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Huybert van Buchell (1513-1599)
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Huybert van Buchell (1513-1599)
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Rariora
E. oct 498
R E S V R R E-
CTION DE LA SAIN-
C T E M E S S E:
ConteriA^it la Refponfe à certain traiftc de» aducrfaircs de la fainûe Eglife catholique amp;nbsp;Romaine,intitulé:La mon amp;nbsp;enterrement de la
Mcflc:
Par Claude du Rubif,Lyonnoii,
A P A R I S,
Chez Nicolas Chefneau,rue S.Iaques,^ renfeigne de lâefcu de Froben,amp; du
Chqüîcvcrd. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
AVEC PERMISSIONâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
APPROBATION DES
DOCTEVRS.
NO V S fouz fignczDoäcurs Regens en la faculté de Theologie,à Paris,certiHos auoir VCUamp; vilîté vn liure imprimé à Ver dun par Nicolas Bacquenois,intitulé Ln re/itr-region delà fmndle MeÃe: cotenant la Refponfe à certain traidlc des adueriaircs de la fainéle Eglife catholique amp;Romainc,intituléZdOTsr^ entetrmrent de In MefÃc.pM: Claude dn Rubis Lyonnois. Auquel liurc imprimé à Verdun, nousauons corrigé quelques fautes notables amp;nbsp;adioufté en aucuns lieux pour plus grande explication dâiceux.Lequel liurcainficorrige par nous, amp;nbsp;ainfi à prefent imprimé à Pans, nous certifions ne rien contenir qui ne foit bon,catholique ,amp; conforme aux meurs de ijoftre Mere fainéhe Egliic;qui ne merite c-Itrc imprimé amp;nbsp;comuniqué à vn ehaeü Chre-Jlicn,pour fen feruir contre les adiacrfaires de ladiétc religion Catholique amp;nbsp;Romaine, tcf moings noz lignes manuels cy mis ce vingt-huiótieme dâAouftJâan mil cinq cens foixau-tecinq..
COVLOMBEL.
GROVLT.
NICOLAS PSAVLME hvmblê eveSqve et cöm-te de Verdun,à tous Abbez, Kedeurs des pa-roines,V icaires amp;nbsp;Preftres de nollre Cité amp;nbsp;diocefe,Salut cn noÃre
Seigneur,
0 y óquot; vans admoheÃojis nbsp;nbsp;nbsp;exhcr ~
f.fons tons en Dien t^najeT^a vous ⢠^ponrneoir, Anoir pAr deners vow ce petit Imre intitulé^ La reÃirreiho de IapiinEle Meà : aÃn aneplus dignement von-s puiÃie'^jtccomplir vojlre chArge en hers ceuxqifi fintfiiiÃyoÃre iilJimElion,qnAnt aux principAuxpoints de nofire religion Chrefiienne:(^ jAireplusgrAnd deitotrà les enfii^er e'^myfieres dè IafitmEle Mefie,MArqnes del'Egltfi, cr- Aduertifie -tnensdlhomme chrefiten,ponr(ognoifire finir les modernes heretiqnes, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. Qite vous Aje'^à lire
fiouuent ce petit liure, nbsp;nbsp;nbsp;quelquesfiois les Dimeches
CC fiefies decommAndement leur declairer quelque poinEl, felon le tdiet que Dieu vous en liAillerA. Cefidi fiint Vo'^oUAilles trouuerontencepetit éndroi^tboti he itD^fidlutAire pafiure en ces temps mAlheureux,Cgt;' apprendront Auec votes a plus teuerer Ia fidinble Mefi-fie^qutefi lefidcrifice zx ohldttortperpétuelle ct'vni-^ uerfiede^iouxte le Prophete Maldchte chdpit. i.CTCo-gfioilireles Marques de la vfaieÃghfi, cn laquelis no firefialuti
Donné à Verdun ce Zd,.deJiiilléi,lâan niilcinq ^jnsfiot}(dfif(c,tfq;
M. D. S.
AV PEVPLE DE VER-D VN.
Peuple tresheureux, PtconÃiinfen liiÃy, Qm n iM des mitlheureux Sumy lafauà loy:
Pl'y terreur des meÃlnitts P^plif dâmcptite', Qm pAr villes nbsp;nbsp;ch Amps
Ont leur paiÃn telle'.
ils ont mis en AuAnt
Tn liuretfiAndAleux^ TreÃnfell^iiyâ puAnt, Et dâäÃell veneneux.
Ce liuret impudent SefAit intituler pAr eux^L enterrement Ee lAMeÃe^^y nommer, SAtAnpour Attirer
Pe monde enfesfilets PAr tout AfAiclfimer Ce liuret pArfalets.
O peuple rerdunois Pten infiruicl en lAfioy, Ne tAmufi AUX Abbots Ne ces chiens, Cf leur loy.
Et pour corroborer Ta vrAye religion. Et Ia fortifier,
Contre leur ordpoiÃn, fTnpieJent te te fait
De ce bure excellent, Pour t'inÃrutre 4 icttnitif Dontfiruf fort content.
il eà des Ãin^i nomme. Lit PeÃtrre^ion Délit MeÃe,aime Des bons finsÃclion.
Dn lumtere il eà mis
Contre ces enterreurs
De U Meà ennemis Plongefen mille erreurs.
Par luy te relieras Sans croire ces mutins, jgw nont cjue fts fatras Pourpfpcr les humains.
t iÿ
A M o N s E I G N E V R, MONSEIGNEVR DE S E N E-£lere,Eueflt;}ued» P«y,amp; Comte de Veldy, çldude dtt liuhis Lyonnoùjon humble fennteur deÃreÃilut ^perpe-tuellefelicité.
E loue DieUjMonfeignr, de cequâilluy a picunous faire la grace, que noz ad ucrlaires, ou à mieux di-pe,lcs fies, amp;nbsp;de fon efpoufc la fainde Eglife Catholique , nous ont par fa permifsion donee amplecognoiflan-çe, de ce que par le pafTé ils ont tenu fecret fouz le mateau de Religion,amp; couucrture de lâEuangilc : à fçauoir, que le but des difcordes amp;nbsp;zizanies que iournelleméc ils femoienc entre nous, ne tendoir quâà vnc liberté ef-frenee,pour viure fans Foy,lans Roy, amp;:fans Loy.Iedy fans foy,par ce que encores que de bouche ils facent pro fcfsion dâauoir vn Dicu,fi efl ce,com medic S.Paul, quâils le nient claire-ment par leurs oeuures,par lefquelles Us foulent en tant de fortes au pied
EP IST RE.
fon S.Euîgile.Car quoy,nâont ils pas contre Dieu amp;C fon Euangile pris les armes,Se icelles côucrtics contre leur Roy mcfme, auquel feul Dieu les a-iioit commifes? Endclîendat lâvfage à tous autres en lapcrfocincdc fainôt Pierre,fc font ils pas efforcez luy def- Matt.is, nier toute obeiffance, amp;nbsp;voulu contraindre les autres à faire le fembla-ble?Ont ils pas en outre pillées amp;nbsp;fac-cagees lcsEglifcs,difsipé le bié de leur prochain, auec toute diffolution, pour le faire court, lafehe la bride à toute impietcâPareillcmét aufsi fans Roy,dâautant que outre auoir violez tantdâEdids amp;: Ordônances du Roy noftre firc,amp; luy auoir (comme auôs ia diól)voulu defnier toute obeiffan-ce, ils fe font vouluz faire Rois eux mefmes cxercans fur nous toute puif fance Royale , faifans punir dâextre-mc fupplice ceux qui ne vouloient te nir leur party:erigeans des confiftoi-res à lafaço des Empereurs Romains creans des magiftrats par les villes de ce Royaume, amp;nbsp;chaffans ceux qui a-
t «y
TYPIST RE.
uoicnt efté eftabliz par le Roy : nous impofans des tailles amp;nbsp;fubfides. Bref, Ion ne fçauroic pcnfer chofe, qui aye de tout temps eftéde la feulemaieftc Royale,quâils ne Iâaiet ofc entrepren-dre.Finablement fans loy, par ce que non contens de violer en tant de for tes les loix diuincs,ils ne fe font mois môftrez violateurs des humaincs:car nâont ils pas peruerty tout ordre poli tiqueâSc font ils pas efforcez de nous depoffeder par voie de faidl amp;: main armee, fans nous ouir en noz def-fenceSjde noftre Religio en la faifine amp;iouiflancc de laquelle nous eftions par laps de temps excédant toute me moire dâhommcâOnt ils pas emploie tout leur pouuoir de ruiner Ã4 gaffer les villes de ce Royaume: démolir amp;nbsp;abatte les maifons Ãr edifices des vns Ã4 des autres, pour exercer leurs vin-diôhes particulières, fans auoir aucun efgard à lâintcreff public, à ce que les loix humaines ont toufiours eu en fi grande recommandation: à fça-uoir,quc les villes foiêtpluffoff rem-
EP IST RE.
plies de baftimens que de places vui-des:nous inhibas pour celte caufe dâe lire 11 outrecuidezdefaire démolir la maifô denoltre voilîn,voire encores que le marrein dont elle ell conlhrui-fte,luy appartît. Mais quâelt il befolg Tit.de tig. aller tantdifcourâc parle menu, veu'â'quot;^â^*quot; que les moyens par eux cxecutczont elté tels amp;: en tel nombre,queles vou loirparticulieremét nombrer, feroit vn Åuure du toutinfinie.Et tels,dis-ic, que les aiant efprouuez, nous aurons occafion de ne nous lailTerdâo-refnauantdcceuoir par eux, comme nous faifions par le palTé, quad nous les voions auec les faces pâlies,vellus en habit de brcbiSjportâs vne efpecc de lâEuangile eferite au front,ôi corn me leur précepteur Satan toufiours quelq palfage de lâcfcriture à la. bouche . Car nous auons eu alîez ample occafion de cognoillre que tout cela nâclloit quâvne mafque de Satan : lequel,corne dit S.Paul,trâsfiguroit fes i.Csr.Ti, Ãpollres en Anges de lumière pour nous deccuoir. Outre ce que les cru-
EP IST RE.
autez amp;Ãirânies par eux excrcces fur nous,auront telle vigueur,qu a Iâaidc de Dieu nous aurons horreur dâouif feulement parierde tel manteau de Religion.Qui fait,Monfeigneur,que puis quâil a pieu à Dieu,apres nous a-woir par la main de fes ennemis batus de fes verges,nous réduire à lâaidcdu Roy noftre ûrc, en la bergerie de fa fainiâe Eglife catholique Romaine : ne permettant que fufsions plus longuement fruftrez de la louiflance de la fainéle MeÃe: il mâa fcmblé que nous feriôs par trop ingras,amp; mefeo-gnoiflà ns d'vn fi grand benefice,fi en ligncde ioie nous ne publions parles places ô: carrefoursla glorieuferefur xeélion de cefte fainôle Melle, corne nousauons veu quenozaduerfaires chantansle triûpheauant la vidoircy ont faid publier quelquefois la Mort amp;nbsp;Enterremét dâicelle. Nô que nous voiuliôspar ce infererqueiamais elle ait efté enfcuelie,eftâs trop plus quâaf feurez, que quelque violence quâon luy face, elle ne fera ce ncâtmoins ia-
EPISTR^.
mais fuccombee, iufques à Ia defola-tion predifte par Daniel,quad lâAnte chrift fera cefl'er le facrificc côtinuel. Mais feulement à fin que le tilcrc de noftrc oeuureprçfentCjfuft tonuenn-ble à celuy du traiôté,cn refponfe du quel elle tend,nous a femblé bon luy donner pour infeription, la refurre-dion de la fainde Me{re:pour dôner à cognoiftre au ledeur Chreftien amp;: bcncuole, quâen icelle nous decerros cefte fainde Meffe,entât que noz ad-nerfaircs la pouuoict par leur traide auoir enterrec,amp; non autreméf.câeft à dire,que nous rcfutÃs les vaines rai fôs,par Icfqllcs eniceluy ils tafchoiêc nous deftourner du faind amp;nbsp;côtinuel â vfage d iccllc. Ce q ie me fuis ofc inge rcr de faire fouz voftre no amp;nbsp;faucur, Monfeigneur,mâaireurant(outre ccq le bon accueil,lequel durant ces trou bles il vous a pieu me faire,tât en vo lire villcdHPuy,quâailleurs,ouiâay eu ceft heur de vous rencôtrer, ne mâen dônoic petite occafion) que veu que vous aucz elle vn de ceux qui fi con-
EP IST RE.
ftaminent one combacu pour Ie fou* â - tenement de cefte faindeMefle, Sc proteólion delà fainde Eglife catlio lique,comme aflez Ie peuuet cefmoi-gner voz citoicns du Puy,lors que cc grand dragon roux, prediól en 1âApo calypfc,les voulant enuahir,fut fi vi-uement par vous repoufé,vous ferez aufsi bon amp;nbsp;plus que fuffifantprote-fteur de ce mien petit labeur, contre les calomnies de noz aduerfaires. Du quel me fcmblera auoir receu entier amp;pfai£tloyer:fi iecognois quâil vous foit en quelque partie aggreable.Et à tant Monfeiffneur, vous commettac à la garde de Dieu,baiferay humblement les mains de voftreSeigneurie*
De Lyon,ce vingtdeuxieme de May,lâan mil cinq cens foixantequatre.
