trop de jour à autre pour les conunuellesfoiquot; (ies
eux.
LâAmiral ciiuoie fous Goasles meilleures troupes de Ion armée Ã
Moniteur
dcuaiit la
LIVRE TRENTETROISIEME.
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ties des afliegez. En ce temps le Baron de Grandmont enuoyé à Beart par le Roy de Nauar-te pour remettre la Religion Catholicque en Ibn premier credit : fut pris en ces quartiers amp;nbsp;proteftanl la plus part de fes gens mis en pieces. Cependant ceux de Languedo amp;nbsp;pays voyfins aflèm' EftatsPro-blerent les Eftats à Anduze où ils dreflèrent tant la forme dâvne diieipline militaire que de- «ftans afle-. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-1 nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m \ f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠r blez a Andu
uoyent tenir leurs gens de guerre : que les contributions necà laires a leur entretien. tt en- drefient femblede laluftice quâils deliberoyent exercer autrement que le pafle. Depuis ce temps vn ordre amp;nbsp;îAmiral nâataqua place de valeur. Ains ies gens courans le pays amp;nbsp;faiià nt le gaft de tous co- FlL'rTaffL ftez :Mefinemant autour Montauban quâon menaçoit dâvn fiege prochain pour tousjours restant plus endommager leurs ennemis eftanduz parjarnifon : furent en fin forcez à iè retirer où jeleslairray preuoiramp; donner ordre à leurs afuires: pour reprendre les efforts du fiege de quei.
la Rochelle, amp;nbsp;lefuccez des entreprinfes de ceux qui la defiroyentfècourir : tant ha-bitans que réfugiez en Angleterre. Lefquels auoir obtenu quelque faneur de la Royne du pays amp;nbsp;plus encor d'aucuns principaux du Royaqme: encourageoyent le Comte de Montgommery amp;nbsp;Chefs qui luy alïîftoyent : de metre toute peine de faflèurer de cete place: auec elpoir de plus grand iccours, fi le deficin pouuoit reüfcir felon fon clpoir.
LâAmiral congéc fet troupes.
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s s T S à la'B^chelle . '^ombre de Chefs T^roteflans effaroticheâ^ des^i*^ tines Parifiennes rechapent tant en Angleterre, eju'ez. quot;^fles deCgt;er\ay Gient\pj' pluÃeurs autres réfugient en Allemagne. Exillel^g^ leurmtferahie condition. Secsn''^ ^ue la âPoyne di n^nÃeterre donna aux retirez en sA^ngleterre, auec l'ordre ijuâils lquot;*' drcnt pour entrer en laPjchelle.Armée des Catholitjues deuant la P^thelie nbsp;nbsp;ItP^'
ciproejues auantages des deux. Des droits (jr pretentions des Effagnols, pran^n'^' Portugais ^3â autres fur les terres nouuellement defcouuertes. 'jp^traitte de PAt^^ âProteftante. 'Sclle-Jsleprife par les Prêteflans fi repreÃntation. Harengutil^ Ca^inal de Lorraine au Ppyjuy offrantfècours d'argent au nom du Clergé de France contre' les FroteÃans certaines conditions. La Poyne d'Angleterre mal contente du Comte de zAIontgommery. Comte de ll,ets fadeur en Angleterre pour le P^y- Les ProteÃans à remuent en Baffigny. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Aflà ut des Ãatholic-qucsà la Rochelleâ
O V R retourner au fiege de la Rochelle. Comme les Catholiques le feulTent cmploiezà leuerlesdefFenccs, rompre les murs, miner dans la ville, le Gabionnd préparatifs dâvn aflà ut General que vouloir donner lôn Excel' lencc: ils emploierent en canonades amp;nbsp;tels autres moienslemois dâAuril jufques au lêptiénte jour, que fur les fix hefires du matin commencèrent à batre en furie depuis b Vieille Fontaine julques à laTour dAâix ScBouJleuard de lEuangillejdelôrte que la murailb depuis la Fontaine julques auBoulleuard futmifebas. Puis les Calêmattes gangnées amp;b breche fi large amp;nbsp;tellement aplanie quâon la jugea railônnable: tous fe difpoferent à l'alTaut, auquel ils delibererent aller fousvnpontde boisquils dreflèrent, marchant fur roiies fous lequel pouuoient trois lôldats de front, amp;nbsp;long de trente fix pieds, auec mantellets coullans couuers de fer peur du feu.Et Feflendoient depuis la contre-efearpe, quâils auoient ouuenea plufieurytidroits, pour donner aux foflèz, julques au Boulleuerd. Toutesfois fvne des cafe-mattes fut reprilê par ceux qui fauoiêt quitée encouragez du lècours qui leur vint bien à propos. Pendât le debat de ces calêmattes neâtmoins le Canô des Catholiques joüoit tousjours amp;nbsp;en plufieurs endroits ou fon voioit le plus de gês lê preparer à la dcffcce,pour donner d'autant plus de courage amp;nbsp;de moiens aux Catholiques de là ifir le Bouleuard, amp;nbsp;le haut des brèches. Aquoy fefforçans les IbWats conduits par nombre de rondachiers gliflèz Ibus la faucut du pont, fy auancerent fi relblument que là ns toppiniaftre dclfence des aflîegez Iccouruz de toutes Ibrtes de feuz artificiels qui endommageoient fort les Catholiques, non moins que de î'animofitc des femmes qui leur fournifloiêt de tout cequi leureftoitde beloin, la Rochelle des lors euft efté Catholiqu^ Car la Nobleflê eftoit cômandée à faflà ut. Et entre autresyfu-rét blecez les Ducs de Neuers amp;nbsp;de Maiêne,Clermôt,duGaz amp;nbsp;plufieurs autres.Some que les blecez le retiransamp; quelques vns des rôdachiers veuz par terre amp;grand nombre de lôldats tournans telle pour lê voir llropiats dediuers membres: force fut aux alfiegeans de cercher vn plus alluré repos en leurs tranchées. Quatre Chefs, amp;nbsp;cinquante lôldats des alfiegezy moururent: plufieurs aulfiy furent blecez qui relièrent inutillesà la dclfence de la ville-Mais le nombre des Catholiques tripla pour ce jour.Lc lendemain matin les aflîegez firent vn feu
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vn feu au haut du Boulcuard de fEuangillcjà la fumée amp;nbsp;ombre duquel ils remparcrent tout: Et fans eftre veus tuerent amp;nbsp;blecerét plufieursCatholiques lefquels fe delibererent de retenter lafortune. Et de fait fc prelênterent à faflà utpour la feconde fois. Mais ils nâen raponerent que des coups,y trouuas les afliegez plus refolus que parauant, pour le bonfuccez du premier effort. Surquoy Monfieur qui ne vouloir laifler repolêr les haj^itans non plus que les Catho-liquesjrefûlu à vn autre allant general amp;nbsp;forcer la ville en plufieurs endroits: pour dâautantdi-uertir les forces des afliegez qui par cemoienne pourroient eftre fiiffilâns à lbuftenirlegrâd AffautCe-effort quâil leur vouloir faire donner en vn endroit:dés le dixiéme maf in fît mettre toute fon ar-mée en eftat: redoublant neantmoins la furie de lôn artillerie qui tiroir de tous collez :Et No- en'di-tammant au Bolleuard de tEuangille jufques à la Vieille Fontaine. Apres auoirauerty le Cô- uen en- , teduLudedelôndelTejn amp;nbsp;commandé d'emploier tous les moiens à forcer la place de lôn RocheûV* cofté: 11 fit auflî donner fefcalladeà la pone des deux Moullins en melrne temps. Le tout reii-fiit comme vous entendrez. LâalTaut fut grand amp;nbsp;furieux au Bouleuard de ffiuangille 8c car-tiers prochains elquels Monfieur fut conlei lié du commencement par Scipion Ingénieux de fadreflèr plus toftquâen autres endroits que cet(Italien qui les auoit tous fortifiez aux troifié-mes troubles fous les Princes) eftimoit plus forts, amp;nbsp;commâinprenables: non pas ceftuyqui faifôit comm'vn coin de la ville, lequel forcé pour nâeftre deffendu dâailleurs donnoit entrée en ville plus aifée beaucoup que les autres cartiers.Mais les afliegez bien que les petites tours qui le flanquoient feuflènt abatues: auoient encor vne cafematte derriere dont ils tirèrent fi dru amp;nbsp;menu fous le pont par lequel venoientles Catholiques quâauec ceux qui tiroient des Gabions du haut en tefte des affaillans: amp;nbsp;la challeur des grenades,fercles, pots,lances 8c tels autres artifices bouillans; impofllble fut deles forcer. Occafion quâils entreprindrentdâenle-uer cette cafematte comme je vous diray. Le Comte du Lude ce pendant fit auancer vn regiment de Fanterie jufques à la Tour du moullin prefquetoutà couuert. Mais ils furenttellc-mentfalüés de quantité dâharquebuzades, quâil leur prit aflès toft enuie de retourner dâoù ils cftoient venuz. Le commencement de ceux qui furent deftinez pour gangner la tenaille de la porte des deux Moullms fut plus heureux.Car y auoir prefenté 8c fourny nombre dâefchel-les: ils donnèrent au deffus crians ville gangnée pour encourager les autres à les fuiure. Mais aufli toft les afliegez qui les attendoient: faffronterent aux premiers montez fi chaudement, que les refiftans rcnucrfêz parterre 8c les fuiars fautans du hauten bas, occafionnerent le reftecraintif quimontoit aflèz négligemment, de fè retirer à grand hafte. Ce quâaperceu par les femmes 8c goujats, qui fôrtirent pour defeendre en b»6:Ies fuiuirêt à la faneur harque-buzades quâon droit du fort,en defpouillerent vn grand nombre laiflà ns plus de trente morts és foffez, amp;nbsp;és endroits prochains. La perte ne fut moindre en general de trois cens hommes de guerre. Le douzième jour les Catholiques emploierent les Pionniers pour remuer la terre contre IcBouleuard de tEuangille au pied duquel ils eftoient pofêz, minans deflous afin de îenleuer 8c lê faire voie dans la ville. Les afliegez auertis de ce deflèin contreminerent dans la tranchée quâils aprofondirçnr, le rehauflà ns de la terre qui en lôrtoit. Et le retranchans encor au derrière quâils creulêrent à cofté du Boulleuard: afin que par maniéré de fauce porte ils peufl'ent aller charger les Catholiques embelongnez à leur mine. Auoir ainfi drdffé les moiens dâvne part 8c dâautre: en trauaillans à la mort reciproque des deux coftez.Les Chefs Catholiques fentans ja le Boulleuard branfler 8c ne ceflà ns la furie des Canonades, encouragèrent les lôldats, qui eftoient pres du Boulleuard à taflà ut auquel ils combatirent aux mains plus detrois heures: apres que la pointe du Boulleuard fut reguerféefurpresde vintalfiegez Roijiéuard dont peu efehaperent. Ce qui ne fe fit fins perte des Catholiques,plus de deux cens dclquels de lâEuan-lêfên tirent enlèuelis en melme ruyne. Le quinziéme les afliegez lortircnt,mais auec peu dâef-fet,quelques lôldats 8c Pionniers y furent atrapez. Mais la lôrtie du leziéme fur le lôir leur fut plus dommageable qui fut faite tant par le canal de la Vieille Fontaine que par le flanc de def lôus le Cauallier du Boulleuard de tEuangille, là plufieurs Catholiques furent tuez, def quels ils remportèrent les armes en ville. Le Cappiaine la Mufle y mourut de trois harque-buzades fort regretté des afliegez.Le dixhuitiéme Coflins Maiftre de cap dâvn regimentFra- Coflin» çois de la garde du jRoy citant aux tranchées fut frappé dâvne harquebuzade do A il mourut comme en furie 8c chaude langueur. Son corps fut porté en lôn païs aucc honneur dâeftre vn des plus relôluzScfidelles Chefs decetemps.Audixneufiémenombre de vaiflèaux furent
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Audi i$7gt;
Armée de mer que le Comte de Montgom-
dcfcouuers en mer que les affiegez jugèrent foudain eftre le fecours des réfugiez en Angleterre. Pource defpecherent le Capitaine Miran. Lequel porté d'vn petit gallion outrepaflah chefîie amp;nbsp;palliilà de de Nauires ennemis,quelque nombre de cononnades amp;nbsp;harquebuzad« quâils lui tiraffent. Puis aproché du focours bié reconu,fit le lignai aux affiegez que câcltoith mery ame- focours.- Lequel apperceu parles Catholicques,mit en grand efinoy toute tArmée qufle ne dâAngle- geoit bcau coup plus grand quâil nâeftoit. loint quâon auoit fait entendre à fon Excellence,amp; irfccouM nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;communamp;tenu comme pour certain par tout le Camp: que la Roine dâAn
des Rochel- gleterre auoir ref ufé fon aide aux François pour ne contreuenir à lâalliance jurée auec le Roj*
dc France. Dauancage quâil nây auoit afiez dc réfugiez pour dreflèr forme dâArmée amp;nbsp;là ireeffort qui valluft:pour auoir efté tous lesNauiresFrançois dcfgrcffez à foccafion de linjurefii-teà lâAmbaffà deur que la Roine enuoioit en France. Si bien que tout le Camp cfmeu dâvn tel dcfefperé fecours plus que fils en euffent efté auertis,chacun fe tint fur fos at mes.Et lapins part melmemcnt les Proteftans qui fuiuoient f Armée de fon Excellanceprefts dâentreprendre quelque chofe fi lâArmée Naualle defeendoit en terre. Pour à quoyobuier Retenir tant dc gens en ceruel,Monfieur fit monter à chcual towte laCauallerie pour fo prefonter for laco-fte de la marine amp;nbsp;reccuoir lâennemi fi fon armée Naualle ne baftoit à côbattrc ces noiiuennît
veiius.Contreleiquels il fit mener fix canons fiir la pointedcchedeBayc;amp;outreccfitniar' cher nombre de Compagnies fantaffines pour fembarqueramp;remplir fos Nauires qui eftoient comme pris au defpourueu pour les occafionsquedefliis. Les Proteftansneantmoinsn cââ' treprindrent rien amp;nbsp;lepalfale jourfans combatte. Occafion quâà la marée du foir routes compagnées furent menées pour remplir les vaifiTeaux Catholicques : Iciqucls par ce moieiâ Retraite du nâalîoient plus tant dâoccafion de craindre quâauparauant.Or pour vous dire quelle effoit Comte de te armécôca quelle fin elle fut auâcéc julques là :il faut que j'en repréne la matière de plusbau^. îner^enAn * jouméc dc S. Barthélémy du 2 4. Aouft 1572. qu'aucuns à fimitarion des velptc* eieterre,amp; dc Sicihe appellent les Matines de Paris ; apporta telle efpouuantc à tout le refte des ProK' Rocheiie^^^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refolus en autres affaires fcmbloient les moins afleurez au fejour qu'ils
foient en France : mefinement quand ils entendirent fanimeufo pourfuire qu'en aucuns lieuî^ téq^eîcs^quot; Gouuerneurs des Prouinces : és autres endroits plufieurs dc laNobleffe Catholicqucamp; mâtine» de par tout IcRoyaume la communeamp;menu peuple faifoient fur tous ceux qu'ils foupçÃnoicnt Patnapor- auoir auéforiié le parti des deccdez. Ce qui leur fcmblafuffilânte occafion de fe retirer hors terencaux , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t i r ⢠i ⢠-i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c
Proteftans le Royaumc. Mais parce que tous n en eurent le loilir ni le moien : il n y eut gueres queceus de toute la , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- . nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
qui demeurent fur les fins amp;nbsp;extremitez de la France qui cercherent lieu de plus alfeurée re-Les Sieurs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^^^ cftranges.Lcs Bretôs,amp;.des Normans ceux qui aprochent plus le carrier deBre-
Comtede taigne comme le Comte de Monrgommcry,Coulombieres amp;nbsp;plufieurs autres fo retirèrent es Montgome- Ifles de Gerzay amp;nbsp;Grenezay: tant pour le prochain voifinage dâicelles aux pais de France2^ n^cLorgX dâAngleterre : que pour lefpoir dâvn plus affouré fejour.Auffi les peut-on remarquer pourvn Couióbieii Jieu deftiné par nos deuanciers pour Retraitte à ceux qui dé ces quartiers amp;nbsp;autres prochains Norâman5amp; cftoicnt banis du Royaume de France.Comme fut Pretextatus Euefque de Rouen lâan 580* Ãretonkfe auoit côfcffié cu laflémbléedesPrelats bié quefrauduleufomêt, quâil auoit ccnfoilléaMcrou-
France.
inesde'cer ^6dâafpirtrauRoyaume;amp;en priiier Chilpcric i. fônPere:puis efpoufcrBrunchautlâtâte. fayamp;Grene C E S Ifles qu'on nomme communément Grenezay pource que celle la eft la plus gran* de amp;nbsp;mieux fréquentée des marchands : font trois en nombre. Celle de Grenezay,de Gerfay Reprefenta amp;nbsp;du Cerf, picfquâen tous endroits hautes de rochers forts en quelques lieux où ils mettent deGeriùyamp; vedctcs amp;nbsp;fcntiuelles jour amp;nbsp;ij^iéi : peuplées Ãc cultiuées de toutes fortes de François,mef-Grenezay. memeut Bretonsamp;Normans qui en font vÅlîns, plus que dâAnglois. A foccafion dequoy h peuple parle François amp;nbsp;fimboliferoit du tout à fon premier naturel, fil nâeftoit altéré par la conuerfâtion ordinaire des Anglois, de la Nation defquels font les Gouuerneurs amp;nbsp;prefqnc tous autres Officiers. Ils ont garde de leur Nation :tant pourfaflèurer desfurprinlesFran-çoifes que pour ne fo fierdu Ãut aux habitans pour la frefehe mémoire de la furprinfedâicelles. Car il n'y a pas long temps quâelles appartenoient à la fleur de Lyz. Et celle du Cerf la dernierc ainfi nommée du Capitaine Serf : lequel abfont en Frâce prenant du Roy la folde de trois cens Sommes quâil y deuoit auoir pour la deffence dâicclle : donna pour fon abfoiceamp; auarice occafion aux Anglois de la furprandre:lâns autre refiftance que de dix ou douzefol-dats Amples mortes paies quâils y trouuerent pour toute deffenfo. Encores apres cete prinfeja fpiriw-
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fpiritualité relpondoit à lEuefque de Coutanccs en Normandie, duquel ces habitas prenoiêt les ordres amp;nbsp;autres degrezamp;deuoirs EcclcfiafHques,pour lefquels f Euelque en droit profit
grand reuenu.Mais depuis la Royne Elilâbeth qui à changé cette Religion Catholique en Proteftante: non feulement cela feft efuanouy, èc nâafon plus en rien reconeu ceft Euefque; Mais a afligné le reuenu à lâEuelque de Canturbery où VinceJJre lequel y entretient certains Miniftrespouranoncer en chacune Parroiflelaparolle de Dieu en François. A lâentretetien Miniftres amp;nbsp;nourriture defquels, certains reuenus amp;nbsp;anciens Prieurez, Confréries amp;nbsp;autres charges tr«cuwis Ecclefîaftiqucs font affeélez. Il y a plufieurs petites ParroilTes: Ou à mieux parler à la Fran- Mes. çoifeplufieurs villages poures amp;nbsp;mal pcuplez.Et n'y a de lieu fourny de gens que la defeente du Haute. AfTez bonbourgpour le trafic quify fait tant des François que des Anglais amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
autres nations qui y veulent débiter ou acheter marchandifosen temps de guerre. Dâautant que les Roys dâAngleterre pour mieux enrichir amp;nbsp;peupler les Ifles: leur ont donné lepriuil« lege* Que tous y ferotreceuz en frâchifo.Soit quâil entre,foit quâil en forte fans quâaucüfuft II Angloisjpuiffe pr adre Nauire tel quâil foit à la veuë duChafleau lautrement il fora pourfiiiuy. â temps de Et fil eft prins confifqué à la Royne amp;nbsp;les tiens rendus aux proprietaires auec amende raifon- guerre, nable. Le Haute eft en forme de Croiffant, fi dangereux pour eftre paué de roches pointues quâon y voit comme graines fomées dans vn champ ( à îoccafîon dequoy jecroy que lâon la brcprciL-nommé Grenezay ) que lâon nây ofe entrer que fous la guide de quelquâvn du lieu. Le Bourg âquot;on da fait le fós du Haute,efleué en forme de rampars amp;nbsp;chargé de plufieurs pieces dâartillerie pour deffendre lâentrée en tefte.Et farondiflà nt en forme de Croiflà nt: à main gauche y a le vieil Chafteau efleué fur vne môtagne:amp; à droite vn autre Chafteau allez fort où fo tiet le Gouuer- ta veuë dw neurMaiftreLeton qui autres fois a porté vne des Enfoignes Angloifcsà Roüen,Lors que Montgomery en fut chafTé parleRoy de Nauarreamp; les Catholiques.Efquels deux Chafteaux fendue aux il nâeft permis au Frâçois dâêtrer que les yeux bâdez non plus quâez autres forts dâAngleterre, 'franger». Tât cefte natiô eft foigneufode bié garder fon auâtage.Et plus que nous,qui corne fbts eftimôs lâgefTe neâtmoins de cômuniquer tout aux eftrâgers qui enfôt leurs cotes de rifée puis apres.
Lâifle au refte pour eftre^ mal peuplée,eft fi peu cultiucc,quâoutrc les paftures qui rédent qua tiré de laitage amp;nbsp;leHaure qui de fon trafic apporte quelque cômoditéde pais ne foroit fuffifat à nourrir le tiers de ce quâil côtient.Gerzay qui en eft efloignée à demie veuë eft plus fertille.Et par la dilligéce du Gouuemcur Maiftre Polet (qui lâa cômâen don de la Royne à la charge dây entretenir tant de peuple amp;nbsp;dây faire cultiuer tant de terre)fi peuplée de poure Normans prin-cipalemcnt,que tous y vi uent à leur aifo.MontgommeryfCoIombicrs amp;nbsp;autres fo|ptirerent à Gerfay ( les Bretons amp;nbsp;autres à Grenezay) où aiant fait venir fà femme, enfans amp;nbsp;le plus beau defes meubles: en Décembre ilfachemina en Angleterre où fà famille le fuiuit apres quâil euft entendu par les lettres des Rochellois comme ils feftoient refolus de tenir contre tous efforts Catholiques, fous lâefpoir des forces quâils entendoient eftre en Angleterre: lefquelles ils prioientâde les aller fecoutir,luy offrant toute faueur fil fo vouloir porter Chef amp;nbsp;condu-âeur de lâarmée quâil y meneroit fous la faueur quâil pourroit tirer dâAngleterre veu les alian-ces quâil y auoit contraólé parauant. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nôbr e des
Les Normans,François amp;nbsp;Picards trauerferent jufqucs cnAngleterre où ils furent receus prancezHe auec autant voire plus de faueur par la Nobleffe amp;nbsp;autres plus aparens quâés guerres paffées. recuillis en Peu apres quelques vns des autres carriers du Royaume fy retirerent pareillement, amp;nbsp;en tel nombre quâil montoit de trois à quatre mil hommes.Dont les deux tiers euffent porté armes, Si auec le vouloir ils en euffent eu les moiens. Les Champaq|jois, Bourguignons, Lionnois Bannis amp;nbsp;amp;nbsp;autres des carriers vÅfins: trouuerent le plus couttamp; expedient à réfugier aux Allema-gnes où la plus part neâtmoins furent du commencement plus mal amp;nbsp;autremét receus quâils nâefperoient.Si peufauorable amp;nbsp;heureufo fo voitaujourdâhuy la conditions des miforables .Et notamment de ceux qui font bannis de leur pays. Ce quâils trouuoient dâautant plus effrange quâils feftoient parauant imaginez de receuoir quelque faueufde cefte nation: tant pour le deuoir dâhumanité qui pouffe toute ame genereufo à bien vegner fon prochain: mdmement de condition fi miferable que la leur; que pour fauoir veu autresfois fi prompte à fon fecours.
Mais afin que le jugement dâaucuns qui pour auoir efté mal traidés de quelques ^rticulliers tafehent le plus fouuent amp;nbsp;par cholere dâcsbranler la réputation amp;nbsp;merite de toute vne Natiô: ne foit recGU de plufieurs au deshonneur des gens de bien: je diray commâen paffant prefque la Nobleffo
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
Proteftani Ftâçoismal rcccuz cn Allemagne amp;pourquoy
Les pmiers rapports a-nimemcles hommes amp;nbsp;ne sâefua-nouiflent quâauccle temps OU |)ar rapoics contraires.
Banis oufui tifspour-quoyfonc mefprifez de tous,amp; fouuciic pouefuiuis comme ennemis.
là Nobleflè amp;nbsp;dâentre le peuple ceux qui ont charge du public ont par Åuurcs charitables courtoiiies liberallitez effacé le defdaigncux mefprisamp;vilains actes de la populace : quipcft cftrc fèmblent feftre oubliez vers les François: La faute du vulgaire qui nâeu ft oneques le jugement bien arrefté : ne doit préjudicier à tous ceux qui pouflez ou dâvn inftint dâhumamw ou dâvne religieufè deuotion ^ou memoratifs de îeternelle inconftancc de toutes chofes:E[ fur toutcombien eft variable Ãftat5amp; fujete à changemêt ^incertaine côdition de tous hommes: fcfônt efforcez de fou lager ceux qui à vray dire efperoient plus au hazard quâà la faueur de ceux qui du commancement leur firent vn fort mau nais recueil. A lâoccafion peut eftre du bruit que fôudain apres la journée de Paris les Catholicques firent ferner au nom du Roy eu plufieurs païs,nommément és Allemagnes. Defquelles veu le fècours quâelles auoient donne par trois fois à fes fii jets:on craignoit la pitié amp;nbsp;compaflion vers les Proteftans François kuà Confederez. Car plufieurs eurent charge de publier en tous ces cartiers amp;nbsp;aucuns firent imprimer la confpiration de ÃAmiralamp;lês adherans contre le Roy,G mere,frcrc.s amp;nbsp;autres defou Confcil. Et que cela defcouuert le meurtre de Paris ne feftoit enfuiui pour autre occafiom Laquelle leur fêmbla fi aparéte,que les réfugiez nâ«i pouuoicnt eftre regardez que dâvn muU' uais Åil. Comme les premieres nouuelles,nous affeâionnent tousjours : nâeftans empefeh«' CS par raports contraires ou differens à icelles: notâment fi elles viennent de la part des Grans ou quâelles concernent choie de haute confequcnce.Voire nousanimentScefmeuuent dauan-tage que ce que nous entendons puisîapres, fil nâeft mieux audorifé ou confirmé par plus e-uidentes raiiôns : dautant que le cerueau ne laiftè aiiement la premiere impreflion quâilfeft P aigrauéjuon plus que le tableau fa premiere coulleur : de laquelle meirne il reftera tousjours quelque chofe encor quâon nous face prefumer puis apres faffaîrc f eftre autrement portee que nous nâauions entendu par le premier récit. Outre ces confiderations. Ceux qui fepl^' gnoient du mal plaiiant reçu eil que les Allemans leur auoient fait:Meimcment lemenupei*' pie ,doiuent confidercr que telle indiieretion nâeft propreôt naturelle à lâAllemand plus qu'^ vne autre Nation. Encor quâil y cn aie de plus courtoifes amp;nbsp;débonnaires,aux affligez inefniC' ment que les autres.Car la populace dâAngleterre nâa de rien mieux*receu les autres Frâçois-Voire quâoutre ce que la plufpart y a cfté mile en pourpoint amp;nbsp;deualilèz de toutes chofes pf les Anglois : ils y ontefté fi indignement traittez que là ns mettre enjeu lamilèredelapf^® amp;cruauté des meurtres quâon a fait de plufieurs dâeux fur la mer : ils ont beaucoup plus grrn-deoccafion de le plaindre dâeux que les autres nâont des Allemans. Et pour lâinement jug^ de ce qult;^cffus,ârout cela ne vienrtant du naturel de la milêrc,que de fvniucrlclle corruption des hommes. Car comme tous les chiens lâutent fur celui auquel les autres abayent: aufli îhomme milèrable amp;nbsp;affligé par quelques vns, eft mefpnfé des autresSe peu à peu haï de tous qui en fin le difpenlênt de le pourfuiure commâcnnmi : amp;nbsp;notamment les exiliez amp;nbsp;Fuitifsdà Icurpaïs quelque occafion quâils aient de lôrtir hors la terre qui leur eftoit naturelle. Pouf' quoy cela $Câeft que l'homme eft malin amp;nbsp;mefehant de Ion naturel cftant corrompu desk ventre de fâ mere.ConfèquSment nous fomes tous propts à prefumer que les fuitifs font pour leurs demcriresamp;forfaits exilez de leur païs,plus quâà nous enquérir de foccafion de leur fui-te.LaquÃle mefine fi on nous la veut dire injuftcamp;mefchante: nous ne la croirons telle-Ains aimerons mieux nous perfuader ce que le naturel de la mifère apporte dâelle mefine, que îhomme eft tombé en telle dilgrace par fà faute. Ne pouuans croire que les homes forent fi mefehans que de faire vn tel tort à autrui ûns bonne occafion: que de fbuffrir la vérité nous eftre defcouuerte pour la jufljÃcation des affligez lefqucis ordinairement font pluftoft repu-tez menteurs que véritables enleurs difoours.Mais fans nous engager plus auant au prejudice de notre hiftoirc, reprenons les erres de nos fuitifs.
Villes qui Ies premieres (c refo-liienrà la dcfTencc.
De c e V X qui engagez au cÅur de la France nâauoient le tcmps,Iesmoicns ou la volonté de paffer outrc:aucuns fléchirent le genouil à leurs cnnemisamp;fircnt ce quâon leurcoiu-manda. Les autres fefgaranAjui ça qui là le tindrent cachez : jufqiKs à ce que le temps km euft ouuert vn parti quâils peuflènt fuiure :qui fut de fè retirer és villes cfquclles,cn peu l temps ils refolurent à peine de leurs vic.s de ne fouffrir aucun changement cn la Religion,pW' uilegesamp;fmmunitcz quâils feftoient maintenus jufqucs là .La Rochelle la premiere : îexem-plc de laquelle fut bien toft fuiui par Sanccrrc,Montauban,Nifmes,Vfczamp; autres places les Proteftâs faflèurans peu à peu les vns auec les autres,â furprindrent fur les Catholicqu^'
-ocr page 295-LIVRE TRENTE QVATRIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;145.
Efquelles plufieurs conillxns encor par cy par là ic jetèrent délibérez de prandre la fortune amp;nbsp;de courre mefme rifque que Its habitans dâicelles.Lelquelles en fin dedans peu de mois furent afliegéez battues amp;nbsp;furieulêmentaflà illies par les armées Catholiques comme vous auez veu cy delTus 8c verres encor à i'auenir.
Les lugemens de Dieu, font fi grans amp;nbsp;les accidens qui furuiennent au cours des chofos humaines tant variables amp;nbsp;inconftans:que Jliomme ne fçauroit faire aucun deflèin pour alfeu-ré quâil penfcellre: quâil ne le voie amp;nbsp;trauerfo de quelque occurrence qui luy retranche ou du moins retarde le cours de fou entreprinfo, le le dis pour les Catholiques lelquels eftimans peu les moiens des Proteftans: alïèuroient le Roy que les réchappez des dénotions Catholi-liquesj ne fen releuroient jamais. Et de fait leur eftat fut tel vn mois apres la journée S. Bar- , thelemy;que tous ne fo pouuoient vray femblablementalTeurer de ne voir plus trouppes Pro-teftantes qui leur filTent tefte en ce Royaume: les Chefs dâicelleseftâs tous decedez en moins de huit jours. Les villes neâtmoins les empefc hent comme vous auez veu amp;nbsp;verrez cy apers. Lefquelles toutesfois ne fo font refoluës à tenir que apres auoir feeu la refolution de la Ro-chelle:laquelle leur doua le mefme eljjoirrfjuâelle auoit, fçauoir dâvn grand amp;nbsp;promptfocours quelle actendoit des réfugiez en pais eftrangcs, aumoiendu Haure auquel toutes nations peuuent aborder. Notamment de ceux quâils entendoient feftre retirez es Ifles amp;nbsp;Royaume dâAngleterre. A ces fins ne tardèrent à delpecher meflà gers de toutes pars. Speciallementen Angleterre, Holandeamp; Allemagne où ils eftimoienr leurs Confederez feftre retirez. Et mef mementà tousles Princes quâils eftimoienr fauorifer leur party. De fait ils dilligenterent fi bien leurs affaires depuis le mois de Septembre, quâils eurent promeftè de Montgommery amp;nbsp;autres François dâvn breffecours auquel plufieurs Anglois faifoient eftat de fo joindre, encores que leurMajeftény preftaft confèntemenr expres: leur fuffifà nt quâelle ny contredift ex-preffément par deffences publiées fur les terres defon obeiftânce.Le Prince dâOrange ne leur peut aider pour eftre tous les vaiftèaux amp;nbsp;gens de guerre bien fort empefohez contre ceux du Duc dâAlue.Mcfînemct pour la prinfoôcdefFêce deMildebourg,Arlemamp;: autres places.Bié les affcuroitiljqueMildebt^rg pris dont il faifoit eftat: il les aideroitde toutfon polTiblepourcc quâil nâauroit plus affaire de tant de Natures. Aumoien queMildebourg fien toute la Ze-landefêroità fa deuotion. Moins encor receurent ils de faueur des Allemans qui ne peuuent fortir quâà grans fraiz: impoffibles à ces petites communautez. Et encor moins la Nobleffe pour eftre efparfè amp;nbsp;diffipée en mille endroits. Vnfeul moienleur reftoitdonc hafterlefè-cours dâAngleterre à quoy ils nâefpargnoient ny gens ny argent. Et encor moins les raifons amp;nbsp;remonftrances quâils j U geoient propres à efohaufer la Royne amp;lesLordz dâAngleterre pour leurprefter quelques focours. Commâau fomblable ils faifoient vers les François quâils crai-gnoientencor refter eftonnez de f Orage Parifien.
Le sommaire des raifons amp;nbsp;but de toutes les depefohes des Rochellois, tendoit à Les raifon» lesinuiterà reconoiftreleur deuoirtant enuers la Religion que le pays de France. Aux fins de faller joindre à eux que le Roy menaçoit dâvn fiege prochain pour la grandeur amp;nbsp;heureu- Rochellois fc ylfue duquel, il faifoit eftat dây emploier toute là puiflà nce. Leur remonftrant en outre lâo-bligation quâils deuoient à tant de parens, amis amp;nbsp;alliez qui chaudement pourfuWiis par les François Catholiques amp;nbsp;nâaians eu loifitjou moiens,ou la volonté de gangner plusauant pays:feftoiét retirez en cefte ville comme la plus lêure amp;nbsp;affedionnée retraite de tout le Royaume. Dâail- lir amp;c. leurs quâils confi deraflènt quâà lâexemple de laRochelle plufieurs autres villes amp;nbsp;fortes places cnclauées au milieu de la France auoient jafocoüé le joue Catholique, principallemcnt fous tefpoir que la Rochelle foroit promptement focouruë par ceux qui de France feftoient retirez en Allemagne, Suiffe, Frize, Holande, Efooflè amp;nbsp;Angleterre, au moien du Haure de la ville qui eftoit encor ouuert pour receuoir par mer toutes les forces amp;nbsp;moiens quâon leur voüdroitamencr.Quefices raifons ne les cmouuoient comme plufieurs en auerffirez mef mement ont moins de refpeél aux chofos diuines, à la vertu, à ^honneur amp;nbsp;autre louable dc-uoir quâà la crainte de perdre les biens, les Eftats, les plaifirs accouftumez de la liberté charnelle amp;autres tels inconueniés efquels ils doutentde tomber fils ne font leur deuoir: du moins quâils confiderent que fi aucun ne foppofanr à la violence des Catholiques; ceftoriHe amp;nbsp;autres qui tiennent à là faueur, perdues: Les ennemis viennent à triompher de leurs defpouilles amp;nbsp;fe baigner de joye en leurs defà ftresamp; calamitez. Quâeux orâquâiîsfoicnt plusefloignez
des
-ocr page 296-auhi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L' histoire de FRANCE.
des coups feroient infalible perte non feulement de tous leurs biens amp;nbsp;autres moiens dece monde: Ains,fi la diftance des lieux leur fêrt de barrière pour ne voir,ils entendront bien toll que leurs femmes violées amp;nbsp;proftituces en derifion à lincroiable lubricité des ennnemis:ne feront plus quâefclaues de la tirannie des vidorieux. Leurs enfans macquereaux de leurs infames paillardifès amp;nbsp;deteflables montures de ceux qui nâont conceu amp;nbsp;dreflé les préparatifs de celle horrible tragedie:que pourfè veauterfà s crainte comme pourceaux en forde infamie de leurs mefchancetez ordinaires. Que câefl vn vray abuz amp;nbsp;qui ne tombe quâau cerceau des coions amp;lafches à tout vertueux deuoir, defèperfuader que le Roy. raflafîé de tant de fang refpandu par le meurtre des principaux de la Religion,pardonneroit aifeement au refie defôn poure peuple. Qi^ecâefloii encor vne plus grandâfolie ( affin dene dire mefchanté à celluy qui nâaianr offence,requiert pardon d'vn adeloüableà ceux qui veulent combattrç contre Dieu amp;nbsp;fes efleuz. ) Sâils eflimoient pouuoir moiennerleur retour en France par vnafTeure pardon des choies pafTéestfur ce que les reliez de tant de mallà cres;fimplcs de nature amp;nbsp;la plus part jeunes Gentilshommes, pcifônnes volages, marchans amp;nbsp;tels autres qui pour nâcllteex-perimentcz aux affaires de ce monde,fe laiffoient piper aux belles parolles de leurs Chefs: lef-quels fous le mafque dâvn bien public,dâvne liberté Euangelicque, dâvn deuoir de confcien-ceamp; delfencedela gloire de Dieu: les auoient attirez parlenez, comme buffles en toutesks cntrepnfes quâils auoient dreffépourlintercfl de leur particulier plusquedubienpublic.il ne faut fattendre là . Ainsmonrer plus haut amp;nbsp;faffeurer que fi les Catholiques fê font tousjours portez leurs ennemis par le paffé: quâils feront encor pisà fauenirpour enacheuer la race: nonfeulementfur ceux qui tiennent bon, Ainsauffienfinftir tous ceux qui, lêlaiffentainü fôtemant amadouer à leurs ennemis. Les trois Paix fi folemnellement faites:fi Religicufe-ment jurées par le Roy, fbn Confèil,fâ mere amp;nbsp;tous les membres amp;nbsp;Officiers de laCoutonne: fi fuperflicieiifement autorifees par les EflatszCôfirmées amp;nbsp;publiées par les Courts fôinierai-nes quâon nommé Parlemcnts:Tant de promeffesSe juremens particuliers duRoyamp;defoà Confêil dâentretenir les Edits de Paix moquées enfin:amp;aufrirefolumcnt violléesquefib euffentdeureceuoirvn grand guerdon de Dieu, pour auoir rompfl fifà crée parolle quâils auoient donné aux Protellans:lesdeuoient bienaffeurer quâon ne peut plus en rien efpcrcr non pas feulement defirer rien de certain amp;nbsp;affeuré de la bouche du cÅur, de lapenfècamp;co-Parolleamp; fcicncc dcs Catholiques. Veu mefmement quand il nây au roit autre preuue quelamaximc foy violice quâils tiennent tous. Et dont les Papes amp;nbsp;Princes mondainsfontbouclier à tous ceux quiks à plufieurs. reprennent de nâentretenir leurfoy^promeffeà eux donnée. Que la foy ne doit eflre aucunement gÃdée aux hereticques. Ils nous nomment tels que nous les cflimons.Commelexé-ple du Pape monflreeuidemmentau Concilie de Côflance auquel lean HusÃc Hierofme^« Prague furent bruflez tous vifs comme hereticques contre la foy tant du Pape que de i'EmpC' reur Sigifmond qui leur auoit outre ce enuoié amples fâufconduits amp;nbsp;garde fuffifà nre pouj les faire venir en toute fêureté au Concilie, quâil difoit vouloir feulementoyrlesraifônséd-quelles ils faifôientapuy pour le fondement de leur reformation. Etquefeifl depuis lePap^ Leô dixiéme au Ducs dçFerrare amp;nbsp;dâVrbin,voire au Cardinal de Sicne du titre de S. George finon qu^feflrangler en prifbn apres que fous fâ foy réitérée amp;nbsp;affeurance quâil en auoit outre ce donné à f Ambaffadeur Efpagneh il le fufl venu trouuer à Romme ? Nâen fit pas autant le Duc de millan predeceffeur de François Sforce amp;nbsp;Fernand Roy dâArragon, à Nicolas Piquinin f vn des plus excellens Cappitaines qui full en lltalie de fôn temps 1 Et Gonfalue legrand Cappitaine par le mandement du mefme Roy à Cezar Borgia Duc de Valentinois fils du Pape ?ilcxandre, quâil retint prifônnierau Chafleau de Naples? Comme feportak Roy Loys vnziéme contre les Chefs qui fous le bien public luy auoient fait la guerre auec k Comte de Charrollois? Mais fans cercher les exemples plus loin quâà notre porte, Caftelnau Briquemaut, Ville-mongy amp;nbsp;autresGentilshommes en lâan mil cinq cens cinquante neuf ignorans les faits amp;nbsp;exemple anciens: fe laifïèrent-ils point lourdement tromper pour auoit auffi tofl les telles tranchées à Amboilè? Quant à eux, ajoulloient ils; nâvlôient de tant de p3-rolles,nâenuoient fi lôuuent lettres fur lettres fimplement pour les attirer amp;nbsp;rendre participas dâvn mefine delà llre quâell cclluy qui les menace fils ne font promptement fecouruz.Et encor moins pour le resjouyr comme on dit en commun prouerbe,dâauoir compagnons en leur mi-lere. Mais la gloire de Dieu de laquelle comme lcruitcurs de fâ Diuine Majellé, ils doinent
-ocr page 297-LIVRE T R E N T E QJV A T R I E M E. 14^. nonfeulemétdefirer entant quâ en eux eftoitîauancementamp;grandeur :ainsauffi inciter pour leur deuoir vn chacun à faire le lemblable^ puis quâils font tous à vn Maiftrc : tous membres dâvn mefrae corps : amp;nbsp;frétés en vne mefîne Eglifo. Dauantage pour la lêurete de leur vie en particulier.Dautant que îaflèurance dâicelle fora lors veuë,quâellefora infoparablement jointe à la leur. Et par ainfi communeSc generalle à tous les poures fideles difperfez fous la tyrannie de leurs cnnemis.Outre ce pour le bien du Royaume qui autrement fen va ruiné.Pour ffiftat du païsjamp;fignammentdc ceux qui tant de fois fi quand ils en ont efté requis : ont ouuert leurs portes pour le repos amp;nbsp;feurcté de tous ceux qui pourfuiuis pour le nom de Dieu va-goient là comme brebis efgarées hors le lieu de leur naiflà nce. Vray eft que reconoiÃà nS Ce quâils ne peuuent nier,confefiènr à leur grand regret quâils font le peuple plus haï,plus de- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
tefté amp;nbsp;plus animeufement pourfuiui par le Royamp; les Catholicques de France,quâautres qui foient en tout le Royaume. Mais défirent auifi quâvn chacun faffeure quâils montreront par effet quand Dieu les reduifont à îextremité voudra faire preuue de leur confiance: Que fils penfûient racheter lalTeurance, le bien Scie repos de leurs freres par le hazard de leurs vies, voire leffufîon de la derniere goutte de lci*r lang : ils voudroient prier tous réfugiez éspaïs effranges, amp;nbsp;autres refiez en laFrance qui ne fo font encorfouillez es ordures des ennemis: de demeurer en leur efiat. Tant fen faut quâils les vueillent précipiter en vn plus grand danger que celuy duquel ils elperent auec faide du Ciel, fortir à leur honneur: Si tous ceux qui ont vn general 8cparticulier interefi au bon 8c mauuais euenement de ces guerres : coopèrent auec eux au progrez 8c execution dâvne fi loüabJe entreprifo.
R pour mieux vous faire entendre comme, en quel pays 8c à qui ces remontrances furent enuoiées ;me fomble neceflaire de vous faire premièrement voir Åfiat de ceux à quiel-Ics fadreflbient : 8c les moiens quâils tenoient pour accomplir ces requefies Rochelloifos. Il vous faut donc fçauoir quâen ce temps 8c depuis le Nouembre 1572. julques au quinziéme Feurier de fan fuiuant ; les François Proteftans,nommément les Normans 8c ceux qui pour LesFranccî les fins que dcfrus,efioient fortis de la Rochelle pour mieux fo recompenfor des pertes receu- j es; pour mieux affoiblir Its Catholicques de tous leurs moiens, 8c fo preparer au focours des Angleterre Rochellois : conclurent de tenir pour ennemis tous ceux quifaifoient profeflîon dâautre Re-ligion que de la leur,de quelque Efiat ou condition quâils fuflènt : Et fefiimans vfor du droit quâils font de guerre fils incômodoient fennemi en quelque façon que ce fufi : efiendirct feifet de leurs dcflâeins non foulemcnt à tous François pour Nobles,marchands ou autres quelques paifibles tîons. quâils peuflènt eftre des Catholicques: mais à toutes Nati«ns,fors quâaux AnglezSc ceux qui par bon congé leur feroient foy du Prince dâOrenge leurConfedcré.Si biê que pourueuz de petits Nauires de cinquante a foixante toqpeaux au plus, fourniz dâequipage, bons harque-buziers Seprouifions ordinaires folon que le temps 8c la neceflîté leur permettoit : couroient fur la mer auec yn tel heur que peudeNauires efehappoient leurs longues mains : auec tel ordreSemoientouteffois quâon praticque ordinairement és guerres marines. Car ils leurs crioient ou par vne vaine cononade, oU par vne grande huée ils leur donnoient le fignal dâa-lueiner. Ce que le palTanc ne craignoit faire fil eftoit des Conféderez. Car ils le laiflôient aller à fa volonté, (^e fil ne vouloir mettre tout bas : prenant ce refus pour vn deffi dê guerre, ils le faluoient de Canonades. Le cachant 8c fapprochans tousjours jufques à îabordage, 8c fin du combat. Auffi nây a fi petit marinier qui ne Içachc quâil faut caller 8c ameiner à vn paf-fant déliant vn Nauirc de guerre en figue dâhonneur 8c fuperiorité. Mefines vn Pirate le doit foire paflantdcuantvn plus fort que lui. Et îaccommoder de^e quâil demandera courtoifo-ment. Tels font les prerogatiues que la force 8c le temps ont acquis à ceux qui ont plus de moiens de fo faire craindre. Ne doutez que les Grecs, Romains 8c autres vieilles Nations nepraticqualfont le mefme fur la mer : encor que leurs trop fimples 8c par trop oublieux Hi-ftoriographes fen taifent comme clercs dâarmes.Lelquels ne doiuent oublier aucunes chofos mémorables qui nous peufi donner fentiere conoiflà nce de leurtfiat 8c forme de viure plufi toff que de charger leur pappier8cperdre le temps à nous reprefonter des prodigcs,mentcries, vaines trainees de parolles amp;nbsp;mille autres telles fables menfongeres qui leur ont apporté plus de def-honneur que de proffit à la pofierité. Telles efioint les façons de faire à As Marins gens dâarmes. Tellement quâauoir bien rangué toutes les cofies de France,Flandres,Elpagne, Portugal 8c Angleterre : en moins de quatre mois ils euifent fourni tant en argent fait,que marchan-
-ocr page 298-Tamile pria cipalle Ri-niere dâAn-gleccrrc.
LHISTOIRà DE FRANCE. -marchandilês Latines,âpour plus de deux miflions dâor. Dont ils commençoient non lementà faccommoder pour fubuenir aux necelfitez prelêntcs : Mais drelTerentle front I' haut; quâils ofoyent elperer de leuercnpeu de jours Armée de mer fuffifantepâourromiâtt la Royallc qui les attcndoiià chédeBaye. Et outre ce auoir auitailléamp;pourucu la ville» tout le befoin: tenir la rade porter Maillres de toute lamer, jufquesà lafindelagntt' re au merueilleux delà uantage des Catholicques de quelque pays quâils eulTcnt peu eftt«' Nomméement des Francez, puis des Portugais, Elpagnols, Italiens amp;nbsp;Flamens: Lefqneâ auoyentjufqueslà continué en toute foureté leur trafic ordinaire és pays bas: quand noinb« des plus gros Marchans ellrangcrs amp;nbsp;dornelliqucs dâAngleterre, voyans leur tfhfic roW' pu ou à vray dire bien retardé : fcllre plaints à la Royne amp;nbsp;à fon Confeil dâvne entrcpnl^ tant audacieulc que dâempelcher le commerce amp;nbsp;trafic à tout vn Royaume qui autresfoisf» attribué la Seigneurie de la mer fur toute Nations: firent en forte par Iccrets moyens charge amp;nbsp;commilfion fut deliurée à lAmiral Chlinton dây pouruoir Scnctierla colle deC«â Pirates amp;nbsp;efeumeurs de mer. Ainfi lesnommoyent ceux qui leur portoycnr plus d'enuieq^^ dâamitié. LâAmiral dâailleurs folicité paraucuns^nglez non moins lafehez quâvn tel hcâ'' continuallà gensfi mifcrables quâils auoyent ellé: que poulfezdâvndcfir dâaiioircnpeu» jours amp;là ns dangçr ce grand trefor que les François felloyent moyenné auec vne non moi'ââ dre longueur de temps que grand hazard de leur vie. (Car les Marchans ne font tant que par le pairé,dâentreprendre aucun voiage quâils ne foient équipez demy en guerre de®)' en niarchandilc : Si quâaux abordages lê.voitordinairement de beaux amp;nbsp;furieux combats-) Ne le fin fort prier dâenuoier Holeftot equiper deux Natures. Dont îvn dit lâHirondelle eftoit à la Royne de quatre cens tonneaux fort deboisamp;biêpourueu dâartillcrieâgrolJê^ menue ( principalle force des Anglez qui nâabordent gueres .Ains menacent Iculementd^ faire couller au fonsfifon nâameine. ) Lequel ne demeura long temps à forti r delà plus grolle amp;nbsp;plus renommée Riuierede tout le Royaume: non tant pour la multitudedcfc eaux propres ny dâautres Riuieres qui le rendent à elle: que pour le renom de Londres: C^' pitalleôc la plus belle ville du pays dedans laquelle les eaux palïênt^ au delTus fc méfient fins amp;nbsp;reflus defOccean. Le montant duquel eft la principalle occafion delà grandeurddâ Tamilê.Laqüclledefoi eft fi periteamp; reçoit fi peu dâeaux à lafuruenuë des autresRiuiercsq® fy delchargent: quâà cinq bonnes lieues de Londres qui font dix mil du lieu : elle nâefi grande ne fi forte pourporter qu'Oilê, Some, Dordonnc,Viennc, le Tar ou telle autre Ri®'
re commune de France. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
A V s s I toft qu'Holeftot fut en met: il delcouure ûx equipages que François que Flaffîâ confederez, Riches de cinq cens mil liures pour l«s prifès qu'ils aiioient fait les jours pafle^; â la rade des Dunes, dcfquels il enuoie prier les Chefs dâaller parler à luy. Tant pourle/cuquot;' ce de laRoyne qui îauoit là enuoié à cefte fin comme il difoit: que pour leur particulierIcul faifânt entendre quelle drefioit armée pour les remettre en France amp;nbsp;cond uire à la Roi f -1^â Mais auflî roft que joieux de ces faintes nouuellesjils furent à bord de fAnglcz: llsveircnt tous leurs vailTeauxf aucun delquels ne fit refiftance leurs Chefs ablêns) pleins dâAnglez Qi'i faccagerSht tout. Et non contens du pillage enfermèrent fëize des Cappitaines en prilon dans la chambre du contre maiftre: aulTipourement traiâez,que rigoureulèment menacez dâeflrc tousjedez en feau auec reproches (penfant conuertir leur honneur cnoprobreamp; vilenie) commâils eftoient fi audacieux dâattaquer auec petits nauirots de trente à quarante tonneaux ces grans vaifleaux de trois à quatre cent. Pource que le jour precedent vne barque de la Ro chclle, de quarante tonneaux auoit pris apres vn long amp;nbsp;cruel combat par la mort de dix'ou douze, vne Hourque de trois cens tonneaux : en laquelle ils auoient trouué cent mil liures dâatgentfait amp;nbsp;plus de cent mil liures en vins dâEfpagnc, Mulcadclle baftard, fuccres,efpice' ceries amp;nbsp;autres riches marchandilês que les Catholiques aportoient dâElpagne. Ce qui Icux fit dâautant plus porter impaftemment leur prilôn-quâils dperoient recueillir grades cominO' direz dâvne fi rare prilc.Cômc Holeftot eut ainfi commencé fexecution de fa charge: il feinet à courre toutes les colles dâAngleterre. Et nâen fait pas moins à tous les autres Francez;:qüi Je vouiurcnÃulfi Icgerement croire que les premiers.Car il ne fut pitoiable quâà ceux qui peut auoir ouï le vent de là rigucunluy olêrent monllrcr par effet quâils ne le rcconoilîoiét pour tel quâil fe difoit. Et ceux la qui luy firent telle efohapperent fculs fi animeufo pourfuitc: Ainfi
Oificiets
-ocr page 299-Officiers foldats amp;nbsp;matelots def Amirauté dâAngleterre partageront la vallciir de 2. millions d or pour bien petite occafion difoient les pourfuiuis.Car affin que je nâoublie les raifôns quâils allcguoict pour leur deffence. A aucuns des Anglois melmes ne treuuoict honeftes nây pro fi.table à tout le pais telles pourfuites.Lâhôncur de toute la Nation ne demeure chargé par la faute de quelques particuliers.Ores quâil y euft eu de la faute des Francez:ceux qui eftoiét e-ftimcz les plus fermes Proteftâs dâAngleterre ( car les 2. tiers du peuple font Catholiques amp;nbsp;nâatendêt quâvn châgemet pour faire voir quâelle à jufques icy efté fimpreffiô de leur cÅur) difoient que ces degrefleurs (ainfî les appellent les Francez)ne deuoiét foublier fi auât que de les ruiner du tout attendu le temps mifèrable de leur exil : 8c banifièment plus digne de pitié quede fi rigoureuze punitiô.Qipelqiie faute quâaucuns euflét peu faire fur le rauage des, biés nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
efttangers.Et quelques meubles quâaucuns dâeux ofterent à f AmbafTadeur de la Roine dâAngleterre infeiémant toutesfois corne vous entendrez.Mefmes quand ceux qui en furétaceufoz^ auroient fait ce butinïvcu le peu de valleur,amp; auffi que tant de gens ne deuoiét porter la peine delà faute dâaurrui.Tous homes non paffiônez,difoient ils5amp; qui jugent auec diferetion dirot que cesOfficiers Admiralliftes ne deuoiétlndifferément fà ccager plus de Soo.que Fracez que Flamans en 20. equipages quâils ruinerêt auec les Nauires mefines : fans rendre chofo quifoit que bien peu des plus chetis vaifTeaux.Ains feftre deuëmét enquis amp;nbsp;informez du fait: punir cÃmâils firent les coulpables amp;nbsp;rêdre du moins les biés aux autres8c les prifos à ceux à qui elles appartenoient. Ce qui les a contrains ôc dôné occafion de retourner à leur premiere vie amp;nbsp;courre la mer cotre toutesNations:Soudain que par la libéralité de leurs,amis ils peuréc fo remettre en equipage 8c puis de rechefont efté voliez par les mefines Officiers qui lemblétles auoir voulu nourrir comâoifons en mué,pour en viure quand ils feroiêt bien gras ainfi que je vous diray cy apres.Ce qui leur faifoit croire quâil y auoit autres occafions de les pilier que le dclplaifir reccu deÃAmbaflà deur volé. Voicy la verit⬠du fait.
Suriecômencementdelanuieâr 1575. la Roine dâAngleterre enuoia le Comte Vuonftcr pour leuer au Criftianifije la fille du Roy de Frâce qui le mois precedét fen auoit enuoié pri- Ambrer parMauuiiriere.Quand il Embarqua outre le Nauire auquel il eftoit,2. autres le fuiuoient en tvn defquels il auoit quelques meubles 8c hardes de chambre:auec lefquelles 5. ou 4. mà r- voilé, chas François auoiét mis quâtité de marchâdifès pour les védre à Paris ou à laCourt deFrâce. Le Comte ne fe fuft pluftoft embarqué à Douure quâvn petit Nauire Rochellois qui eftoit là â¢prez à laradc:le vit à la voille 8c foudain apres pour prédre lesFrâcez quâo difoit de jour à autre fen retourner enFrance Catholiques ou Proteftâs quils feuflènt/ils y alloiét-peur viure à laCatholique:aufquels ils faifoiét plus de mal quâaux autres.Le malheur des vns ôc des autres voulut que les foldats fè trouuâs fins Chef quâils auoiét peu deuat defoédu à Douurc:abordc-rent ce Nauire marchât cepédant que leCôte craignât ces efoumeurSjgangnoit la Frâce ou il terra à fiuucté.Quelques Anglez furét tuez en la deffence du bord 8c les hardes du Côte pri-lês auec les marchâdifès des autrcs:î Ambaffideur en fut auffi toft auerti lequel outre lesâplain-tes quâil en fit enFrâce,en dreflà de telles à fiMajefté quâelles ne retarderêt fouleméfmais apor terêtplufieuts autres incomoditez au deflèins des refugiez.Soit à ceux qui fe prcpa^ÿ)iêt pour fe trcuuer à farmée quâo dreffoit pour le fècours de la Rochelle: Soit à tous autres qui retirez en ce pais pour y mener vie paifible 8c folitaire:preferoiét leur repos particulier à tout auâce-métde la caufê pour laquelle les autres querelloict fi animeufémét çome vous entedrez plus 2 plein par le fil decefte liiftoirc.Et pour nâoublier le jugemêt que plufieurs en dônoiét dâvnc part amp;nbsp;dâau tre.Tous aflèuroiétîaudace trop grâde fi ton doit atelier vice ce qui fo fait infeiémant,que de fadreffer à vn Ambaffideur 8c luy piller ces meubles. Voire que cela redondc au deshÃneurdefiMajefté.Mais les autres maintenoiét quâô deuoit côfiderertignorâce de fes foldats Si le petit nôbre dâiceux . Car ils nâeftojêt vue 12, pour Icfquels plus de 800. ont efté punis fi auaricieufèmét,que plufieurs en craignet la vengeâce fiq^ceux qui nâen peuuft mais. Dauâragc ce qui fut pris ne valloit mille liures 8c ont tefmoigné les Anglez que les Lords ont eu plus dâefgard à tintcreft de fi Majefté quâau dômage receu :falloit il doc, difoiêt les prifon-tiers,perdre 2. miliiôs dâor pour fi peu?Et quâil leur fébloit plus grief,retarder voir^ropre ten treprile qui fe faifoit pour le bié 5c hôneur de la Courone dâAngleterre Cômâaucuns François defefpcrez fe vâtoiét dâes ja? Outre ce t Ambaffideur à plufieurs fois tefmoigné,quâil ne fè vouloir rédre partie contre les accufez:auffi pourfuiuis par le fife 8c perfonucpublicque. 9. ou dix
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LâHISTOIRE DE FRANCE*
èxpierent par leur col la laufe de leurs côpagnons ablèns,ou qui eh efuiterent la punition par faucunCar bic quâils ne feulTeht que 12.ou 15.au fait: Si eft-ce que tout fequipage futficuâ riculêment reccrché quâencor quâil mill le Nau ire au fons amp;nbsp;le fourraflènt en dîners equipages pour nâcftre connuz:Si furent ils treuuez prefquc tous amp;. plulieurs pendus par leurs coiü-pagnons mcfines:qui faute de ôourreaux garentirét par fi villain acte leur vie du dernier foiii-pir en lllle de V uich. Ilsdilènt donc que la friandilc de û grandes ne helles accopagnéc d'vne enuie que pllificurs portoient au bon heur deleurtrouppefimilcrable : lôus le prétexté de maintenir rantthôneur delà Majefté que celuy du Royaume Scie proffit de tous les f»jets;pat
Deuoir des
Bams amp;nbsp;hui
tltt.
la continuation du comerce amp;nbsp;traffic de marchandilê qui lâns doute eftoit empefehé par C(S i Pirates Franccz:à fait par les moiens de celle cource dâHoiellot amp;nbsp;autres : qu'vne autrefois ; peutcllre tous bannis amp;fuirifs de leur pais pour quelque caule que celbit:apprendrontpar îexemple de ceux cy à ne faire,ne dire chofe delplailânte à ceux entre lefquels ils le retirenraâ ucc atente de quelque plaifir dâeux.Outre cc de nâentreprendre amp;nbsp;moins exécuter chofe dont la fin ne lôit autorifee amp;nbsp;alTeurée à ceux qui fentreprendront.Câeftoit chofebien mal preueuf à leurs Chefs amp;nbsp;autres de qui les Frâcez fauoüoieftt : dâentreprandre de courre la mer,dâAngleterre mefinement là ns eftre aflèurez que leurs prifes lêroict appreuuées,receuës amp;nbsp;débitées au païs quâils feftoiét Imagine leur deuoir eftre afleurée retraite. Sâils euflent efté (âges ils le fufl'ent rciglez à lâexemple des François qui aux troubles de lâan 1508. jufques en fan 1570* receurent prefque lèmblable amp;nbsp;auffi rigoureux traitement des Anglois qui leur faifoientpd' dre la plus part dosleursprilès.Les forçans au relie vendre à vil pris celles quâils leur permet' toiét vedre apres que pour le congé ils en auoiet reccu le plus beau amp;nbsp;le meilleur. Mais nout ne lèrôs Jamais bien auilèz quâapres le fait.Le Frâcois cômcnccêc pourfuit toutes chofesafiêr hcureulëmét mais faute dâarreft amp;nbsp;dilcretionûl ne preuoit ordinairemét la fin de lès delfeins-Si bien que ceux qui ne courét fi legeremét en belôngne cSmâcntrâautrcs fItalie amp;nbsp;Efpagnol-'J procedans auec vne meurcté de jugement amp;nbsp;cerueau plus rà ffis que nous nefailôns; raportent Fun'oii re* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâhôneur amp;nbsp;proffit de leurs entreprilcs que nollre Nation nâa fa^c Julques icy. Et difoie^t
fugiczen pluficurs que fi le Frâcez euft efté alfeuré par le côfeil de la RtÃne cómâil eftoit bien aiÃlt;l'* fc'lcuoiem cômancemêt:Et quâau relie il le fut fait aimer des premiers côme il en auoit le moié aucc Ot porter. de richeflcs:il euft fait ce quâri euft voulu en ce pais là . Autremêt qui voudroit contrcueniiî
ces 2. points il faudroit eftre de telle côdition quâeftoict à cc quâô dit les fuitifs de Troye çni dclcendirent fi forts en Italie quâils fimpatronirent peu à peu demi par force demi par amouf dâvne boÃie partie du pars qui les diioit receiiz .Mais tel exêplene doit amp;nbsp;ne peut eftrefuruiâ Ainspluftoftfê faut mirer à celuy des Allemans qui forcez déguerpir leurs marions par les ri* goureules pourfuites des Efpagnolslousfaueu de Charles 5.Empereur lors des guerres Ciui' les dâêtre luy amp;nbsp;les Proteftâs fous lean Federic Duc de Saxe amp;nbsp;le Lantgraue de Hcffen:amp; tCâ fugier en Angleterre fous Edoüard 6. Se côtentoict de viurefujets aux Loix amp;nbsp;coutumes du pars.Mais le Francez impatiêt de repos amp;nbsp;qui ne fçauroit porter fon ailé quand on la luy voU' droit donner:ne peut durer long temps en vn Eftanque variable amp;nbsp;inconftant commâvne fetH' me il ne jpmuë quelque nouueauté:qui luy tourne ordinairement plus à fbn delâuantagc que proffit amp;nbsp;honneur. Ainfi furent accommodez ceux qui lôus les hazardculês faueurs de la mer fê penloient relcuer de leurs pertes ancienes.
Lé Côte ic Peu de têps deuât que les Anglois paflà flènt le temps à degrefler les Frâcez:Et lors que les ton de là fuitifs du châp de la fleur de Lis cômençoient à goufter amp;nbsp;le repaiftre peu à peu de la Piratic-Francc vaà que à laquelle il fcmbloit qulHaneceffitc les auoitmaricz:Le Cote de Montgomery aiantef Angicter chapé la deuotiô des Matines Parifiéncs,par la viteffe amp;nbsp;lôguc alleine de là Caualle,quelquf^ re moicner Jours erré incônu pour la chaude pourfuite quâô faifoit de luy en tous endroits,fur les confiné RoXciiots^ de Normâdie:Puis paffé à Gerfà y amp;nbsp;y auoir demeuré auec Coulôbicrcs (qui peu apres retoü'' na enFrâce lôus faftèurâce q^c leRoy lui enuoia de la liberté de fa côlciécc amp;nbsp;lêureté defavit) amp;nbsp;plufieurs autres courâs mefmc fortune Jufques à cc quâil y euft veu fa ferne, enfâs amp;nbsp;le pli'^ beau de lès meublesrpalTa en Angleterre fur la fin de fa 15 72 .où auoir fait la rcuerécc à laRoi' ne Elizabeth.(Laquelle failat lo progrez,ftjaurnoit lors à Amptôcourt le plus agréable fcjcuï de tout le païs)cômêça la pratique du lècours auquel les retirez en la Rochelle,fauoiét anime dés quâil demeuroit aux Illes.Si que pour drelTcr les préparatifs dâvne armée de mer, auoitp enuoié par les Hautes amp;nbsp;autres endroits dâAngleterre figniffier ,1a rclôlutiô des RochelIoiS'amp; aucC
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auec le dcfir,lc befbin quâils auoict d*eflre fêcdtirus dâcux.Mais cÃme il féploioft de Jour à au-tertant versies Anglez queFrancets rcfugiez^pourfçauoir la volôté,fEflat amp;nbsp;moiens de tous cciixquivoudroiét cflrc de la partie.Noroéemêt de ceux aufquels il auoit doné coge par efcrit défaire la guerre fur mer en fbn nô profit de la Caufe qui leuoit le 5. de chacune prifê:Lâin-côueniét que deffus luy fut affez toft iaporté»Tçllemct que cejut à luy fêlo les prières que les detenusprifôniers luy en firct auffifoudain:dc fê ttâfporter en court amp;fupplier la Roine auec Angkic!!lt;
fon Confcilde comâder auxOfficiers de {Amieahles deliurer tous auec ce quâô leurauoit oflé nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
filsfctrouuoiét:CxéptsdecequââQ-içujimpofo{t:.lMonléemcnt ceux qui faifoiêt Eflat defaccô-pagnerfur mcr.Maisjil trenualesorcillesdu Côfêil fi fort eflouppées du préjugé quâeilauoiét fait lAmiral amp;nbsp;fês gcsiqnâimpoffible luy fut dâeflre fêcouru de plus de 60.Encor aptes vn 15g nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
têpsquâoncmploia furies informations du vol dc lAmbaffadeut amp;nbsp;tous deualifêz, fans armes ne autres moiens de-fe jeter fuT mer.Ce qui luy vint fort mal a point.Car fails ce dcfâftfe il ef^ peroit leuer 1200. harquebu. Francezjtoiis aguerris de pied marin.Lcfquels affiftez dâautâc de mariniers la plus part defquels font fpldats pour le jourdâinii amp;C de pareil nobre dâAnglez: luy euffent fait vne armée pour fe faire craindre fur toute la mcr.Se voiant donc fruftré de cet nbsp;nbsp;MontgS«
cndroitimit toute peine de recôpéfèr ce defFautpar vn plus grâd nôbred'Anglois:Aquoy|efFç- mery remic âuçr y cmploia toutcla faueur des alliacés quâil auoit parauât côcraûé en ce païsamp;autres ha-bitudesacquifèsde lôguemain.Lcfquellesaccôpagnées de la pitié SicopafTió quâil propofôJt à 00.115 les Lords du païs;amp; de U merueilleufe charge de butins quâil metott aux yeux de tous ' Anglez qui le fuiuroienf: fit en forte qu'il eut efpoir des plus grans de leuer de dix à douze mil Anglez equipezjembarquez amp;nbsp;fournis de tout le beforn d'vne guerre aux propres frais des Lords qui foffroiét de grade volonté à lâeffet défi haute entreprifo .Laquelle fans doute eiift forti effet tel que les Proteftâs le projetoiét: fi les animeufès amp;nbsp;itérées rcmôftrâces de la Mote Fenelon Ambaffadeur pour fâ Majefté Francezeinâeuft peu à peu csbrâflé IcConfcil de la Koine: Et en fin tellement efmeu la Royne dâAngleterre, que crainte du deshôneur quâelle acque-roit amp;nbsp;tout le pais dâauoir rôpula foy,la Ligue amp;nbsp;Cofederation fi folénellemêt jurée fan paf à à Londres amp;nbsp;Paris deiAnt fvne amp;nbsp;fautre Majeftc:Non «noins que dâvne guerre perpétuelle entre ces 2. Nations : fut refblu de ne dôner aucun fecours au Côte:ains fèulemét luy permettre de faire amp;nbsp;côtrader auec fês fujets ce quâil pourroit en particulier:declarât ne vouloir cm-pefeher fes fujets de procurer leur bien amp;nbsp;proffit particulier non plus quelle nâentédoit nuire en aucune forte de fês moiens à la Courône de Frâce.PoUr mieux efclarcir la matière: amp;nbsp;dâvn mefmc trait proffiter à noftre pofterité:me fcmble bon dâiaferer icy les principalles raifons alléguées dâvne part ôüdâautre pour auâcer empefeher feffet de celle entreprifè.De la part des Proteflans côme demâdeursamp; les premiers en querelle:outre lesraifons cy deflus recitées corne Cencralles à tous ceux defquels ils imploroiét faide amp;nbsp;faueunaucuns en prefenteret amp;nbsp;en auoiét ja prefenté à la Roine deuant farriuée du Comte de plus particulières amp;nbsp;plus cxpreflês pour Icïtéps amp;nbsp;Eflat de fâ Couronne.LâAmbafïâdeur dâautre collé propofoit celles cy tant au Côfêil quâà la Roine en particulier amp;nbsp;priuéemét à chacun de ceux quâils cflimoiét auoir plus de voix amp;dâaiitorité au Côfeil.Sâs doute fi les premieres eurent quelqs forces dâefehauffer le peuple amp;nbsp;la plufpart des Lords Anglez: les dernietes furent mieux amp;nbsp;plus foigneuf^ent pe-zées au cerueau des plus aagez.Lcfquelsfê cuidansafïcurer au changement qui pourroit aue-nirnon feulement à la Couronne mais à la Religion amp;nbsp;Eflat dâAngleterrc:Sc penfoient moié-nervnefaucur contre toutes les difgraces qui pourroient auenirà ce Royaumc-.ellcs furent en fômtnc de tel poids amp;nbsp;gangnerent fi auant que tous ceux qui aj^oient fentreprifè du Comte à cÅur amp;nbsp;qui efloiét prefque refolus de luy aider de tous leurs moiens comme jâay dit ailleurs; furent par la deffence de la Royne tellement refroidis quâon nâen ouyt oneques plus parler. Lâentreprife neantmoins ne lailfa de fortir effet tel que vous entendrez. â¢
Orauoient desja les Rochellois fait fortir à diucrfês fois plus de 20. barques à la veuë des Catholiques lefquels cômandoict Sé au canal amp;nbsp;à la rade de ChAle Baie Au moien que portées dâvn bô vêt quâellesattédoict premier que partir;elles efloiét par furprife plufloft pafïees hors leur veuë quâils nâauoiét le loifir de virer au cabeflâamp;leuer f âcre pour fai re voillc à la fui te de ces legiersvaiffeaux. Aucuns defquels cfloient enuoyez auCôte pourfauertiÃJe leurE-llatamp;fourniraux préparatifs dâvne armée. Les autres pour prendre ce quâils pourroyent de prouifions fur fennemy, amp;nbsp;foudain rentrer en ville à la faueur dâvne telle furprinfè ou dâVçse
-ocr page 302-Audi, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHIS-TOIRE DEl^KâRANC'E
â grande marée amp;nbsp;fort vent qui les pourroit poufler dans lâ ville pour la ctaime c/ue viures iK manquaflèntà fouftenir feffort dâvn fi puiftxtit fiege Roy^'.Suree le Corfitedc Montgom®***' ry aflèuré que cefte place enleuée amp;nbsp;le Haure bouché,törüt moienÃ: cfpoir de rentrer co
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce foroit ofté à luy amp;nbsp;à tous les fortis du RoyauméîRefolUtde hafter fon cnteprilc le plus qn
pourroit.Efpcrant que le fruit(|p fo dilligéceifïrfècôuroiïîa ville à temps! amp;nbsp;à ifondjefoimp^' roitfuppléer au peu de force quâily menerôit;Pourc4 aflèùré de la pluimt desCfiefs Fra®-^^ qui auoient pourucu leurs foldats amp;nbsp;Mariniers félon Ics'moiens que les dèpTrcezcde laiRôèhd-le leur auoient eflargi,par lemprunt quâikà uô^iunt fait de qùclquesdeniws qu'ilsauoient p**â au no du corps amp;nbsp;Colleige de la ville en vertu de la procuration quâils à uoient à . cet cflfetîdO' ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;na à tous le Rende-vous à Plemhue amp;nbsp;Falmhue 2. beauk-Haiircs dâAngleterre tirât au
dâOeft ez confins dcCornoailfo.Pour de là partir au premier-vent quife prefonteroitfaiioraW* à fon deifein.Si bien que la plufpart des François,auoir foiuni'au Rendez-vous-^ firent vne^ mée de 50. à 6q. voilles dont les 4o.eftoiét Nauircs de guerrciLes dix plus grans Angtequot; cours la refte Francez.Mais la plufpart petites barques dc5 o. à 60. tóneaux prefqiies tö'utès à diiic*!^ forties de la Rochelle pour hafter le fêcoursque Je Comte promettoità ceux,quipouH®^ rentaux njefoes pourfuites feftoient retirez en cefte ville.LâAmiral où eftoit le Côte nôftié la Prim^ de J. à 400. tonneaux, auoit efté vendu pat la Royne à vn Marchant fiört fiïjet qui auccquelles defocu en auoit accômodé les François.Pour Icfquels elle difoità lAmbalïà dcur nâétédrep^^ conditions. Jiidicier à laccord amp;nbsp;Confederation folennellement faite amp;nbsp;Jurée auec Je Roy de Frahce.b Arméede Vicâamiraloù cftoit Champernoii gendre du Côte eftoitde 250. tonneaux amp;nbsp;lés autresj^^â mer des Pro nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Anglois prcfque dc fêmblablc portéejleur auoient efté Jouez pour argent par quel^bês
teftansFran cois pour entrer en la Rochelle amp;nbsp;ladeliurer du fiege Royal
particuJiers du païs qui moiénât fôme de deniers les auoiêt equippez en güérre.Mâiseiifo'^® que fa Roinepour môftrer fo bône volonté à maintenir la Paix auec le RoyâdeFrà ficemcvo®' lut oneques permettre quâaucun vaiffèau portaft piece de bronze. Ains toutes de fonte de quâon nome Vreteuil qui ne font de beaucoup fi auantageiifès que les autres. Et dauantage^ RochclJois au nom,di]ligcncc,peineamp; frais,defqueJs tout fêmanioitme peuuoiêiparcontr^ fait auec les Anglois fe féruir des Nauires plus dc trois moispourlé pris accordé cnttâ-cuxfJâ ne bailloient vne plus grande fomme les trois mois paflèz. nbsp;nbsp;'
Lâe ci^v I P A O e eftoit de huit cens harquebüziers François:y comprenîms tant ceuxq®* eftoient fortis de la Rochelle principalle force de celle armée: que les autres qiiéleCon®^ auoit leué par lâAngleterre. Lefquels prefque tous fe rengerent fous les Enfeignes defon fiB) le Cappi^gine Lorge, Languillier,lt;îerre le Jeune, Paiet, Maifon-fleur, la Meoffe, les MaiiFofr nieres, Nepinuille, amp;nbsp;autres ClK:fs:de vaiffeaux auec la compagnie de fes gardes qui eftoit de cinquante foldats auqueJs il donna la plus part des moufquets à fourchette que les Dep'*' tez dc la Rochelle auoient fait faire à Londres. Les Nauircs François pouuoient auoir auW®^ de matellots amp;nbsp;mariniers de combat:defquels on fè fèrt aujourdâhuy à lâabordage des Nauircs où les mariniers entrent fouuentdes premiers tant parce quâils fçauent plus dextremenijetquot;
ter le grappin, arrefter le vaiHcau, manier les cordaiges, porter le corps aufli toft que la mai® auxaiibans amp;nbsp;en tous maneiiures auoir le pied plus legier,plus marin amp;aiïcuréqueleslô^ dats: qu^ulli que par vne longue vlà nce de giierroier,ils ont efté depuis peu de tempsprau quez prelquâaufli bons guerroieurs fur mer que les foldats mefmes. Les Naui res Augloisdf-uoient^ fournir quatre cens Auxillieres: prelquetouspicquiersamp;flechicrs ayant plufieuà dâeux le corlcletfourny de toutes pieces. Mais dâautant quâon à trouuépar experience telle forte dâarmes lèrt aujoui^âhuy plus à la deffence quâà lolfcncifuc. Et que les picquiefâ chargez de long boys amp;nbsp;laflèz défi peûntes armes font du tout inhabillcs à frachir le bordait fénemi; 1« Côte leur auoit dôné nôbre dâharquebuziers François qui deuoyent les premierâ fouter à bord. Leurs Chefs eftoient le Jeune Vuinter, le Jeune Pouluretot, le Jeune Marg^® duquel laifiié ces Jours paflèz auoit mené en Holande quelque centaines dâAnglois auforiiF ce du Prince dâOrenge.Edoiiard EguieusFainard amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.qui conduifoient la barque de Br*'
glefleSc Chef de la Carracque laquelle à fon retour a Pôrfomhue brufla depuis auec grande perte dâhommes amp;nbsp;de ce qui eftoit dedans par la faute dâvn Page qui laiflà indiforctementto; ber le mJehoer dâvne chandellefoir la poudre à Canon qui eftoit focjs b. chambre du Chef⢠Morgan auoit leué vne Compagnie de deux cens Anglois picquiers prcfque tous corfellcr'* Lêfquels furent diftribuez tant à lAmiral où il eftoitquâaux autres mandez du païs. Lerefte des Chefs Anglois nâauoient que fequipage ordinaire de leurs vaiftèaux. Le furplus desbn*
-ocr page 303-LIVRE TRENTE QUATRIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14^;
Hires cftoient equippez en marchandi/e : entre lefquels aucuns eftoient deftinez à porter les proiiifiôs d'armes, poudres,boulets,farines,b lcdsjbilcuits Scautres prouifios que lesDcputez auoient fait pour munir la ville de tout ce qui lui eftoit neccflà ire.Outre lefquelles prouifions yauoit pliifieiirs Anglois qui fous la faueur amp;nbsp;en queue de cefte armée, portoientautant de niarchandifes quâils eftimoiet neceflà ires à telle ville.Où ils dq|iberoiét charger vins ôc autres commoditez quâils pourroient trouuer pour le retour en Angleterre:fi le paflage euft efté ou-uertSt le traffic fauorifo dâvne telle armeé que cefte cy.De lâordonnance, fignal amp;nbsp;forme quelle tint tant à fon voiage,quâà fo prefenter au combat: me fomble expedient de vous parler premier que paffer outre;affin de ne laiftèr chofe neceflà ire ou remarquable qui vouspeuft efolar-cir tout le progrez de cefte entrepnfê. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
L A difpofition que le Comte auoit preforit à fos Nauires pour le combat de mer, fut prifo fur le raport quâon luy fit de lâEftat amp;nbsp;force de lâarmée Catholicque-Dc laquelle plufieurs for tenir au cô-lis de la Rochelle amp;nbsp;autres qui feftoient retirez de cefte armée,luy auoient fait le récit. Par le-qiielcônoiffantfes vaiffeaux plus foibles de corps, moins pourucuz de foldats amp;nbsp;pieces afêu: Mais plus en nombre,meilleurs Mariniers Ãc bien rcfolus:Ordonna que moins de trois nâabor-deroict vn Nauire.Ains félon la force de tous fés vaiftéaux: peu ou plus fe jetteroiêt fur vn des Catholicquesaufqucls ils féroient guidez.LâAmiral ou commandoit le Comte,affiftcdes Capitaines Pajetamp; Morgan auec deux cens harquebufiers François: choifit cent picquiers cor-follcts,Anglois fécondés parFainard, qui auoit vn fort Nature de cent tonneaux bien artillé amp;nbsp;pourueu debos picquiers,cntremcflez de quelques harquebuziers,tiercé par lean Pic qui cô-mandoità vne Carauelle du port defoixante tôneaux ou y auoit quarante harquebuziers fans les Marinicrs,dcuoient aborder lâAmiral Catholicque. Nontoutà vn coupains féfécourans îvntautre comme )e vous diray.Le Vicâamiral ou commandoit Champernon auec Languil-lier amp;nbsp;le jeune Fainart auec quelques autres Chefs François,^ inteinq harquebuziers de la Nation mefme amp;nbsp;dâautant dâAnglois picquiers,outre quelque douzaine de Gentilshommes Anglois qui auoient fuiui le Vicâamiral deuoient fournir à la féconde charge fécourus de la barque de Brigleffé Angloife de deux cens tôneaux bic pourueuë,amp; du Capitaine lean Boifïéau Amiral des Rochellois que fon frère Rouler Boiffeau fuiuoit au mefme hazard. Quatre autres Nauires auoient la troifiéme charge fur le troifiéme Catholicque. Et ainfi du refte confécuti-uement qui tous deuoient tapper à bord auffi toft quâils auroient veu lâAmiral meflé entre les ennemis. Car telle eft la forme de long temps vfitée au combat de mer,que lAmiral monftre par effet exemple de bien foire aux fics.En forte toutesfoiaquâvn des trois de chaeuge charge premier que lâattaque fé fift,coullant fur leNauire ennemy:Luy deuoit enuoier fo voilée pour luy faire jetter la feienne amp;nbsp;fes harquebuzades.Et à mefme inftant les autres deux ou trois Na-uires affociez à la charge,deuoient lâaborder auffi toft que lâéncmi auroit jeté fon feu.Non pas bordage. tousenféble-mais les 5. Nauires fourniffâs lâyn apres lâautre de tous leursfoldats amp;nbsp;meilleurs Mariniers au plus grand qui feroit ja abord cÃbaunt lâénemi.Ce qui fut ordôné pour euiter la côfufiô fl tous les 4.Nauires euffent agraffé le bord dâvn féul Nauirc tous enfemble,ils fé feufi lent auffi toft entreblecez quâils euflént offencé les ennemis. Auffi nâeft ce pas lâvfoncc dâaborder ez deux coftez.Ains dâvne bande feule amp;nbsp;fur la hanche du Nauire.Or pour micBx affurer lcj pgnais ce que deffiis,fut auifé que chacun porteroit vne Bandcrolle blanche à fon artimôt de derrie- que les Na-rc.Outre les cnfeigncs,banieres amp;nbsp;pauillons,puidô$,cornettcs amp;nbsp;autres marques de Iiurées,def âouHe^voia lt;inelles on eft couftumicr dâembellir les vaiffeaux qui font voille.Que fi pour le côbat ou au* gcamp; sâentre tre occurrence lâAmiral plus auancé que fo troupe, vouloir qugls vinffent à luy : il prometoit icsquot;Xdcs defleucrfon enféigne à fon Befte entreLartimon,amp; fon grâdmaft.Et tirer vneCanonade pour autres entr« cftrc mieux fuiui de nuit,Et affin quâaucun ne fefgaraft foifont fonce routc:il portoit le feu fur fon derriere quâon dcfcouuroit de bien loin. Pourfuiuant le voyage dés le matin tous paf foicntfousle ventdc luy:lcfolüant de quelques pieces pour fçauoif fil ne leur vouloir rien commander. Le foir venu tous fe mettoyent au vent de luy ; pouFen receuoir les commande-incns de la nuiét. Tels eftoycnr les honneurs amp;nbsp;marques de fon Amirauté: auec le grand papillon de croix rouge fur champ blanc,cfleué fur le bafton du grand maftereau du gros mats. Et pour difference le Vicâamiral amp;nbsp;autres laifToyent voltiger le leur,fur le haut du ftaft de He-uant. Quant aux autres marques amp;fignals quâon donne pour obuier quâaucun Nauire ne fcfgare de la trouppe : ou quâon ne face vncfouce cache fur celuy qui feroit par quelque
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-ocr page 304-LâHISTOIRE DE FRANCE.
accident trop ellogné des autres : full commandé que celuy qui le verroit par quclqneacc' dent pourfuyui par vn autre qui connoillroit ; dâamener fon grand bourlèt de hune, amp;nbsp;fayant reguindé le remettre foudain bas. A quoy refpondroit le pourfuiuant ameinant le ficn auft toft quâil auroit eu connoifià nce de fautre. Que fi tel ou autre accident furuenoit de nuid' celuy qui dependroit fur fefggré monllreroit le feu à fo grande hune. Et lâautre luy refpondroit de deux. Autrement qui faudroità cela le foumettoit paifiblement à la rigueur dn Armée dâAn firoit de la marine. Ayant donc chacun Chef promis amp;nbsp;juré tant à lâAmiral quâcntrâeuxiud prochquot; de^ iTâcs de fournir à toutes ces Ordonnances amp;nbsp;fe tenir tousjours prell les vns des autres au vent Ché dcBaie Je lâAmiral, que tous deuoyent fuiure comme Guidez par le plus beau Nauire de lâarroee; ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Partirent fiir celle refolution de Falmhue le feixiéme Auril Mil cinq cens feptante trois fut
les trois heures du foir,poufièzdâvnNoroell qui leur feullfifauorablc quâauoir cernefn« Jour receu les Nauires de Brillou en haute mer le dixneufiéme,ils defcouurirent fansauen® empefehement en leur route, la Rochelle auec les colles prochaines de tout le prelque couuertes de peuple qui venoyent voir lâilfue du combat auquel tous falfeuroyeni' Et tout le Haute de celle ville bouché en deux eiwlroits pour leur empefoher lâcntrtc. Ãf Monfieur fçaehant le deficin des Protellans amp;nbsp;quâils elloyent refoluz de combatte fon n® mée amp;nbsp;entrer en la ville qui leur demandoit lècours : Employa tous lès moyens pour roi®' Defention pæ coup à toutce quâils fcfloyent Imat2:iné: melmcment au combat Scà lentrce. Orpou® duHaurede * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;° nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/- i ii o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ôr 11
laRochclic. VOUS le donner mieux aconnoilttc je vous reprefenteray le Haute amp;nbsp;toutes les auenues.quot;
La Chaifne ou paliflà de de Nauires
ell grand amp;nbsp;large ôi alfez proffond dâeaux:long dâvne lieuë depuis ché de Baye à la ville- 0®' tre laquelle il court vn demy quart de lieuë apportât mille cômoditez aux paifà ges dâalétoi®' A lâentrée des deux pointes de Coureille amp;nbsp;Ché de Baye qui font deux pointes prefquc vis lâvne de lâautre ; 11 à de largeur demie lieuë qui efl vn mil dâItalie amp;nbsp;Angleterrejpu'^ Æ court à la ville feflrelfiflat tousjours fi peu néanmoins quâil à près dâvne lieuë à la portée de lâharquebuze qui fortiroit de la ville. Ce nâefl tout que la grand mer Occeanne quand vous paffez Coureille ou ché de Boys ainfi nommé le mot corrompu par le vulgaire pourChedî Baye pource que cet endroit ell la telle, commencement amp;nbsp;entrà de ce Haute qiïaiic®®^ nomment Baye en terme de marine.Or quâil foit fi long amp;nbsp;large, tousNauires ncantmoins®/ peuuent pas entrer amp;nbsp;mefnies on nây peut pas defoendre par tous endroits. Car il y a vn ca®* quâil faut tousjours fuiure mefmement à morte amp;nbsp;bafïè merzautrement fi vous penfez allerd^ ça ou delà voflre vaifièau touchera. Vray efl que ez grandes marées amp;nbsp;ez pleines Lunes, 1^ mer y jetÿ tant dâeaux quâon y pe»t aller fèurement fi le vent efl propre : Monfieur donq®®^ ----------pourfe rendreMaiflre duCanal amp;nbsp;cômander en touttemps ez deux coftez dâiceluy -.Fut®®'â'
Icillé dâcntrauerfct fut tout le Haute à demie canonade de la ville:vne haie de Nauires left®®' entrauerfe Jes enfondtées dans les vafès tvn à collé de lautre amp;nbsp;bien liez enfemble auec srofies chaii®
duHaurcde nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amarrées amp;nbsp;puifïà ns cordages bien goldronnez: empefcberoienc qu'autres
la Rochelle res iic pciifïcnt pafTci' outre deçà nây delà de quelque cofte que ce fuft . Et affin quâen gratw^ fendrclâcn^quot; ^i^rées les pctis Nauires ne peuffient pafler deffiisdl fit attacher amp;nbsp;cntrauerlèr aux mats dece5 tree aux Nauites; dâautres auffi gros mats attachez à iceux par des boucles de fcrjefiquelles hauflanf^ Protciians, jjgjf^à nt Ãlon feau amp;nbsp;la hauteur des mats efleuez zz Nauires enffondrez félon le flot ou
des marées qui montent ôedefeendent fans ccfïèzSeruoient en tout temps corne dâvne barrière à tous ces quartiers. Puis pour empefeher que les alfiegez ne fortifient pour brufler ou autre-met deftaire celle pallifià de: 11 y fit venir de Broüage vn gi âd amp;nbsp;fort Nauire Venitié quâaux Æ troubles le Capit. Sore Vicâargjral Proteftât auoir pris fur les Italics en la Mâche dâAnglctö^ nômé la Caracque de y.à 8oo.tonneaux.Si quelauoir rempli de pierres Sc cailloux, puise®' fondré plus bas prelque au bout de celle haie de Nauires: y logea quelques canons.Pour i*' lêurance delquels amp;nbsp;garde de toutes ces auenuës il y ordonna 2. Enlèignes dâharquebuzie^ tant pour batte dedans la ville à coup perdu amp;nbsp;en tuyne comme foccafion fe prelcnteroÃ' que pour defoouurir par toflt commander à tous ces endroits. En forte que les Catho® ques fy portans à fon défit en ont beaucoup endômagé la ville:Outre leurs ^lâillies quâils ont delFendu dâentreprendre. Tellement quâapres plufieurs efforts rendus vains par le 10' amp;nbsp;dih'gei#c des Gardiens ; force leur à ellé de laiflèr la pallifià de en fon entier. Elperans^®^ la trouppe de Montgommery rompant lâarmée Catholicque, auroit puis apres ayféemcnt w* fon de ces deux Enfeignes: qui ne foppiniatreroient à leur ruyne. Ou quâen fin quelque vent de Suroell foufflantà tempefle; lesbranleroit de forte que peu à peu tout fen iroit a
-ocr page 305-LIVRà TRENTE QUATRIEME. Ã50» feau, contre les murailles de la ville .Sans doute la palliOade eftoit fi bien/ointe amp;nbsp;fifortCj qu'ilfembloir quâautre effort ne la peuftenleuer delà . loint lafaueur quâelleauoit des forts qui font fur les deux coftez de terre fur lefquels,feftend îarmee Catholicque laquelle à vn befoiny peut enuoyer autant de pieces, dâharquebuziersSe de Nauires mefines quâil en eftoit befoin fifon delcouuroit quelque entreprilê pour la deffaire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Ceste armée eftoit côpolee de bons Nauires dont celluy,^ui Ce nommoit Charles du nô du Roy eftoit le plus grâd de 4» à 5 oô. tôncaux.Ce nâeftoir toutesfois fAmiial ains celuy quâ- âç, jg, onappelloitlegrand Bifcain ou eftoit lean de Luz Vicomte Duzés Lieutenant de îAmir al thoHquesfa Marquis de Villars amp;nbsp;commandant en cefte armée de mer en fabfènce du Baron de la Garde, pjfuf j'Jâcsâ. Ces vaiffeauxbien pourueuz fors qne de mariniers pour lesraifonsquejediray ailleurs: le bat fa force tenoient dâordinaire à lencre Iclon que le vent leur proinetoit. Car il y a des endroits pour rader à tous vents. Toutesfois fAmiral auoit commandent de combatte à îencre amp;nbsp;fê tenir non delà coyFous la ^aueur de la cofte deChé de Baye: Pource quâeftant fort haute elle les cou uroit de tous vents dâamont. Et nommeement de ceux qui eftoient neceffaires pour y amener les Na- des Prote^ uires dâAngleterre. Câeft pourquoy Monfj^ur entrâ-autres occafions, fut confêillé pour lâabty que fes vaiffeaux reccuoient fous la hauteur de cctc pointe:de ne les foire combatre à la voille.
Or pource que les Nauires nâeftoient tousjours en vn lieu: ains folon le vent amp;nbsp;occafion ; Ils uailedes alloicntdcjour à autre ça amp;nbsp;là . LâAmiral auoit fait jetter autant de boyes en mer vis à vis de ceftepointe quâil y auoit de vaiffeaux: affin quâà la premiere veuë des Proteftans chacun vint auantagés*. promptemenrà fomire pour fo camper tous de front: chacune des fix Galleres entre deux vaiffeaux. Cequifoifoit lâauantage beau des Catholicques, car tous leurs Nauires amp;nbsp;Galle-res en vne extrémité fo feulfent aiféement cntrâ-aydez.Puis la pointe deChé de Baye fur laquelle plufieurs pieces eftoyét placées euffent battu amp;nbsp;peut eftre coulé à fonds auec les autres canonnades tant des Nauires que des Galleres : Tous ou vne partie des Nauires Confederez, qui les euffent efté aborder. Dauantage ils euffont combatu à couuert amp;nbsp;fous aucunement eftre incommodez des vents, dcfquels la hauteur de la cofte les couuroit. Outre ce ils a'-uoyent moyen dâeftre fotouruz amp;nbsp;rafraîchis de Soldats: Si le combat euft tiré en longueur ( comme fit^lluy duquel nous 'parlerons tantoft qui en ce mefme lieu fo donna entre les Ef-pagnolsSc les François) qui de lâarmée feuffont defeenduspar petis bateaux dedans leurs Nanties. Voyre que fi en vn inconuenient ils euffent veu lâaffaire mal bafter pour eux: Ils fepouuoyent tous retirer en fauuetéfur la terre contre laquelle ils eftoyent encrez à la foueur des fons, larges amp;nbsp;profondes tranchées ja de long temp% préparées pour ceft effet. Ou bien fefchouër fur la Graue à la foule perte de quelques vaiflwux. Mefmement quâaue^ tout cela ilsnâincommodoyent lâarmée de terre en rien qui foit. Et ne la deftoiirnoyent de dreffer efi carmouches, fournir aux bateries ordinaires, continuer aux mines amp;nbsp;fapes encommancées, donner affaux,remplir les Efcallades amp;nbsp;gcnerallement de faire tous aâes amp;nbsp;deuoirs de guerre contre lesaffiegez non plus que fil nây euft eu aucuneatmee de mer. Car lâA m i ral affeurédu commandement amp;nbsp;puiflà ncefur toute lamcr,pource que tous les vaiffeaux qui for-tis de la Rochelle, Dieppe, cofte de Poitou , Saintonges, Normandie, Bretaigne amp;nbsp;autres endroiôls de France feftoyent retirez en Angleterre auoyent le Rende-vous à Falsnhue ou ils redreffoyent tous leurs equipages : Eftimoit nâauoir befoin dâentretenir tous les Soldats quiliiy eftoient deftinez amp;nbsp;neceftaires pour la deffence de Ion armée jour amp;nbsp;nuiôl dedans fos vaiffeaux: ainsfocontentans de la garde quây faifoient quelques matellots amp;nbsp;peu de foldats: foifoit fon compte de prandre le refte auffi toft quâil entendroit la venue des Confederez. Défi quelsMonfieurfçauoitlesdeftèinsôclenombre:VoireaueclaTorce des equipages, la refo-lution quâils auoient tous dâentrer Scfocourir cefte ville. Non foulemét par le moien de tAm-baflà dcur du Roy qui a tousjours entretenu de grans amis en ce pay,saux fins dâeftre auerty de tout ce qui fy pourroit foire pour amp;nbsp;contre le Roy de France: Mais auffi par plufieurs particuliers qui nâeftoient que trop ailes def infinuër és graces du R«y: Par tels amp;nbsp;fomblables mo-iens de feruice. Voire que les Confederez fo perfuadoient: quâen la trouppe des Proteftans que François que Anglois y en auoit qui nây fojournoient pour autre intentionjque pour défi coiiurir les focrets amp;nbsp;plus cachées entreprifos des vns .Et des autres amp;nbsp;auffi toft p:jj hommes expres en alpauentoientfAmbaffadeur qui nefailloità fon deuoir. Câeft chofo aflèurce que le mefme jour que îarmee partit deFalmhiie vue patache pouffée de rnefine vent,partit de
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-ocr page 306-Autii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tâHISTOIREDE FRANCE.
tes amp;nbsp;auer-tjr tout vn pays de quelque ac-cidét
Armée Na-ualle des Catholiqs
la premiere veuë foudain quâelle euft veu lesNauires appareiller pour en porter les nouiielb Air la cofte de Bretaignc: les habitans amp;nbsp;garnifons de laquelle efineus à ce rapport : en firent courir falarme par toute la lifiere de la mer. Si bien que tout le pays maritin fe min en armes craignant que le Comte nây vouluft defoendre feignant dâaller ailleurs. Ou que forcé de quelqu?mauuais temps qui euft peu furuenir comme tous euenemens font incertains es faits de mer mefmement: il euft voulu relafcher en quelque lieu amp;nbsp;y terrir attendant meilleureot-cafion à fes aifaires.Dequoy pourfafîèurer dauantage amp;nbsp;felon ce que Monfieur auoit jaordo-Moien dâar- ftjr toutes les coftes de Bretaigne amp;nbsp;Poitou: ils auoientdrefte des feugades pour fignak^t mer es eo ⢠lieuë à la faço dâAngleterre, pour fauertir les vns les autres amp;nbsp;lè tenir en armes pout empefeher la defeente des Proteftans. Mais le Comte pour nâeftre en rien retardé amp;nbsp;fil eft®** poflîble furprandre farmée Catholique laquelle il eftimoit nelè douter de là venue: ne voulut paflèr entre les terres:ains laillà nt ces coftesSc Illes prochaines qui luy demeuroient à gau; che:fuft conlèillé, veu melmes quâil auoit le vent arriéré de prandre le largue de la mer. Ain» fin là routte hors la veuë des Bretons qui le craignoyent plus quâils n'elperoyent proif r dew venue. Lâ Patache neantmoins ne demeura. Ait» y auoir faitfon récit continue à filler jiii-ques au dixhuitiéme du mois quelle arriua à ché de Baye pour informerMonfieur de tout ce quelle auoit veu.Etj que f armée ne faudroit de paroiftre à la diane du lendemain fi fonneb delcouuroit dés ce jour.Occafiô que les Nauires feftre venuz encrer chacun derriere fa en forme de haye à collé les vns des autres:commencerent à fe remplir de foldats amp;nbsp;marinieis venuèdes îc quâon y fill embarqucr tout ce jour amp;nbsp;la nuit fuiuant. Si bien que f Amiral lè voiant four**y fugicz. de tout ce quâil demâdoit lè refolut dâattendre tous bons amp;nbsp;mauuais euenemês de celle jour
née. Car à vray dire il ne manquoit de cholè plus que de bons amp;nbsp;afteélionnez mariniers de^Farmée ü auoh P^s de faute que les Proteftâs.Car prelque tous les mariniers de Frâce font Proteft^ Nauaiiedcs nomméement ceux de Normandie qui fôt les plus experts de France. Ceux qui viuentplii^ Angleterre fur les Catholiques François.
à la Romaine font les Bretons amp;nbsp;Poiteuins commâOiionois amp;nbsp;quelques Balques. Mais®*ââ' uoit perfuadé au Comte quâils nâeu (font foeu eftre à moitié pres du nombre requis. Et qu^*' fAmiral en euft eu à fuffilace jquâil euft entreprins choies que la fauà des mariniers luyfit 1èr,Encor luy au oit on raporté que le Roy de Pologne ne lè fioit à la plus part dcceuxquâi^ââ
dre à leurs Confederez. Corne plufieurs fy eftoient renduz depuis la journée de Pariafocue parla France.Nomméemcnt de ceux delquels le Baron de la Garde, Strolïî amp;nbsp;autres auoient drelle leur armée de mer en Broüage dés le commencement defannéeen fan mil cinqcens lèptantc d(?ux. Quant aux autres mariniers Catholiques ils faifoient eftat que faute de paieils nây demeurcroient plus alFeélionnez quâeux: Se plaignans au refte auflî bien que les lèldâts ^ucs^c'font Catholiques tant de la paie que de la picotée quâils trouuotent fort maigre voire nulle f*** grande pi- les Proteftans, qui delpouillez de toutes richelïcsamp; Commoditez ne portoient que ues Proteftanr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chargeoyent les Catholiques fur lelquels le prenoient les grans butins-
Ils le perfuadoient au relie que les Catholiques auoient vn grand defauantage lôus les Côfederez.Car de tous leurs Soldats bien peu auoit le pied marin: ains eftoient tousinallades au moindre vent de la mer, voire à quelque fejour qui falloitfaire fur les vaillèaux. Pour« quâils nâauoient pas accouftumé la guerre marine comme les Proteftans. Lelquels depuis mil cinq cens foixante huit, auoient tousjours fait la guerre par mer coutans non lèulementles colles de France, Efpagne,amp; Angleterre; mais toutes les parties de lâEuroppe amp;nbsp;dâAffricquC' Portugais amp;nbsp;Voire que plufieurs Chefs dâ^ceux,foudain que les Paix eftoient faites en France: entrepK' Efpagnols noient les longues routes de la Val.Etfaifoient à lenuy les volages au Pérou,-aux Indes amp;nbsp;aæ maisVourla parties tant du Leuât que du Ponant fur les nouuelles conqueftes de fEfpagnol amp;nbsp;PortU' defcouuerte gais en haine de ce quâils auoient conlèillé amp;nbsp;aidé le Roy de France ez guerres Ciuilles coæ un/tcuan- tre eux . EtnecelToientdejourà autre dâemploier tous leurs moiens amp;lècrettes praticqu^s tinesquâOc- pour exterminer leur Reli^on de France. Et bien que beaucoup de voyages leur aient Ãk^FraL nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cft-ce quâüs Cil Ont tiré de grandes richclïès nomméement des terres nouiiel'
coins Idiots lement domptées par les Elpagnols.Qui dâvne finguliere amp;nbsp;à jamais remarquable vertu:M3*5 ââââ^ugr^d parvnfeuètiltrede plaifiramp;bicnfceance,fatribuoientl3 propriété amp;nbsp;Seigneurie de ces pais piaifirdcs Barbares qui ne leur eftoientplus propres quâà eux, difoient-ils, quelque jugement quâenayf eftrangcrs. (jonné le Pape Alexandre. Lequel contreuenant ce leur lèmbloit à la Nature, amp;nbsp;aux Loix
PolJitiques
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Polliticqucs par lefquclles nul ne doit enjamber fur la pofleflîon dâautrui.Mais pouffé du zcl-le de Religion Chreftiçnne quâil efperoit eftre prefcliée en ces païs : mipartit à fElpagnol'amp; ondes Por-Portiigais le nouueau mode. Qui depuis à elle prefquâautant renomméjpar lext veme rigu eur Efpagnolle cz parties Occidétalles: amp;nbsp;gracieux traffic des Portugais qui nâentretiennent leurs les terres Indes en Leuat que par vn doux ôc proffitable commerce de ijarchandifès: que les brauescô-queftes de ces autresfois excellens Romains. Donques la longue praticque amp;nbsp;continue vfâge quiics. delArt marinzpraticqué de jour à autre par les Confederez depuis fèpt ou huit ans (caries Alexandre Bretons amp;nbsp;Normans mefmcmét Diep pots y font routiers dés le temps de nos vieux peres voi- J?/P®. reqii ils querellent ihonneur deceit Art lur toutes les Nations du monde ) apportoit vn mer le monde à ueilleux auantage pour combatte fur la mer aux Protcllans.Voire que tous faflèuroient que les /^ii- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iY- n iiift ivr/- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t^z nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;/ Clucnies.
Latholiquesieroientaiiflitoftmalladesamp;maldnpoiezau combat f ceuxqmont voiagcme LcsPrai» rendront tefmoignagc combien cft fafoheux le mal de mçr amp;nbsp;comme il rend lâhomme fi aba- çoîsont tu quâil eft du commancement du tout inhabille à aucune adion ) emporteroient quand il nây aiiroit autre auantage pour euxjthonneur de cefte journée.Outrc plus ils auoient efté per- pagnVis t ef fuadez parles RochelloiSjaufquels ceux lt;ie farméc Catholicquequiforetiroienten la ville couucrHes^ en grand nombre fauoyent de jour en jour aflèuré: que les Soldats fafehez dâvn fi long fiege âcs-Maîs autant que de la mort de Parens amp;nbsp;Amis quâils y auoyent js perdus: Dclelperez de la prinfo, quot;O' Princes veu ledeuoir amp;nbsp;refolution des tenans: Craienans dâailleurs la defeente des Proteftans : ne de-meuroient en farmée que Forcez*. Et quâà vne bonne occafion^la plufpart fo retireroiét à eux. amp;nbsp;moins i n. Défait câeft chofoafTeurée que ces confiderations ne lesanimoiêt moins,que lâincroiablc hai- tôurVc^rX ne quâils portoiét aux Catholiçflues pour le fang efpandu par toute la France fur leurs Parens me les Roy amp;nbsp;Amis .Qui les mettoit dâautant plus en fureur quâils nâefperoiêt de reuoir jamais leurs ehe- amp;nbsp;cTffil-â res familles fils nâauoyent recours au moien des armées qui fo prefontoient. Vous verrez tou- le fit les fiés tesfois quels furent les effets de telles imaginations. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Aproches
Ainsi faprochoit farmée Proteftante deChé de Baye fur les dix heures du dixneufiéme Auril,quand elle defcouurit quinze Nauires à fencre de Laguillon. Lefquels à la defcouuer- mer te firent voille vers ChSron . Auffi en eurent ils beau loifir. Car aucun ne les pourfuiuoit LesProtc-amp; ne les fut on mcfmes reconnoiftre fils eftoient marchans ou prouifionneurs de farmée Ca- ^Xrcntlä* tholicque comme on difoit. Ainfi les Proteftans nâen firent compte pour fo haftet de furpren- croix rouge dre ou trouuer en defârroy farmée deChé de Baye. Quand feftre aprochez de la pointe de Semblanceau ( partie de IlfledeRé) vers la Rochelle : Ceux qui gardoient le fort que icsfins* les Catholicques y auoyent dreffé aux mefmes fins quâà ohé de Baye amp;nbsp;ailleurs, les faluerent LâAmiral de quelques Canonades mais fans dommage aucun. Sauançoienttousjours neaiTtmoins là «lesProtcf croix rouge Bannière dâAngleterre arborée aux matereaux des hunes félon le Conléil prins d^n^cMo dés Angleterre pour dâauantageeftonner les François; leur donnant entendre que laRoyné naJene auftorifoit îentreprifé de fés vaiftéaux amp;nbsp;moiens.Puis fillant droit au vent des Nauires enne- Xk Peau, misjufquesà vne Canonnade des Catholicques; lâAmiral nâyfutpluftoftartiuéqui mar-choit tîousjours le premier refolu de donner dedans pour foppinion quâil auoit dâcftrefuiuy amp;fécondé de tous les autresiquâil ne fuft fà lüé de quelques coups de Canons-.C^e ceux de la poinfte de Ché de Baye luy enuoierentfâns grand effet fors dâvn, qui donnans aftez^as fit tô-btr defes eclats quelques vns qui en receurent plus de peur que de mal: faifânt neatmoins afi fèz largeouuerture aux ondes lefquelles fenflans peu à peu amp;nbsp;entras par là amp;nbsp;par les Sabords en abondance au moyen dâvn grain de vent quifefleuafur mefme heure : Empefeherent pour vn temps les Matelots à franchir feau du Nauire qui autrement euft efté mal propre au com-bat.AlorslesGalleresfê preparoientà tirerfor eux. Dâautre coftéMonfieiirauertiâà Nieuil, Monficut oùeftoitfon Iogis,parlEnféignedela Vauguion duquel laCompagnéefaifoitlagardefur la jXæXca marine:que lâArméeProteftante fauançoit. EtcftantvenuauPlombfuiuidesRoydcNa- thohqucdc uarre,Princes,Ducs,Comtes amp;nbsp;autres Seigneurs de fon Arméc.Etauoir commandé à tous de prcicncc. lé tenir prefts : marchoit le long de la cofte defcouurant lArmêe jufqucs à Che de Baye où eftoient affuftez les deux canons amp;nbsp;coulleurines qui tiroient fur les Proteftans 5 lefquels au mefine temps firent defeharger trois canons droit à la grolïé troupe où eftoir fon Excellence: nbsp;nbsp;nbsp;al Pro
mais ils ne feeurent porter fi auant, pource quâils nâeftoient que de vertucil. En câ entrefai- ceftant nâcft tes le Comte ne fe voiant fuiui que du Vicâamiral amp;nbsp;féze autres vaiftéaux : quelques canona- [Xn kX's. des quâil euft jette pour fignal aux plus lafehes de faprocher amp;nbsp;le fuiiireTquelquc ordonnan-
T t iiiij-
-ocr page 308-Auril.
LâHISTOIRE DE FRANCE.
. Armée des Proteftans fe reure.
Harengue des Chefs queCatho-litqucsqne Proteftans 3 leurs fol-darspour-Ics animer au combat du Tende» main.
ce mefînes quâil euft au parauant fait pour limiter à chacun le lieUjtordre Si le temps de (oil deuoir. Et que le refte que François quâAnglois à caufe dâeux les marchands ( qui euiïent du moins lêrui de nombre failâns reflèmbler îArmée plus forte ) auoient ja ameiné amp;nbsp;baiiïç les voilles à plus dâvne grand lieue derriere : fuft confeillé de prandre le largue amp;nbsp;fe metrrea vau le vcnt.Si que guindant Ibn boiircet de hune pour prandre plus dâetre : fut (uiui de tous, qui auec lui mouillèrent à defiiie lieue plus bas que les Catholicques. Ce qui leur fit croire que pour ce jour Mongommery ne vouloir faire autre choie : la mer cômençant ja à fe reu* rer,de laquelle il lui falloir par neceifité attédre le retouramp;marée.Le frere du Roy ce pendant dôna ordre de foire remplir lès vaifleaux, de foldats: enuoyer enBroüage pour foire retourner deux Gallercs qui y auoiét efte enuoiées deux jours au parauât. Dcfpefcher vers Bordeaux le long de la cofte de Bretagne pour faire amener tous les Nauircs qui fo trouueroiét propte pour combatte. Fit outreplus armer nombre de Barques, Challuppcs, Pataches amp;nbsp;autrespf tirs Nauires qui auoient des viures au PIomp.Et le lendemain les fit conduire au derrierefo® Armée du codé de la ville,tant pour iêruir au combat que pour empefoher les aflîegez defot tir fur la Pallifïà dc à la faueut quâils penfoient recçj.ioir de leurs Confederez. Auec ce enuoia .quérir quatorze Nauires Olonois que les Proteftans auoient laifle à lâencre à trois licuesdu Plomb chargez de fol quâils eulTent peu prendre amp;nbsp;fen fuftent beaucoup foruis. Par ainfil® lendemain matin ils vindrent de renfort à fArmée de fa Majefté.Et entrerer és vaiflèaux nouueau focours: Les Vicomtes de Turenne, de Pompadoor amp;nbsp;plufieurs Gentilshomtnt^J^ Cappitaines fignalez pour le défit de complaire à Monfieunqui fit auflî placer de nouut®'* quatre canons fur la coftedechédeBayepourfouoriforlc combat de fos Nauires fi venoit attaquer :à quoy tous Fattendoient.Si que la cofteeftoit ja couuerte deplus dedouî® cens cheuaux,fons le menu peuple qui de nouuelle venue efpcroit vn nouueau changeme®'â le ne vous diray quels vÅus,quel$ fbuhaits amp;nbsp;préparatifs firent les deux Armées pour rer au combat de la Diane:Mais vous alfeureray-je bien, que les plus refolus nâeftoient pas*' feurez de furuiure le lendemain: aufquels les Chefs mettoient deuât les yeux la vie amp;nbsp;dâautant plus honorable,Que plus elle cftoit vertueufo à ceux-ci quiCombatoient pour lavgt;^ pour lhonneur,les biens amp;nbsp;la foureté dâeux amp;nbsp;de leurs familles. A ceux-la pour le devoir de fujets que la Majefté dâvn Prince requeroit dâeux : amp;nbsp;tous enfomble pour la gloire de liberté de confciences,aftèurance du bien public amp;nbsp;repos tant dâeux que de leur païs naturel' Tant eft amp;nbsp;a tousjours efte le cerueau de l'homme frefle amp;nbsp;aifoment corrompu : qui fop®^** onneauflitoft éschofos mauuaife^ quâil a legerement imprimées pour bonnes
Deux G alleres attac qiicnt lâArmée desPto teftans.
Si eft-ce ^e fi la lafoheté dâaucuns leur apporta vn blafme amp;nbsp;vitupéré qui les accompagné'? toute leur vie : elle moicnnabien en recôpenfe autant de foureté à tous ceux qui ce jour£®l' font efté honnorablemenf renuerfez pafture à ces monftres marins. Car cete journéefep*'^ auftî paifiblementquâauoitefté la venue de cete Armée furieufoamp;bien refoluë au coiubä^' Voire que la fraifeheur de la nuit leur refroidit encor dauantage leur premiere challcur.M^i-mement apres quâils eurent foeu que Monfieur auoir commandé à chacun des fiens de fallet rafrefohir: La nuit venue les auoit auffi toft fait retourner au mefme endroit dâou ils eftoie®' partis:E«ftimant quâà cefte heure lesProteftans tenteroient le combar au retour de la marée-Mais comme la nuit fo paftà plus paifible quâon rieuft eftimé: aufli feit le matin du lendemain apres lequel deux des quatre Galleres que nous auons dit, feftre placées deuant les Namté^â Catholiques rengeant neantmoins. la cofte de port Neuf, fur les dix heures du jour fuina®' par le commandement de fon Excellence : pour mieux reconoiftre îarniée, deflèin Si refol®' tion des Proteftans: fauanccrÃit en pleine mer à la faneur du calme qui apaifo les vndes br®i' antes du jour precedent. Lâvne apres fautre tirent fefpace dâvne heure nombre de Canonadet tant à f Amiral quâelles riendommagerent que dâvn foui coup: quâà trauers farmécjmaisfant profit. Car vn foui coup nâendommagea pour aller trop haut ou trop bas quelque belle quâelies euftènt à vne telle t»uppe. Lâoccafion fuft quâelles ne /approchèrent aftèz,an moié® quâeftans forties de la rade ou pour brauet ou pour foder de quelles pieces eftoient pourue®^ les Nauires Confederez:fOu bien pour les endommager de Canonades: apres leur premid^ foluej No^inuille qui auoit vn Nauire de deux cens tonneaux bien équipé leur enuoia d®®-'â coups de deux grandes Couleurines qui battoient en proiie de fôn vaifleau.PuisFaynard A®' gloisles rechargea dâvne telle forte de coups: quâelles perdirent bien toft lâcnuie non fc®]^'
-ocr page 309-LIVRE TRENTE QJV A T R I E M E. 152. h ment dâcntrer plus auant fur farmee, mais de faire en ce lieu plus longue pofà de fans fë retirer à leurs compagnies: emportans neantmoins ceft honneur d'auoir fondé fans grande perte les pieces, moieiis amp;nbsp;refolutions des Proteftans. Ce qui pouuoit beaucoup feruir pour vn combat aux Catholiques fils euffent voulu ataquer les Confederez. Comme plufieurs dâeux ef toientrefoluz: Sieeque je vousdiray tantoft nefuftauenu.
L E s Galleres ne fe feurent pluftoft retirées que les Proteftans qui tous auoiét appareillez fe remirent fur les ancres. Où ils ne demeurèrent gueres neantmoins fans fê mettre tous à la voille pour courir fur cinq Nauires quâils defcouurirenten mer lefquels ils reconcurent auffi toftpour Confederez. Dont le principal eftoit François Bouchard, qui conduifôit la Fleurif-fante de Dieppe, retournas dâvn voiage de Lâaual,où auoir fait quelques prinfes de fuccre, de ⢠toillesamp;efpiceries:!! venoittrouuer bien équipé f Armée Proteftate de laquelle il auoitouy nouuelles à fôn retour. Puis aulFitoft retournez à leur rade cinq autres Nauires releuerent foudain pour cacher fur deux Galleres.LefquellesenuoiéesenBroüagedeuantlavenuëdes Deux GA Proteftans nâauoient eu le loifîr de retourner fè joindre aux autres que ce jouriauquel elles fè JJBr0âüag*e preparoient de paffer outre voians la commodité que le temps douxamp; la bonaflé fous vn petit empekhées fraiz leur prefentoit. Elles fauancerent jufquâau deçà dâOlIcron, necefïà nsdetirerCanona-des contre les Nauires, mefînement contre Poluretot Anglois, qui leur refpondoit de grand mée dtché afrcuranceamp;trois petits vaiffeaux François qui le fècondoient de bien-pres. Tellement quâa-pres plufieurs coups reciproques amp;nbsp;de peu de profïit:Ceux cy craignâs que fi vn calme entier les prenoit ils ne feuffent mis à fons par les Galleres:Qui craignoient auffi vn plus grand vent quieuft peu fiiruenir pour porter les voilles fur elles: tournèrent versfifle Day,fê retirans corne auffi feirent les Confederez. Aucuns defquels neantmoins fefgarerent de farméelanuit venue. Pource que les Tenebres les aiantfurpris deuant quâeftre à la veuë defarmée: errerët çaamp;là parlamerendanger dâeftre perduzamp; pris par les Catholiques fils en euffent efté a-uertisâ.Iufquâau lendemain matin quâils reprindrent le gros de leur trouppe laquelle par fefear-mouche des quatre Galleres, dont je vous ay parlé trouua par expericce que ce vaifTeau nâeft moins affeuré de tous NÃuires* en temps calme: que dangereux à tous autres vaiffeaux. Au confîdera-moien que ne pouuant le Nauirc fauancer pour combattre que à la faueur de fês voilles: Si le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;
ventfaut,par neceffité il demeure comme vn rocher entre les ondes expofe à dix mille Cano- auantage nades que la Gallere( laquelle fans la faueur du vent court dâvne roideur merueilleufè par la force de fes rames) luy jedera, jufquâà ce quâelle le voie couller a fons fil ne veut ameiner. le Nauires. ne parle des vaiffeaux qui ont des pieces de tel calibre quiellc. Auffi eft elle couftumiere premier que combatte de fonder par efcarmouches la portées des pieces ennemies .Et fi elle en fent la volée auffi groffèSe longue que la fienne: elle prend bien fbuuent autre party que decombatcommevousauezveu. Autrement elles feules euflènt merueilleufèment incommodez tous les Nauires Proteftans. Car encor quâvn fraiz fefleue pourueu quâil ne vente à tempcfté-.le Nature ne feauroit tant gangner fur elle fillaft il à toutes voilles:quâelle fen pourra reculler à force de rames aidées de fbn trinquet amp;nbsp;grand artimon: Que le vent pouffe prefi qu'auffi roide que les voilles dâvn Nauires. lâentensfi fortauancées en mer elle ne fê voient fortreculléesdelacoftede terre. Car lors en peu de temps amp;nbsp;premier quâelles euKênt joint les terres: elles pourroient cftre prinfês par les Nauire.Dâautant que pour le peu defbldats quâony met qui fôuuét nâexcédent pas le nombre dâvne douzaine: elles ne pourroient refifter à vue fi grande force.Vray eft quâaucunes ont efte prinfes par les Proteftans.Mais ça tousjours cfté par fiirprifê amp;nbsp;encor les pourroit on dire imprenables eiiccftc forte fi elles euflêntefté pourueuës dâefquipage.Mefinement de foldats comme elles deuoient eftre parles OrdÃnan-ce de la mer. Encores quâelles foient plus baffes amp;nbsp;defcouuertes au combat que les Nauires q ui font de plus haut bois.Mais telle nâa pas aujourdâhuy dix hommes de deffence. A ces quatrièmes troubles le Baron d ela Garde pour ne retomber és inconueniens qui luy eftoient auenus és troifiémes troublesles: à renforcé de pauefâdes, mofi^etiers, ftrapontins amp;nbsp;pourueu au refte comme vous entendrez ailleurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LesRochel-
Pendant ces exploits: les affiegez affêurez de la venue de leurs Partifà ns quâils conçurent fâquot;' aux croix rouges amp;nbsp;canonades Catholiques: leuerent plufieurs feugades aux lieu! plus efle- pour uez de la ville pour tefmoignagc de fincroiable plaifir quâils receuoient derclfêcours.Etfê auenirfar. voians confirmez par le contre lignai que 1 Amiral leur donna: auoient fur les dix heures de dcuokamp;c.
la nuit
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Aunl.
H75.
nuit dcfpcché quatre Ibldats amp;nbsp;autant de mariniers dans vneChalIuppe pour le hazarderfui la paliflade, ûluër la compagnie de la part des alïiegez amp;nbsp;luy faire entendre leftat amp;nbsp;refôlutio destenans.Le bruit des auirons fuft ouy par la garde delà Carraque julques à laquelle ces auanturiers Feftoient ja auancez.Mais apres quâil leur eurent relpondu quâils eftoient du Pnfl' ce à bord duquel ils difoiét allgr: (ainfi le nômoit tvn plus des gras vailftaux de tarméeCaiho liquc,)ils les lailTercnt pallet outre.Mais Ibudain ils les virent tourner à gauche amp;nbsp;à force redoublée de tous leurs auirons gangner le largue amp;nbsp;tirer droit à tAmiral Protcllant. A focca-fion dequoy ils furent pourfuiuiz de quelques harquebuzades qui ncantmoins ne les empêchèrent en rien.Arriuez à bord ils prelénterent lettres au Comte de la part du Maire nouueau quifenommoirMaurilTonfuccedantà la Mairie de Jacques Henry amp;du Conlëil.Lecii'^* îalïèuroitdela joie que tous les aflîegez auoient receudelà venue à caulêdeh'
Lettres amp;nbsp;«lis des
Rochelle * quelle les aflîegez bien que réduits à deux mil homes de delfence, peu de prouifions, moh« de Monpoudre, beaucoup de pans de muraille par terre : Les Catholiques prefts de rafraifchirl^ mcry^L^ aflà uts amp;nbsp;efcalladcs: eftoient neantmoins tous refolusde creuer pîuftoft que de faire aucun« guiilicramp; compofition auec eux:fencourageanttousanimaulèmcntà lôuftenirtels aflà uts quâon km lâarméePto prelenteroit jufques à trois mois: pour lefquels ils dilbient auoir encor aflèz de viures tcftanie. nitions eftans bien mclîiagées. A celle caulê quâils tauertiflbient de ne bazarder Ibn arme«â vn combatgeneral contre les Catholiques; quâils ellimoient plus forts pour les auantagestm du nombre dâhommes que de la force ôc bonne prouifion des Nauires, à la roideurdelquds
tous leurs petits vaiïTeaux amp;nbsp;barquerottes nâeftoient à comparer. loint le renfort de quin2.fi ou vint Nauires qui de fAiguilIon amp;nbsp;autres Hautes prochains leurs cftoientvenuz ce mefmes:dont ùrmée feftoit renforcée de mariniers, Ibldats Se autres prouifions. Que ce ils defiroient le plus de luy, Eftoit quâil cerchaft les moiens de leur enuoier vn bon Chef on' pour conduire amp;nbsp;regier l'infanterie, que pour aflbuppir lesdifferens quieftoient entre le^quot;^ Chefs fur le commandement amp;: conduite des armes. Comme ordinairement il auient entre
tans U t le fc-çours amp;ra' fraichiflc-
pareils de pouuoir ou qui ne feftimoient moins quâelgaux démérité bien que differenten charge amp;nbsp;honneurs. Outre ce quelque nombre de fbldats fraiz amp;nbsp;dîs mieux délibérez poquot;« fbullager les plus haraflèz de fi longues veillesamp;couruées continues quâils auoient fouffert dC' Confcil* puis fix ou lept mois. Auec le plus de poudres Scquelques prouifiôs de bouches quâil y po^' soient hire entrer.L e Confeil des Cappitaines fuft party en deux. La plus part fut dâauis d« * mettre au commencement de la nuit les poudres, bleds, chairs,bilcuits amp;nbsp;autres prouifions â-portées à cet effet Scconduites par vn nombre des plus refolus fbldats.Sâaflèurans que fi ce P^â ' de rafraicniflement y entroit: que les aflîegez, veu leurs lettres fe pourroient maintenir vnaD ment que entier contrc tous Ics efforts dcs Catholiques. Voire que le bruit de telfècours entendu p^ îoLaueu-^' h France: loint la refoluüon des tenans, dix mille Confederez qui jufques alors nâauoientof« doiét. regarder vn Catholique que de trauers: leueroient la tefte amp;nbsp;tiendroiét la campagne en km faucur: Outre le grand nombre qui en d iuers beux du Royaume, ne cefîènt de courir en toute liberté: Poürcc que le Roy âuoit le plus entier amp;nbsp;afleuré de fês forces deuant cefte ville.C« pendant lâarmée pour ne refter oyfiue entreprendroit vne autre conquefte:ou tiendroit la rade pour étnpefcher les viures à f ennemy qui en fer oit affamé en peu de jours. Veu que pins des Languiiiier dcux tiers de fês ptouifions luy vcnoient par mer: eftans le Poitou amp;nbsp;Saintonge mangez jui-sâotïrc pour quâà lâcxtremité pour vn fi long fejour de telle armée.Surquoy Languillier voiant le peu dat-RoXue amp;nbsp;feéHon que la plus part aubientà lâexecution de cet auis: fc prefènta pour y. entrer : du moins y mener les auec quatre Chefs qui vouloi^t eftre participans au mefme hazard auec 1 uy. Sâaflèurans que prouifions. les aflîegez outre le plaifir de Ion retour.(Car ils fauoient prié dâaller en Angleterre pour 3-uancer le fêcours: Et y auoit tellement trauaillé quâil feut de beaucoup plus hafté quâil nâcuô cfté) ils en prandroient telle aflèurance que les Catholiques nâauroient occafi on de fen conter tcr.Mais fauis de ceux fut fuiuy qui jugeoiét eftre le plus leur amp;nbsp;expedient à lâarmée, dâattendre vn vent dâaual: de la fauÃir duquel les barques pouflecs contre la palliflà de: la romprou-^ ou aifeement paflèroient outre. Mefinement dâvne maline auec la force amp;c impetuofité des on-
dcsjlefquellcs principallemcnt en pleine Lune font furieuiês amp;nbsp;brifent fiforten cccarticG que rien j^ur bien fondé quâil (bit ny peut demeurer entier. Puis que les afîîegez aiioict pour fouftenir encores trois mois: resjouïz Si côfirmez parla venue de lâarmée: quâil valloit mieiu* jouer au plus feur, ne bazarder vn fêul foldat de la vie duquel manquant de gens, ils deu^^^
-ocr page 311-LIVRE TRENTE Q^V A T R I E M E. 15^ eftrcplus foigneux que de la mort dâvnc douzaine dâênemis:amp; emploicr cepcndât tArmce /ê*-lonque îoccaûon leur en prefteroit les moyensqui le prelèntoient desja grans. Que le profit «quâils poiirtoicnt faire à la caulê incommodans fennemi, dautant quâils auançoict les affaires de tout le parti : nâapporteroient moins dâaduantagc amp;nbsp;dâafleurance à toutes les places de la Btance qui tenoient pour eux : que fi toutef Armée ehtroi^ là ÿie amp;: entière dans la ville. Sur-lt;lûôy aufuns ja auertis du mal contentement auquel pour plulieurs raifons viûoient les Pro* icftans qui de tous les cartiers de Saintonge nâoloient leuer tÅil crainte de baftonnades: amp;nbsp;«nfemble deîefpoir ja de loin côceu de la venue du Comte,ils ne defiroient quâvn Chefpour feddiurerdes ennuis paffèz : amp;nbsp;faffèurer des places fur lelquelles aucuns auoient bonnes intelligences : confeillcrentdc faire defeente en ce païs.Auec alfeiirance quâen moins de quatre ⢠jours plus de deux mil viendroient à croiftre le nôbre de leurs forces,auec Iclquelles ils pour roient puis apres entreprandre choie notable pour la deliurance des Rochellois ; qui feroient töMtdeuoirdc leur coftc.Maisîauis de ccuxfut fuiui qui perfuaderent la conquefte de Belle-Ifle fauorilee dâvnChafteau imprenable fans canon: commâentreprile qui nâeftoit fi dangereu* fe^heaucoup plus prolfitable pour la retwite des Nauires amp;nbsp;entretien de lâArmée.
I L A refoluonmitlbudainenauantlaprinlèdeBellc-Illeamp;IlleDieu. Conlcquem- Lâamiéedes rhent le defplacement de f Armée, en laquelle, pluficu rs aulqucls peut eftte,on nâauoit corn- Proteftan» hmniCquélemotifduConfeil: ou qui nâen pouuoientpour leur particulier intereftouau-treieOnfiderations approuuer les raifons: trouuoiét cetc demie lecrette départie dautant plus amp;pour-à 'coptrccÅur,quâelle leur lêmbloit trop lôudainc pour vn deuoir dâhonneur:amp; dommagea-ble pour le rcfpeôl tant des alfiegez que de tarméc melmes, en cas que les CatholicqueS eufi fenc voulu employer tous leurs moyés à âies rompre la plulpart clpouuantez corne ils eftoient à 'la départie,de laquelle ils ne pouuoient entendre la railôn. Sans doute ils cftimoient la Rochelle prife amp;nbsp;faccagée, puis quclesProteftans qui nâeftoieijt là venus que pourlônlècours fi püefle ; fen alloient non lèulement fans combatte,mais lâns fjjre aucun effà y pour y entrer: Ãasfübtillifer aucune rufç ou autre moien pour leslccourir. En fomme les bailà ns là ns les toucher, voirefansy enuoyer ceux que les habitans kurs auoient depelchez lotis felpoir dâvn bref retour pour entendre de leurs nouuelles. Les autres forains de la ville ne fen trouuoient Bioins fcandaîifez tant pour le deuoir dâhonneur pour lequel accroiftre ilsfeftoient acheminez jufques là : que pour la prefencc des Anglois. La plufpart defquels ignorans les raifons que léConfeil auoit eu c^n fifoudain deflogemet : pouuoit atribuer le tout à faute de coeur diÃns le contrainte Cefor panant de f heur de là vidoirecôtre le fils de Mitridate.Venu.veu fay foï : pluftoft quâà vne fageamp;meure preuoyance de fauenir. Aucuns mefines feltans ja excitez au combat pour la mémoire de la longueamp;furieufe bataille qui fut en ce lieu mefme de Ché de Baye entre les Elpagnols partilà ns des Frâçois,amp;les Anglois joins aux Poeteiiins fous 1 la charge du Comte de Penbrot, amp;nbsp;leâ Dangle fvne dés anciennes races de Poitou:voüoient jufques à la dernierc goutte de lêur lang pour reparer la perte amp;nbsp;la mort bien quâhonorable de tant de braucs Gentilshommes leurs deuanciers.
L A chaleur de ce grand luminaire celefte cômençoit à cfohauffèr la face de cet Element humide,quand le Comte curieux de foudain executer cete refolution jetta le figftal à tous Bdle-ifîc pour .appareiller. Ce quâils firent dautant plus foudain quâoutre ce que chacun craignoit de demeurer loin de f Amiral 5c pres des ennemis : le dcfoouurant ja à la voille ils le virent pouf ftans. La lcdâvn Sueftqui venant bruire parmi les Aubans des Nauires Confederez : leur fembla fa-uorable à lexccution de tentreprifo deBelle-Ifle ôc Iflc Dieu.Ãete-ci petite,mal peuplée pres lâitlc Dieu, la cofte de Poitou : îautre de laquelle le nom relpond à la vérité Belle,riche en bledsSc paftu-rage.Bien peuplée,plus auancce en la njer vers la cofte de Bretagne, dâvn langage fi effrange Langage de amp;nbsp;malaifé quâil eff au François plus falcheux que le bas Breton. De fopt lieues dâeftenduc. Bdic-nie Mais toutes deux fi hautes de roche rsamp;fortes dâauenuës,deffendues de deux forts Chaff eaux bien baffis,flanquez amp;entournoicz de grandes douucs auec les^rouifions neccflà ires tant de viures que de groffe artillerie. Mefmement celui de Belle-Ifle oii commandoit le Cappitaine Francilque Italien à près de trois cens hommes de deffence prelque tous harquebuzicfs,à à ns la populace fous le Gouucrnement du Comte de Rets : peuplée au reffe dâhomnW:s de courage fils font bien rnenez. Et la plulpart,de long temps auoient ja eff é aguerris par lâexercice que leur en auoit fait foire Sourdcual qui par vn long temps en auoit effe Gouuerncur. Mon-
ficur
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Aurit
ficur ce pendant qui des le Lundy au loir voiant leur irrefolution auoit déterminé dcleJ^ border amp;nbsp;les enuoier combatte jufques au lieu où ils eftoieni: les voiant demarez au pointâ vne Gallerc en queue pour les fuiure.Mais tant pour auoir le vent trop fraiz,»]â* près les nbsp;nbsp;nbsp;pout la dilligcncc de laquelle ils delplacerent; fe trouuâs tous de meilleure voile quâon nâcj*
Confcdcrcx pçnle: elle ne Iceut aller alïczauautpouT reconoiftre la route . Ains raporta feulement qu Æ feftoient en peu de temps fi éloignez quâelle en auoit perdu la veuë: qui les occafionnady renuoicr vnc-challupe, pour Içauoir ce quâils deuiendroient. Si les affaires de mërfè pottoi« mal pour les Proteftans celles des affiegez nâeurent gueres vn meilleur fuccez^'Car resjo«« de la tant a;renduë venue deMontgommery,faireurans quâils feroient a que effort, fortitfâ' , fiir le camp du Roy, à la faueur quâils efpcroient de leur fccours. Mais Biron qui.auoit chat?® defarttllerieSc uanchées que les affiegez eftimoient delgarnies pour cftre emp/ifehez aillei^' les trouuerent neantmoins tellement pourueuës quâils nây gangnerent pas beaucoup. htW' rent en fin contraints fc retirer eflonnez de ce quâils ne fentoient autre remuement de Icnt^
Lcsoccafiós courSjIcquelpenlôità lâretraiteamp;furprilèdeBelle-Ifle.
qui clincu-
principallc occafion qui poulïoit les Conf«derez à cete entreprife ; fût Tauantagf
rent les Pro tellans dâen trcprcndrc
les Chefs de Marine propofoient au Comte, comme merueilleux fil le pouuoit rendre lacôqucftc trc de telles places, nomméementde Bclle-Hîe, lilêcn teljieu de la grand mer quetoHsl^ deBciic^ifle Nauires de quelque nation,de quelque langue amp;nbsp;Rcligron quâils loient venans dâanwntâ*'â amp;lcs grades Q montans du Sus au Nort; Allcmans, Anglois, EfcolTois, Flamans, Irois, Hollandois»^^ qui y font, zons, Françoîs, Elpagnols, Portugais, Vénitiens, Italiens, Grecs, Si tous peuples traficq«äi«
Routte des ou fc jetans fur mer pour autres occafions que du commerce: il faut de neccflité fils nefe marchansSc expofcr à grans dangers des rocs, Sables, pierrCs, clcueils 6c autres inconueniensde®^ gcurs en quâils vienncntlà prandre la conoilfance de cete Ifle: laquelle à cefic occafion fourme de
⢠Nauiresôc pou rueuz de bons foldats commandera route la grand menprandra 6c. lairra C⬠bonluyfcmbleradetous Nayires Marchans, fbit quâils courent le largue de haute mcrotf ⢠quâils ayment mieux faire leur route entre les terres. A quoy flflc Dieu luy peut beaucoup der.Mais pour loccafio plus particuliere à ce fait lesCofèderez furefft ace pouflèz pour les vt* lires 6c toutes fortes de prouifions qui par la mer venoient à l'armée Catholiq ue de Normen* die, Brctaigne,coftcs marines de Poitou, Saintonge, Gafeogne, öcEfpagfie. CarcnCÃrq^ le Roy euft dés le commencement de fes préparatifs pourueu que fen armere fuff fourm'cdç'^' urcs rât par mer que par tcrre:afin quâil ne fuft empefehé de ce cofté R de paruenir au but del® deflèin. Et que les pays Frâçois luy en amenafle t ce quâils poutioict tant pax charrois que le cours d?s Riuieres-toutesfois pource queîOnis duquel eftCapitalic ville*la Rochellc^suo^f ja efté defpouillé de fes commoditez par les habitansf qui preuoians par le delTein de la joâ^' née de Paris les incommoditez de la Caufe, auoit commencé à facommoder de tous les fruits de ce pays qui confifte plus en vins que autres reuenus). Que la Saintonge pays beau amp;fef' til en toutes chofes,eftoir du tout mangée:tant pour le refte'des calamitez que luy auoientap* portéles troifiémes troubles deîan mil cinq censfôixante huit jufques à mil cinq censfept^' te:que pour îinfolenceôcdesbordément de lâarmée que Strofly auoit entretenu ésconfinsde Bfüüage^éslanuiermil cinq cens fèptante deux jufques au fiegede la Rochelle. Laquelle auoit couru la plus part de Poitou 8C Saintonge non moms auec vn mefpris voire defdaiaqU^ ruïne 8c abatardifïèment de la difciplinc militaire que le Poitou pour auoir fôuflcnupresde deux ans confècutifs deux puifïà ntes armées auec la licence quâvn chacun fçait: ne feftoit pd* rauoirfi fôudainôcque neantmoins ils foumifïbicnt de bleds, vins, chairs, 6c telles autres prouifiôs amenées du haut pays 8c aucunes de Brctaigne, Anjou 6c Touraine jufques à Niort par charrois 6c Riuiercs 6c de là par la Scurc qui les porte à Marans. Puis jufques à port Ned 6c autres lieux prochains où en auoit efté ordonné îadiftribution. Ne pouuoit fournir ccn' mile bouchesf qui eft aujourdâhuy le fimple gendarme 8c plus failly fôldat qui nâayc vne douzaine de goujats 8c maquerfamp;ux à lafuitte de fbn bagage? ) Efperoient que leur couppant!Æ trafic de la mer,ils feroict en moins-dâvn mois réduits à telle extrémité dcfaminc:quâils feroiet côtQiintsde letter hÃteufèmêt Icfiegetou dây crouppiraucc plus dâopiniâtreté que de fâgefle« Dauantag» comme telles cntreprifês fâgement conccucs bien conduites 8c couragcufcmcrt' exécutées fè treuucnt fauorifees de plus de commoditez qui dâheure a autre fc dcfcoiiurtn' (lefquellcs neantmoins on ne preuoit pas quand on deflèignc lâcntrcprifê cnfonEfpritjqrte dâinconi'C'
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dâinconiieniens quâon pourroit preuoin Ils le propofbient quâez pays maritins de Poitou Saintonge, amp;nbsp;autres plus auancez: Comme Quercy, Languedo amp;nbsp;Dauphiné, Ies Ptoteftas aflemblezamp; fur les armes contre les Catholiques du pays Iceuë la delcentc, la force amp;nbsp;relôlu-tiondefarmée: redoubleroient courage,fefueillcroient TEiprit pour fubtililcr tous moiens à leur fauorifer vne defeenteen terre.Et quefils pou'uoiet prendr^quelques places le g^n quâils feroientaifeemeht du plat pays duquel toutes les forces amp;nbsp;garnilbns lêrnoienta remplir farméede Monfieur; donneroit occafion au refte de funir amp;nbsp;drefler telle armée quâelle bafte* roit non lêulemct pour faire leuer le liege de laRochelle,ains à regagner leurs vieilles côquc-ftes;dâautâtplus aileemet que ni trouuâs pour refiftance aucunCathohquc de marque ny dâex* cciition poureeque tous auoient eu commandement de fuiure MonfieunTous les Proteftans ⢠reliez de la journée de S. Bcrthelemy : qui ne feftoient peu reloudre fi toft prandre les armes pour la Religion pour efpier le temps dâvn plus alfeuré parti treprandroient les armes en leur faneur pluftort que de viure en crainte de mortamp;en tous cas deshonorez à toutjamais pour le peu ou nul compte quâils auroientfait de leur conlcicncc amp;nbsp;honneur. De fait le jour aupara- Auisqudcs uantjleureftoit venu vne barquerotte de Bif)üageamp; Illes prochaines les auertir de la joie que tous les Saintongeoisamp;voilîns des Bordellois auoient de leur venue. La promptitude à feile- gc donner« uerfils defeendoient plus bas .Qif il nây auoit en Broüage que vint des habirans portas armes nbsp;nbsp;Momgâ-
pourla garde. Que les quartiers prochains eftoient tous defehargez de Garnilôns. Que mil âury. auoient ja tenu propos de coupper gorge à tous les Catholicquesloupçonnez de menées amp;nbsp;faélions. Que plufieurs Chefs Proteftans auec cinq cens chenaux couroient de Montauban à plus de vint liçuës à lentourj jufqucs à emporter les prouifions des fauxbourgs de Tololc. Etfeftoicnt rendu maiftres de la plulpart des fortes places du pais voifin. Q^e le trafficfur la Garonne,Dordogne, leTar,Lotamp;autres riuieres prochaines ne le faifoient quefous leur per-milTion : dont ils receuoient de grans tributs pour la Caufo. Que le Marquis de Villars Ami-taldeFrâce pourledecez de GalpartdeColligny quiauoitpourneantalfiegcquelques pla-cesaucc la perte de beau(ÿ»up de fes hommes: auoit par commandement expres renuoyé fort Infanterie au fiege de la Rochelle-.plus du tiers de laquelle neantmoins, auoit efté taillez en pieces par lefSaintongeois,nommément à S. Sauenien : amp;nbsp;que les réchappez ne dilferoient aux goujats amp;nbsp;ragages dâvne Armée qui marche en campagne. Somme que nây aiant rien à craindre en aucun endroit: toutes choies leur lêmblant nrc, amp;nbsp;fê prelêntant les commoditcz plus grandes quâelles ne furent jamais,ils felmerucilloient fort commeon vouloir prendie au tre refolution que dâvne honorable voire elpouuantabledefcente en fvn des plumeaux amp;nbsp;commodes cartiers du Royaume.
Ainsi doneques le Comte refoludéslcfoirdedefradertantpourlesoccafionsfuf-dites que pour y rafrefohir fon armée de toutes commoditez qui lui manquoient à ché de Baye. (Car il y auoit peu deNauires qui eulfent apporté dâAngleterre prouifions de viâailles pour plus de quinze jours) le vintvifiéme du mois dés le matin il Icuc fancre amp;nbsp;donnant par le Ion dâvne cononade le fignal à tous de le fuiure:fit que le refte des vailTeaux fappareilla. Si quepoulTédâvnventdeSueftilfut le lendemain vintdeuxiémeà laradedeBelle-Illeélori-gnéc de la Rochelle de lieues quâil penlbit furprandre du cofté de la grand mer. Mais le Capitaine qui auoit defcouuert la route que lesProteftâs auoient fait tirans la vólte deChé de Baye fe tenoit fur lès gardes : auoit de nouueau muni amp;nbsp;fortifié le Chaftcamiéforcé toutes les auenuës tant du bourg que de tille entière. Et outre cereceu en mefinc temps de îarméc Catholique renfort defoixante foldats que Monfieur voiant leigiefplaccment de tArmce amp;nbsp;fo doutant de la vérité auoit fait embarquer dans vn petit Nauire qui alloit en queuë de tArmée comme vn des Confederez fans quâaucun le foeuft difeerner pour ennemi: Du moins aucun ne fenquerant quâil eftoit. Dont le Chef alfeuré plus que deuant lors que le Comte print le largue pour aller defeendre du cofté de la grandâ mer,tira droit^our terrir au Chafteau qui regarde lâoppofite amp;nbsp;quartier de la grandâ terre. Tout aulfi toft guelques Enlèignes dependent és petits batcauxjôc à forcc dâharquebuzades fapprochentde la colle tant pour reconob Anacques tre les auenuës que pour les gangner filâoccafion eftoit faiiorablc. Mais le rocher eftoit li iicnlTé de cailloux,fi rabotteux, fi haut amp;nbsp;fi fendu de noirs precipices : quâil leur fifl impolfi-bledegangner le hautdelâIHe que peu dâarquebiiziersôc grand nombre de paifans deffen-doientauec grande animofité. Et joint la deffaueur des ondes qui par lames redoublées tran-choient fiimpetueufement contre cespierres,quâon ne fenpouiioit approcher quâaucc laper-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;te ou
-ocr page 314-Aurii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R E DE F R A N C«E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'|
Bclle-Ifle prife.
Chafteau fomme de fê rfdte.
â te ou grand danger de la vie. Par ainfi la nuid fê paflà en veilles, gardes, quarts amp;nbsp;fentinc« j les dâvne part amp;nbsp;dâautre jufques au lendemain. Auquel neantmoins la Mcrnefê , plus fauorable aux Proteftans que le jour precedent, quâils emploierent en Canonafirs^ ! coups dâautres pieces quâils faifôient voiler fur les Dubes contre tous ceux qui fy prefen-toient^Lefquclslcurrefpon^pient dâautreS pieces legieresSc coups de moiens inotifqn^ts quâils auoient fait trainer du C h a s t e a v fur le bord de flflc à cefté fin. Ce jeu jufques au loir que le C o m t e voiantdeuenirlamerplus calme amp;nbsp;tranquille: printo' poir dâvn plus heureux effort quâil deliberoit luy mefine faire au lendemain.Siquelevi«t quatrième tous furent commandez dây faire dés le matin leur coup dâeflà yÃt de gangnerh defeente que les jours au parauant on auoit reconeu par forme dâefcarmouchcs,où le Capp*' tainc Paietfê trouua pour en faire plus affeuré rapport au General. Tellement que quatre E«' feignes Françoilss amp;nbsp;deux dâAnglois delcenduës au pied du roch, En fin montèrent jufques au haut.Et prefqueauffi toft on vit toutes les autres és endroits que chacune auoit vouluäÃ' quer. Le meurtre nefutautre que.du Cappitainc Tcmier, deuxautresfbldatsblccezamp;fi*^ Belliflois deuxamp; quelques autres bleccz dâhailt;[ucbuzades. Lefquelsaucc le rcftefureiUquot; chaudement pourfuiuis par les vidorieux auflî toft que les Francez le furent ralliez furE haut de flfle: quâils furent menez batans jufques au Bourg, auquôl ils firent tefte jufquesäâ foir. Mais les harquebuziers du Cappitainc Lorge rafraichiz de nouueaux loldats, ledoU' blerent tellement la feopeterie que par la mort 'defêpt ou huit des plus refbluz: ilslêveire«^ maiftresdubourgSè les chaflèrent jufques au Chafteau: que le Comte enuoiafoudainfc'â' mer de fc rédre. A quoy le Chef ne voullut prefkr lâoreille voiant faffiete,forces amp;nbsp;munitions du lieu auec lâefpoir dâvn prompt fecours que luy deuoit le voefinage tant de lâarmée quetit la Bretaigne de laquelle lifte ne fefloigne que de quatre lieues. iMet peine dâencouragerfeâ gens à la deffence de la place, leur remonftrant îhonneur quâils acquerroient dâaculler'âÂ«Æ telle armée deuant fi petit lieu.-mefines cotre les premiers efforts de là pointe amp;nbsp;fureur. AucQâ du^Cappita- traire qucl deshonneut Ce fêtoit fils prenoient autre refbluuon quâhonnorable quandvncat' ne deBclie- j^ois fois plus grandefy prefênteroit.Quâils nefc deuoient eftonner de lâhcureufedef«^' foidaK nbsp;nbsp;nbsp;te en cefte Ifte,non plus que de la furieufe pourfuite des Proteftans, veu que les premieresrc«*
Le bourg gagné.
fence,
pour les ani contrcsfont tousjours plus chaudes amp;nbsp;gaillardes que les autres ataques amp;pourfûitesdegut'' res à toutes nations. Mais fiir toutes aux François, nomméement à gens defèfperez quâih^' toient pour le regret d^auoirefté fi refôlument receuz par îarmee Catholique: Laquelle^ fimaginr^ent deuoir fuyr à leur defcouuerte. Les affeurant que fil le voulloient fôuftcnirf^â' Jement deux ou trois: jours que leur courage bouillant fê refroidiroit auflî toft quâilfefto*'
cfineu à la tant lafche retraite des habitans qui leur âuoient abandonné le bourg.Q^'ils regst' daflènt les forces amp;nbsp;toutes autres commoditez quâà le Chafteau de fe delfendre: amp;nbsp;norom«.* jmandercceiioirlêcours de mer par cefte armée meftne qui leur auoit faitquircr la Ãh'é de Baye.Quâils confideraflentleur deuoir amp;nbsp;à quoy/honneur des arrrtes les obligcoie'^^' Mais fur tout quâils fe miflènt deuant les yeux lâefpoir que Monficur auoit en leur vaillance amp;nbsp;loiauté. Auec lâaflcurance dâeftre auflî dignement reconeuz de leur loial deuoir que griefuc-ment fheritoirement punis fils y contreuenoient par lafeheté amp;: coüardife. Les prjoit enfin de ne lôuflFrir que ceux qui fuitiz de France amp;nbsp;partis dâAngleterre,pour y retourner auec to«quot; terefolution de combattre, auoient donné fi poure commenccmentà leurentreprife:pe«i-feni recouurer leur honneur par vne conquefte de la plus importante Iflequi foità laFW de Lys. De laquelle infaliblcgicnt dependoit le piteux rauage de tous leurs biens, le desho«' neurdc leurs femmes, la perte de leurs enfans amp;nbsp;ruyne entière dâeux amp;nbsp;de tout ce quâils^
uoient de plus cher amp;nbsp;précieux en ce monde.
LesfoMats forcent le Chef de fc rendre Ã
Mais tout cela ne fut que parollcs fans effet, qui ne peu rent pénétrer ces cÅurs froidiz. La plus part defquels eftimans les Proteftans plus Diables quâils nâeftoient noirsiO« _______ que curieux de nouueauté 5 changement, fafehez dâvne fi longueobeiflânee quâils auoient compofitiô, porté aux Catholiques : ils* fcvoulluflèntle foubmettre aux commandemens des Confol®' rez pour fefpoir de plus grand butin-luy reïpondirent,mefinement les nouueaux veniiz qu ils eftoicntdl la Religion, amp;nbsp;quâils vouloient voir Sciêcourir leurs freres. Confequamm^i« qu'il fe haftaft de faire la plus honnorable compofition quâil poufroit. De fait dés le foir pl«$ de trente fortirent qui fè mirent fous les Enfeignes Proteftantes. Mcfinement apres que
amp; Poluretoî
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tlVRE TRENTECt,VATRIEMÃ.
amp; Polurctotpour lefquels dâautres duChaftcau furent oftages (c veirent reccuz au Chafteau pour moycnner amp;nbsp;rcceuoir la c ompofition à laquelle le Chef amp;nbsp;autrescondefccndirent. Si que le lendemain le Cheffê rendit vie, armes amp;nbsp;dagues lâuues. Ce qui fuft tenu à tous ceux qui (è voulurent retirer ailleurs. Melmâau Chcflequel pour certaines confiderations feftant rendu à fi peu de gens, (ans b reiche amp;nbsp;ayant tels âuantages le retira aucc là femme à Poluretot qui les mena en Angleterre où peu de jours apres fAnglois mourut pourfeftre trop elchauf-té. Ce mefines jour deux barques chargées de Soldats Catholicques,enuoiées par Monfieur au fecours des aflîegczzfaprocherent du lieu ja rendu dont aucun ne fapcrceuft que le Capitaine Raillard Gouuerneur de llflc Dieu amp;nbsp;quatre ou cinq Chefs qui les premiers delcédirêt teCappi-à terre: Mais comme ils vouloyent regangner leurs Nauires, viuement pourfüiuis furent pris, quot;c RaiiiaM Les autres cependant mirent à la voille amp;nbsp;gangnerent à fuir * Mais aulfi toft que ceux cy fu- ^oîiqueF* rent prefentez au Comte, Raillard pour eflreconuaincu, difoyent-ils, dâeftre grand corfiirc pris amp;nbsp;tu«. Catholicque,deNation Efpagnohmais qui naturalize en France auoitde long temps lèrui les François: fut tué auec quelques autres. Apres le Chafteau fut pourueu dâautres Soldats amp;nbsp;lereftede larmée enuoyé par Enlêignes ft: rafrailchir chacune en Ibn quartier. Si bien que la garde de lâIHe amp;nbsp;Chafteau eftablie, les auenuës reparées, les habitans jufques aux plus po-urcs commandez de retourner en leurs mailôns: Et vacquer à leur trauail commâauparauant pour Janourriture des Soldarsj aulqucls il fut deffendu de faire aucun defplaifir aux paylà ns fiirpaine delahart: Le Comte commença dâordonner de lâarmée de mer, laquelle il diuilâ eiplufieurstrouppes à Commandant que fix vaifteaux tenteroyent Ibudain la priiè de lâIfle tôtt âpre* Dieu, voltigeroyent entre les terres vers la cofte de Bretaigne pour amener en lâIfle les pro- amp;pre7îâprî uifions quâils pourroient prandre fur mer. Quelques vns iroyentpour mefmesfins jufques fe de Belle à la Manche dâAngleterre. Les autres tiendroyent le large de la mer courans par fois jufques aux coftesde Gafeongne amp;nbsp;dâEfpagnc. LâAmiral,Vicâamiralamp; quelques autres ne lt;dcuoyent partir delà radde pour affifteraux occurrances qui pourroyent furuenir. En forte que par ces courfes ils efperoyent no^ feulement incommoderj voyre affamer 1âArméeCatholicque:Mais auflîdcfiiire en peu de temps vn merüeillcux proffit en cefte Ifle. Corne fy declarans la guer-reà tout le monde contraire à leur Religion, ils deftinaflént belle Ifle pour retraite amp;nbsp;Magazin de toute praticque quâils pourroyent faire en cefte guerre. Ce qui me remet en mémoire les deffeins de nos premiers François:lors que les Romains auoir dompté par nos propres fê ditionsamp;guerres Ciuilles,la vertueufè opiniatreré de nos Gaullois: gouuernoyët ce beau pays anoés Cor-fous la langueamp;ordÃnanceKomaine.Lefquels nâafpirans à autres chofè quâà retourner en leur fâ*'â antic païs,duquel ils eftoiét empefehez par les arméesltaliénesifurét en fin côtraints de courir amp;nbsp;rauager toutes les mers amp;nbsp;viure de la Piratique tât en Leuât quâé Ponât ÃC Septctrion.Efta-blifiat les plus fortes Ifles de lâOcccâ pour retraite affeurée à tous ceux qui pour raage,fèxe ou eSdition de viure nâeftoient propres au maniemêt des armes. A lâoccafion defquellcs ils furent tant craintsamp;redoutez par tous les Seigneurs amp;Rq)ublicques de ce teps là : que les Grecs en firct le Prouerbe Aye le François pour ami,amp; non pour voifin.Car ne pouuans rentrer au païs qui leur eftoit deu:Il fallut par neceffité de viures,quâils couruflènt toutes les cofte^âEurope Afieamp; Aftricque auec lâefpouuentement des plus afïèurez qui leur vouloient contredire.
En ce teps côme le Roy fè trcuuaft court de deniers,neceffeires tâtà la côduitc de les armées nbsp;nbsp;nbsp;*
quâil auoit en 5. endroits de fôn Royaume à fctretien defquelles il faifôit des frais incroiablés: Q^âà fapoinâemêt dâvn grand nôbre de perfbnncs/lont la faueuramp; feruiceluy font nccefïi-Kjfoitcrt Francefôit en pars eftrâgers:fut côfèillé dcrecerchole fecours des Ecclefiaftiques qui ne luy mâquoict au befôin. Pource auoir cômunicqué auec les principaux dâiceux à Fô-taineblcaü:expofé les neceffitez aufquelles il les prioit de luy affifterramp;auoir délibéré tous en-féble de le fecourir en tout ce quâils pourroiét,prierét le Cardinal de Lorraine luy faire etùen- que fit au dreauec leur bône amp;nbsp;deuotieufe volôté:Les moiens defquels ilyntendoient fauorifêr fes en-treprifès. 11 parla en cefte forte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dinal de Lor
Si RE la Vertu de fôn naturel eft de telle force, quâelle atirc tout le mode à la contempler, louer. Et aimer amp;nbsp;fi onia pouiioit voir en fubftance à la vérité ainfi quâelle cft:ell^exciteroit ciJârgTde vn tel fpedacle de fon amour, admiration amp;nbsp;joye dans noz cÅurs, quâil feroit impoflîble à France à tout homme la pouuoir exprimer par parolle ou par autre moyen amp;nbsp;aéfion exterieure quel- b°eau,8. le quelle fuft. Oreseft elle dâautant plus admirable, quand elle le voit cz rares perfônna- May. 15??.
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
gcs, defqucls la vie meihics mile dcuant les yeux des autres leur lert de miroer pour contempler amp;nbsp;imiter : Câeft pourquoy les Hiftoriographes en leurs dilcours nâont remarqué que Ià excellentes vertus desgtans. Et nous quand nous liions leurs liu res, prenons vn fingulià plailîr à les confidercr amp;nbsp;les mettre en nollre mémoire. Et pour lailîcr vne infinité de tels c-xcmples que nous trouuons enJeurs eferits dâen prendray Iculement deux pour paruenir ptf à peu a mâacquiter de la charge quâil à pieu à Meilleurs amp;nbsp;frères qui fôt icy prelêns me donnà amp;nbsp;impolèr dcuant voftre Majefté. Tous deux dâautant plus recommandables quâils lôntô-traits de la lâinte Elcriturc. Lâvn eft dâvne excellente force,conjointe auec vne fingulierc tem* perancc. Et lâautre dâvne rare Iuftice,a ccompagnée dâvne là ge prudence.
â nbsp;nbsp;nbsp;A V temps dâAbraham qui feuft fumommé Pere des fidelles pour auoir le premier reccutâ
lôn corpse le lignai de Foy qui eft la Circoncizion pourluy,les enfansjfucccflcursamp;totitf fa famille : Auint que quatre Roys le liguèrent pour faire guerre contre cinq autres Roys cftoyent en ce temps là Seigneurs Souuerains en leurs terres. Encores quâelles ne feullent fi grande eftcnduë que celles des Roys dâaujourdâhuy. Les cinq armèrent loudain amp;nbsp;tent leurs forces aux champs pour foppolêr à cell Ãfet. Mais comme eft le hazard de laguÃ' re: Les quatre dclFont les cinq amp;nbsp;font fur eux vn grand butin amp;nbsp;emmenent les prilönnicà chez eux. Entre lelquels cftoit Loth le frère dâAbraham amp;nbsp;incroiablcmcnt de luy aymé ⢠f quâil monftra bien quand il euft receu ces trilles nouuellcs. Car connoilïà ns bien que CÃà qui lont vidorieux, leplus fouuentnefçauentvlèr de leur viéloire amp;nbsp;bien lôuuent lêtroU-uent elcartez en depanillant entre eux leur butin. Et aulfi ayant pleine confiance amp;nbsp;promdl^ de D I E V de la delfendre: y arriua fur les champs auec ce quâil peut. Et lâns clpargncrteDâP^ ny dil igence le jou r melînes les pourluiuit amp;nbsp;.fit tant dâarmes quâil recouura tout lôn bu«ââ' Et retira de leurs mains tous les prilônniers de fa terre amp;nbsp;de lès voifins. Puis apres rendantbâ' tin amp;nbsp;prilônniers à ceux a qui ils appartenoient : nâen voulut oneques retenir la vallcur dâvnC clplinguc. Voila, Sire, vn bel exemple de force joint auec vne grand temperance.
cil du bon Roy lozias lors quâil commença à regner fur le peuple ^eDieu enîaagcdc bmf ans. Et eft elcrit au quatrième liure des Roys amp;nbsp;au liure de Paralipomenon où il eft dit que(wf laage de dixhuit ans voyant fon peuple desbauché de la vraye Religion jcomme enragé toutes fortes de Dieux eftranges : demanda Conlèil à D i b v de ce quâil auoit affaire : AUÃââ bla tous les Preftres amp;nbsp;Seigneurs de lôn peuple, puis brulla tous les vaiffeaux de Baal eu SOquot; leil amp;nbsp;de la Lune, des Pianettes amp;nbsp;de toute lâarmée du Ciel. Delïnolht toutes les mailôns dà HereticqiÃsôc Idollatres, couppa leur boys, deftruit les hauts lieux amp;nbsp;leurs autels: leurs Idolles, ruyna leurs Temples amp;nbsp;les remplit dâos de morts Sacriffia le Sacrificateur^^ hauts lieux fiir leurs autels amp;nbsp;mit a néant tout ce qui eftoit repugnant à la volonté de D i r''' Prohiba toute autre Religion que la vraye. De maniéré que fans aucunes batailles à peudâÃ' mes par forme de luftice, 11 rémift en fôn Royaume la vraye amp;nbsp;faine Religion reftabliH^ fender amp;nbsp;Saint fêruice de D i e v. Voila,Sire, vn ade de luftice accompagné de grande ptquot;' dcnccÃt oonfêquemmant deux excellents faits amp;nbsp;vifs pourtraits des finguliercs vertus remarquez en'^^eux grans perfônnages qui ont par ce moyen donné vn extreme contenKincnt iJ* peuple de ce temps là . Et tiré leurs cÅurs à les contempler, louer amp;nbsp;amirer.Et gangne quâ amp;nbsp;quand leurs volontez à leur obeyr, à les aimer teuerer amp;nbsp;honnorer. De façon quâau jour* dâhuy mefmes en remémorant cela: nous y prenons plaifir amp;nbsp;fentons en nousvine certaiucii' fedionque nous leur portons'tous morts quâils font. le ne pourfuiuray ces deux hiflöUà plus loin,Sire:me rcmettâtâà Itledurc oü difeours que vous en faites faire à vofl« Majeftfi-^* vous diray- je,Sire, non pour vous flater:ja à Dieu ne plaifè que nous vouliôs çn ce lieu enn^' prâdre.Mais pour la vérité dot tout le mode pourra porter tefmoignage.SçaChât bie cepétbââ' amp;cÃnoiflat q voftre modéftic eft fi grâde,que leprêdrez de nous pluftoft corne vn defir q«^ uons quâainfi fôit: que pour^ne vérité en vous auenuë,encores quâellcy fôit. Et pourtclkr*^' cÃnuë de tous vos bôs amp;nbsp;fidelles fujets.Câeft qucîvn amp;f autre excple ce voit ce jourdâhui^^' côpli amp;nbsp;viénent reprefenter en vous.Clouis qui eut ce beau titre de Pere de FEglifc.Celuy vos predq^effeurs Roys,quipremier fut Chreftien: Aumoins qui ait faitprofeffiô amp;nbsp;exercK^ de la Foy Catholique:Eftât baptize amp;nbsp;fâcré par S.Remi en la noble amp;nbsp;antiëne Eglifê dcRei'ââ' En laquelle par la grace de Dieu amp;nbsp;de vospredecefïèurs Roys aucz cfté oint Se fâcré : bien que je foie indigne que luy aie fuccedé : feit ouurir les Eglifes des Chreftiens: leur don na pleine liberté : chaffâ toute Idollarric. Et peu à peu fitflorirlafoy par toutfôn Royaume-
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pour raifon dequoy il fêuft furnômé Vater Religionts Pere de Religion.Côme aià iit efté Abrââ hamPere des fidelles.Et ainfi ùi-je leu dans vu vieil liure que /âay trouué entre les memoires demon Diocelc.Cc nom,Sire,vous eft deu à très-grand droit.Car fi celuy eft Pere qui engé-dre:ccluynâeft pas moins Pere qui fait reuaiflre rend la vic.Si celuy eft Pere qui nourrift amp;nbsp;côferue:Celuy nâeft pas moins Pere qui entretient Semaintiét te quâil à fait renaiftte èc reftcu-feitenfait encores à prefent par la grace de Dieu florir amp;nbsp;obfèruer.Côment doneques neivôus appartiédroit ce beau titre de Pere de Religion tome à . Clouis amp;nbsp;en iomme ce beau titcc ^dd Pere de lEglife? Aiant nouuelles que quelques vns pilloiét 8c butinoict voftre Rayaume,em^ Bienoict vos Princes SeSeigneurs mefmcs vos proches patens priibnniers Icfquels je nenomé point de peurde renouuellcr vne ü amere memoireivousaucz leiié vos yeux à Diemen luy à * ucz clperéænlcs promeftès auez mis voftre côhancc:-cn luy vous eftes armé.Qyâcii eft il aue-nu?Dieu vous à fait la grace amp;nbsp;done telle force quâapres pluficurs batailles amp;nbsp;villefc repnnlè^ Sc remifesfous voftre obcilfance.-quâaiant amafle ce quâeftott en vos mains de voftre petite fa^ mille amp;nbsp;donât fur ceux qui côme vidorieux ne fçauoiêt jouir de leur victoire; vous auez no feuleméi recouuert le butin quâils auoiét Ãit fur vousamp; vos voifins-.retiré vos prift)nniers,fur* prins Scatrapé ceux mefînes qui auoient c ouru, maflà cré, rançonné, meurtri amp;nbsp;bien vfè de 1» viâoireamp;du butin quâils auoiét fait.Câcft,Sire,enquoy nous remarquons que reflèmblczâ ce grand Pere Abraham.Câeft,la grace jointe auec la téperancc,qui gangne nos coeurs pouf en amirer,louer amp;nbsp;honorer les eflrets.Et quât à faurre exêplc,Sire,y eiâft il onequesRoy ou Prin-* ce,qui mieux que vous rcfcmblaft à Iozias$Il peut fouuenir à voftre Majefté,quâau cômence-mét des troubles,corne vous auiez aflèmblé vne partie de vos Eftats en voftre Chafteau de S; Germain pqurauiftr auec vous, y dôner ordre amp;nbsp;y mettre quelque fin, Vn faux Prophete enfant de Baal du pais de Bourgongne,( ne feftimât digne dâeftre nome) voulant abuzer de fef-criture amp;nbsp;de voftre jeuneftè : vous nôma Sc dit que feriez vn jour vn Iozias,parlant pour ion parti amp;nbsp;le difoit bien à vn autre intention.Mais ü eft ce quâil difoit la vérité mieux quâil ne pélôit:metcât en auât vne propherie quâil voit maintenat accôplie à fa côihfion.Et que lès cô-pagnons confelTeroict eitre veritable fils viuoient maintenant. A la vérité Dieu vous à mis le feeptre en la main, ,en vostendres gt;ans corne à luy.Vous nâauez eu oneques choie plus à cotre cpeur que voir en voftre Royaume tant de fauces Religiós,tant de tépics baftis pour leDiable, tant defauxProphetes.Le zelle de Dieu vous mâgeoit de voir vos pouresamp;milèrables fujets fi desbauchez de la foy amp;nbsp;Religion.Vous y auez deflors fi dextrementprocedé : que côduifant tous vos delTeins prudcment:vftnt dâvne fainte fimulation,dâvne dilfimulation pleiijp de pieté. Et puis à peu dâarmes failânt luftice droitemât Sc extraordinairement pour la neceffité diitépsi amp;nbsp;delexigence des perlônnesivous auez tout à vn coup purgé voftre Royaume des faux Prophètes,de leurs Téples,des blaphemes,dâherefies,des voluptez de tout îexercicc de mauuai-fe amp;nbsp;dânee Religiô.Reduilant voftre peuple desbauché,à la cônoiflà nce amp;nbsp;au feruice du vray Dieu.Et le reduilà nt à fobeiflà nce de la vraie Eglilê Catholique, Apoftolicque amp;nbsp;Romaine. Voila, Sire, vn aâe de luftice accompagné de prudence, par lequel reflèmblez au bon Roy lozias. Câeftenquov non lèulement efgallez:Mais de beaucoup furpaftèz la grandeur, la gloire amp;nbsp;la lumière de vos predecelfeurs en ce beau nom de Trel-chrefticn. Ils ont eu affaire particulièrement aux Arriens, aux Albigeois,ou quelques autres hereticques qui lors eftoiét en petit nombre amp;nbsp;debiles forces. Voftre Majefté a eu affaire à groffes armées,à forces incroia-bles, à des batailles infiiportables, à vn ramas general de toutes les plus dangereules herezies, pernitieufes entreprifes, diabolicques inuentions, temeraires executions qui furent oneques. le ne dis veucs mais lèulement Imaginées amp;nbsp;figurées par les hommes. Et toutesfois, Sire, en commençant de voftre enfance, amp;nbsp;en eftant hors de voftre jeune aage; vous auez autant execute pat armes amp;nbsp;temperence comme Abraham.Et quand amp;nbsp;quand par luftice amp;nbsp;prudence comme Iozias:Quelà nsflaterieamp; veu les difficultezivousauez autant deffendu,fecouru,purgé,nettoie, amp;nbsp;remis le peuple de Dieu: que fit le bon Pere AbraTiam amp;nbsp;que fie le bon lozias. Ce font les deux voire les quatre vertus, qui en vous reluilènt plus claires que en nuis de vospredeceffeurs.Ce font, Sire,les vertuz qui de leur naturelattraient ceux qui les regardent a y pradre plaifir,à les aimerSc honnorer. Et dâautâtplus en noftre cndroit,qucnou? lesau ?ns praticquées Sc conucs en voftre perfonne. Et maintenant les remarquons en celle voftre lijc-
Vu ij.
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ralle amp;nbsp;Royallc face. Câeft ce qui gangue nos coeurs, Sire, à vous aimer amp;nbsp;vous obeïr amp;nbsp;vous dâautant plus en noftre endroit que nous les auons praticquées amp;nbsp;touchez en voftre perfonnt' cauiè de vous teuerer amp;nbsp;qui force là dedans noftre impuiflà nce à pcniêr dire amp;nbsp;faire chofeC voftre endroit pour reconnoiftà nce de ce que nous ne pouuons amp;nbsp;toutesfois pour ne dernc'ââ rer ingrats,le voulons pen{èr,dlfc amp;nbsp;faire.Quel heur amp;nbsp;joyc nous eft-ce quâaucuns demeuÃââ en leurs vaifteaux en vn coing.Autres fc jetans dans les barques à la mifèneorde de Dieu la pitié des vcntsien vne fi horrible tourmente amp;nbsp;fortune comme à efté celle que nous auogt;â^ eu felpace de dix ans,amp; puis aianttous eftez eicarteziNous nous trouuons neâtmoins aujour* d'hui par calme tous enfèmblc en vn mefinc lieu deuât voftre Majeftc?Auflî ne feuft oncq^cî veu quâau commandement dâvn Roy:on Ce foit fi toft afTemblc que nous nous fômmcs congru gez apres la ledure des lettres quâil a pieu à voftre Majcfté nous enuoier. On ne vit onequ^® en aflemblée,fi grande vnion de volontez.Car par tout il y a tousjours aucun qui y contrclt;fi' Si fait difficulté ou empefehe ou tache à tenir les choies en longueur.Mà is icy tout le monil^ comme il eft conduir de meftne zelc amp;nbsp;afpire de melme volonté: Oiant iêulement le premier mot de la propofitioân:On ne vit oneques fi grande^legrefle que quand en cefte aflèmblceojj a tenu propos amp;nbsp;monftré de presfeiperance de fê prefênter deuant la face amp;nbsp;voir l'Åil grand Roy amp;nbsp;fi bon zellateur de l'honneur de Dieu amp;nbsp;a qui Dieu à en fi peu de tcmpswis tant de graccs,par qui il a tant fait de miracles,à la Ibuuenance deiquels noftre cfprit demeuf^ comme abruti amp;nbsp;eftonné.Meffieurs mes frères amp;nbsp;Compagnons cy preiêns, portent aflèz bââ tefmoignage de cefte allegreftè en leur vifage amp;nbsp;conrenance.Si fuis-je marri que Dieu nâa «lo-né fanté à Monfieur le Cardinal de Bourbon pour vous exprimer au vif çôme il fçauroit tres-bien faire:ce quâil en a luy mefincs,veu amp;nbsp;conneu ez côgregatiôs qui ont efté faites en fi prf' lênce. Il mâeuft relleué dâvne grâd peine à caulc de mon infuffiiânceiEt fuis extrêmement ri que je ne puis dire deuât voftre Majefté,Sire,comme je fay veu Si à defir reccuoir vos boÃâ cômandemens.Si metrray peine de vous defduire au moins mal que je pourrai: finon la chai' leur de l'extremegt; afièdion quâil vous porte:La flambe de lâamour dqjit il embrafle vos verrus: fardeur du zcle quâil a à voftre Majefté : à tout le moins l'eflèt par lequel il vous fupplic ties-humblement,Sire, vouloir juger de Ibn cceurnon ingrat mais reconnoiflà nt vos fingulierô vertus amp;nbsp;les grans biens faits quâil a receu de vous:fc mettant en deuoir de monftrer extérieurement tout ce quâil peut amp;nbsp;plus quâil ne peut pour faire foy de ce quâil tient caché dedaslôn coeur:qui ne peut forti r nây,par parollc,nây par côtenance,nây par aucun figne externe. Et tout ainfi que a^ez furpafle amp;nbsp;imitéAbraham amp;nbsp;lozias qui recôneurent leurs belles vertus. Et cf me ccClergé qui repreiènte toute lEglilè Gallicanne eft aftcmblé pour vous rendre graces du vos IlluftresSc heroiques faits:Auffi Mclchilêdech qui eftoit lors le Sacrificateur du très-haut Dicu;iè preienta deuant Abraham:retournant delà bataille pour le remercier amp;nbsp;luy cogratul-ler.Helias auffi fe mit en deuoir auec les autres Preftres de reconnoiftre lozias du tout ce qui cftoit en (à puiflà nce.
Premièrement il eft dit que Mclchilèdech offrit à Dieu en adion de graces pour Abraham amp;nbsp;le fuccez de fon entreprifê.-pain amp;nbsp;vin.Mais ce quâil fit lors en figure, nous offrirons a Dieu Sire,pour vous non pain amp;nbsp;vin:mais le vrayAugufte fâcriffice du précieux corps amp;nbsp;fang defon cher fils:fous les efpeces de pain amp;nbsp;de vin.Remerciantfà Majefté des grades graces quâil vous à faites amp;nbsp;à nous par voftre moien. Et des grans dons quâil vous a départis amp;nbsp;à nous auffi des grades amp;efrnerueillabiés chofes quâil a exécutées par vos vertus.Câeft ce grand Sacremét des Sacrcmcns,leq uel fi bien amp;nbsp;vaà llâment.-auffi hcureufèmct auez fçeu deffendre:par lequel auez tant combanulequclauez tant honnoré comme aujourdâhui mefines que nous en célébrons îodauedela fefte :nous nây prions pas feulement à lâaccouftumée. Car vous y eftes tousjours nommé amp;nbsp;prefenté deuant la face du tres-haut D i e v qui créa le Ciel amp;nbsp;la terrerMîis nousy ajouftons amp;nbsp;méfions de nos plus ardentes affedions amp;nbsp;dénotions particulières:y priant autrement pour vous que pour les autres Roys: dâautant quâauons plus receu de vous que de nuil autre. En outre Mclchifêdech benift Abraham difà nt Benedi^i» ^^ibraham de excelfo (jtti Creautt Celum nbsp;nbsp;nbsp;Terram benift foit Abraham par le très-haut
D1 E V qui créa le Ciel amp;nbsp;la terre ; Sire, encores que D i e v vous ayt cftably Roy nous amp;nbsp;que fbn vouloir foit que nous fôions fous voftre obcyflà nce,pour eftre toutes nos vies comme nous fômmes vos tres-humbics amp;nbsp;trefôbciftà ns fujets amp;nbsp;feruiteurs : Si cft-ce que vous aiant
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liant efgard au lieu que nous tenons: Vous elles noftre fils amp;nbsp;enfant de fEgliftr, receuant de nous comme de vos Peres Ipirituels lesSacrcmensamp;lesbenediôlionsen la diftribution des quels Dieu nous à ordonné les Minillres. Et partant nous ne ferons difficulté' de vous bénir en difantjfôyez bcnill,Sirc,lbicz b en ill Pere de la Religion,par le tres Iiaut Dieu qui à créé le Ciel amp;nbsp;la terre. Soiez benifl en elprit, en corps amp;nbsp;en vertu,en l»nté,en grandeur amp;nbsp;en profpe-rité deuant vos amis amp;nbsp;vos ennemis: deuant les eftrangers, deuant vos fiifets maintenant 8ô toute voftre vie.Benill,dif je,dâvne grace non mondaine:mais dâvne,Sçauoir ell celle duDieU tref-haut qui nâa pas moins monllréde puilïà nce nous ou tirant maintenant lôn Ciel amp;nbsp;renou-uellant voftre titre: quâil fit lors quâil créa le Ciel amp;nbsp;la terre. Nous nây oblierons pas laiitie benedidionSe loiiangede Dieu : reconnoiftà ns rrcs-volontiers aiiec vous,Sire: que de liiy * Vient voftre bien amp;lc noftre.Quc câeft ccliiy qui ell autcur'amp;Iargiteur de vos vertus amp;nbsp;de vos vidoires. Et partant auec les graces que nous vous rendons luy dirons BenediSltu Deut excd-
/^ttoprete^e^te hoflesin manihui tuisfunt, Et loüé lôit le Souuerain Dieu qui a huré tes ennemis en tes mains. Et ainfi quâAbrabam donna à Melchilcdech les décimes de tous lès biens: -aulTieftantpar nousbenill de Dieu : Vous fions maintiendrez en tous noz droits, franchifès, priuilleges'amp; libertez. Car quant aux autres biens,nous nâen demandons aucuns à voftre Majefté. Nous voulons feulement praticquer la parolle dâvn des cinq Roys dcfquels nous a-uonspar cy deuant parlé. Lequel accompagné du bon Mclchilèdech dit à Abraham. Da »ii-chi animas cetera toile tibi donne moy les âmes pren tout le relie pour toy. Ainfi nous vous difons. Sire, donnez nous feulement les âmes, prenez amp;nbsp;emportez-tout le relie. Prenez noz biens,nos moyens, nos perlônnes vfèz de tout ce que nous auons amp;nbsp;en ordonnez comme de voftre propre bien. Mais à la charge amp;nbsp;condition, Sire, que vous ne toucherez aufpirituel nây au temporel,qui eft necclïà ire pour nous entretenir, amp;nbsp;que vous nous donnez les âmes. Câeft que nous ne vous demâdons que les âmes. Nous nâen voulôs quâaux amcs':nollrc proie, noftre gain, noftre butin lont les âmes. Nous les voulons rellituer amp;nbsp;conferuer à Dieu ôc à fon Fils auquel elles ont çint coufté. Ne touchez point aux ames,lailîèz nous en faire. Perme-tez les nous amp;nbsp;les laifïèz à noftre puiflà nce.Vous vous monftrerez quand amp;nbsp;quand zcllateur deleurfalut icaulè de la main forte que Dieu .Vous à donnée pour les adrellèr,pour les y contenir amp;nbsp;nous y ayder. Or, Sise, la premiere ame que nous vous demandons eft la voftre.Don-nez nous voftre amc,la nous donnant, vous la donnez à Dieu.Vous la donnez amp;nbsp;à luy amp;nbsp;à nous quand la tiendrez netteiquand vous la tiendrez pure.Quand vous y tiendrez la vraye amp;nbsp;viuefoy Catholicque, ApoftolicqueSc Romaine. Quand vous y aurez la crainr»de Dieu emprainfte.-quand vous la tiendrez purgée de tout vice: quand vous lornerez dâvne volonté amp;nbsp;efficace de bien faire,amp; dâvn zelle dâextirper les herezies, les blafphemes,lcs crimes,les de-lices, les malucrfà tions amp;nbsp;autres telles chofes qui prouocquentlirede Dieu fur nous. Et fur tout, Sire,quant donnerez meilleur oj^re aux defreiglées prouifions des benefices, aux viol-lences, amp;nbsp;extortions dont Ion vfe aujourdâhuy contre voftre Clergé pour îaliancedes troubles amp;nbsp;autres occafions, lefquelles peur eftre vous ont forcé contre voftre vouloir ; de fermer les yeux amp;nbsp;diffimuler. Nousfçauonsbicnlepeude moyen quâauez eu de reconn^iftre les voftresScceux quâauez employé. Mais, Sire, nous fômmes contraints vous dire quâil nây a chofe qui plus prouocque Dieu à courroux;amp; qui pluftoft auance fa dure amp;nbsp;vengerefte main fur nos teftes: que lindigne traittement de fon fânéluaire amp;nbsp;des perfonnes amp;nbsp;des chofès qui en font. Ne donnez les benefices à gens indignes, encores moins a gens dâefpéc amp;nbsp;gens mariez. Pouruoicz y félon les SaintsCanonsSc les.Concordats:en decllargeant voftre conlcience deuant Dieu. Le peuple eft fou tient puni de fès fautes pour auoir de mauuais Roys. Mais ne le fontauffi les Roys moins pour telle façon défaire. Ils en perdent leurs biens, leurs Empires, rezenFran-leursCouronnes,leurs races.Et voiét tout cela à leur grand regret amp;nbsp;irremediable repétance trâfportcr non feulement de leur raced vn autre maisà celledel^urs ennemis. Deceftepu-retc de voftre ame, Sire,viendra la pureté de lafoy, de Religion Chreftienne amp;nbsp;feruice de DI EV par tout voftre Royaume. De celle pureté, viendra la pureté amp;nbsp;candeur des mÅurs de voftre peuple. De celle pureté viendra la Paix amp;nbsp;le repos public par tout vos pays. De celle pureté, viendra abondance de tous biens par toutes vos terres. De celle puretc,Yiendra vn heureux fiecle qui fera florir voftre Royaume en foy,cnfu jets,en terres,en biens,en Paix,en tranquilitcjcn repos.Dôncz nous donc les amesSc prenez le reftc.Or ne forrmes nous pas cô-
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* â tents de vous remercier amp;nbsp;reconnoîftre à la maniéré de Melchifêdcch. Si nous nây ajoutons ce .que fift le SacrificatcurHelias auec là Synagogue au bonRoy Iofias.il eft efcrit quâil ouurit tous les coffres amp;nbsp;trefôrs du Temple où il y auoit des grandes, entières amp;nbsp;anciennes richefe-Encores quâil y euft eu auparauant amp;c. euft des lors, de grans troubles au moien des herefo?^ Idollatries aufquelles on auoit donné cours.Sire,pour nâcftre veuz ingrats entiers'vous:vousa' uoir ouucrt nos cÅurs à caulè de vos incôparables faits amp;nbsp;plus glorieux que ne furent onqucs ceux de Iozias:Nous vous ouurons nos trclbrs.Nous vous offrons amp;nbsp;donnons non fèiiiemcnt ce quâauons,mais plus que nous ne pouuons.Qu^and il à efté queftion le temps paffe de fêcoH' cours!« nbsp;nbsp;rir les Roys vo.s predeceflèurs en leurs plus grades amp;vrgens affairesiLe plus quâon Icuraii
Rôys dcFrS voulu amp;nbsp;peu donner de la part du Clergé,ont elle deux decimes.Encorcs ne fell ilpraticquc kurCkr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fcxtreme necefcitc.Et fi efloitulors lÃglifê la plus aiféc amp;nbsp;riche quâelle fut oneques aop3'
' rauant.Dieu le fçait,Sircjamp; le pourroiét telmoigncr gens à ce cônoilfans. Entrâautres le Sieur Marcel que nous lômmes celle année cours de plus de 600. mille francs de deniers quâauons accoullumé de leuer.Etce pour railôn des troubles de I^ngucdo, Guyenne amp;nbsp;Berry. Et fi peutauouër que depuis que vous elles Roy,auez tfré de vollre Eglilèfommes incroiablcs-Er que fil falloir aujourdâhui vendre tout noltrc rcuenu: on ne peurroit trouuerlcs fórnmesqu^ vollre Eglilê liberallemêt amp;nbsp;de bon cÅiir vous à accordez.Toutesfois,Sire,nous nous dclibc-Tons faire tous efforts pour rachapter pres 11 oO.mil liures de rente qui lôntengagées eniHo* fiel de la ville de Pariszdont vous ne receliez ricn.A celle fin que iceux deniers cllant dâel^' gcz, vous amp;nbsp;vollre pollerité en puiffiez ellrelècourus à vollre bon plaifir, amp;nbsp;maniées par vos Clhciers, Receueurs amp;nbsp;Treforiers côme de vos propres deniers. Sans que nous amp;nbsp;les noftres nous en mellions aucuncmenr.Ce nous feroit choie impolfible,foutnir tout à vue fois amp;nbsp;pour* celle caulè nous demandes feulement deux termes Noëlamp; S. lean.Et ja à Dieu ne plaife,SirO5 que nous voulons vendre le bien de lEglilè amp;nbsp;que nous vous priuions du plus beau, du meil' SecouKque nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;plusprompt de vosfccours que vous amp;nbsp;vos fucceueurs pourriez onquesauoiraa
demandent bcloin.Et ferions vn tort irreparable à vollre Royaume quia fôn principal appuy amp;nbsp;rccouui qu«auRoy ^Lgli'èzEt aux poures pour lefquels ce bien eft delliné pour racheter ce que nous auos veo-pour rache- du.Nous entendons qu'il vous plailè nous preller toute aide.amp;fairc expedier toutes les proiigt;' X^iâEglifr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deppendent de vollre auôloriré amp;nbsp;de vos Courts Souug:aines.Comme auffi il
aliénez par plaira nous alfilleraux treshumblcsfuplicatiôs quâil faudra prelentcr à nollrcS.PerelePapfâ IcKoy. fautorité duquel nous voulôs côferuerzPour ceft effet lent Députez 4.de Meffieurs lesEud' ques amp;nbsp;ai^c ceux de vollre Cofcil qui ont cell hóneut dâellre appeliez à celle dignité.Iâ' quels fè retireront à Paris amp;nbsp;là mettront en efcrit tous les moiens pour faire deniers dontiW^ ' pourront auiler. Et enuoierons des coppies par tous les Diocelès à celle fin que chacun choi' fiftè de plufieurs expediâs,celuy quâil trouuera pour Ibn regard le plus cômode.Et en ajoullct dâautres fil luy en auient quelque auis. Et par ainfi que chacun dâvn accord trauaille à amaflci celle fomme le plus proptemêtque faire ce pourra.Ceîerafil plaill à vollre Majellé,Sire,31a fcuUcfqud charge de 2. chofes.La premiere que vous nous maintiendrez en Paix amp;nbsp;nous ferez jouir du les ils veu- bien dâicelle en la cueillette ôc perceptiô de nos biés,de nos droits amp;nbsp;de nos prcuillcges.LâaU' li quot;lc*Roy ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gens de guerre ne cou rront nây atenteront fur nos terrcs,nos meubles amp;nbsp;autres
. ' bienszLes degallans à faute de difcipline militaire côme ils ont fait par cy deuant. Car à faute de ces deux points ou de fvn tant fculenKntdmpolfible nous feroit à nollre grâd regret fournir ladite fomme amp;nbsp;mettre en execution la bonne volonté que nousenauons .Nousfçauons blé,Sire,que ce prefent ell trqip plus petit que ne merite vollre grâdeur,vollrc vertu amp;nbsp;le bie que leClergéà receu de vous.Maiscâell ceqncnous pouuôsamp;plus.Quepleull à Diciiqut Reconoif. peuffiôs dauatage affin que mieux conneuffiez nollre bon cÅur,qui nous à fait encores lance que palfer plus Outre.Car voiât que Monficur vollre frere en la force de vollre bras amp;nbsp;fous vofltî ih4ucs*^ toin ficureufe côduitc : i bataillé |^s batailles de Dieu amp;nbsp;dâvn ardent zelle dont on fa veu tousjours au mente brufler pour lâhonneur de Dieu amp;nbsp;la deffènee de fon Eglilê : Sans jamais fe laffer de là forte amp;nbsp;dc'X * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mainzapres tant dânées amp;nbsp;trauaux mill fous vollre marchepied tous vos ennemis
dex^oiogne. côjurez côtrc Dieu amp;nbsp;vollre Royaume.Et que Dieu non moins rémunérateur des bics faits, que végeur demal faits,apres vous auoir rcllitué vollre Courônezluy en a miraculeiifcment, diuinement,amp; comme du Ciel enuoié vn autrezloier amp;nbsp;guerdon de fà foy,de fon zclle vertu, accroiffant la vollre dâvn autre Chrellien grand sTfloriffant Royaume. Car vous elles intfots
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rilefmes chair, mclmes os, amp;c melmes läng. Et remplilîèz îvniuers de vos loüanges 8c merites De maniéré quâil lèmble que vous affujettiffât les deux extremitez de la Chrellienté: Ils veu: let tout réduire lotis vollrc Empire,pour le moins lous le rcfpeét de vollre Åil 8c amitié.Nous ne voulons cllrc fi ingrats quâil parte dâicylânsaélion de graces,lâns recônoilîà nce de les me- f rites,fans quelque tefmoignage de nous vos bôs 8c fidelles fiij»rs,fâs quelque guerdon dâhon- -neur. Permettez nous donCjSircjque du vollre (car tout cil à vous) nous luy falfions outre amp;nbsp;par deffus ladite lômme,jufques à huit cens mil Francs pour luy prefenter auant quâil lè de-^ que le^cier»' pane dâauec vous.Si nous ne pouuons le tout,à tout le moins vne partie 8c puis lautre par let*-tres dâclchange ou autrement.Quand en bonne ûnté, heur 8c félicité fuiui de bonnes pricresj Royde^o* fouhaitsSc acclamations de vos peuples pour là bonne là nté 8c prolperité: il lèra paruenu au Royaume que Dieu luy à manifellement donné.Ce nâell pas tout,Sire.Nous vous voiilôs fah re encotes vh autre prelent tel que fill Hellas au Roy Ion Maiftre.Ãn colFretant les threlbrs du Temple pour luy offrir tout cc quâil trouueroitdl rencontra vn liure tout poudreux amp;nbsp;moyfi. G'clloitleDeuteronomc qui ell vne ample declaration de toute la Loy de Dieu. Ce liure a-^ uoit eile long temps inconnu amp;nbsp;ne fauoit^eu^ny leu ny lacrilficatcur ny polfible homme qui vefquill: le bailla à Saphan Chancellier qui le le uil luy cnchargea lâemporter au Roy. Suppliant fa Majellc le vouloir lire. Ce que le Roy fill apres que Ion luy cull prefenrc. Et apres fauoirleu: cesparollçs furent adreffées autant au Roy comme aux fujets * Si tu obeys à la voix du Seigneur ton Dieu en gardant amp;nbsp;failânt tous ces commandemcns lefquels il te commande aujourdâhuy: Lors le Seigneur Dieu te conllituera le Souucrain fur toutes les Nations de la terre. Tu feras benilt en la ville amp;nbsp;pareillement aux champs, le fru it de ton belliail Æ le fruiôl de tes vacjics amp;nbsp;le fruid de tes trouppeaux amp;nbsp;brebis: le Seigneur Dieu touurira Ibn bo trclôr du Ciel afin quâil done pluye fur la terre en lôn temps.Et quâil benilïè toutes les Åuures de tes mains. Au contraire fi tu nâobeys, viendront fur toy toutes ces malediélions 8c te lâifiront* Tu lêras maudit en la Cité 8c pareillemét maudit aux champs,Maudit fera le fruit de-ton vem trcjle fruiôl de ta terre,le^ruiél de tes vaches8c de tes brebis.Le Seigneur Dieu tâenuoiera ma-lediélion 8c trouble julques à ce quâil Lait fait périr. Le Ciel lèra dâærain 8c la terre de fer en lieudepluye tu nâauras que la poudre 8c de la cendre: Dieu te fera tresbucher devant tes.Ennemis. Ta charogne lèra viande aux oifeaux du Ciel 8c autres plus grandes menaffes 8c horribles qui font elcrites en ce palïà ge. Il rompit ces habillcmens, commença à plorer, demanda Confeil à Dieu de tout cc quâil auoit affaire. Et toll apres manda tous les Sacrificateurs 8c Anciens delôn Royaume: fill vne belle Procclfion allant de lôn Pallais auTemplannec eux, amp;nbsp;tout fon peuple apres. Fit lire haut Scclair tout le côtenu en ce liure.Fill jurer tout le monde de garder 8c oblèruer inuiolablcment tout ce qui elloit commandé : p unill 8c chalïà tous ceux qui nây vouloient obeyr, achcua 8c nettoia lôn Royaume de maniéré quâil full aime de Dieu amp;nbsp;régna heurculèment tclpace de trente vn an. Età caulède cela furent les menalïès defquelles Dieu fauoit menacé luy 8c fon peuplé :dellournées'i de lôn regne 8c différées par long temps apres. Cc Liure,Sire, que nous auons trouué parmy les threfors delEglilè: Et lequel à limitation de Helias nous vous prelèntons aujourdâhuy pour lire câell le liure delà Loy des commandemés de Dieu 8c de fa Sainte Eglifc 8c des Saints Canons 8c Concilies où c(t déclaré la volonté de Dieu. Alice promeffes à ceux qui y obeyront, de polleritédc tous biens 8c menaces horribles à ceux qui y contreuiendront. Ce liure à ellé long temps en pou- clergé fait dreamp; comme. Sile»t leges inter arma Xç.^ Loixtreuuentfilence entre les armes : aulfi nâa on tenu compte de ce liure. Ce nâa ellé vollre f3ute,Sirc,maisenà ellé caulè la milère du temps JesCom-Scfoccafionquefonnâyaprcueufur vollre jeuneffe. Età vraydirc vne bonne partie delà mandemés faute tnmbé fur nous autres Ecclefiallicques qui auons négligé la ïefidence, melprifé la pre-dication 8c dclaiffc le deuoir dont nous lômmes obligez en nos trouppeaux. Nous vous pre- Eccielîaftks fentons aujourdâhuy ce liure. Aidez nous,Sirc,à le nettoier 8c mÿtre en vfage. Vous fupphant Aucrdflc-Ic vouloir premièrement lire 8c oblèruer de point en point fans feintilè. Ellant dclplailânt à *1â bon efeient de ne fauoir plulloll ainfifait. Et puis apres le faire enlèigner;8cgarderà tout RtVch«-voilre peuple par tout vollre Royaume: allant le premier à la proceflion, par bonne exemple, !=Æ p*â»'' Et prenant du tout ConlcilaiiecDicu8cauec les plus Catholiques 8c fidelles lè^iiteurs de voftrcCouronne.âpour acheminer 8c faciliter cc bel Åuure.Mefficurs les Députez rcceuront à Paris de toutespars, les plaintes 8c doléances de tous ceux du Clergé: mettront pat memoi*
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res amp;nbsp;articles ce qui appartiedra à la reformatio. Pour puis apres en eftrefous lantorité du Pere rclôlu amp;nbsp;ordonné. Et pource que de finftitution amp;nbsp;education de la jeuneflè deppend bonne ou mauuailc vie des fujets : Aidez nous, Sire, à refformer toutes les Vniuerfitez^ dond^Vni Royaume amp;nbsp;Ipeciallement celle de Paris. Nous auons prié Monfieurle Cardinâ!^, . Herfitez, Bourbô qui eft côlcruateur de» priuileges Apoftolicques,Melfieurs i'Euefque de la Vaut,
à autresfois efté leéfeur, ÃEuelque dâAuxeerre,voftregrand AumolhierjfEuelque dâAngt®^ voftre Confelfèur qui entend fort bien cela, dây vouloir vacquer auec tels de voftre Court 0® Parlement quâil vous plaira députer. Car nous ne le pouuons faire là ns voftre autçritényl^ vos lettres amp;nbsp;intercelfion à no lire là int pere le Pape: pour fu rce depefeher là commilTiô.C «* ⢠pourvue bonne Åuure amp;c pour rendre plus ailée la ledure amp;nbsp;excellence de ce beau liiire duquel nous vous failôns prelènt.Si ainfî faites tout cela,comme nous vous requérons, SirejVOquot;â deftournerez de voftre Chef amp;nbsp;de celuy de vos enfà nsjtoutes les menaftès que Dieu en extr«' me rigueur a faites efdits là ints liures.Vous deliurerez amp;nbsp;affranchirez voftre peuple de la v«®' / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;geancede la main de Dieu j vous adoucirez le Ciel, vous amolirez la terre: vous conferuet«^
fâf à vousamp;à voftrepofteritécefleurilfant amp;beau Royaumc.Vous pfolperercz,fous lafaucpt decepuillà nt amp;nbsp;bon Dieu.Vous aurez en paix amp;nbsp;repos abondance de tous biens. Vous fet®^ vraiement pere des fidelles, pere de la Religion, pere de la patrie reluifont amp;nbsp;autant renom*^® que Abrahâ.-plus glorieux que Iozias,plus digne du nô Trcs-chrefticn que pas vn de vos pt®' decelïcurs.Câeft,Sire,ralegreire de voftre Clergé que jâay charge de vous faire entédre.C^ - îaélion de graces de laquelle je me fuis chargé vous remercier. Câeft le petit prelèntqu«P!' de leur part à vous offrir. Nous vous fuplions tref humblement,Sire,vouloir prendre!« en gré amp;nbsp;en bonne part: Commefortant dâvne bonne,entiere amp;nbsp;affeélionnée voloqtéde obéir amp;lèruir comme vos tref humbles amp;nbsp;trefobeïlfans lèruireurs,Orateurs amp;nbsp;fujets tels q^® nous délirons eftre tousjours eftimez amp;nbsp;tenuz de votre Majefté. Priant Dieu, pour leurfu^â ccz amp;nbsp;profperité de votre perfonne amp;nbsp;de tous les vôtres de votrcRoyaume amp;de vos affaires®
me recommandant trcf-humblement à voftre bonne grace. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
re pourJuy demander plus grand fecours. .
La Royne dâAngleterre mal contente cotre le Comte
V O V s auez veu cy douant les deflèins du Comte de Montgommery, pour (ccourir^^ Rochcllois amp;nbsp;les exploits de fbn armée, aucc la conquefte de Belle-Ifle, puis comme il donna de iês vaifleaux. Maintenant je vous diray le furplus. BelIe-Ifle prilè, Languillierpâi^^ le vintfixiéme Auril pour aller en. Angleterre recercherla Royne deplus grand fecours-languillier Mais agité des vcnts merueilleiix amp;nbsp;tempeftes extraordinaires: fut contraint relafcherà ûiâ*' va treuucr Yucs, afl» près du cap de Cornouaille, dâoù en May il fachemina pour raconter le fuccez dâAngkter- toutc Icntreprilè à la Roinc, laquelle il fupplia de leur odroicr plus grand ScaflèuréfecoUââ que celuy quâils auoient mené. Mais elle, foit quâelle feuft pouflee dâvn bon Sgt;i. non feint voU' loir vers la fleur de Lys : Soit que defêfperant de ce que les réfugiez luy auoient promis:«!!® ne fè fentift alfez forte pour efpoiifcr leur party. Ou quâelle ne peniâft raifonable nây expeHiet encor quelle çn euft la volonté de centreuenir à la Ligue faite auec la Couronne de Franc«: tje leur donna autre refponce que de mal contentement. Non feulement de ce que le Comte auoit tiré aucuns de lès fu jets à Ibn parti. Mais fur tout pour aiioir ûnslôn congé expr«sat' boré le pauillon dâAngleterre au plus haut de les Nauires.Dont elle donnoit aparcnce à fexe-ple des Princes de ce fiecle: de ne le fafeher pas tant des deflcinsamp; progrez de lâentrcprifc, qW HcMontgô- de la malheureufeexccutiondâicellerà laquelle lêmbloit la croix rouge dâAngleterre nâauoK Å^agnSs ^cccu quâinfamie pour le peu de faueur quâelle y auroitaporté. Au furplus refpondoità cc quâon luy mettoit auant: quâille ne trouuoit cftrange la fin de telle entreprilê : tant pour«« quâelle auoit efté fi ûintement conceuë amp;nbsp;deuotemét encommencée pour maintenir la gloir« de Dieu ,1e repos du pays amp;nbsp;la liberté de cÃlcience à tous leurs frétés Piançois:que pour la variable inconftance déroutes choies humaines auiquellcs Dieu amp;nbsp;la nature ne veulent ordinairement permettee que lej^hommes voire les plus auiiêz, donnent tousjours heureufe fin -Quelle nâeftoit point ignorante des moiensquele Comte amp;ccux quâil auoit choifiz pom f effet de ion deflein,y auoient tenuz. Et comme à Lapetit dâvn fimple raport ils feftoiét iêqucf trez de ceux q ui luy euifét dôné la viéfoire en main.Mais le falchoit plus du bruit que les pro miers de Ãarmée en failôiêt courir,qiiâelle leur auoit promis toute aflîftace en cas que leur dâ treprinfe Ibrtifl: quelque heureux effet: melmemctfils entroient à la Rochelle. Et fur tout de ce que lès bannières auoient efté corne proftituéés en derifion Sc inocquerie: non fculem«â'' aux
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aux François,mais à tous ceux qui entSdront les nouucllcs de cefte legiere entreprifè. Et à ce quâon luy propofoit que fi elle ne vouloir auoir cfgard au deuoir de charité qui lui comâdoit de fecourir lès frères faifà nt profeflion de meime Religiô quâelle,qui auoit autresfois efté per-iècutée pour mefnic fait:du moins-elle euft quelque efgard au proffit de fbn Royaume.Quâel* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
le ne laifTafi perdre vne fi belle occafion tant dâenrichir fbn paft que de nuire perpétuellement a tousfes ennemis.QiToutrc le proffit,thonneu rfy obligeoit deux feules fins que tousfê pro-pofenten toutes leurs aéfions. Mais quâicelle abandonnée auec le proffit tout îhoneur quâac* quirent oneques les Anglois pour le fait de mer, fê perdoit vers les Nations eflranges, auffi toft que chacun auroit entendu que pour fi peu ou du tout nulle occafion, elle auroit û légèrement abandonné fesfreres. Fit refponce que quand bien elle auroit volonté de rompre la Confederation faite auec fon bon frere le Roy de France: quâelle y eftoit fi mal difpofee amp;nbsp;les occafions qui fy prefêntoient fi petites : quâelle nâeftoit aucunement dejiberée de declarer h guerre ne fe porter ennemie des François. Partant leur aiant fait entendre quelle nâeftimoit pas tant le parti du Comteamp;fèsfauoris que duRoy de France auedequel clJcauoit juré Ligue,fraternité amp;nbsp;perpétuelle alliance amp;nbsp;confederation contre tous : leur donna belle occafion denâefperer aucun moien de ce pais. Si que le Comte trois fèmaines apres la prifè de cere comte placcjfâns fecours menacé de cinequante voilles que Mcmfieur preparoit à fa ruine.Apres Je MontgS. auoir defnué le fort de toutes munitions, bruflé le logis,amp; tiré tout ce quâil peut de f Ifle tant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L fct
en argent efgallé par chacune parroiflèzquâen fruits amp;nbsp;autres émolumensidefplaça pour fê re- vaificaux tirer à îIfledâVvich, dâoù il depefeha en Court pourfçauoir fi fà venue amp;nbsp;ÿtraitte en ce Ro-yaumeferoitagréable à fâ Majefté. Laquelleluifit telle refponce comme fi fort fafehée de fà detous cof-difgrace -.elle en attribuaft la faute à lui plus quâaux autres. Occafion quâil renuoyffon fils le Capitaine Lorge pour faire tant que fbn fêjour ne fuft ennuieux ni à elle ni à aucun de fbn Bcllc4fle. Côlèil .Ce quâon luy accorda amp;nbsp;apres auoir tiré argent des Canons, fruits amp;nbsp;autres prouifiôs Le Com te tâtdcBclle-Ifle que du cinquième quâil prenoit de toutes les prifès que les François faifbient
fur la mer combatant po*ir la Caufê amp;nbsp;en fbn aueu: il fe retira fur le commencement du mois receu en An de luillet à Vdinton en Cornoaille lieu apartciaant à fbn beau frere Châpernon Vicâamiral de CCScoftes:apres auoir enuoié le Capitaine Lorgefbn fils auec quatre cens harquebuziers au
fecours du Prince dâOrenge,qui auoit bien affaire dâhommes tant pour rafrechir amp;nbsp;auitaillcr âé des enfas Acrlemprefque réduite au defefpoir: que pour faire tefte à trois mil cinq quâEfpagnols
quâItaliés vieux fbldats des Garnifbns dâItalievenuz auec 500, cheuaux Italics au fecours du mX?qua-^ Duc dâAllie qui tenoit tousjours le fiege deuat Aerlem fbus fon fils,ChiapinVitelly amp;nbsp;autres âc cens hac Chefs Catholiques. Les Capitaines Pajet, Maifon-Fleur dit fHuillier Parifien, Cateuille 5c prMccztTt autres Chefs,y furet auffi auec ce quâtls peurent leuer dâharquebuziers Francez corne je vous flours du dirayailleurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
S V R le commencement de ce mois, Monficurenuoia le Comte de Rets Ambafïadeur Hoüandc. vers la Roine dâAngleterre : lequel bien accompagnéamp;foumi de toutes chofês rtquifês pour May i y 7^. fornemét de fon train: furpaflà aifément la magnificence de tous les Ambaflà deursprecedens.
Car outre ce que les autres fê moicnnent de fingulier pour rendre leur charge ren^rquable: il fit porter de France en Angleterre tout ce qui lui eftoit propre à fbn boire, manger amp;nbsp;agencement de maifon. Ce que les Anglez eftimerent fort : jugeans cela vne vraye magnificence Realie. Laquelle prenant tout defby,veut montrer quâelle nâa befbin dâautrui,pour dépendre tantfoit peu dâvne libéralité cftrangere. Tels eftoient les premiers 5c plus excellens Ambafiâ-deurs des Nations Grecque 8c Romaine deuant quâils fufïênÃn charge 8c ennüy à ceux vers Jefquels ils efloientenuoiez. Si jaloux au refte de lâhonneur de leurs Maiftres: quâils faifbient confcience de receuoir aucun prelênt fi Ion ne prenoit le refus en mauuaifê part: afïêurez que Ambafla-corame de receuoir tout cfl vn tefmoicrnage de grande auarice ; 8c au rebours refufêr tout de ^'ârsamp;kur Barbarie 8c dâinciuilité: Auffi tenoient ils le moien qui ne prejq^icioità la grandeur de ceux qui les euuoioict. Et ne defplaifbit à ceux qui péfbint par là reconoitre le merite de leurs ver- fens sâils doî tus. Bien eflongnez du naturel de ceux qui ne briguent leurs charges que pour fy enrichir 8c fouuent au mefpris 8c defauantage de leur Mà îftre. Il y eftoit enuoyé à deux fins pyncipalles.
La premiere pour détourner la Roine de fecourir lesRochellois.La deuxieme pour la defpcr-fuader ce que les Proteftans y réfugiez lui auoient fait entendre de la grandciirSc inouïe cruauté des malfacres Francez. Commâelle feeut fbn arriuée à Douure : bien quâelle feuft fur le
V II iiiij.
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poinâ: de faire la vifite amp;nbsp;pourmenade par lôn Royaume quâils appelentProgrez de la RoinC quelle cft couftumicic de faire tous les ans. Eftant à Grenovvich fur la Tamiie à 'deux Londresjclle lui alla au deuant versDouure.Où dâarriuée il fê feeut fi dextrement porter qui* lui perfuada le premier point,auquel dâailleurs elle nâçftoit pas trop affeóiiónce .Non quecc' la vint de fon naturelamp;proprc mou uemét. Ains gagnée par les raifons quâaucuns de fbn CoÃ' feil que les Proteftans appelloient penfionnaires de Fra^ice, lui mettoient de jour à autre devant les yeux. Trois principallement.Lâalliance fi Iblcnnellement jurée entre elle SeleRfy de France fon beau frere,de fentrefecourir entiers tousamp;contre tous iâns aucun excepterq«* ne feuft par auant leurs alliez. Le dangereux exemple quâelle donneroit à iès fujets amp;nbsp;autres eftrâgers fi elle iccourdit lesFracez rebelles à lcurPrincc;de fe reuoltcr à pareille ou pour aÃ'
RaiÃspour â^^^occafio c5treleMagiftrat,queDieu nâeftablifl; que pour eftrchonoré amp;obey cômelevray Jcfquellcsia image de fon autoritéamp;puifl'ance Diuine. Puis finconuenient des guerres qui en fourdroie«' V*quot;rre ^orrc elle amp;(. le Roy de Francciquâclle doit juger plus puiflant que lors que les Angîez dcfperfua- par les Bourguignons,Bretonsamp;Nauarroisjdonnerent tant dâafiaires au Royaume deFranfC) rf/lMPro°â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoient dâailleurs prefquc le tiers en dÃgt;it dâheritâge fuccelfif 8gt;i. paifible nomWC'
îeilansFX uncnt la Gafeongne, Guienne, Saintonge, Poitou amp;nbsp;cartiers vÅfins : de la faneur de tous lö' quels elle fo voit exclufe maintenant appellée feulement par vne petite troupe de bannis.^' quels outre ce qui leureft comun auec tous les autres de promettre tout Sefeiemmant piÃâ quâils ne peu uent tenir, pour inciter vn Prince eftrangerà les remettre en leurs biens .'lij auoit grande aparence que fi par quelque accidentia Paix fo faifoit en Franceitoutes Icslof' ces duRoyaume ne fo tournafient contre elle,à qui ces refugiez nâont jamais voulu prcinctif ville ny pkicc de retraitte pour fi accommoder.
P O V R le regard du jour de foint Barthelemy. Il kiy ofta du cerueau beaucoup de perlÃ^â néVdeî^nt quâellc feftoit fantafiée par le raport des premiers: nomméement apres quâil euft au long Barthélemy difoouru, que pour auoir eu lâAmiral telle fuitte en fa demeure à la Court amp;nbsp;par toute la ce: quâil eftoit fins comparaifen mieux accompagné que le Roy qgefme: amp;quc paroiflÃÃ^ ainfi plus grand que fon Maifi:rc:lc Roy,nâauoit peu fuporter en luy, ce quâelleR oynenepcquot;'quot; roit trouuer bon en la perfonne dâaucun de ces Millordz. Que cou me fambition à toiisjoÃ'â cfté la plus dangereufo pefte de la focieté humaine.âAinfi les plus aparens en vn £ftat,ai à quâilsfo font veuz fauorifoz de plus de moiens que leurs femblables ou ce mpagnons:au lien de fêtretenir en ceft auantage amp;nbsp;femploier au proffit amp;nbsp;auancement de ltfiat:ils ont afpiré à la^uueraineté dâiceluy.Tel à tousjours efté le naturel des homes: ambitieux méode monter côme par degrez au fommet dâhonneur fans ce côtenter de raifon: amp;nbsp;moins cÃâ cor bien balencer les moiens quâils doiuent tenir à tel avancement. Occafion que les vns font tombez dés le commencement, les autres dés le mitan de leur courfo amp;nbsp;aucuns du plus baÃ! tat sâenfont nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;premiers.AinfiPififtrate renuerfa lEftat populaire des Athe-
faitPrinces, niés pour en faire fo principauté.Nabis enSparte.Agatoclcamp;Denis enSicille.Par mefmcmoi« Sillafe voiât afiifté de gés de guerre, couertitfEftatAriftocratic amp;nbsp;popullaire des Romains en purcTirannie fous le gracieux voille de Diélature,laquelle finie parfo volôtaire defmilfionamp; retournée à fo premiere forme: fut long temps agitée par les vês ambitieux de Pompée amp;nbsp;Ce-
çcis.
Ambirion la pelle des EÃats
Comme les puidà ns en chacun Ef-
VCurpation de la Couronne de Frâce.
for:Ceftuylapourne voulloir de pareil ny compagnon en lEftat: Sccefiiiycy ne pouiiant fouffrirvnfiipcrieur:emploierent toutes les forces que le pais leurauoit donné pour jouet à boute hors. Auquel Pompée eftant mort:Cefar,vfurpant le titre deDiéiateur fo fit le premier Monarque des Romains: Le Rny monMaiftre auoit des exemples plus vÅfins amp;nbsp;particuliers que ceux là -,pour fe garder de la.trop grande puiflà nce de lâAmiral. Car il auoit appris queh feneantifo des premiers Rois, auoit donné trop dâoccafions aux Pepins les plus ambitieux de leur temps, dâafpirer à la Couronne quâils vfurperent en fin. Sur lefquels auflî amp;nbsp;parla faueÃt dâvnc fi longuefuitte de tant de Nobles amp;nbsp;autres deuotieux auxCapetz: La CouronneFran-ceze changea dâheritiers amp;nbsp;Je race: de laquelle ceux de Vallois font defcendiiz. MaiseeÃX qui vertueufoment puiftà ns, nefedeftournent delà raifon,vfont de leur creance amp;nbsp;autroitél
fauancementdu public plus quâà leur particulier: Comme fit Thefoc entre les Athéniens,0â faucu-r desquels apres Icurauoir cftabli vne forme de Gouuernement popullaire meillciiÃ^ pluspuiflas. que celle dont chacune bourgade vfoit à part: il fo depofo du nom amp;nbsp;puifiancejde Roy quâils luy auoient donné, pour viure plus paifiblement auec eux.'Vne logt;ngue fuitte dâannées apteâ
Eftats des
LIVRE TREN T E QJ/A T R lEME. i^o. j
fe rctroiiuans embrouillez de leditions ils donnèrent toute puiflà nccà Solon de reformer fE-ftat: à la fouuerai neté duquel il feuft aifement paruenu fil euft creu le Confêil de lès amis les plus piiilTans dâAthenes. Mais voulant praricquer au proffit du pais, le tiltre de fà ge que le merite de lès vertus lui auoient acquis par toute la Grece : il ne voulut aucunement enjamber fur la liberté du peuple : ains en auoir reformé fellat, il iftourut depuis aimé de tous les Athéniens amp;nbsp;renommé par tous les Grecs comme fvn des plus excellens perfonnages que la Grece porta jamais. La France non plus, nâa jamais efté delpourueuë de bons ni demauuais â ' exemples. Car comme Charles Martel euft toute la puiffà nce des Francez entre main : reco-Hu le plus fage amp;nbsp;vaillant de tous les Seigneurs du Royaume, auquel les Rois nâelloicnt lors eilimcz non plus que femmesâ.(pour auoir trop dementi la genereufè vertu de leurs deuan-ciers:) ite voulut jamais touteffois accepter la Couronne que la plufpart de (es amis lui con-feilloient de prandre. Aimant mieux commander aux Roys, que de lâcftrc auec telles incom-moditez qui les fuiuét dâordinaire.Mais tels exsples font rares. Etfè treuuent plus de ces puil^ fans Seigneurs qui emploient leurs moiens à fagrandir amp;nbsp;fè moienner vne fouueraincté fur le refte : quâà (entretenir en leur premiere condition, pour loüable quâelle foit. Occafîon que plufieurs confiderans les inconueniens de cete Ambition,portce par fautorité dâvne fi grande puiffancety ont voulu obuier par moiens pluftoft que fe fier à la vertu de ces puiflà nsCitoiens quelque apparére quâelle feuli.Laquelle à vrai dire eft ordinairemér,finô mifo basôi terrafTée: du moinscouucrte amp;nbsp;oblcurcie fi long temps par ces venteux^nuages dâAmbitionrquâelle eft de peu de fruit à tout Eftat. Sur tousles Athéniens femblent y auoir mieux pourueu par vne inftitutiun politique laquelle ils nômerent Oftracifine. Qui eftoit vne forme de banniffèmêt pour vn temps; duquel eftoient poinfuiuiz, les plus vertueux amp;nbsp;plus puiflà ns qui feuffent en Lespft» la ville. Crainte que par leur Eloquence amp;nbsp;telle autre force dâElprit: par leur gloire creance vertuquot;« Æ amp;nbsp;renômée:ou par leurs richeffes amp;nbsp;autres tels puilfâs moiës,ils ne flcchilfcf le cÅur du peu- ai«»». pie à direamp; faire ce quâil leur plairoir.Mcfines on lit queDamô précepteur de Pericle fut ban-nifeiilement pource (^i^ilfembloit au commun peuple quâil feuft trop fage. Ainfi fut banni Atiftide par ce peuple defguilà nt fenuie quâil portoit à (â gloire en fappellant crainte de tyrannie. Car cete maniéré de banniffement qui fappellc Oftracifine,nâeftoit point vne puniti- Qf^racifme on ordonnée pour aucun crime : ains, difoit-on,(pour lui donner honnefte couuerture:) que des Athe-câeftoit (èulemcnt vn rabais amp;nbsp;diminution dâautorité trop grande amp;nbsp;dâvne puilfance trop ex-ceHiue pour vn Eftat de chofè publique amp;nbsp;populaire. Mais à la vérité ce nâeftoit autre chofe quâvn moien de contenter doucement amp;nbsp;gracieufement fenuie que le peuple conÃuoit contre quelque particulier : leâquel ne delploioit fà malueillance que contre celui dont la grandeur lui fafehaft en aucun mal irreparable : Mais pource que telle fi eminentes autoritez amp;nbsp;puiflà nces fentretiennent en vn Eftat Royal par vn lien plus roide amp;nbsp;affeuré quâau populaire.
Voire que le banniffement nâa pour le jourdâhui telle force quâen Athenes.Mefmemcnt pour ce quâils bannilToient les plus excellens dâeux, alors quâils voioient leur gloire amp;nbsp;puifTance feulement commencer à croiftrcamp;s grandir au prejudice du public ; amp;nbsp;que ùutorité amp;: puif^ BannitTe-fancedefAmiral eftoit jatouteformée commeparuenuëauprefque dernierdegrgdefhon- mcntdâA-neur auquel on craignoit quâil tendift. Le Roy futconfeillé de lui coupperles racines de (à grandeur. Et de mefine main esbranchcr ce quâelles auoient ja poufle hors terre. Ce quâil ju- peut eftré geoitne pouuoir faire plus feurement que par la mort de celui, la faueurSc moiens duquel oâeftoient que trop foupçonnezpar tout le Royaume. Surquoy comme la Roineiè feuft en-S^ife pour quelle raifon doneques tant dâautres François nonftoulpables de cete ambitionSc d autres du tout infuffifans à porter armes, auoient efté compris amp;nbsp;cnlcuelis en mefine milère: telpondit quâil nâyauoit le quart des morts quâon lui auoit raporté dont il fen alTeura fur (a Foy.Et mefmes requit fon Ambaftà deur deVual Singhan qui pour lors eftoit à Paris pour en rendre tefmoignage à fa Majefté . Voire que le Roy auoit gorré vn grand regret amp;nbsp;mer-ueilleux defplaifir de ceux qui eftoient decedez plus par lâaueuglée fureur dâvne populace cfchauffécontrâeux : pource quâon les difoit auoir confpiré contre le Roy Sefes frétés ; que pat commandement ni tant foit petit aueu de là Majefté. Somme que la Roine dg moins en apparence, fatiffaite par le rapport du Comte : retourna peu apres à Grennuvich accompagnée de îAmbalTadeur Francois.Lcquel (c porta fi dextrement en fà charge ; quâelle a depuis
dit
-ocr page 326-LâHgt;PSTOIRE' DE FRANCE.
dit amp;nbsp;feit conoitre à pluficnrs quâelle fen contentoit fort. Quelque temps apres Ie Prcfià nt de Tours fut depefché vers la Royne^pour la prier de permettre que la Koine dâEfcoHè Marie Stuard retenue en Angleterre : feuft vifitée afin de la confoler.Etvoir deparfaMajeftccc dont elle auroit affaire pour lui fuuenir en fes neceffitcz : ce qui fut fait fur la fin de luin.
mois de May les Proteftans de Picardie, Champagne amp;nbsp;Bourgongne foifens lencif-tient ^hoi- bre de deux cens tant à pied quâà cheual : entreprindrent fur quelques places de BafrignyO feul cnBaf- faueiit dcs intelligences quâils y praticquerent. De fait ils prindrent Choifcul,chaftcau fort-Mais pour n'cftrc fécondez amp;nbsp;fecourus de prouifions par ceux qui les auoient mis en befon-gne,amp; autres qui leur auoient juré fccours ; ils furent foudain airiegez,amp; en fin forcez à qiH' ter la place. Vne pairie fc fâuua fubtillcmcnt : les autres furent pris par compofition ; aucuns tuez amp;nbsp;les prifônniers relafchcz aucc le temps.
Vo I L.A doneques en femme, ce que je vous veux dire pour le coup ; dclEftat
1 de France, Pologne amp;nbsp;Angleterre. Maintenant je veux entrer en propos des ' accidens encor plus remarquables, du moins plus plaifà ns que tousles j, - I ' / pafïèz j fi vous mâe preftez fouie amp;nbsp;fa veuë, auffi fauorable que jevons ay fait les fraiz, le temps amp;nbsp;partie demonaage
. â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour les recueillir amp;nbsp;difpofèr par telle Tra-
⢠ditiue que vous verrez au liurc
f ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fuiuant.
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Du Trentecmquiéme Liure.
Mî nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;des Catholiques contre les T^ochelloU, Suitte de la négociation de ^Pologne, far ^eande
Monluc pour faire eflire tJ^onfieur'P^y de Tologne,auec la premiereder fécondé harengue d'iceluy aux Sflats, quot;Priutleges des 'Polaques (p- t'offre de rt^fmbaffadeur fur iceux. Diuifions, neceffitez. tnalcontentetnens commencent à fimonflrer en t^rmée Catholique deuant la Ttpchelle .Sortie des ^ljiegtt.,^ffdut G entrai.Zlille PPeufuefùrpriffffcr les Catholiques. Efiat de Langitedo nbsp;nbsp;Dauphiné qui enuoiet
'^^^^^herffcours en Allemagme contre les Catholiques. Pourfînttesquefditlet.^arefchald'oy/tmille contre eux ptit armes par firme de fufiice. Monhrun fe declare çp- p^end les ..Prmes auec les Proteélans.iJ^onffeur le Duc d.riniou eÃeu nbsp;nbsp;oy de T^ologne; auec les demandes des Poloneis dPquot; reff onces des v^mbaffadeurs. Efforts de
t Armee Catholique contre Sancerre qui demande ffcours de tous cofiel^ Treues fùiutes dâvne T^aix fitite en quot;^uin oAdil cinq censfeptante trois deuant la'R.ochelle enlaquelleSancerrenâeff compriff dp-pourquoy. Effrange famine de Sanctrre. Députez, en Court pour les réfugiez en nAtngleterrepour la négociation de la Paix. Edit de Paix.
F F I N de continuer le fiege de la Rochelle. Le vint quatrième les Catholiques rccomancerent leur batterie qui dura julques à neuf heu-res de fauant-dilhée: laquelle ceflee ceux de la ville aians contreminé Ibusle Bouleuard de tEuangille amp;nbsp;yauoirmis le feu, firent creuerla mine des Catholiques auec peu de dommage neâtmoins pource quâils nây auoient mis allez de poudre.Les Parlements toutesfois continuoiét tousjours, le failâns de jour à autre quelqueouuerture de bqpne condition pendant que les Canonades,coups dâharquebuz amp;nbsp;feux artificiels le pratiquoient dâvn amp;nbsp;dâautrecoftéau dommage des plus malheureux. Sur lefoir du vint cinquiéme,lcs Catholiques mirent le feu à la mine duBouleuard de fEuangille quâils auoient plus auancée que lâautre, pour la faire lauter en melme inftant que leur Canon joüoit. Mais la terre tomba à quartier. Occafion que tant de gens ne moururent que fi elle euft autremét joüé.Les Catholiques toutesfois fejetans des tranchées aux follèzimonterent brauement au rauclin où ils furent rc-poulfez par trois fois amp;nbsp;y furent blellêz quelques vnsde nom.Dâautre collé le Comte du Lude fit auancer nombre decuirallèspourlbulleiîirfes harquebuziers à la porte faiift Nicolas: où ils furent fi refolument que palïà ns la contre-clcarpc, gangnerent le folié dâoù en fin ils furent chaflèz auec peu de perte des leurs. Cependant on ne cclloit pas aux autres endroits zains Effort à s, trauailloient les Catholiques lâns celïè à miner la villc,pour contregarder leurs lôldats qui ne Nicolas, fepouuoient que perdre combatant à ddcouuett.Ainfifirenj^omber le coin du Bouleuard de ÃEuangille quâils auoient ja prelque tout miné. Toutesfois lesaflîegez fen elloient retirez amp;nây perdirent vn lêul homme.Mais il en demeura quelque vintaine à feffortquâils firent apres que la mine eut joüé amp;nbsp;nombre de Catholiqucs.Lelquels conçurent le peu dâauantage des mines, en ce qu'elles lailïcntprefquc tousjours des flancs de la terre quâelles leuentaux Mines ne deux collez: riere lefquels lesaflîegez faccommodans lôudlîn aueclacs pleins de terre, fcfuentdc barriques amp;nbsp;autres préparatifs : tiroientauflî lèurcment quâa la faneur des, plus aflèurczga- elles ne fort bions quâilseulfentfceii drelïèr.Puis lesaflîegez lôrtirentparvn trou qui re^ondoitaux Ca-lèmattesamp; donnèrent à la premiere pres du Boullcuard que les Catholiques auoÃtgangné comierte dâaix amp;nbsp;planchesâ.où ils felloient tellement retranchez amp;nbsp;gabionnez pour aller cou-uerts à la mine de la muraille: quâil clloit fort malaile de les en chalfer. En fin ncantmoins ils ladebatirent tant, quâen auoir defcouucrt vne partie,ils en chaflèrenr ceux qui ne le vouhirét dauantaiîe
O
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
dauantage opiniaftrer à la deffence.Ils îabandonnerét toutesfois prefquâaulTi tofl,voiansîiiflâ poflibilité de la garder apres quâils eurent fait du pis quâils peurent. Ce mefme jour le enuoia à fôn Excellence les articles de Paix, que le Confêil amp;nbsp;le peuple auoïent trotiuc bon® pour leur fêurcté.Mais pource quâvn fi longfujet pourroiteftre ennuieiix à quclquâvn;)^ vous veux à prefét parler de ffiledion dâHenry de 'Valleis frere dcCharles neufiéme en Roy dç Pologne: amp;nbsp;vous faire voir quand, ou,par qui, comment,auec quelles difficultcz, contreqiquot;
amp;fbus quelles conditions il fut appelle à la Couronne du Royaume de Pologne.
Ncgocîatiô du üieurde Valence en Pologne.
I E vous aycydeuant parlé,de la négociation de lEuefque de Valence lean de Monluc^ Pologne:amp; des lettres quâil auoit enuoiçes aux Eftats: tant pour fçauoir quand ils luy voU' droient donner licence de les aller trouucr:que pour imprimer au cerneau des Polonoisb® raresvertus delExcellcncede Monfieur.Veu que auec les mal contentemens que les Polo* nois receurentdcs Ambalïà dcursdelEmpereur;Leschofesfemblcicnt aller au gré du François. La faucur duquel neantmoins fut vn long temps empçfchée par les nouuclles desMni!' nesParifienncs,quelcs AmbafTadeurs des Compétiteurs firent retentir de toutes parts.Mnâ lâEuefquede Valence y pourueut fi dextrement: que de viuc voix amp;nbsp;par le difeours cnuoic^ çaamp;là enlvnè amp;nbsp;l'autre langue:amp;par perfonnages quâil depefehoir en toutes les partsdâ Royaume: il effaça bien tort: foppinion quâils feftoient imprimée du naturel autre que donü amp;nbsp;vertueux de la race de Vallois. Puis defpefcha en France pour luy enuoier Lanflà clejnââ' ne,affin de luy aider en chofês fi mal aifées amp;nbsp;de grand importance.Somme quâil leur remoiâ'-Perfuafions tra outrçles grans vertiis de Monfieur,quâaucun de fès Compétiteurs népouuoienteflre!^' poutTndui- qâ-ââfi nâaporrafl beaucoup dâincommoditez au Royaume:lefquelles il defduitampbnâ^â'' reies Poio- aux Eftats. Et quâau contraire le Duc dâAnjou nâauoit inimitié contre perfbnne:ainsbonn^ MonCieur'^^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leuts voifins. Et nomméement auec le Roy des Turcs du fecou!®
Roy de Po- amp;nbsp;amitié duquel entiers eux ScenfafeuIlefaueurillesafTeuroitiautantquedefoninimitin^'â logne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
cas quâils en voulufTent eflire vn autre que luy. Confeq uemmcnt,or quâil ne peu ft a porter tre commodité: aulFi ne falloir il craindre aucun trouble ny incôuenient de là part.Ajoiâi*^'-'^ ce quâon ne pouuoitn ier quâil ne fuft Prince de grande maifbnrexpÃjâmété en toutes lôit Guerrières fbit Politiques ou autres. Tel enîommeque fes lettres amp;nbsp;difeours impri®®® le defpaignentdà ns oublier les grandes commoditez qui viendrbit à la Pologne desRoyâ'*' me Sii. pays alliez à la fleur de Lys: Plus fans comparaifon que des autres: non plus que fes plesrelponccsà ceux qui parliurcs imprimez lediloient Autheur des matines îeuenement delquelles il attibuoit du tout à la fumeur du peuple ennemy mortel de on ProtefÃnte: non moins que des profelîèurs d'icelle amp;: fignammant des Chefs qui fauoict long temps fait continuer és miferes paftées. Sur cc les Polonois aflîgnent vne journée aiielt;â mencement delanuier à 'Varfouie:pour auifer du jour amp;nbsp;lieu ou lEleâion le pou uoit fairc^ de lâordre quâil y faudroit tenir.Mais le jour de lEledion fut différé jufques en Auril.Cepcn'
x-iarengue de Monluc
entre les Aæbalfa-deurs.
dantarriua à Couinsou Monluc fefloit prefque tousjours tenu, le Doien de Dieaiiecnou-ueaux memoires amp;nbsp;lettres adreffées au plus propres à cefte Efledion, qui les receurentfort gracieufemér.Puis y vint îAbbe de lifle qui ayda fort à lEutlque .Apres la Diete de lâuicru enuoia fegens deçà de là pour gangner les vns S'entretenir les autres à la deuotion Trançoife* Le Dois de Die, fut enuoié vers lcCardinalCommendon,que lePape y auoit enuoié.Aucuns îeftimerentà cefôllicité par leRoy poiir procurerque Monfieurfeuftefleuà caufequâi'd-toit bonCatholique:amp;aucc le temps rcftabliroitenPologne la dignité du fiege Romain.Crai-gnant toutesfois Monluc quâil fauori{à fl:lEmpereur:enuoiafôus main le fonder.Au moisde Mars,Lanflac y arriua defpefc^épar le Roy pour le féconder Scfècourirau jour de lEeâiofl lequel aprochantfEuefquefe refblut de faire traduire fà harengue en Polonois,puis imprime! en Latin, ôc Polonois pour la ferner és mains de la Noblefïè, de laquelle les deux parts nâeii' . , tendoient Latin.Et ceux qui îcntendoientnâeufrentfceiidefcouurirlebutdefêsconccptios-pubüé^pa^ Par ainfî au lieu que les autits Ambaflà deurs ne donnoientque trente deux exemplaires de Pologne, leursharcnguesêfcritesà la main .â¢ilenfema quinze cens imprimez à Cracouiefifecrctc' Ãiferens ment qucaucun nâen fceut rien. Le troificme Auril Monluc accompagné de LanfTac §4 Abe eminenerquot; deflflcjfui à Varfôuje: où dâentrée il euft queftion auec lAmbafTadeur dâEfpagne pour laûquot; perioritc dâhonneur amp;nbsp;degré de préeminance.Frnallement fut arrefté que le Cardinal Coin-mendon, feroit oy le premier. Puis les Ambaflà deurs de ÃEmpcreuramp; Monluc apres, fuiuy de ceby
-ocr page 329-LIVRE TRENTECIN Q^V I E M E. itfa. dcceluydâEfpagnCjquifafchcnefe monftra point. Au commencement detaflèmblée les AmbafTa-Gentilshommes Polonois de la Religion Proteftante aiant ûit inftance pour leur lêureté : les Catholiques protefterent quâils mourroient pluftoftque dâendurer qiyl yeuft jamais guerre au Royaume pour la Religion. Audience donnéeaux Ambaflà deurs:celuy de Preuic fut le premieroy pource quâil eftoit comme domeftiqueamp; enuqjé parvn Prince quâon cftime comme Pollonois. Leiècond fut le Cardinal de Commendon. Au troifiéme jour les Ambaf-ûdeurs de lEmpereur furent appeliez, amp;nbsp;leur harengue prononcée par Rozamberg,mâl ouy pour parler trop bas,dâvne voix foible amp;nbsp;iâns adion ny vehemence: Soudain Monluc appelle pour harenguer: fit du mallade pour fçauoir ce quâauroient dit les autresamp; y reipondre âdeuant tous fl belôin eftoit.Ainfi iês partiià ns luy enuoierét coppie des harengues des Compétiteurs ⢠quâils auoiét dônées dés le loir .Ce qui luy iêruitlbrt.En celle pourErneft il trouua cinq points contre Monfieur.Pfcmierement recommandant lArcheduc Erncft de la conoiftà nce du lan-gageBÅmien, il concluoit que le François faute de lague Polonoiic! ne pourroit bien dreflèr amp;nbsp;conduire de long temps ion Eftat .2. Si vn Prince lointain eftoit efleu il feroit innutille Sc ne les pourroit lêcourir au beiôin .5. Les fârinces dâAuftriebe amp;nbsp;dâAllemagne ny le Roy de Danncmarc, ne luy donneroient jamais paftà ge. 4. LâEmpereur eftoit iâge,humain amp;nbsp;enne-my detoute cruauté .Qiu içauoit gouuemer iês fiijets là ns guerre ciuille, iâns inhumanité ny cfFufion defang:amp;entretenir en Paix la diuerfité de Religion. y . Ils auoient mis en leursharengue les articles que Monluc dés le commencement de ion arriuée auoit donné à vniècre-tairedâvn des Palatins iltrauailla toute nuid pour yâreipôdre. Et fallut mettre cinq autres feuilles au lieu de celles quâon couppa de fimpreifion.Le dixiéme Auril enuoié quérir amp;nbsp;rc-uerence faite à tous,feans dans vn grand pauillon en pleine campagnefit: iâ harengue en Latin telle quelle fuit en François.
HARENGUE DE à E V E S E D E T lence Amhaffadeur du Roy Tres-chreflien en lâajjemblée te-^u'è à r rar fouiepour /* EleSEion d'vn nouueau
Roy apres le dece\^du Sere nijfme nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Sigifmod Augufie.Pronocée
CâE s T la façon des Roys amp;nbsp;Princes Souuerains eôme tirée amp;apriiê de nature, Tres-reuerens, Tres-illuftres, Illuftres,amp; Notables,Magnifiques, amp;nbsp;GcnereuxjJieigneurs Archcuefques, Euefques, Palatins,Chaftelains,Tres-renommcz amp;nbsp;Tres-preux Ch'c-ualliers. Que combien quâils icmblent pour la diftance des pais où ils habitent,difference des mÅurs8c diuerfité des langues, eftre du tout en tour iêparez; amp;nbsp;nâauoir rien de commun en-fcmble:Toutcsfois la iplendeur dâvne Majefté Royalle amp;nbsp;iupremc degré de dignité, les aiïbcie Sa rend cojoints les vns auec les autres dâvne tres-eftroite liaiôn. Tellemét que quelque mal-heur,auerfitéou incôueniét qui auiéneà fvn dâêtr*eux:Chacunle repute propre amp;nbsp;particulier afoy mefme:taat ils ont acouftumé de retenir ou conferuer diligemment cefte hônefte couf-tume amp;nbsp;ornement de la dignité Royalle par Ambaftâdes, par lettres miffiues amp;nbsp;par tous Offices reciproques de courtoifie. Mefmementles Roys de France, Lefquels de toute mémoire feftanrs efforcez de faire à lenuy voire de fiirmonter tous autres Princes Chreftiens en cefte belle amp;nbsp;Royallefaçon de faire: Onttousjours aymé,chçryamp; honttoré les Roys de Pologne fur tous autres Princes de la Chreftienté: dâautant quâils ont o^é pour la plus part deuots en-ners Dieu,ûges amp;nbsp;vaillans autant ou plus que nuis autres Princes Chreftiens. Ainfi que nous anons de main en main apris de nos predeceflèurs. Ce qui à efté caufê que le Roy Trcfthref tien nâagueres aueny du trefpas de feu voftre Sereniffitne Roy; en a certes porté grand regret en fôn cÅur:comme il a deu tant pour fôn regard que pour le voftre.Pour le fien dâautat que par mort non meure, Ains auancée il auoit perdu vn Roy fien *lié amp;nbsp;amy. Etpourlevoftre dâautant quâil eftoit décédé fort mal à propos amp;nbsp;en temps fort incommode pour vOftre chôfc publique: parce quâil defire fingulierement amp;nbsp;de tout fon cÅur que vous Sa ce rres'-heureux Royaume de Pologne fôiez confêruez (âins amp;nbsp;fâufs, fans perte ny dommage quelébnque.., Ayant cefte opinion que par vne grace fpecialle amp;nbsp;benefice de Dieu : La Polôgh'el efté re-feruée comme vn ferme rampart amp;nbsp;aflèuré Boulleuard pour fôuftenir,arrefter amp;nbsp;t^lgt;ufïèr les
efforts
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â LâHISTOIRE DE FRANCE.
efforts amp;nbsp;cxcurtions des Nations barbares trefâpresamp; tresfarouches comme vne foitercfle® cxpugnablc pour couuriramp;dcfFendre le reffe de la Chreftienté. Câeft pourquw je juget'^ prudemment,que vos affaires doiucut eftre en fingulicre rccommendationamp;afrediion ato^ Princes Chreftiens. Au moyen dequoy entendant tresbien que ce dont vous cftespws peine maintenantSc qui plus ^us done de penfemét,eft de choifiramp; eflire vn Roy qui en main efpoiifê les affaires du Royaume. Et qui puiffe pouruoir au dcuoirdc votre cW publicque: il vous a voulu faire tefinoigner par moy, la bonne affedion amp;nbsp;amour qu porte: mâaiat à cet effet premieremêt depefehé pour fbn Ambaflà deur par deuers vous, p^^ lt;juâil cftoit biê auerti de lôguc main que jâay toute ma vie efté fort affediôné enuers votre tion.Et puis craignant quâeftant fèul je ne pliaffe ou fuccôbaffe deffous le faiz dâvne lî p® charge : a de rechef enuoié vn autre Gentilhome de la nobleamp;anciéne famille deNoaillcs bc reueréd desAbaies deflfleamp;deS. Amand fônCôfeilleramp;maiftre'desRequeftesde Æ holfel. Et finalement encores le magnificque Seigneur de Lanffac fvndesCheuallicrsde'® ordre de S. Michel, Capitaine de îvne des Côpagnies d'hbmmes dâarmes de fes Ordónant®^ pour mâaffifter enccte legation:auec inlhudionôfm.ldemens qui corne jâefpcre ne vousie^ Weront impoituns,fafcheux ni inutilles. Le premier defquels eft quefà MajeftéTref-chrei*' cnnc,defire non feulement renouueller amp;nbsp;entretenir lâantienne amitié qui a tousjours tre vous amp;nbsp;les Gaulois : mais auffi fouhaite lâaugmenter amp;nbsp;eftraindre dauantage par nouueau lien. Le fécond eft que fi durât ce fiege vaccant amp;nbsp;cntrcrcgne,il vous furucnoiiY wanture quelque affaire ou danger; pour auquel obuiervousjugeaflîez auoir bclôin duiC' cours ou defentremife de vos amis : vous fuffiez aucrtis par nous,quc tout ce quâil a detâ®*' en amp;nbsp;de puillà ncc de foymefmcs ou de les amis : amp;nbsp;tountant dâautorité que peut auoir laCô^â' tonne de France, eft à votre deuotion. Letroifiémequcfienlâaflîfcamp;aflcmbléeduCcw^ que vous eftes prefts à tenir fur leledion du Roy, vous auifiez de mettre fur le tablié en fideration les Princes cftrangers : il vous requiert tref humblemët quâil vous plaifê rcceuoit amp;nbsp;adrftcttfc au rang des plus fauorables comperiteurs fon trefcherjrere le Duc d'Anjo**â.
Bourbonnois amp;nbsp;dâAuuergnc.Voila les trois chefs principaux de notre legation:pour exécuter je délibéré de nây vier point de fraudeamp;tromperies,ni de petits meflà ges fêcrcts main,ni de parolles feintes accommodées au temps feulement, ni de calomnies fauceinc*â^, impudemment controuuées,ni de prières ambitieufès,ni de libelles diffamatoiresamp; onsfêmées à Icncontre des autres compétiteurs: ni de vaines promeffes amp;nbsp;du toutimp^'æ^' à tenir, h^is eftant François de Nation Sc confèquamment franc, fimple amp;nbsp;ouuert de nature-jâay propofe de traitter auec vous rondement,veritablementôe fincerement. Or toutainf*^*'® les bons amp;nbsp;fages Peres de familles quand il eft queftion de marier leur fille:ont accouftnir'^ defenquerir diligemment en premier lieu des conditions amp;qualitez tant de lefprit Æ . corps amp;nbsp;en fécond lieu des biens amp;nbsp;facultez de celui qu i la demande en mariage : je deur^' rc de vous difcourirdelamaifbn,delaNoblefïè, defaage, des mÅurs, de la dextérité dc^ tendement en lâexecution de grandes affairesjde la fuffiûnce, experience,felicité aux armesS en tout fart militaire du Sereniffime Duc. Et puis apres des cemmoditez ôcauantagcsQâ® vous en formez atendre.Et vous promette de lui pour le bien de vos affaires: Ce que jc 'ouâ deduiray le plusbricuemét amp;en moins de parolles quâil mefêrapcffiblc, dautantquefiuâ pofitionamp;imbecillité de ma perlônne qui va tous les jours croilfant de plus en plus: ni h tierequieft de foy manifefte amp;nbsp;notoire ne requiert pas autrement que je vous vfê de giaiW' langage. Et pourtant vous fiyiplicray-je bien humblement de me vouloir preûer vos efpnt* pour vn peu de temps à efeouter ententiuemenr ce peu que jâay à vous dire. Et me faire grace à moy qui fuis tref affedionné fèruitcur au bien de votre patrie, de vouloir donner votre accouftuméeamp;fingulicre douceur: toute attendue amp;nbsp;beneuolcncc audience au dr cours de mon oraifbn.
I L y a trois points priiHipaux que jâay accouftumcdc rcmarquer.cn vos affaires aiif^ grade admiration:par lefquels jâeftime quâil eft auenu que vous fèuls prefque entre toutes Nations du monde : auez retenu le priuilege amp;nbsp;la faculté dâefiirc vos Rois. Par mtfme nidj^ ciiritiiciKc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aufffconftamment conferué jufqucs à prclênt tous les autres ornemensde liberté ouo*
amp;' quelles gnitc : b ou les autres Nations qui fbuloient eftre auffi libres amp;nbsp;jouir de tous droits defrfâ chife : cftans maintenant defpouillées de toutes telles libériez : font abatuesamp;proftcrnfcsp^t
Nations quelles li* bres en la
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terre; regardées des pafTans non fans grand csbahilïcmcnt comme charongnes mortes de liberté eftainte. Et de là mclrne cft auflî auenii à voftre grand honneur amp;nbsp;louange, que vos al^ femblées pour eflirc5aulquellcs û grande multitude de nobles hommes à accouftume de con-ferer ; ont tous) ours efté fort nettes de la pefte de corruption dont celles des Romains clioict antiénemét infectées. Au moyen dequoy vous auez acquis vue grande amp;nbsp;glorieu/ê renommée dâintégrité amp;nbsp;probité, de forcc,de cÅur, de loyauté amp;nbsp;fidellité entiers voftre patrie. Or entre les choies que fay obfcruécs amp;nbsp;remarquées, il faut metre en premier lieu la concorde,con-jonétion amp;nbsp;humanité de vos cÅurs : laquelle ayant efté receuë par vos anceftres : amp;nbsp;comme logée en Pallais bien orné : a treflonguement flory entre vous amp;nbsp;conduit vos affaires très*-heureiifementau bout que vous euffiezlccu defirer. Au fécond lieu puis apres faut mettre voftre pietc,amour amp;nbsp;charité entiers les enfâs de vos Roys decedez.Laquelle à tousjours efté elle,que côbien que vos predcccflcurs les enflent peu forclore de la fucceflion du Royaume: neâtmoins prefque tousjotirs lesontfubrogez au lieu de leurs Pères decedez.Côme Fils en culTent efté legitimes fliccefleurs amp;nbsp;heritiers.Enqtioy ils ont dôné clairement entendre à tout lemôdeipourqiioy ilsauoienttousjours retenu fi conftament le droit dâeflire leurs Rois.C'eft affauoir affin que fi leurs Roys vouloiér mal adminiftrer la chofe ptiblicque, ou bié diminuer leurs franchifes amp;nbsp;libertez : ils les remiflent en plus laine volonté Sc les retinflent en office à tout le moins pour îamour amp;nbsp;charité quâils auroient entiers leurs propres enlà ns. Et parce moien, cesgransperlbnnagesonttrelprudemmentpouruetià la dignité amp;nbsp;à la conlèruation deccRoyaume. Donnans bon ordre quâil ne peut eftre rien fait amp;c décrété coutumelieulcmet à fcncontre des Roys qui atiroyent bien meritéde la choie piiblicqtic : ny iniquement ny im gratementalencontre de leurs enfans. Au troificme lieu finallemcnt,lc prelènte voftre felicb té tres-grande en toutes chofes. Car par les ftift'ragcs amp;nbsp;lâges eleétions de vos anceftres : ont tousjoiirs efté efleiiz des Roys qui tres-longtiernent ont fait guerre à lâencontre des tres-puifi fans ennemis de ce Royaume: ôcprefque totisjours les ont conduits à fheuretife fin.Qui à force dâArmes ont tousjotirs reprimé les inodations des Barbares qui le desbordoyent fur la Pologne . Et ontajotiftécs aux Limites de ce Royaume le pays quâils conqueroyent fur eux. Qffi ont contraint par plu fieurs fois les Bohemiens, les Hongres, les Tartares amp;nbsp;les Molcouitespeuples certainement tres-belliquetix apres les auoir rompus en Bataille: chaf fez à val de route, deftrouflèz leurs bagages amp;nbsp;dcflà ifis dp leurs Camps : contraints de retourner à leur confufion à leurs propres demeures. Et queft-ce autre chofe cela amp;nbsp;corn* meledoiton nommer: finonvoftrebon heur amp;nbsp;félicité finguliereà eflirc fageiHent voz Roys? Laquelle vous detiez cfperer pour aflîftance à exécuter encores ce grand affaire qui maintenant fe prefèntc? Combien, quâil y ayt quelque chofe quifemblc faire voftre condition pire que celle de vos anceftres : ambrouillant amp;nbsp;én méfiant voftre condition de noiKielles difficultez. Car en fi grand nombre de Compétiteurs qui Icprefente': vous aurez de la peine amp;ftfcherie à vous refoudre de celujt que vous deuez cflire. Et quand vous en aurez choyfi vn : les autres ou bien aucun dâiceux,fen fcntiront offcncez. Mais fi vous me voulez vn peu prefter lâoreille : le vous deliureray facillemcnt en deux mot^. Si les Compétiteurs vous font amis comme ils veulent eftre dits amp;nbsp;tenuz pour tels. Ils deuront porter pà ticraînent que vous ayezpluftoft voulu pouruoir au bien de voftre chofe public-qne,qncnon pas feruir à leur particuliere affeéfion. Les autres neuds fi dâauanture ils en demenrergt;t quelques vns : la concorde Mere nourrice amp;nbsp;tres-fidelle gardienne de voftre liberté : les diffbudra tous. C'eft eIle,trcs-Nobles Cheuallier^ qui au ec voftre honneur amp;nbsp;loiiinge à maintenu la liberté en Pollogne comme vn trefleur, ôc trelâmplc Teatre de tout le módeieftant chaffée prefque de tout autre païsamp;à peine trouuât lieu neplaceoù elle fo peuft arrefter amp;nbsp;fermer.Câcft voftre vnion amp;nbsp;côcorde qui a fi longuemct deffer.du amp;nbsp;conlérué vos maifônsjvos fern mes vos aifans,la dignité amp;nbsp;gloire de voftre nor%Que fi dâauanture par quel que finiflredeftinée,cllcfc departoit dâauec vous: Incôtinét la difeordefo mettroit en fon lieu qui totisjours eft côtraire ennemie de rcposjdePaix amp;nbsp;de toute felicitéiCôme elle cft couftu-rniere de renuerfer ce defifus dcfl'ous,Ics maifons cxcellêtcs des Citez opulâtes, des ^ofes pu blicques tres-puiffantes amp;nbsp;des Royaumestrcs-floriflans.Auffi vous jetteroit elle diuifoz en diuerfes faftionsa prendre les armes pour les conuertir contre vos propres entrailles Ã
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vousfa.âre entretuer les vns les autres, amp;nbsp;à commettre toutes fortes de mefohancetez-Bref à lafujedion amp;nbsp;dcHruction entière de voftre Eftat. Dont Dieu vous vueille bien garder comme jâcfpcre quâil fera. Car cftans bons amp;nbsp;Cages, defireux de loiiangeamp; honnciir-Vous prendrez bien garde à cela que la concorde qui eft certainement le plus rare amp;nbsp;le plus précieux ornement de toutêvollre nation: jamais ne vous foit arrachée dâentre les bras' ny par crainte de guerre, ny par finefle, ny par embufehe de qui que fc foit. Câeft elle oui vous ouurira le chemin pour fçauoir defmeher dcfuelopper les difficultez fort enibrotul' lécs: Câeft celle qui vous mettra deuant les yeux comme fi clic vousmonftroit audoi^ celuy que vous deuez eflirc pour voftre Roy. Affin que vous ne puifliez aucunement faillir à le difeerner entre les autres : Elle vous figniffie que vous le deuez choifir orné amp;nbsp;doù« de fix principalles parties.Lefquelles font telles quâil foit de Nation renommée, de maifon H-luftre, dâaage meur, de bonfies meurs, cxcrcitc à manier affaires, amp;nbsp;experimenréaux armes,accompagné de bon heur. Et fil y en a vn entre tous les Compétiteurs qui fontte cnrichy amp;nbsp;orné de tant dâexcellantcs parties amp;nbsp;dâefprit amp;nbsp;de corps, Câeft (fi je ne me fuis bien trompé ). Le Trcs.llluftrc Duc dâAnjou ( Sc les autres me pardonnent fi je le dis ainü J lequel vous jugerez comme jâefperc par vos fuftfages vtile amp;nbsp;necefïà ire à entretenir voftre Royaume en repos amp;nbsp;en félicité.
Premièrement il eft de Nation Françojs.Et vous nâauez jamais eu occafion dâinimitié,nulle haine nul different à defîneler auec la France: ainsau contraire entre vous amp;nbsp;nouspour la conformité des moeurs 5 il y a tousjours eu grande amitié Sc grande conjonéficn ⢠1-ts Nobles Polonois comme ils font treftudieux amp;nbsp;amateurs de toutes chofès loüablcs : font vcnusfouucnt auec grans frais amp;nbsp;grans labeurs, vifiter le pays de France : les Gcntils-bcns' mes François ont auffi vifité le Royaume de Pologne-.oii ils ont tousjours cfté fort courtoüt' ment rcceuz par les voftres.Brief pour dire tout en vn mot, fi lâon confidere la cenftanct^ obferuer les anciennes Loix, fila gloire acquife par armes; Silcxccllcnccdcla NcWdltâ fi la vaillance de la Gendarmerie, fi la douceur amp;nbsp;humanité des rfnÅurs : il ne fetreuuerä point de Nations en tout le monde, quifoyentficonfoimcslcsvnsaucc les autres en teures choies que la Franceze Ãc la Polaque . Voftre chofe publicque fcndéc fur tres-bennö Loix,a tres longuement flory amp;nbsp;à cfté tres-hcureufêment confèruée en vn mefine Gaule à tousjours efté fort eftimée amp;nbsp;prifée par les Nations cftrangercs de fçauoir bien admi-niftrer la lufticc amp;nbsp;rendre droit à vn chacun. Soit que Ion regarde le temps deuanthM tiuité ddtioftre Seigneur lefus-Chrift auquel les Druides les gouuernoyent : Soit que lequot; confidere les temps pofterieurs efquels elle a receu amp;nbsp;ambrafte la Religion Chrefticnne lors que lâon ainftitué les Parlemens. Qui fomblcnt auoir efté diuinement concédez à nosaæ ceftres: affin que jufques au plus bas amp;nbsp;plus petit du peuple mais principallcmcnt aux
France^quot; amp;nbsp;aux Gentils-hommes : Il fut loyfiblc dâagir amp;nbsp;pourfuiure leurs droids en luto^^ lâencontre des Roys mefines. Car finftitution des Parlemens eft telle quenoftre Roypeut cftrcappellé en luftice deuant eux, par tout fes fujets qui penfènt que l'on leur face tort-Et voit gn bien fouirent quâen chofe de très-grand poix le Roy dcchet de là caufo S^pert fogt;â proccz.Donteftauenu que les Princes eftrangers ont eu fi bonne opinion du Parlement de Paris: que fils auoycnt quelque different qui requift,grandcconnoiflà ncedudroit,feueri-té des Loix amp;nbsp;intégrité deluges: ils auoyent recours à ce Noble Senat commeà vncfran-chifo amp;nbsp;Temple de luftice. Frideric fécond ayant procez contre le Pape inocent quatrième' Le Comte de Namur à fenÃrntre de Charles de Vallois, Philippe Prince dcTarentc alkm nâgeVs* qui ^ôtrc du Duc dc Bourgongnc,le Duc de Lorraine à fencôtre de Guy de Chaftillon fon beau ont voulu frcrctLeDuc de Sauoyc à îcncontre du Dauphin dc Viennois: Le Roy deCaftillcà fencûm Pa^ricment Roy de Portugal fê font coutcntez de faireplaider leurs caiifcsdeuant le Senat amp;nbsp;Parle-à Paris. met de Paris. 11 y a vne auq^ raifon principalle qui nous rend vnis amp;nbsp;trefeon joints auec vous.
Câeft aflà uoir la.Gloire acquife par armes:laquelle eft cômunc à voftreNatioamp;à la noftrc.Vos predeceffours O Tref-vaillâs Chcuallicrs nâont eu jamais faute de cÅur n'y de vaillâce nây de bon heiyj.Maisbic ont eu faute côme nous auffi, de bons cfcriuains qui fçcufïcnt elegâmeî coucher par cforit les beaux faits des armes quâils ont prudcmét,vaillâmêtamp; hcurcufeniétcxc cutez.Carnous auôs apprinspar Hiftoriés non Polacques ains eftrâgers,que vos majeurs ont
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plantéleiirsenfèigncsviólorieufês jiifqucsenlftric, Sclaiionie, dâAImatie, Croace, Mit fic, Hongrie, Boheme^ Pologne, Ruiïîeamp; jufqiies cn la plus part delà grande Allemagne. Et que là le (ont polêzamp; ont pris pollclïion apres en auoir chaflèz par armées lesGar-nifons des Romains. Et vous melînes qui pofledez celle puilïà nce Prouince laquelle depuis à elle furnommée Pologne : auez acquis gloire immortelle dââmes par tant de guerres continuelles , tant de vidoires trcs-lânglantes : Tant de pays que vous auez ajoultc a voftrc Seigneurie. Les Gaulois aulfî lèmblablement il y a plus de neuf mil ans : comme tef-nioignent les Hilloriens Grecs amp;nbsp;Latins: conquirent par Armes, lâAlîe mineur auec la plus grand part de lâEu rope. Et affin quâil demeurait quelques marques amp;nbsp;monumans de tantde victoires : impoferent le nom des Gaules aux Prouinces quâils auoyent fubjuguées * commelônt Galatie ou Gallogrece en Alîe, Gaule Silâlpineen Italie, Portugal, Celribe-rie,Gallice en Efpagnc, Cornuaille cn Angleterre, Vuellfalie en Allemagne amp;nbsp;plufieurs autres tres-nobles Prouinces qui jufquesaujourdâhuy, retiennent le nom des Gaulois dont elles ont tiré leurs origines ou par qui elles ont cité lubjuguées. Sous Charles le grand fous Loys débonnaire amp;nbsp;leurs fucccflèut? ayans relcué leur vallcur: Ils reduifirent lôus lâEmpire des Gaulois, toute lâEfpagne, la Germanie, la Boheme, la Hongrie amp;nbsp;toute lâItalie. Mais fous la domination des Vallois dont cil ifTu le Tres-Illuftrc Duc d'Anjou, la renommée de leur vertu à eftéfi grande, que toutes les Nations des Chreftiens qui (ont de quelque nom: ont prins de très-bons Roys delà mailbn de France amp;nbsp;des Princes Gaulois. Les Efpagnes eurent Jadis pour leur Roy Alphonfe fils du Comte de Tolofè. lâAngleterre depuis cinq cens ans ença, à tousjours eu (es Roys de la Gaule. Le premier fut Guillaume Duc de Normandie amp;nbsp;depuis Eftiennc Comte de Bloys duquel la fucceffion amp;nbsp;Royaume dure Jufquesà Henry (ècond : duquel lapofterité Juiques anoz temps corn-mande tres-heureufementaux Anglois. Ceux de Naples, ceux de Hongrie amp;nbsp;vous * met pourccqu? mes auez eu quelque fois vos Roys de la Gaule. LâEmpire de Conilantinople à efté pof- icpctitfik fedé amp;nbsp;adminiftré fefpace de (ôixante ans parles Gauloist Les Rçyaumcde Sirie, Pale- Mart^Roy (line amp;nbsp;Cipre ont femblablemenr cité tenuz l'efpacc decent anspar les Gaulois la plus dHongrie part defquelsontefté delà maifon de Lu(1|^nen en Poitou, qui avec les armescn auoyent NeucudeS. defpodcdé les Turcs amp;les Mores. le y ajoufteray la tierce gloire qui cil commune cn- Llt;gt;ik fut dette voftre Nation amp;nbsp;la nollrc. 11 ny a perfonne qui fans contredit ne confeffe que voftre Chcuallcrie (O tres-vaillans Chcualliers) ne (bit fur toutes autr,.s excellentes tant en nom- lc.sE(iao,amp; bre quâen prouëflc amp;nbsp;vaillantilc. Auffi ont les Gaulois eu de tout temps vne trekbelle amp;nbsp;Gr^J'^aptes trcs vaillantc Gendarmerie. Dequoy Je puis prendre plufieurs exemples tant de Plutar- lamortdu-que. Apian amp;nbsp;Polibe que plufieurs autres autheurs. Mais je me contenteray dâvn feul te(^ ftatsVcre«r moignage qui cftau Commentaire de Cc(à r de la guerre dâAffricque, où il efcripr en chcrentfort câeftelbrtc. llauint vne cho(èprefquc incroyable a dire; Câeft que des gendarmes Gaulois moins de trente hommes, chalïèrcnt amp;nbsp;mirent aval déroute deux mille cheuauxNumi- ronnefutfi des. Et me vient en mémoire vn autre exemple de bien plus frefehe dâade. Mille hommes aimédesPo dâarmes François faifans trois mil hommes armez, furent enuoyez contre le Turc fc contemn au fecours des Hongres, lefquels chargèrent fi impetueufement îauantgardc des Ennemis rentdâefttc quâils detfirent St exterminèrent trente mil cheuaus Turcs. Mais furuenant farrierc gar- |arr« Lieu deTurquefque: Ils (ê trouuerent habandonnez de leurs alliez amp;nbsp;furent de toutes pars en- tenans. Voi-uironnez par les Turcs ou ils moururent fur le champ en combatant vaillammant excepté trois feulement. Au demeurant Je fuis certain que vous defijf rez amp;nbsp;à bon droiél cnceux recemenc quifeprcfcntcntpourCompctitcurs,quâilsfoyentdcmaifi)n llluîlre: Car il cft raifonnable que vous quieftes iflus de trefancicnnes amp;nbsp;trcs-nobics familles : vouseflifez vn Roy qui aiansdebou foitnay dâcxtraélion Illuftre amp;nbsp;de longue fucceffion des Princes amp;nbsp;de Roys. Autrement fl vous faifiez le contraire il auiendroit peuteftre quâil feroit mefprifé des voftrcs mefmes. fins oresquâ-Et les Princes mefmes voyfins dont aucuns vous font ennemis d?tcouuerts; Autres amis amp;nbsp;nâeuiicnt conjoints par alliancemefcroiét pas tantde conte de la grâdeurSc dignité que cefte Courône âlezdâcftre Ierequiert.Mais quât au Tres-llluflre Duc dâAnjou Je ne vous mettray point en auant vnRoy gouucmcz Clouis,vn Charles le grand,vn Loys débonnaire qui Jadis ont efté Roys de France amp;nbsp;Empe- nbsp;nbsp;fâquot;â¢â
reurs.Seulemét vousrccitcray en peu de parolles,ce que Jetiepuis pour mô deiioir obmettre
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-ocr page 334-LâHISTOIRE DE F R A N C E: K touchant lafasnille des Vallois, de laquelle le ïêreniflîme Duc tire là race de plus pres : I fâ Vallois ontplufieurschofcs communes auec les autres Illuftrcs familles. Mais ils ont eiitff autres trois principaux honneurs amp;nbsp;ornemens fingulieres qui leurs font propres amp;nbsp;parti«â' liers. Le premier eft que depuis douze cens ans en ça, tout tant de Roys quâil y a eu au monde, ont tousjours cédé la preipgatiue dâhonneur amp;nbsp;preference de dignité au Roy de Franc«-Si cenâa efté depuis dix ans en ça. Et ne fell jamais trouué Prince qui de cela ayt voulu batte nâyeftriuer auec eux. Mais celle incommodité auec plufieurs autres, doit effrcatribu cc au bas aage de nollre Prince. Le fécond point dâhonneur, eft la longue durée de leur Empire. Car depuis fix cens ansença,les Vallois par continuelle fucceflîon des Roys conë vne infinie multitude dâennemys, fe font tousjours conferuez jufqnes au jourdâhuy, La Couronne de France qui eft vn certain ligne amp;nbsp;indubitable argument que D i e v faiiorilcC«' fte famille . Au troifiéme lieu dâhonneur faut mettre la bonne alfedion que les Vallois o# tousjours retenue amp;nbsp;gardée defobliger par biensfaids toutes fortes de Nations. Dâau»quot;â qu'il nây a peuple, ny Nation en toute la Chreftienté ( excepte la voftre feulement ) qui nâ?' imploré amp;nbsp;expérimenté la foy, humanité amp;nbsp;libefalité des Vallois. Les Vallois ont reniisfâ la ville de Romme amp;nbsp;en leur liege les Papes par vint fois : les reftituant en kuranoöâJ'® dignité amp;nbsp;liberté dont ils eftoyent dechaftez. Les Vallois ont bien louuent dcliuieifâ Chreftiens qui eftoyent en la Paleftinela Sirie, lEgyptc èé ÃAffricque, de la Ãruitiidc Mores. Les RoysdâElpagnetrauaillezdefeditions inteftines,mefmemcnt lors quâilya**®}' guerre entre vn fils Baftard amp;vn legitime, ont efté fecouruz parles Gaulois. Ils ont m®'â les Roys dâAngleterre en leurs pays dont ils en auoyent elle chalTez par leurs ennemis.Ikfâ' uoyerent jadis au jeune Alexius Empereur deConftantinople,feccursdâvne puiflântc Af' méc contre vn Tiran qui le trauailloir. Ilsodroyerent fort liberallement aux Hongres tres-belle Gendarmerie contre les Turcs. François de Vallois premier de ce nem gran PereduRoy qui regneaprefent : rendit de bonne foy au Roy dâEfcolTe lôn Royaume^â',!, auoitpar armes ofté aqx Angkiis. Aulfideliura il la ville de Komme qui auoit pillée ôclâccagée par les Efpagnolsilatirahor^e la feiuitude dont elle cftoit fort grich*C' ment oppreftee. Et par mefme moyen mit auim dehors de captiuitéle Pape CleHitnt' . Henry detres-heureufê mémoirePerc du Duc dâAnjou : oftadefrechef le Royaumco^â cofte des mains des Anglois qui fauoyent occuppé. 11 amena vne tres-puiftantc Armée i®' fi quâil auoit efté accordé entre luy amp;nbsp;fes Confederez jufquesà le Riuierc du Rhin^P^*''^ prochcijient de laquelle,les Princes Allcmans qui auparauant cftoyentfcrt cftonnezjj^ prefque profternez en en terre, feftans derechef redreflez amp;(. remis lus : rendirent la deleurancienne Vertu amp;nbsp;liberté Gcrmanjcque en Ion premier eftat amp;nbsp;vigueur. Oâau^'' Farneze Duc de Parme,duquel le Pere auoit efté nâagueres prdditoirement occis en lav® de Plailânce qui eft fvne des plus belles, dcs-plus nobles amp;nbsp;plus fortes dâItalie: Inyaya®®' ftéfurprinfe le mefme jour par les Soldats de lEmpcrcur Charles,moyenant fintclligence^ trahifon des meurtriers de fon Pere: Et affin quâil efpreuuaft toutes fortes dâaffiétions deâ part dudit Empereur,duquel toutesfois il auoit elpoufé la fille naturelle : eftant alfiegé panf Pape lulle troifiéme ayans conlpirc ce Pape amp;nbsp;fEmpereur de luy öfter lEftat de ParmeC ® adiré le delpouiller de tous fos biens; recourut au focours amp;nbsp;à la clcmence de nofttebo® Roy Henry.Qui comme il eftoit tres-benin, auec pitié de voir ce poureDuc affligé Stof preiTé de tant de calamitez .-ayant conduit de la France en Italie vne tres-puiflà nte ArmecîCfââ' traignit les gens du Pape amp;nbsp;lâEmpereur de Icucr leur fiege de deuant Parme. Ainfi ce Pquot;â' qui jamais nâauoit bougé du Camp de lâEmpereur contre les François : eftant depuis focof* ru des biens amp;nbsp;des armes dâiceux : deffenditlà vie, là hbcrté,fos biens amp;nbsp;Eftats contre la c® pidité de Cet Empereur fon beau Pere. Q^ilsfaillent donc promener ceux qui mettent® auant que lâamitié des Gaulois amp;nbsp;leur alliance vous fora innutille,pourcc quâils font trop lo® de vous. La famille de laquelle le Sereniffime Duc à tiré fon origine : eft celle qui fell to®' jours eftudiée de faire plaifir à toutes fortes de gens: qui à produit tant de Roys, tant de Du'ââ amp;nbsp;de Princes fi excellens, non foulementaux François:mais auffi aux autres nations.Chanf le quinflEmpereur,entre les autres ornemés de là grâdeur,fouloit mettre au premier lieibfi^*^ du cofte maternel il eftoit cxtrailt;le la maifon de Frâce.Ceiix de Naples ont auffi de bié lans
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Uns Roys de cetemcfme famille, aux defcendans defqucis les Hongres de commun confen-tement offrirent longues années depuis, le Royaume des Hongres. Et vos anceftres voians quâil en eftoit fi heureufêmcnt prins aux Hongres, voulurent que le RoyLoys de Hongrie qui eftoit defeendu de ces premiers François amp;nbsp;Ducs dâAnjou, fuft auffi Roy de Polongne. lâcftime que à tEledion de votre Roy, vous mettrez vne grande confideration à ùagc.Par ce que vos affaires font en tel Eftat que vous ne pouuez plus longuement dèmourer fans Roy quiparluymermegouuemeamp;adminiftre le Royaume. ôreftleDucTres-Illuftre aagéde vint crois ans. Mais dâvne ü riche taillfe, fi belle difpofition de fa perfonne, de fonte û ferme amp;nbsp;fl robuftc:quâil femble auoir ataint le trentième an de fon aage. De forte quâil eft meur amp;nbsp;apte à embrafler les chofes que vous jugerez vrilles amp;nbsp;neceffoircs pour le bien du Royaume. Il y a encores trois autres belles quallitez, defquellcs il faut que votre Royfoitornc:cndilcou-rant defquelles il eft force queje parle du Duc Trcs-Illuftriifime. Mais je le feray fous bride fi fobrement, que je nâen puiftè en votre jugement encourir fufpifoion,ny de méteur,ny de fia' teur. Cela eft naturel quâil nây a perfonne qui puiftè fans fafoherie ou enuie ouyr les louanges dâvnhomme viuant. Quand eft donques aux mÅurs du Tres-Illuftriffinc Duc dâAnjou, je ne diray que ce petit mot.Ces jours pafTezjU y eut certains mefohäs amp;malins,qui fo font efforcez en lêmant quelques libelles diffamatoires, de dénigrer amp;defchirer là bonne renommée cnuefsvous. Toutesfois encores,nây a il eu pas vn qui ait oleeforire que ces mÅurs feulfent depraiiéesamp;corrompuës,ou bien mal aptes au gouuernement de la chofo publique.Ains ont feulement côtrouué certaines colonies ineptes amp;nbsp;dignes de moquerie. Mais il va bien quâe choies fl manifeftes,ils peuuent eftre fur le champ conuaincuz de manterie, par le tefinoigna-gedes gens de bien. Car comme ainfifoit quelesyeux dctousamp; fujetsamp;eftrangersfoient fichez fur les Princes, mefinent quand ilsâfonr jeunes: il nây a celuy qui peut fi longuement couurir ne cacher fos vices quand aucuns y en auroit, ny fimulcr vne probité amp;nbsp;intégrité de mÅurs. Parquoy il me fémble que ceux la ià illent bien lourdement,qui fo voulans enquérir delà vie amp;nbsp;des mÅurs des Princes:penfont en rrouuer quelque chofe dâaflèuré paFcouuertu-reslegieres,par petits bruits cômuns,par libelles diffamatoires,ou par lettres müfiues dont on nefçaitquifontlesauteurs.Dauantagevous defirezauoir vn Roy quifoittout ftilléamp;apris à manier affaires dâEftat: ce q^ui certes eft à vous vne tres-grande prudence. Par ce quâil ny à rienfi mal à apropos,ne fi dangereux pourvue chofe pubhque:que dâauoir vn Roy tel que luy mefme ait befoin quâvn autre le regiffe ; qui pour eftre ignorant amp;nbsp;non verfe aux affaires:ren-uoie toutcschofes neceflà ires à fadminiftration du Royaume, à la volonté de fes parens ou de fes Gouuemeurs ; voire quelque fois de fes flatteurs. Au contraire le Tres-IlluftrifSme Duc dâAnjoudés fon enfance à tousjours efténourryau Gouuernement de la chofe publicque, entrant au priué amp;nbsp;plus eftroit confeil de fon frerc.Ou il fe traiéte de la Paix de la guerre, des alliances, des gens de pied, des gens de cheual, de la foulde dâiceux, de la fortification des places, amp;nbsp;de tous autres négoces publicques. Mais depuis cinq ans ença,il a prins le foin amp;nbsp;charge de tout le Royaume entièrement, auec faffiftance toutesfois de certains Confeillers hommes ^es amp;nbsp;prudens quâil à voulu faire feoir au confeil quand amp;nbsp;luy comme fes Pères i lesà tousjlRrsembrafle auec vne grande douceur. Tellement que le mefme jour^uâil fe-roit par vous cfleu Roy : Ilpourroit comme Prince bien exercité aux affaires», pouruoir au befoin de voftre chofe publicque amp;nbsp;aux deliberations de tous négoces qui fe pourroient prefenter,lçauroyent ajoijfterfon jugement à voftre tres-prudent confeil. Qwnd à lexpe-» nence de la guerre, je nâay pas propofe de le vous prefenter comme vn Annibal, vn Scipion. vnMarcus Marcellus, vnFabius Maximus.Nyneveux pasousle paindretel que Ionie puiffcoudoiue comparer auec fon Pere,ny auec huit Charles amp;nbsp;douze Lois tous Roys fes progeniteurs, qui ont tousjonrs efté tres-vaillans,amp; tres-heureux Cappitaines. Car fon aage n eft pas encor fi cofirmé, que des maintenat il puiffe arriuer à la gloire que fes ayeulx ont acquis a la guerre amp;au fait des armcs.Mais trop bien le vous puis dire eftre celuy, qui à dsja paf fcprcfquc tout fon aage fous les tentesamp; pauillôsrquià fouffert larain,lafoif,lc veiller,le froid, les pluies amp;nbsp;challeurs plus vehcmctes.Et à telles autres injures du Ciel eft du tout endurci amp;nbsp;sccouftumc.Quieft celuy qui par la difeipline de tres-exccllésCapitaines quâil a tousjonrs eu allêcoiir de luy:par fouuet cômunicquer auec cuxâ.par vfà geamp; experiéce Realie a appris à bic
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⢠De la langue Pola-que.
loger vn camp,le fortiffier;faiuironner de tranchées,alFcger villes,les prâdre ou bien gard«') donner bataille ou bien côbattre à enfeignes dciploiéesjïbullenir amp;nbsp;repouRèr les IbiidainÃ''â curfions des enncmis,les aller batre jiifqucs chez eux,les deffaire en bataille râgee, puisie* fir de leur camp.Toutes ces parties de fart millitaire font en luy plus grandes que fou aagc/ porte:amp; ce qui eft le principal, il a tousjours tempere la gloire de toutes les victoires folence qui cômunement ac?omp?gnc les vainqueursidâvne finguliere humanité amp;nbsp;clem«^^' lâay donc maintenant attaint le but ou je tendois.Car je vous ay déclaré vn Prince quia to® tes les qualitez requilcs en vn Roy,auquel ne fe peut rien defirer de ce qui ch necclftire à tref bon Monarque.Mais les auerlâires objicent au T res-illuftrilîîme Duc lâignorance de lire langue vulgaire,côme fi câeftoit vn extreme empêchement pource quâils ne treuuent^ tre choie que repredre en luy .le ne veux pas dire que ce ne foit quelque c h of c. Mai s toutes^â il ne le peut pas coter entre les empefehemens perpétuels qui foient pour durer à tousjouiS' fçay bié que feloquêcc 8c facilité de bié dire,eft nccclfairc aux Euefques,aux Prefcheurs,3U^ Auocató 8c Orateurs.Mais les Roys ont accoutumé de cômander,non des pieds mais de h fte,non de la lâgue,mais de la raifon du bô j ugerqf t de la clarté dâefprit 8c de fautorité.Mais)^ diray dauâtage que le Duc Tres-IUuftrifTime en vn lêul an,pourra acquérir tant de cônoiflâæ ce de voftrc langue,côme il luy en fêra befoin pour entendre les plaintes 8c queremonies de® lujets 8c à negotierles choies publicques. Câ-eft doneques vn deffaut qui le peut rabiHef^** plus en vn an.Et fi ne le faut appellcr delFaut, dâautant que vos Roys ont accouftumé dâexp^' di'cr les affaires non feuls.Ains tousjours par lauis 8c conléil de vos autres Seigneurs quiau^^ accouftumé dâaffifter à voftrc Roy. Et fi à plus câeft que vous Içauez prelque tous parler amp;nbsp;Italien lefquelles lâgues luy font plus familieres;dont le Duc Trcs-Illuftrilfime pourra^ auec vous cependât quâil mettra peine dâapprendre voftrc vulgaire. Ce qui luy fora fort par fexcple dâvn François qui aiant demeuré 5. ans feulement en voftrc païs:a le premier rag^ tout voftrc parler fous les reigles de Grâmaire.Lc grâd Seigneur 8c le Roy de France ontd^ peuples fous îtur obiflà nce fi different les vns des autres pour la diuerfité de lâgues:qiiâifoâââ pas vnc feule parolle entrâ-eux cômune.Les Venitiés qui font en Itaiie cômâdét prudêmét^ heureufomêt aux Sclauons defquels le langage approche bien pres du voftrc. Parquoy penfe pas quâil y ait perfonne de vous qui pour le foui deffaut de la langue, juge quâil le rejetter ou refuzer.
Il y a vnc autre Requefte que fondit que vous luy deuez propofor. Câeft affauoir quâil dbj' giffo vos côfins de quelque grade 8c notable Prouince. Quâil aportc quant amp;nbsp;foy, Grade qu^' tiré dâoÃui plufieurs autres commoditez pour enrichir 8c amplifier ce Royaume: Cefomde belles chofos certcs,grâdes,vtiftes 8c honorables amp;nbsp;trefoignes defobforuâte 8c pieté que vous portez à voftre patrie. Mais telles ne vous defplaifo, que les pouuez pluftoft fouhaitter queu® pas efpercr. Car il eft mal à ifo voire impoffible de treuuer vn Prince qui peuft fâtisfeireà vos dcfirs.Mais puis quâainfi vous plaift,nous mettrons peine que fi vous auiez cÃmancé à portel quelque affedion paternelleau TresJlIuftriffimeDuc dâÃjoiuPour cela vous nelaperdrcï pas.Car il nâeft pas fi deftitué de moiés amp;nbsp;dâamis que de foy-mefmc,il ne puiffo f^e quelque çhofo q^i tourne grandement au proffit de voftrc païs. La premiere commoditéIpiâcn pourriez tirer eft: que fi vous fefiifoz voftre Roy vous nâen pourriez receuoir incommodité ny dommage quelconque en vos affaires. Cela certainement eft quelque chofo, Voire que fi vous y regardez de bien pres: Vous jugerez que câeft vn point de grande importance-Car il fo peut foire quâvu Prince bon,prudent amp;foge, qui a dâautresRoyaumes pourroit eftre tres-vtilles:pour quelque paiÃculierc occafion, mettroit ccftuy cy en trefgrand dangcr.Com-me fon pourroit dire de celuy,fi aucun en a qui auroit de grandes inimitiez à fencontre dâautre Trçfpuiffont Prince amp;nbsp;des querelles antiennes touchant fos confins. Car celuylà filve-noit à eftre voftrc Roy, incontinent au premier jour côuertiroit toutes vos forces à deffendre ce qui foroit à luy propre amp;ÿux fienszCcluy là feroit que ceux qui vous eftoiét amis parauà t, vous deuiedroiét monels dnnemis.Ccluy là jetteroit amp;nbsp;vous 8c vos affaires en detrcfgrâstra-uaux amp;nbsp;dangers.Là où vous pourriez viure fous vn Roy en Paix, en repos amp;nbsp;en trcfgrande félicité . Là ou le Tres-IIluftre Duc dâAnjou nâa aucunes inimitiez contre Prince quelcon-. que, nufdifferend pour fos limites amp;nbsp;Confins:rien qui puiffe tomber endifputcdc maniéré toutes
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i^üe toutes les forces qui font en fe Royaume tout ce que luy mefine en à de foy ou quâil aura jamais. Tout ceb) disjc, ne fcmploieroit quâà la conferuation, augmentation amplification de voftre choie publicque. Il y a encores vnc autre incommodité laquelle à mon auis elles
* délibérez de fuir 8ç euiter, Câellquc vous nâellifiez pourvollrcRoyvnqui par cy deuant vous auoit ellé ennemy. Car fil eûoit quellion de faire dâvn ennemy^vn alié allocié pour vn temps :comine il anint quelque fois défaire Ligue amp;nbsp;joindre vos forces a'ùec luy r Vous penferiez que vous ne deuriez jamais faire alliance nây allociation auec luy,encores que' faeiL lemantelle le peull rompre que premièrement vous nâeulfiez bienauile, pourueuamp; alTeuré vos affaire. De manière que vollre choie publicque nâen peut reccuoir perte ny dommage à aucun. Orfileftainfi quâen chofe qui ne doit durer quâvn bien peu detemps: II faille de ⢠fipres prendre garde; combien plus ellimero it tout le monde cefte fi îôudainc mutation de volonté dire perilleulcs? Voire (pardonnez moy fi je le dis) dâcshonnellc que ccluy qui dciianc hier vous melprilbit, que-de tout temps vous auoit porté vnc haine mortelle, apres demaindetiint tout loudain vollre Roy amp;nbsp;vollre Seigneur? Mcfincment fil elloit tel queil cull accoullumé dâvlêr de fesfujets coii^nc dâcfclaucs amp;nbsp;abuzer de leurs vies amp;nbsp;de leurs biens comme Tyran inhumain ?Certainement il nâeft pas vray lêmblable que ceftuy là vous vouluft commander dâautre forte quâil auroit accoullumé de commander aux liens. Cela ne vöusferoit ny honnelle ny honnorable ny feur auec lès fujets, acourroient tous en trouppe à vous, afpircroyent à vos biens, vous olleroyent tous vos Ellats, Offices, Magillrats amp;nbsp;autres omemens de dignité : Pcnlcroycnt que vos commoditez feroyent leur incommoditez. Et par ainfi la haine que vous cuideriez ellre cil einte, facillcmcnt le ralumeroit amp;nbsp;lé rengre-geroit. Jamais nây eut,croyez moy,lôcietté feable ny alfeurée entre ceux qui lônt dilfembla-bles. Sigifmond vollre Roy fils de fEmpercur Charles quatrième, dâautant quâil vous mef priloit au pris des ellrangcrs quâil auoit amené : fut par vos ancellres chalîc amp;nbsp;débouté du Royaume. Quâeull ce donc cfté fi celluy la eut alors eu tant de forces comme il en à maintenant? Maisjc me retiens. Carvous entendez facillementcequejc veux dire encores que je me taife. Le Tres-llluflriffime Duc dâAnjou vous deliurcra de tout ce danger amp;nbsp;de toute cefte incommodité. Car il eft yffii de race amp;nbsp;mailbn qui eft amp;nbsp;à tousjours ellé fort aimée deâ vollre Nation.Dâautant quâil y a tousjours eu comme jâay dit auparauant, entre vous amp;nbsp;nous amitié trefgrande. Et quant aux Offices, Benefices. Dignitez Se Ellats qui lè doiuent concc-dcrfeulemcnt à ceux du pays : Il ne faudroit ja que vous en feuffiez en peine,ains en tout repos . Car la Gaulle elt recommandée amp;nbsp;aimée parles ellrangers. Mefines pour la clemcnce' amp;nbsp;douce temperance de Jaer. La fertillité de la terre, la grandeur du rcuenu ,plaÃnce des lieux, ^abondancetrefgrandedes choies requilèsamp;necellairesà Jaifancc,commodité, amp;nbsp;délices de la vie humaine. Si quâà peine trouuerez vous vn François qui ayt voulu veillir en paixcftrange fil nâa ellé banny du fien. Tellement que fi Ic Trcs-lllulliiffimc Duc amien-ne dâauanture de la France quelque petit nombre dâhommes pour Ibn lcruicc domellic -ques. Ceux là certainement ne le pourront pas longuement palfer de reuoir leurs biens, Iqurs femmes, leurs enfans, leu rsâamis amp;nbsp;parens lefquels retournans en leurs mailôns ou demeurant par deçà quelque temps : il pourroit tecompencer, enrichir amp;nbsp;honmorer de fe propres biens pour vous relèruer avons autres ceux de ce Royaume icy. Car ilade-fuccelfion paternelle huit Prouinces dont les trois portent titre de Duché amp;nbsp;les cinq dcBiensamp;Apa Comtez. Et en icelles y a neuf Euefehez de tres-grande ellenduë amp;nbsp;de bon rcuenu .En- j uiron deux cens Abbayes, amp;nbsp;pres de mille Priorez. Y a forces Offices Ellats amp;nbsp;digni- dà njou. tez, Comme Bailliages, Scnefthaucées, amp;nbsp;Cappitaineries, %lqucls il peut donner à qui bon luy lèmblc tout ainfi que fil elloit Roy. Ces Prouinces là feroyent à vollre chofe publique, Sc à vous très-grand proffit 8c de nulle charge. Car il ne fçauroit aucnir aucune ne-ceffité qui côrraignift dâallcmbler vos forces pour les fecourirôcdeffendredelâincurfiondes ennemis.lieft vray que les biens ne font pas fi grans quâil vucillfc promettre des montagnes dâor, comme fon dit. Mais aiiffi ne font ils pas fi peris que l'on les doiue mefprilèr ne contemner. Scs richeftès ne font pas Royallcs. Mais telles quâelles font,bien fortables a vn fils de Roy, amp;nbsp;telles quâelles pour le moins font clics certaines 8c preftesà jouy.Nrous vous ^ropofons ebofes vraies amp;nbsp;fubfifttantcs, non pas efpcrances en lâair. Nous ne difons pas quâil aura, mais qu il à . Nous ne vous rejetons rien en arrière du temps aucnir, de ce que vous aucz propofé
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
dâefpercr où exiger de luy. Son Apennagc liiy à cfté depuis cinq ans en ça aflîgné trcs-ampk comme au frère du Roy non par cas dâauanture, par benefices de fort, non en don : par buis Scdccret de ceux qui font ordonnez à tel affaire.Et leur decret a depuis eff é confiné par Arreft de la Court de Parlement du conlêntement de tous. Voire ni^is le Roy, ce difeoi quelques vns,luy oftera tel A^annage toutes amp;nbsp;quantes fois quâil luy plaira: Ils pronoftilt;]U^ au DucTres-Illuftriflime qui a fi bien mérité de notre choie publique: ce que jiifques^'*' jourdâhuy nâarriua jamais en France: Les Ducs de Mantoüe Sc de Ferrarc, ÃInfante de PoK'*' gai, laDuchclTedeSauoye, la Royne dâEfcolîc ont de tref grans dommaines en la France* Dont on ne leur fit jamais dilputc ny difficulté quelconque. Mais en ce lieu, penlons vnpC' tit amp;nbsp;examinons ce que vous pouuez elperer defes biens.Si le Patrimoine de vos Roys eft A; minué:vousauez befoin dâvn Roy qui de les biens vous puilfe foullagcr.Le Duc Tres-W trilfime a de lâargent tout preft amp;nbsp;tout content duquel il peut acquirer les dettes publi(]UÃ' Si ce failà nt garder amp;nbsp;conleruer voftre credit: Voire amp;nbsp;paier la fonde de gens de guerre efträ' gers fi befoin effoit. Et pourfoudoier les gens de cheual,qui aux confins de Podolicamp;i ont desja fait la guerre deux ans entiers, fil Icurgft deu aucune chofe de leurs gages. Voili les trois chefs du premier article. Et puis du reuenu annuel de ces Prcuinces là quiprocs''â par apênagc,on apporteroit tous les ans enPologne quatre cés cinquâte mil florins.
Moieas du Dur.
autât corne fi toutnouuellcmët onauoitdcfcouuert quelque mine dâor en vos pays. Qü.^' ques autres articles fiiiuét encores Icfqiiels jâentês que ceux qui en ce lieu ôt deuât moy pour les Compétiteurs, ontinlèré dedans leurs Oraifons.Dequoy je mâesjouy aueemoy md' me: que des Ambflà dcurs,cnuoie2 par vn fi grand Prince ne peuuent nier quâils aientern-prunté de mes eferits, les offices quâils vous ont faites. Sâils le confefTent, ils les ont prifespar vn emprunt de moy. Sâils nient ils me les ont defrobees. Car il y a plufieurs dâentre vous qâ' peuuent tefmoigncr que ces articles là feurent par moy diuulguez dés lâentrée de mon A®' baflà de:Quoy? Si je ne feuflè donc point venu,certainement comme vous' voiez: ils nâauoiet paspropofé de vous rien offrir. De maniéré quâils efperoient vous faire fortir des mains cr très ampleRoyaume au regard feulement de la face de leursAmbafÃöeurs.Il y a dauâtage,'!'*® leTres-Illiiftriffime pourroit à fèsdefjjens armer amp;nbsp;foudoier vne flotte de vaiflèaux qui voââ lcroit tres-neceflà ire pour conquérir quelque Noble Port de mer Si eftappe de trafic de mar* chadife. Vous entêdrez afïèz ce que je veux dire. Et quât à la nauigatio de Naruy.noùsfôroô ceux qui pouuôs plus que nuis autresCopetiteurs fourniramp;effeéiuer ce q vous dcfirez.H bliroit en la ville de Cracouie vneVniuerfité laquele il garniroit d'homes fçauas Si deMaiftres excelles toutes difoiplines quâil y appeleroit de toutes les parties du mode: fous la côduà ^ defquels partie de votre jciinefTelêroitinflituée en la conoiflà ncc des bonnes lettres. Et tie en fexcercice de toutes fortes dâarmes.Et là mefinc ou bien en Frâce fi bon vous fébloit,» entretiendroit à fos defpens cent jeunes Gentils-hommes à lâeftude. Si vous jugiez que pouj repoufïèr quelque guerre ertrangcre,oy pour recouurer les choies qui autresfois ont bien efts voftres: vous euffiez befoin de gens de pied forains: ilfcroit venir de la Gafeongnedes harquebiiziers choifisamp;les rendroitpar merafèsdefpedsentellieu que vous auiferiez:les foudoyaà defes propres deniers amp;nbsp;lui melme voudroiteRreleChtfamp; condudeur delen* trepriie. Mais il me faut en cet endroit vn petit arrefter. Il y a quelques vns entre vous cfmeus comme jâeftime de bmour du pars : qui dilcourent ainfi en eux mefmes. Si nous eflifons es Duc rref llluftriffime,Ce pendant que nous attendrons fà venue de par deçà ,leMofcouitc qui eftrout preft à nous enuahin nous engloutira amp;nbsp;deuorera. Mais je les prie quâils louffrcnt feulement que je les admonnefte,que pour le moins ils le fouuiennent quâils font Polaqu^ lefquels quand ils ont euz de bons Si expérimentez Capitaines ont tant de fois rompu Si dd fait en bataille les Mofeouites, les Tartares amp;nbsp;les Hongres. 11 y en a dâautres lefquels je taiscX' preflemcnt le nom. Et à la mienne volôté quâils euffent feulement follicité leurs affaircsfâns parler de leurs competitcurl Car ils difènt que vous nâen douez efperer ni attendre aucunff cours : parce quâils font trop eflongnez de vous. Ils y ajoullent apres que Ion ne peut côdni-re jufques à vous aucun fècours de gens de guerre^ Sâil ne plaift aux Princes de la maifon d-Auftrich» lefquels jâentens nommer en tout honneur. Quant à moy jenâcftimepasqiiib ait pas vn dâeux,qui voulufl tant de mal à votre pais, que de refufer paflà gCj Et empcftbcrviâ fi grand Prince,lcur parentamp;allié qui vous ameneroit du fccours.Et fi ne me fouuicnt dâauoK jamais
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jamais Ici^que la mcr ait cfté dole ni fermée à pcrlônne.Et touteffois quand cela aiiiendroit les François fçaiient par quel moien ils ont accouftiimé de fc faire voye amp;nbsp;ouurir le chemin. Le Duc trefllluftriflime a vne Armée toute prefte de Galleres que mal gré les vents le me- ' nentà rames. lia flotte de Vaifleaux ronds tous equippez en guerre. Ilafoldatstous prefts que fur mon honneur je puis affermer que depuis le jour qiiâil^ura entendu lôn efleéiion dedans trente jours apres il pourra arriuer à Danfic, amp;nbsp;là vous aiantialuëz fi la neceflîté prelïoit Njuigatioa fen iroit tout droitenLiuonie. Ce qui ne vous doit pas lèmblereftrange. Car je vous auile oanfiè' que denos Ports on peut arriuer à Danfic en dix journées de nauigation lêulemét.11 y a plus qui vous apporteroit vne perpétuelle amp;nbsp;inuiolable Ligue amp;nbsp;alliance auec le Roy de France, par laquelle il (croit expreflement dit amp;nbsp;fpeciflié de quelles forces on vous 'deuroit lècourir â ⢠quand bcloin feroit. Vous auriez commerce amp;nbsp;lôcicté de traffic amp;nbsp;tref eftroite alliance auec tous François qui vous apporteroiét des danrées de France : dont les eftrangers ne fe peuuent palfer.Etvos Marchans emporteroiét auffi en laFrance les marchandifes dont vous abondez qui feroit vn grand proffit pour fvne amp;nbsp;lâautre nation.Ces choies là font à fauâture petites,mef mement fi tulles veut conférer à famplitudedâvn fi grand Royaume. Toutesfois vous les re-ceurez sâil vous plaift de bien bon cÅur amp;nbsp;prandrez en bonne part: attendu mefinement que cencfontquâaccélfoires amp;nbsp;que quant amp;nbsp;quand cela,vous pouuez auoir vn Roy preft amp;nbsp;appa reilléà toutes chofes. Ce que nous vous difonsamp;offrons fous telle condition, que fi Rcalle-tnent nous ne leffeduos: nous porterons patiemment fi vous refiliez à receuoir le Duc Tref-Illiiftrilfime-.lequel jâefpere quâà laide dâvn Trefpuiffant Prince il obtiendra quelque choie dont il auindroitvn grand acroifl'ementà lamplitude devoftre Royaume: Voire,maîs'fi le Turc (dilènt ils) en faneur du Duc Tres-Illufiriflime concetioit la Valacquie: il feroit force quâil deppendift totallemét du bon plaifir du Turc.Mais fçaehent ceux là que les RoysdcFra-cenâôt point accouftumé de dcfpêdre de la volonté dâautruy.Et y a plus que je leur maintien amp;nbsp;afferme que le Duc Tres-illuftriffime à le cÅur logé en fi bon lieu amp;fi magnanime, quâil nâendurerûif jamais eftre tributaire du Turc. Quant à vos priuilleges, franchiles, libertez amp;nbsp;Pologne. immunitcz:quant à vos Ãftats,Offices amp;nbsp;Benefices qui fe doiuent donner à ceux du pais lêu-Iement:il ne faut ja que nous nous en mettions en peine.Car telles choies font voftres amp;nbsp;non noftres. Et quant à nous,vous demeureront tousjours lauucs amp;nbsp;entieres.là ns que jamais nous y afpirions. Les Articles fuldits auroient à lauanturcbefoin de plus particuliere expofition. Mais fi la perfonne du Duc Trcs-Illuftrilfimc vous eft agreablernous en traiterons plus dilli-gemment par lettres quand il vous plaira ou auec certains députez, fil plaiftâain^Eftats en Ambaifa-commettre'quelques vns à cet effet. Et ce pendant fi dâauanture vous mettez en doute notre â foy:nousfommes contens que la perfonne d'Ambaflà deurs pofée,on nous mette en quelque Chafteau prifonniers fi dedans le quinziéme jour de luillet : il ne reprefentc quatre mil har-quebuziers Galcons en telle partie de ce Royaume que bon vous femblera. le fçay tresbien que jâauois propolê de garderamp;t retenir par tout le dilcours de mon oraifon,bricuctéaucc dâi-luciditc.Mais la malice de certains calomniateurs me contraint de fortir malgré moy hors de ma deliberation : parce quâil y a eu quelques malins amp;nbsp;mclchans qui aimans la langue amp;nbsp;la plume vcnale à qui plus leur donnejSe feftans loëz à pris dâargent pour ce fait : ont^fenfo que le Duc tref Illuftriflime eftant doiié de fi rares vertus: pourroit facillement eftre efleuamp;choi-fi par vous pour votre Roy : comme vous cftes tous tref affedionnez au bien amp;nbsp;à Ihonneur de votre païs.Parquoy pour cuider y mettre empefchementamp;ob uier à cetui votre jugement: ils ont penà comment ils pourroient vous jetrer la poudre ainÿ^eux.Etnâont trouué meilleur expedient que de controuuer certaines calomnies fortes amp;nbsp;ineptes certainement : mais veni-meiifes pourtant amp;nbsp;appropriées au temps.
PREMIEREMENT üs uoiis rcprochcnt que nous nâauons nulles inimiciez ouuertes à lâencontre desTurcs. Mais pourquoy eft-ce quâils ne reprennent cela mefine auffi bien en plu-ficiirs autres Nations qui ne firent jamais oneques guerres au quot;Mirc fils nây euffentefté contraints partûute neceflité?Quant à nous,nous auons autresfois chalfé les Turcs amp;nbsp;les Maures de la Paleftine, de la Syrie, de lâEgypte, de f Affricque amp;nbsp;des Elpagnes. De laquelle façon de taire nos Rois ont efté retirez non par negligence ou pareffe: mais.par les guerres i nous c-ftoient commencées par autres Princes nos vÅfins,au grand prcjudiccamp;dommage dclaFoy amp;nbsp;Religion Chrefticnne. Et maintenant nous auons retenu le traffic amp;nbsp;cómerce autant com-
Xxiiiij
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AuriL j.
Pourquoy la France a
Paix.aucc le Turc.
Efpicerics dâAlcxâdric en France.
Paix entre rEnipcrcur amp;nbsp;Roy Fran çots pre-Hiicr.
Monliic Eucfqiiedc Valence.
me la neceflitcamp;commodité de nos affairesamp;fvtilitc de la choà publicqucChreftienne,noy à fomblé le requérir. Il y a en Gaule deux tres-Nobles Prouinces oppolees à la coÃe d que,lefqucllesfilyeuft eu guerre entre les Turcs, amp;nbsp;nous pendant que nous efoonsciupe chez à la guerre contre les Efpagnols amp;nbsp;contre les Anglois.-amp;: depuis diferaits enguerred' uiles par Icfpace de quarante ans: lelHites Prouinces enflent efté courues, pillées, faccagtesc^ à îauanturebruflcesparles côurlâires. Dont il yatousjours grand nombre enccsmcrsl^' Il nous en eft dauantage auenu vn autre proffit amp;nbsp;commodité qui eft que nos marchans nouâ apportent d'Alexandrie amp;nbsp;des autres Ports amp;nbsp;eftapcs.Qui font entre les mains des Turcs, âd Elpiceries, Drogues medecinalles amp;nbsp;autres Marchandifes des Indes, en dix journées de Miiu gation foulement Sc ce à bon pris. Lelquelles fi les Turcs nous eulTent efté ennemis: il euft fallu acheter amp;nbsp;prandre des mains des Portugais. Et encores la plus part corrompues^ gaftélt; s.Ainfi quand à ce qui touchefvtillité publique,ceuxqui font mediocrcmctverfez«''â^ affaires: côfelfcront que nos Roys ont fait tres-prudérnent, voyant bien quâils nepoiiuoyeâ' par armes vaincre vne fi afpre amp;nbsp;puiflà ntc Nation: ils ont eflimé quâil valoir mieux retenir*^ bonne grace de leur Prince: affin que fi quelque fois la neceffité le requeroit: ils puiflentvn peu arrefter fon impetuofitc Se le rendre quelque peu plus traitable aux Chreftiens afflige^' En qiioy lâeuenement à monftré combien ils ont proffité. le vous puis alléguer lefreredu Cardinal de Trente, comme Noble Sc vaillant Cheuallier,outre plufieurs Cappicainesdes bandes Elpagnolcs q ui auoient efté pris prifoniers en Affricque: Sc auffi plufieurs Cheiiallid^ de Malte hommes tres-Nobles que tous rendent tefiuoignage que par la grace, priere amp;^^' cómandation de notre Roy, ils ont efté deliurez des mains des Turcs.Mais en choies fi chif^^ amp;nbsp;fi notoires, le vous en allegueray vn exemple encor plus clair amp;nbsp;plus notable, pris desfiià de Charles le quint Empereur, Sc de François premier de ce nom, Roy de France: leÃp-iels jâentens tousjours nommer à leur gloire amp;nbsp;honneur. Charles donc Empereur aiantimagiö® vnfinguher artifice pour aigrir la guerre quâil preparoit commencerai! Roy François: tira^ fil cordellc tous les Princes dâAllemagne amp;nbsp;les Anglois aflbciez en vne Ligue, affin, cedilo*'^' VEm ereur contraindre Ic Roy, vouluftou non de reuocquerîAmbaflà d^ur quâil tenoit auprès Châties le Turc. Ccla eftoit vn beau pretcxte.Mais à la vérité il cftoir expres arrefté parle traittédelcâî qointic Ligue, quâils partiroient entre eux le Royaume de France, quails auoient desjadeuoréend* oi ngois nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.Parquoy les Anglois affaillans dâvncofté le Royaume par le bas,Charles entra dâau
tre cofte par le haut: auec vn tres-puiflà ntexcercite compoà dâItaliens,dâEfpagnoIs de Wallons amp;nbsp;Allemas.Mais niât trouuc le Roy plus preft amp;nbsp;appareillé de côbattre cotre fvne tre armé^quâil nâcfperoit:il penfa quâil lui falloir pouruoir à fon retour.Et affin qoâil peuft retirer fonarméefoineôc iâuue: Encor que ce feuft fias auoir rien fait:Iloffroit aux Chrefde^ la Paix tant defirée, laquelle finallement fut compoÃe entre eux auec tres-equitables conui-tions. Mais du rappel de îAmbaffadeur fil en fut parlé vous lentendres cy apres.Chailcs pro* mettoit de rendre dedans vnan, commeilauoit fait plufieursfois auparauant, lcDuchédu Milan, au Duc dâOrleanS fécond fils de France. Le Roy eftant requis amp;nbsp;prié tres-infiatrincni par lâEmpereur de faire en forte que le Turc concedaft la Paix en Chrcftienté,trauaillée défi longues^uerres:promit de femploier à la faire. Mais il y eut ce point ajoufté que lâEmpereiquot;i Charles amp;nbsp;le Roy des RomainsFerdinad enuoierét Ambafladeurs quant amp;nbsp;celuy de France. le fuz efleu amp;nbsp;choifi par le Roy François,pour Chef dâvne fi belle, fi honnorable amp;nbsp;fi Chref tienne entreprinà amp;nbsp;Ambaflà de. Et bien que je feuffe par le chemin, furpris dâvnefieiire at-dente aux plus grandes challcurs de fefté: Toutesfois je fis tant par mes journées, que jâarri-uay à Conftantinople,menan?quand amp;nbsp;moyfAmbaflà deur de fEmpereur Charles, homme Vvalon, Dode amp;nbsp;fçauant en toutes fortes de difciplines.Celuy deFerdinad eftoit Italien home dâEfprit, fort aigu amp;nbsp;bien fçauant:qui promptement fut par mon moicn deliuré de la pri-fon où il eftoit detenu fort eftroitement. le prefentayees deux Ambafladeurs demandansh
amp; auties Prince? ban dcz contre le Roy de France.
Paix au grand Seigneur ajeuftay à leur requefte, le credit la grace du Roy mon maiUrCj auec prièrestres-chaudes amp;nbsp;affcôtionnées.Finallement la Paix/ut compoÃe ainfi quelonb defiroit. Et le ramenay ces deux AmbafÃdeurs commis en ma fâiiuc garde âpar le millieu de de la HongriCjtant que je les rendis là ins amp;nbsp;faufs auRoyFcrdinâd qui pour lors eÃoit à Viéne Prince certes tres-debonnaire. Duquel fait Si toutes les fois quâil mâen fouuient, amp;nbsp;mâcnloii-uientfort fouuentje rens graces immortelles à Dieu tout puilïà nt.Et luy en rendray tant que je villWV
-ocr page 341-livre trente CIN Q^v I E M E. itf8 je viuray de ce quâil me fit lors la grace d'eftre honnôré dâvne fi belle amp;nbsp;honnorable legation amp;de ce quâil luy a pieu de conduire à chef amp;nbsp;à point defiré mes trauuaux infinis. Et de ce que par mon entremilè je deliuray lors de ruïne â¢amp; extermination toute apparente les Hongres qui jadis fappelloient lesfreres des Gaulois. le vousay allégué cefl: exemple affin que ceuxquiontfimauuaife oppinion des François; fçachentamp; entendent que les François ont tousjours efté prompts à donner fêcours à la chofê publique, 5ê Chreftienne quand elle feft; trouuéeaffligée.EtquelenomdesRoys de France, à tousjours efté de tres grande autorité enuers toutes Nations eftrangercs. Et affin quâils apprennent quâil eft bien mal aifé de juger des Confeils des Princes, defquels le plusfouuent on nâentend pas la raifôn. Charles le quint comme vous fçauez tous, a efté vn prudent, fà ge amp;nbsp;heureux Empereur. Qui a tousjours tafi Charles le ⢠ché par tous moiens Semanieres de mettre en mauuaifè oppinion amp;nbsp;tirer en haine le Roy fbn quintEmpe-allié amp;nbsp;beau frcre,enuers toutes lesNatiôs Chreftiênes.Etnâyauoitpas encores quatre mois quâil tenoit ces propos là :quâd fbudain châgeâtdeCôfeil,ce quâil auoit vn peu au pauant blâmé amp;nbsp;rcprouué tresignominieufèmét:il f ébrafla pour fby amp;nbsp;pour les fiés tres-affedueufëmét.
En fécond lieu ils nous objicent la cruauté amp;nbsp;ne faignent pas dâaffermer que noftre Roy eft ^i^Fiäcois, vn Tyran inhumain. Quant à moy,tres-renommez Cheualliers, jâay j ufques icy eftimé que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
celuy féuleftoit Tyran qui par force amp;nbsp;à tort vfurpe le bien dâautruy.Qui trauailleles peuples de courfes, bruflemcns amp;nbsp;lâccagemens.Qui chalîè les Roys legitimes hors de leurs paternels heritages. Qui pour fbn proffit ou fbn plaifir inucute de nouueaux genres de tourrnens amp;nbsp;de criiautez pour faire mourir amp;nbsp;tourmenter les innocens.Qui dreflèfès confeils amp;toutcs fês pé fées à opprimer la chofé publicquc:à defpouillcr les peuplez de leurs libertez ,à fouller les fu-jetsdetrefgriefues tailles Scadions. Câeft celuy la certainement que fon doit tenir pour vn Tyran, la vie duquel eft toute contaminée amp;nbsp;fouillée de meurtres, deforcemens, de pilleries amp;nbsp;autres fcmblables crimes publics.Nfais côbien ces mÅurs là font cflongnées de noftreRoy, 8c de la manière de viure de tous les Françoiszvous qui nâeftes preuenuz dâaucune priuée pafi fion (vous dis-je) le pourrez fâinemant juger, tant parce que de longue main vous enauez peu apprandrc,que parce^ue vous en entendrez cy apres.Charles neufiéme de ce nem noftre Roy à prefent régnât le jour propre qu'il fuccedy à fbn frere lequel fappelloit François le jeu-nc:amp; appella à foy le Prince de Condé qui peu deuat auoit efté conftitué prifonnier, Sc le tint tousjours en grand honneur,auprès de fa perfonne. Auffi tira il de prifon amp;nbsp;ofta des fers deux cens autres hommes partie Nobles partie de plus baffe mais honnefte condition neantmoins; lefqucls poureftrcfufpedz auoir confpiré contre le Roy : auoient efté emprifonnez. Ce qui îauoit induit à ordonner cell: eflargiffement: nâauoït point efté vne puerile legereté ou témérité, ainsîauis Sc confeil de bien grans perfonnages.defquels eftimoient quâil falloir pardôner à vne fl grande multitudc-.de peur que qui les puniroit, cela ne feuft occafîon de fuporter de grans troubles par la France. Preuoians quel orage amp;nbsp;quelle tempefte pendoit à la chofe pu-blicque,fileuft autrement fait. Auffi feftudia il de remettre par fà intcs Loix Sc bons Edits, fa-tienne difeipline Sc vieille façon de viure. Qu(en eft il auenu depuis?Cefte grande bonté de noftre Prince Sc fi grande tranquilité dê temps: elle a efté fuiuie dâvne tref grande ingrati- ^Uw'^cinrc tilde,rebellion,troubles Sc confuzion de toutes chofes que quelques particuliers ont^ufeité. les Frâçois. Lepoure Prince à veu fefpace de dix ans Sc plus toift entiers, les malheureufêsSc funeftes armées ciuillcs que jamais nâauoient efté oyes entre nousique la diuifiô de Religio Sc la difoor-âe de deux tres-puiffantes familles, nous ont apportez. 11 a veu fà Noblefïè prcfque tou te, il aveu le peuple amp;nbsp;la lie du populace diuifées en deux parts: comme nous lifons quâil auint ja-dix aux Romains encores quâils feulïént hommes fà ges Sc auifÃ. Et comme il eft tousjours auenu aux guerres Ciuilles, on reccuoit au camp au nombre de foldats les plus vitieux Sc les plus perdus hommes du monde: Affin quepourle moins par ceftevoieils en pcuflènt af femblcr tant plus grand ndfnbre.Cela eft malheureufêment fuccedé en noftre pais à ceux que îon appelle vulgairement de la Religion Reformée. Il nây auoit peint dâoccafion pourquoy quelques vns nous deuffent ainfi fouller aux pieds, fi nous auons efté trauaillez de fedicions iiiteftincs.n nây a pas dequoy fe vanter Sc glorifier fi fort:quâils fçauent commander à leurs fu-jetsfans y emploier le fer ny rcfpandre le fà ng humain.Le malheur qui nous eft en cela auenu: ncdoiteftre imputé ny a follie ny aTyrannie.La difeorde de la Religion a bien apporté à fEf coire,à lAngleterre Sc à f Allemaigne comme à nous vne trcfpeftillente guerre.Le païs bas de
Flandres
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Mifere des guerre Ci-uillcs.
Flandres ni les Elagues mcfmes fous Charles le quintamp;foiis Philippe «a prclènt régnât, nont pas cfté deliurées de tels fèditicux mouucmcs. Et y en a encor jufquâau jourdâhui és pais bas de bié viucs relicques.Et tels remuemés nâont point cfté aflopis ni appaifcz fans grande effu-fion de fang. Il y a en la Gaule des familles trclpuiflà ntcs, telles que les vues fè pcuiicnt conférer aux Rois. Et fi a vne grande multitude de Gentilshommes amp;nbsp;Cheualliers amp;nbsp;du tiers H-flat,des gens de pied qui en nombre amp;nbsp;proueflè fè font par tout bien renommer.Or ceux qw gouuemcnt les Prouinces moindres amp;nbsp;commandent à des fujets plus nez amp;accouftunicz« feruir que non pas aporter armes: Ceux-la certes ont bien moien de viure en Paix amp;nbsp;dem«â' rcr en repos. Mais je reuien au fait. Notre Roy que ceux appellent Pharaon,cftant contraint de fupporter tant dâatentats amp;nbsp;prefomptueufos entreprifès : a tousjours montré vne fingulict« clemence amp;nbsp;bonté enuers tous : il a par trois; fois libcrallement concédé la Paix à ceuxquu auoit deffaits amp;nbsp;rompus;Defirant acheuer Sc efteindre la guerre ciuille qui à accouftumétl« prendre fin trcfèalamiteufc amp;nbsp;funefte : plufl.oft par Paix que non pas par viéloire, fiiiuanten cela le jugementSe auis des trcflà ges hommes dont nous lifons ainfi en Ciceron.Toutes cho-les font mifèrables és guerres ciuilles: mais il nây j rien qui le foit tant que la vidoire
iLaquelle fi bien cllefucccdc aux meilleurs, les red les plus fiers,amp; plus impuiflansà retenir âleurs choleres. On nefçauroit remarquer en douze ans tous entiers que notre Roy a regne : C»* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iquâils appellent Tyran trefcruel,aucune trace de cruauté:nul nâa jamais efté par fon comm«'â
dement tué ne blefle,nidefpouillédefès biens.Mais ils fefforcent par calomnies fortement^
impudem'mcnt controuuces, de rejeiter la mort dû feu Amiral amp;nbsp;dé quelques autres .*5^* hoâîimes fur la cruauté du Roy : De laquelle il a tousjours cfté fort eflongné.Maisil«^ bien facile de réfuter leur calomnie par vne feule parolle. Car ce quâils nâont cftcdcuan* (occis,eft vn certain argument que le Roy nâauoit oneques mis en fon cÅur de le faù^
III les 3 eu cent fois auprès de lui à la Court, enlèmblc^incipallement à Blois il y a où ils euflènt peu cftre malTacrez fort commodementKins aucune crainte ne danger: parc« que la coulpe en euft cfté vray fèmblablement rejettee fur le Duc de Guyfc quife plaigâ®** que lôn feu pere auoit eftétüé proditoirement parle cemmandanent de lâAmiral. plainte euflènt tenu la main lès proches parens amp;nbsp;alliez; comme auflî euflènt fait vn Du«**® Môtpenfier,vn Duc de Nemours,vnDuc dcNeucrs,qui pour certaines offeces particulief«â ^iKheic-â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cftoiét déclarez mortels ennemis.Mais ce qui eft auenu à Paris,certainemét câeft
mj-exeufee, fortuitqui fa fait lôudainemétnaiftrelâns,queperfône fait Iccu preuoir cotre felpcrâce iiâO' âb nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnôdc.Car combien quâils euflènt tref gricuement offence le Roy:^^â .
-U'M* feuflènt^rs mcfmes acculèz de leze Majeftepouraaoir conjuré : toutefibis le Roy de fa nature plus enclin à clemence : euft mieux aimé les faire prandre au corps que non les maflacrer .Tel eftoit lôn auis que Ion informait dilligement de tout le fait. Et ce pendant que tout le négoce fut relèrué à la conoiflà nce du Parlement de Paris. Mais comme il couftumé dâauenir aux tumultes ilbudainque le populace poufle de fureur, fcxcite:auiâ cfcheutlorsla choie autrement que Ion nedefiroit. DontleRoyfutfortcoutroucéamp;rro'âquot; blé.Car il voioit quâil y auoit és pais bas,deux puifamp;ntes armées. Alfa noir celle du Duc dâA*' ue ôccqjledu Prince dâOrangc,dont fvn Sefautre euft tref volontiers entreprins de deffendre f vne des parts.-qui euft efté le moien de faire paflèr la guerre des pais bas en France. U dauanrage que les Euangelicques,quâils appelloient: pour venger la bleflure faire à fAmir» amp;nbsp;la perte quâils auoient receuë ez pais bas; prendroient facillement les armes ainlî qu ds noient fait au parauant. Il preuoioit aulfi de îautre cofté,que pluficurs Catholiques lêroien« tref prompts à faire la guerrfeontre ces Reformez, fils entreprenoient de rien remuer. Et » Prince dâOrâge dâautre cofté nâeuft pas voulu faillir à ces Reformez. De maniéré quâil feUotf ncceflà irement que nous tumbaflîons en vne quatrième guerre Ciuille. Laquelle nâeuft porté que fextreme ruine Scdelblationdemiere au Royaume qui partant dâannées en auoit desja cfté affligé. Parquoj^ffin que les hommes de fvne SiC de fautre fadion, faiflà flènt tout penlèmcnt de guerre amp;nbsp;feuflènt dâeftournez de vouloir vanger leurs injures : les Princes 1«^ preflà ns,amp; le Parlement de Paris,dontfautorité à tousjours efté tres-grandc parmy nous, 1â* en failâi^ inftancc: Il à fallu quâil ait approuué le fait, quant à f Amiral amp;nbsp;quand aux Capituf nés qui auoient commandé fous luy aux guerres precedentes. Il y a pluficurs telles occu^' ces qui fe prefentent deuant les yeux des Roys,qui bien fouuent les deftournent de ce quâils«' V nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uoicn'
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autoient conclu amp;nbsp;arrefté parauant.Theodofîus Empereur, Religieux amp;nbsp;débonnaire tres-vtille à prouiguerlaReligionChreftienne ,fily en à jamais eu: oubliant Ion humanité accouftii» méx, commanda quâon fift mourir fix mille homme» dedans la ville deTheflà lonique: pour ce que ceux de la ville auoient ahatu Ion Image. Mais en aiant efté griefuement repris amp;nbsp;blafmé parlâint Ambroilê, il reprint vnc autre fois là CIcmeièce auec luy ; Laquelle il Icm* bloitauoirdepofée, amp;la retint tousjours depuis tan?quâil vefeut: Dont il eft aujourdMhuy côté entre les deuots amp;nbsp;tresbons Empereurs par le côfentemét Vniuerlel de tous lesHiftohcsi Que ces calomniateurs donques qui rejerent en arriéré de foy toute crainte de Dieu, amp;nbsp;fro-* tant toute honte hors de leurs fronts,mefprilênt le commun nÅud amp;nbsp;lien de la Religion: co-fiderent maintenant fils peuuent à bon droit appcllcrvn Roy Pharaon traiftre amp;nbsp;tiran, lequel * en toutes ces occafions feft monftré fi clement, fi doux amp;nbsp;humain, que lors mcfme'd enuoia foudain par la pofte entoures les Prouinces defon obeilfance pour empefeher quâil nâauint rien defemblable aux autres villes de fon Royaume.Et deffendit bien exprcllèmcnt auec com-mination de tres-griefues peines aux contempteurs de fon Edit: que ton n'exerçaft aucune cruauté.A fon Edit toutes les autres villes dbeirét, excepté fix lêulemét,efquelles les lôudaincs impctuofitez du populace, irrité des torts amp;nbsp;dommages quâils auoient receuz au parauant: ne fepeutent pas facillemenr réfréner. Mais comment que cetoit, cet Edit la fut caidê que cent millehommesne furent pas lors maflà crez. Au refte le Duc Tres-llluftrilfime requis de dire N.itureldu fon opinion fur ce fait:nâen voulut jamais opiner.Dilà nt quâil reputoit que ce luy feroit defhó-neurfil eftoit dâauis de faire mourir hors la guerre, ceux qui par tant de fois il auoit deffaits Si ie Vaioy^ rompuz en bataille: fort mal content que ceux à qui la fortune de guerre, auoit pardóné féuf lentainfi meurtriz par des bourreaux, amp;nbsp;par vne lie de populace. Aians tousjours efté fort efi longné non feulement de cruauté: mais auffi de trop grande feuerité.Lâon nâa jamais veu quâil fcfoit courroucé, quâil foit forty des gons vne feule fois: jamais nâoffenfâ perfônne, jainais ne dit injure à homme,jamais ne mit la main en cholere fur homme viuant quel quâil feuft.Ccux H qui fadrcfïènt à luy il les reçoit tous humainement, il honnore les Gentilshommes,!! carefi fêles fôldats de dons amp;nbsp;prefens Se de tous moiens quâil peut. Auffi eft il aymé,courtifé amp;nbsp;hon-noré par tous amp;nbsp;François amp;nbsp;Eftrangers qui en ont conoiflance: par la douceur defès moeurs pour fhumanité Sccourtoifie dont il vfè enuers toutes fortes de gens. Tcutesfois nos beaux Clandeftins efcriuains,qui ne méritent pas quâon leur ajoufte foy quelconque,quand ils nâau-v Soient autre raifon que ce quâils nâofentpar declarer leurs noms: fefont perluadez quâils nâont-affà iredâaucunstcfmoins.Etpcnfènt que ccfoitpour eux quâil a efté dit,anciencmê^alomnié batdimcnt: Car il demeure tousjours quelque choie de lùfpition. Quand a moy il me fuffi-roitdenier le tout feulement: mais au moins quâils dilènt ce que îon trouue quâvn calomniateur ditvne fois deuant lu lies Cefà r. Sâil fuffit de nier qui fera jamais condampné? Auquel je repliqueray ce que Iulianus tres-predémét refpondit.Mais fil fuffit dâaccufèr qui eft celiiy qui pourra jamais eftre affiiré de fà vie amp;nbsp;de fon honneur?Toutesfbis afin quâil ne vous en demeu» re aucunfcrupulle en vos coeurs:je vous allegucray des tefinoignages,des indices amp;nbsp;prefum-tiôs qui ne fe fçauroiét defdire ny réfuter ny par rifee ny par raifon.Iâay pour tefmoin finodal,Ie Duc Tres-Iiluftriffime qui mâaiânt eferit de fà main fort amplement: tefinoigne qffe le Roy eftoit fort efloigné de ce fait.Et afferme conftamment quequant à luy: il nâa jamais efté auteur ny aprobateur de tel confèil.Or fi Marcus Artilius Scaurus,viuoit maintenant:je le prendrons pour Auocat de:ma caufê. Scaurus Alphenne, auec vne trelâpre amp;nbsp;picquantc harengue îauoit accule de trahifon, Et luy pour réfuter tant de Chefs ô^articles de fon aceufation: dit feuleiçcnt. Alfenus Varus dit que Scaurus fait prendre les armes aux Latins cotwre les Romains: Scaurus le nie, auquel penlêz vous des deux quâil faille pluftoftoft croirci Auffi moy fuiuant fexcmple de ce grand pefonnage:me puis lèruir de pareille raifon pour defifendre lacaulê du Sereniffime Duc: Certains efcriuains, loüezà pris dâargent, difèntque le Duc Tres-lluftriffime à eftécaufe de la mort de ÃAmiral amp;nbsp;des autres^4obles qui furet tuea quant amp;nbsp;luy: Le Duc Tres-Illuftriffime le nie.Auquel pcnfêz vous quâil faille pîuftoft ajoufter foy? QMnt auxcojeôturcs. La premiere eft que dedans les Prouinces qui font de lApcnnage du Ductres-Illuftriflîmcilnâya euhommetué; perfonne blelTé, perfonne à qui fon fit fait tort ou injure quelconque. Or fil eut efté fi cruel que ceux cy difent, ilne falloir quâeferire aux Cappitaines amp;Gouuerneurs defes villes, non quâils malîà crafïcnt les reformez : car nos
Princes
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â¢Princes nâont point accouftumé dâvfer de parolles fi cruelles ne fi Cinglantes.Câcftoir aflcz dire quâils nâempelchaflcnt point la fureur du peuple. Ma féconde conjedurccft queleDu*-Tres-IIluftrc, fait fi grand conte de ce Royaume trefà mple:que fouucntesfois faifant tref-hoiââ notable mention de vous, il dit quâil aimeroit mieux eliroRoy SiC Cappitainc dâvnc fi amp;nbsp;vaillante Nobleflc, que dâaièoir cinquante millions d'or de reuenu annuel. Et lui qui ai®* rellemcnt cft doiié dâvn bon féns, jugement, fâgeffe prudence; pcuuoit bien penfér maflà crc là jpourroit bien apotter de grans empefehemens à ce négoce. Parquoy ilnâyauf^ jâmais homme de difeours cntier,qui juge qu'il ait mieux aymé perdre ce Royaume trefa®' pie, dont il eft fi fort defireux: que de pardonner à ces Nobles la, où de reféruer de lesfr® maflà crer à vn autre temps plus commode, où il nây eu ft eu crainte ne dangier aucun. ces efcriuainsicy,affin quâils ne laiflà ffent atenter chofe qui puifté retarder votre jugcnien' volonté de fhonorer,ou à tout le moins vous tenir quelques jours en doute amp;nbsp;balance; üâ fê tournent à parler des chofcsauenir.Le Duc TresâIlluftriffime,difént-ils, excitera vnegu®' te ciuille entre vous.Câcft autant comme fils difôient, ce Duc la que la nature à doué de g®â clemencc debonnaireté-.tout foudainement conlhie fil eftoit frappé de la foudre,dcuienclt^ de trefhumain quâil eft home trefinhumain,afprc farouche ennemy,dâamy ingrat, dePn'â* ceconuoiteux dâhonneur, amp;nbsp;de bonne réputation, parjure au lieu de religieux amp;nbsp;deuoten-uers Dieu.Et quâcft-ceaurre chofe dire cela,finôcôrrouuer des fbnges à plaifir pour vous abU' iéramp; tromper malicieufement fi vous nâen prenez bien garde? Mais pofôns le cas puisqu'il le veullcntainfiquele Duc Tres-llluftriffime, oublie fés anciennes façons amp;nbsp;moeurs voi® lôymefme:!! vous aportera,ccdifént-ils,la guerre.Vraicment ce féroit vnbeau confcilamp;'^*' gne dâvn fi grand Prince.Mais je leur oppofe fort à propos le dire ancié deCaflîanus.A qâ* vient le bien? Quâelle vtillitépourroit il efperer de fuiure tel Confcil? Là où au contraire« y a plufieurs occafions,qui le pourroient amp;nbsp;deuroient deftourneramp; retirer du penlénrrntd'd' mouuoir aucune guerre. le voudrois quâils me diffenteux les premiers, quelles occafo® pourroit pouffer le Duc Tref-llluftriffime à fufeiter guerre entre les fiês:affin,difént-ils,qiii^ contraigne les Euangeliques,de reuenir malgré eux à la Religion oes Catholiques. Mais^quot;' rez vous tant de loifir amp;nbsp;tant de repos des ennemis de dehors, que vous vous puiflicz lail^^^ cfmouuoir par féditions inteftines amp;nbsp;domeftiques à vous faire la guerre les vns aux autres? vous en fay luge vous mefmçs.Mais je vous diray ce quâils fôngent.Quand je demande à qui ceft quâil en auient bien:câeft,difcnt-ils,affin que vous qui elles tref côjoints par proximité de (âng, par ÿiciennes alliances amp;nbsp;tref douce conuerfation; il vous jete à fon auenement en coff' buftion de toutes choiesamp;fôymefme en grande deftrelïé, grans ennuis amp;nbsp;grans perils. Ce que toute perlônne de lain jugement confelfera,ne pouuoir tomber en îentcndcmcntdâhÃm« fil nâeft furieux ôe troublé de fôn léns.Tant fen faut quâil puilfe arriuer à vn Prince trefdcfi' reux dâhonneur Sc deloüangc.Aucontraire,iI y a plufieurs occafions qui le pourroient deuroient retirer du penlément dâvne telle guerre. La premiere eft la crainte de lé perjurer amp;nbsp;faulïérlâfoy. Dequoy ceuxmclmes quifégt;ntlcs plus nonchallans,ont accouftumé de tenir conte. Car il nây a perlbnné fi abandonnée des Médecins, qui ne detefte amp;nbsp;mette en abomination le flom de perfide amp;nbsp;perjure. En lécond lieu faut mettre le foin de conférucr la bón« reputationdaquellc à acouftuméde retenir les hommcs,melme de balTc amp;nbsp;picbeyenne condi-dition: non feulement les Princes qui font, tref eftroitement obligez à faire amp;nbsp;tenir ce quâils ont juré amp;promis. Tiercement fil vouloir atenter contre vous cholé aucune de ce quâilsdi-fent: il fe mettroit luy mclmt^n rref grand danger de perdre la vie amp;nbsp;lés biens.Ce Duc la qui fil eftoit votreRoy pourroit jouir de fon Royaume fi heureulément,lâns aucun lien labeur par votre feule bcneuoicncc. Et qui pourroit viure en tref grande gloire amp;nbsp;en tref bonne reputation enuers lesNations eftrangcrcs. Ce Duc la ,dis-je,abandonneroit la France, qui îaymcamp; fhonnore comme vn Dieu, pour venir icy lémer à fon auenuc des femances de guerre ciuille parmy vous autres,qui fi bien merité de luy.Etluy mefme voudroit il bien lé venir de gaieté de cÅur precipiteren tref gras dangers Sc trauauxlelçachâtamp; levoiât? A qui en pourroit il bien auenir? Car quand à luy,autre fruit ne pourroit il attendre que de viure cy apres en perpiituef le angoilï?de cÅur, en continuelle dcftrelfc de crainte, ou bien quâil feroit contraint de An retourner finallement aux fiens en grand deshonneur. le ne voy point quâelle ylfucnyqiid fruit il peut clperer de celle infortunée amp;nbsp;malheurculé guerre ciuille. Mais pole .le cas quâil feuft
-ocr page 345-LIVRE T R E N T E C I N Q^V I E M E. 170. fcuft dâentendement fi moufle, quâil ne peu ft preuoir les dangers qui luyen prendroicntamp; qui le mcnaceroient. Suppofons quâil foit fi conuoiteux de guerroier que pour cela il en oublie toute autre choie : quâils mâenièignent doneques auec quelles forces, auec quellesar-mes 8c auec quels ioldats il pourra attenter,le ne diray pas acheuer vne fi perillcuië 8c fi hazar-dcufeentrcpriiè.A.belles dents ou à beaux ongles:] le le crois.Gar ilviédratout dcià rmé nâayât autres forces ny armes ny autres excercites que la bienueillance que vous luy portez. Ma is ils difent que vous meimes luy fournirez gens amp;nbsp;armes par effet. Et pourquoy ne fauez doneques fait du temps de voftre Roy décédé, quieftoit Catholique aulfi bien comme luy? Qui auoit efté nay 8c nourry parmy vous en voftre pays.Qui par biens faits 8c prelèns auoit oblige aloyla meilleure partie devons?
Mais affin que je vienne finallement au nÅud principal de toute cefte matière: reftenc deux points feulement à vous difcourir:lcfquels jâeiperc vous prouiier facillemcntamp;c quâiceux prouuez décideront amp;nbsp;termineront le tout entièrement. Le premier point eft quâil nây a incommodité ne peril quelconque que fon peuftimaginer: que vous ne deuflîez pluftoft redouter de la part de tous ceux qui pourfiuucnt ce Royaume, que de h part du Tres-îlluftrifi fime Duc. Car il nây a perfonne de tous les Compétiteurs, nây dâentre vous mefines qui nâait les moiens plus prompts Sc plus grans pour troubler voftre Paix : Car fi vous eflifiez pour voftre Roy fvn de vos compétiteurs vÅfins: Celuy la certainement entrois jours pourroit mettre dedans la Pologne, les forces 8c armées quâil auoit laifféesen fônpays .Etficeftoit îvn dâentre vous qui fcull eflcù Roy, Ibit quâil feuft Catholique, ou Euangelique,8c qui voi-laft fa mauuaife volonté du pretexte de vouloir reforme/ 8c reftituer en fön entier la Religio: Tous fes alliez, tous fès parens, touslèsamis, tous obligez 8c deppendans, luy aflifteroienc parlemoicndefqucls il pourroit efînouuoir guerre ciuille entre vous. Et tourner vos forces à laperte 8c ruyne de vous mefmes. Là où vous entendrez tresbien encores que je mâentai-Ic, que tous ces moiens là defFaudroient au Duc 'Tref-Illuftriflîme, quand bien il auroit volonté de remuer quelque choie entre vous.Car il viédroit fans armeS,il viendroit de pays fort dlongné du votre,il viendroit inconeu à vous tous.Et pourroit il auoir donc aucun confidét entre vous auquel H voulu ft commette 8c communiquer vn fi dangereux Confeil?!! nâauroit aucuns alliez, aucuns parens, aucuns amis anciens qui le peuflent accompagner à entrepran-dreouexecuter vne fi hazardeufe entreprife. Brief affin que je parle plus clairement: il nây a hommcfilnâcft preuenude paffion particulliere, qui neconfeflè que le Tres-llluftriffimc Duc, fil voulloit attenter chofè aucune de ce que îon dif.nâeuft plus dâoccafiô dèiuoir pciir de vous que non pas vous de luy. Lâautre point que jâay refêrué pour la conclufion de ma ha-râgue;eft quetout ce que vous fçauriez cfperer ny deflrer de Roy, q vous eflirez quel qui loit: certainement le Duc Tres-Illuftriffime,fans aucun delay le vous rendroitpromptement fait 8c parfait: parce que lès aducrfâircs mefmes ne voudroient pas nier quâil ne foit doué de tres-cxcellentes parties 8c dâelprit 8c de corps. Et quant au meurtre de Paris,je vous ay approuuc par tres-viues raifôns quâil en faut rejeter la coulpe fur autre que fur luy. Et vous prie bié fort que fvne defdites railons ne vous tombe point de la memoire.C eft que le DucTrc^-Illuftrif fimc fçauoit bien que le bruit dâvne fi grande executiô 8c fi inufitée ,vous deftoumcroit,pour lemoinsvous detiendroit quelques jours, de faire ce quâil defire:attendu que voushayffez naturellement toutes cruautez. Parquoy il faut que fès auerfâires confeflènt que ce Prince là qui eft tenu de tous ceux qui le conoiflènt pour home de bon fens, 8c qui eft difireux dâamplifier 8c augmenter fâ dignité: euft pluftoft voulu retirer de I* mort ceux qui ont efté maflà -crcz.Ou bien fil nâeuft peu obtenir,en faire refèruer ce maflacre en quelque autre temps: que de perdre toute efperance du Royaume quâil auoit desja conceikcnfon cÅur.Et pourcc quâil ne la pas fait: câeft argumét tref certain quâil ne laivoulu faire.Vous auez befôin dâvn Roy, qui de longue main ait appris de traiter les négoces publiques. Et 1 eftant exccrcitc 8c verfé lo-guement aux afFaires:pourra le jour mefine quâil fera eflcu,pouruoir à tous vos affaires eftant fecourn de voftre tres-prudent Confèil 8c jugement. Et fera tout preft pour admin iftrer votre chofe publicqne hcureiifement8c fà gemcnt.Vous demandez vhÃoy qui ait efté f^ldat.Parce que tant de milliers de Nobles 8c vaillans Cheualliers, fcfafchcroientfort de porteries armes fous vn Cappitainc non expérimenté. Et luy comme vous auez entendu:a longuement porté lesarmcsjà commandéaux batailles, à combatu parplufieurs fois contre des puiflans ennemis Sc
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mis amp;nbsp;en a hciireufemcnt emporte la vidoirc. Tellement que vous a nez vn homme tcutpfel^ loit à entretenir la paix foit à faire la guerre.Si vous demandez quels biens il a : Je ne veux dire quâils font infinisimais bien veux)e allcurer quâils font tous prefens : de maniéré qW -nousauons promis quelque chofe pour lui: il peut accôplir la promefle tout incontinant^ ⢠lui mefineamp;lâns fêcours dâauwui. Si vous attendez quâoutre les prières du Roy Trel-chrcfu^â ! Je vous ajoufte encores la graceamp;le plaifirque vous ferez à dâautresPrinces:nousfommesb'i contens dâeftre vaincus en cela par les autres compétiteurs. Car JâayproteRé dés le comnifl'' cernent de ma harangue que Je ne voulois vfer dââbitieulês prières. Vous fçauez conoÃ^ affez les qualitcz qui font neccflà ires à vn Roy, delquelles fi le Duc tref Illulfriflime eft
⢠ilnevoudroitpasajoufter à fes merites les prières ni la grace dâautrui. Tellement que füeiâ; tient de vous la dignité quâil pretend, ilfe délibéré de fatribuer feulement à votre humanity la bonne opinion que vous aurez de lui,amp; à famour que vous portez à votre païs. Touteffo*â ; affin quâil ne femble que nous foions feuls amp;nbsp;deftituez dâamis j Jâappclleray à notre fecoursl^ mémoire du tref bon Prince qui fut Jadis votre Roy.Iâétens de Lois Roy dâHongrieamp;dePol' longue duquel la cendre 8c fheureufe fouuenance*vous prie aujourdhui que par vos voix^ Roy de Po- ^îâffrages vous vou liez hounorer de iâ couronne Roy aile vn lien parent,vn qui eft extrait de» logne amp;nbsp;nbsp;nbsp;race amp;nbsp;de fon (à ng. Celui-là , df Je vous prie amp;nbsp;requiert tref inftâment quâen faneur de lui d«'
ptiricipatix Chefs priuileges amp;nbsp;immunitez: Que vous fouuenant d'quot; . fondeFwn- ft grand benefice, vous choififfiez pour votre Roy vn Prince né delà famille dont lui a tit^
⢠fon origine. Ce que fi vous le faites ajouterez vn grand accroiftèment de vos Icüanges les Nations eftrangeres : Quand elles entendront que vous aurez confoimé vosfuÃragcsan fait amp;nbsp;Jugement de vos anceftres.
Parq^voy Trefreuerens Seigneurs;Et vousIlîuftrcsamp;magnificques Pallatins,Cha-ftcllains,Vous tref renommez amp;nbsp;tref vaillans Cheualliers, de la part du Roy tref Chreftieâ)^ vous prefonte ce quifoit au bien, honneur amp;nbsp;accroiflement de votre chofo publicqiie : hSt' reniffimeDuc dâAnJoif,de Bourbonnois amp;nbsp;dâAuuergne. Receuezje tcutprcft 8c aparcilk^ Gouuerner votre chofe publicque commeftl eftoit né pour V0US5amp; fil eftoit votre fils.Vcuâ polluez faire que vous foyez lès patens, fes freies, fes alliez amp;nbsp;prochaihs.Car il abandonu^ ceux quâil a en France, laquelle eft fort élongnée de vous. Et par ce moien la proximité du fang auquel il diroit à Dieu pour Jamais : ni les importunes prières defes £mis,ni la mcnioirc de fon antienne familiarité 8c conuerfaticn:le pourroient retirer ne détourner du vravS' droit chemin.Uneferoit point befoin poutauoir accez à lui de mandier la reccmmandaticndcfc proches parens,ni acheter la grace venaîe de fes courtifans, ni de lui faire aucuns indignesfet-uiceSjOU de gangner le port ou faueur de quelques corrempus dcmefticqucs. Car voiisaudquot; ez tous entière ou pleine puiftà nce de le voir, de faprocherôc de lui parler. Car en la France où il eft, il donne audience à tous. Il ne refufo de parler à perfonne amp;nbsp;renuoie tout le monde auec vne treshumaine refponce. Il feroit tefinoin participant amp;nbsp;compagnon de voslabeursamp; de vos dangers, ô tref vaillans Cheualliers:amp; par fa libéralité foullageroitvosincommoditez. Votre fe^e Picté,Religiünamp;deuotiô, ô trefreuerens Prélats. Vos fouis meritesamp;foruicesà b ebofo piiDlicque,0 magnificquesPalatins. Lafoulc recordatio de votre prouëffe, ô trcf-vail-lans Cheualliers,le poufleroit deliuré 8c defpouillé de toute priuée affeéfion à vous aimer ca-rcftèramp;honnorer. le vous prie donc de rechef autant quâil mâeft poffible au nom du Roy tref Ghreftien que vous choififfiez 8c élifiez pour votre Roy ce Prince qui ne vous peut nuire en chofo quelconque: ains vous jieut eftre vtilc à toutes chofos.Qui eft tout preftamp;apparcillcdc prandre parcillemct le foin de deffendreamp; ampliffier votre chofe publicque.Qui ne vondreit ipour rien diminuer vos libe«ez3priuilegesamp; immunitez . Qui ne pourroitîeftâeâuer quand il voudroitfattenter. Qui auroit le Jugement fâinamp;entier nonpreuenu dâaucune paflîcnda!-fiance ni de parenté pour fà gpment ordonner de vos affaires. Qui à délibéré ( fi vous le faites votre K oy) dâemployer toutes fes penfées,toutcs fosaffèélions 8c tous fos confoils peut ateindre ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à ce foui but,que Jamais vous ne vous puifficz repentir de lâauoir fait. Et quâil pmftc eftrefur-
nommé à bon droit véritablement fans flaterie par vous amp;nbsp;par votre pofteritéjlc bcnKcy prudent 8c vaillant 8c pere du pars.
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LafecenÃ
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fécondé Harangue faite prononcée parlemcfine Euefejuedc Salience en Pajfemblée des Ejiatsde laTfybleJfede 'Polongnelorsejuilfut licentiele nbsp;nbsp;nbsp;jourdquot;a4uril. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3.
Qwnd je co fere mon arriuée vers vousjauec le cógc que vous me dôncz auec mon de-partemêt:Ce nâcft pas à dire que jâen fois clmcu pourtâtjparcc que cela foroït trop eflôgnc du refpcd Si de fobferuâcc que je vous porte.Mais biéjdiray-jcjque je fouffre facillcmct que mô cÅurfoit diftrait en plufieurs différés amp;nbsp;diuers péfomés.En premier lieu fo prefènre à ma mémoire ce qui mâauint tout au comancemet de ma legatiôzque je ne péfo pas vous eftre côbé fi tort de lafouuenâce.Câeft que foudain que je fus arriué fur vos côfinsde pêfay quâil me fallut arrefter là pour quelques jours pedât que je pourrois auoir nouuelles de vous touchât ce que vous auriez refolu de moy. Car je ne voulois pas temerairemet enrreprandre de mâapprocher plus pres de vous,fans le vous auoir premieremet fait entédre amp;nbsp;que vous feuffiez tfouué bo. Aumoiendeqiioy je vous en eforiuts à tous en cômun:8c ainfi q vousauczaccouftumé vous me fiftes humainemét bié toft refpôce.Vous maffignafles pour mâa demeure certaine amp;cômo de,la petite ville qui vulgairemét fappclle Couin.-pource que lors il nây auoit aucune fufpitio depefte.Auquel lieu encores quâil me fufl^fiez incômode pour moy maladif mefinement en tcpsdâhiucrde demon ray volôtiers 7.mois prefque tous cnticrs.Et de peur quâen chofe quelconque je vous offéfâflè, à peine mis-je dix fois en rout ce téps là le pied hors de la maifô-lâay tousjours fait office dâOrateur nô dâexplorateur ny dâefpiô. Depuis quad mesCollegues mag-nifîcques furet arriuez:alors on nous dona côgéScpermiffiô de parler auec vous,fur les infiru-éfiôs amp;nbsp;mâdemés que nous auôs apportez de la part du Roy tref chreftic.Dót nous en auions expofé vne partie de vine voixamp; par eferit affez clairemêt corne jâefpere;amp; auôs retenu à vous dire le demeurât jufques à ce que nous enflions vn peu de lumière de certitude de la volo-té que vous portez au Duc tref Illuftriflime.Et maintenât que nous attédôs la refpôce tât de-firée denous: à tout le moins qui fufl: digne de tât de trauaux que nous auôs prins5jâentés au côtraire quâil nous en faut retourner.Ie fçay bié que vous en auez autât ordônc de tous les au très Ambaifadeurs amp;nbsp;Orateurs.Mais il nâeft pas raifonable corne tref bien vous fçanez de faire paffer fous mefineLoy amp;flnefine coditiô ceux dót la raifon eft difféblable amp;differéte.Nous a-uÃsplufieurschofos cômunes auec les autresOratcurs.Mais auflî nous en auôs à partplufieurs propres amp;nbsp;particulières. Ils ont le chemin ouuert amp;nbsp;four pour retourner en leurs maifons. Us peuuéten4. journées fi bô leurféblefo rendre chezfoy.Mais nous quifommesfiloindulieu dâoù nous fômes parrisifommes en grâd foucy non fculemét du labeur du chemin lequel je ne pourray pas quât à moy fupporter fino en faifât petites journées.Mais aufli de plufieurs autres chofes.Nous auôs faute de tout prefque ce qui nous eft neceflà ire pour nofire retour. Et fi nâê peut on faire pronifiô en fi peu de téps.11 y a encores vne autre incomodité qui touche à moy feul.Câefl que me trouuât indifpofo de malladie qui me trauaille fort Sccôtraint par la foiblef fe de moncorps,qui me va tous les jours en empirant dâauois propofè dâappeler des Médecins pourtafeherà rccouurir ma force amp;fâté duquel propos je ne me puis départir fâs peril de ma vie.Et de cede incómodité fil vous plaifoit me foullager, vous feriez certainemét chofo tref digne devoftre accouftuméc courtoifie amp;nbsp;humanité.Car côme vous deiiez attédre vne entic re obeïflance de nousiau ffi efperos nous q vous vforez en noftre endroit pour le moîhs de vo-ftre douceur amp;nbsp;gracieufoté finguliere:à ce que nous puiflîôs fejourner eil ce lieu tât que nous ayôsfait prouifiô des chofos neccflà ircs pour noftre voiage:amp; que jâaie vn peu proueu au fait de ma fâté.Toutesfois fil eft ainfi que vous ne puifliez pas feulemét faire cela fans incomodité de vos affiairesmous vous declarôs que nous remetós amp;nbsp;nous mefmes amp;nbsp;toutes nos befógnes entieremét à voftre prudéce amp;nbsp;bôté.Et que nous prâdrons en ^ne part amp;nbsp;fupporterôs patié-met tout ce quâil vous plaira en ordÃncr.Sculemét vous requerôs nous auec toutefinftâce quâ il nous eft poflîble:quâil vous plaifo benignemétScattctifüemét efeouter ce qui me refte cnco-resa defduire de certains Chefs amp;nbsp;Articles de môOraifo. Ces jours paflèz je vous ay fait vne harâgue vn peu plus lôguette,par laquelle vous auez peu entédrgt;quclle afifcéfionle Roy tref Chrefticn auoit entiers vous.Et ce que le rrefllluftre Duc pourroit faire pouramplifief la grâ deur amp;nbsp;pour Ivtillité de ce Roiaume. Lefquellcs chofos corne certainemét elles feurét de vo-ffie grace par vousefoouftées attentifuemét Sc benignement:auffi ont elles eftcoïes«64prinfos p3tdauCiistrefmalignemét.Qiyi fo laiflas aller à leurs prinées pafliôs,nobmctérà remuer pier reaucune pour cflà ier à diftrairetotallcmét voftre cÅur ôc affeófió du tref llluftriflîme Duc. Car ils tafehét à oppugner par diuers artifices les offres que nous vous auons faitcs.LcRov de
Y y.
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Frâcc,difct ces mcfdifà ns,nefçauroitaccôplir vos promcfïcs:parcc quâil eft pourc.Il«cftp35âi pourc quâil ne tienne vne cour plus magnificque que Prince autre quclcoque de la Chrclb«' té.Les gés de cheual Allemas que io appelle vulgairemêt Rciftres depuis dix ans ençajonifc çeu de luy 6. millôs dâor.Câcft à dire 6^0. fois cét mil efcus.Iây ajouteray encore vne autre psfquot; tie qui vous fcblera blé eftrâge.Lô païe maintenât la foulde à ces Reiftres Allemâs qui letirc-Richciie ftoit deuë par le feuPrince decode amp;nbsp;le feu Amiral pour auoir ferui la t'aótió córraire au Fran«?^ Y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftneu à vier de telle liberallité que pour maintenir le creditamp; la reputatieâ
delafby du no desFrâçois:Il nâeft pas fi pourc quâil doiiie encore aucürefte du dotquiaiio'â cfté promis amp;nbsp;côuenu a la tref-Illuftrilfime Duchefte de Sauoye fa tâte nây : aux Sereniflitp^Æ
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Roine dâEfpagne amp;nbsp;de Nauarre amp;nbsp;laDuchefte de Lorraine lès leurs.Et ft nâa pas en cela
du moins de ao.fois 100. mille efcus.Car à chacune de ces Princcfleslà ^ elle done 400.H11I Je elcus pour le dot amp;nbsp;cét mil efeus pour leurs bagues.Et vous melmes pourrez jugerquili^y a rié qui empefehe que le Duc tref Illuftrene puilTe clpercr quelque choie de la liberallité lt;1â Roy lôn frere qui lâaime ft tédremét.Mais fuppofos quâil lôit ainli que veullét ces mefdiÃsi*-?' Que leRoy ne luy veille rié dôner.Ie veux quâils l^chét quâil à ft grademét merite de tou»^ Frâceique tous les Eftats du Roiaume ont délibéré de laccopagner quad il partira poiirÃvC' nir vérs vousinô lèulemét auec larmes amp;nbsp;regrets:Maisaulfi auec trefriches prefés. Ils debait^ aulfi de merueilleulcs calônies,lâarticle par lequel je vous ay offert quât amp;nbsp;lui 4.mille harqigt;clt; Galcôs.Ce Duc là ,difét ils,veut opprimer les Polacques lors quâils ne pclèrôt pas amp;nbsp;ne fè drôt pas fut leurs gardes. Mais il nâcft pas poftîble dâopprimer ft grâd nôbre de nobles amp;nbsp;las Cheualliers qui fous vn Chef généreux amp;nbsp;cxperimété,pourroiét facillemcntfurmontet^ doter tous les ennemis de ce Roiaume. Or f ay dit que ces Gafcôs là fèroicnt pour enuoictôâ Liuonic no pas cnPologne,ft vous en cftes dâauis.Par ainft appert que câeft article là fe éoin^' 1 ferer à voftre volôté no pas au plaiftr duDuc.Il viét apres vn autre article qui })ourroit biét^' I nir en fulpés les entedemês des homes les plus prudés.CcDuc là ,difét ils,ne peut en fapóqu^ â conque venir en Pologne;parce quâils afferment que les Princes de la mailôn dâAuftriebe ceux dâAllemagne ne lepermetrôt jamais.Mais quad à moy je rroufic j. fautes encâefteforK de Calônie. La premiere faute eft quâils faignent que lEmpereur lôit ennemi de noftre R®y' Mais je leur demade pourquoy luy à il dôc dôné là fille en mariage? Et eft il vray fcmbhblî quâvu beau Perenôprouocqué, no irrité, fe declare auerfà ireamp; ennemi dâvn ftégcdreamp;^l^ telle dignité?Il porteroit fort aigremét,difét-ils,ft le Duc tref Illuftrifli. eftoit cfteu Roy.Mai^ quâeftee autrechofè cela finô ajoufter des menaces aux priercs:amp;quc vouloir dâeftoiirncrde leurs poiff fuites,les autres côpetitcurs par crainte de Ion inimitié? Vouspouucz certes feilk' mét cônoiftre que cela ne vint jamais en pcicc à l'Empereur qui eft Prince trciprudét. La !' fauteeft quâils maintiénét que les Princes dâAllemagne refulcrôt paflà ge au Duc treflHuftf^' le croy que vous auez tous boue fouuenâce, que Charles le Quint Empereurfit vne trefa^^ guerre aux Princes dâAllemagnc.Là où les Roys de Frace ont tousjours efté fort bons amp;nbsp;amis des Princes de Germanie.Mais polôns le cas quâils lôiét oublias amp;nbsp;ingras de tous bensb ces.Ce que certainemét nul home de bié ne jugera jamais dePrinces de fi bô fésamp;de fi prudéce»Toutesfois quelle occafion auroiêt ils de fè vouloir declarer ennemis de leur aæ)'^ côfederé: Far lequel ils nâauroiét efté prouocquez amp;nbsp;irritez de tort ou dâinjure quelconque^ Parce,difét ils,quâils fèroiét marris fi ccluy qui auroit efté rccÃmâdé par eux:eftoit rejeté .L voy quâil y a en cela des menaces tacitemét ajouftées aux prières. Sâil falloit ajoufter foy a CÃâ . gés ici qui nous fôt tât côtraireside quelque part q la fortune Ce tournc,il ne peut faillirquâilnj ayt tousjours guerre entre v(Ãisamp; les Princes de la maifon dâAuftriche amp;nbsp;dâAllemagne. j je vous prie,prenez garde amp;nbsp;côfiderez là ou tend ce langagc.Si vous mclprifcz leurs prières:« j vouslèrÃt cômcennemis.Sivous nâeflifiez celui quâils vous recômâdétdls vous voudrôtpuis apres côtraindre d'eflirc malgré vous vn de lès enfans.Et par ainft le droit dâeflire petit à pet^^ vous (èroit ofté:Et le RoiaiÃie pour lequel côfereramp;gouuerner lauthorité fôuueraine à toUS' jours efté ricrc de vous:fèroit tousjours deuollu par droit hereditaire aux defcédâs duRoy^^' cedé.Mais quât au point duquel il eft queftiô maintenâtde puis affeurer deuât lâafféblce de tat de noble» perfônagcs:quâil ya quelqs vns entre lesPrinces dâAllemagne qui fôt tous près pareillez de côuoier amp;nbsp;faire efeorteeux mefmes fil eft beloin au Duc tref IlIuftrif.Et fine b'* voudroict pas faillir à ce befoin lesReiftres qui depuis quelques années ont efté à la guerre^' côbatu fous luy.Tellemét que par meramp;par terre,le chemin four luy fora ouuert.Ie vicsà Jeiif
-ocr page 349-j.faute touchât Je Roy de Däncmarc duquel ils parietiiTefolucmcc amp;nbsp;fi aflèurécmêt come fi toute leur vie ils eüflcnc efté de ion cÃlêil priué.CcRoy là , difét ils,luy fermera la mcr.Et com-niétcela,veu qu'il nous eft allié de trefêftroite alhâcc?Scs predeceffeurs fe Jont autresfois cô-ferué IcRoyauine de Dânemarc,par le moic ôc fccours des Gafcons.Pourquoy dôcqucs nous tefulèroit il le paJTageïlls le feroient,cc difent ils,en faneur de flÿnpercur.Voire mais les Roys ontaccoufturaé de faire leurs affaires nô pas celle des autres.Ne péfêz pas que leRoy deDâne marc quiautremet eftPrince fà ge,prudctamp;bié auife, fc veile legercment départir de talliâce du Roy trcfpuiffât fon allié,fuis eftre prouocqué dâaucun torcou injure nây tiré dâaucune cfpe-tâce.Mais mettôs quâil fut ainfi que ceux cy veiillét.Du réps de la guerre qui a duréquelques années entre le Roy deDâncmarc amp;celuy de Suède: Les Dannois nâont jamais peu empefeher nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Jecoursde Janauigaciô des vaiffeaux de Suede en Frâcc.Et me viét preien temet en mémoire
d'vn point que je ne puis laiffer elchapper.Entre les Ambafi'adeurs de Suede qui maintenât fôt Nauigation pardeuers vous:ilyavn Gétilhôme exccllét certes amp;biéexcrciréen ceRe nauigatiô. Ce Gé-tilhônie,disjc,par cômâdemét du Roy fon Maiftre à follicité mô Neuen,fils de mô frere auec grades promeffes pour côduirc des Calcoscn SuedeSaen eftoiêt dâaccord fi n enft efté que le Roy qui auoit propofe dâexhorter les Sereniflimes Roys de DancmarcSc de Suede à faire paix enfébleifitdefféfe que les Gafcôs ne fortiffét hors la Frâcc.Et fil eft ainfi que ce Gétilhôme là qui maintenâteft Ambafladeur par deuers vousiçfperoic de côduirc les Gafcôs en Suede malgré JesDannois:Pourquoy nâé pourroit on autât eftimer duDuc tref IIluftriflîme?Ie nâajoute-tay que ce mot feul fur ce point.Que fi outre fhôiieuramp;la gloire qleDuc tref Illuftrif à dcsja acquife-.fajouftoit encore la trefâple dignité de cefteCourône:il facqucroitamp; fe gâgneroit les coeurs de tous les autre Princes,affin que je ne die rie dâauâtage:Q^âd a ce que jâay dit quâil y a des Galleres toutes preftes pour noftre tref Illuftre Duc;qu,elqs vns fé mocquét ôc diét que je me inôftre par cela ignorât de la marine.Mais quât à moy je côfefte quâils fôt trefdoéles à in uéteramp;côtrotiucrdes Calônies.Auffi mâaperçoy-je quâils fôt peu exererrez en la nanigatiô.
le puis dire q fur les Galleres jâay vifitc prefque toute la cofte delAffiicque Sc les plus nobles Wesde laGrcceioutre les^iilcs qui fôtaffiles le log delà mer mediterranéeamp;Adriaticque.Sur lesGallcresjjâay voiage le log descoftes de toute f Angleterre,toute fEfcolfe amp;nbsp;touteflbernie amp;ay enuirôné toutes lesIllcsOrcadcs.Mais encores q lesGalleres feulTct inutillcs en cefte mer: Ce que certainemét eft faux,jâay dit quâil y a flotte equippée deGallerfcsamp; de Nauires amp;nbsp;ny a perfône qui puilTe nier quâil nây ayt grâd nôbre deNauires en laFrâce fil nâeft de nature bié oU ftinécotre texperiêce.Qu^ât à ce que j'ay dit quâil aporteroit de fargét.!! y en a qui le reprénét cômefi nous eftiôs venus à la foire pour achapter vn Roiaume.Fay dit q nous eftiôs Ambaftà deuts amp;nbsp;Orateurs nô pas Marchas amp;nbsp;trafficqueurs. Nous auôs offert de target pour emploier auxneceflitcz publicques de ccRoiaumc.Nô pas en intétiô que vous y deuflîez auoir aucun cfgard en ïclediô de voftre Roy.Car IcsRoiaumesontaccouftumé defacquerir nô point par argêt: mais parla feule vertuôc parla bié veullacc dâhômes féblables à vous. Ou par ceux qui par force dâarmes les côqiiérét amp;oftét des mains de leurs ennemis.Mais noftre tref Illuftriffi-mcDuc,encore quâil ait embraffé en fon cÅur toutes les parties qui pcuiiét eftre en vn fils de RoyiToutesfois il nâefperc pas attrairc, nây gangner vos cÅurs par autre chofo que pà la foule gloire amp;nbsp;renÃmée de là vertu.Et fi outreAc par delfus ces tât rares amp;nbsp;cxcellétes parties dâefprit amp;de corps.'Il y a encores quelques vncs jointes de la fortuneipourquoy nâaura il peu les vous preféter auffi quât amp;nbsp;là perfône amp;nbsp;là vie? Si vous auez propofé de ne requérir en luy autre cho le que foy,venté,intégrité,prudéce,prouëireamp; vaillanceill nâeft ja befoin que nos auerfaires fo ttauaillcr tât de celà ,cômc fi nous fôdiôs tour noftre efpoir de l^tmôter nos Corriuaux en nôbre de deniers feulemét. Ains au c ôtraire fi vous voiez quâil lui défaille partie aucune de celles qoi lot neceflà irement requifos en celuy que tô veut eflire pour vttlleRoy:rejctez moy arriéré tout fon argêt,toutes fosSeigncuriesôc les biês,lefquels tôutesfois en vn Prince au demeurant orné de tâtde vcrtus,fils fo récôtrét auec tât dâautres louables qiWilitezrne doiuêt eftre ne mef priiez,ne rejetez.Toutesfois il nây aura jamais difputes ne différés de cela entre luyamp;vous.Car lî vous drelTez voftre cogitatià à peforfoulemét fes merites : celuy fora certainement vnc grande acccffiondâhonneur,dc gloire amp;nbsp;reputation : quant tout le monde entendra , q«e pour le choifir entre les autres -.vous nâauez eu regard à autre chofe quâà là vertu. Et fi dâauanture il y a quelque neceffité qui vous contraigne de requérir quelques richeflés pour teftabliflement Qe vos affaires: Luy pour U Imguliere amitié quâil vous porte, accomplira Sc mettra en effet a-
-ocr page 350-combles niefiire/toutcc qui par nousenfoo nom vous à efté oftcrt. Et lâil ncpçleia point(jut pour cela là dignité en puiiïc eftre aucunemét diminuée. Attédu que le mode efcgjt aflèïfiu^ fans biens aucuns, (à perlônnc eft cref digne de dignité Royale. Et partât nâa il ja belôin dcic-cómandatiós nây de deniers ny de la faneur des autres Princes.Car il eft tel que vous le deuei louhaiter.Prcrnieremât dâvne Natiô qui de tout teps à cfté fort amie de la vollre:amp; puis d'vnc famille qui entre tous les Chreftiens poflède le premier lieu dâhôneur : lôn aage eft trefapic^ ; fupporter lestrauaux 8c à entreprâdrc le foin du gouuernement du l^yaume.-Il eft de longue main duit 8i. veiiè. en fadminiftration de la chofo publicque, amp;nbsp;en fart militaire exercitéplus que fon aage ne porte.Car autât de fois quâil à côbatu en bataille rangée,ce quâil à fait biefou- ; ucntiautât de fois a il emporté vidoire de fos ennemis.Lefquellcs choies eftans telle cornecü tainemér elles fôccePrincc qui fébleauoir efte nâay pour vous,ne fora jamais refuzé par vous. Si ce nâeft que fon en produifo vn autre auquel il dome çftre poftpofé en aucune cholc,ceqiu ne fo peut faire nullemet.Car câeft vn Prince tel qu'il le peut comparer à tous les Princes dd* terre.Parquoy de peur que quelquâvn ne vous ftirpréne amp;nbsp;ne vous abuze: je defire fort qvo® â foiez tous bié informez 8c auertis de ce qui fo mat^iinc. Il y en à qui font leur effort pourtal-cHer a deboutter ce grand Prince de la petitiô de ce Royaumc.Et à câeft effet louét a pris dâar-gét certains homes afamez amp;nbsp;de nulle reputation.Et les atirct pourfurpradre ceux,qui nefou donnent bié garde.Mais il vous fera bié ailé à dcfcouurir leurs trôperies.Car ce font toutesf^' ; lônies fi ineptes 8c fi eflongnées de toute vcrifimilitude 8c vcrité:quellcs ne meritét pas quâo» les refute ny quâô leur refponde deuât tat de gés de bié graues 8c non preuenuz dâaucunep«-fion.Ceffont doc au moins pour quelques jours les injures,detradiôs amp;nbsp;mefoifanccs mat côtrouuécs.Et reconoiffont ces ouuriers de bourdesamp;dâartifices méfongeres; qu éaffah^! de fi grâd poix amp;nbsp;de fi grande iniportance,deuant vn fi exctllét 8c prudét Senat,deuant v'ncâ frequctceaffiftancede tant delNobles^ vaillâs Cheualhersnl ne fau t pas cô barrede CaloiU' nies de fauffetezjnây de tr5pcries:Mais de raifons 8c de certains argumés.Et fi vous Seigneurs pour voftre finguliere prudéce arreftez cela en voftre entédemét:il ne vous refte plus rie fuu de prier de trefà rdétes prières Dieu tout puiffât 8c tout bon:quc poffr metre heurcufefo3lt;:® grâd 8c haut negoccdl vous face tous demeurer fort cojoints.En jetât bié arriéré de vousw** tes différions amp;nbsp;difeordes .Quâil luy plaifo côforucr treflôguemét ce trefâpleRoyaunefaiu^ lauf en fon entier.Et vous aulïi O trefreucréds Seigneurs,PreIats,trefIlluftres Palatinstrd®^ gnifiquesCaftellâs:Etvous tref Nobles Gétilshômes 8c tres-vaillâs Cheualliers de Polegt;gne, de Lituanie. Il veuille preforuer 8c tenir clos 8c couuers de tout mefehef 8c de toute perte amp;nbsp;ruine en ^s biens amp;Eftats entiers.Et à nous qui fômcsAmbalfà dcurs enuoiez delà part dâvu h grâd Roy:Et qui eft tât voftre amyûl face la graçe côme nous defiros fingulieremét parfafoU' ueraine boré amp;nbsp;clemencc:quc ou demeurâs icy ou nous en departâs: nous puiffiôs par vosb beurs apporter quelque proffit à voftre chofo publicque.Et quâd à ce qui touche à æoy culieremét.ll côduifc à fin defirée:Câefte miéne legatiomqui eft la foçode vers voiis,amp; la 15' versies autresPrînces.Tellemétquâa vous 8c à vosfucceffeursil en demeure vne joïeamp;pet' petuellc mémoire de mô nom de ce que je vous auray le premier oftert vn Roy fâge, prudétj vaillant,^euot 8c fort affeôlionnéau bien de vos affaires.il eft téps de reprendre le fîegc de la Rochelle 8c vous reforucr le fur plus de la Négociation de Pologne en fon temps 8c ordre. . Le premier May lesRochellois pour reffnoigner le peu de crainte quâils auoiét du liege pt^' fât-.plârcrét vn may en ligne de reljouïffâce quâils tefmoignoiét par le fon de plufieiirstâboUts tropetes 8c harquebuzades tirées des murailles en hors pouruoians toutesfois au mieux quâik pcuuoiét à leur feurcté.Car f^reuuâs fort incQinmodez par ce pont de bois.-mirét toute peine dele faire brufler.Mais il ny auâcerét gucrcs,tât po ur la refiftâce des Catholi. que pour en C' ftre la matière couuerte de fer.Lanuit du nbsp;nbsp;neatmqins aiâs côtreminé,firét quitter aux alft'
s. geans leur mine 8c le corps de garde quâils deffédoiét ou ils demeurerét; jufqucsà 9. heu.du jnatin,quc.lcs Catholiques tirerét j.canonades dót ils réplirét le creux de terre. Puis lelédc main fur la diane fîrét fortie par la porte des 2. moullins x 20. harquebuziers qui fixrprindret 8c taillerét en pieces le corps degarde quieftoit cnlatrâchée delaCorderie.Surcetoutlcpeu pie fut feijiod de Ce trouuer au Boullcuard de fEuâgile pour oïr les Articles queMóficurku*^ enuoioit.Lefquefs pour nâauoir efté trouué allez auâtagcux,nâcmpefcherét les forties.Melmc^ que le dixiéme à dix heures du foir quatre cens harquebuziers 8c cinquante cheuaux fonlt;* réht par la porte Maubec, droit aux maifonsruynqcs de Congne: ou furprenans le Corps tif garde meirent tout en fuite hors cinquante qui y demeurèrent,pour auertiffement aux
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dc le tenir mieux fur les armes: dont les Catholiques indignez amp;nbsp;curieux de rcuâge fiir les 2. heures du matinjdonnercnt fibrulquemcnt jufques fur le haut du Boulleuard Euangelicque que le treuuans abandonné dâvne legere garde de finars:Ils eurent loifir de pafler outreamp; faire plus de maux fils enflent efté mieux fuiuis.Maisfc contentèrent dâemporter ledrappeau du ' B^â7leuar4 CapitaineRiuiere le Lis. Puis le ^.auantjoureftimanslcsaftegez endormis cômâaupara-deiâEuan-uant: montreent à la breche de la vieille Fontaine où ils treuuerent tefte qüi les fit allez tolbS'^^â retiret.Sut le foir les afliegez lôrtirët par le Boulleuard auccfeuxarrificiels amp;nbsp;matières lèiches t pour bruller le pontjleurs gabions amp;nbsp;autres couiicrtures:Si chaudemant que les Catholiques? abandônerent leurs corps de garde pour îincômodité du feu amp;nbsp;de la fumée qui les gagrioitia En ce téps comenpoit la famine de gangner parmi le peuple.Non quâil n y euft aflèz de prouit* fions pour les grans amp;nbsp;autres ailêz.Mais le menu peuple nâaiant fait prouifionjloiilfroit beaucoup.Si bien que delpourueuz des comoditez de terre amp;nbsp;tournans les yeux à la marineîjic peuple à furent corne tous eftonnez dâvn nouueau amp;nbsp;noa jamais praticqué moien de viure que la racr»^â Rochelle leurlailïoït à lôn retour.Câcftoit vne quantité de fourdons qufe les poures pefchoiét bié quâa-uec hazard pour la deffence de la CaracqiFe amp;nbsp;autres Nauires prochains: dâicelle parmi les vafes de la marée. Allée lefquels ils trouuoiét dcsmouflcs,palourdes, pétoncles, amp;nbsp;tels autres .' coquillages en telle quantité, que les poures fen nourrirent aflèz commodécment.Pour lef ges de la quelsfauorilcrà la pelchc : on leur donnoit louuent nombre dâharquebuziers affin dâelcar-»^°â^^^^^^' moucher amp;nbsp;retarder les Catholicques qui les voulovent empefeher amp;nbsp;les affamer. Occafionî deplufieurs belles attacques cfquelles nombre de foldatsmounirent dâvne part
LesTheoIogiçns, dcmy aflèurez que la ville eftoit imprenable ( aflà ilie amp;nbsp;defféduc pour îoe- lt;,uantitédcs cafion amp;nbsp;par les gens que vous auez veu ;) fur la relblutionquâils faifoient de la promefle que Dieu fait,de nâoublier ains exaucer les ficnscnlaRcqueftede leur angoiflè: attribiioient vne gesquiic ' tant extraordinaire faneur à la feule largeflè du Ciel, quifçait cn fon temps amp;nbsp;comâil fautfè^ pf^ren terét courirles affligez. Les naturels au rebours,.confiderans fincertaine Si variable rencontre de ja Rochelle tat dâaccidens humains:ijp reconoiflbicntpour caufe de ce cafiicl euenemant,que la violenceâle, continue de tant de foudroaintes pieces dâartillerie: laquelle ennemie de toutes chofes natu- ' relies: Voire des elemens mefmes: ne troublant moins le repos du poiflon que des hommes jamais yen 8i des oifcauxf qui lors lèprefèntoient fort rares en lâær) auoit tellement efîneu ce genre dâanimaux efcailez: que fè retirans tous du lieu naturel Si ancien (jui ça qui là pour cercher ail-â leurs demeure plus paifîble: partie fè feroit auancée en certe cofte pour y cercher leur aifè amp;nbsp;lêureté.Dâautresauffi commâentremeteurs pour accorder oppinions fi contraires.-aueüans que tout vient de Dieu: mais quâil fè fèrt des moiens humains,pour y faire mieux reluire fâ volon-te:nefetrauailerent moins à dâautant plus animer les afliegez à la continue du fiege: quâils les aflèuroicntque Dieu amp;la nature mefine,âde toutes chofès, les Elemens amp;nbsp;toutes fortes de creatutes/e prefèntoient pour fauotifèr leur deflein. Comme que ce feuft,encor que le menu peuplcfyfift voir mieux nourryamp;plus encouragé q parauât.Ics gransamp;principaux,Minifl:res notamment, fen fèurent bien preualoir à rendre les paflîons du peuple ôi des foldats plus fou-pies amp;nbsp;ailées à manier, es occurrences qui fe prefènterent. En cefte cy mefmement,eir laquelle les deux tiers de gens de guerre, fè conformans au premier auis: pour le peu de loifir que les ferions guerrières ( amp;nbsp;à aucuns vne liberté naturelle) leur donne, dâempefeher leu r cerueau de tant de côfideratiüs:nâen croiffoiét de courage fèulcmêt contre les Catholiques: Ains aufli fentiâanimoiét fi fraternellcmét, que plufiurs feurent veus ozer dauantage quâils n auoict fait par lepafïe.Ils fe porterét ailleurs amp;nbsp;en autres accidens comm^ivour verrez en autre endroit.
Les premiers traits de famine prochaine, neantmoins cftonnerent quelques habitans, Lef .quels preuoians quâils fèroient en fin appeliez à la participation dâvn mefme malheur: euflènt volontiers amp;nbsp;dés lors fans attendre la venue dâvn fi fafeheux accident: confeillé au Magiftrat de changer la guerre en vne Paix telle quâon leur eufl voulu printer. Mais la refolution de h plus part empefeha, amp;nbsp;promptement rompit coup à lâentrée de tels Confèils, qu ils auoienc ja articulez par Requefte quâils prefènterent fans autre effet que du foupçon 64 haine cachée mcnceà ia quâils engrauerent aux cÅurs du reftede leurs compagnons.Lefquels fermes en leurs dcflèins
voians ceux là changer dâaparcnce plus que de cÅur amp;nbsp;volonté;dont mefînes ils abandon- ne aucmis. lièrent celuy auquel ils auoient perfuadé prefènter la Requcfte:prindrent auec loccafion plus d enuie de bien efclarcir leurs dcfguifèz portemés:affin quâil leur oftaflènt tous moiés de leur
Yy iij.
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, ? â â nbsp;nbsp;nbsp;préjudicier à fauenir.Or come tels amp;nbsp;autres incôucriiens eftoient lors prefquâvniuerfelz pail^
hftatmnc- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 l r i- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r
rabic des rruncc: 5i les aUiegez auoicnt du mal : les Catholiques n en eltoicnt pas exemps.Carcncoi k^s Otho nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Princes amp;nbsp;autres de commandement ne manqualTcnt de choie qui feuR: Si eft-ce
hquM. le lôldatjFantaflin melmemcnt commençoit fort à Ibuffrir, faute de paie, qui l'euft pouruO' de tour le befoin. Occafion qiÃïucc les longues amp;nbsp;rigoureulês veilles: ils rcceurent tant d'iH' commoditez,que les heures, puis les flus de ventre amp;nbsp;de lang, difcnterics amp;nbsp;autres efpeceslt;i^ malladies feftâs incorporées aucc eux:la mort en emportoit de jour à autre vn grand nombrf' Qui nâeftoient toutesfois fi pitoiables que les bleccz amp;nbsp;firopiats:lefquels mclprilêz desMc'l'' eins. Apothicaires amp;nbsp;chirurgiens, (bonne pan defqucls aimoient mieux curer les bourccs que les corps ) reprefentoient vn fi eftrange amp;nbsp;hideux Ipeélaclc fur eux mcfmes: chargez vers rampans de tous collez, dâinfeéle pourriture amp;:itoutc forte'de vermine qui fcngcndroit de leur poureté amp;nbsp;plaies non medicamentées: que le plus cruel paflà nt auprès, nây euflfccâ ny voulu arrefter les yeux: Si comme fils de quelque Tygre il.ne le feuft resjcuy de IftvoU piteulêment mourir deuant luy.Surquoy plufieurs remarquoient vne eflrange vanitéamp;aÃ^ lôudaine inconftâce des chofcshumaines.(^ccci*xqui remarquez dâvne tant preu née hat* fliefle falTeuroint dâemporter la ville, nâauoicpas trois mois: le viflènt par gens de petitnonâ Si qui trois mois paflez nâeuflènt oie le refondre à la defFenciue:chairez à la mort en fi peu lt;!Æ temps quâils auoient emploiez au liege. Et bien quefon Excellence eulldelliné vne grcHt bourgade pour la retraite des bleccz amp;nbsp;autremant indifpos; auec bons moiens amp;nbsp;perfoWâ® pour en auoir tel foin que le Chrelliê doit auoir de fon frerc.Si ell-ce que la plus part des fol' dats retou mans bleccz : amp;nbsp;des malades ceux qui auoicnt vefeu auec moicnsiaimoientinici'^ relier en leurs carriers amp;nbsp;Ibufrir toute extrcmitc,que de le melier aucc les autres.
rînn^Ca- ^c mal du corps ncâtmoins,nâelloit la foule ny la plus grade maladie de lArmce Reale. Aiquot;â Catholique h diuifiô dcs Cheft-.tous lelquels Catholi. (ou fo faignâs lâellre peu exceptez) efloiétapekzquot; RoebeUe delles,ou malcôtans,ûu nouueaux qui auoietlâAme Protellante.IIs apeloiét fiddles ceux^quot;' Catholi- nâanoiêt châgé dâalleure.Malcontés ceux qui fo fachoiêt de nâellrc qpploiâcz,nây honorezfofo quetdcj. leur merire:ou qui fo perfuadoient que les affaires du Royaume amp;nbsp;de lâArmée mefinefe k?Makon- autremct amp;nbsp;par dâautres perfônes quâelles ne deuoiét. Or côme les Catholiquesfidcllô tans amp;Nou- amp;nbsp;Malcôtés ne filTènt les deux tiers des troupesiCeux du nouueau zele clloiét en ft gradoo-Meaux. breique lâns le fouuenir des Matines Parifiencs qui les renoient encor côme tous efîourdis;b plus part eulfont ozé entreprédre fur le relie. Et côme les homes palficnez, metet le plus foæ uêt toute® ôfideration de dâger hors lafantafie*.auoir fondé les cÅurs des Malcôtés quâils tKquot; ucret ploiables à leurs deireins;Ioint Icbruit qui courutalTez roll,lors quâô efperoit prcdrels villc:que la Rochelle gagnée on feroit bic autremât châter les Huguenots amp;nbsp;Catholiques J' nouuelle forme:ils refoluret lâexccutio de plufieurs cachées cntreprifosimclmcmâtdcprcfciâ' ter vne Requclle au Roy pour auoir lullice des maflacrcs amp;nbsp;en cas de refus fo pouruoir feloquot; les moiés,tât pour faire leucr le fiege que pour alTeurct les Protellâs plus quâils nâeftoiét. Ne leur relloitquâvn Chef pour autorifer amp;nbsp;croître leurs delfoins:A quoy ils trauailloicntalfo^ pour esbj;âler vn Princei'cql neâtmoins pour malcôtct quâil fcull amp;nbsp;quclq defir quâil cullÃ Æ faire mieux voiramp;plus renomer quâil nâelloit:ne voulut fo refoudre fi toll ne comâils dcfiroier. Dôques le feu de telles paflîôs focretes,dcmeura couucrt fous les cèdres de faintifo amp;nbsp;difliu'æ latiô: julques à ce que pluselchaufé par les accidâsquifoffrirct dcpuis:les cllincellcs en paru rét à toute la France au grâd cllonemat de plufieurs côme je vous feray voir en autre endroit' Le dixfeptiéme auoir amené 4c nuit quelques pieces fur le tj^rd du folTé pour rompre les câ-fomattes amp;nbsp;deffences: Les Catholiques tirerent à la cafematte ronde du retranchcment.Tani pource quâon y entroit par la ville, que pour les trois pieces qui eftoient au deffus amp;nbsp;kquot;' commandoient fort:En fin ils la delmolirct.Sur ces entrefaites le Côte de Motgômeiy fe jout' nât à Belle Ille où il péfoit a^dre la venue de Languillier:dclibcra de focourir IcsRochelloU' Sinon de gês, pour le moins de poudre dót il les jugeoit auoir plus de faute que dâautres cho
Le Cwntc_ fos.Par c e depefoha le Capitaine la MeolTeaucc cinq petis vailTeaux pour fo hazarder dâentrequot; portant quelques miliers de poudre, quantité de blé amp;nbsp;autres prouifions. La Meoffe aiantfaiquot; Iccouis aux voille quelque téps amp;nbsp;auerti de lâEftat de lâArmée naualle des Catholiques: joint que le RocheUois. ncluy vintfauorable, fo refolut à ne paffer outre. Ains attendre vne meilleure opportunquot;quot;' Le Capitaine Arnaut patauant Lieutenant du Capitaine Pip eftoit aucc luy, comandanta'quot;
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petit vaiflcau qui portoit fa ponion dc poudre amp;nbsp;de blé auec fcptfoldats, Lequel lè voulut ef-forcer depafTer outre:tellemét que luyfôuflant vnNoroeft auffi toft quâil euftdefcouucn fifle deRe,amp; auoir fait mettre tous fes ges bas:il faignit eftre pefcheurjSc pafïèr pres i'armée pour y vendre fon poifïôn.Si quefauanpnt peu à peu à demie voille nâaiant quefon haut bourcet amp;nbsp;hmifene deffrcllee en forme de pefcheur tel quâil fê difôit à ceujc qui luy commandoient dâa-meiner: auflî toft quâil fê vit contre la Carraque amp;nbsp;au niitan du Canal pour pafter outre: Il a- , batfa grand voille quâil amure auffi toft, ôc guindant la fiuadiere haut: voulluc filler à routes voilles, mais il n'auoit affez de vent. Occafion quâauoir fait praudre les rames à tous les fïens dâvne vogue redoublée outre pafl'a toutes les Canonades amp;nbsp;coups dâharquebuz, quâon luy ti-' roit,auflîtoft quâil fuft approché de laCarraque de laquelle les foldats ne fe môtrerét chiches dharquebuzades.Vne feule defquelles toutesfois ne les toucha fors le Cappitainc qui en re- entre en la ceiitvneaubras.Mais en fin fê coulladedâs la ville,resjouïffât fort les affiegez de fôn fêcours encor quâil feuft bien petit eu cfgard à la faute de poudres qui commançoità manquer parmy méc naual-cux.Ce neâtmoins pour aflêurcr les Catholiques que le fêcours eftoit grand amp;nbsp;tel quâils défi-roient: firent dés le lendemain jouer toute^eurs pieces amp;nbsp;tirer grand nôbre d'harquebuzades ° â diftribuans la poudre à qui en vouloir des foldats. Et mefmes dés la nuit fîrét courir plufieurs charriots par la ville, pour dôner à entendre aux Catholiques de la ville,efpiôs amp;nbsp;autres fôup-çonnez:que câeftoit la poudre nouuelle dont ils réplifïbient le Magazin. Surce le Cappitainc t Arnaut racota les moiens, bône voloté amp;nbsp;f Eftat des affaires des Réfugiez en Angletcrre;pre-nans tous bon courage à fauenir.LeVrcomte dâVzas qui commandoit à lâarmée de mer,tancé par Monfieur,dâauoir fait fi mauuaifê garde,amp; merueilleufemât ennuié du blafme que tous lui' donnoient dâvn tel accident: tomba en vne fieure, laquelle le minant amp;nbsp;croiflà nt peu à peu le fîtenfinmourir de deftrcfTc amp;nbsp;defplaifir quâil en auoit côçcu;fort regretté neâtmoins de tous les Catholiquès pour la mémoire de fa fidelité amp;nbsp;refblutiô en tous affaires guerricrs.Les affiegez au contraire feresjouïfîà ns en fiffiie de celle entreprife amp;nbsp;prenans tous bon couragea fa-uenir.relôliirct defbrtir 1^2^. de ce mois.Pourcc4Oo.fôldats furent partis en 2. bandes. Lâv-ne conduite parMarronniere fe deuoit jeter aux tranchécsamp; enfilier le plus auant quâils pour-roient.Piiis fe retirer au lieu ou fautre bande les deuoit fêcourir amp;nbsp;fêruir dâefeorte pour la rc-traite.Mais corne les premiers eurent donc viuement, fait abandôner les tranchées amp;nbsp;encloüc plufieurs pieces parla mort de i jo.Catholiqucsivoians les autres qui fuioict de toutes pars:Ia plus part des foldats famufâ au butin qu'ils veirent fi beau de tous coftez.Mefmemét au baga- Sortie des geamp; meubles des Comtes de Rets,Stroffi amp;nbsp;autres:au heu de paffer outre amp;nbsp;de faicorne il iVtÃmht* Juoiteftéordôné.Siquc les plus chargez retournaus en ville fans ordre nây obeïfïà nce: furent Cathoij-occafiôqueMarronniere reliant fur la queue pour fauorifer la retraite de telles gens contre le fêcours qui vint de la Fons:fut blecé dont il mourut apres Sz plus de ^o.auec luy.La refiftacc defquelsfur occafion de lâiiuer la vie à ceux quilê montrerét là ,curieux du butin plus que de îhôncuqquc les foldats ne cerchent pour le jourdâhui. 8. enfêignes auec grande quantité de cuiraflês,morions,rondaches,efpieux,halbardes,efpécs,harquebuzes amp;nbsp;autres armes furet cm portées en ville, Surce les Suilfes nouuellcment venuz au câpamp; auoir fait les môftrcs dc leurs Æ trouppes, entrerét en garde pour mieux alïeurer faitillerie amp;nbsp;les tranchées-côtre les affiegez. Suifllsve-
Le2526^.{artillerieneceffadejouër,târpourefplanerlesbrcches,quepourfauorifêrles mines qui eftoictclofes,fcellées amp;nbsp;preftesà fauter.Mefinemêtcotre leBoulIeuard Euâgelic- tholiquct. que 8c les dcffences:pcndât que toute {Armée eftoit en armes amp;nbsp;difpofee à vn afîà ut General qu on vouloir liurer apres le jeu des mincs.Surquoy les affiegc;^efcouurans le bataillon des Suiffesentre la Fons amp;nbsp;Ronflà y : leur tirerent quelques voilées de canons lefquelles en auoir dcfmcbré quelques vns,les firent retirer plus bas à cofté des Fracois qui efperoiet au faut des mines plus quâen autre effort faifans:tous Eftat dâerrer tefte baiffée dans la ville auffi toft quâils y verroiét {entrée quâon leur prometoit grâdcamp;fpatieufê par lâouverture de ces raboulliercs. Les mine* Sur le midy Monfieur cftant arriuc au fort S. Martin:lc feu fut mis à vne petite mine qui fit fê- â Ion la coiitiimc,breche pour 2. homes dc frôt.Les affiegez fôudain y coururét pour la râparer joueiicpour cependât quâô mettoit le feu à la fécondé qui fouurit plus largemér.Toutesfois il y falloir vn peunionter:à la deffenfe dc laquelle comme plufieurs accouruffent eftimans quâelleâ fuft fêu-le : le feu fut mis à la derniere qui fit vne grande ruine amp;nbsp;fe renuerfà prcfqtie toute en la vil* lelaifTant comme des flancs ôcparapeéfs aux affiegez,defquels neantmoins elle engloutit plus
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â de 50. perfonnes lê prclcntent toutes fois à la dçffence, lê gabionnâs felon les commoditez q*** nerai sHa nbsp;nbsp;nbsp;ptefentoiét. Et poiirce que du Gaft lors cftoit en garde auec Ibn Regiment,il deinâdaamp;c''
forme que la pointe de laflaut auec nombre de Gentils-hommes qui le voulurent accompagner. Les eiâ nndrent les y æarchcreut refoluëmcnt,fuiuies par bon nombre de foldats.Mais le Colonnclamp;^ , ires premiers blecez amp;nbsp;chault;ifoment pourfuiuis fallut en fin delînarcher en arriéré, Aw Dlt; Goas Goas deftiné pour la recharge amp;nbsp;lê prometant vn plus grand heur: lê prefenta brauemenNU^ duKegiméc alfiegez Iclqucls ne fen eftonnerent quâà la longue.Car en fi n viuement enfoncez fallut a F enfeigncsc- dcs tcnans quitter la breche pour fe couurir ô^deftendre fous les rerranchtmes aulquo ftoient de- les Catholiques nâoferent donner.Tellement que les alfiegez lêcourus reprindrent peu à UantSan- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nlar/» nur. Pniiillor l,.iir vriiiliii- f-iir,» miittpr 01i#*r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3iiinii?*Ic Ip fprnnd rafiailebl
Catlioli-ijues.
cerre,
Pouillac
Pouillac mort*.
les e^atnoiiqucs n oicrcnt uonner. 1 eiiement que icsaiiiegez leeoiirus rcprinurcui p*-» âr 7 leur place que Pouillac leurvoulut faire quiiteraucc lês Galcôs aufquels le fécond rafraiY fementauoitefté lailfié. Mais la quantité des feux amp;nbsp;flammes artificielles: loint le nembreb * Pourkfe ^^P^t^æesâi^l^Jcsellédusfur labrecheamp;auxfolfcz.-defcouragcaceuxcy peu à peu.loiniq^ cond rafrai- chaudement reccrchez amp;i le Collonnel blecé ne voulurent plus long temps debatre Icurprquot;^' thiflcmcnt. AÃifi ces trois Regimans fe retirèrent pour mettre leurs.Collonncls à lâuueté dont le prU^â^' Goasamp;de Ãç gj porter en Cour pour fe guérir: les autres moururent bien toll apres . Orfidececcflc'â^ lê taftoit fi menu:le Comte du Lude nâefioit à repos. Car auoir difpofé les fitns: ils gangueâ^* par Efcallade le Cabuz Sgt;c le Nauire prochain.Mais à la fin en leur tira tât de coups,que nâeftre fecouriis fallut quitter prilc.Tel fut Leffort des foldatsSe des mines Iclquelles ne leurlU' rent fi auâtageulês quâils elperoient au moien des flancs quâelles lailIbient.Nommécinen(3â^ breche qui côprenoit depuis le Boulleuard de fEuangile jufques à la vieilIeFontainc:^!â^^^â Capitaines amp;nbsp;foldats y ordonnez amp;nbsp;merueilleufcmét lêcourus de la hardiefic des fèrrinesjn*.' les amp;nbsp;chambrières (bonne part dclquelles bien embafionnées fà ifoient deuoir de foldats)bâ' fendirent corne vous auez veu: Encor que lâardeur des Catholiques futfort grandeamp; 9â)^ feufiêntrafrefohis par deux fois en cell endroit amp;nbsp;à la breche joignant le Boulleuard. Sibâ^â Cathoii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;moindre de quatre cés cinquâte homes lans le double des blecezpu»^î
quescnccA quarante quây perdirent les alfiegez.Lelqueîs redoublans de courage pour le bon heur du?quot;' Adaut. nbsp;nbsp;nbsp;fo. firent fortir au 2 y.pour haraflêr leurs ennemis rrouppe de Goujats pourueuz de
Sortie des amies amp;nbsp;vertus de chemifes blanches lelpée nue au poing pour dôner lalarmeaux trancbt^ f ak-taüie voifineSjCi) forte quâils eurent loifir de fe retirer par Congnes.Le 2 ÿ. les alfiegeans deffcd^^ pour haraf- deux Cauôs dans le forte pour acheucr les Calêmattes amp;nbsp;le parapel des alfiegez.AiiqueJj^f thobqi^s. leMairepcrmità presdeôo.pouresgensquâhommes que iemmes inutilles à la delfoâ*^^ L» ville def vill^uâon defchargcroit dâautant,de lê retirer où bon leur Icmblcroit pour viur® pJusâ chargée de leur aife quâils ne fà ifoient aucc les alfiegez.
Dâautant queMirebel ville Proteftante ert voifine de ville-Neufue de laquelle on ddboâ May ure le dedâs polir ertre plus cfleuéç: Les réfugiez de ville-Neufue auoient plus grand defray Auril. May. rctoumcr.Et Leurtênt entrepris.Mais le doubteux euenement de S5miercs:les retarda. Sur
AH'auc vers S. Nicolas. Perte des
entrefaites vn ibldat ferrurier forti de ville-Neufric aiïèura la Pradelle du moien de la/upjrcâJ' dre côme fut Nifmes aux troificmes troubIcs.Sous les murs de la villcjy a vn pertuis grillée^ üir'nïr^ar nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de fct par où fefcoulle leau de la pluie:quâil promettoit arracherSê y entrer Je pren^*^'
yn CanaF*^ Gc qUC lê Baton ne treuuât fourdaPradelle toutesfois f incita à fentreprifo.Il en communique fur les Ca dâAubcnas amp;nbsp;autres: îvn delqucls en auertitLogicres qui fut caufe de luy faire réfoKf'^ t O K]ues. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;empnfonner tous les reuoltezjtcllement que cete entreprifo print plus de Ion-
gueur.Si que de Logieres ôuoir palfébeaucoup de nuits en armes amp;nbsp;ne voiant rien bouger:f' ftima le tout faux bruit.Cepi^ant le Baron amena de Priuas à Mirebel nôbre de foldats-Ms*â en forte que de Logieres le Içeut.-occafion de fermer les portcsjtedoubler les gardes, falleiire' des reuoltez amp;nbsp;le pourmener toute nuit en armes à la lumière de plufieurs torches,Lanteme® | amp;nbsp;fallots quâil fit drelfer par les ruës.Or les Proteftans nây peurent aller à îheurc dite qui lâheure dâapres minuit : pource que le Baron auec dâautres dilaierent : ne treuuant lentrcpmc polTtble.La Pradelle neantmoins les fit tous acheminer parles coftaux amp;nbsp;lieux plus efgarî^ toute nuit amp;nbsp;approcher du folTé à lâheure mefme que le Gouuerneureftimât cela vnautrelt;:* । là de puis quâils auoient tant tardé:feftoit allé repofor amp;nbsp;à fon exéple tous les autres retirez 2â corps de gardc,ou apelà ntis de fommeil.Tellement que les premiers des entrepreneurs auoir furpris amp;nbsp;taillé en pieces le Corps de garde muet amp;nbsp;ja demi mort ; crioient par les rucsvi^ gangnée,apres auoir ouuett vne porte au gros de leurs trouppes. Surce le Gouuerneurbi^'â esbaby
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Csbahy lèïà uucenû maifôn allez forte:amp; les Catholiques femparent de 2.Tours:îvncau Tc-ple fort haute Se fautre à la grand porte où les Proteftans auoir taillé en pieces tout ce qui le mettoit en deffence, nommeenaent les Preftres qui elloient venus au Synode de tous collez: les baftirent trois Jours durant, auec perte ncantmoins des deux collez. En lin le rendent Se aiicc de Logieres fortent à compolîtion de vies: latines : attribwans tout le delâllrc au Gouuer-ueur.Celle prilc mit tout le pays en telle fraieur:que fi les foldats ne le feulïènt amuléz au butin: ils euflènt hcureulèment entrepris fur les autres places. Ainfi le chemin de Viuarcts à Nif mesfut rendu libre: amp;nbsp;prindrent quelques autres petites places voifines. Puis le Poufin forte Le$ ProteP dâaflîette fur le bord du Rolîie. Et fortifièrent Gurlïôl bonne ville fituée vis à vis de Valence, gucdo'sfuc En mefme temps ceux de Languedo,entreprindrent fur quelques places voefines de Nif ncçamp;viua-mes, comme Florenlïà c,forte place alfez pres de Narbonne, auec dâautres villettes amp;nbsp;Cha- ' lleaux côme Je diray ailleurs.Or pour appailcr les dilFeréds qui fcfinouuoiét entre leus Chefs pourchefde dcpuilTancc efgalle, fi queîvnnevouloirfouffrirquelâautrc luy commandait: Ceux de Nif-mes,Scuenes Sc Viuarcts,furent dâauis dâéllirc amp;nbsp;enuoier quenr à Geneue,lâint Romain pour la premie quâil auoit tant de fois fait de G ftdelle alFeólion au party,amp;autres vertus qui le rccô- Les Frâçois mandoient entre les gens de guerre. 11 felloit la retiré apres le voir garenty des matines de Pa-ris.Ilsenuoierent aulfi depuis en Allemagne vers fEleéleur Palatin, Ipccialcment affin dâa- cerchcrfc-uoirlècoursou promelfc en cas de plus grande ncceffité.
Or bien que le MarefchaldâAnuille,eull perdu bon nombre dâhommes deuant Sommie-rcs,ficft-ce quâil ne le repoG pas. Ainspourfuiuit plus viuement que Jamais les Proteftans, duidâAn-defa charge: non par armes toutesfois; Ains, par forme de lufticc, lâifilGnt amp;faiGnt vendre âcsVrX'p* les biens de la plus part lêlon le mandement quâil en auoit.Le neufiéme May il enuoiales tansdcLat». Cômiflions au Senefchal de Vellay amp;nbsp;aux autres dclônGouuernemctaufqucls il enjoignoit y procéder lêlon le contenu des articles quifuiuent.
Aï AN T le Roy par ces lettres patentes amp;: autres mandemens enuoiez A Monlcigneur bienulrT dâAnuillc Marefchal de France, Gouucrncur amp;nbsp;Lieutenant General pour G Majefté, au pays Proteftans dcLangucdoipar lefquelles eft enjointaux Officiers de liMaJefté de procéder à laGifie reelle à iâarméequot;quot; des biens meubles amp;nbsp;immeubles de les fujets, quidenouueaulc font rebellez, ou ceux qü» Cathciiquc, lcuradhcrentamp; fauorifent: amp;nbsp;en la vente des meublcs,padion des dettes qui leur font deuës, irtentcment des immeubles, adjudication amp;nbsp;confifoation dâiceux. Et faire entrer les deniers quicnprouiendront defdites ventes arrentcmcns amp;nbsp;dettes entre les mains du Threforierde de l'extraordinaire pour les emploier au fait deG charge. Ce que mondit Sieur à éait enten-dreaiifdits Officiers par plufieurs depdehes. Toutesfos lelHicsOfficiers Jufques à prefont nâau- Æ roient fait leur deuoir comme ils font tenuz. Et parce moien lefdits rebelles amp;nbsp;leuts adhéras JouylTent encores la plus part de le urs biens. Ce quilcs rend plus obftinez en leur rebellion amp;nbsp;y demeurent dâautant plus fortifiez au grand reculement du foruice du Roy, veu la faute des deniers pour emploier au fait de la guerre principal ncrfdâicclle. Etfos bons fujets en demeurent detain plus furchargez. Et délirant mondit Sieur que les mandemens Sc ordonnances de fa Majefté foient entièrement accomplis amp;nbsp;exécutées à ordonné ce que fenf^t.
PREMIEREMENT qucforout faitcs défoncés à voix de trompe amp;nbsp;cry public: A tous tenners fermiers amp;nbsp;debiteurs defdits rebelles amp;nbsp;leurs adherans, de ne leur faire aucunpaic-tncntdeceà quoy ilsfont obligez fur peine dâeftre contraints au paiement defilits dettes amp;nbsp;obligations.Sera enjoint à tous qui font debiteurs, obligez aufdits rebelles ou qui en font a-uertis; de declarer à la luftice les fommes de deniers amp;nbsp;autres choies quâils deuroient fur peine dâeftre punis comme fauteurs deÃits rebelles. Et fur melmes peines fora enjoint de declarer a la luftice ou Commilïà ires quâelle depputera les meubles, Marchandifos,fruît^amp;dan-rees quâils auront en leur pouuoirappartenans aufilits rebelles amp;nbsp;fauteurs. Sera aulfi enjoint a tous Notaires amp;nbsp;perfonnes publiques de declarer à la luftice CommilTaires, les obligations quâils ont receus en faueur defdits rebelles. Lelquelles proclamations feront faites aux villes amp;nbsp;autres lieux eftans en fobeilfance du Roy:à ce que perfonne nâen puilfo prciédre cau-fe d ignorancc.Et fora fait Eftat par les Threforiers de Frâce amp;nbsp;Generaux des finâces des gages amp;penflionsdeuzaufdits rebellesfur les deniers du domaine du Roy amp;nbsp;fur les greniers à lel, acquiélemens amp;nbsp;lur les tailles pour Gire entrer lelHits gages amp;nbsp;penfions entre les mains dudit Threforier def extraordinaire au proffit du Roy. Et pour les emploier au fait de G charge. Et
Y y iiiij.
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à cesâfins Ies Officiers dll Roy feront tenus bailler par rolle aiifdirs Threfôricrs amp;nbsp;les noms des Officiers amp;nbsp;autres qui font tenus pour rebelles, amp;nbsp;retirez aux lieux occupez iceux. Seront leldits Officiers tenus chacun en fon endroit amp;nbsp;dans la jurifdiôtion : défaire vendre lefdits meubles, fruits amp;nbsp;denrées : amp;c. mettre à ferme les immeubles à pris dâargent^'' en dâautres : à la plus grande â¢ommodité du Roy que faire ce pourra. Et quant à ceux qâ' ; fêtrouucront arrentez, feront procez verbaux des arrentemens*. Feront obliger les rentif'^ ' fermiers au payement du prix contenu en iceux arrentemens au proffit du Roy. Et en to^ ce que deflus feront tenus y appeller leProcureur du Roy des villesamp;lieiix où il y en aurz-t' aux lieux où le Procureur du Roy ne fera point: y appellerôt les Côfuls des licux.Et du tout en drefïèrôt Eftat abrégé figné par euxamp;dudit Procureur du Royamp;Côfuls,contcnât lieu lieu,la vête des meubles à qui appartientamp;aux perfonnes aufqu elles elles feront deliuréesjamp;^ quel prix. Le mefme feront quant aux arrentemes des autres dettes qui fê trouuerrot deu^ aufdMs rebelles; lefquels Eftats ferot enuoicz à mondit Sieur pour les faire contrerolleramp;it mettre entre les mains dudit Treforier extraordinaire pour en faire la leuée,amp;les employofâ^ fait de fa charge par les ordónances de mondit Siefîrjamp;pour fen rendre comptable. Sera det-fendu à tousGouuerneurs,GcntiIshommes,Capita!nesamp;: foldatsamp; gcnerallcment à toUS^U' tres dene foy approprier lefoits biens ni donner empefehement aux commifïà ires qui font putez à la vête ou exadion : fur peine de la vie fans auoir efgard aux prouifiôs qui pourroiof' auoir cfté obtenues par furprife ou autrement pour jouir defdits biens. Lcfquelles demoot^' rontcafïeesamp; annullécs. Et au deffaut quâils ne trouucroient perfonnes appellees pour renter lefdits biens : feront baillez aux Confuls de lieux, qui fen rendront Cômiffaires queftre,faitc au preallablefommairc verification à combien tous les biens fê pourroict arren-ter tous fraiz faits. Sera procédé à fcxecution de ce que defTus : nonobftant toutes opp^fe' ons Si fùbterfuges qui fê pourroient faire par moien dâautres créanciers, amp;nbsp;fous prétexté charges ordinaires amp;nbsp;extraordinaires impofêes fur lefdits biens. Defquclles charges ordinaires amp;nbsp;extraordinaires en fera fait Eftat par les Commifïà ires pour entire le payement.Ettaur à fê pouruoir tant fur les oppofîtions que fubterfuges. Sera procédé aux arrentemensà dâargent fi poflible cft:,amp;à deniers nuancez: ou à tout le moins en partie ou en termes Icsp''â courts que faire ce pourra. Les Commiffaires qui proccderont,prandront garde quâil nâ)' commis aucun monopole ou intelligence. Et de neprandre aucuns fermiers qui ncfofoj^j bienôc deuement cautionnez : Et fils trouuentque les yffuës ne fuffent raifonnablcs:^ 9âquot; y euft plu» grande perte : ils pouruoiront à faire lener les rentes amp;nbsp;autres deniers,amp; gerontles Confuls comme dcfTus.Etfilsnetroiiuoientà arrentcrà prix dâargent les rerresU' boutées à hautes cnchcresamp;en terres portans paftel : les arrenteront en blé,vin,huile amp;pallâ à la meilleure condition que faire pourront amp;nbsp;pour vnc année amp;nbsp;cueillette tant feulement-Sçauront lefdits Commiffaires amp;nbsp;fe feront reprefêntcr les procedures faites par ci deuantfut les fà ifies,ventcs,arrentemens amp;nbsp;leuées de dettes furce faites.Et reprandront Icfdites proccdU' res pour mettre à executiô ce qui refte à faire. Ou dcnouueauy procedderont corne ils jt'g^ ront eftrg expedient pour le fêruice du Roy. Contraindront tous comptables amp;nbsp;ceux font chargez defdits biens : de remettre deuers eux, leurs comptes.Et finformeront dilig®' ment des abusSc maluerlà tions qui pourroient auoir efté commis par les Commiffaires députez. Enfemble de tous recclcmens formelz defdits biens.Et contraindront ceux qui les ont en leur pouuoir: de les mettre en cuidence.Et à tous Notaires aufli deuers eux liurcs de leurs nottesamp;prothocolles aux fins^e faire extrait de ce qui fêra neceflà ite pour la verification dettes defdits rebelles.Vfà nt à feffet que deflus des côtraintes accouflumées,condânationdcs amendes amp;nbsp;emprifonnemens de'pcrfbnnes. Sera enjoint aux Gouuerneurs, Capitaincs,Gcn' tilshommcs, Iufticiers,Officiers,Preuofts, leurs Licutenans amp;nbsp;tous autres fujetsdu Roy bailler main forte fi befoin amp;nbsp;requis en font aufdits Commiffaires. Lefquels procedans an fait que deffusjfinformerót diligemment Scfêcretement des lieux, de demeure amp;nbsp;autres cho- । fes qui font faites fur les fujets du Roy. Par qui amp;nbsp;de quelle authoriré font faites, amp;nbsp;en auernquot; ront mondit Sieur pour y pouruoir. Et à ces fins contraindront tous Greffiers amp;nbsp;Confuls leur bailler vn double des affietes amp;nbsp;departemens de tout ce que deflus. Les Officiers desSe-nefehauflees fieges Prefidiaux, cnfêmble le Procureur du Roy : feront mettre à execution dans quinze jours apres la reception des prefartes Inftrudions. Renuoyeront les procezver- , baux
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^aux à modit Sicur dans Ic téps contenu Ipccificatió dâicclles cs villes amp;nbsp;lieux de leur refîbrten lobcilTancc du Roy.Et ce à peyne de priuacion de leurs Offices.Contraignant tous les Officiers Subalternes amp;nbsp;à eux refïbrtables, de faire leur deuoir de leur part fur mefmes peynes amp;nbsp;com-damnacions dâamades; fans que les vns fe puiflènt cxculêr enuers les autres, amp;nbsp;juiques à auoir obey. Seront faites defences aux pâleurs de leurs gages tant de*rccetes ordinaires,domainc que autres de ne le paler fans auoir ordonnance de mondlt Sieur, apres auoir veu le deuoir qui fera fait par lefditsOfficiers.Lefquels gages demeureront fâifis amp;nbsp;arreftez au proffit duRoy entre les mains des paièurs amp;nbsp;rcceurs dâiceux.Sera permis aufdics Officiers amp;nbsp;Commiflà ires ordonner des frais ncceflà ircs poiirfexccution de ce quedeflus modérément toutesfois, amp;nbsp;dont ils en dreflèront vn Eftat, qui pareillement fera enuoiéà mondit Sicur, pour le taxer amp;nbsp;modérer encores fi beiôin eft. Seront enuoiez par le Threfôrier amp;nbsp;Recciieur de l'extraordinaire, meflà -gers expres pour intimer ce que deflfus aufdits Officiers,Receueursamp;paieiirs,amp; en raporte-ront les exploits. Et tout ce que deffus (era execute lans retardation des, Commiflà ires particulièrement expédiez âfeffict que defliis, au deichargement dcfdits Officiers Icfquels ne leur en donneront aucun cmpelchemcnt .Aiift toute aide, faueurSc affiflance furies peynes que / deffus.
P ov R le regard du Dauphiné: Je vous ay dit comme Month run, raportant les grandes forcesduRoy,au peudemoiensdesProteftans reftez au Royaume: fut pcrfuadédefuiurcle EftatAi bon cfpoir que le Roy amp;nbsp;deGordes luy donnoient des grans auantages qui luy viendroient fil dauphine, demeuroit en là mailon.Depuis neâtmoins cfueillé par le raport du bon fuccez qui accompa-gnoit les deffeins de ceux dcLanguedo, Seiiencsamp;t Viuarctsôc autres quartiers: le repentit dâauoirfi long temps demcuréoyfifen temps de guerrc.Pourcc auoir cômuniqué aucc quelques Proteftans du pays: furent dâauis dâentreprendre fur Valence, Montcil Sc le Creft: villes notables du Dauphiné, fous la faucur de «juelqucs Proteftans muets y retirez, Maisceftere-folutlon communiquée à ceux de Vuiarets,amp; le tout dclcouuert: mdmes les trouppes du Vi-uaretSj qui auoient pafle Je Rolhe pour cet effet mifes en route par la Comapgnie dâhommes dâarmes de Gordes: feurent confcillez de laifler ce deflein. Donnans ordre ce pendant quâon fefaififtdâOrpicrrc,Serre8£ autres lieux du Diocefe de Die. Ce feit accompagné dedixhuit cheuaux amp;nbsp;vintdcux lôldats afleurez:fèmct aux champs fur la fin de Mars pour entreprédre Montbru» felon que les occafions le prelènteroicnt: Et fans feuoir où il deuoit tirer,tant les bons fuccez des Catholiques auoient cftonné dâhommes. Au mefme temps Lediguiercs de Morges amp;nbsp;JesProtef. Champollyfclà ififlcncdelavilledcMeufèamp; autres villettcs es montagnes vcefini^ du Dau-phiné. Ce qui fit reprendre cÅur à beaucoup dâautres. Surce de Gordes auerrit fe Majefté de ÃEftat du pays amp;nbsp;de tout ce qui eftoit furuenu failà nt en autre choie tout le deuoir à luy pof-fible .Ce pendantMontbrun rencontre quelques vns de fe trouppc quâil met en piecesamp;cou -rant deçà de là , le rend aflèz redoutable à tout le pays.
V O V s auez veu cy deuantle foin amp;nbsp;diligence de Monluc, à îexccution de fe charge pour faire ellire Monficur, Roy de Pologne. Depuis le dixiéme Audi Juiques au troifiéme May : îon procédé à ÃEledion dâvn des cinq principaux Compétiteurs. Aflà uoir f Arche- Pretendang duc Erneft,IeRoyde Suède, le Duc dâAnjou, le Roy de MofcouicSc IcVaiuodeîeTranfil-uanie. Car il y en auoit dâautres comme Rozcmberg,fvn des Ambaflà deurs de lâEmpereur: gne. lequel venu enPolognc ôevoiant que plufieurs des ScigncursPoIonnois le preferoient à dâau-trcsjvoulut briguer fous main. Cômâaufli vn des Seigneurs dePologne.Monluc femplia tout cetempsauee les coadjuteurs pour entretenir les Partilà ns amp;nbsp;|^oucir les côtraires.Aulquels âle préjudicia peu fauis que les Polonois receurent de Turquie que Sclim, aiiroit plus agréable le Duc dâAnjou Roy de Pologne quâaucun des autres auec Idquels il a diferend. Car les fiftats le vouloicnt maintenir enPaix auec luy. Somme que toutes choies debatuës amp;nbsp;meure-mentconfiderées Monficur fut efleu Roy le neufiéme May furies Polonois amp;nbsp;autres peuples qui en dependent: dont les François feurent extrêmement Joyeux. Ce plaifir toutesfois fût leu Roy de vn peu atiedy, quand on leur prefenta pour ligner les articles amp;nbsp;conditions fous lefquellcs les Eftats auoient entendu le receuoir pour Souuerain. Etmelmes quelques articles à part pour le tepós de la France,que les Ambaflà deurs aflèuroient obtenir du Roy Charles, amp;nbsp;notam-n^ant à fauantage des Proteftans, quâils auoiententendu fort tourmentez pour la confcience cotre la teneur de f Edit de Paix dernier. Comme fi telmoignans le defir dâeftre ainfi mainte
nu s-
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nus de lui, quâils fuplioient fon frere fe porter vers les Proteftans François : ils vouluflènt .rc Charles exemple à fonfrere de toute vcrtuSôbon Gouucrnemcnt quâils attendoientde Æ iToutesfois efperarts que iâ Majefté y pouruoiroit,amp; fe voyans en manilcRc danger de trebu '-cher fils refuibient, les f gnerciit comme vous verrez ailleurs.
Les Eftats debatirent loiig temps de leur preeminence fur les commoditez ou in^oiâ moditez quâvn chacun apporteroit au Royaume:vray moien de droitement juger de chofes. Pour les commoditez,ils confideroientla bonne nourriture qui fut trouuee en Commodi- pcu différente,fors auMofcouite : que tous jugent extrêmement cruelà fêsfujets.Mel*â la correfpondance des mÅurs en leur Nation quâils ne treuuerentâquâen Piaft en îlwââ' peut apport amp;nbsp;en Monfieur.La Paix aucc les Turcs SeTartares dont ils ne faifeuroient qu'en Monfieu*^ per auRoy.-.gà flufantc. Lâaugmentation du Royaume quâils nâelperoient quâen Monfieur amp;nbsp;en P«nogn^. P^r mariage ; fcperfuadans que le Mofeouite leur promettoir rendre tout ce quâil auoitvlüi' - pc fur eux: affin dé gangner tout le refte.La Seigneurie de la mer quâils ne voioiét quâenM'ââquot; â fieuramp; le Suédois tant quelèslêigneuriesfcpourroient eftendre; amp;nbsp;notamment .des qui empefehent le traffic de Neruc. La communication de la langue en tous,par la Latine»^ ,, Mofeouite par la Ruffienne.Mais ils elperoient que Monfieur auroit toll aprisla Pollonoâ^ Puis fils auoient accouftumé de viure Ibus les Loix. En quoy,fors le Mofeouite,furent f â n.fiâ * liez fcmblabics. Or comme les auantages furent trouuez plus grans du cofté deMonf^â^ lauffi les incomrnoditez moindres quâen autres.Car tous fe rrouuerent,où trop jeunes ou -auancezfur l'aagc,pourvn longheureux gouuernement dâEftat. Levoifinagedetous*^ .concurrens fut trouué fufpedt à la lêureté amp;paifible entretien du Royaume. Tous diftb^^^^ -mÅurs amp;nbsp;denature aux Pollonois: auec lefquels les Francez ont plus de conformitczqf^^* tre Nation qui (bit. Les autres eulfent eu (ans doute guerre contre les Turcs amp;nbsp;TartaressU'' toit que ÃEiledion en euft eilé faite,côme mcimestls en eiloiétdesja menacez: ne aucc le Molcouiteamp;Valacque. La mer dâailleurs leur euil cité ibudain empefehee,amp;lctt3^^ rompu : Dont vient la principalle richciïe du pars que Monfieur prynettoit rendre libK^ â mer paifible : tant par fes Alliances amp;nbsp;Confederations des Princes aucc l^i fleur de LySj^^ -par nouuelles fiarces quâil y amencroit. Quant à la tyrannie amp;nbsp;cruauté vers les fujctsbl^y en eut jamais moins quâen France. Où nous viuons fi franchement ôc dâvne fi priiiécccnâiâJ**' ,, nication auec notre Souuerain :;Quâl femble vn Prince efleu pour Gouuerner ics rnùsîpquot;*â quâvn Mbnarquc pour commander à fa volonté. Voire que faifeurans de la bonne que la ra^c deValloisà tousjours porté à fesfujets: ne firent difficulté apres en auoir quelque peu ibllicité par aucuns de leur Religion, de fupplicr la Majefté accorder aux cez Proteftans les articles quifuiuent.
P £ d-/ ANDES que fait la plufgrande fgt;art de la 2{chlejfe PcUoKKoifi â . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faifant ^rofeÃiou de la Reltgio/) ProteÃante, frefeiitées à tref
? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reuerent Seigneur leande zMonluc Euefque (^Comtede
c*,. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;raUencejConftiUeraupriuéConfeilduRoyTref
⢠â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChrePiien:Et a C^lagnificque Seigneur Guy
de StGel/ais Sieur de LanÃac,Cheual~ lier de l'Ordre AmbaÃa-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deur s du Roy.
⢠pREMiERBMBNT quâà plaÃc au Roy Tref chreftien abolir pour jamais la de toutes chofes auenuës en ]||rance à cauië des troubles amp;nbsp;guerres ciuilles. Enapresque*^ Majefté accorde par ià bonté à tous qui le voudront : de viure paifiblemcnt pat toute laFf^' ce ians cftre recerchez ni moleftcz en Ibrte que ce (oit pour la Religion Reformée dont ront profeffion. Qu^pn ne les reccrche point en leurs mailbns : pourueu quâils le comporteâ^ fuiuant les Edits,amp; nelbicn^contraints dâaffifter à ceremonie quelconque de lEglifeRoro^'' ne. Que le Roy tref Chreftien permette à ceux qui voudront fortir de France : de vendre^ diïpolèr de leurs biens comme il leur plaira. Et emporter targent hors du Royaume. Sâils^r ment mieux laifïer leurs biens amp;nbsp;en tirer le reuenu tous les ans: que cela leur (bit loifîble(ân® empefehement. Et quand ils voudront retourner ou demourer en France, quâil leur foitp^^ mis : pourueu quâils ne (e (bient retirez en terre dâennemis de la Couronne ; ou de ceux qui le Roy nâa aucune alliance. Dauantage,quc le Roy Tref chreftien pour fouuenancepc'' pct'i'
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petuellc de cîcmence amp;c benignité:rcmctte amp;c rcftabliÃe en leurs biens, Nobleflc honneurs precedans ; tous ceux qui ont efté condampnez pour celle prétendue conlpiration de Parisj au mois dAouft mil cinq cens loixante douze ou leurs enfans amp;nbsp;heriticrs.Nonobftafit tous E-* ditSjarrefts, lugemens Ordonnances fil y en à : que le Roy cafïèra mettra au néant pou t certaines, grandes amp;nbsp;juftes caulês.Qiw les heritiers de ceux qgi ont efté maflà crez à Paris au mois dAouft amp;és jours fuiuans, en quelques villes de frajice par, la fureur du peuple enragé: foient paiez parle commandement du Roy, qui en iqft endroit rendra fâ douceur perdurable à jamais, du prix amp;nbsp;valleur des Eftats, que les maflà crez tenoient. Câeft à dire autant que chafque Eftat ou Office à accouftume d eftre vendu foit reftituc.Que ceux qui font bannis de France, acaufê de la Religion: où qui effraiez des maflà crcs fen font retirez: y puifTent * feiirementamp; librement reuenirfans eftre recherchez du paffé, Ains remis en leurs biensj honneurs amp;nbsp;Eftats. Moiennant quils quittent les armes amp;fe remettent en la proteélion du
Royj traittant plus doucement les villes amp;; places qui auront lâexercice de la Religion reformée jufques au jour que ces açticles cyjforont prefèntez à fà Majefté Chreftien-ne: veuille oublier premièrement toutes injures Scieur accorder pourlauenir libre exercice de Religion comme elles ont eu par ci deuaiit. Les exempte déroutes garnifons, poürueu qui fe rendent au Roy Sepofent les armes. Quâon face dilligentes informations contre ceux qui ont maffacré outrepaftà ns les Edits du Roy amp;nbsp;foient chaftiez.Que pour faire les Prefohes Baptifer les enfans amp;nbsp;folennifêr les Mariages: le Roy eflife amp;nbsp;accorde vn lieu en chacune pro-uince de France.
N 0 V s lean de Moulue, Euefque amp;nbsp;Comte de Valence, Confoiller au priué Confêil du RoyTrefehreftien : Et Guy de S. Gellais Sieur de LanfTac,dieu allier de lOrdre amp;nbsp;Capitaine de centhommesdâarmes, Ambaflà deursde laMajeftéTrefchreftienne versies tref-Illu-fîresEftats de Pollongnc : promettons amp;nbsp;jurons deuant Dieu quâen faneur des tref IlluftreSÿ Magnificquesamp; Genereux Seigneursamp;Cheualliers qui fauorifont au tref Illuftre Duc dâAn-jou,en la demande quâil a faite du Royaume de Pollongne : Le Roy Tref chreftien accordera amp;nbsp;donnera aux François ^ui voudront faire Profeffion de la Religion Euangelicque : les huit premiers articles fus mentionnez. Et obligeonsfà foy Royallé poujr cet eff et. QÃant au dernier article touchant les lieux quâon doit affîgncr a chafque Prouince pour lâexercice delà Religion: nous promettons de faire tant par follicitationsamp;prie^s enuers le tref Illuftre Duc dâAnjou:quâil obtiendra cela du RoyTref chreftien.Fait à PlofcKO le quatrième jour de May, mil cinq cens foixante amp;nbsp;treze fous nos fèingsamp; fécaux.
G E fait le dixiéme May tEuefqueefcriuit à leurs Majeftez, les auertiftà ns de cetc Eledi-on ; affin quâils pourueuftènt à leurs affaires pendant que les AmbafTadeursdePolIogncfe preparcient pour aller en France quérir leur nouueau Roy qui eftoit deuat la Rochelle.Dont il partit comme je vous ay déclaré pour aller à Paris : où Ion attendoit les Ambaflà dcurs Pol-lonois amp;nbsp;Montluc, de la venue defquels ceux de la Religion Proteftante auertis; enuoierent vers eux leur recommander. lEftat du Royaume. Et les prier de faire tant,cnuers le Roy : que £^5 leurs frtresamp;compagnons fuflènt plus gratieufoment traittcz,amp; les chofès reftablies en meil- pus empjo leur Eftat.Les Pollonois arriuerent à Mets au commancement dâAouft : où CharleÃle Cars
Euefque de Langresles alla recueillir,amp; harenguer comme il fçauoit bien faire. Puis arriué à de Pologne Paris ne fut queftion que de jeux,mafcarades, jouxtes, tournois, combats à pied amp;nbsp;à chenal: jiuâfâ auec tels autres pafïètemps de Princes pour les bien vegner : Et gratiffier la venue des princi- guerte. paux de ce Royaume. Où nous les laitons pour reprendre ceux de Sancerre.
Les alfiegez apres auoir fccu la prife de Marcadier, depekherent la Croix le fêptiéme
jour du mois à mefme fin,auquel ils donnèrent les lettres qui fuiuent, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i es Sancer-
M E s s 1 E V R s,ayans entendu la faneur amp;nbsp;benediétion deDieu en voftre endroit:vos heu- ^5«' deman-rcuxfuccez amp;nbsp;euenemens; nous affeuraris que forez auffi joieux d'entendre de nos iiounelles jes au°re7 amp;nbsp;les viâoites que nous auons jufques à prefont obtenues fur nofennemis par la bonté amp;nbsp;af Egiifes Ftâ-fiftance de noftre*Seigneur: Nous enuoions ce porteur expres par deuers vous: qui vous dira
äulong deîEftat de nos affaires: Vous fera entendre comment nous auons tous boncourage ceux de Lan amp;fomniesrefolus moiennant la grace de Dieu, de plnftoft mourir que de rien faire contre fol honneur. Votisfupplians treshumblemcnt Meffieurs, félon les moiens quâon nous à affu^ rcquâauczenmaiiijde nous fecourir:affin quâen bref nous puiffions eftre plaincment deliurez
de ceux
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de ceux qui nous tiennêt alfiegez il y a quatre mois. Lelquels cobien que les ayons ja repoul* Iczà fallà utquinousliurerentle dixneufiéme dc Mars:apres nous auoir battus de près de W mil coups de Canon, ne font mine ne auc un lémblant de delloger ny defeamper : Ains au co-traire ont fait pluficurs forts amp;nbsp;blocuz pres amp;nbsp;és enuirons dc nous: pretendans par ce moïc» nous affamer. Des le vint cinquième du dernier mois, nous auons dclpclché autre qui vous portoir mefincs nouuellcs. Mais il fut prins de îennemy, qui le tient encores, Etpft-ce que ne doutons nullement devoftre bonne volonté: amp;nbsp;que voltrc caufe Scia noftrefûigt;f vncs. Nous fineronspar nos trefihumbles recommandations à vos bonnes graces prières. Prians Dieu, Mclfieurs, vous maintenir tousjours en là lâinte proteéhon amp;nbsp;fauorilc'
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vos fain tes entrfcprinlês. De Sancerre ce lèptiéme May. 1575. Par vos trefihumbles frères
feruiteurs. loanneau .la Fleur,au nom de tous. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
Fortdcbois ' Catholiques bâftirent vn autre grand fort de boys carré, fort elpais pourrefifterâ'*â^ bafty par harquebuzadcsôi coups de moufquets que les alfiegez auoicntpour toute artillerie. Il a»®â icïCatholi- pluheurs eftages amp;nbsp;quatre tourelles aux quatre.coins pour lès flancs: quâils feirent appogt;^^ par pieces au deffus du pré Vallier,oii il fut drclTé^e lczicmeMay.Mais dâautant quâilclloii^* plus dommageable aux alfiegez,quâil eftoit le plus proche de la ville, ôc pouuoit aucuneiâ^' commander au Raucllin amp;nbsp;plattes formes prochaines : ferelblurent dclc bruflerà quelq**' prix que ce fuft. Ainfi fur les neuf heures du loir, fuiuis de vignerons amp;nbsp;goujats chargeï^^ feu, paillcj fagots amp;nbsp;telles autres matières brullables; vont fi refolument julquâau fort y mirent le feu quelque grand deuoir que filïènt les alfiegez à la deffcnce : Aulqucls rnefin^* vindrcntpourfecoursfe glifl'ans par les tranchées, ceux du grand fort amp;nbsp;ceux de Pignofe Icfquels partie des lortis Ibiiftindrent jufqucs à ce quâils viflènr le fort tout en feu,ou pluficâ'â Fort de bois refPerent brûliez amp;dâautres eftouffez pour ne pouuoir Ibrtir.Quelques vns y dcmeurcrctd^ k7Lotef- Ibrtis amp;nbsp;quatre blecez dont deux moururent apres amp;nbsp;le retira le refteenmenant trois pri^' «ns« niers pour faire entendre i'Eftat des Catholiques. Le vintneufièmé ils Ibrtirent pour attir^ le corps de garde de Montreueille, en ambulcadc: mais dcfcouucrts nâeurent quâaie bien«®' fendre dâvne part amp;nbsp;dâautre: Quelques alfiegez y furent prilbnnicrs amp;nbsp;peu dc blecez:
luin. ifzj. uauxy fut tué.Reucnon^à u xRochellois.
Lettres du
Le deuxième luin, deux lôldats énuoiez du Comte deMontgommeryjptclcntcrcflt^^ MoTtcom- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lefquclles il failbit entendre quâà ÃOecafiôde péü de forets quâil aüoit,il eftoitcon-
Montgorri'
mery aux traint dc faite voille en Angleterre,où Languillicr eftoit ja allé pour auoir de grans vailfeau^ Rocheiiüjs. jjpuuoir à toute lêureté par meramp; fe rendre vidorieux contre lesCatholiques.Ce qü«
Efforts des Catholiques dcuät Monficur.
amp; quâils tiennent bon, le tenans tousjours fur leurs gardes, leur prometant eftre deretou' pour les lêcourit lepluftoft quâil luylcra polfible ; Les Catholiques ce pÅdant trauail-loicntnuièlamp; jour,nomrnéementà defeendre amp;nbsp;aflèurerles gabions dans Icfolfé près » Bouleuard de fEuangile, comme aulfi ils auoient mis pres la porte de Eint Nicolas oiitti^ ceux quâils auoient mis le Dimanche parauant que les alfiegez Ibrtis rompirent:Si queleû-non preft le quatriéme:deuant Monfieur eftât aux tranchées on voulut faucer vneCafemâtt' alfin de gà ngner plus auant aux folicz. Mais la deffcnce que les alfiegez faifoient dc la inuraii-leilesforçadcrecullery laiffans grans nombre de blecez .Toutesfois on perça deux Tours pour les tenir en fujedion. Crainte quâils nedelcouuriffent le lieu on îon failbit les ruines« Le cinquième ils Ibrtirent vers Tadon: furprenans amp;tuanstout ce quâils trouucrentamp;reigt; uerferent les gabions drclTez^our battre la Tou r de la porte Eint NicolasSc les Baricades q«* y eftoicnt.Le cinquième amp;nbsp;lixiéme jour ne feirent que battre les Cafemattes amp;i le Cauallicf Les Rochel Vieille Fontaine,dâoù dcEouucrts,ils fe fentoient fort incômodez .Le fixième pluficur^ lois en met- des plus aparens delà ville furent faitz prilbnnicrs pour eftre fulpeds amp;nbsp;vouloir ptendrevn^ técpiuiîcurs telle que les Catholiqiies vouloient,plus quâvne fi miférablc gucrre.ConfiderâsfurtoUi pareils pn^ la famine qui fappreftoit fort pour la faute des bleds. Le fcptiéme,vnCatholiquepcnfât
fonnicrs
poureftrc fufpcds.
fuiuy, móta fur les fix heures du matin jufqncs au liant de la petite brèche près la vieille Foæ . taineamp;y demeuraaflèz long temps faute de garde: Mais femploiant en vain à renuerftrvnc i piece dans le fofiTéjfi; retira voiant quâon Venoit de toutes pars à falarmt quâvne fenuncllc hardy à crier quâà frapper,auoit donné à tout le carrier. Auflî ceux de Tadon amener^' pluficiirs petites pieces à leurs nouueaux forts,pour tirer tant à ceux qui alloicnt pcïchcr,qu
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bChefncamp;auGabus. Lonzicmc Monfieur manda auxaflîegcz quâils enuoialîènt fix des principaux pour le Parlement, amp;que fhumillians leuraccordcroic plus quâils nâauoient demande. Mais aucun nây vouloir aller crainte de danger^ les autres ne le trouuoient bon, de peur quâon ne les retint ou maitraitaft ou du moins on ne les forçaft de ligner choie qui con-treuint à leur liberté.Le douzième fur le matin on plâta quatospe elchelles entre deux Tours finseftredefcouuerts, puis pres de cinquante montèrent au haut,chalfans ceux quâilsy rencontrèrent, reconoiflans les tranchées amp;dclFences. Mais pour nâeftre fuiuy amp;nbsp;furuenantle-cours de toutes pars fallut reculler. Surce Monfieur enuoia les Députez pour parlementer. LfsCarholiques voians que la fotceouaerte ne leur auoit que bien peu auancé leurs alFaires: Voulurent efprouucr fi lesfurpriles ne leur pourroit plus profiter.Pource le douzième du ma- sutprinic» tinfurentà falTaut par furprilê auec nombre dâefchclles quâils drellerent à la petite brcche desCathoii pres la Vieille Fontaine, jufques à y monter plus de cent que Gentilshommes que Capital-nés Scfoldats: dont aucuns gangnerent jufques au haut du Caualher, fur lequel ils furent afi jufques au fez long temps. Mais auoir reconu les retcanchemens amp;nbsp;contre-efearpe, gabionnés au dedas du retranchement amp;nbsp;les flancs dâiceluy: aiflferent a leur retraitte aufli toll quâils le veirent fa- rEaangille luëz dénombré dâharquebuzades qui leur venoient de toutes parts, apres la mort des premiers amp;nbsp;plus hauts montez, lelquels neantmoins treuuans les murailles vuides de gens qui tous feftoient retirez pour repaiftre ôc le repolèr des longues veilles:eufiènt tout gangue fils euflènt eftè bien ftiiuis.
I E vous ay dit que les Parlemens nâauoient celTèdefenrrctenir. Soit que Monfieur fuft Pailfmesfc A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ivr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- I - nbsp;nbsp;11* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ir continuent
ace conieillepour auoir deux cordes a fon arc:arhii que li le moien de la guerre ne luy luccc- toiisjoursamp; doit:quela matière le prelêntant pour monftrer la clcmence amp;nbsp;pitolable bonté vers les fu jets pourquoy. de fa Majefté Reaile: il leur fift,accorder plus quâils nâefpcroient. Ou que les alfiegez y lulfct dâautre part perfuadez, pour auoir plus de moiensde tirer auertiflèment defEftat Catholique. Ce jour, la relblution du Parlement fut tellc:que trois des plus aparens de la ville lôrti-roient le lendemain pour aller julques au premier moullin au deuant de fon Excellence. Et luy vfer defupplicatios tref humbles pour gangner là bone grace.Et que pour cet effet il leur enuoieroit le lé demain vn'pafleportfce quâil fit)mais parce que par icelluy ils eftoiét nômez Rebelles, rebelles ilsneParlemêtcréc pointCe mefmc jourMôfieur voulût vifirer la mine qui eftoitprefi te de jouer à la viellcFótaine:nefutrecónuvn par Ibldatquiluy tira vne barque buzade char- danger de gccdâvneballcamp;de quelquesdragées.Mais deVin fô grâdEfcuier voiât le feu au ièrpcdn,fê mit 2U deuâtamp;rcceutle coup à trauers du corps: dot toutcsfoisamp;a grad peine il guérit fin:MÃ-fleurtoutesfois futattaint des drageos fur la freze de fachemilêamp;au poing de là mâche.Puis le par vnV*^ quinziéme, le Parlemétfut cÃtinüè qui ne dura guerres,pour ce que lesRochelois dirét que mort voion-les Catholiques eftans fur la contre-efcarpc,reconnoiflbient le folle amp;nbsp;failôient trauaillicr les â¢ibn* Ma? pionniers.Si bien quâefchaulfez fur ce à tirer,lèpt Catholiques y demeurèrent amp;nbsp;vn des aflîe- ftic. gez.Le feiziéfme on parlementa de rechef où fc trouua la Noüe. Et d'autant que les Catholi- Treues non ques fe ruoient ordinairement fur les femmes qui alloient pefeher des Sourdons amp;nbsp;autres co-quillages,aucunnes defquelles ilz prindrent comme les plus bclles:Nombre dâharquebuziers sâabillerent en femmes auec espées amp;nbsp;piftolles fous les cottes,leurs côpagnons prelft à les le- Cathoi? courir sâilz en aiioient befoin.Ainfi pefehans amp;nbsp;conduitz parles femmes,veirent aulfi toll les habà tieVc-Catholiques fe desbander de leurs corps de Garde pour sâen là ifir. Mais ces hommallès,les mes forties chargèrent de telle forte que plufieurs ruez mortz le refte nâcuft qu'à fuir en diligence:aulïi toft refroidis en amour quâilz sây eftoient montrez efohaulfez |^s ladefoouuerte deces femmes .Sur ce nombre de Cannonades furent tirées parles Catholiques,Iefquelleseftoienttcf- ^cc^fr^Roy moignagede la reljouilfance que tous prenoient delà venüe des Ambalfadeurs de Pologne dcPolognc qui venoient pour là lüer Monfieur Roy de Pologne. Hz luy feirent la Harengue au nom des Eftats.On ne lailfoit pour cela à tirerCanonnades dâvne part amp;nbsp;dâau*re:mefmement leComtc du Lude fit trainer quelques Couleuurinnes au Fourneau,mafur? dâvne ancienne maifon foi-tuée entre Tadon amp;nbsp;la pointe du Coureille fur le bord des và fos defquelles ilz tirerent bien trente coups tant contre le corps de Garde de la Chefoe qui eftoit de bois:que fur les murailles; pour ruyncr les maifons amp;nbsp;autrement incommoder les alfiegez. Puis les Catholiques firent jouer leur mine le vint-vniéme aufoir auec grand clpoir dâentrer bien auant en la ville. Mincjouc Mais elle lailTa vn haut liane à lâendroit de la vieille Fontaine,où parauanr nây en auoit aucun
amp; au
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amp; au lieu quâon«c peuuoit monter jufques auCauallier de laditte Fontainc:ElJc fit la moO®^ à pied droit. loint quelle renucrlà la terre par dehors de telle façon quâelle fit tomber vn«^-Canons Catholiques dans le folTé qui fut tout couuert de terre auec la Cafematte que J aHîegeans gardoient. Ce pendantle Comte du Lude renforçoit tousjours là batterie approché les pieces julquesîk la contre-efearpe de la porte faint Nicolas quâil batoitaucc clochier dâicelle.Sôme que croiflà ns les neceflitez de partamp;dâautrcde nombre de bons hénâ?
Paix accordée en Ia
Quelle fin San
qui diminuoit de jour en jour: Crainte de pis aux Rochelois: amp;nbsp;à Monfieurvn extremen® dç prendre polTelfion de laCourône de Pologne,auec vn delplaifir de voir tant de milêres®' France par vne fi malheureufe reprinfe de nouuelles Guerres -.lurent les occafiens delesl^f^ tous condefeendre à vne bonne Paix : les Articles de laquelle bien debatiis,furent en fin^rr® cii comprhe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vcrtez le vintquatriéme du mois,csquelz toutesfois le Roy ne voulutn^'ââ
en
auec Montauban amp;
Nifmes.
prendre Sancerre. Permit que les habitans eulfent le benefice des Prefehes, Mariages
Treues,
tâaix publiée à la Rochelle.
I.e Sieur de Biron entre en la Rochelle.
les villes de la Rochelle,Nifmes,?lt; Montauban,Lefqucllcs auroient fexercice pur amp;nbsp;libre^^® la Religion tant au Baptefme amp;nbsp;Cenc quâau Mari«ge.Et que le lendemain ilz retournerûâ^' pour faire figner au Roy de Pologne les Articles.Sur ce les Noblesamp;Capitaines furentalî®â' blezSâilztrouucroient ces Articles bons. Puis le peuple fut conuocque parle Tromp^' mefine fin au Bolcuard delEuangille.Toutfut agréé le vinteinquiéme amp;nbsp;atendant qiïibâ?' lent fignez du Roy de Pologne qui eftoit en iâifle dâOlleron,Trcucs furent accordées polit jours : pendant leiquelz, il enuoiroit les Articles au Roy pour les figner.Aufli furentbtt? uesamp; furceanccs de tout aélc guerrier publiées en la villcamp; auCampzDontfeux de joyefû^ faitz amp;nbsp;elleuez de toutes parts en la Rochelle.Lc fixiéme,les Catholiques commancercnt^â retirer des gardes amp;nbsp;à öfter canons, gabions amp;nbsp;tels autres outilz de Guerre. Si bien querî?® le jour fuiuant.-les François vns amp;nbsp;autres commanccrent à le vifiter amp;nbsp;fcntrecaraflèr toUS.P^^ la Nouc,Clcrmont,amp;autres Proteftans,Suiuans les Catholiques entrèrent pour voirH^'^ fortification de la ville, en laquelle le dixiéme luillct Biron entra par Congne auec trompettes du Royôc vn Heraut dâArmes failà ntloudain publier la raix par tous les canif®®' Puis auoirdifiic au logis du Maiicfijt reconduit le mefmc jour hors icelle. En laque dain entrèrent plufieurs nauires amp;nbsp;petitz vaifleaux chargez de toutes fortes de proiiifoiâ^', eft ce que deuant que vous declarer les conditions de la Paix, il me femble que je vous dois faire voir ce qui fe paflôit en mefine temps horsS: dedans Sançerre alfiegée pour mefmefiâ^ pareille ^cafion que la Rochelle. Puis vous auoir propofé ce que les François réfugiéâ^ Angleterre amp;nbsp;Allemagne debatoient par leurs députez au conlcildu Roy fur la conclu^â^â'â
de cefte Paix:jcvous en feray voir la fubftance entière.
Famine de Sancerre eftranpe amp;nbsp;nonoye.
Pour retourner donques à Sancerre le deuxième luin la Croix reuint dcLanguedo,amp;fôf' Juin. I $ 7 J- cé de coucher en vn blé près les trachées pour la bonne garde des fontinellesrdes le matinsâ Cl toft quâil vit la fentinclle tourner le doz,là ute la tranchée à fi grand hafte que fon chapcaâ/ demcura.Il rapporta que Priuas où il auoit cfté amp;nbsp;plufieurs autres villesamp;Chafteaux de Laâ' guedo amp;Viuarez tenoiét pour eux.Quâilz auoictenuoyez argent pour fouldoyeiReytres qâ* fachemffioyent à Sancerre, amp;nbsp;que huit cents chenaux auec deux mil harquebuziers ja fur les frontières de Suilïcs. Ce qui les encouragea fort, encores que la famine les prcfl^i beaucoup.Laquelle croiflà nt de jour à autre,fit praticquer à ce peuple par trois mois/hofes non jamais veuës nây ouyes eh hiftoirc du monde» Si que la famine de Samarieoù les meres mangèrent leurs enfans amp;nbsp;o^les teftes dâafnes amp;nbsp;fientes de pigeons Ce vendoient chèrement Lâhiftoire tragicque amp;prodigieufo du fiege de lerufà lem où cefte mere honorable dont pan* lofoph sâarmant contre les loix de nature,occit amp;nbsp;mangea le propre fruid de fon ventreaud horreur des plus cruelz qui le veirct.Cc qui auint à Numance alfiegée parScipion,amp;aiitriâ hiftoires des miforablcs amp;nbsp;prodigieufos neceflitez paflees:nc forêt plus mifos en doubte. Ãâ ceux cy mangèrent premièrement tous les afiies, mulletz amp;nbsp;cheuaux,tuez neâtmoins amp;nbsp;veâ duz à la boucherie crainte dâinfedion du lang amp;nbsp;tripailles fi tous en tuoyent en leur partitâ lier. Et fut ordonne que la liure plus gralTe ne fo venderoit que trois fouz, amp;nbsp;l.a maigre de«-''' Toutesfois enluilletamp;Aouftfcvédit aoamp;vint-deux.Les teftes,tripcs,foyeamp;lc refteplus ih® corne plus friarmefmemêt du chenal dont la chair eft meilleure.Car bic quâelle foit plus i«â lafle cruëjboullie eft plus ferme amp;nbsp;meilleure que roftic,clle approche plus du gouft de botâ que ti*
-ocr page 363-L 3 V R'E. T K Eîlt;TE C I N î ÃMÃ. 17^.. que de porc.IJs' en faifoyent bons potage^ patîflferiétLâengéâftce des chats faillit en-ftioins 15.jouts.Puis la fain preflà nt fetït aguiÃffejpfk à ftiredcs^atiereSplufieursâfepriridfâ¬tachaP fer aux lats,taupes amp;nbsp;fôiirifiiLes poures.cnfens mêftncmét bienttifès quand ils poùuoîentaüo â vnefounsquâilscuilbyeritfur lés charbons la dcUorans dâvnè'grâde auiditc:Satïfvüider ny el^ corcherle plus foüuét:amp;nây au oit queuëjpattc ny peau derat lt;^i nefeuft deüoréeiLes chi^ généreux amp;nbsp;fidclle animal/urct traitez corne tes rnoutôiïiéft'âürt'èiaifbn.Lés'gi'à s fé i^oict ^â¢liures,les cuifles de leuricfs rofties eftoicnt troiiuécs tandres comme râblés delieijf èS.Mais les petits chiens de lait tenus pour marcaflîns nbsp;nbsp;petits faons.-Bieïi^tfé îa ehâif de''èkiëîbîf'fbrt
fadeamp;douçaftre.Dés ce mois bicnfôixante di'xdti poure peuplé: Sortirent: ^ fuföfdónéqtyè r,- ;. r;-tousfe contenteroyentde demi liurc de pain parjopr. Mais dôhrtlf â la' hHÃtâlnéquot;lt;^iïé' câèftôlfc trop:.fut remis à vn quarreron,puis lâon vint à vne liure paf fonaîne'êc venant tôüt lé blé a fà fl lir auMagazinefur la fin dn moys aucun nâen eut du tout.Et comme fîir le Côminaticement dé ^*11**»^'-luilletreftoient encor vint chenaux defcruicereieruez à fêktrcm'ité: Le vcntféqufnâà 'point dâoreille pour ouïr railôns r ôcla ncceflîté maiftreiïè des' Arts auiférent aucuns dâéïîà yer fi les nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0
cuirs debeufs,devaches,peanx de moutons Scautres (raefinesfeicEas pâr les greffiers) poüïl roieutfoumir au lieu de chair. Ainfi les auôir pelées, racléeSj'eft-haudées amp;nbsp;cüitês^ Ils y prin-l ..-üïüc .t dréttclgouftquefitoft quâilsfeufticeiutousy courroiérdefôutés parts.Ceuxquienauoiêc lesacouftroyent ainfiou lcs roftiflbyent fur le grilcommetrippes 5 les metfoyent en vinuai-â gretté 1 où fils auoyent de la greife ils les mettoyent en fricalTce ou' 'pafte eh pOt. Gèllcsquot;des veaux effoyent les meilleures amp;nbsp;rapportans aux trippes de moulues. De là 'öü vint aux edirs de bÅufs, vaches, chenaux, chiens amp;nbsp;autres beftes. Les ofciles dâ-alhes eftôyent Meilleur res que celles de pourceaux: Pour bien acouftrer les peaux, il les clouoyânt amp;nbsp;eftandoyenc furvnc haie pour brufler amp;nbsp;racler le poil plus ailement comme dâvn pourceau : Etles auoir laiffé tratnper vn jour ou deux : changeant dâeau fouuenr errvlbyenf comme ils vouloyént. Vueliure ouvn pied en quarré fê vendoit douze ou quinZéfîfuls. Telpcâiï à Vâllu en detail plus de trente fouis J ^la faillant onfo print an parchemin blanc » Mais les lettres, filtres, liures imprimez amp;nbsp;eferits en main : feuflent ils de fix vints ans, let auôfr raclé amp;nbsp;fait ..... -bouillir jufqucs à ce quâen les tirant on les vift glutineux : bil les faifoit comme trippes, aucuns lès apreftoyent auec herbes amp;nbsp;elpices en façon de hauchepot. Les Soldats Sc aiit^s bs greflbyent du fuifde chandelle. Et les anoirgrillé fur les charbons les trouuoyent fort delicates:à telles,les carraétaires imprimez amp;nbsp;eferits a main paroifToyét amp;nbsp;pouuoït oh lire dans les morceaux qui eftoyent au plat prefts à manger. Les licots, poiltrats, cropieret amp;nbsp;tous autres harnois de chenal tant vieux amp;nbsp;vfoz feuffent }ls,cftoyent couppez par piece bouillies, grillez amp;fricalfcz efqnels ont voioyt encore les trous des couftnres furies bancs ou ils fo vendoyentbien chairement amp;à grandprefle. Lesenfans mettoyent leur faintûres furies charbons pour en desjenner comme dâvn boiau de trippes. Les vieux deuantiersde peaux-pour noir 8c gras quâils fuflèntdes fouctiers amp;nbsp;antres artifà ns. Les nerfs de bÅufs amp;nbsp;autres bcftc5 ayantferuy quatre ou cinq ans fur baft dâafhesSc: mullets amp;nbsp;à dâautres vfoges . Ceux ou pendoyent les bontailles à vinaigre. Les pieds de Cerfs, Bifohes, porte clefs, le^poitras faits de vieux cuirs amp;nbsp;de vielles fâuattes dont les vignerons foforuoycnt pour plier les vignes: furent couppez,cuits amp;nbsp;fficafléz. Les cornes de pieds de chenal amaffez for les fumiers. Les Vieilles cornes de bÅufs amp;nbsp;vachcsiles vieux oz recueillis par les rues furent cuitz, rongez de plufieurs qui ne laiffoyent rien en arriéré parmy les ordures. Non plus que fi les canes amp;nbsp;poulies y eufïèntgratéamp;bequetc. Somme quâil nây auoitruclli qui ne fuft recerchée pour remplir le ventre de ce que les chiens amp;nbsp;pourceaux laiffoient. Tout ce quiauc^t humidité gouft oufaueur,net,8c(âlle bon ou mauuais quâil feuft né leur eftoit que trop rare pafture.Ma-Icdiéhon de Dieu, difoient lors ceux qui pins endnroient : puiftè acabler la deteftableragc de ceux qui feront les premiers auéà eurs denousfaire rentrer en vge autre guerre Ciuile: qui ne peut eftrc que plus malheureufe que les paffées.Veu quâaucun ne famande: Ains empirons tous au longaller.Sont les Frâçois fi barbares quâaucun cfguillon de pitié ne les mcunct à cô-paffron denosmifëresïVons nouseftes ennemis dira quelcun.Quand les plus cruels amp;nbsp;defiia-turczfauuages vous aiiroient fait mille fois plus de maux que nous qui ne faifons q nous deffâ dre, encor auriez vous mercy en nous voiat endurer tant de ponrctez.Enqnoy plufieurs dâeux prenoyentvnaffcuré tefinoignage que les pilliers de nos guerres, fapuient fi.ir autre fonde-â
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Fiantes amp;nbsp;efcrcincns des homes amp;nbsp;bsfte.
ment ^ue de Religion laquelle ne fèrt aujourdhui-qtic 4e malquc aux paflions des -, Towrqel?^ pâeft comme rien en efgard aux miicfps quâils «nedepuis ibufFctt, retournifiâquot; la premietfi nourriture des hommes anciens qui iè repaifloyencâdâherbes amp;nbsp;fruiâs plus de chaÃF *:Ã3r-ay:ux qui auoyeikdes Iardins.,les;Qftimoyent pli» quâvne bonne MeftaiiiC'®' outre quâils fen nourrifloyem apreftans les herbes en toutes façons quâils fe peuuoycnt 1er :⢠Ils les vendoyent à leur mot amp;nbsp;ne le vendoit la feuille moins dâvn liard amp;nbsp;quatre denied' Bref crainte des larrons onyfailoit garde la nuid en armes comme furies murailles. 0^' caficm que les poures mangeoyent indilFcramment de toutes fortes dâherbes amp;nbsp;racines Ã**' Paradinen 3A3ges jufqucs à la Ciguë: dont plufieurs deuenuz enflez amp;nbsp;émpoifbnnez moururent pou'i' riiiuoirede m^nt ⢠Et UC/en vouloitaucun déporter faute dé mieux encor que lâon leur remonllol^ â notre téps. dangcfLeut ventre fôurd amp;nbsp;affamé nâauoient point dâoreilles. Quelquâvn raconte MMdifofe famine qui auint à noz Peres mille cinq cens vint-huit plufieurs fempoifonnerenr de CelleâS' entfeï xom- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mcdeciu dit auoir veu vn Payfant Sc fâ femme hors du fens pour cn auoir
tide.
fùrDlofco- M praticque cn cfloit là beaucoup plus ordinaire * Aufli plufieurs efloycnt tourmenKïâ^'^ fleux de ventre fi foibles amp;nbsp;des-vtflesoquâils nc fc p^uuoyent fouftenir. Ceux qui auoyent Paineflran- ;-graine de lin de Senefoin ou Saint Foin Sc autres que fou ne fâcfloif jamais auife S'. ger : les failôyenf moudre ou les pilloyent dans les mortiers 8c en faifôyent du pain .Coi®' me de toutes fortes dâherbes méfiées auec vn peu defon : mefmeson cnà fait de la paillfâ^^ froment trempée 8c deçouppée menu pillée 8c broyée. Les coquilles de noix pillées dansfo mortiers 8c mifès en poudre fèruoyent de farine: dont.on faifoit païie 8c pain.Ainfi désarroi' fès pillées jdont lafarinç paflee auec des lacs à rendu le pain , deftrampant la pafte auecc®â^â fêl amp;C. vinaigre : le fuif des chandelles , loing 8c autre vieilles greffes fèruoyent cn potaS^ 8c fritures. Lcschcuaux referuez furent mangez à vint-cinq fouis la liure. La tefte huiH*' lires, la langue trois liures, dix fouis le piedjtrcntc fouis la liurc de foye, 8c de molvint-h®quot; Lament fcft trouué foyc à quatorze liures, le cÅur dix liures, la peau dix liures, les trippes fei®^ ament.4$. liure dont plufieurs faifoyent andouilles. La liuredegrefiè de chenal trente foA le fâng de chenal vînt-huit liures. Car ayant fait des boudins auec peu dâherbes, il y en quarante liures vendus à quatorze fouis la liure quelque deffcnce 8c pollicequâonyeuftnâ®' Ãufïi.tels rançonneurs furent tous pillez âpre s le fiege. Ainfi parle 1 e r e m i e de ceux IiiRVSALEM lefquels auoir accouftumé*de manger viandes de-licates : périrent par 1^ rues 8c fc paiffoyent de la fiente des hommes 8c des beftes durant le fiege. Car câeft cho^ afteurée freies fiantes 8c ex cremens humains y ont efte amaflez pour manger. Mcfæc®®* de chcual quâils difoyent trouuer meilleure que pain de fon. Amalfoyent tontes fortesdcl' dures 8c villannics par les rues gratans fur les fumiers pour y defenterrer les vieux oz,viel^ cornes 8c autres inmondices incroyable. Voire dont la puanteur eftoit affez pour empot' Pcreamp;mc- fouiicr ccuxquilcs manioyeiit: Cc nâeft encore rien D i e v protefte quâil réduira les^^' îcur ciuant' ^obeyflà us en tel Eftatque durant le fiege il fera que leurs meres mangeront leurs cnfiiH' amp;nbsp;en font Le vint-vniémc luillet, Simon Potard vigneron 8cEùgene fà femme,Sc Philippes de la Fd*ââ fcrusicz. jg autrement fEmcrie vieille femme quife tenoit auec cux,mangercnt la tefte, la «nid' le, le foye 8c la freffurc de leur fille aagée de trois ans morte de fain 8c de langueur: lô deux cuiffes, jambes 8c pieds dans vne chaudière auec vinaigre, cfpiccs 8c fcl preftz à met; Anthropo- Ic feu : lesdcux efpaules, bras 8c mains tenans cnfèm.ble auec la poidrinc fendue gcurs dâhô Sç ouuerte appareillées pour manger.Les Américains au Brcfil 8c plufieurs autres Sauuago mangent bien les hommes: lyais ils font leurs ennemis. Les trois prifbnniers confcffcrcntlt faict : mais diét la Mere quâà fon grand regret la vieille fauoit ainfi decouppéà fon abfcnce remontrant à fon mary que ce feroit dommage de le mettre pourrir en terre Scquelc foV^ eftoit fort bon pour guérir fon enflure . Si bien que retournée 8c ayant à leur fuafion de la freffurc ja cuite 8c troqué bonne : Sâappreftoyent dâacheucr îenfant. La vieille moU' rut le lendemain enprifbn. Orpourcc que les luges feeurent quâils auoyent faitcelaaii jour quâils auoyent eu faumofne de potage dâherbes 8c de vin chofè fuffifântc pour paffer U journée : par ainfi quâvn apetit defordonné8c beftiallcur auoit fait faire: loint quiM' ftoyent renommez dâiurongncric, gourmandifè 8c cruauté vers leurs enfans, feftre mariez contre le commandement de lâEglifc qui vouloir quâils attcndilïcnt aflcurancc delam®' du premier mary dâEugene. Et Potard auffi conuaincu dâauoir fait vn homicide bon ® ville pendant le ficgcifut condamné à eftrc briiflé vifila femme cftrangléc Sc fon corpsaucn*^
Leuit. If.
Deut. 18.
LIVRE TRE.N TECIN Q_V I E M E. iSo* vieille detcrrée:bruflez, morts,trayncz de la prifôn fur vnc claye iufques au lieu du fuppliceâ Levint-troifiémeluillct.Les luges curent auflî grand c/gard à la confèquence du fait amp;à fc-Xemple que les autres y eulTent peu prendre, û on les euft chaftié plus doucement, Car il c-ftoît à craindre que la famine croiiïà ntdes fôldats amp;(. le peuple ne le feuflènt feulement adonez amanger les corps des morts,de mort naturelle 8c les tués en guerre ou autrement. Ains quâon fefeiift en fin tuefvnfautre pour fè manger. Comme la refoffition de gens dcfèfpciez, e[t ordinairement telle de mourir pluftoft commeque ce foitiquc fabandonncrà ceux defquels ils 11 efperent que toutes cruauté: Ceux qui ne fê font vous en telles exrremitez: ne peu tient à bien comprendre toutes les circonftances de tel faitjquc ceux qui les ont veuèçs ôc pratiquées à lÅil. On lit bien que durant la famine de mille quatre cens tränte huit, vne payfà nne pres Abcuille n'aiant que manger defroba pluÃeurs petits enfans, Sc les deénambranc par pieces les falloir comme pourceaux. Et parce quefa maifbn ertoit efeartée des autres : quelques bri-gansy retirez pour vn (oir : Creuuercntles pieces de ces petits corps fâlez . Dont eflonnez faccliferent amp;nbsp;1^ firent brufler viuc par luflice.-cncor quâelle allegaft nââuoir autres chofes pour fc nourrir. Mais que Françoife aye j^^nais efté fi cruelle,que (è nourir de ce qui a pris nourriture Jâclleion ne lâouyt jamais direquâà Sancerrc.Que ceux donc qui font auteurs Se coadjuteurs de tant de miferes'auifênt bien quel comte ils en rendront deuanteeluy qui les fouffre viure pour les punir dâautant plus rigoureufêment quâils aurontcu detemps pourfa-raander fansamandement. Câeft vn pourejeu quedeprendre plaifir aie Taire manger les vnsauïautres'.Voire dâeftre îoccafion de tant dâautres pouretés qui'auicnenten ce Roiau-me. Somme que cefic pourcté croiflà nt dâheure à autreion fut encor contraint dâenchaflèr plufieiirs ; aucunsdefquels efehappoyent, les autres renuoyez à coups de ballons, Sc ne pou-uans ny voulans rentrer en ville : viuotoyent des bourgeons de vignes, des morCs des bayes, dâeltatgots, de limaces rouges, dâherbes ïâuuages amp;nbsp;telles autres chofes efqucllesils treu-uoyent que bonne qtiemaüuaifc fubflance. Si quâapres auoir languy, moururent entre les tranchées Scfolfez de la ville. Ontrouua entre autre le corps dâvn vigneron amp;nbsp;de fa femme morts pres lâvn lâautre danf les vignes:amp; deux de leurs enfans qui plturoycntôc crioyent p.b teufemant,lcplus jeune sage de fixfêmaines que la Dame Portier veufuede Millefêns enr üoya quérir pour le nourir par charité. Et fans doute nâeuft eftéfaumofiiedc quelques riches mailôns: beaucoup plus feufïcnt morts. Or fi plufieurs mouroyent drus par les vignes, pres la Contrefearpe Seaux foffez: beaucoup plus decedoyent ezmaifons amp;nbsp;par les: rues. Voire que tel jour on en enterroit vint cinq amp;nbsp;tränte morts de fain. Prefque tous les jeunesenfansfous douze ans font morts. Peut eftre que câefte chaleur naturelle dc^uneffo ,câtdefaira qui appettetousjours de manger pour fen nourir: comme le feu de fhuille en lampe ou plus que ks le fîufati feu de la chandelle: venant à manquer de maticre, fefuanouitfbudain.-occafion de ^p^urquuy l^mort. Carayansfcftomach chaud digerans mieux que les plus aagez: loint quâils nauoyent telle patience amp;nbsp;diforetion : faillant la nourriture,fà illit la vic.Refpiroyent ncant-tnoins jiifques a ce que les os leur perçafTent la peau:ciians dâvne voix famentable 8c qui euft efiucii les plus Barbares à compaffion auant que rendre lâefprit. Vn jeune enfant de cinq 2ns,auoir languy long temps 8c allant par les rues pour cerchcr à manger : nature Iq^ faillit enfin amp;nbsp;tomba deiianpfes Pere amp;nbsp;Mere. Lefquels faperçeuoyent à veuë dâÅil, les nerfs 8c vaines fo retirer pour mourir à lâinflant. Lapins partenfommefo plaignoyent de langueur. Si que couchez pour repofêr quand onauoit relafohédes couruées ordinaires,ils nâofoyent cftendre les jambes. Car alors les gouttes crampes Scies rattesleur faifoyent vne extreme douleur. Surlafinde luillet vous enfliez veu tantdcpoures ^rfonnes languiffantes couchées par les ruës,hideufos 8c relTamblantes corps morts dcterrcz plus que languiflà ns : qui dvncvoixcaflee, rauque 8c piteufo lâamentoyentleur mifêrable condition! helasfi nous anions mangé vn morceau de pain de fon,nou snous porterions bien. Les autres plus denuez difoyent! helà s encor que nous eu fiions des balles reftantes de fondons ne les foaurions piller nây dcflremperveu noftre foibfoflc. Les poures meres conduifâns leurs enfans auCime-here amp;trainans par la main ceux qui leur reftoient! Hclà s mon enfant,difoyent elles, tu ne garderas giiercs dâaller apres. Plufieurs voioient amp;nbsp;entendoient ces chofès. Mais ils nâauoyent dequoy y remédier. Er connoiflà ns la playe nâauoyent fcmplaftre nây les drogues pour y aplic-
Zz ij.
-ocr page 366-luillec, 1 î7j Lament.
Mors en Sancerie.
L'HISTOIRE DE TRANCE
Les Cappi. la Fleur amp;c.
pour ccr-cherfecours Effort des
quer amp;nbsp;vüiroycnt oculairemcnt la prophétie enpraticque. Les pctis ont demande:du mais nul ne leur en rompt point. Somme quâil fallut par force tuer les chenaux rclerucz^ lê vendoyent à la boucherie,tel jufques à cent cinquante efcusjduquel ailleurs on nâeuft atioir dix : vne chieure vendue à detail à cinquante cinq liures, fix vaches gardées pounio®* rir les enfens furent auflî defgefchées. Dont telle a monté trois cens liures.La pouliefèveÃ' doit crante Iiures,autant le poullet, fÅuf ûx fouis, les gerbes que les Goujats amp;nbsp;autres Ãf' ponoient fè vendoient au poix de lâor. Tel à reffufé cinq fouis de cinq efpis de bled : lesfe®' mes oftoient la vieille paille de leurs liâs amp;nbsp;des berceaux pour y amaflèr le grain, amp;nbsp;enlâi'' i bouillie à leurs petits. Les chardons leurs cftoient artichaux, amp;nbsp;les autres comme efpi^^' j Les graines du reffort verdes amp;nbsp;les tondrons des vignes eftoient délicats. Brief on y a tue 0 ⢠trois mois enuiron ddtix cens que chenaux, afnes que mullets nâen reliant quâvnaulicudu-quel on tua vn afne pris fur lâennemy. Tellement que la famine y a tué en moins de fix fc®'quot; : nés fix fois plus de peuple que les Armes nâont en fèpt mois amp;nbsp;demy que le fiege y a efle.Ou feulement font mors de force huitante quatre. Et plus de cinq cens de famine fans deux autres fi alengouris quâils font prefque tons decedez. Qui ne febayra; voire qui ne doit treiÃ' bier oyant telles chofes ? Sans doute comme les efehappez ont matière de louer Di*''â Aiiffi les autres doiucnt mettre peine de ne plus tourneren telles mifères amp;nbsp;nâeflimet Æ ces calamitcz fbyent venues pour les péchez des affiegez : Ains à Tcxemple de tous autres . qui en doiucnt faire leur proffit. Car comme difoit I e s v s-C h r i s t aux luifs de temps : Ceux fiir lefquels la Tour de Siloé tomba, amp;nbsp;ceux defquels Pilate méfia le fing ucc les Sacrifices : nâefloyent pas plus grands pefeheurs que les autres. Mais quefic^*? qui fçauoyent ces chofès ne famandoyent ils periroyenc tous malheureufement. SurMquot; de luin nâaians nouuelles de fccours,fe refblurcnt dây enuoyer perfônnes qualifiez porter P^' toile. Quâils dôneroyent la moytié,voirc pluflofl tous leurs biens à ceux qui les viendroïcâ' fêcourir contre leur ennemy : duquel ils nâattendoyent que la mort. Parce les Capitaine la FIcur,Ia Pierre, la Minée amp;nbsp;la Croix furent efîeuz amp;nbsp;priez dây aller. A quoy ilsfaccot^^' fen t aiféement,aucc chacun fâ lettre de creance, là procuration Je pouiioir amp;nbsp;argent poquot;*
Cathoii- les frais : Crainte que fi quelquâvn cftoit prins que les autres paracheuafîènt le vOiagéit^O' j lusdelesfà irefôrtirà cheualà lafaueurdâvneroide efcarmouchequâilsdenneroyent⢠tranchées Catholicqucs. Ainfi fortis fur les neuf heures du foirpxarlc Rauelinde la po^^ tieille,dcfccndus cz vignes ScpafTcz fur la chauflee de lâeftang fous la Fontaine de Pigno*' resrtrauerfèrent les tranchées entre les forts defquels ils tueront la Icntinclleamp;feæfi^â^^
S5ccrre*föt^ léurvolâge . Puis les autres retournèrent auec vn prifônnier. Mais deux heures apres lô pourfuîuis à Catholiques cuidant furprandre les affiegez donnèrent de grand furie jufques à la Contre CankZamp;c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;collé de porte Serrurc;dâoù ils enfilèrent amp;nbsp;fecoullercntparlefoirédc lavilleji''l' ;
' ques à la grande vieille breche du champ Saint Martin.Ou ils feirent grand effort amp;nbsp;peu 10 , fallut quâils ne faulïà lïènt la garde qui y elloit bien petite. Car les Soldats auoir efearmoquot;' [ ⢠ché amp;nbsp;donné pafïà ge aux Capitaines la Fleur, le rafrelchifïbyent 5c beuuoyent parles æs*' i Ions nâeftans encors retirez en leurs Corps de garde. Aufquels lâalarme donnée ils cou0' ' rent de»toutes parts .Et bien quâaflèz tard,fiefl-cequclesCathohques le retirèrent qui S' uoyent relôlu dés le loir de faire cet effort pour furprandre la ville. A quoy ils feulfent peut , élire paruenuz, là ns fcfcarmouche dont nous auons parlé ; Le matin venu ils defcouuröâ la pille des cheuaux, amp;nbsp;aulfi toll crient quâils auoyent pris les lortis. Mais poiirce quâils 0 nommoientdixfept amp;nbsp;auecJa Fleur, le Builïbnamp;Claireau Minilire qui elloyénten vilk' ils nâen firent comte. Toutesfois le Capitaine Cartier amp;nbsp;autres furent enuoyez apres en toquot;' tedilligence prenans tous les cheuaux frais quâils rcncontroycnt. La Fleuramp;fes Cowpj' gnôsdonnerent julques à Diou fur Loyre:dâoùpallèz à la Node amp;nbsp;nâypouuans entrer fi' rentà Tcrnan vne lieue de la. Ou ils farreflerent voyans leur cheuaux trop las amp;nbsp;haraffe^ de plus de vint lieues qffil y a de Sa n c e r r e là . Mais Cartier arriué à Diou amp;nbsp;auct-typarlHolle chez lequel auoit logé la Fleur, de ce que lâHollcmcfinc leur auoit confeü' lé ; donna julques à T e r n an dâoù furent contraints fe là uucr par le derriere dans 10 boys habilez en Paylà ns amp;la barbe raze . Mais auoir perdu la guide amp;nbsp;ne le pouiiansrc-fôudre du chemin quâils deuoyent prendreda Pierre amp;nbsp;la Minée fen allèrent en Siiylïcoùih paruindret en fin. La Fleur rebroulïà chemin vers LoyrerSi que reconnu amp;nbsp;chargé par celu}'
-ocr page 367-LIVRE T REN TE CIN C^VIEME. x8i. qui fauoit paffe la Riuicrc ( quâil auoit trop prié dâaller boire auec luy ) criant au voleur fut tarralfé par les Payfans qui venoient à la foyrc : puis mené prifonnier à Moulins en Bourbon-nuis par le Preuoft des Marefehaux du lieu,duquel il fut foudainement enuoié quérir par la Chaftrc.La Croix aufli rencontré à pied par les gens de Carrier qui fen retQurnoient aucc les cheuaux :'Croians que lesMaiftres fefculTentfà uuczifutamenéà S. Satur dont la Fleur amp;nbsp;la amp;nbsp;la Croix Croix referiuirent à Sancerre par le commandement de laChaftre côme ils auoient efté pris, Ce qui en eftonna fort.Ce neantmoins rcfblurent dés le premier luillet de tenir bon amp;nbsp;de ne fe mçyre à la mercy de leurs ennemis.Toutesfois ne voulans tenir aucun par force: fut crié que tousceuxquinefevoudroient ou pourroient contenter des moiens qui refloient: quâils vi-dafTent autrement fils murmuroient on les fetteroit des murailles en bas. Puis réparèrent le lt;nbsp;Raueliii de la porte Vieil : Les plates formes prochaines amp;nbsp;fefcatpe du foffé. Mirent Corps de garde à la Chifre Saint Denis amp;nbsp;coupperent la petite cerifâie aucc les arbrificaux quieftoient au deffousdans lefofle, crainte de furprinfè dececofté. Le fêifiémcfçeurent quefenuoié parleMiniftrequieftoit allécercher fêcours: auoit efté prins amp;nbsp;pendu a Bourges. Au dix-huitiémeSaint Pierre les auertit de la Paixà jue le Roy donnoit à ceux de la Rochelle Nifmes amp;nbsp;Montauban fans y comprendre Sancerre. Et comme les affiegez ne le vouluffent croire enfettçent : les affeura que fils y vouloient enuoier: la Chaflre les y feroit fèurement conduire; Affin que retournez ils ne feuflènt plus fi oppiniafires à leur mal, amp;nbsp;ce pour la compofi-tion quâils ne croioient. Surce comme tous viuoient mal contens de leurs Capitaines prins, faute de fecours, de la paix dont ils eftoient exclus amp;nbsp;fur tout de îextreme famine quâils patiente ient pluficurs Soldats amp;nbsp;autres aimèrent mieux fortans la ville amp;nbsp;les lïanchées fê met-treau hazard de la mort pour cercher vie ailleurs : que de fè nourrir de ce que le plus vil ani-maleufl dédaigné pour pafture. Aucuns furent tuez aux tranchées. Les autres prifônnicrs amp;nbsp;quelquesvnsefehapperent pour fê retirer ou ils pourroient . Puis on fit reueuë des gens de guerre amp;nbsp;monftrc particulières des Compagnies. Buifïbn auoiij^icore fêptante cinq Soldats soldats de Martignon de la ville en auoit deux cens.Cclle de la Fleur eftoîï de treize à chcual amp;quaran- Sanccnc. te huit Faotafïins. Oriual^n auoit cinquante deux non comprins dix Minift re amp;nbsp;vint fôldats de Saint SaturSc lieux prochains. Câeftoit la Compagnie des volontaires. Ils auoient donc près de quatre cens dixhuit foldats reftez de huit cens que la famine plus que la guerre a-voit fi bien efclarci. Apres que leBailly loahaneau les eut exhorté à patience ou à fê retirer fUs de Sancene nâeftoient affez refôlus: Tous jurèrent de mourir pluftoft que ne perfêuerer. Puis les mal ac-comodez furent diftribuez ez logis des mqrts amp;nbsp;abfêns.
Comme ces chofês fê manioient en France : le Roy tref affeéfionné de voir fbn freft en poF feffiondu Royaume de Pologne, amp;nbsp;par confêquent de mettre vne prompte fin à ces Guerres Ciuiles, lefquelles feules fempefehoient ce fêmbloit dâen aller prendre la jouïffance ; donna recharge à la Mote Fenelon Ambaflà deur en Angleterre de remettre en auant les propos cn-commencez dâvnc Paix amp;nbsp;repos aflêuré quâil auoit promis non aux Francez domeftiques fêu lemant; ains aufli à tous ceux quâil auoit entendu cftre réfugiez en Angleterre, Allemagne, Suiflêamp;autrcs cartiers ou ils fefloient retirez : crainte dâvne continue des Matines Parifie-nes . Sa Majcfté leur en auoit fait ouucrture dés lors que le Traité de Paix fut commencé au fiege de la Rochelle. loint que pour retrancher à vn coup toutes occafions de Guerres Ciuiles : il feperfuadoit quâil ne falloir faire la Paix aucc les Rochellois fêulemant amp;nbsp;réfugiez a-ucccux:Ains aufli par vn mefme moien auec tous ceux qui feftoient retirez en pays eftrange nomemant Angleterre:dont les Catholiques doutoient plus le fêcours amp;nbsp;defeente que dâAl-lemagne amp;nbsp;autres endroits ou ils fçauoient les-ProteftansrefügÃz nây cftre trop bien receuz tant fen faut que leur creance en euft peu tirer aucun fecours. lâAmbaffadeur entretenoit le VidamcdeChartres,Comte deMontgommery,Languilier,Pardailan SegurSc plufieursautres retirez parmi les Anglois: en opinion dâvn bon dcfir que le Roy auoit à leur retour en France pour les faire tous jouir du repos tant defiré. Eux au reiiproquene demandanspas mieux : fembloyentne manquer que de permiflion du Roy pour enuoyer perfbnnages fuift-fans à conditionner cetc rctraïte,pour jouyr en îêureté du bien qui leur y eftoit promis. Pour-ce 1 atioir eu par le moyen de lâAmbaftadeurrils de puterent Franciotiamp;Popellinierciccluy cy François amp;nbsp;lâautre Italien aage de quatre vint ansiancicnfêruitcur delà Couronne 8c remarqué dâauoir bien faitfondeuoir enpluficurs chargesque les Roys Franc, i. 8c Henry a. luy
-ocr page 368-LâHISTOIRE DE FRANGE
à uoient donné depuis 50. ans: notamment en dix honorables Am'balïadcs quâil auoitmis^lquot;' pour eux vers des plus grans Princes defEurope. Arriuez en Court, Francioti parla en termes.
Sircjil y a quelque temps quâaucuns des Gentilshômes vos fu jets qui lent de prefent enA'â gleterrc,nous prièrent de fair^ct voiage vers voftre MajcÃc.Ce que nous accordafhics voie'â' tiers,péfât ne pouuoir Courônernosîcruiccs paflez d'vn plus fignalc deuoir que ccihiicyjf* appartient à la Paciffication de voftre Eftat. Mais nous feufines contraints de différer par grande malladie qui me detenoit.Maintenant,encores que debile pourfaagc amp;: poiirlainall^' dicjdont je ne fuis encores du tout deliuré nous venös vers voftre Majefté priez
I met par lefdits Gentilshômesrmais vraiement cômandez par vn defir que de tout teps no«$ uons eu au bien de ce Royaume,pour aflèurer de leur part voftre Majeftéidelcur fidelité uotion enuers vous,dela finguliere joie quâils reçoiuenr vous voiant enclin à les receiioir^® voftre protelt;ftion,amp; enfcmble pour entendre plus au long la bone intétion de voftre à la paciffication de fin Roiaume.Nous vous peu nos dircjSire, autant que nous en peurW'â® lèntir par la familière conuerlâtion que nous auoiasauec eux:quâoncq nous ne vifmes fuje** mieux difpolêz à receuoir les bons cômandemens de IcurPrince que ceux là .Er quâils ne hairtent rienplus apres fhöneur deDicu,que le reposâde voftrcRoiaume par la pacilficaiiófi^ troubles qui y font maintenant.Vous ne deuez point vous efinerueiller, Sire, fi en quclq^^ lieux de voftre Roiaume ils lont en armcs:amp; fils ne font peut cftre û grade demóftratió affcótióncz à la paix,côme voftre Majefté rcquerroit.Outrete que par tout où eft lebruit^^ armes il y a quelque choie dâinconfideréill ny a doutc,quc par les choies qui font palTées éc' puis quelques mois cnçanls pcuuentauoir efté tcllcméteftônez,quâils nepeuuctencofbi^ reiicnirà eux mefmes :Tant ilslôntpreocupczde deffiâceamp;là ifis de crainte.Etcâeftversc^^ principallement,Sire,que fe doit monftrer voftre bcnignité.Câeft à voftre Majefté en droit de venir au deuat dâem^ corne Pere,de leur tendre la mainiaffin quâils nâentrent en lèlpoir de leur môftrer vifage^ effets vraiemêt paterncls.Et corne bonMedecin leuroftcf^^â caulês de leur inquietude,exeufat les malades de ce quâils pourroiétTaire ou dire,moins à pos amp;nbsp;aceufant la malladie de la peine amp;ennuy quelle apone.Ce failânt,Sire,je ne douteanCquot; nemét que ne les trouuiez capables de railôn amp;nbsp;prôts à voftre lêruice.Il y a 2 .choies qui uét principallemét ceux de la Religio, Sire, îéticre liberté de leurs côlciences amp;nbsp;la feurete^ leurs vies.Quât au premier,fur lequel ils le plaignét des abuz introd uits par fucceflià de tcp en ÃEglife;amp; lont côiraints pour tât dâauoir leurs afféblécs à parr,pour fatisfairc à leur côlû^' ce,il ne là faut point trou uer eftrange.Qui en fcroitmefme le Pape luge,ou fappelleroit à fon fimplelêrmcnt:!! ne voudroit pas nier que la face qui eft aujourdâhui cntEglilê Romaine} ne lôit trefdifferente de celle de la primitiue. Auffi vos fu jets ne Ibnt pas féuls qui fen plaignét: Allemâs,Suïffes,Hongres,Danois,Suedes, Polacs, Anglois, Elcoflois amp;nbsp;grand nombre Efpagnols amp;nbsp;Italics filsolôiêtfen plaignét tout haut.Il fé trouue journellcmét, qui au mili^quot; des feux,la maintiénét trelcôftâmét. Etaffin quâon ne trouue point cftrâge les différés quifôt en la Religio Chreftiéne,Sirc, les Chreftiés qui Ibntlbus Prefte lean en Ãthiopefles ArfflC' niens,lce Georgies amp;nbsp;les Grecs lont trcl£iiffercs,amp; en dodrine,amp;: en ceremonies,entreeuX amp;auec IcsRomains.EtlesGrccs mefines ne Ibnt pas du tout dâaccord auec lesMolcouiteiqui diet tenir leur cófeffió.Spcciallemét la plulpart cftiment lôttilé aux Chreftiés de reconoift^ fEuefque de Rome.Etarrogâce amp;nbsp;tyrânie à luy defattribuer puiffâce fur tous vos fujets.Dôr ils nâot point le cerueau autremét fait q le refte deshômes en ccci.Etnâeft point dâaujourdhub Sirc,quâôcft en ces côtrouei^s.Car outre ce que dés log téps il y a diucrlês cfpccesdeChre' ftiens au monde ilnefeft-palféfieclequi nâaye cu des perlônnes notables en dodrineamp; meurs en tous lieux, ores plus, bres moins, ores doucement, ores aigrement, ores oriuerit' ment, ores couuertement, reprenans amp;nbsp;deteftans les abus qui entroïent en ÃEglife Romains tantenla doiftrinc quâ-aux meurszcomme toutes hiftoires telmoign'ét. Câeft pourquoy les pins auilêz des anciens comparentîEglife a vnc Nef.Pcnlêz,Sire, que vous voiez vue NcfquiaC', . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fté long temps fur merlans que les Mariniers ïêfûientlôucicz ou devuider la pompe, ouée
ftienne ncftoict le vaiffeau.Etfilsy ontmis quelquefois laoiain: ça efte par maicrc d'acquititroiins' à qui corn- rez vous cftrange quâelle loit puante, amp;nbsp;que les Paffagers trouuans vn Vaiffeau, quâils ment plus net, fy mettent pluftoft que de poùrrircmelle putrefadion ? Elle eft auffi comparée
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parée à vn corps humain. Sa nature eft que tous les jours,'viuant le plus modeftemenr fe Sobrement quâil peut, il fi engendre, comme dilènt les Médecins4 quelque choie qui à befoin dâeftre jettée hors par purgation.Que fi lâhome fadone à délices,yurongneryes,gour-maiidifes,amp;autres excez de toutes fortesSc en outre,ne prenne jamais médecine à bon efciétj mais fe flatte eii ion mal amp;nbsp;iè fait acroire quâil eft bien lain ; faiten doute quâil né iôit bien toft plain de corruption,amp;pour tomber en grands inconueniens^Or le mefine eft auenu à fEgliiê Romaine,dequoy,Sire,nous ne voulons eftre creuz mais en produirons tefinoingsMoynesamp;i Sorbonniftes mefmes qui ont veicii trois cens ans palTcz.Elle eftoit au cômencementpouure «le biens,mais fort riche des dons de Dieu.Et la charité des hommes, lâentretint incontinent des vnsamp;lappauurit des autresdes delices y entrerét,lâignorance sây fourra,la fimonie y demi- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
na.Sion appelloit des finodes pour y remédier,câeftoit le malade qui le deuoitluy melme cou per la jâbe,amp; deforce dâauoir des bicns,nc Icntoit point fon mahllseftoict juges en leurs cau-les amp;cenfeurs en leurs vices,dont lesPapes en fin môterent en telle grandeur,qüe fins ramen* teiioir icy les chofes paflees, noftre aage les à veuz , lors mefmes qüâon crioyt contré leurs in* foléces,amp; quâil failloit pour le moins auoii^ontcifaire lâ guerre auxEmpéfeurs amp;Rois,depo-fet lesPrinces,rêuerlêr les Eftats à leur gré,amp;: predre fefpce corne ils dilent de S.Pol,Iaiflat les clefz deS.Pierre és mains des petits chapelains.Tellcs malladies requièrent lôulient des rcmè* des auflî violens quâelles.Et ne faut sâeftôner,Sire,fi les confciéces gouuernécs par telles gens lèfinrenfin ennuyées de telz gouuerneurs.Et en ont amp;nbsp;en votrcRoiaumcamp;par tout murmuré alécôtre-.Mais pour lailTer les queftions particulières à partamp; venir à ce qtiâaucuns ticnnêt Si Jeux R«-pour reiglcinfaillible,q deux Religiös ne Icauroiét demeurer dâaccord en vn Roiaume amp;fins nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;î®
Icditió.Noilsmaintenös au contraire quâencor que le fujedfoit dâautre Religion que fonPrin maintenir ccs-.llnc lailTc point de luy eftre fidellc iêruitcur amp;nbsp;fu jeét.Car autre chofi eft bien feruirDie u autre chofeféruir fon Prince.Ilz ne douter point,Sire,de voftrcSoiiuerainncté, de voz droitz delapuiflà ncequcvoftreMajcftéafureux,defobeyiïà ncequâilz vousdoiuent.Mais ilz difi purent delafouuerainnc^ que le Pape veut exercer fur leurs Ames amp;nbsp;des droitz quâil prefft fur leur Confcienccs. Hz ne difputent point fi vous eftes Roy de France, fi leurs corps doiuent eftre employez à voftreforuice.Sâilz tiennent leurs biens de voftrc MajeftéïTout cela leur eft hors de doute.Maisbien fi lePape eft Lieutenant general deChrift en terre.Sâil aflîgne IcCiel oulEnfer à quiil veut.Sâtl eft RoydesRoys,fi câeft à luy comme il dit en fosCanons,de diftri-huër les Royaumes amp;nbsp;Principà utez folo que bon luy fomble,dâordonner,de depofor vn Roy, vnEmpcreur.Côme dâaufà rit plus excellent quâeux que le Soleil feft plus que la Lu^CiSâil ne peut jamais faillir.Si tout ce qui forte defeforain de foh èftomac doit eftre tenu comcOraclc, amp;nbsp;chofesfeniblables qui font plus à fauantaige de voftre Grandeur,Sire que chofo qui puiflè eftre.Veu quâils ontbie efté fi hardis de depofor aucuns de voz predeceffèurs,amp;abfoudreleurs f«jetznaturels,duforment de fidellité que naturellement ils leur deuoient. Ce quâil difputent doc ne prejudicie point à voftreEftat,mais à celuy du Pape,feu1ement.ray fait corne chacun fçait,plufieutsvoyaiges par toute lâEurope pour voftreMajefté amp;nbsp;les Rois Voz predecefleurs*.
Et ay obfcrué quâen tous Royaumes amp;Eftats,on fait difference entre bon Chreftien^ bô fu-jet.Entrehomme bien foruant Dicuamp; bien feruant fon Prince.Et quâon y tollere fins domai. gene dufuperieurnede fEftat,diuerfos Religions: pourueu quâau refteellesfûiuent les loi.x politiques.Nousne difons point icy,que lesRomains receuoient leferUice de toutes fortes de Dieux amp;nbsp;à tous batifloient des temples dâoù quils vinffenti Que le Turc tient les Chreftiens quâil cftime infidelles,lcur permettant tout exercice par tout ils font: aux moines mefincs dedansPera câeft à dire aux fauxbourgs deCôftantfnople*Quc mCfme il donne penfion à quel quesvnsamp;queplufieurs Princes Chreftiens.Et le Pape mefines qui ne veut pas quâOn foufi fie,ceux quâil tientponrHeretiqueSi fouffrelesluïfz pour le prouffit quâil entire.Quinc difputétpas sâil faut inuocquer la Vierge Marie. Mais sâelle eft vierge ,amp; tiennent que non amp;nbsp;en dient,comme de lefuf chrift des parollcs impertinanteS à Rome aux oreilles dtiPapc niefi mes. Mais fins aller plus loing que votre porte, S ire,En Allemagne on voit en meime Empi-refous mefine Prince, en mefines villes, fous niefine toiél, gens de diuctfo Religion viuans payfiblement les vns auec les autres, amp;nbsp;contribuans egallement amp;nbsp;de mefme affeâiou aux charges des Guerres amp;nbsp;demandes de leurs Superieurs. Et fut contraint Charles le QintEm-percur,apres beaucoup de fing reipandu de lâaccorder cftant vidorieux, à lâinftâce amp;nbsp;menacé
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du feu Roy Henry voftre Pere,debÃnc mémoire,auquel les Allemas font tenus du repozqu-ils ont au jourdhui en laCÃfefltô dâAusbourg,amp; Fcrdinâd depuis lâaccorda en fes paisamp;Rotfâ mes dcBoeme amp;nbsp;Hogric,amp; en Auftriebe meûne quoy que trclâffediôné amp;nbsp;à fâ Religio fiege Romain.En Mofeouie ôc pais du rnefine Seigneurde Prince eft Grec amp;nbsp;vne bône partit de fes fujets.Et neätmoins il à idesTartares fes fujets diffères deNatiôjIâguejamp;ReligiôjCôbaôt fous mcfmes enfeigneSjCOtre lesTartares voifins demefme Nation51angue,amp; Religio quâeut Et en PologncjSire, duquel Royaume il à pieu nâagueres à Dieu honnorer mon Seigneur vos ftrefrere:Il y trouuera des Eglifes Latines amp;Grecques de toute anciéncté.Et de nonucaupliâ' lîeurs faifans profeftion de la confeflîon dâAusbourg amp;nbsp;des Proteftaas de France amp;nbsp;alfez dâau tres difièrcns.Mais qui eft plus des luifsamp;desTartares Ydolatres: Viuans paifiblemét eufeiubl^ amp;nbsp;en toute reuerêce enuers leur Prince. Et fans fortir de voftre Royaume3Sirc,peu auantccâ miferes dernieresdon à veu vos fujets de la Religion lors quâils penfoient que voftre Majcft^ les vouluft emploier contre iâeftrâger:fi promps amp;nbsp;fi alegres que rien pâus.Et pour mon pa'æ cuber côme eftant de laReligion puis dire auec vérité que je ne voudrois ceder à auciinqu'^' que bon Catholique quâil fe dift en volonté de vo^s faire treshumble feruice.C'cft vraiement vne chofe defirablc de voir tout vn peuple viuant fous mefine Rcligion.Mais les viollenccsn Æ feruent derien.Il faut queDieu le faccjle cÅur fe peut arracher du corps par force, mais for pinion qui eft au cÅur ne fe peut.Ettourau mieux que fon puiflè auancer en ce point pat force, câeft que deplufieurs perfonnes quieuftènt bienamp; implement vefeu en leur Rffi' gion; lâon en fait des hypocrites, quand on leur en fait veftirvn autre contre leur gré. Puis donc que la diuerfité de Religions eft compatible auec fvnion des fujets en vn Eftat-V-M. ne doit craindre dâen accorder la liberté aux voftres. Quant nous parlons de liberté,Sire, nous nâentendons point vne licence de croire ce quâon veut eafon cÅur fans eftrerecerchC) amp;nbsp;rieftre point inquiété au fait de la Religion. Câeft la liberté des Libertins, premier dîgtt poor trebufeher en Atheifme. Nous parlons de fexercice de la Religion. Car tout ainfi4â® qui promet liberté de fon corps à quelquâvn: luy promet de le laifly aller,venir, fe promener amp;chofes femblables pourfon exercice: auffi qui prometliberté de confcicncc, entend yayt dequoy îexercer en prières, en PrefehesSè autres chofes qui font mouuemensamp;cxet' cices fortifians fame, comme les autres le corps. Mais en la forme de lâaccorder, faut regarder dây tenir telle voie, quâelle nefoit point caufe de trouble. Sur ce ty nous ne voions caille pins prochaine des maux auenus en voftre Royaume,Sire, que fincgalité qu'on à entretenue entre vos fujet^ égaux toutesfois en fidellité amp;nbsp;affeérion enuers voftre Majcfté, és pritiiJcgesde lâ Religion. Il nây a doute quand en vne mefme famille, de deux enfans naiz de melme pereamp; mere, les parens trailtent Ivn comme baftardSc lautre comme legitime: que cefluy cy quiré promet tousjours impunité ne face à fautre infinies algarades. Cela eft naturel mcfmecnttc les animaux. L e mefine doit on eftimer en ce fait, tant que voftre Majefté mettra cefte inegî* lité entre fes fujets de diuerfe Religion, quâen la diftnbution des charges amp;nbsp;dignitez ônyaj't cfgard amp;nbsp;és autres chofes qui doiuent eftre communes que les vns prefehent icy les auttesla, les vns par tout,les autres en cenains lieux:ll y aura tousjours des indignitez dâvn Ãûfté amp;nbsp;dd indignatibns de fautre. Mais au contraire fi comme fegalliié eft la mere dâamitié, voftre Majefté les traité egalement: Alors ils fentrembraflèront comme frères, amp;nbsp;fera vraiement coup-pée la racine des maux qui depuis dix ans à bourjonne en votre Royaume. Ondiraquâaii-jourdâhuy voftre Majefté auec reputation, ne le peut pas faire. Ains,pluftoft di-jc aujour-dâhuy quâauparauant, amp;nbsp;auelt;ÿ)lus dâhonneur amp;nbsp;dâvrilité en toutes fortes. Lors quâilsauoieW armées en Campagne: fi voftre Majefté leur euft accordé cefte entière liberté, ceuxquicfl euffent ouyparler de loin feuflent peu pluftoft, peut eftre atribuerala neceffitéquâà votre libéralité. Et lors fembloit comme neceflà ire de marchander amp;nbsp;concéder le moins quâOn pou-uoit. Mais aujourdâhuy quâils nâont plus dâarmes, ne dâarmées dignes de ce nom 6c quecha cun les veuft comme reduit?à toute extrémité: Si voftre Majefté le leur accorde chacun co-noiftra que votre pure libéralité amp;nbsp;famour que voftre Majefté porte à fes fujets vous y aura m duit. Et les cftrangers jugerontfans doute, que ce rieft point à leur Religion que vousen voulez: voians que vous leur permetez entièrement de f exercer. Bref eftant neceflà ire de leur accorder exercice, il eft plus propre pour la paix de le permetre par tout egallement, que pour matière de nouucaux troubles faite comme par cydeuant.Voila, Sire, quant à lahbçnç
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oe leurs confcicnCCS, ccquâen bonne conlcience pour lefèruiccque nous douons à voftre Majefté nous cftimons le plus expediant.Pour la feurcté de leurs vies qui çft le fécond point; nous (ômmesaflèurez que voftre Majcftéy aurâefgard. Il cft à prcfumer que veu les choies pafleesiils font en merueilleufc deffiance.Laquelle ne fe peut öfter fins trefopparentes fouretez Icfquellcs votre parolle aujourdâhuy à vray dire ne leur peut cfonner. Votre Majeftéipait les grans meurtres amp;nbsp;excez quiontefté commis amp;nbsp;perpétrez par linfolence du peuple es plus notables villes de votre Royaume. Votre Majefté melme teimoigne en fos Edits q ue çâà efté contre là volontéamp; intention.Vos Gouuerneursnây ontpeu mettre ordrcjles bons Bourgeois ne tont peu empefeher. Sâils fe retirent les voila en pareil danger. Votre promefte. Sire,les al-feurebien de voftre bonne volonté enuers eux. Mais non que vous aicz puilTance de les garé-tiren tous lieux contre tant dâennemis; fins quelque moien extraordinaire. Veu quâils ont fenty le contraire en leurs perlonnes ou de leurs plus proches: que ^impunité des meurtres enhardift plus les lèditieux que les menaces de voftre Majefténelesefpouucntent. Pour la fin, Sire, penfez que vous oyez la France qui implore voftre ayde.Qui lê plaint de naiioir eu tepoz depuis dix ans, dâauoir efté faccagà de guerres, dâeftre prclTée de famine, amp;nbsp;menacée par conlëquent de pefte,qui font trois fléaux fnlhfans à mettre bas en peu de temps le plus flo-riflà ntEftardu monde. Et quant il plaira à voftre Majeftc, nous faire ceft honneur de nous onirdauantage fur ces propos, nous elperons luy en donner telles raifons quâelle fen contentera. Surquoy fa Majefté confiderant lâimportance de tant de diuerlês occurrences,lelquelles vnes fur autres naifloient de jour à autre en fon Royaume: fut confeillé de ligner amp;nbsp;autorifer les articles de Paix que le Roy de Pologne fon frere luy auoit enuoié. Tellement que les luy a-iioir renuoics,auec aucrtilfemêt particuliers pour le bien de fon lcruice ôi inftantes prières de le retirer à Paris pour y drelier les préparatifs de fon voiage en Pologne: la paix fut publiée à Paris Sc à la Rochelle telle qui fuit.
Edtôt de Pdci fient ion du mois de Juillet nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;q nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jtl
Charles par la gr jpe de Dieu K oy de France à tous prefens amp;nbsp;aucnir,Salut. Noftre in-tentiofl à rousjouts efté amp;nbsp;cft à lâexemple de nos predccelTeurs de régir amp;nbsp;gouuerner noftre Royaume amp;nbsp;teccuoir de nos fujets lâobeïflà nce qui nous cft deue pluftoft par douceur amp;nbsp;voie amiable que par force. Au moien dequoy aiant noftre trefeher amp;nbsp;trclà imé bon frere le Roy de Polongne,entiere connoiflà nce de noftre vouloir:à fuiuans nos mandemens amp;nbsp;le pouuoir Ipe cial que luy auons enuoié à cefte fintCommis Sc depputté aucuns principaux pcrlônqages de noftre Confeil priué eftans près de luy,pour ouïr amp;nbsp;entendre les plaintes amp;nbsp;dolcanfcs amp;nbsp;fup' plications du Maire amp;nbsp;Efeheuins, Pairs, Conlêillers,Manans amp;nbsp;habitans de noftre ville de la Rochelle: Gentils-hommes amp;nbsp;autres qui fy font retirez. Et comme ainfi foit quâen En noftre dit trefeher,trclà mé,bon frere ait (fous noftre bon plailîr ) accordé par lâauis de nos trefehers trefamezfreres le Duc dâAlençon, ôc Roy de Nauarrc:dc nos trelchcrs, trelà mez Confins les Princes deCondé, Princes Dauphin, Duc de Longueuillc, de Guyfo, de Neuers,amp; dâVzcs Sieurs deMonluCjCôtc de Retz,de Biron,dc Villequier,de laChappclle auxVrfins,de Lofle, de la Vauguion,dc S. Supplicc,de Malicorne, de Sufe le Grâd Prieur de Châpagn^ôc autres gtans amp;nbsp;notables perfonnages eftans près de luy,aufilits de la Rochelle,Gentilshommes amp;nbsp;autres retirez en icelle les points amp;nbsp;Articles qui feront cy apres fpecifiez.-tant pour eux que pour 1«habitans denos villes deMontauban ScNifmes Gentilshommes amp;nbsp;autres retirez en icelles amp;nbsp;ailcuns autres nos fujets pour lelquels ils ont fupplié.Sçauoir faifons que nous,confidcrans que ne pourrions mieux foire que dâenfuiure le confeil qui noi^ cft dôné par nofdits frères amp;nbsp;Princes amp;nbsp;Seigneurs de-fufdits:îefquels pour le zele quâils ont à lâhonneur de Dieu auec lâex» petiance des choies amp;nbsp;lâaffedion quâils portent au bien de nos afFaircs:ont plus de conoifTan-cc de ce qui fait befoin amp;nbsp;eft ncccftà ire pour le bien de noftre Royaume : auons par lâauis amp;nbsp;hört confeil de la Roine noftre tres-honnorée Dame amp;nbsp;Mere:de nos trefehers amp;nbsp;amez Coufins lés Cardinaux de Lorraine amp;nbsp;de Guyfc,dc noftre trefeher amp;nbsp;féal Chanceliier, des Seigneurs de Moruillicrs,de Lâffoc, de Limoges,de Foix,dcs Prefidés de Thou,Seguier amp;nbsp;Hennequin, Seigneurs de Chiuerny, de Mande,amp; de RoyfÃi Confèillers rcfpeéhuemcnt en noftre Confeil priué.'pour les caufesSe raifons defuf3itesamp; autres bonnes amp;nbsp;grandes confiderations à ce nous mouuans dit,declaré,ftatué amp;nbsp;ordonné:difons ftaruons amp;nbsp;ordonnons par ccftuy. noffrg prefont Edift perpétuel amp;nbsp;irreuocablç,voulons amp;nbsp;nous plaift ce qui fenfuit.
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I i Premieremêt que la mémoire de toutes choies paflees depuis le 24.jour dâA on ft pafle à foccafion des troubles amp;nbsp;elhrotionsauenuës en noftrc Royaume; demeurera eftaintc^ afloupie corne de choies nà auenuès.Et nelcra loilîble à . nos Procureurs Generaux nâyau^ pcrfônes publicques ou pn'uéespour quclcôque temps n'y pour quelque occafiô que ce!lt;»* enfairemention^proces où pourfuittes en aucune Court ou jurifdiôtion. 2. Deffendantà toi'-nos fujers de quelque Eftat amp;nbsp;qualité quâils lbient;quâils nâaient à fc renouueller la men»*â'â fattaquer, injurier nây prouocquer fvn lâautre pour reproche de cc qui fell pafle: en difput^â quereller ny fourrager ou olfancer ny de fait ny de parolle : fc contenir amp;nbsp;viure paifibluâ^' enlèmble comme frères amp;nbsp;amis bons Citoyens :«fur peine aufdits contreuenans dâeftrepuiâ'® comme infradeurs de Paix amp;nbsp;perturbateurs du repos public. Ordonnons que la Religâ^quot; Catholique Romaine lêra remifeamp; reftablie en tous les lieuxamp; endroitTde cefluy noftre Roi' aume amp;nbsp;pais de noftre obeïflà nccjou îcxercice dâicelle à efté intetmis:pour y eftre librement Sgt;c paifiblement exercée fins aucun troubles ou empefchemensjfur les peines fufdites. Et tous ceux qui durant la prelênte guerre fc lônt emparez des maifons, biens amp;nbsp;reuenuz apaU^' nans aux Ecclefiaftiques amp;nbsp;autres Ãatholiqucs:amp;^qui les tiénent amp;nbsp;occupent:lcur endelaii' lèront fentiere polTeflîon amp;nbsp;paifible jouïflà nce en toute liberté amp;lêureté. 4.Et pour dóncro^' cafion à nos fujets manans amp;nbsp;habitas de noldittes villes de la RochelIe5Montaubanamp;: de viure amp;nbsp;demeurer en repos-.leurs auons permis amp;nbsp;permettons lâexercice libre de laRdig*o prétendue reformée,dans lefdites villes: pour iceluy faire faire en leur mailbns amp;nbsp;lieux à apartenans. Hors toutesfois des lieux amp;nbsp;places publicques,pour eux leurs familles amp;nbsp;^utrö quify voudroienttrouuer. $. Et quand à tous les autres de ladite Religion pretéduz refonnt^ qui font demourez en icelles Religion,)niques à prefont: leur permetons fo retireren maifons ou ils pourront eftre amp;nbsp;demeurer: amp;nbsp;par tous les autres endroits de noftre Royauna«^ aller venir amp;nbsp;viure en toute liberté de confcience. Et aux Gcntislhommes amp;nbsp;autres aiant te luftjce, qui font fomblablement demourez julqucs à prefont en ladite Religion portansk* armes aucc les fufdits habitans deÃites villes amp;nbsp;depuis ledit vintquqjriéme jour dâAoufl nier: permetons aufli viure en melme liberté de confoience en leurs maifons amp;nbsp;y faire ment les Baptelmes amp;nbsp;mariages à leur façon acouftuméc fins plus grande aflcmbléc. les parens,parvins amp;nbsp;marrines julques au nombre de dix. Fors amp;nbsp;excepté en noftre Court,!'! à deux lieues à fentour dâicelle:en la ville,Preuofté amp;nbsp;Viconté de Paris nây à deux lieué's à kH' tour dâicelle villej_6jEnjoignons à nos Baillifz,Sencfchaux,luges ordinairesamp;autres fubalter-nes chacj^i en leur reftfort: de pouruoirà fenterrement dçs morts de ceux de ladite Religion prétendue reformée le plus cômodement que faire fc pourra fans fcandallc.7 . Au cas qu cuns dâicelle Religion éuflènt efté contraints faire promeffos amp;nbsp;obligations amp;nbsp;bailler caution pour changer deReligion:nous les auons caflees amp;nbsp;déclarons nulles amp;nbsp;de nul effet amp;nbsp;valiez!, _8^erontrcceuz indiferamentaux Vniuerfitez, Efcoles,Hofpitaux,malladeriesamp;aumofnö publiques les Efcolicrsmallades amp;nbsp;pouresdcquelque Religion quâils foienf ÿPeriueionsî tous nos fujetseftans de ladite Religion, de pouuoir vendre ou allienerleurs~biëns:fe^' rer librement auccques leurs'deniers amp;nbsp;autres meubles ou bon leuriembleraioujouiroU rcuenu efteeux en quelque lieu quâils fo voudront retirer: foit dedans ou hors le Royaurotâ pourucu que ce ne foit és ter res des Princes auec lelquels nous pourrions auoir guerrejo* Demeureront lefolits de la Rochclle,Montauban amp;nbsp;Nifmes amp;nbsp;autres cy deffus,quittes amp;od' chargées de to us deniers, m eubles,dettes, arrerages des renies, fruits, reuenuzdcs Eccleiiai' tiques amp;nbsp;autres quâils ferontÿparoiftrcfuffifimmçrit auoirf depuis le'vintquatrjémedâAoui dernier) par eux efté prins amp;nbsp;leuez. Sans quâeux amp;nbsp;leurs commis ou ceux qui les ont bailla amp;nbsp;fournis, en pu iffent cftrej aucunement tenuz ny reccrchez pourlepaflé, prefont ou ftquot; uenir._i£. Aufli de tous les aéfes dâhoftilité,lcuée amp;conduitc de gens de gi!errc:fabricauon Æ monnoie, fonte amp;nbsp;prinfo dâartillerie, monitions ôc conférions de poudre amp;nbsp;filpetres, prinies amp;nbsp;fortifications amp;nbsp;entreprinf^s des villes,âdemolitions de Temples, maifons amp;nbsp;autres lieuâ'â prinfos de Nauircs,Galleres amp;nbsp;autres biens en mct,)cftabliflèment de jufticesjjugcmens amp;ex-cccutions dâicelle tant en ciuilité quâen criminalité, voiages, intelligences, traitez amp;nbsp;negoua-lions faites pour leurs focours amp;nbsp;conforuatioir.Et gcnerallemcnt tout ce quia efté pareux fait amp;nbsp;géré négocié pour ceft effeóf tant au dedans quâau dehors noftre Royaumef depuis ledit vintquatriémc jour dâAouft) encore quâil dâeuft eftreplus partieullicrcment exprimeÆÆ
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Specific: là ns que pour aucune des chofês defufHites ou autres paflees,leur (oit à eux ou à leur pofterité,imputé aucun crime de rebcllion,delbbeifïà nGCsoiidclezeMajefté. 12. Déclarons que nous tenons amp;nbsp;reputons tous les delTulHits pour nosbons,loy3ux,fidellesfujetsamp;lerui-tciirs. Ala charge quâils nous jureront touteobeilïà nceamp;fideJlitc:lê déporteront ôcfcâeûf-terontentièrement déroutes alïbtiatiôs quâils ont dedâs ou hor^nollre Royaume.Et ne feront dorefnauant: aucune Icuée de deniers lans noftre permiffionjenroollemens dâhommes,congrc-gations, ny aflemblées autres que celles qui leur font pcrmilcs cy delTus amp;c fins armées,fur peine dâeftre punis rigoureulèment comme comtenteurs èi. infra ci curs de nos commandemes amp;nbsp;ordonnances. Tous prifonniers de guerre ou autres qui font detenus és prifons,G alleres ou ailleurs pour le fiit de la Religion à toccafion des prefins troubles : feront eflargis amp;nbsp;mis en * liberté,fans paier aucune rançon. Nâentendons toutesfois que les rançons qui auront desjà cftépaiées,puifrent eftre reppetées fur ceux qui les auront reccuës. .14. Ne feront lefdits de la â¢Æ-Religion fur chargez,ne fouliez dâaucunes charges ordinaires ou c^à raôrdinaifes plusquelcs Catholiques .15. Auons déclaré amp;nbsp;déclarons tous deftaux,Sentences,Iugcmens,Arrefts,pro-cedures,faifies Sc ventes,decrets faits amp;nbsp;doftnez contre lefdits de la Religion prétendue reformée, quifôc ou ôt eflé dedâs lefdires villes de laRochelle,Môtaubâamp;Nilmes depuis ledit vint quatrième jour dâAon ft dernier: enfomble lâexecution de ceux tant en Ciuillité quâen criminalité C3irccs,reuocquées,amp; annullées.Et demeurerôt les procesau mefme Eftar quâils eftoiét auparauant: amp;nbsp;rentreront les deffufdits en leurs biens temporels quelconques fnfis,ventes amp;: adjudications, fermes amp;nbsp;dons qui en pourroient auoir efté faits par nous aucunement fins faire aucun renbourfèment .15. Et pour le regard des heritiers, vefues ôc autres ayans droit de ' ceuxdela Religion qui font decedez efdites villes:y ont efté ou porté les armes pour eux depuis le vintquatriéme jour dâAouft en quelque endroit de noftre Royaume que ce fort; leur permetonsde rentrer en la poffelfion ôcjouïffince des biens delaiftèz par lefdits decedez les maintenir en bonne fame amp;renom'mée.j_2J[fous Officiers defdites villes de la Rochelle, Montauban amp;nbsp;Nifmes tant Royaux que autres de quelque Religion quâils Ibient: amp;nbsp;qui ont efté priuez à loccafion d^celle guerre amp;nbsp;des prefens troubles: font remis en leurs Eftats charges amp;nbsp;Offices.Et les autresOfficiers des autres villes amp;nbsp;lieux,obfèrueront nos declarations force faites amp;nbsp;publiées. 18. Et affin que la lufticc foit rendue fins aucun foupçon à nos fujets de * nofdites villes autres qui fe font retirez en icelles depuis le vintquatriéme jour dâAouft: nous auons ordonné amp;nbsp;ordonnons ôcvoullons Sc nous plaift,que les procez amp;nbsp;differens meuz amp;à mouuoir entre parties eftans de contraire Religion; tant en demandant quâen doffen dan t en quelque matière ciiiille ou criminelle que cefoit: foient traittez en premiere inftances par deuant les Baillifz, Senefehaux amp;nbsp;autres nos luges ordinaires fuiuant nos ordonnances. Et on il efeherroit appel en aucune de nos Cours de Parlemens, leur fera par nouspoutueu feulement par lefpace dâvn an à conter du jour delà publication de ces prefcntes,des luges non fufpeéfs tels quâils nous plana.Excepté toutesfois laCourt de Parlement de Tolofo pour le regard de ceux de Monrauban.Et ce pendant ne pourront eftre contraints de comparoir perfon-nellement .ip.Pa^queplufieurs particulliers ont reccu Mouffert tqnt dâinjures amp;nbsp;domma-^ ges en leurs pcrfonnesamp; biens: que difficillementils pourront en perdre fi toft laAcmoire comme il feroit bien rcq uis, pour lexecution de noftre intention: voulans cuiter tous incon-ueniens amp;nbsp;donner moien à ceux qui pourroi^t eftre en quelque crainte retournansen leurs maifons, dâeftte priuez du repos attendant que les rancunes foiqnt adoucies. Nous auons accordé amp;nbsp;accordons à ceux defdites villes de la Rochelle, Nift^s amp;Montauban:quâils jouy-ront de leurs pnüileges anciens amp;nbsp;modernes, droits de lurifoîôhonà amp;. autres efquels ils forôt PHuiicges maintenus amp;nbsp;conferuez fins auoir aucune garnifon ne quâils y foient faits Chafteaux,forts ny nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;if-
Citadelles: fi ce nâeft du confontement deÿhabitans dâicelles;, Lcfquels pour demoftration amp;nbsp;me» amp;nbsp;Mon feureté de leurs obeiffancc, obforuation amp;nbsp;aitrctcncment de nos vouloir amp;nbsp;intention: bail-leront pour deux ans quatre des principaux bourgeois habitans tft chacune defdites villes ef. oftagesPro Uns de la Religion pretenduë reformée. Lefqucis feront par nous choifîs entre ceux quâils nommeront. Et changez de trois en trois mois ou tel autre temps quâil fera auifc.Etforont mis entelles villes amp;nbsp;lieux quâil nous plairaordonner à cinquante lieues pour le plus.loindefdi- . tes villes: excepté en nos villes de Paris, ôcTolozc.Etaffin quâil nây aytoccalîoh de plainte ou loiipçomnous commettons efdites villes des Gouucrneuts,:gcns de bien amp;nbsp;aflfeéfionnez a no- âcuiï.^^
tre
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fcruice,qui ne feront fufpcdz:voulans neantmoins que la garde de leur ville,tou rs amp;nbsp;tortelt' (cs,demeurent entre les mains defdrts habitans fuiuant leurs anciens preuillegcs.
(êmblablemêt quâapres la publication de notre prefent Edict fait en notre Camp amp;nbsp;Armée:!^ 'Armes foient gencrallemcntpofées.Lefquellesdemeurerontfculement entre noz mainSj^â*' noftre trefeher amp;tre(âymc Fr^vc leRoy de Pologne.Ordônons que les forces tant de terre de mer:lbient retires de deuât lefdittes villesdes fortz faits tant dâvne part que dâautre romp^ amp;demoliz.Le libre commerce amp;pa(ïà ge remis par toutes les viiles,bourgz Sebourgadesp®'* amp;pafl3ges de notre Roiaume.Lcs forcesSc garnilôns qui ont efté mifes à îoccafion du prefeiî^ trouble amp;nbsp;depuis le vint quatrième jour dâAouft, es villes amp;nbsp;autres places, maifons ou fteaux appartenants à noz fu jetz de quelque Religion quâil (oient:Videront incontinant po^ en laifler la libre amp;nbsp;entière jouilTance comme ils auoient auparauant que dâen eftre delûiâââ' _zrsâLes meubles qui le trouucront en nature amp;nbsp;qui nâauront efte pris par voie dâhoflilitcA puis le 24.dâAouft dernier:lèrontrcnduz à ceux à qui il apartiénentxn rendant toutesfois^''â^ achepteurs le pris de ce quâils auront eftez venduz par l'autorité de jufticeiou pa r autre dement ou commilfion publique.Et pour fexecuÃon de ce que defius,ferôt contraintsksâ® taiteurs dciditz biens meubles fujetz à reftitution,incontinant amp;nbsp;fans delay ncnobflat tout^ oppofitionsou cxceptionsdes rendre amp;nbsp;reftituer aux proprietaires pour le pris quâil en aut'â* paye. 2 2. Et pour le regard des fruits amp;nbsp;immeubleszvn chacun rentrera en (à mailônjamp;P^â ira rcciproquemét des fruiôls de la cueillette de la prelênte annéemonobftant toutesfaifc®'* empefehemens faits au contraire,depuis le 24. jour dâAouft,Côme aufft chacun jouira rcrages des retes qui nâauront pas efte prinlês par notre cômandemét,permiirion ou ordóna^^ de nous ou de notre juftice. 2 j?. Samblablemci tous tiltres, papiers,cnlëignemens ou docæ mes quyont efté pris:feront refpeéliucment rendus amp;reftituez à ceux à qui ils appartiendront
24. Ordonnons, que ceux delà Religâion , de mourcront auxLcix Politicquesdenoft't RoyaumeTAÃÃçâüoir que les Feftes lêront gardées. Et ne pourront ceux de laditte Relig*®â befôgnervendre n'y eftallerleftlits joursâa bouticques ouuertes.Et aux jours maigres lâv aige de chair eft deffendu par ÃEglilê Catholicque amp;nbsp;Romaine, les Boucheries ne ouuenes. 25. Etpourobuyeraux contrauentionsquifepourroyent commettre enpWâ' eurs de noz villcs:Lcs Baillifz amp;nbsp;Senefehaux, ou leurs Licutenans,feront par les principanât habitans deldittes villes jurer fentretenement de noftre prefentEdiôl;lê mettre les vns en h garde des autres: fè charger refpeôfiucmcnt amp;nbsp;par ades publicqs:amp; relpcndre CiniHement des cont^uentions qui fe feroient audit Edid dans lefdittes villes par les habitans dâicdks où bien reprefenter amp;nbsp;mettre entre les mains de luftice les con treuenans.Si donnons en mandement à noz Amez amp;nbsp;Féaux, les Gens tenants noz Cours de Parlements,Chambres de not Comptes, Cours de noz Aydes, Baillifz, Senefehaux, Preuoftz amp;nbsp;autres noz jufticiersSt Officiers à qui, appartiendra, amp;nbsp;à leurs Lieutenants: que ceftuy noftre pre(cntEdiftamp;ordonnance Ilz facentpublyeramp;tenrcgiftrer en leurs Cours amp;nbsp;lurifdidions :amp; icelluy der amp;nbsp;obfêrucr inuiolablcmcntde point en point : amp;nbsp;du contenu jouir amp;nbsp;v(èr plaineincntîT paifiblement tous ceux quâil appartiendra -.celTent amp;nbsp;faifênt ceffer tous troubles amp;nbsp;empefobo' ments aS contraire. Car tel eftnoftre plaifîr. En tefmoing dequoy nousauons figue caproj lentes de noftre propre main amp;nbsp;à icelles(affin que ce (oit choie ferme amp;nbsp;eftablye à tousjours) fart mcttreamp;appofcr notre feel.Donné auChafteau deBoulogne au mois de 1 uillet lan de gw ce mil cinq cens (ôixantcamp;trcizeamp;de noftre Regne le treiziéme.SignéCharlesôc à coftévil3 amp;nbsp;plusbas Parle Roy eftaût ÿr fon Confêil De Ncufuille,ãfecllédu grand fecl Hc cire verd lié dâvn las de foye rouge amp;nbsp;verd auec le contrefeel de cire verd.
Encor que tel fut tEdid de Paix, pubJye pour faire polcr les Armes à tous ; Et defcharger
Monfîeur
la France dâvn monde de calamitez, qui (è peuuentymaginer mieux, quâexprimer paraucuo dilcours.Si eft ce queDieu métra bicn,quâilnâauoii encor vfé les verges de fon ire,dcfqiiellô il vouloir chaftiér lesFräpoÃ:Car laGuerre continuoit en plufieurs autres endroits de laFrati-ce, comme je vous reprefenteray cy apres. Et pour premièrement parler du fiege, qui sâentre-uanc hVo- tenoit encor deuant Sancerre : le vous diray en peu de parolles, qyellc en fut lilfuë, fi vous chellc pour voulcz VOUS rcflouuenir de ce que je vous ay dit aylleurs. Pour mieux joindre à la lucmoiru amp;°fe ^r«kcr paflcjCc^qui furuint puis apres: amp;nbsp;que tous feront trefjoieux de fçauoir, non moinsjquck à Paris- nbsp;nbsp;département de Monfieur deuanr laRochellc,pour aller prendre à Paris leNom,Titre,Armes
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amp; PuifTance de Roy de Pologne. Car auoir licencié fonArmce ,S)C feftre, aiïêc les plus faqo-ritz misés Galeres pour vifiter les Ifles prochaines, apres que les plus apparcns fortis de la Rochelle amp;nbsp;fuyais dâvn nombe de Fantalfins, luy eurent en toutte humilité offert leur feriiicc :defcend à Namtes,dâoùfuiuant la leucedeLoyre,il donne jufques à Paris : Ou il fit fon entrée,amp;receut les fermés des Ambafïà dcursPola^ücs,venuz pour luy offrir
la Couronne du Royaume Scfemmencr en Pologne,entetenuz de tout accom modez par le Roy,allans ôc venans par tout à grans fraiz:treuuans en ce Royaume beaucoup de chofes rares amp;nbsp;excellentes : maisdes plus remarqua-» bles la Majcflé de cete Court de Parlemant famirable diuerfité
des hommes de fçauoir,qui fè retreuuent en IVniucrfité de Pa-ris:Mcre amp;fondemantde toutes bonnes lettres,de tous Arte
amp; Difciplines excellentes.Que fi nombre dâcux,difôi-ent aucuns, auoient treuué les Mecenas amp;main-tien, digne de leurs fuffifance : s'affeuroi'
cncquâefgaltz aux Anciens,ils au- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J?/quot;
roientdefjà trouuérccon- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
noifîà ncc amp;nbsp;moy- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, à . ; ;
ens dignes de leur rare
vertu.
. â * * '
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quot; SOMMAIRE Du Trentenxiéme Liure.
£S *Proteflans François autres ejue^^cheiïoû, ne veulent receuoir T Edit de^aixdfdonw^^^^r H nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laguerre aux Catholii^ues:Ipeciall^ment en Languedo Eauphtné,auecla
teej-s'ilsprefentent au\oy pour auoirvneTaix plusfruorable^aJJeuree.LaharengueaM plaintiue de ceux de Eaupiunè pays voifins fur les impoÃtions du peuple: auecles refoncH^ '^y à icelles.parlement à Sancerre pour la redt tton de ta place.Comme les yimhaÃadeurs de Pologne ontf ityala Paix de France. Sancerre rendue à compofttion. Eflat des H^ochelloü.Treues Guerre en LangueihâO^ WE^y depute ejuetejues vnspour luy raporter les nece fitef dupeuple. Les Proteflans s'y liguent .Et anecti*^ de ^htercy,Dauphinéef pays voÃns: donnent vn ordre cà reglement à leurs affaires. Exploits gÿ* portemt»^ y Pj4rméedesChrefiiensliguez.contre leslurcs zÃaurebours.yluec laconejuefle de Tunespar Dom Ãan^d'^i trie fur les Turcs. Eji^uejie des ylmbaffadeurs Tolonois au T.oy pour les Proteflas.'Doyage du Epy en
Edit de la Piix n'cft receu ny ob-ierucdc tous.
LesProteG tans de Lan guedoQuer cy,Proucce, Dauphincamp; autres endroits ne veulent re-ccuoir lâEdit amp;nbsp;pour-quoy.
Ancmblce Hes lâEftatsâ Proteftaqs à MillauH amp;nbsp;Montauban
Le narré des chofes palTécs vous à fair â¬ntcdre,auec le mifèrable Eftat des FrançcisdO'^' dre que fâ Majefté penfoir donner à leur nuferes par fcârcy amp;nbsp;publication dclElt;iitâ^® Paix arreftéc douant la Rochelle: en la paifible jouylTancc duquel la plus part des Ã' tholiqiies amp;nbsp;Proteftans afluroient la continue du repos qu'ils auoictjf fi longuement attentât'' Mais comme toute médecine pour bonne qu'elle foit,ne peutoperer guerifônau corps d« tous: bien quâils fôicnt tourmentez dâvne mefinc malladic: Ainfi la Paix ne peut eftrc cenud' tieenbienà tousIesfujetsdelà Majefté. Tellement qve des François aucuns fe repolânsdtt tout fur lâexecution de cet Edit:Ceux de Quercy, Languedo amp;nbsp;gcnerallemçnt tous ceux qui depuis le Lyonnois amp;nbsp;Sanronge faprochent de la mer de Leuant: ne fe peu rent contcuter de cequele^pyy auoitmis en leur faueur. Pource dilôient-jls, que leur ennemis amp;nbsp;les auteurs des meurtres eftoiêt tbusjoursprefts Sc lèuls ftuoriz Confèillers de la M a i e s t quels à celle railôn ils ne peuuent attendre quâvne autre journée de Saind Barthelemy puis que lcRo y le conduifoit par leur auis. Que toutes les Eglifes de France clloientpri' ueés defcxercicc public delà Religion à eux accordé fi folennellemenr parlEditdefanmil cinq cens lêptante. Et que tout le contenu en lâEdit de la Rochelle: amp;: ce quâon leur promet-toit dâailleurs: nâelloicnt que parollcs là ns effet. Ils voioient melrncs la plus part de ces articles capti^uxSc abolilfants toute luRice des cruels malfacres de leurs freres: toute ordre amp;nbsp;dif cipIincEcclefiallique ûns laquelle,(les compagnies des fidelles ne le peuuent entrcteninjmi-lês bas en tout le Royaume. Q^âen lômme cela leur eftoit vne vraie amp;nbsp;alle urée dénonciation des féconds maflà cres fils nây obuioient de bonne heure. loint quelâEditde Paixauoitefte négocié auec quelques particuliers hors leur charge: lauis defquclsne pouuoitprc/udicier au,general desEglifès deFrancc^uec lefquclles ils auroiét tous promis ne faire rien nây accorder aucun e chofcfâns le conlèntement vniuerlcl de tous. Pourt^ht ils délibèrent de communiquer îafFaire à leurs aflbciez. Pouraquoy paruenir cllimerent eftrc expedient dâaflîgner vne alTemblée Gcnerallc en quclcunc de leurs villes. Aquoy,îocc afion fe prefenta fauorabk leuraiant cftéenuoié cctEdj^auffi toft quâil fut figné:pour fe regier à fauenir félon l'intentiô de fâMajcfté portée par icelluy.Parquoy dcfpefchcnt vers le Roy de Pologne qui eftoit encore en Guycnnc,pour len remercier trcf-hunblement: Et Je fupplicr parmefmc moicnptiis quecc faitconcernoit le General,amp; falloir que ceux de la Religion entendiflent comme le tout feft oit pafte: il luyplcuft faire tant vcrsleRoy quâil leur feuft permis de faficmb'cr en quelque lieu commode amp;nbsp;leur en faire expedier lettres:cc qui fut fait.Puis le tout fîgmfié par leurs prouinccs:f3ftcmblcrét à Millaud en Rouergue amp;nbsp;puis à Montauban .Ou suoirlon-guement
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guemcut délibéré de leurs affaires pour cftablir vn mcilléiit ôrdrcà tauenir:ilsdiuiferentle Depane-Languedo cn deux Gouuerneurs, dont îvn fut ordonné à Montauban,lautre à Nifmcs pour IcpaïsvÅfinpourles Seuenes amp;Viuarets, à chacun defquels ils créèrent vn Gentilhomme tex amp;nbsp;Coude marque pour la conduite de la guerre auec gages fuffiûns. Lefquclsncantmoins rcfpon-dirent aux Eftats du pays:defquels ils prenoient fauis amp;nbsp;le maniement des finances.Lcs Eftats ces Piotçft-en chacun Gouuernement eftoient compofez des plus notablcadesprouihccsy;jcnf«cllè? fQr- ; tes toutesfois quâen choies dâimportance il y auoit des Eftats particuliers en chacun Diocelc, quifalTcmbloicnr pouren conférer par vn ou plufieurs députez aux Eftats duGouiicrnement torité dâi-Parfauis deiquels le Gouuerneur le deuoit conduire amp;nbsp;inelmcs les finances eftoient en leurs «'â«⢠main. Pour continuer ce reglement ils ordonnent que Icsloldatslc contenteraient deleuis Ordre amp;rlt; gages: fans fourager ne fouller le plat pays. Et pource cotilôicni les villes villages mclmes donTeuX^i Catholiques:affin dâentretenir lesgarnilôns.Ceux qui paioient volontairement eftoienefeu lagez comme cn temps de Paix cn plufieurs lieux les payfans trauailloicnt en lêureté^Oc- amp;papvoi-cafion que plufieurs bourgades amp;nbsp;villes Catholiques, faccommodoient à ces. contributions fiquot;Ȉ *euts crainte de pis. Outre plus pour fournir au^ros des affaires; amp;auoirvnfons de deniers preft â à toute occurrence: ils prindrent le reuenu des benefices y cftabhlTans commilfaires à cet ef- pour la loi-fet.Le Vicomte de Paulin fut elleu pour le carrier de Montauban 6c pays adjacens, faincRo- «ic de la main pour Nifmes 8c lieux voifins. Somme que lapreuoiancc deceuxcyôc le Joifirqùeles Catholiques leur donnèrent à ce faire pendant quâon ne fempefehoit pas fort deux en Court: feirent quâauec le temps ils garnirent plufieurs places defquellcs ils pouuoient jeder en campagne fous la conduite de leurs Gouuerneurs, pres de vint mil hommes. Afoibliftà ntlcs Ca- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
tholiques par le reuenu des benefices ôc contributions quâils faifbicnt venir de toutes pars.
lointquâà leurs exemples plufieurs 8c des Catholiques mefines,pour fi peu malcontcns fuffent d'ailleurs: fe rengerent a leurs troupes fous vn defir dp reformer lEftat delà France «'nsdeiâEi-comme je vous diray ailleurs.
Cevx duGouuern^entde Nifmcs faftèmblcntà mefines fin,puis-apresenlautrcciv droit où ils délibèrent demander au Roy quelque Paix plus fermcôc mieux conditionnée tansdcLan que ÃEdit de la Rochelle qui leur fembloitdcffedueux , 6c non receuable cn trop dâarticles, PourceteffetilscnuoierentversfâMajefté Yollct,Phillppy 6c Chauagnac auec charge de æcs. lcremcrcicr de la bonne affedion quâil protefteauoir pour remettre fen Royaume en Paixâ. Deputexde Quecc rcmedeeft tref ncccflà ire pour reftablir fEftat qui tombe en ruyne manifefte fil nây cft i-anguedo promptement pourueu. Quâils font en volonté de luy rendre toute obeiflà ncc coijjmc à Iciur j^fté ^amp;icur Souuctain Seigneur. Mais dâautant que la piteufo fouuenance dez maffacres, montre combié charge. il cftdangereux quâvn Roy 6c Seigneurfoit gouuemé par les manuals Conleils des mefehans Confeillers'.ils prioient le Roy ne feftonner fi eux qui auoient intereft cn cccy : auoient meurement auifè aux plus fours moiens dâeftablirvncbonne 6c fourePaix. Quâilcftoitauc-nuparlesartifices des Confoillers pernicieux: que le Roy contre fon naturel feftoit déclaré par lettres patentesChef 6c auteur de fentreprinfe deParis laquelle il auoit dcfâuoué quelques jours parauant;enquoy là réputation eftoit beaucoup amoindrie enuers les Nations eftrange-res. Pour fon regard ils penfoient fa volonté eftrc autre que les effets nâeftoientaparus. Mais ilscraignoient que fosConfoillers nâeuffent tousjoursvnc mefmc deliberation. Et partant nâauroient deu moins faire que de pouruoirà leur foureté. Aprenans pour le moins aux défi pens de leurs compagnons quâon auoit traitez fi iniquement à fo mieux couurir. Les demâ-deseftoicntquepouraffourerlaPaix 8c cuiter nouueaux troubles, ceux de la Religion euf tans de Lan fentgarnifons entretenues aux defpcns du Roy és villes quâils tenoient. 2. Qif outre ces villes Sâ''*®-le Roy en baillaft deux en chacune prouince de fon Royaume choifies par quatre Députez deux delà Religion 8c autant de Catholiques. Lcfquellesforoientauffi gardées par ceux de la Religion aux defpens du Roy .3. fcxercice libre 6c public de la Religion, foit permis cn tout lieu duRoyaume 6c à tous ceux qui le demanderont .4. Q^e pour adminiftrer lufticc a ceux de la Religion: nouueaux Parlcmcns fiifïcnt crigez en chacune prouince de luges de la Religion. 5. Ã^e pour fentretenement de leurs Miniftres: Icfdits de la Religio n fuffont def chargez des difines que demâdent les Preftres .6 . Que les auteurs Confoillers 8c executeurs des maffacrcs-.fuflét punis corne brigâsScperturbatcurs du repos public.Semblablement ceux du Gouuemementdc Montauban faflèmblerent à mcfme fin en Aouft, 6c drefforent les arti
cles
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-â¢jbcleKiquiïitytarfTtâportezà .'ûMajcfté. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;u.;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Gentilshommes, Se autres lônbftgnez :Faifans profefl**âââ
RequeÃe :^de'13lîieligtônreformée3tant de noftre nom particulièrement amp;de nez adherans:quecoiii®f ftâsdi^er- depUtJez pat les-Eglilès reformées dcGuyenne,ViuaretZjGcuaudan,SenefchauiréedeToto cy ,L»nguc- Aufterghcjâhaute Sc baffe Marche, QuerpyjPcrigordjLimofin, AgenoiSiArmignaCjCom®' Caftics Sc ville longnt) MirepdiXiCarcaftonnCjamp;autres païs amp;Prouinces adjacentes: Alfemblez par la permilCoib^^ Ibu'S le lâufcôduit de MÃfteur aprelènt Roy de Pologne Frere de voftre Majefté en la villed^ ⢠Môtaubâ. Apres auoir veu plufteurs Ictres milftues de vorreMajefté cÃtenans declaratiô ddâ borie intentiôamp;volôré à reftablirSc maintenir vne bone amp;nbsp;ferme Paix en ccRoyaumeiReÃdrc les deuoirs de voftre Royal Office à tous vozfu jets,commencans à ceux de la Religion: quelsvoftre Majefté veut amp;nbsp;entend embraflèr Sc traitter:defirant en toute faneur amp;nbsp;proted® de liberté amp;nbsp;droits de bons amp;nbsp;naturels fu jets, pouruoir par rayions amp;droittures à la requcR^ que par eux fera faite amp;nbsp;prelêntée treshumblement à voftre Majefté,fur toutes les particul®*'
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lés qui leur fcmbleront eftre ncceflà ires à fentretêiemcnt ciâvne vray e amp;nbsp;entière P3yx:Protf--Ãants en cefteffedj Supplions treshumblement de tout noftre cÅur ce qui fenfuitfurlesi'â' -fiances amp;nbsp;reïterées promeflès de Monfieur voftre Frere Roy de Pologne.
2,'! ErcmierementiNous profeftonsdeuant Dieu amp;nbsp;lès AngeSjquâil nâefi jamais entré en , clt;3eura'uanrGfeamp; derniers Troubles,ou depiiisjdâcfter ou fuftraire à voftre Majefté noz -du trcshurtibJes, trsfbbeyftà ns nbsp;nbsp;fidel 1 es fujetz.Ains dâvne vraye amour amp;nbsp;ferme loyaux
fujetsb Auon^ toufjours reconnu Sc reconnoiflbns que telle eft noftre vacation Si condition .naturelle depar.Dieu , de rendre à votre Majefté tourtes choies dcuès parles fidellcs fujetâ)^ leur Roy Slt; föuuerain Seigneur. Quefi voftre Majefté à prins à delplaifir ce que parnoiisin' îfiéfiitjdirjprotcfté amp;nbsp;exécuté depuis le mois dâAouft i 5 7 2. jufquesà prelênt:Nouslefrpâ J*-! plions treshumblement le lôuuenir devez lettres du vintquatnéme dudit mois d'Aouft-amp; mettre en votre treflà ge caftderation,les treljuftes occafiôs qui nou^ont incité amp;mis en route ,-3 force amp;nbsp;contrainte les armes en la main: auec toutes chofes requilês neceflâires à vne
-deftcnce. Touxncs voz yeux vers cespoures deffunts malTacrez amp;nbsp;executez cniellcnicn^^ ' â mortehplufteursvilles.de voftre Royauumcjlôuz pretextede conlpiration amp;nbsp;toutesfoisen
3C
' lt;1 .hayJXideda Religion reformée. Et regardez au petit reftdu, clchappé des mafîà cres auec vne â nbsp;nbsp;' vraye compundion de Pere de Patrye. Entrez en vous mefmes, contemplez profonà métSi
' ' eiucntifq|ment les benefices que voftre Majefté reçoit de la fingulicre amp;nbsp;amirabic bontéds , *⢠JDiemEtla deffiis vous vous efmerueillerez auec nous,tant de noftre côlèruaticn quedecefte outterture de Payx en voftreRoyaume.Tout ainfi que feroit vn bon pere de famille en la m®' .'fon,quand apres auoir veu maflacrer en fa face aucuns de lès enfans naturels en manifelle dan
-ger dâederè ruïne:Il voit remettre par la grace deDieu tout le refidu de lès enfans auec la mal '/on ai vn b.ôn.amp; leur eftat.Que.ft Ion trouuc mauuais Sc indigne de voftre Royalle grandeur 'de,faire ouuertefignificatioh-amp; proteftationdâ\ntclregret:cclèroitlouz correébon faire en* -Gor.pJüs de tordiPreimicrement à Dieu:puis à voftre confcience, à voftre honneur amp;lînceri-'té j à vol^e j uftic amp;nbsp;Royal office; amp;nbsp;jetter fur voz fu jets de la Religion tant maffacrés que vi-:Dafis:yn perpétuel opprobre aCcôpagnéde reproche de prétendue reformation, conlpiration rebellion nous auons à .pcnlcr fur toutes choies qui font necelfaires apres le lcruice ^erDicu.Car auffi par melîhe moyen Ion juftifiroit en clairs termes amp;ouuertemêt tant les au-£;cj teurs que les executeurs des q^ffà crcs.Ce qui nous feroit rcprochableamp;impoffible à diflimu IcfEtpartar pour le premier article nous, tenâs à voftre letre du 24.Aouft,nous fuppliôs tres-humbremet votreMajefté fuyuant les traces qui en furet comancées lur la blelfure du feuCo te deColligny, Amiral de France,lèlon le narré de voftre letre:dc faire juftice exemplaire def dits maflà creurs par luges Igeciallement commis, non fulpeéls en egal Sc pareil nombre des deriix Rcligions.Aflauoir autres que les Cours de Parlemcns amp;nbsp;prcfidialles, de Paris, Tolofe, BourdeauXjRoüen, Orleans amp;nbsp;Lion,defquelles les principaux Prefidans amp;nbsp;Confcilliers font reputez pour auoir efté les fauteurs amp;nbsp;approbateurs Sc confultcurs defdits maflà cres de ceux qui ont efté executez en leurs villcs.Mefmcs en voz priions Sc Conuents. Et le plus toll que faire fe pourm députer amp;nbsp;ordonner lefdits luges par tout où befoin lcra,Lcur enjoignantfut grandes peyncs y procéder dilligemment amp;nbsp;rondement: fins fupport,conniucncc ny diRimu-â J â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' lation
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LIVRE TRENTESIXIEME nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;187.
lation de luftice. Or par la,voftrc Majcfté commancera à aracher des cÅurs de vofdits Cujets deIaReligion,Iajufteamp; grande delfiancc quâils ont conceuë defevoir liurez amp;nbsp;abandonnez à la cruauté des maflà creurs. Et reprendront pluftoft en kureté îoccalion de fe Ecr en voftre fimplc parolle promeffè. Aulfi voftre Majefte fèlôuuiendra fil luy plaiftjquâen certaines let tres de mandement amp;nbsp;declaration enuoiéeaux Gouuerneurs ^vos Lieutenansparles Pro-uinccs ç.1 mois de Septembre, dâOdobre Décembre: eft relèruée la punitiôn de ceux qui fe trouueront chargez de la conlpiration faite contre voftre perfonne . Et des intelligences, menées amp;nbsp;conduites faites durant la derniefe Paix. Qui pouroir eftre caufé que lôus ce faux pretexte de conlpiration,nous où aucuns de nous {croient à fauenir recerchez amp;nbsp;moleftez en ceRoiaume: foit par voie de luftice où autrement. Pour obuicr à telles calomnies amp;nbsp;impref fions: plaira à voftre Majeftc reuoquer en termes expres ladite confpiration.Et declarer quel* lenoustient,connoiftamp;: repute tousjours pourvosfidellesfiijets: innocensSc incoupables de toute confpiration amp;nbsp;rebellion. Que inhibitions lèront faites à vos Auocats 8e Procureurs Gcneraux:leursfubftituezamp;:tous autres défaire jamais pourfuite ny metion de reproche.Que lemeïmcfoit déclaré duditfeu Sieur AmiraJ, Comte de la Roche-Foucaut,Sieur dcBricque-maut5deCauaignesamp; autres maflà crésamp; exécutez à mort pour ladite prétendue conlpiration, Et tous ArreftsSc lugemcns donnez amp;nbsp;procedures faites fous ce pretexte contre ceux de ladite Religion: Caifez amp;nbsp;déclarez de nul effet 8e valleur : donnez fous faucc calomnic;de-clarans les deffunâs reftituez en leurs bonnes renommées, leurs honneurs amp;nbsp;leurs biens amp;nbsp;droits amp;nbsp;fucceflfion.Et les enfans qui pour la charge du Pere deffund, fe trouueront emprifon nez:foient promptement deliurez 8e reftituez en leurs honneurs 8e libertez ez mains de leurs plus proches parans.Ordonnât que ceux aufquels leurs Eftats, dignitez 8e Offices fujets à finances qui ont efté donnez: Seront tenus dâen payer la finance aufdïts,telle quâelle fera arbitrée pat parans 8e amis communs. Et neantmoins que leurs meubles 8e argent leur feront rendus amp;nbsp;les détenteurs à ce contraints par toute voie de luftice, Qipe pareillement toutes declarations, ordonnances 8e reiglemens faids contre ceux de la Religion depuis le vint-quatrié-medâAoull feront caftez,feuocquez 8e déclarez de nul efteéf amp;nbsp;valleur. Et pour efteindre la mémoire defditsjugemens, Arrefts,executions dâiceux: Enlèmble lelHites declarations, ordonnances amp;nbsp;reiglemens : {oient raiez amp;oftez detousregiftres des Cours tant {ôuueraincs quefùbaltemes. Et iceux jugemens, Arrefts,executions,declarations, 8e ordonnances 8e reiglemens eftre caftez 8e effacez. Soint auflî abattus tous mouuemens, marques, veftiges def-dittes executions.Auec les liures 8e ades diffamatoires contre les perfonnes, memode 8e po-ftetité defdids deffunds exccutez. Mefmes en elpecial {oient abollies,fupprimées 8e tant que befoin eft interdites, les Proceffions Generalles amp;nbsp;ordinaires: ordonnées tant par Arreft du Parlement de Paris en mémoire defdits maftà cres;que par autres Arrefts de Tolofê caffez piar Arreft de voftre priucConfeil, Touchant la prinlê de la mailôn de ville aux premieres troubles. Et le tout fait en la prelcnce de quatre notables perlbnnages dont deux lêront de la Religion aiansperfeueré durant les troublcs;les proces verbaulx de la procedure furce faits expédiez,baillez à ceux qui aurôt pour cet effet charge 8e procuratiô expreffe. Quâil {bit déclaré que juftement amp;pour bône occafio ceux de la Religio ont prins les armes refiftansamp;^uerroi-ans en ces derniers troubles comme contraints pour les viollances à forcer dont ils ont efté a-taqiiez amp;nbsp;elpouuantez. Et dâautant queparlâouye de la parolle amp;nbsp;dilciphne Ecclefiaftiquc: Vosfujets font mieux contenuz en office amp;nbsp;deuoir de toute fu jeéfion. Premièrement enuers Di Ev: puis entiers voftre Majeftéamp;tous autres fuperieurs, qiiiâ1 vous à pieu leur donner: Supplient tresâhumblement ôc de toutes leurs affedions, leur départir en ceft endroiôt le plus de voftre faueur. Et en ce faiûnt ordonner que par conceffion amp;nbsp;perpétuel beneficc,lâe-xercice de leur Religion 8e dilcipline Ecclcfiafticque lèra libre à tousjours 8e par tout en ce Royaume tant public que priué:ycomprcnans nommément la liberté dâhonnefte {êpulrure fans diftinâion de temps amp;nbsp;cimetiere public: de laquelle plufieuÃCatholicques ont efincu fouuent des riottes grandes amp;nbsp;differans cz villes ou nâeftoyent permis lefdits exercices.Et toutes exemptions dâexercice de ladite Religion odroyez ez terres amp;nbsp;villes tant de IsRoync voftre tres-honnorée Mere, que de Monfieur Roy de Pologne frere de voftre Ma-
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â jefté amp;nbsp;autres de voftrc fouucrainctc, foyentrciioqucz amp;nbsp;déclarez de nul effet pour îaue^5 Et pour obuier aux foupçôs qui plufieurs fois ont efté mis au deuat touchât les cucilletesl tes Sciences entre ceux de la Religio, du paiemêt des dixmes des lieux où fera fait ledit cice: mcimesatendu que les dixmes de leur nature font dâeftinez audit Miniftere. Quelâ'' de ceux de la Religion ne feront nomez ny côtraints par vos Officicrs,Vniucrfitez,Co!letó^â amp;C. GÃmunautez à quelcôques ceremonies amp;nbsp;côtributiôs contraires à IcurReligiô.Et tantq**^ befoin eft foit fait interdition mefmes â vos Coursamp; Vniuerfitez,dâexiger en quelque endrequot; de ceux qui fotpourueuz en quelque office ou degré , lesfômes acoullumées cni'Eglii^^ . maine côtrairc à leurdite religio, Que toutes les maifôs rêtes amp;nbsp;reuenus des Collcigcsamp;iâi a colles deftinées à lâinftrudiô de la jcuneire;Serôt ccfezamp;repputez pour affedez à tousjou^^ vos fuJets qui voudrôt eftre receus fans fairediftindiô de Religiômy pour le Receueuramp; gêtiny pour les difciples amp;nbsp;lesOfficiers Côfuls des villes amp;nbsp;Lieutcnâs.Et forôt leftiitsEfcol 8iC Colleiges tenus dây entretenir Redeur amp;nbsp;Regêt des 2. Rcligi 5s pour la fatiffadio èi â diô des vns amp;nbsp;des autres fans fraude amp;nbsp;partial 11 të. Que les Mariages des Preftres amp;nbsp;dc^P^tftrcs Ecclefiaftiques qui fôt de prcfctSc forôt à lâauenir aie ladircReligiô:fcrôt déclarez legitim^
de mefmes leurs enfâs de leurs Mariages tât pour la lucceffiô^que dâautres droits de vraie 1^', timatiô.Et tât le Pere que les enfâs déclarez capables de leurs Offices, Eftats amp;nbsp;adminiftt^''^ publique.Que la dccifiô des Mariages fils fot legitimes ou nô:fera faite dorefnauât parles^'â' fiftoires amp;nbsp;autres aflcblcesEcc lefiaft.de ceux de ladite Religiô.Ou bié parles juges fuperi^'quot;^ de voftre luftiçe qui font ou forôt de ladite Religiô.Que les Tuteurs des pupilles,le quels eftoit de la Rcligiô;Serôt tenus les faire inflruire amp;nbsp;inflituer en ladite Religioiide Ify^ Perc.Aumoins jufquesen aage de puberté ainfi que voflrcMajefléla autrefois ordóné.Qü^
⢠mefme benefice dâexercice de laReligiô,foit accorde amp;nbsp;dôné aux manâs amp;nbsp;habitas quilo'^^ laReligiô au Côte de Vcnilfoamp; AreheuefohédâAuignÃ.Et quâilplaifoà voftreMajeft'^f^'^ tât entiers leRoy deNauarre:que toutes chofos demourerôt en Nauarre amp;nbsp;Bearn au meimY fiat qu la feue Roinc de Nauarre le laiffa au têps defon decez.Faire auffi entiers le Pape amp;nbsp;chcuefquc dâAuignô:que voftre côceflîon amp;nbsp;bon plaifir en cefl eifdroits, foit eöfirme^^quot;?quot; prouué en forme detië fpeciallemét pour la reflitutiô 8c reintegration de ceux dudit Côte Veniffo.Q^c les Frâpois qui ont porté les armes auec lesBearnoisqoirôt du bié ôcbenencei' iiiftke. dit Edit.Qjjâd à îadminiftratiô de la luRice,voftre Majefté côfiderât fil luy plaift lesdepoij?
mes de vos Cours de Parlcmés côtre ceux de la Rcligiô fpcciallcmêt de voftre ville tie dôt on peut juger quâelle cft ôc pourra cftre à jamais leur intétiô:A cefte catifo foravoftâ'^^'' plaifir là r bailler luges non fufpcéls. Et ordôncr que tous les proces dâetre les parties des3' Religiôsjferôt jugez tât enCiuil qiiâéCriminel cz inftâces tât fouueraines que ftibaltemesequot; pareil nombre:dôt la moitié foit Catholique 8c lâautre moitié de la Rcligiô.Ãtoù toutes parties feroiét dâvneReligiôiqtie tous les luges puiflet eftre prins 8c mis dâvnc mefîneRclig'^' oftez les ftifpcéls.Et pour cet effet fout cftabli vne Châbre pour le reffort de chacun Parle®^' en vos villes paifibics 8c non fufpeétes à ceux de la Religion.Que toutes prouifiôs amp;nbsp;dechâ^ tiôs obtenues duras ces troubles 8cdepuis le aq.Aouft dernier par lesCatholiquescótreksi^ tGCcs,ji)|fcmét 8carefts dônez parties en teps de Paix au proffit de ceux de la Religióferoni^ uoquez de nul effet 8c valeur côme obtenus par furprinfcidemeuras lefdits Anefts en leurk ce 8c vertu executoires fuiuâs vos Ordônâces,encores que ceux qui ont eu lefoits Arreflsîâ^' efté Ecclefiaftiques 8c de fEglife Romaine.Que tous les fieges de lufticcs qui ontefté d âci^ ncté 8c parauât ces troubles ez villes prefontemet tenues par ceux de la ReligiôjScfôntmâiquot; tenâtffils ont efté trâflatez yftiêt reftituez 8c les luges remis dés aprefent 8cfans autres foilâ'' lité en lexcrcice de leurs Eftats,dignitez 8c Offices tât de voftre Majefté que des Sieursfub* ternes 8c toutes prouifiôs côtraircs reuoquéesiLes gages 8c péfiôs parées tât du paffé que^â lâauenir. Et pourcc que plufieurs de la Rehgiô ont eu par refignatiô 8c à pris dâargêt fuiuai fige de voftre permiffion.Tlkicunes Offices foit de judicature ou autres peu auantle coIHIâÆ'â cernent des premiers troubles: Lefqucls aucnuz,lcs refignataircs de la Religion 8c pour h)'' fie crainte des maffacres nâont peu obtenir lettres de don ny faire admettre à voftre Majeftâ I refignation: Cependant aucuns ont paié la finance promife en tour oii en partie: Les autres ont paffé obligatiôôc caution de paier dedâs vn brief delay,lequel pafte les cautios ont traintes au paiemét de ce qui nâeft raifônable.Plaira à voftre Majefté declarer lefdites obligé
-ocr page 381-tjons promeflcs refolues amp;nbsp;non faites.Et ordóner fans auoir efgard aux jugemés qui furce pourroiët eftre interuènus.Lefquels auflï ferót déclarez nulsamp; denulefFet:quelesdenicrspourceregardpaiezfoitaux îcfignâs OU à leurs hoirs ferót rêdus aux refignataires de la Religió preuenus de jufte empêlchement. Et aupaiemétnâéauroit eftefait:q 1'obligatió demeurera fans effet .Ceux de laReligió ferót admis indiffera-nict aux Eftats,charges offices tat de judicature quâautre^ fas feftriéiió de Rcligió:fpeciallemêt de refignataires amp;nbsp;leur receptiós reuoque'es èc mifesen la chabre qui fera erigje pour le jugemétdc leur proces. Qiæ toutes preferiptions conuentionnallcsjcouttumieres où legales dont le temps pourroit.cfire efeheu ^tant ou depuis le commancement des premiers troubles amp;nbsp;autres auenus depuis, amp;nbsp;jufques à prefeht: ieronteftimc'esamp; tenues pour non atténués. Q^ant aux polices voflrc Majeftepeui auoir conu combien encâeft endroit la parttiallité.diffèrence amp;nbsp;diftinCHon des perfoiincs pour la Religió apporte du defordre confufion par toutes les villes amp;nbsp;lieux ouïes Catholiques ftirmonténten nombre amp;nbsp;auéforitc, ceux de ladite Religion: les tenans tousjours comme dégradez, indignes amp;nbsp;priuez des cbarges.amp; adminilfrations Politicques.Partant fera vollre bon plaifir outre les declarations ja faites par vos Editstquand à la capacité de ceux de ladite Religion,communication amp;nbsp;participation defdites charges : ordonner que dorefnauant par toutes les villes amp;nbsp;lieux de ce Roiaume,lefdites charges feront adminiftréesefgallemcnt entre lesCa-tholiquesSc ceux de ladite Rcligion:mefmes pour cuiter les fufdites charges deffendues par voftre Ma-jefte'. Que lefdits de la Religion demeurent quittes amp;nbsp;delchargeZ de toutes aficmblces tant GeneralleS que particulières : eftabliflement de luff ice,polise amp;nbsp;reiglement, négociations, meubles, debtes, arrera-gesderenteamp;reuenuz, couppede boys, ventede biens meubles, arfentementdes inmeubles Sedroits apartenansaux Ecclefiaftiques amp;nbsp;autres Catholiques, cotifations: amp;nbsp;impofitions des deniers amp;nbsp;autres chofes fufdite ny pareillement ceux qui les ont baillez amp;nbsp;fournis en puilfent eftre aucunement recerchez pour leprefent nây à lâauenir.Ains les fommes pour cet effet payées par vofdits Officiers où autres.feront allouées par vos Châbres des Comptes, Th refo tiers des Finances ou autres en Vertli de câeft Edit fans autres prouifions. Et que tous comptables foit de recepte par eux eftablie ou autre maniement de quelque chofes que ce foit: feront tenuz veriffier leur comptes de leur manimcnt,par deuant ceux qui ont eu commandement general fur eux amp;nbsp;aufdirs Confeils Prouinciaux.Et le femblable foit fait de tous ceux qui ont eu manimentSc charges de deniers durant CCS pre cedans troubles depuis lâan 1567. Etlereliquaquife ttouuueradeu par lefdits comptables ou autres detteurs defdits deniers:fera emploie à lâacquitamp;defchar-gement des dettes de ceux de ladite Religion faits à lâoccafion des troubles amp;nbsp;conduites de la guerre. Et cefaitlefdits comptables demeureront quittes defdites adminiffrations amp;nbsp;maniment: Et entiercmét défi chargez en aportant lâacquit de ceux qui leur auront commande à ces derniers troubles, faits auec lâauis des Confuls amp;nbsp;Prouinciaux îc fumant leur reiglement fans quâà lâauenir, eux nây leurs fuccefteurs en puifi fent eftre aucunement recerchez. Interdifant à voftre Chambre des comtes amp;nbsp;autres luges ordinaires ou extraordinaires toute jurifdiéfion Si connoiffance: amp;. à vos Procureurs Generaux amp;nbsp;particuliers, les pour fuittes. Demeureront auffi quittes amp;nbsp;defehargez lefdits de la Religion de tous aéfes dâhoftillité, leuecs Si conduites degens de guerre, fonte amp;nbsp;prinfê dâArtillerie amp;nbsp;munitions,confeéfions de poudre amp;falpeftre, demantellemant amp;nbsp;defmoliffement de Temples amp;nbsp;maifbns, fortiffications amp;nbsp;reparationsde villesamp; lieux Par eux tenuz, amp;nbsp;general lement de tout ce qui à efté par eux fait amp;nbsp;negotie durant cefdits troubles amp;nbsp;autres precedans. Encores quâil nâait peu eftre plus particulieremêt déclaré; fans que pour aucune des chofes fufditesamp; autres auenues efdits troubles à euxny à leur pofterité en General ou en particulier foit à ja maisimputéaucun crime de rebellion de defobeiftânce Si de lezéMajefté ne leur foit fait aucun reproche: Nonohftant toutes declarations, dâEdits amp;nbsp;Ordonnances que voftre Majefté pourroit alioir faits ail contraire. Et entend que befoin feroit les reuocquer amp;nbsp;declarer de nul effeél amp;nbsp;valleür tant pour ce regard que toutes autres chofes précédantes lefdits troubles. Toutes chofes prinfes /par perfonnes priuées fans autorité public, que Magiftrats, Gouuerncurs, Confuls, Capitaines ou autres commis par eux ou par lesaflembléesdescommunautez dâvne parc ou dâautre: feront rendus à qui elles apartiendront fi elles fonten Nature. Sinon leur valleur amp;nbsp;jufte eftimation. Et quand aux meubles amp;nbsp;autres chofes jirinfespar hoftillitéencor quâils fetreuuent en Nature: ne feront recerchez nây fujets à reftitution . Que les fruits la pre fente année qui ont efté p rins amp;nbsp;leuez jufques au jour amp;nbsp;datte de ces prefentes: feront déclarez â eftre fujets à reftitution, dâvne part nây dâautre pour obuier aux proces amp;nbsp;differans qui à cetc occafion le poiirrroient engendrer auec vos fujets. Que lefdits de la Religion ne pourront eftre contraints nâyti-rc'Z en Itiftice pour le paiement des impofitions ordinaires amp;nbsp;extraordinaires faites par les Catholiques durant les prefentes ou precedans troubles amp;nbsp;en demeureront quites dÃdefchargez. Pource que par tout ounousauonsCuerroiépournoftredeffenfe, lesfrais ont eftéfi exce(rifsamp; infuportables, quelaplus part de nous en fommes grandemens endctezamp;engagez. Plaira à voftre Majefté notis permette vne im-polîtion amp;nbsp;cottifation entre nous tous de la Religion. A tout le moins jufques à fix vints mil liures pour eftre emploiez à lâentier acquirement de nos debtes. Et pour les leuer, nous oéfroier toutes contraintes necefl'aires comme pour vos propre deniers.Plaife auffi à voftre Majefté ^rmettre aufdits de la Religion ^ui aux troubles pafles ont achepté du bien temporel des Ecclefiaftique amp;nbsp;ont fourny reallemenr le pris de leur achâ¬pt:quâilspui(rent continuer la pofTeftion amp;jouyflance des biens par eux acheptez pour afl'eu-'înee de leurs deniers amp;nbsp;jufques a ce que le rébourcemét dâiceux foit fait par IcsEcclefiaftiques ou autres ft'Ji les voudrôt amp;nbsp;pourrôt achapter à la charge dâé laifter la pofteffion incôntinët apres le pris à eux redu.
Refte maintenant le point principal. Aflauoit les moiens dâvne vraye amp;nbsp;jufte feureté pour la tenue, durée amp;nbsp;entretien perpétuel amp;nbsp;inuiolable des promefles amp;nbsp;Ordonnances de voftre Majefté fut tour ce qiiedeftlis pourvue ferme amp;nbsp;perdurable Paix. Enquoy nous fommes trefinaris Sr defplaifans de
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propofêr amp;nbsp;demander à voftre Majefté par noftre hûble ftjpplicatiô les moics qui iiou s tincns amp;nbsp;raifonnablcs amp;à vous necefïaires pour cftablir à jamais vne bcncamp;feimc Paixenc« Roiaumc.Car nous euHîôs mieux aimé que les moiés nous euflét efte picpoftz par voftrebe-ncuolâce S)i. faueur paternelle amp;de voftre propre mouuemét.Mais puis quâil plaift à vclheM^ jefte nous permettreamp; tathoncÿ'er de la vous demâdcr:Nousftippliôs treshûblcmct voftrelâ*â téjquc voftre plaifir foie pour le bié de voftreEftatjlc repos de voftre dpritja grâdcuramp; té de cefte CourônCjbiéamp;repos cômun de tous vos fujets:cotrader vniôamp; alliacé denouuel-le promeflè côjôdiô amp;nbsp;amitié perdurable auec tous les Prince.sPctétas, Republiques dâAlk' magne 5c Suïftesjles Roine dâAngleterre amp;nbsp;d'Efeoflè affin de maintenir dâvne comunenwiH) vniôSe côfétcmêt5Lâvniô tât entre eux amp;nbsp;leurs fûjets quâetre voftre Majefté amp;nbsp;tous vos fuje^s enticrs!,tât ceux qui fê nômét Cathol. que de la Religio refoimée.Er ce en toutes cholesciud les amp;nbsp;humaincs.Quc les alliez,)urerôt amp;nbsp;promettrôt lâétretcnemét de ladite vnió,cójoin^^ amp;nbsp;amitié pour la cômune côferuatiô de tous en lEftatamp;ccmuniô que deftiis en toutes chofc^ ciuilles amp;nbsp;humaines:amp; tout ainfi quâil le feroit fi tous eftoiêt dâvneReligiô.Et ce au détroit païs terres amp;nbsp;Seigneuries defdits Rois,F'rinces,Po*ctats 5c Républiques. Promettrôt amp;jigt;t*; rôt aufli que oii aucuns defdits Sieurs Roys où leursfuccefteurs,Princes,Petétats Republ* ques entretiédrôr ladite vniô: fi aucuns violJét la foy publique 8c promefte tant defditsallied que dâêtre aucuns de leurs fiijersiCeux qui la tiêdrôt de leur part,poun ôt côtraindre par to}* tes voies dâarmes les côtreuenâs.Et mcfme ferôt tenus à la feule requifitiô à fintereft descbic* uatcurs de cefte vniô de quelque Rcligià quâils fbict.Que voftre Majefté fe dcfporteraoxprd femét déroutes ligues 8c promeftès quâelle a faites cotre ceux delaReligiô, Que pour cuire** vne côfpiratiôSc vefpres Siciliénes cotre ceux de laRelïgiô en cc Roiau.Aurot par fpecialp*^® uillege 8c pcrmiffiià perpétuelle la garde des lieux Sc villes q nous tenôs à prefét.EtcutreÃ**â ques villes de chacunes Prouinces telles quâelles fèrôtauiféespar 8. notables perfônages chol fis par 2.que voftre Majefté députera 8c autres q ceux de la Rcligiô reformée nómerót.Qh® les Garnifons de voftre Majefté foient logées feulement cz villes de frontières 8c dâancic****^ garnifon.'ou bienau plus loin que faire fc pourra dcfHites villcs8clicux prefentementtenus ceux de la Religion. Et que foit en allant ou reuenant dcfHites Garnifons, ne pourront grand nombre de chenaux auec leurs armes fans le confèntemêt defdits de la Rcligiô. viurôt 8c le logerôtfi modeftemét quâil nâc puiflè auenir fbuppô nây incÃueniêt. V. M-en bône part fil vous plaift dâeftrcfupplié biê hûblemét:Que vos Gouuerneurs 8c LicuteniS gencraux^ui viédrôt paffer 5c vifiter Icfdites villes que nous tenós prcfêtcract pour lefditsde la Religion: nây puifïènt venir forts ny accôpagnez que de leur train ordinaire 8c accouftt**ââ' en téps de Paix .Et quâils fbiêt amoneftez de tellement fê comporter efciites villes ôc lieux:q**^ ceux de la Religiô nâaict occafiô dâêtrer en crainte nây fbuppon.Et le fèmblable foit gardé ceux de la Religiô.Que riê ne fera defînoli defdites villes 8c lieux gardez par ceux debR^ giô de ce qui à eftéfait par fortificatiós,finó entât quâil fè trouuera expédiât pour leur fêurcte: ni leur riê demâder ni öfter de leurs munitiôs de guerre ôcarmes foit dâartillerie ou autres.^ pour le plus grand 8c meilleur effet de VoftreRoialle autorité ôc bonne volÃté à fcdroiidede ceux de lîReligiô ôc fincere obfèruatio des articles de ccftcPaix:Nous fuppliôs treshuhlc®^^ V. M. quâé plaine affêblce de voftre côfeil priué premicremét,puis en voftre Court de Parle-mêt deParisôcplaine audiâce par V. M:Les Roinesvos treshonnorczMerc ôcefpoufeamp;iâ^^ fôuueraines Dames: M. vos frères Sieurs Princes.de voftre fâg:les Sieurs MarcfchauxdcFraH' ces ôc Côfeillers de V. Côfeil^riué,fcra côfirméôc juréfêtretenemêtdâêticre,perpetuellcamp;** délie obfèruatio des articles cefte Paix.Et que le mefme foit fait par tous les Prefidas,Co** fêillcrsjvos Auocats ôc Procureurs ôc chacun dâeux en tous vos Cours de Parlcmês amp;nbsp;Cours Prefidialles.Que pour la mutuelle affeurace dâvne obeiffâce ôc fidelité perpetuelic:ceuxéclâ dite Religiô par tout ce Roiau. generallemet ôc fôlênellemêt auec les Catho.RenouuelleroU** ce juremet de fidelité deuât^os Officiers fur les licux:auec côditiôs ôc promeftès réciproque de nâexccuter onqs plus à lâauenir au eus maffacres les vns côtre les autres en general ou en pu* ticulier,cómadez par quelques perfbnnes q ce foit las nul excepter. Ains fera delaiffé toute eu noiffâce de crimeôc vcgcace publique aux cours de V.Iufticc acordées en ces articles de paix Et affin de paruenir peu à peu à vne vraie reintegrâce dâamitié entre tous vos fu jets des s.Rd*' gions.Supipliôs treshûblemêt V, Majefté ordôner que chacun an Icfdits jurcmésfoiét renoU' ucllz durant 5. ans tant par vne affembléc dâEftats principaux qui fera en i'vnc des viiicâ pit*®
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paifibles cn chacune Prouince:Q^cn aflcmblées Generalles des habitas de chacune ville ca-pitalle du Diocefe qui le tiendra en diners temps entre ceux defdites Religions. Sauoir eft de ùlTemblée principallc par les Députez de fvne îautre Religion tant de la Nobleflè que du cômiin de toutes les Prouinces: amp;nbsp;de âfalTcmbiée de chacun Diocelê amp;nbsp;Bailliage par lèmbla-bles Députez defdits Diocefes amp;nbsp;Bailliages.Là où promettront^ jureront non lèulemêt ferme Paix Siamitié reciproque: Maisaulfi expofer leur vie pour Iclèruice devollre Majefté » Speciallemét a maintenir câefte vnion amp;nbsp;Paciffication cotre tous infradeurs ôcperturbateurs fins nul excepter côme delïus.Finalement nous elperons que voftre Majellé trouuera bon lî nous vos treshumbles feruiteurs amp;nbsp;fujcts:côtinuons celle garde fans olfancc nây hoftillité fuf fi lurfeance amp;nbsp;cclTation quâil à pieu à voftre Majefté nous cÃmander.Fait à Montauban le 2 y» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Aoiift i57j.SignéPaulin,Gourdonamp;c. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Corne ceux là articulloiét les demades quâils firent à la Majefté:Les Proüençâux amp;nbsp;Daupht nois délibèrent aulfi luy faire plaintes amp;nbsp;le fupplier dây prouuoir. A ces finsDcputerét gens Icfi quels le rencontrèrent à Tarare auec ceux de Languedoôc Quercy quialloientà mclmes fins le prefenter au Roy;deuant lequel vnplt;Ãir tous harengua comme fenfuit. â â â 'quot;
Sireauât que dâétreprédre la charge qui nous à efté cômile par vos treshumbles amp;nbsp;trelôbeïfi fins fujets les gens du tiers Eftat de voftre pais amp;nbsp;Côté de Prouéee, Forcalquier amp;nbsp;terres ad-jacentes;Nous auons bien preucu ^.points qui rédront noftre legation odieulè:du moins lâns Roy par les fiueur telle que nous eulfions volontiers defiré pour retourner en noftre pais exorateiirscôme nous enfômtlôrtis Orateurs amp;nbsp;côme tels nous prclêntôs à voftre Majefté- Le premier eft que nCjProuen-c eft ebofe mal lèante aux fujets de fenquerir des affaires particulières de leur Roy, amp;nbsp;vouloir tirer rai^n deladminiftratiô dâiceux.Le 2. que les fujets doiuét eftre affeurez de la bône allé- circonuoi-ftiÃdeleutPrinccamp;quâil ne les greuera defubfides extraordinaires lâns grades cau(ësamp; vrgé-tes neceflité.Et par ainfi fimpofitiô ne gift auCÃtrerollc de fes fu jets.Lâau tre q câeft vne choie intollerableamp;indigne de fujet de vouloir impolèr Loy amp;nbsp;retrâchemet aux affaires dâEftat,dôt ilnâacônoilfance que par cójeólure amp;nbsp;fupcrficiellemét.A la vérité ces j, points nous ont fait rcftizcrplufieursfoisnolfrelegatiô.Etmefulfions côdefcédusâ facceptetfans ^.autrescôfide ratios qui nous ont efté expolees en lâalïèmbléé des 5 .Eftats tenus-au mois deluillet dernier en voftre ville dâAix.Lâvne de voftre bôté amp;nbsp;clemâce naturelle amp;nbsp;alïèz experimétée enuers voS fujets:De laquelle nous deuôs elperer benigne amp;nbsp;fauorable audiance en lâEftat fi defplorable devollre pais de Prouece duquel peut eftre voftre Majefté nâeft fidellemét amp;nbsp;deuëmét aucr-fie.Lâautre que de tour téps les bôsRoys,Princes amp;Potétats,ont nô lèulemêt efooufo les plain tes Sc doleâces de leurs peuples:mais careffé amp;nbsp;receu amiablcmét,les Députez à telles amp;nbsp;fi im portables charges.Le dernier quâen extrémité il faut auoir recours frâchemctamp;librcmcnt à cc-luy qui de luy mefine y peut appliquer le remede neceftâire. Aquoy nous pourrions ajoufter que plufieurs chofes fe font fous lâautorité du Roy amp;nbsp;fontcômiles a leur deccmdot ils fçaurôt quelquefois mauuais gré à ceux qui ne les ont auertis.Nous auôs,Sire,prcpofé toutes ces cô fideratiûs,affin que chacun entende que nous ne venons ici côme mutins,rebellesamp;feditieux. (^c nous nâauôs charge de côtreroller vos deniers,nous enquérir particulieremet de lâéploy dâiceux où reuocquer en doubte lafidcllité où intégrité de ceux qui font cômis au iSaniémêt de vos finâces.Mais lèulemêt pour faire entédre à la vérité côbiê de charges,impofitiôs, aydes, fiibfides,tailles,taillons,creucs amp;nbsp;autres tribuz que paie amp;nbsp;fuporte le poure amp;nbsp;milèrable Eftat. OfjSirejVous pourrez treuuer eftrâge que nous qui fommes Députez pour la Prouêce:entre-mdlôs aulfi les doleâces amp;nbsp;remôftrâces du tiers Eftat de vos P^uinces de Laguedo amp;nbsp;Dau-phiné.Toutesfois je qui porte la parolle,fuis affilié desDeputez dudit pais ici prefês amp;qui mâô ont dônéla charge nous eftas fortuitemét rêcontrcz à Tarare aiâs vne mefine legatiô amp;nbsp;Am-balfidc. Câeft pourquoy, Sire, pour ne facher voftre Majefté de la repetition delèmblables propos amp;nbsp;veu que nos doléances font fur mefine point amp;nbsp;tendant à vn mefine but:ils mâont choifi feul pour parler au nom efgal des trois Prouinces. Ce que jâay dâautant plus volontiers amp;nbsp;hardiment entrepris amp;nbsp;accepté : que vous auez expérimenté, Sire, ma loiauté preu-dâhomic amp;fincerité en voftre pays de Prouence,auquel il à pieu à voftre Majefté mâelleuer en Ivnedes premieres dignitez de voftreParlement. Sire, voftre Comté de Prouence eft de
1 ancié Royaume dâAuftrafie jufques à Rene Roy de Sicilië qui en fit donnation au Roy Loys pofitions du H - Et slltousjours demeuré en la puiffance des Ducs de Lorraine amp;nbsp;de Bar,du temps de Comtede
A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Prouence.
Aaa uj.
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LâHISTOIREDEFRANCE
lâroucncc tailablcl'uus François. 1. Viennois amp;nbsp;Dauphiné.
Languedo. La France taillable fousChar-le.s 7. feulement pour la guerre des Angl.
Impofitions fur le vin.
Gabelles du fel.
Aydes.
Tallies dll Royaume cóbicii elles ont cicdé depuis Loys.
cc bon Roy René qui à cfté veii par aucuns cftâs encore en vie.Les Prouencaux ne paio*®â* lors tailles, impofitions, aydes,fubfîdes, gabelles,ny tribuz quelconques. Car il viuoit opâ Icment Sc magnifiquement du rcuenu de lôn domaine: eftant paifible aucc tous fes voifioj paflant le temps à faire des peintures telles amp;nbsp;fi excellantes,quâelles le voient encores à au PalaisdâAix ville Capitalise Prouence. Le Roy Loys prenât pofièlfion du pais de cc : leur accorda amp;nbsp;confirma les exemptions quâils auoient du temps du bon Roy Rene- , ont duré fulques au grand RoyFraçois premier,lequel pour la neceflité de la deftâenfediip^'^ lors qucfEmpereurCharles le quint y defcêdit:rendit le peuple dâiceluy tail labié autres impofitios de Ion Roiaumc.Le pais de Viênois 60 Dauphiné, Sire, lors quâil fut vw** vos predeccflèurs Roys par Melfirc Humbert Dauphinzlouïffoit de pareilles frachifes amp;nbsp;rez que celui de Prouéce.Autât eftoit il au téps de Raimôd amp;BerangietCôte de ToIofep®'Æ le païs deLâguedo.Etavrai dire,par toutes lesProuinces de ceRoiaume on nâauoitoïpad'^' tail]es,fubfides amp;nbsp;impofitios jufques a ce que les Anglois aians vfurpé la meilleure paru^ Roiaumcdbrcefut deleuer grandes armées pour faire cefiTer les vfurpatiôs.Et parce qud*^â^ maine Roial eftoit tenu par les Anglois:lcs Franp(«s,la fidcllité amp;nbsp;deuotion defquels furp* celle de toutes autres Natiôs de la terre:accorderét au Roy Charles 7.de les cottiferamp; taïUe^' Et lors lêulemét cômancerét les tailles côme les Rcgiftrcs de la Court de Parlemét amp;nbsp;des Coptes font foy.Ces tailles legeresamp;de peu deftimeme pouuâs fuffire a fi grade entrepr*®' il demâda aux Eftats quâils luy aidaflet en cefte necclfité:amp; lors 1â5 accorda le ao.des vinsp®â le 8.amp; 4. Finallcmêt on vint aux Gab elles fur le fel amp;nbsp;toutes ces impofitios furet dcs.Ce qui tefinoigne la fin de leur inuétiô amp;nbsp;que ceftoit fculemét pour auoir lieu tât guerres dureroiét côme exprelïèmêt porter les Regiftres defditesCoursamp; châbre des Cóp^â Toutesfois le peuple Frâçois eft fi obeïflat à Ibn Roy,quâil les à côtinuez amp;nbsp;paiées libre^^ fias côtés de les côtinuer côbiê quâelles aiêt cefie quelque téps apres que les Angloisfur^'â tout chalTezrLe grad Roy Frâçois autât vexé amp;nbsp;trauaillé de guerres quâil eftoit poîTiblci^^^®â da heureufcmétlans auoir furchargé le peuple que de îimpofitiô dg ao.denier fur la vête £i^ marchâdifes amp;nbsp;de quelques deniers fur le Clergé.Le Roy Henry a biê rehauflTé les decimf^^ çftabli les droits du domaine referué le pairage,domaine forain amp;nbsp;impofitiô foraine.Qi}^^^ poure peuple pour fon grâd ft)ulagemét,ii fut iêulemêt furchargé du Taillon,{âinteniét né pour le Roy amp;nbsp;la gëdarmerie.Et toutesfois chacun fçait que cc bô Prince fut accablé^^®'' dâaffaires amp;nbsp;guerres que rié plus.Aujourdâhui,Sirc,câeft le côtraire.Du téps du Roy les taillcs^rdinaires de Dauphiné eftoiét de 70. mil li.Celles de Lâguedo de 13 2. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;!
téps du grad Roy Frâçois amp;nbsp;en fâ apres là prinfe à Pauïe elles furét creuës cnDauphinéde4®' i mil li. amp;nbsp;en Lâguedo de 67.mil 8oo.liures.Ce qui doiteftre tenu à peu de chofesattédub'^' genre neceffité de moienner la deliurâce du Roy amp;nbsp;de Meflèigneurs lés enfâs.Du tépsduM Henry,Les tailles de Dauphiné amp;nbsp;Lâguedo furét laiflez au mefine Eftat, que du téps du Ko/ 1 Frâç:ois côme aufli les railles nouuellemét impofées fur la Prouêce qui furét de 4.vints éooOâ liures.LeTaillônâcftoitdccetempsIà que de 32.mil liures.Pour la Prouéee 27.mil.P0ur â Dauphiné de 5 7.mil 362. liures.Pour le Laguedo.Depuis voftre regnCjSire, du toutpaiub^ lans difttïitiôs ciuiles:Lâordinaire des tailles eft de 512. mil 90. liures.Celuy deProuencede 376.mil 108. liures.Celuy de Dauphiné de 2 5 8.mil 118. mil liures.Et les crues de 2.3*^^ louis pour liure môtant à plu.s de la moitié defdites fommes.Le taillon eft redoublé, fon a mis fur les 5. lôuls pour muy de vin. Lâon à fait impofition lur les huilles pour les confignaüôslut les proces.Leuées de deniers ÿit efté faites ja par 6. fois par commiffions extraordinairesamp;e® pruntz tant Generaux que particuliers: Montans en Prouence douze cent mil liurcs y com* ptenansla cotilà tion des Paroiftés.En Dauphiné à neuf cens mil liures là ns toucherais vente des biens Ecclefiaftiques amp;nbsp;aux décimes qui quadruplent fantienne cottilâtionienfôâ' ble fempruntGeneral nâagueres fait fur les villes paiable à trois annéezdont la demiere efchèut lâan pafte. Et au nouueau fiftftide fur les draps. Nous ne parlerons point de plufieurs nâ' nues cueillettes de deniers faites fiir ces trois Prouinces pour la foulde, fourniture amp;nbsp;entretc-nement des guerres durât les troubles ciuiIs:Mais lâinfolcnce faite au plat pays :La concuflion amp;nbsp;rançonnement du poure peuple defdites Prouinces excede en extimation toutes les tailles aides,creucs,fubfides,impofitions,emprunts, decimesamp; autres leuces ordinaires amp;nbsp;extraordi' naites:Car lâhomme de guerre nâeftantpaié de la fblde,fé desborde en route libertcamp;pillcrA
cxaéliofiJ
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1^0.
ex adiós rançonemct amp;nbsp;autres ades qui ne ie cómctteroiét en paîs dâenemîs ou de eSquefte.
Voila,Sircjvn pourepeuple defhué delà greflè,dclà chair Si de fôn lâng.Rcprefctez vous, Si- aubonpaf-rcjvne vraie anatomie du corps humain,auquel ne relie que la peauamp; les os amp;nbsp;encorcsfoulez.
Car voll repeuple luy refleble par vne grade fympathie.11 ne demâde qu'à le relbuder Si refai ihtr fcsBte rc.Mais il ne pe ut auâcer tant dâcprunts,ïpeciallcmét auec la guerre.Vn vray Roy ell coparé à vn bô Pafteur duquel le propre eft de tÃdreamp; no pas dtlcorcher. Vous fuppliét dót treshum-blemét les gés du tiers Eftat de ces Prouinces defolées,Sire,quâil plaife à voftre Majeflc pour uoir à la Generalle Pacifficatiô des troubles.Et aiât efgard aux milèrcs,pourerez,ruines, cala-niitez,delôlatiôs,meurtrcs,airaffinats,13ccagemét de villes,cócuflïós,exaóliós,oppreffiós,pille ries,râçônemês,mefchâcetez,viollemés de fcmes,defloratiôs de vierges^: autres maux qui eigt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
font prouenus.Reduire lefdites Prouinces en bône trâqiiillité,vniô ôi. côcorde par tellesLoix que voftre Majefté trouuera raifônable .Nâeftant plus polTibîc de viure en tel delbrdre que le maldu téps apporte elHites Prouinces. Lefqucllesibnt tant efpuilees de deniers amp;nbsp;moics quâà grâd peine les gésdu tiers Eftat pourôtauoir la feule cômodjté deviure.Dâautatqueles gens de guerre ont tout pillé nbsp;nbsp;rauagé.Nâeftât rtfté grâd beftial n'y argctdotle peuple ait moié de quefi^ pour
faccÃmoder.Caulcs qui apportât ncceftîté defupplier voftrcMajefté,Sire,de defeharger pour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Im
le téps de dix ans le tiersE ftat deftlites Prouinces de toutes tailles,creuës,aides,fubfides amp;nbsp;de pEft« dîî toutesautres impofitiôs ordinaires amp;nbsp;extraordinaires.Et le téps efeheu réduire le toiitaux ter tempsde mcsamp;Eftatquâilseftoiétdu tépsduRoy Loys i i.du moins ions le règne du Roy Frâçois pre eJumoinsdç mier.Toiitcsfois en cas de ncceflité amp;nbsp;icelle dur5r,lefdits gés du tiers Eftat foffrét volontiere- Franc,t. mêt à voftreMajefté fans aucune reftrinéliô de tous leurs biésSi leurs vies,Ce que nous vous Recerebe fuppliÃs,Sire,de bié pêier amp;nbsp;ordoncr à gés de bié,afrcébônez au pub!icamp; fidelles de féquerir aquelsvftges jiifqs ici tat de deniers Icucz fur voftre poure peuple ont efté emploiez. Et quâà deniers, îauenitlesgés de guerre Ibiét bié paiez.Qui eft le iêul moien de les faire viure amp;nbsp;faire côtenir fous vne bône reigle amp;nbsp;diieipline militaire. Et lefdits gés du tiers Eftat priront Dieu pour voftre grâdeur. Plufieurs Catholi. treuucrét ces demades fort eftrâges amp;nbsp;hautaines;Mais les De putezdeLâguedo principalleméty côtinuerét amp;nbsp;parieret encor plus haut en plain cófêil de-uâtfaMajefté.Si bié que la Roine Mere esbahie devoir gens à demi perdu£,fiaftèurez en leur hardieifedeiirdit doucemét quâil ne fefalloir fi efehauffer veu leur Eftat amp;nbsp;la qualité du téps ouilsiètrouuoiét.Et que fi le Prince deCodé eftoit viuâtau mcillieu delaFrâceauec zo.mil/ cheuauxamp; 50.mil homes de picd,il ne voudroit demâder la moitié de ce quâils attédoiét.Puis* on parla particulièrement à chacun des Députez .Mais il auoitefté reiblu en faiféblip de Millaud quâils neferoiêt autre choie que preiênter laRcquefte amp;nbsp;rapporter la reipôce d^oy aux Eftats par fautoritc amp;nbsp;auis defquels on le gouuemeroit.'Q^elquc téps apres le Roy leüF-fit dô-ncra tous cetet refponce amp;nbsp;en mefme jour apres leur auoir dit en fubftance ce qui fuit. Refponce EeRoy aiât entédu les rcmôftrâces qui luy ontefté faites par le,s Députez de ceux de la Reli-giô pretéduë reformée enuoiez vers luy:vlant entiers eux de là clemcce amp;nbsp;douceur naturelle: Languedo. leur adcclaré de bouche faftèurâce quâils doiuct prâdre de là bône grace,faneur amp;nbsp;protedio, lors quepar çlfet ils le rédrot telscnuers luy que tous bons amp;nbsp;loiaux fiijets doiuct eftre à leur Princes.Cè quâils ont allez cônu par lôn Edit dcrnier,lous le benefice duql ils ont toute deue wtifradiô de ce quâils ont toUsjôurs demadé de liberté de laditeRcIigiÃ,lêureté de leurs pcrlo ncsamp;biés.Etppurce quâils declarer,nâauoirautre^olôté que dâobeïramp;là tisfaire au comâde-Jnetde ladite MajeftêElle à auifé pour les en rédreplus capablesienuoierMôfîeur dâVzez le SieiirdâAcieramp;leSieur deQueluzChcuallicrs de fô ordre deiwsMófieur Dauillc Marelchal ^cFtâce Gôuucrneur amp;nbsp;Lieutenant General en Lâguedo pour niy dire de là part: qu'ils aient afakeefleóiió de qiielq ville au lieu defô Gouuernemét proche de MÃtauba amp;nbsp;plus à propos quil auifera,Et là fe retirer,auerulïà ns ceux de la pretéduë Religion reformée d'y enuoier les Sieurs où autres pour cófercr auec eux par ledit Sieur Marefchal de ce qui concerne leurs repos,feuretc.amp; côlêruatiô de la Paix amp;nbsp;autres choies apartenâs à îStecutio dudit Edit.Aulïî le hit de la luftice,laquelle ledit Sieur entéd eftre faite en toute intégrité Sc equité.Et y auilèr pa idllemét des prouifiôs qui lèrôt neceftà iresfur les particulières deppendances de ce cas. Afin que le I y.du mois de Dccéb. prochain,que là Majefté elpere eftre de retour en la ville deCô-pieignedu voiage quâelle à fait prefétemét fur laFrôticre de lo Roiau. pour côduire fô frcrc le RojdcPollogncféallâtiamp;aucrtidu tout par ledit S.Maref. Dauilleily done tel ordrcjquâil
Aaa iiij,
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LâHISTOIRE DE FRANCE
verra cftrc neccflà ire.Et dâautant quâelle à efté rcquifè par les Députez de prolongcrla rufftn tion dâarmes qui leur auoiteftécydeuant accordé: Sadite Majtfté dcfirant icftablir lati®quot; quillité parmi fes fujets:en eferit audit Sieur Marefchal de faire cefler toute hoftillité'.pourucâ que Icfdits de la Religion donnent ordre de leur part quâil ne foit entreprins aucune chofe au
Villiers Cotrets le 18. dâOdobre 1575. Signé Charles, amp;nbsp;plus bas Fizes. Le Roy à receu de bone part les rcmôftrances Ãc-Requeftes des députez de Lâguedoamp;Prtâ _____uencc.Lcs à afl'eurez de leur donner tant de Ibulagemenr que fes affaires pourront permettre^ ÃDauphi- Dclplaiftmerueillcufementà lâMajcftéquclônpourcpeupleà tant fbuffertpar bnjured^ troubles,pour la pacificatiô delquels il a fait publier fôEdit quâil entédobfcrucr.Et entât qÂ«Æ Chargesdu- poffiblc tcndrc la main à plus grandePaciflicatiô.Faifant cntêdre fa Majefté à tousics fiijets quâil eft chargé des Apanages dcMeffeurs les freres,mesDames fes fÅurs, de fétretenc met de la Roinc,Des douaires des Roines faMere amp;nbsp;dâElcoflc;Affignats de la feu Roine AHcâ nor,Ducheffe de Berry de Frâce:dôt les Roys lôn ayeul amp;nbsp;Pere nâeftoict chargez. Outrevn® infinité dâautres grades affaires:dont lelHits ayeulx^Pere font laiffé redeuable:qui à efteWquot;'
⢠. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fc de furcharger lôn dit peuple auec fô grad rcgrct.Fait à Villiers Cotrefs le i S.dâOâo.
. ââi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pour retourner à la fuittcamp; continuation du fiege de Sancerre.Entrc les lôrtis pour cerchrt
lècours Sz prédre langue ou il pourroiêt-.vnaiantfait 8. voiage lord le 2y.IuilJet amp;nbsp;auoiriaU' célaSâtinelle rétra le 6. Aouft raportâtnouuelledelâcllcôliô de Monfieurau RoiaumedePO' Iognc,de la Paix côcluc amp;nbsp;que Sancerre eftoit remilè au vouloir du Côte.Toutesfois ihA®quot;' j'c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoit dit quâil falloir que le liege le leuaft dâs 8. iours,côme ils furet mal
tis amp;nbsp;plufieiirs autres choies ce qui leur à fort préjudicié. Ce mclme jour quelques Caprtsi' Ambaffa parlemcterêt au Rauclin S.André.Puis Môtigny auec loanneau des moiens de leursddi' deurs dePo- urancc à laquellcla Chaftre eftoit incité tant pour la copaflion quâil en auoit;que pour fjp'®' 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a^-copagner lôn Excellêce en Pologne corne Môfieur fauoit ordcné.Aquoy auflihrt»'
fere incitoit les affiegezibiê que relôlus de creuer fils ne voioiêt moic de faftiirer,que leurpc®quot; fuadaMôtigny auquelsils fe fioiêt plus.-leursProteftât quilsfcroiêt yaitez douccæét.Acd®â® aiderêt fort les Ambaffadeurs de Pologne venus pour quérir Menlicur qui dreffoit les prep^â
Refponce-
JuRoyaux-
Prouéjaux
Aouft If 7 J
Sancerre
Parlçjnent à Sancerre
place
longue ont
furtferui ala
Paix
tarifs de lôn voiage.Car aias feeu que Sâcerre eftoit encore afîiegccJnterpellerct
Lâflà c de leur promefTe faite aii nô du Roy de mettre en liberté toutes les villes .placesmC leftées pour la Rçligio.Ce que ne leur pouuât eftre hôneÃemét dénié : Les Sancerrois dew/ morts fe virét deliurcz par gens fi eflögnez plus que par le fecours de leurs voifns.Surcepl*'' lîeurs Capitaines amp;nbsp;loldats,impatiés de la lôgueur de ces I'^arlcmes le mutincrentipres à fils nâeuflet efte receus par les raifôsamp; atiéioriré de leursChefsiAufquels laChalIre fit erirédie le onzième Aouft que quoy quefon craignift defe rendre à luy : il afleuroit neantmöinstouâ des affiegez de la ville dâvn bon traitement. Ce quâils nâatendoient pasamp; qui les resjW dâautant plus fort. Cepédant le Capitaine la Fleur prifonnier à Bourges, rompuamp;brilcu^ torture eftoit fort tourmenté par Maiftre Anthoine Fiadel Sieur de Loye Liéuteftant crtip^' neble frappant dâvnc latte de bois fur le ventre pour liiy faire confefler lesaucrtiflêtuens amp;nbsp;*Æ' telligenÃs que les affiegez auoiêt auec les Gétilshommes du paysqni nele voulut onedt' clairet: Apres a U oir prié Dieu le 15.Aouft futpédu'amp; eftrâglé.Puisibn corps/été en vn fou® du Prefîchaud.Lâvn des vaillans amp;nbsp;auilêzChefs de noftrc têps.Surcc les Pariemés cotinuoio de jour à autre : oftages furet donnez des 2. coftcz.Et les Articles de la Paix leûsen Saneert® fur laflcurance de laquelle letSancerrois eftoiét plus incitez à câpitullcr que pouf autre értrt jufquesa promettre 56. mil liures à la Chaftre pour les frais de fbn armée amp;nbsp;2. mil cftus les bleflcz obuiat parla au Sac de la ville,amp; racheptSt les meubles qui eftoiét autrérticf cÃW' quez, amp;nbsp;aufti pour laftcurace de leurs vies. A la charge quâonpermetroit que les mârchans®' ftrâgers iroiét acheter du vinrdont y auoiêt encor plus de mille poinflons Sé autres meubâ®â là nsla vête defquels ils difbftt quâô nây fauroitfà cisfâire,Enquoy furet coprins les reffugic^^ donamp; rc^df- biabitucz pat loanneau.Les Articles portoiêt que les habitans amp;nbsp;relfiigiezyponrroiêt'exetC®® tion de San leur Rcligiô cn la forme pcrmilè pour la généralité tenant le parti de la Religion pretêduêr®' terre. formée par fEditfait par le Roy fur la Pacifficatiô des troubles enluillet an prefêtau
Boulôgne.Le Roy leur pardônera tout ce quieft auenu à Paris le 2 5.Aouft i572.Sans^rtrt puiflent eftre reçerchez dâau cune chôfc:les receuâs par là bôté acoftumée à la féuréte'dé Ifd® vie quâils tiêdrôt delà grace Ipecialle.Rcntrôt en la propriété amp;nbsp;jouïflà nce de tous leurs hieu
Le Capitaine la Fleur pendu amp;nbsp;c-llrangléà Bourges.
Articles Je
LIVRE T R E N T E SI X I.E M E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tj)igt;
dtfquels les dós que G Majefté en pourroit auoir fait font reuocqucz.Et potir IcUârs meubles*} Le fleur de la Chaftre à requis pour euiter au Gc dâiceux amp;nbsp;defordre qui fo pourroit ehfuiuit de la licéce quâà dôneroit aux foldats quâils fo vouluftènt acorder de 40.mil liu; à paier dedâs le 2 5.du mois pour eftre départies par forme de donâtif auxCapitaines amp;nbsp;foldats bleffézSc au tres felon ce quâil verra eftre raifonnable.Pource fora permis auj habitans amp;nbsp;reffugiez de vendre amp;nbsp;difpofer 8c mener leurs meubles ou bon leur fomblera Gns aucun paffoport.Le cinquième la Chaftre promet faire ratiffierletout au Royifigné cependant deluy amp;nbsp;autres Seigneurs qui luy alTiftoyent en Confoil : auquel les fufdits promettent luy remettre la ville entre mains pouryentrer comme il auifora fitoft que ladite ratification leur fora prefontée ifignéc de amp;nbsp;Majeftédaquelle attendant dedans le vintquatriémc du inois,furceâCe de tous ades guerriers fut accordée dâvne part 8i dautre; Gns que les Catholiques pmffcnt aprocher de la villé'plus pres. Et les affiegez defeendre plus bas que de cou ftume, (ans gt;nbsp;pcrmilfion cxprcfTe dudit'fieur. Et pour entretenir le tout oftages furent donnez des deux coftez. Ces articles figiiezipar les Chefs Catholiques amp;nbsp;Proteftans le dixneufiéme Aouft mil cinq cens foptante trois.CeuX de la ville commencèrent lors dâauoir paiinÃc viande par les Catholiques, amp;nbsp;le Vendredy fui- sancerfé à ê uantcommuniquerentenfomble.Lefurplus accomply, les Capitaines Buiffon} Chaillou amp;nbsp;mamellcçe« Montauban enmenerent fix vints harquebuziers conduits en foureté jufqucs à Chaftilloii fur viUage.^*^ boyrefept licuës de Sancerre. Puis la Dame de la Chaftre amp;nbsp;fon mary entrent en Sancerre .
- J A. u,.;i
où lâexercice Catholique fut remis amp;nbsp;les murs,portes 8c tranchées toutes ruinées demeurant {'o^j^,pcau lt;nbsp;i la ville fans Orloge, cloches ny autres marques de ville. Sur le foir du douzième Septembre tuéamp;jetà I les Archiers du preuoft firent fortir le Bailly loanneau de fon logis 8c à quelques pas de laile tuent amp;nbsp;le jettent en vn puis. II eftoit homme graue, de bon entendement amp;nbsp;grande creance versies habitans. Mais opiniaftre 8c long en excecutions guerrières. Le Bailly deBerry, le ccrfe.,:^^.j Capitaine Durbois 8c quelques autres furent laifléz à Sancerre,amp; vint cinq, daiis IcChiafteau ?
aux delpens de la ville.Contre laquelle furent tirezdinq mil neüfcens 8c quinze cânnonadesi ; â Quatre vints quatre perfonnes moururent.Plufieurs furent tuez cs^vignes.Mà islà familie ên à tué foc fois plus. Cent quarante furent blecez, de douze à treze cens Catholiques moururent i deuanuEntrelefquels QuiriersLieutenant de Goas, laLobiere^uidondu'Gomte'déBwöïe* le Capitaine Cabaflblle 8c autres Gns vn grand nombre de blecez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- s.
IE vous ay dit cy deffiis que les Eglifos Proteftantes feftoïeiità flbciées en îaffemBlée dê
Realmontpourfe maintenir dâvn commun auis contre les Catholiques: auec léfqiiels outre Les Protêt ce ils fentrepromirent tous de ne rien négocier ny conclure que par le confontem^c/ dé fchà * ^erty amp;nbsp;cundâeux.VousauezauffiveutEftatdufieecdela Rochelle. Et comme lEdit diu^aix y ful Languedo conceuamp;publié, auquel Nifmes 8c Montauban eftoient compris-. Ce que ceuxde Quercy amp;nbsp;Eanguedo treuuerent fort eftrange. Ceux la pource quâils nâauoient donné charge à ; des Moullins 8c là Place premier conful de Montauban de confontit à vne Paix particullrère ains generalle pour la foureté de toutes les Eglifos. Enquoy toutesfois ils ne fo monftrcrenttfoule* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f quot;0
ment affeftionnez à conclure cefte PaixiMais comme Procureurs du Roy^ contré les^Ro-
chellois pour leur perfuader au nom de leurs pays dâaccepter telle Paix, quâils eftinSoict'ttc^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
heccflà irc atout le Royaume. Ceux de Languedoplus fafchez quâon feuft jurée pour, eux, fans en auoir jamais donné charge à perfonne, de forte quâils en entendirent pluftoà la con- , clufion quâils ne fceuréc qu'aucun feuft allé vers leRoy de Pologne pour ceft effet. Aumoy-endequoy deûuouans taifiblement tout ce que ces députez auoient accordé, Supplièrent le Marefchal dâAmuille amp;fAmiral, dâobtenir du Roy vnefu reduce dâarmes jufqucs à la fin de Septembre mil cinq cens fêptante trois. Pendant laquelle il leur fut permis faflenftiicr a'iMS.^ taiiban, pour dreffer amp;nbsp;euuoier au Roy vne Requefte.Ge quâils firent parYollct, Chauignac^ Philippy S)C Boific Auocat pour le Roy de Nauatre au Comté de Poix. Vous anea là Requefi j j'quot; re amp;nbsp;la refponce à icelle en autre endroit plus propre que cetuycy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠ü.'jj te, placés
P 0 V R continuer la mémoire de ce qui fè pafloit en Langffedo pays Voifins, dafquels jevousay reprenfété les defleins amp;nbsp;portemens paflèz: Ils auoientlûrpris beaucoup dé places tan^uedoé w principalles defquellcs ils entretenoiét garnifons au dommage 8c plus grans enuuy des pro* caiticrs v«' chainsCatholiques.Côme en Viuarets ils tenoiêtAubenas,PrinaS,Villencufue'dti.berg5le-Pou fn^pffu!-* fin plufieurs forts,vilIcttesSc villages jufquesati près du Puy en Auuergne à cinq,fix Sc huit Catiiofo lieues fvn de l'autre en pays boftu ou le Canon ne pouuoit marcher aifément. En Laôgiiedo
A. aa iiiij
-ocr page 388-Septembre.
Lâ H I S T O ï R E DE FRANCE.
Lodefue, Chef de Diocelêaucc vinteinq ou trente villages cloz amp;nbsp;murez, Gabi3n,PetrcO' de,Cabrieres:Jetoutdevint lieues dâeftenduë ou enuiron. Vfez,Chefde Dioccfelap»â forte amp;nbsp;en plaine, à trois lieues de Nifmes, aucc Cinquante ou foixante forts amp;nbsp;villages dudit Diocefe.Entre autre lâint Ambrois amp;nbsp;Leuans bonnes villes en endroits de difficileacceZ'
Viuarcre.
Langucdo.
Nifmes Chef de Diocefe, Ai^ufe à fept lieues au pied de Montagnes des Scuenes, Veze^o-bc,Sauuc, Gaugczjle Vigan.Tout le pays des Seuenes de vinteinq lieues dâeftenduë cedanâ lequel y à foixante ou quatre vints villages ou forts de difficille accez dâoù la mefteeft bannfo Au pays du hautGiuaudan voefin defdits Seuenes Mariojoux.villeclcfc Scia féconde du LcsScucncï après Mande: les Chafteaux de Peyre Ãc Marchaftel, de malaifc accez. Au bas Giuaudanc'quot; (üuaudan cft dedans les Seuenes.Florae, ville appartenant au Marefchal deDanuille. En Rouergne,Mâ-haut amp;bai- fvne des meilleurcs,plus fortes Ãc riches villes,Creflcl,Compeyrc,Senerac,faint Leboi^ Rouergne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rozelle, faint Roman,Ie Tar paflà ge fur Riuicre,Ic pont de Camerez,Morieux,faint Aquot;-
Albigeois.
Lauragay.
Carcaflây.
Foix.
Azil
Qucrcy. haut amp;nbsp;bas.
Beam. ⢠:
thonin bonne ville ôc autres forts. Au pays Caftrain Caftres, Viane, laCauue ville danslf^ Montagnes, pluficurs petis forts. En Albigeois, Lpmbez ôc Rcalme, villes clofcs vnc W îvne de fautré ôc quelques petis forts. En Lauraguay pays prochain , Puylaurens bonne* forte ville en bon pays,Buzet à quatre lieues deTolofc.MôtefquioUjôcplufieurs forts de tcrtc« En Carcaffaisi Alei Capitalle, Chef du Diocefe ôc pliifteurs villages clos de vint cinq lie^és dâeftanduë.Au pays deFoix,Ma2ercs,bonne ville battuë autres foisôclaquclle en cinq joursa enduré'.deux mille coups deCanon.LcMas ville dâAzil,ou il y a mine de falpeftre pour fou'' nidle pays. Le Cariaaucc Mazeresfont riuicresqui empefehent que lebois ôcautresinâ'' chandifes ne peuucntvenir à Tolofé, ce qui leur apporte grande incommodité. Aux eniinoî y api ufîeurs forts ôc villages. En Quercy Montauban, Chef de Diocefe, Cauftà de cydcwnt Ca itaines nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ertvain,bonne ville à quatre lieuës de Tolofé. Au haut Quercy Cadenat,fur laRfoâ^'
amp;Chefzdcs rede Loth, Cardaillac,la Trôqucreôc autres petis forts ôc bourgades.Tout le pays de Bt«'® M Lâgu'cdo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deuotion defdits de la Religion Proteftante.Ils auoient pourGouuerneurs aiiPoH'
Lodefuepri-fc.
sTpay^vÅâ fin Iç Capitaine Pierre Gourdc, à Aiibenas le Capitaine Poiet, à VilleneufuedeBergfoî' pitaineBoron. AFriuas vn Gentilhomme du pays.Au haut Viuaret;^ fainte Grcnc bien pagne, A Vzez lêCapitaine Bouillargues. Aux forts circonuoifins comme à faint AmbroiS Leuans ôlt; autres y auoit desGoûuerneurs particuliers. A Nifmes eftoit faint Cofme.Le Cap*' raine Gremian.auoit Anduze.Sauue le bas Giuaudan ÃC commandoir generallementen lo®â ces â quartiers là ,bien fuiuy ôc ne laiflatlesCatholiqucsen repos.Le Baron deBeaufortgouuer-noit Je Vi^an.Vignerieamp;c Gangez.Pour le hautGiuaudan Chaüagnac(députéauecPbdIipy ProcureurGcncraldcsaydesdeLanguedoà Montpelier) Rouergneauoit pourGeneralk Vicomte de Panak fbn fre re gou uerneu r de Millaud ôc Colonel de flnfâterie. Fougiers auoit Lo.defue dâoùtEuefque fefâuuaôc aâefté amaffé.à laprifé de celle ville vne fômmedede-nierSjde cent mil efcuz.Le Vicôte Paulin auec troupe de Caualleric és pays de Caftres amp;nbsp;Al' En Lauraguay Senegas, le Vicomte de Caumont,Au pays de Foix. En Carcaffob
Refponcc dus Bear-ihoiiquw^* En Lauraguay Senegas, le Vicomte de Caumont,Au pays de Foix. En Carcaflo*^ François amp;nbsp;vnGentilhomme du pà ys.LeVrcomtede Varlac en Quercy,à Villemur cômandoit Rcgny^ mcfmT^^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;General le Vicomte Lomaignedit Serignac frere dufeu Terridc.
Le Vicorfte de.Gourdon au hautQuercy. Quand au pays de Bearn la Caze y tenoit la Ca®' pagnei Les Catholiques amp;nbsp;Ptoteftans, joints Si vnis ont tousjours reljxjndu que quand 1«â^ Roy lcrà au pays ils iuy obéiront. Mais tant quâil demeurcroit prilônnier entre les inainsdu Roy-dc France ils ne polêroient les armes. Pour le Regard de Montauban, il ne voulut rcco-noiffre deGouuerneur depuisks premiers troubles.Ains le prcmierCôfulya prefquc pareille autorité amp;nbsp;|3uilfancc que .leNraire à laRochelkj lcxcmple de laquelle plufieurs autres ont fuiny depUis les troifiémes guerres ciuilles.Les Seigneurs toutesfois Gentishommes,Capiâ tajnes.Ãc IbWats forains^y font receus à fy réfugier ou autrement accommoder. Mais non aueC tel contentement quâon ne voie affèz clairement que la liberté des Gentilshommes nepeu'
Moiens que les-'Gomte de Rets en Langucdo auoient de fairela guerre. ' â ⢠ât- . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Dauphiné.
compatir aucc fegalité du tilt;#s Eftat.Mefinement es villes où la forme du GouueniementÃ' porte plus à vn Eftat populaire quâAriftocratic oùReal.Outrecesmoicnsyauoitlenerfdc la guerre:aflà uoir lâargent quâon auoit moien de recuillir par -chacun an, des biens Ecclelîâf-tiques fpcciallement-. enquoy on auoit dreffé vn reiglement. Mais il y a tousjours des particuliers qui Fenrichiflènt du public amp;nbsp;fen donncnt(commc on dit )par les joües.Quand au Du»-phiné, Montbrun trouua moien en ce temps la,de le là ifir de Mcnerbe, qui eA vnc forte place su
-ocr page 389-livre T rentes IX ie me.
au Comté de Veniflè amp;nbsp;de Nions ville de Dauphiné: ou péa à peu il furprit plufieurs places, amp;atiiroit gens à Iby. Tellement que luy amp;nbsp;Mirebel eftoiént eftimez auoir trois mil hommes depiedamp;cinqcenscheüanx. Ilsfeirentdesçouriès aufourdc Grenoble au grand effroyde toutlepaji?. Prennent de force f Abbaye de Virieii ou ils mirent la garnifôn au fil deîeipée.Se rendirent maiftres de la campagne en peu de mois.Tel fut au rafte le regicmement quâils donnèrent à leurs affaires: amp;nbsp;à laConference que leâRoy leur auoit accordé comme nous auons «âilCydcffus. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Reglemam
Premièrement apres auoir entendu tant de la part de fâ Majefté Si des lettres du Marefchal 9â^ donent d Aniiille Gouuerncur Si Lieutenant general en Langiædo, aufli par la bouche de leurs de- r« p7c?etej putezenCourtee quià eftémandé par le traitté,conference amp;nbsp;refôlutiondâvne bonne amp;nbsp;fer- amp;aucnirJPs me Paix,Ioüentamp; remereyent Dieu5dc la grace quâil leur a faite en ceft endroit.Et pour lâobe- jerounTla yflance amp;nbsp;reuerencc quâils portent au cômandement de fa nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Si le fingulier defir quâils Fran«,
ontdevoirladitte Pacification feuremenr eflablye en ce Royaume:rreuuent tresbon dâen co-ferer amp;nbsp;traitter auec les Seigneurs à ce députez nommez par fà ditte Majefté en la forme amp;nbsp;aux Conditions qui font contenües en la fteshumblefupplication quâils en enuoyent prefên-tementà mondit Seigneur le Marefchal.Ce pendant confiderans que cefte négociation peut auoirlong traiâ felon la mauuaife ou droite intention quâon y apportera.Et quâil eft difficille d en demeurer fi toft refolu. Aufli quâil ne le peut faire quand bien on tomberoit dâaccord co me il le fautefpererDieu aydant:que fexecutiô des principalles promeflesfe paracheue fi toft veu que pour fexperience du pafle il eft aflès notoire a chacun,quâen tout temps foit de Paix fûit de Guerre amp;nbsp;de furceanccs dâarmes:iléft trefîieceflà ire à ceux de la religion de fè tenir fiir leurs gardes amp;nbsp;le conduire prddemment pour foppofêr aux pratiques, machinations, entre-prifesfecrettes Si furprinfês que les Ennemis braflent journellement à la totalle ruyne defilits de la Religion. Que par tout où les Armes ont efté leuées, notammant és villes principalles y aura garde amp;nbsp;en fera le reglement bien obfcriié pour lafêurerc dâicelles amp;nbsp;cômune oblcrua-' AiTcciation tiondesEglifes en generÿ Si en particulier.Et ayant efté jugctrescertain que comme lefà lut amp;conferuation de tous ceux de la Religion depend de fvnion,bonne intelligence Si corefpó- p roteftan» dance mutuelle qui doiteftre entre eux eftroittement gardée amp;nbsp;jurée : le mefme defaut leur apporte vne ruyne apparente amp;nbsp;ineuitable.Tous Si chacuns les afliftans amp;nbsp;députez en vne af-fembléetantpour eux que pour les abfens François qui font dedans Sedehors leRoyaumc:onc de rechef comme de nouueau contradé vnion entiere,aflbciacion Si fraternité mutuelle parfaite amp;nbsp;perdurable à jamais en toutes chofos Saintes amp;Ciuillcs:tant entre toutes leÿglilês de France generallement quâentre tous ceux de la Religion reformée Regnicolles Si autres de la ville amp;nbsp;Archeuefehé dâAuignon ville Si Principauté dâOrange,Marquifat de Saluces amp;nbsp;pais Meflîn; promisse juré la main leuée à Dieu les vnsenuers les autres de fo tenir amp;nbsp;maintenir enfemble fidellemçnt en laditte vnion Si y perfêuerer contiuëmant jufques à la mort:Ne faire tousenfemble quâvn meline Corps : Sây communiquer tourtes chofos requifos dâvnc Sainte, Ciuille amp;nbsp;fraternelle communication vniuerfollement vrilles Si neceflà ires a laditte vnion Si conjonftion trcfeftroitte defdites Eglifos Si de tous ceux en particulier qui feront profeflîon de laditte Religion côme freres Si domeftiques en la maifon dâvn Seigneur.Sâexpoler les vns pout les autres au befoin quand en ferôt requis,fâns efpargnier lcursmoyens,perfonncsamp;biés mefmes aux plus eflôgnçz. Se tenir tousjours biéauertiz refpediuemêt de rout ce qui pourra feruir à la conferuation Si fouretc, les vns des autres: Mefmes enuoier focours dâhommes la part où il appartiendra amp;nbsp;felon la neceflîté des requerans. Surent ont promis amp;nbsp;juré denefo départir aucunement de laditte vnion:ne prandre aucun autre contraire ou neutre party quelques comoditez Sc conditions qui leur foroient prefontées. Et gencrallemêt ne faire nây con-trafter rien de fEftat Si reftabliflèment dont eft queftion pour le bien de ce Royaume, fans le confentemêt des vns Si des autres au prejudice de cefte vniô,retenâts tousjours leur entière fidelité à fEftat de France .Nâayants autre but,que la gloire de Diei^ùuancement d u Regne deChrift,le bien au foruice de cefte Couronne,amp; le commun repos de ce Royaume:Et forôt les prefentes promeflès Si re-vnion Si jurements faits par toutes les Eglifos particulièrement.
Ce que chacun député pourfuyura en toute follicitude.
Entre tous Si par tout gcneralement, toutes Loix diuines amp;nbsp;humaines conftitutions, tant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;del*
Ecclefiaftiques que Militaires de la juftice police Si finâces faites par toutes aflèmblées Icgi- lâtotcftans: times
-ocr page 390-Septembre, I Ã7J.
Les Eftat auxChefsde guerre amp;nbsp;Magilirats ciuilslcs Chefs amp;
des troupes. Confeil de la Généralité.
Pui (Tance duCcncial.
times amp;nbsp;fpccîallememr par ceftepreïênte : aurontbla füperioritéi amp;nbsp;domination par tous tant generaux, Magjflrats, Gouuerneurs, Ãiocelâins, Capitaines amp;nbsp;autresi Officierspâ bliques: Que tout le refte des pçrfonnes faifaaspxôfcflîon delaRcbgon reforjnéedç Eftat amp;nbsp;condition quâils loicnt:aient à icelles oReyr refpeôViuementfur peyne'dâeftre rctrai-_______ chez de fvnion ciuille de. lEgjilê reformée Cy deffus ju.rée. Que les Eftats Generaux feront convoquez defîxenfîx mois amp;.aflîgnéz en'tel jour amp;nbsp;lieu qui fcra.auife par' tels peiïonnagc^ amp;autrcsqui qui feront à ceft effet cfleuz à la fin de chacune affcmblée generalle . Que dojeffiausnt
âgeuz en faffcmbléedefdits Eftats Generaux, aucuns perfonnages qui ne amp;paysc5- Dcpputcz par faffemblée de b Généralité ert laquelle feront appeliez les Principaux oo âVâ- Nobleflè de b généralité pour faire efleéfiô dâvn de laNobleffeamp;dâvn autre du tierÃftahfIgt; par faffemblée de chacun paysamp; generahtévnMagiftâ^^â Elcârôdâvn affiffer ôc oppiner m faffemblée defdits Eftats Generaux. En laquelle affemblée genera.; Gencraïqui Icjfera pourvu préalableScauant procéder à aucune deliberation; choifi Ãc eflcuvnperF^ ucrnèmoiT ^3ge de ladite afleuiblée, tel quâil fera auifé pour conduire lâaélion^ demeurant tou.sjoursw dâvn pays amp;nbsp;preference,amp; prcicancc à Meffieurs Ics Generaux^fuiuant leurs receux, dcfquels ilsfac(°^' conduite deroi^t entre eux, ou bien comme en leur difeord fera auifé en ladite affemblée. Sera aufliû' leu apres, yn Greffier pour retenir amp;nbsp;expedier les aéles defdits Eftats, qui à cesfinspreftei^p fermenten tel cas requis amp;nbsp;accouftume. Les aftèmblées particulières d e chacune généralitéâ feront conuoquées amp;nbsp;affignéespar leGeneral amp;nbsp;Confeil de b genefalité ,de trois moisentrot^ moisjcn telle Yii|ç amp;nbsp;jour qui fera par eux auifé: Lequel Confeil general fera dorefnauaâ' eftably par laffemblée de ladite généralité,dâvn nombre de perfonnages de lâintégrité,amp; preu* dâhpmmie, ex periance amp;nbsp;fidelité requifes:fâns quâautre y puifteaflifter de quelque çpnditon quâil foit. Et fans lequel Ccnféil ne pourront lefdits Generaux, delptfcheraucuf^ affaires dâEftat fous quelque prétexté que ce fôit:Sicenâeft pour b fimple execution des ai' mes.Ãe quâils pourront faire auec le Confeil des Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines de leurfuit-te. Lefquels General amp;nbsp;Confeil,conoiftront de tous affaires dâEftat concernans la policenri'
-J litaireamp;finâccs'.fbit cntre villeSjDioccfesamp;autres négoces publiqucsde toute ladite generality $ansfè méfier aucunement du fait de b juftitc ciuille ne criminelle amp;nbsp;fous quelque pretext® que ce fôit. Nonobftant tous reiglemens precedensau contraire. Et où il efcherr4^tiellt;]iây controuuerfêfur les limites, reflort amp;nbsp;diftrbiution dâvne Généralité à îautre: Sera decide pat arbitres efleuz du commun confêntcment des Generaux contendans amp;nbsp;leur Confeilrefpe*^'' uement. l^cs G_eneraux feront tenus de fe trouu er aufdits Confals pou r y prefider amp;nbsp;opiner le plus fbuuent quâil pourront Sc en leur abfênceledit Confeil auifera à b prefidence amp;nbsp;tondiif L^5villesamp; lieux qui feront prins par cy apres ne pourront eftre difirairs de CCS prifes. leur ancien amp;nbsp;naturel reffort en tant que faire fe pourra: Soit pour reigle de la luftice, policé) iropofition amp;nbsp;contribution des deniers ou autres charges ordinaires amp;nbsp;extraordinaircs.Léâ Gouuerneurs particuliers feront efleuz en bforme amp;nbsp;maniéré contenue au reigkmcnsdâAn-duzeamp;Realmont. Et refpondront de fobeifbnce au General amp;nbsp;Confeil de la Généralité. Aufquels General amp;nbsp;Confeil en apartiendra b deftitution en cas de forfaiture ou autre jufte occafion^à b plainte, requifition amp;auis de faflèmblée Diocefainc. Etny pourront lefdits Gouuerneurs particuliers auoir aucun lieu. Et quand à b fufpention de Meffieurs les Generaux ; Nâappartiendra quâa îaffemblée de leurGeneralité.. Sauf que la deftitution en appartiendra à f affemblée des Ãftatz Generaux.Les Generaux par enfcmblc amp;nbsp;auant foy departir/e-ront drefler vn Eftat dâordre amp;nbsp;difeipline militaire par fauis des Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines eftäs en cete laffcmblée:lefquels ferôt exortez de prandrcScrcnclivelier les ordonnances
Different entre les Generaux.
Puifface des jadis faites par Meffieurs les Princes amp;nbsp;icelles faire eftroitcment garder amp;nbsp;obfèruer chacun en fcé'droit de b Généralité en ce q uclles ne defrogeront au premier reiglemcnt.Et nâentreprendront par ci apres Meffieurs les Generaux aucune chofè pour le fait de la luftice. Police,5c finances. Ains fê contenterofit de intendance amp;nbsp;conduite de b guerre, garde amp;nbsp;proteâion dupaysdeleurGeneralité:debprelidenceamp; voix dchberatiue quâils auront audit Confeil General.Déclarât nulamp; nonîvabble tout ce que par cy apres fera attenté au côtraire à la charge de refpondre de ladite contrauention.Qif en chacune Gehcralité par îauis de b prochaine affemblée, fera fait Eftat certain des compagnies de gens de guerre tant de chenal que de pied necefbires pour la tuition amp;nbsp;defence du pays de Chacune Généralité: Et ordonneront leurs depar-
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IPSâ
Hcpartemcns amp;nbsp;moiens de les entretenir aux plus grandlôulagèmentamp; moindre foule que hirefe pourra:en gardantfegualitcrequileûnsexemption,fà ueurny fupport d'aucun lieu neville.Etpar mefmealTemblceferaauifeà la demolition desforts non tenables qui feront en ladite Généralité. Et ne pourront auflî lefdits Gcneiaux Gouuerneurs Dioceiâins donner aucune exemption ne lauucgarde à ceux de contraire party^ortans les armes contre nous ou retirez és villes contraires. Que par Meflieurs les Generaux amp;nbsp;Confèil feront eferites Ict-tres à tous Gentilshommes amp;nbsp;autres perfonnes de marque' qui ont efté le dilênt encores de hReligion pour les porter amp;fe joindre auec nous. Etaporteren celle commune deffencc tons les moiens que Dieu à mis en leur pouuoir: Sur peynedâellre retranchez de fvnion ci-nille des Eglilès reformées: Cenlcz Screputez delerteurs amp;nbsp;ennemis de celle caulê, Q_uela lufticeCiuille lèra cy apres exercée par les ordinaires en premiere inllance.Et fil efehet appel feradecis par les Prefidiaux où ils lêront ellablis.Et és prouinccs ou il nâen y a point,fera dccis par arbitres, fuiuant les regiemens cy deuant faits en iâalfcmbléc deRealmont. Lelquelsen celt endroit feront entièrement gardez, lî nâell en tant quâa jccuxell delrogé par lesprelêns; Sans que Meflieurs les Generaux,5lt;: Confc*! de la Généralité fen puilïènt aucunement entre-mellet; Si ce nâell pour donner main forte,aux fins que les jugemens qui fen enfuiuront lôiét cfFeéluellement executez. Et pour le regard des matières criminelles,fêra ellably en chacune Généralité ou nây a point de liege Prelidial, vn Lieutenant de Senefchal de robbe courte qui lêrachoifi Scclleupar lâallèmblée de toute la Généralité. Auquclfcra parmeline moienfait Eftatamp; pourucu de tel nombre de Ibldats, harquebuziers à chenal quâil lèra auile pour faire la capture des delinquans tant en la ville quâaux champs; Lequel quand aux Preuollables fera amp;nbsp;parfera le proces à falïillance du Magillrat ou autre Officier Royal.Et en leur deffaut dâun Auocat gradué des plus qualifiez . Et apres le jugera en i'alïiflance des Magillrats amp;nbsp;Officiers ou Auocats plus fameux ellâs en nôbre porté par lesOrdonnâces.Et fera ledit jugemét exécuté fans appel amp;nbsp;en dernier relTort.Et par mefme moien jugera les appellations criminelles qui furuiendront efdits pays ou il nây aura point de Prelidial.Et ou il y aura prelîdial, jugeront lefdites matières ,ciifilles amp;nbsp;criminelles fuiuant leur coullumes amp;nbsp;ordonnances Royaux Mefmes les matières Preuollables. Qimntau demeurant de ladite lullice fera gardé le reglement de Realmont. Et pour le regard de la police fera adminillrée par les Confuls amp;nbsp;autres Officiers publiqs des villes Se villages, fuiuant leurs coullumes anciennes: lâns quâils y puif lent eftre aucunement troublez ny empefehez par Meflieurs les Generaux amp;nbsp;Conlèil: ny pareillement par les Gouuerneurs Diocclâins: Ains lêront à ces fins gardez Se entretenuz tous lesprinileges, llatuts municipaux, franchifêsamp;libertez des corps des villes Sc aillres lieux qui feront à îobeiflà nce de la Religion. Aufquels Confuls amp;nbsp;autres adminillratcurs publiqs lèraenjoint de garder entièrement les Ordonnances Royaux, faites furlefaitdeia police. Et leurs jugemens fils en ont de tout temps la lurifdiólion lêront exemptez par prouilîon no-nobflant amp;fans prejudice de fappel, lequel fil y efehet deuoluera pardeuant ledit Lieutenant du Senefchal en la forme que defllis. Et pareillement appartiendra audit Lieutenant, aufli la conoiflance de tous faits qui clloient attribuez au Preuoll des Marelchaux, en la forme amp;nbsp;maniéré qui efloit porté par ledit caier deRealmont Se à cell effet demeurera fupilhiéSeef leintlediteflat de Preuoll des Marefchaux.Et lêraenjoint à tousGenerauxamp;ConleilGouuer-ueursjDioce^ins, Capitaines,Confuls Sc autres adminillrateurs publiqs chacun endroit loy ^Icpreftermainforteà rous Officiers de jullice, Ipeciallement audit Lieutenant tant pour la J^spture, que execution de lês jugemens à la premiere rcquifition: fur peyne de relpondre en leur nom propre de la coniuence quâils feront, laquelle fêra^cnoncée à faflêmblée de la Gcneialité pour en ordonner. Et par mefme moien efl faite deffence à tous les fufdits de ne recourir amp;nbsp;eximer de la lullice aucun prilônnier, lôitpar nature criminelle ou Ciuille fur peyne d eftre punis comme pour crime de leze Majellé .Seront exortez Meffieurs les Mini-ftres de la parolle de Dieu,5c autres du Confilloire de furueilleftiufdits crimes amp;nbsp;diflblutios qui fc Commettent journellement pour en faire la delation amp;nbsp;donner les auertiflemens aux luges Prefidiaux ou audit Lieutenant du Senefchal, findic de la caulê ou autres quâil appar-riendra: bailler inftruélions amp;nbsp;moiens à verifficr les cas dénoncez aux fins que la punition eoiiuigne fen enfuiue. Et affin quâils ayent le moien de mieux fcmploicr au fait de léur charnu' feront exorcez lefdits Generaux amp;nbsp;Confci! faire payer lefdits Minillres par quartiers des pcnflons
Proteftans retirez neutres ou re-uoiiez.
LaluÃkc. ⢠'
Police.
Minières.
Septembreâ I57S-
îùn antes.
Fruits leucz de-s benefices.
Gouuet-ncurs Dio.
ccfains.
Dauphiné Alldances,
Mars.
peiîfioïîs à eux aflignces des plus clairs amp;nbsp;liquides deniers de la recepte generale: fans vfer de bilicttes Slt; autres moiens indignes Séillulbires comme à efté fait cy deuantau graw fcandalle de toutes gés de bien. Et pareillement fera enjoint auldits generaux amp;nbsp;Confeiljpout noir quâen toutes villes amp;nbsp;autres lieux qui font de la Religion, îcxercicc dâiceliey foiteftabâ pour côtenir toute cfpecc dep^rfôncs fouz la Céfure ôédifcipline de iâEglife.EtPourlcreg^r!' des finances prouenâs des deniers Royaux tant ordinaires quâextraordinairesamp; autres publi-îadminiftration, conduite amp;nbsp;diftribution en appartiendra au Confcildela Gencralitc:amp;â-' que leflits Generaux en puifïcnt rien ordonner fil nâeft comme eftant du Conlêil de la Ccnc* ralité y prefidans. Sera eftably vn Rcceueur General en chacune Généralité amp;nbsp;pareillcro*'' vn particulier en chacun Diocefe qui lëront bien cautionnez. Et feront tenus les rcccuem^ particuliers porter les deniers de leur recepte Diocefaine chat un mois és mains dudit RcçC' ueur General. Et pareillement tous les Confuls des villes amp;nbsp;lieux feront la c u il lette des nbsp;nbsp;I
niers de leurs Confulars èi les metront entre les mains du Rcceueur Diocciaiiiiaux quarn^'^® portez par tEftat qui à ces fins en fora dreifé par ledit Confeil de la Généralitéfons prejudi^^ des Generalitez villes amp;nbsp;lieux ou il y a couftume (^)ntrairc. Inhibé aux Sieurs lurifdiélioiie^^ de quelque degré quils foient,dâempcfcher la Icuée des impofitions amp;nbsp;des deniers publics leurs terres, foient Royaux ou Ecclefiafticques. Dorelnauant ne fo pourra faire empruntoii autre impofition extraordinaire fi nâeft par deliberation des Efiats particuliers, amp;nbsp;apres le dc' partement en fora fait en ladite aiTemblce, Eft enjoint auföits Confoils Generaux faire rendre compte à tous côtablcs qui ont eu maniement des affaires depuis ces troubles; fons admet' tre ny reccuoir aucune requefte de reeufotion au fait defdites finances de la part duditComp' table. Et ne pourront Icfdits Comptables eftre receuz en aucune charge amp;nbsp;Office pubM*'^' que au préalable ils nâaient apporté le reliqua de leur precedente adminiftration. Et pareille* ment leur fora enjoint de faire rendre conte des fruits des benefices qui ont efté receuz par au- ; Clins Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines, fins arrentement ny autorité publique, tant defannec precedente qne prefonte. Seraauffi deffendu à toutes fortes de gens de guerre amp;nbsp;autres charges publique Mefmesen cefte caufeide nâattenter droitemenf ou indroitement fuies biens amp;nbsp;fruits deftinez au publiciSur peyne de crime de peculat qui fora aigrement puuyp^'' le General amp;nbsp;le Confoil de la Généralité. Et affin quâils nâen puiffent prétendre caufe digu®' rance, lèra ceft article couché expreffement en aâe de proclamations qui fo feront deflits^' rentemens. Quant aux GouuerneursDioccfoins,amp;fil fuffit dâen auoir vn leul où il nbsp;nbsp;ââdoquot;â
de plufieurs en vn Diocefo; faffemblée prochaine de chacune Généralité: en délibérera amp;nbsp;oââ donnera l^on quâelle trouuera expedient, pour le bien du pays de la Généralité. Seront oxoi' tczlous Generaux, Confcils, Gouuerneurs amp;nbsp;Officiers publics, de faire bien amp;nbsp;exadeæequot;â . cbforucrlc contenu en ce reiglement amp;nbsp;autres precedens: Aufquels par iceluy nâeft dérogé-chaftier les defobeiftà ns amp;nbsp;rebelles, lefquels en defaut de pouuoir eftre aprehendez amp;nbsp;ooæ traints;foicnt déclarez des aprefont ennemis de noftre caufo amp;nbsp;repos public: tenus amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
pour retranchez de Ivnion Ciuille des Eglifos.Et tomme tels inhibé à tous confors de ladite i vnion, leur donner aucun confort,faueur,confeil nây affiftance. Aiâns au contraiteles pout' f fuiure cdftmiunement par toutes voies amp;nbsp;rigueurs en tels cas rcquifos amp;nbsp;ordonnées parW rciglemens. Fait'amp; arrefté audit Millaud le feziéme jour du mois de Décembre fan mt , cinq cens feptante trois.
En ce temps le fieur du Chafteau de Peraud affis fur le bord du Rofne fo foifit dâvnc vil Æ nommée Audances en Dauphiné amp;nbsp;y mit bonne garnifon pour les Proteftans. Surpreno Chafteau de Malleual en ForÃts. Les Lyonnois fort incommodez affiegerent le Chafteau Peraud qui pour eftre dcfpourueu dâhommes fut ruïne affin quâil ne leur nuifit plus delà aiiant.Sur la fin de Mars Montbrun ayant aflèmblé quelques trouppes , vint es quartiers Dauphiné coftoyez du RofiieSc fo fait maiftre de plufieurs villettes comme rOriofoLiut®quot;â । Alet,Grane3amp;:Roynac,fait ifts courfos par tout le païs;allant affaillir les Catholiques jufqu^® t aux portes de Valence, Creft amp;nbsp;Monteil: dreffe des intelligences dans les villcs.Lelqucllesay | ant efté defoouuertcsamp;quelques vns ôn peine à caufo d'icclles;pluficursGétilshômesdebuquot; | ligiô ne voyâs plus aucun moié de fubfifter en leurs maifôs, fe retirétaux troupes deMotor Lequel quelque temps apres deffit Cinq CôpagnycsdeGcns de pied,alors que le Prince Pquot;quot; phin y fut enuoyé pour Gouuerneur.Ceux de Villeneufue vn peu au parawantauoycnttai^^
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01 pieces quelques trouppesCatholiques aiicc peu de perteamp;prins vne pctitte ville nommée Aubenas aflcz pres du Rofne:apres auoir mis au fil de lâelpec toute la garnifon quâils difoient cotnpofèc de MalÃcrcurs Lyonnois pour la pluipart.
Au mois de Décembre precedent,eftoitauenu notable changement à Oranges. Berchon Décembre. Gouuerncur pourle Prince ne faifoit guerre quelconque à ceux dâAuignonamp;du Comtat.
Ains tenoit tout en paix.Maisne le tenätfur fes gardes quelquesliabitans Dauphinois côduits omnge». par vn Capitaine du pais nommé Glandagc le là ifilTent de la ville amp;nbsp;Chafteau dâOrange amp;. Contraignirent leGouuerneur de le retirer bien 3 hafte à Courtelon en la melmePrincipauté. GclafaitGIandage cômence à refueillier ceux duComtatamp;r les vifiter de presfailânt degrades Couries pillages.il diloit tout haut qnâil neftoit point Huguenot,mais que la pointe de Ibn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
dpéeîeftoir.Ce qui mettoit lesConfederez en haine de plu il eu rs,encores quâils ne fuflènt cô lèntans à telles entreprilês. Quelques mois apres comme Glandage cftoit aux champs auec les trouppes: Berchon par finduftrie de quelques Citoiens d Orange: regaignela ville amp;nbsp;le Chafteau à la grande frayeur des Proteftans neantmoins, qui eftoient au païs.Car le bruit cô-muneftoit que ceGentilhomme auoit faniijiiere accointance auec le CardinalArmignac,Le-gat duPape.Et ceux dâAuignon penlôient bien à ce coup atraperOranges,mais il furent trom pez ,car ce Gentilhomme gouuerna les affaires paifiblement amp;nbsp;maintint les Catholiques Sc Proteftans tous en paix.
Encemefme temps lesCatholiques penlêrentauoir trouué l'occafion propre pour furpré dreNifmes. Ily à vne villette pres de la nomméeMargueriré dans laquelle eftoit là inte laie a- catholiques ucc bonnegarnîlôn .Lequel par lentrcprinlêde quelques Catholiques de Niimes.Marchâde 3Uec vn Capitaine des Confederez de la ville, luy promet vne grandeiômme dâargent fil luy liure la place. Ce Capitainefait entendre la menée à fà int Romain Gouuerneur qui luy commande de declarer a là inte Iale,quâil cft preft de luy faire vn bon lêruice en ceft endroit; arre-fter du marché amp;nbsp;prandre jour pour executer le tout. Incontinant ceCapitaine lôuz prétexté dallerûirc quelque trouflèiVa trouuer là inte laie, accorde auec luy, reçoit argent amp;nbsp;aflîgne le jour amp;nbsp;le moyen qui Ãtoit de donner entrée par vne porte.Saint Romain part puis apres a-uerty de tout.Au jour afligné la porte promife demeure ouuerte.Lcs lôldats de la garnilbo c-ftoient cachez là nsfaire aucun bruit amp;nbsp;attendoient là inte laie auec lès trouppes en bonne in- ' tention de les recompenlèr de leur vilite:mais les autres en ayant ouy quelque vent : encores que de Viuarets amp;nbsp;Dauphiné plufieurs fe fuffent aflèmblez auec là inte laie pour lâexecution: tontesfois aucun ne bougea.Tellement que perlônne ny gaigna que ce Capitaine qui toucha Empnfonc-argentfausrienliurer. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Quelque temps apres,entreuint femprilônnement des Marefchaux.Et le Marclchal dâAn- Ue Monmio uiJIe comme participant deleurentrcprilèfutpriué defon Gouuernement de Languedo amp;nbsp;coiiè.^ iceluy baillé au Prince Dauphin auec le Dauphiné comme je vousdiraiailleurs.Lettreslôu-dain furentenuoiées au Parlement deTololè pour fauertir de ces choles.Et commandement fait à dâAcier non trop grand amy duMarefchal dâAnuille, dâaffembler lès forces amp;nbsp;lè ranger aâAnujUe fc auec le PrinceDauphin.Ce pendant leMarelchal dâAnuille lè tenoit quoy amp;nbsp;faifoit là charge declare æal encorque fon frere fut prilônnier. Melmes au mois de lanuicr depuis il auoit auertyjbien par gucTu'ec 1« ùculierement le Roy de tout lEftat du pays de Dauphiné,Viuaretz,amp; Languedo.Et montré lârotcftâs amp;nbsp;parplufieurs raifons quâil felloit que le Roy pacifiaft Ibn Royaume ou euft de grandes forces piXdctla^ unies pays, affin dây forcer ceux de la Religion quiy occupoient plufieurs places. Mais ayant ces quâil receu les lettres que le Roy eniioioit à dâAcier, lefquelles furent furprinfes par la garnifon du Poufin; amp;nbsp;defcouucrt par ce moyen les embufehes quâon luy tUndoit: Il commença de fap-procher de ceux de la Religion,communiquer auec là int Romain Gouuerneur de Nifmesamp; prandre quelques villes.En quoy toutesfois il ne fut pas trop diligent.Car les Catholiques Je nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
dcuanccrent. Toutesfois il fe là ifift de Montpelier,Beaucaire,Lunel amp;nbsp;Pezenas:Encores per-dit il incontinant Pezenas par le moyen dâvndelès Capitaines auquel il auoit baillé la villeamp; LesRochd-vne ficniie petitte fille de deux ans en garde. Mais je vous ay referué Tample dilcours de tous ces remuëmcns en leur lieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâ deîîicrs
Pour continuer la mémoire des Rochcllois: ce pendant enuoierent Artigues vers ceux de nbsp;nbsp;aun cÃ
haiiguedo, leur faire entendre îextremité en laquelle le fiege les auoit reduit:nâayans moicn ku*r^p.omct de remettre leur ville en dcffence sâils ne les fecouroient. Les auoir trouué à Montauban: luy tent fauf ef-firent
-ocr page 394-oaobte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
firent rc^occ quâil eftoit rayfonnablc que chacun feuertuaft dây faire fcn dcuoirjatendiinid
*rreuesen
mement que Dieu feftoit fërui de cefcul moyen pour confermer Je refte de laReligionen*-' Royaiime.Mais depuis iêparez ils nâen tindrent conte:Ains luy donnèrent feulement les An*' clesde la requefte que/e vous ay fait voir cy defTuSjlc chargeât deles porter à laRochellepoi'* les cômunicqueramp;fçauoir où eftoitleCôte deMontGômeryamp;quclle eftoit fô affeftion veï^ eux. Pour ce quâils pretendoiét îéuoyer fupplier de prâdre la charge de les côdiiircfy onK' . tournoit à la Guerre^ comme ils nâauoient pas grande efperance dâobtenir le contenu de le'â' requefte. Puis il leur rapporta que tous auoient approuué leurs Articles, amp;nbsp;les prioient dy continuer auec afTcurancc quâils ne leurs manqueroient au befoin. Quâau refte le Comtet^ Montgommery eftoit à Plemhuë dâAngleterre aftez affeôhonné en leur endroit.
Boutb.^
lans.
Langucdoamp; '^ous ay cy defTus parlé dâvne treue accordée amp;nbsp;affez bien maintenue entre les Cathoh' pais veefîns, qucs amp;nbsp;Protcftans de Languedo pais vÅfins.Comme la fin c n approchoit plufîeursfcni' ploierent à la continucr.Et bien quâà finftance desCatholiques elle futprolongéejufquesai' quinziéme Nouembre.-aux conditions que les cotributions payées par les Catholiques pouf jouir de leurs biens affis hors les villes : fuftent continuées amp;nbsp;que Montbazons:futdcBiK^*? oftage pour la fèureté defâint Cclâire ( qui peu de jours au parauant auoit efté prinsau pquot;' fâge du Rofiie venant dâAllemagne où il eftoit allé aucc de Vaux Miniftre pour negodeO retenu par le Roy, pour de luy tirer toutes les intelligences des Proteftans François en Allo maigne.Commela treue fè negoçioit,toutesfois ceux de Roquebruneamp; les fins de Caftre^/ Albigeois fèfaifirent de Ãouflas petitte ville à demye lieue de Caftres. Sur ce JesEft^ts*!^ ces pays affignez à Millaud au premier Nouembre amp;nbsp;remis au premier Décembre, enfuiââ îcsProtef- renttenuz :où le député des reiugicz en Allemaignefutouy. Prometant toute faueuramp;^fâ' ftence de la part des y retirez amp;nbsp;des Germains leurs confederez .On ouyt auffi les enuoif^^â bien nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eglifes Proteftantes:amp;rafrefchirent là îvniô amp;nbsp;reiglemâr dót je vous ay p3fl^
laud. * aillcurs.Quand aux députez vers la Majefté,leRoy les renuoya pour délibérer fur le contenu Députez du de leur requefte vers les Marefchal dâAnuillc, amp;nbsp;Duc dâVzcZjQueluz SenefibaldeRouff'
Roy pour re gne,Touchon premier Prefidant deGrenoble,amp; le premierPrefidAt dâAiz enPtoiienCO^âJ de^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eftats de Millaud députèrent pour les païsProteftâsYoIletamp;Monuaillât aucc IHüfp'®
Languedo Cófêillierau Patlcmêt deTololc.Claufonneamp; Philippi Confcilliersau prefidial de Deputésdes E N T R E la fin de la treuc de Noucmbre St prolongement dâicellejulques au Protcftans. peyj-icrmil cinq censfeptante quatre, quâon negotioit: les Proteftans de Languedojlurpùâ' Treues pro- drcnt plufieurs places entre autres Florenftà c,riche ville pres de port de la mer deLeuantOu longee. (jcualilbrcnt quclque,s gens dâarmes de la compagnie du Marefchal, qui fen plaignit fort aux Eftats de Millaud, les mesaçans de les y aller afficgeramp; ruiner tous fi on ne laJuyren-iiirprispar doit en tcl cftat que deuantla prinfê. Aquoy ils refpondirent quâils ne pouuoient abandonne! janfleurs freres appreuuans tout ce quâils auoient fait, dautant que le prolongement nâeftoitcô-Siiprife de Ceux de Lauraguays auffijConduits parle Capitaine la Salle,furprindrent Miramoni places en pres Tololê. Et ceux de fâint Anthonin,fè fâifirent de Barem, du Chafteau vÅfiibwais Languedo. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;garde, les habitans melmes reprindrent la place, par la mort de plus
de quart» vints Proteftans, qui y demeurèrent.
V O v s auezveiicy déliant les reciproques entreprinfes des TurcsScdcsCbreflicns-Mcfinement la conquefte du Royaume de Chypre, que le Turcmalgréla Ligue Chreftien-ne, ofta à la Seigneurie Vénitienne. Et la memorable viûoire que les Chreftiens emporteiei à LcpantefurîarméeTurquefque. Or pourcequcje nevousayque legicrement tonchccc qui leur auint puis apres. le vlt;ix maintenant difcourir à fons,comme lesvnsamp;lcs autreslt portèrent jufques a ce temps cy: apres feuenement de deux fi notables occurrences.
Le General Venier aiat fait quelques courfès en diuers endroits de la merMediterranée,fo appelé par les Venitiés qui fe vouloiét entretenir encores en amitié auec fEfpagnol.Et luyfnb tituerent lacques Fofearin, ^rouifêur General de Zara amp;nbsp;Gouucrneur de Dalmatic, Pourer que Dom-lean liefe pouuoit compatir aucc luy quelque reconciliation qui feuft paffee: 3â moi en quâil auoit fait exécuter à mort aucuns de les fôldats qui auoient mal parlé de luy amp;nbsp;de la Seigneurie de Venifè. Fofearin donc Fembarqua fbudain pour aller trouucr lean Dauf triche amp;nbsp;Marc Anthoine Colonne, qui eftoient à fancre en îlfle de Corfou. Alors Venierd' toit en rifle deZante dâoii il partit pour faire entreprinfe fur lâIfle de Lucadc,aujourdâhuyuO' mec
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ngt;é Sainde Maure: toutesfois fans aucun effeôt. Tellement quâapres auoir ehuoyé vne par' îie de fes Gallercs en Candie amp;nbsp;ramené les autres à Corfou,la mer demeura comme afleu-récaux Chreftiens pour quelques moy s. En ce temps que les Elpagnols amp;nbsp;Vénitiens em- papgpic ployoient à preuoir ce qui eftoit le plus expedient P ourla commodité de leurs affaires ; Le mcu«. Pape Pie vint à mouritjau lieu duquel fut efleu Gregoire trezié^pe lequel entretint la Ligue: Gregoire Mais vn peu moins ardammentque Ibn predeceflèur. La Flotte dâÃ^à gne cepehdant fe-1;. cik«. ftoit retirée à Sicile, où le Roy là fitarrefter, pour larefraichiramp; puis employer fes forces cz Guerres lors allumées en Flandres amp;nbsp;autres pays bas. Tellement que les Vénitiens commançoyent à porter tout le faix, amp;nbsp;furent contraints dâemprunter argent, enteile forte que huit Gentils-hommes de leur ville, prefterent au public lafômme de cent cinquante nulle Ducats .Pour aflèurance de laquelle ils furent efleuz Procureurs de Sainél Marc. Sur uoir argent. 1« Printemps de lâan Mil cinq cens feptante deux, lâArmée des Vénitiens conduiéfe par Sar-raMartinengueallaaffieger Caftelnouc en Sclauonie,où fe trouuerent auffi les Galleresdef ^krméc Ve-quellesVenier retournant à Corfou, eftoit Generalaucc vnefuite de grand nombre dâau- nicicnne amp;nbsp;nés petits Vaiffeaux. Hcmolas Tiepolo Guppitaine Vénitien courut cependant auec quel-quesFregaesjufquesen Calabre, amp;nbsp;Ancone, où il furprint amp;defïit quelques Pirates Turcs le Chef defquels nommé Rccamatore, fêpenfântfà uuer en terre à caufè que fâFregate eftoit arreftée : fut tué des Calabrois puis efcorché, fâ peau emplie de foin pendue au maft dâvne GaJIerc, pour marque delà mort de ce Courlâire qui en fôn temps fit mille maux aux Chreftiens qui tomboyent en fâ puifïânce. Quand au fiege de Caftelnouc, les Vénitiens furent contrainéfsle lcuer,3 caufe du grand fècours que Selim y enuoya. Cependant le le- les Princes jour de lean dâAuftriche,amp; des Gallercs dâEfpagnecn Sicile: recula fort les affaires de la Ligue. Car les Turcs commencèrent à releuer la tefte plus audacieufement que jamais i Ce quâaperceu par le General Fofearin, il enuoya lâvn de lès Lieutenans à Meflîne auec vint GaÃerespour prier lean dâAuftriebe de fè mettre à la voile amp;nbsp;lâaccompagner jufques à ce quâil feroit joinä: à la Flotte des Vénitiens en lâIfle de Corfou, affin de pourfuiure cnfêmWeleursennemys. ^ais lean dâAuftriebe qui attendoit le mandement du Roy, pro-pofefescxcufesamp; ne bougea. Les cholês trainansenlongeur quelques fepmaines: finalement, par le mandement du Confeil dâEfpagne, lean dâAuftriebe enuoya vint-deux Galleys fournies de cinq mil hommes de pied Efpagnols Italiens fous la charge du Cheuallier Cilandrade,pour fe joindre aux Galleresdu Pape amp;nbsp;des Vénitiens amp;nbsp;aller à Corfou tandis queluyauec les autres Gallercs feroit voile en Barbarie contre Tunes amp;nbsp;Argier, qip le Roy Philippe vouloir quâil all4ft,afin dâempefeher les Turcs en pliifieurs endroits Sc fêparer leurs forces.Mais les Vénitiens amp;nbsp;le Papefe plaignoicnt que le Roy Phillippe contreuenoit aux articles delaLiguerEt que les affaires requeroicntque dâun commun effort on chaflâft îenne-mijufquesen Conftantinople.'Aucuns mefine dâentre les Vénitiens, difbient que lâEfpagnol eftoit jaloux de leur profperité.Et que ce quâil difbit redouter quelque remument en fês pays tas,de la part du Roy de France:eftoit vn prctexte:dâautant que ces deux Roys auoient telle intelligence enfemble quâils nâauoient aucune enuiede fentrepiquer : bien que plufieurs amp;nbsp;les Ptançois mefmemant, fè fiffent trop legerement à croire du contraire * Que quand ÃEipagnol 'âcnoit que le fruitjqueîonpretcndoit auoir du prétexte de la guerre des François ez pais bas, pEfpagnö' feroit tecuieilli:Il feroitfbn proufit particulier de la Flotte quâil gardoit en SiciIe,LaquelIe ne à du portc-temporifoitlà ,que pour quelque autre fècrete entreprife.Mais les affaires fè portans autremet en France amp;ezpaïs bas côme vous auez veinleari dâAuftriche i^èut mandement à Palerme, furie temps ou ilfepreparoit pour faire voile en Afrique; de retourner à Melnne:Puis fembarquer amp;nbsp;fal- jâ let joindre auec toutes fès forces à la Flotte desVenitiens amp;nbsp;du Pape à Corfou,pour delà pren- Nauarre amp;nbsp;tire la route tous enfemble en Leuant.Dâautât ncantmoins quâil tardoit trop a faire fes aprefts p (foiiparnonchalâceou de propos délibéré) les Galleres du Pape^ des Venitics bien equip-pees firent voile de Corfou en la mer de Candie:afin ffe joindre les ennemis qui auoieut vne Ãuifïânte Flotte amp;nbsp;leur donner bataille pour la féconde fois:laquelle afïèureroit nbsp;nbsp;bien ofte-
roitaux Turcs prefque tout ce quâils pofledoyent en la Mediterranée : A caufè que les Infu-bircs eftoiét aux efeoutes pour tendre les mains aux viélorieux. En mefine têps les Vénitiens pnnarentdiuerfcs Places fur les Turcs. Et cependant leur armée de mer print portenlâIflç
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Lâ H I S T O I R £ D E F R A N C £.
Ha ure de Modo,
de Zante auec fort grande efperance dâvne féconde vidoire. Surcelean dâAiiftricheaj'älit donné ordre aux prouifîons de fès vaiffèaux partit deMeffineSc arriua à Corfou penfant' trouuer les Confèdcrez.Mais fê trouuant fëul y entra en merucilleufc collcre contre les Ven' I tiens: qui aceufoient au contraire Ion retardement. Difà nsauoirefté contraints de fe hafte'â pource quefennemyfè renfotpoit de Jour a autre. Défait comme les Confederez le repe' foyent: les Turcs auoyentramafïeamp; remis en mer plus de deux Cens vaiffèaux fous la co®' duite dâOchialy.Si quâau fbrtir du dâeftroit de Gallipoly ils cftoyent venus en iâArchipelag®^ puis en la mer Mediterranée,afin de rencontrer les Venitiens. Et pour ceft effed mouille^® Anchres autour de CheronefTe efpcrans attrapper les Vénitiens qui efloyent en îlfle Cerig®) S)é auoir la reuanchc du premier combat. Les Veniuens au contraire falïêuroyent dâvne noæ uelle viâoire laquelle ils eftimoyent pouuoir obtenir, ne permettant aux ennemys renforcer dauantage les vnsamp; les autres ,eftans en telle volonté ccrchercnt les de lâexecuter ; finalement aprocherent amp;nbsp;y eut vne vine cfcarmouche amp;nbsp;forces Cano®' nades de tous collez. Mais la nuit furuenante les fepara, tellement que fans venir mains fe retirerent chacun au port dâoù il eftoj^ party. Les Vénitiens quittèrent into®' tinant Ccrigo,pour aller au deuant I e a n dâA v s t r i o h e quâils trouùerent prez rifle®® Zante. Etfeflans tous Joinds, firent voile vers la Morce afin de trouuer Ochialy lequel fe fentant afïêz fort reprint fa route en toute dilligence. Mais afin de fe garentir en atK®' dant meilleure commodité, ou fe retirer du tout, ou de charger les Confederez à fo®^' uantage: Il alla furgir au Haute de Modon pour mettre fâ Flotté a feureté. Carcep®'* efltel que lâon ne feauroyt chaffer les vaiffèaux ne les faire combatte fils ne veulent. Confederez faifôyenttout leur poffible pour les attirer: mais ilsnepeurent. Etpe®^^'â^ quâifs attendoyent quelque tempefte qui diffiperoit lâArmée des Turcs: vne autre pefte,afïà uoir difêtte de bifeuit amp;nbsp;dâeau douce, les contraignit de fe retirer de laM^r®® amp;nbsp;retourner a Zante, puis delà en lâIfle de C o r f o v: A peineefloyent ils fôrtisdelaM®' jée que treze Gallcres amp;nbsp;autre vaifleaux partis dâEfpagne fou^la charge du D v c d® Sefïè amp;nbsp;de lean André Dore auec force viures amp;nbsp;munitions arriuerent à Corfou ⢠h*
Armée Tiir que.
Nouuellc armée des Vénitiens.
deffus on entra en deliberation de ce qui eftoyt à faire. Si quâapres plufieurs difeoutsj 1 Fôfcarin fut dâauis où de pourfuiure les Turcs ou dâaffieger Caflclnoue en Sclauoni^' Mais lean dâAuftriche rejeéla tout cela, alléguant la rigueur de lâhiuer. Aquoy Mar c Anthoine Colomne, Tellement quâils fê retirèrent tous deux au de Mcffiii^ en Sicile. Surce le Pape craignant que lean dâAuftriche nefift voile en ft*' pagne au Printemps amp;nbsp;que par vne telle feparatipn des forces de la Ligue , les Turcs . ne deuinlfênt plus orgueilleux amp;nbsp;remuans quâ'Jafnais : enuoya fbn Secretaire poureX®'â ter lean dâAuftriche à hyuerner là amp;nbsp;fê preparer pour le Printemps. Pource mefin®®' fed il efeript au Roy Phillippe amp;nbsp;exorta les Vénitiens de tenir bon. Eux au contraire fê perfuadant encor plus que par le paffé , que lâEfpagnol vouloir auoir le profit ' lâhonneur fans trauail amp;nbsp;à peu de frais . Le Pape ne vouloir rien hazarder amp;nbsp;cerchoft f repos au^ommage dâautruy. Et quâeux demeureroyent en arriéré pour porter la amp;nbsp;la honte du tout: Finalement, commancerent.de regarder aux moyens dâentrer en qud que accord auec Selim ce quâils pratiquèrent puis apres, comme je vous diray ailleurs-Cependant Estienne Venier honiiorable vieillard, retourna à Venifê : où ilft' fcilcnneilcment receu amp;nbsp;chery de tous pour les bons fêruices par luy faids à la repubh®' que, mefmcs enj:efte fienq^ extreme vieilieftê. Car lors il approchoit de lâaagedeq®^' 1 tre vints ans. Dâautre cofté les Turcs deliurez dâvn peril euident, prindrent la routff l de lâFIelefpont, incontinent apres qïie les Confederez furent partis de la Moréc, amp;aft®' | rent hyuerner au goulfe de Conftantinople,où attendant la venue du Printemps: ils ® préparèrent pour fbuftenir ^ar mer amp;nbsp;par terre lâeffort des Chreftiens, du retourdefquds ils le tenoyei^ pour afïêurez. Axiffi le Pape amp;nbsp;les autres Chefs de la Liguc,entendans quelspfC paratifsfaifoit Selim,pcnfoicnt, (nais nffez Lentemant, à leurs faires:fors les VenitienSjlefq®®â^ | pour y auoir plus dâintereft:firê( vnéleùée de 12 .mil homes enitalie.pour les enuoier enû®' I die amp;nbsp;autres Ifles de leur apartenance. Ils augmentèrent auffi la Flotte de 5. groffes Gallcfcs
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bien armées amp;nbsp;equippées pour Ia Guerre fous la charge dâAnthoine Bragadih.Et ordôiierent lt;lu'on equipperoit eucores de nouueau trente Gallercs moiennes pour les joindre à la Flotte Gcncrallejlaquelle eftoit compofèc de plus de trois cens Galleres fournies pour le combat. Les Turcs foignoient auflî à leurs affaires amp;nbsp;fêbarquerent les premiers: Car enuiron le 15. de lâuicrvnepartie des leurs fe mit à la voile amp;nbsp;vindrét alTiegcr Catarojdreflà ns des plateformes
Blecus tout au tour,pou r empefeher les aflîegez de fbrtir nây dâeftre fecourus en au cune for Turc s amp;nbsp;le ieamp; les prédre par famine.Les Vénitiens y enuoiét incôtinét ^o.Galleres par laques Superan- y tio Prouifeur General de la mer:auecques quelques troupes fous la charge de Pol Vrnn,Prof les faire licf-perc Colomnc amp;nbsp;Moret de Calabre,lefquels aflaillirét de telle forte les Turcs par mer amp;nbsp;par twequâils les côtraignirêt dâabâdôner leursBlocus,Iefqucls ils ruinerêtamp; apres le gain de 17 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
pieces dâartillcrid^deliurerét Cataro auec grade mortalité des Turcs.Ce qui irrita Sclim daua ^^0^ qparauât Si les fies auffi qui auoiét vnc flotte de 4OOiV0i!cs diuerfosamp; vne puiffate armée en terre,menaças de feparer de Câdie, de Corfou ou Zara.Car en ce têps Sclim nâauoit affaire que cotre les Côfederez aiat pacifié auec lâEmpereur Maximilia. Or lesVcnitiés ne pouruoy-oict pas moins fôgneufèmét à leurs affairesj^ias vne armée nauale de joo. Galleres dcfquelles lean dâAiiftrichcjMarc AnthoineCoIomne,Fofcarinamp;Supcrâtio auoiét la principale charge.
Laliguefutcôfermée à Rome pour fanée 1575.amp;fébloitbicn que fôfcroit degrades chùfos Armécifeîi cil fl grad appareil.Defait des le côméccmét y eut quelques récôtres,fpecialèmêt enDalmatie oulesVenitiésdeffirétquelquesTurcsôc gâgnerét vn grad butin fpecialemêt dcbeftaihMais tre le Turc la flotte de la ligue ne fit rie tout fEfté que courir en la mer Hadriatiquefâs aller ccrchcrde pjââ' trop pres fcnemi.Telîcmét que les Venitiês réduits en mcrueillcux dagers fi les chofos euffét cotinuë en cefle lÃgucurzEt apperceu5s,difoiét ils,quâils feroient les perdâs au cas que Selim demeuraft lôg téps leur partie auerfè.-firét pourfuiure la ncgociatiô de Paix dôt ils feftoiét a-uifeztoflapres la viéfoire deLepante.Surcequeleâ d Auftriebe qui feftoit retire en Sicile fur la fin de IâEfté,fébarqua au port de Termini auec toute la flotte de i o 5 .Galleres amp;nbsp;de 40. gras vailfeaux.Si quâau'7. jouj^dâOdo. ilarriua fur le midy en Barbarie. Puis fuiui de 9. autres ÃalleresÃfpagnoles coduites par André Dore amp;nbsp;de i4.appartenâtes au PapeSc aux Flo-rétins,fous la charge duDuc de Seflè entre dâs la Goulette.Où entendant que ^ooo.Mores amp;nbsp;Turcs qui eftoiét là pour laGarnifo de Tune en dellogeroiét:y enuoia le lédcmain 2 $oo.Sol-datsLefquelsauoirfceu que plus de 14.mil bornes auoiét quitté la placezfc emparctfâs aucu- icfn dâAu^ iierefiflâce.IIyauoitau Chafteau enuirô aoo.Moresordôncz pour la leureté de la place par ftâ«-AmidaRoyde Tunes fils de Mulcaflès(lequcleftoit mort en Sicile aiât eu les yeux ^rcuépar Iccôtnâdemct de fö fils). Lefquels fe redirét incôtinét à Icart dâAuftriche.CÃme il fojournoit là ccuxdeBifèrtepeu eflôgnez delà ilâauertirêtquâeftâtfuruenuëquelque mutinerie entrâeux, ^oo.Turcsde la garnifô deTuncs y eftoiét acouruz pourfè laifir de cefte place lefquels auoiét efté repouffez.Pourtât ils demandoiét focours pour les affeurer dâeiix:fuiuât quâoy on leur en Ãa^rbariequot; uoia quelques EnfêignesEfpagnoIes fous la côduite du Capitaine Salazar qui recetit cefte vil rendue au lecnlapioteétiô du RoidâEfpagne.Qjiât au Roy Amida,pource quâil auoit fauorifélcsTurcs ^dejeté les vraisfucceflèurs de Muleaflcs:fèrré das vne Gallere auec fâ féme amp;nbsp;fes ehfans fut enuoié en Sicile. Aulicu duquel fut eftabli Muleaffesqui fè rendit vaflal du Roy Philippes^ Apres cela lean dâAuftriebe fit baftir vne forte Citadelle compofoc de fix Bouleuars entre la LouletteSc Tunes corn mandant à toutes les deux places. Et de telle forte que celle quia autrefois eftédreffées en AnucrsparleDuc dâAlue. Puis yauoir laiffépour Gouuerneur Gabriel Serbellon Millannois Grand Prieur de Hongrie fortifij^ Tune, amp;nbsp;commis pour la garde du fort de la Goulette Pierre Carrere Efpagnol,fo retira pour eftrc emploie ailleii rs come je vous diray en autre endroit.
Il a efté dit que fur le commencement dâAouft les Ambaflà deurs Polonois entrèrent en jJ^rs^pâôio-rrancc pourenmener le Duc dâAnjou leurRoyzIequelfiftfon entrée à Paris en grande ma- noistmitez gnificencele i4.SeptcrQbre où fe trouuerét lefdits Ambaflà deurs*affauoir fEucfquc de Pofiia uie,Ie Palatin de Siradie,le Chaftelain de Guefncn,leComte Gorque, le Caftellan de Saure, eDuc de Olica Marefohal de la Court du grâd Duché de Lithuanie,le Capitaine de Beflé de bamcch,lcs 2.fils desPafatins deCracouie amp;nbsp;Riouic,le Capitaine Dodalanouie amp;nbsp;le Sieur de Tomice Vne partie de fès Ambaflà deurseftoit Catholique amp;nbsp;fautre Proteftante, le Capitaine
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de Zaïncch homme dode fift vne harangue en Latin au Roy efleu au nom des F flats de Pci® gncjquenous auonslaiflcpourcc quâelle ne concerne la France. Ilsfurcnt magnifficquenâ^' receuz amp;nbsp;traitez.La Royne mere entrâautres leur fift vn banquet aux Tuillerics auec desâp' pareils de grans fraijSc les rochers,theatres,falies amp;nbsp;toutes fortes de pafictemps dâeferits cnvcis I CS Ambaf- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâOrat Poetc di^Roy amp;nbsp;imprimez à Paris.Puis furent priez amp;: fôlicitez defcniâ
ladeiirs Po- ploier pour faire obtenir à ceux de la Religion Proteftante quelque Eftat plus paifible.Cen^ I «quot;enVenf 4^â ^ftoient refugicz en Allemagne amp;nbsp;cn Suiffe leur prefenterent vne Requeftepar laquelle [ iicrs le Roy ils les prioient dâinterceder entiers le Roy .Premièrement quâil luy pleuft reconnoiftte leÃ^^ piwr icsiâro jjç Religion pour fès fidelles fujets.Permettre en fon Roiaume exercice libre amp;nbsp;General ( ⢠nbsp;'' laReligion fansdiftindiondclieuxnây deperfcnnes.Eftablir deslugesequitables pourcoH' ,
noiftre du tort ou du droit des mafTacres ôc y pouruoir pour deftourner Ere cfc Dieu de ddiHâ le Roiaume.Odroier pour le moins ez villes que ceux de la Religion tenoient en ce temps«!*' breamp;public exercice dâs lefdires villesamp;en tous lesBailliages certains lieux cômodes pour* dit exert iceiFinallemct pourueoir tellcmct aux neceflîtez de les fujetSjque toute deffiace leut'' amp;nbsp;Icsfedicieux réprimez â.ceux de la Religion eiifïtntmoiê de viure en paix :amp;fcruirà Dif'^ Les Ambafîadeurs Polonois côfîderant lâEftat des affaires,péfêrcnr beaucoup faire pour de la Religion fil prefêntoient quelques Articles au Roy en leur faueur.Dont le premierfêroi* j quâil plcuîl au Roy faire vne abolition de tous les troubles amp;nbsp;confufionsaucnucs en Franco^' ordôner quâon nâen parleroit plus.a.Quâil feuft permis à tous de viure en liberté deconfcicæ cefâns cftrc reccrchez nây contraints dâaller à la MefTeife retirer deFrance li bon leurfêmbloit vendre leurs biens amp;nbsp;emporter lâargent ou en tirer le reuenu par chacun an pourueii quâib^® demeurét en terres dâennemis ou chez ceux qui nâont alliance auec le Roy.^.Queles héritier* des mafïà crez rentrent ez biens,honneur amp;nbsp;dignitez de ceux aiifquels il fuccedét.Noiiobflâ'' tousArrcft.4.Que leRoy rende aufdits heritieres la valeur desEftats de.ceux quâon à maflat*® 5.Qifil fbit loilible à ceux qui font hors du Roiaumeiy rentrer amp;nbsp;en leurs biens amp;honnci'â^ pourueu quâils pofent les armes amp;nbsp;fe remettent en la protedion du l^oy.6. Que les villes ; tiennent ceux de la Religion ne fbient point recerchez pour ce fait nây côtraintesdc reçcuoiT Garnifons amp;nbsp;puifTent auoir lâexert ice libre publicq, amp;nbsp;cependant laifîent les armes au Roy.y.Quâon informe contre ceux qui ont maffacreSc meurtri contre les Edits duRoy'^ que punition en foitfaite.8. Qi'e pour les Prefchcs,Bapiclmes amp;nbsp;Mariages le Roy accorde^ affine vn lieu en chafque Prouince du Royaume.
Plufieu|^sGcntilshomcs amp;nbsp;autres perfonnes Proteffantes aians eu comunicationdcccsArU' clesidcfpechercnt gens pour aller en Court vers les Ambaffadeurs amp;nbsp;apres les auoir ment temcrcicz de leur bonne volôté entiers leurs Eglifèsdeur remôftrer quelqueschofesliâ* les Articles qu'ils trcuuoici defedf ueux,incômodcsamp;dômageablesen quelques endroits®)' aiant pas vn feul que le 7. quâils effimaflent eftic en leur faueur.Partât les fupplioictdâeftin'®' q corne le foin quâils ont de leurs freres amp;de la Fiâce: leur failbit penfer de plus prez à cesAi tides. Auflî ils prioient les Ambafîadeurs de bien confiderereequi eftoit expédiant ,depei® quâen voulant proffiter aux Eghfcs Françoilêsdlshe leur nuiffènt grandemét.Ces remôftrâc®* R ecuefte clfinger dâauis aux Ambafîadeurs corne il appert par leur Requefte que nous auonsÆ desAmbada cy inferéc, félon que par cy deuant elle à erté traduite du latin.
dents de Po R^y Trcflchreftien amp;nbsp;Seigneur tref clemat. Aiant par la grace de Dieu depefehe nosaffait^ Rôy de Frâ- uucc nofire Serenilfime efleuEt eftant déchargez du principal de noftre Legatiomnous fed' fions tref volôtiers repofez pour le moins quelque téps,finon que la côjondion maintcnäie ftablie entre les 2.plus puifûns Roiaumes de tous afcauoir Franccamp; Pologne,aufli gradeq®* celle que nature a mis entre vofire MajeftéSe voftre frerenofire Serenifîime efleu : nous ciift fait auec lelbuci que nous auons des affaires de noftre Paix,pêfer aufli amp;nbsp;nous fôuciero® lâEftat de Frâce en ce qui côccrne noftre côcorde ciuille ôcPaix ferme des vus auec lesautres« Outre laquelle conjonôlioà il y a quelques trcfgrâdes ôlt; trefimportâtes caufês quinousont®' menez a ce deuoir.Nous principallemct qui fômes de la religio rcformée,dâvfcr defuplicatio Si intercclfiô entiers voftre Majeftc.Que fi quelquâvn pêfè que nousaiôs entrepris celaniab propos ou fâs neceflîté:il faut quâvn tel home côfeflè que la cójonófióS«:amitié de fes 2.Roiau mes luy deplaift:amp; quâil nâétêd point quelle à efte noftre intétiô quat nous auôs efleu noftr® fereniffime Roy. 11 eft certain,quc nous amp;nbsp;tous ceux qui auec vn droit jugement font a®®' dionnez à la Pologne : auons principallcment regardé amp;nbsp;cerché fur tout dâeflire vn bon Ruy
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Et qui fcuft pour le bien dâvn trelpuiflà nt Roiaume. Et qui eftant conjoint par fi eftroite amine amp;nbsp;alliance auec la Pollogne : entiraft honneur, obeyflà nce ,coniêilamp;:iècours :pourueu que luy de lôn cofté mutuellement îaidaft amp;!. maintint félon que les occafîons le requeroyent. Sur cela nous auonsefleu noftrcÃranilïîme Roy. En quoy faifâns nous nâaurons pas appai-Ãcomme ileuft eftéà defirernos anciens amp;nbsp;tres-puifians eqpemis. Au contraire nous a-uonsefmeuamp;ofFencétoutouuertement nos voifins. Les demandes amp;nbsp;Requeftcs defquels ne furent accordées par les voix dâEftatsde Pologne. Or auant que nous principallement qui fommes de la Rehgion Reformée en Pologne; fulfions dâauis de bailler le Royaume au freie de voftre Majefté : dâautant que nous ne pouuions efperer obtenir ce qui nous auoit induit de feflire entre tous autres, finon que la France recouuraft fà premiere puifïà nce, grandeur, ncheflè amp;nbsp;fplandcur : Nous auons eflé dâauis dâemployer tout noftre trauail à ce que pirnoftreinterceflîon Sii. affédion trefgrande plaine de pieté amp;nbsp;fidelité enuers la France : les guerres Ciuilles qui par tant dâannées ont fi fort endômagé voftre Royaume, feuflént abollies pour jamais à conditions commodes amp;par vne Paix ferme amp;nbsp;fiable autant auantageufe pourfvn que pour fantre party. Lequel poind pour cefle caufé à eflé fôigncufément trai-étcauec lâEiiefquede Vallenceamp;le Sieur de Lanfâc AmbafTadeurs de voftre Majeflc. Et derechef efl ramentu maintenant de tant plus grande afFcdion,que la mefme differance amp;nbsp;di-uetfitc dâopinions touchant la Religion, efl furuenuë en voftre Royaume comme enPolo-j gne. Outoutesfois la Paix publicque amp;nbsp;commune tranquilité à eflé conferuée : par.ee que noz Roys Sereniffimes amp;nbsp;de fainte mémoire Sigifinond tant premier que fécond, ont donné liberté de confeience a chacun. Laquelle auffi nous efperons que noftre Sereniffime efleu, nous maintiendra .Mefmement fi voftre Majeflc luy monflre vu exemple imitablepour re-â gnerpaifiblement. Pourceflecaufe nous eflimons que tout.ee quevoftre Majeflc ordonnerai eftablira au Royaume de France : aura grand poix enuers noftre Sereniffime -eflcu y pour fiirc quâil encline dâvn cofta ou dâautre. Et félon cela neceflairement nous aiions efpc-wnceoù crainte des affaires de noftre pays. Outre ces grandes caufésefquelleslelalut de lâEftaldedeux fi puiffan^Royaumes confifle : il y a auffi la conjondionÃc amitié quô nous auons auec ceux qui portent le nom deChreftien. Car qui.efl celuy ftlnâeft ennemy du nomdc.Ghrifl, qui nâayt regret amp;nbsp;ne fort fafchéjufques au bout, les voir fentte defehirer amp;entretuer, pendant que la force amp;nbsp;le courage croift aux Nations cfuelles amp;nbsp;du tout'; en-neraysdu non Chreflien ? Nous conjoignons aufli à ces caufes les Rcqueftes de beaucoup de Princes dâAllemagne amp;nbsp;les lâarmes de tant de milliers de perfonnes qui ehâaffi^ de leur paysfonten Allemagne,Suyfïé amp;nbsp;autres lieux:lefquelles ayant eflimé quenoftre interceffion vaudroitbeaucoup en ce temps enuers voftre Majefté: nâont cefféen prefénee quant elles nous ont rancontrées : amp;nbsp;par lettres de nous prier amp;nbsp;fupplier dâemploier toute la faneur amp;nbsp;creditqueDiEvparfâpuifïà nce amp;nbsp;grace nous donneroit. Tans enuers voftre Majefté que noftreSereniffime efleu,acequâil y ayt Paix en France. Et que les innocens amp;nbsp;affligez foiënt foulagez Parquoy lâefgard que nous auons au Royaume de Pologne, lequel nous defifoni eftre tr ef^fiblepar vne tranfquilité ciuille efl tresferme par û fôcieté amp;nbsp;conjonétifm auec le Royaume de France -: amp;nbsp;en toutes fortes le vouloir florir amp;nbsp;abonder en gloire ócnonneur: fattçntçamp;lâefperanccquenous auons de noftre Sereniffime eflcu, laquelle cornme nousa-üons monûré nous conceuons de lâEftat du Royaume de France qui efl lé pays de là naiffà n-ccî,finalement la conjonrftion de lâvnamp;de lâautre Royaume: la pitié amp;nbsp;les'Requeftesdè ceux aufquels nous nâauons peu ne deu rcfufér ce que nous poj^ions en tell endroit:font'que nous fuppliôs voftre Majefté par cell eferit, que félô là Royalle ciemêcC amp;nbsp;bénignité enuers les fiés: il luy plaifepourucoir amp;nbsp;remedier à vne fi lôgue amp;nbsp;grande calamité dâarmes ciuilles parytje-equitable amp;nbsp;trcsfermePaix.Et côbié quâau mois de May dernier quât nous ellions en Pologne pour auifer fur noftre Sereniffime ellcu:nous aiôsfuffilâmét traitté de ceft affaire auec les Sieurs de Vallcce amp;nbsp;de Lâlà c Ambaffa. de vÃftreiMajeflé.Et que mefme nous aiós couché par Articles quelques moiens commodes de Paciffication, lefquels ils ont jurez par parolles exprelfes au nom, amp;nbsp;en la foy de voftre Majefté . Toutesfois à Caufe de la grâdeur des affaires du Royaume de Polongne: à caufe auffi que nous ignorions les chofés necefïà ires pourla grande diflancc des lieux amp;nbsp;les bruits qui font communément faux : pouttantauffiqueles Ambaflà deurs de voftre Majefté difôyent ne pouuoir donner tout ce que nous leur deman-
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dions : Alors amp;nbsp;pourtant noüs rcmettoyent au temps que nous ferions en France pour obtc nir le rcftc de voftreMajefté. Voyans aufîi auec noftre grand regret amp;nbsp;efionnement que les poinds amp;nbsp;Articles quâon nous à jurez nâont efté accordez à ceux de la Religion. Et apper-ceuans finalement que cela fait que peu de gehs jouyflont Ãi bien de la Paix en voitre Roy aume : Et que ceux là meime jufquels on laaccordce, fè pleignent pour eftre gteuez Seoy preflez de conditions trefdutes amp;nbsp;trefpefantes. Et que celle Paix femble auoir fi peu d'equi'« amp;nbsp;fermeté que rien plus. Pour cescaulès nous confians en la clcmance amp;nbsp;faueurdevoftre Majeftc entiers nous : Auons trotiué bon dâex pofer de rechef amp;nbsp;plus amplement à voftreM^' jefté, lesmoiens lefquelseftansellablisamp;conlerucz : 11 Içmble non feulement à nous, mais
⢠à plufieurs dâAllemagne bien affedionnez à la France ; Et à quiconque pefe lâaffaire comin^ il faut J amp;en toute fincereté; quâon peut auoir vne Paix allcuréeSc remettre voftreR®)' aume en la dignité, grandeur amp;nbsp;fplandeur quia tant efté renommée par tout le fflondCâ dfmam dequot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;premier lieu fon feait que le moyen pour paruenir a vne tres-ferme Paciffication eft, quâ^
Paix, conditions fon apperçoiue vne égalité câeft à dire quâon ayt efgard autant que faire I« peut, que îvne nây lâautre partie nefoit greuée :*Ainsfoitelgallcment relpedéc. LcsplâS puilïântcs Si Excellantes Nations ont fiiyui celle elgalité . Nomméement les RomainS) quant ils ont communicqué à ceux mclmcs de leurs ennemys quâils auoyent vaineuZj tous droids Si preuillegcs comme Mariages, habitations à Rome, jouylfance des coiâ; moditez dâicelle : amp;nbsp;ce dâautant qu'ils voyoient que celle Paix elloyt la meilleure qâ* auoit en Iby plus dequité: amp;nbsp;quâau contraire celle qui chargeoit Si greuoitlâvnedesp®' des nâelloit jamais de longue durée nây melmc prolfitable au vidorieux. Pour cellecaU' le nous fupplions autant que fe peut faire amp;nbsp;deuant D i ev, vollre Majellé TrcsXhff' j ftienne, par celle fienne faneur amp;nbsp;grace que nous expérimentons journellement tres-eX* prelle entiers nous, pour la conlèruation amp;feurcté de fon Royaume :amp; de celuy de fon frere:par la là uueté du nom Chrefticn; Et communion qui cil entre nous tous, q®â luy plailê entendre amp;nbsp;applicquer faRoyalle clemenccà appailer^es pernicieufes conte«' tiens Si combats dâArmes ciuiles par quelques conditions équitables , Si cfgalei«^'â^ j Edits de lan commodcs aux deux parties. Or il appert par deux Edits principallement, alfauoir uierdâAouft celuy de lanuier amp;nbsp;par celuy qui depuis fut fait au mois d'Aoull: que vollre Majefténdt pasffopelloigncedela. Et quand à cell Edid du mois dâAoull, combien quâil foit llraind que celuy de lanuier: Toutesfois il cil ailé à conjedurer par les deux ans quâil® efté entrg^enu : Et par lâadmirable vnion amp;nbsp;conjondion des cÅurs de ceux de Ãvncamp;^ । lautre Religion qui croiflbit de jour à autre: Combien fcimc Si durable tranquilité« euft peu apportera la France. Parquoy puis que vollre Majellé connoift clairement p^' experiance Si par effeds : les commoditez Si proffids de ce troifiéme Edit de PaciÃic^' tion : Nous fupplions au nom de D i e v, que vollre Maj efté le veille conlcrucramp;rete«â fur tout ce que nouselpcrons que vollre Majellé fera tant pluftoll, que ce troificme Editai â lié fait Ãc publié vollre Majellé eftant ja de plus grand aage : ayant vn jugement plus certain । vne volonté plus.libre,que quand les autres auoient efté faits:Melmes il à elle declairé pat p®â rolles plus füntes Si plus folemnellcs : tellement quâil ny a en celuy aucune exeufe quâo® puiflè prandre fur voftre aage. Et pourtantfileftoit aucunement diminué ou enfrainf,ce» ' touche non feulement à fEftat de la France, mais aulfi à la reputation de vollre Majellé, à â foy Si honneur tant enuers les hommes de noftre temps, que de ceux qui viendront cyaprf' I Quand nous auons leü cell gdit Si ces mots concenuz en iceluy. Afçauoir quâil fera petp«' tuel amp;nbsp;ircuocable: Et nous nous fouuenons quâil à efté confirmé par ferment expres: nous
. pourrions jamais eftre induits à penfer que voftre Majellé le voulull aucunement altérer u« effaccr.Et toutesfois nous voions auec vu extreme regret, quâil eft rompu par effet. Sansq«^ , nous en puiffions trouuer aucune caufe. Nây fçauoir commant cela à efté licite : Car encoi^ | que ces pcrfbnnages les principaux de la Religion reformée,euffent forfait en quelque clx*â certainement il ny a nulle raifonSe nul droit de punir les fautes de quelque petit nombre ® I particuliers fur tous vniuerfèllement. Et que les inôcens en foyent incommodez Si Voire mefîne que le Roiaume en fouffre. Et nâa on peu dâefroger à cell Edit par les ordo« nances liiiuantes : veu quâau quarante troifiéme Article dâiceluy, il eft expreffement nommément dit : Que ce qui feroit ordonné puis apres au prejudice dâiceluy : ne dâauc«â'
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daucune valeur.Aufli ne difós nous pas quâil fôit encotcs diredemet rôpu par à ucùh Edit de VoftreMajefté. Au contraire en la declaration du malTacre de Paris imprimé le vint huitième â d Aouft:voftre Majeftc declaire hautSc clair quâelle ne veut pour cela qui cfloit auenu, rem â gticr aucune chofe de fou Edit. Mais quâelle entend le conferueramp; maintenir. Ce quâil pla/é à voftreMajeftéoblêrueramp;nelôulFrirquerienylôitalteréamp; itimpu contre là tant lâinôie'amp;lt; expreflepromellè: Et contre la tranquilité amp;nbsp;proffit delbn Roiaume: mais quâelle le retabhile amp;ei«retienne:Câeft là le point principal denoftre fupplication ôlt; dequoy nous requcrf,ns cresjnllammcnt voftrc Majefté.Dauantage pource quâil ne le peut faire que la mort de tant de pcdbnnesnâaye apporté vn grand changcmcntSc brouilis affaires : Nous auons a ffipplier vo-ftreMajefté de certaines chofes en eipecial, ce que nousfaifons le plus humblement quâil * nouseftpoffible.Que comme elle abolift par le fécond Article du troifiéme edit,la mémoire detoutes injures amp;nbsp;offences paffées,ûns que jamais il y en ait recerché pourfauenir. Et que fcmblablement elle le permet en refpondant à noftre féconde demande ; Auffiellepuriiffc iü-ftementamp; feuçrement les crimes perpétrez hors delà guerre contre vosEdits par la mefehan-feté de quelques particuliers.Comme noiiÃauonsentenduquâonà commis beaucoup dâhorP bles cas tant fur les corps que furies biens de grand nombre de ponies inocens amp;nbsp;femmes en faintesamp;de pen'senfans*Câefte requefte fondée en équité amp;nbsp;juftice eft plus que neceffaireide pcurqiie la guerre ne Ibitvne couuerrure amp;nbsp;cachette pour brigander au lieu quâon à accou-ilumédâentreprandre la guerre principallement pour empefeher les brigandages. Laquelle chofe nous ayant efte promilé par les Ambalïà deurs de voftre Majefté qui fen font fait fortsî niefmes lâont jurée comme appert par le foptiéme Article de noz demandes: Nous nous aE Teutons du tout quâon ne la voudra point obmettre . Outre plus comme il à efté fait en toutes les paciffications paflees, Et comme il nous à éfté promis au quatrième Article de noz demandes'. Que vo/lre Majeftérefeinde tousles jugemens dâEdits ôcArreftsfaits depuis le vint-quatriéme dâAouft mil cinq cens léptante deux. Et poUriloye à fhonncftc mémoire de ceux qui font morts ; o^ bien à ceux contre Iclquels tous jugemens auroyentefté faits. Ou bien que bons luges amp;nbsp;non corrompus foyent donnez à leurs heritiers. Ce que nous voyons quâils défirent fur toutes choies; quâils connoilïént les caulés amp;nbsp;en jugent de re-chçf.Veuque ceux qui en ontconneu font déboutez de cela par ÃEdit de Pacification: comme éftant fulpcèts. Et quâauffi ils ont bien monftré ayans jugé des morts ou dez ïbfensfanslesouyr.Nâayantmelme donne audianceà aucun de leurs parés ou procureurs qui deffendilïènt lesaccufcz.Auffi que les heritiers de ceux qui ont eftéoccis en ce mafiècre faiéf a Paris amp;nbsp;en plufieurs autres lieux de France eftans remis en leur entier: Nonléulcment leurs meubles amp;nbsp;immeubles leur foyent renduz: Mais auffi yplailé à voftre Majefté ordonner, que le pris amp;nbsp;valleurdes Eftats quâils auroyent, câeft à dire autant que chalque Eftatouofficeà accouftumé dâeftre vandu,leur foitreftitué. Que ceux qui font bannis de France à caufe de la Religion : où qui effrayez des maflâcres fen font retirez : y puiftént feurement librement reuenir amp;nbsp;rentrer en leurs biens, honneurs amp;nbsp;offices. Comme par cy deuant il à efté arrefté par le vint-fixiéme Article du troifiéme Edit amp;nbsp;felon q^^âil nous à eftépromisà noftrefîxiémc demande. (Quâil foit permis à ceux qui le voudront retirer de France: vendre leurs biens, en dilpoferà leur plaifir amp;nbsp;emporter le pris dâiceux hors du Royaume. Sâils ayment mieux ne les vendre point amp;nbsp;en rcccuoir lereuenu tousles ans, que cela leur foit permis là ns aucune fraude .Dauantage quâils puiftént librement retourner en France quad bon leur lémblera pour y demeurer: pourueu qi^ils ne lé feuftént retirez vers lesennemis déclarez du Royaume, comme il à efté requis par le lécond Article de noz demandes. Qifà ceux qui apres le maftà cre eftans induiâspar menaces, par cruauté, par ferment ou par quelque autre moien : ont abjuré la Religion de laquelle ils faifoyent profefi lion : Soit permis là ns dommage nylà ns fraude comme deuant Jeur forment, retourner à leur premiere Religion amp;nbsp;jouir de leurs premiers preuilleges qui Icut font permis par le troi-fiéme Ediâ . Que toutes les villes amp;nbsp;places tenues aujourdâhuy par ceux de la Religion fefformée, ou lefquelles ont pofé leurs armçs apres la Pacifficarion de la Rochelleiou qui ont cuîcxercice de la Religion par le j. Edit : lâaient cy apres fomblablement. Et quâen chafque Bailliage foient affignez lieux pour fexercice de la Religion , corne il eft ordonné par le tro;-'
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Odobre.
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Argentdtu auxReittes.
'* fiéme Edir. Et pour öfter tout fôupçon,quâil plaifc à voftre Majefteaccorder aux villes amp;nbsp;ces que tiennent ceux de la Religion3amp; aufquelles le libre exercice de la Religion, à eftépc'quot; mis par le troifiéme Edit: quâelles n'aient cy apres aucune Garnifon. Ains jouyflènt de bââ anciens 8c nouueaux preuillegesjlibertez amp;nbsp;inmunitez. Dautant aufli que les villes ont tant endommagées,amp; que pUifieurs Gentilshommes amp;nbsp;gens de tous Eftats faifans profeflioâ de la Religion, ont efté maftà crez. Et que prefque tous les biens dés furuiuans dont lapb part à quitte la Religion, ont efté pillez : quâil plaife à voftre Majefté, les ab(budreamp; de fargent deu au Reines. Car aufli ceux qui font proicHion de la Religion reformée dib' quâils ne font pas obligez en leur propre nom auxReytres.Etqueccux quifeftoientoblb^ particulièrement,ont efté tuczencemaftà crcde Paris. Que loutesfois auparaiiantjilsnûquot;' point rcfuzé deaider à faire lefdits deniers.Mefmes difentfy eftreemploiez amp;nbsp;auoir faitpo^r
Sanccrrc.
Princelle dâOreoge
Comteffe dâEntrcmôc veu'uc de lâAmi, al.
Enfans de lâAmiral
paier cefte dctte,vne bonne femme de laquelle foixante mil efcuz ont efté pillez par my calamité auenuë à Pans-Et que ceux qui auoient charge de ceft argent, mcontinant quâilb rcceu: font maintenant comptables du refte en la chambre des comptes. Or nâcftimentilp^® eftre equitable quâvne mefmechofe leurfoit deffiandée deux fois. Finalement dâautantf^ Sancerre à efté rudemét aflîegécôc receuë à trefdures cÃditions depuis que les Ambafià dci''â de voftre Majefté ont teceuôc jurénos demandes par lefquelles nous eftoit promis que là en auant, fon ne feroit violence à perfonne pour caufo de la Rcligion:Nousfuplions voüf'â Majefté que félon les promeftés il luy plaife adoucir amp;nbsp;alléger la pcfânteur des conditb* impofées à ceux de Sancerre ôc leur quiter lâamende pecuniere:ou fils en ont paie Icsrecu^' panfér. Ãfter auffi les garnifons de la ville defqucllcs ils doiucnt eftre affranchiz par letroiW' meEdir. Erpannoftre féptiéme demande.
Outre cefte requefte pour ceux de la Religion ces Ambaffodeurs en firent dâautresfc® diuers particuliers de la part dcfquels ils en auoient eftez ftipplicz, Notâment pat Madamoy' fille duDuc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Bourbon jadis Abeffe de louerrc, fille du Duc dcMontpcnficr. Laquelle aiantquH'j
cicr.
dcMontpcn Ihahit, feftoTt retiree en Ãliemagne,chez ÃElcdcur Palatin,ou ellg fut receuë honorable^' amp;nbsp;eft maintenant mariée au Prince dâOrenge* Ce quâils demandoient pour elle cftoit. lt;2£' pleut au Roy faire tant entiers le Duc de Montpenfier: que fà fille euft dequoy fentretenu^^' Ion le rang quelle doit tenir: Eftanf fille dâvn Prince du lang. Ils intercedoientpoiirlaLoâ' tefle dâEntremont veufue de fAmiral:laquelle eftoit detenuë prifoniere à Turin-Erpricreot le Roy de moienner fon eflargiftément enuers leDucdeSauoye. Auec periniifcn enfii Rel^ionpartoutoubon luy lémblcroit, Aufficftant particulièrement priez dehp^'â de ceux^ Chaftillon enfans de 1 Amiral, retirez à féuretté en Suifté : Ils rcmonflrerein^^ Roy quef Amiral auoit efté mafîà crcfâns aucune conoiflance de caufe: amp;nbsp;centre tout HroU cquité.Qif on fauoit aceufé apres fo mort amp;nbsp;condemné fur cela par les luges incompetans recuféz par lettres expreflés du Roy accordées audit Amiral comme criminel delezeMaj®^^' Qije le tout auoit efté fait amp;nbsp;execute fans en faire fcauoirchofé quelconque à fâ veufutujâ fes enfans. Ce qui faifoit penfer que le Roy auoit efté circonuenu en ceft endroit. A ces caU* fés prioient le Roy de nommer les Seigneurs des ligues ou autres Princes amp;nbsp;Grans Scignjâ^ effranges alliez de laCouronne ouautres luges non fufpc(fts,pour reueoir ce procès ral: amp;nbsp;en prononcer la féntence felon la verité.Q^e Charles puifhé defdits Seigneurs defy ftillon detenu à Marféillc:par le commandement du Roy fut mis en libertéamp; renuoiéafeso* freres ou autres prochains parans. Dauantage quâil pleuft au Roy moienner vers le Duc Sauoyc que lefdits de Chaf^llonpeuffent jouir des biens quâils ont en fes pais, attendu qii leur Pereny eux ne font jamais offence. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Les Articles demandez pour ceux de la Religion en general amp;nbsp;pour fés particuliersâ choiët aucuns du Conféil qui euffent bien voulu que les Ambaflà dcurs Polonois fê feu' contentez de negoticr auec leur Roy.Toutesfoisde peur de plus grand inconueniant: on promit de les contenter.Et particulièrement a quelques vns defdits Ambaflà deurs que les jets de la Religion feront plus doucement traitez. Et quâil donneroit contentement à cnaci^ comme la Roine Mere leur en donnoit bon efpoir. Ainfi donc on remit les Ambaffadeurs Mets amp;nbsp;les affeura on quâils verroient là , combien le Roy les refpeétoit.
E N cefte faifon amp;nbsp;pendant la continué des réitérées magniffifances qui furent dreuccs plulîeurs endroits,MefÃTicment a Paris en faueur des Polonois:fe dreffoient les preparau s
Voiage du Roy de Pologne.
LIVRE TRENTESIXIEMB
voiagc duRoy de PoIognc.Lcquel au commancemétdConlêillé dâallcr par mer pour ncfexpo-fer à la mercy de plufieurs Allcmans de Religion Ptöteftante qui dâailleurs haioiént ex treme-ment le François:pour les meurtres faits fur leurs frétés par toute la France:occäfiönna le Roy deuoieren Angleterre .Partie pour fup pli er la Roinc de faüórilêr ce fièn dëflein amp;nbsp;îalTifter de quelques vns des plus commodes vaifleaux quâelleeuRpoar coduire fon frère jufques en ^onRoiaume.LâAmbalfadeur honnorablementrecuilly,'eut'pour cxculè qü^elle ne pouuoic clloigner fes Nauircs des colles de Ion Roiaume infulaire:duqiiel il s font amp;nbsp;ont tousjours ellé ^3plusfeureamp; plus prompte defence qu'elle y pouuoit auoir.Ioint quâelle Içauoit la haine de
Ipagnol contre lès pais rcllcjqu'aulfi toll quâil la Icntiroir dégarnie de fes forces il y atente-ââ oitvnedefcentcpouryfairelepisdelbnpouuoir. Ainfi retourné on mit en deliberation de * fy faire porter fur les meilleurs Nauires de France. Mais le tout fut rompu par Janouuelle refolutiondây aller par terre:fur felpoir queluy prometoit lEmpereur èc quelques autres Princes qui daiHem-s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;adoucir lâaigreur de ceux de foy contraire. Tellement que lur le
mois d Oôtobre,il part accompagné de grand nombre de Seigneurs, Gentilshommes, Capi-taincsamp;autres quâil aimoit le plusiEt deftfLiels il efperoit tirer plus de feriiïce.LailTant les Pro pan. tellans aulTi joyeux de labfence de tant dâennemis quâil enmenoitrque lesCat-holiques Ecclc- îtt '3ftiques mefmement,fè montroient fafehez de îelloigncmct dâvn tel Prince quâils ellimoiét
appui amp;nbsp;heureulè deffance contre leurs auerfaires.Le Roy amp;nbsp;la Roinc fa Mere le côndui â¢â ent jufquesaux frontières duRoiaume.-Où le Roy lèntit fon mal tellement rengregcr,quâil fut contraint dây atendre la fin de là malladic comme vous entendrez ailleurs.
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-ocr page 404-\-L nbsp;nbsp;iV-X:-- IVl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X IV r;
r-i jift; 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 . . . . : â¢
-,;;;E)tiâ.Trentefeptiéme Liure.
t/i T^'T E V ^jottsattoir reprefentéles different que let Catholiques ProtefletM^'^ââââ' qui tes premiers poferiiteni les dîmes: auec les rat fins alléguées d'ttne part nbsp;nbsp;d'autre: tl met leit'^^
fions Iquftjes Proteflans j4lHgucnt pour les troubles de l'an mil cinq cens fieptante quatre: eX* lejplasntesffi.ratjons contraires des Catholiques. Occafions que les Catholiques malcontem *r gt;â induire t^ddonfieur à Jartir de. Court Cf prandre les adr mes. lt;i..^n'embl(e d'EÃats Generaux ^etiff
auoi lypour induire ^Jddonfieur à fiartirfie.^ Court Cf prandre les adr mes. zH^JJ'emblèe dâEfiats Generaux dee. Ueffeins de la Haye Lieutenant de Poitou fies portement. Ocrafiiontpar lefiquellet les Catholiques tens fie difient fiorceza prandre les armes pour la refiormat ion de lâSfitat .Enutfiions malcontentemera en chelle. Snrrepririfies pouVfiurprandre la ipochelle défie ouuertes plufiieurs tant habitant natureifique fiîlt;^'^â refitgiefi^pnfionntert puit executetfii mort. Lffauiret amp;nbsp;âTiratet det Catholiques pris à la âl^ochelle é tes Chefi executes.. Lettres du quot;jp^y auxE^chellois defiauouanttout çy- mofirant qu'il ne demande que l'entretiedeÃne^^' Ãeufine ordone à la âEpchelle. La Lff oue autres vot aux 'E^chelloit,pour lesperfitader entrer en Ligxet»*^'' ^ iproteflans nbsp;nbsp;Catholiques vnis.K^aifions des Epchellois pour ne prandre les armes. .^ffociationdetâlR^etett^'^
auec les Conficdere'fiiyr mal contans.Ereparaitfis fiortifications de la quot;Epchelle. declaration protfÃaiieigt;gt;'â ProteÃans eif Catholiques afifiociez.EntreprinÃes des fialtens epr Lffagnols tenant Lunet,contre lesLures è ret du payt. Let Vénitiens malcontens du Pape poy d'Effagne, qttt ne leur ai dent, fient Paix auec le leurs affocicz fiont bienfiaficheL^ Tunes eîr la Goullete offiegees,battues affailüet nbsp;nbsp;en fin prinfies ^razéesff
Turcs.Le \oy efient amp;nbsp;enuotefiaint Sulpice autres auxPjichc Ilots pour leur deperjuader la Guerre./egt;ii'â'âl ponce. Le Comte de Montgommery retiré aux Ltles deÃrenezay, egt; filicitépar les malcontens, de/cenden^^'' mandie nbsp;nbsp;fiesportemens. Diuers lugemens fiùr les defiems du Lientenat General de Poitou. EntreprifiesdesPâ'^'
te/ians dâentêter ALonfieur deCourt eflant a S. Gerrr.ain en Laye.Fuitte de la Court alandenant des ProteÃans ©- Catholiques Tnis en la reprifides armes. Declaration de zFl/onfiieur e/f duTljiy de NnvXi'^ (pim eficlairey que deuant,) de riauoir aucune intelligence auec ces entrepreneurs. Le.i zPk arc fit baux de morency cr de Coffé, perfiadez en fin d'aller en Court, j; fint empr'ifinnez. Le Cemte de Coconas, la Mole tres pnfionniers interrogez,gehennezffont executezà mort par an eà de Pari emit de Paris.Plufiieursqintteoi^ Court. Fontenay le Conte,Lufitgnan, Tons, Trouage plvfieurs autres places de Toitou,Satntonge à 'voefimsfiurprtnfis au jour du zFhîardy gras par lesConfiedere'^fiurles Catholiques.LaLffoue decalamCenerdi'^ trouppes en attendant un plus grand fi met aux champs pour aÃembler le pim defiorces qu'il peut done ordre à tout.Putste retire à la'Ãochelle,pour s'aficurcr des Ppchellois e/r les confiorterenfiipètis commencemensd'oriejj haute eutreprifie. Tuis pouruoit aux Isles (ÿ- quartiers uoifitns. ATotens que ùnt le Ifiypour drefier armée tà pre coup aux deffeins des malcontës.Brouage, fiô origine fia reprefietatio^cômoditez.PreparatiJ\^à faire lapitm fiùr mer. Capitaines Lipchellois, courent toutes les mers ^font degras buttn.i a la caufi.Hormans e/rleurs voifim s'arment fions le Comte de Alontgommery (fi leurs exploits: contre lefiquell^AIattgncndrefifie armée Catheliqxl' 'xn^re s'emploie courageufiementpourla paix Generalie: (fi particulièrement pour la reconciliatimil fies enfièins. On drefije ce pendant trois^mèes Cathohques contre les ProteÃans (fi afifioaez. Le Duc de SLontpiir filer en Poitou. zMiatignon en Lfiormandie, (fi leTrince Dauphin en Dauphiné (fi Lagmdo auec les cxpldn de ces armées. Saint L», Damfion, Carentan (fi autres places Hoimandes afifi:egécs,batiucs (fi prifisfiur le Cette te de zFlLontgommery (fi Colombieres par Matignon auec la mort de ces Chefs. L'alemond. en Poitou afftegé, btt' tu (fipris a compefiitton fur les ProteÃans. Fontenay le Comte (fi(à reprefit ntation affegé, battu,mais enuai/mf-fà illy par le Duc de izSiJontpenfiter^ui leue Ãn armée dedeuat. Lettres du T^y aux Gouverneurs de fies Pmuitt ces pour maintenir fies fiujets en Paix. Ennuy (fi maliadie du Ll.py qui efient derechef aux Gouverneurs poiirlu affurer de fion mal (fi autorifierfia mere en fia regence du, Ifioyaume. zFL ort du. nbsp;nbsp;oy Charles, fon naturel, fier,ex
ercice, fies uertu s,obfieques,pompe (fi enterremés desTpys deFrance.avec ta fiai me des cor.ucis (fi ordre de /efiet-redes conuoieurs, pendant le Ãruice aux funérailles d'tceux. (f verre entre les Valaques pour le Gomernimei'.i: a.h'cuns defiquels apelent les Zofaqves Polcr.oiâ,les autresliTurca leuraide,lafin (fiehefiesplus memorabltié'.'
---------- nil. »I. ^K^t^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JtfH^ i.r.CJt.^ l^lJî.y Uii7fH3rfiUl(if*â l celle,^. Henry T^oy de T^ologne c.uoitêfuccejjenr legitime (^Icgh-u p oche ettt âjR^ynt. m.c de I rdce. Lettres de| gence ùe la'JRoyne mere. ALoietts qu'elle tint pour femiettxauteriÃr en la T^y^tr.ce. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
LIVRE TRENTESEPTIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;200. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,*
OUS auez veu comnie, amp;nbsp;à quelles conditions la Paix fut fâite.Et que ncantinoins la oifFercns i pluspart des Proteftans ne vouloient polêr les armes,notammant ceux de Languedo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pai*
amp; pays vÅfinsjdelquels vous aues veu les raifons cy dellùs. Ce que plufieurs toutes* roiUcs'at* fois tantConfederez que Chatoliques amp;c eftrangiers troüuoientallez cru.Et melmç mesiesprc-ment les Catholiques qui dilbient le Roy feftre mis en tout devoir debon Prince,voire de pc- i^s^raifoâ re tresamiable à fes fuje ts.En ce melmemét quâil leur à donne la Paix,au temps quâil en auoi- alléguées dâ entpliis amp;nbsp;luy moins de bclôin â¢. comme eftans fur lôn auantaige en toutes choies. Eux au re- dquot;autre? hours au pis quâil leur full auenu,fils eullènt ellé de plus prez amp;plus opiniallrement pourfui uiz.Que câeftoit bien loin de quitter premiers les armes lelonle deuoir de tout lujet : quâau contraire ils les retiennent amp;nbsp;manient encor apres que le Roy à pole les fiennes.Ceux au cou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
trairerefpondoient en publicamp;particulier par parollesamp;dilcours imprimez.Qu'ils ne failôiét rien quâauec tourte juftice amp;nbsp;ration, dâautant plus euidente, que la necellîténe les y prelïoit moins que jamais.SâalTeurans que comme la langue exprime le plus fouuent le rebours de ce que le cÅur penlè-.Aulîi que les dclïèin^atholiques ne font moins drelïèz contre eux que lî lesArmées marchoient en câpaigne pour l«ur ruync.Ils nâont que trop de moyens à leur nuy-re difoient ils,Gns jetter trouppes armées fur leurs Prouinccs.Lâon ne le doit moins garder amp;nbsp;moins eftimer ennemy celuy qui combat â couuert amp;par voyes recelées,que celuy qui marche la telle leiiée pour auoir la fin de les aducrlâires.LeRoy,dilênt ils,nous promet beaucoup. Mats détourné dâefièéluer là bonté naturelle en nollre endroit, par lès mau uais Conleilliers capitaux ennemis de nollre party amp;nbsp;Religionmous ne fentons que le vent dçlês promellès.ll cft nollre Roymous luy fômes fujets amp;nbsp;fçauons,quel ell nollre deuoir enuers là Majellé.Mais aufli ledeuons nous délirer plusfauorable enuers nous.Or les Roys, quand ils font bons font Roys femt appellezPcres du peuple,amp; par confequent ils doiucnt traitter leurs fujets comme enfans. Et la Loy qui donnoit aux maillres puilïà ncede vyeamp;demortfur les efclaues, qui depuis fut fortmoderéeparlesEmpereursmâeutoncques lieu fur les enfans.Dôt appert quâen ce cas,ilcll beaucoup plus permis aux enfans,quâaux efclaues.Et plus requis des Peres, que des maillres. EHâr chofetoute alfeurée que les fu jets doiuent ellre tenus en autre râg que dâefclaues.Qiuel fera donc îolfice dâvn pere en cell endroit?D âvn pere dis -jeffainfi le faut nommer)que les en-fans de la bonté defquels il a fi fouuent mal vfé, ne redoutent pas lins grande occafîon, voiâs leursfteres tout frefehement morts deuant leurs yeux. Seracefeullementdeleur monllrer bon vilà ige,de leur parler doucemêt dâvne paix,de leur montrer la main?Mais quand ils la voi entarmée dâvn glatue tout là nglât?Quand ils levoiét euuironné de ceux qui les onj^tuezamp;de leurs plus grâds ennemis?Mais quad ils fçauétque luy mefme à cômandé puis auoué tous les ' o ⢠meunrcsæll il poffible quâils le puilTent reputer aucunemét pere?Et quad bié ils lêroiét fi foz nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;? \
pourront ils bien haulTer leurs yeux pour luy comtcmpler le vilâige ou prédre garde à ce qu' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ââ
il dtóQue fera donc vn bon pere pour oller ceux de delèfpoir quâil deuil traitter ainfî quâen- . /',, fansamp;pour les garder fil pourfuit de le précipiter tout outre?il jettera pour le moins fon elpée.
Il lailTera toutes lés armes bas:il fera retirer ceux de qui il le melfie.Il calïèra lèsSatellitesamp;cô* dcmiiera tous leurs forfaits.Lors fapprochant dé,fesenfans,il les confolera de parollesjes défi chargera de toute crainte amp;nbsp;leur tendra fa main plus doulce. Alors il ne faut paraudhture pas doutef-quâils ne fatcndriirent,quâils ne fondent en îarmesamp; ne le jetent comme à lès pieds:fils lônt vne fois alfeurez que ces façons luy procèdent du bon du cÅur. Que fi Ion dit quâil y va de la réputation dâvn Roy de faire le femblablc: nous reljxondons quâil nâell donc pas honorable à ceRoy la de porter tiltre de pere de fon peuple. Veu que les filtres le dônent pour f effeél ⢠cell effeél conuient à ce nom la. Entre deux côbatans en v^duel,il y à de thonneur à qui fait quitter les armes a fâ partie.Entre deux Princes a qui contraindra fon ennemi vaincu,défi nue de fes armes,hors de tout elpKgt;ir,de requérir la paix. Car on combat à qui lèra le plus fort amp;nbsp;le plus puilfant. Mais quand entre le pere amp;nbsp;les enfans pour la rigeur extreme du pere on en vient là dhonneur du pere ell achcué de perdre, fil elïà ie de 1à vouloir forcer de leur faire fendre les armes,les pied fur la gorge : de les mener en triomphe liez au derriere de fon char-not.Celuy ell disje vn trop lourd delhôneur de le faire.Câcll lè rendre ignominieux foy mes pourchalTer fa honte à fes defpens.Son honneur cil de le monllrer begnin 5c doux , enclin à pitié,ccrcher tout moien de les regangner amp;nbsp;les retirer du delèfpoir où il les à mis.Et le Prince qui ne fuit celle voie, fouz vn faux prétexté de conlèruer fa reputation : la perd en ce
point,
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point, amp;nbsp;acquiert celle dâvn tiran inhumain. Pourcc auffi quâon penfo que fos fiijets viennent en competence auecluyamp; quâil veut monftrer quâil eft plus fort quâeux. Comme ainfifoii - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâil dâeuft moftrer fil luy eftoit poflible,quâil eft meilleur Prince quâils ne font bons fiijets^
Bnpceima- plus bénin amp;nbsp;dement quâils ne font, obeiflans* Lesbons Princes font eftimezeftrefimaist gcdcDjcu. jje nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en terre. Dieu à quijps hommes font plus tenuz quâaux Roys amp;nbsp;Princes, veutauoit
ceft honneur de nous aimer premier que nous luy. Et ne le pouuons aimer que premier il nousaitaimez.il ne fo courrouce jamais injuftement comme les hommes à toutes heures.b I
toutesfois il ceflè pluftoft de nous hayr que nous luy.Dclpouille pluftoft les armes quenoô noftre rebellion. Lâamour eft vne vertu non pctite,amp;naturcllcment veut commencer de pb^ j i^amour. parfait; du vrayPrince vers fos fu jets: de vray Pere vers fos enfans;defcendant pluftoft queroO'
tant.Etlors par vne certaine reflixion, lesenfans commencent à aimer le Pere, les fujetsle Prince: Et comme ceft aux Peres de commencer: auffi eft-ce à eux mefoes de recommen^^* fil fin terrompt amp;nbsp;fil viennent à deffiance de cercher les moiens de les aflurer.Bnefcoud®' j oient ilsiquâon confidere ledroitouîhonneur: Sâil^ft tousjours requis à vn Roy de quitte® les armes premier que fos fujets, à plus forte raifon ieft il rcquisà vn Prince mal confeilléoé®' quel le mieuz traité des Proteftans eft fu jet à mille calomnies amp;nbsp;en hazard de perdrect®* , fois la vie chacun jour.
V 0 Y 1 A les raifons en fomme par lefquelles plufieurs milliers de Proteftants furent*®' uitez non foulement à continuer leur port dâarmes, mais auffi à faire pis quâils nâauoiente®' cores fait: Perfuadez que les Princes ne failà ns grand eftat dâeux:on ne leur fçauroit fairepl®^ de tort,que de leuj vouloir öfter auec la vie, la liberté de leur ame, leurs biens, fommeS)®®'
, . fans amp;nbsp;tout ce que Dieu leur auoit preftéen ce monde: par moiens gauches Scincoflü^ ' quand les aparens amp;nbsp;defoouuerts( quâils eft imoient la force des armes) nây pouuoit rienÃ^'
â nbsp;nbsp;re. Or ne fut ce pas tout,ains comme les hommes faffédionnent aux exemples plus '
très chofos. Voire fe fantaftent aifoment ce qui fo conforme à leur humeur amp;nbsp;pre miete op*®*' on; CCS raifons jointes à celles que jâay difeouruës cy defliis au liure precedent: auedexei®' | plc dâvn aftez bon-hcurqui conduifoirIesdcflcinsdeceuxdeLanguedoamp; peuplescirfo®' uoifins: anima ft fort peu à peu toutesfois, les cÅurs ja vlcercz des autres Confederez'.q®^ ne foirent difficulté de changer leur aifoamp;repos auec lâimagination dâvn plus auantageuxcoæ tentement, que nombre Catholiques mal contens leur perfuaderent en peu de jours. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
le vous ay cy delTus fait voir la Paix faite deuant la Rochelle.Et comme plufieurs,François , nây voule^rent obéir fors les Poiteuins, Saintongeois amp;nbsp;leurs plus proches, quifyalfujeti' Occafion rent par le Confoil desGrans amp;furfelpoir dâvn mieux aucnir. Les clprits des hommesneaU' teftansalîe- moins variables félon les occurrences: auec les impreffioes que plufieurs donnerentà moiD-guent des dres quâcux: furent occafion quâen peu de temps ceux cy formèrent leur malcontentementr cet Edit. Et par confoquent contre îvniuerfolle dilpofition de tout fEftar.Ils faidoient desrai-fonscy deftus alléguées par les Dauphinois, Langucdosamp; leurs voifins: aufquelles ils ajo®' j toient les auertiftemens quâon leur auoit enuoic pour certains jmefmement les plus enchnt^ en la France qui nâauoiét le moien ny la hardieflede faire prefeherny affifter à aucuneafifom-blée fololl la liberté de leur confciencc( que le Roy ncantmoins vouloir maintenir librepal
tout ) aflattöir que Ie Confeil du Roy ne tramoit quâvne autre dcffaite plus fanglante amp;nbsp;ralle que celle delaint Barthelemy. Ce quâils confirmoient par nombre de lettres quâils foient audit efté furprilês: par quelques meurtres fur aucuns particuliers Protcftans:amp; dcfcouuertçsdes entreprifcs fur les places delà Religion: mais fur toutilsinliftoienten^^ queîEditdePaix faifoitfi p*itepartà laparollede Dieu: Que la liberté portée par icelM eûoit vnc pureÃivraic tirânie de côfciêce:laquelle ne peut eftre que fcrue,fi elle nâentcd lapâ-rolle de DâieUjpar la predicatio defon Euangille amp;publique adminiftration de fêsSacrcroeus Dâailleurs le fruid , le bien amp;nbsp;tout îauantage de la Paix eft pour ceux qui opiniâtrement^ font bandez contre lesCôrSmandemens du Roy.Qui plus animeufomcnt porterétlesarm^^ contre les Gatholiques.Et qui premiers voire quafi fouis ont ozé fermer les portes auxLieuK' nans delà Majefté.Au rebours,ceux quiontaflifté ou de quelquechofo fauorifé les CathoH' ques contre les Proteftans: ont du tout cfté oubliez: encores quâon leur promift les mainK' nir en tout exercice de leur Religion.Ceux aulfi lefquels atendans par toute la France en pos, îexccution des Edits faits apres la fâint Banhclemy: qui ne ptometoient que liberté de confeiett^®
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confcicnce que repos aux pcrfonncs, quâafTurancc de biens,eïlacs,honneurs,charges amp;nbsp;dâautres liioiens quâil pouuoicnt auoir : fe voyent par cctc Paix forciez amp;nbsp;priuez de ce quâil efpe-roienr fi juftemeot pour le merite de tobciflà ncc rendue à leurSouuerain,Eftimans donc que les armes eftoient le plus court amp;nbsp;alTurc, du moins plus honnorable moicn dâauoirduRoy ceqiiileurauoit tant de fois promis: arrefterent lors de fe m®:treau hazard amp;nbsp;coucher de leur refte pour fuir le defhôncur dâauoir efté nourris à fengrais affin dâeftre à vn belôincigozi-lez comme porecaux.
Les Catholiques au contraire treuuoientcetc contrauention a lâEdit mcrueilleulement Raifons des cftrange.Premierement pourcc que le Roy li leur auoit donné ceftepaix fans y auoir efté con- , craint amp;nbsp;forcé comâaux autres troubles.Car ny peu de Proteftâs feftoient ozé cfleuer cotre luy «aire. après les matines Parifennes. Et dauantage auoit tellement battu amp;nbsp;affoibly ceux qui (y cf- Paix de toientémancipez : quâil ne leur reftoit que les derniers abois comme la Rochelle, Sancerre amp;nbsp;autres places peuuoicnt tefmoigner. Leur aiant donc, donné la Paix amp;nbsp;au plus dur temps âon forcée-de leurs miferes Se quâil nâen pouuoicnt plus: ils en auoient dâautant plus dâoccafion de croire amp;fairurerqueleRoy SefonConfeil quiIft luyauoitpcrftiadé: vouloitfaireviurcdéformais tous fesfujetsen Paix èc oubly de toutlepafte.Pourcc ne leur reftant plus aucune matière de crainte; leur deuoir eftoit dâvfer de fheur comme il fo prefontoir, fans älterer le repos des autres pour trouucr pis fous felpoir dâauoir mieux. Dauantage comme ceux des Proteftans qui viucnt au milieu de laFrance,defnuée dâexercice deReligion prétendue rcformée:ne peuuent en ce temps rien faire fans f intelligence des Rochellois amp;nbsp;autres plus efloignez qui leur pref tent retraites amp;nbsp;tour autre fecours;ils treuuoient vue grande lîmpleflc aux PÅtcuins,RocheI-loi5,Sainttongeois,Angoulmoi(îns Scautres qui tous jouyflènr à pleine voile du repos de feu-reté ponée par fEdit : de rieninnoucrà lâappetitde ceux la, qui le plaignent non tant pour îaifurancedâauoir mieux: que pour atirer au meftne fac de miforcs ceux cy, dont ils enuient îheurcuiêcondition.Tellement que tant pour tellcs,quâautresconfidcrations pluficurs, rapor Occafions tans le naturel des François, des Seigneurs mefmemenrà fEftat,prc{à nt.- eurent opinion que nombre de grans Catholiques amp;nbsp;autres fafehez que les affaires ne fe conduifoient autrement: contens auoient remué tout cet affaire,curicux dâeffeduer aucuns deffeins propofez au liege de la Ro-chcle.Quemefmcs des ce hege on auoit taché dâanimer vnPrincc à prefonter vne requefte au Roy au nom de plufieurs Catholiques amp;nbsp;des Proteftâs pour paruenir à vne reformation dâEl-iat,auoir raifon des maffâcres,amp; faire rendre comte des finances amp;nbsp;autres affaires quâils difoiét limai mefnagées. Mais le Marefchal de Montmorency, ne fut dâauisquâellefeuf^prefentéc crainte dâofencer leurs Majeftez:luy confoillant de nâentreprendre rienquecequâellesau-roient agréables. Somme que plufieurs Catholiques eflognez de Court amp;nbsp;reculez des faneurs prefentes,auoient animé plufieurs dâvne amp;nbsp;dâautre Religion, pour fatiffaire au mal con-tentemét que plus du tiers deFrancez Ce treuuerent auoir for le maniment de fEftat à ce enhar dis tant pour îabfènce du Roy de Pologne duquel fautorité formidable à tous,auoit jufques 3 lors tenus leurs volonté fulpenduë fiins effet: que pour la maladie du Roy lequel hors du Royaume amp;nbsp;perfecuté dâvne griefue maladie,fombloit ne pouuoir aucunement retarder leurs deffeins. CesCatholiques tant de la Nobleffè, Eglifeâ que du tiers Eftat plufieurs /ois aflèm-blez pour maintenir, difoient-ils, la Police feulement amp;nbsp;conforuation des anciennes Loixde Occafions ceRoyaume,quâils difoient réduit au plus pourcamp;miforableEftat quâil eftoit quafi pofliblede voir:pour eftrc principallemét gouuerné par leCôfeil Scenticrc côduitc des eftrâgers,IesPrin dâaucunsCa ces du fà ngreculles,voire corne captifsamp;vne infinité deGcntilshômes encores réfugiez en pais tLoliqu«, effrange amp;nbsp;priuez non feulement dâaquerir graceaufêruiceou Roy félon quâauoyent fait leurs predecefTeurs: maisauffi comme fpoliez ou du moins empefehez en la jouiflânee de leursbicnsamp;rcucnuz: Les Eftats Sedignitez accrues outre le nombre accouftuméde tout temps: amp;nbsp;qui piseft déferez à perfonnages indignes tant dâextraéfion que dâaucun merite ou vertu qui fuft en.cux:Que neantmoins ils auoient tellement offiffqué fentedement dâaucuns: amp;en forte captiué leConfeil de fa Majefté-.quâil ne voioit que par leurs yeux amp;nbsp;nâoioit que par leurs oreilles.-eftantf impunité de tous maux fi vulgaire: les meurtres amp;nbsp;aflaiffinats fî cômuns queau lieu que ce grand Empire Romain auoit eu fon Fimbria : laFrancc en auoit vn milicr. Que les emprunts, tailles amp;nbsp;fobfidcs,à fapetit des Italiés,auoicnt pénétré jufques aux entrailles dupouure peuple,qui eftoit tous les jours rongé jufques aux os, par ces cruelles fà ngfuës qui
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qui emploioient ces deniers ( ne pouuant faire honneftemant tout entrer en leurs coffres) a J® fouldc des eftrangers pour piller amp;. meurtrir ceux delà bourfe amp;nbsp;fufiancc ctlquelsilseftoKâ lôldoyez. Brief que tout eftoit tellement renuerle lâns delfus dclfous: que lâon ne voioit pl®® â . aucune trace de luftice amp;nbsp;de îanciénelplâdcur dont ce Royaume auott flory par delTus ; autres depuis tant de centaines dâannces.Et que ce nâeftoit de mcrueilles veu que les plusao; cienesLoixSc ordonnances, eftanspour lejourdâhuy nonmocquées feulement mais cW' । fées des quatre coins de ce Royaume: autre choie aufîi ne pouuoit regneten icelîuyque''â^ pure amp;nbsp;toute manifellc confufion. Outre ce ils leurs vouloient perfuader quâvnsamp; autrey noient efté bien trompez de penfer que les guerres palfées leurs aient cftez faites pour ledin®' ! rant de Religion. Car combien que le nom 8c titre de Religion, couruft en la bouche îvn 8c de lâautre party : ncantmoins fon pouuoit voir ayfément que la gucrtc nâeftoit pssi'â' dée du tout la delfus. Quâil eftoit bien vray que le Roy nâaimoit pas la Religiô, quefonap^*' Je relFormée. Et auoit à fapetit dâaucuns reccrché 8c moleflé ceux qui en failbient profeflitâ®
⢠jufques à faire diftinélion de leur fidellité dâauec les fujets CatholiquesSc quafi lesnotteréc rebellion.Qui eftoit la caule que ceux à prefent ci^noilfâts lâinégalité dont lâon auoitvféà îc®; droit defdits de la Religion, 8c le relfus deny de lâexercice dâicelle auoir en apparence caulède tousles maux qui font auenusen France: Eftoientauflî relôîusmaintenant!cnc®^
quede leur part ils proteftaflent de viurc amp;nbsp;mourir en la Religion Catholique Romaine)quot;^ pourfuiurc par toutes voies legitimes auec ceux de ladite Religion, ceux qui mefnagent^^ pouurc Sé defolé Royaume. Et fajoindre dâvn bon cÅur à la caufe des ProteRâs,aflinquetE; dit de lanuier, full: entretenu amp;nbsp;reliably en France, fans aucune exeption ne modification ^hoiique?^ elloit le principal moien duquel depend fentierevnion desfujetsdu Roy. Et confequamm^l malcontcns lerecouurcment de la premiere Paix, amp;nbsp;ancienne fplanceur de ce Royaume. Et quepout* finance dâvn fi grand bien, ils vouloient aulfi demander amp;nbsp;pourfuiurefur touteschofes^quot;' femblée des Eftats: choie quâils jugeoient tous la plus necclfarre, amp;nbsp;qui pratiquée du tcmp^ des predecefieurs Roys, aucit donné tousjours bonne amp;nbsp;heureulê jfluc à tous dÃFerens^ telle quefon euftfeeudefirer. Etquifembloitne deuoir eftrccuÃliéen ce tcmpsficalsnn-teux écoù cela cftoit plus requis que Jamais,amp; plus necclïà ire qu'aucune autre chofe-Orbif® que grand nombre de Seigneurs amp;nbsp;autres fe feuflent entretenuz ja Ion temps y auoitde dilcours:fiefl:-ce que confiderans quâvn Chef leur eRoitneccRaire pourautorilerlfpfogrc^ amp;nbsp;execution de fi hauts dclTeins: ils en auoient jaamp;parplufieurs fois fait parler à vn Prints
Aflemblcc dâEftats.
LcsoccaÃos dcmalcon-entfnian t]UC pll fi eurs Catho liqucs pro-pofoicnt à MonÃcur pour le faire lortir de Couitamp; Fin dnireà pren dreies armes.
L aHaye Li-utcnSt dc' Poitou.
auquel o^ auoit mis ces propos Sc autres en auant. Mais lurtout ccsmalcontens Joy repi^ lentoientle peu dâeftat quâon failbit delà perlbnneen Court: les petismoiens euefgardi*^ grandeur, quâon luy donoit 8c comâaregret pour fentretenir: les portemens deplufieursq®* i nefembloient deftinés que pour elclairerfesaétions: ladeffiancequon auoit defon ExfC^' j lence. Les recerches curieufes que les Capitaines des gardes failbient par tout amp;nbsp;julquesIbus . les lits des hommes, armes 8c dâautres choies quâon Ibupponoit eftre recelées à Ibn logis Roy de Nauarre. Les propos quâon failbit courre de jour à autre quâil vouloir cntreprandrc fur leRo^ 8c fonEftat.Ce quâil eftoit,cc quâil deuoit 8c peuuoir eftre:!âefpoir que les deux tiers des Francez ont en luy: mefmemant depuis le depart du Roy de Pologne; les beaux moien^ qui le prelêntent auec les occafions fi juftes dâeftre plus grand: fin curable maladie du Roy. lâ faneur que de toutes pars les Princes eftrangers luyoftârentcn la conduite 8c finale executie® de fi belle 8clâinrc entreprifeilâafliftance de tous lesFrâpois,8c furtous des Proteftâs: le defpi^ fir quâont tous Eftats de ce que ce les affaires ne fe gouuernent comme parle pgt;alfé. Somm® que nâoublians aucuns moicn pourle rendre malcôtent:le tournertt en forte quâil fe refolutc® fin defalfranchirdetantdefafcherics quâil jugeoitreccuoiren Court par vne prompteamp;iî' Crete retraite vers Sedam, affin de joindre auec le Roy dc Nauarre, Prince de Condéamp;5®â trcsSeigneurs,lesComtesLudouic,leDuc Chriftofle,filsdelâElcbfcur Palatin,leBaronéciâ pctitePierreêcautres qui luy prometoiêt la côdiiite dâvne arméeGermaine fous la faneur del®* quelle.â jointeauec le refte des François quilc dcuoict eflcucr en mclme temps,reformeroiri l iEftat dé la France pour luy faire reprandre là premiere Iplandeur. Les Politiques amp;nbsp;Publi* I cains Catholiques, ainfi nomma lâon ces Malcontcns ajeutoient à ces railbns quelques3®' â tres remonftrances à tous Eftats, non fins pluficurs picques ôc iuuebfiues contre aucunsq®* eftoient en autorité, Or entre ces reformez, lean de la Haye Lieutenant General de Poitou-
(honiw® â
-ocr page 409-{homme bien renomme entre ceux de /on temps pour fçauoir les Iertresamp; les armes conjoin» tesenfemble) cefeifta/ïèz remarquer en Ce mon/lrant à ce commencement des plus efehauf-fez;ju/ques à drelîèr quelques trouppes compo/ces dâvne SiC dâautre Religion, qui depuis fu» rent nommées les trouppes dU publicq. Mais comme la re/ôlution du cÅur fuit de bien loin hfoudaineté de la parolle: les plus chauds parmy ces difeoursf /è feirent voir les plus refroidis au feul commencement de lâentrepri/ê. Les petis perfuadez par les rai/bns des Chefs, amp;nbsp;tous atirez par lâautorité des grans: commencèrent la cha/Te. Aucuns des Seigneurs amp;nbsp;autres de moiéne qualité les guidèrent. Mais les grans fatendans à qui debufqueroit le premier, en fin nây treuuans grande aparence de forces, eftimerent fen pouuoir retirer à loifir, eftre /ans coulpe hors de blafme fils fe tenoient coys fans rendre aucun te/fnoignage de leur volonté * commefoi/èau lequel pourfuiuy par îefprcuier /c tient pour a/furé,filà /êulement la telle dans le bui/Ton qui luylai/Te le derriere à de/couuert proyeaux chaflèurs qui le pourfuiuent.
Comme que ce /bit les PÅteuins, Saintongeois -ôz autres leurs vÅhns: perfuadez corne def fus. Et dâailleurs voians leurs compagnons en Dâuphiné,Languedo amp;nbsp;carriers prochains faire aifez heureufement la guerre ouucrte à lîurs ennemis amp;nbsp;ne auoir pour cell Edit voulu laif^ fer les armes;/ë jetterent en fin à la campagne comme je vous diray apres vous auoir parlé des encreprife Rochellois, quâon y vouloir atircramp; les faire repartir en mefine temps. Entre lefquels furuint furJaRo deux accidensa/fez mémorables fur la fin de cefte année.Le premier fut dâvne lettre aflfèz pro-lixe,(aprez plufieurs autres auerti/Temens fcmblables quâils reccurent ) le dixiéme Decem-bredâvn qui fe noramoit toutesfois le di/oit auoir eile autresfois de la Religion reformée. Mais nâagueres à /ôn grand regret amp;nbsp;pour euiter la fureur de la derniere per/ècution: cÃtraint abjurer la Religion, amp;nbsp;/ê tourner du cofté des plus forts, dont depuis il auoit pieu à Dieu, le retirer Sc reconoiftre/à faute, quâil ne pen/oit mieux,lt;à (ôn auis pouuoir réparer quâen auertif^ fantceuxdela Rochelle du grand malheur amp;nbsp;extreme de/ôlation quileur e/loit prochaine ain/î quâil fçauoitde bonne part,pour auoir efté coniiié par aucuns Seigneurs Catholique auoienralTez de praticqugs amp;nbsp;intelligences dans leur ville. Aucuns delaqufl'e marchandoi*; entde bien près auecques ceux* quife/loient tousjours monftrez leurs plus capitauxÃnne -mis. Entre lefquels les Comte duLudeamp; Puygaillard ne furent oubliez. Le/quels aulfi pourfexecutiô de ces cho/es,auoient leurs gens plusprez de leurdite ville quâils ne pen/ôiêt. Q^ils/èdeuoient bien donner garde du dedans, pource quâi 1 y en auoit des principaux amp;nbsp;mefmes de ceux qui auoient commandé pour le fait de la guerre qui preftoient îoreille à ces pratiques amp;nbsp;auoient bonne part à ces complots jufques à en nommer quelques vnsfanr Citadins que forains.Ceperlbnnage au demeurant alleguoit tant de circonftances: Et fiii/ôit les choies fi vray lêmblables quâil en re/la bien peu qui nâajoufta/fent foy amp;nbsp;par auanture par trop a ce qui elloit contenu en ladite lettre.Voire qui en /oupçonnoient beaucoup dauâtage.Ain-fiquâvn peuple à tousjours acou/lumé faire les chofes plus grades quâelles ne /ont quad me/^ me la crainte de quelque peril accompagne telles imaginations.Ces lettres nâe/loienr fou/cri-tesne lignées du perlbnnagc qui les enuoioit. Mais pour rendre le fait plus odieux amp;nbsp;formidable: y auoit feulement au pied dâicelle le carraélere dâvn cÅur tran/percé dâvne e/jjpe*
lacques Henry exerçoit encores pour lors la Mairye a cau/e du deces de lehanMori/ïbn amp;nbsp;PierrcMiguonneau tous deuxMaires fuccelfiuemét en laditte année par le decez du premier. Lequel voyât/ês lettres diuulguées par toutte la ville: y voulutaulTi de /à part pourueoir pour obuicrau trouble amp;/bu pçon, qu'l veoitfengendrer entre les Citoiens, qui nâen attendoient rien moins que leur ruïne.Les habitans lors plus naturels à la ÿ.ierre,que praties à la defeou uerte de telles ruzes:quc les plus fins amp;nbsp;malicieux de la ville(comme aucuns di/bient)dre/ïè lent pour fe venger de leurs ennemis,amp;demefinemainfa/reurerdu Gouuernement de la vil le,cÃmenccrêt à fe douter de quelque entreprin/ê,amp;apprehendcr de fait plus le peril,qiie les affaires du dedans.Eftoient en piteux e/lat pour eftre encores Jeijÿs breches toutes*prefque ef planadées amp;nbsp;ouucrtes.Voire les tranchées des Catholiques en feftat quâils les auoient lai/Tés Sokùt s de Ocy auoit il pour lors en la ville, nombre de fbldats fopains,qui feftoient fait remarquer du-fant leficgc:amp; lefquels pour fexperience,quc Ion auoit de leur valeuramp;afFcélion,zelle à leur de nâauoir Religion: amp;nbsp;au/fi en attendant que la Paix fut mieux aftèurée, la ville aucunemeat reparée
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, CCHUï»'
auoient.
-ocr page 410-Dccé, IS7à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L'HISTOIRE DE FRANCE.
truoienttoufjourseftéaflez fee re tem ent entretenuz par les Rochellois depuis le ficgek^' Mais comme lâEftat du marchâd, du foldat eft communément incompatiblciauflî cesio dats, dont aucuns eftoient paruenus au degré de Capitaines jue demeurerct guerresjqu môftraflèntaflèz ouuertementleur melcontentement desRochelois.Dilà ns aucuns dâeux^quot;â
appreheédoient plus leur fufEf^ce.Q^ils nâeftoienten rien reconnus félon quâils auoient*â^ rité.Que Ion ne faifôit plus conte dâeux amp;nbsp;que ce neftoit pas les belles promefles que Ion Thctnifloc 3â°*^ faites au plus fort de la befongne:Câeft auffi ordinairement la couftume dâvn peuple
quâvn Capitaine Grec fçauoit bien reprocher aux Athenicns)quand la guerrefuruiétdech^' i cher par tous moiens fayde de ceux,qui fônt en opinion dâeftre foldats amp;nbsp;gens de guerre
⢠caraffer infiniment pendant les affaires : puis quand la paix eft furuenuë, les mefprifet I fouuent tourmenter. Leshabitansdifoient au contraire. Quâilz eftoyent demeurez enW debuoir. Et que ceux qui fpauent queceft de leur puiffancc amp;nbsp;moyens: jugeront ne fê fônt point oubliés en ceft endroit.Que.fi ceux qui fondoietcés querellcs,nefêfcntoitfâ ; fuffifà mmcnr reconuz:ils deuoient auffi confiderer quâils nâauoient efté aux gages j ne faitfd' uice à vn Roy ou quelque autre Prince, duquel ils eufïènt à fauanture peu retirer fâllair«^ cconnoiffancc delà qualité quâils la demandoient. Ettoutesfois difoient ils,Ion fpk comme les plus grands amp;nbsp;riches Princes en vfentpour le jourdhuy.Q^âcntouscas,lavriy^ Diuifîonfamp; reconoifUnceleureftoitdemeurée,fcauoir lahbertéde confcienceamp;lepurcxercicedek''^ Malcontétc Religion : fils ne fuffcntvenuz pour maintenir laquelle, ils ne les euffent receus aueccâ^' mans en la qy'j nbsp;nbsp;gyf efté,les plaintes de ces fôldats,nâeftoient que trop publiques. Et en fin kquot;'
Koebelle.
ont porté plus de dommages que de prouffit,pour les finiftres opinions que le peuplefinip^*' ma dâeux.Qui eftoit en fommeque pour fè foire grands amp;nbsp;paruenir aux degrez où leurs familiers les cônoifïôient afpirer:ils ne fifïènt quelque marché au defà uâtage de la ville.Cônâ^ mefines Ion difoit aucuns dâeUx auoir efté praticquez par certains Catholiques reuolte^â' laReligion Proteftante amp;nbsp;fugitifs de la ville : qui portoient impatiamment dâeftrehois Æ crédit amp;nbsp;authorité, quâils auoient autresfois eu en la ville de leur naiflà nce : laquelle ilsdijo*' ent eftre gouuernee à lâappétit feulement de trois ou quattre perfônnages de petitte qualitC)^^ encore demoindre fufficance dâefprit:qui eftoient caufe de tous les maux furuenus . amp;nbsp;de toutes les calamitez que Ion voit en la France. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;)
Prifoniers exécutez.
De ce cy de ceux aufïi qui tramoient toutes ces pratiquestfut entre autres fbupconneU ques duLyon dit Grandficf natif de la ville amp;nbsp;autrefois Capitaine de laTour de la chefnCjh^ me accor^amp; de gentil efprit:mal content neantmoins,quâil nâeftoit refpeélé à fôn il voioit les Proteftans maiftres en ville. II fcftoit retiré aux champs amp;nbsp;durant le les armes au Camp du Roy .Depuis lequel leué, amp;nbsp;la paix furuenuè;il feftôit encor retire en vnc fienne maifôn diftante vâne lieuë de la ville : monftrant aflèz qppertement le defplaifirqU il auoit de ne pouuoir entrer aux chargesjcftatsjôc credit quâil y auoit eu autres-fois.Ily ail*â*' neantmoins amp;nbsp;venait ordinairement auec aftèz familière ftequentation des Capitaines. QH* , fut caufejoint la priuauré quâil auoit en la maifôn du Comte du Lude, à laquelle il al!oitamp; reuenoit fouuent: que Ion creut affez ayfement quâil braflôit quelque chofe au prejudicedô habitansTSi quâeftans aucuns de ces Capitaines amp;nbsp;fôldats fufpeâz, emprifônnez amp;nbsp;misd^ gehéne,auoir aceufé Grâd fiefjon enuoya gens pour fe faifir de fa Perfonne.Mais ceux quit» prindrét la charge, fut par animofîté particuliere, ou qtiâainfi leur euû efté comâdé,Ie tuetet fur le champ dans fa maifôn, le Samedy 12. jour dudit mois deDecembre: Ce quifuttoU' tesfoistrouué trop cru amp;nbsp;affez indiferetemant fait,amp; dont plufieurs fe fcandaliferctaant poUf eftre de Grand fief, bien ap^renté, amp;nbsp;allyé des principalles maifôns de la ville : que le moyen quâon oftoit à la ville de fçauoir la vérité du tout par fà depofjtiô:ou fî fon nen p^U-uoit rien tirer,rechercher forigine de ces lettres du cÅur nauré amp;nbsp;la fôurce de fentreprife ftiesfur icdles,foupcônécs ^plufîeurs.Prefqucs auffi toft furent dcpputezCommiffaircspo'J': faire le procez aux emprifônnez.Tellemcnt que bien peu de jours aprez,ils furent mis fufâ roue,ayant au préalable confeflé le fait à la gehainc ; voire trop plus que fon ne leur denüÃ' | doit.Prefque tous neantmoins à lâheure du fupplice abjurèrent publicquement tout eeq«'^ ' auoient dit amp;nbsp;confefféjallegans que la rigueur extraordinaire dâvne gehainetrop violcnte.ki'' auoit fait dire chofè quâilz nâauoient oneques penfc ny veu ny entéduzôc moururent ladeffus'
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Ceux qui furet exécutez pour ce fait eftoiet foldats de valleur.Et dâautât plus fauorifèz du cô 'iiiin,que ledeuoir quâils auoiét rêdu durât le fiege les auoit aflèz recôtnâdez:Manion,la Portera PlâtCjla Salle,amp;Turgis qui par leurs côfeflSôs en acculcrêr alfez dâautres tât des Citadins quedes rcsfugiez des plus apparat defquels fut vn nômé Guillaume Guy de la maifô des Batai les lâvnedes plus antiénesSc honorables familles de laRochelleamp;?duquel les predecelfeurs ont dePere en fils côfequitiuemët exercé la Mairie amp;nbsp;les premiers Eftats de la ville auec grâd hô-ncur,aiât efté mis à la queftiô pour y tirer ce que lâon defiroit Ipauôir de luy fut en fin côdané dauoir la tefte tranfchée.Ce qui fut execute le Mardy vint-iieufiéme Décembre au grand regret de la plus part des Rochelloisamp; autres qui le trouuerét en la ville tant pour la jeun elfe amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
liône Nature du perfonnage que pour le refpect amp;(. honneur de là maifôn dont il eftoit ylïêu.
Pendant ces brouilleries amp;nbsp;executions Dominicque Lichanyautresfois Argentier dâvne Princelfe tenoit vn Nauire en Guerre nommé ^Hirondelle auec vne Galliotte pour cercher de Domini-feauenturcs. Sortant delà Riuiere de Bourdeaux oîiil failôit ordinairement là retraite : couroit fa amp;nbsp;là par les rades de la Rochelle intimidant à ce que diloyent les Rochellois tous cheiie amp;nbsp;fes Marchansqui nây vouloyent trafficquerauec plufieurs extortions dont ilreuenoûvne infini-téde plainôtes au Magillrat de la part des Marchans de la Rochelle. Dilà nt que le trafficq de lavillenâeftoitnyfeurny libre au moyen dudid Lichany quâils diloyent piratterôc efeumer toutes les colles prochaines de la ville. Aduintee melme jour que Lichany fut mouiller autour rifle de Ré où il fut fi longuement que les Rochellois eurent loyfirde armer deux, Nauires amp;nbsp;quelques Pataches fur lelquels ils mirent pres de trois cens hommes fous la charge de Sauionamp;CappiraineNormant aulquelslequipage le rendit lôuspromelTc de vie là u-ue laquelle to 11 tesfois ne leur fut gardée. Careftans amenez à la Rochelle amp;nbsp;vn Marchant Bretonfeftant rendu partie contre eux pour quelque lomme de deniers qui luy auoyent olté: Lâon procède criminellement contre eux. Si quâen peu de jours il y en eut dix executez à mort entre autres le Cappitaine Auenture amp;le Neueududiól Lichany,8c bon nombre dâautres fouëtez.Lichanyamp;lông-eflc ne peurct eftre aprehâdez pource quâils efloiét cnflfle de Ré lors qfe fill fâbarquemét à la Rochelle.Toutesfois auec la perjure furet depuis executez par effigie du fupplice delà rouë.Ce que toutefois na fe palfa fâs grâd murmure desCatholicques poûr nâauoir différé à fappel des côdânez. Ains fait executer à mort à la feule ocfafiócóme ils difoyentde ce quâils auoyent porté les Armes au Campdu Roy durant le fiege de la Rochelle.
Cefait les Rochellois efcriuirent au Roy le dix neufiéme Décembre fè plaignans de lin- crn auxVo fiaéliondclâEditamp;fuplians quâaiant efgard à fes promeffes il retienne 8c puniflè Ic^princi- cheiioisde paux auteurs de fi malheufeufès entreprifes. Aquoy fà Majellc des le deuxième lanuier Mil [eTnnepri* cinq cens feptante quatre leur refpondit parles lettres qui fuiuent faits à Saint Germain en fefur leurs Laye Chers et ï i en aimez 8cc. ParHefquels defà uoiiant à pur 8c à plain toutes les entreprinfes que deffus dont ils fe plaignoicnt; Il les affeure de fi bonne volonté à fentrerié lâentretien amp;nbsp;entière execution de fôn Edit.Sc môtrant au refte joyeux de la punirion quâils auoient faire de tels perturbateurs du repos public.Cela fut caufê que pour contenir ceux qui comanpoiét leufneordô à feffaroucherxes lettres portans forme dâEdit aux Maire 8c Efeheuins de la ville furét^ublié esamp;le jeufneordôné côme eft la couftume des Eglifês Proteftantes alors quâils fefententme LesRochel-naffez de quelque affliótió 8c quâils voient de loin venir forage: rcuenons doncq à nos Prote- lois folici ftâs amp;nbsp;Catholiques vnis pour comecer vne 5. guerre. Les Seigneurs 8c plufieurs autres ainfi refolus de remuerme voulurét pourtât cômâcer.Les Proteftâs fur tout quâils nâeufiènt les Ro les Protêt chclois affociez.Tât pour les grades cômoditez quâil en efperoiét ifrer à vn befôin : q pour fai-face du port duquel fô va par tout8c peuton entretenir inteligéce auec routes natiôs.Sur tout vni^ pour le nôbre des Capitaines 8c bôsfôldats quâilsyfçauroiêt eftre fbit des naturels 8c habituez en la villefoit des forains qui depuis le fiege y auoi et efté fêcrettemét entretenus jufques à vneplus grande affeurancc de Paix. Et pource les auoir fait fonder nar plufieurs lettres, aucr- LaNouësc riflemens, grandsefpoirs, intimidations 8c autres moyens qui toutesfois ne feruoyent de guerespourfaffeurance que le Roy Sc autres leur donnoyentpar lettres Scmeflà ges du li- le perfuader bre 8c perpétuel exercice de leur Religion 8c autres promeflês pourueu quâils fe vouluf font tenir coys lEnfinlaNovs, MiREMBEAV.IaCAZE Monguyon 8c autres de jre au party creance enuers eux y allèrent fur la fignation dâvne Cene, quifo deuoit celebrer partout le Gouuernement 8c autres quartiers dont le peuple fy treuue ordinairement. Or pourçe
Ce c.
-ocr page 412-anu,env4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâH î S T O I R E DE FRANCE.
quâauec le bruit, la crainte dâvne guerre future croilToyt de jour a autre entre le ( qui redoute amp;feftonne pluftoft a chacune occurancc, pour nâauoir le jugement nây tant affiné par la difcretion des accidans humains ) les Rochellois le resjoiiyfloientalï®^ à lcur prelênce: Mais de la Noue fuf tous, leq uel y entra le troiliémcianuicr Mil cinq ttquot;â leptante quatre. Melmes qtie là venue agréable à plulicurs, donna occallon delay mer cores dauantage parlilTuë de cc que vous entendrez. Car outre ce que tous jcótoyenil'^ yeuxfurluy; commefeul Generalcondudeur des trouppesquâils pourroyentà vnbefo^ jeter en Campagne:Pour amortir neantmoins les lôupçons que lès enuieux eulTent per* ® । , mer contre luy de fa fortie de la Rochelle : rendit tel comte de fes aétions palTécs en pubW
amp; particulier des plus aparans de la ville: que nelailTant aucune matière de maluall**^ contre luy: Et proteftant en plein Conliftoire viure tousjours lèlon la puredodrineà 't' । uangilc : Voire mourir fi belbin eftoit pour maintenir la liberté de confcienceSc le rep«* de tous fes freres ; quâil en acquit fhonneurôc renom dâvn des plus accomplis Gentils-ho^ mes de toute la France.Soit pour la conduite amp;nbsp;faéiions de la guerre : lôitpx)urla verruà fes portemans priuezamp; domeftics: clquels plufieurs dementent le bon heur deleurssr** ons Guerrières. Mais plus encor pour la douceur amp;nbsp;afable humilité dont il gangne le Moiens que de ceux qui le frcquêtent.La creance en fôme que ce pcrlônnagc feftoit jà de lôguemain^^' tintlaNoué par my ce peuple: joindeaux remonftrances quâil leur failbit. Auec vnalTeur^^ d« aurÃ^poirqui leur donnoit devoir en bref vne bien plus belle Armée, vnplus grandChe*^ chciioisde pour le faire court tous moyens humains beaucoup plus auantageux quâils ne Icurperes Æ atmel'poiu uoyent oneques veu: tourna les Rochellois lî dâextrement : quâen fin toutes leurs railè**® la $, fois nbsp;nbsp;pour fe maintenir Neutres fefuanouyrent comme neige au Soleil. A ce quâils,fedifo)'^'
fauorilèz amp;nbsp;en plaine jouylTance de ce quâils auoyent fi longuement au hazard de le*»''''^ Raifonsquâ amp;nbsp;pertes de Icurs biens pourchafie du Roy: Spuoireft la liberté de conlcienceamp;puW Icî^læchei- exercice de Religion. Il opofoit que cela leur ayant efté donné par force, leur lèra ol® lois pour ne quant lâoccafion qui cftla contrainde celïèra. Ce qui auiendi« indubitablement lUf*'*â arXlr fteres pourfuyuis, font ruynez faute dâeftre focouruz par eux. Eftant hors de to***®^ :
parance que le Roy les faiflà ft fouis en fon Royaume jouyflà ns dâvne Religion fi diucrie [ fienne. Il jejedoitauffi ce quâils difoyent : Que la promefle amp;nbsp;foy donnée au Roj Æ chcilois PoIIogne pour lâantretien de la Paix: deuoitcftre,voyre foule occafionfuffilà ntedefemaiâ ^randquot;eles P^îhhles/veu que D I EV par fon Royal Pfalmifte Dauid commande tenir: arXs7urTa à fon dâii la Foy promife. Ce quâil accordoit fi le Roy faifoit le fomblable. Car difo**' foy promife comme il v a vne obligation mutuelle amp;reciprocque en tous accords: Celuy qui conô® ; viureenpaix Ic premier, fo départant du bien de celle obligation : deffieconfequammentrai*quot;' fel6{ôn Edit de fon deuoir. Or que les Catholicques ne facent cela, qui ne le voit? Veu quâils®
tafehé, amp;nbsp;tafehent de jour à autre de vous furprendre amp;nbsp;ruyner. Et bien que telles entr® . prinfos vinlTcnt de quelques particuliers. Voire que les aduertilfomens que nous ten®*â * alfourez des malfacres quâon veut encores vne fois faire de nous ; feulTcnt faux : I' faut q»e dellourner voz yeux fur vozpoures frères de Dauphiné, Languedoamp; caW®*â prochains que fArmée du Roy tient à la veile de leur mort amp;nbsp;ruyne afleurée fils ne feden®quot; dent courageufoment.Puis que ÃEglife de Dieu amp;nbsp;amas de fes fidelles:nâell quâvn corps^* quâinuifiblc,que par fes membres ) peut on les recerchcr amp;nbsp;meurtrir quâon ne vous mafla®*^ j auffi ? Non plus quç qui couperoit les bras dâvn homme,tout le corps foroit bien là dtefilquot; i fentoitjfil ne fen plaignoit||i fon entier. 11 ny a quâvne differance encecy: câeft qu on ne v®J- i ataque pas fi ouuertement, ne de fi pres. Mais comme fennemy qui prend vne ville parmi** quâil commance fous terre vn quart de lieuë des lofiez : la prend auffi bien amp;nbsp;eft auta** ) ennemy que celuy qui la prend dâafià utamp;à defcouucrt. Ainfi nedeuez vous pas moins® . llimer cesdefieins eftre^efièz contre vous,que fy fennemy tournoit recamper'vne ai** fois deuant voz murs.Dauantage il faut tenir là Foy,ccll vne regle generalle.Mais il y enav® , autre qui nâeft moins certaine : Q^pn nâelt obligé de tenir ce qui nâell pas en fa pui^nce i quâô à promis au hazard de fon prochain: fâs faueu duquel on procédé indiferetteméten®® 1 la.A plus forte raifon ne les pouuez vous faire auec lâinterell de la gloire de D i EV.Nom.^ fons dauantage que cell redoubler la faute que dâexecuter telles promefiès. Herodespm*®'
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follement à fa fille Ia tefte de Saint Ichan Baptifte : encor fut il plus indiferet quant il accomplit . Ainfi Icphte promift Ibtcment de lâcriffier à D i b v ce quâil rencontrerait entrant en fa maifon amp;nbsp;plus méchamment quant il luy (âcriffia là fille. Qui niera quâil nây aile de la gloire de D i e v amp;nbsp;de lâintereft de noftre prochain entretenans celle Paix ? D i e v nous commande il dâabandonner noz prochains recherchez de ^ur vie pour la Religion à la mercy de noz ennemys $ Ne veut il pas quâon maintienne ce Corps dâEglilc dont il eft Chef lelon les moyens quâil nous met en main ? Et a ce quâils le dilôyent dâelhuez dâhommes, de des Rocliel-biens amp;nbsp;de tous autres moyens, par la longue rigueur du liege qui auoit perdu tout le pays: rcfpondoit quâils ne les incommoderoyent en rien. Mefincs quâon ne les emploiroit finon icfannw. par lâadiiis duMAiREamp;de Ion Conlèil. Ils demandoyent leulement leur alïillance pour lt;nbsp;rendre leurs forces plus formidables aux ennemys, en ce quâon les verroit tous vnis de moyens comme de volontez : loint que ce leur feroitvnblalmeSc tache dâeternel dâeshon-neur : quâayans ellé fecourus amp;nbsp;fauorifez en leurs affliâions par tant de gens de bien forains,qui fe retirèrent auec eux pour courre melme rilque de bienamp; de mal,de mort amp;nbsp;de vie: Ils Icsabandonnaflent au bon du fai61 quant ils le voyoient deliurez du danger. Les prioyent dâailleurs quâils ne fareftalTent aux plus que vaines amp;nbsp;trop infidclles promelTesdes Catho-licques J en la continue de la liberté de conlcicnce. Car lî pendant celle Guerre, encores quiâIs feulTent Neutres: Les Catholicques lèpeuuoyent rendre Maillres de leur ville par intelligence, furprinlè ou autrement : là ns doubter les promelïès lèroyent bien toll oubliées. Voire fefplandae de toute la ville trop toll faióle : fors du lieu ja defigné pour y dreflèr vne Citadelle quâils nomment des-ja Challïc villain: en perpétuel tefmoignagc de leurs adions palTées. Comme ils Içauent que les Catholicques falïèurans dâellretous-jouts auâorilèz du Roy, mefmementfileurdelïèinreufcillbicn; lôntnuiôl amp;jour apres pouryballir des menées lêcrettes ôegangner le plus dâhommes quâilspeuuent.Comme la dernièreentreprinlè des Comte de Lude amp;nbsp;Puigaillard les en peut allez rendre lages. Somme que la plus part des principaux, le laillà ns vaincre à telles perfuafions, joint falfeôlion qui auoyent tniis les Cappitaines amp;nbsp;Soldats : ils le liguèrent en fin auec le relie de leurs freres; fous les conditions que je vous dcfduiray , apres vous auoir declairé , comme la desRorhel-Nouë fe porta aux affaires particulières des Rochcllois. Car ne voulant relier oylêux en telle lâifoti : Et voyant quâil auroit ja gangné 1« cÅur de tous les forains Se de la pluf amp;cathoii-pandes naturels: leur auoir ailement perfiiadé quâils le deuoyent comme là ges amp;nbsp;pre- quesvms j noyants forage preparer à tous euenemas : Incita le Maire amp;nbsp;Ibn Conlèil de fenÿ)loyeramp; partie des moyens de la ville, aux fortiffications amp;nbsp;prouifions dâicelle. Puis quâen tout fortifier,m« temps ils auoyent par leurs preuilleges amp;nbsp;anciennes coullumes des villes frontières, pou- nû amp;pour uoir de fe tenir tousjours munis contre le beloin. Parce prié dây auifer amp;nbsp;remettre les chciicpour chofes en meilleur Eftat : Semploya premièrement à reuiliter les ruyncs amp;nbsp;demolitions vnej.guerre de la ville: qui elloyent telles que la longueur Sc furie dâvn tel liege les auoit lailfées. Et furtoucordonnadela manierede lesredreflcr amp;nbsp;reparer. Melines pour le regard du Bou-leiiard de lâEuangile qui nâauoit plus forme quedâvne petite taniere ou clapier: comme celuy qui auoit le plus efprouué la furie du Camp amp;nbsp;de tous les autres efforts*des Ca-tbolicqucs. Toutesfois lâon y commança à trauailler en li grande diligence : quâen allez peu de temps, il fut rendu plus fort amp;nbsp;de plus grande deffence que auparauant. Les brèches furent rellablies de fafeines amp;nbsp;bonnes terrallcs attendant le temps amp;nbsp;la commodité ce les manteler. Le folié qui depuis le Bouleuard julquesà la vieille Fontaine elloit pref-gt; que comble, tant du bris des murailles que dâautres choies :^ut par extreme labeur afïèz diligemment nettoyé amp;nbsp;remis en lôn premier ellat. Vne Contrefearpe menée conduit-, ts depuislediél Bouleuard jufques à lâEfpcron deCongnes . Aulïi le Rauelin qui ell hors h ville furie bort du folTé vis a vis du Caualier de la vieille Fontaine: qui depuis en lôn honneur amp;nbsp;mémoire à ellé nommée le fort de la Noue. Sommie quâen toutes lès reparations amp;nbsp;laborieulès fortiffication : La Noue auec le M a i r k amp;nbsp;principaux de la ville n'cfpargnoit ne trauail ne dilligence. Ains vcoyt à lâÅil la conduitte du tout loir amp;nbsp;matin. Enquoy Maninuillc luy aida dâelprit,dâinuentionsamp; de telle dilligence quâil en acquit auec vn bon nom, la bonne volonté dâvn chacun. Il fut aulïi donné ordre pour les
C c c ij. ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
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Magazins unt de poudres que de toutes autres munitions. Et gens députez pour ceft tant dedans que dehors leRoiaumc pour fournir la ville du plus neceflà ire.Puis eflimÃs auon preparé toutes chofes à vn bon Eftat à faueniv, amp;nbsp;voians le bruit de Guerre fauanctr de pi''â en plus: quelques places ja prifes aufquelles il falloir dener reglemat amp;nbsp;que mefmes eftoit apelé de plufieurs endrqjts:ils faffemblerent pour drçffer vne forme de Declaration (if occafions quâon leur auoit dôné pour repredre les armes,amp;: de ceux contre lefquels ils prote-ftoient les cmploier,amp; de la fin à laquelleils vouloiét adrefter leurs deffeins. Elle fiitauczw . baftic eftat la Noue reconeu vnanimemet delà Nobleftc de Poitou,Saintonge,Angómois''i' leamp;Gouuemement delà Rochelle pour cômander efdites ProiuncesSi y faire la giierreyioi*â ⢠îautoritc dâvn plus Grand dontil fauouoit.Et duquel il difoit lors la qualité eftre telle qu® chacun feftimeroit heureux de luy faire foruice corne eftât du rang de ceux qui aiioietpui*â' ce de cômander aux quatre Marefohaux de France. Dont chacun fê côtenta apres les remet' cimens foits par la Noue à la Nobleftc de Ihôncur quâils luy faifoient de luy offrir amp;nbsp;prefief obcïftà nce:attendant le Chef General qui de bref fè prcfènteroitamp; ne lêroit en rien ingrat^ la rcconnoiftà nce de leur bon zelle amp;nbsp;prompt fèruice rendu fi apropos à leur patrieamp;a J caufo Generalle. Leur declaration portoit ces mots. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Cxcmraiio ' nbsp;nbsp;Eftant plus que notoire à chacun,que ceux qui faifbict profeffion de la Religion reformed)
*^uesamp;Pro nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Iautoritc ô( obeiftà ncc des Edits du Roy,aientefté inhumainementmalïà crez-
tfeftans affo- Et que ceux qui ont efehappé la fureur de tant de meurtres, font tenuz fous des conditions » dures amp;nbsp;infurportables que la mort leur foroit quafi autant defirable.Eftant leur vie reccrchee par toutes fortes dâArtifficcs,la luftice defhiée à leur juftes plaintes, 8c priuez en la du Roiaume de lâexercice de la Religion. Aiant par cy deuant emploie pour lobtenir bbP' plications des Princes cftrâgersamp; fpeciallemét des Ambaftà deurs dePolognc.Lefquels peroit deuoir auoir quelque efficace en vne caufo fi equitable. Tant fen faut que lefditsdeI Religion aient obtenu quelque chofo par telles voies,quâils en font rendus plus odieux.C^t^â lieu de leur dôner quelque foulagemcnt 8c repos alfcuré:on a tafeh^de les furprâdre.Com^ fétreprinfc de la Rochelle en rend fuffifiint tefmoignagc.Ces côfiderations des chofos pa^^ââ aucc la cônoiftà nce du peril prochainrles préparatifs qui fo font dedans le Roiaume pour leur foire la guerredes leuées des eftrangers tant Suïftès,Allcmans quâIraliens:lcsmencés fecm®â par les Prouinces affin de maftà crer ceux qui reftent:onr tcllcmêt forcé leur patiéce:amp; jetez en telle necefiîté;quc ne pouuans auoir recours à autre remede:ils ont efté contraintsvf
Proteftatiô. nir à celu^desarmes pour leur tres-jufte deffence.Nous doncquesGentilshômesamp;autres® la Religion: atteftons deuant Dieu,qucnousne les auons prinîes que par neceffitc extrem^) pour conferuer noftre Religion dont on nous a priuez injuftemet: nbsp;nos vies maflà créesp«-
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tant de tueurs 8c nos biens comme jà expofèz en proye.Dcclarons auflî noftre intentiô de faire la guerre ftnon aux maflà creurs,perfides 8c autres qui par force ouuertc ou par trahi-Ion pouflêz de haine 8c dâappetit de vangeance: ne tendent quâà noftre totalle ruync. Et quand aux Catholiques qui voudront paifiblement viure en leurs maifôns: nous ne les tenons poUt j ennemis,mais pour amis amp;nbsp;côpatriotes.Et nâentendons aucunemêt les molefter en leurs mar fons.Airi? empefeheros de noftre pouuoir toute viollâce en leur endroit.Ne defirâs rie plus,« non que par vne legitime cóuoccation dâEftats de ce Roiaume, où les Loix font réueileesSi tout mis en confufion:Soit eftabli vn bon ordre amp;nbsp;les chofes remifos en leur ancicne GrâdeW amp;nbsp;dignité:quepuiflîonsparvnebonneamp;aftèurce Paix viurelesvnsauec lesautres ciitoutc concorde amp;nbsp;amjtic.Pour aquoy parucnir,nous emploirôs volontairement nos vies, nos biens amp;nbsp;autres moiens que Dieu nÃis donnera : eftans aftelirez que la luftice de noftre caufe, ap-
P roil liera douant toute la Chrcftientc noftre Sainte amp;nbsp;louable refôlution.
Me fouuient vous auoir cy deuant reprelà nté les reciproques efforts des Turcs amp;nbsp;Chrefticfâ . fur la mer de Leuanc. Puis auoir tranlporté Dom lean amp;nbsp;ïbn Armée Eipagnolle à la conqiiÃ' fte de T unes en Affrique : êontre les remonllrances du Pape amp;nbsp;Vénitiens, toutesfois, qiiifr . guez defiroient quâà ,comunes vnies forces ils fadreflà lfent à leur ennemy.Maintenant pout | vous-foire connoiûre leffeéf de ce dclplafiramp;ce qui depuis auint aux Italiens amp;nbsp;Elpagnols laillèz en Affrique. Sçaehez quâen lannier mil cinq cens feptante quatre,Gabriel Serbelio'â Milanois, Grand Prieur dâHongrie amp;Gouuerneur à Tuncsiauec cent cinquante chenaux, , deux
-ocr page 415-deux cens pietós Sc quatre mille Mores courut apres quinze cens Turcs amp;nbsp;trois mille Arabes (juifourageoientlepays autour de Tunes : Mais quand il falut venir aux mainsjfês Mores la-bandonnerent par vne fuite honteufe .Tellement que les Chreftiens perdirent fur leur retraite cent cinquante hommes prins prifonniers amp;nbsp;deux canons. Le vint-vniéme jour de Feurier en-fuiuâtjlcsTurcs furprindrent vne place nomméeCanifum en dâAlmatieamp; y tuerér plus de mil le perfonnes aians pillé le bourg.Puis iê retirerent auec leur butin lâns que ceux du Chafteau ofalfent fortir fur aucun dâeux.Cependant la negotiation de Paix entre Selim amp;nbsp;les Vénitiens lepoiirfuiuoit à Conftantinoplc. Si quâapres plufieurs folicitations de f Ambafiadeur de Ve- amp;ie Roy nife,finalement ils faccordeyenr. La prinfc de Tunes amp;nbsp;de la Goulette que Selim ne vouloir paslailfer ez mains du Roy dâEfpagne:fut caufe que ceft accord futpluftoft coclu que les Ve- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
nitiens n ofoient cfperer. Tellemét que le treziéme jour de Mars Marc Anthoine Barbaro leur Ambalfadeur,apporta deCoftantinople â Venife la ratificatiô amp;i. confirmatiô de la Paix faitcamp; côcluë entre SelimSc les Venitiés le 11 .jour de Feuri.precedét.Par ainfi leRoiaume deCypre luy eft demeurémaais lesVenitics aimerét mieux perdre cela amp;nbsp;acheter la Paix à deniers cotas: que de fe maintenir en fraieur côtinuelle S? perte cuidetede leurs homes fans,preiioir aucun bon euenemêt en leurs affaires.Cefte Paix troubla fort le Pape amp;nbsp;ne defpira moins fEipagnol: tell ement quâa Rome, en Italie, en Allemagne amp;nbsp;ailleurs,les Vénitiens eftoient fort mal voulus, voire corne defehirez dâvn chacun par beaucoup dâoutrages. Mais ils enuoyerent Nicolas del Ponte leur Ambaflà deur vers le Pape pour luy faire entendre lesraifons qui les auoyent contraints dâentrer en ce chemin. Remonftrans entre autres chofes quâeux fèuls auoient perdu leur places, leurs hommes amp;nbsp;leurs finances, fans auoir efté beaucoup foulagez de la Ligue. Ce qui fut dcfduit fi viuement Sgt;c au long,que le Pape fen contenta,du moins en aparéce. Les Vénitiens fexeuferent auifi vers le Roy dâÃipagne amp;nbsp;les autres Princes. Puis depefoherent vn nouueau Ambaflà deur en Conftantinoplc, pour ratifier en leur nom cete Paix.Et enuoierent de fort riche prefens de vaiflTelle dâor amp;nbsp;dâargent à Selim, auec vint-cinq prifonniers des principaux de fa Court prins en la deffaite de Lepante. Spécialement le Roy dâEipagne rccuillit humainement lean Superence GentilhommeVenirien qui feftoit allée rrouuer pour declarer lescaufes quimouuoiët la Seigneurie à faire Paix auec leTurc:amp; confeifant de parolles quâc cet endroit, les Vénitiens feftoient portez en fages Mondains. Luy de ià part cômenp à pen-
de plus pres aux affaires de la Goulette.Commcde fait tout le fardeau de la guerre tourna incontinantfur ce cofté là . Car les Mores de Tunes complotèrent de femparer de la Citadelle Affiiqueén-neufiie amp;nbsp;en exterminer les Efpagnols, Meimes ils en tuerent quelques vns trouuezÿ f efeart. tre les Efpa-Aumoyédequoy Serbellon mit en câpagne mil homes de pied conduits par Salazar lefquels f-urespour furprenans les Mores à leur auâtage,cn tuerent prefquc 1200. amp;nbsp;efearterent tellemëtle refte Tunes, que celle entreprinfe fefuanouït aufli toft.Pour cela IcsEfpagnols ne furët pas affurez.Car Selim riaiât pour lors pefee qui le trauaillaft tant que la prinfe de Tunes S«:Ia Goulette auec la uouuelle forterelTc de Serbellonxftât dâaccord auec ÃEmpereur Maximilian amp;nbsp;les Vénitiens, refolut chaffer les Efpagnols hors deBarbarie.Pourtât il fit equipper vne plus grade flotte que parauatfous lacharge dâOchialy amp;nbsp;vne puifTante armée par terre,dont Siuan Baflà eut la con-duitepoiir ferrer de toutes pars la Goulette amp;nbsp;la Citadelle. Défait il fy porta de telle forte queDom lean dâAuftriebe ncfo fontant affez fort pour attaquer Qchialy qui émpefehoie quçiondonnaftfecoiirs deviurcs ou de gens à Serbellon nây à Carrere qui commandoient encesforts: pria les Princes dâItalie de le fccourir : affin quâil peuft donner bataille à Ochialy amp;deftournerlefiegede la Goulette, rcmonftrantroutce quâil pouuoitpour obtenirà ces fins. Surquoy les Génois, Florentins amp;nbsp;Neapolitains firent re(pÃice,quâils ne pouuoicnt rien fournir en cefte guerre: ains eftoiêt forcez de garder leurs hommes amp;nbsp;leurs deniers pour fai-rctefte au Turc qui prendroit occafion de courir fus fil les voioit defpourueus de forces. Par amfî Selim aiât empefehépar mer Se par terre quâon dônaft fecours aux affiegez : fur les mois ueluilletScdâAouft fit battre les deux fortereftès defoixante grofles pieces ms relafche nây intermiffion que pour rafrechir les pieces. Tellement que tousBouleuars, rempait^amp;mu- Tunes Scia laillcs furent renuerfez fen deftus deffous: Puis auoir fait donner quelque aflaiit piaf mer amp;nbsp;^rinfespar-patterre auec les animeufes remonftrances dâOchialy amp;nbsp;Sinan les deux GeneraU^dâArmées; nbsp;nbsp;Turcs
Finalement les deux places furent emportées de viue force amp;nbsp;tóus les affiegez rhis au fil de gnoîramp;fu-Icipécjfors quatorze feulement qni furent menez prifonniers à Coriftantinople ?âÃpres cela öens-
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Lâ H I S T O I R E D E F R AN C E.
Ochialy amp;nbsp;Sinan firent delmanteler Tunes, rafèrà fleur de terre les murailles de laCiô delle amp;nbsp;baftir vn fort en forme de Haute. Lequel deflors amp;nbsp;depuis fut muny le mieux qu ils peurent affindelcruirderetraiôteaux Turcs pour fortir delà femoleftcr lâEfpagneJi^ lie amp;nbsp;les Ifles qui ne font encores en leur puifTancc. Depuis cefte priuie les Espagnols nf firent rien de memorable coiÿre les Turcs. Ains à mieux aymé leur Roy Phillippc,ncgotitf amp;nbsp;en fin conclurre vne Treue auec cet ancien cnncmy,poi)r fe vanger des Flamens fes Ainfi Selim demeura Maiftre fur mer comme deuant. Et auec la peu confiante amitié lifâ hommes, la Ligue entre les Veniciens, le Pape amp;nbsp;le Roy Catholicquc fefiianoiiyt peu comme dâelle mefme : ainfi que je vous ferois connoiftre p|us a plain fi le fouuenird^ « renouuellées miferes de France, ne m'en defroboit la mémoire. Pour doncquesconf' nuer les pre parat is de nos cinquièmes mal-heurs : reprefentez vous ce que jâay detoæ uert cy defiTus, amp;nbsp;vous comprendrez mieux ce que je vay dire le plus Iimplcment quâil 1â^ fora poifible.
Comme chacun preftoit lâouye amp;nbsp;fos paflions j au bruit dâvne guerre future : Le Roy bien que mallade, curieux dâeneftaindrele feu neantmoins : mclmemant verslaRocM-leamp; cartiers voyfins: delpefcha Saint Sulpice lequel entra en la Rochelle le vint-fixié®' lanuier auec charge expreflède fa Ma/eftéde faire entendre aux Maire amp;nbsp;EfchC' troubles en- uins de la ville, le mefoontentement amp;nbsp;grand delplaifir que là Majefté auoir de ce qui di®'* ton dcSabit ^duenu cu ladite ville touchât le fait de ietreprifê éc confpiration mentionnée cy deflus,de h' s°uipice^au\ qucllc ccux qui auoycnt efte exécutez pour ce regaid : auoyent comme lâon difoit rejeté Rochclloi» tome coulpe praticque fur aucuns de fes Miniftres amp;nbsp;Officiers : Lefquels en ceamp;fsquot;â ne pouuoyent moins que dâeftre foupçonnez de defobeyflà nce aux Edids de là Majefté. bien croire quâil ne feuflènt aduouez amp;indui(ftsacefairepar fon commandementexp®^' ccquiJuy reuenoit dâautant plus à contrecoeur: quefondefir eftoit grand, dâentretenir lt;1® ïâpart amp;nbsp;faire entretenir trefoftroidement fosEdids: Auec punition tant (euere riglt;â' reufe fiir les contreuenans : que ce feroit chofo exemplaire a lapofierité. Difant aiififi queÃ' dite Majefté aduoüera bien en ceft endroid les premieres executions qui fen efioyentenfd' uies, pourueu que lâon y euft procédé (ans palfion . Puis efiendant fon propos plusawnt allégua que le Roy trouuoit merueilleufcmcnt cftrange quâils fc laiflafîcnt ainfi mener par lî nez à quelques Gentils-hommes Mal contans de voir les chofes fi pacificqucstnhfiai'' Contrcles cc . Et qui pour (ê vanger de leurs palfions particulières, ne demandoyent que trciibicf Malcontent nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour baftir leur Grandeur de la ruync dâautruy:amp; pefeher en eau troublent
mefine faire rentrer en ces miferes ceux qui pour la playe fi frefohe amp;nbsp;non encores confoWc^ ne deuoyent rien plus fuyr. Que câeftoit choie fort dangereufe à toutes perfonncs,mc(ni«^ vne communauté compofee de beaucoup dâauis amp;nbsp;différantes humeurs que de croire de 1^' gier, comme ils auoyent fait maintenant jadjouftantfoy aux faux rapports de beaucoupit perfonnes vagabondes qui ne pouuoyent viurcfans la guerre; lefquels leur auoyent perfuâ* dé cefte entreprilèfur leurville auoir efte du fccu amp;nbsp;conlcntcment du Roy qui nây aiioit oneques penfé : luy ayant fo Majefté donné charge de les alfeurer cela, fur fonhonncuramp; parolle .â¢Et que la malladie dont il eftoit detenu, ne luy auoit point cfté fi griefuc: que dâentendre que lâon jugeaft ainfi finiftrement de fon intention qui nâauoit oneques £(léamp; ne (croit que bonne amp;nbsp;Sainte à fendroit de fon peuple : amp;nbsp;mefines des Rochcllois, lefquch quelque choie qui euft palTé par cy deuant il reconnoififoir pour (es bons amp;nbsp;fîdelles fujctsamp; comme tel defiroit (â Majefté les maintenir amp;nbsp;con(êruer fous la proteébion de fes Edits.Enamp; leur parla ainfi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
IE maflcurcMeificurs que vous ne doubtez point de la bonne volonté de ncftrcRoy quelque cho(c que aucuns muttins amp;nbsp;ennemis du repos publicq, vous veulent perfuaderau cc® traire. Aulfipeu voudroif-jc croire que vous qui deuez encores frémir au feiil (ôuiicnitdc tant de miferes amp;nbsp;cruautez lt;^c vous auez veuës à îÅil amp;nbsp;touchez au doigr;voire plus que au cunes autres de ce Royaume:fi outre la perte des biens qui cft peu de choie vous voulez cen-fidçrcr la mort de tant de vos plus proches parans amp;nbsp;amis vos concitoyens qui tous pour ^exempterdes milcres quâaporte neceflà irement auec foyla fin delà guerre : nâont doubtc de teindre de leur (à ng voz rçmparts,bre(chcsamp; baftions.ll lêroit,dif je bien dificille de penlêr .(foulement que ayant fi chèrement achapté vn fi précieux gage que la Paix, amp;nbsp;auec telamp;fi
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recommandable pris: voiisfeuflîcz maintenant tant delpourueuz de jugement amp;nbsp;fi prodi* gucs J de Noz biens vies, honneurs : que de vouloir rentrer fans caulè amp;nbsp;confiderati-on aucune au labirinthe 5 duquel D i e v vous à tirez miraculeulèment. Nous auons tous eftéfpcâateurs tefinoins occulaires des mifères deceftederniere guerre: vous dedans amp;nbsp;moy dehors voftrc ville. le fçay pour mon particulier, d^ quoy mâen refentir pour h perte de mon propre frere. Mais parlant du General : le croy que celuy qui en aura veu la centiéfme partie amp;nbsp;confeillera neantmoins prendre le chemin pour y tirer : ne fera jamais cftitné homme de bien. Ains au jugement de ces poures payans melmes, il iêfoit condamne comme ennemy du repos de là patrie. levousaduouë quâil faut entrer en Guerre pour puis apres viure en Paix. Etcâeft la fin princippalle dâicelle .Et qui vous engarde de viurc * amp;nbsp;jouyr de lâEdit du Roy félon que fa Majefté lâentend ? Vous direz que pour voftre particulier vous auez peu dâoccafion de vous mefeontenter. Mais que la caufe de voz frères amp;nbsp;qui font de mcfme Religion vous y appelle. Vous dites que ceux deLanguedo font mafi factez. Et quâilyadesapprefts pour leur courir fus. le ne veux point difputer combien cespoures gens fabufént dâauoir retenu les Armes jufques a prefént ; fans fé vouloir conformera la Paix. Carceft choféclaire, mais de trop longdifeours. Auffi quâils ne font dâeftoffe nây dè qualité pour venir about de ce quâils entreprenent : Mais propres féule-nientapiller amp;nbsp;courir le plat pays amp;nbsp;féduirc les plus fimples pai* quelques petites villes amp;nbsp;Bourgades quâils furbornent amp;nbsp;furprennent de jour à autre fous prétexté de Religion, de laquelle toutesfois ils ne font aucunement guidez. Le Roy ne peut croire que ayezdefir nây feulement penfé de vous joindre à telles gens, defquels lâopiniaftreté ne fera de longue durée: pourueuque vous vous conteniez ûns vous remuer ne pourlâvn ne pour lâautre. Et de ce je vous en prie affedueufément, pour le bien que je vousdefire. Et la princip-paile charge que jâay de lapart de fa Majefté amp;nbsp;de Monféigneur fon frere amp;nbsp;delà Roy-nc fa Mere qui tous défirent infinimant voftrc bien: amp;nbsp;qui ont ferme affeurance que vous ne vous abuferiez nây rtiefprandriez point tant, que de vous liguer auec ce petit nom -brede mutins amp;nbsp;rebelles* lefquelsfà Mai este efpere de brief faire rentrer en leur de-uoyr, au grand foulagement de tous fes bons fubjeds zélateurs lt;fu repos de ce Royaume.
Asstz dâautres propos leur tint la deffus Saint Sulpice, aufquelsncfut fà ide autre rcfponce,linon Quâils nâauoycnt jamais creu que le Roy leur few-ft autre que bien affedion- aes^Roche-né à les faire jouyr de fon Edid. Moins encores que du conféntement de fa Majefté lâon euft loisà Saint voulut entreprandre fur leurs biens amp;nbsp;vies de leurs femmes ôcenfans. Comme il f||t auenu fi DIEV parla bonté ne leur euft defcouuert la malheureufé conjuration dernièrement cntreptife:de laquelle les conjeduresamp;circonftanceseftoyentfi vrayesfémblables, ladep-polîtionamp;confefliondesaccufczfy certaine amp;nbsp;conforme auec celle mefme de ceux qui depuis furent exécutez pour lefaidde lâHirondelle; dont cy deffus eft parlé: que lâon ne la pouuoit aucunement ignorer .Mais que de prandre les Armes pour ceft effed où feftrc remué tant foy peu comme lâon auoitfaid entendre au Roy ; Câeftoit vnepure Calompnic êtfauxdonnéà entendre forgée en la bouticque de leurs ennemis inuetcrez: Et que tant que ladite Majefté continueroit la bonne volonté quâelle monftroit à lâentretien de fon Edit: nbsp;nbsp;''
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cuxauflidcleurcofténcfoubliroycnttantquede fortir de lâancienne amp;nbsp;hereditaire loyauté de leurs predecelfeurs au feruice de la Couronne de France: en laquelle ils defiroyent viurç amp;nbsp;mourir, pour la biffer facréeSc in uiolable à leur pofte rité. Mais quâils fupplioyent tres-humblementfa Majefté,ne trouuer eftrange la pricre quâils fe defliberent de brcfluyfairea-uec aucuns de fa Nobleflé qui pour ceft cfFcd amp;non a autre fttention feftoyent retirez à laRochellc. Dâautantauffi quâaucuns dâeux ne fe féntoyentafïéurez en leurs maifons. Qui cftoit en fômme quâil pleuftà fa Majefté pourueoiraux doléances de ceux qui par lâEdit eftoyent priuez de tout exercice de Rcligion.Qui leur eftoit choie plus dure que la mort. Et qui eftoit caufe du defordre amp;nbsp;remumant de mefhage que fon ^oioit ap refenten Langue-do. Aquoy il eftoit aifé de rerpedier. Et quâils faftéuroicnt tant de la bonté du Roy quâil ne fïudroitdâypourucoir fansfamufér aux pallions de ceux qui luy conféilloient le contraire. Et qu'ils auoient bonne enuie de faire cefte remonftrance au Roy, amp;nbsp;de quelques autres affaires importans le fà lut Sc proffit de fon Eftatjpom la bonne oppinion quâils auoient que le tout fo^
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s. Sulpicc parede la Rochelle pour le retirer cnCüurt
foit interprété, amp;nbsp;prins en bonne part de fa Majefté. Comme auffi les executions 4e çeuxt!^ ladite confpirationjSc de ceux auffi de lâHirondelle qui auoient cfté condamncz.fi quâils nedemandoient pour leur defehargç que les procedures, iniorinations amp;nbsp;cpnH* ons des delinquans. Lefquelles à ces fins ils prièrent Saint Sulpicc de les prefenter au pour connoiftre fil y auoit eu^aute en leur endroit. Et fil auoient eu occafion defedeft^'' Saint Sulpicc accepta loffre. Et les aians aflèureZi que le Roy prendroit en bonne part ccq«' ils entendoient remonftrer: fcffrit luy mefmes de fyemploier amp;leür faciliter faccez en toiit^^ qui luy fêroit poffible. Mais connoiffiint que les chofés eftoient bien autrement difpofecslt;]^ il nâeuft penfe: amp;nbsp;quâil ne fè falloir pas arrefter aux propos de ceux de la ville : encores apparance il fift grande demonftration de fen coirtenter dés le lendemain de fon arriue^ print congé dâeux amp;nbsp;fen alla faire fon rapport au Confêil du Roy, de tout ce que vousauc^ veucydelTus.