*
«LA RESVR-
RECTION DE LA
saincte messe.
*
âE N N E M Y de nature huiriai [ne Satan, lequel comme dit S. r^î^Pierre, eft corne vn lyon bruy- i.Pti.ü ant continuellement autour de deccuoir,amp;fi-nablement dcuorcr,fçachât que le vray amp;nbsp;fo-lidc moyen dâaffbiblir fon enncmy,eft de luy retrencherla commodité dâauoir des viures;
non fans occafion cherche iournellement plu luilith n'. fleurs amp;nbsp;diuers remèdes pour nous fruftrer de celle tant excellente nourriture, que no-ftre (auucur Sc rédempteur Icfus Chrift nous a laifleeà fon defpart de ce mondeipour lafu ftentation non feulement de ce corps mortel, mais auflî de noflre ame : à fçauoir, fon précieux corps amp;nbsp;fon précieux fang.Par le moy-Iom.s, en defquels nous fommes tellement fortifiez contre fes aflaulx , quâil nâa nul pouuoir fur nous, fil ne nous priue de la iouiflance dâi-ceux . Et pour autant a il défia tellement tra-uaillé en ceft endroiét, quâil a fufeité plufieurs â de fes fuppoftsjlefquels par luy dcceuz,fouhs couleur de quelque authoritc de lâEfcriturc faincle interprétée felon fa couftume : tout à rebours à la confufion de ceux qui luy preflét iâoreillc,fefForçétiournellcmét,foit par pref-
ZiA RESVRRt-CriQN ches,ou pv cfcrics, cn abolir IâeiScace, vcrite amp;necefsice, Coiimiclon peut vcoir par plu-fieurs-de leurs libelles : amp;nbsp;entre autresenvn petit traiólcpar eux publié puis les trouble» furuenus en ce Royaume,intitulc:ii« Mart o* SnrtrrementcLclei McJJi. Lequel cllant parucnit quelques iours y a entre mes mains, encores que ma profefsion ne (bit la farnéle Theologie, toutesfois, confidctantque les erreurs y contenues ont fi peu de couleur,amp; font fi peu fondées cn lâauthorité de lâefcriturc fainéle , que tout fideleChrcfiien,inltruiâ: en la vraye amp;nbsp;Catholique religion, peut veoir à lâÅil que . . ce ne font que fallaces de Satan,quâil propole aux fimplcs amp;nbsp;aux ignorants , pour les dece-uoir,Sc en fin les pcrdre(cômc dit faintl Picr-te)etcrnellemcnt : ic mefuis bien ofcingérer y relpondre briefuement. A fiir que ceux que Dieu a par fa grace preferuez iniques icy en la foy de fon Egliié, ne le laill'ent facilement dcccuoir par telles faufes impofitions deSa-tantains demeuras fermes amp;nbsp;fiables cn lafoy éc religion, cn laquelle ils ont efié baptifez, Gal.i, amp;(commedit fain(fiPaul)ncfclaiflanstranf-porter en autre Euangilc que celuy qui leur a çfié annoncé par la grace de îefus Chrift, ils i'ouiirent dâvn fi grad benefice que Dieu nous â oéiroyé pour ciperance de la vie éternelle. Et pour venir au delEus de nqfirc entreprinfe, auec faidc de Dieu,nous reciterons de mot à mot le dire de noz aducrlaires en ce beau «ai
jyE MÃSsê: z été, puis le Confcrans auecrEfcrirùrc , nous xnonftrcrons à lâcfcil Combien il cft contiaî-te à icelle. Parquoy coinmeneons à les oùir parler*
PREMIER ARTICLE.
NOjireJeulÃiUMur leÃts chriiî, commegrdnl Euejque nbsp;nbsp;PaÃeur éternellement ordonne'de
Dieu^abiiliéÃonCorps Ãi viepournoflreÃmiltfi^ tdtion,enfdcrificetreÃdtfdi^l^cr non reiterdble.
Nul fidele Chreftien, bien inftruift en la dodrine de laindc Eglife Catholique ôr, Ro niaine,nâa oncques doubté,que fuiuant lé tref cxprez enleignemcnt de lâElciiture fainde, noftre feul fauueur amp;nbsp;rcdêpteur lefus Chrift, n'ayc offert ce grand amp;nbsp;trcfparfaid facrifice delà CroiXjlcqucleftlc prix denoftré reCoiï ciliation auec Dieu,pour eflrc faiâs iiiftes dd nant 1 üy: amp;t que ne pouuons eftre aggreablcs à Dieu, nâeftre participans de fon adoption; finon dâautant quâil nous pardonne noz fautes, les enfeuclifl'ant au lang amp;nbsp;mort de Icfus Chrift: de forte quâiceluy lelus Chrift éft no-ftre feul amp;nbsp;parfaid lauement, fâ mort amp;nbsp;paf-lion eft noftre entière fatisfadiontSc ne pouuons eftre faiiuez, qucparcefèulremcde, lequel aufsi né fera ramais rcitefé,veu que (com. me die fairrd Panl:)Iefus Chrift ne meurt plâ, Rono.^s amp;nbsp;la mort nâa plus de domination fut Idy.Tcl â le eft noftre foy, amp;nbsp;la profcfsio de noftre fain de EglileiTodtesfois combien cclà eftà pro' ^bs Æ pour deftfuirc Icflicace de la faiiid^
Ai)
L.A RV.SV RUECT ION
la cun-feÃion dt
f-^'r(i(,t8.
Meiïè amp;c autres Gcremés eftabliz de Dieu en fon Eglifc.il fe verra en ce qui fenfuit:
ToMesfois ld terre eÃ: remplie de mijerables Sdcrifi tateursjeÃiitels,commeJâils eÃoiet no'^edempteiirff femettent au heu delejus chrifl-.oufe font compat-^ons dâiceluy fe defmetans eux mefmes auec tout les -y^poÃres (X Eud^ehÃes,qui difent que lefus chrià eÃfeul fecrtficateur Jilon lâordre de Melehifedech.
Ceux qui faineinent ont confideré les traditions de noftre Eglifedu tout conformes à lâEuangilc peuuent nous eftre fuflifans teC-moins,que, non fans euidente calumnic, noz aduetfaires veulent (impofans aux fimples gens) perfuader en ce lieu, que nous eflablif-Tons noz Preftres pour compaignons delefus Chrift.Car fi ainiieftoit,ilneicroit ordonné
en noflrcdidc Eglifc, que tout ce quâils font, foit en leurs prières , en lâadminiftration des fainds facremés,ou en la prédication de la pa rolcjils le feiilènt au nom du feul amp;nbsp;eternel la
crificatcur Icfus Chrift, comme chacun peulc Fer Donii. veoir quâils font, Eer Dominum noflrum lefum nu tt^jirum chfÃum. Ce que nâeuft(dis-ie) efté inftitué,fi euflîons eftimé les donner pour compai gnons à iceluy lefus ChrifljOu creu quâils fuf-lent,tant peu foit il, participans de la vertu amp;nbsp;w puiffance . Dequoy tant fen faut, quâau con-traire nous lommes continuellement enfei-
gnez que lefus Chrift eft le feul amp;nbsp;eternel fa-crificateur, felon lâordre de Melehifedech. Et quant à noldiéts Preftres Pafteurs, quâils
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. j
îônt,non comme difent noz aduerfaires en ce heu, noz rédempteurs ou compaignons dâi-celuylefus Chrift;mais,cômedit fainôl Paul, i,Cor.4. (impies feruiteurs amp;nbsp;miniftres die Pieu, dif-penfateurs de fes myftercs amp;nbsp;fecrcts : tellement quâen ce quâils font,il nây à rien du leur, ains le tout efl; de ce grand amp;nbsp;vnique Sacrificateur , qui donne la force amp;nbsp;vigueur à i leurs CEuures. Ainfidit Icglorieux faindt Paulà cc i-Cor.r. propos , que nonobfiant quâil baptizafi aucun, ce neantmoins il ne falloir référer laver tuamp;efficace du baptefmeà luy,ains.à Icfus Chrift, au nom duquel il baptizoit. Et faindt Pierre, aiant guaryle boiteux, difoit quâil ne falloir donner la louange de tel Åuute a luy, veu quâil ne lâauoic faid de fa propre vertu; mais par la fiance quâil auoit au nona de Ictus, auquel aufiî il en falloir referer la louange. Car comme dit ailleurs le mefmeJà ind Paul, i.Cor.j. 3c luy amp;nbsp;tous noz Preftres amp;nbsp;autres.minifires de rEglife,qui adminiftrent les tainchs Sacre-mens, ôc font autres femblablcs cçuurcs en, autre nom que le leur,font feulement comnie ceux qui Icment amp;nbsp;labourent,amp; Icfus Chrift, au nom amp;nbsp;pouuoir duquel ils Åuurcnt, ell ccluy qui donne la force amp;nbsp;vigueur à la terre pour produire le fruidl:,foy feruant dâeux corn me dâamhafl'adeuts,ou fimples organes : non pourfon infirmité, ou faute de puifiance, ou comme aiat faute de leur aide (car il nây a nul de nous qui ne fçache Si confefic, quâen luy
A iij
Ctl.ù
habite tonte plenitude de di'uinite. ) Mais pout fupplierà noftrc imperfedion, qui cft telle, que nous ne pouuohs comprendre , no croire les graces , lelquelles il nous conféra par fa puillà nce inuifiblc , fi nâeftoit par le moyen des chofes vifibles : par lefquclles il luy a pieu les nous reprefenter. Comme auf-fi nous âSoyons quâil fed bien voulu feruir des elctriés vifibles en lâinditution des fainds facremens.j pour nous edre tcfmoignagedes graces inoifibles , defquelles nous (ommes raids pattîcipans , par Vylage d'iceux . Par-qüôy, comme aupns dit, chacun peut veoir à rÅil, que câed vraye amp;nbsp;pure impodure de £atà n,difc quâcdabliamp;ions noz predrespouc compaignons de lefus Chvid f ou que les e-dimions â002â rédempteurs , puis que nous ne les (efiôns que pour fimples amballadeurs amp;nbsp;organes ^'iceluy Icfus Chrift, qui Åuurc par étfs pour le loulagement de nodreinfir-mité.Er que tât lâen faut en fin que nous nous delmentiôns nous melmes, ou ceux qui lâont appelle (eul amp;nbsp;Eternel lacrificateqr félon lâordre de Melchiledech: quâau contraire nous le tenons pour vn article de foy fe(rme amp;nbsp;immuable.
if faUf fjue le Pi»pe nbsp;nbsp;totitefi vetwine- tie CArlt.
nAHfè nbsp;nbsp;nbsp;nôtres ciiphars,fiient apejîatif loups roHifi-
O bon Dieu,quelle modedie Euangelique! Nâoht point de honte ces paqur^s abulez vluf ri--*---------- â nbsp;nbsp;â-------
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃfESSE. 4
perle nom dâEuan'geliftes, Si ainfi fouler au cautn; kt pied le (à inôt Euangite 1 Car ou ont ik trouué «juâil faille félon la modeftie Euageliqiic,pro-ceder par iniures amp;nbsp;blafphefmes cotre lès rni niftres amp;nbsp;Prélats, ie ne diray des ChreÃieni, mais voire des infidèles? Sainót Paul no^ doit il pas feruir dâexemple en cell endroiét^eom-mc en tous autres,lequel aiant appelle le grad Sacrificateur de la fynagogue Iudaique,paroy blanchie,ignorant quel il clloit, ad'ucrtÿ puis de fa qualité, (e repentit fi grandement de falloir iniurié, reraonftrant par exprez tefmci-gnage de lâEfcriture,que ce nâeftoit felô Dieii: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
amp; CCS aueugles violateurs de rEuangilé,nâoHC point de honte vlurper arrogamment le-noin dâEuangeliftes, amp;nbsp;ce pendant foullcrainfi,aii pied Icdiâ Euangile. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-L of-
Or Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ctquot; admiiâiiUe picnfieède teJiM
chrtà toutÃtmÃteexteneHr viÃbleeÃAboty cf eMcxé, tAmdis autre neà demeuré.