Comme ceux la drefloient leurs préparatifs : Us nâoublierent à y ïoJJicitcr IcCcniK Comte de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠Tant pourcc quâils (çauoient aflèz les occafions de fon mal contentem^''
Montgomc- que pour la bonne oppinion quâils auoient delâvalleurau fait de guerre. Pour lôn reg^ venu en AngleterrCjà foccallon de ce que je vous ay did ailleurs: za^eft fo-'^'^ ftoit retiré aux Ifles de Gerzay qui auoifinent les codes dâ Angleterre, Bretagne amp;nbsp;Normei' licite parles dieoùla Royne le iôufroit demeurer à la prière de quelques Seigneurs amp;nbsp;Gentils-hom®^â Malcontens nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parens amp;nbsp;alliez:defquels eftoit auflile Gouuemeur de Gerzay où le Capiô**â*
Lorges 8e Gallardon dit leRefuge,(ès fils amp;nbsp;gendre lôrus du feruice du Prince dâOrange quel ils âuoient mené quatre cens harquebufiers François.contrele Duc Dalbe) allé trouuer.11 auoit desjà elcrit aux Rochellois/offrant de bonne volonté à leur faire itf
fils auoient affaire de luy en quelque chofè. Mais la Nouëauec lequel abfènt] neantntoinSâ, auoit eu aux derniers troubles quelque matière de pique ( laquelle peuteftrcfêfeuftpl'â^® chauffée fils fefeuflèntveuz) auoit j à tantgangnéen celle ville: quâil fut confêilléde pi^^ dre les offres 8c fuiure îefpoir quâon luy propofoit par Colombiers amp;nbsp;autres Gentils-hoin®jâ de M°ntgo- Normants.Lcfquels le voulant arirer au parti,luy faifoiét îaparance*de leurs deffeinsfi mery lere- amp;nbsp;bcllciLa defcente en NoAiandie fi-aifee: la furprife de quelques places maritimes fi cendre conqucftc tant affourée: que fon deftin le forpa dâen prendre le hazard tel que vous Normandie ailleurs,apres vous auoir reprefènté le commancement des entreprinfes publfcaines amp;nbsp;PtoK' c^näs^ââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
Entre tous les Catholiques Malcontens dont je vous ay parlé-la Haie Lieutenant Lieutenant en Poitoîi, fo moiitroit le plus animeux amp;nbsp;âffedionne à fauancement 8lt; pourfuitte dcceps^ PohouChef antâh dés le Nouembre paffc,eniioié aux Effats de Languedo qui fê tenoient à MilI^^y des Politics Roucrgue,quelqucs députez au nom des g. Eftats do Poitou pour y faire embrafler ce qu* ks^occa^ôs projeté pour le bien public:affin quâeftant auoiié par telle affcmblée, il eufl dâautantpW de fo remué de creancc vers les autres Confederez ôc Catholiques Malcontens. Et comme celuy nicfnage. pj.ç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gr fefpécjhonoroit la profeflion des armes par la conoifïà nce des bonnes letit^'
particularifoit bien autrement amp;nbsp;eftandoit bien plus auant les raifons quâil difoit auoir pour* juflifficÃion defès deflèins.Faifântentendrc fur tous à la Nobleffe,que câeftoità ellcà mer les abbuz qui d'eshonnoroyent ce Royaume,ou le Roy ne le voudroit faire par vnc kg®' me conuocaiion des Eftats. Qjiâclle ne deuoit fouffrir que le Roy induiéï par certains nj^ gnons de Court, fê ruinaft par dons cxceffifs quâil fâifoit chacun jour à perfonnes in®' gnes de fa liberalirc.Quâcn tels dons ,les finances du Royaume eftoycntla plupart emploie®ââ QiTelle ne deuoyt fouffrir qÃe lâargent deftiné pour lâentretien de la Gendarmtirie de fi^ ce, fuft indignement employé ailleurs. Ne que fix hommes fêuls maniaffent le Royauff® Et que les Eftats ôc charges honorables que les pfedecefïcurs Roys eftoient couftumiers donner à ceux qui dâancienneté leur auoient fait feruices remarquables: feuffent donnetâ eftrangers 8c aqtrcs fans m^ite.Et quâen faifà ns rendre les dons immenfês à plufieurs, amp;nbsp;reP blifïà ns ffiftat de la France en fâ premiere fplandeur; on acquiteroit le Roy d'vne bone pa®' de fes dettes. Q^e les chofês eftant bien ordonnées: les fubfides fêroient moindres 8c en cöââ fcquance faccroiftoitle bien 8c reuenu dâvn chacun,Quâil nây aLoy Paienne,qui permetea® Roy leucr fur fon peuple tel tribut qui luy plaift 8c fans ncceffité. Puis à ceux de fa robb® reinoi'*â'
-ocr page 419-tcmontroit outre cc que deflus que le ferment^Quc les Officiers font Roy, nâeft tant à là perfonne quâà ÃEftat du Royaume, lequel ils jurent de maintenir amp;nbsp;confcruer à leur pou noir. Aquoy ils contreuienncnt ne faquitcnt en tiers Dieu,amp; les hommes, fils ne foppolcnt aux charges du peuple: Sâils ne défirent que ÃEglife de Dieu iôit pourucuë de bons amp;nbsp;dodes Mi-niftres; Sâils ne treuuoient mauuais que les plus honorables qjiarges en la ïuftice ( qui fiant chofcsfiintesamp; facrées, deuësau merite,) fiaient ainfiexpol^ à lâambition dç ceux qui ont plusdâargent.Et que les deniers qui en prouiendrôt non plus que les deniers extraordinaires nefoient emploicz au profit de la Couronne, ains prodigallement donnez au paca uant quâils fiaient desbourlêz.Et que les Arrefts des Cours Souueraines donnez aucç conoiflà nce de eau-lê:fiaient calTez par vne lettre de Chancellerie. Et quâil ne fiait permis és Courts Souucrames * de modiffieramp; interpreter les Edits du Roy. Que fils ne foppofent à tels abys ; Ils foont à bon droit lugez flateurs par la pofterité, non zélateurs de lEftat,auquel les vertu eufès perfian-nes ne font reconuës: Ains les degrez amp;nbsp;merites confondus amp;nbsp;renuerfez le delïùs deflous.Or comâil nefuffit à leftomac corrôpu amp;nbsp;reply de mauuaifis humeurs de fen repaiftre amp;nbsp;entretenir jufques à louuerture delamalladie qui ne peut cilrc longue à venir: Ains aufficorromt les bonnes viandes quâon luy donne par la force de la haauuaifi: habitude quâil à en fiay : auf-filesPartifansdelaHayenon contens de le plaire à telles pctfuafions, mettoient toute peine non feulement de les engrauer au cerueau de plufieurs autres, ains de les rendre par vne afib-ciation couuerte, compagnons au progrez amp;nbsp;conduite de leurs defleins. Les Proteftans fiir tous amp;nbsp;nommément la Nouë amp;nbsp;les Rochellois, qui toutesfois ne donnoient pas tant de crea-cc au Lieutenant, que la Nouë amp;nbsp;plufieurs autres pour la confideration de fes portemans pafi fez,aufi}uels il feftoit tousjours monftré leur plus animeux amp;nbsp;mortel ennemy. Qui leur don- £c$ Rochej noitoccafiô dcfeperfuader,quâil cftoit poufie par laRoynemete,à les recerchcr pour mieux loi« amp;nbsp;la defcouutir ÃEftat de leur affaires amp;conoiftre à lÅil les mauuais lêruiteurs duRoy. Aucuns tou fient mai»'* tcsfoisfcftimoient picqué dâvnc vraie animofité particulicre,pour les faueurs que P. RatCô- diuerfemäe feilier à Poitiers receut par le moien du Marefchal de Rcts,lors quâtl y fut fait amp;nbsp;receu Prefi- Lieuu^an* dent: nonobftant toutes Tes brigues de menées quâil auoit peu dreflèr cotre luy.Ioint le reffus de Poitou, dâvnEftat demaiftre des Requeftes de ÃHoftel du Roy. Ceux qui le conoifloienr, ont penfè que comme les grans Efprits le fà ntafient de grans honneurs amp;nbsp;auancemens : il feftoit ima-ginéqiie ksdiuifions du Royaume luy firoient efchelle pour monter ou il afpiroir Et quâen , tous casjonauroiî tousjoursaffaire de luy en Paix ou en guerre fil fè failôit lors conoiftrea tous,homme dâentreprilê amp;nbsp;haute execution. Comme que ce feuft, les Proteftans fc mon- lugrmans tioienten la reccrche de la conferance quâil defiroir auoir auec eux: pouffez de diîerfis fins, létcinue Les Rochellois comme lalpic crainte du charme, eftoupe les deux ouyes par la terre amp;nbsp;bout mant du tide fa queue quâil fe renuerlê fur la tefte: ne vouloicnt aucunement voir ny entendre fis raifôs: ncpouuan^ aprehander quâil euft aucune occafion de mal contentement. Veumefmement quâil eftoitbien recuilly en Court. Et moins encor de fujet à prandre les armes contre ceux dâefquels ils le difoient la creature. loint quâon les auoit aftèuré, quâil auoit declaréà laRoy-ne merefes menées amp;nbsp;deffeins:mefmes comme, qui Scpourquoy il auoit enuoié à Millaud; vers les Proteftans de Languedo, pour preuenir ( à ce quâil relpondoit à quelques ^ns de la ville:) fil auenoit quâils en auertiftent la Majefté,comâil cftoit aifé à croire quâils le feroiét. An côttairelà Noiicamp; quelques autres qui pefoient bien parer aux coups:lui prefterêtlôuuâtau-dicce.Mais corne ils fi voioiét importunez de la cômuniquation des affaires : de nâentreprendre la leuée des armes les vns fins les autres:de luy ayder dâhommes,amp; autres moicns,â la c5-duittedes deffiins,quâil leur declaroit,amp; plufieurs autres chofifpar luy propofies:Il ne fieut tirer dâeux qifvne promeffe a tout cela,pourucu que parauât il montraft par effet, quâil eftoit vrayementMalcontent,amp; foigneux du bien de f Eftat vniuerfil,par la prinfi des places,efijucl-Jes il fe vantoit auoir courte puiftà nce. Ne fiifins au refte, aucun cote des fiurctés, quâil leur offioit de fa Foy, leur donnant en hoftages,fi femme, fis biens,nftubles, fis plus proches parans,amp; tout ce quâils leur fiauroient demander. Occafion que fi voiant réduit à ce point,dâa-cbapter fi cherement,amp; peut cftrc par la perte de fi vie,la creancç parmy ceux,quy ne luy vo-lurenr jamais de bien: ayma mieux neantmoins, comme il cftoit courageux, amp;nbsp;nonchallant de fa perfinne: les affeurcr de la prinfi de Poiélicrs en peu de jours, amp;nbsp;en tramer des lors les
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moyens : que de fbuffrir le deshonneur dâauoir manqué dâvn feu 1 point de fon deuoir meflèau bon du fait.Pour cecncor que les partifans defainte Sclinefen ennemi/uflcntplquot;â forts q les fies dâsPoitiers.Et quâayât jà failly à fen faire maiRre:il lesciift efueillépourinici'^ en garder la ville cotre lès entreprifes.-affeuré neâtmoins que fily pcuuoit etreraueefestionâ' fliques defguifêz,il dôneroit^fement fouuenure des portesaux Proieftâs qui en attendroiûâ lâheure à demie lieuë pres: il communiqua fon delîèin à vn mufnier de la porte faint Cipri^ fous la faueur duquel amp;nbsp;habit de Preftres, marmotant dans fon breuierc il entre dedans: MâJâ le conoillantdcfoouuertpar le mufnicr: Et Tentant les préparatifs de ceux de dedans: ilfert'*' re au pluftoft. Aufli les Proteftans, fo retirèrent de luy plus loin quâilz nâauoient fait: Sepcf' fuadans que tous fes defïèinspour eftretousjours cuentez, amp;luyfo fâuuans cftre pourfuiuy par aucuns Catholiques, encor quâil y euft de grans Seigneurs, compagnies en Poitou: feufïènt autant de ruzes pour les amufér feulement amp;nbsp;fonder entre faites, ÃEftat de leurs affaires affin dây obuier à fon plaifîr.
toiisjoursjâ' amp;nbsp;nctnbrfi^®
Tant de foupçons ncantmoins, non plus que les préparatifs du Duc de Montpenc*^â que le Roy faifoit defoendre en Poitou,pour apaifer par la langue ou à main forte le corowâ^ cernent de ces mutineries: amp;nbsp;moins encor le peu de creance quâil fê uit au bon du fait entre les Seigneurs,Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines dont il fe faifoit fort aux Proteftans: ne firent perdre courage. Ains comme defcfperc en habillement diffimuîé, il recetchc prompt' mant tous ceux quiluyauoient autresfois promis pour en drefïèr forme dâarmes. Siqn^ uoiant de ça de la il leue fix cens foldats en Poitou amp;nbsp;bien deux cens chenaux,que dâvne^quot;^ dâautre Religion,auec lefquels il le jeté en campagne rodant auec fês troupes quâon nciwn^i' du public, les places du haut Poitou.-pour en furprendre quelques vues amp;nbsp;y drefler vnerei^' te de les moiens comme je vousdiray ailleurs apres vous auoir comunique cequeles^*' tholiques en general firent par impreffion Publier amp;nbsp;courir de tous coftés poutlajuÃiö^ tion de leur port dâarmes.
âK^monÃrances des Catholitjues vnis aux T^tinces, Parlenuns, G^uemeHrs Autres fratifoisfur ladijpofstiondu'P^yaumesyfondASulesecca' fions de ta prinfie de leurs armes.
Occafîofls de la prifc des armes Catholique».
Dâ A V T A N T que les plus faints amp;nbsp;nccefTaircs remedes pour reftablir Icschofesnâ^^^ pofées en ceRoyaume, font ordinairement fi cachez amp;nbsp;couuerts, que le fruit defirabic nc^ peut tirer amp;nbsp;apcrceuoir:par ce que les premiers Princes amp;nbsp;Seigneurs nâont aucune conoill ce des afÃires dâEftat defquels ils font cfloignez par aucuns injuftes vfiirpatcurs du Gouud' nemcntamp; enuieux de la profpcrité de cefte Couronnc.Etauffi par la crainte amp;nbsp;dcffiancc,qi*® les mefmes ont bien fccu par leurs artifices nourrir amp;nbsp;entretenir entre plufieurs bonspenoÃ' nages: amp;vniuerfelemcnt entre Je commun du peuple. Pour ce regard, ceux qui défirent''â' tant neccflà ire reftabliffement : ont projette quelques premieres formes amp;nbsp;moiens, defqt'^*â on fe pourroit ayder pour faciliter amp;nbsp;paruenir à f execution defdits remèdes qui femblenttoU tcsfoisellrc extraordinaires à aucuns, pour la difficulté que ils y jugent. Etpourccnypt®' fient leit' confêntcmcnt ny aucune rcfiftance,Neantmoins la bonté de Dieu, qui partantquot;^ fois à releué celle Couronne, comme il faut efperer quâil fera encores par la grace: napoâquot;â permis que tous ceux qui en ont propofè les moiens amp;nbsp;ouuertures: demeurent fi general*^' més ellcints amp;nbsp;amortis par les menaces qui leur ont eflé faites,julquâa les priuer pour la p^*' pare de la vie, biens amp;nbsp;Ãflats: quâil nâen relie encores quelques vns Seen bon nombreqââ prennent celle caufe en mainiBc en prelèntent leurs tref humbles rcquefles amp;nbsp;lûpplications là Majellé, pour le bien commun de tous les fu jets. Et qui en tout cas, nâauront recours à aâ' mes ny forces:que pour empefoher que leurs ennemis mauuais lèruiteuis de cefteCouronnai puilfont nuirc.Côme leur intention cil de ruiner amp;fê défaire de ceux qui ne veulent adhef^ à leurs pernicieux dclïcins lt;£ deliberations. Supplians à celle caulc lefdits Catholiques,togt;*$ Princes, Seigneurs, Gouuernéurs, Licutenans Generaux de fa Majellé, Cours Souucrainf$ les y vouloir alfillct comme pour lintcrcll quâilç y ont,fy doiuent preparer. Aquoy ils ncdoU' tent point que le Roy mefine, lêlon là bonté amp;nbsp;inclination naturcllc.-pourroit volontiers cofl' fèntir lans la mauuailê amp;nbsp;faulTc perfuafion qnâon luy donne. Que donc à ce coup, chacun fcfforce pour remettre amp;fillcpouuoit dire, rcllitucr celle Couronne: enconfidcrantaâ^^
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piticîEftat deplorable diâccllc.
Premiere ment laruïnenotoiredupeuplcquicftvraicmentlaruynedelôn-dit Eftat. Or que fôn peuple ne Ibit riiyné : il ne le voit point feulement en feftat des poures payfans amp;nbsp;laboureursâ.mais auflî de tous artilâns amp;nbsp;marchans, de fEglilê entièrement deftrui-te;amp; de la NoblelTe laquelle aiant confume (es biens,eft contaainte ne pourfuiure plus les actes vertueux. Et ne peuteftre rendue ne faite digne amp;nbsp;capable dâaucuns honneurs amp;nbsp;grades quelques varllans, courageux,hazardeux,vertueux SiC modeftes quâils (oient eux amp;nbsp;leurs en-fans. Tous autres hommes lâuans, lurifprudens, Théologiens amp;nbsp;de tant de(à inte vie quâils puilTenteftre;font (ans: efperance dâauoir jamais Offices ne benefices. Mais les Offices (ont Vendus indifcretement,les deniers en prouenans encores que la vendition foit vn des premiers niaux du Royaume.- néanmoins en font dônez amp;nbsp;profu(cment dependuz auant que lâOfficier les ayt desbourcez. Les EftatsSc charges plus honnorables, amp;qui nâappartiennent quâaux Princes : font adminiftrez amp;nbsp;maniez par perfonnes de bafle quallité amp;nbsp;indignes de tel .maniement au mefpris de telz Seigneurs, Princes amp;nbsp;autres qui les fuiuent de degré en degré. De fiçon que parmi ce Royaume, ez plus hauts lieux amp;nbsp;premiers Eftatsy font eftablis certaines perfonnes qui jufques icy ont efté (ans nom amp;nbsp;fans titre dâaucunne famille:pleins main tenant de plus grands threfors, amp;nbsp;poflefleurs de plus belles maifons de France. Les grandes amp;nbsp;plus illuftres maifons, demourans ce pendant par ce moien du toutaneanties ; amp;nbsp;la mémoire de leurs predeceffeurs, amp;nbsp;des généreux ades amp;nbsp;fidelles (èruices quâil ont fait à ceft ERat, e-fteins. De forte,quâà ceft exemple fora à craindre que plulieurs preuoiâs telz traittemens pou-uoir tomber fur eux : fo contenteront ((ans fattacher à autre foruice)de conduire leurs affaires priucz.Les Cours de Parlement,foui refuge amp;nbsp;defenfo de tout droit amp;nbsp;juftice : ont efté inter-Hides par ordonnâces faites à faffediondedeuxou de trois,faire aucunnes modifications, ne reftriftions à la verification des Edits.Et de la les particuliers ont le plus fouuent tel pouuoir quâils rôpent toutes Loix,Ordônances amp;nbsp;Arreftz.Et tout ce qui eft le mieux eftably en Frâce eftrenuerfé à leur feulle^ffedion. Les benefices poftedes fouz pretexte dâÅconomattant de temps quâon veut : fans aucun titre ne prouifion titulaire à laruyne des barimens amp;nbsp;ediffices qui font biens publics.La plus part donnez en mariages amp;nbsp;retenuz en douaire : au (candallc mefmes de ceux qui nâenfuy tient la profeffion. Qui fcmblent exciifà bles fur les plaintes quâil font de falteration quâils pretendent en fEglife Catholique:à caufe de lâindigne difjjofition amp;nbsp;adminiftration qui en eft faite. Et qui eft plus pernicieux :fontlapluipartpoffodez par gens Icfquels en tirent les deniers hors le Royaume fons quâaucun les dopende (come ii^ deuroit faire) fur les lieux pour vfer des offices charitables aufquels il font tenus, amp;nbsp;(aire refëntir aux poures laboureurs ( du fang defqucls ils receullcnt les reuenus )le fruit deu à leurs trauaux. Comme femblablement la plus part des Eftats de France,outre quâil (ont aucuns ez mains de perfonnes indignes: font encores tenuz par eftrangers amp;nbsp;fans aucun meritc.Auec tel eunuy à la NoblefTe de France, quâelle ne reflènt plus (eftans ces charges amp;nbsp;degrez és mains de telles perfonnes) comment amp;nbsp;fouz qui elle pourroit obeyr ,Sc faire foruice aux guerres amp;nbsp;autres affaires publics.Sâaneantiffant par la tellcmét,pour ne voir plus de lieu deftiné à la vertuilc loyer eftant fcparé dâicelle, quâelle ne recherche ains fefloignc, de ce à quoy elle eft de%ut teps dignement amp;nbsp;vertueufement attachée. Par fauis dâefqucls eftrangers ôc aucuns dâeux, à efté franfigé fans en faire entendre au Roy la conlequcnce,fur crime public 8c cômis fvn des plus grands maux qui fo peut commettre en fEftat. Qi^i eftoit la fubftradion des deniers amp;nbsp;threfors du Royaume par les Threforiers: amp;nbsp;mefmemcnt Threforiers des guerres.Cc nâeftoit autrefaute ou deliôt(fil eftoit ) quâauoir vendu les villes, fait ^rdre des batailles, rompre amp;nbsp;abandonner les plus belles 8t grandes entreprifos qui fo pcuuent propofer. Et neantmoins fas amener cela en confideration ont tranfigé amp;nbsp;faitcelTerlefaitdelalufticepour le fait de cinq cens mil liurcs. Et laquelle toutesfois encores nâa efté emploiée aux affaires duRoyaume, a-mortiffementourachapt des rentes ou domaine du Roy: Ains à ^riuez vfaiges. La dcfpcncc eâeft adiré les cxadionsSc confommation des deniers,depuisfan mil cinq cens foixante vn,fur ÃEgliïcfoule fe monte à cinquante ou foixante millions. Sans infinies autres charges comme Daces fur les proces,prouifions, ereéf ions Sevenditions dâOffices nouucatix,droits de Douane,vendition pe petis féels, dâOffices,dc procureurSj augmentation de tailles amp;nbsp;infiniz autres amp;nbsp;tels que la moindre partie à excede fans confiderer les deniers de fEglifo, toftt ce que ce bon
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bon Roy Loys douzième prenoit dâordinaire: encores quâil euft de grandes gwctresqui^^ fouftcnuësesquelles il à obtenu heurcufêsvidoircsrmcnc entretenu aimée hors le Royâquot; | me: penfions aux eftrangers, grande gendarmerie, les gens de guerre bicnpaiczamp;lcnpcæ pic tellement iôuftcnu quclcnom de peredu peuple luy en eft demeuré amp;nbsp;deccdanrà W'^ les threfors de France pleins dt grans deniers. Au contraire maintenant le peuple cf: la gendarmerie point pâtée, toute pietéj,Religion nbsp;nbsp;difcipline melprifée amp;: delaifiee: point
Affemblée tJâEOats Generaux.
Iuftice:lcs meurtres non parmy le Royaume amp;nbsp;lieux efloignez de nous: ains és lieux oii I#*** i cccftdcuë ïâns aucune punition. Mclmes que cefte injure eft contre noftreFrance: qncâj' cuns lânscÅur( comme eft le naturel de tels pufilanimes déloger en foy toute elpecc«® cruauté )ont gens gagez pour tuer ceux de la bouche defquels ils voient la vérité prefteà iôf tir: fils preuoient que lesfidelles fcruices, loiautez SiC patience de ceux contre qui ils portent cnuic:foicntfurle point défaire conoiftre aufdites Majeftez, leurs indignitez amp;nbsp;mauuaüe^ admihiftrations. Les guerres entre nous fans determination nefin:hvn abailTépreftà prantite la Loy dâobciflà nce: incontinant nouuellcs pratiques pour vous releucr,tenans tousjours choies en brâflc {X)ur empelcher que clairemét telles ruzes ne fe puilîct appcrceuoir gnâs tcllcmêt la NobleflcjSc faifâs fi petit eftat des gras Princes amp;Seigncurs:quâil féble qtii» ïiefont nez que pour cftreinfttumens deleurspalfions:lesnourrilïà nt en telles diiiiliow^^ inimitiez, quâilsnâont aucun autre but que dreflêr guerre les vns contre les autres;les ainfi tuer a tous hazards és fieges,aflà uts de ville, efforts de la bataille amp;nbsp;autres perils. Cepef dant eux font à leurs plaifirs, elpuifons les biens du Royaume lans faire autre eftat de celle No* blelTe. Mais pour toute recompenfe oient dire que lâon fera plus de Gentilshômes en vn que lâon nâen tueroit entrois batailles. Et que tous font hommes, nez en melmc climat)^ compolêz de melmes Elements. Le peuple non lèulemcnt deftruir, mais mort en forte de cent feux en vne Parroilfe, nâen relie que trente ou quarante. Etneantmoins eequireft^ ruyné. Et ruyné quâil eft,chargé toutesfois de routes amp;nbsp;telles tailles quâil fut onques. De que pour les paier, tous prefques ont vendu jufques aux lits amp;nbsp;robbes de leurs femmes, aquot;' cuns la tuille de leurs maifons. Sans que de tout cela, fen prenne pitié. Mais olê lâon dWquot; y a de largenten la moelle de leurs jambes, quâil faut rompre lesospourl'auoir.Delt;^'^.® pou reté lEglilèamp;laNoblcfte quinc tircrien que du labeur de paylân: nâa plusdepoiâUO** i nydemoiens. Ce pendant les adminiftrateurs de cell eftat, emploient ces grans deniersefl tels vlâiges particuliers quâil leur fcmble bon:fâns faire voir au Roy cefte mifore, ne faite pctiâ ferle per^ouil tombe.Et qui eftplus à craindre,fe rendentinfotiables:faifansdupeup^^ comme de boeufz inftrumens aratoires. Et continuans augmentans les impofts, rerdet le pe uple du tout impiiiflà nt amp;nbsp;par la necclfité defobeiftanr. Chofe que Ion doit fuyr furtfU^ Car cefte licence, eftant vne fois palféc: encores que ce foit à faute de pouuoir: il eft à cram* dre quâil la refonte amp;nbsp;en vfo par faute de vouloir, quand il en aura le pouiioir.Aqiioy lescho' fes fi;cndommagées, defolécs Scdefelperées quâelles font: nefo voit legitime remede quepat la libre conuocation Scafl'emblée desEftats: laquelle leurs Majeftez doiuentpermcttre.fi: j que les pays fiffemblent pour regarder chacun endroit foy, lâaliénation du domaine poutlc rachept*,parlesplusexpediens moiensquifopourronttrouuer.Regardans cequâilspout' sont faire pour tous cnfomble. Apres rapporter auflits Eftais Generaux leurs moiens: lesot* frir, propofer amp;nbsp;en fubuenir au Roy en cefte grande neceffité, afin de le contenter. Luyre-monfl:rer les defaux qui font en lâadminiftration de lâEftat de lEglifo amp;nbsp;de la luftice. EtdâaU' tant que ceux aufquels telle feintes propofitiôs amp;nbsp;remoftrances fout dcfegreablcs,pc)tirquel-ques interefts particuliers; fft^orcent les faire trouuer odieufes à fe Majefté.-Euy mettent df' I teint les yeux que lâafTembléc dâEftats nâeft quâen lâvn des trois cas. Aftà uoir lé jeune aagéj I malladie amp;nbsp;prifon: Lefquels par la grace de Dieu ccflcnt.La rclponce eft prompte que tels K' raedes amp;nbsp;propofitions ne font pas Eftats pour lâadminiftration du Royaume,aucun ny penfe-Mais ce font remonftraiiccs^ doléances, ouuertures Scremedesque Von luy veut donn^f pour abohr la mifore en laquelle eft cefte France, qui à flory deuant tous Royaumes,amp; main- i tenant eft faite miferablc amp;nbsp;pitoiable à tous les voifins. Et force fefouuiendra fil luy plaiftfo | Majeftc amp;nbsp;ceux qui eftoiêt lors en fon confoihdcî offres des depputez Catholiques de Guye-nc amp;nbsp;autres Prouinces, de faire trouuer moien de paier les dcbtesamp;rachepter fon domain^ dedans fix aasJEt au bout de ce temps, quâils trouueront toiisjours hommes amp;nbsp;argent pour nod nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6'«
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iîire les guerres qui ièroient ncccffaircs Sâ non point lesguerres inteftines. Pour Iciquelies faire cefler,regardez maintenant vous Meflîeurs, de la Religion reformée: que les armes que îon peut dire toutesfois vous cftre juftcs en tant quelles vous font necciïà ircs: nâeftans principalement que defenfiues pour vous côfècueramp; vos vies:ont eu peu de pouuoir amp;efFcôt à obtenir amp;nbsp;maintenir ce pourquoy vous vous eftes tât trauaillez S* tant de fois bazardez.Partant vous propofans cela deuant les yeux, ne vous atachez pas tant aux points qui vous concernét quenâaffiftiez à cefte oeuure: ne voulans neantmoinsSê nâayant efté noftre intention,vous faite côtemner à fEftat des confcicnces.Mais plustoft vous afïeôlionner à le deffendre.Confide-rans quâen repos püblic,fèruice du Roy amp;nbsp;confèruation de ion Ellat nây a rien contraire, mais tout digne de pit^é 8c Religion .Et en ce faiiânt, embraflez aucc nous ces dignes amp;nbsp;vraiemét Chreftiennes remonftrâccs,pour tous eniêmblc fupplier 8c requeriiMeflèigneurs les Princes, Cours de Parlement, Marefehaux de Erancc, Gouuerncurs des Prouinccs 8c Lieutenans Ge-netauxdcfaMajefté:Meffieurs les Ecclefiafticques, la Nobleflè 8c tous autres fidellcs fujets: qu ils facent entédre à fà diteMajefté lefdites remonftrances afin quâvnanimemét conjoints par vn mefme confentement de volontez: nous obtenions à leur prière 8c interceffion ladite libre conuocation dâEftats tant ncceflâire: ou puillent eftre entendues 8c propofées nos juftes do-IcanccSjfaffcélion que nous auons defècourir 8c aider aux affaires de France. Et les remedes qui fe pourront ouurir, pour en tirer le fruit qui fen peut attendre 8c efpercr. Et que ce pen-dantfaMajefte,ne vueilletellcmët fermer la porte de fâ jufticeiquâelic face arrefter eu off éfer Ceux,quelle cftimeraauoirdonncquelqueauisiou affifté à ces faints propos.Ains efloigncr de fon oreille ceux, qui luypropofèroient 8c voudroient continuer les perfuafions dâvler cotre eux de feueritez defquclles ils font publiquement menaffez. Nous joignans tous mainte-tenans 8c raportans nos faints z eles,pouuoirs, affedions 8c effets en toute humilité 8c obeiffâ-ce neceflaire, pour empefeher fexecution des trefeertains 8c publics ennemis de ce poure Ef-tatamp;desfîdellesfèruiteurs dâicelluy. Enquoy nous foions tellement conduits 8c reglez que nous ne cerchions ne fui^iôs aucuns moiens, qui ne foient vraiement dignes de Chrcflien 8c Iwnsferuiteurs de fôn Princc.Vous Proteftons de noflre part,que nous qui ne voulons départir denoftre Religion Catholique Chreftienne : ne defirons rien plus quâauec raifônablc contentement d'vn chacun foiez fà tiffaits, non par armes,,guerres ôc violences:ains par confentemét de voz côcitoiés fous lâautorité 8c par cômandement de fà Majefté.Pour laquel-lcfculeamp; pour la grandeur 8c reftabliflément( fi ainfi fofons dire ) de fà Couronne, Proteftôs îuoirentré en cefte fâinte volonté 8c defir.Etquepourfêntir le fruit que nous en^ttendons parlabenedidion de Dieu: auons abandonné comme .abandonnons nos vies, Eftats, hon-ncursôcbiensquelsconques.Sans confideration dâautres maux 8c perils: defqucls Dieu par û grace nous conferuera. Lequel nous fupplions nous faire bien toft voir 8c fêntir les effets 8c heureuxfuccez de fi faintes ouuertu res. Regretans autant que pourriez: 8c auec bônes ÃC ju-ftesraifonsjlcs occafions, qui feroient vous douloir des rnauuais Offices ôc rigueurs exercées fur vous. De qui les vies nous fontauffi chères 8c precieufes que lesnoftres propres. Et qui pouuez 8c deuez croire leschofcspaffées nâeftreauenuës du commandement de fîditeMa-jefté. Et moins du confentement 8c affiftancc de nous. Ains par quelques paffios 8c affediôs particulières de perfonnes fans titre 8c qualité dont ils fbient dignes. Lefquels maintenant nous vous prions efloigncr de vous 8c du tout oublier: auec propos de reconciliation Sc amitié perpétuelle.
Deflcins des Ptotef-tansamp;Ca*. tholiqucs vnis en la
Or comme es guerres ciuillcs, tout ordre de guerreSc difi^linc militaire eft abaftardic: oc cafion que le deffi 8c publication du motif de prendre les armes, eft dâordinaire pofteneur a îeffedf : auffi les Proteftans ne volurent faire publicrcefteleur proteftation : quâaprez auoir ___________ fait du pis quâils peurent aux Catholiques. Afçauoir aprez quâils eurét prins les places 8c cou ru es lieux que je vous diray main tenant.Ils auoient deux fins prmcipalles. Premièrement de foire fortir Monficur hors de Court. La deuxième, de prendre Tes armes par tout 8c en meP me temps,fouz îaueu 8c autorité de fôn Excellence contre ceux quâils difoiét manier le Roy a leur plaifîr. Et pour le premier point pluficurs CathoIiqucsSc fès domeftiques mefînes luy occafîons auoient jà mis à loeil,voire perfuadé les fouppôs 8c deffianccs que leRoy auoit de luy.Et outre qui mcuuoi ce,les indignités quâil receuoit de jour à autre par ceux qui gouuernoienr fà Majefté à leur à fordrde^'' fanufie.Cc quâils luy montroient par pluficurs a ccidans.Etmefmcs quand il nây auroit antre Court.
choie
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Lâ HISTOIRE DE FRANCE,
choie que le refus du Grade de Lieutenant General par tourte la France. Et le pome apanag® dont il /ouifîbitjinfuffifant à fournir feullcinent fordinaire de là delpêcediors lequel le deud' delôn Excellence qui ncpouuoit auoir moins quâauoit eu lcRcy de Pologne, rcqKcrcid*;'' tretien des plus habilles SeigneurSjGentilshommesamp;Capitaines de la France,qui ne le poiâf' roicnf fuiure fans apointemewt honnorable: Outre les menus plaihrs ôc autres partiesfsind' les pour lefquclles il deuoit faire fons dâvn extraordinaire:Vcu mcfmcmentlâelpoiramp;honn^* table atteinte que tous les François dâvne amp;nbsp;dâautre Religion : que tous cfl rangers amis île couronne ont conceu de luy,depuis le partemet du Roy de Polognc.Failà ns tousfes cóleâ liers Eftat que Monfieur hors de celle captiuitCjferoit Chef amp;nbsp;des Protellans amp;nbsp;dés Cath^' liques politics qui prédroict les armes pour relFormcramp; mieux poliçer lEl^t de ceRoiatHâ^' Môfieur à ce plufieurs fois follicité,auôict dôné le jour de la Ibrtie au Mardy gras. Car jà Catholiques vnis amp;nbsp;les Protellans alïùciez auoient chacun felon fes moyens donné ordre lt;Æ meilsen auoient ellé priés, de furprendre ce melme jour le plus de places, ScfalTcurer*-^ plus grand nombre de gens amp;nbsp;quantité dâarmes quâils pourroiêt. Mais pour fexecutionde^® fécond point ne le trouua prelque que les Protellans fur piez pour i'exeetiter, fcxcufantsJf^ SeigneursCotholiques fur fatéte de lalôrtie dcMolieur Si les vanités de comt.lelquelJcsp^ nouuclles occurrcces entrauerlôient le cours de leurs delfeins.Or afin que vous jugicsbifâ au vray tant de la lortie, que de ce qui depuis atiint en ccnlêqucnce dâicelle, je vay vous dit® comme le tout fe palfa: puis je vous efclarciray le progtez amp;nbsp;execution finalle de la leuéedes
Protellans.
Entreprife dcS. Gcr-niaiiun Laïc.
Les Chefs du party,auoient ordôné quâvnChcfauec le plus de chenaux quâilpourroW' femblenfe prefenteroit à jour nommé au lieu où la Court fcroitpour faire fc orte à Et lôrty auec le Roy de Nauarrc,Prince de Condé amp;nbsp;autresde conduire en lèureté au lie^â*âquot; il voudroit aller. Puis auoir leiié les armes amp;nbsp;leurs dellcins commencez à exécuter felon projet: faire amp;nbsp;publier la declaration defon Excellence affin de monllrer à tousloccalîoiKâ^ fon remüement.Les moyens quâil vouloit tenir à la conduitte dclôgi aimée.Etlafînà hqâ^' le il tendoit auec tous ceux qui luy auoient jurez lecours amp;nbsp;lêrtiice à leurpcffible. que ceChefaccompagné de deux cens cheuaux,compare en veuë de là int Geimain enM^ où eftoit la Court fur la fin de Feburier Mais lôn Excellence ccnfeillée par la Molle fonj fauory.'confiderant ^importance de leur deffein amp;nbsp;fennuy quâen receiiroit fa MajefléauoKJ^ dcfcouuert tout ce deffein au Roy amp;nbsp;à la Roynefa mere.Ce qui le fit rentrer ez bonnes graced de leur n^jeflez,Slt;: oublier le fôupçon quâelles auoiêt conccues de luy,non tant poutfo temens que delêsdomefliqucs,lcfq.uels ne defiroient que fenlcuer de Court pour lesoccîi*' ons fufdittes amp;nbsp;autres que vous entédrez cy aprez.Ccfle défi ouuerte fut occafion que le ne partit du lieu.Mais tous ceux qui îignoroicnr amp;nbsp;qui fè refôuucnoient des bruiélsquiau^â^' eut jà couru par tout que Monfieur amp;nbsp;le Roy de Nauarreauee plufieiirsâautres MalcontanS vouloientfê retirer pour entreprendre fur lEllat : fc perfuadâs que cefte trouppe nâefloitquc les auantcouretix dâvne armée qui fauançoit pour prendre le Roy amp;nbsp;tourte fa liiytctfîmpnmf Fuyte de la icnt vn^el effroy au ccrucau,quâaucun ne mit en deliberation de confcil fil deuoit dcbulqucf Cburt aban ou non. Ains fiiyans tous à vau de route amp;nbsp;felon quâils fc treuuercnt preflz fans autrement at- | * tendre leurs commoditez: les cheuaux (amp; bateaux à ceux qui deitendoient fur la riuiercj curentaffez à faire en la journée des cfperons,pourlesfà uuer de fefpouuante quilesacccnv paigna jiifques dedans Paris: où le Roy fè rctiradcsle lendemain auec Monficuramp;le ! deNauarre,leCardinal de I^rrayne,les Duesde Lorrayne,deGuyfè,dâAumalleamp;plufieiJis 1 autres fèigneurs'.Ecauffitoft Monfieur amp;nbsp;le Roy de Nauarrepout Icucr le bruit de ce que leââ | leur iinpofôit firent amp;nbsp;publièrent ces declarations. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
declaration dn Duc itt^Ienfonportant tefmei^na^e de fa bonne voIoh-
te' i^affetlion ve^s ta t^^a jeflé da nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^aec refo/a-
tfon de s'oppofer de tout fon poHuoir Ã
N O V S François filz amp;nbsp;frere de Roy Duc dâAlençon Sc Pair de France. Ayant entendu qu aucuns impofleurs ont malheureufement amp;nbsp;mefehantement dit amp;nbsp;feme de faux bruits contre Nous,noflte honneur amp;nbsp;le deuoir que nous auons amp;nbsp;voulons toute noftre vie porter au Roy nolit
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noftrefoiiuerain Seigneuramp; frere en ce quâils difênt que nous faûorilôns Lentreprinfc qui fut lt;lctnierement faite contre là Majefté à faint Germain en Laye: amp;nbsp;que nous nous dénions retire kur Chef. Nous auons fupplic tref humblement ladite Majefté pour faire conoiftre no-ftre droite intentionmous permettre faire ceft eferit ligné de noftre mainîPar lequel nous Cer* tiffions à vn chacun que ceft choie du tout fauflé amp;nbsp;controuiftc. Et à laquelle nous nâauons jamais penfe. Et que tant fen faut que nous nous feuflions voulu tant oublier; que nous lom-tties refoluz ainfi que le deuoir de nature amp;nbsp;des Loixdiuinesamp; humaines nous le comman* tie; de mettre amp;nbsp;expolêr noftre propre vie, amp;nbsp;tout ce que Dieu nous à donné de moiens,amis ^iêruiteurs pour celle de noUiedit Seigneur amp;nbsp;frere: pour la conlêruation amp;nbsp;manutention tie fa Couronneamp;Ãftatamp;des bons fidelles amp;loiaux fujets.Etdenousopolcr amp;nbsp;courrefur ceux qui luy font rebelles amp;nbsp;troubleront le repos amp;nbsp;tranlquihté de ce Royaume; En tefmoin de ce nous fauons figné de noftre main. Au Bois de Vincennes le vint quatrième Mars. Lâan mil cinq cens foixante quatorze. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠' -onio nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r';- 'c; Declaratiô
N 0 V s Henry, par la grace de Dieu, Roy de Nauarre, Sèigneur Souuerain dé Bearn,
Duc de Vandofniois,ayans entendu quâaucuns impofteurs amp;c. Comme Lautrè.' â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nauarre.
Ainsi les Chefs apaifez amp;: leurs declà ratiôs publiées: on le fit Içaiioir aux Marefehaux tesMaref-de Montmorécyamp;deCofle.Les priant de venir enCourt pour le lèruice du Roy. Aquoy en fin chaux de bien quâalTez enuis:voire deftournez par la plus part de leurs amis: ils obéirent amp;nbsp;trouuerent nbsp;nbsp;nbsp;jeCof
leRoyauboys de Vinciennes. Puis on recercha parlemoien deBrinon(qui delcela toute fcfontenfin îentreprife) ceux qui les auoyent induits à ce point .Si que lâonzième amp;nbsp;douzième A- jgt;7uâr'^en uni,furent foudain pris lolêph de Boniface dit la Mole Gentilhomme fort aymé dèMonfieur. Court Annibal Comte de Coconas, le Capitaine là int Martin,Frâçois Tourtay autresfois Secretaire La Mole amp;nbsp;de grind Champ amp;nbsp;Grandry: par la deppofition defquels plufieurs euffent bien voulu faire conoiftre que ceux de Montmorency amp;nbsp;le Marefchal de CofTé, feuflènt des premiers de la partie. Meru, Thoré, le Vicomte de Turene, le jeune la Node dit la Fin, Grand Champ amp;nbsp;plufieurs autres fe retirewnt de bonne heu re. Ce fait pour FafTeurer encor plus,on ofta les ef met amp;nbsp;au-péesauDuc dâAlençon amp;nbsp;Roy de Nauarre. Et leur fut dit par le Roy quâils ne fauançaflènt pas de fottitjcar îouuerture leur feroit defiiiée. Aulfi leur fit on quîter plufieurs deleurs do- courterain tneftiqucs:leuçen donnant dâautres en leur place. Puis le trezieme Ãuril, les Prefidans de tc dâyeftre T^hou amp;nbsp;Hannequin députez par le Roy pour faire le procès, ouy rent Monfieur amp;nbsp;le Roy de Nauarre, Puis les autres tout le mois dâAuril,/niques à ce que f Arreft fut prononcé amp;nbsp;execu- jeRoyde té le trentième du mois en Greue à Paris fur la Mole,Cocon3s amp;nbsp;Tourtray. Leur peoces por- Nauarre tef toitmcfme forme de procedure.
V H V par la Court les grans Chamberes amp;nbsp;Tournelle aftembleés : Le proces criminel parlement extraordinairemétfait pour raiiôn de la confpirationamp;conjuration faite contre fEftat du Roy de Paris cou amp;fôRoyaume:à la requefte du ProcureurGeneral du Roy à Rencontre de loiêph de Boniface, Seigneur de laMoleprifonnier és priions de la coniiergeriedu Palais de Paris. Conclufiôs dudit Procureur General, ouy amp;nbsp;interrogé par ladite Court plufieurs fois iceluy de la Mole fur lescrimes amp;nbsp;délits à luy impofez.Et tout confideré : il fera dit que la Court à ^pclaré amp;nbsp;declare ledit Boniface attaint amp;nbsp;cóuaincu*de crime de JezeMajefté.Et pour la reparation dâicelle: La condenné à eftre décapité fur vn efehafaut qui iera drefte en la place de Greue. Son corps mis en quatre quartiers qui feront attachez à quatre potcces lefquellcs feront miles hors les quatre priiicipalles portes de cefte vi 1 le;amp; la teile mile fur vn poteau qui iêra planté en la-diteplace de Greue. A déclaré tous amp;nbsp;chacuns les biens dudi^a Mole acquis amp;nbsp;confiiquez au Roy. Et neantmoins au parauant ladite execution: La Court ordonne que ledit Boniface fera mis en torture amp;nbsp;queftion pour içauoir par ià bouche ceux qui iont participans de ladite conjuration.
Orpource que les Marefehaux de Montmorency amp;nbsp;de CoiT^eftoiét eftimez les premiers Emprifonne auteurs de ce deifein: apres plufieurs lettres amp;mciïà ges à eux enuoiez pour les faire venir en mant des Court: en fin ils iè lailferent aller aux belles parolles de Court amp;nbsp;furent contre le Conièil de de kursamisjtreiiuer leurs Majeftez au boys de Vincennes. Le Marefchal fejournoit pourlorsà Dammartin bourg amp;nbsp;Chafteau plailà ntà fix lieu« peredebatit long temps amp;nbsp;en fin gangna par plufieurs Arrefts de Parlement'dc Paris fur ceux tiùedc Pade Guyfe. Il y recuillit neantmoins fort honnorablemcnt le Duc de Lorraine, amp;nbsp;Madame iÃ
de Montmoremey Montmoré ;de Paris: que fort
femme
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femme auec le.Cardinal de.Lorraineamp; leurfuitte.Puis lâeflant Torcy allé afieuierdelab^ neaffeélion du Roy amp;nbsp;du grand defir que leurs Majeftez auoient de le voir; il y fut amp;nbsp;le**'; refchaldeCoflepartydeGonorenAnjouoùilfeftoit retiré;fe trcuuâs logczrciisdeuxau^ jon du Chafteau. Puis Madame la Marcfohale de Montmorency iy fut voir de Jaqucllci voulut prandre le confeil amp;nbsp;n»oiçn de fortir fen remetant difoit-il, à la volonté de Dicu.M^ depuis auerty par vnEfoofifois quâon le reforreroitrfe leuc Scfabillà t vn des vallets de chamf du Roy luy fut dire que fa Majefté le demandoit amp;nbsp;le Marefchal de Cofie auflt. Paflé lePtââ' pour y aller, le Vicomte dâAuchy Capitaine des Gardes fe prefonta: pendant Je deuis duqu^ à îorcille amp;nbsp;fe pourmenanson le voioit fouuent changer de |jpuleur pour la nouiiellcddo emprifonemât.Il enuoia toutesfois JeVicôtefupplier Jà Majefte quâil luy pleuft parler-Dcqu^y refufë,fut monté en coche amp;nbsp;le Marefohal de Cofie auflî que les Suifiesy auoient aroen^^ Puis voiant que ceftoit vn faire le faut:fo laifià aller finon à la fortune, du moins à la volonté
J des hommes defquelz il ne feeut one descouurir ou empefeher les penfées plus fêcrettes: font pour toutes chofos au feruiteur, qui malgré les gardes fauoit tousjours accopagne-qi*â fo retiraft à Jâ femme,luy porter ces trilles nouuelles à Chamtilly dâoù on la pourfuiultenvä^â julques à Mets auec la Porte, Guidon de la compagnie dâhommes dâarmes defon mary, duit à la Baftille de Paris, auec grofiès gardes tambours fonans huées amp;nbsp;fifflemans depiâquot;' curs du peuple. Pour y attendre lâexecution de ce que je vous diray ailleurs.
Voila quels eftoient les portemens particulliers des Catholiques mal contansjquellesâd*' ons des confoilliers delâMajefté pour y obuier.Reftc à voir comme Icsautres politics nioient en mefme temps auec leurs afiociez Protefians, vous auez jà veu les ocafious,qigt;c^^ confederez difoient auoir de reprendre les armes :auec la declaration quâils firent courirp^f la France aprez feftre jettez aux champs. Venons maintenant à particularifor les moyens q'' ils tindrent au progret de leurs entrcprinlè.
La Noue General des Protcftans amp;Ca-tholiques vnis donne ordre en
L A Noue auoué General des vns amp;nbsp;autres de la Rochelle5amp; auoir donné auis a SieurSjGentilshommes5amp; Capitaines de fe fà ifir des plus de places rallier le plus quâils pourroient : fe repofâns à la Caze amp;nbsp;Mirambeau pour donner ordre enJa Saintonge Angoumois :defccnden Poitou pour rallier la Noblelïe amp;nbsp;autres gensdeguerreà Fonteuaÿ le Comte amp;nbsp;Lufignan villes furprinfes par les Protcftês parmi les piaifirsamp; joieux esbatc^^^ Mirem^e^au nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en la forte que je vous diray. le vous ay autresfois reprefonté I^ontenay)
qucs la nuit du Mardy gras par les Protcftans.
cnSaTnt^n- paÃâge. Venons à la prinfo .Vousauez veu cy deuant comme ceux de Fontenay fetenoieiil geamp;Angou jour amp;nbsp;ni^ét fur leurs gardes, crainte de la Noblefle vÅfine amp;nbsp;dâvne defoentc de Kochellois-Saint EftiennctoutesfoisBeflayamp; autres Gentilshommes voifins animez par aucuns desfe' Comtc^oa^ ^i^^ns Confedercz: iic laiûèrent dây mener foixante chenaux amp;nbsp;deux censharquebuzieÃ' bas Poitou Lefquels guidez par deux de la ville mefinc, aians laifle palier la derniere ronde, prefenKlt;âJ hscTtholi- amp;fournjfl'ent fefcalladefî heureufoment quâcncor que la ronde non encor defeenduë criait aux armes amp;nbsp;que ne voiant aucun fortir ny f'efuemier (elle fe feuft jettée du haut en bas poi''^ fofauuer ou elle fo rompit vne jambe) ils entrèrent file à file. Puis auoir ouuertau reftC) rompjrci^t le corps de garde, lâifillènt les cantons,foiirragent les plus riches maifons.Etauotf arrefte les deniers Royaux de Ramée, Receueur dont ils tindrent compte à la Noue fo rendirent maiftres du tout y atendans le General lequel dilpofa de la garde, de la police, des protêt' fions Ãr fortifications de la ville comme il auifa pour le plus expédiant; où ce pendant il doæ nale rendc-vous aux troupes dâOnis à la Rochcllc.-haut amp;nbsp;bas Poitou,fors celles quife rerire-
rentà Lufignen furpris le mefae jour dn Mardy gras par Luche 'amp; Baroniere G^itilshomes La Noue fe vofiîns. Comme je vous diray ailleurs. Puis la Noue defirant faire vne reucuë de lès troiippeS' met aux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;campagne. Et tant pour faciliter îifiiië à plufieurs Catholiques amp;nbsp;Protellans quâ
festtouppet nâofoiêt fortir de plufieurs places, crainte dâeftre fuiuiz amp;nbsp;recerchez à fcxemple de beaucot^ amp;nbsp;à quelles jâamres quâon y auoit arrefte bien courtzioint îefpoir quâon luy dônoit que les Seigneurs dot jevousay parlé'.fe joindroientà fon armeeauflî toll quilîauroit acheminée fur le bord de b Riuierc de Loyre : Auflî pour munir amp;nbsp;fortifier L vs i o n e n : fe met aux champs auec deux cens cheuaux maitres amp;nbsp;quatre cens harquebuziers fesgarnifons deFontenay, Luü' 'gnen,Tailemond fur Iar,Lufi'on amp;nbsp;autres bicoques pourucuës comme il auilà pourlemieux croilTant tousjours lès trouppes neantmoins jufqucs à Loudun amp;nbsp;frôticres de Touraine dâo» il ne retira pas tant de gens quâil penfoit. Et ne peut que doubler fes forces, par la creuë de
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Ceux qui îcftoiét allé joindre de pluficurs endroitsL.efqucllcs dâcfefpcrant de croiftre en plii^ La Noue regrand nôbre amp;(. craignans la delcente du Duc de Montpenfier que le Roy luy enuoioit fur le^ pe7amp; poup bras pour rompre ces tant legiercs caualcadcsnl mena faire leur coup deflà y à Verteuil en An* quoy. goumois.Où vne bande de gens de cheual affiftee de quelques harquebuziersjles oza atendre louslaEueur de quelques baricades dont elle auoit muny les auenuës du Bourg» Lâvne def-lt;^uellcs neâtmoins enfoncée par le Capitaine,amp; en fin gagnée par la mort de fix quâvns quâautres: fetiiitdâouuerture à ceux qui pourfiiiuirent leur bon heur julques augain de toute la place. Puis le retirerent en Poitou, lâchant la Noue que les deiîèins de la plulpart des Sei- î'ou^eTu* gneiirsdeCourtauoienteu telle fin que je vous ay dit. Ce faitfacheminc à la Rochelle le 5. Rochelle Mars potir entretenir amp;nbsp;côforter ceux de la côftace delquels il lê doutoit le plus: melmcmant r^geVie^'*' * ® vn fl facheuxamp;peu faiiorable cômêcemât:relôlu de leur faire quelques remôftrâces en plei moins aiLeu-nc afleblée de ÃEcheuinage. Câ cft la maifô de ville ou le lót les alfêblées du corps amp;nbsp;College doIavilie:Cópofé des Maire,ElcheuinsSd Pairs dâicelle auquel lèlon les occurrcces on apeJle les bourgeois amp;nbsp;habitas de la ville,delquels neâtmoins falfèblée popuIaireSc generale fe ûit ail Echeuinage leurs,ou fô treuue bon de la côuocquer,mais comunemet à tvn des Téples de la ville.Sâeftât ^^taRochel-donques au lendemain de fon arriuée treuué à lElchcuinage amp;nbsp;fefted ât par vn afièz long dif Anembiées cours fur ce quifeftoit paffé en cefte premiere expeditiô: dit quâil faut louer Dieu de ce que deiaRochcl pour nos pechez il ne lui à pieu donner plus heureux fucces à nos entreprifes. Et remettre le tout à fa prüuidâce»Eftâs arfeurez quâil nâoublira les fiés armez pour vne Ci jufte querelle. Au les gcncral-refte quâil ne faut cômâcer à courir,pour demeurer au millieu de la carrière. Mais pourfuiurc jufques au bout. C^âil nâignoroit point que beaucoup trouueroiét biê rudes toutes les trauer fes,amp; algarades quifôtcouflumieres en guerreiamp;leroiêt pres du rcpétirdâauoir tourné le dos de la Noue à leurs aifes amp;nbsp;repos où ils fébloiét eftre,pour le voir côtinuellemêt tallônez de falcheries amp;nbsp;te°HesR inquietudes.Toutesfois quâil ne voioit pas que le nôbre de gés fi chatouilleux amp;nbsp;délicats fut cheliois en grâden vne villc,qui auoit de lôgue main dâelâcouftumé fes ailes, plaifirs amp;nbsp;cômoditez parti-culieres.-pour maintenir lejpur lêruice de Dieu amp;nbsp;la trâquilité de ce Roiaumeinon lèulement j-X' pourleur partici|lier mais pluftoft pour le general.Côme ils auoiét rédu vn fi infigne telhaoi- tcentrepriic gnagepédât le liege. Aprefctdôc,quâil eftoit queftiô plus que jamais dâvne pçrleuerâce amp;nbsp;cô-tinuatiô en leur bô zelleiil falfeuroit tat dâeux,quâils ne fy oublieroint aucunemct.Et ny elpar gneroiét choie qui fuft en leur puilfâce.Aquoy il les exhortoit de grade affcôliôamp; viure auec cocorde amp;nbsp;vniô enfêbleichalTâs du milieu dâeux tous debats,piques amp;nbsp;autres dilputes qui ont decûuftumede ruiner les villes les plus florilfâtcs.Leur rccômâdât au refte la Foyamp;q^ociatiô mutuelle quâils auoiét jurée auec la Noblelfe.Laquellc de la part nây vouloir faillir en vn lèul point.Aiiisy expolèr la vieamp; tout ce quâils auoiét de plus precieux. Atêdat de bref îoccurrécc que le teps dâefcouuriroit,pour leur dôner occafiô de fesjouïr Slt; efperer vn própt fccours amp;nbsp;merueilleufe alfiftâce de Dieu.ll y eut ce mefinc jour confêiI tenu,auquel furet relôliîës beau coup de chofes quâils jugerét des plus necelfaircs amp;nbsp;defqueilcs furent drelTez articles qui de- Moiensque puis ont efté publiez concernans la police amp;nbsp;difcipline militaire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poquot;u/differ
Le Roy cependant pour ne le tenir trop à defcouuert:mandc de toutes pars là Gédarmcric, Armée ä fe chenaux legers,lesRegimes de fanterie amp;le plus de gés de guerre en fome quâil peut fèuet en g^eTRc^*^ fôKoiaume tant dââciêncs q nouuellcs inftitutiôs lèlô les cômilfiôs nouuelles quâil en auoit formez. jidrc(léamp; fait deliurcr aux plus alTeurcz Capitaines quâô luy auoit colèillé.Enjoignât aulfi à toutes fortes deperfonnes,jufques au peuple,paylân,amp; cômune de fê mettre en Armes parles bourgs amp;nbsp;villages pour courre fu s au premier toquelâin,amp; à tous ceux des Proteftans qui lê feroict leuez en Armes lelon leProclamât qui en fut enuoié de Aris le 5. Mars 1574. a cha-cunGouuerncuramp;Lieutenant de Prouinceenlônablênce. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
DEPARLEROY. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Commande
No S T R E Amé amp;nbsp;Fcal,voulans pourueoir à la feurcté,côlêruation,defcncc de noftreEftat géTdc guet amp;nbsp;autorité : amp;nbsp;que ceux qui le Ibnt elleuez en armes contre leur ^uoir amp;nbsp;îobeïlïânce quâils ÆÆÆ jâ¢â (ont tenusdenous rendre côme à leur Prince naturehlbient empefehez dâexecutcr leurs per- uokde fe nicieux delTeins. Auonsdeclaré amp;nbsp;déclarons par ces prefentes: nos vouloir amp;nbsp;intention eftre. çourirlaMa Que les Gentils-hommes Catholicques de nos pays amp;nbsp;Prouinces:amp; autres nos bons amp;nbsp;loy-uuxfiijcts qui pourrôt lê monter dâArmes amp;nbsp;chenaux : lê rendent le plus dilligemment que hire ce pourra par deuers les Gouuernçurs nos Lieutenans Generaux chacun eh (a Prouince,
Ddd
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Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
Permiflion p^^j. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâils Icur feront entendre de noftre part. Ordonnons en outre Iclon que
La Noue part de la Rochelle pourdóner ordre aux Ifles.
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/' MW KH lAll. V W MW 113 IVll 1 IVlVlIk vUtVuULV t.»V IIUIU V MAI C ⢠vx nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-i ,
acousjui* 11 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ja
ques aux nbsp;nbsp;re amp;nbsp;la necelfité le requerra: quâvn chacun de nos bons fu jets des villes, bourgs, bouffi
counc fus*^ nbsp;nbsp;autres fafl'emblent,lôit par fondu toclâin5amp; autrement le plus à propos quâil le pentra
aux Protc- afin dc rcfifter aux perturbateurs de noftre Eftat amp;nbsp;du repos de nos fujets : leur courir ; ftasciicuex. taiUgf en picces ceux qui feiont notoirement armez contre noftre feruice amp;nbsp;leur öfter Kâ j moien de mal faire. Nâentendans toutesfois quâil foit fait aucune oftence ne delplaifirà . denos fujets qui ont cfté amp;nbsp;font encores dc la nouuelle oppinion, qui fecontiendrontp^' blemcnt en leurs maifons fous la permiflion amp;nbsp;bcnefficc dc noftre Edit de Paciffication P'â
. au mois de luillet dernier. Ce que nousdeftendonstrefexpreflement. Ains voulons foyent maintenuz amp;nbsp;conforuez en la protedion noftre amp;nbsp;des Gouuerncurs amp;nbsp;nos Lieutef^â Generaux de nos Prouinces. Et mcime que les Gentils hommes leurs voyfins, fe cbâfF deles garentir déroute injure amp;nbsp;opprcfîion. Dequoy nous les admoncftcnsamp; aucruu® ' vousmandans enjoignans faire lire amp;nbsp;publier nos prefênrc intention amp;nbsp;Ordonnance) r â tous les endroits de voftre reffort accouftumés à faire cris amp;nbsp;proclamatiôs.-à ce que aucun nj . prétende caufe dâignorâce.Ains y tienne la main de tout fon pouuoir. Y failà nt aufli devoi part tout bon amp;nbsp;foigneux deuoir, car tel eft noftre plaifir. Ce mefine jour la Noue pari Rochelle pour vifîter les Ifles amp;nbsp;y ordôncr ce qui eftoit neceflà ire. Mefmcment en Rcqu*^ i ceut Gouuerneur amp;nbsp;Garnifon dót Ollcró fexépta en donât vne fomme dâarget pour la nbsp;nbsp;nbsp;'
Brouage, fô Mais 311 moic que Broüage Marénes amp;nbsp;cawiers voifins corne de plus grâd danger: merito^^ t p^fcntaiis lôgue dcmeurc:!! y fit ce que vous entendrez.Broüage autresfois marais amp;nbsp;graïue^P'quot;â du Fort. nbsp;nbsp;bourgade amp;nbsp;maintenât petite ville amp;nbsp;forte,eft dâcuirô doo.pas en carré:affizc fur fobie amp;
Brouagedit marefcageux,amp;oùà grâd difficulté foprêd fôdcmêt pour baftir.Il nyapas^o.ansquclc^P'* I qu'and bafti oiicrcs maifôs y furet bafties par le Barô de Mirébeau laques de Pons qui dc fô no fappel'^* J fcpar qui, copolis.CarBroüage eft le nô de brilliere fur le bort de laqlle lavilleeftaflizcprcnâtleno
Broü,viclletour jufques ou elle court,entrât enuiro ^.ou 4.!!. dâslaterre,enuirônéedecâââ amp;nbsp;dâautre de marais lalIâs.Câcft bié fans doute le meilleur haute distance amp;nbsp;principallcnâ^^^ pour les gras Nauires qui de toutes les parties delà Chreftiété vôt la pour charger le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:
fait tel traffic amp;nbsp;depefehe que câeft chofe amirable que dc la flotte de Nauires quify voit| Brouagetou nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fois.Tant dâAngleterre,Efeofle, Flandres,Allemagne, q de toutes fos autres parties Stp'^
jours defité trionalc.Câefte place dôques pour eftre dc telle cofèquece tât pour la cémodité dclanicr^^* autreTmef- P®^*^ nbsp;nbsp;deniers qui fo tirent du féhà tousjours efté foignculem.ct leccrchce par ceux dehK
memantCô chclle pgut b faire joindre à leur parti.Auffi quâelle leur eft voifiné dc 7. li. Et à ceffe fois iV k vo^fina^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tourner,tât pour lâinclinatiô des habitâs,que de b volôté 8c puiffâce defô SieurJ*
dclaRo- rôde Mircbcau qui eftablift pour Gouuerneur Cimandietcauec 300. homes pour la Ga^'â
fon .Et desIheurefit cômancerlesfortifficatiôsqui peu à pcuontcftéeflcuéesà l'EflatquJ'â les voit âujourdâhui:yfaifânt boullcuars amp;nbsp;baftiôs pour b flâquerfort ingenicufometfaits-b foffébon amp;brge amp;nbsp;dans lequel Ion peut mettre amp;nbsp;öfter l'eau quâtlô veut curer,âlétoiii^
la villejamp; principallcmêt durât les grades marccs.Ces fortifficatiôs fc firét aiiecqucs grasPâ ) amp;: au defpés des Ifles amp;nbsp;païs voifins-côtraints fournir argêt où enuoier homes pour y trauaiH'' (èlô quf chacun eftoit cotizé.Ccux de la Rochelle y enuoierét artillerie amp;nbsp;quelques ons.Voire fut vn téps quâils en paierét la Garnifôn.lls ne lont toutesfois nây de leur Gouuewf métjiïy de leur reflbrt:ains de Bourdcaux.Et les autres deParis encor quâancienncmâtlcpâf dâOnis feftêdift jufques à S.lcan dâAngeli côprcnâtauec Ré amp;t)lcron lesIfles deMarenes^^ ; cartiers voifins.Mais la fctardilc amp;: pufilanimetc de leurs deuâcicrs à de tant rogne les ailles leurs fiiccefleurs.Lâordrc d(Ãé aux Ifles lelô les moics amp;nbsp;loilir quâils peuuoiét auoirda le retira dâs la Rochelle affin de pouruoirauxoccurrcces lêlô les occafiôs. Orpourcequel^* Rochellois auoiét conu amp;nbsp;à leurs grâd dômage que pédât les derniers troubles, ils auoiétrf' ceu les plus grandes baftonnades de ce collé: auilèrenr auffi premièrement de y donnertelo'' dre, quâils peuflènt faire trÃisjours entrer viurcs ôc munitions dans leur villeaant dâAngleter* rc Flandres amp;nbsp;Allemagne que dâautres endroits où ils pourroiét auoir acccsamp; bône intellig^' ce. Du moins cela celTant ( quâils jugeoict ne pou noir ailcmét aucnir ) faire guerreouuerteî-ucc bon nôbre de Nauires taiK fur les Efpagnols Portugais Italiens amp;nbsp;autres de îvnc amp;nbsp;fäU-tre mer. Voirefur ceux du Royaume mclmc qui failôyent profelfion de la Religion Catholi-que. Il eft vray quâà cecommanccment amp;nbsp;pour ne coptreuenir à leur protellation publiée-Unâcftoitperaiisque prandre fur les Catholicques qui diredement lêroycnt trouuez
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îffifté aux maflâcrespaflèz ou qui failbyent encores praticquesSc monopolies pour la riiync des Piotellâs.Mais cela fut de peu de duree amp;nbsp;femâcippa celle rellrinôlion fur le General des Cathûlicques. Auffi que quelque choie qui eull ellé auparauant ordonnée pour cell effed: L abus 8i contrauenûon de ceux qui failôyent la guerre par mer,y fut tousjours toute mani- LkC ..v ôv. fellée. Tant cil forte à brider fauaricc des hommes où difficillötó reprimerSt contenir la li- So^datsPro ccnce que chacun veut prandre en ces Guerres Ciuilles. Ce qui à tousjours tourné au pre- ' nbsp;nbsp;'
ju dice amp;nbsp;fcandalle deldits de la Religion amp;nbsp;au grand delà uancement de leurs affaires. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Armée de
11- y eut donc dâellors bon nombre de Nauires équipés cn-guerre,tant à la Rochelle que en Broüage, Ré amp;nbsp;autres endroits: tendant leur deflein principallement pour garcntir la Radde de Ché de Baye amp;nbsp;empefeher quâelle ne feull occuppée des Nauires du Roy, quâil * pouuoitalTcz toll fairefortir tant de Bourdeaux, Bayonne Sc Sainél lean de Luz que des Hautes de Bretagne amp;nbsp;Normandie comme il auoit faià pendant le liege .â Ce qui auoit eïlé la
Lice cc des
princippalle caufe quâils âuoyeftt eftéprelque rediiiôhà fextrémité de famine Toatesfois
par toute la mer : que de bien petitesâquâelles elloyent au commanccment, il ne le trouua enfinmoins delèptante que Nauires que Barques Protellantcs courans ordinairement par Courccsaf-LractduPonantdepuislcpas'de Calais julquesau dcllroid de Gillebatar. Faifans infinies fiducsamp;vni prinfcs fur fElpagnol, Portugays, Bretons, Normans, Bafques Si tous autres Catholic-ques quâils amenoyent a la Rochelle ou ilselloyent incontinent jugez parles Officiers de f Amirauté. De lôrte quâil y eut dellors tel remuement demelhage parla mer : que fon ne parloir dâautre chofe que des Nauires'de la Rochelle. Lelquels eftoyent fi redoutez,que la na-uigation fut rendue fort difficille amp;nbsp;hazardeuze aux Catholicques. Et le Ibnt fi bien main-
Rochcllois fur les mer de Ponent amp;nbsp;Leuantr
tenuzler Rochelloîs decccofté: que tant que la guerre à duré, ils onttousjours eu leur porte de derriere ouuerte, amp;nbsp;la mer à leur commandement : qui leur à efté vn trefgrand a- â . wntageSc fans lequel ils-euflènt receu beaucoup plus dâaffaires. Les congez pour faire la
Cogez pour
gueiKparmcreftoyent ^pediczpar les Sieurs, Gentils-hommes de la Religion Reformée des principaux de Poitou, Saintonge, Angoulmois, vilje Gouuemement de la Rochelle amp;fignc2 de la Nouc au nom dcfdiéls Sieurs, amp;nbsp;comme Chef reconnu defditcs Pro-uinccs. Auffi le Maire de la Rochelle les fignoit Si y lâiibit apofer le fêau de la ville apres caution Büurgcoifc donnée par les Capitaines des Nauires de faller amp;nbsp;du retoui:amp; des mal-ucrlà tionsquifepourroyent commettre pendant le voyage au prejudice des ordonnances. Et qui pourtant nâempefeherent quâil ne le fit afiez dâabuz amp;nbsp;infidances par la meifur ceux Icplusfouuent qui nâen pouuoycnt mais. Voyrc que la plus grand part deteftoyent câefte manierede guerre amp;entrâ-autres les plus aparans Marchas de la Rochelle,dilâns quâil y alloit de laconfcience. Les autres maintenoient que puifqiic cefte guerre auoic efte trouuée amp;nbsp;déclarée juûexâeftoitaulfi luftice de courir à ceux du parti contraire amp;nbsp;robbe dâcnnemis.Tellemct que ce qui eftoit pris fiir iceuxæftoit auffi bon fur la mer que fur la terre.Dauâtage que le nerf de la guerre eftoitfargêt,lequel neièpouuoit pour fheure recouurir dâailleurs ne plus prop-tement que de ces voiages amp;nbsp;courlês m.aritimes. Et defaid fon fçait aflèz côbien ce^moiés y ontlêrui. Tant pour les fortiffications de la Rochelle,que pour la lôlde amp;nbsp;payement des corn pîgnies. Eftant pour câeft effet le quint de toutes les prifes qui fè faifoient deiparti efgallemêc entre la Nobleflé Scceux; de la ville fuiuant fafïôciation entrâeux faite dés le comman-cemant delà guerre. Tel fut fordre que les Confederez donnèrent à leurs affaires de Poitou amp;laRochelle:telfutle commcncemant de ccte Guerre en ces xartiers. Voions ce qui fc re-muoit ailleurs en leur faneur.
comme amp;nbsp;par qui donnez.
Guerre fut merdeteftée amp;. par qui.
Places fac-prifes en Saintonge parles Pro-teftans amp;nbsp;lâordre quâil y donnèrent
La Caze
P 0 V R le regard de la Saintonge,la Caze, Mirambeau, Monguion, Plafïà c, Vfïôn, Bre-tauuille, Sauion, Poulcuainamp; quelques autres feftoient faifis de Pons, Tonccharente, Royan, Talemond, Saint lean dâAngle, Rochefort, Boutcuille^ autres places,efquelles la Noue ne changea pas beaucoup de ce quâils yauoyent ordonné: Tant pour la Police que fait militaire. Pour îentretien duquel les Bourgs amp;nbsp;pays circonuoyfins eftoyent forcez à Contribuer felon leur pouuoir. Mais ils perdirent aflèz toftlaCaze quiauoit eftéGouuer-neur du Roy de Nauarre. Lequel pourfuiuant vue Compagnie de Fantaffins Catholic- Catholk-quesquifeftoyentretirez envne Bourgade:fut tué dâvneharquebuzadcpar la telle,qui luy vint de la feneftre de laquelle le Capitaine parlemcntoit pour la reditibn. Sa mort fut rcgrc-
D d d ij.
Mavsâ 1574.
L' H I s T o I R E DE FRANC F.
tée de tous ceux qui le connoifloyent pour les graces dont il eftoit recommande: amp;nbsp;Jiir pourauoirtousjoursamp;fortheureufement jufquesacc jour, honnoïc lapraticquc des* mes efquellcs il auoir peu de Superieurs, de la connoiflà nce amp;nbsp;aflîdu exercice des bonnes* tres : de fHiRoire mefinement, en la remarque de laquelle il auoit allez apris pour façonné' ceux quâil honoroit de lôn amitié. La Noue fur tous, emporta vn incroyable ennuy üoiroutre famitiévulguaire, vnelècretelîmpatieamp; conuenancedâhumeursauec cepen'ââ nage quifaymoit infiniment. Ilauoit furpris Ponsà vne Diane auecle Seigneur du ancien amp;nbsp;mortel cnnemy des Proteftans, fa femme amp;nbsp;crifans: mais il laiflà tout aller depuis-Voyla comme le portoyent les Saintongeois, Poitcuins amp;nbsp;Rochcllois, elperansquclci'^ ⢠delfeins lèroyent en brief fécondez par vne plus belle aparcnce de forces humainesgt;quc celles quâils voyoyent amp;nbsp;dont peu le contentoyent fort j comme je diray ailleurs, apres vous Normans amp;nbsp;^uoir reprelènté les rcmuëmans des Seigneurs, Gcncils-hommes amp;nbsp;autres tant de Normsi leurs voifins die queBeaullè, Touraine Ãc. contrées circonuoylîncs. Erftre lelquels Colombiers fourieCom P Ititpris Saint Loamp;faflcuranc de Carentan petites villes Marefcajculês pour le voyfii^ te de Mont- ge delà mer Angleiche : y olfroitla delcente au Comte de Montgommery, fes enBiH gomery.amp;c, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fuittc .Lefquels receus à la defeente par Colombiers amp;nbsp;autre:psuis incorporez
Ladefccntc trouppcs Normandes: en acreurent le nombre amp;nbsp;le courageâdeplufieurs qui bratiloycnt cnNonnan Catholicque, füs nâeullènt veu ce perlônnage auquel ilsauoyent vne creance au orm an nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâÃs reccurent tous pour General de leurs trouppes amp;nbsp;Guide de leursdefci'^
qui clloycnt de bien pourueoir amp;nbsp;fortiffier ces deux places. Puis d'entreprandre fcxccu-don de ce dont on luy auoit ja faiamp;. ouuerture fur quelques Places Catholicques.
Roy qui ne les vouloir lailTer lî longtemps dormir a leurs aile. nonplus que les Poiteu®â lefqucls il auoit jadepelchéleDuc deMontpenfîcr: commanda à Matignon Gouuci-contre le neur de la balle Normandie : de laquelle le Comte luy vouloir eclipfer ces deux Placesamp;âH MoBgôraeri nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4ââ^^ clperoit atirer à lôn party : de leuer le plus promptement quâil pourroit tous les
de Guerre de lôn Gouuernement, pour enfermer amp;nbsp;rellèrrer au jjluftoR ces bandes CoH' federées:crainte comme la pelote croift Sc grolTill plus elle va en auant fur chemin dencgc ellesnefcnflalïcntamp; grolfiirent,lion leur permetoit vaguer par le pays à leur plailîr. Po^ ces occalîons le Roy fit alTembler le plus de forces quâil peut, affin de combatte ceux quifC' Iloyent elleucz permier quâils feullent plus forts amp;nbsp;multipliez: ne quâils enjambaient Plaintes auant : Mais il fembloit que beaucoup nây marchoient fi allègrement que de couftuine. 壮 dâaucunsCa principaljgment la NoblelTe amp;nbsp;autres des plus aparansôc des meilleures villes qui deteftoiâ^^ Royaux^' ffifiiâfinent celle guerre que Ion voioit à îÅil tirer auec lôy la ruync du Royaume : Aquoyilâ dilôienr eltrefacilledâobuier,fi ceux qui gouuernoientle Roy à lcurapetit-.vouloientvnpci* remettre de leurs paffions particulières, où de leurs grandeurs clpcrées.Que leur trop grande auélorité amp;nbsp;défit de vengeancejcaulôit tous ces brouillis.Q^e câelloit la guerre des grans,I0 maux amp;nbsp;inconueniens de laquelle, tomboient cependant fur les petis.Et quâil nây auoit que le poure peuple qui en {ôuffroit,clpuilé de fes biens amp;nbsp;fubllance ne plus nây moins que de fang-Autorité du Ainfi rentroit la plufpart des Catholicques fort difficillcmcnt en cete Guerre. Scnion-Royde Fran trant chJ^ un alfcz las des couruées palTées. Toutesfois le nom dâvn Roy de France duquellcs ce amp;nbsp;Amour Catholicques le lônt tous jours feeu dâextremant couu rir: Et f Amour naturelle que la Nation fetLuy por- Françoilè porte à lôn Prince ; eurent tel efficace, que en bien peu de temps il mill deux tent. Armées aux champs. Lâvnc pour tirer en Poitou lôus la conduitte du Duc de Montpenfier* Et f autre en Normandie commandée par Matignon. Mais cependant que ces forces fache-Le Roy défi- minoycnt petit à petit : Le R^ monftroit en aparance auoir vn grang defir à la Paix par plu-le» Pourpar ^eursmelïà ges, allées amp;venuës en Pais,amp; fur tout vers la Noue amp;nbsp;ceux delà Ro c h s l le: lez dâicclle. vers lelquels il delpechoit louuant pour les induire a ce contenir paifiblement. Difà nt quâil fcbaylïôit fort comme ils felloycnt tant oubliez, veu le peu dâoccafion quâils en auoyent pour les auoir tousjours la^ a i este plus fauorilèz que aucuns autres de lès fu jets. Et la bonne volonté quâil auoit encor de les maintenir en leurs libertez lôus le bcnefficc de lônEdiél. Ce quâils prenoient toutesfois pour vn moyen.à les defunir ôefeparer des autres. Mais les Rochellois fur tous quelques belles offres quâils receulîènt de jour à autre de la part de fa Ma i est s : nây vouloyent aucunement entendre : Si ce nâclloyt pour le General de tout le Royaume. Et cependant ce paflà ainfi, vn moys ou fix Icpmaines eu tel-
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2I3gt;
cntelles allées amp;nbsp;venues cfquelles nây cut faute de lettres, mclïà ges, remonftranccs, prières Sipraticques .Efquellcs femployoit plus que nul autre, la Royne Mere du Roy;amp; mon-fttoit par fes lettres y procéder de grande affedion n'y elpargnant trauail ny peine aucune. En fin Streife fur depefehé aucc charge bien ample de coinmunicquer auec la Noue amp;nbsp;autres Gentils hommes quâil trouueroyt à la Rochelle pour du nwins fubtilizer quelque bon moyen de paruenir à quelque Trefue pour certain temps. Pendant lequel le Roy eiperoit pourueoirfibienaux plaintes de iès fujets dâvne dâautre Religion; quâils auroyent oc-cafionde fêcontantcr, amp;nbsp;jouyr dâvne bonne heureuiê Paix à fauenir. Stroiïè feftant arrefté à Aynandes port de mer dâiftant de deux lieues de la R o c h e l l e ; fut foudain vt fité de la Noue 5( beaucoup dâautres tant delà Nobleffe que du tiers Eftat. Ety eut entre eux à diuers jours plufieurs Parlemcns amp;nbsp;Conferances defquelles en fin nâen vint aucun fruit.
La Royne Mere sâemploie ani-meulemant pour laPauc
P O V R tousjours mieux elclarcirles matières par fordre amp;nbsp;diipofition méthodique dont je veux vfet cnceteHiftoire: je vous ay cydeflus parlé feulement des delïèins amp;nbsp;portemensdesConfederez. Sans yauoir inlêré aucune particularité des affaires Catholic-ques, affin de nâinterrompre la fuitte des accidans paflèz. le vous veux donc maintenant Trois Affaire part de ce que le Roy entreprint pour rompre Ivnion amp;nbsp;les moiens que penfoyent auoir cnfcmbleles Catholicques amp;Proteftans aflbciez. IlenuoyaleDucdeMontpenfiercontre lt;]ues contre les Poiteuins amp;nbsp;Saintongeois commandez par la Noue. Son fils le Prince Dauphin contre ceux de Dauphiné amp;nbsp;cartiers voyfins. Le Duc dâVzezditCurfblamp;Ioycufe contreles Lan-guedos. Et Matignon Lieutenant General du Duc de Bouillon en la baffe Normandie,contre le Comte de Montgommery amp;nbsp;fes aflbciez. Qiwnt aux rcmuëmans amp;nbsp;occurranccs qui auindtentez autres Prouinccs de ce Royaume. Il nây eut pas tant defaids remarquables, que nousnc les puifïîons bien gliffer amp;nbsp;comprendre parmy le difeours des autres plus fignallez portemans François. Et pour commanccrau Duc de Montpenfier, tant pour le merite du perfonnage, que pour cfljp enuoyé contre ceux defquels le Roy doutoit plus les cnreprifes: En Aurilaffifté des Comte du Lude ,Chauigny, Puygaillard ,RufFec, Mortemar, Riche- pencicr cn lieuquiluymcnadixEnfêignes de piétons, les Rochesbaritault, Landreau, Loué,Sanzay Colonel des arrietebans Chemeraud, qui conduifbit la Compagnie du Roy de Pologne, Aigence, Fontene, Charandray amp;nbsp;grand nombre dâautres fuyuis de douz cens cheuaux amp;nbsp;quatre mil Fantaflîns : entre en Poitou pour referrer la Noue amp;nbsp;autres qui fefgaioycnt à leur plaifir fur le plat pays comme je vous ay diéf. Apres toutesfois auoir pris fait ou- mencéc. uettuteà la Noue dâvne bonne Paix. A laquelle les Confederez fê monftroyent tellement affeâionncz : quâils ne laifferent pourtant dâentreprandre fur les Catholicques au mieux de leur pouuoir. Lcfquels au reciproque voyans ceux cy à la retraiéle : gangnent le plat pays amp;nbsp;en fin faccommoderent comme pour affieger Fontenay le Comte : dâoù la Noué ne faifoit que partir pour fè retirer à la Rochelle : Et comme ceux qui ne vouloyent rien laiflêr pres d'eux, qui les peut incommoder en cefiege: le Duc donne charge à Puygaillard dâenleuer les autres places Confédérées du bas Poitou ce quâil fiû. Puis voyant qucTallen^nd qui leftoit ne fe vouloir rendre à fâ Somation: y mena la Cauallerie legere amp;nbsp;douze Compagnies furiard affic de gens de pied. Les premiers defquels receus par Renolicre ( que la Noue y auoit mis pour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jT
conferuer ce pays amp;nbsp;fournir la Rochelle de fês commoditez ) amp;nbsp;nombres dâarquebuziers fbr- Landcrca«. tis delà ville.-fentrecouragcrent en fin de fbrte,quâils les forcèrent de fè retirer. Puis menacez de fix Canons que le Landreau y amena auec commandement du Duc de faire tout mourir puis quâils donnoyent la peine dây mener Artillerie ; feftonner^t en forte peu à peu,que des lafecondefommatiô que Puygaillard leur fift faire les Soldats crièrent tout haut quâils fèvoy-loyent rendre contre huis du Chef qui les affeuroit dâvn prompt fècours promis amp;nbsp;juré qui ne peuteftre que de foixante liures de poudre laquelle neâtmoins^pportée par les fables Do-loncfutprifcauecle Soldat qui la penfbit bien porter en fèureté .Tellement que Renolicre fe voyant fans munition amp;nbsp;fans obeyflà nce que de peu de Gentils-hômes qui luy affiftoyent rendit la place auec promeffe de vie amp;nbsp;bagues fauucs le quatrième May. Toutesfois il furet tous defualizez fors Renolliere que Rouflîere Cudebrây amp;nbsp;les Granges fauorifèrent : au lieu duquelPuygaillardyrrut IcCappitaine Crenayà ^aueu de Landreau. Tallemond appar-tyenià la Trimouille,dont ceux des Granges Caquinieres voyfins delà , fe maintienent
D d d iij.
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Talc mond amp;nbsp;fa rcprc-fcntaüon.
LâHISTOIRE' DE FRANCE.
Capitaines héréditaires à lieft fitiié fur la cofte de Poitou auquel il baille la commodité f'' traffic fur mer pour le canal dâeau qui porte les Barques à dcmy lieue de la en plaine nier, f ville à efté autresfois belle amp;nbsp;riche, mais non tenable . Le Chafteau fe peut dcffendre cco**® le Canon qui ne le peut offencer que de la montagne. Mais faute de îauoir acommodéjpo'J,' ueu amp;nbsp;fortiffic ilfut rendu ccAime vous auez veu cy defliis. Ainfi Puifgaillard remmena Æ forces au Duc de Montpenfter qui ne defcgnoit que la prinfe de Fontenay amp;nbsp;la conquene
tout le Poitou. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;U-
La Vandée Riuiere de
C E V X qui ont bien remarqué le fit amp;nbsp;plan de Fontenayde treuuent affis fur vn aflèz te' de pendant dâvne grande plaine: fur laquelle il nâa que ce qui court depuis la porte Saint ehcl julqucs au earlier des Religieuiès ; la refte defeend jufques au pied de la montagne o'* lavillefiniftparla rencontre de la Vandée, quiLabreue de fes claires amp;netes eaux : peiiKâ amp;°foncours ^^^otmoins, fors en hyuer quâelle fe defborde aflèz fouuent jufques à inonder prefqiie to*^' te la préede Fontenay,amp; lesmaifbnsmefinesdu Faubourg des Loges : fans les foiTeztjt'®â' y à fait au tour pour y receuoir amp;nbsp;peu à peu faire teicouler ce petit deluge dâeaux qui fertp^r ce moyen de fortification au Faux-bourg comme vous verrez . Près delà ville elle fe fend«^ deuxbras, quâelle rejoint à îendroit de la Tour de fabreuoir. Puiscourant pour diuifer* ville du faubourg des Loges, elle forme la petite Ifle de la Mothe pour fe rejoindre auflît® ' dâou fefcoulant hors la ceinture de Fontenay, tous/ou rs poure amp;nbsp;baffe dâeaux ( caufe que«ââ nâeft beaucoup marchande) court comâaumilieu dâvne grande eftanduë de marets jufqâ^ LaSeurede 3cé quâelleayetrouuélaSeureNiortoifè: le mcflingedefquellesva jufquesà Maransou« la Validée^ pcft patmy le flus amp;nbsp;reflus de la Grand mer. La ville reprefenteroit la face dâvn triangle au BtrauJ plus que dâautre forme, nâeftoit quâelle fauance en plufieurs encongneu res aux deux bras démet Chafteau qui vademy en ruyne. Ellenâauoit que deux fauxbours celuy de SaintMid'^ qui eft aujourdâhuy tout ruyné amp;nbsp;celuy des Loges. Lequel bafty à iâoppofite defautre ftendfurla verdeur dâvne longue amp;nbsp;large Campagne quâils appellent la Prée, lieu fort pl^â fà nt amp;nbsp;de grande commodité aux habitans. Soit pour le proffit itplaifir ordinaire qu'J^y Fontenay amp;nbsp;prennent : foit pour la Commodité des Eftrangers, qui de plufieurs endroits de ÃEuropP® Niort, y viennent débiter amp;nbsp;enicuer leurs marchandifês. Qui fait que les foires de Fontenay^
amp;: celles de Niort qui nâen eft eflâoigné que de quatre lieues: font eftimees des plus bd' les de la France. Or pour vous faire voir la ceinture de fes murailles : amp;nbsp;dâvn mefme traiô les fortiffications que y ont efté faiéfes parles Proteftans deuant amp;nbsp;apres le premier fieg^ î-or, faut fçaugt;ir que du commanccment les murs eftoyent fort Amples amp;de foible eftoUf, pourueuz de quelques Tours fi mal percées que vous ne les jugeriez propres quâaux chesamp; autres traiéfs dont vfoyent les anciens, non pour la fcopeteric de ce temps. nâeftoit point mieux aflèuréede foffez qui ne font aflèz profonds ny de largeur conucnablc^ vnc place que veut fouftenir lâeffort de tel fiege que les noftres. Au refte elle à tousjours nuë de fortiffications amp;nbsp;au dedans amp;nbsp;au dehors. Soit quâon ne fe vouluft refondre dây tenir J contre la violence du Canon, où quâautre confideration fuft la feule caufe de la tenir ainfi - dâefpour^euë des moyens que les Proteftans Inyont prefté à fe maintenir amp;deffendre,jnf quesicy. Ce fut pourquoy la Nouèfenleua des mains Catholicques auec feffort dâvn (êul Canon amp;c vnc Couleurine fan mille cinq cens feptante. Lefquels y retournez par le beneffice , ' i, dâvne troiziéme Paix: fen font portez Maiftres fousfautoritédu Roy amp;nbsp;Gouuernementdn
Comte du Lude jufques au vint-quatriéme Feurier dernier pafle, que les Proteftans poutij' furprisquot;pac retirer fen fâifirent par efcalla^ fous la conduitte de Saint Efticnne. Lequel fuiuy de quel' les Prête- qyes Cuiraflès amp;nbsp;nombre de narquebuziers y entra fâns perte dâhomtnes nây aucune tffiifion mene^'^^æ Gelang Catholicque: fors de trois habitans lefquels jugeans par la refolution de leur couÃ' ge, lahardieflè de leurs compagnons, quâils penfoyent fè deuoir mettre en mcfmedeiioit de deffence : aimèrent mieqgf mourir fur la place que dâabandonner leur ville à la deuotion dâvn contraire party. Câefte placcfutaufli toft la retraite amp;nbsp;Rendé-vous General de touslà Gentils-hommes, Cappitaines Soldats amp;nbsp;autres qui de Poitou amp;nbsp;quartiers voyfins,yfo rent ap»pellez pour reprandre les armes. Si bien quâen peu de jours le nombreyaccreuft de telle forte:que la Nouë eut moien dây Iffiffer pour garde deux Compagnies dâarquebuzie« commandez par les Cappitaines Moterie amp;nbsp;Beauregard, amp;nbsp;bien autant de Soldats de ville » Le reflétant Cauallerie que Fanterie,' fut commandé fortir en Campagne pour courirtoûtlc
Poitou
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Poitou amp;nbsp;Lodunois aux fins que je vous ay did ailleurs. Si quâauoir batu le haut amp;nbsp;bas Poi- prâ'« tou auec vu heureux fuccez: Ils donnent en Saindonge amp;nbsp;Angoumois pour joindre ceux court le Poi Icfquels obftant diuerfês occafions, ne fe pouuoyent où ne vouloyent les premiers lêjetter aux champs: PuisauertisquefâMajeftédepelchoitleDucdcMontpenfier auecvne forte places de Armee pour remettre le Poitou en lôn premier Eftat: tirererit de la occafion démettre en deliberation, du Confèil le furplus de leurs affaires. La pluralité des voix fit la refôlution de lâArmée du quitter la Campagne amp;nbsp;fè referrer fous la faueur des villes de leur nouuelle conqueftcjpour âtelèvoirforcesbaftâtes à fouftenir feffort defArmée Catholicque. loind quâen tout eue-uement ils ne vouloyent abandonner leurs trouppes au hazard dâvne bataille qui ne leur pou les Prote-^ Uoit eftteque fanglante amp;nbsp;beaucoup dommageable quelque vidoire quâils y euflènt fçeu ftansferen-acquerir. Firent donc Eftat de fi bien pourueoir les villes amp;nbsp;autres places quâils auoyent fur-pnns : que les Catholicques nây perdroyent auec f efpoir 8c le temps ⢠que les hommes, frais amp;nbsp;ûrgent quâils y emploieroyent à les prendre par force. La diligence fuft telle quâelles fè re-treuuerent toutes(eu efgard au peu de temps quâils y emploieront)en Eftat de fôuftenir lepre-niier effort des plus efehaufez. Voici lâordre que le temps amp;nbsp;les moiens leur permirét de donner aFontenay. Délibérez de maintenir le faux-bourg des loges, ils firent razerceluyde S. Michel. Tant pour auoir la veuë plus libre fur la plaine de cete auenuë: que pour empefther les Catholiques de fi acommoder au grand dommage des tenans. Puis dreftèrent vue Caze-mattedans le folié droit au coin lequel defcouure toute I3 ceinture qui delfend jufques à leau ____________ pourflanquer tant ce quartier que le long du folié de Saint Michel. Etplusbas, droid au ^«Loges. Pont aux cheures,ils en firent faire vn autre, pour dâefcouurir jufques à féncongneurc delà ville quefaid vnegroflé Tour quâon furnomme de la Lamproyc : delpuis laquelle jufques ^hporte des Loges: la ville fe deffend par les murailles amp;nbsp;parlaVaudée qui coule à fon Pâed; laquelle pource que la ville va dâeflors en haulà nt: felèpare vn peu des murs, qui lont depuis celle porte fort fimples jufques à la Tour carée duChafteau: lequel pour hâa- ' uoiteftéremparé comnwil tomboitôc fe ruyne de jour à autre: nâeftoit demalaifë accès, julquesà lagrolfe Tour qui deffend vn peu ce carrier. Scies Courtines du Chafteau dans dcFomenay lequel on fit elleucr quelques terralies Sc plates-formes. Depuis câeft endroit les foftez font vu peu plus bas amp;nbsp;plus larges quâailleurs. Si bien que jugeans fendroit du Chafteau plus fobie: firent elleuer hors la Contrefearpe du fofte vn petit fort en forme dâefperon droid 3 la malfonde Guinefolle, fans la rcueftir nây autrement accommoder pour la briefuêté du temps: fors de quelques barricades quâils plantèrent au delTus pour lafouretédà harque-huziers qui le garderoyent. Voyla lâordre quâils y donnèrent, lailTant à la diferetion du Gouuérneur amp;nbsp;Chefs particuliers quâils y mettroyent encasdefiege: les terralTes, ram-pars,tranchées amp;nbsp;autres fortes de deflfenccs ordinaires Sc ncceffaircs aux affiegez qui les fubti lizent felon les occafiós que la qualité du lieuamp;les portemés de leurs ennemys leur dônent.
Comme donc le Duc euft eftandu fes trouppes fur Saint Hermine amp;nbsp;cartiers prochains, attendant la reddition des places Proteftantes, 8c les munitions de fon Artillerie pour après fitfS. Efticn-affieger Fontenay : Saint Eftiennc fils de Vieille Vigne qui y fut laiffé Gouuerneur,iuerty de' la garde de la Compagnie dâhommes dâArmes du Duc logée aux Magnis au Celin quatre m«TAr-lieuësdeFontenay:fuyui de cinquante Cuirafles amp;nbsp;autant de harquebuziers montez: y entre à la diane amp;nbsp;les furprend auec tel effroy, quâaucun nâeut autre loifir que de fuir: douze Gen- efer. tilshômes y furent pris,amp;cinquante bons chenaux. Les autres tuez dans le logis par ceux qui ââelespouuoiêtenleueramp; quantité de riches meubles,auec lefqjuels doublans le pas ils fo mirent foudain à leur retraite.Crainte de la pourfuitte que fift à fiiiftant des Rochesbaritault au-S^gt;el le Duc enuoya renfort de Cauallerie pout cercher ces Cofederez dcfquels on retira les prifonniers feulemct quâon ne pouuoit faire marcher fi toft.Ioint que le Chefne peut faire faire alte à plufieursfoldats pour marcher en bataille amp;nbsp;tourner relie aubefoin. Ãinsfuioient comme leuriersefperdus pour metre leur butin à fà uucté. Ce qui anima tellement le Duc, quâilen haftale fiege pluftoft quâil nâeuftfaiél. De forte que délibéré de laiflèr la porte amp;nbsp;routelauenuë de Saint Michel libre, pour leur donner quelque occafion defortiramp;fê re-riret à la Rochelle : ilaffiegea la ville du cofté de Nyort. Laiffant la venuë de Luflbn amp;nbsp;marais pour tirer à la Rochelle fâns^deflfence. Par ainfi campé au bourg deCherzay fit
tcu puis fe
DucdeMSc
pcncicr.
rent.
DelFein des Procelians-
Comme les Ptoteftans accommodèrent Fontenay leCS-te.
Faiixbours
Ddd .itij
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
Marsâ {574.
fa rcprefen ratio.
Fauxbourg Ibudain placer fes Canons pour battre le faubourg des Loges contre lequel ilenuoia nombre HesLogcsSc Canuonadcs. Le bourg reprelcnte la forme dâvn long boiau qui feflargiftvn peiiverS '' fin: plus que autre forme .11 nâa quâvne Rue amp;nbsp;ne feuft jamais reueftude murailles. Ai*â nâa eu autre ceinture que dâvn mefiihant folfé. Nâaiant donc pour toutes murailles, qud**â mailbns amp;nbsp;cloftures de jardin«: les alTiegez ne furent confeillez de fopinjaftrer à la deffencC' mais bien dây tenir deux ou trois jours: tant pour amulèr les Catholiques amp;nbsp;leur faire defp^' dre leur poudrejbouleis amp;nbsp;autres munitions: que pour juger des efforts amp;nbsp;refolution delA*' mce Catholique: par le deuoir quâils feroient à le gangner. Pour ce auoir curé le folfc,drcli^ vn efperon pour flanquer vers la tefte du fauxbourg. Eli eue trois terrafîès pour feruir defpaö* les aux maifôns prot haines: bafty trois Cafemates pour maintenir le foffé: amp;nbsp;ouuertlesnji* railles des maifonsaux endroits plus commodes pour fen feruir au jour dâvnalfaunferelol** rent dây atendre les Catholiques: lefquelsdeliberez dây efpreuuer premièrement leurs lôldats-feirent trois batteries de fix pieces tant à la Tour du Pont vers les lacobins quâes mailÃHS^** ils ruinèrent: fans toutesfois combler le foffé.Mcfmes le Capitaine Anguier Ãpala maifon Æ* eft contre legrauanf ceftvn Ruiffeau quiau cours des grandes eaux remplit lefoffé des gesjquâvn Canon pofé vis à vis du Challeau batoit.Affin toutesfois que les Catholiques nd conuffent amp;nbsp;que à celle occafion, ils ne ceffafent de la battre: fçaehant que la batterie ne le**' feroit que fraiz( poureeque la maifon fâppée tomberoit ;du collé de la fappe renforfans tous-jours les alfiegezjon fill en lórre que la maifô fe loullcnoittousjours pour fâppée qu'elle feut Et outre ce elleuerent vn rampart amp;nbsp;fôti retranchement derrière celle maifon quâils coutn**'^' rent jufques â laToiir rafee.En fin voians la breche large pour entrer dixhommes de front Je Catholiques le voulurent auâcer pour la reconoiflreSe enlèmble le rauelin de plus présumais de dix qui fê jetèrent dans le folié nâen relia quâvn en vie. Tous tirez dâvn flanc qui auoitd^ referué a la Tour Odoier amp;nbsp;dâvn trou que la Noue auoit fait faire à la muraille dâvn jardin ell entre la Cafemattedu Rauelin amp;nbsp;celle qui ell plus bas. Le rondachier tapya terre contre faifânt le mort tant quâil lèntit les fôldats fi pres de luy:enefin ne voiant quâvn goâquot; jat qui acheuoit ces demy morts amp;nbsp;les defpouilloit: fill tant quâil fè retira aux fiens.Lefq**^â au jour fuiuant fauancerent vers la maifon de Chamblane pour reconoiltre le foffé amp;I2 raille. Mais ils ne feirent que jetter la veuë fous le rondache dedans le folfé amp;nbsp;fe retirenf poü' fc preparer à faffaut. Surquoy fâint Ellienne auoir affemblé IcConfeil pour prandre refôlutioo fi lâon tiendroit ou non. La plufpart des Chefs; amp;nbsp;tous les foldatsfe virent délibérez afonU^' nir. Et ni^attendoient à autre chofèpour nâauoirfceu le commandement de la Nouë.Mi*^ les principaux conclurent à la retraite. Tant pour nâauoireu commandement que détenir deux ou trois jours: que pour la crainte de perdre la ville fils elloicnt forcez aux fauxbourg au moien que les plus fignallezChefs amp;nbsp;foldats elloient là prefèns.La plufpartdefquelsypo*â' roit demeurer fi la breche elloit forcée.Et le relleprenant lefpouuantejnepourroitfoullenir par apres le moindre effort quâon feroit à la ville. Par ainfi tousles Capitaines commande^ de retirer leurs gens amp;nbsp;Beauregard ordoné pour demeurer près la terraffc( vn rampart quw auoient fait prez la porte des loges tirant en la rue du faubourgjtous furent commandez fer®' tirer. Ce qui eitonna tellement la plus part des fôldats: qui nâefloient difpofcz quâà lailaut pour nefpauoir nylc commandemennt delà Noue nyla refôlutionque deffus: quâaucuns mefdifâs des Chefs,les autres foupponnant quelque trahifon amp;tous en general prenâsenmaU' uaifê part vne fi fôudaine amp;nbsp;fécrette retraite:reffembloicnt plus gens fuiarts amp;perduzdefpoii-uante, que foldats refoluz de fôuflenir le premier choc de leur ennemy. Lequel ncfcjounü gueres apres. Car auerty par Ãte femme de leurs départie,y entrèrent pour les pourfuiurejnb ques à la porte: du haut amp;nbsp;des murailles de laquelle ils furent tellement fâluez quâilsaymcK' mieux famufèr à fè loger és maifônsgangnées,que dâaller plus auant
Ainfi fut gangné le fauxbourg desLoges qui fut vn grand auantage pour les Catholiques-lefqucls nây trouuerentpas feiilement le couuert à propos,mais auffi quantité de toutes proui fions:fi bien quâencouragez pour vn fi heureux fuccez,tls approchèrent leurs pieces pourba-tre depuis la porte des Loges jufques au coin de fâ courtine qui monte vers leChafleau.Qj^* Préparatifs tre pieces furent placées tant pour batre la tourqui fait le coing amp;nbsp;la courtine : que fa grolle alabateric, carrée,laquelle ils jugeoient deuoir feruir de dcà fence aux affiegez pour maintenir labje ehe
Les Catho liques gan gncckPaux bourg lies Loges.
LIVRE T R EN TE S E P T lEME nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;215.
ehe. Et deux autres pièces lefquelles pour batre en croix eftoienr pointées vers la porte des Logesjamp;lc refte de la courtine où elles firent deux breches. Et outre ce abatirent rez pie rez terre ïvne des cours de la porte, for s le cofté que regardoit femboucheure des pieces, lequel leur feruit toufjours de rampar amp;nbsp;couuerture pour nâeftre empefehez de fe mettre en bataille par le dedans.Les quatre definantelerent la tour du coing:autrei1ient dite de la fontaine.Et vne grande quantité de la courtine. Outre cela pour enleucr les defFenceSjclles ouurirent la tou r carrée prez de fon meillieu.Pour remédier à tout cela ,auifi toft que ces aflîegez, virent la fureur de ces canonnades deftinéesà ceft endroit: firent vnrâpanamp; tirerêtleurs tranchées tout le long de ce qui cftoitbatu jdepuisla porte j niques au coing de la tour de la fontaine: amp;drcf tindrentà lèrent vne cafemacte dedans ce rctranchemët oour la delfendre des deux coftcz,amp; aux derrie * re ils placèrent leurs baricades pour y couurir la gendarmerie qui le difpofoit a la Ibrtie quad lâaii'auc. lebefoing lerequeroit. Outre ce ils elleuerent derriere le coing de la muraille abatuë dâautres barricades haut amp;nbsp;bas jpour leur lêrutr de flanc.Et pour ce que la ruyne de la tour carrée auoit abatu le mur de delïbuz : ils ordônercnt le Capitaine Beauregard amp;nbsp;quelques vns de là compagnie pour delfendre cela :amp; dâvnmefme deuoir flanquer la grande brefehe lors de îaf faut,pour ce quâil fut ordonné pour garder les flancs. Voyla ÃEftat de la ville. Voycy Tordre o^dreque qu ils donnèrent tant aux Chefs que Ibldats amp;nbsp;autres qui eftoient de delFence en la ville. S. donncrcnc Efficnne affilié de foixante cuiraflès eftoit à la telle de la breche flanqué de tränte harquebu-lîersaufquelsCocqueteriecommandoitamp; tränte autres à Ibn flanc gauche; Touuois frere des hCmes. de S. Eftienne auoit autant de cuiralïès amp;nbsp;harquebuziers à le rafrelchir. Le Capitaine Beau-regard auec quarâte harquebuziers gardoit les flans. Et le Capitaine Motcric le refrethillbit dâautant. La Compagnie du Cheualier de la Bougonniere, eftoir pour border les murailles.
L Aime Minilire auoit la charge de jeter les grenades Seau tres artiflîces enlêmblededi-flribuer la poudre. Le Maire failbit la patrouille tant pour empelchcr quâaucun ne qui tall la PlaceSi fefguerall de peur des coups: que luruenir à toutes les necelfitez qui dâordinaire a-uienent pendant vnaflà ufc. Le Capitaine Chaudet Sergant Major gardoit le fort deGuine-fol/eaiiec partie de là Compagnie. ( Auquel S. Eftienne amp;nbsp;luyjhors falTaut, failbient alterna-tiuement la garde. ) Tous ces préparatifs neantmoins nâempelcherent les Catholiques dâaller aLalîaut par labreuoir en fi bon ordre amp;nbsp;julques là rclblus: que là ns fobftinée opiniaftreté des tenans la ville eftoit Catholiquc.Roulfiere, Bodinatiere, Brebodet, Beaulieu amp;nbsp;autres delà c«hoii?* fuite du Comte du Lude: Gentilshommes dupais voians les Capitaines refulêrle comman- liques. dement à falTaut amp;nbsp;fuiuis de plus de deux cens Ibldats prefque tous volôtaires: mownt amp;nbsp;no-nobftantvnmilion dâharquebuzades,gangnent aucuns dâeux le haut de la brcche:de laquelle confiderans ces delFences, nombre de cuiralïès fe prelcntans pour les arreller de palier outre amp;nbsp;les forcer en fin de le retirer; ne voians de tous collez quâeftincellcs dâharquebuzades, lances, cercles, pots, grenades amp;nbsp;autres artifices de feu quâon leur jetoit deuan t, derriere amp;nbsp;de tous les collez où ils penfoient aller. Somme, la grelle des harquebuzades Protellantes les marteler tous fi dru amp;nbsp;fi auant quâils nâen peu noient Ibufrir la continue : furent contraints de tourner dos amp;nbsp;fe relèruer a plus heureufe occafion. Brebodet ataint de cinq harqu^uzades fut emporté pour mort.Il guérit neantmoins à quelque temps de là . La mort de Puiuiaut luy futtellemant auantageulè à la journée là int Barthelemy à Paris : quâil en elpoulà la veufue la-quelleaiiec le nom de Brebodet luy porta plus de fix mil liuresde rente. Voians donc les Catholiques que les alfiegcz elloiét creus de couragc:pour auoir fait prêdrc parti de retraite aux plus alïèurez dâeux: mirent toute peine dâencourager leurs gen^à vne autre charge: lelquels neantmoins fort refroidis amp;nbsp;defgouftez dâvn fécond alïà ur,cntetrairent plus à butiner amp;nbsp;raua-ger tout le pais, quâà plus ennuier les Fontenefiens pour le lécours defquels vne petite armée fc drefïbit comme je vous diray.
PeuaprezqueleDuc de Montpenfier fut campé pour affieggp la place: La Noue fitfès préparatifs afin de letter le plus de forces quâil poürroit pour fauorifér les aflîegez, aufquels il i^Nouë auoit promis amp;nbsp;juré fccours,crainte que manquans de poudres,viures amp;nbsp;autres neceflîtez,cô afleble pour me les euenemans de tels fieges font incertains:ils ne fuflent en fin forcez à prandre party qùâ il leur feuft desauantageux.il fe refbulut donc de les fecourir:voire de prefénter la bataile aux Fontenay le Catholiques fi les commoditez luy rioient : ou bien de les ennuier en forte par courfes ordi-
Dd d tiiij.
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naires, retranchemans de viures, amp;nbsp;autres algarades quâvnenncmy peut faire à biiticfasi'' hazarder à vn combat General: quâil les forceroit en fin a definordre Fontenay pourlaifièrlP aflîegez en la jouïflance de leur premierelibertc;ou du moins les rafrelchir de quelquestefi' mes qui leur porteroient à la defiobée le plus de ce quâil eftimeroit leur faire b cioin. PoutiJ auoir donné le Rendé-vous de toutes les troupes de Poitou amp;nbsp;Saintonge, à Selles
f quâil les vit auoir fourny au mandemant, au nombre de trois cens cinquante bons chenaux près de cinq censharquebuziers montez: le tout conduit par Fronienay iècond enlanwlâquot; de Rohan en Breraigne, Miranibeau, Plaflac, Montendre, Pardaillan, Saint Gelays, VeÃ^i deThoréamp; plufieurs autres Chefz: remitau meilleur auis du Confeilquel moienen tieiâj fecouriues nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P^ur fecouhr les affiegez.Le Conlèil le partit en deux auis. Aucuns dcmandoientbaôlt;â
aflîegez amp;nbsp;Je tant pour delgager cefte ville,le gain ou perte de laquelle leur eftoit la jouïlTance ou auisd^cdui Certaine detous les fruits amp;nbsp;autres commoditez quâils peuuent tirer de Poitou: quepouf le deuüir de lang amp;nbsp;amitié particuliere quâils portoient à tant de parans, allieZjVcelînsjamp;siâââ la vie amp;nbsp;honneur delquels ils voioient eftrc mis en grand hazard, fi le fiege y prenoit vnpli^â long trait. Aquoy ils eftoient dautant plus incitez quâils voioient leurs troupes gaillard«^ , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;au rebours les Gentilshommes Si lôldats Catholiques fe desbander dejourà aiitieioi''^^
?»*â¢'ââKtv les notes particulières qui eftoiét entre aucuns de leursChefz.Ioint Jafteiirance quâilsauoit!
de ceux de dedans: quâils Ibrtiroient fi brulquement fur lâautre partie de farmée: quâils ceroient laviôioire à leur polfible. Mais les autres,qui peut eftre plus lâges amp;nbsp;attifez, roient de plus loin que fils perdoient la journéef comme toutes choies humaines font bles Si fur tout celles de la guerre tiennent de l'incertain plus que ne fçauroient croirenyP^' lêr ceux qui faute dâexperience nâont ny praticqué ny bien remarqué lâinconftance du des armes ) non feulement Fontenay, non lèulement Poitou, qui eftpeu au relpeôf de touq® Royaume: Mais toutes les Egliles feroient réduites en grande extrémité. Voire que des Germains Si autres eftrangers qui farmoient Ibus la conduite du Prince de Coudé[X''? remette les Eglifes de France en leur entier: feroit trop retardée, Si^teut eftre en dangerdey rompre Si desbander qui ça qui la:ne voians païs auquel ils peulfenttreuuer retraiteaflèuf^^ comme ils clperoyentfauoir aulfi liberalle, que leurs deuanciers fauoient praticqué : Coo- । durent à ce quâon fuiuift lèulement quelque moié pour y faire entrer gens poutueuz depo'gt;' ( dre: par lefquels auertiz au vray de lEftat du dedans:on pourroit au par apres, fubtildér sutre expédiant pour y mieux pouruoir.Bien que celadefpleuft fo rt à ceux qui craignoient lapef' te de celj^ place:fermes neantmoins en leur oppinion:firent de rechef mettre la mefmeprofo fitionauConlèil. Le précédant auis toutesfoisfutfuiuy comme le plus leur. Tellementqu' la Nouëyaiantdcs-jaenuoié deux Capitaines la MufteSi Chaillou quia diuerfes fois y trerentfous la faneur dâvne nuit obfcure: le dernier raporta vne telle relblution des aflîeg^^'
que les tenans à la campagne nâeurent quâa le preparer au retour dâoù ils eftoient venus.
Pour neanmoins retarder Si diuertir les deftèins des Catholiques, là ns mettre beaucoup^ Entioprinfc Côfederez en hazard:La Noue exécuta fentreprife quâil auoir jà parauant drelfée pourlal'*'^ des Protci- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Niort eflongné de Fontenay quattre licuës:où lesCatholiques faifoient comme W
tans fur Ny oct faillie
magazin de tout ce qui leur eftoit necelTaire pour aprouifionner leur Camp: Si où fe retiïoiet les bleccz.Câeftoit en lômmc toutte la retraitte des plus grands de lâarmée. Mais pour ce qu^ les efchelles furet trouuées trop courtes ils ne peurent entrer dedans.Et fut à tinftantlalar®^ fi chaude entre les Citadins Si Ibldats de la garnilon: que force fut à ces entrepreneurs éeic'
cercher toute la nuiâ: du huitième May chacun fon quartier,
Le Duc de Montpcnci crdcfcampc douant Fontenay
L E Duc de MontpenficÃc pendant,attendoit coy Ãeffed de la rclôlution de leur conlew' Si bien que* courant le bruit quâils Ce vouloient hazarder à vne bataille pour la deliurance^ leurs aflîegezzlêpreparoit de Icsy receuoir.Mais auoir feeu que leurs trouppes fefcouloii^â peu à peu:amp; que les fiênes ia groflès de picorce amp;nbsp;preftes dâéfà nter vn fruiâ de diulfiofei^quot; foiêt fans buletinde leur Chehnâoublians quâà dire à dieu ; prit relôlution dâefeamperfe vof £mt appelle parla Royne mere qui craignoit la mort du Roy, amp;nbsp;les troubles qui pouuoieut^' uenir en Court à cefte occafion. Ainfi laiflà la ville à la dilcretion des Confederez quiyp^J' dirent peu dâhommes. Des Catholiques, en demeura cent cinquante quâils laifïèrent fans pulture;fi bien que f ær cômençoit à finfe61er,amp; pres de trois cens blelîèz, entre autres ph'â' eurs Gentilshommes du pays.Ils retirèrent de nuièi leurs pieces.Et partirent en telle conWæ
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on que fi les portes nâeu lient cfté bouchées, les afifiegez en eufifènt peu tuer beaucoup. Voila cóinc partie des Proreftans fe portoient en Poitou: Voyons comme ils fe maintenoient ailleurs. Nous parlerons de la Normandie pour ce que nous en auons entame le propos bien auant cy cciTus.
Donques cftant le Comte de Montgomery auec le Capitaine Lorges,Gallardôdit duRefu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:|
gCj fes enfans:party de Gerzay le vnziéme Mars mil cinq cens Ibixante quatorze pour defeen- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
dreen Normandic:Colombiers amp;nbsp;de Sey auec enuiron cinquante Gentilshommes, le furent lo Oomfró ' reccuoir à fa defeéte aux rades.De la leCôtefachemine à S.Lo.'Dâoù il partit le lédcmain pour Careiicanamp; aiiicger Carentan, Laquelle fut contrainte le rendre le troifiéme jourdu fiege. Peu de Jours deMontgô-3pres le Comte pour munir Carentan de viures amp;nbsp;elloigner les trouppes du pays quâil vou-loit conttegarder: tira vers Valloignes. Mais enuiron quinze jours apres ayant receu auertiflè- quo«, ment de celuy lequel auec fa Cornette gardoit le paflage du grand Vay: que les Catholiques auec nouuelles forces de Cauallerie vouloient faire effort de palTer le Vay: laifïà Valloignes pour leur aller faire telle amp;nbsp;les empefeher de paffer. Le Comte auec la Cauallerie qui eftoit de deux cens chenaux en tont : demeura huit Jours du grand Vay durant lefqucls deux fois tous les jours aux heures du Vay,ils le prelentoient en bataille pour combattre fi les Catholi
ques euflent voulu paffer.Lefquels failbient pareille contenance de lâautre collé de feau crai-
gnantle mefme de la part du C o mt e. Lequel le doutant quâils auoient autre dcirein:lè
retira à faintLoauec la Cauallerie. Ce pendant Matignon amp;nbsp;Feruaqucsfeftans fortifiez de
la dedans la cauallerie fuiuant la rernônflrance de Colombiers Sclaiiis des principaux Capi- ®
raines; auoir donné ordre à la ville, part fur les diz heures du loir le cinquième Jour du liege.
Ecfortantpar la porte dâOléeauec enuiron huit vints cheuaux fins harquebuziers;rompt la lo.
premiere barricade du grand Fauxbourg qui ell pres lariuiere, Puis palïè outrea trailers le fauxbourgdans lequel eià oient les Catholiques, Rompt la Icconde barricade amp;nbsp;ayant delcé-du vn mur de la hauteur dâvn homme: palïà la Riuiere auec la troupe lânsperte dâhôme quelques harquebuzades quâon 1 iiy tirait.Le lendemain il arriue à Adeuille pres du grand Vay où il fejourne quelques jours;pour ce pendant faire fortifier amp;nbsp;auitailler Carentan amp;nbsp;le Pont dâOuure,attendant nombre de Gentilhommes quifallcmbloicnt pour faller trouuer. Ce pë- \ dantle Roy amaffolt de grandes forces tant de chenal que depied.-lelquelsilenuoioitlabas pourenfermer le Comte en ces dellroits douant quâil peut Joindre autres troupcs.Au moicn dequoy pour rompre lès deffeins amp;nbsp;aller Joindre fix vints chenaux que on liiy deuoit amener du pays deCaux amp;nbsp;du collé de la Bretaigne amp;nbsp;Anjou: Part dâAdeuille auec vint cheuaux le cinquième de May, fur les vnze heures du loir laillanr à Carentan le Capitaine Lorges qui tenoitencores le liét dâvn coup dâharquebuze quâil auoiteu en la jambe en vne efcarmouche, Gallardon amp;nbsp;autres auec tout le relie des Gentilshommes ôc lôldats qui elloient en ce quartier là . Mais arriué à Domfron le huitième May, de Sey, de Cheuigny,du Breul amp;nbsp;des Hayes auec enuiron quarante cheuaux y arriuerentaulfi. Dequoy auerty Matignon, qui 1lt;^ voit en vne ville foible 5c mal munie de toutes choies: marche apres en toute diligenceaueclaca-uallerie amp;nbsp;quelques harquebuziers a cheual. Tellement que le neufiéme May à huit heures du matin, ils le trouuent deuant Domfronc lins que prelque on fen donnall garde. Car Ri- inucftià Dô berprey Lieutenant de la compagnie de la Milleraie: alla donner Julques à la petite porte de h ville, où nây auoit grande garde. Et dâvn coup de pillolle tu^n lôldat qui elloit lorty. Et lors feulement on defeou lire la Cauallerie amp;nbsp;quelque nombreaâharquebuziersqui auoient â¢is pied à terre. Le Comte nâauoit en ville amp;nbsp;Challeau que quatre vints harquebuziers Ibus la charge duCapitainelaTouchc:delquels fEnlèigne auoit intelligence auec ceux de dehors. Deforteqiiefinallementconuaincudetrahilbnilenfutpuny. Q^andauxhabitans de la ville qui elloit fort petite dautant quâil nây en auoit que trois ou quatre de la Religion Protefla-te,les antres felloientabfentez. Les Catholiques arriuez deuant la ville fe mettent en bataille hir le haut dâvne montagne qui regarde dans la ville amp;nbsp;le Challeau. Et tout le long du Jour depuis les huit heures du matin jufques à la nuit: demeurèrent à cheual amp;'en bataille atten-dant les gens de pied quâils faifoient venir en toute diligence. Et ce pendant dilpolèrentfut kspaffages amp;fur les auenuës le plus pres quâils peurét des murailles, ce quâils auoient amené
harquebuziers
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Sortie de Broifay S. Graue fur les Catholi
lt;]ues.
Entreuenë Si Paricmas dangereux en en fiege.
Armée des Catholi ques deuat Dorafron.
Force« du
Côie dedâs Domfron.
L* HISTOIRE DEFRANCE, harquebuziers crainte desfcrties.Sur îefôir le Cote feit faire vne faillie de vint cinq chenaux conduits par Broflayfaint GrauejsqueSey du BreulSc des Hayes acccmpaonercnnMaisdaU' tantquâilsne pouuoreni lortirquâvn à vn: les premiers douze où quinze qui furent dehors auec Brofl'ay fans attendre les autrcSjpicquent droit auxCatboliques qui auoient mis au deuat quelque nombre diiarqucbwEiers derriere vne baye fur le Chemin. Nonobftant Icfquelsces quinze cheuaux paflerent outre, donnent dans ce grand bot de Cauallerie qui eftoit encores en bataille bc fenfoncent allez toft ou fut tuéFriaize amp;nbsp;deux autres pris. Des Catholiques furent tuez lépt Gtntilhommesamp; neuf cheuaux , Riberprey bltlfé dâvn Coupdeftoc.Matignon ce pendant qui cômandoit en farroée : faifoit toute diligéee pour depefeher en Court auertir la Royne mere de tout amp;nbsp;auoir de forces. Si bien que tous les jours y arriuoicnt cou-ueilcs compagnies tant de pied que de Cheual amp;nbsp;des meilleurs que le Roy euft. Le Ceinte furcc fait faire vne lortieà pieddehuit Gentilshommes bien armez amp;vint harquebuziers.
Le Comte abandonné de« fient.
pitainc la Touche le jeune. Ils forcirêt par la petite portercar la grande eftoit condamnée^ allèrent donner jufques dans vnemaifon*ou y auoit vn corps de garde. Lequel ils deffeirentamp; en tuerétla plulpart.Puis ils lé retirent le pas en combanant tousjours lâns perdre vn homme: deux foldats feulement furent blelïéz. Et comme il auient communément es guerres Ciuil-Ics que ceux dâvn party ont tousjours quelque parent en lautrer faprochoient fouucntdes murailles appcllans quelque Coulinou autre de leur conoilTâce qui eftoit dans la ville pour parlera luy. Matignon amp;nbsp;ceux qui auoient commandement en fon armée enuoioient fort lôuucnt où des trompettes ou des Gentilshommes amp;nbsp;Seigneurs qualifiez feus mbre de veU' loir deuifér auec quelques vns leurs parens ou amis. Ce que le Comte trouuoit fort mauW'^ fe doutant bien que ceux qui venqient ainfî nâeftoient enuoiez que pour fonder laffcôt® amp;nbsp;le courage des liens. Et que les autres qui venoientfons vmbre de voir leurs amis: efloieo^ enuoiez du Chef de larmée pour les attirer amp;nbsp;coupper ces branches afin que lecorps dchf' bre demeuraft puis apres tout nu. Pourcefeit défendre de plus par^menter en quelquefortC que ce feuft. Mais vne partie defies hommes eftoit desjatant efprifie dâvne efperancedefiirfi appointement, amp;nbsp;ùutre fi refoluë à trahifbn quâeftans plufieurs enfémble de mefrne confpir^' tion: il ne leur eftoit mal aifié de parler encore lécretement à ceux de dehois. Dont auintpuz^ apres que la plus part, lé defirobans îabandonnerent. Mais penfians auoif bien fait levrappoin-tementnls furent la plus part retenuz prifbnniers, deualifiez du tout amp;nbsp;mis à rançon fi grande quâil fut ÿrefique impoflible à la plus part de la paier. Ce pendant la Royne mere enuoioitde jourà autrcà Matignon nouuellcs forces amp;nbsp;en grand nombre jufques à y faire aller lâarmee qui eftoit deuant faint Lo, hors mis la compagnie de Dcftrée amp;nbsp;enuironfix Enfeignesde gens de pied.Tcllemêt quâen peu dejours Matignon fie ueit fi fort deuat Dôfronc quâil faifoit eftat de quarante deux Enfeignes, quâil cftimoit à fix mil harquebuziers dont eftoient Chefs LauerdiUj Lucc,fâinte Colombe, Luffian amp;nbsp;autres Colonelz amp;nbsp;Capitaines François. Quand à la Cauallerie ils faifoient eftat de douze cens cheuaux, dont il y auoit dix compagnies de Gens-darmes, affiauoir celles de Monfieurfreredu Roy, de Matignon , delà Mideraicjde Carrou^es, de Vaffiey, la Hunaudaye, Malicorne amp;nbsp;trois autres. Celles de Longueuillc y at riua fur la fin fous la conduite du Marquis du Rotelin. Tout ce que le Cemte pouuoit auoit dedans 1 a vilie Si le Chafteau:cftoient cinquante cheuaux amp;nbsp;quatre vints dix harquebuziers compris les valets des Gentilshommes qui auoient harquebuzes. Le quatorzième dcMa/ vn Capitaine de gens de Cheual de ceux du Comte, faifà nt mine de vouloir parler à Ferua-ques qui pour ce faire feftoiApprochèifé retira au camp auffitoft quâil euft forty. Et depuis ce jour là jufques à la fin du fiege,il ne paflà nuit ou jour que quelques vn.s ne lé dcfrobalfct par la muraille où par le Rauelin de la ville, tant de ceux qui portoient le titre de Gentilsho-mes, que de foldats. Tellement quâen vne nuit il en fortit dixhuit par le Rauelin.
LavilleSiChafteaudcÃomfronfbntficituezen lieu haut Si pierreux. Toutesfois tellement haut quâà la portée dâvne harquebuze des murailles, il y a deux hautes montagnes Domfron amp;nbsp;Poucnt amp;nbsp;Septentrion qui commandent fi fort Sc à la ville amp;nbsp;au Chafteau : que ceux fa reprefen de dedans ne Içauroient faire vn pas quâils ne foient veuz dâen haut.De forte que de là les hat-WUÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quebuziersCatholiques choififloient aifement vn homme du dcdans.Et ainfi en onr blece amp;
tué beaucoup principallemcnt du cofté du Chafteau. Ceft vne fort petite ville,mal peuplée
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poure amp;nbsp;mal baftie. Les murailles tant de la ville que du Chafteau, font fi vieilles quâelles tombent dâelles melines. Si elpeflè quâen beaucoup dâendroits amp;nbsp;es lieux les plus dangereux: vn homme nâeuft foeu paficr delfus quâen fo tenant des deux mainsaux creneaux.Le vint troi-fiéme Matignon féitbatre le Chafteau,de fixpieces de Canon afliduellement depuis les fopt Batteriede heures du matin jufques apres midy. Elleshattoient contre la ttur qui eft prelquevis avis la porte du Chafteau à lâendroit le plus bas de la Court. Le Comte voiantvne tour abatuëamp;t que bien toft il y auroit grande b reche: confoquemment quâil fe falloit preparer à faflà ut au- ⢠quel les Catholiques fe preparoient: refolut auec fauis des principaux qui. refloient, dâaban-. donner la ville amp;nbsp;faire retirer fes hommes dans le Chafteau pour tous enfomble fiiire telle lors quâon fe voudroit prelênter à faflà ut. Pource enuoia deBroflà ytà la ville pour faire retirer les hommes qui eftoient là . Mais laplulpart dâeux qui auoicnci délibéré de lèdefrobcr, failâne femblantde vouloir aller au Chafteau corne ils voient de Broflay loin deux: trouuercnt moié defedefrober amp;nbsp;en perdit trente de bon conte à celle fois Si bien que les Catholiques r-a ville de y entrèrent aifément. La batterie ce pendant continue tellement au Chafteau quâil y a breche bandomée' de quarante cinq pas : fi rajlonnablequâvn homme de Cheualyfuft entré à fonaife. Aulfila parlcCvm-breche faite ils fu rent incontinant à là lïaut.Vray eft quedepuis vue heure jufques à deuxee ne furet quâharquebuzades là ns venir aux mains.Mais à deux heures ils y firent marcher tout tholiques. ccquâilsauoientordonné pour laflà ut. Qui elioit la fleur de leurs hommes pour furielèmenc Brecheau alTaillir la breche de prez.Ãu ilstrouucnt en telle le Comte auec quarante hommes Icitlemét quifoullindrçnt le Combat fort furieux cinq heures entières. Les hommes choifiz de far- Aflautdes niceeftoiét,dixGétilshommes de chacune compagnie de gendarmes: qui faifoient.c,entGen* Cathoü-dhhommes là ns ceux la qui y furent des autres compagnies en bon nombre: Scieront bien armé, Auec eux, fix cens harquebuziers motionnez Sccent corlçletspicquiers:qu|faifoient
huit cens hommes. Lelqucls auec les autres qui y furent pouuoicnt faire mil hommes en tout Ordre amp;nô-conduits par Feruaques. Villermois, là inte Colombe Riberprey, Lauerdin amp;nbsp;autres des plus lîgnallez deîarmée.Tout^e que le Comte auoit à la breche tantGentilshommcs que foldats: lâaflaut. eftoient quarante hommes quâil auoit dilpofez en celle forte.Il le meit en la moitié de labre- Ordreamp;nô-che quifaifoit le collé droit amp;nbsp;auec luy Broflay, de Chauuiny,de Coruieres, de Tiers, le Ca-pitaine laTouche le jeune,la Mabilliere,duCrocé,Oulfe amp;nbsp;autres jufques au nombre de vint, fouftemr
our la moitié gauche de la brechefurent ordonnez de Sey, des Haycs,de Vaudoré, du Mef ôihhSaulà ye, Capitaine VilleneufueSc les autres qui eftoient vint en tout. Et foudain apres bttehe. h prière ils virét defmarcherfort brauemét les Catholiques à faflà ut qui fut bié fouftenu de puis les deux heures jufques à fept.Leur Canon jouât tousjours ce pédât .Ce qui endomma-geoit merneilleufcment ceux de dedans principallement des efclats des pierres. Melines le Comte qui combatoit des premiers à la breche, fut bielle dâvn efclat en deux endroits du vi-là ge mais bien peu. Il eut puis apres dâvn coup dâharquebuze au bras droit pres fefpaule.Mais fon bralTard ne fit que preller. Toutesfois la violence du coup luy feit vne meurtrifîèure large de quatre doits. La furent tuez ôc blefïèz beaucoup des aflà illans amp;nbsp;ce peu de ceux du Chaf teau qui eftoient tuez ou blelfez leur eftoit beaucoup pour le peu de gens quâils efto^nt cotre vn fi grand nombre, en vne fi grande breche non remparée amp;nbsp;en vn fi long aflà ut duquel en fin les Catholiques furent repoulTez y laiflà ns morts là inte Colombe, Doilly Guidon de lacompagnie de Milleraie amp;nbsp;foixante autres.Mais Feruaques,Lauerdin,Conrances amp;nbsp;autres jufques à cent y furent feulement bleflèz. Du collé du Comte ont efté tuez Broflay,de Teru, Cacholi-duMefnilMiniftrc,Vaudore,laSaulâyc.LaNohe:amp;douze amresôc de blcflèz autant, le Comte,de Villeneufue, la Riuiere,HouIfe, du Cros Miniftre. Ãs Capitaines Maimberte amp;nbsp;laiTaut. Courtonamp;fept autres. La nuit fuiuanteeux du Chafteau remparent leur breche. Maisies Catholiques prindrent refolution à continuer leurs premiers eflà ys ,affà uoir de deuilèrauec monsamp;^bîe quelques vns de la dedans dont ils conoifloientfhumeur propre à faire marché pour les Ibuf cezà l'af-trairedela. Or parloient-ils aifément auec eux principallement du colle de la ville, par les faulfes braies amp;nbsp;les calcinates, non feulement la nuit ce pendant que le Comte eftoit couché à la breche mais mefine en plein jour. Tellement que beaucoup le deftoberent.Ce pendant ils failoient encor marcher du Canon amp;nbsp;des poudres pour faire vne lêcondc breche. Ce quâils eulTent fait ailêment auec fort peu de poudreJu collé gauche de la premiere breche.
Car la muraille eftoit fi bonne, que dâvn foui coup quâon y tira le lendemain de îalfaut,ony
feit
-ocr page 440-fèit vne feneftre lt;lt h largeur de quatre pieds amp;nbsp;de la hauteur dâvnc pic que. Somme que (ê defroboient file à file.Tellement que le lendemain le Comte ne fc vit accompagné lt;jueolt;^ bleccz SiC dé quinzeou feze autres. Le vint fixiéme de May, le Baron de Vafley parla troisfe^' de compofirion au Comte. Auquel on en auoit desja parlé le Mardy, mais il nây auoit voulu entédre jcfperant toiusjours ce peu dâhomes demeureroit auec luy pour cnlcmble ïit les armes au poing amp;nbsp;à la brechc/affeuraw b'ien que confiderées lès adons paflees: notaiâ' ...A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;ment le coup de lance qui ne fc pouuoit effacer du coeur des heritiers de la maifon desValoy*
il ne pouuoit reccuoir dâeux filfèlaifloit prandrevif, que la plus ignominieufe mortqm® y*'â^^luy pourroientfaire fouffrir. Mais comme il âveit que fes gcusfcdcrohoient à troupes,amp;
s lelaiffoirlà feuiauec lesbJecez amp;nbsp;fortpieu dâautres del-L, - qt«als mefraes il voioit vne partie nâeftre pas refolu« : Joint que toutes munitions de y enfemblcfcau dcfailloient:prcftafouyc ala compofitioniquiiut que le Comte fôrtiroit
fâuue amp;nbsp;quelques accouftremcns fins autres armes que îcfpée amp;nbsp;la dague. Toutesfois^^ 2â,U,:, demcurcroütentre leurs mains quelque certain temps,mais ai»e-c bon traitement amp;feure!'i''* CompofitiS fivie.( Que Ic^ autres fortiroient aufîi la vie fiuue auecfelpét amp;nbsp;lia dague . Matignon^ milgat^Ãc. Vaffey promirent amp;nbsp;jurèrent au Comte de la garder amp;nbsp;fairegarder amp;nbsp;obferucr inuioUkâ
ment. Aquoy il farrefta,vcu mefincs que Vaflèy luy eftoit parent. Le Vintfeptiéiue de Msy'Jquot; usaJj'jiii peu apres minuit,Matignon amp;i. de Vaflây fuiuant la^ompofitiôn,allèrent auChaftcaii uEjfiî- Cojpte.Lcquclfôrtitfeul auec euxyChauuirtyfoititaufli.Puisfurlesfcpt heuresduHâ^nââ retourne au Chafteau pour faire fortir les autres auffi toft que le pont fut baifÃ:gt;' iiori; entre ôi auec luitous les fbldats quâils auoient danslaville entroient auffi aumcfmc
par la breche amp;nbsp;par les faufïès braies. Puisla plus part des gens de pied au lieu degarder^® compofition amp;nbsp;la foy promifè commencent à butiner, frapper amp;nbsp;tuer de toutes pars. Ã*â* quâils ne tucrent point furent deualifêz,retenuz prifônniers amp;nbsp;rançonnez.
ai L E fiegeneantmoins continuoit tousjours douant fiintLo. Car Matignon y auoit biii^ Rcprifeamp;^ fix Enfêignes dc Fantalfins amp;nbsp;vne compagnie dâhommes dâarme^ Mais apres lareditcn^'^ dufâedc*^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;points iuueftic par iarmée qui y retourna amp;nbsp;de tant plus prclÃcâ!â®
folu de mou hr pluftoll les armes au poin.
Bacecie amp;nbsp;breche rai ionablc des Catholi-ques contre faine Lo
amp;int to. â ' par auant. La ville eft foible amp;nbsp;de nulle valleiir. Mais le cÅur de Colombiers qui la detf^' )lt;;i doit, fut fi grand quâil ne voulut oneques entendre à aucune compofition, quelqueprciuciy â que fon luy feeut faire. Surquoy les affiegeansfauifercntdefc feruir du Comité deMont^Oquot; ' mery ja pnlbnnicr, pour induire Colombiers à fe rendre amp;nbsp;receuoir compofition honnoH' r 1 ble. Et ofiurceft effet le menerentau camp amp;nbsp;le feirent parler à Colombiers: Lequel luy Montgoin- entendant tenir tcls propos qu il Içauoit anez neantmoins dire plus par contrainte queâ mery mené propre tnouucmetzle repouffa fort animeufement amp;nbsp;auec vne colere extreme luy jctspj' fanft°endrc tollcs fi aigres amp;nbsp;picquantes que tous en auoient honte. Difint pour fin quâil auoit refolu^ la viiicamp;ics mourir amp;nbsp;ne fc monflrcr fi lafehe quâauoit fait ledit Comte, qui par belles parollcs amp;nbsp;pcwj* en vainfiuuer fi vie,fur les perfides promeflesdcs Catholiques^ feftoitluy mefmeliuréalâ luy dit Co- mort dâautant plus ignominieufêamp; vituperable que celle qui faquiert les aimes au poingé' om lersre j-gçoæjjjamJaPjjg amp;nbsp;dîgnc dc loüà nge erernelle. A la vérité Colombiers auoit de longue main relolution dc mourir pluftoft que tôber és mains de fis ennemis: la foy dcfquels il æ uoit jamais eftimé affiurée.Quoy que aux précédas troubles efehappé de la journée faint Bat' thelemy amp;nbsp;fiuué en Angleterre, il fi fut neanrmoins toft apres retiré en fi maifôn amp;nbsp;contenu paifiblemcnt en liberté dc confcience.Mais fi perfuadoit que ce nâefioit quâvn apaspourîeæ grailler auec tous les autres fis fimblables apres la prifi de la Rochelle,pendant le fiege ddH' quelle ils lïofôieiit fiuir fur res autres Proteftans: crainte que parvn defefpoir ilsnefe raffinâ' blaffint Scfiflcnt pis. Ainfi donc les Catholiques apres auoir par la mort dâaucuns gangââ les fauxbourgs: le dixiéme Iuin,vint deux pieces tirerent des cinq heures jufques à midyqââ deux breches furent vcucs railonnables entre la tour de la Roze amp;nbsp;celle dc Beauregard. Lâ* Air d nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;compagnies marchèrent à celle de de la roze bien que non cnticrcmct abattue.
Catholicq. à bien affailly bien ddfcndu. Si bien quâils furent forcez dây laiffer nombre des Icurs.Puisf'â Mort de c ^^^®ubla fautte batterie amp;nbsp;y auoir fait affez large entrée on y fut affez refblumcntà falfiâââ lombiersh Mais elle fut dcfiênduë parvn trop grand nombre dâharquebuzades,lefquelles y pleuuoieiâ picque au ccffi. Lcs affiillans ncantmoins renfcrcez amp;nbsp;rafrefehiz gangnerent le haut de la bredâ
apres la mort de Colombiers.Lcquel auoit fait ficrctement finir fin fils:amp; refolu dcrnoiitâ
-ocr page 441-livre TRENTESEPTIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2i8.
»
en combattant céda la vie au coup dâvne harquebuzade qui luy perça le ccrucau.Les afîiegez c(poiniantezdelapertcdâvn Cheffi genereux,ayansperdu courage: abandonnèrent la deffé- s.loprisée Stneurent le coeur que à fcfourrer les vus aux canes les autres en quelques autres lieux paricsca. qui leurferiiit pour cuiter la premiere furie desCathoIiques.Lefquels entrerét allez toll pelle mede en la ville ou il y eut grand nombre detuez. EtfommeÃint Lo fut pris par la perte de quatre ces hommes prefque autant dâvns que dâautres amp;nbsp;de dix Capitaines Catholiques.
Cash NT A N petite ville prochaine de lâint Lo,ne tarda gueres apres de compolcr auec des conditions alfez honnorables amp;nbsp;allez bien tenues. Toutcslbis le Capitaine Lorges à prelent Comte de Montgommery, demeura prilbnhicr amp;nbsp;fut en grand danger dâeûre mené d Pa-ris amp;nbsp;courir mefme traitement que lônperc. Mais la faneur dâvn des principaux de farmée duparcom-Catholiquedexépta de ce peril amp;nbsp;luy dôna les moiés de fe fauuer fubtillement. Ce qu'il feift auec grand hazard amp;nbsp;difficulté. Tantquepar les foreftsamp;chemins obliques,il fe rendit près leCroifilou il trouuamoien defembarquer pour palier à la Rochelle.
Chefs des
Le Royce pendant bien quâindifpos delà perlonne: comme celluy neantmoins qui pour bienconduirefondelfeinà vue plus allèuréeamp; heurculè fin: veut comme on dit auoir deux cordes en fon arc: outre les trois belles armées quâil entretenoit contrôles Proteftans: fi eft elcrità fts ce quâil euft bien plus déliré lés ramener à deuoir par laines remonllrances que parvoiesde fait. Et pource ne celToit de leur enuoier lettres amp;nbsp;mellà gers à celle fin. Efcriuit en outre à tous les Gouucrneurs de fes prouinces : leur commandât de maintenir tous fes fujets en Paix amp;nc leur donner occafion defelleuerauec les autres Confederez au prejudice de lès Edits, Quifutenuiron cetemps que les armes fu rent prilcs en Poitou, Normandie amp;ailleurs.Dâau Gouucr-^ tant, difoit-ii que le mefeontentement de lès lu jets amp;nbsp;la caulè commune de la R eligion appor- ' toienteesremuemans. Illes prioit de fe comporter paifiblement auec ceux de la Religion, pourmain-Declarant quâil ne vouloir aucun tort leu relire fait, ny dilïèmblable traitement en toutes leurs affaires quâà ces autres fujets CathoIiques.Et les faire prandre en la là uue garde de leurs vcefins Catholiques pouj^les faire alTeurer amp;nbsp;garentir de la viollance quâon leur voudroit fai-re.'de laquelle ou elle lèroit entreprilè, il commandoit à fes Officiers faire la plus roide amp;nbsp;exë-plaire luftice quâil feroit polfible. Les priant dây tenir la main, appellant Dieu a telmoin quâil nâauoit autre volonté que de voiries fujets en repos.ll prioit aulfi iesGouuerneurs des prouin-%que leurs compagnies ne feulfent aucunement en charge à lès fujets.Ains paiallènt fuiuât ^Ordonnance; par la mefine lettre il dit aulfi, quâaiantellé mallade dâvne fieure carte :ilen eftoit du tout guary. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
neuts de lès
prouinces
tenir fes fu-
jets en Paix
LcRoy veut moiencrla Paix amp;nbsp;com mande aux Geuner-ncurs des prouinces pe maintenir fcsfiijets en repos.
Le quatrième jour de May,i!elcriuit autres lettres aux Gouuerneurs des prouinces delà LettresJu teneur fuiuante. Mon Cou fin ayant trouué par le proces fait à la Mole, Comte de Coconas amp;nbsp;'________â
Roy auxGo
uerne urr de
leurs complices: que les Marefchauxde Montmorency amp;nbsp;de Colle, elloient les Principaux lespiouin-auteurs des confpirations faites contre ma perlonne amp;nbsp;mon Ellar,dont je vous donnayauer-tiflèment ces jouas palTez: Et ayant prefèntement defcouuerr que continuant leurs malheu- X reufes intentions,ils elloient fur le point de tenter dâexecuter encor vn coup ce quâils auoient T'â '7â'^ failly au parauant. Pay ellé contraint de me lâifir de leurs perlônnes. Et iceux faire rjeneren laBaflille à Paris dont je vousay bien vouluaucrtir.Mâaflèurant que par quelque raport que cefoit,vous ne diminuerez choie de la fidellité que vous auez à mô lèruice. Ains continuerez en icelle, comme mon intention aulfi eft de pouruoir à la conlèruation des bons, amp;nbsp;rendre diguesdema bonne graceceux quiont tous/ours bien fait comme vous.Qui tiendrez la main à ce que toutes chofes fe contiennent en vollre Gouuernement Ibus mon obeilTance. Et que tous ceux qui voudront viure paifiblement en leurs mfîlôns: y Ibient maintenuzamp; confcruez'fans fouflfrir quâil leur foit fait aucun tort, mal ny delplaifir en quelquelbrte que ce foit. Voulant que contre ceux qui lèlèroient desja elleuez amp;nbsp;fc uoudroient encor efleuerSe prandrelesarmcs: 11 leur foit par vous couru fus amp;nbsp;que les tailliez en pieces. Or ce qui ou-trefa malladie luy caufoit alTez dâennuy : eftoit le rapport des nouueaux remuemansqui me- occalîons naçoicntle Royaume amp;nbsp;luy mefme de mcrueilleux inconueniens à caulè des meurtres qu^Æââ:'â¢ây⢠fefloicnt faits par fôn Royaume: Puis voiant lôn frere, fon beaufrere, quelque vns desprinci-A paux Officiers de laCouronne en fi mauuais melhage auec 1 uy;lc ramenteuant le palïeamp;confi- â *'*'*'ââ *⢠devantÃEftat préfet des alFairesunonllroit cuidamment la perplexité delôn Elprit. Il demeura longuement en telles,alteres diminuant de jour à auttre. Depuis toutesfois amp;nbsp;pour autorilèr
à lauenir
-ocr page 442-May. 1574,
LâHISTOIREDE FRANCE^
à laiieiiir la Royne fa mere il leur en efcriiiit dâautres: Mais pource que ces lettres foindvtie mcfme feneur:nous auons icy mis la coppie de celles qui furent ekrites au Comte de Vanu-
Leires du Roy aux Gouucr-neurs des
dour dclquelles la teneur enfuit.
Mon coufin vous auez cy deuâtentédu mon indifpofition,laquelle depuis vn joiiren pw fort accreuë, nbsp;nbsp;fuis aujourdifcuy en tel eftat que jâaten ce quâil plaira à Dieu de faire demo)',
malladic amp;nbsp;aulorifer fa «lerecn la regen ce dit Royaume
Henry Roy de Pologne auoucfuc-cefleur kgi. timcamp; le
cu U main duquel font toutes chofês humaines: eftant tout preft à me conformera fa faim*: pour les af- volonté. Cependant jâay prié la Royne Madame amp;nbsp;mere, que fuppleant au dcnaiit de iw feurer de fa nialladic: elle vueille auoir plus grant foin que jamais de mes affaires amp;nbsp;de ceux de mon Ro)-aume. Ainfî que trefdignement ellefen eft aquitéc jniques icy. Délirant quâelle loitobeiedâ tout ce quâelle commandera,Tant durant ma malladic,que la ou il plaira à Dieu faire fon^ mandement de moy. Iniques à ce que mon ft^rele Roy de Pologne, qui cftmonlegin®^ fuccefl'eur,lôitarriué par de ça. Et quant à vous mon coufin; encores que je mâalfcure que vous ne deffaudrez en rien de voftre deuoir, à contenir toutes choies en bon repos®â voftre Gouuerncment ,amp; à faire reconoiftre à mes fujets lâautorité de madite Dame re, amp;à lcs letenircn tafFeérionamp; deuotion dâobeifîà nce quâils doiuent à monditfreie/â cas qu il pleuft à Dieu, faire la volontéde moy comme delfus eft dit: Si eft-ce que je vous®' au^Roy^ ay bien voulu eferire, amp;nbsp;vous prier que en remettant deuant les yeux de tous mes fujetstant me debâce nbsp;nbsp;æa Noblelfe que autres fortes dâÃftats de voftre Gouuerncmentj la grand fidelité amp;nbsp;!oJ3æ
té quâont tousjours gardée les François entiers ceux à qui légitimement eft auenuë la»ic®j' fion de la Couronne amp;nbsp;lêptre Royal, dont ils ont efté reconeuz par delfus toutes Nationsââ monde: ils en veillent vier de melîne à îendroit de mondit frere le Roy de Pologne cidentquimepourroit auenir.Ytenant de voftre part la bonne main pour aller au de tous les maux qui pourroient refulter à la generalle ruyne fubuerfion de mes fujets* Laou ils feroient autrement amp;fedefuoieroicnt de ce qui eft de leur deuoirlèlon Dicu^'^ loy de nature'.Iâay fait entêdre cefte m ienne volonté à mes frétés les Ducs dâAlençon amp;nbsp;Râ/ de Nauarre qui mâont promis amp;alfcuré de fenfuiure amp;dâobeir^ madite Dame amp;ni^ félon farnour amp;nbsp;bonne afteérion quâils luy portent. Et le défit quâils ont à la conferuation lt;â repos General de mon Royaume. Me confiant bien quâils y feront tant loyal deuoir part; comme je mâalfeure que vous ferez aufli de la voftre: je nâeftandray la prelênteplns uant,que pour prier Dieu mon coufin vous auoir en là fainte amp;nbsp;digne garde. Au
de Vincennes ce 29. May.
Le lendemain voiant le Chancellier Biragucquelemal du Roy croiffoit par la dimiââ' tiondclés forces: fupplia laMajeftéde donner ordreà fes affaires amp;nbsp;pouruoirfurtoutsit ta de fon Royaume fi troublé. Surquoy luy remonftra dâautant que là malladic empdéhoâ quâil ne peuft entendre à plufieurs affaires ou fa prelénee eftoit requife : il Icroitbonquâil^ naft autorité de Régence à la Royne là mere amp;nbsp;commandait que lettres en feulfent expédié®®' Aquoy là Majefté ne voulât contreuenir, déclara quâil en eftoit tref content fi elle envoâ loit prandre la charge Et cômâcllc lui eut déclaré lôn défit à procurer toutes choies qui luyj®' roient ^reables amp;nbsp;de profit à fes fujets:commandalôudain que lettres patentes luy en fcuu® drciréc^lTouteà îhcure melme fit venir les Secretaires des commandemens ScIesOp'^â* ncs de fes gardes aufqueîs il dit. Faites tout ce quela Royne ma mere vous commanderâ'^ luyobeilfez comme à moy mclme.Aulfi luy fit il drclferlcttres portanslepouuoir quâRM entendoit donner furce fait comme vous verrez cy dclfous.
,j.y ly Qj, pgm- ne frauder la pofteritédes plus notables particularitez remarquées tantenh''^ . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;malladic Sc violendifin de ce Prince: il tomba malladc à Viélry dâvne ficure pub®
'â***' I nique de laquelle il crachoir le lang en grand ennuy. Et qui luy proccdoitdcs grans cxçlt;^ ! quâil auoit faits principallemcnt à la cha^(ou il fc trauailloit nuit amp;nbsp;jour)à courir,jouer,iîâ Malladic di tert,combatre, picqucr chcuaux amp;nbsp;tels autres fi violens exercices ( aufqueîs il fc plaifoit^ Royamp;fes tout ) quâauttc quc luy n^espouuoit fouffrir.Vray eft que la force amp;challcur dcjeiind* exercices. j gnioindrit quelque temps la grandeur de fbn mal: occafion que le voyage de fon frère Royâ I Pologne continua: bien fortaife quâil allaft planter la fleur-de lys jufques en SarmaticczR® gions les plus efloignéesyc ÃEurope amp;nbsp;fur les fins des parties Septentrionnalles. Ainfî qâ® leurs anccftresauoient commandé fur les prouinces Grecques amp;nbsp;OncntalIcs.Puis de fon voiage fut auerri du bon amp;nbsp;honorable rccuétl que les Princes Germanis luy aiioiét*â'^
-ocr page 443-LIVRE T R EN TE S Ã P T lEME nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;21p.
lt;^ontilreceutTnfîngulicrplaifirquifaccompagna|ufquesà Sainôt Germain en Laye. On lâon commença à deuifo delà fortic de Monfieiir, du reffus à luyfeióh de la Lieutenance GcneralepartoutleRoyaumc/Aiiquel grade lès domeftiquesluyperfuadoiét quâô luy vou~^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
loit préférer le Duc de Lorraine) du malcontentement des Grands. Du remuement dös Proteftansamp;Catholicques Politics:amp; plufieurs autres accidensequi nefeirent quâà ctoiftrtf lemaldu Roy. Lequel donnant delà à Paris amp;nbsp;en fin au boys de Vincennes: nâeut rclaf-die de fon mal que par le commencement dâvne autre vieCar il fafoyblilToit de jour à autre:amp;fans remedde aucun, on le voyoit fondre à veuë dâÅil. Il fut bien feigne amp;nbsp;purgé, mais tout en vain. Occafion quâaucuns prefumerent quâil eftoit cnlôrcelc(dont la Mole fut interrogué à la Torture ) par quelques Deuins amp;nbsp;Magiciens qui' en furent * prifonniers depuis deliurezayantveu que le mal venoit dâailleurs. Et bien quâil feift tout effort à le furmonrer : comme lâvn des plus forts amp;nbsp;patiens Princes de Ibn temps»â
Si ne peut ilfuruiurp le trentiéfme de May. Auquel auoir exorté Monfieur fon frereamp; le Roy deNAVARE pour maintenir le Royaume en Paix: Commis la Regence dâicè- mort, luy à la Ro Y N E fa Mere. Mourut le vint-quatriéfme an de lôn aage amp;nbsp;le quatorziéf-'*^quot;*quot;*3ââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
me de fon regne affifté dâAmiot Euefque dâAuxerre amp;nbsp;Grand Aumofnier de France fon Précepteur,ScdArnauld Sorbin ores Euelque de Neuers fon Prefoheur : Prelens la Roy-ne Mere, les Cardinaux de Bourbon amp;nbsp;Ferrate , le Chancelier, Birague, Lanfâc amp;nbsp;autres : bien ennuyez de veoyr mourir fi toft Sc non encor en la fleur de fon aage ce Prince qui X ne reffentoit rien que Grand, foit aux portemens de corps foit ez defirs amp;nbsp;allions de fef prit. Tousjoiirs en aâion : bigerre en fes penfées, haftif amp;nbsp;foudain en fes entreprifos j ch/r-impatient dâattendre, dilligent amp;nbsp;prompt à connoiftre les hommes : peu mais bien ay- ks. mant: non adonné à plaifirs, de bon amp;nbsp;fubtil jugement, prompte conception amp;nbsp;me- ⢠i moireheureufe. Collereau polTible, focret fi aucun autre, fort diffimulé:mais quifça-«oit dâextrement couurir fon intention. Grand jurcur fuft en collere,fuften propos or- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-â
dinaires Sc familliers. Elejquent de fon naturel, aydé néanmoins de quelque acquifitif qui luy donnoitfagréable en fon parler. Il aymoit la Mufique amp;nbsp;la PÅzic jufques à lespratiquÃt par pafle temps, la derniere mefmemant incité par Ronfà rd , Baif, Dorât amp;nbsp;lamin, aufqueJs ilà faiâ quelques biens. Maisfons les enrichir (hors le premier ) difà ntque les^yç^^jg.
Poètes refembloyent en certaines chofes, aux genets amp;nbsp;autres généreux chenaux quâil fautquot; nourrir fans engreflèr,afin qu'ils ne deuiennent porcs .Sur tout exercice il cheriflbit la Vcnc-rieplus que Prince quâon ouyt jamais parler. Pour laquelle leboyre, manger, ^ormir,^ deuifet amp;nbsp;toutes autres adions ne luy eftoyent rien : fi quâen auoir deiiifé aucc les plus praties, amp;nbsp;remarqué chofos fort fingulieres: il print plaifirà lcs rédiger par efeript dâvne telle forte ü aflîdu au trauaihque fon mal nâen à efté que trop auancc. Sobre au furplus. Mcfmcs il laiffa lâvlâige du vin pourceporter mieux: Setousjours efueillelà ns dormir que le tiers des autres. Il auoit la face longue amp;nbsp;pallc, le teint plombé, le nez pottemans acquilin, les yeuls farouchez amp;nbsp;le regard tranchant. Le col long amp;nbsp;la poiârine efle-uée de belle amp;nbsp;haute taille. Mais vn peu courbée ; bien coupé de corps: de membres proportionnez amp;nbsp;aufquel toutes fortes dâhabitz auenoyent bien. LâEmpereur Maximilian luy auoit cfté Parrain amp;nbsp;luy auoit donné fon nom par Procureur lors quâil fut bapti- ., nbsp;nbsp;^,.,^5«'
fc,auquel temps Michd noftre Dame de Salon de Craux en Proucncc renomme Matc-'\^/^\â maticien : recerche de prédire parlinfpeélionde fonhorofoopeSc Natiuité, quâelle pour- .
roit cftrc fa vie amp;nbsp;le bon ou mauuais cours de fa Royauté : prédit quâelle foroit remar-quée dâvne rigueur amp;nbsp;accident infigné. Pour le moins queW quâen foit la caufo: lâani- RoyChar-meufelongueur desGuerres ciuiles à fait que fes fujets ont prefque efté noiez en lâefFufion de 1'** nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
leur fang propre. Il prenoit plaifir à tuer des afncs, chenaux, chiens, porceaux, cerfs,fà nglers amp;aurrcsbeftcs dâefquclles il tiroir les entrailles à belles mains: ce^ue plufieurs apreuuoient J pour mieux lhabituer aux aéfiôs guerrieres.Côme IcsProteftâs pourfuiuifTêt lesCatholiques lefquelsfortis deMeaux menoiét G Majefté à Paris fous la foorre des Suïfles.Iâaime mieux (die Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
iljmourirRoy,que vaincre en captiuité. Le jour de la natiuité dcG fille iGbelle quâil eut dâI-fabeau fa femme fille de lâEmpereur,on le vit merueilleufoment affcélionné a regarder fexecution de plufieurs condamnez à mort par Arreft du Parlement, pour mieux remarquer la
Eee
-ocr page 444-May, 1574. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L* HISTOIRE DE FRANCE,'
contenance des executez: cc que les Proteftansprindrentenmauuaifepart amp;nbsp;dea(A[ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouf epx : au rebours des Catholicques lefqucls fe plaifoyent en toutes fes
Deuifedu Roy Pieté amp;juftica
Harengue
Ju Roy au
Mefmemant en celles de pieté amp;nbsp;lufticc: efquelles ils le difoyent fe conformer à lEinp^ â* Augufte qui difoit que les hommes faprochoyent voire le rendoyent Icmblables aux P* par pieté amp;nbsp;lufticc. Dâoù|»eut cftre Charles prit la deuife pieté amp;nbsp;lufticc reprefent^ deux Colomnes dontilà pourlûiuy les effeds comme vous auez veu .11 cftoit fort lib®. Si que pour entretenir les habilles hommes amp;nbsp;ceux qui plus luy venoient à grc ; ilftt^ traint de recercher faide du tiers Eftat amp;nbsp;desEclclîafticques:dilà nt par deuis ordinaires«]*' Roy deuoit tousjours dcnnetjdâautant quâil reftèmbloit la grande meramp;lôn peuple lesne** Riuicres lelquclles de quelques lôurcesamp; Fonraines que celôit, traînent toutes leurs en fOccean: quâil nommoit pere des cauës, comme le Roy cftoit pere de les fujets. Enn* tres Icances quâil feit au Parlement de Paris il y prononça vne harengue le premier poin^. laquelle fut employé en la louange de là Merer Lelêcond delônfrere Henry. Puiser Parlementgnant de tant dâabbuz en la lufticc. Melme du mefpris de les lettres amp;nbsp;Edifts.Ic veux(lt;**Æ' de Paris, que vous obcylïiez dâorelhauant à mcs Ordonnances là ns plus difputerdu merite dW '
Car je fcay mieux ce quâil faut faire pour fhonneur amp;nbsp;proffit de mon Royaume que vou* 1 faiétes; amp;nbsp;ne veux plus que vous perdiez le temps à drefleramp; mâenuoyer voz rcmonU^ i ces non plus quâà les modifier, corriger amp;nbsp;interpreter. Car jâentends que tout ce quep**â ray dit amp;failt;ft Ibit promptement exécuté. Surqnoy ces vieux Sénateurs felmerueillor s fort quâaucun le peut trouuer en France qui pour luy auoir drelTé telle harengut)/ ] Edi«amp;Or nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jeune Prince à corrompre les couftumes anciennes du Parlement (
donnances^ décs fur le bou plaifit amp;£. fâges aduis de tous les Roys lés predecefléurs. 11 feitplu®^'â 1 duRoy Ordonnances .Entrâ-autres fut trouué neceflà irc celle, pariaquelle il reiglc lâannée à | lu w nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lanuier. Car comme les autres peuples en prennent le commancemen«â^,
Le dernier propos du Roy.
Natiuité de hsvs: les François léuls ne la prenoyent quâau jour de Pafques: Cev troubloit le trafficq des Marchans, le cours des debtes, contres amp;nbsp;autres tellesoct^ rences . lien feit vne autre par laquelle il anéantit le Senatulconfult deTertilian.P*'*â^ ce quâil lembloit delfailônnahle que les biens amp;nbsp;patrimoines des Majeurs, sâen allalfe**^ eftrangers de la race. Ioinlt;ft quâaucunes mauuaifcs femmes eftoyent acculées dâauoH^ fté foccafion de telle Ordonnance pourcc quâelles auoyent elpié la mort de leurs cn^ deceddez fans teller. Les Mercs ne leur fuccedent pour faire leurs biens propres. Fantofme donnanc^ toutesfois leur en à lailTé rvfuffruiél. Peu de jours auant lés nopces coH^* sâaparoitau j] chalToit en la foreft de Leon vn grand Fantofme fapparut à luy en forme de Feu»*^ tant amp;nbsp;bondillà nt dâvn cofté amp;nbsp;dâautre, dont là fuitte eftonnée lé retira lôudain. luy facant lâelpée au poing: demeura ferme tirant fans ceflé coups de taille contrée^â julques a cc quâil dilparut de là prefence. Puis de retour il dilôit que pour chafïér 1®' . prit, illuyeftoyt lôuuenu du Pféaume Deus adiutor meusùn Deum ad'tutorem deuant là mort le Peintre Enot luy porta la figure de fon fiere Roy de Pologne :coiii*' derant laquelle il eut quelque regret de fon abléncc. Puis entrant fur le propos desp*â rens amp;%îfans quâon laifté apres foy: dilbit que ceux eftoyent bien heureux qui laifloye^* des enfans en aage de connoiftà nce : car de moy jâaime mieux me retirer de cc mon** fans hoirs procréez de ma chair que laiflér mon Royaume à vn jeune fils qui ayetantà w frir. Aurefteque la France meritoit amp;nbsp;auoit befoin dâvn homme amp;nbsp;non dâvn garlénrvf PrifeduCé- fcsbroullcries qui lont enlâEftat. Trois jours auant fôn decez, laRoyne ft Merelu}'*^ l te de Mont-contort la prifô du Comte ^e Montgommery:aquoy il ne faffcéfionnoit aucunement.^' | gommery. comme elle luy euft demandé fil cftoit pas bien joyeux de la prinlé de ccluy qui auoit 0* | mourir Ion P ere. le ne me lôucieCdit il) plus de cela nây de toute autre affaire dece mondf' , Ce quâelle prit pour vn grand au gu rede là mort. De ftiéf trois jours apres auoir fait appf*' 1er le Chancelier Birague ô?Fizes Secretaire : prelént François Duc Dalençon amp;nbsp;Henry Rnl de Nauarre,Charles Cardinal de Bourbon amp;nbsp;autres:leur aiâtaflez parlé de lâauthorité amp;nbsp;p»if' fà nce Royalle : les ayant commâalïéurez du peu de temps quâil auoit à refter en ce monde la neceffité que la France auoit dâvn Roy qui peuftdoner ordreà tant dâalterations fur uenuesen vn corps fi cacochimé que celuy du Royaume. Déclara le Roy de polognc Roy de Francc-at' tendant
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fne duquel il ordóna la mere regéte par teftâmétj qui fut lôudain porté au Parle* eu' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;couftume de lès deuanciers il fut leu,aprouué enregiftré Se eïmolo'
lEft ramonefta fon jeune frere de ne rie çhâger nây entreprandre cotre
-, KinÃftra que les Roiaumes facquicrent par vertu où fuccclïion. Qui par mauuais ou nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pùjs grâs:ne peuuét que mal finir.Quâil oSeït à là mcre,Iaquelle ne mâ-
H iondeuoir.Puis les auoir tous adjuré au nom de Dieu amp;nbsp;les Officiers melmesdenc II deuoir amp;nbsp;fuiure les comandemes du Roy fon frere fous fauthorité de la Regéte: io nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de lônaage moins 28.jours au bois deVincenesChafteau fort amp;nbsp;ancié.Le
riuiuâtle corps fut ouuert par les Médecins amp;nbsp;Chirurgies pour elclarcir aucuns du loup- , auoiét de fépoifônemet.Mais on luy trouua les parties fort faines amp;lâns aucunes ta '
cs.Some q faite la ceremonie du lêruice acouftumé aux Roys des Frâce qui dura 40. jours on corps fut porté à noftrc Dame la Grâd où Sorbin dit S. Foy fit ÃOraifô.Puis à S.Denis où
nt enterre au Tóbeau cômun de ces anccftres.Mais dâautât que la pôpc amp;nbsp;forme tât des co
Hoy que des funérailles amp;nbsp;enterremas des Rois de Frâce font plaines de Majcfté,amp; les ceremo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;g f
Hl« rates amp;nbsp;notables:jâai pêfé faire choie agréable à plufieurs mefmemât eftragersSc à nos fuc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
^iirs qui feront aifes de les cônoiftre par mô moiê û je les particularilôis icy au vray. loint a
Siæieferame lôulager dâautant a lauenir quât je parleray du decez des autres ü Dieu le veut, que je ferayauec le plus de brieueté quâil me lèra poffiblc. Si les Hiftoriens Grecs amp;nbsp;La-
H^nouseneulfêtautât laille par elcrit de leurs Princes, nous auriôs plus de cônoiflà ncedcs , ^^^^Hcicsaufquels nous ne voiôs corne rie de certain.Nous auriôs plus dâoccafiô de nous Coteter dâeux:qui nâôt laifle hiftoire quâà demy.Mefines ceux qui font profeffiô de lire Si enlci gnerîEftatdesanciés de quelque vaccatiô quâils lcgt;iét:ne fe treuueroiétli côtraires vns aux au ti'^squilslêfont veoir par lâignorace de plufieurs chofes notables que ces ancics Hiftoriogra pte ont ignoré les premiers ou lâns doute,trop indiferettemét celé a ceux qui les deuoiét fur Hiure.Toft apres la mort lôn corps fut mis en bois amp;nbsp;plôb.Puis Ion effigie faite au viffut m.ilè lur vnlitdeparcmét dep^pieds en quatreure,couuert dâvn grâd drap dâor friz é,bordé dâhcr-mines dedemy aune de large,trainant en terrc:fur 5. marches autour du ht. Lâeffigie auoit les enterremêt mains jointes reueftuë dâvne camilble de latin cramoyfi vue tunique de latin azuré Icmé auffi '
fleurs de lis de riche borderie.Et par dcffiis vn grâd mâteau Roial de velours cramoifî viol âttazuréjfemé de fleurs de lis de riche borderieSe fourrée dâhermines auec la queue de cinq Roy more aunes.Etfiir le collet rond du manteau fourrée dâhermines, affis lâordre S. Michel. Et en là telle fur vn bonnet de velours cramoifî, vne riche Couronne garnie de pierif rie. Les uie. jambes chaulfées de botines de toille dâor trait, lêmellées de latin cramoifi. A droit fur I oreiller de riche borderie en velours cramoifi, vnSceptre Roial, amp;nbsp;à gauche fur tel oreiller la main de luftice. Aux pieds vn autre oreiller de drap dâor frizé, plus bas fur vn haut c/cabcau vne croix dâor, amp;furvn autre plus bas vn beneftier dâor, aux deux collez duquel fur petites lêlles, deux Roys dâarmes ou Heraux. Sur ce lit vn grand amp;nbsp;riche Ciel de tapilTerie dâor, dâargent amp;nbsp;lôye. Les pentes de riche Canetille dâor, aucc quantité de grofi ⢠fes perles. Auxcollczdulit, deux Autels garnis de tapis de finguliere borderie ai«ec chanceliers dâor fur lâAutel, portans cierges de cire blanche. Aux deux coings du lit, deux tor-chouers dâargent hauts de cinq pieds, fur chacun vne torche de fonte de fix liuresde cire blanche pour tous luminaires, amp;nbsp;les cierges des AutelsLe tour de la là lle garnyde fieges Cûuiicrts de drap dâor pour les Prelats,Seigncurs,amp; Officiers qui continuellement accompa-gnoient lâeffigie. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;g
Pendant les quarante jours quâelle y fut les formes du lcruice, au dilher amp;nbsp;{^ruîÅdet louper furent gardées comme delôn viuant. La table drelfée par les Officiers de fourre- Roys de rie. Leferuice aportépar les Gentils-hommes leruans. Panetier, Efchançonamp; Elcuier tranchant. LâHuifficrmarchant premier fuiuy parles Officierstdu retrait du gobelet qui couuroyent la table auec les reueranccs Slt; elfays accou Humez. Puis le pain défiait, amp;la viande préparée amp;nbsp;feruice conduit parvn Huiffier, Maiftrc dâhoftel. Panetier, Pages de h chambre, Efeuier de Cuifine amp;nbsp;garde vaifièlle: La lèruiettc prelêntée par le Maiftre dâhoftel au plus digne qui le treuue prelênt pour efliiyer les mains du Seigneur la table benifte par quelque Prelat, les baffinsà eauà lauer prcfentezà la chaize du Seigneur. Les
E c c ij.
-ocr page 446-M2rsH74. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE F R A T4 C Ã. â
5.lèniîcescôrinuczâfas oublier la coupe aux heures quâil eftoit couRüitiier de boire:on à lauer,amp; les grâces dites on y ajoufte Deprofô/idis nbsp;nbsp;foraifô Déclina Dermnè
à fô repasdesmefmes de fô viuat.Apres quelqoes joursjen vnenuit la fälle fut cbagée dW ftremés triôphartdcn celuy dedueil amp;au Jieudu lit^labicredu Seigneur fur ^itreteà nxfoquot;' tiers dâvn giâddrap de Velours noir'croife dâvne grade croix de fà tin blanc : èi ddffîîS'VnâUiâ'^ grâddrapiâoifrifii croifc:Au'tourîübierevnc lice oU barrière de y.piez de lar^e, chargéedî i4^grâs cierges de cire blâchc.dix liutes de chacuniardas Jour amp;nbsp;nuit:au Chef de la biereftt ra carreau dedrap dâor frike pofée îa Goronc du Seigneur,le Septre dâvn cofté, nbsp;la
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lufticfc dâautroiSur le pié de la^biere la croix dâor 8c au bas le benoiftief, Sc les Hérauts corne
deffus.Sur la brerc vn grâdCiel de velours noir de 12 .piez en carreure enrichi de gros cordés dâor frac 8c foie noire eoifée de fil dâor. Aux 2 .coftez 2 â¢Autels parez Ivn pou r la gradé Chîp^ pelle couliert-dâvn ders de fà tin velouté 8c pà rfiflé dâor amp;c où depuis le point du Jour Jufqueââ midi fè difoiét hautes mefïèsja derniere en mufique par les châtres du Seigncur.Lâaiirre foratoire pouf -les faafïes meffes âuec les chadcliers 8c autre argcnteriércquife au fcriiice:Aüââ onün^au^ demeura le Corps au bois de Vincennes Jufques à Ce quâil fuft porté en lEglife de S. Anthoi-conuoy. ne des châps en tel ordre.'Premieremêt les Marefehaux des logis 8c Fourriers partis pour fsiiî les logis, puis deux Maiftres dâhoffel Sgt;c quelques Officiers pour le préparatif du difner, cin^ cens pourcs veftus de dueil chacun vne torche de quatre liures de cire Jaune armoirceà double des armoiries du Seigneur; effoienr guidez par vint conduéfeurs en dueil vn ballon noir en main ; Les chcuaucheurs dâefeurie 8c les maifbn des Seigneurs tous à chenal 8c en ûU£â' Les cent Suïfïès dé lagarde à pied ôc en dueil leur enfêigne dans le fourreau. Cemme les deux cens Gentils-hommes de la maifonà cheual. Les menus Officiers du comün 82 ceüx «r» bouche cotnme plus honorables marchoient derriere à cheual. Tous les Officiers le prcmid Maifîro'dâhoffiehle dernierScpremier Efeuier tranchant, portant le panon fait- de veW bleu azuré femé de fleurs de lis de borderie dâor, couuert dâvn crefpe noir au trailers duqüd voioït le panon.Six Pagès de velours noir auec le chapperon de srâp montez fur fe grau® suïnfi: J .' , courfîers houfez de velours noir rrainans à terre ôc croifez de fat'in blâUc .Les EcdcfiafliqueS) i'--'' 'âMes Rois d'armes, les vint quatre Archers du corps veftus fur leurs liocquctons dâorferueric de robes à cheuauchcr de drap noir : les Efeuiers portanslvn des efperons en main, faut'® îefcu,fautre la cotte d'armesjle heaume,les gâtelets couuers de crefpe noir,lecheual d hôneur â entièrement hoùffé ôc cou uert de velours vioîlet azuré 8c feme de fleurs de lis le chariot Jät' ; mures oiftftoit le corps couuert dâvn grand drap mortuaire de velours noir à la croix bhÅ de fatin enrichi de g.grâdes armoiries de borderietirc parô.grâs courfiers houffez Jufqsatetâ rc de velours noir croifé de fà tin blâc,les chartiers veftus de velours noir Ãcchappero de drap-Les Cheualliers de lâordre 8c autres Seigneurs.Les 4oo.Archcrs de garde leur enfeignepM* ée.Aprochâs S. Anthoinc les 24.Crieurs de Paris fè mirct en rac des poures.Peu apres fy uerét Ic^ Eftats de la ville auec quelqs Prefidâs 8c Côfèillers de la Cour veftus en dueil.Pmâ tous fè rctircrct fors les domeftiques du Seigneur qui accôpagnerét le corps au fèruiccqw^ fit à S.Aethoine ce Jour lo.Iuillet: Le lédemain les portes furet clofes pour mettre feffigewt vnchatiót come elle eftoitau bois de Vincénes. Si que lesEftats de Paris venusEt Pierredt Gôdi Euefquè deParis auoir dit Suhaenite-.^ dôné feaii benifte pour leuer le corps,marchcret tous l'premicremét les Capitaines,Archers,8c Arbaleftiers de Paris en dueil furlcurshocqué tosdâorfeuerie,torches en maip aux armoiries de la ville.LesRcligieux,les joo.pouresjlesî^ crieurs fonas leurs clochettc^rs aux Carrefours 011 ils difoiét priez Dieu pour fame de uÃ' quot;'âV f' nbsp;nbsp;hautjtrefpuiffâtôc trefmagnanime Charles par la grace de Dieu Roy de Frâcetres-chreftiey'
â S. -oz de ce no. Prince Clemét 8c viéiorieux grand zélateur de Pieté 8c luftice. Puis le Guet depâ' trouille,le^uet à cheual mais à pâié,tous les Sergés 8c lufticiers de Paris.Les Colleges desRt ligieuxlLes maifô des Scigilfcurs en dueil 8c fâs chapperô pour nâeftre Officiers du Seigneur, les Efleiis generaux des rriônoies de la luftice. Le Chapitre noftrc name. La S.Chappellf) Aumofniers 8c châtres du Roy,les Collcgcs,le Doié de noftrc Dame 8c le Reéfeur djn wC' me pas;8c leur fuite les cét Suïfres,Ies 200* Gentiishômes 8c leur enfêigne 8c autres cômede fus à cofté du grâd Efcuier.LâEuefque de Paris en chape auec deux affiftas en chapes noires r Candataire Sc vn Chappelain portant fa croflè. Puis feffigic du Roy fiuuie par ceux du Par
LIVRE TRENTESEPTIEME
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mét en robe dâcfcarlate amp;nbsp;les quatre Prefîdens.Le Duc dâAlençon,le Roy de Nauarre, les péris enfansdu Prince deCondeen dueil fort bas. Ambaflà deurs des P3pe,Empereur,dâElp3gnc Ecofre,Vcnileamp;Ferrarc chacun conduit par vn Prélat à cheual.Le Duc d'Aumalle tenant le bafton amp;nbsp;leMarefchal de Rets aupres,les huiflîers de la châbre,le chaperon aualle entrerét en lEglifenoftrc Dame la Grand toute tapilTée de dueil,garnie de ckaflès haut amp;nbsp;bas,auec innu-mcrables ciergcs.Et pour recuillir feffigieau milieu du coeur,vne Chappelle ardâte garnie de petis clochers tous croilêz Sc infinis luminaires.Les Princes portans le dueil aflîs au haut des conuoieurs hautes chaires, du cofté de celle de lEuefquc de Paris fiiiuât les Ducs amp;nbsp;autres Princes.Puis les Cheualliets de lordre de mefme cofté aux baflès chaires. 2 ; Capitaines des gardes vn Capi raine des cens Gentilshômcs amp;c fuiuât ce rang les Maiftres dâhoftel vis a vis du grâd dueil: aux * chaires hautes, eftoiét les Ambaflà deurs fuiuât le Redeur de fVniuerfité amp;nbsp;le Parlement. Au gtâd Alltel lEuefqueamp; fês afliftas auprès fur vne lôgucformc.LesCardinaux,amp; fur vne autre forme au deifous lesEuefqucs amp;nbsp;Prelats,amp; riere eux fur vn banc les Gentiishômes de la cham , bre qui reftoiét là pendat le Seruice amp;nbsp;Vigiles.Le lêdemain pendant le Seruice,à loffertc îvn des maiftres des ceremonies alla quérir le premier Prince du grand dueil qui preft à bailèr la platine print de la main dâvn Roy dâarmes vn cierge de cire blâche ou y auoit cinq efeus dâor: puis ramené par ledit maiftre en Ion fiege marchât leRoy dâarmes apres ledit Prince les autres côfecutiuemét.Lâofferte finie Sainte Foy fitîoraifo funebre.Et la derniere Meflè dite chacun fc retira pour aller diftrer enuiro vn heure. Les Eftats de Paris ôc la Cour auec les Proceflions allerer jufques à la croix qui pâche vers S.Denis ou le Cardinal de Lorraine Abé du lieu vint recuillir le corps amp;nbsp;leffigie. Vefpres dites amp;nbsp;le Cardinal officiant lcrui dâArcheuefques amp;nbsp;E-uefquesjon alla à fofferte corne deflus.Et Sainte Foy cotinua fOraifon, puis le Cardinal pres lafoffeamp;voute préparée pour le corps aporté à vn cercueil ( car le cÅur eftoit ja enterré en ÃEglife des Celeftins à Paris auec prefque femblable pópe. ) Les ceremoies faites le plus ancien des Roys dâarmes dift tout haut,Roys dâarmes venez faire voftre office.Puis defpouillerct leurs cotes dâarmes,amp; les ^jiirêt fur la fofle. Apres continuant dit à tous les Capitaines des gardes en particulier apportez îenfeigne des Suïflcs dót vous auez la charge. Ainfi aux Archers,
200. Gentiishômes chacun en fon ranc mit fur la fofïè ce quâil portoit.Ainfi aux Efeuiers, Meffieurs lesEfeuiers aportez les efperós. Monfieur lEfcuier aportez les gantelets le heaume, 1 efeu Roialjle premier Efeuier laCotte dâarmes.Tous mirct fur fa foflè,puis lesGrâs Seigneurs portoit la main de luftice, lâautre le Septre quâils baillèrent au Heraut pour mettre fiir le cctcueil.En fin cria par trois fois le Royeû mort.Et apres on releua laBânierc de Fr^jjace.Et le Héraut dit lors par trois fois viue le Roy Henry 5. de ce nom à qui Dieu donc bóne vie : puis chacun releua ce quâil auoitmis fur le cercueil amp;nbsp;au bord delà foflè. Ainfi tous fe retireréten la grand falle amp;nbsp;autres tendues de noir pour dilncr. Et graces dites, celuy qui reprefentoit le Grandmaiftre dit à la compagnie. Meffieurs noftre maiftre eft mort car la maifon eft rompue. Et en figue de ce rompit fon bafton quoy fait tous fc retirèrent.
Or puis que nous auons parlé de la declaration que le Roy Charles à fait de dâeftiner fôn fiere Henry qui cômande aux PolonoisâRoy de Francc.-deuât que le tirer hors ces froides re-§ions;meféble raifônable vous faire entendre ce qui fe paffa de plus notable tant en Pologne 4^«Regionsvoifincs depuis quâil futefleu Roy du païs.Etpourcequâentrâautrcsplusremar- ' quablesaccidês on doit mettre les guerres qui furent lors faites en Valachie à laide des Polo-gnois cotre les Turcs:Ie vous reprefènteray premièrement au naturel fvne amp;nbsp;fautre Valachie.
Puis vous auoir defcouuert la vraie fburce de ces différés: je vous expcdîeray en peu de mots ^on'dcb'*^ toutee qui y fut fait de plus memorable.La Valachie eft aujour^hui diuifée en deux,lvneap Valachie amp;nbsp;pdléeTrâfalpine bordée duDanubeau midy:du couchât de la Trâfiluanielauttenômé Mol-uauica caufe dufleuue Mold3ue,qui paflefeftât vers la mer Majeur.Depuis le téps de ce Ma- ce pays, numet qui abolit ÃEmpire des Grecs amp;nbsp;print Côftâtinople.Les V|juodcs auoiét efté tributai- Moldauie. res desTiircsæn telle forte que les Modaliies auoiét leurs Vaiuodes apart.Auint quâeftans les füres empefehez en autres guerres.Les Vvalaques deuindret fujets partie du Roiaume de Po ogne partie de ccluy de Hongrie.Mais les Turcs venus plus puiflâs.-rameneret fous leur joug
Vvalaques natiô merueilleufomét fujette à (e mutiner amp;nbsp;châger deGouuerneur ou Vaiuo-^â¢Cat fans cÃfidercr de plus haut fês porremés. Peu auât la mort de Solimâ les Vvalaques de Moldauie chafferent leur Vaiuode Alexandre amp;nbsp;en efleurent vn autre nommé lacques hom-
Ece iij.
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Vaiuodc
Clief OU Sei gneiir.
Rigoureux Gouuerne-mans à qui ncceiraire.
LâHISTOIRE DE FRANCE.
me doéle 8c qui auoit enfoigné les Matematiques en la ville de Roftoch. Peu de temps apt^ ils tuerent ceftuy là ,pour reprandre Alexandre,lequel ils chafièrent pourlafecodefoisa^ fodcfosinfolcnces8ccn receurent vn autre nommé Bogdan lequel ils quittèrent pont W jetir à Inouie où lean : apres la mort duquel inhumainement tué par les Turcs, ils prind^' Pierre. Ces deux changemaiisauindrent comme il fuit. Dà utant que Bogdan facoftoit iââ ; des Polonois,aiant donné à Ivn de leurs Seigneurs fà lbeuv en Mariage 8c fe prcparoitpout 1 poufor vne Damoifolle Polonnoife ; les Moldaues délibèrent fecrettemenr dâauoir vn autf® , Vaiuode 8c appellent vn Gentil-homme Vvalaque nommé Inouie où lean. ( eftanscesde^ , motsdâvne mefme fignification) qui efloitlorsen la Cour du Turc, failà nt profeffion Mathumetifmc pour leur Vaiuode, mot qui vaut autant que dire que Capitaine où CheN mée. Luy qui ne demandoit quâà commander, afïèmble incontinent par le congé de SeU vint mille Turcs 8c autres Soldats voifins pour fe metre en poffeffion. Bogdanauoirentflâ ces nouuelles fort de Vvalachie ( dont lean fempare incontinent) 8c fe retire en Pologn^ [ Mais les Vvalaques couurent incontinent au rudde traitement que le nouueau Vaiuode les Turcs leur faifoient, que leur condition eftoit encores plus tolerable fous Bogdan .0quot;'^ cite des cas eftranges de la cruauté de ce Ican,laquclle neantmoins aucuns exeufent, que fà grade fouenté eftoit la bride neceftà ire,pour retenir ces peuples volages; qui de fait 1, L furent plus obeyflà ns quâà nul autre quâils euffent eu au parauant: Bogdan aiant follicitequ^ â ques Seigneurs de Pologne, à luy fournir gens pour eftre reftably: Finalement apres I Roy eut enuoié prier le Turc de luy pardonner fil auoit forfait: Ilamaftè enuiron deuxn». cheuaux Polonois8c enuiron Pafques 1572. entre enMoldauie aiant cete troupepour^^ Nicolas Miclecztri Gouuerneur de Podolie 8cNicolas Sienia Vvftri fils du Palatin deRi'ââ â
Somme q uâapres plufieurs efcarmouches Sz rencontres efquelles les Tures eurent tousjou'* du pire par la vaillance des Gentils-hommes Polognois.Bogdan enuoi;;la deflus vndes^^ tils-hommes de Miecztri vers lean fôn côpetiteurjîexhorter à ne plus faire la guerreainsq*â' ter le rang quâil auoit vfurpe. lean au contraire enuoia le Gcntil-hcà ne en Conftantinopk''^ il fut detenu fous le faux donné à entendre par fos ennemis amp;nbsp;faitforça^e Galleres, dâoùP^ apres il fut deliurc comme miraciileufoment. Or dâautant que les trouppes de lean fe rew® çoientJes Polognois fe retirèrent du confentement de Bogdan lequel par ce moicnfutpnâ^ delà principauté retenue par lean qui nâen jouyt pas longuement en paix,toutesfoisvoicyCOâ ment. luonie fe voiant Seigneur paifible, reprint là lèuerité acouftumée amp;nbsp;fit mourir cruellf ment pinceurs des parens de Bogdan.LadelTus le Palatin de la Vvalachie Tranlà Jpine aiani j vn frere nommé Pierre lequel il delîroit auancer: follicite les Balïà s amp;nbsp;autres grans Seigneuft ' cl qu'c la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;porte du Turc: pour faire mettre fon Itère en la place dâIuonie, promettant double trW j
hchie done alïà uoir lîx vints mil efeus par an. Ajoutant à cella quâlnouie auoit renoncé le Mathumctifiâ^ au Turc, poutfauorifer aux Chreftiens. Et quâà fexêple de Bogdan il lê joindroit aux Polognois poââ faire la guerre à toute outrance contre les Turcs. Les BalTas gaignez par tolfre amp;nbsp;remonftrtâ ces du Palatin: procurent que Selim enuoie homme à Inouie le fommer de paier anuelleæ^' ce double tribut où de quitter fon Grade à vn autre qui le paieroit amp;nbsp;aller faire les excup de furpfus à Conftantinople.LeVaiuodc aiant confulté enfoy mefme amp;nbsp;communicquep^^â j apres auec le Confcil de Vvalachic:refulè le tribut ainlî demandé, amp;nbsp;commande à îAmbalw' deur de le retirer tout à theure,là ns luy faire aucun prefent.Les Vvalaques là chans bien a qud cnnemy ils auoient a faire:apres telle refponfo donnée du conlèntement de tous : confeillertf' leur Vaiuode de demander l^ours à Henry de Valois lors Roy de Pologne. Ce quâil fit aiic^ longues amp;: alfeéfueufes rcnTOnftrances. Mais Henry amp;nbsp;fon Conlèil refuferent alïîftance* Inouie, à foccafion des alliances dâentre les Empereurs Turcs Scies R.oys de Pologne, Æ y a prefqucs ordinairement furies frontières de Pologne vers les Mofeouites vne forte ^â¢ârs dc'poâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;guerre, gens de c^eual Polognois : qui ne font que courir amp;nbsp;voltiger de lieu a âquot;'
logneenPo tre:tantpour butiner que pour garder les frontières 8c brider en quelque forte les courfes^t^ doiic. Tartares qui fappellcnten langage du Pays Cofakes, Inouie lesenuoya prier de venirà Kââ lècours: leur remonftrant lâéquité de la caulc auec promelTesde grans trefors 8c riches rC' compcnfes.Eux ne craignans pas en cela leur nouucau Roy,duquel en fin toutesfois ilseur^ congé:quitterent les larges campagnes de Podolic 8c de Ruflie pour aller focourir le Vaiuou® au nombre de douze cens cheuaux,ayant pour Colonnel vn Gêtil-homme nomé Sujerce^ là geôi vaillant Cappitainc: fous lequel ces Kofà ques paruenuz en Vvalachie au Camp
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Vaiuode, furent honnorablement amp;nbsp;magnifiquement traitiez. Et des leurs arriuce au le uet dâvn banquet que leur fit le Vaiuode : dôna au Colonnel amp;nbsp;à fes Cappitaines quelques baffins dâargent plains de Ducats afin de les encourager dauantage. Et mit ordre que tous Lcgainamp; leurs hommes fuflènt amplement Satisfaits dâvn bon eipoir ja conçeu. Puis ayant communie- abonne fort que des affaires auecques eux : ils le préparèrent tous à la Guerft. Cela le palïbit au moys rhomme de de May de fan mil cinq cens lèptante quatre. Surquoy Selim extrêmement indigné de la refi ponce du Vaiuode: enuoye incontinent trente mille Turcs amp;nbsp;deux mille Hongres auPala-tin de la Vvalachie Tran^lpine : luy commandant fe lâifir du Vaiuode,fenuoyer en Conftan-tinople ; femparer de la Moldauie amp;nbsp;en bailler le Gouuernement à lôn here Pierre, lequel offroic double tribut. Ce Palatin amalïè dâautres forces, tellement que Ibn Armée cftoit de cent mille hommes, qui pouuoyent bien conduits , non feulement conquérir la Moldauie, niais quatre fois autant de. païs:auoir palïe le flcuue Moldaue fort haraflèz du chemin amp;nbsp;nâefti-mans queperfonne dâeuft faprocher dâeux : ils commancent à feftendre en Campagne, amp;nbsp;fc repofer comme en temps de Paix.Le Vaiuodeentendant ces nouuellcsdelpechc incontinét Sujerceneauec lès troupes amp;nbsp;fix mille Moldaues qui entendoyenrle langage Turc pour marcher deuant: luy amp;nbsp;les fiens armez plus pelâmment les fuiuent. Sujercene délirant faire vn bonferuiceau Vaiuode, conduit fi dextrement lôn Auantgardc quâil enueloppe quatre cens coureurs du Palatin fans quâvn Icul efehappaft delquels il prend fÃftat de leur armée. Laquel leilsdifoyenteftrecompoleede lèptante mille Vvalaques, trante mille Turcs amp;nbsp;trois mille Hongres.Dont les Kolà ques auertirent le Vaiuode le priant de le joindre promptemêt à eux. tuj es en Cependant ils lè repolènt enuiron deux heures alTez prez du Camp ennemy, ou le Vaiuode lè icouua. Puis auoir dilpole lès troupes qui eftoient en grand nombre, les Kolà ques comman- polonois. gerent la charge de telle fureur quâils esbranllerent toute lâarmée du Palatin: lailà nt vn meutre uicroiable des ennemis aufquels le Vaiuode vint tout lôudain donner la fécondé charge, en telle forte qu'il leur cftoit impolfible de fuir. Car les Modalues auoient fait efearter les che-uauxTurcsamp; Vvalaques wllement que toute celle grande Armée fut lâceagée, foulée aux ^g^ueiUeu-pieds descheuaux amp;nbsp;hachée cruellement en pieces : ne reliant prelques perlbnnes pour por- icfansgtan-ter Icsnouuelles dâvne fi ellrange delfaiéle que le Palatin lôn frere Pierre amp;nbsp;quelque petit nô- perte,, bre dâautres qui trouuans moien dâauoir leurs chenaux de bonne heure lè lâuuerent de vitefi 'chçllemcnt que fur le champ amp;nbsp;quelques heures apres,moururent pres de cent mille hom-âââcsfansquela Vaiuode eu 11 perdu nombre des fiens.Car ils nâeurent autre cholè à foire que cfgorger ceux a qui la trop grade airurance,puis la pcur,auoit ollé les armes,le cÅier amp;nbsp;toute adtçffe à fc deffendre.Sommc que les Kolà ques amp;nbsp;Moldaues fcnrichireiit tous au butin dâvâ nelî grande armée au lieu de laquelle ils lèjournerét quatre jours pour lè repolèr amp;nbsp;refraichir. Apres cela dâautant que les corps du Palatin amp;nbsp;de lôn frere ne fe trouuoient point:Lc Vaiuode eftimant quâils felloicnt fouucz:cntre dedans la Vvalachie Tranfalpine met le feu en toutes les places appartenantes au Palatin,foiél tuer fons pitié hommes femmes amp;nbsp;enfons. De la il entre en vn quartier de Tranfiluanie où il Içeut en quâel lieu le Palatin amp;nbsp;fon frere felloient tetirez.Incontinent il approche de ce lieu nomméBralTouie où Brailouie,qui ell vne ^lle alfi ^u^éede ^efur le Danube aiantvn fort Challeau, au Capitaine duquel le Vaiuode enuoie vne lettre, fons en com «priant de rendre promptement le Palatin amp;nbsp;lôn frere. Ce Capitaine ne relpondit que mena-CCSniaqtauoir ceux quâon demandoit.Dont leVaiuode extrememét irrité fit lôudain ataquer Æ ''nle.Laquelle aiant ellé prinlè de force:fut entieremét faccagée puis ralee j ulques aux fon-ccroensamp; tous les habitans tuez fons que nul efehappaft nây quVne lèule mailôn demeuraft: chout. Comme le Vaiuode vouloir affieger le Chafteau il entend quâvne /armée de quinze âPnleJutçsveQoij. pQ^. empcfcher.Contre lelquels il enuoie incôtinent Sujercene auet CS Kolà ques amp;nbsp;huit mille chenaux MoldaUes.Lelquels firent telle dilligéce,quâils furprindret f^^lcKnt en pieces tout cela fors mille chenaux qui efehapperqj^t à bien courir. Encor Su-l^cencleur chaulîa les efperons de fi pres,que la plulpart demeura pafture aux Loups,chiens ^corbeaux des champs. En fin les luruiuans lè fouucnt au Chafteau de Thenien apparte:-^inta Selim.Prcs de la eftoyt une Armée de Turcs amp;nbsp;deTartares contre laquelle le Vaiuode 'ââîteha parîauis de Sujercene,laiflat le liege de Brailouie amp;nbsp;auec les Kolà ques desfit amp;nbsp;ruina
Arfnee.Ãela fait il print vne autre ville nômée Teime tuât tout corne firêt les Kolà ques 3vneautrevillc.nomméeBiaIogrcde, appartenante aux Turcs où ils eurent vn grandbutirt7â
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LâH IS TO I R E DE FRANCE.
Ce fait les trouppes du Vaiuode le repolânt en ce quartier: les nouuelles dâvnc autre Ainât de Turcs amp;nbsp;de Tartares y ellans apportées,Ibudain les Zofaques auec le congé de les coin tre, prindrent du Vaiuode trois mille Moldaues pour renfort: auec lefquels ils chargent n' Iblument les ennemis bien quâen plus grand nombre quatre fois : quâils les mirent en Cruauté, tjg routte. Si quâen laillà ns vfte partie furie champ ils amenèrent deux cens prifonnicrsqne Honneur amp;nbsp;Vaiuodc fit hachet en pieces auec des faux dont on fauche fherbe. Le General de câefte^ paroiie pre- m^e fut prins par les Rofaques: fi riche quâil leur ofiroit payer fix fois fon pefent de lînanc^â teilet ri-quot; alïà uoir deux fois dâor, amp;nbsp;trois fois dâargent, amp;nbsp;vne fois de perles, moienant quâils nelelini* eheflês. lent point au Vaiuodc. Mais cllimans plus la promelfe quâils auoient jurée que toutîor ⢠monde:le menèrent au Vaiuode, qui faiant gardé quelques jours amp;nbsp;entëdu par luy beauco^F de choies de ÃEftat des Turcs, le fit defehirer membre apres membre par les Soldats-Vaiuode le campa en lieu commode pour donner moicn à Ibn Armée de le repofer vn lo 9 temps, apres tant de courfes, combats amp;nbsp;trauaux lôufferts par le palîc. Selim elloit Ioka L llantinople bien fafché de tant de viéloires du Vaiuode. Pour aquoy remédier fit faire les celfions amp;nbsp;autres lôlénitez à leur mode affin dâauoir fècours du Ciel puis que celuy délais rc luy manquoit. Les remedes furent dâenuoier encore vne puiflà nte,Armée gt;nbsp;tant pour battre que pour talcher dâauoirle Vaiuode par quelque moien queccfeuftpourfendâena*' du tout. Le Vaiuode dâailleurs entendu que Selim enuoioit contre luy vne nouuellc Anâ^® feit venir en Ion Pauillonleremie Zamieuiche Gouuerneurdu Challeaude ChocimPâ'â tresforte en Vvalachie.Lequel auoit efté lôn compagnon dâarmes de long temps.Apres que rcmôftrancc:ilfcnuoieauec treize mille Vvalaques hommes dâellite pour empefeber^^j 'Turcs le palTage du Dâanube amp;nbsp;cependant fauertir du nombre de leurs troupes amp;nbsp;de leff * fiat. Sur-ce aiant les farmes aux yeux,il embralïè Zarnieuiche. Lequel flefchilïà nt le genou promit foire lôn deuoir amp;nbsp;fe acquita auffi du commanccmcnt aflez bien:cmpeftbât lesTm^^ de paflerj quoy quâils y filïènt grand effort. Les Balfos bien ennuiez prenent le derniérer^' dient amp;nbsp;enuoient trente mille Ducats à Zarnienicte pour venir lecKicmcnt parler à eux -3^ Trahifonre quâaueuglé dâauariceil palTe le Danube amp;nbsp;va trouuer Pierre Palatin de la Vvalaclùe^'^ raarquablc. folpine, qui eftoit de là auec groflè troupe de Turcs. Pierre fait tant par belles promènes^ prières queZarnieuiche, fouffont lafoy au Vaiuode :laiflà pafièrles Turcs librement,aiantretiré fes forces arriere.Puis entaffont vne trahifô fur fautre,il rcuint trouuer le Vaiuode fexc^' font de ce quâil nâauoir peu empefeher ce paflà ge à caufe que les ennemis eftoient en trop gWâ nombre â¢Toutesfois que le Vaiuode les pourroit rompre aifêment, attendu quâils nep®quot;' Arméedes tioient cftre au plus que quinze mille. Le Vaiuode ajouftant trop legerementfby à telr^pquot; Turcs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;port: fe mit en chemin auec les Kofà ques pour aller au deuanr du âT'urc,lefquels preuóiansa^'
Armées des cunctTicuit mal- heur prièrent le Vaiuode de bien penfer aux affaires. Et cependant ne b**' Vaiaques amp;nbsp;font de donner à toute bride,auec fix mille Moldaues à trauers fix mille auantcourcurs TurtS
Moldan«,
rhraitres. punis.
lefqucls ils mirent en route donnans hauant quâils eurent aflez de moicns à connoiilrc Zamieuiche thraifloit fon maiftrc.De-fait f Armée desTurcs môtoitapres de quatre vintswU' le hommes. Celle du Vaiuode compris les Koiaqueseftoit dâenüiron trente mil hommesj^' quelle Ãt difpofée en trente efeadrons, la plufpart de gens de pied combattans aucc desftuX) Arcs, Cimeterres amp;nbsp;leu^s ; trainans quatre vints doubles Canons. Vn peu auant la bataille le Vaiuodeaiantdâvncoftauprochain defcouuertla multitude des ennemis,Connutlorsk melchant tour de Zarnieuiche lequel il fit appellcr, Mais il le voulut exculêr, dilânt quâil» preparoitpour combattre lesTurcs. Surceles trompettes lonnent,amp; Zarnieuiche au lieu combattre commit vne troilrcme trahilbn qui ruyna entièrement le Vaiuode. Car fuiuant ç' quâil auoit conclud auec les Baflà s il commande aux treize mille Moldaues quâil conduifoft de baillèr les Enlêignes, mettre leurs chappeaux au bout des lauelots amp;nbsp;des elpees, lesha®' fer en fair amp;nbsp;bailler les tefte^. Ce que les Turcs voians ; haulïèrent leurs picques amp;nbsp;cimetet' res, leurfailà ntfignequâilslevinlïcnrjoindreà euxxequifutfaiôl. Le Vaiuodeentendant celle reuoltene perdit courageains marche relôlument au combat. Les Turcs faüancent aulfi amp;nbsp;fattendans bien que les Canons du Vaiuode donneroyent à trauers leurs bataillons contraignirent les treize mille Moldaues rcuoltez de marcher en front : tuans ceux qui reen-loicnt ; Le Và iuode extrêmement dâelpité de la menée de ces traiftfes feit dâefehaïger îArtd' leriequiles delpechaprelquetous. Les Turcs marchans par delfus ces corps delchirez:vJæ drent
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ctent au combat ou les Kolâques le portèrent fi vaillamment qulls mirent en routefauant-gardc auec vn tel carnage que le lang ruiflelloit de tous coftez. Puisauoir foüflenu re poufle vn autre bataillon de Turcs* le retirent, pres du Vaiuode, lequel ayant fait recharger-ùrtillericj donne de rechefà trauers la bataille des Turcs en laquelle y eut vn terrible meurtre de part amp;nbsp;dâautre. Finallement les deux armées fe .lêparent,*^ la deflus fiiruint vne âgroflè pluye, laquelle rendit fartilleriedu Vaiuode inutile dont vint là dèffaite. Car vint mil Turcs tcuindrentà lachargc incontinant que la pluye fut arreftée qui furent neantrtioins vaillam-tnentfouftenus amp;nbsp;repouflèz par les troupes du Vaiuode.Mais vn autre bataillon de Turcs amp;⢠â¢leTarures tous fraiz donnèrent à la trauerlê qui mirent levMoldaues amp;nbsp;Wà laqués en route. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Les Kofaques ayans fait vn merueilleux deuoic quiterent leurs chenaux amp;nbsp;fe jôighiï!eùt aux gens de pied, auec lefquels ils recouurerent Ibixante pieces dâà rtillerie que les Turcs auoiét prinfes. Toutesfois dâautant que cela leur donnoit trop de peine à train er.des là iflcffent toutes chargées en campagne. Et comme les Turcs fenpenfôiencfériiiâr, elles creuerent toutes en les defehargeant. Ce pendant le Vaiuode fê retira auec le -refte de fôn armée, rtiontanfà vint mil hommes. Si mal auifé de clorreamp; fonifierfôn camp en lieu fort incommode dâà u-tînt queleau en eftoitloin tellement que les gens mouroient de foif extreme. Si que le General Turc ne voulant fuir à fibelle occafion, des le dixième jour de luinfait enuironner ce camp de toutes pars,afin que perfbnne nâefchapaft.Et le lendemain des le matin cômencent à canonner, fans grand effet toutesfois, par la dextérité des aflîegez, qui en quelques efearmou-chestuerent grand nombre des Turcs. Si queles Baffas confiderans quâils he pouuoient forcer le camp du Vaiuode fans perdre autant ou plus dâhommes quâauparauant : enuoiè fbmer le Vaiuode de fè rendre à bonne compofition. A quoy il preftefouie amp;nbsp;le promit faire,moiêgt; nantque les Baffas luyju raflent par lept fois, de luy tenir trojs chofês. Lâvne de laiflèr aller Ãins amp;faufs les Kofaques auec leurs chenaux armes amp;nbsp;bagagerLâautre quâils le liuraflént vif entre les mains de Selim. La tierce quâon ne fift aucun tortaux perfônnes amp;nbsp;biens des VVa-laques amp;nbsp;Moldaues qui â¢ftoient en fon armée. Les Kofaques éftoient rcfôlumant dâauis que le Vaiuode auec eux amp;nbsp;le refte de fes troupes allaflènt donner de pied amp;nbsp;de tefte à traüers les bataillons Turcs, amp;nbsp;mourir vaillamment les armes au poihg, pkift'oft que fê fier en çeux qui neleurtiendroient la foy. Mais le Vaiuode ayant pitié de fon aimée fi haraflee amp;nbsp;tant trauail-léedefoifaima mieux fuiure fautre party, lequel les Baflà s promirent obfcruer amp;nbsp;le jurèrent nbsp;nbsp;nbsp;â
parfeptfois. Occafion que le Vaiuode les alla incontinanrtrouâùcf ayant dit a Dieu aux Kofâ- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jix
ques aufqucls il fit encores quelques prefêns leur donnant fon cimeterre amp;nbsp;fôn poi^iard puis auxfoldatsquilefuiuoientenfit dâautres. Ettout defarmé entra''au camp des Turcs oii il fe ptefentaauxBaffas,accompagné dâvn Polonois. La feftans mis à deuifêr auec quelques Turcs vn Baflà nommé Capuce prenant occafion de fê defpiter de ce quâil parloir trop long temps:defgainefon cimeterreSc courantfusau Vaioude luy fendift la tefte amp;nbsp;perça levêntfe le renuerffant mort. Incontinât les lanniflà ires le prenent amp;nbsp;luy coupent le cor. Puis attacfaêt le corps aux pieds de deux cheuaux qui le defehirerét en pieces.La tefte à înfi couppée.amp; caf fée fut mifê au bout dvne picque le corps haché par men us morceaux dont les priiicibaux pûHdrenr chacun vne piece frottant leurs cimeterres au fâng qui fümoit enCor amp;nbsp;le faifoient boite à leurs cheuaux, afin quâils fuflênt plus furieux à là guerre. Or comme cellüÿ qui Feft . perjuré vne fois ne fait difficulté de continuër jufques à fêpt : les Turcs acouren t Incontfnât au camp du Vaiuode amp;nbsp;tuent cruellement les foldats qurdeftituez de leur Chef cfiôièint à demy morts. Les Kofaques voians quâil nây auoitmoien de retp^her en Pologne Si qUètoud i«ptomeffeseftoientrfiilles,fe raflêmblent amp;nbsp;dâvn cÅur gerrereux fê fourrentà tefte'baiflee reufcamp;w parmy les Turcs.Si que las de tuer moururet tous les armes à u jfoing exceptez '^del^fiesvus marquablc ç|ui demeurèrent prifônniersau nombre de douze,dont Sujerceue eftoit'le priiïClpal qui efehaperent puis apres moiennant groflê rançon fournie pat q^lques grans Sçignéursde Pologne. Durant leur captiuité ils furent félicitez plufieurs föis de fê ranger aii ^fiôrfîetit me.Maisybouchansforeilleferetirerentfinallementenleurs paysounous les laifronsaller afin de retourner aux affaires de France. Pour reprandre amp;nbsp;mieùxfaire conpîftfc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;He îà -^
quelle aprez le decez defc)n Roy Charles neufiéme: me femble. quâil fêra mcilleux 'de vous, faite entendre que îautoritéamp; puiffiincedc conduire TEflat fût îà iflêc a la Rôyneîïïêjréâfelôn^ lepouuoir que fôn fils luy en fit expedier peu auant fà mort ôc qu i depuis'fut'âùtor^ amp;nbsp;pui^'
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
blié par la Cour du Parlement de Paris tel qui fuit.
Charl e s par la grâce de Dieu Roy de France; à tous ceux qui ces preicntesld' tentesde\ 'vcrtontj Salut. Confidetant quâil eft tref-neceffaire de pouriioir aux anaires qui fe prcfcntô Regcnce, ordinairement, tant au dedans que dehors noftrc Royaume pour l'entretenement grandïi' ^emenrSc conicruation de cefte Courctine: ny pouuans vacquerny remédier ainfi quâil eft requis^po adminis ra tailôn de lindifpofition Scmalladie de laquelle nous fommez à prefentdetenuz:Etpourââ aume''^ur nous UC içaurions faire elleôlion deperiônne, fur laquelle nous nous puiflîons laRoyne po/êr,que futla Roync noftrc trcftiônorce dame amp;nbsp;incrc: Et q'ui auec plus dezellcamp;aâ^ ^oy^alÅn cmbraflc ce qui nous touche amp;nbsp;ceft Eftat; tant pour famitic maternelle quelle dant la ve- te, que pour la longue eiperiance quelle à eue delà diredion amp;nbsp;maniement des affaires r ^Ro^ de â Royaume depuis noftre minorité jufques à preftnt quelle y à efte appelée du conlcntenient Pologne, requifition de faifembléc gcneralle des Eftats qui fut faite apres le decez du feu Roy Franco noftre trefhonnoré Seigneur amp;nbsp;frere. Pour ces caufes amp;nbsp;autres grandes confiderations a nous mouuansamp; de noftre propre mouuemant plaine puillà nceamp; autorité Royale, uons donné amp;nbsp;donnons a la Royne noftredite dame amp;nbsp;mere plain pouuoir,puiftà nce rité dâordonner amp;nbsp;commander aux Princes tant de noftre fang, quâautres nos Cours de Puiflanceamp; lement, Marefehaux de France, Gouuerneurs de prquinces, nos Lieutenans Generaux, autorite de pjtaincs dc ccut Gentilshommes de noftre maifonamp;dc nos gardes, BaiJlifs, SenefchaüX ' quot;nbsp;â autres nos Officiers: Et generallemcne à tous nos fujets de quelque qualité amp;nbsp;condition*!â^ ils foient. Tout ce quâelle verra amp;nbsp;conoiftra eftre bon, vrille amp;nbsp;necefûire pour la confcruatiu de ceft Eftat: faire amp;nbsp;ordonner toutes les depefehes quâelle auifera deuoir eftre faites tanto(' dans que dehors noftre Royaumc.VouIons que nos Confeillers amp;nbsp;Secretaires dâEftac à luy obéir amp;nbsp;faire ce que par elle leur fera commandé tout ainfi que fi câeftoit par nousH'^' mes. Et que le fèmblable foit Ãaitpar elle pour le fait de nos finances. Commandant prez auxThrelôriers de noftre ^fpargne dc ne bailler aucunes aflîgnatiôs ne faire aucun pa^^' ment que par fon expres commandement : exortant amp;nbsp;admoneft^t tous les Archcuefqji^ Euefquesamp; Prélats de çedftnoftre Royaume dc continuer en leur deuoir amp;nbsp;Office. quâils ont fait jufques à p refctj.Et ou il plairoit à Dieu faire ià volôté de nous amp;nousappf*'^ à fby: fâchant que apres lîous ne laiflà nt point dâhoirs mafles par IcsLoix de tout temps oæ Royde^Po- feruécs en ce dit Royaume, LeRoy de Pologne, noftre trefeher amp;nbsp;trcfâimé frere eftappdi^ lognc defti à Ja fiicçeffion de cefte Couronne: En attendant fon retour dudit Royaume de Pologne.
que jjn.chacun fe contienne en fôn fteuoir amp;nbsp;office. Et pour luy faire rendre fobciflà O' ce quâil luy fèradeuë; Nous auons par mefme moicn dit amp;nbsp;déclaré amp;nbsp;ordonné:difons,deda' rons,voulons amp;nbsp;nous plaift.Q^e laRoyne noftre dite dame amp;nbsp;mere ayr toute puiffanceamp;aU' torîté dâordonner ôc commandera tous nos dits fujets de quelque qualité quâils fôicnt, tont cc quâelle verra amp;nbsp;cognoiftra deuoir eftre fait pour rendre fobciffance qui fera deuë au Rf? de Ppiogne noftre dit frere: Chafticr amp;nbsp;punir par nos Cours de Parlement amp;nbsp;autres nos Itt' ges amp;Officiers^to,i^s»dc cepx qui ferôt defobeifïat à leur Roy 6ç prince: faifant aflèrnblerfiltâ eft l?,çfofn'tôutes,les forces tant degens de cheual que dc pied qui font de nos ordonnancé à ^ftre ïblde: amp;nbsp;tous nos autres fujets dc quelque qualité amp;nbsp;condition quâils ïôient.Aul-qifçI^'pQUSjcnjoignons trelcxprclTemens dâobeir à ce qui leur fera ordonné amp;nbsp;commande pat la Roybc poftre clitcdame amp;. mere: tout ainfi quâils feroient à noftrepropre pcrfbnne amp;nbsp;a celle lt;lu ;Ãqy dé Pologne noftre^it frère. Si donnons en mandement à nos amez amp;nbsp;feauxles gé tçiians nofilites Ãoifrs de Parlemens,Gens de nos comtes, Baillifz, Senefehaux amp;nbsp;a tous nos - ) aptfés tbftîçrér^amp;, .Officiers ^âil appartiendra quâils aient à faire lire ic enregiftrer chacunen ' fbn en^pit^.n qqfdites Cours Sieges amp;nbsp;lurifditions nosprefens pouuoir,declaration,voU-loir amp;nbsp;intention icelluy gà rderÃc faire garder obfcrucr amp;(. entretenir de point en point ft' lonfa fprinç amp;nbsp;teneur. En-tefmoin dequoy nous auons fait mettre noftre fêel à fèfditesprestes car tel eff: noftre plaifir.-Vonné au Chafteau du bois de Vincennes le trentième jout J« May fan mjl.ciqq cens fbixante quatorze. Et dc noftre regne le quatorzième. A huit heures du matii^:amp;'|néÃir le reply parle Roy.hcs Ducs dâAlençon fon frere, le Roy de Nauuarrc Cardinal nbsp;nbsp;Bourbon amp;nbsp;autres prefons.Depuis le Roy de Pologne aiant veu amp;nbsp;leu ces Ictres
lès autop^^cofirfnaamp;augméta au défit dc la Roynefâ mere à laquelle il dôna bon efjxiir de6 prôUvi^ijc ,çn f fâce.De Cracouie le luillet Publiées amp;c. enregiftrées Oy requérant^ * ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;./ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;confentaiit
.fit U
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conlcntât le Procureur general du Roy:Aprcs que la Royne mere dudit Seigneur fur la prière requéfte amp;nbsp;fupplication à elle faite, tant par le Duc dâAlençon, le Roy de Nauarre, que le Cardinal de Bourbon, Princes du lang amp;nbsp;Pairs de France: enfèmble par les Prefidens amp;nbsp;Cô-feillers commis par ladite Cour à cefte fin: A accepté la régence Gouuernement amp;nbsp;admi-niftration de ce Royaume. A Paris en Parlement le troifiéme^ur de luin tan mil cinq cens foixantc quatorze,
Lemefme jour du decez du Roy,la Royne mere fort dolente amp;nbsp;empefchécidelpelcha Che-^ meraut pour aller en Pologne auertir fon fils de ce qui eftoit furuenu.-affin quâà quelque pris quece fut il facheminaft en France. Ilpartit fur les neuf heures du foirdece jouramp;futen defpefché Cracouie treze jours apres. Or de peur quâil ne luy auint quelque empefchementfurle ehe-minou par malladie ou autrement : elle voullut que le Mardy fuiuant Neuuy partift auec pa- pour luy reille charge.Craignant au refte que le Roy de Pologne ne peuft partir fi toft: pour mieux af feurer les affaires ce pendanr,elle amp;nbsp;ion Confcil fauiiêrent de trois expediens, lâvn de luy fai Roy. reapporter lettres parères du Roy de Pologne confirmatiues de fa Regence. Lâautre de trai-ter quelques trefues auec ceux de Poitou.Car elle tenoit prifônnier le Comte de Montgom- tint la Roy-mery amp;nbsp;la ville de faint Lo alfiegée.O uand à ceux de Dauphiné ils auoient en tefte le Prince P®â' n., L * r 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» 1 7quot;^ ï r ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X ./- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mieux auto
vauphin.ht pour le Regard du Lâguedo on elperoit les mener a railon auec le temps
rifcr fa Régence-
amp; les moiens. Le troifiéme expedient eftoit quâelle efcriuift amp;nbsp;fift eferire par le Duc Dalençon amp;lc Roy de Nauarre lettres aux Gouuerneurs des Prouinces, affin de leur faire afçauoir ce qui feftoitpaf
fc.Er par leur autorité tenir ceux de la Reïigiô en branfle,attendant autre cômodité. Nous lairrôs ceux qui couroiét jouramp;nuit en Pologne pour confi-dererce qui le fai-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ibit ailleurs.
â¢ie
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Du Trentehuitiéme Luire.
CC A s IO N s lt;jue t)luÃettrsT^roteflants ç^Catholilt;juet,Jè difoient contintdér les armes nonobfiant la mort du Hoy t^ui en refroidir beaucoup neantmoins-à laTl^chelle ou la guerre fiir mer dejplaià à lt;^uel^ues habitans. Lettres de la chellois aufcjuels elle enuoie l'iî^bbe de Gadagne pour leur filtre pofir les armes a'ttendans b du 1{ey de Pologne, duquel elle leur donne tout bon ejpoir. Treues entre les Catholt^ites fiderez. faite premia 'Prochelie. Le Comte de Atongommery execute a Paris. Hewry de Bourbon Trince it ja retire enfin Gouuernement de Pteardtefirt d'a4mienspourgangnerra4llemagne ,ouilfe retire auecflquot;r,^ autres.'P^firit'aux Protefians de France pour les encourager]fur Tefpoir de fis négociations à leuervrit^ d'«jgt;fllemans en leur fdueur. Le iJ^arefchal d'yinutlle mal content fè ligne auec les Troteflans: tjui iefigt;itgt;â^'^K tteau reglement à leurs affaires, apresejuil à enuoié infiruEiions au de tout ifflatde fin Gouuen^ i Languedo (à de ce qu'il luy confeilloit y faire pour maintenir le pays en Paix. Arrefls du Parlement itJ^'^h Capttalle de Languedo contre le Mare fichai qu'ils ne reconnoiffient phts à Gouuemeur,ni off der de la Cour^'f ordonne vne treue neantmoins entre les Catholiques nbsp;nbsp;Proteflans.£fiat de Dauphtnè epr pays voifins anecltt^^
plotts de I'armee Catholique que le âPrince Dauphin y mene.Liuron affitefi,battu nbsp;nbsp;vain affiaut fur les PftltP'
Lettres de la âP^yne aux Ãouuerneurs des proutnees . Caufies de la mort du'Poy Charles. Lettres du lençon du poy de Tfiauarre aux Gouuerneurs pour autorifier la Poyne mere en fia âP^gerue. Calotnnitsl^^^ relies à tous hommes (fi ordinaires en tous Pfiats, nommément es républiques infirieures.-au moien d'vnt liberté que le peuple s'y donne plus qu'és autres Efiats. Declaration du Prince de Condé fur la leuée de (Ãfö acheminement enFrance à main armée contre les Catholiques. Lettres du Prince auP^y de Franct logneauec la refiolution (jr articles fiota ta condition defiquels les Protefians ($â Catholiques vnis de Franci ble^Jt Millt^d en âPouergue,reconoif]ent pour Chef general de leurs Eglifies le Prince de Conde fous Pautorin^ Tipy pour les comander (ff deffiendre contre les Catholiques : jufiques a ce que par vne legitime affiemblée des Generaux ilfiit autrement pourucuau T^oyaume. La âPfoue, le Baron de Frontenay le jeune, Comte de ^mery epr autres à la âPochelle.La Dame de âBonncual ennotee par laâP^gente pour laPaix à la'PocheUe.V^^ la Tifohleffie çlr autres enuoiet Popelliniere nbsp;nbsp;le F eure députez, a leurs Confiderez. de Laguedo ©â quartiers
fins à mefme effet::^^t font arreffe'^en Q^ercyparClermot de Lodettegouuerneur dupays^cér depuis relafiofi par le commandement de laP.jgente. Surquoy l'autorité des yirnbaffadeurs ejl déduite.Puis la harengue Depputes eflargfifiaux Efiats de Millaud. Et pourquoy la Paix ny fufi arreflée.Changemans à Florence CreatiS de Cofine par le Pape en titre de grand Duc de la Toficane contrôles remonfirances amp;nbsp;opofitions firr^^^ parl'.AmSegffadeur de l'Empereur Firdinand Cr autres Potentats d'f talie. .Afiociation entre le tPldarefi^fi d'Anuille nbsp;nbsp;fis parti fins auec les Protefians de France (^ les conditions fous lefiquellcs ils le recomoifient
en l'abfince duPrince. yluec la Protefiation des Eglifies Confédérées. Exploits de l'Armée Catholique Duc de eAAfontpencier enPoitou,ffles quartiers voifins. La Tf oue harengue les âB^cheRois. LePoyée Pelr gne fort ficretement de Cracouie pour venir en France . LaB oiffiereBriffion enuoié par la'Begente auxPetvtr lots; à aucun.1 defiquels apportant lettres, il met tout en fiupçon Cr deffance. La T^oue ne veut aller trouuef'^ s'il ne plaifi à ceux de fin par^.Terride Dodou retoumans des Efiats de tJMillaudfùrprerment en Albigeois par eficaladefur la minuit (jry efisehliffient vne retraite à tous leurs Confiderez. descartiers chains. La forme y efi reprefientée auec la ville Crfion ancienneté: enfiemble lepays,foy (^creance des Allgt;ig«i^
SE liufc prccedan^vous à fait voir les différés qui auoient derechef partialife tant^^ François à fèpounuiurefi animeufement les vns les autres. Cequâonnetreuuci^ fi effrange, quand onconfiderera que les François ne fe font feulement diuifof* Catholiques Sz Protefians: Ains chacun party fefi prefquc plus efirangement bandé en foy mcfmes par ligues particulières,quâen General. Il efi certain que fi des CatholiqnCJ aucunsdefiroient plus la paix que la guerre, quâils maudiffoient à toute heure, deteftanste auteurs amp;nbsp;nourriffiers dâicelle: les Protefians efioient encor plus brouillez de differens auiâ
-ocr page 455-par encrâeux. Et bien que le feu en fut aucunemenrcûuüerc, pendantque les troupes eftoiêc cniploiées en la campagne; Si cfl-ce, quâauec'Iqtemps amp;nbsp;les forces retirées es garnilôns, la tendre ne peut long temps couurir lâardeüt amp;nbsp;violence du fciïqui en cuida brullér quelques vns à h Rochelle : mefmemcnt entre la-iNobleflè ceux de la villea caulè depluÃeurs dif ptites^ diucriêsoppinions touchant le droit iou injuftice de c^fte guerre.- Eftansplufieurs dâauis,quevcu'lamort.rtkrHoyi, lâon ne'pôuuoicl^itimemenîiâc-en bonne côrrfciènce continuer à fe maintenir pafdds armes leuées du viuant de Charles ; Et nâen eftoït legt;à ômbre h petittantenJai Rochelle quâaux proumceS'Girconuôifines, quâilsne hlTent le tiersdu'party t^uieufTcfitbien voulit'retirir-leurelpingle'dii jeflsÃc qui aprfehendoientterriblement Jâ'regé* Rap7froî\ fc de laRoynemere la venue prochaine du Rôy vray hcritier tle la Couronne: duquel le ditpiuCeurs populairepartoute la France menaçoit efttungeittetceuxtdelaiReligion. Aquoy ils ajouf- â toientlacOnfiderationdcs mà lheureuXeUeriemènsidc prêf^ièttbutes leur enrrepriles paflees* Notamment la deffaite amp;nbsp;prife du Comte- de lVJontgommcty,^hnfortunc duquel leur ïêm-bloitâuoir attiré la perte detoutcla Norfnaridiê'amp; paysvoiÃns; le fecours dc^uels feftoit Ãefmcincorporé pour la plus part auxltrouppes ennemics.don't le Duc de Montpencicr cftoit hitCbéfpoürdefcendre'enâPöitouzamp;mettfefïniatousleS^mOiésquây auoient les Protellâsé Ceux qui eftoient de contraire à uis,amp; qui defiroiét courir julifuesau bout de la Carriererdi- occafîons foiét quâilfalloit entrer plus auât en befoïgne que jamaiSjamp;que fheure eftoit venue que ceux nbsp;nbsp;nbsp;precen.
delaReljgfôdeuoiét dâautât plus môftrer leur courage.Que les deflèins des Catholiquesfe- prôtcLX bloiét cftrc retardez,à tout le moins fort esbrâlez par la mort dq Roy.Lequel Cobiê quâil fut amp;nbsp;Catiioii-mortn'eftoicpoiictât lacruauty dsfes Confèilliers quiaiiâoit eu Javogue pendâtfonregne,cm cor cfteinteamp;aflbupie,eftâs les principaux Miniftres amp;nbsp;inftrumcs de toutes les cruautez qui lt;ie^ armes fefîoientparauant exercées. Et que fort feauoir allez auoir allumé tous /es troubles amp;nbsp;guerrespa/fèôSjeSeuczpourlejourdâhuyauxpîus hauts degrez en ce Royaume: voire auec tout tel ceramandementSi puiirance,quâils auoient jamais peu defircr.lls mettoient-aufli en auant poweontre poix au pcu rlh-moiens quâalleguoient les autres, fattentc certaine quâils auoicqt du grand fecours que le Prince de Condé raflèmbloit en Allemagne IbusJacrcance du Duc Cafimir, Lès heureux portemens de leufsfreres en Dauphiné, Languedoc,Gdfcongnc, Péri-gotd,amp; autres quartiers; efquels ils ne le font moftrez moins heureux que les Normans elper-diuamp;difgraciez. Et outre, fefpoiralfuré que les plus grans du Royaume'léur-donnent dâvn fecours prochainjaullî quâils en ignorétamp;melcroi êt les moiés amp;nbsp;occafiôs.Qft^en'tout cas,ôrt ne doit jamais juger du merité dâvne cntrcprilc parles cnncmis:non plus quâà fappà ^cnce exterieure dâicelle,quiront chofes incertaines amp;nbsp;trop variables pour y alTeoir vn bon jugement: Ains lêlon la vérité S: lufticc de la caufe, quelque malconduite quâelle puiHè eftre, comme il eft du tout impolïlblc, voire au plus excellent General dâarmée que la nature Içauroit produire, de mettre tous fes delfeins à fi heureufe fin:à caulè de la rencontre de mil amp;nbsp;mil incon-Ueniensqüi entrauèrfent ordinairement le cours des plus beaux projets du monde. Mais quand vu Cheffe tient tousjoursfurfoy, lâns aller efguarer fes fens pour mieux pouruoirà toutcéquikiyfera ponibleril nâeft à blalmer,ains à chérir amp;nbsp;honnorcr dâvn chacun#
La gifcrre neà ntmoins Començoit fort à delplaire de plus en plus à quelques particuliers delaRochellcj Mcfmés aucuns des principaux marchans fe fcandallifoient grandement de Guerre par tant deprifes quile faifoient ordinairement par la mer.Dilâns haut amp;nbsp;clair que de tous les ex- mer de-cez, dept edations amp;nbsp;autres aéles dâhoftillité qui le failôient par cefte voie: le tout redondoit au grand defhonneur amp;nbsp;fcandalle de la ville: Et que leurs enfansÃfauenir acculèroient à bon Rochelle droit la mémoire de leurs peresdâauoirfouffert telles voies de tait, qui nâeftoit point vraye guerre mais vne pure ruyneamp; deftruéfion dâvne infinité de pouresmarchans.Le principal comraites deïeuxqui auoit la matière plus alFcâée fut Claude-Huet, Efeheuin de ladite ville, lequel cnuironce temps prefenta vne requefte fous fignée de quelques aetres marchans tendant à ce Penfuiuie queles congez qui auoiét efté donnez pour faire la guerre par mer fufïènt reuocquez:A tout lîtnoins lapuiffance amp;nbsp;liberté de prandre autrement modérée amp;nbsp;reftrainterGuillaumcTexier ditdés Fragnez homme de fubtilefprit eftoit pour lors Maire de la Rochelle. Lequel pour hiredroitfiir ladite requeftefeitfurceoir fexecution delHits congez Scfeitmefinescoiiuer-tement retarder quelqucsNauires qui eftoient prefts à fortir. Le tout neà ntmoins fans prejuî- -dicier à îaïfociatiô quâils auoiet juréeaucclaNobleflèamp; éânattehdantlâvénüë'dch''Nôuëâ.
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Reglement lur le hit des congez de mer.
Luydonqucsarriiiéà là Rochelle le trouua à iElchcuinage levintiéme Jour de faflcmblerent les principaux de la ville amp;nbsp;grand nombre de peuple .1 La fut longue®^ dilputé du droit ou injuftice de la guerre qui le falloir par mer amp;nbsp;fi en bonne confeienedâ pouuoitprandre lesbiens amp;nbsp;marchandilês des François Catholiques. Car quand pagnols amp;c Portugais le fcruÃule fembloit en dire du tou t ofté. Et fen trouuoit bien pc» deffendilfent leur caulê en cell endroit.Comme cllans reconuz en partie pour flambeaux^ troubles de Frâce,amp; ennemis capitaux de ceux qui font telle profelfiô de lEuagille. LaNo'â^ le trouuoit alfez perplex fur tant de dilpu tes amp;nbsp;defitoit fort dire cfclarcy comme on lêpo roit gouuerner en cell endroit. Difât quâil ne vouloir en rien blelTer là colcieccpourpran^^^ de fautruy,?!: que celle elpece de guerre nauualle auoit elle trouuée bonne comme kr prompt moien de faire deniers amp;nbsp;trouuer argent là ns lequel celle guerre ne le pouuoit c'âquot;' tinuer .Prioitenlômmelcs alfillans que fil y auoit aucun dâeux qui peut fubtililcr a®^ moien de trouuer finances quâil le dill amp;nbsp;quâil enlèroit tres aile, pour oller toute doute** lcrupule de confciencc à vn chacun. Et dâautant que dâaucuns dloient dâauis de reftwiâ*' les congez fur les dlrangers feulement alfauoir fur les Portugais amp;nbsp;ElpagnoJs, amp;nbsp;ne toucb^^ aux François: le tout fuiuant la protdlation parauant publiée: La Noue demanda fil plus licite de courir fus a ces nations ellrangeres venans des Indes ou dâautres lointainsv®!' ges amp;nbsp;viuans paifiblemcnt en leur trafic:que de fattaquer à nos voifins melmes, qui journellement menées amp;nbsp;pratiques contre nous:qui auroient encores les mains toutes fang'â' tes de tant de malfacres faits par les meilleures villes de ce Royaume: Et qui ne foubaitoifâ' qucfheure de racler le demourant. Cela ne fembloit que trop aifé à vuidétjlà ns entrerpf^ auanten dilputc. Ainfila Nouëà lôn arriuée ne le pouuoit contenter dâautant mefmes^''*^ elloit porté par ladite requelle qui fut leuc en celle alTéblée quâil auoit elle parauât arreft^^^ Côlêil que les congez lèroientreuoquez. Dilà ntlaNouë que cela ne felloit deu fà ire fa*^ appeler la Noblelïê' autrement que celloit contreuenir à falïociation. Le Maire alleg'â'* que le tou t n efelloit fait que par prouilionSe en attendant là venu# affin de luy en cotnif^â^' quer amp;nbsp;palier par Ibn auis. Pour le faire court il fut relôlu que les congez auroient lieu au parauant fors pour le regard des Catholiques qui nâauoient porté les armes amp;nbsp;quitâll roient trouuezdu nombre des malïà creurs. Le tout fuiuant la protellation faite parauanuâ prilè des armes amp;nbsp;là ns contreuenir à la liberté du trafic oélroiéc à tous ceux qui voudroK' venir librement à la Rochelle amp;nbsp;autres lieux occuppez par ceux de la Religion tant deB^t' deaux, Téantes que autres villes de ce Royaume.
Tovchant la liberté du trafic dont il ell parlé en cell endroit: cela fut permis®' différemment des le commencement à tous marchans quels quâils fulïènt qui voudroiemâ^' 1er à la Roc helle auec grande deffence de leur medire ou meffaire. Ce qui nâelloitqucpo® mieux munir amp;nbsp;auitailler les places amp;nbsp;faire vn nombreinfiny dâargent du felamp; du Vin quid* tout le trafic du pays: lequel par ce moien fe tranlporteroit en plus grande abondance. fut gardé pour le refpeél de ceux de Bordeaux principallement bien peu de temps:à caufede quelqiys menées amp;nbsp;praticques qui le failôicnt ibus celle couuerture qui feit rompre ceftek bertc de commerce. Mais les Ollônois qui font les meilleurs mariniers de Poitou amp;nbsp;quipbâ^
LaRoync
ceur'
nauiguent en Elpagne que autres de toutes ces colles,fen trouuerent bien: ayans auec toiii^ mcrcRegé- ^fierté amp;nbsp;là ufs Conduit des Rochellois nauigué de toutes pars : tant qu e la guerre à duré^^ defîrc aiToii- y ont bien plus gangné quâace quâils firent aux troifiémes roubles lors quâils fe bandetet co® rc pVdou- Piotellanrs,qui en fiides ruynerent prefque de fons en comble. Outre la perte deqo® tre à cinq cens de leurs meilleurs hommes qui furent tuez à la prilè des Sable dâOllonncâquot;
AbbcdcGa mo isde Mars mil cinq ccns fôixante dix.
lélelaRc^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CCS entrefaites la Roync mere lâchant que le plus lèurSc plus aifè mofcnpourcö'''
centcvcî tenir ceux qui auoient prises armes: à tout le moins les principaux amp;nbsp;quiplusy pouuoienC uns'^o''*' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;arreller par douceur amp;nbsp;belles remonllrances attendant la venue du Roy:d«pd'
les ap^fer- chaf Abbé de Gadagnc nouuellcment venu de Pologne auec lettres de ladite dame, du D«â' Letres delà dc Montpenfier amp;nbsp;de Strolïy tant à la Nouë que à ceux de la Rochelle. Par lelquclles entte Rcgwte autres chofcellc Icsexortoitdefcntrerenleur deuoiramp;ne troubler ainfi le Royaume en hb-aux Chefs r- . f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 nbsp;nbsp;⢠â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;~ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. J
des Protêt Iccc dc ccluy auqucl IcgKimemet il apanenoit:qui pa rauature fen pourroit veger a lo reto® R^îloh nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;naturellement il full bcningamp; bien rciolu d e maintenir lesfu jets en paix fous îexet
cice
-ocr page 457-LIVRE T R E N T E H 'V I T I E M E, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;226.
cice de îvne amp;nbsp;îautre Religion côme fâMajefté auoit affez déclaré tant de (à propre bouche à ceux qui feftoient allé trouuer, que par vne infinité de depefehes aux principaux officiers 8c (èruiteurs de la Couronne 8c aux meilleures villes de ce Royaume. Et qujl auoit la Paix dâautant plus à cÅur, que le malheur amp;nbsp;hazard des guerres palïees luy auoient allez apris cô-bien tels difcotds 8c partialitez ciuilles importoiet pour le re^os dâvn Royaume: mefaes au nouuclauencment dâvn Roy qui fi doit tousjouns tracer ôcouurir le chemin plus battu par roanfuctude oubliance du palîc:que pour quelque aigreur amp;nbsp;appétit de vengeance. Quâelle de fa part comme ne voulant abufer du degré ou le feu Roy fon fils fauoit laiRce, 8c ou les Princes du läng 8c Eftats de ce Royaume fauoient confirmée : cftoit bien relbluë de fortifier nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
deplus en plus le Roy en celle bonne intention quâil montroit au bien 8c repos de lès fiijets. Et que pour ce faire elle nây elpargneroit choie qui full en fe puilïà ncc: aflurant de là parc lef dits de la Religion,quâils nâauroient jamais meilleure Auocatc enuers ladite Majellé quâelle mefmcs. Les priant partant de le retirer chacun en la mailôn y viuanr paifiblement en liberté de côfciêcefelon lesEdits du feu Roy en attendant la venue duRoy dePologne leur lôuuerain Seigneur, qui felloit ja acheminé pour fon retour 8c qui rcconoillroit vn chacunâfelon le me-dttdelbn obcillà nce.
Lâ A B B E de Gadagne auoit creance de la Royne pour cell effet 8c nâoublia rien le jour mefme delôn ariuée pour perfuader les Rochellois par belles remonllrances: 8c publier hautement les rares 8c excellentes vertuz du Roy, quâil falTuroic nâauoir plus grand défît dcG^gne^^ au lieu de martial quâil felloit tousjours motillré en France: que de fermer maintenant le Té- loquot;*pouri« pie de lanus. Aiant bien apris quâil nây auoit choie en ce monde plus propre à ruiner les plus perfuaderi fortes 8c plus grandes Monarchies, que les guerres 8c dilîentions ciuilles. Rien au contraire poutles maintenir 8c ellandreque fvnion des fu jets 8c famitié quâils portent à leur Prince. Mais enfin il concutalïèz par les deportemens de ceux aulquels il auoit affaire: combien il ef toitdifficilede terminer tel different fur le champ . Encores moins deleslà irc condelccndrc à ce qu'il remonllroit delà part de la R o y n b . Car par tout il nâoioit que plaintes 8c me/contétemes bien eftranges.Principallcment a caulê de la Captiuité de Monfîeur, frere du Roy.Du RoydeNauarre 8c des Marefehaux de Montmorency 8c de Colle. Son recours doncfurde capituler quelques trefues quâil demâdoit pour trois mois. Et ce pour les proùin-CîsdePoitou, Saintonge Angoumois ,vine 8c Gouuernement de la Rochelle: fuivant le mois accor-pouuoir quâil monllroit en auoir delà Royne. Sur ce, futfaitvn abouchement à Theré, dif ïant de trois Iieuës:de la Rochelle, le Dimanche vintleptiéme luin: auquel le trouWerent Bi- des, ron, Stroflî 8c de Gadagne dâvn cofté. La Noué 8c Mirambeau dâvn autre.
Dont les articles propoléz 8c débattuz dâvne part 8c dâautre: furent en fin arrellez fous le bonplaifir de ladite dame le vinrlêptiéme luin mil cinq cens lêptante quatre. Premièrement Artidesde il y aura dâvne part8c dâautre fulpention 8c celïà tion dâarmes offenciues 8c deffcnciuesfans queonfepuilTereccrcherpourfoffencer,alïà illir ou furprandre îvn lâautre en quelque ma- prczia Saniere que cefoit pour deux mois, commançans le premier jour de luillet prochain 8c fînilTant le premier jour de Septembre cnfîiiuant. Sinon que le bon plaifîrdelâ Majqjléfcull ^prológer dâvn mois ou dauantage.Ce pendant ledit temps ch acun le contiendra ians defor-âIkSc paifiblement és villes, places,Chaflcaux 8c autres lieux qui font de prelênt entre leurs inainsSi les proprietaires dâiceux de quelque qualité quâils foient jouyrontde leurs fruits amp;nbsp;reuenuz en toute lèureté 8c liberté:là ns toutesfois quâils le puilïènt preualloir dâaucune autorité amp;nbsp;commandemens elHits lieux 8c places tenues parcciwdc contraire Religion. Et pour faire ceffer les leuées 8c cueillettes que font ceux de ladite aeligion des deniers Royaux ScEcclefîafticquesâ pour la folde Sc entretenement de leurs gens de guerre 8c autres fraiz tat ordinaires quâextraordinaires: Leldits fîeursde Biron 8c de Gadagne promettent fous lebon plaifir de ladite dame, de leur faire paier 8c deliurer la fomme deyente cinq mil liures tournois par chacun mois,qui efl pour leldits deux mois que durera ladite celïà non dâarmes la Ionie de Ibixantc dix mil liures tournois. De laquelle le premier paiement ce fera levintcin-Huiéme jour de luillet prochain 8c lautre 8c fécond paiement le premier jour dâAoufl enlui-tâant. Que lefcl its paiemens le feront en la ville de la Rochelle ou en celle de Fontenay. Et à deffaut de faquit 8cpaiemét deflites fômes ou de îvne dâicelles audits termes du jour que fon desfaiidra laditefulpétion demeurera nullc.Etce pendant affin que Icfdiis de laReligion puif-
fent
-ocr page 458-îuin. â7^ nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R E D E F R A N C E.
fènt entretenir leutfdits gens de guerreâ', amp;nbsp;empefeher quâils ne prennent aucune Æ ^ur le plat pays: leur fcraauancé le premier jour du mois dé Juillet prochain,la fommene i-mil liures. Sauoir fix mil liurcs pour la prouincede Poitou, deux milliures pour la Saintoâ ge, amp;nbsp;pareille fomme de deux mil liures pour îAngoumois, qui fera defduite amp;nbsp;rabatue ü le premier paiernent defdits tifentecinq mil liurcs tournois. Etau casque ladite lôflinic dix mil liures paia^le comme dit eft,nc lôit deliurée dedans le deuxième de Juillet, Jcloits la Religion pourront faire viure leurs gens de guerre en la campagnç.Et les deniers des tai j amp;nbsp;autres fubeides ordinaires; Lclqiïels ncantmoins feront precomtez fur ladite fommà ®
* trente cinq mil liures tournois paiable le vintcinq.uicme Juillet. Comme auifi ccqui cûé baillé defdits dix mil liurcs tournois. Sans que pourtant il foit préjudicié à W*'® ceflâtion.Et fi aucun defdits pays de Poitou, Saintonge amp;nbsp;Angoumois auoient ûtilfait JU dits paiemens po^r leur cotiré; les gens de guerre qui feront en la prouincede celuy qtâ^ r?rpaié:fè retireront amp;nbsp;contiendront en leurs garnifôns' pour y viure de leurfoldc. to,ft que ladite forrjme de dix mil liurcs tournois ou partie dâicelle comme diteft, touchée :lefdits,de la Religion feront retirer leurs Cauallcric amp;: infanterie dans les places lt;!â' ils tiennent. Et ne fera par eux prins aucune chofê ne Icué aucuns deniers ordinaires ne extri ordinaires fur le peuple; ne pareillement aucuns fruits Screuenuz des biens Ecclcfiafti^'â^ ' ucautresde quelque nature quâils foiêt.Et pourîafïèiirancedu paiemctdcfditesfóniesdesf^ çeueurs de Fontenay amp;nbsp;des autres places que tiennent lefdits de la Religiomne pourrontvUt der leur mains pour quelques caufes que ce fôit des deniers de leurs receptes quepr«*^^*' ment lefHties fommes nâaient cfté paices amp;nbsp;aquitées. Et pour ce exerceront leurs chargea* quot;nbsp;offices comme ils faifôicnt au parauant les prefens troubles: fî bon leur femble ou parleâ'â commis. Que lefdits de la Religion demeureront quites Sedefehargez de tous deniersâ tailles amp;nbsp;autresfubeides, qui auroient efté prins amp;nbsp;leuez pour eux jufqucs au premier jeâ' de Juillet. lit quêtons les deniers qui refteront à paier audit Jour tant ordinaires que extraor' dinaires, rcujendront au proffit du Roy. Et moienant c e feront rcfp^nfables amp;nbsp;tiend rent cqp* te, des autres deniers quâils auront depuis prins amp;nbsp;leuez. Comme auffi ils feront tenus reftitution de ce quâils auront reccu au parauant apartenant aux Ecclefiaftiqucs. Saio'J^ me de douze mil liures tournois, aquoy ils ont déclaré monter amp;nbsp;reucnirla rccepte lt;]â J
. . ont faite defdits biens amp;nbsp;reuenuz. A la charge auffi que fi aucuns fraiz neccffaircs auoientu' té faits pour la Icuée defdits fruirsEcclefiaftiques par les fermiers ou comiffaircs eflablyz
' lefdits d^a Relcgion; Ceux à qui apartiennent lefdits benefices feront tenus les rembourcâ'-aufquels lefdits commiffaires ou fermiers rendront bon 5c loyal compte, des fruits amp;nbsp;chofês quâils auroient peu recuillir. Et pour decider des differents qui pourroientinteruenâ ladeffus ; feront députez quelques notables perfonnes parles Gouuerncurs amp;nbsp;Lieutenant
â¢â¢ de Roy defdites prouinces.Ei Monficur de la Noue pour en juger amp;nbsp;ordonner.Et quandal^ mer,lefdits de la Religion nây peuuent fi ptomptemét y donner rcglemct dâautant que laplââ' part de leurs Nauires y font ,auccques congczquinefè peuuent reuocquer ay ans faits plâ' fieurs ^ans fraiz à les équiper amp;nbsp;auitailler. Toutesfois ilsy pouruoyronrau pluftoft rccc pourra. Pourront lefdits delà Religion, de quelque eftat amp;nbsp;qualité quâils foientâ^ 1er venir pendant ladite fufpcncion amp;nbsp;ceffation dâarmes en leurs maifons.Commeauni les Catholiques, pour pouriioir amp;nbsp;donner ordre à leurs affaires 5c jouyrde leurs biens amp;nbsp;co-moditeZjfânsy eftretoublez empefehez nemoleftezdâvnepartnedâautrc.Quéfîl auenoK quelques débats ou altercations pour raifôn de ladite fufpencion d'armes premier que de î^' terer:y fera parle Gouuern^r des prouinces 6c villes plus proches pourucu. Laditefûfpentio 6c ceffation dâarmes,fera offerte à ceux de la Religion dâautres prouinces de ce Royaume la voudrôt receuoir 6t accepter .Les Maires,Efeheuins,Pairs 8c autres Bourgeoishabitansdâ ladite ville dclaRochellei^uppIicntauffitrefnumblementfâMajcfté reuoquer leurs oftage® qui fôntà Poitiers pour retourner en leurs maifôns. Et apres que les fufdits articles aurontd' téarreftez 8c accordez par ladite dame,feront publiez affin quepcrfônnenâenpuiffc prétendre caufê dâignorance. Et feront faites deffences deny contreuenir fur peine aux infradcnà d'eftre puniz comme penurbateurs du repos public. Mais rien ne fut tenu de ce qiiedeffusî obftant difent les Confedercz,plufieurs perfuafions que les Gouucrneurs 8c3Utres donnèrent à la Regente. Laquelle dâailleurs confideroit que tous ces articles eftoicnt trop à îauantage
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dcsProteftans contre lefquels on enuoioit le Duc de Montpencier reprendre fon armée quâil auùit laiffe rafrefehir fur les frontières de Poitou,Touraine amp;nbsp;carriers voifins:à laquelle on fsi-foitmarcher pour creuë,celle de Matignô triôphantc des delpouiles Normâdes pour remette le Poitou amp;nbsp;Saintôge à deuotio Catholique.Cômc Je vous feray entédre,aprcs auoir cfclarcy les moics que pratiquoit cependant la Roine Mere pour le maintenir amp;nbsp;aflèurcr en la Rcgêce cotre tous ceux quifen voudroiét inquieter.Ie vous ay moftré cy deflus quad, comme amp;nbsp;par qui le Côte de MÃtgómery fut pris amp;nbsp;mené prifoniep à Paris. Auoir efté interrogé Sc mis à la gehenc pour dire ce quâil feauoit de la côlpiratiS dont on auoit chargé f Amiral.-de îentreprile du Duc DâAléçô,de fes portemâs en Angleterre amp;nbsp;de la fin defon deflcîn quad il mena quelques Anglois au Iccours de la Rochelle fous la baniere de la Roine dâAngleterre amp;nbsp;pluficurs ' autres choies delquelles on pretédoit cftre plus a plein elclarci ; amp;nbsp;nâà uoir Jamais voulu tenir
autre lâgage que pleintcs de foninocéce en tout cela amp;nbsp;de finfidelité quâô pratiquoit en ion GabrrdCS-endreit feftât rédu fous promeflè de vie laiiuetfinalemét Côdânc dâauoir la teile trachée le 2 equot;,
luin fut execute en Greuc deuât Ihoilel de ville au grâdplaifir du peuplé de Paris amp;nbsp;nô moin «îté 1 mort dre regret de pluficurs Seigneurs de fAmbaifadeur dâAngleterre fupliâtpour luy delà part d.cfaMaitreiïe amp;nbsp;autres qui feftoiét cmploiez pour luy là uucr la vie. Des Catholiques ceux qui ont fait z.difcours de ià mortjîvn imprimé à Paris fautre à Liô, le dÃBt auoir efté au fupli cedâvnmaintiê fort alfeuré 8c corne celuy qui mciprii^t les Vanitez amp;nbsp;la nulle afleurâce du LmrcjJe modemâafpiroit quâà la vie éternelle vers laquelle il iembloit dreifer toute ion aftédion. Ainfi la Revente doc le lédemain de la mort du Roy Charles,la Roine mere eferit à tous les Gouuerneurs des
1 rouincescertaines lettres dâvne mefine teneur.Lâvne defquelles nous auôs icy inierée mot à lt;)cs Prooi«-mot.Mô coufin vous aucz entêdu par la lettre que le feu Roi môfieur mô fils vous a puis nâa-gueres eicrite; quelle à efté iâ derniere volôté fur ladminiftratiô des affaires de celle Corone. Cequâil a voulu encor côfermer paries lettres patétes.Depuis il à pieu à Dieu fappeller à foy. Etcôhiê que la perte que jâay faite en lui:de ia perfône qui meiloit naturellemét la plus chere amp;iecômâdée:mâatrifte amp;nbsp;aggraue tellemét de douleur,q je ne defire rien plus que de remettreà quitter tous afFaires,pour ccrcher quelq trâquillité de viemeatmoins vaincue definftatc priere quâil mâa faire par les derniers propos,dâébrafièr câeil office au bien du Roy de Pologne naofilsfô legidme fncceifeur amp;nbsp;heritier de celle Corone. A laquelle je reconois eilre tenu de tout cc q Dieu ma dcipartiiPay elle côtrainte me charger de ladite adminiftrariô amp;nbsp;de la Re-B^ce quâil mâa cômife:attcdât fariuce par deçà demôdit fils le Roi de Polognc,qui icra corne jdpere dedans peu de téps aiant ja dóné ordre de fauernr de ce deiâilre. le mâafteure^ue cha-â cunà pciiconoiftrele défit que jâai tousjotirseu au repos de câeil Eftat.Pouraquoyparuenir, jenâay voulu pardôner a aucune peine,nô pas mefmeau dager de ma perfône,côme fô conoi-* lira encores mieux à lâordre que jcipere dôner à toutes choies durât fô abfécc; auec telle moderatio,amp; par le bô côièil de ceux qui y tiênet les premiers lieux côme vous ique Je me veux prometre que Dieu fera la grace à ce Roiaume dây eftablir quelque bô reposivous priât pat deuotiô amp;nbsp;afFeCtiô que vous auez tousjours eue au biê amp;nbsp;côiêruatiô dâiceluyivouloir tenir la main b part ou vous eftes,dâobuier à toutes entrepnlès qui le pourroiet faire, pour troubler la ttâquillité publique. Amoneftât ceux de la Noblclfe Sô des autres Eilats, de côtinuefte per-âCuerer au deuoir quâils ont tousjours rendu à leurs Rois amp;nbsp;Souuerains Seigneurs, dont ils (ont fi recommandables par toutes nations. Vous fçauez que lâintention du feu Roy Monteur amp;nbsp;fils: tousjours efté de confêruer tous ceux qui fc diipofbient à viure doucement fous le benefice defdites LoixSc Ediôls. Comme je içay querelle cil la volonté de ion SiicccfTeur. Et ceil ce que je defire que faciez obièruer: affinsle conuier vn chacun à re-oetcherSc procurer ce qui regarde lâentiere re-vniondcce Roiaume . Comme auffi vous ''ous aiderez de laforceSc authoriré que vous auez en main, contre tous ceux quiiôuSli-toyent de tant, que de decliner delâobeyiîà ncea laquelle ilsiônttenuz: de maniéré qu'ils foyent punis amp;nbsp;chaftiez amp;nbsp;les bons conferuez, comme ils menfent. Priant D i e v mon Coufin vous auoir en fa Sainte amp;nbsp;digne garde,Signé C at h e r i n namp;au dciïbus F i 2 e z.
^pres cela ces mots eftoyent ajouftez mon Coufin je vous prie eferire au RoyMonfieur
fils : Et luy faites entendre la bonne deuotion amp;nbsp;affcérion qu'auez à iônicruice 5 Et â de luy garder la mefine fidelité quâauez faiélà les Predecelfeurs : Mâenuoyant voz lettres
je luyferay tenir incontinant.Et affin que vousiôiez certain, 5cfâchez dâoù ell proceddé Fff
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Lâ HISTOIRE DE .FRANCE.
Cauî'c dc la Ja tnalladic du Roy mondit Sieur amp;nbsp;fils pour en öfter tout le fcrupulle q ne îon pourroitaiicâ' maladie amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* rc r
conccu a montrede vous ay bien voulu auertir que ça eue vnc grolle heure continue,cawt dâvne inflammation de poulmon que fon eftime luy eftrc procedée des viollâs exercicesqUquot; à faits. Et ayant efte ouuert apres là mort : îon a trouuc toutes les autres parties de fon corp* aufli laines amp;nbsp;entières quâaiyes qui le peuflènt voir en home hic côpofc. Et eft a preluppoif' que là ns ledit viollct exercice: il eftoit pour viure fort longuemêt.Dont Je vous ay bien vof' lu auertir.Et par melme moien vous dire que vous vous preniez garde^quâil ne lôrte perlônnc hors de voftre Gouuemement. Elleenuoiaaulfi coppiedes lettres du feu Roy de fa Regcnct
mort litiRoi Charlc.s ÿ.
au Prince de Condé amp;nbsp;par autres lettres fort amiables f exortoit à Paciffication.
Celles que le Duc dâAlençon efcriuoit le premier jour deluin i574.à chalqueGouiic'' uerneurs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Prouinccs contenoiét ce qui fenfuit.Mon Coufin je ne feaurois alTez vous cxpriiâ^
des Prouin- fextremc regret que je porte de la mort du Roy Monlèigneur amp;nbsp;frere, que Dieu a voulu âp thonfeHaquot; lôy.Toutcsfois me conformât à là diuine volontéjje mâelïà ieray de furmôtcr cefted'â' Rcgence de leut amp;nbsp;pertOjle plus patiemment quâil lcra polfible. Par la derniere lettre que ledit Sieur von* (4 Mere, nbsp;nbsp;nbsp;efcrittcjvous auez entendu c6me il à remis îadminiftration amp;nbsp;intendence de tous les affaù^
de ce Roiaumeà la Roine Madame amp;nbsp;Mere:attendant le retour du Roy de Pologne Monf^ gneur amp;nbsp;frere.Cc quâelle a acceptéjmenée defaffiélion quâelle a au bien dudit Roiaume quoy reconnoiftà nt le lieu quâiba pieu à Dieu me donner en iceluy: Et le deuoir naturel je fuis tenu à ladite Dame:je mefforceray de luy rendre tout lèruice amp;nbsp;obéilïà nce.ComC'ff mâaftèure que vous voulez faire de voftre part. Dôt je vous prie bien fort de vouloir donner Lettre.s du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;au dedans de voftre Cou uernementzq ue toutes choies y paflènt au repos amp;nbsp;crançu*'
Roy de Na- lité quâil eft requis pour le bien du Roy Monlèigneur amp;nbsp;frere. Priant le Créateur. Celles
Roy de Nauarre en datte du melîne jour contenoient ce qui fenfuit:Mon Coufin vousentôi' des drez par la lettre que la Royne vous elcrit: Comme il a pieu à Dieu appeller à lôy le feu R»/ âMonlèigneur:qui eft vne perte fi grande a ce Roiaumojque je mafleure que tous lesbonslê^ rifer la Re- uiteurs dâiceluy en porteront autant de regret amp;nbsp;deplaifir, que le defaftre amp;nbsp;inconueniant t» RoîncMerc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jc me conlôlle en celle afflidiôique là Majefté preuoiant là fin5pour tefnâ*â*
gner le delîr quâil à tousjours eu au repos de lès fujets ; A voulu amp;nbsp;ordôné par là dcmieic'â^ lontéjqueîadminiftration ScRegence des affairesjdemouroit à ladite Dame:attédantîarriigt;c^ du Roy de Pologne.Eftant alïèuré que par là prudance amp;nbsp;pour la longue experiance queu® à dâiceux:Et pour la deuotion fingulicre quâelle à a celle Courone:el]e feaura dilpofer toute* cholès au bié amp;nbsp;repos public.Enquoy jc ne doute aufli que tous ceux qui ticnent les premier* lieuxtnc^uy.afliftentjobcïlïènt amp;nbsp;reconnoiflèntfe/on quâelle en eft trclHigne pour lès vertu*' Comme je defire dây fatiffaire de ma part.Tant pour îobligation particuliere que jâay à ladite Dame:amp; pour îobeïflà ncc amp;nbsp;reconnoiftà nce que je dois audit Seigneur Roy de Pologne:!^' ant noftrc Seigneur appcllé à celle Courone.Ce que je mallèure que voudrez aufli faire de h voftre:eftimant le zellc amp;nbsp;alfeâion que vous auez tousjours eue au bien de celle Couronné'
Lettres du «Duc dâAlen cû aux Gqu
uarre nux
Gouucr-
neurs
Prouinces
Priant Dieu.
le vous ay cydelfuslà itconoiftre, les menées amp;nbsp;mouuemensquifuiuirentlcdeflcin Monfiawr amp;nbsp;le Roy de Nauarre auoient fait de lôrtir de cour pour lè retirer hors de France: amp;nbsp;viure en plus de liberté quâentre les courtilà ns delquels ils ne lèpcnlôient relpcâez fclou ; le merite de leurs perlonnes. Vous auez veu ceux qui en furent lôupçonnez, pourfiiiuis 8^ deCondéfe art cftcz prilônnicrs. De ceux qui ne lè laiflèrenr prandre furent les Prince de Condc, Mer^j Thoréjle Vicomte TurencjMontagu,amp; plufieurs autres qui lè retirerct où ils peurent.LcPiiâJ Picardie fô c« entre autres, eftantlorsc,^Picardic où parle confentement du Roy il fell oit de frais retiif Gouucrne- pour la lèurcté de lôn Gouucrncmcnt: fut allèz toll auerty des menées quâon drefloit pourj^î wentamp;de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Aquoypourobuier,nonobftanttouslcscmpelchemcnsquâonluypeutdóner:faign^'
aller à la chalfe fort dâAmiens amp;nbsp;par vne grande caualcade auec petit train il feflongneen'' I ne nuit de plus de vint lieuls de fes ennemis. Si que prenant le chemin de Sedan, auec Thorc , mcns°amp; ne- aurtBS qui le furent rrouucr: gangne îAllemagne. Où arriuc à Strasbourg amp;nbsp;auoir recon» l en ÃEglilè des François lès portemans apres les Matines de Paris : refolutfemployer pou* 1 deCoadé maintenir le party Proteftantamp; le bien public du Royaume. 11 trouua les députez de LaU' ' cnAiicma- guedoc amp;nbsp;autres Prouinceslefquellcs y pratiquoyent vne Icucede Reyftrcs parle moyô* du Prince de la petite Pierre, qui fe failôit fort de leur mener fix mille cheuaux auec puu i dâargent
retire de
Cour en
la ez Alle-magnes.
gotiacions
gnc.
dâargcrpourucii quâil full aHèiiré de retreuuer le premier quartier preft à lôn entrée en païs. Mais b Prince les deftourna de ccûe pourfuitte.Et les auoir afTuré quâil negocieroit.plus heu-*, reufement quâeux fils fen vouloient repofèr à luy:en print deflors la charge amp;nbsp;en eicriuit bien au long à ceux qui les auoient enuoiez ce qui fuit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.j, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â . »
Meflieurs eftant arriué en ce lieu;accôpagné du Sieur de Thewé amp;nbsp;autres Sieurs Sc Gentils heures du homes q Dieu à miraculeulcmét tirez de la Frâce auec moy: l'ay trouué le Sieur de Gafques Condéaux lequel vous auez député,pour accélérer la Icuée quâauez çômâcéede traitcriEt mâeftant etxa Eglifes de ûcmét informé delcfperâce quâe pourriez auoirJe lâay bien voulu retirer de.ccfte pourfuitte:
le vous renuoier pour vous faire entédre que ladite leuée ne pouuoit feruir à fauaccmêt des Eglifes.Et dâautât que Dieu ma fait celle grace de me conduire en ce Heu pour fètuir à là gloi ⢠re:y receuantordinaircmet tant dâoffices dâamitié, quâil féble que Dieu ait refêrué celle ôcca-fîon pour nous rédre certains amp;nbsp;afreurcz,quâà ce coup il veutdeliurer Ibn Eglife de tât de po-uretez Si affliéfiôs; le vous ay bien voulu elcrire la prefente pour vous prier croire quemarC'. folutioneftdâébraffer tellemét la proteélion des Eglilês de Frâceæn enfuiuant les recétes ve-ftiges de Monfeigneur amp;nbsp;Pere : que jâemploieray tout ce qui fera en mapuiflà nce,Voirema vie propre pour ne me desjoindre dâauec vousique nous nâaiôs vne heureufe amp;nbsp;alTucée Paix. Pour aquoy paruenir je tied ray la main que ladite leuée quâon vous auoit promifê voire plus grade,fera pourfuiuie par des plus grans dâAllemagne affeótiöncz à la gloire de Dieu,à nollre protcóüó amp;nbsp;dcliurâcc des opprefTez. Auec des moiés quâils ont de plus patiémet attêdre leurs paiemensquideurontfuiure le premier.Moicnant que vous douiez ordre de proptemét ûire tenir les deniers que vous auicz promis. Et que tous vous efuertuiez à en faire leuer le plus quâil fera poifible. Vous afTurant quâil y fera vfé de tel mefnagemér,que vous aurez occafio de vonscôtctcr.Et tant plus vous vfèrez dedilligéce;amp; plus toft vous conoillrez queîon feffiorquot; ceradenous preféter la Paix:laquelle auec vne belle 8i forte armée aflèureros fi bic; que nous feronsauec faide de Dieu remis aux mefmes libertez que nous auons defiré dâeflre eh noflré patric.Comme ledit Sieiy de Gafques vous particularifera plusamplemch Et.auquel je vous prie dâajoufter mefîne creance que pourriez faire à ma propre perfonne.Et fur celle efperance jeptieray le Créateur noftre Dieu,quâil vous maintiéne en fa fà inte Garde auec heureux fuc-ces en vos faints deffeins de Sflrasbourg ce 4.May 15 74.Voflrc plus affeélionnc ami à Jamais â¢Henry de Bôurbon. Par mefîne defpefche quelquâvn efcriuit à S. Romain prefques fèmblables chofes, fors quâilfaffeuroit que le Prince de la petite Pierre les entretenoit pour auoir moi-en de tirer 200.mil efeus quâil pretend luy cflre deuz Sc quâauoir receu leurs deniq^ il les em ploiroit pluftofl à la redudion de Mets Toul amp;nbsp;Verdun pour lEmpire quâà leur fecours . Par Lettre de mefîne moien de Thorc eferitau Marefchal deDanuille fbn frere:où apres auoir difcouru fiir ^erck^Maâ hmalicedeleursennemis,quienlaperfbnnedu Marefchalde Montmorency fattaclioicntà refchalDan la maifon du Coneflable laquelle ils vouloient ruiner: îexorte par beaucoup de raifôns, a ou-urirfes yeuxamp; prâdrc courage pour ne laiffer efehapper loccafion qui fe prefêntoit. Aucuns faffeuroiét que CCS lettres efueilleroict le Marefchal de Dâuille:lcqucl cômençoit à fêfafcher acaufe de quelques lettres du Roy addreffates au Duc dâVzez. Neâtmoins il tenoit tousjours bon contre les Proteflans.Et pour fe Jufliffier enuers le Roy amp;nbsp;fermer la bouche à tîus mal-vdlâs au téps que de Gafques député de Languedo reuint de Strasbourg:!! depefeha vn Gé tilhônie vers le Roy pour luy faire quelques remôflrâces.Lâinflruôtiô contenoit ce qui fuit, he Sieur amp;nbsp;Baron de Rieux eflatau près du Roy:fera entédre à fa Majeflé de la part du Sieur de Dâuille Marefchal de Fiace-.come par le Capitaine du Pérou,amp; par le Sieur Cote de Mar- ie°Maref-* lincgodl à fait entédre bié amplemét à fa Maje. la difpofitio deibs affaires ducoflé de depa.ue maniéré que ce ne feroit que redite amp;nbsp;prolixité dâé difeounr autre chofc.Toutesfois au befoin ^5 jcRieux illuien repreféteraeequien efl. Corne celui qui en eft le mieux inflruit q tout autre.Enquoy pourauer-a cfté prefer amp;nbsp;alfiflât à la depefehe defdits SeigneursCôte de Mÿtinégoôf du Pérou.Que de fté'deVeftat puis leur partemét,Ie fait de la Côferéce pour le traite de Pacifîcatiô: à elle continué amp;nbsp;en efl de Langue^ teilfïî ce quâil en 3 veuamp; entédu tât auprès duditSieur Marefchal que pafiat par Auignô vers Mefïîeurs dâVzez,deMaugirô,deCalice,S.Suplice ScVilleroy aufqucls ledit Sieur Marefchal aiiroit reiteréfoffre que ceux de la Religion leur auroiét fait par la voie du Cômiflà ire Viart, t qui leur auoit eflé expreffemét depefehé en la côpagnic duditSieuç deRieux-.afin de refondre de leur collé ce quâils auroient à faire. Et quâil ne luy feuft imputé, auoir de fa part mâqué
Fff ij,
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LâHl ST O I RE D E F R A N G E.
négligé ou cÃniuéen choie, qui peut aporter prejudice au lcruice de fa Majcfté.Audtirtti-que ledit Sieur Marefchal eftâtauerti de la part de plufieurs les amis/eftat aulfi aprehédif' les deportemes de ceux qui ont eu charge de ladite Majefté en lès Côtrerolles: quâô en quelque deffiace de luy:ores quâil ne pelé auoir dôné occaliô quclcôque.Et quâil foitpt® de rédre raifon amp;nbsp;cÃpte de fan fait:Si tat eft quâon le puiflè amp;c vueille charger, dâauoirconâ*â choie qui peuft eftre cotre Ibn deuoinll nâa peu fupporter plus longuement fextreme rcgrt* quâil en à imprimé en lôy;fâs depefeher le Sieur de Rieux vers là Majefté'lâaiât choifi pour î'â des plus aiuâorilèz amp;nbsp;fignalez de tout fon Gouuernemêt. Et qui feait plus de fes aâionsq'*'â tout autre:pourles auoir depuis 18. mois quâil à demeuré ordinairemét pres de luyffbrsqut! que téps quâil à efté au lit a caulè de là blelfure^pratiqué amp;nbsp;affilié à tous fes deportemens.M dira doques le Sieur de Rieux,que julques icy ledit Sieur Marelchal nepenfe auoir coduit moindre cholè du mode, au detrimêt de fhoneur amp;nbsp;deuoir quâil a à Dieu amp;nbsp;au feruice ut Majefté,là Corone amp;nbsp;à la côlèruatiô de lôn hóneur amp;nbsp;reputatiô-.quâil tient fi chere quâil lap^ ferera perpetuellemét à tous les accidés qui lui pourroiét auenir.Et quâil verra plullolllct'^ amp;nbsp;la terre réuerlcr,quc douer argumét amp;nbsp;auâtage à lès ennemis:de le voir dégénérer aucüiâ^' mët,ny varier de fintegritc qui fell coneuë en lui amp;nbsp;en ceux de la maifô dâoù il eft forti-Qï^ fi la volôté amp;nbsp;intétiô de là Majefté à efté dâarrefter dûs le Chafteau du bois de VincéneSjMf* fieur deMÃtmorécy Ibn frere:pour cela il ne doit eftre tenu en deffiance : eftimat jefté ne le fait quâaucc telle occaliô qui luy à pleu.Et que fa debônaireté amp;nbsp;juftice accoult*^ mée ne permettra:quâil lui loit fait tort nâi injuftice.Côme ledit Sieur deRieux en fûpplic Jjumblemct ladite Majefté de la part dudit Sieur Marefchal:Qu'il croit de fintegrité .frcre,quâil ne trouuera en lui que ce qui doit eftre reccrché en vn fi home de bie quâil efté de tout téps coneu pour tel.Sur tout quâil plaife à là majefté,ne permette quâil lôit mis^ tre les mains de lès ennemis.Quiauroiét'biê peu dâarguméc,fi par vne autre voie ils nelhio'^ de lui faire tout Icnui ôcdelplaifir quâils pourroiêt.Et quad bié il lèroit fi infbrtuné,dâaiioirt® mis quelque feute:ce nâeft pas à dire que pour cela ledit Sieur Marefchal en doiue foutfrir,^ porter la peine ou eftre mis en deffiace.Et dénigrer la qualité quâil à pieu à là Majefté luy^^ ner.NâeftâtincÃpatible quâêtre plufieurs freres,parês amp;nbsp;aliez:il nâéy aie quelques de malâquot;! lèz,pat vne diuerfité dâhumeur,par le moié de laquelle ils entrer quelques fois en foupp^'* vns des autres.Auffi auiét il le plu s lbuuét,que les plus gés de bié font calôniez. Mais la celle calônie redôdc à leur hôneur amp;nbsp;au defouâtage de leurs calôniateurs.Qui eft laleulec^ fideratiô lt;ÿie ledit Sieur Marefchal pcuât pradre en ce fait.Que jufqucs à prefât,faditeMff à aftèz Conçu la fincerité dudit Marclèhal par les effets de les cômâdcmés amp;nbsp;côportetnes;®' frât que fil y a quelques vns qui vucillét cntrcprâdre de luy mettrefus aucune chofeau cci' trairc:dâê là tiffairelà Majefté tcllemct quâelle en rcccura contêtemét. Et fi ainfi eft que Majefté vouluft pcrlèuerer en cefte deffiance dudit Sieur Marefchahque de le tenir corne vnc perfonne de neât amp;nbsp;inutille à fon lèruice.Le fupplie luy faire ce bié amp;nbsp;câell honneur deluy accorder les conditions qui féfuiuêt.En premier lieu,dâautât que là Majefté la crée Marefd^ de FrâcerSe que celui lèroit aurât que de mourir,dc lè voir en ce degré rêdu inutillc,amp; mefoâ de vouloir maquer à la foi amp;nbsp;fermée quâil à fait dâexercer celle chargeamp;office côme le deuoU le luy cômm-ade,à faugmêtation amp;nbsp;conferuation de celle Coronc:quâil plailè à ladite Majefté fen defeharger amp;nbsp;y pouruoir de tel que bon lui féblera.Pareillcmét de luy commader de rédre conte,de ce quâil a fà it amp;nbsp;exercé en fon Gouuernemêt. Et apres fé defeharger,a ce quâil ne lu*
Lettres Ju
Marefchal
foit impute auoir faitjcommis amp;nbsp;gerc chofe repiignâte à fon deuoir. Et finalemat luy permet' tre defe rctirer,en tel lieu qiÃl plaira à là Majefl:é;pour liiy öfter la deffiace amp;nbsp;le foiippoiKjU' ellepourroit auoirdeluy.Priât Dieu liiy faire ceftegrace, que chacun conoiftecuncpii-W nier intégrité qiii lâaccompagne en tous lès deportemens audit feruicede faMajefté. Faii^ Montpellier le 18.May 15 7^. Signé H. de Montmorency amp;nbsp;pour mefmes occafions il eferimt au Parlement de Tolofe Capitale de fon Gouuemement.
Melfieurs depuis 2. jours en ça,on ma fait en te dre debône part,quc quelques vnsamp;despliâ^ Parlcmenâ a^^thofilèz de voftre viHe accouftumez de croire de leger,ou de jugera rebours des adions deTolofe. dâautruy : ont voulu introduire mal-heureulèment vne voix parmy le peuple, amp;nbsp;pcrfùader tous les bons feruiteursduRôy,quejâeftois allé à Narbonne expreflemét pour mâen par le moié dâicelle me rebeller amp;nbsp;mettre ceGouucrnemct hors de fobeilfance de fa Et ne faut douter que ce pernicieux difeouxs nâait efté fait pour le peu dâargument qui fait en
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cc temps m!fcnblc,penfcr dâautrii i cc quâil nâa pas fongéJe vous ay bié voulu clcrire la prefétc pr Môficur le Bal'd de Rieux préfet porteuripour vous dire libremêt amp;nbsp;frâchemêt que fi mô intëtiô euft efte tcllc,quâil à efté en mô pouuoir de fexecutcriEt cÃme les Citoics de Narbô-â le en peiiuét dôner tefinoignage, jâen euflè bié eu le moié.Mais aiac entedu le bon ordre que leSieur de Fourqueuaux fur les entreprifês quâil y auoit defcouÃertes, mâauoit eferit y auoir dônézle feis fortir tout aulfi toft les côpagnics que j'y auois miles amp;nbsp;nây lêjourné qu'vn jour. Chofe certes bié eflognée de ce que îô en dit.Ie ne faits pas doute que ce lagage ne deriue de ^oppinió quâô peut auoir maintenât fur la detêtiô quâil plaift au Roi faire deMôfieur de Mot-motécy mô frere,auec plufieurs autres des plus grâds de fô Roiaume dans le bois dcVincénes. Et qn O ne me veille jeter le chat aux jâbes. Et prefumer de moy ce que ne peut eltre. Mais je tîic fuis refolu dâautre façô que tels prefumptueux pourroiét pélèrmâcftât fi delpourueu de ju gement,que je ne fcache bié corne il me faut eSporter amp;nbsp;prâdre les aduerfitez patïémét: Ibus vue efpcrâcc que la luftice de la Majeftc, lêra adminiftrée à chacun lêlô lôn merite : lôit par la punition fi elle y efehet, ou par la juftification de ceux qui le trouuerôt innocés amp;nbsp;incoulpa bles. Dont il leurreuffira dâautât plus dâhôneunniaiât jamais eu home au mode qui nâait efté lujetà calônie.Par conlequét,ores que jâeftime mon frere tel quâil doit eftre: amp;nbsp;fi prudâhôme CÃme il eftdenc trouue pas eftrâgc que la volôté de ladite Majefté ait efté tellejque de le vou loirefclarcirdece dont elle auoit efté mife en doute. Et au pis aller, quand luy ou quelques autres des miens,fe feroient tant oubliez que dâauoir failly ; le ne feray de ma vie fi mal auifé à Icuroccafion: dâoublier le deuoir que jâay à Dieu, à mon Roy, à la Couronne amp;nbsp;à mon honneur, Et vous prie tous Melfieurs de le croire comme je le vous dis: aiant depefehé Monficur le Baron de Rieux, pour vous fupplier dâen prandre alïèurance. Cependant quoy quâon vous die ou puilTe rapporter de moy : louuenez vous de la promefl'e que je vous en faiéis, amp;nbsp;vous tenez pour certains que jamais je nâeuz plus dâalFcélion amp;nbsp;bonne volonté à la conlèruation demon Gouuernement, lôus lobeyllance du Roy amp;nbsp;à lôn lêruice que maintenant. Eftant la fiifon que chacun luy dojjfaire paroiftre de quel pied il faut chemincr.Eiiquoy je me ramen-teuray à toutes heures, les fignalez feruiccs que celle Couronne à rcceu demes prede-celTeurs: Pour en fuiure les veftiges aidant Dieu. Lequel je prieray vous donner. amp;nbsp;c.
Les tours neantmoins que fon auoit joüé à Ion frere ailhé, la fuite de lès deux freres puilnez, les lettres qui auoyent efté furprinlês efquelles il diloit auoir veu la volonté amp;relôlution du Confeil priué: le mirent en peine ôc en cholere. Mais cela alloit alTez lentement amp;nbsp;le compor toit en forte quâil talc hoir dâentretenir Scfauorilêr les Catholicques Sc Proteftans «ilêmble. Onvoioit toutesfoisquâil faprochoit de ceux cy beaucoup plus que decouftume.Mefines in continant apres la mort du Roy : il feit trefucs auec eux , Lclquellcs lurent prolongées lôus cfperace de Paix. Si que câefte familiarité auec ceux de la Religion: metoit les Catholicques, fpecialemét ceux de Tololc qui font les principaux de ce Gouuernemét, en fort grade peine. Et notammant de ce que le Marcfchal auoit alfigné à Montpellier lalfembléc des Eftats -de la Prouincc où il auoit grand nombre dâhommes à fon commandement. Et y failôit û demeure h plus part du temps à caulê de la beauté de la ville amp;nbsp;commodité du pays. Cela fai^it que le bruid couroit à Tolofe que le Marefchal de Damuille auoit quitté le party des Catholicques 8c les premiers du Parlement en eftoyent entièrement perfuadez. Somme encor que le Marefchal tachaft leur öfter celle oppinion par lettres fort gracieulès quâil elcriuit au Parlement amp;nbsp;aux Cappitoulx : Toutesfois il ne gangna rien amp;nbsp;melmes le Parlement dcTololè fit publier ledixneufiéme luin les deux Arrells fuiuant. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Arrefts du
La Cour fur les Requeftes dâaucuns Senefehaux de ce RelïôÃ: tendant à ce quâil pleull à Parlement icelle,leur ordonner ce quâils auroient a faire fur les mandemens à eux enuoyez de la part du Sieurdc Danuille Marefchal de France, portant inonélion de publier certains Articles de refchalDao fuipenfion dâarmes du vint-neufuiéme de May dernier, diél. Vegës les lettres doles dudiél Sieur deDanuille addrelfoes à la Cour,depuis rcceuës du p.de ce mois.Enlèmble lefdits Ar peues en^ tides,amp; proces verbal y attaché du 2 y.dudit mois de May. Aiât délibéré fur ledit fait les deux refuiees par chambres grade amp;nbsp;criminelle alïèmblées: attédule deffaut de puiflà nce de ceux qui ont con- j uenu amp;nbsp;accordé ladite Trefue amp;nbsp;Articles amp;nbsp;le dommage qui lèroit fait par le moyen dâiceux ' ° ® Unten ce pais quà fEllat vniucrlêl de ce Roiaume. Et à la defence commune amp;nbsp;pour autres confideratios a ce mouuans.Adelaréamp;deçlarc nây auoir lieu de publication dâiceux Articles.
Fff iij.
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îuin. 1574.
Aiittearreft
Eftats par qui aflem-blés.
Età fait inhibitio amp;nbsp;defcces à tous Senefehaux,leurs LieutenSsjGouucrncurSjMagiftfât') fuis amp;nbsp;autres aminiftrateurs des villes de ce reffort dâiceux publier,nây obteperer aucune leur enioignât amp;nbsp;à tous autres fujets pour le deuoir de la fidelité quâils doiuêt à fi la côfi deratiô de f Eftat de ce Roiaume-.auifir amp;nbsp;prandre garde foigneulement fur les villes lieux à eux comisSc où ils ontchargeSt fuperintëdâcefi ce que fous quelquepretexteou fio que celbitnls ne Ibiét fijrprins,fur peine dâê rcfpondre de leurs vies.Et neantmoins defetn ploier dâvn commun confintement amp;nbsp;de melme volonté, de toutes leurs forces à la defen^^ commune pour le bien du lêruicc de ladite Majefié, manutention de fon Eftat amp;nbsp;confeiu^ tion de tous fes fidelles fujets.Prononcc à Tolofi en Parlement le dixncufiéme Iuin,1574*
La Cour des deux châbres grade amp;nbsp;criminelleaftèmblée,eftant auertiepar des lettresqiâC' Sieur de Dâuille Marefchal de Frace luy à elcrites du 14.de ce mois amp;nbsp;autres quâilà enuoie^â aux Cappitoulx de cefte ville de Tololc:delâairéblce quâil pretêd côuoquer au fecôd du mois prochain à Môtpeflier.Aiât à ceft effet mâdé à la Nobleffe amp;nbsp;aux Diocefis amp;nbsp;villes du paisââ Lâguedoc dây enuoier des Députez : attendu quâil nâeft loifible par les Loix du Roiaurnc perfônc de quelque authorité quâil (ôitjfairè vne telle côuocatiô fins lettres expreflèsSé met de fi Majefté.Et veu ÃEftat de cefdits pais amp;nbsp;de ce dit Roiaume.Et pour autres grades co fideratiÃs à fait amp;nbsp;fait inhibition amp;nbsp;dcféces aux Diocclês,villes amp;nbsp;cÃmunautez amp;nbsp;à toutespcf fônnes de ce reflbrt de quelque Eftat amp;nbsp;códitió quâils foict: de nâaller où députer en ladite* fébléefâspermilfiô de ladite Majefté. Sur peine dâeftre déclaré rebelle amp;nbsp;infraóleur desLoiX*
Sur ce differét,les Côfcderez comaçoiét à comuniquer auec le Marefchal de Danuillef^ fétrcmilê de S.Romain amp;nbsp;deClaufône lefquels alléchés par le moië de cesTrefuestauoietcâ^ de clperâce amp;nbsp;parloiët en fort bône lôrte de leurGouucrneur.Enquoy ils eftoiêt cofirmeî?^ îauis de plufieurs perlbnages deGcnefue amp;nbsp;autres à qui ils en demâdoiêt côfêil.Toutesfois30
AiTociation
des Prote- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;u' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zv ⢠Æ
ftâsauecles cunscôdcnoiëttouteceftevnió,cómetresdagereulêpourbeaucoup deraifôsdôtlefoæâiiâ ptóc a'pkf- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pairé,le prefent amp;c fauenir menaçoit ceux de la Religiô de leur entière ruine fib
fieurs Proie failoiët vn tel mellinge.Or côbië quefô en feift melînes courir par «ferit quelques difioutiâ i ans nâcpefcha q les Proteftâs ne fe joignilfët auec les Politiques. Vous en verrez le progrez
ilTuë en-autre endroit.Cependât les Côfcderez alfignerët vne alfëblée à Millaud en Roucrg^JÆ au I.deluilletenfuiuât.Pourauilér à leurs affaires particulicres:quâà faCoferâceScalficiaUâ qui leur démandoit le Marefchal Danuillc par fis lcttre.s quâil leur enuoia le i. Aouft tdles. MelfieurSjVoiâtfEftat auquel les affaires fi difpofët en ce païs,au grâd prejudice du firuicedu Roy amp;nbsp;laeotalle ruine de fis fu jctsftâay délibéré côme Officier de la Corone de Frâce amp;nbsp;G®quot; uerneur de ce dit pais, de mây, oppofir amp;nbsp;remédier par toutes voies licites. Et dâêploiertous les bôs fujets de fi Majeftéfâs cxceptiô de Religiôivoulât liberallemëtembraffer leur cômU' ne defente côtre ceux qui fingcrëtfâs pouuoir vallable,de les opprelfer amp;nbsp;priuerde fefperacc que chacun doit auoir en la debônaireté de noftrc bô Roy à fô nouueau auenemët.Pour ceft^ caufi amp;nbsp;afin de prâdre vne refôlution certaine en ce fait que vous touche plus quâà nous aU' moins aütât:amp; quâil eft queftiô dâvn bië vnnicrfil.Ie vous prie depefeher dilligëmctqucl^U' vn de vlt;^re part par deuers moy:auec fuffifât pouuoir amp;nbsp;amples memoires amp;nbsp;inftruéfions df vos volotez.Pour aiâs parlé cnfëble,prâdre la voie que nous deuôs.Ie vous en eferits de
façô fi libremct côme de bon cÅur attédât voftrc rcfpôce je nie rccômâde à vos bones graces amp;nbsp;prie le Créateur,Meflîeurs en parfaite fà té vous dôner beureufeamp; lôgue vie de Beaucairect I. Aouft 15 74.Voftrc plus affcóliónc par fait amp;nbsp;meilleur ami à vous feruir de Momorency Dauphine, Ãjj. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mcflîeurs Meflîeurs de fafièmblce de France à Millaud. Durât ces all^
amp; venues en Lâguedocdes dauphinois cftoiét en armes.Le Prince Dauphin auec fis troupf* eftoiten câpagneamp;yauoit y.cnfiigncs de foauâtgarde bien armées logées aupôtde Roisn^ lelquelles furet furprinfes amp;deiFaitcs parMÃbrun qui en fit mourir 4oo.Puisaiât ramaifitoü tes fês forcesnefolut d'aller^flieger Dié laquelle il pëfoit emporter aifimétdâaflà utoù parco-pofitionpource que la Garnilbn eftoit fort harafl'ée amp;; cftimoit quâil y euft bien peu de gens de guerre dedans.Parquoy eftimà nt quâil nâeftoit befbin que de dilligcnce:auant que le Prin* cepeuft ficourir lesafliegez SccftantviipeutropafTureacaufcde lavidoirequâilvenoitob-paHes%^w'î â^^nir : il fe va camper deuant cefte ville qui cfi aflife ez Montagnes de Dauphiné laquelle reftans. nbsp;nbsp;nbsp;empefehoit fort lesProteftans qui tenoient plufieurs placc-s au tour. Or nâauoit il aucunes
pieces de batterie ⢠Neantmoins il perfifte amp;nbsp;auoir fourage le pays vÅfin, talchela furpran* , dre de nuid par efcallade. Glandage Gouucrneur de Die, ayant defcouuert fintention de
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550.
Montbrun: attendit les afliegeans de pied coy Sgt;c les repoufla viuemant aucc grande perte. Car pliifieurs y furent tuez Slt; dâautres blefïèz. Le fils de Glandage eftoit en hrmce ^de Montbrun ou faifant mine de Proteftant dâelcoiiurit fcntreprilè aux Catholicques auec lef quels ilfe retira. Puis Montbrun forcé de defeamper logea fes trouppes en Garnison dedans fOriol amp;nbsp;Liuron villes prochaines du Rofne. Et le refte en dâêtres villcttes, Nous adjou-fteronsicy ce mot touchant de Montbriui.Vnan apres auoir efté repou fié de Die, il print vne-nicfmerefolution de la furprandre amp;C. lors il fut prifonnier amp;nbsp;décapité à Grenoble. Or le bruit de cefte perte que nous d'eferiuons eftant couru en Allemagne amp;nbsp;ailleurszaucuns cûrirent amp;nbsp;publièrent par liurcs imprimez que Montbrun auoit efté tué pres de Die.Toutcsfois là piinie naduint qu'vn an apres dont fenfuiuit là mort comme il le verra en Ion endroid. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Peu apreslePrinceDâaulphinalfiegeavnepetite ville nommée Alez: la bat furieulérhent thoikqiâe fait donner fafià ut que ceux de dedans Ibuftindrent vaillammant. Mais ne le voyans afièz
forts pour fouftenir le lècond : quittèrent la ville amp;fe retirèrent au Chafteau auquel lePrin- cnbâauphk ce txouiiemoyèn dâentrer par furprinfe;amp; lors quelques vus des Soldats furent précipitez du ne amp;nbsp;fes ex* haut en bas les autres bruflez dedans. Cclafaict il fut alfieger vne autre petite ville nommée °*â * Oftealïilê fur la Riuiere de Dionne où il fift breche railônnable .Mais ceux de dedans en trop petit nombre pour la défendre,quittèrent la place lanuiél 8c le retirèrent là ns perte dâhommes ez autres villes prochaines occuppces par leurs compagnons. Le Prince D'aulphin encouragé defy heureux fuccez:deliberedâafliegcr Liuron amp;nbsp;de ïà iél y menelbn Camp lev int-troi ziéfmejourdeluin. Câeft vne petite ville du DiocelèdeValencefoible,denul renomamp;e- Liuronaflic-ftime auantfes Guerres Ciuilles J Etmefmes aux autres troubles nây les Catholicqués nây 6^ ceux de la Religion nâauoyent tenu comte de fen emparer. La plus part des habitans efiroient cncetçmps cy Proteftans.Et apres la Journée de Paris,de Gordes en auoit fait abattre les portes afin qdeperfonne ne fi peuft loger. Neantmoinsde Montbrun la feit fortiffier aucune nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
mentamp;y fut eftably Gouuerneur Roefiès de Gentil-homme du pays .Somme que le Prince Dâauphin feit battre ccfte^lace de fix cens foix ante coups de Canon-.puis y donne vn furieux allant. Mais il fut rudement repoufie. Ce pendant il auoit à dos Montbrun qui failbit fes cour fcsjufquesauGampamp;les alficgezauflî ià îlbyent des forties fur les Carholicques en iâvne défi quelles ils perdirent vne enlêigne amp;nbsp;vne piece de batterie qui fut enclouée.Ainfi donc le Prin tevoyâtqiiecâeftoit temps perdu de farrefterlà ,leua le ficgeamp; logea Ibii arméeparGarnifons amp;fans vneirapetueulê bife qui commença à fouffler lors que les Catholicques departoyentzils cftoient en grand dâanger à caulè que de Montbrun feftoit aprefté auec toutes les folt;es pour leur courirfus de toutes parts.Mais fimpetuofité extraordinaire l'empefcha de paflèr outre.
V E s s A V X petite ville entre Priuas amp;nbsp;Aubenas fut prinfe en ce temps fur les Protcûans pat faint Thomas Gouuerneur de Saint Laurent y appelle par quelques vns des habitans qui luy liiirerent la placc.Où furent tuez quelques Ibldats le refté le fauna. Au mefine inftant les Confederez codifies par Rochcgude,fe mirét aux champs pour recouurer cefte place laqueL lefutfoudainement inueftie par eux.Lcs Catholiques dâautre part Ibus la conduite du Capi-Uine.Laual voulurét aller lècourir les afiiegez.Mais iis y furet deffaits. Si quâauoir perdu qua-^te vints hommes retournèrent dâoù ils eftoient venus.Par ainfiVefiaux fut repris incontinant. du melîne temps PierreGourde print par côpofition vne ville en Viuarets nômée Chaleçon encor que S. Ãhaumôt amp;nbsp;S.Vidal euflent forces du Viuarets 8c de Vellay pour îe empelcher. Ptesqiiâau mefme têps S.Romain fccôdépar quelques habitas deNonay îvne des premieres filles du haut Viuarets;fé empara au grad regret desCatholiques.âamp; apres y dâauoir cftabli vn Gouuerneur retourna à Nifiues.Ce pendat le Prince de Condé d^me nous auôs veu cy deuât eftoiten Allemagne où il folicitoit les affaires des EglifesProteftantes,amp; negocioit en diuers læuxpourauoirvne armée prefte au cas quâil en futbefbin.En ce têps doc aflà uoir le premier pur deluillet eftant en Heidelberg il referiuit à ceux de Languette les lettres qui fenfuiuêr.
MelTieurs Jâay entendu comme il à pieu à Dieu vous faire cefte grace, de non feulement ^'ousoppofer vertueufèment aux ennemys de vos vies amp;nbsp;confeienCes : Mais auffi de vous em- lettres d« ploier pour la côferuatiô du refte de vos poures fteres.Mefmes J ufi|ues à auoir recueilly quel- Prince de quebonne fomrne de deniers,pour eftre emploiez à la cômune conferuation de tous.Pourcc Eg°quot;fesdeâ^ que jcfçay que depuis quâauez entédu corne Dieu m'a miraculeufcmct deliuré:vous vous re- Languedoc, pofcxfur moy de ce que appartiêt à ceft effef.Jâay baillé charge 8c pouuoir corne Je baille par
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
Calomnies Naturelles à tous hommes amp;nbsp;ordi-
ces prefentes au porteur dâicclles nôrac N. L. F. de îintegrité èi. fuffifâce duquel je fuis biéaf furéde receuoir par delà ladite fôme dont la prefènte vous feruira dâacquit.Ce quâauraypcui agréable comme fi vous îauicz vous mefines deliuré en mes propres mains . Pour eftreenut remet amp;nbsp;fôudainemét emploiée à la defence cómune de vousamp; de nous.Vous priât bienfoî' Meffieurs quâaiant efgard au Wtn qui vous en reuiendra:eftant le tout deuëmcnt amp;nbsp;en tempâ execute: amp;nbsp;aucontrairc à la ruine ineuiuble qui vous menace de fi pres par faute dedenieÃ' Vous vous efuertuez comme pour vn dernier effort amp;nbsp;le tout en telle dilligence que le requiert. Afin quelâoccafion prefènte qui peut eftre ne fè recouurera jamais : ne fc perdep^ aucun retardement.Et ferez auffi perfuadez que moy amp;nbsp;ceux qui mâacompagnerôt: cxpofei'â les premiers nos perfônncs amp;nbsp;le refte de nos biens,ûns rien reftruer pour cefte commune ôn' jufte amp;nbsp;neceflà irc defence contre les communs ennemis de noftre Patrie. A laquelle nous îquot; rions regret de furuiure. Surquoy Meffieurs m'affurant que ne défendrez de voftreparti^^ que defliis ; dont je vous prie de rechcf,dâautant que vous aimez Dieu la patrie vous mefo^ amp;nbsp;vosfreres : je prie noftre Seigneur vous tenir en fafainte amp;nbsp;digne Garde de Heidelbeig^* premier luillct, 1574. Voftre entieremenr meilleur amp;nbsp;plus fidelle amy.Henry de Bourbeâ' amp;nbsp;au deffus eft eferit à Meffieurs amp;nbsp;bÃs amis manias les affaires tât en la ville de Nifmcs q«'â Prouinces de Languedoc, Viuarez amp;nbsp;autres circonuoifines pour la defence de la Religion^ du bien public du Royaume.
nairecn
(OUS
En ce temps furuint à la Rochelle vn accidant afïcz notable: Tant pour la qualité decââ^ . en qui en furet ainheurs:que du fait en foy digne dâeftre fccuamp; remarqué de tous pour feruird^ Eftats xéple à la pofteritc. Que la licéce de mefdirc commune à tous homes amp;nbsp;naturelle en tous^'
«quot;cpubiTc- ftats,cft beaucoup plus ordinaire ez republicques amp;nbsp;cômunautez, pour la liberté quâelles» quespour donncutzquâcn aucuneforte dâEftats.Vous auez veu que les defleins de cefte guerreâauoieââ vne liberté
cfté auffi beaux que grandes amp;nbsp;hautaines eftoicnt Icsfanrefîes des authcurs dâicelle.Iheuf®â'
^uâcilcsonc dUUi UvdUA nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Qu ilaULaluvo viLViUiiL ivoUta ctUlIlvUia U
plus grande ncantmoins les fuccez où de moins le cômancement auffi bas amp;nbsp;foible quâen auoit «pa«««âquot; Emaginatiue de ceux qui fauoient conçeu.Ie vous ay fait voir le pe^i de places quâils furpi'â' drent,les petites trouppes qui fèdeuerent pour les garder. Et les foibles moiens quâils fe oient auoir contre vn fi riche efpoir quâon leur auoit donné de toutes chofès grandes amp;nbsp;beâ' reufes à îauenit.Or corne les hommes jugent à îaparancc, plus quâà la vérité de chacun âCâ*' daiit; du cômancement duquel ils mefurent leur deuoir pluftoft que du merite dâicefuy^P^æ fieurs des CatholiquesSe Proteftans commançoient à juger defeuenementde toutecefte^' treprifè py les premiers traids dâicelle. Ce qui peu à peu les refroidiffoit, amp;nbsp;rcnduzdoubiâ' ment mal contans vouloient auffi attirer a pareille perfuafiue , tous ceux quâils fèntoyent prefter foreille à la confîdcration du mal-hcur prefènt. Si bien quefaparance de leurs moiâ'ââ aiant engendré vn demi defcfpoir en leurs affaircs;Et le defèfpoir vn refroidiffementjCes paffions leur enfantèrent vn tel malcontcntemanr du paffé : que premièrement les plainteseâ gencral,puis les propos indiferets en leur particulier amp;nbsp;en fin les calomnies euidantes conU^ leursChcfï furent fi bien receuës delà plufparuque les brigues commançoyent ja à fedrdiâ en la ville.Mefmemant ou quelques gens de lettres nâeurent crainte de faire publier par
Chefs Pro- ce quâils penfôient de reprehcfibleSe puniffable en pluficurs Chefe.Lefquels informezdeW tcflans ca- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nrAnfpmpnf A 1*1 P nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nrMir v nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;A fAmnc chefneuert puifné de f Aubouiniere,dode,eloquent amp;nbsp;bien verfe ez lettres Hcbraiqucs,Grequcsamp; W*' Miniftre. nbsp;nbsp;nesâ.extraid dâancienne Nobleffe amp;nbsp;qui de long temps auoit acquis grande réputation
les Proteftans:tant pour fe dodrine que poureftrecftiméauoir fait fon deuoir au fiege de Rochelle:en auoit efeript ôc^mmencé dâen publier le difeours demy imprimé par premiers. Mais non au contentement de plufieurs qui ne peuuans fôuffrir que ces Chers dâautres y feufïènt Calomnier:les en aduenirent auffi toft. Somme que ce difeours cftantl la prcfïè à la Rochelle amp;nbsp;pr^ dâeftre achcué:fut retardé par la plus faine partie. Non fi toutesfois quâil ne reftaft aflez de mattere au cÅur dâaucuns pou r entretenir le feu de ces Æ mitiez qui caufèrét plufieurs diuifiôs tant à laRochellc quâez païs circôuoifins:iufqucs ad fer ligues amp;nbsp;partialitez dâvne part amp;nbsp;dâautre.Aucuns inclinas aux parolles de Chcfiie vert.*^ toutesfois en nombre efgal a ceux qui fôuftenoyent lâhonneur amp;nbsp;vertu des Chefs de
A v s s I plufieurs de la Nobleffe portoient fort impatiément que tels perfônnagest^, fent ainfî calomniez, amp;nbsp;requeroientformellement que procez feuft fait à faccufetcur
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il fouftint Sc prouuaft ce quâil auoit cfcrit. Lelquels comme zélateurs de leur honneur feftrc plaints en plaine aflèmbléc tenuëà îElcheuinagc de Poutrage à eux fait: requirent que fils eftoicnttrouuez tels que Chefheuert les aceufoit: quâils feufïènt punis comme traiiflres 8c parjures meritoient. Ce trouuantauflî le contraire quefaceufâteur receull le lâllairei de îim-pofteure quâil à voulu braffer aux innocens.En fin les pratiques éiirent tellemêt menées d'vnc â partamp;dâautre: que Chefhcucr tierend prifonnicrjreconoiftlà fauteamp;vientà rcfipilïà ncerLes
Miniftres ii Confiftoire de la Rochelle intcrccdcns pour luy: oppolênt la fragilité humaine 8c lerreur de leur frère quâils confèfïèrent auoir péché en cell endroit plus par vn zelle fermant quâil à ala Religio à la deffcce 8c Icureté du party que par quelqucautre animofité amp;paf-üô particuliere.Oppofans en fome Ion ardent zcle à la leu cri ré Scrigueur de lullice.Siiplioiét nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
lt;}uâonfatisfift à ces Chefs par quelque moienne voie plus que par fextremité de la punition queplufieurs defiroiét en fon endroit.En fin tout ce termina fi modcftemcnt pour la bénignité Scdouceurnauturellc de ces Chefs. Que poftpolà nt leur particulier au public: 8c Ce contentèrent de pardoner à Chefneuert la fame quâil auoit faite pour veu quâil en feu 11 reconoiP fantcnprefence de quelques particuliers. Ce quâibfeift le cinquième luin. Etdefon conlên-tement fut tout ce quâil auoit cfcrit pour ce regard jcAc au feu. Puis deffenduaflmprimeur depafferoutreà fhiftoireduficgeapres que ce quâil en auoit imprimé feut retiréamp;mis en pieces. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i â
Etdâautantquccelcandallc auoit cllé general amp;nbsp;que beaucoup du fîmple populaire en ' eftoit encores mal ediffié : Le lendemain celle rcconoiiïà ncc Se fatisfaólion fut diuulguée par lesMiniftrcsenleursPrefches:affindâefclarcirlcpeuple de fopinionquâil felloitimprimée.
Auoir faitfortir dcFrancc:conduit 3c arreflé le Prince en Allemagne:il vous faut faire en-tendtclesportemens. Aulfi toll quâil le vifl alïèuré des*moicns quâil crouua les plusprompts amp;cxpedicntsà rentrer en France: il fit publier la declaration qui fiiit tant furies raifonsde fon depart fifoudain 8c fecict du Royaume,que fur fa. volonté amp;nbsp;delTcins aucnir.
Comme ainfi lôit^uâcnce pourc amp;nbsp;miferablc temps, il nyayt choie fi juftcmcntamp; DedaranS droitemententreprinfé, qui ne lôit transformée par mille calomnies amp;nbsp;faucetez controuuécs par les auteurs amp;nbsp;fauteurs des milcrès amp;calamitcz,defqucls du temps du regne du feu Roy de princc de bonne mémoire Charles neufiéme nagucres décédé, le delblé Royaume de France à clic re- Co^ndé,Pair diutentrefmifcrableEflat: Nous Henry de Bourbon tant en nollre nom,que de tous les Sei- accópaf,né gueurs,Officiers de laCourónc,Gentilhómes amp;nbsp;tous autres de quelque eflat amp;nbsp;côditiôquâ- lt;ie piufîeur» ilsfoiét,tant dclvne que dcFautrcReligioiaians cllé contraints les vns delê retirçr nbsp;nbsp;France ocntüshô?
les autres de fêdelFêdre au dedans dudit Royaume,côtre la tref inique 8c malheureufe cruau- mesdervt» té amp;nbsp;defefperée violence des defuldits: Protcftons 8c déclarons ce qui fenfuit deuant Dieu,fès à faims Anges, tous Roys, Princes Potenras 8c républiques de la terre: Les rcquerans dâadherer Hepc«hei« à îcquitéamp;raifon contre telles iniquitezamp;trclcruellcsopprelfions du Royaume nagucres le plus florifTant de la Chrcllienté 8c maintenant le plus milcrable.
L B s declarations faites ces ans paffez par les Princes amp;nbsp;Seigneurs de laRcligion reformée dudit Royaume: monflroicnt alTcz de quelles an goiflês tous les Eflats dâicelluy le lamcntoict voire les plus gras amp;nbsp;infignez perfônages à la vie delqucls on nâa jamais voulu pardôMcr,non pasmefmcà leur mémoire apres leur mondes calomniant de rebcliô 8c autres crimes pource quâils cfloicnt ennemis du manuals gouucrncmcntpar lequel la France ell aujourdâhuy pref que mile au bas.Il feft peu voir aulfi que ceux qui baflilïct leur gradeur de la ruyne du Roy amp;nbsp;du Roy3ume:ont vie de tel artifice,quâils ont tousjours fait elpoulèr leurs qucrcl les au Roy. Etpar menées amp;nbsp;pratiques luy ont rendu odieux, les plusfideJks lêruiteursamp; fujets quâil «uft: luyfaifant entendre quâils vouloicnt luy oller la Couronne:ou bien melmes attenter à fa propre vie, amp;nbsp;autres telles horribles impollures amp;nbsp;calomnies. Tellement que de la ils le lot fut le chemin,pour le faifir quelque fois audaciculêment du nom autorité du Roy.E t quelques fois par menées 8c faux donné à entendre, ont eu puilfance dâen abulcr. Enquoy ellans plains de hayne amp;nbsp;paffion, amp;nbsp;vuides du defir au bien du lèruicc du Roy,amp; de l,amour du pu-blic.Ils nâbntefpargné de hazarder lâhôneur 8c reputation du Roy deuât tous peuples amp;nbsp;nati-ous-violanslafoy publicque, rompans par diuerlês fois la Paix lolennellemenr jurée amp;ren-uerfans les Edits faits par le Roy pour la trâquilité de ce Royaume.Dont fen efl enfuiuy lelfu-fion de tant de läng ciuil, 8c lâexecution de tant de mcfchancetcz, que les oreilles mefmcs des Fff iiüj
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luinetii574. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
plus lointains en font trefgrandemcnt offencées.Nous ne nous arrefterôs donc dauatageao courir de ces chofes paffées: lâtpourcc quâelles font notoires à tout le mode,que poiiraiit^ que les aélcs amp;nbsp;deportemens lefquels continuent ceux qui gouuerncnt amp;nbsp;qui nous font recens, nous contraignent de nous y arrefter. iâ. .«'
Les affafinats amp;nbsp;maffacras qucîonà exécutez en France, ont efté à contre cÅur à to''® Meurtte« gensdebicn: mefmes des Catholiques.Lcfquels ne voians efteinte ny aflbuuieccftc mauuî^' rwJâTrîa fo^ftccftiondc nosaucrfâires, nonobftant touteefong par cuxefpandu: ainsqMâaufiîalK«^ F^nce^ * que ils en furent oncques:machinoient dâen faire courir, encor les ruifleaux; Monfeigneut'^ Duc dâAlenpon féconde perfonne de France, deftreux au contraire que tout facheminä*' Monficurlc paifihlemcut*Et que le Royaume vintà vnebonne concordc,amp; print refolutionauecles fide Iles foniiteurs. Ne peut mieux à ce que du moins il ne feuft plus fpeélateur de tcllcsdelO' lations que defc retirer hors du Royaume vers lesi Princes amp;nbsp;anciens amis de cefte Coutflæ ne, en intention de faire tant par eux enuers le Roy, quâil oïliiriroit les yeux pour voir la cala* mité defon peuple, amp;nbsp;y remédier par bon amp;nbsp;conuenable moien. Mais finaUementladite liberation eftanidefcouuerteaant fen eft fallu quelon ayt eutcfgard dây pcüruoitf.que fonÆ interprété cela comme fl ledit Seigneur Duc euft machiné contrefEftat amp;nbsp;perfornedudâ feu Seigneur Roy fon frerc.Chofe du tout controuuée par ceux qui fondent amp;nbsp;baftiiîct kâ'* defleins, fur calomnics.Et qui eux mefines font couftumiers de machiner ce que faiiccw^ RoydcNa- ils retournent furies inocens. Le Roy de Nauarre noftretrefhonnoré Seigneur ôtCouWâ narre. nrpmîpr Prinz-/â Jii fjna.lpc nrinrtnaiix Offiri/âr« rlp la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;K' aâiirrrc ^/.ionpiirSÃtSPt^
fr
cipallesamp; anciennes maifôns de France, amp;nbsp;defquelles cefte Couronne à reccu tant de ble fcruiccs: Ont eüé reputez adherans amp;nbsp;complices à mefine confpiration.Tellementqii oquot; eft venu jufques là ,de le (à ifir de la personne là créé de mondit Seigneur le Duc,Et du Nauarreôc autres Seigneurs. Et à pourluiure demefmezeÃc nous ôc autres que Dieu a)'**' ques icy preferuez de leurs mains. Et à on emprifonné leurslcruiteursdomeftiques quel*â' à tonurez, condamnez amp;c exécutez fous la paflîon des auerfaires ^^i eft aujourdâhuy â fouleloyqui abfoutou condamneparmy euxiamp; lalufticedéceRoyaume.EtccafindeP*' quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;re le procès aux ftifdns Princes amp;nbsp;Seigneurs, à nousamp;plufieurs autresfous confcflionsö^'
torquées amp;nbsp;qui ne font ne vraies ny vray femblables. Car la vérité eft que ledit Seigneur,
- nbsp;nbsp;nbsp;_ Roy deNauarreScautres Princes amp;Seigneurs,fidelles fujctsamp;feruiteurs de cefteCourône®^
. font en peine amp;nbsp;mal vouluzfinon pour ne feftrc voulu conformer à ceux qui comblent Je^
mallicc amp;nbsp;accompagnent leurs cruautez des- plus horribles vices, blalphefines, impictezoC paillardiies exécrables quâil eft pofîible:dont au grand regret dudit foigneur Duc amp;nbsp;desfuK^ laFrance eftinfc(âée,îinoccncedeMonfeignenrleDuc amp;nbsp;de tous les autres delTuiditS't' , gneurs, eftantconuë de Dieu: fe manifeftera par le temps aufti aux hommcs,commemcinâfâ toutes gens non palTionnez le peuuent desgt;aprefent facilement conoiftre. Mais cependant Æ peut remarquer finegalitc qui eft aujourdâhuy en la diipéfâtion de la jufticc de Frâcexôfi®' rant que môdit Seigneur le Duc,demeure emprifôné;Lc Roy de Nauarre amp;autrésfeigneâ*^ aulTiamp;pluficurs autresfugitifsamp; dâautres en peyne;amp;au hazard dâeftre tons les jours facmcK^ pour cdfle entreprifo tédâte au fâlut du Royaume.Et ce pendât ne fcft faite aucune inftance quat on a voulufuborner leRoy qui eft au jourdâhuyæftât jeune de dix ans pour le tranfportci hors du Royaumciamp;fousfô nô prâdrc les armes cotre leRoy.Côm.con peut voir par fa depo* fitiô bien imprimée; par laquelle eft déclaré ce que delTus.Qui pluseft les derniers executed à mort »ont efté condamnez^ en faifânt defâuouër la dcrnicre Icucc faire du fougt;des dauers,amp; aux defpens du Roy par les üuc Chriftoffle amp;nbsp;Comte Ludouic) fous leur confeifion dâaucit voulu feulement accompagner Monfieür Je Duc en la guerre de Flandres contre le Roy dâEi' pagne comme fil feuft allié du Roy. Et ceux qui contre lâexprcs commandement de fa Mâ' jefté; font allez auec les fujets dâicelle en la guerre contre le grand Seigneur allié Siamydquot; Roy nâen ont efté chaftiez^y reprins. Ces chofoseftans telles, nous fupplirons trcfbuinblc' mentfâMajeftc^ confiderer que la nature enfoigne non foulcment à nous quifommeshôm» mais aux moindres animaux, dâentendre à leur conforuation. Outre ce que câeftehofe trop griefue à gens dâhonneur amp;nbsp;de telleeftoffeque les defliifdits;defo voir réduits à îextrciniK par gens qui ne fontny de leur rang ny de leur qualité, ny qui aient merité de la Courônede France le moindre des biens dont ils font remplis. Aufquels tout eft permis en ce tempsfoâ^
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prétexté de la foy Catholique amp;nbsp;dâobéir corne ils difent aux comâdeurs du Roy. Quâil plaifè dôcà fadite Majeftéauilèr aux moiés neceflà ires pourlareftauratióamp;cólêruatió defEftat. Et maintenir lebô droit nonlèulemét des grans amp;principaux de fôn Royaume quifôt empef-vhez de jouyr de fheur de la patrie amp;nbsp;des biens à eux acquis par le merite de leurs anceftres amp;nbsp;par leur propre vertu amp;nbsp;qui (ont pourfuiuiz de la vie amp;nbsp;de fhônt^rimais aufli Ce moftre prote-âeur des moindres jdâvne infinie multitude que Dieu luy à commife à gouuerncr qui crienr amp;nbsp;lamentent pour les oppreflîons quâils fuportent* Elpcrans delà clemence amp;nbsp;débonnaireté aptes Dieu le moien de leur deliurance. Nous ne prétendons toutesfois preferire a là Majcftc, aucunes voies ne moiens pour lâexecution de ces choies qui tandent à vne defirée amp;nbsp;trefiiecel^ laite concorde.Mais corne eftant inftruits par fexperiance du pairé,à bien peler à noftre lêure-tépour fauenir. Attedu mefmes que les turbulans de la France,Ibnt autant ou plus enclins à defobeir aux Edits de fa Majefté quâils furent oncqiies. Nous la fupplions tief-humblement nousfuporter,fi nous requérons que les moiens de bonne amp;nbsp;aparante lêufetté nous lôient plaincment ouuers, pour pouuoir librement refider en Ion Royaume.Et luy rendre le lêruice auquel nous fommes tenuz naturellement : apres quâil luy aura pieu pouruoir par les moiens accouftumez amp;nbsp;les meilleurs qui le pourront trouucrtà ce qui eft du toutreqiiis pour remettre fon Royaume en bon amp;nbsp;alïèuré repos. Alïà uoir aux rellabliflemens des innocens en leurs biens amp;nbsp;honneurs. Et que ceux de la Religion puilïènt feruir à Dieu lôus la fujedion amp;nbsp;fin-cereobeilfancc quâils entendent rendre à la Majefté. Et finallement aux delôrdres manifeftes furuenuz en lEftat de ce Royaume, à foccafion des guerres citiilIes.Et pourtant quant il plai-taà faMajefté nous commander de luy faire dedudion plus ample des voies amp;nbsp;moiens que nous prétendons entoure humilité requérir pour ceftefièt: nous ferons entendre nos griefs. Et comme trcf-humblcs fujets amp;nbsp;feruiteurs de faMajefté ce quâil nous lêmble necelTaire pput reftablir fon Royaume en bonne tranquilité amp;nbsp;le rédre en fa premiere fplandcur amp;nbsp;reputatiô. Si proteftons deuant Dieu amp;nbsp;fès Anges, Tous Roys,Princes,Pôtentans, republiques amp;nbsp;ge-nerallemcnt tous autres .ï^e quelques injures amp;nbsp;indignitez que nousaions receuës,tant ceux de lâvne que de fautre Religion qui nous fômes retirez hors du Royaume: que ne nous enfonmes départis auec intention dâalterer quelque choie en lâEftat: amp;nbsp;moins de nous def-lournerde lâaftedion naturelle que nous portons à la patrie en general. Ny de la fujedion amp;nbsp;obeilfancequedeuons à fa Majefté: ains à noftre tref-grand regret, amp;nbsp;par contrainte amp;nbsp;pour fiuuernos vies, nous nous fommes retirez vers les anciens amis de la Couronne de France, amp;desfreres Germains de la Nation Françoilê. En deliberation amp;nbsp;volonté relôluë de pour-chaffer le bien amp;nbsp;repos dâicelle patrie, par tous juftes amp;nbsp;legitimes moiens. Nous fauans forts tant de ceux des Eglifes refformées, qui ont les arme s en main pont leur j ufte amp;nbsp;necelTaire deffenceouefparsen diuers lieux du Royaume: que des Seigneurs,Gentilshommes amp;nbsp;autres delaReligion Catholique quifont jointsauecnouspourceque delTus.Cependantprierons Dieu, donner prolpcre auenement à là Majefté. Et laquelle nous puilïè faire jouyr du fruit de îefperance que nous auons fondée fur fa clemence amp;nbsp;vertu. Fait à Heppenhein le douzième luillet 1574. Signé Henry de Bourbon. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
N O V s auons dit en vn mot cydelTus que les reformez auoientaflîgné vne afleAblée à Aflémblcc Millaud en Rouergue au dixiéme jour de luillet: la fe trouuerent enuiron le lèziéme du mef jquot; tnemois, les depputez des Eglilès de Languedoc, Guienne amp;nbsp;Dauphiné en bon nombre.Ef à Millaud quâtaux Eglilès dilïtppées par les guerres: les membres dâaucunes dâicelles elpars és pays ef-trangersyenuoierent procuration pour auouer ce qui y lèroit fait.Plufieurs affaires pour le re- qui y fut rc glemétdesprouincesamp; pour la guerre furet expédiées en celle a^cblée.Ie toucheray pour le ptefét deux articles principaux debatuz amp;nbsp;refoluz en ceftealféblée. Affauoirdela receptio duMarcfchal dâAnuille Sedes politicques.Puisdece quâils auoiét à refpodre aux lettres du Prince de Condé.Plufieurs des depputez eftimoiét falïociatiô du Marefchal dâAnuille amp;nbsp;des fiés venir bien apoint aux Eglifes.Et que câeftoit vn moic pourfaiÃde belles cholës.Partât ef-toient dâaiiis quâil falloir prendre celle occafion par les cheueux moiennant que le Marefchal bft contenu en certaines, juftes amp;nbsp;équitables conditions. Il y en auoit dâautres de contraire suis qui redoutoieut grandement celle vnion amp;nbsp;rendoient railons de leur crainte:neantmoins huisdes premiers fut fuiuy. Et quant aux depputez qui alléguèrent nâauoir charge de ce fait Dn leur donna certificat par eferit pour leur delcharge enuers leurs Eglifes,Lors fut parlédcs conditions
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h!)iltri574.
conditions félon lefquellcs on auroit à receuoir leMarelchal de dâAnuille.Vray eft quelacon-clufion nâen fut pas faite fi toft: Poureeque le confentement du Marée hal y eftoit requis lementlors fut dit que ceux de la Religion le rcconoiffoient pour Gouuerneur du Langi$lt;^' doc fous le nom amp;nbsp;autorité de Henry troifiéme Roy de France. Lequel il rcçoiuent pour leg'' time fucceffeur de Charles geufiéme. La fin de celle afïociation feroitdeconferiierlaCoiâ' tonne 8c les anciennes loix 8c demeurer fidelles fiijets 8c léruiteurs du Roy 8c des fliccelïèut^ legitimes dâicelluyi. Quant aux anicles:amp; conditions propofees au Marelchal nous en par»' rôs cy deffous apres vous auoir fait voir lesarucles quelalïémblée dreflà pour enuoiereni«' lemagneau Prince de Condé.
Roucrgue cnuoicz aii
Prill cc de
⢠. Les Eglifés reformées de France, reprefentees par vne aflcmblée gencralle tant de ceux o reftezenPaf ^^hlcflé que dâautte Eftat, tenue en la ville de Millaud au mois de luilletmilcinqc^â fcnibiccdc feptante quatre: apres auoir entendu le raport des députez de la conferance touchant la W»'â' Millaud en ^iation de la paix : Autre rapott du Sieur de Calques leur delegué en Allemagne, qui aporte lettres de creance de Monléigneur le Prince de Condé à Strasbourgau moisdeR CüDtié en f dernier pafte: contenant declaration de la bonne volonté de mondit Sieur le Prince à pran®' Allemagne, lesaimes pour la delfence deldites Eglilésamp; rellauration du bon 8c paifible Eftat de ce Roj' aume : aians veu pareillement vne coppie dâautre declaration gencralle depuis faite tant 2quot; nom de mondit Seigneur le Prince de Condé que des Seigneurs Gentilshommes amp;nbsp;autre* nommez Catholiques:eftans chez luy en Allemagne, amp;nbsp;de leur part enuoié par Gentilboiâ' me expres aufdites Eghfes, en defir amp;nbsp;relôlution deléruir de leurs perlônncs, moiensamp;pequot;' uoirsau reftabliftément ôe rcllauration dudit Eftat : tant pour le bien en general de la nau®'' Frâçoilé,que pour garder amp;maintenir celle CourÃne en fôn entier,amp; au tige 8c ligne Ror le: Ont dâvn commun aduisamp; confentement, tant au nom des,Eglifés icy conuoquees* de tous les abfens 8c regnicolcs failâns proffeffion de la Religion reformée.dclibere, conclu
amp; arrcfte ce qui fcnfiiK.
PREMIEREMENT loüeutDieu amp;luyrendent graccsimn^rtellcsdeceqiïilà pKquot;â û bonté mifêricordieiife, deliurer ledit Seigneur Prince des mains de lès ennemis:Ie dâvn gouffre de perdition, le nous rendre amp;nbsp;lâordonner conduóleur amp;nbsp;protedeur de pie, reftaurateur de ceft Eftat contre les perturbateurs, le conftituer vray Miniftre defautoUquot; te publique tant pour le Roy noftrc fôuuerainSeigncurRoy de France SidcPolognema»-tenant abfènt: que pour le bien amp;nbsp;dcliurance des oppreffez mcfmes des freies, beaufreres^ officiers^rincipauxdefa Majeftéccontre ceux qui occupent injiiftementamp;exerccntpar''i®' lencele confèil fâcréde tous les grans affaires de ce Royaume.Le commandement desarni^ amp;nbsp;îadminiftration tant de la lufticequede la police amp;nbsp;finance: gens dâeftrange national fapplicquans 8c ne tafehans à rien fi foigneufement que a la mutation fubuerfion 8c ruine tO' talie de ceft Eftat.Hômes fans humanité,fans loy amp;nbsp;fans foy,fedudeurs de lafacilitcamp;credU' lité tant de la Royne mere du Roy: quedefes princes amp;nbsp;Seigneurs amp;.⢠contre leurs fadeurs amp;adherans.DeclaranslefditesEglifes que jamais ne leurefl entré au coeur,defaiderdeÃ3D'â bition Srtnauuaifê intention dâaucun Prince du fang, pour fufeiter mettreou entretenirtwU' ble ente Royaume.â ny pour fauantager dâaucune choie pour les honneurs: ny pour les biens moins encor pour foy fouftraire,licentier ou deliurer indignemet de lâobeifïà nce amp;nbsp;trefhum' ble fujedion quâils doiuent: comme vrays amp;nbsp;naturelz fujets de celle Couronne, à leurvray amp;nbsp;naturel Roy leur Prince amp;nbsp;fouuerain Seigneur. Ains au contraire tenans ôc croians fermC' niant que leur Majeftez ont efté amp;nbsp;Ibnt encores trelmal conlcillées,amp;côtre vérité perfuadees délibèrent puis quâil à pieu ^Dicu leur mettre és mains les armes par jufte amp;nbsp;legitime vocation: de les emploier 8c faire feruir à là gloire'procurcr amp;nbsp;faire rendre audit Sieur Roy de Fra ce 8c de Polognc,le droit de Ibn Royal office: 8c la vraye dignité defa Couronne: le vray boa neur amp;nbsp;Iplâdeur de fà Royauté, la vraye autorité de lôn glaiuc 8c de fa luftice: lâentier amp;boo ordre de ceft Eftat amp;nbsp;moi^rchic: la prerogatiue, preuillege Scinuiolable oblêruation loix de ce Royaume tant publicques que priuées par tous Eftats: amp;nbsp;fpeciallement la vrayeamp; legitime principauté pour laNoblclfe, bien tr2nquilitcamp; Icureté de tous les bonsamp;ndd' lesfij/ets. Et pour ceft effet pourfuiure lâexpulfion des perturbateurs, auteurs amp;nbsp;premiers Confeillers de ce trouble: ennemis naturelz de la mailôn de Vallois: expilateurs des deuoirs tant du Royque du Royaume amp;nbsp;inuenteurs de tous nouueaux impolis amp;nbsp;fubeides à la grade
-ocr page 471-c folille amp;nbsp;oppreffion infuportablc de tout le peuple. Proteftans deuant Dieu amp;nbsp;lès Anges apres le feriiice de là gloircjeffaçans oublians Si enfeueliflà ns entieremcc amp;nbsp;de bon cÅur
CS inimitiez, offences amp;nbsp;injures paflees dâentre eux Si leurs compatriotes regnicolles nom-prirent, défirent amp;nbsp;cherifïènt dâvnefinguliere affeéfion, la reconciliatilt;5, reunion amp;nbsp;communion ciuille aucc tous lefHits Catholiques coinpatriotes Si autres: qui par elpntamp;feiuimét de Religio^aymêt les bones loix comunes la droiturejfhônefteté, la lufticc h bonne foy auec,la Paix amp;nbsp;confèruation de la patrie, à lent retene ment dâvne vraie fôcietté runaineSc ciuille. Aians en horreur feffufion de fâng humain Jlnjuftice, la licence demal ^'rcStlaprefidic. Eftimant beaucoup leichtes Eglifês, ce quià cfté jacommancc de ladite reconciliation amp;nbsp;reunion tant entre mondit Seigneurie Prince que ceux de la Religion * Sufiaccompagnêt dâvne part:amp; plufieurs Gentilshommes Seigneurs Si autres Catholiques ^uien cell endroit luy adherent dâautre part. Que aiiffi entre les compatriotes des deux Reli-gionsenplufieurs prouinces Si villes de ce Royaume:lpcciallement en NormandieîPicardie, Prowftans!^ r oitoUjGuienne, Languedoc amp;nbsp;Prouence Si prient tous les autres fiijets compatriottes de pndre : tant pour leferuice de là Majefté amp;nbsp;la reft au ration fdâvn bon Eftat: que ipour le Ibu-rs^mentdu poure peuple ja du tout accablé de charges inluportables. Et pour reftablir en «ftemiferable France,vne là inte ferme amp;nbsp;perdurable Paix.
Sur les fufdites declaration amp;nbsp;proteftatiôs, ladite alïèmbléc generalle conuoquée des pro-uinces pays amp;nbsp;reflbrts de Languedoc, Dauphiné, Aquitaine amp;nbsp;fà ifant tant pour les prefentes Srrepour les abfentes. Si autres Eglilcs de ce Royaume. Aulquelles promettent le tout faire 'CSllc efleu wtifficr : noment ellifent amp;nbsp;prennent delà prefent pour leur Chef, Gouuerneur general Si protefteur mondit Seigneur le Prince de Condé,au nom lieu Si autorité dudit SeigneurRoy fes deFrace. ûC-tance amp;nbsp;de Pologne: pour en Ibn ablênee amp;nbsp;empefehemant les regir,commander Si gou-iiernerpar tout ce Royaume en leurs perlbnnes en leurs biens en celle caulê amp;nbsp;pourfuitte Si durant icelle en la forme maniéré amp;nbsp;conditions fuiuantes auec lelquelles fupplient trel-hum-bienaent mondit fieur le Pjince vouloir accepter ladite charge Si gouuernement general défi dites Eglifes de France, pour le Roy nollre lôuuerain Prince amp;nbsp;Seigneur.
bnpremierlieu fera fupplié ledit Seigneur Prince de Condé de promettre Si jurer prefês bdeputé ou députez dcfilites Eglilês,en falfillâce tant de Tref Illullre amp;nbsp;Tref excellent Prin- Conditions '^^l«ComtePaIlatin E ledeur Si du Duc Cafimir Ibn fils: quedes Seigneurs amp;nbsp;Gentishom- nbsp;nbsp;ics^neft
ïiiesqui hccompagnent apres la prédication amp;nbsp;la priere faite en plaine Eglife amp;nbsp;publique- auouégcnc-nient;deperfeueret en fexercice amp;nbsp;profelfion publique de la Religion reformée. ^jârocurer julquesalamortlauancement du Regne delefusChrill.Lereposlêureté amp;nbsp;prolperité de Cathoiiq. Ion Eglife.£( emploier tout lôn pouuoir Si moiens à la reftauration du bon Ellat, ordre,Iuf
police en ce Royaume: au bien commun tant de le Noblelïè que du commun public ; fins diftinâion des deux Religions.Prometra Si jurera aulfi fil luy plaill, quâil ne quitera les armes,ny ladite caufe amp;nbsp;pourfuitte: Et ne fera ou arreftera paix fans le confentement dâvne alTembléegeneralle defdites Eglifès ou des députez par icelle à ce fpecialcmentfondez. Promettra amp;nbsp;jurera fil luyplaifl, quâentre ces premieres entreprinfès, il emploiera pareillement toutes ces forces amp;nbsp;diligences à faire deliurer Si mettre en pleine liberté Mefïcigneur^IeDuc é Alençon amp;nbsp;le Roy deNauarrefrereamp;t beaufrere de ladite Majefté: Le Duc de Montmo- Deiîurance tuncy Pair amp;nbsp;Marcfchal de France, Si le fieur de Colle aulfi Marefchal de France. Sauf tou-tesfoisque ou Icfdits Seigneurs Marefehaux le trouueront acculez amp;preuenuz de conlpira- Mommoré Uon prétendue contre la perlonncdu Roy dernier décédé: ledit fieur Prince de Condé fera tenu les aians deliurez des mains de leurs panics qui les detiennJht: les mettre és mais de luf tæecompctante, legitime Si non fulpeéle pour le proces leur eftrefait amp;nbsp;parfait felon quâil 3partiëdra par les loix ciuiles du Royaume.Et pource que notoiremêt tadminiftratio amp;nbsp;cô-inandement de tout cell Eftat fe treuuc empiété Si vfurpé és maiÿ violentes amp;nbsp;là nglantcs de ceux que tout le monde fçait Si conoift: autres toutesfois que la Royne mere du Roy: laquel- ta Royne â¢eon nâentend comprandre en celle pourfuitc. Ledit fieur Prince de Condé apres la deliurâ- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
ce8i libre conferance defdits feigneur Duc dâAleçon Si Roy de Nauarre: emploiera tout lôn pouuoir amp;nbsp;moiens à recouurer ladite adminiftration amp;nbsp;commandement foliant des mains de Gounetne* ceux qui foccupent amp;en abufentfi licentieufement. Et fi Dieu luy eft Si à nous voire atout ment du
Royaume tât fauorable,que de nous mettre en ce point ledit fieur Prince à mefme Jnftât fera
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fera tenu de réintégrer du tout ledit ficurRoyde France amp;nbsp;de Pologne comme Rcgencc. turel amp;nbsp;fiicccflèur legitime de cefte Couronne: ou bien mondit fieur le Duc dâAlençon
quel la Régence de ce Royaume apartient de tout droit en cas que ledit fieur Roy .
ce.
amp; de Pologne le trouueroit encores abfcnt dudit Royaumc.Et faite ladite reintegration fieur Prince de Condé fuppêira fil luy plaift ledit fieur Roy de France amp;nbsp;de Pologne,öl' Ion abfence ledit Seigneur Duc dâAlenpon tant enfbnnom que de tous lès adhcrans: Eft.icsgcne- pl^Rofi: coniioqucr lesEftats generaux de France les faire alfembler amp;nbsp;tenir librement rauxdcFra- vne ville commode amp;nbsp;cômunemcnt agréable ;Et par fauis defdits Eftatsfcralaraifonatn tant dâvn que dâautre party .'apaifera tous les differents qui ont eftéfoccafion des trou en ce Royaume: y reftabîi ra par tout vn bon ordre amp;nbsp;vnc Paix ferme amp;nbsp;afrcuréc:Er effet, procurera mondit fieur le Prince fil luy plaift, que tous lefdits adheranstant de gionque Catholiq_ves paifiblesSe reconciliez: puiffentprefenter leurs caier^â Majefté en fafliftance defdits Eftats. Affauoir ceux de la Religion le caier de leurs dolean amp;treshumblefuplication arreftée à Montauban amp;autres fois prefêntée auRoy dernier parleurs députez fur le traité de la pacification des prefens troubles. Aucc lesautresfuPP cations quâils y pourront ajoufter. Et les Catholiques adherans leur caier à partfibo^ fcmble, fur la reformation dâEftat ou autrement que ils auifêronr. Aquoy pareillement içf® receuz pour eftre libremét ouyz amp;. juftement lâtiffaits,tous les autres nommez ÃathoW qui ne feront encores reconciliez amp;nbsp;adherans à ladite refformation. Et affin que moncntij^ le Prince de Condé nous puiffe mieux amp;nbsp;plus feurement Conduire amp;nbsp;faire paruenir 3 nbsp;nbsp;.
Ladite aftèmblée le fupplie treshumblement, quâil luy plaifê pour f exercice defônGouUP ment, commandement amp;nbsp;conduite durant cefte pourfuite amp;nbsp;voie dâarmes: prandreau«^ J S^aquot;uPrincc Confeil tant militaire que ciuil de la police amp;nbsp;finances de cefte caufc,tcl amp;nbsp;de tels qu^^y de] Condé, feront nommez amp;nbsp;bailiez par vne affemblée gcneralle des Eglifes de la plus part dâiceîl^ uoquéesdefôn mandement. A laquelle affemblée fera du tout'premièrement par les principaux Seigneurs, Gentikhomimes amp;nbsp;autres notablc^des deux Religions^'' rans qui Raccompagnent tant de rcgnicolles que eftrangers. Sans ce Confeil ne fëpourI3Æ faire ny ordonner dâimportance en General à cefte caufê ou en particulier à quelque proui ou ville dont fè traitera deuant mondit fieur le Prince; ny mefmes à vn particulier' cas merite Confeil. En fomme mondit Seigneur le Prince prandra fil luy plaift en bonnep* que aiant efgard aux efclandres enormes amp;nbsp;horribles auenuës en France pariâabiisdâvnÃP'^ tendue ^uifîà nce quâon appelle (trefmal ) abfoluë vfurpéeamp; trefinjuftement introduit« ce Royaume; quâon fupplie tref-humblementfa grandeur de ne prendre le titre dcdignit prerrogatiue de Prince pour en abufer à cômander en ladite puilfâce abfoluë. Ainsferep^^ ièntera fil luy plaift, le monftrcra amp;nbsp;portera en Ion gouuernement auec telle amp;nbsp;fi bien reg' ChefPnn- moderation quâil appartient, non pas à vn tiran ou à vn Prince terrible amp;nbsp;defordonne inâ ce amp;nbsp;gene- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâIftaël Efleu de Dieu, Chef, gouuetneur ôc conduéteur de fon peuple:am
ral quel il doit cil rc.
Gouuer-neiirs.
luftice.
âcontinuellement auec loy lafoy ôc fès tintes ordonnances pour les lire amp;nbsp;faire garder tou temps de fa vie fans fen dâeftourner amp;nbsp;fans efleuer fôn cÅur fur fes frétés fes tref humbles, tref affeétionnez lêruitcurs. Se fôuuenât tousjous de la parolle memorable de cell ancien e uiteur de Dieu Gedeon grand Cappitaine, lequel eftantfemond par le peuple de leur co mander en Chef amp;nbsp;general gouuerneurfôuucrain. Et dilà ns domine fur nous toyamp;t^^ . apres toy. Refpondit jene domineraypointfur vous ne mes fils. Mais ce fera le Scigneurç] domminera fur vous. Et pour mieux lignifier le telmognage de fon intégrité, zelle amp;nbsp;perpétuel à la gloire de Dilt;Ãi,bien amp;: repos de fbn Eglile amp;nbsp;par melîne moien quand Dieu voudroit appellcr, laifferaux fuccelfeursdu Gouuernement General vn exemple de la ut ture,Prandra fil luy plaift en bonne part quâon le fupplie de Iby aftreindreÃc fubmettrevo tairement amp;nbsp;de bon gré d^anteefte pourfuite, aux loix, rcglemens amp;nbsp;ordonnances de b blée generalle dcfditcs Exiles de France qui eft compofée tant de la Noblclîè que des mag' tratsÃc commun. Semblablement ledit Seigneur Prince ne changera, depolcraoum« gouucrneurs, prouinciaux amp;nbsp;des villes, lâns îauis amp;nbsp;nomination de la prouince des villes ils feront belôin. Pour la juftice des crimes, amp;nbsp;maléfices ou autres cas meritans punition chaftiment exemplaire contre les gens de guerre;, eftablira amp;nbsp;ordonnera fil luypbif^ fuitte vn preuoft general de camp,homme de bien califiéôc capable-.temoigné amp;
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Religion amp;nbsp;bônes meurs,aiiec bon nombre d'Archers ftipendiez du public. Ledit Seigneur Prince conftitura fil luy plaift,loix ordinances rigoufeulès fur la difcipline militaire:amp; les fera exécuter amp;nbsp;garder fans acception de perfône.Fera eftablir Courts de luftice ou Juges par tout ou nâen y a point amp;nbsp;ou ils font necelïà ires. Ne pourra euoquer à lôy aucunes caufêsamp; matières pendantes CS Cours des luges ordinaires fôient ciuilles^ criminelles. Eftablira 8c. ordonnera fil luy plaift deux de fôn Conicil qui aientfintendance dés finances. Et tiendra la recepte gcneralle à là fuite auec conterolle par hommes efprouuez expers amp;nbsp;reiponfiibles qui rendront comte au Confeil de trois mois en trois mois ou de quatre en quatre amp;nbsp;finallemét à hifemblée gcneralle des Eglifes refformées de France.Et le tiendront lefdits Intendans amp;nbsp;Conterolleurs des commis approuuez en chafque prouincc.En ladite rccepte .âgcneralle tomberont amp;nbsp;feront apportez tous deniers amp;nbsp;reuenuz Royaux, tant du domaine que gabelles foraine amp;nbsp;cquiualant: que dâautres ordinaires extraordinaires amp;nbsp;cafuels: hormis ceux des tailles aides, ottrois, creuës amp;nbsp;taillons, qui ont accouftumé dâeftre demandez amp;nbsp;impolêz aux ef tats principaux ou parles efleuzen temps de paix-Et qui pourront encores cftrcimpofcz parles aflemblécs prouincialles auec les autres deniers de leurs fraizneceflà ires. Defquelles tailles,aides,ottrois creuës amp;nbsp;taillonsneatmoins,le Reccueur de modit fieur lePrince lcra tenu ou fes commis faire receu amp;nbsp;acquit aux Rcceueurs prouinciaux.-à la charge de compter pliant il fera ordonné par ledit fieur Prince. Quand auxReceueurs Ecclefiaftiqucs, ilsap- ' partiendrôtaulTi à la rccepte de mondit fieur le Prince. A la charge que les gagesamp;fallaires RegJ/ des Miniftres de la parollc de Dieu,Regents des Efcolles amp;nbsp;Colleges en ferot diftraits amp;leucz furie cômisamp;receueur general auquel en fera baillé fEftat par chacune prouinceamp;Gouucr- EcdifiaWq* nemât.Et ou le tout des dclfufdits deniers ne fuffiroit aux fraiz de la guerre; ledit fieur Prince pouttademâdercequiluycn ferabelôin.'Etlefditcs Eglilêsfeforcerôt deluy en dônertout côtentemétamp;ûtifFadiô poflibic.Plaira aulfi audit fieur,ordôner certain bo reglemêt fur la prinlê amp;nbsp;reduôtiô des villes.A ce que par bon traitemet amp;nbsp;hônefle côpofition: tous foientin-uitez à fe rendre fans crainte à ce party amp;nbsp;receuoir les commandemans. Non pas fopiniaftrer a tenir pour cftre pillez amp;*ranponnez.Mefmes ladite alïèmblce trouueroit bon quâen aucunes ces. villes réduites volontairement,ou apres fômmation: ne foit mile aucune garnilbn contre leur gré : Pourucu quâils baillent oftages des principaux habitans à renouueller de trois en trois mois durant celle poufuite. Toutesfois en cecy amp;nbsp;autres chofès femblables de la guerrerladi-tealTcmblée fen remet à la läge diferetion dudit fieur Prince.
Lâassemb LEE enuoia incontinant les Articles au Prince qui feftok retiré de Strasbourg à Balle: affin dâeftre en lieu plus commode pour negotier en Allemagne^ entendre nouuelles de ceux de Languedo ou il enuoia incontinant pour auoir argent. Et combien «luecclanefexecutaft fi diligemment amp;nbsp;heureufement quâils defiroient: toutesfois ceux de Languedoluy enuoierent quelques lômmes de deniers lors quâil eftoit à Balle. Plufieurs po-litiqucsfallerent rendre à luy dontfon parloir diuerfementamp; quelques vnseftimoient que tout cela eftoit vne farce Joüée parla Roynej mere pour amiilcr le Prince de Conde amp;nbsp;les Proteftans.Puis il voiagea par la Suilïe amp;nbsp;fut bien receu en diuers endroits. Sur ce auoir entendu que le Roy Henry troifiéme eftoit forty de Pologne amp;facheminoitenFranc«illuy eferiuit les lettres qui fuiuent drelfantfur ces entrefaites neantmois les plus grans preparatin darmée quâil luy eftoit polfibleSc comme Je vous fetay voir ailleurs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LettrwHu
Sire encores que lesapprefts qui fe font dedans amp;nbsp;dehors le Royaume: amp;nbsp;les effets condé ' qui depuis quelque temps fen font enfuiuiz: puiflènt donner occafion tant à moy, quâà tous auRoyde lt;cux lefquels lâns juftes caufos Dieu mercy (comme fo temps vo^sfera paroiftre) on appelle Jj^Pobgne fîditieux amp;nbsp;rebellcs-.de preparer ce qui eft requis à leur Julie amp;nbsp;necclïà ire defFénce.Cenéant- Henry 3. moins mâarreftant pluftoftà ce quâil à pieu avoftrcMaJeftémc mander par le Seigneur de Neuftiy,du défit quâelle à de pacifier tous ces troubles parvnebonne,equitableamp;aflèurée Paix: outre ce que voftre Majefté aura peu aprandre tant par la relance que Je luy en ay faite que par mes deportemens,telmoignans aftèz combien voftre commandement amp;nbsp;famour que importe a la patrie à plusdepouuoirfurmoy que tout ce qui me là uroit elmouuoir à pran-dteautre chemin. Toll apres ma relponcc jâay expédié vn Gentilhomme expres vers voftre Majefté auec vn brief eferit, contenant veritable amp;nbsp;ample declaration de toutes les doléances uelquelles ont précédé amp;nbsp;découlent encores cestempeftes. Elperant que par la pluftoft que
par
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pa r les tiniftres rappôrcs dâaillcursjVoftrcMajefté fe rcprefentant ce qui y eft dediiit.Côfilt;ifj^ JapuHià nce que ce grand Dieu luy à donné d'y remédier comme en vn inftant feinijn' chemin à la voie des armes amp;nbsp;faifant ouuertureà luftice amp;nbsp;équité. Mais Dieu à voulu Ã'quot; ccluy que jâay enuoié, nâaiant rien peu comprandreà la vérité touchant voftre chemin vne infinie diuerfité de bru^s: fen cft retourné à demy chcmin.Surquoy mâeftant fcruyiit''' queMonfieur de Thoré pour mefmcs effets feftoie ja approché de Sauoye comme je Oâî que voftre Majedé aura entendu: jeluyay dreffé le mçfmc eferit prefumant quâil pouuoquot; auoir plus certaines nouuelles du pafTagede voftrc Majefté, pour luy faire tenir auec lespit' fentes. le vousfupplie donç tref-humbicment, Siregt; quâil vous plaife receuoir amp;nbsp;prandre^ , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bonne part ce prefènt eferit comme vray tefmoin de ma droite intend on amp;nbsp;de tous ceux qUi
font pour leprefent en pareille côdition que moy:laquelle intâition,nous clpcronsqueD'^â nou s fera la 3 grace de prou uer pat tel effeâ de parfaite fojcôfion amp;nbsp;obciflcncc: que tous ôfr tredifans auront îa bouche dole. Si voftrc Majefté en receura plaine fatiffaâioij: jcfuppn^, créateur vous .donner. Sire, en trefhcureufcjamp; tref parfaite lânté, tresbonneamp; longucvieâ Hepeinhein 1«, 2'2. Juillct 15 74..,
. Jc.vous ay cy delTus dit que la Noue eftoic party de la Rochelle pour aller en Poitouflô»' ruillctiî74, ncrotdreà Lufigncnamp; Fontenay le Comte à caufè que farméeduDuede Montpenfien achcminoitfeftantdenouucaufortifîédcs trouppes tant de pied que de cheualjdcfff^ Matignon fefioitferuy en fexpeditio dcNormadic aufqucls la plus part desfoldatsprisà »®' Lo Carétan amp;Domfron feftoient incorporez. Ainfi tous enuiron cç temps paflèrent*^ RiuieredeLoyre.
Ce pendant le jeune Comte de Montgommery arriiiaà la Rochelle enuiron le de ce mois cfchappc dâvne infinité de hazardz Si dangers: tant que en fin il fembarqliaa Comtede tac deux lieuës presduCroifil en habit diffimulé pour pafïcr à la Rochelle. Mais il fütp® Montgom- par le Cappitanc Brunet de fifle de Ré. Lequel comme fugitif de fon pays à caufe des iwââ Rochclîl bles.faifoit (à retraité en Ollonnç Si autres hautes du bas Poitou.Si bien quâauec quelqucd^ luppc amp;nbsp;barque de guerre efpioit par fois fâ bonne aventure par nftr fur ceux qui alloicni^ vcnoicntà la Rochelle ou Ifles prochaines, Le Comte le rendit à luy ne le conoilTant prennant pour eftranger. Auffi quâil fè difoit Anglois. Ce quâil creut facillemeiit, dâautant quâil en parloir fort bien la langue. Et auffi q uâil en portoit lâhabit.!! le laiflà aller ncantmou^ fè contentant de luy öfter douze ou quinze cens liures quâil auoit. Ainfi fe retira à la Rochelle. Quelque temp apres Brunet fut pris par les Protefta ns amp;netrouua plus grand fupp^i' poiu fâdlliuranCe Si rançon honnefte, que le Comte qui luy vfâ de toutes les feueurs dont » ut requis.
D e V X jours apresFrontenaypuifoédeRohanamp;laNouëarriuerentà laRoclKlIetâ'' retour de Lufignen. Ou ils trouuerent le Comte quâils feftaierent en toute forte de confolct delà mort de feu fon pere.quâil nâauoit encorefeeue que depuisfon arriuéedexortantconnn^ bon fils amp;nbsp;heritipr de fon perc, dâimiter pareillemct fa vertu Si confiance quâil auoit monlli^ jufques à alfin.Et quâils faffeuroient que le fouuenir de finjuftice dont lâon auoit vféà lendroit dcfon^erc:ne fcroitenfbn endroit quâvn plus grand feu pour lenflammcr auzeledeCtH^ Caufe.
. , ,5 f. t Tousjous la Roync cependant continuoit fos propos pour induire la Noblefïè Proteftant!
Si les communautez jointes auec elledepofcr 1er armes à toutlemoinslesfurlèoiramp;fiiit deSotw^ ftttelque trefue: pendant laquelle on peut auifer les moiens de faire vne bonne Paix.Pourcdi uai à la Ro- cffetfà Majefté depefeha à la Rochelle laDame de Bôneual enuirô le quinziéme jour dâAoût auçç inftruélions Si articles quâelle propofà de la part de ladite Dame aux Proteftâsdc Gui«' ne amp;nbsp;Poito.u quâils receurent. Puis luy refpondirent ce qui fuit.
Premièrement ils remercient tref humblemét fa Maïefté, que tous fès defleins Si deliböt' d cl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tendent à foulager SdBlonner repos aux poures amp;nbsp;affligez fujets de ce Royaume lefqucls
loisà la Da ont jufqucs icy cnduré Sefouffrent encores maintenant extremes Calamites pour vouloirvi-ine de Bon- yjg fclon la purctc de lEuangille: proteftans que leur intentio à tousjours cfté Si fera de pof' â*** â ter volontairement îhonneur, fobeiftance amp;nbsp;fidelité au Roy que on fâuroit requérir dâvn pc^ pic bien affeéiionné à fon Prince.Cômc cefte nationfurtoutes autres â tousjours demóftK' Et
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Etdefifubjcdic aux Loix du Royaume, cfquellcs ils fupplicnt trcs-humblcment la di' de Dame les vouloir maintenir, auec les feurctez cydeuant rcquifcs: pour öfter la def-fiance amp;nbsp;inconueniens efqucls leurs ennemys les ont £iilt;ft tomber. Teftnoignansdeuant Diky quâils nâont aûtrc defir qu^ de Remployer à la conferuation amp;nbsp;grandeur du Roy amp;nbsp;du Royaume. Et pour y paruenir fè monftreront tousjlt;irs trelprompts amp;nbsp;obeyflà ns voyte jufqucs à oublier toflt ce qui concerne leur particulier. Que fi le bon plaifirde fa M A I E s T E cft, fuyuant ce qui à efte propofè par ladiéie Dame de Bonneual, de deleguer quelques perfonnes dâhonneur amp;nbsp;de qualité pour conférer amp;nbsp;refouldre plu -fieuts differands que les troubles on faid nâaiftre : Ils croyent que ce (croit vn moyen propre pour reftablir vne tranquilûé. Supplians cependant fadide Majefté, que leurs Députez quâils auoycnt enuoyé par deuers ceux de Languedoc pour pouuoir faciliter v- CâeftoitPo-nc bonne Paix auec la permiflion du lauf conduid du feu Roy amp;lefqucls'a«ec mcfpris Si peu de rcfped de fonaudorité ont cfté arreftez prifonniers : fbyent remis en liberté amp;nbsp;icnuoyez en toute feuretc ; afin que par cy apres ils nâentrent en deffiance quand iJ fera queftion de traider amp;nbsp;communicquer des affaires qui regardent le bien amp;nbsp;repos de ce Royaume. Auec cete refponce la Dame de Bonneual fen alla deux jours apres : non fans grand foupçon dâaucuns ( comme en tels temps les hommes ont les efprits fretil -hns,foupponncux, amp;propres, à le doubter de tout) quâelle nâeftoit venue à autre intention, que pour braffer quelques menées lectettes amp;nbsp;praticquer aucuns de la ville. Dont' mefmeellc donnoit quelque attainde par quelques fiennes lettres furprinfts amp;nbsp;diuul- ââ
Aflêmblée
E ces mefmes jours quelques trouppes Catholitques coururent cz enuirons de à iaRochd-b Rochelle. Où ils tuèrent amp;nbsp;emmenerent quelques prifonniers: amp;nbsp;donnèrent fi préz de la ville que plufieurs doublèrent de quelques intelligences. Occafion que la Noue arriuéânées des Ca en la Rochelle, on fit vne aftèmblce Generale au Temple Saind Yon le leuby dixneu-fiéûnc dudidmoys. Où^l did auoir reccu aduertiffement de bonne part de certaines pratic- ics.
amp; intelligences fecrctes dâaucuns de la villeauec les Catholicques. Lelquelscôm-w il cftoit vray fcmblable , ne fe prefentoyent poind fi prez, ne fi en petites trouppes^ quâil nây euft quelques focrettes menées. Aqûoy ileftoit bienneceflà iredâauifordeprez. Lnefarrcftcr tant fur Lufignan amp;nbsp;Fontenay où les Catholicques faifoyent femblant dâa-^tefler leurs dcflcins: que ton ne regardaft à la Rochelle qui cftoit le feul blanc Gules' Catholicques vifoyent. Leur remontrant que lâordinaire des plus braues Guertiprs , qui vouloyent hcureiifcmant conduire amp;nbsp;bien aftèurer quelque entreprife ; auoit tousjours icfquelle» eftédéfaire courre le bruit, ou tenir contenance dâaller ailleurs quâau lieudefiré:affiii de le furprendre auec le moins de peine , moins de temps, de frais, hazard amp;nbsp;effyfion de fang qu'üs peuuent. Vidoires dâautant plus louables, quâelles procèdent principalc-ment de tEfprit, ( la plus .noble amp;nbsp;excellente partie de thomme ) plus que du Corps. Les actions amp;nbsp;auantages duquel, font communs auec les plus ftupides amp;nbsp;plus mefohans du inonde. Voire auec les beftes brutes: la plufpart defqucllesencor, fenpeuuentpre-ualoir fur les hommes. Fut partant propofè de chaftèr de la ville tous reuoltez Sc autres q^^lon tenoit fufpèds de longue main. Cependant les Gardes furent redoublées amp;nbsp;le tra-â*âildes fortifications de beaucoup augmente.
Comme doneques les Proteftans cullènt délibéré de pourfuiure la négociation
b Paix dont je vous ay parlé : auflfi toft que le Roy eut enuoyé les paffeports à ceft ncgociatiS du quatriéfine May, pour deux moys commançans aiitjour de la certifficatioh de dclaPaix.
â'fon, auquel il failloit mener les efluz à cete charge ) ils choyfirent Popelliniere pour â w Nobleffe amp;nbsp;leFeure dit Tilleroles pour la Rochelle quâUs enuoyerent en Dauphiné,Lan-guedoc amp;nbsp;cartiers prochains. Puis Peletier Secretaire du Roy de^auarre vers le Comte de Môtgôinery amp;nbsp;affociez.Qui toutesfois tourna bride à my chemin,aiantfceu la prifo duCom« ^ede Montgommery amp;nbsp;de S. Locomme vous aucz veu.Lefquels auoir pris leurs certifficats ïS. leandâAngely ou cftoit Biron amp;nbsp;paffé Pons, puis Bergerac ou fur le commancementde arreftez par
ils cômuniquérent auec le Baron de Langoiran: Delà prindrent le chemin de Quercy
P^urfe rendre à Môtauban.Mais aprochans de Quoflà dc,sils furent arreftez parles coureurs c^ercy Ggg
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Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
de Clermont de Lodeue Gouuerneur de Qucrcy ( forty en ce temps de Cahcrs aiiclt;: toutes les Garnilôns de Ion Gouucmemcnt pour prandrc Poilac petit fort ou iltenojtcquot; vain quelquesharquebuziersaflîegez) . Doùmeneza Cahors auec prcmeflèdcliberte^'' îcndemain: apres quâils curent leü leurs inftruâioni, furent toutesfois arreftcz parîau'S de toute la NoblclTe qui eioyt là alTignéc pour les Eftatz par le commandement d» Gouuerneur aulTi toft quâils eurent feeu la mort du Roy: p^T le decez duquel les Ma' giftrats amp;nbsp;Officiers difoyeht quc'le pafleport nâauoit plus nây force ny vertu . Etqu'a^ refte leur négociation nâeftoit que couleur amp;nbsp;prétexté à quelques menées quâils alloyeni bralfer auec leurs freres. Pource, quâil en failloit aiioir îaduis bon plaifr delaRoy ne Mcfc deuanç quâils fulfent rclafchcz du logis du Gouuerneur où ils pourroyent dc-mourer en plus de feureté. De quoy extrememant fâchez amp;nbsp;plus encores que la r®-lution en auoit cfté prife fans les ouyr: prièrent le Gouuerneur de les ralTembler tous au matin, pour cftrc du moins receus à delcluirc leurs raifons pour lefquelles ils en poutroicut faire changer foppinion à aucuns. Ce que leur eftant accordé amp;nbsp;introduisis en faflembk^
Messi EVRS nous euffions fort defiré que fiir la refoltirion que vous print« Harengue hycr de nous arrefter jufqucs à la premiere depefehe que Ion vous enuoyra de Court, nous euffions efté ouysîou du moins que lâon y euft confiderc deux choies. Carbkà ftatsdc pelees elles nous.cuflent nloycnné pour ce retardement, vne hberteanurec de marenn endroits où la faucur de noftrc pafteport fcmble nous conduire, chirdeprifö L A premiere eft le mal-heur non moins cuident que certain : voyre la ruync int*â' y- â table de tout ce panure Royaume fi fon /ompt cefte negotiation de Paix. Toushfiâ' . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, mes nâont que deux temps amp;nbsp;moyens pour reiglcr amp;nbsp;conduire les aôlions de leut vit'
r ' fçauoir eftla Paix où la Guerre. Si la Paix eft empefehée de produire fes heureuxd* Teds: faut par neceffité que la Guerre faute en place, afin que^dâvne main /ânglanteamp; licentieux desbordemens : elle couurc iâeftenduë de cette monarchie dâvn monde deiââ' 1ères amp;nbsp;fi extremes calamitez, que ceux qui defdaignent la Paix fextimansles plus«' furez en temps de Guerre ; en feront peut eftre les premiers acablcz : comme nous^' uons veil aduenir en tout temps. Or la Paix fempefehe par diuerfes fortes. Oùparmoy cris dircôlZjôc ouuerts : où par indireds, deftournez amp;nbsp;inconneus. Les dircéts amp;nbsp;dinaircs l^nt quand ceux qui négocient la Paix ou qui ont puiflà nce de lâaudorifer lt;1*-\ ' ; ilent haut Sc clair quâils nâen veulent poind : où ne la peuuent receuoir pour certai'nts fl- raifons . Les indiredz amp;nbsp;extraordinaires fent quand on reçoit fi mal les entremetteurs *' *quot;dâvn fi bon repos: quâaueclebon vouloir on leur faid perdre l'enuye de pourfuiure ce quâils auroyent bien commancé . Où que Ibus quelque couleur on les retarde crainte quâils ne paflènt outre à lâeffed dâvn fi grand bien . Surquoy je ne puis penfer que le femblable ne vous foitaduenu en cefte ville. Et crains fort que tant ceux de noftrepat' ty, quâautres Catholicques qui font tous affedionnez à la Paix: ne prennent denofttt retardement vne oppinion amp;nbsp;aftcurance, que nous empefehans de pourfuiurc , pour Paix vous ayez choyfi la Guerre. Et que femblables inconueniensvousaduicnncntqui font aduenuz à dâautres pour moins de raifons . Vous ne vous pouuez exeufer de dire que vous attendez nouuelles delà R o y n e M e r e Regente. Car premier quelle vous aye efeript le temps de deux moys qui eft toute la vie de noftre pafleport, feram ny: ftù fi auant efcoulé quél ne nous fauroit refter aflèzde temps pour parler feulement à ceux de Languedoc : Tant fen faut que nous ayons aflèz de loyfir pour le retour. Eæ quoy je confidere deux chofes djgnes dâeftre bien remarquées. La premiere que la nequot; gociation fe perd comme^âay did . La féconde que lâon pcchc en cecy tant pat flûte particuliere,que par lâexemple de plufieurs qui tous fe reigleront en cecy. LcsCa-T H o L I c V E s à nous retarder ailleurs comme vous faides, tant en celle negocia-tion comme en dâautres. Les Protes'tans à coofiderer le tort qu'ils eftimeroui * leur eftre faid, retenansainffi les D e p v t e z , la perfonne dcfquels ils nâeftiment moins que
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que U leur. Qui leur ïêra vne belle occafion d'en faire le femblable à voz Députez pou*' diofe que ce foie.
LâAVTHORITE amp;reuerance que les Grecs portoyent aux Ircnophüaccs j ceuë comme de main en main par les Romains, pour les Faciaux amp;nbsp;depuis confirmée fadeur! par amp;nbsp;acteuë par la Majefté de noz Roys vers les Heraux dâArmes : Puis ceux là ne lem- ȍ-utesNa-Mans allez fuffiûns pour rraider choie de grande importance : vers les Ambaflà dcurs porte Paix: cft fi notoire par tout, que ce Icroit elclairerau Soleil dâen vouloir parler plus 3u long déliant ceux qui mâen peuuent plus dire que je nâen Içaurois conccuoir. Sieft-eeque pour faire mon debuoir fur-cc qui/offre, je nâoubliray trois exemples : Le faid dcfquels eft Ci remarquable que lâon ne doit mefprilêr les inconueniens qui en peuuent aJuenirjfinous les fçauons bien accommoder à noftre particulier. Le premier eftfex-treme mifere.-en laquelle les Tarentins fvn des plus riches amp;nbsp;belliqueux peuple dâItalie; fe veirent reduids par les Romains , feulement pour sâeftre mocquez de la charge de leurs Ambafiadeurs qui les alloyent prier de donner la Paix à ceux de Blindes leurs aifociez. Car les Romains, ayans jedé vne grolTe xArmée en Campagnée: y continuèrent le fiege julques a ce quâauec îhonneur les Tarrentins y perdirent la vie, leurs biens -amp; la liberté mefine. Lâinfolence du Marquis de Guail Lieutenant General pour Charles' le Quint Empereur en b Lombardie : ne full elle pas occafion de la plus longue amp;nbsp;cruelle Guerre qui fut jamais entre les François amp;nbsp;Efpagnols par 1 excez quâil com-mift ez perfonnes deANTuoiNE Rinconamp;Cezar Fregose que la Majefté enuoyoit Ambalfadcurs vers le Turc? Vous ne trouuerez mauuais,ains prandrez en bonne part fil vous plaift ce que je reprandray de plus frelche mémoire. Vous prote-ftant neantmoins que je ne reçois moings dennuy à le reciter que jâay receu de fafeherie lors dufaiâ amp;nbsp;de defplaifir mefines toutes les fois quâil mâen fouuient. Le Sieur Rapin enuoyéparfeu Moniteur le Prince de Condé auec lettres, audorité, creance amp;nbsp;ample paffeport du Roy: porte? lâEdid de la!Paix fan cinq cens foixante-huidà Meflieurs de Thoulouze qui auoyent charge delà faire publier, comme les autres Parlemens auoyenc jafaidtfutfi mal receu amp;nbsp;fi indignement reconneuës les bonnes nouuuellcs quâil por-toit : que fa mort leur confia plus de dix milles Creatures, la perte delà valleur de dix millions dâOr j le feu, le là c amp;nbsp;piteux rauage des plus belles mailôns deleur Scnelchau-cée. Somme que lâaudorité des Ambalfadcurs mefmement des pone-Paix : le non lêul de laquelle vousdeburoit faire plorer de joye: à de tous fiecles efté telle vers tAitesNations: que chacun, les honnoroit, tous fefiimoyent heureux de les carreirer:amp; leur fai-foit on largue en tous lieux pour les lailfer palfer à leur plaifir : Sans porter autre cho-fêqueîhabit SeJa Veruaine pour marque de leur charge à courir par tout le monde: au lieu des palfqxirts de noz Roys qui encores ne fuffilènt pas. Et quelle plus grande feurcté nous poiirroycnt à lâaduenir donner noz Princes ? Sâils rien ont de plus grande qui pfera entreprandre de négocier? Si fon nâofe le mettre en chemin, comme le pourra fela Paix ?; Sicile nelê faid,ou fera la fin de noz maux? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
â¢nul;..:. nbsp;nbsp;; nbsp;nbsp;nbsp;.â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ï
â¢ni.. REST E âà rclpondre aux railôns , fur lefquclles vous fondez la relôlution tque vous prîtes hyer de noftre 'rètardement . Si jâay efté bien informé amp;nbsp;que la me-moyre ne me faille en ce quâon m'a rapporté , vous n'infiftez que lut deux confidera-tions. La premiere que ponrjla mort du R o y qui nous donné le paflèport noftre .charge eft expkce . La deuxiélme rieft quâvn foupçon que vous aucz fur le retardement du palïèport, qui vous lemble auoir efté donné bien tard apres la fin de la Con-icrance demandée .. Ce qui vous faiéb imaginer plufieurs chofes contre la vérité . Au premier vous confidererez le R o y ou comme publicque oiBcomme priuée perfbnnc, Au premier cas if ne meurt jamais non plus que.le Pape-, Em p erev r où autre Potentat. Confequemment le paflèport doit tousjours auoirâfaTorce:eftant mcfmemanc depefehé par le commandement de la Royne au joùîd'huy Rcgente, qui ne defircpas moins lâconferuation des fujèts de la Majefté qu'elle fiufôit lors. Dauantage câeft choie aflurce
Ggg Jj.
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Aouibi5/4- totts tels aélcs fon doit conlîdcrcr la fiiEflancé amp;nbsp;la fin piûfioft ^iie Jà qui nâcft quâvne folemnité exterieure . Mais la fubftance but de ixftre paifepoii^*' la Paix qni nâeftpas moins defirable, voire beaucoup plus à fouhaitteraiijoiirdâhuy^'^^ nous ne ipauons pour qui nous combatons, qu'au tcmpgt;s de noltre depefi-he. Car pol'* parler Jamp;ineniet«, le feu Roy nâauoit point donné ce pafleport pour luy, ne pour auf 'jquot; lien particulier refpedl. Car foil en Paixfoiten Guerre il eft tousjours Roy. Maispourlf^ fubjets quâil defîrc exempter de tant de mal-heurs, que ces Guerres ciuillcs leuram^ nent. Puis donc que telle, fi honnorable amp;nbsp;aduantageufo pour nous tous, eftlafin^^ noftre pafleport : me femble que dilputter fil doit cftrc relpcdé amp;nbsp;refondre que nc®' eft ouuertcmcnt choyfir la Guerre amp;nbsp;bannir la Pabx de fon pays. lefçay que vousau^^ vne Maxime ordinaire . Mefmemcnt Melficurs les Magiftrats, qui porte que toustnsÃ' démens expirent par le deces de ccluy qui les à enuoyez. Mais jâay aulfiaprisamp;veucâ vne infinité dâendroidls ôbferucr, que celanâeft quâentre particuliers amp;nbsp;pour faidpâ^' culicr: non entre perfonnes amp;nbsp;pour affaires publicques: Et qui concerne le bienou^ mal de tout vn pays. Comme il y a vn certain bien en la nature qui eft jvüe, bon# raifonnablc par tout, en tout temps amp;nbsp;entre toutes perfonnes: Auflî doit il dire cherche, fiuyui amp;nbsp;praticqué en tout temps : fans auoir cfgard aux perfonnes defqucâ -il pourroyt finnbler procedder. La Paix eft vn fi cuidenr amp;: afleurc bien pour tous ucrfellement: que fi lâon ne la cherche autant apnes le dccedz du Roy qoe deuantd^quot;! a celluy qui ne nous jugera efguarez de cerueà u amp;nbsp;fi,abandonnez de Dr ev nous verra bien toft nous précipiter nous mcfoncs à noftrc euident mal-heur : fion fe prefontc aujourdâuy plus belle que jamais. Et comme elleeft chauucjdlcl^f^' tirera fi loing, que nous nâaurons à laduenir moindre raiion de nous plaindre de nousniO' mes , que de regretter le bien que nous reculons de nous auec fi maigre apparancf* Au finipçon du pafièport que vous fondez fur le retarderrtent de la defpechc. VousV*' uez encores moins de raifon. Nommément pour Monfieur de Biron, perfonnagequot;'^ recommandé par les remarquables foruices qu il à tousjours fiiéts aux Roys deffinâ*^*' 'Notamment pour le merueiileux defir quâil à a la Paix, la peyne quâil y a prinfeamp; moyens quâil y employe pour lâaduanccr au mieux de fon pcflible ; Voyci donc #^ vous efclarcir jour poui jour de ce que le datte du pafleport eft plus vieil que iattaf^ -de Monfieur de Biron. Le pafleport nâeft dade que du fixiéfine May : amp;nbsp;cornrac aflùré, quâil ne fut enuoyé auflî toft quâdcript ; du moins huid jours fefcouletent mier qift Monfieur de Biron le recent qui enuoya puis apies le iaaré fouoir à Monfcul de la Noue afin quâil efleuft perfonnages pour .la negotiation delà Paix ccmmancc^' Ce qui ne fo peut faire en huid jours, car il fallut aflembler toute la NoWeflê poquot;' ;cn choyfir ou les plus propres où les plus agréables à telle, charge. En fin jefuscfifâ 'pourcepeut eftre quâils me voyoyent des plus affedionnez à la Paa«, Défaitfî h qjlaifânt fouucnir dos grandes pertes que jâay fouffert aux Guerres pafféesmây doit donner; la crainte que jâay de perdre lcrefte que D i ev mâa prefèryé amp;nbsp;non moi'â* ÃAint^r au bien amp;nbsp;repos de mâa patrie, my affedionnent encores : dauantage. Ceneii* aflèz. Car le principal amp;nbsp;de plus dâimportance eftoit la depefehe, quâil enuoyaà Mo'â' fieuidcJaNouë pour le prier que les Députez allaffent prandre les paflcpdrts defa mï*quot;' Tout tcela 415-1.0 ne le peut faire fans retardement ; Si bien que tout raifonné nous iâ® â¢jftouuions partir d,e la iRocihe l l e quelc vinthuidiéftne May , quand feuft eftépoâ' .fihofe de plus grande confoquanoc que cefte-cy. Ccfontles raifons defqoellcs il -foüucnti depuis lefoir dâoyer, pour vous fos mettre douant les yeux amp;nbsp;les bien afin que craigniez non fêulcnaent nous(fâire'COrt .amp; à tout le General de laPratioe, mais vousuæfincs principallementmefprifà nsilaPaix quâon vous prefonte-^ Pouraymer .vous embrouiller en GiÃrre fi mal-heuiieufo Stplus dommageable mille fois queM* tfoess Auoir finy le Goaiuerneur'les prie defè retirer pour prandre refolution fof â¢monftrances.Maisquelqtte jiemps aprpsleGûuucrncuf leur dift, que pour rie vouloiij^' trader Jeur aduis.,pres des deux 'tiers pènfiftôycnt en leurprem.icrc conclufion. Et quâau reu ik:nefofiichafîènt poin£,attcadani riouuclledela Cour où il enuoya quinze joursapres.Aâ^ . .. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iDoy^
-ocr page 479-moys defquels la Roync commanda quâils fuflènt deliurez j conduiéls Si fauorifez félon leur qui fut d'eftrefoudain accompagnez à Mon t a vï an où arriucz le lendemain, Si trouuantTcrrideamp; autres pres de facheminerauxEftats de M 11. l av d en Rouergueyaf^ fignez par les Proteftans de la France amp;nbsp;où le Prince de Condé amp;nbsp;le Marefchal Danuillc a-noient jaenuoyédes accompagnèrent pour y faite entendre à tous le contenu de Icuf charges en ces mots. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Messievrs comme je ne fay doubte que les plus auiféz ne reiglent leurs affai-res felon que fe preféntent les occafions. Et moins encor-quâils ne changent dâauis félon ' les occurrances qui fé rencontrent parmy le cours de leurs defléins : Auffi me tiens-je afluré quâil y à vn bien en nature lequel conneu par la vérité qui eft tenu cachée en chacune chofé; fe rctreuue perpétuellement bonamp; honnorable à tous hommes, en tous temps, en tous lieux amp;nbsp;en tous affaires. le dis cecy pour deux occafions.Car lors que les Seigneurs, Gentils-hommes amp;nbsp;autres de Guyenne amp;nbsp;Poytou nous prieront de nous acheminer en ces pays pour la négociation de la Paix : le temps eftoit tout autre quâil nâeft, les resenautreEfiatquejenelcsvoy. Et que les pcrfônnes mefmes changées depuis deux mois gue. que nous partifmes de la Rochelle. Conféquammçnt ce peut faire quâor que vous euffiez eu au temps de noftre depefehe quelque Religion en la : Paix fi eft-ce que par le laps de temps, les affaires fé portans mieux en apparance que lors : le Roy Charles decedde depuis amp;nbsp;autres Seigneurs Catholicques, femble que conformant voz defléins felon les occafions qui font depuisfuruenuës : vous ne deuiez auoir tel zele à la Paix quâon vous prefente : que vous euffiez peu auoir lors de noftre depefehe. Neantmoins fi vous auez efgard à deux raifôns. Premièrement à ce qui eft bon, honnorable amp;nbsp;prolfitablc en tout temps, en tous affaires amp;nbsp;entre toutes perfonnes : puis a lâincertitude amp;nbsp;perpétuelle variété des chofés humaines: le mâaflure que vous nây aurez moins dâefgard quâau-tresfois. Non que je vous auancc ces propos amp;nbsp;autres qui fuiuront pour vous perfua-der feulement vne Paix. Ains auffi pour vous faire entendre que noftre charge nâeft moins honnorable amp;nbsp;preffitabà à tousquâelle eftoit lors amp;nbsp;du depuis que nous auons efté retenus par les Catholicques qui ont retardé noftre négociation. Enquoy il ne me fém -ble auoir moins perdu que nous: pourauoir dâautant différé Je bien que la France re-ceuraj encores que bien tard de la pourfuitte defini repos. le ftay que fi les hommes, tnefmemant ceux qui ont charge du public: pouuoyent prcuoirles bons amp;mauuaisac-cidens en la pourfuitte de leur charge: fans doubte nous aurions beaucoup plus de moyen de conduire à heureufé fin les entreprinfés qui nous font milés en main. Jflais dâautant que D I E V fcft referué la prefciencedelâauenir, comme grace a luy particuliere : nulde nous ne fe doit plaindre fi par fois le cours de fés delfeins eft entrauerfé par vne mauuaifé rencontre , Quand à nous pour vous monftrer que nous ne nous plaignons des trauerfes quâon nous à donné, finon dâautant que nous en voyons le bien de tous en General retardé : lâen fairay le difeours pour reuenir au poind de noftre charge.
mere su.v Æ, Eliats aiktn blcz pour les Eglifes « Ptuicllan-tes de la France à MilliudCa
Comme le Roy eut dés le fixiéfme Mars depefehé Monfieur S t r o slt; i vers la Noblcfïé Proteftante (quâil treuuafur les^rmes) pour fçauoir lâoccafion de leur Ic-uée: amp;nbsp;fils ne faidoyent point des moyens de ceux qui fiius le nom du bienpublicq, entreprennent de changer lâEftat quâils cftiment mal gouuernépar quelques particuliers; amp;nbsp;que retourné en Court auec refponce euft afleuré fa Majefté quâils ne debatoyent que pour le faid de la Religion: il eut charge le vingt-quÿricfme Mars de retourner par dciiets eux auec les Sieurs de Biron amp;nbsp;Pinart Secretaire dâEftat pour auiféraux moyens les plus propres à les contenter par vne Paix , quâils auoyent charge de moyen-ncraueceux. Lefquclsneantmoinsfeirent reffus dâentrer en aucun Traitté fans en com-municquer premièrement à leurs Confederez de toutes les üglifes de France. Et que pourceil eftoit befoin auoir amples amp;nbsp;affurez pafléports pour enuoyer à leurs Compagnons ïffemblcz en diners endroits de ce Royaume.Dequoy fexcufà ns les Ãeputez pour nâen auoir chargctlointquâils plaignoient le têps qui cependâtfefcouleroit en vain-.Les Sieurs de la Religion ne fepeurent en fin exeufer quâils nâentraflenten traitté de Paix pour les côfiderations
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Aouft, 1574.
qui fuiuent. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,
Premièrement puis que le Roy les reconnoiffoit tous fos fujets : au moins luy deuoyen*â ccdeuoiramp; rcfped, dâentendre fà volonté: Secondement pour le blafinc quâils euffent ac^*â® de defobeyfïà nce amp;nbsp;rebellion, fi fondans leur Guerre fur vne neceffité amp;nbsp;reffus que leur**âquot; les Catholicques de viure en repos: ils bouchafïènt les ouyes à la Paix dont le Roy diw *
⢠vouloir affurer. Ce qui ne leroit feulement trouué mauuaisdetous bons François: auflideseftrangers lefquelsà ces occafions pourroyentperdreenuie delesfauorilêr. cernent que comme tçus traitezâamp;Confcrances ne font que vaines parolles fi Ion nevâ^^' à felfed: La proteftation que feirent les Sieurs delà Religion aux Députez de faMaj® , de nâentendre par cefte Conferance préjudicier à faffociation des Eglifos : ains de remett** la conclufion amp;nbsp;aueu de tout au confentement amp;nbsp;refolution du refte des Confedercz.'lc*^' eufè fufhfamment Fils c nt commancé ce pourparler, fans le foeu de leurs Compagnons.!®^ que ce fera auoir dâautant plus auancé la Paix qui pourra fuiure de cefte Conferance,q***âquot; ... faura pluftoft commancé. Et par confèquant les priuer dâautant plus de miferes que la G**^â'
- re plus long temps continuée euft apporté. La Conferance ainfi accordée à Enandesp*^ la Rochelle; lesDeputeÿde fà Majefté infifterent fort quâaucuns nây fuflènt compris ceux la qui des fufoits pays de Poitou amp;nbsp;autres, Feftoyent aflcmblez en armes: dâautant qu^ Roy auoit enuoyé dâautres Députez ez autres Prouinces à femblable effed. Aquoy îoâ voulut prefter lâoreille tantpour la promeffe reciproque portée par falfociation de toutes Eglifos : que pour ne donner tant foit peu dâoccafion aux autres Confédcrez,dcpenfetlt;lâ'' on fo voulut diuifor dâcüx comme ils eftimoyent que lâon les vouloir partialifer par ce mû*®â' Si quâen fin y furent receus pour le General. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Baifôspour entrez en matière amp;nbsp;recherchez des demandes quâils vouloyent faire à là Maje^®â ils Prote- fê conformèrent au plus prez quâils peurent aux Articles prefontez au Roy par les Eftâts ftansdePüi nuz en Languedoc amp;nbsp;à ÃEdiét de Pacification deîAn mil cinq cens foixante dix, duqâ** tongenefiquot; îL requirent fentretien amp;nbsp;obforuation. Premièrement pourcc quâils en auoyent efté in)quot;' rent plus nbsp;nbsp;ftemcnt priuez comme de chofo qui tant juftement amp;nbsp;fi foknnelleffient leur auoit efted®*â'
nundwque ⢠Voite que pour I3 fcconde occafion, il fombloit (difoyentils) quâil nyaye eu de lâentre cuns particuliers qui les en ayent fruftrcz. Veu quele Roy tefmoigne ouucrtemcntp®*!^ dn de^Palx Icttrcs amp;nbsp;autres declarations quâil en feit apres la journée de Paris,quâil nâentend îauoir r®*®' pu.Dauantage,puis que cftans lors fur fauantage ou du moins plus forts quâils ncfcvoioidâ a prcfont:ils Fen font contentez:lcur a fomblé raifonnable la demande de cet Edit. loinétq**^ ce leur fefbit tousj ours honneur de fuiure les vertueufos traces de tant dePrinces amp;Seigneiâ*
qui les armes en main Fen font bien trouuez Fatisfaids.
⢠Quand aux chofes qui font furuenuès puis apres comme depuis la journée de Paris ⢠ils onteftimé raifonnâble dâajouter quelques Articles à cet Ediél de Mil cinq censfoixant' , dix.! Gomme pour le regard des Arrefts amp;: jugemens donnez contre les decedez amp;nbsp;aO' tres : que tout fut caflé, ain/î que le Roy leur auoit promis par câeft Edid, pour les Arreft* qui auoyent précédez . Ainfidesfortiffications, dâcfmentelemcns, prifes déplacés,co*â' : feófion ic poudre, exadions, emprunts, ventes aypothecques des biens dâEglifes amp;nbsp;autres telles chofes, y procéder par mefmes Requeues que Meflieurs les Princes feirent pour le* Guerres des années Mil cinq cens foixante dix. Et ce pour ceux qui ont jufqucs à prefeâ perfeueréen la Religion. Mais comme les Députez Catholicques euffent parlé Fy IcnteiuOâ quâils en refroidiflbyent dâautant les noftres:Fils nâen auoyent premièrement faduis deleu**
freres Compagnons : ils^eirent tant que le fixicfme May amples palTeports nous fuieâ* enuoyez fouslafaueiir deiquels icy acheminez, nous ne defirons que fçaiioir quâelle voW | vous auez à la Paix. Et vous aflurer que ceux qui nous ont en uoyez vers vousJont aufli boU' gt;nbsp;ne que jamais, pourueu quâelle foithonnoraWeamp;afl'urée à tout le Corps des fîdelles. C' â peut faire que vous neferÃs fi enclins que nous: confiderans la condition amp;nbsp;projeddfi voz affaires, plus affuréfivous pourra, fombler quelenoftrc: Mais encor que lâEftat tan* . des perfonnes que des affaires amp;nbsp;du temps mefine foit autre amp;nbsp;tout changé : fi eft-ce puis nbsp;nbsp;I
la Paix eft vn bien honnorable amp;nbsp;proffitable à tous ceux qui îembraffent : aucun bien Icnic , neferadoubte de lâembraffer comme choie plus auanrageufo que la Guerre, incertaine^ plaine
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plaine de mifere. Ie fcay que pluficiirsjugeans plus de la lufticedâvnc Chacune chofè félon Raifons de laparcnce 8( eiiencment que felon le merite dâicelle ; pourroyent dire que la Paix ne fé doit hire, veu les moyens amp;nbsp;grands préparatifs à dreflérvne Guerre future. Aucuns pafléront P»k, outredifans quoy quâelle fe dâeuft faire fi eft-ce veu lâinfidcllité amp;nbsp;peu de tenue des Catholic- ⢠ques comme tant de fois nous lâauons expérimenté à noftre gragd dommage, -nous ne la de-uons foire: Et y en à dâautres qui maintiendront quâon ne fa peut faire. Veu l'abfénce du Roy, lâaitthorité duquel fémble necefïà ire pou r valider chofè de telle importance à tout le Royaume. Quand aux premiers qui nâen veulent poînt'du tout : fi jenelesmeéls au rang dcceuxquiaymentamp; efpgt;ercnt viure mieux de la Guerre que dâautres moyens quâils ayent: du moins je les prandray pour juger des chofés plus de paflion que de vérité : rcprehenfibles , tant par raifonseuidentes, que par exemple du paffé tirez des plus excellens perfbnnages qui turent jamais foit en Paix (bit en Guerre. Premièrement il ny a doute que pour bienamp; fai-nement juger dâvnc chofe non feulement fi la Paix nous eft bonne; ains de tout ce qui fc pre-fente pour different entre les hommes : le plus leur moyen amp;nbsp;la meilleure reigle eft debalen-cer les commoditez amp;nbsp;incômmoditcz qui peuuentfortir de ce furquoy vous cherchez vnc refolution. Car fi le bien, fi lâhonneur, fi en general les commoditez quâon en attend font phisgrandsquelesinconueniensôe defaftrcs quienpcuuentfuruenir: il faut fé refbuldrcà la prendre. Si au rebours les inconueniens font plus grands il la faut laiflér. Or quâen tout temps, quâen tous lieux amp;nbsp;entre toutes perfonnes la Paix ne foit plus profitable amp;nbsp;honnora-blc que la Guerre ; Il nâen faut doubter. Confequemmentà prefFerer: pourueu quâcllc fbitbien affeurée.Ce que je montreray apres que jâauray recité quelques exemples tant pour confirmer cela: que pour entrer au fécond poinéf. Qui eft quâencor que vous ayez de grands moyens, vousnedeuez rcfufér la Paix quâon vous offre dâaftcurcr. Câeft chofe arreftée quâaucun ne feut amp;nouyt jamais direquâhomme fogeaye jamais refufePaix. Et fi aucun feff oublié de lâembraftér : que fes affaires fen font tousjours mal portées. le paftéray outre amp;nbsp;maintiendray que les plus heureux amp;auiféz Chefs dâArmes ont tousjours les premiers parlé de Paix. Comme nous voyons de Cezar en la conquefte des Gaules amp;nbsp;contre Ario-uifl Roy des Germains amp;nbsp;contre Pompée mefme : puis contre le refte des Pompejans auf quels afieuré de fés grandes forces amp;nbsp;de fa viétoire il offrit toutesfois par quatre fois la Paix pourlebiendu publicq : foit que diffimule il ne vouluft quedâaiitantjuftifiermieux fés por-ttmans futurs par la neceffité à laquelle on le violentoit de fé maintenir fur la deffence de fés Armes: où que bien affeérionné au bien amp;nbsp;repos de fon pays il le defiraft par ce moyen le gîtentir de tant de maux quâil preuoioit deuoir fourdre dâvne Guerre fi cruelle. 1% faiéfluy mort, fon heritier amp;nbsp;autres firent tant de maux que la tepubhcque fen eft féntie à jamais.
P ailleurs encores que noz forces fuffent cent fois plus belles: prepoftererons nous le dc-iioirdes gens de bien amp;nbsp;plus auiléz perfonnages qui ont tousjours préféré le certain à vn ha-zardeuxeuenemant? Y a il chofe au monde plus incertaine que la Guerre amp;nbsp;plus variable que le penible train des Armes ? Plus inconftant amp;nbsp;mal affeuré que lâeuencment dâvnc en-treprinfe de guerre pour bien amp;nbsp;fà gemét côceuë quâelle puiffe cftre?Câeft pourquoy les plus cxccllans Capitaines du pafle,difoyent par deuis commun quâen fentreprifé amp;nbsp;coduitc dâvnc Guerre:lavallenr Sc nombre des hommesila quantité dâarmes amp;nbsp;de deniersiLe Conféil amp;fé-cours des amysiles vitailles amp;nbsp;proiiifions féruoyent de beaucoup;Mais que la fortune fé difoic yiaiftreflc de tous les euenemâs qui furuenoiét au fait des armes.Cômc ftlseuffent dit que le hazard inaiftrifoit tout. Pou rie regard de ceux qui rejettent la Paix crainte quâelle ne foit obferueepar les Catholiqucsilâon ne doit fé deftourner dâvn biei^de peur que mal en auienne. Mais vfor dâvn bien prefent amp;nbsp;fefuertuer pour obuier au mal auenir. Ce que feront ceux mefi bemant, qui par la confideration du paffé voudront remedier aux fautes premieres. Pour néant Dieu nous auroit donné la diferetiô dâentendement,fi nous ne laplicquions à faire proffit des fautes dâautruy. Et plus encor des noftres propres qui nous Hoiuent enfà gir pluftoft que celles d vn tiers. Si fon fe mocque de celuy qui bronche deux fois à mefme pierre: quâelle Condemnation mériterons nous, fi nous nous laiffons encor piper a cete fois ? Mal vit qui ne iinande. Encor quâil vaudroit mieux eftre mis au ranc de ceux quâon dit bien heureux qui c tendent foges par la remarque du mal dâautruy. Affeurons donc fi bien les conditions de Paix: quâil ne faille plus retourner aux vus nây aux autres. Et puis que cela gift prefquç
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-. â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en nous : Nous ferons juftifficz de tous rcfufâns la Paix, fi on ne nous pourucoit de
reféz.fuffifâântes a cet effet. Mais de le plaindre dâvn homme fans fçauoir cc quâil veiitdirC' ceft ade dâindifcretion non de preuoiance à îauenir. Entendons les parler lâouye ne nous «b enchantera pas. Si noiis ne reffemblons les mignons amp;nbsp;trop délicieux compagnons de Vit fès qui fe laifloycnt charmer ^r le chant des Sirennes. Encor ont moins de raifon ceuxq^ refufent la Paix . Pource quâils ne voient de Roy en France aucc qui Ion peuft contradefû^ nosfeurctez. Etquoy? doubtons nous de faire bien pourlabfcncedeccluyquinyapastani dâintereft quenous? Qjwnd ce Roy y lêroit, voudroitiloù pourroitilfairemicux quvnt Paix ? 11 le faut ainfi prelùmer dâvn jeune Prince, dâvn Roy nouueau à cette CoiironneF^' » quel outre cela il ne faut craindre que ladiuerficé de deux Religions le puiffe empefehe^' veu quâil en à maintenu neuf en Pollogne plus contraires que ces deux. loint la necd*''^ quâen à fôn piteux amp;: miferable Roiaume. Puis quâil le veut, que ne gangnons nousle teæP^' Aymez vous mieux que la guerre continuant : cent mille hommes meurent miferablemöâ'^ tant de places fe ruynent : tant de belles Prouinces fè gaftent, tant de biens fe perdent : tant de poures âmes fê dannent par le malheur de ces Guerres attendans là venue ? Mais dequoj je ms plains, câeft que fonmedit quâon ne doit amp;nbsp;ne peut on faire la Paix amp;nbsp;que câclHM' le maintiens quecefl nous tous François vnsamp; autres qui deuons: puis que nous pouuo^ faire la Paix fetils fans le Roy, duquel nous nâauons en cccy aucun befoin que pour la «tift' eramp;audorizcr. Premièrement pour le bien de qui fè fait la Paix? Pour Icnoflre feulfn'â doute.. loint auffi, que là guerre tourne à noRre mal feu 18e particulier dommage .LesRot® nxn fentent que le vent. Ils viuent tousjours Royallement. Tefînoing Charles fisjéfoc^®' quel peu fôgneux de leuenemant de tant dâentreprifes ques les ennemis dreffoiét furfonRf? aûmè: fut treu ué en Courne cerchant que fes plaifirs particuliersamp; gcnereufcmenttanccp^ la Hire amp;nbsp;Poton rctournans dâvne entreprinfè cotre les Anglois quimifèrablemét rauagcoi^t lôn defblé Royaume. Câeft pourquoy la plus part des Empereurs Romains afin que Jc tailt vne infinité d'autre exemples; ne fè font aucunement tourmentez q^and ils entendoient les Ãarbares couroient les fins amp;nbsp;gagnoient tousjours quelque nouueau pays fur lEæpRf'^' mans mieux viure à leur ailé auec peu dâhonneur: que pour maintenir lEmpire en fonenoer, lè mettre eh mile hazards-de perdre la vie amp;nbsp;leurs contentemans mondains. Ainfi nous uanciers François gaignerent le pays des Gaules fur eux amp;nbsp;y baftirent en fin les fondeniansw cet autrefois floriftà nt Royaume que tient tancienne race des Valois. Puis donc quâil nây va, que de n^re perte à fuiurc la guerre: puis quâà nous principallement, la Paix offre la
la Roine Contentement amp;nbsp;toutes fortes de commoditez il nous la faut embraffer. Dauantageigâââ Mcrefupiéc rcz VOUS la puifïà nce de la Roine Mere à câeft effed ? Nefeauez vous pas que le Roy Charlô donna tout pouuoir amp;nbsp;authorité premier que mourir ? Que la Regence auftorifée ps^ morZ^ les Princes du fang ôc autres Seigneurs amp;nbsp;Officiers de la Couronné veuë, emologuécpadî Parlement de Paris : amp;nbsp;depuis publiée par tout le Roiaume : à efté receuë par tous les Goquot;' uèrncurs des Prouinces: qui tous luy ont juré fidellité amp;nbsp;obcyfTanceattêdât la venue dâHetJ troiziemc Roy de Pologne fon fils ? Puis quâelle à efté la féconde inuentrice amp;nbsp;lautreinoiö' dé pouffuiurc cefte négociation de Paix: craignez vous quâelle ne vucille ou nepuiffe authorifèr lebien qui en prouiendra au Roy venu ? Et confirmer par tousles ParlemensS: Seigneurs de France ? Ne nous arreftons en fi beau chemin .'le vous prie donc prandre cecy en tellë'paft que je le defire. Et nâeftimez que je le die pour autre confideraticn que poud^ deuoir de mâa charge.Ioint qbc la chofeme fcmble fi confidcrablcque quad nous tourner^* les fens à la Paix aufli voloniiers quâà la Gucrre:je ne fçay Ci nous ne feriôs point mieux quâau* tremenr, vcü notamment lâEftat de nos affaires, lequel rapporté à cc quifeft veu amp;nbsp;paffede* puis douze ans: nous verrons que nous fommes prefquc réduits à mefnie party que les Latine Prouince des plus riches plus belliqucufes amp;nbsp;mieux peuplées de toute lâIralie.
Ils eftoient diuifèz des Romains: lefquels com.mançans à jeter les fondemens delaplusex* cellentc Republique qui fut jamais: auoient tellement battu ce peuple quâil ne fçauoitqi'u pa rty donner à fes aftà ites. Car en temps de guerre ils eftoient le plus fouuent rompusamp;fds eftoient forcez à faire la Paix: elle ne leur cftoit guercs moins dommageable. Pource que les Romains qui fè voioient les plus forts:la rompoient quand loccafion fè prefèntoir auant3gegt;!' fè. Comme les Catholiques y contreuenans par quatre foisà noftre grand dommage: uoi'S ^ont
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ont réduit à tel point que nous aprochons fort à ÃEftat des Samnites qui aucc plus de courage que tie force amp;nbsp;autres moiens, ne pouuans comme on dit durer en leur peau forcez dâailleurs deprandre les armes pour repoufler le joue de lèruitude que les Romains leur vouloict impofer; prcnoient les armes contre eux à toutes occafions qui le prelèntoient: Sgt;c dâvne riicC-nicIcgercté failôient aufli roft la Paix quâils en cftoient requis. Igns grandement confiderer û elle leur eftoit alTeurée Sc auantageulê comme ils la defiroient.-Tellement que ceux qui nous ont laifle la mémoire de leur Eftat amp;nbsp;déclin de republique: diient quâils ne pouuoient foufte-â¢lit la guerre amp;nbsp;fi ne pouuoient foulFrir la Paix. Surquoy rapportant ce que jâay autres fois leu es difeours des hiftoires anciennes à lEftat de nos affaires depuis le commancement des trou-. « fejâay trouué trefveritable que de tous les Eftats malheureux foienr républiques ou prin- * cipaurez celuy left dauantage quinefe peut maintenir en Paix, ny faire la guerre:au rang defquels nous pouuons coucher ceux qui feroient trop offencez amp;nbsp;incommodez par les con-nitionsd vnePaix.Et aufquels dâautre part voulans faire la guerre conuiendroit le jeter en pioieà ceuxquilcur donneroient fecours ou demeurer pour butin de leurs ennemis. Affeu-rons nous donques dâvne bonne Paix pour ne tomber en fi miferable Eftat amp;nbsp;fuir les incon-ueniens efqucls on tombé ordinairement par faute de bon Conlêilamp; de party pris (ans auoir
mefuré fes forces.Car f Eftat qui auroit tel jugement de lès moiens quâil deuroit à pey.-oepourroit il faillir.Mais fi vous cftes relôluz à la Paix je vous fiipplie me dire comme vous en defirez faire la pourfuitte. Sauoir eft fi vous enuoirez Députez aux noftres auec plain pou-uoit ou fl vous affûtant dâeux pour eftre plus pres de Cour, voudrez feulement paflèr quelque procuration a ceft effet.Ou fils la vous enuoieront côme curieux de trauailler pour cous. Car nous auons charge de vous dire quâils y procéderont comme vousauiiêrez pour faire le tout plus commodément Sc à moindres fraiz dont ils ont bien affaire ailleurs. Mais quand lesoppinions furent nombrées, on rapporta aux Députez quâencor quâils enflent tous bonne volonté à ce repos. Sieft-ce queveulepeu defeurctéqui le prclèntoit du cofté Catholï-«fueilsnefy monftroieot fi affeôlionnez quâau parauant. Craignans que cefte façon de nego- jc Millaud cwrnefeuft vn ddleurs moiens pour les endormir amp;nbsp;apparefler ou du moins à fentir dautânt veulent
chal/eur de leurs affaires. Ains fe contentèrent dâeferireau nom des £ flats à ceux de Poi- poùriaPaix âop amp;nbsp;la Rochelle:les remcrcians de leurs bons auis amp;nbsp;les prians de ne rien faire au prej udice amp;nbsp;ieu« tai-
ïaffociation generalle: lesauertiflà nsaureflelefEftat de leurs affaires: de fajondiondu ^atefchal dâAnuille amp;nbsp;du prompt fecours quâils efperoient dâAllemagne par la faneur amp;nbsp;afi fiftance du Prince de Conde qui les en auoit affurez par le Gentilhomme qui fut oiiy en îaf-fenablée de fâ part.
hâeftéparlccy deffus comme le Prince de Condefeftoit retiré en Allemagne au grand Princede éefplaifirdufeuRoyqui penfoitfauoir bien contenté: tantacaufê du bonaccueil quâiUuy Allemagne, auoittoiisjours fait depuis fôn retour du camp de la Rochelle jufques à dire quâil fè conten-toitfortdeluy ôceequepar le raport du Roy de Pologneil fçauoitaflèz enauoir efte bien feruy;que pour le Gouuernement de Picardie duquel il fauoit honoré apres le decez duDuc deLongucuille.Layantcn cela bien voulu preferer a tous autres par la priere mefme amp;nbsp;infla. tepoiirfuitteduRoy de Pologne. Le Roy difjé porta fort impatiemment que le Prüfte fous prétexté du congé quâil auoit impetré de fà Majefté pour aller vifiter fôn Gouuernement: fê l'uftainfiabfenté hors du Royaume: luy eferiuit toutesfois quâil fè redraft en Pologne deuers !eRoy fou frere fans remuer aucune choie au prejudice de fEftat amp;nbsp;repos du Royaume. Le Roy de Pologne le folicitoit à mefmés fins amp;nbsp;par lettres de mefme fubftance le priant defê retirer feurcraent vêts luy quâil ne thangeaft fà Religion.Et qi|p quand au mal talent que le Roy fon frere pouuoit auoir conceu à caufe de fà retraite hors le Royaume: il cfperoit apailèr
tout bien aifement.Lc Prince .toutesfois ny voulut entendre dilânt quâil eftoit refôlu deuat toutes chofes de fe juftifier de ce que fon luy impofoit amp;nbsp;à Monfieuj frere duRoy.Auflifeftoit il bien retiré en Allemagne à autre intention. Mais les moiens de^ettre execution fa volon- j^oiçns amp;nbsp;teen ceft endroit: eftoient bien P etis mefinemantà recouurir argent. Car comme ily a fou- ponemans ''tnt dit depuis: Il entra en Allemagne auec huitante quatre efeUs amp;nbsp;en fortit auec vn florin. Coquot;dé amp;nbsp;ft auoir en fa compagnie Meru, amp;nbsp;deThoré enfans du Conneftable amp;nbsp;tous aufli pourueuz de fes aflbciez quot;Wiens les vns comme les autres. ^Méru fut par luy enuoié pour certains affaires en Hollan-Rt vers le Prince dâOrange amp;nbsp;de la paffa en Angleterre vers la Royne;Rien en fômme nâeftoit
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FRANCE.
Condé aux Rochclloiî.
obmis potir trouucrmoiens à ce bcfoin.Cependant Ie Prince eferiuit deStrasbourgdu^i®â Prin«dc ziémciuinà la Noue amp;nbsp;aux Maire amp;Efcheuins de la Rochelle. Ces lettres furent rec«»^ par voie d'Angleterre pour refponce à la defpcfchc quâil auoit au parauant reccuc pat IcOp* tainc Chenet de la part des Rochellois par laquelle il les rcmcrcioit du bon zellc amp;nbsp;afledio'' quâils auoiemtousjours mo^j^réà la Caufe gencralle. pour laquelle il eftoit forty horsâ Royaume. Les priant dây perfeucrer pourcc quâil en cftoit plus grand befoin que jamais.Q^^ ; quand à luy il auoit ferme efperance que Dieu luy feroit la grace de faire bien toft patoiftre j frui tde fou trauail par de là .Et le faire reüflîr à la gloire de Dieu amp;nbsp;iâlut commun des poU^^
fujets de ce Koyaume.Pour f effet dequoy il ne fera jamais parelTeux de facrificr fa vie.Lespââ' * ancpourlafinquepourparuenirà fes deflèinsqui ne le pouuoient exécuter fans argentâ miflent peync de le fccourir de leurs moiens. Ce quâils ne pouuoient faire plus proinptcni^' que en relpondant à Melïieurs dâEmbdcn de la fôme de cent mil efeus quâils luy auoient p®* mis prefter aux conditions que les Rochellois enfeiflènt leur propre dette. Et quâils e«oit contans de le paier en fei ou autres marchandilès propres pour le trafic du p ays.Ccs lettres aflemWee à rent leuës en pleine aflemblée à faint Yon leLundy vjnt troifiéme dâAouft Ou laNouëeJtft laRoclielle. (3 Jgg alfiftans de fefuertuër chacun felon lès moiens pour auancer cc Iccours dâAllemagâ'^'
Quefexperiance paffee monUroitalTez les Allemans ne marcher jamais fans argent.QK®^ , nâeftoit la premiere fois que 1âon auoit fait telles relponccsamp;aflèurances de deniers amp;nbsp;9®^ [ en auoient paffe par là dehors du feu Prince de Conde; Lors quâils fobligerent auecluy^^ i feuz Royne de Nauarre,Amiral amp;nbsp;autres entiers la Royne dâAngleterre pour lefecoutsëe nbsp;nbsp;j
niers. Artillerie amp;nbsp;munitions quâelle leur enuoia.Dit outre quâil auoit trouuc laNobl»'®^^ ' dilpofce à ny rien elpargner. Et quâil elperoit dâeux le lèmblable; Comme vnis amp;nbsp;alfocK^ femble fi cftroitcment.Les Rochellois ny contredirent amp;nbsp;fut arrcllc quâils fobligeroia^t tuellent auec la Nobleffe lèlon la mclme forme amp;nbsp;teneur des contrats amp;nbsp;obligationspK^ Tcs:faccommodansauxmelmesinftruólionsamp;foIcmnirez.Ccque cftant depuis le tout enuoié au Prince cftant pour lors à Neuf Chaftel ne lèruit pour lors neantmoiwC cunc choie amp;nbsp;nâen peut tirer argent. Car il ny auoit pas de moien. Dâautant quccotc^ ciquot;quot;'ccns^ ftcrille en lèl amp;nbsp;en vin qui cft tout le trafic amp;nbsp;richefte de la Guiéne quela cherté Wt feptante tremc par tout le pays .Qui fut vn grand delà uantage pour les affaires des Protefians/dÃ,. quatr^en- penfoicnt faite vn crandions de deniers pour la vente du fel dont il lèfeift bien peu ; iccn Gien- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â i r r ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, » nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 i r i ⢠nbsp;nbsp;nbsp;' j ..v milâ' t
ne. des pluies continuelles ôc contraire dilpolition de fannee que le cent de Ici vint a deux 1â ures ch^ que fon ne trouuoit pas feulementcftrange mais quafi prodigiculè. jj
Affin de nâoublier le changement notable qui de ce temps auint-en Florent^' . vous le feray conoiftre en trois mots, faiant reprins des là premiere fource.Sur le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. jjjj '
^Tcncc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de lâan mil cinq cens trente fept, le Duc Alexandre lut tué par Laurent deMedecis
coufin. Amateur de lâanciéne libené, amp;nbsp;ennemy des tiranniques complexions du Pucl; cafion vint quâAlexandre futlî mal auile dâaller en la chambre de Laurent pour jouirâ . Dame que Laurent promettoit y faire venir. Mais pour cela les Florentins ne retiâurncr®^^ leur prcmierEftat,ains eurentpour fecôd Duc Cofmc de Medecisjlequelfquoy que jeu*â . en lâaiiÃe de vint ou vint deux ans)fe fit cflireDuCjSc fur la difficulté quâon y failoit/aiar*! ques Capitaines amp;nbsp;nombre de foldats à commandement) fit faire telle feopeterie deuant , Palais, quâil hafta bien les Seigneurs amp;nbsp;Magiftrats de paflèr outre. Par le vouloir reurCharlcs cinquième qui fe vouloir retenir tel apuy pour fes affaires dâItalieul cfpouia nor fille de Pierre de ToledeViceroy de Naples.Duc eftably commença dedôner t [ vn plus affuré fondement à ^n Eftat fit baftir quelque fortereffe, ordonna fes garnifons,â^ cômancemant neantmoins tousjoursarméà couuert5autremét on lâcuft tué cent fois car^^ mes il fc trouua entre pluficurs vn Florêtin qui alla julques en la chambre du Côlèil ou meeftoit, amp;nbsp;luy donna vn coup de dague penlà nt quâil futdelà rmc. Encor quâil faffeurai fa mort tant peut le défit d^neliberréjau coeur de pluficurs. Auffifut il jette par le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
fur la place. Depuis neantmoins Cofîne fè porta fi dextrement, quâil paracheualès forte* 1 acreut fà pinffance de la ruine de ceux qu auoient con j uréc otre là vie amp;nbsp;fonEftat.Et del nbsp;nbsp;|
na fi acortement toutes les conjurations de fès ennemis que fur la fin il auoit tellement les Florentins, amp;nbsp;donné parmy cela telle oppinion de fes vertus amp;nbsp;moiens à chacun | pourmenoit fèul par la ville en toute liberté de laquelle il tiroir de merueillcux deniers. .
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LIVRE T REN TEH V I T IEME
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â feft fait voir fvn des plus grans politiques denoftrcaagc, en cc notamment que lôn joue, âen que pefant à elle fouffert par les Florentins( quoy quâamis de nouueautez èc fur tout de Cofmccreé eut franchife) de telle forte quâils en ont fait gloire. Lan mil cinq cens foixante neuf le Pape C^Tofone âecinquième créa Colme grand Duc de Tofeane narrant par lès bulles bien amplement les nbsp;h?®,
fuifons qui îauoientefmeu à ce faire. Puis fan fuiuant Cofme fu^ là créfolemnellement à Ro-â¢ueparle mefme Pape qui luy mit vne Couronne benifteforla telle amp;vn foeptreen main Wqueplufieurs Princes en fulïènt indignez amp;nonobftant les oppolîtions Si proteftesde ^uibalTadeur de Ferdinand lequel pretendoit que Florence eftoit ville imperiallc amp;nbsp;quâon '^^pouuoit clleuer en plus haute dignité le Duc de Florence quedu confentement de FEm-PâUâcur.11 jouît ncâtmoins en tout honour de ceGrade amp;nbsp;mourut le vint vniéme jour dâAouft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
ædcinqcensfeptante quatre lailTantfon Duché paifiblea fonfils aifnénommé François au-'lucl le Pape Gregoire treziéme conforma le titre de grand Duc en Thofeane. 11 vit encores 5U)ourdâhuy. Ses aérions feront conoiftre fi heritier des vertus comme des biens du Pere il ââââaefgalé,amoindry ou bien augmenté le merite dâiceluy.
ï c à efté parlécydeuant de îalTemblée tenue à Millaud en Rouergueaumoisdeluillet en laquelle fut traité de lâaflfociation du Marefchal de dâAnuilleauec ceux de la Religion au * nefirduditMarefchal porté par les lettres que je vous ay fait voirjcy delTus. Au depart de lâalfc-Weequelques vns furent députez pour communiquer auec leMarefohal.Lequel propofâ luy âââcfmes la plufpart des articles cy apres inferez. Pour refoudre de cell affaire vne autre affem-nlefutaflignée au mois dâAouft en la mefme ville de Millaud .Ou furent dreftèzles articles Iniuanspour eftre prefentez amp;nbsp;receuz par ledit Marefchal afin de conclure ladite affociation faire quâil publiaft fà declaration comme il le feit auffi puis apres ainfi quâil fc verra en fon endroit.
ES Eglifès Reformées de France reprefentées par vne afïèmbléegeneralle tant de ceux oeJa Noblelfe que dâautre Eftat tenue en la ville de Millaud au mois dâAouft mil cinq céns æptante quatre. Apres auoir ouy leurs Députez pour la conferance de la pacification lefquels Articles d» ont parlé Se traité auec Mdhfêigncur dedâAnuille Marefchal de Frâce, Gouuerneur amp;nbsp;Lieu-tcnantGeneralpourleRoyau pays de Languedoc; touchant ce qui eft defonofficeamp;char- Millaud en pour la reftauration amp;nbsp;conferuation de ceft Eftat amp;nbsp;de la reconciliation, reünionamp; corn-
^nnion ciuille qui peut eftre mifê amp;: entretenue entre eux amp;nbsp;les Catholiques amateurs de 157 4,pre-ordre: Supplient amp;nbsp;remonftrent à mondit Seigneur le Marefchal ce qui fenfuit. ^*â«7 au Ptemieremét quâeftans enfemble regnicolles fu jets naturelz dâvne Monarchie amp;nbsp;republi- aâAnuHlc
Qne.amp;cparconfèquent concitoiens amp;nbsp;compatriotes:ils font auffi aujourdâhuy cômeÃlufieurs pouriâaffo-fieres en vue maifon amp;nbsp;famille enfans dâvn cômun rigoureux amp;nbsp;feuere pere.-lequel par fauflè irapreflîonou perfuafion par colere injufte Si exceffiueles à mis en combuftion:amp; jufques à ion trefpas puis nâagueres auenu les à tenus bandez jufques icy enfemble en contraire party. fies vns pour complaire amp;nbsp;faccomoder du tout aux mauuaifes volontez du pere don par ma-lice ains par facilité trop indulgente. Les autres pourfy oppofêr les empefeher y refifter 3uec toute la moderation requife amp;nbsp;poffible . Si les enfans injuftement opreffez tombent w la compafTion Si commifèration de leurs freres trop facilles amp;nbsp;indulgens, qui reco-noiflent le tort amp;nbsp;iniquité amp;nbsp;font touchez du fentiment de vraie fraternité: de forte que par la gracefpecialle de Dieu ilsfaccordent de parler amp;nbsp;conférer enfemble amiablement:rejoindre hurscÅurspouuoirs Si cômuns deuoirs pour fentrâaimerfincerement Si fentrâaider fidelle-
fêtre cômuniquer.Se trouuera il vn efprit fi mallin qui vueillc je ne dis pas condamner maisempefehervne telle reconciliation amp;fifâinte reunion déférés? Non plus doneques pourra on condéner ou deftourner fêmblable teconciliatiô Si reuniô entre lefHits Seigneurs â*iatefchal8c Catholiques paifibles dâvne part: amp;nbsp;ceux de la Religion leurs Concitoiens amp;nbsp;compatriotes naturelz dâautre: en manifefte danger de lâentiere ruyne de ceft Eftat. Voire la trouuera on dautant plus jufte, que par icelle fera tefmoigné dâvn diftéjla droite intention de maintenir lâEftat amp;nbsp;repos public de ceRoyaume en fon entier:amp; de lâautre vn exprez defaueu esinjuftices desbordemens, violences, pillages amp;nbsp;generallement de toutes fortes de trou-oppreffion publique amp;nbsp;priuée exercée en cefte France mifèrable auec extreme confu-mnamp; licence à tout mal amp;nbsp;defordre .Speciallement çaefté vneadion Si deuoir trefhon-norable a monditSieur le marefchal de refueilkr fês efprits trop longuement endormisjcom-
me
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Aouft. 1574.
utile fur les ProteÃans comme réglée.
me en vn profond fomme ou apoplexie Ce remettre fur pieds,penlêr à fôn office, rendreprop tement amp;nbsp;fidellement à Dieu,à cefte Couronne amp;nbsp;république Françoile, ce que doitivn premiers Officiers amp;nbsp;principaux Miniftres d'icelle. Sâoppofer â ceft horrible desbordcmc exercé en tout cecorps publiq depuis le fômet de la tefte ju/ques à la plate des pieds aiat mo julques aux Princes, propres^eres du Roy amp;nbsp;defeendant fur toute la Nobleflé Sr nxnt fur tout le poure peuple. Pour cefte caufe lefdits heur Marefchal, Catholiques paiiiP amp;c de la Religion feront bien amp;nbsp;conuenablemncnt,dâoublier toutes offéces amp;nbsp;injures paii en effacerSe abolir du tout la mémoire pour nâen faire jamais plus mention entre eux enq» que manière amp;nbsp;fous q uelque pretexte que ce ioit.Reprandre leur ancienne amitié amp;nbsp;priuauifâ * fe joindre en entière communionamp; vlâge libre de toutes choies ciuilles Si receus en bone«' tclligence amp;(. pourfuitte comme entre lesMiniftres de cruelle confufion ennemis amp;nbsp;peuW leurs de ceft Ãftat amp;nbsp;du repos commun de tous les bons. Promettre amp;nbsp;jurer de ne lairep'« guerre, effort ny injures les vns aux autres. Au contraire fous la commune liberté de le conferences amp;nbsp;Religiomfe maintenir amp;conlcruer tousenlêmble auec cefte Couronne Monarchie dâvne melme main côme en fermette perdurable pour fuiure viuemeni la rciu ration amp;nbsp;entretenement du bon Eftat de ce Royaume. Spécialement des prouincesdele«^ naiflà ncesamp; habitation; Faire mettre en liberté Meffeigneurs les Duc dâAIenfonfrère « Majefté Si le Roy dcNauarre auec conoiflà nce de juftice competate legitime amp;nbsp;noâ 'ât®-des principaux Officiers ôe Miniftres de cefte Couronne detenus prilonnierspourpreten« conlpiration. Lefdits de la Religion ayans entendu la deiiotion amp;nbsp;là intc intention de moiw fieur Marefchal, luy offrent amp;nbsp;prelèntent tref humblement leurs perlônnes, beins, moiens pouuoirs pour obéir à fes bons commandemens fous fa dircéhon conduiteamp;gouuernein«ââ^' Le nommant accordant amp;nbsp;choififfant tant comme^Marefchal de France amp;nbsp;Gouueroe^ Languedoc que autrement pour leur Gouuerneur general par toutes les prouinces^ Languedoc amp;nbsp;circonuoifines. Le fopplient tref humblement de vouloir au pluftoft bler lefdits Catholiqu es paifibles, pour communiquer à leurs députez les prefens articles: pour confermer cefte Eleôtion de leur part,que pour les faireentre^en la reünion amp;nbsp;nion requilê.Et puisquâil à pieu à Dieu dâappeller le feu Roy dernier décédé:déclarentqu]^ entendent reconoiftre, côme ils reconoiffent pour leur Roy amp;nbsp;Souuerain Seigneur Moâ gneur leDuc d Anjou Roy de Pologne par ledit decez vray amp;nbsp;naturel heritier de cefteCoâ rönne. Défirent amp;nbsp;font refoluz luy rendre tref humble fujcvlion amp;nbsp;fidelle obeiffancede bo amp;: naturelz fujets.Sâaffeurans que ceft fintention amp;nbsp;volonté de mondit Seigneur le Mârde fon tref affedionné Miniftre, officier fujet amp;nbsp;lêruiteur: entendant le foruir de leurpartuâ^ lemét en cefte caulcSc pou rfuitc,que tclsl eursConfèils,adionsamp; fins tendent amp;nbsp;femplo' en la fufoite communion ciuille, au bien amp;nbsp;auancement du regne fiicré jufte amp;nbsp;legitinio« dit fieur Roy de France amp;nbsp;de Pologne amp;nbsp;de lès fucccurs à la Courronne, à la reftauration ceft Eftat amp;*au bien amp;nbsp;repos de ce Royaume.Mais pour le bon ordre amp;nbsp;plus forte affeuiâ'quot;'^ de cefte communion: remettent tant à ccte Eledion que à ladite cômunion des compaffiâ^Æ amp;nbsp;regnicolles, les conditions amp;nbsp;tref humbles fupplications fuiuantes fous le bon plaifîr f mondi^Seigneur le Marefchal. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
PREMIEREMENT quc Ãns ricu innouci'en lâEftat OU font de prefêntlcfdits la Religion, tant en leur ordre amp;nbsp;police quâen leurs reglemens ciuils amp;nbsp;militaires nonWâf' ment de la luftice: ny difpenfer contre les loix ôc auis du Confol qui luy fora ordonne; br â ciallen#nt de nâintroduire és villes amp;nbsp;lieux par eux tenuz îexercice de lEglifo Romaine Poiflancc Papiftiquc.Tous Gouuerti^rs tant Generaux que particuliers efdites prouinccsCapna'â cbalü'An- foldats, Magifttats, Officiers amp;nbsp;tous autres de quelque Eftat amp;nbsp;condition quâils foicn' la Religion: foronttenuz* de reconoiftre ledit fieu rMarefi ha! pour Chefamp; Gouuerne General defdites prouinces : amp;nbsp;corne à tel luy obéir. Sans toutesfois que pour ce regard 10^ dérogé ny préjudicié au dÃiit qui appartient à Noftèigncurs les Princes du lang en caslt;]â pleuft à Dieu nousfufoiter aucuns ou Ivn dâeux comme desja nous en voios de bonnes app^ fences amp;nbsp;en terme-declarez.Pour prâdre en là charge amp;nbsp;embraflér la reftauratiô amp;nbsp;ported'ââ du bon Eftat de ce Royaume en la conforuation de cefte Couronne amp;nbsp;Monarchie tant^â le Roy rcgnât:que pour fos fuccelfoursPrinces du lang.Auquel cas lefolits de la Religio ft' rent que mondit fieur le Marefchal u c fera difficulté comme tant que befoin cft ils îenfupp*^
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«nt de fou mettre fon Gouuernement aufdits fieursPrioces du ûng.Qjï il plaiïê à monditfieuï pour les effets que delTuSjdempJoier amp;c joindre à cefte pouifuicte,toutes (es forces amp;nbsp;moiens aucc ceux de ladite Religion efditcs prouinces; promettre amp;c j urer de ne quitter ou le départir de cefte pourfuittelà ns tauisjvouloir amp;nbsp;conlèntemét commun tantdesCatholiques paifibies Valiez : que des Eglilès Reformées de ce RoyaumetSoit pou^ontraéfer Paix,trefuc ou autre maniéré de Capitulation concernant ÃEftat de cefte reunion communion amp;pourfuitte.
â Et pour fexercice amp;nbsp;droite conduite du Gouuernement: trouuera bon fil luv plaift.quâil luy Confcîi dó loiteftably amp;nbsp;nommé en faflèmblée Generale tant de la Noblcflè que dâautre Eftatdeceux chai. delaReligion efdites prouinces: vn Confcil de fix ou de huit ou autre nombre qui fera auife par huis duquel Confcil, tel affaires dâf ftat amp;nbsp;autres importans Hi meritans Confcil fpeciale- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«
ment des financeszfcront délibérez amp;nbsp;refoluz. les ordonnances amp;nbsp;mandemens dâiceux fignez par mondit Seigneur ou ccluy qui prefidera eiifon abfcnce amp;nbsp;deux autres dudit Confcil au-trementny aura on efgard . Sera fpccialement efleu par ladite affemblée le fccretaire dudit Caifà LEt quand a ccluy ou ceux de mondit fieurMarefchal: fera fon bon plaifir de les pra-dre amp;nbsp;choifir de la Religion. Quâil luy plaifc tant pour faffeurance defclites Egllfcs :cn casque Dieu le voudroit appeller, que pour autres bonnes confiderations quâil pcuftparlâ prudance trop mieux penfer:accorder amp;nbsp;bailler au pluftoft aufdits de la Religion la garde de certaines bonnes villes amp;nbsp;leur munir d'artillerie vnarcenalen la ville de Nifmes'.fâns que puilîcnteftrcmifcs efdites villes qui leur feront baillées, autres forces amp;nbsp;Gouucrneurs que à ceux de la Religion .Lefquels y pourront faire lâexercice dâicelle librement comme ils font es villes quâils tiennent de prefcnt.Et quad aux autres villes que ne tiennent lefoits de la Religion: elles feront receuës amp;nbsp;tenues en poffeffion amp;nbsp;reünion aucc les autres. Chacun viuant amp;nbsp;demeurant en icelles auec îexercice libre de fâ Religion amp;nbsp;en toute cômunion ciuille co-fiicauparauant les troubles. Que par tout entre lesaftociez realiez amp;nbsp;réunis efdites prouin-fcscs villes amp;nbsp;communautez en aftèmblée generalle amp;nbsp;cornu ne des habitans: feront prefcn-îetamp;leuz les articles de cefte reünion amp;nbsp;pourfuitte Lefquels habitans prometront amp;nbsp;jurerbt himin leuée à Dieu deflfoite amp;nbsp;entière obferuation dâiceux, auec obligation de part amp;nbsp;dâau-tte demfpondre ciuillement amp;nbsp;criminellement des contrauenrions. Notamment le -auteurs amp;nbsp;promoteurs de no uueaux troubles entre les réunis amp;nbsp;Confcderez.Les faifcurs de menées ^confpirations mauuaifcs des vns contre les autres.Pour en eftre faite punition éxemplaire.
â Pat la raefme affemblée Generalle de ceux de la Religion, que nommera ledit Confcil: fc-ront auffi nommez vn Receucur amp;nbsp;Contrerolleur generaux, pour la recepte amp;nbsp;diftribution de toutes cfpccesde deniers publics amp;nbsp;finances tant ordinaires quâextraordinaires cafuclz : Et fera fait bon amp;nbsp;deu Eftat, rendu bon amp;nbsp;loial comte amp;nbsp;reliqua fur fauditioujarreft amp;nbsp;clof wredâvnaoinbre dâauditeurs députez par ledit Seigneur amp;nbsp;fondit Confcil en pareil nombre taiitCatholiques que de la Religion. Que les mandemens tant pour receuoir que pour deli-uterfêront fignezainfi que deffus par mondit Seigneur Sc trois dudit Confcil for peyne au Receucur fil le trouuc auoir receu aucuns deniers fans mandement dâeftre puny cômcjde pe-culat.Trouiicnt bon lefditsdela Religion, quâil foit fait amp;nbsp;baillé bon amp;nbsp;ample Eftat à mondit Seigneunaiant efgard non feulement à f importance de fa charge.Mais auffi à la grandeur d«amp;maifon8cà fcs mentes auec vne bonne amp;nbsp;forte garde à fà difcretïon. Que par la mefmc âfîèmblée fois drcfïe vn bon reglement tantfur la difeipline militaire amp;nbsp;furies finances: que pour les autres chofes requifesamp;neceffaires durant ceft Eftat amp;nbsp;pourfoitte. Auec deuë de-ciaratioHdes caufes qui nous ont meu de nous joindre amp;nbsp;rciinir tous enfcmble.Et que le tout foit imprimé amp;nbsp;enuoié tant par la France que par Allemagne.Pl^ira auffi à mondit Sieur Ma-tffchal de faite entretenir les ordonnances anciennes amp;nbsp;modernes contre les blaphefmesamp; iwetnensexccrables amp;nbsp;ne permettre les paillardifcs à la fuitte de fon aimée. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Proteftatiô
E N la mefine affemblée de Millaud fut auffi drefféeSc depuis publiée vne proteftation dciEgiifes dont la teneur enfuit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refoimees
Nov s fous fignez, faifâns profeffion de la Religion reformée, affcmblez pourles Egli- furies pre fesde France en la ville de Millaud en'Rooergue;rant Seigneurs,Gentilshommes quâautres Ãs troubles, detousautres Eftats amp;qualiiez. Déclarons6c proteftons par ces prefcntes déuant Dieu, de-WlaMajefté de noftre Roy, défiant toupSeignpursamp; Eftat de noftre commune patrie du Royaume de France enfcmble à tous Roys, Princes,Potentats amp;nbsp;Seigneurs dé la Cheftienté
que
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
que nous nâauons prins amp;nbsp;ne prenons les armes en main par fediticn ny rcbellicn quekorq®* ny pour aucune finiftre affefticn que nous aions enuers iâ Majeflt amp;nbsp;fen ïftat eu la pour lefquclz au contraire nous femmes prefis câemploicr cerps amp;nbsp;biens. Ains fcuk0* aians efte contraints à ce faire pour maintenir nos vies amp;nbsp;biens que Dieu nous à dennez^ lalibertédenosconfciences|^lon les Edits fur ce faits publiez Se jurez cctT'mc chacun contre la defioiauteSc nem jamais ouïe cruauté desmauuais Confcillers dcfaMajeflé,p«tf*f' bateurs du repos public amp;nbsp;ruïneurs du Royaume: couurans leur mefchanceté èc maudite'®' lonté du voile de la protedion de la foy de Religion Catholique. Et dâautant que pluf eursiâ' de nos Concitoiens François de part amp;nbsp;dâautrc:que de Princes cftrangers pounöicntelliÃâ^^ » le contraire de nous;lôus ombre que fon fait courir plufieurs bruits que nous refufcnstouid conditions de Paix bonnes amp;nbsp;raifonnables: Nous déclarons amp;nbsp;proteftons parceprefentd' Aflcmblcc crit en toute fincerité decÅur: noftrc intention amp;nbsp;defirnâeftrc autre que de pourchafiet'®® dcm^andéc, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;legitime afiemblcc des Eftats de ce Royaume à la façon de nos anceftresEnlaqticJ*^
fous fautorité du Rovjil fort légitimement concu amp;nbsp;décidé.Premièrement des torts amp;nbsp;injulâ' ces à nous faites amp;nbsp;cruautez plus quâinhumaines exercées par les fufdits faux Se mauuaiscoij' fêilers: aians abufé par trop de faurorité dudit heur Rtiy amp;nbsp;autres executeurs deJeursm*' hcureufesvolonttz. Secondement de laîibcrté amp;. exercice de neftre Religio, quilêtrouu«' rapouuoiramp; deuoirtfirc concedé:amp; permis en toutelcureté de nospericinnesamp;bicââ^®quot; attendant que par vn bonfaint Scvraiemct legitimeConcille national(ccme plufieursfois anceftres îont pratique voire nômemet centreJa rirânie des Papeâ)il font par la parolledeDi®'* décidé entièrement des difterens de la Religion. Auquel ainfi libre amp;nbsp;legitime Concilfo®®â^ auons tousjours offer t amp;nbsp;offrons de nous tenir. Tierccmcnt des moieiis qui fc trouiieront®®' ceffaires amp;nbsp;requis pour remettre ce pourc amp;nbsp;defolé R oyaume,cn fa vraye dignité amp;nbsp;pour viurc en Paix fous la fujeélion de faMajcfté.Tcutcs lefqucllcs chofes eftans iresju/tt-^ équitables, nous fupplions en toute deuë humilité amp;nbsp;rcucrencc ià Majtflc; aiantpitiécel® Eftat amp;nbsp;de les poutes fujets fi indignement traitez par ceux qui abufent dâicelle; nous veil!®® ottroier te que deffus. Et au pluftoft auifer des moitns de ladite aÃtmblée 1 ibre amp;nbsp;IcgitiH^ amp;nbsp;telle quâà bon droit elle nepuiffeeftre fufpeéte aux vns ny aux autres. Pendantlaq®® nous offrons nous tenir coys amp;nbsp;paifiblcs en fe comportant de mefine auec nous. PrionstoU* vrays François Catholiques amp;nbsp;autres fe joindre auec nous en la pourfuitte dâvne chofeiiUi®' tevtilleamp;du tout ncceffaire à la conferuation delà patrie neftre mere amp;nbsp;nourriflîercconi' mune. Supplions auffi tref-humblement tous Princes amp;nbsp;Seigneur eftrangers; quâaianscciH' palfion (fts miferes Sc deftrudion de îvn de principaux membres de la Cheftienté;de la d®®' fêruation duquel eux mefine deppendenten partie: il leur plaifè fauoiifêr amp;nbsp;aider parfo®-' moiens à eux en vne fi jufte 8c raifônnable demande.Et cas auenant que les Auteurs amp;cntrctc-neurs de tels maux, ne craignans rien plus que de rendre compte de leurs adions amp;nbsp;donnai® fauffement à entendre à la Majefté que ladite affémbléc desEftats fe feroitcontre elleamp;fei'®® la diminution de fà grandeur, auront plus de crédit pour fempefeher quetouté équité fôn pour fobtenir: eftans contraints à noftre extreme regret de continuer en noftre trcsjun® amp;nbsp;trefeecefl'aire deffence pat les armes; nous proieftons deuant Dieu 8c tout, le monde, nous ne forons en coulpe dâvnç fi malheureufo guerre Sc des deftrudions auenuës auiendront. Eftans refôluz de nous deffendre contre vne tant injufte violence, jufqiics a* dcrnïcre goutte de noftre fang. Qui fora redemandée de Dieu en fôn temps. Et finalleroöâ déclarons comme auffi nous fobforuerons en toute fincerité; noftre intcnticn nâeftre, defoi^ la guerre quâaufdits malfaiteurs Sc perfides 8c autres qui par force ouucrtc 8c trahifon pouî® de haine 8c vengeance: ne undent quâà noftre ruïne.Ec quant à -tous autres qui voudrontpH' fiblement demourer en ieursmaifons: ne les tenons pour ennemis. Mais pour amis amp;nbsp;cowp^' gnons: nâentendans les molcfter aucunement en leurs confcienccs, biens ne perlônnes. Ai®® proteftons dâempefeher dateur noftre pouuoir toute violence en leur endroit. Ne defirans rien plus que dâobtenir vne bonneôc affeuréepacification communcpar le bon 8c juftemo^ que dcffus.Fait à Millaud en Rouergue le neufiéme dâAoùft mil cinq qensfoptante quatre. W Signé par les Députez des Eglifos reformée du Royaume de Franccs.Tel eftoit lEftatdcLafl' guedoc 8c pays prochain mil cinq cens foptantc quatre. Voions les portemaris des autres cH' droits de laFrance.Ie parlcray premièrement dePoitou pour ce que les accidens y ont eftev®'*
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plus notables. loint que de toutes les armées que h Royne mere dreflojât en ce temps: celle que le Duc de Montpencier auançoit en ce pays cftoitja plus remarquable. Soit pour la qua. lité des Chefs qui la conduiiôiwt: loir pour le nombre des trouppes qui en failbieni le corps.
Lâ A R M E E Catholique ce pendant or que le Duc fuft à la Foye Monjau, couroit tou-tcsfôis non fculemcntle Poitou, mais auffi le pays prochain de Charente*. Tellement que lesProteftans efpouuantez de ce qui auoit efté fait à Melle quiterent fans attendre les Catholiques, Soubize,Tonne Charente amp;nbsp;Rochefort qui font places à lâentrée de la Riuiere de Cha- places qui tente.Puygaillard eftoit pour lors logé à Soubizeaiiec bonne trouppede Caualleric. Qui técsparjcs futoccafiô dâenuoierde laRochelle quelques harquebuziersenBroüage. Ou peu de jours au pîtauantMirambeau feftoit retire en diligence venant de Pons ou il auoit efté affez longue-menten elperance dâaller auec -la Noue joindre le Baron de Langoirant qui cftoir à Bergc-Mc auec trouppes de Fantaftîns. Mais ce voiage fut rompu au moien delà proximité de l'armée Catholique laquelle leur eftoit de tous coftez fur les bras. Puis le vint fcptiémedâAouft lesProteftans quiterent- Marans amp;nbsp;y entrèrent les Catholiquesj.Dôt les Rochcllois fo trouuc» renteftonnezfe doutansbienqueà toutes heures ils auroient les ennemis à leurs portes. De pariesPro fait des le lendemain ils feirent courfos jufques pres de la ville emmenans prifonniers amp;nbsp;tout teflaquot;«-lebeftail quâils rencontrèrent. Des Brucres autres fois Froteftant en fut Gouuerneur comme je vous diray. Le Comte de Montgommery fortit auec quelques cheuaux pour les aller def couiirir mais la nuit venue chacun fe retira.
Marans eft vne bonne bourgade à *quatrc lieues de la Rochelle amp;nbsp;de fon Gouuernc-mcnt.Enuironnéede tous coftez de marets amp;nbsp;palluz qui rend le chemin inacceflible que par eau lî ce nâeft aux plus grandes fechcreflès de lâannée encor bien difficillcment y peur on pdfertbrsducoftédufort appellélaBaftille quâil peut eftredeffendu par peu de gens contre beaucoup eflogné d'vne lieue du bourg .Du cofté de la Rochelle y à vne chauffée pour alleraMarans quâils appellent Bots en ce pays amp;eft enuirônée de cofté amp;nbsp;dâautre d'eaux de marets tellement que lâentrée eft bien aiféeà deffendredecc cofté. Au moicn dâvne tranchée amp;dâvn petit fort qui Appelle laBrunc.LaSeure de Niort à laquelle fo rend la Vnadée de Fontenay coule amp;nbsp;palfe dedans le bourg amp;nbsp;puis fo rend au canal dp Béraud qui emporte tou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de
tes ces eaux à la mer laquelle par fon flus Screflus ordinaire la faifant refouiller amp;nbsp;groflirjuf-ques dedans amp;nbsp;hors le bourg: eft caufo qne de grandes barques amp;nbsp;autres gros vaifleaux y vôt charger toutes fortes de fruits pour les rranfporrerpuis apres en tel quartier du monde que Ion voudra. Qu^i eft îoccafion du grand trafic amp;nbsp;ancienne richefle des habitans fi les guerres paffécsneleseuflent incommodez. La commodité du fol amp;nbsp;autres marchandifos qÃi fo portent par mer à Marâs amp;nbsp;de la par la Seure jufques à Nyortienrichift merueilleufomcntle pays pour le trafic du bled principallement, quetony amenede Poitôu.Etcft caufo que ce licuà efteautresfois des meilleurs amp;nbsp;plus riches que tâon euftfocu fouhaitter. Mais pendant ces guerres ciuilles les Catholiques font ruyné deux ou trois fois.Tant à caufe des commoditez que les Rochellois en reçoiuent ordinairement quâen haine de la Religion dont les habitans dudit lieu font de longue main profeflton.Mefmcmcht fan mil cinq censfoptante que les Catholiques eftimans ne Icpouuoir gardery mirent le feu amp;nbsp;le bruflerentdemy: puis enceftc 2unce que pour accommoder les forces du Chafteau amp;auenuës du bourg les Catholiques otttefté contraints abattre beaucoup de maifons.il à receu affez dâautres trauerfos'. Si quâil tt y 3 place en f rance qui plus ait efprouué la furie de ces guerres ciuilles que celle là . Et qui plusfoitenuiéedesvnsamp; des autres encores quâelle ne foit tenable finon auec vrt grand no-yedhommes pour eftre lesaucnucs fort eflognées vnes des autr^.Qui fut la caufo que cdbx ÃelaReligiô Proteftâtela qintcrêt à cefte demiere fois.Ce qui à bcaut oup importé à ceux de t3 Rochelle pour le degaft de leur Gouuernement quâils craignoient fort amp;nbsp;pour fempefohe-wentque lesCatholiques leur faifoient à toutes heures en leurs vendanges amp;nbsp;racoltes de leurs huftsJAquoy Marans quand ils le tenoient leur foruoit de frontietgt;amp; bouleuart. Elle eft ve-^uëdelamaifondclaTrimoile amp;nbsp;auec la Seigneurie de Kflede Ré donnée à laConteffode ^tneerrepour partagc.La cauallerieen fortit aflezroft nây furent laiflfécsque trois En-fhpourcc quâaucuns de laRochelle plaignoiet la pertede ce peu qui leur reftoit des guerres P3(rées par les courfos ordinaires tant de ceux de Marâs que dâautres Catholiques:amp; auffi pou-
-ocr page 490-Aüuft.1574. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R E D E F R A N C E,
La Noue praiidrc rcfolution à fauenir. Levint huitième dâAouftIa Noue conuoqualaNob h Ntîbîeflè nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peuple de laRochelle par vue aflembléc general le qui fut faite à faintYon Æ
«clc'^pcupic auoir remonihé beaucoup de chofes fur les occurrences des affaires qui le prefentoidâ ^aRochei- fg mciînes de la proximité des Catholiques qui ja fourrageoient jufqucs aux portesâ® le: il leur dit que ce nâeftoÿ; le moien dâeuiter îorage qui fapprochoitque dâainfi amp;nbsp;fe foupçonner les vns des autres. Q^i nâeftoit autre choie que vne toute manifefte ûgt;'' delà Nobleffcamp; de ceux de la ville. Choie de tref-dangereuiê conicqiicnce oomniclt^^|j moien que les Catholiques auoienttousjours pratiqué pour laruynenon iêiilemdâj ville mais auflî de fbus ceux qui font profeifiô delEuangillc.Puis les auoir exorté à amp;nbsp;vnion le plaignoic des bruits amp;nbsp;murmures que lâon failôit courir par la ville portemens amp;nbsp;actions de plulîcursj contraires à ce quâil auoittousjours elpcrédâepX'* üiicours de que aucuns Gentilshommes fe plaignoient fort du traitemet quâils receuoient ordina*â^®'* laNoue par yjjj nicfmcs ccux à 0 ui lâon auoit fermé les portes lors quâils reiicnoicntdehc lancauxKo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f 'crtCl''
clicliois, ' re OU de quelques autres fadtions qui leur eltoienr commandces.Choic de trefmauiiaistj' pie amp;nbsp;qui ne ic.pouuoit interpreter que finiftrement à caulêmclmes du bruit conforme î® que fon difoiteflre au camp des Catholiques. Aiïà uoir quâils auoient de grandes ces dans la ville. Et quâils elperoient que quelque jour les Rochellois fermeroientlcspâ'^ à la Noblelfe quand ils feroient lôrtis dehors pour aller à la guerre ..Que laNoblelfeamp;auJâ rçfugiez dans la ville, nâauoicnt pas tort, dâeftreiôupçonneux en ceft endroit: amp;nbsp;dectai^ vn fl lafehe tour. Qu e quand à luy encor qu'il nediift couftumicr de croire de legcriHâdâââ ce qui venoit de la part des Catholiques qui fouuét vfbient de ces artifices pour romptr^' I on qui deuoit cftre entre eux tous comme membres dâvn mcfme chef ^Egli/c: ce quco^ ' ⢠moins il ne fçauoit que en penfèr. Car à la verné il trouuoit la plus part desRochcllo*^'â refroidis au fait de cefte guerre. Et ne voioit point entre eux vn tel zcle telle allegteliejff i titude amp;nbsp;aft'eétion en toutes choies quâil auoit trouué aux troubles precedens lorsj auoient fait cell honneur de le rcccuoir pour Chef amp;nbsp;le fui ure dâvn fi bon cÅur à laguô'^' Quâil y a uoit entre eux de gens de bien amp;nbsp;fort affeôliônez à cefte ?aufe.Mais aulfi quâily uoit alfez dâautres qui deteftans en public cefte guerre,maudiftbient ceux qui la faifoiw® vn zelefimulé de Paix duquel ils faignoiéteftre guidez. Que câeftoit bien faitdefouW', la Paixmoiennantque îoneuft tousjours ce but propoféque le tout reülfità rhonofquot;® Dieu amp;au repos amp;nbsp;lôulagement dupoure peuple. Mais que nous en eftions bien loin-me lâon auoit peu conoiftte par la négociation de la DamcdeBonneual.EtquclesCailâ®, ques nâfùoient pas intention de la leur donner a ce pris. Pareillement que ces McflîeursQâ' failôientlèmblantdetantdefirerla Paix: nâeftoient pas menez d'vue fi fainte affeâion:lt;]'ââ^ nâeuflent pluftoft leur proffit amp;nbsp;auancement particulier en plus de recommandation autre refped ou confideration. Qif il ne Içauoit qui les faiiôit ainfi abhorrer la guerre qui defiroient fi emploier.Veu que depuis fèpt mois que les armes eftoient prifês: ils nâaiio*'^ receu que peu ou point dâincommoditez. Bien cftoit vray.que les Catholiques eftoien* prclênt dans le Gouuernement auec apparence de vouloir faire Je gaft amp;nbsp;autremét empd^lâ^, la recuite des fruits.. Mais quâil les auoit aiwrtis de cela, il y-auoit ja long temps. Etaufliqââ pcnfbit auoir done tel ordre qu'on deuoit fouhaiter pour le regard dePoitou qui efioitleg''®' nier de leurs fruits: ou il efperoit que les Catholiques ne feroient ce quâils voudroient pout®' uoir donné tordre requis à Lufignenamp;à Fontenay pourueuz dâhommes afiè? fuififanspo»â les arrefter vn fort Jong temps: amp;nbsp;leur faire receuoir quelque efeorne attendât Icfecouts^quot;® Dieu leur fçauroit bic fuf^ter en téps amp;nbsp;lieu. Qif il cfteit extrememét marry de nâauoir p®® empefeher lesCatholiques dâapprocher fi pres de leur villeamp;cntrer dâs leGouucrncmctpç'^ le défit quâilauoit tousjours eu de lâefpargner amp;nbsp;fôulagcr fur tous autres. Mais quâil les ptiû® croire quâil ne feroit j amais chiche de fa vie pour empefeher la ruyne amp;nbsp;fà ccagement deIcu^ maifbns amp;nbsp;heritages,amp; tAitcsfois amp;nbsp;quantes quâijs trouueroicnt bon de leur courrcfift«Pt'â ansDieu au refte dcfploier fà vengence amp;nbsp;malediAionfur luy fil ne cheminoit dâvnbon en cefte querelle.Voire dâvp tel zelc amp;nbsp;affedion quâvn homme de bien,peut faire.Lesfuppl*â anten general ne point diffimuler ce quâils pourroient auoir trouué dedeffaut enluy. Voiw de luy courre fus ril eftoit ou auoit enuie d'eftre autre de cÅur que fa bouche parloir amp;hy fermer les portes à luyamp;auxfiens filfiportoic lafehement en la conduite amp;nbsp;executionlt;1® tout
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tollt ce qui cócemoit câeftc caufe. Puis pourfuiuât des plus grade vehemence lôn propos c'cft à vous difoit-il môfieur le Maire que je mâadreflè amp;nbsp;à qui je fuis cotraint faire ces plaintes amp;nbsp;remo Noueaux ftrâces corne Chef Sc principal Magiftrat de celte ville.Et auquel côlèquement apartiét dâauoir iceilfurtâtde murmuresamp;faulïès imprelïiôsâ Voire dâépelcher quâelles ne pullulét fi auat quâelles attirét en fin auec la perte de celte ville,la ruine vniucrlèlle de tous les poures fu jets de ceRoi-aume qui defirét letuir à Dieu en pureté de côlciéce.Il faut ofterîa caulê pour faire celïèr les ef-fets.Sil y a du mal au milieu de nous corne il nâen faut doubter,aüifôs je vous prie à le retracher. le nâignore point qu'il ny ait bô nôbre de gés de bié en celle ville. Mais aulfi nây en a il que trop, côpofez dâhumeurs beaucoup dilfcrétes de celle qualité. Et qui ne defirét que nous voir lôus le joug de nos enncmis.Ie nâétens taxer icy perfône particulicremct,amp; me veux bié perfuader q uâil ny ena point dâautre que de gés de bié.Toucesfois illêroit fort à délirer amp;nbsp;de cela je vous en fup-plieau no de Dicu,de vous Icruir en vollrecóleil qui doit tousjours élire vne choie lâcrée amp;nbsp;in-uiokbleides plus affeéliôncz en la Religiô: amp;nbsp;de ceux dót les aéliôs palïecs peuuêt rédre bon amp;nbsp;alfeuté tefmoignage de leur merite. Vous nous auez fait tant dâhoneur que de nous receuoir en celle ville corne poures refugiez.Et auons mis entre vos mains nollre plus précieux meuble alïà -uoir nos vies nos libertez amp;nbsp;nos femilles dcfquelles vous elles corne tuteurs.Ie croy que ne les a-uez ou deuez auoir en moindre ellime amp;nbsp;recomâdatiô que les voltres proprcsiellâs mefme tous cnféblefyellroitemétvnisamp; cojointsioutre la liailbn cómunedemelmeReligiódót nous faifos profefliôjpar lalïbciatiô mutuelle que nous auôs promile amp;nbsp;jurée enféble,quâil nâell pas polTiblc nous en pouuoir départir amp;nbsp;licétier fâs encourir crime par trop vilain amp;nbsp;reprochable.Câell cho-fe cômunc,quâil furuiéne tousjours quelque differéd entre les homes. Car nollre ancié cnnemy ne dort jamais en ccla.Mais il laut coupper la mauuaife herbe,auât qu'elle.fulfoque la bóne lêmé-«â¢Nous ne trouuôs point ellrâge les incômoditez que nous Ibuffrôs en ccûe ville. Car aulfi iw fernes nous pas venus,pour y cercher nos aifes. Que fi ainfi euft elle:11 ny a ccluy de la Noblelle icyprefêtc,qui ne fut demeuré en (à maifô.Où qui nâeull trouué parti auec IcsCatholiqucs.Et de raa parcDieu m'ell tcfmoin des offres que mâa fait la Roine,fi je me voulois retirer en Angleterre, amp;nememellcr dâaucune »hole. Auec promelfe de me faire receuoir tous les ans le reuenu de mô biédix milefeus de rente amp;nbsp;vint mil efeus côtât. Mais toutes les grâdeurs amp;nbsp;trelôrs du mode ne me feroiét fléchir dâvn pas. Ains fuis venu icy pour lêruir à la gloire de Dieu amp;nbsp;au Ibulagemêt de vous tous,entât quâil meferoit polfible. Que fi vous auez autre opinio de nous,amp;que ne vou demeurer en fvniô que nous auez juréeiNous vous luppliôs au no de Dieu,de nous le deck
Kr.Afin que ne demeuriós plus ainfi en fufpés:amp; balâcions en craipte amp;nbsp;delfiace les vns auec les anncs.Quâd a moy fi je ne vois autre chofe:je vous fupplieray permettre que je lorteide celle vil Icpourmâen aller viure amp;nbsp;mourir Ibit en Broüagc'amp; autres lieux que nous tenos encores. Et où jâelpercfaire conoillrc que jâay le feruice de Dieu amp;nbsp;falut de ce Roiaume en trop plus grade re-cômâdatiô que beaucoup nâôt ellimé.Voire trop plus cher que cét mil vies quad je les aurois.Ie neveuxauflïMeffieurs, paflèr icy fous filcncc vne chofe que ne merite dâtllre oubliée en telle côpagnic.Cell que nous auôs receu îaduertiflemét de trois endroits amp;nbsp;par Gétilshômes figna-kziQiïilyauoitdeuxdevos Députez à Paris auec charges 5c inftiuéliôs bié amples,pour trait ter Paix du moins quelque appointement amp;nbsp;rccóciliatió particuliere auec la Roine. le nâincillc-^gucres fur ce propos pour ellre choie qui ne le peut aiiement veriffier. Aulfi je ne croiray ja-ttîaisquâil lôitfeulcmét entré en vollre cÅur, traitter vne affaire de telle côlèquéce à nollre def-wu,en violât la foy amp;nbsp;promelfe que auôs fi lôléncllemét jurée les vns aux autres.Qui lèroit vne diofc par trop inique amp;nbsp;rcprochable. Outre lafauteque vous commettriez en câcll endroit, vousfcpairâs de toutes les autres Eglifes de ce Royaume lâns fauis amp;nbsp;conlcntement defquelles ne pouuez amp;nbsp;deuez entreprâdre telle negociatiô.Pour nâellre quâvift mefme caulé que nous débattons tous enféble.Puis les auoir exortez à côcorde amp;en fin de prâdre le tout en bône partie teut.
Or pour cfclarcir aucuns poins de là Harêgue il faut fçauoir que depuis quelque téps on auoit coccufortmauuailêoppiniô dâaucuns particuliers de la ville,qui ÿfilloiétau côlèil ellably pres ces à la diiMairc amp;nbsp;de quelques autres quâils appelloict reuoltez,qui elloiét abfés amp;nbsp;q ue fon dilôit prati Huer beaucoup de choies au delà uâtage de la ville. Si bien que depuis celle aflcblée, ce bruit amp;nbsp;kiipçô acreut de beaucoupitât pour taproche des Catholi. q pour plufieurs auertilïcmés receus beaucoup dâédrois côfonnés les vns aux autres.Melmes quâils dilôiét auoir certaines letres lût ptifesjpar lefquelles aparoilïôit que la dame dcBôneual nâaiat propofè q choies de peu auxROchc-
Hhh
-ocr page 492-I )74- lois;auoitccpêdat pratiqué autres affaires ainli quâelle rcfcriuoità laRoine.Ondiloitaiifiîenââ^^ me téps quâil y auoit homes expres à la Röchele pour gagner aucuns de la ville amp;nbsp;les deiunify' fesRo*^' NobleneTour dÃques preuenir ces mal afteéliônez à la Religio.Et quilébloiétaiioirl^ rbclois à Crete intelligêceauec les Catholi. Tout le j :uple reprouuât cefte oppiniô fut dâauis cuâilb*^ la Noue, joit chaflèr auec les autres fufpeéfs que fô cônoifloit.Et quâil cftoit pins neccffaircfafiiircrdu das que du dehors de la ville.lt;îriâs tout hautjquâils reconoifloiétle fieur de la Noue pour Cn® general en ces Prouinces en tabféce de môfieur le Prince de Code Chef amp;nbsp;protcéfciirde toiH^ les Eglifes de Frace.Qifils nâauoient autre intëuô que de luy obeïr en tout amp;nbsp;par tout.NâaiâsF mais eu autre oppiniô de luy que dâvn Gctilhôme bié ajfeólióné à la gloire de Dieu amp;nbsp;repoy la patrie.Le fuppliâs prâdre bo courageamp; vier des graces queDicu lui auoit faitcs.Melmesnclâ* * lêr come tl auoit propofc câefte leur poure ville pour fè retirer ailleurs.Qui leur lèroit vnew^quot;
amp; reproche pour la pofteritéiSc pour jamais vne notre infîgné dâingratitude à la Rochelle quij uoit 11 bié fait.Et delaquelle auoit fi bié merité:quâil en feroit mémoire à jamais. Au regard ce negociatio de Paix dôt il eft ci delTus parlé le Maire amp;ceux du cólèil^relpödiret nâê auoit ouï parler.Et alïèureréi quâil ne le trouueroit jamais rié de tout cela. Mais que câeftoiet rufo Æ' dinaires desCath.qui ne pélet auoir meilleur ne plus allcuré moié deles ruinertquepar ladiuil^*â de leurs volôtez vnies. Toutesfois corne ils fôt tous homes amp;nbsp;par côlequêt fu jets à faillir en fi dur amp;nbsp;calamiteux melmementjauqucl il ne faut mefprilcr aucun bo aucrtiiremét:plulîeursi''' île Price dâauis de fé informer.Mais il ne fè trouua rié. Or eftoit desja le bruit efpars par toute la forti de delachemincmét du Roy en fô RoiaumejDe la façô quâil cftoit forti de Pologne.Et du chrm'Jâ pout^ve- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tenoit.Côme il auoit palTc par les terres de lEmpercur,puis trauerfé le païs de Frioly
niren fon arriué à Venifo ou la feigneurie tauoit rcceu en toute magnificence y aiât fait fô entréefortfwf^^ Roiaiihie be^fnmpmeufe doù il prenoitchemin parle Piedmôt.La Roine mereaiâtpropoféde
au deuât de là Maje. jufqucs à Lyon,auec les Seigneurs amp;nbsp;Cardinaux qui lors eftoiét à la voulût bié faire fçauoir cefte venue du Roy aux Proteftâs afin de les intimider amp;nbsp;dôner à pea*® dâautât plus que les Catholi. fébloicnt nâauoir autre plus grade clperâce que en fô retour lequel ils attédoiéten grade dcuotiô;auec ferme afturâce qlâMajefté venue feux qui auoiétprinslr^^ mes ne foroiét de lôgue duréeidepefchaà la Röchele Briffó dit Ia Boiffiere de FótenayIcCóirJ Lettres uec vn paquet de Ictrcs de ladite Dame cforite à Paris le y.Aouft q la Boiffiere enuoiaparvntr*â' neà q^ueî- IciDimâchc 29. dâAouft îvne defquclleamp;faddrelfoitau Maire delà Rochelle lesautresa''^ ques par. Prefidës,Licutenâs,amp; principaux de la maifô de ville qui eftoiét leâ Sallcbert dit Villiers laqn^ de la Ro- Héry,Cl3ude Fluet amp;nbsp;quelques autres particuliers amp;nbsp;par icelles fà Maje. fê difoitfort efineniö^
chelle.
lée de cc q»i les pouuoit auoir efineus à febéder amp;nbsp;efleuer ainfi côtre le Roy fô filsfas quâils fée jamaisreceu de lui que toutecourtoific 8c bô traiteméf Quâelle foauoit bié que câeffoità îap-tit de quelques vus qui feftoiét retirez a la Rochclc.Lcfquels pour leurs paifiôs amp;nbsp;végeâcespar ticulicres,auoict prins les armes no a autre intétiô que pour p»illeramp;ruiner le poure peuple.M^ quâelleauoit grâd regret quâvn peuple qui auoit tousjours cfté Ci affeéfiôné à fôPrincefefutaiiâ la'ftc mener par le nezjjufques à fo liguer auec telles gésfâs regarder à la rebelliô amp;nbsp;felonie qUÆ cômettoiér cotre le Roy leur Prince amp;nbsp;Souuerain feigneur.Qui a fô arriuée pourroiteftrejuyr mét indicé cotre eux.Et parauéture leur faire conoiftre quâils fauoiét offéfé.Q^elIefadrefloii à eux côme les principaux Miniftres amp;nbsp;Officiers. Et qui auoit toute la fuperintédâce des affaire® de la ville.oefquels partat cftoit ledeuoir de remôftrer au peuple la grâdefaute qiiieftoitfaite
Lettres du Duc
Hoir ainfi enfraint la Paixamp; repris les armes cotre le fëruice de leur Roy.EtfiIsvouloientrejetc* le côfoil de ceux auec lefquels ils feftoient liguez amp;nbsp;rentrer en leur deuoirnl y auoit moienjpatâ liât quâil y côuint appliquer le cautère: de recouurir la bône grace du Roy qui oublieroit tout ce qui feftoit paffé amp;nbsp;leur dÃncrÃtoccafiô deviure enPaix amp;nbsp;liberté de côfciéce.Aquoy de fa pat' elle fêploieroit de foi c bône volôtc,pour la pitié q luy faifoit câefte poure ville quâelle voioitainfi troublée amp;nbsp;priuée de cômerce 8c traffic ordinaire.Rcmcttat le furplus de fintetiô de faMajeüe fur vne creâce quâelle auoit «^née audit la Boiffiere lequel à cefte fin referiuit auMaire demâfit fauf cÃduit pour y aller Sccôniuniquer auec eux affaires dâimportâce fclô la charge quâil enaiioK de fa Maje.Orcôme la.Boifficre eut ja cômuniqué fà charge au Duc de Môtpécierce Princeid-de Mont- criuitauffi de meffncfubftâccaudit Maire 8c Efeheuins dcIaRochcle:les induifâspartousnfoes pencier. poffiblcs à ccrchcr leur apointement 8c repos. Et fê remettre en la bône grac c du Roy fans élire caufedelaruinedu plat païs: qui à bon droit leur pouroit imputer toute la caufê des iniferesamp; calamitez que le poure peuple enduroit.Dc mefîne teneur referiuirent les oftages de la Roche
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lclt;lui cftoiét à Poitiers fuiiiât ce qui auoit efté accordé par laPaix faite deuat ladite villerauec pnerca leurs côcitoiés de incliner à la Paix amp;nbsp;entédre à la negociatiô dot la Ruine auoit chat geia Boifïiçre.Et que en ce faifât ils feroiet beaucoup pour eux amp;nbsp;pour tout leRoiaume.Mais IcMairede laRochele aiât receu cete depefche.-moftroit en lapparécc nâé eftre gueres joieux. ^onie aufE ceux aiifqueJs lefdites lettres fadrefloict foupçônâs g)us quâil lêroit bié auis à plu âleurs que cela eftoit vne cófirinatió de ce que la Noue auoit allégué le jour precedét en plai-J'eafféblée touchât la negociatiô quâil auoit entedu le mener fous main amp;nbsp;au defoeu de la No-ââleliepar certains députez des Rochelois pour faire vnePaix à leur particulier foulemet amp;nbsp;ac-eroiftre le foupçô que plufieurs en auoict desja.Qui fut caufo que for lâheure mefme le Maire principaux de la ville fo rctirerét vers laNouëiauquel môftrâs les lettres demâderêt fô auis âice quâil feroit expedier. Aquoi il relpôdoit que puifque laditedepcfche fadrefloit particulie fcniét à ceux de la ville ceftoit aufîî à eux dâauifor dây faire relpôcc.Toutesfois fil eftoit apellé pour en dire fô auis: il ne voudroit faillir dâaider de fon côfoil le mieux qui luy foroit poflîblc amp;fclô que fa cÃfciéce lui cômâderoit.Et force aiât efté trouué bô de faire leéfiire defdircs let tres en la prcfécc du peupleifut à linftât fait afteblée à fficheuinage où les letres leiiës amp;nbsp;auoir bplus partdâeux treuué mauuais q la Roine fo fuft auifèe fi tard de fadreflèr patticulieremet a ceux de la Rochele;laiftat apart laNobleflè auec laquelle on ne pouuoit ignorer quâils ne fuf et de log téps vnisamp; alfociez-.côme aufti auec toutes les Eglifos dcFrâceilors quâils enuoierêt leurs Députez à Millau de Rouergue-.interpreterêt ces mifliues vn vrai ftratageme pour rôpie tatdvncoftéquedâautre ladite vniôSe les induire à chafler laNobleflè quâils auoiét retirée.Lâ quelleeftât vne fois abatuë: que la Paix que la Roine leur offroit foroit pour i y. jours. Et qu'c un HS nâéauroiét pas meilleur marche que les autres pour nâeftre pas plusges de biê que ceux qui cftoiétainfi dépeints par les lettres de la Roine.Et que câeftoit vne rufe qui auoit de tout îcps efté pratiquée en vn affaire que îô tiêt corne déploré : aflà uoir de diuifor les mebres pour venir about du Chef.Y apliquât aucuns dâeux î'exëple de Philippe Roy de Macedone.Lequel voiâtfes forces mâques pour aflu jetir la ville dâAthenes : perfoadoit aux principaux de luy en-uoierlesOrateurs du peupffc. Sâafturâtfcômc leur fit entédre doôfemét tvn des plus renômez Auocasjquâil ne le faifoit à autre intétiô que le loupjequel induifoit lesbrebis à lui liiirer leur chiés de garde: Afin que dclpourueus de forces, veilles amp;nbsp;fontinelles:elles fuflet aifomet apres lâ^tprifes amp;nbsp;mangées par ces beftes impitoiables.Et pour aflèurer le peuple fur le doubte quâil pouuoit auoitjquâil y euft quelque menée fccrette touchât la negociatiô de Paix dôt cy deffus ^ftparlé.Ou que aucuns de ceux aulquels la Roine cfcriuoit y fulfét côfétcsifutremôftré que c eftoitchofe de tout téps couftumiere aux Rois amp;nbsp;aux Princes quad il furuiét quelc^e emo^ tioou trouble en vne ville:de fé adreflèr premierernét aux principaux Officiers amp;nbsp;Magiftras: corne a ceux qui doiuent auoir îÅil que toutes chofos foient maintenuës folon les Loix amp;nbsp;par hon ordre. Voire qui doiuent eftre côtablcs des fautes quâvnpeuplccômetfouucnt parindifi creti5amp; inauertâce:Mais que graces à Dieu il nâeft queftiô de ceci en ceft endroit.Pource que petis ne gras en cefte ville, ne fcftoiét mefpris entiers la Majefté du Roy amp;nbsp;nâauoiét rie fait en ^sfes troubles quâils nâi foflet tenus de tout droit diuin Sc humain.Côclufiô que ce nâeftoit 3eux p3rticulieremét,que la Roine fc deuoit adreflèr pour vne affaire de «elle importaêe que LPaix generale du Roiau. quâils defiroict infinicmét,nô feulemét pour eux ainspour tout ce powcRoiau.duquel ils cftoiét vn des mébres.Mais quâil y auoit vn Prince deCôdé Chefgeneral des Eglifes Reformées de Frâce a qui il fefalloit adreflèr pour traitter la Paix. Et auquel ibfé remettüiét dâé faire ce quâil voudroit.Et paflèroict par ce qu i feroit accordé par luy amp;fo côfoil.Eftâsbié affurez quâvn tel Prince amp;nbsp;qui appattiét defy pres à la Coronemâétroit pas en lâcâcepourentreprâdrcfuriâEftat duRoi.Maisfoulemét pour procurer par les armcsfpuis que les autres voies ny auoict peu fèr tiir^ vne bône amp;nbsp;fourc liberté de côfciéce.Et par mefine moic idpiter leur vie delà cruauté de ceux qui la guetoiét défi prés.Quâils ne pouuoictamp;vouloict enceft endroit faire aucune chofo,fâs ïaueu amp;nbsp;côfontemct dudit I^ince amp;nbsp;à fô abfence de la Noue auquel ils auoiét toujours déféré de ce quâils lui deuoiét dâobeïflace.oepuis la dernière prife des armes. Brief quâil leur feroit plus honorable de mourir, qfairc chofe côtraire à îaflb-c®iô quâils auoiét promifeSc jurée à la Nobleflè.En laquelle ils defiroiét viure amp;nbsp;mourir. Et queparauât faire refpôcc aufdites lettres il les falloir cômuniqucr à la Noué amp;nbsp;folô fauis des vnsSides autres:faire telle refpôcc à la Roine quâil foroit trouué expediét amp;nbsp;raifônable.Quâd âu ïâufconduit que demandoit la Boiffiere;cncores que plufieurs ne fuflènt dâauis de lelailïèr
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;H h h ij. f
-ocr page 494-Afièmbiée entrer pour le conoiftre home de mcnces:toucesfois il en auint ce que vous verrez ailleurs à la Rochel- nbsp;nbsp;nbsp;lêdemaiiî la Noue amp;nbsp;le Maire de la RocheUe:firét aflêblée à S. Yon où le grand Quaiöy
Gêtilhôme de P.oitou fit au nô de là Noblclïê vnepetite temôftrâce aux Rocheloislesexot' tât furtoutes chofes à vniÃ.Er denâvlcrdu côfeil de ceuxquitafchoiétpartousmoiésà lesw' ftraire amp;nbsp;feparer de laNoblefl(g defquels il eftoit plus q neceftâire faire fogneuft recerchepoâ' öfter vne maladie du milieu dâeux quiauoitde tout teps enfâte la ruine amp;nbsp;defolatiô desrepji' bliques les plus fortes amp;nbsp;florilfâtes.Teftnoins celles des Roiaumes desGrecSjPericsamp;B^biW niés;Dit outre que la noblefle defiroit fort feauoir dudit fieur Maire amp;du peuple la prefétîââ defiroiét entretenir îalfociatiô quâils auoiét jurée enfêble pour le fait de la prefête guerre.t' « fils nevouloiét pas féploier tous vnanimemétà repouftèr lesCatholi.qui eftoiêt ft pres.M^^â eftât refpôdu par le Maire amp;nbsp;par le peuple à haute voix:quâils nâauoict jamais eu autre que dâeftre vnis auec la Noblefle auec laqllc ils efpcroict nâelpargner rien de leurs biés amp;nbsp;jufques à vne heureufe ifliië de tous ces troublesflut par le mefmc préféré certains articles^ pour le fait de la guerre que pour fordre amp;nbsp;police que les ficursGétilshômes trouuoiétboC' Châgemét ftte mifè amp;nbsp;entretenue tât en la ville que parmi leurs troupes.Defquels articles fut fait dâaucuns gn ladite aflcblée qui les apreuua.Pour le regard du foupçon amp;nbsp;finiftres oppiniôs que hp*â* qmcltoient nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ r n , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
au Confeil part auoit c otre aucuns du coleil eftabh près la perlone du Maire,que f o diloiteltre tres b R nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;generale que fô debatoitxôme mefines il fut allégué amp;maintenu Ã
Quel eftoit le Confeil de la Rochelle.
quesvns la prefés:futauile de lesofter dudit côfèilamp; en eflire dâautres tels quâils furêtà fheuf^ mefme nômez amp;nbsp;approuuez par la pluralité des voix.Dot le Maire ne le pouuoit tenirtlf ncr figne de mefcôtëtemêt.Difât que cela ne le pouuoit legitimemét faire en celle alTébw que ceftoit enfraindre Içs priuileges de la ville. Aquoy fut refpôdu q ce côfeil auoiteftécrig^ par les voixamp; fuffrages du peuple.Et que partât,Iui eftoit licite de le caflèramp;cn ellire dâaiiti^â puis que fô feftoit des ja côformé à y procéder de câefte façô. Or auoit cfté ce côlèil dont parlé eftabli incôtinât apres la prilè des armes près laperfône du Maire côpofé de i z.perfóu^' ges de la ville aflà uoir 4. Efchcuins,4.Pers amp;nbsp;4.Bourgeois ôcauec eux4.Gétilshômesell5''^ par la noblefle. Lefquels conoiflbiét de toutes caufes tant ciuilics ^criminelles menés la prilè des armespour en juger louucraincmctamp; nâeftoitfexerciceamp;funólió de celle ch^' ge que pour 3. mois.Ce qui fut toutesfois châgé en celle aflèmblée amp;nbsp;ordôné que ceux uoiét efté eflus amp;nbsp;nÃmez demeureroiêt a ce côfcil tat que foccafiô lèroit venue dây poumo^U autremét.Et ce principallemct pour la bône oppiniô que le peuple auoit côccuë dâeux po^ les auoir veu fémploicr vertueufemet tât ez 2. amp;nbsp;j. troubles amp;nbsp;pédât le liege de la viîie.H!Æ relôlu dfteuer ôcentretenir a.copagnics pour la garde de ladite ville.Et que tous les refr^^ férolleroiét fous IcsCapitainesdes quartiers afin de faire quelque feruice;amp;ne demeureroi® Ainfi fortirct de ladite aflêblée lesGêtilshÃmes amp;nbsp;ceux de la ville fort côtâs amp;nbsp;fatisfaits conjf LaBoiffiere fébloit les vns des autres.Et le peuple afleuré cotre le doubte qui les auoit alfez log tépsdf Brillon. gp fulpés. La Boilficre fur ces entrefaites,faprocha de la Röchele le 4. Septé. Maisill*}!
fut cômâdé farrefter hors la porte de Côgnes où la Noue le Maire amp;nbsp;autres des plus apparuâ Je furet trouuer.Aufquels il dill beaucoup de chofes de La part de la Roinc parlât alfez haute' temêt ic au defplaifir de plufieurs de la Noblefle amp;nbsp;autres qui le fêtoiêt oflelèz par fes propos-Nâoublia dâacculèr ceux qui failoiet la guerre par mer jufques à les titrer ouuertemétdesn^® de Pirates efeumeurs de mer qui côtraignoiêt vn nôbre infini de marchâs tât regnicoles eftrâgers de crier tous dâvne voix cotre la Rochele.Puis requift aflèétueulèmet quâil peufteâ Creance de tret en la ville pour leur dire publiquemêt ce qu âil auoit charge de la Roine.Ce qui lui fuie® laBoiflierc. permis côtrefoppiniô d^ plufieurs.Et lelédemainfur les y.heu.du matin,il fut côduitju*' ques à ÃEcheuinage ou il recita fa creâce en la prelecc du peuple.EIle eftoit verhalle amp;nbsp;fôtlc' lèulemét fur les lettres de la Roine.Le fômaire eftoit fas farrefter au lôg difeours quâil fit,qi^^ la Roine defiroit infiniémét la Paix amp;nbsp;repos de ce Roiaume:amp; particulicremêt de la Rochelt' Luy auoit fa Maje. dôné dfcarge de leur dire de fa part, côbic elle trouuoit eftrâge la prife armes quâils auoiét faite fâs aucune caufeou vrgéte neceflirédes auifoit fils auoiét quelqchol^ à demâder amp;nbsp;les prioit de fadreflèr au Roy fô fils où bié a elle amp;nbsp;luy préférer leurs doieâcesSj requeftes qui ne faudroiét eftre receués auec toute bénignité amp;doucéur voire auec toutes(t, les côditiôs quâils auroict matière de fe côtéter amp;nbsp;viurc paifiblemét en toute liberté de cófd^ ce.Et que câeftoit la le vray moié pour paruenir a ce repos tât defiré.Sâs côtinuer ainfi en fib' gue quâils auoiét faite auec gês turbulens Sc du tout defelpercz.Qui môftroiét bié nâellre®^ nez dâaucun zele,n'yenuer.s leur Religiô ny lelâlut de ce poure Roiaumc.Quimclmesfnfob
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pitié aus NatiÃs eftrages.Lcs exortant de fuiure le parti que la Roinc leur prefetatoit corne le meilleur amp;nbsp;lequel de la part il leur colêilloit corne eftat leur voifin amp;nbsp;bo ami.Et qui auoit vn extreme regret amp;nbsp;defplaifir de les voir ainfî eux mclmes fe précipiter aux dangers qui leur e-ftoiét prochains Sc defquels ils fe pourroiêt aifèmêt garâtir fils vouloiét recourir au Roy qui Peftoit à îentrée de lès pars, amp;nbsp;lequel ne faudroit leur accordertoutes choies de railôn pour-iieu que corne loiaux fu jets,ils quittalTét les armes amp;nbsp;nâadheralTcnt a ceux qui les auoict ainfî confcillcz Se feduits. Quâau relie la Roine les afleuroit par luy,quâelle leur feroit côfirmer Sc entretenir la promelTc à eux faite par le Roy îanée prccedêtezemologuer leurs priuilleges : èi. ({ucleur ville leur feroit donee en garde fâs oûages nây Garnifô;fous Je lèrmct fait que le Mai-ïe amp;nbsp;5. Officiers amp;nbsp;principaux de la ville fctoict au Roy où a celui quâil cometroit à cet dfer. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
K'iiriieu quâils chalfalTentdc leur ville tous les ellrâgers.Il voulutaufîi puis apres feauoir de h Noue fil perfeueroit en la volôtc quâil auoit déclaré à Strolfi amp;: Gadagne,dâaller treuuer ù M3jefté:Que le Roy lêroit à Lion fur la fin du mois où la Roine le trcuueroit pour le prcleter
amp; le faire rétrer en fes boues graces.Illuy fut refpôdu parles Rochellois. Qtf ils remercioient trcsbiimbleméc la Majefté de la Roine,du bô defîr quâelle auoit de rcftablir la Paix en ce po- des Ruche' nreRoiaume.Et delà bone aflFeólió quâelle monftroitparticulieremét auoir en leur ertdroir.
Lót Us prient Dieu de bo cÅur leur faire la grace dâen voir bié toll les effets. Et faire conoL Boiflîçre.
Rre au Roy leurSouucrain Sieur la luflice de leur caulè amp;nbsp;les grades amp;nbsp;apparctes raifôns qui lesauoient induis,auec les autres bôs amp;nbsp;fidelles fujets de ce Roiaume de foppofèr à la tirânic cruautez que 15 entedoit derechef fexercer fur eux.Et luy faire auifi apperceuoir le fîngu-
lier defîrquâils auoîêt de rédre le fêruîce amp;nbsp;obeïffâcc deuë à fà Majefté.Mais que de renôcer . corne il lesfuadoit à falliâce amp;nbsp;affociation jurée auec meffîeurs de la Nobleflè amp;nbsp;les autres E-glilesdeFrâcexcla ne fë pouuoit faire de leur collé, fâs encourir notre dâvne infigne perfidie puniflà blcdeloiaiité.Et que cela leur eftoit fi lâcré amp;nbsp;inuiollable:que pour la perte de leur vjeilsnivoudroiétcôtreuenir.Au relie quâils voiétbiépeu dâoccafio de le pouuoir fier à ces parolles amp;promelIès:Tât gour les choies cy douât paflâées que chacun Ipauoit alfez; que pour Jicftrefacreâce amp;nbsp;choies propolecs aucunerQét lignées delâMajefté.Ce qui ne felloit jamais 'âmiencasfemblable.Aiâs accouftumé ceux quifôt deleguez pour manier affaires de telle im Portâccjde ne parler point par cÅur.Mais auoir à tout le moins leurs memoires amp;nbsp;inftruâiôs ^âo'^ces dâvn Secretaire dâEftat;amp; que les baillant par eferit amp;nbsp;de la qualité fufdite: lâon y feroit ^âffirefpôce volôùersifâs foublicr en ries qui fuit de leur deuoir pour entédre a ce que con-eprnei'hôneur de Dieu premierementiPuis au falut amp;nbsp;repos general de ce RoiaumeiJToutes-fois ilfut trouué bô de lui dôner ce jour melîne par eferit la relpôce que fêfuit amp;nbsp;qui luy fut portée hors la ville. Encores q la creâce amp;nbsp;inftruâiô propolce par la Boilfîcrc Boilfô en hlïe- je'bochel-hlcc generale de celle ville de la Rochelle ou eftoiét les Sieurs, Gétilshômes,Mairc amp;nbsp;cÃlêil, loûà Jacr« Officiers,Bourgeois,manâs ôc habitas amp;nbsp;autres ne meritoit refpôce dâautât quâelle nâeft lignée lt;icfaMajellénedâaucû Secretaire dâEllat.Et outre quâellene téd quâà diuilèramp; def vnir les vns 'iîuec lesautrcsælle eft plaine dâimpofturcs amp;nbsp;calonies impudétes corne de rebellio de côju ratio amp;nbsp;autres crimes de leze Majefté dôt ils fc fentét tâc offenfez en general amp;nbsp;en particulier pour en cflre du tout ellogncz:qiic nâeull efté le rcfpeél quâils porter à lâMajefté ils eulftt peu Nftemct luy faire rclfcrir la peine delbnaudacc.Toutesfois que pour côtinuer le defîr amp;affe-^00 quâils ont tousjours eu amp;ont encores de prefer au bié amp;nbsp;repos de ce poure amp;nbsp;delbléRoi-âomeduppliét treshumblemét là Majefté croire quâils ne for poulïêz tous cnféble dâautre volo
dâécédre à vne bone Paix,par le moië de laquelle ils puilfét fous fô obeïlfâcc, jouir de exercice de leurReligiô.-auec lèureté de leurs vicsamp; biés.Pour a^uoy plus aifemet paruenir, ââplaift à Môlèigncur de Môtpêcierfaire celfer toutes aélios de guerres.amp; enuoier palïcport pour côferer fur la charge q ledit Sieur de la Boilfîcre à dit en public en auoir de mô dit Sieur '*særôt tousjoursprefts à embrallèr vne bone amp;nbsp;S. Paix que doit eftre negotiée par pcrfôna-
dignes amp;nbsp;de qualité requife en vn fî grad Åuure amp;nbsp;rat importift te.Ce jour melîne ils refî ^finirent audit Sieur Duc de Montpenfier loüans Dieu de la bonne affeôlion que lôn Exccl-niontroit auoir de remettre ce poure Roiaume en là premiere forme amp;nbsp;fplcndeur. Ce leur part ils lôuhaittoient infiniement fut toutes les villes du monde comme ceux qui Lettre»d« plus fenty amp;nbsp;goufte des fruiéls de la Guerre que tous autres. Et des pertes amp;nbsp;delà ftres au°Duc Te* â'^laquelle ils ne le fiuroint jamais rcIeuer.Le fupplians trcshumbicment que remémorant le MScpeafier,
amp; degré que Dieu luy auoit donné en ce Roiaumedl luy pleuft prandre pitié de tant de Hhh iij.
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La Noue ne veut aller treiiuer le Roy sâil nciplaiÃa ceux de fon party.
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
poure peuple.Et aiioi'r cômiïèration. du plat pais, qui ne pourroit longuement fiibfiiler fous le faix de tant dâcxccz amp;nbsp;cruautçz.Quand à la promefle quâils dilbict que la Noue aiioit dâaller trçuucr le Roy:on luy dit que lors quârl eftoit en volôté de ce fairedes affaires nâeftoiet en tel eftatquâà donc.Et que depuis choieseftoientfuruenuës allez fuffilà ntes pourfcllogncc de Ion premier auis.Ioint quâ^ ne feuft pas lailTé lôrtir de la ville ores quâil feuft defiréxômü failbit par fois quad il le propolbit les auâtagesque ce parti cull peu tirer de fon voiage pour h cheminemét dâvnebône Paix.En quoy toutesfois il le raportoit tousjoursau côlbil de les co-pagnôs.-fans fauis defquels il dilbit ne vouloir rié entrcprêdrc. Donques Boilïîcrc ainiî refold du vouloir amp;nbsp;intétiô des Protellâs fe retira pour en faire fon raport.Surquoy je dónerois vo-lôtiers fin a ce liure fi la mémoire dâvn notable accidet auenu en Lâguedoc amp;nbsp;Albigeois me defroboit fenuie dele coucher par eferit en vollre faueur amp;nbsp;de tous ceux qui à lauciuf voudront repaiftre leur mémoire de choies gentiles amp;nbsp;profitables.
Entreprife furCaftreï dâAlbjgcoisâ
Ternde retournât desEftats Generaux tenus à Millaud en Rouergue accôpagné deFontc-railleSjDodoUjVcrglaCjMonbetonjPopehnierc ( qui de Frâcey auoit cité enuoic dés la fin May pour la negociatiô de la Paix ) fut aucrty dâvne entreprile quâaucuns drclfoiétfur lavill« de Caftres.Lcfquels le prièrent dâébralTer leur delïcin en faueur de tous lesConfederez de quartiers.Luy qui confideroit que tous lesProteftâs dâAlbigeois Lauraguay amp;nbsp;quartiers chainzinâauoiét retraiélé démarqué que Puy-laurcs quinâell encor pour foullenir feffortd v ne armée Roiallerpcfat dâailleurs toutes les comoditez dâvne telle placc;y prefia volôtiersiæ reillc.Püur doc mieux vous reprelcnter au naif les auâtages quâé peuuct tirer ceux qui la Itrifentde vous effigicray premieremét la ville, fEllat delaquellc je rcprâdny des la de fes premiers fôdemés: puis auoir parlé de lô alfictte,je vous leray voir le pais qui lafoufi*'^^ Caftresamp;ia nourrill de les comoditez pour en fin defeedre à vous particularifer lesmoiesquconà tcnquot; Oonïkcîl'e po'-â*' léleucr des mains Catholiques. Callresnâeftfort anciénc.Mais autrefois petite bourga-amp; du pays dg f^ns clofturejfeftcdât fur le bord du Goud qui la breuue de fes eauës Iclquelles il vapf'^? circouoifm. appgs à la récontre de Tarn:a prins vn prefque pareil auâcemét cjue Villegodou qui ^011 amp;guer nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mefme fleuuc.Sô premier bruit vint du réps q lesAlbigeois maintenoient cctro^
redes Aibi- Catholiques Ffâcois^outre la liberté de leur vie amp;nbsp;côfcience fexercicc de leur Religion kTcathoh- blforétc à celle des Proteftâs du jourdâhui. Comâ-on peut voir tant par pluficurs fiagmcns quesqtiipar memoircs elcrits en vieil langage du païs concernas thifloirc de ce temps là :que par la dilpü' cr'okoFen? publique amp;nbsp;lolcnellc qui fut alfignéc entre lEuefque de Pamiers amp;nbsp;M. Arnoltot pourJcui de Lombcrs.LaquclIcfevoitaujourdâhuy entière efcntcenlangage qui rapporte plus au faire la gner nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâà ^a lâguc du païsiiy aucun terme Frâçois.Voire que pluficurs mâôt alîcuré auoir vcquot;
Le Comte Raimond Chef des Albigeois quite le par-
les Articles de leur foy grauez en quelques vieux tableaux qui fôt en Alby du tout coformc^ à ceux des Proteftâs. Aucuns ticnétqucRaimôd Côte dcTolole,Qucrcy,AIbigeoiS5RoU£'' gue,amp; autres quartiers voifins-ftyn des principaux Chefs des Albigeois,y a plâté fon armée quelle de Caftres terme Latin à dôné le nô à Caftres.Car corne lors en ce païs mefmcnr^Grquot;â parloir vne lâgue plus aprochâte du Latin (auquel aufl'i tous aélcs publics cftoiétefcrits)lt;iÆ du Frâçois ne autre lâgagc:Caftrcs fut appellee de Caftra qui ne fignifie autre chofe queC^P ou AriȎe qui câpege en quelque cndroit.Pource que lesAlbigeois affin que je laiflè de ceux qui en reprênétf origine des Sarrafins fous Charles Martehy efténdiretfoiuientle^^ troupes amp;nbsp;y cÃbatirct en pluficurs récôtres les Croizez.Ainfi fappelloiët lesCatholiquesit quels marchoiétfous la coduite des Princes de ce téps amp;nbsp;parlemâdemëtdes Pappes qinJe dônoint entière abfoliitiô de tous pechez pourucu que chargeas la Croix ils fiffient la Guetf' certain téps cotre les Albigwis.Et cefaifoittelcâpemét pour les grades comoditez quapp^ toit ce quartier à ceux qui ^us dilligés fen rédoient maiftres les premiers. Soit pour auoH plaine fort lôguc,large amp;nbsp;bié vnic;quepour toutes fortes de biés amp;nbsp;bos fruits quâelle rapplt;â te à ceux qui meilleurs mcfiiagcrs la fçauét mieux cultiucr amp;entretcnir.Cc fut foccafiopoâ laquelle ce bourgamp; villagÃie demourcrét gucres fins eftre entournez de muraillesamp;fouUâ de bons foftez tout au tour pour les mettre hors de furprifo amp;nbsp;fafliircr au dedas cotre lato de tous enncmis.Auffi voiôs nousquâapres que ces malheureufos guerres eurér durequeKJ^^ tÿamp;ferccô- centaine dâannées amp;nbsp;plus long temps quâil nâeftoit befoin aux vus amp;nbsp;aux autres: qui tous ciiicauecic aller fe rendoient plus cruels amp;nbsp;barbares que beftes bruttes.Le Comte Raimond fetto
laCourt du Roy Loys dedâs Paris fut tellemét gagné quâil paftà vn accord auecli^ 1228. Parlequelilpromitamp;juraquâUferoitabattreamp;razerlesmursamp; comblerlesW
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(i£TülofejMoà tà uban,8ô de rrente autres que villes,Chafteaux amp;nbsp;places fortes entre lelquel-^esCaftres, Lauanr Puylaurens, amp;nbsp;autres places voifines font comprilês. Mais la guerre ne ceflà pour ceU. A laquelle le laps de temps accompagné de la partialité amp;nbsp;diuifion des Chefs Albcgeois( qui lans lécourirlcs vus les autres le contentoient de faire la guerre à part ou peu à peu ils furent ruynez en leurs Gouucrnemcs)mit vne fin finaft pluftoft quefeffort de leurs ennemis.Lcfquels pcuréc encores moinsefteindre par feuzjlà ccagement, ruynes toutes telles voies extraordinaires, la Rcligiô ferhée au cÅur des Albigeois.Partie dclqueJs côtraints pivles railons que delfus vuider le pais fur lequel aulfi faute de culture amp;nbsp;lêmence oh ne pou-noicviurcquâa peine extreme danger le retira és montagnes. Aucuns feftendoient plus Allant, les autres donnèrent jufques en Dauphiné, Sauoie, Prouence, Viuarez amp;nbsp;païs pro-einins de Lyon: pour voir de cc temps la,ces endroits moins peuplez amp;nbsp;par conlèquent plus libres que celluy de leur nailïà ncc. La continuans en mefme profeflion (comme es auerfitez nous forames tousjours plus deuotieux quâen bonace amp;nbsp;temps bien fortuné) amp;nbsp;toll apres co-nciiz dâvn chacun receurent diuers noms pour la profclfion quâils faifoient differente aux au-tres.Aucuns les nommans les poures de Lyon,en Sauoye amp;nbsp;Dauphiné les Vaudois. Ailleurs on les appelloit autrement au plaifir de ceux qui ne famulbient quâa le moquer du defaftre amp;nbsp;poüreté publique deceuxdclquelsnon lèulement la Religion, la foy amp;profelfîon dâvne mefme vie: mais auffi la race continuant de pereert fils dure jufques à nous. A laquelle outre les Catholiques Frâçois,fôus le regne amp;nbsp;autorité de François premier enProuëce mefinemét: Emanuel Philibert Duc de Sauoye à fait vne fort dure amp;nbsp;lôgue guerre. Mais fi peu profitable ^uâen fin force luy à efté de leurottroier partie de ce quâils demandoientcommejevousfe-ray voir en temps amp;nbsp;lieu.Continuant donc la cruelle guerre des Albigeois Ãcauec le temps icelle finie, en furuenant dâautres pour lemifèrable (encor que naturel amp;nbsp;ordinaire, exercice des Franpoisjnommcment celle des Anglois qui fe font veuz maiftres des deux parts de la Coiironne:côtinuerent auffi les dcffences amp;nbsp;munitions des bones villes.Ce fut lors que Caf-ueseftandant le nom amp;:l;^uiflâce, fut augmentée de ce qui nâauoit cfté autresfois quâvn Ample fort appelle Yillegodun fis à lâautre Riue duGoud. Lequel embraflé par mefmes murailles Siimefmes foffcztbien quâil aie tousjours retenu le nom ancien fi cft-ce que celluy de Caftres comme plus heureux à depuis ce temps compris tvn amp;nbsp;lâautre. Voila quand à lâorigine, pro-Sicïamp;auancement deCaflres. Delaquelle auoir reprefenté lâancienneté je viendray à vous mettredeuant les yeux, fEflat auquel elle à vefeu amp;nbsp;vit encores de noAre temps.
LâAlbigeois pays de petite cAanduc amp;nbsp;pour la plus part bolTu amp;nbsp;montagnez ( héiis fiche Pay* Al. enbled, riche en vin amp;nbsp;encor plus cnPaAel que les marchans mènent par toute la ChreAien-teauec vn merueilleux proffit pource que le meilleur vient de la) nâeA diuifé que par Dioce-fcs.Dclvn eft premiere lEucfché dâAlby. fait pour la richeffe, foit pour le nôbre des homes, foitpour îanciéneté de là mémoire ou pour ces trois railons eijfëble.Auffi tout le pais prêd le uô delaMctropolitaineilEuefché deCaArcscAcôme mere ôc principalle de îautre.Alaquel-leceAc cy ne doit gueres ny en nôbre de peuple ni en quà rité de richeflès nô plus quâë la beau te du païs.Mais pour lailfer le difeours dâAlby à vn autre Joiür:lc vous figureray premieremët b Pays de lafecôde.Puis la ville amp;nbsp;les moiës quâô luy à dôné de fe defëdre. Le païs fur lequel cibales fôdemés,eft vne grade amp;nbsp;fort vnie Câpagne razc,la veue de laquelle court amp;nbsp;feAend caftrel ° dctouscoAcz de la ville jufques à vnelicuëau delà ,oùclle finiAarreAce par lâobjet des mon-tsgiieslefquelles vous jugeriez nâaiAre les vues des autres pour entourner amp;nbsp;munir cette plai necommevn rampart ou Courone au cÅuramp; beau milieu delaquelle les anciensfyvoulu-tctenfermer:lefquels neatmoins voias ces móts acceffibles en toift endrois amp;nbsp;lesauenues fort baffes amp;aiféescôme ils font prcfque tous cultiuez de bled, vins amp;nbsp;autres fruiéfs que lé naturel double au meilleur mcfnager:auilcrët de fo munir de plus pres,lors mefmes que croiffiâtla tnalice des homes par le desborderaât quâamene toujours aueefo^é malin naturel de laguer tedls cogneurët que Icsbourgs amp;nbsp;villages fans cloAure nâeAoientaAèz fuffifante retraite a Ceux qui ne voüloict femaciper de la defcfiue. Les premiers murs defqùels cete ville fo vit en fcjVuVs, cctnteîfiirét Amples amp;nbsp;de terre feulemét. Au jourdâhui mefmes plus des 2 .tiers fôt encores dé-ftoiirez tels:foit pource quâen tous ces quartiers la pierre nâeA prochaine^ à cÃmâdemët.-foit
ils craignait la peine amp;dclpcnceà la tirer des montagnes: où quâils jugent ceAe eAoffé luififante au garand de leur ville . Defaid outré ce que le terrein de ces quaniers ,eA glueux
H h h iiij.
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Italiens*
amp; tenantâls preflcnt fi fort la terre à force de gros pilons quâils la trouuent auffi durable een trc toute violence amp;nbsp;du Canon mefinc,duquel le boulet y meurt lâns effet ; quefi IcsuiuÃ'^ ftoicnt eftoffcz ou reueftus de pierre de taille.La lape mefine ny peut tantauâcer que dans pierres l'vne defquelles tirée en attire to us jours dâautres qui febranlent par fablênce de c» qui les fbuftenoient.i'en ay vlt;i de larges fix pas dont la terre eftoit fi ferrée que touur« ftoit à louer.Les anciens nây auoient fair aucun flanc. Auffi nâen vfôicntils comme point uo depuis la guerre des Anglois quâon feit les Tourions plus ordinaires amp;nbsp;frequensaux murai les que par le pafJc.Encor nâauoient ils chacun plus de deux ou trois ouuertures propres au'* fléchés,dards Se autres tels traits d â main. A ce fie occaficn ces murs demeurèrent fans fen** jufques auxtroifiémes troubles que les Proteftâs maiftres de la place,reformcrétcelaamp;F fieurs autres chofes concernans la guerre quâils furent contraints dâinuenter pourla£le.eRt tuition de leurs perfônnes.ïls y drefferent nombre de flancs,quelques Cafèraatcsczfcfltrnô méement pres des portes qifi ne leur fèm.bloit autrement aflez afliirées iefleuerentaufîifo*â'' fept bafiions fur la Contrefearpe du fofle qui nâauoient touiesfois le grandcur,mefiirenypi^ portion conucnable à tels corps de forterelles.Auec ce ils nâeftoient reueftuz nyfafoni'^^*ââ me ils deuoientzne mefine affeurez de foffez,Contrefearpe,Coridor nây autres tels lelong vfà ge des armes nous à depuis defcouuert.Si bien quâencorcs que tels æoiés dedefen ceeuffentpeu fèruir pour rompre la fureur dâvn premier cffort:amp; la bouillâte fureur raiere venue de François: Si cft-ce que la viollence du Canon où la fècrette trahifon lt;1'''â^ bonne miné: voire la refoluë abordade dâvn nombre de Soldats qui fenfuffent voulus rfâ* dre Maiftres par efcaladcs : les euft emporté en peu de temps amp;nbsp;les murs parapres* Caiholicques toutesfois qui depuis la Paix faiéiemil cinq cens fèprante deux fen fontpor*^ maiftres jufques icy fous iâauthorité du Roy:fôit quâils ne preueuftènt ou fê fouciafïèntpeudf incôuenics qui leuren pouuoiét auenir (côme toutes chofes mefinemét au fait de guerre^ nêt dâvnc variété amp;nbsp;incoftance incroiable à tous homes qui nâont fôigneufêmcntpratiquât» affaires de ce monde ) ne fc font pas donné grande peine de les agrajjdir, reueftir nây accomo* der. Encores que ceux qui auoient les principallcs charges en cete ville fuflènt eftrangersou Roiaume qui couftumieremét font plus curieux decercher tous moiés dâafïcuier leur vic'q*quot; lors quâils fe voient pres de leurs maifons:nômement les Italiens amp;nbsp;confequément ceuxq**® pour leur eftreplus prochains patticippent plus au bien amp;nbsp;au mal de cefte natiomlefquds'®' uentifs fur tous autres le font encores plus au fait de guerre:le vous ay fait voir ailcurs deco* bien le c|pur creut aux Catholiques amp;nbsp;rabaiflà aux Reformez pour le deluge de la S.Barthe* lemy à Paris: apres lequel le Roy curieux de faffeurer de les Prcuinces enuoia lt;ntrâ-autrcsl MarcfchaldâAnuillc en Languedoc fon Gouuerntment pour y contenir fêi fujets au de la plus grande obeïffance quâil pou rroit.Occafion quâa mefine fin il depefeha la Creufet^ pour entrer à Caftre amp;nbsp;y maintenir tout le pais à deuotion Catholique. Ce perfônnagerdu* par les Proteftans lefquels y cftoient plus torts,dây mettre Garnifon:fiten forte peu à peu aueC promeftè de fê contenter de la Garde ordinaire,permettre fexcrcicc des deux Religions amp;nbsp;tres fubti Is moiens quâil fy tendu Maiftre. Etdepuis fortans les Reformez amp;nbsp;fê retirans qui qui là Ãaintc de Iuy:y fit entrer les troupes que deftus apres que plufieurs Proteftansy tuez amp;nbsp;rançonnez. Lefquels aiant depuis S. Felis pour Gouucrneur nefê tormenterétioitu^ munir la place comâ-elle meritoit ne faifâns conte des moiés de leurs ennemis exilez.CenC' antmoinsaucuns dâeux pour accômoder cefte place au têps cefêmble pluftoft quâà la faifo** de guerre:Ils Sc les François feftoient mis en quelque deuoir de la fortifficr y afouftâta cequ® les Côfedercz y auoict fait «x troubles precedens ce que vous vertez.Ils auoiét en quelque endroits eflargis amp;nbsp;creufez les foftêz amp;nbsp;aux courtines qui manquoient de flancs de defenceils auoient auancé nombre de Sentinelles autant eftognées des murailles dehors que dedâs:affc larges pour lâailé de fix harouebufiers amp;nbsp;les appellct Garites de forme quarréeeftofféedeboi* cntrelafïec de brique,fimpTe amp;nbsp;de chaux.Puis auoient ouuert quelques nouueaux flancsai®* quartiers des murailles qui fauâçoiêt plus fur le dehors de la ville que le refte de la courtine* Et afin de rendre les murs de plus grande defence notammant contre îefcalade. Et auffi pont donner plus dâaifê amp;nbsp;liberté aux Rondes où autres qui jour amp;nbsp;nuit deuoient faire le tour muraillesiils auoiét drefïc fur les murs desGaleries clofês amp;nbsp;fermées de tous ceftez defquelk^ on entroit tât aux garites quâau Corps de gardc.Et y marchoict tous à leur aifê mefine Casdâ'
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ger de pluie ou mauuis téps.En cas de batterie amp;nbsp;furieux afïà ut ils deliberoient pour leurs rc-trâchcmés tels autres moiés de defence:dc Faider des lieux ôc grades places vuydes que les Proteftâs y auoiét autresfois defdié riere les murailles. Les portes de la ville font côpofees de dcuxpetisîouriôs de (impie pierre,vn peu auâcéeshors les murs pour les flaquer .Voila toute la defence du dedâs de la ville.Car il ny a point de Chafteau nylt;iutre forterefle de rctraiôle en cas de furprile.-fors le logis de Roquecourbe eftoffé de brique haut efleué amp;nbsp;alfoz perce de fe neftrages.Mais (ans flâc (ans folTé ceinture de muraille ne autre prouifià de defence.Et fi nâeft joint aux murs de la ville ains eft à 20. où 30. pas des murailles de Villcgodou aprochât de la Riuiere vers le Moulin qui fut efehelié côme je vous diray.Quâd aux fo(Tez ils ne font nây af-folargesny allez profonds.Et nefont réplis dâeau a demy de ce quâil faut. Mclmes ils font a- * Ãccn pluficurs endroits.Qui fait que la Contrefearpe nâeft aftêz haute ny pourucuë de Corridor ny telle au refte quâelle deuroit.Au par fus je vous ay dit que Cadres amp;nbsp;Villegodou rie- Moulins lt;Jc ftoiêtdiiiifezquedu Goud petite Riuierequi pafte entre deux.A la fortie de laquelle ya deux Moulins de pierre taillé. Vn a chacun cofté deçà amp;nbsp;delà qui (è regarder amp;nbsp;defédêt fvn fautre pour eftre bié percez Sr accômodez tous joignâtles mu railles defquelles ils font auffi defen-dus.Ces Moulins ne font efleuez de terre plus hautdâvne toifo amp;nbsp;ont le toit prefque tout plat couuert de grolTe thuillc de laquelle on irojt ailèmét en la ville.Baftis au refte fur arcades mu niesde gros barreaux de fer pour endefendrefentréeaux hommes Sf la permettre îilfuëà leauedela Riuiere.Au deuant de celuy qui fait le coin de Villegodou y a vn baftion de terre dont jâayparlé cy delfos. Mais qui tôboit piece à piece (ans quâô (èfouciaft de leredreftêr amp;nbsp;âliceluy a la muraille yauoit vn mur de pierre taillée:tant pnurfouftenir le baftion que |K»ur Cfiipeftherquedu balliô onncdônafta ceMoulin. Au refte ilseftoiétdâeljxjurueuz de grof fopieces.Maisils en auoienr quelques vncs de menues. La villeeftoit pourueuë de trois cens Gamifon trente quatre que Corfes quâautres Italiens: repartis en trois Compagnies de fanterie drcftèc ^iepiquiersbicn armez amp;nbsp;harquebuziers prelquetous Canons amp;nbsp;fournimens de Milan : Fy «jâJcaik«.
réglez quâaucun nt^fe mclcontentoyent dâeux encores quâils ne receuflènt que quatre fouis par jour pour paye. Aufli mangeoyent ils fi peu amp;nbsp;jeufiioyent fi fouuent que leur vie en fembloit trop auftere à la gloutte diftblution des François quiauoient deux belles compagnies dâharquebuziers forains amp;nbsp;deux autres de la ville auecvne compagnie de dicuaux Icgiers.Lc tout commandé par (âint Felis Gouuerneur de tout le Diocefè autres fois Lieutenant de feu Tcrride. Ils auoient bonne prouifion de poudre amp;nbsp;auoient outre ce les molens dâen faire aftêz pour fournir la ville. Le Gouuernement au furplus nâeftoit poiy excefiif encores quâon exigeaft beaucoup par mois pour entretenir la garnifon contre les Proteftans Ãtii y reftoient fort foupçonnez toutesfois les vns defquels reuoltez Catholiques les autres frinsà dilTimuIez amp;nbsp;aucuns tenans ferme en leur coeur: eftoient beaucoup plus enuiez par leurs Concitoiens queeftrangers aufquelsilsdonnoient argent pour les tourmenter. Tous neantmoins bailToient lâoreille pour la (ôigneulc garde du Gouucrneuramp; des eftrangers .qi quâaucun des Proteftans muets nâofot rien entreprandre ne dire vn foui mot contre i'Eftat ptefantcraintedufutur.Depuis mcfmement quâils furent afteurezque files Confederez de lt;lehors donnoient plus dâalarmes en ville quâils en porteroient la peine amp;nbsp;quâon les fet®it tous P^dreou noyer. Ce qui auint à loccafion de fentreprife qui auoit fait quelques jours aupa-wuint le Baron deTerrides. Careftant de retour des Eftatsde Millaud à faint Paulie
''M partant de là auecFonteraillcs, Dodou, Verglac amp;nbsp;autres fuiuiz de pluficurs Chefz 'oldats ramalfez des garnifons prochaines; fi trouua fur les huit heures du jour.pour la forprâ-^fceftimant que ceux qui deuoient les premiers prefonter fefeaiade, deulfont fournir au ré-
VOUS.A cefte occafion Verglac aiant pris douze coureurs Failance pres dâ.vne harquebuza-de desportes.Mais ne defcouurant aucun de ceux quâil y attendoit fait auancer trois des fiens qui a toute bride pourfuiuent trois Catholiques fortispour chaflei\ jufques aux portes. Mais *gt;2pcurenc tuer quâvnCapelan fo retirans les autres es maifonsprocnaines.Puis reprindrent le ^hemin de leurs garnifons. Ce qui donna talarme en ville tellement que deux compagnies Menues par quelques piftollicrs fortirent jufques à vne demie lieuë aux champs à lafuit-
de CCS coureurs.Lefquels des ja joints au gros de leur trouppe fc retiroient pour attendre la ^onttnoditédâvne meilleure occafion qui fe prefonta le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Car aiant le Vicomte de
Paulin General des Albigeois ( ainfi que de Millaud il Fen alloit à Fronftay en Languedoc amp;nbsp;H hh iiiij.
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autres lieux de fonGouucrnemcnt) donne charge à Montmiralamp; Pafquct Gouiiciwuf^ Reaimont dây ac heminer le plus de forces quâils pourroicnt, le Baron de Terridesyafl^â^ ' bonne partie des liens en Lauraguay de Puylaurens^Sorefe, Saint Paul Dainiate amp;nbsp;autres P' ces conduits par Senegas amp;nbsp;Dcïmiez Gouuerncurs des deux derniers amp;nbsp;autres ChefsiSi bi que faifant hu it cens harqueKiziers quâa pied quâà chenal amp;nbsp;deux cens chenaux: tous fi dirent deux heurts deuât jour.Ou auoir rangé la fanteric à connert de la conrrefearpe tJu Æ c'aitquot;«moulin de Villcgodon jufques à la plus prochain#; porte: TcrriûC loudain auanc'cr deux efcallades fvne pour gangner le baftion que jâay dit plus prochainôc moulin: l'autre pour monter fur le haut du moulin amp;nbsp;de la gangner le dedans de la tolf que felchcllc fut prefentée au baftion auflî toll fut elle fournie de foldats qui le haut du baftiô .Mais ilsy trouuerét la muraille qui le fèparc des murs de la villeamp; du lin fur lequel ils delibcroientfê jerter pour de la entrer en la ville. Outre ce lâefchelle tropic ble pour la pcianteur de tant de loldats qui monroient corne à lâennuy à qui y fêroit leprerni romp fous eux .Cet inconucnicnrneantmoins ny la faute dâauoir mal icconcu ceft endroit^ ne lez eftonna tous que les plus refbluz ne dreflaffent loudain lâautre efchelle fur la jettée^â ils appellent la paiflierc du moulin. Câeft vn ranc de gros pillotis de bois bien ferrez amp;nbsp;® léz enlèmblej mais en biaisde laRiuiere pour forcer lâeau de cou rirlêrrce dedans les afin de faire tcurner les rciies pluftoft amp;nbsp;plus rondement. I ors la fèntinelle prompteà lonb noir, tire loudain l'harquebuzadc. Et aulfi toft que le Ibn de lâalarme amp;nbsp;cry redouble tinèlleeut rcfucillclc corps de garde; futfuiuicde plufiéurs autres coups d harquebi^â qui tous fadrefloient à cenionllin. Occafion que outre vii grand nombre de blelfeziTâ demeurèrent de ceux qui fc monftroient les plus dilligens à monter rcfchclle; laqnelleÃ^. moins fut loudainremplie dâauirts loldats qui conduits parKalcasJa Grange,Capitaigt;^^'j' quetijcüne Puicaluel,laBruncamp; autres: gangnerent loudain ledeftus amp;nbsp;dedans du ffci' , par la faueur à ce que aucunsdilcnt du mufnierfirrité contre le Gouuerneur du lefuz tice contre celuy qui entretenoit là femme ) dâou delcenduz en vilJe en peu dâheure ib c**'. rompu le corps de garde de la prochaine tour. Ou ils le tindrent quelque temps, pour le . fendre desharquebuzades qui fortoieht du logis de Roque Courbe amp;nbsp;pour vuiderlatcquot;^^ ne prochaine des Catholiques. Et parce moien fauonfer Icntrcc à leurs tempagnens^'* J montoient fur les murailles par la plus prochaine garite de celle courtine.Car aux delpcâ^ quatre qui y furent ruez en montant Sc de plus dâvne douzaine de blelltz dâvUe infinitto^ quebuza^es qui leur fortoient du prochain corps de garde poféen la tour prochaine, tous les flancs de la muraille: plus de cent cftoient desja montez dans la Garite de laquelle premier auoir leuc lésions aucc la telle pource que les ailles dont elle cftoit plâchée,n tlW* cloucziPuis c bacun le fuiuant file a file droit par la main fon compagnon. Ainfi fevoians nombrefencourageoiient à fauterenbas quinâeftoit profcndamp; gangnerla ville.
du logis de RoqueCourbe les ennuyoient fort de leursharquebuzades.Et en meÃne temps' Capitaine Corflebien armé branlant vnc ronde picquelbrt de la Tour auec quelques^ub pourdonerteftebailféc fur eux.Si quelé voians fichaudemétpourfuiuiz plufieurs qiiiteret pdfa^refdes m'uraiiles amp;nbsp;fe retirèrent en la Tour que Palquet auoit gangnée côme jâay dmm quelques vns quife lèrrcrent dedans la Garite, pariaquelle ils eftoient entrez. Tant poi'n^^ mer mieuxaùèndrc le demies hazard que de fuir: que pour ne quitter le moien de prandre à idSf à 'iftônfofisKfiusleiirsâà iTrrescompagnons qui venoient tousjours par celle efchelle-b'ren qifcn fimreftfqtccz ÃidâcCCÃW amp;denombre delcddats: ce fut aux Corfes à quitet placcamp;i fewtfrcT'par vne pÃte de derriere au logis de Roque Courbe. Ou il penfbit tenirb fe Vôiaûtaftjfbcfdé-cttjquante foldats la plus partCoïlîes. Eclquels ncantmoins nây feirentautf^ detioif^ tant parce que Roque courbe cftonné de voir tant de Confederez fi auant en ville: quelenombreen?'ctoiiroÿ^âclâheute à autre auoit jaeupromelîe deviefauue: pouriieuq^ ncîlciuffrift quâon draft de fa maifon ce quâil auoit juré.-loint quâen mcfmc temps laNobld quieftoildehors voiant tantlde foldatsengagcz envillefi bien pourueucdâhonimes amp;nbsp;toutes munitions ferelolutparles remonftranccs amp;nbsp;piaiticülier exemple de Terridcamp;V' glac dây entres à quelque pris que ce fuft pour les fecoUrir.Verglac premier apres auoir troU ué le moien du rompre à coups de marteaux les barres des arceaux de moulim entre dédain fuiuy du refte qui encouragea tellement les prmicers que la ville cftoi t ja Proteftante.
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iVqiiet nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;plufieurs autres fùiuiz dâvn nombre de fôldats auoiént gangns
le Pont; crainte quâon ne le leuaft pour combattre de fautre cofté amp;nbsp;lesaculer h, attendant plus de fecours pour les dcffaire. Mais ceux cy preuoians amp;preuenansen(êmble le danger: donnèrent plus outre juiques au corps de garde de la place, quâils enfinglaterent foudain des pontes corps quâils y trouuerent. Et comme ils commencèrent^ le diuilêr pour butiner plus tichement; ils ne trouuoient homme qui ne paffà ft par le tranchant de feipée, ne fentift la roi-deur de fefpieu, ou la trop fôudaine force dâvne harquebuzade. Dont ceux qui fen penlbient garentir,aimoient mieux le précipiter dans feau pour y laiflèr auec le corps la lumière de ce monde. Les autres par grandes offres amp;nbsp;riches promeflès rachetoient leur vie au pris de leur boiirfe. Plus de trois cens prindrent party delclâuuerà qui mieux. Mais la Caualleriequi U efloit encores toute entrée donne deffus quelques trouppes à la fortie amp;nbsp;en deffeit plufieurs. Saine Felix toutesfois,fuiuy de fix chenaux elchappa la main ennemie. De ceux qui le mirent en deffence foit dedans foit dehors la ville: nâen efehappa que bien peu. Ce pendant Verglac, Senegay,Define amp;nbsp;quelques autres arrailbnnoient Roque courbe, pour le rendre vie là uue auec les cinquante Corfles qui furent conduits par Terride en toute (cureté julques à vne demie lieiiëamp; par dâautres encores plus loin, crainte que le François ne les acheuaft de rendre miferables amp;nbsp;infortunez. Roquecourbe le plus riche amp;nbsp;apparent bourgeois de la ville : fut retenu tant pour en tirer rançon que pour le delplaifir que tous recourent de ce quâil auoit incité le Roy amp;nbsp;obtins de la Majefté quâil luy full permis défaire vne Citadelle de Ion logis pour tenir en bride perpétuelle vnsamp; autres habitans de Caftres: nommément en haine des Ptoteftans dcfqucls il ne fe pouuoit alïeurer. loint quâil clloit chargé dâauoir fait toutes Ibrtes de menées contre eux.Le butin au relie ne fut pas grand amp;nbsp;nâexceda cent mil liures en tout: pourcc quelcs Protcllans qui elloient les plus riches de la ville:auoienr ja ellé tous pillez. Ils ytrouuerent quantité de bonnes armes, nommemant belles harqucbuzesamp; fou rnimens, de beaux motions amp;nbsp;corlèlets grauez dont les Capitaines 8c lôldats faccommoderent. Apres auoiv inhumé près de deux cens morts Catholiques, entre lefquels le Capitaine Anthony' amp;nbsp;lamin Lieutenant de 13înt Félix furent regrettez amp;nbsp;quelque vint Confederez: appaile la ''ille,donnélogisà chacun, alfignéquartiers aux compagnies pour la garde delà place, efi tablyfordreamp; reglement aux plus importans affaires: Terride accompagnédes de
Verglac Senegas, Define amp;nbsp;autres fuiuy de trois cens harquebuziers amp;nbsp;deux cens chenaux le retira à Soreze pour y acheuer les Ellats particuliers de tAuraguez interrompus par lâentreprife de Caftres, ou plus de quatre cens harqiiebuzicrs 8c deux cens cheuaux demeu
rèrent fous le Gouuernement de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qui
recent Sc cômâda les Proteftâs naturels du
« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lieu y retirez depuis la prilèSeautres
qui furet côtraints dây réfugier corne vous.ente- nbsp;nbsp;nbsp;.
. c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;drez ailleurs
plus à loi- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
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Du Trenteneuficme Liure '
7* 2^ £ S le fiege leue de deuant Fontetuiy le Ccmte par lej Cathtlitjuet Li le firtifie de rechef drffi'aMjJi ajftegépar la deuxieme fiisy par le Duc de cter: Les moient ^u'il tient pour fournir deviuretfonarme'e: Q^iprand dr lieux circonuoiÃni de la âRochelle-. Puis bat four le âParlement de (emlgt;er prend Fotenay:i^ellt;juei efforts ^ue ta Noue fceut frire pour le fecourir. lin Admiflre pendu.Sntreprtfe de la Noue fur Mar ans.Le P^y efcrit aux pour fe maintenir enPaix.LufignendrIefiege qu'y mit leDucdetJ^/otpencierfef^jf.
naturel, Courfes des P rote flans defguife^par toute la France. Deffeiin pleits des trouppes du pubhc que conduisit la Haye Lieutenant de Poitou: Prinfe rafement de Luflgflt;^i le Duc de Montpenfier. Comportemeru du zMarefchal d'uy^nutlle : e^fa declaration fe reforeme T^.P^glement que les Proteflans ^Catholiques vnis firent «2^ifmes fous fon autoritépour leurdejj ee contre les Catholiques tant fur le fait de la fttflice nbsp;nbsp;'Peligton: que police eîr affaires de la guerre.
peuple en Poitou. Liÿsedes Catholiques contre les Proteflans en Poitou. Fntreprifes (^portemens dimUl^ Haye Lieutenant de Poitou. .Auec les occafions forme de fa mort. Puis les P^quefles prefentées au'Rfl n^furUmil cinq cens fotxante quinl^eypar les députez, du Prince de Condé, Maréchal d'.AnMille ^au/re^r. la Paix 'vniuerfelle de ce âP^yaume. la refponce du '^Pjy. rmèe des Proteflans Poiteuins (fl Saintonfe contre les 'Pjytres (fl- autres Catholiques defeendus en Fatntonge. Saint fean d '.Angle prins par Puffe Canon (fl reprint par Popelliniere, auec Ponne Boutonne (flaueres places. ÃJoyagedu Poy de PoloffU dre la poffeffion du Poyaume de France, Les recueils magnifiques que luy firent I' Smpereur,la Seigneurie^ nife nbsp;nbsp;autresPotentats d'/talie fur les terres defquels ilpafJott.'La defcente,la vie naturel (flportewans ffi^
de Sauoye Prince de Piémont. Comme, quand, ou (fl par qui le quot;P^y fe refolut à la guerre, Liuron laijfépar l^ Catholiques, Sacre (fl tfl^dariage du P^py Henry ;. Son premier Edà t venant en France pourp cefferles armes fous l'affeurance aux Proteflans de fes bonnes graces, La Hunaudaye d la quot;pochetle pour lui Ele/lton de faques Gui ton pour Maire à la Tipchelle, Députez Pjehedots pour la Paix. Entreprinfl des i teflans fur 7\^yort.Prinfe de Benon par les Proteflans, Trépas du Ticomte de âPphan (fl le mariage du Frontenay fonfrere (flfrcceffeur, auec la Damoyfelle de Soubil^. Prinfe de Perigueux par les ProteÃut^ grand butin. vHrmée Catholique en Poitou fous le Comte du Lude. Prinfe de /ffledt péfur les ProteÃunsfl Là ndereau (flla reprinfe en me fine jour fur luy par les'Pjchellois.Auec les moiens qu'y tindret vns flaatreifr s'enajfeurer: (fl les deffeins des Catholiques d'affamer la'Pochelle s'ils cnffentpeu deffendre l'^sle^y'/lcgocd^ de la Treue en Languedoc. Eflat du Dauphiné ou Ihfontbrun efl pris (fl décapité. vHrrnee du Prince ae Conito les prep^atifs duPoy contre luy. quot;Befime meurtrier de l'Amiral,pris (fl tué par les Proteflaru. P^auiresPS' chf dois font de grans butins en mer fer les Effagnols, (fl Portugais, François /taltens (fl autres à tout ils ont tousjours déclaré guerre pendant les troubles.
2Evovs ay cy déliant reprefenté le premier fiege de Fontenay. Pour vous éif* â mieux entendre lâyfïtjc des deffeins du Duc de Montpenfier, qui forcé camper deuant clt;fi:e ville,auoit acreu fon armée de celle de Matignon pour vengô LaNouëcn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâinjure quelcsfiensyauoient receuë, faut fçauoir quclefiege leué (urlafin«
tre cnFonte mois de May la Noue y entra aiiffi toft, lequel femploiant à reconoiftre les plus amp;nbsp;moins fo'® foraëcpoui endroits crainte dâvn fécond fiege: feftudia dây pouruoir mieux queparauant. A ces oigt; la féconde rcmpliffans de terre amp;nbsp;de^a curée des foflez quâil feit aprofondir, ùuant mur du portalfaint fois. Michel; en drefïà vne forme de Bouleuard quâon nomma depuis le fort Saint Michel.Puis droite au coin de la muraille, il efleua le fort des Dames. Ainfi nomme pourec quâil fut des maifons des ReligieufèsCordellieres qui auoient leur contient en ce lieu. Il feroit forme carrée, fil ne feflrecifloit en auant. Apres la figure du plan on lâefleua de dixhuit pic^ de haut gt;nbsp;quatre vints fix pas de large, amp;nbsp;vint pieds de contre efearpe : reueftu de pier^Y
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âaillefors du cofté de la lamproye ou la briefuetté du temps ne leur permit de parachcuer le deflèin, pour cftre affis droit au coin de la muraille qui defcend vers la prée il defcouure bien tout ce cofté î ïnais pour nâeftreà feqiiipolent auancé vers le fort lâint Michel il nedeffcnd contrefcarpe. Son foflTé vers la ville, eftoit pourueu d'vne haute Cafêmatte à deux efta-
ges amp;nbsp;dâvne barricade au delTus pour empelcher quâon ne fe prel^taft au bardeau qui eft vne jeâée de gros pieux, enrremeflez de pierres, terre amp;nbsp;autres matières bien preflees, pour arref^ ter le cours de lâeau : afin que la faifânt par ce moien enfler amp;nbsp;regorger contre la muraille de prée, îacces lïen fut fi facille a ceux qui voudroient aller à îadïà ut de ce cofté.Puis fuiuent les murailles jiifques au coin quâon nomme fabreuuoin battu, aflailly amp;deffcodu comme twusauonsditcy delfus. Pourcouurir amp;nbsp;defendre lequel des Canonnades neantmoins,ils nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
drelTcrent vne efpaule hors les murs qui lêmbloit garentir ceft endroit. De là vous montez au Chafteaii. Puis vous trouuez le fort de Guinefole pour maintenir toute celle auenue . le â vousay dit cy delfus: que pour lepeu de loifir ils nefauoient mis qtiâen demie defence. Depuis on feit öfter les Gabionnades, au lieu delquelles fut efleuévn parapet large de douze piedz pour le garand du foldat. Ils auoient outre ce, faitouurir felpaulc droite du fort qui rè- ' garde le Chafteau pour fenlêruir comme de Cafematre tant à garder ce cofté du fort : quequot; pour flanquer le Chaftcau:5c ny entroit on quepar le folTé.Voila les fortifications du dehors. Pour celles du dedans. Ils auoient tiré leurs retranchemens derriere tous les murs de la ville fors à feutre-deux des Cafèmattes du fort des Dames, qui refta lâns tranchée ne rampars: fi-non dâvne barrière de charrettes drelfées rierelcpôt aux cheures;8lt; dâvne barricade fur la ba-rriere. la plus part toutesfoits,fut faite par les Chefs que la Noue y laifl^. Lclquels délibérez fy porterfelon quâils verroient les dclfeins des Catholiques encommcncer, les y baftirent come ils les veirentaprocher,battre amp;nbsp;aflà illir cefte place. Toutes lefquelles neantmoins je vous pontenay particulariferay quand les occafions fi prefenteront.
Donquesle Duc encouragé dâaller en Poitou pour les railôns que delfus: amp;nbsp;dâabondant pour y faire autant que Matignon en Normandie: nâeut quâa prandre cefte armée viôlorieulê ^hpluspartdesalfiegezênCarentanamp;là int Lo,quipourauoirlavie feftoient croilêz à là Catholique : .pour les faire tous defeendre contre les PÅteuins. Lefqiiels auoient préparé fontenay comme je vous ay dit, fourny de viures pour trois mois,alfez de poudres pour qua-^Kccnsfoldats qui y furent mis: aucc deux Coleurines vne moienne amp;nbsp;deux petites pieces fous le Gouuernement de faint Efticnne fils de Vieille vignc.Mais au lieu de lôixante Gentils-lâommes qui le fouftindrcnt:nâen refta pas vint à ceftui cy.Et outre ce prefque tous Iqj habitas (è retirèrent amp;nbsp;leur famille à la Rochelle auec le plus beau de leurs meubles. Pource quâils U dlimoient fi petite place aflez roide, pour attendre feffort dâvne telle armée. Notamment â¢fe feze pieces de batterie quâelle trainoit auec elle. loint la ferme rdblution quâauoient à lem-ploier tant le General que les Chefs qui lelccondoient en autorité.
C E fait des habitans amp;nbsp;autres confiderations: fut occafion à la Noue de feraporter au Confeil Confeifdudeuoirque les Proteftans auoient à tenir fur telle occurrence. Les oppinions y a^embiéquot;*^ lurent diiierfes. Aucuns propolèrent le defmantellementôc abandon de cefte place pour le pour refou 'ueileurauis. Aquoy ils fèdifôient pouffez parla confideration du fit de la ville. Là ^uelle jroie,*tFon pour dire alTifc fur vn pendant de montagne,fe defcouure de toutes pars à ceux qui la veulent tenay ou battre amp;: ruïncr en tous endroits: voire mefmes tousles retranchemens quâon y fçauroit faire âânteiefoî à peyney peuuent cacher de foldat. loint que toutes fes murailles pour eftre .vieilles amp;nbsp;de foi- cnraucc les bleeftofe; nefauroient durer contre la violence de tant de Canons. Les autres pour contre poix à ces raifons propofoient le grand proffit amp;nbsp;tous les auantagiÿ qui leur eftoiét tousjours part amp;dâau venuz amp;: prenoient fans ceffe du bas Poitou:des reuenuz amp;nbsp;cômoditez duquel, ils ne fe pou-iJoientpaflèr quâils ne fulfent réduits à grande extrémité. Qiæ Fontenay eftoit la Clef de ce trefor; îappuy amp;nbsp;la principalle rerraite.Laquelle hors de leurs mains, leur feroit abandonner Don feulement tout le plat pays amp;nbsp;la communication auec ceinftleLufignen pour le haut Poitou;aius auflî toutes les codes de la mer amp;nbsp;les places qui y font. Comme Marans, Noail-ây8c autres qui fuiuent toutes le bon ou mauuais heur de Fontenay. Ne pouuant long temps demeurer hors les mains de celluy qui en fera maiftre.Ils propofoict dâauantage le deshoneur flDecc leur feroit,dâabandonner fi toft vne place fi bien pourueuë de tout ce quâil luy eft be-'Oinpourtrois mois, remplie de cinq cens foldatsamp;affuréc de toutes les fortifications quâon
yÃ
-ocr page 504-yapcu drcffcr.Mcfmement quâelle auoit parauant elprouuéamp; rendu vains les efforts de mcfmcs qui y retournent peuteftreà lcur fécond defhonneur. Outre ce, ils pclbknt perte tant de la place que de îhonnenr: la confequence a lâauenir dâeftre tÃniicz auoirer^'j^ vne û petite armée. Mefmement fans la voir ny féntir lâelprcuue de fa puifTancc. Outre pli*â tenue de celle place, importgit pour la confequence que le defmentclement dâicellcapp'â teroit à toutes les autres villes Proteftantes, qui en refteroient moins refolues a fe mainte contre la furie des Catholiques. Au rebours il ny auoit fi petite place pour fi peu pouf«^ quâelle fuft,qui nâofâft tenir bon contre leur armée: Si Fontenay qui nue de fortificationâ. en fi poure eftat de dcffence quâelle auoit tous/ours au para liât elle eftimée bicoque plun^ que place de deffencedes arreftoit fur cul par vne braue refolution de fe défendre cótrccu^' Ilsajouftoientlaconfideration du grand proffit quâapporteroit à la Rochelle grand principalle retraite des Confederez.-lâoppiniaftreté de cefte place.Pendant laquelle on aoiâ tous moiens de jeder toutes fortes de fruits amp;nbsp;autres efpeces de prouifions quâon pourroK^ leucr de Poitou pour en accommoder cefte ville maritime jufques à deux années. Soitq«*â y vouluft auancer vn autre fiege, ou fans icclluy que les habitans amp;nbsp;réfugiez y vofciiflêotaâ^ beaucoup moindres frais amp;nbsp;incommoditez quâils ne feroiét fans telles prouifiôs.Au reftcv Dieu auoit autres fois fait la grace aux fiens dâaccullcr vne trop plus grade armée aucc mo*'â dres auantages. Queccnâeftoit la premiere fois quâvne petite ville nâa feulement fouÃc®â^ Ains rompu vn plus grand nombre dâennemis. La grande armée de lâEmpereur Charkâ*^'^ quiéme commandant en perfonne au fiege quâil planta deuant faintDidierivillettefimpk®. retranchée en la Picardie. Et le furieux vain affaut ncantmoins, que nos François,amp; Su»' conduits par Lautrec amp;nbsp;Montmorency donnèrent à laBicoque contre le marquis del ' nous en rendent ^z certains. Mais plus encor les inutiIs efforts de l'armée du Prince phin deuant Liuron en Dauphiné en May dernier. Et ceux de Loflés amp;nbsp;la Vallcttc deu^ Clerac dâAgenois: qui nâa pour toutes fortifications quâvne fimplc ceinture de terre. quelletoutesfois ils furent contraints dâabandonner ' au commancement de luiu dernier J auoir emploié tous les efforts de la plus belle fanterie amp;nbsp;Cauallerà du pays amp;nbsp;lieux cite®â uoifins. Telles amp;nbsp;autres confiderations auancées pour la confirmation de ce propos.k' îafléurance quefâint Eftienne amp;nbsp;autres qui luy affiftoient: donnèrent à la Noue quâilsauoitââ forces moiens Sc courages baftans à faire encor vne fois reculler les Catholiques de Poit®quot;' que le dernier auis fut fuiuy amp;nbsp;auffi toft defpefcherent en Saintonge,Gafeongne, P«ig®'â prier leurs Confederez dreffer le plus quâils pourroient de Caualleric les garnifonsfournitâ pour fe pftparer amp;nbsp;puis fe trouuer au Rende-vous qui leur féroit dené afin de pouruoitîquot;ââ affiegez felon que les occafions Si moiens fe prefenteroient fauorable.s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
L E Duc de Montpcnficr cependant auançoitfon armée en Poitou: laquelle il adrefia Lufignen premierement.Non pour faffieger comme les Proteftans jugcoient:Mais pour exe-quter tintclligencc quâil cftimoit auoir bien pratiquée auec quelques Capitaines du dedanââ lesquels defireuxdâamufer cefte armée pour donner loifir à ceux de Fontenay defe poutuoiâ amp;nbsp;en fin recompenfér dignement ceux qui fcneftoictvoulu féruir corne de traifftesinoncW' tant la jiromeffe dâvn bon nombre de deniers grans Eftats amp;nbsp;plus grandes promeffes pourceo dre la place:auffi toft quâils veiret vn nôbre de Cappitainesôc /oldats Catholiques entrez pout la [furprinfe «feirct fermer les portesamp;furét prefque deux cens brauesCatholiques mis a mort' Dequoy le Duc deMôtpenfier fort indigné amp;nbsp;jugeant de la refolution de ceux de dedâsparU hardi eflé dâvn tel trait aftémbla fon Conféil. Ou en fin il fut refolu quâon iroit affieger PoiiK' nay.Parce que il eftoit de plus grande importance au Roy,plus foible amp;nbsp;plus proche desRo chellois que Lufignen. Et^artant plus commode aux ennemis Sc plusfacillcà 'eftrefcco«' ru par ceux qui eftoientcnla Rochelle. Outre cefte raifon difoient les auteurs de cet auis.3gt; nous eftions capables de forcer Lufignen: quâa plus grande raifon amp;nbsp;fans difficulté nous pt«' drions Fontenay. Mais qu«fi nous attaquions Lufignen deuantFontenay: le fiege féroit long amp;nbsp;douteux. amp;nbsp;que cependant les ennemis fortifïeroient Fontenay qui nous coufteroit ain» fonifié autant que Lufignen. Dauantageque fhiuervenu Fontenay ne nous féroit fiaiféa prandre. DautantquclaRiuiere croiftroitSc quedu cofté ou elle paffoitil féroit aife en ce temps, qui eftoit fur lafindeîEfté lâemporter. Que fi on attendoitja finde Lufignen nw foldats laffez amp;nbsp;ennuiez de la longueur dâvn telfiegee perdront les deux tiers de leur ardeur» - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;courage
-ocr page 505-livre trentenevfieme.
250.
courage. Mais laifïà ins Fontenay, nous lairrons à fennemy cent mil eleuz, quâil pourra ce pe-'i'iiit amaflèrfur le tablier amp;nbsp;fur le pays: dont nous auons bien affaire pour lâentretenement de ooftre armee. Sans compter que lâon pourroit tirer infinies autres commoditez de la domina-don de ce pays là qui eft grand amp;nbsp;fertil,
Prevoiant le Duc de Montpenfier qui auparauantflgt;n entrée dans le bas Poitou: hsennemis qui auoi ét tousjours tenu la campagne en icelluy,amp; qui femblablement fçraUoiët on intention pour empefeher le cours de fês entreprifes: auroientfait vn degaft: general par ralddâar-Wiamp;aiifTi trâlporter tous les viures qui eftoient au tour des villes amp;nbsp;places quâils tenoient: nbsp;nbsp;nbsp;Cath»
ïbnqnây allant, font armée ne trouuaft les viures requis pour là nourriture: Se craignant que fXm^rd^e pour vne telle neceflîté il fut contraint de quicerou différer le fêruice du Roy: auffipourem- ''lures tou- ⢠Pdcher que les foldats nâabandônaflènt leurs Enfêignes pour aller cercher leur viures amp;nbsp;fous pâs amp;nbsp;garen tdlecoullcurncruüuffent le pays fit fpauoirfonentreprife aux villes de Fontenay, Nyort amp;nbsp;tîrie pays hintMaixant; leur donnant auis quâil eftoit vtille Sc neceffaire, tant pour le feruicc de la Ma-jcftéduRoy,que pour la conferuation de leur païs:quâelles deputaffent quelques vns de leurs principaux pour enfèmblement auifer à -la nourriture de fon armée: en laquelle ilfaifoitef-ritde fix mille combatans tant de cheual que de pied. Eux ainfi aftemblez: offrirent au Duc cMontpenfier, tant pour elles que pour leurs refforts amp;nbsp;tablets: de nourrir amp;nbsp;entretenir fon îrmeedeviurestantquelaneceflîtéamp;leferuiceduRoylerequerroient. Etjufquesà cequc toutes les villes amp;nbsp;places occupées par les ennemis du Roy: fuflent rcmifês en tobeifià nce de tholiqnc. îMajefté. Et entre autres la ville de la Rochelle en laquelle comme ils remonftroientfcf toientdepuis quinzeans en ça,faites toutes les entreprifes menées, complots deliberations pour fubuertir fon Eftat Si ruiner les fujets de là Majefté. Offroient dâabondanr foudoier fon. ^'^iyee,moiennant quâil obtint de la Majefté, que toutes les louées de deniers tant ordinaires ;viiies du bas â¢loeztraordinaircs qui lêfaifoienten cesprouinces. fuflent cmploiées pour la foldcamp; entre' tooement dâicelle. Et à la charge quâil remift en fobeiflance du Roy, toutes les villes tenues â P^t les ennemis de fa Majefté: amp;nbsp;la Rochelle nômément pour la reduélion de laquelle furent ,â - ; ptopofezdiuers moiens. ôr dautantque le temps ne permettoit de pouuoir faire ratifficr à la ' nbsp;nbsp;'
^joftéceqiie les villes defiroient des denierscy deffus:amp;que fa Majefté les pouuoit auoir af-''^ozailleurs:ils feirent pource qui fe prefêntoit, vn marché auec Amorry Bourguignon dit du bas Poi ^æeriemarchant de Nyort cy deuant munitionnaire des viures du camp deuant la Rochelle ® hnnéemil cinq cens foixante trezc:auec pris Si conuenance du pain vin amp;nbsp;chair quâil de- theiieamp;° Jjoitfournir chacun jour. Et la fomme à laquelle fo montoit la nourriture, fut mifêÃc impo- fontgrades oolut les pays reffortiffans à ces villes amp;nbsp;receuë par les Reccueurs ordinaires qui.- mirent farr. Boy pour B^^^trelcs mains du marchât munitjônaire.Outre ce les plus gros de chacune de ces villes woiét;fianimez cotre IcsRochellois quâils firct encor vne autre ouuerture à leur ruyne, Pro juf°â Pwsqiie les prouinces voifines de laRochellequi reçoiiienttant de pertesSe de maux de fà re quesà cc ocllionfournioient à ce quedefliis ô condition que fargent ordinaire amp;nbsp;extraordinaire impo-dur icellesjleur fuft delaiffé-.foudoieroient Si nourriroient vne armée de gens de pied que le Roy enuoieroit deuant la ville fur la fin du prin temps auec vne bôneefeorte des companies
Gendarmerie qui toutes par ordre yfèruiroient leur quartier. Que durant le fî^e les ^oïmans, Bretons, Bifquins, Bourdelois Si Aulonnois fourniroient au Roy dâvn nombre de x 3uiresarniezcquipezamp;auitaillezfuffifà mment,jufqucsà ccquelcsRochellois fuflèntre-
à cefteextrémité de fo rendre à la mercy du Roy. Si mieux on nâauifoit dâentretenir de â Æ vente des biens des rebelles vne armée deuant la ville,par laquelle vente ceux qui foroient
Seigneurs de leurs biens, affection ne voient fi bien leiêruicoidu Roy : quâil fe verroient pi'ibles en Iciusacquefts premier que de mettre les armes bas.Mais pour plufieurs côditiôs e Roy ne fut conlèillé depourfuiure f effet de ces difeours. Aucuns des Catholiques de oitou ce pendant,auertis que Touuoy eftoit forty de Fontenay aueç cent cinquante barque^ Baritaud amp;nbsp;uziers montezamp;quelques cuirafTes,pour faire la récolté des fruits K les mettre dans la ville Landercau ^«uccedâvnfiege prochain: affemblent le plusde forces quâil? peurentamp;lepourfiiiuent:.
Les Roches
tenant chemins efguarez amp;nbsp;incertains: il ne peut cftre furpris. Si que retou mans les Ro- empefchc7 ^samp;Monforcau: amp;3uoir prisvn meflà ger par lequel fà int Eftienne mandoit à deux Capi- quâon ne ^'oespresde la quâils fe retiralfent en ville: les furprindrent à Ozaiz amp;nbsp;les chargèrent fi rude* amp;nbsp;chargé. ^o^étqueBizot pris,plufieurs morts Si le refte en routc:LcDuc eut lors aifcmétcu Fôtenay,
fil
-ocr page 506-Ajmécca fil les cuft rcflctrcs auflîtoft. Mais ils famuferét à prandre la Foreft fur Seurc, Cheiuei'^' â¢nufcTpZan 1^7 amp;nbsp;McllcoùTouine-coupe pour auoir fait mener le Canon à la veuë duquel dre les forts pendu amp;nbsp;cftranclé auec quinze des fiens. Puis le Duc enuoia amp;nbsp;bicoques - - â nbsp;nbsp;nbsp;- -- nbsp;nbsp;® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Protfflâtcs dubat Pol tou,
Marans qui
iChauigny garder ientredc^ de la Rochelle 8c Marans: ou il feit aller les Roches Baritaud auec les Regimens de Lauer 8c Lucé 8c les compagnies de*la Rouffierc amp;desBrucres qui y entrèrent fins refiftanct'â feftans retirez a la Rochelle, y Rquflicrc fut laiffé gouucrneur amp;nbsp;en fin des Brueres auccc* té pat lesâ Enfêignes amp;nbsp;vne Cornette de chenaux legiers: auec lefquels courant inceffâmât tout leuâ ptoteflans uernement dâOnis 8c jufques aux portes de la Rochelle: il ennuia affez les habitans par lap ^ycatholi feamp;rauagc de tout ce quâils auoient au plat pays. Puis le Duc feit defeendre fónaiffee^^ pays bas.Ou auoir battu 8c prinsen fin diferetion la ville de Melle fur foixatcfoldatscoiw^ tbohq^u^dittrauerffât le Poirou 8c Saintôgc printMarâs,Noaillé,ToneCharâteamp;autrespe^^ court le Poi fortsde la cofte Marine.LesC3ppitaines defqucls eftôncz au feu 1 bruit de fa venuc:quitt£*® tongt placesfans voir leurs ennemis en fece.Puis fà ifà nr contenance dâattaquer Pcns,choiuitâ cilcgangnc tcsfois pour Ic pIus expédiant dc retournera Fontenay. Ou il campa Je premier de Sep*â*^ bre refolu de y demeurer jufques à la prinfc dc la place en laquelle les affiegez fe portel®â
tou amp;nbsp;Sain
tonga ou
pluficurs placw.
Comme vous entendrez.
Donques les Catholiques auoir fait leurs aproches amp;nbsp;retranchemens pour eux amp;po'quot;' ^cde^F^'tc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'^t)ntre le faux bourg des Loges fous la faueii rdc quelques efeat*^®
nayiccTtc' chcs amp;nbsp;Icgcrcs attaqucs quâils drefferent enlaprée: ilsfe prefènteient pourenleuercfP bourg que les Proteftans voulurent debatre quclquctemps afin de juger mieux par quâils y feroient tant de la force amp;nbsp;fuffifà nce que de la refolution de toute farmee. Teilt*â
quây auoir reccu deux cens foixante coups de Canons: amp;nbsp;fait quelques legeres atUr fans grande perte dâvnc part amp;nbsp;dâautre ; ils fe retirèrent tous le fcpticme jour dedans lav« Sur quoy dâautant que le troifiéme membre dâvnc compagnie ploia fon drappeauà lavcu^ boutgdêsLo plufieurs qui combatoient pour feutrée dedans ce faux bourg: les Catholiques jugèrent* ges quite en dain que IcsProteftansfê retiroient en crainte ja mis en fuiitcpouj^fêüuuerdcdansFontt j eftro)-. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fencourageâs les vus les autres: ils les pourfuiuirent fort animeufement jufq*t^
la porte de la ville. Mais pource que les Catholiques alloient tous ferrez, remplif^nst® la Rue de ce fâuxbourg amp;nbsp;que auec la fumée des maifonsles Enfetgnes qui marthoienftJ^ 'j leur empefehoient la veuë de ceux qui feftoient mis à la retraite: ils ne les pouuoicnt til^ leur plai/ircômc failbient ceux de la ville qui leur enuoierentvn million dâharquen^ defquelles ils en tuerent plufieurs amp;nbsp;en bleflerent encor dauantage: ne pouuât faillir a ng flemouée degens. Lcfqucls pour fempefehement des drappeauxdcfploiez'.ncpouuoi tirer aux afliegez.Dc forte quâen fin force leurfuft apres la mort du Marquis deSaluflcst^ tesfois qui y rcceut vne harquebuzade en la gorge à fêtré du iauxbourg amp;nbsp;de quelques deforetirer pour faccom moder à qui mieux dedans cesLogesainfi conquifes.Ceîa »1' Duc de Montpenfier fe logea au fâuxbourg faint Michel. Dâoù il fit abattre îefcalicf clocher qui dcfcouuioit tout le carticraucc les deffences du icrtal amp;nbsp;de la Tour prochain®' Puisauoir fait leurs aproches de tous coflcz jufqucsau près de la contre efearpe: ils rent à miner le fort desDames 8c le rauelin.Mais tout fut efuâté.Landercau neâtmoinsyUâ®? Les fautes trois canôs amp;nbsp;vne Couleurine pout battre la grofle tour joignât la Riuiere 8«: la muraille^®, prwû«« villc.Outre ce pour ce que lesCatholiques auoict mieux rcconu f Eftat de la ville queio'^âf ks hommes nbsp;nbsp;y campcrent fautre fois:amp; quâau premier fiege ils auoient concu la force de la placctant**
aux féconds cofté flint Michel que des Loges: ils fo rcfolurcntdc îattaquerpar leChafteauamp; par lato'
de la lamproie. Pour tou^sfois cacher amp;nbsp;mieux effeôfucr ce deffein, ils feirenteftat def'*' «terics. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;abordée dâen vouloir aux forts qu'ils attaqucrctprefque tous çn vn mefme têps.Notiiâ'
ment cclluy de Guinefolle amp;nbsp;celuy des Dames : contra lequel Lan dcrcau pl apala Coleur^ quâil y auoit menée pourvu öfter les deffences Sc les barricades qui cftoient dcflus.MaisC* eftoient garnies dâvn rampart auderrierc qui rendit les coups vains de celle bouche à fcu'*ââ force de laquelle futveue telle amp;nbsp;fi mcrueilleufo que donnant contre vne greffe pierre du rapet des murailles fur laquelle eftoit vn harquebuzicr :ellefcitcflcuer lefoldat auflÃâ^' quâil eftoit.Tombant neantmoins fur les piedz ne fe feit aucun mal ny mcfinc à fon barques 2c. Puis auoir paracheué leurs tranchées quâils conduirent jufquesà la contrefcarpeduW des Dames( duquel ils gangnerent en fin le foffe apres en auoir percé la contrefcarpe)amp;
-ocr page 507-LIVRE T RENTENEVEIEM E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;251.
fondé la villeà leur volonté : conduirent neuf pièces de baterie vers la Tour de la Lamproye, pour la battre amp;nbsp;toute lôn eiicongrwure des deux coftez. Celles toutesfois qui batoient du eifuji ooftédes Dames; ne battirent^uâen effleurant pource que les pieces eftoyent pofées au delà ^oîu. Tousces préparatifs fe faiCoyentprincippallement pour couurir le trauail des pionniers ^autres mancuures qui jour amp;nbsp;nuit trauailloient pour eflcue»vne plateforme visa vis du fhalleau: Sur laquelle ils logèrent fix pieces de batterie pour rompre depuis la fentinellc aæ^e/fur luelesaffiegcz auoient auancé à la tefte du Chafteau : jufquesà la prochaine Tour. Usa- BnffidâAm. uoientencor deux Canons au mefme lieu quâau premier fiege contre le faux-bourg des Lo-
pour abattre tout ce qui eft de murailles depuis la Tour quarrée jufques à la Sentinelle WdcflTus. Et ce fait defoouurir de tous coftez ceux qui Ce prcfcnteroyenc à la defence de la ⢠ofcchc.Cliofe fort aifée pour la foiblefïè des murailles amp;nbsp;que tout ce quartier va en montant.
dâAmboifeamp; quelques autres auoyent leurs Regimens logez en cefi endroiét. Sur lefi ^uelspeu de jours deuât la battcricjles Capitaines MontignyjCorchicaut amp;nbsp;quelques autres â uiuis de quarante harquebuziers fortirent du Chafteau auec vne refolution fi heureulè, que bnspcnedâvnfculhômeilsfaucerentlabaricadedu Corps de Garde quâils mettent en rout-'opît la mort amp;nbsp;bleffure des plus oppiniaftres à la demeure; gaignent amp;nbsp;emportent auec vne jç/a'lfieg« ffoieigne quelques Cuiraflcs,nôbre de Cafquets,morions,efpieuXjhalebardes,piques Sc har-^uebuzes que laiflèrent ceux qui trop effraiez Ce contenterêt dâen donner falarme à toute far â¢Pce.Trois jqprs apres les Capitaines Montigny,Corchicaut nbsp;nbsp;Sanfon firent enrreprilê de for
^tfutlArtilierie par le fort des Dames auec cent harquebuziers. Sanfon auec vne trouppc ^^onlelelongdela Contrefearpe dufoflepourfo rendre Mai fire de la tranchée que les Ca-wolicques auoyent faide : affin de gaigner fencogneure de la Calêmatte. Ou fattaque fut ^dlequâapresleiir auoir faid perdre le lieu amp;nbsp;blelfé quelques vus: futen fincontraintfere-tor auec la perte de deux Gentils-hommes.Lâautre bande fut afliftee dâvn plus grand heur, ^îrapres que Pierre Longue eut tout armé, franchy la premiere baricade drefléeen la rue H^ivadu Pont aux cheurgsau Cimetière: LcsCatholicqucsquilevoioyenfbicnfuiuy,a-wndonncrentlesdeuxautresbarrieresapresla mort deplufieurs dâeux; Si bien quâris pou-^oyent donner jufques au pieces fi la plaine ne les euft defoouucrt,occafion quâils fe retirèrent
perte dâhommes.
En ce temps fe preparoycntles trouppes Confédérées tant de Perigord que Langoiran a Bergerac amp;nbsp;autres;places que celles de Gafeogne : amp;nbsp;de la Haye Lieutenant Gene-^'enPoitou.Lequel depuis deux mois auoit loué fur le haut Poitou que Proieftan^qucCa-j °Equcs Politics cinq cens chenaux en falladcs amp;nbsp;harquebuziers montez. Et pource que de Lauedan ( duquel la femme amp;nbsp;nombre des ficns cftoient affiegez dedas Ploux ^''Auuergncpar Montai amp;nbsp;autres des pays prochains, auec pres de deux mil hommes amp;nbsp;Jl^elques Canons ) auoit prie la Noue de le fecourir: Les Vicomte de Gourdon,Langoiran, tholique/
Eâyc, Viuans amp;nbsp;autres auec douze cens hommes fy achcminerent.Mais aprochez de qua-âfîlieuësMontal trouua pour le plus four de ferrer fon Canon amp;congéer lâarmée. Si bien vjcomtede ces trouppes Confédérées de retour quâelles furent en Perigord : fo difpofoyent pour al- Lauedan af-au Rendez-vous : Quand la Noue délibéra de reprandre le Challeau de No^llé fur Montaâ S^inze ou vints Soldats partie de la Compagnie du Capitaine Bruere qui tenoit le refte au
3fteau de Marans.Tant pour diuertir les troupes Catholiques que pour feftendre dauanta te» Prote-qui leur auoient efté oftez. Pource le dixiéme Septembre fit fortir de la Ro- ftans affie
âQuellepres de 500. hommes quâà pied quâà chenalamp;vn Canon de batterie. Eftimant quâà la «quot;ude^ * iceluy ils fo rendroient du moins à compofition vies amp;nbsp;bag^ies faunes. Mais les tenans Noailépour
ââ'^rclpondoient quâharquebuzades. Si quâen auoir tué deux amp;nbsp;quelques vns bleffoz: fâchans ca'hoii lt;5 ' E)uc de Montpencier auoit ja commandé fix cens cheuaux pour y aller au focours fous ques de de
^mgny Lieutenant de fà Compagnée prinrent party de retraite.
3baterie de Fontenay cômcncée amp;nbsp;bien entretenuë fons interrup?ion:fit en peu de temps ce 'l'gt; cndefiroient les Catholiques : pour auoir rencontré vne vieille amp;nbsp;foible muraille. Si bien fonnableau
dcfcouuroit tout à laifo le dedans du Chafteau: au dedans lequel, comme à fendroid chafteau a lour quarree tirant à laTourete prochaine de la groffe Tour: on auoit anciennement
^'^nduitvne autre muraille qui cftoit auffipour lors à terre: Si bien que les affiegez nâauoient aucun lieu de retraiéle affurée, ny grand moyen de fo defendre contre vn violent
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amp;:renoiniellé alïà ut: finon de quelques rctranchemens amp;trauerfes quâils y feircnt:amp;^ ne plate forme quâils auoy cnt efleuée prefque vis à vis de la greffe Tour. Laquelle aiiÃ' ' ie*^c!iatrau nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;abbattue à Ce fecond ficge pour fenlcruir comme dâvue plateforme. Somme
o^u lesCa-quot; Ics Catholicques continuans tousjours de tirer amp;nbsp;abattre les murailles : furent fur les thohqucs heures du Mecredy au foir quinzième du mois à laffaut par cefte breche. Laquelle ccini^â^ ('ontVepouf- fort raifounablc ils franchirent alTeztoft quelque empefehement quây pculfent douerIcsaUâ^ gcz : Voire que paflà ns outre ils gangnerent tout le dedans qui eftvne grande placéeâ celle haute amp;vieille muraille que jâay dit auoir autres fois efte tirée prefque vis à vis deh w''' quarrée amp;nbsp;delà Tourette qui auovfine tant la grolTe Tour que la ceinture du Chafieau.OiH
lez.
confulterent neantmoins voyans les rctranchemens des affegez fils deuoyent garder leâ'® conqueftesou lesquiter. Mais fur celle deliberation le Capitaine Braue qui connnac^ à la Garde de la Noue drelTée de quarante harquebuziers choyfis, alhllédc quelques Æ tres Chefs, donne fi relblumentfureuxquelè voyansfi droitmirez du celle de la plate!â me amp;nbsp;aulfi chaudement pourfuiuis-, de lâautre flanc du collé de la Tour carrée dâou prelque aulfi toll le Capitaine Pipamp; quelques autres: que force leur fut dequitter p'â amp;nbsp;le retirer en leur quartier. Bulfiyeutlebras perccdâvne harquebuzadcScBcllebataâ*!' Le Capitaine Moulin y fut tue amp;nbsp;plufieurs autres pour lelquels renforcer les Roches taudj Landreau amp;nbsp;autres Gentils-hommes du pays marchoyeht à la brecirc. Mais renuen^ par ceux qni enfuioyent furent contraints de fc retirer. Les fortis y gangnerent vnfi E®' gne du Regiment de Bulfi, quelques Rondaches amp;nbsp;quantité dâautres Armes prilcs. Pluamp;â'® autres y furent blelTez amp;nbsp;dix ou douze Soldats y moururent. Les autres neantmoinsy^ tournèrent fur le foir. Mais ils ne donnèrent plusauant queau delTusde labrecheoùmâ mourerent jufqucs à la Diane du jour fumant amp;nbsp;fy accommodèrent auec quelques ball^'â laine amp;nbsp;autre matière. Neantmoins au point du jour trouucrent plus expedient de quitiâ' tout amp;nbsp;le retirer à leur quartier.
Afl'autpar relcallade vers le faux-bourg des Logee.
Comme Ceux là le carrelfoyent fi furieulèmcnt : les autres43atholicques donnoytf hefcallade à la porredes Loges fous le Capitaine Pericard que Serriou y auoiteniioyf^ Monforeau du collé de la Riuiere pour enleuer la ville de tous collez, où du moins diucfquot;' le peu dâalfiegezcn tant dâendroits quâils en facilitaflènt fentreprife de leurs Compagi'®â® qui allà illoyent le Challeau . Mais pour nây ellre receu de moindre courage amp;nbsp;animolîté qâ' les aiitresifurent en fin côtraints de quitter câell endroit, par la mort amp;nbsp;blelïure dequdqâ'® vns. Pa^ainfi les Catholicques ellimans que la muraillee du Challeau nâelloit aflezouutf te : refolurent de continuer à dâefmolir depuis celle Tourette, julques à la greife Tourâ -gââ' gner tout cela, fy loger en feureté : Puis employer le dernier effort de toute lAiméeapwæ dre le relie de la ville . Surquoy plufieurs eltoyenr dâauis de faire vn logis pour trente ou qââ' rante harquebuziers à la breche, dâentre leTourionSc la grolfeTourdu Challeau, poâ' batretout le dedans. Choie qui eull tellement incommodé les alfiegez.-quâilsnâciilfentftc'* paroillre quâen grand danger. Mais la redition de la ville quâon tramoit dâvnc part amp;nbsp;d autre depuis quelques jours:Ieur fut occafion de changer câell auis amp;nbsp;le lailTer pour la deliberatieâ
que vofls entendrez.
Parlement de I edition
Quelques jours parauant, aucuns des plus timides alfiegez amp;nbsp;des plus apparens : clloieiâ fortis lous couleur de parler a quelques amis quâils auoient reconnuz. Lefquels leiirauoâ compo^fiUô. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;perfuadé la grandeur des breches,le peu de moien de les foullenir, les grans moydâ
amp; refolution de toute f Armée à ne partir que la ville prilê:y retournerét pour en tenir propos à S. Elliéne amp;nbsp;au tres: lefq usés côfiderans lEllat de la ville tel quâils ne la pouuoiét garderlôg téps.amp; nâaiâs encore eu nouuellcs du lècours tant de fois prcmis.Ioint quâils rapportoiétleâ' côdition à celle des Catholiques:lâarmée defquels ne mâquoit de rien qui fut necelfaire.' aii£â fobllince refolutiô de toutes Chefs dây demeurer julques à la prilc: mirer lâaffaire en dclibe-ratio du côlêil par entrâeux.Surce aucuns Catholiques,voiâs les affiegez aucunemétaffcélW' nez à cefle côpofitiô auoiét ja demâdé pour ollages les principaux des affiegez.Et fi affeélion netent encores plus,quand les premiers y eflans allez: Befïà y foui retourna le lendemainaucc Monjouffeaume amp;nbsp;deux autres pour oflages Catholiques: affurans que la compofitionferoK tenuë fignée du Duc de Montpencietjpar laquelle il prometoit lâelpée amp;nbsp;le courtaiitaiixGn' tils-hommes amp;nbsp;Capitaines:amp; felpée au Fataffin encores que le Duc ne voulufl accorder que le ballon
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lebaftonblancau Soldat.Or comme ces termes de compofition endormiffentpiufieurs aflîequot; gez;jufques à ne faire difficultc,receuoir plufieurs Capitaines 8c fôldats Catholiques leur en parier aux brefches Sc les afTeurer de tout:nóbrc dâcux crainte ( peut eftre) de perdre le butin quâil elperoit faire à la prifèrfauanccrcntà dire que leurs Gentilshómes ne parloiét que pour eux;amp; qiielesfoldats fcroiéclaificz à la difcretion du Duc,qui les feroit tous pedre. Parquoy lesauertifïoicnt en amis,de dôner parti à leurs affaires de bone heiireà rédre Sc fier à eux qui pour les armes leurlâuucroiét la vie ôc les coduiroient en lieu de fèureté. Corne le mal quâon reçoit dâvn ami Sc fur tout inopincmét,nous vient plus à cotre cÅur que fi nous le receuions de ceux defquels nous nâefperos autrechofê que defplaifir.-pluficurs faltererct fi fort prenâs cc propos pourafleuré:que lâns leursChefs ils fe fuflet Ibudain mutinez cotre la Noblcfic quâils cslônioiêt desja Seen tenoiét tels proposque les plus apparés nây cfioict pas des plus affeurez. Occafiû que le traité de côpofitiô ne fut fy tort fignedoint que S. Eftiênc demadoit pour les fûldats ce quâà ne vouloir accorder.Mais lesCatholiques les firet afièz toit rccôcilier.Car fiit
vnc place amp;nbsp;defeoura-ger les fol-dats delà garderies mal affirClio nant contre leurs Chefs
CCS entrefaites labateriefe recômençade 9. pieces qui ne cefferét dés les 6. heures du matin côttelatourdelaLâproyc amp;fês 2. courtines: Æufques a ce que la breche fut trouuée de tous raifônabledes deux coftez 8c la tour mefine toute ouuerte.Le Capitaine laCaiicEnfêigne de Blôdeau y auoit efté enuoié du Chafteau des le jour precedent pour la garder.Mais la bateric luyfébla fi furieufe ce leudy 16. du mois,quâil nây feeut demeurer jufques à 6. heures du ma-retira au rctrachemét.Les principauxChefs des afliegez cependâtSc quelques vnsdes particuliers,ennuyez de nâeftre fecourus attédoienr feffet de ceflc copofitiontfâns autremêt fc préparera la lôgueur du fiege.Dequoy le doutas aucuns de tarméeCarhoIique 8c que fur ce ilferoitaifé à les furpradre fur le Parlemét:firét tant que fur les dix heures les côpagnies furet difpoféesà îaffautgeneral.Encor que le Duc deMorpéciereuft promis 8c afièuré que les loi-datsferetireroiét de laCotrefcarpe pour faire mieux jouir Icsalfiegez de lâeffet de là promelïè. Parlement Le Capitaine Lago 8c 7. autres côpagnies dônent auec 8. Enfeignes bien luiuies jufques à la Tour8cà lâcourtine,quif»itîctredeuxde la porte dclabrcuoirrli rcfolumctquele Lieutenat de Lagogagna la tour fi logea auec 15. ou 20. Ibldats. Mais les autres furent fi viuement ta-ftez dâharquebuzades: puis repouflêz par le Capitaine Renohere le jeune Gentilhôme Poi-ïeuiuamp; autres quâils perdirét fenuic dâentrer plus auant.Soudain les alTiegez prefentét le feu ^l^Tourpourfairebruller ces prilbnnicrs abandonnez de leurs compagnons 8c îeuffent efté ^BdTayScautres craignans de contreuenirà la comfjofitton, nâeuffent commandé les laif-(cr la; Scie Duc de Montpencier à quelque vns de les retirer. La moururent dcsfclfiegez lesCapiüincs Champagne Gentil-homme Sc vn autre Capitaine qui furent tuez dâharquebuzades tirées de la Tour. Le Capitaine Pierre Longue fur aulTi emporté dâvne Canonna-dedetriere la plateforme qui eftoit contre le retranchement 8c Saint Efticnnc Gouuerncury fut blelïe à vue jambe des efclats dâvn Canon. Les vieilles bandes de Serriou eftoient prepa ⢠rcesà Lautre collé vers le fort des Dames. Mais il ne voulut Ibuffrirfcsdrappeaux branfler pour J la dcfmarche ; Au moien de la promelTe quâil auoit veu faire à fon General, 8c que luy nicfme auoit fait d'entretenir la compofition encores que plufieurs autres le depitalfÿit par ^â^jutes amp;nbsp;mocqueries contre fes trouppes de ce quâa vne telle occafion elles nâauoyent fait Pareil deuoir que les autres pour rendre la ville Catholicque. En mefme temps les autre» Eufcignesfedifpofoyent pour aller à falTautau Chafteau. Maisvoyans les préparatifs,huées cris redoublez des tenans qui les y appelloycnt : le contentèrent de fy eftre offerts nâeftans
ConduitesScnâayans aullî charge de palTer outre ôc peu à peu fe retirèrent dâoù ilseftoyent partis. Ainfi finit la matinée du leudy. Le relie duquel fut plft employé en deuis que les ''usSc les autres auoyent de la reddition : quâen autres moyens de foffenlêr. Tellement que Parlemcns particuliers auec loccafion, donnèrent la hardielfe à plufieurs dâentrer les 'âUS par les breçhes les autres par les forts pour parler de plusprqi à leurs connoiflà ns 8c a-â uis. Siirquoy Monjoulïèaulme importuné par les prières des Proteftans de faire retirer tant '^cCatholicques qui lôus vmbre de parlemanterfauançoient ainfi dans la ville : les feit en fin ^utiterà leurs drappeaux.
Cependant pource que le Duc auoit mandé lecours luy vint en ce temps trois cens uouimes de crue feulement de Fantalfins ramalïèz en laPicardie Ibus la conduite dâvn lêrgent UC h Colonelle. Tellement que les chofês réduites à tels termes 8c fempirans dâheure à autre
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Lâ H I S T O I R E DE FRANCE.
Le fort de Guincfolc
du coflédesaflîegez:quifcauoientdâailIeurslesCatholiques rcfoluz de forceramp;pinerla'il lc:Nonobllant la promclTe de leurGcneral amp;nbsp;notammant le dclïèin quâils auoient à definente-1er tout le Chafteau qui tenoit peu amp;nbsp;y tourner ftffort de toute faimée:ftirent encor plusdc' fireux de la compofition voians à tout heure les fôldats Catholiques entrer dedâs la ville foui couleur de faccord jafaitSfffignédu General .Si bien que ceux qu'on faifcitfortirparvnÃO' fié entroient par fautre.Ioint quâvn des Capitaines defanterie aufquelson auoit donné Idc'â de Guinefolle en garde:fafïèurât peuteftre de la mort pour quelques jeuncfles paÃcesfilu^ donnoit plusaffeuré party à fès affaires: Voyant dâailleurs quâon ne leur pouriioiroit dâaucuU Chef de refpeél nây dâautres fêurctés pour les côduirc à la Rochelle: caria capitulatiô portât quâils ne pourroict le retirer dans Lufignen, Pons nây Broüage : quita le fort amp;nbsp;les armes ad Catholiques la plus part defquels entrèrent par cet endroit. Voila pourquov la ville ne
Capitaine gueres fans cftre Catholique.Voicy les raifons que les afliegcz alleguoient,pournelapo''â WaHcrouflê uoir long temps dcfcndre. Qi^âon ne pouuoit plus la nuit faire tenir les fôldats aux bred^' ert entree nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paflèe nâen efloit demeuré que huit à la grand breche amp;nbsp;les dix du Capitaine
aux Catlio.
Raifons
la ville.
Caue à la tour fefpace de 4. hcurcs.Le continuel trauail infupportable à fi peu de fôldats pour ocra- nâeuflènt fccu cftre plus de 400. en ville attaquée par tant dâendroits. Quâil nây auoit aucud rèd'itiwde apparence de fecours. Que îennemy changeoit de batterie vers le Chafteau tout confêquément le plus propre lieu pour gangner la place dâaflà ut : ou tout fèroit misauö^ tranchent de fefpée. Le mauuais traiélemcnt que les fôldats rcceuoient en la ville vefuedlï* bitansiqui mefmes nây auoient laiflé que peu de poures femmes pour accouftrcrles viande amp;nbsp;autres neceflîtez de fôldats.Lefquels à cefte occafion eftoient contraints dâhabandonncrlcâ
Armée qui fcdrcflbit pour le fc-cours des afliegcz.
breches amp;nbsp;autres lieux de garde pour aller à la viande.Aquoy les Chefs ajoutoient qiieqâââ ils feauroient que la ville îe pourroit maintenir par leur vie leurs lêuls moiens quâilsyôâ' ploieroient volontiers julqucs à la derniere goutte de leur fâng.Mais que ces railcns confid^ rees amp;ÃEfiat tant des Catholiques que des aflîegez bien rapporté cnlèmble: cftoient dâauisrl lèfous-mcttre à la compofition laquelle il auoienttousjours rcfufdfeelperantîaiioirplusaü^ tageulè.Que les Chefs amp;nbsp;Ibldats eftoient affèz chargez d'hôneur, pour le deuoir quâils fait jufques là . Quâil falloir lâuuer amp;nbsp;non pas lailTer perdre tant de bons hômcs.QneltS'â' les,le pais mefmejlcs armes,les drapeaux amp;nbsp;autres auantages de guerre,iê peuuent ailementrC' couurcr:non pas les homes fi naturels,fi duits amp;nbsp;bien relôlus au fait de la guerre.Qlâcl^^^^ tholiques ne pourroient non plus defendre la place quâeux.Et peut efire pas fi long tépscuæ tre vne lèKrblable armée.Notamant quâils fafleuroiêt aux promelfes faites par le Duc dcM®'' pencier,Serriou amp;nbsp;principaux Chefs de les vieilles bâdes:de leur faire maintenir la ccpofiuâ de point en point.Ioint quâen tout euenement ils nâauoient aucun efpoir dâvn própt lecoi'fr Car bien que la Noue euft de long téps prié les forces tant de Saintonge que de Perigoidö^ Gafeogne de falTembler pour le joindre à celles de Poitou: afin de prandre amp;nbsp;exécuter par femble vne bonne refolution lur vne fi mauuailc occurrencc.-la diftance des pais neantmoiÃSi ou les affaires quâvn chacun Chef dit auoir en Ibn quartier: ou que ce foit autre chofè, futcf' cafion Quelles nefe peurentaflèmbler fi toll au Rende-vous qui leur eftoit donné le 22-Sep têbrc ^Montignac.Tcllement que lors que celle copofition le feit à Fontenay: les troupesnt failoient que falfèmblcr enGafeogne amp;nbsp;Perigord.Si bien que deuant quâelles fullènt fêuleinet forties de leur pais:les alfiegez furent fousmis au parti non Iculcmct dâaccepter la copolitioU) ains de fe voir,demis forcez de lailîer entrer lesCatholiques par diuers endroitsdedâs leurvi Ic.Mefmcmét lors que le fort de Guinefolle fut quité. Car auffi roll ils y entrèrent prefqu 3â foulle.Pour nây eflretouteffts entrez en furie dâalïà ut:Ains à lâamiable amp;nbsp;lôusombredefe Æ fiter ôc garder la côpofitiô corne les Impériaux firent à Thcroucnc ou le Marcfchal de Md' fous^câpaâ morency fut pris;amp; fan i ^69. les troupes du Marelchal deColïe furprindrêt celles deCoqii^ lementde uille à Saint Valéry, ils nt^tuerent perlbnne du commanccment : ains ne feinploierentqtgt;3 compofîcio. butiner Jgg Armes amp;nbsp;chenaux qui fut prelque tout le butin . Car les habitans auoye®' emporté le meilleur. Puis fe mirent à rançonner les Soldats. En Gcnctal ceux que lehîâ zard conduiélez mains des nouuelles bandes furent mal traiélez: les vns tuez lesautrcs
rançonnez à la rigueur amp;nbsp;mis cnchemifequi gangnerentla Rochelle le bafton blanc su poing. Pour accommoder lefquels les Gentils-hommes amp;nbsp;autresaumonerentccqueW libéralité voulut porter. Mais les vieilles bandes de Serriou firent fy bonne Guerre aux leurs
-ocr page 511-Icurs:qu'ilsontoccafiondefenloücvamp;defereiiengerdecefte courtoifie Francoifè au pre- Difference niicr endroit de reconoifïà nce.Enquoy plufieurs eurent occafion de remarquer deux chofes.
remieremét la foy tousjours biê tenue par ceux qui font pourueuz dâvne aine plus genereu nouucUes 5' Serriouamp; aucuns des fies la tindrêt telle aux aulfiegez en Sâ^erre.Sccôdemét que foJdats j^tYvnVuä inartiaux praties au fait de guerre enîcxercice de laquelle elprouuâs le bien amp;nbsp;le mal ils le turitr. ontparvn long vfage habituez à Ibuffrir tous bons amp;nbsp;mauuais euenemésme Icauêt lèulemêt
amp; jufques ou feftend le deuoir du foldat : Mais prennent à honneur de le monftrer à â^^uxqiii nâont de guerriers que la mine amp;nbsp;vainc piaffciaufiî cruels que Tigres en leur prolpc moindres que vieilles,fi la fortune commance à leur tourner dos. le dis cela tant aux , 'ns quâaux autres.
Leleudyaiifoit amp;nbsp;Vendredy tout le jour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du mois furent emploiez à tels pafic-
^nips.Lc Samedy 18. tous y en tretet à la foule pour acheuer le fac de la ville. Et a ces fins le , mettre bône garde à toutes les portes pour en empefeher la lôrtic.Mais les lôldats ne ^nhrétpour cela de forcer amp;nbsp;enleuer plus de 2 5. à ^o.que femes que jeunes filles qu'ils em-mencretau Cap .Le Samedy il ouyt Mcllè au Temple auquel lesalfiegez auoict les Moulins ^htniinition.PuisfetranlportadeuantlelogisdcS. Efticnneamp;auflitoft lareuerence faite 3U Duc fut amené à fon Hoftel auec pres de 40. autres. Ce fait auoir rcfôlu de partir ordonna Snelques Compagnies de fanterie pour la garde amp;nbsp;remettre la ville en deflfence: à laquelle il iaiilalesRoche baritaut Gentils-homme du pays pour commander. Cefiege importe aux mteftans de la perte du bas pays amp;nbsp;de jo. foldats quâils y perdirent. Dont 20. moururent au Lege amp;nbsp;lesautres blclTez. Nombre du reftefuiuit le Camp des Catholiques. Lefquels y ont amp;nbsp;autre* an n'tpettedc 200. hommes amp;nbsp;pres de joo. bleflèzdcDuc y laifîà auec Roches Baritaud Gou-nerneur 400. Soldats amp;nbsp;cent chenaux Icgiers à lafaueur delquels il eut toute charge de re-mettre la ville en dcffence la pouruoir, munir amp;nbsp;poheer amp;nbsp;fi bien la gouuerner quâil eufi; oc-cafiondefe louer de luy.Pendant neantmoins quâil redrclïoit les murailles amp;nbsp;accommodoit «vüleleDucnefefiogntque jufques à Benet où le Capitaine Bizot amp;nbsp;du Moulin Miniftre ordinaire de Fontenay luy furent menez.Il auoit olFcrt par voix de trompete 5 00. efeus à qui Miniftré âUy amencroit les 2. Miniftres qui eûoient dedans,fvn elchapa mais ceruicy fut pris, aux faux ju Moulin âourgs de Niort puis enquis des antres amp;nbsp;occafions de leur dernier port dâarmes:dit quâil en ^ftoitignorâtamp;fexcnlbitfur la noblefle quâil difoit auoir relbln ne cômuniquerplus dâaffaire de h'guerre de guerre aux Miniftres qui ne denoient enjamber hors leur voccatiô,baftâte pour fejete tout âllcz empefeher tous leurs fés. Il chargeoit en fomme la Nobleffe dâeft re feule caufèîles guer- °' ciuilesSc quâo les deuoic chaftier (noneuxfimplesamp;poures gens jponrcc quâils forçoict
«tierseftatdâexecuter leurs paffionsamp;prandre les armes quad bon leur fébloit. Ce qnine «fuoit quedâacroiftre leurinfolcce amp;dôner lien aux charges infuportables quâil reçoit dâeux ajoutant que fi on les pnniftoit fêlô leur merite la lufticeauroit lieu en France amp;nbsp;fe maintien-lt;iroit tout leRoiaume en vn perdurable 6c tres-henrenx repos.Mais quad on luy voulut faire teuerer ces propos ilditqnâores quâil eut parlé en general il nâêtcdoit pourrât parler que dâau tuns qui ne font nobles que de vcntamp; par opinion ne reffentans rien de cete vertu qui^ dôné outce à la premiere amp;nbsp;plus cxcelléte Nobleffe .11 fut pendu ôc eftrâglé en reputatiô dâvn des eftranglé. pLisdoftes Miniftres de la Frace 6c qui auoit les trois langues Hebraique, Grcque 6c Latine oesplusacômandcmêt.Il eftoit fort libre en parollcs taxoit tons homes fâs efpargner vn fêul.
Mais plus aigreôc vehement que la condition des hommes de fôn temps ne fêmbloit requérir, oao, 1^74 uis le Duc marcha de Benct à Vouillé 8c de la fur le commancemét dâOdobre dcnâtla vil-«ûeLufigncn.Ou je lairray lesCatholiques tranailler pour fair^eursaproches rctrâche-*tt3ns nouobftant les empefehes des Confederez pour vous arrefter par vn autre fujet non tttoins lamentable que les premiers.
Mous auons parlé cy deffus de la prifê de Marans,8c de quelle iniportâce elle eftoit aux Ro-theJJois qui tous les jours auoient infinies alarmes non feulement en la ville mais auffi par les Champs : pour ne pouuoir faire fênrcment leurs vendanges encores quâelles fuflènt bien pe-tttescarilfe cueillit cefte année bien peu de vins au pays Dâaunis: Encores fut ce à la poin--t^delefpée.Car ceux de Marans couroictordinairemêt jufques aux portes delà ville 8c foura S^oientle Gouuernement qui contient 82. Parroillès auec grande perte 8c dômage pour left lts Rochelöis qui y ont de fort beaux heritages.La Noue aiat plufieurs fois failly dâeftre pris -
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de ces coureurs : fit refolution de leur Icuer cefte place dâentre les mains. Tellement que for* lurMa^a^s. tant de la Rochelle furlcfoirdu 5.Oôi:obreaucc 5O.Cuiraftcsamp;4oo. harquebuzicts;^^' noir cheminé toute la nuit aucc grades incômoditez par le Marefts : le trouua à la Diane pd le Bourg de Marans'Dedâs lequel il dôna à tefte baillée mal fuiui, toutesfois jufques dedas 1 haie fe perfuadât dây furprêdft la Garnifo.Mais il y fut rêbarré par Desbruieres Couucrneiit de la place amp;nbsp;quelques Rôdachers qui le trouuerét prés de luy. Lelquels firét telle pédâtcjue leurs gens qui auoiét efté pris à fimprouifte amp;nbsp;dont ils auoiét ja perdu quelques vus fc retitc-rioét petit à petit amp;nbsp;en côbattât dâs le Chafteau.Si bien que la Nouëfeftât trop hafté yfuren grad dâger delà perfone amp;nbsp;côbatit quelque tëps nue tefte amp;nbsp;main à mainipcdâtcuefes troupes dônoict de tous coftez dans les auenuës du bourg. Mais non fi toft quâil euft bien efterequis amp;nbsp;nây acquirer quelques vns pas grâd hôneur pour feftrc plus amufêz à butiner à l'étrcc queafuiure refôlumét leur Chef.Au moien dequoy les Catholiques eurét loifirdefe teurer dans le Chafteau. Duquel ils tirerêt vne infinité dâharquebuzades dót plufieurs des Proteftaî furet tuez amp;nbsp;blefïcz.-Les Capitaines Picq amp;nbsp;Coqiieterie y demeurerét auec plufîeurs fbldats-Ainfi le bourg gagné amp;nbsp;les Catholiques refferrez dedâs le Chafteau.La Nouë quiattédoit^ Canon de la Rochelle pour les forcer.-dÃna jufques au fort de la Baftille diftât dâvne lieue de Marâspour reconoiftre ceux qui eftoiét dedâs.Mais côme ilaprochoitjle Capitaine Chef de fes Gardes bien renômé au fait des armesjfut bleffé dâvne harquebuzade amp;nbsp;citant delà Noue fc meure prifônier mourut peu de jours apres au lieu mefmes.-au grâd regret de tous ceux quiâ execution, uoiéi coneu.Ce pendât la diligece fut fi petite pour le fait duCanon que ïô amenoit par met de|la Rochelle:futpour raifo du vent côtraire ou de quelque autre empefcheméuquelaNour Les Protc- fut Contraint fê retirer auerty du fecours prochain que le Duc de Montpcncier enuoioit 3Ugt; Aoîique?^' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Auffi quâil ne vouloit hazarder les forces quâil auoit fçaehant bien quâil enauroit*-
maicontans lèz toft affaire ailleurs.
ne fe peu-uoient per fuader que Ie Roy Hen ry J. dâeuft OU peut for tir de Polo gne pour rc tourner en France.
Nouembre,
de fâ fôrtie de Pologne eftât côfirmc par ceux qui fauoiét veu à Lyên : Les incrédules le pcf' fuaderent auoir vn Roy. Si bien que les Rochellois enuoierent leurs Députez plustoutesüââ pou r reconoiftre au vray amp;nbsp;dilayer le fiege de Lufigncn,que pour expedier amp;nbsp;negotier autres affairesrfy grade eft fefficace du méfônge amp;nbsp;faufiè perfuafiô quad elle a vne fois pénétré trop auanten nos elprits,qu'elle ne fe peut plus aifémctdefraciner.Voiâtmefmesquelquefois'^^' liât nos yeuXjla vérité des chofès que nousauÃs parauât voulu ignorer amp;côme tirer en doute« Ce pAdant les Mes de Saintonges amp;nbsp;la ville de la Rochelle mefines, eftoient pleines de grand nombre de perfonnesiOutre les troupes du publicq qui fêjournoiét depuis long temp la Rochelle de Saintongc.bt U ne pouuoit on trouuer moien de mettre gens aux chaps pour luuquot; rir ceux de Lufignen, qui fefbit murmurer beaucoup de perfbnncs amp;nbsp;fur tous les Rochellois qui ne fe pouuoiêt côtenter de voir tant dâhômes oïfifs côme inutiles fpedateurs défi pitoiâ' bles Tragedies.De forte que en vne affembléc qui fe fit à S. Yondes Miniftres remonftfcrfiât beaucoup de chofes à la Noue amp;nbsp;au Maire les priant faire curieufes rcccrches detantdepd' fônnes gue îon voioit aflèz vouloir demeurer côme fai-neans en telle amp;nbsp;fi dangereufe Difâns que depuis nâagueres fon auoit encores reccu auertiflemet de fe dôner garde du Lieutenant de Poitou.Et quâil nâeftoit frété à autre fin que pour deceuoir ceux qui fc fieroient cquot; luy.Et quâil y en auoit en la ville qui en pourroiét bic dire quelque chofe. Taxasouuerteæti aucuns des plus apparcs.Pour cefte caufe eftoiét les Miniftres dâauis quefo deuoit vfer d'H Lettres du reglcmét duquel à cefte fin ils prefenterét certains Articles fur lefquelsy eut affez de difputc-Roy aux Enuiroii ce mefme téps lft(oy referiuit de Lyon aux Rochellois leur mâdat quâil leur pd' Rouhcllois. mettoitôc à tous autres la liberté de côfciéce.Mais quâil entédoit quefcxercicc delà Religiâ fuft vn peu furfis pour certaines caufès.Cependant que touspofà ffent les armes remettansld villes amp;nbsp;places en fon obeJÃà nce.ll ne faut demander fi ces Ictres furet trouuées bien creud«
Signes VCU2 au Ciel.
Brantofme.
Auffi fut on en double fi on les liroit publiquement où non.
Ce mefine mois amp;nbsp;enuiron le 16. dâiceluy:furent veuz de nuit au Ciel, fur la Rochelle^^ ezenuirons quelques fignesamp; feuz efpouuantables Tefpace de plus dâvne heure amp;nbsp;le viren' plufîeurs qui cefte nuit eftoient de Garde.
LâAbbé deBrantofme eftoit quelques joursauparauantarriuéenBroüagedclapartdi* Roy, pour quelque ouuerture de Paix amp;nbsp;moiens de la negotier affeurant que le Roy y efto*'
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Le Lieutenant de Poitou fut aflèz long temps aucc luy tant quâil y eut jout 3 igné aAngoiilindiifantdâvnc licuë de la Rochelle le ip. dudit mois amp;à la Conferancede «5 affaires auec Brantofine, la Noue amp;nbsp;aucuns de la Rochelle: dilâns quâils attendoient leurs veputez de Lyon.Mais les Députez eftans de retour trois jours^pres la Côfercnce, nâappor-Krent autre chofe du Roy ( quâils.auoient veu partir de Lyon pour aller en Auignon ) que la lois à Lyon» loerte dcconfciencc Sc reddition des villes felon quâil eft dcflîis porté.-fors quâil les admone-toitd entendre aux moiens de faire vnc bonne Paix.Pour faciliter laquelle il leur permetoit cniioierleurs Députez en Allemagne vers le Prince de Condé amp;nbsp;autres leurs a/iez auec lauf conduit amp;nbsp;toute feureté.Mefinesenuoya le Roger varier de châbre delâMajeAépour les co-duirefeurcraentparle Roiaume.Parainfiiepremier four de Decébrcles Rochelloiscnuoyc-^^^^^^^j Knt leurs Députez par deuers le Prince de Condé amp;nbsp;aucc eux Roger varier de chambre du iJfsauPrin noypour les conduire lêuremcnt. Les Articles amp;nbsp;inilruéfions quâils portoienteftoient en La- ce de Codé. tinamp;cnFranpois afin que les Princes amp;nbsp;autres Seigneurs eftrangùrsbienvueillans du Prince en peuflentauoir conoifîà ncc.Mais ils furent curieufément recérchezfils portoient argent îu Prince de Condé amp;nbsp;fogneulemet cfclaircz à Paris fils prandroict argent ou lettres de cha-
⢠B^pourporterenAllemagne.Lanuit deleur partcmët la Noue fen alla de la Rochelle à Pôs tMtpouraflèmbJer quelques troupes de chenal pour le lècours de Lufignen:qiie pour quel-^ueentreptinfe que ton auoit faite fur Saintes. Laquelle fallit au moic de celle que auoit fur oaintIeaud'Angely,lc Comte de Montgommery qui Ibus telperancc de certaines pratiques ^l'oaucunspenîoiencauoir dedans:donna le4. dudit mois auec a. ou 500. clîcuaux julques PKs Icfaiixbourg dâAunis.Mais ne fvne ne lâautre defdites entreprifes ne Ibrtitcffet.Ccpendât laNouëtrouua moic de faire lâuoir defes nouuellcs au Chef de Lufignen. Luy madant quâil ^oitpteft de monter à chenal amp;nbsp;que les affaires alloicnt mieux que beaucoup ne penlôienr. xU il eftoit bien marri de la longueur dont il eftoit contraint dvlcr.Toutesfois quâil elperoit lt;loeceferoit enfin pour le mieux dâautantque lalongueurde cefiegclèroit la ruyne de far-
Gatholique.Le 15. Décembre les Rochelois auertis de quelqueentreprilêfur leur ville: Qonerent ordre de réforcer leurs Gardes tant de jour que de nuit.-drelTerct mefmes des Corps contre les â¢1? Gardes en plufieurs endroits de la ville amp;nbsp;firent niinftrc de huit Enfeignes des habitans amp;nbsp;^55 2. Compagnies foraines fuos lefqnellesfc treunereut pour toutes faéfionsde la.à 1500. ces des Ca-âOâlimes de bonne eftoffe.LaNouë eftoit pour lors au tourMortaigne fur Girondcoù ily eut ^âcunsdesfiésquetuezquebleflèz,amp;nefefitautrechofe.Plaflà cauifi Gonuerneur de Pôs saoitlongtempsparauant recouuert du Canon de la Rochelle amp;nbsp;battu le Chafteaufle Saint iionftresà qui luy fut aflèz lôndain rédu.Sur la fin de lâan pafte amp;nbsp;cômancemêt de ccftui-cy.-les 1» Röchele, Catholiques amp;nbsp;Proteftansfe chatouilloiétfi cftrangemét au pié des murailles de Lnfigné fur le haut Poitoir.que pour en eftre faccidét des plus mémorables qui fê paftôiét lors en laChre-ftientéqefuiscn deliberation de vous en cfclarcir le motif, le progrez Se fin dâiceluy.
La ville amp;nbsp;Chafteau,font aflîsfur le fommet dâvne môtagne longue,haute Si fort eftroitte: oâoinraapdéc dâautres montagnes de toutes pars (forsdumidy) occafion quefaccez nâyeft Reprefenta-JPoinsraalaifé aux aifiegeas que la fortic fafclicufo aux aflficgez.Car à defcêdre il y faut^aroi- â'°« lt;1* ^â*-de toutes pars: Ce qui red la ville meurtriere,amp; outre ce vnc Canonade la peut percer à Poitoquot;upour lou^jdepatt en parti.es murailles en font vieilles,foibles Si par terre en plufieurs endroits * Il leficgequây
2. portes en la ville amp;nbsp;z. Piiys,defquels feau eft aftèz mauuaifo amp;nbsp;peuuét eftre efpuir jg Montpg. i3ciicniét.Au Chafteau y en a vn qui eft dedas la douue au pied de la grofte Tour de Mel- cîcr. luhne.La Fontaine quâô nôme de Mcllufiné eft en vneTour qui eft és fauftês brayes du cofté âââi Parc regardât entre Occident amp;nbsp;SeptcntrioBElle vient dâvn rocher qui ne jette pas beau-dâeau.Du cofte de la bafle ville ez fauftes brayes,y auoit encores vneFôtaine.Mais tout ^^Lneftaflezfuffifitpourfournirvnfiege Si mefmes au téps dâEfté.Entre la ville Si le Chagt; Iwuy a vac belle amp;nbsp;grande place qui fo nôme la place du Bail, côniandée de tout le cofté de 3bafle villc.De là 011 trouue le premier portail duChafteau qhi fo nôme le portai du Bail,ai-deuantfoy vn pont Si des foflez aftez profonds Si larges. Aux deux coftez de la porte y a
wBelles Tours, les couucrtures. defquelles font par terre. Ce portail eft comme vn petit â'îuclin.. De là .on va droit à vn pont Icuis qui eft deuant le focond portail qui fo nomme le pOKailà e Geoffroy, entre le, Miyly Si f Occident. Ileftgrand, beau Si faiâ: de bonne, ma--i Vc-3y3nt (Jeuant de grandes douhes aftez profondeslarges Si bien talucés. Puis on.cn-
/J: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âM-
*
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Septembre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R E DE FRANCE.
â â tre dedans vne grande Court dont à droite eft la Tour de forioge autrement de la fort haute amp;nbsp;delcouure tout à fentourdc fVfigncn . Elle cft large amp;nbsp;elpeflc demuuillà belle à merueilles. On à tiré durant le fiege plufieurs coups de Canon contre qui ne font que bien peu endômagée:ex(ÿpté quelque peu aux defences. Tirant plus auant vers occitiâi y a en la Court vne grâge amp;nbsp;quelques pens logis. A gauche fôt les grades Efcurics qui de pre font font prefqucs toutes ruinées. Le Moulin à cheuaux eft là pres. De ce portai de GeoM jufqucs à la grolfo Tour de Mellufinc par le dehors du ChaileaUjy a doubles faufes braiesav ans bonnes amp;f fortes murailles.La eft la Tour où cft la Fontaine de Mellufine. Et joignatkd
, nbsp;nbsp;, le y auoit vne Chappelle qui cft maintenant defcouuertc. Au pied de cefte Tour y a vneptnic
porte pour fortir à la Riuiere de la Voufiie amp;nbsp;aller à la Contrefoarpe qui commance au pi de la Tour amp;vajufques auRauelindelaVacherie.Lc troifiéme portai fo nomme le portail c fEfchIlie qui à deuanr fon pont leuis amp;nbsp;fos douhes bien larges amp;nbsp;profondes. Il eft de bonne cftofFc amp;nbsp;bien fait,aiant au deftlis quelques chambrcs.De la on entre en vne petite Court ai longue amp;nbsp;eftroitte à lauenant. A droit y auoit vne Chapelle amp;nbsp;quelques logis qui fomp^ terre. Le Canon à tout rompu cela. Plus auant y auoit vn beau corps de logis regardantlU la baftè ville amp;nbsp;droit vers fOriêtmomé le logis de la Rome a prefont par terre amp;nbsp;ruiné à coups de Canons. A gauche depuis ce portai y a vn Corps de logis jufqucs à la Tourde MeHu®' qui eft fort haute la prenant des le pied. Elle eft aufli merueilleufoment epeflè de murailb dâvne matière fort bonne, elle regarde le Septentrion, le Canon ne la focut gueres encomn'â ger. Tirant vers lâOrientamp; droit à la teftedu Chafteauyavn jeu de paume qui nâeft couuertamp;au bout de grandes folles tant hautes que bafles. Là y auoit de belles chambt^ qui font ruynéesôc par terre: amp;nbsp;les folles bien endommagées à caufo du Canonquià foui'^'â* donné au trauers. Au haut de ce grand edifficefont les belles amp;nbsp;longues Galleries leur regard fur le parc amp;nbsp;la prairie :8e fur le Septentrion. Elles font magnifîquememcntJî''â briffées auec les beaux ôe plaifons Cabinets 8e de belles chambres 8e vne petite folle : pour la plufpart auffi ruynées comme tout le refte du Chafteau . öupieddefcsGalleriÃ)/ a des fauffos brayes allez eftroittcs, clquellcs y a vn Efohallier par lequel on defoendoitj*â^ aller au Raucllin de la vacherie. A la teUfe 8e poinde du Chafteau y auoit vne belle amp;nbsp;gioâ â Tour quâon nommoit la Tour Poitcuine.Maispour fheure cela eft tout renuerfo 8e pe^i'® terre. Câeft chofe piteufo à veoir que la ruync de ces beaux cdiffices. La balfo ville eftoi' vn fort beau 8e plaifant lieu fitué en vn vallon alfez eftroit aiant à droide venant de Parenza)^» le RauelÃi de la vacherie quieftdeffousla pointe du Chafteau.Et des faulTes brayes jufq^f la porte de la balfc ville, il ny a quâvne longue rue ayant des deux coftezde belles maiioiâ pour loger les palfons Ce Bourg cftoit fans comparaifon plus beau, plus plaifont amp;nbsp;pl^^î' greable que la ville. Mais de prefont il eft reduid en cendres. A gauche y a la petite lagneSc fur laquelle les Catholicquesdreffoicc plufieurs batteries tant contre la ville le Chafteau. La Font de Cef eft vn peu plus auant tirant vers le Midy. Ceft vn petit boorà où y auoit de beaux logis qui pareillement font ruynez amp;nbsp;la plus part en cendres. cft fitur en vn vallon ayant vne belle Fontaine fortant dâvn rocher dont encores le Bourg pof te le nom dâicelle. Il ny a que deux atténues pour alleren ce lieu tantducofté de la vi que de celuy de la baffe ville : qui font alfez cftroids Sc parce facillcs à barrer CâefteFoââ tainc auec quelques autres qui font la près, font vn Ruifleau aflèz récréatifayanso' cofté quelques petis lardins amp;nbsp;vne prayrie defeendans vers la baffe ville amp;nbsp;paftà nt^ le milieu dâiccllc : fur leqiwl y auoit de grandes 8c riches Tanneries amp;nbsp;vn Moulin. Eniamo eft en vn lieu haut, regardant deucrsfOccidefh:. Ceftoit vn Temple qui eft tout delco*'' uert 8c ruyné. De là jufques à la ville, auoit plufieurs belles maifons qui a prefont font r*quot; duites en poudre.Entre la ville 8c Eniambes y a vne grande trachée fort large qui fut faitep*' les Anglois corne fon dit.t)euât la porte de la ville 8c tirât vers la Fôt deCef y auoit plulîotâ'^ maifôs qui auffi font par terre 8c rafèes jufques aux fondémês.Voire que mefmcs les autres oüâ' cfté remplies de la ruine defolites maifons. La place où ils eftoiét eft maintenât toute exphâ^; dée,exccpté douant la porte de la ville : où fon fit vn fort de terre nommé le fort de Lyon couuroit le deuant de la ville. De la porte de la ville à droite defeendans vers le parc, en mothe quâils appelloient le Rauclin des dames. Il a tout au tou r de beaux foffez affez largjs 8c profons 8c vne bonne muraille ayant plufieurs .petites tours bien flanquées. Du colle
^Occident
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ÃOccidêt eft vn beau grad parc referme tout au tour de hautes murailles ayant la Riuicrc de la Voufnc qui paffe à trauers amp;nbsp;la belle prairie; A lâendroit du Prieuré y auoit vn moulin qui lut tout ruyné de coups de canon.
L E Baron de Frontenay aujourdâhuy Seigneur dcRohai^en Bretaigne parla mort de tous fes frétés fans enfânsmafles: feftoitjedé dedans pour y commander amp;nbsp;la dclfendre con- ordre que ire tous les efforts des Catholiques; Et dâautant plus animeulèment qu'il fê voioit fuiuyde ic^Protef-plus de foixante Gentilshommes du pays amp;nbsp;fix cens foldats coneuz.Pource au bruit de la ve-nuë du Duc de Montpenfier, ne luy reliant que vitailles munitions de guerre amp;nbsp;le defir des gnen. flens à fortifier la place il fc meit en deuoir de preparer le tout contre vne armée. Premiere- ⢠ment il auifa de plus exactement faire rcconoiftre la ville, afin de pouruoir prompte -ment à ce qui eftoit necelïà ire pour la fortification és endroits plus foibles dâicelIc. Et trou-uant la telle de ladite ville és auenuès de la lont de Cef aucunement foible Sifânsdelfences baftanres:pour auffioller auxCatholiquesùuantagc que le naturel du lieu demeurât en fcflac leur donnoit à loger leur tArtillerie : feit explanader le lieu amp;nbsp;y dreflèr vn fort pour rendre '«fie auenuë en bonne deflfence. Etpar mefme moien commanda mettre le feu en labafiè vil-Ic'îpres auoir furce prins lâauis des Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines: comme eflant requis amp;nbsp;HKeffaire pour öfter tous moiensaux Catholiques de loger pres des murailles. Ce qui fut fait le Mardy vint huitième Septembre. Puis le feu fut mis à lafontdeCefjEniambes amp;nbsp;autres tnaifons qui efloient la autour.Et ce pendent ils trauailloient à mettre le fort du Lyon en defence. Somme qu'a lâexemple du Vicomteâde Rohan qui y trauailloit des premiers: cha- Armée Ca cunmettoitlamainà labefongnc. Le dernier jour de Septembre huant garde fut campée tholiquccâ-à lafontdeCef.Mais le feu eflant encores par les maifons amp;nbsp;baflimens fi allumé amp;nbsp;lachal- £^
qyg difficiilementpouuoient ils demourer par laRuë:furenf contraints de le loger pres des hayesSc au pied des murailles ou en fin ils faccommoderent nonobfiant les ne-Kesamp;affez chaudes forties desaffiegez. Lefquels par fois perdoient autant dâauantage quâils enauoientgangnéau paituant.Or fautnotter que la ville nâefloit guercs bien munie exepte de bled pour attendre vn fi long liege. Et y auoit bien peu de vin, de chairs, de bois amp;nbsp;de tou- . tes autres chofes. Bref les Magafins efloient petis amp;nbsp;maigrcs.Les Gentilshommes départis en P rouillons quatre compagnies amp;nbsp;la fâterie en huit:chacune eut Ion carrier pour lejour Si deffence.Puis futlamy Oélobre on dreffa vne compagnie de feruiteurs qui faifoient vn corps de garde aux «Iles du Chafteau.Les quatre Miniflres qui efloient en là ville, auoient chacun leur quartier ulloient fôir amp;nbsp;matin faire les prières aux corps de garde outre les predications qui fc fai-
loint és jours ordinaires. Les Catholiques commencèrent de faire jouer quelques pieces des fanons C» dixhuit quâils auoient de batterie. Sur le foir feptréme Oôlobre le Capitaine Terrefort defeen- thoiiqncs. ditau pied du fort du Lyon quâil auoit en garde amp;nbsp;auec hautes plaintes dcmandoitfêcours aux Catholiques. Difant quâil efloitvnpoure fôldat Catholique Normant quiauoit cflé ruzc. prins a Seuret qui fc vouloir rendre à eux Sc quâen defeendant du fort pour fc faiiiier il feftoit rompuvnecheuillcdu pied. Surquoyreccrchéfilefloit feulamp;auoir rcfpondu quâouy,on luy enuoia vn pionnier pour le fccourir. Mais il y fut auffi mal venu qu'vn fergent de bande quivoullutfè hafler d'aller à ce fecours qui nây gangna non plus qud ledit pionier.Mais Ter-refort nâeufteflé le plus fin contre tant dâautres qui venoientfi Puyuidalfon Lieutenant amp;nbsp;quelques hatquebuzicrs nâeuflènt lorris fur eux. Si quâen aians tué amp;nbsp;blcfïe plufîcurs Si don-ucialarme bien chaude au corps de garde prochain fc retirèrent en fin fans nul dommage.
Le vnziéme Oefobre fut arreflé au Confeil des affiegez quâ^n ne parlcmentcroit à ceux Parlemés amp;nbsp;del armécamp; que fd y auoit quelques lettres du Roy ou dâautre part elles feroict leuës deuant £âquot;4'6^quot;* toute la Nobleffe amp;nbsp;la refponce y feroit faite par lâauis de tous les Gentilshommes.Mais celte deffendu«. ordonnance ne fut pas longuement obfcruée. Car bien toll apres vn chacun Icliccntia de Parler aux Catholiques. Le Mecredy treziéme Oélobrc on comÃicnça des le matin à battre
tiret deux cen squarâte fêpt coups au portai de Geoffroy amp;nbsp;à la tour de Lorlogc autremët «la lanterne.La batterie fê faifoit afïcz lentement de dix ou douze pieces du comencement. «ades. U tira auffi quelque coups auTemplc Si à trauers la ville auec peu de perte des affiegez neât tttoms.Au lendemain on continua débattre plusfurieulcment de quinze pieces braquées en trois cndroits.Dôt on tira plus de huit cens cinquante Canonades. Au deffus de la balle ville à roue amp;nbsp;à gauche on battoir en courtine amp;dc celles qui elloiçnt au millieu, en batterie
lii iuij.
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amp; toutes au commencement tiroient en vn endroit qui eft és faufles braies du Chaftea«® coftédclabaflè villc amp;. à la porte dâicellc tirant vers Parnzay. La batterie futfurieufeamp;y on breche dâenuiron quarante pas qui cftoit raif onable. On battoitanlïi depuis ceftcpon^ la baflè ville jufques à l'autre porte prochaine, montant, en haut vers la place dubail.Qll^ ques vns des aflîegeans marchèrent auec leurs rondaches pour rcconoillre la brèche. . nyfeirentpas long fejour. Le quinziéme Oâobrc la batterie commencée de grana matin continua furieulèmenc de mil lêptate quatre coups que vint pieces tuerent JLa premiere vc' . fut enuoiée au portai de tefchelle. Apres on tira quelques coups en diuers endroits du 0 . teau. Le refte fut tiré contre ce grand corps de logis qui eft à droite entrant au portai de chelleamp;qui regarde fur la baflè ville quâon nommoit le logb delaRoync. Lequel endn ' pour le moins fèpt cens coups de Canon. Au moiendequoy ilfutprefquc tout raiéamp;ptir
par terre. On tira auflï à vnc chapelle amp;nbsp;à quelques autres baftimens qui eftoicntlaprez vers ledit ponal. Furent pareillement tirez quelques coups à la breche faite le jour prece En outre on tira au Rauelin des ftuflès braies de la vacherie. Somme que la batterie dura jnâ ques enuiron deux heures apres midy. Lereftelè feit plus lentement. Lanuitontira qiiaïf^ coups par la court du donjon duditChafteau amp;nbsp;à lâentrée dudit portalde lâefchelle dâinteuâ le îvn de lâautre dâvue heure ou enuiron.Cela fefaifoit pour empefeher de belôngnet av^ clpauleamp; quelques tranchées quâon y faifôit. Sixloldats y moururent amp;nbsp;pluficurs blcflcz.t-pendant chacun par la ville mettoit la main à fÅuurc. Les femmes fà ifoienc des fâcsalosau très les emplifl'oient de terre amp;nbsp;de fient: autrAdes portoient au Temple amp;nbsp;au Chafteau dâautres lieux pour les tenir prefts au belbin. Ceux qui auoient la charge des artifices à fcnf belongnoicnt le plus dilligemment quâils pouuoicnt comme à charger amp;nbsp;preparer les des ^fairc des cercles à leu .Quelques Gentilshommes amp;lôldats demeurèrent tout çs faufles braies pour garder la breche qui y auoit efté faire le jourprecedént.Ccs fauffesbt^' ics eft vn lieu fort dangereux amp;nbsp;fort meurtrier pource quâil eft audcflousdecc grandcorps de logis ou fe failôit la batterie. De façon que tant les boulets quc4a ruïne tomboient en faufles braies.Ce qui rendoit le lieu encores plus dangcreux.Quclques rondachicrsrccoufâ rent la breche de loin. A laprefdifiiéc du fèziéme aucuns fauancérent par le parc amp;nbsp;en apiæ chans failbient figne auec vn linge blanc demandans lâint Gelais.Ce qui dcfplcut aux fbltl^® pource quâils ne trouuoient bon quâon parlaft aux Catholiques:fc rclbuucnans du parlement nâagueres fait à Fontenay .Qui fut occafion de leur faire tirer pliificurs coups dâharquebuzc^ â Senejes pouuoit on empefeher pourmenafle quâon leur peut faire. Ccquifcit rccuncâ'l^
Catholiques excepté le Capitaine Lagort qui donna jufques au fort commencé au pres dei3 tour ou eft la fontaine de Mellufinc. Saint Gellais amp;nbsp;quelques Gentilshommes auec lu)d* trouuercntôc la parlèrent cnfemble.Les propos furent de choies particulières conccrnaii^ les affaires de lâint Gelais. Ce fait chacun fe retira amp;nbsp;deux Gcnrilshômes conduirent la Gott jufques à la planche lâint Gilles. Nonobftant tout ce on luy tira plufieurs harquebuzadesä' prçs quââl eut palfé cefte planche. A faprefdilîice laGort retourna comme le jour précédant di-^t a,u^ a^egez que fils lè vouloient rendre,Monfieur le Duc les Jaiflèroit aller chacun fçyjS.\y yjurçen toute Icuretéôc liberté de confciêceûnscftre en rie recerchezamp; quâondon-permit dejjoft^ges. Aquoy Chaillou feit relponcc quâils defiroientvne bonne Paix. Mais qu® deîg^rçÿarticulicrc pour eux lculement,ils ne pouuoicnt attendu que câeftoit i'intcrelf du puyie dXfitçtuoçsTesEglilcs de France amp;nbsp;quâil falloir parler dc.ccla à Monfieur de laNoUC ^jà jÃeux de j^iguedoc. Toutesfois en attendant fi Monfieur leDuc voulloit retirer fon it' rpée ^illcui^ion entendroit Ãme trefue. Apres quelques autres propos fut dit quâil ne retoutâ apporter telles nouuelles. Car on ne pouuoit plus empefeher les loldats quâilsnclw liçaflèiit. Ãtdcfait ils lèmutinoicnt de ce parlement craignans dâeftre deceuz. Le dixhuitiC' meies Catliqliqucs cnuowrent à iâaprefdifnée vn Regiment dâinfanterie amp;nbsp;quelques gens^f ^cual pour le camper dedans le parc qui jufques à lors leur cftoit demouré libre. Maislc? Catholiques y dcfccndircnt à Tcfcarmouche fans grand effort. Le vint vniéme ceux dchf' méc charrioient quelque artillerie du cofté de Pranzay amp;nbsp;lamcnoient dedans le parc ou ils auoient dçsja fait des tranchées amp;nbsp;pofé les Gabions. La nujt fuiuant ils mirentSc braque-Kent cinq Canons amp;nbsp;les pointèrent vers le Chafteau amp;nbsp;le Rauelin de la vacherie. Câçfloitvu foM que les affiegez auoientefleuécnccft endroit aucc vu
fence
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â¢fncc amp;nbsp;par (Je I3 vn efperon qui commandoit au valon du parc amp;nbsp;à tout le plan du Chafteau regarde de ce cofté. Et outre ce pour garder amp;nbsp;defFendre le folle: ils y auoient drefle des üfemattes par lefquelles ils alloicnt jufques à laRiuierc à couuert amp;nbsp;à vn moulin qui leur 1èr-uoit fort. Le vint troifiéme le Canon joüa des le point du jour nbsp;nbsp;plus grande furie que para- Batterie au
uant. Car en peu de temps il vomit plus de mil deux cens cinquante coups. Aulfi ne le pou- â chene uoit on recharger plus promptement amp;nbsp;dilligcmment quâon failôit. Les pieces eft oient poin- de njo te en trois endroits contre le RauclindelaVachcriedontilyenauoit cinq dedans le parc S^iaii commencement tiroient quelques coups à tvn des cfcalliers qui lont delTous les gran-
galleries du Chafteau amp;nbsp;plus prochain de la telle dâicelluy, par lequel lesalïîegez del- « (^endoient ordinairement pouraller audit Rauelin. Dont tefcallier fut quelque peu endom-ââlîgé. Puis tirèrent au Rauelin 5c y feirent grande breche du cofté du parc. Dont puis apres hattoient les alTiegez eftans dans le Rauelin julques en leurs tranchées qui nâeftoient encores guercsprofondes amp;nbsp;aulfi par celle dite breche les battoienr par derriere, quand il fut quefti-on de défendre l'autre breche du cofté de la balle ville. En telle comme l'on vient de Pranzay îSauchey auoit trois Canonsqui battoient furieulèment. Ilyauoitaulfi dâautres pieces au écffusdela hälfe ville qui pareillement tiroient à mclme butte. Toutes ces pieces feirent ''âitbrcche poureflargir amp;nbsp;là uoriler laquelle les Catholiques ont depuis fait lauter deux âââin« pour la faire plu s grande amp;nbsp;railbnnable. Non fans tuer amp;nbsp;blelîèr plufieurs hommes.
tant de coups ne le nombre infiny des efclats de pierre qui en Ibrtoient; ne peurent fai-retjuiterccs lieux aux Capitaines amp;nbsp;Ibldats pour bien battuz amp;nbsp;ennuyez quâils fulïènt:cnco-queplufieurs y mouruflênt nbsp;nbsp;grand nombre de blclfez fen retiralïènt. En fin les Catholi-
Rtevoians quâil y auoit breche lulfifantcfc prépareront à faftà utfur les deux heures apres
la maniéré accouftuméc le Duc enuoia reconoiftre la breche à quelques rondachiers RcconojfTS quiy furent fl bien rcceuz quâils ne fen retournèrent pas tous non plus que ceux qui les fui- «uebr« Client car il en demeura fur la place. Cell aftà ut dura jufques au loir. Ce pendant les Catholi-lt;11105 vfoientdâvn llratagAie amp;ruzc de guerre qui fut caulè de la perte de plufieurs vaillans hommes. Car fouuent ils failbientmine delcprelènterafaflaurafin de faire joüer le Canon lut les afficgez quand ils fe prelènteroient à la breche. Et ce pendant les boulets voloient de toutes parts vers celle breche. Vne demie heure de lôleil les Catholiques fi prelèntercnt re-loiuinentamp;lalfaillirent de grande hardiefle .Tellement quâon vint aux mains dâvne part amp;nbsp;Æ Hutte. Mais ils furent rcpoulfez aucc perte deplufieurs de leurs hommes qui furent tuez Affaut. fut lechâp dont les corps ont tousjoins demeuré fur la breche amp;nbsp;font la pourris. Bu^ dâAm-boifeyfutblclféamp; plufieursautres. Quand aux alfiegez goullans defaloes aueclemiella voiâoire leur fut bien trille. Car ils y perdirent fept Gentilshommes tous jeunes hommes ; txeptéChaillou quatre moururét fur le champ. Bois Aubin le jeune,Boilféc, Chafteauneuf, Saint lames qui eut les deux cuilfes couppées. Puis la Court de Chirc, Chaillou, Villcmu-leauamp;duBois deBôneuaux y furent bleftéz.Chaillou fut fiappé dâvn boulet par les deux jähes dót il lesChirurgiés luy en coupperct vne amp;: le mardy apres mourut.Ce fut grande perte pour eux.Car outre la vaillance il cftoit là ge amp;nbsp;bien entendu en fart millitaire aians piéns vne P'tue merueilleufe aux fortifications. Ils perdirent lêzefoldats debleflêzyencut quelque Jtntaine dont toutesfois plu ficurs guérirent. La nuit venue les Catholiques le retirèrent. Ce tauaucuns des alfiegez defeendirent à la breche amp;nbsp;prindret les armes des Catholiques com-uiecorfelets,rondaches, efpieux amp;nbsp;quelques picques ramparans la breche le mieux quâils peurent amp;nbsp;creuferent de plus en plus le retranchement dudit Rai^lin.
Levinthuidicme leBarondeFrontenay aiantappellé les Gentilhommes, les Capitaines jordedes ^pünsConfeil aucc eux fut relblu de faire vnelortie fur les Catholiques par vne 6ulïè por- afliegex. fîde laquelle on defeend dedans les doües par ou Ion va au moulin. Ce qui fut execute environ le point du jour. Mais enuiron trois heures auant jour les CSkholiques campez dedans h parc fous neuf Ãnfcignesprindrcntîalarme toutesfois faulfe. Puis le point du jour venu ce 'Dtà boneffiant.Car les Capitaincs Terrefort 8c du Bien menans quelques harquebuziers attaquèrent les tranchées ou eftôit le Canon des Catholiques amp;nbsp;eftans fuiuiz dâautres Capitaines (c rendirent les Maiftres de cinq Canons quâils eurent enuiron demie heure à leur de-ttotion.Le Capitaine Luché, dïi Retail 8c quelques harquebuziers demourerent au moulin poutferuir à la rctraitteSc dôner fcc ours fibefoin eftoit.Tout celadeuoiteftre Ibuftenu parla
Noblcflè
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Lâ HISTOIRE D E P a A N C E.
Nobleflc à cheual. Tant y a que la charge fut fi furiculë:qu'ils feirent habâdôncr tranchées amp;nbsp;partie des tentes de ceux du parc qui furent mis en routte amp;nbsp;en fut tuc philicurs-Mdhiementdu Regiment de Lauerdin. Les aflîegez ne pouuans remuer lefdits Canciis'^*' leur place: à caulê de la profondeur des tranchées, Iclquelles dâailleurs eftoient bien gabioæ nées amp;nbsp;voians quâil eftoit temps de faire la retraitte les encloucrét.Mais à caufe que Icsdoââ^ eftoient trop menuz amp;nbsp;les lumières trop grandes on ne feit rien qui valluft: Pource toftapr^ les pieces furent decloüées amp;nbsp;tirerent incontinant . On mit le feu dedans la poudre trouuala au malheur toutesfoisdâaucuns des fôrtis qui en euffent efte grillez fils nefefifleâ' promptement jettez dans la Riuiere de la Voufhe affez proche de la. Pendant cefte alarme que la Noblefle pourfuiuoit la vidoire les fbldats famufôitnt à butiner. Qui fut caufe deftaite ne fut fi grande quâils feftoient propofèz. Voila comment plus fôuuent fardeuid
chargez debunn^ 1
,«.-.».«â¢0 JâarmPSUC® '
gain empefehe lefoldat deIbn deuoir. Ainfi plufieursfen retournèrent lt;nbsp;mefmement dâarmcs.On mena quelques prilbnniers amp;nbsp;Enfeignes auec quantité dâarmes neâ j Capitaines y furent tuez amp;nbsp;grand nombre de lôldats. Mais beaucoup plus de blelfez.Le ce pendant pour fecours des autres faifoit marcher quelques compagnies tira Ion trois nonnadeslêulemcnt du delfusdu Rauelinau trauers du parc. On mena aulfi trois tabo^â , prifonniers. Mais incontinant on donna congé à deux.Lâautre voulut demeurer auec lesj gez. Vn delquels ayaut delpouillé vn Catholique tombé mort; irouua dedans ifêschauflès^â । nc^'^ucnc Parchemin de la grandeur dâvn quart de peau: peint de diuerlès coulleurs: Ou y auoitpl''''' 1 parcarraâe eurs amp;nbsp;diuers caraôleresamp; des figures eftrangesrau tourdefquellesyauoitefcritplufcâ'â ' icïnyau noms dc Dicu tantcii Hebtieu quâcn Caldée .Ce pouremilêrableportoitcela,eftâtdeceiip^^ I garentir quclquc aîtrotcurMagicien cuidct bien faire les belcgnes par quelques charmes amp;nbsp;lorceiici
Batterie cef fee.
^'^olontiers euiier le danger des armes.Mais tant quâil y a deDiables ne dc Sorciers ciensncpeuuentgarcntirfhommcdiicoupdelamort. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Apres ce coup dâefchec les affiegez euffent fort defiré vn relafche dâvn labeur fi conin'quot; amp;hazardcux. Les Catholiques auffi y vouloient mettre vne fin. Müs a contre poiltoutesW , a faute de poudresamp; munitions de guerre plus que dc bône volonic.Somme quâils ne les pf® ferentgueres pour quinze jours apres faffaut. Auffi quâil leur eftoit mal aife de fairebtcdâ^ acceffiue en aucun endroit du Chafteau.Dautant que le rocher eft couppé fous lefbntl^^^ dâicelluy, la hauteur dâvne picque. Parce ils délibérèrent fi roft que les munitionsfêroicnt''| nues defadreflèr à la ville. Toutesfois pour amufêr amp;nbsp;entretenir lâarmée. Ils cmploie^^^' 1 refte depâftudres contre le moulin non encores de tcllefaçon quâils nefenferuiffent.
Le Duc de Mótpenfier enuuie ra fcc toutes places for tes des Con fédérez.
Or dâautant que les Confederez,au commencement de leur port dâaimes,femparansâl villes feftoict auffi par mefme moien emparez desChafteaux amp;nbsp;places quâils auoientpenÃ^ââ çunement tenables. Et dans tous ces lieux mis garnifens pour retraite ez entreprinfesqui' feroient: que auflî pour plus à leur aife jouir des benefices, Icuer les deniers du Roy amp;aiâOif plus de moien de tenir la campagne, ennuier les Catholiques amp;nbsp;mettre en peyne de conduire le Canon par toutes ces fortereffes fils les voulloicnt enleuer: il fut relôlu par fieur d» Montpenfier que toutes les places feroient rafecs qui ne fèruoient que dâeniwy^*^' Roy amp;nbsp;molcfter le plat pays.Dâautant que pour les garder on eftoit contraint dây laifïèr les gaf' nifons lefquelleson contraignoit le peuple dâautour fôudaicr. Et pour fexecutiondeceiH rent efleuz commiflà ires qui fen font fort mal acquitez. Et pareillemét de defmolir 1« fbns des Gentilshommes du party contraire au Roy, quâils auoient cemmê les autres U teaux charge de mettre bas. Aulfiprandre leurs fruits pour la nourriture de îatmée du KOj afin de leur en faire la guer^.
Cour fct des Protcrtan.s par toute la France en liabit croi fez amp;nbsp;def-guifez.
C E vx qui eftoient en la Rochelle durant ce ficge,fôrtoient ordinalrcmcntauccquâ' ou fix chenaux amp;nbsp;aucc cafâques aians croix paftbiêt alloient amp;nbsp;venoient par Poitou fansqu ilsfuflcnt reconcuz .Et.fi tftifi marchanspar la campagne: ils trouuoientqtielqties vnsdofltj peuffent tirer rançon ou faire butin notablefils les emmenoient en laRochclle.Si non langue dâeux. Aucrtis par ce moien de tout ce qui fc faifôit en larméedes Catholiques.Et nouuelles du refte de la France.Voire que fur les ailles du camp desCatholiques, ils prm vn des financiers de Poitou appelle Garraut corn mis de lâextraordinaire des guerres qu emmenerent à la Rochelle. Dauantage aucuns dâeux fc font trouuez fi hazardeux,daller | îarmee par le moien dâvne familiarité amp;nbsp;çonoilTancc qu'ils atioient aucc aucunsCatholiq^^^
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Simefines entroicnt dedans les villes de Poitou. Et fi la ou par les chemins ils rencontroient compagnie plus foible quâeux qui allai! en quelquel lieu que ce full: ils Faccompagnoient pour les prandre par les chemins amp;nbsp;les emmener à la Rochelle. Quelques vus mefmes qui fe dilbient Catholiques fuiuans Famée pour la friandilê dâvn butin: Fentendoient auec les Con-federez efquelsils failôient prandre ceux qui alFoientde compagnie auec eux. Aucuns auflidesConfederez failbient lelêmblable aux Catholiques. Si bien que plufieurs en celle forte ont expérimenté à leur dommage le peu de fidelité qui eft en la plulgrande part de ceux qui prtent les armes.Mais pour retourner à noftre liege le peu de Ibldats qui elloient au camp empefeha quâon entreprill choie notable dâautant que la plus part de finfanterie des Catho- dcsbandéc* Iquesfeftoitdesbandée tantpour le peu dâcfperance quâelleauoit de prandre par force celle place: que dâennuy amp;nbsp;fatigue que la longueur du liege leur auoitapporté. Aulïi que à la veri- gnen. té lesIbldats elloient mal accômodez pour nâauoir autre couuerture que celle du Ciel. loint queonefperoit chacun jour que les alllegez ferendroient par defaut de viures. Le Sixième de Décembre arriuerent au camp douze cens Rcytres amp;nbsp;le Capitaine là int Martin auec fix LaHayeLî censIbldats François trainans quantité de poudres amp;nbsp;munitions de guerre. Quelques jours apres le Lieutenant de Poitou ( qui fix lèpmaines au parauant elloit entré en la Rochelle: ou Chef des cotre autres propos il feit entendre le deuoir quâil entcndoit faire pour laCaulc) bien que ^à u'ontens tout celafut diuulgué il ne lailïà de lêjourner en lâarmée Catholique plufieurs jours Dâoù vacniâar il feu alla à la Cour. La venue amp;nbsp;le depart d'icelluy engendroit vne oppinion en FeF ptit de plufieurs que toutes lès entreprilês tendoient à quelque fin pour Iclëruicedu Roy. comme vous entendrez ailleurs. Ce pendant fur vn auertillement que reccut Monlieurde ^ontpenfier quinze jours apresle depart du Lieutenant de Poitou de lâarmée que les troup-pesque le Lieutenant auoit elloient en la compagne es enuirons de Pons: depefeha Monlb-teauauec nombre de cheuaux legers pour les aller combattre. Auquel il donna vne Cornet-K de Rey tres pour Faccompagner en lâexecution delà charge. Outre ce marchant pour cell Monforenu tffctjilauertitdc Ibnen^eprifeles Gouuerneurs defaint leanamp;de Saintes auec lefquels RFuttrouuer les troupes du public quiFacheminoient vers la Galcongne.Delquelles il delFeit pubiu ..n ) i ccntfoldats apres quelques efcarmouches aiant le relie aflèz de loifirdelê retirera la faueur 'iîqiielquesmaifons qui leur prelloient plus dâauantage quâa la Cauallerie.
Sutcelesaffiegez feirent demander à monfieur deMontpenfier vn laufconduit SepermiF lion de faire fortirde Lufignen quelquesDamoifelles qui fous fa bonne volonte delyoient de fe retirer en toutelêurcté en leurs maifons. Et finguliercment le prièrent de le confenrir pour rtfufcîesDa quelques Damoifelles enceintes. Ce que Monfieur de Montpenficr ne leur voullut accorder: qui penfaqueles lailTans la dedans enfermées auec leurs enfans côbatrrc auec la faminé; leurs hors Lufî Misferendroicntplulloll que fi on leur permettoit faire Ibrtir à leur volonté les perlbnnes 6quot;®quot;-qui leur elloient inutilles. Cemefime defaut de viures donton les jugeoit courts feit auffî quâon ne voulut hazarder des hommes; ne Ibuffrir quâil fut conlbmmé des munitiôs de gucr-Tînequâon Fefforçall dâemporter celle place de vine forcemimant mieux obtenir ce quâil de-f'roitaucc le temps que promptement: par vne perce de beaucoup de galans hommes.^preu-uanttoppinion de Scipion qu i aimoit mieux là uuer vn des fiés que tuer mil des les ennemis.
^uniquetoutfon Conleil jugeoitdâvne mefine voix que la lôgueur du temps qui les tenoit alTiegez feroit quâaians confommé leurs viures: ils fc rendroient dâeux melmes. Et que la fain bureftoitennemy fuffilà nt pour lesy contraindre fans quâil fut belbin les ennuier neprelïèr d ailleiirs.Qni fut caulc quâen cell elpoir Fcfcoulerent quelques^purs lâns aucun fruit. Mais ''O'anslesCatholiques quelques jours apres que ceuxde dedans contre lâoppinion cômune â Kparloient ny ne failbientcontenance de vouloir parlementer à fe rendre:jugeans par la quâils nâeftoient li courts ny poures de viures comme on auoit penle. On changea lors dâauis amp;nbsp;bt refolu quâils tafeheroient par vn allant general dâemporter de fôrce vn fort appellé laMo- tertres amp;re qui elloit dedans le folTé de la ville. Sur ces entrefaites entra dans la ville vn homme portât
â'»paquet delà Noue amp;nbsp;aiant baillé le paquet amp;nbsp;dit là charge toll apres fortit hors la vil- auxaffiegez â»amp;fen retourna. Le lendemain à lâylTuë du Prefehe les lettres de la Noue furent leuës en la dedans Lu ^cfencede plufieurs Gentilshommes par lefquelles il efcriuoit au Baron de Frontenay amp;nbsp;à la æ, Noblcflb qui elloit auec luy quâil elloit desja parlé par toute la'France de lâalTaut quâils auoiêt couâ^gX ^'^illamment foullenu; quâils pcrlèueralTent en leur fainte relblution amp;nbsp;que les Catholiques les aiiicgez,
auoint
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auoicnt desja fait leurs plus grans efforts.Qif ils nâauoient plus de po udres. Etfiir tont (jiiâfâ fc gardaft bien de parlementer d'autant que les langues dc ceux à qui nous aiîoins afiairedv foit-il, eftoicnt pins dangereufês que leurs efpces .11 ajouftoit à cela, quâil auoit rcccnnoii-ucIlesdeMonfieur le Prince lt;ieCon dé. Ne falloir non plus douter qucMonfîcnr dedâAæ uille ne fe fuft ûuué. Et quand à luy il cftoit en bonne volonté. Mais le moien amp;nbsp;le pciiwif ne refpondoient point à fondefir. Car la venue du Roy en auoit refroidy plufteiirsquite auoiét promis de marchcr.Nonobftât il cfperoit quâen bref les affaires iroiét mieux amp;qiielô Catholiques fêroient bien eftônnez. En fin il ajouftoit vnc exortation tant à la Noblcflequ' ⢠auxfôldats. Parlaquelleil les prioit de continuer amp;nbsp;quâils eftoient au lieu dâacqncrir vue
grande loüange. Toft apres cefte lettre fut diuulguée par tout amp;nbsp;la curiofitc dâvn chacunai-dant fort au bruit quiencouroit quepluficurs interpretoient finiflrementces lettres difans quâils eftoient fruftrez de fêcours. Toutesfois cela nâen eftonna gueres. Enuiron ce tempsb îaDamc de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Frontcnay recent lettres de laDame de la Garnache fâ fÅur par Icfquelles elle l'exor-
laGarnachc toît amp;nbsp;prioit iuftamment dâauiferbien à fby, dene refuferle moien quâon luy prefentoit ils kBL^Åi^de lôrtir.Etque MonficurdelaHunaudaye foftfoità euxluy prometant en particulier tout« Frontenay faueurs amp;nbsp;mefmes de le conduire la part ou il luy plairoit. Et quant à elle comme vue bonus defiroitfon bien fou honneur feroir trop dolente de fôn defâftre. Aquoy ilte promptement rcfponcc quâil fe fèntiroit le plus malheureux Gentilhomme du monde deprâ-dre vn tel confcil amp;nbsp;quâil ne voudroit pour nulle chofehabandonner la compagnie de tantS-fî vaillans Gentilshommes qui faccompagnoict auec lefquels il auoit protefté viuremourir. Et quâau reffe il la rcmercioit, la priant quâelle ne luyefcriuift plus de cela. PuislaHo-naudaye, renuoia ccluy qui auoit porté lefdites lettres le jour précédant pour luy direqrte defiroit bien fort de parler à luy pourchofè dâimportance. Et que pource faire fil vouHorr*] firoit trouucr en baillant la foy. Ou bien quâil fë trouucroit la part ou il vodroit. Aquoyilrd' pondit verballemcnt quâil ne voulloit parler auec luy- Mais fil auoit quelque chofcà luy diS pour fü particulier il cnuoiroit volôtiers vn Gentilhôme par deuer^uy.E t que û cefloitpo**' traiter vnebône Paix il fen falloir adreffer à Môfieur de laNouë fâs le bon auis duquel il nefs* roit rien. La nuit fuiuant ceux de lâarmée effaierent dâofter lâeau du moulin. Et deffaithftest deftourner feulement vn jour ou dâeux non toute mais la plufpan amp;nbsp;puis apres reprintte cours acouftumé. Or tous les fôtrs amp;nbsp;matins lesmufniers menoientauee plu fieu rs cheuauX le bled p^ la porte du Chafteau au moulin amp;nbsp;en ramenoient les farines au veu amp;nbsp;feeu Catholiques. Ce qui à duré jufques à la derniere batterie de ce moulin qui fut ruyné. Car ils renuoient reconoiftre pour afloir les pieces pour le battre.Ce fut dedans le petitparc du colis dâEniâbes ou ils drefferét vne batterie cotre ledit moulin amp;nbsp;tirèrent quelques coups amp;nbsp;pUiS' à vne tour eftant au Prieuré. Mais ces lieux nâen furent pour cela grandement endommags^ Or quelques jours au parauant le bruit eftoit tout commun en la ville quâon le voulloirbat-tre.mais les autres grandes ôi vrgentes affaires qui furuenoient coup à coup pour remparef ailleurs empefehoient le reparemât du moulin.La nuit fuiuant on y mena quelques feruiteurs pour lÃremparcr par dedans. Quoy voiansles Catholiques tirèrent amp;nbsp;le premier coup vn jeune homme qui fut occafionde cefferfÅuure encommcncée. Puis rompirent routes les murailles amp;nbsp;portèrent par terre la couuerture. Ce nonobftant la muraille Scia roue eftoient en lieu bas ôc qu on auoit quelque peu remparé de terre: ne furent point rompus.^' que les fbldats qui auoicnt la garde dudit moulin y demeurèrent tousjours durant la batte^ nonobftant tous lesefcla^tantde bois qnedepierre .Mais les Catholiques continuerez' pour la féconde fois de tirer de trois canons qui eftoient dans le parc cinquante coups le reH' fut tiré ailleurs par la ville. La nuit fuiuant les Catholiques donnèrent vne alarme au moite amp;nbsp;y donneret en bon nombre penfâns y trouucr le corps de garde qui auoit tousjours demcquot;' ré dedans. Mais IcsfôldatÃeftoient retirez en vne petite tour prochaine qui faifoitlecointe murailles du parc: pource quâils fé doutoient bien de ce qui auint. Puis fè retirèrent l«f^' tholiques Sc nonobftant tout cela fut rabillc en peu de jours ledit moulin preft à moudrc.à fut toutesfois à recommencer, apres ques les Cat.holiques eurent rcceu des Canons^ quelques milliers de poudre dâAngoulefme. Enquoy ne faut obmettre la dextérité de bienr droitement tirer des Canon iers de lâarmée: qui ont plus blcflé amp;nbsp;tué dâhommes que toutic refte des Catholiques. Et les alTiegez au contraire. Car ils nâauoient aucun bon Canonniz'-
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Et parce peu dâartillerie quâils au oient, leur à de peu ou rien feruy. Sur lefoir vn tambour de armée alla du cofte du parc pour dire que du Rouhetjauoit des lettres du Roy amp;nbsp;de la Roy-neidemandant de parler à Chouppes, auquel on feit reiponce quâil eftoit trop tard quâil rc-tournatift le lendemain au matin amp;nbsp;quâon parleroità luy.Surq^oy le lendemain ceux defar-^ee reprochoient aux aflîcgez quâils auoient refuie les lettres duRoy.Ce qui donna occafion Lettres du aFtontenay dâenuoier vn Trompette au Duc de Montpenfier pour demander ces lettres .Dot nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de h
abprefdifnée du Rouhet Si deux autres Gentilshommes auec luy defeendirent du parc dedas h prée amp;nbsp;furent jufques au pont qui eft pres la tour ou eft la fonttaine deMellu/îne.Des allîe- dans ÿz Chouppeamp;Baronniere y eftansallèmblez, apres fhonnefte accueil amp;nbsp;reciproques fà lu-. ⢠tâtions: du Ro uhet aiant tenu quelques propos prelèntaà Chouppes deux lettres fvne du «oyîaiitrcdelaRoyne. Ces lettres fadrelloient à du Rouhet auquel le Roy efcriuoit quâil 3iioit receii fes lettres amp;nbsp;veu ce quâil efcriuoit touchant les affiegez dedans Lufignen.Lâafleu-
Voulloicnt ils luy feroient feruice agréable Si quâil les en aflèuraft engageant lôn hoiweur amp;c fa foy quâon les laifferoit viure en liberté de confcicnce en leurs maifons fans eftrc recherchez. Et que fils ne fe contentoient de cela: le Roy en feroit dcfpefcher lettres.Il ajouà to'tacelaque fi on voulloit rendre la place: Monfieur le Duc leueroit fon armée amp;emme-l'croit îartillerie. Lors chacun des affiegez le pourroient librement amp;nbsp;en feureté retirer en leursmaifonslà ns y eftrerecerchez. Les lettres delaRoyne chantoient prefque de mefme. lüutestois ilnây eutpas gras propos pour le peu de fiace quâauoient les Proteftans fur lâaflèu-tî'Redes Catholiques.Tellement quâvn chacunfè retira. Etfurla retraite lesfbldatstant ceux de iarmée que les affiegez feirent tout deuoir de tirer les vns aux autres plufieu rs har-quebiizades. En ce temps les affiegez receu tent lettres de la Noue par lefquellesil mandoit quâil eftoit preft de monter à cheual Si efperoit quâen bref ils beuroicntenfêmble.Au furplus que leurs affaires alloicnt mieux quâils nepenfoientSe queceftoit tousjours pour le mieux de différer lefecours: pource quâvn lâong fiege eft laruync des affiegeans. Ces nouuelles eucouragerent ceux qui Ommençoient de fe fafeher dâvn fi lâong fiege. Ainfi les vns les au-tees reprenoient courage.Et pource que ceux de lâarmée fapprochoient peu à peu du Rauelin *^'5 Dames pat leurs tranchées: Si quâils fè voulloicnt loger dedans le foffé, on auifâ de faire 'neforrie de ce cofté là .Dont la charge fut baillée au Capitaine Terrefortamp; Puyuidal fôn Lieutenant auec fept corps de cuiraffes amp;nbsp;dix harqucbuziers,fur les neuf ou dix heures de Soniedes uuitfeirent leur fortic. Mais ils ne trouuerent grande refiftance. Pource que les Catholiques aRægez-g^ngnerentaupied habandonnans ces nouuelles tranchées. Deux ou trois furent tifez fur le champ neanmoinsamp;tnâeuft efté que les affiegez craignoient de hazarder leurs hommes à cau-lè que le Canon leur en auoit tué Si blefte pluficurs: on en eut enuoié dâautres pour pourfiii-ureplus auant îentreprinfe. Lesfoldats auoient bon courage êc ne demandoient quâa fbrtir. ^efmes pour cefteoccafion on ne leur voulloit permettre la fortic fi ordinaire quâils cufïcnc bien defiré. Puis les Catholiques entrèrent au moulin pendant le rauage Si degaft duquel les affiegez ne dormoient pas. Car les murailles de la ville amp;nbsp;fingulierement au Prieuré, furent âncontinantbordées dâhommes qui tiroient inceffiiment vers le moulin : encores que 1« Catholiques tiraffent de leur part de deux pieces de batterie du cofté dâEniambes qui batoient courtine par le dedans de la ville. Et de quelques autres pieces qui eftoient dedans le parc ^iiehes tiroient toutes à ce Prieuré. Dont vn boulier emporta toutle deffus du chappeau lt;lcM. Marty Miniftre comme qui îeuft couppé auec vncoufteau ou de quelques cizeaux fans Vuy faire aucun mal.Le vent fcul du boulier feftonna vn peu. Sâefmerueillât que plufieurs des aiftegez ne furent la tuez: attendu que cefte place du Prieureeft petite Si commandée des deux lieux ou eftoient les pieces quiytiroient.LeMiniftreditlorsà ceuxquifefmerucil-loientducoup:Qifil auoit pratiqué ce qui eft dit au Pfèaume 91. Tu nâauras peur de ce qui efpouuante de nuit ne de la flefehe qui vole de jour,mille chcrrdht à ton cofte Si dix mil-hà ta dextre mais elle ne viendra point jufques à toy. Au commencement de Décembre, hsCatholiques aiansfait leurs approches delà contrefearpe dufofféà la tefteduRauelin desDames; amp;nbsp;apres auoir pofé leurs gabions pour couutir leur artillerie Si percé des le haut dicclle contrefearpe jufques au fonds dudit foffé. Le Baron de Frontenay pour preuenir le ddfeindefdits Catholiques qui eftoit de ruyner la cafematte amp;nbsp;battre la tour qui eftoit à la tefte dudit fort, pour apres fy loger: feit promptement remplir de terre ladite tour qui fut oc-cafion
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Faute de vi
cafion que lesCatholiques pêfâs fè loger dâemblée I au plus haut dâicelle gt;demeurerct friiftrcï dcleurefperance. Combien quâapres plufieurs coups de Canons finallemcnt ilsfc logeraquot;' au pied dâicellc. Et faifans leurs efforts devuidcrla terre qui y eftoit pour gangucrlchao'^ pres auoir efte deflogez fi logerét de rechef amp;fyréforcerét fi pres des affiegez quâils pouuqict bailler la main les vns aux autres. Maisne pouuans faire autre chofe changèrent leur ddlo» amp;nbsp;commenceront de fâpper la muraille qui eftoit à la tefte dudit fort aians toutesfois defeo»; uert la tranchée quâon faifôit pour fêparer la rnuraille auec la terre du fort.Ne pouuansewpd' cher ladite tranchée quelque effort quâils y feiffent à grans amp;nbsp;furieux coups de Canons cdââ' rent la fâpe amp;nbsp;commencèrent à miner. Toutesfois les Catholiques entendans la contrem»â» que les affiegez faifôient leuerent vn pont pour aller du pied de ladite côtrefearpefur Ich»»' dudit fort. Ce que voians les affiegez pour garderies Catholiques de fê preualloir de fauan tage quâils pourroient rapporter de tous ces préparatifs.- feirent fôudain retrancher en endroits ledit fort amp;nbsp;auec ce ydrefferent de gros flans dâvncpart amp;nbsp;dâautre qui le rendit»»' plus fort quâauparauât; Corne ces chofes fè manioient plufieurs des affiegez cndtiroientfottâ ures entre fingulicremeut de pain. Cemal eftoit auenu par la faute de farine, non de bled amp;nbsp;de hvih'»' l«afliegez. tion quïen auoit efté faite duquel ils auoient encores affez bonne prouifion. Mais le tiw»»
à eau eftant rompu, celuy du Chafteau que les chenaux faifôient tourner amp;nbsp;quelques autre» moulinsà bras qui eftoient par la ville nepouuoient fuffirc. Au moien de quoyü y»»»'* grande dïfèite de pain. Les chats amp;nbsp;rats eftoient venaifôn amp;nbsp;la patiftèrie de cheuaux efi»*' pour delices. Ceux qui auoient des cheuaux eftoient en grande peine de les pouuoir garder Et mefinement la nuit: fur tout quant ils eftoient jeunes pou rce que la chair de ceux hdl»quot; plus tendre. Mefines ceux qui en mangeoient ne trouuoientpas grande difference entrée»* chairamp; celle du bÅuf. La neceffité contraignoit les foldats dâofter le pain dâentre les n*»®â de ceux qui lapportoient du four. Plufieurs maifons eftoient percées denuit pourauoit» viures.Et parce ceux qui en auoient quelque peu eftoient en peync pour les garderamp;»»»â'
qui nâcnailoient point pour en cercher. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Aflicgez re duitsà mau uais,party.
Les Catholiques neantmoinspourfuiuans leur effort au Rauclin des Dames où fort eftüit en garde: le trouuerent fur fès armes. Car toutes les nuits il choit au guet î rer à quclqu'vn de ceux qu'il pouuoit appcrceuoir es tranchées. Ceux du camp auoient du vn cfpion qui portoitnouuellesauxalTicgez. Surquoy ils prindrêt occafiondcfoiâtùp®*â' lâaller rcconoiftre.Et pourcc montèrent à la grange qui eft au deffus de la balïè ville où il yâ uoitvnÃjrpsde garde delà compagnie du Capitaine Beaulieu lequel ils enfoncèrent rent neuf foldats quâils y trouuerent. Ce fait aians prins les armes des occis amp;nbsp;quelque gefe rctircrcnfAu lendemain les Catholiques tirèrent au Raiielin delà vacherie fix coupsâ Canon amp;nbsp;fur les quatre heures du loir, fentans les afficgez fapprochcr de bien pres par contj^ mine: feirent fauter la mine quâils auoient faite audit Rauelin. Laquelle joua plus à leur tW uanrage quâa celluydes aflîegez. Pource que la grande part de la ruyne tomba fur kflits^ tholiques à caufe de la contremine que les affiegez auoient faite. On eÃoit difpofé à faflà u^ Mais les Catholiques le dtfererent à meilleure fà ifon. Ce pendant les affaires des al J gez alloient de mal en pis. Car outre foppiniaftreté des Catholiques: ils auoient à combattre ladifettede beaucoup de chofes qui les prefïbit de bien pres. En premier lieu ils auoient jure du tempsamp; fi nâauoient point de bois. Sinon des maifons que rompoit le Canon amp;nbsp;tres qui fe demolifïôient. Plufieurs beaux meubles de bois fc brufloient auffi par la ville.lgt; foldats effoient mal vcfl:uz,mal couchezamp; mal blanchis.Et qui pis eft encores plus mal no»' ris amp;nbsp;la plus part eftoient Ãisfôulliers Sc fi nâauoient ne cuirs nâaucun moien dâenauoijpo' y remédier. Par toute la ville y auoit faute de pain.C e qui prouenoit en partie de la gradep^ reflè amp;nbsp;lafchctc de plufieurs qui aimoient mieux endurer la fain que de moudre aux moul à bras qui eftoient par la â¢iKc. Au furplus les Catholiques leur faifôient la guerre en lairp Canonades des boulets defquclles les rues eftoient ja pauées. Sur terre ils combatoiétnü' à main prefque en tous cndroits.Sous terre par les mines qui ne jouoient que trop fouuetu nâauoient plus de pionniers pour contrcmincr. Entre tant de pourctez les Catholiqucsiei^^ fauter la mine quâils auoient faite au pied de la tour du Rauelin de la vacherie au deflous^^ la vieille breche. La ruïne de laquelle renuerfâtoutou bien peu fen fallut fur ceux qm uoient faite, fans offencer aucun des tenans. Mais bien plufieurs des Catholiques. Inconti
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âpres quelques vns dâeux firent fêmblant dâaller à fafLiut. Mais les Gentils-hommes amp;nbsp;loldats ^uiyeftoientdâeftinez fouHindrentfelfort amp;nbsp;les repoulîêrent en fin par la blelTure de quatre lt;iesaffiegez. Puis le vint-troifiéme ils commancerent dez le point du jour à faire vue batte-16^4. couj:. rie defeize cens trente quatre coups que dix-huit Canons amp;nbsp;quatre CoulcurinGs^ vomirent outre les moiennes amp;nbsp;Moulquets quâils tenoîent tousjours pointerez endroits amp;nbsp;aucnucs des äffiegez; Et pourfuiuirêt la batterie fur la vieille breche du Chafteau fur la Caue dâau delfous â¢h Chappelle fur le Rauelin de la Vacherie fur la courtine de la ville fur le fort où le Capitaine de Bien faifoit lès Gardes : enlèmble furla telle du Rauelin des Dames où cinq des alfie-gczfurent blelfez: Et bien que les Catholiquesfe fculfcnt tenuz en bataille dés le matin : on
contenta neantmoins de cela fans autrement le prelcnter à lâalla ut. Et ainfi le loir venu chacun fe retira. Mais au lendemain veille de Noelles Catholiques recommancerent la batterie des la Diane autant furieufe que le jour precedent.Et fingulicrement cz brcchesdc la-viUe amp;nbsp;fort du Bien. Car ils augmentèrent ladite batterie de trois Canons quâils auoient amenez de nuidamp; quâils braquèrent à fendroit dudit forç du Bien. Et ainfi de toutes leurs pieces ils au g-. nrenterentbeaucoup lefdites brcches, abattirent tous les Ibnçs amp;nbsp;defences quâils peurent ap-perceuoirleur eftre nuifibles.Ils ruineret aulfi les deux Corps dcGarde dudit du Bien qui lu-renttousdeuxréuerfez amp;nbsp;portez parterre.Tant par la ruinedesTours delà muraille de la ville que par furie du Canon, continuant la batterie julqucs enuiron vnc heure apres midy que les breches furent grandes amp;nbsp;raifonnables.Or dés les dix à . vnze heures du matin les Catholiques mirent leurs gens de guerre en bataille:amp; reduifirent leur année en bataillôs lefquels toilapres furent acheminez au deiïbus des 5. pieces qui battoiét la tcfte du KauelinRe la Va-, chericlâautre vn peu au deifus la grange où dâordinaire les Catholiques faifiùent vn Corps dcGardcqui eftau delTus delà baife ville,amp; à fcndroit du fort du Bien:Et lâautre marcha droit à latcftedufortoù Rauelin des Dames .Et là lefdits bataillons firent alte jufques à cc que le Canon euft acheué de faire fon effort.De façon quâil les faifoit merueilleufemêt beau veoir fi bienen conche en fi grâd y obre amp;nbsp;fc tenas ainfi à la veuë des alfiegez tous à defcouucrt :voi- chcpouc realTczpres desfolTez delà ville où ils tirèrent pendant faflaut enuiron de 400. coups de C'a-' non.Or lefignal de tafià ut donnédes troupes furent desbandées amp;nbsp;marchans au grand pas de Standealegreflè en tresbonncamp; belle ordonnance; aflaillircnr tout à la fois, les .breches du Läudin de la Vacherie nbsp;nbsp;les deux breches de la ville.Etbien que les alfiegez ne tuffent aflèz
Laftans pour fouftenir vne telle charge amp;nbsp;en tant de lieux Ãegrandemet ellongnez fvn de Tau îæ: toutcsfoisayansla nuiél: precedente amp;nbsp;pendant la batterie dudit jour remparé^ retranché, tiré pluficurs fecrets flancs amp;nbsp;difpofé les lieux ch la meilleure defence quâon auoit peu;
lesalfiegezfurcc exortez par les Chefs qui commandoyentaufditcs breches.: prindrent tous amp;nbsp;ordre des vue telle rcfoliitioii de bienSe cou tagen fernem faire leur deuoir apres auoir .pmié D i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
chacunenfon quartier quâils munirent les coins de leurs brèches de pdufieujs armez à lâefi Paflant, preuue amp;nbsp;de bons harqiicbuzicrs.Chacun Chef en fini quartier voyans les Catholicquesfa-UancerSi aucuns monter par cfcalladc amp;nbsp;faprocher du pied dé la breche donna le lignai du combat alors tous fefuerruerent commâa fenuy à qui les carcflèroiî mieux à lcur arriuçe fans épargner le plus fecret amp;nbsp;meilleur de leurs flancs. Ce qui eflonna tellement les.Calliohe-ques, qui fevoyans dâailleurs combattus: amp;nbsp;par derrière parles harquebuziers êc dâautres petis flancs qui eftoyent encores dcmoureziur les murailles de la ville; quâen-peu dâheure furent coutrainéls de quitter leur cntreprifèamp; le retirer derriere vne petite Tour qui auan-Ãoitvupcuhors desmuraillcs oùilsfc tindrentquelque temps. Mais'enfinà coups.dâhar-quebuz ôi de pierres on les en chalî'a. Câeftalfaut dura longu^ient. Car les Cathôlic-ques fe tenans en la baife ville aflèz loing des breches failoyent tousjoiirs-quelque fem-hfantdây voulloir monter: ce qui eftoit oçcafiondcfe tenir tousjours cncerucllc. Cependant le Canon tiroir incelfammant aux brcches où fix Soldats furent ruez gratig nombre ez autres cndroiâs. Le deuoir defqucls neantmoins amp;^e leurs furuiuans feirent enfin du tout quiter le jeu aux Catholicques. Lefquels reprenans le chemin par lequelils eftoyent venus, lâns regarder derriere eux le laiflerent jonché amp;nbsp;couuert de pluficurs de leurs gens. Les vns roides morts Sc les autres bien bleflèz. Les corps morts ont demeure la plus P-îttfur le Champ.
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-ocr page 524-Décembre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
Pendant ce combat le Rauclin delà Vacherie fut aflà illy par la troupe en laquelle eiitrlt; Rauéih/de eftoiét Puy-GailIard5Mortemartamp; Lucé accôpagnez de bon nobre de Gentilshónics* h Vacherie foldatsqui dâvne grade furie amp;nbsp;bône relôlution allèrent dâabordée jufquesau plus haut brechcioiï les aïficgez les attendoient:nonobftât quâils le vifïcnt fort defà uatagez au raoic ® la perte quâils auoient faite ^r la furie du Canon de tous les meilleurs amp;nbsp;plus alTurez toc* duChaftcau:efqueIs côfiftoit toute la defence des auenues de leur breche.Les receurétnc3fâ moins fort courageufemét amp;nbsp;en faifânt jeter quelques grenadesjcercles nbsp;nbsp;lances à feu, ento
vindrent aux mains auec les aflîegeâs de telle furie quâils arrefterent tout court lesprcmieÃÆ grans coups de pique amp;nbsp;dâefpieux.Mais le nobre des affiegeâs croifTât de plus enplusjfefeto de foccafiô qui leu r eftoit appareillée,amp; laiffâs le côbat aux premiers attaquez vindrét i to uert par le derriere de la brcche.Et paffà ns fur le chemin que la ruine des murailles leur auoH aprefté par le Canon au bout du retranchemét qui eftoit tout côblé.-gangnerétl'e derrieieuu dit lieu où le Chef Seré fê voiant par ce moié aflailli de toutes parts enfemblc fes foldats;feX' terent dans le retrancliemêt pour îaiftèr faire le jeu aux harquebuziers quà cefte fin ilsauoto mis dans les flancs dudit Rauelin, Mais trouuâs que la plus part dâiceux eftoiét intimidezd^-uoir veu deux de leurs Capitaines blcftèz qui auoiêt abandôné le lieu, tachoit à ralier latto' pc pour fè rctirer.Les Catholiques neâtmoins les chargeas en cefte refolutiô;fê rendirét to ftres de ce Rauelin prenâs tous les Chefs prifbnniers amp;nbsp;tuans tous ceux quife perifojct defto dre auec certain nobre defôldats quiy demeurèrent moris.Plufieursautresyfurétblefold; quels fè retiras gangnerét le Chafteau. A mefme inftant vne autre troupe de Catholiques dés le matin auoient fait pofèr ÿ. elchelles à la refte du fort deSjDames fut de grande furie fènter feftalladc audit fort. Mais le Capitaine Terrefort qui en auoit la garde leur tint . grans coups de pique fécondé des harquebuziers à ceft effet laiflez aux flancs de la courtto de la ville du cofté du Prieuré qui regarde fur le fort. Eftât auffifècouru d'ailleurs par des C'; tilshommes amp;nbsp;foldats quâon luy enuoia par la venue defquels il leur refifta courageufèmtoJ* que renuerfà nt par terre les premiers entre lesquels eftoit vn fien ^ere ; en peu dâheure prefta matière aux Catholiques de fè retirer par le chemin quâils eftoientvenuz auec grââ'*^ perte de plufîeurs qui demourerent par terre les vns roides morts amp;nbsp;les autres bien blcto' Mais comme ces chofès fe paftbient au Rauclin de la Vachcrie,la Cofte eftât au haut de la bitâ ehe du Chafteau apperceuant les aflîegez refehappez dudit Rauelin fè retirer en tres-grâdde-fordrc:Le fît'incontinant fâuoir au Baron de Frontenay : luy expofânt le danger quâil y auoit que les Ãatholiques qui les talonnoient de fy pres nâentraffent par la porte du degré de to retraitte pefle mefle auec cux:ce qui fut caufe qne Frontenay pour obuier à vne tellefurpngt; amp;nbsp;aux inconueniens qui en pourroient auenirje réuoia pour faire la retraitte defdits refehap pez.Età mefme heure eftant rapporté que les Catholiques fepreparoient pour aller à lato' à la breche du Chafteau: apres auoir admonefté ceux de fâ trouppe de leur deuoir, print pli' ce de combat amp;nbsp;tenant fes trouppes difpofécs à fôuftcnir feffort, eniioya fbuuentesfois reto gnoiftre fEftat defdiéfs Catholicques:amp; luy eftant rapporté quâils vouloyerit allerà laflaut en fort grand nombre contremont la breche apres falloir bien recogneu : feit tirer fur eux h grandtiombre dâharquebuzades amp;nbsp;jeter plufîeurs grenades cercles à feu amp;nbsp;grande quantité de pierres quâils les arrefterent vn peu de court. Mais lès Catholicques fe voyans grandement fauorifez de leur Canon qui de toutes parts commandoit à plomb fur ladite breche pourfuiuoyent tousjours la poinéfe dâvne braue refôlution: Si quâils feirent paroiftref^ bout des Ãnfcignesâu haut de lad idle breche amp;nbsp;faifôyent vn afîèz grand effort demonlî'' fur le couppeaudâicelle.eMais les aflîegez tenoyent tousjours bon. Toutesfois cto* à la longue tous lafïèzdu combat amp;nbsp;recreuz de pauurcté amp;nbsp;fè trouuans dâailleurs fort câ' dommagez tant de fefeopeterie des harquebuziers que des bouliers amp;nbsp;des efclas de pieto que faifoit le Canon : furejit contraints de fè retirer vn peu arriéré amp;nbsp;à couuert des Gannoö' nades.Côbien que tousjours fbuftenans feffort des aflîegeâs à coups de pierre amp;nbsp;de grenato fà ifôy ent fbuuent moter le hatquebuzier fur la breche pour entretenir fefeopeterie au moy® dequoy endômagerent grandemét les Catholiques amp;nbsp;fîrcc en fin retirer ceux qui ja entroiet par les degrez pefle mefle des aflîegez qui fè retiroient au Chafteau.Car les chargeans à gw«* coups dâefpieusdes côtraignirét de quiter le pié defdits degrez amp;nbsp;de fortir hors la porte.Teto ment
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quâils eurent le moien amp;nbsp;le loifir de fermer la pone amp;nbsp;faire proprement réparer le derrie-icelle. Les autres reftez à la breche entendirent qu'à grands coups de hache lesalïîe-§Wiis rompoycnt la porte, refpondant à la faulfe braye qui elf au defïbuz de la grande Gal-pied du degré paroùonydefcenddelateftedu Chaftcauen hors: occafion quâils âCfnierentfiir eux la fécondé porte relpondant aux alïîegez, laquelle ils remparerentaucune-ââ'^ntamp;ylailferent quelques Soldats tant pour la garder que pour paracheuer de la rem-parer. Oriladuint que les Catholicques ayans acheuéde rompre la premiere porte pour gsngner le derriere des affiegez amp;nbsp;fe rendre Maiftres du ChafteaUjque dâvn coup de boullet (leleur Canon vn grand pan du mur qui eftoit au bout defdites Galleries tumba fur les aflîe-ô^ns. Ce qui eftoit comme tout atitré : Nâattendans fors que ladite porte fuft rompue pour enfoncer Si donner dans le Chaftcau.Qui fut caufêquepar ceft inopiné euenement vnc P^rtiedes Catholicques demeurèrent couuerts delà ruyne amp;nbsp;les autres furent contraints â¢leux retirer amp;nbsp;quitter la place. Or comme ces choies fe palïoycnt ainfi : les refehappez du Rauelinfeftans joints auec lestrouppesfuÃites : failôyent deuoir delôuftcnir lâeffort des âlliegans: lefquels allans au rafrefchilTement foppiniaftrcrenr plus quâauparauant de gangner ^franchir le haut de ladite breche. Marchoyent fous cinq drappeaux en ü grand nombre fl bien ferrez que la breche en eftoit toute couuerte depuis le bas julqiies au haut. Quatre Rondachiersmarchoient les premiers à la tefte des drappeaux. Mais les Chefs des alTiegez le ineircntauplus hault de la breche amp;a grans coups dâefpieux fâuorilêr le nombre dâharque-buzades chargèrent les premiers de façon qu'ils furent contraints dâeux retirer quelque peu en bas. Tellement que lè trouuansaufli dâailleurs grandement endommagez par les lan-C«, grenades, fetcles à feu amp;nbsp;pierres quâon leur jetoir: finablement furent contraints le tetireraudit Rauelin amp;nbsp;de là apres auoir pourucu à la Garde dâiceluy, chacun fe retira en Ion quartier non fans auoir fait perte notable deplufieurs Gentils-hommes amp;nbsp;brau es Soldats. Entre jefquels des affiegez fut blefféLucé qui bien toft apres mourut.Durant ces attacques y euftvnf grand tonnerrede Canon, dâharqiiebuzades, moufquetades, grenades de toutes parts: quâauec le bruit amp;fon de tambours amp;nbsp;trompettes, rumeur des hommes, amp;nbsp;cli-iliietisdesArmes.ilfembloitquela villeamp;le Chafteau couuersamp;enuironnez dâvne epeflè We: dâeiiflent abifmer. Les aflîegez y perdirent pluficurs hommes. Car le Canon ti-toit inceffemmant à la biechc. Ce qui rendoit le lieu plus dangereux amp;nbsp;meurtrier. Le combat dura depuis midy jufques à la nuit. Pendant laquelle les affiegez entrèrent tous en Garde quoy quâils feuffenc fort fatiguez amp;nbsp;recreuz. Les Catholicques fe troiwans de mcfmepayèrent la nuit 5i quelques fours a pres fans rien entreprandre les vns fur les autres : Enfinlefdiâs Catholicques furent contraints eux logera couuert audit Rauelin. Cependant les aflîegez remparoyent leurs breches le mieux quâils pouuoyent. Or les Catholic-ques ayans quelque peu reprins leur haleine : percèrent lafaufle braye baffe du chemin en deux endroits : firent deux chemins barrez couuerts dcMadiers par fvn defquelsils le lo-gerentaubasdelaTourPoiteuine. Par lâautre fe logèrent au pied du pillier qui fert d'arc boutant au corps du logis de la Roync. Et ayant percé ladite Tour, fondèrent le rocher pour y faire vne mine : fattendans dâailleurs faper ledit pillier amp;nbsp;par la fape gangner les Caues qui fontaudeffousduditcorpsdclogis. Mais pour preuenir leur deffcinles affiegez firent vn retranchement à trente pas de la breche à fendroit dudit corps de logis amp;nbsp;commancerent v-ne platte forme à triple defence, bien retranchée aucc vnc Cafematte en chacun defdids re-rtanchemens. Et par ce moyen, quelque effort que les afficgeans euffent fait en ces endroits : foit pourla mine où parla fappc : n'euffent fccu que rcnÃ-e la telle dudit Chafteau en meilleure defence quâelle fut jamais.En mefme temps les caues dudit Chafteau furét-rem-paiccsamp;plufieurs fortiffications faides tant à la ville quâaufdits forts. Les affiegez néant-moins confiderans la perte dâhommes quâils auoyent faide amp;nbsp;les g||nds efforts paffez: depef-cherent promptement trois Meftà gerspour aller trouuer la Noue affin de fauertir de tout amp;nbsp;comme leurs affaires fe portoienr.
Cependant pour le defir que les Catholicques auoyent d'entrer dedans : a-uoir aucuns des C h e f s affeuré les affiegez qu'ils auroyent telle compofition qu'ils de- Parlement, manderoyent: prefenterent à Puy-Gaillard certains Articles qui le jour auparaliant auoyent dédreflez Si en pleine affembléc du Confeil,que Puy-Gaillard print; promettant d'y
Kkk ij.
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Januier. i?7J.
Rcucucdcs aflicgezen Lufigncn.
faire refponcc. Ce que toutesfois il ne feità caulêdc la malladie qui le failîtpoiirllâ^'ââ re . Ains les Catholicques dreftèrent vne nouuellc batterie de trois pieces qui . pointées deuant le Moulin du Chafteau amp;nbsp;y.tirerent à plomb: Encores que lesalfiegwy^ font faiôl. vn rampart de terre au deuant. Ils le battirent neantmoins jufqucs au pied,p3'^ que la montagne ou les pièces eftoyent braquées cotnmandoit au pied dudit Moulin-moyen dequoy la muraille amp;couucrtureduditMoulin furent rompues amp;nbsp;portées à teu^^' lâeffort de cinquante deux coups. Surquoy les Chefs des aflîegez feirent faire reueue tous les gens de Guerre tant de la Nobleflè que dâautres qui eftoyent dans Lufignen-fut trouué quatre vints CuirafTes amp;nbsp;enuiron quatre cens cinquante harquebuziers. S**' quoy confiderant le Chef quâil y en pouuoit auoir dâinfirmes, amp;nbsp;qui ne pourroyentplns^'ââ guement fupporter la peine ôc pauureté de fy fâcheux fiege : fit quelques remonftranccs^^ Compagnies . Aufquelles il fit entendre fur tout que fil y auoit quelques vns qui endurer la pauureté en laquelle ils eftoyent, quâils fen voulluflènt aller: que librement il donneroit conge amp;nbsp;ne vouloir tenir perfbnne parforce.Aquoy tant Gentils-hommes tresrefpondircnt vnanimement. Quâils eftoyent refôluz de viure amp;nbsp;mourir auec gardant ladite place amp;nbsp;maintenant laCaufedela Religion. Lors il amp;nbsp;la Noblefïe qui^^^ compagnoyt protefterent de nâabandonner nullement les Soldats. Et toft apres pal*ââ donnanceamp;aduis du Confèil, Sainét Gelais amp;nbsp;le Miniftre de Claire-ville furent Depuis/ pour fe tranfportcr par les Corps de Garde pour fâuoir la volonté amp;nbsp;intention defdid® Soldats:amp; leur affêurer tant de la part du Chef que de laNoblefle quâils nâcntencioycni^'â' treten quelque capitulation qui ne fuft efgallcment faiiorablcSc auantageufe pour b''!â amp;pour les autres, eftans refôluz de demeurer infêparablement conjoints foit à la Paixf^* la Guerre. Chofè qui contenta fort les Soldats : lefquels feirent promefle reciproque tendre patiemment fifluc de tout, fans fê desbander aucunement. Ce faidlefdiâs firent vne grande feopererie en tous les forts tant de la ville que du Chafteau. Ce qui aucunement ceux de lâArméeamp; par la cogneurent quâils eftoyent^auantage en la villcqu^^ ne leur auoit donné à entendre.Terrefort renômé Capitaine,mourut ce jour au grand reg^' de tous.Son frere auoit vne copagnie Catholiquc.Surce les Catholiques fçachâs bien que aflîegez qiioient fait rcueuë de leurs gens de guerre amp;nbsp;quâils eftoient refoluz de neredre-tuu' Kepriiifc Ju gneu quâà bônes enfeignes:entrcrent en volonté de continuer les premiers propos tenus poUâ par serHou. entrer en quelque Capitulation dâaccord.De forte que Sarriou cftant allé au Cotps deGaro-quâils faifoiét au bas delà Tour du fort des Dames pour demâdcr vne leuretteappartenatcaW Damoifellc du Frefîie:fônda les afCegez fils auoict enuie de quelque appointement.Surquoy luy aiant efté rcmonftrélcpcu de conte quâils auoientfait des Articles quâils leur auoiétban' lez à ceft cfFet:Sarriou les afliira que la malladie de Puy-Gaillard auoit empefehe la conn®^
It
tion de cefte opuerture.LaquelIe eftoit encores en fi bon uain qiiâil ne tiedroit quâà eux qiâ!* nây fuft mis vne bonne amp;nbsp;heureufê fin.Qui fut occafió quâon remit au lendemain pour enfler apres en auoir cômuniquc aux Chefs dâvne part amp;nbsp;dâautre.Promcttât ledit Sarriou^ dre le lendemain.Dcfait lesafiiegez alTemblez côfiderâs la grade neceflité depoiidrcsjamp;.me' ches,oflgucts,viures,bois,8ô chadelle amp;nbsp;lâextremitéen laquelle eftoit le fbldatpourauoirdeS' ja beaucoup enduré. Le peu de moié quâil y auoit tât de faire trauailler aux fortifficatios qu 3 la confeéfion des poudres èc farincs;côme vn chacun eftoit desja rccrcii,amp; fatigiié:aiiifaefl« expedier dâentrer en vn bon accord. A foccafiô duquel deputerét 2. Capitaines pour allerau lieu alfigné par Sarriou.Et parce feftans rendus en ladite Tour dâvne part amp;nbsp;dâautre apres que Puy-Gaillard amp;c. Sarriou eu^t declare auoir charge de Monfieur le Duc,dâentrer en Côferen ce 5c traitter auec les Députez des aflîegez quelque bon accord .fut arrefte que les Proteftans viendroiét au lieu de la Rangonnicre logis dâicclui Sarriou.Et que laHunauldayc,déMilly^' quelques autres demourreroiét en ville pour Oftages jufquesà eeque les Députez des aifis; gez feroiét de retour.Ces ^lofes ainfi arreftéesamp; côcluës,oftages entrerétenville.Etparmd-me moien les Députez fortirent amp;nbsp;fe tranfportcrent à la Rangonnicre diftant de Lulignen la portée de deux harquebuzes auec Puy-Gaillard amp;nbsp;Sarriou. Où apres auoir longuement conféré enfèmble : drelTerent Articles contenans les demandes des affiegcz pourvenirà faccord. Surquoy les Articles cômuniqucz dâvne part amp;nbsp;dâautre,furent appiouez par les Gentils-hom mes amp;nbsp;Capitaines des aÃÃieeez tels quâils fuiuent.
° nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Conditions
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CoKDicioN s amp;nbsp;Articles accordez par Monficur le Duc de Montpencier, Pair de AnicH de lârance, Lieutenant General en fon armée de Poitou : aux Seigneurs de Frontenay amp;nbsp;autres iionfut n^ wntilshômes Capitaines Silbldatseftans deprcfcntdedâs la ville amp;Chaftcau dcLufignen : fcurance de quot;'oiénant lefqiicls iceux fieurs de Frontenay amp;nbsp;autres Gentilshommes,Capitaines amp;nbsp;(ôldats, Pfomettentamp;jurentauditSicurdeluybailleramp;remettrclefditc^ville amp;Chafteauentre iês deneufi-
Ledit Seigneur Duc leur baille defaprelèntpour la fèureté de leurs vies là foy : amp;nbsp;pro- pcnfîer, JJ'« les faire conduire en toutclêurcté dedans la ville de la Rochelle amp;nbsp;ailleurs où bon leur â¢blcra.Pounieu que ce ne foit en lieu diftant de cefte armée plus loin que ladite ville de la Rochelle de fix lieuës.Et encores que la foy dudit Sieur foit aflèz fuffilânte pour leur ditç feu-'«c.'Ccneantmoins pour le doubtc quâils ont de quelques ennemis particuliers : lera enuoyé pour tenir oftage en la ville de la Rochelle jufques à ce quâils ferôt rendus ez lieux où ils vou âiront: les Seigneurs de la Hunauldaye amp;nbsp;de Milly. Et pour contre feureté, bailleront lefdits 3®egezentre les mains dudit Sieur les Sieurs deChouppes, Frappiniere, TifFardicre amp;nbsp;Boif quife rendront amp;nbsp;mettront en liberté en remettant ledit Sieur de la Hunauldaye amp;nbsp;Milly.
sortiront ledit Sieur de Frotenay amp;nbsp;autres Gentilshômes auec leurs armes chenaux amp;nbsp;bagage- Les Capitaines Licutenans amp;nbsp;Enfêignes auec chacun vn courtaut ( fils en ont) leurs ar-â quot;csamp;bagages-Et quand aux iôldats auec les harquebuzes,les mefehes efteintes amp;nbsp;les Enfêi-gnesplûiées dans les coffres.Lâartillerie demeurera dans ladite place enfêmble toutes autres ââ'imitions deguerre : pour en cftre difpofé par ledit Sieur ainfi que bon luy femblera comme 211 femblable toutes fortes de viures amp;nbsp;munitions. Sâil fc trouue quelque chofe des biens ap-PWenansaufditsalfiegezfaifisde fauthorité dudit Sieur Duc:ledit Sieur Duc leur en baille-pleine amp;nbsp;entière main leuée.LesMiniftres fortiront auffi auec leurs familles,8c bagages.Et
æfont menez fous mefme conduite que les autres en ladite ville de la Rochelle. Les Damoi-lelles amp;nbsp;autres femmes qui voudront fbrtir; feront auffi conduites en leurs maifonsauec leurs hmilles Szbagjgej. Et quand aux habitas fils veulent demeurer en leurs maifons ledit Sieur iKprandraenfâ proteéiioi?amp; fauue-gardc. Sera baillé palïêport dudit Sieur aux Sieurs du A«ail,amp;dcsTeillespour aller faire rcceuoir lefdits oftages audit lieu de la Röchele. Et des le '^ndemain quâils ou Ivn dâeux feront de retour pour certiffier quâils les y auront rendus amp;nbsp;au pbstard dedans fept jours apres les prefêns Articles fignez ôc arreilez ceftiiy comprins : lef ilitsaffiegez fortiront de ladite place Scia remettront «ntre les mains dudit Sieur Duc felon
il eft porté cydeffiis fans aucune rcmifo. Et cependant continueront les Gardes accouftu-dâvue part amp;nbsp;dâautre. Et ncantmoins ne fera loyfible a aucun,de tirer ne jetter Ãmps de pierre ; fmon en cas que quelques vns le vouluflent auancer plus outre que ce quâils tiennent ^^ptefênt. Etnefofera nulle fortifficationdâvne part ne dâautre. Le jour que lefiiits affie-gfizfottiront, ne fe fera aucune Garde par ceux delArmée du cofté de leurfortie : amp;nbsp;ne fy âloiiueraautres forces que celles qui font ordonnées pour les conduire. Dont feront Chefs Seigneurs de Puy-Gaillard Si Sarriou. FaiftauCampdeuantLufignenle vint-cinquié-âââ«jourdclanuieran i yy^.Ainfi figné Loys de Bourbon,Chauigny,Mortemart,la Hunaul-^y£5Puy-Gaillard,de Montbron,Sarriou.^ ècc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Svbcb le Chef defdits affiegez auoir faiéf retirer les Gardes qui auoyent efté mifos ^â^'forts Sc breches de ladite ville: en leur lieu amp;nbsp;place faiâ receuoir les Compagnies des Latliolicques ordonnez a cet effet: feit en vn mefme inftant retirer les gardes pofées aux bre-^hesdu Chafteau. Et faifant alte auec laNoblelfeSc Caualleriequi eftoiten ladite ville â'îpheedu Bal Scala place du Chafteau : feit enuiron les fept heures du matin fortir fes ^âoiippes de ladite ville par la porte du Parc, Jefeendans vers l^Moulin. Ou tous furent parlefdicsPuy-Gaillard, Sarriou 8c leurs trouppes. Et pourfuiuans leur chemin
P3f le petit parc le long delà Voufiie, trouuercnt Monfieur le Duc, aueeplufieurs Gen-'Æ5-hommes 3 Cappitaincs Soldats qui faccompagnoyent à t}a fortie du petit portail
Parc cirant vers la Vaulx de Brueil en ordonnance. Et apres quâon eut faid la reue-''aceamp; prins congé de luy : ils facheminerentScfortircntdef Armée dudit Seigneur fans â'âiiin deftourbier jufques au village de Souillaud diftant de L v s i g n e n de demie â'âè. Où les Soldats du confentement dudit Puy-Gaillard 8c Sarriou allumèrent leurs ^^ches à marchèrent en ceft equipage de la en auant ; fordre quâils tenoyenc à la for-
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
Nombre des morts amp;nbsp;Canona-des au liege de Lufîgncn
tie3fut que les Capitaines,Lieutenans Si Enfeignes qui auoyent efté de la Garde de ladite Æ le : marcheront les premiers amp;nbsp;à la tefte de leurs gens de pied amp;nbsp;apres marchèrent le rdle a-mallades amp;nbsp;bleftèz qui eftoiét demeurés auec le bagagc.Cobic que pour le regard du bagage ceux qui le conduilc)ient,nâaient du tout oblèrué cefte Ordônâcc. Ains marchoiétdeüâtwU' tes les troupes au moien de guoy fen eft beaucoup perdu par îimprudéc e des codudeiirS'^ apres marchoient les Capitaines,Lieutenans amp;nbsp;Enfeignes qui auoient efté de la gardedudiC Chafteau amp;nbsp;leurs lôldats apres.- Finablement le Chef marchoit auec la Noblcfïcqui faceópS' gnoitaians leurs gras chenaux amp;nbsp;armes.Faut ici notter que ceux qui marchoiét auec les troupes tenant lâordre dont ci deffus à efté parlé:ont efté côduits en toute feureté.Mais au eStratre ceux qui n'ôt cheminé auec les troupes,nc gardé ledit ordre ont prefqiie tous efté deualiz^ï-Le i4.Iâuier ilsarriuerétà Nuailé 3.lieues de laRochelc.Où au bout du pôtjlaNouë.lef'â' te deMôtgômery plufieurs Seigneurs amp;nbsp;Gétilshcmes Proteftâs qui accôpagnoiét la Huns^' daie amp;nbsp;de Millydcs vindrêt receuoir.Et apres plufieurs reciproques falutatiós amp;nbsp;difcouÃbo neftes qui paftérêt ce pont de Nuailé auec lefdits Pui-gaillard amp;nbsp;de Sarriou logerêt cefienuU audit Nuailé amp;nbsp;les gés de pied paflèrét outre jufques au village de Loyré diftat dudit Nuat*® dâvne lieuë.Où ils trouuerét la munitiô quâô auoit amenée de la Rochelle prefte à diftribu^J' Et leldits de la Hunaudaye amp;nbsp;Milly,la Noue amp;nbsp;Côte de Montgomery Seigneurs amp;nbsp;Gétililâ*â' mes qui les accopagnoient en nôbre de 7. à 8. vin ts chenaux, retournèrent coucher à la Râquot; chelle.Puis le refte les fuiuit apres que les oftages furet rendus dâvne part amp;nbsp;dâautre.Ainfil^ Confederez furet aflîegez 3. mois amp;nbsp;21.jour. Fédât lefquels ceux de lâarmée ont fait tousle
efforts quâil eft poffible de leurs Canons defquels ils ont tiré 7. mil 7. à 800. Canonadesiaâ® les coups des petites pieces de câpagne amp;nbsp;moulquetades quâon tiroir ordinairement.Cóbif'â quâà la vérité ez jours des grades bateriesmalaifémêt pouuoit on coter lescoups.Lesaflîcg^^ ont perdu 25« Genülshômes qui ont tous efté bleftèz excepté le Capitaine Terrefort qtiid R fl tioB â^ort dâvne pleurefieamp;enuiron 200. foldats.LesCatholiquesy ont perdu 800.hômes-C®®' j de I azer le nie Ics lôrtis fe retiroiêt à la Rochelle:fur quelques remonftrances que firent ceux de Poiue^ Chafteau gu Duc dc Montpcncierifut en fin relôlu que Lufignen fèroit non Ãulement defmatelée,!«^â de Lufîgacn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fcroient razez amp;nbsp;les autres fortereftès dâefinolies rez pied rez terre.Dontf''
xecution futdônée à Chemeraud Gentilhôme du païs.Lequel voulant conferuerpoutlanâ^' moire dâvne place fy Noble3tant vieille amp;nbsp;remarquablc:la Tour de Mellufine, fut enfin de ruyner tout. Si bien que tvnc des plus belles fortereftès de lâEurope : amp;nbsp;telle cflimée l'Empereur Charles 5. lors que le Roy François luy donna le plaifir de la chaftè encelieucorne il palfoit par France pour punir la reuolte des Gantois: nâeft plus quâvn monceau de ru)-nés. Et morte marque dâvn dciplaifir quâen reccut lors noftre Prince Souuerain oufes Con-fèillers.
Comporte mens du Marefchal Danuilic.
IE vous ay cy dclTus parlé du Marefchal Danuille. Pour retourner à lès portcincns il 6ââ . entendre que depuis la prife des armes : ilfaifoitalfez demonftration du mal ccntcntcme»' quâil auoit, tant pour fon partieulie r à caufe de la captiuitc de fon frère 3 de les amis, amp;nbsp;paru-fans de là mailôn : que pour voir le Royaume conduit amp;nbsp;gouuerné autrement quâil euft bien voulu^ Si eft-ce quâencores quâil euft les forces en main : il feftoit jufques icycomjxgt;rtt doucement amp;nbsp;fans rien älterer. Melmement par les moiens quây tint la Roy ne Mere qui lu)' auoit de tout temps porté grande faneur. Nâayant jamais eu autre oppinion de luy qiied'viâ homme bienalFcdionnéà tEftatprelânt. Ce quileconfirmoitauflicn ccportemcntfi ftble, eftoyent les lettres frequentes quâil receuoit du Roy cftant au retour de fon voyage celles mefmes que fa Majefté luy auoit eferiptes tant de Venifê que de Suze. Par lefquelks il declaroit ouuertcment lÃonne S)C fincere intention quâil auoit de pacifier fon Hoyau me dây entrer par vne Paix Gcneralle à tous lès fujets. Mais feftant ledit Marefchal achemiiâ^ par Ion commandement au douant deluy à Turin;Sc receu ceft honneur que de conférer beaucoup de chofes impÃtansle repos de ce Royaume amp;nbsp;la delfus entendu fintention Jj* Roy: il entra en tel Ibupçon amp;nbsp;deffiancc, que parle Conlèil dâaucuns il lèretiraen diH*' gence en fon Gouuernement. Depuis eftant à Montpellier il fut auerty que le Comte de Martinengo ôi certains autres le marchandoyent debienprcz amp;nbsp;aux defpensdelà vie.Etquf le Duc Duzez en Languedoc 3 le Marefchal de Retz en Prou ence amp;nbsp;de Gordes en Dâaupb' né : luy eftoyent defignez pour Corn petiteurs amp;nbsp;Contrerolleursjaucc mefines quelquesfof'
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totceseftrangcres tant Suiflès, Reitrcs que Italiens amp;nbsp;Piedmontois. Tels aucrtiflèmens vraiz ou faux quâils fiiflènt le hafterent dâauancer ce quâil auoit de long temps diflîmulc amp;nbsp;de fran-rfurlcfautparla declaration quâil feit cnuironle cOimmencementdeNouembredescauiès Uuilemouuoientdeprandrelearmes. Proteftant que ceftoit pour la manutention de la Cou- duMaref-fonnedeFrance,proteôlion des fujets naturels dâicelle tant dâvne«]ue dâautre Religion,contre chalDanuil tousceux qui confêilloicnt le Roy de les ruiner. Etque ceftoit auflî pour procurer la liberté deMonfieurfrcre de là Majeftéjdu Roy de Nauarrc,de Mofieur le Prince de Codé amp;nbsp;des au-
fleurs amp;Officiers de la Couronne: tant detenuz prifônniers que réfugiez ez pays eftran-ges. Et en general pour procurer vn bon amp;nbsp;affurc repos aux vns amp;nbsp;autres: reftaurer Ictout en fâptiftinedignité amp;lplâdeur jufques à ce que par la determinatiô du Côcile general ou na-tionnal:amp; par favis amp;nbsp;legitime conuocation des Eftats Ion peuft voir la Religion amp;nbsp;lEftat de ce poure Royaume réduit au point ou tous gens de bien le dciiroicntvoir.Tellemementquc les députez du Prince de Codé Si ceux des Eglifês Proteftantes aflèmblez par plufieurs fois auecluydâvn commun auis ils drefterent à Nifmes laflbciation amp;nbsp;reglement tel quâil fuit. Aflöciarion
L ASS E M B L E E geuerallc faite le mois de lanuier mil cinq cens Soixante quinzeen la vil- desCatho le de Nifmes par conuocation amp;nbsp;mandement de Monfeigneur de DanuilleMarefchal de Frâ-cCjGouuerneur amp;nbsp;Lieutenant general pour le Roy en Languedoc: tant du Clergé amp;nbsp;Catho- Reformez. Ifqucs paifibles que des Eglifês Reformées de ce Roiaume:tous vnis amp;nbsp;confederez par leurs Députez pour traider de leur comune defcnce,bicn amp;nbsp;repos de ce Roiaume amp;nbsp;des fujets dâi-celuyrecognoiflà ns Monfeigneur le Prince de Condé pour leur protedeur General amp;nbsp;en fôn abfencemondit Seigneur le Marefchal.Confiderans quâils font fruftrez de fefperance quâils a-uoiêtjde voir terminer ces cruelles guerres ciuillcs amp;nbsp;mifcrables, aians de fi long leps cours en ceRoiaume ; par vnc bonne 6c ferme Paix quâils fe p romettoient de la clemcce 6c debon-nairetedcfaMajeftéà fon nouueauauenementà fà Couronne:amp; voiansquâau lieu delesrele-uCrdelopprefTionjléur tendre les mains de fa faneur 6c de les embraffer amp;nbsp;receuoir en fà pro-teéfiomfaditeMajeftcpar les mauuaisconfeils dâaucuns eftans pres dâelle, ennemis de fon Efet de fes fujets les*veut pourfuiure plus que jamais : Apres auoir traiélé de leur vnionSc confederation pour leur oppofition confêruation 6c defence de leur Religion, vies, biens amp;nbsp;honneurs contre îinjuftice violence 6c cruauté barbare de leurs ennemis : amp;nbsp;pour la pourfuitte de fexercice libre de leurs Religions refpcâ:iuemcnt,reftabliftèmét de f Eftat de ce floiïiime en fon anciennefplendeur amp;nbsp;dignité.Ont deliberé conclud 6c arrefté pour le rcigle-ment delà Iuftice,police, finance amp;nbsp;difeipline militaire entre eux fous le bon plaifi^de mo-lt;fit Seigneur le Prince ou de mondit Seigneur le Marefobal ce que fenfuit.
Premièrement pour leur vnion nbsp;nbsp;conferuutPen d'icelle.
Seront les Articles de ladite vnion amp;nbsp;confederation fous les conditions y conuenuës
amp; promifos refpeâiuement tant entre mondit Seigneurie Prince de Condé que mondit Sei- lâvnion des giieurleMarefchal 6c lefdits Députez gardez 6c entretenuz fuiuât leur forme 6c teneur.Et en toutes lesafféblécs generalles 6c Prouincialles 6c particulièrement des villes jurés par les Ge- «ftans ane neriux amp;nbsp;Prouinciaux Chefs,Magiftrats Côfuls amp;nbsp;habitas des villes;amp; par les foldats gês de goetrefaifâs leurs môftrcs rcueuës 6c ferméfQue tous amp;nbsp;chaciTs les adhéras 6c adhcr«: vou- eïïâaflcm' âsîceftepourfuitte-de quelque eftat,qualité amp;nbsp;côdition quâils foiétamp;fans exccptiô:enfom- bléedcsj,
-.1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O v- 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O Eftatstenus
â^^â-J^si-âroumces,Villes, comunautez 6c bies quelconques: lerot maintenus en toute vnio amp;nbsp;à Nifoieicn teposfous la proteéliôamp;fà uue garde du Roy de môdit Seigneur le Prince amp;nbsp;de môdit Sei- lanui.i$7$. gnciir le Marefchal.Et en la paifible jouïffâce de leurs biés,Eftats,hôneurs,prerogatiues,fran-âtbifes,Iibcrtez,gaiges,exercice dâoffice là ns nul empefehemét. A^ charge quâils fo prefonte- chai Dan tot deuât mondit Seigneur le Prince ou modir Seigneur leMarcfchal en leurs côfoils,pour a-ttoc conôiffâce de caufo eftrc receuz amp;nbsp;admis à ladite vnion 8c cofederatiô.Les Eftats Genc-raux des Prouinces de ladite vnioamp;cômunionfctiédrontfêlô quelesoccafiôsamp; neceffitez des affaires le requerrôt au moins vne fois îan:en telle villeCappitaffe defoites Prouinccs que par môdit Seigneur le Prince où à fon abféce par môdit Seigneur leMarcfchal fera auifé.Aufi
Eftats fera procédé à nouuelle cleéliô du côfoil ou le percedét continué, corne fora or-onné amp;nbsp;jugé par ladite affemblée.Les aflèmblées Prouincialles fo tiendront folon les occafi-onsamp;occurrences des affaires; Sçauoir quand au paysamp; Gouuernemétde Lâgucdoc auec potmifllû de môdit Seigneur le Marefchal fur la requefte que ceux qui y cômanderôt en fon
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abfence luy en feront.Et aux autres Prouinces de celle vnion par la ecniiocaticn de cci.xcj-y commanderont pareillement en fôn ablênee .Auec me/hiepouuoir de procéder à nouue £ eledion ou continuation de confeils Prouinciaux comme leldites afïcmblées auiferont [»n' le mieux. Les Députez des Prouinces amp;nbsp;autres particuliers commis pour afljftcrà ialkiquot; blée generalle; ie trouueronii^ux jours amp;nbsp;lieux alîignez ou fe tiendra ladite allembJée.Aiit^ ment en leur abfence lêra procédé auec les prelêns: amp;les dcliber ations y prifes félon leur forme amp;nbsp;teneur. Ez afïémblées generalles, auront léance amp;nbsp;voix deliberatiuetrÆ Députez de chacune alTemblée Prouincialle. Celt aflà uoir vndela Ncblelfeamp;dciixÆ tiers Eflat.Et les Magiflrats amp;nbsp;Miniflres qui le trou lieront fur les lieux,députeront vn de cW-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cune profelïton pour porter la parolleSc voix deliberatiue durant celle Guerre amp;nbsp;6ns cou
lequence. En routes alfemblées generalles amp;nbsp;Prouinci ailes demeurans les Chefs amp;nbsp;taux en leurs prerrogatiues amp;nbsp;préeminances ; lêra elleu amp;nbsp;nommé tel quâil plaira à ladite 3i' femblée,pour conduire laélioncn icelle. Lefdits Seigneurs Generaux f entre fccouno'â' les vns les autres: amp;nbsp;communiquerôt leurs forces amp;nbsp;moiens comme ils feront requis pour commune defence du publicq fur peine dâellre déclarez delérteurs de laCaufe.Toutespht^ Miniflres. tcrres amp;nbsp;Seigneuriesaflizes amp;nbsp;enclozes en vne gencralité:depcndront amp;nbsp;côtribuerontà i^â
le amp;nbsp;non ailleurs:Nonobllât que les Generaux dâautre généralité en lôicnt Scignetirs.Ento« tes alïémblées Prouinciallesfera elleu vnSindic pour propolér tous affaires amp;nbsp;faire toutes K' monflranccs necellà ireSjSc vn Greffier pour tenir Regiflres de toutes deliberations quilérout prinfes efdites alTemblécsilelquels feront falaiiez comme il fera auilé par icelle. Les CcneÃHâ' lufticc amp;nbsp;Fi- Prouinces alfifleront au Conléil le plus lôimcnt que faire ce pourra. Et tiendront lamaiu nances. nbsp;nbsp;a ce que toutes deliberatiôs amp;nbsp;ordônaces dudit Côfeil fôiét elfeduécs.LcsGencraux amp;
uerneurs ne fentremettront du fait delà Iuflicc,creation de Confulz amp;nbsp;maniement des fman-ces.Ainscnlairontfenticreadminiflration aux Officiers amp;nbsp;cômisaufdites chargesidcmcu^^ la police des villes aux Confulz amp;nbsp;colcil politique:Sauf pour le regard de la creatiô desÃo fulz en cas de prinlc de ville où autre occafion extraordinaire : leur fera permis y poiirueoir a* uec fauis dudit conléil. Et ne pourront lefdits Generaux, Gouuerneurs Chefs on Capital' nés, bailler aucune exemption des contributions où impofitions faites ou qui lé feront pat apres fur les villes villages amp;nbsp;particuliers dcfditcs Prouinces aufquclsne fera eu aucun ci' gard. Eft aufli prohibé amp;nbsp;défendu à tous Generaux Prouinciaux bailler aucune exemptitquot;ââ ûuue-garde ou immunité à perlônnes de quelque Eflat, qualité ou condition quâils fokâ' cllans d^arti contraire : aufquels neléra eu efgard linon que pour quelque caufefpccùlk' ment futt autrement ordonné par lauis du conléil pgt;our le regard des là uuc-gardes. Qÿâ il y aura lieu de commettre ou ordonner aucuns Chefs pour cemmanderez villes Cappâ talles amp;nbsp;places de conléqucnce en titre amp;quallité de Gouuerneurs: Le General delà Prâ' uince procédera à la nomination de trois pcrlonnages capables de ladite charge par fauisdes Confuls amp;nbsp;habitans de la ville où lieu,auqucl ledit Gouuerncurféra requis .Laquelle noniinâ tion fera enuoiée à mondit Seigneur le Marefchal pour ac cepter celuy que bon luy fémblcra-amp; luy expedier la cômilfion necelfaire, remettant aufdits Generaux de pourucoiraux autres placesdes Chefs'qui y cômanderont en titresde Capitaincs,obléruée la melrnenominatiôà trois que les habitans des lieux luy en feront.Le tou t à la plus grade cômodité amp;nbsp;fôulageruet que faire fe pourra.Lefquels Generaux des Prouinces feront leurs vifites amp;nbsp;cheuauchées demeureront par certain temps en chacune ville Cappitalle des Diocefés de leurs Generally tez felon que les affaires le requerront. En cas de maluerfà tion important 1 Eflat du pays qiquot; fé comettra par lesGenerai^ des Prouinces où Gouuerneurs particulliers des villes amp;nbsp;places de con(équence:mondit Sieur le Marefchal pouruoira à lafufpcntion,deflitutionamp; punition des coupables,félon la grauité amp;nbsp;exigence des cas.Permetrant aux Magiflrats Confulsamp;plâ® apparês des villes amp;nbsp;lieux en defaut defdits Magiflrats amp;nbsp;Côfulsjdefefâifiramp;affurcrdespet' fbnnes defdits Generaux é? Gouuerneurs particuliers en cas de trahifon amp;nbsp;non autrcmenr.b pour le regard. desCapitaines des autres villes,places,Chafleaux qui ne porterot titre de Goæ uerneurs: Le General delaProuince les pourra fulpendre,deflituer ou punir en la façon deffus par fauis du conféihauec la mefme permiffion aux Magiflrats,Confulz ou plusappares de fe faifir affurcr des coulpablcs en cas de trahifon ou autre enorme excez méritant propte prouifiô.Ceux qui aurot cômandement general enfabfénce de monféigneur lePrinccoud« mondit
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'tódit Seigneur leMarefchahdifpo/êrontfêuleiïiétde ce qui leur fera baillé par eftat,auec fa-wis de leurs côfeils felô la teneur d'iceux.Quand aux dons amp;nbsp;remunerations,elles ferôt re-^ruecs amondit Seigneur le Prince ou à môdit Seigneur le Marelchal en leur conlêil,fur les ftequcltesamp; tefmoignages qui leur ierot redus des merites de ceux aufquels lelHits dós polirent eftrefaits.Et pour pourueoiraux abuz patents amp;nbsp;entreprin^ès deplufieurs Gouuerneurs, VhefsjGentilshômeSjCapitaines Sc autresdeur eft prohibé amp;: défendu de bailler aucuns paf æports,permiflion-.nây eftablir aucun peagene tributfur marchandifes,fruits ou datées quel-lt;^onquesja peine dâeilre punis corne rebelles:amp; aux marchans amp;nbsp;autres qui faideront defdirs Reports amp;nbsp;faufs côduits de confifeatio de leurs marchandifes,de 500. liures dâamende: laif 3ntaufdits Generaux le fêul pou noir amp;nbsp;authorité de bailler lelHits paiîèports,cRablir les pea- ⢠gesamp;dacc es parauisdu confeil Prouincialamp; nonautremét. Dont fera tenu Regiftre par le Greffier amp;nbsp;fait eftat au proffit de la Cau{e.Et îefqucls pafTeports amp;nbsp;ordcmnances deflùfdites feront (ignées dudit General,deux du confeil Si dudit Greffieriautremët nây fera eu efgard. Les Offiônancesamp; jugemens donnez par les Generaux des Prouincesamp; leurs confêils, ne feront
â nfpendus par inhibition. Sinon que lefHites inhibitions ayent efté oéfroiées auec conoifïà n -ce decaufepar mondit Seigneurie Marefchal amp;nbsp;fbn Confeil. Le labourage fera libre indif-leremment: amp;nbsp;ne pourra eftreempefché pour quelque perlbnne caufeou occafion que ce fort, Etpourccft effeéf, ne fera faiélc aucune execution fur le beftail de labeur amp;nbsp;outils deftinez.aufdit labourage, loir par contributions ou autrement: excepté toutes-fois par droitdereprefaille:auec permiffiondu General amp;lôn Confeil furlennemy au proffit amp;nbsp;indemnité des interefïcz.Eft treféxprefTement prohibé amp;nbsp;deffendu à tous Capitaines, fôldats amp;nbsp;tous autres ,dâinquieter molefter, faifir ne rançonner aucuns laboureurs ny autres perfonnes
portans pacifiquement amp;nbsp;contribuables aux charges mifès fus amp;nbsp;impofée pour la deffence decefteCaufe,fur peyne de la vie: defâuoüant tout ce qui aura efté fait au contraire. Le trafi- p queamp;commerce demeurera libre auec les marchans du party contraire: en paiantau public â les droits qnifurce feront impofêz és lieux ou fera ordonné: excepté pour les poudres, Sou-fe,Salpêtres, cordes, effanures, plomb, armes, chenaux, poix, pois rofine, rouzette, metal amp;nbsp;bled qui font Marchandifes de contrebande: dont le tranfport hors des prouinces villes amp;nbsp;lieux de ceftevnion amp;nbsp;communion eft prohibé amp;nbsp;défendu à peyne de confifeation dâicelluy amp;de punition corporelle. Et pour tenir la main à ce que les abbus amp;nbsp;fautes qui fê commetent wdinairement au prejudice du précédant article nâaient cours: pourra ledit General amp;nbsp;fon Confeilcompofer auec les dénonciateurs des fraudes fur ce commifes ; amp;accorlt;^r pour la Garde de dénonciation fans exceder toutesfois la quarte partie du profit qui en reuiendra. Aucunes villes ou Chafteaux appartenansà Seigneurs lurifditionnelz: ne feront gardez aux defpens du pays, finon quâil foit dâimportance pour le public. Dont la conoiflà nce amp;nbsp;jugement en appartiendra à mondit Seigneur le Prince où à môdit Seigneur IcMarefchal eftans fut les lieux-où aux Generaux principaux qui commanderont enabfênce poury pouruoirauec lâauis de leurs Confeils.Sera toutesfois loifible aux Seigneurs lurifditionnelz de contraindre leurs fu-jets de vacquerpar tour amp;nbsp;ordre à la garde pcrfonnelle de leurs maifôns,villes ou villages clos fans la pouuoir conuertir en argent ny pource faire aucune impofition: leur defendant dâem- ^«16 pefeher la leuée des deniers publics en façon que ce foit. Les Generaux prouinciaux auec fa- fiaHics, uis de leur Confeil des Ecclefiaftiques de fvnion fil y en à ,amp; des Miniftres amp;nbsp;Diocefâins ou habitans des villes amp;nbsp;lieux, difpofèrontdâvn fixiémedu reuenu des Ecclefiaftiques auxpo-uresindigens,vefuesamp; orphelins: en quoy fera par eux pourueu de façon quâil ny foit commis abbus ny fraudc.Les maifons roturières appartenans aux Gegtilhommes amp;nbsp;autres perfon-nespriuillegez; feront fu jettes à tout logement amp;nbsp;contributions tant pour les garnifons or- tcs^ariogis^ dinaires que pour les paflà ges de gens de guerre. E t quant aux maifons Nobles fujettes à lâar- amp;nbsp;contribu rieteban:elles feront tenues amp;nbsp;chargées du logement des paflà ges defdirs gens de guerre tant â°quot;â' feulement; demeureront exemptes des logis pour les garnifons Ordinaires amp;nbsp;les Chafteaux Poftes. des Seigneurs lurifditionnelz, tant de fvn que de fautre logement. Les poftes feront dreflees en toutes prouinces ez villes amp;nbsp;lieux plus cômodes que faire ce pourra:amp; en chacune pofte y aura deux hommes à pied confidens amp;nbsp;fecrets é flcuz par le Chef commandant aux armées, Magiftrats amp;nbsp;Confuls de lieux. Lefquels feront entretenuz aux defpens du public félon la ta-xeamp;reglemct qui fera furce faite en la prochaine aflémblée dés Eftats prouinciaux eu efgard
Kkkiiiij
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Décembre/
* à ladiftancc des lieux: lefqueJs feront tenuz dâapporter amp;nbsp;faire courir de pofte en pacquets amp;depefches par perfôncs aiâs charge amp;nbsp;autorité publique^qui à ces finsferontpâ, rafez au delTus par les Secretaires defdits Chefs ou il y en a, ou par Magftrats amp;nbsp;Confulsil^ dites villes : lefquels outre ce tiendront regiftres du jour amp;: heure de la depefehe: end'^â' gerontlacouuertedu pacqijft. Comme pareillement lesMagiftrats amp;Confulsdes villes ou ils pafferont feront le femblable amp;nbsp;les feront apporter en toute dilligencc, leurfaiâ^' Pacquets amp;nbsp;inhibitions amp;nbsp;defences amp;à tous autres à peyne de crime de faux, d,ouurir lefdits p^Cquot; quets iceux retenir ou retarder lefdits portes pour quelque occafion que ce foit.TousaU' tres pacquets amp;nbsp;lettres venâs de la part des Chefs ou autres particuliers portez par autresqu® , par voies de porte aians pafleports: feront renduz amp;nbsp;apportez aux Chefs amp;nbsp;Confuls desvil' les pour laifTcr paffer outre les porteurs fils voient que faire fe doiue. Prohibant aux gardeJ-des portes, lâouuerrure defdits pacquets amp;nbsp;lettres fur femblables peines que deffus.ToustiO' pertes, tambours,lettres amp;nbsp;pacquets venans de la part des ennemis.-fèront conduits amp;nbsp;rendue commandant au heu ou ils feront trouuez où aux Magirtrats amp;nbsp;Confuls en hbfeæ ce defdits Chefs,pour ertre par eux pourueu à ce quâil appartiendra.Faifänt inhibitions amp;lt;l®' fences à toutes petfônes priuées de fingerer à retenir ni receuoir lefdites trôpettes,tébouts,^ tres amp;nbsp;pacquets: amp;nbsp;les ouu nr fur peyne de rebellion amp;defobeiffâce. Afin que vn chacunloj' maintenu amp;nbsp;côfreué en reposamp;trâquilité.Ert trefexprefTemet défendu à tousGcnerauxCbds Capitaines amp;nbsp;autre.s aians charge és villes 8lt; lieux de fvnion: dâvfer dâau cime force amp;'violcæ ce ou mauuais traitement à lâendroit des habitans defdites villes.Ains fe ccmporterontlcplâ* doucement que faire ce pourra en toute amitié amp;nbsp;concorde. Et en cas dâcxces ou malcnc^ commis par lefdits habitans,en laiftcr la conoiftà nce à la lurtice pour y ertre procédé fclopl^' luÃtce. xigence des cas amp;nbsp;ce à peyne dâeftre priuez des charges comme indignes amp;nbsp;de tous defpe*^* dommages amp;nbsp;intererts. Les luges tant Royaux que des Seigneurs hauts lurticiers amp;nbsp;banetc^ des prouinccs amp;nbsp;lieux ertans delvnion amp;nbsp;communion faite entre Monfeigneur le Prince*!® CondcjMonficurle Marefchal de dâAnuille amp;i.les depputez desprouinccscontinueronte» lâexercice de leurs charges, offices amp;Iurifditions fuiuant les ordonnances amp;nbsp;rcglcmensfut^^ ci deuantfaits amp;nbsp;dâanciennetté accourtumez dâeftregardez amp;nbsp;obfêruez efdits fiegcs.Etlessp' pellations de leurs Sentences amp;nbsp;lugemens, feront interjettées aux fieges Prefidiaux ou il Jâ®quot; a dâeftablys eftäs toutesfois de ladite vnion.Lefquels luges Prefidiaux conoirtrôtamp; Iiigeront de tous cas, differens amp;nbsp;matières tant ciuilles que criminelles: fuiuant les fufdits reglcmensS. ordonnance. Et feront leurs Sentences amp;nbsp;lugemens en cas hors de ÃEdir, exécutées par pro* uifion. Lfs chambres de lurtice nouuellemcnt érigées es villes de,Montauban, Millau,M*' zeresSe autres fuiuant le reglement fait en laffembléc derniere de Millau: dcmcureronicf leurErtai crtabliflèmétaucc tel pouuoir lurifdiéliôs amp;i. refforts qui leur cft ordÃnéamp;prc!' crit par ledit reglement. Nonobftant toute autre creóhonamp; ertabliffement de lufticcà cc contraire. Mandant pour cert effet à tous Generaux defdites prouinccs, Chefs, Officiers,Capitaines, Confuls amp;nbsp;autres habitans en icelluy, leur obéir amp;: entendre donner faueuis aideÃ^ main forte pour fexecuriop de leurs jugemens.A peyne de priuation de leursEftatsamp;dâcto punis c^)mmc rebelles. Auffert auffi que les officiers dâicelles Chambres, tiendront rancco-uenableSc condigne à leurs Eftats amp;nbsp;charges en toutes affemblées. Et pour le regard ides Sc-nefchaucées de Tolofê, Albigeois,Carcaflâône,Lâauragais amp;nbsp;Cartres ou auroient efté eftablis par les precedetes affemblées quelques fiegçs delurtice:à erté refôlu que fâs faire prejudice en ce qui reffort en la Chambre de Montauban, pvour cuiter pluralité defieges amp;nbsp;multitiid* dâofficiers: il fera crtably en la ville de Cartres vnc Chambre compofée de dix officiers Afïà uoir neuf luges amp;nbsp;vn l^ocureur du Roy qui feront prins prçmieremenr des officiers d« là Majerté amp;nbsp;apres des plus qualifiez quifbntemploicz çn çeftecaufe durant ces troubles pourjuger en dernier reffort de tous proces amp;nbsp;inrtances ciuillesamp;criminellesdâicellesSe-nefchaucées fiuiuant le prcAier article de la derniere affembléc de Millau. Et que tant pou* la nommination amp;nbsp;inrtallation defdits officiers que pour la conrtitutionôc paiement de ga* ges à eux necclfaires:lefdites Sencfchaucées amp;nbsp;prouinccs faflèmbleront par les députez enh-dite ville deCartres aux moindres fraiz amp;nbsp;le plurtort que faire ce pourra pour le plus tard das vn mois prochain. Et procéderont l^s luges ertabliz aufdites chambres au fait delà lufticc diftintement amp;nbsp;fcparcmentfà ns ceux du confcil politique ertably pres du gencrahou és villes amp;nbsp;lieux
-ocr page 533-livre T R E N T E N E V F I E M E. 2^4. pileux cfquelles lefdites châbres fôt ordonnées aux villes cappitalles des prouincesou il ny a â egePrefidial ny chambres de luftice nouuellement eûablies;lcra cfleu à la prochaine alTem-âce prouincialle certain nôbrc de luges qualifiez amp;nbsp;de ladite vniô félon feftenduë du refïort pour exercer Scadminiftrer la luftice fuiuant ledit reglement de Millau: aufquels feront ordonnez tels gages que par ladite alïèmblée fera auifè. Exortanteicelle emploier enfexercice pcldites charges, Icsperfbnnes quifè trouuerontaufdits lieux delà fufdite qualité amp;vnion. âOusGouucrneurs Officiers amp;nbsp;Magiftrats dcfdites prouinces chacun endroit fôy garderont ^feront garder amp;nbsp;entretenir amp;nbsp;inuiolablement obfèruer les regiemens amp;nbsp;ordonnances faites PâHesaflembléesgeneralles amp;nbsp;principallementtantdela guerre, Iuftice,policequedesfi-j^nces.Etpourîcntiereobferuation les feront lire amp;nbsp;publier de trois mois en trois mois en fürsfieges 8cauditoires* Tous defobeiftà ns aux jugemens amp;nbsp;ordonnances de luftice: fbient â nciers, Capitaines 8c autres demeureront attaints 8c conuaincuz de rebellion; 8c nâauront ââ «raitte en autres villes,places 8c lieux:ains feront fâifiz rendus à la luftice fur peyne à ceux guiles recèleront dâeftre punis comme fauteurs 8c coupables de crime de le leze Majefté. Et ora contre eux procédé félon le reglement des Eftats de Millau. Seront gardées, obféruées 8c ®otretenuës les ordonnances de Moulins 8c autres Royaux concernans fobeifîânce de luftice éxecution 8c ordonnance dâicelle. Tous juges Royaux 8c lurifHionnelzféront tenuz,tant dâs Ws deftroits 8c lurifditions que hors iceux:fcnquerir 8c informer dilligemment des crimes « délits qui fe commettront, foit és champs ou és villes de ladite vnion à la premiere requi-âdon qui leur en fera faite ou quâils en auront notice 8c conoiffance. Et icelle informa-^*on faite procéder au decret jufques à emprifbnnement du délinquant fi le cas le requiert. I charge toutesfois de remettre le prifônicr auec lefdites charges 8c procedures par deiiers luges naturels aufquelsla conoiffance en appartient. Aux villes quiontefté nouuelle-æcntconquilèsôc qui feprandrontcy apres:feront remis tous fîeges de luftice pouryeftrc Miuiniftréeainfi quâil eftoitaccouftumé dâancienneté: nonoftant tous cftabliffemens nou-'â^âux introduits en autres lieux 8c villes lefquels demeureront reuoquez fuprimez 8c defti-fdez comme dit eftésvilTesprincipallesde îvnion.En chacune prouinceféra cfleu 8c eftably jnLicutenantdePrcuoft,filnây en à par îaflémblé prouincialle. Perfônnagc confident, de onneintégrité prudâhommie 8c experiance au fait de la luftice: qui procédera en tous cas Ont la conoiffance luy cft attribuée fuiuant les ordonnances 8c regiemens furce faits. Auquel â ^ouoft fera baillé tel nombre dâarchers quâil féra auife en faffemblée prouicialle aux gages ^01 feront auffi ordonnez en icelle. Tous Generaux, Chefs, Capitaines, Confuls^fôldats 8c entres de quelque eftat ou condition quâil s fbient: donneront toute aide faueur main forte ^ntaiifdits Preuofts que autres Offiieiers de luftice à la premiere rcquifition qui leur en féra «itefans vfer de conniuence dilaiçment ou tergiuerfarion. Leur deffendant trefexpreffement Æ recourir les prifonners ôc dclinquans,retarder empefeher le cours 8c executiô de luftice weâement où indireâement fur peyne de la vie. La conoiffance des differens qui furuicn-rontescaufes tant ciuilles que criminelles entre vn des habitansdefdites villes 8c vnfoldat appartiendra aux Offiieiers de la luftice .Et des cas 8c exces qui fe commettront entre fbldats Ottrollez fous charge de Capitaines: la conoiffance en appartiendra au General 8c Gouuer-des villes appeliez les Capitaines. Nâentendant en cecomprande leshabitans deÃites ''r « qui porterôt armes pour la garde 8c fous la charge 8c commâdemct des Capitaines dâi-I-es differens defquels feront traittez pardeuant leu rs luges naturels. Attendu quâil y a P â'leursperfonnes preuenuës en luftice de cas rcmiffibles dont ils nâont moien dâobtenir gra-J^eamp;pardonduRoyen fes Chancellewes fuiuant ÃEftat, vfâge 8lt;^couftume de France à eau« ^uu notoire empefehement des troubles. Il eft enjoint à tous juges 8c Magiftrats jugeans en ^uiier reffort de cefte vniô8c chacun endroit fôy enfo reffbrt de procéder à linftruófió 8c ju-ê^uientdcs proces defdits preuenus fuiuant la difpofition de droit, nonobftant le deffaut des ettres de grace, remiffion 8c pardon 8c tout ainfi quâils feroidRt ou telles lettres auroient p2r es preuenus efte obtenues 8c preféntées. Pour la fubuention neceffà ire à la deffence com-'quot;une defdits vnisâl fera faite impofition nbsp;nbsp;leuée de toute snatures de tailles tant aidc,oôl:roy,
^i^îuës rcparatiôs fblde de la gendarmerie, augmêtatiô de fblde vftencille deniers deftinez ââUeparatiûs,tant fur le pays Gouuernement de Languedoc que fur le pays8c Gouuernemét ^Guienne, Gafeongne, Rouergue,Q^prey, Agenois,Bazadois, Perigort, Limonn, Saintonge
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Saintonge, Angoumois, Poitou, Auucrgne, Dauphine, Lycruois, Icitft.%1 ict'cn«amp; Boui'gongnc.llferapatcillement leuciur ledit Gouuernement de Languedet lesdiciisd^ i ttjuiualJent faifant port icn de Iâaide.Pareillement feront prins nbsp;nbsp;Icuez fur routes lifditcspro*
uinces les droits du demmaine du Roy ,aiibeines,efpaues,alberguesamp; autres droitsamp;dc-uoirs des circonftances du diwdemmaine. Aufli huit décimés qui feront impofecsfurleclciquot; gédefdites prouincesamp;à laute du payement dâicclles toutle rtuenu. *1 eures gabelles^ creuès eftablies fur les fels de Broüage^Peccaix amp;nbsp;auties.Tous deniers qui fe trouuerót dcuï aux ennemis de celle caulede quelque eflat qualité ou côditiô quâils lôict. Toutceqiiifo^ impofé fur les Noblesfujets au ban amp;nbsp;arricreban à faute de redre le feruice quâils doi rient à 6 ⢠Majeltc. Tous les relies qui le tiouueront entre les mains des cc mptablcs detoutesraturesde deniers jviuresmunitiôsôc denrées depuis le commencement des premiers troubles à prelent. Tous les droits des quints qui feront prins fur les butins amp;nbsp;rançons deprifcn-niers de guerre. Plus fera Icuéfur toutes elpeces de marcbandilês cy deuantpeimifespariar-tide du commerce amp;nbsp;liberté du trafit que Ibrtans des villes amp;nbsp;lieux deîvniôidoublesdroits de foraine amp;nbsp;dommaine forain. Et dâautant quâil y a plufreurs de grand vallei)r:amp; defqufl' «TuucU«quot;^ ^esles cllrangers de cc Royaume ne pourtoitnt fe palier: Four celle taufe aeltélpecialkir-ct;' arrefté quâil lèra leué fur chacune balle de paflel trente lôlz. Sur chacun tonneau de vinioi' Xante folLSur chacune liure de falFran cinq folz.Four chacun quintal de lainefurgedixfok' Sedefautre vint folz.Pour chacune cane déboisa brullcr qui fcrcntdelccnduès fur les Ht-iiieresde Garonne ,Lâarige, Lers, Lariege, Ande amp;nbsp;Salat. Ãtpour chacun carratdetois^ ballir qui defeendra fur Icfdires prouices vint Iblz. Saufs aux Generaux prouinciaux auccia-uis de leur Conlcil dâaugmenter lefdits droits felon les cômoditrez quâils en pourront auoir. Dont il drclîèront eftat certain.Sercnt aufîî leuez tous les droits des bources des mennoiest^^ la Rochelle amp;nbsp;Montpellier. Les contributions amp;nbsp;deniers duclcrgé delà Ct ntcdeFoixk' quelle paiefes tailles au Roy deNauarre.Et pour accélérer la recepreSc leute dcfditsdeniei^ lèra au pais de Lâguedoà la couftume eftablie en chacunDiOccfc,vn reccueur particulier qn® en lèra chargé entreremét de quelque nature de deniers que ce lôir.Ãt aux autres prouinccs generauxprouinciauxy cômâdâs en labféce demodic lcigncurlcPrince,ôu de moditfeignequot;* leMarelèhal auec lalfâblée proiiinciallc de leursjprouincesypouruoirôt chacun en fô deftwin Er feront icelles rcceptcs deliurées a la meilleure commodité que faire ce pourra à perlcnnes bien receantes lôluables amp;nbsp;cautionnées à condition dauancer le premier quartier de leurs re ceptes entre les/mains des receueurs Generaux eftans ou qui feront cftablis es lieux cy après nommez. Aflauoirenla recepte generatie de Môtpellier feront a pportez amp;nbsp;payes les denied des Diocefèsde Narbonne, fâint Pons, Beziers, Lodcfîre, Agde, Montpellier,Mande,N' mes , Vzez, Viuicrs,lc Puy amp;nbsp;Auucrgne. A Cadres fera eftably vn receueur amp;nbsp;conterolb* general des finances. Et feront apportez amp;paiez en ladite recepte Generatie tous les denied des Diocefcs de Carcafïènne, Allcts, amp;nbsp;Limoux, Mirepoix, Cumenge,Rieux,îholoze,Ã' uaur,Alby,Cadres ,amp; faint Papoul.A Môtauban le receueurramp; conterolleur generauxqquot;' y font ordonnez y feront continuez amp;nbsp;des deniers des pays dâAgenois, du bas Qvcrfyamp;^^** Diocefc de Montauban y feront paiez amp;nbsp;apportez enfemble des quartiers de Gafeongne auX enuirons du Mas du Verdin.A Beaulieu ou à Cardeliac fera édabfy vn receueur amp;nbsp;ccnterol-leur generaux des finances.Et feront paiez amp;nbsp;apportez en ladite recepte gencrallc tous les deniers des pays de Limofin, la marche, le haut Quercy, amp;nbsp;haute Auuergne. A Bergeracfo* edably vn receueur amp;nbsp;conterolleur generaux aufquels feront apportez tous les deniersClt;â pays de Bourdellois Sc Périgord. A la Rochelle feront edablis vn reccueuramp; conterolkquot;' generaux des finances fi ja rfy a edé pourueu.Ou feront tous les deniers de Saintonge d OniS AngOumoisSc Poitou enfèroble les gabelles paiez en la tecepte gencrallc. A CaftellaloU-^ fera edably vn reccueur amp;nbsp;cterolleur generaux de finâces amp;ferot paiez en ladite receptetous les deniers du days deGafc^ngne depuis la Riuierc de Garonne,en la vers les Monts pirences-A Nions en Dauphiné feront edabhs vn receueur Se conterolleur generaux des finances ront paiez en ladite recepte gencrallc tousles deniers du Dauphiné amp;nbsp;contât de Veniie-Mazeres feront edablis vn receueur amp;nbsp;côtcrolleur generaux des finances ou tous les deniers de la côté deFoix ferôt apportez paiez cnfébic du Diocefède Côferâsamp; du DiocefeCiiæquot; ge hors IcLâguedo.A Millau en Rouergue ferôt edablis vn receucuramp;côtcrolleur general
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ùcsfinâccs amp;nbsp;tous les deniers de là prouinccy iêrôtpaiez.En Prouêce melmes en officiers auf ^uels les deniers deProuencc feront portez. Lcfdits receueurs generaux ne pourront vuider leurs mains des deniers de leur chargCjUy en faire aucun paiemet que par la leu île ordonnace deMonfeigneur lePrince de Condé fil fachemine effiites prouînees :où de monditSeigneur leMarefchalcnfonablènce auec fauis de leurs Confeils. Et roue ce que par lcfdits receueurs Generaux fe trouucra auoir efté paiéûns ordonnance de mondifSeignéurlePrinceoii de mondit Seigneui le Mercfehal comme dit eftdeur Fera purement rajyé en la delpence de leurs comptes. Les Generaux prouinciaux auec fauis des alfcmblées' generalles prouinciallez de leur refort enuoieront promptement feftat des gês de guerre quâil leur conuiendra entretenir nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
cnfemble les gages des Officiers qu'il conuiendra paierfuiuant fynion de leurs autres defpé-ces exttaordit) aires à mondit- Seigneur le-Matefchai en fablënée de môditScigneùr le Prin-cc'.amp;aufli feftatau vray des receptes gcneralles delcurs prouincespourfuree-ïeur pouruoir dâaffignatiôs auecfauis du Gôlèil.Et icellesaffignatiós dónéezjlèföirs generauxpröuinciaux endifpoferont auec fauis de leurs' Confeils lëlon la forme de leurs Eltats arrcllez non au-tremcnt-Et affin qu'il ny.aie nulle exception de deniers efelires receptes gcnerà llcs ou particu-lictesiles imposions ù Eftats en feront laits bien generallement par toutes lefdites prouinces Waiix comptables dejcprâdre les non valloir en deniers comptez amp;nbsp;non receux auecade dedilligénee ou legitimes excufes.Mondit Seigneurie Prince fera payer pou rlbn platfuiuat Defpcn« cc quâilluy à pieu demander amp;nbsp;des plus claifs deniers par chacun mois trois mil hures tour-nois.Quiretiientpar an la fe»mme detrente fix milliures. Mondit Seigneur le Marefehalfe- MLckhai paiera Monfieur de Chaftillon pour la penfion qui luy à efté accordée tant quâil fera derti- dâAnuiüe mé defesbiensla fomme de cinq cens liures tournois chacun mois amp;nbsp;par an fix milliures.
Mondit Seigneur le Marcfchal fe fera paier pour fon entretenement amp;nbsp;des plus clairs deniers 3iant efgard à la grande defpence quâil luy conuient faire amp;nbsp;quâil eft enticremet deftitué de fes biens 8i eftats amp;nbsp;autres bonnes confiderations; lalômme de fix mil liures tournois chacun niois. Mondit Seigneur !⢠Marcfchal auec fauis de fon Confeil drelferafEftat de la defpence defextraordinaire de la guerre. Et pour lâentretenemét de lâarmée eftat fon fous cômandemet felon le temps, les lâifons amp;nbsp;les occurrences à la moindre foulle amp;nbsp;au plus grand foulagemét du peuple que faire ce pourra.Sera promptemét faite depefehe de la part de mondit Seigneur IcMarefchal à tous les Archèiicques amp;nbsp;Euefques defdites prouinces amp;nbsp;leurs findics Si cha- â ⢠pdlainsà cequâils aient à donner afficurance amp;nbsp;cautions du paiement des huit décimés qui font impofées fur eux dans les villes de ce party à condition deles laiffer aller paffiblemcnt ftics-Jouit de leurs biens .Auec intimation que à faute de ce faire fera procédé à fentiere prinfe,fai-fe amp;aferme de leurs biens à f vtilité auanccmcnt amp;nbsp;foulagement de cefte Caufe amp;nbsp;du public En chacune generallité fera pourueu parlesaflemblées prouincialles à lâeftabliffiement des bureaux fur les paflà gcs par la leuée des droits foraine,domaine forain amp;nbsp;autres drois ordóncz ouquifontou feront ordonnez eftre Icuczfurlcsmarchandifes. Enfembledes receueurs amp;nbsp;gardes gens de bien amp;nbsp;fans reprehcnfion auec toute la police quify pourra faire pour euiter 'OUS abbus.Et fe chargeront lefelits receueurs defoits droits de mois en mois dâapporter leurs deniersenla rcceptcgenerallcau plus tard pour euiter quâils nefeperdent. Età cequeplus feeqiicntement amp;nbsp;auec tant plus de moien fon puilfe conoiftre leur intégrité: amp;nbsp;pour procéder aux baux aferrae des biens amp;nbsp;reuenuz tant Royaux, Ecclefiaftiques en cas que lefoits Ec-clefiaRiqucs ne paient lefdites décimés: que autres reuenans au public fuiuant lâERat particu-beramp;au vray qui fera fait par IcCofeil prouinciaî.Le general prouincialamp; fôCôfeil eflirontamp; oometrôt en chacunDiocefe ou principalle ville fuiuant la cômcÃitédes lieux:vnCômiflà ire fuffiÃt 8c capable de prudâhomie Sc bône cxperiâcc. Lequel y procédera fuiuât les inftrudios amp;nbsp;reglcmés q Inycn fêrôt baillez.Et remetralâprocedureamp;côtratsde baux aferme pardeuers ledit generalamp;fon Côfeihpour fur iceux faire amp;nbsp;drelfer eftat aulH« receueurs amp;nbsp;particullicrs ^prouinciaux come il appartiêdra.Defquels amp;nbsp;de tout ce que dcffiis fera tenu bô regiftre par «greffier de leur Côfeil. Auät-que procéder aufdits baux à fcrme,!efdits cômilïà ires ferôt te-rjusinformer exaélemét desOfficiers Côfuls amp;nbsp;autres perfônes notables des lieux ou les biés bntaffis.Dclâcftat Sclegitimc valleur des fruitsamp;dâiceux. Voir les arrentemens précédons pour aiand cfgart à iceux fen aider pour le bic amp;nbsp;auantage du publiq le plus que faire fe pour-rî.LesGouuerneursç, Gentilshommes, Capitaines, Officiers Confuls amp;nbsp;autres perfonnes
publiques
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Publiquesde difficillc côuentiÃ;8c qui parleur faneur 8c autorité pourroiet intimider ceux demah'ïé ^ui autoicnt volonte deprandrelefdites fermesme feront receuz diredement ou indircâcnirt conuentiô 3 enchérir Icfditcs finances 8c ne pouttont aptes iccllcs faitesyentrer en aucune portion, n y b°cquot;7uxfcV cautionner les fermiers à peyne de mil liures dâamende. Prohibant par expres aufdits coin-mifîaires lesy auertir 8c rcceuÃr, à peyne dâen refpondre en leurs propres 8c priueznoms:amp;: de tous defpens dommages 8c inter efts qui fen pourroient enfuiure. Les commifl'aircsaprà deuë publication defditesfermes, procéderont auec faffiftance dâvn ou plufieursofficicrsamp; Confiais des lieux à ladeliurancc dâicelle, au plus offrant 8c dernier enchetilfeurà la chandelle eftcinte.Prandront 8c receuront bonnes fuffifantes cautions qui fobligerontauecb principaux fermiers vn fcul pour le tout fans difeution comme pour les propres deniers amp;af-faxrcs du Roy à peinc au cômiflà irc dâen refpôdreen fon propre 8c priué non.En chacunegene-rallité par mondit Seigneur le Marefchal feront commis dâeux perfonnages de bônne viem* tegrité 8c experiance au fait des finances dâautre prouince, pour procéder à fexamcn, auditif arreft 8c clofturc des comptes de toutes perfonnes comptables aians eu maniement charge amp;nbsp;aminiftration publique 8c particuliere des deniers, biens 8c rcuenuz deftinez au public;dont cydeffuscft fait eftat depuis les premiers troubles .Lefquels ne pounonteftrereeufez. Etfo ront remis pardeuant eux tous comptes cy deuantouyz; aéfes 8c procedures faites par autres commiffaires pour les receuoir juger 8c arrefter. Et pour accélérer ladite rediticndecomptà 8c reftitution du rcliqua: Les Generaux 8c leur Confêil feront faire commandement parcry public en toutes les villes 8c lieux de leurs Generallitez, à tous comptables aians eu admind-tration 8c maniement defdits deniers 8c autres chofes de dreffer leurs coptes 8c cftats au vÃ/ de recepte 8c defpencc dans quinzaine apres la publication.pour les cxiber 8c remettre pardeuers lescômiffairesqui fur ceferôt députez à peyne de looo.l. 8c de rousdefpês amp;nbsp;frais des cômiflà ires qui par leur dilatiô8crctardemcc fen pourroient enfuiure.Lefquels cômiflâiresvaqueront au fait de leurs charges aux villes capitalles des prouinccs ou Diocefcs:8c rechercheront dillegemment toutes aôhons8c adminiftrations defdits compables. Mefmes des Goquot;' uerneurs. Gentilshommes, Capitaines, Confuls,foldats 8c autres perfonnes publiques amp;nbsp;pi* liées qui fefont appropriez les deniers,rentes 8c rcuenuz tant Royaux Ecclefiaftiques butins 8c rançons que autres appartenans au'public. Et iceux cnfcmble tous retenteurs contraindre par corps fi befoin eftapayer lefdites reftes, fruits, deniers, rentes 8c rcuenuz pat eux pcrceirz fans autorité publique. Sera enquis par lefdits commiftaires ou Magiftrats des lieux des abus fraudes8ceialucrfations commifesfur les baux à fermes 8c arrentemens, cueilletteou recepte
Rançon amp;nbsp;butins.
Dénonciateurs.
des denicrsEcclefiaftiqiics amp;nbsp;autres deftinez au bien public amp;nbsp;procéderont contrcles coul-pablcs felon lâexigence descas. Les comptes clozamp; arreftez par IclHits commiflaires, feront remis auec les procedures ,arrefts defdits comptes amp;nbsp;parties deuës pardeuers Mcnfeigncnt leMarefchal amp;nbsp;fon cnofcil pareillement deuers le General de la prouinccamp; fonC o N s E I Ljpour en faire faire eftatamp;recepteaufditsreceueurs generaux prouinciaitx Eft enjoint à tous generaux, Magiftrats, Chefs, Capitaines, Confuls, foldatsSê autresq«â-il appartiendra; de bailler toute aide ,faucur amp;nbsp;main forte à tous ccmmiflà ircs, recciieurs commis amp;nbsp;autres perfonnes aians charge defditcs finances en îexccution de leurs ordonnances : fur peyne de rebellion amp;nbsp;de tous defpens dommages amp;nbsp;interefts qui fen pourroienten-fuiure. Seront contraints tous Capitaines, foldats amp;nbsp;autres qui doiuent droits de butin oU rançon de paier la cinquième partie dâiceux fans les armes amp;nbsp;cheuauxpouiTauenir.Er poft les butins ja faits les droits portez par les regiemens à peyne de peculat. Pour dénonciation amp;nbsp;declaration qui fera faite#]es deniers receliez amp;nbsp;autres chofesappartenans au public; fera permis au gcncral,amp; Confêil prouincial dccompofêramp;: accorder auecles denonciateiirSî Pourueu quâils nâexcédent la quarte partie des dettes qui feront déclarées. Eft inhibéamp;de-fendu à tousSeigneurs ,Gej|tiIshommes, Chefs,Capitaines foldats amp;nbsp;autrestfê mefler direde-ment ou indiredement du fait des finances fans ccmmilfion expreflè, amp;nbsp;moins empefeherh leuée des deniers 8c reuenuZ tant Royaux que Ecclefiaftiques, 8c autres eftans de la naturecV denant fpccifiéc,fur peyne de crime de peculat 8c defâueu en Paix 8c en guerrc.Les Seigneurs Gétilshomcs des prouinccs dâvne 5c dâautre Religio eftäs de fvniójCotribuerót à fimpofition 8c paiement des deniers exraordinaircs qui ont cftéimpofoz pour la folde 8c entretenement des fornes eftrangeres fuiuant leurs ofFres,8c pour lâauenir en cas de leuée defdits cftrangersy contribueront
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contribueront fansconfequcncc ny prejudicier aux priuilJegcs de la NoblefTe. Comme pa-teillcmcnt les villes nouuellement venues amp;nbsp;qui viendront par cy apres en lâvnion: entreront aufdices impofitions pour lâauenir amp;nbsp;les paiemens Ja faitsfuiuant les departemens precedens rendront lieu fur le tant moins de leurs portions faites ou qui (è feront pour lâeffet que deffus. Tous ceux qui ontpenffions aflignécs fur lâaide, odroy, gabelldî dommaine du Roy amp;nbsp;autres, droits Si reuenus appartenâs à fa Majeiié-.fc retiretôt à môdit Seigneur le Mrefchal èi Ion Cô-(ôil pour leur pouruoir fur le paiement dâicelluy en tout ou en partie félon le merite, quallité Scneceffitédesperfonncs, en aianrefgard aux moiens amp;nbsp;commoditcz qui feront au pouuoir du public. En toutes les afïèmblées prouincialles fera ordonné amp;nbsp;fait efîat certain aux Minify ttcspour leur entretenement, aiant efgardfi tant cft qnâils foient mariez, au nombre de leurs enamp;ns Si familles amp;nbsp;fils les eniretiennét aux efcolles, charte de viuresamp; autres charges quâilleur conuieut porter: pour le tout confîderé leur eftre baillé conuenable Sii fuffifântpaie- ' ment qui fe fera de quartier en quartier par anticipation amp;nbsp;des premiers amp;nbsp;clairs deniers Ec-clefiaftiques Si autres de quelque nature quâils foient qui entreront en la bource defdits rece- Miniftrw. ueursprouinciaux amp;nbsp;particuliers. Et a ces fins fera fait eftat certain defdits Miniftrcs en chacune prouincc; Et fur icelluy leur fera expédié mandement general fur lefdits receueurs chacun en fon endroit, pour eftre paiez parleurs quitances fans autre mandement ou ordonnances particulières. Enjoignant aufdits receueurs amp;nbsp;leurs commis à la premiere requifition defdits Miniftrcs: faire lefHits paiemens ainfi que dit eft fans vfêr de dilaiemens ou fubterfuges 5cmoins exiger dâeux ny dâautres petfônnes fur eux aflignécs aucune chofèfùr peyne de con- Difcipiinc cutionamp;de punition exemplaire. Dâautant que les gens de guerre doiuentpluftoft feruir 'ââcuukc. dâexemple de vertu amp;nbsp;honnefteté aux autres: que non pas de desbordement amp;defôlation: Tous Chefs, Capitaines amp;nbsp;fôldats qui font ou feront de lâvnion de cefte pourfuitte: font exor- guerre cxé. Kzdâvfer défi Chreftiensamp;fà ges deportemens en leurs adions, que Dieu enfoithonnoré pat bonne vie amp;nbsp;conuerfârion, ediffié à toute dodrine amp;nbsp;pieté.Et pourcc que le vice plus fre- Ãiafpiigmcj quentquieft parmy lefdiis gens de guerre, eft les reniemens amp;nbsp;blafphemes quâils font à tous propos contrôles commanderoens de Dicu,Edits Sgt;i ordonnances des Roys tant anciens que moJetnesSe fcandallc de tous bons ChreÃiens: Eft prohibé amp;nbsp;défendu à tous de quelque eftat, quallité ou conditio. Jurer amp;nbsp;blafphemet le nô de Dieu pour quelque caufo ou occafio ^»ccefoitjfui peyne de cent fols dâaméde pour la premiere fois, de dix liures pour la fêcôde,amp;
eftre pour la rroifiém e priuez des armes côme indignes.Tous les Chefs Capitaines amp;nbsp;foldats promcttrôc garder amp;nbsp;obferuer les reglemés tant millitaircs que de la luftice amp;nbsp;finances fur les peynes portées par lefdits reglemens.En chacune compagnie des gens de guerre Catholiques y aura vn Preftre ordinaire pour leur dire la Meflé amp;nbsp;de ceux de la religion y aura vn Miniftre en guene. ou Diacre pour faire lePrefohe ou prières aux Jours ordonnez. Et feront tous Chefs Ca-paitainesamp; foldats fujets à Tordre amp;nbsp;difeipline Ecclefiaftique chacun en fâ Religion fuiuant
les reglcmens amp;nbsp;police des Eglifes de ce Royaume. En chacune compagnie de gens de guer- pafonmer». retant de cheual que de pied il y aura vn de ladite compagnie qui tiendra regiftre amp;nbsp;conte-lolle des butins amp;nbsp;prifonniers qui feront par eux faits amp;: tous autres droits appartenans a la Caufo. Lequel fera tenu les bailler par extrait amp;nbsp;declaration au General amp;nbsp;fon Confèjl pour en élire fait recepte pat lereceucur prouincial ou particulier. Eft trefexpreflèment prohibé amp;Wenduà tous lefdits gens de guerre fans exception de perfonne, mener vie lubrique ou æandaleuze; tenir ou côduire foit à la ville ou aux champs aufdites compagniesôi bandes,au-wncfemme fur peyne de la vie, amp;nbsp;la femme dâeftre punie corporellement. Il eft trefexpreffo-ment défendu à tous gens de guerre amp;nbsp;foldats de ne mettre la nilin aux armes pour injures ouquerellesparticullieres.Maispour la defeifion dâicelles fo retireront à leurs Chefsamp;Ca- Placesamp;bi. pitaines pour leur eftre fait droit comme il appartiendra. Sera procédé en chacune prouin-ceaux defmentellemens des lieux amp;nbsp;places inutilles amp;nbsp;non tenab^s par fordonnance du general prouincial amp;nbsp;aflèniblées prouincialles.Cc qui fora fait le plus promptemennt amp;nbsp;exade-mentque faire ce pourra pourle bien amp;nbsp;foulagement du public. Leis compofitions qui fo fe-Wpourlaredition desvilles amp;nbsp;autres lieux appartiendront au public. Et pourceforafait ButinsSt caiei amp;nbsp;recepte à part des deniers amp;nbsp;biens prouenans dâicelluy par ledit receueur General ou prifonnier». prouincial. Ne fera aucune chofo déclarée butin, fans auoir cfté préalablement Jugée par le General prouincial Si fon Confeil qui Jugeront pareillement de tous differents qui auiendrôt
fur
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L' H I s T o I R E
fur lefdits butins 5 prinlêsSe rançons de pcifonnes. Tous Capitaines amp;nbsp;foldats decbrcrput amp;nbsp;dénonceront au General amp;nbsp;Conlèil les perfonnes amp;nbsp;rançons accordées dans vint quaiis iieures apres les prinfes faites: amp;nbsp;ne les pourront eflargirou deliurerfans exprelfc ojdonnan-ce dudit General amp;nbsp;Confcil.Et où ils voudroient garder lefdits prifônnicrsferont tenuzwæ donner fuffifâmment pour le érott de la Caufe. Et ne pourrôt lefdits Generaux Gouuerneuis Capitaines amp;nbsp;autres remettre ou moderer le droit dcfdits butins amp;nbsp;rançons deuz au public fur peine de les paier entièrement de leur propre. Sera receu pour le droit des biitin.spoiirk public de toutes marchandifes amp;nbsp;autres chofes prinfes le cinquiémcjcnfcmble des rançons^ le fur plusfera dift ribüé afïà uoir aux Capitaines en chef fix paies amp;nbsp;aux Gouuernciirs des villes fil y en a vn dixiéme amp;nbsp;aux membres des compagnies fe trouuansaux faéfionsà îequipo-lent de leurs Chefs. Les commiffions qui feront baillées amp;nbsp;expédiées aux Capitainesamp;Æâ' tres pour commander feront enregiftrées aux regiftres du Confeil prouincial. Ãff prohibés^ défendu à tous Capitaines êc gens de guerre marcher ou tenir les champs auec leurs compagnies fans expres commandement ôc commiflîon de mondit Seigneur le Marefchal ou du neral de la prouince fur peyne de la viejautrement leur fera couru fus. Peur euiter à la riivaf amp;nbsp;detriment du peuple qui pourvoit aucnir pour raifon dupaflà gedcs gens deguerre;fcj^ en chacune prouince où Diocefè depute vn commiffaire qui fera dreffèr les eflappe.s politic pafïà gc dcfdits gens de guerre dans la terre de lâenncmy fil efl pofïible ou autrement au pl*® grand foulagcment du peuple quefaire ce pourra. Lefiauc lies efiapes fe fourniront deviu^ aux defpens du générai dudit pays ou Dioccfc dont fera faite imposition, à la prochaine afliçt* Eftapes te pour le rembourfement dâiceux qui ont fairlefditcs auances. Lesfbldatsne poiirronta^' iaglVde ^â-â5 Capitaines ny habandonner leurs garnifons fins expres congé amp;nbsp;permiffion defei'J dc^guerre. Chefs nc feront rcceuz en autres compagnies fans faire aparoir de leurs congez.
à tous Capitaines les receuoir ou pratiquer les fbldats les vus des autres pour les diffrairedô compagnies à pcynedâeflrc déclarez inhabilles de commander. Et pour reconoiftrelesiC' dats eftrangers amp;nbsp;auoir conoiffance de leurs aéfions: feratenu regjffre aux portes des villfâ de.^lâentrée amp;nbsp;yfTuë dâiceux pour en informer incontmant le gouucrneur Chefs comw^f' daps en la ville. Ne fera permis ny loifible aux gens de guerre amp;nbsp;autres execupter aucunes^?' treprifès quâils auroient fur les villes amp;nbsp;placesfà n.s fauis amp;nbsp;conge du general.Efl trefexprefi^' ment défendu à tous Capitaines, foldats amp;nbsp;gens de guerre aians receu folde-prandreauu!ââ Viures fans paier amp;nbsp;du gré ôtconfentcment de leurs holies amp;nbsp;autres fur peyne dâeflre punâS comme lirons Scvolleurs. En chacune porte de ville qui fera ouucrte y aura deuxCleb' dont lâvnc fera baillée amp;nbsp;gardée par cclluy qui aura le commandement des armes en ladite ville.F.t lâautre par le? Confuls dâicclle.Efl generallcmcnt défendu à toutes perfoncs dequd' que eftat condition quâils foient,parlementer, negotier ou trafiquer aucC iâennemy lans pet' miffiondcfdits Generaux6c Confeil amp;nbsp;fur peyne dâeflre traitiez comme ennemys. Touteâ prouifions munitions de guerre cnfcmble les réparations amp;nbsp;fortifications des villes : lêfc' rontdcs deniers publics par lâordonnance du General Confeil amp;nbsp;Confuls defdites vilhâ lâufles armes qui fe feront par Diocefes Bailliages Senclchaucée félon la coiiflume des pays.Lcs paiemens des compagnies tant de pied que de cheualjfe ferôtfous môllre amp;nbsp;reueue îk non autrement: affillans à iccelles les commiffaires amp;nbsp;contcrolleurs generaux des gueftâ ou en leurablcnccles Confuls des lieux ou les garnifons feront ordonnéésfuiuant les ordoO' nances precedentes fur ce faites. Les Capitaines rcfpondrôt des exces amp;nbsp;malucrfatiô de leff fbldats, pour les reprefênter à lullice qnand requis en feront. Ne pourront les Générant-' Chefs Cappitainesôc autrqi aians le commandement des places, villes amp;nbsp;forts aliénant v»c Paix: prandre ou fapproprict les viurcs,munitions ou armes ellans en magazin apattenans 3quot; public.Ains les lairrontau proffitamp;pourlafubuention defditcs villes par bon amp;nbsp;loyal iniieæ taire. Toutes les compagnes de gens de guerre à pied feront réduites au nombre de cent bf' mes.Les compagnies deflinées à tenir garnifo,feront mifcsamp; difpcrféesaux villcsSi lieux qu® befoinfèraamp;le plus pres deîennemy que faire fcpourra.T'ous les habitans des villes de vnion amp;nbsp;pourfuitte: feront tenuz de l'emploiera la garde dâicelles amp;nbsp;defe pourvoir dâarincâ chacun felô fâ faculté:amp; cflirôt entre eux Capitaines par cartiers pour leurcomâdcr.Enquoy
Cinquiimc des butins amp;nbsp;rançons.
Cûmillaires déchargés.
Soldats Volans'
Moien de conoiflre les cürâ-gers amp;nbsp;eC-pions.
Entrtprifcs nun cxccu tc«$ fans le General.
Proiiiïîons armes amp;nbsp;munitions.
Magazins.
Cópagnics de pied de cent humes.
G.-irdes aux aucun iic pourra eflrc cxcufeifcprctédre priuillege.Et ceux qui dcfaudrôtà leurtoiirferôt
â nbsp;nbsp;nbsp;militez paalesCôfuls des villes tat pour cômettre en Icursælaces quâa iâvtillité du public
uaii
livre trentenevfieme.
J^accux qui commanderôt aufHites villes au Gonfuiz d'icelles : de rtdonnoiftre les /ul* P S) leur defendant les gardes amp;nbsp;de commettre en leurs places à leurs dcfpens qui ne pout-weeder entre le jour amp;nbsp;la nuit cinq fols au plus. Sera faîte dcfofiption amp;nbsp;dénombré-
J ^ntdes hommes des villes amp;nbsp;lieux clos quiforont pour foire la guerre à cheüà l : lors que ââ ^âonfeprefenteraamp;eflirontentr'-eux Chef dâexperiènee pgur fortir amp;cmpefcher les ucs des ennemis. Enquoyforont principallementefleuz ceüx qui auront moyen de fo f^onteramp; armer. Ncantmoins fil y en a aucuns qui aient de bons chenaux amp;nbsp;ne foient pour 'fc armes: feront tenus de les prefter fouf leur payer aux delpens du publie en cas quâ-euuenttucz. Sera défendu à tous Gentils-hommes nbsp;nbsp;autres de ne commettre la garde '
cuts cheuauxamp;maifons fortes, à autres quâà ceux de céfte vnionamp; pourfoitte: fur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Wedeconfifcationdeleursmaifonsamp;dâeftrerazécs. Et fur mefmcs peines leur foradefen- ferles enne acné retenir nây recellcr les biens nây aucunement fouorifor les ennemis de celle Caiife , ' fournir argent nây munitions de guerre. Melnïés' deffenccs foront faîtèsà fous villa-S^oisamp;adherans a celte pourfoitte, pour quelque caufo prétexté ou couleur qiié cefoit:' de Æ retirer en leurs maifons amp;nbsp;lieux, les ennemis : amp;C de leur fournir viurcSjargent ou armes peine de la vie. Et foront tenus deHors quâils les defeouuriront, de faire feu, ou autre lï-pour en donner aduis à leurs voilîns. Et fils ont moicn de courir foz les volleurs amp;nbsp;bri-
Ws des faifiront amp;nbsp;mèneront à Iufticeamp; en cas de defences les mettront en piecc£^Les nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;//
quiforont ordonnées dans les villes amp;nbsp;lieux clos ; foront entretenues aux fraix amp;
PÃs comuns des DiocefosfoîTPfôuincë^ouTëîdites villes amp;nbsp;lieux forôt alïîs.Les côpagnies du nôbre de 100. homes: forôt paiées amp;nbsp;foudoiéespar chacun mois à railo^n de iP^liure^Gapitaine^jo. au Lieutenâtajot à tEnfoîgne à 2. Sergens chacun 15. liures. A â j^sporauxjvn Piphre,vnTâbour amp;nbsp;vn foricrachacun 12. liures amp;nbsp;a chacun Soldât^.liu. °urles Côpagnies qui tiêdront Garnifon elquelles il ny aura cent homes foront les Capitai-â®5paiez amp;nbsp;appointez corne il fora auifo par le General Prouincial aucc îauis de fon cofoil.Etquot; âââoitnant laditelôlde,lefdits ges de guerre forÃt tenus paier toUt ce quâils prandront de gré a ^/®ux toutesfois qui l?ra fait des viures par le General Prouincial auec tauis des alfëblées â ââouwcialles.Seradefédu aufdits gés de guerre tenâs Garnifon de côuier les vns les autres en jMo 4» logis pour ne porter foullcà leurs hoftcs:lefquels ne forôt tenus leur fournir pour vftcce nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Æ
^kjûjinge blanc amp;nbsp;able Sgt;i. la faculté de cuire leur viande à leur feu. Demeurera à toptio ^noftes de nourîr lesfonples foldats à leur honnefte ordinaire. Et outre ce leur bailler par /Oünmois 60. fols pour achepter foulliers cordes amp;nbsp;plomb.A ce quâaucune fraude ne foie le lôgement amp;nbsp;nourriture defdits foldats : fora depute par les confeils en Shacunc vn defdits principaux habitas pour vifiter de fopmaine en fepmaine les foldats qui foront
âElementen la Garnifon. Et tenir Contretolles des billets qui forôt expediez pour leloge-defdits foldats par vn ou deux autres perfonnages qui foront chargez par lefdits Côfuls Æ ccraire.Les billets amp;nbsp;rollcs de logemét des gés de guerre, côtiendrôt leurs nojns amp;nbsp;furnos
Qtquellicu ils feront amp;nbsp;de quelle CôpagnieSc de lamaifon ou iis deurontloger. Lcfquels {ââ«s amp;nbsp;roolles foront Contrerollez par le fufdit Contrcrolleur, autrement demeurerôt fins ''â¢Leremuement des logis de gens de guerre, fora faiél de quinze jours en quinze jours °â demoys en moys: comme il fora aflifé par les Confuls des lieux pour le foulagcmêt amp;nbsp;en-quot;^«nemant du peuple. Les Soldats qui feront habitans des villes où ils feront en Garnifon .⢠^jo^ont demander logis iTy vflence. Moyennant la foTde amp;nbsp;entretenement aufdits gens , ^guerre, ne feront nourris payez nây delfrayez aucuns cheuaux aux Capitaines ny auxSol-^!amp;cepournâincômoder le peuple.Leurfera défendu dâauoirefolites Côpagnies plus que cheuaux en tout. Les Soldats tenans Garnifon pour nâincomnftder leurs hoftes,nâauront
Goujats que de quatre en quatre vn au plus.La delpence^ paiement defoits gens de ^â'quot;ci^gaTIcmént porte par tous contribuables,ayant elgard aux induftries de plufieurs Qnt que bien peu de bien roturier. Quand aux gens de guerfc à cheual, les Gens-dar-j'esferont montez de deux cheuaux de feruice amp;nbsp;dâvn courant. Et les Archers amp;nbsp;cheuaux ^ers dâvn cheual de feruice amp;nbsp;dâvn courant. Et feront payez par chacun moys alfiuoir P'âquot;! chacun Cappitaine dâhommes dâarmes pour fon eftat la paye de cinq hommes dâar-à fon Licdtet^i t la paye^e qûâtrë^acÃ^n Ereigne amp;nbsp;Guydon la paye^ trois amp;nbsp;a
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Lâ H I S T Q I R E P E F R A N C E .
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Marçfchal des logis la^payc^tte-denx. Erpareillemcnt à chacun Capitaine de cheuaiï^ legers la paye de cinq, à fon Liçuténgni^le quatre, à fa Cornertc de trojs, à foa Marefchalà logis de.deArx.Efqu^siHipjeiriMfa lé .paiement ^q^lde feront tenus paicr de gréa grc tous les v(utesrqiii.lçprfeiqnt baillera« tà .ux,qui4crafaiï commet y deuanteft dit. Et ne pourwM prandtPifpurTigernây çx^ige^ lia leupfdjts hoft^fi.qtiç l,«,banc amp;nbsp;table amp;nbsp;faculté de çuyre Icm viandp au feu de lciirs holies nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;AuatOiiquelefdits gens de guerre tant de cli^'
ualqUe.diç pied puifîcnt receuoir paicmcnt:amp;-pQyr;euiter auflî quliJs ne fe façetpaier cowiuî prelçnsrCi:^ leurs Carnifons;.feront monftre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;üeuë de lëpmaine en lêpmaine. Et feront feU'
lement p^cz Ãjgux qui fe trouueront adluellementeldites Garnilbns. Eçfquelsfaifantldditô monftres:amp; rcueiiëss feront tenus prefter le ferment.Et feront icelles monftres amp;nbsp;reuciièsö' tes paj: les Ãommilïà ireg bd Contrerolleurs des Guerres amp;nbsp;en leurabfênce par les Officiers^ Confplz des viUtó en.lq forme qup:cy deuât il eftdit.Etpoutlé paiçtnétjdefdits gcnsdeGuci' reà \qI}epjal,LeO: o^dtgt;nuc.pour cbaeuri.mois à chaçu.p homme.dâarmes 45. liures amp;nbsp;à that'ââ Agt;;çhe{â ;ÃÃ^cheual leger.30. iipr^s^tQUrnois.Faitconclud arrëfté en l^ditèjaflcinblççie iâ' 1^.^ jQyF,-^gFcufi(eri575. Ainftfigné Paulin,de Lomaigpe.amp;c. â¢
uin, , e. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jg fiege de Lufignen:fut affiché à vn May (planté deuat la porte du logis du
peuple de Poitou au Comte du Ludt GüU-uerncur.
bikaiics'à i (lgt;^;4^e4;lSiwduy eftant en icelle:),vne lettre en forme de Requefte.Par laquelle le peup^^ dCjPoitQU remonftrqit que les pertes qu'il auoit fbuffertes puis 15, ans en pa ( lefquellesil di-fôjpt çft.re caulê de fâruine ) luy auoient efté faites par ççux qui fê difènt Gentilshômes, cómt les efteéis en faifôient prcuue. Par lefquelles ildifbit eftre fadle a juger amp;nbsp;conoiftre queIcui intentfô.nâeftoitque de ruiner le maçchantC^; le pourepayfant.Et que le noble eftoit feulquâ ea ces guerres ciuilcs feftoit garenti.Dâautât quâfts fê rendoiét ou faifôient redreà quelqu vn de leurs amis du parti plus'fort amp;nbsp;dâou on pouuoitplustirer de butin.Et quâilsfe fpauoiôââ bien maintenir amp;nbsp;côferuer les vus les autrcs:que ny en leurs biens ny en leurs perfonncSjikâ^ receuoient aucune incômodité, mais pluftoft proffit des troubles. Que par leur cóportem^'
teijil eftoit facile à juger quâen ces guerres il nây alloit de la Religion.Et que ne pouuans fupporter telles charges: 20. mil homes tant Catholiques que Hu^enotseftoict preftsuâ' Jeuer pour abolir ceux qui 'les vendent amp;nbsp;traittent de cefte façon. Et au deftous eftoit dctât Ce que jâay allégué non feulement pourmonftrer côbien la longueâ' cence de nos armes mutincs,à pouffé le cÅur du peuple affligé,à dire amp;nbsp;faire parolles amp;nbsp;entte prifêsfcditicufès:Maisauffi pour inciter ceux qui apres le Roy ont plus de pouuoiramp;cteiiiâ ep çeft eftat;dâofter par bonne vie amp;nbsp;vraiement nobles rcmôftrances,routes occafionsdeifâ contentlt;nensj plaintes amp;nbsp;feditions qui ne nous peuucntfuir,fi nous ne marchons dâautrePâ^ fGouftumç i En ce mefme temps fut auflî diuulguée ez enuirons de Poitiers, vncîh'â deTcatho- ciationjfufpcôtc à plufieurs,faite au nom de la Nobleffe de Poitou .En la maniéré de parlô
ligues cotre les Prote. ftans en Poitou,
de Jaquellç fiiittc amp;nbsp;grace dâicelle,aucuns difoint recognoiftre le ftile du Lieutenant de tou-,, Laquelle pour cefte raifon je vous reprefenteray de mot à mot fans y ajoufter nây dim*' nuer:^fin que ceux qui fauront frequente amp;t reconoiftront fônftileen puiffentjugerà leiâ
volonté. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.fs
Estant clair amp;nbsp;euident à vn chacun, queics ennemis du Roy,{ê font depuis lesptelen troubles plufieurs fois eflà yez de prandre les villes amp;nbsp;places ellans en fon obeylTance : amp;nbsp;frefehe mémoire la ville de Nyort. Et que le bruit commun eft quâils ont intelligence dans les princippalles villes de Poitou: au grand defauantage dulèruice defa Maj eft é, bien Royaume à la perte amp;nbsp;ruyne de tous les gens de bien de ce pays. Que fort voit à tei* courles amp;: prinfes quâyceux amp;nbsp;autres gens lans aueu, font de jour à autre fur les perfonnes biens dçfes bons fubjeds^ Encores quâils nâayent retraite reconnue ncmarcablepluspt® que la ville de la Rochelle, Bouteuille,amp; PonsjalTez ellongnez de ces quartiers. Et que j* cefte raifon il eft aile a penfer corne défait on à allez clairement dcfcouuert,que lefdifts ennt^ mis lônt fauorifez par les Ãcrettes intelligences quâils ont des mailôns amp;nbsp;perfonnes de lapW partde ceux de leur party, amp;de leurs parens: alfilès en tous les endroits du plat pays ouâ font leurs retraiéfes amp;nbsp;alTcmblces, de dix à dix,plus grand amp;nbsp;plus petit nôbre quelques Uâ Où de la ils ont leur Rendez vous aux jours amp;nbsp;lieux quâils les déterminent. Sans que a cun fc fort prefenté /ufquesicy pour foppofer par armes ou autrement a telles entrepu
-ocr page 541-LIVRE T R E N T E N E V F I E M E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ieS, ^auantage viennent auertiïïèmcns de toutes parts,quâils ont grandes intelligences flir les plâ â¢^ssdelobeiirancc de ladite Majefté amp;: fur les perlônnes des Seigneurs,Gentilshomnies amp;nbsp;au-''fs quifonc perfeuerans en fon lèruice felon leur deuoir: il à efté auifé par les Seigneurs fous âgnez, tous alTcrablez pour fçauoir les affaires conftituez en ü miforable eftat félon le bon pbifir amp;nbsp;vouloir du Roy amp;nbsp;de Monfieur le Comte du Lude fon üeutenant General amp;nbsp;Gou-^ffneur en cedit païs, de promettre amp;nbsp;jurer tousenfomble ez mains de Monfieur de
que lefdits Seigneurs amp;nbsp;Gentilshommes ont efleu pour Chef de celle là inte nbsp;louable
â^'Hreprife ; dont ils font fupplié prandre la chargc-.dc courir fus aux ennemis de fa dite Maje-perturbateurs du repos public.Pour aquoy le fortiffier,ilslê font jurez amp;nbsp;promisjjurenc ^promettent comme le femblable font tous les autres Gentilshommes Catholiques qui font pfefens à cefte deliberation, 8c qui apres fous-figneront ces prefontes : de le tenir prefts en e-^juipage dâhommes amp;nbsp;de chenaux, pour recercher amp;nbsp;defcouurir à leur pouuoir toutes les al-venues, retraittes 8c entreprilcs defdits ennemis: 8c en auertir ledit Sieur Comte duLu-où le Chefde celle là inte alfociation, enlèmble Sc lesantres.Au premier mandement def
dits Seigneurs Sc dâaucuns defdits Gentilshommes; tous les autres Seigneurs 8c Gctils-ùommeseueftans auertis, jurent 8c promettent de le rendre 8c trouuer au Rendez-vous qui surfera donné au lieu à eux alfigné par ledit Sieur Comte du Lude où
« le premier dâeux, pour promptement le trouuer au lieu quâils verront lâaffaire le requérir, pour courir fus aufdits perturbateurs ainfi aflèmblez, comme ennemis du Roy amp;nbsp;du repos lt;lufesftijets. Sansqueaucun dâiceuxennemisfoit par lefditsalfociezamp;jlirez,recouru pour quelque caufe que ce foit de leurs mains, ne prins à mercy ne rançon. Bien pourra cllre gar-oepouren retirer quelque autre defdits alfociez, fil auenoir quâil full prins par lefdits cnne-
Et pourtant que de (i loüable amp;nbsp;là inte entreprilê, il ell certain que lefdits ennemis irri-â5^3 fcfïbrceront particulièrement de nuire Secourir fus aufdits Sieurs 8c Gentils-hommes lâoppolâns à leur malice par le commun aduis amp;nbsp;deliberation de tous:Ils ont aulfi juré 8c pro-*â^'5 jurentSc promettent t^n à fautre, que fil aduient que aucun de tous ceux qui fe trouue-J^ontfignez en celle deliberation Sé la fous-figneront cy apres, foit tué, prins, affiegé, pour-wiuy ou autrement en quelque forte que ce foit, offenle en fon honneur, perfonne, biens amp;nbsp;^n^isfouorifà ns à celle entreprife amp;nbsp;deliberation ; tous les autres le vengeront de tout leur ^uuoir : Sc donneront promptement fccours 8c en la dilligence que faffà ire le requerra. Et ^gt;ontdeclarezamp; déclarent ennemis jurez de tous ceux qui contre fauthorité du Roypor-armes amp;nbsp;qui offenferont les fu jets fcmblablement lefdits alfociez en leurs perfoiines, «milles amp;nbsp;biens. Et outre de fe tenir prells pour marcher au premier mandement deldiâ:s fleurs Comte du Lude 8c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;où le premier dâeux qui les aiiertira * Lequel
quot;S ont promis Sc promettent dâaller trouuer pour lexecutiô de tout ce que pour le feruice duâ âûy «: pour le bien Sefalut de tous en general ou particulier leur fora ordonné 8c comandé. ] âU de mieux ellre liez 8c jurez dâamitié par enfemblc:proracttcnt tous neféploicr les vns « autres pour querelles pattictilieres qui puiffet interuenir entre eux:M3is jurer le cas auenât que fil y a aucun defdits alfociez qui aie querelle ou occafiô dâen auoir à fenconire de fos cô- ⢠Pignonsaffociez:quâil en croira ledit Seigneur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sans que nullemêt ilspren-
armes les vns cotre lesautres:Sc en palferôt par le jugemét dudit Sieur:qui en pradrata oppinion de mondit Sieur Cote du Lude Lieutenât general pour le Roy en cedit païs: ousiaiithorité duquel ils entendét promettent 8c jurer fo maintenir 8c côduire en toute ladi-^culfociationSc ce qui en depend. Et a celle fin que Dieu affilié à fy bône 8c là inte intêtiô, tous lefdits Seigneurs 8c Gentilshômes ont fondé vne Meffe ordiiuirc du S. Elprit,pour eflre Uîoe célébrée par chacun jour au Conuent des Cordelliers de Poitiers à y. heures du ma-ttu.Alaquelle ferôt tenus 8c ont promis alfilter lefdits Sieurs 8c Gentilshômes quifo trouue-ront en ladite ville de Poitiers en quelque jour de fan que ce foit. Et auenant le decez de f vn clditsSiears 8c Gentilshommes qui forontcy compris:forafait enfhonneur de Dieu 8c pour ?ncr Dieu pour fame du trefpaflé:vn foruicefo|emnel en ladite Eglife. Auquel les armes du-Uaefruntferont reprefentées.Etla cedit jour de feruice fo trouueront,les autres alfociez fils y outfemons par les parens du trelpaffé. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Comporte
IE vous ay cy deffus affez fouuent parlé des allées 8c venues en Cour 8c à la Rochelle f '«menant de Poitou « Enfomble des occafions 8c effeôls de fon mal contentement fiit Haye Lie»-
LU jj.
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Mar?,-*uriî, I17$-tenant de Poitou. A-ncc les oc-vafionsdç fi mort amp;nbsp;la forme de
îvniucrfelledilpofition du Royaume. A fon retou r de Cour il apporta lettres par Iciqntlles' Royen confideration des bons lèruices quâil auoitfaids à la Majcfié du feu Royfcnn^'^' Juypardonnoit tout ce quâil auoitfaiâ: durant les guerres dernières. Eten Iamcnnci2«f lé remettoit auffi en lès biens. Pour rendre ces lettres plus authentiques il les feitc'epcieny en patentes amp;nbsp;leeller du grand lèau . Il faid dâabondant eferire par la Majellé à Menlieur
iuftk?e'rcamp; Montpencier amp;nbsp;aux Officiers, Maire amp;nbsp;Efchcuins delà ville de Poitiers-: que fonintcnn. exemplaire eftoit quâil fuA rcceu en là maifon . Mais les Maire amp;nbsp;Efeheuins demandèrent à eftreoujs'*' dcio Corps, quelques remonÃranccs au Roy premier que de le receuoir. Pour le peu dâefpoir conceut lors le Lieutenant de râentreren là maifon, fi ceux de Poitiers eftoyentouys en
priué Confêil du Roy : il fe retira en vnc fiennc maifon pres la ville de Poitiers appelles Begaudiere dâoù ilfenalla deux jours apres à Surgere amp;nbsp;à Tadon, en intention en la Rochelle. Ou pour le moins communiquer par lauis de leurs députez aiiec la No**® amp;nbsp;aiïbciez . Ce qui ne fut trouué bon par le Conlêil du Maire : pour la matiiiaife oppiw^'â quâils auoyent de tout temps du Lieutenant. Au moyen tant des Conferences quâil iaifö'* uec Monfieurde Montpencier: defes voyages en Cour : que pour jene fpy quâelle que la Noue amp;nbsp;aucuns autres ncfuflcnf csbranltz paries perfuafons amp;nbsp;premefles. obuierà ce, en leur lieu deux autres accompagnez du Miniftrc Magnen* furent
Entrcprifc du Lieutenant fur Poitiers,
Entrcprifc (lu Licutc liane fur
pous allerparlerà luy. Pendanrque le Lieutenanty eftoit, laNouëluy enuoyadesboi-n^ââ les plaines de vin amp;nbsp;des viures quâon vifita à la porte pour la deffiance.Si que conçut le Lij'* tenât le lôupçô quâon auoit de luy tant de ce quâil nâauoit peu entrer en la ville que dehvin' tion cy deftus.Ãe pour rolir le Ibupçon quâon pourroit auoir des Chefs par lôu moyêalK®®' la conclufion de ces faciendes en là maifon où il fenrerourna de la à quelques jours La quelques Proteftansclefes plus ptiuez amp;nbsp;familiers furent conférer auec luy. Et y fcitc^ entre eux des complots pour furprandre les villes du pays de Poitou. Pour effeftuertd' entreprifès ilfut aduile entre eux, quâils feroyent entrer en Poitiers vn bon nombre deJO dats choyfisjdeguilèz en Pèlerins de Saintft laques amp;nbsp;d'autres incogneuz aux babitans la ville,linon à ceux qui cftoyent de la partie:en la' maifon delqucls ils deuoyent le logerpfi'f roieux conduire l'enrreprilè. Et quand ces intclligenciers auroyentees gens en leurs iâ*' fons: ils deuoyent pour troubler la ville fufeiter lc.s Catholitques à courir fur ceux Religion Proteftante: amp;nbsp;à celle fin leur remonftrer quâils ne doiucnt fouffrir que lespr'® cipaux de la ville abulà n^ de leur authorité, fupportallènt les ennemis de D i e v du M Ãc les leurs : nây charger leurs elpaules de leur tyrannie eftans les plus forts en la ville.
fans parftllcs parolles animer le peuple contre aucuns Officiers. Erpour-ce faire â uoyent alfembler en armes à lâheure du Sermon qui ce faifoit en Carefmeaiix lacobms la commancer vn piteux jeu qui euft continué par tout ailleurs tant fur les Huguenots q**® Catholicques quâils jiigeroyent fe deuoir oppolèr à leur intention .lufques a ce quâil en reul' fift vn trouble, pendant lequel ils deuoyent gangner où le draft eau où fvne des portes oC la ville, q uâils penfoyentfinidain mettre en la puiflance de ceux qui les auoyent fufcitezfi^ eequedeffus qui eufiétefté la pres pour leur affiftcr.Pcdât que ce CheftrauailIoitpoureD^' ôluer ce complot,il râefcriuoit loiiuent à des principaux dePoitiers qui luy auoyent elleam^-pour le mettre en bonne oppinion entiers eux : Que les Majeftez vouloyent recompcnlet K feruices, afin quâils creuffent que les menées quâilfaifoit tendiflènt à quelque bonnen pour le feruice du Roy amp;nbsp;bien commun : Et que leurs Majeftez fe repofoyentfurluy detoij tes les charges amp;nbsp;affaires dâimportance quâelles auoyent en Poitou . Cuidant que en diu**'' ganttek propos onfedoub^eroitmoins de luyamp; queplusaifémentilparuiendroità fesfquot;â' Puis fapprochant le temps deftiné pour la furprife de Poitiers, il fabfcnra de fa maifon alla en vnc autre dâvn Gentilhôme Catholique pour dônerpcrfeéfion à vnc entreprifequf' C^onuc^'^^quot; 3**oit: Ou eftant il enuoia à Fontenay vn ficnlèruiteur tant pourreconoiftre les forces quiv^
ftoient:que pour praticqilîr quelques Soldats dâicelle amp;nbsp;aucuns de la ville. Apres quâily^quot;' fejourné huit jours Ãc qu'il eut en icelle feftoyé plufieurs foldats amp;nbsp;autres de la villedl fcretins chez le Gentilhôme où eftoit fon maiftie:qui feitfoudain eferire par ce Gentilhôme à vnCapitaine de la Garnifon de Fontenay auquel il auoit autresfois cômandé amp;nbsp;qui mefme auoitC' ftéfon feruiteur, quâilfallafltrouiier. Ce que fit Carcaflonne. Laie Lieutenant fenqn*» exadement des compagnies qui eftoient enGarnifon en la ville:du nombre des foldats qu
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woit en chacune des Compagnies:des Gentilshommes qui fuiuoient les Roches Baritauld Couuerncur de la ville. Et fut tout combien de Soldats il auoit en là compagnie amp;nbsp;fil faà ^uroit dâeux. Puis en fin il fenqiiift de luy des moyens par lefquels on pourroit fiirprendre â î ville; luy difà nt qu'il faifeuroit tellement delà fidélité quâil ne luy lèroit lèulcment aidant ^fiperfonnepour les rendre Maiftres de la ville ; Mais aulfi quâil leur enleigneroit des moi-^â ispouryparuenir amp;nbsp;pour les rendre en quelque forte que ce fuft les plus forts en icelle, «apres pluficurs propos ouuertures amp;nbsp;moyens deduids tendansà ccbut treuuerent bon.
le Vendredy deuant la felle de Palque jour propre pour eftre deftiné à prières amp;nbsp;Orai-âons en tannée Mil cinq ces foixante quinze : pendant que ceux de la ville lêroienten deuo-
: le Cappiuine Carcalfonne feroitfaire par de lès plus fidelles amp;nbsp;plus alfurez Soldats, envnc certaine Caue dâvne maifonnette apartenante a vne veufue mandiante fituée en vn eoingde la ville peu frequente : vne ouuerture qui penetreroit jufques dans le folTé. Ce qui æpourroit faire aifément dâautant que le bout de celle Caue, joignoit aux fondemensdes murailles. Et que celle ouuerture faidc, lanuiéldu fuiuant fur lesdixà vnze heures; ils mettroyent dans le fort de Guinefolle fîtué deuant celle Caue, trois cens hommes de guer-m conduits par trois, lefquels à vn lignai dâvne corde dâharquebuze que les mefmes Sol-^tsqui auoientfeiôl fouuerturecy delTusdeuoient lailfer tomber dans le folTé de la ville: le deuoient incontinant rendre à fouuerture de la Caue.Où tvn de ces Soldats de la ville les îttendroit pour leur donner du feu affin d'allumer les meches de leurs harquebuzes; qui de peut dâeftredefcouuerts, deuoient venir fans feu julques à lâentrée de la Caue. Et afin que lentrcprifene full defcouuerte, ces trois Soldats de la ville deuoient ellre polcz en lêntinel-leau tour de celle Caue. Cependant que ces Soldats deuoient defeendre du fort dans le fof e«du folTé en la Caue ou tvn des quatre Soldats les deuoit attendre: vn autre de Tes Compagnons deuoit aulfi ellre la pres en fentinelleau lieu le plus proche de la Caue : où le tenir auec la lêntinelle la plus pres pour familier. Entrez que feroient ces Soldats dans la Caue J ils deuoient lôudein gangner vne Tour pres de là par le moyen de leur conduôleur lt;îui fe deuoit nommer à la lentinelleamp;delaallerau Challeau amp;nbsp;tuer le Corps de Garde Quiy elloic : pour apres le là ifir de la ville. Tellement quâen vn melme temps ce Chef fat-tcndoitdefurprandre,les villes de Poitiers,de Fontenay amp;dc Parthenay.Comme il eull fait fyTes entreprifes nâeulïent efté defcouuertcs, aulfi toll que tramées : fors celle de Fontenay
ne fut defcouuerte que fur le point quâelle deuoit ellre exccutée : aquoy ils faillirent de peuieftantlcdclïèinbienconceu, le lieu efgucré, le jour dâOrailbns pubhcques^es Sol-tlatsdâvneelcouadre, dâvne mefme mailônnée, tousen garde ce jouramp;envn mefine lieu lt;iuChafteau. Lâentreprilè faiôle fur Poitiers fut defcouuerte de bonne heure par le moyen t^TOhomme de la ville: qui aduertit BoilTeguin Gouuerneur quâvn habitant luy auoit com-inunicqué amp;nbsp;dit quâil elloit expedient pour leurfeuretéSc liberté commune , de tuer les Huguenots de la ville. Qif il auifall dâen communicquer à lès amis amp;nbsp;à ceux quâil connoi-fttoit quiluy voudroict alfillepSi que vn bon nombre de la ville fauorilcroit leur party.Qui fut caulc que cePoiteuin fut pris,conuaincu du faiél amp;nbsp;condemné à auoir la telle tranchée. Ordre que Celle deFontenay fut defcouuerte le loir precedêtfcxecutió par des Roches Baritaud Gou-nemeur de la ville fuiuant certains aducrtilîèmens generaux quâil recent quelques joursau rent en leur pjUMnt Pafques : que les Confederez y tramoient je ne fçay quoy: en aduertit les Officiers, fu^rif« Maires amp;nbsp;Efeheuins de fa ville . Q^i en leur mailon commune auiferent que on vifiteroit le amp;intciligen circuit des murailles,lcs Cafemattes amp;nbsp;les Caucs joignans les murailles. Et que telles vifi-tuions fe continueroyent de trois jours fvnamp; plus fouuentfil^n elloit belôin. Et que le Maire enuoycroit à celle fin vn billet à ceux quâil deputeroit pour faire celle vifitation. Tellement quâvn Marchât de la ville qui auoit charge de vifiter les Caues le propre jour du Védredy S.à fon retour de Tenebres,fut vifiter la Caue cy dclfuseccompagné dâvn maillre Maçon qui rccôncurcnt que fur lâheure le Rocher de celle Caue auoit efté rompu.Et que le jourquivenoitparlefolTédans celle Caue par celle ouuerture,manifelloit que celleouuer tuteelloit refeéte.Aulfi que les coups de marteaux apparoilïbiét de nouueau faits tant lûr le Roc quefur les pierres dâiceluy, qui elloicnt tumbées en terre. Dont le Maire auerty amp;nbsp;par hylcGouucrneur en toute dilligencemcirentdes Maçons pourboufeher celle ouuertu-K amp;nbsp;obuier au peril : comme il elloit necelïà iic premier que cercher îefclarciflèrhent du
L11 iij.
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
faid. Et dâautant quelanuitempefchade pouuoir fi promptement murailler ce trou leit mettre cefte nuid en câefte Cane vn Corps de Garde qui empefchaqueles entrent neurs leiflént le fignal amp;nbsp;le refte quâils auoyent promis. Touteslbis ceux qui aiioyent j®'* de fe rendre dans les foftez ^ui nâauoyent efté aduerris de cefte defcouucrtc : ne manquete®^ de promeflé. Mais ne trouuans rien de ce quâils clperoycnf: ils furent contraints de retourner. Au lendemain vne femme vefue locataire de cefte mailen fut priG. Quiæ® tesfois neconfeftà aucune choG: fexcuGnt que tout le jour elle auoit eftéabftntede mailôn . Vn fien enfant defaage de fix à fept ans, dift quâen îabGncedeGmcrc vn laquais veftu de vert eftoit defc endu en cefte Caue ayant vn marteau. Ce qui fut confirmé par autres enfans deGptà huit ans qui depoferent ce quâils en auoyent veu. Et dâautantqu^ lesMaiftresdece Goujat, eftoyent logez là pres: ce Goujat futrecogneu par fes enfanS' lequel pris confeflà auoir lait fouuerture cy deftuspar le commandement de l'vn de les lires qui luy auoit promis de luy donner vint efeus. Et a cefte fin fauoit mené à la Caue luy auoit donné le marteau d u ucl il auoit rompu percé le rocher de cefte Cane. Maiftre confirma tout ce que figt;n goujat auoit did. Et outre que le mot du guet des c®®' mis eftoit Saind André . Ces Soldats prins, le Senefchal de la ville Maiftre Pierre BriH®® difant qiiâez crimes de confequence amp;nbsp;dâimportance, les feuls defîeins font punifables Æ quâil eftoit requis que-la punition en fuftlôudaine: vG de telle dilligence en la fâçcnce proces delesaccufez : queen deux jours ils furent conuaincusôc leur proces faid. E'quot; troifiéme qui eftoit le lendemain de Pafquesils furent penduz Scieurs corps mis aux tre coings de la ville pour exemple à tous autres. Le Gouuerneur en auoit jaadnen)' Comte du Lude Gouuerncur ôc Lieutenant General du Roy en Poitou : luy donnai® uis de Gire le femblable enuers les Majeftez : comme aufli de G part il le manda ez autre* GouuerneursSc villes du pays de peur quâelles ne fuflént trompées au voyage quenagu^
Lettres'du Lieutenant au Comte duLu(lcamp; autres pour sâexeufer des entre-prifes fufdi tes.
rcs auoit faid le Lieutenant du Poitou par deuers le Roy. Pour obuier à ce çuc ceux c pays amp;nbsp;autres ne creuflent enlêsparolles. Et que le pardon que l^ajefté Ii»y auoit oôw** ne luy iêruift dâvn ret pour en prandrepliifieuis qui neccnnoifïôyentfesdelTcins. remontra parles lettres puis quâil feftoit telcment oublié enuersla Mejefte defonR®?^ que de perdre la lôuuenancc de la douceur amp;nbsp;clemence de laquelle il auoit vfé cniierî^*â)' aulîi toft quâil en auoit perdu la prefence de fentendreauee les ennemis déclarez de laM*' jefté : contre icelle auec eux conjurer la ruync de fon pays Natal : amp;nbsp;la mort de la P®* part dcibons patriotes que on ne pouuoit defotmais efpercr, que tout mal de luy ⢠fil nâauoit peu mettre à chef les entreprifes quâil auoit pro jcâc : quâil eftoit vray fcmbbW quâil ne cefferoit dâedaicr SiC tenter dâautres moyens amp;nbsp;défaire dâautres neun eaux dciw'â, pour y paruenir. Ces lettres feirent que plufieurs du pays qui lèmbloyent doubter deliiâ tendon but de ce Chef : le creurent ennemy declare du bien amp;nbsp;repos commun. Et ceuX qui luy portoyent amitié furent moins affectionnez à luy : moins crédules cnfcsparoU^! plus deffians en lès aédons mieux difpofèz à luy refifter jSi bien que fe voyant mal I®*' uy il commença de marcher fecret amp;nbsp;à petit train, peur dâeftre reconnu. Mefmes ad^ de tout ce que deflus amp;nbsp;quâon auoit enuoyé par toutes les villes de Poitou comme iböquot; did: fçaehant combien il luy eftoit prejudiciable quâon le creuftCbefde telles entreprifes ; 11 penfa que fon deuoir eftoit au moins de fen exeeufer. A cefte fin il enuoya lettrcsâ® Comte du Lude par lefquclles il luy mandoit que Ces ennemis félon leur couflume ancicâ' ne diuulgoyent des calomnies contre luy eflongnées de toute verifimilitude. Mais nonobftant icelles, il falÃuroit tellement amp;nbsp;de la fidelité amp;nbsp;fincere affedion quâil aiioitt® conneu quâil portoit à la Majefté du Roy : amp;nbsp;de G bonne volonté enuers luy : quâil ne croi' roit jamais quâil fe peuft tellement oublier en fôn deuoir que de luy vouloir öfter fc villes de fon Gouueine»ient. Pour la conféruation defquellesil auoit tant de fois employé fes moyens amp;nbsp;hazardé G propre vie. Ilefcriuit dâautres lettres de pareille fubftanrc aux Roches Baritaud. Et outre luy manda quâil ne connoiftoit le Cappitaine CarcalTonn® duquel il diloitdefirer que luftice fuft faide, fil eftoit tel quâon lepublioyt. Il mand® à Boiftegmn Gouuerncur de Po i t i ï « s en iâabGnce du C o m r e du L v d e : que pour auoir toute G vie à Ibn pouuoir gardé cefte dodrinc : Qif il ne fuffift dâeftre excni^ de vice : mais quâil en Gut aufli fuyrtout louppon: quâil auoit penfépourleconferucr^ maintenir
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âyOi
''iïiQtcnir en vnc bonne oppinion entiers tous: amp;nbsp;mefînement enuers lès amis amp;nbsp;concitoyens; Icfquels il dciioit palier le cours delà vie: luy dciioir elcrire Si le prier de faire voir là let* faifurer quâil luy cHoit bon amp;nbsp;obeïllà nt parent,alié amp;nbsp;lcruiable amy amp;nbsp;de tous ceux de
13 ville tant de la luftice^ du Corps de la ville de fEglilè que de tout le peuple. Etfür té fujet certaines nouuelles dâvne entreprilè de Fontenay lefquellcs le rnoien dâvn Gentil hoiïi
^edu bas Poitou eftoient venues julques à luy : 11 auoit entendu que deux où trois delà vil-
plus, fen penlôient preualloir contre luy, qui toutesfois vlà ns de celle maniéré de parler Letempia â¢^oluent attendre le boiteux amp;nbsp;le dernier venu qui apporte volontiers les plus certaines hou-'^'^'les: Pour la vérité deltjuclles /ufquesà ce qu'on en peull faire jugement certain: quâil re-ipi'dcntcroit la telle en telle part que luy commanderoient les Majeftez .Sâalfurant que telles â^âlomnies redonderoyent à la conlufion des irnpolleurs amp;nbsp;intientetirs dâicelles, qui auoyent lt;^oiiceii celle mauuaile volonté contre luy pource quâil ne pouuoit approtiuer vh vice amp;nbsp;fau-tt au feruice du Roy comme il nâauoit jamais voulu. Et que la ils auoient propofé de fe van-gcrdclüy. Mais quâil falloir vn meilleur lu jet dâaceufation pour lâattaquer : duquel potirlè défendre il nefe vouloir aider des vices dâatitruy. Ains de à letile luflice amp;nbsp;lèulé innocence. Laquelle il feroit paroiflre en public enuers amp;nbsp;contre tous ceux qut en voadrrtient doubter. Le priantfur tout en faire eftatamp;eftre certain quâil ne lèroit outre lefcruicedu Roy auquel il ^lloit du tout attaché, moins fbigneux de lôn repos particulier, de la garde de fa ville, feure-rède tousfes Citoyens pens amp;nbsp;grands amp;nbsp;de la tranquilité commune que de fa propre vie.Par les lettres dâexcùfe amp;: de creance quâil enuoya lèmblablement au Roy amp;nbsp;à la Roy ne Mere il -cîiargea le porteur de leur demandervnià tif conduiélpour alleren Cour les efclarcirde beaucoup dechofes de conlèquence, importantes leur fcruice. Et donner vn bon clpoir, ^Vâil remettroit en leur obeyflà nce la Rochelle amp;nbsp;autres places Proteftantes pourucu quâon
lailTad faire. Telles lettres feirent, que encores que leurs Majeftez feufient auerties du contraire amp;nbsp;de la fin ou tendoit ce perfonnage amp;nbsp;quâelles nâajouftaftentfoy à lès excules : que â¢leantmoinsonluydcpefc^alelà ufconduiôlquâil demandoit. Nevoulans quâà fi peu lâoc-ca/îonamp;: moyens de le juftiffier luy manqualTent. Pour vnSainéldefir que tout bon Prin-tcdoitauoirdâouyr la juftiffication amp;nbsp;innocence dâvn aceufe de crime de telle conlèquencc. Ltquiluyaugmcntoit encores lôn defir: cftoitque ccpeilônnagefeftoit puis quelques an-ââÃesacqiiisvneplusgrandcreputationqueaucunautrcdefarobbe . Aufli que dâailleurs il ^ftoitrecogneu pour auoir autres-fois elle bon amp;nbsp;affeélionnéferuiteur du Roy. Etyauoit âluclqueapparence de croire quâil vouloir reparer la faute amp;nbsp;reprandre celle mcfmeeffeôlion puisquâil le venoit jeter aux pieds de Ion Prince lequel il auoit offenfé. Ne voulant dâailleurs nielprilèr les ouuerturcs amp;nbsp;moyens quâil dilôit auoir pour remettre la ville de la Rochelle cri Lonobeylfance* Défait lefauf conduit rcccuilfcn alla en Cour. Ou lès belles grandes promeflès comâ-il elloit hardi amp;bicn dilà nt furent ouyes par leurs Majeftez : Par deuant Cour auoue Icfquellesiladuoüaauoirdefignélâentreprilède Poitiers. Maisrejetta celle de Fontenay fur lâââcnigen-vn Gentilhomme de Poitou lequel peu auparauant fon depart, luy auoit (comme il eft croiablc ) promis quâil porteroit la Marotte de celle entrcprife. Et lè confcftà nt autheur de celle de Poitiers: ilia dilôit auoir faiôle abonne fin pour le feruice amp;nbsp;bien General de la fhncc.Sesexculès eftoyent que tousles Officiers amp;nbsp;la plus part de ceux qui auoyentautho-titeezvilles de Poitiers amp;nbsp;de Fontenay eftoyent delà Religion Prétendue Reformée : quia-â¢wyentmaintenu les faôlieux de telle oppinion amp;nbsp;leur auoyent mis les armes en la main pour ùflèlifer de leurs villes amp;nbsp;en difpofer à leur volonté. Que la Nouë'falTuroh dâeux amp;nbsp;eux de luyamp;quâils auoyent alfez fatél connoiftre à faMajefté quâils fftitendoyent aueclès ennemis: en ce quâils nâauoyent voulu receuoir aucunes Garnilôns qui les eulïènt empefehez
difpofer à leu rplaifîr de leurs villes. Il fe rargeoit de celle exculè pource que leurs Ma-* jellez eftoyent aucunement chatouillées de celle oppinion. Au® que dâailleurs il fçauoit que toutes les villes du pays de Poitou eftoyent relôlucs de faire tout cequâellespour-ïoyentparfupplication Sc remonftrances pour demourcr en leur Eftat.
Sachant donc difoit il que les villes du pays de Poitou, eftoyent rclôluësdéfis declarer auec leurs ennemis quand loccafion fe prelènteroit : nâayant dâautre meilleur plus prompt moyen pour lè mettre en credit enuers les Proteftans : amp;nbsp;pour leur öfter vnc deffiancequâilsauoientdeluyquiempefehoielâexecution amp;nbsp;lemoien quâildilôitauoirdeté-
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Lesentre- mettre la Rochelle en leur obcïflà nce: Il feftoiteffaié de furprandre la ville de Poitiers. Ate-L^cutenant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Majeftcz que Cy Con dcffein euft reuffi félon fôn dcfirique en peu de temps il cuftlaii
tcndoicnc à lefemblablede la Rochelle. Laquelle il remonftroità leurs Majeftez eftre de plus grandecô-hRoch Ue nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ft'-æ æutes les villes de Poitou . Lefquelles quand ores les ennemis les tiendroient
on les en dechafferoitplus aiftmcnt amp;nbsp;Ã moindres frais que de la Rochelle. Et pour le mien''
perfuader il faifbit entendre au Roy quâil auoit conféré auec les Chefs Proteftans de cc qdc deffuslcquels luy auoient promis quâils fauoriféroiêt de tout leur pouuoirfes entreprifesqui dâailleurs comme il luy auoit did, nâartendoit quâvnc bonne occafion pour faire vnfignale feruice à fâ Majefté. Telles amp;nbsp;femblables parollcs amp;nbsp;i'efclarciffcmét quâil feit à leurs Majeftez ⢠de certaines menées: fouccs ou vraies le Roy en croioit ce quâil vouloitifurentcaufc queren-teféuretéluyfut donnée, liberté amp;nbsp;congé de le retirer de la Cour. Aquoy luyfutalllhfauo⢠rable le Pourparlé de Paix. Pendant lequel fa Majeftéquelque auis qui luy en fur donné; M voulut permettre quâon feift le proces à cclluy qui fous fon fauf conduit feftoit prefentéà ky quelques grandes plaintes quâil receuft de les aéfiens amp;nbsp;comportemens. Tant pourfautho' rité de fâ grandeur que pour fefpoir amp;nbsp;fainél dçfir quâil auoit de fléchir par fa bonre amp;nbsp;douceur le cÅur de fon fujet. Pour lequel encore entretenir Sgt;i gangner: luy donna cemmiflîtquot; pour reccuoir lés hommages à Montmorilhon . Tellement quâainfi remis (ccmn^cilptâ'
les Prote-(lans.
Le Lieutenant entreprend lùr Poitiers.