Les prophanes philofophes nûus- camp;fei-gnent, que propolcevne generale prbpôfi-tion qui foit faule, coin cequâapfés fe»enfuit, 6c en eft inféré, eft pareillement fjux; CC quot;nbsp;'i £ue chacun pourra vcoir aduenîf cfi ce lieu; auquel noz aduerlà ires nous propdfeht vn theme du tout faux amp;nbsp;contraire à lâEfttit-ute fainéte. Parquoy ne fe faudra esbahir, fi tout ce qui en fera éy apres par eux aduécé,fera auf-fidemonftrdöftre faux , amp;nbsp;vraye impoftiirâ â de Satan. Et pour euidemmenrcognölftto .
A iiij
R-ESVRR-ECTION
ccfte faufctCjcft à noter, que lâEfcriture fain-SaertÃct tie célébré amp;nbsp;remarque double maniéré de double. facrifice,amp; double forte de facrificaturc: à fça noir la premiere,felon lâordre dâAaron,cn laquelle Ion ofFroit à Dieu des hollies auec ef-fiolocM- fufion de lang, amp;nbsp;des holocaulles,câell à dire des offertes toutes brullees.Et la fécondé, fe-Ion lâordre de Melchifedech , lequel ellant Prcllre amp;nbsp;grand là crificateur feit offerte à Dieu de pain amp;nbsp;de vin , fans aucune effufion (7e». 14. de fang. Defquelles la premiere felon Vordre dâAaron a eile accomplie par lefus Chrifl en fa croix , par Veffufion de fon précieux lang: amp;nbsp;par apres rciettee: amp;nbsp;la fécondé félon lâordre de Melchifedech, mife en Ion lieu amp;ap-prouuce pour durer éternellement. Car,cora eieb.7'. me dit le glorieux fainôl Pauhdâautant que le fus Chrill a par là mort amp;nbsp;pallîon reiettee la premiere pour fon imperfeôtion , il a d'autant approuuee la fécondé, comme plus par-Heb.10. faite, amp;nbsp;de meilleur teftament. Et a (dit il en outre) abolie lâautre, pour cllablir cellc-cy. De là vient que nous voyons que lefus Chrifl oil appelle éternellement Prellrc felon lâordre de Melchifedech: parce que reiectant lâan cienne là ctificaturc, qui elloit felon Aaron, il a accepté la nouuelle felon lcdiól Melchifc-dech, pour durer éternellement. Ce que ma-nifellement difeourt là inôl Paul,quafi en tou tç lâcpillre aux Hebrieux: mefme quand il re-fJtl.âf, pionllre,corne eftat lefqs Chrill faiôl Prellrc
11'
DE MESSE. y felon lâordre dç Mclchilèdech, il a, comme auons diôl,rcietté lâanciéne facrificature.chan géant non feulement de maniéré de facrifier, mais auflîde race de facrificatcurs . En outre que puis que la premiere a efté abolie, Sgt;c ync autre eftablie en fon lieu, il falloir necefl'airc-ment quâelle full: imparfaite. Puis quand il pourfuit, déchirant lâimperfetionde la pre-miere,amp; au contraire la perfetion de la nou-uellexar,dit-il, celle icy a efté eftablie de Dieu aueciuremcnt,amp;lâautre fansiuremencce-fte cy eftcelebree par vn facrificateur qui dure éternellement, là ou lâautre eftoit celebree par facrificatcurs mortels. En fin,quand il re-môftre comme ayant lefus Chrift accepté cc-fte nouuelle facrificature, il a efté fait mini-ftre dâvn vray amp;nbsp;parfaiôt tabernacle,pour offrir vn facrifice parfait, amp;nbsp;ne feruant feulement dâvmbrCjComme les ancics, lefquels ils a renduz vieils, nous rendant amp;nbsp;exhibant ce nouueau.Tous lefquels difcoursdefait Paul rendent manifefte tefmoignage de lâeuidente faufetéde la propofitionicy referee par noz aduerfaircs : Pariaquelle ils nous voudroient donner à entendre, que noftre fauucur Icfus Chrift nâa célébré autre facrifice,que celuy de lacroixjamp;qucpariceluy il a abolie toute ma nierc de facrifier. Puis que lâApoftre S. Paul nous tefmoignc quâil a abolie lâanciéne,pour en eftablir vne nouuelle, nâeftant point felon Aaron,mais felon Melchifedcch : orne fçau-
1..Ã nr.svnniLcriQN
â roient ils dire auee cefraoignage de la fà inéié Efcrirure, que lefus Chrift aye eftably autre facrifice felon Icdid ordre,que ccluy quâil in-IHcuale lourde la Cene, que nous appelions la fà îclc Medâe.Veu quâil ne fe trouuera quâail leurs il aye faidt offerte de pain amp;nbsp;devin, qui cftla manierede facrificr felon lâordre dudic Mclcliifedech : lequel nous liions, quâeftant venu au deuat dâAbraham, comme preftre amp;nbsp;facrificateur du grand Dteu,ofFric pain amp;nbsp;vin. Mais outre fi expres tefmoignage de faindt Paul, amp;nbsp;autres lieux de lâEfctiture cy deflus dcfduidbs : ie demanderois voluntiersà nof-didls aduerfairéSjfi ainfi cftoit, comme ils di-fent en ce lieu, que lefus Chrift par là croix euftaboly tous facrifices vifibles : comme fe-fiïtlitch. I. foit vrayela prophetic de Malachic, quand il predilbit aux Iuifs,quc le temps viédroit, qua Dieuneprendroitplusplaifircn leurs fà crifî-ces amp;nbsp;oblations,mais que par tout, voire iuf-ques entre les Gentils, luy feroit offert vn fi-crifice net amp;nbsp;munde, amp;nbsp;non à la manieredes leurs ; quâils nous monftrcnt donc qui eft ce facrificc-duquel parle en ce pafl'age Malachie, different des ludaiques , qui eft offert entre les Gentils . Diront iis que câeft celuy de la croixâNon a la veritc.Car, outre ce que celuy a cfté offert vne feulle fois,il nâa aufsi efté offert en touslieux,ny entre les Gentils-.maisen Hicrufilem,entre les luifs feulement . Moins aufsi me pourront ils dire quâil parle du fpiri-
T)E messe'. ë iuelfacrificc de noz cÅursîlcqucl, come dîâ: Rant.ii-fainâ: Paul, eft plaifant Si aggrcable à Dieu. Carle prophete parle dâvne peculicrc oblation,qui ic doit faire en la nouuellc lQy,amp; nâe ftoic encre les luifs.Or cefte icy nâcft pas nou-nelle: ains a eftc commune rant aux Iiiifs cn Vancienne loy,comme à nous en la nouuelle. Ainfi que le cefmoigne Dauid di(ant,que eâeft vn facrifice plaiianc à Dien , de luy offrir vn cÅur com rid amp;nbsp;humble.Parquoy faut necef fiircment quâil parle de ceftuyey : lequel fui-uant cc qu'auons cdeflus deduiÃt'auce IâApo ftre (aind Paul, a eftc furrogé en lieu des lu-daiques, lelquels Onteftereiettez parVintro-duciiô de ceftuy cy .Dâauâtage, fi lefus Chrift aaboly tous facrifices, comme fera aufsi accomplie vue autre prophetic de Danicl,quâd il a predidjQ^ long temps apres la mort de ïelus Chrift.vicndra la dcfolaüon fur la terre, qui fera cefl'ertous facrifices Si nommément le facrifice continuel ? car quel factifice feroit Daii.3^ eefter celle defolacion,fi leî'us Chrift les auoic tous abolis?Et qui eft cn outre ce faciifièe con tinuel,duql il parle: fi cc hâcft ccftuy cy, pour regard duquel Icfus Chrift eft did continuel amp;nbsp;cteinel lacnficatcur Iclon lâordre de Mel-chifcdech? QiÅ veut cn fin dire faind Paul, i.Cer.io? quand, çfcriuantaux Corinthiens, ilaccôra-f are la table de noftre Seigneur à celle des I-dolatresâ.Sinô que,tout ainfi que les Idolâtres en leurs-tables facrifiefit aux diables, amp;nbsp;par-
RESYRRECTION
tant ceux qui mangent des chofes y fâcrifiees^ font faiâ-s confers amp;nbsp;participans des diables; aufsi au contraire les fidelles en la table de no lire Seigneur facrifient au vray Dieu,amp; man-geans de tels facrifices, font faids confers amp;nbsp;participans de noftre Seigneur.Monftrât clai rement par ce dire,que tout ainfi que les luifs par leurs viôlimes, les Idolâtres par leurs immolations, offrent peculiers facrifices à leur Dieu : aufsi font les Chreftiens au leuer en la table de noftre Seigneur, ceft à dire,en la Mef lè.Tantfen faut donc qucicfus Chrift parle facrifice de la croix, leur ait ofté vnc maniéré peculiere dcfacrifier felon lâordre deMelchifc decb,comme le difent icy noz aduerfaircs.Ie fçay quâils ont encores vnc autre fubtilitc.par laquelle ils donnent couleur à cefte leur pro-pofition erronnee : câeft quâils difent que noftre Seigneur a ptedieft par la bouche du Pro-Ope 6, phete Ozee,Que venant en ce monde il vou-droir mifcricorde,amp; non point facrifice,Vou lans par la inferer, que lefus Chrift ne veut filus de facrifice,quel quâil foit.Mais fils fouil ent les Eferitures, ils iugeront, que ce parler du prophete cft femblable à ccluy, duquel v-Mtre 7. foit lefus Chrift aux luifs,leur difant,quâils lâa doroient en vain, laifTans fes commâdemens, amp;faifà ns ceux des hommes : par lequel il ne vouloir pas inferer, que ce fuft chofe du tout vainc, de garder les traditions des hommes: mais que cela ne leur profiitoit rien, lâiis ne
Tgt;E nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 7
gardoient fes cômandeinens. Enfeignant par la ce quâil dit en autre lieu : Qifil faut necef- 4«t n. fairement obferucr les commandemens de Dieu , amp;c pource touteslois nâobmettrc pas ceux des hommes.Ainiïcncclicu dâOzee, il ne veut pas dire,quâil ne vucille point totalement de facrifice îmais que noz facrifices ne nous proftitentjfi ne fommes mifericordieux. Et corne il cft did ailleurs: quâaimer (on pro- fi/ar.n. chain luy cft plus aggrcable.que tous les îaeri fices que luy fçaurions offrir : nous enfeignât par la, de ne nous fier amp;nbsp;affeurer comme les luifsjtellemcnt en lâoblation de noz facrifices amp;nây appuyer tant noftre iuftification, que pour ce nous mefprifions la charité que dc-uonsà noftrc prochain, amp;nbsp;lâobferuation des commandemens de noitre Dieu,en forte que foyons de ceux qui lâadorent de bouche,amp;no poitdc cÅur:car facrifices offerts enceftefor'^'*âquot; te ne luy font point aggreablcs.Et de la vient que faind Paul nous recômande tat de nous cfprouucr,auât que de venir à ce facrifice:Par i.Or.in ce quâil nâeft aggreable à Dieu , fi ne fommes en eftat dâen pouuoir eftrc faiéhs participans, /îom.w outre ce que le mcfme faindPaul interprété ce paffage amp;nbsp;autres femblables : efquels il cft did, que Dieu venant en ce monde a reiette les facrifices, des facrifices qui font offerts fe-1à la Ioy,amp; pourtant no fans effufion de fang. Nous donnant par la clairement à cognoiftre quâil y en a dâautres nâeftans félon la Joy qui
RESVRRECTICISI nâont efte reiettees.