* foit ) cz bonnes graces du Roy amp;nbsp;de la Royne Mere : croiant que on euft adjoiifle foy aies difcours comme à la fimplc vérité, amp;nbsp;auoir pris congé de leurs Majeftez:il part ccntantamp;la-Le Lieute- tisfà iôt en luy mefmc : tant de ce que fés exeufez auoient efté reccuës que de fa depefehe. Ar-nédVcour Poitou : 11 mandaà la Noue quelque voiage quâil auoit faiéfen Courtamp; quclçquot;f bien contée bon accueil quâil euft receu des Majeftez:quâil nâauoit changé de volonté. Et quâil efloiiaul-nîoîns auTc luyfaire tous les plaifirs amp;nbsp;executer tous les defléins quâil auoitautresfois dcligKâ' uec luy amp;nbsp;dâautres fi foccafionféprefentoit, comme au parauant. A ceux qui luy efloient 0â deuoient eftre amisiil fe loùoit du bon accueil quâil auoit receu enCourt; Et cómefileuftamp;' vn grand effort de fâ commilfion, il la publioit partout afin que oi^ccreuft féruiteurduRiây amp;nbsp;comme tel on nâeuft plus de dcffiance de luy. Cependant il tramoitfous main vncnouud' lecntrepriféfurla ville de Poitiers.Car comme il euft tousjoursnourry en foy, vn bouilliâ' defir de fé venger à cÅur fâoul de fés ennemis qui eftoient en Poitiers : amp;nbsp;commander abfo' lumenten icelle : pour fé mettreauffi en credit amp;nbsp;reputation, faire parler de luy en quelque
liiy: fit gu'il délibéra dâcfprouiier tous les moienslt;]uâil poiirroit inuenterpotir furpr£nlt;if^ ccte place à quelque peril amp;nbsp;hazard de là vie que ce full. Pour y paruenir il pratiqua ^co®' muniqua à plufieurs pcrlonncs dâenrreprife amp;nbsp;fadlion fes defieins. Mais dâautant que les en-treprifes de la confcqucce quâil dclTeignoit, nefc pouuoicnt eflcôiuer que pat vn grandntW-bre de perlônnes aufquelles il eftoit btfoin de communiquer. Confiderant aulfi quâil eÃoit mal-aile quâil ne le defcouurift en cc faifant à quelques vns qui nâapprouueroicnt fes delTeins' ÃCqui au lieu deluyalfifterle deceleroient. Pour fonder leurs cÅurs, il leur mettoit prenne' rcmcntdeuant les yeux le bon amp;nbsp;fauorable accueil quâil auoitreceu des Majeftez. Erlew dilôit que filsauoientveu les carelTes quâon luy auoitfaid: commcil auoitellé appellelt;gt;â priué Confeil du Roy pour donner lôn auis fur plufieurs affaires dâimportance : où fpauoicni la conlequence des affaires que leurs Majeftez luy auoyent mis en main ; tant pour la confia^' ce quâils auoyçnt de luy que pour laffurance qu âil eftoit homme de fens, de conduire Side' xecution : amp;nbsp;dâailleurs capable pour manier telles affaires : ils ne pourroyent comme aucune de fes ennemis doubter, quâil ne fuft auouc de tout ce qu'il faifôit 8gt;c voudroit entreprendre'
amp; la tranqiulité de ce Royaume craindre de bazarder leurs biens amp;nbsp;propres perfonnes.Si grand nombre Ce laiffaall^à telles amp;nbsp;femblables rcmonftrâcesxôme il eftoit copieux en rolle amp;en raifosSc aimé de plufieurs pour les gras plaifirs quâibauoit faits près quâà tons cens qui fen auoyét prié. lufques à tirer d'vne authorité a b fol ne des mains des Sergens,de lalulü'
VJ Ul i A VI1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;VI l'IXV ⢠A Llt; Vd et 11* V l Vl V llV UUlUvi 1IV clMlV'l U* V M Vo llirtlÃiO WVJ
Derniers
ce,des priions amp;nbsp;des bourreaux mefincs plufieurs côuaincus amp;nbsp;menez au fupplice. Sur tout | il mettoit a toute heure deuant les yeux dâvn chacun les derniers propos que la RoyneI propos delà ^â7 auoit tcnus prenant congé de fâ Majefté.-qui eftoient quâelle lui rccommandoit lâexecutio F Koyneme- des affaires, que le Roy fôii fils auoit commis à fa fuffilâncc amp;nbsp;fidcllité. Que fâ charge efto^
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quot;iu'il ce ûifift amp;nbsp;alTcuraftcn quelque forte que ce fuft de Poitiers pour la remettre entre les reauLictv Hîins de quelquâvn afin quâil luy fift le fomblable dâvne autre ville.Qif ils ne deuoient crain-dre de faire tout ce quâils pourroient pour paruenir à cela. Et que leurs Majeftez fauroient a-gteable encores qu'ils fiflènt perdre la vie à ceux qui foppoforoient à leur execution. Et que lî vie de dix ou douze Citoiens de Poitiers qui peut eftre foAient tuez, ne foroit rien eu efi gard à la confequence de leur projet. Il fceutdifije fi bien pallier fon vouloir qucplufieurs Ly promirent dâembraflèr fon deflèin Si y emploier tous leurs moiens.Eftans aucuns incitez en partie à ce faire par vn defir de butin que le Lieutenant leur mettoit deuât les yeux à la fur-prinfê de Poitiers par le moicn de certaines charrettes couuertcs de foin dedans lefquelles fo-foientcachez nombre dâharquebuziersamp;hallebardiers.Lelquellesainfi commandées entre-foienten la ville au mois dcluillet fur les dix heures du matin. Puisentrées deuoient eftre Conduites en certains endroits amp;nbsp;places de la ville amp;nbsp;la fy arrefter. Et au mefmc inftant dâau- £âfrcprift tresfedeuoient aulfi rompre fur les ponts amp;nbsp;à la porte fà int Cyprian: par ou euftent pareille- digt;L:eute-ment entré deux cens hommes pour loger aux fauxbourgsGint Sornin a» jour deftiné pour ^executionfe faififlà ns de la porte qui pour lorseftoit ouuerte,â caufe quâon racouftroitle pTandit^'oi portai du Pont à loubert. Et affin que ceteentreprinfofexecutaft plusfacilleroenr, te perfô-fiâgedeuoitauoiren la ville fix hommesrefoluz,quià vnfignaldeuoient mettre le feu en fix dansdes ^iuerfes maifons bien eflongnées les vnes des autres. Pour la faire coitrir le peuple amp;nbsp;lâcmpef dâà nenes y cherà efteindrcle feu. Ce pendant les hallebardiers deuoient fortir de leurs charrettes auec Icfquekfefuftènt auffirenduz plufîeursdela ville qui eftoient delâentreprifo.Etau mefme ïnftant les deux cens hommes logez aux fauxbourgs defà int Sornin fo deuoient pareillemét ûifir de la porte faint Cyprian, faïfurerdu corps de garde ou les charrettes fuftènt efté cafléeS pour donner entrée aux autres gens de guerre de leur menée qui eftoient meflez auec les Re-gimcnsdc Lauerdin, Branraume amp;nbsp;autres logez en ce fauxbourg defà int Sornin. Et pouf fuieux faciliter ce deftêin: il y auoitenlaville certaines perfonnes qui eftoient de la partie amp;nbsp;quiauoient fait vn trou qp la muraille vis à vis le moulin Cornet, qui eft deuât le fauxbourg feint Sornin pour paftèr vn harquebuzicr. Par lequel trou ils deuoient auffi donner paflà gè 3 ceux qui deuoient efeorter les charrettes .Mais tout ce complot le manifefta par le moien du Capitaine Baftardin qui auoit quelque temps efté forgent major du Regiment des vieilles Landes de feu Briflà c. Lequel feftoit puis quelques années marié en Poitou. Car au propre jour ou le jour deuant que fo deuoit exccuter lentreprifo : feftoit déclaré à du Pin fienamy feyconfeillant pour lâamitié quâil luy portoit de forrerfô argent amp;nbsp;fos plus preciest meubles dâautant que la ville deuoit eftre furprifo le mefme jour ou le ledemain au plus tard. Ce quâentendant ce Gentilhomme le pria foudain dâentrer en fa maifonôc le mena envnfien cabinet ou par vne abondance de prières amp;nbsp;fuplications: il luy fit conter dés le commencement îen-treprife quâil auoit en la ville telle que deftlistfous lapromefte amp;nbsp;itéré ferment neantmoins quâil feroit des fiens. Mais forty de fon cabinet fous quelque prétexté y enferma le Capitaine a la porte duquel pour la garde, il laifla deux de fos foruiteurs aufqucis il donna à chacun vne piftollc pour empefoher quâil nâen forçaft louuerture pour euader. Ce pendant il tnuoiacn toute dilligéce quérir Boifleguin Gouuerneur de la ville amp;nbsp;les principaux Officiers dâicelle. Ou venus amp;nbsp;interrogé fur ce quâil auoit dit confeftâ tout. Puis fut conduit au Chaf teau ou luy fut fait fon procesamp;par icelluy attaint Scconuaincu de cefte conjuration. Pour icparation du fait fut condené à eftre décapité amp;nbsp;fut fà Sentéce exccutce en la place de noftre Dame de Poiriers. Lequel dâabondant dift tant par fà confeffion quâau fupplicc: quâil auoit elle pratiqué pour faire cete entreprife parle Lieutenant de Po»ou en la forme que deftus. Comme auffi firent fomblable confeffion quelques autres qui apres luy furent executez .Et fur telles preuues amp;nbsp;dâautres pratiques amp;nbsp;menées fecrettes que le Lieutenant de Poitou auoit Lieutenant fait; il fut auffi par vne fentence de contumace donnée en vertu d^ne.Cômiffion de la Cour condemné condemné à auoir la tefte tranchée. Laquelle on exécuta par vn tableau amp;nbsp;effigie en la ville â de Poitiers en la mefme place de noftre Dame la grand. Bourriq que le Roy auoit en ce téps uôir b tefte tnuoié en Poitou, amp;nbsp;qui par ce moienfeftoit trouuc en la ville de Poitiers lors que fentrepri-fofut defcoinicrtc: lâa fit à fon arriuée entendre au Roy.Lcquel auffi toft informé dâautres me- té en corps uces amp;nbsp;pratiques nouuelles du mefmeChef : renuoyaBourriq à Poitiers. Où il arriua le vint vniéme luillct : Puis fut foudain communiquer fa charge à Boifteguin amp;nbsp;fainte Soulinc qui
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Lâ H I S T O î R à DE FRANCE, conclurent enfeinblc que faintc Souline auec trois cens fbldats amp;nbsp;foixante chenaux roit la nuit enfuiuant pour fe faifir du Lieutenant: qui eftoit en fa maifon de la Begaiidiere vu* lieue près de la ville: auec telle afleurance amp;c prefumption de fa vallcur ; que ne faüant aiici''} cftatdc fes ennemis comme ne les eftimantaffez refokiz pour faller attaquer: il nedaignoH* pres dâeux amp;nbsp;en vneinelchant; maifon: faire aucune garde, quelques bons aucrtiffemeiis^^ ordinaires remonftrances qiiefes amis.fa femme mefmcamp; lès domeftiquesluy donnalleni' Mais fur cetc negligence ces prochains ennemis de peur quâon le doutaft de leurrefolutioiâ' firent foudain fermer les portes delà ville. Et fur les vnze heures de nuit fe mirent en chenuô amp;cnuironnerent la maifon delà Begaudiere. Les portes de laquelle ils fauflerent fouM dâautant quâelle nâcft forte ne flanquée. A ce bruit le Lieutenant fe leue: amp;3uoir deHadi® vnepiftollefevoiantforcé, ilfejetta dans vnpetit colombier demandanrà hautevoix^ij' efioitleiir Chef. Et entendant que câelloit faintc Souline (lequel il fçauoitanoiroflcntC; pria Icsfbldats de le faire parler à luy; penlânt par fes parolles fefmouuoir à compafliondel*')' defafemmequiracôpagnoitamp; de fà fortune. Mais fainte Souline entrant en la maifon troU' ua le Lieutenant jablcflè de trois coupas.Tellement quâainfi quâil penloit parlera luy, prits luy défaillirent. Apres quâil fut expiré Icn corps lut mène à Poitiers eu la ttfic fèparée du corps en la place eu efioit ja le n rablcauamp; iccllt mifcfurlcpcrtalccfaint Cpquot;^' lie fes autres membres difperfez es autres quartiers hors la ville.
V o V s auez veu par le difcours des chofes paflees, ce n m.e leRoy pcrmeitauFniifCifs Condé, Marcfchal dâAnuille amp;nbsp;autres allociezquc dâvncque dâautrcReligif n; dYrroicl vers luy telz perfbnnages quâils fauiferoient pour lâauanccmcr amp;nbsp;conclufiô dâvne Paix lcamp; alTurée à tout fon Royaume. Sâeftans donc les députez tant du Prince que du Languedocjla Rochelle, Guicnne^Proiience amp;; Dauphiné pour toutes les Eglifes Prcidlsii' tes de France ; retreuuées à Balle en Suilfe pres du Prince de Condé: par vn cen mun auisuS articulèrent les conditions fous lefquelles ils deliberoient demander vnle:meamp; perduraH® reposà fa Majeflé. Sibicn quediclïccsen forme de requefte, partjjdeEafe kvint dcuxn:' meMarsSc arriuez à Paris au cinquième Auril: furent tous mandez fvnziéme jour par le H*â? auquel ils prefenterent la rcqutflc qui luit.
S I R E le Prince de Condé, Seigneurs, Gentilshommes ik autres de la ReligicPido mée de voflre Royaume,LeMarefchal dedâAnuilleSeigncuis,Gcntilshcn me; amp;auticsEa tholiqucsà eu x vnisamp; afîbcitz ; vos trel-hiimblesamp; ohcilians lujtts Ãc leiiiitciiis: pourpaf-uenir à vi^ entière fêureamp;perdurable pacification des troubles remonftrent en teute hutnilt^â
PREMIEREMENT loüaiis Sc remcmcrcians Dieu de tout leurcoEurdecequ*' luyfT^cu vous appellera ordonner à cefle Couronne, déclarent amp;nbsp;protelicnt deuantvef'^ Majefté; quâil nâelf jamais entré en leur cÅur,fe Ibuftrairc de la trcl-humbâe, ti cfcbeiflantc8^ fidelle lùjcôfion quâils doiiicnt à voflre Majeflé. Ainsdâvn vray amour feimelcjauto^ fujcts,ont tousjours reconeu Ã; reconoifient que telle efl voflre vocation amp;nbsp;condition naturelle ordonnée de Dieu: veullent rendre à V( lire Majeflé toute fujediien deuèparlefddk vaffal amp;nbsp;fujet a fon Roy amp;nbsp;fouucrain Seigneur. Età ceque vofiredite Majeflé neprerecu mauLiaife part ou cendemne la prife des armes quâils ont centinute depuis vc flre avcncnic^ à la Couronne: vous fupplicnt tref humblement mettre en voflre läge cen f detaiicm^uel les nâont efléprifes par eux, que dâvne extreme neccflîré, pour la ji fie defene dekttU fâ neurs, vies amp;nbsp;biens, contre ceux qui leurs eflans capitaux ennemis amp;nbsp;aians abbufé de lâauto-ritédii feu Roy voflre frerCjfeffaians dâen faire autant de la voflre: les ont réduits à ce dernic'^ point. Et ores que les occafi^ns dcfdits de la Religion amp;nbsp;Catholiques vnis: fôicnt different fl fe trouuera il quâvnc mefmc violécc à cflé caufè de la prinfc des aimes aux vnsamp;:aux autres* Car qu ant à ceux de la Religion reformée, voflre Majeflé fçait quâapres lâafïcmbléc generah le des Eflatsdu Royaume tenues à Pontoife: pluficurs deliberations amp;nbsp;confeils prins tant' auec la Roync voflre mcre^^rinces de voflre fang amp;nbsp;officiers de voflre Couronne, Cheuah Irefs de voflre Ordre: quâauec les gens de vcflrcConfeil priué amp;nbsp;de voflre Cour de Parkme^ de Paris. Finablcment par vncafl'emblée la plus gencralle amp;nbsp;folcmnelle quâil fut pcfïîblede faire, y eflans des plus fignallcz de toutes vos Courts de Parlement pour vous donnerais auec Icfdits Princes amp;nbsp;Seigneurs de voflre Confeil priué ; fut fait vn Edit au mois de lanuict mil cinq censfoixantc deux, par lequel futordonné quâils auroicntlibie, general amp;nbsp;pnbbtt exercke
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wercicc de leur Religion : dont toutesfois ils né péurent jouyr par la violence dâaucuns particuliers. Lefquels par armes amp;nbsp;à force ouucrte non feulement empefcherent fexecutfon li- Eit deian. bre dudit Edit; Ains pourfuiuans auec toute aigreur ceux qui faifoient proffeflîon de ladite â'Cligion: les contraignirent dâauoir recours aux armes pour le^r jufte defence Si tuition.Et combien que depuis lamefme liberté auroit cfté accordée par le feu Roy voftre frere par plufieursamp;diuers Edits: apres lefquels amp;nbsp;fur la faueur amp;nbsp;aflèurancc dâiceux ils ont incontinent pofé les armes: toutesfois il ne leur à jamais efté permis repos; du moins qui ayt efté de ourée pat les fufdits auerlâires. Lefquels à toutes occafions violans ^autorité du feu Roy amp;nbsp;la æypublique: tantparfbrce particuliere que par armes delco uuer ces: nâont jamais voulu per* ticttre que lefdits de la Religion vefculfent en quelque tranquillité. Et tant qu'au mois d'A-oiift Mil cinq cens feptante deuXaVoians leur appoint, amp;nbsp;le peu dâoccalîô que lefdits de la Re-iigion auoient de fe douter dâeux en vn temps de resjouïflà nce publique par f heureufe allian-
mariage dâentre le Roy de Nauarre Si Madame voftre fbeu r-.leurfdirs ennemis amp;nbsp;auerfâi-fcsfcitent ce cruel maftà cre Si meurtres en voftre ville de Paris, non feulement dâaucuns Of-ociers de voftre Couronne, Seigneurs, Cheualliers de voftre ordre. Capitaines Gentilshô-Ã'wamp;foldatsquiauoientporté les armes durantles troubles:Ains par vnehaineinueteréeamp;c plus quebarbare nâefpargnerent ny fexe ny aage de ceux de la Religion. Ains fans faire diftin ^â ondeperfonne tuerent ou noierent indifféremment tous ceux qui bon leur fèmbla: pillerét ^amp;ccagerent leurs maifôns. Er non contans de ce, feirent tant que ceft exemple fut fuiuy par toutes les autres villes de voftre Royaume;du moins la plus part dâicelluy.De forte que lefdits uchReligion voianscefte fureur amp;ragceffrenée neprandrepoint deceflè quelquecom-ât'îudement quâen feift le feu Roy voftre frere; ne peurent ceux qui eftoient efehappez autre , 1^ «ite, que fe tenir enfemble vnis le plus quâils peurent Si. partons rtioiens rcpoufïèr telles violences amp;cruautez . La mefmeoccafion qui non feulementfaifôit injufticeaux particulières ainfi eflongnéz. Ains en confcquence necefïà ire troubloit tout lâEftatde voftre ^ciyaume: A cefte caufe cpe les Princes de voftre fà ng. Officiers de voftre Couronne,fîeurs ^entilshómes amp;nbsp;autres Catholiques pour la manutention Si fôuftien de voftre eftat amp;nbsp;Cou-tonne: comme vos tref humbles Si tref-obeiffansfujetsamp;fcruiteurs: ont efte contraints auffi ptîndre les armes pour reprimer telles amp;nbsp;fî grandes entreprifes contre les principaux dâentre ^âtâtantpour les faire alTaffiner, tuer que emprifôhner. Neantmoinseux tous aflbeiez pour â^ous faire paroiftte le faint ScafFedionné defir quâils ont de la confêruation de voftre eftat fi tsbranlé: que mal aifément peut il eftre empefehé dâvnc ruyne entière fans vnebonitï Paix amp;nbsp;tcuniondevofditsfujets: voulâs oublier amp;nbsp;menât en arrière leurs injures pour le public. Su^ pncnttref-humblcment voftre Majefté,vouloir pouruoir à vne bonne Paix Si reünion finallc ^pctpetuelle.Pourà laquelle paruenir vous fupplient tref humblement de ce qui fenfiiit. '
Qiiil plaifè à voftre Majefté permettre par tout fb Royaume, pays terres amp;nbsp;Seigneuries de Relîf.ion amp;nbsp;â¢onobciirance Si protediôn: mefmes es pays Meffin,Gouuernement de Mets Si Verdun,Mar: ç°2iccGc e Hnifat deSaluces,pays de Dombes Si Barrois: libre, General, publiq Si entier exercice de la '3^'' quot;ehgion reformée : fuiuant amp;nbsp;félon la confeffion autres fois prefentée parles Eglifes refor-tntesde voftre Royaume au feu Roy Charles neufiéme dernier decedé. Et ceûnsaucune â ^ndification ny referuation de lieux, temps amp;nbsp;perfonnes pour eftre librement fuiuant ladite confeffion, faits Prefehes, prières, chants de Pfà lmes aux boutiques, priions amp;nbsp;aux champs: ''lagede cloches,adminiftration de Baptefme Si de la Ccne,Ia publication Si celebration des manages, vifitations des mallades, enterremens des morts en plain jour és lieux anciens amp;nbsp;J coiiftumez, Efcolles pourinftruire lesenfans, leçons publiqiÃsImprcffionamp; vente libre Clous liuresappartenâs à ladite Religion,difciplines amp;nbsp;Cenfures Ecclefîaftiques,Confiftoi-ceS) colloques amp;nbsp;fmodes tât prouinciaux queGencraux,cuilIette dâaumofhes pour les poures ^neceffitez des Eglifes. Et generallement toutes choies concenans lâexercice: auec foute 'inerte de confcience, fans que ladite Religion puifïè eftre aucunement reftraintc, par qüel-lueabjuration cy deuât faite ou qui fe pourra faire cy apres en quelque forte amp;nbsp;manière que cefoit, par ceux qui voudront retourner Scembraffer ladite Religion; ne que pourraifbnde ce ils puiffent eftre inquiétez, recherchez ou autrement moleftez en vertu'des pttomefTesfer-mens ou caution baillées par eux, lefquels voftre Majefté déclarera nulles amp;nbsp;dénui effet amp;nbsp;'2'leut 2. Et pour faire ledit exercice, pourront lefdits de la Religion faire ediffiet ôu eóftfui
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Temples
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
re autant de Temples qui leur feront neccflà ires:outreceux quâils ont desja faits amp;nbsp;conftnnà Zc ceux qui leur fôt occupez leur.ferôt renduz en fefiat quâils Ibnt aprefêuûns quâils cftre recherchez ny moleftez, pour les matières emploiées auldits Temples priies des ruyncs amp;nbsp;démolitions fanes durant les troubles j. Quâen cefte liberté generalle de confnence^ exercice de ladite Religion, iôicnt comprilês toutes perlbnnes EcclefiaRiqucs amp;c religieufo
Mariages.
nonobftantquclsconques veuz amp;nbsp;profeflions par eux faites. Et que les mariages par eux con-traélcz oLià contracter felon la dilcipline des Eglifes reformées, ne (oient feparez,ainsK' nus pour bons amp;nbsp;valables.Et que les enfans nez dâiceux, fuient reputez legitimes pour admi-niftrer tourtes charges amp;funâions pubhques.'amp; tant les pères que lefdiis enfans renduz capâ; bles de toutes fucceïfions Sgt;i autres droits de vraie legitimation. Enlèmblc dâauoir amp;nbsp;tenir B* tats, offices amp;nbsp;adminiflration publique. Sans que aux vnsny aux autres puilîe eftrc objkc® luftice ou ailleurs aucune incapacité ou promoriô aux ordres de tEglilê Romaine. Ne (juils (oient tenuz obtenir pour ce regard ou autre aucun refer it du Pape. 4. Quand aux difcrcÃlt;l$ qui pourront furuenir touchantdes mariages contradez par ceux de la Religion: untpoui determiner de la validité des promeflès, que decider quels mariages (ont licites ou illictó quâiceux (oient traittez pardeuant les luges Royaux chacun en leur relfort: amp;nbsp;jugez difeipline des Eglifes reformées amp;nbsp;lâauis qui enauraefté donné par les confifloires. NcJp'' moins fi les parties (ont parentes en troifiéme ou quatrième degré,ncferont tenues de rccoâ' lirai! Pape pour en obtenir difpencercomme il eft accouftumé en lâEglilê Romaine.Maisel^^ Miniftres tu lcT^3.oâto'iée Ãccxpediéeen lâvne de vos Châcclleries .5.Que les Miniftres amp;nbsp;maifiresdâeied Précepteurs jg legitimem étappellez par lâordre Eeelefiaftique deladitcReligiô,ores quâils (ôienteftraget* du pays; ne (oient empefehez en lâexercice de leur charge non plus que les regnicolles Recherche turclz dudit Royaume, gâ . Qiïcn attendant (bus le bon plaifir de Dieu,e(labli(fement libielt;^^
ladite Religion reformée par tout ce Royaume,pays,terres amp;nbsp;Seigneuries de voftreobeilamp;nf® ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;protcélion: Soit permisamp; loifible aufditsdela Religion dây viure amp;nbsp;demeurerfanstfti^
Difines.
Comtat Vc neflin amp;nbsp;Ar-
enquis, vexez, moleftez ny contraints à faire cho(è quelconque p»ur le regard delciirRcb' gion contre leur confcicnce: ny pour raifon dâicelle rec berchez és mai(cns villes amp;nbsp;lieuX®^ ils voudront habiter direétement ou indireétemenr. 7 . Et quâil ne foit fait difference ny ûii' tiirtion pout raifon de la Religion à receuoir tant aux vniuerfitez, hofpitaux, malladcricsqi'^ aumofnes publiques efcolliers, mallades amp;nbsp;pourcs .8. Que ceux de ladite Religion de quel' que quallitc amp;nbsp;condition quâils foient, ne pourront eftie contraints de contribuer,aux chäf' ges qui (impoferont pour lobferuation amp;nbsp;entretenement des chofes dépendantes de lâinlfitW' tion Catholique amp;nbsp;Romaine contraire à leur religion ;ni pareillemêt faire aucune ceremonie ny affifter à icelle ne prefter aucun ferment pour quelque occafion que ce foit en auetmefoP me que celle qui eft licite par leurdite Religion. 9. Que dorcfnauant ceux de ladite Religion reformée feront exempts de difines des fruits de Tëursterres amp;nbsp;poffeflîons entiers les Ecclc' fiaftiques: amp;nbsp;les pourront emploier à lâentretcnement de leurs Miniftres a quoy ledit dixinc eft affeété./ 10 . Et par ce que ceux du contât Veneifin amp;nbsp;Archeuefehé dâAuignon quiton! chfucfthé ptûfelfion de la Religion reformée,ont efté receuz en fafïbciation generalle defdits de laKeli-dâAuignon. gion: toutainfi que ftijets de fadite Majefté pour eftre leurdit pays tellement enclaué dedans vpftre Royaume quâils ne pcuucnt eftre confiderez autrement que fils eftoient de voftieo* beifl^nce:Mefmemcntaiant tousjours voulu voftre Majefté quâils aient efté comprisentoui les traittez des tréfilés amp;fu(penfions dâarmes faites durant la guerre comme vos propres p^s: eliant tousjours interuenuë voftre autorité en tout ce qui feft fait par la pacification dudit pays entre ceux de ladite Religion amp;nbsp;(es Officiers du Pape. A cefte caufe fupplientttd hufirblemenu voftreMajefté : quâil luy plaife moienner que ceux dudit Contât amp;nbsp;Archeucr chédâAuj^non,jO(Uftïènt delà mefme liberté de Confcience amp;nbsp;exercice de ladite Religion audit pays. Et quâils y (bi^it receuz en toute liberté amp;nbsp;feuretté pour y pouuoir venir allerS^ habiter ûns aucune contradiélion : auec paifiblc joiiïfîà nce de tous amp;nbsp;chacuns leurs biens tant meubles que immeubles amp;nbsp;reftirution des fruits dâiceux perceuz j?ar autres qiiepart^ ou leurs procureurs depuis la pacification des premiers troublesTuiuant lespromefiesamp;ailH' rances qui leur en furent faites lors au nom du Roy Charles neufiéme par MonfienrleNh-rcfchalde ViciUeuille.- amp;nbsp;fur Iclquelles ils lafchcrcntplufiertrs bonnes amp;nbsp;fortes placcsaudit Contât. Et que pout Ãî^furapce de cc leur foit donne en garde outre les places quâils tien-
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â'ent a prefent dudit Contât: vne des trois villes quâils nommeront. Et que les garnifonsne-çeffaires pour lefdites places, foient entretenues aux defpens dudit pays. 11. Que voftre Ma-/ ( jefté confirmera amp;nbsp;entretiendra s jamais à Monfieur le Prince dâOrenge Tic à fes f ujets faifâns profefliô de la Religion en la ville ôc principauté dâOrenge: lespromelïèsà euxfaitesparle feu Roy felon quâil eft contenu au trétiéme article de fon Editai a. Auffi quâil plaifè à voftre * Majefté procurer enuers Monfieur de Sauoye, que les fu jets tj^ui font dëhdite Religion en toutes fes terres amp;nbsp;pays, puiflenr viure en toute liberté de côfcicnce: auec permiffion de pouvoir aller faire libre exercicede ladite R e l i o i o n es pays plus commodes efqucls hdit exercice fera eftably. Et defeharger tous ceux qui auoient fait promefTe au cont-râire:aiiec obligations amp;nbsp;cautions fur ce données qui parce moien demeureront caft'ées amp;nbsp;de nul effet. Et lefdites perfonnes feront reintegréesamp; remifês en leur premiere liberté Ht foitauffi Permis aufdits de la Religion dudit pays, qui fe voudront retirer ailleurs, jouyr neantmoins de leurs biens amp;nbsp;mefmes les vendre fi bon leurfemble. 13 .Sera auffi le bon plai- / firdejvoftre Majefté faire tant enuers le Roy de Nauarre quâen feTRoyaume de Nauarre amp;nbsp;paysfouuerain de Bearn, toutes chofes demeureront enmefme eftat que la feue Roynede Nauarre les laifTa au temps de fon decez. Et neantmoms ordonner que les François qui ont portéles armes audit pays, jouiront entièrement du bcneffice de ceft Edit. Comme fora pa-fdllemeut déclaré desBearnois qui les ont portées amp;nbsp;viendront demeurer en France amp;nbsp;des François aians guerroie au pays de Flandres du rant les troubles. 14. Et fora voftre bon plaifir S'tojdedeclarerlefditsdela Religion exempts amp;nbsp;non abftraintïïaTobforïiaFion desfcftcs in-
rtngc.
Snjctsdu Duc de îgt;a» unie Pnncc de
parÃEglife Romaine fors que le jour deDimanche, fpeciallcment pour le regard des hbûureurs. 15. Qiul ne fora permis ains trefexpreftement défendu furpeyncdelaviejà tousRegnicôIîesamp;autreshabitanscnceRoyaumeidcfaireprofeffionoumaintenircnpu-Weny en priuéautre Religion que la Catholique pour les Catholiques amp;nbsp;la reformée pour f®deladitc Religion: eftans toutes deux entretenues fous voftre autorité. Et ordôner pour âfte caiife que tous athées amp;: libertins manifeftes, feront punis exemplairement fans fupport 'âf diflîmulation quelconque. Enjougnant à tous luges de procéder contre eux auec fouerité ^glnftice. ilt;?.Et attêdu limpunité 8: diffimulation faite par vos Officiers en la punition de for-^ent, blafphemes amp;nbsp;paillardifos veiiës à prefent fi frequentes ôc publiques quelles font hor-
Blafjihcme« amp;nbsp;paiilaidi-k».
tous gens de bien: quâil plaifo à voftre Majefté ordonner, quâen executant les Edits 8c ^rdônâcesfur ce faites ou que voftre Majefté fera,foient exemplairement punis ceux qui co-^«tent Icfdits blafphemes amp;nbsp;paillardifes. 17 Et dâautant que la Paix ne peut eftr^ ferme amp;nbsp;^^2blc,queparvne reunion amp;nbsp;entière conjontion desvolontcz des fujets de voftre Majefté ^wvnsauecles autres : laquelle fora de beaucoup facilitée parvneegallc dcmonftrationde vaEflat. bôneaffeâiôSc amitié de voftrediteMajefte enuers vofdits fujets tât dâvne que dâautrcRcligiô fiipplicnthumblemcnt voftrcdite Majefté que comme ils font tous efgallement vos fujets, lt;liiedefirezautant des vus que des autrescfgallc obeiffanceSc fcruicefil vous plaifo auffi vous leruir efgalltment de tous,Scies emploier en tous cfficcs devoftre Couronne, charges dignitezScprééminences félon quâils lâentrouuerontCapables:fans faire diftintiôn ouauoir . efgard de quelle Religion ils font: tant en Eftats amp;nbsp;dignitez de voftre Maifon, charges en vof- Eftats foiét ââ ^'gendarmerieou place en vos ordonnâces ôcautres:quc csEftats de ludicature tât ésCours ^öuucraines que és fieges Subalternes:Mefmes des Prefidens,Baillifs,Senefchaux tât de cour- lu mentè
^uede longue robbe Sc leurs Lieutenans. Et à ceftefin défendre trefoxpreffement à vos delavcrw, Courts Souueraines fous grandes peyncs,quâils nâaient à exiger dâaucun pourueu defdits Ef-âââsfeprefentant pour cftre par eux pourueu Sc mis en pofTcffioi^dudit Eftat, ne requérir for-
ou obligation pour faftraindre à fobferuation de la Religion Catholique Romaine: a ins auoirefgardfeiilementaux viesjamp;meurs, doârineamp; fuffilà nce dâicelluy. Pourueu quâil ait ^îltoiiface profeffion de tvne des deux Religions. i8. Et affin que ceux de ladite Religion / $ reformée amp;nbsp;Catholique à eux vnisjpuifTent déformais efperer pnis de lufticedes lugesor-^onnez par voftrc M ajefté quâils nâen on tpcu obtenir par le paffé: la fupplient tref-humble-â quot;entdepouruoir aux offices de ludicature qui dorefoauant viendront à vaquer : degens de âéite Religio le plus que faire ce pourra.Pour les rendre en chacun fiege fubaiterne amp;(â cours ^oiiueraincsen nombre egal fil eft poffiblc à ceux de la Religion Catholique amp;nbsp;Romai ne sfinc^ue ceux de ladite Religion amp;nbsp;Catholiques fvnion, ne foient contraints deprandre
droit
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I Ã7Ã.
y
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
Clianibrcs my parties.
droit par luges à eux fufpeóts amp;nbsp;du tout allienez pour la diuerfite de Religion attendant quâil ait pleu à D i e v faire voir en cc R o y a v m e vn bon enet cutiondeeeque deifiis:quâil plaifê à voftre Majefté créer amp;nbsp;cftablir de nouucau dâoffice,pareil nombre de Prefidens, Confêillers, Auocats, Procureurs du Royj fiers amp;nbsp;autres officiers quâil yti ja au grand Confeil en pareils gages penfions amp;nbsp;piéewââ cesamp;autoritez que ceux qui y font desja.Età toutes Icfditcs places amp;nbsp;offices denouu crigez, pouruoirde plus idoines amp;nbsp;capables tous de la Religion reformée qui feront r celle premiere fois nommez par le Prince de Condé: auec lâauis qui luyfera donne toutes les Eglifes, fans aucun paiement ou desbourcement de finances: loir par forme ou autrement : amp;nbsp;lefquels pour cete premiere fois prefteront le ferment entre les mains voftre Majefté en voftre Confeil priué.Et aucnantvaccationdcfvndcfdifsÃftatsparnâ ou forfaiture tfoit pourucu en fit place parvoftredite Majefté dâvn autre de ladite Rd'ê', dâvn des trois que la compagnie ledit cas auenant nommera à voftredite Majefté; fans autre que fvn des trois nommez, puifleeftre pourueu dudit Eftat. Surpeyrie de nulnt^ toutes leftlites prouifions par luy obtenues, amp;nbsp;qu'il fen puifte aucunement aider.Nonobl toujxsclaufos derogations aux dérogatoires qui pourroient eftre mifesenccs prouiW'â' fans auffi quâaucu ns des nommez foiôt tenuz paier finance pour îoffice en quelque forte*! ccfoitmefmeparformedepreft. 20. De tout lequel corps accompagné dudit grand C® feil ainfi c ft ably come deftiis: fora pour le foulagement des plus cflongnées prouinccs,ô® le nombre de quarante defoits luges my partis des deux Religions. Lefquels feront ordin^*^ ment fodentaires amp;nbsp;non fomeftres; pou r eftre fvne moitié dâiceux quarante, mis amp;nbsp;cftabli«^ lavillledeMontpelljer.Ou reffortiront ceux de reflorts des parlemcnsde Toloze,Greiif^
Aix, Sauf laSenefchaucée de Toloze, Albigeois, Lauragais amp;nbsp;ce qui cft dudit parleff^'â' de Tolofe amp;nbsp;Guienne .21 .Et îautre moitié dâiceux luges fora eftablie en la ville de Cah®^ En laquelle rclfortiront aufti ceux du Parlement de Bourdcauxamp; de ladite Senefthaucc Tolofe, Albigeois Lauragais. Comme auffi ce qui cft du Parlcrgentde Tolofoau pajy Guicne le pays dâAuuergne. 2 2.Pour eftre lefdites deux chambrescôpofoes chacunedf les du nombre devint lu ges,d'Auocats, Procureur du RoyGrefiers amp;nbsp;autres Officierââ^ quis amp;nbsp;neccftaircs : efquelles fo feront toutes publications dâEdits de voftre Majefté coitgt;®^ aux autres Cours Souucraincs de voftre Royaume, Demeurant au par deflTus le corps ancicâ^ dudit grand Confeil eftant pres de voftre Majefté en fon ancienne inft itution de femefttc^ ambulatmrc. Pour conoiftre des differens de toutes les autres prouinces de voftre Royaume folonla oeclaration cy apres. aj.En chacune defquelles chambresainfieftablicsquilen^ du corps dudit grand Confoilîerâ pourucu de Chancellerie pour y eftre expédiées indinC' rénset toutes lettres neccflà ircs pour ladite luftice corne aux au tres Châcellcries de ce Ro}' aume. Dont le feau fera tenu par îvndefdits luges à leur touramp;ordtedemoiscnmois^' Et ordonner que ledit grand Confoil ainfi cftably comme dit eft amp;du nombre egal de b' ges^e Ivne amp;nbsp;de lâautre Religion: foit foui competant à toutes autres Cours: amp;nbsp;lurifdiâioââ^ Priuatiuement: pour juger decider amp;nbsp;terminer fouuerainementamp; en dernier reffioit de toutes caufes criminelles dont aucuns de ceux de ladite Religion amp;nbsp;Catholiques de IvnionuU' roient cy deuant cfté ou pourroient eftre à lauenir preuenuz amp;nbsp;accufez:foit en premiereini-tance pour les perfonnes qui parpriuillegefpecialne peuuent eftre conuenuzqueésCouts Souueraines, ou par la voyc commune à toutes autres perfonnes. Et pareillement de toutes caufcsamp;aéliosciuilles dequelqucnaturequâellesfoientpcrfonnelles,RealIesoumixtesroeU-ësou à mouuoir ou depp^dantes par appel en Ivne defoires Cours ou rcqueftesdeîhoftd efquelles vn delà Religion reformée ou Catholique de Ivnion foit partie jointe ou interuena-te en demandeur ou defandeur, joint ou interuenant. Soit appellé en premiere inftancepout le regard des priuillegcs ou par la voie dâappel comme deftùs. Et ce moiennant que 1 efoiitsde la Religion reformée ou (Catholiques dcîvnion veullent ou requièrent le different foit cii-minel ou ciuil eftre réuoié ala conoiftà nce des fiiftlits du grât Confoil. Et faire 'fignifierdeuc-ment la requifition amp;nbsp;declaration de fa volonte à fo partie auerfe ou à fon procureur. Auquel cas fo Majefté des aprefont comme pour lors,interdit toute IurifditioiTamp; conoiftà nce .à toutes autres Cours. En déclarant les jugemens qui interuiendront puis apres efdites Cours amp;Iurif-ditions, nulz amp;nbsp;de nul effet ôc valleur; nonobftant toutes euoçations amp;nbsp;toutes autres chofes contraires
-ocr page 553-Contraires à feffct de tç quc dçiTu^qui feront amp;nbsp;demeureront nulles nonobftant toutes â^hufes dérogatoires amp;nbsp;à la charge de tous defpcns dommages amp;interefl:s contre la partie ou pîrties qui auroient pourfuiuy le jugement ailleurs quâaudit grand Conlcil depuis ladite de-î; Quâil vous |gt;tadc au fli ordonner que âl furuient diffiçultéfurlâinter.pretation ââ^quelque arûçle contenu au prelcnt Edit ; ledit grand ConlêSl felon lâeftabliflèment fufdit pf*uatiqçiiiêt.à toutes autrcsCours:puiflâe decider amp;nbsp;terminer le differedÃtquâil Ibit enjoint Ãetaire par les termes amp;nbsp;mots contenuz audit Edit. Sans auoir aucun elgard à toutes reftrin-quot;onsj modificanqns ou.interpretations qui pourroient cftre cy apres obtenues par furprife ou ^Ãremen.t .efmances de voftre Majefté contraire au libre amp;â entier effet amp;nbsp;execution de tout ^contenu au prefent Edit. Et que de ce (oient tenus lefdits du grand Confcil prefter ferment ®lemncl nonobftant cefte prern.iere inftallation. Mais la renouuellcr par chacun an en faifânt ^âipteflement mention de ce prelênt Edit çn leur (êrmentamp; failà nt.promeffc de grader les or- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y
donnances. 26. Et dâautant que fil nâeftoitpourueuâ tordre accoüftumé en toutes Cours Souiicraines eftrcgà rdéen lalêance des luges.fêlon tordre de leur receptionùl auiendra quâé ^'ânedes Chambres dudit grand Confèil eûablic comme deffus,!! y pourroit auoir plus grâd nombre de ceux de la Religion Catholique qui pourroiét anéantir lâeffet efpcré de cefte pre-âOnteprouifion, Qif il plailê à voftre Majefté ordonner quâen chacune(êance amp;nbsp;Chambrey nnrapareilnombrcdeceux dâvneamp; dâautre Religion, (î meflez enlêmble que tout ordre de fouice ou prerogatiuç obmis, apres vn Prefidét ou Côfêi 11er de la Religion Romaine, (èra amp;nbsp;nnarchera vn Prefidét ou Conlèiller de ladite Religion reforméefelon lâordre qui (era eftably culeurinftallation. 27. Et à ce que lefdits du grand Conlcil éftablis comme deffus, puiffent quot;Z-y P^usaifemét terminer amp;nbsp;decider tous les différés dôtla conoiffance leur eft attribuée par ceft:
Ca(ïer reuoquer amp;nbsp;anuller toutes Se chacunes les euocations amp;nbsp;tous differens amp;nbsp;proces lie font de la quallité fufditc dont voftre Majefté cuoqueà (oy la conoiftà nce amp;ren.uoie grand Confeil: Et ordonner que nonobftant icelle les parties aient à (è pouruoir refpec-tiuement deuan t les Cours de parlement du reflort defquclles elles (êront. 2 8. Que pour re-â¢edierà la multiplicatioîi dâoffices qui fenfuit par ce moien;amp; qui ne peut eftre quâà lafoul-Icdu peuple amp;nbsp;charge des finances de (à Majefté ; il plaifc à voftre Majefté ordonner quâà fe(^ ÿidunôbre desPrefidens amp;nbsp;Conféillersde la Cour de Parlement de Paris ou autres Cours
quâil luy plaira auiler ,à mefure que leflitsEftats viendront à vaquer: (èront abolis (ans la place des morts il puiftè eftre pourueu fur peyne de nullité desprouifions. 29. Que tous ceux de la Religion reformée amp;nbsp;Catholiques à eux afifocieZjretournent amp;nbsp;(ôïgn remis, ooiifetuez amp;nbsp;gardez en tous amp;nbsp;chacuns leurs biens, droits, adions, honneurs, Eftats, charge,penfions amp;nbsp;gages tant pour le paffé que pour fauenir (ans autre mandement que du pre-IcntEdit jdignitez,offices Royaux ou Seigneuriaux amp;nbsp;beneffices Ecclefiaftiqucs, de quelque quallité quâils foient amp;nbsp;dâoù ilsjouâiftôient au parauant le vint quatrième Aouft mil cinq cens Soixante douze:fans eftre aftrains dâen prâdrc nouuelleprouifio.Et ce nonobftant les refigna-tions quâaucuns dâeux pourroient auoir faites dcfditsEftats depuis ledit temps. Mefincment en vertu de lâEdit,, par lequel leur fut ordonné de rcfigner:en rendant touresfois à ceux qui pour cefte heure tiennent lefdits Eftats, offices, dignitez, le pris amp;nbsp;fomme de deniers à eux P^iezpour raifon des refignations. Auquel cas incontinant apres la reftitution delHits deniers ou offre bonne amp;nbsp;valable de ce que deffus fignifiée à ceux qui (ont en poftcffiôdefdits Eftats: ^ourfoittrefexpreffement défendu deplus exercer lefdits Eftats: fur peyne de nullité de tout oequâilsferont. Sauf leur recours pour leurs dommages Se interefts contre qui il appattien-dra Sedefcnces au cojjtraire. 30. Que le pareil foit ordôné pour If regard de ceux qui par for oeamp;cótrainte ,ót refigné leurs offices amp;nbsp;Eftats fi mieux nâSymét fadreflèr Sepourfuiure ceux qui leur ôt fait ou fait faire lefHites forces Se violneces. Qui les ont detenuz prifônniers és fuf-ditsmaflacres pour leprincipalSepour les dômagesSeen interefts,tc)^tes adiós du droit:tât cÃ-treeuxSc chaeû dâeuxque leurs heritiers Sebics tenâsâ.le tout au choix Se optiô defdits refignas quienpourrôt faire lapourfuitte pardeuatle grâdCofcil eftably côme dcffus.3 i.Etpource quepliifieurs Prélats amp;nbsp;autres prefónes Eeelefiaftiques de iâEglifè Romaine,aiâs gras réuenus 'n icelle fc fôt mis de la Religiô reforméc,de laquelle ils ont depuis fait Se entendêt tousjours «iieprofeffiô ouuuert e:lc feu Roy en faifât le dernier Edit de paix auoit de fauis de la Royne Mre mere, de voftre Majefté Se de fonCôfeilpar articles fecrets accordé amp;nbsp;permis entre
-ocr page 554-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ M ï S ï O I R E tgt; E F R A N C E.
AiuiLMay. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f adlK
r 5 7 5â autres chofês pour aucuns defdits de la Religion les faire jouyr des reuenuz amp;nbsp;penlionsa accordées pat les refignataires : amp;nbsp;à ces fins ordonné les contraintes nccelTaircs. Mais lap* part ont demeuré lans effet. Speciallcment ce quâil pleut à fa Majefté en accorder au licur faint Romain ⢠A celle caufe leralebon plaifirde voftrc Majefté en confirmation deH'J^ lontc dudit Seigneur Roy, orflonner que les pads amp;nbsp;accors faits auec les refignataires » brcuetsamp; commandemens fur ceinteruenuz; lortirontlcur plain amp;nbsp;entier eftétamp;jufqâ'?â fentiere amp;nbsp;realle execution dcldits arrefts amp;nbsp;conftitutiôs de penfion pat cautio amp;nbsp;refpo*â*'® fuffilântc dâhommes foluables amp;nbsp;defacille conuention. Qifil lôit permis aufdits rclîgn^ns retenir la jouiïfance dâautant de reuenuz Ecclefiaftiquesquc montent lefdites penlionsjiu^ que leldits delà Religion en ticnnêt prelëntemêt pour la fubuention de celle guerre amp;nbsp;aiii
CûuJJcüii j^*Etpatmclme railonlbit déclaré en faneur des commandeurs amp;Chcualliets deiot dcs.iean l^nt Ican de lerulà lem qui lônt maintenant oùlèront de la Religion quâils jouyrontdeIr commanderies en forme dâOeconomes: nonobftât toutes interpellations ou J gemes iceux reuoquans nbsp;nbsp;declarans de nul effet amp;nbsp;valleur.j j.Que quand quelquâvnd«
Prouifîon auxEfta».
Ran cons des prifon-
Criées amp;nbsp;fubhafta-tjont.
Religio reformée ou Catholique alfocié autoit efté pourucu dâvn eftatou office tât cscoj^ Souuerains que fubalternes; que ceux defditcs Cours ou autres qui doiuent procédera reception dâicelles foientaftrains huit jours eu plus tard apres la publication des lettresâ^ donner commilfion pour informer fur la vie Semeurs de célluy qui fera pourueu.Etux'T maines apres au plus tard que ladite inquifition fera rapportée, îuy'faire droit fur la rcccptK^^' Autrement amp;!. à faute de ce faire ledit téps amp;nbsp;icelluy palïë luy lôit permis le pouruoir pat leldits du grand Confeil eftably comme dclTus. ^4. Quand aufdits Eftats charges obtenuz par ceux de ladite Religion ou Catholiques vnispâf réfignâtîôn^uiuant Magf voftre permilfion auparauant ces derniers troubles ou depuis dontils nâauroient pcuobtö^ les lettres Sgt;i. prouifions necelîà ires à caulê des mailacres amp;nbsp;autres cmpelchcmens auefij^ leldits Eftats amp;nbsp;offices aians efté ce pendant impetrez amp;nbsp;obtenuz par dâautres, ores que dits de la Religion ou Catholiquesâde fvnion aient paie la financiën tout ou en partie,)^ en vos coffres ou és mains des refignans, ou fen lôient obligez par ccdulles ou baillé eauu^^ amp;nbsp;relpondans dont aucuns ont efté contraints en lufticc ou autrement de paier ou aquited dites obligations amp;nbsp;promelfes:. Sera voftre bon plaifir, Sire, de declarer lelditcs obligaùo®^ promelïèsamp; jugemens qui furce pourront eftre interuenuz nu lzamp; de nul effet amp;nbsp;valU^^^' Et ûns auoir cfgard à iceux: ordonner «que les refignataires feront rembourcez de la Enancc* Sauoii cgt;quâil auoient paié en vos coff res des deniers de vos receptes amp;nbsp;le furpliis par les fignansqui les auront receuz ou leurs hoirs amp;nbsp;fuccelTcurs aians droità caufe dâein^Jli^ pour le regard des Eftats charges amp;nbsp;offices refignez à ceux defdits Catholiques defvnion^ de ladite Religion qui nâont encores efté impetrez par eux ne par aucunes perlonnes:ou bieu qui aiansefté impetrez amp;nbsp;obtenuz par lefdites de la Religion, nâont eu moien dâen jouyr^® le faire receuoir en fexercice dâiceux par les mefmes empefehemés des troubles aiienuz:pl^â le à voftre Majefté ordonner,que toutes lettres amp;nbsp;prouifions necelîà ires, leur feront expe^*' ées pour eftre receuz amp;nbsp;admis en lâexercice amp;nbsp;jouiïfance defdits Eftats amp;nbsp;offices, en paiant w finance fi fait nâa efté. Ores que les refignans, preuenuz de mort violente à lâoccafion ddilà s troubles amp;nbsp;malTacresjfoient decedezdans les quarante jours portez par voftre or donnan*:^ .Et dâautant quâil y à plufieurs differents furies rançons des prilônniers faits aux trouble^ Raflez, dont aucuns font demeurez indécis, dâautres ont efté jugez pendant les prefons troubles; plailc à voftre Majefté ordonner que tous les indécis defeendans des troubles tcræiat^ par lâEdit de Paix en l'an mtl cinq cés foixâte amp;nbsp;dix,amp;dau tres jugez durât les prcfês trouble^' feront décidez par Monlèigneur frere de voftre Majefté auec tel conlèil que fou Excelka^^ auilèra ou par Meffieurs les Marefohaux de France ou lâvn dâiceux. ^7. Que les criées haftions amp;nbsp;ajudications ^s heritages, lefquelles ne peuuent eftre faites felon les lölemnitc^ rcquilès par lâEdit forôt faites au jour de marché public julques à ce que autrementy aytep® 8. Qiie les acheteurs des biens Ecclcfiaftiquesallienczpar autorité de Mdkig'
HcnTEccie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;actictcurs tics biens tcclclialtiquesallicnczpar autoriteûc Mcn^'è
fiaftiques neuts Ies Princes pendant les troubles paflez puiflent continuer la polïèflîonamp; desPrincei ^âiceuxfansempelchcment: OU bien leurlôitconftitué pcniion fur les fruits defdits bienstâ Denier quinze, à meliirc delHits deniers quâils feront apparoir en auoirpaiezfournizrcalk' ment jufques à leut cutict rembourlcmcnt.j^.Toutcs dil^fitiós entte vifz amp;nbsp;teftamentai^
'Æ5 ou a faire en haine de îvnc ou de faiitre Religion ou de la prifè des Armes tant des pre-
amp; prefens troubles:Semblablemcnt toutes promefTes amp;nbsp;obligations paflees pour cho- en hamc'de ^'ifilaReligion.Et generallement toutes autres conditions reftreignans la libertéde confei- la Religion 'quot;ceiroient des maintenât déclarées nulles amp;nbsp;pour non faites:auec inhibitiôs à tous Juges dây âquot;oitaucunefgard.Et fi aucuns jugemenseftoient interuenus au «ôtraire lôit à caufe de fvne
de tautre Religion:demeureront caflTez auec inhibitions amp;nbsp;defences à tous defen aider, .^L^eequâau mois de luin i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fêroientauenuz quelques troubles,meurtres,bruflemens nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en
quot;utresexces entre les habitans de la ville de Pamiers en Bearn pour le fait de la Religion : Beam, ondes informatiôs faites dâvnc part amp;nbsp;dâautre amp;nbsp;autres ades amp;nbsp;proccddeures,Arrefts,juge-
condénations enfuiuies auroiét efté cafl'ées annullces par lettres parères du feuRoy, â^ijuftctnent deiiement informé de la vérité du fait, dattées dumois dâAuril, 15 68. Par 'quot;ifliielles il declare amp;nbsp;ordonne que fa volonté amp;nbsp;intention eft que le fait amp;nbsp;différend defdites ^motions amp;nbsp;exces full des cópriiis en f Edit de Pacification fait en îanii- 568:fà ns que les habi* pos aient peu jouir du frui t de ladite declaratiôznonobftât les fubterfuges des parties fupport ^nilTimulation des Cômiflaires députez pour ^execution dudit Edit:A celle caulêfupplient ''cshumblcment voftre Majellé,ordonner que lefdits de la Religion^habitans dudit Pamiers, Unt ies viuans que les hoirs des défunts, jouiront plainement de lâeffet de laditcdeclaratiô.Au
par le beneffice du prefent Edit de Pacification corne les autres de la Religion.Et ce quot;'bntquâilsferótmaintenusen leursbiés,Eftats,hóncursamp; chargesnonobllâtlefdits Arrefts . ^procédures faitcs,declarant en tantquebefoin fera lefdits faits abolis amp;nbsp;côme non à ûentis *
ilplaife à voftre dite Majefté cômander à Monfieur de Montpencier défaite: jouyr tnanans Sc habitas du païs de Dombes qui font de ladite Religion refôrméc:du'fruit amp;nbsp;be-' bcs au üuc odliceduditEdit. Tout ainfi que vos autres fujets tant pour texercice de leur Religion; que ^quot;rfentiere reftitution amp;nbsp;reftablifl'ement en leurs Eftats, charges, offices amp;nbsp;biens : nonob-â 'hnt toutes declarations, Arrefts jugemens contraires donnez par mondit Sieur de Monc- . Poncicr, fa Court de Padement amp;nbsp;.autres Officiers audit pays : depuis le commencement odditsprefents troublés. Le tout quand beibin fera les reuoquant amp;nbsp;déclarant de nul effeôl.
Enfemble que voftre Majefténepourroyt donncrplus fortargument dâvnbon vouloir mcurtfct ^quot;en^declatant expreffement deuant Dieuôc les hommes par voftce-Edi(ft,quâellô à eu extre-'ââquot;regretScdeplaifir, delexcesSe deibrdreaduenu a Paris le vint-quatriéfined'Aouft fan parieRoy-quot;ââl cinq cens foixante douze. Duquel on feplainôlôc dont cefte mal-heureufe Guerre eft
Et parce vous fupplienttres-hurnblcment ordonner, que pugnitionSc liifticeexem phitefoit faiéfe de ceux qui ont commis lefdiéfs meurtres, mafïâcrcs violences^: extor-tant ledlél vint-quatriéfme dâAouft, que depuis en quelques villes amp;nbsp;endroiéts de ce Royaume ou telscas font aduenuz. Dont la connoilfancc appartient en premiere amp;nbsp;dernie-reinilanceaudiét grand Coniéil cftably comme dcffiis. 4 . Et que tous les biens rauis ^pillez tant à ceux qui furent lors tuez que autres: fbit lo^iis le nom Sctiltrede rançon ou ïutre pretexte quelconque : leur foyent rendu z amp;nbsp;reftiruez où à leurs heritiers : auec condemnation de tous dommages amp;nbsp;interefts contre ceux qui ont commis telles violences chacun dâeux amp;nbsp;leurs hoirs amp;nbsp;biens tenans. Dont la connoilïà ncc en appartient en 4^
P^'cmicre inftanccaudiôlgrand Confeil eftably comme deffiis. 44. Que toutes Senten.
quot;quot;5) jugemens amp;nbsp;procedeures, faifies, ventes amp;nbsp;decrets donnez contre lefdidsde la Re- res contre Egbnamp;Catholicques de fvnion,tant viuans que morts depuis le trefpas du feu Roy Henry quot;lâoccafion de ladiâe Religion, tumultes, troubles Ãc prétendues confpirationsdepuis fup-poices tant contre ceux de ladiéle Religion que Catholicques à ^ux aflbciez: contre le feu
les liens; mcfmes contre le feu Seigneur Comte de Montgommery. Enfemble fe-^cciition d'iceiix jugemens Arrefts ou decrets fbyent defaprefent caftez, reuoquez, amp;annul-JeziEtà ceftefinraiczamp;biffezdesRegiftresdcsCourtsde Parlement amp;nbsp;autres jurifdiéfions ouIcfdiûsjugemens auroyent efté donnez.Comme auffi toutesrdîrques, veftiges amp;nbsp;monu-mens defdites executions31iures,libellez amp;nbsp;aéfes diffamatoires contre leurs pcrfônesj mémoires amp;nbsp;pofterité:remis amp;nbsp;réintégrez en leur bonne fame amp;nbsp;renômée, dignitez,prerogatiues amp;nbsp;fînteux que leurfdits enfans amp;nbsp;heritiersren jouyftacc entière amp;nbsp;pofteffió libre de tous amp;nbsp;chacuns leurs bics .Mefines des places aufquclles auroient efté faites pour cefte occafion,defmo-
-ocr page 556-AunJ,May. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIREDEFRANCE.
litions amp;nbsp;rafemans: le tout nonobftant les revnions defdits biens déclarez amp;nbsp;confîfcatioâ* Ã.e nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par lefdits Arrefts amp;nbsp;jugemens en quelque part que lefdits biens fbyent fîtuez Æ .
45â Que Meflîre Gafpar de Colligny,Seigneur de Cbaftiîlon,Amiral de France,foit deâ Cob nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Arrefts amp;nbsp;jugemens contre luy donnez c
Amiraïf rcfcindez,annullez,razez nbsp;nbsp;bifez des Regiftres de voftre Court de Parlement : toutes
ques veftiges monuemens de laite execution oftez, abattus, brifêz, rompus amp;nbsp;femblc touseferits diffamatoires,coppies imprimées duditArrcftfbit a partoucnfuiiiies tres liures, amp;nbsp;autres aéfes faiéfs contre la perfbnnc dudit défunt. Ses Armoiries reniut* redreflees en tous lieux ou elles auroient efté rompues amp;nbsp;efacées. Et tant luy que fep** /
fans remis amp;nbsp;réintégrez en leur bonne reputation amp;nbsp;renommée,dignitez amp;nbsp;capacitez. t dits enfans en jouïïïance entière amp;nbsp;pofTeflîon libre de tous amp;nbsp;chacuns leurs biens à eux P pies où qui appartient audit défunt leur Pere, tant meubles quâimmeubles quelqucpärtl ils (oient fituez amp;nbsp;alfis; Le tout nonoftant la reunion defdits biens déclarez, ou par ccnfiK^ adjugée par lefdits Arrefts amp;nbsp;jugemens. Etque les penfions charges èi autres deniers q® . ftoientdcuzpar lefeu Roy audit deffunt jufquesau jourdelbn decez 5 foientpaiezaK^ fâs.Aufquels aulïî fera réparé le gaR St dcmagefiits cz bois dudit deffuntpar ceux Briquemaut uetontfauoir commîs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Je mefmc que dclTus (bit ordonné pour le regard
deBriquemaut amp;c Cauaignes tant pour leur innocence que ce qui concerne leurs enfans ; ritiers amp;nbsp;biens . 47. Et pour entièrement aflbppir la mémoire des chofes paflées ;
Procf ffions voftre Majefté interdire Si défendre toutes proceflîons tât Generalles que partieulieres,®' conrreics ordonnées Sr oblëruées annuellement (oit en la ville de Paris,tantpourla commémoration Proteftaiis. jg de Moiifieur le Prince de Condé, que journée Sainét Barthelemy amp;nbsp;en la vily quot;nbsp;lt;nbsp;quot;nbsp;Tolofc fvnziéme May pour laprinlè quâils difent de la maifôn de la ville : comme general
Prifbnnicrs foiciK eflar-gis»
Enfansde IâAmirai amp;nbsp;Briquemaiit prifonniers.
LâAmirale dâEntremót piifonniere duSauoific
DucdeSa-uoye a mis des Prote-ftans aux Galleres.
Proteftans
ment toutes autres Proceflîons amp;nbsp;feftes ordonnées en toutes les villes de voftrc Royauiâ^^ foccafîonSi en haine de la Religion Se fouuenance defdits troubles. 48. Et pour le rc^^i des proceddures faites, jugemens, Arrefts amp;nbsp;prouiflons quelscqpqûcs données contre dits de la Religion Sc Catholiques à eux aflbciez ou leurs enfans heritiers en quebe®*â ques autres matières que de la Religion amp;nbsp;defdits troubles, enfcmble des proferiptions à legalles, couftumieres que conuentionnelles amp;nbsp;fà ifîes feodalles depuis le vint-quatrici^® dâAotift jufques aprefent ; fbyent eftimtes comme du tout non faites, données ne aduenues-amp; nepuiflènt les parties fen aider aucunement ne pour le princippal ne pour les delpens'. Airâ foyent remifês en lEftat quâelles eftoyent auparauant iceux : nonobftant quâils ayento ouys amp;nbsp;(ftfendus par Procureurs. 49. Qtic tous prifonniers detenuz par authoritc de ce ou autrement : Mefines ez Galfcres eftans de ladite Religion amp;nbsp;Catholicques affocicz foccafîondes troubles: fôyent cflargis Ãc mis en liberté de part amp;nbsp;dâautre fans repetition* Mais tout ce qui à efté faiét où pris hors la voyc dâhoftillite ou par hoftillitécontre les mens publiqs ou particuliers des Prouinces tant de part que dâautre: (bit fu jet à reparation comme did eft. 5 o Comme aulft tous crimes amp;nbsp;delids faids par perfbnncs demefmep^r' ty en temps de troubles, trefuesamp; fufpcnfion dâarmes: foyent puniflà bJcs comme uoyentefté commis en temps de Paix. Et que ceux qui ont impofé, leué; exigé dâauthorité priuée tant furies communautez que particuliers: foyent tcnuzde reftiw^â auxinterefts en luftice amp;nbsp;par toutes voyes rcquifesSc raifbnnablcs. 51. Quâilplaifeav^' ftre Majefté mettre en plaine liberté les enfans des feuz Sieurs de Colligny Admirai quemaut detenuz prifonniers depuis le vint-quatriéme dâAouft. j^Supplient tres-hun^'â blement voftre Majefté défaire inftantc Requefte vers Monfîeurle Duc de SauoyepoU! la deliurance entière des Corps amp;nbsp;biens de ma Dame lAdmiralle : pareillement de toâ* ceux de ladite Religion detenuz prifbnniers aux Galleres dudit Sieur Duc à caufe de ladit^ Religion, tant fêsfujcts que autres. 55â_Qiæles Preuoftsdcs Marefehaux, Vibaillifs,'*''' fenefehaux, Licutenans d?robbc courte, luges, Prefidiaux ou tels autres quipeinient jug^^ fbuuerainement en matières criminclles:ne puiflèntncantmoins cfdits cas procéder aux jugâ' mes dâaucuns de la Religiô rcforméeilefquels en tel cas foict jugez par autres tantdelafuÃbâ gezpaTie^ Religion que de la Catholique Romaine qui fe prâdrôt aux plus prochains fîcges Roiauxou Preuoftsdcï Prefîdiaux.54.Que les meubles qui fè trou lieront en nature amp;nbsp;qui nâauront efté pris par voyoquot; Marefehaus nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oiCde lufticc teigléc corne dcfliisifoyent rendus à qui ils apparticnent. En rendant
toutesfo'S
-ocr page 557-LIVRE TRENTENE VFIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;277.
Meubles amp;nbsp;leur rcÃiiu-üon.
Wsfoisauxachepteurs le pris de ceux qui auront cfté vendus par authorité de lufticc ou pwautrccommiflîon ou mandement public tant defvne que de l'autre Religion. Et pourfe-toutiondecequedelTus: foient contraints les détenteurs defdits meubles fubjeôls à rcflitU' 'âon,incontinant fans delay nonobftant toutes oppofitions ou exceptions, les rendre amp;nbsp;remuer aux proprietaires pour le pris quâils en auroiêt paie.Et quâà ceftefîn les Cômilïà ircs ou
autres qutauront procédé à la fà ifie vête defdits mcublesjfôiét contraints exiber amp;{. reprefê -ter les proces verbaux defdites lâifies amp;nbsp;vêtes à peine de fen prandre à eux en leurs propres amp;nbsp;ptiueznôSjfice nâeftoient matières emploiécs en autre naturel. 5 5.Et pou rie regard des fruits Chacun ren ^tsimmeublesrquechacun rêtreen Ãmaifôamp;: jouïflèreciproquemetaesfruits delà cueillet-te delà prefête année, nonobftât toutes Ãifies empefehemés faits au côtraire durât les trou Wes.Côme auffi chacun jouïftè des arrerages des rêtes qui nâaurôt efté prifts par voftrc Maje-ftéoii par fon cômâdemét,permiffion ou ordonâcerou de par ceux de ladite Religion ou Ca-tholiquesafTociez, Ãufamp; excepté les fruits des biés Eclefiaftiques pour ladite année. 56.Que ceuxdefqiiels tant dâvne part que dâautre on auraoccuppé les Chafteaux, maifos Ãc heritages fecórniffion expreffe du Roy,de fes Lieutenâs generaux ou Chefs de ceux de ladite Religio ouCatholiques alfociez-.puifTétauoir repetition contreqùi auroitfaitlcfdrtes irijuftcs occupa tionsjde tous les domages amp;nbsp;interefts par euxfbufferts pour raifôn defdites violêces cômifts: 3UCC repetition des deniers qui par leurs Receueurs ou Fermiers ou autre pour euxaurÃtefté päiezauxpretédus Capitaines amp;nbsp;foldats qui ont occuppé lefdits Chafteaux Si maiions fous le »om amp;nbsp;prétexté de Garnifons.5 7.Q ue toutes forces amp;nbsp;Garnifônsquifontoufetrouuerôt es ®3yons,places5villes amp;Chafteaux appartenâs aufdirs de la Religion amp;nbsp;Catholiques de lâvniô: biétcontraints de vuider incontinât pour leur en lailfer la libre amp;nbsp;entière jouïffance corne ils ^^oiétauparauât.Et tous ceux qui ont efté fpoliez par de ceux du côtraire parti durât ces trou Wcs:fous prétexté que les expoliateurs y pretedét droit: feront réintégrez nonobftât quelcô-âJuesoppofitiösSc droits pretéduslansforme ne figure de proces:amp; fans prejudice en tout du Æ â^'â oitdespartiesenIufticecôpetante^58£^^lesfujctsdefaMajefl:édeladite Religion qui Contât Vc* 'â'âtdes biens au Contât X^neifin amp;nbsp;Ãrcheuefche dâAuignon , foit en propriété ou vfuffruit; puilletjouïr de leurfdits biés ôc fruits dâiceux:Et que en faute de ce il leur fôit pourucu de pro pfenioié pour en eftre recompenfez fur les biés que ceux dudit Contât ont au païs de voftrc °M(îà ncepardroitdcmarque,reprefailléou autreméfEt pou rce faire fe pouruoirontparde-^^dcSenefchal de Beau Caire Ãi Nifines:aufquelsdetouttêps laconoiffance en à cftéattribu-dtres pappiers enfeignemés 8i. documens pris^foiér rédus amp;nbsp;reftituez de part
Maifons oc-cuppécs maintcnanc
P^utre à ceux à qui ils appartiénent.ô'o.Qtie libre cômercc nbsp;nbsp;palfage foit remis ^ar toutes
villes,bourgs amp;nbsp;bourgades de Ponts amp;nbsp;palfages de ce Roiaume en feftat quâils eftoiét au-
P^tiuâtiesprefés troubles. 61.Que toutes placcsjvilles,amp; Prouinces demeurét amp;nbsp;jouïffét de Priuilcges. ^dînespiiiHlleges^immunitcZjliberteZjfrâchifêsjfoires,marchez,jurifdiótiós Sc fieges de lu-»ce:qu elles failbiét au parauât les troubles Sc depuis la mort du feu Roy Henry. Nonobftant ^ousarreftsjjiigemég prouifions de tranflation ou fuppreffion:amp; quâelles ne ibiêc tenues cy âpresoaillerà faMajefté aucuns Oftagcs.Ains plaife à voftre Majefté réuoier libres celles qui
cy deuâtbaillées.!?2.Et que ceux de la Religio amp;nbsp;Catholiques alfocieZjfbiét déclarez changesdî-â¢â¢'Wes de tenir amp;nbsp;exercer tous Eftars,charges publiques,Roialles,Seigncuriallcs Si. des vil- ftiibueze-^^sdeccRoiaume.Et foiét indifferémétadmis feceus en tous côfeils,delibcrations amp;nbsp;alfem 'Wharges tât elediues des Eftats des Prouinces corne autres Eftats amp;nbsp;funélions qui dep-entdeschofesfufditcs,fâs en eftre en forte quelconque rejetez nyempefehez dâé jouïr.6 ?. ^3
] ^^quelefdifs de la Religion amp;nbsp;Catholiques de fvnion ne foiérry apres furchargez nây foui p°^ Qaucunes charges ordinaires plus que IcsCatholiques amp;nbsp;fclô la proportiô de leurs biés amp;nbsp;ceftans. juteziEt attedu les grades pertes par enx fouffertes, quâils foiét defehargez de toutes taxes '^pofitions quife feront cy apres ez villes ou Eftats particuliers des Prouinces: Et Ibiét ap-ezaucuns de ladite Religion pour y affifter amp;nbsp;obuier aufdites Archargcs.Et auenât quâil y 'P^jutedeladitefurcharge'.la conoiftà nce en cas dâappel en appartiédra audit grâd confeil leà nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Corne de toutes autres chofès dót les generaux des aides prouuerôt que
de la Religion ou Catholiques de fvnion les reuoquét.64.Et poureequâapres la publi
â en delEdit quife fera fur la préféré pacification:lcs Generaux de la charge ou les Rece-'^sgeneraux ou particuliers ou autres intendâs de vos finances:pourront recercher amp;nbsp;con-
Mmm ji.
-ocr page 558-LâHISTOIRE DE FRANCE.
^uril, May. â Ã7 5.
traindre Icfdits de la Religion amp;nbsp;Catholiques deîvnionjcnfemblc les autres CatbolifjuesÃ^' leur ont côtribué pour le paiemêt des deniers des tailles,aides,oôtroyjCrcuës, reparsticsjt^j* lô, vftécilles des gés de guerre amp;nbsp;autres féblables fubfides Si impofitiÃs efcheiis dequis 24. dâAouft 1572. que ces derniers troubles auroiét ccmmâcc jufques 3. prefét.foiisprei^^ que Icfdits deniers nâôt eftéJeués amp;nbsp;exigés par lefdits de la Religio tât fur eux que fur tholiques qui leu r ont côtribué pour fubuenir aux frais amp;nbsp;affaires de la guerre excedétinf*ââ^ mét:plaifè à voftreMajefté les acquirer amp;nbsp;deicharger deltlires taillcs,aides,cétroy,creuèS)öiâ Ion,reparations,vftécilles autres impofitiôs amp;nbsp;fubfidcs efeheus amp;nbsp;inipofez pêdât CCS troublcs,à coter dudit 24.dâAouft 15 72. julques a prefét.Soit par voftre mâdemct dônâce ou par îauis amp;nbsp;dcliberatiô des cftats,Gouuerneurs des Prouinces,Coiirs de Parle®^â autres.Failà nt pour ceft effet deféces aux Trclôriers deFrâce,Generaux de la charge, ucurs generaux particuliers,leurs cômis amp;nbsp;entremetteurs amp;nbsp;autres.Intédâs amp;nbsp;Comifiaif de vos finâces:amp; de les recçrcher,molcftcr ny inquietter direélemét ni indireélemé^/^^' tendu la pourcté de ceux de la Religion : amp;nbsp;fimpuiflance à laquelle ils ont efté réduits parifâ bucr^quot;'â nieurrrcs cômis ledit 24. dâAouft: amp;nbsp;depuis és perfônes des plus riches amp;nbsp;puiffâs dâetre tai' leTkancs, Offà plaile à voftre Majefté les acquirer amp;t defdômager du paiemêt de larger deu aux
venus au fecours de ceux de la Religiô aux precedes troubles a quelq fôrnecu femesqetâ dits paiemés fc puifle môter.Et a cefte fin declarer toutespromcflêsamp;cbligatiós faites par de ladite Religiô en general amp;nbsp;en particulier pour ce regard,rat enuers fa MaJeRé queenuers leldits Reitres leur* Chefs, Colonels amp;nbsp;autres qui le lêroient entremis de ce fait nulles amp;nbsp;nul effet èc valleur;Et celles que là majefte auroit en fa pcftêffonjes rédre ou faire rédre 3^ dits obligez ou leurs heritiers ou Procureurs.Qne lefdits Reitres leurs Chefs amp;nbsp;Colondy cêt le fcblable de celles quâils ont par deuers eux.Et notammât dâacquiter les heritiers et*, Môfîeur lâAmiral de toutes promeffes amp;nbsp;obligatiôs quâil auroit faites en ion propre amp;nbsp;nô a quelques perfônes que ce foit pour le paiemêt amp;nbsp;iâtisfaélion defdirs Reitres^^^»^ -lâacquit amp;nbsp;defeharge de pluficursautres deines quâils ontfaites de^s voftre Roiaumeacai' des troubles:lôit le bô plaifir de voftre Majefté leur accorder en dô la fôme de 200. mil eu'''
Proceftans ne Ibient te-
Le Prince
Marefchal
une urs du Roy.
Rochelle,
Proteftans demandent deux cens
Roy^^^ Eï 31 ceft effet leur faire expedier aflignatiôs fur les plus clairs deniers de vos finâces^?'^â*â
P'I pour lextreme defolatiô ôc ruine auenuë par lemoiê defdiis troubles és ProuincesdePoit^'Jâ de toute?quot; Saintôge,Angoumois,GouueriJcmêt dâAunis amp;nbsp;tout le pais dtGuicnc,Lâguedo,DaiipWââ^ impofitiont. Plailè à voftre Majefté les exêpter du paiemêt de toutes taiiles,fubfides 8c impolis poiit^-^'â nées jufques a ce quâil aitpfteu à Dieu leur donner dauâtage de moiê pour faire fcruicc ar'â' ftreMajehé. 68. Vousfuppliêttreshumblemct,Sirc,quâil plaifeà voftreMajefiedeoedaf, qu'elle tiêt 8c repute le Princede Côdépour fon bô parêt,fidelle fujet ôc feriiiteiir.Comea fi les fieurs Marefchal de Danuille, de Meru, de ThoréjSc tous les autres Seigneurs, Danuiiio amp;nbsp;lieis,Gentilshommes,Officiers8c autres habitas des villes cômunautez, bourgades cz^our bSs lieux de ce Roiaume 8c pais de voftre obcïffâce'.de quelque Religiô quâils lôiêt qui Icscntli^ fujetsamp; fer- iiis,fecourus 8c accôpagnez,prefté faneur 8lt; aide en quelque part que ce foit : pour vos boiâ loiaux fu jets 8c feruiteurs.Et quâà bonne 8c jufte caule ils ont pris les armes pour leur tuiuoâ defêceSc côlèruatiô de voftre Eftat. d^^Auouât de melme ceux qui le font retirez hors de ftre Roiaume depuis la mort du défunt Roy Hêry pour caulè de la Religiô ôctroubles.EtÆ Â® a cefte fin il plaile à voftre Majefté ordônerfquc les enfâsncz des fufdits depuis ledit têps no de voftre Roiaume:fcront tenus pour vrais 8c naturels Frâpois 8c regnicoles pour vfer deP^ reils droits, priuillcges et prerogatiues eux et leurs hoirs, comme fils auoict elle nez das !Æ Roiaumc.Sâs quâil leur IbitFclôin de prâdrc aucunes lettres de naturalité ou declaratio majefté autre que le prefêt Edit.7o.Aulfi que ledit fieur Prince deCôdé,ledit fieur Marclc Danuille et autres Seigneurs et Gêtilshômes,Olficiers,corps des villcs,cômunautez et aut qui les ont aidez et lecourus de quelq Religiô quâils lôiêt; Ipeciallcmcnt ceux de laRocnc â lôiêt defehargez de toutesîffêblées generalles 8c particulieres,eftabliffemêt deîufticejpoU 8c reglemêt entre eux jugemês 8c executiô dâiccuxrde tous deniersqui ont elle par eux fez ou par leur ordonnace prins 8c leuez tant des rcceptes 8c finâces devoftre Majefté a ques lômmes quâelles le puiffent monter ; que des villes, communautez 8c particuliers rentes,reuenus, argenteries, ventes de bois tant Eclcfiaftiqucs que autre bois de haute lu appartenans à voftre Majefté ou a autres amendes, butins, tançons 8c autre nature de^
-ocr page 559-Ll V R E TRENTE NEVFIEME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;278.
par eux prins à foccafion de la prefente guerre : fans quâeux ny ceux qui ont cfté commis r wxa la leuée defdits deniers ou qui les ont baillez ou fournis,en puilîênt cftrc aucunement
renez pour le prefent ny a fauenir.Et demeurerôt quites tât eux que leurs cômis de tout ce
amp; adminiftration fans quâeuxjlcurs cômis ne pareillemét ceux qui les ont baillez amp;nbsp;eftre aucuncmët recerchez pour le prefer nây à Ãuenir.En rapportât pour tou b ii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;acquit defdits Prince ou Marefchaliou des (èigneurs Gétilshomes cômunauté des
guerres,amp; de ceux qui auroict efté cômis à fauditiô Sc clo-Kde leurs côtcs.71.Demeurerôt aufli quites amp;nbsp;defehargez de tousades d'hoftillitc nbsp;nbsp;con- *71
gûcnêÃFabricariô demônoie, fonte amp;c priiê dâartillerie amp;nbsp;munitiô tât es Maga- pefehargs.^ rde voftreMajefté que des particulières côfeôtiôs de poudresamp; (alpeftresjpriiês^ortificatiôs amp;nbsp;aueu acfmâtellemcs,demolitiôs des villes amp;nbsp;ChafteauXjentreprifesfur iceiix^bruflemcs demo- ^âyapâ» [ 10sdesTeplcs ic mailbnsjeftabliflemés de lufticejugemés amp;nbsp;execution dâiceùxjvoiages,in- PrStcAi*» 'âê«ces,traittez,negociatiô Sc côtrats faits auec tous Princes5CÃmunaurez,cftrâgersjintrodu-0 cldiiseftrâgers es villcsamp; autres endroits de ceRoiaume.Et generallemêt de tout ce quia fan pour ^rîit,geré 8c négocié par eux ou leurs alïôciez depuis la mort du Roy Henry Æ ufques à préfet
leu^ cófer-
^â'cotesqu il deuft eftre plus particulieremet exprimé amp;nbsp;fpecifié.ya.Et notâmât que les Ofiici- puis kde-^^Majefté à la RochelIeaMairejEfchcuins,Pairs èc autres babîtâ^âicelle ne foient recer-
^.inolcftez nây inquiétez pour les mâdemês,decrets de prinfc de corps tât en ladite ville que ]'^j^â^ecutiôs des jugemés depuis enfuiuis pour le fait de la côfpiratiô faite côtre ladite vil-'jouiierteau mois de Decé. 1575. Ne pareillemét pourvu Nauire nômé IHirôdelle amp;nbsp;e-â^îcutiôdesjugcmésdônez côtreceuxllefequipagedâicelluymy autreade côtenu plus au lôg ^^precedét Article. yj.Et dâautât quâil à côuenu a ceux de la Rcligiô faire plufieiirs traittez amp;nbsp;ââ*?ociatiôs auec les Pnnees eftrâgers pour leur jufte defêfe amp;nbsp;côfcruatiô tât ez premiers,!. j. 4;^ prefés troubles amp;nbsp;notâmât en fâ 1562.auec la Roine dâAngleterre.Auquel traitté amp;nbsp;nego- uredcGra lt;nbsp;lt;:'3Uô(ijtétemploie2 pour le feu Prince de Condé les fteursVidafme de Chartres amp;nbsp;de Beau- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
'nonbeau frère corne Iqdit feu Prince à des fin viuât tresbiê reconeu amp;nbsp;auoiié.-combië quâil ics vidaf-Æ * wéobmis à fpecifier par lefditsEdis faits fur lefdits troubles.Et encores que la volôté du feu
I y^âteftéde reconoiftre Icfdits traittez pour ncceflà ires amp;nbsp;legitimes fuiuât la declaration qui amp;nbsp;Beau, '*ypieutenoâroierauditfieurVidalme:SuppliétvoftreMajefté quâil luyplaifc fuiuât Icfdits a-8edeclaratiôsfaites par le feu Roy tenir aufli amp;nbsp;reputer Icfdits fleurs Vidafmc de Chartres ^cBcauuoir pour vos bôs fujets èc feruiteurs,auouât Sc déclarât Icfllits traitez de negociatiôs âquot;ânpareuxfaitsaueclaRoine dâAngleterre côme deifusen lââ r 562.auoireftc lcgi^(memétamp; JU temét faits pour la jufte tuition,côfcruatiô amp;nbsp;defcce de vosfujets de ladite Religion fuiuât la 7^ WduditfeuRoy,côbiê quâellene fut portée par les précédés Edits. 74.Qiic toutes les pri-Ks qui ont cfté faites en vertu des côgez amp;c. aueus dônez amp;nbsp;Iclquellcs ont cfté jugées par les lu*
âJelAdmirautéamp; autres Cômiflà ircs a ce députez par Icfdits de la Religion amp;nbsp;Catholiques â ociez,foiétapprouuéesamp; déclarées bônes.Sâs que leurs Capitaines,leurs cautiôs amp;nbsp;Icfdits lu S^jOfficiers autres en puiflent eftre cy apres recerchez ny molcftez en quelque forte que ce rcprefailes °'tamp;p3r cemoien foiét toutes lettres de marque amp;nbsp;reprefâille qui ont efté cy deuât expédiées P^^rccfaitcafTées 8c annullées fans quâon fc puifl'e feruir amp;c aider côtreeux à l'auenir.7y. Que
b Rcligiô ouCatholiques de fvnion qui aurôt prins à ferme deuât les troubles aucuns p^mesprî j®cs ou autre domaine,Gabelles impofltiôs,forainesamp; autres droits appartenâs à voftre Maje nbsp;nbsp;non le-
f'bont ilsnâôtpeu jouir a caufe defdits troubles:demeurerôt quitesSi defehargés des fermes. ïX^fotc-°Mät toutes obligatiôs fubmifllôsamp;refpôces furce par eux faites.Eh rôdât côte de ce quâils Æ Kouucrôtcn auoir joui amp;nbsp;leué.Et qui nâaura efté pris ny emploi» par ceux qui ont eu cômâ-
fur eux pendant amp;nbsp;durant lefdits troubles. 76. Que la vente du fèl qui fè trouuera auoir K faite par ceux de ladite Religion amp;c Catholicques de Ivnion a quelques perfbnnes amp;nbsp;pour fci. ^clquclieu que cefoit: demeurera bonne amp;nbsp;vallable encores quqja deliurâce dudit fèl nâeuft Kfaitcauxachepteurs : pour lexecution defquclles ventes amp;nbsp;jufques à la concurrançe dâi-Dedafad-
: demeureront lefdits vendeurs faifls de la quantité dudit fel par eux vendu . Sans quâon '^Puiuc repeter fur eux encores quâil full trouué en nature entre leurs mains apres le prefent liurantc T/ . â*â77 ⢠Stipplyent tres-humblement voftre Majefté quâil luy plaife faire declaration de Wcncc, fidelité, amp;nbsp;intégrité des fleurs Marefehaux de Montmorency amp;nbsp;de Colle; les re- Montmo-iÃcttantcn leurs Eftats, honneurs, dignitez amp;nbsp;prerogatiues par icelle declaration ; laquelle fa- ffcy amp;nbsp;de mm iij.
-ocr page 560-LâHISTOIRE DE FRANCE.
Avril, rlt;4ay. 'STi-
Treignan.
Source des gcetres ci uiles.
drelfera à voftre Gourde Parlement de Paris pour la publier amp;nbsp;apres la publication ai pleine audiâce en voftre dite Court par îaudiancc dâicelle: lefdits fieurs de Montmorenq^^ Colfé foiet eflargis amp;nbsp;mis en liberté,menez amp;nbsp;conduits en toute feureté par tout le corps diteCourt en robbes rouges de laditeAudicce amp;nbsp;aftis en leur râg:leur figniffiâs ladite nbsp;nbsp;\ j.
amp; publicatiô auec atteftatiô fle ladireCour quâelle .à volotiers amp;nbsp;à bône raifô leu amp;nbsp;publi® lc:Ees déclaras innocés amp;nbsp;incoulpablcs de tout ce qui leur pourroit auoir efté le les tiét pour bôs amp;nbsp;fidelles fu jets ès feruitcurs de voftre Majcfté. A laquelle nây à celle du Roy voftre frere ny des Seigncuraijs nâÃt jamais defobey nây fait faute méritât aucune punin nây emprifónemet , que voftre Majefté déclarera auoir efté fait à tort amp;nbsp;fans cauiemcinic^ n'a apparu a laditeCour par infoimatiôs fecrettes ny autremét quâils fuflènt i hargez d^uo'' mis aucun crime ou delit.EtquâicellcCourtordônc enleurs prefccesIefFetö«: la jouiflâee Æ , dire declaratiô amp;nbsp;inhibé à tous dây côtreuenir/^Auffi foiét déclarez innocés amp;nbsp;mis en W les fleurs de Dardois,Trcignâamp; tous autres qui aloccafiô defditsfieurs Marefehauxpoun cftre retenus prifônicrs où qui fefont retirez.7gâEt pour autat,Sirc,qi)c lefdits delà RehgifU Catholiques de fvniô fçauét bié amp;nbsp;côfeffét que les defordres amp;nbsp;malucrfatiôs cy deuâtaudâ fontprocedés de la fubuerfiô de voftreEftat:pour i'âbitiô ôeauarice rât des eftrâgcrs qiieaiquot;'^â du mefpris de vos bôs amp;nbsp;naturels fujets desnouuelles Loix, introdudiôs fupcrftues toites à lâcicnc amp;nbsp;loüable inftitutiô de voftreCoroneifujete côme il cft aifé à juger,à vneend® re ruine.Et dâailleurs vne des princippal'es feuretez quâils pourroiét auoir eft vne entière rc. matiô de voftre Eftat.Pour y paruenir ils vous fuppliét treshumblemct,Sire,quâil plaifeà vogt; uerauP~ Majcftc leur accordct amp;nbsp;ordoticr que les Eflats generaux de voftre Roiaume,cÃpofczdtfl' foiencairé- que dâautrc Religiô foiét côuoqucz amp;nbsp;afféblez das certain têps,cn toute feureté amp;nbsp;libcrteâ^
vne ville paifible-.pour ouïr les plaintes amp;nbsp;doleâces aux fins de ladite reformatio. Etfurccp®^'' LVteîau' cependât à la redudiô des tailles côme elles eftoict au téps du Roy Loys 12j^o^tplt;quot;quot; temps du euiter que ceux de ladite Religion amp;nbsp;Catholiques aflociez ne puiftent fi aifément rctóbercs^
douz^^e pertes amp;nbsp;dômages iouiferts par eux en leurs perlônes ôc biêsiQuâil plaife à voftre Places de ^^^â'^^iflèrcn gardcles villes, places amp;nbsp;Chafteaux qui fôt entre leurs mains.fâs que fa MajW feurctédü- puifle mettreaucuiis GouuerneursGarnifôs nyforces,nedefmolir Jcsfortercflcseftâsa pi® Proteftans nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;baftiraucuucs denouueau cotre celles qui y forme diftraire, öfter ou
porter les artillcrics,poudres amp;nbsp;munitiôs de guerre ou viures quiy fora prefent.Et outre les' dits lieux,leur bailler en garde en chaeû Gouuernemct de ce Roiaunie 2. villes de benefit rc retraittt^des 6. que Môfieur le Prince de Codé par fauis dcfdirs de la Religiô amp;nbsp;dcfditsQ tholiqucsaftociezjluy nôraera.En chacune defquelles ceux de ladite Religiôou Icurfditsaii^ ciez lè puiflet retirer amp;nbsp;habiter fils veuIct.Et pouriêtireré de la garde ôc retraitte,voftre Majc«' A. y cftabhftc en chacune vn Gouuerncur auec cet foldats à la nomination duditfieur Prince Gaimfons ùuis quedeftiisjEntretenus neâtmoins foudoicz par votre Ma jefté. 81. Qiieoutre Iciditesquot; oik-cs. ny ait aucune Garnifô en ce Roiaume.finô ez villes amp;nbsp;lieux de frorierc amp;nbsp;dâancicneGarniiô.t
où le chemin des côpagnies allas amp;nbsp;venâs pour voftre lêruice fadrefterôt aux villes amp;nbsp;lieux gîi dez par ceux de laditeReligio où Catholiques de Ivniôiqucce foit en petit nôbrc fi modéré amp;nbsp;auec ü peu defejour quâil nâi ait occafiô de doubtc,foupçô ne dcffiâce .Sz. VoftreMajefiep'^' dra en bone part fil lui plaifttquâô la ftipplie trcshûblcmct,ordôncrquc quad vos Gouuemeiiis amp;nbsp;Lieutenâs generaux voudrÃr paftei ix vifitci les villcsamp; lieux gardez par lefditsdelà Relig'quot; amp;nbsp;Catholiques de îvniôuls ne pourront entrer forts ne accôpagncz que de leur train ordinair® cóme ils ontaccouftumc.8j.Qjtc des mefines benefices côtenus au prefét Edit, tût peurki®' gard de la Religiô, Iiiftke que de toutes autres faneurs amp;nbsp;immunitez côtcnucscn icelluy.'jou'' Pays MeF- rôt entiçremêt les manâs amp;nbsp;habitas du pais McfiTin amp;nbsp;Gouuerncmét de Verdun.84.^icdeftquot;' fin amp;nbsp;Ver- ces lôiét faites à tous Prelcheurs defvneamp;defautrc Rcligiô,de faire prefches leditieiixamp;côtrt
Prefches.
les choies côtenuës au pref^ Edit.8 s .Et pour plus grâd amp;nbsp;meilleur effet de votre roialleautbo-rité amp;nbsp;bônevolôtéà la droite amp;nbsp;fincereobfèruatiô des Articles de cefte PaixdefditsdelaRel'quot;
----â ----- . -------------â-------- ___ __ -----------------
Scureté Si gió amp;nbsp;CathoJiqiies de fvnió fuppliét trcshumblenict voftre Majcftc, que en pleine affcbléedc dcïâE^tdc ' cófcil prille premicremct,piiis en voftre Cour de Parlernct à Paris remît le lit de luftit^ Paix. en pleine Audiance, la publication de ÃEditïôit fair. Etfenticrcamp; perdurable oblçriiationjdes Articles de cefte Pacification foit {olennelleinét jurée par voftre Majeftc,laRoine voftre merÃ) Monfieur voftre frere,les Princes de voftre fang,les Marefehaux de Frace amp;nbsp;autres dudit côfeil priuédes prefidesjCofeillersSc vos Auocas SiProcureurs generaux en laditecour.Et que lamd-
publication amp;nbsp;ferment furce (bit (bit faite cn toutes vos autre Cours de Parlcmcs Si autres Æ t louueraines que fubaltcmcs de ce Roiaumc dans hx femaines apres la publication faite a« îrlemciu deParis.Et ce purement amp;nbsp;fimplemcnt lans vier dâaucunes reftrinóhionSjmodifica-oiiSjiiercgiftresfecrets:amp; lans attendre julïion ne mandement plus expres de voftre Majefiéi.^^
GouuerncursjBaillifsjSenelchauxamp; leurs Lieutenâ^là cent jurer aux principaux uitans des villes de ce Royaume dâvne amp;nbsp;dâautre Religion dedans 8. jours apres la publica-ODjientrctenemét du prelent Edit.Mettant les vns cn la garde des autres,dâexpofer leurs vies icns pour maintenir câeft Edit de Paix cotre tous perturbateurs Sc infradeurs de. Paix: les ââ^eans tefpeôliuement Sc par ade publiCjde rclpondrc ciuillementdes contrauentiôs qui font faites a cell Edit dedans leldites villes par les habitans dâicelles.Ou bien de reprelènter nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;**
'^mains de luftice lelHits contrcuenans.Et que le lèmblablc Ibit fait à fendroit de laNobleflè Pât les Vibaillifs Si Senefehaux chacun en Ibn relïbrtjqui a celle fin lèront tenus les faire alTc« ⢠«dedans ledit temps ou en perlbnne ou par Procureurs:amp; lelHits fermens renouuellez an-fffiolleinentjpoiir le regard de tons Officicrs,Maires,ElcheuinSjCapitoulx jluratSjConfulz amp;nbsp;^fifresaîinftalation de leurs charges:afin que tant vos Officiers,lulliciers,que tous autres vos f)«s;foicnt clairemêt amp;nbsp;auec certitude auerris de voltre vouloir amp;nbsp;intention pour öfter tou-j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^f^^fguitez Si cauilations qui pourroient ellre faites au moicn des précédés Edits. '
. Jdhife a voltre Majefté declarer tous vos autres Edits,dcclaratiôs faites où qui lè pourroiét focyapres en vos Cours de Parlement amp;nbsp;autres concernans le fait de la Religio Sgt;c des trou ^^C'ontre Si au prejudice du premier amp;nbsp;dernier Edit:ellre de nul effet amp;nbsp;valleur, auquel amp;nbsp;^derogatoircs y contenues,lbit par iceluy voftre Edit derogé:amp; le tout delà prelent comme lors cairé,reuoqué amp;nbsp;annullé:dcclarant par expres voftre vouloir Si intention eftre que
foit feul ferme amp;nbsp;inuiolable à jamais, 88, Quâil plaife à voftre Majefté trouucr jne la Hoine dâAngleterre, Monfieur fEéteur Palatin, Monfieur le Duc de Sauoye, amp;nbsp;â¢Â«irs des Ligues interuiénêt au prefer traitté,coppie duquel leur foit mile entre les mains ôneforme Si autenti^e. 89. Et afin que le prefent Edit ne Ibit fruftratoire amp;nbsp;là ns nul ef-à voltreMajefté pour fexécution dâiceluyqui cil de faire jouïr tous vos fujets du dffpar eux attendu:ordôner que les q.Marefchaux de France fe tranfportent chacun cn leur ââ'partemét pour rcceuoir les plaintes de vos fujets amp;nbsp;faire juter par les villes, Cappitalles de Royaume iceluy Edit.Lefaifans entretenir Si obferucr inuiolablemcnt.-rcftablilTantvos dftujets en leurs biens amp;nbsp;hôneurs. go. Et dâautant, Sire,quc lefdits de la Religiô Si Catho- comude «b/ quot;^ncsdc tvnion ont plufieurs grandes caufes amp;: fufpicions à f econtre des fleurs Maijgfchal de Rets,Bira-^.^amp;Chancellier qui tiennent les premiers rangs en voftre Conlèihfupplient tres-humble- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
â¢dent voltre Majefté leur commander quâils lè déportent de la connoiflà nce amp;nbsp;entremilès de
affaires du prefent traitté. 91. Et finallemcnt lefdits Catholiques vnis auec lefdits de la Rw'gion dclîrans que voftre Majelté'conoilïè quâils ont la crainte de Dieu deuaht les yeulx:
Religion en tres-flnguliere recommandation:^ a ce quâil vous plaife compradrela jufte ®Ccafion quâils ont de lè douloir de long temps quâils ont demeuré là ns dodrine Si la conoifl ^ce telle quâils doiuent auoir de Dieu:au moien de îignorâce dâaucuns Prélats de leurs Rc- AucuhsEde ^urs, de leur non refidence amp;leur infatiabilité : les abbuz Si maluerGtions qui lè commet-^^tcnfEglilè Catholique amp;nbsp;depuis Ipeciallement que les eleôtions fainôlement ordonnées
c^: Si que h vraie inftitution Ecclcfîaftiquc à cité melprifée Si contemnée: melmeméc ^^lt;]uienaiioic ellé ordonné par le feu Roy voftre frere furies plaintes desEftats tenuz a Or-^S'IIsfiipplient tres-humblement voftre Majefté pourueoir prôp»emêt a ce que telsabbus ^ent.Et a celte fin cômettre à quelques honeftes perlbnages amp;nbsp;Wé affeôtiôncz à la Religiô âColique,de vous reprefeter le moié dây patuenirteftât Ivn des expédiés plus aflèurez que Mrc Majefté puiftè auoir (Ihôneur Si la crainte de Dieu relerucz) de vous rêdre bien obey, IuÃââ^*crs «onore amp;nbsp;refpeóté de vos fujets Si la luftice adminiftée à vn chacu||. Proteftans,Sire, deuanc wu Si voltre Majefté que les abbus y Ibnt fi grands amp;nbsp;tellemët Ibufferts par les Officiers de '°feelullice qui ont la plus part des benefices a eux,leurs enfâsamp; domeftiques.'que fi voftre **Hje(le ny pouruoit par autre moien que le leu r: il nâen peutauenir que tout dclbrdre. Et eft à ^dre que dorefnauât il ne lè difpéftnt à retenir le droit du dixme,amp; ellilènt dâeux melmcs 4' ^iftrcsEclcfialliques qui leur lèront neccflà ires. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
queÃcauuoir la Mode eutprefenté à leurs Majeftez les lettres du Prince : Si ceux
-ocr page 562-Aurü, May.
M7$.
Lâ H I S T O I R E
FRANC E.
de Languedoc celles du Marefchal Danuille. Darenes f vn des Deputez du Prince donna
iïarengue commanccmctit à la harenguc quâil fit au Roy.
Roy Fvndes nbsp;nbsp;' S I R E, Monficu t Ic Prince dc Condé tant pour luy 8i ceux des Eglifes reforméis de fC
du Jlt;oiaume:quc pour Môfieur le Marefchal de Danuille amp;nbsp;Catholiques à eux afiociezttousvos tres-humbles amp;nbsp;trefbbeïffan^fujets 8i fêruiteurs:nous à chargez de fupplier tres-humblem^â
Députez I Prince dc Condé.
Diuifions occafionnét la ruine des Eilats amp;nbsp;lâv nion les maintient.
Conference du Royaume de France ancien à ceftui-cy.
Caufes des maux delà France Sc dc la corruption de tous Eilats
voftre Majefté defirer mettre 81 eftablir vne Paix 81 fëure tranquilité en ceftiiy voftre Koyäquot;' rac par vrie vraie, entière Sgt;c fincere re-vnion des volontez de tous vos fujets. EtfupplieRfi' vous vouloir dc plus en plus accroiftre amp;nbsp;augmêter cefte iainte affedió tant quâoh cn voir rcüflir les effets tant defirez par luy tous vos bons fujets. Non tant pour leurs cónw'l'' tcz particulières que pour le grand defir quâils ont de voir ccftuy voftre eftar non fêiilcmenâ: confêrué,ains a creu cn toute proscrite amp;nbsp;grâdeur.Au lieu que toutes ces diuifions qiiiyfoâ' ( fi bien toft il nây eft pourueu par voftre royalle prudence ) fèmblent le menacer dâvncruyne prochaine 81 ineuitable: fuiuantee quiaefté prédit par celuy qui ne peut mentir. Rut Royaume cn fby diuife fera defolé 81 maifôn tombera fur maifbn. Cefte defolarioii,SirU) comme nous auons charge de remonftrer à voftre Majeftexft ja tain aiiancée au grand regâCt de tous vos bons fujets: que ceux qui fe fouuiennentamp; remettent déliant leurs yeux ftoit feftat de ceftuy voftre Royaume : 81 côbicn floriftà nt fous les régnés des feus RoysFraæ çois Si Henry de tres-heureufe mémoire vos pçre 81 ayeul : 8i viennent à en faire compati' fon auec feftat prclênt, y trouucnt tant de diucrfîrc 8i changement, qu'ils nây reconnoifleft quelefêulnom du Royaume de France. Car au lieu que y abondoit lors toute- félicité profperité, repos 81 vnion entre les fujets, contenuz par fauthoriré royalle douce 8( à laquelle chacun faflujcttifîbit volontairement fans contradidion aucune: A celle heureott nây voit que ports dâarmes, diuifions, diffentions: partialitezfi dangereulcs, quetoud^ maux qui ontaccouftumé dâaccompagner les Guerres ciuilles, fy trouuenty auoirprisâ fortes racines, quâils nepeuucntcftreque mal aifement arrachez. Ces maux font vne topi^' té 81 irreucrcnce entiers Dieu , diminution de voftre authoriré royalle, ruyne 8i perte de vos plus affedionnez fujets, melpris du nom François parmy les Nations voyfiner amp;nbsp;eftrangC' rcs, dont voftre Majefté peut auoir eu preuuc 81 connoiflâneeau voiage quâil luy â conuen« faire en allant 81 retournant de voftre Royaume dc Pologne. le ne mâeftendray plus au long à vous reprefênter toutes les autres miferes 81 calamitcz s Mefmes la ruyne 8i deftmftiou to-talle dc l^lus part de vospoures fujets..Tâtpource quâil nemâeft pofftble dâen parler quâautC vn regret ineftimable : que pourcc que la malladie cn eft fi claire 81 apparente que,les plââ^ grofïiers la voyent 8i les plus inlênfi blés la fèntent jufquesau vif. Quand à la caufedetoâ'^ ces maux. Sire, qui Icmble amener ccftuy voftre floriflant Royaume à quelque declination: nous Chreftiensnepouuons ny deuons lâattribuer ( comme font les fols Aftrologues) auxa-ftres 81 conftellations .'Et ne croyons quoy quâils nous vucillent perfuader: que les
' mes 81 Regions tirent les influences de leur bon heur 81 malheur,accroiflèment ou diminutio decertaines Eftoilles erratiqucs:quâil difènt auoir puiftà nce ôidominatiô fur les RoiaumesS^ républiques de leur naiftà nce 8i cômenccnient quâils ont recerché fi curieufement.Aiiflip^â' la trouuerons nous en cesfantafques oppiniôs que Platon quelque diuin quâil ait eflénôme: feft forgée en fon cerneau: quand rl a voulu faire croire que tous Roiaumes 8i dominationsa-uoiét des fatales pcriodestaufquelles eftâsparuenus,il eftoit force quâils declinalTent peu apfâ jufques a ce quâils paruinftènt à leur totalle ruineâ. Car nous fômes enfêignez parla parolleéc Dicu,que tous tels difcourflfôt plus vains que la vanité mefines. Mais la caufo de tât de maux doit à noftre auis cftre recerchéeSi puifoc dc îeferiture fainte.Qu i nous cnfêignc que les gras Roiaumes 8i Empires ne prennêt point leur accroiffemét où diminution par cas fortuit,aufn peu par humains côfèils forces,ou par caufos occultes 81 infcrutablcs corne quelqs vnsont voulu dire.Mais queDieu lefêulDieu,eft vraiemet autheur de toute focieté hum.aine:laqiid le il ordône eftre conduite 81 Regie par Empires, Roiaumc£,Monarchies et autres efpecesde gouuernemét politictcome il lut à pieu imprimât dedâs les cfpris âet cÅurs des homes par la conoifTâcede fâ Loy.âde redre vne volôtairc obeïftâceà ceux où à celui qui par luifôt cftablis pour leur cômâder. Et de le reconoiftre leur fouucrain côme vne vraie Image et reprcfentatio de Dieu tout puiffât qui la efleué en tel degré dâhôneur 81 dignité corne fon Lieutenât:8idu' quel il arme 8i côduit les mains pour côtraindre chacun à bié viure félon la Loy de Dieu,«â'
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tcobfèruer entre fes fu jets toute pieté, Iiiftice amp;nbsp;droiture, îcur commandant neantmoins en touteclemencc amp;nbsp;douceur amp;nbsp;comme vn bon perefaità fès enfans felon cc qui eft efcrit par leSage.Mifericorde amp;nbsp;vérité gardent le Roy amp;nbsp;fôn Throfhe eft appuié paf la clemence.Er cm vnautreendroit.Sans juftice les Royaumes font transferez de Nation en Nafion»Pour^efte -îaufe nous ne pouuôs que haut louer le bon auis du feu Roy voftre frère,en ce quâil prit pour ûdeuife deux colonnes. Pieté amp;nbsp;lufticc comme vrayfôuftien Sâ appuydeû Couronne. Et ahmienne volonté Sire queces deux colonnes euftentpeu longtemps demeurer fermes amp;nbsp;n'eiiffent cfté minées, fâpées amp;nbsp;quafi totallcment abattues par ceux qui deuoient emploie'r tout leur pouuoir pour les confèfuer, appuier, amp;c cftançouner.'Cadvoftre Majefté, Sire, peut ^ucorcseftrememoratiue , comme quafi des lecommaucemencdcron regne,on commença *** aitiettreen doute,Quelle eft la vraie pieté, laquelle confiftcprincipallement à rendre à Dieu tcquenousluydeuôsnonfèulemêtenraimantdctôutnoftrecÅnr,force Scpuiffancetmais auflicn luy rendant leferuicc quâil veut, amp;nbsp;requiert de nous. Or pour coüoiftre cefte ficnne volonté: ceux delà Religion reforméefupplierent tref humblement,quc les eferitures par lef quelles feules, Dieu nous manifefte fâ volonté, fufTentcfplucbées amp;nbsp;par icelles fit ft réglé le vtiyferuice que nous deuons au Dieu fouuerain,fâns auoirefgardauxinuentionsamp;tradi-t'ondes hommes depuis furuenuës: qui ont tellement altéré cefcruice diuin, quâil nâen refte plusquelcnom. Du moins quâil leurfuft permis feruir a Dieu félon la pureté defon Euan-giile, librement amp;nbsp;publiquement. Et faire tous aéfes appartenansà lâexercice de leur Religion, réglée par ce qui eft contenu és liures du vieilamp; nouueau teftament. Ge que ne vou-hns permettre ceux de la Religion Carholique amp;nbsp;Romaine: pour euiter débats amp;contentiôs.
htarreftévn Colloque à Poifîy; Ou riennâaianteftéaccordéapresplufieurs.deliberations Colloqué ptifespar le feu Roy voftre frère tant en fon Conféil priué,quâcn ù court de Parlement de Pa- âici'oiÃy iisifînallement futauifequâon feroit vnc aftémblée fort fôlcmnelle: ou furent mandexlés* phsfignallez de toutes vos Cours de Parlement.En icelle fut ordonné que fuiuant la requifi- âCommenc«! tionfaite par les Eftats aflimblcz peu au parauant,leroit permis libre amp;nbsp;public exercice de' Wà de îautre Religion en toutes Icsvillesde voftre Royaume : du moins ésfauxboürgs biicdela ilâicelles. Ordonnance vrayement tref-vtille trefheceffaire pour du tout affermir ce premier pillier de la pieté. Car la vérité nââiant peu eftrc efclarcie par la conference faite à PoifTy telle nouseuftefiéapportée par le temps duquel (félon le dire des anciens) elle eft fille. C^ffait queùuis de Gamaliel eft recité en fefcriturc pour bon amp;nbsp;faint,quât fé trouuâtaiiCôféil tenu p3rlesPharifiés qui prenoiét refolutiô dâeftouffer par tousmoiens la doélrine de lef^ Chrift: ihutdâauisquâô luv deuoit dónerfim cours amp;nbsp;faftéurer que fi elle eftoit de Dieu,elle demeu-Ktoitamp;neferoirenlapuiffance des hommes de feftaindre. Auffifi clic nâeftoit de Dieu elle fe dilTiperoit dâelle mefme nbsp;nbsp;fen iroit en fumée. Et certes il eft à eftimer que fi on euft permis
ceftefainteordônâce fortir fon effettdes long temps nous fuffios tous dâaccord en laReligion ' ou és principaux points dâicelle. Et que la lumière de la paVolle de Dieu, euft diffippé le plus efpais des tenebres des inuentions humaines. Mais nos auerfâires ne craignans rien plus ont mieux aimé auoir recours à la force amp;nbsp;violence. Voftre Majefté, Sire,fçait tresbien com-âoctoiitcschofesfont paffées. Et quelques Edit^ de Paix, auec liberté de nos confcienccs amp;nbsp;exercice libre amp;nbsp;public de noftre Religion,qu'aions peu obtenir* du feu Roy voftre frere: que pouttâton nâa laiffé de nous perfécuter en nos vies amp;nbsp;biens par toutes fortes de violences par- Paris amp;nbsp;ail. ficulicres amp;nbsp;publiques. le ne feray récit des dernieres executions faites à Paris le vint quatrié- /ftanâ oiedâAouft mil cinq cens féptante deux amp;nbsp;les jours enfuiuâs amp;nbsp;depuis en beaucoup dâautres / villes amp;nbsp;prouinces de ceftuy voftre Royaume. Tant par ce que laçlaie en fâigne encores,que parce quâvue telle cruauté amp;nbsp;barbarie nâa jamais efté pratiquée entre les humains depuis la
. creation du monde. Et me fémble fi indigne du nom François, que jâay horreur d'en parler. Ceque je dis dâautailt plus hardiment quâelle fut defâuoüée par le^u Roy voftre ftere amp;nbsp;c5-inife pour la plus grande part apres fes trefexpreffes inhibitions amp;nbsp;defences: quinepeurent conques moderet la rage amp;nbsp;furie denos auerfâires. Voila, Sire, la caufé de la malladiequià icsamp;dcfaf-cômécé à affliger voftre Royaume. Affauoir la diuifiô pour le fait de la Religiô.Et quâon feft Mu oppofer partons moiés à ce que laparollcde Dieu ne fuftfimplemétanôcée come el-jCnous à efté delaiffée par lefus Chrift vray Fils de Dieu amp;nbsp;p ar fes faints Prophètes amp;nbsp;Apof-trcs.Câeft le premier coup de marteau donne contre cc pilliet de pieté: principal foufticn amp;
Mmm iiiij.
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Douceur, leuner con feils.
L'HISTOIRE DE FRAN CE.
lufiice corrompue amp;nbsp;xnelpriléé.
appuydcvoftrc Couronne. Car ce mal de diuifion continuant amp;nbsp;prenant fbn accroiflcincni au lieu dâeflà ier dele guérir par remedes doux amp;nbsp;propres ; ainfî que ces Ãges premiers politics donrjâay parlé cy defliis auoient treflà gement auifé;fe font trou uez des jeunes comme jadis au près de Roboamjqui ont voulu préférer laigreur Sc la rigueur au Confeil doux amp;nbsp;gracieux donné par les AnciensÃt le pis eft, Sire,que leur Confeil à efté fuiuy. Dont eft auenu que comme en vn corps mal difpofé:tant Fcn faut que le trop grand amp;nbsp;violent remuement des humeurs foit folutairc; au contraire il engendre des maux trop plus grans.Et les plaies penfe par remedes non propres Faigriflènf.ôd le chancre ou gangrene fy mettant mange amp;nbsp;confunic à la fin tout le corps. Ainfi le premier mal, Sire, qui feftoit mis en voftrc Royaume pareeÃe diuifion, cftant mal penfé : feft tous jours trouué plus grand amp;nbsp;plus dangereux amp;Ccomnie It chancre) commence à gangner petit à petit tout le refte du corps. Car non feulement ce pil' lier de pieté len demeure fi esbranlé que la ruyne en eft prochainc.Mais auflî en confequenct celluy de la juftice. Nây aiant rien fi contraire à la juftice que la licence des armes mefmesdes armes ciuillcs. Car comme Marius ce grand Capitaine Romain difoit, les loix nefepeuueflt entendre parmy le bruit amp;nbsp;cliquettes des armes. Et de fait le defaut de luftice donne miloC' cafions defe plaindre aux gransamp;aux petis. Et eft caufe dâaugmenter beaucoup de defoi' dresque nous voions.Briet, Sire, ilnefopeut dire quâilyait riendâenticr enceftuywfltt Eftat,qucla contagion du mal n'ait gangné ou commencé fort dâen appirocher. Ledangct quâil y a, Sire, que le corps n'en demeure à lafingaftéamp; ne puiffefupporterlefaixdâvne» longue amp;nbsp;dangerenfo malladic ; à efté caufe que Monfieur le Prince tant pourfoy que MonfieurdâAnuillc Marefchal de France amp;nbsp;fvn des premiers officiers de voftrc Couronne; amp;nbsp;tous fes autres aflociez pour vous faire paroiftre amp;nbsp;gencrallcment à tous le grand entier amp;nbsp;affcâionné défit quâil à de rendre le tref humble fèruice amp;nbsp;obeiflance quâil doit à veflreM^' |eftéamp; à voftreEftat amp;nbsp;Couronne; nous à chargez de venir par deuersvoftreMajeftéjpou^ vousfupplier tref humblement, vouloir conoiftrcamp; juger par voftretreffiage conlîdcraticn epuel eft le mal qui menace voftrc, Eftat, dâoù il procède, à quell^octafion amp;nbsp;qiiclscnoni efté les progrez j ufques icy. C e fait y vouloir pouruoir de remedes que voftre Majeftéverra plus conuenablcs par voftre Royalle prudence. Et pour ne faillir à aucuns points deccquc doit vn tref humble amp;nbsp;tref obeiftant fujet êc feruiteur comme ils vous ont to iisjours efte tous SiC défirent demeurer à jamais: pour facilliter vne bonne amp;nbsp;fâintc reunion entre tous vosfujets foui moien à fonauis pour remédier à tant de maux; nous à charge deprefenter auectouit humilité^ reucrcnce à voftre Majcftc,cc caicr de papier/ontenantfestrefEumblcsrcqiid' tes amp;nbsp;fupplications.Etores quâils foit compofé de beaucoup dâarticles fi rrouucraon,Sire, parla ledure dâiceuXjque le tout ne tend principallemcntquâà ce point, de redreflêr enwre-mét Sc bié aftiirer ces deux pilliers de Pieté amp;nbsp;luftice. Afin que lors vous puifficz appuyerlur iceux auec toute aflii rance comme fur vn treffeur fondement, cefte voftre jadis tant belle Si floriflà nte Couronne, pour la rerfdre parcemoien plus illuftre, ferme amp;nbsp;redoutable quâclk ne fut jamais. Dont nous prions Dieu , tref humblement vous faire la grace.
Refpócc du Roy aux députez d u Prince de Condé amp;nbsp;Ma rcfchal dâAuillc.
Lors le Roy leur feit refponcc.Quâil cftoit tref aife de leur venue amp;nbsp;bonne volontequ-ils difoient que ceux qui les auoient enuoiez duoient à la Paix.Quc quand à luy, il eftoitfor-ty de Pologne amp;nbsp;venu en ceftuy fien Royaume les bras tcnduz,en trer bonne intention dcæ-brafter tous fcsfujets fans difference dâaucune Religion. Et quâà ces Ens il les aiioit appelle^ des fon arriuée pour venir vers iuy en toute feureté; pour leur faire déclaration fincerc ticre de fa bonne volonté. Que fifuiuantccla,ilsfuftèntvenuz luy rendre fobeiflà nce quiliâj eftdeuë:ilnefcnfutenfuiu|rtantde maux amp;nbsp;calamitcz'quâon aveu depuis à fon trefgradjC' gret .Mais quâà prefent qucilsy eftoient venuz,fils montroient [par effet la bonne affedioâ quâilzdifentauoirenuersluy, illcurdonncroit la Paix amp;nbsp;Icstraittcroitxommefesbonsin-jcts.Lesaffcurantenfoy Roy, que tout ce quâil leur promettoit feroit entretenu. Etq«® pour le faire entretenir il eipoforoit ( fil eftoit befoin) jufqucs à fo propre vie. Dont d Arenc* le remercia tref humblement amp;nbsp;à linftant fadreflà nt à la Royne mere luy dift à part.
Hareiigue
mcre-
Madame,Monfieur le Prince de Condé tant pour luy que pour fos affociez.nous à charge* des depmex fupplict tref-humblcmct voftrc Majcfté dâéploicr voftre autorité amp;nbsp;pouuoir en vne fïamp;^ à la Roync te entreptife.Età joutcr encores cefte obligatio aux autres dont lajFrâce vous eft rcdcuabicjoc luy tendre la main en vn temps û dut amp;nbsp;calamiteux pour elle : afin que par voftrc rooien d *
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28i.
icpuiffe relouer de tantdemaux qui h tiennent opprimée amp;prefquedii tout ofiifquéc .le Hiaffeure Madame que ce vous fera vn grand plaifir de la-voir remife en fon ânCieniiK dignité Stfplandeur.Et grande gloire amp;nbsp;honneur,quâvn fi grand bien luy fbitaueiiu par vôftrc rnoien ^obligation trcfgrande à nous amp;nbsp;à tous bons amp;nbsp;naturels François, de prier Dieui quâiHay plaifeacroiftre vollrc Majcfté en toute prolperité amp;nbsp;grandeur.
Surcc leRoy aiant pris luy mefinc le caietjleur commanda de le retirer en fon antichambre.
D où vnc heure apres il les feit rappeller Scieur diftquâilauoitfaitlirelesarticlesqu'ils luy AujsJuRoy âiioientbailleZj Icfquels il trouuoit fort effranges amp;nbsp;fesbaïflbit comment ils les auoiént-ôiè its arti. ptefenter. loint quâil fafTuroit quâils nâauoient efté délibérez Scauifez que ils nâeuflent efté KcAucftl*. du Confcil.Qui luy faifoit croire quâils nâaimoient ny cerchoient pas tant lapaix de fou Roy-sume,comme ils luy auoient fait entendre. Puis luy demanda fils nâauoient autre chofè à luÿ dite.Lors dâArenes le fupplia trefihumblemcnt ne prandre en mauuaile part, ou les-eflongnef defesbonnes graces pour le contenu defdits articles delqucls iis nâeftoient que porteurs. Et luppliatref-humblementfà Majefté leur faire dire les articles qui fauoient le plus ofFcncé. Canleftimoit que cela ponuoiteflre auenu par quelque intelligence mauuaife amp;nbsp;contraire-ïlaleiir, Le Roy refpondit que câeffoit le premier article entre autres. A cela reppdiqua-dâxAquot; fcnesquefil plaifoit à la Majefté cômettre quelques vns de là part qui leur en feilient conoiG treledeffaut: ilsferoicnt trcl-ailes de faccommoder à ce que Dieu leur conlcilleroit, auquel' ils deuoient premier obeilïà nce: puis obéir à tous les bons commandemens dii Roy.
S V R o Y auoir tenus quelques propos, melmement furie premier artticîequi. llgt;tplusdcbattu:le R o y ordonna trois perfonnages de lônpriué coufèilpbur aucc lesde-«' putez amp;nbsp;déliant foy examiner chacun point, amp;nbsp;le relôudre vnanimement fiirce qui feroit tiouué le meilleur pour thonneur amp;nbsp;auantage du Royaume. Mais comme irà uientordinairc--ment que les hommes ne veulent rien ou bien peu quiter de leurs premieres conceptions: les p^jugez quâuns 8cautres apportèrent en ce pourparlédcPaixifuTèntlâvnccles ócdafiónsqâuéâ rien nefaccorda par entfc eux,dont vne bonne Paix le peut conclure amp;nbsp;arrélfcr en toutes, Icÿ conferences quâils tindrent pour celt elFer.Sinon que pour nâauoir puilTance de rien à rfefterôf conclure autre chofe que ce qui elloit porté par leurs articles : ilsfuppliojent là Majefté icur P«miettrcretourner vers ceux quilesauoient enuoiez leur porter les rclpôcesa chdcun poinri Affinquâiîs aiiifjlTcntfilsfyvoudroiétellargir.Cequileurfutpermisen May auec injunéti-retourner au pluftoft pourrefoudre du tout. Ainfi auoir pris congé dés fieurs des-Li- dc '^aixdiicâ giicsquifenalloientaulTbils retournèrentprefque tous à ceux qui les auoient enu^icz. Mai^ chacun des députez trouucrént leurs Chefs auffi refiiluz de ne fc départir de leurs premieres demandes: quâils auoient laifieleiir Majeflez arrelfées de ne leu raccorder. Le Prince toiites-loistenuoiaBeauuoirauec dâArcncs( relfé en France pour continuer celte charge) lôusef-poirquele Roy leur quiteroit plus quâil nâauoir propolé. II enuoia aulfien Languedoà lalTeniblcc des Eglifes Protelfantes qui fy deuoit tenir, Duchelar,( qui peu apres neanrmoins mourutà Nifmesdernalladic ordinaire amp;nbsp;naturelle) amp;FucqucuiIIePrefident à Tololêpour Porter îalfemblée à chercher fur les relponccs du Roy tousbons moienspourparuen'ir à 'â ââlebÃnc Paixamp; alTurée.Ce pendât amp;nbsp;en cas de rc{fus,Ics encourager pour continuer jufques Le Prince c 311 bout en vne fl jiifteamp;nccelTaire defence. Non contre laMajellény Eltats de France: ains pouifoppofer aux pernicieux delïêins de ceux, dilbit-il, [qui lôus vmbre de Religio Catholi- guedae tachent à perdre Scruyner ce poure Royaume: les complots amp;nbsp;machination^ defquels auncy pouc 'Idperoitbiencmpcfchcr auec lâalfiltancc des vrais François amp;nbsp;f^ueur des Princes eftrangers quot;quot;â¢â^1â°quot; 3mis delà Fleur de Lys,quifoffroient à luy de tous coïtez. Melmement en Allemagne, ou il pratiqué de grandes intelligences comme je vous feray voir ailleurs. ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Æ '
IE V 0 V s ay cy delTus parlé, des Reyltres que le Duc de Montpencier enuoia en Sainton-gefouslaVauguion,lcBaron deVaillacSc autres.-lelquelsà ceryMenmailtrcsde lacampa- â gne, tenoient la Saintonge amp;nbsp;pays cjrconuoifins à leur deuotion-.empefehans les courfesPro- TroupèsPr^ teftantes amp;nbsp;les entreueuës des Rochellois amp;nbsp;de ceux de Pons, Boutcuille amp;nbsp;autres gatnifons Poitoquot;Jamp; * âJiiincfepounoientplus communiquer nyfentraider en aucune Ibrte. Tellement que les Sainwnnc Chefs incommodez dâautant,Sc la Noue fur tous importuné dây apporter quelquecxpediant: tcfolurentdâalTemblcr leurs forces pour lesen chafler, ou du moins entreprendre lèlonlej contreien. occafions.Or dâautant que de là int IcaridâAhgIe( ancien amp;nbsp;fort Chaltcatx entré la Rochelle 8c
Pons
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JuiUct. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;1 Æ ft.
Oâobrc,
I Ã7Ã.
gle.pris
s e Pons, fur les confins des Ifles pris à cempofition par Ruffec, apres que le Carîon fut deifo cptem re. placé pour la batterie) Maifon Blanche qui y commandoit à vint fà llades amp;nbsp;cent harqf^ buziers montez, couroit fansceffe au grand dommage des Confederez de quelque part qu S.'ieandâAn ils vinfTcnt. La Nouc deuant^uefortir de la Rochelle délibéra defe rendre marflre de hpquot;' auctie Ca- cc: jugeant que la campagne ne luy feroit affuréc fil lôrtoit pour lé joindre aux Proteftans non paiRuf Saintonge aufquels il auok donné le rendez vous près de Pons. Pource il feit premierctneiâ' Proteftans fôrtirPopelinicre qui commâdoit à nombre de cuiraftes amp;nbsp;cent harquebuziersmontcz.DeU' amp;nbsp;repris fur nantoutrc Ce, Commandement au Capitaine Bountt defc joindre à luy auecfes centhatqu^ buziersà chcual pour relïérrer les coureursdefâint lean dâAngle ou bien entreprendrefurW Ruze pour place comme fen prefenteroit le moien. Popclimére fcftre barré amp;nbsp;accommodé au pluspiy* Ronner chain bourg dc la placéôc auoir viuemêt pourfuiui jufques aux portes ceux qui cn cftoiétw ibrpremfre* nbsp;nbsp;nbsp;pouflc rcconoiftre:outre cc fait courre le bruit que la Noue amenoit farmée auec le
vnc place, ja chargé cn Brouage pour met-re la place cn poudre amp;nbsp;fagmeer tous ceux qui fy trouucroif' oppiniaftres à la defence: Intimida fi forties reflcrrez:quâapres pluficurs forties attaques chaudes repouflées jufque dedans fa places: Maifon Blanche print 1 expedient dâ?en fórtirvn^ nuit amp;nbsp;fé retirer auec tous fes gens amp;nbsp;bagages au plus teft quâil luy fut poffible. Croiank® que luy rapporta fôn mal auifé efpion quâil auoit enuoié en Brcüage voir fi lâon chargeoitJe Canô pour le venir battre.-auquel aftez concu, on monftra les pieces quâon defchargeoitd'iâ grand Nauire pour le redouber. Luyfaifà nt accroire quâon lesenuoioit par eau centre lean dâAngle. Par ainfî^IaNouë auoir feeu la prife de celle place, dreffa fés troupes amp;nbsp;autant de gens quâil en peut tirer, auoir laiffégarnifon à fainr lean dâAngle: facheminadjo® à Pons ou fe rendirent deux cens hommes de cheual amp;nbsp;huit Vens Fantaffins. Lefqucls jo®^^ auec les troupes de Poitou,faifbient nombre de cinq cens piflolliers amp;nbsp;douze cens harqueb® zicrs:aucuns defquels.eftoient montez à fargolette. Pendant que Popcliniere pour tousjours mieux affurer le pays:fauançoit ça amp;nbsp;la pour intimider les Catholiques cômcauantcoureurs de farmee Proteftante. Puis il farrefta dedansTone boutonne villc^ial murée mais alfezb)C foffoiée amp;nbsp;deffenduc de la Boutonne laquelle coule à fon pied, pour porter la ccmmcditc^l^ fés fruiis en la Charente, qui les mene auec pluficurs autres biens à la grand mer dâoù le tout Toneboutô- eft porté à la Rochelle ou la part quâon à plus agreable.Occafiô principallc pourlaqucUdô^â pa/popcili lafaueur dâvnc longue Segroffe pluie qui auoit fait retirer les Vedctes,il a uoif furpris celle nierc lur les villc, Lcs habitans dc laquelle aians corps dc garde affidu amp;. vedetes ordinaires fcftoictit jui' Caiholiq. qycsà lcÃ5 maintcnuz tant contre le Regiment de Serriou qui y auoit voulu logcrjqiiecofl' treles Côfederez pour fc porter neutrcs;amp; hors dc peril juger des coups tout à Jcurailé.Mais Popeliniere en fortit aftéztoft la lailfant cn là premiere hberté:pour fournir à fetre-prifedont
je voiisparlcray cy apres.
L A Noue fur ces occurrences cofêillé de ne rien bazarder en campagne raze contredoU* ze cens hommes de chenal, que François que Germains: attendoit les au an rages propres à finfanterie, de laquelle il fc pouuoit preualloir de nombre fur les Catholiques. Lefquelsa« reciproque ne paroict que de leurCauallerie.Surlaquelle plufieursPreteftans drtflcrctalTeî dâentreprifes vaines pourtant, au moien de la fôngncufê garde que fà ilôient jour amp;nuittous T U es Ca ^^sRcyftrcs plus ferrez quâils nâauoicnt encores efte vcuz.Si bien que chacun General cfpiant tholiques amp;nbsp;lès auantages, laifïèrcnt efcouler plus dâvn mors en telles attentes. Au bout duquel le Roy cÅ cogeetfles troupes eft range res veu lepeu de proffit ains grand dommage quâelles far-cn salt;uton â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cil tous Icsâcndroits ou elles paflbient:les contremanda prefquc toutes pour les licentiet
Sf hors le Royaunie.Surquoy^cs Proteftans prindrent occafion de tourner partie de leurs trcn' dTleurs Ge P« laiffiins les Saintongeoifès en leur garnifon.'à lâexecution des entreprifes que vous verrô neraux. ailleurs.^ .
Edit du Roy Le Roy Ce pendant curieux de regangner fes fujets Proteftans: ou du moins amoindrirk$ à Lyonpour troupes dc ccux qui fefleuoicnt ci) pluficurs endroits: amp;nbsp;leur faire pofcf les armes foitqu' leXot^^âs ils feulfent hors foit dedans le Royaume: feit publier vn Edit le dixiéme Septébre par lequel enlcurstnai ftprotcftcIcs reccuoirtousCil fa bonne grace.pourueuquâils fètinflènt coysamp;luyreu-nfff^rancc diftènt {ês places occuppées: Auec injontion à tous les Gouuerneurs de les prouinces de les de fes bon- traitte r félon là volonté portée par les Edits amp;nbsp;leur pouruoir dc toutes féurettez. Auciinsy o-nes graces. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;qyç pluficurs suticz cn cufTcnt autant fait fils cufîcnt veu par ces Edits vue
defence
-ocr page 567-defence de les rechercher pour le palTcrle treziéme Odobre le Roy expreflèment fit pourblier vnautre Edit par lequel il eftoitpourueufiir ce cas allez à leur auantage.
Av SS I toû que par le rapport des médecins, la Royne mere fut alTuréedela mort de fon fils: elle defpelcha Chemeraud entoure diligence au Roy dePolongnc pour luy faire Iça-uoit que Charles lâauoit déclaré fon fuccellèur à la Couronne ^e France : amp;nbsp;que atendant fâ venue elle auoitefté faite Regente du Royaume. Or bien que la Couronne de Pologne luy feiift honorable, voire auantageulê en toute forte amp;nbsp;parce trelà greable: Si eft-ce que comme tous homesfôt naturels à aimer le pays de leur naiflâce amp;nbsp;nourriture plus que tout autrermef tuementà vn Prince paifible Si curieux defon repos: il refolut à finftât fon retour en France. Mais la reue rance amp;nbsp;amitié que les Polonoisluy portoient: qui d'ailleurs (auoir entendu la niâlladie incurable de Charles,amp; par la craignant quâvn défit de la Courone Françoifc,néluy Henry Roy fillquiter la Pologne) toblèruoient fort eftroirement: luy laifoit fore douter les moiesas quâil tic Pologne tiuoic à tenir pour fortirdu pays.Veu que les Polonois eftimâs peu moins leur Royaume que ooluy de France ifeperfuadoient que fans partir du leuramp;y failà ntfaprincipallc demeure, il Cratouîc dcuoit gouucrner les François par vn vice Roy: non le leur qui mcritoicbicn iaprefonce en'prancc continuelle, nefuft ce que pour en cela reconoiftre le grâd hôneur quâils luy auoiét fait de le prendre la ptderer à tous les Princes Chreftiens pour fuiurefes commandemens. Pourcc auoir jare-ceuquelques attaintes decefteleur refolution amp;nbsp;allcuréque ceforoitpeync perdue,voire tnal fur mal de leur faire entendre fa deliberation de fortir, crainte dâempefehemens: arrefta de ceamp;ireparlesplusfecretsamp;: dilligentzmoiens quâil pourroit, leur lailïà nt par efcritlesoc-cafionsd'vnetant celée départie. Deuant tout, auoirfait entendre quâil vouloir célébrer les efifequesdefonfrere: il fit acheter toutes les forges de Florence qui eftoient à Cracouieca-pHalledu pays pour faire charger le dueil à toute la Court, amp;nbsp;enfemble preparer tout ce qui ^fioitrequis à la journée funèbre .Puis donna publiquement congé à BellieurejAmbalfodeur deCharles neuficme de fo retireren France:veu que par le decez de fon Maiftre fo charge ef
expirée.Etauec luy fi»aller prelque tous lesGentilshommes amp;nbsp;officiers dont il fe vouloir lcruirRaccompagner en fon voiage : lelquels luy portèrent tous lès joiaux auec fos plus pre-^â cuxamp;nccelfaires meubles pour fo perfonnne. Ce fait les cheuaux difpofoz par les chemins
ildeuoitteniriil banqueta folemnellemcnt tous les Seigneurs Gentilshommes amp;nbsp;officiers Polonois qui lors reftoient en Court: tous affeôlionnez à luy pour les Eftats amp;nbsp;honneurs dót 'llcsauoitpourueus: les autres feftans peu au parauant retirez en leurs terres auec licence.
apres qu'il fut couché amp;nbsp;que le Comte de Tancy premier Gentilhomme de lafthambre hy cütferme le rideau pour dormir: fc leue amp;nbsp;defguifé dâhabits amp;nbsp;dâvn bandeau qui luy en-trauerffoit le vifà ge: fort par derrière amp;nbsp;auec le congé que du Halde lâvn de fos vallets de châ-bvcdemindaaux gardes, montez fur cheuaux prefts : volent au grand galop le plustoft qii ils peurent pour trouuer les cheuaux de relay qui les portèrent auffi toft hors de Pologne, a la premiere ville dâAuftrichc fans aucun deftourbier, pour dilligente voire extreme que fut Wuitedu Comte Chrirtoffle( que vn Italien habitué enCracouie auoit foudain auertydu foupçon quâilauoit en la départie du Roy quâil jugeoit à fo demarche eftre celuy quâil auoit ^â¢^ulortirauecduHalde(Comte dcTaucy amp;nbsp;pluficurs autres Polonois.Qui courus en la châ-hrefiit îauertiiTement de f Italien amp;nbsp;nây trouuâs que le lit amp;nbsp;les coffres vuides; fort eftonnez fo ââl'reinfoudain à la pourfuitte: laiffons tel effroy amp;nbsp;defplaifir entre les habitans de Cracouic ^uelesFrançoisyrcftez furent en danger de leurs perfonnes. La dilligence des Polonois à la uiitedeleur Prince fut fi grande en fommeamp;fi animeufoment entretenue : quâencorque Roy euft fait rompre les ponts ou il paffoit, crainte de fuitte ennWieufo.'fi eft-ce quâile furent
^vnraefme jour en Auftriebe. Le Comte de Tancy mefmement. Lequel ores que les portes foyfuflcnt fermées: fi eft-ce que auoir fupplié fo Majefté quâil luy donnaft fheur de le voir en-lt;:or vncfois, pour luy dire trois parolles: entré lâaffura de feftonne®ient amp;nbsp;defplaifir extreme wiesPolonoisauoient receu de teldepart: faians condamne en plain côfoil,de le reprefon-'^fur peynedelavie, comme celluyqui fur tous deuoit auoir vne plus fogneufo charge de â^Petfonne. Mais le voiant refolu dâaller auant amp;nbsp;non de reculler: le fupplia que du moins il '^Pottaft pour marque delà dilligence affedionnée, quelque fignal de fon vouloir: nefeuft dit-il quâvne eguilhte que je puiffo mettre venant de voftre main entre ma peau amp;nbsp;ma chair pout tefmoigner auec voftre refolution amp;nbsp;îhonneur quâil vous à pieu me faire jufques icy:
-ocr page 568-Septembre.
I lt;7 $.
L' HISTOIRE DE TRANCE.
Recueil fait au Roy de Francefur Ies terres de rEmpctcur des Venitics autres
Potentas dâItalie.
mon deuoiramp; perpétuelle deuotion à vous refter toute ma vie tref humble feruiteur bien affeâionné fujetdc voftrcMajefté. LeRoyluy donna Ivn de fesaneaux quâil tira du doit: pouraflèurer les Polonois quâil leur dcmeurcroit lousjours aufli aftcébônéPnnceqiie jamsis-Et les priant de bien traiter les François reftezdeur promit de pour noir en briefaiix affaires du Royaume ainfi quâil leur feroiT paroir aufli toft quâil feroit arepos. Les François ce pendant laiflèz en ville amp;nbsp;ignorans ce de patt( crainte du babil de quelque indiiciet); nâen furet moins eftonnezque delplaflâns pourfe voir à la mercydu peuple fl eimeu amp;nbsp;defpité cuelcplusai-feuré dâeux ne falloir pas grand eftat de fli vie. Toutesfois feftre tcus ralliez enflnblcauio-gis du[Palatin Laski que le Roy auoit des plus tauorife: amp;nbsp;peu à peuferefroidifiantiarhal-leur du peulc 5 par le moien de quelques Seigneurs amis du François: ils nâcurtntautrcmal que la perte de leurs chenaux amp;nbsp;peu de meubles.Si bié que chacunfaiant tous côgcdeferenier) fepourucut de charriots amp;nbsp;autres montures comme il peut. Et ainfi piece à pièce plo-fleurs retrouuerent le Roy par les chemins. Mais aucuns ne le virent quâil ne full en France-Pibrac eut plus dâennuy quêtons. Car comme il feuft forty des premiers: pourluiiiyncsW' moins,amp; faute de cheuanx fe relaiflà ns en vn eftanc pour fe gai en tir de la potHuite.'int pulâS Ãcramencen C racon ie: Dâoù depuis toutesfois il feft retiré en 1 rance eharctdâhcnnrni^ de quelques reconoiflà nces pour auoir dextren.'cnr manié les plus grans' affaires eu Eojsu-me de Pologne. Le Roy arriué en A uftriche reccuttoutes fortes de courtoifies de lFm{^' reur ; encor quâil euft gangné la Couronne de Pologne fur lesLrigues de fon fils Erneft.f^ que lâEmpereur nâauoit procuré pour aucune mauuaife inclination enuers Henry, encor vers la maifon de France dmtrlfeftoit tousjours monftré fingnlrer amy. Ainsfciil^'
Liberalité du Roy Hen ry 3.aux Sei gneurs eftra gers cn fon Toiage,
Emanuel Philibert Duc deSa-
ment pour afifnrer danantage par telle Eledlion: ÃEftat de la maifon dâAuftriebe. AinfilEmp®' reur Iny lut au douant des lors quâilfeent fon acheminement à Vienne cappitalle dâAuftdtlâ' ou il fut receii, carefte, feftoié conduit comme amp;nbsp;plus que la propre perfonne de fEmp^' reur. Lail rcceut cent mil cicus par lettre de change quâil diftribiia foudain à jtouslesSti' gneurs amp;nbsp;officiers tant de ÃEmpereur quâautres qui iaccompagnoi^nt. Voire cet argentluy eftant plus court que fa libéralité: donna fes chaînes, baguesamp; joiaux pour ftipplier aude^ f^ut, dedeniers non de bonne volonté à fe rendre toutes perfonnes bien afièâionnées;Piquot;5 lâEriipereur le faifont conduire amp;nbsp;dâeffiaier par honneur jufques fur le terres des Vénitien®-LgSeigneuric lereceutauec toutes lesGentilkflcs dentellelt;epeut auifer; aiantparéinh' nijçs goudoles entoure magnificence pour accempagner le Eue en tor (quâils renuicntp^â fouuenC^u eftoit leDuc lequel luy offfitauec la bonne volonté tous les moiens de la Seigneurie pour le feruir. Puis de Padoiie terre Veniticne allant à Fcrrare ou il fut fiipeiburtiquot; traitté: donna jufques à Cremone depandance de Millau: dont le Gouuetneiir aianttouK charge du Roy Philippe fon frère: luy donna les clefs amp;nbsp;la garde tant de SuiflesquedâEfp^' gnols(; tous lefqucis amp;nbsp;les Italiens mefmes tant du Milanez ques des prouinces vÅfines coH' roientà groflèsprefiesaiiec le plus de magnificences quâils pouuoient pour voir fa MaffAi-quot;') ii rendit les clefs fefiant auxlujetsamp; foruiteurs de fon frei e. Mais donnant le mot il retint h garde desSuiffes richement en couche. Ce fait il entre au Piemont ou le Duc Emaniæ'^ Madame Marguerite laDucheflefa femme jTantc du Roy Henry. nânoubliercntnyleuH^^' uoir uy tous Jeurs moiens pour le côtenter en toutes fortes de plaffirs foit à Turin ou ailfoui®' Ce Prince cft fils vniquedu feu Duc C harlcs amp;nbsp;de Beatrix fille de Manuel Roy dePortU' gai. Lâan mil cinq cens cinquante neuf il efpoufâ Madame MarguerittefÅurduRoyHcni) . a, â â deuxième. Et moienant cé mariage il rentra au Duché de Sauoie amp;nbsp;en la plus part des uoycèilrin nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i*'*/â
cc de Pie- de Piemont comme jâay d» ailleurs. Puis auec le temps il a rccouuert les autres, fous âquot;°quot;'- lesneufiémeamp;.Henry troifiéme :auec vne partie des paysconquisfurfonpere,parlesBö' nois, fan mil cinq cens trente fix. Depuis la reception il na eu guerre finon contre fesfuff® des vallées dâAngroignc-.ÿlus toutesfois par îimportunité de quelques fauxraporteurs,lt;ii'^ de fon propre mouuemcnt. Aufli fo troupes curent du pire cn plufieuis rencontres: tellcmc^^ quâen fin il laifTafès fujetsen Paix, dont il jouifldnt maintenant comme jâay dit cn autre Æ droit. Des fâ jeunefle Emanuel fut nourry en la Court de fEmpereur Charles cinquième P Oncle. Ouvenu enaagefutefleu Colonnel de quatre millechcuaux. Puis apres le decj^ de fEmpereur, eut IcGouuernement des pays bas. Il eftoit aufli Lieutenant delarmee Æ Roy dâEfpagne lors que jles François furent deffaits en la journée de faint Laurens, apres i
-ocr page 569-livre TRENTENEVFIEME. 28j.
lt;Jiieilcfaiiit Qi^entin, amp;nbsp;autres places furent prifès comme jâay montré cy deïTus.En tous fes ponemensilfcft .montré prudent amp;refolu, maniant fes affaires auec celle dextérité; quâil à tousjours gangné ou lez autres ont perdu : 1 oüc entre autre chofes de fçauoir bien temporifer Siprandrefoccafion quand elle le prelènte . Du mariage de l^y amp;: de Marguerite de France eftyffu vn feul fils lequel à panfion amp;nbsp;compagnéc de cinquante hommes dâarmes des Ordonnances Françoifes. Sonpcrejouïft aujourdâhuy paifiblcment delà Sauoye amp;nbsp;Piemont :à TuiinCapitalleduqueljilfaitleplusdefejourouilà Parlement pour le pays de la les monts comme à Chambery de Sauoye pour le Pays vÅfin de la France. Il fentretient fi dilcretcroêc cïfaueursamp; bonne volonté des Roys dâElpagncôc de France que vous le jugeriez neutre * cIgalemcntafFcâionné à tous les deux. Pour reprandre les François.
C omme depuis le depart deCracouie jufques à Thurin ils nâauoient eu autre fujet que de Dc/Tcin du plaifiramp;contentement:aulfi le Roy continuant Ibn premier defleinde maintenir les fu jets ^«Ftanceen Paix amp;nbsp;les embracer tous dâvne pareille faueur: entretenu par les prières amp;nbsp;Co- nir la Paix feilsque la plus part des Princes fur les terres defquels il auoit pafTéjnotammêt de la Seigneu-riedeVenifeamp;deÃEmpereur Maximilian (qui luy perfuadoientquâembraflà nsà G venue tât qui.amp;ou inefperée,tousfesfujets commelebon peredefamille fairfesenfansauretout dâvnlongôc thange. mallaifé voiage ;il meift toute peync de le faireaimer à eux par lâentretien dâvnc bonne Paix, pluftoft que haïr par vue reprinlèamp; continue malheurculè des guerres ciuilîcs qui ne luy pouuoient eftre honnorablesamp; moins encor profitables quelque fin quâelles peufiènt reüiffir) nefe ftoic jufques la propofè autre choie quâvn repos â fon particuliers^ paix alîurée à tous les lujets. Mais Côlêil duRoy Charles ne fur plultoft entré à Turin-que luy auoir fait entedre ^ftîtmiferable auquel tambitio des vns amp;nbsp;findiferete curiofiré des autres,entretenoiet la Frâ-ccîAuec les raifonsqui le deuoient mouuoirà purger le corps du Royaume de cet humeur peccant amp;nbsp;corrompue matière à tout mal prochain.Puis la facilité des moiens lelquels le pre-Içntanscommcà la main fêmbloientne demander que faurorité amp;nbsp;bonne conduitte à fexecu-cionSnallepour apres amp;nbsp;baen tort, jouir de ce repos tant defirérquâil changea dâauis, relôlu lâ-chans les armes leuées du temps de fon frère non encor miles bas;de pourfuiurepar tou-âesvoics ceux qui ne voudroient polèr les armcs:amp; le retirerfous falTurance de rEdit(dont je ^ousayparlejquâil feroit publier portant promelfe de ne rechercher aucun pour le fait de co-'C'ence, nypoiir chofepalïec: Mais quâon fe contentafl de liberté de conlciencelâns aucun exercice public. Q^i eftoit tout le moien que Ibn Confèil luy perfuada tenir pour le mettre cntoutdeuoirdcbon Prince vers fes fujets. Controles remonflrances des autres, qiÃl ne de-x^oitcraindre de leur dôner auec cela lexcrcice public en vnc ou deux villes de chacune province. Dont ils fe contenteroient amp;nbsp;par ce moien finiflà ns auec les paflîons mondaines,la querelle de la Religio : la Frâce rcprâdroit peu à peu fa premiere fplâdeur à fhöneur immortel tóMajefté. Vous verrez ailleurs ce qui auint de tout ceJa.Telle fut la venue du Roy de Pologne en France fur le vint vniéme Septembre mil cinq censloixante quinze.Duquel paflà nt Monrbrui»
Piémont par le Dauphinéda fuitte receut quelque dcRroufledu bagage par les Proteftan.s pretTl^ba-Compagnons de Montbrun qui failôit la guerre à tous venans. Puis coulé à Lyon amp;nbsp;fort def- gage de la Pnide telles amp;nbsp;fi hardies courfes: enuoia le Marefchal de Belle Garde contre fin vouloir tou-tosfûis amp;nbsp;confeil mefme quâil luy auoit parauât donnélaffieger,battre amp;nbsp;prandre la ville de Li- c» baufiné. vroiiquelesProteftans tenoientfousiefpoir dufccoursque Montbrun leur promettoit. Le Liuronaflîc Marefchal neantmoins fauoir bien battu amp;nbsp;donne quelques afTauts,apres la perte de pluficurs
lt;lesfiens; fut contraint de defrnordre amp;c Ce refèriierà plus hçureufès entreprinlèscomme en vain fur nous verrôs ailleurs.Peu apres le Roy lé fit fà crer à Reins par le CaÃlinal de Lorraine.amp; print
V femme Loyfe de Lorraine fille de Nicolas Comte de Vaudemont. Poulie à ce faire par la Marefchal oeîuteSi: antres rares vertus decete Damoilélle : plus que pour autres confiderations bien
le fang Lorrain duquel elle fait branche; ait autre fois produitfdes plus fignaicz Princes e leurs temps. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;riageduRoi
LesRochcllois ce pendant fempefehoient à lâeledion de leur Maire qui fé fait tous les ans ^^quot;7
âv jour de (^uafimodo dont je vous ay parlé ailleurs plus amplemant. Et dâautant que le jour ^vpptocboit; les ligues amp;nbsp;partialitcz à caufé des brigues eftoient grandes 'en la ville. Aucuns Rochelle. Cfl voulans eflire vn qui eftoit de long temps loupçonné pour peu afleétionné à leur religion Etlesautrcs preferoient laques Guiton homme bien zélé au party. En fin il fut elleu amp;nbsp;luy.
-ocr page 570-M,r.Aurii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S T O I R E D E F R A N C E.
Ma\i57). pr^p-erentfaueur les Capitaines amp;nbsp;autres gens de guerre de la ville que forains que originsi; res du lieiujufquesa fefleucr Maire par force amp;nbsp;contre les priuilleges vfâces amp;nbsp;formesacod' tuméesen laville.Qui caulâ quelques fiens enuieux de dire depuis quâil auoit cfté fait Maites la pointe de lâelpéc;. Les Catholiques ce pendant, eftoient tous les jours dans le Gouuerne-ment de la Rochclleôc fapprSchoient fi près quâil y auoit louucnt de chaudes allarmes dansw De la euer nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;guerre aijlfi lé renforpit par mer pour le grâd nombre de Nauires que les Rocncl-
leNauailc- lois tcuoient dehors : qui tout lâhyucr auoicnt porté de grans dommages aux Catholiques.
Et meftnes auxquot; Bretons Si Normans qui eftoient ordinairement pris. OccafionquelesMs-louinsqui auoient perdu deux grans Nauires feirenr cntrcprilè auec huit bonsvailfeauxdf * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rapprocher de la rade de Chcfde Baiepouryfurprendreamp; enleuercnrecompcncedeleuf
pertes, tousles Nauiiesiqu'ils y trouueroient. Mais ils ny veirent quâvn Anglois quâilsemmc-. nerent des le lendemain .Sur ce plus de fix cens Fantalfins auec les plus fignalez Chefs Ist' merent lôudain pour les fuiure amp;nbsp;combattre .Ce quâils eufiént fait/ils n'eufient eu lèventââ'' riere.Occalion du retour des Rochellois fans rien faire. Craignans dâaller trop auant à qâââ
retour ils eulTeni vent deuont. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;x-; . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,â
Ce pendant leVitcmicde Turaîne quit nouuellement feftoit déclaré du psrtydelaRc*' gion des Protcltans: elton fur les confins de Gafeongne amp;nbsp;Périgord auec nombre de genst2i de pied que de cbeual que la Noue defiroit fort de joindre, pour tous cnfimbleferalier^ Saintonge amp;nbsp;Angoumois. Puis charger les R eyllres amp;nbsp;autres compagnies qui ruynoicntlc dits pays ou faire quelque autre cntrcprilè. Et comme la Noue eftoit fur fon parttmcntpo''Æ tirervers Bergerac iâ receutlettres du Roy par vn valet de chambre de fa Majeftclcviiitgt;f®* ücme dâAuril par Icfquelles il monftroit defirer fort là venue en Court. Lâafieiirant 911e lUj venu la Paix le poùrtoit facillitcr. Et luy elcriuir de là propre main quâil ne deuoitcraincâ'^ de faller trouuer en toute feureré veu quâil fê deuoit fouuenir que autres fois il luy auoitlâu^® la vie. La Royne mere le folicitoitaulfi de ce faire. Mais ilfexculbit le plus quâil pouiio*'â Auflî quâil ne trouua par côlêrl quâil le deuft faire. Ainfi ce pafia fc^nois en beaucoiipd amp;nbsp;venues, meflages amp;nbsp;defpefchcs dâvne part amp;nbsp;dâautre. Car le Roy y auoit fait venir pâiâ^ uers luy les Députez desProteftans fpccialement de Guienne, Poitou, amp;nbsp;autres coninifr vous dirav ailleurs
Viconte de Turainc.
Lettres du Roy à la Neue.
Retour des
I.a Noue St Frontcnayà la Rochelle
Le vint cinquième de May les Députez de la Rochelle furent de retour de Paris. Etaisââ députez de le lendemain expofé publiquement en fEfcheiiinage toute leur négociation tant vcrslePrinââ laRochellc. que depuis en la Court : ôe prçfènté les articles de Paix que le Roy auoit fait dreflêrpf'Uâ refponce à ceux qui luy auoient efté prefêntez de la part des Proteftans Si CatholiquesWâ aftbciez : il y eut diuers jugemens amp;nbsp;beaucoup de difputte touchant Icfdits articles. Les deux parts en fômmceftoient laftez delagucrre amp;nbsp;nedemandoient que la Paix. Quiefloitcau quâvnc grande partie approuuoit tacitement ces articles. Et enflent quafi confeillédelcsS'â ccpter.Lcs autres au contraire les trouuoient du tout defrailônnables difans quâil ny auoii.'â' cunfondement ny apparence poiirfy aftciirer.Surquoy futen fin auifé dâen conférer plus sââ plement auec leurs aliez. Afin de touseniemble amp;nbsp;pai vn mefmeauis (e refendre fur ksci ' ficultez qui fc prefentoient: la Noue amp;nbsp;Frontenay aians entendu le retour des Députez ce Rochelle amp;nbsp;du grâd bruit de Paix qui trottoir par la villcivoirc quâil fcmbloit que bcauccup fen mefloient vn peu trop auant amp;nbsp;plus quâil ne leur appartenoit ; arriuerentpar merà laRcquot; chellcletroifiémejourdeluin. OulaNouêrcmonftraaiant entcndiila négociation des Pâ' putez, combien Dieu leur faifoit de graces dâauoir difpofè le coeur du Roy à la Paix.Laquââ le nous douons dit-il plus#crcher que chofe du môde.Mais auffi quâil nousy falloircondmââ de telle Ibrtc que îhonneur de Dieu marchaft tcusjours le premier. Sans mettre en cotnpâ' nos ailés 5c commoditez: pour lefquclles il eftoit marry de voir que aucuns feiflcntplussiâ meufe pourfiiitte de ladi^ Paix que pour autre meilleur refpcét.Prioitfur cella ceux delavi ' le de fyporter plus fobrement amp;nbsp;auec fvnion amp;nbsp;confentement delcurs alïocicz: fc donnons bien garde de beaucoup de menées amp;nbsp;pratiques dcfquclles il eftoit à craindre que les cnnc' misnâeuflcnt enuoié de la graine en la ville. Qjfil eftoit aifé à conoiftrepar la re/ponccquc c
Roy auoit rendue aux articles de Paix que luy auoicnt portez les Députez des^lilesr«®' mées; combien nous citions cllongnez du bien que nous clpcrions amp;nbsp;aidons tousjoursatte du de la côfercce amp;nbsp;negotiaciô de Paix qui eftoit faite à Paris.Laquelle çlloit côme rópiic'^^â
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â'leun fruit; fi bien que câeftoit à recommencer comme déliant.
Ot pour parler plus amplement de cefte négociation de paixjelle Feftoit menée la plus part la prefence du Roy amp;nbsp;de la Roine mere,du Roy de NauarrCjduCardinal de Bourbon,Duc negodation ^Montpencier Sc Prince Dauphin, Princes du fang,du Marefchal de Rets amp;nbsp;des plus ligna-^QupriucConfeil defâ Majefté. Les Députez du Prince de ®ondé eftoient Beauuais la Node J DarenesSc du Chelar. Pour le Marefchal Danuilîeamp;Ies Catholiques de ivnione- quot;nbsp;loitentreautresClaufônne pour la Guiéneamp; la Rochelle, MirambeauDesbeflônsjDefmarez Condé Ma-^Prefidétde la Rochelle amp;nbsp;des Prifes qui tous apres auoir bien au long côferé aucc le Prin- ['ifc 'â iipartircntdcBafleenuiron le 20. jour de Mars pour aller trouuer le Roy félon fôn mande- tre» Catho-âââ'otamp;faiif conduit. Puis arriuerent à Paris fur le 6. dâAuril, où ils prefenterent à â Majefté â Kequefte Se Articles en nombre de nonante amp;nbsp;vn dont ils auoient efté chargez tant par le 'ioce amp;nbsp;autres Proteftans que par le Marefchal de Danuille amp;nbsp;autres Catholiques aflbcicz pour paruenir au bien de la Paix. Ils entrèrent en Conference enuiron le 12. du mois dâA-
furent jufques au i6.de May que le Roy feit refponce aux ArticIes.Lefquels pour nâe 'oau contentement des Députez furent caufe que lefdits Députez furent licentiez hors mis ^uuoisamp; Darenesauec congé amp;nbsp;permiffion de fâ Majêfié de retourner vers ceux qui les a-ooientcnuoiez amp;nbsp;en conférer en fèmble. Pour puis apres retourner en dilligence par deuers oyamp;faire ce qui feroit plus neceffaire pour tauancement de la Paix. Sur la fin d'Auril ar- deurs des â'Ocrent en la Court les AmbafTadeurs des L^ues tant des Cantons Proteftans que Catholi-Jlucs : afin de tous enfemble feruir Dâinterceflcurs amp;nbsp;Mediateurs enuers le Roy pour donner â*aixafesfujetsauec exercice dâvneôc dâautre Religion â Et en firent la plus grandeinftan-quot;oqui leur fut poflîble. LâAmbaffadeur de la Reine dâAngleterre faifôit lemefme difà nten âooitieceunouuellc recharge delà RoinefaMaiftrclTe.Le Duc de Sauoyeauffi en ce mefîne âonipsenuoiades plus fignallez de fbn Confeil vers leRoy pour le fupplier fur toutes chofes 'ââontendreà laPaix. Et tous enfemble faifbient grand deuoir pour ùuancer. Le Roy difôit ^oilnetenoità luy qUC Ic^chofes ne fufïènt desja pacifiées. Et que pour y paruenir il auoit oootre fa propre Religion amp;nbsp;confcience accordé beaucoup de chofês que ceux du Confeil ' âââcfæesnetrouuoient bonnes ny raifonnablcs. Aquoytoutesfois lefdits Députez nâauoient quot;ooluentendre. Et queneantmoins il leur donnoit encores terme dây penferSc en commu-âquot;'lOerletout à ceux qui les auoient enuoicz . Et la dcfîus fut cefte Conference amp;nbsp;négocia- LaUunauI â'oointermife jufques au retour des Députez. PuislcRoydepefchala Hunauldaye à fa Ro- dayeà ia ''Mle.Lequel apres vn long double fi on le deuoitlaiftèr entrer ou non: receu cueille dift Publiquement fa creance dans le Temple Sainél Yon recômandant fur toutes chofês le grand Royp^our*
s incitera
'quot;'guliet defir queleRoy auoit à laPaix : comme il auoit aftêz monftrépar la négociation inciter à âl'''feftoit faite à Paris. Enquoy auifi la Roine mere, les Princes du fà ng amp;nbsp;principaux Offi- voire pLi».
Couronne auoient bien faitpreuue lt;fu zele quâils ont au repos dâicelle. Mais que culierc. execution de leur bonne volonté amp;nbsp;auancement dâvn fi grand bien, auoit efté empefehé au grand regret du Roy , par la faute mefmes de leurs Députez. Qm auoient comme fermé fo-rcille atomes les bonnes conditions offertes par fâ Majefté amp;nbsp;dilaye tousjours la conclufion ''quot;efifaintechofe.A laquelle le Roy les inuitoit dâcntédrc.Et de fâ part les en prioit trcfâffec-âquot;t'ifemét.Dâautât que le Roiaume amp;nbsp;leur païs fur tous autres,en auoit vn extreme befôin. En ââquot;T'eefloit dâauis quâils pouuoiCt amp;nbsp;deuoient particulieremét faire pour eux, veu quâtl nây oit que de leur Religion.Laquellc le Roy leur permetoit en fi grande liberté . Et quâils ne 'quot;oætfe rapporter ou attedre en cela au Marefchal Danuille amp;nbsp;autres Catholiques defvniô ^'neftoiéten armes que pour l'eftat ou quelque autre chofe qujipôccrnoit leur particulier. Refponce â'5d autât quâils prindrét ces parolles côme toutes claires pour les defvnir dâauec ledit Ma- des Rochel« âc cnal; le Prefidét de la Rochelle fit rcfpôce que lui amp;nbsp;fes Députez auoiét auffi fait paroiftre yj^^aüidaic n leur charge amp;nbsp;par le cours de toute la rtegociatio qui auoit efté ^ite à Paris,côbié ceux de âKeligiôdefiroiét demeurervnis amp;nbsp;affociez en cefte caufê auec lesCatholiques qui feftoiêt «clarez.Et côbié quâêtre eux y eu ft diuerfité de Religiô.Si cftoit la caufê amp;nbsp;deféce gcneralle Pâ'euxentreprifê pour le bié Se foulagemét du Roiaume fi côjointe amp;nbsp;vnieiquâelle ne fê pou-quot;uitdifToudre ou feparcment traitter fans le dommage des vns ou des autres: voire pluftoft de âni'slesdeux enfemble. Somme dâautant ils tendoient tous à vn mefme but : auffi eftoit il quot;ecefrairedefe conduire par mcfhae voie amp;nbsp;ordonnance : amp;nbsp;fêbien garder de defvnion. AuP
Nnn
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
fi que ledit Marclchal nâauoit point tant prins les armes pour lEftat ou autre occalio partit^ licre quâil nâeuft premièrement protefté quâil prenoit en fa proteéhon amp;nbsp;fauue garde ceux îvne amp;nbsp;lâautre Religiô, Et de procurer à chacun dâeux fcxercice dâicelle par toutes voies oit tant quâil luy (croit poflîble. Que leur deuoir eftoit donc de demeurer conjoints auec lu) nelâhabâdôner.Ceque le K «y mefines nâauoit trouué mauuais leur aiant permis amp;nbsp;done äU conduit de conférer des articles quâils auoiét receus de (à Majefté les vns auec les autrespo tous enfcble retourner vers faditc Majefté en faire leur rapport.Aquoy ils deliberoiétenbn (à tisfaiie.Etdefair, ilspartirétdc laRochellele 15 .dudit mois de luin pour aller Marclchal amp;nbsp;de la pourfuiurc le refte de leur legation felon le vouloir amp;nbsp;intention queleKO/
leurauoitdeclaréauanrleurpartement de Paris. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
de la Noue fur Niort,
Pour parlé de trefùe.
Pédâi les 8. jours que la Hunaudaye fejouma à laRochelle la Noue fîttntrepriïê furN^rt 12 .luin lous foccafiô de la Mairie de la ville qui eftoit a ce jour. Mais fentrepriie fut dei^*â Uerte par aucuns Proteftâs fimulez.Dc lôrte que eftâs la nuit desja quelques efchellesdrch cotre la muraille tirerét tâtdâharquebuzadesfur les entrepreneurs quâils furet cotraintsie tirer amp;nbsp;laiflèr vne de leurs efchelles: dont la Hunauldaye ne iê peut côtéter que telleentrep^® lèic fuft faite en la prcféce,q de vouloir furprâdre les places duRc^pédât quâil parloir de^â^' aflèurât que cela eftoit fuffiiânt pour le reculer de la bône volôté qu'il auoit de la leurdSncfâ Et que pour lôn particulier il fé lèntoit grâdemét ofFenfé pour le dager mefmc en quoy ic® metoir de le rédre fufped amp;nbsp;calónic enuers le Roi.Pnât inftâmât les Rochcllois deluy Jôi'J' cÃgé amp;nbsp;luy mefme fc prcfêtaà la porte pour fortir.Mais il en fut empefehé amp;nbsp;prié dâattédrc retour de 1 a Noue. A farriuée duquel on mit en auant quelques propos de trefue pour pour les pays de Saintonge,Poitou,Angoumois amp;nbsp;la Rochelle.Surquoy la HunauldayciCP (bit fort de faire Ibrtir lesGarnifôs de Marâsamp; deBenon:mais quepour cefteffetilcuvouW' cÃfererauec les Côte du Ludc,deRuffec ôe la Chappelle Lieutenât de Biron enSaintongÆ' Toutesfois luy parti pour aller à Niort referiuit depuis ce quâil auoit fait pour ce regard coneu quâil y auoit peu dâapparâce dâauoir ladite trefue.Or ce qui |pouuoit les RochcloisfJ tre autres de vouloir entédre à la trefue:eftoit la promeffe de faire vuider les GarnifósdeMsTquot; amp;nbsp;de Benà qui leur portoict de grâsdômages mclmes ceux de Benô qui leur detrouftbiettoU tes les farines quâils appellct minotSt autres viures venâs de Poitou melmecouroiétbiéfo*ââ lient jufq ues à leurs poitcs.La Noue pour obuier à ces incurfions aulTi que les payfahsfailôi®* vne infinité de plaintes contre eux a caufè de leurs rauages Sc fà ccageinens délibéra dâcæpo^'
nonpar le» Eeiionciftvu des anciésheritages de la maiibn delà Trimouilleà 5. lieues de la Rochelle.^ Ptoteitans Chafteau pour ibn antiquité eft prefque du tout ruiné.Tcutcslois depuis ces derniers trouble^ les Catholiques tauoictaucunemét fortifié:de forte quâil nâeftoit ailé a forcer fans Cano. Suf' quoy la Noue pour entretenir les foldats veu le peu de gain des entreprilès palfées-.joinftfi'â' ftâte pourfuitte des Rochellois pour enleuer le Chafteau de Beiion ( ou la Perriereauec5®' foldats coupon chemin à tous ceux qui de Bagnols amp;nbsp;autres cartiers de Poitou mcnoicntÃiâ ceftè farines,bleds,minors amp;nbsp;autres fortes de cômoditez à la Rochelle) par la theuauchéedv' ne nuit entière,il furprit lesauenuës de la place crainte quâen nâauertift le Comredu Ludcamp;
Garniibns prochaines de la v eniic.Si que Popelin iere auoir rôpu le Corps de garde que les ai* fiegez auoicten la grage du bourg la plus prochaine du Chaftcauou 7. lôldats moiirurét placé 2. Canons pour mettre le Rauelin ( le pied duquel fut gagné par le Capitaine Mefni)^ JcChafteau en poudre pour ehre petit ferré amp;nbsp;mal flâqué.-laPernere fut côfêillé delêrédrequot;^ amp;bagues lauues.Voiât quâ^ fcul premier propos de la capitulatio/es gcsfè defroboiétpoints jeter des murailles en bas amp;nbsp;le rendre aux Proteftans. Le Capitaine Mefîty fut lailfépouij commander aucc fbixantc harquebuziers que lesRochellois pourueurctlôudain de poudres» bleds, vins, chairs, Icgercysieccs artifices à feu amp;nbsp;de tout ce quâon voulut dcmander.Si gO®' de eftoit leur affeélion à tenir la placc.Mais quelque mois apres des Brueres, Gouiierneur^î Marans y auoir fait à diuerfês fois entrer cinq de les foldats qui le feignoient fort mal contans de leur Chef amp;nbsp;curieux de reprandre leur premiere Religion Proteftantc : auifi toil quâilse® eurent pratiqué quelques vns de dedans, amp;nbsp;quâils veirent Mefiiy hors du fort pour aller à h Rochelle ; forcèrent ce peu qui reâoitde mourir ou lôrtir pourlcuer lepontleuisfurcux-Et nonobftant les prières, menaces amp;nbsp;tous auties moiens que le Mcny retourné au cry dfs
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liens, y voulut pratiquer pour leur faire reconnoiftre le deuoir : tindrent bon jiifques à la vc-'âlie du fecours de Marans qui chafla du tout, le refte des Confederez. Lelquels en Hn (c con-lentcrentde porter aux Rochellois vne fi mal plaçante nouuelle de la perte de ce,pour accôm Hioderquoy ils auoient tant depandu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vicomte^
En ce mefme mois mourut Henry de Rohan Prince de Leon an Bretaignc en fa maifon de R^^han. ^lin, apres auoirefté longuement trauaillé des gouttes. Sa fille aagée de vnze à douze ans Mariage Jn niourut auifi peu de jours apres. Ces nouuclles furent portées à Frontenav frere du deffunét nui oft â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r */o i t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n-f Rohan Ic
'i«ickoit en hrouage. Si que peu de jours apres tut auance amp;nbsp;conclud ce qu il monltroit le jeunr. plusdefirerafià uoir le Mariage de luy amp;nbsp;de fheritiere vnique de la maifon de Soubize Cathe-âmede Parthenay vefue de feu du Pont : qui durant fon Mariage porta le nom de Soubize. I^me auflfi vertueeile amp;nbsp;autant douée de toutes fortes de graces que dâElp rit que de Corps;
lue autre que la France ait produit en ce Siecle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. gt;
Reprenant le pourparlé negochtiô de Paix,les Députez tant des Proceftans que des Ca-lEoliquesalTociezreftoiét retournez chacun en leurs Prouinees pour fo refoudre fur la reljjon ce des Articles quâils auoient eu du Roy qui leur auoit cômandé faire leur retour au pluftoft. Etpournerendrc la Paix du tout defefperée auoit trouué bon de retenir aucuns defditsDepu-ânzenCourt.Latrefueccpendantqueaucuns pour lors mettoiéten auantnepeutfortir effet amp;nbsp;ny vouloir entendre le Royzafin que ceux qui demandoiêt la Paix fuflènt dâautant plus enclins ou preffez à la prandre aux conditions quâil la vouloir bailler.Occafion de la côtinuë de tousafies dâhoftillité tant par mer que par terre. Mefines le dreffoient nouuelles entreprinfos. Entre lefquclles celle de Perigueux eft bié digne dâeftre remarquée tant pour fimportâce amp;nbsp;renommée de la ville Capitalle delà Prouince:quepour la ruze amp;nbsp;ftratageme guerrier dont ®'â'lâpourfenlà ifir.
EeBatôde Langoyrant qui feftoit tousjours tenu à Bergerac difiat 7. lieues de là en fit fêtre-pnfê qui fut exécutée fur la fin dudit mois y aiât fait en vn jour de marché entrer bà nôbrede fo'.datsen habits de payfâns amp;nbsp;autres poures attifons. Lefqucls auec aucuns de leurs Intelligé- fu^prfndre Câeâsqiiidelongtéps cftoiétdâsla ville: Sâeftâsfaifis defvne des portes dônent entrée à ceux »quot;e ville. Sâfi les fuiuoiét de pres .Tellemêc quâelle fut incôtinant prifo amp;nbsp;pillée pour la plus part.Où les Ffoteftans firent de grands butins fpccialement fur les Eclefiafiiques amp;nbsp;Temples de ladite vil-Enon fans efpargner ceux quâils voyoient fe mettre en deuoir de leur refifter. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LudeChef^
Ry auoit lors quelques Côpagnics du Regimét de Sarriou au tour Niort qui feftoiêt pre- «le l'armée.
foncées pour entrer dedas depuis que les Proteftans fauoiét failly côme auez entcdu.Mais les lââbitâsnelesvouloictrcceuoir.Orcncctépslâarinée Catholique eftoit pour la plus^art défi bâdée; amp;:beaucoup côme fon difoitauoicrrefuzé lachargedelacômâder. En fin le Cote du Eudefe porta pour Chef des troupes efparflès par le Poitou.Si quâaiant afféblé 7. Côpagnieà thoiïque en dâordonâce 24.Côpagnics de gés de pié faifoit côte dâé enuoier partie auGouuerncmét de Poitou. foRochelle pourempefchcrlacuillettc des fruits 8z vne autre partie aux îllespourempefcher les Proteftans de fepreualloir du Ici qui y eft en grande abondance. Vous verrez cy deflbus tomme fes deifeins fucccdcrent. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MontSahit
lene veux oublier la prife amp;nbsp;reprifo memorable que firét en ce téps les Catholiques amp;nbsp;Con- Mkhel fur Encrez Proteffâs au Mont S.Michel.Du Touchet Gêtilhômc voifin de Domfrôt en Norma-1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â*
ilioiuerti que le jour de la Madclaine la plus grâd part des habitas amp;nbsp;morte-paies du Mont S. «pVinfepar ^â 'dieljdeuoictaller en procelfiô affez loin dulieinauâce^o. hômes le za.Iuil. faignâs aller iccuxfurl«» «0 Peletinage,qui prindrct vne guidefolô la coutume. Lequel les auoir côduits, jufques à la c'iNormX ^rcc du Môtjles auertit quâil falloir laiffer dagues amp;nbsp;autres armes^our entrer en ville. Où a- «üe.
^âOff déjeuné en vne hoftellerie; prier et f hofleffc leur dôner mônoie pour faire châter MefTe dçuât lâImage S.Michel.Ce quâelle fit amp;nbsp;môtez en fEglife de f Abbaie qui eft au haut du Ro-dienilsouirét leur Mcfl'e.Apres laquelle féquerâs fil ny auoit autres lieux de deuotiÃs amp;nbsp;les yauoir acheuées:tirêt leur dagues fâs gardes cachées fous la cafoqdfe amp;nbsp;les piftolets quâon nô-bidetsxômâçà t IcCapitaine mefinc à crier tue tue à mort à mort,fur IcsMoines qui fe voü Wdeffedre Sc fur leur Preftre qui leur auoit dit la Meffe:pendât q les autres foifis des clefs âImportes delAbbaicprenât le Capitaine aagé de 6o.ans dit Perc ôtant pour auoir les prouifiôs
tâêaider en cas de ficge.Ceux qui eftoiet en garde auoir auife du Touchet qui par la greuc à sourcedeclifiual venoit accôpagné de 12. autres bié armez:fermét la porte amp;nbsp;fe rendét Mai-
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Brouage les Ifles.
Veraeen
Brouage.
ftresjles Proteftâs demeurez en bas.Ceux dâehaut voiâs que du Tonchet rctournoit^,, dans que la ville elioit efmeuë amp;i. la porte fermée ; craintifs font tcber vne harfec'e ier à la porte de f Abbaye porr y tenir fort. Ce pendant le bruit court que Saind Mitf cl 1' auec efpou liante de tous les Catholicques prochains. Surce de ViquCjEnfcigne de Matigâ vint en toute dilligence à Aiiranches auec quinze Gentils hemmes :ou il prend vint buziers quâils met aux auenues de la place attendant plus grand fêcours. Dont eftonncî Proteftans ores quâil eulfent aflêz de viures mais point de munitions; fê rengerentà ceinp^ lition.A la queâlle de Vique confîderant le fit amp;nbsp;force du lieu : leur permit de fe retireriez me jour de la Prinfe leur bagues faunes fans rien emporter du dedans : Mais Matignon^ ty à vnze heures du foir de la prifê : amp;nbsp;par fes deptfehes à plufîeurs accompagné de chenaux pour le fecours, farrefte à Auranches neantmoins, apres quâil eut feeu htep® où il fit trancher latefieà trois des prifônnicrs qui luy furent amenez dont les telles portées au Mont S. Michel. Les autres furent traitez félon que les paffions de quelques vtis permirét.Enfômmc fi le bruit de la prife mitlesCatholiques en cerucl amp;nbsp;double merueii^, de leur repos amp;nbsp;afïèurâce de leurs biêsda reprifè ne les resjouyt moins quâelle ennuya les fédérez quifattendoyent a remuer vn bien plus grand mcfiiage en tous ces carriers fous« ueur,rctraiteamp; affiflance dâvne telle place fi renommée partons les carticrsdcce RoyauZ^;
L E Vifeomte de Rohan, voulant pourueoir à lafenreré des Ifles enfabfence de la quifcnefloitrepofefurluy : donna jufquesenBroüagele vint-vniéfme dâAouftoùilnic'f'â. ne Compagnie de crue. Puis y auoir laifTé Sainéf Gelais fê retire à la Rochelle, donna occafîon de mefeontentemenr aux habitans de la place, aufquels il greuoit beaucoup' dâeftre commandez par autres que ceux que Mirambeau leur Maiflre amp;nbsp;Seigneur leur auz' laiflèz auant quâil allafl en Court.Qui efloit la Cymendiere quâils reconnoifîôyentpourlc® Gouucrneur : Murmurans contre ceux qui vouloyent comme entreprandrefur le MaiuZ^ Seigneur de la place ,quiy auoit donné ordre auant que fen aller dont fon FefloittousjouZ bien trouué. Or efloit long temps auparauant le Baron de Mirambeau retourné en Coâ® la féconde fois pour fe trouuer a la venue des Députez qui enc%res efloyent en Languiâ do. Sur ce Plaffac fon frere ôc Gouueineur de Pons auquel ceux de Brcüagefeirent eiiK®' dre ce que deffusjy adjoutans beaucoup dâautres chofés: induit auffi par les menées Aguerres Procureur dudiôt Brouage amp;nbsp;grand confident de Mirambeau : délibéra dây aller^® plus fort. Ce quâil feit fi fécrettement quâil y entra auec bonne Compagnie ainfi amp;nbsp;à Ihfââ re mcfme que Saindl Gelais faifoit faire la monflre de la Garnifôn . Lequel esbahy dâvne nue fy itftpinée de Plaflâc, qui tenoit contenance dâeflre mal contant : fe fâyfît fécrettement du fort qui efl vers 1 Occident amp;: feparé delà viHe féulement par vne petite muraille. aducftydc cela, meten Armes les habitans Scies Compagnies du GouuerncurCymendieZ amp;nbsp;luy mefme marche deuant le fort. Priant Sainôl Gelai? quâil feifl fortir ceux qui efloyeZ dedans autrement quâil les forceroit. Mais comme ils efloyent prefls de venir aux main® amp;nbsp;que ja les Soldats couchoyent harquebuzeen joue : on trou ua moyen deles pacifier: forte que fon fortit du fort. Lequel par le commandement de Plaflà c fut le lendemain te®' du commun auec lavilleparlaruyne de la muraille qui les feparoit. Dont Sainâ féfentit grandeiHent offenfé,prenant fade pour vne brauade que fon luy faifoit auccauan' tage. De forte que fen eflant allé deux jours apres à la Rochelle : Il fen plaignit fort au Vicomte de Rohan qui de fôn coflé ne fen mal contenta moins. Toutesfois celuy qui^ mefme jourfutcnuoyéà la»Rochelle delà part dePlaffac, remonflra fi bienfoccafionlt;*â tout ce qui fefloit pafïcen cell endroiól : quâil donna comme il fémbloir au Vicomte ét Rohan Sc à Saind Gelais i^cafion de ne prandre les chofés fi au pied Sc de ne les interpreter ainfi finiflrement. Toutesfois la Compagnie du Cappitaine Mefnil fut bien toll apres liceâ' tice. Et pour pacifier le tout, Vcrac fut enuoyé en Broüage pour y commander en titre éâ Gouuerncurdu conféntertlent des vns 8c des autres. Ce différend furuint le deiixiéfme Sep
tembre amp;nbsp;cnida dire caufc dâvn grand mal. Car les Catholiques fapreftoient de tous collet
pour entreprandre fîir les Ifles comme vous entendrez cy apres.
N O V s auons parlé cy deffus comme le Comte du Lude Gouucrneur de Poitou aiio® furiâiflcde eflé déclaré Chef de f Armée Cathol i.ct.v e . Ses forces efloyent pour lors cncoro bien petites, pour mettre à execution ce quâil entreprenoit Qui efloit de faire Armée terre
Entreprife dcLandreau
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amp; par mer pour empefchec les Rochcllois défaire la récolté des fruids Siprincipalle-'quot;sntdufelamp;du vin. Mais il attendoit le Regiment de Bulîî amp;nbsp;quelques autres Companies que le Duc de Montpcncierluyauoitproinilès. Voyant touteslois que la lâilôn le pref-æitj amp;nbsp;fpeciallement pour le cofté de la mer : Il enuoya û Commiflîon à Landreau Che-Hîlierdeîordre Gentil-homme de bas Poitou, qui le portoit pcftir lôn Lieutenant en ce bas psys,coftes amp;nbsp;Mes de Poitou. Perfonnage remuant amp;nbsp;qui à fà id beaucoup de chofes qui le tendent allez conneu des vns Sc des autres : pour entreprandreTur fille de Ré, afin de priuer «ux de la Rochelle des grandes commoditez quâelle reçoit ordinairement de celle part. Et ®cfmes les empefeher a ce coup,de fe preualloir du lèl amp;nbsp;du vin qui eftoit celle année en grâ-esbondanceen lâIHe. Le DucdeMontpencierluy auoitauparauant donné la charge de ^ncnieimeentreprife. Pour laquelle aulfi il feit vn voyage en Court où il auoit allez alfeu-f'h Roy du moyen quâil auoit deluyfairevnbonferuiceencâeftendroiét, amp;dela volonté n« ilfy deliberoit emploier. Luy faifant vn peu les choies plus facilles quâil nâelloit be-
Mais la haine quâil portoità ceux de la Religion : mefines aux Rochcllois,ou bien fef-perancedu proffit quâil fimaginoit en la prilê de Ré. loinâe au defir de bien lèruir lôn Prince amp;nbsp;acquérir honneur: le feirent mettre en armes au temps quâil lèmbloit que pour lerclpcél ^cceuxdcfquclsil deppendoyt: amp;la quallité de la Guerre qui ellrit en partie pour ÃEftar: on efperoit quâil le deuil tenir coy. Et defaiéh veu lès comportemensalîèz paifiblesdont il auoit vfé depuis la prinlê des Armes; plufieurselloycntdâoppinion quâil garderoit les gages durant celle Guerre. Sa deliberation neantmoins fut de le faifir non feulement de fille ^cRé: Maisaulfi de celle dâOleron prochaine de celle dâAluert:Sc confequément dcBroüa-gcquieftoitlcplus friand morceau de toutes les Ifles. Puis ayant faiél vn fi bel exploiél amp;nbsp;â^oceiilesNauires que cependant luy feroyentaprellées amp;nbsp;enuoyées tant de Bretaigne que de Rourdeaux amp;nbsp;Bayonne : combattre les Nauires de la Rochelle pour leur ollcr le comman-^cmcntfurla mer amp;nbsp;les relTerrer de celle colle julques aux portes. Ce quâil prefuppolôit ai-Icafiire: pourcequeleujÿNauires elloyent continuellement en mer à butiner:amp;ne reue-noyentqueà lafille: Etpartantfe pourroit rendre le plus fort à la Rade. Laquelle apres a-quelque nombre de Nauires il elperoit fi bien garder, que aucune choie nâentreroit à la Rochelle par ce collé. Aquoy le deuoit aider le Baron de la Garde auec lès Gallercs amp;nbsp;quel-
autres Vailfeauxronds qui ja elloyent prellsdelôrtir de la Riuiere de Nantes. Mais PoutnâellrelediâBaron fi toll prell quâil eull ellé bien requis:ou bien que Landreau Je vou-Wcuancer pour auoir tout lèul fhonneur amp;nbsp;le proffit entier.-fétteprife rcülfiit comme vous Rendrez. Ellant Landreau de jour a autre prelié, tant pour les lettres du Roy que ou Corn- . te du Lude,de mettre au plullollfon entreprife à execution : fe délibéra de facheminer. En- ment de
la conduire fi fecrette dont il vfa ell grandement remarquable, pouraiioir ellé telle Landreau, ^ticfeftant embarqué aux Sables dâOIonne auec quarante Gentilshommes amp;nbsp;trois cens har-^uebuziersdes plus feiles amp;nbsp;gaillards duâ Regiment de Sarriou , il fit flotte de deux moyens ^îuires amp;nbsp;de dix-huiél à vint tant Pataches,GalIions queChalluppes.Laquelle fut au lende-®3in matin plulloltvcuë deuant fille: voire plulloll les hommes pied en terre,que ton nâen ^tgt;oitouy parler.Encorcs que les Retoislè ventalTent dâauoir de bons auis par les cfpions quâils ^ttretenoiêt par dela:amp; quâils prefumallènt leurs forces alfez fuffifantes pour fe bien garder de ^^cofteVoire jufquesà mefprilër la Garnifon Scfccours que les Vicomte de Rohan amp;nbsp;Maire de la Rochelle leur vouloient donncr:leurconlèillans de preuenir le mal plulloll que dâaten-dreaccrcher le remede quand le mal feroitvenu.
le vous ay cy douât dit que la Nouë,aiant licencié les troupes afl^iblées de Poitou amp;nbsp;Sain-t%cpresdePons:felloit retiré à la Rochelle.Dâoù auoir dillribué Its forces du païs par Gar-^ââ%ilfelloit acheminé à Perigueux.Entre autres places quâil auoit pourueuës à laRequelle desRochcllois:ilauoit mis Popeliniere dedâsCh3ron,pour brider les courlîès ennuieulès de '^Ganiifon deMaransquicouroit jour amp;nbsp;nuitfurleGouuernem?ntau grand dômage des ''ocnelloisdefquels eurct.paix par ce moiÃ.Câcll vn fort petit Challeau,que les Catholiques â'ïispris corne vous aucz cntëdmauoiêt plus que demi ruiné.Crainte quâaucun desCofede-'^zncfy mifletpour les empefeher de courir. Et de fait aucû autre nâi voulut demeurer,apres Ã^ttous eurent veu que le parapet des murailles eftoit fort abattu, les flancs oftez, lefolTé ptcfque comble ôc le logis là ns aucune commodité pour y habiter. Popeliniere neantmoins
N n n iü.
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inftammant prié dâen entreprandre la garde:amp; auoir accommodé la place de telle fortequc la Garnifon de Maras ne la peulf jamais prandre quelque effort quâelle y feill à pliilîcurslobâ y demeura jufques a ce qu'appellé par ceux de Ré qui ja craignoient les deffeins desCatholi-ques pour y amener fos gés auec charge du Vicôte dcRohan amp;nbsp;Maire de la Rochelle defeié tirer,defmolir ce quâil y auÃt fait Se aller en Ré:il quitta la place que foudain laChenayUu' tenant de des Brueres fit brufler amp;nbsp;ruyner du tout : afin quâelle ne peut aucunementferuirdc rerraitte aux Proteftans. Sur ce Popelinierc cfleu Gouuerneur de Ré en laffcmblcedelf . cheuinage par la Noblelfo amp;: habitans de la ville : auec permilfion de faire battre le Tambour pour auec fos gens y mener encores cinq cens hommes : ne fut pluftoft preft de fembarq»« que lez fugitifs de Rc apportèrent nouuellcs de la prifc de toute lâIfle: à la reprinfcdelaqud'f J on procéda comme vous entendrez.
de rifle de ' LâIfle de Ré eft à deux lieuës de fa Rochelle amp;nbsp;à vne lieuë de terre ferme. Elleà cinq grandes lieuës de long amp;nbsp;vne lieuë 8c demie de large pour le plus amp;nbsp;en quelques endroit beaucoup moins,fertilleenvins8cenfel.â Mais beaucoup plus en vins pour eftre prcfqnc tout pays de Vignoble. Les Rades y font fort bonnes 8c les Hautes aftèurez pour moiens bail ires du cofte de Septentrion. Car de feppofite ou eft la mer fâuuage quâils appellent ; cite eft du tout innacccflîblc. Elle eft riche amp;nbsp;fort peuplée a caufo du grand traffic qui fy Or pouf eftre défi pres voyfine Sc mefmes du Gouuernement de la Rochelle : Auffi que plufpart des habitans font Proteftans ; elle à tousjours tenu le party desRochcllois.Lcfqueh pendant les troubles y ont tousjours mis Gouuerneur 8«: leuc deniers fur icelle quand tes affaires lâont requis. Ce quâils auoycnt mefme continué en cefte dernière guerre. Mais cftans les Rctois gens dâefprit, foupçonneux amp;nbsp;difficillcs à ferrer ; ils cffaicrent pendant ccflc Guerre de trois ou quatre Gouucrneurs. Et mefmes du Comte de Montgommery duquclite monftroycnt tousjours auoir quelque occafion de fo plaindre amp;nbsp;mal contenter. Si quâen fiâ nefo pouuans bien accorder ny compatir cnfemble : ilsfocouercnt non feulement ceGou-uernementeffranger accouftumé depuis la Guerre: Mais auflî ^lec grandespricresamp;f^' monftranccsfexempterent de la Garnifon : difà nsque puis quâil ne forcmuoiraucunecbofiâ du cofté de la mer: iiscftoyent affez forts 8c fuffifà ns dâeux mefrnes pour la garde de teâ'^ Ifle : jufques à ce quâaflèurez des defleins du Comte du Lude pour enleuer toutes les Ito 8c la leur fur toutes la premiere, Ils prièrent les Rochcllois defecours, Sc Popelinicreno-
Defccntcdc Landicau en Ré.
tammant quieftoitcn Charon comme jâay dit. Lâopinion de leur propre feififaiiccncanf moins, vint fort à propos;amp; fut vn bien Ipecieux prétexte pour auancer amp;nbsp;faciliter fcntreprile deLandft*au. Lequel eftoit de jour a autre adueny par les Catholicques fiigitils dclBletC îEftatamp; Gouuernement dâicelle. Etmcûncscommcilny auoir plus à la Rochelle quête habitans naturels; eflans lors les deux Compagnies eftrangeres auparauant entretenues en lî la Rochelle , dâclles mefmes licentiées. Et le Comte de Montgommeryâ amp;. quelques Gentils-hommes lortis au ec vn mcrueilleux mefeontentement. De forte que la diuificn quâil Içaiioit alïcz eftreparmy les Rochelio is: luy donnot matière de penfer, quâils nâoferoyent entreprandre de focourir ceux deflfle. Auec ce quâil eftoit bien aducrtyquela Noué'c-ftoit à Perigueux. Somme que Landreau ne pouuoit mieux elpier le temps amp;nbsp;foccafionpour faire quelque grand exploit amp;nbsp;feurement. Il le feit bien feruirauflî. Car ayant des legrand matin du Vendredy deuxiéfinc Septembre mis pied à terre, aux Portes amp;nbsp;en Loix, fans aucune refiftance au lieu ou la defeente cftlaplusaiféc qui eftlefief dâArs: Il fe refolutde
marcher en bon ordre droiéfau Bourg Sainôl Marti n principale demeure amp;nbsp;mieux peuplée des plus aparens^e lâIfle. Où il ne fçcut neantmoins fo loger quâil ne fiift pliisde Midy. Tant pour le chemin qui luy fallut faire depuis là defoente, qui eft de trois grandes lieues: que pour la defence où fo mirent ceux du Bourg qui corn bâtirent a leurs barriers
Prifc du
amp; l'arrefterent alfoz long temps. Mais comme cell peu de chofo en telle affaire dâvne populace qui ne fçait amp;nbsp;ne veuf obeyr : auflî furent ils bien toll forcez par les Catholicques, qui entrèrent peflc melle par toutes les aucnuës du Bourg en bonne amp;nbsp;refoluë ordonnance auec vne pointe alTez furieufo. Car ils neâffoient moins de quarante Cuiraffesamp; trente Martmpà r' Rondachcs tellement que en voyansfur la place quelque nombre de morts ôc de blefo icsCatho- dâvne part amp;nbsp;dâautre :amp; Landreav Maiftre du principal Bourg: Cefutà quilé licques. fauwetoyt. Aucuns des plus ddligens sâembarquèrent car quelques Callions. Et en peu dâheure
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«ihcure pour leur eftrelevent fà uorable portèrent ces nouuelles à la Rochelle ou nây aquot; uoit lors que le Vicomte de Rohan. Lequel en ayant conféré auec le Maire de la ville : fu^ promptement refolu à quelque pris que ce fnh de harter le fccours jâ refolu dây ertre enuoyé combattre lâcnnemy premier quâil print plus a liant pied.Pourcefut aduifè pour le mieux,
âlechoyfir vint des meilleurs de chacune Compaignie8lt; autres volontaires delquelsla dilli-gence à lâexemple des Chefs fut grande à fembarquer. En quoy plu heurs Proteftans lé E-â â ent bien remarquer : non moins de differens courages que meus de diuerfes partions : non feulement en ce que les vnsléprefentoyent gaillardement pour reconquérir lâhonneur amp;le l'ien ja perdu deleurfreres. Et les autres (que la crainte dâvn peril fi grand amp;nbsp;fi prochain âuoitcommâ eftonnez ) fen reculloient par tous moyens amp;nbsp;exculcs à eux poifibles : julques îdirelcs plus feneans dâeux quâils nây meneroyent leurs Compagnies quâils nâeulfent argent lt;120310. Mais que de ceux qui faifoyent mine dây aller : pluficurslémbloyentdebatre, en I2 hafte amp;nbsp;auancement de leurs préparatifs, à qui leroir le premier amp;nbsp;dernier au combat. Secours de! Si que les premiers Gallions qui fortoyent gangnoyent tous jours chemin là ns attendre leurs Compagnons afin de plurtoft mettre pied en Hile. Failânt Popelinie»e crtat que de Ré. pourertrefille grande : les Catholicques nâauroyenrfi tort en fi peu de temps fçcu gan-gnctamp;fournyrtouteslesauenucs : Par ainfi que mettant pied à terre en quelque endroiâ : il lÿ maintiendroit Jufques à la venue du fecours. Cependant dâautres furent dertinez à la voyle pour combattre les Vailfeaux de Landreau amp;nbsp;fccourir les trouppes de terre comme loccafionfen prelènteroit. Mais le vent ertoit fort contraire. Tellement que lans auancer
beaucoup ils furent tousjours contraints de ramer. Tant que les premiers meirent pied à nefccntccn terre à lapoinrte de Samblanceau qui ert la plus prochaine terre du corté de la Rochelle amp;nbsp;IâM« parles hboutoppofitc de celluy où Landreau ertoit defeendu. La tons joyeux de fi heureulc défi tenteamp; le Confeil alfemblé pour fçauoir fi lâon y demoureroit fermes pour attendre le verte
marcher outre : La plus part lé tint au dernier aduis. Si quâauoir accommodé ce fort (queleBarondelaGard^auoitbarty durant le liege delà Rochelle:) yauoir lailfé nom-bredâhommes auec viuresSu munitions de Guerre : Le rertc marcha joyeux à la rencontre lt;ie Landreau crainte que les Catholicques par vn {.dus grand loyfirtrouuarténtles moyens ^fcmieux renforcer amp;nbsp;munir contreeux de tour ce qui leur leroir bcloin. îoint quâils lé pttfuadoyétles pouuoirfurprâdre ou desbandez à la picorce amp;nbsp;grand butin quâils auoient
ou du moins las harafléz dâvne traitte de trois lieues que Landreau leur auoit fait fai-par les fables tous chargez dâArmes amp;nbsp;bagages. Lequel informé de la delcente d|à Protc-
ftans parles Chefs quâil auoit ertably pour commanderaux Corps de Garde amp;auenuës du Sainâ Martin: leur manda quâils lé tinlïènt leulcmentlur leurs gardes : amp;lé repo-
fâlîentfur liiy, amp;nbsp;quâau lendemain il donneroit vn beau reueille matin aux Rochellois. Il e-fîoit prefque nuit premier que tout le lécours de la Rochelle fuft defeendu. Et apres que toutfutmis en bataille il ne fe trouua moins de trois cens harquebuziers auec cent des ha-bitans armez le refte des fugitifs ayant demeuré en ville. Auec lefquels Popeliniere marche jufques à la Flotte à deux lieues de là , pourrompre le Corps de Garde que les Ca-'bolicques du pays y drelToyent desja.-prerts a y barrer toutes les auenuës. Mais apres les pre-micrcsharquebuzades, tous fefuanouyrent qui pa qui la. Puis auoir fait legieremenr repai-ftretes trouppes amp;nbsp;prins refolution de donner dans Saint Martin princippal Bourg de lâIfle 0*1 eftoyent toux les Catholicques à demye lieue de là , il fort : auancé à my chemin : neant-moins aucuns des Chefs le prièrent premier que donner dedans quel quâen feurt foccafion, 2ttendreFromentiniere quâon difoit amener grand fccours .Tcllerient que les trouppes re-
ïÃ'umées à la Flotte amp;nbsp;les Chefs derechef aflémblez en Confeil pour onyr ce que Fromenii- Confeil te. rapporteroit du Vicomte de Rohan amp;nbsp;Maire de la Rochelle; en fin ilarriuaauec fix nu par les
Gentils hommes amp;nbsp;quinze harquebuziers. Ainfi fe perdirent tri^s heures tant en certe de-'ncure quâen la diuerfité desoppinions qui furent débattuesfurce que lâon deuoit faire. Aucuns nâeftimans petite enrreprifé dâattacquer vn fi puiflà nt ennemy : accompagné dâvn ^boix ^eflite dâhommes ,amp; dcsja bariqué dans vn Bourg amp;nbsp;encores parmy les Tenebres lt;f^lanu!âoù lâon ne fe pourvoit reconnoirtre. Les autres au contraire alleguoyent la^ «iiitude amp;nbsp;trauail ou ertoyent les ennemys, tant pour la longue traitte quâils aùoyent â'lt;^2 3 que le combat quâils auoyent louftenu . Autres auffi quâils ertoyent encores apres
Nnn iiij.
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Septembre, i$7?.
Refblutioii des Rocht 1-Joisamp; ordre cftably pour le eÃbar.
le pillage amp;nbsp;a cerchcr par les maifons fans le foucier de trop Ibigneiilê garde pour n dire ail-uertis de leur defeente en tel nombre ; Encores moins quâils fulfent fi pres dâeux. Que (i attendoit au lendemain ,11 ne falloir penfèr de les combattre pour leur auoir donné iè repofer amp;nbsp;reconoiftre. Au contraire que les Catholiques les forccroyétfe retirer aiiechoââ te S)i. conlufionjcftât le vent propre pour leur faire palfcr encores des hommes à leur fecour$' Comme de faià il y en auoit à la prochaine terre du bas Poitou de tous prefts à fenibarquef' Somme que le meilleur eftoit de donner dedans dâvn bon courage amp;nbsp;les furprédre moine«'â' dormis : amp;nbsp;femy partir en quelques bandes pour donner par toutes lesauenues, auec le gran d bruit amp;nbsp;tintamarre quâil fèroir poflible de Tâbours amp;nbsp;autres chofes accouftuméespeâ faire trouuer v ne trouppe plus grande amp;nbsp;plus forte quâelle nâcft. Et que cela auec i'obfcunte delanuidiapporterolt d'autant plus defpouuante à fennemy: Ajouftans pour la fin querelle eftoit fi jufte comme aian,s affaire à des Maffà creurs amp;nbsp;Pillars; amp;nbsp;qui eftoyét pafie^ pour exterminer ceux qui faifoyent proffeflîon de la vraie Religion : amp;nbsp;pour violer leursi«quot;â' mes amp;nbsp;filles ; quâelle pouuoit dâelle mefmeeffacer tout ce que les dilcours amp;nbsp;confderatiôW humaines leur pourroyent prefênter de peur ou quelque autre infirmité. Que Dieu pourun ennemy de toute iniquité :fèroit la guide de ceux qui fOppofèroyctit pour deliurcr la patrie» tels ennemis. A tout le moins y mourans, la mort eft tousjours glorieufe amp;nbsp;memorablcde ceux qui meurent {X)ur Dieu amp;nbsp;pour leur patrie.
Somme que la rçfolutton prife à la pluralité des voix de charger le plus promptenâ®' quâon pourroit, fordre y fut eftably tel : quâapres le commandement de le diligenter, fe®' re amp;nbsp;obeyrlâns famulër au pillage jufqucs à la fin de la viôfoire: quâà la telle du grosmarfhe-royent tous les Capitaines, Lieutenans amp;nbsp;Enfeignes fuiuis des plus refolus de leurs trouppes-Audeuant defquels iroyenteent pasloing: deux trouppes dâenfâns perdus: conduitspî' bons Chefs amp;nbsp;guidez par des habitans de Sainól Martin pour ne faillir aux auenuës quâoâ faffeuroit de trouuer bien barrées. Afin quâenfoncez par ces deux trouppes : le Gros vintquot;' pres pour acheuer le demeurant fil fen treuuoir qui voululfent oppiniaftrer. Lesenfansp® dus deuoyent donner en deux endroids deuantôc derriere le bourg, pour feparer les forces Catholicqucsamp; les charger au melme temps amp;nbsp;au mefme fignal dâharquebuzades. Mais® forte que les premiers Soldats attaqueroyent amp;nbsp;pourfuiuroyent îennemyà poinâe dâefp® jufques à la fin fans faider dâharquebuze ; auec tous le linge blanc pendu au bras ouau chap' peau pour le fignal de veuc, amp;nbsp;le mot de viôloire peur fentendre amp;nbsp;fc reconnoifire patin)' fobfcuriie de la nuiôl. Ainfi commandez, puis exortez de faire leur deuoir par la priere publique que le Mini lire y feit : Enuiron la minuit il fortent de la Flotte amp;nbsp;facheminerent droit à Sainôl Martin . Dedans lequel les premiers enfans perdus conduits, au refus de tous Cappitaines, par Popeliniere, amp;nbsp;les autres qui deuoyent donner au derriere du ffourgpquot;' Carbillac Gentil-homme Breton : ils entrèrent de grande furie par ces deux atténués. S' quâayans renuerfé les premieres, fécondes amp;nbsp;tierces bariquades defquclles fortirent cinq haï' quebuzades tueront tout ce quâils trouuerent par les rues, crians viôloire pour fefairecon-noiftre par les gens de Carbillac qui chargea apres par le derrière du Bourg. Etfbudainque le Gros fe fut joinôtà eux marchans tousjours plus auantfe faifirent de la place en peu dâhem refur les Catholicques.Lefquels nâofâns fortir hors amp;nbsp;renfermez tant aux maifons quâen vu fort furie Haute amp;nbsp;au Moulin prochain dâicelluy : tiroyent infinité dâharquebuzades fe les Rochellois à laveuë de leurs meches parmy les tenebres de lanuiéi. Tellement qu^ en tuèrent amp;nbsp;bleflerent bon nombre. Mais ils furent bien toll forcez de fo rendre. Pour Icfeâ« court les Catholiques furdh: deffaits : amp;nbsp;grand nombre fè noya fe cuidant fà uuer dans les Barques amp;nbsp;Gallions qui cfloyent dans le Haure.Aucuncs delquelles enfondrerétpoureflretrop chargées,oU pour oâauoir de left à fuffifânce,ou pour auoir efté mal gouuernées amp;nbsp;cÃduid® Landreau feftoit logé à premiere maifon qui eft à feutrée du port nommée le pont verd» ou eft pour enfèigne la Fortune.Nom côuenablc à fou accident. Pource quâenfon malheur le logis luy fut propre amp;nbsp;fâuorable pour fè fà uuer. Car des le commancement de la mefee eftant prefque affeuré deeequiauint -.mefinemcnt quâil nâauroit jamais grace des Rochel-lois : il fe jeéla en vnc chaluppe amp;nbsp;auec Grangeoire amp;nbsp;autres fe fauna à la Tranche la plus prochaine terre du bas Poitou.Où il fo trouua enuiron foleil leué, defblé comme il fe peut penfe Ainfi fut fille de Ré perdue amp;nbsp;regangnée en moins de vint quatre heures. Ou mourureni-
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Æ es Catholiques trois cns hommes compris ceux qui furent trouuez noyez apres que la mer eiut retiree amp;nbsp;ceux auffi qui furet depuis tuez dûs les vignes amp;nbsp;autres endroits ou ils feftoiét nombre des eachezparles paylà ns amp;nbsp;autres de la populace. Ily eut bon nombre de Gentilshommes amp;nbsp;'-apitaines fignallez qui furent menez prifonniers à la Rochelle. Comme la Boucherie Gou-uerneurdeTallemontlîir lartles Capitaines Bernay, la Vallée amp;nbsp;plufieurs autres qui furet inis a rançon. La Penardiere Gouuerneur de là int Gilles demeura bleffé prifônnier: moù-lUiaufli toft quâon feut porte par eau à là int Gillesapres auoir paie rançon ôi plufieurs autres 3ueclefquels les vainqueurs feirent vn grand butin dâarmes amp;nbsp;des plus belles. Somme que ^ctedeffaitefut vn grand defauantage pour les Catholiques. Les defleins delquels tant par âââerqiieparterre, furent du tout rompuz ouà toutlemoinsbienefuentez . Les Rochellois y perdirent cinq homes .Puis les Proteftans y laificrent gröffe garnifon fous Fromentiniere Sc cacholL lur commiflà ires pour vendre les vins, lêl Si autres chofes appartenans aux Catholiques poure'ë 1â Rochelle ptincipallement quâils auoient eflé caufè motiue dây faire defeendre Landreau . Mefmes au- party ptotcf cunsdesplusapparans fauoientfuiuy amp;nbsp;guidé enfôn entreprife. Quatre joùrs apres les Ãa- tant/ilsfc tholiquespour reuenche de leurs pertes feirent courfes aux enuirons de la Rochelle^ Mefines afeurude'^ jufqiiesalaFons diftant de demie lieuë de la ville, l ucrét amp;nbsp;emmencrent plufieurs prifóniers Ré. en haine de la malheureufe fin de fentrepnfe de Rérapres le bon fuccez de laquelle ils eftôict refûluzamp;comme affeurez de prandre toutes les llles. Puis efperans lelôuuerain commani-gement fur mer par vne armée Reale quâils eufiênt ailement dreife tout auflî toft: ils le propô-â oient de bloquer la Rochelle par fercâion de forts amp;nbsp;bonnes tranchées quâils fou rniroiérit flefoldatsentous les plus prochains bourgs amp;nbsp;villages de La ville pour empefeher lâentrée Sc y®gt;ëatousles Proteftans: quâils deliberoient ainfiauoir en peu de temps ou par force ou P^ftaraincou parmi diuifiôs qui ne pouuoiét eftre que trop fouJaines par eüx en là ilôn fi faf cheufe que celle la. Somme quâen tous ces quartiers le recommançoient tous ades dâhoftilli-^tiuec plus grande animofité que au parauanr.
Les Députez Proteftans retardez en Languedojufques à ce quâils euflfènt autre pafteport ^nelepremiet jaexpiré:amp; quâon leur euft donné vnautre compagnon que du Chelar dec'è- Ncgociatiô le huitième Aouft à Nifmcs:attendirent encores Rogier, valet de chambre du Roy empefi en Lâgu^cdo â^heenplufieursvoiages allées amp;nbsp;venues de lapart dudit Marefchal vers le Duc dâVzez amp;nbsp;de bordes afin de moienner vne furlèance dâarmes pour trois mois amp;nbsp;particuliere pour ledit païs comme ilsauoiét accordé entre eux. Mais le Roy ny voulut cntédre,la Ci trefae nâeftoit gene-'^îlleamp;réuoia Rogier des le lendemiau de lôn arriuée auec pouuoir de la faire en «efte qual-IhLNâaiant enuie quâil fe conclut rien, finon que les villes de Beaucaireamp; dâAiguemortes âl'^iauroientefté prifes depuis lôn arriuée luy fuflent au préalable renduës.Ce que melmes fa-uoitempefchécommefon dilôit de deliurer leMarefchal de Montmorency quoy quâil en fut journellement importuné de beaucoup dâendroits. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;u
V 0 V sauez veu cy delfus partie des courfes amp;nbsp;entreprifes des proteftans en Dauphiné.Lef-quels croilTans de jour à autre furprenoient tousjours quelques places amp;nbsp;faccommodoient des biensEcclefiaftiques amp;nbsp;autres au grand dommage des Catholiques lôus Montbrun Ge-â'ml de leurs troupes. Lequel pour profiter lheur qui lâaccompagnoit, olâ charger les trou- uecé prïsamp; Pesde Cordes gouuerneur en ce pays.Defquelles neâtmoins attedu,bleftecn plufieurs lieux décapité à ^^handonné des fiés:Puis mené à Grenoble fut décapité le douzième dâAouft par Arreft de Cîrcnoblc. Parlement au grand plaifir de plufieurs Catholiques amp;nbsp;merueilleux ennuy de les partilâns .
Leflors le Roy auerty de la Iciiée des Reyftres que le Prince de Condé failôit en Allema-goe; fiten grande dilligence marcher plufieurs compagnies dâinftnterie vers la frôtiere mef-
celles de faGarde.Biron y futenuoié le premier pour donner ordre à toutes chofês : aten- Prince de fiîntleDuc de Guilè qui deuoit partir fur le commencemëtdeSeptembre pour aller en chain- ^^epwadfs psgnedrefïer fônarméeamp; ymenertant de la Court quç autres Ijfux de la France le plus de duRoycon gens de guerre quâil pourroit.
SurcelaNouë retourné de Perigott à la Rochelle auec nombre de gens de pied amp;nbsp;de che-quâil amenoit à la priere des Rochellois pour fauoriferla récolté de leurs vins amp;nbsp;garen- la^j^chelle pays dâAunis des incurfions amp;nbsp;rauages des Catholiques: fut joieux dâentendre comme JctoutfeftoitpafréenRé:loüavnefi prompte execution puis que elle auoic fi bienfuccedé ^cpouuant neantmoins dilfimuler que ce nâeuû efté vn Confêil bien foudain, de hazarder
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-ocr page 580-septembre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
tout ce qui reftoit de force en vue telle villc.LefquelIcs auenant quelles euHènt cfté à to;
par les PiO tcft.ins.
tes : importoient 'quafi delà ruyne du pays amp;nbsp;poJïible delavillemcfmes: pourcftrccciix(]iiâ Befine incur ^2 pouuoientfecou Hr bien eflongtiez dâelle. Puis on propolâ aux Rochellois de fe cottifer^ triei de lâAt niil efcuz fils vouloient auoi^efme Allemad Elcuier dâclcurie du Duc de Guife quelâondi' loitauoir tué feu lâAmiral le jburde lafaint Barthelemy a Paris, pour en faire punition exem* plaire. Et ce dautant quâon conoilToit que chacun fy aflfeôlionnoit pour le défit quâilsauoient de venger la mort dâvn tel perfonnagefur le coulpable amp;nbsp;meurtrier dâicelluy : on leur remoæ tra quâils fc deuoict bic eflargir en cela no feulemét pour le feu 1 fouuenir dâvne mort fiprodiâ toirement exécutée amp;nbsp;dont fon tenoit fexccutcur:maisauflî pour la pourcté desfoWatsqui îauoiét pris.Lefquels meus dâvn bô zclc en ceft endroitmeiâauoict voulu liurcrny par prières des plus grans de ce Royaume, nypourlomme quelque grande quâelle full voire excédant dix fois plus qu'ils ne demandoient dâeux qui leur cull effé offerte par les Catholiques. Msis auffi quâil falloir dôner ocafiô à ceux qui îauoiét prisde fe rcflèntir dâvfle tele prife.QuifewK aufli par mefme voie leur donner moien de fentretenir amp;nbsp;faire plus grand feruice à laCaule generalle. Les Rochellois quoy quâvne bonne partie y inclinaft volontairement amp;nbsp;fy cottifaà desja* aians meurement pezé ce que deffus: trouucrent quâils ne le pouuoient nbsp;nbsp;deuoientÃu-
Prife de Bcfmeâ
Bcfme tué.
relâns mettre en grand hazard leursoftà ges qui cftoient à Poitiers. Sur Icfquelslcnfc pouf' roitvenger demefines filsachetoient à deniers contansie prilcnnier pour le fairemourir-prians dâeftre dilpencez de cela. Et quâil fe trouueroit bien dâautres moiens amp;nbsp;hcnneficscdi' uertures pour faire luftice dâvn tel mallà creur. Bcfme auoit eflé pris long temps au parauant par aucuns de 'a garnifen de Boutcuille diftant de lêpt lieues dâAngoulefme commeü retour' noit d Efpagne.Sc voiant en danger de fa vie il promift groffe rançon ; amp;: mefroes defaireren-dreMontbrun pour lors encor prilonnier. Aquoy ils preftoientîoreillc pour îhonneutamp;ââ mirié quâils portoient à Montbrun: quoy quâil leur fafehaft bien de laifferefehapper vntel homme. Depuis aians entendu la mort de Montbrun : Bettouille gouverneur de la placek tint tousjoursprifonnier .Mais tellement que Befme trouua moi^ de gangnervnfoldatdc delà garnifon auquel Bertouillefe fioit le plus-, qui luy donna moien de fe lautier Soluyinfâ' mefortit auec luy nâaiâs quâvn chéual pour eux deux.Cela touresfoisnefepeutfairefifecte' tement que Bertouille nâen fut à .îinffant auerty . Lequel montant à chenal ne leur donna loi' fir dâaller loin. Befme le met en defence voyant nâcftrc fuiuy que de Bertouille. Lequelfeffat paré dâvne piftollade que luy tira Befme : fcnfonceSc bleffc tellement quâil demeura fur h place ou ÿ fut achcué par les foldars lorris de Bouteuille ou fon corps fut porté amp;nbsp;depuiscn-uoie au Baron dcRuffcc à fa grande priere qui le feit honnorablcment enterrer à AngoulefffC' Celluy qui lâauoit fà uuéeftant griefuemét blelïé en fut quite pourvue rançôamp; chaffe dehois« Trois jours apres,la Noue paffa enl'ific de Ré pour y donner ordre. Il y feit faire la môfttf Garnifondc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftrâgeres qui y eftoient ou fut trcuué deux cens cinquante homes fous cinq £»â¢
feignes amp;nbsp;cinquante cheuaux entre lefquclsy auoitquelquesfalladcs.
Enuiron ce temps les Natures de la Rochelle furent de retour de leur voiage desElTorcs Prifesri Ifles apparteiiaus au Roy de Portugal ou ils auoientefté pour cfpier le retour des Efpagnoh Nauircs Ro nbsp;nbsp;Portugais venans des Indes.Ils amenèrent nombre de prifes bien riches. Mefme trouuetent
chcliois- vne Casuelle Porrugaife venant du Caftel de mine ou y auoir fept quintaux dâor appartenait au Roy de Portugal. Ladite caruelle poiyr eftre bien munie dâhommes dâartillerie rendit grand combat.Toutesfois elle fut en fin forcée non fans meurtre dâvne part amp;nbsp;dâautre amp;nbsp;y fnf tué celluy qui commandoit dedans auec grand nombre des fiens.
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Du Qiiarantieme Liure.
de l^auarre fe retirent fecrettement de Court,fuiuiz^^Jfel^tofi d'vn nombre de Seigneurs parttfans. Declaration de z^onfieur. Diuifions ata 'jR^chelle. Deffaite â*^^T{eyÃres nbsp;autres trouppeseju'amenait en Francedeuant CArmée du Prince,deTTooré, ou le Duc
L'b nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^lejféawvifage.Les Afarefehaux deliurezdeprifon.Lettresde Monfieurauxli^chellois.
lanmtl cinej cens feptante cinej. Treues entre le 'Fpy nbsp;nbsp;zJl'îonfieur. Portemans du grand comman-
Ohll Flandres contre les Confédéréquot;^ Bataille Naualle perdue pour les EJÃagnols. Aiildebourgca-'^^dande prinfe par famira des Confedere^^.Batatlle de tJ^Joo Kerkerde ou le Comte Lodouic,(ér le fils EJpagnols. Bure rendue aux Efiagnols. Ondeuuater prinfepar eux q)quot; Scho-
fe mutinent faute de paie.z^ldoiens de les contenter fis pillent APafirich Cr faccagent Anuers. l^^L nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ajjbciation des ejuinze prouinces du Tays bas auec leTrince déOrenge les Efiats d'Ha-
, 'Wifs des Protefians Catholiques vnis en France. Moiens préparatifs que tint le quot;Ejy pour drejfer ar-ijtte^Ja ville de Paris Cr les Ecclefiafliqs ont tousjours donné au âÃ.py : (^larequefled'iceuxà fa k i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;poure J^at du âB^yaume de France nbsp;nbsp;les abus cjui font en toutes conditions deperfonnes
fa prerogatiue fier les autres. Négociation de Pai.x renouée (fr conclue. Apanage de AFon-
amp; les villes a luy données pour feureté. Bytffec dénié l'entrée en Angoulefme au Duc de Aiontpencier .(Afonfieur enuoie Epchepota laBjfchelle. Lettres du Princede Condef^r Theodore deBefze ââ^^^oebellois auec leitr.t refponces .Congnac nbsp;nbsp;faint âjeandonezpar leaH.xCofederez au lieu dâAngoulef -
â¢kfclarationde AFonÃeur à ceuxdela B^chelle.zAlaignentÃntflrede la B^chelle.âDeputé^de^^AFon-J s ht Tt^chelle : la refponce qu'on leurfit. Les Bpchcllois ajfiegent battent (Fr prennent zAFarans fur le bfxt'.quela Ta'ixfeconclud plus auantageiife aux Protefians quela precedente. Lettres patentes pow l'acroif-Jââ»eiitder iApanage de A^onfieur : auquel on ajfieure l'af emblée des EÃatsCeneraux de tout le ^^ume,pour a toutes chofes fur tout retrancher toutes occafions deriottes auenir.Et pourcel'on commandeque I definentelée afin que la ville ou ils fc doiuent ajfembler fait plus libre à tous. l'Efiatdes Polonois apres '⢠éeperi de leur Bpy. Guerres entr eux ç^-les AFofcoiiites : Eleéliond'vnnotiueau'Bpy auecl'Efiat deseAiof co'titts,
V R ces entre faites Monfèigneur freredu Roy indigne de le voir traitter dejourà autrc de telle façon quâil ne pouuoitfe reputerque pour captihtrouue moicn à lâaide de quelques vus de lès fäuorits defa-franchir de la condition en laquelle il pcnfôit auoirefléafTez longuement detenu ; de forte quâilfabfèntade la Court eftant lors à Paris en-
uiron la my Septembre. Etfeftant retire à Dreux place de foil apanage g. fut incontinant fuiuy dâvn bon nombre de Gentils-hommes amp;nbsp;de retire de pcrfoniiages fignsllez dâvneamp;dâautrc Religion. Puis apres le Roy de Nauarre en feit autant retira à Saumur ou Ies forces que vous verrez cy apres le furent trouuer. Ce qui eftonna Nauarre kf Court amp;nbsp;donna dequoy penfer à toutes fortes de perfonnesjpour la diuerfité des jugemens
amp; opinions qui couroient ça ôi là pour vne chofè fi inefperée. Car que Monfieur fut mal cô uk. dâvn W de longue main de fc voir peurefpeôté amp;enmauuais mefîia|e auec la maifôn de Guifè âlepiiisvn longtemps ; câeftoit chofè aflèzmanifefte. Mais quâil eull eu le moienamp; la volon- de guerre, ttdefortir en vne telle fâifon,bien peu de gens le deuoient efperer. Comme que ce fbitje dixfepticme Septembre il publia la declaration fondée premièrement fur la confèruationSc Dedaratis rcftabliflementdesloix Seftatutsdu Royaume. Lefquelles pour cftre violées amp;nbsp;mifcsbas,a- »l« noient apporté la ruyne Si defordre que îon y voioit. Donteftoit caufefambition de ceux qoieftoientauanccz aux honneurs eftats amp;dignitezqui ne leurappartenoient .Etquifous
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Septembre.
1575-
Declaratiô amp;Protefta tion de Mon
ficur forti de Court.
vmbre de Religion entretenoient ces guerres ciuillespour leur proffit ôc aiianccmenEparti' culier. Efpuifâus ce pendant les finances du Royaume Sii Si fucçanslc poure peuple jiii'qucs à la mÅlle.Ce que nâaians ledit ficur peu porter patiemment amp;nbsp;fait quelque demoftration^ mal contentement : auroit efté calomnié enuers le Roy amp;nbsp;longuement detenu comme prikn-nier .Ce q u âU auroit fupportc*; efperant que le Roy eflant arriué^donneroit ordre à toutes cb» fès.Au licudequoy voiantque toutalloit de mal en pis. Et que tous gens de bien eftoicM tous les jours tormentez amp;nbsp;en plus grand danger que jamais : il fitftoit refolu prandre lésât-mes pour ladcfenceSe confcruatiô de la Courône,amp; pour le repos du public contre les élira-gers amp;; autres perturbateurs dâiceluyrquivioloiér tous les Edits amp;nbsp;ordonnances les meilleures voire les plus anciennes ioix du Royaume . lufquesà ce que par lâaflcmblée des Eflatsquy proreftoit de procurer fc-n pouuoince Royaume peuft eftre remis en Ion ancic luftreamp; deur auec la Iranchile Si immunité ancienne tant de la nobleflc amp;nbsp;du clergé que du tiersti-tat .Prenant cependant en fa proteéfion amp;nbsp;fâuue-garde tous lesfujets naturels deceRoyaunic tantdâvne que dâautre Religion : Pour lefquelsvniramp;entretenir chacun dâeux en lâexctci-ce de leur religion il emploieroit volontairement tout ce quâil auoit de pouuoif amp;nbsp;piiiflanc® Voire jufques à fà propre vie .La Proteftarion quâil feir publiera Romorantin eft telle.
N o V s François fils amp;frcre de Roy, Duc d'Alençon . Comme de foblêruation des loà deppent la ccnferuation de tous Royaumes amp;nbsp;Seigneuries; Si par 'ce moien fe nourrifiè amp;-entretienne la paix entre les fujets. Ainfi quand elles ne font gardées en la pureté quâelles nous onr efté laifTées par nos devanciers : amp;nbsp;quâelles viennent à languir amp;nbsp;font comme mettes â enfouelies: les fujets le difpgt;enfêntamp; abandonnent aifément à toutes diflolutions. Lefquefc
caufent le plus fouucnt les guerres cîuillcs;amp; finallcment la Ruyne amp;nbsp;deftruâicn des Royaumes,Republiques amp;nbsp;communautez, fi promptement il ny eft pourueu amp;nbsp;remcdiéjparlaton' té de Dieu qui fufeite quand il luyplaift dâexccllensamp;heroiques perfonnages,pour fopF®quot; fer à la tirannie de ceux qui ne demandent quâà mettre toutes thofes en cenfufion,pourfend' chir à quelque pris que (bit, du fang des poures amp;nbsp;defolez fujets. femparer puis apres dits Royaumes amp;nbsp;autres Seigneuries. Ce que nous aprenons par la ruyne dâinfinis gransS^ floriffans Royaumes amp;nbsp;Republiques, qui ont par ce moien pnns fin .Qui doitlcruirdâexd^-ple à tous vraiz François, pour les ftimulcramp; inciter à remettre fus les anciennes loixamp;t®* pefeher chacun enfonendroit, amp;.lelonlesmoiensque Diculuyà dcpartizqiieccRoyJâ' me de France qui à efté par deftus tous le pluspuiflant Si le plus fioriftà nt: ne tombeentrete mains dc^eux, qui faguctent de fi long temps. E tpouryparuenir nourriftcntamp; entretiennent lediTcord que nousy voions. Se couurans du diftcrcnd qui eft en la Religion lequel ils fèroientbien marrizdevoir appaifé. Comme il feftveu amp;nbsp;coneu par les choies palfces:afin de donner couleur aux taillcsjmpofts amp;nbsp;fubfides quâils inuentent tous les jours amp;nbsp;leiientfut le poure peuple la Nobleirtamp; le clergé au nom du Roy amp;nbsp;fous vmbre de faquitci. Combi® que cela ne tend quâà les enrichir Si quelque peu de perfonnes prefque tous eftrangcrs,quilC font emparez duRoyamp;jdcs principaux eftatsamp; gouuernement du Royaume ; contre Rs loix dâicelluy .Toutes lefquellesentreprifes nepouuans trouuet bonnesraucnseftécalomnie entiers le Roy noftre tref honnoré Seigneur amp;nbsp;frere. Et à cefte occafionen danger denoftrc vie:amp; detenuz comme chacun fçait. Ce quâauonsfouflertefperans que le Roy remedieroii à tanrdemifercs:amp; ne folailferoit plus circonuenir à telles gens: amp;nbsp;quâil ccnoiftroitncftrf innocence. Mais voians la plaie fempircr de jour en jour, amp;nbsp;noftrc pcrfonnepliis indigneméf traittée, Et tant de Princes amp;nbsp;Seigneurs,Gentilshômes,gens dâEglile,Citadins Si Bourgeois auoir les yeux fichez furnt^s: nous tendre les mains Si implorer noftrc ayde: vaincu de lents prières amp;nbsp;compatifTans à leurs mifores; nous nous fommes refol uz:Pofpofant toute crainte J« mort qui eftoit prochaine,dâeffaier à fortir de la captiuité ou nous cftions-.pourprandrc lacao-lè publiqueien m3in:amp; nous oppofor aux pcrnicicuxConfoils amp;nbsp;defteins des perturbateurs de ce Royaume. Enquoy|nous allons efté tant fauorifoz de Dieu, que le foziéme jour de ce pre-font mois de Septébre nous fommesarriuez en noftrc ville de Dreux.Ou fe font renduz à nous pluficurs Seigneurs amp;nbsp;Gentilshommes, amp;nbsp;autres tant du Clergé que du tiers cftat de ce Royaume. Aufqucls auons déclaré noftrc vouloir amp;nbsp;intention nâeftrc dâentreprandre furîautoti-té du Roy noftre Seigneur amp;nbsp;frere. Laquelle nous délirons conforuer amp;nbsp;accroiftre de tour noûic pouuoir. Mais feulement nous emploier de toutes nos forces, voire jufques à nâefpir-gnet
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guet noftre vie amp;nbsp;biens: pour dcchaflèr les perturbateurs du repos public: pourfuiure la jiifti-cc de tant de pilleries, larcins, homicides maflà cres inhumains, amp;nbsp;contre tout droit cô-!nisamp;perpétrez au veuamp;fceu dâvn chacun: deliurer tant de Seigneurs, Gentishommes amp;nbsp;autres conftituez prifonniers ou banniz à tort amp;nbsp;iâns caulc. Les remettre amp;nbsp;tous autres gens Lebien,en leurs Eftats amp;nbsp;honneurs: abolir toutes tailles, fubfidts amp;nbsp;imports mis fur le poure peuple 5 par la malice amp;nbsp;fuggertion des ertrangers, contre les anciennes loix amp;nbsp;rtatus de ce Royaume: entretenir la NoblelTe amp;i. le Clergé en fes priuileges Françoiles libertez ancien-nes: amp;nbsp;eftablir en France vne bonne ferme amp;rtable Paix. Pource faire nous nâentendons vier ouQousatdee d'autres moiens que de ceux, delquels nos prcdeccflèurs le font aydez:Scqui font de tout temps vlîtez en ce Royaume quand il cft queftion de la reformation de la Religio amp;nbsp;juftice. Qiu font les deux colonnes de toutes Monarchies: pour remettre le Royaume en ûpremierefplandeur,dignité èc liberté.Ccrt alïà uoirpar vne aflemblée generaUe Sa libre des trois Eftats de ce Royaume, conuoquez en lieu four amp;nbsp;libre: de laquelle tous ertrangers foiét cxclus.Protcftant deuant Dieu ( lequel nous appellôs à noftre ayde;amp; lequel aulfi nous nous aUcurons quâil guidera noftre entreprifo) nâeftrc elmeuz ou poulfoz à ce {âile^dâauciine cupidité de vengcncepriuée.Combien que pour les torts qui nous ont efté foits, nous en euflions jufteoccafion.Ou de grandeur amp;nbsp;défit de commader plus que nous ne failons amp;nbsp;ne nous appartient. Nous contentans(comme nous en auons bonne occafion) des biens, autorité Sa grâ-deur que nous auonsrcceu deDieuamp;delâ bénignité amp;nbsp;largelTc. Nous aiansfait naiftrede pere Roy amp;nbsp;ordonné la foconde perfonne de ce Royaume. (^e fil auient quâil plaifo à Dieu nousappeilerauât que de pouuoir voir la fin Sa execution de cefte tat là inte entreprifomous ûousreputerons tref-heurcux,dâauoir pour icelle emploié noftre vie qui concerne le foruicc
Dieu, la franchifo amp;nbsp;inmmunité de la Nobleflê amp;nbsp;du clergé; le repos amp;nbsp;foulagcment du peuple amp;nbsp;liberté de la patrie. Et pour öfter tous empefehemens amp;nbsp;réunir les cÅurs desnatu-reh Françoismous auons prins amp;nbsp;prenoJis en noftre proteébion amp;nbsp;Iâuue-garde;tous tant dâvne ftfe dâautre Religion. Les priant amp;nbsp;exortant au nom de Dieu, fo comporter les vnsauec les autrescommefreres, voiîins amp;nbsp;concitoiens:Iânsfo prouoquer par injures ou autrement. Et jufquesà ccque par les Eftats generauxôc alTemblée dâvniâint Sa libre C5cile:illoit pourueu furie fait de la Religion.Permcttreamp;Iailfor jouir vn chacun de lâexercice dâicelle. Priôs tous ffoySjRoincs,Princes Seigneurs,Potetas,Republiques Sa cômunautcz vÅfins,allez Sa Côfe-éeiezde ce Royaume Sc CourÃne,quâils nous fauorifet aydét amp;nbsp;focourêten cefte tat là inte Sa Jouableentreprifè.Et ne pradre autre oppiniô de nousque celle que nous tefmoign^s par cef-'eprefenteproteftation. Prions aulfi tous Princes, Seigneurs, Gentilshommes, Bourgeois, villesamp;communautez fujets de la Couronne, de nous venir trouuer accompagneramp;lecou-^âféeviures, armes, argentée autres leurs moiens: à ce que parleur fauteamp;negligence,lâc-ïeciitioii de noftre dite entreprifo fi haute, ne foit différée amp;nbsp;la Paix retardée. Declaransnos ennemis ceux qui par force fi oppoforont amp;nbsp;tafeheront d'empefeher noftredite entreprifo. Et nos amis ceux qui ne nous courrôt fus.Donné à Dreux le dixfopttéme jour de Septembre ânil cinq cens fopiante cinq. Signé François.
Cependant plufieurs ne laiffbient de parler diuerfomentde intention amp;nbsp;volonté deMon-â^nfieur.Et comme nous fommes naturellement enclins à mal juger.Les Catholiques difoiéf ftuciesProteftans nâauoient pas grande occafion de tantfesjouïr pour la declaration de Mon-tæutquinâeftoitpouftéde zelcdcleur Religion veu quâil faifoitprofeflîon de la contraire. ^âis que ceftoit la guerre du bien publiq relTufcitée.Et quâil vouloir parleur aide fo faire dô-â'«pliis grand Apanage. Qui fut lacaufo que Monfieur pour ot^jier à telles impreflîons feit Ptöteftation du contraire par fadite declaration. Autres paflbient plus auant : felon thumeur Sâfifospoufloit.PluIîeursamp;mefmemét aucuns des Proteftâsen jugeoiét encor plus finiftre-âââ^nt.Remarquoient ccb mots,antique Iplandeur.âà laquelle il vouloir faire retourner ce mifo-tîbJe Royaume,ne pion uans comprandre le temps amp;nbsp;fous quel Rlt;^il imaginoit cefte fplan-âfeur auoir cfté veuë enFrance pour îaccômoder lâinement amp;nbsp;aucc profit auantageux à fEftat Pâefont.lis fefcarmouchoient encores plus du défit que Monfieur difoit auoir à remettre left 'jtEccleftaftic en fes premiers honneur amp;nbsp;anciene prerogatiue; ne pouuans juger quecela ^peut faire fans la ruyne de leureftat proteftât amp;nbsp;interdiélion neccffà ire à tout autre exercice â1^'t de la ReligionCachoIique.Et quâils difoient aufli du tout contraire à ce que fur la fin Mo-
-ocr page 584-septen^bre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H S I T O I R E DE FRANCE.
â â Ãeur proteftoit de vouloir maintenir fvne amp;nbsp;ùutre Religion en lôn entier. Telles en loniBf amp;nbsp;pliffieurs autres occafions rehoid irent grand nombre de proteftans Si autres Catholique de fe remuer en lâfaueur.Dautres au rebours fen efehauferent dauâtage.Lefquels fafleiirsnscu ces affedionnez difeours amp;nbsp;prenans lôn nom dâHercuIés pour vray prclâge dâvne contoimuc dâaâes quâil fêroit auec les vÃtueux effets de ce grà d dompteur de monftrestfimaginoiétque Dieu ne lauoit fufeité que pour reformer lâEllat de mal en mieuxtvous verrez commeletuui fe porta.
le vous ay cy deffus parle des murmures amp;nbsp;partialitez Rocheloilês. Sur la Hn de Septem-Diuifîonv'à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quclqucs articles propolèz aux Rochellois de la part de la Nobleffe,tcndans taifi-
N a Rochi lie blcmcnt à ce que lâentier gouucrnement amp;nbsp;conduite qui le prclenteroient cy apres:fut mis^' uernemtm Ics manis amp;nbsp;en ladifpofitiô de la Nobleffe.-amp; quefon fygouuernaft parlôn autorité amp;nbsp;codes affaires. feil,auquel le Maire amp;nbsp;quelques Efcheuinspourroientaffiller.Cela fut trouuctrefmauuaisamp; odieux des RochelloistQni nâont jamais rien eu plus à cÅur que cela:amp; ne veulent teconoti-tre que le Maire de la ville non feulement pour la police: Mais auffi pour toutes leiirsatitres affaires.Euà reel luy redét vnanimemét vne Engulierc obeiffâceme fà ifât pource regard grauâ cftat des Gentilshommes finon de grace amp;nbsp;quand il leur plaift. Et fur tout craignent leurati-torité Si trop grande cntremtfe és affaires.lls maintiennêt que cela eft de leurs priuileges,amp;ic-blent quâils aborrent ce nom de gouucrneiir: à tout le moins pour le particulier de leurvilit-Maintenans que ce n'eft quâvn Senefchal.Somme quâils monflrerent appertement le peu d cU' uie quâils auoient de fafujetir à laNobleffoen ceft endroit:tant parleurs rcroonftrancesque par vne infinite de murmii res Si partialitez qui deflors fè rengrcgercureuenans aucuns a kuu premiers lôupçons Sc deffiances defquellcs la Noue montroit apparence de mal contentcfflcu Mefmes fe plaignoit fort dâaucuns Capitaines de ladite ville,qui fanoict de long temps conit no^eiMô^ diiôitoffencé par leurs parolles. Somme rien nefutaccordé de ce quedeffus:amp; lôrtith Ceur. Noue bien mal contant de la Rochelle pour aller trouuer Monfieurenuironle prcmieiO^o-bre. Ce que leit auffifaint Gelais amp;nbsp;quelques autres Gentilshommes.
Environ ce temps Thoré party dâAllemagne auec deux mil Reyllres quâils délireâ Déffà itc de des premiers mener à Monfieur,attendant Ic gros de îarmée queccnduiloitlePrincedeCO' de: fut deffait en Bourgongne par le Duc de Guyfc amp;nbsp;de Biron qui le chargèrent à hmptouii' tcati paffage dâvne Riuiere. Thoréen fin pafla Scleretira en petite compagnie à Mcnlieui-LeDuede Mais là troupe capitula Si ie rendit en Allemagnepar les rcmonllranccs de Biron; auqueld-toit lors demouré le principal cômandement de lâarméefeffant le Duc de Guife retirépoU' C nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I î J 1
aiioireltegricluementblcfféau vifageenla charge: en laquelle toutesfoisy cutplusücc»-
jointe que de meurtre dâvne part amp;nbsp;dâaurre.
La négociation de Paix qui le continuoit à Paris par les Députez, eftant comme rompis La Royne à çaufe de lafortiedc Monfieut: La Royne mere fachemina vers luy accompagnée des PriÃquot; XTa'^Paix CCS amp;nbsp;principaux Officiers de la Couronne amp;nbsp;des plus fignalez du Confeilpriiié: Laquelle aiât charge exprefie du Roynherchoit tous moiehs pourpacificr les thofes. Lesîdarekbaiix tliauxd^e Moiitmorcncy de CoRé eftans deliurez en ce mcfmc temps; amp;nbsp;ceux auffi quiaiioientef-Montmoren té fl longuement detenus poiirmcfmeoccanon: fy emploierent auec ladite Dame.Maiswui lé dcHvrr^^ifcmentpouriioir: ne fi toll quâon eut bien defiré. Ãflant le R,oyaumc menaflé de grand nombre dâellrangersqui de touscoftezleprepaioieni
de prifon.
pour y entrer.
Cepédât Moficur curieuxdâetretenir les Rochellois:lcur elcriuit le dixhuitiémeOdohî MoXwà nbsp;nbsp;nbsp;furent leucs.lefdites lettres publiquemét en fEfeheuinage le vintiéme du mois,parlefquel'
laRocheùe les il les prioitde pcrlcucrcr cn çc quâilsauoient fi fidcllement commencé.Tcs auilà nt quâii cftoit forty poyr le repos general de ce poure Royaume. Et pour y faciliter de tant plus vue Paix .Particulièrement auffi pour les fauorilcr de ce qui concernoit leurs priuillegcsamp;lcbk de leurville.Lesprioitaiftcftc dâauiferde lefècoiirircn vnefi julle caulc,nonfculementdâ3r' tillerie amp;nbsp;autres munitions de guerre : mais auffi dâargent donc il auoit neceflà ircmcntalFairC' Tout ce mois dâOdlobre le paflà cn allées Si venues pour la ncgociatiomfinon dâvncpjiâ dâvneTefuc.Ce pendat la guerre amp;nbsp;tous aôles dâhoftilité côtiniioicnt tantp^ leccs, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;terre que par mer;amp; fè baftifloient journellement de nouueaux defiêins chacun délirant auoK
îauantagep« deuers lôy, Popelinierc feitentreprilê d'aller à la Riuiere de Nantes enleuci
-ocr page 585-^ï quily trouiieroit ; Mcfmemcnt Ie Baron de Ia Garde qui fè tenoit auecfèsvaifTcaux longs îiolle de Nantes. Pou ree auec cinquante Capitaines amp;nbsp;quatre cens cinquante foldats cn-
â¢'îcnlaRiuiere par petis vaiflTeaux trouua par fenuie de quelques vns qui en auoient donné ^^eitiflemcnt les Catholiques fur leurs armes. Ce qui îoccafionna de fc retirer. Mais rcncon-* 'fât deux Nauires BaCques de plus hauts bois que les fiens amp;nbsp;le^auoir combattuz par fix heu-^^fieslaiflà aufli toft quâil eut coneu quâils nâeftoient chargez de chofe qui valluft la peyne
7 arteftet: y laiflà nt neantmoins vint cinq hommesdesfiens amp;prcfqu6 autant de Bafques temps le Roy deliura amp;nbsp;fit renuoier les oftages que les Rochclois auoiéc ^oitiers:par-auant tenus temps de les renouueler de trois en trois mois.
0 V s au ons parlé cy dellus comme la Royne mere faifoit grande pourfuite enuers Mon-'«utpour pacifier les choies. Et pource faire ny elpargnoit aucune peyne Si trauail de la per- , ûanc.quoy que le temps full alfcz dur pour auoirefté cell hyuer autant rigoureux en pluieôc dangenux 'â^litmente de vents impétueux que autre qui lè full veu de mémoire dâhomme. En fin voi-^'^uâilfcroit bien difficille dâeftablir fi toll vne bonne paix. Et que la continue des trou- tt» côtmud °'Cspourroit caulèr la ruync du Royaume,pour la proximité des eftrangcrs qui lê preparoiét
entrer en plufieurs endroits:elle fauifa de rechercher Monficur d'vne trelue pour fix mois. Trefuct ge ^îq^elleapres vn long debat fut en fin accordée à Champigny ou pour lors eftoit mondit pùr'f'x ' *eurle vint deuxième dudit moisdeNouembrc. Commençant la Trelue gcncralle au vint moit. deuxième dudit mois pour finir au jour faint lean Baptirte enfuiuat moiênanr laquelle le Roy yreuegene-uonnoit cinqcés mil liurcs pour lepaiemét des Reyftrcsleuez parle Prince de Condé:pour- raiic entre â¢'^Uqu'ilsferctiralfentamp;nepalTalfent au deçà du Rhin. Et pour feu reté tant des Proteftans nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
^ealTociezCatholiques donÃitla Majefté en garde amp;nbsp;comme en dépoli, les villes dâAngou- Protefians ^â¢cgt;Nâyort,SaLiinur, Bourges, la Charité 8i Mezieres qui eftoit particulièrement pour la * 'gt;â ^«raitedu Prince de Condé.Moicnant que Monfieur amp;nbsp;les principaux de Ion party jureroict f^ndtelcfditcs villes ladite trefuc expirée, fuft Paix ou guerre en feliat quâelles leur eftoient données. Et pour la garnj^on defdites villesdeuoit fa Majefte paier deux mil hommes de pied
mondit fieur y mectroit,cent Gentilshommes,^ compagnie degens dâarmes,cinquâ.
'eSiii(resamp;cent harquebuziers pour la perfonnedudit fient. PromettoitaulTiGMajftéfaire ®nir aupluftoft toutes les forces cftrâgeres qui eftoictà fonlêruice dedâs le Royaume hors â¢^nlesSuilTes amp;EfcoIfois de fa garde. Plus que les armes lèroiét licenriees tat dâvne part que dâautre fi toft que lefdites villes auroient efté deliurées.Et pour la fin dâautant que parce nou-
**^3« remuement la négociation de Paix qui feftoit traitée à Paris, aiioit efté dilcogtinuéeamp; lt;^ommerompiië:fut accordé que dans le mois de lanuier mondit fieur, les Princes,Seigneurs ^foninccs,villes de fon party.-enuoieroiêt leurs Députez perfônages fignalez amp;nbsp;de Confeil la il feroit pour auifer des moiens amp;nbsp;expediens plus propres de faire eftablir vne bonne
Pjix. Le tout fut couché en ces propres mots.
Sur le traité amp;nbsp;conference ou la Royne mere du Roy amp;nbsp;Monfieur le Duc dâAlençon frère defa Majefté font entrez pour auifer aux moiensde mettre fin auxmiferesSc calamitezqui affligent fl griefuement le Royaume: Confiderant que cell choie dont la négociation pourra îâsndre long trait pour feftat ou font à prefent réduits les affaires:amp;que pendant icelle,la cô-tinuation de la guerre outre la ruine qui en depend:pourroit grandement empefeher fauan- R^pemV fenientdudirrraité.-voulantyobuierScpouruoirau foulagementde ceditRoyaume;atten- rcpourie cftabjirvn entier amp;nbsp;perdurable repos. Melines empefeher legrand
nombredâeftrangers qui dâvne part amp;nbsp;dâautre font apres à y entrer, pour auec plus de loifir amp;nbsp;lesPtoteftâs Commodité aupluftoft que faire ce pourra, paruenir à vne bonneéâaix; ladite Dame au nom â^nRoyfuiuantfon intentionSc ce quâil luy à mandéalTiftée des Princes du lang, Marefehaux deFrance amp;nbsp;plufieurs notables perfonnages du Confeil priué du Roy: eftanr au pres de ladite
Dîme.Et mondit Seigneur tant pour luy que pour Monficur le Pi^ce de Condé, Monfieur ded'Anuille Marelchal de France amp;nbsp;tous autres Iêigneurs,Cheualliers amp;Gentislhómeseftas âîntdedans que dehors ce Royaume, gens de guerre,vilIesCommnuautez Si autres de quel-
Religion quailité Si condition quâils lôicnt tenas amp;nbsp;fuiuans lôn party ontfemblablement ^onuenu amp;arrefté ce qui fenfuit.
Premièrement quâil y aura bÃneamp;feuretrefucamp;fufpenfion dâarmes par tout ce Royau-nifijpays,terres Si Seigneuries de îobeifiance du Roy: laquelle commencerale vintdeuxiemc du
-ocr page 586-Nouembre.
I Ã7Ã.
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
Paiement desReiftres
du prefênt mois dcNoucbre mil cinq césfeptâte cinq.Et côtinuêra jufqucsau jouramp;ftâeoât de là int lean Baptifte prochainement venant. Pendant amp;nbsp;durant lequel temps, nefcrontlà itc' aucunes courfes, pillcries, exadrons rançonnemen s ny attente s aucunes entrcprinfesfurvilb places, Chafteaux plat pays: ou faire autres aûcs dâhoftillité dâvne part ny dâautre tn aucune maniercque ce loit. Ains Jfc»urront toutes perfonnes de quelque eliat, quallité cenditio quâris foicnt.-allcr venir amp;nbsp;fejouincr librement amp;nbsp;feurcmet en tous lieux amp;nbsp;endroits ou befoin fera, pour leurs négoces amp;nbsp;affaires fans difficulté ne empefehemens. Et leraleccirnierceamp; traffic de marchandife exercé tant par mer que par teric, riuieres amp;nbsp;paffages en toute liberté fêureté comme en pleine Paix:- en paiant neantmoins les charges fubf des amp;: peagesés villes amp;nbsp;fieux de prefênt impofez cydeuant amp;nbsp;durant ces guerres fur ]cfditcsfiiuicrcsporisamp; paffages par cclluy qui commande en la prouincc: fans que lâon en puiffe impoftr de nouucau* Eton aucune chofêfcroit faite au contraire deeeque dtffus pendant ledit temps: ce qui aæ roit effé prins, tant villes,Chaffeaux,perfonnes que biens: fera incontinaiit rendu à quiiJap-partiendra.Etletout de bonne foy réparé amp;nbsp;remis proprement au premier eflatamp;dcu .2. bc Roy fera bailler 8c deliurer pour fâtiffairc au paiement de Reyfties,leuez par mondit Seigrc*â^ lafômedc cinq cens mil liures tournois: ou refpondant foluableau contentement des Chefs defdits Reyftres: à la charge qu'ilsle retireront incontinanr ÃcncpafferontaudepadiiRhiH' Et moienant ce leur fera ledit paiement fait dans la ville de Strasbourg ou de Francfort ou fa Majefté le pourra plus commodément faireiapres quâils feront comme dit eff retirez les mois, termes amp;nbsp;paiemens.dont le Roy pourra accorder auec lefdits Reyffres .5.
Villes don nées à Mon fleur amp;nbsp;Pril) cc^c Codé.
la retraite amp;nbsp;feurette tant de la perfônc de mondit feigneur,qiie de ceux de fôdit party durant le temps de ladite trefuc: faMajeftéluy fera côfigner amp;nbsp;mettre en fon pouuoiroii de ceuxqâ' ildeputeraà ceft effet par forme de depofts les villes dâAngoulcfme,Nyort,Saumur,Bour-gcs,la Charité Sc la ville de Mezieres pour la retraitte de Monfieur le Prince de Cendé:auct: leurs Chaff caux,Tours,citadellesamp;fortereffes artillcriesamp;munitiôs tarit de viiires que autres en feff at quâelles font:le totitpar bon amp;nbsp;loyal inuentaire.Ety'fcront j^cciiz ceuxqiiemôditftf' gneur députera pour y commander huit jours apres iaccord: hoifinis la ville deMezieresfi' quelle pour eftrc fi eflognée comme elle eff: ne pourra eff te fi toff bail! ée que les autres.Eil®' ra accordé du temps pour eff re confignéelors delarrinéc de mondit feigneur lePrinceTt^ habitans defdites villes tant dâvne Religion que dâautre-.feront préalablement defîâifîs dcleurs armes qui feront mifes en tel lieu de chacune defdites ville,quâil fera auifé: auff par ben inuf taire coropnant les noms amp;nbsp;fur noms de ceux aufquels appartiendront lefditcsarmes.pcurd-tre félon ledit inucntà ire rêduës aufdits habitas apres la r eff itutiô qui fera faite dâicelles villes ainfi quâil fera dit cy aprcs.Etpour lâexecution de ce que dclfus,fa Majefté fera depcfchertoutes commiffions,pouuoirs amp;nbsp;lettres neceftaires. Et feront enuoiez pour cet effet tels Princes Sefeigneurs quâil fera auifé .4.Lcfditcs fix villes Chafteaux amp;nbsp;fortereffes feront rendues amp;rq' tituées par mondit feigneur amp;ceux defô party au Roy:amp;: tôfignées és mains de ceux qwl^ majefté députera à ceft effet, auec les artilleries amp;nbsp;munittósau mcfmccftat quâelles leurau-rout cfté deliurées fuiuant leur inuentaire.E t ce incontinani amp;nbsp;fans delay; au cas que les W tresamp;autres cftran gers louez de fa part ne fê voudront retirer par fon mandementamp;pauc-roientaudeça laditeRiuiere du Rhin;amp; cntreroiêt dedans le Royaume.Pareillemét fuccedans la Paix auant lâexpiration de ladite Trcfuericclles villesChaffeauxfortereffes amp;nbsp;munitions»' ront reftituées tout promptement en la forme que deffus apres la conclufiô ô^publicationo^ celle Paix. Et finallcment ou Dieu ne permcttrçit quâelle peut enfuiurc Mondit Seigneur® ceux de fon party;nelaiffe)»)nt;ainsferont,tcnuz de les rendre amp;nbsp;reffituer entièrement fans aucune chofe en retenir ne referuer, paffé le temps de fâint lean Baptifte ou au plus tard quinze jours apres,quâils leur feront donnez outre icclluy terme pour auoir moien deeux retirer ou bon leur femblei^.Pour affeurance dequoy »mondit feigneur baillera fa protnefic''â bonne forme fignéede fâ main amp;nbsp;feellée defonfeel.Et la feraaumefmeinftant baillerfenib»' ble par les principaiiz feigneurs amp;nbsp;Gentilshommes eftans au près de luy, pareillementfîgurlt;j de leurs mains amp;nbsp;cachetée du féel de leurs armes : laquelle contiendra en outre que la oui plairoit à Dieu difpofor demondit feigneur auant faccompliffcmentdu contenu ésprwus articles ils fatifferont entièrement à la reftitution defdites villes fans quâils en puiflênt retem aucune chofe ny vfer en la reftitution dâicelles les cas fufdits auenus dâaucune longueur dr
Z nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;£ulte
-ocr page 587-livre qjv arentieme.
2^2.
ââ â!téoucxcufe,fous quelconque coulleur 8gt;i ocaCion amp;: quelque choie qui puilfc furuenir; autrement faire au contraire de ladite promciïè diredemét ou indiredemét en quelque Ibr Æ Â«maniéré que ce Ibit. 5. Semblables promefles pour la reftitutiô delHites 6. villes fera fai-baillée par môdit fleur le Prince de Condc:en luy conflgnât ladite ville de Maizieres. Et Weditfleur Marefchal de Danuille amp;nbsp;tous les autres Seigneur? amp;nbsp;Gentilshomes de la fuitte Y^ttidemondit Seigneur nâeflant a prelênt au près de luy,dedâs j. lèmaincs ou vn mois au P **5 tard apres la datte defdits prefens articles. 6. Sa Majcfté entretiendra à mondit Seigneur '^''^tlatrefue 2000. homes de piedjcét Gentilshomes,là Compagniede Gens-darmes amp;nbsp;les 5'''Suïires de fa garde ordinaire:amp; cêt harquebuziers. Et iceux fera paier de leurs Eftats, fol-appointemés à fes dcfpens,Iclon feftat qui en fera feit,pour cftrc départis par môdit Sci-
6. villesfuldites aflà uoir à Angoulefme 400. homes de pied à Niort 200. homes de Garnirons P'^djaBourges 600. homes de pied,à la Charité 500. homes de pied amp;nbsp;à Maizieres 200. hó- départies âââfisde pied.Et lefquels il dônera ordre de faire viure en bône dilcipline fens aucune Iôuldeamp; Weffion des habitas dâicelles villesiprandre dâeux ne les côtraindre de fournir aucunes cho- gnées.
de leurs biens amp;viu res. Sinon de gré à gré amp;nbsp;en paient railonnablemenc. 7. Pourcâeft ^etdónera la charge de cômander efdites villes à Gentilshomes de qualité,feges amp;nbsp;dilcrets: maintiendroit les habitans dâicelles.Speciallement les Ecleflaftiques en bon repos amp;nbsp;^fsquiliterSans cntreprâdre fur iceux habitas ne Ibuffrir cftrc entreprins aucune authorité Ibit ®''hitdelaluftice,fln5cesdu Roy ou de la police. Ains fe côtenteront de la feule garde defl âesvilles. Et eft accordé par fa Majefté à chacun defdits Gouuerneurs pour leur entretene-^entlafôme de 200. liures tournois par mois:à la charge quâils feront lêrmét particulier à fe ââteMajefté ez mains de ceux qui leur conflgneront les placesrde garder amp;nbsp;entretenir tout le Yenu en la promelTe que doiu ét bailler mondit Seigneur amp;nbsp;les Princcs,Seigncurs amp;Gen-ât^-hommesdefon party. Et quelque chofe qui puilfe auenir ils remettront lefdites villes ez
Sipouuoir de fedite Majefté.-fens aucune difficulté incontinant les cas portez par ladite Ptoineifeaduenus. 8. Lq^Eclefiaftiquesnelêront troublez efdites fix villes nây ez enuiron? ^jâfeercicede la Religion amp;nbsp;lèruice dclEglilê Catholique. Et feront eux amp;nbsp;les Chefs prin-^â ppaux Officiers du Roy en la luftice des finances.,traittez amp;nbsp;refpeôicz en tout. Et particu-^rement pour leurs logis le plus fauorablement que faire ce pourra. Ne feront aulfitant les ftefiaftiques que autres flijets du Roy de fvn ny lâautre party: empefehez en la jouylfencc de ^jt'sbiensnepiusne moins quâil fera fait enuers eux nây les Officiers de la luftice en fadm^ ââftration dâicclle. Et ne feront faites efdites fix villes amp;nbsp;lieux circonuoiflns de la p:^t de mô-''Seigneur aucunes leuées de deniers, chcuaux,viurcs ,ny autres chofes quelconques, ny ^^cuntortou violenceaux habitans dâicelles amp;nbsp;villages circoniioifins:Ibit en leurs peribnries, Y^ùns ou biés.Pareillemét ne ferôt empefehées ne retardées les finaces de fe Majefté elditcs Y« en aucune maniéré que ce foit. p.Lc Roy liccticra amp;nbsp;fera Ibrtir hors du Roiaume toutes ^iQites forces eftrâgercs quâil à dedâs 5 .femaines apres ledit prefent accord.Excepté les 1200. k ^âmesde h garde de fa Majefté quâelle pourra retenir près fe peribnne cômeelleà accouftu-'ââc.EtlesCôpagniesdâEfcoIfequiylbntdeprefenteftansennobre dequatreà 500. homes ââ^enuirô.Lefquelles ferôt miles en Garnilbn ez pais de Dauphiné amp;nbsp;Proucce fans palfer de- tient. fâlîRoftie.Et ne pourra eftre feitedeuée dâaucuns eftragers dâvue part ny dâautre durât le tépy ^fedite trefuc. ro. Pendantlequel teps de la trefuc amp;nbsp;jufques audit jour amp;nbsp;fefteS.Iean Bap-^pmehain venâtffi tant elle durc:fa Majefté accorde la Religiô pretéduë reformée par pro â10 enattendâtquâil yfoit plus amplemét poiirueu par le traitté dâvnc bône Paix finalle:ou- Religio», âs les lieux tenus par cux,en tous les lieuxamp; endroits permis amp;nbsp;accordez à ceux de laditeRe-'SiOjainfi quâil cft porté par les articles qui ont efté accordez en la derniere conference de la ^11! faite à Paris au mois de May dernier,Et feront à cefte fin ordonnez Cómilfeires par fedf-'^Majeftépour en faire îeftabliflement. Comme aulfi rcfpeéfiuemipt les Catholiques feront «crcicedeleiirReligionentoureslesvillesamp;lieuxfufdites. Etyfera eftably par mondit p'^eurou ceux quâil deputtera le pluftoft amp;nbsp;le plus commodément que faire fe pourra.
I nbsp;nbsp;Ourle regard des fix villes cy dclfus accordées à môditSeigneur amp;nbsp;à mondit Sieur le Prince
I 'Côdé:ccux quâils cômettrôt à la garde dâicelles amp;nbsp;autres qui irôt habiter durât la dite tref Æ ^lüiferót de la religiôiy pourrôt auoir ou faire îcxercice dâiccllesfi bô leur féble en vnc ou niaifons particulières qui feront ordônées par mondit Seigneur.Et ce par prouifiô amp;du,
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rant le têps de ladite trefue tant lêulcment. 12. Et aura lieu ladite trefuc tant en la villedâAu^ gnon que Conté de Venilïè: y demeurans toutes choies en îeftat quâelles font : fans quâilylol! fait aucun aélc dâhoftillité dâvne part ne dâautre, ij. Les armées du Roy amp;nbsp;celles de rconfli' Seigneur lêront rôpucs licentiéesjauflî toft que mondit Seigneur fera dedans lefdiresi^.vil-les qui luy font accordées c^deflus. Et pây aura aucune Garnifon à 10. lieues pres de la dH« ou fêta môdit Seigneur. 14. Et dâautant que la prefente trefue cft faite amp;nbsp;accordée pourfcâ noir auec plus de loif r amp;nbsp;comodité vaquer au traitté de la Paix pour la revnion detouslesfii jets de fa Majefté, ainfli quâeft auflî fintantion de ladite Dame amp;nbsp;de mondit Seigneur : A elle accordé que dedans le premier jour de lanuier prochain ou pluftoft û faite ce peut, feront de leguez amp;nbsp;enuoiez de la part de mondit Seigneur amp;nbsp;de tous les Princes, Seigneurs, Gentils' hommesjvilles Si communautez tenât fon partitdcs principaux amp;nbsp;plus notables gens d'honneur amp;nbsp;de qualité auec ample amp;fiiffilânt pouuoir.Lelquels fe rendront dedans ledit têps ou le pluftoft que faire ce pourra la part ou fera ladite Majeifté, pour eftre promptement vaque au traitté amp;nbsp;conclulîon de ladite Paix. 15. Tout le contenu cy dellus fera inuiollablement déjobferué amp;nbsp;entretenu de point en point: lins y côtreuenir ny fouffrir cllre contreuenu dim-étement ou indireétement dâvne part nây dâautre en quelque façon amp;nbsp;fous quelque occafion êc caufe que ce foit. Et ainlî a cfté premisjurc accordé fur les Saintes Euangiles par ladite Dame amp;nbsp;mondit Seigneur fait à Champigny le 2 2. jour de Nouembre 1575.Signé Catherine amp;nbsp;François. Depuis à efté accordé que les Sieurs amp;r Gentilshommes tant dâvn partique dâautres jouyront de leurs biens : Excepté cz lieux où les Gouuerneurs amp;nbsp;LicutenansCto^ raux auront mis GarHifonamp; les Generaux qui cômandent aux Prouinces tant dâvne partquc dâautre.Peu apres farmée eflant à RulFec on fit publier ce qui fuit.
De par MonJ eigitenr fis frere du Roy.
On fait allà uoir quâil y a trefues S)i cclïà tiô dâarmes conclue amp;nbsp;arreftée entre le Roy noftrclfU ijcrain Seigneur éc Monlcigneur fon frere julques au jour S. lean Eaptifte prochain.Pendant lequel temps pourront les fujets delà Majefté de îvn amp;nbsp;lâautre partieller,venir,traffiquer gocier librement fans crainte amp;nbsp;en toute bonne foyztani par mer que par terre. Et cftdcp^ mondit Seigneur enjoinél à toutes perfonnes de quelque cftat, qualité amp;nbsp;condition quâeW* foient:amp; Ipeciallement aux manans amp;nbsp;habitans de la Rochelle amp;nbsp;Gouuerncment dâAunisigt; de toutes autres villes Chafteaux amp;nbsp;fortereflès qui fê font joints à luy:dela garder inuiohW^' ment amp;nbsp;défendu dây contreuenir fur peine dâeftre déclarez infraéleurs dâicellcamp; punis extiu-pbiremcgt comme ennemis amp;nbsp;perturbateurs du repos amp;nbsp;tranquillité publique fait au Camp deRuffec le 23. jour de Décembre lâan 1575. Signé François.
Moien que tient le Roy pour drcH'cr armée.
Six mil Suyffes.
/-Tendant neantmoins la pourfuitie conclufion de cete trefue que la Roinc mere fêparc^ de Cour à cete fin: affeéiiônoitcn la forte que vousauez veu.-Le Roy côfeillé de fe tenir tour-jours amp;nbsp;entoures occurrences le plus fort fiirfes fujets: nelaiftbit de pourucoirà laucnirüj^ malheur de la Frâce deftournoit au pis,le coeur de ceux qui deuoient embrafter la trefuc me.chofo tant neceflaireà la confêruation de lEftat.Tellement que ces nouueaux SetantiF perez remumâs dcMÃficur,du Roy de Nauarreamp; tant dâautres Seigneurs,lefquelsfuiuisd''Jâ grand nombre dâhommes que dâvne que dâautre Religionfcfforçoiêtde voir a quelques amp;nbsp;hazardque cefeuft lafîfi de leur malcontcntemcnt.-donnerèntaflèz dâoccafiôau RoypôU^ le defir quâil auoit dây obuier, fe tenir fort amp;nbsp;en fin ropre coup aux deffeins de tous ceux qy' ne fe v ouloient conformer à fa volonré:dc recercher dâaide amp;nbsp;fêcours les plus apparensde/^ fujets en cas que la trefuc ne reufeift à vnc bonne Paix.Notâmant les Eclefiaftics amp;nbsp;Parif qui fcfont tous jours moniifés les plus feruens amp;nbsp;mieux zelez à pourfitiurcles effets de fes^^' firs.Pourced^firantfà Majefté eftre affiftéc de 6. mil Suïflès:la leuce dcfqticls cómencoitjï^ fo dreffer.ll requift les PreuoftjEfcheuinsjBourgeois amp;nbsp;habitas de Paris de ' ni dôner 2oo.f^ liures quâils pourroiet efgjller le fort portât le foiblc,fur tous les habitas deParis:poHr lafôiy deIamoitié,Ieurpcrmett'âtfafTéblerpouryauifër.Aceftefinie 12.amp; i^.Decéb.iyyy.H^'^ trouuét en la grâd.fà lle del'hoftel de ville de Paris:où en auoirlógumét cóferéilscóclurctf'â fin pour le plusexpediét à retarder le cours de telles demâdcs: de lui rcmôftrcr la poureté Æâ¢' peuple amp;nbsp;impoflîbilité de plus fournir à la côduite de ces guerres ciuiles cômeils aiioiéf par le pafte,voians que les affaires cotre lesProteftans alloict de jour à autre demal en pis. Dâ moins q tat dâarmées Ieuéçs,tât de deniers fournis,rat de deffeins ingenieufemét poiirpéfez fccrett^'
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2P5-
conduits:nâauoiét de rien fait la côditiô des Catholiques meilleure quâaiiparauSc.
'^falion quâils ordônerét nôbre de Députez pour articuler ces remotrâces en forme dere^ « 1 ««quâils prefenterent le du mois à ûMajeftceftantauLouurc lez Paris telle qui fuit.
H Roy leur SoutierainSigeneur^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; . * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
» E, vos trcshumbles amp;nbsp;tresobeïffans ieruiteurs amp;nbsp;fûjets ,ljourgcois Si Citoiens de vo- ^e'î^pan^g» /Avilie Je nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Clergc,Cour de Parlement,châbrc des cotes. Gourdes aides, au Roy luy
r«iofté de Paris jgs bourgeois de chacun carrier dâicelle:fiifas enféble Si tcprefcnrâsaaeey^'^^quot;quot;f^â
1 reiioft des marchas amp;Efcheuins de voftre dite ville,le corps entier amp;nbsp;vniuerfêl dâicelle de fon Roi-âsanéblez par deux diuers Jours pour auifer fur les 200.mil liures quâentédez eftre leuez ^âcclle voftre ville amp;nbsp;généralité pour le paiemet de mil Suïlfesjfà ifâs moitié de 6.mil def 1 «svoftreMajefté fait eftat durât 4.mois pour le fecours de voRreRoiaume.Ont efté dâauis
necôniunc amp;nbsp;meure refolution,dc vous fupplier en toute humilité,receuoir de bone part Peintes amp;nbsp;doléances de voftre poure pcuple:auec telle clemence que nous promet voftre naturelle bôté:amp; telle que peut efpcrer de fbn Roy le fidelle Si obeiflat fti Jet.Et croi-
leurs remonftrâces ne,procèdent dâaucun inftint amp;nbsp;mouuemct de defobeiflà nce Si te-j^'âWiflcment de bonne volonté : feulement de grand zele amp;nbsp;dehr trcfaffeélionné quâils ont à ^*:ogt;if£niationamp; manutention de lâhonneur de Dieu amp;nbsp;de voftre Eftat.
âPremier lieu,Sire corne la vertu,bôté Si intelligence des Roys amp;nbsp;gras Princes, cft plus Franrcmi-V. Æ ^pénétré plus auât que celle des autres homes,(clon quâeferit Xenophon T Voftre boniquot;5 cS-Pbifirfpr-iJ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r t, ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11- O - ⢠J
âlicradevousrcmemorerreprelenteramp;viuemct imprimer la Jogueuramp;cotinuatio des'guerres«- ' S^^rresinteftinej ciuiles qui ont prins leur origine par la fin des externes': A îoccafîo def- â^1«. Æ
âles Voftre,poure peu pie a eftétellcmét pillé,vexé amp;nbsp;faccagcfâs aucune rclafchc nây moy-refpirer depuis lâan 15 60. jufques a prefent; quâil ne lui ref.,'que la voix cafte Si debille âDeniersque â âVous declarer amp;nbsp;exprimer le mieux quâil fera poflîble (es oppreftiôs amp;nbsp;grades calamitez. les Rois ont Aprils lequel téps qui eft de 15. années,Ies Majeftez de vous amp;nbsp;de vos predôccftèurs Rois de ] ^recómandable mcmoire:ont efté lêcourus par les habitas amp;nbsp;citoiês de voftre dite ville de -clcfiaftics j,|j^fgt;samp;païscirconuoifin?dc la fôme de 36. millios de liurcs,outre la fômc detfo, milliôsdt ''r« ou enuirô qui o,,j( efté fournis par le Clergé de voftre Rciaume depuis ledit teps de 15. ^donepour '^3hs les dons amp;nbsp;emprunts amp;nbsp;fubfides leuez extraordinairemêt,tant fur ladite ville que fur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4^
âautres pais amp;nbsp;Prouinces de voftre dit Roiaume .Some fulfifante non feulemét pour côfer- fcTcontrc '«flat de voftreMaJefté:Mais auftî auec la terreur de fancié nô des Frâçois : vous rédre re- nbsp;nbsp;nbsp;Proteft.
'âââtéS: formidable a tous autres Princes,potétats Si natîos.Nonobftât lequel fecours volô- ^ofiurns'cx ^^mét fait,tant en purs dons,cöftitutiós de rente que fubfide3cxtraordinaires:lcs a#aires de «aordinai. _ Roiaume nâont efté en riê plus auâcées,ny aucun rneilleur ordre cftabli: Au côtraire de
® â'^puiifantquevoftre dit Roiaume eftoiten fanée 1560 ;ilà cftécôtraintpafterparlcsâ forces eftrangcres qui ont tiré,fuccé amp;nbsp;emporté le plus beau amp;nbsp;le plus précieux, a-''nçcxtrcme defpcncc.Outrc lafubftâce de voftrepourepeuple, laquelle y âeftéentière-' duRoiaume .â'Jconfoipruéc:amp; la perte indicible dâvnc partie des plus grans amp;nbsp;experimétez Capitaines?^® Fr»ncc.
emétquefoiupeutvcritablemétdire,que voftre Roiaume eftaprefentdeftitué dâhommest J «puilcde dçmers. Qm font les vrais nerfs dâvn eftat amp;nbsp;monarchie. Ce qite vofdits fujets, â ^^neveulêt3mplifftgr,ny exaggerer par ornemét de lâgagc:par ce que la feule vérité dû faît'*
â ât'ple récit des chofes paflees,cft trop plus que fuffifà nté pour mouuoir toutes perfonnes: â¢
J P3r efpecial vofïrc bonté amp;nbsp;clemence roialle à jufte pitié Si cómifèratió. Et ceqni * noftre côditiô plus miferable:câeft theur amp;nbsp;félicité de nos voifms: lefquels jouïffent dâv- rient amp;nbsp;grâ ^â^'x^jboudâcedctoutes chofcsifaifà ns leur grâd proffit a noftre trefgrâd domage.Enco-
lt;lue leur eftat foit bic petit en côparaifôn du voftre côme il eft ft ut notoire.Puis donc. Si- François.
v'elefecours des homes,nây for,nây fargét nâaferui Jufqucsa prefent pour nous donner vn 1 trâquilité en ce Roiaume:nây pour rejeter amp;nbsp;deftourner de nous le dager amp;nbsp;ruine qui â fninente amp;nbsp;prefte à tumber fur nos teftes,nonobftât la bonne vtlonté de vos fujets amp;nbsp;no-
_ 3nt des Citoiens de voftre ville de Paris,lcfquels nâont Jamais failli ny manqué dâvn fcul quot;âtacleur devoir : lâon ne peut penfèr dâoù prouient ce malheur, finOn que la Guerre que Hoy ''â'^æns vient du Ciel Si nâeft autre chofe que fire de D r- e v qui fc manifefte fiir baçaufede laquelle nâeft fi occulte n'eftantfecrette, quâelle ne foipappettemenc-re^' tfuce en la corruption vniuerfêlle de.tous les Eftatsamp;ordredcvoftrc^dit Roiaume, Car
O O O 'ij*','l iO-â i 'ola i:'
-ocr page 590-tâHISTOIRE DE FRANCE.
Décembre â 5 7 5-
Cauiesdes i^ucrres ci-uillesenla corruption generale de tous Hliats pour fecon decaulc à la premiere qui vient du Ciel.
Eftat Eclcfià flic amp;nbsp;les
quant à fEftat deîEglife,la Simonie y eft fi publiquement loulFertc.-que îon ne rougift dâintenter procez amp;nbsp;adions pour fentretenemét des conuentions fimonialles amp;nbsp;illicites.^b^Æ mal-heur a uiendra à ceux qui du mal lontlc bien amp;nbsp;de vice vertu : Les benefices EeW*' ques lont a prefent tenus amp;nbsp;polfedez par femmes amp;nbsp;Gentilshcmes maricz.Lefquels emploi^' le reuenu a leur proffit particulier amp;nbsp;ne font aucunemet le fcruice diuinj fruftransen cclaüo' tétiô de fEglilc amp;nbsp;des fôdateurs: Et nâcxercct aucune charité enuers les poures, cotrelintctio amp;nbsp;bonnes couftumes des anciés beneficiers. Les Euefques amp;nbsp;Curez ne refident fur leurs k' nefices amp;Euefchez:Ains dcllaifl'ent amp;nbsp;abandônent leur poure trouppeau à la guclle duloufi fans aucune Paftureou inftrudiô.Dâoù prouientque partie de voftre peuple le dcsbauchcamp; defuoie de fanciéne amp;nbsp;vraie Rcligion.Et a cefte occafion facillemét fe deftourne amp;nbsp;relire«
des abus qui y lônt.
Les Empereurs Rois amp;nbsp;autres Princes ont autrefois fous-mi s leurs diffe-rens aux lu-Aiciers de France, Eftâtdes
y dwc'ofter obeïlïâncc:Laquelle eft Ipccialcmét fondée fur la vraie Religion amp;nbsp;la juftice:deuxfen' Eftat de la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fermes Colonnes de voftre feeptre amp;nbsp;Corone. Et font les Eclefiaftiques fi extrcmen^^'
iiifticcamp; nbsp;nbsp;desbordez en luxure,auarice amp;nbsp;autres vicesique lefcâdalle en eft trop public. Quand à lajæ
bus que le Roy y de-uroit refor
mer.
Les Gardes du corps du Roy,
JHofpitaux amp;nbsp;mallade-ries.
ftice par laquelle les Rois regnét amp;nbsp;font maintenusilî en refte peu dâapparéce amp;nbsp;dâanciésvciti ges. Au moié de la vénalité par trop frequete des offices de judicature.Qui eft comcditlE''â' pereur luftinian la vraie fourcc Si origine de toute milcre amp;nbsp;iniquité. Et pourtant nos voifift* qui feauent que ceft de magiër amp;nbsp;tralfiqucr proces:fen moquét amp;nbsp;nous ont en grâdeabcnn-nation au lieu de ce que anciénemét nofoits voifinslê fousmettoict au jugeméiamp; auisdevos Parlemés Sc autres Officiers en la judicature;melmes les Empereurs Rois,amp; grands Seigneurs tant dâAllemagne,Elpagne,Italie,quâautres païsipour leur prudâhommicjgrâdefcicnccamp;v^' tu. Et de ce eft procédé la multiplicité amp;nbsp;nombre effrené défaits Officiers Si celle venaliK-De laquelle voftre Roiaume peut dire cônie fEmpereur Adrian en mourant que la multitude des Médecins fauoittué.Pattie defquels Officiers font notairemet incapablcs:prenâs leur faî amp;nbsp;inftrudion aux defpens de voftre poure peuple Si de la repuratiô de voftre Eftat.Lesautres font poures Sc par la induits amp;nbsp;côme contraints à choies mauuaifes Si mal hôneftes. Enquc^ à efté direôfemét contreuenu au bon côlêil de letro beaupere de Moïlê,qui luy cclêilloitdef gésde gucr- lire, Iuges,gcns de bien craignâs Dieu Si de bône conlcicce:fçauS Si capables aiâscn reamp; lev ab- hainc fauarice amp;nbsp;corruptió.Aiiffi eft ledit Eftat de luftice corrôpu par la facilité tropgt* de des remiffiôs Si impunitez de meurtres de quelque qualité quâils lôiéncxciiâslâiredeDic'â fur nousjdeuâtlequel le läng cric vengcâce .SébJablcment par la facilité des eiiocationsamp;vC' nfficatiôs des Edits dont fenfuit le mcïpris amp;nbsp;conténemét de voRre Majefté,Au regard de vc lire gendarmerie laquelle a prefent eft ^mplie de pcrfóncs de vil eftatmon duitsne excrdiô au;t arm« ( au lieu de ce que anciennement il nây entroit que Gentilshômcs extraits dâand^' ne amp;nbsp;Noble racc)amp; lesgés de pied qui lônt à voftrefoldeda plainte cft trop frequêtedelcurs ranponnemensordinairesnnhumanitez amp;nbsp;cruautez plus que brutalles amp;nbsp;barbarelqiies,fcirce-mens de filles amp;nbsp;de fernmes,Sc dônans au furplus fi grande amp;nbsp;efifenée licêcc que de Icuct tjil le en quelques Prouinces de ce Roiaume lâns voflrc pcrmilfiô amp;nbsp;lâns aucun relpeâ de vofitt luftice nây côfcntemét de voftre authorité.Lefquellcs pilleries râponntmés lent pratique^ non feulement par voftre gendatmcrie.Mais ai flî paraucuns de voftre fuitte amp;nbsp;gardes devoftre corps.Par Icfquels les fermes de vos fujets amp;nbsp;mailôns des poures labourcursjfcnt ordinai-remet deftruites Si pillées.Et entre autres fermes des Eclefiaftiques jufqiics a celles quiappat tiénent aux hoftels Dieu amp;nbsp;hofpitaux:mefmes ccluy de voftre ville de Paris, De maniéréqut les poures demeurêt lânsnourriture amp;nbsp;entretenemet neceflairc. Et ont efté les Gouuernew^ côtraints depuis quelques téps:védrc pour plus de 4. mil liures dâhéritages pour fiiiienir nccelTitcz des poures,Grâde malediétiô en ce Roiaume quad les mebres de lefus-Cbrifl/oni delaiftèz cotre le deuoir dfl^droit de nature Si de la Loy diuinc.Qui pis eft ne le contetentW dites gardes amp;nbsp;gês de voftre fuiftc,de loger amp;nbsp;viure à difcretiô.Ains abufans de voftreautho' rité-.logétlous faux titres leurs parésjamisjvoifins amp;nbsp;autres perlônnes. Lcfquels îcmblabîeinc' viuent à difcretion:pillentlt;lt;: râpônent le plat païs.Lequel demeure a prefent inhabitéamp;aba* dôné en plufieurs endroits lâns aucune culture ny labcur.En fôrac,Sire,il nâeft poflible queh Paix de Dieu loit en ce Roiaume ,⢠tant amp;nbsp;fi lôguemét que les malcficeSjabus amp;nbsp;corruptiosfuf dites lêrôtlôulferts amp;nbsp;palfez par conniuence.Car en quell e Paix peut eftre vn peuple, qui nâa aucune pieté,Religiô ny volôté de bié fairetEt faut fi tels maux côtinuet que nous attédiosM brief, vn juüe jugemêt de Dieu fur nous:fil nây eft p.ourucu auât toute chofe.Etdeiiôs craindre les peines dôt Içs propheües ont menacé le peuple de Dieu :quâ4 il a preuariqué amp;nbsp;trsnl-
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2P4.
gTeflefes cómandemës. Quant au inam'emet de vos finaces il eft côduit de mefme façon.Les â^ons immenfes,mal amp;. inegallemer diftribuez en tépsfî calamiteux jufques à reuenir en fâ abus quâon â572.à 2.millions 700.mil liures:moitié de laquelle fome eft côpofée dâOffices nouuellemét 5quot;^ââ
à la charge amp;foulle de voftre peuple qui emporte amp;nbsp;paie les gages .Enîannce nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dons du
f^uienncnt leÃits dons à deux millions 44. mil liurcs. Lâanné^ 15 74. à 540. mil 800. èc en ^înnée prefente depuis 6, mois 955. mil liures.La plufpart defquels dons ont efté refulez par
châbre des Côtes amp;nbsp;cômandez par voftre Majefté infinies fois.Et depuis pafîez par vos jufliüsSttrefexpres cômandemësjlânscôprcdre les péfios données reuenâs à lafôme de 200. ^'1 liures:quifôt autât de retesfur vos finaces à la diminutiô dâicelles amp;nbsp;augmétatiô de la ne-
amp;confequêment à la charge amp;nbsp;foulle de voftre poure peuple qui eft réduit à toute po- ququot; îeRoy â Wamp;irapuilià nce. Aquoy il plaira à voftre Majeftéauoirefgardamp;pourueoir fil luyplaift donne. 2uxrcinedesplusnecefl'aires quâils ne furet one. Ce que voftredit peuple le promet,fondé fur Voftre bôté amp;nbsp;cleméce naturelle. Lâeftat duquel amp;nbsp;nômemét de voftre dite ville de Pans: eft Tf«s Eftat «ntiereraécperdu amp;nbsp;réduit à neanumcfmes la marc hâdifé fans laquelle voftre dit Roiaume de- mïrchâdife. â^eure deftitiié de fön anciéne abondâce amp;nbsp;richeflè-.Entre en vue neceffité amp;nbsp;dilette de toutes chofesjparla difcôtinuation du Cômerce. Lequel ne peut auoir cours pour le peu de fêureté Sl^âily a tât en la mer quâé la terre.Outre les grades daces amp;nbsp;impofitiôs nouuellemét inuêtées nouuclles.i ^lesfermes efquelles on nâa jamais voulu receuoirles naturels Frâçois,cncores quâils aiêt of FcimcsdeP fert meilleure côditiô. Defquelles fermes les fermiers obtiénent donatio amp;nbsp;rabais en pur do
aucune vcriffication de perte: contre toute forme de juftice amp;nbsp;de fômes notables cÃme pourîcs e-Eurespourvnefois.Dontauictquelesrétesdelà ville,quifontaffignéesfurlefdi- ftrangers.
fermes amp;nbsp;aides:ne peuuét eftre paices. Tât au moic defoits rabais que faute dâaffignatiôs amp;nbsp;^^pliflèraécNonoftât les remôftrâccs qui vous font ordinaircmê faites par les Miniftres de vo-ftfelufticeamp;Officiers de voftre dite ville pou rfentretenemet de vos côtrats amp;nbsp;foureté delà ECrangers. foypublique.Et encores y a vn nôbre de marchas eftrangers en cefte v ille de Paris, qui oftent toüsmoicsà vos naturelsjujets depouuoir traffiquer.Au regard des bourgeois viuâs de leurs rctesamp;rcuenus:ils ne jouïlTent aucunemét de leurs bics a caufo de la liccce effrenée de voftre gendarmerie.Par laquelle toutes leurs dites fermes font pillées amp;nbsp;deftruites.Vn bon nôbre de
Officiers qui ont achepté leurs Eftats amp;nbsp;Offices:fôt pourcsÃc ncceffiteux y aiâs mis la plus officiersâ grande partie de leurs biés amp;nbsp;fubftace amp;nbsp;faut que voftre poure peuple paye partie de lâemolu- poures. â^«de leurs Offices,nâaiâs lefditsOfficiers autre moié de viure.Ãu fur plus les grans amp;nbsp;execra-^Jesblafphemcs,vfures plus queludaiques amp;nbsp;autres vices abominables,regnét en ct^oiaume iutâtou plus quâils firct onques.defquels doiuêt eftre feuercmétamp; en grade dilligêce chaftiez vfures.
wtirpez.Autremét nâcft poffible que puiffiôs nous recôcilier auec Dieu nây reftablir fEftat ^fivoftre Roiaume,finô le reduifant au point quâil cftoit lors quâil a fleury :Et fi Icfditcs vfures qui font frequétes amp;nbsp;ordinaires ne fôt recerchées jufques au vif amp;nbsp;chaftiées par la fouerité des LoixmepourraîEftat de m.archâdifc entre autres aucunemét eftre entretenu.Et enauiendrôt cy apres de plus gras incôuenias eftas leichtes vfures îâcicn mal delà Cité ( côme ditTacite ) amp;caufetresfrequéteamp;ordinaire des troublesôc foditiôs.Les caufes fufdites font perdre famitié ^vnion qui eftoit anciénemét entre les villes de voftre Roiaume;amp; la charité entre vos fqjets lt;^liacune defquelles villes ne cerche à prefét que fon intereft particulier amp;nbsp;ne fe done peine ni foüùdecôfercrau bié public de ce Roiaume parvnion,côfontemétamp; corrclpondace de vo- caufe delà Jonté.Dont fenfuit la diffippation amp;nbsp;ruine des Monarchies côme nous fômes enfoignes parla f-oy diuine amp;nbsp;par raifons politiques.Toutes lefquclles plaintes amp;nbsp;juftes doleanccs,Sire,pour-loiêt eftre facillemêt dilatées de vine voix ou par elcrit:eftât le chip amp;nbsp;lu jet bié fort ample amp;nbsp;âââuitât chacune defdites plaintes Se doleâces vn traitté particulier.Mais dâautât que fômes bié Roy amp;nbsp;foa affiliez que tousjours auez médité les chofes immortelles plus que les mortelles ( qui eft îvn âles princippaux moyens pour conferuer voftre Sceptre amp;nbsp;Courc^me comme difoit Chilon hn des feptfages de la Grece ) amp;nbsp;quâeftes eftably fur nous pour faire jugement amp;nbsp;luftice : Ayant vne Loy à laquelle vous vous alfujetilTez volontairemcnt:non Loy eferite en quelques Ures ou en quelque boys (comme dit Plutarque) mais la raifon viue impriméeen voftre lt;^0201,tousjours demeurât auec vous,tousjours vous conforuât amp;nbsp;jamais ne vousabandônant Ãnscôduiterqui eft (pour parler en vrai Chreftié:) fefprit amp;nbsp;grace de Dieu:Et auffi que vous fçanez trop mieux que les Rois,qui ont aimé la Religion amp;nbsp;vraie pieté : amp;nbsp;quife font eftudiez
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-ocr page 592-Décembre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L'HISTOIRE DR FRANCE.
5 de plaire à bieu côme fes vrais Minilf res.'ont longuemét Si heureufemet regné.Cclf lacaufc Sire,pour laquelle las entrer au difeours particulier de beaucoup de matières qui foffréuamp;t' But de la e enhardis par vn zele de fhôneur de Dieu:nous vous priés dâauoir pitié Si cómiferatiólt;l' ciucftc dc^ vos poures lu jets:en dônant ordre Si refôrrnation própte auât toutes choies aux correófiösdes Patifitnt. abus Si maluerlà tions cy dcf âus moltrées: lelquelles prouoquent de plus en plus lire de
fur nous.Et de remettre volfre poure peuple en quelque haleine-Elfablilïà ntfil y à moic,vn5 bône Si lèurePaix qui lôit à fhôneur de Dieu Si deiEghlêCatholiqueraccroilTemét de vofr^ Majelfé Sgt;c de volfre Elfat Si au repos de vos poures fuJets.Et pour y paruenir vous, Sire, qquot;â elfes fiis,fuccelïeui;,heritier Si du fang de ce bon Roy S. Loys Si qui le voulez elf re de toutes gt;nbsp;fes bones Si lâintes aóliós:Nous fuppliôs treshumblemet volfre Majelfé côferucr amp;nbsp;eutreie' nirlôn intentiô Si volôté:§i prâdre garde aux beaux cnlèignemés quâil dona à fon fis ellatau lit de la mort:lclquels enfeignemés ne voulos declarer en autres termes que ce bon amp;nbsp;S.RçJ les à faits Se prononcez:ny ajouter aucunechofe du nolfre.-Ains les vous reprelentcr felô qu» les a dits Si proferez : Se font eferits Regilfrez au trelbr de vos Chartres precedentes dtfaÃ^
CCS mots lefqiieJs, Sire, iî vous plaira prandre amp;nbsp;receuoir de bonne parr.
S. toys à fô fils.
tó^uRoi volótiers Ãc deuotemét le feriiice de S.Eglilc:Aie le cÅur piteux amp;nbsp;charitable aux pcvifâ ) gcs:amp; les côforie amp;nbsp;aide de res biês. Fais garder les bones Loix amp;nbsp;cc nil urnes de tó Roiaufff' Ne prés tailles nây aides de tes fujets fi vrgete necelCré euidete vtilliténc ie fait faire amp;nbsp;jufte caufeaió pas volótairemêt.Car ià tu fais autremét tu ne icras pas repute pourRoimaisr^' puté pour tira. Garde fur routes choies que aiez fages Côlcillers de aagemeur : amp;nbsp;qudfâ feruiteurs Ibicigens priidésjecrets Si paifibles:Si quâétrcautrcschofes ils nelóiétpointau^iâ cieux,nc facér, ou dient mal à auiruy.Car (corne dit Sciveque) le bô renom desferuiteurs?*^ croifl la gloire Si le los des Seigncurs.Sâil y en a aucuns rioteux; garde qu'incôtinâttuksf uoies hors de ta mailon. Car ils pourroient gafter les autres Si y faire fcandallc. Fais amp;nbsp;lufticefur toutes choies aux poures corne aux riches:aux eftrâgers cômcauxpriuezfasau*â' acceptatiô de perfône.Car luflicc eft celle par qui les Rois regnét.^iez bÃs lugeSjBaillil^ nefchauxzSi leur cômâde que toy ne tes Procureurs en tes fais ne forêt pas fauorifez autres'' que la raifô le veut plus que feroit vn autre.En ces préceptes eft coprrnle vne bonne partie ce que vofere peuple requiert Si defire Si vous fupplie treshumbletnêt les garder corneilsfa*' furet quâé aucz la volôté.Et fil y en a aucuns qui y vculêt mettre empefchcmétjccqucvoto^ dit peuple ne peut croirervous elfât alïîftc du Côfeil trclïà ge Si trclprudét de la Roine vofct merejtrefalFeóliónée au biê Si auâcemct de voftre Elfat Si de lî gras Princes,Seigneurs à f*â feillcrs.NÃis encorc,Sirc,f!l y en auoitaucûs de mauuaife volptc:Il vous plaifelcseflognerdî vous côme cllâs ennemis de voftreEllat SiCorone Si celle de vollrc peuple,qui elf vnipatOquot; beïfl'âcc.Et corne aucz la dominatiô fur volfre peupleraulïî elf Dieu vofire fupcrieiir amp;nbsp;dorni' nateur auquel deuez rédre côte de votre charge jufques au dernier de vos cheueux.Orfçaut^ trop mieux,Sire, que les Prince qui leucou exige delôn peuple plus quâil ne doit: Aliened-â perd la volôtc de lès fujetsrde laquelle depêd fobcillance quâóluy doif.telhioinRoboaamp;aU' tresPrincesféblables.Mais au cô traire rraittât votre peuple doucemêtjfupportâtlâpourctcî^ neceliîté:Quâil vous plaifc reformer les abuz crimes Sicorruptiôs delquelles volfreRoiaume elf reply à volfre trclgrâd regret,de la Roine volfre mere Si de tous Princes Si Seigneurs qui vous alîîlfent en vous aidât de vos naturels fujers bôs Si vertueux,dcfquels auez vn bô nÃbrc graces à Dieu Si vous ablfenât de faire dons inméfcs, defendat à volfre châbre des Côtes Ic^ veriffier pendât le temps de volfre necelfité nonoblfât toutes iulfiôsjempruntâtfil vous de ceux qui jouillét de vol^c dite libéralité Si dós pluftoff que fur chargez volclitsliijetsauf quels ne reife plus que la feule fidelité. Iceux falTeurent quepar volfreprudéce,moicnnâib grace de Dieu fera biê toff elfablie vne bone Si fainte Paix,par le moié de laquelle fera voltic dit Elfat Si Ro iaume peu ^eu rclfabli Si iclfitué en Ibn cntier,aucc la bien veillace de tous vos bôs fujetsiqui elf la plus grade force apresDieu que pourrez Ibuhaitter pourfeuremet^ logucmct côlcruet volftc dit Elfat. Et fi Dieu nous veut tant vifiter que dene permettrevn furies autre fi grâd bien Si repos.-apres que vous,Sire,ferez mis Si vos fujets en leurs deuoirs:f^aiira voitw du Roiau- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tresbien vfer des moiens que Dieu luy à donnez Si mis entre les mains.Siirqiioy dpf'
Prince qui exige trop defet fujccs
tue.
rons queprandrez en brief vne bonne refolution. A laquelle trouuercz vofdidfsCitoyei^Si fujets de volfre dite ville de Paris biêdilpolêz corps Si biens Si tout ce qui elf enleurpuilwæ ccjauec alïcurâce que tout ainfi que volf redite ville precede les autres en dignité Sifidcndcnô
-ocr page 593-LIVRE Q^V A R E N T I E M E.
3ufli comme eile à tousjours fait) monftrera aux autres bon exemple de fidelité amp;fecours jiifques à (extrémité de la vie amp;nbsp;de ce qui en depend pour f hôneur amp;nbsp;fêruice de Dieu^de leur l^digion conleruatiô de voftre Corone amp;nbsp;manutentiô de voftre dit Eftat amp;nbsp;fèruice dâiceluy.
retourner au Traitté amp;nbsp;pourfuitte de la trcfuc:Vous auez entédu quels en furet les prin-tipauxArticlesarreftésà Champigni le zi.Noué. amp;: publiez ^aRochelle4. îanuier afon detrôpettesamp;tâbours.MaiscôbiêelIefutmalobfcruceen la plus partdefespoints:La Gomer-lôgueur efpace du téps dont lâon vfa à la publier le inoftrealfez.Et les drfficultez qui fe pre (cntoiêcfur fcxecutiô dâicclle ne furet que trop cuidetes. Aucuns atribuâs foccafiô principale rct c. 'i'ipeii de relpcâ qu'on y eutjà ceux qui ne tindrent ou firent fèmblât ne pouuoir tenir leurs pfomefTcs pour le regard desô'.villes deifus mërionées.Dont Ics^.principalesjaflâuoir Angou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
ldmc,Bourgcs,amp; Mezieres fuft de volôté délibérée des GouucrncutsdâicclleSifuft parlaueu oucômandcmét particulier quâils en culfentjOU autres occafiôsrnc voulutét ic côformer aux cômandemês du Roi:amp; yfut confômmé vn long temps en remifes,allées amp;nbsp;venues inutilles à «t effet. Le Prince de Codé auflî nâé eftoit gueres contât,amp; fe perfuadoit qi},e la trefue cftoit plus damageable que.auâtageufë au parti,veu le peu dâexecutiô dâicelle:Neâfmoins le 5. Dc-cëbtc S.Gelais,entra dedans Niort pour Monfieur ( apres toutesfois long debat des habitans ^mdifoiétauoirdeffiâce de luytTant pour auoir receaj,que pour luy auoir dôné aufli occafio detnefeontentement:) aucc j.Côpagnics, amp;nbsp;en fortit le Jour melme le Côte du Lude ; apres luyauoir recômandé les habitans. Au mefinc téps Clermont dâAmboife fut mis pour Gouuer ^eurdedans Saumur amp;nbsp;dedâs la Charité. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mais Ruffec refufa totallement (entrée
dAngoulefmeau Duc de Môtpécier qui fy eftoit acheminé pour ceft effet. Ses raifôs eftoiét en Angou-
pourauoirefté toutefà vie affeéfiôné feruiteur du Roy,amp; pourauoirfans côniuencefait lâguerreaux ennemis de fà MajeftéiIl auoir acquis vn grâd nôbre dâennemis, qui tous auoiét DuedeMót Wjutéde luy faire perdre la vie en quelque lieu Sclbrte que ccfuft.Que pourfé garderai ne pencierk» lîuroittrouuer lieu de feureté en ce Roiaume.Et que puis quâon aiioit eu l'audace de tuer mef
la prefence de fa amp;nbsp;ville Capitalle de ion Roiaume amp;nbsp;fiegc principal de fâ lu-lllcqleCapitaineGuaft,pour ceftefeule raifon quâil eftoitaffeéiiôné feruiteur du Roy, reco-quot;eupour tel amp;nbsp;pour cela aimé de ûMajefté: quâil eftoit vrai (êmblable, quâil ne fêroitafleuré ''onpasenlachäbreSi cabinetdefaMajcfté.Il difoit outre fçauoir bien, que encores quelin-^cntió deMonfieiirfuft les trefues paflées de remettre les villes que le Roy luy auoit accordé pour fa rctraitte entre les mains de faMajeftéiQue toutesfois ceux à qui il les donoit en garde, âuoientautre volôté.Et quelques belles promeffes quâils luy fiffcntiilsneluyferoit^non plus ficelles quâils auoient efté aux Roys fesfreres. QiJ^eon ne doit dâvn traiftre defloial, efperer deuoirdefidclitc.Qjie fi on leur cômetoit la garde de la ville dâAngoulcfme,ils fc feroiét Seigneurs de la Giiienne,dc laquelle il ne ferbit en la puifTancc du Roy de les en chaftcr.Que fi la feule ville de la Rochelle auoit attendu vne armée Roialle tant de mois-.que a plus forte raifon tant de villes liguées enfcmble,fituées en Prouinces fi fertilles,abondâtes en toutes comodités ^vniesenfébleilepourroiét faire eftâsfouftentiës corne elles feroient des habitas de lalGuic-ââe; qui eflirdiêt de courir lcurfortune,pluftoft que perdre leurs bicns,quitter leurpaïs amp;mai bns.Que dâailleurs il nâeftoit en à puiffance dâexecuter fintentiô du Roy.Parce que les habi-tï5d'Angoulefme qui auoiét lors les armes en la main, amp;nbsp;(jui eftoiét les plus forts en leur vil-Iwrouiiointfidurquâô rédift leur ville amp;nbsp;leurs moiensiquepar perfuafiôsil eftoit impoffible 0 obtenir cela dâeux. De les côtraindre par force à ce faire:quâil neÃuroit amp;ne penfoit cftre c-'iwbleny defon deuoirdeur aiât promis deles prefêrueramp; ne les metre au pouuoir de leurs Wmis.^tqiiefil liuroitvnctelle ville aux ennemis du Roy 8c d»û patrie,pour fe défendre â^cfquelsles habitas dâicelle auoient eu recours aux armes amp;nbsp;fait fi eftroitte garde tant de Jour â¢l^îdenuit.fon hôneurenferoit à Jamais fouillé.Lequel luy eftoit plus cher nây que fes biens y qfï vie propre.Il difoit auoir dâautres raifôs particulières quâil rj^ruoit à direauxMaJeftez du Roy 8c de la Roiiie.il mada dâailleurs à Môfieur q luy faifât ceft hôneur de luy cômettrela ?irdcdâAngoiilcfîne:il luy côférucroitde telle façô quâil en difpoferoit plainemétftns reftrin-^'on ne modification,comme les Roys fês aieulx amp;nbsp;freres auoient fait.Et q uâil difeemeroit en P^'ude temps la difference de Gfidellité dâauec celle des Proteftans, quand ils luy rendroient villes quâil leur à dellaiffées pour leur feureté durant les trefues. Efquelles villes il nâen-^Ktoitaifémentlc plus fort non plus quâen la Rochelle. Et que fi le païs dâAngoumotsluy
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I lt;7$.
RochepotS: IcComtc de Montgom-mcry à la Rochelle.
Lé ficvrde Jlt;ochepot à b Rochelle.
LâHISTOIRE DE FRANCE, cftoit dcîaific pour Ion appcnnagetqiic liiy amp;nbsp;ceux de la ville fe mettioient en four devoir cf le receuoir nbsp;nbsp;reconnoiitre leur Seigneur amp;nbsp;Prince.
Ce pendant le Baron de Rochepot lut depefehe de la part de Monfieur vers les Rochcücb aufquels parauant que dâentrer il vouloir faire fpuoir la venue. Cemme aufll Ãt le Ceinte« Môtgommery qui a ces finsSuoit elcrit de Niort des le jour précéder au Maire de la Rochelle pour fçauoir fil y lcroit le bien vcnu.Et quâil auoit quelques affaires qui le côtraignointdây alIer.Aufquelles aiant done ordre il nâefperoit faire long Icjour.Le confeil alfemblépourccU effet le I Décembre relblut de leur permettre. Le Baron de Rochepot feftant le lendemain trouué en vne affemblée publique faite à lEfcheuinageiprelênta les lettres de Môfîciiraddre!-fantes au Maire,E(cheuins,manans amp;nbsp;habitans de la ville eferiptes au Camp de S. Mexantlc 5. Decembreacôtenans entre autres choies les occafions qui lâauoiêt induit amp;nbsp;corne contraint
Creance de Rochcpot,
Lettres du Prince de Coudé aux Rochellois.
de faire vne trefue amp;nbsp;arrefter les forces de la Germanie qui eâoint preffes dâentrer; qui auoit cfté en partie faute que leur paiement ne peuft tftre preft à leur arriuée. Les priant a celle fu de fefuertuer chacun lèlon fa portera fournir bonne lômme de deniers amp;nbsp;faire fons dâvneati-trc.A laquelle îî ne feroit touché que en cas dâe.xtrcme necelïlté:amp; aliénant que la Paix ne fîft. Auquel temps fi tel cftoit le plaifir de Dieu que de les affliger encores de ce fléau dtGnfl-reiil feroit plus que necefïà ire de le preualloir dâvnc forte amp;nbsp;puiffâte armée pour foppoferaux enncmis.Enquoy il protefioit de fa part de fi mploicr de toute fâpuifTance. Et embiafièr dâ\n bô cÅur la querelle des Eglilês reformées de Frâcc;pour leur procurer par vne bone Paix oi* viéloirc mcmorablcjle libre exercice de leur Religion.Etparticuliercmctfeftoitreîolu défaire pour eux amp;nbsp;cnfaueurdcleurs priuilleges,rout ce quiluy feroit poffiblejufques au hazard de là vie.Rcmettant le relie de fa volonté fur la creance quâil auoit donnée à Rochepotilequel prononça amp;nbsp;bailla puis apres fâ creance par efcrit.Contenant en lômme la bene volontéamp;fin-cere intention de Monficurjlcs aôtions,côportcmens amp;nbsp;delfeins defqucls il ne penfôit pas que perfônnefuft ignorant.Puis récita plus au long foccafion quifauoitmeudefairclatrefuct^' arrefter lesReiflres fiir le point quâils eftoiét dâentrer. Qui efloitfa^ite de deniers le vraynen de la guerre amp;nbsp;fans lelqucis celle natiô fur toutes les autres ne marche jamais.Et quâil auoite-flé côtraint de ce faire,crainte quâà ce qui cftoit auenu dernieremet à Thoré: (dont il pouuoit rédre bon telmoignage pour fellrc trouué ne la rccontrc)nâauint derechef ou parauâturepisj quand les Allemansfcroictarriuez pres la perlônne de mondit fieu r lequel auoit grad bdoifl dâentretenir les intelligéces en Allemagne amp;nbsp;principallemct vers le Duc de Cazimir: pour c-flrclvn d^s plus gras amp;nbsp;plus généreux Princes delEmpireivoire des mieux affeéliônez à fen droit de la nation Françoilè:afin de fe preualloir de leur aide amp;nbsp;fccours la Paix ne fuccedant⢠Qifil falloir faire prefl Sùauâcede gras deniers.Pourlcfquels trouuerMôfieur auoit faitdepa refiles depefehes que a cux,à toutes les Eglifes de France.Qu^e la lolde des Rcitresamp;autrese-flrangers que amenoit Monfieur le PrinccdeCondé,rcucnoità 8oo.mil liurestournois pat mois.Et que par la trefue le Roy nâen dônoit que 500.mil qui eûoit bien peu dechofe,veutai dâautres frais quâil couiêdroit fupporter. Au refie quâil efloitaile à juger dequel piéMôfieui marchoit en celle querclle.En ce que aiât eflé induit par vne infinité de menées amp;nbsp;pratiques de retourner à la Court amp;nbsp;pacifier fon particulierfil nây auoit jamais voulu entédre. Dautant quâil auoit tousjours préféré le bien public de ce Roiaume à tous autres relpeéls ou cofidera-tios de fô particulicr.Cc que voiâtla Roine fefloit auiféc de le recercher dâvnc trefue. Aquoy il auoit trouué bô dâétendre pource quâelle luy fembloitproffitable5amp; en fin fauoitaccordet' Et pour la fin réitéra les mcfmcs proteflatiôs de môdit fieur.Prelèaux.Sur-intendât des finâces de iarméc de Monfieur jÿir Itiy enuoiéauec Rochepot,prcféta en celle alfemblée lettres dû Prince de Codé eferites de fa main à Strasbourg le za.Nouë.adrelTâtcs Ivne à ceux de la mai fô de ville amp;nbsp;lâautre aux Miniflres ôc Côfilloire de Rochelle. Il loüoit Dieu infinieinentdeh grace quâil luyfailoitdectqucaprestâtdetrauaux amp;milères.-illêlêruoitdeluypour menet en France au fccours des affligez vne grade amp;nbsp;puifïante armée telle quelon nâeull jamais ofc efpcrco.Sébloir pourtant nâellre fort contât du bruit de trefue dont il auoit elle aiiertijCraignât quâelle ne feull bié exécutée. Ains vu vrai piege accoullumé de lâéncmy,qui cepcnd.ît corne il diloit les vouloir endormir amp;nbsp;couppoit nos dclTeins.Dônoit auertillèment defen pradregar de.Et prioit vn chacun de fefuertuer felô fes moiês pour le paiemêt des Reillrcs.Ces letrese-ftoiét pleines dâvu zelc amp;nbsp;veheméte affeólió cnuçrs ceux de la Rochelle, pour lefquels il défi-roitexpo-
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'xpofcrfa vie: diÃt quâil ne feftimeroit jamais heureux quâil ne les eu fl remis au but ou ils vi-Loient cous. Et pour la fin les prioit de luyenuoier quelques Miniftresamp; gens doélesafin de 'î gouucrncr felon leur Conlêil Sdleu r donner quant amp;nbsp;quant auis de tout ce qui le palïèroit. Ceuxda Confiftoire receurent pareilles lettres deTheodorede Beize, de Strasbourg le vint dfc Bcfzc. tfoifieine Noiiembre pleines de Confcil fur læfiance que fon pouuoitauoir aux Catholiques
à leurs promefles.Faifoit vn long difeours de la piiiffantc armée que le Prince conduiloit : Lquclleil cftoit marry ne pouiioit fuiure à caulê de findilpofition de à perlônne. Donnant a-uis de ne fc laifler gangner amp;nbsp;endormir par les ennemis a îheurc quâil falloir le rcfueiller voi-î-it deuant eux ce quâils ont tousjours tant defiré amp;nbsp;quâils nâculTent prelque oie dperer il ny suoic pas deux mois.
Le tteziéme les Rochellois-fcirent relponcc à la propofition amp;nbsp;creance de Rochepot. Louant Dieu de bon cÅur de la grace quâil failôit à Monfieur,de ùuoir touché amp;nbsp;cfmeu de p ran-^rchprotc(ftionamp; defence despoures amp;nbsp;affligez de ceRoyaumcâEt melmesdcceux delà lois à lacre Religion reformée. Qi£c ceftoitvn OU U rage vraiement digne dâvn tel Prince que luy. Etau-Jliidilsprioient Dieu le confirmer amp;nbsp;fortifier deplus en plus julquesà vneentièreylfuë5c 'icureux accomplilfement de ce quâil auoit fi faintement entreprins.Enquoy comme il eftoit «nain quâil lcroit alfifté de la faueur ôi grace fpecialement de Dieinaulfi deiioit il croire que 1« gens de bien amp;nbsp;zélateurs du repos de ce Royaume ne luy manqueroient en rien. Non Icu-leincnt de leurs moiensimais auflî de ce quâils ont le plus précieux en ce môde.Enquoy quad îcuxilsfcroienttrefmariisde cederà aucuns de ce Royaume quels quâils feulïèntlôitcn la volonté foit en Icficf conoilTans mefmes le zelc affèôfionné que Môfieur leur porte amp;nbsp;à celle pouce ville dont ils rcmercjoicnttrcf-humblemcnt Ion Excellence. Nâaians autre choie à luy offrir en recôpenfe dâvn û grand benefice quâvne entière amp;nbsp;perpétuelle alFcôlion à fon Icrui-«icômeils feroiét tousjours preuue en toutes chofes amp;nbsp;mefmes en vne fi fainte querelle. Le Supplias netrouuer ellrâgc fi les moiensdefquels ils le pouuoientayder pourle prcfcnefloiét 'cop plus petis quâils nâeu^fent defiré. Cequideuoit ellre imputé non à quelque delfaut de bonnevolonté:mais aux miferes amp;nbsp;calamitez quâils auoient foulfcrtes par la malice de tant de guerres amp;nbsp;des plus cruellcstdelquelles ledit lêigneurauoit luy mefmes ellé fpedùteur. Tou-Wois quâils luy enuoioient dix mil liures? bien marris quâils ne pouoient plus : nbsp;nbsp;dont leurs
deputez quâils depefehoient vers Ibn Excellence finformeroient plus au long de foccafion. Lefquels furent fi honorablement Sc tant gracieufement receuz quâau rapport quâils en feirét lt;ifpuis:ch3cunfen loüoit infiniment. Et furtoutt de la bône volonté quâil Ce difoit jpneraux Rochellois. Et pourceque ceux de Marans le renforçoient dâhommes amp;nbsp;lefortifioienttous i, Rochelle jours cela fut caufe que les Rochellois feirentâprier Monfieur par leurs députez de moie- à Monficur. ntl entiers la Royne que les garnifons de Marans amp;nbsp;Benonvuidaflènt affin que plus librement Ils peuffentjouyr du beneficede laTrcfuc.
il feit lors amp;nbsp;long temps api cs( amp;nbsp;tel fut prefquc tout cell hyuer) telle 6c fi furiculêtormê-tequeîonnepouuoitprefque marc ber par les champs. Et fè perdit vn nombre infiny de Na- Tourmente Hires aux coftes de Flandre, dâEfeoife, Angleterre, ÃcZclandc. Comme auffi de Brcraignc en mer, blormandie, amp;nbsp;Poitou .Voire plus que de mémoire dâhomme il nâauoit cftéveuny entendu .
Monficurarriué à Ruffec enuiron lamy Décembre: la Royne mere le futtrouuerpourla confirmation de la Trefue amp;nbsp;pour le contenter furcc quinefeftoit peu encores executer du contenu dâicellc.Et feit tant que ladite Trefue fut publiée à Ruffec le jour de Noël enfuiuant. ^iiis aiioir long temps communiqué auec Monfieur: part pour rrouuerle Roy laiflantà fon partement plus grande efperance dâvne Paix que de la .Trefue.Dif» quâelle ne vouloir voir en-fanglanter les efpées de fês enfâs en vne fi mifcrable guerre.Et quelle fen alloit pour effeduër toutes les conditions de la Trefue. Pour lâacompliffement dcfquellcs ne reftoit que de confî-gner lesviljcs de Bourges, la Charité amp;nbsp;Mezieres: 8c fournir îaj^ent accordé pour le paie-métdesReyftres.Etpour le regard dâAngoulefinedâautâtque le lieutenatdâAngoumois auoit baille?, au bit quelque requefte verhalle à Monfieur: contenant quelques occafions de reffuz de la con- heu lt;lâAn. Lgnations dâicellc encre les mains de mondit fieur; auec certaines caufês qu'il defiroitfairc en- ° nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
tendre au Roy pour fvrgent fèruicc de à Majcfté: lefquelles comme il efperoit{croient priles en bonne part par faditeMajcfté :1a Royne mcrcaflfeura quclaprincipalle occafion qui la ti-toit à la Court eftoit pour en fauoir la dernierc volonté 8c refblution du Roy.Cc pendât pour
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Letres de Monfitiirâ
Lettres de Thofé,
Lâ H S-PT O I KÃîî D E F R A N C E ⢠môftrer pied elle marchqit en toute cefte negociatiô'.amp;pour cótctetmódit fieur qâ' (è plaignoit mer iieilleufemenî de Riiffec pour le reffus quâil faifoit de luy deliiirer AngoiiW' medaditePame donna çii côtrc-ckhâge Congnac amp;nbsp;S.Ican dâAngçly.Efquellcspeu apres entrerait aflà uoir à Cpngnac, Batreflc Si laNouë à faint lean^ Puis allant que patwW' fa le Duc,de Montpenfier amp;^arefchal de Montmorency pres la perfonne de monditlieuf' tant pourfenircicnir en efperance de faccomplilTemét de la Trefue.-que pour luy faireouun' les villes amp;nbsp;paflà gcs: amp;nbsp;fauoriièr fôn armée de tout ce qui iêroit necelfaire.
L.b s Ueputez de la Rochelle eftans de retour de la legatiô quâils auoient faite versMçfr fieur: récitèrent publiquement en ÃEfeheoinage le dernier dudit mois deDecembrecc,qui» auoientfait amp;nbsp;negotie parlant la Fraignce: qui commença par le gracieux accueil amp;nbsp;bon irai' tement dont Monfieur les auoit receuz amp;nbsp;honorez. Et feit vn long récit de la grandeaffcâi-on que lôn Excellence monftroit auoirà leur endroit : leur aiant donné charge deles pnt' de là part de continuer en la bonne volonté dont ils luyauoient fait offre, tant pareuxbââ députez que par leurs lettres. Cela eftantplusau longdifcouru ils prefënterent les lettresde Monfieur eferites à Ruffec le vintiéme Décembre.Lefquelles ne contenoientquâvn difeoâ^â delà bonneaffedionenuersles Rochellois^amp; creance pour ceft elFet.Furcnt aiifliprtf^' tées lettres de Thoré du vint vniéme dudit mois qui lesafleurade là grade amp;nbsp;ancicncaft®' on enuers la Rochelle. Les lettres centenojent le zcle amp;nbsp;affedion que le feu ConneftabRî' uoit tousjours porté aux Rochellois de laquelle luy qui eftoir lôn fils ne vouloit moinsfft^ heritier que de les biens. Ce quâil les prioit de croire amp;nbsp;lemploier à leur befoin: aucc alfeurî'
Declaratió de Monfîcur à ccux'dc la
ce quâil ne leur raanqueroit en aucune chofe de ce qui luy fcroitpcflîble.
Outre tout cela neantmoinsjfaut entendre que Monfieur aiant apres le partemet dehM' ne donné fauorable audience aux députez des Rochellois: amp;dâiceux entendu bien au M Rochelle, ce quâils luy auoient voulu dire êcremonfirer delcurpartjfeitrefpcnceparefcritenloinit dâvne Icconde proteftation qui leur furleuc en falfemblée fufditedontle fcff niairedloii' Commelon deflôin amp;nbsp;intention cftoit de perfeuerer refolument ^nfen entreprifcjjufqufSâ vnc heurculc execution amp;nbsp;accomplilfemtnt dâicellejcn laquelle il le tenoittoutalfeurélt;)Uf^ faneur Sialfillancediuine ne luy manqueroit. Comme ne feftant rien propofé iiydcpid*â ny de vengcncc particuliere. Au contraire nâauoitricn en plus finguliere reccnunandatioiâ) que le bien public de ceRoyaumc:amener chacun à lâobeiflance de la dignité amp;.MajcfléRq' aile; de laquelle il ne feftoit departy amp;nbsp;ne fe dcpgt;artiroit jamais: amp;nbsp;faire jouir vn chacun xercice de là Religion lull Catholique ou reformée. Ce quâil penfoit efire le principalpo®f ' de ce qu^ auoit à faire:afin dâoficr la couuerture de laquelle à fon auis les vns amp;nbsp;les autresfd' toient tousjours feruiz pour allumer amp;nbsp;atnzer ces guerres ciuilles. Que cemme il dpef®quot; cftrcalfifté en vue fi là inte entreprife, des plusloiaux fujets de ceRoyaum,e:amp;dcspluszeb' tours de fh onneur amp;nbsp;repos dâicelluy; aulfi fe tenoit il pour tout alïèurc des Rochellois en cd' endroit: de la finceritéamp; droite intention delquels,il nâauoit jamais doute; veu leloialamp;Ji remarquable lêruicc que leurs predccelfeurs auoient rendu à la Courcnnc.Et queeuxau«' auoient dequis continué au Roy: Et particulièrement à luy commeilauoitconneueuidein-ment: tant parleurs lettres quepar effet amp;nbsp;par la bouche de leurs Députez. Les remerciant de leur bonne volonté ôc du fecours dâargent quâils luyauoient enuoré, Quâil ne les oublie' roit jamais en quelque chofê quâil feit par cy apres: dautant quâil auoit leurs priuillegcsamp;W' chifes en finguliere recommandation. Et que à la premiere entrcucuc de la Roync mereamp;'l^ luy,il procureroit tout ce quâil luy fêroit poffible pour leur foulagementamp; auantage. Et nad-mes feroit en forte queles^arnifons;de Marans amp;nbsp;de Benon feroientofi:écs,poiirIacominO' dité delà Rochelle: les habitans de laquelle il auoit tousjours aimé des au par-auant lefeg« amp;: les aimerpit encores plus à fauenir. Pour fin quâil enuoieroit de brief gens de là parr,afin d® ' leur faire plus amplement entendre là volôté:les priant ce pendant decontinuèrtousjoursd ' leur zele Sé affedlion quâils auoient monftré à cefte Caufe Generalle.
Diuifions amp;nbsp;Or par cefte refpôce Môficur remcrcioit les Rochellois de ce quâils le reconoilfoientpout oppinions^ Chef amp;nbsp;protccfteur general de cefte Caulc. Ce qui eftoit encores pour lors trouue bien non-dcMôficur. neau amp;nbsp;eftrange à quelques vnsjaulquels il cftoit bien auis que ce titre ne fedeuoit ofterau . Prince de Condé.Veu mcfmcsqucmondit fieurfailôitprofelfion delà Religion RomainC' Mais cela nâeftoit pas le ncud de la belônene . Car comme je vous ay dit, le nombre nâeftot' pas
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P^spetitdeceuxqui jugeoienr autrement desadions amp;nbsp;intention de monditfieur. Etfem-Hoit que la Rochelle fuft diuilee en deux ligues.Les vns magnifias jufiques au Ciel fentrepri-âcamp;deflein de Monfieur: quâils dilôientauoir cfté fufeite de Dieu pourvue entière deliuran-de tous les maux paflez. Les autres en parloicnt beaucoup plus froidement. Et fe fondans 'UtccquifeftoitpaflTé auxnopces du Roy de Nauarre:craign8ientquecefuft vn mefmefu-M argument: voire vnmefmc artifice pour les faire tomber en la mefme fofiTe ou tant de '^ursfreres furent enterrez. Or y auoit lors deux Miniftres à la Rochelle bien differ en s dâop-P'iiions pour ce regard, fvnfouftcnant fentreprile deMonfieur, prefehoit publiquement la â^'ûiteamp;fmccreinrention dâicelliiy. Laquelleil loüoitSi recommandoit hautement comme âWrcccu celte vocation dè Dieu qui fe vouloir lêruir dâvn fi grand Prince au temps leplus â^iferablc pour la deliuranlt;e de ces enfans. CelloitOdet de Nort le premier de la ville tant ®gt;fçauoirquâEloquëceanimofité amp;nbsp;autres parties reqiiifesau Miniftere.' d'ailleurs de gra-^camhoriteSc reputation en la ville en laquelle il à continuellement exercé le Mini (tere de-Puisquinze ou feze ans. Lâautre qui prelchoit le contraire eftoit Noël Magnen lequel le môf 'fant vn peu plus pairionnc,alleguoit tant en publiq queen particulier beaucoup de choies Magnen Mi pour nourrir la delîiance queplufieurs auoient conccuë demoditfieur. Etnây auoit rien qui miheaia P'^slcsconfirmait en leurs doutes Ibupçons préjugez que les prefehes quâil en failbir,3U-^Uelenpeu de jours le Minillere fut interdit parfentence de ceux du confiltoire jufques à ce S^oleSinode prouincial il en fuft autrement ordonné.!! cft vray que ce ne fut par pour celte ^quot;leoccafion.'ains aulfi quâil opinoit felon lâauis dâaucuns diuerlcmcntà ceux de la Religion certains points amp;nbsp;articles de la foy. ht entre autres de ctluy de la Trinité donc il auoit efté ^âong temps repris amp;nbsp;prié de mettre par cfcric ce quâil en fentoit. Ce quâil nâauoit comme voulu faire:perfiftant tousjours en lès oppinions,jufques à ce quâil fut trouué bon de
'ây interdire la chaire. Peu de temps apres ledit Ãlagnen fe retira en Angleterre dâoù appcl-'âJP^tlePrincedâOrengcilreceutappointemcntà fafuitte. Puis mourut à Mildebourg mil nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
cens huitante.
, LcpcndantMonfieurpartydeRuffecenuironle jour de Noël pour tirer en Berry amp;nbsp;citât âCharrou le vint feptiéme Dccembre:il referiuit au Maire amp;nbsp;Efeheuins de la Rochelle com-lefoir precedent prenant fa collation il luy auoit efté mis du poifon dans lôn vin-.duquel cuyde eftr« ^5^antité dâeau quâil y auoit mis ôc le peu quâil en auoit pris fauoit comme il penfoit prefer- cæpoùoüu« ['â¢HnfemblelcfieurdeThorcqui auoitcouru mefme danger .Lespriant feresjouïr aucc 'âyparvneaétion de graces a Dieu de ce que le defîèin dâvne fi enorme amp;nbsp;abortiin^le entre-Pfilcnâauoit autrement luccedé.Ce que le Maire aiant fait entendre publiquement en tEfche-
Enfcmble beaucoup dâauertiflemens quâil diloifauoir receuz quâils eulfent à fetcnir gardes: dit que feftoit bien raifon de fy cmploicr plus que jamais: qirnyquefon nÃ
P^flâftqiiedetrcfueamp;de Paix qui eftoit le temps oufe failôient couftumierement les plus çf^ndesentreprifes par ce fit doubler les gardes concluant que feftansleürs ennemisadreifez â 3fécondéperfonne de Franceles moindres Sc plus petis ne feroient exempts de leurscm-^ulchcs.
Deputez de Monfieur, Beau nais, la Node, Digoine amp;nbsp;Foucaudicre maiftrede rc-Wes du Roy arriuez à la Rochelle des le jour de Noehlolicitoient la refponcc dâvn certain MoX*urà * Went fait à vn confie il tenu à Ruffee le vintdeuxiéme Décembre quâils auoient prefienté HKovheil« â We 8c Efeheuins de la Rochelle de la part de mondit fieur.Et lequel fion Excellence cn-Woit eftre obferué en toutes les villes qui tenoientfion party amp;nbsp;de tant plus inftammentfio-Wentleurdepefiche que mondit fieurainfi quâils difoient: les^ioit mandez qui fut caufè lanuier mil cinq cens fieptantc fix y eut aflèmblée deConfieil pour délibérer de j^wponce quâils feroient à ces articles lefquels confiftoient en trois points en lâordre ôc difici r militaire que Monfieur entendoit eftre oblèruée non fieulemMt en {bn armée. Mais aufll ^5ns les villes tenansfion parry en faminiftration amp;-diftribution de laluftice. Leticrsfiur lès ^e^Aâ^âdlcschofies Monfieur proteftoit tousjours ne.vouloir rieninnouer prejudice des priuilleges delà Rochelle clquels ilentendoitde les maintenir.Aulende-matin le Maire accompagné des principaux de la ville porta rcfponce par eferitaufidits
^^ez. Par laquelle ils proteftoient en premier lieu delcur obeilTancc amp;fubmiifionà fion 'â ^Wefelon que les Rochcllois luy auoient eferit amp;nbsp;donné charge à leurs Deputez de luy
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Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
luy faire entendre: fins toutesfois ficouër le joug, ne defroger en aucune chofe à îobeiflà nc^ quâils deuoient à la Majefté:de laquelle ils feroient tousjours bône prenne fi amp;nbsp;quandilpla«-roit à Dieu leur donner vnc bonne Paix.Difins pourrelponce à ce qui touchoit lefaiidvn Gentilhomme que Monfieur entendoit ordonner en chacune ville qui le rcconoiiToinQÿ quand à eux ils nâauoient jaaaais reconneu pour le fait dâvn gouucrnemct politic que le Maire. Et quâen cela confiftoitle principal point de leurs priuilleges efquels mon dit fieutlK auoit tousjours affeurez que lôn intenriô eftoit de les maintenir amp;nbsp;dont ores ils lefupphoiet irefhumblemét.Pourle regard de la luftice quâelle eftoit adminiftréc par les gens amp;nbsp;officiers du Roy amp;nbsp;dont les appellations reflortillbicnt au Parlement de Paris. Et que cflantà cefic , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;heure fur le but amp;nbsp;efperance dâvne bonne Paix : il ny falloir nen changer ny remettreleflit«
appellations gt;au Confiil eftably pres la perfonne de mondit fieur. Sur le fait des finances^-foient pareille relponce:monftrans en effet ne vouloir aucunement adherer au fufdit rcglemcn Ce que les Députez conoiflans requirent vnc conference Icureftrc accordée auccceuxdc la ville en leur Confeil: fuft en ÃEfeheuinage ou autre lieu quâils auiferoient. Difansqu'jâ auoient autre chofè à leur dire amp;nbsp;propofer de la part de mondit fient lequel nâentendoit reglement en la forte quâils le prenoient. Auffi quâils ne leur auoitnr prefenté commecholfi arreftée ou irreuocable: mais feulement en forme dâvn auis amp;nbsp;dâvne chofe que fon Confeih' Refponce noît fonué bonne amp;nbsp;neceffiire. Aquoy futrefpondu par Claude Huct^ Ivn des Efeheu»^ des Rochel- de la Rochelle quâil nâeftoit à {ôn auis bcfôin dâautre conference que celle qui en auoit des â cfte faite. Et que cefte refponce qui leur eftoit donnée auoit efté par fauis du Confeil plus notable compagnie de la vule.Ft que partant elle deuoit fuffire pour toiit.SurquovFPæ caudierefefentant offence dâvn parler fi libre: dit que ceftoit parler en Royamp;: quâil ueluy^P' partenoit donner la loy à vn fi grand Prince. Lâaians ja reconeu pour tel quâil eftoit. quand ils ne fauroient fait leur deuoir feroit de le faire au pluftoft. Que ce nâeftoit ainfi qu« falloir traitter ceux qui eftoient enuoicz de la part dâvn tel Scigneur.Et quand à luy ilnäUP** jamais ainfi efté manié quoy quâil euft negotie beaucoup dâaffaires ^our les feuz Roys enue^ ' les plus grans Princes de la Chreftienté. Et quâils meritoient bien quand il ny aiiroitqud* fiiiirefpeétdecéluyquilcs enuoioit, dâeftreouyzen conference. A laquelle ils pourroi^' V faire trouucr fi bon leurfcmbloit quelques Miniftres gensdcfçauoir; afin de conoiftrefm
leur propofôicnt quelque chofe derrogeant à Ihonneur de Dieu amp;nbsp;proffit de leur chofep*'' blique.Qui eftoit bien îopofite de lâintention deMonfieur qui cherifîoit amp;nbsp;aimoitla Rochelle comme la prunelle de fon Åil.Somme quâapreslogue inftance,il leur fut permis de fê ttou uer fa preffiifnée en IEfeheuinage pour les ouïr furce quâils auoient à dire, afin de refôudiç du tout. Or pour ce que le jour precedent il courut vn .bruit que la trefue eftoit rompue; W' dits Députez affeurerent quelle ne te fêroit jamais du cofté de Monfieur.Trop bien aucüerct ils quâils auoient affaire à vn Royaffezmal confeillé amp;nbsp;qui par auanturepourroit bienrcââââ pre ladite Trefue à fôn auantage. Mefmement fil fe voioit vne forte arméeprefte. Aquoy môdit fieur ne fc vouloir cndormir.Mais fè dtliberoit tenir fur fês armes. Que quand à eux i s eftoient bien aifesde voir que ion le tint bieir fur fes gardes à la Rochelle: fçathant legw® befôin quâils en auoient.Toutesfois trou noient effrange que le Icudy precedent cinquieff« ⢠- ' - quot;nbsp;ianuier, euft efté femé bruit par la ville : quâil y auoit entreprife fur iccllc.Et ce fous vnelettic
, que le Maire delbit auoir receuc qui nâeftoit fôufcritcné fignée dâaucun. Au moiendequoy il auoit efté comandé auxCitadins de porter tous lâefpée: difans quâils le fêntoiét offécez nâen auoir efté aucrtis veu leur quallité amp;nbsp;refpeól de celuy qui les auoit enuoiez. Et afin aUquot;â que faute dâaitertiffcmêt ils^e feuffent demeurez enuelopez au peril amp;nbsp;hazard dont ion auoi'-fait courir le bruit.Mais de toutes ces chofês ils furentfâtiffaitspar beaucoupderaifonsamp;fiâ^ eufes que le Maire leur renditfurle champ^Sibienquâapres plufieurs conferences ne pol' uant tirer autre chofe pour la police amp;nbsp;gouucrnement de la ville: mais toute obeiflà nccaii fait de guerre amp;nbsp;bon deuftr vers Monfieur au particulier de tous: ils prindrent fexpedic'â'' nouuciles à Monfieur. Deslcvintquatriéme Ianuier precedent, la Trelueauo'^ efté publiée à la Rochelle par le Maire amp;nbsp;de fôn auto rité. Apres toutesfois vn bien longd c rend au nom amp;nbsp;de par qui elle fe publieroit. Et pour raifon dequoy amp;nbsp;autres petis débats qugt; eftoient furuenu s, la Noue eftoit party de faint lean pouraller à la Rochelle des le pm®'^ dudit mois. Mais entendant le bruit de quelque diffcniion quifeftoit efmcuëenlavil^j^^
-ocr page 599-faint lean: il fen retourna le huitième enfuiuant afin de y donner ordre.
gt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^aifTer tmp arrière les afiairgide Flâdres amp;nbsp;les reprandre comâen paflà nr.
heslavenue^u grand Commandeur que ceux de Flefiinghe ennuicrét comme je vous ay du liHcurs.Faut entendre que Dom Loys de Requelêns grand commandeur de Caftillc, cfloit ^nuéà Bruxellesyauoit japlufieursmoisafin degouuerneraglieuduDuc par la violence duqucljle Confeil dâEfpagne, eftimoit que les affaires du pays bas commençoient à branfler ïuprejudice du Roy Philippe.'ll ^eftoit ji fait remarquer en plufieurs endroits pour le ferui-wdefon Princc.Nômement à fheureulê fin de la guerre de Grenade contre les Mores,de plus wc façon en aparcncc que le Duc:Si quâon eftimoit que les Flamans ne (ê defplairoient pas ^^nt(leluyamp; pourtant quâil luylêroit bien aile de les manier. Mais il ne les traita gueresplus ⢠®oucemct. Vray eft quâau lieu que le Duc defcouuroit en public les rigueurs ceftuy cy fc cô-^entoit de les exécuter iecrettement:ûnsfê tourméterdes moiens quâil deuoit garder à per- -«t eeux quâil tenoit pour ennemisdeflnquifition ,pourueu quâil enfeuft defehargé Lors Q^iil arriua ,Mildebourg principalle de Zélande eftoit afliegée parle Prince.Luy vou-
rendue au
faire leucr lefiege^ dreftà vne flotte en Anuers auec laquelle il fut incontinant affaillir les ''îiffeaux ennemis qui îattendoient. Mais pour la vidoire quâil feftoit promifê il vit du deffus ^^iguesou il rcftoit,deffaire les Efpagnols amp;nbsp;Vvallons: plufieurs defquels furent noiez les due par les äiJO'esamenezprilbnnicrsamp;lcs vaiflTeaux perduz le vintquatriémc jour de Feurier mil cinq wnsfeptantequatre. Tellement que ceux de Mildebourg mattczdâvn long fiegeSi toute Liandorl ^«perance quâils auoient dâeftre fècouruz, tournée en defêfpoir: apres auoir lôufferts toutes Miidcbourg â'ftffitezsê famineextreme ft rendirent le vint deuxième du mois. La guerre continuoit en floiiandcneantmoins amp;nbsp;les Efpagnols feftoient campez deuant Leyden: mais en fin ils furet ^quot;ntraints leuer le fiese le vint troifiéme jour de Mars pour aller au deuant du Duc Chrifto-^âIsdclEleâeurPallatin, des Comtes Ludouic ôc Henry deNaflà u freres deftendusau r^ffortde Ihyuer vers Maftrich auec bon nombre de gens de pied amp;nbsp;de Chenal. Or dautanc âl'^ilsfurentauertis que tEfpagnol les venoittrouuer:ils fauancerentpour le charger ou la ââ ^''cotitrcfutmcmorabl^en vne campagne debruieres appellee Mookerherde ou leur Lanf-âl'^ciietscriansà lapaiercfufentlccombat: lequel ces Confcdcrcz contraints de fbuftenita-â*îcteldef-auantage furent vaincuz Situez tous trois, le quatorzième jour dâAuril. mil cinq Bataille ou ââ 'isfeptante quatre.Sur ce le Cômandeur eftimant auoir le refte auec plus gracieux moics amp;nbsp;S^cpar refufiondu fang des fujets de ftm Prince: amp;nbsp;plus toft finir fi mift table guerre: fait pu- le fils du cô âîtvn pardon general en Anuers Icvintroifième jourdâAuril: quineluy auança pas beau-' furein^'/uez ââ °âpfcsaffaires neantmoins,pour le doute quâon auoit de la fturctè dâicelluy. TrtWs jours a- par les Ef-P''^cepardonpubliè,lesEfpagnolsmutinezà cauft quâon ne les paioit poit: entrent en ^^fsparlafaueurdu Chafteau quiles receut. Contraignent les Bourgeois à leur fournir la-
Pliure dâO-renge.
de quatre millions de florins vftns pour ceft effet de grandes rigueurs neceffaii'cment-uiüicsdâvne infinité de violences.Et pource que croiflant de jour à autre la liberté du foldat:â 'Commandeur ne fempefehoit au defir de habitans pour refréner telle audace; fut alftz
Soupçonné dâen cftre confeutant amp;nbsp;aufli mal voulu que les inftrumens de ft volonté qui ^'Jsutpouuoit autrement fournir deniers, veu le petitfonsdes coffres de ftn Prince. Brief /P^oHol pour auoir tout amp;nbsp;faccommoder en toute ftureté : enuoia les fiddats Valons Æ Ãu ville,afin de ft gorger mieux à faift amp;nbsp;crainte des Nauires propres de la ville à la garde '^'pielle ils cftoienr ordônez-.Maisi Is les fit tellement eflongner que la flottedu Prince les ââ^â'Mdefcouuert, fen faifîî aflez toft 8c les erameine à la veuc du Commandeur: pendant que i- -'^^âPîgnolsft donnoient du bon temps au ftc dâAnuers.Ainfî contens 8c auoir fteu que du-^jficurabfenceLeydénâauoit point cfté auitaillée retoürnercnt^aflieger, lefteond de May.
pour la ferrer de p lus pres quâauparauant par forme de Bloquus puis que la force ny auoit ^â^ccedé: ils firent des fortz autour jufques au nombre de vint deux, fut larges 8c profos
la plus part munis de deux ou trois bonnes pieces de CanSn. Ce fiege continua tout nbsp;_
friibien entretenu quâil ny auoit apparaneeque dâextreme confufion pour les affiegez i r. ;
letroifiéme dâOdobre elle fut rafraîchie 8c auitaillée par vn petit nôbre de Ibldats Frà m
Valons conduits parBoifôt Amiral de Hollande aidez par le flus de lamer, dont le . nbsp;nbsp;nbsp;'
auoir percé les Digues, rompu 8c ouuert les Efelufts: fit couurir toute la campagne ff-i
' Quelle fes gens fauancerent dans péris vaiffeaux,cfquel ils portèrent les prouffîôs requi-
-ocr page 600-â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H S I T O I R E D E F R A N C Et.
JaHiciftlars
fesauxaffiégez.Tellementquelcs Efpagnols auoir quelque temps combatu jamp;vciansi'^i' qui les venoitenclorre abandonnent leurs fors leuant le fiege pour fc garder s plus
occafîon. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ,
En Feuricr tan mil cinq cens fêptante cinq par fauis du Roy dâEfpagne. fEmperciir Propos de niihan eouoia au pays bas vqfs le grand commandeur, le Prince amp;nbsp;les EftatsdâHollandc-'^^ Paix entre Comtedc Schuartzcmbourg pour auifcr aux m'oicns depaix. Le Comte moienna tant Vdn^d°o- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;furent enuöiez vers le Prince pour la feu reté des Hollandois* pour ce que EaflcnibE^
lande.
bure red UC auy Elpa-gnolf
Oudcuua-ter prinfc d'aiià utpar les Efpa-gnols-
rcngcamp;ics cc faifôit à Bvfcdc en Brabant ou le Comte affifta. Mais dâautât que le Prince amp;nbsp;les Hollando'® EftatsdHo- perfiÃpientà fexercice deleur Religion: le Cômandeur ny voulant oon{êntir,ceftenegociatio finitûns,aucun effet, Puis la ville amp;nbsp;Chafteau de Bute apartenans au fils du Prince affegeï des Efpagnols furent rendus par le Gouuerneur fans aùoir veu ny entendu le Canon à îoccî' -fjon dequoy les Eftats de Hollande vouloient faire mourir ce Gouuerneur. Mais le fe contenu de le faire garder dans le Chafteau de Gondc.Au mois dâAouft enfuiiiât OnJeu* uater aflîegce des Efpagnols, le Prince fetrarifporta à -Gonde pour faire couper les diguc^^ inonder la campagne ccmâil auoitfaità Leyden. MaisJes Efpagnols aucrtisbattentfurici®' ment la ville amp;nbsp;apres breche faite donnent deux aflauts: aufqucls auoir efié viuement repoâ' fez ils retournent au troif tme ou demourans les mai ft res tuent tous les Bourgeois amp;foltl^'^
amp; biuflct la plufpart delà ville. Ent re ccs folcats y .'luoit deux copagnies dâEft clTcis.Lt!qi^âquot; les ne pou liant plus demeurer fur la brcfchc à caiife du Cancn amp;nbsp;violcns efforts des fc retirèrent dedans la villcau pres du grand Temple ou ils cembatirent îefpacedcqud^''^â heures fort eourageufement amp;nbsp;moururent touslesaimes au point fans feftre jamais voyâ rendtek Quatre jours apres les Efpagnols afïicgerent Scbccuhcuen.Le Prince y eiiucieff^P'
Schoouho urn renriiië
par com|:
tement la Garde C.olonnel des compagnie Franpoifes en Hollande auquel (qiioy que Inquot;*' ne fuft tenable amp;nbsp;que les Bourgeois fe vouluffcnt rendre maugré luy ) negociafi bienq^â^ ià tionà îâEf auoir endure le Canon,brefehe faite amp;nbsp;lâEfpagnol preft de donner aflâtit lesEourgeoi$ pognoi. le titans arriéré des coups il entra en capitulation amp;: fortit armes amp;nbsp;bagues fauues.Cepenà Jj le Commandeur pratiquoit quelques Hollandois amp;nbsp;en aiiraaucuntà fon parti Siquâaugr^â eftonnement de tous,il pafîafon arm.éc par les deftroits des Ifîes dcfâint Anne,Philippe Lan
- 7 ^ Duuclaud amp;nbsp;emporte dâaffaut la fortereffe deBômené le vint huitième Septébrepuisafl'^'
J de incontinant Ziriczcelâvne des principallcs villes de Zclandc.
Efpagnols niutiniamp; infticns.
gt;u., :.j1 -! En Feurier dclâan mil cinq cens feptante fix le Prince femparadâvnefortereffe de gisndt â importance.nommée Crimpan , garentiflant par icelle Suindre amp;nbsp;toutes les autres phcescH' lt;-ï /à )- n conuoifiilts.Commc lefiege de Ziriczéc continuoit, le commandeur moïirutdepefteaBri'' â -â^quot;c'^'îxclles le cinquième jour oc Mars mil cinq cens feptante fix .Lors le gouuemcmcnt despa/â bas fut remis de par le Roy entre les mains diiConfeil dâEftat.Au mois de May enfuiuâtZint' :çççj nâen powuatplus fe rendit aux Efpagnols lefquclsinccntinât apres cômencerctà fefflUt'' mer fou^iconleur-des paicraensà cuxdeux amp;nbsp;délibèrent femparerde Bruxelles, puis par leurs mains. Les habitans auertis de ce complot pourueurentfi bienà leurfeureté queks Efpagwls.trouilfrent les portes clofcs, cc qui les defpita tellement quâentrez, fans 'îlt;5fiftanc,e:,ftHrJafînde luillet dans Aloft ville fituce entre Gand Malmesamp; Briixellés'^y çç^ipcçreotledrfibitâs ccmc en place prinfe dâaffaut. Et pourcc qnâils cétinuoient leursmæ' Iqnces parji conniuancc de quelques vus du Confcil d'Eftat, au corr.mencement deSeptJ' brc lç Capitaine de Bruxelles bien accompagné entre dans le Palais amp;nbsp;au nem des Eftats S!tah?nt, lt;pnftitue prifonniers entre autres les Côtes dcManfeld amp;nbsp;BarlaymcntdâAffcnwJ® Confeillet, Berty amp;nbsp;Scharemberg Secraitcrcsamp; les amène prifonniers. Tcft apresksb' p^gnojs furétdeclarcz reb.Ãlcsi ennemis du Roy amp;nbsp;de fes pays par Edit du CÃfeil dâEftatpU'
Maftrich pil lee par IâEf pagnol.
Anuersfac cagepar les Efpa gnols.
bhéle vint'deitóiéme jour de Septembre. Pour cela neantmoins les Efpagnolsne lajfleKquot; de courir fa amp;âla, mettäns en route ceux qui leur vouloient faire telle en campagncy par/Jâ(inteligcnce quâils aiuWent auec les Lanfquencts: entrent dans la ville de Maftrich laqWj Je ils pillèrent. Poft apft^lsfc joignirent enfemblc marchent contre Anuers entrcntdwâs pgr la Citadelle le quatrième jour de Noucnïbre amp;nbsp;tout-foudain afîâillent lesfôldatsamp;to^ lis habitans de la ville,auec vnerefolution amp;nbsp;impetuofité telle quâils pillent amp;faccagenrplâ'' fieurs jlt;Hirs,durant ceftevilledvnc des pjus riches amp;nbsp;plus marchandes de toute lâEurope M^' facrent plufieurs milliers de perfonnes de tous aages, fexes , eftats amp;nbsp;de dîners pays:brufl^^
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fvndes plus riches quartiers de la viUeauec la magnifique maifôïk(iâicelIe.Et y commérent
actes fl eftranges quâa peyne pourroiétils eftre eftimez vraiz;-par âla pofterité. Alors les ' ^llats des quinze prouinces qui jufques à lors cftoient Efpagnollcs,{éfantafians que ceux guiles manioient ainfi ne demadoient qu^a les ruinenfot paix Paix auec le Prince amp;nbsp;les Ellars ^sHollandc Zelande le huitième jour de Nouembre en la ville de Gand: les cflets amp;c di-'â^tscuenemans deîaquelle je vous rciêrue pour vn autre lieu .Mon intention n'ellan t pas de nbsp;nbsp;,, [âo
pafferoutre pour ce coup.Ioint que les affaires font encor en brâlle, fans que lâon lache pour umeesdu l^ptefent quelle fin elles doiuent auoir. Reuenons donques aux affaires de France amp;nbsp;vous a.^ede^rm rcfouuenez des Trefues qtielà Maiellé vouloir faire publier pour apailêr les troubles delà « dOiégc C*eamp;Poitou. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
bvRANT les Trefues amp;nbsp;lorsque fur le commencement du mois pafloienr en Poitou les compagnies de Gafeongne, Angou mois amp;nbsp;Saintonge qui allolent trouuer le Roy de Nauar-'c à Sïumuten Anjou: Les Rochellois qui portoient fort impatiemment que tlllede Marans des^aJchcl ' ^te de quatre lieues ne full à leur deuotion; prièrent en paffantle Capitaine Bourry qui lois fur Ma-âUoit cinq compagnies de Fantalfins de les mener a Marans afin de les relcucr de lâennuySc «icommoditc que leur apportoit la garnilôn que le Duc de Môtpenfier y auoit laiffè. Ce quâils obtindrentaifcment .Puis ils amalfêrent cequâils peurent des gens des Ifles deRc, dcMa-â^2nncsjdâ01cron,Broüageamp; de faint lean dâAngely,y feirent conduire deux Canons amp;vne piece de campagne.Les foldats qui elloient dedans fille à lâarriuèe dcsProtellans qui gangne-leniIcBot amp;nbsp;auenuè du fort de la Brune trop aifément amp;nbsp;fans aucune refillance fenfermerent ^slcChalleauamp; y feirent tout deuoir les cinq premiers jours. Mais ils le rendirent aufi-^â «mefautede cÅur. Car auffi toll que les Roches Baritaud eull auertiffement de lâentteprilê ââiceftelfle. Il manda à PuigaillardÃc à Landreau qui accompagnez de deux ou trois cens hommes à cheual amp;nbsp;quelqucsFantalfins fe rendirent à Maillczais deux jours apres la redition lt;liiChalleau.Lefquclsaucnisdetout cequedelfusamp;quelaPaixclloitconclucamp;vneccf-üoo dâarmes publiée par^aquelle toutes voies dâhoftilité ceffoient, ils le retirèrent foudain ;
âPrestoutesfois auoir fait delraolir lâauenuë delà BallilIe.Depuis ce temps la, ne le feit choie ^igne de récit par ce que peu de jours apres lâEdit de Paix accordé par le Roy ScMonfieur 15 ^crefutpubliée partout le Royaume duquel la teneur enfuit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Edit depaîx
H E N R Y par la grace de Dieu Roy de France amp;nbsp;de Pologne à tous prelèns amp;nbsp;auenir falut. â 5 ? pousnâauonsrientant defiréjdepuisquâil à pleuà Dieunousappellerà cellcCourônepour .u i-m»/ i 5 y âfingulierebienueillancc amp;nbsp;amour que nous portons à tous fujéts: que de les réconcilier à ''â^parfaite vnionamp;r concorde:amp; les remettre en bone paix tranquillité amp;nbsp;repoSiPrÃir â qnoy PäWenir apres auoir cherché tous moiés conuenables à cell effet, amp;nbsp;eu fur ce fauis auec meu-â^^S^grande deliberation dclaRoyne nollre tref-honnorée Dameamp; mere, des Princes de noftrefang, Officiers de nollre Coruonne amp;nbsp;autres Seigneurs amp;nbsp;notables perlônnages de 'â oftreConfeil priué. Auons par celluy nollre Edit perpétuel amp;nbsp;irrcuocable, dit déclaré ila-tiie; amp;nbsp;ordonné dilbns déclarons llatuons 8c ordonnons ce qui fenfuit.
Premièrement que la mémoire de toutes chofes palTées dâvne part 8c dâautre des amp;nbsp;depuis j ^«troubles auenuz en nollre dit Royaume 8c lâocciCion dâiceux, demeurera elleinte amp;nbsp;af-æupie, comme de chofe non auenuë: amp;nbsp;ne fera loifibleny permis à nos Procureurs generau x ^autres perfonnes publiques ou priuées quelcôques,cn quelque téps ny pour quelque oceaanque cefoit,en faire mentiô,procès ou pourfuitte en aucune court ou lurifditiona. Defen-â¢Ã¢Ã´s à tous nos Ãi jets de quelque Ellat 8c quallité quâils loi et quâils nâaient à en renouueller la ââ^nioire fataquer,injurier ne prouoquer fvn fautrepar reprochée ce q eft palïé*en difputet hôtelier,quereller ne Ibullrager ouoffécer de fait ou de parolles.Mais le côtenir 8c viure paifi-âWt crtfemble corne freres,amis amp;côcitoiés.Sur peyneaux côtreuenâs dâellre punis côme Wraâeurs de Paix,8lt;: perturbateurs du repos public.Ordonnôs queb ReligiôCatholiquc 8c h^nginé fera rcmilè 8c rellablieen tous les lieux amp;nbsp;endroits de ceftuy notre Royaume amp;nbsp;pays ^Bollreobeiffanceou fexercice dâiccllc à cllé intermis pour y ellre libremêtSc paifiblement 'âîtrcécfâsaucun trouble nâepefchemet.âDefendättrdexprcffcmet à toutes perfônes de quel-cftatquallité ou condition quâelles foient,fur les peynes que deffus: de ne troubler, mo-^««ncinquietcrlesEcclefiallicqucsenla celebration du diuinlèruicc'. jouyffance amp;nbsp;per-^^pùon desdifmcs,fruits 8c reuenuz appartena ns aufdits Ecclefialliquesamp; qui les detiç(ient
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May.
quot;a
amp; occupent, leuren dclaiflènt fentiere poflèflîon paifible jouïflà nceen.tels droits, amp;iêu{etcz quâils auoient au par-auant quâils en,culTent efté delà ifiz 4.Et -pour nclailîct teftantV° nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;occafion de troubles amp;nbsp;differens entre nosfujets: auons permis amp;nbsp;permettons 1 exercice i
â I ( bre public general de la Religion prétendue refoimée, par toutes les villes amp;nbsp;lieux deno 3 **â 1'tre RoyaumCjlà ns reftrinôlixn du temps amp;nbsp;perfônnes:ne pareillement de lieux amp;nbsp;placcstpoiir ueu quâiceux lieux amp;nbsp;places leur appartiennent,ou que ce foit au gré amp;nbsp;confentemétdcsââ très proprietaires aufquels ils pourroient appartenir. Efquelles villes amp;nbsp;lieux ceux ûeia«^ gion pourrontfaiie Preiches, prières chants de Pfà lme, adminiftration de Baptefmeamp;dc Ccncspublication amp;nbsp;celebration de Mariages, Efcolles Sc leçons publiques, correâicni û laditcRcligionamp; toutes autres choies appartenans au libre amp;nbsp;entier exercice dâicclle.Pouf ront auftî tenir.Confiftoires ôc Sinodes tant prouinciaux que generaux, appeliez noscfto^is és lieux ou leid its Sinodes ièrontconuoquez amp;nbsp;aflèniblez. Auiquels Sinodes GeneWâ* prouinciaux, en joignons à nofdits officiers de aflîfter ou aucuns dâeux. Et ncantimoipsvoâ Ions amp;nbsp;ordonnons que ceux de ladite Religion.fabfticnncnr dudit exercice public ennoi ville de Paris fauxbour^§_amp; deux lieues es enuirons dâicclle. Leiquelles deux lieues uons limitées amp;nbsp;limited aux lieux qui enfuiuent. Aiïà u^faint Denis,iâint Maur dcsiou Pont de Charcnton,le Bourg la Rcyne amp;nbsp;port de Nully. Efquels lieux nous nâentendons*)â il lôit fait aucun exercice de ladite Religicn.Sans toutesfois que ceux dâicelle Rcligióp^
Impreflîon
ücs morts.
Abjiiratioa des Protef-t«ns.
Temple« des Protef-tans.
précepteur dâiceuxôtraints de faire aucune chofë cotre amp;nbsp;au prejudicedâicelle^Sablto^*^®'â auffi de faire ledit exercice en noûrc Court amp;nbsp;à deux lieues és enuirons.Et pstrcillcæct ennos terres-Ã^paÿrquifotdëlalèrmÃts.Efquels pays ne ferôt reccrchez de ce quâils fcrôtciâ« maifons pour ladite Religion: cfperant que Dieu nous fera la grace par la determinationû libre amp;nbsp;S. Côcille geneialjde voir tous nofdits fujets retinis en vne mcfnie foy Religiô^â'^ anec côme eft noftre .défit amp;: principalle intentio ;. Ne pourrôt en noftre Royaumepaystf' res amp;nbsp;Seigneuries de noftre obeiffance,eftrevenduz aucuns liurcsfans cftre premier*^® lt;fcs limes de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;officiers des lieux ou( pour le regard des'liurcs concernans ladite ReligMr
la Religion Ics Chambres cy apres par nous oïdonnces en chacun parlement, pour juger des cauK
- differens de ceux de ladite Religion.DelendanttrefexprcffcmentlâImpreffion,publication* vendition de tous liures libelles amp;nbsp;eferits diffamatoires tant dâvne part que dâautre,fut nés côtenuès en nos Ordonnances. Enjoignans à tous nos luges amp;nbsp;Officiers dây tenir la 0*^quot;' Enterremés Ordonnons que pour lâenterrement des morts ide ceux de ladite Religion eftansen no dite villÃc fauxbourgs de Paris:leur fera baillé le Cimetiere de la Trinité. Et pour toutes autres villes Sc lieux leur fera pourueu promptemêt par nos Officiers amp;nbsp;Magiftrats en c» lieu dâvne place la plus commode que faire ce pourra. Ce que nous enjoignons a nos ciers de faire amp;nbsp;tenir la main queaufdits enterremens foit en noftredite ville de Parisou -leurs ne fc cemmete aucun fcandalle y.Nâentâdons que ceux de ladite Religion foient aucu nement aflraints ny demeurent obligez, pour raifon des abjurations quâils auoient cy deu faites,promcffes,fermen s ou cautions par eux baillées concernans le fait de ladite quâils en puiffent eftre mpleftez ny trauaillez en quelque forte que ce foit ff_Pourront jC de la Religion faire Edifficr amp;conflruire des lieux, pour faite ledit exercice excepta â fauxbourgs amp;nbsp;à deux lieues és enuirôs dâicelle ville. Et ceux qui font ja par eux ediftez, c foronftenduzen teleftat quâil font.Etouils auroient prins pour iceuxconftruirequelq Eglifos ou maifons apartenans aux Ecclefiaftiqucs ou autres Catholiques: feront tenwz û« rendre. Sans toutesfois cflxe reccrchcr nemoleftez pour les matières qui y auront elle p® de Ruynes amp;nbsp;demolitions faites durant les prefêns ou precedens troublc^£lt;.Pourlcregî des mariages des Preftres amp;nbsp;perfonnes rcligieufês qui ont cflé cy deuant contrariez '.nou voulons ny nétendons pour plufieurs bonnes confiderations, quâils en foient recherche J moleftez impofans fur ceftlencc à nos Procureurs generaux amp;nbsp;autres nosoliieicrs.Ueti neantmoinsquelesenfansyffuzdefdits mariages pourront fucccdcr feulement aux me acqueftsamp;conquefts immeubles de leurs pères amp;nbsp;mères: ne voulans quelefditsRel^ ^rprotef I^eligîeufes profez, puiffont venir à aucune fucccffion diredeny collaterallej^®'^ tans. ceux de ladite Religion tenuz garder les loix rcccu es en lEglife Catholique, pour lelai
â mariages contradez SiC à contraâei és degtez de confânguinité amp;nbsp;affinité:poui ewter au
Mariages des Pretres amp;Re ligiciix.
livre Q^V a R E N T I E M E.
300.
proces qui fcn pourroient enfiiiurc à h ruïne de la plus part des bonès mallons de nô J^^rrditRoiaume:amp; difolutiö des liés dâamitié qui facquierêt par mariages amp;nbsp;aliâces entre nos 'âj«s.Etiieâtmoins pour les mariages faits en tiers ou quart degré,ne pourrôt ceux de ladite âieiigió eftre molcftezmây la vallidité defdits mariages reuoquée endoubterNe pareillement ^lucceffió oftee ny querellée aux enfas defcédâs dcldits mariag^,faits ou à fà ire.Et pour ju-ÿr de la vallidité des mariages faits amp;nbsp;côtradez par ceux de ladite Religio :amp; decider fils fót 'dtesou illicites;Si ccluy de ladite Refigio eft defendeur,en ces cas le luge Roial conoiftra Wîit dudit Mariage.Et ou il lèroit demâdeur ôc le defendeur Catholique,là conoilTâce en ap P^iédraà îOfficialamp;luge Eclefiaftique.inOrdônons quâil ne fera fait dilFerécenây diftin- pouresPro-® pour le regard de la Religion,à receuoir tâtez Vniuerfitcz,ColIeges,EfcoIles3Holpitaux 'cÃaquot;»-^Malladeries que aumoliies publiqs,les Efcolliers mallades amp;nbsp;poures.12^Ceux de ladite Re-â¢igion paierôtles droits dâétréecôme il eft accouftumé pourles charges amp;nbsp;offices dont ils fe- ceremonies fontpourueuz:fans eftre côtraints dâalfifter à aucune ceremonie côtraircà leur dite Religio. amp;fcrmcntà Leftâs appellés par fcrmét.ne feront tenus dâen faire autre que de leuer la main, Jurer, amp;nbsp;pro- derEÃa?:^ 'uettre à Dieu quâils dirôt la verité.Et ne fêrôt auffi tenus de prâdre difpcnfe du fermét par eux ptefté,en paffant les contrats amp;nbsp;obligatios. 13 .Voulons nbsp;nbsp;ordônons que tous nos fu jets,tant clcÃaUks
Catholiques que de ladite Religiô pretédiie reformée, de quelque qualité amp;nbsp;conditio quâils hiêt:foiët tenus Si côtrainds par toutes voies deuës amp;nbsp;raifônables amp;nbsp;fous les peines côtenuës ® nos précédés Edits fur ce faits:paier Sc acquirer les difmes auxCurez amp;nbsp;autres Eclefiaftics ^ ^tousautresa qui ils appartiénent fclô fvfance Si couftume des lieux .14. Noftre cher amp;nbsp;renge. . ^dnamæoufin le Prince dâOrenge,fêra remis amp;nbsp;réintégré en toutes fès terres lurifHiétions /-4-
Seigneuries qu'il a dâs noftre Roiaume Si pais de noftre obeifïà nceænfemble en la princi-PîiitcdâOrenge,droits,titres,documensamp; pappiers fi aucuns en ont efté pris amp;nbsp;trâfportez,par JâosLieutenâs Generaux amp;nbsp;autres nos Officiers.Lefquels biés,droits amp;nbsp;titres ferôt rédus à no- nbsp;nbsp;nbsp;-â
fcditCoufin;rcmis amp;nbsp;reftablisau mefine cftat quâils eftoiét auparauât les troubles. Pour en jouyrparlui Si les fiens dâyefhauât,fuiuât les prouifiôs,Arrefts Si declarations quâauoiét efté ^weefaites Raccordées par le feu Roy Henry noftre treshonoré Seigneur amp;nbsp;Pere que Dieu
R autres Rois nos predccefTeurs toutainfi quâil faifoit aiiât Icfdits troubles. 15, Ceux ^dadite Religion ferôt tenus garder,amp; obfêruer les Feftes indites en fEglifê Catholique Ro- J* 'â'âine. Et ne pourront es jours dâicelles befongner,védre ny eftaller à boutiques ouucrtes,Et juc/ jours efquelsfvfage de la chair eftdefédu par icelle lesboucherics ne foiiurirôta^Ãn tous , publiques ou fera parlé de ladite Religiô,fera vfc de ces mots Religiô pre^duë re- f y fctmce.1_7.Afin de revnir dâautât mieux les volôtez de nos fujets,côme eft noftre intentiÃide-darons tant les Catholiques vnis Scccux de ladite Religion pretenduë reformée,capables de tooir R exercer tous Eftats Si dignitez,Offices Si charges quelconques Roiallcs Scigneuri-ailes ou des villes denofdits Roiaume,pays terres Si Seigneuries de noftre obeyflà nce. Et dâe- nis capa-lire cniceux indifféremment admis Si ieceuz:fâns quâils fbiét tenus prefter autre férmét ny a-llrainâs dâautres obligations que de bien Si fidellemét exercer leurs Eftats, dignitez, charges ^Offices. Pour le regard de ceux qui feront en noftre difpofition, fera par nous pourueu âuenantvaccationindiftèrément amp;nbsp;fans diftinéfion de Religion de perfônnes capables com-'ââ^verrós eftre à faire pour le bié de noftre feruice Si de nos fujets. 18. Et dâautât quefadmi- f nifcfatiô de la luftice eft vn des princippaux moiés pour côtenir nos fujets en Paix amp;nbsp;concor uu:Nousinclinas à laRequeftc qui nous à efté faite tant de la piftt des Catholicques aflocicz, de ceux de ladite Religiô pretêduë reformée: Auons ordôné Si ordonnons que en noftre ^oiirt deParlemctde Paris fera eftablie vne Châbre côpofée de 2 j^refidens Siié. Confcil-tfrs moitié Catholiques Si moitié de ladite Religiô.Et lefquelsOfficiers de la Religion feront Chambre pîtnous créezamp;erigez a cefte fin aux mefmes gages,hôneurs,authoritezamp; prerogatiues que tu nos autres Confeillers de noftre ditcCourt:Pour par icelle Châtie conoiftre Si juger fou- chacun Par. ââ¢traincté,dernier reflbrt Si par Arreft priuatiuemét à tous autres procez amp;nbsp;différés meuz Si âmoiiuoir, efquels procez Icfdits Catholiqs aflociez ou de la Religiô pretêduë reformée du
de noftre Court,ferôt parties principales ou garés:en demédât ou defédât en toutes ma tât ciuilles que criminelles:foiét lefHits proces par eferit ou appellations verballes Si ce ^ftonfemblcaufdites parties vne dâicelles le requiert.LaquellcChambrc ainfi que dit eft compofée ou eftablie fera par nous cniioicé en ùoftrc ville de Poitiers, pour y loir Si rendre lÃ
PPP
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
juftice à nofdics fiijets Catholiques vnis Si de ladite Religion de nos pays de Poitow,AcgcU' mois, Aunis amp;nbsp;la Rochelle: en mcfme forme amp;nbsp;quallite que lors de laitance de laditecharo hre ennoftre Court de Parlement de Paris.Et ce trois mois durant chacune année ccirmcâ' cans le dernier jour d'Aouft jufques au dernier jour dâOólobre. ip. Et peur le rclTort de «û-ftre Court de Parlement d? Toloiè fera ertablie vne chambre en la ville de Montpellictxcm-pofée de deux Prefidens amp;nbsp;dix-huit Coniêillers moitié Catholiques amp;nbsp;moitié de ladite Rd*' gion.Leiquels Catholiques feront par nous choifis de nos Cours de Parlcmens amp;nbsp;grand ton-iêil.Et lefdits de la Religion créés èi erigez de nouuel aux mefmes gages, honneurs, authoii-tez prerogatiucs amp;nbsp;preéminêces que les Prefidens amp;nbsp;Coniêillers de noftre dite Court de Pa*' Icment de Tolofe.En laquelle chambre iêront aiiifi créés vn Aduocat amp;nbsp;vn Procureur g£**^â raljdeux Greffiers fvn Ciuil amp;nbsp;fautre Criminel2.Huyffiersamp; tous autres Officiers neceflait^ tant pour ladite chambre que pour la Chancellerie qui y iêra par nous eiîablie.Tous lefqu^*® Officiers ferôt moitié Catholiques amp;nbsp;iautre moitié de ladite Religion.Erconoiilraamp;jug^'^ ladite Chambre en fouuerainetédernier reifort amp;nbsp;par Arreft priuatiuement à tcusautres,d^ proces amp;nbsp;diiferens meuz nbsp;nbsp;à mouuoir:efquels lefdits Catholiques aifociez ou de laditeBcu-
gion prétendue reformée du reiïort de noftrcdit Parlement de Toloiè iêront parties prinû^ les ou garéds en demâdant ou defendant en toutes matières tant ciuilles que criminellcsfd^ lefdits procez par eicritou appellatiôs verballcs ce û bon iemble aufditesparties celles le requiert. 20 . Scblables Chambres voulons eftre eftabliesen nos Courts deP^' lemens de GrenoblejBourdcaux,Aix3Dijon,Rouen èi BretaignciCompoféesdu nombre df deux Prefidens ôc dix Confeillers en chacune Chambre qui iêront commediteil moitiéCa* tholiques Sgt;c moitié de lafufdite Religion. Et iceux de ladite Religion par nous de nouuelâ créés à ceft effet pour par lefdites Chambres chacune au reiïort ou elle feta eftablie, auoittÃ*' le jurifdiólion authorité amp;nbsp;pouuoir conoiftre amp;c juger en la forme amp;nbsp;qualité amp;nbsp;tout ainfiqââ eft dit cy deirus,pour les reiïorts de nos Cours de Parlemêt de Pans amp;nbsp;de Tolofe.Etferapc^^ le regard de noftre pais de Dauphiné le iêruice de ladite Chambr^ny partie aiîâuoir fixnio*® audit Grenoble amp;nbsp;autres fix mois à Saint Marcellin ccmmcnçantla premierefeanceau Sainéb Marcellin . Vint-vniéme. Voulons auffi par maniéré de prouifion amp;nbsp;jtifqueac® quefaifembléc generale quâentendons tenir des Eftats de noftre R o y a v m e ilenfoitp^* nousautrcmentordonné:Que detous jugemens qui ferôt dônez es procez meuz ou à mo'*' uoir,la ou leiciits Catholiques vnis amp;nbsp;de ladite Religiô iêront en qualité demâdantcu dck**' dâr,parties principales ou garéds en toutes matières tût ciuilles qcriminelles,pat les de nos neges Prcfidiaiix ou autres aufquclsauriôs donc pouuoir de juger en certaines caw£* iciuucrainement amp;nbsp;en dernier reiîbrt,il y aura appel efdires Châbres nouuellcmét eftablies^ nofdits Parlemés chacune en fon reilort;Nonobftattous Edits côcernâsîauthoritéamp;jutil^ óliö defdits Prcfidiaiix. Aufquels pour lâeffet fufdit nousauôs defrogéamp;defrcgcôsifâsyP*â^
judicier en autres choies. Lequel appel cz matières ciuilles Prefidialles, aura effet deuoluU* iêulemët amp;nbsp;non fufpenfif.Sinà que ducôfentcmct defditcs parties fuft accordé que leursproâ ( »» cez iêroiët jug,cz par lefdits Prefidiaux en iôuueraineté.Auquel cas le côtenu au ptefétartidj nâaura lieu ne pareillemêt aux fieges ou il y auroit nombre fuffiiânt de ceux de ladite Relig**â pour juger lefdits procez.Ce quâils pourront faire aiiec nombr e pareil dcCatholiqiieseniç**' ueraineté amp;nbsp;fans appel ez cas des Edits.Et ncantmoins pour certaines caufes amp;nbsp;confideratic^ ace nous mouuâs, ordônons*que finftrudiô amp;nbsp;jugemét des proces criminels intétez ou3/**' tenter au fiege du Senefchal de Toloiè eftabli en icelle,eiquels procez lesCatholiques vflis^ ceux de ladite Religion l(|font defendeursine fe fera en ladite ville,ains au plus prochainfieg^ dudit Senefchal auquel nous auons iceux procez defapreiènt renuoicz amp;nbsp;réuoionsà lachatg® de lâappel en la Chambreeftablie à Montpcllicr.a z.LcsPreuofts de noftrcfchersamésC'â*' | Proteftans les Marefchaux de F^âce, Vibaillifs,ViffeneîcIïâïix, Lieutenans de robbe courte amp;aiii*^â | Criminels Officiets dc fcmblablc qualité jugeront félon les ordonnances amp;nbsp;reiglemcns cydeuant do*â' I uoftVdes^*^^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vagabons.Et quand aux domiciliez chargez amp;nbsp;preuenus des cas nbsp;nbsp;1
Marefchaux uoftables,fils ffintdcs Catholicques vnis ou de laite Religion: lefdidts Officiers feront tenu* I
appeller en îinftrutftion jugement defdiéts proces nombre cfgal de nos Officiers de quai' I lité requifê tant de Catholicques que de ladide Religion ez plus prochains ^iegÆ 1 Prefidiaux ou Royjtux ez Prouinces ou il ny a point de fieges Prefidiaux fi tanty enaû^ hdide
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deladide Religion. Sinon en leur lieu appelleront des Aduocats Fil fi en trouueen luallité. 2j. Ordonnons voulons amp;nbsp;nous plaift quenoftre tre(cheramp;trelà imébeaufre-ua°rcPrin-âc leRoy^eNauarre: noftre trefeher amp;nbsp;bien amé Coufin le Prince de Condé : noftre tref- cc »le Codé WHamp;améCoufinle Sieur de Danuille Marefchal de France femblablement tous au-te Seigneurs,Chcualliers,Gentils-hommes amp;nbsp;autres de quelque quallité ou condition quâ- Tous ren-â MoycnttantCatholicquesque vnis de ladite Religion : rentreront amp;nbsp;feront confêruez en la icursEüacs louyflà nce de leurs Gouuernemcns, charges,Eftats amp;nbsp;Offices Royaux dont ils jouïflbient au m le« paraiiant le vint-quatriéme Aouft mil cinq cens fêptantc deux:fà ns cftre aftrainds de prandre quot;ûuuelles prouifions, amp;nbsp;nonobftant tous Arrefts Se lugemens contre eux donncz;amp; les pro- nuis. âHions quiauroyentefte obtenues defdids Eftats par autres. Pareillement rentreront en la Wyfià ncedctousSc chacuns leurs biens, droids, noms, raifbns amp;nbsp;aétions nonobftant les jugemens enfuiuis pour railôn defdids troiiblcs. Lefquels Arrefts jugemens,prouifions amp;nbsp;W ce qui fenferoitenfuiuy, nous auons pour ceft effed déclaré amp;nbsp;déclarons nuis Se dcnul 2.4â dfeâ amp;nbsp;valleur. 24. Nâentendons parce quieft cy deuantdit, que ceux qui ont leursEftats amp;nbsp;Offices en vertu de nos lettres patentes ou d u feu Roy noftre trefeher Seigneur Proteftans öftere, puiffentles recouurer amp;nbsp;entrer en la pofTcffiondâiceux: leurreferuantneantmoins fturaûion contre lespofrefïcursamp; titulaires dcfdids Offices pour le payement du pris con-uenu entre eux au moyen defdides refi gnations. Et pou r le regard de ceux qui ont efté con-ttâindsdefaift amp;nbsp;de force par les particuliers à refignec leurfdids Eftats amp;nbsp;Offices : leur permettons amp;à leurs heritiers dâen faire inftanceamp; pourfuitte par lufticeciuillemenf. tantcon- _ tmceuxquiaurontvfédefdidesforceSjque contre leurs hoirs amp;fuccefreurs._2^ Ordonnôs
que fî aucunes Commanderies de lâordre Saind lean de lerufà lcm appartenans âux deric.â¢cS. Gtnolicquesaffociez ou deladide Religion, fe trouuoyent faifies par authorité de nos lu- lean de le-
ou fl par autres à foccafion amp;nbsp;pretexte des troubles ils en eftoyent en quelque forte de-pofïèdez ; que plaine Se entière main leuée en foit faide aufdids Commandeurs. Et eux re-misentelEftatamp; pofïèfïion dcfditcs Commanderies quâilseftoyentdouant le vint-quatrié-me Aouft mil cinq cens fèptantcdcux.,^. Et quand à ceux tant Catholicquesde îvnion ^Ufide ladiâe Religion qui auroient efté pourueuz dâOffices amp;nbsp;non encores receuz en iceux: 2.7-'oulons amp;nbsp;nous plaift quâils foyent receuz efdids EftatSjSc toutes prouifions neceflaires leur Pourueux ^eftre expédiées. 27. Et femblablement que lefdids Catholicques vnis, rentrent en la mrfmepofieflion Se jouÿflà nce de leurs benefices quâils auoycnt auparauant ledid vint-qua-iiicme Aouft. Et que ceux qui dâauthorité priuée fans mandement ou don de nou», auront jouyamp;receu lesfruids defdids benefices appartenans aufdids Catholicques vnis : foyent teuzamp;contrainds leur rendre Screftituer. 28 . Tous difficrens conccrnâns les rançons 0« ceux qui ont efté faids prifonniers dâvn parfamp;dâautrc durant ces troubles ,font refetuez Rançons rc commenousles refèruons à nous Se noftre perfonne. Defendant aux parties dâen faire ail-leurs que par deuant nous pourfuitte Se à tous noz Officiers amp;nbsp;Magiftratz dâen prandre au- noiflance. cune Court, jurifdidion ne connoiftâance. 2^. Les criées,affiches amp;fubhaftations des he-litages5 dont onpourfuitle decret, fêrontTaidcs cz lieux Se heures accouftumées fi foire ^cpeutfuiuantnoz Ordonnances : ou bien ez marchez publics fi au lieu ou fontaffis lefdids Heritages y a marché. Et où il nây en auroit,feront faides au plus prochain marché eftant du rcffottdu fiege ou lâadjudication fê doit faire. Et feront les affiches mifes au pofteau dudid marché amp;nbsp;à fentréc de f Auditoire du lieu. Et ainfi feronfvallables icelles criées; Se pafle We aîinterpofition du decret fans Farrefteraux nullitez quâon pourroit alléguer pour ce ^^S^rd. Trentième. Les aquifitions que les C at h o l i q^v ft affocicz ou ceux de lagt;^*^ Religion prétendue reformée auroyent faides par authorité dâautres que de nous pour les Mmcubles appartenants à fEglife : nâauront aucun lieu nây effed. Ains ordonnons vou- bÅns^Eclc* hnsamp;nous plaift que lefdids Eclcfiaftiques rentrent incontina»t amp;nbsp;fans delay: amp;nbsp;foyent fiafics. conferuez en lapoffieffionSc jouyffance réelle Se aduelle defdids biens ainfi aliénez; fans ^ftrctenuz de rendre le pris defdides ventes. Et ce nonobftant lefdids contrads de ven-â¢tiondefquels à ceft effied nous auons cafTez amp;nbsp;reuoquez corne nuis. Sauf leur recours auf tsachepteurscontre qui il appartiendra .Et neantmoins feront expediée^noz lettres paten-tedepermiffion à ceux de ladite Religion, dâimpofer 8c.efgaller fur eux lesfommes aquoy ftmotiteront lefdides ventes,pour rembourfor les achepteurs des deniers par eux véritable-
PPP ij-
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M-yj 1576
ment amp;nbsp;fans fraude desbourfez. Sans que lefdits acquereurs puiffent prétendre ancv.nejâi^ pour leurs dommages amp;nbsp;interefts à faute de jouylîancc. Ainsfc contenteront du rcmboui^ met des deniers par eux fournis pour le pris defditcs aquif tiens precômtâtfuriccliij'pns*^^ fruids par eux pcrceus au cas que ladite vente fe trouuaft cftrc faite à trop vil amp;nbsp;injwftepr»â -r I JI .Les exhérédations ou prfuations foit par difpofition dâentre vifs ou tcftà mentaireSjfaitôt*â haine de la Religion ou des troubles:nâauront lieu tant pour le paffé que pour laucninaupâ^ ons^Pro-' des Catholiques de fvnion nây de ceux de ladite Religion prétendue refoinice.Pcu' ucu quâil ny ait autre caufe que du fait dâicellcReligion amp;nbsp;prinfè des armes.EntcndâsaDfliÃ''' le fcmhlable foit garde pour le regard des exheredations ou priuations faites en haine delab^ ligion Catholique.Et neantmoins les teftamens militaires qui ont efte faits durant Icfditsp''^^ fens amp;nbsp;precedens troubles tant dâvnepar que dâautreivaudront amp;nbsp;tiendront félon la difpofin^ de droit 3 3. Les defordres Si excez 6its le 24.Aouft amp;nbsp;jours fuiuans en confequencc W jour à Paris 5lt; en autre villes endroits de noftre Roiaumc:fônt auenus à ncftrc ttefgrâdrcgt^ 8c defplaifir.Er pourdcmôftratiô fmguliere de noftre bôté amp;nbsp;bié veillâce enuers nosfujets-
tcllans.
Defordte? de Paris au jourS.Bar-thelemy, i57t.dcla-UüUCZ,
datons les vcfucs amp;nbsp;enfâsde ceux qui ontefte tuez lefdits jours en quelque part quecelo» noftre ditRoiaumerexépts de contribuer aux impcfitiôs qui fe ferôt pour raifon de nos baà arriereban,ft Icurfdits Maris ou Pères eftoiétNobles.Erou leurs dits Maris ou Peies auroïc' efte de qualité roturiereamp; taillables,nous pour les mefmes cófideiatiós defehargeonstf'^ vefues enfans de toutes taillesamp; impofttions à tout pour amp;nbsp;durant felpace de 6.annéespfÃ* chaines amp;nbsp;côlcciitities.Defendâs à nos Officiers chacun en ftm endroit de lesy côprandrcaU prejudice de nos prefens vouloir amp;nbsp;intêtion.jj.Déclarons auffi toutes Sétcncesjugemés/ reftsjprocedurcs,fâifies,vêtes 8c decrets faits amp;.'dônez contre ceux de ladite Religio pretw reformée rât viuâs que moits,depuisle ttcfpas du feu Roy Henry neftre treshenoré Seign^^J 8c Pcre:à foccafîô de ladite Rehgiôjtumultes amp;nbsp;troubles depuis aucnusrEnfèmblelâexecuf*â dâiceux jugemens 8c decrctsrdcs aprefênt caftez reuoquez amp;nbsp;annuilez.-amp;iceux,caftfbnsteuf quons amp;nbsp;annullons.Ordonnâtquâils feront raicz des Regiftresamp; Cèreftes des Cours tantPâ ueraines quâinférieures.Côme nous voulons auffi cftrc oftées 8c effacées toutes marquesvn ges amp;nbsp;monumês defdites cxecutions51iuresamp;aéfes diffamatoires contre leurs perfonnesiÃ^' moire amp;nbsp;pofteritc.Et que les places cfquelles ont efté faites pour cefte occafîon dcmolin^^ ou razemensjfcront rédues enîeftatquâcllesfontaux proprietaires dâicelles,peuren joiâft difpofér à leur volonté. Le femblable voulons 8c ordonnons cftre faiéf pour les CatholiqÃjâ aflbcicz â¢Et nomméement pour raifon des Arrefts 8c jugemens donnez contre les Sieurs la Mole, Coconas 8c la Haye Lieutenant General de Poitou. Et generallement auons fé, reuoquéamp; annullé toutes procedures amp;nbsp;informations faiéfes pour entreprinfes qUâ^ conques, charges,prétendus crimes de leze Majefté ou autresinonobftantlefquelles proc^ deures Arrefts ôé jugemens contenans revnionsdneorporations amp;nbsp;confifeations, tant JcÃi^ Catholicquesaftbcicz que ceux de ladiéle Religion, que leurs heritiers rentreront en la pdâ feffion réelle amp;nbsp;aéfuelle de tous amp;nbsp;chacuns leurs biens .54. Et dâautant quâau moyendeno* ftre fufdiéte declaration,tous Arrefts amp;nbsp;jugemens donnez contre le feu Sieur de Chaltillo*â Admirai de France 8c execution dâiceux : demeurent nuis amp;nbsp;de nul cffeél comme chofe non
Iiigenians Ãpourfuites contre le» Protclïans décédez nuis.
La Mole Coconas amp;nbsp;la Haye Lieutenant de Poitou.
Lâhonneufi de lâAmiral (le Chaflilô
K-nX^'faiéfe uy aduenuëiNous en confequence dâicelle declaration,voulons amp;nbsp;ordonnons que tonâ lefdiéls Arrefts, lugemens, procedures amp;nbsp;aéfes faits contre ledit Sieur de Chaftillonfoi^ rayez,biffez amp;nbsp;mis hors des Regiftres.des Greffes, tant de noz Courts de Parlemens que y routes autres jiirifdiélions. Et que tant la mémoire dudid Admirai que les enfans dâiçW' hiy, demeurent entiers c»leurs honneurs 8c biens pour ce regard ; Nonobftantque lefdK*® Arrefts portent revnion amp;nbsp;incorporation dâiceux biens au domaine de noftre Couronne'
-, Dont nous ferons expedier aufdiéfs enfans plus ample amp;nbsp;fpecialle declaration fî bon W 3^ fcmble. Le fembla^c voulons eftrefaiâ pour le regard des Sieurs deMontgommetj) MontbrmiT Montbruii , Briquemaut 8c Cauaignes. Deffendons de ne faire aucunes proccflioi« Briqutmaut tant à caufè de la mort de feu noftre Coufin le Prince de Codé,que journée S.Barthelemy)* Cau^gnM gmfçj j pujffijnr ramener la mémoire des troublcs.j7.Toutcs procedures faites,jug«' 'yj mens amp;nbsp;Arrefts dônez cotre ceux de la Religiô portas les armes ou abfens de ce RoiaumMâ bien retirez cz viles amp;nbsp;païs dâiceluy par eux tenues en quelque autre matière que delà He g*®®
-ocr page 607-LIVRE QJV ARENTIEME.
JO2.
troubIes:EnfembIe toutes peremptions dâinftance, preferiptions tant legalles coniien-iugemeniamp; '°nnclles,quecouftumicrcsqiie lâifiesfcodallesefcheuëspendantles prefens prccedcnsPâ^^*ââ'^ j oiibleslieront cftimées comme non faites donees ny auenuës. Et telles les auons déclarées ScProtcfta^ « ^^raifesau neantrfans que les parties fen puifïcntaucunemeqjaider. Encores que ceux de^ Cathoh-digion aient efté oys Sc défendus par Procureurs.Ainsfêrôt remifes en tEftat quâils eftoiët^*^*^'*quot;**'
'^P3rauant,nonobftant Icfdits Arrefts amp;nbsp;fexecütion dâiceux.Et leur fera renduë la pofTefTion en Wie ils cftoiét pour le regard defdites chofes,le 24.Aoijft Et auoir ce que deffus pa-'â eméclicUjpourles Catholiques defvniô depuis quâils ont prins les armes:ou efté abfèns dé Koiaume pour le fait des troubles amp;nbsp;pour les enfâs mineurs de la qualité fufdite qui fôt morts
^''l'âtlefditstroubles.Declaronsaufli nullesjtoutes procedures faites Sc jugemes donnez durât 'âiiefme téps contre les fufdits par defaut amp;nbsp;contumaces. Enfemble ^execution dâiceux juge-'^^ns.Remcttât les parties au mefme eftat quâelles eftoiêt auparauât fans refondre les dcfpés nây quot;îtenuz de configner les arnédes jSÃous prifônniers qui font detenuz foit par authoritc de âKeou autreinét: mefmes ez Galîeres â foccafion des prefens amp;nbsp;precedes troubles:fèront ef Prifonnier».
mis en liberté dâvn cofté Se dâautre fans paicr aucune rançon.Cafïà ns Se annullans tou-
'psobligationspaflees pour ce icgard.Et defehargeât les cautions dâicelles. Nâcntëdons toutes-®'â'^'âââ-Wuelcs râçons qui ont efté ja desbourfees amp;nbsp;paiées par ceux qui eftoiët prifonniers de guer-^^ ifuleraécpuifrentcftre répétées fur ceux qui les auront receues.Etquâd a ce qui a efté fait amp;nbsp;Pi^'shorsla voie dhâoftillite cotre les rciglemcs publics ou particuliers des Chefs ou des comu-?âtîzamp;Prouinces qui auoiét cômandemét,5c qui nâaefté ou ne fera auoué das 2. mois apres Pbblicatiû de ce prefent Edit dâvnc part ou dâautrexn pourra eftre faite pourfuitte par la voyc ^âUiticcciuillemêt.^p.Ordonnons auffi que punitiô foit faite, des crimes Se dcliéls cômis '^Perfónesdemefoiepartfen têps de troubles trefuesou fufpction dâarmes. Si ce nâeft que lef nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
'Mes fuffent auouez par lesChefs dâvne part ou dâautre dans le téps de 2. mois.Et quad aux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f
5quot;cescxa6hon de deniers ports dâarmesamp; autres exploits de guerre faits dâauthonté priuée ^quot;^îueuæn fera faite poutfuitte par la voie de Iuftice.40.Les meubles qui fc trouuerrôt en na-Mçuble» nâaurontefté prins par voie dâhoftftlité:feront rédus a ceux a qui ilsappartiénentfils^f**â quot;tamp;fetrouuét eftre encores lors de la publication de ce prefent Edit ez mains de ceux qui les 'âquot;prins,ou de leurs heritiers:fà ns rédre aucuns deniers pour la reftitutiô dâiceux.Et ou lefHits ^cublcs auroiét efté vendus 8c aliénez par authorité de luftice ou par autre cômiflion ou man-
public tant des Catholiques que de ceux de ladite Religion:pourront ncantmoins eftre Wlt;]uez;enrendant le pris dâiceux aux achepteurs. Declarant nâeftre aéte dâhoftifiité ce que
hait à Paris 8c ailleurs le aj.Aouft 1572.8c ez jours confecutifsen confequéee de ce Qui fuq^y^ng^ 5, ^dedit2z|..Aouft.4i.Pourle regard des fruits des immeubles,chacun rétrera dâs les maifonsBaneicmy ^oiens;amp;jouyrareciproqucmét desfruits de laculletcdelaprefenteannéc: Mefmement tcJelialliquesnonobftant toutes faifies Se empefehemês faits au contraire durant lefdits prefens ^prccedenstroubles.Ãômc aufli chacun jouyra des arrerages des fêtes qui nâaurôtcfté P'^iufeSp^^.^^ æ. parnoiisjounosmandemés 8c permiflîon 8c ordonnâce deluftice ou par mandtmés des Chef-Bneùi,igs_*â'â Vautrepart.j^^^es forces 8c Garnifons quifont ou feront ez maifons, places, villes 8c Cha-Wappartenans à nos fujets de quelque Religion ou qualité quâils feroient:vuidcront iucon^âpquot;^^®â' quot;quot;âtapres la publication du prefent Edit. Pour en laifTcr la libre 8c entière jouyftà nce aux pro-videronu Pf'îtairescôme ils auoient auparauant en eftre defîà ifîs. Nonobftât toutes pretentions de droit ^quot;eceux qui les détiennent pourroient allcguer.Sur lefquellcs pretentions fe pouruoiront par
voies ordinaires de Iuftice:apres quâils auront delaifTé ladite pofTelEon.Ce que fpecialleméc ''Valons eftre effeétué pour le regard des benefices dont les titulaifts auroient efté depofledez, ^Tous titres, pappiers, enfsignemens 8c documens qui ont efté prins feront rendus Se â'tuez dâvne part 8c dâautre à ceux à qui ils appartiennent. Encores que lefdits pappiers oumens. æs Chafteaux 8c maifons efquclles ils eftoyent gardez, ayent efjé prins 8c fâifis foit par nos Wilescommiffionsou mandemens denos LieutenansSc Gouuerncurs: ou defauthorité
Chefs de fautre part ou fous quelque autre prétexte que cefoit. 44. Le libre corn- ââtH-^ctce amp;nbsp;paffagefera remis par toutes les villes Bourgs 8c Bourgades PontsSTp^aflà ges de hediéî R 0 y a v m e pays terres 8c Seigneuries de noftre obeyftà nce 8c protedion : tant parsubfid« que parterre : riuieres 8c eauës douces comme ils eftoyent auparauant les prefens 8c prc-nouueaux
Wens troubles:amp; tous nouueaux péages fubfîdcs impofêz par autre authorité-que la noftre
P PP iij.