Ctir d efl efint qtPtleÃitt cenuenMe qiPeuÃions vn tclEttefqMj,equ,el n dtà neceÃitc offrir tournelli ment SacriÃce,premièrement pourÃtpechequot;^ pioif pour ceux du peupletoir il d fAiêl ce,enÃoffrant vne fou ^ElotAniment il dit ^enf off rant vneffisicarceÃt oblation ne fut ny fera lainau reiteree, n'aucunepa-
11 ne fc fault elbairfi lâaduerfaire Satan fe fert de lâvmbre de refcripturc,qui cft vn cou-fteau à deux trenchans, pour nous deceuoirï veu quâauec le mclme glaïue il feft bîé eflaye dâimpofer à noftre fauueurlefus Chrift mef-*
8.
ipc.Ãt principalement nâtft merucillc fil (âaide dcshpiflrcsdc faind Paul,attendu (corne dit S.Pierre)qu âen icelles y a plufieurs choies difficiles à entendre,que les indoétes,ignoras amp;nbsp;inconftans tordent amp;nbsp;deprauent à leur per dition. Ce que facileniét elt vérifie en cc lieu, auquel noz aduerlaires tafehent prouucr par vn palTage dudid fainôl Paul, mal entendu,â leur propofition ecornee,cy deuant deduifte: à fçauoir, que lelus Chrift ait par fa mort ôC pafsió abolies toutes manières de facrifier.Là ou fils eulTent auec meur iugemét amp;nbsp;faine de liberation,bié elpluché le dire dâiceluy S.Paul en ce cbapit.Et au fuiuant ils eulfcnt appercen quâil prouue manifeftement tout le contrairé decc.pourquoy ils lâalleguent. Comme peut en partie apparoiftre par cc quâauons dcduiâf
DF, MESSE. 8 cy delTus, remonftrant quâcn cc paflagc il diP« court la double facrificaaire cclebrcc par Ic-fus Chriftjfclon les ordres dâAaron amp;nbsp;de Mel cbifcdcch: amp;nbsp;comment reicttant ccflcla, il a acceptée cefte cy , pour durer éternellement. Il palFcpuis outre,declarant lâirapcrfeäion de la premiere,pour laquelle elle a efté re-prouuee: amp;nbsp;au contraire , la perfection de la nouucllc, pour laquelle elle a efté approu-uee. Se faiôle perpétuelle. Et entre autres im-perfeôtions de lâancienne gt;nbsp;celle cy (dit il err en ce lieu) en eftoit vne, quâelle clloit offerte par Sacrificateurs tant infirmes, quâils a-uoient neceffité dâoffrir tous les iours des ho liies pour eux, amp;nbsp;pour le peuple : là où celle nouucllc ell offerte par vn Eucfque fainôl amp;nbsp;innocent, Sc fans macule : lequel lîâa necefli-té offrir tous les iours des hollies, Sc elpan-cherdu fang pôurla remillion des pechez.Ec comme il dit vn peu plus bas, quâil nâa neeeà fité nous lauer iourncllemcnt auec fon fang, comme les anciens, auec le lang des belles. fJdâ Car dit il,il a faidl cela vne foisicâcll à dire,il a offert vne hollie, efpanché du fang,amp; lùffi. fammentfatisfaiél pour noz péchez,fâoffrant foy mefme en la croix pour no'^.S.Paul doc ctï ce P a liage cy allégué, dit bié que lefiis Chrift plâoblatio de foy,fai(ile vne fois en croix,a en lierement fatisfaiôl pour noz pechez.Et pour tât q il nâa befoin off rir cous les iours des facri ficeSjSc efpâchcr du lag pour cell effeól^cóme
-L^ Jl^SYRR-ECTlOU
Icsanciens.à raifon de leur infirmité : mais il ne fait pour celaconfcquenccque font noz aducrfaireSjinfcrans dâvn dire limité vne con-clufiô generale,que pour cela il aye abolie tou te maniéré de fà crifice; ains il afferme totalement le contraire, tant es lieux cydefTus de-duiéls,comme quand il dit,quâayant abolie ce fie ancienne maniéré de facrificr,qui fe fiifoit pour le péché,en forte que nul autre nâcft demeuré pour ceft effeôl, il en a ce ncantmoins flA.Z, accepté vneplus parfaiéfe,moyennant laque! le il a cfté faiét médiateur de meilleur tefla-mét:ofFrant chofe qui ne fert feulement dâvm bre amp;nbsp;figurc(comme les anciens que Ion of-froit lelonlaloyjainsdu toutparfaiéferà fça-uoir fon précieux corps,en ce fà crifice du nou ueau teftament felo lâordre de Melchifedech; montrant clairement par la que ce nâeft cho fc incompatible,que lelus Chrift ait offert vn feul amp;nbsp;non reiterable fà crifice pour la fatisfa «ftion de noz pechez:amp; quâil en ait ce néant-moins eftablyvn autre felon lâordre de Melchifedech,non toutesfois pour le péché,pour lequel il a fuffifaramét fatisfaiél vne fois;mais pour lâeffcét qui fera déduit cy apres.
Item, chrtfi Euefqne des biens aditenir par fin f relire fing efi entré vnefits eT^anébMires.yoïcy e» il dit derechef,^ueponrfiefire ojfirt vnefitsfi rede-^tion eternelle efi fiiéle.
Qç paffage preuue aufsi peu lâintention de noz aduerfaires,comme le précédée: car nous
auons
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 9
âüons ia remonftré,amp; fera plus amplcmêt de duit cy apres, que par ce grand amp;nbsp;non îamais réitéré fà crificc de la croixja redemption eter nclle a cftê faidlc: mais noâ difons quâil ne fc fuit P ce quelcfus Chrift ait abolye toute ma niere de facrifice. Auflî ne le dit pas monfieur S.Paulencelieu : ains feulement ildifcourt, comme lefus Chrift aboliflant les anciés facrï fices pour en introduire vn nouucau,il aacco ply tout ce qui eftoit porté en figure par iceux mefmes.Quc tout ainfî quâil falloir,que lâancien ià crificateur entraft vne fois lâan ez fan-ébuaires, les aiat au préalable arrofez de fang. Aufli lefus Chrift cft entré vne fois ez vrais 8C perdurables fan(ftuaires,qui font les deux, les aiant au préalable arrofez du lang de plus par faiéle Sc meilleure hoftie,à fçauoir du fié pro« pre.Et nâa befoin reiterer fouuent ce lauemcr, comme les anciens, pour leur impcrfeiftion: ains tout ainfi quâil eft eftably à vn chacun de mourir vne feule fois, amp;nbsp;apres Ion attend le jugement : aufli lefus Chrift fell offert vne feule fois,pour abolir les pcchez de plufieurs, par lâhoftie de foymefme. Et ne fera plus offert en cefte manicre,ny pour ceft cftelt;ft:ains apparoiftra fecondement fans péchez à ceux qui lâattendent pour auoir falut. Voila en fomme ce que difeourt fainâ Paul en ce lieu: dâou nous pouuons bien tirer , que lefus Chrift rendant à cffeéf par lâhoftie de foy mef me, ce que les anciens factifices portoient ert
â B
vmbre amp;nbsp;figure : amp;nbsp;fttisfaiftne fuffifammenf pour noz pechez , il a par ce moyen aboly lefdids facrificcs : amp;nbsp;généralement euacué toutes les oblations qui fe faifoient pour la fatisfitôlion des pccbez :mais comme auons iadict, il ne deftruit pourcecc quâiladift au parauant, amp;nbsp;que nous déclarerons plus amplement cy bas , que deftruilant ceux là , il nous en a laiflâc vn autre , qui nâefl point im-parfaiôl,ny à la maniéré de ceux là :amp; quâil eft offert pour autre fin amp;nbsp;but que ceux là nâc-ftoient.
U ei.10,
Itcm^vticy le viens,à Ãn teÃiceà vi' lmte:Pci.rlai^u,elleni)tiigt;s fommes ÃmPlÃeX^par lâobla tion zw fou faille du. corps de chrià . Et etuÃi le S, FÃrit le teÃtÃe , diÃnt: le n.'aur.-iy plus fouuenance de leurs miipuitcT^ là oùcà UremiÃien dâicelles tl ny A pim d'oblation pour le pecbe'.
SatudPaulpourfuiten cc chapitre le propos commencé ez precedens,reroôftrant que lelits Chrift rciettlt;âx les anciés (acrihees, pour en introduire vn nouueau,non feulement il a aceomplytoutes les figures portées par iceux: mais il a auffi vrayemét amp;nbsp;parfaitement rendu à effet ce que ceux là portoient feulemêt envmbrctà fçauoir la reale amp;aduellc remit lion des pccbez . Pour laquelle obtenir nâeft plus befoingdâautre oblation. Et pour entendre à plain ce dire de fainéf Paul amp;nbsp;les precedes, faut noter quePEferiture nous enfeigne, que leftis Chrift par cefte parfaiefe oblation
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M'ESSE. * lo
idc la croix a entièrement fatisfaid pour noz pecheZjtellcnient quâil nous a promis de nâa-«oirplus mémoire de noz iniquitez, moyen-liant fadide croix gt;nbsp;qui eft noftre (uffifante Sç entière fatisfadion .Toutesfois luy meime nous a aflcurcz,q nous ne fommes tous faids participans de ce fi excellent remede, ny tous faids participans de (a mort amp;nbsp;pafiiô,ou tous plongez en l'on lang . Car aufli nâauoit il pas didjquâil deuil clpadrciceluy pourtous-.inais Iculcinent pour lès Apollres Sc pour plu-Z»r,ii. ficursù fçauoir,commc dit S.Paul en ce chapitre,pour ceux qui font faids fainds:câellà dire (comme fi dit autre part) pour ceux qui luy obcilfent amp;nbsp;gardent les commandemens: delquels lâvn Si. le plus excellent, cft le continuel vfage de ce fund facrement,amp;: continua tion de ce fa.cnüce, en mémoire de la mort i.Cor.ir. amp;nbsp;palTion.Nous ne nipns donc pas,que, fui-uant le dire de laind Paul en ce lieu amp;nbsp;autres fcriiblablcs, lefus Chrill par ce grand amp;nbsp;non iainais reitefc facrifice de la croix, abolilîant les anciés facrificcs, qui efioient offerts félon la loy,par feffufion de fon fang propre, nâayc vrayement rendu à cfTed ce quâils portoient feulement en figure,à fçauoir la rcmifsion des pochez: pour lefquels il a entièrement fatif-fait,ne laifiant par çe moyen plus aucune oblation ou facrifice pour iceux. Mais, dâautant que luy mefmc (comme auons did) nous a alTeuré, que nous ne fommes tous faids pat-
Jt.'ESVRR'E.criOtJ tîcipans de cefte vniquc amp;nbsp;fi parfaide fatisfa-â:ion,ains que la dclobciflance que nous fai-fons à fes commandemens nous en cflongne ÃMn.x. iournellement, dâautant (comme ditS.Paul) quâil nây a nul iufte dâentre nous , ny nul qui cherche Dieu : pource eft il, quâiceluy lefus Chrift , defirant entièrement noftre falut, amp;nbsp;voulant par fà bonté infinie, fupplier à noftre infirmité,nous a laifie plufieurs amp;nbsp;diuers moy ens, pour nous approcher de cefte grande amp;nbsp;vnique ià tisfadion parluy faiéle en la croix (dâautant que nous mcfmes en pourrions e-ftre cflongncz)commc font le baptefmc, lâob fMc.ioè feruation de fes commandemens, la peniten-ce,rabfolution des Prclats,amp; fingulieremenc iMif.io. nbsp;nbsp;nbsp;nouueau facrifice félon lâordre de M e 1 chi-
fedcch,par la confccration, oblation amp;nbsp;manducation de fon précieux corps amp;nbsp;fang,foubs les cfoeces de pain amp;nbsp;de vin. Par lequel, tant fen faut que nous entendions en rien déroger en la vertu amp;nbsp;efficace du facrifice de la Croix, quâau contraire nous referons toute la force amp;nbsp;vertu de ccftuy cy à ceftuy là : efti-mans que fa mort amp;nbsp;paffion eft la mefme re-miflion de noz pechez, amp;nbsp;fon lang le mefme lauement dâiccux,clfaçant la mémoire de noz iniquitez.Et quant à ce facrifice de la nouuel-le loy félon lâordre de Melchifedcch , amp;nbsp;autres femblables remedes, nous les reputons, non nouuclles fatisfaôlions pour nofdids pc chez, lefquclles nous fçauonspar les icfmoi-
DE messe'. Il
gnages de S.Paul cy deHus deduifts, ne nous cftre neceflairesjayät efté faide vnc feule oblation plufque fumfante pour ceft cfFcót en la croix delefiis Chrift:amp; n fuffifâte(dis-ie)quâil ne nous cnrcfteplus dâautre pour ce regard. Mais croions que ce font feulement moyens, pour lâvfage dcfqucls fommes rendus partici-pans de la grace, iu (lice jfat is fadion amp;nbsp;rede in ptióquelefus Chriftnous a méritée par cefte 11 parfaide oblation de la croix . Et voila auf-1à pourquoy le mefme faind Paul difoit, que i.Or.yi Dieu luy auoit donee, amp;nbsp;aux autres miniftres de IâEglifeJâadminiftration de reconciliation: par ce que leur aiant donnee lâadminiftration des fainds facremens, amp;nbsp;pouuoir dâo(Frir ce lacriûce de la nouuelle loy,il leur a donné les moyens pour nous rendre participans de cefte vnique amp;nbsp;parfaidc reconciliation , faide par lefus Chrift en fa croix : amp;nbsp;pour nous incorporer en iceluy Icfus Chrift, dâautant que noz pechez nous en auoient feparez. Et en ce mefmc fens difoit il aux Romains, quâayans Rojn.6; efté baptizcz,ils eftoient par le moyen du ba-ptefme plongez amp;nbsp;lauez au fang précieux de lefus Chrift : en forte que la fatisfadion que nous obtenons par lâoblation de ce facrifice, nâcft (comme auons did) vnc nouuelle, non plus que celle quâobtenons par le baptefmc: ains cft celle mefme que lefusChrift a obtenu par fa croix:c5me cft aufsi celle,que nous con ferent les Preftres,par la puifTancc à eux don-
B iij
RESVR RECTION
nee par Icfus Chrift, quand il leur a diól, qu® Z«4».20. les pcchcz quâils remettront en ce monde, feront aufsi remis en lâautre: amp;nbsp;pourtant chacun peut euidemmét veoir en ce que delTus, quel erreur encourent icy nos aducrlaires, pour faute dâentendre les Eferitures: eftimans que fiinótPaul, pourdire,quele(us Chrift,abolif fant par fa mort les oblations qui fefaifoient félon la loy pour le péché,en aiant offerte vne Ãiarfaiôte amp;nbsp;nóreiterablc pourceft cffeôt,par e moyen de laquelle il nous a promis,quâil ne aura plâ mémoire de noz iniquitez: que pour cela il vueille inférer,quâil a abolie toute forte dâoblation,amp; maniéré dcfacrihce,là où nous voyons,quâil nousenfeigne çUircmét le contraire,tant ez paffages cy deffus expofez, com me par fpccial en ce chapitre mefmcs; difanr, fiel.lo. q lefusChrift ayant par cefte vnique oblation de la croix, abolies amp;nbsp;reiettees toutes les anciennes oblations, qui fe faifoict felon la loy, il nous a lailTc vne nouuelle voye, pour entrer cz lieux fainâsjcâeft à dire,ez cieux;amp; poure-ffre faitfts participas de fa mort amp;nbsp;pafsion, ÿC de lâcffufion de Ion fang précieux: qui eft(dic il) fa chair amp;nbsp;ce grand laccrdoce trclparfaiéf, par lequel il a efté faiét eternel frcrificateur, commis fur la maifon de Dieu félon lâordre de Melchifedech. Qu)eft ce donc à dire cela, fînon çc quâauos tant redit cy deffus-.que lefus Chrift,ayant par fâ mort amp;nbsp;pafsion aboly les anciens factiftccs,amp; faiôf la redemption çter-
VE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. IS
ficlle,nous piomcttat dcnâaaoir plusmerhoi 1C de noz iniquitezjl nous alaifle «.e nouneau facrificc felon 1âordredc Melchifcdech, pour nous rendre participans dâicelle redemption, tnoiennant laquelle il a etfaec la mémoire de noldiôtcs iniquitez.
Ce que le mtnÃrepar argument ineuitaUe foÃre: carouceÃacriÃcetà parfaiä, otumparÃaicl. J tl eà paÃai^l^ il ne le faut phini reaeret : veuque S,Paul dit^quepour lâimpcrfe^lton des anciens facrt-Ãces^tlles falloittoui les laurs recommencer, turques a ce,qutl en aj/e eÃe offert vn du toutparfâ al^^.
Nous auons cy dclTus amplement remon-ftrc que ce facrificedelanouuclle Iqy cft célébré , par le fcul amp;nbsp;eternel lacrificateur Icfus Chrift, lequel Åuure en iceluy, par nozPre-ftres amp;nbsp;Partcurs comme fes ambafladcurs ou organes.Et pourtatjnul ne fait doute, quâil ne foit trefparfaiót ; ne lailPant coutesfois dâeftre réitéré par Je trefexprez commandement de lefus Chrift: fans pource en rien diminuer de Ql perfeûion.Auisi ne faiôh S-Paul au lieu cy aleguéjla con(cqucc£,quc font icy noz aduer-faireSjCotrairc amp;nbsp;répugnante à la lain de Efcri turc.Car ilnefâcfuitpas pour dire,comme dit S .Paul en ce lieu, que les anciens facriftccs ftoient reiterczjdâautant quâils eftoient impar fai(fts:amp; que fils cuflent eftez pfaiôts,ils neuf fent eu aucûbefoingdâeftre réitérez.Que tous ceux qui font réitérez, foiét imparfaiéfs.Ains fenfuit feulement,que ceux font imparfaits.
L.A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;RHECr IGN
aufquels lâimperfeüion vient dâeuxmefmes^ amp;nbsp;non dâailleurs: qui donc occafion de les fai rc reiterer:comiTic cftoient aux anciens facri-ficcs,amp; non ceux la rciteratiô dcfquels procédé d'ailleurs q dâeux,ou de leur impcrfcélion-Et pour clairement entendre ce parler de S. Paul amp;nbsp;autres '' rablables, faut noter, que fi nous cofiderons les anciens facrifices,amp; la fin pour laquelle ils cftoient offers,nous iugerôs incontinent,que fi dâeux mcfincs ils euflent e-fte parfaiâsjiîs nâeuflent eu aucû befbing dâe-ftre réitérez. Car ils cftoient offers pour cher cher amp;nbsp;obtenir la remifsiô des pechez-.laquel le fivne fois ils euffcncparfaiôtemêt introduit au mode, ils n euffent eu aucû befoing dâeftre réitérez, ou de rechef offers pour ce regard. Car icelle remilsioncftantvne fois introduite par vn moyé fuffifant amp;nbsp;parfaiôt,il nâeft bc» foing la rechercher ailleurs quâen ce moyé,amp; ncconuient en attendre dâautres : mais fuffît foy appliquer iccluy moyen fi parfaiôt, par les voyes à ce ordonnées de Dieu. Aufsi voyons nous,que la Croix de lefus, qui a vne fois trefparfaiôîemêc amenee cefte remifsiô, nâeft ny fera iamais rcitcree.Car il nous fuffit,quâcl le nous foit iournellcment appliquée par les moyens à cc eftabliz,iâns aucunement la réitérer, veuquellecftfuffifâtepour cefteffcôt. Mais le là ctifice au nouueau Teftament felon lâordre de Mclchifedcch , nâeft de cefte forte. Car encores que foy il foit trcfqueparfaiCl, il ne
DE KA nbsp;MT.33 P., nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TJ
ne laiffe toutesfois dâeftre réitéré,dâautSt quâil nous cft donné pour vnc autre fin que les def fus,amp; Iaquellc,quelque parfaidtement quâelle nous foit cSferce par iceluy , nous auons ce neanemoins beloing quâil foit fouuent réitéré jour ce racfme efieid.Car comme a efté di«£t jlufieurs fois cy deuant, il ne nous eft donné jour nouuelle là tisfaôtion de nozpcchez, ou jour obtenir autre remifsion dâiceux, que cel e quâa obtenue lefus Chrift en facroix;mais, pourvu continuel remède,par lequel icelle là tisfadiô nous cft appliquée,dâautant que iour nellemct la multitude de nofdiéts pecbez lâef longncde nous: par laquelle nous mettons (comme dit fainél Paul)en nôchaloir ce grad Hthr.z. falut.Comme nous voyons aufsi, que lâinterpellation que fait iournellement lefus Chrift deuant la face de Dieu fon Pere pour nous,la-quelle téd à melmc fin que ce facrifice du nou Rcm.i', ueauTeftament,eft iourncllemct par luy con tinuce,pour la raifon que defliis. Et ce néant-moins nul ne fçautoit dire fans grand blafphc me.quâclle ne foit trefparfaiéle, procédant de celuy qui eft trefparfaiél. Ainfi eft il aulsi delà puilTance que Dieu a donnée à fon Eglilc, en la perfonne defes Apoftres, de remettre les pechcz:laquelle tendât à la fin que les lùldiéls moyens, eft iournellement conferee par les Prélats amp;nbsp;Pafteurs , ne laiflant pource dâeftre parfaiéhe, comme eftoit vn don de Dieu, du-lt;jucl (comme dit lâApoftrc) tout don eft par ⢠lacal.ii
C
1..A TlT.SVRTlECTlCiN
faidl, dcfcendant du pere des lumieres.TclIa? ment que pour finale refolution de ce poinâ:^ amp;nbsp;confequcment de ce premier article, nous çonclurôsque les lacrificesnelaiflentdâcftre parfaites, par ce feulemctjquâils (ont reiterez: ains iculcmcntjCcux font imparfeôls,la reiteration delquels vient dâeux,amp; de leur interne imperfedionicornmc nous auonsremonftrc qu il aduenoit ez facrifices de lâancienne loy. Mais ceux la ne font aucunemcc imparfaits, la reiteration deiquels procédé dâailleurs,que dâeux, ou dâaucune impcrfcôfion qui foit cr^ eux. Comme Ion peut veoir quâil efeheten cg facrifice de la nouuellc loy, amp;nbsp;autres moyens cy deflus déduits,qui ne font reiterez par au* cune faute qui procède de leur part : ains feu-lemêt de nous, amp;nbsp;de noftre impçrfction, par laquelle nous mettons iournellement en non chaloir ce grand falut à nous procure par le-fus Chrift.Outre ce que iuftement nous pou-uons dire, que ce facrifice nâeft aucunement réitéré,ains eft continuel amp;nbsp;éternel, fuyuant la promefle faite à Icfus Chrift , quâil feroit Preftre éternellement Iclon lâordre de Melchi fcdcch. Car encores quâil foit iournellement offert par noz Prcftres,cndiucrfes heures, SC en diuers lieux,nousne croions ce neâtmoins quâils offrent auiourdâhuy vn agneau, Si demain vn autrency lâvn amp;nbsp;la Vautre,comme fai foienties Preftres de lâancienne loy.Ains fça-pons alTeurément que câeft le mcfme lefuj
VE MESSE. 14 Chrift,qui fut offert hicr,amp; eft offert auiourA dâhtiy,amp; foffre continuellement deuant Jafa ce de Dieu fon Pere pour nous. Et comme dit fainlt;ft Chryfoftomc:Câcft toufiours vne meff me hoftie que nous offrons continuellement amp;nbsp;non pluncurs : amp;nbsp;par conicquent aufsi eft â ce vn mefme facrifice, amp;non plufieUrSj veu que câeft toufiours vnmclme corps:quieft offert, quoy que ce loit, en diuers temps Se lieux:
ARTICLE II.
DOnnansfaufiment à entefnlre,lt;jueÃti\lcs eÃe ces de fAin nbsp;nbsp;de vin leÃss chrià eà co tenu,sis
deÃrusÃnt ce qut efl diil: Qm a feesà reflsrre^sost si efl móistéan Csel, nbsp;nbsp;nbsp;efl aflts à Ia dxfre de Pseuflon
Pere:^ delA vsends'A stiver les vsfs zx let mtrts.