-ocr page 608-May,1576. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
rant iceux troubles oftcz. 45. Toutes places villes amp;nbsp;prcuinces de noftre Rciauire pass Priuiicgcs SiScigneuries de uoftre obeïlTance-.vferont amp;i jouiront de mefmes priuillegeSjimniuniteZ) 1 rnnh tcZjfranchifes,foires,marchez, jurifdidions amp;nbsp;ficge de luftice, quel les faifoient auparauant prefens troubles . Nonobftant les tranflations dâaucuns defdits fieges âamp; toutes lettres erfl res .Lefquels fieges feront rciRis amp;nbsp;reftabliscz villes lieux ou ils reftoyent auparauant-^ Dautant que fi deflus nousauonsdeclare, lefdits Catholiques vnis amp;nbsp;ceux deladiteRdfp^^ biesdâi?atsCapables de tenir tous Eftats Offices dignitez amp;nbsp;charges quelconques feigneiiriallesou
villes dc noftre dit RoiaunrCjpaïs terres Sc ièigneu.ries de noftre obcïfiacc:amp; dâcfire en iccu^ differement admis amp;nbsp;receusmous voulons quâil puifient parcillemét tenir les charges de cureuramp; findics des pais villes amp;nbsp;lieux Sc eftre admis en tous confeils deliberatiósalféblees eleótiues des Eftats des Prouinces quâautres fundlions qui deppêdêt des chofes fiiföites.Sasq pour raifon de laditcRcligiô ou dcfdits troubles, ils en puiflènt eftre rejetez ou empefenez ne?pourront Icldits de la Religio eftre cyaprez furcliargez ny fouliez dâaucunesc piVcha r ges ofdinà ires Ou extraordinaires plus que lefdits Catholiques amp;nbsp;iclô la proportiô de leurs gezque les amp;facultez amp;nbsp;poutrÃt les parties qui pretédrôt eftre lurchargez:lc pouruoir par deuatlesi^,^ wus'à h^ la conoilfâcç en appartiér.Et iêront tous nos fujets de quelque Religion amp;nbsp;qualirc*!â portée de ils foiét.dcfehargcz indifferément de toutes charges qui ont eftéimpofécsdâvne part amp;nbsp;dm* eftoiét abfêns amp;ne jouiflbiét de leurs biés à caufe des troublcs;fans toutesfois
* uoir repeter les fruisq auroiét efté emploies au paiemet defdites charges.48.Nâêtcdôsauui^ij IcÃits Catholiques vnis Sc ceux de ladite Religion ny autresCatholiques qui eftoiét dcmciny ez villes Sc lieux par cu.x occuppez amp;nbsp;detenus amp;nbsp;qui leur ont côtribuéifoiét pourfuiuis
Proteftant paicmét dcs tailles,aidcs,o6lroy,cruës,tailes reparariôs,vtéfillcs amp;nbsp;autres impofitiôsamp; luuâ impofcz depuis le 24. Aouft 15 72. jufqucs a. préfet: fôit par nos mâdcmcs oupu^â gez des tail uis Sc deliberatià delditsEftars Gouuerneurs des Prouinces,Courts de Parlemés amp;nbsp;autres'*â lescrucsamp;c.j^Qyg nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;defchargez amp;nbsp;deftharpeons-DefcndasauxTrefonersdeFracecenerauxdeH^
impofeesde- , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â i- t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
puislcî4. nnateSjKcceueurs generaux amp;nbsp;particuliers leurs commis« entremetteurs amp;nbsp;autres inteo«'-JS71. Cômilïâires dc nofdites finâccs,les en recercher molefter ne inquiéter diredtmétouindiru-s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelque forte que cefoit.49.Declarôs que nous rcpurôs amp;nbsp;tenons noftre trefcheramp;t'j
j'uiccs du
Koy.
autres Pro- ûnié Irci c le Duc Dalêpon pour noftre bon frere noftre trefeher amp;nbsp;trefamé beau frereleRoyâ u«ansamp; Nauarre,pour noftre beau frere amp;: bon parét.Et noftre trefoheramp; bon amyCoufinlePhne^ reconeu?' Côdé pour uoftre parét,fidellc fujet Sc feruitcur. Commeauffi nous tenons amp;nbsp;reputons nou pour bons treiclier amp;amé Coufin leficur de D3nuillcMarcfchaldcFrâceamp; tous autres fêigneursCheU^ liers GétilshômesOfficiers habitas des villes cômunautcz,bourgs,bourgades Sc autres licuz noftre ditRoiaumcSc pais dc noftre obcïftâce qui les ontfuiuisamp; fccourus prefiéaidcamp;fiuey* en quelque forte Sc façon que ce foit,pour nos bons amp;nbsp;loiaux fujets amp;nbsp;lêruitcurs.Et apresaiioif entédu la declaratiô faite par noftre dit frere le Duc Daléçomnous nous tenons bié amp;nbsp;mât iâtisfaits amp;nbsp;informez de là bône intction.amp; nâaiioir efté par luy amp;nbsp;par ceux qui y fontint^^ uenus où quifé font en quelque forte que ce foit méfiez tat viuâs que morts, riéfait qnepo^^ noftreforuice.Declarôs tous Arrefts,informatiôs Sc procedures furce faites amp;nbsp;dônez nuis» nul effet corne chofo non faite ny auenuë.Voulâs quâils foiétrazez,biffez amp;nbsp;mis hors des RegJ Prince Pala^*'^^ nbsp;nbsp;nbsp;Greffes tât de nos Cou rs de Parlemês que des autres jurifdiéliôs ou ils ont efté enrcgi
tinduRin ftrcz.jo.Nous tcnons auffi Sc reputôs pour nos bôs parés voifins,amp; amis nos trefthersamp;anK^ amp;. Cazjmir.(2oufins les Côte Palatin eleéleur du S.Empire,amp; le Duc lean Cazimir fon fiIs.Etque SuyiTcs. pgjj pgp nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pgjf pour noftre foruice.51 .Déclarés pareillemet la leuéefortie
nézhor^s'lc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ââ^cfincs dcs Côtcs^c Neuf Chaftel,Vallâguin amp;nbsp;autres des Gâtons quels quâils foi^^,
Roiaume*^ iiâauoir cfté faite que pour noftreforuicc.j 2.Voulôs q Ics cnfâs de ceux qui fofontictirezho**â , Fräcok'^ar^^ Roiau. depuis la mort du feu RôÿTTêry noftre treshonoré foigneur amp;nbsp;PerepourC^H' cct^Edit.â^^Ve de la Rcligiô Sc troublc^cncorcs q lefdits enfâs foiét nais hors noftre Roiaumeferont !Â£ÆÆ I Tous chefsVrais Frâçois Sc rcgnïcolcs,Sc tels les auon déclarez amp;declarôsfâs quâil leur foit befoinprad» J amp;nbsp;autres aucuncs lettres dc naturalité ou autres prouifiôs de nous que le preÃt Edit. Nonoftatnosot»â' 1 amp;Cathoh' näccsacecótrairesaulquellesnousauonsdefrogéamp;defiogeós.y^^^mcureróttantnoftreflv 1 vnis dcfcharfrere Ie Duc Dalençon le Roy dc Nauarre Sc le Prince de Conde que ledit ficur de Danuil!^^ ccqu^ilTont^u^'es Seigneurs,Gentilshómes Officiers corps de villcs,cómunautez amp;nbsp;tous autres qui les i fait. ï.'i aidez amp;nbsp;focourus, leurs hoirs amp;nbsp;fuccefiêiirs quittes amp;nbsp;defehargez de tous deniers qui ont cy
par eux et leurs ordônâcespris et leuez tât de nos receptes et finâcesà quelquefommeququot;^
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puilTentmonterique des villes,cômiinautczamp; particuliers,des retes,reuenus,argctcries,vetes '-cbiens meubles Eclcfiaftiques amp;nbsp;autre bois de haute fuüaic à nous appartenâs ou a autrcsgt;a' Rendes,butins,rançons ou autre nature de deniers à loccafion des prefens amp;nbsp;precedens trou-bks:fâsqu'eux ny ceux qui ont efté commis par eux à la leuée defdits deniers, où qui les ont baillez ou fournis par leurfdites ordonnances en puiflènteftre aiîcunemêt recerchez à prefont lâ y pour îauenir.Et demeurerôt tant eux que leurs cômis,quires de tout le maniemet amp;!admi ââlûratiû defdits deniers,en rapportât pour toute defeharge acquits expediez dûs 4.mois aptes lapiiblicatiô de noftre prefont Edit faite en noftreCourt de Parlcmét de Paris amp;nbsp;de noftre dit ^i^we,du Roy de Nauarre,Prince de Condé, amp;nbsp;Marefohal Danuille ou de ceux qui aurôt efté pâteux cômis à îauditiô amp;nbsp;clofture de leurs cotes ou des autres Chefs amp;nbsp;comunautez des Vil
qui ont eu cômâdemétamp;chargc durât les troubles.Demeurerôt parcillemét les habitâs de ville de laRochele amp;nbsp;autres cômunautcz defehargees de toutes aflêblées generales amp;nbsp;parti-^uliercsjeftablifTemét deluftice,police amp;nbsp;rciglemés faits entre eux jugemés amp;nbsp;executiôs d'i-^tuxfoit en matière ciuile ou criminelle-.enfcble de tous aéfes dâhoftilité,lcuce amp;nbsp;côduite dé
de guerre,fabricatiô de monoie faitefelon fordônâcc defditsChefsjfonte amp;nbsp;prinfe dâartil-^ieamp;munitióstäten nos Magazins que des particulières confeóhó,de poudres amp;nbsp;folpeftrcs, ptinfes,fortifficatiôs,defïoâtclemês Sé démolitiôs de villes amp;Chafteaux,bourgsamp; bourgades *^'âtfeprinfes fur icelles brullemés Si demolitiôs doTéples Si maifons,voiages,inteiligéces,nc-gotiatiôsjtraittez Sc côtrats faits auec tousPrinces Si cômunautcz eftrageres ez villesôc autres çMroits de noftre dit Roiaume.Et gencrallemét de tout ce qui a efté fait,geré,negotié tât par
Catholiques aftbciez que ceux de ladite Religiô,durât les troubles prefés Si paflez depuis yiiortdefeu noftre ditfoigneur amp;Pere;encores quâil dâeuft eftre particuîieremét exprimé amp;nbsp;Pfolîc.Entédâs q fuiuât noftre preféte detlaratiô les fleurs Vidafone de Chartres amp;nbsp;de Beau- cha^rues^* ''®gt;S)foiétamp;demeurët defehargez Si les defehargeôsfpccialicmét des traittez amp;nbsp;ncgociatiÃs Bcauuoisla faitesauec la RoinedâAngleterre en fâ 1562. netcnâsnereputâs en ceft endroîtirien
^â''pjteux que pour nolère fcruice.Encores quâez precedes Edits de pacificatiô nâen ait efté «itexprelfc métiô.Et moiénât ce que defTus lefditsCatholiqués vnis amp;nbsp;ceux de-ladite Religio æwpartirôt amp;nbsp;defifterôt de toutes aftbciatiôs quâils ont dedâs amp;nbsp;dehors ceRôiaume.Et ne fe
dorefiauât aucunes leuées de deniers fans noftre permifiîô,enrollemét dâhomes côgrcga- -, ââ''snâyafféblées autres que celles qui leur eft permis ci delïirs ôc fâs armes.Ce que nous leur P'ohibôs amp;nbsp;defédons fur peine dâeftre punis rigoureufemet côme contéreurs amp;nbsp;infradeurs de , âôsortionnâces.54.Nos Officiers de la ville de la Rochelle,nây les Maire, Efeheuin^ Pairs-Ãc jcfcharg« ^Lâttes habitâs dâicelle ne ferôt recerchez moleftcz ne inquiétez pour les mâdcmës decrets de d« executi-P]®fe de corps faits tât en ladite ville que dehors,exccutiôs de leurs jugemés depuis enfuiuis ^^^Pourraifon de quelques pretéduës entreprinfes faites côtre ladite ville au mois de Dccem'^ emrep^e-Ã75âque pour vn Nauire nomé i'Irôdelle Si cxccutiô des jugemés douez cotre ceux deîe-^^ipage dâiceliiy.Ne pour autres aéfes quelscôques dót nous les auôs entieremét defehargez j-ââ nliqiiâileftditcideffus.55.Touîcs prinfosqui onteftéfaites en vertu descôgezamp;aucusdô ''^zôtlefquellesont efté Jugées parles luges deLâamirauté amp;nbsp;autreCômiftà ires a ccdci)utés î^'lefdits Catholiques vnis Si de ladite Religiôtdemourerôt affoupies fous le benefice de no-''ptefét Edit.Sâs quâil en puifle eftrefaite aucune pourfuite,nây fes Capitaines leurs cautiôs IJ Æ dits luges Officiers amp;nbsp;autres reccrchesny molc^cz en quelque forte quecefoittnonob-'â^joutes lettres de marque amp;nbsp;laifics pédâtes amp;nbsp;non jugées dont nous voulôs leur eftre faite _
entière main Icuée.^ôÃs villes demâtelées pedât les troubles paflèz Se prefés:pour-les ruines amp;nbsp;demâtellenTcrdTcelles eftre rediffiez; par les haUftâs fi bon-leur fêble à leurs 5 7
defpés.^j. Ceux des Catholiques vnis amp;nbsp;de ladite Religio qui auroiét prins à ferme, les prefés troubles aucuns Greffes ou autres domaines,Gabellcs,impôfiti5 foraine Si aa-droits à nous appartenâs dont ils nâôt peu jouir a caufe dâiceuxfroubles : demeurerôt def
Mrgez commenoLis les defehargeons de ce quâils nâauroiét receu de leurs ferrùes dcpWEâlc Aûuft I 5 y 2. Où qui auroientfans fraude paié ailleurs que cz receptes de not finan-
^'^i nonobftant toutes obligations furce par eux paflées. ^^Et d'autant lt;|ue faigreiir Si l^tiiiuation des troubles qui ont dés fi long téps eu cours en ceftuinoftrë Rôiabmé! à tel-^entalteréfordredc toutes chofos,quefà nsle reftabhftèmcntdâicelluy il fèffoîï imfiôffiblc
nos fn jctslt;!hla bonne vnion Se intelligéce qui doit eftreentre eux, ^ôur les fatre vi-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.P'pâpf'iiijiâd-bm c-h
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ure en traquilité amp;nbsp;repos,qui auroit efté tousjours noftre principal foin amp;nbsp;eftudeiCcnfider^ qliepoury prâdre vue bône refolutiô nous nefçauriôs mieux faire, quedâouïrfurcclesreniO' ftrâces de nofolits fù jets de toutes les Prouinces de noftre Roiaumemous auriôs a cell effet Promefle noftrc aucncmcnt à cefte Courône,délibéré faire vne conuocation amp;nbsp;aflemblée generale des
Eftats.Cc que nâaurions peu êffeduer encores à noftre grand regret au moié defdits troubles« Generaux Aufqucls aiant pieu à Dieu donner fimeontinuans noftre bonne amp;nbsp;fâintc intcntionau biendc du Royau. ftjjetsmous difôns amp;nbsp;déclarons voulons amp;nbsp;nous plaift que lefdits Eftats generaux foont E«,ats Genc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mandez Se conuoquez en noftre ville de Bloys pour y eftre tenus félon les bônes an
laux afli-giicz dans â¢fix mois à Bloys.
Garnifons Proteftan.
vuident.
Villes de icmctc à monficur Proteftans amp;nbsp;Catholi.
ciennes amp;nbsp;louables couftumes de ce Roiaume dans fix mois prochains, à coter du jour delà publication de noftre prefont Edit en noftre Court de ParlemêtdePans.Eta cesfinsferôtpar nousexpediées les Cômiffionspoutee neceflâires.Pour les remonftrances plaintes amp;nbsp;dolcaæ ces qui nous feront faites amp;nbsp;prefontées de leur part ouïes,eftre par nous ordônc ce que vertos eftre requis amp;nbsp;conüenable pour le bien de noftre dit Roiaume^_5^ Lefdits Catholiques vins amp;nbsp;de ladite Religion forôt tenus incontinât apres les publicatios faites de noftre prefent faireivuidet tontes garnifons des villes,places,Chafteaux amp;nbsp;maifons qu'ils tiêncnt, appartenus tant à nous quâaux particuliers nomemét aux Eclefiaftiques.Et les delaifler,rédrc reraeiti« en toute liberté au mefme cftat quâelles eftoiét en plaine paix auparauant les prefens amp;nbsp;pt^et' denstroubles.Et neantmoins pour certaines amp;nbsp;bônes confideratiôs,auons baillé eogardeanx Catholique vnis amp;nbsp;ceux de la Religion les 8. villes qui enfuiuent Aflà uoir Aiguemottes^S^ Beaucairc en Languedo,Pcrigueux amp;nbsp;le Mas de Verdun en Guicnnc,Nions S^erres^c8^ Ãuftêau^ Dauphiné, Yffioire en Auuergne ôe Seine la grand Tour amp;nbsp;le circiiit dâicelfo^^ Prouence.Et promettrôt noftre dit frere, Roy de Nauarre,Prince de Condc Marefohal D®' uille amp;nbsp;ceux qui feront cÃmis à la garde dâicelles,fur leur foy amp;nbsp;hôncur.-dc les nous bien dellemct garder.Ne feront auffi mis par nous aucuns Gouuerneurs ny Gamifbnsez autres vil' les quâils tiénént a prefontamp; qui par eux ferôtrëduscôme diteft.Sinon quâil y eneufteud« tout têps amp;nbsp;mefme du regne du feu Roy Henry noftre fieur amp;nbsp;Per»Et pareillement defiranj fbulager en tout cc qui nous eft poffible nos fujets de toutes nos autres villes : Declares qU« nây aura Garnifon ny Gouuerneur,finon ainfi quâils eftoiét du mefme temps denoftreditfo Seigneur amp;: PèrclCómeauffi ne voulons quâil y ait ez Chafteaux,villes, maifons amp;nbsp;biensap-parrenâs aux particuliers nos fujets de quelque qualité quâils foiétautres Garnifbns qiiecellcs qui ont accouftximé dây eftreen téps de Paix. 60. Deflendons à tous Prefeheurs, Ledeutsamp; autres qi^parlent en public,de nâvfèr dâaucunes parolles, difoours amp;nbsp;propos tédâs à exciter le peuple à fedition.Ains leur auons enjoint amp;: enjoignons de fe contenir amp;nbsp;conduire modeftt' mentme dire rien qui nefoità îinftiuéliô amp;edifficati5desauditeurs.Eta maintenir le repos lurent amp;nbsp;fÃt amp;tranc^iilitc par nous eftabli en ce Roiaume f ur les peines portées par nos precedens Edits, inrçj lâen- Enjoignât trcfcxpreffemét à nos Procureurs generaux amp;nbsp;autres nos Officiers y tenir la main« EdP^_ö^Vdulos,órdÃnós amp;nbsp;nousplaift,quc tous Gouuerneurs de ProuincesBaillifs,Scncfchaux tout le Roy
Propos injurieux def-fendusaux Prcfch«s.,
Magiflrats
aume.
Tous'autrcs Edies Ar refts amp;C. co traires à cc ftuyci nuis.
amp; autres luges ordinaires des villes de cellui noftre dit Roiaumedneontinat apres la rccepuo dâiccluy noftre Edit,)ürerót de le faire garder amp;nbsp;obfèriier chacun en leur deftroit, Cômeauf ü feront les Maircs,EfcheuinSjCapitoulx amp;nbsp;autres Officiers des villes annuels ou perpétuels« EnjoignonsauÃi à nofdits Baillifs Senefchaiixou leurs LicutenasSe autres luges,faire jurci aux principaux habitans des villes tant dâvnc que dâautre Religion,fentretenement du prefect Edit dans huitaine apres la publication dâiceluyrinettât tous nofdits fujets en noftre proteft^ amp;: fà uuç garde amp;nbsp;les vus en la garde des autres. Scblable ferment fera fait par deuant les BaiH^ amp;nbsp;Sénefbhaux chacun ené»n reftort par les Seigneurs amp;nbsp;Gentilshômes,oùa ces fins ils foot tenuikjÃirq aflfêbler dedâs ledit téps en perfbnne ou par Procureur.Etfera le formet pour le regard dêsOfÃciërs téporets.rienouuellc à îinftalation de leurs charges. 62. Et afin que tant nos Officiersqu'autres nc^ fujets,lôient clairement amp;auec toute certitudcauertisdenosvou loir Siffitention pour öfter toutes anibiguitez amp;nbsp;doubles qui pourroienteftrefaits au moien des precedens Edits.: Nous auons déclaré amp;nbsp;déclarons tous autres Edits, lettres declarations , modifications reftrinâions, interpretations, Arrefts amp;nbsp;Regiftres, tant fecreis quâautres deliberations cy deuant par nous faites en nos Courts de Parlement amp;nbsp;autres qm parcy apres pôurroient eftre faites au prejudice de ceftuy noftre prefont Edit, conccT' nans le fait de la R el i 01 on amp;nbsp;des troubles auenus en ccftuy noftre R o y a vu * eftre de nul effccl amp;nbsp;valeur. Aufqucls aux derogations y contenues auous par w*
L âI V R E Q^V ARANTIEME.
^ly noftre Edit dérogé amp;nbsp;defrogeons amp;nbsp;defâprefent comme pour lors, les cafïôns, rc-â¢jocqiiüns annulions: declarant par exprez que nous voulons que ccftuy noftre Edit foit inuiolable, gardé amp;oblèrué tant par nofdids Officiers amp;nbsp;lufticiers que fujetszfà ns ^âtrefter nây auoir aucun efgard à tout ce qui pourroit cftre contraire amp;nbsp;dérogeant à icelluy. ^tpour tenir la main à lâexecution de ceftuy noftre Edit. amp;nbsp;ouyr les plaintes de nofdits fu Jets '®l«s contrauentions dâicelluy:ordonnonsà no.strefchers Sgt;£. amez confins lesMarefthaux de ffânce,fe tranfportcr chacun es prouinces de fon departement amp;nbsp;pouruoir proraptemét à cc ^uifera requis pour fentretenement amp;nbsp;execution dâicelluy Edit ^j.Mandôs auffi à nos amezlt;gt; j
les gens de nos cours de Parlement, quâincontinant apres le preient Edit receu ; ils â'tnt(toutes chofes ceftà ntcs 8c fur peyne de nullité des alt;ftcs quâils feroientautrement:) ^^pareil fermét que deftus.Et icelluy noftre Edit faire publier amp;nbsp;enregiftrer en nofdites cours Æ âwonfa forme amp;nbsp;teneur, pu rement Scfimplement: fans vier dâaucunes modifications, ref-âtinftions, declarations ou regiftres fccrcts,ny attendre autre juffion ny mandement de nous :
Procureurs Generaux en requérir amp;nbsp;pourfuiure incontinant amp;nbsp;là ns delay ladite pu- 2î,^ucnamp; â¢â«Mtion.Enjoignans pareillemét à nos Licutenâs Generaux amp;nbsp;Gouuerneurs de nos prouin- a «t Edit. %lt;ielefaire incontinant chacun endroit foy publier, par tous les lieux amp;nbsp;endroits de leurs Princes: garder 8c oblcruer ûns attendre la publication de nofdites Courts. A ce que nul prétendecaulè dâignorace. Et que plus promptement toutes voies dâhoftillitc,leuées de â*wiers,prinlès amp;nbsp;demolitions dâvne part amp;nbsp;dâautre ceflènt. Declarant des aprclênt icelles le-
«le deniers demolitions, prinfes 8c rauiftèmens de biens meubles amp;nbsp;autres ades dâhoftil-feroient apres ladite publication amp;nbsp;fignification que noffiitsfteutenans generaux ^â'îurontfaitfaire; fujeâes à rcftitntion punition amp;nbsp;reparation. A quoy nous voulons eftre PMécontre lescontreuenans félon lâexigence des cas: là uoir eft contre ceux qui vfèront ®âfines,force amp;nbsp;violence en la contrauention 8c infraélion de ceftuy noftre prefentEdit, ^'ââpcfchantlcffet 8c execution dâicclluy; de peyne de mort fans efpoir de grace ne remiffion. ^f^nandaux autres conwauentions qui ne feront faites par voies dâarmes, force amp;nbsp;violence punies par autres peynes corporelles, banniflèmens, amendes honnorables amp;nbsp;autres fê-h granité des cas à lâarbitre amp;nbsp;moderation des luges: aufquels en auons donné la conoifi chargeant en ceft endroit leurs honneurs 8c confcienccs dây procéder auec la lufticc 8c ^litcquâil appanient fans exceptio ou difference de perfonnes ou de Religiomvoulons aufi ^â etoutestrouppesde gens de guerre tant de cheualque de pied François ou eftrangcrs ^''ââepart amp;nbsp;dâautre; excepté les compagnies denos gardes amp;nbsp;les garnifôns ordinaires des ^®ntietes,aient a facheminer pour fe retirer en leurs pays 8c maifons, incontinant apres la pu-âââcationdenoftre Edit en noftredite Court de Parlement: viuans le plus doucement amp;nbsp;mo-âefletnentamp; à h moindre foulle de nos fu jets que faire ce pourra. Sans vfèr de force violen-^^ourançonnemens à peyne pe la vie. Si donnons en mandement amp;c. De Paris en May mil ââ¢'f'qcensfeptante fix le déuxiéme du Regne,
Combien que lEdit contenu cy deflus ne face aucune mention de lApanagcdc Monfieur '^ftecque le Roy luy accorda par accroifTemet les Duchez dâAnjou,Touraine amp;nbsp;Berry ou-quot;icelluy dâAlençon amp;nbsp;le Corn té du Mayne auec autres membres du domaine de la Courô-ââ^deFrancc.
Let RE s Patentes da Roy pour l'accroijfementà ^ augmentatio de lâApanage de CïîonfieurleDuc d'(Alençonfon freredeaes ebâp**^ltéesà Parisen Par -
' ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;letnent le vintejuatrténte jour de May mtl cinej cens feptateÃx.
î ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Et en la chambre des Coptes ouy farce le Procureur
General duRoy enicelle^auxcharges nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
contenues en l'arreà fur ce
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fait le vint huit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;éme May,
H E N R Y par la grace de Dieu Roy de France amp;nbsp;de Pologne: A tous jM-efens amp;nbsp;auenir fâ- ^TnTacfd-âf'Confiderans combien lvnionamp; amitié fraternelle eft agréable à Dieu amp;nbsp;recommanda- panage de ® entre les hommes, mefmcs entre les Princes Chreftiens: qui caufe îaccroifTeraent.Et c^ai- Monfieur.
Ppp iiiij.
-ocr page 612-M3yi576. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L H I S T O I R E DE FRANCE.
feruation des Royaumes. Comme fon contraire engendre la ruyne amp;nbsp;déflation: amp;: faire côoiftrc à vn chacun amp;nbsp;laiifer mçmoire à la pofteritéjde la grade amp;nbsp;trcf-fîngiilicrcsft® onquenous portonsà noftreirescheramp;trcfaiméfrerele Duc dâAlençon par tentes fonts de gratificatiôs en accroifTemens dâhôneurs Sgt;c de biens.Et aians efgatd quâil nous eft demeuré feulfrere: afin de luydonirêr rnoiende paruenirà quelque grand amp;nbsp;heureux mariage^ party digne de la maifon de France dont il eft iHh : pour de tant plus ifortifficr par alliacé cdâ te noftre Couronne au bien, repos amp;nbsp;ibulagemcntde noftre peuple. Pour ces caufes amp;nbsp;autres grandes dignes amp;nbsp;juftes confiderations à cenous mouuans avions de noftre propre mouue-ment aiâs furce prins Ãauis de notre tref honnoréeDame mere,des Princes de noftrefang
* autres grans amp;nbsp;notables Seigneurs amp;nbsp;gens de noftre Confeil; baille,cédé,tranfporté amp;nbsp;dclaif fc amp;nbsp;par la teneur de ces prefentes baillons, cédons, tranfportcns amp;nbsp;delaiflcns à tousjourspuf accroiflement amp;nbsp;augmentation dâApanage a noftredit trefeher amp;nbsp;trelâimé frerele DiifdAâ lençon amp;nbsp;les hoirs mafles Scies hoirsimafles de ces hoirs mafles, qui defeendront deluytu vray Sc loial mariage amp;nbsp;ce outre 8c par defliis les terres à luy cy deuant delaiflées. Et quâil à préfet de nous en Apanage,les Duchez dâAnjou,Touraine Sc Berry leurs apartenâces S: pendances,francs quites amp;dcfchargcz de toutes alienations amp;nbsp;dons laits depuis noftre auene-ment à la Couronne; 8c aiiftî de tous dots Sc douaires dont nous les auons defehargez8cdef-chargeonspar cefdites prefentes. Et nous chargeons dclareccmpenfe.Sans quepourraifeâ de cela dcliurance 8c jouiftà ncc des choies fufdites part ou portion dâicellesfoit eropefehef ou différée à noftredit frere.Iceux Duchez confiftansen Citez, villes, CbaftcauXjplacô) mailôns forterelfes,fruits, proffits, cens, rentes, reuenus 8c emolumens,hcincurs hotnniagf^j vaftà ux.valTelages 8c fujets, bois, forefts, eftancs, Riuicres, fours, moulins, prez pafiurages fiefs, arriéré fiefs luftices lurifdidions, patronages, dâEglifes, Collations 8c prelêntationsde benefices, aubenages, forfaitures,confifcations8c amendes,quints rcquints,lots5vcntes,pic' fits de fiefs 8c tous autres droits 8c deuoirs quelsconques qui nous appartiennent efcîites dâ' chez. Et mclîncment des pons, ports, péages, traittes 8c impolirion^oraines dont nous joui*' fions au pays dâAnjou au parauant noftre auenement à la Couronne: 8c autres appartenant^ 8cdeppcndances defdites Duchez8c chofes fufdites droits,nous, railôns 8caâicns gcnei^*' lement quelsconques. Enlcmblcla prouifion, inftitutionSc prefentaticn à 'ious clffcsonli' naircs. Et quand aux offices extraordinaires, luy en auons accordé la nemmination fa viedu-rantfeulemcnt.'Et afin que les particuliers aufcuels lefditcs Duchez parts ou portiensdâiceux ont efté q^cnez 8c engagez depuis ledit temps de noftre auenement à la Coure t;nc, ne puif^ retarder ou empefeher fcxecution de celle noftre volonté : nous dcfapiefent Icuranens®^' donné 8c alfignç.Teurordonnons 8c affignons rentes fur les reoeptes Generalles dcTonraint amp;nbsp;Berry refpediuementfuiuant lanature de leurs contrats dâengagemens eu alienationjnl' ques à ce quâils aient efté affignez 8c pourueuz dâailleurs; le toutfeion la verincatton Scafli' gnati quienfcrafaitCjEtlâns que poiyywifcsn deVe noftredit frcrefoitaucuntmenttnipdcl* ou retardé en la polfcffion 8c jouilTancje defdites Duchez membres 8c deppendanees dâiceuX । Et ce nosobftant oppofitions ou appellations quelsconques amp;; fans pre;udiced.'ioelles. Pont defdites Duçlîez membres Sedependans dâiceux, jouît par noftjcdîtfrere 8c fefditshcirs^ tous droits,préemincnces prerogatiues Scautoritez comme ont acouftumé jouir de tout teps les enfans appanagez de la maifon de Frâce lâns aucune en excepter,reforuer ne retenir a nous nyà nosfuccclfeursfors IcrelTort 8c fouuerainctté 8c les ville Chafteau 8c Bailliage dâA®' boife. A commencer ladite jouïlTancedu premier jour dâAuril dernier. Et neantmoinsl^^ doüairiercs: defdites Duchiz receutontles deniers des fermes qui efeherrontan jourlâintR^ Baptifte prochain.Si donnons en mandement à nos amez 8c féaux Confcillers les gens tenais noftre Court de Parlement de Paris, Chambre des Comptes 8c Court de nos aydes TrelO' riers de France 8c Gencraj|X denos finances,.Baillifz,Scnefchauxluges defdites prouincesôc 8c tous autres quâil appartiendra: faire lire publier 8c enregiftrer cefdites prefentes ôc du ce® tenu en icelles fouft'rirôc laiflcr jouyr noftredit frère pleinement 8c paifiblement. Enfcme*^ fes fuccefteurs corne dit eft fans en ce luy faire mettre ou douer ne fouffrir-luy eftrefait misoü
, nbsp;nbsp;donc a;;cun trouble ou empefehement au côtraitc: Lequel fi fait mis ou donné luy eftoit facet
inconqnant le tout remettre 8c réparer à pleyne 8c entière deliurancc 8c au premier Eftat^ dcu .Et rapportant cefdites prefentes fignéesde noftre main ou vidimus d'icellesfaitesfo^^
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Royal pour vne fois amp;nbsp;quitâce ou conoifTance de noftredit frere delà jouylTancedes cho-^Siuldites; Nous voulons nos Receueurs amp;nbsp;autres Officiers quâil appartiendra ou à qui ce pourra toucher,eftre tenuz quites refpediuementdela valléur defdites choies par les gens ââ¢cnofdits Comptes amp;nbsp;par tout ailleurs ou il appartiëdra amp;nbsp;befoin fora,Ãns difficulté: nonobf- Dommainc tînt les ordonnances par nos predecelïèurs faites fur falienatiô*du dommainc de noftre Cou-?'?e'AufquelIcs nous auons en tant que befoin lèroit derroge amp;nbsp;derrogeons pour ce regard ^hnsy préjudicier en autres cholcsparcelciitesprelêntes. Età queisconques autres ordon-quot;ïncesjteftrindions mandemés ou defences à ce contraires. Et pour Ce que de ccfdites prefé-â«011 pou rra auoir affaire en pluficurs lieux nous voulôs que à la Coppie deuëmét collation-''^foy foitajouftée comme à foriginab.auquel en tcfmoin de cc nous auons fait mettre nol^ Jâîfeel. Donné à Paris au mois de May ùn de grace mil cinq cens foixante feze ôc de noftre le deuxième.
Or pour autant que par l'Edit de Paix qui fut publié au Parlement de Parislc quatorzième ^âhlcRoy prefent; il auoit accordé faftèmblée generallc des Eftats defon Ro yaume amp;nbsp;alfî-ÿ'-parfes lettres patentes la conuocation dâiceux au quinziéme de Nouembre à Bloisâ pour- Blois det t-tthitdefmantellée afin que tous neufTentoccafion de defiance. Ce ncâtmoinspour laco- 'quot;emclée. âttodité des Députez des prouinces ainfi quâon difoit faffignation fut remuée jufques au mois
Décembre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii
0 V s ailes veu cy deuant fEIeôfion amp;nbsp;acheminement dâHenry de Valois Duc dâAnjou '''*Royaume de Pologne. Et comme déclaré fucceftèur de fon frere Charles neufiéme, il re-
France prandre la Couronne de ce Royaume hereditaire. Refte à vous faire enten-l'^Jcsaccidens furuenus auxPolonois pendantfon ablenceamp;comâilsfe portèrent enuers *âyuMaispource que telles occurrences concernent les Eftats voifins del'quels je ne vousay dit par cy deuant. lefuisdâauis dâen reprendre le fujetvn peu plushautamp; leplus court
H^i^jepourray.
I c I s M O N D prenèieraiant régné quarante deux ans en Pologne,mourut le premier A-mil cinq cens quarante huit,aagé de plus de huitante ans. Lailfant vnfèul fils de Bonne WefilleduDuc de Millan nommé Sigifmond Augufte: né le deuxième Aouft mil cinq ^^ns vint. Dès ùage de dix ans fon pere ja vieil procura tant quâil fur efleu amp;nbsp;Couronné Roy ^^Pologne; amp;nbsp;régna dixhuit ans auec fon pere.Eftant encores fort jeune il fiança Elizabeth
Ferdinand Roy des Romains amp;nbsp;l'efpoufafan mil cinq cens quarante trois. Puis morte lîout de deux ans amp;nbsp;demeu re veuf par quatre ans,cfpouf3 en fécondes nopces centre le gré dtsSeigneurs Polognois Barbe de Radzinil, Ducheffe de Lithuanie:Laquellc décéda incon-ââîKapresauoir efté Couronnée Royne. En troificmes nopces il print à femme par dif^nce ''quot; Pape, vne autre fille de Ferdinand nommée Catherine, veufue de François Duc de Man-^°quot;c.Maisce mariage luy apporta beaucoup plus dâincommodité que deplaifir. loint quâil jj Ãufteiifans de ces trois femmes. Au refte cçftoit vn Prince aimant le repos,amp; qui fé montra °^§neux de fentretenir en Paix aucc fes vÅfins.Toutesfois les affaires deLiuonic le tirerét fi-quot;îlcroéten guerre.Voicy les occafions.Lan mil cinq cens cinquante neuf, furuint tel differed 'quot;treGuillaume de Brandebourg .Archeuefque de Rigc amp;nbsp;le grand maiftre ou commandeur ^Uuonic,qu'ilsen vindrentaux armes. Siquâapresquelquesrencôtresamp; legeresefoar-quot;îquot;quot;ches:ÃArcheuefquefut enclos en vn Chafteau amp;nbsp;ferré de fi près que finallement luy amp;nbsp;P nbsp;nbsp;nbsp;furent contraints fé rendre à la mercy du Commandeur,lcqucl le traitta rudement en
^'^îptiuité. A raifon dequoy Sigifinôt enuoia prier,pour la deliurance defon nepueu reque-'întqueles différons fuffent appointes amiablement. Mais le CoiWmâdeur aiant rêuoiéfAm-î'hdcurfans rien executer, Sigifmont irrité luy enuoia dénoncer la guerre amp;nbsp;à tous fésadhc-fîquot;S'Lâyfruë de laquelle, fut que le Commandeur nefefentant fort poutrefifter à la puiffon-îtnice que menoit Sigifmondiaccorda moienant que f Archeue^ue fut reftably en fon pre-'quot;iereftat,recompenfé amp;fâtiffaitde fés dommages amp;nbsp;interefts amp;nbsp;farmée Polognoifé paicc :
moienil fémbloitqUC la Liuonie demeurcroit paifible. Mais le Mofeouite fe vint four-'tra la traiierfe aiiec vne armée de trois cens mil hommes: faifânt vn horrible rauage par tous Source des 'quot;droits.Les Liiioniens fpecialcinent ceux de Rige ne fé féntâs affez roides pour refifter à vn fre'îesMof «ennemy: demandèrent fecoursà Sigifmond qui fy accorda pour diuerfes conditions amp;nbsp;couitesamp; 'âPpofa viiicment aux Mofeouites. Cela fut caufe que le grand Duc lean Bafile des le mois
de
-ocr page 614-May,î76. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
de May mil cinq censfoixante deux deffia les Polognois:amp;fiir la fin de lanuier enfuiuantefi' tradansla Lithuanie auec vne armée de deux cens mille Mofeouites amp;. Tartares.Etdcs'c premier jour de Feurier le campa deuant Plosko ville amp;nbsp;Chafteau fort renommez. Pöö auoirfait vne treCfurieufo ba|terie, les aiïîegez mirent le feu en la ville amp;nbsp;le retirent au Ch»' teau ouilsfouftindrentlefiegc îefpace de quinze jours; enfin defquclsauoir repouffé cinà aflauts ils furent contraints fc rendre. Le Chaftellain futenuoiéprifonnicr aucc fa femme fêscnfanscnMofcouie; la plus part des habitans moururent de fain, lescnfà nsaudeffouséc - dix ans tuez, les plus grans trainez en captiuité amp;nbsp;vendus aux Tartarcs,lcsfoldats grandnom-* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bre dâhommes amp;nbsp;femmes efgorgez jufquesau nombre de vint mille fans vn feul excepter,fois
- les Canonniers dcfqucls le Mofoouite auoit affaire amp;nbsp;quâil emmena aucc vn mcrueilleusbutin mettant tout à feu ôc à fâng:fur fon rctour.11 menoit plufieurs centaines de pieces dâariilfo rie amp;nbsp;quarante mille pionniers, 11 y auoit lors des troubles en Pologne, tant pour la Religi® que pour les affaires dâEftat,qui empefeherent Sigifmond de pouuoir fccourirceuxdefo' thuanie.Qui de leu r part eftoiét fi hautsà la main quâils ne daignoient prier les Polognoisde leur aider defirans ce fèmbloit quâon les fuppliaft de prandre fecours. Sigifmond en craignant quelque plus grand mal pour fauçpir amp;nbsp;fachant que les Mofcouitesfe preparoiöi' pour vne autre courfè: enuoia Ambaflà deulfs vers le Koy pour traitter quelque accord.
ils rctourncicntfans rien foire. Mefmesfurlafindelamcfmeannceles Mofcouitcsamp;Tar^ res au nombre de feptante mil fc mirent aux champs( le temps dâhyuer effant propre pour rc la guerre en ces pays là qui font inaceflîbles en Ãftc, à caiifê des marefeages amp;nbsp;eftangs Jo' quels font fi fort glacez en hiuer que fartillcric amp;nbsp;les armées entières pallet feuremét par roui? prenentla route de Liuonie amp;nbsp;en chemin rencontrent forces de diuers endroits. TelleUâ^^ quâils fo trouucrent en fin prez de cent mil hommes fous la conduite de Schinzkibcaufrd® du Mofoouite. Ils fincorporcrent tous le vint troifiéme jour de lanuier pres dâvn Chafleäö nommé Orche, fur les frontières de Lithuanic.Et comme ils fapreftoient à quelquenouutfâ rauage, Nicolas Radzinil grand Marcfohal de Lithuanie fage amp;nbsp;craignant Dieu refolu deid' uirvn bon coup h fo patrie va au deuant fuiuy de quinze milcheuaux feulement. Mais iNâ' pofo fes trouppes auec telle dextérité amp;nbsp;charge fi furieufoment les Mofoouites quâil entre«» leur camp,les met en route en tue neuf mil fur Icchamp^ôc quatre mil en la pourluittc,prtn trois mil prifônicrs 2000. charriots chargez des bagages amp;nbsp;munitiôsdc guerre amp;nbsp;5000. aæ tres charriots des particulicts.Vne partie des fuiards mourut dâs les mareftsamp;Riuieres,« g'jâ cefcftâtii^puë par vn extracdirnaireaccidét. Ainfi la Lithuanie fut en repos tout lereftcu celle année. Deux ansapres les Turcsôc Tartares firent courfos en Podolie ou Ms exécutèrent touesforttesdecruautez. Mais le Pallatin deRulfielcsfurprintamp;taillaprefqiietouscnpfot^ emmena auectout leur butin douze pieces dâartillerie quâils trainoiét quât amp;nbsp;eux. Sigifæon tontesfois non côtetde ceflev idoirezvoulut dôner vne recharge auMofoouitc,afindeIc bä' rafïèrtellemétquâé fin il entrait en voie dâaccor.d.Dcs log temps les Tartares amp;nbsp;Mofoouitesl lot endômages par courfes mutuclles.Mais les Tartares cômençoiét à auoir du pire.Or fe garêtirdu joug qui pédoit fur leur cohils demà derétfocoursau Turc.qui leur futcdroiÃ* Turcsamp;Tar Rclloit dc trouucr chemin cômode pour joindre lesTurcsamp;Tartaresenltblc.IlnâyenauoH Ute, »âaile- point dc plus court ne fi propre que par les frôtiercs duRoyaume dePologne:à caufedeili*®/ Ic'moicouI- Sclim pria Sigifmôd fon Côfederé dc leur dôner palfogc.Ce que le Polognoisaccordavol âc*. tiers pource que câelloit au prejudice de fon ennemy. Toit apres farmée des Turcs monOj^
à près de cent mil hommes dcllogea dc la balle Hongrie traurerfont les larges campagnes Moldauie amp;nbsp;Podolie.PuÃfe joignit aux Tartares amp;nbsp;tous enfcmblcfirét vn eftrâgc rauage^ diuers endroits de la Mofeouie en fan mil cinq cens foixantc neuf. Apres quâils fc furent reti rcz;lc Mofoouite enuoia fes Ambalfodcurs en Pologne le plaindre dc cc que SigifmondauoH donné palfagc aux Turcgt;enncmis delà Creflienté. Il eft de la Religion ChtclliennciniS^ cell de la Greque. Au contraire Sigifmond fe plaignoit des ruynes amp;nbsp;foccagemens faits en prinfe dc Plsrco. Somme quâapres plufieurs difputes les Députez dc part amp;nbsp;dâauac 13110â blcrent fan mil cinq cens foptante.pour traitter vne Paix finale.LeMofoouitedemandoitq Sigifmond ne donnait plus aucun palfogcpar lès pays aux Turcs qui voudroiét cutrerenM® couie. Quâil recompenfoll leMofcouitc des pertes amp;nbsp;dommages rcceusen ccfledetnic coutfc des Ta«arcs.Q^c Iç fils du Mofoouite fut nourryreccu amp;elleu« en Pologncamp; defi^
-ocr page 615-LIVRE lt;lt;V A R A N T I E M E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'50^^.
pîr Sigifmód pour cftre fó fuccclTeurrajouftant afïèz de menaflcs fi fon rcfufôit ces côditiôs. 'âUfrcfponcc Sigifinond demandoit rccompcnfê de beaucoup plus grans interefts. Et quant jjfils du Mofcouitc , déclara quâil ne le pouuoit defigner pour fuccefièutjdautant quâil de-âwoitferemarier afin dâauoirenfâs.Quand aux menafiès il declaroit que la guerre luyeftoit
qiiela Paix. Et que fi le Mofcouitc leuoit lesarmcsûlluyenuoicroitdeuxfoisau-^'^t'IeTutcsquetanpafle. Siquenc pouuansfaccorder dâvne bonne Paix, ils capitulèrent âftfucspoiir trois ans le trezieme luin mil cinq cens ièprantc. Portant entrâautres articles ^DcSigifmód jouyroit pendant icelles de tout ce dont il eftoitlà ifi en Liuonie. Et quelc tra-^'^icroit ouuert libre dâvne part amp;nbsp;dâautre. Vous verrez le refte quand /e parleray de la mort ''^âigifraond deux ans apres amp;nbsp;des brigues que pluficurs Princes firent pour luyfucceder. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Le premier jour de luillet mil cinq censlêptante deux,Sigiimond mourut en Lithuanie ou il feftoit retiré des le mois precedent pour iôulageraucunemét la malladic qui le prefloit uaflez longtemps. Il nâauoit grand train auec foy, pource que les Seigneurs eftoient demeu-
en Pologne afin de pouruoir à fEleôtiô dâvn nouueau Roy.Ce Prince doüé de grades gra-mourut fâs hoirs amp;en luy défaillit la race de lagclloii,laquelle auoit régné en Pologne de-pw'slan mil trois cens huitante fix. Tellement que la Couronne fut poféc fur la refte dâvn * â 'âncceftranger Henry de Vallois Duc dâAjou.'feconddclamaifonde France comme vous 'Offrez. Lors que Sigifmond décéda il eftoir en France. Catherine de Medccis là mere defi-Untvoir fon fécond fils Roy enuoia ( par leConfeil de lean deMonluc Eucfquc de Valence)
Gentilhomme vers le Roy Sigifmondjpour parler du mariage dâAnne là fÅur auec Henry Negorntis 'i^fllecondition quâil leferoitreceuoir parles Eftatspourfonfuccellcur,attendu queSigif âeredu*quot;' âJâond eftoit hors dâefperance dâauoir enfans. Et fil venoir à mourir durant c.cfte négociation Roy de Frâ que fa malladic eftoit incurable: le Gentilhomme Agent auoit charge de gangnerla retomber' fsueur de quelques Seigneurs du Royaume,lotis fauis amp;nbsp;conduite delquek on pourroir puis la Couton-?Pfesyenuoiergens de marque. Ceft Agent ne partit quâen lâan mil cinq cens feptante deux. ^'^llcmcntquâilnâarriuagn Pologne que peu detempsauantlamortduRoySigilhiondjau- chefdefon ^uelilneparla point à caillé quâil eftoit en Lithuanie: Mais aiant commencé lapourfuittedu Iccond point de fes inftrudions: il reuint en France fur la fin de luillet, lailfiint quelques lôli- jou. '^'Kursau pays.Incontinant lEuefque de Valance fut depefehé pour aller en Pollogne faire la purfuittequâil falloir dilligenter.Dautant que ÃEmpereur Maximilian negotioit pour Erneft (-öpetkeur* âjââ'fils. Le Roy de Suede,le Duc de Prüfte, le Mofcouitc amp;nbsp;le Vaiuode de Tranfîluanie pau Hoyau â'lt;111016111 aufli pour leur particulier cefte Couronne Polonoife. LâEuefquc arriuà e^Pologne ®uitô le quinziéme jou r dâO(ftobre,ou il négocia fi dextremet par lettres Ambalfadcs,amp; di-Jâerfes autres pratiquesique le neufiéme jour de May mil cinq cés feptête trois,Henry de Val-
Duc dâAnjou fut efleu Roy de Pologne.Lors fes agents fignerét les conditiÃs que les au-âfesRoysfespredecefléurs lont tenus accepter apres fEledionzmefmcs il y auoit quelques ar-âK'I« à part pour le repos de la France. Pendant ce temps Henry oftoit campé deuant la Ro-chelleiou les nouuelles luy aiant cfté apportées de fon Ãleélion, le dixiéptiéme jour de luin il fut fà lué Roy par farmécamp;toft apres le fiege fut leuéau grand lôulagcment des aflîegez . ^mmcauflîdeceux deSancerrequilé fentirent en quelque forte du bien quâvne nation fi 'iiongnée leur auoit procuré lors quâil ny auoit grade apparéce de fà lut. Au commencement âAouftles Ambalfadcurs Polognoisvindrent en France qucrirleur nouueau Roy.amp;fcm-^^lent finalementr. Si quâapresauoir trauerfé f Allemagneauec grande fuitte: ilarriuacn i^olognean commencement de Feuricr mil cinq cens feptante quatre amp;nbsp;fut Courônéà Cra-^ouieaueclesfolemnitezaccouftumées. Vousauez veu toutcel®plus amplemememcnt cy yftus.Lâvne des principalles caufés qui cfmeut les Polognois à choifir Henry apres le merite ®shtacc amp;nbsp;grâdcur fur les autresifut pour fafliircr contre la Mofeoute qui redoutoit le Turc æftuelfauorifbit lâEleélion de Henry, eftantamyamp;allié des Roys^c France-lis ne vouloicnt P«51e Mofcouitc pour maiftre,encores moins les autres qui fembloient nâauoir moiens fi pro-P'«pour les conleruer.Dauantage le Roy de France fobligeoit de les lécourir de gês amp;nbsp;dâar-s^nt-Etyanoit grande aparance que cefte Eleéiion arrefteroit les Mofeouites. Mais le trezié-®'lt;: jour de May enfuiuant Charles neufiéme Roy de France eftant décédé, Catherine là me-^^®ijoia ptôptement poftes fur portes vers fon fils Henry, fauertir que Charles fauoit nomé '°quot;ligt;ccclfcur à la Couronne Françoife. Ce quâHenry auoir entendu, préférant la France à vn
Royaume
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, Royaume eftrangcr:amp; voiantfilattcndoit congé des Eftars,quâon le pour roi t retenir: fecretement de Pologne. Et difânt à Dieu par lettres aux Eftats du Royaume: courut enÃW gence extreme jufqucs à Vienne en Auftriebe. D'où honorablement recuilly amp;nbsp;conuoiépââ FEmpereur print le chemin de Venilè, puis trauerfant lePiemond amp;laSaiioyc fe retirâtâ France au commencement 5c Septembre. Les Polognois eftonnez amp;nbsp;marriz d'vn taftherent par lettres amp;nbsp;Ambaftà des de perfuader quelque choie à leur Roy. Mais aiantcoi»â par la conlîderation defEftat auquel cftoient lors les affaires de France: que Henry les aBOÆ quittez pour jamais,amp; le côtenteroit du titre ou filfemcfloitdc leurs affaires ce feroit patâJ' tremilè dâvn Viceroy, lequel ils ne pourroientfupporter pour beaucoup de raifons: ilsf^®' blercnt. Et apres meure deliberatiô firent publier folênelemêt que fi dedas le douzième de May mil cinq cens lèptâte cinq,Henry de Vallois ne retournoit:il lcroitpriué deladigiâ'^â' Royalle de Pologne. Or dautant quâil ne comparut en perfonne il y eut proclamation la ville de Cracouic, le quinziéme jour de luillct mil cinq cens, feptante cinq, par vnherauf en ces propres mots proferez en place publique amp;nbsp;deuant tout le peuple ( afin de monftrcr^ couftumeamp;îautorité des Eftats de Pologne.) Seigneurs nousfaifonsfauoir à tous, Roy Henrynâeftantcomparu cnPologneen la villcdeSteczilèau douzième jourdeM^? dernier paffé ,fuiuant ^ordonnance faite au grand amp;nbsp;general Parlement des Eftats par le coiâ' mun auis defdits Eftats: par laquelle ledit jour luy aiioitefté prefix amp;nbsp;ordonné par tout le nat amp;nbsp;Eftat de Noblefïè:à celle caufê au grand amp;nbsp;general Parlcmét des Eftats, tenu nâagueft^ en la ville de Steezife, tout leSenat amp;nbsp;eftat de la NoblelTe par vn commun accord à reiioque tout le droit de fidellité amp;i. obeiflà nce qui auoit efté promife au Roy Henry'jdeclarant qu'ikâ^ le veulent plusauoir pour Roy.Età efté arreftédu commun auis de tous,puis quâili'e*^*'' trouué au jour a 1 uy prefix quâil cft dâefeheu duRoyaume,amp;que des aprefet il y a Entreregâ^ tout ainfi que fi Henry eftoit décédé. C'eft arreft à efté incontinant publié deuant tous à SteO zife de par les Illuftres Se Magnifiques Seigneurs des Seigneurs Marefehaux lâvn Marefdi* du Royaume, lâautre de la Court, afin que la chofe lôit conue de chacun. Partant moy aââ' par lâordonnance amp;nbsp;commandement du Parlement particulier des Eftats de celle prouiÃO' amp;PaIatinatdeCracouie.- declare amp;nbsp;certifie à tous que le Roy Henry nâcftplus RoyouSdâ gneur du Royaume de Pologne.-declarant en termes expres quâil y a entre regne. Cell cequf je veux eftre notoire amp;nbsp;entendu dâvn chacun de vous à ce que nul nâen puilïêpretendrecaule dâignorance de celle demilTion. Durant le lejour de Henry en Pologne, ou il ne demeura quelquemois, ilny auint rien de mémoire. Sibien que les trefues continuansaueclesMd' â couites, fefperance de Ibn retour eftant ollée, amp;nbsp;ce que delTus publié: lesEftats furent affèiâ' blez pour procéder à nouuelleEleélion.Laquelle fut faite quelque temps apres ( alfauoiraâ mois de May mil cinq cens lêptante fix)de la perlônne dâEftiennc Battory Seigneur Hongrois Vaiuode dcTranflîluanic, lequel combien quâen NoblelTe de race il ne Toit aucunement cÅ parable à celle de Vallois ou delagellon, à en recompenfe les parties requilêsenvnRoytd que laPologne le demandc,tant pour la Paix que pour la guerre,eftantaimé amp;nbsp;redoutédefo fujets: Or afin de vous laifier vn plusentier efclarciflèmét des affaires de Polognc.je voustou-cheray quelque chofe detEftat des Mofeouites comme les plus redoutez amp;enuieuxaux Polognois.
' Les Molcouites ont prcfquc mclfnc Religion que les Grecs: leurs Preftrcsfontmaricü) Meursamp;Re- ilsontdes Images en leurs Temples, amp;nbsp;vient dâautres cerimonics, partiefcmblables, partie^ Mofcouitcs. contraires aux Catholiques.Ilsnâempefchent le fécond mariagezmaisilsneletienentfihono rable ne fi legitime que lei||remicr.Le diuorce eft commun entre eux amp;nbsp;nâappellent adultett que celluy qui retient la femme dâaurruy. La condition des femmes y eft facheufe.Catilsnt font compte que de kelles qui demeurent tellement enfermées en la maifon, que jamais elfe nâen lôrtent. Le cômun d^ peuple eft cautelleux amp;nbsp;trompeur, né pour feruir non pour jouit de libcrtc.Tous fauoüent amp;nbsp;côfelTét dire efclaues de Icur.amp; nây à Roi nây Prince quicôraadc fi abfolumcnt que luy.Us chaftient rigoureulêment les briganstmais les larrons amp;nbsp;meurtriers en querclles,nc font pas fort recherchez.Leur monnoie eft dâargent en forme dâouale5amp; non pas ronde comme la noftre.Ils lont richez enfourreures precieufes, dont fEuropccll fournie puis apres. A ulfi toute la Mofeouie eft comme vne foreft aiant force lâmiagine amp;nbsp;grand nombre dâanimaux qui leur fournilïènt des peaux en infinie quantité. Lâan mil cinq censfur-uindrent
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'âidrcnt quelques querelles entre Ies Mofcouites amp;nbsp;les Liuoniens qui fe guerroierent alTez 'âQg temps fans exploits autrement memorabies. Neantmoins en ce temps cftoit grand Duc ^Mofcouie Bafile, parauant nomme Gabriel fils de lean Bafile amp;nbsp;dâvne Dame Grecque ap-Næe Sophie fille de Thomas Palcologiie,Prince de la Moree. 11 efpoufa Salome fille de fvn
ICS Barons, laquelle il répudia,fan mil cinq cés vint fix amp;nbsp;fefffcrma en vn monaftere,pour-'1^ fefpace de vint vn an que dura leur mariage, elle nâcut aucun enfant. Sa féconde fé-'ââcfutHelainc fÅur de Michel Linski, duquel a efté parlé en la vie de Sigifinôd. De laquel-'11 eut quelques enfans-Ican fainé luy fucceda au Royaume mil cinq cens vint huit. Et bien '!''c Bafile ait efté malheureux en la plus part de fes guerres, amp;nbsp;quâau retour il ne ramenait ^â iCta moitié de lès gens: fcsfujetsne laifïoient de le louer comme fil eut efté viétorieux di- * ?''^uâilnâauoit perdu aucuns defes fôldats.Ilnâyà Princeentoutlemondequilôitfiab-ûluSeigneur en fes pays quâa efté ce Bafile, Cariloftaà tous les grans amp;nbsp;Nobles defon ^wyaumeles Chafteaux nbsp;nbsp;fortereflès quâils pouuoient auoir,fans efpargner mefmes fes pro-
P^csfrétés. Et falloir que ceux qui funioient fa Court, qui alloicnt en guerre ou en Ambaffa-â«pour luy fiffent tout à leurs defpés,lâns ofêr refufèr ne monftrcr côtenance de mefeonten-'^nt.Caià la moindre plainte ou defaut, ils eftoient enferrez en prifon; amp;nbsp;mefmefi les au-'fcsPrincesdonnoiét quelque chofêaux Ambafïà deurs Mofcouites,BafiIe le leur oftoitpour âSnaccommoder fans que pas vn dâeux ofaft ou urir la bouche pour fen plaindic Au côtrairc curcommun langage eftoit amp;nbsp;eft encor au jourdâhuy,que la volonté de leur Prince eft la vo-
de Dieu, amp;nbsp;que tout ce que leur Prince fait eft approuué de Dieu. Ceft pourquoyils ^^Ppdlent, le porte clcf,lechambrier de Dieu amp;nbsp;lâexecuteur de la volonté diuine. Auflîle |''indDucfçaitbien joüer fôn rolle pour fautorifer amp;nbsp;faire valoir.Car fi on le prie pour la de-'âuneede quelque prilbnnier, ou autre cas dâimportance: il à accouftumé de refpondrc: ce ptifonnierfera deliuré quand Dieu le cômandera. Semblablement fi quelquâvn propofe vne SHiondoiiteufeamp; malaifee à refoudre, les particuliers refpondent ordinairement Dieu le sjgifinond le grand Prince q^iffi. Aucuns Allemans leurs voifins autrement gonucrncz: ne treu- HeHasbetf â¢J^ntcesfaçonsbonnesSi difèntà plufieurs quâon ne fçauroit juger fi la beftialiréde cepeu-picmerite dâeftreainfi tiranniÃe.-ou fi ceft la tirannie du Prince qui emporte ainfi cefte nati-hots des bornes dâhumanité amp;nbsp;la rend fi reuefehe amp;nbsp;cruelle quâelle eft encor au jourdâhuy.
Æ ninie que ce fôit ils feftoient attaquez aux Liuoniés qui lors auoient pour grand Commâ-â'tur Gautier de Pletembourg Gentilhomme vaillant amp;nbsp;fà gc. Lequel trouuabon de preue-â'rÃafileamp;: entrer dans la Mofeouie. Ce quâil faifoitdaurant plus hardiment quâAlexandre Ãüyde Pologne luy auoit promis par fes Ambafïà deurs depreffer dâvn autrccoftelesMof-^ouitesjdonttoutesfois il ne faquitta pas comme il falloir. Pourtant le Commandeur entre âtlcsfrontieres de Mofeouie aucccinq mil Reyftres 5i cinq mille piétons Liuoniens auec «quels 11 chargea refôlument farmée deBafile compofée decent milleMofcouites amp;nbsp;trente â pilleTartares lefquels furent mis en routte par la dextérité du Commandeur amp;nbsp;vaillance de » petite année, fpeciallement des ^ens à chenal accident prefque incroiable: Car, aucuns tic-''îotqueBafiley perdit plus de feptante mil hommes amp;nbsp;que le Commandeur ramena tous grandefauj ^âhens exceptez trois ou quatre cens au plus. Bref le Mofeouite demanda Paix laquelle fut ââ^cordéepoiir cinquante ans. Puis Bafile fadrefïà aux Polognois Scleschofês eurent fifluë
nous auons deferite cy defTus. Tant fous la conduite de Conftantin Oftroski que de lean Comte de Taruomi.Tellcmct quâen fin Bafile traittaauffi quelque accord auec les Polognois sundepoiiuoir courir fus auxTartares, fur lefquels il gangnavnegrandevidoirc,ïan mil cinq cens vint fept, tellement quâils y perdirent vint mil homme^n vne feule journée. Mais âiiparauant les Tartarcs auoient fort endommage le Mofeoute, comme ils firent encores de-pnis.Iean fils de Bafile aiât fuccedé à fbn pere demeura en repos afTcz de tempstfê côtentant fur lout de bien brider les courfês des Tartares auec lefquels ils font et^uerre côtinuelle.Quand auxLiuoniens le traitté de paix fbbferuoit, amp;nbsp;ne fentreprenoit rien de memorable vers la Li-ihuanie. Mais en fan mil cinq cens cinquante cinq au plus fort de thyuerf temps propre pour colites amp;nbsp;Jiener armées és pays Septanrrionnaux qui font marefeageux amp;nbsp;inaceffibles en Efté) la guerre alluma entre lean Bafile amp;nbsp;Goftaue Roy de Suede.Lâoccafion vint des mauuais deportemés ucsGouuerneurscftablis par ces Princes és frontières des pays ou ils faifôient des courfês amp;nbsp;fourrages pour venger leurs querelles particulières lefquellcs fiuallement ils rendirent publi
ques
-ocr page 618-Mayiî76 , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
qucs. Car le Mofcouite fit vne armée de deux cens mil hommes, laquelle entra dans la ché deFinland,ou fe commirent des meurtres, embra/ëmens amp;nbsp;faccagtmcns tfiranges. laucaiantleué quelques forces dâAllcmensê: de Suedes; fe dilligentepour alleraudeuaquot;â des Mofcouitcs,qui aucrtis de fa venue rclbluent de fe retirer auec leurs prifenniers: maisC'âquot; laucles pourfuiuit juiquesfn leur pays amp;nbsp;eut fa rcuenche,faccageant toiitamp; ranicaaat grand nombre de priiônniers. Il auint entre autres choies que quatre censBoiarcs ouCcn; tilshommes Mofeouites feftans arreftez fur la glace dâvn bras dâeau afin dâauifer à ce*]â' cftoit de faire pour refifter aux Suedes^ la glace fc rompit amp;nbsp;furent tous noiez. Ccquicfe'^ fl forts les Mofeouites,que peu de jours apres ils accordèrent les conditions amp;nbsp;articles depa-
*i4uonic- cification paflèz par Gcftaue.'lefquels le grand Duc figna.Et les auteurs delà guerre (laquo» dura deux ans) furent exécutez à mort tant en Snede quâen Mofcouic. Mais toute la fureur* cruauté des Mofeouites ie dciploiafur lesLiuoniés encor quâil y eut paix pour cinquâte^^' Ce pays qui eil de fort grade eûâduë en lôgueur,citât borné de la mer deSuede à fOcciuct* au Septanrrion ceint de Mofcouie3Lithuanieamp; Pruiîâe à f Orient Sc Midy, à elle des longicpâ Cheuallicrs fousla domination dâvn grand Commandeur delOrdre des Chcualliers Theutoniques.0â' Theutoigt;i- jjç jj y fArchcucfquc dc RigCjville marchande amp;nbsp;beau port de mer. Puis ks
de Dorpar, Hafpc],Ofel, amp;nbsp;Reuel qui particulièrement poiTedent plufieurs grans biensamp;Câ villes^Chaileaux amp;nbsp;places fortes au pays. Les principallcs villes font Rige, Renel, Dorpâquot; puis Vvezde( ou le grand Commandeur tient fa Court ) aifizc au millieu dc Liuonie,Par^' uu, Velin, Vvalmcr, Vvesborch, Vireilen, Marne amp;nbsp;autres en bon nombre.En cetempsiA^ cheueique de Rige,Guillaume fils de la fÅur dc Sigifmond Roy de Pologne ja fort viel/âquot; bera auec fon Chapitre dâeilire pour ion fuccefièur Chriftofle fils dâAlbert Duc de Mcâ*â ' bourg: ce quâeilantfufpeél à Guillaume de Fuilemberg grand Commandeurde Liuoiuc^ guerre commança, en laquelle ÃArcheuefque fut prins ôc Chriftofle arrefté auec lêuregarde-Niais le Commandeur fut incontinât pourfuiuy par Albert Duc de Pruife frere de Sigifoy Roy de Pologne oncle de f Archeucique, lequel lut dehuré amp;nbsp;le Commandeur contraint*
' paier tous les fraiz de la guerre amp;nbsp;lafolde de cinquante mile Polognois Icuez par Sigifmcn tellement que la Liuonie fut lors efpuifécde denicrs:dcfqucls elle auoit plus befoinqnc/â' mais pour f ouririr aux fraiz de la guerre quâelle pouuoit auoir auec lesMofeouites actéduqtt® lestrefues eftoient expirées. Aquoy totitesfois luile Reck Eucique de Dorpat donna que*-que ordre: Car il obtint prolongation des trefues pour cinq ans.Le Mofcouite promettoitde les cpntinucrpuis apres de quinze autres années fi en dedans les cinq annnées on reftabliu^t en Liuoiné certeinsTcmples que les Mofeouitesy auoitnt,aiiât que les Ceremonies de iê Romaine eneuifent cfté chaifées: amp;nbsp;que la ville de Doi partauec ion territoire paiailââ Mofcouite tous les ans certain tribut par tefte. Apres que lufteeuft obtenu les trefues,iHâ retira hors dc Liuonie en Vveftphale amp;nbsp;en lieu fut eilcu Eucfquedc Dorpatr,Herman aAbN de Falkuanu, lequel fit prolonger les trefues encores de trois ans: auant la fin deiquels les Et' tats de Liuonie enuoierent demander la Paix au Mofcouite. Lequel déclara auxAmbaÃa-deurs. Puis que les Liuoniens auoientabufé tant de iôis de fa patiende fans tenir Comte de paier tribut: il les traiteroit dâvne autre façon. Pourtant ilrenuoia les Ambair3deurspîf''d long chemin, amp;nbsp;ce pendant en dilligence fait tenir lettres au grand Commandeur,à îArchc-uefque de Rigc,aux Euefques,Sc â tous les Eftats par Iciquelles il remÃftroitau long les tod$ quâils luy auoient faits,pour reparation defquels il atioit prins les armes relôlu de leur faite!'' pis quâil pourroit. Défait les Liuoniens nâeftoientpas fans faute enuers le Mofcouite. Aiadt empefthéque plufieurs ^uricrsamp; diuers artifâns partis dâAllemagne du confcntcmcntoC ÃEmpereur amp;nbsp;de Ferdinand fon frere pour aller en Mofcouic inftruirc ceux du pays: nefem' barquaftét à Lubec:amp;: nâaiant auflTi paié le tribut dc Dorpart comme aiioit efté accordé pat lâj refues. Ainfî doc les Mo^âouitcsamp; Tartarcs au nombre de deux cens mille homes ou ciwn*â entrent en Livonie au commencement delanuicr mil cinq cens cinquante huit amp;nbsp;auoir faca* ge,vne fort longue eftanduë de paysil s fen rctournerêt emmenât plufieurs milliers deperfom ncscncaptiuité.Qui fut occafion que le grand Commandeur amp;fcs conleillcrs, cragnans vne féconde recharge pire encor que la premieré, enuoient demander la paixau MofcouiW laquelle ils euflént obtenue fans vn accidét qui enaigrit mcrueilicufcmét les affaircs.lly a co-n)6
-ocr page 619-LIVRE Q^V A R ÃK.T E)V.N I E M E. 308.-â'â 'cgtoflc Riuicre en Liuonicforçant dâvn goôfre de la riierSeptentrionale, fallant rendre âPæsquelipio courfedanslcl^ de Boâaà Sjjquiade longueur plus de quatre vintamp;licuës. Ce Narucs. ®fui!cnômêNarue,lèpaieaffez pres du goulfedeux villes qui ont le mefmc nom fituées vis à Wvnedcîaütre; Cdllc qui êfî'ducofté dt la mer appartient aux Liuôniens:Eâautre appellee ^â 'înogrodeparlcs Ruflîeus,a caulcdâvne Citadelle que Je granà Duc lean Bafiley fit baftir:
la dominatiô du MofcouitejGortà ne aufliîeftenduë du pays prochain. Tellement que ^ffleuuefert de borneenttc les detiynarions-Oreesfortereffesie cës deux villes auoient leur ^iiifon de part amp;nbsp;dâanîre; Auint vn Jour de leftc que lésfolpats Mofeouites lors au nombre ^'ttoismiljFebaftans fansîarmcs ( a caufe quâil yauoittrefuei) en vne grande place: quelques ^fftains foldats Liuonicns efehaufe^ Jc vin ou;dâauttcfeu:nqn moins dangereux ; lafeherent lt;nbsp;Wques coups de moufquets au trailers de cefte grofïèjroupe, amp;nbsp;en blefïèrent aucuns, qui J'gt;iitesfois ne voulurent rompre les treues/^ur cela: ains enuoient en toute dilligence auertir
Prince de tel accidet. Alors les Ambafià dcurs de Liuonie eftoiét en fà Court aiiec riches P'rfenspourtraittcrde la Paix. Occafion quâils furent incontinent renuoiez auecleurspre-la guerre dénoncée. Par mefmc moien le Mofeouite fait marcher fes troupes droit a de Liuonie, fè rend maiftrede la ville amp;nbsp;du Chafteau en peu de temps amp;nbsp;chafTe les
Cîmifonsqui fe rendirent par compofition. Ainfi les habitans rcceurent le Mofeouite pour Seigneur,comme firent auflî leurs voifins fè voians réduites à l'extrémité 8gt;c fans fccours.Cela fâ^pafTaainfiencor quâaucuns dient que le feu feftant prins en quelques maifônsdc Narue Luoniquc,amp; tous ceux de dedans occupez à fefteindre, les Mofeouites paflèret feau, Sc fen-parerent de la place à viue force. Apres cefte prinfè les Mofeouites au nombre de quatre vints â'lillcjcntrcrêt cz terres defEuefq ne de Dorpat, prenant le fort Chafteau de Nieuhufè,amp; toft ^pres Dorpat mefîne par compofition amp;nbsp;retiennent fEucfquc prifônnier.Ccla fut en fEfté de mil cinq cens cinquante huit. Sur Je commanccment de fan mil cinq cens cinquâte neuf grand commandeur enuoia George Sibourgfôn Ambaftà dcur demander fècoiirsà Ferdi-
ârMdamp;auxEftatsdcfEnjpirealTemblezà Ausbourg. Pour toute alfiftance les Eftats firent offrede centmil efcus,quc les Liuonicns ne voulurent prandrc,eftimans ccfupportfî foible lt;iuâil vallon mieux mourir vnebonnefois que languir fi long temps aucefipeude moiens. ^int quâilsefpcroient que les courfès que les Tartarcs rccommanccrent en ce mcfme temps: fontraindroient le Mofeouite de laiffer laLiuonieÃc leur accorder quelques trefucs.Defait le Mofeouite retira fon armée laiffant quelques Garnifons cz villes par luy prinfes. Mais apres a-âoirchaffé les Tartares il ramena fes troupes en Liuonie fan mil cinq cens foixâte:amp; affiegea
ville deVelin dans laquelle cftoit le grand commandeur auec forces fuffifà ntes pourfôufte-wrle ficge-Toutesfois par la couardife ou trahifon des fiens mefîne: la place fut rendue,amp; lui îBandonné de tous, tomba cz mains de fes ennemis. Apres cefte prinfe la Liuonie fut foura-geedâvnehorriblefaçon. La fleur des hommes raclez par la violence des armes, grand nombre defuruiuâs emmenez en Mofcouieamp; traitez fort cruellemét.rAinfi tout feftatde Liuonie futrenuerfé comme en la mefme année furuindrent des changemens notables en diners endroits defEurope tels que nous les auons veus ez difeours précédés. Tellement que Gothard lettelerCheuallicr deîordreTeutonique^aiantefté fubrogé au lieu du grand Commandeur £aLiuouic Rt!lenberg,amp; voiant quâil ne falloir attendre aucun fècours de fEmpirc: fe rendit vaffalde quand par ^'gifmond Roy de Polognc,à condition quâil maintiendroit la Liuoniecontre le Mofeouite
amp; tous autres ennemis. Par ainfi Gothard fut créeDiic de Curland amp;nbsp;Semigallc en Liuonie, quelles con« tenant fes pays en fief du Roy de Pologne.Lequel poflede maintenat tout ce que les Cheual-Itcistenoient fous vn Lieutenant qui fe tient à Rigc. Quelque teq^s apres Gothard efpoufâ me de Po-^nnePrinceffede Meckelbourg Ãc fe tint enfô Duché. Magnus Duc dâHolface frere deFre-deric Roy de Danemarch, eut fEuefehé dâHapfèl, Dorpat amp;nbsp;fôn terroir.Narue,Velin amp;nbsp;Vite-ftendemeiirerétau Mofcouite.-Reucl amp;nbsp;Raualiefc rendirêt à Héry^oy de Sucde,dontfcnfui-uithgiicrrecntreluyamp;ceuxde Lubec a caufè du trafic de la nauigation comme ilenà efté parlécydéliant. Voila comme la Liuonie fut defehirée. Mais le Mofeouite defpité de ce
le Roy de Pologney auoit fi grand part : entra en Lithuanie fan mil cinq cens fbixan-tc trois ou les chofes fiiccedcrent, félon que nous fauonsveu en parlant de Sifgifmond pre-liffueenfut vneTrefue laquelle durajufques apres la mort de Sigifmond, décédé f Mil cinq cens feptante deu.x. Ainfi apres pluficurs orages amp;nbsp;tempeftes la Liuonie amp;
-ocr page 620-Lithuanie eurent quelque rehfche,le Mofeouite cftantcmpefchc à repouHcrlcsT .
⢠' i â ' en îan mil cinq cens feptantc vn fouragerent laMofcouite,prindrcnt,piîlcrentamp; Dt rent la ville Capitale, deffirent les Molcouites qui les vouloient fuiure,rcloliis (16 '. i rccommancer nbsp;nbsp;continuer tels cxerctcésles.années fiiii:autcs.Defait lâns fes
J. ennemis qui tUnncn; Je Mofeouite en continuel alarme: les pays â ⢠-J ' Yüifins auroient fort a faire: Iviais Dieu à ainfi contrepeie i ! 7 les choies,ne voulant pas lâcher la bride plus lon-i^hs'ugue aux peuples violents iains les (rauaillcamp;
, -î i/[.i :.âruine les .vns par les au£icspourlclt;C)Eila zuaiüufu:' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;!Tt gement deceux quâil fupporte-
i»;u. ,
âU'.ji- ?
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ,j ?parià âgrandepuiifâce.Noi;s â
- verrons le reftccnau- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:
.⢠ruj.O sî ! . â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; tre endroit. ..
-ocr page 621-PwBce de Condé refuféde fin Gowiemement de Picardie s'en'plaint :(frne fi voulant trouner iTOÃI^^ à Bttwgei attec nbsp;nbsp;nbsp;onfieur : fi retire vers le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Nauarre en Gaflongnepuis à la pocheUe
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(è-lieitxvoifins.Le Poy d eNauOrre entre en la Rochelle.l'Eftat de T nÃema^. Maximilian
L nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fi**Ferdinandefi faitPoydeBoeme, dâUongne, desPomainspuis
^^ptffur des Chretiens. S'tege nbsp;nbsp;compofition de la ville de PoftocK par le Duc de MeKel-
^ourg.loMrnéedeBEmpireà ^usbourgou l'SleEleur Palatin chargé d'auoir autre p^ligion ^ueäe la confifiten efy^usbourg .⢠rend raifin defifiy ⢠Gromhach fis complices mis au ban de ^fircaffiegez. auec leanFrederic Duc de Saxe en Gothe par Augufie CEleSleur de Saxe fins le mandement de ^»iJurair.Pm exécutez, à mort,Frederic e/lanr auecfi, femme nbsp;nbsp;fs enfitns desheritel^rifiniers à Vienne. Mo-
ââ'^âlalulitnsfitfie fitrlePfn parle Comte Palatin.Siege de Treues par F Ãrcheuefijue (fp leur capitulation, ^^â!'gt;feMion confirmée en Autriche par l'Empereur .Comme les François Catholiques nbsp;nbsp;Proteflans ont eu fi-
^'gt;Kfsi(s Princes de l'Empire.Les Ppis de France nbsp;nbsp;d'Efpagne prenent à femmes deux des filles de l'Empereur
ne regardent beaucoup aux degrez. de confingutnitéau moten des difpences que le Pape leur en donnes portemans nbsp;mort dA' Empereur tJMaximilian auquel Ti^dolfe fin fils ainefùccede. Stefitn B atari de
ry/e Gentilhomme,pour fis vertus efi fait Vdiuode de Tranfiluanie contre plufieurspretendans.Puis par le de-Henry de Pologne déclaré nbsp;nbsp;reconu Pjjf fur les Polonais. La mort de Frederic EleéleurPalatin
'â\in.D Prince Cal^imir demeurant auec fin Armée furies marches de France, contre la Lorraine ; rienveut hnir ^ne /â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paix ne fett exécuté au defir des Proteflant clr au cententement de fin Armée quin'efiait en-
^^â'jgt;»ite.Efiats de Flandres fi reuoltcnt contre le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ei'Efpagne. Priutlleges de la Ppchelle confirmez, par le
^ntn'fy troifieme.Boiffiere Briffon députépar le P.py vers les Pp^chellois. Diutfions a la P^chelle. â Peronne
Prince de Condépour retraitte.Puis refufée, S. 7ean Dangely luy efipromis.Ligues des Cahotiques ^ââ'ââ'tlesProteftansenplufieurs Prouinces de Fr arase.Entreueue de la 7(oine mere, Ppy deTfauarre tfr Prince Gode. nbsp;nbsp;nbsp;/le pjauarre refufë de l'entrée de Bourdeaux Cappitalie de fin ouuernement. La P.pine mere a-
ttunciri Afonfieur auec le Pffp-fitit quilfe va trouuer à Olinnille,puis l'accompagne aux Eftats de Bloys.
. quot;quot;âr^tid'Aufirie paffe deguifeen pofie depuis Baionnejufqttes en Court pour aller en Flandres dompter les fît-iâ^^éefinfrere.Ee Prince de Conde fi veut affurer deP rouage les diuerfis menées qu'on y pratiqua.Le Prince
Gtttide fiché contre les P.ochellois. flarenguede l'Amhà jfadeur dte Prince Callimir auPoy Henry tr'oifié-ââ^fidntiuedt lapoure execution definEdit dePaix.Ligue fiinte desCatholiques pour abolir LTP^ligiâProtef-ar.ecla forme, inftrullions (^moiens de l'entretenir. Plaintes du Prince au T{oy fur les contrauentios à fin ^âfioxeeà iceluy.Saint fean tLAngely (p- Cot^nat à luy accordel^our Perorme. Harengue platntiue
'i»ce de Coitdéaux P^cheliois qui luy voulaient nier l'entrée en leur ville nbsp;nbsp;la refponce dliceux s'exeufans en-
Confeilçublic.finauthorité (fi- diuerfisfortes d'iceluy.La nbsp;nbsp;oine Mere nbsp;nbsp;fin trauailpourappaifir les
Plt;»i du Tlpiaume.Prefimptions pt'eparattfs de guerre.Partiallitel^efr différons à la Ti.ochede.hnuers s'ac-harengue du Prince aux P^cheUois auec les moiens qu'il mit pour les vnir cififitirt
Vxdreé fixrime Guerre ciuile des François.
8^ cinquième Paix faite en May i publiée le 14. du mois le Roy leant au Par- Paixfaite lement de Paris amp;nbsp;depuis prefque par toutes les Prouinces de la France : Puis les «âMay» forces cftrangercs Proteftâtes amp;nbsp;Catholiques licentiées hors le Roiaume: Chacun
A auec efpcrance qu'ellelêroît de plus grande amp;nbsp;ferme duree que les precedentes: ne (J aoubte de fe retirer en fa maifon amp;nbsp;polêr volontairement les Armes. Cuidans eftre à bout de miiêres efquellcs la France auoit cfté par lÿ long temps enuelopée. Or viuoient en aiTurance les Confederez dâautant plu? rdolus, quâils conoilïbient cete Paix leur auoir Pilonnée par vn Roy, duquel ilsnâauoyent encores receu occafion dedelfiance, quâil la par apres enfreindre. Veumclmesquclèdiljîenlà ntde la faute des Paix prcccden-
(lt;qq ij.
-ocr page 622-Iuin,ïmiîet, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L' H S I T O I R E DEFRANCE.
tes au dire des ProteUans : il appelloit ceflc-cy fa Paix : faffeurant pour ceftc Siiautreslaifoi» plus durable que toutes les autres. Or comme du contentement des plus grans depend coUâ ftumieicment le repos des plus petis; lefquels par ce moien font plus contenus amp;nbsp;sricttczen leur deuoir ; comme du contraire nailfcnt Je plus fouuent les occafions de les faire eiicncr remuer mefiiagc : Le Roy fiant commencé toft apres la pubik ation de la Paix de contenter Monfieur fôn frefe par vn grand amp;nbsp;honnorable Appennage des Duchez de Berry j
amp; Anjou : eftimant le Confeil du Roy que le defir dâaccroiftre Jbn Appennage liiy euft d c îvndesprincippaux motifs dçlèmeJcontentcr ; donnoit fuffiJante pieuue aux ConfcdeKZ dâelpercr que mondit SeigneuB continueroit le bon zellc afleélion quâil atioit auparau.nt * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;monftré à fendroit de ceux par le benefice defquels difoient-ils il auoit receu fi grand auant^
ge. Le Roy de Nauarrefcftant des derniers declare : Je trouua aJfcz à temps pourauoir part du bien la Paix. Et en plaine alfeurance comme il Jembloit, Je preparer à la retcue de fes Roiaume amp;nbsp;pais. ConJci^icmmât pluficurs du parti par les moiés de ces deux Pnne^' eurent occafiô de recercher la continue dâvn bon repos rät defiré.Mais le feuI PrincedeW Lep incc r?ômcmis hors lefouuenir des homes : fe trouua priué du fruit qu'il en cJperoit en beaucoup deCondLe dc Jôrtes.Et qui luy auoit cfté promis Scaccordc par la Paix.Ce fut Jans particuIariJêrdauîO' ftiféduGou- beaucoup dc choJês eJquelJes il diJôit quâon luy auoitmanque dcpromeJfedeGcuuemc arpicTrdie. ment dc Picardie qui Juy fut defnié. Duquel aiant eâé pourueu par Je feu Roy Charles apr«
le dccez du feu Duc de Longueuille par finterceflion mefmes amp;nbsp;inJlantepourfuitte eu Roy aprefent rcgnant:Er en ifcluy confirmé par le bcneJfice de la Paix:Il eut dit iJ^moiftsdcÃueur amp;nbsp;priuilege en çeft endroit que le moindre de ce Roiaume.Ne pouuâtpas Jêtilcmct jouird v-ne Jèule ville dc Perone qui luy auoit cfté fur toutes autres accordée pour fa Jêureté.Encoilui euft efte ce mefpris amp;nbsp;conremnemét trop plus facille a digererjfi les entrepriJês,difoitiJ tats contre Jâ pcrJônne defquels il Je diJbitaucrti dc beaucoup dâendroitsme lui cuJTcnt tracW le cours de fcfperance quâil auoit conceue en vn repos paifiblcjamp; qui fuJl de durée. Cclaft' premièrement eau Je de diïcontinucr vne plus grande demeure quâ^ feJloitpropofcfijircââ^ LcPrincc dc Monficur.Mcfines prandre congé de Jbn excellence pour Je retirer en la Guyenne fur le po®^ Condé ne le quâil eJloit preJl dc faire fon entrée a Bou rges: A laquelle ledit Prince ne fut côfeillédefcH®'â rerâà ^Bour-â ucr.DâailJcurs le Roy de NauarrefcJlât acquis vne pleine amp;nbsp;entière liberté par fiJfiicquc vous ges auec aucz vcuc cy deJfus.-tint vne route du tout oppofite a celle que tenoit Monfieur: montrattii' trouuedc** nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grand defir ny choJè plus ncceflà ire que tirer en fes païs. A cet effet il enuoia Ferua*
Roy de Na- qucs en Court pour amener Madame la PrinceJJe JÃ Jciir. Attendant la venue delaquelle il ni
aJïczloi^ Jèjour à Niort amp;nbsp;ez enuirons prenant IcdcJduit de la chaJfe de laquelle il fe
® ' merueillcuJcmcnt.Ccpcndant il auiJà de vifitcr la Rochelle côme ville de Jôn Gouuerntwc''' NauaVre'^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dc long temps il aimoir. Mais les Rochelois a fiez chatouilleux en telles
veut entrci maticresinâeurét pas peu de diJputcs entre eux côme ils fe gouuerneroict en ceJl affaireEttU XW'* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelle conditio ils luy permettroiét fentréc.Non ( comme ilsdifoift)
quâils tiraJTct en doubtc Je degré amp;nbsp;authorité que Dieu lui auoit dônéc en ce Roiaurae;amp;pâ^ , ticulieremét en la Guiéne.Encores moins le zeJe quâil portoitâ leur Religio en laquelle il ââ uoit cfté nourri des Jà jeuneJTe.Mais les gens dont on Je diJbitaccôpagnc grans ennemis de dite Religià ôi pliifieurs dâeux aftèz amp;nbsp;trop inJôlêsen parolJcsamp; aftions à fédroit dc leursfiC' res:Jeur donoict grade occafion de deffiance .Outre les auertiJïèmens conformes à leursfoup' çons quâils rcccuoiét journcllcmctde la part de quelques Catholiques mcJmes:nepouu^^ Rochellois celer le regret amp;nbsp;deJplaifir quâils auoicntquâvn fi grand Prince amp;faiJânt pronci-Jîon de la Religion Je laiflâft ainJà mener amp;nbsp;conduire par ceux qui en eftoient ennemis pitaulx . Et mcJmes quâiuint en tel rang vn ou deux près de Juy quâil fembloit propreroCPi ne dépendre que dâeux Jêuls. Et que rien ne fuft bien dit amp;nbsp;bien fait que ce qui partoitdc leur induftrie amp;nbsp;conJcil. Cependant fe conttnuoient Jes âJlces amp;nbsp;venues dâvnepartamp; dâ3U* | tre pour raiJon de cefte etftrée : qui ne plaiJôient gueresau Vicomte de Rohan pour Jorsfc' I journant à la Rochelle : lequel ne fe pou uoit contenter que fon traitaft de ceftc façon celuf I qui de luy meJïne amp;nbsp;deJâ Jeule authorité y deuoit entrer à toutes heures SeJans contredit. 1 Ceux de la Rochelle infiftans fur leurs priuillegesaccordcréten fin Jâ venue, pourueu qUâ I irfignaftamp; promift garder leurfdits priuiJJeges : amp;nbsp;rcigJaft Jón train au nombre de cinquan- Æ te cheuaux. Et auJïi que aucun? Jpeciffiez defquels fon Je deffioit: nâentraJlènt en leutvillC'
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aiant promis amp;nbsp;accordc:iî facheminadc Surgeresaiiec la PrincelTeläfeiir amp;nbsp;entra en ^ochellele leiidy 28. Jour de luinoù ilfutreceu fort honnorablcment.cftans:allez les prin ^*Ppaux de la ville au deuant luy amp;nbsp;quelques Compagnies dâharquebuziers': les Rochellois ââ pendant tous en armes amp;nbsp;de ranc par les rues efquelles il deuoit palier. Outre ce y auoit en Plw du Chafteau deux Compagnies en bataille auec fartillefiedontilfut faliié amp;nbsp;dâvné â^o^terie dâharquebuziers aflèz longue amp;nbsp;à laquelle il print plaifir. Entre tous Feruaques
fort eftrange que lefdits Rochellois luy euflent relufé rentrée de la ville : le priuant de ^-ompagnie du Prince pour le feruiceÃc auantage duquel il feftoit mis en la difgracc du
7France fon fouuerain Seigneur. Dilà nt à quelques vns que les Rochellois Jugeoient âf'smaldelôn intention qui nâauoiteûé autre que leur faire lèruice.Et quâils n'auoient hom- * î**® (luiplusliberallement fe fuft expofo pour eux ne qui plus volontairemêt euft creiié pouf
defence fur quelque Bouleuard ou Baftion de leur ville. Aquoy les Députez firent ref-Pot'cequelacouftumedes Rochellois eftoit ne laiffèrvolontiers entrer gens en leur ville en amp;®idnombre. Mefmes de ceux defquels ils penfoient auoir occafion de fo deflier. Et quâils '^roioiét que cela feul les auoit prefèruez Jufquesaprefènt de toutes les embûches que les Ca-J^oliquesleurauoient tramées:pluftoft en temps de Paix que en temps de Gucrre:amp; defquel-.^âseftoisnt délibérez le donner plus de garde que Jamais,Içachans bien le grâd befoin quâ-**5enauoient.Sur cela Feruaques aiant dit quâil cftoit bien aile que les Rochellois auoiét défi âîncede luy amp;nbsp;que cela móftroit quâil en eftoit plus habille home puis quâil leur faifoit peur â'â'defditsDeputez fitrefponcc que ce quâils en faifoient nâeftoit pour aucune doute ou peur: P^'^iculierequâils eulïènt de luy : Mais feulement afin quâil ne luy fuft meffait en la ville par H^dquâvn malauiféou par trop paftionné de douleur pour le fouuenir des Matines de Paris ®â*âlsauoient tant perdu de freres.Sommequâaiant le Roy deNauarrefejournéà la Rochelle
4. luilletzllfembarqua pour aller en Broüage, ou de longtemps Mirambeaii fat-^^doitauec deliberation de le receuoir le plus honnorablement quâil luy ieroit poflîble.Et de te Roy de â¢tyeftantlà Majefté arrj^iée fur le Midy.il fut receu trefjoieufement auec vue faluc dâvne in- Nauarre en ^itedeCanonades tant de la ville que desHurques amp;nbsp;Nauires eftansdans le Haureila plus ^fäd part des habitâsdes Iflcs en armes Ãc bon equipage râgez en bataille le long de la Graue, ^wlefoiron lui donna fesbat dâvne infinité de feus artificiels ^dâvn combat naual fur la Ri-
Deux Jours apres il print fon chemin a Saintes amp;nbsp;de la à Perigueux. Pendant fon fc- fe plaint au Jour en Broüage le Baron deLangoirât venu trouuer la Majeftc,môft roit fi gne de defplaifir amp;nbsp;âââefeontentementpour le Gouuernement de Perigueux duquel ledit Sieur Roy vouloir pour qu^/nu Æ quelque autre. Ce que Langoirant portoit aftez impatiemment;marry que quelque au- veutoüerle itcluyfuft préféré veu le deuoir quâil auoit fait tant à la conquefte de ladite ville que depuis æentdequot;pc-^lagardeSc defence dâicelle. Ce qui efmeut princippallemét le Roy de Nauarre de fy ache- rigueux. miner afin dây donner ord re eftan t fu r le lieu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Prince de
Cependant le Prince de Condé auoir choifi la Guyenne pou r fa retraitte.- attendant que le coiîdéen Roy luy euft fait droit fur les plaintes que Montagu Lieutenant de fa Compagnie dâhommes Broüage amp;nbsp;darmes amp;nbsp;fur-intendant en la maifon luy eftoit allé faire de fa part,qui eftoit principallement Rochelle, peur le faire Jouir defon Gouuernemét amp;nbsp;effeduer les códitiós de la Paix-.arriua à Perigeux ^uiltreuua le Roy de Nauarre.Toft apres prenant congé de luy pour quelque temps il fut en Broüage le premier Jour dâAouft. Et le lendemain arriué par mer à la Rochelle fut receu en grandcalegrelfe des habitans.La Compagnie Colonnelle defquels le fut receuoir à fa defeen-
y eftant allé deuant le Maire amp;nbsp;princippaux de la ville en grande compagnie. Son difeours quâil les eftoit venu veoir comme fes bons amis 8c pour leur of^^r ce qui eftoit en lui pour ^wferuir à leur befoinzles priant de fcnaffeureramp;que comme bon fils il ne degenereroit duâ Pîrcjnâyenlabôneaffeôfion quâil leurauoit portéeny en aucune chofè qui concernaft lefor-. uice de Dieu amp;nbsp;repos de ce Roiaume J1 fe plaifoit fort pendant foi^cjour de deuifêr du fiege delà Rochelle 8c reconoiftre les broches 8c ruïnçsdela ville, les retranchcmcs,rampars, con-tteminesScautres moiens que lesaftîegez auoient fubtilifez pourlêgarâtir.Etyaiat demeuré Mquesau i^. dâAouft il partit pour tirer à S.Iean dâAngely 8c à Cognac ou il fut côduit par Ãeux de la villc.De la il fachemina à Nerac ou il trouua leRoy de Nauarre.Cômâil fejou rnoit sla Rochelle il recent lettres du Roy 8c de la Roine mere touchant les plaintes 8c doléances . . -qu'ilauoit cnuoicz à leurs Majeftez; aufquelles on luy donnoit elperance de contentement en
Qjqq lij.
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üâo. I$76,
brief.Et que ce nâeftoit leur faute que les choies feftoient ainfi paflecs.Defait la mémoire des Armes eftoit encores fi Irefche, que beaucoup d'inlblenccs fe faifoient en plufieurs endroiamp;' MbT'reVué h^efmes quâvn Orfeure ôi Chencuert Miniftre riche amp;nbsp;dede Gentilhôme de Poitou^ lut tué à Fontenay CCS joursà Fûtcnay le Côte.Doiit le Prînce dc Cédé enuoialôudain faire lès plaintes auRoy. le Comte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gÃcz fafchaixacccz que les marchas delaRochelle autresProtefiâsauoi-
Fontenay le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jjj (jg Fôtcnay côtie la liberté du traffic ordinaire amp;nbsp;tous priiiilleses des^oircs
Comte ne , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» r -o ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»âi«.-
ment les marchans Rochellois
autrc.sCo federez trafi cans aux foires.
maim.Puis
lonrnée de lâEmpire à Ausbourg 14. lanuier 1566.
reçoit libre- dc cc Roiau.Cc qui eftoit ncatmoinsauenu plus pour le loupçoamp; crainte qu ils auoicnt que lôus clpece dc marchâsjnobre de Capitaines amp;nbsp;foldats ne les fiirprinfét.Pour aquoy obuierils auoiét prié amp;nbsp;perfuadé Landereau dây aller auec bonne troupe de Gentils-homes amp;nbsp;autres. Me femble vous auoir ci deftus lailfé en mémoire tout cc qui fe paftà de plus fignalé en Aie-magne Ibus. lâEmpereur Ferdinâd. 11 eft dôc railbnable dc vous en faire voir la fuite desk co-ronemât de ion fils en Grade dâEmpereur jufques à fôn deces le plus court quâil ferapoffiblc. Maximilian fut fait Roy de Boheme à Prague des le vintiéme Septembre mil cinq cens foix2-Roy de Baquot; nbsp;nbsp;deux, en Nouembre Roy des Romains à Francfort amp;nbsp;le huitième jour du mefmemois mil
me,Hongrie cinq ccns foixantc trois Couronné Roy dc Hongrie en la vilJedc Presbourg.La Roine amp;nbsp;des Ko- nbsp;nbsp;nbsp;feixime fille dc lâEmpereur Charles j.ibn Oncle,fut auflî Couronée Roine de ces 2.derniers
des Chrcfti.
Empereur Roiaumcs. Pcu apres la mort dc fbn Pere il fut elleu Empereur,emploiant toute celle année des Chrcfti. plufpart dcs autrcs fuiuantes à faire tefte aux Turcs qui le forcèrent à la Guerreteftant de foy fort fogneux dc fon aifé non moins que du repos de l'Empire. Mais aftez defuruenues diuertirent ailleurs les cfprits.Voicy comment. Lei 7. Odobre 1565. lean Albert Duede Meckelbourg affiegea à fimprouifte la ville de Roftoch.Enuiron lan 1525 .Jean Roy de Pan' gfeamp;nemarchauoitvédu cete ville aux Princes dc Mcckelbourg.Lefquelsaiansodroicparfiicccf quoy par le fion dc tcmpsdiucrs priuileges aux bourgeois dâicelle : pour rccopenfè lès bourgeois foppo Kebourg clc fois à autre à leurs Seigneurs, ou ne tindrent pas tel côte de leurs mandement qu'il appartenoit.A raifen dequoy les predecefieursde lean Albert auoiét fôuuérpelc dây mcttrela main.Mais pour cc que la ville eft forienls furent côtrainrsfen déporter,attendâs quelqueoa* uerture plus à leur auantage. Auint que les principaux dc la ville 6c Je peuple entrerét en piC' que à caulè du manicmet des deniers publics.Et pource q les gras ne vouloiét rédre conte au peuplcdadificfiô creut de plus en plus.Alors IcsDucsdcMeckclbourg preuoiâs que la brèche fe feroit bié toft pour entrer en la place:auertirét fEmpereur Ferdinâd de ce qui fe pafîôit;ky qui nedemâdoit que Paix en lEmpirc,6c craigncitquelesRoiseftrâgersnemiffiétlepkdea Ãllemagnernotâmâtle Roy dc Suede,aucc lequel,on difbit q ceux deRoftoch feftoiét lignes' enjoignit^leâ Albert Duc dcMeckclbourg de pourfuiure fô droit par plus douxamp;legitii^^® moics.Luy de fà part fy cmploia de tout fô pouuoir.Mais il mourut fur ces entrefaites, laifïânt pourfuccefTcurà l'Empire fôfils Maximiliâ lequel défit oit fuiure le mefinccxpediét.Aucon-traire lean Albert voiat queparluftice il ne pourroit rié obtenir, aiâtaffaireà gés obftinczîil fit leuée dc ges fi Jècrete quâaucun nâé peut rien preuoir:6c enuelope cete ville dc tous collez lors mal pourueuë de munitiôs de guerie ôc dâhômcsfpecialemét,a caufedelapeftcquifquot;^' uoit emporté vn fort grâd nôbrc 8c chajfé les autres loin de la.Sôme que les affiegez fê voians trop foibles, apres quelques allées 8c venues accordèrent,que le Duc entreroit dedas la ville, lairroir aux habitas tous les preuillegcs qlespredccefTeurs leur auoiétoâroicz, nefouffiitoit ^â¢ToftüKquot; aucuneviolccc eftre faite à perfône horsluftice.Etcn vettu de lâarreft de lâEmpereur appoint« I roit le différât furuenu entre le Magiftrat 8c le peuple. Mais dâautant que le peuple le vouloit traiter vn peu plus rudemér:eftâtdcdâs la ville il Je fit bailler les clefs des portes parlesEfcB« uins,8c y fit entrer fô arméc^aquelle il logea par les maifôs 8c cÃdâna les habitas à vneamâé« de d'o.milDallers-.ofta les armes aux plus remuas 8c fit trâcfier les tcftesà z.mutins.Lcdcrnict jour deDecé.enfuiuât Vlrich Prince dc Meckelbourg 8c frère de leâ Albert pretédât tel droit que fôn frète fur cefte villejy vint auec force accompagné de Ambaffadeurs du Duc de Saxe. Finalemét fes Ambaffadeilfs dc lâEmpereur qui y vindrét auffi,appointerct les z.frercsamp;kur firét cômâdemét de fortir.Aquoi Vlric faccorda 8c ceux dc la ville demâderétpardô,olFrant 60. mille Florins.Mais nonobftât tout cela leâ Alberty fit baftir vnc Citadelle au mois de F«' uri.de lââfuiuât pour retenir le peuple en bride.LâEmpereur auoit affigné Jà premiere journée Impen'alle à Ausbourg pour le quatorzième jour de lanu. 156^. quelques mois auparauanf. El combien quâil euft exorté les Députez des Eftats de fy trouucr prccifemét au jouraffigné« neantnwk^
auec le Prin ce.
LIVRE Q^V ARANTEVNIEME. jii.
ââ¢Cantmoins plufieurs demeurez derriere, la Journée ne com man ça que fur la fin du moisou 'âttraittéfpeciallement de la Guerre contre le Turc amp;nbsp;le VayuodedelaTranflîluà nic. Fina-
2 b Mars,Albert Duc de Bauiere propolâ au nom de lâEmpereur les points de/qucls yilloitdeliberer.'alTauoir dâentretenir la Paix accordée aux Proteftans à caufeddla Religio. Auifcraux moiens dâexterminer certaines fcôlcs nouuellcs non »ôprinfes en celle Paix. Rei* S^wcequiauoiteftéarreftc touchant le repos de fEmpirc plufieurs années auparavant. Et; s .c' âfiJituerexpcdientpropredâcxccuterlaSentcncedebanniiremcntdonnéeébntreccuxquia-'â¢oientfaccagéla ville de Vvirtzbourg.Puisauilêr comme fonpourroit reformer la luftice
les procès furuenans entre les fujets de lâEmpire : Sur tout auec quel fecours fon poiirroit faire tefte au T lire ennemy hereditaire des Chrcllicns. Quand a ce dernier poinél ⢠'^^perciir demanda aux Eftats 40. milles homes de pied amp;nbsp;8. mille cheuaux fouldoiez pour
mois, en fin defqucls on lairroit 20. mille Fantaflins amp;nbsp;4. mille cheuaux eh diuerlês Gar-âgt;100$ pour la conferuation de fEmpire. Durant celle JournéeIcâDuc Augulle elcólcur de fleinuefij ^®C)futfolennelIemct Sgt;c en grande pompe inuelli de la dignité Eleélorale de les Duchez psrlenouucau Empcrcur.Lâon oblèrua prelque mefmes folemnitez à lend roit du grand mai- de Saxe par lhede Prufle. Fut aufli auifé aux moiens dâaccorder les dilferans fiiruenus entre les Rois de ** ^ââ inemarch 8: deSucdc.Dauantageon voulut faire rendre raifon à Frederic Eleóleur Pala-
de ce quâil clloit chargé dâauoirvn exercice de Religion au Palatinat contreuenant aux «cdcPruift ^ditsdefEmpire. Et quâil detenoit quelques lieux apartenans à ÃEuelque de Vvormes. Scs ânemispenfoiétauoir lors trouué moicn de le bien ennuier.Mais en prelcnce de l'Empereur dcsHc(âeurs,Princesamp; Ellats de fEmpirCjil rendit railbn de là foy comprinfe au Catechilme gc dâauoir rciglement de la difeipline Eclefiallique par luy publiez:monllrant par longues railôns 'liilnâembrallbit ny aprouuoit en lôn particulier amp;nbsp;nâauoit ellabli en lès pais autre Religion celle delà celle qui eft entièrement conformed la dodrine des Prophètes amp;nbsp;Apollres. Ãtquinc
difcoide nây ne côtrarie «a la confclfiô dâAusbourg amp;nbsp;à l'Appôlogsc qui y eft ajointe,lêlon que rend raifon EftîtsdefEmpirequi embraftènt celle confelfion fontaprouuée à Numbourg. Surce il
ftprefenterpar le Duc lÃn Cazimitlbn fils,la Bible amp;nbsp;la côfelfiô dâAusbourg aux Eleéleurs ^ïuties Princes qui tiennent celle confelfion lors prclcns,amp; aux Ambalfadeurs des Princes 3bfensamp;des autres Eftats de tEmpirc:requcrant que parccs liures on le conuainquift amp;nbsp;luy monftrall on le crreurs.Car il auoit,dilbit-il tout haut, des acculà teurs Semai vucillans qui le '^l^tgeoient de diuerlês hercfies.Toutesfois perlônne ne le prelênta pour dire vn lêul mot con f'eficonfelfion amp;nbsp;la doélrinc prefehée en fes pais. Au contraire il demeura en plus grand erc-^itamp;en meilleure reputation envers lâEmpereur quâil nâauoit cftéauparauâtîjufquft là quâau Repartir de la journée ou il eftoit allé en bonne troupe:LâEmpercur luy fit cell hóneur que de Grombach ^3'Compagner jufqucs hors la villcihonnorant par diuers tcfmoignages la conftantc pieté de amp;nbsp;fescoin
Prince.En celle mcfme Journee amp;nbsp;le 15, dâAuril, Grombach amp;nbsp;fes adhcrans furent mis de Pâ*[an^è* ; rechefau ban de lâEmpire amp;nbsp;charge donnée à lâEleéleur de Saxe dâexecuter par armes laSen- lâEmpire tencedonnée contre eux. Pour mieux entendre le tournons déduirons fommairement celle hiftoiretoutdâvn coup.'afin de ne troubler le leéleur en lailfat amp;nbsp;reprenât le propos tât de fois, fuite contf.
Il à efté parlé cy deftus du meurtre commis en la perfonne de Melchior Zobel Euelque de Wbourg par les menées de Grombach Ibn ennemy. Comme ChriftofleCretzerlâvn des mortexem ââmeurtriers,le confclfa par diuerfes fois cftant prins amp;nbsp;craignant les Tortures amp;nbsp;fupplices pre-P^tésjfeftrâgla meurtrier de foi melmc.Dcpuis Grombach fattacha de nouveau au fuccelïêur de Melchior.Si quâapres quelques eferits publiez de part amp;nbsp;dâantre,les liures furet châgez en ^rnacsamp;desplumes 1â5 vint aux couftcaux.Auâtque rie exécuter Grôbachfe liguaauecquel ^ucs GétilshÃmcs,dôt Guillaume Stein,Erncft de Mandeflo lÃfé Zcbice cftoiét des pre-evicts. Mais côfidcrant que cela ne le pourroit garentir fi lesPrinces de lâEmpire luy vouloient Guillaume courir fus : il en follicite deux lès voifins afçauoir lean Frederic 2. du nom amp;nbsp;lean Guillau-âne freres, Ducs de Saxe amp;nbsp;fils du deffunt Eleélcur lean Frederik. Quand à lean Guillau- de Saxe foli-iic, il ne voulut jamais prandre parti auec Grombach. Mais leah Frederic fe laiftà paiftre amp;nbsp;GromCch-Werde belles promeftes. Nommemant dâeftre reftably ez biens, Eftats amp;nbsp;honneurs de wnPere. Grombach ayant ce proteéleur, prend les Armes amp;nbsp;auec fes trouppes furprend amp;traictelavilledeVvirkbourg, comme il en à efté parlé en lâHiftoire de Ferdinand.
Lequel met ces hommês tumultueux, amp;nbsp;violents au ban de lâEmpire. Euy fcxcuJênc
Qjqq iiij.
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MoicDs de tciiir 1âAlc. nugnc en Paix.
Arrcfis dc
J*Eh)jjhcamp; faroriuc.
le Icntans liiportez de lean Frederic, lequel eferit auflî pour eux à lEmpercur, alléguantn« les auoir retirez amp;nbsp;foufferts enfes terres finon pour les retenir ficempefeher vnplus gran® mal.ll$ folliciterentmelme lâEledeur Augufte dâentrer en ligue auec eux:cc quâil rcjctajdcte-liant leurs meurtres amp;nbsp;fedicieux exploiéls. Ce fut puis aptes ccluy a qui ils en voulurcntle plus, LâEmpcreui; çonfider^t ou tédoient ces cntreprinles.'pctfeucra en fôn premier Arreu-amp; aiant alïigné vne journée à Vvotme, manda aux Princes de lEmpire quâils eeftent à cc»â fulter par leurs, AmbalTadcursjde îordre propre pour maintenir lEmpire en Paix.Il fut lors^' relié de faire vue leuce de 1500. cheuaux:Dont lâEledeur Augufte auroit charge de mille amp;nbsp;le Duc de luilliers de 500. ^n dâempefeher quâen la haute amp;nbsp;balle Allemagne, Crombachamp; les riens ne fiftènt quelques trouble. En ces entrefaites Ferdinand mourut auquel fucccdaMii' Ximilian à qui lEuefquc de Vvirtzbourg fuccclïcur de Melchior Zobel recommandalaftif^' iofiftant a ce que la Sentence donnée contre fes parties full executée. Depuis ce jourGtci®â bach Ãc les riens lé tenoient pour la plufpart du temps auprès de lean Frederic en la ville * fort Chafteau de Gothe ou il rirent diuetlês aftèmblécs.-fpcciallement cotre lâEleâeur Augâ' ftc. Lequel ne connoiffant pas du commancement ce quâon luy bralfoitrpna jnftammantj^' plu rieurs fois fon Coufîn lean Frederic de chalïcr Grombachamp;lèsfuppofts:móftratparP*â* rieurs raifons quâil ne les deuoir fuppoi ter.Autât en fit Frederic amp;nbsp;lâEleâeur Palatin amp;nbsp;PhiT Landgraue de HelfcrMefinc lâEJeâeur Palatin prédit à lean Frederic ce quâil en auintdepiâ^ amp;nbsp;alla julqucs à Saxe appointer les deux frères lean Frederic amp;nbsp;lean Guillaume qui aupart, uant cftoient en grâd difeord. Toft apres fut tenue la journée Tmpetiallc à Francfort dont® cfté parlé cy deflus. En laquelle Grombach enlcmble tous fes fauteurs amp;adbcran$fniflâ' mis au ban de lEmpire par publique proclamation dâvn Heraud de lEmpire au fon des tro® penes fiffes Sc tambours. Auec commandement à lâEIcdeur de Saxe dâexecuter la Sen^^^ fi les proferits amp;nbsp;leurs adherans nobeyffoyent. H cftoit auftî enjoint aux Eftats de Thuringf) de la bafïe amp;nbsp;haute Saxe, de Franconie ôc de Vveftphale de fournir gens à lâEîcâew- Py fut ordonné qu.âon aiuoyeroit Ambafïà dcs vers lehan Frederic afin de luy commande^ mettre les proforipts ez mains de lE m p e r 1 v k ou lesreprîfentcrpnfcnniersenht quâil fêroit afrigné: autrement quâil feroit traité comme receleur amp;nbsp;fauteur dâiceux. uant que lâElcdcur Augufte fut de retour en fes pais pourfe preparer a ce qucdeftiisionp®â' quelques voleurs en Sax.e qui confeflèrent volontairemét auoir cfté follicitez par Grombaj de tuer lâElcéleur. Qui fut aucrty auffi par le Comte de Schuarkembourg amp;nbsp;Chriftofle c bicc des entrcpr.infos faites contre fa perfonne.Cc quâcntandât,il en eferiuit a fon Goufln ltââ
Frederic laprwmt amiabicment de donner congé à Grombach amp;nbsp;aus ficns.Ican Frcdexicnt*® ponce de bow ehe amp;nbsp;par eferittant aux AmbaÃadeurs de fEmpire quâà ceux de lâEIcâcur A»* , , . nbsp;nbsp;guftcgt;cn telle* forte qu'il condamnoitlaScntcncedefEmpereuramp; des Eftats de f Empire Cî
me artilficieJlement pratiquée par fos ennemis,11 exeufoit Grombach auecfosadhcrans appelloit ïcs ridelles Confoillers. Au refte il taxoit dâinconftance lâEmpereur fur rout il p*o quoit aigrement lâElcâeurAugufte. Grombach y ajouftafes exculcs,lpcciallcmcntfurtf quâon le chargeoit dâauoir apofté dçs Aifafins pour tuer lâEledcur. Et pour conclufionlerâ^ naçoitdemorc/il continuoità luy courir fus. Or combien que lean Frederic eu ft fait kW' blant de vouloir renuoier les proferits : Toutesfois ayant eu nouuellc des aprefts de Guerre que fà ifoit le Turc ; Et quelque temps apres attendant la prinfe de Sigeth, il perfcuera en W premiere deliberation : Nonobâantles rcmonftrances que luy faifoient les Princes vo)w; Mefines il follicita plufieurs de la Nobleric fpeciallcmét en Franconie defe joindre à fon par® Si en gaignoit quelques vns.Cela irrita ÃEmpereur deria indigné de la reiponce faite ^r le^ Frederic amp;nbsp;dôna à pcnlcr affii Princes voifinsjLâEledeur Palatin,amp; Lâandgrauc de Hefte Duc de luilliers follicitoiét derechef lean Frederic de venir à raifô. Offrâs dâeftre Arbinesü» différât entre luy amp;nbsp;lâElei^eur Augufte. Aquoi lâEIedeur côdefccdoit fâs prejudice de (a dig' nité.IeâFredcric au côtrairênây vo ulut aucunemét entcdre.Sur ce lâEmpereur voiât le mal qw le pourroit enfuiure des côpîots deGrombach:auertit lâEledeur de Saxe de metre en exceuW la Sentence de fEmpire amp;nbsp;pour cet effet enuoia 5. de les Coulcillers cômis pour aflîftera IÃ' 1 leâeur en celle guerre alçauoir Otto Côte de Berllcin,Fabiâ Schoueich amp;nbsp;Chriftofle CarlO' uits.LâÃledeur obeïffât a ce qui luy clloit cnjoint:rcfolut auec fon côlêil dâalfieger proptem» | les proferits auec lean Frederic dedâs la ville de Gothe.-cc qui fut exécuté en plain hiucr telle dilligccc que Grombach amp;nbsp;les riens fe vixct enclos amp;nbsp;le cano /ouër en tems quâils nar«'
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rien moins que eda à caufe de la vidoixe obtenue par lesTurcs en Hongrie amp;nbsp;que lâE- Gotheamp;Fre ^'«cutAugufte SiC K)ut lâEnjpire n auoiét aflez de moiés(à leur auis) pour les affiger lâAuant- g' Wefc môftra deuât Gotbc la veille de Noël. Et auat quefairc aucun ade dâholhlb'té^Emâ fcg/aucc Pj^fturenuoia vn heraut lequel fît entedre aux habitans quâils eftoient abfôuls du fcrniét pref^
lean Frederic, leur en joinant au nom de lâEmpereur, rccqpoiftre pour Seigneur le Duc puT Cuillaume.il déclara aufli de la part de ÃEIeÃeur de Saxe Chef de ùrméer ce qui au ié-roitaucas quelcsvnsamp; les autres ne lâtiffiflènt à ce que le decret defEmpire requeroit ^x,Mais pourcc que îauât-gardc ne fuflfifoit pas -pour clorre tous les paflâges amp;nbsp;empefeher ^^ours:lcs aflîegex firent entrer renfort de viurcs amp;nbsp;de gens. Lâarmée Imperialle toutesfois ^^oifloit de jour à autre, mais à caulê de la licence que fc donnoient les fôldats: ÃEJcdeur fut f^ttaint d'y aller en pcrfônnc le quatorzième jour du fiege.Et auoir difpofe toutes les troup-P^auccfonconfin le Duc lean Guillaume: fit fommer les aflîegcz de fc rendre ; ce quâaians â«weil donna tel ordre aux retranchemes de fbn campamp; des endroits ou l'artillerie fut logée ^®sprefïà ns de fi court quâil eftoit impoflîble aux foldats de dedans de parler auec ceux de ^ors.Surcc les affiegez firent fôrtir de nuit hors du Chafteau quelques elpions auec lettres Quatre mille florins dâor valiant cnuiron.demyefcu piece aiantla marque Elcdorale de
CS.
le nom de lean Frederic.Les lettres cftoicnr en chiffre amp;nbsp;fadrefloicnt à Erneft de Mâ-Mais les porteurs furent attrappez amp;nbsp;déclarèrent tous les fècrets de lean Frederic amp;nbsp;de
Rombach. Enfemble les noms des Reitmaiftres Colonels, Capitaines amp;fôldats plufieurs ^^âritdauantage les vérifiez deffèins desalfiegez.Lclquels pour nâauoir efté quâiniagination ^seffet il vaut mieux le taire que dâen brouiller le ccruçau de tels qui ne fèn pourroient que ââ®?pafllonner.
Au refte pour contenir le peuple de Gothe en deuoir les Chefe remonftroiêt que fEmpe-Duc Augufte amp;nbsp;les Eucfques dâAllemagne,âne faifoient la guerre que pour abolir la ^^ugion.telîcmcnt que les habitas nâenrendans rien des autres affaires, femploierent lefpacc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
ââî quelques fémaines à ftliuerfcs fortifications. Mais auoir entendu finalement que ceftoit à Jäiife deGrombach amp;nbsp;des fiais quâils eftoiétft ferrez,pour remedier au malheur qui pendoit ââoeurteftes, les principaux faflcmbIcnt-amp; apres quelques Conferences, prefenterentvnc
( car ils nepouuoient auoir autres accez ) au Duc lean Frederic leur Prince: le fup-PWdâauifcraux moiensde conferuer luyamp;cuxfês fîdelles fujets. Mais au lieu dâauancer bien: ils furent menacez par lesproferits amp;nbsp;conurent parle rapport de quelques
â oldats duChaftcau,quc ces forains leur tramoient quelque maI.Ce qui commcnpt à les mu-.Finallcmcnt comme le jour de douant Pafques lean Frederic commandaft à lean Ho-
ââ^^jCapitaine de la ville,fort cftimé de tous les habitâs:dc faire vne lôrtie pour gagner quelque fort des Imperialiftes Hoffinan qui eftoit courageux amp;nbsp;vaillantfiiiuy de quelquefoldats {dchcdâcxecute ce qui luy eftoit enjoint.Mais il fut tué auec quelques autres.La faute en fut iraputccrau Capitaine du Chafteau nommé lerofinc Brà denftain,qui auoit abandÃné Holfi-^gt;11 au plus fort de la meflée. Cela râaluma la mutinerie,^ quoy les foldats eftragers tindrét ^inain. Car eftans appeliez en la court du Chafteau pourrcnouueller leurforment ils nâen *^Iurent rien amp;irc,quoy que Brandenftein foeuft faire par promefle amp;nbsp;menaces. Au contrai-âî Its foldats commencèrent à fe mutiner. Tellement que lean Frederic y vint pour appai-«tout. Mais ceux de la villeentendans le bruit acourent en trouppes au Chaftcau,enfoncct â¢^portes, amp;fè joignant aux foldats: font prifonnier Brandenftein amp;nbsp;demandent les proforits *^uels feftoient ja cachez.En fin ncantmoins auoir efté trouuez on les ameine liez amp;nbsp;garro-
en la ville, puis on les met en prifon fous icuregarde.LesPrflcipaux furent Grombach, ^'ââllaumc Stein, le doéieur Chreftien de Bruck Chancelier, Brandenftein amp;nbsp;lean Beier au- amp;nbsp;uTatihc. ffesfoisTréforierenfvncdes proiïmcesde ÃEleéleur de Saxe. Quelques autres trouucrent «nsfaiw ^oicn dâefchapper.Notamnacntloflc Zebice qui feftoit venté dâaÃsir donné le coup de pifto- par k pèu^ æoont mourut fEuefque de Vvirkbourg. Ceux de la ville firent incontinant entendre cela pâtlcttreà tElcéfeur Augufte, au Duc lean Guillaume aux commiflâires detBmpcreuramp;: â ââx principaux de tarméc. Puis demandent du confentement de lean Frederic jour affîgné Nr trainer la paix, dcclarans cftrc prefts rendre les proforits amp;nbsp;la ville moiennant quâô leur kift côpofition raifonnablalean Frederic enuoia aufli des lettres aux Députez de ÃEmpcrcur
-ocr page 628-Redition de la villeamp; Cliafteau de Gothe à lâErapc
LâHISTOIRE DE FRANCE.
amp;commc Til eufteu vne querelle à part dcmâdoit trefues de quatorze jours pourappdkf^^ Lâanti fauç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Duc de Iuillersamp; le Landgraue dc Hefle(mort quelques jours au p3gt;^
de Héü« uant ) pour auifer auec eux à fes affaires amp;nbsp;aux conditions de la paix. LâEleéfeur Auguitc
toit allé lors à Caflà l aflîftcr à îëterremét d«j Lââdgrauc.Qu ant aux Commiflaires de rcur ils donnèrent bonne refponcc commandant à ceux de la ville de tenir en feurc garde prifonniers jufqucsau retour de lElcdcur à la venue duquel les afliegez obtindrenttequ* demandoient excepté lean Frederic. Surce lâon faflcmble amp;nbsp;apres les conditions propofe® au camp: les Députez de la ville retournèrent faire entendre le tout à leur Prince amp;nbsp;au peii pie.Puis ils furent rcuoiez au câp auec inftruéfiôs pour interceder amp;nbsp;obtenir ce quâils pou^' roiét pour leurs Princcs.Mais ils ne peurét riéfairepour luy. Au bout de 2. jours empIoiW^ capituler finallcmét il fut accordé du côfétemét de Icâ Frederic mcfmc : quâil mettroin^^â' cunecôditiôâés mains de lâEmpereur fa perfône, le Chafteau,la ville, toutes lesmunitios guerrcviurcs laChacellerie amp;nbsp;le fifcQu^e les proferits,leurs fautcursamp;aflbciczjcsvairauxqu* auoiétfait la guerre cotre fElcteurAugufte fâs prealablemét auoir efté par luy quittesdclc reuramp; tout fèrmct fcroict liureziauditSeigneurElcdeur.Quâé dedâs quatre heures tous ges de guetff deXis' aux quelque qualité quâils fiilfét forriroict de la ville auec leurs armes,Enfeigncsdcfploiéesamp;H^ conditions tâbour.Qi^c lesfujets de quelque eftat que ce fut amp;notcmét ceux de Gothe feroiét côfetucï qui uiuent. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^-5 immunité? ôtfrâchifes ouuriroiét leurs portes pour receuoirgarniföauChaftcäâ
dedans la villetprefenteroient les clefs à fâEleéleur: amp;nbsp;les prifonniers foroient rclafchezianJ rançon. Que ceux de Gothe enuoieroient huit dâentre eux demander pardon à lEmp^t^â' ou a lâEleôfeur de Saxe en fon lieu, luretoient folemnellementauec les gens de guerre, porter jamais les armes és guerres qui pourroiôt cftre efmcuës cotre lâEmpire ou cotre rcur ou côtre iEleôfcurdeSaxe.Promeîoiétdâeftre fujetsauDuc IcâGuillavmcamp;luy^*^'ââ'^' bômage.Son frère lean Frederic amp;nbsp;fos fils demcureroictfort cloz détour droit de fuccefliofâ Et fi lean Guillaume dccedoit fans hoirs mafte lâEledeur Augiific amp;nbsp;les cnfansluy fucct^t' Heritier'de roiét.Et fi Ics fils de lâEledcur mouroientfâns hcrttiersmafleslafucceflîonforoit cîcuoluëauX la mailôn de Saxe.
LâandgrauedeHefle. Ceft accord réduit en forme authentique amp;*ratifîé depart amp;nbsp;dâautre«' lEledeur Augufte accompagné des Ducs lean Gui!laumc,AdolfcdâHollà ccamp;de pliifieu^ Comtes amp;nbsp;Barons entra dedans la ville, puis au Chafteau auec grand trouppe de Caualletic le Dimanche trezieme jour dâAuril fur les fix heures du fôir qui eftoit le mcfhic jour amp;nbsp;fit**' rede la prinlé delâElctfteur lean Frederic: vint ans au parauantpar lâEmpereur Charles 1( quint: amp;nbsp;huit ans precifement apres le meurtre de rEuefquc de Vvirtzbourg. On bailla gardes au p»ncc lean Frederic,lequel fc mit le lendemain es mains des Commiflairesde lâEmpe-reur.Tequciât quâon ne f'emmenaft point en Auftriebe ains quâil fuft laifie en la garde defE' Icéteiir Augufte.Mais au trezieme jour il fut arrefté prifonnier. Ce pendant les prifëniers mis à la torture amp;nbsp;interrogez furent aflèz toft condamnez fur leurs confeflions amp;nbsp;lettres trouuces en pluficurs endroitsjlaquclle futexecutéele dixhuitiémedu mefinemois. Grcmbachamp;k Chanccllicr fu rent efcaireliez, Cuillaume Stein eut la tefte tranchée,com,mc moins coulpa-blcpuisfbn corps fut cfcartcllé,Beier pendu, on décapitaauflî Brandenftein Capitainedü Chafteau amp;nbsp;Dauid Bamugartuër Baron de Suaube.Legarfon magicien dontonfaidoitpout prédire lâaucnir decefiege fut auflî pendu-Apres cefte execution on partagearatiillericaii nôbrc de cétfoixâte pieces lâEleófeur Augufte en choifitfur le tout neuf des plus belles.Puis enuoia les huit plus grofl'es à lâEmpereur. Le refte fut partagé cfgallemét entre liiy ^leD«*; lean Guillaume. Cefaitonpaia amp;nbsp;renuoia lâon les trouppes.Lc Chafteau de Gothefutri-_______ ZQamp;i. le Duc lean Frederic mené prifonnier à Vienne: aiant efté au parauant permis à fâ fem-faStructurc. mc dâcm porter d II ChaftrSü tousfes meublcs,bagues amp;nbsp;joiaux. En mémoire de ceft heureux
lean Frede ricprifon nier.
Magicien.
Chafteau de Goche
lazé amp;nbsp;de
fuccez, lâEledciir Auguftefît forger des Dallers autour defquelseftoitefcritccdcmyveà Latin.T'^rWi?/» bo»a caufa triumfhat. On tient que le Chafteau de Gothe auoit coufte à baÃif la fomme de (ept millionsfclc florins montans à plus de quatre millions dâefeus. Au mois d'A-ouft fuiuant les Députez des «Eledeurs amp;ides dix Kreis ou cercles de lâEmpire,faflcmbkrct à Erford, fuiuét ce qui auoit cfté arrefté à Ratisbonne, pour taxer les fraiz faits par lâEIeâeut Augufte amp;nbsp;trois Kreisaufiege de Gothe, Icfquels montèrent à neuf cens cinquante trois mil fix cens trente quatre florins. Et les dcfpés faits à la dcfhiolition du Chafteau à cinquante cinq mil cent cinquante neuf florins;lcfquclles fommes furent impofées fur tout lâEmpire afin que
-ocr page 629-l'Jc chacun en payaft fâ portion. Sur Ia fin du mois de Décembre mil cinq cens fôixante (êpt LeDucCa Æ Duc leâCafimir fils de lâEledeur Pallatin partit de Heidelberg amp;nbsp;fe rédit au pont à Moufi On en Lorraine tauec fept mil cinq cens chenaux amp;nbsp;trois mil hommes de piedjpour donner Frame 107 locours au Prince de Condé amp;'à ceux de la Religion. Le fixiéme Jour de lanuierenfuiuant Accheuefque de Mayéce alfigna à lâinftancc de lâEmpereur vn^Journéc à Fulden ou fè trou- tans. quot;Otentles AmbalTadeurs de lâEmpereur amp;nbsp;des Eledeurs, pourauilèr aux moiens de mainte- loumécim quot;quot;â l'Allemagne en paix parmy tant de remuemens de genfidâarmes. Car outre ce que le Duc ^âlimirmenoit: Ion Coufin lean Guillaume Duc de Saxe alla fecourirles Catholiques en paklèureté o'înceou ilfe rendit au mois de Feuricr. Dâautre coftéil y auoitde grans troubles amp;nbsp;diuifiôs æAiiema 'quot;Flandres. Tellement que lâEmpire eftoit plein degens de guerre en diuers endroits, mais â âOtsalTez paifible au dedans. Le troifiéme Jour de Feurier les Ambafladeurs aflemblez à Fui-âonfedqjartirent.Entres autres chofé fut fait vn Edit par lequel lâEmpereur, les Eleélcurs 5c de Saxe me Phnees de ÃEmpiromandoient aux Reyftres retournans de France amp;nbsp;des Pays bas en Allema §quot;cquâauâtj oindre les frontières de lâEmpire, ils le feparalîènt les vns des autres pour entrer pour le Roy file amp;non en trouppe dedans le pays: lé retirans paifibicmentvn chacun en leurs mailbns
quot;We de confifeation de biens. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rlyftr« rc
Dï dixhuitiéme Jour du mefine mois, lâEleéleur Pallatin aiant entendu que fous coullcur tüurnans de quot;quot;quot;archandifeslCS marchans Italiensfaifoient charrier fur le Rhin grande quantité de mon-quot;olcdefFenduèen lâEmpiretfit arrefter le bateau à Mauhein lieu du peage ferrer les marchans nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
quot;quot;fitschambresfèparées. Puis les feit conduire à Hcildelbergauec toutes leurs balles amp;nbsp;ton-rnarchandilés qui furent ouuertes en prefence de Notaires ôitefinoins. Mais lâon nây autre cholé quemonnoie deft'enduë: laquelle il confifea en vertu de lâEdit Imperial,noies deffen ^quot;fanmil cinq cens cinquante neuf, quelque inftance que fiffent lean Grimaldy, lean An- jJ îquot;quot;gt;nefoiifiere,Chriftofle Centurion au nom dcfbn frere Lucian ôcAuguftin Spinole, partoutar; ^quot;oiuasdeFicfque marchant Génois auec lettres de recommandations du Duc de Saiioyc â¢
h Seigneurie deG^ncs,d .i Duc d'Alue.duRoy dâEfpagoe amp;nbsp;lâEmpereur mefine. Vr^ leÃ-.urPal ''â^uedcpiiis,leurauoirf3itauoüer la faute amp;nbsp;confefférquefargétappartenoitau Roy dâEf-Pâgnc: il les traittaplus doucement que plufieurs nâatendoient. Les E^agnols ont eferit que ââlotnme des deniers montoit à cent cinquante mille ducats.
âdixiéme Jour de luin laques dâEltz Archcuefque de Treues amp;nbsp;Elcdeur de lâEmpire â*^'quelques Jours au parauantfait amener nombre de pieces dâartillerie en vn ficn Chaf-^'^quot;preslavillcdeTreues.-mit quelques troupes en câpagne amp;nbsp;fitamener tout IcB^ail psif- ueaificgc h prairie auec toutes les perfonnes qui furent trouuez au champs amp;nbsp;tout fôuuainemét
J'Quironner la ville oftant les viurc.s à ceux de dedans. Puis aucir amaffé vue armée de gens ââepiedSc dccheual : les alfiegea aiant premièrement fait coupper les tuyaux des fontaines ^quot;dâofter îeau aux affiegez. La caulé de ce remuement vint de ce que lâArcheuefque fe plai-Equot;ORquelesTreuefiens auoient fait des tors infuportabics tantà luy qiiâà fonpredeceficur. ^quot;âquot;tenant que la ville luy eftoit immédiatement lujete amp;nbsp;pourtant quâily auoit toute lurifdi-
: Quâon luydeuoit ferment de fu Jets. Queceftoit à luydâimpofér tailIesSc tribus, efta-'quot;IcsMagiftrats garder les clefs des portes. Juger les procescriminels amp;nbsp;en faire executer '5'tntcnccs.Lcs Treuefiens fbuftenoient au contraire que tous ces droits leur appartenoient 'quot;mps immemoriahamp;quâils nâeftoientfujets d lâArcheuefque que fous certaines conditiôs ^quot;ydonc voiant que pour leur auoir cou pèles viures amp;nbsp;fequeftréics biens quâils auoient au quot;^æps'.ilsnc vouloient ricnquitter:refblut de les ranger par la force des armes. Or combien
lesaffiegez euflént obtenu lettres de la Chambre Imperiall^our faire leuer le fiege amp;nbsp;'quot;quot;es lignifiées au chef de lâarmée de lâArcheuefque. Neantmoins ce fiege côtinuajufques P quot;âois dâAouft. lâEmpereur amp;nbsp;les Eledeursfpeciallemcnt le Pallatin,les Archeuefques de cheucfque '-Olongne amp;nbsp;de Mayence aiant confideré les dangers amp;nbsp;incomm^ditez dont ce fiege mena-Ão'ttoutlâEmpire.Attendu que les Royaumes amp;nbsp;paysvoifins eftoictlors en troubles amène-''quot;tiesaffaires à tel pointque lâArcheuefque promit de leuer le fiegefous certaines conditi-quot;quot;slefquellcs ceux de la ville accepterét finalemuet.Lcs principalles eftoientque lâEleéteur quot;'touchcroiteux perfônes ny aux biens desaffiegez amp;nbsp;leuren donneroit afïéurcce. Quails le 'Soient entrer en la ville auec ques deux Enféignes amp;nbsp;quelques gens de cheual.Loge-'quot;Mes Chefs amp;nbsp;membres des compagnies. Les foldats auroient Icurretraitteen certains
endroits
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endroits quâon leur alïîgneroit : les gens de cheual qui ne feroientpoint de la Court delAr-cheuefque,fcroient tenuz fortir incontinant hors la ville. Les Capitaines amp;nbsp;leursajointsfc-roient tenuz prefter le ferment aux commiflà ires de ^Empereur amp;nbsp;aux députez desEleâeiirs. Que les Treuifiensfècomporteroiêt tellement à lâentrée de ÃEIedeurj quâil auroitoccafion de les lailTèr toft apres en rej^s. Pour le regard de leurs differens: ils fen remettoientà îarbi-trage des Députez de ÃEmpercur amp;nbsp;des Elêélcurs. Voila comme cette guerre de Treues fut pacifiée par la prudence des .Arhbaflà deurs fpeciallement: de Herman dâEppingen eiiuoie par fEledeur Pallatin, lequel fe porta fort dextrement heureufemêt en cede négociation.
J.a Réforma tion confie niée en
Auflriche par lâEnipc rcur.
En ce mefine mois lâEmpereur aiant efté plu fleurs fois requis de la part de ceux qui font reformez en Auftriebe a ccorda finallement aux Seigneurs amp;nbsp;Gentilhommes lâexercicedeh Religion felon la confcflîon dâAusbourg en leurs Chafteaux villes amp;nbsp;villages.Aux conditiôs toutesfois de face order des ceremonies auec les Eglifèsqui tiennéteefte confcflîon. Aquoy fut pourueu par Dauid Chitreus Doôieur de la confeffion dâAusbourg appelle en Auftriebe
pour cefl effet,
Lâanncé precedente, les guerres ciuilles fcfloient rallumées en France entre les Catbofi-qucsamp; les Reformez. Auint quâau mois de Mars mil cinq cens lôixâte huit il y eut Edit de pacification publié deuantCharttes lequel fut rompu toll apres amp;nbsp;la guerre prefquâaulfitoftK-nouuellée.Ãr pource que les reformez auoient eflé fccouruz par le DucCafimir amp;nbsp;quâild^ LâEmpereur Hcitoient de réchcf quelques Princes dâAllemagne de leur aflifleriLe Roy Charles tenantfc nepeut em- party des Catholiques.enuoia Ambaffadeurs vers lâEmpereur fe plaindre de ceux delawæ re'fprmcTs^ gion amp;nbsp;le prier de ne permettre à aucun de lâEmpire deleurvenir au fecours. LâEmpetei*^ ProteftS ne auoir ouy lâAmbaflà de le renuoia de Vienne le fezieme jour dâOélobrc,auec lettres bienam' recourent . â _____;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;U nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J» U t:.....,,-.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f« il JcclatOlt
gionamp;Ie prier de ne permettre à aucun de lâEmpire deleurvenir au lêcours. LâEmpô®*^
les François Proteftans ou tel autre party.
IcaGuillau me Duc de Saxe refufc le Roy de France de Je fccourir pour la feco de fois au
moien de la
pies par Icfquellçs il deploroit la calamité de la France amp;nbsp;apres quelques excufesil declaiotf au Roy quâil ne pouuoit voir quel bien pourroit enfuiure de la leuéeque lâonpretendoitflu*® en Allemagne pour les Catholiques. Et quâil nâcfloit pas en fa puiflà ncedâempefcberceuiî qui voudroient fêcourir les reformez: attendu que ceftoit mettre 1 Empire en dangeramp;fl* cftimer defby quâil voudroitentreprandre quelque chofe contre la liberté de rAllcmagnt des Princes de lâEmpire. Pour concluflon il exortoit le Roy à la Paix. Ce qui nâeut paslo® grand effet toutesfois. En ce mefme temps le vint fepticme jour de Nouembre lcDuc lean Guillaume de Saxe folicité de donner lêcours au Roy de France comme ilaUoK fait au parauant: infiftant à luy rcmôflrer que les dieffrens efmeus pôur la Religion rcqneioiet dâeftre viiidez, par autre moié que par les armes: ne luy vuolut point celer qu'il entédoitqe entre le I^pe, les Roys de France amp;nbsp;dâEfpagnc y auoit vnc ligue non feulement contre lac.
â nbsp;nbsp;feflîon des François,mais aufli contre celle dâAusbourg: comme les efforts du Duc d Alucau
Religion,
Secours de
pays bas le monftroient affez. Au relie il promettoit femploier pour le Roy, fauue fa HeJig
Reyftrcs
â, nbsp;Si confcience.Mais fur la fin de lâannée Philibert Marquis de Bade, les Comtes ReingtaueSâ autresCôtes Allemâs,menerêt en Frâce pour le Roy cinq
dcBaflSpicr
rejRcingra ue amp;nbsp;autres niene ntau Roy de Fia ce cou ti c les Protêt tans.
cens cheuaux.Et toll apres le Duc des deux Ponts y alla pour les Princes amp;nbsp;pour ceux nbsp;nbsp;nbsp;(
Religion auec fept mil cinq cens cheuaux amp;nbsp;enuiron huit mil Lanfquenets.accompag^^ Guillaume de Naffau Prince dâOrége defesfreres Louys amp;nbsp;Henry de Naffau amp;nbsp;depluu^^^j Seigneurs amp;nbsp;Gentilshommes François rendant raifon par eferit public defon voiage,auq il mourut au mois de luin lâan mil cinq cens fbixante amp;nbsp;neuf comme jâay dit ailleurs.
En luin mil cinq cens fêptante : lâEmpereur vint en la villede Spire auec fà femme trois fes fils amp;nbsp;deux de fes filles. Dont lâvne nommée Elizabeth efloit promifê à Charles neutic Roy de France. Lâautre nc^imée Marieà fon oncle Philippe Roy dâEfpagne. Le me que lâEmpereur arriua ( qui efloit le treziéme,)y arriuerént aufli lés trois Eleôleurs tccie Journée im nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ambafladeurs du Pallatin amp;nbsp;du Duc de Saxe, auec les Députez des
penaiieà eflats de lâEmpire. Apresquelque preface delâEuefquc deSpire PrefidentdelaChani Imperialle:on leut les articles fur lefquels lâafTembléeauoit A deliberer.Dot le premiere Quâil falloir regarder aux moiens de pouruoir aux defordres qui furuenoient de jour a en Allemagne, par la trop grande licence des gens de guerre ennemis de vertu,de diRT amp;nbsp;dâhonnefleté: dont enfuiuoit vn mefpris des Edits de lâEmpire. Et quepoury -ne deuoit permettre aux Roys amp;nbsp;Princes eflrangers de faire aucune leuée de gens en Al e gne fans la permiflion de lâEmpcreur.Et que lâon reglcroit la folde des Princes, Reitm^i
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Colonncls 8{ foldats qui yroient faire la guerre en pays eftranger. Qik; les loix amp;nbsp;ordonnances milliaircslcroict dreffccs 8c couchées par cfcrit.Er apres que pour maintenir ÃEmpire en repos amp;nbsp;faire valoir les Edits Impériaux: il faljoit eflirc vn chef amp;nbsp;vn Arfcnal en chafque eerde de ÃEmpire, pour recuilHr deniers amp;nbsp;ferrer munitions de guerre en tous accidens qui pourroientfuruenir. Puisque iâonauifà ft à chafticr les perturbateurs du repos public, qui CS années palTées auoientfait de grans dommages en plufieurs pays defEmpireleiquels autre-rnenteftoient paifibles. Le lècond article concernoit la guerre des Turcs- Car fEmpereur de-rriändoit argent pour entretenir vnc armée en Hôgric lâcfpacc de fix ans Sc pour y baftir quel-Sc^sfortereiïès contre les courfês des ennemis. Ses raifôns eftoient combien quelcsEftats dclâEmpireeufTentfourny groTefomme de deniers au voiage de fan mil cinq censfoixante lîü'.Si quâil y euft Treues pour huit ans auec le Turc: toutesfois fEmpereur auoit beaucoup plusmis que receu pour les fraiz de celle guerre, loint 11âil ne lê falloir point fier aux pro-'''dfes du Turc; veu que peu au parauant il auoit dénoncé la guerre au x Vénitiens contre les quot;euesanciennes. Pourtant ildemanUoir eftre rcmbouilé de tout lâargent emploié deplus aux guerres palfées. Et que les Rcliquateurs de la contribution iinpofée pour la guerre du Turc ^dcGotheifuflçutauertisà bon efeient de faquiter de leur deuoir, Aulfi demandoit il quâô icfolutpourlapenfion du Duc lean Frederic prifonnier dclà femmeamp;delesenfans. Etdo l^^quitcmcnt des dettes dâicelluy.En apres comment on pourroit reformer la luftice ordinal-. â â Edcla chambre Imperialleamp;abréger les proces.Quc les Eftats auifâflcnt parquel moien, ^â^defpens de qui Ibus quelonduitc amp;nbsp;en quel lieu lâon deuroit porter les chartres,ti-IcfJ 5 papiers amp;cnfeignemens qui eltoiét en la chambre Impcriallc à Spire; au cas qu'il fur-wintquelque guerre, perte, ou autre calamité publique en ces quartiers là . Il fut aulfi parlé ^quot;rccouurcmcnt du dommaine.de fobferuation des Edits de Ferdinand fur le fait des mon-noies.Etdâappailêr les dilferens furuepuz pour le rang amp;c degré que deuoient tenir les De-P'Jtez des Elhts de tEmpire és journées Impcriallcs; Le premier jour dâAouft: pendant que lesEftatsconfultoient fiy ccsarticles: lâEmpereur enuoiafafillepourfemme au Roy dâEfpa- l'Empereur gne accompagnée dâAlbert amp;nbsp;Vvcnceflas deux de fes frétés,du grand Cômandeur de Prufle pquot;ââ SideîEucfquc deMunftre. Sur la fin dumoisarriua à Spire le Comte de Vvolradde Mafeld au Royd Ef thcfdes trouppes dâAllemagne qui eftoient allées au lêcours des Princes.Et de ceux delà ^digion en France , dont il ramena les furuiuans de les trouppes à caufe de lEdit de pacifi-^ion .II fut gracieulêment rccuilly de lâEmpereur amp;nbsp;des Princes amp;nbsp;apres auoir commun!- ManfcW rc, ^îiicpaniculiereinentauec lâEmpereur: fe retira en fes pays, Le vint deuxième joj^^dâOéfo-lâftleRoy de Ftâce fiança à Spire par lès AmbaiTadeurs Elizabeth fille de lâEmpereur laquel- fes troupes, l^luyfutpuis apres menée à Mezieres, Le quatrième jour de Nouembre enluiuant le Roy teRoy dEfpigneefpoufa Marie à Segouié en Arragon amp;nbsp;le vint fixième du mefine mois le Mariage duRoyde Franccaucc Elizabeth futconfommé en la ville de Mezieres, Ainfi nv cnmelme bethfiiicdc â noislEmpereur maria fes deux filles aux deux plus puiflas Roys de la Chreftièté,Côbicn rEiquot;p«euf quâaucunstrouuoicntmerueillcufemcnteftrangeamp;mauuais que IcRoydâElpagneelpoufaft îinfi fa propre nicpcc de laquelle au bout de neuf mois il à eu vn fils nomme Charles Lauret Htccquâil naquit au jour dédié à la mémoire de ce Saint.Mais les Catholiques le remetent vn lt;lciels affaires aux difpenfes quâen baillé le Pape qui en donna vnc autre à Charles Arche-éi7charkt ducdâAiiftrichefilsdeîEmpereur, Car il efpoulaau mois de Septembre mil cinq cens lêp- Eaurentde ^âfittvofaniepcc Anne fille dâAlbert Duc debauiercs. Lâonzième jour de Décembre les ^ûatsaiant longuement débattu fur les articles propofez par lâEmpereur en fin luy accorder W deniers pour fortifier les frontières de Hongrie amp;nbsp;y entretenir garnifon. Mais ils rejete- creftiés np 'â ^'âtcequâilpropoIbit.Qu^aucun de lâEmpire nâallaft en guerre eftrangcre (ans fà pcrmiffion
quâon baftift des Arcenaux en Allemagne, Neantmoins ils dreflèrent amp;nbsp;publièrent des g'czdcctn-ordonnances pour le reglcmét des gsnsde guerre, II fut aulfi pouijycu au rembourlcment des fanguinitc fraixdela guerre de Gothe à lâentretien des enfans du Duc lean Frederic aulquels lâEmpc- pour« q« 'rurrenditvne partie des pays de leur pere auec des Tuteurs quâon leur ordonna. Puis lafor- Iç Pape les *âârde plaider en la chambre Imperialle fut reformée auec allôciacion de neufA fie fieu r s nou-quot;rjux aux tränte deux qui y eftoient dâancienneté.On fit au (fi quelques nouuelles ordonnan-^os.Ã^and aux autres articles du dommaine,fut auifé de remettre le tout à la prochaine jour-
au mois dâAouft de lâan fuiuant à Francfort, amp;lçs précédentes ordonnances fur
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k fait des monnoics,confcrméc amp;nbsp;publiée de rechef. On traîna de pliifïeiirs autres aôaiK-alors. Car ceux de Roftoch y eurent audience contre les Ducs de Meckelbourg. Outrepb ceux du pays bas chaflez amp;nbsp;priuez de leurs biens par le Duc dâAJ ne: prefenterent rcquclles l'Empereur amp;nbsp;aux Eftats pour eftre fècouruz en quelque forte. Les Ambaflà deurs du Roytit Pologne demandèrent abolifïondu banniflèment dâAlbert Duc de Pruflê,amp;fo plaignirent du grand Commandeur. Le Député delaRoyne de Nauarrcjdcs Princes, de f Amiral
I ceux de la Religion fit entendre ce qui auoit efté accordé par lâEdit de pacification,remercié les Princes de la Confelfion dâAusbourg du fecours par eux donné aux Eglifes Françoifesamp; de la deliberation quâils auoient prinfo dâenuoier leurs Ambafià deurs au Roy:comme ils firent fur la fin de ce mois pour le prier dâentretenir inuiolablement fon Edit de pacification amp;nbsp;luy monftrer les biens qui fen pourroient enfuiure. Es autres années fuiuantes fEmpiredetneii' ta en repos par la prudence de lâEmpereur,pendant la continue des horribles confufionsdeh Franceamp;és pays basaulquels lâEmpereurtafeha de remédier enquelquefortejmaislà nsw' fee. Pour dire quelque chofe du particulier de lEmpereur .Dés log temps il auoù prins pont deuifo ce que difoit Abraham en fon extreme angoilfe, lors que fon fils 1 uy demandoitoUâ' toit la befte quâils deuoient lâcrifier.Car il relpondit,Dieu y pouruoira. Ce Prince doncauoit fort fouuent ces mots en la bouche amp;nbsp;ordinairement monftroit porter reucrence à Dieu tant par prières amp;foufpirs que par tels autres exercices. Semocquantdeceuxqui artribuoientâ fortune la conduitte des affaires de ce mondc.Et prenoit fingulier plaifir en la contemplation des Åuuces deDieuSc en la meditatio de la prouidéce dâicelluy. Ne fut jamais dâauis defot' Religion cet les confoienccs ains parlât vne rois à lâEuelque dâOImucs en Boheme,luy dit quâil nyauQit péché fi grâd que de vouloir maiftrîîe?fori« cÃfcicces ,11 auint for la fin du mois deluiotâ rânT574.que Héry de VaTToTslors Roy de Pologne quitât ce Royaume pour venir prandteW Couronne de Frace apres la mort du Roy Charles fon frere:fc rendit à Viéne en AuftrichcoU entrâautres propos fEmpercur fe foufriât luy dit.Que ceux qui veulent meftriferles confoien' ces: penfant conquérir leCicl perdent fouuent ce^uTIs^öHedcr en tjrre.TTaim^oînâpîixo^ Vn tliât public ôt au rette parloit fouuent de lâautortié dereforiture firnte, deîâimmortallit® des amcs,amp; de la refurreéiion des corps.Mcfine voulut en auoir vn traitté à part quâillifoitfûquot;' uent.Lâvne de les principallcs meditations cftoit celle de la mort. Comme il le fifbicn enten* dre au feigneur Adam Dietrichftain grand maiftredelà maifon;lequel luy gratifioitpatletâ tres de ce quâil auoir paffé lâan foixante troifieme de fon aage appelle ordinairement climaéfo rique. Il l^yreforiuift ces mots entre autres. Tou s ans mefont Climaéleriques. Voiantqu« luy eftoitimpoffible de pacifier les differens foruenuz en la Religion à caufcdelatrop^i* meufe paffion des hommes ja aigris. 11 le contint amp;nbsp;modéra mcrueilleufoment en cell affaire. Car ilfit venirà foylcDoffeur loachin Camerarius amp;nbsp;ChriftofleCarlouits Cheuallierbo* mes prudens,fort doffes craignans Dieu amp;nbsp;qui par longue experience eftoient fort verlezen la conoittà nce des choies tantdiuines quâhumaines: tous deux ja fort vieilsamp;leurauoiraiti* plemcntdifoouru defabonne affeffionenuers lagloiredc Dieuamp;lelalutdctous; leurpto* tefta quâil vouloir procurer le bien de fcsfojets fans le foncier du jugemët que fon en pourroit faire, leur demandant Conlêil de ce qui eftoit bon amp;nbsp;expedient. Lâon nâa point veu quâil fUâ cruel ny tiran, ains fort modéré, humain amp;nbsp;fort equitable. Redoutant celluy qui doinnun® furies plus grans du monde. Les exemples de fa douceurapparurent en tout lecoursdefon gouuernement. Incontinant apres la mortdefon pere Ferdinand, lean Sigilmond Vaiutx* de Tranffiliianie; tacha par tousmoiensdefemparerdu Royaume de Hongrie. Et pour cdt effet mit en befongne les T^cs amp;nbsp;les Mofoouites; folicita les Seign eurs du Royaume à reuol* te. Au côtraire fEmpereur aiant donné ordre aux affaires,oublia toutes les indignitez que W Sigilmond luy auoit faits. Mefmes erigealaTranlfiluanie en principauté.Et comme le Vaiuo* de euft enuoié pourAmbal^deur à Spire Gafpar Bekefs qjui au parauà t auoit faitdu pis qu iU* uoit peu à la maifon dâAuftriche.âfEmpereui le recuillit fort benignement amp;nbsp;luy enuoia au«* tory vquot;iuo'* â^nt fon Medccin pour luy alfifter en vne colicque qui le tourmentoit: Et dâautant quelc Vai-de de Tranf- uode dcmandoit en mariage la fille du Duc de Cleues, fEmpereur folicita tant quele mans* fourdâhuyquot; g® fo^ accordé : amp;nbsp;diffouls toft apres par la mort du Vaiuode, Bekefs fit beaucoup de RoydePo- pour elle Vaiuode : maisaiantefté contraint quiter laplaceà EfticnneBattoiy:illêretiraen logne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Court de lâEmpereur qui luy fit tout bonnette traitemcnt.Cettc douceur laquelle le deroo'
Les chefs Proteftan Piaiiçuis en noient remercier Jfs Eftats Alle-mans de leurs i'c-cours.
Naturel de rtmpcccur Maxrmibaii amp;fa£n.
forcée.
Au Clima tçriqucs.
TrSflilunic principauté
livre Ctv ARANETVNIEME
en pluficurs fortes à lâendroit du Duc lean Frederic de Saxe n'empefehoit point fa-âââoiit dclufticcjlaprudccc amp;nbsp;le foin des affaires en cePriiice.Lequel en fon gouuernemêtfc Wra fort courageux amp;nbsp;diferet. Eftât chofe afliirce que fi les forces de lâAllemagne nâeuffét Itdiftraittes tuées hors des limites de lâEmpire par les Princes eftrangers occuppez en guettes ciuilles; il euft donné beaucoup d'affaires aux Turcs. L^mort du vaillant Comte de ^intuéen la prinfe de Sigets lecontriRa beaucoup. Peu de temps apres aiant eu 1 es nou-''Wesdutrefpasdc Soliman il ne rcfpondit autre chofè finon II à vefeu: Au refte il trauailla Sigetprinj. pour joindre le Royaume de Pologne à fil maifomnon pour autre caufe que pour rendre fEm-pueplus ferme pour repoufïèr mieux lâimpetuofîté desTurcs.II n'eftoit pointdifiblu en habits ''â Hoir fort fobrement 8c ne demeuroit point plus dâvne heure à Table.Que fil luy auenoit dây Pologne * '«te plus long temps:câeftoit pour deuifer,lpeciallement à la Philofophie naturelle à quov il pourquoy ptenoitplaifiraiantconoiffancede plufieurs langues, bon jugement, grande mémoire, par-®t(iifcr«ementamp; fcntencieufement, enclin à receuoir toutes requeues amp;nbsp;à donner libera-â®nent,point curieux de riches cabinets pour en faire monftre, ny de fiiperbesbaftimens. Que^ucsfoisil fesbatoit à difpofor, planter amp;nbsp;en ter des arbres en quelques jardins ou il fc f-ctcoit.Il à ainfi pafle vint neuf ans en mariage amp;nbsp;grande amitié auecques fa femme Prince^ ædoüiede grandes vertus: de laquelle il euft foze enfans dont fix moururent auant luy. Les âotresdixontfurucfcu aftauoir Rodolphe au jourdâhuy Empereur, Erneft, Charles, Albert, quot;venceflas, amp;nbsp;les filles Marie,Elizabeth mariées auxRoys d'Efpagne amp;nbsp;de France. Auoir lon-ê^enaenttrauaillé amp;nbsp;efté afligé de diuerfos malladies, renditfefprit à Dieu le douzième jour «Octobre mil cinq cens feptante fix, aiant gouuerné lâEmpire l'efpacedâcnuiron douze ans.
â'«crutla fin de ceft Empereur amp;nbsp;au mefine teps mourut fllluftre Prince Frederic Eledeur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;g.
«latin du Rhin.Son fils ainé luy à fuccedé en l'EledorattleanCafimir en dâautres biens.Cc- kaéur Pal» ''ây lafuiuant la Religion de la confeffiond'Ausbourg:amp; céftuy cy la Fraoçoifo comme fon pete:feulement neantmoins differens en la prefonceducorpsde Chtiftenla Cene. Si que âAllemagne à fait vne fojjt grande perte en la mort de ces deux Princes qui apres Dieu luy l'nioient de fermes colonnes, contre tous mauuais accidens domcftiqucsamp; eftrangers.
B s Reyftres eftoient encor fur la frontière, 8c differoit le Prince Cafimir fo retirer que7* â'Koyneleseuftfâtiffaitsdecequileureftoitdeu.Etcc pendant le pays de Bourgongneamp; princeCafi luttes prouinces vÅfinesenenduroient beaucoup. En melme temps aulfi le Roy eftoit foli- miramp;r« '''camp;par les Ambaifadeurs du Prince dâOrenge amp;nbsp;certaines villes du pays bas, dâembrafler ^'/cnLotquot; l'ur defféce amp;nbsp;proteâiô amp;nbsp;quâils fo jetroiêt entre fês bras:luy promettât que toutes les villes raine fur 1er audit pays fe tourneroienten brief cotre les Efpagnols.IIs faifoient pareille inftanc? vers Mo-ucurircre du Roy. qui faifoit eftat d'y vouloir entendre 8c mefmes en faifoit parler à plufieurs tendâr leur Gentilshommes amp;nbsp;Capitaines pour y mener compagnies. Tellement quâaflez toft apres fur- paicne«-âââ ntla reuolte generalle des Eftats du pays contre lesEfpagnoIs.Et fombloit quâil y eut grand piandr« rc pîtdonà qui leutcourroit fus. De fait peu apres les Efpagnols furent contraints comme je uol«e«ôtre vous ditay ailleurs fê retirer dans les Ciudelles 8c fo deffendre puis apres contre les Flamens, Co M M c le Prince de Condé fojournoit à la Rochelle Monfieur frère du Roy qui peu de inursaupatauant auoitfait fon entrée à Tours, efcriuift aux Rochellois touchant quelques mande ar Pânkulatitez. Et entre autres leur demâdoit lâartillerie qui auoitâefté gangnéc à Marans pour âââ'ttre dans fô Chafteau dâAngers;amp; aufîi les prioit de le fubuenir de quelque fommedede- chclloi* âââcrs.Dequoy ils fexeuferent mettans en auant lâachat quâils auoient fait de ladite artillerie amp;nbsp;^tir le regard de lâargent que fon excellence demandoit: alleguoient les grandes dettes amp;nbsp;®3ircs de la ville.Et pour luy faire plus amples remonftrances la^ffus,furent députez quelques habitans qui luy portèrent lâEftat des dettes de la ville amp;nbsp;des grans fraiz quâelle auoit fu-tant cz derniers que precedes troubles .Ils receurcntaufficncctempslaconfirmatio
' eutsptiuilleges. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Privilège»
Des le dixneufiéme dudit mois,leR oy leur auoit referit amp;nbsp;aum la Royne mere par la Boif-
'ere Brifion de Fontenay le Comte. Lequel arriué à la Rochclle le Vendredy foptiémefoptc- par le Roy yc, des le lendemain ktrov.ua en raifemblée publique en lâEcheuinage. Ou fut fait ledure 'slettresdefaMajefté.Contcnanslcmefoontentemant quâil auoit receu de ce que aucuns '^lesfujcts de la Rochelle auoient efté mal traitez à la dernicre foire de Fontenay. Chofo kmsMsJef quiluy eftoit dâautant plus à cÅur quâil auoit tousjours entendu que le trafic fuft libre amp;
-ocr page 634-.Ãi: generalpà jtîtOîMt pour les vns amp;nbsp;pour les autres. Et quâil auoit donne chargeai! . -X-ude de y donner ordre.Luy recommandant fur tout que les mutins amp;nbsp;malicieux füllet Æ Ã¯ticz.Et pour plus ample declaration de fa volonté depefehoit vers eux la Boiflîere i^lTurcramp;.enlêmble dâautres choies dont il auoit charge de leur faite entendre. Les lettres Ja Koynamp;conCçnoienc prinrtpallcment la confirmatiôdc leurs priuilleges quâelledifoitau® -moieni1eï5ien.ôersla Majeftédu-Roy les priantquâils luy fulfentfidelles. Et qoedeApattc
' iôjélcHrj riiajiqwqrôit jamais thxh.oïê quâelle peuft faire pour eux auec toutcsparollesaotquot; ^ .promedèsamp;jdemonftratioi'«de bonne volonté,. La Boiflîereparlant furfa creance; ditlt;]i*' .;guoi,i; faitiiitresi'ifpis quelque volage pour certaine négociation vers eux: JLaquclJdveu mafjcedu terri0S'quidQrf(btoflojt de guerre nâauoitefté bien prifë.Ains comme touteschoiô «ftoieut.al^iefcôc qualî'prçpoftieréespourlors:auflîtout ce quâil leur propolâ auoit ellep'*® Lûiiftremeiitôi interprété en mauuaife part. Ce qui nâeftoit toutesfois procédé deluycfjâ' me nâaiant,'jamais elfe mepé de fraude ou de quelque mauuailc pratique en leur endroit'.î^ /êulcment dâjfnhon defir.de leur faire quelque bon feruice en fi grandeneceflîté:.pourdât défi près leur volfin amp;nbsp;comme dâvne mclme patrie. QjJeà prefent il auoit de tant meilleur .courage pris la charge quâil auoit pleuà là Majefté luy donner. Quâil eftoittrefalfurecot^' bien il feroit le bien venu pour eftre enuoié de telle part. Etauflî, quç,lEftât.des.31faire5quot;^ prclènt permettoit bien quâil fuft mieux receu quâil nâauoiiefic parcideuâr.Dit, queleR^à auoit rec.eu vn,grand contentement nbsp;plaifir de leur doux amp;nbsp;paifible comportement.
toutainfiquâils monftroicnt le deuoir de bonsamp; obeilfansenfà ns: aufli auoit délibérédcl^ .cmbraflcramp; maintenir comme vn bon pere: nâaiant autre intention que de les faire jouitâ bien du benefice de Ibn Edit amp;nbsp;particulièrement de leurs priuilleges, franchilêsamp;libetK^-quâils auroient bonne occafion de continuer encefteleur bonne volonté, delaque^e^a^^' jefté nedoutoit aucunement; amp;nbsp;les prioit auoir mefme oppiniondela fieone.QuandaW Royne ils pouuôientaflczconoiftre parlés lettres amp;nbsp;aufli les poiiuoitafliirer de fa part,amp; tlPâ ellefeftoitviuement cmploicepour la verification de leurs priuill^es.Etquâelle eftoitbic» délibérée faire pour eux amp;: pour leur particulier tout ce que là grandeur amp;nbsp;faueurytrouut' roientde pouuoir:luy aiant donné charge exprclfedc les en alfurer par mefme moienquî'* ils auroientquelque aflaire en Court dâenuoier par deutrs elle, amp;nbsp;la vifiter fouuét pat lettres aucc aflèuranceq uâilsnâauoiêi nâauroiét jamais amp;nbsp;fendroitdu Roy Ibnfils meilleure auoca-te quâclle-Sçachant bien qUe.le merite de leurs prcdecefléurs quâils imitoient amp;nbsp;fiiiuoient de fi près*, fcroit.tousjours afléz fuffifant pour effacer la mémoire de tout ce quifefloitpalfé;amp; dont le Rl^y Si elle nefc.vo.uloient jamais lôuuenir. Surquoy aufli ladite Dame lesptioitnä-joufter point de foy à beaucoup de faux rapports que lâon leurpouuoit ordinairement faire; qui efloient du tout contraires à fintention amp;fincere volonté de leursMajefiez: Seauflipe'â véritables que les Calonnies amp;nbsp;faux donnez à entendre que leurlHites Majeftez receuoient alfez Ibuuent dâeux amp;nbsp;d.e leurs aâions. Et mcfmes quâils alpiroient à fexempter de la monarchie amp;nbsp;fe réduire en gouuernement de republique. Ce quâils ne croioient aucunementjCOin-me eftant mis en auanr par leurs calonniatcurs amp;nbsp;malucillans aufquels ils nâauoient oneques amp;nbsp;ne vouloient encores ajoufterfoy. Eftansbien afleurez quâils nâont autre intentionqucfc contenir.etv',fobeiflà nce du Roy amp;nbsp;viure en fexercice de leur Religion:fâs,vouloir adhereroü autrement fà uorifer ceux qui veulent par-aiianture troublerÃEftat de ce pourc Royaume-Quâily en auoit aflez qui auoient mis enauant, quâil leur falloir donnervn gouuerneur.Ec qui mefines en auoient pourchaflé fEftat auec grande infiance.AlTeuransaiicuns dâiceuxqW les Rochellois auoient,poy^ agréable fvn des trois qui auoit cflé nommé.Mais conoiffantque cela dero^eoit direéfement à leurfdits priuilleges: elle lâauoit bien voulu empefeher pour le refpeél mefmement de b. bonne volonté quâelle conoiflbit dé prclént eflre en eux: pour rendre bon amp;nbsp;fiddle fcruice au Roy. Qu,âelle eftoit merueilleulémcnt contente de cefte leur bone volonté, fidellité amp;nbsp;obciflà nce à la Couronne: que leurs Députez auoient jurée entreles mains du Chancellicr. Rcconoiflà ns le Roy fon fils pour leur Roy amp;nbsp;Prince legitime amp;nbsp;naturel . Qui eftoft chofe fuffifante pour fermer la bouche à tous leurs ennemis amp;nbsp;calomniateurs Toutesfois que ce nâeftoit afléz de cela: mais quâil falloir venir aux effets lefquels ils ne pour-roient mieux monftrcr quâen alfurant de rechef fâ Majefte de leur bon zelle, amp;nbsp;intention.De-quoy de fa part il les fupplioittref-humblcmenr. Le Dimanche enfùiuant la Boiflîereparut
...... nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de
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'^'läRocheJle amp;nbsp;luy fut portee jufques à Fontçnay la rclponce, a ce qu'il auoitdit amp;.propolc feedâvnzsIcSc dcuotionaffeôlionnécau fcruiccdu Koy:aucc toutes autres fubmifljons de 'îutnblcs amp;nbsp;obcilfans fujets à fendroit de leur Princcramp; dont là Majcfté pouuoit receuoir oc- veut faire de contentement. Le jour de fon partement il fefforça de faire dire la MelTe en fon lo-
ô'sdâautât quâil nây en auoit point encores eu en la ville depuis le»Matines de Paris ou toft a- cheUc. Pfw.Maisle Preftre qu'il auoit enuoié quérir pour ceft effet fen difpenfafous quelques lege-â ^^'excufes.Ce que auffi Iqdit laBoiflîere paflà affez legerement dilânt que ce quâil en failôit e-^'âRfciilctnét pour pouuoir rapporterai! Roy quâil auoit ouïMelïè dans la Rochelle. Ce qui ^«uteroitdâautant plus fa Majefté de leur oheïflà ncc amp;nbsp;paifîble côportement lêlon Ion Edit I**' y pemetoit le libre exercice des deux Religions.Aquoi fut refpôdu par aucuns des prin-^'Ppaux delà ville quâils nâauoiét empefehé lâexercice de la Religio Romaine.Et que les Pre- Rucheiic
autres Eclefiaftiques auoient tousjours efté depuis la publicatiô de la Paix en tou te II- ^â^celdue ^^ttédansla vile amp;nbsp;jouï paifiblemét de leurs reuenus.Et que quad ils voudroiét faireleurfèr quot;icequâilsappelloiét diuin ils nâê feroiét aucunemêt cmpelche2;au côtraire maintenus amp;nbsp;fà -uoiifez parle Magiftrat. La Boiflîerc dift lors quâils eftoiét bié ailes de jouir de leurs reuenus Si faite bôncchere là ns faire le fêruice amp;nbsp;fe foncier de leur trouppeau amp;nbsp;quâil en aucrtiroit le Magiflrac ^oy-Celafutcaufeque eftâsaccômodezdâvn petitTcpleou lôfondoitfanilîerieilscôman- n® ^^KtdâychâterlaMeffeleDimâche enfuiuât i6.duditmoisdeScpté.ou fotrouuabiê peu có'munka-degés dequallité 8c depuis ont tousjours côtinué fans empefchemêt.Plufieurs trouuoient e- tifmefmc ^dgelavenuëdelaBoilïîerepourvnefipetiteoccafionamp;trouuoiétle prétextédefa charge
peufpecieuxamp;c amiffible pour eftre venu fi foléncllemctme pouuâs autre chofe pcfèr quâil â 'y euft quelques autres pratiques amp;nbsp;menées aufquelles on tenoit de longue main la Boiflicre pour home blé entédu.Ãt corne les deuis familiers prcfopofét vnqAmitiéfecretec/ô ordinaire ^fecerchée côuerfatiô auec aucuns des premiers.le fît encor plus foupçôner quâautre choie. Eteeux qui] hâtoitau reciproque.Tellemct que les foupçôs côceux entre gés fi chatouileux
les Rochellois;amp; acreus aucc le tépsmâauâcerét aucunemêt les affaires. Ains retardèrent la Rochelle ''owijiirenten danger c?ux qui ne marchoient que rondemant auec luy. Vous verrez aileurs ^cqilienauint. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Saînftlean
bâeflorskvilledeS.Iean dâAngely auoit ellé accordée au Prince de Condétattendât quâ5 j-Angeiy 'âyfitdroitfur Peronne laquelle il demandoit jnftammant.Mais ceux de la ville feftans de-P'^'^quelque temps promis les vus aux autres fous la faneur de laLigueSainte de le maintenir condé. ^rituellement amp;nbsp;ne laifler entrer aucun nydâvneou dâautre Religion afin que leur repos ne
eftretant lôit peu altéré â¢fombloientnâellre gueres contans de ce que delfos, âBt eurent ^dtne quelque ditiifió entre eux dés leSamedy prc.Septé.loint que la plus part faffeuroit de âVenue de Biron.Craignât le Prince que lintêtiô du R^j^ le 'châgcallidône charge au Capi-
Lucas dây entrer auec quelque fille de foldats quâil y pourroit mener.PuisSaind mefme y^ftintarriucà fiinprouiftejarreila ceux qui vouloiét brûler ôc maintint la ville à là deuotiô. Auquel têpstaffébléede« Eftatsfut publiée par les villes de Guicne amp;nbsp;melmes à la Rochelle Court pour Le Roy de Nauarreeftoit lors en Quercy amp;nbsp;fc dilpofoit pour alleren Foix. Cependant il a-'âuitcnuoiéDurascnCourtpourlcsaffairesplusparticuIieresouilfutbicnreceu amp;nbsp;carelïe ^quot;Roy.La Noue aulfifaifoit beaucoup dâallées 8c venues tant âa la Court que vers Monfieur ^^fpuisaiiflî vers le Roy de Nauarre. Surce Feruaques qui jufques a prclênt auoir paifible- Feniaque» ^®tgouucrné ledit Roy deNauarreffe retira en fa mailon non fans mefoontentementde voir Æ o*â3nde fà ucur quâil feftoit plus longuement promilê tendre pluftolt a quelque Ecliplè ou uarre. âWiiiaifon quâa plus grand auancement à fauenir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;,
En ce temps les Seigneurs amp;nbsp;Gentilshommes Catholiques de Poitou en nôbre de 60. faf Cathoii.cô-^niblentà S. Hermine enuiron la my Scptêbre ,où ils firent vne Ligue de laquelle fut Chef 'â¢I hiinouille pour fe maintenir enuers amp;nbsp;contre tous.Et défendre leur païs des ennemis de la quelques Religion Catholique 5c Romaine.Et ce à limitation de certaines attres Prouinces qui quel- Pf^hiccs '1'1^ temps auparauant auoient fait pareillesâaffociations. Les Articles qui en furent dreffez âe.
efté diuulguçz par tout amp;nbsp;tendoient manifeftemét à vne entière abolitiô de fEdit de Paix *t«ïnc des Proteftans.Lefquelsdeflorsfétindrcnt pour bien affeurez des doubles 5c foup-
quâils auoient desja auparauant conceuz quâils ne feroient long temps en repos.
Rn ce temps le Duc de Montpencier affembla les Eftats deBretaigne à Renes ou plufieurs
Rrr
-ocr page 636-Septc.H^tf. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L'HS IT O 1 R E DEFRANC E.
Prince de Coudé à S. leandâAn-gely.
Seigneurs amp;nbsp;Gentils-hommes affilèrent. Dont le Duc lut trouuer Monlîeur à AngictS'^^ comme les Protellans le fupplialfent de les faire jouyr de iEdit de Paix«amp;; petmettic qu peulfent accômoder dans la ville pour îcxcrcice de leurReligiôinây vc «lut autremét entendre
Entreueuc de la Rome mere du
Cependant le Prince éte Condé prenant congé du Roy de Nauarre à Ncrac: fe rcfolutdc prandre polfcffiô en perfonne de la ville de S. lean dâAngcly : ou il arriua le Vendredy i dobre .Corne il palïbit près Bordeaux Scjelloit à MontferrâdjCcux de la ville fê dónerentialat me, quâil porta patiemment comme alfez dâautres chofes qui furuindrent en ce mcfme temps lefquellesil prind comme certains Augures de quelque broullis amp;nbsp;remuement de roemS' gc.Quatre jours apres ceux de la Rochelle auilèrent de le vifiter. Pour cell effet enuoicrenta Saint lean le Minilire de Nort,Choili amp;nbsp;autres qui furent bien reccuz:amp; Iceurét de luyîeffat des affaires aucc plufieurs autres particularitez dont vous verrez cy delîbus les effets.
Pour lors feftoit mis en auantvnecntrcucuë de la Roinc merc,du Roy de Nauarreamp;vquot;
uarre amp;nbsp;du Ptmcc dc Condé.Et pour y paruenir la Royne fe deuoit en brief trouuer à Congnac auec a Prince dc Roine de Nauarre là fillc.Lc dit Sieur Roy pour cell effet feftoit aprochcdeBourdeaux Conde. Capitalle de lôn Gouuernementoù il clperoitlculementpafler fans long lcjour.Mais ceux de Le Roy dc Ja ville,lefentans à Candalles mirent bonnes Gardes aux pones quâils tenoient la plus part fîfé dcTcT temps fcrmées,vnelèule ouiierte.bnuoicrcnt toutesfois par deuers luy pourfcxcuferduirfu^ tree dcBour quâils cftoiét Contraints luy faire,alleguans beaucoup de railôns lôgues à recitenpourlefqud-dcaux. ncantmoins il ne peut tant fe contenir que le dcplailir quâil reccut ne luy fit profeter beaucoup dc parolles aigres amp;nbsp;lôrtâs dâvnc pafliô extremc.Iulques à remémorer aux Députez d« Bourdellois c c quâil leur eftoit arriué du têps du feu Côneftable amp;nbsp;les menacer ddpareill« gcâce amp;punitiô.Cepcndâijl rcbroulïà chemin julqucs à Agen ou il trouua bófarreft«l'ââ' dant nouuelles du Roy vers lequel il auoit enuoié pour luy faire raifôn de ce que deffus.
Or corne en ce téps plufîcurs bruits couruffent dâvne Guerre prochaine:pour donermoif^ à la coduitc de laquelle les Eftats fê deuoiêt tenir amp;nbsp;de la haine quyous difoint quâô pqrtoit en Court aux premiers Proteftâs amp;nbsp;fur tous au Prince de Codé ; quoy que ces bruits fufient du tout ou en partie affez difficilles a croirc:mcfmement à fedroit de ceux qui mefuroicni le coeur dâautruy fêlô le leur.Si eft-ce que par beaucoup de cójeóluresamp; apparêccs,lePrinccfüt cfmeu dâërédre de plus pres à fes affaires.Etmefmcs aiât de nouucau dcfcouuert certaineen-treprife cotre fa propre pctfône faite par vn qui en rcceut fô fà llaire:!! fê perfuadoit quelesfot Le Prince nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;côme dc ville châpcftre ne luy pouuoiét fournir dc moics fuffifâs pcurfegaic-
deCondcamp; tirdc la«iauuaifêvolôtédcfêsennemis; fitâteftoitquâilsfeulfct tclIe.Et quecâeftoitlemcil' veulent aflii fâffèurct de quclq place où il peuft eftrc en plus grade feureté.Iufque^a ce quâil rerdcBrou- jouïr du bcnefice de la Paix.Pourc^ effet il auoit voulu du cómaccmétachcpterduBaiódc age poutre- Mirâbcau la ville dcBroüage.Mais il en auoit efté routa plat refufe. Ãômeféblablemétauoici traître. parauât luy le Roy de Nauarre amp;nbsp;Vicotc dc Robâ. Encores fê eftoit Mirabeau exeuféen-
Le Prince de Coudé fuppliede nentrer en la Rochelle
cefte place diÃt quâil lauoit promife en Mariage à fô fils.Mais le Prince auerty que cemarchc le mettoh encores en auât par le moiê de Lâfiac que l'ô difoit en auoir aflèurc leRoy:£leIibeiî depreuenir cela:amp; pour la fernere feulemêt delà perfone amp;nbsp;pour certain réps faflèiirer deb place.Ce quâil doubtoit nepouuoir aifcmêt faire amp;nbsp;fâs bruit,veil lâordre que Mirabeau y auoii mis 6. jours auparauat eftât fur fô partemêt pour aller aux Eftats.Car il leur auoit nômé cci» qui leur cômâderoiét en fon abfêce, ordônc de faire bône garde amp;nbsp;defédu de ne laiffcr entteï gés inconeus en la ville.Surce le 5. Noué.le Prince referit particulieremet à quelques Capitaines de laRochele ce qiÃl auoit refôlu de faire deBroüage: les priât defy acheminer deiiît amp;nbsp;que luy les fuiuroit de pres.Or pcfôit il paffer par la Rochelle corne mefmesil lui auoit efté peu de jours auparauant accorde, amp;nbsp;premier quâil fuft bruit de celle entreprifè.Qui fut caule de faire changer de volortic les princippaux qui luy auoyent accorde lentrée.De forte quefe-liant à celle intention acheminé jufques à Surgeres. Guilaumc:Gendraut Maire députa vers Ibn Excellence quelques habitans pour leprierdcnâcntrerenlavillc. Ains différer fa venue jufques à vne autre fois pourle bruit qui couroir desja de quelque remuëmant de mefna-ge, duquel ils pourroyent ellre calomniez entiers le Roy amp;tenuz pour autheurs fi ledit Prince nefe defmouuoit dâentrer a prelènt en leur ville. Ce quâil pouuoit faireaifé-mentamp;les garentir de ce danger. Aquoyilsfe fupplioyent tres-humblemcnt auoir e^ard
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prandre en bonne part, ceftc leur priere qui ne tendoit que pour les garentir de ce que fou leur auoic toiisjours imputé parle paflTc.Ce que le Prince pour le defir de mettre à execution
quâilaiioit refolu fut contraint paflèr aiTez legerement; quoy quâil fiift grandement eliner-»eilléde fi foudain changement de courage. Et prenant fon chemin par Tonne Charente,ar-nncenBroüage leMcrcrcdy fepticme dudit mois'.ou desja eftoîent entrez plufieurs Capirai-''csamp;foldats tant de la Rochelle que de Marennes amp;nbsp;autres lieux prochainSj qui tous à la fil-eftoient rendus : afin de facilliter fentrée cas auenant que les habitans euHènt entrepris
dcbluy refufer. Dauantage pour venir æbout de ladite refolutioniauerry que le Baron de ^'Umbsau nâeftoit encores party pour aller aux Eftats ; îenuoia quérir pour venir parlera
Sainâ lean, comme Fil luy euft voulu communiquer quelques affaires defquelles il Ce
Juft oublié â fa derniere veuë. Luy donc arriué luy fit plainte de ce quâil auoit entendu : amp;nbsp;de Condé luy déclara la neceffité qui le contraignoit de cerchcr plus grande feureté Si la deliberation su ilauoit de fe retirer en Broüagc fuft par achapt ou autrement. Enquoy il le prioit de le fê- Brouage. coiiiir. Mais encores queledit Prince ne reuoquaft pointen doubtela fidelüté de Miram-lâwu en la caufe de la Religion : Moins îaflèurance quâil luy donnoit de nâauoir jamais penfè ^vendre ladite ville de Broüage à homme quâil fuff. Neantmoins prenant les chofès au pis: dlcftoitbien refolu nelaiflèr aller Mirambeau que premier il ne fuft en Broüagc. Ce quâil ht tellement quâil y arriue en fà Compagnie. Au lendemain de leur arriuée Mirambeau con-uoiflà nteuidemmentquelcphis grand defir dudit Prince eftoit de fallurcr de Broüage. Et SUîpourceftcffeélil y auoir ja quelques harquebuziers au boys Diers qui nâattendoyent Suefon commandement pour entrer : îeftant venu trouuer luy dift que non fèulemct Broüa-§tmais aufîi toutes fes autres places eftoient vouées à lôn feruice. Et que pour tefmoigna-
de cela 5 il luy mettoitfaditc ville entre les mainspourendifpolèrà lôn plaifir.- Si quâil ®eftoit befoin de fen mettre en plus grande peine : veu que Ibn feul commandement auroit tousjoiirsplus depuiflà nce en fon endroiét que toutes les forces quâil pourroit auoir à ceft
Somme que le nÿafiéme dudit mois ils fignerentvn accord Si conuenance portant tntre autres chofes que Mirambeau lailfoit la ville de Broüage audit Prince pour trois âpois. Au bout defqucls il promettoit la rendre au mcfme eftat quâelle luy eftoit con-W amp;nbsp;auec îAnillerie amp;nbsp;munitions qui eftoyent dedans. Sauf fi apres la tenue des ^atsilfuruenoit guerre, Illapouuoit tenir plus longuement félon quâils aduifèroyent enfemblc. Ces conditions réciproquement lignées,Mirambeau partit fur le fôir pour ^wrcouchcrà SainéhSorlin : non fans apparence de mefeontentement à îçndroi^de ceux â¢iiiifeftoyent trouucz la dedans tant de la Rochelle que de Marennes.
, S E s I A N T ainfi le Prince affuré de Broüage : les bruits de Guerre ne furent pas pe-^â 5 par le pays; quoy que le tout fc fuft conduiél en ceftc affaire auec plus de douceur que le füitnepottoit. Tellement que du cofté de la mer beaucoup de marchans forains Si natu-commencèrent à feffaroucher. Enquoy les aidoyent beau coup aucuns marchans par-
âl'-ulliers de la Rochelle, qui fembloyent nâaprouuer ce qui feftoit faiôt en ceft endroit,pour ^crainte quâils auoyent que cela ne donnaft quelque efeorne à leur repos Si traffic quâils de-quot;âoyent fur toutes chofes maintenir : comme leur en eftant le fruiél dâautant plus agréable,
lajoindTancc ne leur en auoit efté que toutfraichemant rendue . Cela eftoit la princip- premieres caufe que beaucoup murmuroyent à la Rochelle amp;ne fepouuoyent bonnement con-
faltet de ce faiâ quâiL prejugeoient comme vn motif de Guerre auenir. Encores pâus fern- partiaîîtcz ââoyÅtilsfe doulloir que fans Icfceu Si commandemens du Maire aucuns des Capitaines de laRo-'»rvillefcn fulTent meflez fi auant, quâon leur peut à bon droiâ|^ttribuer vne bonne partie
quefy eftoit faiél. Et ne feeut le Maire fi bien contenir le mefeontentement quâil en a-quâil ne pourueuft dâvn Capitaine à laTour de la Chefiie en fabfènce de celluy qui en a-quot;^â¢beftéefleu Chef pour cefte année. Le tout comme fon difoit fous coulleur quâil eftoit oc-rP^ en ladite execution deBroüage.Voire que continuant en la crainte que luy Sc certains
'quot;très particuliers feftoient douez,que la venue du Prince nâapportaft quelque prejudice au ^'posdeceRoiaume : dequoyconfcquemmcntla faute leur pourroit eftre imputée idcputa ^quot;tsledir Prince deux Marchans de la Rochelle qui arriuerét furie foir en Broüage le 9. jour
Noiiébre.Lefqiiels luy prefenterent les lettres du Maire.Defquelles il fc fentit à finftant tcl-quot;trtent offence quâil nâeut pour commancement de propos aufdits Députez que ces parolles.
R r r ij.
-ocr page 638-I ° difference il y a de ces lettres auec celles que mâeftoient dcrnicrcmét efcrites enM de Condé magne. Eft ce le lâllere de ce que j'ay fait pour eux,de me fermer maintenant les portes?C w faclié;contic biej-, qq qiæ ennemis attendent dequoy ils le vantent par tout:â quel plaifîr ce leiirfew quand ils entendront ces nouuelles. Et entrant tousjours en plus grande doulleur amp;nbsp;cônio-tion dâelpritjil ne voulut poflr ce loir ouyr Icfdits Députez (quoy que par plufieurs foisilsi'ef-forçaflènt de parler ) difânt que ces lettres fuffifôient pour conoiftre leur bône volonté amp;â qu⢠il nâen vouloir eüre informé dâauantage, les priant fe retirer 8c quâil nâauoit enuie defaireau-cune refponce. Des ce loir 8c apres que lefdits Députez fê furent retirezdc Prince conoiffant de quelle importance luy eftoit ce refiiis:auilà de fôlliciter ceux quâil penfôit luy eftre le plus ⢠fauorables dans la ville comme les Miniftres amp;nbsp;Capitaines aufquels il referiuit particulièrement par deux Capitaines Rochellois. Sur ce les Députez delà Rochelle defiroient fort parler à luy difâns quâils le pourroient efclareir de beaucoup de chofès que fon Excellence pre-noit à rebours de îintention de ceux qui les auoient enuoiez : lefquels ils falfuroient nâauoir autre defîr que de luy affifter 8c obeyr , En fbmme firent tänt par le moyen de quelques vus qui intercédèrent pour eux, que le lendemain ils furent ouys. Puis leur remonftra beaucoup de chofès fur foccafion qui le mouuoit de vifiter les Rochellois.En partie afin de lescmbrai-fer Oommeamis 8c leur direaufli des chofès quâil ne leur vouloir eferirene mander. Priant!« Maire 8c les gens de bien dâauilèr à la faute quâils feroient de luy refufèr îentréedaquelle quad à luy il ne reputeroit à petite injure: amp;- nâauroient auffi les Catholiques peu dâoccafiodefen-fler de courage 8c mauuaife volonté en fon endroit: quand ils verroient que fes plus grans a-mis luy fermeroient les portes.- 8c qu'il ne fe falloir fonder que cela fuft apparence de gueirc ou que pour fon particulier il y voulufl râentter.-dâautant quâil feroit tousjours cognoiflr««®' bien il eftoit amp;nbsp;deuoit eftre par raifôn eflongnc dâvn tel defîr. Et finablement fit refponce au Maire par eux le Samedy dixiéme dudit mois. Ce mefine jour il rcceut lettres du Roy de uarre dâAgen vers lequel auffi pafiamp; en mefmc temps la Noue aiant quelques jours auparauat laifïe Monfîeur comme il eftoit fur fon partement pour aller à la Ciÿirt. Sur le loir ledit Pnâ ce alïèmbla les princippaux de BroüagejMa rennes 8c des Ifles voifines:aufquels il déclara ou-uertement la caiife de fa venue en Broüagc 8c fa re/ôlution à îauenir qui ne tendoita aucun trouble ou remuement.Et les aians trouuez 8c laifïèz en bonne volonté amp;nbsp;affedioncnfonö'-droit: amp;nbsp;ordonné Montagu pour Gouuerneur en Broüage, il partit le Dimanche matin vn-
' ziéme Nouembre pour aller à Saind lean.
quot; Vous voiez donc par les effets que deffus, comme tous les François Catholiques, ProK-ftans,Neutres amp;nbsp;paifibles: viuoient mal contans les vns des autres:les Catholiques fur toutfc tem'nsdT nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fejour quc îarméc du Prince Cazimir faifôit fur la frontière du RoiaumC'
toâ¢s^Franc. Tant pour le gaftamp; ruine quâapportent les armées de ce temps en quelque pais quâelles puilfct en General, marcher: nômementfi faute de paie les neccifite à defeharger leur courroux fur lepeuple.quc pour la crainte quâils auoient tous, queces troupes malcontentes ou alléchées par quelque autre efpoir que leurs partifâns François leur pourroient prefenter:ne tournallèntbride fur le refte de la France. Les Proteftans par fcmblable,joieux dâentretenir par grans elpoirs tous ces eftrangers: tant pour fe libérer des promeflès quâô leur auoir faites à leur premiere defmaiche; que pour dâautant plus pouffer le Roy 8c fon Confèil par la crainte de telles forces amp;nbsp;fi voifi-nesjaîentierc execution de fon Edit de Paix quâils maintcnoient hâcftreeffe(ftué,quedepa-rolles ez princippaux Articles portez par icclluy: ne trauailloienr pas beaucoup à les follici-ter de fortir hors du Roiaume. Mais les Neutres 8c pl us paifibles des François,emportoietbie vn plus amer contre cÅui^Car fe reprefentans dâvn Åil pitoiable, auoir jufques alors elle le jouet,la proye,la rifée 8c le butin du plus fort des deux partis:Ils voioiêtia mifcredeleurcô-dition redoubler, par les nouuelles impofitiôs quâon vouloir leuer fur eux aux préparatifsdâv ne guerre future.-par le cruel 8c trop infuportable fèjour de tant dâeftrangers:prez defquels def pourueus de toute affcéiiôç que les Compatriotes pourroiét auoir pour adoucir amp;nbsp;redre plus aifee la demeure de ges de guerre fur le plat pars:) ils le voioient côme le but amp;nbsp;lèul fujetfur lequel ces eftrâgerspratiquoient de jour aautre les plus violentes 8c extraordinaires paffions quâils pouuoient auoir.Exemptans amp;nbsp;fauorilâns comme ils eftoient requis ceux des Caiholi-qucsamp; Proteftansgt;quipourla profeffiondes armes fèmbloientdeuoir eftre plusrelpeâésde leurs
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I'Ursfemblablcs, quâautres qui dcfdaigncnt ou haiflènt Ie meftier des Armes. Pour ces occa.-'''^nsles Chefs des Proteftans,auoir prié le Priace Cazimir dâinterceder pour eux versfâ xMa-Klléfiirlenticre cxecutiô de Ion Edit:ll depelcha Vuier à deux finsda premiere pour ceft ef-'I: La deuxième pour le lupplier de fournir aux promeflès quâil auoit tant de fois faites de âContenter les Reiftres Maiftres qui lâauoientfuiui jufques la. Inftoduit en Conlèiljluy fit ce-*«harenguc.
Combien quâon faffeure de voftre bonne volonté pour fentretenement delà Paix qui à e-«amp;itéparvnemerueiIIeufêdinigencedelaRoinevoftremere:fieftcequâen fexccutiôdâi- putéparle on donne tant de trauerfes à ceux de la Religionôc fi grandes occafions de dcffiâccs à vos WqueMonlèigneur le Duc Cazimir amp;nbsp;ceux de Ibn armée nâont voulu faillir dâen auertir le Roy de â 'oftre Majefté, afin quâelle y remedie prôptcmêtjfi elle ne veut voir bien toll le feu des guer-'^spaffées derechefplus allumé que jamais. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Plaintesdc»
l'iemiercment que remonftrâces ces jours paflèz à voftre Majcfté furet faites quâil y a des- i^teftans l^'Jûafi j.mois depuis la Paix faite.'Sc que neâtmoins fon nâa voulu encores receuoir par tou- ^âDéputé*** â¢'S les bonnes villes de voftre Roiaume lâexercice public de ladite Religion. Que la ou on la du Prince on à intimidé tellement amp;nbsp;les Miniftres amp;nbsp;les autres par menaces amp;nbsp;effetsique ceux de
â«tiglon ny oient amp;nbsp;ny veulent plus retourner. A Lyon on a tite des harquebuzades a mes de Paix nâeft contre moy. A Gien on a fait lefemblable la où le Miniftre eftoit pour prefeher. Au
^Wrede GraceleGouuerneur à fait publier defences 4 tous ceux de la Religion que^depuis * g. 'â^Hoiscn çafcfont habituez en ladite ville: de fe trouuer aux aflèmblées fur peine de 50. li- autres excr-âf^dâamédepourla premiere fois, du fouet pour la lccôde,amp;dâcftrepêdus amp;nbsp;eftraglezpour ««sdcRc-
â¢roifiéme. ARoüenMonfeigneurle Cardinal de Bourbon non auec Ion trainlêulcment, ââ'^fuiuideplufieursConfcillers de la Court de Parlement de Roüen, des Capitaines de la æjdcïEuefque Deureux amp;nbsp;de fôn Cordellier: eftant aflîs à la Chaize dâvn Miniftre : Iblli-
15. jour de ce mois ceux de la Rcligiô de le départir de leur Religion amp;nbsp;le rcconoiftre P^^'pafteurdes menaçai^ quâil ne vouloir que îexercicelê fit cependant quâil lèroit tlâs la vil-^âiS.Lo ceux de la Religion ont efté côtraints dâaller faire fexercice de la Religio aux faux â'â^rgsamp;puis hors les fauxbourgs mefme.vne ou z.lieuës de la ville.Côme on a fait à Mets amp;nbsp;'â'pluficurs autres villes aulfi.-Icy pres de Paris 2. lieues ou cnuirô,on à cité amp;nbsp;côtraint quel-gens de village de donner chacun vne amende amp;nbsp;peine pource quâils auoient alfifté à la P'^fèheau village nommé Noilÿ. Aux villes amp;nbsp;places ou texercice nâa cfté encores receu au-^^â^enient: on à cfleu les plus fedicieux pour Magiftrats des corps des villes: commjon a fait â^jour de Saind Bernard à Troye du Bailly Maire de ladite ville:amp; prefèntement on allègue ^feniblablc ez autres villes.
b plus grande partie des villes fetrouue des Prefeheurs fedicieux qui menacent ceux El kn oi*â^*crtemcnt; amp;blafc»nncntccfte Paix comme denullevalleur amp;non fêm-^âbalaPaixde Chartres Scala derniere. Comme enladite ville de Troye vn Chanoine ^onimé Hemequin,Bluions 8c deux Moines dits du May Sc du Rianny fy emploient Sc autres finis. Mefmes trouue on par les villes Si villages des Cordelliersy eftans eniioiez pour fai-'^ânancer des liures de deuincurs pour magnifier la defeéte de Dom lean Dauftrie. Pour in-b peuple amp;nbsp;rendre fEdit fans effet. Finablement quand à ladite execution de LEditjon donne tous les jours desja nouuelles interpretations, modifications amp;nbsp;reftrinéfions de la ^^neamp;liberalle volonté de voftreMajefté:au lieu quâelle fe doit largement eftendre.On c5-en Normandie ceux de la Religion de ne receuoir les eftrangers audit exercice; côme quot;olois amp;nbsp;tels qui font aliez 8c confèderez de voftre Couronnej^ufquels 8c le traffic 8c le ^^'iiinercc libre eft doftné par voftre Majefté.Et non feulement appelle on ceux la eftrangers: ^'^auflivosfujetsnon habitansez villes ou fexercice fo fait. Comme a Beaune en Bour-b^'igne on appelle ceu x Darnay le Duc.Et audit Haute deGrace og à défendu fur les mefines quedeffusjde ne fouffrir que aucun non habitué là ,entrait audit exercice.Les menaças y °'â fixigeroit lâamende fur les plus apparés de la Religio. Or fexercice nâeft pas libre 8c vni-' fil en celle façon 8c par ainfi ny eftrangers ny ceux dâvne ville pourroient aller à la Meflè à fiîutre ville.Ioint que cinq,dix ou vint ou vinteinq en vne ville ou villag,enc pourroiét cn-'fiiiirvn Miniftre nây donner occafîon delesfoupçonnerdc vouloir furprandre les villes*.
Rrr iij.
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L*H S IT O IR E DE FRANCE.
Chambres
hifliee non
Le fécond dont auions parlé à voftrc Majefté touchant la Iuftice,qu'onnâapas encores elia de l Edk amp;nbsp;bly aucune Chambre my partie par fi long clpace de temps. Et combien que vofirc Majelie ait voulu rcceuoir le Prefident icyainfîque voftre Majcfté nous dilôit ces jours palfcz: Si cit-Hoteftan^? nbsp;nbsp;quc Moiifieur de Arennes eft encores en celle viilc.Et cc nâa pas efté par faute de Prefidens
8c Conlëillers. Ains par meiftees de quelques vns; par remifes longueurs 8c certaines inueæ tions 8c façons nonaccoullumées que lâon à voulu tenitjpour he lesauouer fuffilamment come Prefidens amp;nbsp;Confeillers. Lequel exemple lcrt auffi pour en auertirles autres Courts fou-ueraines.La ou lâEdit de ces Chambres nâa auffi efté public amp;nbsp;moins execute amp;nbsp;y auoitil certains Députez des autres Parlemens pour empefeher aiiec cefthui-cy de Paris lefdites Cham-⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bres. Q^e Monfieur le ChancelUer à fait ordonner par Arreft du Confeilpriué, que les cau-
lês de ceux delà Religion efquelles le Roy à intereft, nclcront aucunemét renuoiéesez Cha-bres my parties. Que Meffieurs du Confeil priué euoqueront pardeuant eux toutes les caules ^dâiceux de la Religion pendantes cz Courts Ibuueraines: afin que par ce moicn les Chambres 'my parties nâen conoilîènt. Q^e plufieurs de la Religion aians lôllicité delôy fairepourucoir en quelques Offices Roiaux : ont elle rejeétez, 8c leurs lettres de prouifion refufees parMoO' fieur le Chancelier à foc cafion de la Religio. Le troificme point eft que la plus part des villes amp;nbsp;finguliercmét les Cappitallesjfont encores gardes Jour amp;nbsp;nuit les armes en la main des Catholiques. Que les villes e/quelles y a pareil ou plus grand nombre de ceux de laReligKâ*' que des Catholiques /ont chargées de Garni/bn. Mefmes quâà Dieppe,le Haute,Môtiuilli^b Poutcau de mer, Quilebeuf, Baieux,Caen amp;nbsp;aptres villes du pays bas de Normandiexna» pc/c hé grand nombre de Compagnies pour les mettre la en Garni/on. Que on ne lai/lc lônif des ports de Normandie ceux de la Religion /ans laiflèr caution de le reprelêntcr.Que pmh' eurs GentilshommesCatholiques amp;autrès nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dilënt que la moiftbn prochaine faite/efiant
Mon/cigneur le Duc de Cazimir forti de France: fon recommanccra la Guerre de plus bel»' Mafs auffi le drelTent equipages amp;nbsp;le prepare fôtauxArmes.Ce que monftre le complot dont voftre Majeftc melmes parle de ceux de Picardie p our le fait de Pej^onne. Qiui eft le quauiC' me point:aflà uoir le peu dâeffet quâon à monftré à Monlcigneur le Prince de Condé de tout^ les promefles par voftre Majefté à luy faites,fuiuant le traitté de la Pacification:lôit pour Id^â bourlcmentde les parties ou pour là lcureté,ou pour fentretenement des Compagnies. Go exemple de Peronne non lèulemcnt Monfieur de Sainte Marie fuiuraà dâOrlans comme vo-Liguct. Majefté nous en à desja dit. Mais auffi la plus grande partie des autres villes amp;nbsp;principalement celles quâon dit auoir fait certaines ligues. Celavicnt.de ce que voftre Majefté ne far renonceflcfdites villes 8c leurs Chefs à ces ligues amp;nbsp;quâelle ne punift exemplairement amp;nbsp;vi-uement ceux qui donnent fi mauuais exemple au commancement de celle Paix. Cela vient auffi que fEdit nâa pas efté promptement publié par les Carrefours des villes amp;c lîngulieremet des Capitalics. Item que les Magiftrats nâont point juré 8c quâon nâa encores conuoque les Gentilshommes tant dâvne que dâautre Religion nây les manäs 8c habitas des villes pour leu^ faire prefter le Icrment de garder amp;nbsp;oblcruer voftre Edit.Combien que cela foit porte exprn-fement par ledit Edit.Et de toutes ces contrauentions contre fEdit eftime on élire la princip pallc caulè. Le cinquième point dont nous parlafmes à voftre Majefté alfauoir plufieurs pr*ââ-cippaux de voftre Confeil priué,de vos Courts de Parlemét amp;nbsp;de vos Gouuerneurs dclqucls tout le telle depend 8c ceux principallcment qui ne voient volontiers celle Paix.AinscnvoU-droiét volôticrs charger la Roine voftre Mere pour tant de peines lôins amp;nbsp;trauaux quefaMi-jefté à eus pour venir a ce bien ineftimable de la Faix.Le Conlêil priué outre ce qui eft dit lt;7 dcffiis rcfulè ordinairem^t les renuois des caules de ceux de la Religion ez Chambres parties. Le pareil eft pratiqué ez Parlcmcns.Mclmes les Procureurs fondez de procurations
fpecialles pour demander ledit renuoy ne font oiiïs.Lcs Secretaires amp;nbsp;gardes des féaux ne i' gnent nây expedient,ne fcellcnt lettres à cete fin .FinabJement en confiderantfeftat des Gou-uernemësdes fa0s de faire quefon y pratiquedes deportemés des Officiers,corps des villes» autres côftiriiez enMagiftrar ou audoritcdlféblc quâils ont tous vneleçô pour le móftreyi' toutes choies empefehans lâexercice de laditeRcligiôdâcftablilfcmct defdites châbresamp; laleU' reté de ceux de la Religiô:quc toute rigueur retient les mefines humeurs quâils auoiet aupara-uât le traitté de laPaix.Ioint à tout ce que delïys les lôgueurs 8c remifes cfquelles voffieMaje-fté à detenu lâarmée de Monfieur le Duc de Cazimir depuis la Paix faite, deuat que Fatiftaire
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voftrc Majefté îcur a promis. La première Seconde Si troificme fois. A. ces occafions quot;on (cillement vos fujets : mais aufli les étrangers de ladite Armée : mefmes les princippaiix
, parens amp;nbsp;aliez de mondit Seigneur ; luy aians desja eferit pour ceft effet : ne peuuent pwferautrechofeÃnen quâon veut ainfi matter ceux de la Religion amp;nbsp;ladite Armée. Par-'i'ioynous fupplions quâil plaife à voftre Majefté,de nous déclarer par eferit fur lefdites gene» 'îlles amp;nbsp;fpecialles contrauentions de lâEdit, voftre volonté: y prâdre bon éfgard Si remédier nviiiement Si promptement par exemplairé demonftration contre les contreuenans grans amp;nbsp;âquot;trcsfûitpour le general ou particulier de Monfêigneur le Prince de Condé: donnant prin-quot;'ppallcment lâexemple, la ou voftre Majefté fera en perfonne: que outre la particuliere fatiP â^Ãion de voir les promeftes que voftre Majefté à faites à ladite Armée: nous en puiftions rap-Poftetfes effets: comme lemandement que voftre Majefté nous à accordé amp;nbsp;la reception amp;nbsp;â quot;lülUtion du Prefident en la Chambre my partie icy.Afîn que môdit Seigneur le Duc Casimir puiffeaffeurcr de voftre bonne volonté amp;nbsp;ferme rcfolution tant monfêigneur fon Perc ^fesautresparcns,amisamp;aliez:que mondit Seigneur le Prince de Condé amp;nbsp;uos fujets; lef* ^quot;dsautrement par faute dâexecution de voftre Edit amp;nbsp;par fartificc de ceux qui en font cau-'c:pour eftre plus affcôüoniiez à la jaloufie de vos voifins quâà voftre fèruice, amp;nbsp;à fvnion des ^fincfisde voftre fang.Lefqucls autrement mondit Sieur voit claircmét eftre prefts à tumbet en plus grand amp;nbsp;dangereux periode de voftre Roiaume.Pour aquoi obuier mefdits Sieurs fE-^'äeutSt Duc de Cazimir aideront voftre Majefté tousjours dâaufïî bonne amp;nbsp;fînccre affeólió ^quot;'neilscuffent volontiers fait durant les derniers troubles paffez quand ils enuoierent moy Vvaiçr vers voftre dite Majefté à Lyon.Venons maintenant aux ligues qui fê braçoient en tou-
iaFrance pat les Catholiques pour en exterminer la Religion.
. ^evousay cy deffus parlé des Defïèins que les plus animez des Catholiquesauoient pour ^duirc le Roy à interpreter,puis modifier,reftraindre en fin amp;nbsp;reuoquerfô Edit de Paix.pour Catholi.
quot;egard mefmement de lâexercice de la Religion Proteftante quâils fefafchoient eftre entrctc
lieux ou elle gangnoit de jour a autre nouueaux Religieux.Et pource quâil ny voioiét Paix. Aoyaffeîannimé à leur fantafie:confererentpar plufieurs fois enfemble fur les moiensquâ-
quot;quot;ydeuoit tenir amp;nbsp;en fin arrefteret defê liguer amp;nbsp;aftbeier tous enfêmblepournettoier laFtâ- Ligue faime cedâvnefi dangereufe oppinion. Du moins que lâexercice nâen fuft public en aucun lieu amp;nbsp;^quot;(!tüusMiniftres,Diacre',Surucilans amp;nbsp;Anciens feiifïênt banis du Roiaume. Somme que abolir la Rc
confederation refoluë premièrement en Picardie,fut aflêz toft imitée par prefquetoutes âquot;SîutresProuinces de ce Roiaume. le vous en veux faire voir premièrement lesoccafions: Puis les moiens quâils y tindrent a lâauancement. Et pour fin le but auquel tousfts liguez tendoient.
Prélats, Sieurs, Gentilshommes,Capitaines, Soldats habirans des villes amp;nbsp;plat païs de âicardic: cftimans eftre befbin derepreféter les premiers,leur treshumblefidellité amp;nbsp;obeyf- ligue Catho 'UJice dont leurs grans,anciens Si recommandables feruices ont rendu rant de fuffifâns amp;nbsp;cer- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
^â¢wtefmoignagcs que lâon nâen peut aucunement doubterifupplient tous lesbons fujets du ftans. lloy de croire,comme la vérité eft tclle,que le feul zelle amp;nbsp;entière deiiotion quâils ont à lâhô-quot;tur de Dieu, fèruice de fa Majeftc,repos public amp;nbsp;confcruation de leurs vies, biens amp;fortu-celles de leurs femmes amp;nbsp;enfans auec lâpprehéciô de leur ineuitable malheur amp;nbsp;ruine
quot;'quot;ây eftoit prôptemét porirueh;les à non feulemct induits amp;nbsp;pouffez;Mais dâauâtage necefli quot;Kalarefolutiô quâils ont cfté côtraints de prâdre. Laque lie ne tcd à aucun châgemét ou in« nouatiô de lââciéne amp;nbsp;premiere inftitutiô Si cftabliffemêt de ce Roiaume.Et partât ne peut e-
notée ou fugillée dâaucune mauuaifc façô,foupçô ou deffiâce^ins fera tousjours coneuë '^démontrée par les effets; que leurs confcilsSc intentions ne regardent, que la feule manu-quot;«'üon amp;nbsp;entretenement du fèruice de Dieu,de lâobeyffancc du Roy amp;nbsp;la feu reté de fôn eftat. «yoiâsbicparce quifcft paffé jufques icyique les ennemis nâôtamp;nâeurct onequesautre but, â¢'no d'eftablir leserrcurs amp;herefics en ce Roiaume de tout temps tFes chreftié amp;nbsp;Catholique: âneantirlaReligio anciéne,exterminer ccifx qui en fôt inuiollablcprofcffiôiMincr peu aipeu hpuiflacc amp;nbsp;auélorité du Roi:châgcr en tout amp;nbsp;par tout fô Eftat,y introduire autre Si nouuel-Mormctnâôt peu moins faire pour le deuoir de leur hóneur amp;nbsp;cófciéces:que dâobuicr par vn quot;omun accord amp;nbsp;fà intc vniô,aux finiftres deffeins des rebelles, côjurez ennemis de Dieu des Majçftezamp; de la Couronne mefme ; Que pour le regard du fait particulier qui fc prefente
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-ocr page 642-luiiîctAouft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
hcprcnibre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,j
Ortob.1576. jjs ont efté bien auertis 8c informez par les Gentilshommes 8c foldats qui ont acccmpa^ncjC Prince de Con détquefi toft que la ville de Peronne lcroit faille 8c emparée de fis troupes le dcffein eftoit dây drellcr le magazin des deniers amp;nbsp;amas de ceux de la nouuclle oppinion.Qf*^ dcla,ion propofoitcnuoier8celancerlesMiniftrcs par routes les villes du Gouiierncmciâquot; depefeher les mandemes 8c #rdônanccs. En câs de naoindre reffus procéder par Arrcftsamp;fiâ prifonnement des Catholiques,faifies 8c dégâts de leurs biens 8c toutes autres rigueurs quek dit fieur Prince conoiftroit G promotiô 8c auatîccmét de fa caufe le requérir. Delcxecutifn duquel deffein,nc pouuans attendre que la totallc ruine de la Prouince 8cconfcqucn'nicnilt;lc laCappitalle ville de Paris,lcpluscert'4in 8c ordinaire refuge du Roy.Etconfidcrcqiic aiicc â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fintercll de G Majefté 8c du public: leur lubfiftâce y eft fi tres eftroitementconjointe.qnck
peur dire G Majefté 8c les bons fujets courre inlcparablcmct vne mefine fortune: outre ce çw
Peronne amp;nbsp;fe'priuil.c gfs.
elldu zele de l'honneur de Dicu:qui doit eïlre bien auant cngrà uc amp;nbsp;imprimé ctr noscarrSâ \Pour ces raifons tres-juftes amp;nbsp;plus que nccclGircs occafions, les fuldits Prélats, fieurs, Ge^ tilshommes,bons habitans tous Ccnficrcs amp;: alfociez en la prefente tres-chrcflicnnc vnicndf font refo!us,apres auoir preallablement appelé laide deDieu auec lâinlpiraticn de fon S.EipU^ par la communion amp;nbsp;particippation de fon précieux ccrps-.dâcmploier leurs biens.amp; vies jul-ques à la derniere goutte de leur Gng, pour la conforuation de ladite ville 8c de toute la uinceenlobeyffance du Roy amp;nbsp;en loblèruancederEglifcCatholique Apoftoliqucamp;Rtf^^ ne. Pour cell eilet fupplicnt G Majefté aucc toute tresUumble rcucrence, refped amp;nbsp;humih-té quâilsdoiucnt: quefon bon plaifir foitdéfi:rafncnreuo-irauccquelle fidcJIitéamp;dcuütioD la Nobleflc de Picardie amp;nbsp;Ciroiens de Peronne, luy ont cotilcrué Scales predeccflcursiceU« ville qui eft frontiere.-lant contre les fieges 8c entreprilês des ennemis cftrangcrs, que des enââ bufohes 8c conlpirations domeftiques. Tellement que pour marque amp;nbsp;reconoifl'ancedcceû^ ancienne 8c incorruptible fidelité:les feuz Rois 8c G Majefté à prefent régnant ont honnoréte habitans de plufieurs gransSc Ipeciaux priuillegcs : entre Jcfi]uels Icuneft oâroié quâils nc peuuent eftre diftraicis ny demembrez de la Couronne. Ceft donc cnTubftancc quâils do'quot; rent demeurer tres-humbîcs 8c tres-obeylGns foruiteurs 8c lu jets du1lt;oy,zélateurs dclâand® ne 8c vraie Religion-.En laquelle eux 8c leurs majeurs depuis le regne de Clouisontcftébap' tilèz,nourrisôcenGignez. Et pour ces deux occafions proteftentne vouloir non plus dpajâ gner leurs vies à lâauenir.Commc noftre fauucur trcs-libcrallem.cnt fell offert à expoftr lafic-
ne pour noftre redemption,nous conuians amp;nbsp;appelhns à Vimitarion de (bn excplc.C'eft fonimcnt amp;nbsp;interpellent tous les bons fujets du Roy, continuer amp;nbsp;perlenerer en eeÃemefin« rcconnoiflânce de lâhonneur de Dieu 8c du lcruice de G Majcfté. Sans ceder pour peu que ce loit aux vens, orages,tempelles de rebellion amp;nbsp;delbbeylïà nce: 8c encores moins /cftonner des empefehemens, troubles amp;nbsp;trauerfes que les Minillrcs de Satan donnent jeurncllcmcntà lî liberté de la Gintc 8c Catholique ReligiÃ-.à laudorité du Roy amp;nbsp;au repos de la France. Pour Jefquelles choies remettre amp;nbsp;rellablir en leur premier ehat, fplcndeur 8i dignité : de roropf^ toutes les pratiques quâils balliflcnt à leur ruyoe.Us croient leurs biens ne pouuoirellre nii' eux emploiez; nây leur fang plus Jultemcnt 8c Ginâemcnt refpandu. Ec ellansenccftcfenue deliberation à laquelle feminent peril de cell ellat les a finablemcnt aturczr ilsfalfeiirentou trcles graces amp;faucurs quâils clpcrent receuoir de Dicuâluiuans les infaillibles promeflès: de la proteâiô du Roy leur Ibuuerain SeigneuridâeftrealTiftez'/oullcnusjaidez amp;confortezvni-uerlêllemcntpar tous les Princes, Prélats, amp;nbsp;Seigneurs de ce Roiatimc,â Dâautant quelaraC' re des Majeftez 8c de Monfeigneur fils amp;nbsp;fterejâaneantillèmét de lufainéleReligionj la ruine du peuple François cllant^njuréc,monopoléeiamp;dej5gnée parles xebellesiamp;leRoiaumep^ eux cxpblé en pgt;roye à tous les Barbares du mçndè ; Il eft déformais plus que temps dâempei' cher amp;nbsp;dcllourner leurs finelfes amp;nbsp;confpirations par vue Sainéle Chrellicnnc vnion, parèi-te intelligence 8c corrcfpondance de tous les fiddles loyau x amp;nbsp;bon fujets du Roy. Qui aujourdhuy le vrayamp; feffl moyen que Dieu nous à relèrué entre noz mains pour rellaurci fon Saind feruice 8c obeylfance de G Majellé: pour la manutention de laquelle nous ne polluons que bien prodiguer nos vies 8c acquérir vne mort tres glorieuG amp;nbsp;à nollre pollerité vu Articlescon tres-ccrtain amp;nbsp;alfeuré repos.
poîkcquF Qve nous demeurerons tous en lobeilfance de Dieu, amp;nbsp;de fon Eglilê Catholique, A-poftolique,amp; Romaine: en la fidellité 8c feruice que nous dctions au Roy 8c aux Lieuteuans SiGo«'
-ocr page 643-L I VâR E. Q V A R A bJ T E V N LE ME.
â J 2 O.
^ Goüucnicursqnâii à mis amp;: ordonné en çepays. Er qucnôiisviiironsentobeiflà nccdefes sâobfcrucrSt ordonnancés. Tiendrons la main aux Officiers amp;nbsp;lufticiers eftabliz parlà tiire Majef- fo°-cz
'âCSvilles Screflorts de leurs Iurifditions:à ce que les mefçhans fbient punis amp;nbsp;les bons amp;nbsp;Confcdcrcz 'crtueuxrcconeuz; pour tels conferuez amp;nbsp;gardez en toute feme ré par les maifbnsamp; par les
â¢:^3mps. Q^enous honoremnsyfuiurons amp;nbsp;feruironslechefpri«cipal de ladite Confederario Reformez;
tout amp;nbsp;par tout Sc contre tous ceux qui fataqueront dircâement ou inditeôlemau à la per-'â®nc,pour luy faire tref humble lêruice èc verfer tout noftre Ãg amp;nbsp;noftre vie pour là grâdeur ^coniêruation dâicelle. Que nous garderons de toute oppreffion amp;nbsp;violence tant les Ecclc-ââ îftiques que le poure peuple; à ce quâils puifïcnr en toute lêuretc faquiter de la charge quâ-^JâontdeDieu.Perccuoir Sz recuillir les fruits de leurs benefices. Vin re en repos en leur mai-traiiaillcramp;cultiucr la terre en affeurance meilleure quâils nâont fait ci deuant. Que
'âCBse?;pofcrons tous nos vies pour la conlcruation tuition amp;nbsp;deffcnce des villes vnics aflo lt;:gt;«sauecnous: amp;nbsp;des places amp;Ch3fteaux dont ont aflèurera ledit fient chef de la prefente 'â'3âOn. Qw nous tiendrons fecretsles auis qui feront faits par confcil de ladite afiôciation Si 9 â¢jBenoasdcfcouurirons tout ce quenous fçaurons eftre fâitiau prejudice dâicelle. Que nous garderons fidellité les vns aux autres; tant en general quâen particulier pour nous faire amp;nbsp;ren-ââquot;cmutuellement toutes fortes dâoffices de bonne amp;nbsp;immortelle amitié: fècourans îvn lâautre âiibefuinde nos vies amp;nbsp;moiens commefoccafion le defireraamp;cn toute diligence amp;nbsp;promp-'itude. Les débats amp;nbsp;querelles qui furuiendront entre nous, feront appointez par le Coinfèfl
le tout feremcttra.Lâauis Si deliberation duquel, fera relôlument gardé amp;nbsp;obfèrué par les â^^bjtans. Or pour rendre immortelle amp;nbsp;durable ccftc Confederation; SCpour facillitcrles nioiens d'y parueir ; fera remonfté à la premiere afrcmblécquifêfera,quâil cft trefiicceflairc 'IBâauec le fleur que nous aurons pour chef pour noftre vniomfôiaitauffi nomfné:^ fix, huit douze ou plufieurs dâentre nous en diuers lieuxamp;autres qui auront la charge de faire 'ntendreaux Gentilshommes de leurquaruer ce qui ce deuta propofer au conÃil pouren lîiteleur rapport: amp;nbsp;icclluy entendu refoudre ce qui fera mis enauant. Quâil cftbcfoinde liircentendre aux villes etreonuoifines Si de noftre parti: cefte noftre refèdution amp;nbsp;faficurcr dicelles à ce quâelles nous dônent la foy Si promettent toute affiftance.comme de noftre part 'âBUS expoferons nos biensSc tousnos moiens pour les conferuer Si garder en toutes occafios nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
^quot;ife prcfenteront.Et pour ceft effet feront ordonnez quelques Gentilshommes qui donne- -. nbsp;nbsp;nbsp;.1
âBm à cntendre aux corps defdites villes pour prandre cefte afïcurancc dâeux à leur faire le ' fÃptocqiic.Le femblable fera fait à lâendroit des Eeelefiaftiques par ceux de nous qui feront lot-ua.. ®rdonnezà ceft effet ; lelquels ainfi quâils fe pourront bien afleurer de nous; Auffi nlt;Ãs fecoiJ- '⢠'oBtdcsmoiens qui leur feront les plus facilles amp;nbsp;aifez. Car pour la manutention de îexer-
de la Religion Catholique amp;nbsp;feureté des pafteurs, Prebftres amp;nbsp;Miniftres dâiccJle : nous bmtnesrefoluz de refpandrc tout noftre fang à fexemplc duChefdâicelle noftre Seigneur le-'âs-Chrift, qui nous en à fait le chemin le premier: afin que comme il à fait, nous nous eft'ot^ dons de toute noftre pu iflà n ce Si affeéfion à lâimiter. Sera auffi depefehé quelque GcntilhôL-ââicdâentre nous auec lettres de creance aux Confederez des Nations voifines de France qà i «»went la mefîne fortune que nous courons:pour lesauertir demoftre vniÃ, leur juret affiftâ^
fidellité: Siprandre le mefrne d'eux. Seraauife par le Chef amp;nbsp;les efteuz pouf luy affifltef wConfeil du lieu ou plus commodément on fc pourra aflembler pour traitter des affaires de finiôfatitquâcn dix ou douzeCantôs de noftre prouincc,ily ait de nous vn qniaura lachar-jedauertirtous Icsaffociez autour de lu y: dont le fera vn rolle ligné des Confederez. Que chacun pour fbn regard attirera le plus quâil luy fera polfible dâamres Gentilshommes», Ibl-
bons marchans qui auront enuic de fc conlèruer amp;nbsp;aider à * rÃirc ce que nous auone â ^whien commencé. Parce moiennouslçaurons de quel nombre de forces nous deiionS J'ousalfuret.Conuicndra exorter chacun de nous, à le bien equiper dâarmes amp;nbsp;chenaux* afin
quanti illcra belôin dâexecuter vue bonne entreprinlè, nous lePuilfions foire en toutedl-hgeaceamp;bonequipage. Sera bon dâauilcr des Rendez-vous afin que fi les ennemis prettneift ^^itmesamp;ânouspreuiennent comme ils ontaccouftumé; nous aïons moicn de les combat-^eauant quârisfc Ibicnt affcmblcz. Sâafttircr de la fidellité de ceux qui font aux places, villes âGhafteaux du Roy amp;nbsp;des fieurs tenâs noftre party:de peur que îénemy ne fen préualle par ^fihfciïoufiirprinfc comme ilen cft couftumier.Refoudredes moiens que nousauïonsd'ê-
Rrr iüij.
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luir, luilki
V*'â Gentilhomme à la Court: la fidcllité duquel amp;nbsp;experience en affaires fera concuc pour nous auertir des refolutions de ceux qui font ralliez aux Princes de Normandie,Picât' die, Champagne amp;c. Et de ce quâil apprendra en Court amp;nbsp;pour y faire amp;nbsp;négocier les expC' dirions qui feront rcquifes.Ordonncr la façon dont lâon vfera à fendroit de ceux quinefaifanâ eftat de leur reputation; fo»iront des bornes de leur honneur, amp;nbsp;du reglement donné amp;p^ Jicc faite eiMrenous,Sera treineceflaire de promptement dcliberer des moiens par le/quelsco-mefoijsmain, on pourra tenir quelque petit nombre d'hommes dans les places fortes Chafteaux.-dcccpays:de peur defurprinfe comâon les pourra ftipendicr. Comiienén fuplier humblemenile Seigneur chef des affocicz de cefte p rouince,dc nous afftirer detou® lesplacès.ftKtcs quâil à dans le pays pour les mettre dans les mains dâhommes fîdellesamp;dho neur. Aufli nous luy jurerons amp;nbsp;promettons toute fidellitc foruice amp;nbsp;dâemploiet tons nos moicnsamp; biens tant pour cefte affaire en general qui touche à tous que pour fon partie^ - lier, pour creucr tous aies piedz pour fonditferuice : amp;nbsp;garde deles places amp;nbsp;autres choies qui luy importeront amp;nbsp;touchcront.Etpource quâil faudra faire desfraiz pourlc generaldcs affaires;il fora bon dâauifer des moiens dont îon vlèra pour enuoicr en Court toutes Si quantes fois quâil en fera befoin, pour receuoir les cômandemésdelâ Majefté.fâæ dra par fomblable eflire amp;nbsp;choilir quelque dofte amp;nbsp;galland homme qui drclfera les mémoires amp;C. affaires de Court amp;nbsp;dâailleurs ou il faudra enuoier, lequel fera rclident au presdenoÃi^
P V I s ils enuoicrent par toutes les prouinccs, Bailliages amp;nbsp;Senefohaucces pour animer 3 lâeffet que delTus, toute la NoblelTc amp;nbsp;les plus apparens des Catholiques fuiiiant la creM^ quâilsauoient particuliere du general amp;nbsp;des Chefo particuliers de la ptouince. levousfr*^/ voir le progrez amp;nbsp;effets de tout ce que deffus en fon lieu.
A F Toomde la Sainte Trinité,Pere,Fil\ amp;nbsp;Saint Eff rit noÃre fettlvray Dieu, auquel fott gloire honneur
Laformc'dc LâASSOCIATION dcs Ptinccs, Seigneurs îc Gentilshommes Catholiqu«â*^®*^ cftrcôc fera faite pour rcftablir la Loy de Dieu en fon entier, remettre amp;nbsp;retenir le faintfet^**'
* UC chacun nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la forme amp;nbsp;manière dclafâinteEglifc Catholique, Apottolique
y entranrquot;quot; maincj abjurans amp;i renonçans tous erreurs au contraire. Secondement pour confcruerlcKoj ^tcnu pro Henry Ars de ce nom par la gracedeDieu ôcfosprcdecelfeursRoys tref-chrcfticnseiiit' â 'f' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tat fplandeur, autorité, deuoir,foruice amp;nbsp;obciftà ncc qui luy font deuz par ces fujets,ainft ft'â
il eft contenu par les articles qui luy forent prefontez auxEftats. Lcfquclsil jureamp;ptoââ'^^ garder à fonfacreamp;Couronncment.Aucc proteftation dette rien faire au prejudice deceâ]^ y fera ordonne par Icfdîts Eftats. Ticrccment pour reftituer aux prouinces de ccRoyauæ^ Ãftats dâicelle les droits,preeminences,franchifos amp;libertcz anciennes telles quâelles tlu temps du RoyClotiis premier Roy Chrefticn Sc encores meilleures amp;nbsp;plus profitablem'^ ft elles fo peuucnt înuenter fous la proteftion fufditc. Au cas quâil y ait empefehementopp^ fitioh oiutcbellion à ce quedcfrus,par qui amp;nbsp;de quelle part quâils puiflentcftre:fercgt;quot;l'â' lt;litsaflbcicz:tenuz amp;nbsp;obligez dâemploicrtous leurs biens amp;nbsp;moiens, mefmcs leurs propr^ perfonhes jufqucs à la mort pour punir, chaftier amp;nbsp;courir fus à ceux qui Sauront voulu etquot; tredireamp;empefcher :amp; tenir la main que toutes les chofes fufditcs foient mifés à execution rcelement amp;: défait. Au casque quelques vns des affociez, leurs fujets,amis Si Cenfedetcî fufifontmolcftcz, opprerfez amp;nbsp;recherchez pour les cas deffus dits parquiqueccfoit:fero'â, tenyz lefdits affociez emploicr leurs corps, biens amp;nbsp;moiés pour auoir .vengçnce de ceux auront fait Icfdites oppreffos amp;nbsp;moleftes. Soit par la voie de jufticeou des armes fans nu acception de pcrfonncs.^il auient quâaucun des affociez apres audit fait forment en ladite foci3tion,fo vouloir retirer ou départir dâicelle fous quelque prétexté qùecefoit (queD*quot;* ne vueillc) tels refraftaircs'dcleurconfontement feront offencez en leurs corps amp;nbsp;biensen toutes fortes quâon fo pouna auifor: comme ennemis de Died, rebelles amp;nbsp;perturbateurs duf' pos public. Sans que lefdits affociez en puiffent eftre inquiétez ne recherchezfôit en puu ne en particulier. lureront lefdits affociez toute prompte obciffanccamp; foruice au Chd^
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donner confeil, confort amp;nbsp;aide: tantà fcntretencmentamp;conferuation WiteafTociation: que ruyne aux contredifâns^ icelle: fans acception ne exception de per-'^^^â¢Etferontlesdefaillansamp;dilaians punis par lâautorité du Chef amp;nbsp;félon fônordonnan-Æ Quelle lefdits afïociezfe fubmettront. Tous Catholiques des corps des villes amp;villa-0 firontauertisamp;fommezfecrettemenr parles Gouuerneurs jiQrticulicrs,dâentrer en ladite ^lationjfournirdeuëment dâarmes amp;nbsp;hommes pour fexecution dâicelle felon la puifïà nce hcultédc chacun. Que ceux qui ne voudront entrer en ladite afïociation; feront reputez ennemis dâicelle Scpourfuiiiables par toutes fortes dâoffenccs Si moleftes. Et défendu
â«tsafTociez dâentrer en dçbatsny querelles tvn contre lâautre fans la permifTiondu Chefjà â 'fwge duquel les cowtreuenans feront punis tant pour la reparation dâhonneu r que toutes ââ'fKfortes. Si pour fortification ou plus grande feureté defilits aflbciez, fe fait quelque con-â¢lentionauecles prouinces de ce Royaume: elle fe fera en la forme defTus dite amp;nbsp;aux mefmes Jonditions.'foit que ladite alTociation foit pourfuiuie enuers lefdites villes ou par elles dema-
fl autrement nâeft auife par le Chef. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
âï jure Dieu le Créateur, touchant celle Euangille Si fur peyne dâanatematizatiô Si dam- Forme de éternelle: que jâay entré en celle fà inte allbciation Catholique felon la forme du traitté ferment de ^â'uiyà eftéleuprefentement, juHemcnt, loyaumentamp;fincerement: Ibitpoury comman-^''uuyobeiramp; feruir. Et promets furmavieamp; mon honneur, de mây conferuerjulques à âucrnieregôuttedemonlâng:lânsy contreuenirou mâen retirer pour quelque mandement P'^^texteexeufe ny occafion que ce foit.
Lu Ce temps le Prince de Condé feit rcmonllrer à leurs M3jcflcz:quc confiderant bien les S^ândes dettes quâelles ont à paier il feroit trefnarry de les importuner â prefent pour le paie-j^^utdesfommesquiluy ont elléaccordées en traittant la paix. Ainslé contentera luyellre quciePrio-quot;'âhenaffignat les terres amp;nbsp;Seigneuries de Congnac amp;nbsp;là int lean dâAngely : pour en jouyr Ãesaurembourfement defdites Ibmmcs: comme cholé qui ne leur apporte que commo- ducage uitcfans incommodité aucune. Ellant bien plus aile de luy del a ilïcr la jouïlïà nce de vint mil P® uwesde rente,que de luy paier cinq cens mil liures. Dequoy il fupplie tref humblemct leurs jcftczde fai ââ¢Â«CSMajeftex Si en ce peu luy faire paroillre ce dont elles font tous/ours afléuré de leur bon-''«volonté. Mefmes par de Foix, quiluyaporté parolle de leur part pour falfignat de partie en icelle wsdeniers. Etdâautatnt quelapourfuittedcs affignations pour le paiement des compa- aucclateé suies à luy accordées par ledit traitté,pour la conléruanon delà place qui luy feroit baillée Poutlaretraitteamp;feuretté delà perlbnne-. teuiendroit à grans fraiz Si dcfpences ellant main-'«quot;anteflongné de leurs Majcllcz.-les fupplie vouloir accorder falfignat pour fauenfffur la re-''«pte dâAngoumois, ^|în que lefdites compagnies ellans bien paiées.-aient moien deviure amp;nbsp;^«ntretenir fans ellre contraints amp;nbsp;forcez vier de foulle Si oppreflîon fur le poure peuplc.PIus Rue par toutes fes depefehes elles font tousjours afleuré de leur bonne alfeôlion à fentretene-
Pâwt de la Paix. Et que leur intention e11 quâelle foit treféxaélemcnt gardée amp;nbsp;obfcruée: corn- Plaintes du MCchofe deppendant de la conféruation de leur autorité . Neantmoins quâil ne fe voit jour- îesâontraué ââcllementquedcscontrauentionsamp; defobeifTances: aufquelles toutesfois il nâell nullement donsà lâE-pourucuny remedié.Nâaiantpeu dâOfquerque Gouucrneut delà ville de Han, râentrer enco-â«Sen fonGoiiuernement quelques lettres que leurs Majellez en aient eferites. De forte que ^«Puistrois mois quâil ell à la pourfuitte il nâa peu rien obtenir. A celle caufe il fupplie leurf- pgronne fai ditesMajellez y vouloir pouruoir. Comme à la punition Si challiment de ceux qui lé font lâi- fie fans com hsdelaville de Peronnefans le commandement amp;nbsp;autorité de leurfdites Majellez. Et pour ^«rebellions amp;nbsp;delbbeilfances quâils ont commifes en cela, les faÿ declarer par la Court de 1 es Cathoii. lâîtlementcriminelz delezc Majellé, comme perturbateurs du repos public Scinfraéleurs delEdit de pacification ; amp;nbsp;leurs biens acquis amp;nbsp;confilquez pour ellre réunis à la Couron-D«Etattendu que fans celle procedure, lâon ne peut elperer cy wres,ou dâeuxmefinesou dîsautresqiicle femblableou pis,dontla couléqucnce trainevn^ien grande guerreapres iôy. Nâeftâtau relié tant poulft en cela de fon mal côtentement Si de quelque defir de végen- ptoteftans rrpourfoffence qui luy à efté faite: que pour linjurc faite à leurfdites Majellez: pour auf Ruelles faire rendre îentiere obeilfancc qui leur ell deuë-.ilell prell dâexpolér fa vie amp;nbsp;tous feinoicns quand il leur plaira luv faire cell honneur de luy commander:repreléntant aulfi les plaintes de ceux de lEglifo reformée en la ville de Mets ellans compris en lâEdit de pacifica
tion
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Vidamc tic Charries.
Chambres my panics.
tion par lequel il leur efi: permis îexercice de leur Religion en ladite ville: difbit anoircy uant eferit amp;nbsp;fupplié IcurMajefiez de leur faire pour cefi effet donner quelque lieu en icelle-Neâtmoins ditauoir efié nâagueres auerty que PiêneGouuerneurdu pays Meffn leur à afl-ê' né lâexercice,^«: pourydreffer Templelelieu appelléele retranchement auquel il «y à aiicniâ baftiment. Et dâautant que «e feroit à tous coups les expofer en danger amp;nbsp;à la mercy du peuple qui à ledit lieu fort odieux amp;: à contrc-ccEur; il fupphc de rcchcflcurfditcsMajeflezdordonner quâihleur fera deliuré autre lieu plus commode bafty dedans ladite ville:afin qufp^ ce moiéils fc puifïet reffetirdu fruit amp;nbsp;benefice delà paix En fin lesfûpplie dâaiioire^ardauX pertes du Vidame de Chartres lean de Fcrricres.Et le recempenfer de tous les démagesqun à rcceuz en fès biens dernièrement à foccafîon des guerres. Et auffi çfiablir les Chambresnff parties amp;nbsp;lâexercice de la Religion ez pays de Gafiinois amp;nbsp;le long de la Riuicrc de Loyrc.A
quoy fut rcfjxjndu en ces mots
blci57lt;f.
RcPponct s A Majefié aiant toute telle affedion que mondit fieur le Prince fçauroit defirer,deîafcoiii-duRoyic^ moder en fêsaffaires autant quâil luy eft poifible. luyà fait expedierîaquit patentncceflaii® 14. beptem. pour eftre affigné amp;nbsp;paie des deux cens mil liures quâelle luyà ci deuant accordé en annGes:amp; cômandc tref expreffemet aux gés de coptes le verifier.A ordôné faire apcllct é«' uant elle Je findic du clergé,pour pouruoir à mondit fieur le Prince fur le paicmer de fix viots mil liures dót il aucii efié aflîgné fur ledit clergé. Luy à très volôtiersacordé le reuenudeb tcrrcamp; fêigneuriede Cognac auec la ville de S. leâ dâA ngeîy pour fârcttaittcamp;demeure ne fcrcit moins aife de le gratifficr du reuenu de la terre amp;nbsp;f eigneurie dudit faint lean filEfiâ*
Sâ lean dâAn gelyamp; Con gnac accor dezau Ptin ce pour Pe roniic aucc longues dif ficultcz
Afii gnation deià folde dés barque buziers du Prince.
Contraucn tionsà lâE dit de Paix
Peronne.
Mets.
Vidafmc.
de fes affaires le pouiioit peimctrc.Dot niôdit ficur IcPrince à fi bône conoiffâce qu'il à tout« cccafion de ne prefier dauantage fa Majefié pour ce regard. Sâafîeiirant que en tout ce pourra quand Dieu pertnetra que fés affaires fbient en meilleure difpofitionjclleluy fera tous-jours conoiftre quelle l'aime comme merite le fang dont il luy appartient. 11 à cfté baillé gnaiion au trefoncr extraordinaire des guerres pour le paiement de douze cens hommesâ^' cordez à Môfêigneur frere de fa Majefté.Ce quâelle ne peut changer ny baillcrautreafligoa-tionpour ceux qui font départis à monditfieurle Prince: Lefquets feront paicz desdenieis pour ce dcflinez comme lesautrcs.Ccft au grand regret de fa Majefié quâelle voit tant dedc-fobcifià nccs que luy font fes fujcts.Et quefor.Editamp; ccqui en deppéd nepuiffeeftrefipróp' temenr execute quâelle dcfircroif. chofe qui auoitefié aficz preueuë lors du traitte dâkclluy* Attendu la licence que la plus part defdits fujets fefioit donnée durant les troubles. Ooifi® promettoit rien moins quâvnc grande difficulté à les ramener du premier coup à leur deuoifgt; comme ÃMajefiéà depuis expérimenté tant au fait de Dourlensamp;de Peronne quecnpIU' ficurs autres chofes. Ce qui luy defplaift autant quâil cfi pcffible. Et cfi bien refolu de ne rien obmettre^ny efpagner à ceux qui ont toute affeâion à fon feruice. Corne elle fafîèiire de mÅ dit fleurie Prince pour refiablirtoutes chofes en leur premicrEfiat. Ceux de Mets ont elle fatiffaits de lieu propre pour fexercicc de la Religion prétendue reformée. De façon qu'ilsen font demeurez contans. Qiwnd à Monfieur le Vidame de Chartresjlc Roy fera tousjoursbk aifè de faire pour luy aux occafions qui foffirirôt tout ce qui luy fera poffiblcfelon lacoir.mo-dire de fes affaires .La plainte que fait Mondit fieurlc Prince pou rie dernier article defoo inftruôlion: de ce que lâexercice de la Religion prétendue reformée nâefi encores receuëen plufieurscndroitsrdcppend delà difficulté cy deuant touchée, engendrée par la longuecon-tinuation des troubles. Quiefi aufficaufèquc la Religion Catholique nâefi non plus rcwilî en beaucoup dâendroits :ny mefines les Ecclefiafiiqucs amp;nbsp;pluficurs autres Catholiques réintégrez en leurs biens .Dont fa Majefié reçoit tous les jours afiez de plaintes, amp;nbsp;fait toutes les mcillcu rcs prouifions quâÃle peut auifer pour là tisfairc tant aux vns quâaux autres. Eniioiant
pour cefi effet entre autres chofes des commiflà ircs perfonnages notables amp;nbsp;de quallitépaf toutes les prouinccs.Etauffi a ordonne faireles depefehes neceflà ires pour lâefiabliffcment des Chambres my parties.-nc Ififfant rien qui puiffe deppendredâelle pourauancerautantquefii-re fê pourra îexecution de fon Edit.
Diuifions à Cependant les diuifions faugmentoient de jour à autre entre les Rochellois pour le fait de fuHâentiée^ vcnuc du Princc de Condé. Le Maire amp;nbsp;quatre ou cinq autres des Principaux, tenanstous duPrincede Icsjours Confcilà part: perfifioicntdâempefchci fôn entrée. Atout le moins eftoicntd'auis Condé. quâelle fe deuoit différer de peur des incoucnics qui les mcnaflôict.LcsCappitaines au cotrai retenans
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tenâsordinairement Confeil auec les Miniftrcs amp;Confiftoircs: trouuoient pour le plus ex-â¢^'wlereccuoir. Etqueccftoit vne ingratitude amp;nbsp;injure trop grande quederefuferlapoftc
tel Prince en vn temps melînes,qui nâeftoit encores bien afluré. Mettoient en balance les uits qui couroient par la France, auec la volonté amp;nbsp;le deflèindu Maire amp;nbsp;de ceuxdelôn onleil: dcfquels ils ne pouuoient pour ce regard quâils nâcunÃnt plus grande deffiance que Jâiiiîis.Surquoy ilnyauoit pas faute de nouueaux rapports amp;nouuelles occurrences pour ^^yconfirmer dauantage.Et outre ce prefque tous les réfugiez infîftoient à la venue amp;nbsp;deli-
toient à quelque prisque cefuft,foppolêr à tous ceux qui eftoiêt dâauis contraire. Et pour effetteniioierent à faint lean le treziéme dudit mois fupplier de ne différer plus fà venue pstmefme moien taffurer de leur bonne volonté:en laquelle ils auoient auflî trouué vn bÃ
ââombrede ladite ville qui ne luy manqueroient au belôin. Le Maire dâautrecofté deux jours nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
âPâosdepcfchadeux marchans vers luy tendansà ces fins premieres.Lefqueis retournez le Di-^ 'it OâMchedixhuitiéme NquejnbrejJrelenterent fès lettres au Maire. Or pour aucunement cou-ââââtcequebeaucoupKiy imputoient,dâauoir au parauant tenu Conferl eftro«dâaucuns par-* ââculicrspour le fait dont eftoit queftion, fans admettre ceux Icfqucls deuoienteftre appeliez; ââââlîdeconuoqucr en fà mailbnles Miniflres amp;nbsp;Capitaines de la ville. Aufquels priuement âCommuniqua Içfdites lettres levintvniéme dudit mois. Et dautant que par icelles fonco-ooiffoitaflez lesmefeontentement dudit Prince pour le reffuz de fentrée que la plus grande Plaine partie de ceux qui eftoient laprelêns portoient impatiemment amp;en imputoientia carfeaudit Maire amp;nbsp;à quelques autres: feirent ferment nâauoir oneques penfé de mefeonten-âcr le Prince ne fe defunir dâauec luy en chofe qui luy importafi. Moins de faire chofe derro-Soantâlaprofcffion de la Religion quâils tenoient.tous refoluz viureSc mourir en icelle.Mats HJ*ils pouuoient bien protefter en faine confcience;que tout ce que y auoit efté mis en auant
oit eftéque dâvn bon zelle amp;nbsp;pour euiter la ruine des Eglifès prochaines qui eftoit toute nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
âHeuréeaucnant que fi fubitement fon euft receu ledit Prince. Surce le vint troifiéme le Mai ïefeitvgeaifemblée genqjalle à ÃEfeheuinage, afin de communiquer les lettres dudit Prince «^Ipauoir fl le peuple approuuoitfa venue ou non. Ou elles furent leuës amp;nbsp;les rcfponces à colles qui luy jQQÃent eftéenuoiées de la part du Maire. Et par icelles les remercioit de leur 'âoiineaffeâionenuersluy: En laquelle il les prioit de continuer auec aftcurancequâilsnâef-coientamp;neferoientjamaisfifidellesà euxmefmes,quâilleureftoit.Au deueurantcuenpeu ^ejours ilfc deliberoit aller en Broüage amp;nbsp;à îauenture dôner jufques à la Rochelle pour voir les bons amis. Ce pendant quâil les prioit luy enuoicr perfônnages fiddles amp;nbsp;quallifiez; auf-âjools ilpeiift dire chofe quâil ne leur voulloit eferire ne mander.Puis tvn de cesDe^itez ren-^^â0publiquement comte de la legation-.dit que le Vendredy precedent par commandement du Maire ils eftoient arriuez à fà int lean par deuers Monfieur le Prince: auquel aiant prefênté 1« lettres dudit fiéur Maire amp;nbsp;les auoir leuës; leur auoit dit que ladite lettre contenoit trois points principaux. Lâvn le remerciment qucMelfieurs de la Rochelle luy faifbient de certains wertiffemens quâil leur auoit donnez; touchant quelques pratiques amp;nbsp;machinations contre Turville. Lequel à la vérité il leur auoit donné tel quâil tauoit receu de bonne part. Q^ils pouuoientbien conoiftre par la que leurs ennemis perfiftoient encores en leur premiere volonté. Et pat tant les prioit fe tenir mieux fur leurs gardes que jamais. Le fécond concernoit losEftats generaux auquels il eftoit marry que ceux de la Rochelle nâauoient encores enuoié leurs Députez; Dautant quâil eftoit fort à craindre que le petit nombre de gens de bien qui y eftoient pour les Eglifestne fut emporté à la balance par la multitude de ceux qui nâen demâ-doient que la Ruyne. Le troifiéme concernoit fa venue à la Rocj^lle: à laquelleillesreco-ooiffoitaucunementâencliner amp;nbsp;fous conditions: dont il les remercioit. Toutesfofs eftoit däuis dâen communiquer à fôn confeil pour voir ce quâil en feroit: les priant à celle fin luy en niandcrau parauant la forme amp;nbsp;maniéré. Et que à la vérité ledefÿ quâilauoiteu au parauât dây aller,nâauoit efté que comme en ville dâamis amp;nbsp;en temps de paix. Qui le fà ifoit beaucoup «bahir du refus qui luy auoit efté fait. Et veu lequel il nâeftoit maintenant délibéré dây aller quot;
premièrement ils ne luy mandaffent les conditions.Et fi amp;nbsp;quand amp;nbsp;comment il y en-â'«oit.Toutesfois les prioit ne trouuer eftrâge fïl eftoit contraint auenant quâil y allaft,dâeftre
peu mieux accompagné que de couftume. Qui ne fera toutesfoîs que dâvn petit nombre dcGentilshômes amp;nbsp;de trete harquebuziers,pour le befbin quâiHauoit de faire plus fogneufe
Ht*
Novembre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gardedelà pcrfonnc. Dautantmelfnes que allant dernièrement de Broiiage a là intleanjonluy
pitaines en Connefta-blcsà laKo-chclle.
auoit dreffé embufehes de huit vints cheuaux. Lefquclseftoient venuz reconoiftrevnii«^ foldats delà garde;quâil faifoit corne malade porter dans fô coche. Sur ce leMaire demanûâct particuliercmê aux principaux des alïiftans fils trouuoicnt bon que le Prince entraft amp;qu^ quandà luyileftoit decc:^auis: tiouua que la plus grande partie tant de la maifon delavilk desRoXlâ que des Bourgeois amp;â habitans yenclinoitvolontairementjexccpté quelques vnsdefquelsfo' lois (ur lâen- pjnion amp;nbsp;Ic Confêil eut aufîj peu de poix en celle alTemblée quâls furent jugez mal fondez amp;nbsp;« deCondé 1â*^ raifons de peu dâapparence de tomber fous le joue amp;nbsp;fujeélion de la ISobleEcrcJonEilsdf foicrit quâon té deuoit fouuenir pour les chofes paHces pendant les derniers troubles.Nonobl-tans toutes ces chofes amp;nbsp;pliiiicursauires; la cômune voix futque leur deuoir efloit dâenuoier fupplier trcf-hiimblcmenr leditPrince de venir quand bon luy femblcroit. Mais auecfontrain ordinaire amp;nbsp;la moindre compagnie que faire fo pourroii. Et auffi quâil jurcioit dene rienfai-rt ny entreprendre au pieji4dice de leurs priuillegesquieftoient cntrcauttcsdenâauoitGcâ' uerneur ne garnifon. Surquoy Odet de Nort, Miniflre apres que le Maire feut requis dâcypi* ner dit que ce feroit la plus grande ingratitude amp;nbsp;injnflice du monde, que de refu fer la porte à vn tel Prince:que Dieu auoit doué de tant de vertuz amp;nbsp;perfeéliens. Et qui desja en Æ grande jeuneffe auoit fait pour la defence de la Religion ce que autre Printe de Fiâcen^ Uüir parauant fait. Que les Barbares mcfmcs condemnoient ceux qui refufoient lesportcîâ leurs amis tantpetisôt eftrangesfuflent ils. Au reffe que chacun fçauoir afToZ que leditfîeiir Prince efloit fî fage amp;nbsp;bien appris: quâil nây auoit aut un quel quâil full defonaageamp;quîll'â' dignedeluyeflre parangonne. Et que aiant perdu ce tant regretté Prince fon perc au joâ' dâvnefi funefle amp;nbsp;luélueufe bataille amp;nbsp;pour vnç mtfmc querelle: il nâefloit viayfomblablc quâil foubliafl en chofê concernant la prottélion de la vraie Religion amp;nbsp;particiiliercmewk bien de la Rochcllc.Or dautant que ledit Prince mandoit quâon luy cnuoiafl perfônnagesdf gnes pour conférer auec eux de chofê dâimportance; ledit de Nort amp;nbsp;Pierre Bobineaufurta' députez pouraîler vers fon Excellcncc.Ce quâils fei rent IcLundy enfuiuât. Peu apres leM^^ re,Ic Lieutenant amp;nbsp;quelques autres particuliers de la maifôn dcville,faflemblerentcejp''f à lEfcheuinagc amp;nbsp;depuis enmaifon particuliere. Ou fut délibéré de beaucoup de ckofo-Aflembiéc Dont les Capitaines ne furent guercs contans.Mcfmcs quâil cufl eflépropoféamp; misenauat gcHes Ca- dc les deppoffeder de leurs charges, amp;reprandrcla premiere forme de faire la gardedckui ville par^Conneflablcs perfonnages peu expérimentez au fait des armes mais bien zellez a la defence de la Religion amp;de leur patrie. Comme ils auoient aflêz fait de preuueaiix derniers Sc pi^edens troubles. Tout cela amp;nbsp;autres chofês en faifoit fouppennet beaucoup. loin) les remifês amp;nbsp;deâaiz dont lâon vfoit à lâendroit du Prince pour le fait de fa venue: qiiele Mai-
re amp;nbsp;ceux de fon confcil auoient quelque intention de pratique côfcrme au bruit qui en ccu-
Ruze pour fedcffaiic hônclicmcc defes ennemis.
laRochellc. auoicnt refifte jufques à prefent.Ãt quâils fçauoiét auoir la puiflance de les empefchcienleuis delTeins. Sur le'foirJeMairc feit crier à fonde trompe de ne donner fauce allarn'c. Laouellc aliénant il eftoit commandé à chacun fc retirer par deuers luy pour receuoir fon ccnimandc-ment :commc ccluy que fcul ondeuoit tenir pour chef amp;nbsp;Capitaine de la ville. Ce qui nâató point pour appaifer les murmures amp;nbsp;diuifiôs qui ja eftoient aHcz enflâmécs.Et fur lâauisdâen-uoicr gés en l'iflc de Ré à çaufe de lâétreprife desCatholiques (encores que ce bruit fut faux) plulleurs dçfdits Capitaines amp;nbsp;autres fondoient ja le reffuz quâils'en dclibcroientfaircxraiuK quccefut vu ftratageme pour faire fortir de lavillcceux qui pourfuïuoientlaveuucduPuu ce Sgt;c confquêmétpour eamp;éluer les defleins de ceux qui luy eftoiét côtraires en cell endroit. Ce pendant iJLs auertirentoe rechef ledit Prince de tour ce qui lê pafToit en la ville le DimaUâ ehe vint cinq^iiiémc dudit mois.Auquel jour ledit Prince repalToit de lâIfle dâOllerô cnBroquot; age Scauoit enuoié par vn fien Laquais lettres à quelques Capitaines de la Rochelle pourfes affaires particulières leurihiandant quâil lê dcliberoit venir par mer auec petit train. Toutes» Ordre du fois le vcnt lâen empclcha.Ce pendât le Maire non contant de tant dâallées amp;nbsp;veniiës.Mefiues Maue pour quâon fut allé vers ledit Prince là ns lâenauertir: prit de la occafion de tenir quelques jours delà ville enfuiLiant les portes de la ville fermées fors celle de Maubec qui encores lï cftoit oimeneia contre les plus part du jour. Dauaiitage il feit foflbier lâentrée de la Chelîieamp; fermer la premiere calk crainte que de baflê mer aucun nâentraft ou fortift quand il voudroit.il faccompagnaéâvne
-ocr page 649-^otpsdc garde deuâtûmaifôn. Le tout pour le doubte quâil difoitauoir quequelquâvn vou-âquot;tattentcr à la pcrfonne. Le vint fixicme du mois «apres que le Prince eut enuoié le Gapitai-ytdefcs gardes à la Rochelle auec lettres tant au Maird qu'a autj^s particuliers; Le Maire lê-â^quâilatioit eftérefolu en talTemblée publique dontcydefliis eft parlé: enuoie vers ledit fince Odet de Nort amp;nbsp;Bobineau pour lefupplier de venir auec les conditions cy deuant rç-^itceslefquelsfauoirlaifTé enBroüage,rapporterent à leur retour qui fut le vint huitième en-â*gt;Wnt: la bonne intention en laquelle ils fauoient trouué: Mais tant Fen falloir quâil eu ft vo-
faire contre leurs Ptiuilleges; que au contraire il les vosuloit ligner de fon lang; bien ââââfiy du mauiiais jugement que aucuns auoiet à it de luy. Qui lè garderoit( afin de les,eftlar-'^duconttaite)de les aller voir en plus grande compagnie qUe de huit ou douze Gentils-^mes. Mais quâil leur auoit dit que le mauuais accueil amp;nbsp;peü gracieux traittement quâil âquot;âitentendu eftrc fait à quelques Gentilshommes: ne poUrroit jamais eftre prisen bonne
entre autres quâil voulloit bien prier le Maire dâauoir pour recommandé Mouy qui ne ^'iâitacheminé â la Rochelle que pour auoir fauis desCirurgiês fur vne blelïùre quâil auoit
1 la deffaitte de Thoré. Et quant au Comte de Montgommery qui encores eftoit en la ^quot;fpâgnie auec lôn frcfe;il efpcroit de le mettre dâaccord auec ceux qui luy pouuoicnt auoir quot;quot;'âéquelquc mefeontentement. Ainli le Prince difpofé dâaller par terre à la Rochelle amp;nbsp;a-quot;â't trouué le vent à propos '.changea de volonté. De forte que feftant lùr les huit heures erti-
en Broüage auec petite compagnie comme de Montagu amp;nbsp;huit autres Gentilshómes â'^quot;quot;ftitlemidy à la Rochelle; Pluftoft defeendu entenequelâ venue pat ce collé nâaüoit j'ticeuëouefperéc ny des vns ny des autres: Courans à la halle aucuns des Capitaines pour âttiiillirà fadefcente. Et comme il eftoit à my chemin de fon logis; le Maire amp;nbsp;les princi- piuftoÃcn. Pâquot;â! de la ville,luy furent faire la reuercnceamp; congratulerfa venue. Lefquelsaulfi il
, /quot;tdTa felon fa couftume.Puis feftre trouué au lédemain en ÃEfeheuinage ou il feit aflem- mcnHccu Ã
Maire,Efeheuins^ principaux de la ville auec grand nombre de peuple tint à tous laKochcUc. propos.
IE V R s aiant de long temps alïèz experimété fentiere amp;nbsp;fincereafFeélion que mâa-^^ousjours portée; continuant celle quâil vous pleutmonftrer à fendfoit defeuMonlêi- Harengue 0 amp;nbsp;pere; lors mcfmes quâil trouua celle voftre ville pour retraitte alTcurée. le commen- amp;nbsp;plainte 'â ''^yparvneaélion de graces amp;nbsp;par vn remerciment de tant de benefices receuz de voftre !ââ^'PrincipalIcmcnt de ce que m'auez dâaigné tant honnorcr pendant celle dernier^uerre aux RocM 1quot;! detnâeflitc amp;nbsp;auoüer pour voftre Chef.Moy di-je,qui tant pour ma jeuneflèincapable de , Weamp;honnorable charge; que pour eftre refugié en pays eftrâgcamp; deftituc de tous mo-^^â nepoiiuojj vous feruir par de ça comme jâeufte bien defiré amp;nbsp;felon la bonne volonté que
8c qui ne mâa oneques manqué. Toutesfois le tout à clic tellement conduit, parla quot;â'fiueur amp;a{riftâce de Dieu: amp;nbsp;par le moien de vos prières amp;nbsp;de celles des gens de bien:
' K fuis en fin venu auec vne grande amp;nbsp;puilfante armée,conduite par le premier amp;nbsp;plus 0âquot;d Prince de fEmpire: voire contre toute cfperance humaine. Au moien de quoy nos en-
ontcftécontraints nous accorder la Paix amp;nbsp;repos, duquel à prdênt jouyfïons amp;nbsp;tel deuonsbien prier Dieu qu'il luy plailènousîalTurcr amp;nbsp;maintenir.Vouspouuéz fça-'fdequel pied jây ay tousjours marché: de quelle finccritéamp; intcgritédeconfcience jâay â^entoures mes aélions. Et de quel courage je me fuis cmploié non lèulcment pour le re-general de la Frâcc:mais aulTi pour le particulier de voftrcvillc.Dieu me lèra telmoin que
oneques cfpargné ma vie.Et nây aura home ou autre refpcd ^cl quâil lôit,qui jamais jjj'Pquot;'æcdeftournctdc la facrifier à toutes bonnes occurrences ôcoccafions. Car comme je
Il ocritier des biés de feu Monfieu r amp;nbsp;pere:aulfi fuis-je refolu de hériter de mefmes au faint fincereafFeélion quâil à tou sjours monftrée au lèruice dcDiqif amp;nbsp;au repos de cell Ef l nbsp;nbsp;'Le quâil à bien fccu fécllet de fon lang au jour dâvne memorable bataille»; couronnant la
I quot;nbsp;foutes fes entrcprifês Sz aélions par vne mort glorieulê pour rachetter la liberté de tou-KEglifes de France: Et particulièrement de vous MclTieurs.Ilcft vray quâil lêroit malfeât
P ^«tre en compte en cell endroit quelque bien fait ou merite pour fen vâter amp;nbsp;preualloir. quot;sina part ce nâeft ma couftume, ny mon delfcin .Vous priant croire que je quot;ne dis ou rc-^ââquot;oïeprefentement cecy â autre fin ou intcntion,que pour faire dautant plus conoirttcamp; remarquer
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Nouembre.
remarquer combien cft grande iâingratitiideamp; indignité de laquelle auczvfé à îcndroitdvn tel Prince que je fuis: lors que ces jours paffez jedelibcrois vous venir voir. Aianseftésu Clins de vous tous defpoui ucuz de bon jugement ou fi peu inemoratii de mes aâionspafices que de interpreter amp;i. prange mon intention tout au contraire de ce qui en cfloit.Etûnsvous en auoir jamais donné la moindre oecafion du moflde. Soupçonner de moy ( chofe qui m d plusgriefuequelamort) que jevenois encefte ville pourjetter les fondemens de quelques guerre intcftinc. Comme fi jâeftois du nombre de ces brouilleurs amp;nbsp;rcmcucurs de mefnage Etquc je n'eufle le jugement allez bon, pour conoillre quelle pelle Sé contagion cell en vu eftat, que ces malheureufes guerres ciuilles: que lâon Içait auoir caufé de tout temps la ruyne Si defobtica des plus grandes monart hies des plus florilïà ntes républiques du mondc.De-quoyïcxpencnce palléenous faitalTez leptirà nos propres delpcnslEfiat miferableamp;cda-miteux ou en eft pour le prelent réduit ce pourc amp;nbsp;delôlc Royaume. Auquel aiant telle que chacun fçait : comme celluy qui en peut attendre la fuccelfion quelque jour; Du woin$ y uoirmes parens apres Icfqucls je marche.Ce lèroit chofe bien cftrâge voire pluftollpfod' gieulè,quâil mefuftfculeméttumbé au cÅur dây raporrerce rigoureux fléau deguerreAfo-fequemment procurer la ruyne ineuitable de celle Couronne. Qui nclcroit autrechofeqâ« me ruyner amp;nbsp;accabler en fin moy melmes. Or je vous lailfe à pcnler, fil me doit bien venir atf cÅurâ dâclhefivillainenient loupçonné dâvnc chofe fi malhcureulc amp;nbsp;infame. Etparceux mcfmes à qui je nâen ay jamais donné les occafions. Etlelqucls jâculle tousjoursattendu^ efpcré des premiers de mon collé: pour me garcntirdctcls blalmcsamp; outrages.lene pedf homme fi conllantamp; alléuré qui nâen lull quafi en danger dâen fonîr des bornes de patience« Mais ma bonne confciencc me conforte en cell cndroit.Ei aufli ce qui me peut bien coflfdcf que les gens de bien nâont jamais rien moins péfé que deme foupçoivner tant lôit peu dvn« malheureux deflèin.Et voir icy vne fi notable côpagnic amp;nbsp;que je croy mâefire tât alFcdiónc^ quâelle nâa jamais (comme je mâalTeure ) conceu telleoppinion de moy. Quimefaitvousfi' plierMclfieurs,amp; deceje vous conjure au nom de Dieu; de mâej^larcir de la vérité detout cequi feftpalfccn cell endroit. Etlatisfaire prelcnrement à la plainte quejcvoiisfaitspoUt mon honneur blelfé dâvne fi rude attainte. Afin quefije luisirouuc auoir eu telle intention que aucuns le font Voulu imprimer à crcdit:ou que je lois vcnuenccfte ville pour aiicuâ^' ment defroger ôt au repos public amp;nbsp;à la liberté de voz priuillcgcs; je leçoiuc le chatociââ amp;nbsp;corredion, qui me feroit deu pour ce regard. Pour ceft effet je fuis venu icy fans arracsamp; en petiip compagnie, le me jette au millieu de vous amp;en voflreprotedion. Voire duplus petitamp;abjet: vous priant me dire dâoù pieu uent ellre venues telles deffiances amp;nbsp;fauffespet' fuafions, qui en peuucnt efire amp;nbsp;les occafions amp;nbsp;les auteurs. Et pour quelle raifcnîonfeft® oublié en mon endroit, que de medefnierfentréede celle ville.Ãt par mefinc moien vousmC ferez railôn fil vous plailt, dâvne telle indignité amp;nbsp;mcfpris à fendroitdç celluy que auezau-trcsfôts reconcu pxmrvollre Chef. Et lequel ncantmoins traittez à prelênt dâvncfieftrang« façon que ne pourriez faire pis au moindre de nollrc Religion. Ce nâcft joas ainfi qiiâilfaut traitter les Princes de ma quanitté:amp; dcfquclsil faille juger fi Icgerementà lapctitdefapio' ' pre amp;nbsp;particuliere paffion.Partant je vous prie de rechef Melfieursamp; côjure au nomdeDici^ amp;nbsp;vous pourlc premier Monfieur leMairedecôtentcrmon efpriten cell endroit:fefclarcif-fant de la vérité, afin que je puilïe conoillre qui font ceux qui ont eu fi mauuaife oppinion moy. Quâils ont cité dâauis de me rcfulcr lâentrée de vozportcs. Voire auec telle injure amp;nbsp;gratitude quâvn moindre quemoyfen reffentiroitbicn- Vous affûtant de ma part queI fuis refolu partir de ce llt;u,que nâaiez premièrement lâtisfait à ce que je requiers le plus«' fèélueufement quâil mâell poffiblc. Et que nâaiez fait droit fur ma plainte. le fuis le premier amp;nbsp;leplus grand complaignant. Il me lèm bloque je merite ellre efeouté en cell endroit. propos finiz le Maire parlant affezbas.luy tint quelques parollcs tendantes à exciifcs.Nhis piour nâcllre des mieux vfitez a bien parler: moins deuant vn tel Prince: il pria le Lieutenant General Pierre homme qui par la longue pratique defcsvieuxansfellacquisjaueclat*â' noilTance de pluficurs fciences amp;nbsp;fur toutes de la jurifprudcncc, fi principalle vacation.vn jü* gemant exquis du bien amp;nbsp;du mal qui peut auenir es occurrences mondaines: de parler pour I tous affin de luy fatisfaire ; fuppliant à celle fin lôn Excellence felcouter patiemment. Il par^^ I en celle lotte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
-ocr page 651-livre Q^V ARANTEVNIEME. ^24.
M 0 N s EI G N E V R, il y a deux caufcs qui me peuuent afTez par raifôn induire dâentrer ^fponcjue î'idcffiance dcmoymefmes: Tant de me prefènter deuant voftre grandeur amp;nbsp;Excellence: desRockel-âJuedepenfer là tifFaire en aucune chofè à ce quâil vous à pieu nous propofer. La premiere L/cmenant ^uevoftrcharcngueeft de tel poix amp;nbsp;granité: que les plus diièrtsamp; eloquens Orateurs du general de fnoiidederoient par trop empefehez de ^acquitter de la charge qui maintenant mâa efte corn- p^j 'âlilèpouryrcfpondre. Lâautre que je me lens tellement incapable amp;nbsp;fi peu ftillé à bien o-Condé. f5f}raesmesdeuantvn fi grand Prince: que ton pourra attribuer à vne prefumption trop §fande,oii temeritc inconfiderée : tout ce que jâen pourray faire en ceft endroit. Eftant par grandeur amp;nbsp;Excellence de voz parollcs, comme par les clairs rayons du Soleil ofFufquéc ^ntierementli peu de lumière qui pourroit eftre en moy. Toùtesfôis me confiant en la de-WMaireté amp;nbsp;clemence de voftre bon jugement amp;pour là tisfaire à la charge qui mâen Ã
donnée de par Monfieur le Maire amp;nbsp;Melfieurs cyprelêns: leprendrayla hardiellède
Macquitter au mieux quâil me lcra poflîble : amp;nbsp;lèlon la mefure amp;nbsp;capacité de mon elprit^ ^owsfcauezMonfeigneur de quel poixamp;Majeftéeft leConlèil; commâ-ildoit eftre ^â¢niiiolable. Voire que câeft choie necelTaire de fy aftraindre amp;nbsp;conformer.Pource prin- biic fa force 'â âPPîlletnentquetouthommcdebiennefidoitprelentcrquâaueCYneamepureamp; auec v-Jcron(jfuramp; finceritéde conlcience ; qui fakft que dâautant plus nousle deuons admirer Gransamp; rerpefter. Et fur toutes choies ne mefprilèr les relblutions qui fy font. Câeft aulfi le re-
âââcdeà vray Antidote pour la direéfion èi condiiiéle de toutes les affaires qui furuiennent ^quot;ïceConfeil : auquel noustrouuons tousjours noftre plus expedient pour nousy bien ^onduireamp; gouuerner, amp;lâns nous mefprandrefileft polfiblenâyen la focieté ciuille ny
(]uelqucautre choie que ce lôit. Par tel ConlèilMonfeigneur toutes les affaires quife 'ââtrydeuantpafféesentrevousamp;nous: ontefte amp;nbsp;débattues Sevuidées. Par tel conlèil ^lettres qui furent dernièrement eferites à voftre Excellence ; ont efté trouuées bonnes amp;nbsp;âPprouuées'pour vous fupplier tres-humblement quâil vous pleuft différer vn peu voftre ve-
julques en vn autryemps.Ce qui nous meut vous faire telle priercjfut le bruit de guer-^^^uicoinniençoità felpandre: amp;nbsp;queles Catholiques difoient eftre ja allumé bien pres de
ne tenans ceux»de la Religion Romaine autre propos par toute la France,finon que de 'â ^ftepourç ville comme du cheual de Troye,lortoient toutes les milères,calamitez amp;nbsp;guer-^'^tinillesde ce Roiaume . Nos voifins amp;nbsp;freres du pays de Poitou : nous reforiuirent aulfi âquot;nicfme temps, quâil vous pleuft nous faire feauoir le defir quâauiez de venir en cefte ville: ^â''nousdeuions bien regarder à ce que nous ferions en câeft endroit: amp;nbsp;que en ^la gilbit P^'înentute la perte de noftre liberté amp;nbsp;repos general ou tous ne faifions quâentrer.Dâautant j^uei 1 nbsp;nbsp;Catholiques prandroient occafion fous cefte couuerture,quâils ne demandoient pas ks aucuns
'â neûre jde les mal traitter:amp; effeduer la mauuailê volôté quâils leur portoient dâalïêz lôg J^ps. Nos freres de Poitiers, Nyort amp;nbsp;Fontenay nous donnoient vne infinité dâaduertiftè- refus dâen-
°â fnal qui leur eftoit prochain; fi nous vous reccuions. Quâils dilôiét eftre autant que
â ondeclaroit la Guerre. Veu mefmesce quifeftoit ces jours paftèzftid en Broüage. EtdeCondé.
s alieuroient que en peu de jours il nây auroit Eglilè debout en tout le pays de Poitou ; fi auions pitié dâeux. Dequoy ils nous prioient à jointes mains. Et nâeftre caule ( pour occafion qui fe pouuoit bien différer ) de la ruyne de leurs biens amp;nbsp;parauanturede fontraifons affez pertinentes veu îinfirmité naturelle qui eft en ceux qui le ââouuellement retirez de quelque peril: pour nous faire vn peu penfer à nous mefines.
poiirnousmouuoirdefijppîiervoftre Excellcncede differervnpeuvoftre venue pour ^quot;onsfiifdittes. Surquoy Monlêigneur jepuis jurer en laindk;onfcience deuantDieu
(J ^â^fâfyoïispourtous ceux qui ont efté de ceft auis: amp;nbsp;particulièrement pour moy: jj eft oneques tumbé au cÅur la moindre oppinion des fbupçons amp;deffiances quâ-alléguer. Moins auons nous efté menez en c^ endroid dâvn zelle mal
'°quot;ea voftreExcellence.Laquelle nous fupplionstreshumblcmét nous faire ceft hon-/â ' nâinterpreter en telle part la prière que nous vous auons faite lt;lc différer voftre ^i^/efte ville, plus par prudence mondaine amp;nbsp;accouftumée infirmité, que autre-qu elle ne vueille inférer vn refus abfolut amp;nbsp;arrefté de ne vous rcccuoir, ou biéauoir
'âous quelque finiftre oppinion dâvne mauuailê volonté en voftre endroid. Chofe à la
Sff
-ocr page 652-Nouembre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H S I ï O I R E DE FRANCE.
quelle jamais homme nâauoitpcnfé : amp;nbsp;ne fen trouueroit ce que jâoforois bien jurer, aucun en toute la ville qui ne vous foit bien affeéïionné amp;nbsp;dilpofé pour voftre foruice. Vous fop-pliant Monfeigneur nous tant fauorifor que de le croire ainfi: amp;nbsp;depofer la fafeherie que en pourriez auoirprifé: vous defpouillantpar mefine moyen del'oppinion que auezconceuè du contraire dé fobeyflà nce ôffidclité que nous vous defirons continuer jufques au bon r.Cc que nous remettons volontairement à la prudence de voftre bon jugement amp;nbsp;à leguanimité amp;nbsp;douceur accouftumée dâicelluy.
L E Prince parauant que paiiêr outre à luy relpondre furce quâil auoit defduit cy deflw-. dift quâil vouloir au preallable fçauoir fi leurs lettres que leurs Députez luy auoyent pre-fontées le^izi^e du mois : auoyent efté eferiptes du confentement du peuple, Si par vne folennelle conuocation^celluy, au fon de la Cloche comme eft la couftume. Etnedâou* tant quâellescftoyentfous-criptesau nom des Maire, Efoheuins, Pairs, Bourgeois, mâ-^ans amp;nbsp;habitans de la ville de la Rochelle: defirant eneftre informé prefontemétpar la voix « tefinoignage commun des aflîftans : lefqucis il prioit de ce faire. Lors fe Icua vn petit bruid amp;nbsp;murmureaflèz fourd du commanccment:mais peu apres haut amp;nbsp;intclligible,quâik feperfuaderent tous que câeft affaire auoit efté conduit pour la plus part : au de/ceu du peuple qui nây auoit efté appellé quâvne fois. Ce qui auoit efté plus de fix jours apres l^cfonp tion des lettres Si apres que la refolution en auoit eftépriïe dez auparuant en certains Con-foils tenuz particulièrement pour ceft effcd.Somme quâapres plufieurspropos amp;nbsp;quelques termes piquans voire defauantageux aux vns Si autres des habitans tenuz en prefoncedu Prince: Le peuple donna tefinoignage par vne aclamation publiquequâilsnâauoyenton-quespenfé à luy refufor les portes delà ville. Aucontraire quâils luy eftoyent tres-humble$ amp;nbsp;tres-obcyflà ns amp;nbsp;comme tels auoienttousjours efté:refolusde luy mettre Si leurs biensamp; leurs vies entre les mains. Lors le Prince bien joyeux de ce quâil conoiftoit vne fi bonne amp;nbsp;allègre volonté en ce peuple; continuant fos propos leur parla ainfi.
Le Prince I connois bien Mclfieurs que je nâay point çfté deceu en la tjpnnc oppinion que j'ay fon propos, tousjours CUC de tant de gens dc bien que je veois icy preiens: comme voftre joyeufe acb-mation mâen rend fuififant tcsmoignage. Et reconnois lâinjure qui mâa efté faide dâautant plus legiere quâelle nâeft procedée du general. Mais pluftoft dé trois ou quatre particuliers mal affedionyez Si à leur Religion Si -à leur patrie. Lcfquels Dieu trouuera bienen temps amp;nbsp;lieu. Et de mâa part il mâeft impcflîble les pouuoir tenir pour gens de bien. Et pourparler à vous^onfieur le Lieutenant,jâaduouë ce que vous auez dit touchant le Conieihpour-formeforcc quâilfoit legitime amp;nbsp;tenu comme il appartient. Et que ceux qui y doyuent eftre ap-amp; autorité pcHcz n'cn foyeiit exclus. Lâon fçait que les Confoils Si affèmblées fe doiuent tenir de ce-
d'iceJuy.
Diuerfes fottes dc Confeih.
fte façon: amp;nbsp;telle à efté la couftiime de tout temps en çefte ville mefme : où la Cloche vous fertà ceftcffed. Mais celliiy duquel je me plaints amp;nbsp;d'où font forties les lettres qucjâayre« ceuës de voftre part: n a efté de cefte quailite amp;nbsp;nây à la ceremonie amp;nbsp;couftiime fufdite corn mejeconnoisprelcntement,aucunementeftéobferuée. Le Confcildoncnâeft nyfacrény muiollable. Auflî Içay-je bien quâil y a princippallement quatre fortes de Conlèil. Cchiy des Roys, des Republiques, comme de Vcnifoamp; autres de lâItalie. Dés villes amp;nbsp;commu-nautez au fon de la Cloche comme le voftre. Et celluy des Cappitaines amp;nbsp;gens dc Guerre. Ce dernier fe teint ordinairement à fimprouifte, fur le Champ amp;nbsp;félon que les eueneniens amp;nbsp;occurrences font fubites amp;nbsp;inopinées au faid des Armes. A tous ces Conlèils le rang amp;nbsp;degré que je tiens en ce Royaume me permet librement lâentrée, lâaccès amp;nbsp;la feance. Voire que les Courtsfouuerainagt;qui reprefontent laMajefté de noz Roysme mâen peuuentexdure . Sâenfuit donc que vous qui n eftes que fubalternes : vous eftes par trop emancippez au lieu de me rcceuoir, tenir tant de Confeils à part vous : amp;nbsp;ne daigner attendre mâa venue pour y eftre introduit. 4quoy lEftat des affaires prefontes,.vous pouuoit bien de luy mefme effnouuoir. Veu princippallement que je vous feis entendre par pluficurs fois,que tout ledefir que jâauois devenir en cefteville: nâeftoit à autre intention que pourvous donneraduisdecequifopaflbità la Court. Afin que tous enfemblepeuflions prendre quel que bonne refolution fur ies occurrences des grandes affaires quifoprelêntoycnt: qui font comme il me femble trois princippalles, aufquelles ilnouscftoit befoinde fongneufèmént
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â^îrder. Lâvnc fur le voyage de Monfieur en Court. Lâautre fur la venue de la Roync Mere pays de Guyenne pour fentreueuë amp;nbsp;abouchement dâelle du Roy de Nauarre amp;nbsp;de
ââââây. Ella troifiemefur lâappar ence quâil y a de quelque remuement à caufe de ÃEdit mal en beaucoup dâendroiéts deceRoyaume. Et le bruit des forces du Roy quclondit
*ftre tontes prefles amp;nbsp;difpofces à marcher au premier mandenîcnt. Sans compter le nom-â'«d'eftrangers que fonfeait allez nâattendre que lâheure dâentrer en France. .Pour le pre-ââ'â crjâauois tousjours efté dâauis, que tousenlcmble dâvn commun accord feiffions vnede-r«chc bien humble à mondit Seigneur.- pour le prier qu il luy pleuft de mieux en mieux Court apres Pâfîchciier ce quâil auoit fl heureufement commencé,à tenir viuemcnt le party des Eglilês
de France: amp;nbsp;procurer de plus en plus leur liberté Sc repos quand il (e irouucroit Royfonfte-Eftats. Attendu quâil ny a que trop peu de gens de bien, qui en telle aflèmblée voudront
'ââtteprandre la defence de noflre caufe. Mon aduis di-jc efloit,de le fupplier de pcrfcuerer ®cellefainde affeébon quâil nous auoit par cy deuant fi liberallcment defcouuerte amp;nbsp;mon-J''^«:amp;de laquelle il nous rend encores a prefent plus feuramp; fuff.fant tcfmoignagc: Fe-*wiit volontairement chargé de tous les cayers pour Fen aller voyrc de fon bon gréâcom-'ââefacriffier fa perfonne à la Court : fans autrement fiire cflat des bruids communs qui joutent; ne mettre en la balance beaucoup de chofes que lâon feait aflcz fê remuer de jour âîutreaii prquflice de la foy promife amp;nbsp;du repos quâil à pieu à D i b v nous odroy-'^parlaPaix. Pour lefccond je vous fis entendre que ce feroit bien faid à vous, dâenuoy-â^«elquâvnde voftrc part par deuers la Royne Mere pour la congratuler amp;nbsp;remercier
pcynesamp;trauaux infinis quâelle prenoit tousles jours pour i'vn ion amp;nbsp;accord de ce qui bbeur pour â^bloitnâellre encores bien refbulx ne rcftably. Mefme du grand amp;£ fingullier defir quâelle âââonllroitauüirà lentretenement de la Paix, amp;nbsp;confèquemmentau repos de ce poiire Royau-âââL Mais au lieu de prandre ceftaduertiflement en telle part quedeuiez: veule lieu amp;nbsp;^'â¢Ã®llitédecelluy qui vous îouuroit, je fçay que aucuns de vous ont efté fi mal apris, que
dire quâil falloir faire clt;la devous-mefmcsfansen eflrc tenuz à moy. Qui cft vne impu-amp; mefpris fi grand, quejâaylong temps doubrcFily pouuoitauoir homme en cefte
Prefoirptiö amp;nbsp;pttpara ii.s dc Cucr rc.
''dleauquel cela fuft feulement tumbé en la penfee. Et pour le dernier poind,d'autant quâil â'^Icvcott que par trop, quelle apparence il y a de quelque trouble ou remuement de mef-
^f^pteftesde marcher. Les Ligues amp;nbsp;complots de ikgt;7 ennemis rant dans que dehors cc Mäiinie. Lepaflage de Dom lean dâAuflriche amp;nbsp;dâvn Legat du Pape par laF^ncc: Si ^iccezamp;communication au Confeil quâils ont cu paflantpar la Court oil ils arriuerent en. 'ââ 'nicfme jour amp;nbsp;pardiucrscndroids. Toutes Jefqucllcs chofesnous pouuoyent aflcz tc-'â*fTOceruelle:à cau(è des diners jugemensamp;flniflres imprefiions que beaucoup de pcrfon-ââ^sfendonnoycnt. Pour cela me fcmbla il bon de venir en cefte ville : ahn queeftaos tous cn/èmble bien vnisamp; alliez, peuflîonsauilêr des moiens les plus doux amp;facfllespour nous
» conhruct 8c maintenir en laine confcience, la Paix quâil a pieu à D i e v nous donner amp;nbsp;tóaquellcapresfadiuinepuiflancé : vous ne pouuez ignorer que je ân ayeefté la principal-'^taufe. Ma venue donc nâa pas efté pour prandre les armes comme aucuns de vous ont c-âo! impudens de publier. Moins pour älterer tant foit peu le repos de cefl: Eftat,comme beaux luges ont Imaginé par fantaifie. Car pour bien garder le repos que nous nous â¢nics acquis au pris de tant de fang : il ne faut pas penfereflrcdu premier coup nây bon ny waire de venir aux ArmesSc prandre le Cautere. Mai^ bien pluftoft mefemblc nçceflà i-f^empefeher la rupture de la Paix par là ges aduis amp;nbsp;bonnes^reuoyances. I.efquelles K vous defirois ouurir félon la capacité de mon jugement. Et mâaflure que les eufliez ^fowuéesbonnesamp;proffitables. Et croy encores quâil ne nous faudra autre moyen ne plus pfoprt expedient que cela . Car fi par faute de pourueoir amp;nbsp;^uifer a noz affaires : la fe vient à rompre : il nous coniiiendra ncccflairemcnr alors venir aux Armes, Voire pont le refpitamp; defence de noftre propre vie. Sâenfuit donc quâil nous vaut mieux cercher les quot;âficns les plus doux,pour nous maintenir amp;nbsp;empefeher de recourir à ce dernier remedc,du-Jd procèdent tant de maux amp;nbsp;hideufes infolences : que deurions frémir au fêul fouuenir «ce quâen auons expérimenté çar le pafle. Et câeftoit aulfi la princippalle caufe de ce que
Sff ij.
-ocr page 654-ouemhre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V H I S T O I R E DEF R A ' N C E.
* â â plus mâincitoit à venir par dcpa.Et vous le puis bien jurer en faine confcience. Mais au lieu de prandte ces chofes delà tapen quâen rouie rondeur amp;nbsp;fincerité elles partoyent de mon interieur: vous vous elles tordez vne infinité dâoppinions ôi. deffiances,au prejudiec met mes de mon honneur «â Et pour parler de plus pres à vousiMonfieur le Lieutenant : faiiw^ vous mieux monlhcrla del^ankc queauez eonceuëderaoy que parvoz propres paroUes melmes ? Vous dit'Js quâil fut touue bon au Confeil de me prier de venir en celle ville aueC , ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le moindre train que je pourrois.le ne dilputtc ic i de la valhdite où inuallidité de ce prétendu
n'V 1* Confeil;: Lequel quannamoy j ne tiens pour legitime: non plus que sâil vousappat* ⢠tient me donner Loy en reiglant mon tram ma Compagnie. Icreuiens feulement à voï '7. ,7 'friuoUcs oppinions amp;nbsp;mal fondées delhances. O gens mal auilez amp;nbsp;plus infiimes queftW' â mes: eneequâauez peurdâvn Princequâauezelîeu pourvoRreChef: qui vousvenoitveou auec dix où douze Gentils bon.mes. Et ne vous meffiez pas de cinq cens hommes qui pâ* ^^auenture lont au millieu de vous pour vous trahir amp;nbsp;deccuoir. La crainte du mal amp;nbsp;dan-* er de voz frères que mâauez alléguée : ne vous a pas tant induiél a me faire lâinjure que py receuëî que voz propres detfiances ^finillios imprelfions. Auffi cela eftfi iriuolle pour nâauoir'jamais donné de ma part occafion tant petite quâelle lôit aux Cat houses de mal traitrer à prefent noz freres : que je ne Ipay de quelle boutique il pourroitellre lorry: non que dâvnecouuerturc dcpouuoir en briet plus hbtemenrexecuter vne plus furicuiérs-ge amp;nbsp;mauuaife volonté . -A'quoy par vollre imprudence eu zelle naturel des chofes mon-
â daines vous auez ouuertcment conniuc . Vous mâauez puis apres enuoyé voz priuilleges^
, . _ , me priant dé les figner avant que venir. Et que cela melmes vous elloii permis par les f des de la Paixquot;. Et qui Idaït mieux que câell defdiéls Articles amp;nbsp;de toute la négociation qui feneftfaidequemoy mcfmeê Et qui ellcaulê quefoiez pour le jourdâhuy mainrenusêi jouyflà hs de vofdids priuilleges que moy lt;? le ne demande en cccy plus fuffilânt tefmoignä-ge, ainfi quevoz Députez qui lors eftoyent prefens vous lâont bien peu rapporter: que 1â^ propos que je tins la delïùs à la Royne Mere, peu parauant la ccnclufion de la Paix.
, nbsp;nbsp;gt;nbsp;ccanr jufques la, que de luydirequefy on refufoità vous maintenir en voz priuilkgfii
â¢1«:-;â pour cefeul point je luy declarerois la Guerre. Et neantmoins vous auez penfc faire
' coup pour vous que dome prier de vous les figner. Voire qualÿauec vncpercipitation m^-couflumée. Comme fi toute vellre fiancedeuoit dire attachée à vn morceau deparchemi«â Ceque je rrouuay grandement effrange,qiioyque pourlorsjelediffimullaficà vozDtpi'' tez: Ou^, ouy , je les figneray touteslois amp;nbsp;quantesque voudrez,non pas en quallité quelque petit Greffier : Mais plufloft me picquerois demon clpée pour les figner de woo fang q.uand il plaira a D i e v lesféeller ( commeà faidfeu Monfieuramp; Pere) dâvnc glorieule memotable mort. Mais jâay dâautant porté plus impatiemment toutes ces injU' res amp;nbsp;iodignitcz,quelles m'ont dléhurces par mes propres amys: amp;pour Icfqiiels vousne pou uez ignorer que je nâayefâiél beaucoup ; amp;nbsp;plus prefque que nâeuflîez ozé efperer. qiioy qiieJe pareil mâait efic dernièrement faiél par ceux de Bourdeaux: Si di ce que cehmî dlé plus leger amp;nbsp;tollerâblc : dâautant que ce font mes ennemys jurez amp;nbsp;contre lefquels jay porté les Armes; amp;nbsp;preft encores à les porter quand lâoccafion nous y contraindra. Toutes-fois jene fuis hors dâefperance de mâen rcflentir quelque jour : amp;nbsp;leur faire tonnoiffre combien indignement ils ont traitté le fang Royal. Etnevoudrois quevousmcfmes pourmâ*' der à ce faire. Mais je ne fuis pas venu à telle intention ; quoy que jâaye dlé grandement oi-fence où autrement efmeu amp;nbsp;pouflê de quelque paffion particuliere amp;nbsp;defir de vengeancÃ* Car jâay allez apris comméout cela le doit tous jours pollpoferau General. Au contraire jc remets amp;nbsp;pardonne, Mdfieurs mes Ions amys, tout ce qui dl cy déliant paflé; amp;nbsp;qw''® de bon coeur foffence particuliere qui mâa dlé laide. De laquelle je Içaybien n'auoireft^ caule vn fi grand nombt^de gens de bien quilônt icy alïcmblez amp;nbsp;aulquels aulTi cé pst' don nefadrellc. Touiesfois je prie ceux quiontdléautheursdecequidlpalTé pour ce regard: de bien confiderer quemepenlâns faire tort,ils en ont faitvn trop plus grand aedf® poure ville: quand ils y ont lêmé celle diuifiô qui ne tend manifellemét quâà nous définir B vnsd'auec les autres. Etenquoyils nefauroyent mieux gratilfier à noz ennemys. Defque» lâartifice à tousjours dlé pour nous auoir,que de itous dcsvnijr afin de nous fapper pied à picà â
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f-t de toutes leurs fortes ôc puiflà ntes Armées, lâilfue â tousjours efté telle qwâils ne nous ont jamais vaincré amp;nbsp;accabler: Câeft donc à la diuifion ou ils ont pre lentement recours plus jamais. Et vous malauifcz y courez à bride abattue, lans vous pouuoir conformer ®ccla,aceque noz ennemis pratiquent encoresfi bien aujoi*rdhuy : aflà uoir vne vnion ^fimpatie incroiable quâils ont entrâ-eux à noüre prejudice amp;nbsp;ruync. Etdcfaiéf voyons â'ûus pas comme non lêulement les Catholiques de ce Royaume: Maisaulîî de toutes na- Dwifiontft t'onseftraiiges jufqucsaux Turcs amp;nbsp;Barbares melînc: font vnis amp;c alliez enfemble,pourno' âIfcentière ruyne amp;nbsp;deftruélion? Mais je croy que vous ne lèntezpas encores le mal qui J^ouspeutauenir, amp;nbsp;ce qu'auez failt;â en ceftendroiâ:. Car comme les malladies corporcl-'^Sie forment Seccunent en nos corps long temps parauantqueleslêntiuns defquelles toutesfois en fin fenfuit la mortalfurce: La diuilion eft de telle nature. Car rompant petit *peiitlt;liieommencementlëtrouucincontinant au milieu de nous ôe premier quelques fois^ Venons y ayons penfo. Et dâautant que teil vne plante tres-dangereufe:aufli le fruid quâeI-lt;
produid ne peut eftre autre que venimeux amp;nbsp;mortel. lâaloulie premièrement fe met ââmilieu de nous: de jâaloulic vient delfiancc ⢠De desfiance diuifion de la diuifion:lc meC pfisquicft la ruync amp;nbsp;entière deftrudion de toutes choies les plus laindes amp;nbsp;les mieux pol-
Et celleeft lamalladiequeà mon grand regret je veoy parmy vous. Etmâalïèucc âââtesfois que la plus grand part devons ne la font pas, tant vous aucz les yeux amp;nbsp;les veines â^'encendctrientoppillées. Câeft donc par voftre diuifion Meilleurs : que vous ouurez I3 , P^fæaceux qui de long temps ne vous veulent guercs de bien : amp;nbsp;que vous dcfficz de ccluy, *â '^quclaudanger delà vie voudroit trancher le cours de leur mauuaile volonté. le vous prie y îduifer delTcillcr vn peu voz yeux, pour connoiftre la venté de ce que je vous dis, Met-**-auflîen balance le tort que vous vous elles voulu faire à vousmefmcs: Vous voulans â^omiîiefoparer de communiquer auec moy : amp;refulêrfi légèrement les aduisamp; aduertillc-
jevous puis donner tels que les reçois tousles jours de bonne pan amp;: plus alTeure-nefauriez fairet Defquels vous elles faid tort de vous vouloir priuer. Car le fruit
âJ^vous enfauroit eftre petifpour mâofer bien vanter quâil eft en moy de vous mieux amp;nbsp;plus ââvilement confeillcrcz affaires qui fcprefentcnnque ne (auriez faire vous mclmes. Car je Hc vçoir de plus pres amp;nbsp;plus clair aux affaires dât Hat que vous. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;'
Ces propos amp;nbsp;autres ainfi difeourus par le P r i n c e il fadreflà au Maire
quand à ceux qui vouloyentinnoucrlâEftat amp;nbsp;troubler le repos particulier de,la ville; Ptir^csâa. 'mcnconiioiffoitautrc (ce quâildifoit pour le regard des Capitaines) que ceuxfqni vou-^y«nt depofer de leurs charges amp;nbsp;degrez ceux qui auoyent efté inftallez dâvn commun con-*^''wient ,amp; qui cri icelles feftoyentfidellcmcnt acquittez de Icurdeuôir. Ceux aufli qui â P^^mpsde Paixauoyent refuféles portes de leur ville aux Sieurs de Verac, Mouy amp;nbsp;autres /âtils-hommes quallifiez.amp; que ledit Sieur Maire mclmes qui feftoit accompagné dâvnc dâharquebuziers extraordinaire; quâil ne pouuoitpénlêrauoir efté laide à autre oc-que pour fa venue. Toutesfois quâil penfoit que tout le peuple luy eftoit amy. Et mc(^
'quot;'5 que les vint harquebuziers defquels ledit Maire fe feruoit : cftoyent à luy amp;nbsp;le (uiuroyent Wd lenrcommandcroit. Et force que le Maire mettoit en aùant quâil auoit efté con- â 'fâinâdecefairc pour la defence de là perfonne amp;nbsp;que plufieurs l'aiioyent menacé: Le Prin-ceallegua commeen riant lâexemple de Pifillratus lequel feftant égratigné èi nauré lui md^
amp; fous ceftéâCoulleur impetré du peuple quelquesGardes polir la perfôncamp;vforpa en fin
â tyrannie furfos Combourgeois par la mefme force quâils lu v auoyent fi indifcrcttcmcnc ââdonnée. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
^ovR la fin dâautant quâil auoitlbuucnt dit aux Députez de la Rochelle qu'il auoitdcs âæs a leur dite quâil ne vouloir mander ne eferire : il dill que câeftoyent des aduertiflèmans p^^incè »âa-^t^tuzdedeux endroits:de quelque pratique q ui'eftoit dans la vilft tramée par aucuns par* dreffantiux cuillers qu'il ne nômeroit point en telle Côpagnic.En laquelle il ne trouuoit bon que telle ad
rut encores defcouucrte amp;nbsp;mamfeftée. Les âuifant cepédât que lé dâger du niai dont il uerûr de* ât môllrcroit le lendemain les memoires amp;nbsp;auertiffemans, eftoit tel quâil importoif la ruy- tTi'qJe ks totaile de leur ville; amp;nbsp;deuoit eftre exécuté dés le quinziéme du prefontmorsrdemt fen- Cadwli-a-
'quot;ptifo rfcHoit ericores fi bien diffippée que le danger ne leur full prochain'öd^étaioent
SLf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-je jf...
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dans le jour des Roys. Pour aquoy obuier amp;nbsp;ks informer plaincmcnt de tout ce qu il iioit: Illesprioitque le lendemain matin le trouuafient en Ion le gis ledit Maire,douze uins, douze Pairs, douze Bourgois, les Capitaines, Icfdits Miniflres Si les gens du Koy. Æ que ceux qui feroyent efieui^vinÃtnt par deutrs luy auec bon adueu du peupk.Lcsdeflw« falfemblerent le lendemain en Confeil où ils arrcflcrentde la refponce quâilsluy feroiéi-quelle ils luy prefenterêt par efcrit.ElIe côtenoit entre autre chofes quâils lupplioyentfon^' cellcnte dâexculer ce qui fefloit pafléduy promettant que pour fauenir il leroit tcusjcursbK reccu toutesfois amp;nbsp;qualités quâil luy plairoit venir à la ville:amp; quâils le relpcdlcroyent amp;nbsp;cki' Jh Eochei- comme fa grandeur mcntoit.Dont ihles remercia de bon cccur. Sur quoy ncantmoini le ils reflereni merueillcufemenr tioubJcz amp;nbsp;deuilez par entrâ-eux pour les adueruflcniew 0
deflus. Et comme efl la couflume d'vn peuple, en jugeoient chacun felon fa palfion:t3ntoit en vne forte tantoft en lautre. Leur tardant beaucoup que le tout ncfufl dcflouucrt. Autres ^tolus téméraires amp;nbsp;inconi derez pour la haine mortelle quâils porteyent au Maire : luy imf^
loient dc-sja le plus graris iaix de toute laccufà ticn qui fe pounoit faire.Jufquesà à ttachctp cans publics contre lu v, ce qui fut pri.s en trefmauuaife part par ledit Prince.Briefcn nâoæ)^ que murmuresSc dificnuons par la vrllc:pour apaifcr Iclquclles la prefence dudit PrincefeU*^ beaucoup.
watmve V O v s auczvcu lâcflongncment dc Coun de Monficut : les peines amp;nbsp;trauaux veut toutes- Royne Mere prit pour adoucir laigreur defôn malcontentcment,amp; le faire retourner prestf» nVr cnCcur ^^y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠Somme quâelle y vfa de tant dâartiffices quâauec le bon Confeil du Roy
ftpowquoy douceur natui elle de ce Prince, la premiere des fins dc la Roync Mere luy futaccotdécâ^f^
Uoir efl que Monfieur fut rendu contant fous Icfpoirde facccmpliflêmcnt des Articles^ conditions portées par l Edit de Paix; non pa.s fautre fin dc le faire retourneren Court. la Paix faidle il fut confcillé dâemploier le temps jufques à lentierc execution de la Paix pour faire fes entrées cz Cappitallcs villes des païr amp;nbsp;Prouinces que le Roy lui auoit alignées
deles enfans: trauailla tant amp;nbsp;fubrililâ telles railons amp;nbsp;artilficespourivnitde volonréamp; Monfleuren delïcins auec là Majcflé : .quâcile le feit Venir en Court contré laduis dç BuHy amp;nbsp;cnCoû't'quot;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eÃoyent parauant les plus fauorits. Dent EuÃy mal contant amp;nbsp;crainte de tant
' ; de Seigneurs amp;nbsp;autres que la grardevr de lôn courage auoit qffencez :fç retira à AngcfS bo*^ maiâ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mefoc Monlîeur lâauoitfaîd GouucirtcUr. Au Cbaûeau duquel des pins
content.
.forts de jg France, il commença dedrcller lalfurance de là principalJe retraittp» fcR®/ cependant fort resjouy de la tetcnciliaticn de lônfreie: amp;nbsp;pour dauantage aiiâorifctlî tenue tdes Effets Generaux quâil auoit remis au quinziéme Décembres la voulut hJen^i' re fçauoir tant à tous fes iubicûs que dâvne amp;nbsp;dâautre Religion i à ceux cy melïnemf:â* pour amoindrir d'autant f.çfpoirSe hautsdeflcins quâils auoycnt fondez furl'aOanceilâi' celjiuy; quâa tous les Princes eÃratAgers fes amis amp;nbsp;alliez. Pource,eflant k quatticfinc Nonembre,Mi)cinq censfoixanieleucaPAR i s, il en depefehafes patentes tclksjquellà fuiuent. ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..
H N R Y par la Grace de Die y Roy de France amp;nbsp;de Pologne,à tous Gouuet-neurstde-Prouinces Si noz Lieutenans Generaux, Salut. Chacunà peu connoiflrcamp;veoii depuis noÃre aduenement à cefie Couronne , de quelle affcüion amp;nbsp;bonne.volonté noi's
Lettres patentes du Roy pour te(inoif,ncr la venue amp;nbsp;reconciliation Je Mô fleur aucefa
auons rousjoqrs deÃre amp;nbsp;voulu pacifier les Troubles qui ont fi longuement continuée» noflre Royaume, à la grande rvyne amp;nbsp;defolation dâicelluy. Et cçqucaueçfaydeamp;bcn Majeftéà Confeil de noflre tres-hoÃiorce Dameamp; Mere nousauons faiâpour yparueniramp; tnettreen ohcuMlle. repos noz fujets : fans aucun rpfptd de chofe quelconque qui louchaft noflre auâorité amp;
intereft: Toutesfois aucuns mauuau'amp; fedirieux elpritsÃu nombre de ceux -qui défirent nourrir S'entretenir la Querre Sc diuifion:.lont ocnrirpatniy noz fujets des bruits amp;nbsp;propos de deffiance, tantdecequenoflreTrefçherScTrefaiméfrerele Dve d'Aw lov nçW vienttrouüer, poutfamitiéfraiernelleamp;,reciproque quieftctitrçnous: quedelalTcmblce
4.'
prochaine des Ãflats conuoquez ennoûrc ville de Bloys au quinziéme du prelêntmoisà Noueiïu4 b;Rcqucfte Si inftantç prière tantdçsÃathoIiques que de ceux de la Religion pretend uiÃyeforippc^Et dâautant, quepar tcllesjJGnûçieulcs inu«ntiôsiamp; calomniesjils vipudroinf mettre en oppinion amp;nbsp;periuader le contraire de noz vouloir amp;nbsp;intcnrionamp; de noÃre dit frère: preiians
-ocr page 657-LIVRE Q_V ARENTE V NIEM E. 327.
p enaiis amp;nbsp;voiihns faire prandrc aux autres en mauuaifè part ce qui eft tres-bon,neceflairc amp;nbsp;dcfîrable. Et en ce faifà nt troubler amp;nbsp;altérer le repos amp;nbsp;vnion que tant defirons. A cefte eau-bous mandons amp;nbsp;ordonnons vous informer amp;nbsp;enquérir de ceux qui font ces mauuais offi-deuoir; affurer tous nos fujets tant en general que particulier de noftre bonne amp;nbsp;cntic-
ttaffeâionamp;intentiô.Laquelle nâaefté jamais autre quâau bienrepos vniuerlel de ce Roy-âume.Etde traitter, conferuer,amp; honnorer tous Princes,Seigneurs,Gentils-hommes, Capi-Qinesamp;autres nos fujets felon leur rang amp;nbsp;degré, quallRezamp; merites. Et feront tousjours Iwbien rcccus par nous quand ils voudront fyaffeurenauec toute afTurâce de leurs perfonnes Sibiens. Les exortans de noftre part de ne croire ce qui fera contraire à nos promefTes amp;nbsp;p3rolle: quâils ne peu uent nây doiuent prand re quâen bonne part le fingulicr defir que nous a-Uons de voir noftredit frere pres de nous:amp; fa deliberation dây venir pour nous aider à l'entre-'cnement de la Paix amp;nbsp;tranquillité de noftre Royaume. Nây auffi ladite alfemblcédes Eftats; ptoniifeamp;accordée en toute liberté : tant pour le bien de nos fujets que neceflîté de nosaf-^ faires. Reprenons maintenant les Deftêins amp;nbsp;portemans du Prince, fcjournantà laRo,^ chelie. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Soupçon a
fîtroifiéme Décembre fur les trois heures apres midy, ledit Prince(ê trouiia a fF.fchcui-. h Kocheii« â ââgeou le Maire auec ïeTEfléïïz amp;nbsp;Députez aflcmblez, vit les memoires amp;nbsp;aduertifTeniens^ â lt;luele Prince auoitreccus tant de la Court que dâautres endroits. Par lefquels plufieurs e-ftoient chargez dâintelligence, pour faire rendre la ville en la main amp;nbsp;puiflance des Catholi-tluesque a cefte fin ils eftoient penfiônaires de la Royne Mere amp;nbsp;deuoiét avoir grande fom-'âgt;elt;ledeniers.CequâonattribuoitalaBoifricreBrifronquefondift)itauoirmcnécefteprati-Jlucau dernier voiage quâil auoit fait à la Rochelle dont cydeflîis eft parlé.Accidêt qui acreut â'stroublesamp;diuifions à la Rochelle entre les plus grans amp;nbsp;qui alluma plus-grand feu que ââparauant.chacun en parlant felon fa paifton .Les aceufez nâoublioient rien pour leur deten-
juftifücatiô.Et fiauoiét beaucoup de partifâs amp;nbsp;amis qui maintenoiét leur eftre fait tort, ftontpluficurs amp;nbsp;mefm« aucuns de la lufticedifôientquefonnedeuoit auoir efgard à tels ââi^nioires,comme rufês amp;nbsp;pratiques accouftumées de leurs ennemis : qui vouloyent öfter les Chiens pour venir a bout du trouppeau . A ces fins fc fit au lendemain vne autre afTemblée ^^Efeheuinage ou fëtrouua grand nombre de peuple : deuant lequel le Maire amp;nbsp;ceux qui fftoient accu fez ; fê plaignirent du rort qui leur cfloit faiét.- Sc defehargeans de ce qui leur ^^oitimpoféauec grans fermens amp;nbsp;execrations: oppofà s en ceft endroit leur vie amp;nbsp;adiós paffe bien contraires à cesimpoftures. Puisauoirdemandépartie,requirenrquep|jgt;cezleur-
affin que fils font trouucz tels que ton les face mourir de centmil morts. Met-'^thdeffiisen main quelques lettres rcceiiës tant dudit la Boiflierequedu Maire amp;nbsp;Senef; f'^âlde Fontenay par lefquelles on jugeroit de la faufetc ces aceufations : amp;nbsp;que cela venoir Æ brs ennemis. Sur quoy le Prince dift quâil ne lt;ê rend partie. Mais que pour le bon zel-*equ il à alaconfêruariOn de la ville : il ne leura peu celer les aduertiflèmans quâil auoit re-. ^^lizdeschofesqui fe braflbyent à leur pfcjudice.Et quâil fe fentoittenu de ce faim. Mais que fbriefSc en temps amp;nbsp;lieu il leur monftrera cclluyquiluy à baillé les memoires pour leur ^'^îrd.Ccpendant on ertuoie quérir la Toufehe BrifTon Aduocat à Fontenay qui ce jour mef-'ââttftoitparty de la Rochelle que ton difoit auoir négocié partie de ce que deflus. Somme ^âââbstoiisla ville pour prifbn, ton dépuré luge pour leur faire parfaire leur proces,defquels ^'^lutalfcz longtemps allant que fèpouuoir accorder. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f.: 1 â
biirccs entrefaides nouuelles vindrent du meurtre amp;nbsp;pillcrie de la ville dâAnuers.Ic qua- Anuersfac. jour de Nouembre. Dont le récit ne fut moins trifte quetlefplaifantaUSProteftans;
iix d Anuers aiansiiflèz long temps différé de prandfe le parti des EftatsSc fbubsfigner à la 3â^faite contre les EfpagnolsiEn fin fe refolurent dây entendre amp;nbsp;fc tourner en cc parti.Les âPagnols qui feftoyent retirez dans la Citadelle, ayans prins ault;^ eux plus- grand nombreâ : â^pouuoyent dè leurs Garnifons: Scfecrettement gangnéfouslapromefTc'dii pillage les ââânfquenets qui eftoyent en Garnifbn dans ladite ville : fortirentà rimprouifteamp;: enfonCe-oeCôte dAiguemont nbsp;tou t ce quâils troUuerét de refiftâce,fè firent en peu d'heure mai-
. la ville quâils pillèrent entièrement ; amp;: bruflerent nonbre de belles maifons pouramu-^i^amp;d autât retarder les habîtls de fe deffendre.La maifon mefmc de la ville tvn dés plus fu-r®*^b«edifficcs detEuroppe amp;nbsp;tué de 6» à 7000. pcrfônes de tous aages,nati5s,'fê?icsamp; EÃats:
-ocr page 658-Décembre, J Syf.
Confeil feeree tenu à Rome.
Lâ H I S T O I R E DE FRANCE..
aiiec rauiflemens 5 violences amp;nbsp;cruautczfieftranges, qiiâiifcioitimj-cfl/bJedcles cxpriircn Seulement fuffira que îvne des plus célébrés amp;.fleunflantcs villes ce iEiiioppe ; amp;qiii kif-bloit cftre paruenuëaufommet de la félicité amp;magnificence:eft maintenant icduiéie enfi piteux Eftatjque ce doit bien cftre exemple aux autres grandes amp;nbsp;fupeifces,villes de craindre Si ûgement preuoir à îauenir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Au mefine téps fut diuulgué en pkifieurs endroits de ce Roiaume certain extraid,d'vn Cô-lêillêcret ten u à Rome apres farriuce de fEuelque de Paris.Où lePape delfeigne la ruïne amp;nbsp;à -ftruéliô de la Religiô Proreftate amp;.profefl'eurs-dâicelle au Roiaume de France:auec moiens amp;nbsp;artiffices exquismotâmant par la force amp;nbsp;autorité de là Sainte Ligufe,dôtnous auons quelque
Liguefainte nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paric cy dcfîus.Laquelle tous les Confëderez amp;nbsp;plufieurs Catholiques nepouuoiétloiier
y eftât le Roy auec la maifô dôt il eft rftu eftrangemét dépeint Si menacédeftimoientnepou-uoirâuoir moindre occafion defen reflentir que les Proteftans contre Icfquels elle fut fairc-^-aquelle au demeurât à efté jugée ft delrailônabie en tous (es points amp;nbsp;Articles amp;nbsp;tant au def wnneur des matfons de Vallois Si de Bourbô des plus célébrés amp;nbsp;lllnflres de laChicfùente: que beaucoup de perlbnnes failoyent doubtc que tout cela nefuft apcfté.Maisce que Rus veu auenir depuis quelque temps alïèz conforme à cequiy tft contenu au corrimancementji
donné grande matière à quelques vns, dâen Ibupçonner encores dà uantage.
. Pour ne laifler les partialitcz amp;nbsp;acculà tions Rochelloifcs trop en arriere:Le Princcafinc^ Æ 7'-^^/cfclarcir le peuple dauantage amp;nbsp;y donner quelque expgt;edient: fitaflcmbler lèsprincippaux^^ le peuple de la ville à S. Yon ou lelêptiéme Dcccmbrejilparlaainfi.
^^prince' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Melficurs cc qui mâa elmeu de me trouue?preîèntên?cnt en ce lieu : â efte que vous ayä«
deCondé ces jours palTcz fait bien amplement entendre foccafion de ma venue en cefte ville; qui n'â-que pour vous vifiter, hennorer amp;nbsp;lcruir en cç quâil me feroit polf ble; CotnniC ceux aulquels jâay de long temps voüc tout ce que Dieu ma dôné de plus précieux en ce mode. Et vous aiant aufli, par meime moien Lundy dernier, fait particippans de memoires uertiftemans que jâay reccus de la Court amp;nbsp;autres endroits: Par lelq^els auez peu connoiftre quelles entreprifes fe tramoient au grand prejudice de voftre repos amp;nbsp;liberté; voire de vos vies melmes , amp;nbsp;les noms de quatre ou cinq des voftrcs des plusftgnallez taxez dâeflredece* ftc partie, ainfi quâil vous fut loifible de voir par la communication tamillicre que je vous en feis;Enquoy Dieu mâeft tefmoin que je nâay méfié auc une chofe du mien partieiilier;amp;moms y ay-je procédé de quelque paflîô ou vi'ndiétc Mais felon quârl mâa efté enuoie amp;nbsp;en partie recité en pmfencc de plufieurs Gentils-hcn mes amp;nbsp;gensde bien: tout tie mefine, vousîay-jc voulu baiiler amp;nbsp;cfclarcir en faine confcicnce. Et me (ôuuient que je vous premis detniere-ment,que je vous donnerois par le poin celluy qui mâauoit donné partie defdits aiiertiffèmés: Ceux raefmes parlefquels aucuns de vous (ont chargez. Car quand à vous declarer lelieu^ dèqui je tiens les autres memoires: 11 mefemble que pourla confequcnce qui en peutauenin amp;nbsp;pour la perte que nous ferions de nâen rec euoir dâores en auant de telle part ; 11 ne feroitaU' cunement nybeau ny raifbnnablc. Depuis jâay feeu comme le bruit feft efpandu faufTement parmycefte ville par quelques mefehansSe malheureux inftrumens i que le delay amp;remilf donrjâufôis à fâtisfaircà mapromefièenceftendroit:nâeftoità autrefinque pour vous amu-fer amp;nbsp;faire efcouller le temps, attendant la venue du Roy de Nauarre que jaunis mandé venir par Courrier fur Courrier : afin de tous deux enfêmble fà ifir amp;nbsp;empieter vOftre ville amp;nbsp;vous donner laLoy à noftre appétit. Chofe fi.malhcurcufcamp; tant eflôgnée de touteverité:que jeu« croiray jamais qùâil vous^foit entré au cÅur dâaftôir tel jugement dâvn perfônnage de ma qualité,Si duqiaeUes.aéf iôns mflées vous ont rendu fi fuffiiântes preuues du contraire. Mais quittant pour t«ft heure beaucoup.de mes difeours precedés:amp; aflèz dâautws choies que je pour' rois oppofer es malhcüreufes laguestle fuis cotant nâentrer en plus grande juftifficatiô, de laquelle celuy quià Ic.coey net amp;nbsp;enûer nâa belôin. Et aufli les gens de bien nâen veulent autre aiqueftc,amp;:perquifition.Toutesfois pour Goupperpied entant que en moy fera à telles iiuâ poftures Sc mcfdilânces: afin auffi de vous faire conoiftre combien je defirefur toutes chofes cftre tousjourstrouué veritableSi en mes adiós 8i en mes parolles-.Ie yous vcu.xbié dire pre-fentement que celuy que je vous auois promis eftjc Capitaine Parcelle. le vous prieîeniioi« quérir amp;nbsp;je mâalfcure quâil vous dira ce quelpâuezî que vous ay monftrc; amp;nbsp;felon que luy mefine Jïrela didamp; attçfté.en'prefence;deg6Hç,de biçn. Afin queconnoiflicâ pat
-ocr page 659-livre A R A N T E V N I E M E. ^28-jcneftiis auteur amp;nbsp;i nftigateur de ce qui fe met en auant. Mais que dâvn bon zcllc que jay â ffl3Religionamp; particulièrement au bien amp;nbsp;feuretté de voftrc villc.-pcrdât laquelle je perdrois lîaucoup de bons amis; je vous ay delcpuucrt ce que jâay feeu èc pris dâautruy. Et.comnic il nem'eft pas moins grief que à vous autres qui eftçs chargez dâeftte ainfi villaincment yxé de perfidie amp;nbsp;defloiauté: je vous prie me faire raifon de ceux qui ont efté fi.îemeraircs amp;: impu-liens que de defgorgcr telles fauces, parolles contre moy. Dont entre autres vn Procureur de celle ville à parlé fi indifcretementjque patience ne me peut retenir que je ne mâen plaigne ÃC demande juftice. Mefmes quâil y beaucoup de gens de bien qui font ouy.Ce faifânt me monL Cïtrez cuidemment que nâajouftez foy à tous ces bruits amp;nbsp;que nâauez jamajs tiré en doubte la üteité de laquelle je marche en celle Caufe.Nâyauoir autre oppinio de moy que dâvn Prin-ce tel que je me feray tousjours paroillre. Ne voulant oublier Meflîeursgt; à vous remercier af Uueufement de tant dâoffres dignes amp;nbsp;honnorab les çqntenuz par feicrit que mâauez preien^ Cc ces jóus paflèz.En ce,quctoutçsfoisamp; quà cs qu'il me plaira venir en,çeûq ville icy feray le^ tresbien venu amp;nbsp;receiv Pour recompenlê dequoy je vous prie faire Eûat de moy conime dâyir Prince bien voftre amy ; Et qui aura tousjours en main vne cfpéc bien çrarijçh^nc pour VQlire defence amp;nbsp;proteôlion lôit dedans foit dehors voftrc ville,
Csvx qui eftoient prefêns, le remercièrent hautement.auecafleurançe quâils luy tien-droientfidellementtout ce quâil luy auoitefté promis,amp; quâil nâauoit plus fideîleslèruiteurs 10eux. Parcelles comme originaire de Fontenay leConte:auoit eu quelques deuisamp; com-'ooniquation auec la Boiflîere Briftbn apres Ibn retour de I3 Rochelle: ayee lequel tombant de propos en propos comâentre pnsjcurieux amp;.remuans, toutes matières font miïês.en jeu au defauantage de qui que ce foit:amp; auoir tiré comâil difoit di dcfcouuert quelque chofe au.pre*-Nice de la liberté de la Rochelle:fcftoitauifédâen auertir le Prince aucc dâautres petitespar-*'culatitez que le Prince fut perfuadé à defoouurir. Eftantdonc Parcelles introduit en celle âdcioblée,amp;requis par luy de dire publiquement ce quâil Içauoit luy auoir reuelc touchant ^Pntiques mentionné«^, afin dâen eftlarcir le peuple amp;nbsp;les acculez mefmes qui eftoient la Prcfcs.Dit quâil ne le ponuoit faire quâil nây eull jugcslegitimesamp; fuffilâs ordónez pour le pro amp;quealors il diroit ce quâil en fçauoit amp;nbsp;pouuoit auoir veu:demandant feuretté pour la P'dbne.Ce que lePnnce demâda pour luy amp;nbsp;luy feit promettre quâil ne fabfonteroit de la vil-l'LcdifFerend doc gifoit fur feftabhlfemct des Iuges,pour conoitre de la matiere.Lcs aeufoz d^oiandoient partie. Mais aucun ne fen voulut mefter. Finallement le Prince voiant tant de ,quot;Putes,formallitez petites façôs de pratiqucs^aufquelles il nâeftoit gucres bici^vfite:pria aceufe?. '«sfliftans en general dâauoir cfgard a celle affaire au pluftoft: dâautant quâil y voioit double ^31 : tant pour le regard de ce qui pouuoitenfuiure de fexecution dâvne telle pratique : que Pooreiieftre les principaux chargez. Ce qui offenfoit IcsvnsSé donnoit beaucoup à penfor autres.En fin luges leur furent ordonnez tant des Efeheuins, Pairs, amp;nbsp;Bourgeois que de hluftice. Aiifquels fut dÃné pouuoir de leur faire amp;nbsp;parfaire leur procez.LePrince feitvenir 5''llgt;pourvoiramp; affilier aux proceduresamp; inftrudiô dudit procez;LcsPrcfidctTembé$lt;: Cô '''lier le Blanc de Saintes. De forte quâils cômencerent peu de jours apres à y vaquer.-apres a-Nrfait crier à fon de trompe fi aucun le vouloir radre partie cotre ceux qui eftoiêt aceufez.
Somme quâen peu de jours les aceufez à la Rochelle curent fcntence dâabfolution de tout ^^luilcur auoitefté impolé le dixhuitéme dudit mois : ô( leurlèntence publiée à fon de rrô-P^âafin que leur innocence ne full par apres reuoquée en doute. Et bien quâaucuns dilfcnt ne la pouuoicnt reuoquer en doute, attendu la quallité des I vce s qui eftoient 'domine choifiz amp;ellcuz dâeux mefmes amp;nbsp;qui eftoientde leurs J|irensamp; amis. La plus part ''^ntmoins alfeuroient que tout ce queallcgalc Capitaine Parcelles nâeftoit N beaucoup fuffifant pour leur nuire : non pas Iculement comme difoientaucunsbaftant pour donner la moindre attaintc à leur honneur amp;prudâhommÿ. Et quâil luy eull mieux 'laliiine mettre ces chofes en auant pour le danger des diuifions amp;partialitcz qui en font Nsjoursreftées depuis au cÅur des vns amp;nbsp;des autres des plus grans amp;nbsp;principaux de la vil 'Nâattendant à îauanture que lâheure amp;nbsp;le tempsféomme cela nâeft que trop couftumieren ville) dâen efclorre quelque jour la vengeance au grand domage amp;nbsp;prejudice dâicelle, ^luoy le Prince délirant obuier, nâa depuis rien plus curieufement cherché que ce quâil feift Rochelle, P'^dejours apres. Les aiantfait cmbralïèr les vns amp;nbsp;les autres. Dont chacun monftra ligne
Sff iiiij.
-ocr page 660-L'HISTOIREDEFRANC E.
lanuicr.
â dejoic comme dâvnechofc rrcfnccelTaire pour Icfalut amp;: tranquillité dc leur ville. . Lc Prince Cela futcauleque le vint fixitnie dudit mois, le Princ e manda venir apres foupert parle aux chambre: le Maire amp;nbsp;douze des plus fignallcz de la Rochelle, les Miniftres amp;nbsp;les Capitaines pwtïagucr aufquels il communiqua ce guedcflîis-.leur remonftrant fapparence de guerre
veu la deliberation des Catholiques.Proteftant ncantmoins ccn;mc deuant Dieu quâiln en toit caulê amp;nbsp;y entreroit tousjours à fon grand regret. Four tefmoignage dequoy d ne roit jamais à cheual que des derniers amp;nbsp;lors queïvrgenteneccflitéle prclîeroit.'quoyquiJf^ voulluft ceder à bc'mme viuant en la bonne afFedion quâil auoit de mourir pour la Religion , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;pour la liberté de fa patrie. Quâil pirioit donc Melïieurs de la Rochelle qui cfioicntlaprO'
fens,de bien peler ce quâil leur difoit: amp;nbsp;ne penfer que ce lufîent fables que des mtn'oirc! amp;nbsp;auertifTemens quâil auoit receuz. Et quâils deuoient croire que le mal ne leur touclioitn oms quâà luyipour eftredefi long temps ekrits en grolTes lettres fur le hurede vengeance denos ^^nnemis. Et par tant quâil les prioitau nom de Dieu, de fe bien vnir amp;nbsp;cntittcnirenfen blO' afin de pouruoir à toutes chofes rcquilcs pour la feuretté de leur ville. Qi icKcKai fltk lâl^O ou principallement viloient les Catholiques. Ceux de la Rochelle le rcmeicieiert trefhim-blcmcnt de lès bons auis amp;nbsp;affedion: faffùrant quâils ne foublieroient jamais ry en general ny en particulier en choie qui concernaft le zelle quâils delîroicnt garder à leur Religion la frauchife amp;nbsp;liberté de ce pouure Royaume.
Mardchal äâAnuillc aflócié aux Proteftacs.
Dâaillevrs le Marefchal dâAnuillc quoy quâil fut inftamment lôllicitc par prcmcfics amp;nbsp;toutes autres fortes dâartifices de fe renger du party des Catholiquesipcrfifioit en la premie te relblution. Et gangnafibien ceux de Ion Gouucrnement tant dâvne que dâautre Religion
que la plus grande amp;nbsp;laine partie, luy prefierent lêimentde viure amp;nbsp;le maintenir tous cnlêmble fi:lon le dernier Edit de pacification pourfoppolêramp; deléndremutuele-ment enuers amp;nbsp;contre tous fi on les afiailloit pour le regard de la Religion ou autre choie palTée. Et que fi les Eftatsdeteiminoient choie au contraire defEdit : ils Fy oppolcroient tousvnanimemét amp;nbsp;dcfc«droientlc pays dâoppreflîô amp;nbsp;pillage. Le Roy de Nauarretachoitdâen faire autant en beaucoup dâendroits. Aquoy plufieurs
des Catholiques conlcntoiét. Vous verrez les por-temans de bnfie lâautre plus au long au liure fumant
'.1!
-ocr page 661-i
SOMMAIRE
Du Quarantedeuxiéme
fiesfixîAneiguerrès Ciuillei nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par ÿauttr'.Ttà tf h ,
^WtîIwR bltsenUviHe Jm P»ntSaint ê/pnt fur leK^oJnei,(^leiallarmtilt;}M'm pârtndrent lèt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
Ql/~\ nbsp;nbsp;nbsp;fans Q- Conffdere^.'PopeltnieredepefchéparIr Prince,vert lequot;^^ auxEfats'dttâS^boii .Let
ra nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ttes du âPpy de Nauarre a laf^lejfe de Gutenne pour fe tenir fur letfrt gardetf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^'â o^**^»** »»â¦â¢ â¢â¢â¢-
P^^^'^*â^*'^^â*^^^gt;*^âPfoteflattondu T(oyde NaHarre..Auecles occ^vipi^^f
^ob^^et Proteflanf maintiennent juÃet pour lafixièmereprifedesKn^s.Enfetubte.
let rai font i^uâtlt allèguent pour afitrer la nuüttèdet Lftats Generaux, ^roméffedu'P^'JlÃi' J,-m.**..*^*' II eSefe doit tenir. Proreflattun du âPrince de Condedeuant la guerre. Depputer. Pr^'^^à iù' ^Gidf^â
^quot;f/Cuifedertzaux Eflatt, La'E^olleprifeparFMMtpourle'Poyde NauorreiCeux de âBourdeduaettejÃrr-^ '^tProtefianj. Le âPrince, la 2^ one Gr Baron de Miramheau harenguent let âE^chelloitfpfl.^ let ^^^r^ (if] l*'â'f''E(iide'^vous de lâylrmee Proteflante, Ordre ejuelesP^cheliou donnent pour.la. defence delf centre-L,i^ ^^fixreyprtj parles Proteflant Gr Coudain rendu aux Catholiques par le Chef.'jl,emmÃrancesdu^B,pyiie
.l^aréfchal dlAnuilie, âP^oblejfe Tiers E^lat de dà uerfes âfroiithces Confédérées,
â â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.' 'Ji 'â â Ci j -'G
P®'ââ cfclarcîr des premier^ ou du moins dcs plus appà rarts* motifs de CCS fixiemes guerres:Il vousftut fçauoircjùe fi les Catttö bques ne fè platfijiêt gueres à lentlètien de ceft Edit de Paix dcHfier
Proteftaiis ne pénibient aiiorr rtiomdrè occafion de fen pià ^ndreJ ., . , s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Difansfvn amp;fautré party quâil eftôk^îrial 8i cbttttfeïóuMtftÃit'exÃ^
cuté. Mais ceux la rnaintcnoicnt,qnc;CômmelaPà ÃKaôo'it-eiîôvi(V î lemment tirée delà volonté (NryRoy mineurïâà iÃ^qüelèxcCuy föâxkÃSïdi^s^ tion ne fen pouuoit faire contrclcdciKJif ddû cbnicience. OéüXiCy pc ®âgt;cbours: qu'eftant faite par les plus Grans amp;nbsp;pour le bicn'de tout le Royaume: iEdit nTeoi pouuoit cftrc rompu que contre le droit diuin, le droit des gens amp;nbsp;de nature mefinèM qlt;â â'ullenï que toutes alTcuranccsfe terminent en la fcullcparolle des hommesamp; riotanjment ® pR IN c B s fouucrains. Somme quâattizans dâvnc part amp;nbsp;d'autre le feu de leur volonté P^'tousmoiens amp;nbsp;toutes les occurrences qui fe prefentoient ; les Ligues dréflccs t£ les^Dc-Rttaux Eftats Generaux refoluz de conclure fentretien dâvncfculle Religion Catholique 'âi^maine: Et dreflà ns en tous endroits bien que fccretement,les préparatifs dâvne ^rerre fu-lîsConfcderez non moins diligens à préparer les moiens amp;nbsp;effets de leur première tcfö^
ââ on.hefepeiirent de tant commander que des cemois de Décembre,ilsânc fciiaficnt plus ^ademy lemafquc de leur deffein pat focctirrcncedü trouble qui piriifâloi^èn là ville du 'quot;'ifaintEfpritfurIcRhôfncfbus le Goùncrnement du Marèfcfial dâAnïiillei Iic^léttrâsamp;j^.b^^******^?'â^ â'^ttilTcinens duquel au Roy de Nauarre diuulguez èn tbirtes âpartssèèdâfiéftdt^^rftl lèSPró^ â
ânsde commencer'lc remue rricfhagc dont je vous'veök'patlfei^cnbólrcs Ã^He lè^jObdentli Lavilk du 3rrefté pour prandre les armes ndnt quâau lendemain de Noël fin de Décemibbefâ Vèïcy E^pHuur' Wft.Le Capitaine Loyncs Gouucrncur du Pofit faint Efpritfur le Rhofne'prcs deââyilii'éH icRhofne.
Marcfchal dâAnuillec pctfuadé quedcThoré frété du'Mittféhafauec â ' de quelques Catholiques amp;nbsp;Protcftans,fc vouloir en fön abfcnce têHdrd 'ni^ö^e dllt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.â¢â-.
â nbsp;nbsp;fit en forte que retourné,y aiant fermé les portes amp;nbsp;faitfortir ceux ^uiluy eftôicirttfbupi
: il faflçura en peu de temps de la vilfc.Auffi tóft que dé Thbté eUtâiróttuéâfftöien de4b xeticec
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retirer à Bagnolzj dâoù il enuoiafos plaintes à fon freie. Lequel foudaiu prcucirntai câen fit fochargepar tout fon Gouucrnemcnt: tnuoiaccft auis au Roy de Nsuarre qui ai If teil en 3-uertit le Prince de Cendé pour faire tcnirtousles Chclsfur leurs aimes crainte de pis: cfti-mans tous que tel accident fuj vn droit commencement de fixicmcsigucrrcs la lettre du: jout de Nouembre mil cinq cens foixante feze portoit.
Lcrucs du MarcUbal dâAnuiPe au Roy de iS'auanc
MoNSEiGN EVR fuF îauis que jâay prefentement eu que le fieur de Icynes à fon rctfur dclaCourt à faitprandrc les armes aux habitans du Pont faim Efprit. Et n'-cln^es y a faifi men freie de Thoiéamp;quelques Gentilshommes quilâycfloient vemiz voir. Mtfiucsqii'ilytót g.irdcs, rondes amp;nbsp;patrouilles comme fi câeftoit en guerre ouuciic. Et dâautant qu'iliait ccurir queceftpar commandement de leurs Majefiez amp;nbsp;de Mcnleigneur fcnlieie. Cequejciâc puis toutesfois croire, pourauoir journeUement de leurs lettres par lefquellcs clics me font allez pafoiftre de combien leur intention en eft cflÃgnéc.Si cft-ce que pour c fire choie ccfd-confcqucnceque chacun peut jugcnjâay auift-dâen donner incontjnât auis à IcursMajcflez amp;à vous Monlcigneur par ce Gentilhomme prclênt porteur: amp;nbsp;les fupplicr qucleurphiüt Ifjt^emâcn cnuojcc vu defaueu. Ce que je me promets qu'elles feront amp;nbsp;lorsjefpeiekuf fà irecctnoifi^c de quelle façon je Içay faire obfcruer leurs commandtmens amp;nbsp;cliaflier qui y cootrcuicnnent. C s pendant pour ne point donner falarme parmy mon govucrncirtt jefay fairenteridrc 3 vn chacun; amp;nbsp;donné fi bon ordre à toutes cholcsque jetnefuis ^üf Jelctùiéé du Roy,de toutes amp;nbsp;chacunes les villesqui font depuis le faint Efprit jufqu«^ Narbonne! Sansque pourcc ilaiccftc tiré aucun couficau ainfique jâay donné chargcaCC Gcmilhcmmedcyous taircemendre. Sur lequel me remettant jcfuplierayleCrcateur.i^fâ Depuis la prefeme eferitemondit frère de Thoré mâa fait entendre commeilfc/loitfaLtit*^®
BagiX)ls ches moy. Dom je vous ay bien voulu avertir amp;nbsp;de lâclpcrancc que jâay de recouuiH
lés autres Gentilshommes qui font encores prifouniers.
;'!Aümb|sfuiuantlc Marefchal afTurapar lettres amp;nbsp;creance le Roy de Nauarre que loutcf-tbif fi bien coinpôfé en ces quartiers, quâil nâen craignoit aucun inÃgt;nueuicnt.SurqucyfcUâ' blabicmcntle Roy de Nauarre print occafion dâen auertirle Prince de Condé pour faitefo ptjreil en ceslquartiers amp;nbsp;remettre les chofes en tel eftat quâelles eftoient au parauant lesprCâ mietes reccucs: fi quelques vns.auoicnt ja remué mefnage amp;: pris les armes fuir les Catholi-qÿçs: comme il cftoit mal-aifé autrement, veu les coeurs fi altérez dâvne part amp;nbsp;dâautre.Toutefois le.Prinqp,4Ã;Gpndémii tclordrcen Poitou, Saintonge amp;nbsp;pays voifins que les plus tc-VIH plus apparente refolutiondesEfiats Generaux:
vp^l^f^ieo,auçr^jr^folvtajeftc,p^^P£2JJl n jj. v. e quâil depefeha le vint cinquièmelan-aéif^Ucâ' ufoj5î;ççs.fins:amp; hi.yÃir-^6i?t^rià que cnTorcs que ce qui clloit auenu au Pôt faineEfpriteuft â â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' apppr^yngrand remuèment par les pays de Saintonge amp;nbsp;Poitou: quâil y auoit mis tellepey-
tieflc^ptpOoins^pourcompofcr Sc arrefter le tout: qu'il ne deuoit rien craindre de ceftepart. SruppliaflFJ^'y fflirç ççfl honneur que de croire quâil ncfoublieroit jamais de fon dcucir en cejajiiyjen avrrp çhofo qui côccrnafl fô feruice.ll auoit charge aufli de luy remcflrcrle dâgef quela rcfolytion quefontenoit dcsjapour toutcaflcurcedc ncfcvfftirquâvix ^lïgi^ en Fr^fiernâaportaft de gras maux à ce poure Royaume,pour la crainte dâvne furicule fieplMsd^ereufepierre que jamais.Qiyc faditeMajeftc deuoit de tât plus eniter que ceferoit la ruine amp;nbsp;defolationtotalle de fon Royaumc:duquel il le fupplioittrcfhumblcmét faire cc bié$t^iMyfSf;Afo fujcjcs que de fen reprefeter le trille amp;nbsp;malheureux Eftat quâil trouueroit le plus dilfoinâC amp;nbsp;de^figurédu môdcamp; tel que IcsBarbarcs mclmcs en auroiétpitié.Pcpelinic-te nâ^jujalia rieu de ccjquc WclTus amp;nbsp;parlant au Roy amp;nbsp;à la Royne mere leur reprefenta bien au viftfiut çeq[li}.lics ponuoit amp;nbsp;deuoit induire à maintcuir inuiolablement l'Edit de pacifîcatiô. â Aqüoyfo Rqyfitïielppncc quâil aâeftoM en doute du bon deuoir quelc Prince auoit monÃre ] çn .cçftlt;i)dtoiti.jEtgt;quâil faÃèuroit tant de luy, qu'il continucroit celle bonne volonté dequoy â il le ptioitamp; que lâdite Majcfté ne defiroit rien plus que le repos de fes fujcts.Et que pour cc feuIrel^célilauoitairembléfcsEftaisà la pou rfuittetrcsinftâte des vnsamp;: des autres,lefqucls comme il efperoitfo conformeroientà ce quiy ferpit refolu: encores quâil cull elle aucrty de furp;rifo;4v plufiçurs places en Poitou,Saintongc, Guicnne, Languedoc amp;: pays voylîn.:Cc quâil attribuait à findiforction de quelques clprits turbulentsôi ennemis du repos,plus qu i la cooniufiçsc du Roy de Nauaiic amp;nbsp;Prince de Condc fon coufin. Et fur ce Popciinictc vof aari-J r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
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ântla crainte que îous les Proteftansauoientcn Court pour fattentcdâvne guerre Future} fe â¢itafonretour,fouz lafaueurdâvnamplepafleportquclearsMajeftczluÿîirentdepelchcxvp^^fn^pH^ Wormé neantmorns au préalable par les Députez des prouinces Côfcderées du peu dâelpoip amp;nbsp;Prépara ^uikauoientquclesEftats refôudroientautre chofeque la gucrrer(veu la forme quâon auoiû nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;]
toiuè pour affemblcr tant les Eftats particuliers que gencrauxrveu les perfonnes qui y preiji-
âoié«:thonncur amp;nbsp;la quallité des Deputezdes Ligues qui Ic-renforçoient par toute la Frano^â ^uijaauotent efleu vn Chef au casque le Roy nâen vouluû peaudre la deffencedes projws/^*â^ '^plüficurs Seigneurs qui ne reflTentoient que la guerre*. â amp; les oommiffions ja données bic^ (^.g
'^tde la libéralité des Eccledaftiqucsqnedela deuotionde chacune prouinccqui deuoic
^urniramp;foldüier nombre degcns:)rctournapourapponâ¬rad Princc cc quâil auoirouy de
®tsMajeftcz;amp; apres de lâefpoir que tous auoient de la tenue amp;nbsp;refolution des ERats. Mais âquot;iuéà laRochclleilfceutqucjanombredesvillcsamp;tautresplaces furprilcs par les plus di^^ yns,auoient leué les armes au grâd dclplaidr non moindre eftonnement de plufieors Ca ^ûliquçs.Aucunsdefquelstoutesfoisefperoiét ce repos beaucoup plus court que lesautres. ... nbsp;nbsp;nbsp;1
^'pendant ores que la refolution des Eftats fut à la guerre: Si cft-ce, que pour micux'la faci* â''îMe Roy tant de û part quâau nom de ùffemblécGenerallc des Eftats de tout le Royaume;
^pefehanombre des plus notables personnages de toutes qualitcz, tant dâEglile, quedela^ Weamp;Iulticcvers le Roy de Nauarre,Prince de Condc, Mà relchal dâAnuillcaftn de '^diucttirde prâdre les armes:amp; en tout cas les diuilèr fi poliible eftoit, ou fe porter neutres' *p3ifiblesés occurrences aucnir. A ces fins la MarefchalledâAnuillc partit de Court en ceâ ^^ft}etcmpsamp; quelques lèigneurs pour détourner le Marefchal de remuer aucune chofe'cn jââ?ouuernement:aucc offres amp;nbsp;promeflès que vous verrez fi deftous ou.le progrez amp;nbsp;yffuë â^tclsiïiouiicmens vous fera bien au long amp;nbsp;fidellcmcnt reprefenté.
Lhs choies neantmoins faigriftâns de jour â autre en tous cndroisforumivn accident _ P^^ftncoresplus dillige«ter les Catholiques a primer,ou du moins fè tixur couucrts contre proteftans coups des plus adits Confederez . Ce fut le pacquet desauis ProtcftBhs,quifuc furpi^ts.*lt;lô«ouâcâ*-îâ^fifisCatholiques.Car laint Mefines vn des Chef du Princegt;eftant en campagne pour qüôî» exploits: rencontra ceux qui portoient le pacquet du Roy de Nauarre au Prrncé,tout ou-if^'^par les Catholiques: lefqucls en anoicnt ja afçauenté leurs Majeftez. Si bien que les ^ââ'sdcsvnsSi des autres dcfcouucrts: ne poiiuoTenTdes mef-huy cftreteuz ny palliez. Ainsâ Wuiuu aux defpens des plus malheureux que dâvne que dâautre Religion'.* amp;nbsp;bjgn fouoéÃ
plus gens de bien qui ne demandoient que le repos amp;nbsp;bien general de toute la Fcacc. Só-ââ'quot;l^eleRoyauc'rty de tous ces maniemens: amp;nbsp;par luy prefque tous les Cheft Catholiques ^'âbplus part des prouinces du Royaume: faut falTeurer quâils ne furent patelfeux: les vnsà '^ptîndre places amp;nbsp;hommes pour les tenir amp;nbsp;rançonner;les autres à fvnir pour cnfëmbic re-''â«mieux aux furuenuës Proteftantcs:amp; aucuns à drefler entreprilês contrcles placcsfur-
* ?fllfispatlç5(2onfeJefe^§^l^ laifir desautres pourfen râafteurer contrâcuxjatrendansladcr-^'^te refolution des Eftats generaux ou autre mandemet de leurs Majeftez.Aiirfi Pons, Roya ^'pin, Broiiage,Marans amp;nbsp;autres places furent piifcs par les Proteftans en Poitou amp;nbsp;Sainto-Waisauffitoft Mcrpin fut repris amp;nbsp;Tallcmond ou le Chciiallicr de long Champ fut tue P^fiftCatholiqucs.Ainfi fut pourfuiuy par Landreau jufques à Marans le jeune la Garnache 'l^^lcsProtclUs nommoiét le jeune Prince deNemours fils duDuc amp;nbsp;de Madame delà Gar-'ââ^he:par elle nourry de fon enfance à Geneue jufques à ce temps quâon luy fit prandre les ar« JJ'^comme vous entcndrcz.Puis Landreau fê retira à Montagu fortiffia contre (ous. Am ââUtafTeuréFontenay le Conte des Proteftans par les Roches Batitaud qui fy rctrraîTale-^untfur îatd amp;nbsp;autres places de Poitou par le refte des Catholiques auercis comme deffus ^âdclTeinsProteftans: defquels le Roy de Nauarre auoir feeu le» remuëmens en'Poitou amp;nbsp;^'ntôgerâefcriuit à laNoblefledeGuiêne le vint vniéâmcDecembrc,pour les animer à repra;
, ^'fiesarmes contre ceux qui façonnent, difoit-il, la volonté du Roy Monfeigneuï à leur plai-quot;La plus part defquels fefuertuaau mieux de fon pouuoir,dâexecuter fa volonté en'tous les
' ^^'oits ou ils pénfoient auoir plus de creancejComme vous entendrez cy apres. Ces lettres ^ifint telles. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. i. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. lettres du
^«ffieursjaiant pieu à Dieu apres tant de Calamitez,Cüfufîonsamp; defolationsâqvKbs gucn
res
-ocr page 664-îanuier.
Ã577. rcs Scdifcordcs ciuillesontapporté en ce Royaume: toucher le cÅur du Roy MonfeigneuG laNoblcflc. delà compaffion de fi longues amp;nbsp;continuelles mifêres: amp;nbsp;l'encliner à faire fon Edit de pacifi-deGuienqe. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j ja^un à pcu voir clairement comme mes aéfions amp;nbsp;deportemens nâont tendu qu à le
quot; âfairebien eftablireninonGouuernementjà réduire la Noblefleôc les villes par ou jâay pafle a promettre publicqiiemcnt Sc vnanimemenr de le maiuteninà faire fuiuant icelluy,egaJ trait-lemcnt, faueuramp;d^ûribution de-Iufticc, à ceux de îvne amp;nbsp;de fautre Religion: amp;nbsp;en femme a ' jouir de fa doucclir ou biê de la paix:jufqucs à faire remettre entre les mains des Caclioliques plufieurs pdacesamp; ni^ifi ns encores occuppécsicóbien que aucuns dâeux me detinflêt les mienes propres. Ahn de monft rer à tous exemple dâvue vraie rciinion, à laquelle on voioit vn General aebeminemenr en ce pays:jufques à ce que Monficur lâAmiral enuenimcdâaigrcuiamp; paffion, amp;nbsp;cf ià rgc dc.dcflcius nbsp;nbsp;inftrudions par ceux qui penfent ne pouvoir patuenir au bie
cô°rckqi^ nbsp;nbsp;leurs cntreprikr,que par la cótinuatióamp;rcnouucllemci destroublesôc diuifiôs:y eft venu
dreHe fes
plaintes.
leRoy de^^vxprcs'pour y icmcrsït les dtffiâces amp;nbsp;animofitez:amp; jetter lafèmêce de difeorde parmy nous. Nauarre Xcquclà fou amucr aiaut intelligence amp;nbsp;correfpiondence auec cinq ou fix efpritsturbulants deBourdcaux,viliciappicallede mondit Gouvernement: à efté auteur amp;nbsp;motif de la garde quâon y fait plus grande q-uâen temps dâhoftillité.-amp; du reffuzquià efté fait de mây rectuoif au paflage que jeftois fur le point dây faire, pour aller trouwer la Roy ne mere du Roy Monto-gneur, à Congnac fouz vn donné à entendre que jâauois entreprinfe de me ûifirde ladite ville Quj eft vne calomnie Bc impofturc tropeuidentc. Par ce que fi jâeufle eu cefte intention amp;nbsp;deliberation; le moicn »nâen auoit efté ou vert au parauant plus à propos, lors que je fus demons par les Députez de la Court de Parlement amp;. du corps de ladite ville dây aller.Ce que je d^fleray voiant qu'ils auoient promptement amp;nbsp;volôtairement embraflé la PaixiEt queponf ce icgard,ma preféce nây eftoit rcquife.loint que mâaccompagnanr de Meffieurs les Marefchal
de Monluc ,dc Bircn,de Lauzun,de Gôdrin,de Saint Ormis amp;nbsp;de pluficurs autres Seigneurs amp;nbsp;Ccntilshcmmes Catholiques amp;nbsp;dudit Amiral mefmcs pour aller lors en ladite villcnl nâeft vray femblable que jâeuflcjne la volonte ne le moien de faire vne telle crtrepnnic: ne quel«' ditsSeignjcursfâs lefquels je ne fculic peu exti uicr,m'y enfler voulu preflet lamain.Maisb'® efl il cioiablc 8i certain, que tous ces calomniateurs n'ont point tel zcllc amp;nbsp;affedion à cequ) touthele bieades affaires du Roy Monfeigneur: amp;nbsp;la couferuation de Ion autorité P.oyalleamp;^ fermeté de ûi C()Urônc,que moy,qui y ay plus dâinrerclt qu'ils ne peuucnt auoir. Depuis aulfi ledrï Amiral non cotant de ces.premiers remuêmens: à mande à plufieurs de laNobleffe Ca-tjîehqrre^e ce dit pays, de fe tenir preftz auec armes amp;nbsp;chenaux. Et d'autre part fraikheni« la ville du pont faint Efprit,à effé faifie enfcmble Monficur de Thoré amp;nbsp;les Gentilshommesdc (âliikiie parlé Capitaine de Luynes. Ce qui mâa donné occafion à mon grand regret amp;nbsp;centre ma premiere de iberation, de pouruoir en cefte ville à la feurette de ma perfe nnc: peur ne tomberauXiincôucniensde pareilles furprifès.Et par ce Meflîeuts,que ce font tcusccn n-.fn-ccmcQS.amp; comme auant coureurs dâvnealteration de la paix publique. Et que nous auonsaf Iczcfprouué à nosdefpens,quc toutes nos guerresamp; diuifiôs du pafle n'ont fetuy qucdcncus reduiiefüuuétjulques à cefte extrémité, de toucher au doit la ruyne amp;nbsp;diflipation gcnerdlfi de ce Royaume: cfquellcs fi nous r'entrons à prefent, il n'en faut rien moins attendre que d« voir râallumcr vn feu inextinguible amp;nbsp;vne guerre irréconciliable par toute laFrancCiamp;ccnfc-quemât vne ruyne incuitabie à cefteCaufè. lieft tempis de nous dcfïci 11er les yeux pour n'd-treabufcz amp;cmpefchez par les artifices accouftumez: de preuoir l'horrible orage qui des/â nouamp;mcnace amp;nbsp;de le preuenir par tous bons amp;nbsp;légitimes moiens; côme il cft aife fi nous voulons y apporter fèulement#nc bonne amp;nbsp;fincere volonté amp;nbsp;droite intention. Car puisquek Roy mon Seigneur à affez déclaré qu'il defire fentretenement de fondit Edit: qui cft vne Loy de concorde folcmnellemét faite fous la foyamp; autorité publique. Et quâil entend que cliacii» viuc fuiuât icelluy en Pai?^ tranquillité: il cft befoin que vous tous Mefficurs tant de la No-blcflc que du clergé des villes de ce pays en general amp;nbsp;chacun de vous en particulienvousac cordiez vnanimement à faire obéir lâMajeftéà fuiureôc exécuter cefte ficnne volôtc amp;nbsp;declaration. Et puis que la confêruation,le repos amp;falut du peuple, eft la plus jufte 8f equitable de toutes les loix aprouuécs dcDicuamp; dcSâhómcsiil faut femploier tous â vn fi vtille amp;ncccf flairecffet.Empefcher tousautreseffets côtraircs au repos cómun:8ó fopofêr dâvncôniunac-cord par intelligéce à tous qui tafeherôt de le rôprexn rcnouuclât les dcfliéces au millieu Jo Ã1OUSamp;
-ocr page 665-livre Q^V ARANTEDEVXIEME. 3^1.
P nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mifercs pafTécs; fâs fc laifTer déformais circôucnir du prétexté amp;nbsp;voile
Uj. feruice du Roy amp;nbsp;bien public,dont ils ont trop fouuétaccouftumé de le cou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
p.7^, la Religion fe plantées cÅurs des hommes par la torce de la doôlrineSc j^^'*2nen: amp;nbsp;fc confirme par {exemple de vie amp;nbsp;non par leglaiue. Nousfommes tous Franje iScConcytoiens dâvne mefme patrie. Partant il nous faut accièrder par raifonamp; douceur
L rigueur amp;nbsp;cruauté qui ne feruent quâa irriter les hommes. Quand au fcruice du thr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;meilleur ny plus à propos en ce temps:quâen
, âluantenfon Royaume vne bonne paix amp;nbsp;reunion des cÅurs amp;volonte2 de fesfu jets.
J'oien de laquelle îentiere amp;c volôtaireobeiflâncc qui luy eft deuëjluy foit renduè.'laquel-Wermetté amp;nbsp;gloire de là C o v r o n n h : qui le rendra reueré de gens, cftimé de âââ¢'isvÅfins Sc alliez amp;nbsp;redouté de fès enneirns. loint que chacun à peu voir que tous les 1^ ^efforts qu'on à faits jufques icy pat les guerres ciuilles.auec delpéces fi excefliues quâel-, ''r'ufpuifé les finances du Roy Monlêigneur amp;nbsp;de fon Royaume'.enlèmble toutes les voies ytiniesamp;illegitimes quâon à tentées pour exterminer ccuxdela Religion: nâont apporté ^dteftquç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jgPjjçg jç (äng^jefeu decruanté,dâinjuftice:dâexpofèr le peuple en
à h licence desbordemét des volleursSi pillars St dâenflammer euidemment de plus rUsliredeDicu contre nous. De forte que les plusauifèz reconoilfentaujourd'huyquâ-les peut plus ruyner qu'auec la ruyne generalle.Et quad au bié pubhc:apres tant de ruy- giépublicq ^jdefolatiôsilcôfifte félon le jügemt des plus (âges ôè auifez au biendâvne lôgue amp;L dura-laquelle feulle peut remettre la France en (bn ancien Eftat amp;nbsp;fplandeur, florilfante
Liens richeflès profpcrité. Prenons doucques celle bonne amp;nbsp;ncceflaire re-jj Meflîeursjde pouruoir à ânoftre conleruation generaîle, contre les pratiques amp;nbsp;arti-ennemis de noftre repos. Et je protefte deuant Dieu qui cil noftre Iuge:amp; qui pe--â^Jufques au plus profond de nos cÅurs.Que fous fautoritédu Roy Monlêigneur je vous Proteftatîô ®tiendray tous en ma proteólió: l'empcft heray de tout mon pouuoir amp;nbsp;par voftre auis amp;i.
des officiers de la Couronne, amp;nbsp;prnteipaux Seigneurs amateurs de la Paix amp;nbsp;tran-â¢ Æ en cedit pat* : toutes violôces,loulles amp;nbsp;opprefTiôs. le feray rédre elgallement ''ce hn chacun tant detvnequede fautre Religion. Etauec pareil traittement,jc vous tié (jetons chers comme ma propre vie. ttcourray fusauecvousà tousceux qui entrepran-de troubler noftre concorde publique. Enquoy je nâcfpargner^^mavienetousles^â,^,, â 'â'âlensqucDjçu ma donnez. Lequel je prie vous vouloir Messievrs tenir en là treft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mm
quot;'^amp;dignc garde. Efcrit à Agen. Ce vint vniéme jour de Décembre mil cinq censlêp-
'âquot;tcfix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;------ â¢
J^ vislePrincedc Condé conformement à la volonté du Roy deNauaare, dreflà amp;fic f âl'er la proteftation que vous verrez cy deftoustapres vous auoir fait entendre les occafiôs autres pretendent pour juftiheria leuée d'hommes, d'armes, dâargent amp;nbsp;autres pre-F^^sde ces fixiémes guerres ciuilles.
, ninfilesFrâçoisanimez contrâeuxmelmes,au malheur dâvnefixiéme guerre:firentlânrtr ââout leRoyaume le mal de leur paflîSs reciproquestaulTi toftquâils eurétdiuulguez dâvnepart dîtitre les occafiôs qui les pouftbientà fi eftranges remuëmens.Ce quâils fîrêt durant amp;nbsp;a-P'^^btenue des Eftats Generaux.Lefquels refoluz à la ruyne de la Religion Proteftantc, lâns pâ«leilsfeperfuadoiétquc la Catholique ne pourroitfubfifter en ce Royaume: ton ne par- deccsfixié-'âplus que de trouuer les moiens pour faire la guerre aux Proteftans: En fin le Roy trouua fe-fA|lf( Jâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,.| C-lUillCS.
Q argent au cierge en quelques villes:amp; vente d vn nombre de nouueaux omcesquil ®'?«poiirceft effet. Et pouteeque les Confederez, qui dâailleurs neantmoins dreffoient âHour à autre nouueaux préparatifs pour fêcouurir du coupau mieux de leurpoffible: fê-quot;quot;'lentja leurs plaintes par toute-la France, quâils firent courir puis apres par toutes lesau-â^Nationsjquc les Catholiques pourtroubler le repos commün rompoiait feiemment amp;: quot;îinalice pou rpcnfèe vnfifblemnel amp;nbsp;tant neceflà irc Edit de paft pour commencer vne fi âquot;âIheurèufe guerre-eiuilles.'LesCathoIiq. feirét entedre de viue vôix amp;nbsp;par eferits imprimés Raifôs quâai rtiez en plufieurs endroits,que les Proteftans cftoient eux mefmcs la vraie lêulle occafioh nbsp;nbsp;caîioli-
d^wtpropres maux: amp;nbsp;de toutes lesmiferes lefquelles fbrtans de leur party defcouloient qucsà la le-^'âquot;icvn Ruiffeau de pleurs fur toute feftâduc de la Frâce.Prcmieremét pource que ne feftas â ûihcontenter aux guerres paffées de condittôs plus que raifónables; ains aiant forcé vh Roy tre les Pro mineur teflans.
-ocr page 666-Lâ HISTOIRE DEFRANCE.
mineuramp;trop dcbSnaire à leur permettrcamp;figner ce qui luy eftoit moins prejudiceiableâ)â à tout eftat: ils auoicnt parla donné occafion ace Prince fait majeur, Ie reconoiHantamp;Pâ* zelle au bien de ià Couronne quâen fes jeunes ans:dc reprandre faparolle nbsp;nbsp;tacher à renictrc
fcsfujets en meilleur chemin que celuy auquel il les auoitlaiHc.Ioint que îclsEditsnefôtqu' prouifioncls amp;nbsp;qui ne tiennent que tat quâil plaira à fa Majefté lesentrctcnir.PortâtmcfmcH claufejufquesà cequâil nousplaife autrement en ordonner. Secondement ceftEditpor-tejparTvnanimcconfêmement de tous François que dâvneque dâautre Religion fimportnu amp;nbsp;tant de fois reiterce requefte des Proteftâszque les Eftars Geperaux ferontcofl' uoquezparleRoy pourauiiêr aux doléances de fes fujets.-Et fur icelles ordonnei ce quehf trouuera le meilleutjlc plus leur amp;nbsp;honnorable pour le bien,pour le repos amp;nbsp;foulagemct^i' celJuy. Enquoy les Députez de toutes les prouinces nâont trouuc rien plus expedient a la retté amp;nbsp;manutention de tout fEftat: que fcnticr^eftabliifcmcntde la vraie ScancienneRelig*^ Catholique, Apoftolique amp;nbsp;Rommaine par îancantiffèment de la contraire Proteftante,!]â* ne peut eftre tirée du cerneau de gens fi opiniaftres que par les armes.^.Outre ce touteIa^â cefçait amp;nbsp;les plus floriiïà ntcs contrées de ce Royaume lêntét par effet: les pernicieux deflcins des Confederez. Lefquels mclmesparauant la refolution publique des Eft.ats Generaux, uoient ja les premiers leué les armes,furpris les villes,rançonnez les fujets du Roy, dreHcldâ^ magazipsjamp;difpofé de leurs gens de guerre felon leur premiere deliberation. Puis donc qi*' vue promefle violente ne fut jamais trouuéc raifônnable, que le Roy ne fait rien que par îau'S de la plus grande aiïèmbléeque tout le corps de fon Royaume y reprcfênté fçauroit dreflh' amp;nbsp;que melmes il ne fait que féconder les effets de fes ennemis: aucun, difôient-ils, apres qüd' ques autres dilcours, ne doit trouucr eftrange fi le Roy fe rricten deuoirdcpouruoità lakâ' Rajfonsdcs tcté tant de fâ pcrfonnc, que de fbn eftat amp;nbsp;repos de fês fujets autrement que le pafîe. Aquoy Pioteftans Ics ProtcftÃs refpondoiét aftez au lôg.Premicremét que lâEdit dernier aiant eftéfi folcmntU«' cr U ieuée nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;juré par le Roy amp;nbsp;les plus gras Seigneurs de fôn Royaume, jufques à ypti'
de leurs ar- dre poiir gage amp;nbsp;plus grande afleurance la foy des Princes eftrangersznc pouuoit eftrerompü pour aucune confideration que ce fuft, non feulement de minorit?( car afin de ne farrefler a la raifon quâaucuns allèguent, que la quallité de mineur ne releucpastousjourslapctlonnf» mais plutoft la perte amp;nbsp;circonuention.Veu quâilà efté fait au grâd proffit de tout le Royaume honneur amp;nbsp;contentejnet de tous,fors des ennemis du repos publiczjon ne le pouuoitrompra pour la quallité du Roy qui _ nâcft point confiderée en matière dâEdits Scconiienancespubli' ques: Lcfquelles concernent lEftatde fon Royaume amp;nbsp;manutention de fesfujets-.ainsfeU' Icmcnt iÿftatÃc fèureté de ceux dont eft parlé en ces traittez publics.Cômemefme il eftpoï' té par ces Edits, quâil nâa autre confideration en les fà ifant exécuter: quâau bien de fon Royaume amp;nbsp;non à fon particulier qui nâen diminue jamais fi fes ordonnances font au proffit des ta-jets. La richeffe,auanccrnêt,paix amp;nbsp;repos defquels à tousjours efté la grâdcur des Princes amp;nbsp;au côtraire. Que fi lesEdits fôtprouifionclzamp; tant quâil plaira à fa Majefté: quâelle fermete quâelle afïcurance pourra ildnrcfnauât auoiraux promeflésdu Roy ? La fêulle amp;nbsp;fîmplc rolle duquel,doit eftre plus ferme amp;nbsp;ihuiolable que toutes les afleuiéces du refiedes hómeS' Veu donc que le nombre des plus grans perfonnages de tout le Royaume amp;nbsp;des Princes eftrî gers:auec la foible Sc aftez miforablc condition des Confederez: oftent toute prefumption de forçe.Et q ue la minorité du Roy, non plus que la forme des termes amp;nbsp;claulês y portées, ne font confiderables pour la rupture de lEdit; ils inferoient que les Catholiques nâauoKHf occafion và llablc,pour confêillcrfa Majefté,de rompre vn fi fâintamp;profitable Edit. Moms encorespouuoiét les Catholiques juftifier la rupture deceft Edit amp;nbsp;commenccmétde guet-EftatsGene nbsp;nbsp;pa^lâautoritédcEftatsCÃncraux,la tenue defquels pour nâauoircfté droitcmétcóceuëjlcgi'
Taux. timement affemblécjnây bien executée: ils defâuoüoiêt?. Proteftans de nullité de tout ce qui/ auoit efté refblu.Non plus que par la leuée des armes Protcftantes,cfquellcs pour ny aiioircu recours quâapres auoir feftu la refolution dulRoy,dc fon Confêil amp;nbsp;des députez de ceftecô' gregation titreedu notn dâEftats Generaux, de 'faire guerre aux Proteftans: ils ne pouuoifflt tenir que pour juftes amp;nbsp;raifônablcs.Puisquc ne fongeans à offcnccr aucuivils ne les prénom quefurladefenciuc , contre ceux qui leur auoir ofté les biens,tEflats, creance, franchifcamp; tous autres auantages mondains; ne leur voulloicnt laiffcr la vie foullc parvne liberté de con-foience amp;nbsp;pur er.ercicc de Religion; comme le fiddler rapport des temps de la condiffiond«
-ocr page 667-1 V K h ARANTEDEVXihMfc. 5^2.
^^ats amp;nbsp;de la prifc de leurs Armeszpeutaflèz clairement faire entendre aux plus curieux de We.Ordâaiitanr que lâauthoritc des Eftats eftoit le plus fpecieux moicn de juftiffier le re-quot;ââtment des Catholiques contre ceux cy: Les Proteftans infiftercnt dauantage,pour efclar-
chacun de la nullité de cefte alïèmbléc Le Prince de Condé fur tous, qui la dcfdai-tWdu nom dâEftats, ne lâappelloit que ramas de corruptions .⢠Di^nt que la plus part a-'â¢''icntefté corrompus par le Clergé amp;nbsp;NoblclTe des lâaflemblée des Eilars particuliers. Puis
toutle reftc le fut à BloySjtant par crainte que par honte naturelle : n ofans parler de-
amp; pres du Roy affilié de tant de forces amp;nbsp;Seigneurs, en telle liberté quâils auoyent pro-[âquot;^âceuxqui les auoyent enuoyé; Ilsrcmarquoyentauffi les nullitezdcs Eftats particu-'^cfôurce de la nullité des Generaux parla forme amp;nbsp;liberté ancienne qui en eftoit du tout Nuihtezdss ââââ«â Premièrement difoyent ils,en la feance y a eu trois fautes notables. Ceux de la Religion ^plufieurslieux non appeliez. Comme ainfi lôit que le Roy veut quâils foyent appeliez à . J^iiteschofes indifféremment. Les trois Eftats alTemblez en melme Salle amp;nbsp;tous enlêmble. '-â^mnie ainfi foit quâils ayent à fe plaindre les vns des autres. En prefence des gens du Roy # Pfdidansà laffemblée: Où dés Gouuerneurs amp;nbsp;Licutenans qui eftefpece de contrainéte Contre lâordre ancien. Ils en remarquoyent auffideuxen fEleélion des Députez: Lâvnc ^ocllefeft faiéte tout haut, chacun nommant à vine voix qui bon luyièmbloit. Enquoy ââ0 craint haine, ou fc peut recercher la faneur de quelquâvn. Lâautre quefil eft auenu com-âââcenVendolînois amp;nbsp;à Eftampesqu'vn Proteftantaye eftéefleu, ilenaeftérejeélé. Et les Procurations nulles pour le feul faiél de la Religion. Et qui plus eft Fontaines Martel, Catholique amateur du repos public, efleu par le Bailliage de Caux : à efté injurié amp;nbsp;outra* ?^pwceluyqui gouuernoit le pals dâautant quâil parloit librement amp;nbsp;refiftoit aux con-^âenttonsquifc faiiôyent en l'aflemblce contre la Loy ancienne. En finftrudion des me-^ââiresamp;remonftrances : ils en notoyent dâautres de plus grande importance. Les gens du %apr«ÃEleôlionfaiéleont admonneftcles Gentils hommes de bailler chacun pareferit
3u Depute, ce quâjjsdefiroyenteftre remonttré au Roy figné de fa main. Dontpro-rcdûitbeaucoup dâinconueniens. Premier. Que lesEftats qui fontcommâ-vne remon-^rsnceamp;i Requefte publique du peuple au Prince ; ont efté par ce moyen reduids à la for-'quot;^dâvnfimple placet. Second. Que Ivtilîfé de toutes aftemblées y eft anéantie : qui eft corriger amp;nbsp;reformer les auis amp;nbsp;oppinions les vns des autres ,en les debatant par viucs rai-
Troiziéme. Qff il y a plufieurs cas odieux au Roy. Et le Roy de fa part en fait moins compte. La ou ilyauroit efgard fil les voioyt parler de mdme voix amp;nbsp;par melme bou-fliCjCommc ils ne font quâvn corps amp;nbsp;ne là uroit à qui fen prandre fuiuant ce que d#la Loy.
omn, s faciunt Nemo facit. S. Ce que tous font, perfonne ne le faid. Quatrième.
11 eft tout apparent, que ce à efté pour exclure ceux de la Religion Proteftantedelinftrudi-ondes memoires. Car ils en ont depuis dreffé apart eux, quâils ont porté ftgner de maifon «nmaifon, conformes aux imprimez amp;nbsp;publiez . Et ont circonuenu de poures perfonnes ^ui pour lapins part lesontfignez par crainte où par ignorenceou p.ar importunité. Ce Qu'ils nâeufTet faid fils euftènt ouy débattre les raifons en plerne affembléc. Mefmes y en à '«des villes de la Preuofté amp;nbsp;Vicomté de Paris, defquels les memoires ont efté rejedez en iHoftel de ville . Parce quâen tefte de leurs Articles, ils ne demandoyent pas quâil nây euft quâvne Religion amp;nbsp;leur à efté commandé de les reformer .Cinquième .Les mémoires qui fc doiuent bailler au Député auec forment de ne les communiquer jufques à faffemblé desE-ftats Generaux : ont efté portez aux Gouuerneurs des pays amp;nbsp;par eux enuoyez an Roy. amp;c.
cesabbiis commis ez Eftats particùlliers : .Ils jugecyent dc^ux qui fe commettront îUxGeneraux defquels ils vouloyentprouuâer la nullité par trois points princippaux. Puis «orterleRoy à maintenirfes fujetseh Paix. Le premier pour la forme. Le deuxième pour Wn. Letroiziéme pour la confideration des perfonnes quife font aflémblez amp;nbsp;de leurs Députez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r r
Quand au premier difoiét ils au Roy,vos lettres contenât la conuocatio de vos fujets:ont e- âesconuo''- ' Republiées à fon de trompe cri public.Maîs qùâd aux conuocdtîamp;s particulières de la plus qutes aux Pâttdcs villes bourgs amp;nbsp;villages de voftreRôiaume pour eflire des députez pour affifter pour qSknJ' toà la tenue de vos Eftats en voftre ville de Blôys; ellesont efté faites clandeftinemcnr par la malice dâaucuns Magiftratsiappellant feulement ez Meffes âde Patoyffcs ceux dcIEglifo Ro-
Ttt
-ocr page 668-laniiier, IS77.
L' H S I T O I R E DEFRANCE.
CauCcde rafTciiibléc,
maine:fcachans bien que ceux de la Religion reformée ne fy trouueroiêt pas.Et n otefte^ telles côuocatiôs à cri public nây en lieux ou iê faifôict les Preiches de ceux de la ReligioJ^^ mé.Etqui pis efteeux de la Religio nâont eftéfeulemétdeucmét appeliez.Ains auflî voul^^. lire receus fy offrâs i celle fînamp;blalmâs telles coubcatiôsjfétrée leur à cflc intcrdite.Mais^ tour certain que quad il cil queftiô de traiticr de quelque affaire dâimportâce Sôfen refou tous ceux lefqucls y ont intereft doiuét eftre deuemét appellez.Mefmcmêt quad iâafrairc to ehe particulieremêt a vn chacun de plufieurs faifât vn corps où vne focieré. Car lors tous d uét prellcr côfctcmét non pas vn pour tous.Pour le 2. il eft allez notoire que par vos lettre coniiocation du 6. AouR amp;nbsp;2. Sepré. 15 7lt;?. Vous dites que vous les aflemblcz pour ente« dâeux les plaintes amp;nbsp;doléances de vos fu je es oppreflèz.' afin las cxccptiô de perfônes, dây do ordre amp;nbsp;remede tel que le mal le requerra.Mais cercher les occafiôs de rçtrer en vne .ciuiJe plus cruelle amp;nbsp;fanguinairc que jam3is:amp; vouloir ropre vn Edit de Paixxft-cc pcvriâ aux remôllrâccs remédier aux plaintes^doleaces amp;nbsp;opprclïîôs ? Tels remèdes fontpfod k dits recheutes morcelles que guerifô amp;c allegemct.Dâuâtagc fi vous faites alfêbler vos pour Ouïr les plaintes des affligez: ce nâeft donc pas pour traitter du fait de la Religion,!!} conlêqucnce pour rompre vn Edit de Paix. Outre ce, ft dit de Pacification Article 4* vo
Majeiic 3 ordoné quâil fera difputc, côc lud amp;nbsp;arreflè du fait de la Rcligiô par vn ncral jfaint Si librc.Ce ne fera dôc pas par les Eftats.Et iufqucs ace quâvn Côcile faint amp;nbsp;ait clic tenu vous permettez îcxcrcice tant de la Rcligiô reformée que Rcmaine.Etenf^'â. quéee puis que vous auez remis le tout à vn S.Côt iltamp; lui auezattiibuc tout pouuoir'* droit vne rcuocatiôamp;derogatiôfpecialîeà voDrc E dit de PacificauoSc pcrmiflîôaux de cefaire.Ce que ne deuez voire ne peuuez p;CinH'rtic'.vcu q vous auez cofirmé vofirct par vn jurcmet Iblénel Sii ^aâioné auec les Princes tât de voftre fang que cfiragcis, t^c der inuiolablemétfasféfreindre.Qui fait que fâs Içur côfÃtemct.ncpouuez rcuoqnei le Eftats Gc- lequel par vollre Edit leur eft aquis.Quâd au dernier point, côtenât qoi for ceux qu i fût al ncraux. jjjez amp;nbsp;qucls font Icuts Deputcz:ll ell tout certain que les vus amp;nbsp;les autres ne peiiuêt ttai^ du fait de la Religiô. Car ce feroit les faire luges en leur propre caul(.-,vcn eue târ les lliques que ceux de la Noblclle amp;nbsp;tiersellà t fôt leurfait de la Religiô Roniaiueamp; fo nét corne la leunvoulâs abolir amp;nbsp;exterminer la reformée. Au fit que ordônât leformsien'','â luy qui ell appellé à reformatio câcll pareillcmct faccorder Sc faire juge de fbn propre bit' qui ell défendu par tout droit, veu que tousjours vn chacun ell trâfporté par fafrcdtiP de'*â propre gain,proffit amp;nbsp;pafîiô.Dauâtageccs pretédusDcputczJbnt ennemis jurczde ceux û« Rcligiôl^ourfuiuâs leur ruine amp;. leur faifât ordinaircmét la guerre.Ce qui red les vnsincap^ bles dâefltre amp;nbsp;les autres inhabillcs dâellre eficus:qui fait quâils font recufables.Dâaboifoât^ côuoquez où pretédus Députez fôt amis, familiers péfiônaires amp;nbsp;fauorables aux EclelialW Catholiques Romains amp;nbsp;par tat recufà bics. Au furplusccs prçtédus Députez n'ôrmâdcinc') charge nây cômilfion expreflè ( quoy que ce lôit la plus grâd par dâiceux ) pour requérir qu» ny aie quela Religiô Romaine.Etpar ce moic tous rcculâblesdefyngcrerà requerirfanscfof ge.Finallemft Içs CanôsSc Loix de lâEuelque Romain defédet aux Lais (cÃme ils difci)®' putter uy arreller quelque choie du fait de la Religiô,des arfîcles de la foy,nâi des chofes fpfo' tuelles.Mefines au Côcile.dç Trete. Ainfi dôqucs nâaias elle deuëmét côuoquez les Eftats gt;7 leurs Députez cfleusmâaians auffi ellé alïemblcz pour traiter du fait de Religion: amp;nbsp;eftanslcâ afièmblcz amp;nbsp;pretédus efleus, indignes, inhabillcs amp;nbsp;incapables de telles commilficns: ildt apparent quâon ne peut à lâaflemblée des prétendus Ellats, traiter du fait de la Religion arreller aucune choie. Et ne deuez ( Sire ) à la Requefte des Ellats en ordonner aucunement au prejudice de vollre EÃitde Pacification ; violant vollre foy faintement jurée amp;: promifo* Dôqucs puis quâon fe vente quâil nây aura que la Religion Romaine en vollre Roiaume. que les Eclcfiallics de lâEglife Romaine yous^perfuadent faire la Guerre amp;nbsp;rompre ivofo^ Ãdit de Paix : vous protrftttant faire les frais delà Guerre. Puis quâon nâa voulu conuoqüô nây députer ceux de la Religion reformée pour la tenue des Ellats : ny leur donner fance finon pour les juger amp;nbsp;condéner en leur prefencc.Puis quâon à feit des feintes Ligues amp;nbsp;ano-ciations pour abolir la Religion reformée amp;nbsp;ceux qui font profeffion dâiccllc.Puisquonnc veut permettre le Roy de Natiarre amp;nbsp;le Prince entrer amp;nbsp;cômander ez villes de leurs Gouuc' nemens. Puis quâon à jâa depefehé des Capitaines pour feirc la Guerre à ceux de la Religiô«-
-ocr page 669-LIVRE QJ/A R E N T E D E V X I E M E. 55?-^âisenfomme nây a vne feule chambre de Pacification, cftablic; Ceux de la Re ligion refor' ®«nâont ils pas jiifte occafion dâentrer en deffiance des Catholiques Romains? amp;nbsp;eftrc en a* jmieayansraifon de conclure quâon les veut encores mafià crcrj ôô par ce moyen de le tenir â itleiir garde ? Serelbuucnant de tant dâexperienccs fafeheufes qui lesdoiuent rendrelâges ^âquâils ont tant dâennemis ? Puis ils refpondoycnt à deux raifons que les Catholiques met-en auant. La premiere quâils ont promis ne porter les Armes pour leur Religion amp;nbsp;quâ-â*dontabjuréc. Mais que depuis portans les Armes amp;cftans encores de la Religion refor-'quot;fc; ils ne tiennent ieurpromeire,amp; quâen ne tenans leur promefle, vous nâelles obligé à te-âquot;Havoftre. La fécondé raifon quâils font Hérétiques amp;nbsp;quâils ne faut tenir la foy aux Hcre-^'^ues. Quand a la premiere objeótion on fçait que celle promefle quâils ont faite,nâell gene-^lleà tous ceux de la Religion reformée: ams lêulemcnt particuliere. Et quâelle eft faite con- dJsPiote-ffebonnes meurs amp;nbsp;contre Dieu amp;nbsp;la Religion; caulânt péché. Et par ce moyen ne Ibnt ces Ãansabju-particiiliers qui lontfait obligez la tenir. Dauantage cell vne promefle extorquée par force amp;nbsp;^p3r crainte des Maflà cres, cruautez amp;nbsp;tyrannies plus que barbaresiCc qui eft fuffifint pour prometan* Æ foudre le promettant de lâ promefle. Quand à la deuxième objeélion câeft aflà uoir quâil ne pYu^ks^Ar-âîiittenirlafoy promife aux Heretiques:ils refpondoient que tn permettant à ceux de la Rc- mes.ficlk l*6ionrcfotmesfexcrcice dâicelle, jufquesau Concile Generalvousne les tenez pour Here-ftques. Parquoy vous nâeftes defobligé à ne tenir vôftrê foy par vollre Edit de Pacification g,.j ptomife. Et ne deiiez alléguer que fanez promis par force. Car cela lônneroit mal en la bou- mria foy ^«dvn Roy de France fy puilfantamp;redoubré. Voire entre les Nations eftranges,aiant lait ^cicUqu«* âKlaration de la Majorité : amp;nbsp;quâil ne veut plus eftre tenu amp;nbsp;réputé pour mineur. De dire juilaeftc forcé parfes fujets (obeyflà nsà tout ce quâil leur commande amp;nbsp;à tous lès Edits J^rReligionfauucjamp;fupportanstantdâimposScfubfidesvoireinluportabîes) leur accor-â«f'nePaiXjCâeftDieufeulfauorilântvozfuJetsquivousà induiôtôc infpirc leur oélroyer '^â â«Paix Siiexercicc de leur Religion. Outre ce luy prelènterent qu'il nâeftoit leul Roy qui â Permis lâexercice de la Beligion reformée à lès fujets. Car fEmpereur Charles cinquième nom,permit aux Allemans amp;nbsp;le delFunt Roy Charles neufiéme vollre frère par plulîeurs âOisâfes fujets; ce qui eft auenu denoftre temps fans nous arrefter à ptopoler pluficurs Em-ferslefqiiels encores quâils fuflènt grâsMaflà crcurs,Bourreaux amp;nbsp;perlècuteurs des Chre-Wfi leur ont il permis amp;nbsp;accordé tcxercicc de leur Religion.Auec ccqucfilfauoit juré permis aux Polonois eftant leur Roy : à plus forte raifon le deuoitil permettre aux.Fraçois
«5anciens,naturels amp;nbsp;héréditaires fujets.loint que leur permettant lâexercice de leiyj Religi-®â:ilnediminuoit rien de fes impofts,fubfides,deuoirs,fidclitez amp;nbsp;hommages. Car permet-fexcrcice de la vraie Religion à vos fujets: la plus grande part dâic eux viuront en Paix,la-wjrerontjCultiueront amp;nbsp;enlèmenceront leurs champs.Tellcment que recucillât leurs fruits ^ttaffiquans de leur bien Sc renenu annuehlls aurôt moien de vous paier vos deuoirs^fubfî-^Kamp;impo(ls.Ge quâils ne pourront faire durant la Guerre eftans côtraints quitter leurs mai-ânsamp;delailïer leurs terres en dclèrrs, pour là uuer tant lêulemcnt leur vie de la rageamp; furie
Armes Sides fol dars. Dauantage non lèu lement la populace eft de la Religion reformée ââ'JisaiilTi b plus grande partie des Princes de voftrc {à ng,dc voftre Nobleflè amp;nbsp;des plus do» voftrc Roiaume.Pour fin que quelque defence amp;nbsp;interdidion quâil en face:lbit par les fciiZjMaflacres amp;nbsp;rigueur, foit par douceur prières amp;nbsp;Requeftesril ne proffitte rien amp;nbsp;ne peut ^ââterminer la vraie Religion nây les amateurs dâicelle.TantpIus pcnlèz Ictoutefteintôcaflou-Py plus il y a de vie amp;nbsp;de renaiflèmét.Dâallegucr quâon leur permet viurc (gi liberté de côf â^'fncefans Icxcrcice de leur Religion, Câeft pour neant.Car laRel^ion confifte plus en pra-'â^uequâéTheoriquc.Ceux de la Religion Romaine vous objetet voire mcnacêt,quc fi vous permettez Icxcrcicc de la Religion reformée ils exciteront vne Guerre,prétendis exterminer P^tArmesccuxdc la Religion. Mais ils faflèurcntbien aians D^ ev pour Chef, amp;con-lt;iudeur de leur Armée: quâils obtiendront la viéloire. Encores que les Atheiftes, Liber-'âis. Renégats amp;nbsp;ceux du tiers ordre fauorifent,le party contraire amp;nbsp;leurs auerlâires. Se re-Mennent quâils nâont rien profiitté par cy déliant amp;nbsp;que les Ifraëlites fans Arlnesamp;nâay-ânsforgcronspourenforgerjontdcffaiélles Philiftins bien armez. Que Gedeon auec trois ffflshommesjà defaid la grande Armée des Madianites ..Qu^vnfeul Angeen à deflaiâ: amp;nbsp;occis en vne nuiél cent quatre vints cinq milles du Camp des Afliriens. Et que la puiflan
T tt ij.
-ocr page 670-bnuier, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L* HISTOIRE DE FRANCE.
â â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce de Dieu nâeft diminuée.Dicu neiaiffera jamais au befoin ceux qui liniicoiienf en viuefojâgt;
Puis îexortoyent à ne croire ceux qui luy confeilicnr rompre fpn Edit de Paix , amp;nbsp;en confe* quence faire la Guerre : pour autant que la Paix leur cft vnc Guerre voire vne condemnation amp;nbsp;mort hooteufe. Coniîderans que durant la Paix ils feront recerchez des rebiceS) exadions amp;nbsp;larrecins quâils vous ontîaidt. Et que leur grandeur accroift durant la Gueire. Ce nâefl affcAioa à la Religion Romaine qui les induit à vous concilier telles abeminations, ny aucune bonne aÃ'cdion quâils vous portent. Croiez ceux qui vous conlêillent maintenir vofttefoy promefle fans y contreuenir aucunement amp;nbsp;couferuez vozfujets en Paix.Et pour cftre le Roy le plus riche, mieux obey amp;nbsp;le plus heureux qui ait commandé au monde: en entretenant voz Edits, permerez lâexercice accordé de la vraye Religion: amp;nbsp;eftablilfez lô Chambres my parties afin que indice /bit efgallcment adminidrée à voz fu jets.
Ces raifons en fomnrje jointes à dâautres paflïons particulières ; efehauferent de forte les Franpois:quâen peu de temps tout leRoyaume /êntitpour la fixiéme fois la fureur de noz atomes ciuiles. Pour la juftification defqucllesie Prince de Condé publia par eferits imprimez la protcliation quâil fiten mefme tempSjConforme à lavolôté du Roy de Nauarre telle qui fuitâ Proteftatiô N O v S' Henry de Bourbon Prince de Condé, apres auoirveu ôc entendu h'njufteamp;pet' duPrir.ee nicicu/ê te/ülution pri/ê auxEftatsfubornezamp;corôpusqui onteftétenusà Bloys:aufquds Du^d-An- contre fauis publique Sc le lâc ré Serment 5 fEdit de Pacification juré partant dePrincesamp; guyen Pair publié en toutcs les Courts /buucraines de ce Royaume : à efté rompu amp;nbsp;viollé contre tout lAeùteiianf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;humain ; ayans les mc/chans Con/eillers du Roy diflipateurs de cefte Coutofl-
General ne, penfionnaircs d'E/pagne, autheurs des Ma/ïacrcs: faitarrefteramp;concluiedâabolirlâ cnPkadw Religion reformée, amp;nbsp;ont fufeité la fureur des Ligues depuis peu baftiesdans leRoyaunie â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' pour opprimer ceux qui en font profeflion. Mefmcm;ntlcs hommes valeureux, dodesS^
riches. Encores quâaux Efiats tenus à Orleans fcxercice dâicelle euft efté requis amp;nbsp;accot-dé -. pour puis apres nâayans plus aucune refiftance impofer fur les miferables telles des François , le rigoureux joug de la plus barbare tyrannie qui fut onqu^ : Sâeftans auffi propofé de ruyner par Armes, par pqifons 8c Aflà flînats les plus grandes ôc llluftres familles de es Royaume : Mefincs celles de Bourbon 8c de Montmorency, Et priucr les meilleurs ôtplns aftédionnez Catholiques des charges 8c honneurs deuz au merite de leur vertu: pour enre-ueftir les plus indignes de leur parry . Tellement que leur fureur feftant refpanduë fur tous les gens de bien de f vne 8c lautre Religion oftcnfczpar leurs injuftices, defordres, rapines 8c deftoiÿitez ont efté contraints de le joindre à nous. Et depuis pour le vouloir oppofer^* eux, ontefté pourfuiuis 8c cnueloppcz cnnosmefînesmifcres8cextremitez. Davantage en auilliftà nt les anciennes 8c Royallcs couftumes de cell Eftat : Ils veulent rendre la Nobkf le tributaire, efpuifer les villes de richelfes, lâceager le peuple 8c tenir tous les François entre eux en perpétuelle Guerre, haine 8c diuifion pour régner cependant. Mefmes quâils ont fait honteulcmét q uitter au Roy noftrefbuucrain Seigneur, le liberal prelènt quâon luy feifoit de la proteélion des pays de Flandres 8c dâArtois,ancien patrimoine de la Couronne de Fiance : S)i le bel offre de la Seigneurie de Genes. Si bien quâil ny a plus defpcrance, de pouuoii conlêruer ceft Eftat contre vne telle furie,quâen y emploiantauec laide de Dieu les moiensamp; forces quâil nous a données. Pour lefquclles tant legitimes occafions : proteftons aucc plu-fieurs Seigneurs, Gentils-hommes 8c autres quâeftans par la Grace de Dieu tout puilfant amp;nbsp;inuincible appeliez à la tres-jufte defence de noftre patrie miferablcmenr proftituée, amp;nbsp;voy-ans infinis peujjes affligez recourir à nous: quâauons à noftre trefgrand regret ( pour Icstri-ftes euenemens que la Gi^re ciuilcapporte ) pris les Armes par le commandement amp;nbsp;fous fauthorité du Roy deNauarre, premier Prince du fang, proteéleur desEglifês reforme« 8c Catholiques aflociez : Lieutenant General pour le Royen Guyenne. Sur lefquellesS' pres Di EV fommes coigrainéfsde nous appuier,pour repouffer la violence 8c cruauté quâon veut exercer en nos confoiences, honneurs, biens 8c vies: jurans en foy de Prince veritable, dâemployer pour vne fi fainéte querelle: tout ce qui eft en noftre puiflà nccamp;nc-ftre vie jufquesau dernier foufpir : Etnepofer jamais lefdicles Armes tant quâayons refti-tué ce Royaume en fbn ancienne fplendeuramp; dignité: 8c rendu la liberté aux Eftats,lâau-thorité aux Edits, 8c foullagé le pauure peuple des linfupportablcs tributs inuentez par les Italiens; en deliurant les François de laferuitude infame8c tyrannique où ils font afii^'
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'^'5: tant par leur nonchallance amp;nbsp;dcs-vnion: que par les artificieufês pratiques de ceux veillent cimanter lesfondemens de leur grandeur du fang des vrays Princes de France laNoblefïc; au grand mefpris des Loixfondamentalles amp;i. couftumes antiques du Roy-
Et déclarons delà prefènt ceux qui farmeront contre nous J pour opprimer la liberté j,^âp3ysamp; nous rendre efclaues a noz enncmys Sc rebelles à la Couronne. Appellans à noftre â^oiirstoiis Roys, Roynes, Princes amp;nbsp;républiques amp;nbsp;fur tous les bons amp;nbsp;naturels François cÅursdcfqucisrefte encores quelque gencreux defirde recouurerla franchifêde leurs
geeiltes amp;nbsp;amour enuers leur treftffligée patrie. Au bas y auoit pour deuifè
/ââó' viciricibtii armü. Comme fil vouloit dire quâil efperoit que Dieu par fès armes viéto- ^^^otèflans
vengeroit leur miferes par la punition des ennemis communs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aux Eflats â
Comme les Eftats fê tenoyent, les Députez Proteftansouys, nây fê journerent gueres.
aucuns dâeux comme les Rochelloisamp; autres fen retirèrent fans congé dâaucun; rap-P®nan$amp;lemans par tout, quelelejour nây eftoitaflèurényproffitable pour eux. Que les âWsfetenoyent pour contenter les Catholiques.; beaucoup defquels ne demandoyent au
lt;iuela rupture de ÃEdit: luy rcmonftrans quâil nâauoit efte fait Si refolu par fôn '^Confêil, ÿcpour retirer fonfrere:amp; licencier les forces eftrangeres qui rauageoient le plus beau du â^âyîume. Parce que fil ne le vouloit rompre du tout : pour le moins il le falloit fî dextre-J^tçfcorner quâil feuft à tauantage des Catholiques : encores quâaucuns dâeux ne deman-
auec les Proteftans que ^entretien dâiccluy, pour continuer leur vie au repos encom- . 'quot;^cédéshnmil cinq censféptante. Puis les Députez du Roy de Nauarre amp;nbsp;ceux de Guy- parles Pro
Poitou, demandèrent aulTi leur congé à mefmes fins, mais il leur fut refufe. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;teftans.
cesentrcfaitteslaReoIe futfaifie pourleRoy de Nauarre par le Capitaine Fauaxau
'â^jycn de l'intelligence de quelques vns de dedans fur le commencemant de t An. Ladite quot;*5 dlfilc fur la Garonne à neuf lieues de Bourdeaux qui peut empefeher par ce moyen cathoiî. de H^^ucune chofe ne defeende à la ville. Les Bourdellois irritez de le voir de fi pres auoÿfi- Bourdeaux
tant haut que bas furieur Riuiere : fen vengèrent fur aucuns Proteftans lefquels à la pour couW«« âââ¢tte du Marquis de Villars Amiral de France amp;nbsp;defauthorité de la Court de Parlement fu-'®tt le lendemain emprilbnnez amp;nbsp;enfermez en certains Conuens amp;nbsp;autres lieux publics juf-^J'^saunombre de trois cens des princippaux; aufqucls ils donnèrent à entendre que ce ââ^ftoitpour faire tort ny à leurs biens ny a leur vie. Mais feulement pour empefeher quâils JJ^lentfeiflentlefemblable de ce qui auoit eftéfait à la Reoie dont ilseftoycniaduertis defc ââOnnet garde.
.Entre les plaintes des Catholiques ils nâobmettoycnt îentreprifè des Proteftans fur
à lafaueur de lâintelligente quâils aiioyentauec aucuns Proteftans de la ville : la plus Prtdefquels foupçonnez par les parolles amp;nbsp;portemens de quelques vns dâeux : furent tuez on emprifonnez. Puis aucuns exccutez en public. Le refte fut fà uuc par amis outre ceux Snilcgangnerent à debufquer. Surprife quâils trouuoyent dâautant plus eftrange amp;nbsp;puniflâ-Oâo ) quâils la là uoyent faite contre faccordamp;vnionparauantdrefTée entre tousles Catho-®luesamp; Proteftans de la ville de fe maintenir contre tous tels qu'ils fuffent fous fauthorité â»'iRoy. Maintenans les Confederez au contraire,que les Catholiques auoyent rompu îae- . ^O'deii cemefmemant quâils ne leur permetoyentviurefélon iceiuy: nians au refte îentre- auLan^ôT Pânfe quâils nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fies chaffer Je la ville. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par ceux de
Encetemps Choppiniere amp;nbsp;Louerie Gentilshommes Poiteuins trouuez par ceux de Fon-
au Langon : furent chargez amp;nbsp;bleccz. Dont Louerie mourut afléz toft apres. Lâaune fut mené à Fontenay . Puis fon procez faiélamp;veu exempt debout ce quâon luy vouloit ââtttrefus'.fut abfoulz ôc renuoyé en fa maifôn. Le Prince de Condé ayant à contre cÅur vn âd3Ãe,cnefcriuitaffez animeufement à ceux de Fontenay.Mais ils nâen feitent autrcchofe.
L E vnziéme du mois le Prince ayant fait venir en fa chaml^c le Maire amp;nbsp;princippaux Rochdlois Rochelle en Compagnie de grand nombre de Sieurs Gentils-hommes amp;nbsp;Cappitai-
quot;'S leur feift declaration de la neceffité delà Guerre à laquelle ildifoit, que par apparen- c^eVtre. âde Roy les appelloit amp;nbsp;à laquelle à fon tresgrand regret ils eftoyent contrainds. Leur re-y'oiiftrant la deffus le défit que le Roy de Nauarre auoit de foppofér v » tueufement aux def æinsdeleurs ennemis: amp;nbsp;entreprandre la protedion Generalle des Eglifés reformées de ce Royaume. A laquelle auiruirappeUoit,amp; comme le premier apres luy : Encores que de fa '
Ttt iij.