Ie laifferay à rechercher en cc lieu,(âil eft ve-xitable, qiic Ié corps amp;nbsp;le fang de lefus Chrift foient cótenuz fouz les eipcces de pain amp;nbsp;de vin;differas à Ie traider cy apres, quand nous parlerósdcla tranfubftantiation.me luftifanc examiner pour Ie prcfenr, fi le tehät pour ferme,corne nous le tenos,nous contreucnós,tat peu foitil,à lâarticle de lâAfcéfiontdequoy à la vérité tat f éfaut,que nous nâauôs article plus certain en noftrc creance, chantans tous les jours en noz Eglifes â¢â¢ Toy qusé'^AflssÃlA dextre Qi^f dei de pieu to Pere^Ayesfitsè de nous. Car nous Ctoiôs dextitH fermement, quâil fied à la dextre de Dieu fon Pcrc,en fon humanité apparéte en chair,amp; en ©syamp; mébres vifibïesitels que les ont veuz les'
Cij
1.^
Apoftrcs apres fa refurreótion : Et quâen cede forme Si eftatvifible, il ne bouge du Ciel,amp; nâen partira iufques auiour du iugemcnt,conj me il eft diôt aux Aôles des Apoftres;En la for te que lâauez veu monter au Ci cl,en cefte forte viendra iliuger les vifs amp;nbsp;les mors.. Mais tout ainfi, quâen celle forte amp;nbsp;apparence vifi* ble il eft au Ciel, Si nâen bouge auflî fans tek le apparence Si forme vifible, Si fans defeen-dre Si laifter la dextre dcDieu fon Pere, il eft prefent en ce fainôl Sacrement,vrayement Ãc auflî entier comme il eft en mcfmc inftant au Ciehpar mefme moyen que nous voiôs,quâa-uant que célébrer ce grand miftere de fa mort amp;paflion, ildifoit aies Apoftres quâri laiflbit le mondc,amp; fâen alloit à fon Pere, amp;nbsp;quâils ne lâanroient plus dorefnauant aucc eux.Qm dona occalîon à fefdiôls Apoftres de foy fcahda Iizer,quand apres fa refurreôlion,ils le veirent conuetfant auec eux. Parquoy il leur voulut bieiï donner à entendre,quâencores quâil fuft auec eux,il nây cftâoit ce ncantmoins plus en la forte,quâil y eftoit lors, quâil leur vfoit de tels propoz Et à celle caufe leur difoit il lors quâils £««14. doutoiét de la vérité de faprefcnce: Voila les propoz quâautres fois ie vous ay tenuz, Si corne vous les deuez entendre. Comme fildifoit: Encores que ie fois prelentemcnt icy, ie nây fuis toutcslbis plus , tel que iâeftois pour lors;à fçauoir mortel Si pafliblc:leur donnant par ce moyen à entendre, que toutes les deux
' DE MESST.. 15
chofes eftoicnt vraies en Iuy,à fçauoir amp;nbsp;quâil cftoit auec eux,mais immortel amp;nbsp;impafliblc; amp;nbsp;quâil nây eftoitplus, fçauoireft mortel amp;: paflible.Dc mefmeau faift.dontefticyque-ftion,tous les deux propozfont vrais de luy; câeft à dire,quâil cft auCiel vifiblcmêt:amp; quâen mefme téps il cft icy bas, mais inuifiblemcnt en la faincle MeÃe : (üyuant fa trefexprefle pa role,par laquelle ainfi quâil nous a tefmoigné cftre monté au Ciel : il nous a aufli par icelle mefme(comme fera rcmôftré cy apres)fi clairement donné à cognoiftrc,quâil cft véritable menten ce fainél Sacrement, quâil ne nous a laiffé aucun lieu dâen douter . En forte que le mettre en controuerfe , nâeft autre choie que douter de la verité,amp; efficace de là parole tref expreffe.Quc finoz curieux aducrlaircsme de mandent, comme faifoient les Capharnai-z«».«. tes à Iclûs Chriftxomment amp;nbsp;par quel moyen il eft en ce fainél Sacrcment,felon la vérité amp;nbsp;réalité de fon précieux corps inuifible-mcnt:amp; en mefmeinftant au Ciel vifiblemct auec le mefme corps:Larcfponceeft infalli-blexcluy qui nous dit quâil cft au Ciel, nous ioan.6', dit quâil eft au fainél Sacrcment.Qm fera dôc 'Wdt.Kf, fi outrecuidé de vouloir defmcntir fa diuine^^^* maiefté?En apres,ic leur refpondray en la for-te que feit lâAnge à Efdras: O toy qui ne feau- i.coruu rois rendre compte de la pefantcurdu feu,me furer le foufflement du vent, ou rapporter le jour qui eft paffé (qui font toutesfois chofes,
C iij
ZA RESVRR'ECTlOiZ éfquellcs tu conucrfês iourncllemcnt,amp; de fv fagc defquellcs tu nc tefçaurois paflèr) cómcc voudrois tuaucc lâimbécillité de ton vaifleaii pénétrer iufques aüx hauts fecrets de Dicu?Ec te renuoiant à ce que dit Icfus Chrift à là inôt 7ii4».io, Thomas:Quebié heureux font ceux,quinâôc pas veu, amp;nbsp;croient à la feule parole de Dieu in fallible,pafleray outre.
3« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PmI dit,quefi nous fimmes rejuÃ
cite'^uec chrifi,nous deuons chercher les chofes qui Ãnt en haut, où chrifi efi fieant à la dextre de Dieu fon Perei
A la vetité faind Paul enfeigne les Collof-fiens, de rechercher les choies qui font dâen-haut, où lelus Chrift lied à la dextre de Dieu. Ce qui nâeft en rien contraire à Ion afliftan-ce reale en ce lainâ Sacremét de lâAutel.Car én premier lieu fainél Paul en ce chapitre,ny «n toute lâelpitre aux Colloflîés.ne parle tant peu foit il, de la Cene, ny de ce fainél Sacrement de lâAutel : mais feulement il nous rè-monftre, que fi nous fommesrefufeitez en le fus Chrift, nous deuons en tant abandonner les concupifeenfes terriennes, qiie nous nous cfforçions dâobtenir les chofes qui viennent dâenhaut, oùiceluy léfus Chrift lied à la dextre de Dieu;lt;à fçauoir les vertus amp;nbsp;dós de grace, lefquels viennent du ciel, là où nous croyons auecluy, que lefus Chrift eft feant.Mais pour cela il nâinfere,comme noz aduerfairesj que pource il nâaffifte au fainél faerifice dÃ
â DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M E S SE.
iâAutel.à la manieie quâauons deduiélc cy de uant. Et luy mcfme lâa ailleurs clerement teC-jroigné,comme nous dirons cy apres .Et (i pour dire quâil eft au ciel, il vouloir inferer, que pour ce il nâafsiftaft vrayemenrau fainôt Sacrement de lâAutel, amp;nbsp;quâil ne peuft eftre quâen vn lieu, il faudrpit dire, que lors quâil dit,que lefus Chrift luy efl: apparu,il entendit que lors detellc apparition il euft abandonné la dextre de Dieu,veu quelle fut notamment apres fon Afccûon.Ce que dire feroit deftrui t.c ce quâauons cy deuat tiré de lâcfcriturc, à fça noir quâil nâabandonnera la dextre de fon Pe-rejufques au iourduiugcmcnt.Car il ne faut dire quâil entédeque lelus Chrift luy foit appa ru feulement en e(prit,amp; come Dieu, amp;nbsp;nô fc Ion la vérité de fon corps,vcu que à cela répugnent notament les mefmes paroles dudit S. Paul en ce paffage,dâautât quâil afferme par ex prez,quâil luy eft apparu, comme il apparut a-pres farefurreélionà S . Pierre amp;nbsp;aux autres Apoftres : outre ce, que lefus Chrift luy mef-me tefmoigna du contraire, quand interro-gué par fainôt Paul qui il eftoit, il luy refpon- ^4(7.4; dit,Ie fuis lefus lequel tu perfecutes. Or ne le perfecutoit il come Dieu, veu quâil ne le ctoi-oit eftre tel,mais corne home,amp; tel quâil auoit efté crucifié p les luifs, amp;nbsp;eftoit iournellemct prefehé par fes Apoftres. Qiund il dit donc, quâil luy eftapparu,il ne deftruiôfc pource fà continuelle ^fsiftance au Ciel,non plus quâau
1.^ P.T.SVRR'ECriQÃ^ pafTage cy allégué (par dire quâil fied à la dex-ire de Dieu)fa vraie afsiftance en la S.Euchari ftit:mais, comme nous,fâappuyant en lâomni- j potente parole de Dieu luy a (üflSt croire,fans ! chercher curieufement, auec noz aduerfaires, lePa«r^»flj amp;c le Gemment de fi hauts fccrets de fa diuine maiefté.Et pourtant eft du tout hors de propos,alléguer ce pafià ge fur ce point,au quel il ne parle nullement de la Cenc,veu que nous ne prétendons non plus queluy,dcfl:rui rc lâafsiftance de lefus Ch rift.
PArquoy ^deà au Ciel,d neà feint en la terre: AU contraire .Car vn cerfs vray nbsp;nbsp;nbsp;naturel,neà cfue
en vnÃeul lieu-, (yrquot; nefi feutfaire,e^uvn homme de â¢vinÿ ou trente ans ,figt;it cache'en vn morceau de faÃe. Car encores au il fiit tout fuiÃant,tl eà auÃi vert . fahle: conrrne il tefinoi^a a fis .^foÃres, leurfat-fiantentendre,lt;jutlrieÃoit fointvn efifrit fantofine ou inuiÃble.
O defmefuree arrogace,de Pahardir iufques là jdemefurcr lesfaiéts admirables de lefus Chrift, vray Dieu, non moins que vray homme,par la petitefle du cerueau humainzee que tous ceux quilefont(commc font nozaduer faires en ce lieu) font de pire codition que Sa- , tan; lequel croioit bien quâencores que le Fils i deDicueuft vn corps vray amp;nbsp;naturel , il en ! pouuoit toutesfois comme Fils de Dieu, faire । A/4M.4. chofcfupernaturclle:feiettantduhautdu tem â pic en bas, fans foy bleflèr ou fouler. Chofes du tout contraires à la nature dâvn corps graue â¢
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 17
ucamp;pcfantjcotnmcfont les noftrcs.Ne mc-furant par ce moyen le corps du Fils de Dieu auecles noftres,comme fontnofdids aducr-fairesicyjâoubliasparcc moyen grandemét, comme dit S.Paul, de vouloir, montant parë».5j defliis le ciel, cognoiftrc amp;nbsp;fpeculer les hauts amp;nbsp;incomprehcnfibles fècrcts de Dieu, deC-quels à la vérité ceftuy cy en cft vn , comme tclmoigne lediét S.Pauljlâappcllanvn propos long à dire,amp; difficile à declaiter,amp; lequel il a apprins non dâhommes, mais de Dieu mef-ines. Pour autant (venant au poinôt) ic croy i.cor.iw; quâil nây a nul de nous, qui doute, que lefus Chrift n ait vn corps vray amp;nbsp;naturel de chair amp;nbsp;dâos, comme lâvn des noftres : lequel lou-tesfois eft infeparablement conioinû: auec la . diuinitéi fuiuant ce que dit faint Paul: Qu(cn Cel.ù luy habite toute plenitude,moyénant laquelle il peut (comme dit ailleurs le mefme (ainéh Pauljtrâsfigurctjnon feulemétfondifl: corps, pbil.ii mais aufsi les noftres;felon la vertu, pour laquelle il peut aflubiedit toutes chofes à foy: qu il faut,que encores (comme auons diet cy deuant) quâil ait vn vray amp;nbsp;naturel corps, amp;nbsp;: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;non fantaftique, fi eft ce que dâiceluy il peur,
⢠quand bon luy fcmble , par la vertu de la di-uinité omnipotente , faire chofes fupernatu-i â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;relies, fans changer ou älterer la vérité dâicc-
: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;luy. Et non feulcmét il le pcut,mais il le Veut j
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;le fait fouuent:comme hpus tcfmoigne lâE-
t feriture ; car par ce moyen admirable a créé
R-ESVRR^CTIÃN fondiót corps au ventre de Ia glorieufe vier-' ge Maricjfans operation dâhomme, outre, amp;nbsp;par delFus le naturel des autres corps humais. ^^⢠31. Il a faiôl en outre marcher fondidh corps naturellement graue amp;dilpofc à tendre à fond comme les noftres, fur la mer : amp;nbsp;non fculc-ment le lien,mais aufli celuy de fiinôt Pierre, il a transfiguré en la montaigne de Tabor, fai là nt rcfpleudir la face comme le Soleil, Il lâa faid cfuanouirde la prefenec de fes difciplcs. Brief, quand bon luya femblé, il en a faiét â*⢠pluficurs autres chofes du tout furpaflantes ' 'le naturel dâvn vray corps, amp;nbsp;excédantes tout fens humain: fans pource (comme auôs diél) en rien altérer ou diminuer la vérité dâiceluy. Et pourtant aufli ne fc fautesbahir fifuiuant cc que luy mcfmc a affermé, amp;nbsp;par lé moyen de là diuinité , il fiicl aflifter fondiél corps rea'emcnt amp;nbsp;de faiéfau (ainét facrement de lâAutel, que nous appelions la fainéle Melle: (ans pour ce le faire defeendre du ciel, où il fied en mcfmc temps viliblemcnt à la dex-tre de Dieu fon pere: amp;nbsp;ce fans rien defroget à la veritable nature dâiccl'jy, Chofe dâautant conforme à la grandeur de fon omnipotence. Comme elle eft eflongnee de lâincapacité de noflic intciligcnce:amp; de laquclle(comme dit iainél Auguftin) nous nous pouuons efmer-uciller,mais nous ne la fçaurions exprimer.Et pourtant ne cherchans plus outre,amp; nous re-naettans du tout à fon ineftimable piiiflancc
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. i8
ic omnipotcncç(moycnnant laquelle il opère telles çhofcSjS: fi hauts myftcres à nous in-çogneiiz) ne nous esbahiflbns comme font i-cy noz aducrfaircs, fi par lâÅuurc dâvn fi puif-fant ouurier,vn corps de vingt ou trente ans, cftinuifibletnenr, pournoftre vie fpirituelle, amp;nbsp;pour nous faire reflufeiter au dernier iour, comme dit noftve Saiiucur en fainiâ lean, ca-ché fouz vn morceau de parte. Et tous ceux qui nient que le corps du Sauucur y foie,quad les paroles (acramentales font proférées par les Euefqucs,Prertrcs amp;nbsp;autres efleuz amp;nbsp;appel lez de Dieu pour cert effcót, nient entieretnéc lâarticle de la refurrcâiô, corne on peut veoir au partage de S.lean cy deflus mentionné. Et quant à ce que dient noz aduerlaireSjquâon ne leveoit point.le leur rcfponds,apres S.Augu ftin, que fi on le voioit, ce ne feroit pas faerc-rncnt:vçu que facrement câeft vn figne vifiblc de la chofe inuifible : amp;nbsp;comme dit le mcfme S.AugurtiOjla parole adrellce à relcmct,faiôt le facrement.