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part il nâait jamais eu autre defir que dâexpolèr fa vie pour vne chofe fiÃinde amp;nbsp;honnorablc De laquelle il fçait allez que ceux de la Rochelle ne fe voudroyent pour chofe diinionûc à -partir.Les prie à celle hn,le joindre amp;nbsp;vnir de bon cÅur audit Sieur Roy amp;liiy,3uec entière, declaration amp;nbsp;denionllration du bon zelle quâils ont à celte faindle caille: quâils ne fauroient mieux monltrer que par vneâfainôtc amp;inuioliable allbciation quâils jureront mutuellement les vns aux autres. Et laquelle ledit Sieur Roy de Nauarre attend princippallementamp;euft fai(51 dcsja quelque choie de bon, fil clloit alfcuréde leur bonne volonté. Les prie donc dâentendre la Noue fur ce quâil leur propolèrattant de îcflat où lônt les alFaireSjque des moiensde foppoler tous enicmbicaux complots de leurs ennemis : ne pouuans commettre perlônnage plus digne pour vaquer auct eux a vn affaire tant dâimportance, que la Noue pour lalfeii-rance dclon crédit amp;nbsp;authonte quâil à patmy eux depuis fi long temps. AulTi qu'il ne leur propolera choie qui ne foit bonne amp;nbsp;veritable . Deux heures apres ceux delà mailon devil-IcfeliansaflcniblcztnfEcheuinagc, firent cleólion de douze Bourgeois pour fe troiiuerâ hawig'ue Ccnîercnce qui eltoit accoidee entre eux ôc la Noue. Lequel entré en ce Confcil Icnf les Rociici- rcmoilracc quiauoitelle requisse refolu aux Lflatsiquicfloit den'auoirquâvncfeuleRdi-loi'pnur !cv afifauoir la Romaine. Et que le Roy monllroirouuertement nâauoirautrcdefiramp;inten* G^atrrc. tiou que dâexrermincr tous ceux qui latlôyent piotcflîon de la Religion reformée. Tefmcin entre autres chofes la Saincle Ligue qui felioitlaióle la deffus ou le Roy faifoit jurer les Catholiques de courirfusà ceux de ladite Religion:amp;r permet mclmcà chacun le jetcrfurceliiy qui nây voudroit fous-figner. Qiic pour foppofer à vne telle cntreprilê le Roy de Nauarre, Monfieur le Prince de Condé MeflieursdeMontmorencyamp;vneinfinité de grands Seigneur amp;nbsp;plus fignallcz de la Noblclle Françoife, tant dâvne que dâautre Religion ; eftoient refolus emploier amp;nbsp;les biens amp;nbsp;la vie. Et pour câeft effet pour fvrgente ncceflîté qui lesy conttsi* Ligue Sair- gnoirc/loyent délibérez de faire vne Contre-liguc,en laquelle feroyent receustous ceux qui ftedcsCa- volontairement y voudroyeut entendre amp;nbsp;faflocicr -.veu quâily alloitde la police amp;nbsp;repos ge* Royaume. Afin que les vns amp;nbsp;les autres fe peuffent mainteièir en leur ancienne liber* des Proie- té ; amp;nbsp;garentir de toutes violences.Ce quedes/a leMarcfchal dâAnuille auoit fort bienprati* qué ge le Roy de Nauarre cAoit apres .Lequel nâattendoit plus en câefl endroiél que la volonté amp;nbsp;refolution de Melïieurs de la Rochelle. Dont Monfeigneur le Prince les lupplioit faire de brief declaration; dâautant quâvn plus long retaidtmét pourroit de beaucoup importer aus affaires. Quâil leur plcufl donc faffocier au Roy de Nauarre amp;nbsp;audit Sieur Princeamp;à tant de gens d^ bien qui fi libcrallement entreprenoyent la defcnc e de celle caufe, de laquelle ledit Prince efloitaffezaffei ré quâils ne fe voudrojentfeparerpourchofedu monde: veu ce quâils auoycnt fait par le paffètôc que le temps cflcit venu, qu'ils le deuoyent mieux monftret que jamais.Les fuppliant à celle fin dâen auilcr cnièmble amp;nbsp;luy faire entendre leur bonnevo-de l^^^féau plulloll. Surce, fcllans au lendemain alfcmblezà Saind Michel amp;nbsp;fait clcâionce loVsà b cô- ceux qui fe trouueroyent à la négociation de cell aflaire; le Maire amp;nbsp;ceux de lamaifondevil-treligue. ]e furent à lEfchcuinagc cù ils relolurent apres plufieurs propos dâvne part amp;nbsp;dâautre,que leur deuoir elloit de fe joindre à celle defence commune. Et que jamais nâen auoycnt eu deft grande ne fy Ipecieulè occafiompuifque fa Majellé eftoit fi mal confeillée que de vouloir exterminer la Religion reformée amp;nbsp;faire mourir vn fi grand nombre dâhommes de quallite amp;nbsp;vertu qui pourroyent faire en tous autres endroits bon feruice au Roy. Lequel monllroit bien a prefent qu il nâelloit plus quellion de la Religion ordinaire amp;nbsp;ancien prétexté desCs* tholiqups. Mais que le venin quâils auoyent fi long temps couué en leur cÅurcontre ladite Rehgionîfortoit mainteneren eu idcnce. Au relie que celle caufe leur lêmbloit fi legitime: que quand ils feroyent lêuls comme ils auoyent ellé autre fois ; ils ne fi voudroyent en rien oublier, ny de volonté ny de puilTance. Ce quâils feirent le jour mefme entendre bien amplement au Prince. Mai^ue pour paruenir à ladite allbciation: il elloit befoin dâenadm fer amp;nbsp;conférer entre eux bien meurement : afin de drclfer leurs Articles par clcript en telle forme que le toutreulfill au fcruicedela Caufe Generalle premièrement : puis au repos particullier de leur ville. Laquelle comme ils efperoyentlêroittellemcntmaintcnuëparle-dit P R I N c E en fes anciens priuilleges: quâils ne feroyent taxez de fcllre mefpris en celle leur declaration au prejudice de Icurfdiéls priuilleges. Et que le Roy n auroit occafion de fe plaindre ou leur imputer à fauenir quâils culfent plus déféré audit Prince que à fa Majefte*
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Ãont ils fexcmpteroyent aiféemenc ne rcccuans en leur ville neGouuerneurncGarnifônâ PriuiJîeg«j luieltoic la pnncipallecaulêdontilsauoycnttousjourseftérecerchezÃcpourfuiuis parcy
i I ( âº
pour laquelle ils auoyent tantenduré. Aquoy fils Faflèuroyent que ledit Prince îHroit elgard pour les exempter dâvne telle calomnie enuers le Rlt;)y. La refolution prife pour feclaGuerrede Roy de Nauarre amp;nbsp;Prince de Condé depefeherent fur le champ auis,lettres Rendé vous ^commiflions pour faifir le plus de places amp;nbsp;drefler le plus de Compagnies tant à pied quâà cheual quâils pourroyent-.defquels ils ordonnèrent le Rende-vous à Melle hautPoitou. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'°
Po V R lors le Duc de Montpencier cftant à Champienv fur lôn voiage dâaller à Poitiers Moi«w que Un., nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1 nbsp;nbsp;nbsp;â â I r» igt; Il nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t f tienncntlei
pourexecüterla charge quilauoitdu Roy daller trouucr le Roy de Nauarre; depefeha Ion Roebdioi» . ^retairc vers le Prince pour auoir vn fauf conduid afin de palfer feurement pour aller trou- pour fairo-ledit Sieur Roy la part où il (croit. Ce qui luy fut accordé amp;nbsp;enuoyc pendant que les Ro- jcRoyde chéllois continuoyent leur Confcil pour le fait de leur aflociation amp;nbsp;falTembloyent ordinal-fument au logis du Maire.-lequcl aucc laNouë feftqit charge d'y entendre^ vaquer.Mais lâon conïé. ''spouuoit fi tort en refoudre la fin, pour beaucoup de dilputtes amp;nbsp;difhcultez qui fytreu-
Parles Articles de falTociation que les Rochcllois prelcnterent,ils protcftoycnt fa-pindreamp;aflociçrdâvnboncÅurenccftecaufoauec le Roy de Nauarre ledit Sieur Prince ^3wtres: amp;nây cfpargnerne vie ne biens jufqucsà vneheurcufo viéloireou Paixalïeuréc: ^nefedepartir Jamais dâicelle. Moyennant aulfi quâils feufl'ent maintenus en leurs priuille- . .
Qui font entre autres denâauoirGouuerneurneGarnifon queà leur volonté.Ncvou- dè'bRo^.â ^wtautrequcle Maire pour leur commander dans la ville, l equel pourroitauflî mertré ^ouuemeurs amp;nbsp;Capitaines dans les places d u Gouuerncmcnt de la Rochel le-.amp; leroycnr fer-^wtaudit Maifc à la charge quâils paieroyent les Garnifons. Pour le refpeôt dequoy amp;nbsp;des ^'squâilleur conuiendroit faire pour leurs fortiffications: Ils leueroyent le reuenu des biens ^defiaftiques amp;nbsp;les tailles du Gouucrncment, auec la moytic du droiôl des prilcs qui fe fe-J^â^tpatmer. II y auoit beaucoup dâautre chofos par lefdiâs Articles qui foroyent longues ^reciter.- defquellcsaucftncs furent retranchées amp;modiffiées amp;nbsp;les autres accordées felon luil fepeut veoir ailleurs. Mais le long trait que prenoit cefte affaire dcfplaifoit beaucoup â^Prince, qui les follicitoit Journellement defe refoudre: Leur monftrant lettres quâil ââüitrcceuës tât de la part du Roy de Nauarre que du Marefchal dâAnuille par lefquelles il e-^'quot;tprefTédépartir. Aqiioy aiiffi lanccefïitédes affaires le contraignoit. Les prioit par d'y mettre fin au pluftoft, amp;nbsp;ne faire tant de difficultez fur chofos menues amp;depcu dâim-poftance. Car de fa part ilnâauoitamp; ne vouloir penfer à faire chofo tant petite fiftcllcau Prejudice de leurs Priuilleges amp;nbsp;quâils deuoyent tenir cela pour toutaffeuré.
Co-M M E celafo traittoit le Vicomte de Rohan aucc bon nombre de Nobleffo amp;nbsp;autres gens de Guerre paffa la Riuicre de Loyre au Pellerin:amp; ayantenuoyé fâ femme à la Rochelle autres.
en Poitou pour rallier fostrouppes. Cependant Mirambeau retourna des Eftats amp;nbsp;âniua a la Rochelle le Dimanche vintiéme Ianuier,amp; ayât crainte de pis laiffc fon à Dieu par wiptauRoy: Ilafleura encores plus ce que plufieurs mettoyeuten doubteau prejudice des Eftatsà lâ^ceque les Catholiques, difoyent que le Roy enrendoirquefon Edit de Pacification fuft p«uéamp; maintenu.Ce qui fut neantmoinspris inreipretépour amufor ceux qui cftoient Proteftans. â^Jîplus prefts pour leur defence que le Roy nâeut penfé, ne voulu. Lequel il difoitauoir ^âfedcuancéde trois mois. Les chofos accordées pour le fait de faflociation de la Rochelle Harengue Prince accompagné de Meru , Mirambeau, la Roche amp;nbsp;plufieurs autres fo trouuaà lEf-^â¢'«uinage le Mardy vint-deuxième Jour du moys. Où en la prefence du Maire amp;nbsp;princip-aux Rochel Pâuxdelaville,dâvn grand nombre du peuple, recita la caufe à là venue amp;les déporte-ââ'^sScaâions dcfquclles il auoit vfo. Que Ion ne pouuoit doubter auoir efté trefiieceflai-bonne fin amp;nbsp;intention . Qjfil eftoit bien marry du long fejour quâil auoit efté contraint yhitc: attendant leur refolution . Plus encores defoccafionqà fo prefontoit dâen fortir â3X conditions dâvne Guerre: laquelle fi elle eftoit Jufte ou nom il le remcttoit au Juge-'â^nt de ceux qui auoyent quelque affedion à leur Religion amp;nbsp;patrie. Tantyaquâil pou-^''protefterdefopart, quecâeftoità fon trefgrand regret. Mais puifquenon feulement â¢wiincurde Diev amp;nbsp;la dignité ancienne de ce Royaume ; Maisauffi Icfâlut denoftrepro-
nous y appelloyent auec vne tant extreme ncceffité amp;nbsp;contrainte : Il eftoit refolu^ jamais chiche de ce que tout homme de bien doit prodigallcment deppendre en
T11 iiij.
-ocr page 674-vue il Jainte querelle, qui eft les biens amp;nbsp;la vie. Qif il eftoit aucunement fafehé du kngtrait
lârotcftatiô du Prince de Coudé.
Haren(,ult;: du Baron de Miram-
quâauoyent pris ces affaires pour le regard dc leur declaration amp;nbsp;volonté. Que neanmoins il fc resjouyfloit fort que le tout fo foit fi bien porté. Puis fut Icuë publiquement fâ proteflati-on telle que je vous ay fait vojrcydefîus. Ceux qui cftoyent 1^ prefensen grand nombre; ayant entendu ce que deffus amp;nbsp;penfé vn peu à tout ce que le Priirce leur auoit propofé fur JE-ftatdes aflraires,amp; refôJution que par contrainte il auoit faite de fy oppofêr-.approuuerenttout ce quâil auoir dit cftrcverirabie.- Proteftans de viure amp;nbsp;mourir en cefte melmecaufe: dcîaf-fifteramp;fêcourir félon la teneur de leur affociation fans jamais fen départir. Cequelepeu-ple confirma par vue commune voix Scjoyeufeaclamation, donnant tcfmoignage du ton defir quâils auoyentde fcmploiervertueufementenceftecaufe. Difâns aucuns que le Roy ne les auoit jamais affaillis auec plus grand auantage de leur cofte. Lors Mirambeau parlant aux Rochellûis dift quâil ne falloir plus diffimuler amp;nbsp;quâil les pouuoit bien affeurcr que larc-Rochenoh. fûluticn des Catholiques cftoit de rompre la tefte à tous ceux de la Religion. Comme mef mes il auoit peu connoiftre par les propos des plus grands dc la Court apres le Roy: quiluy auoient dit que ores que les Eftats ne fc tuffent tcnuz,la refolution toutesfois eftoit prife long temps auparauent dc ne plus endurer en ce Royaume autre Religion que fa Catholique. L quâil fpauoit aflèz que les Eftatsnâauoycnt cité afîcmblez aauire intention que pourauoir le Roy dc Nauarre, JeMarefcJial dâAnuilJe amp;nbsp;laKochciîc .Mais quâilsfeftoyent tiouiiez cours en tous ces trois poinds. Dont nous deuions bien Jouer Diev amp;nbsp;efpercr fâ mcfme alff-ré'^f nth nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ùuenir. La deffus Je Prince dit que câeftou bien chofcalfurée que IcsCatho-,
parolie aux JiqucsnâoubJioyentaucunc chofêpourruynerccux OC Ja Religion . Et pourccftcffcârnet-Rochclloii, toyent toutes pierres en Åuure. Mcfmes feftoyent effayez de gangner Je MarefehaJ d*Anuillc
par grandes promeflès amp;nbsp;annuels appointemens. Cependant iJ remercie Jes Rochelloisde leur bonne voJonté; les prie dây pcrfêuerer amp;nbsp;les affeure quâils feront maintcnuxentouslcs
poindsSc Articles de leur affociation: JaqueJfe il promet faire ratiffier au Royde Nauarre. ?odeUe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Miniftrc dc la Rochelle rcmonftra en ceft» affemblée audit Prince
Rcfponcc du Prince de Condé.
NortMini- quc fon dcuoir cftoitdc faire cn forte quc commc leur dioid cftoit bon, ijfuftauffi debatta cc d^CodT droióture amp;nbsp;intégrité dc confcicncc : faifant faire punition des vices efquels couftu-mierement les hommes fc desbordent par la licence des Armes. Comme des blafphemesj larcins, Scpaillardifês quâils deuoyent croire auoir efté la feule caufe de tant de baflonnadcs reccuës depuis fi longues années. Et que fils ne venoyent à refifpifcencc amp;nbsp;amendement de vie : 11 nq^alloit pas efperer que Diev benift ny leurs Armes ny leurs deffeins amp;nbsp;entrepri-fès. Aquoy illefupplioit tres-bumblemenr auoir efgard. Le Prince tcfmoigna ladeflus que câeftoit ce quâil auoit dc long temps en plus grande recommandation. Et quâil prioit de bon cÅur tous ceux qui auoyent intention dc le fuiure, defe propofer fur toutes chofêsde
viure Gindemcnt amp;nbsp;ne fouler Je pourc peuple comme fon auoit trop fait par le palTé : Et que quand à luy il nâeftoit délibéré de iouffnr que le laboureur fur tous full cmpeichc en fon tra-
Monftres de gens de guerre â là Rocliclle amp;
uail. Ledit Prince parlant quelques jours auparauant de la bonne police qu'il deliberoit en tant que cnluy feroit, eftablir au milieu des Armes: dift quâil croioit que ceftoit vne choie merueiJleuiê agréable à D i e v : amp;nbsp;quâil peniôit que parce fèul moyen Je Prince dâOrange dâvn tant petit amp;nbsp;dcbille commencement elfoit paruenu 9 û haute execution de fes entrepriiès. En ceprincippallement quâil auoitfur toutes choJês maintenu Scchery lepe-lire peuple. Le lendemain Je Maire de Ja Rochelle fatisfai/à nt à la priere du Prince : feit faire la monftre des habitans de la ville diuifèz en neuf Compagnies ou pouuoyent efJrc quelques mil hommes bien arrftz èc choyfis:LequeJ les ayant veus en bataille, dût au Maire qu'il dej^s^idà n veoioit la beaucoup de gens de bien aufquels il auoit ceJl honneur de commander. Le Maire luy refpond quâils elfoyent tous à fon fèruice. Dont le Prince le remercia difant, puis quâil aJJoit en cefte cauJê »tant pour les vns que pour les autres : que delà part ;il fèfaifoit Bourgeois de la Rochelle en vue fi bonne Compagnie. Ce que femblabJement affirma de M B R v. Lors Je Maire print Je ferment dcfdites Compagnies prefènt Jedit Pr r ncb serineiit quiportoit. QuâiJs juroycnt dc bien amp;nbsp;fideJJementfcmpIoyer en cefte caufê pour laGar-desgensde de de Ja viJJe particuJJicrement, fous Je commandement dudit Maire amp;nbsp;en General fous Rochelle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nauarrc protcéleur GeneraJ des Eglifês reformées ôç Catholiques
aflbciez dc ce Royaume amp;nbsp;dudit Prince fon Lieutenant general; fans jamais fe départir de ce-tte fainie
-ocr page 675-livre Q_V ARANTEDEVXIEME. 336. ^'amp;ntcalTociation. Eftant donc le Prince venu a fin des occafions qui lemenoientà la Ro-wie: il en partit le Lundy vint huitième lanuier apres y auoirlêjournè deux mois Fcn 3bien accompagné de Seigneurs amp;nbsp;autres à lâint lean dâAngely, ou grand noâmbre de gês guerre amp;nbsp;autres le furent trouucr.'
Or comme les irouppes fe dreflbient deçà delà : plufieurs cntreprileslefeirentfurlesCa-®liriucs.EntrâautresCiuray petitcvilledu hautPoitoufutfirrprifepar Saint Gclais.Lequely ^^ans üu° ââântenuoié quelques harqucbuzicrsjafurprint par le decez du jeune Tiftardiere qui y mou 'quot;t suec peu dâautrcs.Puis fc voullant redre au gros de lâarmée la bifla entre les mains du fre- seJepuis ^«uSenefchaldu lieu lequel la rendit aufli toftaux Catholiques.Dcuant que vous parler de renduCa- , âIfanblec Generaîle delquels je fuis dâauis de vous faire entëdre aucuns portemens des pre-[''ærs Chefs amp;nbsp;autres fignalez Proteftans vers là Majefté amp;nbsp;tenue des Eftats à Blois: pendant *'HU«Isneantmoinsils ne laifïôient depouruoirà leurs affaires le plus accortemêt quâils pou-quot;ââ'cnt: comme la fuitte de ce difeours vous fera conoiftrc.
PREMIEREMENT cncot quc les Chefs meimementle Roy de Nauatre amp;nbsp;Prince de ^ondéne fulfent conlcillez de fy trouucr:amp; que la Ma jeffé les eut lemons amp;nbsp;inuitez par plu* 'wrsfoisamp; la Roync mere futtout laquelle nâêtreprenoit létreueuë d'ellcjduRoy de Nauar-f^lonGendre amp;nbsp;Prince de Condé à Congnac pour autre effeâ: principal que pour les vnir â'â¢K le Roy amp;nbsp;les faire aflîfter à telle alTemblée. Si eft-ce quâils y enuoicrent gens de leur
amp; des Eglifcs Proteftantes du Royaume à deux fins.La premiere pour rcmôftrer à là Ma- Depute« wamp;à îaflcmblée quâon ny deuoit traitter de la Religion, le Reglement de laquelle eftoit
a h refolution dâvn Concilie general ou national de ce Royaume: le perfuadans que Eftatsnâcftoicnttconuoquez que pour fabolilîement de tel exercice. Secondement de âquot;Pplier fa Majefté quâelle fift de point en point entretenir lôn Edit de Paix par tout IbnRoy-â'ââw.Etque dâabondant il fautorifaft amp;nbsp;confirmait de nouueau en pleine alfemblée de tant dcputezdc toutes les prouinces du Royaume.Le Roy de Nauarre y enuoia premieremët S.
^enis amp;nbsp;Defaguis. Le Grince de Cendé Popbliniere. La prcuollé 8gt;i^ Vicomté de enuoia les fiens, comme fit aufli la Rochelle, Poitou amp;nbsp;Saintonge.Lc Languedoc amp;nbsp;^'fconuoifms prefenterent requefte à Monfieur pour fauorilêr la manutention de la Pai,*â ^'''ipubliqdu Royaume,duquel parauât de frelche mémoire il auoit pris la protcéliÃ: ain-â*PâufieursautresprouincesenuoicrentDéputez pourfaireleyr remonftrances quevousver-Proteftansneantmoins tous, de nullité de tout ce quiferoit refolu en la tenue de cesEf 'âtscontreuenât à îedit de Paix dernier amp;nbsp;à lâentretien de leur Religion. Et pource^e voulut âicundâeux entrer en conference auec les Députez Catholiques afin quâils ne fuflèntvcuz âPptouucr ce quâils y voudroient refiudre à la pluralité des voix.
E E s Députez du Roy de Nauarre auoient telle inftruôfion.De rcprclènter les milères aue-nutspûur la guerre, amp;nbsp;fheur que la Franc e començoit à fentir par là Paix.La guerre aucnuë * Parles empefehemens retranchemés faits à îexercice de la Religion.La Paix par la permif- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JeX
â 'ondâicellc. Sifon retourne aux mefmes empefehemens, femblablcseffeélsfont à craindre amp;nbsp;Defaguis Contre intention de ceux qui les voudront fufeiter. Dâautant que par tels moiens elle ne fait r'yâde Vaquot; Wfacroiftreamp;les forces du Royaume diminuer. La Religiô introduite à la requifition des uanevers ^îtstenuzà Orleans, receuë par f Edit du mois de lanuier, approuuéc par fexecution amp;nbsp;â^'â''lentement du peuple auec fafliftance duMagiftrat. Et depuis par autres Edits en confie- Blois, ^l'cncedu premier. Speciallcmcnt par le dernier qui à mis fin à toutes difiputes: accompagné
ferment folcmnel fait par tous les ordres de la France,amp; pluficurs declarations depuis par ^gt;\oy furce faites: eft tellement vnie amp;nbsp;incorporée en îeftat du RÃyaume quâelle en eft infic-Wlc. Ne peuuent les Eftats toucher à la Religion ny à f Edit, dâautant que ce lêroit entre-P'îdtcfurfautorité du Roy amp;nbsp;des precedes Eftats.Et par la introduire vn Scifine plus à crain-
que la diuerfité des dcuxRcligiôs.Lcfdits Eftats ne fiôt f ôdez doipou uoir,que par le dernier Wit: contre lequel par confêqucnt ils ne peuuent entreprandre. Lâhonneur de Monfieur,du â'fy deNauarre amp;nbsp;de Meflieurs les Princes du fà ng amp;c conjointement celluy du Roy pour la i limité: eft enclos amp;nbsp;compris dans lâEdit. Auquel parce moien ils ont particulier intereft.
ces caufes fupplier fà Majefté quâil ne fbit rien altéré audit Edit.Et que ceux qui ont fair ^J^ucs au contraire,fôient punis comme infraéfeurs de la foy publique. Que pour le rendre Plüs ferme amp;nbsp;cftable, le Roy fceant en ces Eftats declare là volonté amp;nbsp;pous fobficruation dâi-
T t t iiiij.
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â î 7 7- celluy.-fà ce vne bonne amp;nbsp;faintc vnion entre luy;m5dit fieur fon frere,tous Mefllcurs CCS du fang amp;nbsp;les gens des trois Eftats. Si aux particulières afièmblécs ou en la genetal ei « toit propofé quelque chofe au contraire.fupplier mondit fieur de prandre la delcnce5amp; le nw de nâauoir aucun efgard à tc^es deliberations: declarer pour ledit fieur Roy de Nao««rrc5q^ pour fà Religiô il n'entend empefeher la Catholiques ny lesEcclcfiaftiquc en lours bics.A^s les conferuer en tant quâen luy fera fouz lâautorité delà Majcfté. Qif il à extreme regret e grandes foullesamp;oppreffions du peuple, pour le foulagcmcnt duquel fera tref-humble te quefte à fa Majefté. Que pour remettre le Royaume en fon ancienne dignité: il cft below faire vne bonne reformation en tous ordres amp;nbsp;cftats:pour la police dc laquelle ledit fieur Roy de Nauarre offre de fc fousmettte. Et dautant que la meilleure partie dc fexccuticn amp;nbsp;entte-tenement dc lâEdit amp;nbsp;de fvnion requife pour ceft effet, deppend de l'adminiftration dc la lu -ticc: fupplicr fà Majefté dc leftabhr en la forme ordonnée par ledit Edit. Et en conftqudirt de ladite vnion,ordonner que les adminiftrateu rs des villes feront cfleuz en nombre cfgaln fvne amp;nbsp;de lâautre Religion. Pour lé fait du gouuerncmét de Guicnnc:fairc entendre à fa jefté lâEftat dâicelle, les portemens dudit Seigneur Roy dcNauarrc, les empefchcmensamp;tl^' foberfâce de la ville dcBordeaux.Dôt elle eft prouenuc.8lt;lcs mauuais effets quâelle à produits Demander raifon des calomnies propofées audit Seigneur Roy de Nauarre. Quâà ces fins les Regiftres de la Court de Parlement dudit Bordeaux foient apportez, amp;nbsp;les porteurs defditc^ calomniesamp; faux auertifltmés, contraints de nômer leurs dcnôciatcurs.Quâil foit défendu la Court de Parlement, denefcmeflerque delaluftice,amp;3ux Mairc:amp; lurats delaPoliCC feulement: demeurans les affaires dâEûat amp;nbsp;des armes entre les mains des Gouucrneursiiii;
uarre com-pofé dc Catholiques.
uant leur ancicnire inftitution.Que les armes foient oftées au peuple amp;nbsp;confignéesenlieUquot;â furé. Quâil plaifc a fa Majefté permettre audit Seigneur Roy de Nauarre, redrefter la ccinpS' guiedegenf-dâarmes amp;nbsp;luy en ordonner trois autres, leur donnant amp;nbsp;à fes gardes bonnô certaines aflignations pour fe faire obéir en fon Gouuerncment. Enjoindre à toutes les villes GouucrncuTsôc Capitaines de fondit Gouuernemct,quâils aient à lu^ rendre obciflance poquot;^^ leferuicc de fa Majefte: amp;nbsp;à faute de ce les declarer rebelles.Que pour leucrtoutfoupponêi amp;nbsp;deffiancc,il à nommé pour fon CotifeillesfieursdeFiefmarcon, Gondrin, dcLcugnaCj^c Confcil du^ Bajaumont amp;nbsp;la Chappelle, Lâauzierc, de la Mothe Fenelon amp;nbsp;dc Saintoreins, Sencfchal de Roy de Na- ga^adois.Aucc lc{quelsamp;; les fieurs de Monluc amp;nbsp;de Foixamp; autres ordinaires defenConfeil il délibérera des affaires dc fondit Gouucrncmét:Finallcmêt pour les terres quâil tient enfou-ueraincté^ droit de regallc:quâil ne foit rien altéré en icelles cotre les anciens traittez.Pout
le fait des Ãglifes reformées,ledit fieur Roy de Nauarre à chargéfos députez dcprandreamp;iC' ceuoir leurs plaintes amp;nbsp;en fon nom les prefenter à fà Majeftc.
V O V s auez veu les remôftrâccs que Popelinicre auoit charge défaire de la partdu Prince dcCondé,lâ creance amp;nbsp;la refponcc quâon luy feit à tout.Cellcs des Députez la Preucftéamp; Vicomté de Paris porioient ces mots.
Rcmonftrâ- Remon5tkances amp;nbsp;articles que les Gentilshommes amp;nbsp;gens du tiers Eftat dc la pre-cesdcla uoftéamp;r Vicomte de Paris eftans delà Religion prétendue reformée: qui nâont cftéadmisny tiert Eftat appcHez és afîcmblées nagueres faites pour la tenu ë amp;nbsp;feance des trois Eftats dc la Preuofté Proteftans amp;nbsp;Vicomté; prefentent au RoySc propofênt en faffembléc defoits Eftats. Sut lefquelsfuppliét téamp;âvicom tref humblement fa Majcfté leur faire droit.
té de Paris auxâEftats tenuz à Blois .
Premieremét que les Eftats Generaux ferót tenuz en route liberré, franchife amp;nbsp;felon l'ordre amp;nbsp;couftume ancienne. Et qu'a ceftefin auantla fceance dâiceux, les forces cÃrangcres foi.ent licentiées amp;nbsp;miles hWrs Ic Royaume:amp; les Françoifos réduites ainfi qu'elles eftoientdu temps du Roy Henry. Ou du moins à la raifon des articles cinquante neuf amp;nbsp;dernier dc IâEdk de pacificatio.Que les Dépurez qui forót enuoicz aufdirs'Eftats Generaux par vn chacun ba-liageouScnefchaucée,foilt;»tcgallement ouysamp; receuz.Erque ccmelmeordrefoitgarcéés cflcóliós qui fe feront aufditsGcncraux.Quâilplaife à fa Majeftéefdits Eftats Generaux,faire droit fur chacun point amp;nbsp;article qui fera propofo par l'auis dcfdits Eftats. Que les Eftats generaux foient cy apres conuoquez de dix ans en dix ans aux affaires amp;nbsp;neceflitez du Royaume . Qifil luy plaifeordonner que lâEdit de pacification dernier fera gardé amp;nbsp;ohfcrué inuio-lablement.-amp; quâaucune chofe ne fera propofee, requife, ou ordonnée en lâalfembléedefôits Eftats
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tant particuliers que generaux,contre amp;nbsp;au prejudice dudit Edit,comme eftat icelluy Pâ^rpctiiel amp;nbsp;irreuocabletde peur dâalterer le repos amp;nbsp;trâquillité publique du Royaume.Que pour faciliter amp;nbsp;effeéluer lexecution dudit Edit:fous Gentilshommes Scofficierstant Royaux Jiiedes Seigneurs particuliers amp;nbsp;tous autres aians charges publiques: lurcront robferuation ^«ntretenementdâicelluy fur lespeynes contre les reffufans, quâil plairaà là Majefté arbitrer.
îexercice libre amp;nbsp;general de la Religion prétendue reformée,fôit entretenu comme h Catholique Rommaine. Es les differens de la Religion remis à la determination dâvn cd
'^illefaint, libre amp;nbsp;general fuiuant ledit Edit. Ce pendant que toute perfonne foit tenue fur Situes peynes,faire exercice de lâvne ou lâautre ReligionX^elcs Chambres my parties foiét phinement amp;nbsp;promptement eftablies amp;c conoiffent des contrauentions amp;nbsp;infractions dâiccluy *-lt;111. Et ce pendant foit eftroittement amp;nbsp;par lettres amp;nbsp;mandemens particuliers de fâ Majefté , ^joint à tous Gouuerncurs amp;nbsp;Baillifz de tenir la main à lâexecution dâicelluy.Que les Eftats ^Ldicature ne foiét plus venaux-'dônez par forme de preft ny autremcnt.Ains eleCtifs pour ^^'taintemps 5c fujets à findicar.Et quâaux Courts de Parlemét ioit rendu ledroitancien de âoniination de trois, pour en eilre lâvn dâiceux pourueu par fa Majefté. Que déformais ilfoit Poutiieu à lâimportunité effrenée dont pluf eurs vfent pour obtenir lettres dâeuocatiô.Com-'ââîcüant cefte voie vnc vraie corruption,peruertilfcment amp;nbsp;prolongation de luftice. Et ou ^âLgesferoientfufpeCts aux parties,quâon fe côtente de la voie ordinaire de reeufâtion auec, ^OQoifTancc de caufe. Quâil foit ordonné aux Eftats Generaux, quâen chacun gonuernement ^piouinccjferont choifiz amp;nbsp;efleuz dix perfonnages ou tel nombre quâil fora trouuéexpediét 'â^pttudâhoinmic amp;nbsp;fuftifonce conneuz, pour aflifter aux Gouuernemens defditesprouinces
Confeillers:amp;auec eux tenir la main à lâentretenement du repos public. Que les ^âhangersnâaient non plus dâauthorité ne priuillege en France pour le regard des offices,Ef benefices amp;nbsp;autres charges publiques, que les François par my les nations eftrangeres.
*^'parcequè]a plus grande multitude des officiers quifonten ce Royaume, eft à la foulle amp;: °PPreffiô du peupleiqueje nombre dâiceux officiers foit rcftrainr par foppreffion ou autreméc
quâileftoit au temps du Roy Loys douziéme.Et principallcment les Eftats amp;nbsp;offices al-'^'uatifz.Qifjl foit remédié par tous moiensaux defordres amp;nbsp;confufions qui fo voient au jour ââ''uyentousEftatsöc ftngulierementen celluy delaNobleflè chacun fe voullantattribuer
quallitéiSc quâil ne foit permis à aucun prâdre la quallicé dâEfeuier ne porter efcuftôn amp;nbsp;'â^«mefilne la monftre tenir de race dâaieuls paternels amp;nbsp;maternels,fans y auoir dérogé. Et
3Ucun nepuiffe jouyr des priuilleges de NobleiTc fi ce nâeft à ce tiltre ou à caufo^âEftat amp;nbsp;quâil pottefelon les anciennes conftitutions de France. Ou bien par lettres dâanobliffe-
âââ^ntdu Princedeuëmentvenfiées.Que pour le foullagementdc la pouure Nobleire,les Ef- Nobkflc. 'â^afFcdezauxGcntilshômes par les anciennes conftitutions de France: comme deBaillifs, y^îBaiîIifsjSenefehaux, Preuoft des Marefehaux, Archers de la garde, gens des Ordónances Æ aiuaifon du Roy amp;nbsp;autres fomblablesme puiffent eftre baillez finon à perfonnes qui foient æuconneuës de cefte quallité amp;nbsp;apres en auoir fait deuënient apparoir. Quâilfoir pourueu P3r vnbon tcglemét au grand nombre de poures mandiens:à ce quâils ne foient plus veuz mâ-
de porte en porte amp;nbsp;importuner les paffans.Ge qui fe fera fil eft enjoint cxpreflèmêtauf ''âtspoures de fe contenir és villes amp;nbsp;villages de leurs natiuitez ou dcmeurances ordinaires fâs ''äguci ça amp;nbsp;là : Et que les habitans defdits lieux foienr cottifez pour la nourriture amp;nbsp;entrete-^«mentdefditspoures. Etou la cotte ne fuffiroit,fera prins ce qui endefaudrafur lercuenu
prochaines Euefehez, Abbayes amp;nbsp;Prieurez fpeciallementamp;detoustempsaffeôlezà la (?âuention des poures. Qu^il plaife a fa Majefté faire garder fur pfynes grandes amp;nbsp;rigourem les anciennes ordonnances contre les gés de guerre tenans les champs:à ce quâils foient te-paier leurs hoftes de gré à gré fans aucune vexation. Affin que par ce moien les villages
P â¢^eftaines qui ont efté abandonnées amp;nbsp;les terres demeurées en ^iche: foient dorefiaauant ^bitées amp;nbsp;cultiuées pour euiter la famine qui foroit à craindre en ce Royaume. Que les defé-des tauernes foient renouuellées fur gricfuespeynes,mefmesde notre dâinfamie. Et tous ^âl'îretsfoientdcfenduzamp;oftcz des villes, amp;nbsp;permis feullement à lafuittede la Court. Et ^'â^parmefine moien foit eftroittement enjoint à ceux qui font du train ou delafuittedes ''â^ces;deâpaier par les villages par ou ils paffientoufojournent. Sur peync de punition cor- Momwies.
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porclle par le grand Prcuoft de îHoftcl contre ceux defquels il y aiuoit prenne deuëmcntvc-rifiée.Qn^il (ôirfait reiglement furie pris Sgt;i. cours des monnoies eftabliz parEditdefaMajcf-Paillaidifes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;puiflècftreexccdéne changea îauenirfur gricfnespeynes.Etqucà ccftefinlcs
bonnes ordonnances cy dcu^it faites deiditcs monnoies amp;nbsp;tranlport di'icelles hors du Royaume: foicnt eftroitement gardées. Que pour repfimer les impudicitez, pQillardilcsamp;adulte-Dcfpcnccs. rcs qui régnent infiniment par toute la France.- au grand def-honneur de Dieu amp;dc la Chre-itienré: foient faites amp;nbsp;publiées rigoureufes ordonnances pour punir exemplairement lefdiis crimes: mefmes les adulteres foient hommes ou femmes de peyme de mort. Pareillement que Z les loix fumptuaircs pour les habits,feftins, banquets. Jeux amp;nbsp;autres choies fêmblablesjferôt
rcnouucllées amp;nbsp;eftroittemcnt gardées, afin dâofter le luxe qui fovoitaujourdâhuy,cauleK fourcede beaucoup de maux amp;nbsp;delaruync de plufieurs bonnes mailbus «Et que la conW' ⢠cation des habits amp;nbsp;joiauxdeccux qui y contteuiendront, appartienne au dénonciateur'
Qifâauffi rigoureulês ordônances foient faites amp;nbsp;pratiquéescôtre les blalphemateursdunotf de Dieu : yurongnes, vfutiers amp;nbsp;notamment contre les aflà ffinateurs pour réprimer la licence vfiirpéedâefpandrelefang.Etferafa Majefté trcfihumblementfùppliée de ne doner lieu importunitez pour odroicr rcmifilons aux meurtriers finon en cas du droit: coupant brow® à toutes abolitions par trop frequentes. Q^e IcprixexcefTif des hoftelliers Ibit modere Æ tat regle amp;nbsp;taux aux viurcs de fix mois en fix mois par les lugesRoyaux dcsamp;licux afin deur ter .au monopoleamp; fubterfuge defoits hofielliers,ils ou leurs heritiers lèrot tenuz continuer e melîne train d'iioftcllicr par eux accouftume jpour le moins julqucs au prochain tauxapf^ fordonnance faite. Que par vn bon reglement il foitpourucu aux abbus amp;nbsp;degafts quiler^ mettent aux forefts de France. Et pource que ce poure Royaume cft grandement atténué les guerres paffées amp;nbsp;le peuple tant trauaillc amp;nbsp;appoury, quâil ne 1 uy reftcplus que la plaiW^ plailêà fà Majeftéenaiant pitié amp;nbsp;compalfion, le vouloir delcharger des tailles, fubnde$gt;E^ belles amp;nbsp;impolis mis amp;nbsp;inuentez pour la ncceflité du temps ; amp;nbsp;iceux modérer amp;nbsp;réduire la railbn qtiâils eftoient du temps du Roy Loys douziéme.Queaux bibitahs des villes,bourp amp;nbsp;villages qui par les guerres dernières ont receu perte amp;ruync notable par bruflemeut fà ccagement:lbit faite diminution des tailles j ufques à certain temps felon les dommageslt;1^ ils ont foufferts.Et permis à eux de pouuoir prandre bois à pris railbnnable es procham^â refis pour rebafiir leurs maifons. Pourmoienncramp; faciliter lâacquit des dettes du en lbitfaitamp; drelTévnEfiat ancien auant que partit de faficmblée desEfiats t. que les Flt;clefiaftiqucs le chargent dâegalerfur leurs rcuenuz par cottifations raifonnabie paiement defdites dettes,auqucl ils ferôt tenuz fournir Sc latiffairc dedans dix ans conlecu Et moiennant ce, que pendant ce temps ils foient defehargez du paiement des dccimeS' pour le foullagement tant des affaires du Roy que du poure peuple: plailê a à Majefte re quer les dons amp;largitionsimmenfès faites à quelques perforines que fc puifiè eftte. Qÿ deniers des fortifications qui fèlcuent à Paris amp;nbsp;ailleurs, amp;nbsp;autres Icuées de deniers: ne o altérez ny conuertiz en autre vfage que celluy auquel ils font defiinez. Qredorelnauan rentes alfignées fur les maifons amp;hofiels des villes de Paris, Roiien amp;nbsp;autres: nefoientan^^^ tcz ny paiement dâicelles différé ou difoontinué au dommage amp;nbsp;incommodité des poure jets de fa Majcfié. Ains paiez de terme en termeainfi quâelles font confiituccs .Et que fin les deniers dâaffignation ne foient arreficz ou pris des mains des Reccueurs GeneW particuliers. Q^e en general pour le reglement de la jufiiee, police, Nobleffe, matcM tailles impofitions amp;nbsp;autres fraiz fomblablcs: les ordonnances anciennes nommémentc desEfiats dâOrléans, deWouffillon amp;nbsp;deMoullins amp;nbsp;autres foient efiroittementgar obforuécsûns refirinôlion,modification nyalteratio quclconquç.Que par chacun an, ceq fera ordônéamp;arrefiéauxEfiats Generaux: foit leu amp;nbsp;public par toutes les villes amp;nbsp;en de ce Royaume, en certaits lieux ou le peuple foit à cefié fin conuoquciafinquelame^^f, rc en foit rafraifehie amp;nbsp;le tout mieux entendu, gardé amp;nbsp;pratiqué.Q^e les ptefontes CCS amp;nbsp;articles foient à part amp;nbsp;fèparcment ajoufiées amp;nbsp;inférées de mot à mot à la des gens de la. Noblefle amp;nbsp;du tiers Efiat de la Preuofié amp;nbsp;Vicomte de Paris pour eure po aux Efiats Generaux,
Lp. sremonfirancesdes Rochellois efioient ainfi conccuës»
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IC L E S pour prefester a la Majefle par les Depute^des Maire^ Efcheuinsl^airs (^Bour ^coismanans Qâ abitans delà âville delà Rochelle du plat pays du gouuerne-ment amp;nbsp;IÃes a dtacentes tant Catholiques que de Idl^eligionpretendu'è ^eformèeife s tref-hunthlesferutteurs (jrfuiet^en Haffem- âgt;-blée des EÃatsdela France en
la ville de Blois . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . : nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-y
r
PREMIEREMENT dâautant que la Paix eft (eulle qui maintient les Royaumes tant en Remonfträ-l^eral de la monarchie, que polices amp;nbsp;Åconomies particulières dâice]le;fupllient ladite Ma-lâ^ftêde faire entretenir amp;nbsp;maintenir fon Edit de !a Paix dernièrement faite amp;nbsp;publiée le 14. aux Eüa« lourde May. Et en ce faifant maintenir tant les Catholiques que ceux de ladite prétendue Re «»uz à ^ion reformée, chacun paifiblement Sr efgallcment en la Religion amp;nbsp;exercice d'icelle fui-Uant ledit Edit, ht de faire luftite rigoureufe contre ceux qui y contreuiendront. Que com-ââ^0 ceux de la Religion Catholique ont leurs Euelques amp;nbsp;curez treflargement dottez; quâil Plâifc à faditc MajeRé ordonner que les Miniftrcs de ladite Religion prétendue reformée au-^ootgagcsfuffilâns félon leur charge: ou à tout le moins ordonner que ceux qui ont fait pro-â¢oflion de ladite Religion, feront coliede pour amalfer fur eux les deniers des gages deidits ^iniftres. Voire y pourront eftre contraints le fort portant le foiblC) par les Magiftrats des li-ou fc fera ledit exercice de ladite Religion prétendue reformée. Aufquels MagiRrats rant ^^uxquefubalternes,lêra mandé dâautorifer leldites taxes amp;: de bailler les contraintes au â^îsrequifo. Quand és Miniftrcs de ladite Religion Catholique: Supplient fefdits tref hunv â'lîsferuiteursamp; füjets Catholiques, de faire garder fordonnance du Roy Charlesneufiémé ^cenfon Conlêil fur les plaintes, doléances ic remoftrances des Députez des trois Eftats en la ville dâOrlcans,leuès Sc publiées en la Court de Parlcmct à Paris le treziéme jour ^Septembre, mil cinq cens Ibixanic vu.Et quand au refte defdites ordonnances concernans ^défait de la luftice, la Noblcfl'c que marchandife, tailles amp;nbsp;fubfides: fupplicnt fadite Ma-wtnuslcs deftus dits dâvn commun accord; que fadite Majefté face entretenir de point en ladite ordonnance. Et quâelle cafte tousEdns faits depuisau contraire amp;nbsp;en prejudice ladite ordonnance, amp;nbsp;les Eftats amp;nbsp;offices depuis de nouucau erigez caftez amp;nbsp;fuprimez. A-Wâstoutesfoisfous le bon plaifir de ladite Majeftérque pour l'exercice de la luftice en cha-'^'â'edefes villes:Ies Generaux Trclôriers,fci ôtcftat par chacun an aux rcceueurs particuliers 'laditesvilles,de certainefommede dcniersfurle rcuenu du dommaine delâdi^f Majefté pour Icsfraiz de luftire: foit que ledit domaine fe leue par les mains du receueur ou fermiers.
le pareil fera oblcrué par les fietirs hauts lufticiers.Auffi que lefdits Generaux Trefori-'^feronttenuzordóner de bones amp;nbsp;lêures prifons en chacunedcfditesâvilles accommodées chambres pour faire par les luges les procez criminelz. Queajouftant auffi ou interpresent ladite ordonnance pour le regard des priuillegesdesEfcolliers;ilplaifêà là ditcMajef-ordonner que tous Efeolhers eftudians es Colleges inftituez és villes pour finftitution de jcuneiïc és bonnes lettres amp;nbsp;fept arts liberaux, par priuilleges à elles odroiées par les Roys France: jouiront defemblables amp;nbsp;pareils priuilleges que ceux qui eftudient és vniuerfi-approuuées de ce Royaume comme eftant fequité fondée en femblable raiiôn. Que pour 'couuer moiensà ladite Majefté de facquiter de lès trefgrandes dettes que les guerres ciuilles 'âââtcaiiféjamp;foiilager Ibn poure peup le tant defolc amp;nbsp;affoibly par la calamité defdites guerres: ^fttrefexpedient qu'il proccde,outre la vente de portion des grans benefices quâil à comman-^^amp;irc,de vendre les bois de haute fuftaye des Archeuefehez, Eudfehez amp;nbsp;Abbayes amp;nbsp;autres Stalls benefices de ce Royaume dont il pourra amalfer de grans deniers.Et outre pourcc que ^plus part dcfditsEfucfchez ic Abbayes ne font fourniez du nombre desRelîgieux qui y doi-Went eftre: prandre le reuenu defdites Abbayes qui Ibulloient cftwemploiez à la non triture defdis Religieux. Er.quoy fera par fadite Majefté pouroeu à fauarice defdits beneficiers.Lcf-Wlsfans faire aucun diuinferuice, nylbuffrir la charge de ladite nourrituretemploiét le tout âleur proffit. Et par mefmemoien le fera vne bien grande collcéfc de deniers poureftrccon-quot;^tiz au proffit de fadite Majefté. De tous lelquels deniers amp;nbsp;autres deftinez pour la manu-fenrion de lâEftat de fa Couronne: eft trefexpedient Ibus la correéfion de ladite Majefté, que âcelledite Majefté,nâen face aucun don à aucune perlônne de quelque quallité quâil foit. Ains quâil
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lt;|uâils foicnt emploicz à l'acquit defdites groffes dettes pour le temps que ladite Majefléver* raeftre affaire.
Depuctc7.de Qvan d à ceux de Languedoc amp;nbsp;pays vÅfins Catholiques vnisamp;Prctcftans: ils fadro-l angucdcc fercnt à Monficur.Car comjne je vousay dit autres fois, pour faire refpirer ce Royaume de tant de miferes Sgt;i le remettre en fon premier lu lire; les Prottflans nbsp;nbsp;Catholiques vnis,voire
bone part des autres nommément des neutres amp;nbsp;plus paifibles des François; ne deiuandoicnt à leur Prince leuiierain apres vnc paix, que fafîembléc des tftats generaux de tout le Royaume: pour y reformer folemnellemcnttantdâabbus, lefquels habituez vont commeCHuicillà en tous ellats particuliers; font la vraie Iburce amp;nbsp;plus euident motifs de tant de miferespréfètes. Et pource que les ProteÃansÃc Catholiques vnis, ne furent jamais des derniers amp;nbsp;plu» tefîcux à fe plaindre ; ceux de Lâgucdoc efperâs que l'affcmblée ôc tenue des t frats Generaux affignce en Nouembre à Blois,fcroit telle quâils fimaginoitnt: Et que Mcnf turaiantparle * pafle fait publique amp;nbsp;telle profeffon de rechercher la reformatio des abbus quâil voioit en«
Royaume,y fauoriferoit leurs deffeins amp;nbsp;remôftrances,eftât ainh réconcilié aucc leurs MajO' tez feftreafïèmblez à Nifrncs le huitième Odobre luy emioiert prefentcramp; defouirepartiel*' liercment leurs plaintes à la Ånrrauention de îEdit de paix dernière en la forme qui luit.
Sur b côuocation des Eftats Generaux faite par le Roy en la ville de Bloisau mois de uembre prochain: Lesmanans amp;nbsp;habitans tant Catholiques vnis que de la Religion icfoimcc 1 des Prouinces dé Languedoc, Guicnnc,Proucnce, Dauphiné amp;nbsp;Lyonnois: pour la Engulicrc affedion amp;:deuoir naturel qu'ils ont au bien amp;nbsp;repos de ce Royaume Ibullagemét du peuple. amp;nbsp;à la parfaite amitié amp;nbsp;vnion requife parmy Icsfujets défi Majeftc: rcmcnftréttrcf-humbk' ment à Monfeigneur frere du Roy ce qui fenfuit.
PREMIEREMENT rcmetcicnt tref humblement fâdite Majefté,dela(âinteamp;amp;f^''® intention quâil à déclarée à fbn peuple par le Beneffice de la Paix, dclîranr par les effetsd i«* le faire ceffer amp;nbsp;mettre fin aux calamités publiques de fon Royaume. Dont lefiJitslupphaii5 proteflcnr comme ils ont tousÿours ptotefté:dc voulloir viiireamp; mourir tie-humblesamp;ttd-obeiflans fujets dâicclle. Se contenir en la parfaite amp;nbsp;entière obciflance defes Edits amp;nbsp;ordonnances. De lobfèruation dcfqucllcs ils ont tous jours cftimé deppendre la confcriiaticn Sin'S' nutention de ÃEftat amp;nbsp;repos public: comme au contraire de rmiraéticn amp;nbsp;conrrauention di-ceux,procéder toutdcfôrdre5lt; confufionà laruyne defelditsfujets.Etdautantqueparlc-ditEdit ilauroit pieu à fadite Majcftévfèr des rcmedes dont les Roys de boniiC nicmoirete predeccfl^us ont accouftumé de fc fêruir, pour guarir les maux de leur Royaume: Ceft afij-uoirdâvfcr des affcmblécs publiques Se gener311cs,pouraucclc bon aois de leurs pcuples^-fujets, pouruoir non feulement au bien vniuerfel de la France: mais aijffr aux plaintes amp;nbsp;doléances du pgt;oure peuples ; lefdits fiipplians nâont rien plus cher amp;nbsp;ne défirent que dâefirecuis enleursremonflrances,amp;: par fi fâintes deliberations gcneralles, voirfEfiatde ce Royaume regy amp;nbsp;policé par bonnes loix publiques inuiolablcment obfcruées. Toutesfois i oiantifdit dernier la plus part non effedué ny execute; amp;nbsp;encores IEftat des troubles en pltifieurs villes amp;nbsp;lieux eftrc continué: lefdits fiipplians ne peuuent quâa bonne amp;nbsp;jufte caufe faire les prefcn-tes rcmonftrâces-pour fur icelles leureftrepourueu par ladite Majefté comme le bien de ion fcruice Scfôulagemcntdu peuple le requiert.Par ledit Edit lâexercice de la Religion réformée eft permis par toutes les villes amp;nbsp;lieux du Royaume fans diftindion ny reftrindióde pcrlbn-nes,temps amp;Iieux,fauf à Paris amp;en là Cour.Toutcsfois contreuenans à icclluy,il ny à encores enlapluspartdcsvillcs,aucun exercice introduit; ores quâil yaitplufieurs habitans failâns profeffion de ladite Religiën qui le requièrent. Dont en haine de ce, ils font intimidez tant par les Chefs commandans efilites villes que autres de contraire Religion. En la ville deTo-lozc depuis la publication defEditjplufieurscnfansEfcoliers Catholiques vnis amp;nbsp;de ladite Religion eftoient allez pc^r eftudieren la lurifprudcnce. Lelquels ont eûé tellement intimidez à caulc de leur Religion amp;nbsp;vnion.â quâils ont cfté contraints fen départir amp;nbsp;retourner en leur pays pour les indeues recherches qui fè font ordinairement en ladite ville: en les enrôlant amp;nbsp;baillant en charge à leurs hoftes; leur defendant trefêxpreftcmcnt parler de ladite Religion ou exercice dâicclle, filsncvcqlent voirvneautre féconde fefte de faint Barthélémy â Dequoy tous indifféremment eftans de ladite Religion amp;nbsp;vnion, font tellement fcandalif« quâils nâofcntalIeramp;traficquM en ladite ville .Arcxcmple de laquelle la plus part des autres
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Dillesfeconformentamp;(ous de mefmes deportemens amp;traittemens que audit ToIofê.Esvil-lieux Oll texercice dclaReligion eft introduit parvenu defÃditcoresqueparicelIuy
'oit loifible amp;nbsp;permis à vn chacun de ladite Religion, aller ouyr Ies Prefches ouieurlèmble* âlen toute liberté Sc fcureté.Toutesfois fi quelcun des lieux proches amp;nbsp;circontioifins en pafi ^intvontan Prefehe defdites villestils en finit chafièzamp; mis hot? ignominieufement auec mc-I'lecs: eftant par ce moien toute liberté oftée aufdits fupplians. L a luRiee t^ui eil vn des prin-tipîuxfondcmensdes Eftats lôuuerains:amp; ce qui en ce Royaume à accoullumé dereliine plosquâctoute autre natiôin a aucun effet nyexccutiô efditesprouinccs.A caulcqueteftabli-^ment des chambres my parties ordonnées au refiort de chacun Parlement, eft différé quelque pourluitte amp;nbsp;requifition qui feil fur ce faite. Dâou procédé vnintereft notable au poute Peuple,qui demeure par ce moié priué du benefice de la lufticc amp;nbsp;fans luges fôuuerains pour fönoiftre de leurs appellations. Singulièrement que le Parlement de To lofé comme fufped i^cufeSc interdit ne peut conoift rede leu rscaufesôc ditferens. Ceux qui font mal affectez ⢠lubiende la Paixjvoiant fEdit fans execution, fhffat des troubles encores continué, la Religion amp;juflice fans cftabliffement-fè licenrient de jour à autre tant aux villes queaux champs âtoutes efpeces de maux amp;nbsp;malcfi ces:fc promettans toute impunité. Vn chacun vrayfujet â¢loliMajefté,uefpcré quede la conuocatiô amp;nbsp;deliberation dcfdits EftatsGencraux,n en pour-Wfcüifitquâvn vrav fingulieramp;fôuucrain remedeà tâtde maux qui ont débilité amp;nbsp;altéré grâ Usinent la bonne conftirutiô de ce Royaume tant pour la Religion que juftice amp;nbsp;policc.Mais â¢Plutôtqucîon à tousjours penfé que le principal nerf vertu defdits Efiats,efi:oit qu'ils fbict libres amp;nbsp;legitimes pour y dire oppiner,amp; requérir librcm êt tout ce qui touche amp;nbsp;peut appar-*^0« à lEftat d ece Royaume amp;nbsp;au bien amp;nbsp;repos public: lefdits fupplians fc ireprefentans lEfiat ^âtsprouinces tel que deffus, fi mal encores ordonné amp;nbsp;ertably,îhdit non effeéli.'é,ne peuuct Mr les caufes fufdites fv acheminer ny apporter leurs oppiniôs libres comme il feroit requis ^qrjâilà cftéfà intement inftitué par les anciens Reglcmens amp;prcmicrs eftablifïcmens defilits ^ftâtsGencr'aux.Et pou^monftrer que toutcliberé amp;nbsp;feurcté leur fimt oftécs-.remôftrcnttrefi ^timblemët que les armes quafi par tout font encores dcbout.Et mefmes îarméc des Reyftrcs autrescftrangcrs encores dedans le Royaume: jaçoitque par l'Edit toutes gens de guerre ^deuflentretirer 8c congédier amp;nbsp;mefmes toutes les forces eftrâgcres: qui caufe vne jufic cef-aufdits fupplians qui font encores plus bactuz amp;nbsp;perluadez de plufieurs propos tendas
P'usautenouuellcment des troubles Ãc efleuation d'armes qui fe prepare aux nations efiran-quâa vnebonne 8c aflcurée paix.En plufieurs villes comme à Lyon ôc autres,ores que par ^Edit foit dçfendii de tenir aucunes garnifons fînou celles qui font ordonnées pou rlâexecuii-enttecenement dudit Edit. Et quâil foit ordonné quâincontinant elles vuideroiét-. toutes-ftnseilesy font encores 8c lesportes dâiccl les gardées en forme dâhoftillité.Rechprchans les Pâffjnsamp;allansyfaifans eferire leurs noms 8c changer de logis de deux jours en deux jours. Quicaufe telle tremeurau cÅur defdits Catholiques vniz 8c de ladite Religiô.-quâils ne peu-uentfe perfuader le repos 8c le fruit de Paix quâils ont tousjours cfpcré.Qui rcuientau grand prejudice de leurs affaires,8c commerce public. Il à .plcuà faditeMajefté par fês lettres de con-riûcation defdits Eftats,mander aux gouucrneurs des prouiuces 8c Baillifs,de faire députer vn ®^iNobleffe,vn Eclefiaftique,8c vn du tiers cftat.A laquelle deputatiô 8c efledion ores quâ-dienefepeiitScdeufl faire fans faffiflancc defdits Catholiques uniz 8c de ladite Religion qui â'oâHmoindre intereft que les autres-.toutcsfois à caufe quâil nây à libre accez efditcs villes ou Wesdeputationsfè font: lefditsfuppliaus nâ-y-orneftéafTiftans nyoppinanspour crainte 8c ââleur des armes 8c contrauentions à lEdit ^luifà commcttentort^iairement efilites villes. f'oiifenfiiit que les Députez font efleuz à la deuotion des Eleélcurs:8caffiflans aufditsEf Generaux: parleront au nom dcfdits fuplians qui nâont aucunement oppiné ne confenty dcutnotninationzSc moins encores à leurs inflruétions qui leur agront efté baillées. Ce qui pourra eftte quâau grand prejudice des droits Sclibertez accordez aufilits fupplians par lE-depacification.Rt damant que fà Majcflé auroit voulu que fix mois apres b publication de ^it:lefditsEflats fêroicnt conuoquez 8c tcnuz:lefdits fupplians rcquierent,quc par vn prea-ââWc ledit Edit foit effeôtué.Et que les fix mois ne doiuent courir que depuis f entière execu-f'ûn non de la feulle publication dâicelluy. Afin que ledits fu jets puiffent jouir de la fèure-liberté qui eft requjfe à îaffiftance 8c deliberation generallc dcfdits Eftats. Et que voians b
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h face de ce Royaume tome ch3ngcc'.amp; lâEftat dicelkiy réduit en tou te paix amp;nbsp;tranquillity Itûipermis3 tous fes fujets vfer defes loix amp;ordoniiauces.Ce que prefentemtutilsnepeiiiét faire amp;nbsp;moins en ont ouuerture dây paruenir fans qu'il plaifc à voÃre grâdeiir inloimcrfaMa-jellé de ce que defîus:amp; fairejiouruoir à leurs juftes amp;nbsp;équitables remôftranccs.Parqiioyfui-uant le faint 2ellcamp; affection quâauez au bien decc Royamne amp;nbsp;à lafplandeuramp; (onfciua-tion dâicelluy amp;nbsp;faire ceCèr toute feméce de trouble amp;nbsp;diuifon à c reccncilier le peuples vue vraie vnionamp; concordequi ne peut eftreny procéder que dâvne entière amp;nbsp;parfaitechitrua-tion dudit Edit de pacification: amp;nbsp;pourpouruoir aux inconueniensquifen peuucnt enfui-urc lâon procédé aufdit Eftats Genei aux,les fuppliâs non ouyz en leurs droiisamp;'rimoiiflrâ-CCS.'les aimes encores drefltes, les principaux articles de lEditnon exécutez, la Iiiftkefou-ueraine non eflablie, les contrauentions patentes aux champs amp;nbsp;à lavilleauec touteinspuni-nitc, Plaife a voftre dite grandeur faire entendre amp;nbsp;trouuer bon à ladite Majclté que puisquâ-* il plailf à là débonnaireté ouïr tous fes fujets aufditsEfiait amp;nbsp;pcuri oirà lcurs plaintes amp;nbsp;doléances: que auant que ladite aflcmblée des Eftats fetiennCjlEdit de pacification feraefitôtué amp;nbsp;exécuté fuiuant fa forme amp;nbsp;teneur comme eftant vnelcy publique amp;nbsp;inuiolablc: quepaf deliberation aucune fondes Eftats generaux ou particuliers ne peut eftrcaucuntmtni altéré amp;nbsp;moins reuoque Ce faifânt qucfcxercice de la Religionfôitremiî amp;nbsp;introduiten tci tes les villes amp;nbsp;lieuxfuiuant lEdit. Les chambres de Parlement my particsjcftablics cnchacunicl-fort. Les aimes oftées Sc les fore es eftrangeres retirées. Afin que apres le tout deué mt't efec-tué, lefdits fupplians en toute liberté amp;nbsp;fcutetc puiflent par teute humilité amp;nbsp;reverenceafl f tet amp;nbsp;Oppiner aufdits Eftats pour le bien, repos, vnion, bon ordre amp;nbsp;police de ce Royaume» El en casque les Députez des autresprouinces de cedit Royaume, ncnobftant les Liir.bles rcmcuftrances quedefius: palfcnt outre pourdehberer amp;nbsp;conclure aucune cbofeefditsEf tats generaux contre amp;nbsp;au prejudice de lEditentout ou en la moindre partie: Les fôplians des maintenant amp;nbsp;par expres proteftêr de recourir à là Majefté pour plus amplement defduire fibefoin eft, la nullité de ladite affemblcc inanquc amp;nbsp;dcftcûueufei^nftmble ce tout ce qui fera arrefté. Afin que par leur arreft amp;. tonclufion, ne foit faite auc une breche ne prejudicie audit Edijtne au bienamp; repos de tout ce Royaume. Et les fupplians augmenteront dti£n( plus leurs trefafiedueufes prières quâils font continuellemei ,t à L leu pour iEftat granctuiêi properité de fa Majefté amp;nbsp;la voftre.Mais voians lesCcnfcdeiez que toutes ces rcmor.flrances
ne pouiioient rien gangner entre les Catholiques ,C onfeils de fa Majefté* amp;nbsp;moins en-cor^euoquer lafolemnclle refolutiondcsEfl atsCeneiaux de toute la France; ne peurentlong temps patienter comme jâay dit ailleurs fansmcnftrer par armes dcfcouuertes Icffet de ce qui plus les pafî.ônoit;ainfi que jâay délibéré vous faire particulièrement entendre. Apres vous auoir repreienté la tenue desEftats generaux de France conuoquez a Blois depuis le commencement jufques à la fin: fâs oublier aucune particularité quifoit
digne dâeftre rcmarqucé,tant pour le profit public que particulier de celluy qui fe veut habiliter amp;nbsp;rendre fage a îexemplc dâautruy plus que
- - - ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;par lâeuenemcnt de fon
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;propre mal.
* * *
⢠***
*
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Du
uarantetroizieme
Liure
8 K® 7â T E S patentej du peur la conuocation des Eftats Generaux à quot;Eloys. Préparatifs à la tenue des Sflats.Ferme quâon y tint. Seance (yr Harenpuc duE^y aux Eflats de ^^^^i^'^iaHme.Haren^ue du Chancetlier Birague. B^merctement des trois quot;Députez G ener aux . .Ant' ^^fiideurs du Boy amp;nbsp;des Eflats (généraux au B^y de quot;Ep^aUarre, Prince de Conde Zy^Iarefchal ^^^lt;^itttrs charges re/ponces d'icelles par chacun.Harengues des trois Deputequot;^ Generaux au quot;B^ oy: condition deuoirde la 2y oblejfe,des Ecleflaflics du tiers Eflat.Le Bsy ct^ouuer argent pour fes neceflitez (p- affaire di fon Boiaume. Edit de Paix caffèpar let ioppofeanimeufement le Baron de Adiratnbeau pour les reformez. quot;B^monflrances au Blffy (pr î du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ifon de vtlle de quot;Parispour l'entresenement de la Paix ou efl traitté du deuoir puiffance du
jAj nbsp;nbsp;nbsp;(if lamiferede fonBoiaumeauenuepour IrsGuerresciuiles.Harenguedu Duc deÃiontpencier
!((â⢠â'tteumé deuers le 7^ de Nauarre pour la Paix:Bequefle preflntée par le tiers Eflat General affem-c^^^ctenir la quot;Paix (fr reunir tous fes fuiets a la BjUgion Catholique mais finsGuerre.Députez â¢ilJ, l^ltmdres pour demander fecours au B^y amp;nbsp;affiflance à zSldonÃew. Biens d'Eglifl corne venus ipr îffi^^^^^Byquefle des DeputeUlfProteflans au B^y tÿquot; Eflats Generaux pour le fupplter de maintenir fon n ^'Ppâx.Pffponce verballe du B.oy Aââ Champ.Propofltion du quot;B^y à quatre fins. Dommaine du Bpy amp;nbsp;»IIII quot;^'Pâ''quot;*gt;âces du B^y pour lesfiziémesGuerres.Lettres du Bpy de fiPauarre au Parlement de Bourdeaux ffffoKe hautaine d'iceluy: dont il fi plaint. Efmeute a Bourdeaux fur les quot;Proteflans. Lettres du B.oy ç âquot;o^trneurs de fis quot;Prouinces par lefquelles il les a uertit qu'ils fi comportent filon la quot;B^folution ^s Eflats '^ââtjrdefin vouloir qu'il leur à donne'à entendre.
RE S O L V de commencer ce liure par la tenue des Eftats Generaux ( aâion des plus honnorables amp;nbsp;neceflà ircs qui ayent jamais cfté introduittes enaucuncrc-publiqucdecemonde) le deuoir d'vn Hiftoriographe mefembleeftrc vous en , efclarcir le commancement, le progrez amp;nbsp;fin dâiceux : par les caufes de îaflem-pat les moyens quâon y tint amp;nbsp;la relblution que y fut prife. Non à la manière des an-/quot;^aiitheuts dequelque langue quâilsfoycntdefqucls fc propolâns le diieours dâvnc choie 'ââæ 3 feftiment bien acquittez de leur deu, fils la traittent le plus brieuement quâils peu rttfiiadez je croy que la faifans goufter feulement, amp;nbsp;comme du bout des leures : ils fondent plus recommandables nous en laiflà ns pl us dâenuie de reccrchcr ce quâils y ont laif-malice ou peut eftre oublié par ignorance de ce quâils deuroyenr fçauoir les premiers. j^'â®'^eqüedcfrusma traditiue vous y fera veoir des accidens peu «loins remarquables que âpatticularitez des Eftats. En ce que non contant de vous auoir reprefenté par (^ui, com-^^^aqucllefin ils furent tenus : vousy verrez tout ce que ceux qui depuis les premiers âquot;subies nâont guercs vefeu contans: ont peu dire amp;nbsp;faire contre cei^ aflcmblce,. Pour don-*''cs apres le premier motif ( qui eft la plainte des Proteftans amp;nbsp;Catholiques vnis ) vousfai-'.'â'wit la plus prochaine cauiê de telle conuocation. Le Roy curieux de rendre tous fesïù-Nontans:feit publier ces patentes par fcftenduë de fon Roiaume en chacun rclTort amp;nbsp;Bail-' ^S'^fesProuinccs.
, ^oftreamé amp;nbsp;fealjdepuis quâil à pieu à Dieu nous appeller a Cefte Courone; nous nâauôs Lettre«par â^fncutn fl grâd defir amp;nbsp;recômandatiô.-qwe pat le moiê dâvnc botte Paix,mettre finaux trou-
Vuu
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L' H s I T o I R E DE FRANCE.
V5 7 nbsp;nbsp;nbsp;bles dont ce Roiaume à efté afflige par fi long tempsj afin de pouruoir à falrcratiô amp;nbsp;deforét'
Roy pourla qui y cft furucnu tât en fEftat Eclefiaftiqueque feculicr par faigreur amp;nbsp;cótinuatió dçsguej' conuocatfô pcj ciuiles:amp; reftablir toutes chofès en leur premiere fplendeur. Mefmes pour le regard aci Eftats. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;giclifcipline.Et fur tout foulager nos fujets à îauenir des grades charges,foul^
amp; opprefTiôs que la malice^iu temps lésa cotraints de fupporter à noftre trefgrâd regret Ce que nous auôs tousjours eftimé ne fe pouuoir mieux faire que par vne conuocationamp;alieW' blée Generalle des Eftats de toutes les Prouinces de noftre Roiaume. Mais le malheur a elte
tel que à noftre auenemét à la Couronc:nous auôs trouué les affaires en tel cftat, quâilnousî cfté du tour impoffible de paruenir fi toft que nous defiriôs à vne entière Pacificatie amp;nbsp;reco ciliatiô de nos fujeis.Laquelle en fin nous aiât efté odroice par la grace deDieu:nous voulos leur fairefentir les fruits de noftre premiere intetiô amp;nbsp;perpétuel amouramp; bié veilJâccenuers eux.Nousprometans aufiî que de leur part ils apporterôt vne droite deuotion amp;nbsp;finccrcanc' ⢠dion à noftre fèruicc amp;nbsp;au bien de noftre Roiaume.Et refpôdrôt au fâint defir que nous auos tousjours eu de lefôulager en tout ce qui nous fera pofTibleiSc les maintenir en Paix, repos » fcurcté tant de leurs bics que de leurs pcrfôncs:moiénât la grace deDieu duquel nous dpet^ Ã'X/'tA*) toute aide Sefecours en cefte bonne amp;nbsp;entière volontc.Accftecaufc nous vous auertifloos» «./«if^y^fisnifïiôs que noftre intétion eft de cômêcer a tenir les Eftats libresScGencraux des 5.ordres de noftre Roiaumeaujj.jourdu inois de Noué, prochain en noftre ville de Bloys :ounoü5 entedons amp;nbsp;defirôs que fe trouuét aucuns des plus notables pcrfônagcs de chacuncPtoumcC) Bailliage amp;nbsp;Senefehauffée de noftre dit Roiaume-.pour en pleine a/fêblée nous faire entenéK les remôftrâccs,plaintes amp;: doleâces de tous affligez: afin fans exceptio de perfônes dây !
Occafions de raii'cm-blée.
Seconde oc-calion de l'aflcmblée desEftats.
tel ordre amp;:remedc taten general quâéparticulierjqnclemal rcquerra.Et leur faire cono«â par effet la grade amp;nbsp;entière affediô que nousauôs tousjcurs cuë:amp;: qui nous continué tes de plus en plus de rcmctreamp; reftablir toutes choies en bon Eftat,amp; les y maintenir tant» fi longuemét quâil plaira à Dieu nous faire la grace de regner fur cux.Auflî pour nous dônet aïiis Sepradreauee eux vne bône refolutiôfur les inoiés dâétretcnir^ioftreEftatamp; acquitte! foy des Roys nos predeceffeurs amp;nbsp;la noftrc le plus au (ôulagement de nos fujets que fâite^® pOurra.Pour aquoy fatifFaire,nous voulons vous mâdons Sctrefexprcflemetcnjoignosque*'â' cpntinât apres la prclcnte rcceuëjvous aiez a fôn de trôpe amp;nbsp;cry public ou autremét à conuo-quer amp;nbsp;faire alfembler en la princippalle ville de voftre refïort dedans le plus brief temps que faire cepourra:tous ceux des trois Eftats dâiceluy,ainfi quâil eft accouftuméfaite amp;quecyee uant feft obferué en féblable cas:pour coferer amp;nbsp;côniuniquer enféblemét tant des remôftra-ces,plaiiffés Sgt;i doleâces,quemoiensamp;auis quâils auront a propofèr enîalféblce generallece nofdiis Eftats.Et ce fait cflire,choifir amp;nbsp;nômer vn dâentre eux de chacun ordre quâils enuoiC'
ront amp;nbsp;ferôt trouuer audit jour 15. du mois de Nouêb. en noftre dite ville de Bloys auec amples inftruófiós amp;nbsp;pouuoirs fuffifans,pour felô les anciénes amp;nbsp;louables couflumes de ce Rof' a^ç nous faire entendre delà part defdirs Eftats,tant leurs dites plaintes amp;nbsp;doleâces :quccc quâil leurféblera tourner au bié public,fôulagemétamp; repos dâvn chacun. Enféble les moicns qui leur fébleront pluspropres amp;nbsp;moins dômageables pour entretenir noftre eftatamp; délivrer noftre dit Roiaume de la neceffité en laquelle ils le voiét réduit à noftre trefgrâd regret.besal-fçurâ§,que de noftre part ils trouuerôt toute bône volôté amp;nbsp;affeéfiô dâéxecuter cnticremetcc qui aura.efté auifèamp; refblu aufditsEftats.A ce que vn chacun en fôn endroit puiflè receuoiramp; fcirtir les ftujts quâô peut amp;nbsp;doit attédre amp;nbsp;elperer de hftuë dâvne telle amp;nbsp;fi notable afïèmblcc. Doni|é.à ,Parisl,cfîziéme jour du mois dâAouft,
Prcparatîs aux Eflatï Generaux.
plainte des Proteftans.
Cela publié en la Caj^italle de chacune Prouincc,fut foudain enuoié par les Officiels du Roy és refïorts dâiçelle pour y faire al^mbler les j. ordres qui cômuniquerentzPuis auoiren-uoté les plus fuflfifans dâeux, le Magjftrat de cefle princippalle ville,deputoit ceux de tous qui lé,;rouuoient les p^s fuffifans pour exprimer les plaintes de la Prouince aux Eftats Generaux-Siirquoy les Pr.otcftâs amp;nbsp;Catholiques vnis,fè plaignoient de ce quâencores que la volonte du Roy feftendift generallcmét fur toys fts fujets que dâvneque dâautre Religiô.-Ils nâauoiéttou-tesfoisefté côuoquçz ny receus cz affcblées de ces Eftats particuliers pour y declarer le fujet amp;nbsp;caufês de leurs plaintes corne vous verrez ailleurs.On ne laiftà toutefois de pourfuiureamp;le . ^trouuer à Bloys ou premieremêt Moruillier fut enuoié pour policer les affaires du païsiamp;pte' 'parer tât lescÅurs.des Catholique? que lafcacc des Eftats.Lc Châcellier Birague puisle^?
-ocr page 685-livre QJARENTETROÃSIEME. 541.
â^üuembre la RoineMerc fy trouua par laquelle nombre de Députez luy auoir fait la reucré- Deputed, offert leurs perlônncs, biens nbsp;nbsp;vies à lôn lêruice,furent remerciez amp;nbsp;enqojcz au Chan-
ralierlui en prefenter autantiplufieurs trouuans neâtmoins fort ridiçulle de les voir ainlinpt- piajnte . adorer ceux à qui ils deuoient hardiment demander compte du palfé au nom de toute la Proieûan» f3nce.Au lédemain le Roy,la Royne amp;nbsp;Duc dâAlançon y firent leur entrée allez magnifique Entrée du JiJnsjafaitpalfer quatre regimens de pied fort bien en conche par le milieu de Bloys poural-
'ftnleurs quartiers au tour la ville. Les deux cés Gentils-hommes delà mailbn du Roy e- RoyTiJioy» hient logés à Baugency. Il y auoit aulfi douze cens SuïlTes, les Elcolïôis,les Gardes ordinal-* ^'sdefaMajeftéfans les trouppes que ceux de Guylê amp;nbsp;autres Seigneurs y auoiotamenez^Si ^âctûut le pays eftoit fourny de Cauallerie amp;nbsp;fanterie.Puis les Deputes furent chacun en deur °f(ire teuerer fa Majefté. Laquelle les auoir prié regarder au foullagemcnt de fon Royaume : öfitallertrouiierlonfrere qui les reccut humainement. Levintquatriéme, le Roy fittrier ^iicchacunEftatfaflcmblaft à deux heures de midy pour leur chargeamp; Conference deJeurS 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-, 1
â^ytrs.LâEclefiaftiqueà Saint Sauueur, les Nobles au Pallais amp;nbsp;le tiers Eftat en lamaifondc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;
Whales Députez de chacune Prouince,furent appeliez fuiuant fordre tenu à Orleans ,1^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h
hrent leurs noms eferits: ou Auanfon ArcheuelqucdâAmbrun pour le Clergé alla vifiter la * Nçblcffeamp;Jejjgpj
Eftat auec honneftes remonftrancespour les vnir en mefine volonté. Ce ââ tiHuillicr Preuoft des Marchas de Paris corne premier Deput_é,leremercia amp;nbsp;la Noblelfe Puis ces deux Eftats deputerentau Clergépour le remerciefde telle courtoifie.Levint- . ®®eamp; vintfeptiéme le Preuoft des Marchans futcfleu Prefidentau tiers Eftat.Le Prefidét Differens âEscomptes Député auec vn Echeuin amp;nbsp;Verforis Aduocat pour la ville de Parisjnâayans eux au*Eftats. âfoisquâvne voix. Le refte du temps amp;nbsp;jours fuiuans,furent emploiez à débattre les /èancçs Wuememens, nombre,ordre,amp; preleances dâiceux. Mefmcment pour les Gouuernemcns ^neansSc Guyenne.Ou fut arrefté par le tiers Eftat,que ceux qui eftoient en different fè fe-Wnt regier par le Roy dedans trois jours.Et cependant quâon opineroit par Gouucrnemés. p^xdeBourgongnevouloientauffi auoir le premier lieu: alleguans queleur Duché eftoit «preinierepayriedu Roilume quelques exemples anciens de telle prerogatiuc.Mais ceu^ i Wille de France maintenoient auoir tous jours eu le premier dt^é amp;nbsp;de fraîche mémoire à 'häns. LePreuoft des Marchans femporta pour Mfle de Franc^ La Noblelfe ne debatoit âquot;(âwscelleprefeance 8i îhÃneur de rapporter ce qui lêroit conclud Sgt;c arrefté entre eux.Mais 'wtonde Senefeey fils du grand Preuoft de îholiel, le gangna:qui lut efléu par la Noblefle ^Q'îimCjEfpinac Archeuefque de Lyon pour le Clcrgé amp;nbsp;V erloris pour le tiers Eftat. Au pre-âââW Décembre les Députez de fille de France amp;nbsp;ceux de Bourgongne entrcrenlten diffe-^(i'SurccqueBodin Député de Vermandoisamp;: le premier apres ceux de la villc,Preuoftc I'®quot; j^Vicomtede Paris pretendoit lafcance apresceux de Paris.Et les Députez de Senlis, VaD 'ââ bMantCjClermonr, Meulan,Dreux ôcautres de fille de France la vouloienr auoir apres du bien pu-5J?®3ndüis. Ce que ceux de Bourgongne amp;nbsp;Bretagne empefchoiet.Ceux de fille de Fra-''oient quâil leur eftoit necelfaire dâeftre apres ceux de Pans pour oppiner tous enlêmble quot;houucrnemcnt de fille de France comme il auoit efté arrefté quâon oppineroit par Gou** quot;emens. Ceux de Bourgongne dilôient quâaux Eftats de Tours amp;nbsp;Orleans ils auoient eu
, quot;câpres ceux de Paris. Le tout renuoié au Roy en mefme différend entre les Nobles, ad-I ®^^prefeance à la Bourgongne. Occafion que Bodin le teuft craignant femblable Arreft âquot;quot;y-Ce jour les Gouucrnemens furent appeliez en tel ordre.LâIllede France j Bourgon-
^'âô''«)Champagne,Languedo,Picardie,Orleans,Lyonnois,Dauphiné,Prouéce,Bretagne, ordredes â^'^âdie. Sous Guyenne demeura la Rochelle qui nâeut aucun Dcputé.Sous Orleans,Poi- Deputezfe-^Vourainejle Maine,Anjou,Bloys,Amboyfe,Angoumois,Scie Ãarquifat de Salucesfous Gouuemc-
phine.Pujs le ils veriffierent leurs pouuoirs.Et auoir ouuert les cayers,entrerêt enCon mens-â'®ce:Premierement fur le point de Religion; Sur laquelle plufieurs conclnoient à îentre-^'^entdc ÃEdit : les autres furent d'auis de fupplier le Roy de lefcntretenir en la Catholi-
% nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Romaine mais là nsGuerre.Le plus de voix néanmoins emporta par apres RcUgion.
Il ontraitepar quelque moyen que ce fuft. Le cinquième Décembre le tiers Eftat cn-flo kl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelques autres fupplier le Roy de donner fcance au tiers Eftat hon-
fen nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâil ne fuft point riere [les deux autres. Fut auffi arrefté que fille pre- TiersEflai
â^'^aucun pour former oppofition amp;c protefter contre les Eftats,que le Roy icroit fupplié.
Vu U
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Icurncs*amp;-Proccflîons dcaâniric â
LâH I s T o I R E D E FRANCE.
jour.
Larr-ons
ne
de paflèr outre ïâns y auoir efgard . Puis le Roy rcfolu de faire fa premicicfcance le J Decembrc:fut auifé premief quây entrer que le Roy amp;nbsp;les Eftacs feioyent leuftes amp;nbsp;Procefli' - óns Gcncralles pour prier Dieu quâil donnait bonne ylTue à celte allcmbléc ⢠Durant ces K' lies amp;nbsp;alfemblées publiques, furent veuz nonpunis, larronsu'nnunierables,coupeurs dc bourcôc^n- bourïes èii tOus lieux, voiré fiilqiies à collé du Roy en quelque endroit quâil full.Tantacreu ... ijcRoy. faudà Ce par fimpunité des mefehans caufèepar le defaut des lulliciers, non moins que Impunité Palleurs qui deuroient autrement furueiller fur tant de brebis efgarées de Icurdeuoir.
cauic de
tuui maux,
côme ces défauts ne font que trop ordinaires parmi nous: Ce que les gens de bien trouuoient , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ le plus éftrange elloittincroiable téméritédc»Cespandercaux qui auoient faudacc de fapro-
R^y ⢠l^ns crainte de punition amp;nbsp;reucrence de la grandeur.Ce qui ncvientqu^ * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du ittiÃfädifle à cc^z quâon donne à toutes fortes de gens enuers le Prince fouuerain. Eeque
aü fébdei^aln for les deux heures apres midÿ venu en la Salle richement tapilfée,pourueuè de f/i^canc^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;éftoitbefoin: fut conduit amp;nbsp;mené folemnellement fous vn haut daix-
auec le squot; Ãuhflffis éhfön chrohc clloit à la dextre au delfous la Royne Mere. Et au mefme collé vnp壮 Princes amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le Cardinal de Bourbon,lc Marquis de Conty amp;nbsp;fon frere puifoez du Prince deCo'
kur or^c.^ dé,'le Dtic de Montpcncier,le Prince Dauphin, Mercur frerc,de la Royne. les Ducs du Main^*
Ef rïerçcüx le Dut dâVzfcz. A gauche vis à vis choit la Royne amp;nbsp;vn peu plus loin trois Pai*^ du Clergé Eudques de Langres, Laon amp;nbsp;Bcauuois. Au bout de fefohafaut leChancelheren vnéÃhailcà toftclênehrecommeau milieu du Theatre. Audeuant duquelyauoit douze barlcs dé ranc du cohe droit amp;nbsp;autant à gauche.Sur les fix premiers à droite choit le Clergé Sur les fix gauches la Noblefle.Et riere les deux ordres dâvn amp;nbsp;dâautre cohé, le tiers EftatlC' löHTöfdtdqu'ilsâfurent appeliez: foilà nt le Baron Doignon fEhat de grand Maihre desC«®' mbhtós dblèiit. Au trailers des douze bancs y en auoit dâautres au deuant en logucur poutlcâ Conlêillers du priuc Côleil.Et le rchc de la Salle plein de toutes fortes dâhommes fans ordre-Et auliaut de la Salle les Galleries pour les Dames amp;nbsp;Gentils-hommes de Court. Au reft« Theatre choit circUy Sc cnuifônédes deux cens Gentils hommes,Capitaines des Gardes» riuiflîérs amp;nbsp;H'elauts dâAhfics portans leurs habits accouhumez en tel cas.Surcc le Roy auoir leùé fon bonnet à fhqjhrçur de fairihancc,luy tint ces propos de grace amp;nbsp;adió fori bel*® dkT^yHe« â Mcïfieurs il ny a pcrfoi^nê de vous qui ne fcache les caufes dcfquclles jâay elle efnieu a «on* ry J. aux nbsp;nbsp;uoquer cche alfcmblécPourcc nâeh il befoin de confommer le temps en parolles à le vous
entendréde croy aulfi quâil ny a ccluy qui ne foit venu bien inhruiél amp;nbsp;preparé pour lauf Bloys. faire'à tout ce que jâay mandé par mes Commilfions publiées en chacune Prouince.Rt mâali* réâdauyhÃge quâil ny a homme en cchç compagnie qui nây ayt apporté le zelle amp;nbsp;affcélion quâvnbonScWyallubjedl: doit auoir enuers fon Roy 8ilcfalutdelà patric. Prefiippofaiâ^ â ceià jjâelpére quâen céfie ahèmblée de tant de gens debien,d'hôncuramp; dâexperience:fe troüUC ,rôntlcs moieriS pour rrt'ettre ccRoiaumc en reposipouruoir aux defordres amp;abbusquiyfont entrez par la licence des troubleszdeliurer mon peuple dâopprcfiion:amp;en fomme donnerr«-mede aux maux dont tout les corps de ceh Ehat eh tellement vlccré, quâil nâa membre fai» ny entier, au lieu quâil foulloit ehre le Roiaume plus heurenx,plus fleurilfant amp;nbsp;fur tous autres rehômé de Religiô enuers Dieu,d intégrité en luhice amp;nbsp;vniô entre les fujets,dâ3mour amp;nbsp;obelffariceenuers leur Roy amp;nbsp;de bône foy enuers les hómes.Tóutes lefquellcs chofcsfevoiet maintenât tant altérées Ãr en plufieurs endroits fi effacées,quâà peine fenreconoih vmbreny marque. Certainement quand je viens à confidercr îchrange changement qui fe voit par tout depuis le teps des Roys de trefloüable mémoire mes Pere amp;nbsp;aycul:amp; que jâetre en eóparaifo» du pafféau prefennie cor^s combien heureufé choit leur conditio, amp;nbsp;la mienne dure amp;oi® cille.Car je hâignore que de toutes les calamitez publiques amp;nbsp;priuées qui auiénent en vnE-hat: le vulgaire peu clair voiât en la vérité des chofès,de tout maux quâil font ilfen pradà fon Occafions Princc, fen aceufo amp;nbsp;appuie à gared comme fil ehoit en fà puifïà nce dâobuier à tous finiftrö cfuiksnT^ ^c^fo^â^sou dây tcmedier auffi prôptemctque chacun le demadc.Bien me coforte, quâil ny^ viennent de perfone de foin jugemét qui ne fcache la fourcedâoufôt venus les troubles qui nous ontpro-uosRoys. jg mifores amp;nbsp;calamitez:dc la coulpe amp;nbsp;blafme dcfquellcs, le basaageauql le feu Roy LaRoync nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chiôs lors:nou.s juhiffie ahéz. Et quad à la Roine mâaMcre,il ny a perfonno
Mere. de ce tëps là ,qui ait peu ignorer les incroiables peines amp;nbsp;trauaux quâelle prit pour obuiet Æ commâcemét des malheurs amp;nbsp;les empefeher. Mais autre fut la determinatiô delà pronidéce diujnc;
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^Hiine: dont elle porta les angoiflès amp;nbsp;ennuis qui ne fc pcuuet comprandre pour la fin gu liiere ^«tion qu'elle auoit à ce Royaume, amour amp;nbsp;maternelle charité enuers nous lès enfans: âWie danger de la diflîppation de noftrepaternel amp;nbsp;legitime heritage : Ia conferuation âââquel apres D i e v je luy dois amp;nbsp;tous vniucrfcllement qui aiment la France font tenus luy Weimmortelles loüangcs delà grandeviginance,magnariîmité,loinamp;prodenceauec Wllcs clic à tenu le Gouuernail pour (à uuer ce Royaume à noftre minorité, contre fin-
vagues amp;nbsp;limpetuofité des mauuais vents de partiallitez Si diuifions dont ceft Eftac quot;hit de toutes parts agité. Pareillement il ny a perfonne qui ne me doiue rendre tefmoigna-
toftquejâay^^â:^ââ^â^^^^amp;^^^P°â''^â'1^5 Armes pour faire lèruicc au feu Roymon
'^tcamp;ace Royaume: je nâay elpargné labeur ny peyne. lâay expolc ma perlônne Sema 8t âJ^stous hazardz ouilà efté befoin dâeflà ier pat les Armes a mettre fin aux troubles. Et r«porte-ââ¢âMtrepartou ilà efté befoin deles pacifier par reconciliation,nul plusquemoy neladefiré: J^Janicment plus volontiers que moy nâa preftéforeilleà toutes honneftesamp; raifonnables conditions dBafEiic«.
ââ^âîixqueîonà voulu mettre enauant. Nul nâignore aufli ledeuoir ou je me mais de PWt ce Royaume auant que dâen panir pour aller en Pologne. lieft pareillement no-quot;J''« à tous en quelle combuftion jctrouuay les choies à mon retour. Plufieurs villes amp;: PW fortes occuppces,les reuenus de laCouronne en plufieurs lieux vlùrpez,le commerce f 7) partie de fubjeds desbordez en toute licence. Brief tout ce Royaume plein de con-W, Ce que voyant à mon arrîuéc je mâefforçay par tous les offices amp;nbsp;moyens de dou-
qui me furent poffiblcs, défaire polèr les Armes: Icuerlcs deffiances, aflùrer cha-W tendre tous mes fubjeds capables de mon intention : amp;nbsp;que ma volonté ne tendoit â pacifier les troubles par vne bonne reconciliation, amp;nbsp;faire viure tous mes fubjeds en
^ââxamp;repos fous mon obeylTance. Toutesfois je trauaillay lors en vain, amp;nbsp;demeura mâa ®'®e intention, fruftrée. Ce que voyant à mon trcfgrand regret, je fus contrainél recou» 'âââax extremes remedes que jemâefforçois dâeuiter comme vn rocher en la mer. Ayant lâP^rexperienceconneiLlesmà ux que les Guerres inteftines apportent à vn Eftac. Com-
de miferes lesfubjedsde ce Royaume auoyent ja fupportées parîinjure dâicelles: Et fi le mal-heur eftoit quâelles continualfcnt : je ferois auffi contrainéi de continuer les
amp; tributs fur mon peuple. Voyte à fauenture les multiplier ; comme les defpen-^^defditesGuerres font infinies amp;incftimables. îe confiderois dauantage que toutesoc-
amp; moyens me lèroyent tollus au commancement de mon regne, de faire goufter à ®^5fiibjeds, Icfruûft de ma bénignité amp;nbsp;de la volonté aucc laquelle je venois les loullager ''âââSt gratifier chacun félon fon mérité. Preuoiant de la que de ce que plus Je danois ad-quot;ændtoitce que plus Jâabhorrois. Pouuant affermer en vérité, que de tous les accidcns de dctnieres Guerres, je nâay fênty fi gricf,nc qui mâair pcnctrédans le cÅur fi auant: que les Wflionsamp;mifêresdcmespauures fùbjeéfs: la compaffion defquels mâa fouuent efmcuÃ
Ev de me faire la grace de les dcliurcr en brief de leurs maux,ou terminer en cefté
» pâ^demonaagemonrcgneamp;mavieaueclarcputationquâil conuientà vnPrincedcfcen-ââparlonguefucceffiondetantde magnanimes Roys : pluftoft que de me laiflèr enuieillir
1 nbsp;nbsp;'*^1 nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f r n. 1 dcsnoniicur
iescalamitcz de mes fubjeds lans y pouuoir remédier : amp;nbsp;que mon regne mit en la gfmauuaifc Woirede la pofterité remarqué pour exemple de regne malheureux. Bien dois-je rendre reputa«?« PrarKci TA â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c arauenir
bU1E V que en toutes ces agitations d orages amp;nbsp;tempeites, u ma tousjours contor- foUcite lo
ûvne ferme fiance, quâil ne mâa point mis cefte Couronne fur la tefte pour mâa confu-ny le Sceptre en la main pour verge de fbn ire. Mais quâil mâa colloqué en ce Souuc- jeurdeuoir
Megré de Royalledignité,pour eftre inftrument de fa gloire, f^iftre amp;nbsp;difpenfatcur de ^^Wsamp;benediéfions fur le nombre infiny de creatures quâil à mis fous mon obeyfïà nce ppwftion. Auffi le piiis-jeappellerà tefmoin, que je me fuispropofé pour vnique fin
, folut Sc repos -de mes fubj eôts. Et que à cela tendent tous gies pcnfèmensJcdeffoins Roy, quot;âânnie au port de la plus grande gloire amp;nbsp;feclicité que je puiffe acquérir en ce monde. En quot;h intention apres auoir bienconfideré les hazards amp;nbsp;inconuenians qui eftoyent de tous J, hz 3 craindre: lâay finablement pris la voye de douceur amp;nbsp;reconciliation. De laquelle
3 reciieilly cefruiél quâelle à cfteint le feu de la Guerre dont tout ce Royaume eftoit âââflânibc : amp;nbsp;en danger de les confommer entièrement qui nâeuft foudainement Jette cefte
deffiis. le fçay bien que dâvne fi grande combuftion qui à dure fi longuement que celle
V U u iij.
-ocr page 688-lanuier, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L' H S I T O I R E DE FRANCE.
des troubles de ce Royaume, il en eft demourébeaucoup de Reliques, lefquellespounoiew facillcment rallumer le feu qui ne les amortiroi't du tout. Aquoy je veux princippallcment trauailler, accommodant autant quepoflible fera toutes choies pour affermir amp;nbsp;aïïurer vne bonne Paix: laquelle je tiens eftre comme le rcmede lèul amp;vniquepour conlcruerlcfalut de ceft Eftat. Auflî eft il trc^ cuident, que lans la Paix toutes les Ordonnances, prouilions ma^fdâauiru^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fu'ojeds, neproffitcioyent rien. Soyons
amp; le leur, donc par la raîlôn, par les exemples des mal-heurs dâautruy amp;nbsp;le trop dâexpcrience des no-ftres bien enfeignez » le croy aulfi que ü chacun faid fon deuoir auec fayde de D i e v, ce-/ie aftemblée ne le départira point que uâayons fait les fondemens dâvn repos alTiiré:trouiiéles â remedes pour foullager mon pauure peuple : pourucoir aux abbus amp;nbsp;ranger tous Eftats en bon ordre amp;nbsp;dilciplinc. Car il ny a rien fy difficille dont auec le trauail Ãi vniuerfel conlai-tement de mes fubjeds tous Icfquels vous reprefentez icy â¢. je ne me puillè promettre îifluc gt;, nbsp;nbsp;â¢, que je defîre, Pour ces caufes je vous prie amp;nbsp;conjure tous par la foy amp;nbsp;loyauté que me de-
uez; par l-affeôlion que me portez, pour lâamour amp;nbsp;charité quâauezenuersvollre patiiej aulà lut de, vous J voz femmes, enfans, pofteritc Sc à laconlcruationdevoz biens: c,uâen cefte alïèmblée toutes palftons miles en arrière: vueillez tous de cÅur amp;nbsp;volonté vnies: mettre viuement la main auec raoy à ce bon Åuure pour mâayder amp;nbsp;afturcr ce repos lincce-faire: extirper autant que faire le pourra les racines amp;nbsp;leniences des diuifions : reformer les abbus, remettre la luftice en fon intégrité :amp; en lomme repurger les mauuaifcs humeurs de ce Royaume; pour le remettre en là bonne fanté vigueur amp;nbsp;difpolîtion ancienne. Quand Deuoir de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je VOUS prie celle oppinion, que je reconnois de la Grace de D i e v ce que jt
Roy. fuis,que je ne veux pas ignorerpourquoy il mâa mis en te plus haut lieu dâhonneur amp;nbsp;dignité. Et moins veux-je mal vier delà fou ue raine puillà ncc quâil mâa donnée. Icfcayquc jâauray vne fois à luy rendre compte de mâa charge: amp;veuxaulfi protefter deuantluycâ celle alïîftan ce, que mon intention eft de régner comme bon, jufteamp; legitime Roy fur les fubjeds quâil à mis en ma conduiéle. Que je nâay autre fin que leur ûlut 8c prolpcrité. Nul fi grand defir que de les veoir vins amp;nbsp;viure en Paix lôus mon obeynance : veoirraon pauuK peuplelbullagé ; mon Royaume repurgé desabbusquiy ontpris pied parîinjurcdu temps amp;nbsp;le bonordre amp;nbsp;difeipline reliably en tous Eftats. Vous alfurant que à celle fin je trauail-leray jouramp; nuict:Ãcy emploieray tous mes fens, mon loin 8c mes labeurs fà nsy efpargnct mon läng amp;nbsp;mâa vie fil en ellbefoin Au.dcmeurantlbycz certains je le vous promets en pa-rolle de Roy, que jeferay inuiolablement garder amp;nbsp;eotretenir tousles rciglemensamp; Ordonnances qlli lèront en celle alTemblée par moy faides. le ne donneray diljienfeau contraire: ny permetray quâelles Ibyent aucunement enfraintes, Parqiioyfi vouscorrelpondezà mon intention, il ny a rien qui puilfe empefeher le fruit de noz labeurs. Car il faut croire que D I E V affiliera cefte congregation amp;nbsp;fifoinéle entreprife de laquelle fi je puis moyennant fâ Grace venir à Chef, jâelpere que fon verra Ibus mon regne ma Couronne aulfi fleurilfan-te amp;nbsp;mes fubjeds autant heureux quâils ayent jamais cfté en autre temps de mes predecef-leurs. Choie qui auec tous mes veus 8c affedueulès prières ie requiers inceflà mmantà DKfj comme le plus haut point dâhonneui 8c gloire ou je faurois attaindre en ce monde : amp;nbsp;auquel CAiocclicr fi je puis patueninjc me fentiray trcs-lieureuz 8c contant.
Harcnguc. * Harengue finie 8c auoir dit que fon Chancellier leur feroit entendre le furplus de là volonté. Birague feit deux grandes reuerences au Roy amp;nbsp;fe tint quelque peu debout luy addrelïà nt faparolle. Puis tourné vers faftemblée apres lès exeufes de ce quâil elloytpeu exercé en telles choies ccjffime ellranger 8c feptuagenaire : Puis protefte de dire vérité : commença par vn difeours des Eftats de France, duquel il entra fur le Clergé, la Nobleireamp; Tiers Eftat. Puis alfez toll ez louanges du Roy 8c en la juftiffication des Gouuernemensde la Royne Mere. Enfin nbsp;nbsp;parla p'our auoîr argent,féconde fin de celle alfemblée. Puisa-
uoir achcuéfeleua pour fe prefenterau R o Yjle fuppliant de Icauoir fil y auoit quelquâvn LesOra- entre les Députez qui vouluft ptopofer quelque cholé, amp;nbsp;pourccleur donnait audience. ciMtîcquot;'â' Ce quâaccorde ÃArc h b V£ s v e de Lyon apres la rcuerencc remercia le Roy pour tout le Clergé de lôn bon vouloir, quâils fcfforçeroyent accomplir. Rochefort pour la No-blelïé amp;nbsp;fHuillier de Paris pour lé tiers Eftat en feirent autant. Ce qui fut tout pour ce jour.
le
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t B trente vn de Décembre Ic Roy fit entendre aux Eftats par le Prefident premier de la ^fiambrcdes comptesde fions de fies finances amp;nbsp;les debtes contradées par ces predccclficurs fonsde f« ^'â¢ic.îcedoicnt cent millions. Qu^à cefte fin il auoit principallement afièmblé les Eftats pour finances â^^uitter lafoy de les Deuanciers amp;i. la fienne;parce quâils pourueuflent à iês neceffitez. Sur-Wfirent Députez nombre de gens de chacun eftat pour entefldre du Prefident ÃEftat des â'ancesiEn confierer amp;nbsp;auilèr pour rapporter ce quâil auroit efte communiqué à chacun E-âât)amp;fiirce donner auis. Mais le rapport fiait par ces Députez, fè trouua quâon ne pouuoit ^''tendre au vtay ledit Eftat des finances. Attendu quâil ne baillait rien quâen abrégé. Et plu-â'ââRpenfoient que les abrégez nâeftoient vray: nây les dons amp;nbsp;penfions portées par iceux qui quot;'furent communiquez aufidits Eftats.
R pourcc que le Roy de NauarrejPrince de Condé, Marefichal dâAnuille amp;nbsp;autres Sei-^'ursque Proteftans que Catholiques vnis,ne fieftoiét voulu trouuer aux Eftats comme le Ambafla-
les en auoit fiemons nbsp;nbsp;priéifiut auifè au Conicil quâon leur enuoieroit Ambaflà deurs tant
âquot; ^onidii Roy que des Eftats auec inftruétions, pouuoirs amp;nbsp;creances telles que taflemblée Efta^ts Gene âquot;quot;'roit.Pourcele a.Ianuier i')']']- le touteftant drefle fiut porté pour eftre communiqué au 'foisordres ô charge de nâen rien mettre par eficrit nâi en Tabltctes.Mais les inftruélions feues Princ^dT Miuerfcsfoisjfutauifé par le Tiers eftarde corriger les parolles aigres ôc piquantesamp;icel-
Communiquer aux autres Eftats. Pour le tout reueu amp;nbsp;accordé en eftre retenu coppie fi- dâAnufiie.
mife par deuers le Greffier. Puis on rapporta que les Eftats du Clergé amp;nbsp;Noblefte a-^'quot;'ntauifé que les procurations, lettres amp;nbsp;inftruôtions feroient fignées ficulement des Grefi-quot;sdesEftatsfiansen retenir coppies. Le tiers eftat ncantmoinsfarrefta à Ion premier auis, °orcemcfmcmét que ces inftruôtions eftoiêt pleines de parolles dcnonciatiucs de la guer-
obligatoires aux firaix dâicelle.Quc la coppie demoureroit au Prefidet cachetée julqucs quot;â'otretoiir amp;nbsp;que le tiersEfiat ne paieroit rien des firaix de ces Ambaflà deurs,veu quâils nâe--^'otenuoiez à fa promotion.Et mefime que chacun Eftat paieroit les frais de la venue defies ^putez : voiant que les autres vouloient en ce charger le tiers ordre.Le quatrième jour ÃE-
de Bazas receu au tiers Eftat auec fès inftruôtions dift, que le Clergénâcfitoit promo-
de cefte legation. Ains le Roy qui vouloir que les parolles rayées y fiuflènt remifes. Il a-Mâque la Nobleflè nâeftoit dâauis quâaucun allaft vers le Prince de Condé. Somme que ^quot;heuefquede Vienne, Rubempre amp;nbsp;le General Ménager furent deftinez au Roy de Na-P^'f'vers lequel ils partirent lefixiéme jour auec Biron.LâEuefique dâAutun,Monmorin amp;: le ytefidentdePoitiers au Prince. LâEuefique du Puy,Rochcfiorr,amp; de Tolé au Marefichal Anuille. Ce fiait le Roy fit appeller particulièrement plufiieuts Députez pour fà iôt de dwCathoiL âLigue amp;nbsp;alfiociation dont je vous ay parlé ailleurs,tcndant à maintenir la Religion Catholi- contreks ^quot;'idâexnrper la Proteftante, defiendre le Roy amp;nbsp;conlêruer le peuple: quâil enuoia aux Gou- ' ^'l'ours des Prouinces pour la faire figner aux villes 6c Gêtilshommcs chacun en lônreflbrt. Amyens rc-'quot;'que plufieurs firent, aucuns différèrent amp;nbsp;les autres en firent reffus corne Amiens qui en- â '
« I^oputez exprez pour le faire trouuer bon au Roy. Et pource quâon doutoit que les 'dies de Guyenne Catholiques fiuffent prifies ou quâelles fie reuoltaflént: on enuoia Garnifôns ^quot;piüfieurs qui en nartie les receurét en partie les refiuferent.Le 12. le Roy leur fit fiauoir quâ- JhoVique» jâf^uloitdonneraudience le 17. encores que les cayers ne fiuflènt expediez.Parcc quâil vou- dcGuycnnc ââ'que lefüjet des cômiflîons quâil auoit a décerner cy apres, fiut pris fur ccluy qui luy feroit f'fipofépar les Harengueurs.Et quâils auifiaflènt aux moiens de lefiecourir en fies affaires. Le
H- lîs Députez de Dauphiné firent entendre à tous les Eftats,la prifè des villes amp;nbsp;places for- fJ7emuTnt les Protcftans,amp; les calamitez dudit païs.Exortans faffemblée dâauilcr aux moyens de
/'quot;'fiepais;autrement proteftoient de nâaflifterà laclofturedu cayer.Autant en firent ceux ''â^fiyenneamp; Languedofans proteftation. Le 15. Verlôris Orateur du tiersEftat fut exoné Pâf 't^usdâajouftcr quatre points à -fia harengue quâil deuoit faire le dixfeptiéme dont il auoit Eftat amp;nbsp;le
pftficipaux Articles. Le premier que lare-vnion deAusiesfiujctsduRoyà vne
I g'on fientendoir par doux moyens amp;nbsp;fans Guerre : fiupplier le Roy de maintenir fon peu-?'en Paix:re-vnir fies Princes vns auec les autrcs. luy repreficter les miferes des guerres ciuiles pLiy fut répété quâil nâoubliaft ces mots fans Guerre amp;nbsp;de tendre à la Paix en toutes fortes, 'deuxième quâen parlant des Eleéfions des benefices il en parlaft precifcmcnt,lâns rien quot;Mrcà la volonté du Roy. Le troifieme quâil touchaft au vififadïhiniftration mauuaift fiai-
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LâHISTOIRE DE FRANCE.
laniiier,
â â te des finances du Roy amp;nbsp;lt;juâil fen feift reccrche.amp; fil faifoit quelques offres au nom du tiers cftat,quâelles fufl'ent Gcneralles amp;nbsp;non particulières. Le deinicrjquâil nâoubliaft lefaiâdes
Le Roy tiet fa Z fcancc pour ouyr leiOratturs
Harenguc ac 1âAtciic-UcUjuedc I.yoii pour le tierge.
Tiers à genoux«
Harenguc de la No-blcfl'c prononcée par Ic Baron de Scncfccy de want le Roy à Bloys à la feance des Ellats le I« udy 17. lauiet 1577. Les louages amp;nbsp;vertus du
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eftrangers. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j n*.
L E dixlêptiémeleRoyfeanten la grand Salle des trois Eftats en mefme ordre que dclius mais en aftemblée plus preftêe,y eftant le Duc deGuylê entre cclluy de Mercure amp;nbsp;de Neuers amp;nbsp;le Duc du Maine grand Chambellan au premier degré de felchafaut des Princes deuant le Roy: apres que le Chancellicr eut eu iâauis du Roy. Fut commandé par vn Heraut à îArche-uelquc de Lyon de parler pour le Clergé. Lors le mettant à vn Pulpitre de genoux deuantle Royôé auoirditvnc claulêde feharengue lêleua|)arle ctrnmandementduRoy. FuisoW cinq quarts dâheure. Le Baron de Senefeey demy quart dâheure pour la Noblelfe amp;nbsp;Verfôris heure amp;nbsp;demie à genoux pres de demie JufquesacequelcHerautlefeitleuerpar commandement du Roy .Et tous les Députez Icuez amp;nbsp;defcouuers quand 1 Orateur du Clergé parla amp;nbsp;allez toft aptes on les fit alfeoinAutanr en firent quand la Ncbleffe parla.Mais quand au fiers dticouucic. cftat il demeura tousjours debout amp;nbsp;teftes nues comme il auoir eflé enjoint entrât en la Salle bien que le Clergé amp;Noblcflèfuffent afïîsamp;couuerts. Vray cft que le tiers cftat à Orleans a-uoitefte autant priuillegié que les autres amp;nbsp;fon Orateur mefme parla debout. Le Cierge emporta fhonneur de bien dire; mais Verfôris ne refpcndit pasà felpoir quâon auoit dcluyamp; plufieursfe plaignoyentquâil auoitobmislcstroispoints princippauxdonton îauoit chaigc trelcxpreftanent deux jours auant fa harengue. Celle de la Noblcftê fut telle.
Sire, puis quâil ny a rien plus grand en terre apres Dieu : que le Prince ftuuerain. u doit eftà icr fe rendre femblable a celuy duquel il tient la place : faifà nr les beaux efttéts les titres dâhonneur amp;nbsp;de loüange quâvn chacun mieux affeélionné fefforce dâaqi crir. 1 es auffi mis fous fâ domination,reconnoiflent que la gloire de bien amp;nbsp;fidelfomeur obey r: eftauc-niië à leur partagc:doiuentreuerer amp;nbsp;honnorer fa Majefté en toute obcïftfà nce ci mmelâImage de Dieuviuant: Etfo remettre rousjours deuant les yeux, la ibroc de gouucirtr feus laquelle ris font mis : afin de contenir amp;nbsp;arrefter leur vertu dans les bornes efquclles elle peut amp;nbsp;doit croiftre. Les hommes ordinairement deldaignent dâebeyr a'Ceuxquinefçauenifas bien commander. Mais quand par quelque heureufe rencontre le Prince ayant le freptreen main, fêtrouucdigne deceftecharge: nonfèulementparlamemoiredevertudçfespiede-Roy Henry. cefTcurs, mais aulfi par la fienne propre : lors ce nâeft plus la necelTité impofteaux fujetsd0-beyr que leur fait rendre ce rcdpeél amp;nbsp;deuoir : câeft foppinion quâils ont conclut de la verru, bonté amp;nbsp;luftice du Prince, qui fait trouuer foscommandemens facilles amp;â agreablcs:év tend îobcyft'atfte des (ujets volontaire. Câeft faimant, Sire, auec lequel voftreMajeftéà attrait, acquisSé gangné lecÅur, aft'edion amp;: bien vueillance de vos fu jets : Chaînes plusfôrtesamp; plus leures que celles du Scicilicn auec lefquelles il difoit auoir attaché là pirincippaute. Nous, fommes fidellcs tefinoins fans fiaterie de voftre vallcur amp;nbsp;generofité ; les playes bon-notables que plulieurs de nous ont receu aux mefmes perils ou vous expofiez voftre Royalle Grandeur amp;nbsp;dcquoynâauez cfté exempt, font marques qui nousfont fôtiuenir de voftre vertu, prudence amp;nbsp;bonne conduiéfe qui feft veuc en tant de Batailles quâauez heu-reufement gangnées : amp;nbsp;au maniement dçs plus grandes amp;nbsp;importantes affaires de celle Couronne fous le regne du feu Roy Charles voftre frere : auec fi heureux portemans que chacun aconneu le bien foire, cft reen vous maugré les ans amp;nbsp;auant mefme que lexpetience
vous euft donné loyfir de faprandre. Ce qui vous à faiôl admirer des eftrangers éi recer-cher de bien loin aux feules marques de vertu amp;nbsp;de tant de perfeâions amafiecs en vn fcul Prince. Nous deuons donc efperer de veoir bien toft le Royaume tant affoiblj amp;nbsp;diminué remis fous voftre obeyflânee en la premiere fplendeur de laquelle il eft decheu par le moyen des Guerres amp;nbsp;diffenrions Ciuiles : Pelles trelpernicieulès amp;nbsp;malladies fecrettes des £â Rats qui les font mourir deuant que attaindre le Periode jufques auquel ils dcyucnt croi-lire. LaRoyne voftrem^e, Sire, auecvn trauailnon moins admirable aux Eftrangers: que proffitable amp;nbsp;là lutaireà voz fubjeôls: la maintenu amp;nbsp;conlèrué en lôn entier,pendant voftre bas aage amp;nbsp;cclluy des feuz Roys voz freres. Elle à empefehé que par la recheute de Louanges grandes amp;nbsp;perilleulès Guerres ciuillcs, il ne foit tombé en terre : refiftant par fa pni-delaRoyne dence à forage amp;nbsp;la tempefte: contraint quelques fois pour exempter vn entier naufrage caller la voille jnâalferutlfiint au defir de vengeance fvtilliié publique. Enquoy elle à merité
-ocr page 691-LIVRE Q^V AR ANTETR OISIEM'E. 544-P^usdc louange que ncfeiR jamais autre Royne.Quoy que Ion die de Blanche dcCaftille â^recommandée en nos hiftoires, pour auoir conlerué le Royaume au Roy faint Loys fon J «pendant fâ minorité. Car lors lâeftat nâoftoit difpofc à vn fi mauuais party qui peiifl durer â'âgtempsjqueil à efté depuis quinze ou fczeansparlemoien duvoilledc Religion,pre-â'ââtedetrefgrandeforcc.Maintcnant, Sire, que vous eftcsmajeiTr: vosfujets jettent lesycux Æ''ous comme font les paifagers qui regardent au temps d'orage Icpillottc duquel ilsattcn 'â rtipres Dieu toutlêcours: ne le pouuantefperer que de lu .Vous aueztousjours bien fiiit ?p3ixamp;: en guerre pendant que le fruit de vos labeurs tourne au public amp;nbsp;à la gloire du feu ^''yvofttcfrere.Ceft au jourdâhuy pour vous qui eftesRoy ceft pour la grandeur de voftreEf ââMcbien amp;nbsp;foiillagcment de vos fujets. La dignité Royalle eft vn beau champ pour faire de ^'ândesSc loüablcs Åuures quand elle trouue vn Prince de foy mefine dilpofé à bien faire:amp; Wavolonté eft aydée Sgt;c fuiuie de ceux qui la doiucnt féconder comme nous volons Mon-ycurvoftrc frere Prince généreux Se trelënclin au bien du Royaume: auoir fort bonne in- tAanges ^âWeauec vos Majeftez.Et croiôs que fi vos volontcz jointes par vn lien indiflolublc dcMontjeur fur vos bons amp;nbsp;louables delTcins, donnera celle fainte Scfraternellevnion, terreur Ã
^'ââ^t]iiinev oient que auec trop de regret le bien amp;nbsp;la pefterité du Royaume. Quand à vofi â^^oblelTejSire elle nâa autre inclination que de vous faire obéir, feruir amp;nbsp;reconoiftre par
nousfommes tous deftinez au feruite de voftre fainte tuition amp;nbsp;defence du Royaume hereditaire, rcligieulê 8c inuiolable fidellité.Ccft la vertu naturellement emprainte
â'ocuoir qui nous commande auec vn defir quâauons tousjours eu de conferuer le lâint y'^icux heritage dâhonneur,pour en lailTcr fexemple aux fui ccncurs:amp; tefinoignage cettain j'â'ofttevettuà la pofterité.Tant queceft ardeur à efté reconneuë,honnorée amp;nbsp;re^^eôéêde ,âP'^'i'ogatiueÿe du grade que lâa naiflancenous donne: le Royaume à fleurytil nây à eu partie
ânondequi nâait fenty expérimenté la force de nos armes. Le Icul nom François à telle craint 8c redouté des eftrangers.-que celluy dâiceux le reputoit heureux qui pouuoit jjj '^quot;itnoftreappuy fupjjort,alliance ou amitié.Au contraire nous auons allez efprouué quel ^^Wont eu les affaires depuis quâon la changé 8c confondu par vn mauuais mellange dâvne paniere5i ancienne inftitution: ne nous lailfans que ce quâon ne nous à peu öfter. Affauoir quot;ââWortelle deuotion quâauons tousjours au lèruicedenosRoys Seau bien Sc confer nation j.pbllat.Et toutesfois ny la vertu peu reconneuë amp;c mefprifée: ny le hazard ores quâils fuft ââ^^poir dâaucunerecompenfc: ne retardera jamais que nâcmploions le moten Ãe la vie jul-^^ftadetnicrc goutte de noftrefang pour le bien de voftre feruice; 8e pour tefinoigner de P^^nplusnoftrefidellité èc obeiffance. Nous louons Dieu, Sire, de ce que par iJbonté il
°^hé 8e excité voftre cÅur a vouloir entendre en perfône les milérables affligions 8e juf-wâcesdevoftrepoure peuple afin de pouruoirau lôulagemét dâicelluydecequenous .^^conuoqué amp;!. affemblé fous le nom des Eftats le Confeil de voftre Royaume feul Se falu-
Majeurs ont tousjours recouru, comme à lâancre facré pour remettre toutes y« a leur premiere intégrité Se perfeélion.De fiffuë dcfquels chacun le permet de voir rel- taux, j'rlaReligion Catholique Apoftolique Se Rommaineafin que celle marque de diuifion
QâJi à trop de force ésefprits des hommes Se peut fous le pretexte de Religion fulcitcr de f '''bfes contentions:!! ne relie rien dâaftez fort pour efmouuoir à lâauenir npuueau trouble Rdigio,,.
'^âosfujets. Vos prcdeceffeurs Roys qui onttenu leSeptre en main depuis Clouisjuf ^^^îvotreMajeftéontacquis le nom de tref-chreftien eftably,acreu ôe conlèrué leRoyau-
â¢J»rla creance de celle fainte foy:vous auez efté inftruit Se nourry; auez efté facré, prins la tonne amp;nbsp;receu le fennent de fidellité de vos fujets auec fcrmentjolemnel non pas dây per- ,
(^.(.^ftoulemcnt. Mais de luy faire garder pure Se nette Se inuiolaoie. Vous ne pouuez eftre ^'P^ofédâvnefieftroitteobligation. Aulfiaux EftatsvÅfins dâAngleterre Se Allemagne, les Jâ^tietains qui ont bien preueu de loin que lâilfuë perilleufe de celle diuifiô ne foit lôufferte
â'fleurs fil jets: Ains lePrince leur à tousjours done la loy de fuiUre à fon exemple ce quâil jntroduai. f fftre faint 8e Rclagicux. Les anciens Romains les plus (âges politiques du monde: de- on dvne di-«J o'entpar leurs premieres loix lâintroduélion de toute nouuclle pieté creance Se Religion:
'tirexemple vos fujets qui ont fenty les maux de celle diuerfité ne voiêt que à regret lâexer- nbsp;nbsp;nbsp;°
(â jf bnouuclle oppinion.Preuoiant eftre la ruyne de voftre Ellatqui continuëiSe qui cau-
'ââ«'nîirement la diuifion jufques aux moindres familles. Suppliant tref-humblcment vof-
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-ocr page 692-LâHISTOIRE DE FRANCE.
tre Majefté interdire ledit exercice, bns que ncantmoins aucun /bit recherché en fa maifou ains quâil y demeure en toute fturetté: renouuellât lancicnne loy dâoubliance pour les choies paflccïs. Et quâil nous /bit permis, les prandre eux leurs familles amp;nbsp;biens en noftrc proteftion /bus voftre authorité.Nous nous a/feurôs de voir la lu ftice rcmife en /à premiere dignitéamp;au luftre quâell-e auoit ancienn«mét,Iors que les plus grans Princes la venoiêt rechercher de bic loin jufques vers nous : pour y remettre le jugement de leurs plus importantes contentions, lufticc Elemens d u feu amp;nbsp;de beau ne /ont pas plus nece/Taires à lâvfage amp;nbsp;adminiftration de la vie, â nbsp;nbsp;' que la Religio amp;nbsp;la luftice pour/aire maintenir amp;nbsp;durer long temps vnEftat.LequelfansCCS
deux cho/ès,ne peut fubfifter non plus quâvn grand collofle à qui on à defrobé la bafe fur laquelle eftoit fappuy de fa pcianteiir. Cefte vertu de luftice eft le vray manteau Royal amp;nbsp;ornement des Roys qui les font reluire amp;nbsp;eftre en honneur Sf admiration enuers leurs fujets.Et qui maintiennent la Monarchie en tout honneur amp;nbsp;pro/perité. Pour ce/be rai/bn il c/b dit que
Vertu amp;nbsp;fa recûpcnfc. honneur.
Difciphne. di/cipline militaire qui failoic craindre le nom amp;nbsp;les armes de François eft aufli trcfnccelûiit' Sans elle vn puiflà ntEftat ne peut demeurer entier quâil ne foitbientoft entamé des fieiisou des vÅfins des froticres qui eftoient bien auanteftanduës afleurées entre nous.EtfiefpoUâ iiantoit les eft rangers quaud par iâobferuatiô du bon ordre amp;nbsp;milité,les gens de guerre cftoict bien paîez: amp;*con(cquemmcnt prompts, obeifTans, patiens au trauail, /obres amp;nbsp;vaillans. Chefs aufli chofiz amp;nbsp;efleuz aux grandes charges par le merite, valleur amp;nbsp;longue expetienc® au fait de la guerrc.Lors la vertu ne fuiuoit pas,nuis precedoit beaucoup le loyer afcxerapl® des Romains'On ne pouuoit entrer au Temple dâhonncurauôt que pa/fer par celluy de vertu« Lâhonneur nourriftoit les coeurs des hommes à faire chofes grandes amp;vertueufes,pouraC' quérir loier perpétuel pour eux amp;nbsp;Icurpoftcrité. Auecle bon ordre nos majeurs amafiereW trophées fur trophées'triomphes fur triomphes. Le premier ûng des ennemis encoresbouH' lant amp;nbsp;tout chaud eftoit laué par vn autre. Aujourdâhuy lâon peut dire que la/êullcfôuucna-cede cefte premiere valleur nous refte encores; que la France ne foir plus que Ivmbtek fimulacreamp;laftatue de cejquâelleà cftérquenos ennemis mcfm?snâcu/rentozéfarreôct^ voir nos ruïnes, qui leur donnent fraieur ne plus ne moins que la ftatue dâAlexandre le gt^d laquelle faifoit peur à ceuxqui b regardoient apres fa mort, tant il auoitefté craint amp;redou-teenfonviuant. Les anciens ontbien ditquelâefpoir du loier amp;nbsp;la crainte delapeyue,font fondement. fondemcns de la vertu laquelle eft bannie dâvne cho/è publique aufli toft que lâvn ou lâautre défaillent. Quel eguillô peut exciter lâhome genereux à bien faire ? Q^die crainte peut retarderifc mefehant de mal faireèLe bien fait eft donné à celluy qui merite punition amp;nbsp;aucoa traire la vertu fans recompen/ê rauallée amp;nbsp;rabaiflec'.comme eftant le melpris dâvn fiecle fi corrompu que le noftre. Les Princes panchent aifement du cofté que leur inclination naturelle les conduit. Et ne feroit pas raifonnablede leur preferire les bornes de ce quâilsdoiuent aimet chérir amp;auancer. Mais parce que la faute du mauuais choix, eft tre/pemicieufeenvnEftät ils en doiuent eftre fbigneux comme de cho/è qui leur touche de plus pres quâa nul autre :amp; qui appartient du tout à la con/èruation de leur authorité amp;nbsp;grandeur. Ainfi ne doiuent ils approcher près dâeux Scemploieraux grades charges.-ftnon leshommeschoi/izà la/èulle marque de vertu amp;nbsp;fuffilânce, tels comme eftoitCraterus pres dâAlexandre le grand, qui nâaimoit que la gradeur amp;nbsp;dignité de fon Maiftre.'Voflre Majefté en peut tousjours faire vn bon choix Eârangcrs .gi, millieu de/ôn Royaume. Sans quâil luy foit befoin de fuiure lâexemple de ceux qui habi
tent lâArabye heu reufe: lefquels cherchent le mirrhe chez leurs voifins. Encores que nature ait prodigieufemet rem^ leur cotrée de toute /orte dâodeurs. Imitez,Sire, plus toftvos ma-jcurs:amp; remetez fil vourplaift en v/âge toutes les vieilles Ioixamp; couftumes du Royaume.Lcs Nobkflc. l^ges on bien dit quâil nâeftoit pas bon dâintroduire beaucoup dâefttangers en vnerépublique pour faire demeure . Parce que la conjondion de plu/îeurs nations a/Temblées, apporte communément confuftoW des mÅurs auec plus grande mutation de lancienne difciplineamp; bien Ibuuent de ÃEftat mc/mc. La Noble/Tc entre les Grecs amp;nbsp;Latins foppo/ôit tousjoursà lâobferuation de leurs loix jufques .à fufeiter des guerres. Mais les Gentilshommes François, mieux affeôbionnez enuers leur pays; ne vous demandent que ce quâils demandèrent au Roy Charlemagne par vn Gentilhôme qui porta la parollc pour la Noble/Iè. Câeft que vous nous laifliez viure amp;nbsp;viellir és anciennes loix, couftumes amp;nbsp;ordônances de la France. Câeft lâefpoir
(Je
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^ctous VOS fu jets,Sire,qui fut confirmé amp;nbsp;accreu par Icdifcoursde votre dernière propofitió. ^Houtainfique les fôldats las amp;nbsp;preflèz de toutes parts en vn grâd dâger,regardas la refôlutio ''fleurs Chefs reprenent nouuellcs forces amp;nbsp;nouueau courage. Aufli ny eut il pas vn en la co-Pâgnie pour accablé quâil fut desmiferes Sccalamitez panées: qui apres auoir entendu de Majcfté, le zelle amp;nbsp;affeólion que vous auez au bien publtf, au Ibulagement de vos fu-
l'tSjne fc remift amp;nbsp;reprint cÅur. Nous auons affez de tefinoignage, Sire, que vous eftes heri-de la vertu amp;nbsp;generofité des Roys vos pere amp;nbsp;aieulz Princes inuincibles.Maintenant cha-croit que vous eftes fiiccefteur de leur prudence, fagelTe amp;nbsp;eloquence. Et eu auez donné
*^dccettitude en ces Eftats,quâen demandant cnnfeilà vos fujets: leur aues clos la bouche, ^wils y ont Conçu par vos difcours que vous eftes pourueude toutes les vcrtuzrequifesà ^'uxquiladoiuent pluftoft dôner que la recenoir Tellemët que nous Ibmmes plus prompts ^appareillezà exécuter par le tranchant de nos elpées voscommandemens amp;nbsp;ordonnances: Wnonpasdevousconleiller.Erdautant, Siic, que laNoblelfcà ccftauantagefur Icsautres , tftats de France, comme tefmoignent nos hiftoires: quecc fut elle qui mit la Couronne fur ââtelle du premier Roy: ceft aufiî à elle pour la loy, obligation amp;nbsp;deuoir quâils ont, de foffrir ^prefenter les premiers dla defence conferuation dâicclle. Pour ceft effet Sire, contre tou-â¢'^petfonne; nous vous offrons comme treftoiaux amp;nbsp;trefobeiflà ns fujets,nos moiens, nos vies ^nosbiens jufquesà la deiniere goutte de noftre fang. Finablcment,Sire, la Nobleflèm'a J^îtgédeprefenter à voftrcMaJefté les tref humbles remonftrances quâelle à penfe pour le â'tttdevollrcferuiceamp;du Royaume eftre neceftaires ôclà lutaires en ce temps. Suppliant J^Aumblement voftre Majefté de voftre bonté accouftuméc les prandre en bonne part:iccl-*^sapprouuer confirmer amp;nbsp;autorifer devoftre puiftà nce Royallc. Puis les autresauoir haren- Refpon« ^quot;clarefponce du Roy fut briefue. Quâil auoit agréable la declaration faitc.par les Députez ^cââonquâils auoient à fhonneurde Dieu amp;nbsp;fon Eglife amp;nbsp;defon fêruicè. ( Car les trois 'ônRoyau. ^îteurshuoientfupplié trefinftammêt amp;nbsp;vnanimement quâil vouluft reünir tous lès fujets âI^eliginn Catholique Rommaine) amp;nbsp;que les caiers mis en fes mains il pouruoiroit à leurs pLintespar les meillcur*moicns quâil auifèroit. Ce pendant feit defcnccà tous les Députez,
tie partir quâil nâeuft mis vne conc'ufion à les Eftats: afin dâen rapporter à ceux de leur pro-'tiöcc vn tel effet quâils en pourroient cfperer.
Orpoureeque leRoy auoit par plufieursfois mandéaux Deputez,qu'ilsfcdilligcnraflent ^tnetcherlcs moiens de luy fubuenir. Et quâil lefafehoit de ce que le tiers Eftatne vouloir fê ttouüctà lâalfemblée particuliere des Députez pour auec eux conférer des moiens de luy fai-â^fininccs:en fin en manda aucuns en fon cabinet qui fe vantoiait dâauoir grand^ouuertu- de luy trou» à ceft effet. Il y entra loullct, de Chafti!îon,leCheuallicr,Poncetamp;:laBordequidcf-
toüurirent leur inuention:portant en Ibmme que- pour tous fubfidcs,aides amp;nbsp;gabelles qui de- gent. ^îurcroient aboliz:feroit accordé au Roy vn oiroy de quinze millions qui le paieroit par kuz t^plus haut ne portant que cinquante hures; amp;nbsp;le plus petit de douze deniers: alfcurans dâen ^îiteSc donner les projets aux Députez promettans dây faire voir ouuertement les proffits qui ^oùuer'^ar ttreniendroientau peuple.Dont chacun print coppie pour y donner auis. Le vint fixiéme le gent. ''oy feitpropofer par fon Chanccllier le défit quâil auoit dâeftrefccouru felon fintention pro-
par Chaftillon,Poncet amp;nbsp;la Borde amp;nbsp;à luy fournir en deniers côtans deux milliôs pour Guerre jurait aux fraiz de la guerre qui fe prelêntoit. Aquoy le Prefident du Tiers Eftat auoir rcmô- arteftée. ââ^hpouretté du peuple par les guerres palfées, demanda temps pour y deliberer. Mais le quot;'âtbitiémefutrelpondu que les Députez nâauoient charge défaire aucunes offres.Et fur ce ^**clcdernicr lanuier Monfieur fut en fallcmblée du Tiers Eftat accompagné des Ducs du
Neuers amp;nbsp;Moriiillier par lequel il demanda pour le Roy les deux millions amp;nbsp;fotroy ^^'gt;ii)zemillions;luy fut refpondu lèlon la relblution prife le jour precedent; Que les com-^iffions duRoy enuoiées par les prouinces pour affembler les Eftats eftoient à deux fins.Lâv-pour luy faire fes plaintes amp;nbsp;doléances: fautre pour regarder f?s moiens dâacquiter le Roy quâil fut tien parlé de deux millions. Tellement que les prouinces ne leur auoient donné charge de rjen offrir.Mais lePrefidâten auoir rapporté la refolutió au Roy:lc trouua fi mal edi de cela, que luy auoir cômadé retourner pour remettre de rechef ces deux points fur le bu-f«^,y retourna difât que leRoy fe malcontetoit fort dâeux.Et fur tout desDeputez deflfle de hâcequi detournoient la bonne volonté des autres.Si que le dixncufiéme jour de Feu riet on
entra
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Rttes delà maifondç
V villcde Paris,
entra de rechef en côferance ou IcsDeputcz de Paris fefforçoient faire accorder le tou t .Cra*' gnans que pour le fait de la guerre on arreftaft les rentes de lamaifôn de ville qui eftoientde trois milliôs cent trete deux mil liurcs de féte.Cc qui eut caufe vne fedition bien grade en Pâlis ou les Dépurez ny les plus gransnâcuflcnr eftéhors ded.wgcr. Ainfipour fendcfchargci faifôientjde crainte toutesfois bon marché du bien dâautruy.Mais la refolutiô paraiiatprifefut fuiuiepour les railôns quedeffus. lointquclcs deux millions otroicz pourlix mois,enflent peut eftre continué enordinaire. Vcu que câeftoit vn otroy fait par les Eftats, bien quefans charge.üutrc ce lâon trouua à la porte de la Salle du tiers Eftatjvn billet portant quâon deuoit fà ifir le rentes de la maifon de ville de Paris.-veu quâelleauoit embrazé la Frâce des guerresci-uillcs: depuis lequel temps les Députez de Paris nâalloient gueres à îaflcmblée. Le cinquième Fcuricr le caicrGcneral du tiers Eftat portant quatre cens articles,futmis au netamp; le tiers Eftat aflèmblé pour le clorre apres auoir efté figné par leGrcfficr amp;nbsp;parraphé par ces deuxaflè ffeurs,quâon délibéra prclènter au Roy pour le juger le plus toft quâil pourroit.
Or comme on euft par pluficurs fois parlé de la Religion amp;nbsp;prefque tien refôJu pourfa tC-Le incM nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dcsauis: le dixncufiémc ellcfutde rechef mife fur le bureau.Surquoy ceuxdePâ-
iVRcHgiOT ris Si Ifle de France baillèrent leur au is par efent. Pat lequel ils requirent en femme quâilne dlt;.batuamp; ar feuft fôuffert en ce Royaume autre exercice de Religiô que laCatholiquc,Apoftoliqiicamp;fln maine. Et que tous Miniftres euflent à vuider le Royaume. Quoy entendu le BarondeMi-rambeau Principal Député de Poitou amp;nbsp;Saintonge,rcmonftra que fon doit regarder blet' MiSibea? patentes que le Roy à enuoie par les prouinccs, en vertu defquelles les Eftats fontaflein-Deputé blez. Par lefquclles nâeftoit fait mention du fait de la Religion. Et que le faifà nt fe feroitcotre lâunir à lâintention du Roy amp;nbsp;forme dcfditcs lettres. Et aufli pour les maux qui en pourront Poitou Sain venir en ce Royaume amp;nbsp;retomber és mifcrcs paflees dont feroient coulpables Si refjx)nfliibb ronge amp;c. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j^nouer aucune chofè au fait de ladite Religion, en feroient auteurs. Et quâil Ã
bloit vcu ladite propoÃtion,qucfon nâeuft plus de foiuienancc des calamitez de ce Royaume dont le feu,fumée amp;nbsp;fang eftoient eucorcs par les maïfons rues amp;nbsp;C3mpagncs:a quoy on noUJ voudioit ramener. Et au cas quefon vouluft paffer outre: protefte ^e toute nu llitéiequerant que cefle affaire foit remife deuant le Roy à qui la conoifïà nte feulle en appartient: aianttous-jours penfé que par le moien de cefle aflcmblce ic feroit renouutllcr amp;nbsp;confiimer vn lieodâ^' mitié Si jurer toute proiedion les vns aux autres. Dont il fe voit bien eflongné fî îoppinio*^ cy deffusefloitfuiuie. Qim de le part il defiroit leur protedicn Si conferuâtiô comme la fâCâquot; ne proprc.Et que ce quâil en difbitjcftoit comme bon,V ray Sc naturel François, trcsfldellefu' jet de fi Ne voullant ceder à nul autre dâauoir plus d'affeôtion au maintien de fon autorité ôt grandeur que luy.â ne qui plus volontiers vouluft expofer fa vie Si biens pour ceftd-fcr.Eftant auffi à chacun dâentr-eux fterc,comp3gnon,3my Sc féru itcur à chacun fèlôfon degte Si quallité.Et quâil ne trouUcroit jamais mauuais que ladite aflcmblce demandaft le maintien Ãc conlêruatton de leur Religion enquoy il fc voudroit emploier:Mais que ce ne fut au prejudice amp;nbsp;pourmettreau néant la ficnnc. Suppliant de rechef que ceft afi'airedela Religion foit remis au Roy v eu que fa foy cft obligée à fEdit de paix.-îentretenement duquel il à faitfolcm' nellcmcnt jurer aux Princes amp;nbsp;Seigneurs Cours de Parlement de fon Royaume. Aquoyfâ Majcftc ne autre ne peutdefroger.Rcquerant que chacun rapportefidcllcmcnt îarticledefon caier fur le fait dâicelle. Nâcftant choie qui fcdoiue decider par la pluralité devoix. Affinde â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voir fintention de ceux qui nousy ont enuoiez.Aians cl large expreflè parfôn caier de deman
der iâentretenement dudit Edit. Côme il à fait apparoir promptement: demandant que le tout foit infère au caier general de la Nobieflè en lâarticle concernant la Religion. Et que de fon di-'i â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;re luy foit deliuré adc.Aqffoy Mifcry,au nomjpar le vouloir amp;nbsp;confentement de toutelafTeni
Rcfpôce' de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refpondii que les Eftats ont efté affcmblcz par le Roy pour le reftabliflement de ce Hoyau
^èn^dcâ me amp;nbsp;pour auifer aux moiens de le remettre en fon premier Eflat amp;nbsp;en vne paixpcrpetuellc. Mitambeau ne pourra jamais eftrc tandis quâil y aura diuerfité de Religion. A caufe dequ oy cfl trcfhcccfl^ire que lefdits Eftats y au lient Seauectousmpiens de paix amp;nbsp;douceur, en olîeramp; chaflèr celle des deux Religions qui leur femblcrany deuoireftre rcccuc.ErqiiandaîEdif, cefl cholè trefcertainc quâil eft nul amp;nbsp;indigne de cofidcration.Car outre ce quâil nâa peu eilte Edjtsjde fait par les loix de ce Royaumelâns le vouloir amp;nbsp;confentement dcsEftats:ilà eftéfaitparle Paix nul, Roy mineur, contraint amp;nbsp;violenté par la neceflîtéde lès affaires. Et outre lelermentprefté^
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âquot;âl^cre auquel par ferment pofterieur il nâa peu defroger. Et finallement à requis audit ML '^beauFil auoitprocuratiôamp;chargefpecialle de faire les remôftrances amp;proteftari6s qnâ-bitcs.Surquoy de Mirambeau refjjondit que nâaians ceux de la Religion eflimé quâô dâeut
^âter aux Eftats de ce fait vuidé par fEdir: ils ne luy ont de ce baillé procuration exprefic. I lâqucn confcqiience de la charge quâil à de demander fencBctcnemét dudit Editai a fait Weprotcftation.Etfe fera bien auoiier de la charge quâil à de demander fentretenemét Mit.Dôtdu tout il demande aôfeamp;quâil loit inféré au caiergeneral poury eflre pourueu
WîRoy.Lefquelles chofes entendues amp;nbsp;confider. es.fut conclud que fans auoir cfgard au an cUent la â?'^tiôns de Mirambeau faites fans charge amp;nbsp;mandement fpeciai.-feroit pafl'e outre a la de-âândii fait de la Religion.Surquoy apres que la plus part eut concludà laxupture delEdit Paix. '^xdelamaifon dévidé de Pans feirent cefte remonftrance au Roy amp;nbsp;aux Eftats. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
Æ IR E, les Députez des trois Eftats de voftre Royaume, apres auoir longuementcommu-'Wfeparementamp; pnns tous enfemble les moiens qu'ils voient plus à propos pour remette _ W Efl at amp;nbsp;Cou tonne en fa premiere fplandeur amp;nbsp;dignité. Et donner ordre aux abbus ^'ââyfont entrez par le moien des guerres inteftincs amp;nbsp;ciuillcs quiy ont eu cours depuis fè-aux Eftat» ^^ânsençaifefoht en finprelêntez deuant voftre Ma jeffé amp;fait entendre de viue voix bien â**longauec grand artifice dâoraifo pleins dâeloquence,donteftoitprocedéecy deuant forigi- maifon de nos maux Se quel eftoit le remede plus propre pour les efteindre amp;nbsp;aflbupir. Et en fin ^âtousconclud de vous requérir queaiant efgard au nom de trefichreftien que portez amp;c au netenemét ^^wt'qùevous amp;i vos prcdeceffeurs auezlolcmnellement fait en vous fà crant Roy: de main â^eiaPaw.
côferucr en volt re Royaume la Religiô Catholique Apoftolique Sc Romaine: il vous pfedeclarer que vousnâentâdez cy apres quâil y eut autre exercice dcRcligiô que la voftreza ''âgt;itatiôamp; exéple de tous les auircsMonarquesScPrinccs Souucrains de laCreftiêté.lefquels 'âââtobferucr dans tout le pays de leur obeiftâcela Religiô quâils tiênét fas en fôuffrit dâautre, otîla vérité il eft certain que outre toutes ces cófidcratiösjVoftreMajeftc a encores de grades ^P'ninëtcsoccafiós de ce faire. Pour öfter tout prétexté que les Princes amp;nbsp;autres gras Sci-hiirs prenêt de vouloir%âintcmr lanouuelleoppiniô introduite en ce Royaume.Pour cou Jj'dcutambitiô amp;nbsp;fous ce malheur auoir fuitte amp;nbsp;moiê de venir à bout de leur entreprinfe lt;nbsp;ptjui ne pourvoit plus eftrc fl ladite Religiô eftoit du tout abolie amp;nbsp;exterminéc.Or fi lesefi ^^«eftoientaufïi promptste aifez que les parolles:!! eft certain que cclcroit vn grand bien laconferuation de vofti c Royaume amp;nbsp;réputation de voftre grandeur enuers les eftran-
S^'5;amp;bien vniuerftâ1 de vos fujets de pouuoir coupper la racine cogneuë de toutes nos gucr Jjsciuilles.j\4aisilcft à craindre que en penfânt efteindre vn feu,lâon ne lâcmbrafê dluantage. tique ce que vous en pcnfêrez b⢠c faire pour la côferuatio de voftreEftat amp;nbsp;bié de vos fujets Retourne à reuerfiô a lâencontre de voftre Couronne, ruyne amp;nbsp;defôbeiflà nce de tous vos po-fujets. Et pour entrer en dcmonftration plus particuliere Je nâvlê de figures comparaifôn
^'Wmple,qui font le plus fouuentconneuz faux amp;nbsp;documens pourla difference quâil y a temps, des pavs, des mÅurs Sccouftumes des nations. En forte quâils ne peuuenteftreÃ
Propos pour nous.Seulemcnt je mettray en auantdes railôns naturelles fi euidentes amp;nbsp;notoi-^^quâelles peiiuentfinfinuèrdans les oreilles dâvn chacun pour prandrelavoie amp;nbsp;chemin ^'â''tquâil faut tenir. Sire, nous fommesvn bien grand nombre de Catholiques dans voftre Royaume,qui nâauôs Jamais fuiuy que voftre party nous cftans tous rengez Ibus voftte obeifi
⢠Lefquels fommes dâaccord auec Meflieurs des Eftats, que la Religion Catholique amp;nbsp;^omainevraie amp;nbsp;anciénc,quc lâon à de toute ancienneté fiiiuie dedés ce Royaume amp;nbsp;que dc-aueceux à mains Jointestque tous vos fujets Ibiét réduits à icelle.Mais la queftiô côfifte pifeipHne ^^uoirfi nâaians peu ceux de la Religion nouucllc eftrc dcbellà depuis feze ans en ça ,a- toLTlw^Fra â^â^tant de batailles amp;nbsp;effufion de lang, Fils voudroient maintenant fè remettre au giron de çois à vne lEglifc par la douceur amp;nbsp;auec les bons exemples amp;nbsp;enleignemês des Prélats Ecclefiaftiques. ' % bien fil eft plus expedient dâauoir vne continuelle guerre ciuffle en France. Et fi en recente moins d'incommodité que dâendurer comme lâon à fait le pafTé deux difformes exerci-â^Kde Religion.Car il eft certain que ce grand nombre de Gentilshommes amp;nbsp;autres qui font Mcflîô de ladite nouuelIeRcligiômc voudroiôt perdre fexercice de leur Religiô ne vuider quot;Ors du Royaume auquel ils ont de belles amp;nbsp;anciennes poceffions de leurs prcdeccffeurs fils -font contraints pat la force. Et parce que Meilleurs des Eftats nâont point difeouru fur ce point
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JtilJ» t* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tt '
point qui efl: le principal fur lequel il fe faut refoudre: je ne difeourray point fur les malbeW' SiC defolations que la guerre principallcment ciuille apporte à vn Royaiime/dontnousauo^ les exemples trop recens à noftrc trel-grand regret. Mais feulemet du moien que vofireM^ jefté peut auoir défaire la guerre contre ceux qui fe font efeuez en plufieurs grandes pro^ ces de ce Royaune amp;nbsp;fc font Igifiz des principalles plus fortes villes.Chacun peut conoiiW fi celle guerre eft refolue,que quatre principalles amp;nbsp;plus gandes prouinces de ceRoyauiac ront du tout hors de lobeifiâce de voftre Majellé.Outre plufieurs particulières villes,_amp; O*' ^eaux forts dont ceux de ladite Religion nouuelle fe font laifiz amp;nbsp;là ifiront cy apres par toutes Ruerreaur fos autres prouinccs, par le moien des intelligences quâils ont par tout. Et d'autant que leue** Huguenots, de lagucrre confilleen fatgcnt: il cft certain que le Iccoursdevos finances ordinairesamp;^' traordinaires que receuez des prouices en temps de Paix:fc conuertira à kneontre devoi»^ Majellé. Et que ferez contraint de furcharger dauârage vos autres prouinces qui lont dème rees en voftre obeiflà nce, retenir les gages de vos emeiersj amp;nbsp;les rentes quâauez conftituf^^ tant en voftre ville de Paris que autre beux. Dont fen enfuiura vnfouslcuement amp;nbsp;rebellie® manilefte de la plus grande partie de vos officiers amp;auircs qui ont le plus de moien en vofif^ Royaume. En forte que pour vn ennemy quâauez maintenant, il fen efleuera cent.L'EftatElt;^' clefiaftique ne vous fait offre que de prières,ôc fé plaint des aliénations quâauez faites de leur dômaine.LâEftat de la Noblelle fe plaint de la meilleure part de ceux qui font morts durant les guerres ciuilles: Et vous offrent leurs perfontæs pour expofer leurs vies à la gncrrc.Mâ^ celafentend auec grand Eftar amp;nbsp;appointement quâils vous demanderont, Le Tiers Eflai» plaint des cruautez excrcées amp;nbsp;pilletics que les gens de guerre leur ont fait jufqucsà ptefej'^ Etdelapoureté à laquelle ileft réduit. Ftccn.bicn que tacitement ils induilcnt tous quâils ne demandent que leur repos: Neanttïioins ils mettent tous en auant, quâil ne faut^^' vne Religiô en ce Royaume. Et encores quâils fâchent tous que lâorigine de nos maux nepiO' cede que de la; amp;nbsp;que telle demande ne peut eftre efferSuée fans g uerre amp;nbsp;tonfcqueininfgt;J^ fans grande fomme dâargent: il nây en à toutesfois aucun en particulier aiant moien,quivueil' le dôner vn efeu de leur reuenu pour en fecourir voftre Majefté.Et l^s autres qui font accod' tumez dâendurer le joue dâobcifïance;nâont plusaucun moien defâtisfaite à cequâonleur^^ mande. Etfontaujourdâhuy contraints dâeftre vagabons amp;nbsp;mandiens par les Champs leurs femmesamp; enfans: ne pouuans plus fupporter les excefftues demandes quâon IcurÃiâ^ De façon quâil ne faut point faire Eftat que les prouinces cftans en lobeifiaiice de voftre W jeftcjptiifïent fournir la vintiéme partie de lâargent quâil eft befoin dâauoir pour faire la guerff vn an duroit.Et toutesfois il y a deux cens vil es en voftre Royaume occuppées parles rebd' les, dont la moindre attendra vn mois entier le fiege dâvn camp Royal. le vous fuppliecon'J' dcrez,Sire,que les Princes eftrangers qui vous excitent à cefte guerre, ne peuuentamp;nevcul* Eftrang^ lent VOUS donner aucun fccours. Et qu'ils font bien aifes vous donner ce Confeilpourtoiis-nous pou et nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;augc occafion prandre leur pan des fleurs de cefte Couronne. Sil?,^'â
fane nom fouâenir.
Sermetic quand amp;nbsp;non (enable
Pape amp;: le Roy d'Efpagne ont comme lâon dit,figrand interefl que la guerre fc rccoir.inéccciâ laFiancë: quâils fc chargent deTâ^elpence qu'iTy conuient faire au foulage ment de vos po- * ures fu jets,qui ne demandent que à refpirer amp;nbsp;faire en forte que le pain nefoit oflé de la main de leurs enfans, comme lâon à veu faire durant les guerres paffees. Mais dira quelciiâvn,faut il donc que voftre Majefté qui doit donnenla Loy à fos fujets la reçoiue dâeuxf Et quâelle fonce le ferment quâelle â fait à ion fâcre ? Sâil fê pouuoit garder auec la conferuation de voftre Eftat amp;nbsp;le repos de vos fujets: il nây à doute que ne le deuffiez faire. Mais toutes les loix ciuil-les amp;nbsp;anciennes ont tousjours rclcuévn chacun du forment qui eft fait au dommage du pu* blic; Et Fil fo pouuoit garîftr auffi aifoment comme ontfait les Roys vos predcccffeurs,aucun ne doute de voftre pieté amp;nbsp;bonne volonté.Mais voftrtMajeftcconfidercra fil luy plaift quâelk Roynâeft nâcÃquc gardien,conforuatcuramp; vfuffruÃiet dc ce Royaume. Et quâeftes tenu de le confer' que gardien uct à VOS focceffours auflî flRhriffât amp;nbsp;entier côme vous font laiffé vos predeceffeurs.Et quâil ne taireduro' ''®âseft fcantncconucnable devons laiffer tranfporter à lapaffion amp;nbsp;naturel défitcômefont * aume, les particuliers. loint que vous eftes le pere amp;nbsp;chef commun de tant de millions dâhemmes la conferuation defquels Dieu â mis en vous comme à vn geôlier: lequel eft refponfable de ceux quâil à en fa garde. Et pour conclure ces difeours. Sire, fil y a moiê par fouis de tant dâho mes fignallcz amp;nbsp;experimêtcz qui font en voftre Royaume defquels pouuez prâdre confeiV« reduin!
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feduire vn chacun devosfujets à vnefculle Religio Catholique teile que vous tenez,Ians ra-nos douleurs par vn renouuellement de guerre: nous vous en fupplions tous inftam-dây mettre la main à prandre les meilleures amp;nbsp;plus lalutaires voies pour ce faire qui le
P'^iirrontprandre. Maisfi la difpofition des affaires de voftrc Royaume cft tcllejqucncpuif-mettre a effet pour leprefentee fà lutaireamp;defiré defïèin: i^vous plaira choifîr dedeux
'quot;Wx le moindrc:amp; nous laifl'er en repos le refte de nos jours (ans enfreindre ny älterer voftre Wr Edit de pacification: en attendant que par vn bon amp;nbsp;libre concilie, ou par les bonsfa-^Uites enfeignemens amp;nbsp;exemples de nos Prélats Ecc lefiaftiques, tous les deuoiez de noflre æyjtoienr remis au giron de noftre hgbfe Catholique amp;: Rommaineien laquelle la plus part âiccuxont effé Baptizez. Et durant ce rclafche que nous pourrons auoir, vous pourrez plus ^ment donner ordre à la reformatio de fordre Ecclefîrftique; reftabliflèment de voftre lul^ ^reduâion de vos officiers amp;nbsp;reglement de vos affaires amp;nbsp;finances fuiuant la requifîtion ^mvousen à efté faite par lefdits hftats. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
lovTEScesraifons ncantmoins furent de peu d'efficace vers la plus part des autres De-
P'itez. Tellement que la rupture de fEdir amp;nbsp;vniueriel eftabliflement dâvnefèulle Religion Proteftante Catholique Apoftolique amp;nbsp;Rommainc ja arreftée entre le Clergé amp;nbsp;la Nobleffe le vint fixié-'â'^Lccembteenlâaflemblce du tiers Eftac ( nombre des Députez duquel yauoient toujours '
comme jâay dit ailleurs ) fut arreftea la pluralirc desGouuerncmens.Que le Roy feroit âPpliéreünir tous (èsfujetsa la RehgionCarhoiiquc Rv,mmaine par les meilleures amp;nbsp;plus j,-
voies amp;nbsp;moiés que taire ce pourroit.Et que tour autre exercice de Religion prétendue v 1^'f 'fforméefut ofté tant en public qu en painculienles Miniftres,Dogmatizans,Diacresamp; Surj quot;filhnscôtrainrs vuider le Royaume dans tel rcmpsquâil plairoit au Roy ordonner: nonobf. r*Mq /quot;«-i ^ttous Edits fa its au contraire . Et que le Koy feroit fupplié prandre enfaprotediontous ââ ^t^debditeReligion autres que lefdits igt;ogmatizans, Miniftres, Diacres amp;nbsp;Surueillans. ^t'attendant quâils fe reduiroient a la Religion Catholique. Lequel article paftà aux voix des-^ouuetneincns de H (le de France, Normandie, Ch^pagne,Languedoc, Orleans, Picard ie Z ^Ptoiience. Mais les Gouuernemuns de^ourgongnc,Bretagne,Guiennc,Lyonnois Sc Dau-P^héfurentdâauis quâon deuoitajoufter audit article,Que fvnion de ladite Religion (êTeift î#voies douces amp;nbsp;pacifiques amp;nbsp;fans guerre. Toutesfois leslêpt Gouuernemensfcmportei éç ^âitleGouuernement de Guienne atioitdixiept Députez le Gouuernement deProuence ââftauoit que deux. Lors les Députez de (âint Pierre le Moufticr,la Marche amp;nbsp;quelques au- à quot;«(f'Auuergne,demanderêtaâ:e defarticlequi auroit efté fait par leur Gouuerncment,pour '^quot;tferuirde de(charge enuers ceux qui les auoient députez. Ce qui fut refuie di^conlèntc-âquot;tntde îa(femblée,pour ne faire ouuertiirc aux nullitcz amp;nbsp;proteftations quâon pourroit fot-^
contre ùuis defdits Eftats.Etfurcey eut grandes altercations amp;nbsp;plaintes des cinq gou-quot;stnemens fufdits.
quinziéme Feurier les Ambaftà deurs enuoicz vers le Prince de Condé retournez amp;nbsp;â¢Ã®iûntleur relation: dirent quâils auoient negotié vers le Prince de Condé lequel ils dilôient quot;îiioir voulu ouïr lefdits Ambalïà deurs,ny receuoir les lettres des Eftats par ce quâils (c dilbiêt â^'tc députez par lesEftats lefquels il ne rcconoiffoit point pourEftats.Atedu que la forme an Ambaffa
accouftuméc nây auoit point efté tenue.Ains eftoient lesdeputez pratiquez,corrôpus «leursretour ^ ogt;gne2:vöire folicitcz par les ennemis jures de la Courone. Et qui auoiét pratiqué faboli-quot;ôdelEdit à la ruine amp;nbsp;fiibuerfiô duRoyaume duquel ildeploroit la calarriité.Et pour îobli- de Condé, sâtmn quâil auoit à la Courône,de laquelle il auoit ceft honneur dâeftre û iproche, amp;nbsp;au falut ''quot;'uerfel de fa patrie quâil expofèroitrous moiés queDieuluyaumt mis entre mains jufqycs â^^micrfoufpirdefa vie:fa(feurantquâil(èroitfuiuy delà plus part delà Nob.llt;ftcFrançoiftamp; gt;â ââtedefireux de laconferiiation de celle ancienne Monarchie,!! miferablenjent affligée der Pquot;gt;sdixhuit ans en ça. LâEuefque dâAutuq amp;nbsp;(es colleguez dirét quâils luy prefênterent dere-â^lâcfJefdites letres des Eftats auec tout honeur deu à telPrince.Lciiipliâs vojiloir les receuoir ^otiïrlcur charge:Mais que le Prince les refufâ ne reconoiffât telle afléblée pôurEftats.Difâc ^âefiiseuffér cfte libremét tenuz il Fy fufttrouué pour laffeclio entièrequJftportoit au (crui-quot;'du Roy amp;nbsp;repos de fa patrie.Q^âil auoit auis de bone part,quâon auoit enuoié aux prouin-^J'spoiirpratiquer lâeleélio des Deputcz.Que quelques vnsfeferoiéttellemét proftituez,quâ-ââS3iiroicntpreuariqiiéamp; changé leurcaicrs.Enlômme quâil defiroitpliiftoft eltre au centre
de
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î 7 7* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* Ãf
de la terre que voir jouer défi piteufeslt;r3gcdies,que chacun de jugemet pouuoit preuoitlt;» que pour obuier à la perte de tant de bons François,â amp; ruyne vniuerfelle de ceRoyaume:ilgt; fouhaittoit que la guerre le peut decider entre lesChefs amp;nbsp;principaux fauteurs de ces mifems. Et quâil feftimeroit plus heureux de perdre fon lang en preferuât la vie de tât braue amp;nbsp;gctillc Noblefiè des deux partics,pmirla conqticfte de quelque Royaume ou Seigneurie comme foc cafion depuis peu de jours feftoit prefcntée.Et en cefailânt retirer là patrie,du mifcrable jonc de lcruitude fous laquelle on voulloit réduire la liberté dâiccIJe. Et quâil falTcuroitquc le Roy nâeftoit point caulc dâvn fi prochain amp;nbsp;euident naufrage. Ains le pernicieux ConfeildeceuX qui ne tendoient quâa fesjouyr de voir elpandrele lang des naturels François, dontildcman« doit vengeance à Dieu. Qif il auoit tousjours cogneu le Roy tres-debonnaire Princeamp;vctiU ble: Ibn naturel ellongné de tous delbrdres amp;nbsp;grandement defireux de maintenirfon peuple en bonne amp;nbsp;loyalle concorde. Qui eftoit le folide amp;nbsp;principal moicn de conferuerfaCouro-
7t
⢠nc.Aquoy tEuefque d'Autur, aiiroit refpondu que fil plaifoit audit Seigneur Prince entendre là charge, enfcmble celle delà Noblcfle amp;nbsp;du tiers Eftat. Il conoiftroit par bonnesamp;jiiftcs raifbnsfà uffon honneur Scrcuerencc, quâil auoit cfté trclmal informe de la Enccrité donton auoit vfè en laditeconuocationamp;aflèmbléc dcfdits Eftats. Ets laquelle, feftoicnttrouuei les premiers pcrfônnages du Royaume: qui y auoient apporté vne grande pureté, bonnevo-lontcSi intégrité de confcience: dont ils auoient fait euidentepreuue par fouuerture detous bons moiens,pour aflèrmir perpétuellement la Paix en ce Royaume,ou le reftabliren fâpre-mierefplandeur. Puis prefentant les lettres delapartdâiceux Eftats audit Seigneur Princck fnpphercnt leur voulloir donner audience. Ce quâil refufa- perfeuerant en fes premicresrf-monftrances.Leur dilânt en fin toutesfois,que fi lÃucfque dâAutun auoit quelque choie à luy propoferdela partduRoy,il luy donneroitamp; aux autres telle audience quâils defircroicnt.n quoyauroiteftételpôdu par ledit Eucfque dâAutun que luy amp;nbsp;ceux qui falfiftoicnt ne pou-uoient porter parolle audit Seigneur Prince en autre quallité que de,DeputCzduCletgcdeIJ Nobleflè amp;nbsp;du tiers Eftat. Et ncantmoins voians fes requeftes nâauoir lieu ,lcfuppliaauouct les humbles recommandations que luy failôient Mclfieursdu Clergé quiluyoffroicnttout honneur refpe6lamp; reuercncc comme a vn Prince tref Ilîuftre qui auoit ceft honneur dâeftic extrait des Roys de France: comme aufli feit le lèmblablc le Seigneur de Montmorin pourla Noblefiè amp;nbsp;le Prefidentde Poitiers pourde tiers Eftat. Surquoy le Prince remerciatrcf-huH'' blcment MelTieurs du CIcrgézdilânt quâil les auoit tousjours aimez amp;nbsp;hônorez.Et quâen tout ce quâil luv eftoit pofi;ble,il les maintiendroit amp;nbsp;côlerueroit tomme auflî Meflîeurs delà Nobleflè eftdnt tour difpofé à leur faire fcruicc. Et pareillement Meflîeurs du tiers Eftatdcfqucb il auoit grand pitié amp;nbsp;comiferation pour les grans maux qui pourroient nimber fur leurs tef-RdatiS des tes. Et qucceftoient ceux qui lè difoiét les Eftats qui leur couppoient la gorge. Ccfaitlefdûs ^bafla Députez faluetent de rcchefledit Seigneur Prince amp;nbsp;fe retiretent. Les cnuoicz vers le Roy ezau Roy°* Nauarre faifant leur relation chacun des trois Eftats à part, récitèrent que le Chanccllier dcNauarre. autrcs officiers du Roy de Nauarre, les auoieb|eceus auec touteslesCourtoifiesamp; hônueurs Waimandc ^uâfl cftoit poflîble dc faire: eftant le Roy empeïché pourbattre la ville de Marmandepresde â atliegéc ba Bourdcaux.Laquelle il laiflaà lavenuë dcfdits Ambafladeurs apres quâils eurent fait quelque parkRoy^ fubmiflîon vctballc audit Roy de Nauarre. Lequel eftant de retour en la ville dâAgentcccut de Nauarre lefdits Ambaflà deurs enfcmble les lettres defdits Eftats amp;nbsp;entendit tout ce que lefdits Ambaf-fâdeurs auoient à luy dire de leur partfuiuant leurs inftrudionsquc fArchcuefquerécita,laif-
'S.
15;
St,
Iiiftniftions dc» Anibaf fadeurs à (rois fini.
fant les parolles piquantes amp;nbsp;qui auec aigreur fcmbloit contenir quelques menaces de hazat-der fon Eftat.Leiquelles l^it Archcuefquc de Vienne luy teit entendre en Ibn cabinet puisa« prcs.Ce que ledit Roy de Nauarre auoit pris en bonne part:amp; à icelles fait refponce bien douce amp;nbsp;pleine de bcncuolcncc. Lcfquellcs remonftranccs lArchcuclquc de Vienne l'eut en pleine aflcmblée. Quand aux inftrudions dcfdits Ambaflà dcurs elles contenoient trois chefs Le premier vnc gratificatie à fa perfône pour la qualité amp;grâdcur quâil tenoit en ce Royaume auec vne femôccamp; priere dâafliftcrauxEftats.Le fecôd de fe joindre auRoy amp;nbsp;auxEftatspoiit réduire lèsfujets én vne Religion Catholique, Apoftoliqueamp; Rommaine. Le troifiéme des inconueniensamp; malheurs qui auiendroient de ladiuifiondeluy amp;dcsEftats. Etquelcfdits Eftaseftoiét relôluz dâemploier la vie amp;nbsp;lesbiens pour la rcduâiô des fujets duRoy â vnemef, me Religion. Le Roy de Nauarre leceut tout en bône part. Si qu auoir pleuré oiant lArche«^
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de Vienne reciter les calamitez de la guerre fiir ce poureRoiaume:fit refponcc aufdits J ââtstant par lettres que par inftruÃions bien amples dont la fufeription portoitù Meflîeurs uarce aux tenans les Eftats à Blois amp;nbsp;au dcRous des lettres.Voftre plus afFeótióné Sc feruiable a*
Wnry.La lettre eftoit tcIle:Meflîeurs je vous remercie trefaffedueufemét de ce quâil vous ^P'euenuoier par deuers moy amp;nbsp;mefmes tels perlônnages de telle quallité 8c meritedefquels lây'^ciisgeouïs tref-volontiersj Comme je receuray tousjours auec toute afFeÃion amp;nbsp;refpeà â'â''tee qui viendra de la part dâvne fi honnorable amp;nbsp;digne compagnie : Ayant vn extreme re-ceque je nâay peu mây trouuer amp;nbsp;vous monftrer en perlonne en quelle eftime je tiens
'ââ'tcllealféblée.Et corne je fécondé vosvolontez en ce que vous defirez tous mettre fin aux 'ââââ¢^âtamp;miferesdontCS Roiaume eft de fi long téps affligé: Et pour le remettre en quelque Meuteftat,promouuoir amp;nbsp;procurer enuersle Roy Môfeigneurjtoutes bônes amp;nbsp;fâirites or-'®nancesamp; reiglemes.Mais le fucccs amp;c euenement dâvne fi là inteentreprife tendât à .la refiau-
de ceRoiaume : depéd à mon auis de ce que requériez amp;nbsp;côfeillez au Roy,quâil tende à ⢠*^Paix.Si vos Requeftes amp;nbsp;côfêils tendét à la conlêruatiô de la Paix:ll vous fera aile dâobtenir bonnes prouifions à toutes vos plaintes , 8c remonftrances amp;doleanccs : 8i les faire
S'entretenir de point en point. Et par ce moien recueillir vous mclmes amp;nbsp;tranf 'quot;^^ttalapofterité,1e fruit de vos auis 8c conlcils. Que lÿ par le moien de quelques vns qui quâils fuiuenc 8c feiuent à leurs paflions ou proffit paniculicr,nefe louciét de perdre ^^rancevousvoLis lailTez efehapperdes mains la Paix tant necelfaire:jâay grâd peur que vo-Æ Wr amp;nbsp;le mien,aucc celuy de tant de gens de bien quâil y a en ce Roiaume: 8c toutes nos Pwancesde celle affiemblccmeloient vaines.Et que tout ce Roiaume ne deuiéne non lêule-îâ.^Hfriiftré du grand biê qui luy eftoit offert par celle affemblée:Mais quâil foit encores pis, quâil pnjffe fubfifter.Et parunt Mcffieurs,je vous prie de tout mon cÅur amp;nbsp;affeólió, ^°'^loirencorcs délibérer fur ce point,duquel dependët tous les autres.Mefmes la confolatio ^o^itcntement que vous defirez 8c qui importe le plus à lEftat de ce Roiaume. Et de ceux â'^Wonne peut faillir deux fois. De ma part je reconnois que non léulement mon intc-â'^cômedetous autres citoyens eft conjoint auec le public:Mais apres la perfonne du Roy .. i '^ââââfegneur amp;nbsp;Monlèigneur fôn frerc,jâay plus grand intereft à la conferuation 8c reftauratio pîRoiaume, que perfône de ce môde.Et par ainfi vous me trouuerez tousjours preft 8c af-'^'ûnnéa ûire auec vous,tout ce entièrement qui viendra au bien amp;nbsp;repos dâicclluy. Et a y Mîr tout ce queDieu ma donné dé moien 8c ma propre viercomme auffi à vous complaire yuirà tous en general : 8c mâemploierpour vnchacunde jous en particulieren tout ce nie fera polTible. Et parce que jâay refpondu plus particulièrement à Meffieuts \^s Depu-ce que je délire 8c demande eftre reccu de vous : le feray fin a la prelênte: priant Dieu
âWurs vous vouloir bien infpirer amp;nbsp;illuminer par fa fainte grace amp;nbsp;Ion faint efprit.
^'finfttuélions du Roy de Nauarrecftoiét fort amples amp;cômancent par adions de graces cllats de luy auoir enuoié des principaux dâentre eux. Les loue du zele quâils ont Nauane * â'*^*5namp;creposdeceRoiaumc:crainttoutesfoisquelaRcqueftequâilsontfaitcau Royjde
''^tolérer en ce Roiaume autre exercice de Religion que la Romaine:ne foit pas. la voie pour Eftatâ l^tuenir a ce repos tant defiré:nây dâappaifer les troubles qui feront dâautant pires que les pre- Generaux.
quâil nây aura moien de les pacifier quand bien à la fin les deux parties le voudroiét.Et depuis quâon fait des ouuerturesfi dangereufes 8c fi pernicieufes à tous accords à âââ cnit que dereuoquer en doubtc,quâen ces accors qui ontefté fairspar ci deuât le Roy nâa n quot;obliger fa foy,pour la conferuation de fon eftat amp;nbsp;de tout ce Roiaume. Que partant ledit deNauarreprie 8c reprie ladite aflcmblce au nom de Dieu,,amp; jjpur tobligatiô quâils ont 5''igt;iendu Roy amp;nbsp;de la patrie: d'y vouloirbicn penfer amp;nbsp;repenfer. Comme eftant la plus haâ-choie Scxle la.plus grande importance dont on aie jamais délibéré en Frahcc. L'es Pf'cconlîdercr non feulement ce qu'ils défirent, mais te que te poure Royaume peut côm-l*ortet: Et ce qui fe peut faire. Comme lemaJlade defireux de^mté qui neprà nd pas ce / ^ââgt;1 trouiie agréable amp;nbsp;à fon gouft, mais fouuent ce qui eft bien defplaifiint amp;amer corn- . Jâ^pliisconucnablealâmalladic. Que fil faiét mal au cÅur des Catholiques qutjouyf-5t de leur Religion, fans quâon leur face aucun trouble, veoir ceux de ladite Religion ^âlonla veutofterdu tout, apres leur auoir tant de fois accordé amp;nbsp;fi long temps perrtiilc. wauffi que les Eftats confiderent foigneidfiJPKîîft'H^âcn vain ôn feft efforcé de la chaffer
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.--J
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de ce Royaume amp;nbsp;des Royaumes dâAngleterre, Hongrie, Boheme, Danncniarc, nbsp;nbsp;nbsp;â
Suède, Suyffc amp;nbsp;Allemagne ou elle à mis le pied. Et que fa Majefté à fait ferment en logne, de maintenir fcxercice de ladite Religion amp;nbsp;nây rien changer de peur de troub et ftat. Ne farrefter a ce quâon tient ladite Religion pour herefie. Car quand ainfi feroit ( quenon) elle ne fedcuroit*nâypourtoit öfter par vne telle affemblée: Ainsparvnvo le General, auquel toutes parties font ouyes. Et quand a ce quâon vouloirfaider de ex pic de fon pays de Beam, duquel l'exercice delà Religion Catholique fuft ofte par la à â Bearnouia lt;^fc Roync fâ Mcrc. Ledit Roy de Nauarre à délibéré amp;nbsp;ja commencé dây remettre Æ Religion Religion. Et partant ledit Roy de Nauarre prie amp;nbsp;reprie ladite affemblce pour la
vouloir bicn penferamp; remettre l'affaire en deliberation. Quandaecque a i la Roync affcmblécdçfircqueleRoy de Nauarre fêconjoigncauccle Royamp; auecelle. Ledit
lt;lc Nauarre penfe leureftre conjoint par tout lien Naturel amp;nbsp;public. Et nâacu ja^^ par on nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autre intention que de luyobeyramp; faire tout trcs-humblc fccuRc* ; ,
Fcuficr,
â¢â¢ 'ir
hour amp;nbsp;honneur de luy efire fi proche parent amp;nbsp;allié : amp;nbsp;rcconnoift luy cftrc tant oblige p tant d'honneurs amp;nbsp;de faueurs quâil à receude figt; Majefté: quâil nefe peut deurer plu ftroitte conjondion. Et fi elle fe peut accroiftre par humble feruice il le fera. Quand î quâen particullicr ils défirent quâil ayt à faire quâil nây ayr quâvnc Religion Catholique mainc, amp;nbsp;quitter celle dont il fait profcflion. 11 a accouftumé de prier Dibv en vnefi belle aflemblée : que fi fâ Religion eft la bonne comme il croift, quâil confermer amp;nbsp;affurcr. Que fi elle eft mauuaifêgt; luy face entendre la bonne amp;nbsp;illuminer o cfpritpourlafuiurc amp;yviurc amp;: mourir. Etapresauoirchafféde fôn cfprit tous erreur^» luy donner force amp;nbsp;moyen pour luy ayder à la chafler de ce Royaume amp;nbsp;de tout le mo fil cft poffiblc. LâArchcucfque de Vienne dit quelesMiniftrcs auoycnt laid effacer (e claufèentrehgne. Et que leRoyde Nauarrcla feitajoufter. Prie faffemblcedefc coâ tenter defà refponce: amp;nbsp;ncantmoins fi elle en defirc vnc plus ample, la prie ne trouuer mau uais quâen chofe de telle conlcquencc amp;nbsp;dâimportance: il y penfc dajiantage amp;nbsp;attende ad dâvncafièmblce de ceux de ladite Religion amp;nbsp;Catholiques vnis qui fc doit fairepar com mandement du Roy à Montauban dans peu de Jours.Cepédant la compagnie fc peut afleur quâelle trouuera le Roy deNauarre tousjours trelênelin amp;nbsp;affediôné à la Paix amp;nbsp;à tout cc qm appartient vrayement a fhonneur de DieUjau fèruice du Roy amp;nbsp;repos du Royaume: quau dcuroit pour ceft effet fe bannir volontairement amp;nbsp;aller pour lâhonneur amp;nbsp;reputation du Koy Cxpofer fà vie hors dâicelluy aucc vnc bonnetrouppe demeime volonté amp;nbsp;affedion.
LcKoyde Nauarrefc
L B Ãindy dix-huitiéme dudit mois,les trois fuftlits Députez feirent rapport à faffembW plaint de nbsp;nbsp;de ce quâils auoycnt conféré aucc les Députez des autres Eftats touchant la refponce du M
l'Efpagnoi. dc^Nauarre amp;nbsp;quâils auoyent prisfèmblablc refolution que le tiers Eftat ; amp;nbsp;refôlurcnt den faire la refponce au Roy. Alinftant îArchcuefquc de Vienne amp;nbsp;le Sieur de Rubempré df fiifdits Députez des trois Eftats, dirent à faflèmblée que le Roy de Nauarre les prioitâ' uant que îaflèmbléc fê departift, interceder vers le Roy dâEfpagne pour luy rendre fon Roy* aume quâil tenoit injuftement.âdont ils auoycnt oublié de parler faifant le difcoursdclcurlc-gation.Bigot fvn des Députez du tiers Eftat Auocatdu Roy au Parlement de Rouen en ntic récit à tafteblée.Et côme ils auoiét aucc les Députez du Clergé amp;nbsp;de la Nobleffc,fait refponce au Roy touchât le Roy de Nauarre par la bouche de fArcheucfque de Lyon amp;nbsp;demada co ge pour tous. Mais on ne voulut toucher à la demade du Roy fexc ufâns tous quâils nâauoient
AmbafTa-deurs au kiarrfchal dâAnuilIc.
Lettres du Marcfchal
affemblée apres difner,p(^rreceuoir ceux qui eftoicnienuoiez vers le Marcfchal dâAnuilIC' ouïr amp;nbsp;entédre kifet de leur Icgatiô.Qui fut que à iât trouuc le Marcfchal en la ville de Mót' pcllierdls luy auoiét prefeté les lettres qui luy eftoiêt eferites par les Eftats:amp; propofé les cho' fes defqucllcs ils auoient c^é chargez par leurs memoires amp;nbsp;inftrudions. Lefquelles il aiioit prilês de bône parc.Mettât à foppofite beaucoup de raifons en auât qui deuoient mou noir les Eftats dâétretenir laPaix pluftoft que remettre ceKoiaumeaux troubles dót il choit forti.Ain fi quâil cft plus au long contenu ez inftrudiôs amp;nbsp;lettres par lui baillées aufdits Ambaifadeurs. Mais il faut notter, que les Proteftâs amp;:Catholiques vnis aucc lcdiiMarcfchal.' ne vouloiétpas que les lettres,inftrudiôs Sz parolles de crcâcc fuifet tenues Iccrettes amp;. cômuniquécs feule-met auditMarefchal. Mais le tout fut dit amp;nbsp;feu publiquement comme vous verrez.
L B deffus poitoit à Mçfiicuis Mefiieuts de faffcmbléc fc tenant piclêntcment en la tille
-ocr page 701-^«Bloys.Parce que ledit MarefchaljProteftâs amp;nbsp;Catholiques vnisjenfemble les Députez du ^'deNauarre amp;nbsp;Prince de Condé:auoycnt protcfté de nullité cotre lefdits EAats quâils te- an. Æ quot;^yentpouraiTembléeillegitime des le vint-deuxicme SeptembrCj mil cinq censfcptante fix: ^lîproteftationauoitcfté enuoyéeau Roy qui fit rcfponce le 28. Octobreenfuiuant. , !''1essieVrs jâayeftimcvn grand honneur amp;nbsp;faneur, qut voftrcaflèmbl ce mâait corn-
quot;'Uniquepar Meflîeurs du Puy,de Rochefort amp;nbsp;de Tollé les Députez prefens porteurs, leur A,-fur ce qui fetraitte en icelle. Lequel comme Catholique, yflii delamaifon qui fcft
quot;onferuéele nom des premiers Chreftiens;ôc ayant efte cflcué 8)i. nourry en cefte Sainéte Rc-quot;o'on: lâay trouué amp;c trouuebon. Et pour fobtenir jefacrifierois tres-volontiers ma propre P ne le pouuant faire pour vn meilleur effeét. Maisconfidcranrcc quifeftpalTé amp;nbsp;îalâi- U,-
'quot;quot;ounous lômmes : j'ayeftimécftre mon deuoit comme Officier de cefte Couronne,vray ^naturel Confeiller dâicelle : de vous reprefênter par les inftruéhons que jay baillées aufdits
hmpoffibillité, defteduer cefte intention, Mâcftanreflà yé de vous remettre deuât ⢠lquot;5yeux ce quâon doit peler au parauant que de nous plonger au gouffre des mal-heurs, qui quot;oiisont tant affoibly amp;c defquels on cfperoit eftrc a prefent dehors : tant au moyen de fEdit
Pacification, que du bon conleil quâon fe propofim deuoir eftre donné au Roy. Vous ^quot;Ppliant le balancer auec cela que jâayditde bouciieaufdits Sieurs Députez. Et croyez âl^fjaytrop faid depreuuc de la fidelité amp;nbsp;affedtion que moy amp;nbsp;les miens portons au Roy
Couronne, pour ne manquer au deuoir de vray amp;nbsp;fidellc fujet. Nâayant jamais 'â'^ueaeeque jâay eftimé pouuoir apporter repos amp;nbsp;traiiquihtéà cepoure à c defolé Roy-
Lequel fur tout,nous douons empefeher de tenter vue dernicre Iccouftè, pour le voir lâ^Wattcnuc quâil nâa quafi plus que la fiipcrfitie. le vousfupplie encorcsderechcfMcflî« quot;â'quot;5ybienpenlèr:amp; eftre afteurez que de mon cofté jây prefteray tout le moyen amp;nbsp;le pouuoir âîquot;quot; h IE V mâaura mis cz mains : ainfi que lefdits Sieurs Députez vous dilcouront plus par-quot;'quot;dierement, fur Icfquels me remettant je me recommanderay humblement à vos bonnes
Etpricray D v Melfieurs vous donner enfanté longue vie. De Montpellier ce l^pfiéme Feuriermil cinq cens foixantc dix-fcpf amp;nbsp;au bas.Voftre bicnobeyflà ntamy à vous fî'rcferuice Henry de Montmorency. Scs Inftiuôhons nortoyent. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Inflruftion*
Lïd IT Sieur Marcfchal à tres jufte occafion de rendre de tout lôn coeur tout le remer- du
quot;'^rtientpoffible, à Meffieursde ladite aflemblée pour lâhonneur quâils luy font: örfeftime ^quot;ilsontdeluy. Reconnoilïà ns quâil cft ylTu ainfi quâils luy rcprelentenr de la Tige de celle Ambafla-^aifon qui à produit tant de grands perfonnages, fiddles a leur Prince amp;nbsp;patrie . Qui auec lîursmeritesontefté pourueuz amp;nbsp;cllcuz à de grandes honnorables charges, cl^uelJes ils nuaux. ®ttousjours faitftparoiftre combien ils cftoyent amateurs du leruicede leur Prince amp;nbsp;de ^augmentation de leur Couronne. Si ceux là ont tousjoiirs efté pouftez de celle fpicndide Monté: amp;nbsp;en ont tendu Siprodujét en public les effeCls,ledit Sieur Marcfchal (qui grace îDiïv à tantretenu de la bonne inftitution amp;nbsp;nourriture paternelle,quâilne mefeonnoift fuquieftdelôn deuoir) eft prell amp;nbsp;apareillé defuiurc la trace de Icsdeuanciers: amp;nbsp;aymeroit quot;quot;eux jamais nâauoirefté mis au monde, que dclouillcr amp;nbsp;contaminer cell illuftre amp;nbsp;fleurif Mtrenom,que la mailôn de Montmorency fell acquis : delà lource de laquelle il cft forty fînsdegencrerde leur fidelité amp;nbsp;aflfeôlion.Or fi par lepaflé les occafions, efquelles les deuan-®s(efont employez pour la grandeur de ce Royaumc:ont elle diflferentes à celles dâaujour-^uy ; il faut troyre que le but à tousjours cite lèmblablc. Et que les trauaux amp;nbsp;fcruices qu'-'Isontfà itSjtendoycnt à la fplendcur amp;nbsp;félicité de celle Cou rônc.Il faut donc confiderer que-^îîqiioynousvoulonspencr,eft pour ccftclèulecaulc.Etquicôqt^s ne fcftudieraà lêlâcri--fopour lebié de fa patric,eft indigne dâeftre nay en icelle-.nây porter titre dâhôneur quel quâil foit-Ledit Sieur Marcfchal voit amp;nbsp;à veu amp;nbsp;conneu occulairemct,quels ont efté les maux dót uousauons efté opprelfeziSc qui ont quafi réuerfé ce grand amp;nbsp;flc^lTant nom François,inuin- Occafion cibleamp;formidablcà tout le monde.Mais pcnlêdela caulc dont ils nous lont procédez,quâel-
â'^neîe punie attribuer a autre que a la volotc de Dieu qui pour nos pcchezÃé fautes les nous îeniioyez. Il ne le peut dire quafi autrement. Bien confefte il que D i ev qui retient en Weeret jugement les railons pour lefquelles il nous afflige; a permis dans le cÅur des Jiommes la diucrfité de Religion. Mais difeourant enfon entendement que tous moiens tant Re'igâoquot;â, ordinaires que extraordinaires,ont efté inucntezamp;cxcogitcz par tous les plus figes mondains
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L.aReligion ncsâültc ai-fément du . ca-urdej hommes.
Deux Religions com patiblcsen vn Eflat
Languedo.
Vnionde plulicurs. Proteftans amp;nbsp;ieursjfor ces.
de ce Royaume pour coupper la racine qui auoit pris pied dans le cÅur de la plus part des perfonnes dâicclluy J pour ladite Religion : lefquelsnây ont peupreffiter. Et queauonsd-prouué par tant de perte de fang, de violence, meurtres amp;nbsp;infinis autres aâes tant hoftil-les amp;nbsp;horribles, que le fouucnir qui efi encores douant noz yeux, nous en fait trembler : que la force des hommes ne peut^maiftrifèr amp;nbsp;domter le cÅur de ceux qui ont rentenderaent touché de la Religion . Et lefquels fè reloluent à patir amp;nbsp;perlenerer amp;nbsp;fe rendre perfeuerans aux troubles Sgt;i. alfliâions qui leur viennent : il ne peut Ce reprefenter quâil foit rjualî peffi-ble aux homrnçs de mettre fin à ce que D i e.v fell rclcruc comme maiftte Si Cciut3teoi des cÅurs dâvn chacun. Etpour confelïèrjuftcmcntdccequi eftdelôndefir: 11 veut dire amp;nbsp;attefier deuant Dr EV Scies hommes, qu'ilnyacteaturedumondequilepuiflefur-palfcr dâaffeétion amp;nbsp;volonté pour lâaugmentation delà Religion Catholique, Apoftolique Romaine*. En laquelle il à efténourryamp;cfleuéamp; dont il faitamp; fera toute fa vie vrayeS: ouuene profeflion ; eftant poulïâé dâautant de pieté, zellc Se affeélion pour lefoufticn dâicelle, que homme puilfe elhe ; Et prie D i e v quâil luy face la grace de pouuoirà fon honneur amp;nbsp;gloire, facrificr là vie pour vn fi bon, Sainét amp;e jufte elFeôl. Ceux de la Religiona-pre^ent lont fondez en tant de dîners Edits Sê concevons, approuuans leur Religion qu'ik ont leilée de leur lang rquâil eft bien mal aifé de les faire condefeendre fi aifémentà fedépartit de ce quâils ont achepte fi precieulêment : amp;e quâils jugent lêul remede pour les faire viure amp;demourercn ce monde. Et qui plus eft, le dernier Edit obtenu tant folemnellerocnt amp;nbsp;aucc lâintercelfion des Princes eftrangers; leur a fait connoiftre que ce que pluficuri difent, que deux Religions fuflcnt incompatibles, nâeft vray: veu quâen fi peu de temj» que D I E V à faiél pleuuoir fur nous celle benediétion de Paix : Ils ont pris telle habt* tudeenfemble, Ipeciallementcnccpaysde Languedoc, quiellcompofé de fi grand neW-bre de ceux de la Religion: quâilsfe voyent méfiezez villes, lieux, maifons,familles) voyrc jufquesau liél: cfquels il faudroit mettre vn entier diuorcefila liberté de laquelle ils font entiers polfcfiêurs, Si quâils efiiment plus que leurs vies: leur eftoittollneamp;'æ fiée. De maniéré que fi violemment on vouloir prandre refolutTon de rompre lâEdid, fur lequel ils fe font entièrement fondez: Si leur interdire leurdite Religion: Ilefiit«' mal aifcamp; quafi impolfible dây paruenir. Car fi faut confiderer qne lâvnion amp;nbsp;volonte des perfonnes, les rend forts amp;nbsp;inuincibles : comme au contraire la diuifion Si partialité ap)porte toute ruync Si fubuerfion. Or ceux du pays de Languedoc qui eftlâvnedes plus grandes Prouinces de ce Royaume: efians affemblez en leurs Eftats principaux: ont folcnnellofncnt juré en prefence dudit Sieur Matefchal Si du Seigneur de loycufcLieutenant pour le Roy: lâoblêruation amp;nbsp;entretenement de lâEdit. Et auec vn cÅur ouuett déclaré, vouloir viureamp;mourirenicclluy: comme le jugeant tres-neceffaire entreeuxpout
leurconforùation. Encores quâon nepuiffedire queefdits Eftats ilyeuft nombre de ceux de la Religion qui les peut contraindre à faire ce Serment, comme il fe veoit par les ades. Et à cela fè font rendus fichez Si arreftez . II faut donc inférer quâayant celle connoiflân-ce, quâils ne peuuent demeurer entrâ-eux fans cqualité: Ils la voudront garder inuiolla-blement. Et penferont que ceux qui la leur voudront öfter, feront violateurs de leur repos Si feminateurs de nouueaux maux : qui leur font encores fi recents que la feuleaprehen-lion dây rentrer les tranfporte de paffion en i'obfcruancc de leur tranquilité. Donquesfiain-fi eft que celle refolution foit fi auant dedans lâinterieurde lâame de tous vnanimement en ce pays ; Si fpeciallement de ceux de la Religion qui par tant de preuues ont demonlire comme ils veulent achepter celle liberté à eux donnée par lâZâdit : ledit Sieur Marefchal lailfea penfer à Meffieurs delâaffÃiblée, Fileft en fapuilTance depouuoirce quâilsluy demandent. Et fils nâattireront pas fur ce Royaume Si fpeciallement fur lefdits pays de Languedoc, tous les mal-heurs quâon peut imaginer.Lefqucls pourront prandre tels traiôls,Que au lieu quâon eftime coupper le chemin? la malladie qui à affoibly ce Royaume : on nous plongeroit dans vn gouffre de tel mal-heur, quâil nâeft pas/quafi loyfible de dire ce qui en peut venir enlafan-Oefcfpcrcz. taifie.Car le defêfpoir tranfporte les hommes hors de la raifon : Si les contraint fouuent d oublier leur deuoir. Dâautât que naturellemct chaeü eft enclin à la là luatiô de fà vie amp;nbsp;liberte.il quepour lacôfêruer,on rccerchefâs autre cófideratió tout ce qui peut apporter prcfifit.Lcdir Sieur Marefchal à bie voulu diredemet repreféter les dagers amp;: eucnemésjpolfiblcauparauat
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Ihnfon particulier faire aucune relponce.Eftimant eftre le deuoir d vn vray François,dc fai-'ctoucher ce qui caufe amp;nbsp;peut caufcr nos maux, à ceux qui ont le moien dây remédier. Et lâeût faire entendre ouuertementlôn intention: Ayant communique de ce fait ( tant importât 'lûilexcedequafi la capacité commune ) aucc plufieurs notables perfonnes quâil à a cefte fin appeliez. 11 à trouué apres la proteftation cy deuantfaite ( quâil Jeûie comme Catholique fa-'lîncement 8c augmentation de là Religion autant que nul autre ) Que ce fait eft general amp;nbsp;chai ne veut â'ââporte à tous les Catholiques amp;nbsp;à ceux de la Religion qui ont receu fEdit amp;nbsp;jouylïènt dâi-quot;tliiyfpeciallement au Roy de Nauarre amp;nbsp;à Monfeigneur le Prince de Condé. 'Tellemenç je Nauanc ^â11 ne luy eft polfible de fen pouuoir refoudre nây donner furce relponce arreftée lâns auoir Pnncc dç ââonimuniqué amp;nbsp;conféré auec eux; amp;nbsp;tous vnanimement confideré les rations amp;nbsp;motifs qui âquot;âtpouifé ladite aifcmblée de prandre le chemin auquel ils veullenr entrer,Afin que cela leur ffcnt reprefenté tout ainfi que ce fait eft general amp;nbsp;non particulier: on puiftè au nom du Ge-ââetalqui à efté intcrefle:prandre vne bonne amp;nbsp;lâinte refolution qui puiftè apporter contente- * 'ââtnt à ladite aifemblée: 8£ bon repos amp;nbsp;foullagement à ce poure Royaume, qui ne peut plus ^dpirer des grandes iccouflès quâil à euës.Et leiquels fi Dieu ne le regarde de ion Åil de pitié amp;nbsp;illumine ceux qui ont IcTimon amp;nbsp;adminiftration dâiceluy en main: eft en extreme peril -gt;1«retomber en vn tres-dangereux accident. Lequel fera plus dur a fupporter, dâautant quâil tiendra lors quâon penfoit vcoir le Nauire au port amp;nbsp;cftrc exempt de Naufrage apres vn fî grand orage amp;tempeftc qui fauoit quafifubmergc. Tellement que ledit Sieur Marclchal humblement ladite aflemblée, auoir agréable fâ refponce. Laquelle il ne peut, ny ne
â¢initiaiteautreconfiderant que fil eft en leur main de donner relafche à vn fi grand amp;nbsp;peril-hüx mal amp;nbsp;ils ne le font^ ils encourront à jamais fire de Dieu fur eux. Et au lieu de la bc-quot;ttÃftion quâon fe preparoit leur donner pour leurs fâgesamp;t prudensauis: les execrations amp;nbsp;âââ^lediétions du peuple qui patira tout le long de cefte cruelle Guerre : lôntfuifilantes pour hsûire rendre odieux à tout le monde. Câeft en fomme ce que ledit Sieur Marefchal peuta-Pâtlênt faire entendre amp;nbsp;»monftrer à ladite aftcmblée. Laquelle tlfupplie encoresdâencon-focr pour donner au is au Roy dâvn affaire qui impoitc le bien ou le mal de ce Royaumc.Et de â âââcttreplus dâvne fois en balance tout ce quâon peut juger digne de confideratiô.Eteflire plu-Mla douceur que la cruauté tant defagreable amp;nbsp;detcftable à Dieu amp;nbsp;au monde. Laquelle ^âûîutélèraen regne fi les mal-heurs nous font rentrer en nos premiers tourmens.Appellat le ^âtSieur Marefchal Dieu à tefmoinjdu regret amp;nbsp;dciplaifir quâil a en fô cÅur, de fe voir réduit âââplusdangereufcsamp; petilleules extremitez qui fc puiffent prefentcr:dcfquelles i^èra deli-âââcfilaprouidêccde ladite afféblcemct en poix iâimpolfibiilité quâil y a de venir à la fin quâils iltfirent. Qm eft fvnion en la Religion Catholique feule, a laquelle de fôn cofté il à plus de ââ turquenul; Et la voudroitauoiracheptcedefonfang: pourueu quâil fc peut faire fansla ^yneamp; defolation de ce pouure Royaume. Duquel eftant Officier amp;nbsp;de ceux qui y ont au-âhotité; il veut eftre jufques à la derniere goune de fon fang vray amp;nbsp;fidellc feruiteur. Rc-âââcreiant humblement ladite affemblée du bon amp;nbsp;faint jugement quâils font de luy. Enquoy âh ne feront jamais deccuz ny trompez . Ains fera tousjours paroiftre quâil ny a aucun en
Royaume, qui le puiftè en cela fur paftèr dâaffedion. En laquelle il demeurera ferme amp;nbsp;'âûiollable à jamais. Fait à Montpellier le huitième Feuner, mil cinq cens foixante dixfcpt Henry de Montmorency.
, Le rapport fait de leur voyage vers le Marefchal d'Anuille : LâEuefquefaifà ntla relation â^Lglife, le Gentil-hommc à la Nobleftè amp;nbsp;le troifiéme au tiers Eftat ; îk neantmoins tous-J^Tsfaccompagnant les trois enfemble : fut arrefté fur lâauertiftèieent quâils donnèrent que âjClergé amp;nbsp;la Nobleftè fc deuoyent aflèmblsr le jour fuiuant en lâEglife Saint Sauueur pour ââfliDcret fur le mefmc rapport: comme auflî fur quelque traitte de Paix qui courut depuis le â«ourdcBiron deuers le Roy de Nauarre : qucquelques Depute^ du tiers Eftatle trouue-'oyent en ladite affemblée amp;nbsp;confereroyent auffi auec Icfd ids du Clergé amp;nbsp;delà Nobleftè pour en faire apres leur rapport. Ce qui fut effedué ôc faflemblerent le jour fuiuant qui fut '^pcnukiémcFcurierau matin. Aucuns des Députez des trois Eftats en lâEglife Saint Sau-â'ur. En laquelle aflêblée fut entrâautres difcoursfaitouuerture par quelques vns du tiers E-â«fjdcfaire inftâce de la Paix enuers le Roy ôcfouftenu à lâoppofitc par dâautres tât duClergé ^ââîdelaNoblçftèjque cela nefe pouuoit faire fans conireuenir diredement à f Article de la
Xxx iij
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Lâ H S I T O I R E DE FRANCE.
Paix.
Religion porté par les Cayers : En forte que cefte affemblée Ce départir fans effeéf. Le dernier du mois les Députez des trois Eftats furent conuoquez a Saint Sauueur,pour ouyr la négociation 8c remonftrance de la Paix que fit le Duc de Montpcncier eftant de retour du Roy deNauarrc.Et dâautant que le heu nâeftoit afïèz capable,il dit aux trois ordresfvn apres {autre ce quâil en auoit fait coucher par eferit dont la teneur fenfuit.
Hatenguc du Duc de
M E s s i«E V R s vous fà ucz qui à efmeu leurs Majeftez de mâenuoicr vers le Roy de Na-Montpécicr uatrc : Et Combien la fà ifon ou nous eftions lors de mon partement, mon indifpofition ,aagc lorrguerir du chemin me pouuoitdifpenfor dâvn fi fafeheux voiage. Toutesfois poflpofant LTrs le Roy Cefte peine 8c trauail,â lâaffeéfion que jâay au treshumblc foruice du Roy 8c repos de la France: de le nâay différé de fenrreptandre 8c aller trouuer ledit Sieur Roy de Nauarreen la villedâAgen, pour a a Qij apres Juy auoir bien particulièrement fait entendre, fintention de leurs Majeftez : 11 ma reprefenté tant dâoccafions de mefeontentement 8c de deffi^nce quâil dit auoir: que je me fuis - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠veu plufieurs fois en terme de mâen reuenir fons rien tirer de relponce de luy, qui peuft fatif-
' faire à ladite Majefté. Finallemcnt je luy ay fait tant de bonnes 8c fainôtes remonftrances en public 8c en particulier, quile deuoient mouuoir defo rangerà laraifonScreconnoiUref® que par droit diuin 8c humain il doit à fon Roy 8c fouuerain Seigneunque je fay laiffé en bone volonté de recercher tous les moiens quâil pourra-pour paruenir à la Paix: Et quâil neuen-dra à luy que ne faions. Ce que auparauant mon arriuée en cefte Court, jâay fait entendre à leurfdites Majeftez par Monfieur de Riche lieu. Et depuis par Monfieur de Biron afin qu-il leur pleuft fur le fait de la négociationprandre quelque bonne refolution. Leur aiant par eux propofor tous les moiens 8c remedes que jâeftimois les plus propres pour pacifier les troubles qui de fi long temps nous trauaillent. le croy Meftieurs quâil ny a petfonne devons qui face doubte du zele que jâay tousjours porté à fauanccment de {honneur de Dieu, amp;
fouftenement de ÃEglife Catholique amp;nbsp;Romaine. Et quâen vnc fi faindte querelle amp;nbsp;poft leferuice demon Roy: Paya toutes Icsoccafions qui fo font prefèntées, expoféma vieamp; Raifonsdu mes bicns. Et affifte a plufieurs batailles tant en laprcfoncedefà idajeftéque commefof Môtpencier Lieutenant General amp;nbsp;ayant charge de fon Armée. Ceneantmoins quand je confiderc à periuader maux que les Guerres pafTées nous ont apportés: Ãc combien ladiuifiontcndà lariiynf^
la Paix en
Frace au ce les reformez.
defolation de ce poure Royaume: Combien nos voifins cftrangcrs font leur proffit de nofttc mal-heur.- amp;nbsp;talchent denousy nourrir afin de veoir vnclubuerfion ennoftre Eftatquiae-fté fi flcurifïà nt 8c la Nation Françoife Ci redoublée 8c crainte de toutes autres nations.Quand
jcpcnfea^flilcpeu de moyens que leurs Majeftez ont de faire la Guerre. La perte que fêroit de tant dâhommes expérimentez au faiét dâicelle Sc affectionnez à leur feruice : enfenf ble le defaut de tant de chofes necelfaires ; les forces que ticnnet nos ennemis tant en ce Roi-aume quâez pays eftranges : les grandes debtes du Roy amp;nbsp;le peu de moicn voire de tout nul j de fe pouuoir jamais aquiter fil faut recommencer la Guerre : Que les journées amp;nbsp;batailles que nous auons données depuis feize ans en ça, nâont pas tant proffité pour appaifer les troubles amp;nbsp;amener à la vraye connoilfancc de noflre Religion Catholique ceux qui fen font diui-fez quâeuft fait vn amendement de nos vies auec vnc bonne reformation en tous les Eflatsde ce Roiaume laquelle cft trefiieceffaire. Dauantage quand je me reprefonte deuant les yeux les calamitez efquelles jâay veu le poure peuple plongé par tous les lieux ou jâay paffé à mà volage , amp;nbsp;fans efperance de jamais fen pouuoir relcuer finon par le moien dâvne Paix, laquelk vnanimementamp; dâvn commun acccord tant les Catholiques que ceux delanouuelle oppi-nion mâont faitRequefte de procurer à fendroit de leurs dires Majeftez.Mercprefontant d'ailleurs les pilleries,oppre{Fi«ns, rançonnemens, violences de filles amp;nbsp;femmes amp;nbsp;autres innunie-rables indignitez qui fo commettent en leur endroit: voire quâon ne leur donne aucune patience ou relafche,ce qui les met au delèfpoir.-tant pour veoir aufli la marchandifo,lagriciilturc amp;nbsp;le traffic cefler:que pou^eftre fpolliez deleurfdits biens: Aucuns dâeux contraints dâhaban-donner leur pays amp;nbsp;les autres impuniment meurtris amp;nbsp;occis. Finallemcnt me refouuenantdc la guerre que ^Empereur Charles le quint à eu cotre les Potetats dâAllemagne pour meffflc occafiô que celle qui foffre:aiât eu les principaux autheurs dâicelle captifs amp;nbsp;à là mercy: Et neâtmoins réduit à cefte neceffité de les laiflèr viure en fexercicc de cefte ReligiÃ.Et aiât aufli efgard que le Roy dâ£fpagne qui eft tant Catholique,apres auoir fiiit fi long téps la Guerre^ païsbas:à efte eStraintpour lacôfcruatiô de/bn obeïfTâcc accorder à 5. ou 4. des Princes qm tiennent
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tiencnt Ic premier degré cc qui auoit efté côclud par les £ flats pour le fait de la Religiô.Tou-i«ccs confideratiôs Meflieurs vue infinité dâautrcSjque je vous pourrois amener pour fexperience de mon aage amp;nbsp;le maniement des charges amp;nbsp;affaires que jâay euz:font que je fuis cô-'rjint donner auis à leurs Majeftez de fc refoudre à vne Paix. £tadouciffant ce qui eft dcîe-fcoitteoblêriiation de la declaration quâil a nâagucres fait publier : vouloir ramener ceux de lânouiielleoppinion à quelque bonne raifon. Auffi que je leur ay tefmoignc la volonté dudit ^ieurRoy de Nauarre eftre difpofée à retrancher amp;nbsp;diminuer de f£dit de Pacification der-ââret. Eftant le leul remede amp;nbsp;le plus expedient que je fçache au mal qui trauaille la France.
mefcmble Meflieurs que pour la confideration dâiceluy vous deuez auoir ce rriefme fenti-quot;âû'tauecmoy, amp;nbsp;faire Requefte à leurs Majeftez dâentendre à la Paix amp;nbsp;dâajoufter tels au-^«moiés amp;nbsp;raifons pour y paruenir 3 que la neceflité qui nouseft à tous cÃmune le requiert, ^onqiieparcela jâentende approuuet autre Religion que la Catholique amp;nbsp;Romaine. Mais citant d'aiiis feulement de tollerer 5c fouffrir pour quelque temps celle que tiennent ceux de ⢠âânouuelleoppinion. Et la leur permettre en quelque lieux quâon conoiftra apporter moins troubles 8c dommage à ce Roiaume. Attendant que par vn bon Concile ou autre tenue ou par autres bons moiens, leurs Majeftez aient tellement remis amp;nbsp;reconcilié leurs L'jets les vus auec les autresiquc Dieu nous ûce la grace de ne voir autre Religio régner par-nous que la Catholique amp;nbsp;Romainc.Qui eft celle que leurs predeceflèurs Roys ont tous-lotirs tenue amp;nbsp;fuiuic 8c en laquelle je protefte viure 8c mourir.
aiant acheué,fut remercié par le Prefident Hemard de Bourdeaux pour tout le tiers â¢atdufoin quâil auoit de ce poure Roiaume .Et le fuppliereni de permettre de faflèmbler pour en délibérer. Ce que par ledit Sieur eftant prins de bonne partdeldits Députez du tiers
fe tranfportcrent à hnftant en la maifon de la ville. Ou aians mis en deliberation la pro-pofeion dudit Sieur, conclurent à la pluralité des voix que le Roy lèroit fupplié par Requefte ^titcde re-vnir fes fu jets en la Religion Catholique Apoftolique ôc Romaine par tous moy-
8c legitimes^fans Guerre : félon 8c ainfi quâon auoitdonné charge à Verlôris de oollipplier quand il failoit fa charge, par deliberation fur-ce faite le quinziéfne lanuier der-ââ'n-.laôtc de laquelle féroit attaché à ladite Requefte. En cefte aflémbléc le Député de Car-'âlamp;nneoppinafeulpourlcGouuernementdcLangucdo. Car ceux deToloîeny voulu-alTifter. Auffi les Députez des Gouuernemens de Champagne, Picardie 8c dâOrleans â¢'^tdâautrcaujs. Câeft affà uoirquâonfc deuoit purementatrefterà îArticle du Cayertou-la Religion. Mais la pluralité lâemporta tellement que la Requefte fut dre^ée parle Wident Hemard, Bigot 8c Bodin.Et leuc Sc arreftée en vne autre alîcmblée qui pour ceft
faite apres difiier. Et affin quâon ne mift aucune condition en ladite Requefte; il fut pour ù Re-âïMlc que leRoyfcroit fupplié de nous donner la Paix purement ôc fimplement. Combien ^Octrois Gouuernemens ajouftoyent, fi faire fe pouuoit. Or dâautant que les autres qui ne Paix, vouloyent demander la Paix, auoyent reuoqué en doubte lapuiftance des Eftats: diûnt
, ^â'Iseftoycnt finis: Bodin Député de Vermandoys, ayant à pgt;arler le premier en îablénce Députez de Paris remonftra, puis que les Eftats prenoyent ouuerture feulement parla Nolition du Roy; quâils ne pouuoycnt prandre fin que par la clofture dâicelle ; alors que 5 ^oyauroit licencié les Députez: Ce quâil nâauoit faid : Ains au contraire leur auoit de-^'ââlâitrefexprcffement de partir. Et par confequent que les conuenticulcs ôc affcmblées par- Eftattkur 'æi'Jicrcsfaites le jourprecedent au nombre de trente,ncpouuoyent préjudiciera taffemblée S^neralle du tiers £ftat, qui eftoit encores de cent cinquante ou enuiron. Et quâen tout corps ^Colleges la pluralité des deux tiers prefens, donnoit tousjours I^y au fur plus. Alléguant âftclales Loixà propos. Et qui plus eft les Loix des Romains ne permettoyent point que ^Luette fuft conclue 8c dénoncée que par les grands Eftats du peuple. Et neantmoins que Cfniu/tatis âHixfe pouuoit conclure 8c arrefter par le metiu peuplciattendides difficultez de la Guer-
bien 8c douceur de la Paix. Il auoit auec luy fix Dep utez de 1 Ifte de France. Defquels f'biyde Clermont voulant defauoucr ledit Bodin fut blafmé delà Compagnie 8c pouffé l ââ^ttudcmentdes Députez de Guyenne 8c de Bretagne. £t à peu qu'il nefutchaffé delà lal-' Le qui luy fit porter cfpée les jours fuiuans crainte dâeftre offencé.Somme que le vintfeptie-'ââcFeurier la Requefte fut prefentée au Roy par la plus part des Députez quâil rcccut : de la-âl'^dlela teneur enfuit.
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UcqLfl^c S I R E J voftre Majcfté à alTcz coneu,comme auffi vn chacun à peu Juger: que les Depâ' prtfentée tez de voftte tiers Eftat aflémblez en cefte ville par voftre commandement onttousjoursac* k tiers^E^ftat ^ompagnc leurs deliberations de telle intégrité Si fincerité:que Ion pouuoit fouhaitter.Sieft* pour entre- Ce quâîls nâoüt pcu cuiter quâô ne leur ait impofé dâauoir fait ouuerture à la Guerre. Cornfflâ «nir laPaix fjjj fauoicnt allumée Si embfafoe par tous les endroits de ceftui voftre Roiaume.Ce qui a â⢠tous^fc's'fii fté autant eflongné de leurs intentionsjComme ils ont tousjours Jugé que par le moyen delà jetsà iaRe Guctre St troubles auenus en France depuis 15.ou 16. ans en ça: il nâen pouuoit rciiflir quâ iique nuisâ totalIc ruïnc des fujets de voftre Majefté:tesbranlement de voftre EftatjSe lafubuerfiondfi fans Guerre la Religion Catholique, Apoftoliq UC Si Romaine : fi par la revnion de la volôté de vos fujets il nây eftoitpromptemêt pourueu.Ce qui à efmeu lefthts Députezjtefoudre en eux par cyde-uantamp;dés le 15. lâuier dernier, ainfi quâil appert par fexrrait de leur regiftre cy attaché: que voftre Majeftéforoit treshumblemétfuppliéc vouloir rc-vnir tous vos fujets en la ReligiôCa
⢠tholique,Apoftolique Si Romaine par les plus doux Si gracieux moîés que voftre Majefteâ' iiiforoit en Paix Si là ns Guerre.Dequoy ils ont voulu encores fupplicr voftre Majefté en toU' te hiimilité;auec declaration de leur inuiollablcintction quâils nâentedet nây ne veulctappfou uer autre Religion que la Catholique Apoftolique Se Romaine,en laquelle ils font refolusvi-ure Se mourir fons jamais fen departir.Côme celle laquelle ils reconoiflènt eftrc la feule vraie donnée de Dieu receuë de noftre Mere S.Eglifo Catholique Romaine.Puis le regiftrepof' toit ces mots.
Paix amp;nbsp;Guerre.
Cazunir.
La pcefontc Requefte à efté accordée en hïTéblée du tiers Eftat à la pluralité des voix,le leâ'
15.jour de lâuicr dernier.Et à efté prefontée au Roy le Védredy ay.jour dudit moisauditââ» Biron depef nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la prcicntc fueille tranferite fignee Boullanget
chc vers le Secretaire Greffier dudit Eftat. Surce le 2. de Mars fut mis en deliberation au Confeilde
Requefte du tiers Eftat Si en ce faifant traitter la Paix aucc les Princes'.LaRçi-ïaPaix. ne Mere feit merueille de bien dire pour la Paix Si fut focondée c^i Duc de Montpencict Dcputezdc Marcfchal de Cofte, Biron, Moruillier SiBelieurc ain^ quâon difoit: prelques tous les autres ^^i*Tux*equot; ^eâ^^ns le contraire. Le Roy neantmoins IcmontroittousJoursenclinà laPaixSi lAmbalô-ftatsde nbsp;nbsp;nbsp;deur du Duc de Cazimir qui demandoit trois millions deliuresy donnacoup. Le troiziî*
Bloysdemâ me Mars Biron partit pour aller vers le Roy de Nauarre Si faire retrancher ce quâon pourrort derlccours j j,ei- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
auRoyamp;ic ûeihdit.
Duc dâAicn Durant la tenue des Eftats,les Députez de Flandres Si autres pais vindrenten Court:auec prot^cur charge dc^ Eftats de fupplier le Roy dâauoir pitié de la miforableferuitude Si defolation etih-dclcuriibcr quelle ils aiioienteftc réduits par les Efpagnols .Et que pour ft Jufteoccafion fon bon plaint rigueurs tf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;oéf roicr le Duc Dalençon pour protcéicur. Aquoy le Roy ne fut confeillé dâen-
des benefi ces preten dues par le Roy amp;nbsp;par le Clergé.
Entre pro pos du ebâ cellier Bira
guc amp;nbsp;de l'Efpinac Archeuef
pagnoles. tcndrcibien que Monfteurftft demonfrrarion de tout le focours quâil leur pou rroit donner. Nominaties Touchant les nominations Si collations des benefices dont nous auons parlé. LâArcheuef ^collations que de Lyon infiftoitfort quâelles appartinftent au Clergé folon le droit Si couftumeanciénC' Mais dâautres les euffènt bien voulu faire tumber ez mains du Roy. En fin à la pluralité des voix lArcheuefque lâemporta Si fut ceft Article refolu en leur châbre.Toutesfois le Roylai' ant mâdé Si affez mal recucilly luy faifoit entendre fos raifons: quad le Châccllicr îinrerrom-pant dift au Roy,Sire,Je nâay que deux points pour faire taire ceft Euefque.Leptcmier que le Clergé à dâacienneté vfurpé aux Roys lâauthoritc quâil fe veut attribuer aujourdâhui. Lâautre non feulement ce droit quâil demande vous appartient-Mais generallement tous les biens du Clergé de Frâce-.la plus p^t duquel les feus Roys Tref chreftiens ont enrichy de leurs biens qucdcLyon amp;nbsp;princippal dommaine.Sur quoy lArcheuelquene fut court à relpondre:uy dilânt quâilfef-Biens dâEgii bahiftoit commâ-îl mettoit en auant en prefence du Roy,telley)arolles. Et que tantfen falJoii fe dont font queles biens du Clergé Si ce qui en deppend luy appartinftent : que melmes il nâeft ny au qdappa/ uy au Clergé: ains eff paruenu des aumofiics Si caufes pies du peuple quâil à conférez «cnncnc. g lÃglife. 11 allégua dâautres raifons par lefquelles Birague fe fentit tellement offence quâil en Députez du tumba mallade de cohere Si en garda la chambre quelque Jours.
Or eftoiét Ja Si des le cómacemét de lâuier arriuez IcsDeputez duRoy de Nauarre amp;nbsp;Prince Prince de de Codé prefque à raefines fins.Toutesfois ores quâils euftènt promefte dâeftre ouïsiSi que les Eftaquot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dilpofâftent à les entcdrc-.ils furet côfeillez Si perfuadés de ne fi préférer par les Dépu
tez Proteftauî
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'^^Koteitaiisdes Prouinces : afin de ne faire aucun ade par lequel on peuft inferer quâó ap-
celleaffeniblée pour côuocation dâEftats generaux du Roiaume:amp; auoirainfî plus Les Protef-J'j'ioien de protefter de nullité de tout ce qui y feroit rcfolii contre tEdit de paix amp;nbsp;entretié
Religion. Orces perfonnages enuoiez à Blois par les Proteftans de fifle de France, faitcà Biois 'â'»gongne, Normandie, Picardie, Champagne, Brye, XSujeilne, Poitou, Touraine, Lyon
l'OiüÃ, °i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-i i-n'eâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;K ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ Généraux.
ââ«quelques autres particuliers de Berry, Saintonge « Anjou: communiquèrent les vus ââUitres les caiers amp;nbsp;memoires qu'ils auoiét defditcs Eglifès. Mais dâautant que la plus part 'ââ lâticlescontenuzen ces memoires, ne contenoient qucTcscontrauentionsfus mention-'^'âfiiitesau prejudice de lEdir: Ils cftimerét quâil nâeftoit beloin rcmonftrer cela aux Eftats Jiiioiiisfcprefcntcrà eux:attcnduquâils efloienrillegitimes,amp;Icfà ilôientfuffilammentrejouer pour tels.Que fi Ion le prefétoit à eux ce feroit les auoücr. Dâautre part aucuns met-. â^âtenauant quâil yauoit trop de force tant à pied quâà cheual autour amp;nbsp;dedans Blois. Et tout ce quâon failbitnâcftoitautre chofequâvn appareil de nouueaux troubles. Mais voiâs ⢠'i'*'l«Tnsauoicnt fait le faut:les autres eftoient p rclls de le faire: amp;nbsp;que le bruit couroit par ''âââ'lue les trois Eftats ne demandoient quâvue Religion alTauoir la Catholique Roinmaine
rupture de fhdii:ils dreflerent vne requefte bien ample au Roy,auec vn fomaire de leurs
P âintts amp;nbsp;remonft rances,
. â'tre autres points outre ce qui à cfté touché cydcuanr,ilsremonftroicnr quâauxder-
â'^â5Eftats tenuz à Orleans fcxercice libre delaReligionauoircftépermis, à tousceuxqui ccsd»s De ''quot;'oudroieiit faire profeflion. Que durant îentretenement de la rciolution qui en fut prilé
Eftats: le peuple demeura en paix. Mais auflî toft quâon y vouluft contreuenir on com- Roy. quot;^Ã^âentrer aux guerres ciuilles,qui apportèrent en ce Royaume tant de malheur5,quc les ** nâen font encores côlblidécs.C^e depuis peu de jours,ce Royaume auoit efté tellemét
du feu Je ces cruelles guerres: que les cendres en fumoient encores. Et que ce nâef-''ââââîifondefoufflerà trailers amp;nbsp;les vouloir râallumerpar vn moien tel que prenoient les Ef âââ^^duquel ils ne pouuo^ét conoiftre corne nâeftâtde leur fair.Car ce qui depéd de la côfcié-
Religiô deshômes, appartiét tât ièulemét à vn fêul concilie general ou national: amp;: non âMats,Lefquels auflî nâôr cfté côuoquez à ces fins corne apert par les letres patétes duRoy. 'â''R(]uela4itecôuocatiôà eftefaitccn vertu deIarticle.58.del'Edit depacificatiô.Melmes ^^îtticleq.o.dâicelIuy,leRoy remet à vn Côcille ladecifiô du fait de la foyôc de la Religiô.
ce feroitvne choie contradiôloireamp; répugnante à foymefmeifi lEdit quieft lalourcc 'â^Jâconuocation defdits Eftats,eftoit rompu par les Eftats mefmes.Et quand ils auroient cef-''^utorité: fi ne le pourioicnt ils rompre fans ouyr ceux de la Religion: qui du m^ns repre-quot;Rentvn Åil au chefs defdits Eftats, comme font les Catholiques. Et de les condemner que les ouyr:il nây à homme de fain jugement qui ne trouue telle condemnation inique ^âbufiue.Parquoy ils fupplioicnt tref humblement leRoy de confîderer la confequcncc que pORitoit apporter tinfradion de lEdit.Et de nâadhcrer aux oppiniôs amp;nbsp;conclufions prifes par 'Lieroc la Noblefle autres Députez du tiers eftat. Contre Iclqucls en adhérant aux Pro-â'fetionsamp;rcmonftranccs faites par les Eglifes des prouinces fufditcs,de nouneau proteftoiét ^»ullitédecequi eftoit fait ou a faire par lefdits Eftats.
Ecfte requefte fut fignée par cinq Gentilshommes amp;nbsp;certains autres du tiers eftat: qui fu-P^ent le Roy de leu r dôner audience, à tel jour,lieu amp;nbsp;heure que le loifîr dâentendre leurs â'^onftrances le luy permettroit. Ce quâil feit amp;nbsp;leur donna jour aflîgné. Auquel cinq des P^icipauxle ptelènterent au nom de tous auec cefte requefte,
ï R E, autant que la mémoire des miferes paflecs amp;nbsp;lefouueojrdcs guerres ciuilles quiA* '/ ®'âcfté en ce Royaume, rapportéeauec la douceur du repos amp;nbsp;de la tranquillité tant Ibit peu ^''A****? Souftcc depuis fix mois entre vosfujeïs; leur peut donner dedcfiramp; de viue aprehenfion du
pkifirdâvne paix afleurée autant tous font ils obligez d^ defirer amp;nbsp;pourfuiure fc- nbsp;nbsp;1*^
'fctencraent de voftre Edit du mois de May dernier, par lequel voftre Majefte, de là fingu lie-1) 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J-
â'bontés,: parfaite bien vueillence^âelle leur porte: leur adonné le rare amp;nbsp;ineftimable bc-quot;'fice de la Paix amp;nbsp;concorde. Or combien qucpourvncfi jufteoccafion que celle pour WcvoftreMajcfté lâaeftably amp;c ordônéirreuocablement apres vnepenible négociation '2^ms:i1 deuft eftre à jamais inuiolable parce quâil nây a rié en cet eftat tât fouuerain que cc ^'âîvoftreMajcftéordôneamp;cômâdeinequidoiuecftrepIusIà intquelafoy publique, jurée âL
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( par les Princes de voRrc/âg vosCours de Parlemëtjvoftre Ncblclfe amp;nbsp;les villes amp;cómunau' czdevoftre Royaume. ToutesfoisjSire, vn bruit commun tenu dorefnauant tour alfcure, court partons les endroits de votre Royaume: que les Députez en vos Eftats demandent lâin-fraâion dâicclluy.Surquoy,Sire,vos tre{^humblesamp; obeilïà slêruiteurs amp;fujcts Catholiqueâ vnis amp;nbsp;de la Religion prcteifdue reformée, Gentilshommes amp;nbsp;autres de tous ordres amp;nbsp;eitaà en rifle de France, Duchez de Bourgongne, Normandie, Guienne, Poitou, Anjou,Touiai-ne, le Maync, pays de Picardie, Lyonnois, Champagne, amp;nbsp;Bryc pour lâobligation amp;nbsp;fujeda-Guerres ci nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;naturelle delaquclle ils vous font redeuables: amp;nbsp;touchez dâvn vif fentiniét de leurs ruyncs
iiiicsdeFrâ amp;nbsp;calamitez paflees: amp;nbsp;desfcuz cruels dc dixleptannées qui ont cmbraféce Royaumedoni cendres ne font encores quetrop vin es; ont prins confiance dâenuoier vers voftreMajcfteamp; dixTcptans, fc jcîterà vos.piedz,lafupplians tre(-humblemcnt confiderer que ledit Edità eflé amp;eülefâ¬ul moicnidc Rappeller vos fujets à vtic parfaire vnion amp;nbsp;concorde. Et leucr toutes occafionsde ⢠troubles amp;nbsp;differens entrâeux. Et partant commander aufdits deputez,quâils aient à fabfleiu*^ enticremêt de parler de tout ce qui concerne le fait dâicelluy. Ou de raier tout ce quâils pouf-roient en auoir dir, fait oupropofé. Car autrement il ne peut eftre que comme cet Editeftvn corps infoparable en tous ces membres-, fil ell olFencé en aucune partie dâiceux, que les autreâ nâenfouffrent alteration. Et confo-quemment la mémoire des injures paflees nefo renouuclk' Et que les plaies reccucs ne fo rafraifohiflét auec ladiuifiô de vos fujets aflbupie pariceluyEdit Etmefinemct que la prefonte aflèmblée de vos Eftats ne foit expofoe aeftre impugnccamp;deba tue. Ne pouuant lâarticle par lequel elle auroitefté ordonnée, demeurer allez en fon entier fi ledit edit eft fubuetty.£t dâautre part,Sire,comme ainfi foit que fEdit ait efté abfolumentde-Eny conclud fous tefperance de la determination dâvn libre ôc faint concille:nâ3iant eneeft endroit voftrc Majefté fait auc une remifo aufdits Eftats ainfi quâelle auoit fait particuliereæSt en quelques autres, fur lefquellcs elle lés auroit voulu entendre.Et nâeftans lefditsEfiatscon-uoq uez que pour le reftablillemêt des chofosnon comprifes par lâEdit ainfi quevosconuuiP fions expédiées relmcigncnt. Nâauroient peu Içfdits Eftats és alfemblées particulières despro-uinces, délibérer dâautres faits que ceux pourlefquels ilsauroienteftéconuoquez.Etrooiuâ pourroicntilsà prefent drelfer ôcreprefonter articles hors lefditsfaits,nyprandrelenoniamp; tiltre des Eftars.Et les fuplians qui fout vne bonne amp;nbsp;grande partie de vos fujets/cncoresquc pour le furplus des rcmoftranccs auifées en aucunes defdites aflèmblées particulieresiléfoiet fiez amp;nbsp;repofez fur leurs concitoicns:amp; confonty taifiblemcnt auoir icelles pour agréables. Si eft-ce que pour le fait dudit Edit,fi efditcsafîcmblées il en euft ou deu eftre traitté ils fe füllet trouucz Si icelles pour en dire leur auis amp;nbsp;donner leur confcil,en drelfer leurs arti-cles amp;nô-mer députez autres que ceux qui font de prefont auerlà ires cogneuz de tous. Ce qui deppend du fart de laditeRcligion Icfquels aullî ne font apparoir de leurs charges à celle fin.Ou dâiceleâ nâont communiqué auec les ordres amp;nbsp;Eftats defquels ils fe difont députez: ains foulemcnta-uec aucuns particuliers allcmblez contre laforme acouftumée. Ccconfideré,Sire3amp;que devoftrefoulle bonté, procédé ledit Edit. Et que de ce haut lieu de dignité Royalleauquel Dieu vous à côftitué-.vous conoilfiez mieux que tous autres la necclfité de vos poures fujets. Plaifc à voftrc Majefté conforuant voftre dit Edit en là force amp;nbsp;vigueur,faire Icfditcs injondi-onsaufdits députez Proteftans: iceux fuppliansque lesarticles amp;remonftranccsquâilsen pourroient faire au contraire ne puilTcnt à prefent ncà îauenireftre ditesauoir eftéfaitespar les eftats: cftâs en cell efgard peifonncs pures priuées: pour ny auoir lefdits Catholiques vois amp;nbsp;ceux des Eglifos qui font les principalles parties, ouïz amp;nbsp;appeliez. Ains cxcluz par intimidation de lacontinuationdes armes:amp; par menalfes ouuertcs: amp;nbsp;pour nâcftre encoresvngrââ nombre dâentre eux reftabliz en leurs maifons, biens amp;nbsp;eftats. Et pour eftre lefdits depute! lans charge dâeux qui font vne partie de ce Royaume compofee des Princes du fang, officiers de la Couronne, Seigneurs, Gcntilshômcs amp;Magiftrats: pour eftre leid its Députez en ce 6it de la Religion:parties ennemies amp;nbsp;auerlaires des fupplians .Et pour dire lefdits ai tides contre fauisdes eftatsteniis à Orlcâs amp;nbsp;à Potoife, côtreîâautorité des Edits faits à la rcquilitiôdef-dits eftats,en teps encores paifiblcs 8lt;par fauis des Princes,amp; officiers de voftre Couonneamp; autres des plus notables pcrfônagesde votreRoyaumc.Et aulfi cotre lâautorité desCours Sou-ucraincs interuenuë en la publicatiô defditscftats,cotre le biéamp;repos public de voftrcRoyau me,cotre voftrc eftatamp; cotre votreCourône,amp; pour ramener les guerres ciuilles en ccRoyau
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^loiftrc Simiiltiplier les chargesjfubfidesamp;tributs-.fairc habâdôner tout le cômcrcezfaire cef-L'ttouc le labourage des terres. Et fînallemét mettre toutes choies en cófufiÃamp; extreme delô-wtiô.OffrâSjSireJeldits fupplians tât en leurs nos qucdelHits Catholiques aflbeiez amp;nbsp;de ladi-
Religion prétendue reformée des delTus nommées prouinccs: les biensjlcs perlônnes 6c les 'â«pour le fcruicc de volhe Majcfté,conlèruation de voftrc Royaume, accroilïèment 6c gran âieurdevoftre Eftat, enrretenement 6c confcruanon de voftre dit Edit duquel deppend cnrie-'«nent le repos amp;nbsp;tranquillité public. Adherans aux remonftrances faites à voftre dite Ma-J^ftépar les députez des prouinces de Guienne, Languedoc, Ãtsuence, Da^hiné 6c autres, ^inli ligné. Aquoy fà Majefté refpondit en ces termes amp;nbsp;verballement le mefmc jour.
lâay veularequefteque mâauezprefèntée,quitendà deux finsfvneque jedefendeà mes Rcipôcc '^utez des trois Eftats, quâils ne dehberent fur le fait de la Religion. Lâautre que j'entreticn-^cïEdit. A cela je vous refpons que vous auez efté ceux qui t ref inftamment mâauez req uis le champ à R conuûcation de mcfditsEftats libres amp;nbsp;generaux.Ce quâils ne feroient pasjfi je leur failôis la '^^faicedontmc requcrez.Mais comme il leur eft permis de me requérir ce quâils voudront: pîoteftaft/ âuiTi pouuez vous faire le fèmblable.Vous promettant en parolle 6c promefle dcRoy 6c dâhom '
®':debien. Et vous Ibuuenez que jele vous promets ce jourdâhuy: Q^eje ordonneray Roymajeur 'îllenientfur toutes leurs fupplications amp;nbsp;les voftres que ce fera pour le Ibulagemcnt 6c rc-Posdetousmes fujctsamp; tranquillité de ce Royaume. Carjcfuis à prefcnt majeur:quiveux
te qui fera par moyiordôné,foit ferme amp;nbsp;aie lieu. Et me veux promettre quevous tous '^otntne mes bons fujersy obeyrez.
Le vinticme du mois le Roy auoir aftèmblé les Députez du tiers eftat amp;nbsp;plufieurs autres âââââS ja demandé congé de le retirer amp;nbsp;aucuns mcfmes feu eftre allés lânslicenceileur dit quâ-â^âuoitpropofé voir amp;nbsp;decider les caiers qui luyauoientcftéptclèntez. Et quâil deliroit en 'quot;(iiiuant vne rcquefte qui autres fois Iuy auoir efté faite au nom de tous les Députez : Qiw ^^uiosDeputez alfiltallent 6c fuftet prelèns à la delcilîôdefdits caiers,pour finftruire des rai-
qui les auoiét meuz 4 coucher lefdit anicles en leurs caiers.Voulat bié de tant gratifier lef-jitsdéputez: encores que celle couftume nâeuft efté pratiquée aux Eftats tenuz par ces prcr ââ'«ffeursRoys.Et dâautant que les députez enuoiez par les Eftats au Marefchal dâAuilIe nâefi ^ientde retour par lefquéls il auroir fait promette audit Marelchal 6c autres de Ibn party tou-'^ksfeuretez necelfaircs à fefFet defditcs promelïèsz. loint aulfi que le Prince de Montpen-âerdeuoit venir dans quatre ou cinq jours qui pourroit apporter quelques nouuelles fur left rtsilauroitmeftierdeleur côfel amp;nbsp;auis.Et fi tanteftoit que Dieu permiftqu^eRoyau-®2retomballen quelques troubles: quâil faudroit par necelïité quâils auilâlTent quels moiens
auroit pour Icfecourir.Sâalfurant que la Noblelfe ncluy manqueroit defecours,tel quâelle ââoittousjours dôné à les predecelfeurs Roys.Q^il le fioit bien aulfi que le Clergé amp;âlc tiers ^ftatferoient leur deuoir, comme ils auoient accouftumé de tous temps. Que delà part il eft â¢Q'ttcfolu de vendre les biens delbn dommainepour trois cés mil liures de rente à perpetui- Roy ' ®'Ce quâil defiroit eftre faitparfauis defdits Députez: aufquels pour cell effet il ordonnoit laguenc., ââîfiembla.Et ou il péferoit que le fejour de fi peu de jours,lêroit à la foulle des prouinces leur P^nnertoit dâen nommer fix ou douze de chacun ordre qui reprefenteroient le corps des Eft 'â'5'tnîabfcncc des autres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
L E Iciidy vint vniéme jour dudit mois,les trois Eftats le raflcmblerent chacun à part pour ^Ãlibercr fur la propfition du Roy; qui contenoit quatre chefs.Le premier de demeurer atten- propofition refolution des caiers.Le lêcond de luy nommer aucuns pour alfifter à ladite relblution.
^^tiers de le fecourir. Le dernier de luy donner auis fur falienati«! de lôn domaine .Ou fut amp;quot;Vcfolu'ti5 fwolu par le tiers Eftat apres auoir délibéré fut le touf.de ne côfentir îalienatiô du domaine à lut toutes. P''petuité,pour le tout ni en partie.Et de ne côfétir que aucuns de députez aflïftaflet à la deft
tilió des caicrs.Et de ne faire offres quelscôques touchât le fecou|^ que leRoy demâdoit fau- Dommainc '^tlepiiiffâce.Neantmoins quâon attédroit le retour des Ambaflà deurs enuoiez par les Eftats ^ParleRoyau Marefchal dâAnuillcamp; au Roy de Nauarre.Et que ladite relblution lèroit cô- bic.
^uniquée au Clergé 6c à laNobleffe pour apres la faire entédreau Roy par certains députez ^'chacunGouuernemSr voici leurs railôs.Que le Roy nâelloit qfimple viager du domaine. PourUdô
faMajefté entretenue amp;nbsp;les officiers paiez, le furplus le deuoit garder pour les affaires 'arepublique. Et quand au fons amp;nbsp;propnette dudit dommainc quâil appartenoit au peuple amp;par
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8c par conlcquent pourroiëtbien conlèntirlâaliénation perpétuelle dudit domraainc,filespro-uinces auoient baillé procuration exprelïè à celle fin 8c non autrement. Et ncantmoins quad les prouinces le voudroient bien: Si ell-cc que cela ne fc doit pas faire, pourlc bien du peu-plc.Carpar ce moien le peuple fobligerott amp;nbsp;toute la pollerité à nourrir S'entretenir le Roy Scie Royaume. Et faifoit vneouuetrurc incuitable a mil impofitions; delpouillant leRoy de tout ce quâil pcutauoirpourlentrctencmentdcfon Ellat.Bcaucoup moins fc doit il fairepat Meilleure jgj eflatsxllans plufieurs abfcnsSe licenciez 8c nâaiansaucune puifiâce. OrBcllieurcletrou-iicr lâabcna- ua par commandemât du Roy en falfemblée du tiers eftat qui auoit efté rcmilè à ce jour là amp;nbsp;tiS dudôm.ii J. j-e expofât derechef lintenriôdu Roy touchât falienatiô perpétuelle dudit domaine^acha leur perfuader,qucfcsfujetsfydeuoiêcólórmerdifatquecóbiéqucparlcsloixdu Roiaume le dômaineîull facré 8x inalienable,Si cll-ce que telles loix nâauoiétlieii en temps deneceffite
c-ômeelloit celle de prcfent;Q_uâfiy2noit duiâlut du peuple ôedela conferuationdefellaten Sercîoy ⢠enfiliuant la Loy des douze Tables. SaluspÃpulifuprema lex e/lo. Et le deuoicnttcllesloix qui amp;nbsp;principal auoienteftéeftablics pour, la manutention de lâEftat,fauorabIement interpreter non pas. J/â leordonnan _______O i.âilâ»âJ....____Ji. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nniif
ce delà république foie lafcurc tédupcuplc
eiuspernicitmtrAhi.Max'tme-, QjTil eftoit plus expedient vcnJre partie du dommaincpout conferuer Icrefte . Qiiâenue vendantricnexpofcrletoutenproie.EttelIevcntcfedoitpIuf'
toft appellcr conferuation quâahenarion du dommainc. Pour lefquelles caulcslefdits du tiers efiat deuoient conlèntirl'alienation,ou donner dâautresmoien s à faMajefté pourla guerre Ãdent sfwai prelêntüit. Surquoy le Prefident Emard Mair e de Bordeaux,feit rclponce pour la ccm* rc dcBoiir pagnic.Qiic ledit ficurBellicure deuoitprandre en bonne part les raifonspour lefquellesellc dcaux main pâajæjj ^ôné confentcment a ladite alienation qui lont telles en fubllance. Premièrement que leflits députez nâauoient charge des prouinces de conlèntir à ladite alienation ce qui eüoit neceffà ire.Que par la Loy fondamcntallc de ce Royaume, celle alienation elloit prohibéeSc défendue. Que le dommainc du Roy ell comme le Ions dotal dâvnc femme que le mary ne pouuoit aliéner. Nâellani le dommainc de fEglilctant priuillegiéque le dommainc du Roy dâautantquclc dommaine delEglilèlepouuoitaliéner par leslâinte^onllitutiôsen certains cas, amp;nbsp;en gardant les lôlemnitcz. Mais quand au dommaine du Roy il nây auoit cas auquelil peull ellre aliéné. Etiam auec Iblemnité. Que le dommainc du Roy elloit vneColonnequi ièruoit pour le loullcnemét de la Couronne, laquelle par tant il falloir plulloll regarder à fortifier quâa dcmollir amp;nbsp;démembrer. Que le domaine cftant aliéné, le moicn elloit ofié au Roy dâentretenir fonEHat,Se afiigneralâaucnirdots,doüairesamp;appanages.Quecelloitcholc!nau. dite que l^dommainc full vendu à perpétuité8c lâns rachat, duquel aételes Ellats pourroict ellre reprins par la pollcritc: attendu que cela ne felloii jamais pratiqué quoy que le Royaume full venu en trop plus grand danger quâil nâcll à prefent. Melmcs au temps du Roy lean pris deuant Poitiers amp;nbsp;emmené en Angleterre pour la dchurancc duquel il fallut tant douer dâargent de villes 8c prouinces aux Anglois. Que la neceffité des affaires nâclloit telle quâon
tenir le doin maille non alienable.
Donimaine dcTEgli-'e.
Finance du Roy pour lad.guerre.
Rcfolution.
Moyens du Roy à la guerre.
deultvenirà cc point de vendre le dommainc, dâautant que le Roy auoit fous dâailleurs pout faire la guerre. Signammant.Par deux millions de liurcs quâil ftftfoit leucr fur IcpeupIe.Pour le fccours quâil tiroit du cierge. Par la rctentiô des rentes conftituccs, amp;nbsp;gages defesofficiers 8c par la vente de quelques offices par luy nouucllement érigez comme des regratiers^fel amp;nbsp;Greffiers de tailles.Qu^ le dommainc cliant allicné, il lcroit neccflà ire pour fêtretenemnet de l'Eftat du Roy, dâen remplacer autant qulil en lêroir ofté :amp;que cela retourneriotfurlepO' lire tierscftar fculemenramp; nonfur les dciixautres qui Icconfcntiroientailcment.Nonobftant lefquelles raifôns ainfi déduites dit le Prefident à Bcllicure que Ja côpagnie delibereroitfui la propofition par luyfait«^ comme ilauint aptes la retraittc dudit Belicure. Et la rcfolution lut priïê par laflcmbléc.Qu^il ne feroit touché au domaine duRoy.Et que fi les affaires eftoict Cl vrgentesamp;prefTces.-quâiI le pourroit accômodcr delà moitié des rentes conftituées^tantfut les villes que communau^z de ce Royaume-excepté les rentes qui eftoient deuës aux vefucs Sc pupilles. Pourroit auffi leucr emprunts fur les financiers amp;nbsp;ceux quiontfair parti auccluy. Et encores vendre du dommainc de lEglilc jufques à telle Ibmmc quâil auiferoit effre de bc-lôin. Et pour faire entendre celle dernière conclufion au Roy;fiit député le PrefidentEmatd qui clloit ncantmoins à ce quâaucuns difoient fort indigné de nâauoir peu obtenir le confen. rement à îalicnation amp;nbsp;le Roy encor plus fafché de telle amp;nbsp;fi libre rcfolution.
Enuiron ce temps certains enuoicz de lapart duParlcment amp;nbsp;des lurats amp;nbsp;autres Officiers
livre Q^V ARANTETROISIEME. J54. ^^Bourdeaux,aniuercnt en Court aiiccvn gros pacquetfadrefTant au Roy pourafFairesdâim'
Les lettres auoientefté diâécs amp;nbsp;cfcritesen ce Parlement prefens Icfdits Iuratsamp; j^Burlc^ux piftrats. L'vne fadrefloit au Roy lautre à la Royne mere amp;nbsp;la tierce au Duc dâAlençon
Ro y. Ils cnuoierent auffi par mefme moien vne depefche que le Roy de Nauarre leur â^itenuoiée en daóiedu quinziéme Nouembre.En laquelle iffè mefcontentoit merueilleu- uarre auPar ^ââ'entde la témérité du Parlement amp;nbsp;des lurats,quiauoienrmisdes garnifons en ladite ville Jâsexptcs commandement du Roy ny de luy Ion Lieutenât general en Guicnne. Que telles de de faire eftoient malfèantesà rous,amp; mefmcmentà gensdeleurrobbe.Nedeuoient Nauarre re Wer quâil eltoit pres de leur ville. Et que fil cuit apperceu que lefdites garnifons eulTent 'â'neceffaires pour la garde; il y euft pourueu felon que là charge le poire.Et dâautant quâil y veut puis ^toitlcfoulagemét des fujets du Roy,!! les prioit de luy mâdcr le temps auquel ils le pour-quot;âæntteceuoit en la quailité que dcflâus pour y faire fon entrée amp;nbsp;donner tel ordre à te qui ef-fequis de là part que chacun fen peu ft reffentir auec bon contentement. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
. C E V X du Parlemét trouuoiét bien rude vn tel ftilCjCC difbient-ils:Et lui (cirent vne afïèz l'b'crefpôceimaintenans quâils ont peu amp;nbsp;deu metre«arnifons en leur vVllcfâs lauertir.Que hauLnedu âââWelTité du temps les y contraignoit.Et quâils ne failôient rien fans bon auis amp;nbsp;fans co ni an-^'^âââ«ntdu Marquis de V illais Amiral de France, Gouucrneur de Guicnne en îabfënce dudit au Roy dequot;*
Roy de Nauarre. loint quâils ont eu cydeuant amp;. mcfmesen tannée mil cinq cens quarâ- Nauarre. tantdâcxpcrienccsperilleufes à leur detrimet: que les peynes efqucllesféfont trou-réduits leurs deuanciers: leur doiuent feruir dâexemple â jamais. Au relie ils fesbailfoiêt Seditióaue ^Q'r'nieil eftoit fi curieux de reprandre tant de gens notables en vne choie de fi petite conlê-'lââ«nce: veu quâen dâautres bien grandes, il nâen tenoit aucun compte. Quâil ne falloir mettre ^âââiHpourtoutespreuues que les faits de Langoiran amp;nbsp;autres de Perigueux, qui feftoient P^isnagueres faills de Bazaz amp;nbsp;qui fâifoient charrier nombre de pieces dâartillerie pour ^'â'â¢cftitScfurprandre plufieuis villes qui elloicnren fin Gouucrnement. Pour la finilsajouP dcNauajrc. ''âquot;ââtque les Bourdello^ nâeftoient encores difpofcz à le reccuoir comme il appartenoir. Et
feroient toute dilligence pour mettre les affaires en bon ortïrc auant lôn arriuée.
, Qv A N D à la lettre du mefme Parlcmct au Roy:elle cffoit fort longue contenant leurs do Lettresdu 'âquot;«scontre le Roy de Nauarre. Celles delà Royne mere amp;nbsp;du Duc dâAlençon portoient Parfcâ««'' P ^âbftance.Quâils le voioiét en extreme peril pour auoir elle bons amp;nbsp;loiaux feruiteurs a leur ^''y^fouuerainSeigneur.Queceuxquidefircnrfa ruyne les chargent à tort dâauoirmislêu-quot;gMon en leur vUIe.Et dâautant quâapres le Roy le Duc dâAlençon auoit la meiUeure part '''^tRoyaiime:amp;: quelaRoyne Je luy auoiêt le Principal intereft en cell affaitcdls les fiippli-â'^thumblemét de faire acelerer leurs dcfpefches:en forte que le Roy leur feilt conoiftre quâ-
leur exploit pour agréable. Que leurs Majeftez amp;nbsp;lAlteffe du Duc dâAlençô,nâauroic jâi^iisde plus fiddles feruiteurs pour obéir amp;nbsp;à receuoir leurs comandemês que lefdits Par- gt;nbsp;'^«tamp;lurats dcBourdeauX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ?Marefcbal
I * ovr le regard du Marefchal dâAnuille,apres auoir faitvn voiagccn oanoiçamp; rattqucl- dcdâAnuillc ^'â«spromeffesaux Côfcderez nonobftât leproteftationspareuxfaitesifôn Secraitaire Char Æ
feit vn voiage à Blois.Dâoù eftant retienu amp;nbsp;foupçonné par lesConfederez qui confêil-, yâ** nbsp;nbsp;â¢*''
Sfon maiftre de le chaffer le retint comme de couflume pour lesbons féruiccs quâil en ââ'°âtteceiiz.Ce qui le rendit fufpeél des Proteftans. Ce que vous entédrez ailleurs en auint. , . Mapresle Roy cfcriuit auxGouuerncursdesprouinccs.Qu,elesEftats deBloisIuy ont Lettresda ^fretjuefte tendant à ce quâil ny ait que laReligionCathoIiqueRommaineenfôn Royaume. Royaux -t wl eft délibéré leur accorder cede requefte.Qjuâeux auiféc ce peidant détenir toutes cho-
paix. Or pour vous faire voir ce qui en auint:commevns amp;nbsp;autres fèportèrent en îcxe~l ....... 'â quot;tiondeceslettresdlmefembleraifbnnablcvousrâamcnerelimcmoife'fEftatdcs Protcftâs i ' â ^^^fay laiffe fort mal contens de tout ce que deffus. Comme fur tgus tefmqgna le Princedd Londéque jâay lailïe aller à fâint lean dâAngely pour y receuoir les Ambal^eur's que fà Ma- i
amp; les Eftars Generaux luy enuoierent en mefme temps quâau Roy déNauarre amp;nbsp;Maref I ''âIdâAniiille aux fins que vous auez entendu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
, â¢' .i--quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ao
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Æ
Du Quarantequatriéme Liure.
Coniéfe retire à fairt ^eanA'ty4ngelyÃirprtns parfet parfiftns,ofiles Dtptittz
R nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;propos qu'il leur tint, 'liquéfié duTrince CaÃtnirau
0 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tâ^titpour efirepuyedesdeniersà luy deul^^à fon.Armee.-quepourlefuppllit^tnetrt'evnOfi^'^
^n aux troubles aeFrâce,par fentretiê de fon Edit de âEaix.i^utre âE^quefte par laquelle luy
' UîS d^Fiesitte les terres autresappotntcmens qutl luy auott donnel^^^promis:afin que cela ne l'oblige à faireegt;e^ ' ff contre fa confidence nbsp;nbsp;prejudiciable à fies freres Confederez.Le T^oy neantrnoins e nttoie vers luy amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
ces de l Empire: tant pour en tirer forces, que pour le deflourner de fauortfier les Confederel^. Creance lit CDuc 'jean Cafimir, tJ^lort du Conte âEâalatm Federic . l^t/bns du E^oy à renouueller laguertt' j iadiuerfitedeFfeligiôs envn Eft at. Dettes au Duc Cafimir qui refpondauxratfonsdu'2^y aueeleConfeilq^^ 'lE j.i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tione fur le fait defeligiS Cr nuiniemet de fôEfiat'Eejpoce de Latgraue deHejfen a la creacecf ra fions queV
lequier luy propofioit de la part du'fioy de France,pour l'induire ane fauorifier les Protefians Franfois,siuttâ^ remofirances qu'il luy fiait fur la rupture de fon Edit de Paix,fur la diuerfitède '^ligions en vn Efiat
,, Fttttfiesdesfieditiontenfion7^yaume.SurprifedeConcarneauenEretagnefurlesCatholiques:aueclareprtfi ( ; ..celluy fur les Prote(ians. La En mouille Chefide la Ligue enEoit ou contre les Protefians. Declaration furia requifiiion des Eflats . nbsp;rouage rendu au Baron de Mirambeau,puis retiré par les Erotefians. Frinft^
BFontagu Lieutenant duErincede Condé partes Catholiques.Entrepnfies de Adiratubeau Crfies
raifiôs.Puis il efl deficouuert,pourfiuiuy (f ajfiegé danso.LDtrabeau par le Prince: que le âDuo duA/itfj Lieutenant. (Rentrai en l'Ermée Catholique contraint de dejmordre nbsp;nbsp;retirer fon armee is Ifies (fi Goittumeint^
d'xiunis, E^it les Eochellots furent fafchef pour l'infiolece des foldats. Aîarmande ajfiiegèe Cr battue envainf^^ Nauarre. âPrez. lequel leDuc de zEtCompenfier puis Biron negotient (fi auancentla Faix de la part
. Et cépendant treues accordées pour quinze jours. Plainte des âEpchellois au Prince contre les foldats d aà ciat ion: quifont emtoiez en Ollonne qu'ils prenent, pillent (fi rançonnent: puis retournent au CouuerncrntttD^ uifions à ia'Bj.ochelle pourlâEleElton d'vnALaire.Fierre Bobineau efi enfiii crée par le peuple (fi accepte petit Frince.Armée des Catholiques fous le Duc du ALaine affiiege, bat, prand (fi faccage 'Tonne Charente. Puis M*â . â.fipts ^autres places voifines: ameratnt le Canon à vn quart de Iteué de la âEpchellt.pres les portes delaquelltji quot;1 prefentè laCauaflerie pour donner coup de lance Cf s'efisarmoucher contre aucuns fort is par le mandement diiPri»-'B.ocheilois ce pendant crainte de perdre la mer (fi Br ou age fie préparer a drefifier armée 2^ aualle. Gka-riié afiîegée[batru'é ifi en fin rendué parcompofitionà tAdonfieur general dâvne autre armée 'jR^alle;L^qgt;ttb ce fait 'èft commandée de tirer à TJfioire ville d'iAPuuergne pnufe figouuernée par les Protefians.
Ã.C Prince de Condé, à -faine lean, ââTjf!-! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Députez vers le Prin ce
.jj; r-pp:f
E Prince arriué à fâint lean atendant que les forces fufTcnt preftes pourfe/ff' en câpagnc:trouuaceuxqiiele Royamp;lesEftatsluyauoiét cnuoiezpout luy fairr^uciines remonftranccs furie peu dâoccafionquâilyauoitdcptao-P®^'' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;contraire de ce que ceux delà Religionfef
toiét propolêz pour fonder la leuée de leurs gés.Apres les difficultez duPrin* ce dót parjé cy delTuscen fin rcceuz,ils luy feiret vn bien 1 ôg dikours de la droiceamp;fincefc inÅntion déjà Majefté,au bien amp;foulagement de fesfujetsamp; principallement à fentreten«-ment de Ibn Edit de pacification fors feulement de quelques particuliers articles: defquck toutesfois la conlèquence cftoit fi petite que cela ne deuoit caufer vn tel rcniuemétenceRoy aume: amp;nbsp;renouueller la plaie qui nâeftoit prefque encores commencée à cicatrizer.Entrekâ députez cftoicntfEuefque de Langresamp; le Prefident de Poitiers auquel le Prince fadreiô plus que à aucun des autres. Il luy feit de grandes plaintes fur les occafions quifauoient conquot; traint
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''âântamp;prefÃdc râentrer en ce chemin qui eftoit à ibn tref grand regret. Il ouïtbcnigncmét
®vnbon vifagcceuxquivenoientdcla part du Roy. Mais quandà ceux qui cftoienten-par les Eilats: il dit quâil eiloit content de ne les ouyr: pource quâils eftoiêt la iburcc amp;
(^â'^'cprincipallc de tous les maux que auroit à fouifrir ce pourç Royaumc:amp;quimefmcs à cc-I ^'icrntcrc aifemblée gcnerallc,3uoicnt crié à toute inilancc, amp;nbsp;moicnne enuers le Roy pour
Religion fans lâexercice de laquelle ils ne defiroient viure vne fuelle minut-
' ^ar femblable}leRoy apres la refohiuon desEftatSjdepefchcanombredâautres fîgnallez . P'ufieurs Potentats de la Chreilicntc.-tant pour mieux aucoriièr fentrepriie quâil dreilbit fur âP'i'scommuneoppiniondes Eilats Generaux, iâircvoirà tÅilia lafticede iêsdciïcins J^^pouracourcir tousjours plus les moics à ies ennemis.Les priant pour le deuoir dâamittié
long temps entretenue auec la maifô de Francc:deneprcfteraydeny fà ueurà ccuxquâil^ poufuiure comme ennemis, en cas quâils fc voulfiiTent deftoumer du deuoir dâobéir
Nomm cment en Allemagne comme vous verrez apres vous auoit fait entendre la char l^'îOeButrcich auoit du Duc Caiîmir, pour venir en France .Car enuiron ce temps Je Duc jalblicité pluiieurs fois par les Rciftres maiilrcs quâil auoit amenezen Fran-autres à qui il fciloit obligé pour les préparatifs amp;nbsp;conduire de ibn armée:) pour luy fâi-â^^nicncirc, comme citant preiïe dâcxecutcr fes ptomeiTcs: depefeha ceperibnnage pour le fu-i humblement dâeffeétuer la fiéne en itm enâroit.Si quâarriué à Blois amp;nbsp;introduit en Con-
ââ Iptefeotala requeile qui fuit le vint cinquième Feurier.
]j? â A E, nous auons charge de la part de Monfeigneur lean de Caiîmir, Conte Palatin du ^â¢)Duc de Bauicres tant en ibn nom que des fieu rs,Colonnclz,Reit-maiilres,Capitaines,amp; Requeue ^^'wllemctdctousles gens de guerre qui fontiliiuy ce fécond voiage quâil à fait enFrance: duDucieaa
leurs tref humbles rccommandatiôs, de fuppIicrvoitreMajcilé quâelle vueillc effcôlu-'[^'quâelle à promis, figné, fait féeler amp;nbsp;pluiieurs fois côfirmé par lettres amp;nbsp;de bouche tou- pour eftre
le paiement amp;nbsp;ailèurance defdiis gens de guerre: qui eillacaufc denoilrc arriucc en Æ* ^HfeCour.A la vérité nous rougironsdeparnculariferparlemenu cequi defaut és promef- luy cftoient â ânous âFaites auat noilre fortic de ce Royaume apres icelle lc:licu ou nous nous rctrou-quot;'âââbfcmbleroit rendre le récit odieux: nâciloitdâvn collé la neceifitéqui nous cil impoiec^^xguer. l^âl«lt;omniandcment de ceux qui nous ont enuoiez.Dâautre part failcurancc que tous ceux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
p»elscccy touche, ont conccu, que voilre Majcilé copoüïà nt le fens de ce fruit, dequoy ° â 7''î; amp;nbsp;ce qui en deppéd,y mettra fi prompt amp;nbsp;bon ordre,que outre faccroiilcmtnt de vot ^'fsputation, en rcccurons tous tel contentement que nous promettons amp;nbsp;deuons cipercr â''nRoyde France,quiauroit fait promcife iî iblcmnellc à nation eilrangerc principallcment .lânoftre,PrcniieremétfobIigation de voilre Majcilé, du vint iêptiéme Juillet mil cinq ces °'â!3ntedixfcpt,porteà Francfort en Septembre ja paifé, feront paicz les troifiéme, quatric-
cinquième mois.Que les cêt mil fracs preilez à voilre Majcilé parMonicigneur le Duc * '^â^Lafimitjpourfupplcer au paiement des deux premiers mois: feroient acquitezà ladite
âhe-Que voftrcmajeité enuoieroitCômÃTaire audit teps pour liquider ce qui eil deu dcrcile âMigneur le Duc lean Caiîmir,de fô premier voiage amp;nbsp;ce qui rcilc du voiage de feu MÃ-^â'le Duc des deux Pôts.Quc voilre Majeilé accôpliroit au pluiloil le nôbre des oilages P'oniisjamp;ceauat noilre departemat delà Frace.Ces aniclesamp; plufîeursautresfôt promis par
ftre Majeilc:côtre iîgnez par vn Secretaire dâeilat,amp; vn Secretaire de vos finâccs,amp; féclées âj'bf3ndfeau;lâeffc6l defquellesnâauons encores pour le prefentiènty. Sans rechercher les 'âûfes de fl haut,ny des le premier accord que Madame la Roync vÃlrc mere fit â Chaftenoy. ^^AtftpaiTé.Incontinant que Môièigneur cnil reccu fargent de voilre Majcilé: monilrat pat penprcftant du iîen cent mil liurcs pour le fupplement de ce qui dcfiiilloit de deux mois, 'combien il cil afFcélionne à voilre Couronne.Cc que tous Reytres ne feroient pas. Il ibr-âquot;hors de France au pluiloil,fans voulloircn attendant Rentier accompliifemét des promef-^cflre grief amp;nbsp;moleile à voilre pcuple.Et quelques auis quâil rcceut corne certes il en à rc-
pluiieurs amp;nbsp;de bô lieu quâil y auoit du miilcrc caché.Sinc peut on tât gagner fur lui:quâil ^^demonilré aucun fignc de deffiance:tant Faifuroit il fut voilre parolle.Depuis voilre Ma-wluy à fait entendre parpluiîcurs lettres: quâil nâciloitpoiliblc de fournir aucune choie à ââoitç de Septembre comme il auoit cilé promis; a cauic de îaiïcmbéc dcsEftarsJcfqucls ou
tre
-ocr page 714-Lâ HISTOIRE DE FR ANCE.
trc la confirmation de ÃEdit qui feftoitfait de voftre pnifiance abfolue amp;i Roialle^^îonnoiissf' (èuroit deuoîT trainer des moiens dâacquitter voftre Majcftc eniiers les eftrangers: amp;nbsp;de nous contenter que a Noel on repareroit cc defaut. Peu de temps apres Noel amp;nbsp;auât Ie Jour dehn voftre Majefté manda à Monfeigneur que les Eftats auoient mis vne difficulté Si empefehe-menten la partie deCafteIars;amp; quâellcnepourroitfi toft cftre vuidée.Ce pendent que voftre Majefte feroit fourni r à la foire qui lors eftoit à Strasbourg les parties de monfeigneur le Duc de Lorraine amp;nbsp;de Monfeigneur le Duc de Vaudemont. Sire, nouslbmmesdelplaifansdelc dire.âla vérité cft te 1 le.11 faut deux cens cinquante mil liures qui eft près de la moitié que n ai-ons rcceu ces deux parties la. Cc pendant mondit Seigneur à cfté en perfonne à Strasbourg amp;nbsp;y ont cfté aucuns des Colonnels Reiftres maiftres, Capitaines Sgt;c plufieurs loldats lâefpace de quinze Jours entiers amp;nbsp;dau.intage auec grans fraiz amp;nbsp;delpcnsjennuy Si fafchericqueladf lation du paiement à apporté.Or femmes nous prefentement prochains de la foirede Pafques ⢠qui fè tiendra à Francfort à laquelle voftre Majcftónous à promis:Premiercment lesvieillesamp; nouuclles debtcsdcuës à Monfeigneur feledeur Palatin amp;nbsp;à Mondit Seigneur le Duc Iran Cafimir. Les fix amp;nbsp;feptiéme mois du paiemet de farmée. La partie preftée par h Roy net! Angleterre. Lclqucllcs parties nous fpecificrons à voftre Majefté fi befoin eft. Et auons charge commandement expres fupplicr voftre Majefté voulloir accomplir à cefte foire prochiinecc Francfort qui le tiendra à Pafques tous ôc vn chacun dâiceux,tant du termeelcheu qucdecel-luy qui cft à cfchoir,qui montent près de quatre millions de francs fans les oftagesSc interefts. Le paicmét de pareille fômeen tel terme le trouueroit difficillc en vn eftat florilfâtjnô endette non trauaillé non cfpuifé par guerres quafi continuelles de quinze ou lêzc ans: auquel toutes choies feroient habondantes en paix amp;nbsp;repos. De forte que nepouuans faire que nâen foions «n extreme P cyne. Cc qui nous trauailie le plus eft que voionsdeuant nos yeux quefonny. cherche pas le moien. Au contraire on pratique tout pour nous fruftrer detoutecfpetanct de reccuoir aucune choie de France en Allemagne, nây à cefte foire prochaine nây à îautrcny de long tempsapres.Combien quâil foil porté par voftre obligatio q^je nuis troubles nâeæPâ' chcront lâeffet de vos promclTcs. Ceft Je ne fçay quelle ligue, ceftenfin larupturc de Ifdât de pacification, demandée dit on par ceux qui en doiueni acheter le folide eftablilfemenhc leur propre fang. Laquelle ne peut eftrcfinonacompagnce de la plus cruelle amp;nbsp;calainiteuW guerre qui fur Jamais.Cc lèroit Cà s doute les derniers troubles ciuils de votre Royaume. Nous ne fomes pas François,cela ne nous touche pas de fi prcs.Nous fômes homes amp;Gcrmains qâ* auôs vne ^rtaine humanité qui nous induit amp;à côpaffiô a la reprclcntatio dclâcfclâdrequicæ fuiura cefte guerre. Tant fen faut que l.a vouluffions allumer. Auffi ne femmes nous pas gtan-demCnt verlêz aux aftaircs dâEftat. Toutesfois fçauons nous bien que Jamaisliguenefutau-trequecxicialleà vn Eftat Monarchique. Ligucdi-JeenlEftat. Nous nâen auons point de charge. VoArc Majefté mâda dernièrement quâelle ne le voulloit pas.Autre fois en auôs nous cfté requis par voftre Majefté mcfmcs de ne nousmefier de vos affaires,ny de celles de voftre Eftatrny de mefurer vos moies ou de rechercher les adions qui fe paffét par dcça.Nous nch' uôs fait du paffé qu'a la pourfuitte amp;nbsp;inftacc de ceux qui vous touchêt le plus prcsoufoUid* tation des Roys vos predcceffeurs, nous auons bien charge Se commandement tref-expres dâexpofer la neceffité prefente de nos affaires. Et de mettre en auant les moiens pour y fubuc-nir.Ge qui eft tellement conjoint auec vne Gencralle amp;nbsp;fuperficiellcconfiderationdevofttî Eftat: que nâen pouuons parler autrcmét.Puis Monfeigneur le Duc lean Cafimir Princévoi* fin, qui outre lâancienne obligation quâil à au bien de cefte Couronne: à efté honoré par de* monftration de voftrebonne volonté en fon endroit de belles terres: dâvne portion dâvnecÃ-pagnic de centhommes dâarmes,d'vn Eftat de Colonel. Qui font dignitez quâil tient encores dont il fo fent tant obligé à voftre Majefté,quâil luy fcmblc que cc feroit faire tort à fon de-uoir fil diffimulloit les iinonuenicns qui pcuucnt auenir. Lors que la France eftoit pleine de gcn-darmeric eftrangcrc:tout le monde amp;nbsp;grand amp;nbsp;petit crioit paix. Et ceux qui penfoiêt que nây fuffions tant enclins comme nous fommes monftrcz pgt;ar effet: difoient que câeftoit le fcul moien dâauoir argent pour nous côtctcr.Dâautant,difoit-on,quc les dcfpens delà guerrefoM inefiimables amp;nbsp;infinis. La rupture donq de la paix ofic amp;nbsp;retranche tous moiens de noftrefa-tisfaûion. De forte que penfons y auoir autant dâintereft amp;nbsp;dauantage que plufieurs autres grans Seigneurs de vos fujets.Et efitc de noftre deuoir dâexorter tref-humblcmcnt voftre
-ocr page 715-LIVRE Q^V A R xA N T E CL.V A T R I E M E. 35^. Aà lâentretencmentamp; alleurccobferiiance dâicelIe.Qiund bien le deuoir de charité chrc-*â'înne: Ja Sympathie qui eft en vn melrnc corps fidelle : faffedion que portons au bien amp;nbsp;re-Mc voftre Couronne : ne nous y poufleroit. Et le defir quâauons que la reputation de vo-^'cMajefté demeure en Ion entier entiers les Princes eUtangcrs . Et la confiance que tous 'âsfujctsdoyucntauoir entiers vous ; nelbit diminuée en aucune façon. Il ny a perfonne ââ 'inelcfcache. La mémoire en eft toute frelche. Combien de temps, combien de peine, ^ombiendetrauaux, vous premièrement,Sire, Madame voftre Mere, Monlèigneur vordrere , Mefficuts les Princes de voftre lang, Moniêigneur le Duc lean Cazimir, les gens dvoftre Conlcil amp;nbsp;autres ont pris amp;nbsp;fupporté. Combien de ruyne, combien dâargent il à ^âufteauantqueypouuoirparuenir? Elleà eftédefircedetousbons François, jugée tref-rileSitrelîieccfiaireà voftreEftat : acceptée amp;nbsp;receuë de voftre peuple auec allegrelfe, amp;nbsp;âîftéiignce, fellée, publiée, jurée par les Courts, Bailliages, villes amp;nbsp;lieux de ce Roy-
Etnotiffiéeauxeftrangerspar voz Ambaftà deursau contentement fingullicr de ceux ⢠défirent le bien de voftre Couronne. En finnullelôlemnitéà cftéobmilc. Nous en a-
tenons, polTedons les arres, les biens amp;nbsp;dignitez quâauez conféré à Monfeigneur le duc lean Cazimir. Carà autretiltrenelesà il voulureceuoir, nâaccepté les Oftages dâv-ââ^puttyedes bagues de voftre Couronne. Et que nous eftimons plus que tout, voftre pa-^Q^eRoyaîle. Maintenant que lâon deuroit recueillir les fruiéfs de cefte Paix. Et nous ait-y^sreceuoir ce qui nous eft promis amp;deu ; que lâon deuroit congratuller à voftre Majefté tepos auquel elle fe trouueroit ; Il faut changer ce langage en vne déploration de maux ^dfuiurontla Guerre. Au moins fi ou queledeftin de la France fbittel: ou de puiflà ncc ^'âlleamp;abfolue,ou par aucunes confiderationsanousinconeuës: ( comme Allcmans Sz greffiers pour les entendre : noftre efprit nâeftant pas aft'ez ouuert pour les comprandre ) juffie Majefté ne veut que fes fujets jouyftènt du fruid que lâEdit de Pacification apporté.
cela demine enclos aux limittes de voftreRoyaume:amp; ne fefpande par tous les coings âAllemagne amp;nbsp;vne grande partie delaSuyffe: quenousnâen recelions vn fi grand amp;nbsp;in-^Jlcrable dommage . ^es confiderations enfemble vne infinité dâautres que lâon pourroit â®cner à Ce propos qui voudroit entrer en la confideration de voftre Eftat: nous fcmblent âallantes pour abolir ou au moins fufpendre cefteabolition dâEdit jufquesà tant quefoions ^'siaiâs. Alors y aura il meilleure occafion de dire que ce nâeft à nous de nous eu mefler. ^âtotesnous nous meflÃs de ce qui nous touchc.Dc ce qui touche à noftre hôneur amp;nbsp;à no-Æ reputation amp;nbsp;de toute noftre Nation. Encores fi câeftoit vn affaire de cinq ou fix mois: ^rrquel nous veiffions lâiffuc, ou que l'on en peuft aifement venir about: yaurcÃil quel-^âeefperance, quand à noftre intereft particulier. Mais nous fommes certains amp;nbsp;affeurez â'on fembarque vne fois en cefte Guerre : que nous fommes desja trop vieux pour en J^°yrlafin. Cenâeftpeudechofc, que la refblution de Ihomme reduiétà ces extremitez pbftoft fe ruyner auec autruy, que de perdre auec les biens,la patrie, lâhonneur amp;nbsp;la , '''^â Quandronen vient jufques la,câeft faiél. Tout le refpeéf, toutledeüoir deu à vn ââ âftc ou dâautre, fefuanouift. Le Politique, le Reformé amp;nbsp;lâvn amp;nbsp;lâautre (oublie. Tout J^ui tend à lâvne ou à lâautre fin, femble licite. Ceux qui ont fouftenu toutes extremitez Tcedequinzeoufeizeans: nâont garde de (clpouuanter de tels commancemens, ayant ^^lt;l'intclligenccsamp; bons aduertiffemans de tous codez . Nous les connoyflbns pour s auoir frequentez. Il y faudra vn Magazin dâargent, fans lâeffufion du (à ng François, y faudra vne oppiniallre refolution dâvue Guerre irréconciliable .Ce peendantou de-^'âatetontnoz payes? Lâattentedcfquellesnous fera autant diir^ôc griefue: combien il
Incóueniés des Guerres Ciuilcj.
difficile de les nous enuoyer en Allemagne durant les Guerres ou facille dâopprimer Huguenots? Que diront noz Rcyftres amp;nbsp;gens de Guerre ; qui faffemblent à cefte ®yrede Francfort? lâen laiffe parlera ceux qui connoiffent quelles gens felônt enma-payes deuës. Quel fera le jugement vniuerfcl des Natioift voyfines ? Les plus mo-
, diront: la France ( qui de tout temps à emporté le los dâHumanité entiers les eftran-fe rend incompatible à (by mefme; ne pouuant endurer la Paix nây fupporter la Guerre, 'âutconclufion nous (upplions voftre Majefté au nom de Monfeigneur le Duc lean Cazi-
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Mars,
1577. mir; qui nolisa enuoiez pour luy. amp;nbsp;tout le corps de fon Armée ; de faire fourniramp;cffeâu-er à celle Foyreprochaine de Palques,qui fe tiendra à Frâcfort:tout ce que l'obligation quâen auons de vollrc Majefté porte felon ce que cy defius à efte cediiir..Voila Sire en femme pout ne parler de vos affaires, finon en tant quâil nous touche : ce que auons cHé commandé de dire à voftre Majefté pour le prefent. Laquelle fupplions treshumblcment nâen receuoir aucun defpJailîr. Nousnâauons pas les termes François par choiXjamp;fommesAllemans. Le commandement de ceux qui nous ont enuoyez nous impofe la neccffné de nous en acquitter . Enquoy nous efperons que voftre Majefté aura elgard que tout tend à noftrefatiffiftion amp;nbsp;à la Paix laquelle maintient amp;. conlcrue:tous Eftats. Le hazard de la Guerre fouucntes-fois dilïippe, ruyneamp; dcfole de grandes Monarchies en vn jour, en vne heure, quelque bon cftablilfement quâil y euft. Dieu parla lainte grace vueilîeconferuer la voll reen fon entier. Puis il adjoufta. Sire je viens de parler poui MonleignciirleDuc leanCazimiramp;fonAt-
⢠mes. 11 mâabaillc charge particuliere de fupplier voftre Majefté quâelle ne fevueillc lailfer emmener par ceux qui vous voudroyent induire à la rupture de la Paix laquelleà efté tant dilffiilleà faire. Que fil y a quelque Article en i'Edit qui paffe voftre ccnfcience, ou qui den'dere' rigoureux : quâil vous plaiie pluftoft à cherher vnemoderation tollerable dccdl ditdcPaix. Aiticle; quc de rentrer à la Guerre en rompant LEdit. Età câeft effed mailcom.mandctl« vous offrir tout le credit quâil peur auoir vers le Roy de Nauarre, le Prince de Condc, b Marelchai Danuille amp;nbsp;les Eglifesdont il ma baillé pouuoir fuffifant pourmoyenncrqiielqut chofe tollerable: pluftoft que de renuerfer tout. Melmes dâen conférer auec les Deputed du Roy de Nauarre, Câeft à voftre Majefté d auifer ce que jepourrav faire. le mây offre tres-humblemcnt. Puis le huitiénx: Mars fumant il prefenta la Requefte qui fuit.
Autre Rf. tjucftcau Roy par le Député du Prince Ca-
SI R E jefupplic voftrcMajeftétres-humblcment.nerrouuermauuaisfilaptefcnfcjouf-née donne bn , amp;nbsp;couppc broche aux Calomnies qui ont eftéfemées par lAlltmagnej lî
France amp;nbsp;autre lieux à fcncontre de Monlcigneur le Duc lean Cazimir mon maillreau judice de fon honneur amp;nbsp;reputation : Que la confideration amp;nbsp;refpecf de Ion proffit particU' met amp;nbsp;quke nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tcnoit tellement enueloppé amp;nbsp;bridé : que cela apportoit prejudice au public amp;
au Royle» culicr desgcns de Guerre quifontfuiuy. Son Excellence ma commandé de remettreewtî poïn^mens m^ins de voftre Majefté auant mon depart de voftre Court, toutes les terres amp;nbsp;Eftatsdef-quâiiluy a- quelles il vous à pleii le grattiffier puisnâagueres ; qui font les Duché dâEftanpes, les neuf uondonnez Scjgneurics fifcs au Duché de Bourgongne, la pcnfionamp; Cappitainerie de cent hommes Terres amp;nbsp;dâArmel lâEftat de Colonnel de-quatre mil Reiftres; delà poffèflîon amp;nbsp;jouyffancc def-apointcme» qu,;iJes chofos amp;nbsp;dâvnc chacune dâicelles : fon Excellence fedcucftamp; demet fans vouloir a donnez par / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«or nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 r . r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«i* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t 0«
â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 adueniry nen pretendre; oC lansen auoir voulu julqu a-prelent recueihr aucune cnoic.
le Roy au Duc lean Cazimir.
l'en rends à voftre Majefté toutes les lettres amp;nbsp;expeditions fur ce faites hors-mis celle des ter
res affifes au Duché de Bourgongne : LefqucHcs amp;nbsp;Chambre des Comptes .à retenu vers foy . Dont lâArreft cft icy joinél. Etau casque fon Excellence eut réciproquement promis amp;j tiré à voftre Majefté deiioir aucun; ou fefuftobligéà aucunechofe foitde bouche, par lettres ou par Procureur: elfe entend amp;nbsp;veut par cefte reddition en eftre a puramp;à plain defciiargéc, comme ayant cela eftéfaid en confideration des terres amp;nbsp;Eftats deffus déclarez. Reuoquant tout autre deuoir amp;nbsp;obligation que de bonne correfpondanceamp;voyli-nage : laquelle à de tout temps efté pratiquée entre les Roys de France amp;nbsp;lamaifon des Princes Pallatins. Et dâvn bon defir quâelle porte au bien de cefte Couronne, duquel cefte re-dition ne la deftourne ^cunemenr . le nâay point charge dâen autrement particularifet les occafions. Mais de cure à voftre Majefté que fi elle defire les feauoir : fon Excellence ne fera difficulté de les declarer inconiinant apres mon retour. Pournoftre regard qui fom* mes venus fous la foy publique amp;lefâut conduit quâil vous à pieu nous enuoyer: jâaycx-prefiTe charge de fon ExcÃlence de fupplier voftre Majefté tres-humblement : nous oâroiei noftre congé pour retourner le pluftoft en Allemagne deux de nous. Et moy Bcutereich mâen aller en Angleterrefolon le commandement de mon Maifire pour les vrgens amp;nbsp;impor-tans affaires defon Excellence, nous oélroyans à câeft cffeél deux paffeports amp;faufcon-duids. Faiôt à Bloys le huitième de Mars, Mil cinq cens foixante dix-fept. Signé Pierre Bcutereich.
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^âiitcrcich.
I- A refponce fut courroife amp;nbsp;gvacieuïê : qui donna toutesfois plus de fujet occafion au uok vcrlquot; dâcnuoicr vers !e Prince Allemand.Car Ie Roy ja refolu à la guerre: amp;nbsp;pource délibéré
Softer tous moieus aux Pioteftans cc fe preualloir duïccours cftranger-.enuoia Villequier en ând* ^Icinagncnoraniénicntvers lef Eóleur Palatin, Ibnfrere Cazimiramp; Lantgraiiede Heffe amp;nbsp;rerforceiSt Seigneurs Germains pour les deftourner du parti Proteftât. Ou il trouua fEledcur af
^^ifpofé veti la diucrlitc d opinio qui à tousjours effé entre les L utherics pour la Cene que «fer les es-'^â dEleâeur èi la plus part des Allemâs;amp; lesCaluiniftes que les Fraçois amp;nbsp;plufieurs autres âPPfouuct.Mais la charge amp;nbsp;crcâcc de Villcquicr vers le Duc lean Cazimir amp;nbsp;le Lantgraue P^ftoiccecy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Creance lt;îé
Wcigneur,fur la demâde quâil vous à pieu me faire ce matin,qui eft devons doner par ef- vmiquîcr charge que jâay du Roy Ttef-chreflié mô maiftre:Ie ne vous fay voulu refufer pour ne
ï^iis aiioir reprelcnré de bouche,quc la vérité mefme que là Majefté veut amp;nbsp;entend que vous für, ''lâchiez. Sa Majeff é à effé trefmarrie dâentédre la mort de Môlêigncur le Côte Palatin voftre Mort du loiié Dieu toutesfois quâvn fi lage Prince corne eft Môfieur lâEledeur prefét aitfuccc tonceP».-'I^sladignitéeleâorallcdcquellâ Majefté mâéuoiâtvifiter.macômandé aulfidevous voir en vous aflurer qu'elle ne defire rie plus que vous aimer corne elle vous en a fait conoi-
^f^dcsçffetsjufques ici.Et poutcôfcrmer dâautât plus labôneaffcâiô quâelle vous porre:elle à biê voulu faire part par moy de les nouuelles amp;nbsp;de feftat de les affaires qui lônt.Que fâ
^Waiâtfait côuoqucr les Eftats Generaux de fô Roiaumeen la ville de Blois : à plufieurs lügues côlcréces faites les vns auec les autres depuis j.mois en ç:a:ont vnanimemét requis en pleinesaflcblécs ou jâayaflifté ;dene(ôuffrirplusquâilya]tenron Roiaume exercice de Religiô que la Catholique,Apoftolique Romainc.Chofe que fa Majefté '^'Oitdcliberécà môpartemét de leuraccordenprcmieremêt pour feruirau deuoir de lâcôf oficr de fon ^^^ccîqui îamonefte dâainfi le faire à fcxép le de lès predeceflèurs Roys qui ont eu par ce moi-'âleurs régnés paifibles.Puis pourauoirconeu affèz apparément jufques icy que la diuerfité jes Mats â^ââfercicede Religiô,à âpporté auec Iby en tous les endroits de lo Roiaume ou elle a efte el-^lflieinouuellesoccafiós dedilfenfiôentre les fujets:mefmesà cciix quifôtles plus pailibles. cxfifite de ââ¢Ã®Uoirferuy à les nourrir en diuifiôs amp;nbsp;inimiiiez particulières.Outre ce quâil nâcft que trop ââfoire que les alïcmbléesdcfdits dclaRcligiôpretéduc refbrmée.nâont point efté tât defirées ijqi,eRo 'â'âr pourlà cifFaire Se contéter leurs confciécesique pour entretenir les faéliôs, pratiques amp;nbsp;ââ'âcesquify fôt ordnairemêt faires cotre fauthooriré de faditc Majefté. A laquelle ils feffà i- Diuerfitcdc 'âfpartousmoiésdefefgalleren puilfâce,cn feftabliffât tousjours de plus en plus^fin deluy â¢l'Iobeir a toutes occafions amp;nbsp;fe dcliurer du joug de fobeïllà nce auquel ils font naturellemcc âlâIigez.Dont leurs effets rédentaflez de tefmoignage par tout:encores que par leurs parolles âIsfcnviieillét monftrer fort eflongnez.Et ret cnremét le derr.onftre aflez le refort de gens de Sperre quâils ont mis dedâs la Charité contre ce qui eftoit accordé:afin de faproprier du tout.
, Aulfilesprifes deplufieurs villes SeChafteaux quâils ont faits cz pais de Poitou,Saintonge, ^uyêne,Dauphiné amp;nbsp;Languedo:auec beaucoup de Malfacres amp;: inhumanitcz exercées à fé-âW des Catholiqucs.D'autre part ladite Majefté fo met deuât les yeux vne chofe digne de Mderation: qui eft queaians depuis le dernier Edit doué tout fordre qui luy à efté pofïiblc Pââtfairc lôulfrir exercice de laReligicui prétendue reformée en plufieurs villes amp;nbsp;lieux de Moiaume:!! nâa pas efté en fa puiflânee de fexecuter pour les contradiéfiôs qui y ont faites â5Catholiques qui nâont peufupporterfindifcretion auec laquelle ils en ont voulu vier. Et â'«it fappercenans par tous leurs aétes amp;nbsp;deportemens quâils fe^ouloyent accroiftre amp;a- Ligues de* o'^ndir à la ruync Si deftrudion dâeux amp;nbsp;de la Religion Catholique : ils font tous entrez en âââociationêc Ligues les vns auec les autres pour la conforuation dâicelle Religion amp;nbsp;la leur Protcilan*.
Stprandre garde de prez à leurs affaires. De forte quâil ef^cogneu , quc îeftablilTe-ââfntidudit exercice, eftoit pluftoft pour attifer vn nouuéau feu 8c embrafement de troubles: Jâcpour procurer à fon Roiaume quelque repos amp;nbsp;tranquilitéainfi quâon à voulu faire par âdit dernier. Les confiderations des inconueniens fulHits que là Majefté craint de voir,ctoi-faiigmenter dauantage ainfi que fapparence y eft bien grâde.-finduilcnt fort dâentédre à ®tequifition de tous les Députez defdits Eftats.Mais elle y eft aulfi beaucoup côfirmée en ce Tâfpcüt toucher la conforuation de fon authorité fur fos fujets, par fexemple defes predecef
Yyy ij.
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leurs Roys qui ont eu leurs régnés heureux: amp;nbsp;tiré vnc'grandc obeyfiancc de leurs peuples, pendant quâils ont vefeu auec le fèul exercice de la Religion Catholique. Tout au contraire de ce qui fe fait aujourdâhuy à fon grand regret. Dâvn autre collé elle voit auffi que la Roync dâAngleterre Si les Princes de la Germanie connoiflà ns tres-prudemment que lintrodudion dâautre exercice dlt; Rehgion que de celle dont fait profeflion le Prince Souiierain qui ccm-Souucraint nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Royaumc aux Eflats: porte auec Iby îaneantiflement de fauthonté que Dieu luy
de Religion à donnic fur fcs fujets amp;nbsp;donne licu à vn autre: Nâont jamais voulu permettre en leurs Roiau-deffcndcn7 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eflats quâily full fait autre exercice de Religion que de la leur. Afin de ne tomber en
tout autre exercice en leur pay s.
danger de fe voir auec le temps vn Compagnon amp;nbsp;Coegal.Qui ell ce quclcs Roys amp;nbsp;grands Princes Souucrains ont voulu tousjours cuiter plus que nulle autre choie, pour eftre le vray moyen delà ruyne amp;nbsp;cxtinélion de leurs Monarchies, Pour cela fâdite Majefté ne veut pas moins aimer les fujets qui font profeflion dâicelle nouuellc Religion: Mais au contraire les tc-⢠nir en la mefmeproteélion que fis autresfujets Catholiques. Les affûter en mefmc repos:
Debtesau Duc lean Cazimiramp; Ion armee.
amp; tranquilitc'.ôe les laifler viurc en la liberté de leurs confcienccs fans les forcer nây contraifl' dre à faire thofe qui y foit contraire. Moiennant aulTi que de leur parti! luy render iobeyf^n-ce quâils luy doiuent naturellement. Cequ'elle efperc quâils feront amp;nbsp;quâils nâen feront point deftournez pour leur eftre ofté ledit exercice,quand ils voudront confiderer premièrement ce qui cil de leur deuoir amp;nbsp;obligation naturelle: puis que câeft euiter pour eux autant d'ocO fion de rcceuüir dommage des autres lu jets Catholiques: faire cefler la haine amp;nbsp;rancuneqU' ils conccuoicnt entre eux en les voiât aller audit exercice. Etau lieu de cela les mettre en bone amitié les vns aiicc les autres. Et le feul moien de leur alTurcr le bon amp;nbsp;heureux repos qu â ils ont tousjours dit defirer plus que nulle autre chofe.Et la ou ils ne le feroiêt amp;nbsp;fe voudfoi^^ en cela monftrer defobcyffans à fadite Majefté,amp; fe rendre comme ennemis jurez de leur p3' trie. Elle vous prieMonfeigneur donc leur porter en fi mauuaife caufe, aucunefaueurnây cours,quad bien vous en feriez requis.Et ce pour lâobligation dâamitié que vousauczà fadiK Majefiéamp;à toutfôn Royaume. Semblablement auffi de ne vous vouloir méfier en forte du monde de leur fait: luy en laifiTantfairccommeà vnRoyaqui Dieu à donné toute puilfancc Si fuperiorite fur fes fujets. Et la doüc de bon fens Si entendement auec aage fuffifant pouf feauoir gouucrner maintenir amp;nbsp;confêrucr comme ficnsamp; deuotieux enuers fâ Majeflê.Cu^fC que ferez chofe digne de ùmitié amp;nbsp;bien vucillance quâelle veut attendre de vous '⢠vous poU' ucz aflèurer quâelle vous fera connoillre de plus en plus aux occafionsquifepreleiucront) combien elle vous aime, fera plus encline à vous continuer les biens faits dont elle vous à tiffié cy dtuant. Et pour le regard des debtes qui vous font deuës amp;nbsp;à vos Colonncls amp;nbsp;Reit* Maiflres: fà Majefté donnera ordre de tant plus volontiers à vous en fâtiifaire par tous moieut pciflibles. Comme câcfl maintenant la choie de ce monde quâelle à en plus particuliere afte-dion: amp;nbsp;regrette beaucoup que jufques icy il ne vous à elle donné vue plus grande fatiffac-tion. Ce quâelle defire que excuficz fur la quallité du temps qui nâa permis de poiiuoir faire mieux.Et dâautât Monfeigneur quâil vous à pieu mâallegucr ce matin que nâeftât admislibrCâ ment lâexercice de la Religion fufdite en France câell en tout enfraindre amp;nbsp;contrcucnirà îE'
Eftatz Generaux afle-hlcz^Ã Bloys
dit de Pacification que faMajcflc à filôlénellement juréamp;promis; Icvousrcfpondrailadcf-fus,quâaucontraire en fâtisfaifant â fvn des articles dâiceluy:câefleaflcmbIéde5Eftatsà eftécÅ uoquée pour apres auoir ouï les plaintesôc doleaccs desfujcts:leury ellrepourucu ainfiqu'c^ le cônoiftroit eftre requis. Aquoy elle ne péfê pas pouuoir mieux fà tiffairc quâé prenât celle refôlutiô.Qui eftfelô la requifitiô vnanimedes députez dcs3.ordres defô RoiaumejafTatioit de lâEglifc,de laNoblelTefic du tiers Eftat. Auflî fclô le jugemét delà propre côfciécc cotre laquelle elle pcfoit aller fi elle faifbit autrcmét.Et pour côclufiô dâautât que câeft ce quâelle efti-me pouuoir plus fêruir amp;nbsp;proffiter au biê general defôRoiaumeamp; detousfcsfujcts.Acelafi Refpoce du pat Villequict le Duc de Cazimir fit celle refpôce quâil dôna par eferit lignée defâmaiH' Duc/can SuppÃc faMajcfté de pr^te de bône par celte refpôcede point en point:amp;la receuoir d'aul-bône volôtéquc ledit Seigneur Duc eft affeéliôné à la grâdeur,bié amp;feruicc de fa Majefté RoydcFrâ- amp;nbsp;de la Courounc de Frace. Premicrcmct môdit Seigneur le Duc remercie treshûblemétfa fait enun-^* Majefté, de la Condoleâcc quâil luy plaift monftrer auoir du trcfpas de monfeigneur fon perc; die par Vil- voulant bien afleurer lâMajcfté quâelle en a de trcfgrandes occafions a caufè du zcllefoingSi Icquicr. affeélion fingulicre quâil à tousjours eu jufquesau dernier fôufpir defa vie, à la grandeur^ conlçruationdelapcrlônncdefaMajcllçamp;repos de toute la France. Ledit Seigneur
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Majefté connoiftra que Monfeigneur lâElc^ftcur fon fterc, à nonfculc-â¢â âtfiiccedé à la dignité ckdoralle : Mais aufli à la mefine bonne volonté amp;nbsp;affeétion.Dc-â âyiediâ Seigneur Duc alTeure auflî û Ma/efté quand à Ibyjquâil cnfuiura Icfdites fainélcs â^«dcfeu fon dit Seigneii r amp;nbsp;Pere tant qu'il luy fera pofîîblc. Et le rnoftrcr tousjours a-^(^laydede Diev . Non feulemcntà lâpatne: maisauffi à ûMajefté. Etpource com-j^'aMajeftéfaitcâeRhonneuraudit Sieur Duc, de le feite vifiter en palfant par ledit Sieur Æ equier amp;nbsp;luy communiquer de fes nouuellcs ; Aufli ne peut il obmetrré-dâenrcmercier idâMajcftétres-humblemcnt, quâen luy déclarant rondement quâen tend ré Ibn intention ledit Sieur de Yillequierluy aditeamp;laifle parefcrit: luyfbnt veritablethent nou-En premier, pource que cefte volonté delà Majefté eft du tout diredement coh-au» promcfîes, fcrmens amp;nbsp;afleurances par lefquels fe Majefté à tousjours protefté de parclcrapt vouloir entretenir fbn Edit de Pacification feiétamp;figné de'ion au-^'KcparlaKovnefa-Merè, Pnnccs'deft)rffengamp;ceuxdefonConlèil; lors quefe Maje-^uoit fcs;^3rces li grandes cnicmble, quâil poiiuoit taire ce qu'il luy plaitoit. Et ce pour j^oigner-à ià maia quâIl la ainfi feid, jurcamp; tonfermé folennellement de pure franche amp;nbsp;'*âi^tallQ volonté, poiic le bien amp;nbsp;repos de fon Royaume amp;nbsp;fubjeds i Comme non feule-^â¢dâdiâe Dame Royne fe Mere Princes amp;nbsp;autres Seigneurs ont protefté de bouche audit Duc en traînant la Paix, laquelle ils ont voulu queledid Seigneur Duc fignaft ^^plus grande confirmation comme il à feiddefepropremain . Mais aufli fe Majefté luy confirmé. Dauanwge câefte intention de fe Majefté eft de tant plus eftrange au-Seigneur Duc, quâil à veu à fon trefgrand regret le dernier precipice ou fe Majefté, ^urmettrefe volonté en execution.* laiflê tumber fe pertônneôc tour fon Royaume. Dont ^lt;iefEftatprefentdes affaires amp;nbsp;de la combuftion qui eft a venii ledit Seigneur auec les au-''fs Princes d'Allemagne qui aymentla conferuationde la Monarchie Franpoifê: Eftà ns l^^fuellement au vray aduertis (ainfi que ledit Sieur de Villequier lâentendra pareux mef' âââ'^amp;envcrra les pappiers amp;nbsp;eferipts imprimez: ) efpcroit que cela feroir alfez pour deftour-faMajefté de cefte fi?nne volonté. Et luy feireconnoiftre la malice de fés gens apoftez Jiaiontyfurp^ le nom des Eftats:amp; nom de tous fes fubjeéls luy ont fait vne telle Requefte: ^elaquelle ils nâont jamais eu le commandement des lu jets de fe Majefté. Et nâen font ad-âââ^^â«îcomme le Sieur de Villequier entendra bien à Ibn retour. Ledit Seigneur Duc peut S''acesà Dieu.,dire rondement quâil en a de tresfidelle amp;nbsp;fincere aftcébon aucrti fe Majcftéitât P^''feslettres amp;nbsp;Ambafladeurs: que par ceux mcfmes de fedite Majefté. Premièrement cftant franceluy à donné auis de la Ligue feinte,dont il voit à câefte heu re les fruits toift contrai-latoyôc reputation de fa Majefté Sc au repos de fes lujets.Puis apres cftant de retour de à donné a entendre à fe Majefté par raifon mefmes,qui eû ic y prelênt: les vrais auer-^**lefhens quâil auoit des menées amp;nbsp;pratiques quâon dreflôit pour apofter amp;nbsp;corrôpre en cha-ââ¢'^quot;le.Ptouincc amp;nbsp;rendre à la deuotion de qui on voit a prefènt,( eux qui deuoient auoir le ti-'æ^esEftats. C'eft à dire pour faire que nuis Eftats fulfcnr tenus librement amp;nbsp;légitimement * ^6müiftinâ;ion dcRcligion.Y eftans prefens comme de toute anciénetc il eft accouftumé: pPrinces du fang amp;nbsp;tous ceux quiontafeplaindre.Puisapres ledit Seigneur Duc a enren-*^30 vray comme on à executéfEdit de Paix câeft a dire quâon n'en a rien fait du tour côme ®3(iifpofé les Eftas ainfi quY1 en eftoitbien auerti:y aiâsâappellc les Princes du fang pour les y3îttappcr.Cômc on à feuorifé ceux qui fe font offerts a furprandre leurs perlbnesamp; les villes âââiffdit eft legitimemctamp;finccrcmét exécuté. Auec les places ou ceux de la Religio fotcó-ââ âiiitsfetenir.Et ne les abandôner po ur leur feureté par faute de fexecution de lâEdit. Aiant ^ââ«iitreefté dcueinentauerti de ce que nâagueres fait fe Majefté.Dont à efté baillé coppie du âJ'naire a« Steurde VilIequier.Chofe à la vérité du tout horrible a entédre aux homes amp;nbsp;tel eftrange que ledit Seigneur Duc ne feuft jamais peu croire, fi les côtrauentiôs conti-^?elles amp;nbsp;récentes à îEdit,nclemonftroientcuidêment.Et filaprr^ofitiô feitedcla part du psr ledit Sieur de.Villcquicr, ne le cofirmoit totallemêt.Côme aufli lefdites chofes font '^iproqnement croire audit Seigneur Duc que la refolution de fa Majefté eft telle que ledit '«lit de Villequier lui a declaré.Mais ledit Seigneur Duc,efpere quây aiât déjà vn mois que le fieur de Villequier eft parti;que Dieu aura infpiré fe majefté amp;nbsp;lui aura defcouuert la poi-Lndu côfcil en la vanité des offres de fes pretédus Eftats. Pour faire fbuuenir fe Majefté, voir
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Lâ H S I T O I R E D E F R A N C E.
Confeil du PritKe Ca-zimir au Roy fut la Religion amp;nbsp;Ellar,
amp;: loucher au doigt ce quâelle à prud émet amp;nbsp;meuremet eu cy deuât en trcfdigne recôniâüy tio. Ce que auffi les loyaux amp;nbsp;en tiertm et affectionnez amys amp;nbsp;feruitcurs luy ont rcmonftiC' non feulement en France mais par toute la Ãhreftiente .Et ce quâen fin la neceflîté roefeif^ à faid connoiftre tant à fa Majeftc quâà fes predccefïèurs par tant dâexpericnces : quand ils ont eflà yc tousjours en vain dâerarper la Religion reformée amp;nbsp;fexercicc dâicelle, par Guerres, executions Sd autre maniérés horribles a nommer. .Ce que lediél Seigneur Duc ne peut obmettre pour la lincere afFedtipn quâil porte à la conlêruation de la grandeur de w Majefté, Et a le veoyr en Paix aucc fes fiibjcâs. Câeft de remettre deuant les yeux de» Majefté ce peu qui sâenfuit. Quâen premier lieu ilplaile à lâMajefté fe fouucnirdu confol de Gamaliel,quc contre ce qui eft de D i e v nulle force ou pratique humaine ne peut rien amp;nbsp;quccc qui nâeft point de U i b v sâen va amp;nbsp;périt delby mcime En apres quecz affaires d'Effatelt bon ce quiefi necelïà irc . En.quoy lâ Majcftc regardera au miroucr dâAllemagne , Poulognc J Hongrie, Bohême, Suyflè Sc des pays bas Non comme on les luy de-guilê, maislelon la vérité comme elle à mefme veu : Gar de comparervn Prince dâAllé* magne auec là Majcffé ou toute la France; câeft choie abfurde. Mais la France à toute r Allemagne câeft egalle proportion. Que fa Majefté veoyt que tousles fufdidspaysflotil' lent : par-cc quâon y à trouué moyen de contenter les confciences des fubjeds. Par lefquds exemples fa Majefté peut connoiftre que non pas la permiflîon de la Religion; Mais lâcna-pefehement de lâexercice dâicelle à engendre les maux amp;nbsp;calamitez quâelle veoit aujout-dâhuy partout fon Royaume. Dauantage que fa Majefté nâayant peu faire la Paixderniere lâns faire Ibn Edit de Pacification : amp;nbsp;ne le pouuant garder fans le mettre à execution-' elle peut veoyr que lâentretcnement de Ion Edit câeft le feul fondement amp;nbsp;moyen de la PaÃ* Voyre la Paix mefme. Quâen outre comme ladide manutention eft le moyen delaPaix^ PHne^ deuirer la Guerre : Ainfi eft clic le feul moyen qu'a là Majefté pour rccouurer Jâobeylfancc de les fubjcds. Eftant trel-ccrtain quâvn Roy qui le faid Chef de part entre fes fubjeâs: nâeft jamais bien obey. Pource quâil luy eft conuenable de fe monftrer Perc commun de fesfu-jets J en les reconcilliantles vnsaux autres. Ainfi faire amp;nbsp;jurer aiT contraire dé ladite manutention, câeft lelcul moyen pour mettre les fubjeds de fa Majefté en plus grande dd' fiance que jamais. Et par ainfi engendrer la plus cruelle Guerre quâon ayt encore veut- u y à plus que dâalleguer la foiiueraine authorité du Roy pourfaire jurer ces choies là : s'eft expofer là Majefté en perpétuel oprobre à tout le monde; amp;le faire tenir Prince fins foyj là ns Loy, là ns honneur amp;nbsp;vertu aucune. Car là Majefté fe peutlbuuenir combien de fois elle à fai# profeflionde bouche amp;nbsp;parefeript dâeftre Prince veritable: amp;nbsp;quâelle nâa wn voulu promettre quelle nâayt voulu tenir. Voyre auoir tousjours efté rcfol uë de ne promettre pluftoft rien: Dont tous perfonnages dâhonneur ne peuuent autrement conclure: Qi^eouil nefalloit pas faire amp;nbsp;promettre le contenu en lâEdit : ou il lefaut garder. Ainfi que là Majefté en à vfé en ces mefmcs termes. Ledid Scigneu r Duc falfeurc ainfi que fa MJ' jefté verra bien quâaueevn homme qui voudroit tenir le contenu dudid ferment ou fuiurc le Confcil defespretenduz Ellatz quinâeft autrechofe que ledidfermcntmefmes: encores quâil nâeuft cfté juré on ne pourroit jamais auoir aucune commerce. Dâautant quenây pa-rolle, nepromelfe J ne fermens, ne obligation nefccau nây aucune chofe legitime amp;nbsp;ordi-dinaire(pour mettre foy entre les hommes amp;nbsp;princippallemenr entre les Princes amp;nbsp;fubjeds, veu fimbecilité defdits fubjeds au regard des Princes ) ne feroyent plus rien.Voyre amp;nbsp;ne fer-uiroyent au contraire que de retz amp;nbsp;filletz pour attrapper Ivn amp;nbsp;fautre. Qui plus eft fa Majefté confidercra bien,que les voifins amp;nbsp;eftrangers ne fe pourront alfurer dâvn Prince duquel les propres fu b jed? nefÃîent. Comme ceux de la Religion lefquels on à par trop poiirfui-eieurrccôquot; ⢠Car pour monftret quâils nâont point commencé ; il ne faut autre argument que la pronie «lie fait pofition mefme dudit Sieur de Villcquiei, aflà uoir que le Roy eft refolu de ne tenir Icprinci-îi'^on^ P^^ point de fon Edit. EÃjuand à lâexemple de la Royne dâAngleterre : on feait alfez tant de cÅur amp;nbsp;affedion de ladite Dame: que fi elle euft veu tant de Princes, Seigneurs, Gentilshommes amp;nbsp;autres de fes fubjeds de la Religign Romaine en fon Royaume amp;nbsp;quâils len euf-fent requis comme les fubjeds de fa Majefté ont laie tant de fois;que p luftoft que dâentrer en telles cobuftions amp;nbsp;faufler feulement vne fois fa foy amp;nbsp;promclfctfa Majefté leur euft accorde fcxercice de la Religion Romaine. Que fa Majefté doit du moins autant dâaffediô à fes fiijets
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S^sllccn à monftrc aux Eftats des pays baSjCn leur congratulant fur Ia refôlution quâils ont Pâile pour le recouuremcnt de leur liberté. Et mefîncs interceder cnucrs iceux Eftats pour lâieintegrandc du Comte d'Aiguemonten lcsbicnsamp; honneurs.EftantdepIus à èonftdcrer ââffi hrtiificc de ÃElpagnol qui ne tafche quâà remettre la Guerre en France pour dcftourner de fes pays félon û bonne couftume » Et quand a ce que là Ma/cfté allégué quâelle
â«»tbien lailfcr la liberté de confcience a les fubjeéh. Cela aflèurcroit encores plus b dcffi-
Dâautant quâil eft indubitable que qui peut viutefans excrciéc'dc Religion n'a p'oint ^'confcicncc.Et eft tout autant comme fi îâ Majefté difoit Je donne la vie à âmes fubjcdsî Et ce pendant elle leurfeift öfter les viures. Enquoyles Papiftès donnent aflbz dâargu-quot;âMt qui ne peuucnt demeurer ûns MclTe . Parquoy ledit Scignedr Duc ne peut den-autre meilleurconicil à là Majefté quesâil veut demeurer Roy amp;eftreteVPrince quâ-®n:pnifîc traitter amp;nbsp;négocier auçc fa Majefté, amp;nbsp;fefier cnlüÿ; quâil maintienne Ion E-
amp; garde là foy. Failant reformer lesabbus de lès prétendus Eftats que là Majefté al- ⢠^gucj parles moyens qui lèront Jugez eftrêtailônnables. Dâautant quâon ne peut tenir
alfemblée pour Eftatz vrays libres amp;nbsp;légitimes. Mais pluftoft pour delloyauxà là ^jcftcamp;à toute la Couronne . Et ne font pour maintenir Sc confermer la Paix ains P°Uf'Ia ruyner ⦠Pourquoy foire, ils le lônt lailfczfi villaincment fuborner ainft que loupent on à aduerty fa Majefté . Toutes lefquelles chofes ledit Seigneur Duc le palïèroyt ^Cï-volontiers de dire; sâil nây cftoit contrainéi:. Tant pour la rondeur delà confcicnce ^fon honneur qui eft engagé en la fignature de la Paix : que par laffeélion fingullic-fcqnâilà au bien, grandeur amp;nbsp;lèruicc de là Majefté. En laquelle dilpofition, ildcmcu-teraroute là vie,nâayant rien plus cher que dâapporter à la conlèruation delà Couronne France amp;nbsp;au repos des fubjecls de fa Majefté, tout le que D i u v luy donnera Ja-
de moyens amp;nbsp;de confeil là nsyricn efpargner. Ce que ledit Seigneur Duc fupplie â'^-humblement là Majefté de croyrc. Et comme tel le tenir du nombre de lès plus fî-delles amp;nbsp;affeétionnez gmys amp;nbsp;feruiteuts . Voyla tout ce que ledit Seigneüt Duc peut â^onftrcr à ù Majefté en ce qui appartient à là perfonne. Mais quand ace qui-touche'jçbt« du âûôtefon Armée qui à eftéen France. Ledit Seigneur Duc, lès Colonnels, Reirresmai-
Cappitaincs; ayans trouuc cy deuant bien eftrange que fa Majefté rie letfr ayt °â ââ'ulespromcires quâelle leur auoit faiâcs amp;nbsp;tant de fois réitérées tant à Francfort quâà Strasbourg pour le foid du payement amp;nbsp;des Oftages: Et troutient infiniément eftrange ^fhofe du tout impertinente,quâvn tel Seigneur que le Seigneur de Vdlequicr ^nant par-'ItçaAmbaflà deur delà Majefté: non lèulcment nâen apporte aucune aflèurancc; Mais quot;en parle aucunement :voyrc qui plus eft que ce quâil porte en ftibftance eft du tout con-quot;âne aux obligations amp;nbsp;promelïès de fa Majefté. Parquoy ledit Seigneur Duc non lèu-^entenlôn nom: mais de toute Ion Armée requiert la Majefté auoir cfgard à lôn hon-quot;turamp;tcnirfafoyamp;lèspromelTes. Afin quâa la prochaine Foire de Francfort ilyfoit fotif-, tant audit Seigneur Duc que Colonnels, Rcitmaiftresamp; Cappitaineslefqucispour touteîanncelètrouuerontaudidFrancfort pour prandrevncbonne relôlution fiir lesaffai-'«fclonqiie le Sieur Beutereicb ,amp;les Cappitaincs qui ont eftccnuoyezauec l^enau-'quot;''tbicn amplement aduertyfa Majefté. Tout ce que ledit Seigneur Duc prie affedueu-renient leditSicurdeVillequicrdefaire entendre bien amplement amp;nbsp;au long a là Majefté: quot;quot;te ce qu'il luy en a relpondu de bouche .Sans y vier d'aucune oblcuritéamp;ambiguité:amp; la mefmc rondeur, alïcdion Sc bonne volonté que ledit Sieur Duc y a procédé, enfoi-hquot;t celle relpoilcc;amp; defire tousjours procéder enuers fa Majefté.^
Orpourcc que la charge de Villequier vers le Lantgrauc eftoit peu differente en fubftance quot;Cellequedeffus aulfi la refponce en fut prcfque lèmblable amp;nbsp;telle qUe vous verrez.
Monfeigneur leTresllluftrc amp;Exccllent PrinceGuillaume Lâtg|^ue dcHelïèn:ayant enten- deVa^egra. 'lucc que le Sieur de Villequier Ambalfadcur du Roy de Frace luy a fait fçauoir de la parc de «c Hciré hMajcfté.Soii Excellence ne peut que en premier elle ne la remercie bien humblement de la continuation de la bône volonté amp;nbsp;affediô quâelle porte en fon endroit. Promettant que de fo quicr de b pan elle fera tousjours prefte Si appareillée de la côtinuer felon que fadite Majefté nâa Jamais Pâ^tduRoT pcquot; conoiftre autrement par fes adions du pafle. Sâeftant efucrtucc tant que poflîble y a efté âiciiiaintcnir en fon entier famitié Ja de fi long teps contradée entiers la Courone de France
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-ocr page 722-Mars nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tâH ISTOIRE DE FRANCE.
* ôi la maiÃn de HcfTcn. Quand a ce qui touche la principallc charge que ledit Sieur de Ville quier à eue de (à Majcllé. pour faire entendre à môdit Seigneur le Land graue,Sçauoir cft que fa Majcfté à la pricre amp;nbsp;Rcquefte des Eftats aiTemblez en la ville de Bloys leur auoitaccordé de nâendurer dorcfnauant autre exercice de Religion en fon Roiaume que la Catholique, A-poftolique ôc Romaine: Son excellence ehnne que de vray il ne feroit rien plus a defircr en ce monde,finon qu'il pleuft a ce bon Dieu permettre que par là diuinc bonté amp;nbsp;niifericorde cefte vraie Religion Romaine telle quâau commencement elle à elf é enfeignéc amp;nbsp;plaiitéci Rome par f Apoftre S. Paul lêlon le contenu de fon EpiRre eferite aux Romains: ne full par foulement enracinée amp;nbsp;maintenue au Roiaume de France: Ains aufîi purement conferuée en tous les endroits de la terre.Mais il eft aÃez notoire tant à ladice Majefté quâà plufieurs autres cïhôir ue nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mefmes de la Religion Romaine: quâicelle apres le temps des Appoftres amp;nbsp;lors
Romaine que tautliotité Papallc à éftc tellement acreuc que meim«s elle a voulu furmontcr ccllc meà corrompujj jpg jgj Empereurs,Roys amp;nbsp;autres Monarques de la terre par plufieurs ab us,tfaditiôs humaines,errcursamp; ldol3trics:à totall£ment eile corrompue amp;nbsp;falfifiée.Dequoy plufieurs gensdc bien de hautcamp; baiïc condition,ic font non foulement de cefte heure,maisauflide long tcmp* grandement plaints. Et nâont defirc rien plus quâvnc bonne reformation Chreftiennede ÃE-glifo. Mais en vain ainfi quâil eft notoire par toutes Hiftoires, Qui acaufè, que nos ancelhw amp;nbsp;predeceflèurs dâheureufo mémoire amp;nbsp;autres gens de bien de toutes Nations: ontcfté contraints pour le repos de leurs confoiences amp;; félon Je commandement expres dc Dieu : defuyr îldolatrte, fo fouftraire de fobeyftance Papallc ; amp;nbsp;faire eux mefmes vnc reformation confol-meaux efoiitsdes Sainâs Prophéties amp;nbsp;Apoftres ; ne i'ayans peu autrementimpctretcfhnt raiionnable dâobeyr plus à Dieu quâaux hommes. Or il eft auffi notoire comment apres fi grands troubles amp;nbsp;diuerfos Guerres aduenucs au Royaume de France : fon nâa fccutrouuer remede plus expedientpouraftopir tous les mahheurs que fi longtemps oniaffligcamp; tout le Royaume: que de permettre à ceux la, qui pour la caufé cy dcfïhs mentionnée fofonC retirez dcfobeyfiamp;nce dc JEglife Papallc ; la liberté de leurs confcicij^es ,aucc libre exercice de la Religion reformée folon leur confeffion prefontéc au feu Roy fon frere. Ainfi que find* Icmcnt fà Majcfté mcfmc amp;nbsp;par le confcil amp;nbsp;auis tant dc la Roynefa Mere,Princes dcfon fang que Officiers delà Couronne amp;nbsp;autre Seigneurs amp;nbsp;notables perfonnagesdefon Confeil pæ ué : par Edit pcrpctucl amp;nbsp;irrcuocable à oétroyé, permis amp;nbsp;accorda Scfolennellement juré: non feulement de vouloir conferuer amp;nbsp;maintenir en fon entier la Paix dernière faite amp;nbsp;publiée en tous endroits dc fon Royaume; Mais auflî mandé tant à fon Excellence quâà plufieursau tres Princft amp;nbsp;Seigneurs dc ÃEmpire parjlettres amp;nbsp;Ambaftades dc garder à jamaisinuiûlable* ment ceftuyEditde Pacification comme premier arre de fa parollc donnée à fcsfujctr.dch' quelle clle fedifoit eftte vray amp;nbsp;fidellcobferuatcur. Mais voyant fon excellence a prefent vnc fi fubtillc mutation dc fa Majcfté: contraire à tout ce que deftus amp;nbsp;que fi aifcmét clic feftbifâ focfrnouuoir par quelques vus defdits Eftats aflcmblez à Bloys, les Cayers defquelsfelon les plaintes amp;nbsp;doléances que font ceux delà Religion reformée: nâauroyent cfté aucunement conformes a ce que leur à cfté donné en charge ; Ainsfoforoyent laifle pratiqucramp; fubomet contre tout droit amp;nbsp;raifonzde reuoquer ce quâvne fois aucc fi meure deliberation amp;nbsp;bon con-foil,cllc auoit fi folcncllcmcnt protefté.Alfauoir de conferuer a jamais la permiffio dcfcxerci ce libre delà Religiô.Et ainfi en cefaifânt rcnouucllcr le defordreSc tumulte qui à grad peint cftoit aftbppy en fon Roiaume.Son Exccllccc à rcccu ces nouuellcs non foulemct auec vnregret non pareil:entantquccôcernelaperfonncamp; reputatiô defadite Majcfté amp;nbsp;defon Eftat. Mais auffi le bien,falut Sc t^nferuation dc tous fefdits fujets vniucrfellcment. Car jâaçoitque par cy deuant fon cuit rapporté de fi effranges nouuellcs à fon Excellence : Si eft-ce qu'elle nâa jamans voulu fo laiffcr perfuader dây ajoufterfoy,eftimant que ce bruit cftoit feulement controuué par quelque enuie contre ladite Majcfté: en intention dcblelfcramp;interclTer fon honneur vers vn chacun, ^i eft caufe quâelle à entendu auec vn merucilleux regret parledit Sieur Villcquierla charge que fadite Majefté luy à dônée.Le tout conforme a ce que mon dit Seigneur ne feftoit jamais par cy deuât peu perfuader en façon que ce foit,cftre veritable. Or combien que fadite Majefté ne Ibit tenue rendre aucun comte à fon Excellcncedefefdits faitsamp; aôtiüns;amp; que mondit Seigneur en tant que polfiblc foroit ne defireroit rien plus finon quâelles fulTcnt telles quâil les peut verifier vers vn chacun: pour la finccre amp;nbsp;bonne affcûion
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9gt;ilporte à fa Majeftc. Si eft-ccnéanmoins que conoiflà nt maintenant par ledit Villequier ^iJcieftfonvoiinoir amp;nbsp;intention: fôn Excellcnceâcfineuë dudit zclle quâelle porte à la con-'^tion de la grandeur de fadite Majcfté: ne peut qu elle ne luy declare franchemétû volonté. Et felon fintegrité dont elle marche ne rcmonftre à fà Majelle dâvn cÅur pur ce quâel-wtime appartenir non Icullement au bien amp;nbsp;honneur de fa perlônnc: mais de tout Ibn Eftalt; '»general. Priant fa dite Majefté voulloir receuoir le tout dâauflî bonne part, comme la pure dd.âdgraue â»Jeotion qai fefîneut de ce fait le mérité. Etenpremicr lieu ne peut cftimerR)n Excellence ^îneotes moins eftre induit decroire que quelque pérlbnnage dâhonneur qui que cefoit,amp; h rompuîe
debon jugement quidefîre icbienamp;auancement delà Majefté^ conlcruation dclà â^'iróne:luy vucille à jamais conlêillcr de rompre ÃEdit de pacificatiô dernier fait amp;nbsp;violier
fi folemnellemcntellc à juré amp;nbsp;pfotefté voulloir maintenir en lôn entier. Car prcmic-'«néten ce faifant elle met en hazard toutfon honneur amp;nbsp;reputation amp;nbsp;toute efpcrâcc quâcl-^pourtoit jamais auoir delà grandenr: veu qu'il nây à ornement aucun li précieux amp;nbsp;bien ⢠*^foit à Roysfoit à autres: que de garder inuiolablcment là foy amp;nbsp;promeflè. Commeaufli âââ¢âyà rien qui les dilforme amp;nbsp;def honore tant,qui aliéné tant Ihonneur des hommes amp;nbsp;fi pre MiciableSc dommageable à leur grandeur, que de dire vnc choie amp;nbsp;monftrcr le contraire '»dfet.Et nous enfeignent les hiftoires tant Ecclefiaftiques que profanes: enlêmble les cxc-P**s^iKiens Si modernes alTez fulïifamment: combien ce vice eft non feullemenr infame en-hommes,mais anlfienucrs Dieu.Mclmcs que quelques fois il à fait trefgriefueamp;durc Punition de ceux qui en eftoient entachez. Et à ce propos ne peut lôn Excellence quâelle ne ââ¢'Ween auant entre autres infiniz exemples celluy de Ladiflaus Roy de Hongrie, Boheme amp;nbsp;^Polognc-.pour feftre laillé perfiiader par le Pape amp;nbsp;lesCardinaux lôusvmbrc dâcncftreà flcz 'Pttsfacillcmct ablôus de violer la foy quâil auoit promife non à vn qui fait profelïiô duChrit 'önifncMaisaAmurathesEmpercur des Turcsamp; ennemy desChrcftics:pcrdit a cetcoccafià [î®âgt;feulemétfesRoyaumcs:Maisaulfi la vie amp;nbsp;tout ce quâil auoit en ce môdc.Et futen outre telle hSteufemét por^e par toutes les citez dâAfie: felô que plus amplemét fon excelléce aatodté? '^itentédre celle piteule hiftoireamp; autres feruâs à ce propos audit fieur deVillequier:poulïe défit quâelle auroit de pouuoir remedier à fincoueniét qui eft à craindre pour la fincereaf-
â'^Squâellc veutau bié de la France. Et en intétio lèidemêt quâelle pourroit feruir demirou exemple aux autres. Non quâelle defiraft enfaçonque celôit, que tel inconuenienta-
'quot;»tjamaisà faditeîVlajcfté.Quieftbien leplus loin defonintentionlèlon queluypourrafai-'^lflöoir ledit fieur de Villcquier.-amp; felô là diferetiô les propofer aux yeux de là Mmcfté. La-H^elleen outre doit diligemment pe/êr amp;nbsp;confideter en foy mefme quels maux amp;nbsp;mcoueniës â»ifcquâelle effufion de Gng elle doit de reçhefattendre en fon Royaume: amp;nbsp;les grandes cô-^lt;i«enccs qui de la fen pourroient enfuiure. Enlêmble filfuë que fon peut elpercr de tout ce *3».Car outreque ce lêra choie bien dure amp;nbsp;dilficillc à faditeMajcfté,dâcxtermincr non Icu-æment les plus proches de lôn fang: mais aufli tât de mil perfoncs amp;nbsp;tous du nôbrc de lès pro-pfcsfujets qui ne defiroiét rié plus q dâéploier la vie amp;nbsp;les bies,voire tout ce quâils pourroiét J*niaisauoir en ce monde pour le lêruice defadite Majefte. II eft aulfi grandement à craindre âl'ie ceux la conoilïà ns maintenât quelle eft fa volôté amp;in tentiô : aiât perdu tout eljxîir de pouuoir cy apres eftre reconciliez dy acquérir la grace de leur Prince amp;nbsp;naturel SeigneunEc ævoiis en outre exclus defe voir jamais en paix amp;nbsp;trâquillité;ne foient en fin contraints pour ^onferuer leurs uics amp;nbsp;biens: attenter les derniers remedes qui pourront eftre au ttelgrâd pre-i»lt;liccdefaMajoftéamp; de toute la Couronne de France. Et outre quâil lêra bien dur à ladite quot;îjefté de regimber contre îcfguillon: amp;nbsp;arracher par force du ^ur de lêfditsfujets la ve-''t^concuë; amp;nbsp;empefeher le cours dU là int Euangillc que le Seigneur veut eftre annoncé de Pâ''senplus,Siéft ce neantmoins, que le cas mefme auenant quâil fut en la puilïà nce de fa Ma j»fiéfelonqueplufieurslc dcfireroient bien, dâextirper tous lês fmets qui font profelfion de ââReligion reformée . Quelêrôit-ce faire autre cholêfinon que ladite Majefté au grand pre-Weede fon Royaume,lê roUgneroitclle mcfmes vn, voire le meilleur de fes propres bras ? ^»ffoiblilTantde plusenpluscnfedefnuant amp;dcfpouillantde lês propres forces? Encores Diucrfitcdc fon vucille perfuader ladite Majefté que la diuerfité dcRcligion en vn Royaume (bit eau- ^'**Sæ*-
noifesamp; dilTenflions qui y auicnnent.Etqueles endurant lesfiijersne peuuent eftre '»Mntcnuz çn fobeiflà ncc qu'Ãs doiuét à leurs fupcri^urs.Pourquoy prouucr,ton allégué les
-ocr page 724-Princes amp;nbsp;Elcélcurs dclaGermanie qui en leurs pays ne veulent permettre autre cxerciccdc Religion que celle dont ils font profclfion. Sieft-ccque fon Excellenccnefaitdoutequeli-dite Majeûénelà chc que par lâaccord faità îEmpire pour le fait de la Religion: le librccxcr-cicc des deux ny lôit pcmris amp;nbsp;óólroié felon quâelle à cogneu le mcfmc ellre obfcrué au Royaume de Pologne. loint aufli quelc feu Empereur dcftint de tres-heureufe mémoirecomrot aufliUMajcllé de cçluy qui gouuemeà prelet,cnduroit en fes terres le libre exercice des deux Religions. Enquoy failà nt à ellé maintenue en chalquc.cndroif comme encores le jour-dâuy vne bonne paix amp;nbsp;concorde enila Germanie. Pareillement aulfi cllant leRoyaumcdfi France compofé de plufieiivi amp;nbsp;diucrlcs prouinccs nâeft acomparcr aucunementà vn ôçEledeurdâAâliemagnc/non feulement pour nây audit aucune proportion cfgallc. Marx aulfi en raritqueleldttsPrinccsamp;Elclt;âcurs nâont jamais fiïitnycncorts moins promis ftfol«®
nclicnîct à leurs fujrUk mefeae que ladite Majefte a lait à ceux queDieu à fousmisenlap«â' â¢larKçijPartantmoixut'ficurprie de rechef faMajefté,ncfelaiircr aucunement pciïuaâcrque la permiflion de îexeJEcicôxiçIaKdigieô^rcforméc ait cfté taufe des troubles amp;nbsp;diuifions jpfqu^ à xclle heurc.oot;rcgné en l^rà ncciÃarce n'eft choie nouuelJe que lesChrelhö^* fidftUüîamp;lôicnt acculez cômcîeftâs caulède rcfecllionSc mutincrieeveu que le mdtnccûaucnû non lêUlernent aux faints Bivphetes amp;nbsp;Appoftresmais aulfià lapcrlonncde Icfus'Chfw meftne. Combien que ce lüil-contre tout droit amp;nbsp;vérité. Mais que faMajeRé croie lt;⬠pJuftoft.quefempelchement amp;obltaclc .quc l'on Veut faire au cours de la Religion tienne: eft lêullc caulc de toutes les calamitcz ôc roilères cy deuant auenucs amp;nbsp;quipourront ifcdKkn'dç auenircy apres. Partant fon Excellence prie ScadmoneftefaMajefté tant que faire cepeut.
France.
LâEglife Ãhrcftiéac à erçu par rigueurs amp;nbsp;elfujion de (ang.
quâelle vucille conlètner fon honneur, foy amp;nbsp;réputation. Et peler quant amp;nbsp;quant fimpor«quot;' ce d e ceftcafià irc.Et les grans amp;innumcrables inconueniens qui en dcppendenr.NcpO*ââ®' tätjamais quâelle puilïècftre induite de voulloit cnibraflèr vn cÃlcU qui ne peut exccutiô finô auec vne totalle fubuerfiô de lôn Ellat amp;nbsp;efrufion de fangnompareilIe.Lcq*â^ aulTi cil dircâLement contraire à la promeflè, foy amp;nbsp;loyauté que là Majefté à donné par cy ,uant*Mais que pluftoft elle maintienne amp;nbsp;corJeruc en lôn entier fondbdii de pacification^^' nic.remét publié.Et le cas auenât que ladite Majcfté dcfiraft mertrequeique accord auöitd« la Religion,qui de vray feroit cncôres Royal amp;nbsp;digue de Cbrelhcn. Que pour y paruenircU fe ferue non pas du glaiue tranchant de l'clpce:rtiaisà lâexemple delcspredecelîêursde tre^ table memoireConhantin le grand,Theodofius amp;nbsp;autres,du tranchant de la paroJle de Difi*' Scâuoir eif parlemoiendâvn Concillelibrc amp;nationnal. Car du cômenccmentà tousjouW cÃc le prÃ^irc de lâEglifc Chrefticnne fera encores a jamais par cy apres : veu quâcllcîî â té Iodée par là ng.Qiie par iâclFufiô^dâicclluy, elle ne pourra jarnais dorelhauât cftrc dclracincc Mais qucjtant plus elle fera aroulec tant plus aulfi prandra fon aecroiflcmcnt.Qt'snd à ce qW touche lâautre partie de la charge donée audit de Villcquicr. Sçauoir que fadire MajeÃo priî moiiidit Seigneur ne le mcfier en forte que Ce lôit du fait de la Religio amp;nbsp;ne leur prefter aucü' ncaydenyfoueurou ilenferoit requis. Son Excellence veut bien auertir fa Majcfté,quejul. ques à prefcniellcnc feftmelléc Icmoinsqui luy à cfté pofliblc des affairesdâautruy.ty^ tout nâa jamais prelle dâoccafion foitdeconfcil ou de fait auxlujcts de faditeMajefteo^ fclleuçr à l'encontre dâelle. Efpcrant fon Excellence en tant que faire le pourra fans fouller ây bieder fa confcicncc: quâelle pourra tousjours continuer en celle bonne affeélionamp;aniiu lingulierequâelle porte à là ditcMajellc.Laquellc en cet endroit elle prie bié humblcmétvoH;
Surprilc de Cócarncau
loir prandre tout ce quedeflus de bonne parf.comme party dâvn coeur qui vraiemét luy equot;quot;' fedionné amp;nbsp;qui ne tent à ^utre but linon à cc qui touche û grandeur amp;nbsp;profperite. Semon ⢠trant en ce,comme il appartient à vnRoy qui déliré maintenir fonhonneurSê réputation vers vn chacun-lelon que mondit Seigneur le confie que Dieu luy en fera la grace. Ce qui réunira non lêuJemct à lagloirc du Seigneur:Maisaulîîaulà Iut vniucrlêl tant delà perféneque tous les fu jctsîSc de lonRlt;^'aume vniucrfellemcr.Qui cil tout ce que fon cxcellccc à peu Æ ' pondre fur ce que ledit fleur de Villequier auoit charge luy faire entendre de la part de faon Majcllc Fait à Caflôl le i8. Mars. 1577.
Peu de jours apres lâarriuéc dudit Prince a là int Iean,iârcccut nouuelles comme la Vigne pur les Pro Gentilhomme Breton fclloit là ifi auec peu dâhommesamp; par intelligence,de la ville amp;nbsp;CJi ⢠cüans. tcaux de Concarneau lâvnc desplusfortcs places de la balle Bretaigne. Maisqtie filn eftoïc * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fçcoum
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I^couru dans peu de jours tout tourneroit à la confufion amp;nbsp;perte des entrepreneurs. Lefquels pour le petit nombre qu'ils eftoient Se h multitude de la populace dont la place eftoit ja en-jjitonnée: ne pourroient longuement fubfifter. Le Prince referiuit à duVigean qui pour la ^oblelTe eftoit demeure à la Rochelle: quâil donnait ordre pour lêcourir Concarneau de âi'idqucs poudres amp;nbsp;munitions amp;nbsp;dâvnbón nombre dâharquebuziers amp;meIïncenre(criiMt Pânicullirementaux Capitaines de la Rochelle qui fy offrirent libéralement auec leurs Naui-^â¢Mâis comme ces chofes fcxccutoient aflèz lentement amp;nbsp;aufli que le vent eftoit contraire 'â¢â¢ttttadigt les nouueles de la reprife delà place qni fut par la menée de celuy melrne qui aiioit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
^ftécaufè de la prilê.AlTauoirCalebote,citadin de ladite ville lequel apres auoir tuéQ^ermaf-*^tdup3ysqui gardoit les clefsioiiurit la pone à ceux de dehors.Lefquels nias regagné la vil Catholiq. Went tous ceux quâils trouuerét dedans du party excepté aucuns qui furent ex ce u te z de-Pois à Rennes.
P 0 V R lots la Trimouille Chefsde le la Ligue de Poitou,en tabfencc du Conte du Lu-
â¢^cquiluy en debatoit la charge veu Ion grade de Gouucmcur du pays eftoit à Poitiers,tédant LaTrïmouil mettre garnifon de la part du Roy amp;nbsp;demandoit quelque lommc de deniers les priant de dêh^Uguc ^pjttduRoyfatisfaireà laLiguc quâilsauoient lignée. Mais il fembloit que pour quelques famtede â¢'mps ceux de Poitiers marchandaflent,dilâns queeequileut auoitefte promis Scaffuréen pokkrs. Tînt ladite Ligue: ne fe trouuoit en rien effeâué ne veritable. Comme entre autres choies 'luRoydcNauarrequefon auoit afteurédeuoir eftre en celte guerre du party du Roy. Et 'l'icpour les charges de gendarmerie ou fanterie Ions prétexte dâvne garnilôn pour la defen-
de leur ville: ils ne voioient encores les choies fî mal difpolees ne telles forces Proteftantes Jâ Cîtnpagnc quâils ne fulfent plus que fuffiûns bië que Iêuls,pour la garde de la ville.Et pour jîmainteniren fobeilfancc du Roy. Et que pour le regard des deniers quâon leur demandoit J^^iipplioiait trcf-humblement faMajefté croire quâils nâeftoient pour liipporter de grans veu les pertes amp;nbsp;dommages quâils auoient loufferts depuis tat dâannées à caulè des milê-
â's des guerres palïees.
Cependant le Roy f(?t publier la declaration de lôn vouloir amp;nbsp;intention furce quiauoit '^dtequisà falTembléedes Eftats; tant pour arrefter ceux qui eftoient prefts de prandrelesar que pour faire retirer en leurmaifons ceux qui par crainte ou deffiance de ce qui pour-f^itenfuiure par la relolution dcfdits Eftats: feftoient ja abfcntez du Royaume. âPar la decla- ta rcquifitîô f^donquinâcftoit que prouifionnelle en attendantautrcEdit.-fa-Majefté le plaint queau grâd «les Eftats. P'^ejudice de fa bonne volonté aucuns de la nouuelle oppinion aient ajoufté foy à beaucoup dî faux bruits que aucuns malins, amp;turbulcts efprits ont lèméi parm ceRoyaumeiaéamp;uoir quâ JP^ontinant apres la tenue des Eftats lâditeMajcfté eftoit relôluë faire faifir leurs biens amp;nbsp;per-Wsivoireue les exterminer entièrement. En laquelle credulitéils eftoient ^mclrncs à lôn ^^cf-grand regrcr, confirmez par quelques Seigneurs Catholiques lê dilâns au demeurant des P'uszélateurs de lôn Icruice.Lefquels guidez de certaine palfion particulicrezvlôient expref æmement de ces artifices pour de tant plus attifer dauantage le feu des troubles palïèz. Aquoy quot;îuoitonques penfé.Trop bien ne pouuoit il dilïimuler que aiant efté requis par les trois Eà defon Royaume: de ne tollerer en icelluy autre exercice de Religion que de la Catholi-Apoftolique amp;nbsp;Romaine; amp;nbsp;prohiber toute autre contraire; conoilïà nt que cela Icroit
'^icul repos amp;nbsp;vtillité de fes fujets. Sâeftoit rclôluc dâêclinerauIHis Eftats amp;nbsp;la leur accorder. Cîque mcfmeselle auoit bië voulu faire fçauoir parleDuc deM5tp6fieramp; autrespcrfônages 'ïitauRr^ de Nauarre quâau Prince de Condé:aucc prières dâeux conformer en ceft endroit *^defiramp; volonté de fadite Majefté. Mais que cela nâeftoit ny wur lâifir leurs biens ny pour exterminer ceux de ladite nouuelle oppinion amp;nbsp;autres leurs mfociez. Au contrairequâ-o^lcproteftoit les prandre tous indifféremment en là prote(ftionamp; là uuc-garde: les défendre â JOtoute injure amp;nbsp;opprelfion : amp;nbsp;les tenir pour fes vraiz amp;nbsp;loiaux IL»jets, lâns les rechercheren leurs confciences, ny molefteren leurs mailôns: pourueiÃjuâils oblêrualïènt fes loix ordônanccs.Le tout en attendant que ladite Majefté face vne declaration de là volonté fur
'Ãwiede la Religion: par laquelle tous fes fujets pourront conoiftre quâelle nâeftmeuëque «'ânbon zellc amp;nbsp;foin quâelle à de leur conlctuatiô8( lèureté.lAjouftâtpour la fin,cotre ceux qui ne fc voudront maintenir paifiblemcnt: mais qui Felleueront amp;nbsp;prandront les armes: tou-les rigueurs polfiblcs,auec cômandcmët de lent courre fus au fon du toçqlà inamp;:les pour-fuiure
-ocr page 726-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l; H I S T O I R E D E F R A N C E.
Mars 1577.
future comme infraéleurs de paix Sc rebelles à leur Roy. Ces lettres furent expédiées îcder* nier îanuier amp;nbsp;peu apres publiées amp;nbsp;diuulguées par tout. Mais la plus part nâen Icitpasgrand Rcfponee Compte : difans qu'il fi'.lftloit aftez pour la prife des armes que le Roy eut prohibé fcxcrcice des Prôteft- de la Reiigiou rcfonnéesooâils ne deuoient perdre quâauec leur vie. Et que quand à laprotef-«csXâ'Roy tsricn qucla Majefté tai. -ifnâauoir jamais penfé dâentreprandrefur leurs biensamp;pcrfonncs moins encores deles exiviminerrils Icfupplioiét tref-humblemêt croire que ce dernier quoy quâil Icmblaft tref ruel ôt inhumain: Icurlèroit tousjours plusdoux amp;nbsp;Ibuhaitiablequedâef-tre privez de leur Relîgiot;, fans laquelle il leur cftoit. impofîible de viurc. Et partant quâilef-toit aife de juger quelle grate leur falloir fadite Majefté leur cftat le plus précieux amp;nbsp;nccelTai' re quâlis euftent en ce monde. Et de ccquâils pouuoicnr à lafin cfpcrer dc bon quand ils fcfc* oient laiflcz aller fous vne fi eftrange lèruitiidc au prejudice me/mc de là foy, li foiiucnt amp;fo» Icmnellcmentpromilê. Et laquelle ladite Majtftt pouuoitafitzlp.'iucinnâ.'uioircnquesdic rompue en ce Royaume quâvne infinnê de maux ik mifeits ne Icuflenï fuiuy amp;nbsp;tallcunéde
toutes parts.
Brouage ré duauBaron de Miiam-Bcau puis ofte.
Ccquc jâay cy delfus afle? amplement defduit de ce quife pafa entre le rrinfcamp; le deMirambeaupour le fait de Btoüagequifembloitaucircftéc vn mc vncciiucr«ircamp;«quot;â tree de cefte guerre amp;pcur raifo dequoy les Rochelloisfaffeôlionaifét alTcz-.print tcllcÃnqufi vous auez vcu. Si que Mnambcai' iftant de retour des tftats aucc hôneur amp;nbsp;reputatien d a* uoir relôlumcnt amp;nbsp;fans aucune craintemaintenu le.party des Eglifes Proteftantes de France cotre tout vn Royaume la .^ftc inble: feit tât enuers ledit Prince amp;nbsp;a la fuafion de la Noue lt;)ue auât que partir de la Rot belle Broüagc fut mis entre fes mains corne au parauâi De forte ÃC'C fy eftât acheminé Stkjourne aucuns jo*irs,amp;; fen cftrcbic aftcurc il fen alla à Posfurptilepât lesCôfedcrcz Dâou il tira vne côpagnie pour enuoier en Brouagc.Puis auoir dôné jufqucs fa maifôut Mirabeau,le bruit qnâilauoit eu qlque cômunicatiôaucc fon nepueu deLâlâcfut caulc dcrtnouueller les premieres dcffiâces que aucuns auoict côccuës cotre luy pourraifoo mefine de Eroü.igc.Dôt lâon difoit Lâllà c côduire le marché ponrla faire vendre au Roy.Sut-quoy ne tant douter que Mirambeau nâeuft quelques ennemis partiFuIiersd'aftcz grand credit enult; rs le Piincc. Et qui ne laiftoient palfer aucune occafon pour rcnouuellcr et irauuais mcfnagcà l'ciretenir des mefmcs dehâccs que les palTées'Si bic que le bruit courut qutMif^' beau allant que partir de Blois auoit promis Broüage au Roy. Et mcfmes de ne nouer les armes en cefte guerre. Somme quâils luy alléguèrent telles conjectures 0«; toupçonsâbtpaffcrcnj fi avant que IcPfince aucrty le huitième Fcurierquâily auoir cntrcpnfe fur Broüage; faud^ dây enuoi# ce mcftiie jour Chatclus fon Chambellan auec lettres au Capitaine Nauatrequ* auoit fa compagnie en garnifon dans ladite ville de fe faifir du Capitaine des Aguerres homme fur lequel Mirambeau fe repofoit du tout,fon Lieutenant Sc EnfeigneSc de qiiclcncs^u-Le Prince fc ^ââ^sdout lâon fe doutoit. Ce quâils feirent le Dimanche enfuiuant apres auoir faifi le corps de !â garde des babitans qui cftoit a la porte defarmélaplus part dâipcux mefmcs plus affefiicn-nez audit Merambeau. Or fi ce que delfus cftoit aflèz fuffifant pour beaucoup retarder lesal-
ïai/tH de re chef de Broyage.
La prife Je Montagu.
faires mcsfmes fur vn commencement: cc qui furuintle lendemain les auança encor moios ce fut la prife de MontaguLicatenant de la Compagnie de gendarmes du Prince^ Sur-intendant en fa maifon.Lequel auoir entièrement gouverne lePrincc amp;: tous fespliis gransaifair« depuis fafortic dcFrâcc jufques à cefte hcure;voire aiiec vne faucur à fpccialexuâilfcmbloit rié nâcllre bië fait que ce qui cÃoitarrcfteparMotagu.Voicy le fait tome on eut rapoicéquc troupe dâennemis fapprochoit. Motagu fauâcc pour dcfcouurir. Maisauflî toft chargé Stpfiâ que défi, ouuert, fur mené à Congnac. Puis irouua moien de fc retirer en fa majfon rcfol« ne porter plus les armes plt;ir ce party: encores quâil cut vne extreme envie de laireferiiiie* fon maiftre: côme il luy auoitfait alfez paroiftre depuis fa fortic detobccdeFranccâ.cnla^ucI' le en tous les voiages quâil feit jufqucsà ce jour ; il feft tellement ac quite du deuoirdefî-délie amp;nbsp;afieâi^nnéfcruitc^r, que le Prince à mcfme confcffé-nâauoirautreoccafionqucdc fen loüer. Et bien quâil fuft refolu Catholique, Si eft-cequepourlerefpeâdcfonroait-tre ilauoit délibéré de courre mcfmefortune qucIuy.Maisîoccafiondefcnfeparerluyiur-Menant par fa prife contrefes dcfirs :fit cftat de nây plus rcrourner obftant pluficurs caufotJ' mefeonrentemés quâil auoit receuz de quelques vns,encores qu'il receuft defonmaiftrcvnc faucur fl fpcciallcamp; extraordinaire quâilfcmbloitlcgoiiucrncrà fonplaifir.Commctoutes-
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föisles hommes jugent couftumicrement de toutes chofes felon leurfin SiC euenemcnr d iccL ^8 voire farreftent plus à fapparence exterieure quâa la pure vérité:auffi y en eut il, qui parlc-ftntvntempsaffèz diuerfement deceile pri(e. Difânsquecelaeftoitfaità lamainamp;quâily Woicquelque plus grande entreprilê amp;nbsp;delïèin fur la personne du Prince. Et ce qui augmen-'»itleurfoupçon amp;nbsp;deffiancc en ceft endroit:eftoit queau dernier voiage.queMoragu auoit ^itcnCour.' il auoit pris feminc a ce que aucuns difoient par la faucur de la Royne Mere; af-fâuoirlaMarquilcde Ncfle,fille du feu Chancellier Olliuieramp;reieu pendant fbn voiagetou-â'bcuramp;courtoific du Roy.Mais lePrincc pour la fidelité quâil auoit tousjourstrouuce en Montagu,qui fauoit tousjours fuiuy 8)i alfiftéen fa plus grande affliôfion: ne peut jamais elhe *''lt;luic de juger finiftrementdeccqui eftoit arriuéen ceft endroit. Moins encorde rcuoquer *idoutelafincerité amp;nbsp;rondeur de confciencede Montagu nequâilluy fuft tombé au cÅur dentreprandre quelque chofe à fon prejudice. Trop bien auoüa il, quâil y auoit ja long temps *l*gt;cledit Montagu lâauoit fiipplié le voulloir licentier de Ion lcruice. fct pour quelque temps ^âypermertrede fc retirer enfà maifbn. Surquoy il lauoit tcu gt;jours remis de jout à autre.
Comme que cefoit cftant prilônnier à Con^nac fçaehant combien câeftoitchofeaiÃc ^«ftrecalônic'.il reftriuit au Princequefil luy pbif »it li liroit trouuer la partquâilluy mâde-foitpoarluy rendre bon compte déroutes fes aébons Oc de fon innocence pour Icfiut delà pfifemefmc.Quc pour ceft effet il auoit obtenu côgt Ions fa foy de ceux qui le tcnoient. Mais Notantquâi 1 ne pouuoit parler au Prince pour tef lan ir de ies aétiôs amp;que fês bagues amp;nbsp;meu-^'ï5ietcnuz à la Rochelle aucuns delesamiseftoient arreftez prifônniers: fà tisfit tellement ^'ônmaiftrcpar lettres quâeux eflargis amp;nbsp;les meubles deliuiez eut moien defc retirer. Et bie paflà nt en Cour il fuft gracieulenient recucilly amp;nbsp;honoré d'Eftats amp;nbsp;gros appointemens quâauoir remercié ôt fuplié leurs Majeftez de le laiftèr retirer,il ayma mieux defplaire
lt;11 Roy amp;nbsp;Royne mere en ce la: que de porter jamais les armes ny faire choie tant peu fut el-I5 defphifante à fon maiftre. Le Prince louresfbis importuné par lès ennemis de lelà ifiramp;: ^'âînger la garnifon de ^rouage dont les Capitaines eftoient à la deuotion de Montagu: faut-âd'yaller luy mcfme en -perfonne. Et partant tout a finftant de lâi'nt lean, fen alla coucher à ^'â¢rgercs amp;lc lendemain de grand matin à la Rochelle. Ou aiant Icjourné en attendant lèule-
la marée,il printdeux cês harquebuziers auec lesquels il fembarqua pour tirer en Brou-*6®ou il arriiia fur le foir douzième Feurier. Le lendemain aiant fait deliurer Del3gucrresamp; ^Wxqui eftoient prilbnniers.Etneantmois calTe la côpagnie des habitans:!! fallèura de la pla-^fouillaiflaleContedcMontgommcrypour Gouiicrncuröc cnuoiala compagnie du Ca- LePrinceen RineNauarrecngarnilônenîIlledeRé.Celafaitilfcmbarqualc Icudy cnfuiufht pourti C-mpagic.
a la Rochelle. Dâoù là ns faire fejour il le Retira à lâint lean ,1c quinziéme dudit mois, amp;nbsp;de iMelle ou eftoit le Redez-vous de fes trouppes quâil auança fur le Poitou vers la Riuicrc de frétant pour la croitre de nombre dâhommes que pour autres entreprinfès quincrcüfci-lt;âHtoutesfois obftant le fôigneux deuoir des Catholiques. Occafion quâil fut confcillé de fê retireren Saintonge.
SvR ce le Baron de Mirambeau grandement indigné de ce qui luy eftoit de rechefarriué Entreptife ^^Broüagc, amp;nbsp;quâil fut venu pour la féconde fois en relie reputation enuers les Proteftans : deMiram 'ûutne cela a tref grande injure amp;nbsp;cherche les moiens de Fen venger amp;nbsp;à quelque pris que ce Ã^uagc.
râentrer en Broüage q uâil maintenoit cftrc fâ maifôamp; fôn bien. Dont il fe tiêt pour decha-âCatort.Pour ce faire donc il ne fit difficulté de faider des Catholiques entrâautres de Lanfâc hnnepueu Sz du Baron de Vaillac.Defquels aiant reccu quelques trouppes tant de Bordeaux âhye que de Bourg amp;nbsp;mefme vnc compagnie de la garnifon dePo^s ou pour lors fon gendre coinmandoit: fcitentrcprifedâenleucr fubtillcment Broüage moiennant quelque faueurSc ''Hdligencequâil fê promettoit deshabitans fêsfujetsquiluy ontefté tousjoursfortaffedi-onnezpour le gracieux traittement quâil leur à fait. Sâeftant donc acheminéÃec fês troupes Kquesà Caufèîvn des plus grans bourgs de Saintonge, ceux qm eftoient f^is de Pôsen-'tndans le lieu ou l'on les vouloir mener amp;nbsp;îoccafion pourquoy feirct difficulté de marcher plusauant. Difansquâils nâentreprendroient jamais contre le Prince. Pendant ce debat amp;nbsp;âquot;ffiqu ils eftoient fort haraflez pour le long chemin quâils auoient fait en peu dâheure, ceux wBrouagcfurcntfurlefoiraucrtisdefcsdefïèins, amp;defà venue.Or commeily auoitforte garnifon auffi feirent ils double gatdc aians loeil de près fur les habitans aufquels fut défendu
de
-ocr page 728-Marsâ
du de {ôrrir de nuit de leursmaifôs.AinfiMirambeaii fruftré defbn defîèin /auife derebrowf-1er chcmin'.aiant me/me feeu come le Prince eftoit pres de hiy auec toutes lès trouppes.Q];* îoccafionnadcduiigenterfaretraittcà Mirambeau. Mais le PrincepairantdcBaibezieuxk fuiuit de fi prez^quâa fgt;eyne fes gens eurent loifir de barriquer quelques aucnuës du boiirg;ou ils foullindrcnt afièz gaillardement la furie des premiers qui en peu dâheure les enfoncerait auec perte neanonoins de peu d'hômes tant d'vn collé que dâautre. De lcrtc queMirjinteau Lanlâc,Vaillac amp;nbsp;leurs trouppes qui nâelloicnt moins de quatre cens harqucbuzicrsamp;foixè te dix euirallès le reiirerercnt dans le Challeau, bien en lèrre.
Mirambeau fiiué au plus beau amp;nbsp;fcrtillc pays de toBtelaSaintonge à quatre lieues de Po$ icGcp'de^ Baronnie des plus anciens dommaines heritages de la maifon dePons.Lc ChaBeâ** Mua^beau cft haut amp;nbsp;quoy quâil ne fint gueres fortifié ne flanqué li elf il toutesfois mal aife de forceriâs Canon.Lç Prince les aiantinucllis la dedansj auec bien pres de trois mil hommes de pied amp;nbsp;⢠cinq cens cheuaux, attendoit le Canon quâil auoit enuoié quérir à la RocheUaaiant ctfiew^
Plaintes du Prince con tre Mriain beau.
R allon s du
tierc bien à cÅur comme fort indigné conte Mirambeau duquel on difoitalfezdâcutra^cs; Voire fi palfic-nc quâil feu diffi« ulté dâouyr quelques Miniflres retirez auec Mirambeau amp;nbsp;â¢jiâ* luy vouloient propoler quelque chofe de fa part. Dr faut quâil y auoit la dedans des Gentils hommes à qui telle négociation appartenoit qui nâelloiêt trop dignes pour venir pardcueà luy. Leur reprochant a tous vne fbllic amp;nbsp;témérité en ce quâils accempagnoient Miianibö*! lequel feftoit tant oublié que de ie fauir des ennemis capitaux de luy amp;nbsp;de la Religion,pouf venger fou pattKuJher. lufques à leur auoir voulu liurcr la place de Brciiagc.Et quefil de la Religion comme il le vanioitjil deuroit poflpofcr Ibn particulier au bien public. neantmoins Mirambeau ptoteftoitdc viurc Sgt;c mourir en la Religion refermée amp;nbsp;çucjamatf il nâauoit penlé commettre aéic defrogeant à icelle.Moins dâcRencer tant Ibit peu le Pnncf o'* faire chofe indigne du feruie c quâil luy deuoit. Enquoy il dcliberoit continuer toute favic
Baron de quoy quc à tort il fuft maintenant pourfuioySc recherché par calomnies, impoflurcs Mirambeau donnera entendre de la part de quelques fiens ennemis quiauoient à prelènt forcille
Sortie par Jes afiiegez fur les Pro teilans.
Prince manioient toutes les affaires à leur plaifir. Au relie quâil p?nlôit nây auoir hontelt;]'** fceull trouucr ellrangefeffort amp;nbsp;pouifuirte quâil faiiott pour rétrer en lôn bien.Moins fi aiant ja cité defpouillé dâvne ficnne mailôn auec le grand intercll delôn honneuramp;rep'quot;â^ tion:amp;' à prefent pourfuiui dans vne fiéne autre amp;nbsp;rechet c hé de lôn lionneur amp;nbsp;de la doit de fes smisamp; paiës-âamp; mettoit toutes pierres en Åuvre pour fa Julie dcffccelansquâêtcb il y aîlatl de la Religion ne quâil cull defirfen départir en aucune loi te.Les particuliers des«' fiegeans gt;nbsp;alf egez ne fc pourfuiucient moins animculcmêr amp;nbsp;auec propos alfez legers amp;nbsp;diferers. Quelques Jours fc palferent en ce liege en tels ou Icmblabâcs propos amp;nbsp;fans faire autre choie memorable : le Prince logé au petit Nyort amp;nbsp;faifôit faire les approebesaflèz lentement attendant deux Canons amp;nbsp;deux Coulleurines queion ciiargeoita la Rochellepoiit Jes y mener par mer afin de battre Se forcer au plulloll la place. Mais la cilligcnce nâelloittelle quâil eull bien requis. Aulfi que le vent contraire amp;nbsp;les nouvelles des forces Catholique qui le halloicnr pour lever le fiegcirompirenr du tout fapprcll qui fe faifoit peur Je regard de ^artillerie. Ce pendant les alfiegez feirent vnefortic auec trente cniraUcs quelque ncmfcià dâharquebuziers choifiziauec lefquels donnans à îimprouillefur les Protel.âSjcn tucrhqud-ques vns amp;nbsp;emportèrent le drappeaudu Capitaine laBcavlfe. Toutesfoisils furcntbîentoft rcpoulfez Sc contraints fe retirer apres élire venus jufqucs aux mains. -
Le Duc du
Cependant le Duc du Mayne Chcfde farmee Catholique accompagné de Puygaillardj M aync Lieu RuflbCjdes Rochcs Baritaud amp;nbsp;plufieurs autres Julques au nombre de fix à lèpt cens cheuaux raîpouHc arriva en grande dilligenft à Saintes, en intention de lever Icficge. Il eftoit plus fort de Ca-æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Princc.Mais il auoit peu de Fantaflîns. Encores eftoient ils demeurez loin der-
PoitoujSain ricrc pout la uâde cavalcade quâauoitfaitle General; qui fut caulè que le Prince trouuapour tonge, Au Je plus expco^t de leueftefiege Sii. marcher au devant des Catholiques auec bonne deuotiô gôumois. de les combattre auant quâils fe fuftent Joints en plus grand nombre amp;nbsp;vny les forces qui fap prochoient de divers endroits. Mais le Duc aiant entendu le dcllogcment du Prince amp;nbsp;parc« sic-c de Mi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;defiroitife tint coy à Saintescftant dâavis en temporifaiquelque
râbeaukuc. pcu, romptc ccllc premiere ardeur de farmcc du Prince amp;nbsp;ne lâaller chercher quâaiiccvn apparent avantage. Or auoit le Prince quelques Jours au parauant reccu lettres du Roy de M uarr®
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lefquellcs il le prioic de ne rien hazarder à ce comenccmét. Ains attendre plus gtâd ââ^magCjfans donner curée tant petite fuft elle aux Catholiques,comme chofe tref-dange-æ^Lentrée de telles affaires. Pour ces raifons le refolut de temporifer vn peu. Et fit à cefte
paffer fes trouppes la Riuicre de Charente par batteaux à Tonnay-charentemon ià ns ^^â¢ordre amp;nbsp;confufion toutesfois qui euft cite plus grande fi les Catholiques mieux auifez en âPmns quâils nâeftoientjeuftent ce jour bien vfe de foccafiô qui leur eftoit offerte de rompre f^'uspandefinfanteriedu Prince.Mais ilsnâeftoit aucrtiz dâvnefiprompteretraitte. De 'm quâil nây enft quâvn bien petit nombre de leur Cauallericqui donna fur la queuë-.Iequcl j^nnci) des ProtcftanSjamortit aifemenr la p remierc efpouuante. Et feit que les Capitaines ^âcasjla Fieche amp;nbsp;autres'auee bon nombre dâharquebuziersjrepaflcrent la Riuiere pour leur Æ5 telle par chaudes Si affez dexrrcmct reprinfes efcarmouches de leur féterie cotte ces gés 'cheval,en forte quâils fe retirèrent peu à peu. Ce fait la plus part de lâinfanterie fut enuoiée P âfuîmes iSclPcs proctiaines: le relie amp;nbsp;la caualleriefur le Gouucrnement de la Rochelle. ⢠^msil qui luurouué mauuais amp;nbsp;dommageable au party.-veule desbordementamp;intollcra-Æâm!c,iences des gens de guerre dç ce temps qui nâauoicnr la plus part que jeunes Gentils- gj
amp; autres pour Capitaines: lefqucls ne leur ofoient remonftrer leur deuoir. loint le depatremét des Catholiques amp;nbsp;Proteftans,aflèz grandeoccafiô pour rcnuerlèr toute dilcipline
Veu que la libre volonté de laquelle les foldats fuiuét les armes,nâeft pas retenue par aux ide, de Royallc amp;nbsp;abfoluë,qüi peuft chafticr leurs fautes: comme lè pourroit voir en guerre '^âquot;ntonge ' pilgere. Si bien queîoppinion nefut fuiuie de ceux,qui confeilloicnt de drtfler vn camp niÃt^d^Onis' miîntdes deux tiers de ces trouppes pour fatiguer leur ennemy. Eftantlerefte diftribué l'afleurâce des places de plus dâimportance:par ainfi le pays eut efté piefèrué quâon doit
^'â¢sjoursgarder à vnencceffité. Etfi les Catholiques eneuflentefté gt;ennuie7 plusquâilsnc mtnt. loint quâen tous cas, ils ne trouuoicnt aucunement bon d'habandonner le foldatà * ®âgt;fe amp;nbsp;repos,auquel il fe trouuer tousjours plus inlôlét amp;nbsp;infuportable que lors quâil fe voit /''nemy fur les bras. Auffi telle retraitte apprefta affez amp;nbsp;trop de matière au mefeontentemêt '^o'gcrres oppinions de*ceux qui parauant maiftres eftoient chaflèz de leurs maifns amp;nbsp;incô-modez enlajouïffantedeleurs biens plus quâon ne fçauroit croire.
LïsCatholiques ce pendant maiftres de la campagne paflèrent la Charente à Saintes amp;nbsp;à mllebourg. Puis donâs dâs leBourg de faintSauinicn le pillèrent fans gréde rcfiftécc.Pourcc s. Sauimen ^^^Ic lieu nâeft fermé ne tenable. Mais penfans faire le femblableà Tonnay-charenre enfu-
repouffez par le Capitaine Lucas qui y commandoit.Cc pendant leurs trouppes le loge-
longdela Riuicre tenans toure cefte lifiere quieft depuisTonnay-Bôut3lleamp; faint ^iiinienjulquesà Brifambourgamp; Congnac.Surqiioy ceuxdes Ifles cfpouiiantez tant delÃ
Si inopinée retraitte duPi ince:que dâvn fi prochain voifinage de Catholiques:enuoie-Wleursfemtnes amp;enfâsauec leur plus précieux à la Rochelle amp;nbsp;pour la plus part mefines
mauuais augure à ce premier commence
ment
Le Royde Nauarre ce pâdant,auoir emporté la Reolle par cfcalladc quây plantaamp; fournit le siege de C3pitaincFauas:amp;: perdu quelques gésdeuâtfaint Macaire,que Lâgoiranfà illittauoitenme- Marmandc. me temps afliegéMarmâde amp;battoit de quelques pieces quâil auoit fait (ortir dâAgen:ioutes-^Ofs/1 auoit peu dâhommes contre gens refolus qui eftoit la caufe quâil faifoit peu de chofe la *^uant.Auffi quâil y eftoit entre bon nombre de foldats:amp; pailâns pour la defendre aiant laifle P^fTerdesle cômencement aflèz dâoccafions de fe faifir de ladite ville fans coup frapper.Dâau â¢'^ccüfté les Catholiques faifoiét vn grand appareil dâartillerie amp;nbsp;munitions à Paris pour bat-'mlaCharité fous la conduire de Monfieurfrere du Roy. CequineftonnapastouslcsPro-mftans. La plus part auoient grande efpcrance que cefte ville arrefteroit longuement les for- LesCatholi 1 1 ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¬* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠oucs le prCquot;
(â Cs Catholiques pourde bon nombre de GcntilshÃmes autres gés de guerre qui eftoiét parent au âttirez entre icfqUcls eftoiét le jeune la Nocle,Ãriqucmautamp; beau^up dâautrc^.Lefquels ne-ââ'tmoins nefaifans grande diligence de fê pouruoir de munitions amp;nbsp;fortifier la ville comme ileftoit requis,encores quâils feilfent entrer de jour à autre toutes les cotributions du pars mtconuoifin: fembloienr cfperer au fccours quâils demandoient tant aux députez Proteftans Wuoiez aux Eftats de Blois quâau Prince de Codéja Rochelle amp;nbsp;autres qui leur refpondoiét nâauoir alTcz de moiens pour en eflargir à dâautres. loint la difficulté pour la diftance des liux de
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L' HISTOIRE DE FRANCE.
de les y faire conduire cnlêuretc.
te Duc de Moiiipéficr Tcrslc Roy de Na uarre.
Wontpéfîer cft dâauis de la paix.
le vous ay parle du voiage du Duc deMontpenfier vers le Roy de Naiiane.Lc Roy faiioit depcfvhé pour ^informer plainement de Ibn intention fur la demande des trois Eflats. Et pour luy faire aucunes remonftrances amp;nbsp;ouuertures la deÃus tendantes à le definouuoir delà guette. Enquoy il nâoublia rien quipeuft lèruir à la matière. Surquoy auoir ouy amp;nbsp;confideié les raifonsdu Roy de Nauarreamp; en auoir informele RoyiconcluoitenÃn à finduirea vne benne paix de laquelle il donnoitauis au Roy. Inciftantpnncipallcmcnt la delfus,pourceqiiedc tous les trauauxamp;peynes paffées amp;apres la mor t de tant de milliers de pcrfônesda fin auoit cf té telle que Ion auoit réduit ceuxde la Religion nouuelledâs trois villes,voire dedans vncRo-chelle.Deuât laquelle encores IcRoy auec toutes fes forces auoit efté cÃtraint faire la paix.De puis que ceux qui fêmbloient à atténuez qu'il ne failloit plus que bien peu de chofe pour les acheuer; Sâeftoiêt toutesfois encores trouuez auffi forts que dcuât.Au moic mefmes de beaucoup deCatholiques qui feftoiét vnis auec cuxamp; pris leur party tcôbien quâilsfuffet meuzamp;
pouffez dâailleurs. Et que au lieu que le temps pafîé il les falloir beaucoup piquer parauant quâon les peuft faire efleuer; à prefentnon pas pour vncrefolution mais feulement pourvue fimple deméde amp;nbsp;propofitiô qui auoit efte faite aux Eftatsdâabolir ou bié derefiraindre leur Religio lâon les auoit veu incontinât tous en armes,voire plus muniz amp;fauorifêz desCatholi-ques que jainais.Et par les menées amp;nbsp;fadions defquels ils fefloiêt fâifiz de plus de cent bones Biron de ef nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;q confiderât lâEfiat mifêrable de ce poure Royaume amp;nbsp;les maux qui cnpou-
chévcrîie
⢠uoiét auenir:il fuplioitfâMajcfté dâétedre à la paix-.laquellefépourroitaifémêtfairejpoury3' noir trou UC ceux de ladite Religion allez bien dtfpofêz. Et qui ne demandoient autrechofe que fexercicc de leur Religion felon ^ii'il auoitefté accordé pariâEditdernier. Depuis cela le Marefchal de Biron lut depefehé vers ledit Roy de Nauarre. Lequel auoit charge attendant le retour dudit lîeur Duc, aucc plus ample inftruâion amp;nbsp;depefehe pour le faitdcla Paix: de faire Queque trefueque beaucoup de perfonnes trouuoient bonne à ce commencement,pour empefeher que les choies ne faigriflcnt de façon quâoç les voioit preparer de toutes parrs, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
Roy deNa varie,
Le Prince à la Rochelle
Teefuepour 15. jours en Galcongnc.
Le Prince aiant pafTé à Soubize cftoit corne jâay dit arriuc à Marennes ou il fejoiirnapcu de jours attendant la venue duVicôte dcTourainc:qui deuoit venir de Perigueux auecqu^^ ques tropesaoutesfois les auoir départies pourfejourner amp;nbsp;fe rafraifehir jl fembarquaà Btou-age tirant à la Rotbelle.Ou le lendemain defôn arriuuéc le jeune Mirambeau arriua versluy de la part du Roy de'Nauarrcâ.amp; apporta vne trefuc peur quinze jours finilfant au dixiéme A-uni queécditlîcur accorda. De laquelle plufieurs femelcontcnterentfort. Aulfi ne futell^
aucunement obferuéc en Poitou ne Saintonge,ne pour le regard de la ville amp;nbsp;Goiiuernement de la Rocbelle:combicn qucaucuns la trouuaffent bonne pour obuieraux maux quife prepa-Trefucs nbsp;nbsp;nbsp;roicnt de tous coftez .Et mefmes pour le regard des places tant afliegées que preftes dâafiieger.
â Mai s les ai tres qu i fe d ifoiét auoir de iôguc main remarque les rufes amp;nbsp;autres aétions des Ca-tholiques, maintenoiét tousjours, que telles trefues nâcfloientqiie vraiz moiens pour endormir, iSefous apparence de belles promeffes apparcfi'er les Proteftans: afin que fous fafïurance de ce répos ôc efpoi'r dâvnc bône paix quifen enfuiuroit; ils nâauifaflènt aux moiens de fepreparer amp;nbsp;de bien coduire leurguerre. Et que ce pendât les'Catholiquesproffitalfcnttelsdelaiz pour nuancer les préparatifs deleurs dclfeins. S urce la Noue comme des plus clairs voians felon faills dâaucuns, jiigeans le defordre qui deuoit auenir en leurs affaires. Ou biennevoii-Mclleamp; lanifafujetir dauâtage aux calomnies amp;nbsp;algarades quâil auoit efté côtraintdilfmuleraudcr-Meipinrcn- nicrs ttoubles: fe retira pres laperfonne du Roy de Nauarre.
CathoRq Ce pendât les Catholii^i es affiegent Melle en Poitou pente ville amp;nbsp;Chafteau, à hiùtlieuiis de Poitiers dâaffez bonne retraitte amp;nbsp;defence toutesfois; le Capitaine Bonnet y eflâtaucc peu dâhomnie.s auifâ de capituller de bonne heure amp;nbsp;prandre la compofîtion honnorable que luy ofFroient les à fficgcansicÃintc que changeans de volonté*, ils ne le traitaffent de la façon qu'aux derniers troubles y auoit efté le Cappitaine Tournecoupe. Et par ainfi il rendit la place-Autant en auint auffi peu de jours apres de la place de Merpin ancien Chafteau fur la Chare-tc à vue lieue de Congnac. Qui fut rendu auantprefque que dâeftrefômmc. Cclluyqm commando« dedans en fut emprifonné à Pons par commandement du Conte de la Rochc-foucaut.
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Les trouppes du Pjince feftans retirees amp;nbsp;efparfês pat Ie Gouuernement de Ia Ro- infoicnee thellcvoyrc logez jufqiies aux portes de la ville Ie comportoyent fort infolemmcntau dom- p^tcfis^cr quot;âJgedes RochcJlois.Lelquelspour nâauoir accoulliime tel traittemét par les leurs mefmes: commencent à ie plaindre amp;nbsp;murmurer dilâns que la plus grand part eftoyent de tref-mail- lohfcpiai-'â¢Ã¤ifevie. Et tant fen faut quâils fulTcnt de la Religion refoimée qu'il eftoit apparent par Joutsceuutesamp;adions, quâils nâenauoyent aucune; quoy qucplufieursfauouaffcnt Ca-cLolrques de Ivnion. Mais nombre dâeux qui commencèrent lors à contempler de plus Plajntccon P'K les vices amp;nbsp;pollutions qui eftoient parmy ces trouppes amp;nbsp;meflinge des deux Religions amp;^anqXjô 30 moien de leur afiociation : ne pouuoient taire le regret quâils auoient quâen euft conicn- «i« Catho. 'yotellevnion de laquelle ils nâauoyent fenty aucun fruiâny auantage. Ains tousjours jcs'prptç.'^ 'oovne miferable confufion. Voyre vne telle pelle amp;nbsp;contagion parmy eux: quâils di-âoyenthautement que cela nâelloit procédé que dâvn llratageme de leurs ennemis pour les â¢oyner du tout, ne pouuans croire pliifieurs que eftans lefdiéts Catholiques de la Religion Contraire à la leur: ilsfuifènt meuz dâvn bon zelle à procurer fauancement de la Religion hoteÃantene quâils le feeuflent faire en bonne conlcience ,. Ou-bien quefaiiâns peu d'e-
lie Keligio n ils ne feuflentguidés de quelque choie particuliere, de laquelle apres a-eflé fatisfaids amp;C contentez ilz pourroyent aifement quitter le party. Voyre les pour-
âoiore aucc les autres de leur Religion. Ellantchofe certaine, difoycnt-ils, quâil ne vient Joniaisbien quand on vlê de moyens induz amp;nbsp;fi extraordinaires quoy quâils tédent à bonne
⢠Allez dâautres difeours fe fâifoyent la delfus qui croilfoient de jour a autre felon que la cio^bordéeinfolencc de ces trouppes augmentoitpar vne infinité de pertes Se mefchancetez ^0 elles y apportoyent : Si bien que plufieurs lé reprelênterent aflfez toft ce qui fclloit palTé pp 3^ Rochelle aux derniers troubles durant que la Noue y commandoit. Comme il feftoit natutr dâvn Comporté à foiillager amp;nbsp;garentir le Gouuernement quoy que fennemy full lors plus fort ^oâilnâeÃoitaprcfent ; Voyre quâil Icmbloit que ceux qui de ce temps lâ auoyent t.int ca-iomniéamp; combattu les deportesnens SiC aélions de ce perlonnage ; fuflent à prefent des pre-®ucfsà le regretter amp;l(mhaitrer faprelênceau tourdu Prince : commâ il auient en toutes jepubliques populaires nômémant tlquelles la vertu peu conneuc, ôc par ainfi moins pri- , âccmâeà regretée qu'apres la mort ou longue ablence de ceux qui fontlait paroiftre au pro-
honneur de leur patrie. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Plainte de-
, Telles plaintes faugmentans de jour à autre au moien dcsinfolences qui fe commettoiét Rocheilois journellement au tour de la Rochelle:amp; à loccafion dâvn là ux bruit lêmé que on auoit fait ouiierture à quelques vns,quâil lcroit bon de faire entrer pour la garde amp;nbsp;leuretc (W la ville 'l'Côpagnies dâhomes bien choifis amp;nbsp;defqucls on euft bon tefinoignage : aucuns des plus 3pparensfetranfportcrctauec IcsMiniftres vers ledit Prince le j. jour dâAuril: pourremô-^cerleflat auquel eftoiétles affairesdelquelleslèmbloiét prâdrc tel trait quâil eftoit bien ai- . æ à juger queDieu auoit la main Icuce pour les chaftier.Lc fuppliét à cefte caufe de vouloir jutjons ÆÆ
I expurger (on armée amp;nbsp;öfter le mal du milieu dâicelle;Dâautât que le fait des armes ne fe pou lâAtmée jamais bic côduirc (ans vn bô ordre amp;nbsp;police militaÿc'tât rccommâdée par les anciens
^tecsamp; Latins mefmemét.Côme chofe plus que neccflà ire amp;nbsp;que les Paies mefines auoict â'Meeu dire quad ils inuoquoict la bône fortune fur leurs gés.Que câeftoit dôc le point ou ^'uciioitprincipallemét tédre. Et à bien preuoir tous hazards guerriers amp;nbsp;fe preualloir con-^c:lesdefleins des Catholiques qui faifoiét de grâds apprefts pour leur courir fus.Aquoy le cæcefit toute telle rcfpoce quâô pouuoit cfperer de hiy.-eftât bien marri quâils eulTcnt telle de Cond^. ®cc3(îô de le plaindre amp;nbsp;ne délirât rien plus que les inlôléces qui le cômetioiêt fuftent curi-C'ilemétrecerchécs amp;nbsp;rigourculêmét punies. Aquoy il vouloir felcFquc câeftoit fon deuoir, Ccnirlamain fur toutes chofes.Bien leurdift quâil auoit vn extreme defplaifir de beaucoup âÆ propos que aucuns impudésôi mal auifez, auoict femé par la ville au grand prejudice amp;nbsp;âïfonhóneur amp;nbsp;des gens de bien qui l'accôpagnoient.Mais quâil ^enoit cclacôme venant âdapart de ceux qui en pourroiét juger corne faueugle des couIeurs.Et en remettoit le ju-Semét à celiiy qui fcul pouuoit juger de Ion interieur.Dilant au furplus quâil nâauoit fait cho 'clt;iui nefuft plus que neceflà ire de faire fe raportant au refte à fauis des plus expérimentez
faiôt de Guerre , qui pour vn bon jugement naturel, aydé par îaquifitif dâvne longue experience au faid des Armes, fpauroyent droidement juger du merite de (es adions.
Zzz
-ocr page 732-Aura, . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIREDEFRANCE.
SurquoyMcru fafchédetantde plaintes amp;nbsp;prefuppofant comme il eftvrayfemblable que les Rochcllois (ê malcontcntaficnt dâaucuns du Confeil du Printe : dift que ce nâaiioit e-fté fon aduis de faire aprocher les trouppes fi près de la Rochelle afin de ne manger en her-bc ce quâil falloit conferucr jiifques à fextremitç. Etparticularifant la delfus aucunesdes adions du feu Conneftablc fon Pere gt;nbsp;allégua que ledit Sieur nâauoit jamais rien entrepris ne execute au faid de la Guerre que par le confeil amp;nbsp;aduis des principaux Seigneurs amp;nbsp;Les Proie- Capitaines de fon Armée.
bnnequot; ' O comme les trouppes Proteftantes enflent aficz toft tout brouté en vn lien : il les falloit faire changer de quartier amp;nbsp;enuoyer paiftre ailleurs . Si bien que le Gouuerne-ment pillé J Mouyamp;de Lorges furent contrainds defoendre au bas Poitou allanstantoft en vn lieu tantoft en lâautre . Enfinfaduiforent de donner en Ollonne qui eft vn Haute fort riche à caufe du grand traffic amp;nbsp;continuelle nauigation qu'ils font ordinairement en ⢠Efpagne, Flandres amp;: autres parues de la mer. De forte quâil ne fotrouueroit moins dans ce Haute que de deux à trois cens bons Nauires moyens amp;nbsp;des meilleurs à la voille. Dont les trouppes defiroyent forrauoir la vnc curée: ferefouuenans du grand butin quiyauoit elle faid pendant les troiziéfmes troubles. Mais toute honnefte coulleur amp;nbsp;juflcoccafon leur en manquoita prefent. Pourcc que les Ollonnois efloyent en bonne Paix amp;nbsp;traffic ordinaire auec les Rochellois. Etnâauoyentprislcs Armes comme à lâautre fois. Acau-fo dequoy ils trafficquoyent librement amp;nbsp;par tout auec pafleports amp;nbsp;congez tant du Prince que des Rochellois qui fe foruoyent dâeux pour leur traffic amp;nbsp;couuert. Leur manquant donc toute caufê legitime : la neceflîté amp;nbsp;plus encor lâaigreur des plaintes Rochelloifcs furent aux Confederez fuffifânrcs occafions pour fy acheminer amp;nbsp;y faire fejournet leurs troupes. Toutesfois aucuns maintenoyent quâon auoit receu pour lors quelque occafionde mcfcontentcmcnt des principaux dâOllonne,cn voicy foccafion.
' Il yauoit lors dans ie Haute dâOllonne quelques vint-cinq lÿauires chargez de bled pourElpagncôc Portugal, que le vent contraire empefehoit de mettre à la voille. Defor-te que cela feeu à la Rochelle quelques forains fe preparoyent pour les empefchcramp;fat-tendoyent de les prandreala fortic de leur Haute. Et non feulement enauoir adjudication comme de chofe bien prife en Guerre: Mais aufli comme de marchandifes qui fe tranf portoyent hors le Royaume contre les Edits amp;nbsp;Ordonnances du Roy. Etlefquellcscon-fequemment cftoyent debonneprife en temps de Paix mefme. Se que nâignorans point les Maires de ces Nauires, amp;nbsp;craignans la rencontre des Rochellois : feftoyentaduifezfe retirer par deuers le Prince duquel moyennant la faneur dâaucuns des plus fignallczdela Rochelle qui les portoyent ou par quelque faux donné à entendre, ilsfurent allez aifement difpcnfcz de fatiff aire à ce que fon leur demandoit. Mais obtindrent conge de faire le volage moyennant certaine fomme de deniers quâils promettoyent fournir pourla caufe gene-ralle. Or comme ces chofes fe traittoyent : le temps furnénu commode pour leur nauigation: les Ollonnois ne le laificicnt perdre. Etmonftrcrent apres aflèz euideir.ment le peu dâenuic quâils auoycnt dâacccmplir Icurpromeflc. Choie comme chacun ellima qui accellera le traittemcnr quâils rcccurentbien toll apres des trouppes de Mouy amp;nbsp;de Lorges qui faifoyent en tout de huid à neuf cens hommes. Lcfquelsailément entrèrent dansles Bourgs de la Chaulme amp;nbsp;des Sables tous deux fcparez par leHaure qui allèche à toutes marées. Haurede Barre allez dangereux à qui neleconnoill. La place appartycnt au puinc dclamaifon delaTrimouilledit de Royan : amp;nbsp;y a à feutrée du collé de la Chaulme vn petit Challcau fort antiqufaflcz tenable fans Canon : Dans lequel fe retira lors Boullac pro-^Ha^chaul voyfin d Ollonne auec cinquante hommes du pays aflez peu vfitez au faid de la Gucr-nieafficgé. re amp;nbsp;moins accotillmez de Ictrouuer en tel accefloire . Neantmoins pour felpcrancc quâilzauoyent dâellre lÃrouruz à temps: par Landreau ou pour quelque autre refped; ilz fatiilèrent de faire telle,à ces Compagnies. Et à tout hazard attendre vnc capitulation quâils faflcuroient auoir aifement quand ils la dtmanderoient.Trois ou quatre joursfellans ' cfcoullez en ce petit liege amp;nbsp;Mouy connoiflant quâil efloit mal-aifé de forcer la place fans Canon: Et quâen peu de jours il pourroit auoir lur les bras non feulementvn bon nombre de Cauallerie des Gentils-hommes du bas Poitou; Mais aiiffi la plus part des Garni-fous
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du paysaufquels bien difficillcment il pourroit refifter ; tant pour eftre logé en lieu â¢ââaimai retranché: que pour ne veoyr aucune apparence delêcours. Aduertit le Prince ââ¢clEftatcefes affaires: luy mandant que sâil luy playfôit enuoyei le Canon, il luy ren-
alâinftant mefmele Chafteau delà Chaulme: amp;nbsp;lors nâauroit occafîcn de craindre forces dont il eftoit menacé. Au contraire y auoit moyen de tenir aifément la pla-pourroit grandement fauorifèr le party ; mcfmes du colle de la mer. Mais ces ad-ââ'nilfemens eftoyent apportez à la Rochelle envnefaifbn maldifpofée pour y pre- æc'ikontcn. Ã^rlâoteille y donner ordre: tant pour lâextrcme regret quâauoycnt les Rochellois tetnens en-ce qui ie palfoit en Ollonnc dont ilz faif'oyenr vne infinité de plaintes : que pour â¢^sbrouillisamp;diuifions qui cftoyent lors parmy eux, à caufe des brigues qui lèfaifoyent pour lâEleétion dâvn nouucau Mayre. Inclinans les vns au party de Gargouilleau que 0 Prince amp;nbsp;la Nobleffcportoyent. Les autres de Pierre Bt bineautous deux Citadins de D^;fionsamp;
Rochelle amp;nbsp;nâayans acquis petite reputation parmy leurs Concitoyens depuis le liege la ville. Mais tous deux diuerfement: aflauoir lâvn alâcndroid de ceux feulement kpôuriâE *)â! ftequentoyent amp;nbsp;failôyent proffeflion des Aimes. Et lâautre tantenuers ceux qui ne ifftiondâw ji^niandoyent que le repos amp;nbsp;trafficq ordinaire quâautres de la ville qui auoyent fuiuy â¢^5 Armes amp;nbsp;de tous les forains affeôhcnnez à la ville. Speciallcment jle ceux qui fea-^oyent le Grand deuoir que Bobineau amp;nbsp;fà Compagnie auoyent faiél pour la defence ^âhvillelors du liege amp;nbsp;les charges honnorables qu'il eut depuis. Or comme Je Prin-
prié bien affeétueufement aucuns des plus fignallez de la ville de donner leur voix âGargouilleau: Ceux du parry contraire inliftoyenttotallement pour Bobineau:quia-ââoit beaucoup de partilà ns non lêulemenr entre les princippaux amp;nbsp;ceux qui y pouuoyent '5 tout: Mais aulïi la meilleure amp;nbsp;faine partie du populaire. Lequel induit de certaine â'âpreflion que Gargouilleau fuiuoit trop le party amp;nbsp;faueur delà Nobleffcj pour eftant ^«ire fe lafeher ôi ne tenir roide nây ferme contre elle ou contre ceux qui voudroyent ^ttoptandre quelque thofepar dciïus leurs priuilleges,comme ils defiroyent quâil fe fill: ff'oyent haut amp;nbsp;clair en faueur de Bobineau quâils tenoyent desjaai efperance pourMai-
amp; Souucrain Magiftrat de la ville. Et tant plus le Prince sâaffeóliónnoit pour vn party PbislepeuplefafFedionnoit pour l'autre. Eftant aufîi à cela induiôl par les principaux de ^â''ille: mefmcs par Gendraut qui pour lors eftoit Maire. Defortc quâaucuns femerent
bruid que la Noblelfc vouloir faire vn Maire parforce,pour puis apres rompre les pri-*âllegesamp; anciens ftatutz delà ville :aucc pluficurs autres murmures amp;nbsp;parollc^accom-P'ignces de peu de refpcfl amp;nbsp;de raifon que trop ordinaires à tout peuple : qui delcouutoic ââ¢Iwfhumeur ôc prefque gcncralle inclination en tous les habitans.
Ee Prince qui quelques jours auparauantpour la grandeconlêqucncede cc-Eleélioh : auoit prié les Roch e l l o i s dây bien aduifèr : amp;nbsp;de laquelle il deftroit ââoit connoiffance, enfemble de ce qui lèféroitpar apres pour ce regard: Pource quâen ceb il y alloit non feulement du particullier de leur ville: Mais auffi de tout le gene bienfakhé â^Iquife repofoit principallement fur leur ville amp;nbsp;fur îEleôlion du Maire quâils feroyent pour cefte Année : Eftant aduerty des propos qui couroyent par la ville au prejudice de ^onintention amp;nbsp;de ce quâil leur auoit auparauant propofé pour ceft affaire : fuft mcrucil-Wcment efineu contre ceux quâil auoit entendu eftre la caufe detels bruiôls. Et meà âles contre le Maire Gendraut. Lequel on luy auoit rapporté, auoirlejour precedenten â'ue alfembléc particuliere faide à lâEcheuinage, tenu quelque^propos conformes aux bruicls qui couroyent par la ville au grand prejudice de lâintention dudit Prince. Qui fut caufe quâeftant le lendemain matin : le Maire venu en la Chambre dudid Prince en tompaginc des plus grands delà ville,luy tint propos bien aigres* Si quâirrité outre me- Peintes du ft're amp;nbsp;luy auoir reproché les propos quâil auoit tenuz le jour de deuant en la maifon de vil- T/c aucunquot; b'Jifttoiit haut,quâil eftoit las de tant dâindignitez amp;mefmcs quâil ne pouuoit plus endurer L uuelonlefîftainfipaflér parla langue dâvn tas de gens de ville : amp;nbsp;ab jede condition qui ne fjifoientfcrupule amp;nbsp;eftat de mefdire de la Noblefïè,avec laquelle ils vouloient faire des cô-îagflôs.Etfadreffât plus partieulieremêt au Maire luy dift,que luy amp;nbsp;aucuns de fon humeur
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' â penfbyent cftrc Roys amp;nbsp;vouloyent comme Souuerains commander aux Princes. Mais que de fa part il ne lâendurcroit point. Au contraire quâil craignoit fort qitc forçans en fin tou* te patience, il fuft contraind faire chofe dont il féroit trefmarry: amp;nbsp;faddrefTer de faid à ceux qui le traittoyent fi impudemment amp;nbsp;qui luy imputoient des calomnies auffi dignes dâeux comme il en cftoit eflongnc. Car de fa part il nâauoir jamais penfé à faire Gargouillau Maire par force. Trop bienauoit il parlé cnfà faueurà aucuns delà maifôndevillc; les priant de luy eftre fauorable gt;nbsp;tant pource quâil faymoit que pource auffi quâils le tenoyent tous pour vn homme de bien amp;nbsp;entendu au faid de la Guerre, amp;nbsp;lequel partant cftoit ne-cefTaireenvn temps tel qui fe preféntoit. Mais quâil nefeftôit point tant affedionneen cela: quâil nâeuft tousjours remis le tout à leur diferetion. Sçaehant bien quedetous ceux qni briguoyent pour la Mairie, il nây en auoit aucun qui n'en fuft digne amp;nbsp;bien afFc-dionné à fa patry e. Qui cftoit auffi ce quâil auoit tousjours recommandé à ceux qui y * donnoyent leur voix, tomme la chofé la plus necefïà ire en ce temps ou beaucoup dâorages nous menaçoyent. Quâil fésbahiftôit au refte, que ayant tousjours parlé à luy parfor-me feulement de confeil: il euft pris fes parollestout au lebours defôn intention, amp;nbsp;euft publié telz propos en lâEfeheuinage . Plus encores cftoyt esbahy de lâoppofition dont illâauoii mçnacc fans occafion ou apparence. Mais au fort que ce nâcftoyt la premiere indignité que lâon luy auoit faid receuoir. Et que lâon fedcuoit contenter deluy auoir ferme trois fois les portes fans lâindigner amp;nbsp;irriter dauantage. Que pleiift à P i s v ( difôit 11 ) Monfieur le Maire que le party Se moy fé peuffent paffier de cefte villc: le vous euffie faid paroiftre il y â ja long temps, le peu de plaifir que je prans de fejoiimer
parmy vous. Le Vicomte de Rohan amp;nbsp;de Meru adoucirent les chofes à leur pouuoir. Mais le Prince nâen demeura gueres fatisfaid. Qupyque le Maire maintint toiisjours nâauoir jamais tenu ny en public ny en particullier les propos que Icdiéi Prince allcguoit. Et que cela liiy aiioit efté faulTcmcnt donne a entendre. Aduouoytil j auoir did touchant l'oppofition : Que fi lonfaifôit quelque chofe contre les priuille^s de la ville : Il ne lâcn-durcroit ; ains sây oppoferoit jufqiies au danger defa vie. Et quecelaeftoytdefonJe-uoir. Somme que le trcziéfme du moys auoir longuement conféré en lâafièmblée tenue à lâEfeheuinage du plus expedient pour le faid de cefte Eledion qui efchsrroitau lendemain jour de Quafimodo: les Rochellois accordèrent au Prince que fi Gargotiilleau entroit en îEledion des trois qui feroyent portez: Il féroit accepté amp;nbsp;nemmé Maire quoy qn^ euft le moins de voix . Car cela gift à la diferetion du Lieutenant du Roy à qui appartyent la nomination de l'vn des trois quiluy font prelêntcz, apres quâilzcnt tous trois entré en fEledion. Et câeft pourquey ledid Prince infifta fur toutes chofes que la nomination amp;nbsp;acceptation du Maire luyappartenoir, comme cftant Lieutenant du Prince de Roy de Nauartc Gouuerneur de Guyenne pour le Roy. Et confequemment que tenant on eLieu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à prcfeiitcu Icut villc, outrelâhonncur quâil auoit dâeftre Princedufâng: on
tenant du Roy à la Rochelle.
liiy poutroit bien deferer ce qui cftoit permis à vn fimple Lieutenant au fiege Prefîdial । de la ville en fabfence de larnac. Cequi futen fin odroyé amp;nbsp;en fift ledid Princelano-Nominatiô nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P^rl^bouche dc P. Pierre Lieutenant Ciuil amp;nbsp;Criminel. Luyfut aufl'iaccorde
amp;accepcion 9^â *1 donncioit au Maire cfleu douze dclamaifônde ville pour fon Confeil: fans îauis du Maire amp;nbsp;defqucls il ne pourroit faire aucune chofe quand aux affaires extraordinaires . Et que kil.ââ le Mecredy enfuiuant dix*feptrcmc dâAuril les Mayre amp;nbsp;Efeheuins fe tranfporteroyent
cnlbn logis pour aiiec luy ordonner des Eftatz amp;nbsp;Offices delà ville le tout fans préjudicier à leurs priuillegët. Lcfquels Articles furent le lendemain lignez à îEfeheuinage non fans grand débat, difans aucuns, que le Prince fc deuoit contenter de la prcniefle que fon luy auoit faite ftns en auoir rien par efeript. Par ou îon pourroit ccnnoiflre à faiienir quâils auroyent faid conifc leurs priuillcges.
Mairc'de la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lendemain dix-fcptiéfmc dâAuril les Rochellois feftans aflcmblcz à lâaccouftiimee
Rochelle, en lâEcheuinagc : procédèrent à ÃEledion dâvn Maire. Les cent de la mailôn de ville ayans tous porté leursvoix par de petis bulletins quâils mettent dans vne boitte dâargent:fut trouuc apres que le Greffier eut recueily lefdites voix, que trois par la pluralité des voix y entroient Pierre
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lâæfre Bobineau Eftheuin, Michel Efprinchard Efcheuin amp;nbsp;lean Barbot Pair. Mais Bobb ââwu furmonta de quatre voix, celuy des deux autres qui en auoit le plus, A la fortic de ce* ealTembléc les Rochellois le tranlporterent au logis du Prince. Deuant lequel ayans pre-'''télestrois Efleuz, luy defererent le choix defvn dâeux ; lots déclara par la bouche du ^â cutcnant Prefidial quâil nommoit amp;nbsp;acc eptoit pour Maire Bobineau. Ce qui fut au grand Contentement, de tous les forains amp;nbsp;des Rochellois qui lâen remercièrent humblement amp;nbsp;Pât ce moyen pacifia tout en vn coup. Choie que lâon craignoit beaucoup venir à plus gund inconuenient . Et de ûid il ne sâen fallut guetes que des parolles on ne vint Ã
L B jour de le led ion Gendraut qui nâauoit eu peu de trauerfes amp;nbsp;dâalgarades pendant âMairie,voulutà la façon accouftumée harenguer en lamailbndeville: commençant par prcccdeut coeaclion de graces à D i ev delà faneur quâil luy auoit faide de commencer para-clâeuerllt;iMagiftraturcfinonheureulcment,à toi'tlemoins fidellement. Quâil auoit auflî ⢠'Oftoutes choies à remercier le Roy de Nauarre amp;nbsp;Monlèigneur le Prince de Condé par hdiiisjconfeil amp;authoritc defquels, il pouuoirdire auoir entrepris amp;nbsp;manié le Gouuernail â¢^«affaires de celle ville. Voyre en vn temps des plus miferablesamp; calamiteux. Enquoy quot;cpouiioit auflî palferlôus filence la faneur amp;nbsp;courtoyfie de ceux delà maifonde ville, cifi fauoyent fi bien aydé amp;nbsp;fécondé en la conduide 6c diredion des aflaircs. Ne la prom-Ptcamp; fincere obcylfance des Bourgeois amp;nbsp;habitans dâicelle lotis l'execution -de fes ccm-'ââândemens. Dont il les remercioit détour lôn pouuoir. Lesfuppliantque fil auoit don-''^^iielqueoccafion de mclcontentement à aucun quel quâil lull: ne fimputcrà faute ou ââââlire particuliere . Mais feulement au mal-heur du temps auquel il efloit fort difficille ââ''faite aux vns ôc aux autres: quoy quâil y eull fur toutes chofes taché. Au relie quâil P^uuoit proteller auoir faid pendant là Magillrature tout ce que fhonneur de D i e v amp;nbsp;^propre confciencc luy pouuoyent commander au moins mal quâil auoit peu . Priant Dieu ^ââcà faduenir toutes chiles le peuflent fi bien régir en celle ville, que le tout reulfill a fort â'ünneuramp;aufalutamp; profpcrité dâicelle.
Ketovrn ANT au là id dâOllonnc,dez leSamedy précédant fon auoit embarqué'à Embarque 'âRochelle vn Canon 6c vnc Coulcurinc auec les munitions requifes pour battre le Cba- ^^quot;hc'ie
. Mais les choies trainoyent en longueur, taut à caule du laid de la Mairie dont dcflîrS pour oUon ^Rpâflé, que pour le peu de volonté quây auoient généralement tous ceux de la Rochellé âquot;'(JuelsccfaiddâOllonnedefplaifoit mei ueilîeufemenc. Et ce qui laiiançoitenco^smoinS ^Wlt;lue la Nobleflè fe preparoit pour le lendemain aux Ioullesamp; Malcaradesqui fe R-'întalaRochelle apres le baprefme de la fille du Vicomte de Rohan que le Prince preien* â¢ââunomdu Roy de Nauarre lôn Parrain. Joint que dez le foir precedent, on auoit dori-ââcaduis au Prince, commelà ns fccours lâInfanterie ne fe pourroit tirer de là , ellantle chemin de terre rendu bien difficille par la Cauà llerie Catholique qui ja elloyt aux a a guets. Par la mer le Challeaii les incommoderoitamp;empelcheroit laretraitte. loint aulS Ruâik eftoyent ja aflîegez dâvn nombre de Nauircs Ollonnois quitenoyent la Rade amp;nbsp;qui ââ'fines auoyeut detroufle quelques Barques chargées de bled quâils enuoioyentà la*Rogt;
Quâil auifall donc ce quâil y voudroit elite faiél 6c enuoiall quelques Naïiires amp;âdu Cînonauplulloll.' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' '
Le' Roy de Nauaite clloit lors allé à Pau venir la Princelfc là leur ; toiitesfois par nom-R'ededcfpefches fut reccrché de P^ix.'principallem.ent de la part des Ellatz 6c des Courts de Râflements jufques à faire courre le bruit quâils feroyent auec luy ceqiïils vôudroyent.Pour-^^uedes le commancement il fell oit rendu alTez ploiable à leurs remonllrances mclhie nâa-â¢âO'-ttenii fl roidde contre les Députez desEllats que le Prince qui nâauoit jamais voulu ouyr â'tfeconnoiftrepour Ellats. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LeBaron
SvR ce lâon leur raportaquele Baron de Montferrand veu le delplaifir quâil auoit pris Pâquot;'tlefaiélde Perigueux dont ell parlé cy dclTus: auoit promis le tenir paifîble en là maifôn. rand fc reti-^ofre falloir ainfî juréà aucunsdu Parlement de Bourdeaux. Lcfqucls en ce faifant fauoient ^furéquâil ne feroit aucunement recerché ne pour fa Religion ne pour lepalfé. Mefmes quâ-Rpourtoit auoir quelque nombre d'hommes pour fâ feureté dans fes maifons de Montferrand
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Auril,
amp;L3ngoirant.
Secours nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quinzième dâAutil le Jccouts ordoiiné pour Ics ttouppcsdâOlIontiefortit delaRo-
poiircnuoi , ,, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. , nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« » . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠i. a i» ⢠cri
er en ne.
Oilon cheue. Il yauondeuxbons Nauires amp;bien munis d Arunerictoutnelchement arnuez de Zelande pour offrir leur Jèruice au Prince: dâautant que la Paix eftoit par les pays basamp; les EJpagnols Jbrtis du pays de Flandres amp;nbsp;Brabant des le vintiémede Mars percedent. II y auoit aulfi quelques Barques amp;: Gallions fur JeJquels îon auoit embarqué trois cens barque-buziers pour la conduidc du Canonauec les harquebuziers delà Garde du Prince. Mais cela fuft arrefté par vent contraire aux Raddes de ÃIfle de Ré amp;nbsp;de Lefguillon par îefpacç
les Ollen nois preien te 1)1 Rciiiie Ac au Pnn ce.
AU;!, t.j ?lt; -.ligt; «oiiO â ;
de quatre Jours. Cependant Ja Rade dâOIIonne fut fà yfic par vint-cinq Nauires qui toutes-fois eftoyent en marchandifèamp;lcfquels à leur retour de Flandres, dâEfpagnc amp;nbsp;des autres parties ou ils font ordinairement voyage; ayans fceuce qui fefailôit en leur pays fc roiô-lurent tenir la mer amp;nbsp;fe prefentoyent tousles Jours à leur Radde plus pour veoyr à Jâceil « qui Je faiibitj la dedans que pour enuye ou puiJïance quâilz euflcntde fy oppofer. Car ilz eftoyent en marchandiJê amp;nbsp;Ji foibJcs que à la premiere venue dâvn Nauire de Guerre ilz nâenJïênt failly le mettre tous au large. Neantmoinsà cauJe du long feJourquelesPro-teftans auoycnr Ja faid cnOllonne: aucuns eftimoyent quâil y pouuoit auoir parmyeux quelques Nauires en Guerre dez prochains Hautes de Bretagne, Et auJK quâil fc brui-oyt desja que certaines Nauires fequipoycntà Bourdcaux . Occafton que pluficurs furent dâadujsdenchazarder le Canon auecfipcu deforces puis quâil y auoit moyen de tirer encores trois ou quatre bons Nauires de la Rochelle amp;: plus dâhommes. Veu auflî quâil c-ftoit neceJfairea quelque pris que ce fuft retiree ces trouppes dâOIIonne qui autrement pourroyent demeurer engagées. Mais au lendemain aucuns des ptincippaiix dâOIIonne ayans trouué moyen dâaller à la Rochelle : ôfvoyans le grand appareil qui JêfaiJôit contre leur pays quiferoitla ruync enticre d'icclluy : prefenterent Requefteau Prince le fuppü' ans auoir pitié de leurpauurepatrie: arrefter Je cours des pillericsamp; inlôlences qui)Æ; ftoyent exercées amp;nbsp;fur tout nây enuoier le Canon ny les forces qui eftoyent préparées dd-quellcs ils aflèuroyent fon Excellence nâcftre a ucun beJbin ; Pource que ceux du Chafte^u delà Chaulme qui eftoit afliegé, feroyent en ceft endroid ce quâil luy plaira; dont ilz fe faifoyent fort fur leurs vies. Mefmcs de remettre ledid Chafteau entre les mains desPro-' teftans fi toft quâils auroyent parlé aux aJfiegcz. Le Jupplians a cefte fin d'enuoyer quelques vns delà partauec eux Jans autres forcesqui pourroyent connoiftie ledenoir quâils feroyent en cela. Hz promettoyent aulfide conduire par mer les trouppes qui là efloyent en tel lieff quâil Jèroit aduifé. La faneur amp;nbsp;pricre du Maiic amp;nbsp;plus fignallcz de la Rochelle leurmoyennaaiJeraentfenterinemcnt de cefte Rcquefte: aux conditions fufdites. Moyennant auJfi quelque Jômme de deniers quâis promirent bailler. Delôrtcquelc lendemain tous les Nauires amp;nbsp;forces qui y eftoyent deftinées: furent mandées Je retirer, amp;nbsp;le Canon mis dans Broüage. Mais les aJficgtz aUoyent Ja compofé de rendre la place les vies Jaunes amp;nbsp;fans rançon, auec quelques dix mille liurcs quâil payèrent; plufieurs toutesfois furent ran-çorjnçz contre la prcmeJTe. Ainfi le gros alla par mer amp;nbsp;trois Compagnies de Fantalfiins aymerentrmieux faire retraitte par terre à la veuë des trouppes que Roches Baritaud, Landreau amp;nbsp;autres auoyent aflèmblez pourles charger : laiJïâns le Chafteau de la Chaul-meen garde à ceux qui Jurèrent le maintenir Neutre contre tous qui le voudroyentfaifin Au reftequi voudroit icy particulariser les pillcries, inlôlences, blaJphemes, violences toutes autres eJpeccs de cruaqrez amp;nbsp;ordes yileines dont les trouppes y vferent par trois fo maines : Il en faudroit f^re vn dilcours apart. Encores Je fuis dâauis de Jiiprimet vne hi-amp;d«bo7de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;excecrable, pluftoft que la laifier à la pofterité . Eftant choJè monftriieiife qne
mens des' ceux qui fc difoyent armçz dâvn zellede Religion : ayent faid ades qucIcsScites ne plus Confederéî barbares Nations ne voi^roycntauoir penJcJeuIemcnt. Car il eft certain quede neuf cens hommes qui eftoient là :ies deux tiers faifoient fi peu dâeftat amp;nbsp;de Dieu amp;nbsp;de la Religiô telle quâelle fuft:nây dâaucun deuoir humain:que ce feroit choJè horrible que de reciter la cétieme partie de ce que îon en a vcu.Or la plus grâd part de ces trouppes eftoient pour lors côpoJêes de ceux qui auoiét pat le pafte tousjours porté les armes cotre les Proteftâs.Lefquels par vn le «et Jugement de Dieutfeftoyent meflez parmytcncontrefchangc dâvnc infinité deReformez
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^iielsayansvomyleur profefiîon, feftoyenttournez du party Catholique: aufquels on 'nipiitoit phiicipallcmct tout le malheur amp;nbsp;defordre quifeft veu non feulement en Ollonne 'niisauffi par tout ailleurs, tant que celle derniere Guerreà dure. Tou tesfois quand lâon tonfideroic de pres ce que Etifoyent les plus Religieux : mefmes ceux qui auoyent tousjours party Proteftant : lâon trouuera que chacun auoit lafehé la bride à tous vices. Et que tontcmplanscequilèfâifoitlors en Ollonne : Illcmbloit que ce fuft vn vxay Chaos de tou* temdercs amp;nbsp;mefchancetcz . Eftant le tout permis au plus fort Sc plus audacieux : auec tou-teliwiicc Se impunité .Tant à efté la malice de ce ficelé grand amp;nbsp;desbordee principallement e parle. Ou ne Ecit jamais veu rcfpeél ne obeylTance quelconque. Voila
wtrouppes dont j loccafion oui â¡ (n
, ____iél tourner les affaires des Proteftans à contre-poil amp;nbsp;tout au rebours. Car comme ont bien feeu dire les anciensjlc'fait des Armes ne fè peut bien conduire fans bon ordre amp;nbsp;police : qui eft ce qui amené princippalleæcnt vne bonne fin amp;yffue en tous ex-ploicts. Mais quefert la Loyamp; toutcequi pourroiteftreordonné de police furie dccours * lt;1« bonnes meurs : fi quant amp;nbsp;quand îâobeyfl'ance ne fuit de prez ? Laquelle nâeft pas ® oroiiis requife que reftabliffemcnt de lâordonnance? Câeft donc de ce defaut dâobeyffancc quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
^,^13tousjours eftéfi couftumier ez Guerres ciuiles: amp;nbsp;duquel lâon à faidvertu en cefte derniere ; que tant de mauxamp; mifêres leur font aduenuës amp;nbsp;dont les blafphemes contre ^'3v, Icmefprisdufuperieuramp;Iaconculfiondu prochain font enfuiuisauec toutes efpe-d'infolences amp;nbsp;cruautez - Dont auffi les Rochellois furent ü indignez quâils ne vou-^âent voyt ny ouyr parler de la plus part de ces gens là . Et tant Een faut quâils leur per-quot;quot;felentrée en la ville : que aucontraire ils ne les vouloyent tenir dans le Gouuerncment ââolesjugeans moins que ennemis. Ceux delâIHede Ré fè mirent auffi en armes quelques MpourcmpeE:her ladefeente dâaucuns des trouppes quoy quâils feulfent en petit nombre,
Dez levintiémedâAuril le Duc du Maine ayant fai d contenance dâaffiegerBouteuil-^odiftantde fept iieuës^ Angoulefme : fefloit cependant aproché de Saind lean Dangely ^^ogéà Saintlullicn deux licuës de ladite ville. Layeutde belles efcarmouches entre les que^prèsS. ^â¢partiespar quatre jours.Et mefmes jufqûcs à lâentrcc des faux-bourgs à Ja faucur dcfquçls lullien. ^^forties de ceux de la ville furent aux defpens des Catholiques communément. Toutes-^oisilfeperdoit de bons hommes dâvne part amp;nbsp;dâautre Sc ne feauoit encores lors ou tendaient
dcfïcins du Duc. LâArmée Naualle fe drefloit à Eourdeaux cependant: aux fins que Vous 'verrez cy deflbus. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
S v R ces entrefaittes, comme les chofes allans de mal en pis donnoyeut occafion à tous Mauuaifc boinmcs de mal contentement: les murmures recommencèrent comme de plus belle entre jespjô'te.
Proteftans, auec plaintes parmy la ville attribuans fvn à lâautre la faute du mauuais ordre ftansen S'^elâon voioyr à tÅil : dont tontes-fois fil faut dire la vérité lâvn cftoit autant coulpablc
lâautre. Mais le peu dâaccord amp;nbsp;fimpathic qui couftumicrement lêvsoit entre la No-â blelTcSt le tiers Eftat en ce Royaume: amp;plus encores en la ville de la Rochelle: aidoit
^Macoup à ^out cela. Semblant à tout homme de fain jugemenbâ. queîvn pourenuie de hiitrcnefortoit que trop volontairement de fon deuoir, delaiffant le plus neceflà ire. Sça-*'oireft vne commune ôc mutiielle defence que lâon fe deuoit difoyent aucuns jpropofer con-â^â^hpuiffance des Catholiques qui fauançoycnt de tous coftez. Et cependant ils Le repaif-æyentdehayncs, diuifions, maledicences, fauffesimpreffionsamp; deffiancesefquellesplu-^'^urs qui peu à peu sâeftoyent fourrez parmy eux, fçauoyent bien entretenir leur grand ^^fauantage. Si bien que confiderans deflors le pauure Eftat cÃs affaires : le peu de tra-'^il que chacun prenoit pour y remedier; il fouuenoit à aucuns de ce que dit TiteLi-
Rommains lors que de tout leur Empire les François ne leur ayans laiffé que le '-apitollc: fembloit que Diev Icseuft priuez defens amp;nbsp;de di^retion: mefmc decena-'J'fel jugement quâont les beftes bruttes de fexempter de danger tant quâils peuuent foppo-*'^f3ux deffcins amp;nbsp;efforts que lâon faitfur leurvie.
Le vint-cinquicfme dâAuril leDv'cdu Mains fapprocha deTonnay Charente sicgeamp;bac f^hntfy loger de prime airiuée. Car il tenoit la place indigne dâattendre vne Armée «ne de
Z Z Z iiij⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charente,
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Aunl,
1577- Royalle: tant pour eftre de grande garde amp;niinementfoi'tiffiée; que pour le petit nombre dâhommes quâil feauoit eftre dedans.Qui fut caufe que fans vier dâaucune fommatiô ou autre Affieiteamp; lt;^ercmonieaccouftumée, il la fit battre furieulèment delêptjCanons8: deux Couleurines. fortification Tonnay Charente eft à fix lieues de la Rochelle, baftie le long de la Riuiere de Charente. Le de Ja place chafteau amp;nbsp;la ville lent hauts, mais prefque tous ruynes amp;nbsp;de nulle defence pour leur antiquité. La balfc ville eft la mieux peuplée mais le coftau luy commande à plomb. Le Capitaine L V c A s feftant renfermé la dedans auec fix vingts harquebuziers amp;nbsp;efperant de jour a autre fecou rs, viures amp;nbsp;munitions du Prince : En fin vosant quâil cftoit battu par trois endroits amp;nbsp;quâil luy feroit impoffible de refifter tout à vn coup à fi grande force : abandonna labalfe ville : amp;nbsp;le Lundy vint-fèptiéme le Chafteau amp;nbsp;haute ville furent battus de grande furie depuis la Diane jufqucscnuiron les vnze heures que les Catholiques furent à laflà utitjui P ifede nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;point foulten U par les afliegez : defquels bon nombre furent tuez pre-
Tonnay iTiierque pouuoir gangner le Chafteau dans lequel fe retira Lucas, amp;nbsp;ceux quilepeurent Charente, finureftefquels eftans tous efperdus nâeurent autre courage que de pcnlcr a fc là un er ou pran-dre party des Catholiques. Ce que voulant des premiers faire Lucas : fe feit defeendre par vne feneftre du Chafteau du cofté des prez.Mais comme il cuidoit gangner la Riuiere pour la tranuerfer à nage il fut pris amp;nbsp;prefenré au Duc. Lequel aiant délibéré le faire mourir le lendemain ; fe contenta pour ce loir quâil ftiftfturcment gardé. Mais Lucas qui Icauoitâlfcz que a peine pourroit il elchapper pour beaucoup de rclpeéfs: Il délibéra a quelque pris que MortduCa- ce fuft fc lauuer. Ce que voulant faire il fuû attaint ôc tué fur le champ. Lucas auoitdepuis liege de la Rochelle acquis bruit amp;nbsp;réputation aufaid des Armes,amp; bien fait par tout ou il feftoit trouué. Lapins part moururent ou demcurcrcnrprifonniers auec le pillage accouftumée. Le jour que lâalTaut le donna Strofli arriua au Camp auec nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Compagnies.
Incontinantapres lesnouuellesreccucsdelà prifedeTonnay Charente: Le Princeenuoia fon trompete versie Duc du Maine pour luy recommander les prifonniers ôclc prier deles traitter comme François. Aquoy le Duc fit refponcc quâil ne les p Ai uoit bien traineren cc-ftcqualliié. Aucontraircquclesayanstrouué occuppans par force amp;: violence les places tant du Roy que de lès fujets : il pouuoit felon lôn deuoir les mettre en lufticc pour eftrepunis par les Magiftrats amp;nbsp;Officiers de fa Majefté corne il leroit trouué par rai Ion. Mais il changea dâauisiremonftré par aucuns quâeftant le fait des armes fi inconftât amp;nbsp;variable quâil auojt tant de fois pratiqué; Maintenant heureux amp;nbsp;ores mal encontreux: autant de Catholiques feroient qf uellemét tiaittez quâil en tomberoit à la mercy des Côfederez.loint le deuoir dâhu Rochefort nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous doit poufter à plus grande douceur.
quitte par Ceux qui cftoient dans Rochefort dont le Prince auoit donné le commandement a Gat-Ics Protc. goulleau : auant prefque quâils feeuftènt au vray la prife de Tonnay Charentej quittèrent la
quot; placcien laquelle entra toft apres Maifcn blanche qui depuis à beaucoup inccmcdéles affaires des Proteftans en ce quartier, amp;nbsp;piar ainfi les Catholiques demeurèrent maiftres amp;nbsp;Set-gneurs de la Riuiere de Charente en moins de cinq jours.
LesProte- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Or comme la plus part des hommes ferenge du cofté des plus forts: amp;nbsp;pluficurs jugent
bandénr*'^^ cuenemans 8c fins des entreprinfes Iclonle bon mauuais commancement dâicelles: entre les Confederez lâon ne parloit que du grand nombre dâentrâ-eux qui fedesbandeyent dâheure à autre pour fe retirer deuers les Catholiques amp;nbsp;princippallemcnt ceux des Garni-lônsde Marans amp;de Broüage. Enquoy lâon remarquoit fpcciallement ceux quifeftoient joindsdu party en quallitéde Catholiques aftocicz. Qui augmentoit deplus en plus les deffiances amp;nbsp;Ibupçons qÃe lâon auoit desja des le ccmimanctment conceuès contre ceux de lâvnion. De laquelle comme jâay dit ailleurs, les plus clairs voyans pour beaucoup de rai-J fons ne preuoioyent rien de bon, eftant chofe par eux remarquée de prez: que depuis leur af-iflcsmaVcô fôciation toutes leurs affilires auoycnt tres-malluccedé. Ceux des Ifles feretiroyent tous tans Je rcti- Jgs joufs de grand effroy à la Rochelle auec leurs femmes amp;nbsp;enfans. Non pas tant RochcEc. comme la plus part dâeux difbycnt publiquement, pour la crainte des Catholiques dd-quels comme trop prochains ils preuoyent vn grand orage fur les pays : que pour le mefeontentement quâils auoycnt des trouppes du Gouucrneur de Broüage defquellesils fèdifôycnt eftrangement traittez amp;auec toute rigueur. Mcfmement par le Regiment du Capitaine Lorges fon frère qui cftoit à Marennes; continuans la mefine vie quâils auoyent menée
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'âlîiiés en Ollonne. Ne mangerent amp;nbsp;rauagerent feulement le pays. Mais qui pis eft commet-'oict en quelques endroits toutes efpeccs de forces Sc violemcs.Ãt dont le Prince receuoit tât â^'plsintesdejour en jourde la part des infulaires: quâ5 levitpreft dâembarquer fi le vent ne W empefehé pour faire mettre en pieces ceux defquels il receuoit tels raports amp;nbsp;qui ne fai-
aucun cftat de refpeder amp;nbsp;obeyr à leur Colonncl.
Or d'autant que le bruit faugmentoit deplus cnplosdeîarmccNauallequelcsCatholi-âiâcsdreffoient à Bordeaux, pour felon lâapparence entreprandreau premier jour fur les Ifles conuoque âi« Saintonge: afin de fê preualloir du fêl dont les Prorellans auoient bien fait leur proffit '!âesà lors: le Prince fpchantaficz combien ilimportoitdeleuroppoferdebrief forcespar quot;âwpour empefcher leur deffein; conuoqua fur le loir du dernier Auril les principaux de ces Iflcsaufqucls il remonftra outre ce que la plus part nepouuoit ignorer touchant farmée na-'^îHede Bordeaux: les auerriflemens affeurez quâil auoitreceuz de la Court amp;nbsp;de quelques âââtrès endroits fur les defieins des Catholiques; Qui eftoiêr de fe faifir des Ifles amp;nbsp;jettertou-â'îleurs forces de ce cofté tant par mer que par terre. Que quand à luyilcftoit refôlucom-quot;âîîuffiilaiiQiftrouuéde mcfmc volonté ceux de la Rochelle: de fcmploierviuementen ce fait;amp;ny efpargncr chofè qui fut poffible ahn dâcmpefêher ces entrées amp;nbsp;commenccmens de blocus de fi long téps projetés par les Catholiques t ontre la ville. Et quâil fafTutoit fur toutes ^Wcspourcc fait,aux habitans dcfditcs Ifles. Lefquels tant pour le zelle quâils auoient à leur ^®hgion:que famour naturelle quâils portoienr au repos amp;nbsp;defence de leur patrie; ne nian-Wroiéten chofe de leur deuoir. Pour aider de leur a.its, fotees Scmoiës a metre fus quelques ^suites pour garder les rades amp;nbsp;oppofer à la premiere venue de LâGc. Sâaffurant que moiê-ââ111 qu'ilsfy vouffifTentemploier allègrement: lâon nâen pourroit efpererqucvnebienhcu-
Ioint,quela bonne volonte delà Noblcfle amp;dâvnc infinité de gens de bien qui â''feudroienty cmploier leurs perfônnes mefines; le confirmoit grandement en ceflc efperâ-ââ¢^'Priant pour fin ceux des Ifles de fafîèmbler à partjbien penfer à ccque defrus:eftreà ce ^°*ip prodigues de leurtmoiens amp;luy faire paroir aupluftoft combien chcre leur efloit la fonferuation de leur Religion, leur patrie amp;nbsp;de leurs femmes amp;nbsp;enfans.
Lepremier jour de May le Roy de Nauarre auoit depefehé vn Gentilhomme vers le Prin-''pour la négociation dâvnepaixou dâvne trefue.-amp; le prioitdâenuoier des Députez pour y Negonatiô ^tendre 8c vaquer. Le DuedeMontpenfier elloitdesja pourceft effet arriué à Bergerac a- 'P®ââ lequel auoit auffi efté depefehé de la part du Roy,Richelieu:lequeIpafïà ntparlecamp
bue du Mayne donnoittoute bonne efperance de celle entremifo amp;nbsp;negociaéon. Pour Quelle auancct î Archeuefque de Vienne ôc le frere de Defeats fè rendirent auffi à Bregerac ^'^uiron le fixiéme May attendant le Roy de Nauarre qui efloit à NcracSc lequel ne vouloir y^nitlestrouuer que bien accompagné, dâautant quâil auoit doute de lâAmiral qui quelques Msau parauant efloit parti de Bordeaux pour certaine entreprife.Aii lendemain ce pendât confeik à â^dndrcntdiuers confeils amp;nbsp;aflemblée à la Rochelle pour le fair dâequipperNauires amp;nbsp;autres la Rochelle â P^epararifs pour oppofer aux forces nauallesdes Catholiques. Ceux des Ifles en fôlicitoient
âââftâinentîexecutionSc pource que le fait leur touchoit de plus prez:ofFroientdây contribuer méenaual âï'ionablemét fêlons leurs moiens:amp; fê taxèrent dcflors à certaine fôme,farinessviures,chairs ^3uttes vituailles amp;nbsp;munirions requifes pour l'entretcnement desNauires quâifspourroient
dehors. Au fcmblable les Rochcllois feflans ce mefmc jour afïêmblez en leur maifôn ville: apres vn long difeours de ce qui ce pafl'oit tant par mer que par terre, aux fins de les ffdiiircencores vne fois dans leur ville: refolurent quâil efloit neceffaire de garder leur rade munir de Nauires.Que pour ccfl effet chacun fe deuoit efueÃuer de fês moiens fans rié y^pargner:eflans dauis pour la neceffité qui fe prefentoit amp;nbsp;en attendant quâon y peufl pour-quot;déplus meurcment Se plus à loifir: faire eledion de cent des habitans de la ville qui ce jour «aile des iiefme preflcroient chacun cent efeus pour faire equipper au plulllofl vint Nauires amp;nbsp;nom- Proteflâns-vint Capitaines pour y cômander, aufquels feroit pourueu dâvn Amiral quiferoit efleu
P^'lcsCapitaines.Plns que fon arrefleroit les hurques qui efloiét dans Brouage pour fê fêruir ^'5 meilleures au befoin. Ce qui fut fait depuis'.
Desja felloit le Duc du Mayne difpofé pour entrer à Maras amp;nbsp;pour cefl effet logé à Nou- leTquot;^ diftant de trois lieues de laRochelle des le Lundy fixiéme jour de May auec bon nombre Catholiq. Caualcrie amp;nbsp;infanterie ôc^quelques pieces de Canon. Or combien que la place de Marans
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Aflicttede Marant.
Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
Ibitdes plus importantes delà Rochelle: tantà caufe defon voifinage:quepourIcpaffa-ge de Poitou qui fournift blcz 5c allez dâautres commoditez en abondancépour le trafic dâaucuns de la Rochelle. Si cft-ce que le Prince pour beaucoup de relpcéls Sc mefmes que la place ne fê pouuoit garder fans vn grand nombre dâhommes: nâauoit efté des le commencement dâauis de la garder. Mais Ion oppinion fut vaincue par la prière 5c pourfuittedesRochellois lefquelsla defiroient fort maintenir tant quâil leur leroitpofliblc. Et mcffne luy facilitoient allez demoiens à Ia défendre.-affeu rans que de leur coïte amp;nbsp;de ïlfiecie Re ils feroient porter par mer tant de viures ^munirions quâil ïêroit nccefl'aire pour ïôuftenir vn fiege*Or bien que Marans foit vn bourg renfcimc de tous coftez de marais: inaceffible quand à la caiiallerie pourfinfà nterie aucc grade peyne amp;nbsp;trauail;il y a vne infinité dâauenuès neâunoinsfortdiftâ-tes iâunc de lâautre toutes bien loin du bourg. Qui fait que la place eft de grande amp;nbsp;difficil-Jegardc. Et ne le peut aiîcmtnt garentir que à .la faucur dâvne armée. Comme il fefioitveu tousjours,pendant les troubles prcccdans efquels Marans nâauoitapporté que perte amp;nbsp;dommage à tous ceux qui feïloicnt voulu oppiniaftrer la dedans. Ce que plufieurs confiderans netrouuoicntbon de taire enfermer la dedans bon nombre dâhommes dcïquels la pertefem-bloitdesja toute aflcurcc. Mais nonofiant cela amp;nbsp;plufieurs autres raifons : la refo lotion fut prife generailc dés le commencement a garder la place amp;nbsp;y enuoier pour Gouuerneur Popc-liniereauccdeux censharquebuziers, quaranieà chcualamp;vint cuiralfcs entrcteniizparla Caufc.Il reconoift la place,retranche les auenuës, drefiè des forts quâil fournift dâbarqucbu-ziers aux plus dangereux endroits, redrefiè la ceinture Scie dedans du chafteaupourfyac-córnodenparauant vuideamp;defpourueu: nettoie ôcaprofondift les lofiez: faitdcs flancsouil voioir les endroits le requerir.Et pource quâil ne Jugeoit dcMarans tenable que leChafteau: dont toutesfois on nâauoit fait compte jufques la en toutes les guerres paflecs:il feretraiichc en la court amp;nbsp;commence de forte à lâaccommoder quâaiant eu loifir de paracheucr fes fortifications 11 efpcroitaccullerou du moins rcccuoir des Catholiques honnorable compofition Dcfaitil lèfceut bien couurirde toutes les furprifes que ceux de î^yort, Fontenay amp;'autres places voifincs luy drefierent par trois mois. Mais comme il Iceut Ip reptile de Tonnay Charente amp;nbsp;le defièin du General Catholique dâattaquer Marans: il fupplia le Prince de fournira fa promclfe,amp; le Maire de luy enuoier viures amp;nbsp;plus de munitions quâil nâen auoit.LcPrince y enuoia renfort de quelques Gentilshommes amp;nbsp;deux cens harquebuziers auec prouifions nccclfà ircs aufi]ucis Popeli^iere donna llfleSi le bourg à delendre,retirant partiede fes garddtdcs aucnucs qui furent à îinftant remplies des nouueaux foldats. Mais le regkmct necclTaireen vne garnifon leur eftant infupporiablc: amp;nbsp;le rcfouuenansdc la licence quâilsfef-toient tousjours donnée à la campagne.-jugeans aufîi la place non tenable amp;nbsp;pourautre confi-deration ils le perfuaderent vne retraitte plus afieurcc que la demeure. Or auoir jaPopelinietc pris toutes leurs prouifions amp;nbsp;fait mener au Chafieau poury tenir, les voians touspreftsa monrerà chenal,quandauoir goufté fes remoufirances quiles afiuroit cntrâaiitrcs qucles Rochcllois leur lermcroieni les portes fils feu alloicnt fans du moins voirfennemy: change- , rent dâauis redemandant les prouifions aucc reloluticn dây faire dcuoir.Sur ce faimée Catholique fauance. Si que le Duc auoir trou ué toutes les aucnucs pourueuës de foldats amp;nbsp;fait loder la profôdcur des marets ou trois fbldatsCathoIiqucs furent pris qui affurerent lesalficgcs de la faute de viures gencralîe en farmée:laquclle pour beaucoup dâoccafios ne pouiioit plus fèjourncr la quinze jours il fît commencer vn pont entre la Eaftillc amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uu deuant
duquel les afiîegcz drefierent plufieurs forts entretenuz de retranchemens flanquez pour aller defvn à fautre fous la fiuftur defquels Popbliniere efperoit bien empefeher la defeen te encores que le pont fuft parfait amp;nbsp;fourny dâhommes. 'Voire que les Roches-Baritaud auec les foldats de Poitou 5c gens de la Ligue ûinte, atiaquaflcnt-desja les forts qui défendent pat eau les aucnucs duGué ^du langen bien pourueuës. Mais le pont nâauoit encores dix piedz dans le marais que fcfpou liante fêmitparmy Jestrouppes Proteftantes. Ou Popcpelinicre maintint encores que le Chafteau ne fuft tenable cotre fatmcc:que les fortifications nâefioict pas encores en defence 5c que trois auenuës eftoicntja attaquées: ficft-cequclâondeuoitdu moins cfprouucrle premier effort de fennemy quincpouuoit eftrc dangereux. Pourcequâil ne pouuoit fi toll combattre en gros ny auec le tiers de fes forces: veu que les auenuësfont fi eftroitesôc pourueuës de bons hommes. La pluralité des voix neantmoins rcfoliit queù dedans
-ocr page 741-livre Q_V a R a N T E Ct.V A T R I E M E. 5^^. 'Icamp;doiizcâhcurcs qui efpiroiét à trois heures apres minuitJePrinccnâcnuoioitafrezclegês pourfouftenir jquâon fe retireroit. Surquoy chacun licencié pour donner ordre à fon carrier
LI N I E R E tafeha par tous moiens de parfuader aux liens de tenir bon au Chafteau ^Icsautres fen alloient comme il les voioit ja intimidez ou que tous fuffent forcez en flfle. â¢Mais les voiât fe rêuoicr les vns aux autres:en auoir laifle vint au principal corps de garde:il af-'cmblc tout le refte en la bafle falle du Chafteau ou il les harengua amp;nbsp;par tous moiens tafeha P^rdeux heures à leur perfuader la demcure:laquclleils promirent amp;nbsp;aflùrerêt fi la Nobleflè Jf'^ry nionftroit le deuoir autrement non ; tellement que retourné au corps de garde pour âpuoir la dernicre relblution des Chefs de îlfleaufquelsSeré Gentilhomme du haut Poitou fommandoitc fut peu apres fur la minuit auerty que tous efioientà cheual, leur aucnuës a-âindonnéesamp; rinfatecie ja commencer à (brtir de flflc: dont il receutvn merueilleux ennuy tintpour voir ainfi contreuenit à la rclôlu tion d u Con/eih q^âc pour auoir fait celle dcîibcra-^onfans fon auis,comme fi on fcufl voulu abandonner pour lâcxpofèr à lâennemyiEt plus entres de ce quâvnCapitaine eftoit le jour paruaant entré en lâIfle pour parler à aucuns amp;nbsp;pref-S^âauHi toll forty firns quâon luy en euft rien communiqué. Neantmoins enuoia aux auenucs gens gardoient pour les alfembler amp;nbsp;mettre dedans le Chafteau. Ce qui luy fut du *°''fimpoflible pour je ne fçay quelle oppinion que tous auoient ja conceuede nepuouoir Sâtder la place puis que tous ceux la fen alloient fi toit amp;nbsp;là ns quâon luy en euft ouy parler pMuant amp;nbsp;nicfinemcnt à heu rede minuit. Le Prince ce pendant perfuadéquefigrandepla-difficillc garde ne pourroit longuement fubfiftcr contre la puiftà nceamp; effort des P«holiqucs veu mefme le petit nombre dâhomes amp;nbsp;de munitiôs qui eftoit dedâs:regrettoit ââ'finiement que fon hazardaft ainfi comme à credit les Gentilshommes amp;nbsp;fbldatsqui/yef-fl volontairement enfermez. Toutesfvis commeretenu enfesplus grandesimagina-il nâen dilbit pas ouuertement à ceux de la Rochelle ce quâil en penfbit: eftant contant ^quieffer en ceft endroit au defir extreme quâils auoientde défendre la place. Enquoy ils fe ^lonftroicnt fort affeélRnez le fondas fut fhôneur amp;nbsp;profit quâils auoient raporté en la defen-''dâiceîlc durant les féconds troubles contre le Conte du Lude quoy quâil fuft accompagné toutes les forces du haut amp;nbsp;bas Poitou. Et comme les hommes aïans vnc fois profpcré par ''â'moien nâen chercheur jamais dâautre pour continuer ce chcmin:au contraire fy rendentfî ®Ppinia{ltcs quâil nâeft pas polfibleleur perfuader quâils peuffent bien faire en procédant au-^tnieiit.Auiri les Rochellois pour vne feiille fois que le fiege de Marans eftoit tourné à leur ' l'onneut: fondoient toute leur efperancc de le garder encores à cefte foisjâns rapster la foi-^IcfTe de leur eftat preiânt à la grandeur de celluy des Catholiques: ny mettre en balance la pttteamp;dommagequâils auoient rcceuafTez dâautres fois pour auoir voulu defédre ladite pla-^ccontrelcs ennemis. Apres donc que lâon euft mis le feu aux poudres munitions amp;nbsp;autres 'Lofes qui ne fe pou noient tranfporter fi promptement qui ne bruflerentf toutes neantmoins Pît h faute dâaucuns: les compagnies forti rein de grand matin de Marans qui pouuoiét eftrc
⢠'ntoutdc quatre cens cinquante hommes tant de pied que dcchcual. Lors les Rochellois tsbahisd'vnfîfoudaineuenemétjbiécôtraircà cequâôleurauoitdôné à entédrele jour pre- Mefeonten 'cdêt. Et indignez outre mefure que apres feftre mis en peine.amp;en fraiz pour lâaultaillement
Marâ3:telle choie euft efté côduitc Semaniée à leur deceu: monftrerct fi mauuais vifage à pour auoir 'euxqui retou rnoiét:quâils fermerêt les portes auxChefs amp;nbsp;autres dclHites troupesffors à Po-pdiniere.Mais.cete faueur fuiuie dé fô fidelle raport au Prince amp;nbsp;auMaire dçtout ce q deflus ââ'luy apportamoinsdâhôneuramp;dâamitié entre les plus auifcz:que dâéuie entre ceux qui cou^-Pâblcs de tellcsfautcs eftimerêt ne fenpouuoirjamais lauer que pgt; là mort ( laquelle néant-âââoins ils procurerét fieftrâgemêt qucfâs le refped duPrince quimaintenôitlcs deux parties 'fcede fes domeftiques aflurât leMairc de faire faire lufticc própte à roffécé:tous IcsRochel- lo» en leur â ois tous les forainsSc réfugiez en ville de quelque côditiô ils fculilt,qui aulfi toll fe mirer en â'ânesdeur culfcnt fait lèntir la force dâvne efmotion populaire.)Sôme quâik les taxoient ou-âWcment en parolles piquantes amp;nbsp;fort animeufes ; les vns en vnc forte les autres dâvne autre âÃon comme eft la couftume dâvne multitude à qui en telle affaire il eft fort difficille dâvier ^reæonftrances ou perfuafions quâelle vueille prandre en paiement. Sarles neuf heures da otatinils entrèrent en conlèil en lâEfebeuinage ou le Maire remôftra ch peu de parolles corn»-'ââ'la nccelfité les côtraignoit dâauifei à leurs affaires beaucoup de plus prdique jamais,fâs at- nbsp;nbsp;. i
tendre
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tendre lt;jue le feu fuft tellemenr cmbrafé quâil ny cuft plus aucun moien ne remcdepour lâcf-teindre.Q^'ils ne pouuoicnt ignorer quâils ne fuffent desja bloquez par la teireaiansenfipeu de jours perdu les riuicres de Charente amp;nbsp;Marans,mercs nourrdïicrcs de leur ville.Tellemct quâil ne leur relloit plus que la rade de ché de Baye, laquelle encor par auanturure ne feroit pas à leur deuotion.Qu'ils auoient nouuelles aflèurées de lâembarquement de Lanlâc qui fef toit aiiallé à lâentrée dclaEiuicre de Bourdeaux, amp;nbsp;que le vent conuioit de fingier vers ce quartier, pour executerfon entreprilè. Que fextremité en laquelle ils auoient efté réduits pêdât le fiegc,leur aprenojt alTcz de quelle côfcqucce leur cftoit vne telle rade.fct combien ils eftoienttenuz fils aimoient la côferuationde leur ville,vie amp;nbsp;biens à la garder foigneukment amp;. nây efpargner aucuns de leurs moiens. Aquoy ilz ne pouuoient plus prompternéi paruenir queen guarniflanr les Hurques que lâon auoit arreftéesdans Broüagc en la plus grandedilli-genec quâil fcroit poflible.Ei fe feruir des autres moiens amp;nbsp;petis nau ires attendant que les plus
* grands fuflèntpreftsxxortans ceux qui eftoient laprefens quieftoicntlcsplusaifczdclavil' le, à fefuertucr en ceile aflaire chacun félon fês moiens fans faire eftat de fes biens ou commo-ditez particulières: Icfquclles en les péfât garder feroiêt en fin côtraints laifièr aucc la vie aux Catholiques pour gage Ãr notre perpétuelle dâvneauarice par trop vilaine amp;nbsp;indigne de ceux qui auoient fait ferment amp;nbsp;pretefté à la prife des armes de nâefpargner rien en celle querelle. Ãtquefilsfèmonllroicnîfi tiedes 5c refroidis en la defence de leur patrie, de leur vie,femmes amp;enrans: que poinroicnt jamais tous ceux du Royaume affligez amp;nbsp;pourfuiz poutmef-me querelle quâeux, efpcrer ou attendre de bon de perlônnages fi lafehes Ãc pufilanimes? Au relie quâils pouuoicnt bien voir que fcnncmyles tallonnoit défi prez que la melme ncceÃtc Combatoit contre eux.Ellant au furplus dâauis que la fômme de dix mil liures en laquelle cet des plus allez auoitnt elle cottifez quelques jours au parauant.'full leuce par contrainte Stem prilonnement amp;nbsp;confignée le jourmefme cntrelesmainsduThreforierdclavillepourcf-tre les deniers emploiezauz affaires de farmte naualle. Le tonten attendans plus grandele-uée de deniersâqui lêprandroit furtoutle general, tant par forme d^mprunt que aiiirenieut Ce qui full trouué bon amp;nbsp;ainfi relblu en cefte alîembléeæn laquclleaulTi full aiiife que les fan talfins venuz de Marans nâentreroient dans la ville ains feroicnr au plulloll embarquez fui les Nauires.
Le Duc du Or leDucdu Maync opportunément auertydu mauuais recueil que les Rochelloisâ-Ja RoebeUe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*1â* eftoient lôrtis de Maranszla plus part delqucls comme desbario'cz amp;nbsp;fans
' aucun oi^re, vaguoient çaamp; la parle ;Gouuernemcnt:fcftans aucuns deux logezendesvil-lages les plus proches de la Rochelle: fit entreprinlc moicnnantlcs bons auertilfemens ( qut ne luy ont man que de tout ce qui ce falloir parmy eiixjde donner defl'us amp;nbsp;les charger à hmi-prouifte. Pour cell effet aiantfait auancer deux Canons afin de forcer ceux qui en attendant fecours delà Rochelle le pourroient renfermer dans quelque mailonfortecommcilycna quelques vnes dans le pays dâOnis tllfachemina fiirla minuit auec toute fefiitc delen armée tant de Cauallerie que dâinfâterie amp;nbsp;fur la dianefeprefenta en bataille à vn quart de lieue , 1- â de la ville du collé de la Fons.Toutcsfois ne voullant du premier coup donner la dedans peur nelâauoir faitreconoiftre,quelques compagniesfaprochercntdâvncmaifonnômécleTrucil auxfillesdanslaquellele maiftrede laditemaifonfelloit renferméauecenuirontrcntefol-dats de,ceux de Popelinierc fur Icfquelles ils feirent tout deuoir de tirer nombre dâharquebu-zades, pour Icfquelles cefte maifôeftoiialïezbiêpercce;auec quelques flancmcfmes garnie dâvn petit folfetaucuns de marque y furent ruez par ceux de dedans qui elperoiét fecours de lavillcly prochainé.EtHulTt quâilz eftoient incertains que les Catholiques fulTent venus ' la auec le gros delcurarméc.Moinsencorcsqhâilzculfcnt daigné amenerltCanô,di!queliIs furent en peu dâheure apres faluez,amp; lômmcz de le rendre.Ce quâils firent moycnnans la pro-mclfe des vie là uue.Mais%3mmc ilz vouloient fortir aucuns Gentilshcmes en tuèrent jiifque à dixhuit.StrolTe amp;nbsp;autres chefz lauucrent le relie à grande difficulté de la fureur des Gcnflat mes irritez pour la perte dâvn Gentilhomme de marque qui auoit efté tué la deuantdes pri-fbnniers neantmoins y furent rcnçôncz honnellcmcnt amp;nbsp;en droiél de guerre. Aucuns cepé dans Ibrtis de la ville fauancerent a îelcarmouche auée nombre de harquebuziers, lefquelz Ãâ^yennant la laueur des bayes ScbiiylTons fort efpes en ce quartieriauoient belle prifêfurla Rochelle. Cauallcric qui cftoit en bataille dans lâes vignes pour fauorrl'cr Icntrcprife de IcursGens lurlc
Trueil
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âüx filles. Somme quâil nây eut de perte que quatre hommes de chenal Catholiques amp;nbsp;vint '^iwrquebuziersjnondclaCaualIcrie Proteftante qui ne fut confcillée d'enfoncer,ny mef-ââicde fottir pour la crainte que les habitans leur fermaflènr les portessnon plus que les habi-craignoient que la Noblcfle reftant en ville fils euflent forty en grand nombre,(c fuft
'tnduE maiftrelfe de la place,(î grade eftoit la deflfiâcejfamitié Sc correfpôdance û petite pour entre ces deux Eftats. Les plus cfchaufFez neantmoins tant de Canallerie que de fantc-
'âfifortis à la premiere defcouuerte des Catholiques: fentrerenoienttousjours par diuerfes ^carmouches qui durèrent plus de trois heures. Toutesfois aucepeude perte pource que fsvnsamp; les autres nefanançoiét que an pris de leur aiiantage.- nevoullans combattre que à ^faneur de deux grans hots de Canallerie qui couuroient des deux coftez leurbataillon â^infanterie.Etles.reformczdece village de la Fons amp;nbsp;autres chemins remplis dâarquebn-'^â«süiiPop E N 1 E R E jBoilfeau amp;nbsp;autres Capitaines delà ville eftoientbarriquez,pour quot;âipefcherque les Catholiques qui faifoientcontenanccdây entrer pour y loger lenrfanterie Ãrauadedu ^puispaffer outre brauant jufqucsfurla contre-fearpe de la Rochelle: nedonnaflent plus
faire Contenter le Duc du Mayne de îhonneur dâauoirofté la campagne aux Protêt confcdcrcz 'Aisles auoir acnlez dedans leurs rctraittes amp;i. à leur veuë fans refiftance memorable foudroie
nraifbns de leur Gouuernemcht.
Pen DAN ïtefcarmouche le Duc ennoia vn Trompette à la Rochelle versie Prince Trompâtg P°gt;irfçauoirfîl luyplailôitfornr pour rompre vne lance amp;nbsp;quâil eftoit la dehors pour fatten- du Duc du
Aucuns auffi qui fe nommèrent mandèrent par le Trompette quâils defiroiét fort fauoir â7auoitquelque Gentilhomme la dedans,qui voufift felprouuer pour fhonneur de fa mait â''fie. Mais outre quelques refpcótsamp;: confiderations: les aueniflemens que le Prince rece-quot;ââ ttous les jours de predre garde à fà perfônne amp;c. craindre aucuns meftnes quieftoientau P'es(ieluy:furêt trouuez fuffifâspourluy rctracherle défit quâil auoit de fbrtir cotre les Ca -'ââââIqucs.Sôme que la rcfponce du Prince fut que le Duc du Maine deuoit fortir de Saintes quot;'âlt;1116 dernièrement ilŸauoft attendu huit heures entières. Car quand â prefènt il luy qui-^ftîuantagc de la campagne. Ne pouuant ignorer comme pour vn temps il fè rctiroit fur fâ ^^nciue.Quâil luy eftoit bien facille vfèr de ces brauades à prefent aiant vne armée en main.
quâil ne iaifoit chofeenceft endroit quâil ne luy euft fait faire patauant. Au refte que ^tompre vne lance contre luy il ne pouuoit ignorer quelle difference il ;y auoit entre eux '«ux.
Cemcfmc jour le Prince receut nouuelles de la redition de la Charité à Mofieunfrere du LaChatîté ^^gt;dont plufieurs furet esbahis:amp; en parloir chacun diuerfcmét amp;nbsp;felonfà paffiô.Mais les af rendue aux quot;gczamp;habitans preftèz tant des choies les plus neceftà ires qui leur manquoient pour Ibuf '^'tvne armée Royalle que des promeffes de vie faune ils rédirent la ville auec compofition âJ'ïhoneftéamp;auantageulê: qui leur fut tenue parles aftîegeans. DelaMonfieur fuiuy du âc deGiiifc auec plufieürs autresSeigneurs furent trouuer la Majefté pour luy rapotterles
â P^nicularitcz de cefte prilc.
pendant le Duc du Mayne aiant lailTé bonne garnifon dans Marans,ou il mit lâint lean fiere des Roches Baritaud pourGouuerneur: partit de Nouaillé le douzième
Armée Catholique en Poitou pour feraftait chir
May tirât auec Ibn armée vers Poitou,ou il la fit rafraîchir amp;nbsp;accômoder de
ce quâelle auoitbelôin.Puîs Puygaillard amp;nbsp;autres desbâdez:leurs compagnies fe retirerent Chacun cnfonpays attendant plus grades forces amp;nbsp;common dement de lieu ou ils â¢
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tireroient.
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Du Quarantecinquiéme Liure.
4L n £ SSE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;drpreparatifsdesCatholitjMts fur la'Eochene.j^rmèenauaUedesOttho
T^uturel des gens de marine, Clermont nbsp;nbsp;LanfaeGeneraux des deux armées,s'efearmem
auec peu de fuccez,. Lanfac feprefente déliant Ifsie de nbsp;nbsp;pour la fommermais envain
Jr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forcé de fe retirer. Le âDuc de ^Jiîontpenfier bien affepionne a la paix, Armées
drejfent entre lesCatlooliques Q!-T^roteflans. Le Prince de Condé vaen'Srouagey donner ordre a vnfege etperé.Defeins, confeils refolutions, des Trotejiâ»^^
quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rengues duT^rtnee pour animer les'J^chellois à redrejjer l'armée de mer. Harengue^
pour à ces fins y efehauffèr les plus refrotdiz. Les 'P^chellois enuoient Deputefen Hollande Zelbttiée'vits Prince déOrenge^J Eflats du pays pour auoir N autres de guerre.Ce pendant l'armée Catholique s'auance pe deuat Brouage,qui y efl reprejente des le premier jour de fa naijjance.Efforts deJ'armee Catholique ge\au reciproque à leur defence, ^mpofi dè quarante Hures fur cent de fel. Armée naualle du âl^rinee envene pour le fecours de Brouage auecfes exploits. Sonies de Saugeon (jouuerneur de Poyan qui rompt deuxeomf^ gntes degenfd'armes par laprtf t de laGu tfche (J Qjtelus. Sorties des Proteflans retirez, à Saint ^eà n d At^ty qui rompirent la compagnie de cheuaux legiers de Palailfeau. Attaque des deux armées naualles amp;nbsp;ge de la Protefl ante parles alleres qui fe joignët aux vaiffeau.-c rons en defpit defgardes âProteflanteslUd^^ te de LarméeProteflan te quife rompt d'elle mefme. Puis Lanfac enuoie fesgalleres prandre nbsp;nbsp;brusler le
au nelJlesPochellois nbsp;fe fatfr de la Floriffatr'Cltf amiral dont ils met tet les foldats (jr equipage à la cadeneBf
fauts repoitj]èljrj forties heureufes des afficgcz en Prouage qui tuetEfchillez autresfois ProteÃat CherntfAUt. Brouage en fn referrè par mer Cr par terre efl forcé faute de fecours de poudres, viures, eaux douces,meches Cl autres nccejfttef de fe rendre a honnorahle compofitionqui leur fut bien tenue.P) ont les l^chelloisfetMlconteir terentfort: Et la plus part des fslois Protefans fe retirent aux Catholiques. Du Figean, Aïanducage,le Mot-re Bobineau (jr p lufeurs autres meurent au grand regret des Proteflans.La forme qu'on tient aux obfeques dr egt;^ serrement avn AFaire. Tous deflrcnt la Paix. Le Prince fort de la 'Rochelle pour jointes les trouppes de faint (ÿ- Pons auec celles de la P,^chellc; aller trouuer le P^y de 7ffauarre,confeillé par aucuns de leuer le plus defof ces qu'il pourroit cjr donner fur le camp Catholique pour le faire'defcamper de Prouage. eJAlais defconfeille paf d'autres, rien ne s'exécuta aymans mieux la plus p art attendre la publication d'z/ne Paix quâon leur offroit: que rien bazarderfe zioyans fi pres du repos tant defiré. Cependant Lanfac maiflre de la mer afliege en vain iJsle dt Pfiou les'iBjchcllois eflotent allez au fecours dr forcetous nauires Fr ançois, ois, iHllemans Efeofois (jâ autres: prandre leur charge de fel en paiant, dedans Brouage ou il fut lai fié Gounerneur Les Eflats de Flandres aufemblablefecouanslejoucdc l'^nquiftioncjr impofitions du7i.oy d'Efpagneife preparëtcontre Dom flan d'AuflrtcbeiLequcl retiré à Namur attendant P effet des intelligences fur les plus notables villes du paysidrefott fonarméi^bHrl(.r remettre a l'obeiflance premiere. zAdaisla mort comme vous entendre fail leurs, tranchait âcours de fesJeffeins au merueilleux regret des bandes'Efpagnolles, Edit de la paix rec^u amp;nbsp;publié par la Francs,
Catholiques »aians le vent à gréamp; leur fuccedant tout à fouhait: dreflèrent I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;commeroii à veucy dcuannlebinde JeursdcflTeinsÃir laRochelIe.Nönpourhf-
laRocbclIe
Armées na-ualle de» Catholb
C fiegcr battreà force ouuene;mais la ferrer de forces de tous endroits pour i'affa-mer en fin. Et pourcc quâil neluy reftoitplus que Brouagç 8c les Iflcs dont elle peuft auoir grad fecoursdeur rcfidutiô fut de faflîeger par mer amp;nbsp;par terre.Puis apres enlcuct les Ifles amp;nbsp;bloquer la Rouelle dâvn ficge continuel. A ces fins aiant Lanfà c charge de drelfer vne armée de mer pour clorre les aucnuës du Haute cotre le lecours de la Rochelle : le Duc du Mayne auoir rafraichy'lcs trouppes en Poitou par quelques jours quâil emploiaa fupplicr 8c fbliciter faMajcfté de trouuer deniers amp;nbsp;fournir aux moiens neceffaires à vn tel ficge les remit auflî to ft en campagne comme vous entendrez
Or des le douzième de May le Prince auoit receu auis comme ce jour mclmcfarmée naiiallfi des Catholiques compofée dâvn nombre 4e Natures équipez pour affeurcr les marc hans qui voudront
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'oiiiiiûient entrer amp;: forcir de la Riuiere deBourdeaiix; eftoitlbrtiedcla Riuicre conduilà nt 'â ''â¢efiottede 6o.Naiiircs marchas.Et laquelle les auoir mis hors nefaudroit de fingier vers-lcs ifc de Réamp; dâOllcron pour le faifir delà rade de la Rochelle fil ny effoit pourueu dilligem-ââ'ciit. Allez dâautres auertilfemens receuoient idc toutes pans les Rochellois du defieinde I-îiifac fans toutesfois que aucuns en filTent grand compteme quâils fy emploiaflèntdâaffediô:
bien quâil y eufideflors quelques préparatifs pourdrelTer arméeà Ia?Rochclle ficft-c^ â{'â¢Â«Ã®ony proccdoitauec fi peu de dilligcnce quâil nây auôit encores peut Ce jour viïlêulna-â¢âire en cftat. Ce qui aucnoir plus à caulê de la diuifion amp;nbsp;mauuais mefiiage qui faugmentoit
jour à autre entre la Noblefle amp;nbsp;le tiers Eftat: que pour ùuaricc ne des vns ne des autres H^oyquâelle fuft alfez notoire amp;nbsp;que cela aie de beaucoup defauantagé leurs affaires.Sommc lue chacun voioit aflèz forage prochain. Mais Dieu leur auoit apefanty Iccerueau dâvn ^lourdilTeinentfi grand que lâon nepenfoit aucunement à lè mettre à couuert. Lâambition ailleurs eftoit telle parmy les vns amp;nbsp;les autres que fon ne feftoit peu julques à fcxtremitc ac- * corder dâvn Amiral auquel vnanimcmét tous deulfcnt obéir qui eftoit la chofe la plus requi-^â¢^parmy eux . Car il eft certain que au fait de la M a r i n s non feulement vne bonne gt;nbsp;police : mais auffivn feuere Sr bien comply commandement eft fans aucun doute plus re-
neceffaire quâen aucun autre endroit. Comme eftans ceux qui font profeflîon de â^oigCT: coüftumiercment plus ruftiques moins obeiftà ns Si plus desbordez enleurs volôtez Naturdor-*l^cceux de la terre, qui de leur propre mouuement fe rangent plus volontairement à tout dmairédes Commandement amp;nbsp;difeipline militaire toutesfois la neceffité les prefïà nr quad ils -veirent leur 'onemy à la portc.Clermont dâAmboife fut du confentement de tous reconeu pour Amiral, ^omme tl commençoit à dreffer fes préparatifs farmée Catholiques fut defeonuette dans lè P'miisdâAntioche laquelle à petites voillesfingloit vers la rade de chefdcBayele treziéme
Lors le dager fè voiâr à fÅil feftoit à qui fembarqueroit le premier pourfê mettrefur les lâatméc na ^^mresquieftoient a la rade: voireauec telle dilligcnce que en moins dâvne heure il yeut fix quot;'oicns nauires garnis 4âhommes : lcfqucls attendans que les Hurqucs Si autres plus grans quinâeftoientencores pout lors eneftatde combatrej fufïènt munisSi pourucuès
mirent à fheurc mefmc fur leurs voiles. Si que coiirans dâvne bande fur fautre reueillerent fac à chtfdc ^stmée de LanGc à coups de Canon I'clpate de deux heures fans autrement fapprochcr plus PffS'Etfaifanscncela comme lâon ditjbonne mine ôimauuais jeu donnèrent à penfer au Ge-''mlCatholique de plus quâil ny auoiuLcquel voiant ces Hurques amp;nbsp;autres Nauires à la ra- i-« ^nâil jugea eftrè munis amp;nbsp;pleins dâhômes :aufri que la nuit faprochoitztrouua po|jf le meil quot;armouchét de mouiller hors la rade a demie lieue de leurs Nauircs.Lâarmcc des Catholiques eftoit douze vaiffeaux rons amp;nbsp;fix tant pataches que gallions: Icfqtiels fè monftrerentafTez froids
âCede premiere venue,amp; ne firent ce que îon penfoit. Qui eftoit dâafïà illir en furie les Naui-fâj^Rochellois defquclsileuteu à f heure bon marché. Aulïi quâil pouuoit bien voir, comme â¢'dlwt les Hurques amp;nbsp;plus grans Nauires garniz ils fè retirèrent à la faucuramp;le plus près , de la terre quâil eftoit poffiblc: pour cependant recueillir hommes amp;nbsp;artillerie que ceux de ^âRochelle faifôient embarquer en extreme dilligcnce. Occafion deles faire cfinerueillcr ^online Lanfac laifloit efcouller fi belle opportunité de rompre à plat tout ce commencemet ® ^frticc.Mais ils ne jiigeoiét pas quâil eft mal-aifé de conoiftre lâeftat de fon enncmy.Lâarmée âMicdcsProteftansconfiftoiten quatre Hurqucs dâAllemagne qui auoient efte comme Je 'âotisay dit peu de jours au parauant amenées de Broüage pour fen feruir à cebefbin. Et def- uaüedcsPro pelles à îheurc de la venue de Lanfac, nâeftoient ne munies ne appareillées pour tel exploit, teftans. ^âhhiy auoit que le fimple cqtiipage dâAllemâs ócfartilleriede ferlt;lefore quâils ont accouf-tuméde porter en leurs voiages.Mais cefte nuit fut emploiée pour les garnir de bône amp;nbsp;forte ^ftillerie,hommes,vin res, amp;nbsp;toutes autres chofes necefïà ires.Clermont auec nombre de Gen-'dshommes feftoit des le foir embarqué 8lt;fortoitplusdâhommes^elavinepourfy trouucr '!'âon ne vouloir. De forte que le lendemain midy lâon peut voir à la rade de chefdeBaie 'lâJîtotzcNauires bien garnis amp;nbsp;fi pleins d'hommes que le nombre montoit à plus de fèze cës
tous pie marin amp;nbsp;rompus à la marine. Sur ce Lanfac des le lendemain matin enuoia fwq nauires pour mouiller lâancre au plus pres de la pointe de chefdcBayeafin decoupperde
plus aifément chemin à ceux quidc la Rochelle voudrôt paffer en lâIfledeRe, fur laquel- de Ré.
'ils doutoient qu il euftdeffcin. Mais on y auoit çnuoié Morinuille auec les compagnies de
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. Lâ H I S T O I R E DE FRANCE.
dçÃlwrtrcs amp;Nau3ricamp;nôbrc dâautres barquebuziers volôtaires.Lefqucls aucc les habitans
. damp;lâJflc firqnt fçplus de deuoir quâils peurent pour munir amp;nbsp;défendre Icsaucnuës Sedefeen-MS^e lâIfîç.Ainfi les Nauires Catholiques feftans tous mis fur leurs veilles, pafiérent à la rade quâoh appellela Paliffe vis à vis de lâAbbaye deRé:ou( mais fort au large) ils moiiillcrét . iâancje Jufquesau lendemain. Pendant lequel temps Lanfac enuoia quelques patafehes à Manlede Ré. Jäns Sc coftes.de;Poitou pour auoir nouuclles des compagnies de gens de pied quâilfatten-doit trouner tant à Marans, Tallemont,faint Benoift quâautres lieux felon quâil luy auoitefté â¢promis afin.de faireidefcentecnLlfle de Ré .)I1 trouua neantmoins que toutes chofes efloienc trefmaldifpofées-pour faire exec ution fi promptement quâil efloit bien neceflaire: eflant des-Ja lâarmeç, dn Duc-du Mayne eflongnce Jufques à Melle amp;nbsp;Chizay pour fê rafraîchir amp;nbsp;y attendre nouueau commandement.Lanfac doques ne fccut pour lâheure tirer autre chofe de ce q.uarticr,fors quelque pain frais amp;nbsp;autres vituailles amp;nbsp;rafraichiffement qui luy furent enuoiez ⢠de fà intMicheî en lâair amp;nbsp;autres-bourgades maritimes en petites barques amp;nbsp;challuppes.Lâvne defquellcsfutprilè parvn galliondcRéà laveuëde lâarmée. Ce pendant il foroma ceux de LâislcdeRc retcuoir ôc reconoiftre commeGouuerneur amp;nbsp;venant de la part du Roy:les exortant ion.mécpar de ncfé point oppiniaftrer en vne chofe de laquelle ils ne rapportcroiêt dans peu de Jours quâ-
vne honte amp;nbsp;ruyne totallc. Et dont les Rochellois ny toutes leurs forces de mer, aquoy ils a« uoient leur principalle attente ne lespourroict garentir. Les priant debien pcncerà kurvrc laquelle ils ne pouuoient autremét garentir quâen le rcceuant: ne par autre voie rentrer en la bonne grace delaMafeflé du Roy. Lequel moicnnantcelaoublieroit le paffé. Et quand a luy il leur promettoit de fa part tout le bon trairtement quâils pouuoient defirer. Celle femmauo fut faite ce mefme Jour entre la Flotte amp;nbsp;faintMartin,mais dâaffez loin.Dâautant que leschaf luppes des Catholiques furet empefehées dâapprocher par vne infinité dâharquebuzadesqui leur furent tirées prcfque premier que les voulloir oiiyr.
Rcfolntioii des Protef tâsdccôba rtc,Lanfac
Divers çonfeilsfe tenoient cependant tant dansles Natures Proteftans que à la Rochelle de ce qui e/loit le plus expedient amp;nbsp;neceflaire en fi vrgente neceiité. Ces Chefs regardans la contenance de LanlacSc ce quâiiauoit'fait depuis fonarriuée; jugeoient quâil ne vouHoit que temporifer fans attaquer leur aimceiains feulement attendre les forces quiluy vicndroiet de Poitou Pour icelles recueillies cnleuerlâlfie de Rc. Laquelle il pourroit gaidcraiféæcnt en attendant les GallcrcsSc autres Nauirespar lefquclsilsaiioienr cfperancedctefietteren peu de temps les Rochellois fe faifir de leur rade. Et côme fou tient les chofes qui font loin amp;nbsp;defqi^lles lâon lé doute, troublent amp;nbsp;esbranlent communément beaucôup plus que celles qui font toutes prefentes au dciiani de nos yeux: Ainfi les forces Catholiques quieftoienten terre amp;nbsp;bien loin amp;: que lâon fçauoit, bien cftrc deftinéespour entreprandre fur les llles:don' noient de tant plus à penfer que la confequence en cftoit grade pour la perte qui pouuoiten fuitiir defditcs lfles qui leur fçroit piejudiciableftirtoutcs atitres.Occafiô qtielcPiinceaiant mis tout ce que dcfftis en deliberation amp;nbsp;beaucoup de raifons difputecs dâvne part amp;nbsp;dâantre fut trouué que le plus expedient amp;nbsp;nccefià irc effoit que leur armée Naualle combatif! faff au plufloft attaquer l'armée de Lanfac fur laquelle la faneur de la terre de cofté amp;nbsp;dâautre amp;nbsp;le Zelle ardent de leur trouppc alfcmbléc de fon propre mouucment amp;nbsp;en fi peu dâheure leur prommettoitauantagcamp; vne bien heureufeyffue. Toutesfois quelques vns defquelsle nombre efloit bien petit.nâcftoit dâauis que Ion hazardaft à ce commencemcntvne telle force de laquelle aliénât vnç perte ou defroute dâicelle,ceux qui refteroict à la Rochelleamp;: aux Ifles prochaines porteroiét rifque de ruyne toute euidêtc.Ioint quâaucuns ne pouuoient bienefpe-rer dâvne armée fi fôudajÿcment affemblcc. Et en laquelle à grand peynefe tcconoiffoitencores ny commandement ny obciffance. Montrans par exemple comâil Celt veu de tout temps quâil nây a plus hazardeufe entreprife amp;nbsp;plus invtille defêcc eue celle qui fe fair tumulniaire-ment,amp; fans ordre.Se femians la au refte que ce feroit bien fait dâattendre plus grandes forces quâils cfperoicnt rccueilltf en peu de temps,quand léNauirc nommé le Prince,quicl!oiiitcn Brouage feroit prefl. Et que aucuns des meilleurs Nauires de la Rochelle qui cfioi ten leur voiagesfur mer feroient de retour Icfquels ne pouuoient plus gucres tarder comme défaitâ auint.Dâautresdifôientque ceux la ne jegardoientquedâvn cofié amp;nbsp;quâdcfioitbicnplusf^' cille à Lanfac de recueillir forces que non pas à eux.'Voire pour peu de loifir quâonluy dcæ petoir de fe fortifier des Galleres amp;nbsp;dâvn grand Naïiire Bafquc queîon fpauoitfeqiiiperpciir ceiE
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cIFeót: Sans mettre en conte que de tous les Haures de Bretagne amp;nbsp;Normandie Nauires powiieus nây poiirroyent venir quand befôin fèroit. Mais comme le combat fur en fin vnani-â '^cment arrefté amp;nbsp;que encores gens fembarquoyêt tant dedans que dehors la Rochelle pour â^piemicrc commodité attaquer les Catholiques jufques au lieu ou ils eftoient à fancre : âoicyfoccafion qui foffrit dâelle mefme pour les releuer de la peine dekalier trouuer. Car I-änfac voiant les choies autrement bafter quâil nâauoit efperé : lans moien de rien entrepran-«IrcfutrifledcRé; moins de combattre lâArmée du Prince qui feftoit faide 8c renforcée depuis fa venue amp;nbsp;à là veue melmes;delrber3en attendant plus grandes forces le retirer. Et quoy SU ilçii feuft,ne venir au combat.Aiant donc fait voille peu apres midy,du leudy fixiéme du U'oysillîngle alfez lâentcment vers Chef de Bayejpendant que aucuns de fes Patacbes amp;nbsp;gal-^ionsfaprocherent de rifle de Ré, comme Fils y eulfent voulu defeendre. Et la coftoient de Pæs, que les vns amp;nbsp;les autres Fentrâentendoient clairement parler. Mais les harquebuza-i^usde ceux de lâille dont toute la cofle efloir garnie,leur firent quitter le jeujquand ils furent ⢠endroit de la poinéfe Semblanceauiqui eft le heu le plus proche de la terre ferme.Sur laqucl-Icyauoit vn petit fort alfez bien muni dâhommes amp;nbsp;dâArtillerie,bafti par le Baron de la Gar-tJelors du liege de la Rochelle. Dont furent tirez quelques coups fur les premiers Nauires fathoüquesrdefqucls aulfi furent réciproquement tirées Canonades fur ceux dudit fort: tant S^ily cneut de blcflez amp;nbsp;quelques cheuauxtuez quivoltigcoicntfur celle cofle. A lâheu-tcmefmequefedecouuroitparle pertuis dâAntioche vneHurquedâEmbden quiefloiten ®arcbandifc. Laquelle aiant eflé reconneuë par lâvne des Pataches de lâArmée du Princc:re-^cutquelques hommes dcdans:qui donnèrent courageau Maiflre de palier fans crainte vers Armée amp;nbsp;fuiure la routte à la Rochelle ou il auoit entrepris dâaller.Ce quâil fit feu rement amp;
Lanfsc rcti rc foil Av mec.
lâArmée Catholique. De Ibrte que à lâheure mefmes,auoir tiré fa voilée de Canona-celle Hurque,de laquelle aufli les Catholiques receurent le contrefehange; Lanfac le ®iten droite route par Antioche pour le retirer dâou il efloit venu. Mais en apparence il ne ®onftroic que ce fofl rejpaitte : Ains lèulcment pour les attirer au largue amp;nbsp;hors la faueur de J^tetre qui efloit poureux, Et qui luyeuflaporté venant au combat,vn tropgrand defauanta-Sf-Câelloitaulfiaquoy Clermont Amiral pretendoitlâatirer. Et pour raifon dequoyiltintaf l'zlonguementlancreâpîc auec les hurques:efperant que Lanlac Foppiniaflrant à la pour-^uittede laHurque dont cy deflus à eflé parlé : Fcnfilleroit de tant, quâil léroit contrainct de fôbattrc à la Rade de Chef de Baye: Ou la faneur des deux pointes fur lefquellesles Rochel-^ois auoient mené quatre pieces de Canon amp;nbsp;bon nombre dâInfanterie ce jour amp;Jes autres Pæcedens; y efperans proffitter quelque choie. Sortant donc Lanlâc par ce pertuis dâAn-tioche: les Confederezfc mirent incotrtinant à lefuiureen queuë.Mais ilauoitlâauantagedu
Wamp;nc pouuoiteflreaproché de pres que par les plus petis Nauires. Car lesHurques tou-tflîforce de lâArmée : outre quâelles font prelântes de boys : auoient leur chargcdelèldu-âjuellâonauoitcu peu deloifir dâenvuider cequiefloit neceflaire, qui les faifoit demeurer tîefarriere: Et par ce moien Lanlâc auoit le choix de côbattre ou de le retirerleurement.il ny â «ut donc autre choie pour ce jour, fors l infinité de Canonades tirées dâvne part amp;nbsp;dâautre
Lns grand befoin amp;nbsp;peu dâeffeél. Dont les Proteflans ne le monftrerent que trop prodigues jufques à la nuid, que Lanlâc fit mouiller lâancre dans le pertuis le trauers de lâinte Marie de ^û.Cequefitau(fi Clermôtà vn quart de lieuë de luy. Lelêdemain au poind du jour,Lan-f^cfngle à droitte routte,amp;fans plus diffimulervers laRiuierede Bourdcaux. Clermontfui-umt le commandement quâil auoit reccu lanuid duPrinceilefuit encores amp;nbsp;tente de lâattirer 3ucombat. Mais il nây auoit moien que les meilleurs amp;nbsp;plus lors 4c leurs Nauires peulfcnt hire:1a moitié du chemin que faifoient ceux de Lanlâc: lefquels Feflongnoient dâeux a veuë âiæil quelque dilligcnce que lâon feeufl faire. Caufe quelesayans fuiuis jufques à la moi-du chemin des Aides de Bourdeaux ou efl lâentrée de la I^uiere ; Clermont retire 'Armée à Chef de Baye laquelle aulfi ne pouuoit longuement tenir lamer pour le peu Aeviurcs quâil y auoit à fi grand nombre dâhommes. Puis chacun fc retira amp;nbsp;furent les Hur-licenciées. Lanlâc neantmoins retournant ainfifafché comme l'on peut croiremclccut , nbsp;nbsp;nbsp;.
Pn». ! T» ⢠⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ r I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lafitac met
wr en la Riinere a caulc du vent contraire, que juiques au Lundy enluiuant quâil rnonra a les gens à ^âye fur Gironde. Ou amp;: à Talmond,Mefchec amp;nbsp;bourgades prochaines,mit la plus part des Sommes à terre,amp; mefines les Gentils-hommes ôc Soldats bien malades amp;nbsp;fatiguczde deux
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jours de niauuais temps quâils auoiêt eu à leur retour.Il feroit malaifé dâexprimer combien le cÅur de plufieurs fut efleué pour cefte retraitte de Lanfae.Comme fi par quelque belliqueux eifort,ilsen euflentraponévnefignaléeviâoire. Ou quâà force dccoups il euftefté contraint fe retirer. Voire cftoit bien auis aux plus fimples que a peine il leur pourroit de long temps nuire.Mais qui eft plus (tant les hommes font couftumiers/cnyurer en la profpcrité voireen la feule aparance dâicelle amp;nbsp;en îaduerfité perdre courage:) lâon nâoioit que Chanfons amp;nbsp;toutes fortes de rifées .Toutesfoisil en auint comme vous verrez,que câeftcômuncmcntvntres-nlauuais augure quand fon chante le triomphe deuant la vidoire^
Le Duc de inefine temps,les Catholiques amp;nbsp;Confederez trauailloient fort à Bergerac près le Roy cici'biæn af de Nauarre pour la négociation dâvne bonne Paix:attendans les Députez du Prince deCon-fertionné Jé qui tardoicnt beaucoup à caulê de la quantité dâaffaires furuenuës les vnes fur les autres à Rochelle tantpar mer que par tcrrc.Toutesfois aucuns ne prenans cela en paiement, difoiét ⢠que cefte longue demeure monftroit affez le peu dâaffedion que ceux de ce cofté auoient â lauancement de la Paix de laquelle le Duc de Montpencier fe moftroit fur tous autres trefaf-fedioné Zelareur.Etmcfmes aflèuroitpar fes lettres quâil efcriuit particulièrement à ceux de la Rochellctqu'il auroit câeft hôneur dâeftre caufe dâvn bien tantlbuhaittc.Les priât y enuoicr au pluftoft leurs Députez .Le Prince ne voulant auffireculler à vn fi faint affaire, y enuoia les fiens.Les Rochellois auffi efcriuirent par leurfdits Députez bien amplemét au Duc de Môt-pencicr pour luy congratuller amp;nbsp;remercier du zele amp;nbsp;finccre affeeftion quâil montroit (conti-Lettresdat nuant Ics arrcs de ceux defâmaifon ) au bien amp;nbsp;reposde ce poure Roiaiime.Pourlequelaua-aVouc^Tc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;difpenlôit dâaucun trauailfâ venerable vieillcfrcîchofê qui le recômanderoit à jamais
Montpen- à lapoftcrité.Lc fuppliaiîs rrcs-humblement dây continuer jufques à vne heureufeyffue.Dont ils prioient Dieu de bon cÅur lui faire la grace-.amp; dâeftre le principal inftrumet amp;nbsp;médiateur dâvn fi grand bien amp;nbsp;tant necefîà ire à ce poure Roiaume.
Armée Na- Or côbien que les Proteftans fuflèntaflèz auenis des grans préparatifs que LanfaefaifoH CathoH* fe 'Bourdeaux,à Nantes amp;nbsp;autres endroits pour remettre fon armce:Si nbsp;nbsp;ce quâil f cbloit quefon
redrefle. en fîft peu dâeftat.Et quad aux natures qui leur reftoiêt à la rade il n'y auoit foldatnemathelot qui fe vouluft affiijetir dây demeurer tât foit peu . Aqiioy ils difoiét ne pouuoir cftre côtraints d autât quâils cftoiét volôtaircs amp;nbsp;fans folde. Vfurp.âs par te moien vne liccce de fótc uaik'dcr^ plailir.Pour aquoy obuier,Ies Rochellois firét diftribuer fomes de deniersauxCapitaæ^^ Proteftans de Marine amp;nbsp;Maiftres de Nauircs pour drefler leurs equipages.Mais elle fut fi petite queîon fe refait, pout'.oit faire grâd chofe.Toutesfois ils cômencerêt dâentendre à drefler lâarmée allezîw rcment,roiitesfois. ür le Prince auoit lôg teps auparuât achepté vn Nauire Bifcain quieftoit en Broüage du port de4oo. tôneaux,lequel il faifoit accouftrer.Mais il nefccut eftreprcftala premiere venue de Lanfâc.Toutesfois il dôna ordre de le faire armer amp;nbsp;munir de bone Artillerie de bronze.afin deferuir dâAmiral en cefte neceflîté:refoki de fêbarqucr luimefmededâs ^unVsieur y ^óbatre fi la neceflité fy prefentoir.Toutesfois côme on cftoit apres,furiiintvn accident dcNcmours quien retarda fauâcemêtpour quelques jours. Aflà uoir laprifedu jeune la Garnachc Neuen du Vicôte de Rohan appcllé par les Proteftâs Prince de Ncmours,fils de la Dame de la Gar-nache de la maifôn de Rohan.Lequel fennuiât à la Rochelle ou il trouuoit fair greffier amp;nbsp;mal difpolc pour fa fanté:feftoit retiré au prin téps en vn lieu nome la larnc diftât dâvne lieue de h Rochelle ou il prenoit vn fingulier plaifir. Mais il nây fejourna pas longuement que ceux des Garnifbns de Tonnay charâte,8lt;: Rochefort nâen fuflent aiicrtis; de forte quâils firét entreprife de féleuer.Ce qu'ils firét aifemét le premier jour deluin.Puis le meneictà Tonnaj Charetc. Dont le Prince amp;nbsp;fur toiÿ le Vicôte de Rohan fon Oncle maternel furet extrememét fafehez pour le dâger auquel ils le craignoiêt de tumber. Aquoy pour obuicrjlâon fit toute dilligcncc de recercher ceux qui le tenoiét prilônnier amp;nbsp;entre autres le Capitaine maifon blanche dâap-pointement amp;nbsp;prandre vue rançon honnefte pour la deliurance du prifônnier. Mais toutes les allées amp;nbsp;venues fen allèrent en fumée amp;nbsp;fut en fin mené à Angoulcfme ou ilfejourna long temps,curieufement gardé par nombre de Soldats.
LePrincc S V R CCS entrefaites le Prince aduerty que le deflein du Duc du Maine cftoit dâalïiegcr n rouage nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;py achemine pour y donner ordre. Ce ne fut fans caufê,ains auec grand proffit que
le Prince fit ce voyage . Car toutes chofes y marchoyent plus que le pas en grand delbrdrc amp;nbsp;confufion. Dont la caufe princippalle fut, fans rccercher les autres raifons aflez aparen-tesgt;
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Qjie tous les habitans dudid Broiiagcauoycnt mcrucilleufcmcntà cÅur que Mi rain- Plainte de âleur Maiftreamp; Seigneur quâils aimoyent fort: euftefté a fapctic comme ils difoyçnt de p'^lues flens particuliers ennemis, chafleauec injure de ccfleiicnnc place. Eteux çon* '^âtmment priuez de fon commandement accouftume amp;nbsp;de (à prcfencc quâils regrettoient
âinient amp;c nâobeïfïo ient comme fon dit que de leures amp;nbsp;par vn exterieur limulé au Com-âMont^ommery que le Prince leurauoiteftably pour Gouuerneur. Duquel ils mon-' âytntaflez ouuenement ne fe contenter pas beaucoupijufques à demeurer fort rétifs à la^ f^spartdefcs commandemens. Et fur tout en ce qui concernoit les fortiffications de la pla-
Its droids amp;nbsp;deuoirs qui leur auoyenteftéimpofez parauant : amp;c le Magazin de viures nitions'que fonyauoit commencé à drefler. En toutes Icfquelles chofes ils fe mon-Pycntde tant plus refroidis amp;nbsp;mal affedionnez,qucdu temps deMirambeau ils lÿi eftoyent Jloyttallcgrementamp;dâvn bon courage. Lâautre occafion bien que particuliere,n à idoit Dîuifôpar-^Mïucoupau Gencral.Voirclcmbloit donner entrée aux Catholiques pour de tant mieux 'ââ¢labout de leurs enwepnfes amp;nbsp;intelligences fur ladite place. ' Câeftoit la diüifîbn Si- mau-Jj^^nicfnagc qui cftoitentre ledit Comte de Montgonimçry Manduca^c: Gefitil-homme ''âfd amp;nbsp;bon politic:lequel le Prince auoit ordonné enfabfencc du Comte pour Gouuer-^'cnBroüage. Ou ilfeftoit tellement comporté,quâil auoit comme rauy les cÅurs non âWntdcshabitansdcBroiiage imaisaulfide tous ceux du pays circonuoyfih qui tous â¢â¢nioyent amp;: rcfpcdoycnt de telle forte quâils prièrent inftammant le Prince de leur lailTer amp;nbsp;'ââfirmerpour leur Chef Si Gouuerneur. Tel en fbmme eftoit feftat de Broüage qui reftoit f'^fijuecommchabandonnéà fheurcquelePrinceyarriua.Et trcf-malfourny deviures amp;nbsp;âââ¢â¢6s choies neceffaires pour Ibuftenir vn hege : Ã^and au dehors,tout le pays eftoit man-S'det le commencement de la retraitte du Prince dont cy deftus cft parlé. Et depuis les CÃ- Soldats Pro ^niesde Fanteriepar leur long feiouramp;vie dcfordonnéejfauoyent acheucde peindre. ââ¢orte que bonne partie auoyent cfté contrainds de quitter leurs maifons amp;nbsp;fe retirer à la ^ââ¢helle bailleurs:polities infolenccs amp;nbsp;mauuaistraittement quâils receuoyent de ces Sol-âââ¢^' Lefquels corn me il ne feft que trop veu par tout le cours de ces Guerres ciuilles ;cou-ââ¢â¢âycDt leurspilleriesjinfolences Si mefchancctcz incroiables fouscouuerture quâils eftoiét â^flezde leurs maifons amp;nbsp;quâils auoyent necclfité de toutes chofes. Somme quâil fombloit ^â¢â¢â¢prement que telles gens euftèntpour lors dénoncé la Guerre a toute modeftieôc honne-'â¢â¢c- Voire q uâils fuffent montez au fommet de toute mcfchancctéieftant leur vie amp;difci-P^Wemilijcaire beaucoup pire que celle des plus mefehan« Si mal-heureux Soldats dont on ââ¢â¢ytjamais pa rler. Pour donques retourner au proposile Prince qui auoit ce fait4c Broüa-ê'engrander ecommandation; y remifttouteschofespaifaprcfenceenaflczbon ordre: y â^bhlfanr po ur Gouuerneur ManducageSc renforça la Gainifon qui y eftoit auparauant de
Compagnies. Puisauoirletoutrecommandéà ceuxdededansamp;bienparticulicrc-ââ¢fflipriéles habitansde faire chacunfon deuoir; 11 fo retira à la Rochelle. Mais premier ^ââ¢âpartir, de Z le Lundy precedennle Capitaine Arnaut auoit efte par luy depefehéauee fon KauirêSi quelques Pataches pour donner dans la Riuiere de Bourdeauxiafîn de rapponer â¢cttainesnouuellcs de f Armée Catholique qui fapreftoit la dedans. Aufti que fon auoit foeu lions des jour precedent, que fvn des Nauires de Lanfac eftoit feula feutrée de ladite Riuiere*
Qui efmeut encores dauantagcArnaut pour le defir quâil auoit de le rencontrer amp;nbsp;combattre à exécuter cefte charge quâil fauoit luy mefme inftâmant pourchaffée.Si bien quâà ce preparé il «icaux. ^ugia ledit jour vers ladite Riuierc.-ou il entra côme il eftoit jour couché.-trouuât 2. Pataches â¢ics Catholiques qui le reconeu rent afîez toft:faifans fçauoir cefte venue de Proteftans à trois Nauires deLanfac qui eftoient à îancredeuât Royâ.Ãntre lefquelAftoitfAmiral defon Ar- tanfaâ^ * â¢Bée nômé laScitietCieft vue forme de fufte leuâtine à tret carré raze à f cau,mais foible amp;nbsp;pro Pfeadefcouuririlequel auec les autresfeftâs mis fur la voille Si leNauire du Capital. Arnaut pcfle mefle âparmy eux;ne fit autre exploit pour câefte premiere récWtre quâvne infinité de Ca-flonades tirées de part Si dâautreife retiras les Catholiques deuât Tallcmond amp;nbsp;Arnaut deuât Royâqui eftoit du party ProteftÃt.Mais pédâr cefte rccôtre la patache dâArnaut cômâdée par vnBafqiie fe rédit amp;tourna cefte mefme nuit du cofté desCatholiqucs.Or la place de Roian îftdes appartenances Si dommaine de la maifon de la Trimouillc petite ville amp;nbsp;Chafteu fort de Royan. ancienafïisfur roc tout à lâétrée delà RmiercdeBourdeaux.Laquelle outrefaflicttenaturelle
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du lieu auoireftéfibieRfurtjfliécipar rartifficeamp;diIligencedcSa^gcon Go^uerncurqul(ie-â puis quatre ans y auûittpwsjours demeure : quâelle auoit porté tant aux prclcns qucprect-dans troubles de grandes pertes amp;nbsp;dommagesaux Nauires Catholiqües entrans amp;nbsp;fortansde ladite Riuiercx ; De fbrte.que Je traffic de.Boutdeaux eftoitpar ce moyen merueillcufcment difficiUeamp;hazardeux.1 Etjors la placeïêtrouuoitenteleftat quelle fembloit bien pouuoir attendre amp;nbsp;Ibuftenir .vne bonne Anflée. Aquoy;aufli Saugeon eftoit bien rcfolu amp;nbsp;/»t-tendoit dans peu de jours dâeftre afliegé.*,.De faid lâArmée du Duc du Maine eftant peu au-parauantpaflèeen Sa.ntonge : queiquesitrQuppestant depied que decheual feftoyent pre-fentéesa. Jâeffarmcuiche julques prez les barrières de la ville. Mais SaUgeon les repouflà promptémçnt.. Et combren quâil euft faid Magazin de vÃures amp;nbsp;munitions en abondance: Si elt-ce quâil aut^ir pout.lors bien peu dâhommes aduenanc quâil fuftaffieg: dont il;donna Tauisau Prince lequely pourije.ut comme vous entendrez. . j in nu-t;;
-/ Est A;N:S'-donc les dcfleiiis des Catholiques fi conneuz quâil ny auoit plus occafion dâen quâils.traua)ilôycat en extreme dilligence à mettrcfus leuf Armée deiner Caiiioü. nâatteodanspiu.s quâvn grajnüNauirÃi^afquedu portode dix cens tonneaux qui fappreifoit pour leur feruir dâAmtra/j; ^yjfeqùe les âCafleres eftoyent prefles à fottir de Nantes pourfe joindtÃi} fut tefolu eivda^rs. Gpnfêils poy r;cefl effed tenUiz. à la Rochelle : quâil talloicconiâ battreifur mefiâMrs quâU njeJeur r.cfloit autre ne plusneceflà ire defence que par la men: leurs Confeii.re fojlt;:e$feflai*s'fi;.petites^u'co5fle de la terre * Ce qui.ne.fê pouuoitfaircqucenarmaiitau plu' ftoit ,;Ie.-plus grand nombre de Nauires quâil fêrojt poffible. Et aucc iceux fans ainrcittcnt Piwteitans attendre pl.üs grand fèc.o.urs j duquel il,nây auoit encores.apparence defe pouuoir aifeurcr: 'fêijeter,eu,mer.ölt;:alletcQbattre jufquesdansla RiuieredeBourdeauxles Nauires de Lanfac:
â 1 î .-If s, - auant que le^Gallcres amp;nbsp;: les autres forces quâils iattendoyent fufîènt joinéfes. Et qiiâentout ⢠â cuenement J J.es forces Catholiques fauallansplusbas jufqucsdeuantBlayeou ailleurs: il leur refteroit encores câefl auantage que de garder fenirée de laditcRiujerc aucc toutefaueiit amp;nbsp;abondance de viures Ãc toutes chofês ncceflaires. Tant à caufè^e Royan ou Saugeon en Confciljamp; auoit taiéf bonne prouifion: quedes Ifles dâAluert, Réamp; Olieton qui leur demeureroycnt 'uquot;Rochc! ⢠llnefutdonc plusqueflionquedâequipperamp; armer Nà uiresen dilligence. Le le pour met Priiice poury aiguillonner dauaiitage ccux qu i ne fembloyent que trop rctifz: fc troutiecn mée'deâ*'^ maifon de ville- Ou en grandeaflcmbléc il remonflreanimculemeiir la ncteflâtédes affaires agitéesdâvn fi grand orage : que lâeffeéf. amp;i execution pour fcuiier, efloit beaucoup plus
requiieamp; neceflaire que aucuns confeils amp;nbsp;deliberations mcfmes fi lentes amp;nbsp;tardifues com-Prmcc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fcigt;'eoioit aflcz fôuuent parmy eux : Qui efloit la chofe la plus dangereufe qui pou-
pouraniincr uoit 3 Juenirctr tcfles affaires aflà illies dâvne telle extrémité. Et qui donnoit occafion a quel-îoLIdrcftr flucs-vns.dc pciifcr quc cela procedoit de la malice particuliere dâaucuns mal affeâionnez a
armée lur mcü
CC p4nyJiçjütâcnnoyent tousjoiirs quelquesrrauedes aux confeils nbsp;deliberations pourde
tant plus et)irçc,uller les cfteôts. Mais aiiBi quâil eftôii bienaflTuré, que Monficur le Maire bon ijotribre de gens de bien la prelens, cftoyét fij)ien relôlus de faire tout bon office amp;(ie-
Le Maire Bobineau exorte le? Koihellois.
Doiren cefte neceflitc, que celakry dotmoii occafion debien efperer à lâaucnir. Et que D 1 E V, en brief ne remift amp;nbsp;eux amp;nbsp;leur ville amp;nbsp;tous ceux generallement qui auoyent cin-b rafle ce party,de celle calamité amp;nbsp;aduerfité prefenté,envn repos tranquille amp;nbsp;bien heureux. Et combien que cela deppendiftfculeinentde la bonté infinie de D i e v: fi eft-cc quâil ne falioit Ignorer que noftre deuoir ne fuft de nous y efuertuer de tout n offre pouuoir. Ety apporter chacun ce quâilauoit de plus rare amp;nbsp;précieux. En laquelle volonté ilauoit trouuc la Nobleflc fi bien difpofée fans y cfpargncr ne biens ne vie ; quâil les prioit defen tenir pour afleurez . Et de leur coà monftrer à te befbin ( comme ils pouuoyent mieux que aucuns autres) la volonté amp;nbsp;puiflancequâils auoyent de confèruer à la poflcritéSc laiflerpourinuio-lable lâhoncur amp;nbsp;louange quâils feffoiét parauât acquife à la defence de tout le party.Lc Maire Bobineau la defl'us,prie eÃ^eneral la côpagnie de fefuertuer à ce coup de tous leurs moyens: fâs vfer de referue que le moins quâil fèroit poflîble: ne perdre courage en Æ cfte aucrfité: amp;nbsp;ne fennuier de tât d incômoditez amp;nbsp;charges fur t harges que la neceflité impofôit.Et que la guet renefèfaifbitpointauccvnpris arrefté de defpence limitée; Au contraire que les frais nâen pouuoiêt eftre taxez nây prefix,ains deuoiêt cftrc faits amp;nbsp;dcfpêdus felô les occurrcces.Au fur-plus leur remôftra en peu de parolles,la neceflité dedreflef nbsp;nbsp;diJligéce vn e Armée Naualle:
Somrne
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Somme({uâapresbeaucoup de diuerfès oppinions il fut arrefté de leuer la fôme de 30. mil li-»tesfurla villej amp;furles Iflcs vnelômme railonnablefélon leur portée. Et laquelle /croit lî'lendemain liquidée en la Conference qu'ils aflîgnerent entre les principaux du païs. Que lesRochellois armeroyent nbsp;nbsp;entretiendroyent fept Nauiresjamp;c ceux des Illes cinq. Sâelfant
dez auparauantla Noble/Iè taxée volontairement pour les fraiz amp;nbsp;contribution de celle
Armée. Et pource quâvn fi petit nombre de Nauircs fembloyent foibles pour lôuftcnir longuement vue Armée Royalle qui fepourroit tous les jours renforcer dâvne infinité de Naui-'«qui viendroyent de tous collez du Royaume: les Rochellois enuoyerent leurs Depu- des Rochel-'5zen Zelande Hollande vers le Prince d'Orenge amp;nbsp;les Ellatz du pays : pour auoir nom-Stedebons gros Nauires Sc entrâ-auires quatre Cromellefucn efpeces de Hus fort propres a ^Guette : melmes dans les Riuieres amp;nbsp;entre les terres. Car ils tiennent peu de lions feslar-giflans pour foullcnir nombre dâArtillerie plus grandes amp;nbsp;grofles quâautres Vaillcaux ttoisou quatre grands Nauires ronds qui pour lors eftoyent à Ermue amp;nbsp;lucufe de Zelande. * Ayanspour cell effeélpouuoir dâobliger les corps Si communiré jufques à certaines fom-
Et outre porter quelques marclïandifès pour fen ayder au befoin enfemble de celles qt'ieftüyenrà Mildebourg amp;nbsp;autres lieux appartenans à quelques particuliers de la Rochel-au Maire Bobineau fur tous qui y auoir les plus Riches marchandilês. Vous verrez ail-
Iturscequi en auint. Sur ce le Prince de Condé vn moys auparauant auoit enuoyé en Hol-'ândejâlsle'fvn de les Maiftres dâhoficl homme fubtil amp;nbsp;de grande négociation tant pour affaires particullieres que pour palfer par Angleterre y recouurir fi polfible eftoit quel-'luesdeniersamp; autrement negotier au proffit general. Depuis la Perfonne fut enuoyé vers IsPrince dâOrenge au mefme moys de luin : pour folliciter ce qui y eftoit encommencé. quâil fit la ôe ailleurs félon fa charge. 1 outesfbis lâon à aftèz conneu à la fin combien en
â¢'îtemps la crance des grans eft petite quand les deniers qui femblent le nerf de la Guerre ne 'quot;îrchent deuant.
Des le uint-deinWéme Jour de luin lâArmée Catholique conduidle par le Duc du Btouage. ^aine, arriuadeuant Broüage. Etfeftanspour la plus part logez dans le village dâHiers fliftantdâvn quart de lieuë delà ville donnèrent de furie contre la Contrefearpe. Mais ils fu-'tntarrellcz plujloft quâilz ne penibyent par les Proteftans qui fortirent à lâe/carmouche, amp;nbsp;^^sayans rcpoulTez julques dans le boys : le logèrent dans vn Moulin à vent diftant de trois
Lâarmée
pas de la ville ou a grand hafte fut faidle vnc petite tranchée auec refolution de la gar- , amp;nbsp;ne le quitter quâen vn extreme effort. Le Capitaine lauriguiberry Bafque^ entra en gîtde continuant de Jour a autre lâcfcarmou ehe contre les Catholiques lefquels feftoyent gangncHy logez amp;nbsp;accommodez dans le boys dâHicr.s amp;nbsp;bien toft apres retranché au fort des Italiens ænfiappcllé pource que pendant les trofiéfmes troubles le Comte de Coconas amp;nbsp;fes troup-
Catholique
ersè\ Ce loge
Iraniennes ( qui pour lors eftoyent dans Broüage) lâauoyent faidlfaire. Lequel ils gagnèrent ay/ement pour nâauoirefté relcué,nc autrement fortiffié depuis ce temps. Or
1 'lifefort des Italiens fur le chemin dâHiers à Broüage entijc le boys amp;nbsp;Moulin fufdit amp;nbsp;nâeft tout cc grand chemin que comme vne chauflée de fables aiansdes deux coftez Marais fâllans deforce que ce lieu eft fort aifé à garder.
Defeription de Brouage Ion cémen cernent amp;nbsp;accroifl'c ment.
G R pour repre/ênter icy cefte place amp;nbsp;fôn affictte.Câeft vne petite ville de feptante à qua-'fovintspas en carré nommée laco-polis du nom de fon Fondateur laques de Pons qui en-''ironrAn mil cinq cens cinquante cinq y fit ediffier les premieres mai/bns : amp;nbsp;diftribua les places pour y baftir. Ce qui fe faiôl à grande difficulté pour nây auoir fondement folide amp;nbsp;af-eftant tout ce Riuagcvn Marais lequel par fucceffion de tei/ips à uoit cfté couuert en endroit de fable,cailloux Sé autres matières que les Hurques amp;nbsp;autres Nauires feptâtrio-
â â3ux( qui viennent la en grandsFlottespour charger du lêl) defehargeoyent de leurs Naui-'«â¢Tellemétque cc lieu /cmble auoir cfté conquis fur lâeau qui pajlt;uât couuroit toute la pla-'tamp;cncor de prefent en hyuer amp;nbsp;durât les grades Marées les rues amp;nbsp;bas des maifos font tous pj«nsdâeau. La Riuiere ou brasde mer qui court le long de la ville fappclle Broüage,à caufe Rroi'iVgc^'^ ® vneancienneTour nómée Brou qui eft deux lieues plus haut dâs la terre.Lâétrée eft faine amp;nbsp;â''n des meilleurs Hautes de la Guiéne pour les gras Nauires qui y font à la bry de tous vêtsamp;
Jours en flot.Elle entre j. ou 4. lieues dâs le pays de Saintôgé vers fOriêt amp;nbsp;à de largeur Jsporrée dâvneharquebuze cnuirôrjéc dâvn collé amp;nbsp;dâautre de Marais /allas. Vers ÃOccident
AAaa iij.
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eft rifle dâOilcron fertiUe à merueilles à deux petites lieuës de traiierfes. Toiitesfoisccnâc-ftoit rien ou bien peu de choie de ccfte place lors que enuirôlcstroifléirncs troublesjMiram-beau amp;nbsp;autres Confederez faduiferent de la faire fermer de petites tranchées amp;nbsp;pallfiades faites la plus part de planches de Sap amp;nbsp;Mats de Natures remplis par le dedans de gazons terre amp;nbsp;petites fafcines Qui eftoit lâeftat auquel elle fut trouuée lors quâapres la bataille Montcon-tour laKiuiere Puyraillecn chaftà les Proteftans contre le retour dciquels il lâaccommoda beaucoup mieux queparauant Sc jufques à lept mois apres qu'ils lâaiflegerent par mer amp;nbsp;par terrefüus la conduiéte du Comtede la Roche-foucaut dtifunt. Et en moins de douze jours contraignyrent iJorience amp;nbsp;Coconas qui lors commandoyent dedans de leur rendre la place par compofltionfautede poudres amp;c autres prouifions comme jâay dit ailleurs. Encores quâils lâeuflent grandement fortiftiée amp;nbsp;quâil y euft huid Compagnies de François amp;nbsp;Italiens bien compledes. Depuis la Paix Mil cinq censfoixante dix Mirambeaii pendant les
⢠deuxannéesde Paix, print tout ion piaifir à donner les places poury baftiramp;y recuillira-ucc tonte faueurteux quideliroycnt fy habituer: Commençant lors à la faire eniiironner du coftédâYers dâvn bon fofte daiîs lequel le peut mettre amp;nbsp;öfter lâeau quand lâon veut. Mais ceft ouurage interrompu par la venue du liege de la Rochelle il fut quelque temps aptes amp;nbsp;mcfmes durant les années Mil cinq cens lôixante quatorze amp;nbsp;foixante quinzefi bien acreu amp;nbsp;dâartiffice amp;nbsp;de trauail par la pKcfenceaftiduellc de Mirambeau ( quiauoit en celafy bien, gangné les cÅurs non feulement de fes fcbjeds habitans dudid lieu : mais aulïi des lflesamp; pays circonuoyfins quâils ne fuioyent aucun trauail ne peyne pour ennoyer ou vaquer en per-îônneauxfortifficafions) que le lieu fut lors reduid en vraye forme de ville; fermée de tous coftez dâvn bo rempart amp;nbsp;murailles garnies de flancs amp;nbsp;Rauchns neccifaires amp;nbsp;bien ordonnez aucc bon nombre dâArtillerie. Or eftant la place dâvn fi petit commiencemcnt parue-nue en peu de temps en tel eftat »quâelle Icmbloit ja maiftriferfur les Ifles amp;nbsp;pays prochain qui ne dependoyent que de la ; Ceux de la Rochelle à q ui telle fortiflicarion auoit pieu au commencement: monftroyent en apparence quâils euflent bien dtike quâelle euft eftéplus loing dâeux. Comme prefageans le mal quâils en ont ja fenryamp; qui peuteftre leur pourra tourner à plus grand dommage. Dâailleurs tant les Catholiques que Proteftans lâentrant defirée chacune fois quâils ont prins les Armes: quâapres pulfieurs allées amp;nbsp;venueslescho-fes fe font ponces jufques icy comme vous auez veu.
R E T Q V K N A N T douqucs 311 ficgc de Broüage il y auoit dedans feize Compagnies mal Fantcdei co^npfot^s Si pcu fournies de viures amp;nbsp;munitions. Toutesfois tant que le paflà ge fut litre Pioteftant pat la mcr, il y en entroit tousjours tant de la Rochelle que de iâifle dâOlleron. Mais en à pe-roun^'Ãrüu ïfte quantité queîyftucamqnftrc combien les Proteftans eftoyent delpourueuzdefens amp;nbsp;^e'dcvi^'* entendement de nâauoir foeu ou voulu durant l'efpace dâvn moys quâils eftoyent Maiftres de âf®*- la mer :munir la place qui ja eftoit afliegee amp;nbsp;battue pat terre de cequiluy eftoit neceffaire. Puis eftant de tous coftez inueftie, feftorcer en vain de paflêr à trauers dâvne Armée Naual-le pour exécuter ce quhls pouuoycnt faire fans danger «auant farriuée dâicelle. Somme que , fix jours feftans paftèzen continuelles efcarmouches deuant Broüage ; En fin la nuiél dix-Lcmoülîde huitième dudit mois les Catholiques donnèrent de furie fur ceux qui eftoyent au MoullinSî gnépafler auec quelquesCanonnadcs les contraignirent abandonner ce retranchement pour le retirer Gatholiq vers la Contrefearpe ⺠jMais bonne partie furent tuez ou pris auant que la pouuoir gangner taine^c?-^ ^u moycn de lâobfcurité de la nuiéf à la faneur de laquelle nombre desCatholiquespaflez par zay. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les marais leur auoiét couppé chemin entre le moulinamp; la ville.En forte que ceux qui fc reti-
roient paflbient à la merofi des Catholiques penfâs rÅcontrer les leurs qui fortifient pour les fouftenir.Cctenuit mefme quelques pataches amp;nbsp;gallions de la Rochelle qui entrèrent dans lariuieredeCharente.Puis effans deuant Soubizeamp; le Vergerou enfondrerent bon nombre . de pain, vin amp;nbsp;auoines qi^ lâon chargeoit pour enuoier au camp. Ce pendât les Rochellois airk mal trauailloicr pour armer amp;nbsp;garnir leur-nauires.Mais la diligêcc efloit bié petite pour la grade aftedionez nccefiîté caufée deîâbition amp;nbsp;partialitéfurucnue parmy les plus gras mefmes.Ioint que ceux Protcibnr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mettoicnt en tel deuoir quâils auoient promis au commencement. Ainsfefeu-
amp;;pourquoy fâs les vns fur les autres,fembloit que aucuns ne fifiet rie quâa regret amp;nbsp;entrâautres ceux d 01-lerô qui fe monftroiet merueilleufemât rétifs amp;nbsp;peu volôtaircs de forte que lâon fut côtraint procéder
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Pâ^ocedcr contrâ-eux plus rigoureufement que Ãon nâeuft voulu. Car ceux des Hies en gene 'älfenibloyent nâapprouuertout ce qui feftoit paflé pour le faid de Broüage S)C ne fy employ-que bien enuis depuis que Mirambeau feftoit retiré : trouuans grandement elhange la âMutation du Gouuernement quâils auoyent parauantaccouftumé. Toutesfois pourfexem-f'w d aller, enuoyerSd contribuer pour les fortiffications amp;nbsp;autres affaires de Broüage: amp;nbsp;âiiflî pour ne reccuoir Garnifon des Proteftans : Ils feftoyent dâeux mefmcs taxez à la fom-de douze cens liures quâils payoient par chacun mois au Prince. Ils portoyent auffi fort 'âââPatiemment le fubfîdenouUellcment mis fus de quarante liures pour chacun cent de fol dc 4o.nù'res ^tilsdifoyenteftrevne planche amp;ouuerture pour continuer le chemina laduenir tant par ^urccntdc
Prince que par le Roy apres la Paixrqui eftoit ce quâils abhorroyent nbsp;nbsp;craignoyent le plus. ° '
hdequoy par le pafle ils feftoyent depeftrez de fi grande peine. Somme il apparoifloit affez ^ttslesvolontcz des plus gros des Ifles, eftoyent merueiJIeufement allienées ( quoy que la plus part abhorre la Religion Romaine ) de ce party amp;nbsp;caufe generale. Et fombloit qu'ils af- ⢠PttalTent couucrtemcnt à quelque nouueau Gouuernement:nefo foucians pas beaucoup qui ttoitle Maiftre pourueu que leur liberté de laquelle ils eftoict pour lâheure grans zélateurs turdemeuraft comme ils la demandoient.
Sâeftans les Catholiques logez dans ce Moulin amp;nbsp;fort des Italiens : commencerentpius ^Uedeuant à faire leurs aproches piedapied drelfansvne infinité de fafcinesamp; Gabions, liquesiut ^tluoyleboysdâHiers leur eftoit merueilleufemcnt commode. Etpource que la porte amp;nbsp;^ontrefearpe d»Broüage eftoyent de ce cofté totallement defoouuerts: les alfiegez commen-tîtent à faire vn Rauelin pour couurirceft endroiél. De forte quâen peu de jours ils fy ac-tommoderent amp;nbsp;fo logèrent auffi dans la Contrefearpe quâils auoyent foigneufement relouée ptes du grand Baftion. Si bien quâils font tousjours gardée jufques fur la fin que les Catho-âtlües lesbattans furieufoment en flanc amp;nbsp;tout le long de la Courtine les contraignent de la quitter.
V H ces entrefaidet les cinq Gallcres fortirent de la Riuiere de Nantes amp;nbsp;paffons entre la ^oche'le amp;nbsp;rifle de Ré : firent leur routte droiélà laRiuieredeBourdeauxle vintiéme du uiequot;ede * Dont laduertiffoment donné à la Roc helle par ceux delà dite lifle : donna occafion de Bourdcaux, â'îfter le trauail encommencé pour le faiél de t Armée Naualle.Toutesfois cefte mefine nuid:
moyen dç quelque tourméte qui ncantmoins fut de petite duréertrois de leurs Nauiresnc Plurent fubfifter à la Rade de Chefde Baye : dont lâvn fut porté à la cofte amp;nbsp;les deux autres ^ontrainéis de coupper leurs Maftz . Tellement que pour faccommoder amp;nbsp;eftancher quelques voies dâeau quâils auoienten leurs fons : il leur conuint entrer dans Broüagc.chofequi ''mi mal a propos pour lauancement de cefte Armée.
L H lendemain matin, nombre de Gentils-hommes amp;nbsp;Capitaines la plus part de la mai-fondu Vicomte de Rohan amp;nbsp;auffi quelques harquebuziers volontaires fembarquerent pour tirer en Broüage. Ou arriuez fo mirent la nuid fur petites Challuppes amp;nbsp;voguans le long de hRiuiere, entrerentà lâimprouifte dans le bourg de Saindluft quâils coururent à leur aifo BroLge. tpresauoirtué plufieurs des Catholiques. La dedans eftoient les Compagnies de Genfoar-^esde Sanfac amp;nbsp;Batreflè .Le Lieutenant du premier y fut tué auec quelques autrcs.Les jours âUiuâs les ailiegez firent quelques autres forties par la Riuiere amp;nbsp;pnncipal/emét à S . Agniam ^Sainctlcan Dangle ou il y eut aucuns de tuez,autres prifôniers entre lefquels eftoiét quel qiæs Comniiflà ircs ordonnez pour faire vente du fol des Proteftans.
S V R ce le Princeauquel il ennuoioyt extremément que le faid de fon Armée tiraft en ^grande longueur: délibéra auec les Nauires quâil auoit prcftgt;, faller monftrer deuanc pHnccamp; broüage : pour encourager les affiegezamp; tenir enceruelle lesaffiegeans. Pour câeft effed embarqué fur fon Nauire nommé le Princc,attenditlelongdu jour amp;nbsp;jufques au len-flfimainmidy que lâembarquement fut faid. Et lors fit faire à la vgyle à douze Nauires follement fiiiiiis de quelques Barques amp;nbsp;Pataches auec la plus part de la NobJefte amp;nbsp;plus remar quez Soldats de la Rochelle. Ces Nauires eftoyent bien guarnies de bonne Artillerie, nom-tæ dâharquebuziersamp; Mathelots fuffilânts:la mer eftoit bonace pour cejour.Et mouilla 'Armée du Prince à la bouche de Broüage. Mais bien au large pource que ce nâeftoit fon Vrince lt;ie-«leflèin de faire la long fejour. Auffi difoient aucuns quâil euft mieux valu nây en faire point Cutout, Mais fingier droit à la Riuiere de Bourdcaux comme il auoit efté premièrement
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-ocr page 754-Juin, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
* aii'cftc. La veuë de celle Armée ncanrmoins resjouït fort ceux de Broüage: aiiec les propos pleins dâa(ïcuranceamp; bóne promefle que Clermont Admirai de 1 Armée auoit teniisà Man-ducage de la part du Prince, qui ce foir mefineluy auoit enuoyé gens pour lesaiiertirde la bonne volonté amp;: refolution en laquelle tous ceux de lâArmée cfloient dâaller au plufteft trou uer lâArmée de Lanfac julqucsdansla Riuicre. Prianslesaflîcgez de faire deuoir de ce colle . Pource que le Prince les elperoit garentir detout ce quâils pouuoicnt craindre du collé de la mer.
L E Duc du Maine cependant felloit deflors logé en vue mà ifon feule amp;nbsp;à îefeart némee la Guilletcric. Laquelle aflife au plus haut de la petite montage du boys Diers: elloit fort propre pour le logis dâvn tel General. Comme pou liant voir de collé amp;nbsp;dâautre non feulement Ion Armée: Mais aulîi vnc bonne partie de ce qui pouuoit ellre fait dansBroüage.Et outre ce defcouuroir au long amp;nbsp;au large fur la mer. Depuis la venue de lArmce du Prince, le Duc du ⢠Maine, Puygaillart, du Lude, Bcllcuille, Ruflec, amp;nbsp;autres plus lîgnallez de lâArmée Catho-lique,fe trouuoicnt ordinairement de jour amp;nbsp;denu'iôtcn leurs trachées Scaproches qu'ils dil-ligcntoientauec vn merueilleux trauail grà nsartifficcs.Ceux d'Olleron aulTi fournilfoient cependant quelques vins amp;nbsp;raliailchificmens aux Nauires du Prince amp;cniioioient tousjcurs quelque chofe dans Broüage Si mcime de leau, Car il nây en a point plus pres quâYers linon que en deux Cillernes qui ell peu de chofe.Et pour l'efeorte de ceux qui pallbicnt dâOlleron audit Broüage y auoit deux moiens Nauires dellllc mouillez dans le courant dâOlleron.
dequot; rX'^ce vint-lixieme Iuin,le Prince délibéré fuiuant la premiere refolution dâaller trcuucrîAr-nauaiie des méc de Lanlâc dans la Riuiere:alîn dâempefeher que le grand Nauirc Bafque qui elloit prcH ^oura^FcV peuft joindre.Si quâauec dix-fept Nauires amp;nbsp;prefque autant deChaluppes amp;nbsp;Pataches,for-dans la Ki- tit par le permis dâAntioche qui ell vn Canal de trois lieues de large faifant Icparatiô dcslfles Bourde'aux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâOllcron.Mais tout ce jour la mer fc treuua calme,pouflâée toutesfois dâvnbienpc-
' tit vent lequel le rafrechiflânt fur le loir : en fin amp;nbsp;lîirla my nuiéllê tourna comme en tour-rische. quot;nbsp;mente. Non toutesfois que le vent full du tout li contraire à la routit de la Riuicrc de Bour-dcaux,quâelle ne fe peut felon îoppinion des Mariniers amp;nbsp;Pilottesaucunemctparfaire.Tcu-tesfois aucuns des plus grands prez du Princc:.foit quâils fulïcnt tourmentez du mal non ac-coultumé de la mer: foit que dez le commencement iis nâeuflent approuué ce voyage amp;nbsp;en-treprife : le dilfuaderent le plus quâil leur fut pofliblc. Tellement que le Prince qui nefe trou-uoit aucunement mallade, condcfcendità fontrelgrand rcgretaleurauis:amp;ceà lheure que îon elloida bien an large amp;nbsp;comme a my trauerféc de fille d Olleren amp;nbsp;des Alîrcs de Bour-dcaux.Ccla toutesfois ne fut fait fans grâd debat amp;nbsp;cauladepuis grans murmures amp;nbsp;Irniflres oppinions de pluficurs:jugeans deflors la plus grande partie de f Armée,quc fon auoit fait en cela vne faute fi remarquable: que grand mal ne pouuoit faillir de leur en arriucr.Car le grand Nauire forty du palfage qui ell vn Haute à feutrée de Bifcaie entre Fontarabic amp;nbsp;S. Seballien entra aifément accompagné dâvnc feule Barque dans la Riuierede Bourdeauxamp;fc joignit fans rencontre à f Armée de Lanfac le zy.duditmoiscnuironleMidyià fheurequeîAimec Protelîantc pouuoit eilte au mefine endroit pour le rencontrer lî le voiage eull forty effet félon quâil auoit elle arrcllé. Mais f Armée du Prince ayant rclafché celle nuid: mouilla îancre Entreprife le lendemain à fille dâAix: petite Ille inhabitée a my trauerfée de la Rochelle S.â de Broüage rompue amp;nbsp;qu receut plulîeurs aduertiflemens de ce qui fc palïoit dans la Riuiere de Bourdeaux par le pourquoy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rochcllc.Mais cncotes que le Prince le retirall de lâArmée auec les plus notables
Le Prince à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cfl-ce quâil ne voulut permettre que les autres milicnr pied à terre : Au contraire
la Rochelle Ics pria dâclpcrer vn petit nbsp;nbsp;attédre fô retour qui feroit pour le plus tard dans trois jours.TôU-
amp; lâoccafion tesfois la tourmente continuant les jours cnfuiuahsila plus part des Gentilshommes qui nâa-uoient accouHumé telle danfe amp;nbsp;branlement,defccndoient pour fe rafrefehir les vnsenOlle-ron les autres en Broüage^ diuerfesfins.Cepcndant les efcarmouchcs elloicnt ordinairesde-dieTdcuanc Broüagc.Car celloit a qui furprandroit Ibn Compagnon par le moien des chemins tor-Brouage. tus amp;nbsp;finucux de ces Marais,dans lefques le faifoient telles ataques, efquelles ne fe pouuoicnt tronuer les gens de Cheual.Lc Dimanche dernier luin fut entièrement emploié depuis midy jufquesau foir cncesefcarmouchcs.Ou fnrcni blefïcz quelques Capitaines desaffiegez mef mes le Capitaine lauriguiberry qui peu de joursapres en mourut à la Rochelle.
C E mefmc jour au matin,Clermont Amiral dcfarmçe; tint confcil auquelaiant appellé les
-ocr page 755-Capitaines amp;'Maiftres desnauircs/enquiftdâvn chacun dâeux particulicremét delâcHat * force de leurs Nauircsamp; equipage. Et pource que la plus partfoplaignoitdupeudevi-munitions qui efloientaufditsNauircs; auoir feeu par leur rapport ce qui leur eftoit quot;jcelTaire en enuoia lâeftat au Prince amp;nbsp;au Maire de la Rochclle.Et fut trouuc cfpluchant les ^quot;ofes par le menu que celle armée couftoitpar chacun jour douze censliurcs. Puis apres .............
Ce que conf toit lâarmée
J'Icmiont fit mettre à la voille amp;nbsp;alla mouiller lâancre plus prez de fembouchure de Broüa-
de douze Nauires quâil auoit: car les autres auoient efté enuoiez de ça amp;nbsp;de la félon le il en fit auancer deux qui mouillèrent fi pres de la colle quâil leur fut ce mefme jour quot;'^uelquesCanonnades.
^îugeô fe votant deliuré du liege quâil attedoit amp;nbsp;auoir enuoié vne barque chargée de qucl-J'^^viuresdas Brouage lepremierde luilletamp;euauisquelesCatholiquesfeftoi^logez âSaugeon fortit la nuit de Royan auec troupe de gens choifiz.Qui chargèrent fi courageule-'quot;entdeux compagnies de genidarmes quâil en demeura de morts amp;nbsp;de prilbnniers près de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
^quot;quot;luante. Entre lefquels fut la Guifche amp;nbsp;Qutlus fauorits du Roy. Mais à fa retraitte il fut prâr, nmerâ' 'ââ¢enicntchargé-.de forte quâil perdit quelques hommes amp;nbsp;entrâautrets vnlicn frere qui y de- parSaugeô. Jeura; amp;nbsp;lâautre fort blclfé depuis fut porté à la Rochelle. Ceux de la garnifon de faint lean ^ngely portoictauflïinfiniz dómages à Ceux qui alloient amp;nbsp;venoié tau câp.Car ils fortoiét Défaite du ^'four en jour à grolfes trouppcsamp; le difpofoict en diuerfcs enbufeades cfquelles lesCatholi-^â'scftoientfouuentattrappez. Voire fi loin de ladite ville que Palaizeau tué,là compagnie J^'^heuauxlegiers fut défaite à lâint Cibardcau. Aucuns mefmes amp;nbsp;quelques foiscroilezà Couifi« Jô-âCatholique: donnoient jufques au de la Poitiers voire outre la riuiere dcLoyre pourattra-iâ^'^'inelque riche butin.Dont iis paioient le tiers à la Caufe du General qui eftoit puis apres fedetez, ^âââploiéauxfraizplusnecelfairesdela guerre.
Cependant les Catholiques trauailloient en extreme dilligence à faire leurs aproches de-^'ââtBtoüage,pour drefferleursbatterics.Aquoy Puygaillardfe monftroit fi affeélionné quâ- commence âââefuioit aucun trauai^ne jour ne nuit.Tellement quâils fapprochoient tousjours pied à pied ment de bac lacontre fearpe. Enquoy le fable aifé a remuer,leur aidoit beaucoup plus que le nom-
â'c de pionniers quâils auoient. Si quâauoir mis cinq pieces en batterie près le moullin amp;nbsp;à ^'^ftédroit de lafortie delà Vi i l e: commencèrent à tirer quelques Canonadesdes *âdianc treizième luillct taftant la courtine amp;nbsp;parapet du rampart: ils continuèrent celle bat-lentement plus pour tcfmoigner de leur dcuoiramp; fommer Lanfacde venir promp-â^'^ctauec lâarmée de mer pour boucher lâautre auenuë de Broüagc,que pour aut^ fin. Car
du Mayne eftoit allez fafché de la trop longue demeure de Lanfac. Lequel il folicitoit heure à autre de venir pour commencer à fonder les alfiegez tout à vn coup amp;nbsp;de pleine fu-Lâarmée des Proteftans au rebours le desbandoit fort. Tellement que Clermont pour a-plus necelfaire amp;nbsp;aulfi quelefejour que lâon faifoità lâancre fi pres de Broüage: ne ^cmbloit paslcruir de beaucoup.Au contraire que pour élire tousjours au ven t de lâarmée de t Lâfac que lâon fçauoit deuoir entrer par Antioche:il eftoit bô de le retirer vers la Rochclleamp; bfledeRé:fit leuer lââcre Ictroifiéme luillet.Si quâauoir mouillé lâancre à laPalilTe alla trou-le Prince à la Rochelle pour luy donner auis de ce quâil auoit trouué expedient pour reü-
mettre hors lâarmée laquelle il failloit neceffairement tenir fi prefte, queîon peufl: cô-lââttrc Lanfac auant quâil Faprochaft de Broüage.Toutesfois les chofes eftoiêt fi maldilpofées pour les diuifions amp;nbsp;partialirez que lâon auoit veu entrâeux des le commencement:amp; lefquel-^augmentèrent lors de plus en plus par les finiftres rapports amp;nbsp;faufles imprelfions que an- '
lt;^uns conccurent de ce qui feftoit fait touchant le voiage que fon a»oit voulu faire à laRiuie-â^edeBourdeauxrqueplufieursnâefperoient vn heureuxfuccez dumauuais mefiiage quief toit des le commencement entre la Noblefiè amp;nbsp;les Rochellois. De forte que toutes chofes ne Icfaifoicnt quâen longueur:y eftantplufieursamp;desvnsamp;des autiÿs comme il fèmbloit touchez de peu dâaffeétion. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* â
Surces entrefaites ceux de Brouageaians fait monftre de mil harquebuziersmombreplus ^uefuffifà nt pour confommer en peu de jours les viures quâils auoient: Pource que journelle-nienr ils receuoienc hommes fans vituailles amp;nbsp;munitios qui leur eftoit le plus neceflà iretfaui-ferétdâcn auertir le Princemon pas tant pour ceftefimplc occafiô,que pour mettre en confêil Btouage. ^ptopofer au Prince vne certaine refolution que les alfiegez de Brouage auoient trouée bon-
A A aa iiiij.
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fuillcc i$7 7'
nc:aflauoir de faire defeendre les meilleurs homes qui eftoient lut les nauires pour fe joindre d ceux de Brouage amp;nbsp;tous enfcmblc donner courageulêmenr à lâimprouiftc dans le camp des Catholiquesiaufquels y auoit apparence que fon pourroit donner quelque plus grand cfchec Sc aquerirauantageamp; honneur pour ce quâils nâeftoient encores pourueuz des forces qu'ils netcceurent que long temps apres. Sembloit à aucuns que ce confcilnâeftoit point a rejet« Car de ce qui eftoit fur les nauires amp;nbsp;dansBrouageîon euft peu aifément jetter dans le camp plus de deux mil hommes.-quinâcuflcnt fait peu de choie furceux qui ne pou noient ellre en plus grand nombre. Car il ny auoit à f heure la deuant que le regiment deBeauuois dcdixfept Enlêignes amp;nbsp;celluy des gardes du Roy qui eftoit de douze. Et peu dâautres compagnies. Car celluy deChemeraut eftoit fur les nauires cfquels auflî Strolfy auoit enuoié bon nôbredâhar-qucbifziers. Et dâautant que le pays eft fort auâtageux amp;nbsp;fauorable pour finfanterie:lcsPro. teftansnâauoiét grande occalîon de redouter la gendarmerie Catholique quoy quâelle ne full ⢠gucres moindre que de mil chenaux. loint auflî que la conoiflà nce quâikauoient des chemins amp;auenuës mieux que les Catholiques leur pouuoit donner vn grand auantage.
Lefeptiéme luihet farmée du Prince mouilla a chef de Baye, afinde recueillir plusaile-uaiiTduâ^' ment les H o m m b s amp;nbsp;choies plus necclTaires de la ville.Ioint que le vent eftoit fortpropre Pnnceà pour amener farmée de Lanlà c qui eftoit ce mefmc jour fortie de la riuiere.LeCapitainePro chcfdcBaïc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forty de Broüage auec lôn nauire dans lequel y auoit deux cens hommesfcjoi-
* gnit le jour mefme à farinée nonobftant les canonades qui luy furéttirées à la fortie du haute lâvne defquelles rendit vnze hommes que morts que bleflez. Lâarmée Proteftante fe renforça auflî de quatre nauires Anglois qui ce jour mcfme eftoient arriuez à la rade.Lefquels quoy quâis fulTcnt en marchandifc fell oient toutesfbis bien munis dâaitilleric.TclIcmentquâils fem-
Armée na-uaile des Catholiq. dans le per-tuis dâAntio die.
Année de Lan lac devant Broua se.
blerent propres pour fenferuir apresyauoir mis quelques harquebuziers dedans. Surquoy lâarmée de Lanûc fut dcfcouuerte en mer amp;nbsp;entrer par Antioche au foir neuficme dudit mois Sc mouilla pour la nuit dans leGoullet à vne licuë de chef de Baie ou eftoit celle du Prince.H auoitlèzc bons nauires fuiuizdc deux grades pataches fâs galleres qu^l auoit laifîc des la riuic re. Poureeque à f heure que lâarmée en fortit le vent eftoit bien rudcamp; mal propre pour elles. Lefquelles par ce moicn venans derriere pouuoient cftre combatuès amp;nbsp;prflés par IcsConfede-rez abandonnées de vaifleau ronds. Mais routes chofes feportoicntfi mal dececoflé:qucà ce ftefecondc venue dcLanfac,leurs nauires eftoiêt auflî peu preftsamp; difpofez pourcombatre (combien que lâon lutafleuré dclâheure de fa venue) que lâon auoit efté à la premiere fois. Tcllemciu que cefte nuit femploia pour embarquer les hommes tant delà Rochellequc de port Neuf. Ce qui fe faifoit encores aucc difficulté; pource que le vent ne pouiioit gue-res feruir .Au lendemain fur les lept heures du matin Lanlà c qui ne vouloir que paflèr deuant leur armée pour la brauer amp;lè jetter en BroüagC5fingla droit auec vent en poupe vers Brouage amp;nbsp;mouilla à feutrée du haute hors la portée du Canomfcftant par ce moicn dcliiirédu cô-bat amp;nbsp;rencontre quâon luy euft peu faire en paflat amp;nbsp;logé à feureté au front de farrnéc du Duc du Maync de laquelle a toutes heures il lipouuoit recueillir viures amp;nbsp;hommes a fonplaifir:
Armée du
faififlà nt lors le lieu amp;nbsp;place que farmée du Prince ponuoit premièrement garder aucc toute Prince res' ââ '^mniodîté.Celle du Prince fe tronuantlors de vint quatre nauires amp;nbsp;grand nombre de gal-dâeiïrdcuS^ lions, pataches amp;nbsp;challuppes fuiuit en mclîne heure amp;nbsp;de fort près,les nauires'de LanfaCjmôf ledit Broua- jrant en apparence auoir grand dclîr de côbarrc.Mais toutes choies y eftoient Scalloientprcf-
quâau rebours de bien. Car il y auoit le tiers de leurs nauires qui ne lcruoientqne de monllre. Eftant aucuns mal munis dâhommes amp;nbsp;chofes les plus ncceflaircs.Lcs autres acompagnez de peu dâaffeôlion amp;nbsp;volonté Si que en peu dâheure il fuftailc de juger quel eftat on pouuoit far redâvne bonne partie de cefte armée. Neantmoins le combat fut refolu amp;nbsp;ordonné de la fot-
me dâicellijy. Qui cftoii auflî toft quâils (croient tous arriuez en ce canal de Brouage (cequi Accidenta Ce fit cn mefiîie heure); le^ttaquer amp;nbsp;combatte auant quâils peuflent rcceuoir homes de leur ProtXnsâ année de terre. Mais côme les prières eftoient ja faites de leur collé. Et que les Catholiques mouilhoent lâancre: le Prince Amiral de leur arméefutfi mal gouuerné quâil fefchoüa fur vn banc delâble. Comme auflî le Vifadmiral amp;deux autres nauires des plus puilTans qui demeurèrent la aflâblez Jufques au foir quâils furent mis a flot. Fors vn dâiceux qui eftoit vn na-uireAnglois lequel y fut perdu lâartillerie fauue. Si que priuez par tel accidentauenu faute de la conduite des Pillotes dâexecuter leur deflein amp;nbsp;fuiurc de plus près leur cnnemyrratmee demeura
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'^fmeiira la à demie liéuë des nauircs de Lanfäc jiifques au lendemain fur le midy,qiie fon fa-pfocha pluspresjâvn de lâautre amp;nbsp;lors les canonnades ne manquèrent ny defvn ny de 1 autre
L'entrée de ce Canal amp;nbsp;emboufehure du haure de brouage,cfl: fort eftroite fimeufe pour Defcriptîon Jts bacs de fables amp;nbsp;vafes qui y font de collé amp;nbsp;dâautre.De forte que lâô nây peut entrer ne lor- ''â'anal de par certaines marques de gaules que les mariniers du pays enfoncent fur la terre quâils
âPpellentballifes.Encores yell le cours de lamer affez violent :car il ell prelfé de battures amp;nbsp;^witonné de llfle dâOlleron amp;nbsp;autres terres non lointaines. Ainfi ces deu x armées mouillerët ââdedans amp;nbsp;en fi peu dâefpacc,quâil eftoit comme du tour impoflîbic dâentreprandre fvne fur fâutre quâauec hazard dâeftre mis à la colle ou autrement alfablé fur les bancs.Ce que IcsCa-Miques ne ponuoiét tant craindre quâeux à qui il ne reftoit de toute celle colle que bien pe-
entrée dans le haure. Laquelle leroit encores bien difamp;cille à tiouuer en telle extrémité.
cefut tenu cofeil parClermôt qui y appella lesCapitaines de lâarmée,de ce quâil elloit de â¢
amp;ite.Ou aucuns aiâs propofe quâil leroit bon dâvlcr de qlques artifices de ffeu pour brufler les quot;âüiies de lâêncmy dót aucuns fe faiioiét forts : fut auilc du moicn amp;nbsp;de la façô qui fut dâêpiir ^Uâtre moicnnes barques de fagots, roufines, gouldrons Si autres matières fcches amp;nbsp;ardentes ^1« auoir attachées de trailers lâvne à fautre aucc cables bons cordages en telles amp;nbsp;fi gtâ-
diftances quâelles peulfent aifément embralïèr la proue des natures Catholiques(c hole ai-^'îpitcc que tousjüurs vn nauire tient fa piouc droit au vent contre le flot) amp;nbsp;les nager auec ^^slqucs challuppes les plus pres des nauires.Aquoy la faueur des tenebres de la nuit donne-
grand auantage.Puiseflans alfez pres mettre le feu dans ces artifices amp;nbsp;lailïer aller ces bar Wsfurvncommenccmët de flot.Lequel pource que la mer feroit balle Sc les bancs delcou-'''tts : ne fau droit à les porter Si conduire par le mitan du canal amp;nbsp;auec lâaide du vent qui
lorselloit propre à celle cntreprilè à fe melier centre les cables defdits nauiresamp;f leur donner beaucoup /dâaffaires. Ce C o n s e i l trouue des meilleurs fut cefoirmcmesex-^'â¢léfelon quâil auoit eÃé relblu. Et bien quâil-nây eull que deux des barques pleines dâarti Artifires de ^ocquifortillcnt effer-.Si ell ce quâil y eull vne grande allarmc Si fraicur en lâarmée dtLanlâc.
Ltcotnme ilny à hommetant affuréqui ne fcsbranlcjquand il furuicnt quelque nouuclleté: vfercnpour ibfurêt aflëz cfpouuêtez de ces feuz,pour fc garctir dcfquels laScitie fut cotrainte quiter ca-lâIosSc ancrcs:amp; fauallea dans le haure à la mercy dâvnc infinité de Canonnades Si forte feo- Cathoiiq. Poterie des aflicf^ezdefquels dcceuz dâvn llratagemc que leur jouèrent ceux de ce nauire qui â¢^fioient tout haut quâils fc redoient: laifferent aifément palier ce vaiffeau.Lequel igoienant là 'iteffé Si foudaineté du flot fut bien toll porté plus bas que la ville Si hors du danger de leur ^ânon.Toutesfois les affiegczentreprindrent le lendemain de lebrullcr. Mais en vain; Car la Soitiefellanrbi égarnie dâhômesamp; de munition; femit à la voille amp;nbsp;faualla encores plus bas.
forte que nây pouuâs faire autre chofe ils drefferct vne palliffade de malls,cablesSc nauires onfondrez à lâentrée du haute pour empefeher quâelle ne repalïà lt la nuitamp; le joignit à îarméc Larainfi Clermont leur auoit mandé les prians d'y auoir lâÅil fur toutes choies. Pource que ^oferoit autant de diminution des forces de leur armée laquelle îon elperoit combatte en peu ^ojours.Toiitesfois comme 11 auient fouuent que lâon rc5:oit plus de dommage de ce quâon *^raint le moins la demeure de cenauire dans ce canaRporta depuis durant ledicge plus de dô-ââââgeauxaffiegez que de proffit: pource que du collé de celle riuiere ils ne peurent plus re^ '^îuoir aucuns viures ne rafraich ilfcment corne ils auoient parauant accoullumé.Au lendc-ââââin ceux dâOlleron donnèrent auis par vn grand lignai de feu qui leur auoit ellé ordôné: de callcrcs, lâvenuë des Galleres lefquelles pour fe joindre à leur armée,eftoift ja entrées dans le permis çhafïees yar ^sMaiimuffon, Clermont lors depefehe fix nauires,amp; douze tant barques, gallions quepa-^chesbien garnies dâharquebuziers pour leur aller au deuant. Lelquels rencontrèrent ces ^â nqGalleresfeulles venansà forcede rames prelquâau millieu dirpertuis. Ce canal de Mau-'quot;uflbcftvn pallagebien dâgereuxpourvneinfinitédebâcsamp;là olenouueaudontilellcou pcuuis deâ quot;«t il à deux lieues delongamp; vne de large failà ntleparation des Illes dâAluert Sc dâOlleron. Maumunon Seftantdonques lesvns amp;nbsp;les autres rencontrez la dedans: les galleres ne voulant attendre: nuis vogant à grande puilïà nce contre vent amp;nbsp;marée; lôrtirent de ce pertuis. Duquel fellans p3rées mirent hors leurs trinquet amp;nbsp;voile latine .Si quâen peu dâheure fellongncrent des Pro-'dlansqui louuoians dâvn borcfurîautrclcs fuiuirent jufques fur la barre qui ell la fortie de
ce
-ocr page 758-lui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;LâHISTOIRE DE FRANCE.
ce canal vers la grand mer.En fin voians quâils nâauoicnt pastreccu comandement defe mettre plus allant en mcriilsdcfifterent de lesfuiure dauantageSc retournèrent le loir mouillerâ lâarmée apresauoir lailïe trois nauircsà la rade de MaumulTon Si au Courant d'Olleronipouref-tre tousjoursfur le chemin des Gallereslefquclles fc retirèrent au longdelacoftc dâAlucrt attendans nouuelJes de ce qui leur feroit commandé. Le jour amp;nbsp;autres luiuans, ne fe fit autre chofeicombien que ces deux armes fuflêni encores plus proches quâau parauant.Fors vue infinité de canonnades qui furent tirées Si quelques efcarmouches des gallions amp;nbsp;patachcscha-cun à lafaueurdefonauantage. Toutesfois les Proteftans tcnoientlacampagncjdclamet amp;nbsp;alloicnt quérir les barques amp;nbsp;vieux nauires aux rades plus proches de leur camp,pour fai-re des artifices de feu par cils aux prccedens. Auoient aulfi enuoié expres à laRochelle pour en auoir quantité afin de ne donner ou prelcnter le feu en fi petitnombre de barques quclona-uoiefait au parauant.Plulîcurs jours fe confômcrent en attendâs lâexecution de ces chofesqui ⢠fc faifoient en bien petite dilligence. Et aulfi que aucuns auoient mis en auantdâacouftrercn Ibrtc deux gabarres plattes quâó y pourroitmettrefur chacune vn canon pourfen aider quad beibin lèroit contre les nauires des Catholiques. Qui fut neantmoins vne chofe de laquelle on ne feeut voir aucun effet.
LesGallcres ce pendant auoir reccu cômandcmét dC/fè joindre à quelque prix que ce fut:en ?ensU^Ch3 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Antioche le Dimanche matin quatorzième dudit mois. Et furccClermont
rente. depelchu au deuant quatre nauires aucc fix gallions Si pataches qui les affrontèrent entre îlflc dâAysamp;la bouche de la Charente: dans laquelle jugeans nepouuoir lorsailèmentpalferà trauers leur armée, puifque elles clloient dcsja de fi loin defioDuertes Si pourfuiuies: entrèrent enuiron vne lieue dedans Si mouillèrent lancreà Pierre menue ou elles receiirét renfort dequelques harquebuziers auec auis de ce quâelles auoient à faire. Les Proteftans mouillent aulfi à lâentrée de cete riuicre vne lieue près des gallercs en intention deles enfermer la dedans lèlô que le mâdoit Clcimôt.Chofe toutesfois bien difficillc eftât Le tree de ladite riuierc fi largcSc lêparéedâvn petit Ifict par le millieu.Si que les galleres poufroiêtaifémétnoncbfiat ce petit nôbre de nauires fortir de pleine mer fi on nây failbit bô guet.Toutcsfois IcsProtefiâs demeurcrét ainfiquâil auoitcftécômandéiamp;lelendçmain^auifercnt auoir recuillyquelques forces du gros dcfarmce,dc les aller de nuit attaquer aucc nombre de challuppes.Toutesfois Feuzartifi cefte relblution comme des autres, on nâen vit que le vent. Sur ce on prefentclefeuaux cickamp;ians «auires des Catholiques. Mais comme il fut mis amp;nbsp;conduit témérairement amp;nbsp;mal à propos weeution. auffi rcufl^l il effet contraire eftans aucunes des barques portées à la colle loin des nauires amp;nbsp;les autres deftournées par les pataches de Lanlà c qui preuoians ce que delfus, fc tenoient la nuirau large de leurs nauires.Sômequef'ordreamp; coduitedcfarméeProtellâte eftoitfipo-lire amp;nbsp;les plus grans eftoicntprefquetant diffcrensdcvolontcz Si oppinions auec telledif-crépancc dâà uis en tous les confeils: que îon en fortoitla plus part du temps fans aucunerc-Mauuaifc folution. Lcs principaux Capitaines Si plus fuffilà ns en telles alfaires fc plaignoient qiiâilsef-conduite en foicntmoins efeoutez. Ceux deslfîes pouflèz dâambition amp;nbsp;jalouficilc voulloient faire val-Proteftante loir amp;nbsp;fcmbloit quâils afpiralfcnt quelque preeminence amp;nbsp;autorité fur tous autres en matière deconfeildemer. Voullanstousjours quefon deferaftà leurs oppinions. Et par ainfi îvn en defpit de lâautrcjlê difpélbitde dire ce quâil trouuoit le meilleur amp;nbsp;plus necelfairepour le fait de cefte armée: confequemment fe licentioit du deuoir que Clermont pouuoit cfperet dâeux amp;nbsp;dequoy il les prioit inftamment luy donner auis fans lequel il proteftoit tcusjoursnc voulloir rien'faire. Dâautre cofté les foldatsSc mathelotsfê donnoient vue trop grande licence amp;nbsp;fur tout ceux des lflq|. Car il les falloir prcfque garder comme forfâircs vne bonne partie des mathelots du pays.Lcfquels fc dcsroboict à la premiere cómodiréamp; fc retiroient enOl-leron amp;nbsp;Aluert. Defbrteque la plus part dcsnauirc.s amp;mefmcs îAmiral demeurèrent fort mal garnis dcmathelots qi^ eftoit neâtmoinsla chofêplus neccffaire.Et difoiét pluficurs que beaucoup de cefte armée leftans accouftumez depuis fept ou huit ans, à geufter les gains amp;nbsp;proffits de la marine par les congez qui leur auoient efté donnez Si encores fe donnaient tous les jour.s de prandre Efpagnols,Portugais,italiens, François amp;nbsp;autres ennemysdu party.-fulTét deuenuz en lieu de bons combattans par terre,gens' de mer non feulement diftoluz amp;nbsp;mal o-beiffans mais peu affcélionnez au combat fut en fvn ou en lâautre. Ce que difbicnt-ils, Epa-minondas empefehoit fur tout le plus quâil pouuoit,quc ceux defquels il auoit à fe feruir pat terre
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terre ne fuffent longuement empefchez à courir fur mer;crainte que ie^ouft du profit amp;nbsp;dâv-»Clicence eifrenée^ne les rendiit en fin rant fu jets à eux mefinesamp;fi cflongnez du vray deuoir lt;le foldat:que fon nâen peut tirer Je fèruice nelobeifiance requife au bèfoih.Or Cela ne feft que trop veu amp;nbsp;pratiqué en celle armée. Sur ces entrefaites Clermont pria le Capitaihc'la Treille pour lâexperience quâil auoit de nager,dâentreprandre dâaller en Brouage pour 1^ 11 dir iâefiat lt;i«affiegezamp;: le principal dont ils auoient befoin. Aquoyla Treillefy eftant de lay mefinc offert aflez dâautres foisdl y entra cefte nuit mcfme rapportât Je lendemain lettres de IVIâdqca-gttpleinesdâalfeurancedu bon voulloir que petisamp;grans auoient âla defence de Ja place amp;nbsp;Httilsefperoientquefenncmy negangneroitgucreslur eüXéJVloiennantaufficequelaTreil-loauoitchargc de dire de bouchejque Ion euft mémoire de les fecourir a ce beJbin de ce qui gt;nbsp;^tirmanquoit. Et mefme de mefchCilaquellc leui fuit bien toflpottéeparJaTreilJcamp;au-ttesquâil guida la dedans auec peyne amp;nbsp;Jiazard tqutcsiois.
Et pour autant que Ton parloir lors diueriément 'à la Rochelle fde ce qui (è faifoit en celle 3rméc; trouuans aucun s bien eftrange que fon nâtull; jufques à loi s combatu. E les autres ta-ât3nsoiiuertement(comme à calomnier vne multitude ne veut ny preuue ny tefmoin)Jes prin - Rochelle cô ^â pauxdiâicelle ou de lafeheté ou de certaine prà tiqiie'fecrette fans toutesfois aucune apparë- «te
Prince voiant queTh.-nneur de la NobJeilê quielloit en cellearméejeftoit princippalle- ârnedrifa â ttetpeualTez refpeélé'par ce peuple qui luy imputoit la faute de tout ce qiii Ictoit fait jufques uoir com datsjcnuoia Monguion Baron de Montendre vers Clermont. Lequel arriué alarmée fit phinte publique des bruits amp;.murmures que aucuns mal apris amp;nbsp;lêditieux,failoienr courir Ã
Rochelle au grand deshonneur des Gcntilshômes Sc principaux Capitaines de lâarmée que ^ondifoitauoir empefehé le combat. Priant à celle fin de la part du Prince, Clermont amp;: à u-â'îsSeigneurs amp;nbsp;Capitairieslaprefens,dâauilêrfily auoit moien decôbatreau plufloll: pour ^itcceûèr amp;nbsp;efuanoiiyr toutes ces mcfdifenccs amp;nbsp;finillrcs oppinions.-delqueJles toutesfois les ?«nsdebiennâignoroient pointccqui en pouuoitellre.Oreftoicntcescalônies pJusgr âdes neTô pourroit peM(er,auec vne indilcreiiô amp;nbsp;infolence qui croilïoit de jour à autre entre femmes mefines. Ce pendantlc Cheuallier de MonJuc, aiant receu commandement de le j Ggjjj, joindre auec les Galleres a farmée: amp;nbsp;lequel pour cell eflFet auoit mis de grandes forces dans tes le jcig édites Galleres;lôrtit de la Charente les plus couuertement quâil luy fut polfibJe enuiron vne ^'cutcauant jour feziéme jour dudit mots.Il ne pouuoit efpier ne fouhaiter temps plus propâs pour executer Ion entreprinlé. Tant à caulc du calme amp;nbsp;bonace.* que de la mer qui eftoit enfon plein. Car cclloit lors la failôn des plus grandes marées de Tannée. Defortgt;que paflas P^rdelTus les bacs Se batu res fur lefquels y auoit à Ihcure allez deaujlà ns élire contraintes de iuiiirelecanalamp;conlequemmentpalferatrauers les nauires Protcllans: elles le joignirent en peu dâheure à leur armée; à la telle de laquelle elles mouillerêt apres auoir lâlué les Protellâs dâune longue brauade de canonnades. A lors Clermont voiant ce quâil auoit le plus douté sfftrèaucnu. Et auoir mis cell affaire en deliberation de conlêil, relôJut de combattre au preier flot qui lèroit fur le midy. Choie qui fut lors jugée mal conceuë par auenns.
Et fembloit quâil y allait plus de defcfpoir que dâautre chofe . Car il n'y auoit homme lt;lui ne peut aifement juger que veu lanaturedu canal (dans lequel les vns amp;nbsp;les autres ef âofentà fancre;) amp;nbsp;ledefaut du vent par lequel les nauires apresquâils auroient Jeué lâancre,le roient feulement menez amp;nbsp;conduits à Jâapetit du flot amp;nbsp;courant lâns fe pouuoir autrement ma nier: ne combatiffent diredement contre eux auec tout auantage. Auflî quâil lèmbJoit bien ndiculçqueaians depuis fept jours différé ce combat en plus grand auantage: fy voulloirà Pâcfcnt bazarder quelennemy felloit dâheure à autre fortifié enlleur prcfêce,amp; auoit mef âââï fraîchement receu les galleres qui elloit la plus grande force dont il le peut prcualJoir en nbsp;nbsp;nbsp;Jeuilét
âcllcfaifon.AulTi lors de ce confeil aucuns des plus experimentezCapitaines,conoilïâns corn combatte à lâfen le lieu amp;nbsp;la faifon failbient la partie inegalle.tant fen faut quâi^j approuuaflènt vn tel auis Ju au côtrairc ils culfent volontiers conlêillé de faire retirer vn peu leur armée au large à vne laite pcr«Jc âtue feulement: Afin de nâellre contraints venant Je calme comme il ne tarda guercs: de fex-pofer à la mercy des Galleres.Lefquelles fi proches de leur armée amp;nbsp;tousjours à la faneur des nauires,ne faudroient de donner beaucoup dâaffà ires.Laquclle oppinion combien que fylTuë monftra ce mcfme jour quâelle elloit des meilleures, ils ne voulJoient neantmoins mettre en crainte dâellre taxezf côme les calônies nâelloiét que trop ordinaires parmy celle armée)
ou
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ou de pufilanimité amp;c.oüardiîc ou de quelque autre mauuaife pratique. Toutcsfois ceux h fe teurent lors quâils deuoient parler plus hardiment.Aufquelson mit deuant lesyciix ce que le Roy Perles de Mâcedoine,reprocha à îvn de fes Capitaines amp;CôlcilIcrs apres quâil eut efté delFaitpaf PaulusÃmilius General dclâarmcc Romame.Quâils neconoiflojétlctcmpsamp;les occalins dcparler, Eftant donc furlemidy luruenu lecalme:Clermôtperfeucrantcnccqui auoit elle refolu le matin;difpolc fes nauires p our le combat amp;nbsp;tous mirent lâancre à picq,fei' fâs en tous leurs vailïcaux les prières accouftumées. Surquoy les Catholiques ne pouuoiét juger que contre tant,de difficuJtcz lâon dtlîraft les aller combattrc:au contraire cftimoient quâon le voufift retirer plus loin à caulê de leurs GalIercs.Lclquelles à lâinftant mefme conimen Batcrie des dc l^luër dâvne infinirede Canonnades lâAmiral amp;nbsp;Vif-amiral de lâarmée'. Voireaucc Gaiietcs. tel hcur amp;nbsp;fi à propos,quâil nclc perdoit aucun coup amp;nbsp;principallementdansîAmiraloucn peu dâheure ils coupperent vetgues, rompirent le pont amp;nbsp;lices de la poupe, abattirent le Pa-^illon.'amp;aucc vn millierdâcfclats,tüerent amp;blccerent tant dâhemmes quedemeuransCler* mot 6c quelques autres en petit nôbrc fur le tillac du nauire.Tout le relie fut côtraintpoureui ter la furie desCanônadesjde deft élire fur le left enfôs de calletfors ceux qui non gucresplus hardis que bien auifc2,fe pendoient aux Aubans du collcoppofitedelabattcricamp;autresqui fe jettoient dans les Chaluppes amarrées le long du bord.De forte que ceftoit vn piteux fpec-tacle de voir ce pourc nauire fi furieufemcnt battuâlâns aucun moien de Iciccuurir ny fepou-uoir défendre ny retirer. Car il ny auoit point de vêt qui le peut gouuerner:ne aucun autrede lâarmée quâil ne full apres auoir leué fancre, porté par le courant ou fur les bancs 8( dangers ou fur les nauires Catholiques.Tellement quâil luy falloir par necelfué demeurer' ainlî coiU' me butte expolée à la mercy dcfdites Gallcres.il cil vray que le defaut qui fe fit dc nefaideren celle neceflité dâvn fi grand nombre dc pieces qui elloicnt dans le nauire; monllra alfez pouuantement dcpluficurs. MclmcdesGanonicrs qui ne fclloicnt jamais comme ils firent ainfi prefumetj trouucz en telles affaires. Toutesfois la faute venoitalTcz dâailleurs amp;nbsp;pas en celaparticulierc. Cetinconuenient auec feffroy queles Catheliqucspouuoicntvoir à fÅilj incitoit tous/ours les Galleresà fapprocher de fi prez qu'il ne rclloit que joindre bord à bord: fécondées dâvn bon nombre de pataches amp;: gallions pour les lôullenir;3ucnâtquclcs Protcflans qui eftoient en plus grand ncmbre;fc feuffent tournez cotre lefditesgallercscômc îon pouuoit faireaifemenr,fi chacun eull eu le courage requis. Or pourcc que IcPrinceamp;la Armee Pro nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Amiral amp;nbsp;Vif amiral dc 1 armée: elloicnt mouillez fort pres lâvn dc lâautre, amp;nbsp;tous
mauuaiAcf dcux com^cftans à la premiere pointe expolez a toutes lesCanonadesaiiiquelies 1 vnlcruo» dTsGaUcrcs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâautre.De forte que aucun coup nâelloit tiré en vain:.Si que ceux de laFlorilftâc
aiâs opinio quâils empcfchoiét de ce collé que l'Amiral ne fe peut lêruir dc fon artillcrieiaui-ferenr de Icucr lâancre amp;nbsp;le mettre plus au large. Ce que voulans faire le peu de vent quâil amp;i-lüitamp;: lequel efloit encores du tout contraire,auec la violence du flot, porta ledit Nauirefui vnbanca droite de la telle de leur armée ou il demeura fi long temps allà blé que les Gallerts curent loifir de fapprocher amp;nbsp;battre à leur plaifir auec grand perte de ceux de dcdâs.Lcfquels fe voians en telle extrémité amp;nbsp;que toutJelccours que leurs frères leur pouuoiét donner feroit bien petit: aians difpole quelques pieces fur la pouppc tircrentforcc Canonnades fur les Gal-lercs qui efloite ja fort prez.Lâvne defquelles donna fur la Royalle:laquelle ciant arrière apres auoir donné fa volée demeura vn long temps fur vn bac ou luy Icruit biê dâellre fccouruc deS pataches.Iointauffiqucla mer montoitqui la garentitdece danger. Toutesfois Icurfuricco-mcnçalors à falennrvn petit amp;nbsp;cclfer leur batterie à iâhcuie que fils lâeulïcnt continué vne heure dauantage celloit fait dc ces deux nauires principallemcnt: qui ncpouuoicnt plus fub-fifier pour auoir porté tout le faix. Car quand aux aiiircs,il lèmbloit propremêt quâils gardai-fent les gages amp;nbsp;quâils ne fulîcnt que fpcâateurs dc fi piteux cuenement. Tant les auoit 1 incommodité amp;nbsp;deiauâtage ^c toutes choies aucc lâefpouuantement amp;nbsp;confufion gcncrallcjpri-Rctraittede nouuoir monllrer quelque aéle de deuoir amp;nbsp;vertu en celle neceff-té.Sut le loirlâarmec Ptoteftans. Protellante auoir receu telle perte amp;nbsp;dommage de ces cinq Gallcrc,sdelquclles toutcsrois les
Confederez amp;nbsp;principallcment les infulaires nefailôient parauant aucun eftat; ( pourcc que aifémeniamp; parfurprifeilsenauoient aux precedens troubles pris deux dâicclles: lâvne enl^ Charente lâan mil cinq cens lôixante dix amp;nbsp;lâautre de nuit deyant lâIfle de Ré en lâan mil cin'î cens foixante douzejle retira de ce canal à vnç lieue au large lèulcment.Ou clic demeura tuv-
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'â âanuidbien pourc amp;c defolce pour vn tel accident. U y auoit aflèz bon nombre de bleflTez ^âLurent lanuid portez à la Rochelle.Qucd aux morts il nepouuoit éftre que de trete hô-quot;â^Sjcntre lefquclz y auoit quelques Gcntilz hommes amp;Capitaines,mefmcment le jeune Va
Catholique dePoitou Gentilhomc feruant amp;nbsp;deux pages du Prince.Ce jeune,mais ver â¢'â¢Â«flx Gentilhomme,mourant dâvnecanonade qui luy auoit emporté les deu^ cuifTes, bien 1^'il print la mort en gré:fiprotefta il toutesfoisdcuant que rendre lâefprit quâil ne mouroit pour la Religion amp;nbsp;qu'il eftoitbô Chreftien Catholique.Mais feulement pourlefêruicedu ^tince.Or la veuë des morts amp;bleflez cfmouuât de tât plus le populaire fut caufe de plusigrâ-â^^plainte amp;nbsp;murmure que jamais; jufqucs à taxer aucuns des principaux de l'armée dâauoir ^quot;'intelligence aucc les Catholiques.Enquoy faudace dâ^aucuns fut telle, quâon vit aflèz toft combien ceft chofè aiféc dâeftre calomnié dâvn peuple.Voire de plus dâgereüfè côfcquccc en 'quot;c ville pour le defaut que fait le magillrat de veger les injures faites à quelque perfône fôjt l'aimcc. Wiqueoupriuée. Le lendemain farmée pofafancté deuant îlflcdâAis. En laquelle fur le ⢠'oirarriua lePrincqbiê fafché de ce qui efloit arriuéamp; voir les plus grâs nauircs en tel eftat amp;nbsp;quot;''linesf Amiral quâils ne pouuoiétfaireferuicefâs eftre radoubez.Ce qui nefepourroitfà i-''litoR nefiaifemét quâileftoit rcquis.Toutesfois ne dcfefperât de pouuoirmcttrefusenpeu '^joiirstous les vaiffeaux: afTuroiteeux quâil conoifîèit les plus découragez par tous les quot;loiens quâil peut: leur remonftrant quecefloir petite perte que tout ce qui câcRoit pafle amp;nbsp;'iquot;inâcttoitaucnu que pour lâoccafîon de deux ou trois heures de calme amp;nbsp;non pas par vne P'udcnce amp;nbsp;vertu particuliere de leurs ennemis. Ceux de la Rochelle enuoierét auffi ce mefi 'quot;'jour,deux dcs^plusfignallczdela ville qui furent de nauireen nauire pour .voir comme 'quot;ntcschofcs ^y portoient, 8gt;i pour prier ceux qui eftoiêtdefTus dâauoir cou rage. Auec afleu-'âquot;cc dâeftre promptement affiftez de leur part de toutes chofes neccffaires amp;nbsp;pour les hom-'quot;'s8k pour les natures. Surquoyle Prince fçaehant affez, combien la retraitte defatfnéc Poutroit refroidir les affiegez de Broüage qui auoieni veu à fÅil 'tout ce qui feni cftoit paflé '^'libéra premier que r«ourner à la Rochellcobuier à ce qui feu pouuoit enfuiurc.Dâautanc quot;â'lineque ceux de Broüage aiioient tousjours dit que la principallc defence de la place de-P'otloit de tannée de mer.Laquelle venant à manquer le poure ordre qui y auoit efté mis des ^'ominenccmcnt: ne permettoit quâellepeuft longuementlubfifter. A ceftecaufe ilenuoia quot;'jour mcfme dans Broüage le Capitaine la Treille aucc lettres à Manducage pourfauertir vaenbroua â¢i'ne perdre courage pour ce qui eftoit auenu.Et que la rettraitte de tarmée ne feftoit faite à ^WcdâAis quepour faccommoder Sc reparer de quelque petit dommage receu à lâoccafion âi'sGalletes.Mais que dans quatre ou cinq jours il la reuerroit deuât celle de lâenftmy pour ^quot;irctoutlcdeuoir quâon pourroit fouhaitter. Ce que la Treille exécuta rapportant bonne ^Iponce quâils ne mâqueroiét de deuoir,pourucu quâon leur tint promeflc.Deux jours apres la trouppe des vaiffeaux Proteftâs arriua à la rade de chef de Baye.Car elle ne fc pouuoit plus âl'flotsreconoitrepour armée chacun le desbâdâtôc demeuras la plus part des natures vuides ®^;dcfgarnis.Voire que les autre équipez aux defpcsdes particuliersamp;non de la Caufe couru- Armée des quot;ntbientoften mer felon leurs congez pour leur proffit particulier. Et auffi toft les plaintes c^efd^bsyc ^diuifions furent telles en la ville : entre le Populaire amp;nbsp;la Nobleffe mcfmement que cefloit rompue, 'âquot;eguerre plus dangereufe que celle de dchors.Sans y oublier les principaux delâarméc.Car l'peuple ne pouuoit taire le mefeontentemét receu du progrez de toute lâentreprifê comme ^oiis voiez que chacun veut prandre part à îhetireux fuccez dâvn beau fait. Mais les Chefs Portentfouucntfeulsda faute dâvn malheureux cuenement.Mefmes la plus part de ceux dâOl
comme plus voifîns du mal: ne tardèrent gtieresà prandre j^rtyauec les Catholiques leronferen ^moiennantqiielquefóme de deniers: firent leur appointement amp;receurcntqucIquesCa- Lan-P'taines amp;nbsp;Commiffaires de Lanfà c le Dimanche enfuiuant.Qui fut vn grand bien à farmée naualle defdits Catholiques pour les viures amp;nbsp;grandes commoditez quâils en retiroient tous ^'qoiirs. Car ladite Iflc eft grande de fix à fèpt lieues amp;nbsp;pres de d*ix de large: fertille à mer- pVsjcââoilc ^âcilles en tou t ce qui fc peut fbuhaitner pour la vie humainc.Les habitas auoüoient tousjours ro«-quâils ne fe pourroient defédre dâeux mcfmes: quâils ne fuffènt fujets dâeftre emportez par fvn '^'sdeux qui dcmeurcroitle plus fort par la mer. Car îlflenefè pouuoit lors défendre quâ-âU'c grâd nombre dâhômes dâautât quâil y a vne infinité de defcctcs. Auffi que peu.de jours au P»uuant,les forts amp;nbsp;places de retraitte de f Ifle,auoicnt efté par commandement du Prince de
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Renfort des ifuiflcs au fiege de Btoiiage.
MortdâEf chillez.
molisamp;,abatu2 .,. Davantage la plus part des habitans fait profeffion de la Religion Catholi-que,amp; les autres efioient piour lors comme jâay dit:fi peu afiedtiôncz au party Protefiant;Qi:e îonne pouuoit efperer grande aydeenvn befôin . Atnfifut perdue l'Ifle dâOllercn pour les Confederez.
SurceleRoyarriucà Poitiers,enuoienouuellesfbrces au fiege deBrouage. Entrâautres les Suifles qui y arriuerent peu de jours apres.Or bien quâil vift les affaires des Proteftansaller au déclin vers la Rochelle. Si cft-ce que pour la pitié de fon peuple qui fc mangeoit a la continue de ces guerres: il inclinoit fort à la Paix. Voire que pour cell effet il enuoiace inefmc jour à laRochelle fauf conduit pour les Députez: afin de fe irouuerau plullolt au pour-parlé amp;nbsp;négociation de ladite paix encommencée.
Apres la retraitte de l'armée Naualle, les Catholiques reflerrans de plus près les aflSegez: d.elibercrcnt fur toutes chefes delcui trancher fi bien le chemin du collé de la Rochelkjquâ-ilsnâen peulTcnt avoir nouvelles ne fecours. Et confiderans que à cell effet feruoient de bien peu les côpagnics- qui clloiêt logées dâs le bourg de Moaile dillantdâvnc lieue duditBroiia-ge: commencèrent de faire vn fort fur le bord de la Riuiere vis à vis de la ville: duquel eut la charge dâEfchillez Gcntilhômc du pays qui auoit quitté le partydes Protellans depuis quelques années. Mais comme il nâelloit encores en defence: les afliegez nâignoransde quelleim portance cela leur elloit;lôrtirent enuirondeux heures devant jour le vint deuxième dudit moisamp; pafTansla Riuiercauec nombre deChalluppes, chargèrent à limprouilleceuxdu fort defqucls ils tuerent bon nombre amp;nbsp;mefmes Efchiicz qui demeura fur la place: fe retirans lesaffîegez avec vn des drapeaux quâils emportèrent apres quâils eurentmis le relie des Catholiques «ji routte hors du fort: auquel toutesfois le Duc enuoia nouvelles forces amp;nbsp;Chc-meraudpûur y commander. Dâautre collé les Catholiques faifoient tcusjoursleursappto-
ches avec mcrueilleux artifice amp;: dilligencc. Puis avoir difpofé diuerfes batteries les vnesen telle les autres en flanc.- commencèrent de battre le pas du Loup:quiefl vn endroit des plus foiblesde la ville amp;nbsp;ainfi appellé pource queau commencement lesjoupsy palfoicntamp;cille-mcnt.La nuit touresfois ce lieu fut aifement fortifié dâvn petit rauelin: pourcequeccft marais amp;nbsp;terre fort graffe De forte que pour y entrer il conuenoit aux afliegcans paffer par dedâsfeau dont il eftoit de tous collez environné,qui le rendit de tant plus degrade defence SidiÃcil-le accez. Tellement que les Catholiques ne fy peurent loger.-ils bâtirent donc ce petitrauelin M.: ouplullollpctitcmothedupasduLoupdecinqccnscoupsdecanon,dcpuisvncheurejuf-quesà cinqdufoir. Et le vint quatrième dudit mois fe prefcntansdefurielefeirentquitet à ceux qiJH'auoient en garde: toutesfois ilsfurcnt contraints lâabandonner aufîi toll quâilsfu rent entrez:au moié du prompt fecours de leurs compagnons.Lcfquels apres la perte de quelques vus fc retirèrent ramenansManducage bleccparvn,des fiensdâvne harquebiizadeà la jambe. Le lédcmain fur le foir le Prince fit embarquer entre la pointe de Coreilles Angou Moiens dâen ' uoiec le cours aux alTiegez.
Furieufe ba terieaupas du Loup.
Sccoun en tre dans Biouà gc-
lin pres ùj Rochelle: le fccours ordonne pour Broiiage qui eftoit dâenuiron deux cens hat-quebuziers conduits par les Capitaines dâEfrazes, Chardon amp;nbsp;Villencufuc. Lcfqucls arec fept Challupcs furent en peu dâheure portez à terre entre la bouche de la Charente amp;nbsp;le haurcdeBrouage,cnuiron my chemin de fvn amp;dç lâautre. Le capitaine la Treille pour la co-noiflance quâil auoit du chemin qui cfttorti)amp; difficillc à tenir: ores que ce full en plein jour, les güidoit. Or portoit chafque foldar en vn petit facjcnuiron la pcfânteur de quinzé livres aflà uoir trente galle tes de bifeuit fix liurcs de poupre amp;nbsp;quelques h rafles de mefthe.lls netrouucrentbondâauertir ceux de Broiiagc dcîheurede leur venue: Crainte quecclluy quâils cnuüicroient à cefte fitijcftant pris de lâennemy ne rompift leur entreprilêamp; confequcin-mentnecaufaft leurruynquot;? amp;routte totalle: pourcequâcftansdefcouuertsilnclciirreftoit aucun lieu de fêurettc ne Me retraiteaiâs : la Riuicre de la Charéte à doz bordée dâvnamp; dâau tre cofté.Toutesfois cela leur porta grâd domagc.Car eftas arriuez fur le bord de laRiuicrede Brouag epeu parauâtlc jdfcnils furet pluftoft defcouuerts amp;nbsp;chargez de ceux qui eftoict dâs le fort Catholique dont cy defius eft parlciqueapperccuz Se fccouruz de ceux deErouage: lefquels quoy quâils entécliflct lâalarme ne pouuoicnt pourtant du commencement jugerque ce pouuoit eftre leftimans quccefuflènt ruzesSc algarades accouftumées que ceux qui ef-toient en garde de ce cofté leur donnoient fouuent.En fin ceux qui eftoient fur lesnauiiesà barques que fon auoit armées dans ledit haute pour empefeher le retour de la Sertie aiansre-
conneu
LIVRE CtV ARANTECIN Q^V I E M E. j8o.
conneii Oll entendu aucuns de leurs amysamp; connoiflà ns: leurfurentaii dcuant aucc quelques Challuppes Sc batteaux,fur lefquels ces gens pour eftre de fy pres tallonncz amp;nbsp;poutfui-nisdes Catholiques j fe jettcrenten tel defordre amp;nbsp;confufion, que beaucoup perdirent leurs 3rniesamp;la plus grand part les viuresamp;munitious, dont ils eftoyent chargez. Si bien que dü nombre ordonné il ne peut entrer dans Broüage que lépt vints hommes pour le plus: le fsfte citant ou mort ou pris. Et entrâ-autres y demeurèrent prifonniers Defrazes SeCharden demourez à la retraitte. ToutesfoiscelacouftaalTez cheraux Catholiques qui y perdirent lt;lcbons hommes amp;nbsp;melmes Chemeraut qui y fut tué. Celle perte aduint aux Proteftans, principalcmét pourcequâà lheure de leur arriuée la mer eftoit baflé amp;nbsp;le Riuage de la Riuic-^tconfequemmcnt,fi mol Sc vafeux que lâon y entroit jufques fur le genouil: en forte quâaiâs * ^Ennemien queue il eft facille à penfer que le defordre ne pouuoit cftre que trcfgrand amp;nbsp;mal âilcà fembarquer.cnire les Proteftans ôc fort auentageux aux Catholiques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Armée Na
Novs auonsdit cydclfus corne lâArmée naualle des Confederez feftoit en peu de jours nbsp;nbsp;nbsp;des
toute rompue amp;nbsp;desbandcc : nereftans à la rade de Chef de Baye outre quatre moyens Naui- Pioteftan» t« que le Prince amp;nbsp;la Floriflantc. Le premier ne pouuoit eftre mis cnlcurcté dans la Rochelle comme trop profondicr : ne le vouloyent aufli laifter à Chef de Baye vuide dâhommes etîintedâinuiter par la les Catholiques que Ion fçauoit allez faire partie dâaller en brief vilî-tetcefteRade, aie prandre amp;enleuer du premier temps. Quand a lâautre le Capitaine Aranda qui il appartenoif, voyant le peu dâapparence quâil y auoit de redreftér celle Armée amp;nbsp;lopauure ordre voire pluftoft confufion qui eftoit en tous leurs delfeins: délibéra lâns plus Apporter tant de frais, îenuoyeren mer amp;nbsp;chercher lés auentures pluftoft que la laifter au Lazard dâcltre pris en vne Rade. Ce que craignant aufli le Vicomte de Rohan,fit retirer par-tæûcîartillcrie quâil auoit fait mettre dans lé Prince. De forte quâil fut prelque du tout de-W: mais encores plus habandonné dâhommes. Somme quâOn voioit par tout telle con-Lfion,quâil fcmbloit que par vn leeret jugement de Dieu, la plus part dâeux fuflént frappez iâAnnée de-ââtftourdiflement en toutes leurs affaires,mns pouuoir obuier à la grande honte qui auint peu
A mil a! de
pniédc
^pres. Pendant ncantmoinsque les grans amp;nbsp;plus forts Nauires fe delarmoyent amp;nbsp;desban- Aiuilciic. lt;loyent qui ça qui là : les Rochellois auilercnt dâêtrctenir amp;nbsp;Ibudoycr pour vn mois trois moi-
Nauires: quinepouuoyent touresfois leruir dâaucune chofe à telbefoin . Au contraire hitvne defpence aufli inutille, que le Confei! en auoit elle donné mal a propos. Si que tcu-
lesentreprilês qui fe lâifoyept ou pou r fccourir Broüage ou pour garder la Rade de la Ro-fhelle tournoyent à néant. Voyre nâeftoit pasà dcmy (onceues que les Catholiques nâen LlTent informez : Encores parmy tant de diuifions amp;nbsp;dcfaftres fur defaftres : C^x de lâille quoy que le peril les enuironnaft de tous collez : marchandoyent pour fexempter de
Lîfiiifon.Combien que ce quâils auoient de forces extraordinaires confiftoit principallcmêt ^ipeiitnombte de Soldats dâeilofre^comme deceiix de la Garde du Prince qui y auoycnt e-fteenuoyez peu de jours atiparauant. Et le pis hir,que aucuns leur prefterent lâoreille contre tousauoient trouué par experience ti es veritable quâils ne fe pouuoient contiegarder que par forces amp;nbsp;trouppes iotaines.
Les Catholiques cependant faprocherent pié à piépourgangner le coin du baftion: Sc fef-futçoient decôbler à force de fafcines,facs de fable amp;nbsp;autres choies quâils jettoient tou s jours â^euanteux,fon foflc.Ce qui leur eftoit de tant plus facilleö«: loimidablcaux aflîegez.'que le-en ceft endroit fort eftroitSe peu profond. Qui leur donna grande entiée pour
Reloger dans ledit baftion,duquel confequément ils craignoient dâeftre grandement incômo-^ez.Pour aquoy obuier lesaffiegez auilcrent de le retrancher par 1^dedans, depuis le pas du Lîupjulqiiesenuivon la moitié de la Courtine amp;nbsp;repart tirant vers la porte. Dauantage feftâs Cathoh-Lsaflîegeans logez au bout de la Contrefearpe au coin du baftion fufdltidrefterent vn grand Lauallier à l'oppofite du Rauelin deuât la porte:Sur lequel ils logèrent cinq pieces de Canon '^ïfquelles come atifli de leurs autres batteries, ils tirerét vne infinie de canonades pour enle-
ce petit rauclin.Mais les aflîegez le lêparoiét amp;nbsp;releuoient les ruines dâiceluy en extreme ^illigenceifailâns quelques forties pour aucc gouldrons amp;nbsp;autres feiiz artifficiels,brufler ce Lsuallierquâils jugeoient chofe fort facille,eftât compofo de pippes,barfiques,fafçincs amp;nbsp;au-^i^^sgroflcs pieces de boys ailées à prandrcfeu.Mais le Duc qui y auoit bien pouruciuy faifoit Lngnçufegardeamp;fauançoittousjüurs piéà piépour combler le tofle'. bâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;; e - ; ; b
iijb.inL; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IbBbb
-ocr page 764-Aoufi, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DEFRANCE.
Dâ A I L L H V R s LanGc eftoit allez adueity du panure cHat des aflaircs Proteftantcs:mef' mes auoit tous les jours deux Gallcrcs en Sentinelle à ITfle dâAix qui pouuoient vcoirà îceil tout ce qui fe pafloitjalloit Sc venoit a la Rade de Chef de Baye. Parquoy eftant bienaduet' ty quâil y failôit bon : feitt entreprife dâenleuer lesNauires quiy reftoyent. De forte que le leudy matin premier Aouft on defcouurit vers Pille dâAix les cinq Gallcrcs, huit Nauires Lain^c quelque nombre de Pataches. Les Gallcrcs fauançans les premieres à caulè du calme fu-chctde nbsp;nbsp;rent en peu dâheure à Chef de Baye.Ou riz attaquèrent le Prince à grands coups de Canon
Baye nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f-jm le perccrcnt à Peau par trois end roi dis. 11 nây auoit comme point dâhommes de
dans amp;nbsp;melines peu de Mathelots: partant ceux qui cftoyent dedans fcfauuctcntlesvnsen la , nbsp;nbsp;Challuppe du bord les aunes fc jetterent en Peau amp;nbsp;trauerferent à la nagea lapoiâe de Chef
de Baye qui nâeftoirguercs plus loin que dâvn demy quart de licuë fors trois ou quatre lef quels emportez des Canonnades furent apres jettez pour pafturc aux poilfons. Il y auoit ⢠lors en la Rade trois moyens Nauires nâon gueres mieux garnis que lâAmiral. Lefquelsne pouuoyent faire gtande choie à caulè de la bonace amp;nbsp;du calme qui ne leur permettoit tirer prolfit de leurs voyles : mal percez au relie pour faire jouer les auirons, A caulè dcqiioy ils lè firent ( partie aucc fi peu de vent quâil faifoit : partye auec les Challuppcs qui les tou-oyent) porterai! plus près de terre ou ils fclchoücrent. Tellement que les Callcresnâayans affaire quâau Prince duquel mefmcs elles voyoient les hommes fejetter en Peau? finuellncnt de tous collez. Et Pauoir abordé auccvncmoyenne Barque fefforcerentdelemettreau pour Pemmencr. Mais voyans quâil couloiten fonds mirent le feu dedans duquel il fut en peu dâheure confomme jufques au raz de Peau , Il y auoit encores lots dedans dix pieces de bonne Artillerie Icfquelles peu de jours apres furent fauuces de baffe mer. ToU' tcsfoisic feules auoit tellement cndommiagées quâelles ne pouuoyent pluslèruir quâà les mettre à la fonte. Celle honteulè perte rcccuëli près dâvne telle ville amp;nbsp;à la veuè de tant dâhommesqui cnelloyentfpcélatcurs de delîus les Tours, les muraillcsamp; la colle qui en clloit toute couuerte nâaduint foule pour ce jour. Mais continuait les premiers arres de leur mal-heur ( arriué aux deux principaux Nauires de leur Armée qui furent cfchoticz fiir les bancs dcBrouage lors quâils penfoyent aller au combat : )il falloir ai ffi que la Flotiffantc accompagnall ce mefine jour fon Amiral en mcfmc dcfallrefinonfemblablc à tout le moins auffi dommageable amp;nbsp;honteux pour les Protcllans. Ã)r auoit des le matin la Florifià nte le-uéfancrc de la Rade de Chef de Baye pour faire Ibn voyage en mer: amp;nbsp;nâattendoit que le Capitaine amp;nbsp;quelques vus de fequipage qui cftoyent encores à la Rochelle pour quelques affaires. Cependant aduint auec ce quedeffu, que lovent luy tourna contraire fur-lemidy comme il penfoit mettre à la voyle . De forte quâeftant La Floriftânte le trauers de Saind Martin de Ré fut en brief ai oftée des Gallcrcs mefmemcnt de celle à laquelle commandoit le Capitaine Normand de la Nonete auquel ceux de dedans qui nâeftoyent plus de trente hommes voyans quâils ne pouuoyent gangner terre de cofté nây dâautre, fo rendirent à laprc-LaFloiiflan miercCanonnade . Etau mefmeinftant prindrentauftî vnautreNauiredePArmée. Etfu-« prue. prefque tous les hommes de fvn amp;nbsp;dePautre mis aux fers pour tirer aux, Gallcrcs deux defqueî'cs menèrent la Floriftà nte deuant Broüage comme pour trophée de leur viâoirc. Ou depuis feft perdue. Puis au lendemain des la poinéledu jour les Nauires Catholiques mouillèrent à la Rade de Chef de Baye amp;nbsp;les trois Galleres au plus près de la poinélc de Cou rcillcs. OuPvne dâicelles en ligne de derifion pendit aux deux bouts de fon anteneles pauillons de lâAmiral amp;nbsp;Vif-Amiral auec grand ligne de joycamp;dâallegreffe. Sur le midy les Rochcllois menèrent quelques Canons amp;nbsp;longues Coulleurines lur les deux poindes dcfquclles, mcfmes de c^lc de Coureillcs furent tirez quelques coups contre les Galleres. Mais en vain pourcc quâelles fe retirèrent au gros de leur Armée deuant Broüage auec faliics amp;nbsp;autres lignes de joye couftiimiers en tels cas Lanlac mefme ne pouuant affez exprimer le plaifir quâil en auoit écfenlbloit quâil fofentift affez vengé des moqueries amp;nbsp;derifions quâil
Confeil amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;patauant receuz des Rochellois.
rcfolution Sur CCS ciitrcfaittes les alïlcgez voians que les viiires amp;nbsp;munitions de Broüagefen alloient affieoérde nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;focouts quelque promeftè quâé lift le Prince Pon en pouuoit bien peu efpercr:
Louage.^ Veu que PAtméc Naualle eftoit deffaitte de tous points:delibcrerent coucher comme Pon dit
du relie a tout hazard.Parquoy fur le midy troiziéme dudit mois fcftâs affcmblez au logis de Manducage
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Mîiiducage detenu au lidà caufedefa blefllire: les Gentik-hommes amp;nbsp;Capitaines de la Garnifon; fut propofe que tout le fecoursquifepouuoit attendre en vne extreme neceflîté «ftoit h vertu amp;nbsp;le bon courage, vnique remede à fc retirer auec honneur de plus grandes af-fiircsà danglers qui couftumierementarriuent au faid des Armes ; Etouils le pouuoycnt ''coyrores reduids. Tellement que contre vne fi grande tentation que leur pouUoit preien-to ou la force ou la mau uaife volonté de lâennemy, oude dcâèfpoir deiccours promis: on â lîconnoilïôit autre neplus alTeuré moyen amp;nbsp;faueur,quâvne braue amp;nbsp;hardie refolutionde ^îllcrchercher la dehors, fans plus longuement languirlbus l'efperance dâvn vain fccours: lequel pendant que lâon fattendroit, ils pouuoyent tonfiderer comme ils faprcûoyent à vne plus cruelle Guerre, que la faim, lafoifSc difetcdes chofesplus necellâires leur liiireroit fupeu de jours. Cependant leurs viuresSc munitions déclinent fort : le nombre de leurs liommcsiâcourcifi: amp;nbsp;leurs aduerfaires le multiplient tous les jours. Que pouuons nous lt;loncdifoitSeré, efpcrcr autre chofeeftans comme ils pouuoyent vcoyrcuidemmchcdeRitu-« îzdefecours humain: finon quefinallement la faim amp;nbsp;toutes autres neccflitez nous cembat-â¢rotplusalprcmcnt que noz cnnemys ? Or nâeftoit ils pas dâaiiis dâattendre quâils en vinllènt lâ! auflî quâil y en auoit entrâ-eux qui fçauoyent alfez comme les Rochellois en vJerent à la pliisgrande extrémité de leur liege enmefme jour quâau jourdâhuy par vnefiirtie fi memora-lgt;lcamp;fi bien accompagnée de la faneur fpecialle de D i t v qu il cft a croire que cela fut »nedes princippalle caulês de leur deliiirance. Nousnelommes moindres que ceux qui Ãecuterent vne fi haute entteprife ; au contraire quâil yen auoit beaucoup dâeux qui cftoient celle partie là . Tellement quâils eftoyent les mefmes. Que ceux a qui ils auoyent affaire ndloyentneplus vaillansneplusgenereux quâeftoyent les autres : Quâils nâauoycnt nequa-^cebras ne quatre jambes, ny choie plus quâeux qui les leur peu fl faire redoubler. Mais plu-Mauoyentce point fur eux. Alfauoirla luftice de leurcaulcqui combattoit pour eux. ^îrqiioy leur adtiis eftoit de lôrtir ce jour la fur leurs ennemis. Et câeftoit ta Caufé qui les âuoitefineu defaireml4er,quoy quâils ne fulfent en double les vnsdes autre^ de leur bon zcl-]c,ncdela valleur de leurs courages pouren refoudre amp;nbsp;fefuenuer en tenireprife execution dece qui feroit arreftéfelon quâils efperoyent faire. Cefte propofirion de Seré aprouuée de tous, la refolution en fut de fortir par le Rauelin de la porte auec t hemifès blanches,pour Biouage. â¢^^ladonner dansles tranchées des Catholiques auec nombre de Cuirafles St harquebu-^â«schoifisde toutes les Compagnies. Et pource que cela leur fuccedant bien, il y auoit nioyendebruIlerleCauallierdont cy deffus cft parlé St dâcncloucr les pieces qi^il portoit. Celle charge fut donnée au Sergent Major, de finie que Seré failant f ôn 'déuoir* üec quél-(iitcs Gentils-hommes amp;nbsp;autres couuertsde Cuiraftes, contraignirent en peu'dâheure les léamp;aurcs-Côpagnics de la Garde duRoy a quitter leurs tranchées.Mais pourfuiuant outre penfant cftrc fuiuis amp;nbsp;que chacun fit Ion deuoirfelon quâil leur auoit ellé ordonné : {engagea darts les iran-chées des Suylîes ou il fut tué auec dix de ceux qui lâauoyent accompagné. Les autres bien blelfezfe retirèrent comme ilz peurent amp;nbsp;y demeurèrent quelques vns prilbnniers entre les niains des Catholiques qui reccurent ce jour vne trefgrande perte. Car parmy vn bon nombre qui lurent tuez des leurs:fe trouuerent quelques Chefs ôc Capitaines fignallcz. Or Seré oiotc,tout le faix amp;nbsp;loin delà place tumba fur Beau uois qui deflors fentremitdes affaires ^ortcsbranlces: tanta caufê de la mort dcsiôrtis, retranchement de vin rc ordinaire, que de fecours dont ils nâauoycnt plus dâefpoir. Mais à lâheure mcfme ils receurent lettres du Prin- lettres du reparvnMathelot,parlefquellcs ilfedoulloitaueceuxdcla monde Seréamp; des autres qui îtùx'^de'* Luoyentaccompagné. Les confolans la deflus amp;nbsp;les priant de j^rfeuerer en leur premiere Brouage 'â rfolution,en laquelle illesaffiftcroitamp;fecourroitcn briefde ce qui leureftoit le plusneccfi faire. Et les prioiifafturcr,quâil faifoit en cela toute choie poflîblcdont ils verroycnr dans peu de jours les cffcéls. Au refte quâils nâajouftaftênt foy aux tr^hées de fennemy, pour a-uoit bruflé fon Vaiffeau amp;nbsp;pris la Floriflà ntc. Pource que ce nâeftoit que du boys pour tout:
Lnsque fon euft fait perte dâhomme:amp;: que tout cela nâcmpcfchcroit qu'ils ne fulfent fccou- - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
fus a temps.
Trois jours auparaiiant les Rochellois feftans aftèmblez en leur Efeheuinage : ad-üiferentquc furies murmures amp;nbsp;plaintes generallesquclâonoyoitdc tous coftez contre les âleportemens de pluficurs Catholiques alfoçiez'. il fembloit plus que necelïâire dg-les faire
JBBbb ij.
-ocr page 766-Aouft, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
* 7 vuicîcr 8i eflongner de la ville. Veu principalkment quâil ne fe faiibitrien quinefiiftincon-Rcmôftiâce tincnt rcuelc cn JâArméc; amp;nbsp;tous les Conleils amp;nbsp;entrcpnlcs aiilfitoft diuulgiiées quecon-RodieUoi? CGuës. Dcqiioy ilz furent dâaduis de faire remonftrance particuliere audit Prince. Ce quâau Prince, ils firent le lendemain en compagnie desMiniftres qui en portèrent la parolle.Lefqiiclsilouït Refpouce. benignement fur lâaduis Sgt;i. prière quâils 1 ny faiïoyent,d'eflongner dâautour la perfonne quelques fiens doincftiques de la Religion Catholique : delquels il nây auoit pas grande apparence ( veu mefines les aduertificmens qui en auoyent eité donnez ) de fê fier,nepoiir IcGcne-ral ne moins encores pour Ibn particulier. Toutesfois il leur fit rcfponce que quand auxfer-uitcurs Catholiques quâil tenoit près de luy : il les auoit pris cn fa protcôiion . Comme eux aufliauoyentfaiâ de leur part leurs Concitoyens,parens,alliez ou amis. Et quâils pouuoicnt bien croire quâil ne les tiendroit pas fil ne fen treuuoit bien lcruy. amp;nbsp;quâil nâeiift para-uant fait cxpcriance de leur fidelité de la fiance quâil pcuuoit auoir en eux à lâaducnir. Et gt;nbsp;mcfmcs que lâvn dâeux eftoit caille apres Di ev quâil tenoit la vie. Les priant dâauifcr à leur faid, cnccquitouchoit le particulier de Icurvillcpiemiertment. Et que quand a li:y il ne foublieroit jamais, cn choie qui importai! tant foit peu le lalut du public. Enquey il fut aile à connoiftre quâil neprenoit grand plaifir quâon hiyeuft parlé de ceux de la maifon. Commande Deux JOUIS apres ncantmoins, le Maire fit publier à Ibn de trompe par la ville, que tous Ca-Cathob^dc tboliquesreuoltezamp; autres ayans parauant porté les armes contre ceux de la Religion rc-vuideidela formteâ. culfentà vuiderlavilledans vint-quatreheurcsà peynedela vie. Et que le temps Rochelle, expiré,fèioit faiét recherche de mailôn en maifonafin de procéder contre les tontreuenans comme 11 appartiendroit. Ce qui fut fait les jours enfuiuans. Mais plus contre jes forains quâilz appellent à la RcK'hellc elf rangers; que ceux de la ville, qui nemanquoycntà ccbc-foin d amis ne de laueur. Occalion que la plus part des Gentils hcmmesamp;Capitaines fen tindrent fort offenccz'd ilâns que les gens de bien de la ville,auoyent plus a craindre plufcurs Catholiques amp;: Rcuojtcz naturels ou habituez cn la Rochelle quâon y foufffoit cn toute liberté: que ceux qiiify eftoyent retirez pour le deuoir de Confed^ation : concluans que ceux de la ville ne faifoyent tout cela que pour la haync quâils portoyent de longue main a aucuns qui feftoyent retirez en leur dite ville. Cependant les Rochcllois craignans dâcftic empclchcz en là cuillette de leurs vins, principalicment par ceux de laGarnifon deM-wns qui couroyent tous les jours dans le pays d Aunis: faduilerent defortilficr la Grimenau-diere,mailcn alfcz forte contre coureurs, a demy chemin de Marans à la ville: afin dâarrtftcr leurs courfes. Et pour câeft cfFeôl foudoyerent quelque nombre dâharquebuziers à chenal: les Contt^çcmrlcs amp;nbsp;furprifes dcfquels fous des Noiers, afieurerent beaucoup mieux les ha-bitans quâils nâauoyent cfté. Expédions le fiege de Broüage.
Fortamp;ba- L E s Catholiques enuiron ce temps, logèrent trois Coulcurines dans le fort quâilz a-fur le bord de la Riuiere vis à vis de Broüage . Dont ils mirent à fonds amp;nbsp;autre-uicrede ment endommagèrent ics Nauires amp;nbsp;Barqucs dont les aflîcgez le feruoyent contre la Scitic. Biouage, Et rompirent la Palliflade quâils auoyent faiéte pour empefeher quâelle ne fortift. Plus abat--tirenda Courtine en plufieursendroiôi:samp; firent grand dommage aux mailônsqiiilôntfurla â greue.gt; Mais ces alfiçgez, pour euiter cc qui pourroit arriucr de ce cofte: firent vn grand retranchement par le dehors le h'ug de la greue : faifant lequel ils trouuercnt quelques petites fourres dâeau affez douce. Qui fut vn grand plaifir aux bleficz amp;nbsp;mallades. Combien quâ-Ncccffité nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pouuoit tirer que allez petitement. Le pain auflî y falloir desja. Mais ily auoit
dSsBrouage quantité de poix qui fuppleoit aucunement a ce defaut, de vin auflî peu. Car il y auoit ja alfez long temps que lâorÿnaire pour le Soldat auoit efté limitée à trois Rcquilles, qui font comme les trois demis feptiers de Paris. Dâeau point de ncuuclles que pour les blcflèz, de poudre bien petitement pour le jour dâaflaut qui le preparoit. De Ibrteque Ion ne pouuoit plus contenir amp;nbsp;arrefter Igs hommes que aucuns ne fe retiraflent toutes les nuids : full vers , les Catholiques ou la part quâils pouuoyent. Quand au fecours,plus dâcfperance. Etfi eftoyent menacez parles Catholiques de la venue de Monfieur, quâilz leurdilôyent auoit faid monde nouueari à Yflbire:amp;.' quâil leurferoitdemefmcsfilsattendoient.Sommcquece vent abattoITlcS plus infirmes :amp; esbranloit les plus aflèurez. Occafion qu'ils auertirent encores le P R i n cie de leur extreme neceffitc. Et outre ce, pluficurs particuliers eferiui-rent à leurs pareus amp;nbsp;amis de la Ro c hic 1.1 b fe plaignans du peu de deuoir que lâon - q ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faifoit
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â¢'fûità lesfecourir: quâils ne pouuoycnt imputer que à couardifê amp;rafchcté . AHcguans Jpcttc que cc fcroitdâvne telle place: pendant laquelle amp;nbsp;auenant la mort de tant de gens ^oien qui feftoyentfy volontiers enfermez la dedans: lâon pourroitveoir deux cens tem- â ^^^vefuesamp;cinqcens enfans orphelins qui leur en pourroient faire reproche quelque jour.
âfees neceflitez, le foir du dixiéme de ce moys, le Capitaine Loféc fut à la Rochelle de la fJi^ckew le P^ffflesaiCegez . Lequel bien quâil nâcuft lettres faifans mention du poureeflot de leurs af- Piiiccâlcs pfes, crainte quâil fuft pris par le chemin: auoitneantmoins charge de dire débouché au ''ffce tout cc qui en eftou. Melmes de IâafTurer que fy dedans deux jours ilz nâeûoyent (è-^?âf*iz,ils feroyent contraints de prendre party. Parquoy le lendemain tout le long du jour '^'ffâuailléà charger toutes fortes de viures de munitions en petites Barques amp;nbsp;Challup-
chargées amp;nbsp;conduites par Mariniers amp;nbsp;Mathelots. Car deSoldatz lâon nâen vouloir pger les BarqucSjpource quâil nây auoit que trop d'hommes dans B rodage. Aufli quâil quot;^oitquc cela fexccutaft par furpjile amp;nbsp;de nuit. Le Prince renuoye ce jour meime vers ® ^ââffiegezpour lesaflèurer de ce lecours quâil efperoity faire entrer la nuit. Et lors ils ïc ââââfciitendeuoiramp;eftatpout lâattendre amp;nbsp;fauorifer, mais en vain. Carie vent conurairc â
les Chaluppes amp;nbsp;Gallions jufques au quatrième jour fuiuant. Au rebours Lanlâc faite pat les ^iicrty de ce dclfein,fit faire vne pallifladc ( comprenant en longueur dâvn amp;nbsp;dâautre cofté p â'âtrécamp; bouche de la Riuicre) aucc MatzgroHès pièces de boys amp;nbsp;autres matières entra- Haute de âârfées Sii liées enlêmble auec Chelhes de fer amp;nbsp;gros Cables.Puis au douant dâicelle, fit jetter ^â^IcrsauxGallercsSc quelques grandes Paraches. De lortc que lepaffage fut rendu du
impoffiblc. loint que parauantque parucnirla : il conuenoitpafler au trauers ou atout Quoins à la mercy de leurs Nauires. Ledix-huitiémedeux Nauires deLanfac eftoyencaL ^^pofetlancrcà rifle dâAix.Ou ils fembloyent cfpier quelque autre occafion que dâauoir
fur CCS petites Barques qui eftoyent à Chef de Baye. Etpourte quâil fut rapporté que ââ^Nauires cftoyent mal garnis dâhommcsjquelques Capitaines firent entreprife delesaller âföiiuerlanuiólauec ledits Nauires quâils remplirent dâharquebuziers. Et quâen tout euc-â^föcntcela lêruiroit à faire efeorte aux Gallions amp;nbsp;Pataches chargez deviures pour Broua-S^'Huieftoyent quatorze en nombre lelquelles mirent à la voy le auec vent fauorable qui 'öutesfois fut de fi petite durée que les ayans menez jufques bien près des Catholiques le ââ^æefuruenu tout a coup leur fit rebrouflèr chemin auec la rame. Maiseftans dclcou-ââfts fur la poinde du jour, cnfemble les deux Nauires qui eftoyent ibrtis de la Rochelle . PoutlesoccafionsquedefluslcsGalleres lêmirentà lafuitte dâvnc incroyable utelïc. A-amp; munuiSs
les Gallions ScPatachesProteftantes qui nâauovent feeu entrer dansBroüage fè mirent
il nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. t n I gt;.11 X nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r 1. nbsp;nbsp;â P I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uojcalaRo
*æur retraittc au plus pres de la coite d Olleron amp;nbsp;auec force dauirons raproenerent en Theile en
dâheure de l'Ifle de Ré. Pariant les Galleres ayans laificde les pourfuiurCj coururent pouucnten-ââxNauires quife faifôyent nager auec les Challuppes. Lef quelles cftoyent venues au de- Brouaggt; ^nt de la Rochelle. Ce qui leur vint bien a propos.C ar amp;nbsp;Nauires amp;nbsp;Galleres furent
( pfefqueaulTitoft les vncs que les autres à Chef de Baye. Mais les Nauires feftans mis au pfus pres de terre, ceux dededans nevouîans endurer la furie des Canonnades aulquelles Ihvoioyent lesGalleresfè preparer: defeendirentlurles Gallions amp;nbsp;Challuppes garnies ^tlpoires amp;nbsp;grans nombresdâharquebuziers. Aucc ce marchèrent à lâinftant mcfmes con-fæ les Catholiques qui ne voulurent attendre ainsfe remirent'au large. Toutesfoisaflèz lentement. Puis voyans que lâon continuoyt tousjours de les chercher amp;nbsp;mcfmes quâci-Chefdc hs en dcfcouuroycnt dâautres qui venoyentdc Ré : lors fans plus arrefter reprindrent leur ehemiii vers Broüagc. Au lendemain lâon depefeha aucunes d^ccs Barques chargées de te. 'lures amp;nbsp;des plus legeres pour tenter derechef dâentrer en Broüagc. Lâvne dcfqnelles char-gnn de poudres amp;nbsp;mcdicamens dont les aflîegez auoyent grande neceffiré fauança jüC» Sues bien près de la pallifiadc. De forte que tout fut-dcféou^iert.auec vne alarmebien chaude qui les fît retirer. Joint que aucuns des entrepreneurs'cftoyent merueilleùfèmcnt refroidis. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/iv ...q nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;fldhr lt;
Cependant furuindrent à la Rochelle plus granstroubles-amp;.deffiandes que jamais Diu'S«â« I w nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lüUpçOJAS Ã
3U moyen dâvn nommé Loys loullain natif de Saumeurlequélxenant du Camp des Catho- URÃchelle liques amp;nbsp;ncantmoins affeurant quâil venoit de Saint lean fut corîftirué piifonhiecfur c^elqucs =⢠। ⢠cectainesconjeétures.Depuis trouùéfà ifide paffeports tancdwâDucdù Msdn« ïjue'de queb '
BBbb ilj.
-ocr page 768-Aou», nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
* qucs autres Seigneurs Catholiques auec lettres de chifFre amp;nbsp;autres fur lefquelles toiitcsloh ion ne trouuoit beaucoup de quoy fc fonder : on luy prefenta la Gcnne, ou il aduoüa quelques allées amp;nbsp;venues auec certaine pratique quâil auoit menée à bonne intention pour faire quelque bon feruicc au Prince deCondé.Etquecelafeftoitmenéauvcuamp;aufccu des plus grans qui lây auoycnt employé . Quoy quâil en {bit, deux jours apres loullain fut execute a mort amp;nbsp;les autres pris faits prifbnnicrs comme fes Compliccs:amp; aucuns mis à la Gennc quelque temps apres deliurez. Pareu le peut connoiftre quâil nây alloit de tant que le peu pic fai-foit couii ,au grand déshonneur de beaucoup de gens démarque: aufquels les luges difoient que ce nâeffoit aflcz de viurc en gens de bien: mais quâil fè faut garder dâeftre fôupçoné. loint qu'en matrere de Guerre, en tel cas mefmemant. lettres chiffrées portent leurs condamnations : principalement faites entre Chefs particuliers fans faueu du General. Finiflbns le fiege deBroüage.
Occafion ⢠fl à efté dit cy deflus,comme Manducage auoit efte blefféau pas du Loup: Saplaycefloit de» i-agt;le _ jantbc, fosceâaquellc eüoit grandement oflcncé de deux balles dâvne harquebuzade quâvn des liens mclmcs luy auoit tiitc par inaduertancc amp;nbsp;fort prez toutcsfois. Or la blcliure {empirant de jour aautrCjUiit pour la fauiede bons medicamens que autres alimais necef-fâires.-anlfi qu'il eftoit aflez dciicat:il aflechoit à veuidâÅil deuenoit corne Etiquc.Occalîon qu'il fut confeillé fil vouloir guérir de lôrtinveu mefmcmêt le gros aer delà Marinc:amp; ce de referire à Lanfâc amp;nbsp;Rochepot quâil fçauoit 1 tiy porter particuliere affedion. Afin que par leur moieii il peuft obtenir lauf conduit duDuc du Mainc.Mais ils luy relpondircntbien toll,que celle Requefte auoit efté trouuée impertincntc.Toutesfois que pourfon rcfpcâ particulier, le Duc conlcntoit quâil le redraft en leurcté à Saintes, Taillebourg ou autre beu de leur party. Offrant donner fcurcté, toute faueur,amp; fecours quâil pourroitdcliicr. Ornefut ccconfcilapprouué de beaucoup: Pource que encores que les C a t h o l i lt;tvE sfuffentaf-fezauertisdcîcftat amp;nbsp;affaires des alïîegcz :fy eft ce quâil fembloit cuccâtftoit par là cerchet quclq ueouucrrure de parlement ou compolition. Laquelle les affichez n'ofoienr bonnemet entamer de leur part; aimans mieux que les afliegeans en fulïênt les premiers autheurs. Md-mes que leDuc,auffi toll quelcsautres fou Chefs delâArmée:y èuft veulu enttndrclort'â^ lontiers, tant pour mclnagner la vie de lès hommes ; que de crainte quâautre Seigneur quel® Roy y pourroit en fin enuoyer : ne cucillift à fon aile le ftuiél de färbte qui fauoit de fi long temps amp;nbsp;auec tant de peine amp;nbsp;hazard esbranlé. Parquoy Strofljâqui des long temps à eu al-,. lez bonne creance parmy les trouppes Proteftantes :voulantfur celte occalîon fonderlecou-rage des i^.cgcz : fit fçauoir à Maninuille ( ta mere duquel auoit efté nourrice defonen-. fancc, amp;nbsp;par fon aduis les fottifncations de la place pour la plus p3rt,auoycnt efté continuées . jufquesaccjour;) quâil auoit volonté luy communiquer quelque chofe dâimportance. Ce . J quâeftant mis en Confeil,fut trouuébon que Maninuille y entendift. Mais accompagnédâvn lècond; car autrement Maninuille protefta de ne fen melier aucunement. Dilânt qu'il eftoit aftèz notoire; combien ceux de ce temps taxoycntcouftumicrcment a credit les adionsde , ceux qu i fcinployoient en telles affaires. Le lieu alfigné pour communiquer fu t le bord du Canal qui tire a Vers affez prez du Baftion du Caillau .Ou fe trouucrcnt Strolly,amp; Puy-Gail-lart, Maninuille amp;nbsp;la Valéc: fans autre charge toutcsfois des affiegez linon que dâentendre la propofition des Catholiques. Auffi ne fut il foit autre cholè à ce premier abouchement : fors que Strofly dift quâil eftoit grandement esbahy amp;nbsp;fafché de veoir les alfiegez foppiniaftrerla dedans lâns aucun moyen ne efperance delccours : comme ils fçauoyent trop mieux quâeux. Et quâils ne pouuoycntigi^rcrcommâilseftoyentdesja logez defteus amp;dclîusleur baftion. Leur folTé amp;nbsp;vnc partie dâicclluy tellement gangntc amp;nbsp;auec tel auantage que leur donnant vn effort tel quâils dcliberoyeiit leur donner de brief, il y auoit grande apparence quâils ne demon raffen tlbus le faix. D^t ilauroit vn extreme regret pour la pitié que leur foilôyét tant de bons homes cnfermczlà dedâs,qui pourroiétbicnquclqucjourleruir ailleurs,apres que celle milcrablc guerre feroit terminée par vue bône Paix. Les prias dâen aucrtir leurs compagnons
Conféren-^ amp;nbsp;Icur côfeiller de nâattêdre fextremité. Ce rapport fait, fut auifé de continuer ce pour par-'ourla nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lequelacheminercflcurent encores deux autres alfin dâaccompagner ceux la: auec
ditionde charge dâentendre des Catholiques à quelle raifon ils le mettroyent en leur rendantla place, «rouage, (jç quâayans propofé le lendemain au lieu alïignc tel que le jour precedent : fut refpondup« ; ââdu 3' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;StrolTy
-ocr page 769-livre QJV a RENTECIN Q^V I E M E. 585. ^tröffe 8t Piiy-Gaillart qucceftoitaiixaflîcgcz à faire ouucrturede leurs demandes, aulqueP IfsilslcspouuoycntaflurcrqiieMonfieurle DucdiiMainelà tifferoirà leur grandcontcn-
Mais pour plus les intimider SnC haüer dâentrer en capitulation: Ils nâoublicrcnt à Jionftter vne lettre que le Roy efcriuoit au Duc du Maine ; Par laquelle il luy failùit lâuoir â^cheminement de Monfieur auec lès trouppes pour aller deuant Broüage. Ce quâils dc-âoyentbien craindre, confideransce qui cftoit frailchement adnenu dans YlToire amp;nbsp;quâils âââuroyent fi bon marché de luy quand il lèroit arriué. Somme quâau retour de leurs Gens, csaffiegez dreflerent leurs Articles Scefleurent deux Gentils hommes pour accompagner âcsquatrc premiersauec charge, mernoyres amp;inftru6tions pourvacquer jufquesà îâentie-JcyiTue amp;accompliflèmentdu tout. Lelqucls fe trouuans le lèiziérae dudit moys furie 'citïulieuaccouftumé: prefenterent les Articles à Stroflÿ, Puy-GaiIIart, Lanlâc amp;Beau-âoisNangy pour les communiquer au Duc. Et ce pendant fur faicle Trefueamp; furlêancc Æ Armes jufques à la rclponcc pour euiter Ictrauail de collé amp;nbsp;dâautre. Car ils eftoyent ⢠âOR fl vÅfins quâilz le tiroient coups de piftolles,amp; hallebardes par les mines efquelles lâon le pouuoit rencontrcr.Le lendemain les Articles furent rapportez amp;nbsp;lignez dâvne part amp;nbsp;autre; âptcsauoirimpctrédelapartdcsalfiegez vn delay alfez brief pour en aduertir le Prince: a-defçauoir sâil auroit agréable la capitulation amp;nbsp;ou il luy plairoit de partir les Compa-S^iesde ladite Garnifon. Pour l'execution dequoy furent depefehez trois deux, auec Tho-
La capitulation portoit que les alTiegez Ibrtiroyent indifféremment delà ville de ^âoüagededans Dimanche enfuiuant heure de Midy ,auec leurs Armes bagues faunes don de poor fe retirer à la Rochelle ou ailleurs. Et que allans parterre, ilz lcroyent conduits Pâc Strofly amp;nbsp;Puy-Gaillart amp;nbsp;par mer par Lanfac. Que ceux de la ville amp;nbsp;Illes prochaines lX)urroyent,demourer fi bon leur fembloitauec liberté de confcicnce amp;nbsp;jouyflance de kurs biens. Plus que le Canon amp;nbsp;Couleurine quielloiten ladite ville,lèroit par les alfic-^oanscnuoyéà la Rochelle dedans huid jours: moyennant vn palïèport auec plufieurs âHires Articles 2« conditions : pour reffed amp;nbsp;execution delquelz furent ordonnez
Oftagesde la part defdiÃls affiegeans, de Bors Lieutenant de Biron pour le faid de *AnilIerie,amp; de Bougoin Gentil-homme de Poitou: de lapart defdiâs alfiegez les Capi-ailles Cormont amp;nbsp;Guilionuille. Donques Thomafiins amp;nbsp;autres arriuez à la Rot helle tapiiulatió. pHnr la ratilficauon des Articles: le Prince conleilié de ne lesaduouer ny ratiffier comme ^iamp;fanslâaduisdu Roy de NauarrcÃc le fieu: loint que lâoccafion lèmbloitlè prclenter lesdeliurer du liege ,cn apparence ne les conrrcdilr pas : amp;nbsp;manda aux alfîegez^c les accomplir pourucu quâon y adjoullall vn Article par lequel ceux qui auoyent cfté pris fur les ^îuites amp;nbsp;depuis detenuz aux Gallcreslèroycnt rnis en plaine liberté. Celle depefehee-^wfaiâc au veu amp;nbsp;feeu de plufieurs : Le Prince ayant tiré a part en lôn antichambre les LeputeZjleur dill quâil ne pouuoit que grandement louer le deuoir que les alfiegez auoyent ^ittout le cours de ce liege: Sâalfiirant quâil nâauoit tenu a eux queletoutnâeuft autre-JHcntfucccdç. Toutesfoisellüitextrêmement marry,quâilsfullènt entrezen compolition âlâheure quâilyauoit apparence de les fccourir dedans quatre jours; comme il leur mon-Hcâ par vne lettre du Roy de Nauarre quâil auoit receuc le matin melmelôus coulleur d apporter nouiiellcs des Députez pour le laiôt de la Paix. Et pour tefmôignagc de Ibn inten-**onenuoyoit,le Roy vne efpéc alfez conneuë dans laquelle y auoit vn petit efeript qui don-âoitCertaine affiirance des trouppes difpofées pour fccourir Broüage. Pour le faire court le Prince déclara que fe lècours elloit tout prell. Pour lequel joindre il fachemineroit le loir mcfme auec toute la NoblelTe pour leur en faire veoyr les effer^ dans le Mardy prochain. Lont pour en alfeurer dauantage lesafsiegcz,il fit ceindre lâelpée à lâvn dâeux au lieu de la lie-ot. Or dâautant quâon trouuoit lâexecution de cela alfez difficjlle; mefines de rcmporifcr âârfidans trois ou quatre jours au prejudice de leur foy donnée*^ Ce que les Catholiques pour lâauantagc quâils auoyent endureroyent difficillement; onleurremonllraqueccdc-lây le pourroit faire auec honneur amp;nbsp;couuerture legitime comme en débattant lâArticle âlont cy dclfiis cil faiél mention. Qi^e les Cappitaines des Razes amp;nbsp;Chardon,lulfent rendus fans rançon. Q^e lâArtillerie amp;nbsp;Moulquets de la Rochelle, fullènt renuoyez amp;nbsp;les Olla-§es promis de la part des Catholiques premier arriuez dans la ville: que lesafsiegez com-^cnçalfcntà lôrtirdeiaplace. Toutes lelquelles chofes le Prince defiroît ellre miles en
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auanr, afin que pendant le debat dâicci les ce petit terme ordonné peuft eftre expiré. Auec cc-fte refponce ils partirent fur le midy de la Rochelle pour Fen rctourner5amp; couchèrent pour ce loir à Moaife; fors Morette trompette du Roy qui donna jufques en Broüage:aflùrant les aflîe-gez que le Prince auoit eu cefte cappitulation pour trcfagrcable. Deforce que cela les incita de tant plus à fê preparer,pour quitter la place le lendemain a Iheure promife. Maiscflans arriuez les Députez vn peu plus tard quâil nâeftoit befôin pour leur charge; amp;auoir recité particulièrement ce quâils auoient entendu du Prince amp;nbsp;la prorogation de temps quâil defi-roit eÃre faiéfe de la reddition de la place pour lesoccafions cy deuant dites : il nây eut cel-luy qui ne fuit grandement esbahy. lugeans que cela eftoitdu tout impoflible, pour auoir efté trop tard adueriis dâvne telle refol ution. Et les Catholiques tellement informez par leur bouche mefine de lâeflat de leurs aftaires, que bien à peine les pourroit on fruftrer de ce qui leur auoit efté promis. Mefines que depuis la Trefue faide, les vns amp;nbsp;les autres conuerfoyent ⢠familliercment enfemble : feutre rcconnoifTans auec les carefles amp;nbsp;courtoifies couftumiercs en ces Guerres ciuilles. Voyrey auoit pluficurs des Catholiques dans la ville,que aucuns fol-darz yamenoyentSc faifôyent entrer apres quâils auoyent efté en leur Camp.Et ce au grand regret amp;nbsp;contre les defences des Chefs qui ne pouuoycnt eftre obeys en ceft endroid. Tou-tesfois la refponce du Prince amp;nbsp;creance dudit la Vallée eftant à lâheure mefme mife au Con-feil; auc un ne fut dâauis de fc monftrer autre en ceft endroid. Au contraire lesprincippaux refolurent de fournir à leur promefte. Outre ce quâil eftoit prcfquedu tout impoflible de tenir plus long temps; veu le trait quâauoient des ja pris les affaires fie la cenfufien amp;nbsp;defobeïf-fà nce cy deffus alléguée. loint que les Soldatz nâeftoyentdeliberez garderplus longuement la place. Mais auffi ne fe vouloyent pas feulement tenir à la breche ou les Catholiques cdoi-ent dcsja les plus forts: Lefquels comme prefâgeans quelque chofe furuenue dcnouucau au prejudice de la capitulation, faifôyent defeendre gens de pied amp;nbsp;de chcual en grand nombre dans leurs tranchées pour venir à labreche.Parquoy il ne refta auxafliegez finon que déparier à eux amp;nbsp;leur offrir la place moyennant que les Oftagçs fuflènt arr^ez à la Rochelle comme telle cftoii lâintention du Prince. Or des autres chofes quâil demandoit, ce Eut peyneperdue que dâen parler . Et quelque chofe quâen ayt voulu dire, aucuns jugèrent bien enappa-rence que la capitulation nâauoitefté aucunement conditionnelle: quoy quâils en vinlfentde-Reditionde puisadueitir Ic Priiice.Ce quâils faifoyent plus pourfçauoir ou il luy plairoit départir ceux place côme de ladite Gamifon que autrement. Et de faid les Députez dâvne part amp;nbsp;dâautre alans à la Ro-e ui aire. nây portèrent point la coppie des Articles de la capitulation. Qui donnamatiere à plu-fieurs de pger amp;nbsp;dire quâelle nâeftoit moins précipitée amp;nbsp;defraifcmnable comme faite fans le Rektion de Generahquây abfolue amp;nbsp;fans condition auant leur parrement. Les affiegez donc aians
' prié Stroffi amp;nbsp;Pui-Gaillart qui cftoyent à la breche : de ne les unt précipiter en îexecution de leur promefte,quâils nâeuftent premièrement cfgard dâenuoycr leur Oftages a la Rochelle; futrcfpondu quâà l heure mefme ils lesverroyent monter à chcual pour ceft effed. Et que Fils auoyentaucun doubte, ils fe configneroycnt eux mefmes entre leurs mains. Les prians pour la fin de tenir leur parollc amp;nbsp;fe fier auffi en leur promefte . Et que ce feroitleur grand proffit. Ce qqc voyans lesaffiegez, fortirent de Broüage à lâheure prornifê le vinthuitiéfmc fti/h Aouft. Eftanslcs bleftcz amp;nbsp;mallades condiiids par mer en Barques amp;nbsp;Gallions que les Gai-leres toucrent à caufê du calme jufques bien pres de la Rochclllc. Les autres Compagnies furent auffi fè.urement conduides les vnes à Pons les autres à la Rochelle au grand honneur des Catholiques,qui ne manquèrent en vn fcul point de leur foy amp;nbsp;chofè promife : quoy que lefdids affiegez arriuaftègtprefque auffi toft en ladite ville de la Rochelle, que les Oftages quâon leur donnoit. Le jour mefme le Duc du Maine y entra fur la Reallc:amp; depuis y laiffa Lanfà c pour Gouuerncur auec forte Garnifôn.Lequel pour monftrer quâil vouloir bien trait-ter non feulemét les habitas,mais auffi ceux des Ifles:fit quelques jours apres publier vne fau-ue garde pour tous ceux lt;^i Fy voudroict retirer de quelqucReligiô quâils fuffét ou quoy quâ-Mefeonten. Ãs euffcnt porté les Armes;cnquoy pluficursfc fierêtles autres non.Mais IcsRochellois ftirét tementjes grandcmêt csbays amp;nbsp;indignez,quad ils virent le Lundy matin ccux.de Broüage quâils péfoiêt oc t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jyfqygjay joljfque jePj.jf|(-eJeyj.ayQjipj-ojpj5(^(-oujs. Et pour raifôn duquel
il sâeftoit mis en chemin dez le Samedy ptecedcnt:ayant dôné charge aux Capitaines dcMa-rine,de faire appreft de plus grâd nÃbre de barques,galliôs amp;nbsp;challuppes quâil fêroit pofliblç.
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Comme
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auHi cela fut fait tant à la Rochelle que de f Ifle de Ré pour auec icelles donner lâalar-â¢Â»Â«tlu cofté de la mer,pendant que les autres viendroient par terre. Câeftoit choie elhange de 'oir les plaintes amp;nbsp;murmures quifen failôiêt chacun en parlant Iclon là paflîon. Aucuns ta-â'oient ceux de Brouage de feftre trop volontairement renduzmâeftans encores réduits à fex-^etnite telle quâils auoientfait courir. Et melhres pour Feftre trouué grand nombre depou-
amp; viiires apres la redition de la place.
Le Prince donques fous cefte occafion amp;nbsp;auec telle elperance partit de la Rochelle le dix-'^ptiéme du mois fur les neuf heures du loir amp;nbsp;en là compagnie toute la Noblelïè. Il fut fuiuy vn nombre de jeunelfe tant de la Rochelle que de forains pour le defir que chacun môftroit Rochelle â'îietrouucr à vn tel affaire. De forte quâil ne fe trouua moins accompagné que de trois cens
Le lendemain il arriua à laine lean dâAngely ou Fcftant renforcé dâvn nombre dâhô-5'^5:donna dâvne cauakade jufques à Barbezieux lailà nt dixhuic grandes lieues dâvnc traitte. \uis auoir paffé la Charente à Baffac,fe rendit à Pons non fans grand danger. Car la Caualle-® f'^Catholique lefuiuoit jaen queue amp;nbsp;auoient borde ladite Riuiere aux endroits ou elleef gueable pour lâarrcfler amp;nbsp;le deffaire. Le Conte de la Roche foucauty commandoitpour ^ouuerneurauec cent eheuauxSc fix cens hommes de pied aiantmisle reftedes forces es ê^rnifôs vÅfines. Lefquellcsfo maintenoiét par les cou ries ordinaires elquelles ils gangnoiét g^n'ifon.^ ^^zfoiiiient pour Fcntretcnir.Lc vint troifiéme d Aouft le Prince refcriuirde Pons au Maire ^^lîRochelle,comme ilefperoit en peu de jours joindre le Roy de Nauarre, le Viconte de â¢âraine, la Noue amp;nbsp;autres Seigneurs,accompagnez deforces ballantes pour faire quelque âon exploit amp;nbsp;tenter autre entteprilè puifquc celle de Brouage manquoit lelon que à fon tref RochcUois. grand legret il auoit feeu.
^rarriuerent lesDeputez le vint Icptiéme dudit mois,r3pportat coppic des articles accor-*^âaenlancgociatiô delaPaix.Excepté detroisqui eftoiét demeurez en differed amp;nbsp;pour vui '^ârlefquels Biron Fclloit acheminé à Poitiers pour fur iceux entendre lâintention Sederniere ^olonté du Roy. Toutefois les choies eftoient desja pour ce regard tellement auancéesique . âOn conceut grande elperance dâvn repos futur quoy que ces ariicles Icmbloient maigres à ^^îcurs^u pri^clme je la libertéodroiée par ledernier Edit.Mais neâtmoins chacun fem-^^ ^rt les defirer tels quâils eftoiét,pour eftre extrememét las de la guerre. Aulïi que plufieurs lâgeioétpour vn grand auantage amp;nbsp;grace non petite que le Roy aiant telle pnlè fur ceux de la ^digion-.fefut contre toute attente dâiceDX,ellargy en beaucoup de choies que peu de jours Les Rochel P^rîuantfon nâeuft ofé efperer. Or entre tous ceux qui phisdefitoicnt celle Paix les Rochel -loisfy monllroient affeélionnez amp;nbsp;en public amp;nbsp;en particulier: Tant par la reprelftitation du Qi31hcur qui accompagnoit leurs delïèins que pour la fouucnance de tant de pertes receuës ^opnislcsfcconds jufques à ces derniers troubles.La face defquels le monftroit encores plus â¢nilerable que de tous les precedens.
Somme que fon ne voioit plus en la Rochelle que toute matière dâenuys: tant pour lefou-uenir des malheurs paffez,que pour ledecezde plufieur fignallez perfonnages en la ville. Mefmes à caule de la mort de Pierre Bobineau Marre dâicelle. Lequel fix jours aprez le par- Mort de t«ment du Prince eftoit décédé le vint troifiéme du mois au grand regret de tous, naturels, P'âââ® Æ ?'â* â«Dituez autrement retugiez en la ville:non lans oppinion que le delordre amp;nbsp;piteuxfucccz delaRochel ^Kà tfaires publiqu,cs(outre findifpofition naturelle reconeuë en là perfonne par les Médecins 1®-deuant Si apres fa mort ) ne luy euft de beaucoup auancé le terme defes jours: Carcomâilef toitpromptjcbajidde n3turel,bouillant dâvn bon zellcà fon party; amp;voiant que faute dâau-^yns tout allortdeâfnal en pis quelque peyne amp;moicns quâily Ic^itcmploier pourremettre les affaires en ljo.n.cftav en print vn tel amp;nbsp;fi grand defplaifir, quâil en mourut peu de jours a-ptîsle premier de là nialladie qui fauoitlà ifi fur le vintiémeluillet:dez lequel Barbotfvn de Formeamp; fo fe CÅleus exerça la Magiftrature jufques au vint-troifiéme Aouft que Bobineau châgea de vie.Auquel jour les clefs des portes fermées ftirët foudain ported chez Guillaume Gêdraut Rochelle âors premier Efeheuin amp;nbsp;dernier Maire jufques à ce que le corps fut enterré: qui fut au len-demain apres midy:que les Enlêignes des compagnies trainantes, tambourstcouuerts de drap ?^îiesdâvn' noir panonceaux des couleurs de la maifon de ville fouftenus par les lêrgens delà Mairie : Ma«®-les clefs de la ville és mains des portiers marchas deuant le corps:fuc porté amp;nbsp;fuiuy par les Ca-pitainc s de la ville,couuert de vellours noir.-dont les quatre anciés Maires portoient les quatre
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implore fôn ayde, amp;nbsp;fiipplié de nous inipircr à trouuer les remedes plus amp;nbsp;propres coucnabla pour lebié de noftrc clbr^Ãó pris fur cefauis de la Royne nofhc tres-honnorée Dame amp;nbsp;mere de nollrc tref-cher tref-amé Frere le Duc dâAnjoUjdcs Princes de noftre lang amp;nbsp;autres,des officiers de noftre Courône, Srautres Seigneurs amp;nbsp;notables perfon nages de noftre Côlcil pri ué:Allons en attendant tjuâil ait pieu à Dieu nous faire la grace par le rooien dâvn bon libre amp;nbsp;legitime Concilie general,de réunir tout nos fti jets à noftre Eglilè Catholique,par cellui nof ftre prefent Edit,pcrpetuelamp; irreuocable, dit déclaré,ftatué amp;nbsp;ordonné,dilôns,déclarons, lia' , tuons amp;nbsp;ordonnons ce;qui fenfuit.
1 I PREMIEREMENT quc ù memoitc de toutes chofes paftecs dâvne part amp;nbsp;d'autre des amp;nbsp;depuis les troubles auenuz .en noftre Royaume amp;nbsp;à foccaf on dâiceux demeureracRainâc èc afiouppie comme de chofe non aucnuë.Et ne fera loifiblc nây permis à nos piocurcurs generaux: nây autres pcrlbnncs quclsconqucs, publiques ne princes en quelque temps, n'y pour â¢quelque occaftonqucccloit en faire mention, procez ou pourfuitte enaucuncs Courts eu *2. lurifditiós que ce foit. 2. Dclfendonsà tousnos fujets de quelque cftat nbsp;qualittéquâilsfoict
d'en renouucller la mémoire, fattaquer rcfcntir,injurier, nây prouoquer l'vn îautre par reproche de ce qui feftpafté pour quelque caiife amp;nbsp;prétexte que ce foit, en difputcr, ccntelîcr quereller ny fourrager ou oftencer de fait ou de parolle: mais fe contenir amp;nbsp;viiirc pailîble-mentenfemblc commefrcrcs,amisamp; concitoiens,iur peyne aux contreuenansdâelîrepuniz comme infraélturs de Paix penurbatcurs du repos public. ^.Ordonnons que la Religion
I _CatholiqueApoftoliqueamp;Romaine lôit remilêamp; reftablic en tous les lieux amp;nbsp;endroits de 7* ccftuy noftre Royaume amp;nbsp;pays de noftre obciffâc e,ou lexcrcicc dâicelle à efte intermis,pour y eftrcparftblemcnt amp;nbsp;librement exercéelâns aucun trouble ou empefeheroent. Delfcndant trefexpreflèment à toutes perfonnes de quelque cftat qualité ou condition quâelles foient,fut les peynes que deftus, de ne troubler, molcfter nây inquiéter les Eccltftaftiques en la cclebra-â tion du Diuin lcruice, jouifTance amp;nbsp;perception des dixmcs,fniitsamp; rcucr.uz de leurs benefices, Sc tous autres droits Sedeuoirs qui leur apppartiennent. Et qu»tous ceux qui durant les prefens amp;nbsp;precedens troubles fclbnt emparez des Eghles,maifons, biens amp;: reueniizappartenant aufdiis Ecclcftaftiqucs, amp;nbsp;qui les détiennent amp;nbsp;occupent, leur en delaifient lâcntie-re pofiefliô 8c paifible jojffâce en tels droits,libertez amp;fcuretcz quâils auoiét au paraiiât cjui'b en fuftet dcftaiftzr^Ãt pour ne lailfer aucuneoccafiô de troubles 8^ differens entrenosfujets âu.,.« Icurauons permis 8«: permetrôs viurc 8c demeurer par toutes les villes ôc lieux de ccftuy nof-ê'cvfr,?n' tre Royaume, 8c pays de noftre ubeiflâncc, fanseftreenquis, vexez, moleftez n'abftraintsà faire chofd^ur le fait de la Religion contre leur confcicnce,nc pour raifon dâicelle eftre re-\ cherchez csjfiaifons Sc lieux ou ils voudront habiter, en fc comportant au refle, félon quâil eft contenuerinoftreptclcnt Edit. Nousauonsaufli permis à tous Seigneurs, Genrilshô-Æ meSifSe autreS'perfonncs tant regnPcoles quâautres, faifans profcflîon de la Religion picfcndiie refarmôe^tà ns en noftre dit Royaume amp;nbsp;pays de noftre obeiflance haute luftitc ou plain fief t£cihaobert,icôriie en Normandie, foit en propriété ou vfufr uiten toutou par moitié ou pour la troifiéme partie,à uoir en telle de leurs mailons defdites hautes iuftices ou fiefz fufdits quâils ftxoritténuz nommer déliant anosBaillifz,8c Senefebaux, chacun en Ion deftroit pourleut prâncâoaLdomicille, .lâexercice de ladite Religion tant quâils y feront refidcns,amp; en leur ab« fôr»oc?iaMfdnmesoufamrlle,dontils refpondront. Nous leur pcimetôsauffiauoir ledit excr, dicejenkiirrs autres mailons de haute lufticcou fîefzfufdits de haubert tantqiiâilsy^femtjifc-fentiSZ tion autrement, le tout tant pour eux leus famille fujets que autres qui y voudront al-lcr.(?..Ll^-maifons de fief q^ ceux de ladite Religion, nâaiironcladite haute luftice, ou fief de haTibcr^-nepourront feiceledit exercice que pour leur fannille tant feulement: Nâentendant toutesfois fil.yifuruieni de leurs amis jufque au nombre de dix, ou quelque Baptelme prelfé en ccnnfiagnichâéxcedant ledit nombre de dix, quâils en pmffent eftre recherchez: Moienant -auflî que Icfihtcs mailons ne Ibicnt au dedans des villes bourgs Sc.villages appartenans aux Sei çneufslïâittpJufticicrs Catholiques autres que nous, cfquels lefdits Seigneurs Catholiques -tint lottrs!mailbns,auqucllt;as ccuxdela dite Religion ne pourront dans leffiites villes, bourgs Ã:vlt;Haglt;i{fiiccleditexcrcice^fi ce nâeftparpermiffion8e congédcfdits Scigneurshautslufi -7 -üciÃiccs Se.non autrement* 7. Nous permettons auffi à ceux deladite Religion,faire 8e conti-liOQifcxqiÃâeie.dâicencen touterdes villes 8e bourgs ouallé ux!)iui»cra.publïqvcinét fait ledix-à roiqmi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feptiemc
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^^pticnie du mois de Septeæbre;Exccpté toiitesfois cs bourgs appartenans aux Catholiques ^577 à prefent par ceux de ladite Religioujefqucls fexercice nâeitoit fait auant la dernière le-
Pn!e des armes, amp;nbsp;mefincs durant les precedentes paix.S.Dauantage enchaciin des anciens^ ^^âliagcs,Sâ¬nefchauccesamp; Gouuernemcns tenans lieu de Bailliage, rellbrtiflà nt nuemcntamp; hnsinoics és Courts de Pai lemct:Nousordônons que és faux Bourgs dâvue ville,ou il y aura Weurs villesamp;en deffaut des vilesen vn bourg ou village lâexercice de laditcReligiô le pour
hire pour tous ceux gui y voudrôt allcr.9. Deffédâs trcfexprcflcmct â tousceuxdc ladit^ faire aucun exercir e d'icelle tât pour le mintllere,rcglemeus,difcipline ou inftitution S
Pubîiqucdâéùns amp;nbsp;autres en cefttiy noftrc dit Royaume amp;nbsp;pays de doltre obeillà ncejcn ce qui Concerne la Religion fors que és lieux cy deflus permis amp;nbsp;oétroiez.io. Comme aufîî de âSfun exercice de ladite Religion en noftre Court amp;nbsp;fuitte, ny à deux lieues es en niions dâi-ny pareillement en nos terres amp;nbsp;pays qui (ont de la les Monts, ny aufli en noftre ville
^'â tuofteSc VicontédeJ^risjjny a dix lieues au tour de ladite ville. Lcfquellcs lieues nousa-^ ''onsliniitéesamp; limirôs aux lieux qui enfuiuent.Sçauoireft,Senhsamp;lcs faux bourgs,Meaux ^hsfauxboiirgs, Mcleun ôi les fauxbourgs,vne licuëpardela Chaftre fous Montlehcry, ^rdan amp;nbsp;les fauxbourgs,Râbouillet,Houd3n âc les fauxbourgs,vne lieue grande par de la ^culan,Tigny,Meru amp;nbsp;faint Leu de Seras: Aulquels lieux fufdits nous nâentendons quâil foit '' II, c* '^taucun exercice de ladite Religion.Toutesfois ceux de ladite Religion demourans cfditcs^.y.^.^^ ây. ^'wesamp;paysde la les Monts, amp;nbsp;en noftre dite ville, Preuoftcamp; Vicontede Paris, eftenduë âUiû quediteft,ne pourront cftrc recherchez en leurs maifôs,nc contraints à faire chofe pour ^'fcgarddeleur Religion contre leurs confcienccsen fê comportant au refte felon quâil eft
'^f'ntcnu en noftre prefcni Edit. 11. Nousdeffendons a tous prefchcurs,leélcurs amp;nbsp;autres qui 11 p3rlé( en public, dâvfcr dâaucunes parollesamp;f propos tendâs à exciter le peuple à fediiioiAins ^'gt;iraiions,cn)ointamp; enjoignons de fe contenir amp;nbsp;comporter modcftemét;ne dire rien qui ne
à îinftitution edification des auditeurs, amp;nbsp;à maintenir le repos amp;nbsp;tr3nquilirc,par nous fftablieen noftre dit l^yaume, fur les peynes portées par nosprecedens Edits. Enjoignons ^f^cxprcfTcmênt à nos procureurs generaux amp;nbsp;autres nos officiers dây tenir la main. 12. Ceux lt;X â¢^«hdite Religion ne feront aucunement contraints ny demeureront obligez,pour raifon des â^/Illations promeffes amp;nbsp;fermens quâils aiiroicnt cy deuanr faits, ou cautions par eux baillées foncernans le fait de ladite Religion, amp;nbsp;nâen pourront cftre moleftez ny trauaillez en quel-
forte que ce foit. 15. Serôt tenuz auffi garder amp;nbsp;obfcruer les feftes indiôfes en lEglifc Ca- 1 âColique, Apoftolique Ãà Romaine.Etne pourront és jours dâicelles befimgner, vendre ny ^lhllerà boutiqucsouuertes,amp;i aux joursefquelsfvfagedela chair eft dcftédujlft Bouche-f'« nefQuuriröt.i4.Ne pourrót en noftre,dit Royaume pays,terre Si Seigneuries de noftre 1 obéiffâce eftre vëduz aucuns liurcs fâs cftre premieremét veuz par nos officiers des lieux ou (pour le regard des liures côccrnâs ladite religiô pretëduë reformée)par les châbres cy apresE^ par nous ordonnées en chacun Parlement, pour juger des caufes amp;nbsp;differens de ceux de ladies Religion. Deffendant trefxpreflèment limpreffion, publication amp;nbsp;venditon de tous liures Lbellcs amp;nbsp;cfcrics diffamatoires, fur les peynes contenues en nos ordonnances. Enjoignant à lousnos luges amp;nbsp;officiers dây tenir la main. ly.Ordônôs qu'il ne fera fait differéce ny diftinc-(j* fgt;fgt;npour le regard de ladite Religiô,à reccu^les éTcolicrs pour cftre inftruits es vniuerfitez colleges amp;nbsp;efcolles, amp;les malladesamp; pourescs hofpitaux, maladcrics amp;3umofncs publi-ques. r6.Ceux de ladite Religion pretenduë reformée feront tenuz garder les loix de lEglifor^ Catholique, Apoftolique 8c Romaine, receuës en ccftuy noftre dit Royaume, pour le faiôl ^ÃlM^iages, conrradez amp;nbsp;s conrraéter és degrez de côfà nguinité 8c affinité,pour euiter aux débats amp;nbsp;proccz. qui fen pourroient enfuiurc, à la ruyne de la pTus part des bonnes maifons dicçlluy^amp;djlfolutions des Jycns dâamitié qui faquierent par Mariage amp;nbsp;alliance entre nos
17.Pareillement ceux de ladite Religion payeront les droits dâcntrée,aomme il eft ac- 1 y couftumé pour les charges amp;nbsp;offices, dont ils lêrôt pourueuz,fâs^fti c côtraints affifter à au-cuiies ceremonie s côtrai rcs à leurditeReligiô,amp; cftâs apellez ptr fermét ne ferôt tenuz dâen faite dâautre q de Icucr la main,jurcr amp;nbsp;promettre à Dieu quâils dirot la vcrité:amp; ne ferôt auffi ten HZ pfâdre difpécc du fermét par eux prefté en paffât les côtrats amp;nbsp;obligatiôs. 18. Voulôs tS. amp;nbsp;ordôtions que tous ceux de laditcReligion prctéduc reformée amp;nbsp;autres qui onTTuiuy leur party, de quelque eftat qualité amp;nbsp;conditionjquâüs fQicntjfôiertt tenuz amp;nbsp;contraints pat toutes
voies
-ocr page 774-:rt. 1577. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ H I S TO I R E D E F R A N C Eï^ quot;nbsp;'
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*- vóiesdeiiësamp; raifonnables, amp;nbsp;fous les peynes contenues en nos precedens Edits force faits
paier Sc acquirer lez dixmes aux curez amp;nbsp;autre£Ecclcfiaftiqucsamp; à tous autresà qui ils appar tiennent felon fvfânce amp;nbsp;couflume des lieux, . Afon de reunir dâautâtmieux le vol ôtez de nos fujets, comme eftnoftrc intention ôc öfter toutes plaintes à lâauenir, déclarons qüetous ceux de ladite Religion prétendue reformée amp;nbsp;autres nofdits ftijetsqui ontfoiuy leur party capables de tenir amp;nbsp;exercer touseftats, dignitez, offices amp;nbsp;charges publiques quclsconques RoyallcSjScigneuriallesou des villes de nofdits Royaume, pays, terres amp;nbsp;Seigneuries de nof tre obeiftance, amp;dâcftre indifféremment admis amp;nbsp;receuz en iccuxfans quâils foienttenuz prefter autrelêiment ny abftraintsà autres obligations quedcbienamp; fideJlcmeDt exercer leurs cftats, dignitez, charges amp;nbsp;offices, amp;nbsp;garder les ordonnances, efqucls eftats charges amp;nbsp;offices, pour le regard de ceux qui feront en noftre difpofition, il y fera aliénant vaccationjpar nous pourueu indiftren^ilient amp;nbsp;jânsdiftinôiion de Religion de pcifonncstapablc£,cinnie ⢠verrons eftre affaire pour le bien de noftre feruice. Enrendonsaufli que ceux de ladite Kdi-gion,puiflcnt eftre admis Screceuz en tous confoils, deliberations, afitmblécs amp;foréhcns qui dcppendentdes chofos fu(tlités,fons que pour raifô de laite Religiôils en puiÃcntcfrc re-jetez ou empefehez dâen jouir. ao.Ordônôs pour fenterremet des morts de ceux de laditcRe-ligion pour toutes les villes ôc lieux de ccRoyaume quâil leur fora pourueii prcmpttmentpar nos officiers amp;nbsp;magiftratsen chacun lieu dâvne place la plus con mode que faire ce pourra, ce que nous enjoignons à nofditsofficiers de faire amp;; tenir la main que aufdirs enterrements il nefe commette aucun fcandalle._21 .Et afin que la luftice foit rendue amp;nbsp;admiuiftreeà nofdits fujets fans aucune fufpition, haine ou faueur.-comme tftant vndes principaux moiens pour les maintenir en paix amp;nbsp;concorde:Auons ordonné amp;nbsp;ordôncns quâen chacune de nos Cours de ParlemétsdcParis;I^ié,D^ôamp; Rjncs,foracftablie vue châbre côpofée pcurle regard du Parlcmctde Paris^nPrefidet ôc foze côfeillers.Pourceluydt Roué dâvnPrefidétamp; i î.côfeil-
⢠lers.Pour ceux de Dijôamp;Kénes chacun dâvn Prefidct ôi dix Côfoillers,lefqucls Prcfidésamp; côfoiliers forôrpar nous prins amp;nbsp;choifis du nôbrc de ceux defdites cqtirs.2 2.Etpour le regard ' nbsp;nbsp;de nosCours de Parlemét de Bourdeaux, Grenoble, Aix, fera parcillemcteftablie vn chambre
en chacun dâiceux copofeede Jeux Prefidés,i'vnCaiîîoiiqucgt;amp; fautre de ladite Religion prétendue reformée,amp; douze Côfoiliers dont les huit feront Catholiques,amp; les quatrede ladi--te Religion; Lcfqucîs Prefidens amp;nbsp;Confoiîlers Catholiques feront par nous cHoifo ^ riom-mcz du nombre des Prefidens amp;nbsp;Confoiîlers defdites Cours; Et quand à ceux de-hditeReligion y feront emploiez ceux qui fo trouueront à prefont pourûéu'z dcfdits Offices eldites Cours, SÃ3U ils ne feroient nombre fuffifant, fera par nous faitcreétion dâautres offices, autant quâil fora ncceffairc pour parfaire le nombre fufdit aux rrx-f'mes gage.s, honneurs, autori-tezamp;prerogatiues, que les autres de nofdites Cours, dont fciont pcuiucuz perfonnages de ladite Religion. ^Ec pour le reflbrt de noftre Court du Parlement deôlolofo,foraftmbla-blementcftablycvnc chambrecompofeecommelesautresdc deinrPrefidchs,l'vnCaiholi-que amp;nbsp;fautre de la Religion, amp;nbsp;douze Confoiîlers, huit Catholiques, amp;nbsp;les autres quatre de ladite Religion: Lcfquels Catholiques feront par nous choifis de nos aurres Cours de Parle*
⢠-ment amp;nbsp;du grarid Confoil. Et pour le regard de ceux de ladite' Religion y forent colloquez ceux qui fc trouucront encores à prefontpourueuz dâc fficcs en icellùy Parlement deTolofc fetfonr création*du nombre qui fora befoin pour remplir ladite chambre, ainfi quâil çft dit, poux Icsuutrés.Laqucllc chambreainfi compofee fera par nous enuoiée en .noftre ville de ' Et pour le regard de celles dcDauphiné la feâcc eu fera fix mois en noftre vilfe de Grc noble, amp;nbsp;les autres fix mois en telle autre ville que nous ordónerós par cy apres.^^* Lefquel-Jes châbres c ôpofoes,ainfi5|uedit cft,amp; eftablies par tous nofditsparlemés conoiftrôt amp;nbsp;juge* .-rôt en fouueraineté amp;nbsp;dernier reffort par arreft priuatiucmêt à tous autres des procez amp;nbsp;diue-quot; » rcs mèuz amp;nbsp;à mouuoir,efqls procez ceux de laditeReligion pretédue reformée amp;nbsp;autres qui ontfuiuy leur party, forôt^rtics principallcs ou garâds,en dcmâdât ou dtftédât en toutes matières, tât ciüillcsâquc criminellcs,foiét lefdits procez, par eferit ou appcilatiôs verballes,amp;.cc fi bô féble aufdites parties amp;nbsp;fvnc dâicelles le requiert auât côteftaoô en caufo pour le regard ?desprocez à mouuoir.2 5«Voulôsauffi par maniéré de prouifiôSe jufques à ce queen aiôsau ⢠trement ordonnc.Quâenious procez meuz ou à mouuoir la ou ceux de ladite Religion ferdf jcn qualitc,,demandant ou deffendant, parties prxncipalles .ow garands cunatiercs çinilles, â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ciqucl«
-ocr page 775-LIVRE Q^V ARANTECIN Q^V I E M E. jSy ^fjuelles nos officiers es fieges Prefidiaiix ont poiiuoir de juger fouueraincmct Sc en dernier âciïôrtJeur (oit permis de requérir que deux de la chambre ou lefditsprocezfcdcuront ju-fabftiennent du jugement dâiceux, lefquels (ans aucune expreffion de cau(ê,(êronrtcnuz ^îfcnabftcnii. Nonobftant ^ordonnance par laquelle le juges ne fc peuuent tenir pour recu-â '^lans caufe, leur demeurant outre ce les reeufations de droit contre les autres .Et es matie* ; criminelles, cfquelles auffi ils jugent (ôuucrainement,pourrontles preuenuz eftans de la-âwe Religion,requcrirquc troisdefditsjugcsfabftienncntdu jugement de leur procez,fâs ^îpreffion de caufe.Et les Preuofts des Marclt baux de France,Vibaillifz,Vilenefchaux,Licu' ''lunsde robbe courte, amp;nbsp;autres officiers de fcmblable qualité,jugeront (clon les ordonnançasse r^Iemcnscydeuant donnez pour le regard des vagabons. Et quand auje domicilliers ââ ^l'gcz Si preuenuz des cas preuoftaux, fils font de ladite Religion,pourront requérir que Ãfoisdes luges Prefidiaux ou lefdits cas fc doiuent juger par les ordonnances ,fabftiennent jugement de leur procez,amp; (cront tenuz fen abftenir (ans aucune expreffion de caufe,(âuf ⢠''Ãn h chambre dcfdits fieges Prefidiaux ou lefdits procez (e jugeront,fe trou uoit jufques au uôbrc de deux en matière ciuille, amp;nbsp;trois en matière criminelle de ladite Religion. Auquel Ãâsuefcu permis de reculer (ans expreffion de caulê. Nâentendons toutesfois, que lefdits fie-
Prefidiaux, PreuoftdesMarefi.baux, Vibaillifz8c Vifenefchaux,en vertu de cequedit Ãftjprcnnent conoiffancc du fait des troubles paffiez. 26. Ordonnons, voulons ôi nous plaift âl'icnoftretrefcher amp;tre(âméfrcreleRoy de Nauarre, noftre trclcher 8i bien ayme coufin âcPriticede Condé, Si fcmblablement tous autres Seigneurs, Cheualliers Si Gentils-hom-^8i autres de quelque qualité ou conditioquâils foient de ladite Rcligio 8iautrcs,qui ont biuy, leur parti râentrêt Si fbiét effeéfuellemct côfèrucz en la jouïffiéce de leurGouuerncmcs Ãlâ^gesjcftats 8i offices Royaux dontils jouyflbientau parauant le vintquatriéme Aouft,mil Ã*'âlt;lcensfoixante douze, pour les tenir Si en vfertout ainfi Si en la mefine forme Si maniéré les autres gouuerneurs Si officiers de ccftuynoftre Royaume, (ânscftrcabftiaintspren-Ãl'cnouuellcs piouifiqsis. Nonobftant tous arreftsSi jugemens contre eux donnez, Si les pçouifions qui auroient par autre efté obtenues defdits eftats. Pareillement quâils râentreront ^âlîjouyfl'ance de tous Si chacun leurs biens, droits noms, raifons Si adions, nonobftant les logemensenfuiuiz pour raifon defdits troubles.Lefquels arrcfts,jugemens,prouifions Si tout Ãclt;iuifenfetoitenfuiuy,nousauonsà ceftefin déclarez Si déclarons nulz Si de nul tffeéf Si ^^Heur. 2y.Nâentendons toutesfois que ceux de ladite Religion Si autres quiontfuiiiy leur ^7 p3rîy,lcfqueïs ont refigné leurs eftats Si offices en vertu de nos lettres patentes,ou du feuRoy Mretreshonoré Seigneur Si frere ( que Dieu abfblue) puifïènt les recouurer Si titrer en la polTefliondâiceuxdeur icfêruant neantmoins toutes adions contreles'polfeffieurs Si titulaires â¢Idciits offices, pour le paiement du pris conuenu entre eux au moien defditez refignarions. Et pour le regard de ceux qui ont efté par les particuliers contraints de fait Si par force à refi-gner Iciirfdits eftats Si officesiLeur permettons Si à leurs heritiers dâen faire inftance Si poiir-, lîiittc par jiifticeciuillement, tant contre ceux qui auront v(clt;defditesforccs,quqcontre leurs tioirs Sifucccüèurs. 28. Et quand à ceux de ladite Religion Si autres qui ont fuiuy leur par-^lt;iui auroient efté pourueuz defdits offices auant le vint quatrième dâAouft, milcinqcens Soixante douze. Si non encores reccuz en iceux. Nous voulons quâils foient receuz efdits cf-t3ts,8i toutes proLiifions neceffiaires leur en foient expediées.ap. Ordonnons aulTi fi aucunes tommanderies de lâordre faint lean de lerulalem, appartenansà ccùx de ladite Religion prétendue reformée Si autres qui ont fuiuy leur party,fc trouuoient (âifies par autorité de lullicc ou autrement à foc cafion Si prétexte feulement des troubles, ils ei^eftoicnten quelqucforte
ce (oit depoffiedez, que plaine Si entière main leuée en foit fait« aufdits commandeurs Si wx remis en tel eftat Si pofièffio defdites commanderies quâils cftoient auant le vint quatrié-'t'cAouft,mil cinq censfoixantedouze. 50. Les criées,affiches Si fubhaftations des herita-^o ?â¬s,dont îon pourfuit le decret (eront faites es lieux Si heures accouftumées, fi faire(e peut, luiuant nos ordonnances, ou bien és marchez publics fi au lieu ou font affis lefdits heritages ya marché.Et ou il ny en auroit point, (êront faites au plus prochain marché eftant du relfort ,â(ioge ou fadjudicationfo doit faire. Si (èront les affiches mifès au poteau dudit marthé,8i alcnirécde fauditoire dudit lieu,Si par ce moiélcrôt bônes Si vallables lefdites Câriées,8ipaf-«outrcà finterpofitiô du decret (as farrefter aux nullitez quepourroiét eftre allcguées.pour
ce
-ocr page 776-Sept. 1577. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
ce regard, j i.Lesacquifitionsquc ceux de ladite Religion prétendue reformée amp;nbsp;autres qui ont fuiuyTcûTparty, aiiroient foites par autorité dâautres que de nous pour les immeublesap-partenans à fEglilè, nâaurontaucun lieu ny effet. Ains ordonnons,voulons amp;nbsp;nous plaiftqiie lefditsEtclefiaftiques râentrent incontinent,amp; fans delay amp;: foient conferuez en lapoflefl:onamp; jouyflânce réelle amp;nbsp;aduelle defdits biens ainfi aliénez,fans eftre tenuz de rendre le pris defdi-tes ven tes: amp;nbsp;ce nonobflan t leldits contrats de vendition, lefquels à c'efl effet nous auons caf-fêz Si reuoquez comme nuis, fâufleurs recours aux acheteurs contre quâil appartiendra. Et pour rembourfer lefdits acheteurs defdites terres, des deniers par eux véritablement amp;nbsp;fans fraude desbourcez-.feron: expédiées nos lettres patentes de permifhon à ceux de ladite Religion, dâiæpofêr Si cgaller fur eux les femmes à quoy fc monteront lefditcs ventes, fans quâi-ceux acquereurs piuffent prétendre aucune aéiion pour leurs dommages amp;intereflsà fautc de jouyflancc, ains fe contenteront du rembourfèment des deniers pâteux fournis pour le ⢠pris delditcs acquittions, précomptant fur icelluy pris les fruits pareux perceuz,en casque
ladite vente fe trouuaft faite à trop vil Si injiiüc pris, j 2. Les exhérédations ou priiiauonsfoit quot;y par difpuhtió d'entreuifs ou tcflamentaires faites leuïernent en haine ou pourcauiedcBcli-gion : nâauront lieu tant pour le paffe que pour faueuir entre nos fujets, amp;nbsp;ncanrmoinslcs lef tarnens militaircs,qui ont cflé faits durant lefdits prefens troubles,tant dâvnepait que dâautre vaudront amp;nbsp;tiendtôr Iclon la difjTjfîtion de droit.3 9. Les defordres amp;r excez faits lefdits vint 5^ quatrième dâAoufl amp;nbsp;jours enfuiuans, en tonlêqutnce dudit jour en noftrc benne villcde
Paris,amp; autres villes amp;nbsp;endroits de noftre dit Royaume:font auenuz à noftre trefgrâd regret amp;nbsp;defplaifir. Si pour dtmonftraticn fîngulieie de noflre bonté Si bicn-vucillance enuersnos fujeîs,declarons les vefues ôé enfans de ceux qui ont efiétuez lefdits jours en quciquepart que cefoit de noflie dit Royaume, exempts de contribuer aux impoEtiens qui fe feront pour raifon du Ban amp;nbsp;Arriercban, fi leurs maris ou peres eftoient nobles: Sc ou leurs dits mansamp; peres eftoient de qualité roturière amp;nbsp;taillablc : nous pour les rricfînes ccnfiderationsdcfchar geons lefditcs velues amp;nbsp;enfans de toutes tailles amp;nbsp;impofitions, le loi^t pour amp;nbsp;diirantl'efpacc defix années prochaines,dçffendant à nos officiers chacun en fon endroit,de lesy comprâdrc au prejudice de nosprefëns vouloir Sc intention. ^4. Déclarons auflî toutesfentences,juge-mens, arréfts, procedures, fiufies, ventes amp;nbsp;decrets faits Sc donnez contre ceux de laditeRcgt; legion prétendue reformée, tant viuans que mcrts,depuislc trcfpasdu feu Roy Henry noftrc tref-honorc Seigneur 8c pere à foccafion de ladite Religion, tumultes 8c trcublcsdepuisa-uenuz, enfcmblelexecution dâiceuxjugcmens 8c decrets defaprefënt caftez, rcuoqnczamp;a-nullez, 9iceux caffons, reitoquons, ôc annulions,ordonnans quâilsfoient raiez 8ccfiezées regiftres des greffes des Cours tant fouueraincs que inferieures. Comme nous voiilonsaufti eftre oftées 8c effacées, toutes marques, veftiges Si monuments defdites executions, liurcs Si aéles diffamatoires contre leurs perfônnes, memoires 8c pofteritc'Et que les places efquelles ont efté faites pour cefte occafion demolitiôs ou rafemensdoient rendues en tel eftat quelles fontaux proprietaires d it elles 'â pour en jouyt 8c difpofer a leur volonté. Et gcnerallerr.enta-uons cafl'éj reuoqué 8c annullé toutes procedures Si informariôs faites pour entreprifc quels* côquespretendues crimes de lezcMajeftc ou autres.Nonobftât Itfquelles procedures,arfeft5 amp;nbsp;jugemens contenans reunion, incorporation Sc confifearion, voulons que ceux de ladite Religion 8c autresqui ontfuiuy leur party 8c leurs heritiers,tâentreront en la poflefrionrecleamp; â aéfueIlcdetousâSc 8c chacuns leurs biens.55. Et dâautant quâau moicn de noftrefufditede-datation tous arrefts Sc jugemens donnez contre le feu fieur de Chaftiilon Amiral de France Sc execution dâiceux, demeurent nulz Sc de nul effet, comme chofe non faite nây aucnuë. Nous en Gonfequence tSicellc declaration. Ordonnons que tous lefdits arrefts jugemens, procedures Sc aôtes faits contre ledit fieur de Chaftiilon, fôient raiez, biffez Sc mis hors des regiftres des greffes tant de nos Cours de Parlement que de toutesautres lunfdiiions, amp;nbsp;que tant la mémoire dudit Amiral que des enfans dâicclluy demeurent entière en leur honneur amp;nbsp;biens pour ce regard. Nonobftant que lefdits arrefts portêt reunion Sc incorporation dâiceux biens au dornaine de noftre Couronne, dont nous ferons expedier aufditenfaris plus ample 8c fpecialle declaration, fimeftier eft .76. Le fcmblable voulons eftre fait pour le regardées ficurs de Montgommery, Mombrun, Briquemaur Sc Cauaignes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faireau*
3 7 quot;Cuncs proceflionsjtant à caufê de la mort de noftrc feu Coufin le Prince de Condé, quedecc qui
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Qwauint le jour S.BarthcIemy, 15 72.amp; autres aâcs qui puiflet ramener la mémoire des trou ^âC^.jSJotites proteduies faites,jugemés amp;nbsp;arrefts dônez contre ceux de laditeRcligiô por- 3^^ armes ou ablens de noftre ditRoiaume,ou bien retirez ez villes amp;nbsp;pars dâicelui par eux
^uesen quelque autre matière que de laRcIigi Si troubles. Enfcmblc toutes peréptios dâm-fes,pre{criptions,tant legales.côucntiônalcsque couftumiercs,amp; fâifiesfeodalles cfcheucs P^ât les prefens amp;nbsp;precedes troubles feront eftimées corne non faites, douées ny auenues,amp; 'flicsles auonsdeclà réesamp; declarôs,amp;: icelles mi(esamp; mettôsau neât,fans que les parties feu puiflent aiicunemét aider,ains feront remifes en fcflat quâilz cftoyêt au parauât,nonobftât lef fiels Arrefts amp;fexecution dâiceux: Si leur fera rendue la poflèflîon en laquelle ils eftoyent Mk regard defdides chofes ledit vint-quatriéme d'Aouft mil cinq cens foixanre douze. ^qucdellusauoir pareillement lieu pour le regard des autres qui ont fumy le parry de ceux ilcladite Religion, depuis la dernicrercprinfc des Armes, ou qui ontefté abfensde noftre Hoyaumepour le fâiôtdei troubles, Se pour les enfans mineurs de ceux de la qualité fufdi-'fj«pufont morts pendant lefdiéts troubles ,remcttans les parries au mefme cflat qu'elles e-^oyentauparauant, fans retondre les defpans, ny eftre tenus de configner les amendes.
lousprifonnicrsqui font detenus par audoritéde lufticeou autrement, mefmes ez Xd bäUercs à f'occafion des prefens amp;nbsp;precedens troubles, fêrpnt eflargis amp;nbsp;mis en liberté dâvn foûc amp;nbsp;dâautre, fans payer aut une rançon, caftant amp;nbsp;annuliant toutes obligations paflccs regard, defchargeantlescautionsdâicelles. Inhibant amp;nbsp;defendant tref-exprcftèmêt feeuxez mains defquels font les dids prifonniers denâvfêrdeforceet violance enuers eux, quot;iksmal traider ouleurmesfaire aucunement en leurs perfbnnes, fur peynedâeftre punis f'dufoeztrcs-rigoureufcment. Nâentendant toutes-fois que les rançons qui auront efté pdesbuurcéeset payées par ceux quieftoient prifonniers de Guerre feulement,puifrent eftre 'fp^ez fur ceux qui les auront teceuës. Et pour le regard des differens, concernant lefdi-rançons de ceux qui ont efté faids prifonniers dâvne part et dâautre durant lefdits troubleSy
^coniioifTanceerjugcnj^ntcneltreferuée , comme nous la referuons à nous et a noftre per-ïôiine. Deffendant anx parties dâen faire poutfuitte ailleurs que par deuant nous, etatous lâos Officiers et Magiftrats dâen prendre aucune caufe, jurifdidion, ou connoiftance. 40. Et Hi^ndaccquiaeftéfaitouprishorslavoyedâhoftillité, ou par hoftillité contre les reigle-quot;îcns publics ou particuliers des Chefs et des communautez ez Prouinces qui auoyent corn inandemcnt, en pourra eftre faid pourfuittepar la voyede luftice. Ordonnons auffi punition loit faite des crimes et délits commis entre perlonnes de mëîmc partyjcn temps lictroublcs, trefues, amp;nbsp;fufpention dâarmes, fi ce nâeft en aéfes commandez paries Chefs dâvnepart Ãr dâautre, félon laneceftîté, loy amp;nbsp;ordredcla Guerre. Et quant aux leuées amp;nbsp;exachons de deniers, ports dâarmes amp;nbsp;autres exploiéls de guerre faids dâaudorité priuée, amp;: ^însadueu, en fera fait pourfuitte par la voye deluftite. 42. Les meubles qui fe trouiie-^^^z Wen nature, amp;nbsp;qui auront efté prins par voye d'hoftilitéTferônr rendus à ceux à qui ils appartiennent , fils font amp;nbsp;fc treuuent en eftre encore lors de la publication du prefent Edit, ez mains de ceux qui les ont prins ou de leurs heritiers,fans rédre aiu uns deniers pour la reftitu-'lon dâiceux. Et ou lefdits meubles aiiroiét efté vendus ou aliénez par audorité de luftice, ou pat autre cvimiflion ou mâdemct'public,tant des Catholiques que de ceux de ladite Religio. P'iiirruntncätmoins eftre védiquez en lendât le pris dâiceux aux achapteurs,declarant nâeftre 2ûte dâhoftilif é ce qui fut fait à Paris Si ailleurs,le 24.jourdâAouft Ã572.amp; és jours confêcu--'i8cncófcquëccdâicelui.4j.Pour le regarfdesfruiétsdeTimmeubles,chacun retreta dasfes Æ mailôsetbiés amp;nbsp;jouira recipro'quemêt des fruits delà préféré année,qui ne fe trouuerôt prins recueillis le i î.jour de ce prefer moisdeSepté. mefmemét les Ãclefiaftiques,nonobftant mutesfaifies et empefehemes faits au cotraire durât lefdits prelens Si precedes troubles. Come auffi chacii jouira des arrerages des rétes qui nâaurôt efté prinfès par nousou par nos made mês amp;nbsp;permiffions ou par ordonnâce de juftice,ou par mâdemenrfle nofdits Frere amp;: Coufin le Roy de Nauarre et Prince de Codé,ou autres commâdans fous eux.44.Tous titres,papiers £nfoigncmés,et documents qui ont efté prins,feront rêdiis et reftituez d v'n^art Si d'autre à Ceux quâils appartiénér,encores que lefdits papiers ou lesChafteaux Sc maifons efquelles ils c-ftoiêt gardez aiêt efté prins Si f3ifis,foit par nos fpecialles cômiflîôs ou mâdemés,des goutter iieHrs,amp; Lieutenâs generaux de nos Prouinces,ou delauétorité des Chefs de îautre part, ou füus quelque autre prétexté que cefoit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CÃcc
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4^ . 4 5 . Ceux de ladite Religion ne pourront cy apres eftrcfurchargcz nây fouliez dâaucunes» charges ordinaires ou extraordinaires plus que les Carholiques amp;: Itlon la proportiô de leurs biens facilitez: amp;nbsp;pourront les parties qui prétendront cftre fui chargez le pouruoir par de-uant les luges aufquels la connoilîancc en appartient. Et leront tous nos fujets de quelque Religion quâilz foyent, indiReremment defehargez de toutes charges qui ont eftè impofez dâvne part amp;nbsp;dâautre, lur ceux qui elloyent abfcns amp;ne jouyfloyent de leurs biens à foc-cafion des troubles, fanstoutesloispouuoir repeter lesfruids qui auroyentefté employez au payement defdiótes charges .4^ Nâentendons aufli que ceux de ladite Religion, amp;nbsp;autres qui ont fuiuy leur party, nây les Catholiques qui çlîoyent demeurans ez villes amp;nbsp;lieux par eux occupez amp;nbsp;detenus, amp;nbsp;qui leur ont contribué, foyent pourfuiuis pour le payement des tailles,aides,oôirois,crues,taillon,vftancilles,reparations amp;nbsp;autres impofitions amp;nbsp;fublîdcs cfcheuz Si impofez depuis le vintquatriéme jour d'Aouft, Mil cinq cens lôixante douze,juf-
⢠ques à prelcnt, foit par nos mandemtns ou pat faduis amp;nbsp;deliberation des GouuerneursEftats des Prouinces, Courts de Parlcmens amp;nbsp;autres, dont nous les auons defehargez amp;nbsp;defehar-geons. En deffendant aux Treforiersde France, Generaux de nos finances, Rcceueurs Generaux amp;nbsp;particuliers leur commis amp;nbsp;entremetteurs,amp; autres intendans amp;nbsp;Commilfaires de nofifides finances,les en rechercher,molcfter,nây inquietter diredement ou indireâemét en quelque forte que ce foit-^Ees forces amp;nbsp;Garnifons qui lont ou ferôt ez mailbns,placcs, ' nbsp;nbsp;nbsp;Villes, amp;nbsp;Chafteaux appartehäHts à nos fujets, vuyderont incontinent apres la publication
du prelènc Edit.'pour en lailfer la libre amp;nbsp;entière jouylïà nce aux proprietaires comme ilz a-uoyentau parauant en eftre dclTaifist Nonobftant toutes pretentions de droid que ceux les détiennent pou rroyent alléguer,fur lefquelles pretentions le pouruoiront parles voyes ordinaires de lufticc, apres quâils auront dclailTé ladite polfelfion. Ce que (peciallement voulons eftre effedué pour le regard des benefices, dont les titulaires auroyent eftédcpolfcdcz.
Æ 48. Le libre cÃmerce amp;nbsp;paftâge fera remis par toutes les villes Bourgs amp;nbsp;Bourg3des,ponts amp;nbsp;pâflà ges de noftre Royaume, pays, terres, amp;nbsp;Seigneuries de nq^re obeylTance amp;nbsp;protc-dion tant par mer que par terre, Riuieres,eauësdouces comme ilz eftoyent au parauant les prelcns Si precedens troubles, St tous nouucaux péages amp;nbsp;fubfides, impofez par autre audoritc que la noftredînant iceux troubles leront oftez. 451. Toutes places, villes amp;nbsp;Prouinces de noftre dit Royaume, pays, terres Si Seigneuries deânoftre obeylTance, vferont amp;nbsp;jouyrontdcmelmcspriuileges, immiinitcz, libcrtez , franchiles, Foyres, amp;nbsp;marchez -jurildidions Si liege de lufticc quâelles faifoyér au parauant les prefens Si précédons troubles. NonoblÃnt toutes lettres à ce contraires,amp; les tranftations dâaucuns dcfdids lîeges,pourueu quâelles ayentefté faites feulement à foccafion des troubles, Icfquels fieges feront remis amp;nbsp;reftablis ez villes amp;nbsp;lieux ou ils eftoyent au parauant. ^o. Ez villes démantelées pendant les troubles palTez Si prelcns,pourront les ruynes amp;nbsp;dcmaïitëîîcmês dâicelles eftre par noftre per-milfion réedilfiées et réparées par les habitans à leurs frais et defpans. ^nCeux de ladite Re-ligion prétendue reformée et autres qui auroyent fuiuy leur party, lefqucls auroyent prins a ferme auant les prefens troubles, aucuns Greffes ou autres domaine, gabelle, impolîtionforaine et autres droits à nous appartenant, dont ils nâont peu jouir à caulê dâiceux troubles,de-moà fcfont defehargez corne rrous les defehargeons de ce quâils nâauroient receu defditesfermes depuis le vintquatriéme dâAouft,Mil cinq cens foixâte douze^ou quâils auroiét fans fraude paie ailleurs que ez receptes de nos finances: nonobftant toutes obligations fur ce par eux paflées. 52. Et afin quâil ne foit douté de la droite intention de noftre dit frere le Roy dcNa-narre,et de noftre dit Coufin le Prince de Condé,3uons dit et declaré,difôns et déclarons que nous les tenôs amp;nbsp;reputôs^os bons parcns,fidelles fujets amp;nbsp;feruiteurs. 55. Corne aulïî tous les Seigeurs,Chcualliers,gentil-hômes, officiers Si autres habitas des vnie^ômunautcz,boiir-gadesamp; autres lieux de noftre dit Royaumfamp;païs de noftre obeïflâce qui les ont fuyuis,fecou-rus amp;nbsp;fauorifez en quelqÃ: part que ccfoit,pournosbôs loyaux fujets amp;fcruitcurs;Declarâs tous arrefts, informations,procediircs faits Si dônez cotre ceux à lâoccafion defdits troubles nulz Si de nul effet,corne chofe nô faite ny auenue,voulâs quâils foiët raiez hors des regiftres des greffes tât de nosCourts de Parlemés q autres j uridiciôs ou ils ont efté enrcgiftrez.54.P3-reillemét dcclatôs que nous tenôs Si reputôs noftre Coufin le Duc leâ Cazimir, pour noftre
55 bô voifin parer Si am^5^t dcmoïirerôt tât noftredit frere amp;nbsp;Coufin,le Roy de Nauarreamp; Prince de Codé,que les leigneurs Cheualliers, gétilshômcs,Officiers corps des villes amp;nbsp;cô-
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m'.inaiiïcz amp;nbsp;tons les antres qui les ont aydez amp;nbsp;lècoui iiSj leurs hoirs amp;nbsp;fucccRcurs quit-ICSamp; defehargez de tous deniers qui ontefté par eux ou leurs ordonnances pris amp;nbsp;leuez tant de nos rcceptes finances à quelques fommes quâilz fe puifTcnt monter, que des villes, Cûnimiinautcz amp;nbsp;particuliers, des rentes, rcuenuz, argenteries, ventes de biens, meubles Eclcfiartiques amp;nbsp;autres boys de haute fuftaye à nous appartenants ou à autres, amandes, butins, rançons ou autre nature de deniers par eux prins à lâoccafion des prefens 3: precc-bens troubles, ûns que eux ne ceux qui ont efté par eux commis à la leuée defdiâs deniers au qui les ont baillez amp;nbsp;fournis parleurs ordonnances en puiflènt eftre aucunement recer-chez à prefentny pour lâaduenir. Et demeureront quittes tant eux que leur commis de tout Remaniement amp;nbsp;adminiftration defdiéls deniers en râapportant pour toutes delcharges dans quatre moys apres la publication de noftre dit prefent Edit faite en noftre dite Court de Parlement de Paris, acquitz deuément expediez par nofdiârs freie amp;nbsp;coufin le Roy de Nauarre ou Prince de Coude, ou de ceux qui auront efté par eux commis à lâaudition amp;nbsp;clofturc* (le leurs comptes, ou des communautez des villes qui ont eu commandement amp;nbsp;charge 'Rurant lefdiófs troubles . Demeureront pareillement quittes amp;nbsp;defehargez de tous ades dâhoftillité leuée amp;nbsp;conduide de gens de Guerre, fabrication amp;nbsp;aualluation de monnoyes fiides felon lâOrdonnance defdids Chefs, fonte amp;c prilê dâArtillerie amp;nbsp;munitions tant en nos Magazins que des particuliers,confedion de poudre amp;nbsp;Salpeftres,prifès,fortiffications, deE 'uantcllcmens amp;nbsp;demolitions de Villes, Chafteaux, Bourgs amp;nbsp;Bourgades, entreprifesfur â oclles, brullemens amp;nbsp;demolitions dâEglifes amp;nbsp;maifons, eftabliffement deluftice, jugement amp;nbsp;execution dâicçux foit en matière Ciuille ou criminelle, police amp;nbsp;regiemens faids ^mreeux, voyages amp;nbsp;intelligences, négociations, traidezamp; conrtads fards auec tous J^nnccsamp; communautez eftrangeres introdudions defdids eftrangers ez villes amp;nbsp;autres en-broiâsdeceftuy noftre Royaume: Et generallementdetoutcequià eftéfà id géré ou ne-?otié durant les troubles prefens ou pafTez depuis la mort de feu noftre dit Seigneur amp;nbsp;Perç, p3r Ceux de ladite Religion prétendue reformée, amp;nbsp;autres qui ont fuiuy leur party, enco-^esqnâil deuft eftre particulièrement exprimé amp;fpeciffié» 56. AufTi ceux de ladite Reli-ÃO gionamp; autres qui ont fuiuy leur party, fc départiront amp;nbsp;deïïïîëront dez a prefent de toutes pratiques de Ligues amp;nbsp;intelligences quâils ont hors noftre dit Royaume, comme feront âulfi tous nos aurrcsfubjeds qui en pourroyent auoir. Ft feront toutes Ligues, affociati-onsamp;Confrairies faites ou à faire, fous quelque prétexté quecefôitau prejudice de nombre prefent Edit, caftez amp;nbsp;anullcz, comme nous les caftons amp;nbsp;anullons : Deff^danr tret ^J^prellcment à tous nos fubjeds de faire dâorefnauant aucunes conizations Sc fences de de-mers fans noftre per miftîon, fortiffications, cnrollemensdâhommes, congregations amp;nbsp;af-femblées autres que celles qui leur font permifes par noftre dit prefent Edit, amp;nbsp;fans armes, t^cquemouslcur prohibons amp;nbsp;deffendons, fur peine dâeftre punis rigourcufcmentamp; compel contempteurs infraéteurs denoz mandemens et Ordonnances ⢠5 7 - Toutes prifes V y qui ont efté faiéfes tant par merquepar terre, en vertu des congez et adueuz donnez, et ^efqnels ont efté jugez par les luges de lâAdmirante et autres Commifl'aires à ce députez par ceux de ladite Religion, demeureront aftouppieslouz le benefice de noftre prefent Edit, fins quâil en puifte eftre faiél aucune pourfuite, nây les Cappitaines, leurs cautions et les âbits luges, Officiers et autres, recherchez ny moleftez en quelque forte que ce foie- Non-nobftant toutes lettres de marque amp;nbsp;faifics pendantes amp;nbsp;non jugées, dont nous voulons leur direfaiâepleine 8c entière main Icuce .58. Voulons que les enfans de ceux qui fe font , mtirez hors noftre dit Royaume depuis la mort du feu Roy Henqj noftre très-honnoié Seigneur SePere, pour caufè de la Religion 8c troubles, encores cjiie lefdids enfans foyent
hors noftre dit Royaume, foyent tenus pour vrays François- amp;nbsp;régnicoles, tels les a-nons déclarez ôc dcclaronsjfâns quâil leur foit befoin prendre aucq^es lettres de naturalité,ou autres prouifiôs de nous que le prefent Edit.Nonobftâtnos ordônaces à ce côtraires,aufquel-fi'' nous auôs dérogé 8c dérogeons. 5 9. Ordonons quâincôtinét apres la publicatioj de ceftui noftre Edit,toutes troupesSe arméès,tât par mer que par terre,fe feparêt amp;nbsp;retirét.Et feront tenus ceux de ladite Religion 8c autres qui ont fuiuy leur party, vuider toutes Ganùfônsdès filles, 8c places, Chafteaux 8c maifons qu'ils tiennent appartenans tant à nous que aux Ecle-fiaftiques, ôc autres particuliers .Ej les delaifTcf-j rendre 8c remettre en plaine liberté, ainfi
CCcc ij.
-ocr page 780-577. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâ HISTOIRE DE FRANCE.
tiuâellcs cHoycnten plaine Paix au parauant les prefens amp;; prcccdens troiibIes:Eincantmoins par ce que plufieurs particuliers ont receu amp;nbsp;louffert durât les troubles tant dâinjiircsamp;dom ma^es en leurs biens amp;nbsp;pcrfonnes,qucdifficillenrent ils pourront en perdre fi toll lamemoi-' reconrme'rl leroit bien requis, pour fexetution de noft te intention : voulant ciiitcr tous in-conuenians qui en pourroyent adiicnir, en attendant que ks rancunes amp;nbsp;inimitiez fôyenra-doticies: Nousauons bailleen gaidea veux de ladite Religion prétendue reformée pour le temps amp;nbsp;terme de fix ans les mILs quifeniuiuent: Affauoir. En Languedoc celles de Mont» pcllieramp; Aiguemortes. En I)aiiphine Nyons amp;nbsp;Serre ville amp;nbsp;Challcau. En Proiiéntc Seyne la grand l ci?r Ãc le cirduit d icelle. En Guyenne Perigueux ,la Rcollc amp;nbsp;îe^as de Verdun : Lelquelles villes ncildits frere amp;nbsp;Coufin le Roy deNauarreôc Prince de Condé amp;nbsp;vint Gentils-hommes de ladite Religion, ou autres qui ont fuiuy leur party, qui feront par nous nommez , ôc en outre ceux qui leront commis à la garde dcfdiies villes amp;nbsp;ChailtauX * d'icelles, jureront amp;: promettront vn lculamp;pour Je tout, pour eux amp;nbsp;ceux de ladite Kcli» gion amp;nbsp;autres de leur party, de les nous bien amp;nbsp;tioellemcnt garder, amp;au bout du terme luf» dit de fix ans, à compter du jour amp;nbsp;datte du prd'eni Edit, les remettre ez mains de ceux quâil nous plaira députer en tel eftat qu elles font, fans y rien innouer nây altérer,amp; fans aucun retardement ou difficulté, pour caufe amp;: occafion quelle quelle foit . Au bout duquel terme lâexercice de ladite Religion y fera continué comme lors quâils les auront tenues.Ncant-moins voulons amp;nbsp;nous plaill quâen icelles villes, tous Eclefiafhques puiflènt librement ren-tretjtaire le feruu e Diuin en toute liberté, amp;nbsp;jouyr de leu rs biens : Pareillement tous lesha-bitans Catholiques dâicelles villes. Lefquels Eclefiafliques amp;nbsp;autres habirans,nofdiélsfrère amp;nbsp;Coufin, amp;nbsp;autres Seigneurs, enfemble les Gqunerneursöc Capitaines defdites villes, amp;nbsp;gens de Guerre, amp;nbsp;qui y feront mis en Gai nifon, prendront en leur piotcélion ôf faiiuc garde, à ce quâris nefoyent empefehez à faire ledit feruite Diuin, moleftez amp;nbsp;trauaillez en leurs perfônncs,amp; en la jouiflancede leurs biens. Mais au contraire remis amp;: réintégrez en h pleine pofTeffion d'iceux,Voulant en outre que efdites villes nos lugBs y foient reflablisamp;k' xcrcice de la luftice remis côtnc il fouloit eftre auparauant Jestroubles^o. Dçfïendâttrefcx-preilcment à tous nos fujets de quelle quallité ou conditio quâils foient,de faireaucuncsentrc-prifes monopples,pour furprêdre lefdites villes baillées en garde â ceux de laditeRcIigùâib ny aufli pour prédre amp;nbsp;faifir aucunes des autres villcs,Ch3fleaux plai es denofîredit Koy-aurne amp;nbsp;pais de noftrcobeitïâccqfur peine dâcflre punis amp;nbsp;chafliez côme infraâeursde Paix,
perturbateurs du Repos public.61 .Ne ferôt mis pournousaucuns Gouuerneiirs,nâyCar-nifbns ez autres villes que tiennent a piefênt ceux de la Religion,amp; qui par eux feront oelaif féesffinonquâilyencuft eu detoustêpsamp;â mefinedu regne du feu Roy Henry noflrcdit Seigneur amp;. Pere. Pareillement defirâi foulager en rout ce qui nous efl poffiblc,nos fujets de toutes nosaut.çesyilles.Nousentédons que les Gouuerneurs Capitaines amp;nbsp;gens deguerrequiy onteRé mis en Garnifon à îoccafiôdes troubles,en vu idét,faut de celles qui font frôtiercs de noflredit Roiaumedefquelles il efl befoin garder pour la deflenec amp;nbsp;feureté dâiceluy.Nc vou Ions aufliquâtl y ait ez villes,Chaflcaux,maifons amp;nbsp;biens appai tenâs particuliercmét à nos fujets de quelque qualité quâils foient,autics Garnifons que celles qui ont accoufliimé dây eftre en téps de Paix. 62. Et afin que tant nos Iuflicicrs,Oflîciers que autres nos fujets,foiét clcre-mét aueç toute certitude auertis de nos vouloir ôc intêtiô; amp;nbsp;pour ofler toutesambiguitez Si doutes qui pourroiét eflre faits au moié des précédés Edits pour la diuerfité dâiceux: Nous auôs déclaré amp;nbsp;declarôs,tous autres piecedâs Edits,Articles fecrets,lettres,declaratiôs,modi-ficatiós,reflriéliós,interpj,ctatiós,ArreRs,regiflres tant fecrets que autres deliberatiôs cy déliant par nous faites en no*. Courts de Parlemens amp;nbsp;ailleurs concernans le fait de ladite Religion amp;nbsp;des troubles auenuz en noflre dit Royaume:cflredenul effet amp;nbsp;valleur.Aufqiiclsamp; amp;nbsp;au dérogatoires y contaiuës,auons par cefluy noflre Edit defrogé amp;nbsp;defrogcôs,defâprefent Comme pour lors les caffons, repoquons et annulons.Declarans par expres que nous voulons queccftuy noflre Edit foit ferme et intiiolable, gardé et obfcrué,tant par nofdiéls lufliciers, officiers,quç.ay,tres:fansfarrcflcr ny auoir aucun cfgard à tout ce qui pourroit eflre au côtrai-rc,ou defrogeant à icelluy._£^. Et pour plus grande affcurance de l'entretenemcnt amp;nbsp;obfer-uation que nous defirons dâicelluy,voulons ordonnons amp;nbsp;nous plaifl,que tous Gouverneurs amp;nbsp;Lieutenants generaux de nos prouincesjBaiinfzjScncfchaux amp;nbsp;autres juges ordinaires des . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;villes
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villes de ceftuy noftrc Royaiimc, incontinant apres la reception dâicelliiy Edit, jurent de la tiiregarder Scobferuer chacun en leur deftroit; Commeaulïi les Maires Sc Efeheuins, Capi-Lulz, Confulz amp;nbsp;lurats des villes anuels ou perpetuelz. Enjoignons auflî à nofdits Baillifz, Senefehaux ou leurs Licutenansou autres luges,faire jurer aux principaux habitansdcfdites villes,tant dâvnc part que dâautre Religion,fentretenement du prefênr Edit incontinant apres I»publication dâicelluy. Mettas tous ceux defditcs villes en noftre proteótió amp;nbsp;là uue garde,Sc Issvnscn la garde des 3uircs,les chargeans refpeéliucment amp;nbsp;par aôles publics,de rclpondre düilleinent des cotrauétions qui lêroiét faites à noftredit Edit, dans lefdires villes ppr les ha-
dâicelles:ou bien reprefênteramp; mettre és mains de juftice lefdits contreuenans ^lonsà nosamez amp;nbsp;féaux les gens tenâs nos Cours de Parlement,quâincontinant apres le pre- ' ^fntEdit receUjils aient toutes chofês cefïà ntes, amp;nbsp;fur peync de nullité desadtes quâilsferoiét Autrement: à faire pareil fermer quedelfus Si icelluy noRre Edit faire publier Si enregiftreren quot;'olHites Cours, felon la forme Si teneur purement amp;nbsp;limplement fans vfer dâaucunes modifi- ⢠â¢Gîtions, reftrindions declarations, ou regiflres fccrers.- artendre commiflion ny mandemet de 'â'âUSamp;: à nos procureurs generaux,cn requérir amp;nbsp;pouriniure incontinant Si lans delay ladite publication. Enjoignant pareillement aufdits gouncrucinA amp;nbsp;Lieutenans Generaux de nofdi-{ *'vPioiiintcs,de le faire incontinant publier chacun en ielienduë delà charge, par tous les
amp; endroits à ce faire accou ftumez: le faire garder ôc oblcruer lâns attendre la publica-bonde nofditesCours de Parlement, à cequcnul nâen prctcndecaule dâignorencc; Si que plus promptement toutes voies dâhoftillité, leuces de deniers, paicmens Sc^ontributions ef efehoir, prifcs,demolicions, fortifications des villes,placcs,Chafteaux Si autres, dâvnc part amp;nbsp;dâautre.Déclarant delaprefent icelles louées de deniers, fortifications,de-'âgt;olitions,contributiôs,prilcs Si rauiffemés de biens meubles amp;nbsp;autres aéles dâhoflillité qui l^frtoiét apres ladite publicatiô Si vei ific3tiô,que lefdits Gouuerneurs Si Lieutenans gene-fâuxdenofdites prouinces en auroientfait faite,lujetes a réflitution punition amp;nbsp;reparation . ^Ã3Uoir cft cotre ceuxlt;}ui vlêroient dâarmes, forces amp;nbsp;violences en la contrauention denof-âVf dit Edit, empefehant lâeffet amp;nbsp;execution dâicelluy, de peyne de mort: fans efpoir de grace Uf remiÃion. Et quand aux autres conirauentiôs qui ne feroient faires par voies dâarmes, for-violences, feront punis par autres peynes amp;nbsp;corporelles, banifTcmcnsjamendeshono-V3blcsamp;autres felon la granité 5c exigcce des cas,31âarbitreamp; moderatio des luges, aufquels â01)5 en allons attribué Si attribuons la conoiiTance; chargeant en cet endroit leur hôneur Si fonftience dây procéder aucc la juftice amp;nbsp;cgallite quâilappartient fans acception o^differéce *lfpctfonne,ny de Religion. 6 5. Si dônons en mandementaufdits gens tenans nofdites Cours nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
^fparlcmentamp;c Donc à Poitiers au mois de Septembre. Lâan de grace mil cinq (Ccnsfêptâ-â**â'^5'77 1 âflcptSt de noftre Regne le quatorzième. Sighé Henry. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ad.
La Paix publiée fur la fin de Septembre:lc Prince fc retira à la Rochellcnc trouuant place plus afleurée ne fi fauorable à là confèruation.
Dautant quâil à cfté fouuent parlé du fccours que fon attendoitauec fi grand deuotion de ^vielques Cromefteuen amp;nbsp;Phlibots delà part du Prince dâOrenge amp;nbsp;des Eftats du pays bas du pays bas. il ne fera hors de propos dâen toucher fômairemenr ce qui en eft. Les Deputcz'cnuoiez pour fffteffet,trolluerent à leur arriuée le Prince difpofé de bonneaffeéfion feulement: aiant gran-vlccómiferatió dx:s malheu rs de la France Si de taffedion de ceux qui en ceft endroit recou-roientvers liiy:aufquels il eftoitextrememet fafché ne pouuoir autrement ayder que de prie-Vfsenuers Dieu.Car quand aux Nauites demandez,il ne les pouuoit dôner fans le vouloir amp;nbsp;fommiin accord de tous les Eftats des pays bas: fans le côfènteme^ÿ defquels il auoit juré en vuittantla Paix ne faire aucune chofe particulièrement. Eux auffi *e trouuoient bon cômeîl ^âfoitjdefc delfairc de leurs nauires qui eftoit toute leur force: en têps mefînes que lès chofes æbloict trcfînal afteurées pour te repos defdits pays.Et que laPaix^édoit à déclin par les me-uees 8c pratiques de Dom lean: les entreprifes duquel furent en ce mcfhae jeps defcouuertes p3t vn paquet de lettres quâil enuoioit en Efpagne lequel fut furpris aux landes de Bourdeaux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
[ parles Proteftans François Si depuis enuoié par vn Gcntilhômeau Prince ScEftats qui juge-I nbsp;Vftpar la de la bône volôtéde fÃfpagnoFLequel ne pouuantvenirà fès principalles attà intes
f lurles meilleures villes de Flandres,Brabât S^ autreschofes quâil pcnfbit executerau répsda palfagcdelaRoynede Nauatre, qui fen alloit aux bainsâu Liege amp;nbsp;laquelle il reteufSefef-
CCbb iij.
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Lâ H I S T O î R E D E FRANC E.
Ciiadelle d.Anucrj-
Les Eftatt fe déclarent contreDom lean.
toiaauec honncur:fefl:oit enuiron ce mefmc temps ^ifi du Chafteau de Namur,aéie qui doua grand fouppôamp; efpotiuantemét à tous ceux dcfdits pays. Et melmcs a ceux dâAniicrslcf-quelsaians feeu qucTrelon GouuerneurdelaCitadelleauoitfaitfërmét à Dom lean enfifa-ueur amp;nbsp;pour le party des Efpagnols.-plufieursfcffimans côme pcrduz,c6méccrent de troiiffer bagage pour fc fauucr par mer enZelâde amp;: Hollâdc,crainte dâeffre traitiez de lafap quâilsa-uoicnt effé ny auoir pas long tcmps.Mais les chofès fuccedans aurremét fc faifirent bien toll apres delà Citadellclvnedes plus beaux ouurages, amp;nbsp;mieux accompliesfortereffesdeî£u-rope.lls ne furent pareffeux à ladefmolir du collé de la ville auectrauailSc allegrefleincroia-ble. Alitant en firent les Ellats de celle de Gaud amp;nbsp;de quelques autres. Ce qui auint enuiron lamy Aoull.Auquel temps tous leldits ellts fedeclarctcntamp; prindrent les armes quâilsmôl-troient toutesfois à ce ccmmencement élire plus pour leurlcureté amp;dcfFencc que pour autrement fe rendre agrefleurs..Toutesfois ilsalfegerét bien toflapresfdu moins le Printed 0 rengemoiennant leur ayde) les villes de Boflcduc ScBrcda danslclquellcsfelloientretirez quelques Compagnies dâAlIemans allegans quâils vouloient ellre paiez des féru ices quâils a-uoiét faits depuis dixhuit mois defqucls la paie leur efioit deuë.'Voians ceuz du paysquâil ne tenoit quâa cela quâils ne recouuraflent Icfdites places compolercnr auec eux pour enforiit moiennât fix mois qui leur furent paiez partie en drap partie en argent. Ce qui fut enuiron la fin de Septembre.Par ainfi demeura le pays à la deuotion des Eftais fors Namui Maflrich amp;nbsp;peu dâau très eflât de rctheflareiiolte generallc contreladcminatior. des Ffpagrolsprtous les pays bas:pour les caufescôtcnucscn la declaration quâils en publierëtcn cemoisdeSep-tembrc.Des Ictlîxhuitiémc duquel le Prince dâOrege auoit tflé miciueilleufemctbienreccu en la ville dâAnuersfit fix jours apres a Eruxcllcsacllcmct que câefloit à qui premier le pour-roit ïcceuoir,fi grande efl la mutation des thofes humaines que mutes les villes amp;nbsp;bourgades
luy tendoient les mains auec honneur amp;nbsp;plaifir indicible. Ce que fçaehant dom lean, ne trou ua meilleur expedient que fe retirer auDuché de Luxembourg attendant foccafion dây procéder de force ouuertc.Car comme jâay dit le Prince dâOrenge ne peuuoit pas beaucoupluy mefinc pour le regard des nauircs, de moiés ou dâargent encores moins.Car il eft certain qu à l'heure de la paix il efioit demeuré endebté dâvn grâd nobre de florins. Les Députez Rochel-loisauoient bien peu de deniers amp;nbsp;moiés dâen rcccouurir pour faire grande chofe.Tourcsfois aucuns fcftre mis en tou t deuoir amp;: lesautrcs fefti c auifez dei remôftrerauxEftats de Flandres amp;nbsp;Brabant qu'ils ne fc mefprandroientdeconlentir quefccours feuft donné aux Frâpois, incf mes pour leuer lefiegeSc autremét fêcourir Bfouage^que le Duc du Maine frcrc du Duc de Guife te Ait de fi pres aflîegé amp;nbsp;que cela parauanturc empefcheroit lâentreprifc de îvn amp;nbsp;de lâautre furie pays bas: les Effats quoy quâils differaflènt tousjoursà irerien faire en cela que le Roy ne leur en eufl: donné quelque occafion premièrement: efloienttoutesfoisfutle point de fe laifler aller amp;nbsp;dcsja fe preparoict quelques naui rcs cuHollade amp;nbsp;mcfme à Ermuë amp;nbsp;Inculc lors que les Députez receurcntauisde laredition de Brouageamp; de la grande efpeiâ-cedepaix que chacunauoitaucccômandemctduMaircdcne paffer plus outre amp;nbsp;ne fe mettre en plus grans fraiz. Qu^i fut occafion que tout ce qui feftoit acheminé pour ce regard fut rompu de tous points.
Vo.i LA mes bons amis, que jâauoiscnuie de vousdifeourir pour vous faire conoiûrc îinfüffifà nce amp;nbsp;valleurde toutes fortes de pcrfonncs:les jufles amp;nbsp;futilles occafions;Icsgrâsamp;
foibfes effets:îauâtageufcamp; miferablc fin dâvn mal-contctemét môdain amp;;Rcligieux.La force LâAuteutpar fheür amp;nbsp;malhcur dcs pafllôs humaines: la vigueur de Tefprir plusau mal quâau bien. Quelle ikuiic°'nM nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vanité de thôme cnTes defirs, quelle efl fa foiblcffe en fes delfeins,quelle fon inconflâce
tome hiiio- en la coduiteSc peu dcfcïrctccnfes effets.Lcs moiés de pcrfiiadcr la paixamp; lagucrreideba-peioinw''^^ der amp;côtenirvn peuple. Mafqucr amp;nbsp;defcouurir fespafliôs. quot;Vonsy voicz les plus amp;nbsp;moins publique. Crhcfliens dcffeinsi les plus courtois Sccruclzadles quâon aie jamais vcu. La parolle bien Sc maltcnuc:ialfeurâcc*lafoymefmc rompuepourpeu déchoie; les bonsSc mefchanscó-plois dqs voifins, des amis,des parens contre leur femblablc: de frere,à frere du pere contre le fils amp;nbsp;au rebours.Autant les naturels que les cfirangcrs,y conoifïèni côbicn la France efl peuplée, comme elle fefl aguerrie amp;nbsp;diminuée peu à peu: les moiens de fe remettre en meilleur eflat que jamais; larichçlfeôc poureté du Royaume: la force amp;nbsp;autorité des Eflats generaux particuliersitobciflà nce amp;nbsp;peu de relpcd. des François vers leur Prmce:le fccours quâil en à receii
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tant dâhommes que de deniers: enquoy on liiy à failly: (es confeiJs, la magnificence de Couronnemens, entrees, mariages amp;; fefles Royalles: les pompes, la fiiucur inconf-îegeve variété de la Court. Le vray fil amp;nbsp;cours ouuert de celle hilloirc, vous à repre-les moiens de bien faire la guerre: ii vous auez fin^enieux crayô pour les marquer à fa-quot;ânccment de vollrc particulicr:de fortilficr,munir amp;nbsp;pouiuoir vne place pourlc befoin: défi 'æire vn pays ennemy; conferuer amp;nbsp;foudaiu ruyner t elluy ce vos cnnemys. Bien aflieger, fur-Wre,forcer nbsp;nbsp;biétenir vne place:gâgncr S)C maintenu vn aflageigaftcr Sgt;c difciplincr lefol-
â'^inoiirrir fa creance:mefnager, accroiftre amp;: ioufi r.r rauailcrIon autorité: perdre indificre -
amp; maintenir les alliez aucc honneur; faire Ja gucirc fans argent; fi. perdre faute de de-'âæfs; pratiquer intelligences: corrompre les plus aJlcuiez: bien jouyrdâvne conquefte; faire '^ââiper,delloger,cltâdre amp;: difpolèr vne armee à la rencontre: bien pourfuiure fon heur-, dô-le bon coup pouracheuerfennemy: Sc retirer auec honneur d'vne journée perdue: em-Kciierlc vidorieux:refaire (es trouppes amp;nbsp;luy perfuader vne Paix.Enlômme la France vous 'Income pcinte,pour telles amp;nbsp;autres trauerfes chargée de dueil amp;nbsp;fuiuie de les plus paifibles prollerneraux.piedsdcfiin Monarqueiluy demâdantle repos auquel lès deuanciers
^â¢uoientji honnorablementôc aucc tant dâheur entretenue.Puis rcleuée parla/dcbonnaireté^'lt;â^*' ââ^1' â^fon Prince, tendre les bras à tou s François; Et lesauoirla paix faite reteus comme liens: 5â/'*** '^«trepeyne de fc râauoitSi reprandre la fplandeur de fon premier citât.
Pour tât de plaifirs,pour tât de proffitsamp; auâtages que vous receurcs de mes fi longues pey-
ââ¢'sije ne vous denude quâvne briefuc attéte,de fcfpoir g je vous dôncj^orps entier de Ihtfi corpsctuicr Rtançoife. Caraiant tracé ce que dellus, ieul'ement pour faire conoillreque jepuis
*i''«quêchofe en paix amp;nbsp;en guerre: le ferois marry fi vous jugiez ma portée nâcxceder le mc-**tedece labeur. Car quand outre la pure vérité delhilloireaucnir, jenevousy apporterois âl'* wictraditiuedu tout autre, que toutes celles que vous auez jamais vcucs:lans parler du tczefquel ^§3ge, ny du choix des matieres,non plus que dâautres fingulieres inuentionsf que je mâafi
taire voir finon ^lus belles, du moins fort differentes à celles de mes deuanciers) je le- que le corp« âoitdigne dâcllre leu par ceux à qui je veux profïitcr. Et fi ne voudrois de tant mâabailfier
encor fi fort prjcudicier à la venté que je porteique de prâdre le titre d'hillotiographe çoife fera â¢^«icun Prince du monde. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ccUu^^de*
Cenâetl de fhilloire côme des autres vaccations. Car elles nâafiujetiflènt pcrlbnne à aucu ⢠autre«.
Comme la vérité alfiijctit fhiftorien à la reprelentcrau nail. Joint que ihilloirc ne
que dâvne fimple mais éternelle verité.Et les autres profelfionsf apuiéesfur îincôllâ-1 huuTiogra juge!T!cnsdiuers,mal alfèurezôc peu durables entre les hommes) dâvne legere fort in- fene fedou ^'rtaiiic amp;nbsp;temporelle oppinion,fur laquellcchacun fonde la conoiiranceamp;pratique de fa cuncôme 'â^cation. Qui fait qncleMedecin, le lunlconfulte, le! heologien, tArchiteéle, le^Muficicn lejautres ou autre proféflèur, fe peut à bon droit preualoir de la faueur de quelque perfonnage, duquel p'cüuc«^' âlue craindra fauoüer. Dâautât que la fin de leurs efcrits.nc gift pas à declarer les faits amp;nbsp;gefi «tire MeJe twdcs hommes; moins encor à y faire juger le bien du mafia bonne ou mauuailè réputation, Ihonneur, ou deshonneur, çomme i hcrchefhiftoire. Ains ne tachans tous ces Auteurs, quâa Pnnee. '^efeirre fiinplement ce qui leurlêmble, les plus exccllcns,amp; mieux fortunez desHcbrieux, Egyptiens, Grecs, Arabes, Latins amp;nbsp;autres,fe font tousjours elleus les plus vertueux ou gras pctlonnagesdc leurs temps pourMccenas:aufquels commâà porteéleurs ils ontdediez leurs clcrits: mais non jamais les hiftoriographes. Tant la vérité principal fondement de thiftoire Excellence fcftacqiiifedcrcfpcéf Si à tousjours eu de poix Si de force ésefprits des plus auifèz. Ya il âuffi chofe fl excellente en tout le monde que la vertu? Et quâeft autre chofe que vérité de la- aâions hu âjuellei'hiftorienfaii fa principallc profeflion? En quoy chofe pojrroitcftre excellente, que pour eflre certaine Si éternelle? Y à il rien entre les homes qui ne foit corruptible incertain î^depeu de durcc:quc la vérité tousjours telle Sidâvne coditio qui dés jamais feft fait conoifi itenômoins inmortclls quâincomiptiblc?Me fèmble doc que poiff nâobfcurcir pas tant cefte â¢hume lumière hiftoriéneifcn fe pourroit titrer du nom dâhiftoriograpge dâAllemagne,dâAngleterre ou dâautre pays:afin delcuerlanotc dâimpudence Si defoupçonde menfbngeSi fla-
I Utie entre les plus flairs voians. Car puis que ceHuy qui fe propofe le labeur de recueillir en bon ordre les plus excelles faits efguercz en tant dâédroits de ce môde.pour en enuoier la mémoire à nos furuiuans:nc faut point fil fc dit hiftoriographe de fon pays à caufe quâil en traitte les
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les affaires plus au long amp;nbsp;mieux au v ray, encor quâil le foitaufîîbicn de toutes les autres Prouinces dcfqueilcs il entreprend defduire les occurréc es.Mais qui fe dit biftoriographede tel ou telul cft impoflible,nicfmes au temps qui court.quâil ne fi3teamp; m.ente au fcul plaifirdc celuy qui ne lapointe pour dire mal de luyny des fiés:non plus que pour louer fes cnntn^y^â Aiiifi ne vous fera quâvnc fable amp;nbsp;puât menfoge,le difcours de ce pretédu hiftorié.Cótentós nous donc de prier les Princes de ce temps, fils font tant fôit peu foigneux dâeternifer leur nom amp;nbsp;grauer les gefles hcroiques de leur peuples au hure de vie de quelque fuffilant hifto-riographe; de nousayder de tant de memoires amp;nbsp;inftruóiiós quâont IcursAmbafiadcurs,leurs Secretaires amp;Con{cillcrs dâEftat.Mais quand plusfoigneux dâvn plaifîrprefcnt que de tant de biens auenir; ils ne feront cftat de ceft honneur mortel,qu'ils ne pcuuentacquerirquc pat lelaboricux trauail des hiftoriographes, ne defcfperons pas de tirer les memoriaux d ailleurs pour enbaftir vnchiftoircetcrncllc: afin que pour ne faillir à noftre deuoir, nous puiflîcns 9 cfclarcir ceux denoftre aageamp;la pofterité de ce qui lêfera deplus remarquable entre les hommes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..
le me doute bien que les plus curieux Si infâtiablcsd'apprendre,defireroicntque jcpaflal* fê outre,à leur dôner vne veritable conoiflance de tant rares accidens qui fè font faits voir de-
L Auteur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Efpagnols, Portugais, Barbarcs,Morcs, Africains,Flamans, Indiens, Anglois, î urcs,Ira-
tone.
prômci lie liens, Alemans, Polognois, Tartares, Mofeouites, François amp;nbsp;autres nations tant Chrcftif'S kiefïa fuFquot; Mahomctancs Si Idolatrcs.Pource dâautant plus quâaucuns fçauent, que pluficurscxcel-tedefonhif lens pcrfonanges dâvne Si dâautre Religio Si vraiement dignes quâvn plus habille graue leur nom au plus beau du temple dâeternitctrechcrchcntcurieufcmêt tous ces memoriaux,peut me les faire tenir de jourà autre:afin de me feruir de matériaux en quelque endroit de ce baiti-ment. Mais comme le bon cheual pour genereux quâil foit, perd haleine au long aller: amp;nbsp;feut que le braue efeuier luy lafehe les reines Si le traitte à repofades fil fen veut feruir vne autre fois.Mefmemét fil a bie fourny à la carricre,fil à fait fes paiïà des juftei»,fcs balffcs agréablesoU autremêt manié au défit de fbn piqueur. Ainfi me ferez vous cefte courtoific,de me laiflcr rc-conoiftre amp;: mâaizer vn peu de temps que je nâemploieray neantmoins quâà voftrc profit, tc qui cft différé nâeft pas perdu. Aulfi crois je bien que vos yeux haraflez dâvne fi longue veue demanderoicntlc repos plus que la continue dâvn fécond trauail. Et bien que voftrc clpnt remuantamp;de nature immorrellcjnc cherche queîadion pour fon entretien amp;nbsp;nourriture ordinaire. Si eft-ce quâvn autre fujet luy fera plus récréatif Veu notamment que la nature di-uerfTe en Ãy mcfme,fe plaift à la variété de toutes chofés.Ie ne vous tiédray gucres en fuip®^ ⢠Viuez donc heureux amp;nbsp;moy content en fafTeurance de vos graces.
Pacis amp;nbsp;Belli Artibus.
I
.Paix ou Guerre m eft honneur.
-ocr page 785-Table c4cs chofes plus mémorables
Contenues au fécond Tome del Hiftoire de France: dont la lettre I. figniffie f. fueilletja. la premiere page.b. la féconde.amp; vo.le renuoy au mot qui fuit.
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â^â HiralGafpard deCoIigny fe ®âfie auec la Cote/Te dâEntrais â Hont 1. I 2. f. 24. par qui il ell tiré de la ^ochellccnCourt 1,25. f- ao-â⢠Hi. a. â J tnuoye defcouurir les Codes *^dn(les Occidentalles 1.25.£ «.b. tomme accordé auec leD uc de We amp;nbsp;de la pourfuitte qui fut [ââ tt contre luy 1. 26. £ 23. a. â âWengue le Roy Charles 9. PfUrluyperfuaderlaguerre có^ 'â clâEfpagnol afin de defeharger â îFtance des guerres Ciuilles 1. tftauertypar plufieurs Reformez de Ion mal amp;nbsp;dâvne entre-pdnfe fecrette contre eux dont moque. 1. aif $9. tftbleiré, puis tué, en fin pendu â â Monfaticon amp;nbsp;puis enterré fe-ttcttenw;nt. 1. 29.1. 64. 65.67. b. â ^on meurtrier. 1. 29. f. 69. fiutesde lâAmiral. I.28. f.6^. 1. 51 f. 89. b. fifemmeContefle dâEntraumot Sefesenfans. 1. 51.£198. b. Ibn meurtrier Befnie pris par les Proteftans. 1. J9. £ 288. julliffic'de fes actions. 1. 4O.f. 301. b. Amiral deVillars amp;nbsp;fes pofteme Mî- fi37.amp; 141. ^uthorité trop grade comme ra-baiffée. f34- £160 Abus en tous Eftatz. vo. chacuneftat. .I.40. f. 29J. Abus Ecclefiaflics. 1. 34. f. ï56. Ã57. vo. Ede'. AbédeGadangne.l. srfiîi. I. 38.f.22S.226. AbédeBrantofme. 1. 79. f. 'iyj. b. Abédemoureillcs. ' 1.^2. £ 117. AamallcjDucdâAumalle tuéde-uant la Rochelle. 1. ^j.f.156. dAnuille,MarefchaldâAnuileamp; fesportemens. 1. 57.£ i4i.l.'3e. £175.1.38. £228.1.45. f.5q.p. 5ô.£4$-£3î4- fe declaremalcontantamp; prend les armes 1. 56.f. 194.1.58. £ 240. 241.1.59.262. 1. 41. 528. b. Armes qui premier les doitpofer du Roy ou des lujets. 1. 52. £ 122.1. 57. f. 200. Armée naualledesChreftiens cotre le Turc .reueuë, combatamp;c. 1. 25.amp; 26.1. 27.f.4i. 1. 56. £ 195- I9lt;5. des Reformez François. I.54. f. ^45â-£37-£iiil.58.f.22 5.1.44. â¢f'^J?-^-45;f-37i-375-370-377-des Turcs. 1. 26 des FIamà nsamp; Hollandois. 1. 40. f. 598, desCatholiques François.1. 54. £150.1.45. £571. 572. general dâvne Armée amp;nbsp;fon de-uoir.vo. G. 1.45. f. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J74. moyens de conduire vne armée en pays ennemy. 1. 27. t. 55. T Armée rompue ou mutine faute de paye. 1. 50. £ 76. Armée à vn fiegeamp; moyens de la fournir de viures. 1.59. f. 250. Albigeois de mefme Rçligiô que les Proteftans amp;nbsp;leur ellat 1. 58. f. 245. b. Albanie 1. 26. f. 24. b. Apanage. I.40. f. 504..... Antiuari. 1. 26. f. 25. Anuers. 1.4o.f. 298.1.41. f. 527. 1.45. £590. b. Arrellz de rEmpiredâAllemagnc 1.4x.f.5il.b. Auftriebe vo.Charles domleandâAuftriche. 1. 26. f. 35. l. 36.1.1^6. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;b. Autriche reformée. 1.41. f. 313. b. Angleterre lâEftat dâAngIeterre.1. 27. f. 37. 1. 54, £ iqq.. 146.6 159. feditionsen Angleterre, à caufe de Marie Royne dâEcoife 1. 27. â £38. Arreftamp; execution mortelle du Duc de Nolfoc. 1. 27. f. propos du Mariage dâentre le Duc dâAnjou amp;nbsp;la Royne dâAngleterre 1.27. £40. b. Anglois au fecours des Flamens cotre lâEfpagnoI. 1.27.f. 51.52. |
Anglois fecourent les FraçoisRe-formez.1. 54.£ 145.148. 158. ' b, ils prennent tous lesnauires des Reformez François réfugiez en Angleterre amp;nbsp;pourquoy. 1.33. f. 151.I. 34, f. 148. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠la RoyneElizabcth commere du Roy Charles 9. F 33. f. i^i. retraitte des ReformezFrançois dâAngleterre. 1. 34. f. 143,144. Allemagne,Allemans reçoiuent mallesbanis de France Reformez 1. 34. £ 144, b. vo. Rcittres. Au fecours des François 1. 40. £ 289. 290.1.41.f. 314. veullcnteftre payez. 1. 44. f. 35^- Allemans recherchez du lècours desCatholiques amp;nbsp;Relormezl. 44. £3 57.3 8. AmbaflâdeursjAmbafladcur arief tél. 26.1.26. 1.38 £355. outragez 1. 31 f. 111. b.1.34.£ 147.1. 38. f. 236. dirterens pour l'honneur entre . Ambafladeurs. £ 35.f. 161. b. Ambaftadeurs aux Eftatz Generaux 1.43.£ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;148.vo.Ef, Augufte Duc d^axe 1.4i.f.3ii. Sic. Ambition, vo, honneur. Ambitieux non jamais contans af-pirét à la Souueraineté dâou fou-uent ils font par mort dcfmon-tez 1.34. f. 159. b. â moyens de pouruoir à lâAmbitiô 1.34. f. 160. Ans climateriaux. 1,41. £314. Ans fuperfticieufement obferuez. 1.41. £314. Aflbeiation, vo. Ligue. Aife, choies aifées,ne plaifent tant quclesmalaifées.I. 28, f. 56. jAnibal, occafion de fa ruyne 1.28. f-57- Abiiiration. 1.30, f. 79. oj -^Argent moyens dâen fai rel. 26. f. 26.b.l. 27.f.4i,1.3o.f.i95.1^.3. £345. Argent neceflairc en guerred. 30. £76. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.üJ Amiens. 1.43 £ 343. Athéesamp;les inconucniensdelâA-theifmc 1,26. f. 31 .b. ' ' DDdd âJ, '4 |
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Alue,DucdâAllie amp;nbsp;fesportemês en Flandres. 1.27. f. 51,54.. 1.30. Angoulcfmc. 1.40. f. xp j. Aéle memorable, vo. Mort. dâvn foldat qui fe fait battre en vn nioulyn amp;nbsp;lort à compolition dâv-nc armée 1. 32. f. 127, b. Amour, amitié' du Prince amp;nbsp;au rebours. 1.37. f. 200. b. B Biuflement de poudre à Canon 1. 25. f. 15. b. moyens pour brufler nauires amp;nbsp;vaiHc^x nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;377 Brouage, Ibn eflat amp;nbsp;reprefcntatiô 1. 37.f. 2îi. b.l, 44. f. 361.362. entreprifes fur Brouage,les habi-tansmalconuns.1. 59.f. 285.5.1. 41. f317.1.44.f. 361.362. le Prince de Condé sâen aflure 1. 41 f. 317.1.44. f. 361.362. afliege baru amp;nbsp;pris par les Catholiques 1.45. f. 373 amp;c. Baie de mer que câeft 1.32.f. ji8. Beze. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.40. f. Bizerte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 36. f. 196. Bufly dâAmboife. 1. 3 1.f. 251.1. 41. f. 326. des Brueres Cappitainc. 1. 33. f, T32.I, 3Sgt;, f. 253.5. Biraguc Chancellicr. 1. 39.f. Belle Ifle. 1. 34. f. 152.153. Beauuoirla Node 1. 39. f, 279. 1.40.297.303, Beneffices mal conférez. 1. 34. f. Branftome. L35â-fâ 253. b. Bafiîgny. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.34. f. i6o.b. Benon. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. f. 284. b, Befmc meurtrier de lâAmiral 1. 39 fa88.b. Biensamp; auatages mefprifez. 1.44.5 Bataille.harêguesamp;raifcspourani mer à la bataille I.26. f. 26.28.b. Bataille naualle. vo. arm. na. 1,40. f. 298. Bobineau cficuMairc à la Rochelle amp;nbsp;fes portemês pour le public 1.44.5365.5. fa mort nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.45.5384. Banisjleurdeuoir. 1. 34.5 147.5. leur mi{êra51e condition. 1.34.5 144.147.159.5. Earns promettent tout pour auoir fecours puis sâacordent.,!. 34. f. 159. b; _ Baniflemct honorable. 1. 34,5160. s. Barthelemy, journée f. Barthelemy à Paris.l. 29.565. Bcllieure.l.43. f. 453. b. Briquemaut exécuté à mort. 1. 29. f. 69. b. Briquemaut juftifié. 1.40,5 301,5. |
TABLE Bîro n,fes moiés amp;nbsp;adiós pour entrer comme gouuerncur à la Rochcllc.1. 3i.f.io3.io4.amp;c.l. 32. il y entre amp;nbsp;comment.l.3 5.5.178. b. Biron.l.43.f.35i.b.l.44.5363.b, Bazas.l-43.f.454. Bourdeaux, les Reformez y font mal ttaittez.l.3i.5i09.b.l.42.f.334. , le Roy de Nauarre sâen plaint. 1.42. 5330.5.1.43.5354. Bourdeaux reftife lâentrée au Roy de Nauarre amp;nbsp;luy efcrithautemét.l.43. Broflay S. Graue.l.37. f.2i6.b. Bearn.l.43.f.348. b. Bonneual,la Dame de Bonncual,1.38. 5 234. b. Bicoques razees. 1.39.5256.5. Bloys fur Loyre defmantelé pour les eliatz. 1.40.5305. Ban de lâEmpire. 1.41.5.311.313. Bodinlurifconfulte. 1.43.5.341. 351. Benefices,nomination:amp; collat.1.43.. £ 55 r. b. Beutrich. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.44.5.355. c Charles 9. R oy de Fracc marié.vo.M. fe fiet en Parlemét amp;nbsp;remonftre à (es iuliieiers leur deuoir. 1.24.f.9ib. ilavncfille, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.33.5.131. fecouru du Clergé.l.34.515 5.156.amp;. Charles 9.cnnuyé,fa maladie,deffeins, mort amp;nbsp;conuoy funebre. 1.37.5 218. 219. 220. Coligny.vo. lâAmiral. Odetde Coli-gny dit Cardinal de Challillô meurt empoifonné en Angleterre. 1.24.5 12. b. fes en5ans. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 39. f. 265. laCaze Mirambeau, 1 37.5.212. Charles dâAuftriche marié auec la fille du duc de Baiiiercs. 1.26.5.24, Charles 5.Empereur. 1.35.5.167.168. Chef dâarmée, vo. general. Che5de place, vo. gouverneur. Chefforcéparfesioldats. 1.34.5154 b. Chc5feulnon plufieurs envnc place on« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.44.5369. Capitaines, quels on doiteflireSr la faute quâon y fait. 1. 27. f. 54, Capitaine ZucaS. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;]. 44. f 367. CapitaineâArnaut donne lêcoursa la Rochelle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.35.5174. Capitaine la Fleur.1.35. f.i8o. 181.1. 36.5 190. b, Ãilôniez par le peuple. 1.38.£ 23o.b. Cerfs amp;nbsp;biches paffans par vnc armée 1.33.5135. b. Catherine dcMedccisRoine mere régenté de Francc.1.37.5 218, b. 223. vo. Reg. elle follicite la paix. 1.40.5290.1,41. f. 316. b. 325, * Caftres en Albigeois. 1.31.5105.114, |
1. 38.f.246.245.amp;c. Compofition mal gardée en fiege. 1.37.5217.1?« Confcil public amp;nbsp;fon authotite' amp;nbsp;tüf' ferences. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.41.5.3243.5. Cliitiateries. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.41.5.314.5. Croix fi les Reformez la peuuët porter. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.30. f. 77« Catholiques amp;nbsp;leur creance 1.30.57^« b. Catholiques de trois fortes, fidellcî, rnalcôtâs,amp; nouueaux.1.3 5.5173.5. ils font vendre les biens des Reformez pour la guerre, 1.35,5.175« Catholiques afiociez auec les Reformez François, vo. Proteftans. Corlaires François anciennement. I. 34«f«i5S« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . Court de Fran ce amp;nbsp;autres, vanitez» legeres inconfiances dâicelles.l.24.5 12. b. Chefneuert Miniftre de Poitou. 1.'3^ 5230.^1.41,5.310. Chypre,fa fertillité,dclices amp;nbsp;lubricité des kmmes,auec les changemens de fon tfiat depuis les Empereurs Grecs jufqucs aux Poiteuins,aufqucls le Vénitien ofta Chypre que le Turc tient. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l«îF Candie fon eftat amp;nbsp;fertilité. 1. zé, 5 24. b. ⢠Cyuray. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.42.533*^« Crainte demal rendplufieurs obeyf-fans amp;nbsp;faifas leur deuoir plus que 1 mour de bien amp;nbsp;de vertu. 1.2é.f.3i« 1. 28.5 56.5. Crainte fait quiter Dieu à beaucoup. 1.3o.f.77.amp;c Marc Anthoine Colone. 1.36.f.ij4 b.195. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. , Cardinal Alexandrin.l.25.f.ii.b. Cardinal de Lorraine harâgue au Roy Charles 9. luy offrant fecours du Clergé.1. 34.5 15 5.156. amp;c, Captifs,aéfes généreux d vne captiue. 1.25.517' la Charité affîegée batue amp;nbsp;prife par les Catholiques. 1.44.5 Cauagnes Côiciller pendu. 1.29.f.éy« b-jiiftiffié depuis. 1.40.5301.5, Cheualliers Teutoniqucs.1.40.5 307« Chédeboysfe doit appeller Chéde Baye de la Rochelle amp;nbsp;pourquqy. I. 32.5 i ï8. Chafteté,aâc généreux dâvnc femme pour fauucr fa chafteté.1. 15.5-17« Concarneau. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.44.5360.5, Colombiers. 1.37.5.217.5. Candallcs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h 33- â4^* Cataro. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i/« Cognac. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.40.5.2^6. Cruauté du Turc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 25.5 â9- Cruauté des Catholiques François.1. 29.5.70.1,31 «5xo8,b.l.3 5.5168.3.5« |
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r , , ^tuaute des Reformez Ãiè. tnanger. à Saneer^ um . ; Cruauté'desValaqucs-Sfyoïâns.tjy. 'â¢22x h.I sb . : nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uigt; iJci! j Afeagnede la Carhe perHiadé lés Æ teftitijsà labataillc cotre leTwrc J lt;2! ilt;fnîi vr.naî.-iol ^ffiens partiaux pour lâabition amp;nbsp;Mnneq^ ' âI J 5; £4.7. b^l. z ^^itcfticnsrenie's amp;nbsp;leurs partenaens^ âasic Iuïc.amp;.les Chrettienst,-1; aô Æ fjl. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.tlKtl' ^laiaôntdâAmboife,gt;'âl»^5.^£ 3Tquot;i-âOtins tiie'. i. ^4, f. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uyj ^®oûæ,.l nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1..57;'£ïrlt;a/ ^âtentât! en Normatudic.!.jy.E 216. 218.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- . 1 ⢠7 . ) Zj Calomnie naturel à tous horaitieamp;amp; plusatdmairc czgoüoernemêd po-popiilairei amp;q.ui leur rapportée , n ââHeurs. L 3S, £':î36..b. ^onfeil amp;.ra}fons ^léguées 'pour ce--* 'â¢ir vneplace. éontrcTne? 5ü:méct./l. 39.C249. yj â¢gt;or.-!.T';J,d ^nfeil polit lâabandonner, 1. iHLb. -â-C nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' .k:; Wordemens dâeaux en 'Fraode; I. îirb.- ' nbsp;nbsp;nbsp;â quot;Cdaordeincns aillcurs.J. î5iEiïigt;.' ^tbtes des Roys de Fran^, l; 4â5'. E J4j.l.44.f. 257.5,559. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ^'cu comme il nâopere plus par mi-ïâeles extraordinaires ain§ veut que tous trauaillent. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l.^i.f.looib. ^ieu amp;nbsp;de là toute puiffancè. 1.51. f. loo.b.l.j^.f. 159. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;' I^emandes desRetbrmez amp;c mal con tas Ftâçois au Roy.l.59.f.a7!i.275. Dannemarsjlc Roy ligue' auec lubec Cotre le Roy de Suede 1.5 z.f. i j9.b. Ãie. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 38. f. 2^9. Aguis. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J.42.f. 556. Dauphine',fon cftat apres le meurtre dePans.l.5i.f.io8.1.52.f.i2î.l.55. f.174.176.1.56. f.i 86.191.195,194 1.58.{.iî9.b.25o,1.59.f.288. ûifpenfes demariage,vo. Ma. Dulcingue nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;u- l,26.f.25. Dwnes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.59.£279,5. Dardois. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.J9,£278.5. Douaires entre grans. \.vf, £45.5. Domaine du Roy amp;nbsp;de la Couronne 1.4o.f.5O5.1.45.£755. JJombes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.59.£276, Diflîmulation bonne. 1.27.£49. Diflimulationmauuaiie. 1.25.1'. 19. Dofte guerrier, vo. G. nbsp;nbsp;- Domfront enNonTiandie.l.57.£2i6. Defobeiflance en guerre amp;nbsp;lâoccafiô. I.î7.f. 55. 5, Defobeyflance grande de petis aux Roys. 1.4o.f.295.1.44.f.557. Difciplinc militaire colTÃpUeamp; pour quoy, l-27.f.55.b.54.1.44.f.567. |
D E V X â1 E M E LIVRE. Diuifions en eftat amp;nbsp;leur nlak4gt;j'9.£ 279,28011.44 .£ 5 26 jfO;pattialiïesi, Dós sâils amp;nbsp;quels doiuët qtbâe'receuz parlts^Ambaftadeurs Mag4rt-ratÿ'amp; .auttés,''âi -!â J- '- â .î.34.f.j'59.' Eftasamp;.honneurs niefp^Hcï,I.44. f, Dons des Roys deFrance.l.4oX294 u nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. 1.44£;5.'çôd9'. â lt; Dons quite21.44.£5 561511A Doaceuéouoeceâwrev'*1.^9c£28b;d. - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;!____ ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t un Empereur des Allemans fonbbftnêà t - amp;nbsp;pciurqaeÿ les autresPrilfc^ hb ⢠le ïéto-à noslfcnt. âlrS4.^ Eftats geueraux/câüfes^dJ blctes.'^'-'o t -'â âm â l.f441E^4â^*^â Eftats é-oftmie nuis amp;nbsp;deffë^iiduÿâà quelsiilsftb^iient-55gt;5,1!.,4/.£552. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.5fumi;l Eftats* ^énèWte de FrSSdë.JtéHüS^ à -Bloisdeurfeatice, requefte^yô/dhé, fötâflh6-amp;-eomiiufión'. l.â4y.f. 551. EHats vofjîhSâà -rient du â mtfl des au- trcs.vo.V. 1. 57.fi209(2io.\gt;a,fr.I.59.£i5^ib. L4O.£2^.-5-.i95. â¢âmcnMO corruption-amp; changement dâiceuS, auec le ftioic dây onuiét.h'54.Ei 59. b. 160, voiezPepitredu iVvolj-'-* Eftats generaux demaridez eii Frânte amp;le bié qui en reuicLl.57.£loi.b. 2 08. b. 1.58.£255.b. 241.5. l.â59';f. 278.5.279.28o.l.4o.£5o5ib. â i ' Eftats promis ôc tenus. 1.40. Edits amp;nbsp;ordónances de France corne veriffiez amp;pu51iez.l.24.f.io. Eclefiaftics ont fort fecouru les Rois deFrance.1.. 54.1'155-156.amp;C.I.40. f. 295. abus Eclefiaftics. 54. £157.1.59. £279.1.4o.f. 195.5. 5iens Eclefiaftics vendus amp;rache- Eclefiattics mal traittezpatlesRcfor mezamp; Catholiques mal côtâs.h59. £ 265. Eclcfîaftics qui ont le temporel amp;nbsp;fpirituel desCôtesamp;c. Seigneuries. 1.41.£515. biés dâEglile dâou venus.l.43.£55i.b lâEglife à creu par perfecution amp;nbsp;ligueur amp;nbsp;au rebours sâeft corrôpi», 1.44.£56o.b. Eftats generaux deLaguedoc amp;pays voifins.l.56.£i92.vo.l. ⢠Eftats comme peuuent eftre rendus heureux. 1.25.£i9.5.2o. occafion du bien amp;nbsp;du mal de tous Eftats. 1. 2 5.f.i9.b.l.28.£57.1.29.£ 7?- moien pour garentir vn Eftat de fc-ditions. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.2 5.f. 20. |
-âIctiers Eftat tousiours mefprifé -eftFfaiTcéi r quot;nbsp;I ' di5i;f.87,b, Eftats par qui iê doiuent aftem51erl 58,f.229, bâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c8t.t ni ! / -lÿTjÃi bjj Muiulq gt;J .âVJ Eleólionâdit'R^s. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.ïirôj. Ãinpird, Ãrcelhdt esecÃMÃs delÃm-.p£rènü,114Kfi5da;'-5-4'3!.-'â:tiâ-Ji -i gt;â* Entrepriles thoi'e requilès-A toütés^n treprilès. .il.â.i7.âjjiixl.54i£:89i'b. Egalité amp;fes pûffirs.h56if.r^(C'--'l ÃlóqüegcéjlaâEoPcu-iipcitudde^L'^^z £'.\9^.Q,r.l.k^-r--^ .zÃlbioi'i Eiitramont. .ih56t£-Ti98. b. EtpinadejiioqîK45v£543i 1^:551. b. Egh^'Cbrefftierait aquiïcmparée;!. 55.i8i.b* Etr aordinaircs aâiÃF.* vo.* pJcfegC6amp; Aâésitiotablcs.- ''*--2 ivl â¡up * ' fourdonsamp; coquilagdsdemajtpour viande' aux Ãocbellois.:b5 jv ij 473-â Emperçur! Maximilian, amp;*fes filles rriariîéfitauxîbôysde France iStd-El^ pagne. Efpagne.Pfaillippes Roy dâBlpag««. AîQ.'RjTiior,:'! z.f jiiono:i:i.Ãlt;îo:'.i ' l ; ks Refejavtez cólieilleriö le Roy de luy faire la'guerre.vo.'fr.''l l le Roi dâEtpâgnc Phillip.à iuufils 1. 27i£4i,L4ï-.£yi4. â I.ôô.^b.p.l il elpoiifa fkniecc fille de 1 LâEmpe? reur Maximilian. \ 'i j 4l.tjjx Efpagnois Portugais! plus 'louez que tous.autres pour tó.entreprifes de mer amp;nbsp;defcouuerte des Iâdes..l. leur droit fur ces te rres. 1.54X151. Efpagnois ne^afTéürent du François Catholique rantre les Reformez. 1. Efpagnois ont guerre en Afrique a-uec les Turcs.l.57.f.2O5. â ? Efpagnois en Flandres, vo. Fl. Efpagnois mutins, infolcns Stodefo-beyffans. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.40.£ 298.5. villes facagées par cux.l.4o.f. 298.5. naturel des Efpagnois. 1.27.f.46.1. 28*f.6o. Z, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Eftrangershais.l.26.£25. * Eftrangers mieux pourueuzque les naturels. Efpions. Eftoille nouuelle. 1. 4o.£294. 1'.26.£26. 1.5I.£io8. Exeufe des Rochellois vers lePrincc de Condé. Echillez. 1.4I.£524. France,lâeftat de France, lâan 1570.1. 24.f. premier.b. eftat de lâati, 1571. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.24.f.26. de lâa,7 572. apres le meurtre de Pa-rilt;'' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.29.f.68.amp;c.l.5i.f.87. de lâan 1575. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.57.f.200.201. â delâan'1575. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.4ô.f.289. DDdd ij â |
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eftat. amp;pouuoir delà Frâce.ai gene nbsp;nbsp;b.1.34.fi I47âb- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i ral:h27.fi45.46.1.37.£2o8.26p. âcc, Françbislcger amp;nbsp;inconftant»-1.26.f, â nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;24.i.27.£4o.84 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;. . clW ancien amp;nbsp;modcrnc.L b.hqo.f.aSp. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s pauurd.eftâcdc France.;»' l.;4O. £ lâeftat amp;nbsp;plainte del D^u- .phiiié amp;ilangucdoc Pr'oteftans, rf 3 moiico poitt la garantitjde.lcdi lions Sc la rendre.heureHiè;h3lt;5.fiipdi.amp;. ç(tats.dcLlance.vo.E. Royale;Francevo.R. â L' ; 3 Eçi^çeis.Cathqltqucs feplajgnêç de» Protertâs. 1.24.E5.1.2p.fi67,b. Ib.fcrbPPfU'i ar!r'rij;lA23!, la Couropne de (France cqme. change^ çz trois races.jnj.ùLiiiXijPfb» juitiçcdc Ffanc{:.vo,Jxi.;jf!jâ! aji.i i3 jaNpblelfcFrançQifeà grâdxfedit jmftien^uâils tindrertt pourlcs per-i vers le pçyplj?. 3 Jnn Th»7,£40-8*1 I. dcegt;1.3*3pd. 3.1 f.ioiibnzbiLiguel Fîwnagoftie.dcÃhyprc,ta5,£î4,i9,;;; feinte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-d.igi.?. Famine.' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r gâils ón« plus-perdu;auxi guerrescU Femqjçgcncrçiife à fauné^fà çlwftcrî ..:U I. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;û. 1_ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tg\yp,Ãha£,. Fewinies abandonees par leurs maris uilles que les reforinezâ, amp;nbsp;d» leurs ,-gôCfWSkVo; R.. ai -nnoi -Z;;uoL.i m Françôispo.ùrquoy nâont deicôuuert ndûueaupayst-f ⢠: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/.k'34.f.i;5JJ François anciennement. Corfaircs. h' Friçisi^ Eà tholi. de 3. fdrtei.vo.C; gt;nbsp;Frâç oisCatholiquesamp; reformed vnis Côtre; tes Catholiqucs.vo. Prôtettâ François Reformez fc plaignent des Cà tlw)liques.l.24.£5.1.26.£32.l.2p £64.65.66.1.3 i.£87.88.amp;c.1.36. £ i85..8.,i86.amp;c. ipi. IP3.I.37. par tQUtda|,i Æ.318.1.42X3 31.8, occjdîons de leur haine reciproque i. 38.£6o.l.3p.f.i7p.28o. occafions Si moiens quâils propo-fent au Roy pour faire la guerre cô-tre rEfpagaol. i'4.25.f.2o. foupçonnentle Roy^ontrâcux.l.i5 £2i.b.L28..f.5p.6o. François Reformez vont au fecours des Flarrians contre TEfpagnol. 1. 27.£5o.l.28.f.57,58.I.34.£i ÿlt;;. eftat des Reformez François apres la bleffure amp;nbsp;mort de lâAm'rral.l. 19. £64.65.1.3i.f.87.ii4.b.l.34.f. 143, b. I46j.35.f.i75.1.36/.i8j.b. i86. amp;ç ipi.ipa. François reformez font des departe-mens en Languedoc Si pays voifins qui refpondcnt aux Eftats. 1, 31, £ . 114.8.1.33.£ 133.1.36.f. i86.îp2. amp;c.vo.Lan. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢â â¢â o. font de hautes demandes au Roy. I. 36.f.i86.ipo.l.3p.£272.8. François veulent cftre remis en lâc- paix en Franc.vo. PEftat dâicelle cy dcfliis à France. guerre en France.vo.comnic deflus. Meurtres des reformez François ez villes amp;nbsp;autres endroits de Franc? 1. ip.f.6j.67.7O. François, fon naturel amp;nbsp;fa deuotion vers fon Prince. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X 2J.2p.f.7a, |
TA BL E. Frâçois Roys dePologné.L3 5.£i64. François liguezaucc le Turc. 1.35.£ 4^7,8. i le Roy de France à ligtiêancc 1â^-gloisSc Allcm3n.L2.3.£.21*. 1 p j Q fe Roy dç France demandeamp;.ob«ict[ les villes reforméesde fcurcté douât fouttiêncnt lâaflaut coptrç les Turcs l.ifjXaj. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1 Fcipmes hardies enfiegcs.I.32.f.i 2 j. . .c Fernnies manians la paix, yo. P. FidfiÃtc vientfouuent de,.crainte du mal comme aux .Chrçf, reniez cp-tre lesTurcs.l.26.E jr,.g . Fors;amp; fortificatiós ne foiêt veus par cftrangers amp;nbsp;ennemis./. ^4. f. 144. Famine pourquoy emporte piidloît les icunes. l.j 5,f.i7p.vo. I. Foy ronipuc aux hérétiques. 1. ^4. f, 145.8.1.42,1; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. Foy mal gardée. 1. 37. f. 217. b. foy doit cftre gardée 1.44. E 360. FinanccSj6nancicrsamp; les abus I.40. I. 2$.E 21. b. Fcrfare. Florence, Eftat de Florence. I. 38. f. 240. Feruaques. 1.41. £'310. 316. Fleur dâarbre en hyuer. 1.2p. £ 67.8. Fin, ï, fortes de fin de viel. 2p.f. Franchife. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'1. 34. f. 144, Final battu amp;nbsp;pris par les cipagnols 1. 2^. f. 23. Foucaudiere Francourt. l.qo.f. J97. 1. 2p. f. 66. Fautes des Refor. Frâçois.l.ap.f. 7 Fautes premieres cnfagilTcnt.l. 350.8. ^anciotiItalien. 1. 35.f. 181» 15gt;rtune que câell 1, 26. f. 26. 2p. 1. Flandres, Eftat de Flandres. 1. 27. f. lt;7.b.l.45.f.3po. les Reformez de France y veulent tranfportcr leurs guerres ciuilles. 1. z-j. f. 44.47. vo. Franc. onlrc amp;nbsp;reglement du Duc dâAlue au pays 8as. I.37. f. 48. 51. defleins amp;nbsp;moiens du Prince dâOrc ge amp;nbsp;les partifâs pour retourner en Flandïcs.contrelcs Elpagnol5.1j27.f, |
48.1.3o.f.74. en Hollande amp;nbsp;fur mer. I.40T.ryS. L45-fâ-?FO-3Piquot;' les eftats du pays bas de Flandres fs dcclarct cotre lâEipa. 1.45.f.3jio.b. Flcflînghcn. 1.27.h4p. 51.52.^4 Fontenay furpris par les Piôteftâsamp; alfiegé par 2ifois par le Duc dcMôt pefier. - .1..37.f.2i3.2i4.1.3p.£249. Fontenay.) nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.4i.f.3iD.b* Footà iacscotreprendfur Sanccrre.1. jiXxtx» Fofçc,iou contrainte, chofes forcées peu durables. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.37/.ioi. Fantofrocs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.37X120. â bi. .î.\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. G / â fl; : â Germains Si Gcrmanic.vo Alleitians amp; Allemagne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠les Princes Eleéleurs cnuoict con* gtatulerlc mariage amp;nbsp;laPaix duRoy dcFr8nceJ.24.f3. Gardes duRoy.l4o.£2p3.b. Gerzay amp;Grcnczay Iflcs.l.34lt;fi4J* b.l.37.£2o6.b. GrimenaudicTe airiegécbanieamp;priamp; furies RochcUoisparlcsCaiholi' ques.l.32.£i2i. dç Gondy MarefchaldeRets,1.3J. £ 138.bJ.34.f.i 5p,1.3p.f 279. Grammont pris par les ProtcftjDS.I. 3?-Ei42» Guerres ciuilcs produifét beaucoup de maux. 1.24.f.3.b.l.3$.f 168.1.3^« £338.1.4O.f 2^3.1.44.f.35O. occafiôs que les ProteftansFra^ois alleguct pour la Icuée dâarn;cs.l.i4â £6.1.31.£ 8^. ioi.l.37.f.20i.204â '2O7.1.38.£23 5. fourcedes guerresciuÃle.d. 39. f 278,8,179.8. 28c.l.4o.f îP4- f 44-^â-Sdc.b. Guerre ie ccurrift. 1, Jî.fHF celles des Câiholiques. 1.34«f7' Guerre de mer .vo.mer amp;nbsp;Ar. Guerres ciuilles pour la Religion fi legitimes. 1.31. £89.1.32.8 Æ 2î. caufes quâelles ont malluccdc aux Reformez. 1.31 ⢠f 89. b. Guerre neceflaire Si foïcéc. 131. f lOI. occafio de la longueur des guerre5 ciuilicsamp;quâcllcs font plus ncceifii-res aux malcontans.l. 31 f. 100. b. 1.43. £3 53. b. es guerres ciuilles qui doit premier pofer les armes 1.32. £122 b. fixiemes guerres ciuilles en France 1.4i,f. 328. b.I.42.f. 319.a. b. lâoccafion des guerres dâvncpart êc dâautre. 1.42.f.43i. Guerre ne fc doit fi toftcôclurcqne la paix amp;nbsp;pourquoy 1.43.f. Guerrier, doôe Auocat, loanneau dcSanccrre. 1.36.f ipi.vo.laCazc Gouucrncur, villes qui sâen ^exemp tent vo.V, |
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D V pullîmce des GouuemeuK de Pro-uince.LjSXaïp. ^anifons.villcsqui sâen exemptent. vo. Â¥.130X76.6. Baron de laGardc.l.i8.E59. Cioas mort deuant la Rochelle.l.3 5.f. D E V X I E ME TOM la paix au Royâ Henry. 1.39. f. 2^^, iSo.b, 1.43.1.3 $o.b. Harengue deVuicrdéputé,du Prince Cazimir au Roy Henry. 3.1.4i.f. 3i8.b. Harengue.vo. Remonftrances. Harengue du Roy Henry 3.aux Eftats generauxa Blois.1.43.f. 343. Harengue pour vn combat de mer. 1. 34.f.i5i. Harengue pour fouftenir vn fiege.1. 34.f.i54.b. Harengucs des trois Euats aux gene* raux.l.43.f.343. Harengue du Prince de Condé aux Rochellois.vo. P. Haréguc du Duc de Montpencicr aux Eftats pour la paix. nbsp;nbsp;1.43.f,3 50.6. Henry de ValoisDuc dâAnjou afiîcgc la Rochellc.l.33. vo.fon mariage.a.M. fes biens amp;nbsp;appanages. 1.35.f.i6$.b. dons quâil reçoit du Clergé. 1.34.f. 158. fon naturcl.1.3 $.£169. il quite la Rochelle amp;nbsp;fc retire à Pa-ris.l.35.f.i85.a.b. Henry de Valois Roy de Pologne a-uoué Succefteur à la Couronne de Frâccjcft enuoyé quérir en Pologne. 1.37.f.4i8.b.443.b. Homme, fon naturel volage amp;nbsp;indif cret.l.24.f.7.b. la Haye Lieutenant de Poitou, vo. Lieut. Holpitaux. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.4o.f.293. b. Haute de Grace.l.39.f.378.1.4o.f.3O3 Haute de mcr,quc câeft.l.3 a.f.i 18. Haurc bouché par Nauircs,ou. I.3 4.f I28.1.45.f.382. Haurc de la Rochcllc.vo.Ro chcl. rc-prclcntéc.amp;c.l.34.f.i49.b. Haine ne fc peut fi toft alTopir. 1. 44.f. 7. b. Hyuer grand.1. 24.f.7.b. 1.3i.f. 114.b. Hollande, places dâHollande qui fe rendent au Prince dâOrenge^ contre lâEfpagnol.l. 27.f.48.49. Hongrie, Roys dâHongrie de la mai« fon de France, l,35.f.i70.b. la Hunaudaic enuoié à la Rochelle pour la paix .l.^p.E ^84. Honneurs, lâambition des grades amp;nbsp;Eftats partialifent les hommcs.1. Sj. f.iy.b.l. 32.f.48.b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠Honneur par qui préféré à tout. 1. 37. f. 4 2 2.b. crainte de honte amp;de deshonnfur rend les hommes bons. lu^3.f. 341. Honneur.1,43.f. 344. Honneurs amp;nbsp;richclfcs mefprifcz. I.44. £ 356. b. Hommes qui font leur deuoir crainte du mal plus que pour lâamour de Grenoble,parlement de Grenoble.!. 39.f.388. Guide du corps humain vendue.1. General dâarméc.vo. Chef. punition dâvn General.â l.ijjf.ij.b. General mal rcfpedc' fon droit. 1. 'â¢i-f.tj.b. ^on deuoir.1. Æ. 53. $ 3.1.3 t.f-i »3 (âS quallitcz rcquifes.1.31 .f Sp. ^'nerauxdcs Reformez en Languc-lt;loc amp;nbsp;voifins.vo.Lan.l. 36lt;f. 191.I.3 8 â¬113. ^*otiauxfou$ conditions.l.38.f.233. de Guifc,pouf fuite cotre lâAmî-fâ1 de Chafl:illonamp; accord pour le 'Meurtre de fon Perc. 1. i6.f. 4 3. a. b. de Guyfcbleflc au vifage à la ré-'Outre de Thorc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.40.f. 490. YâombaCjfcs portemens amp;nbsp;fin de vie. .314.amp;C. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠^othevilleamp; fort de Saxe en Alle-'ââägneafliegeeSc ruinée. I.4.T.E5 x 3. Gdleres de Fracc venues de Marfeille 'uBrouage puis à lâiflc dcRé,vnccrt P'ife parles Confedcrcz.lj i.f.I ij. Edleres amp;nbsp;leurs exploits. I.31 .f. 113. i5i,1.45.f.375.377. amp;c. Gdlerescn la mer du nore.l.3J.f 17z H Hvégues des Amb'afladcurs des Prin-'os germains au Roy Charles. 9. luy 'ogratulâs fon mariage amp;nbsp;la paix de fon Roiaume.1.44.f, 3. wogiie dâAfcagnc de laCorne pour h combat naual contre les Turcs. 1. ^^fcngue de Dà lean Dâauftrie pour âocombat.l.aô.f.îS. ^â'Ãguedu general Turc.l.zd.f.zS.b, âirengue de Monluc pour perfuader *os Polonois a predre pour Roy He-jy de Valois .1.3 5 .f, 161.16 4.amp;C, quot;«engue des deputezProteftas pour perfuader la paix au Roy Charles. 9. Ycnguc delaNonë aux Rochcllois 47X103.411. ârcgucdePopclinicreauxEftats de 1.38. f. 236. duymcfmeaux eftats deLangue do dîemblezà Mllau.I.38.f 237. ârégne des députez Proteftans pour |
E. vcttu.l.46.f. 31. mang-hômes Antropo. 1.5 $.£ 179. b. Hiftoirc: quelle doit cftre amp;nbsp;là fur-ex cellcnceà tontes vacations, vo. au commencement du deuxième vo. au traitté de rexccl.dcrHiftoire. I luftice ,les Rois amp;nbsp;Princes en font debiteurs à leur fujets 1, 34. f. 9, b. loanneau bailly ^Capitaine à Saocer-re,1.36.f. 191. Ulcjdefccte en vne Isle amp;nbsp;moyen de la faire auecarmée.1.39.fi 486. 337 Impoficions nouuelles de* Reformez ou Catholiques mal contans.,!. 39.f. 364. b. Impofitionscxtraordinaires caufes de# giiertesdupaysbas. 1. 27.f.49. vo» Tail. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, Impofîtiô du fcl 4o.liurespoHr.ccnt.l. 45'f*J75« Isle, des Isles de Saintonge. 1. 44. fi 368.1. 45.fi 374. b. leunes confeils. 1. 39. f. 280. b. S. lean dâAngely. 1.40. fi 296.1.4t» Inconueniens. vo. mal. Iniure ne f efface par combat mais par le temps amp;nbsp;actions contraires. 1.27. f- 5 J- Iniures remifes par qui amp;nbsp;comment. 1, 28,f.6i. lubilé. 1. 29 fi 69. leufnes des Reformez. 1.31. fi 103.1. 32. f. 142. lenlys deftait amp;nbsp;lès trouppes allant en Flandres n®urt en prifon.1, 27. £54. 1.28. £55. Italiens, leur naturel. I. 28. fi 60. Italiens trafiquans Scieurs fubtilitez,â. 1.4i.f.3i3. luftice en armée. I. 33, f. 134* luftice en France bonne, 1. 35. f,163. b. 1.40. f, 293.b. uftice mauuaife.1. 39. fi79,28o.l*4O. Z93-b.l.43.34i Impunité caufe des fautesSc mefehan-cctez« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.43. f, 341. b. IcunCS meurent pluftoftde fain que les plus aagez Se pourquoy. 1, 3 5. f. 180. L Lieutenant de Poitou Ja haye amp;nbsp;fes portemens 1, 37, f. 201.206. 207. Sic. 1.39. f. 257. 268. 269. ôcc. fa mort nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 39. f. 271. b. Laterne Sc far de la Rochelle.vo. mer Languillier gentilhomme de Poitou. 1. 32, f. 121. b. 128.1. 34. f. 152. b. 158, b. conte du Lude Sc fes portemes I.33. f. 140.6.1. 39. f. 247. b. DDdd iii. |
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Langue, langue de Bell e Ifle ny bre-te ny Françoife. : 1,^^, f. i jj, b. Langue fi neceflaire à gouueruervu ?4-f. i65,h. Lettres des Roysamp; Princes aux Papes amp;nbsp;leurs renonces 1.30. f. 81. 82, Lettres de marque amp;nbsp;reprelaillesl.aÿ,-f. 278. Lufignan en Poitou.vo. â¢â -b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ââ i ' Lufignen rcprefcnté,^ffiegc, battu tê-du'à conipofitioA^'-puis razé par Ife! Duc de Montpenfier l'j'Ã, â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;';- ây.b,7ÃU Langraue de Hefl^n. â l.qi.f.îfïî.L'^ *' 'â â Lignerolles mignon de monficut tüc l.î4.f.I2 nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.â ' nbsp;nbsp;lt; Liuonie. i -îbii 1.4o.£^O7.b. Lituanie. . r ! nbsp;nbsp;nbsp;⢠1.4o.f.jo8.,a.b. Langoiran. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l.j5).f'28'5, Lufignen, ancienneté amp;nbsp;grandeuri de la maifon ôc race des Poitcuins de Lufignen. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I. 2 5.£i^.b,quot; Languedoc,eftat de ce pays pour les Relormez apres le meurtre de Paris I.5i.f,iO7.ii4.1.j2.f.i2j.l.j5.Ci^7 I42.1,^5.f.i75.1.36.f.i85.186. lyi. 1^2.1.5p.f.262. cftats amp;nbsp;alTemble'es des Egliles faites en Languedoc.vo.Ellats amp;nbsp;regle-mens. Lubec. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.j2.f.iip.b. Lonp entre en la Rochelle amp;nbsp;les pre-fages de fa mort. 1.3 r. f. 112. Liuron. l.^S/.z^o.l.jp.f 282 comte Ludouic frcrc du Prince dâO-renge tué par les Efpagnols. 1.40. f. 298. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠Larrons de bourle ez Efiats generaux 1.4j.f.j4i. nbsp;nbsp;nbsp;.! Legats en France. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l.aj.f.ai.b. Landereau. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.5lt;gt;.fi286. Lyon. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l.ap.f.yo. s.Lo cnNormandie.l.^7.f.2i6.2i8. Lanfac. 1.45.f.57i. 384. 585. Ligues du Roy de France auec lâAn-glois amp;Allcman.l.2y.f.21.1,27.f.4o. b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;' Ligue des Pape Efpagnol amp;Venitiens contre le Turc. Litf-Eiz b. Ligne entre le Roy de Dannemarc Si Lubec. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l.jz.f.iip.b. des Ligues amp;nbsp;affociations.l.j j.f.i^y b. Ligue des François auec le Turc,l.j fiôy.b. Ligues amp;afibciations des Reformez, l.^ô.f. ip 2.1.57/. 205.204. Ligue mal feure; entre les Chreftiens. L56.E1P5. Ligues des Reformez auec les Catholiques fufpeéls. 1. 58. f. 22p. l.jp.E ' i62.1.4O.f 2P7.1.44.f.Slt;^4. |
TABLE. 7....... Ligue fainâe des Catholiques contre Miniftres quitans leur Religton-L joies Proteftans amp;nbsp;mal contans Catho liques. 1.5P. f.267.268.1.4i.f.5i6. j 518.b.51P.5a7.b.l42.f.554.b. 1.45. f.343-l-44-f-3 57-361. Liguerefufée,.jn5fn3;j . 1.45.f.541. Liberté. â 'I 1. zd.f. 24. nations libres enila.ChrcftientCà quâ- ielies,1.55,f Aóa.b.;^:!r Lorraine,le Duc en veut öfter.lâ RjeJi-giqnreformée.,ifol if-, â 1..5O.fi8j. duchefle de Lorraine feu r du Roy Charles, eulia.'073 LjiX.lHi ;u! Mariage dd Rby GHäriesp. aùéc Yïa-beau fille de IâErnpereiu: Maxiiftiliâ.
Mariage du Roy Philippe dâEfpà grte -aiiec lâautre fiHcdtrEmpcréuf.l. zil E I. b. , Mariage du Roÿ-dé^Nanarre'flc de MadameMarguerife fille de France.
Mariage du Prince de Condé. vo. P. Mariage de lâAmiral auec la Conteffe dâEntraumont. vo. A. Mariage de Telligny. vo.T. amp;ainfi des aut rcs en leurs noms. Mariages entre gens de diuerfer Religions fi legitimes amp;nbsp;expediens.l.27. f,42. Mariages auec dilpences. I.50. f. 81. 85.1.4i.f.5i4. Mariage dâHenry Roy de Pologne de France amp;nbsp;fon facre. 1.5p.f285. en Mariages les Grâds ne regardent gueres les degrez du fang pource que le Pape les en difpenfe. 1. 41. f. 514. Mezieres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.24. E2. Marefchal de Colfé enuoye vers les Proteftans à la Rochelle pour plu-fieurs fins. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 24. f. j. Marefchal de Rets vo. R. Marefehaux de Cofte amp;nbsp;Montmorency prifonniers. 1. 56. f. 194.1.57. f. 210. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢â¢ ⢠ils font deliurez. I. 58. f. 255. font, juftiffiez 1. 2p. E 278, Marefchal de Belle garde. vo.B. Marchandilc amp;nbsp;trafic, guerre pour la nâaiiigation amp;nbsp;marchandife entre les ioys deDamncmarc amp;nbsp;Suede.l.52. E 120. Maire de La Rochelle amp;nbsp;fon eledion. I^p.f.l-4Ã. Maire taxé. f.584.b-L 41. £.516. forme de rentertement des Maires de la Rochelle . L45. f. 384. Mal, de deux maux le moindre 1. 29. f.71. ne faut mal faire afin que bien en vienne. 1..5i.f. 100. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' |
f- 33.f Miniftrcsontgrandc.force à perfua-der 1.53. f. I ip. 1.55. f. 155.b. 135* vo.Eloquence. l.JJ.f . .K3P.f. 155... J Miniftres en gucrreamp;auxra(3iosJ.33. f. i55.b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. J-- i.vâ,.!... ' Miniftres, leur entretien. 1.5 8.F. 34^ du moulin Miniftre 1.59. f. 253* Mifdtables, confolà tion desmilerf-bles. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 51. f. 100. b. Magiciens rwpJEUuentpar caraâere» . amp;nbsp;autres choies garantit rhonin)e.L .15p.f.î56.b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â â If '' Malcontans.vo. Reformez François.1. . .â5 5..f. 17 5. h 57-.f,201.20 j.b.141.317' b. Malcqntatis Câ,thotliques.b55.f.,i73^ â 56.f.ip4.1,4o.f.2p8.amp;c. Æ Mofeouie, .guerre entre les Moftollstes amp;nbsp;Tartares amp;nbsp;Sucdcs.l.52.bï2°' ?uerrc entrâeux amp;nbsp;lesPolonoiï-M®' 3°7- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ,⢠eftat Si guette des Mofcouites.l4ô, f- 3°^-3°7â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f ' Mines proffîtent peu fi elIcsneioBt bien conduittes.I.55.f.i6l.i74-i7^' Maximilian Empereur,fes porteniens meurs amp;findc vie.l.4i/.5io.3n.3i* Montmor^cy prifonnier.1. 36.f.iÿ4' vo.Marcf Montpencicr.l.4o.f.2P5.l.44-fi363.b. Manducage. 1.4i.E52i.l.45/3^4-^' Montauban.1.5 i.f.87.114. I.33-^-137â b.158. conte de Mansfeld retourne fes troU pes Proteft.cn Allcmagne.l.4i.f.3i4 Môbtun nâofe leuerles armesapresle meurtre de Paris. l.ji.f-ioS» Môbrunfe refehauffe amp;nbsp;prend lésât» mes.l.55.f.i76.1.5p.f. 285. Mombrun pris blelTé à mort décapité ncantmoins à Grenoble. I.5P.E188. Meurtre de Paris fur les Reformez eï cufez.l.54.f.i5p.b.l.53.f.i68.b.l.2y. E67.b.l.4o.E5O2. juftee eneftdcmandec.vo. Paris. s.Michel, ord rc s.Michcl eft France amp;nbsp;les folemnitcz.1.51.E II2. Mirambeau.I.57.f.2O5.2i 2.1.45 Æ.545 b.l.44.E56i.562. Marmande. I.45.f.545.b.l.44.E5éj. Montagu LieutenSt du Prince de Co-dé.l.44.f.5(îi.562. Mer change de lit amp;nbsp;de cours perd amp;nbsp;gangneen diuers endroits.l.qz.f.iifi. b. Mer fon flus amp;nbsp;reflus auccles occafi* onsd'iceux. far amp;nbsp;lanterne pour lâadreflè des mî. riniers. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lja.f.117. a. b- Mariniers François, leurs cour, les. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fx44 |
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V D à V XIE M E TOI Môfieur entrctiêt IcsRochcloisvo.R. Monfieurfaut a eftrc empoifonnél. 40.6 297. Monfieur reconciliéauec leRoyfon frerevaen Court 641,6 315.326. Môfieur chef de lâarmcc Catholique contre les reformez amp;nbsp;malcontans . fes exploits. 644. f. 363.amp;c. Montgommeri le jeune a la Rochelle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6386234.6. Montgommery le pere. juliiftié 1.40. 6301. 5. ') - Moiês pour empefeher quâon ne foit fuiuydeEenncmy 639.6250. Moiens pour diuertir vnfiege 639. .6 251.6. 1 Mer,dcfcente de mer en terre contre lâennemy 639.6286.287. naturel des gens de mer 645.6371. â N laroine deNauarrevâde la Rochel le en court 6 24.6 ii. b. la roine de Nauarre meurt a paris auoir fait fon teftament 627.f.42.b. le Roy de Nauarre tait Catholique eferit au Pape pour fa rcconcihatiô 630.6 81. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, .. le Roy de Nauarre malcôtant auec Monfieur voulât iortir de Court elt referré vo.Mon.l.jS.f. 227.6.231.b. le Roy de Nauarre lort de court Si fes porteniens 6 40 f.289.amp;c. le Roy de Nauarre veut entrer en la Rochelle 6 41. f. 309.310. 1er oy de Nauarre fe met aux lixié-â¢mes guerres auquel le Marefchal dâAnuilleamp;le Parlement de Bour-deauxefcriuentl.qa. 6 329. b. 335. 3 j6.643.amp;C confeil du roy de Nauarre de Catho liques642.f. 336.6. lettres du roydeNauarreauxeftats generaux. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;643.6348. le roy de nauarre fe plaint de lâEfpa gnolamp;demâdcfecours.643.6348.5. le roy de Nauarre refufé a Bordeaux dont d feplaint. 643.6454. Notable aétede femmes vo.f. dâvnLoup des ccrfamp;bifchespaffâs à trauers vne armée de Sancerre. 1- 33-6 135-b. NouueUes, les premieres alFeftion-nentplusSc font de plus de confe quencc. 6 346 144. b. J Nicofie, de Chypre. nbsp;6 25.6 16^. Nifincs, fon eftat apres le meurtre de Pans nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;631.61^. Neutres, neutralité, 6 26.6 25. 24. Nopces. vo. Mari. NecelTitéjuftiflielcs aétionsdes reformez François l't?!. de Noit Miniftre. 642.6335. Nobleffe plus courtoifeamp; gen reuféc Moieos de garder les coftes de mer l}4.f. 150.5. ânnt'edemervo. A fourdós Si. coquillages de mer pour 'itódeauxRochclloisl. guerre fur mer vo. ar. 1. jp f. 28^. ^agütrar foit honore amp;lc fujet ne loit rebelle nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 34. f. 159. ^»gillrat ne familiarife trop amp;nbsp;ne ^abailTe -- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I.41. f. 316â Warans 'â 1. jS.f. 342.1. ^9. f. '150.5. 4o.f. 299.1.44. f. 568. ^â^^tich. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1-40. f. 398. Wagnen miniftre à la Rochelle I.40. f.297. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. â I 'j') Weficquand diteà laRochelle 1.41, t ji6. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1. \ Waitincngue contre les Turcs meurt J*î5-f'JJ'h.l. z6..f, 2^.i. tquot;]. f.41. Wontgommery 1. 29. f. 66,1. ^2. f. ïî8.1 JJ, f, 140.1/37. f. 206. b. Montgommeh mal receu ibtournant lt;le Belle isle en Angleterre nbsp;nbsp;1.34.f. 158.5- -no Woatgommery defeend en Norman 1.376214.212.216. Wontgo mnoery exécuté à mort 1.38. âlainc.Duc de Maine en allant de Italie tontre les Turcs cft for houora-lgt;lcmét receu a Vcnilê le27.f. 41.5. tbef de lâarmc'c Catholique amp;nbsp;fc, Portemês 1.44.6 362.363.570.I.45. Weeenas vo. Roys. Wellesl.44. f.364. 1.44.6 364. Wore Fenelon Ambafladeur »pourJe Roy de France en Angletcnc amp;nbsp;les porremens 1.34.6 148. 1. 35.6 181. WôferrandvoâLangoitant 1.44.6366. l'ions, fit, fiegCjÿt prife dâiccllc par lEfpagnol 1. 2~i. par tout 630.674. Millaud en Rouergue 1.38.6232. l^iltlebourg nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;640.6 298. Medina cell,Duc de Medina Ccli va-cn Flandres eftbatu par les mal contans 1,27.6^54. Monforeaul. 39.6 Monluc Euefaue enuoié en Pologne 1.30.685.5. dcfescharges 635.6167.172. Moureillcs Abaie amp;nbsp;les biens quâelle ieuen la Rochelle 6 nbsp;nbsp;nbsp;32.6117. la Mole nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;637.6 210. Monfieiir nialcontant fort de court prend les armes auec les Proteftans. 1.37.6201.209. 210. Sic. Monfieuv amp;nbsp;le Roy de Nauarre refer-tez voulans fortir 'de Court pour rc: Riuer mefnage 6276210.638.6231. depuis appaifez 6 37.6 210.6 38.6 227. |
Monfieur refufé defobeypargen-tilshôtnes François 1.40. f. 295. 4 E ' que le populace'6 34. 6, Noblefléà creance fur le ptupîé'én France vo.ââF. Noblefle taxée en France.639.i6 2 5 '3. de la Noblelfe. 642.6337.6 43. f. a.b. Noaillé [ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;639.16 ,251 Naruc6â 6, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, 640.6308. la Noue comme forty de .Mons eft eriueyé amp;f eceu à la Rochelle. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.3.2.6II8..119. laNoucfaçpnne tous les loldats de ; la Rochelle mais enuyéle retiré Se pourquoy. ' 6 32. 6 128..6 33. ] f-135-140-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i, ' la Noue anime les RoShèloisà k guerre, , â . 637.6 203.204.20,7. â 1,38.6242.243. la Noue fé jette aux champs^ fait . la guerre. ,⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6 37» 6,2 jo. 211. la Noue calomnié à la Rochelle, 632.6 128.633.6 135.140.638. 6230.5.* â la Noue depuis defiré à la Rochelle. 6 44, f. 364. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, â Nauigation. vo. Mer. ,4 guerre pour le trafic amp;nbsp;Nauigâtioü entre les Rois de Dannemarc amp;nbsp;Suède. 1.32.6 120. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Nauigation des François amp;nbsp;autres tat au Val quâau Nort. 6 34.6 1,53,5. Nauigation de. France à Dannie Pologne. amp;c 6 35.6 167. Nauigation en Suede, Pologne,Dannemarc Mofeouie amp;c. 635.6172. ' O Orenge, Sedition y furuenue 6 24. f. 8. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠prince dâOrengcamp; fes moy ens dâentrer en Flandres contre lâElpagnol. vo. Flan. 6 30.675.76. prince dâOrenge eipoulè la fille du Duc de Montpëfier. 1. 36.6 198. Ordre desCheualliers faintMichcl en France vo. M. Olonne pris Si saccagé par les Proteftans. 1.44.6 364. Olcron 6 45.6.379. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Oélracifme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 34.6 i^o. O6feques des Roys de France. 6 37. f. 220. O51cques des Maires de la Rochelle l-45-f-384-b. Occafions des Maux amp;guerrcs de Fra cevo. G. F. P Paix en France amp;nbsp;les Edits fur icelle. 624. f5.6 39.6289.640.6292. interpretationsjdeclarations reftrio-tions amp;nbsp;modifications dâicelle 624» $⢠contrauentoin à icelle 641quot; 6 321, 3.5,1.436346. |
DDdd iiij.
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commiffaires enuoiez pour lâctccu-tion dâicelle 1. 14. f.5,1.26 £35. harengue pour la paix vo. H. amp;nbsp;P-moiés de tenir vn pays en paix 1.41. f.jii.b. Paix nianice par des femmes 1.58. £234.5. Paixdcfirable. 1.38. £238. Paix ne peut fi toft aflbupir Je mal cô-centementdu'pafle. 1.24.f. y. b. Paix refufee 1. 3 3. £ 138. b. 1. , 185.1.37.f.i33.i78,b. 1.38. f. Paix 4.auxFrâçois 1.3 $.£183.1.37,amp;c. Paix fondée fur cgallitc. I, ^6. f. 15)7. Pays patrie, grans qui ont fait la guerre à leur p|ysamp;pourquoi 1.26.f.3T.b. Perigueux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 3p, £ 285. Perone. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.4i.f. 31p. 321. Prolperitc fait oublier Diçuamp;auer-fitcnon l. 28. £56. b. PreuoftjgiandPreuoft de Frà nce.1.28-£63, b. Preuoft de PHöftcl 1. 28. £ 6j.b. Patienccxftrangc dâvn foldat reforme eftant eh la torture 1.33.f. 141. Pouillac mort deuat laRochelle.l.3 5. f174. b. Proïéftans François taxez au paiemet deseftrangers 1. 24. £ 8. 1. 26, £ 32. leurs députez enCourt perfuadez de la bonne volonté du Roy Charles Ÿontà laRochelle perfuader lesPrin ces laRoyne deNauarre Amiral amp;nbsp;autres dâaller en Court 1. 24. £ n.b. Prafertans amp;nbsp;Catholiques François liguez contre les Catholiques l. 37. f. 201. 203. 2Op.amp;C, 1.4O.f 28p. Proteftâs courent toute laFrâce pour butiner 1. 3p. £256.1,.^.£ 376. lugemcns amp;nbsp;pourfuittes contr'eux amp; les Catholiques malcontens a-nulez nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.40. £ 301. 302. Proteftans François remercient les Alleroans. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.41. £ 314. b. Proteftans desbordez à tous vices amp;nbsp;incorrigibles nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.44. £364. Proteftans; Priuilles de Jla Rochelle vo' R. Priuilleges dePeronc vo.P. Pologne, préparatifs pour y enuoier faire eftire le Duc dâAnjou Roy 1. 30. .f85.1. 4O,£3o6. négociation amp;nbsp;harengue de Monluc pour y faire eftire Henry Roy.1, 35. £ Ã61. 162. amp;c, Priuillegcs des eftats de Pologne 1. 3 5.£167. Roys Polonois de Fr5cc.l.3 5. £164. lyo.b. Priuilleges des Polonois 1.35.£ Henry efleuRoy dePologne amp;nbsp;auec quelles demandes amp;nbsp;conditions 1. 35-£ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^7^- Polonois ont fort feruy^à la paix de |
TABLE Francel, 36.f. ipo. ip6. Héry va en Pologne 1.36.£ip8.ipp. Hêiy enuoié quérir enPologne pour prêdrc lacourôncFrâçoi.l.37.f.2i8. comme il part de Pologne amp;nbsp;viét en France 1. 3p. £282. 283. Paris, entrée du Roy à Paris amp;nbsp;les eftats de la ville nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 24. f.8.b. p. tumulte à Paris 1. 24. f. 10. b. matines amp;nbsp;meurtre de Paris furies reformez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.2p. £ 6 5. lâoccafion amp;nbsp;fource dâicelle 1. ap.f. yo.ib. fôt lefdits reformez excufcz.vo.meur tre. juftice en cft demandée 1.3p Æ, 276.
Parifiês toufioursfccourables aux rois aucuns fe plaignêt des leuées de deniers amp;nbsp;leur requefte 1.40, f. 2p3. Proffit ôteonfideration publique foit préférée au particulier.!. 26. £ 27. 35.I.28,f.6i.l,32.f. 128,1.33. £ 140. Proffit affeétionne fort le foldat plus que tout. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1,37, £222. Parlement de Paris ou le Roy tient fonlit de juftice comme compofé amp;nbsp;de fa prerrogatiuc fur les autres Parlcmens du Royaume.1.24.f.p.b. lo.b, 1. ip. £ 67.5.1.35. £ 163,5. Parlement de Eourdeaux.l.43.f.454. vo. Bourdcaux, ParlemésScieur puiftacel.38.f.22p. Parlemens en fieges vo. S. Popelinicre P 35.£ 181.1.38.f.235.
Prouence, eftat'ancien 8c moderne auecle changemet des impofitions deProuence. 1. 36.f. i8p . Philipe Roy dâEfpagnc marié vo. M. les reformez de Frâce cófcillcntle Roy de luy faire la guerre 1.2 5.f.2o. il veut faire la paix auec le Prince dâOrenge nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 25.£20. b. Peuple 8c fon naturel.1, 24. £10. b. 1. 2p.f.73-1. 34-f-i44- b. voix du peuple voixdeDieu.1. 28. £s7-b- ne faut mettre les armes es mains du pcnple nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.31. £88. peuple foupjçôncux 8c craintif 1. 34. £160.
Peuple de France fe plaint 1.4o.£ ^3. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I Pardaillan. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.2p.£65. baron.de Piles nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 2p.f.65. baron de Pot eu Brctaigne dit Sou bize. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.3p. £65. b. la place Prefident nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 2p £ 66. Pape pie 5.1. 24. f. il. 1. 35. f. 'ii.b. |
1. id.fit.b. Pape Pic 5. meurt amp;nbsp;Gregoire 13,0!! mis en fon lieu l.a-y, £41. Pape done lcRoyaumes amp;nbsp;fapuüfan-ce. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.34. £151. les degrez de parenté peu confide rez entre les grans és mariages I.34. £11. Punitiós fans le fccu du general d'at méc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L 36 f. 37. b. Punition de chef vo. general. 1. 36 £ 55- Prince vo.Roy, Prince de Codé marié auec la mar-quifc de lâIfte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 24. £ 11 le Prince de Condé fait ptifonnicf 1. 38. £ 70. b. 1.30 £ 7p. Prince ne doit faire la guerre à fes fu-jcts Sc'pourquoyk 28 £61. b. 144* Æ.558-b. deuoir de Prince vo.R. Prince de Condé 1.50.f. 8i-le Prince de Condé !e retire dt Picardie 8c fes portemens en Allcma-gne 1.38. £337.228.330. .33!' prince de Condé eslcu chef genera des Eglifes deFtâceauec coLtiiiôs 1. 38£. 233, Pcetcuins Rois de Chypre lerufalero 8c autres ^rres 1.35. £13- b- Peuple de poitou (ê plaini.1. 3y.£ 367, b. Poiteuins Catholiques fe lîguert cotre les proteftans 1. 39.£ îé7-b» Prefages 1.14. f. 5.1.25. £ 15-k £ 57. b. 1. 31. £111. Peru 8c les IndcsOccidcntallcs.1. ly» £40.1. 28. £ 58. Partialitcz dangereufes 1. 31. f. -b 1. 38.f. 243. 1.3p £286.1,45. £ 373iV0. diuifions Partialitez dangereufes en fiege for tout 1.32.f 138.1.33. Partiali tcz hors la place affiegce.l.3 5 £173 b. moiens de partialifer 1.38.£ 243-Paris là prerrogatiuc fur les autres vil 1. 40. £ 294 m remonftrances de ceux deParisau Roy eftats généraux 1.40. f. 294. !⢠43.f.336..1.43.£346. Poitou à compris la Rochelle Aunis Scpardcla I.3S. £ 116. a-b. lieutenant de Poitou la Hayc.vo.1 Portugais 8c Efpagnols louez fur. tous pour les delcouucrtes des indes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.34. f. 150, b.- leldroitque les Portugais amp;nbsp;Efpagnols ont en leurs defcouuertes 1, 34-£-i5i. Pologne, Polonois Kofaques genf-dâarmes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1,37. £333. b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- |
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^«dePolQgne 1.40. f. 505.506. ûMquqy U Pologne affedée par Maximilian Empereur L4.i..f451 r, 'ââ'lt;1 Auphin dâauucrgne 1.38.f. 230 âJmcs du peuple de France, vo, VauphincMan. ^Poitou. 'Wes des Proteftans. I.41 ^E j 11 'onte Palatin amp;nbsp;ics enfans.L 40, £ P7ilaicin.49,«urt hi 41. £ 515 .£ âdirait, j.qi.E 5i5.1.45.f.3.5i.b. ââ âtiitvr çîiyoye au Roy de France faite payer fon armée amp;nbsp;luy rendre les terres penlîons^amp;ap foiotemés dpnnez.lq4.f.3 $$.â 3 56* ^bt«s du Fraiiçois à Cazimir.k pjâf.3$7.ù ^tnsnçiontcfpargnczcn guferres âuticsde, France amp;Malcôhtcs vo, At27.E;o0.b^ 207â â«c nulle en guerre 1.51. f. 1x3. b. 'AttÃsJ.içutenantdc la Rochelle .'^u»4â4ûtiôehc. ',1.45. f.,57 5.b, p??*54cJ4a(âjnuffô. 1.45.à 377. ââlâtiscn armes contre les proteftas â -il -⢠' â ââWlesamp;fûy pretere« a tout 1.57. '^ceCazimir. vo. Palatin. âquot;'tede Condc,fa defpcncc que les âformez amp;nbsp;maicontens Catholi- paient. 1. 59. £ 26$. ''â 'cede Condc eferit dâAllemagne ^cncourage.1. 40. E 29$. b, 296. Wc de Condc,fes portemés. I.4Ã. ââ¢JO9.510. on veut contenter le Prince. 1,41. f. 521, Prince fupplié nâentrer cnlaRo-â'110.1.41 .f. 316.321. .b.522 .amp;c. ^hintiuc haregue du Prince auxRo-thclois amp;nbsp;leuj rcfponce. Iqi .£5 2 g. Jatengües du Prince pour animer ât^Rochelois à la guerre, vo. Ro. 1 p;fj7hamp;c. l'Princepartdcla Rochelle für le H'gede érouage. 1.45.f.584. Qucrcy. vo. Montauban. âftätdu pays dcQ^crcy depuis le Meurtre de Paris. 1. 31. f. 114.I.56.E !86. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â 'ï^oflades alïîcgcc en vain par les Catholiques. 1.55.f.i4i. deFrance fon mariage fon ferui-les pompesamp; ceremonies y ob ^ruées. 1.24. f. 2. b. fes richefTcs. 1. 35-f. 171. wâfgcae pluheuxs debtesj* |
DV DEY KIEME TOME. ipo. -â Roy dcPoIo* la quite pour aller prê-drclacourônc de Frace Ljp.f. 182/ facreamp; mariage du Roy Henty de-Pologne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.59. £285* mort obfequcs /eruices amp;ciKerrc- amp; le rendre heureux 1. 2$. f.i9.bi 20. ment. â â 1, 1 q J. 57. £219. 220. Régence de trance à femme 1.37. £ 2x8. 225.1. jSif. 225.b. 227. 235/ 258'b. 245. - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' fa puitfance amp;nbsp;autorité eh ladite Roy abfolu Scfcigneurial.L^o Æ.507, entree du Roy à Paris. I. £ 8. b, maifon du Roy amp;nbsp;fes oH'icicrs.l.a^, Regcncck 57;E 223,b. ' Roys facrez pour autorifer là jufticc. Rade de mer que câeft. 1. 3 4. f. x 18 lia4.f.9.b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- Royan. 1. h 45.f575* Roy Charles. vo.C. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ragufel.26. f. 24. Roy ne guerroyé fes fujcts.vo.PrlnCe Rule pour inciter au côbat 1.26.E 28* I57.E200. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ruze pour efehaperdes enftmis h RoyScfondcuôtr.l. 24.E10. l. iy.f. 27. E 49. b. 40.1. 36. f, 190.1.40. £ 294. 1.45* Ruze pour attirer lâêncmy à vne ena-£ 545.1.44. f. 5 $84 Voyez lâEpiftrc du 2. vol. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1 les bósRoys fe pourmenoict pât Iciif Royaume. 1. 27.f.4ô. 1.57. f. 200. droid amp;nbsp;naturel des Roys. 1. 2p. E $9.61.70.71.1.51 .E 89.1.52. E122. Roys cauEcs des vices amp;nbsp;vertus de leurs fujets bons ou vicicux,car leur cxêpic amp;nbsp;libéralité les incite a tout bien amp;nbsp;tout mal. I.54.f.i$i. de combien aydez des Ecclefiafti. amp;nbsp;tiers cftat 'aux guerres ciuilles 1.40. E 2^J. Roy nâeR que gà rdiCn amp;vfuEudier 1. 43-^- 345- b. Roy de France veut vendre fon domaine. I.45.E 5 $5. Roy de France nâett obeÿli40.E 29$. h44-hj57â niers. Recherche de lâà dmiiiiftratiô des de-1. 36, f. 190. Reprcfailles ÿo. lettres de marque. Religiös diuerfes en vn eftät il y en a eu de touttempsl.24. f. 3.1.2$.Ex4. 1. 28.f.6oâl. 3$.f.x82.1.4i.f. 513. b.l.43. £ 54$..a. b.349.1.44.f.36o. Religions diuerfes incompatibles en vn eftati 1. 5°- f ']9gt; 1.45 £ ?44gt; h 44-fâ3$7- Religion Catholique corrompue I, 44. f. 560. b. Religion reformée defendue ert Frâ-ce I4 29. £ 68.1.50. f. 79. Religion q/ellc doit eftrc aux Pro-teftans. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 39.£272.i Religion amp;nbsp;commencement dâiccllc® Rochellois demandent argent aux 1. 39. E 280. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Eglifes 1. 56.E194. Religion renieepar plufieiirs Fran- Rochellois prenétMarâsi.40Æ,299 çoisj 1, 29. E 67.1.50. £79.* maicontens en la Rochelle P artiali on eft plus Religieux en auerfitd quâen prolperitd 1.28. £ $6. b. guerre pour la Religion,fi legitime l.jiESS.b. 89. Religion prétexté à plufieurs.1.41 Æ. oublie aifémétDieu en choies prolpcrcs côme on J'honore aux |
aduetfitez nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h 28. £ $6 b. exercice libre nuift plus à la Religion que le lëcrct amp;nbsp;défendu nâa fait bufeade 1.55.£i78. Ruze pour iurprendre vne place vo. fürpri. Ruze pourfe deffairc dâvn cnnemÿ domeftique lâ4i.E5ia. b. Reiftres, argent à eux deu par les Frâ Rouen /edition à Rouen, 1. 24. £ 7 b. L 29. £ yo.b. du Rozier dit Sureau miniftrc 1.50, £77.1.52.f. 126. Rochelle ne reçoit Gouuetueur ny garnifon amp;nbsp;pourquoy 1.28. f. 57, Rochellois foupçonneux amp;dcffians 1.284 £ $8.1. 5iâ £ 102. 1.37. £ 4o2. 1.38? 243, L59.E 270.I.414 f. 522'b526. b.527!.44.E 30^. entreprife desGatholiques fur laRo chcllel'zSf. 58. a.b.1. 3Xi£xo2. 1. 37. £, 202.1. 59 f. 288, préparatifs pclt;r aflîeger la Rochel, le 1*5X .f.xoi.io2.1.32.amp;33. préparatifs dcsRochclIois à fe defc, drel,5X.f. 102. X05. xo$.io6, ixi, XI2. amp;c. la Rochelle rcprefcntcc aucc fon ori gincamp;priuillegcsl.32. f. X16.1X7, Corne fecoüruc du Conte Mótgom merySe autres par mer 1.54£i48. 149-toürdonsamp;eoquillages de merpoüt viande aux Rochellois 1.35.E173. fecoursduCapitaine Arnaut auxRo chellois 1.3 $. £173. b. priuilleges de la Rochelle 1. 28.fi tczamp;punitiôsL57.E2O2.1.58iE245i 1.59. £286.1,40. E 290.b. 1. 4i.£ 316. 317. 312; .313.1.44.E565. â Rochellois foticitez|parla noblclT« proteftante de fe liguer pour là guerre quatricïnc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Djyi £ 202^,305« |
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le Roy les lollicite pour ne fe remuer quot;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. J7.Eio5. b. leur Efcheuinage amp;nbsp;maifön de ville ou fe tient leConfeÃKi lz ^,.£ 211. Rochelois courent fut mer auec grâd heur fur les Ei'pagnols ScÃ^ortugais. ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1-J.7.fi 2'12.. Rpçhelois bayent la guqrre.dc mer. 1. 57. f. 212.1. 38. f. 2251.1 le Rôy,amp; Royne mere leamp;folicitent à pofer les armes. 1. 37. £.212.1.38. f. 2,34. b. 243.1. 5S). f. 284. Maire de la Rochelle fufpeà Sc fon Confeil change. 1. 38. E â¢gt;./] j b.yo.. Mairet.â ' haïe dft villes de Poitou qui contribuent à fa ruine.* .1. 3i).f. 250. ilzrecourent au bcfoin.amp; prennent rific de Re'. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1, f. 287. Moiifiêwr les follicite à lagucrre ôc â à le fecourir comme ilz font.. 1.40.à 290. 221*29.0.;,.. .. le Prince de Condc les y follicite amp;nbsp;fait entrer, h 41. £328,1.42. f. 34. Rochelle defcharge'e de tout ce que pnluypourroit imputer du pafie. 1.4o.£3O3. Rocbelois font difliculte de laifler entrer les grans en leur ville. 1.41. £ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3x0. 316. 317. 322. quand la Melle recommença à la Rochelle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.4x.f. 316. les pdrtialitcz fe réconcilient à la Rochelle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.4t £328. Rochelois sâaffocient amp;fontChef. de Part auec le Roy de Nauarre Prince deCodé amp;nbsp;autres.£42.335. Rochellois le plaignent au Prince du desbordement de iÃn Armée. 1.44. £364. 1 clcéEon de leur Maire 1.44. £365. a.b.vo.Maire laRochclle bien referrée par leDuc de Mayne 1.44.f. 369.370.I. 45f.37î-amp;c- Rtcognodiance deuc à la vertu. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.26i£3$. Rochepot. 1.40. £ 29$. b. Roehcfoucà ut. 1. 29. £.65, Ramus piofetfeur à Paris. 1. 29. £ 66, RufFcc.l.40. f. 295. Rapport, vo. Nouuelles. Reraonftranccs du Roy Charles 9. à fon Parlement de Paris. 1. 24.f.9. b. Remonfttances de lean Mique Elpa-gnol pour induire le Turc à la conquefte de Chypre. 1. 25.f. 15. Remonfttances du General Turc à fes gens pour les animer à lâalfaut de Fahrâgoft.1. 2 5. f. 18. b. Remonfttances de lâEuefque deLi-mifle aux Chreftiens pourrepeuf-ferlcsTurcs. 1. 25.f. i8.b. Reraonftranccs de lâAbé de Ga- O ' ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T AB L ⢠dagne pour induire lesRochellois à fe tendre.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2. Remonjftrâccs pour rie fe;rcDdrc Remonftiances des Rochellois pour petluader les Proteftans François à les : focoucir â ! J ⢠. h 34;gt;f. 145. Remôftxâees pour perluadcrlapaix 1..36,£-:x.96Jb. 197.^121 iBâ.ilolùj oa Remohftranccs a feJignefipoiiryne guerre 1.37.f. 203. .2041.; 38 f. 242^ Remonftrianccs conte«,!. 37.£.;2O3. 206.20'). nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.r.fu .1. -t ,t Remonftrances du Prince de Condc â , aux Rochellois nbsp;nbsp;h 41. £ 324. iôi. Reformez corrompus £ î8. £* 5^. b, Reformez morts à 'paris T.29.à Sjâls ont plus perdu aux,'gnerrcsxi-uilles qde lesCathohquesamp;le jugement de leurs guerres 1.3k. f,.ioô. Reformation des vnmerfitez de Fran 1 Cel.34f.-x38. b. .x.ve.!.;. demandes des Reformez au Roy vo. R. amp;D.. nbsp;nbsp;nbsp;. i;..!. . Retraitte dâarmée'^ depart emet cô-mc fe doit faire 1. 44. £ 3^3, 364. Ré l'sle. apres le meurtre de -paris les Catholiques sâen faifilientSc les pro tcftansdela Rochelle entreprenent deffusT. 31 f. 109. 113 Ré prife par Landercau amp;nbsp;reprife fur luy nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;F f. 286. ' ifledeRé 1.45.f'371. 334.b. 385 Racan entreprend fur Sancerrcl. 31. £ 113- Rendre, raifons pouf induire aftie-gez ou autres à le rendre vo, remôf-trances amp;nbsp;harenguc. Raifons pour ne fe rendre I.33.£ 135 £33- £i37-£- Reis Marefchal 6c Conte vo.Gondy. Rigueur à qui ncceflaire!.â37.f.22i. b.vo. douceur à lâeglifc 1. 44. fo. 360.b. Reollc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.42 ,£334. Raifons pour tenir amp;nbsp;quitter vne pla ce. vo. Confeil. Rohan le viconte de Rohan chefs Eufignan contre les Catholiques 1 29. £2 57. b. fon aifné mort il cfpoufe Catherine de Partenay à la R ochelle 1.39. f. 28$. ^olxan amp;nbsp;fes portemens 1.42,f. 335 S Méditions vo. guerres ciuillcs. Seditions à Rohan pour le prefehe 1. 24. f. 7. b. Séditions à Orengevo. Ofcnge. Synode des reformez à la Rochelle 1.24. f. 86. Synode à Nifmes, 1.28. £ ^6, |
Saùôieâe 'ducde Simoie recil«iÃeamp; cônfefllt'le Roy Henry de Pologne amp;nbsp;,def France nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-1' -1. â¢39; f. igi. b. duc de SauoijB. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;276 b. my deSuede fait la guerre à ceux de LtfbedÃcau royde-Daixemarcl; 32-£1x9. b* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fQi'-l . guer-ie dei Suedes amp;nbsp;Mofoouitcsl. Suifles craignent apres le nieurtre de Parfe-fiÃles refonnez* Suifles au fecours du Roy de France contre les Proteftans £^0.?}b. Sofcékrtespowr telsautres môiens'4.*J39 f Sainte fouline Ssdttl îe^n dâAtiglét nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-à 181 .b. â S. Michel en No«feah/ie'P3^.£^83. Sditit Lôys R4gt;y. â '1.4e. f. 294. b. Sages par l'exemple (fâûtfuy 1.43*£ â¢^42. bââ-' â¢! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'â [ Sages loupçônnctHt'''â^b 37^' Soldats,pourquoy les vieux foot *** eux le deuoir cn'tout 1.39.£232-â$3 Saint Romein chef des Pi^eftansl. Seruiteur fidelle garde la vicF fo ihm ftîC aux ^fpcnsdefà viel'3$£^7|' çacrc derRoys de France 1.3iâ⣠283. vOi Roy de France. - Siege de place fi lâOn 'doit amp;nbsp;comme empefeher les aproches de lâenne-myl. 23. f. 16. b. â Soit la pi ace bien munie ducomen-ceri1entl.43.f374. b. forme deSieges-v.'NicofiCjFama-go ft e,M on s, R O c hc lie,Fontenay J-u-fignan, Brouage. Siege continué amp;nbsp;armée rcpoulfce tout culêmble 1. 30. f. 74. raifons pour induire à fe rendre 1. 25 f. ï9.1.33.f. 132.133-en fieges parlemés font dangereux 1. 32.f. 126. 127.128.1.33.f. 13* 139.1.37. £216.b 1.39.f.îS^âb. Sfoge par bloqus amp;nbsp;retranchemcnsl . £ J36. b. en fiege les blecez miferablcs 1.3$« £ 2^3 . b, pour faire rédre la place deftoura-geant les aflîegcz par fauxtapotts ouaurrtment 1.3^.£ 232. pour les encourager. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.39. £ 257. moiens de les fccourirl;43. £379.^ redition de place comme fe doitfai rel. 43.£383-b; Sel Si les impofitions 1.4F |
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^ourdós amp;nbsp;coquilages dc mcr 1,3 5 ⢠t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^-^73- «utetez que les proteftans François demandée au Roy l'^ó.E18y. 1. f178.1.40. f. b. baron dc Scnel'cey 1.4^. f. J4j.b. dttcdeSaxejbn ellat, guerre fa prife ^punition parAiigutte 1.41.f. 311. leduc de Saxe fecourt leRoy de Frâ ee contre les Proceftâsl.41. f. 515. bancerre famine eftrângc 1. 3 5 E 17p. baocerre, fon cftat depuisjcs meur-tresdeParisâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l.jo.f. 76 Ãfitamp;fa reprefétatio 1. 31 .f. 11 o. 111 les Catholi. entreprenct fur Sacerre puis raflîcgent amp;la prenent 1.51. fiii.iij.l, 32.j3'amp;c 1.35.f. 177 ipn. b. ip8. b. Strasbourg craint apres le meurtre des Reformez à Paris li 41. f. 88. Saugconl.45.f.373.b.376. Siget. Stutary. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 26 f. 24.b. Sommieres'affiegee batue ôeprile 1â Surprife de place fous lâcfpoir dâvn Paifage. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. iq. f. 50â burprife de place par cauern e fatpri.autremét!.3if.io8.1.38.fâ247b. butprife par vn canal. nbsp;nbsp;1. j 5 f. 174. b. furprifes par courfes orainaires amp;nbsp;faux bruit I. 3p.f. aSi.b. furprifes parfauffes enfeignesSe faux foldâts nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. jpf. 2g 5. ^ttofly 128â f. 57. 5p l. 31 Y. 102. boubize. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâ2p.f, 65.b. b.Sulpicc 1. âl'i f. 206 b.207. b'Eftienne I.j7âf.2i5.2i4.1.jp.f.253. bwriou. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 3p.f. 252. T Tumulte à Paris pour la croix de G af tine. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 24. f. lo.b. Teligny marie' aucc lafillederAmi-taf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 24â f. 12.b. Teligny tue Talemondfur lard en Poitou 1. yy. f. 2iy, deThore'1.38. f. 228. 40.6 2yo.b. Tolofe=amp; fon Parlement 1. 38. f. 22p. Turc,entrepri(eamp; droits duTurc pour defmonter les Vénitiens delâIslede Chypre 1. 25f I 5, b. forme de guerroier des Turcs fur Hier amp;nbsp;fur terre 1. 2580 26. dilfimulation ic cruauté' des Turcs 1. îff. lÿ. a. b, deuotion des Turcs enuers Dieu' 1. 2 5.f. ïp.b. de la paix amp;nbsp;alliance des François a-uec les Turcs 1.3 5. f. i ôy.b. |
E. Vîconte deLauedan. li 396251* Voifins eftats fe rient amp;nbsp;gaudiffen t du mal des autres 1.40. 293. 1. 43.6 54Sâ'gt;â Ville affiegée. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vo. S. Tentremur amp;nbsp;maifonsque les Latins appellent Poméria comme il doit cf, tre aux villes de guerre 1. 2 5.6 16 b. Vi lies franches amp;nbsp;qui sâexemptent dc Eouuerneursamp;garnifonsl. 27.6 50. î. 31.6 105.106.1.41 63i9.b. furprife de ville .vo. S. Villes dâaffeurance aux reformez amp;nbsp;mal contensl.40.6 291. Villes qui refufent lâentrc'c vo. Rochelle amp;nbsp;Bourdeaux. Ville malheureufe en laquelle deux ou plufieurs chefs cômandent 1.44, 6369. Ville neufue I. 316 107. b. 1.35* f.i74.b. Vuier député du Prince Cafimir au Roy de France 1.41. 6318. incoftâceamp;miferes de la vie humaine 1. 29.6 66. b. 67,72. fin de le vie. vo. F. Verfbris. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;643,6343. Vertu recojneue. vo. R. Vertu necerchc mais veuteftrecer-chéc amp;nbsp;honorée 1. 27 6 53. 54.1.44. 6364. Vertu redoutée plus quâenuiéc amp;ba-nie 1.34â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6160. Vertu meiprifee puis recerchée 1.44. 6 364. Vertu 643.6 344.. b 644.6 364. VicToire,nouuelledeviéloire 6 256 19.6 6 26. f. 35. butin delariétoire diftribué626f. 36- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠Viéfoire grande auec peu de perte6 376 222.640.6 307. Valenciennes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^7'651. Villequicr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;644.6357. Verac. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6296285. b, Villars nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vo. Amiral. Venier.1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;36.6.194.6 Viglius lurifconfule prcfidentl. 27.6. $!⢠Vidame de Chartres 1' 29.6 66.6 40. 503.1.41 6.321b. du Vigean 6316.111.645.6.384.b. Vniucrfitez rc6ormées.vo. R. Z Zelande,places dc Zclandc qui fe ren dent au prince dâOrenge amp;fepour uoient contre lâEfpagnoI T 27.6 48 â49.51-52. FIN. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J DEVXIEME LrVR guerre en Afrique entre les Turcs Si Efpagnols nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1, 57.f. 205 Turcs en valachic font guerre 1. 37. f. 222. Turcs auec les Tartares contre les Mofeouites. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;E 40.6305. Tartares font guerre aux Mofeouites Suédois amp;nbsp;Polonois lâ32.fi2o. Tranfllluanie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.41. f. 314. b. Tromper, tous ne veulent que tromper pour bien finir leurs aRaires vo. fby viole'e nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T 34. f. i45.b. Tailles du Royaume de France quad amp;nbsp;comme changées I. 36 f. 18^) b. 1â 39 f, 278. b. 1.40. f. 2^4. a b. Treues entrelesFrançois 1574.T 38. f. 226.229.1.40.6 291. Treues en France auffi foudaines que le commencemêt dc guerrevo.tr, 1.40.6291. Treues nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.41.6 313. Tamifê premiere Riuiere dâAngleterre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 34.6 146. Tiran,qui. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.35-6168. Trcmbleterrc 1.25.6 21b. Tonéboutonne. 1.39.6 281.b. Temporifemens nuifent. 1.27.6 47. Temporilcmens profitent Trahiton grande 1.376 222.b. Trahifon punie 1. 37. 6222. b. Tone' Chcrante 1 , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.44.6 367. Tourmente en mer. T 40. f 296. Terrides dit Sengnac. 1. 31.6 87.114.1. 33.f.i4i.b. Trimouille nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.44.6361â Torture patience en la torture i.33 6 141. TunesRoy de Tunes chaflé 1. 26.626. Tunes 1.36.6 196.1. 37 6 205. vicontedeTurene. 1.39.6283. V Venitiês ont plus le proffit que la rai fon en recómandatió mefmcment en matière d'cHat 1,25.6 14.15 amp;c. les droits que lesVenitiens pretêdêt furlTslc de Chypre amp;nbsp;côme ils ont acquis Aperdu Tisle I.25.614.15.amp;C. moiens que tindrcntles Vénitiens pour foultenirles Turcs.1. 2 5.amp; 26. Vénitiens les vont attaqueramp; leurs exploitsâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1. 36â6 195,196. Vénitiens font paix auec le Turc 1,37. f. 204. b. 205. Vénitiens recuiellenthonorableniqat le Roy deFrance Héri 3. 1-39.62». Venife, la vierge. 1.25.6 15. b. Viuarez,fon cftat. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.31.6107.b. Vellay. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.3i-f.if8. Vallois, Charles de Vallois vo. Câ Héry de vallois Duc dâAnjou vo.H. Vallaquesvallaçhic,1.37.6 221. |