Fr qiMtid, il efl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ah milieu defis difil
piesjes portes ejlAns fermées, il ne veut pM dire, que les portes fiuffèntfermées quand il entra.Car il a bien faifl ouurtr par fin ^nge .pourdeliurer S,Pierre: parquo^ aufita il bien peu faire ouuerture pour entrer à fis frpofres. Mais il dit qutl fut au milieu dfeuxjes portes eflans fermées.
le prieray en ce lieu ceux , Içfquels de G. grande alfeâion pteftent lâoreille à ce nou-
D ij
}iESV RRECTION ueau amp;nbsp;corrompu Euangile,de confidercr vn peu le moyen duquel les minières amp;nbsp;predi-cansdâiceluy vfent communément, pour les tromper amp;nbsp;deceuoir . Car lors quâils voient que la fainélc Eferiture fait contre eux (comme à la vérité elle fait en toutes leurs traditions) nâont point de honte de la corrompre, pour lâinterpreter tout à rebours.Ce que n ia-raais ils ont monftré eiiidcmmcnc,ils le mon-ftrent maintenant en ce lieu,auquel pour don ncr couleur à leur damnable blafpheme contre lâomnipotence de lefusChrift, non con-tens dotant amp;nbsp;fi exprez tcfmoignages de lâE-fçriture fainélc,par lefquels fommes afieurez, que félon fon bon plaifir, il fait de fon corps naturel choies liipernaturellcsde transfigurât Phil.i, (comme auons dit auec fainél Paul)felô la ver tu,par laquelle il peut alTuicélir toutes chofes, Parquoy ils tafehent violer ce beau palTagc amp;nbsp;Zojtt.xo. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fainél Ican,où il eft diél trelexprcflc-
fera effet die ment, quc pat dcux rois lelus Chnlt entra au ynafab lieu,où elloicnt fes dilciples, les portes ellans iathorum, fcrmces, lâns faire ouuerturc dâiccllcs , com-fores if. veoit à lâÅil audiél Euangile.Chofc fur yb'erStdtfP^^^â^^^ naturel des corps humains : cat au tipitli premier lieu, oùS.Ican raconte, comment il gat{,fropttr apparut à fes difciples en lâabfencc de fainél ««»otZw- Thomas,il ne dit pas feulement) comme ledi JiorwTO.i-e- fent faufement amp;nbsp;calonieufemcntnozaduer-lâires)quâil fut au milieu dâeux les portes eftas ^c. â fermées : mais le texte porte amp;c chante claire-
DE MESSE. 19 ment,quâil vint,icelles eftans fermées: amp;nbsp;que '»gt;Æ Jtfm en telle forte il entra , amp;nbsp;demeura, vne efpace de temps auec eux : monftrant par là quâil ne Jaifla d entrer à cux,côbien que lefdiôles por- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
tes fuflent fermccs.Et vn peu plus bas au mef- iigt;an.io, me chapitre, il raconte comme lefus Chrift apparut à S.Thomas, combien que les portes fulfent fermées,ce ncaptmoins,ne laifla dâentrer Sc fetrouuer au milieu dâeux. Chofe qui nous monftre tout apertement que les portes ne furent pas feulemét fermées, lors quâil fut au milieu dâeux: mais quelles lâcftoient aupa-rauât quâil vint:amp; que pourcene laifla ildâen-rrer,amp; fe trouucr au milieu dâcux.Ce que fef-forçans de nier noz aduerfaircs en ce lieu , ie ne fay point de doute, quâils ne nient de mef-mc,quelefus Chrift foit forty du fepulchre, fans que la pierre qui eftoit fur iceluy, fuft o-ftee,iaçoitque S. Matthieu nous en alTeure, difant; que lors que les Maries vindrent veoir le fepulchre, lâAnge defeendit du ciel, amp;nbsp;ofta la pierre de dcfluslediôt fepulchre . Et ne dit pas que lefus Chrift en fortit alors, que lâAnge ofta icelle pjerre : mais quâil dift aux Ma- Sumsilt, ries,que lefus Chrift en efl oit ia forty aupara- 'â°'â âà uant.Et à la' vérité feroit grad chofe,quâiceluy lefus Chrift ne nous euft peu rendre tefmoi-gnage de fon omnipotence en fon corps,com bien que vray amp;nbsp;naturel, veu quâil nous en a rendu fi clairs amp;nbsp;amples tefmoignagcs ez çorps de plufieurs de fes fctuitcurs,nô moins
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REsvI
vrais amp;nbsp;naturels que le fien . Comme nous ÃJ«lt; 1.â voions quâil a faifl: demeurer ccluy de lonas lefpace de crois iours dans le ventre dâvn poif fon en la mer.las foy eftoufFcr.Ccux des trois enfansdans la foutnaife ardente , fans eftrc brûliez amp;nbsp;côfommcz parle feu: amp;nbsp;autres fein blables chofes que Ion pourroit difeourir des Elcritures.Par lefquelles Dieu a fouucnt faiôt des corps vrais amp;nbsp;naturels chofes fupernatu-relleSjfans en ce rie diminuer la vérité dâiceux, Parquoy, concluant ce propos, nous tenons pour ferme amp;nbsp;fiable,que faiuat les trefexprez enfeigncinens de la lainôte Efcricure., lefus Ãhrilt non moins vray Dieu que vray home, par vertu de fa diuinité amp;nbsp;pui(lâance,fai(ft(dis-ïc) quand il luy plaifl, amp;nbsp;que bon luy (emblc, de Ion corps amp;nbsp;natutel,comme de toutes au -tres chofes excédâtes tout fens entendemét humain.En quoy, pour toute refolution. outre tant de tcfmoignage cy deuanc difeouruz, nous feruira de vray amp;nbsp;folide fondement, ce quâil a faiél monter fondiót corps au Ciel con T.re la naturelle infirmité dâvn corps graue pcfant,commclont les noftresilaquelle cho-fc ne furpalTe moins lâimbccillitcdu cerucau hnmain,querairifl:âce de fondiôl corps , fouz le pain, comme luy mefme tefmoigna, à ceux qui felioient fcandalifez,quand il leur difoir, quâil leur doneroit vn pain,qui feroit là chair, à manger, leur difant, quâils feroient bien encores plus eftonnez, fils le veoient monter lÃ
bE MESSE. iô öuilefloitpremièrement. Erne corttredifent à cefte vraye amp;nbsp;reale afli(lance de lefus Chrift fouzlâcfpccedepain,S.Auguftin amp;nbsp;Fulgence. Carez lieux cy aleguez par noz aducrlaires, fuIj ils ne parlent, tant peu (oit il du factificc. Et pourtant efl hors de propos les alcguer en ce â lieu ; ains fi on les vouloir alegucr , ce deuoir, pour le moins efircez pafià ges, oùilsparl:nc dâiceluy facrificcæfqueîs ils afferment fi claire nient la vraye afsiftance de lefus Chrift fouz le pain, que fi nous nâaüons fulfifant tefmoî-gnage dâiceluy lefus Chrift mefmés, pour le proüucr,nous le pourriôs prouuer pat vne infinité des leurs. Mais cftant iccluy fi patent 8c manifefte par la propre aflcurance de lelus Chrift, à la declaration duquel nous voulons acheminer,nous fuffira prelcntemcnt aleguer vn pallagc de S. Auguftimauquel parlant de la Cene, il dit: le vous ay dich (dit il) que cequi,_^â^ eft offert à la Cene, ou bien Mefle, que nous iS.de-ret-appcllons factificc (comme auoiis diéh cy de- Oami. uant) au parauant les paroles de lefus Chrift â*⢠_ (eftdis ie)appellépain:mais apres que les paroles de noftre Seigneur font proférées, défia nâeft plus dich pain,ains eft (on corps. Et veut ontcfmoignage plus clair â il eft impofsiblc. Farquoy pafferons outre.
Outre ce , nem nuons tni(n:feÃe teÃaeirnäge que titduenement du Ftls deFhcmmeÃra viJiole,ijiMnJ. il luy plicirttpartir du ciel.
Il nây a nul de nous, qui ne fjache amp;nbsp;con-
L.A TLT.SV RTlT.Cr IQN fcfle,quc lâaduenemcnt que fera lefusCIirift venant faire ce grand iiigemcnt, fera vifiblci fltar.ij. Comme luy mefine lâa tefmoignc,difant,quâa lors on verra le Fils de lâhôme venir zz nuces du cicl,auec grade puiflance amp;nbsp;gloire.Ce que ne deftruifonSjdifans, que prelcntemét il con uerfe ça bas inuifiblement au S.Sacrement de lâAutel,fans pourcc toutesfois abandonner le ciel.Non plus que ne nions celle inuifible af-liftanccenlaMclTe, quad en icelle nous chan tons,Surfumcorda, admoneftans les afsiftans dâauoir les cÅurs elleuez en haut, leur voulâs Coîfjf.f. donner à entendre aucc fainôt Paul, quâils doi uent auoir les cÅurs comme rauiz au cieb.laif-fanslefoucy des chofes terriennes pour contempler les hauts amp;nbsp;incomprchenlibles my-fteres venans dâen haut,où nous croyons que Dieu fied vifiblcment,defquels ce grand my-llere de la MelTe eft vn : auquel par Åuure de Dieu le vray corps de lefus Chrill, lequel eft en melmc inftant au ciel,afsiftc ce neâtmoinS realemcnt amp;de faiôl.
Etfi aucun vouf dit, tey eFf chrt^, ou là , comme les Preflres en leurs boifles, oublies, ou armoire, ne le troye'^point,dit lefius clmfi.
Si iamais en aucun lieu fut vérifié le dire de fainél Pierre,quand il dit que les ignorans tor dent les Efcriturcs lt;à leur perdition,certes câeft en ce lieu . Auquel noz aducrfaircs aueuglcï par les tenebres dâignorance, amp;nbsp;par faute dâe-lire vn peuyerfezez bonnes lettres, tordent
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 21
icy cc beau dire de lefus Clirift , lequel bien entendu prcuue manifefteraenctout le contraire de ce, poutquoy ils lâallcgucnf.car ie de mande à ceux qui ont quelque cognoidancc des bonnes lettres: qui vient de telle maniéré -de parler entiers lefus Chrifi:, difans quâil cft icy,oulà . Eux qui lâattachent li circonlcripti-uenaent au Ciel, quâils croient quâeftant là , il â ne peut en mcfmc temps eftrc autre part : ou nous,qui croions quâeftât en la terre en la fain die Hollie foit entre les mains du Prcllrc, ou en lacuftodcyi! ne lailTe pource dâeftre en mef me inftant au Ciel à la dextrede Dieu fon Pc-re ; Brief ne lâaitachans tellement en vn lieu, que ne croions quâil piiifie tout en vn inftant «lire en vn autre felon fon bon plaifir. Certes tout bon feus amp;nbsp;entendement ingéra que ce font eux:car quâefl ce à dire,qu'il cft icy,ou là : fînon que fil eft icy , il nâeft donc pas là , amp;nbsp;le conftituer tellement en vn lieu, que comme chacun de nous il y foit circonfcript,amp; ne puif fc pour lors cftre en vn autre . Comme aftez , le demonftrc celle pacticule(ou)que nous appelions alternatiue : de laquelle la nature eft trop cogneue elite telle,que vérifiée en vn de fes membres, elle eft rendue faufe en lâautre; comme fi nous difons: Pierre eft à Paris, ou à Ly on:il fenfuit fil cft à Paris, quâil nâeft donc pas à Lyon,ou au contraire. Comme Elie di- i8. loit aux Prophètes de Baal, que leur Dieu e-ftoit eaehemio, ou à latauerne; amp;nbsp;pourtant
RESVRRECTION pe pouuoit affifter là où ils le rcclamoiêt pout jes entendre.En cefle mcfinc forte,fi nousdi-fons ilefus Chrifteft au ciel,ou en la terre,il f enfuit,que fil cft au ciel, jl nâeft doc pas en la terre, ou au contraire, Comme le difent noz aduçrfaircs, contre fon trefexpres corn mandement , en ce lieu: où il nous defFend totalement dâvfcr de tel parler en fon endroieà mon pour autre,finon eu efgardà lâinfeparable con ionôtion de fa diuinité, aucc fon humanité: par le moyen de laquelle tel parler ne peut e-ftre approprie à luy. Par ce que, comme auf-fi nous le croions, il ne peut cftre tellement circonfeript en vn lieu, (oit le ciel,ou la terre, quâil ne puiffe en mefme infiant cflre en vn au tre, félon fon bon plaifir. Et pourtant ne peut on,fans euident blafpheme, dire de luy, quâil foit icy, ou là : mais bien comme nous le di ⢠fions,qu'il cft icy , là , felon fon bon plaifir. Parquoy , mettans fin à ce deuxieme arti -cle, par lequel allons rcmonftrc, que par no-firc croiance ne dellruifons aucunement lâarticle delâAfccnfionjlavenuede lefus Chrift, pour faire Iciugemcnt. Briefique ne fommes de ceux qui dilent, quâil efi icy, ou la,comme noz aduerfaires : ains quâaians efgard à fon o-mnipotence,nous croyons quâil eft icy,amp;là , ielpnfon bon plaifir:fans cftre circonlbript, pa cncloz en aucun lieu, foitle ciel, ou la ter-yejyjendronsau troifieme.
article iil
DE MESSE.
IL S mÃtgfientqu apres iitsoirparle'erâÃotifÃe Ãt'f ces pain vin,leÃis chriÃefl par tranjÃsbÃan^ ciatiencitihe'Ãit^es acaaens dâiceHx.Parqttoy ie leur demande, «ù ont ils tronnéce^os mot de tranà fibÃanctationi
Nous cröions ferrnemér,que tout ainfi que lefus Chrifteft vray Dieu amp;nbsp;vray homme, il èftauffi tout puiflant:amp;pourtant,comme dit S.Paul:quâil nâa rien diét de bouche quâil nâaie Rordi^ peu quant amp;nbsp;quât mettre à efFcft,encores que ce (oit ebofè qui (urpaflâe noftrc fens amp;nbsp;enten dcrtient. Et par ce moyen nous appuians du tout à fa parole,amp; nâenquerans nullement fut fon confeil eftroiél,ne fommes fi outrccuidcz comme nozaducrfaircs,qui fingerét decon-trcroller les hauts myftcrcs que nous deuons adorer. Ains tenons pour ferme que luymcf* me (tout ainfi quâil a) en tant que Dieu à fa fini nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
pie parole créé tout le monde de rien :côuer-ty lavergcdcMoyfe en vn (erpent, ócTeaue Geojiyt du fleune en fangda femme de Loch en Vnefta tue de feljil a peu aufH par la mefme puilTahcc cxecutet ce qiiâil a diél à fes Apoftres en fa Ce ne ; Afçauoir que ce quâil leur bailloit (leur monftrant le pain amp;nbsp;levin , quâil cenoit entre fes mains')eftoie fon corps amp;nbsp;fin fang. Ert quoy il a vfé de pafoles fi cxprefTcs amp;nbsp;fi figni-ficatiües quâil nâa laifle aucun lieu dâen douter , finon à ceux qui voudroient , niant# , fon omnipotence , dire quâil ne peut faire chofe que nous ne puiffions bien compreâ£
En
RESVRRECTION
dre le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;le Comment auec noz COF-
roinpiiz cntendeincns ; car nous volons que /litt. zë. dâaurant que S . Matthieu amp;nbsp;S. Marc narrans ^/«r.14. cc grand amp;nbsp;incoinprehenfiblc myftcre de la Cfne,auoient feulemétdiól,quelcfus Chrift baillant le pain à fes Apoftrcs,leur diftC? R e-NEZ, CELA EST MON CORP s) S. Luc preuoiât lesdifliçultezquipouuoicnt ad ucnir de celle manière de parler:(côme font à la vérité celles quâcfmeuuent prefentement noz aduerlaircsSc autres Sacramentaircs infidèles) nous voulans oder toute dilficultc, amp;nbsp;monllrcr claircmét de quel corps lefus Chrift parloir, amp;nbsp;quâil bailloit à les difciplcs a bien voulu adiouller ces paroles defquclles vfa, ou tre celles que delTus iccluy lefus Chrift, omi-Lttc.zi, fes par les autres deux Euangeliftesâ.à fçauoir, câe ST Mon corps qJ' i sera LIVRE POVR VOVS.
Or donc, ic vouldtois demander à noz ad-ticrfaircs, quel corps de lefus Chrift a elle li-urépour nous ; A-ceeftéle facrcmcntdc Ion corps,comme dilent les Zuingliens amp;nbsp;Occo-lampadiens? ouvn corps methonimique par foy fculementjComme difent noz aduerfaires Caluiniftes? A-ce pas efté lonvray corps en chair amp;nbsp;en os,amp; celuy mcfme qui eft forty du ventre précieux de la glorieulc vierge Marie, amp;eft depuis monté au ciel? Puis donc quâil nous a diél, que cc quâil exhiboit à ics Apo-ftres (leur monftrant toutesfois Icpain quâil
DE MESSE. 23 tenoit entre fes doigts) cHoit ce mefme corps là ,à qui croirons nous? A lefus Chrift nous di-là nt,que câeft celuy mefme; ou à Caluin amp;nbsp;fes fuppofts.lcfqucls le defmentans, nient que cc foit ce mefme; affermans que câeft feulement vn corps methonimique par foy amp;nbsp;imagina-tionâSainôt Paul parlât de ce fainôl Sacrcmcr, a il diâ corne eux,ou comme nous? Vfe il pas de ces propres tcrmes,parlant en la perfonne de lefus Chrift;c ecy est mon corps, i.Corj. QVi SERA livre povr vovs?Fe rons nous donc iceluy lefus Chrift non feu-mencmentcur,amp;dcftituéde pouuoir exécuter ce quâil dit en la forte quâil le dif.Mais auf fl (emblable au moindre dâentre nous : comme fontnoz aduerfaires,eftimâs quâil ne peut eftre en diuers lieux,amp; là ou il dit,quâen cfprit feulement: comme chaeû de nous peut eftre là ou bon luy femble par efprit, encores quâil en foie totalement abfent de corps, ainfi que rexpericnce le nous cnfcigne,S: S.Paul le tef-moigne : thofe pluftoft dâinfirmité humaine que de diuinité.Car fils difent,comme à la vc rité ils dirontjquâil y a bien différence de cefte alfiftance de lefus Chrift en diuers lieux en ef prit,à la noftre,dâautant que la noftre eft fans fruid.Sc la fienne auec fruiét amp;nbsp;vtilitéile leur relpondi'ay que quelque fruiôt que nous apporte lâaffiftâcc fpirituelle de lelus Chriftitou tesfois en foy amp;nbsp;entant que concerne le corps dâiceluy lefus Chrift, elle ne lailTe dâeftre im-
E iij
R^SVRRt.cri6N
Jjärfaiftc, veil que fondit corps nonplus què es noftresne peut accompagner (on efpritlà Ou il luy plait.Mais diront ils:Si en la Cene ce corps de leftis Chrirt; noâ eft exibe q fut liuré en Croix pour nousxâeft donc fimplement ce corps charnel forty du ventre de la Vierge,fc-paré de la Diuinité,cômc il fut en icelleCroix par ion tcfmOignagc inclme: quand efiant en Croix, il fe plaignoit de ce que la Diuinité de Dieu lâauoit abandonné, difânt: Mon Dieu, mon Dicu,pôurquoy mà stu lai lié? A ceieref ponds, que quoy que par permifsion dîuiné en la mort amp;nbsp;palsion de lelus Ch'rîft, la diui-nité ait quelque fois laide faire a lâhumanité'. Si eft ce quâicelle diuinité nâaiamais, tant peu loit il.abandonnéicel'jy lelùs ChrifticommC luy mcfmc rcfm'oigna à S.Pierre, luy tcmon-ftrant que quoy quâil lailîà ft faire a ceux qui eftoient venuzpourle prendre amp;(ourmen-ter, pour accomplir leS Efcriturcs, il nâeftort pourcedeftitùédefonpouuoirdiuindc pou-Hoir commander aux Anges fil en euft voU-lu vfer.Etaulsi en a il vfé en icelle Croix mcfmc quand bon luy a femblé, faifant chofe excédante tout poinioir humain, comme ilfcift quand il donna Paradis au bon larron. Et efl rendit clair tcfmoignage le Centurion,criant à haute voix,que vrayement il cftoit le fils de D'icu.Aulsicemot,fD t laise r, enlâEfcri-
â f turc ne fe prend point pour abandonner du I tout, mais pour nâvlèr pas de là force amp;nbsp;ver^ â
Tgt;S nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. i4
tu. En cede forte Dauid difoic que fon cucur is-fauoic delaiffe:f Non pas que Ion dit tueur le full: totalement fcparé de luy, comme chacun le peut entendre; mais par ce quâil ne luy afsi- ' ftoit aucc fa force amp;nbsp;vertu accouftumee.Et pour retourner à noftrepoinôljfi nous confi-deronsles Ãfcritures,nous trouuerons quâil y a trois choies en lâEferiture plufquc (urhlan-tespour nous rendre certains de cefte vraye amp;nbsp;realeafsiftancc de lefus Chrift en la Cenç: à Içauoir la figure par laquelle ce miftere a e-fte reprefente à noz peres, la promelle quâa-r uoit lait Ictus Chrift à fes Apoftres auant l in* ftitution de fadiûe Ccne'.Sc finablemcnt icelle inftitution ; fa figure fut le là crifice que fift Mclchifedech,eftancvcnuau deuant dâAbraham, lors quâil offrit à Dieu pain amp;nbsp;vin . Le-quel peprelentoit letacrificc qup deuoitefta-blir Icfus Chrift,veu quâil eft di(ft,quâil deuoit /^eh.y. cftre facrificatcur ctcrnel lelon lâordre de Mel chifedcch.Si donc au laciificc célébré par jee- P/aLio? luy Ictus Chrift felon l'ordre dudit Melchifp-dech , qui ne peut eftreautre qucccluy delà Cenc,il nây auoit que fimplement du pain, 8c du vin, nous demeurerions toufiours en la figure,Si nâaurions le figuré : lapromelTefaiéle
1 parlefus Chrift fut, quand long temps auauç I que cclcbrer fa Cene,ilpromift à fes Apoftres 1 de leur donner du pain qui feroit fa chair , 8c â du vin qui feroit fon fang. Finalement la met-' me inftitution nous en affeure, par ce que
hesyrrection
ïefus Chrift exhibant à fes Apo fires, ce que noz aduerfaires difent fimpleraent du pain, il ne le voulut donner pain,pour leur öfter toute occafion de doute:ains via de ceft article de monftratif,cccy,leur monftrantclairemét par la,que ce nâcftoit plus pain.Côrnc fil cuft dit: cccy que ie tiens amp;nbsp;vous monftre entre mes inainSjqui vous fcmbledu pain,toutesfois ce nâcft plus du pain:mais mon corps,amp; ce mef-me corps,di-ic,qui fera liuré pourvous.Et ne furent les Capharnaites Ci malheureux comme Caluin amp;nbsp;la fuitte, car quand noftrc Sei-gneur leur promettant ce Sacrement,leur dit, quâil leur bailleroit vn pain qui feroit fa chair, ils nâen feirent aucune doute: eftimans bien quâaiant fait tant dâautres chofes miraculcu-feSjilpourroitbienaufti faire celle la:mais ils furent feulement feandalifez quand il leur dit quâils failloit quâils mâgeaficnt fa diôlc chair penfans, comme font aufsi noz aduerfaires, que la mangeant il la frudroit fouler amp;nbsp;brilcr aux dents comme les autres viandes.Parquoy noftrc Seigneur leur dit, que ces paroles def-quelles ils lâeftoient ainli Icâdalifcz, à fçauoir de manger fa chair, câeftoient paroles plaines dâefprit amp;nbsp;de vie.Ne voulant pas pour ce intc : rer, comme font caloranieulcmcnt nofdicls â aduerfaires, que fa chair ne full en ce Sacrement que fpirituellcmét, aufsi comme auons diôt,nâcftoit ce, ce dâou ils cftoient en doute. Maisilleiirdônoitparlaà cntédre qi^ quoy
DE Messe. xj que fadiótc chair y fiift vrayement Sc reaLe-rnent, fuioant le propos.quâil leurauoit tenu* ceneantmoins le manger quâils en fcroiër,amp; duquel ils (âeftoientfca3alilez,nâcftoit tel que ils lâeftimoicnr, ains eftoit Åuiire du S.Efprit: par operation duquel fadicte chair, combiert que vray e amp;nbsp;entière, pafleroit par leurs bouches amp;nbsp;par les noftrcs , fans eilrepar eux ou par nous foulee oh brifee aüx dents corne les autres viandesxomc aulîî parmefme moyen ladidte chair fut incarnée au ventre de la glo-rieufe Vierge, fans rompre ou maculer fa vir-ginitédaquellc incarnation nclailfa dâeftreve ritablc,pourcftrc Åuure du fainCf Efprit. En ce mehne fens parle fainót Augufein, que noz Cann.irt aduerlaires tordent fouucnt pour eux pat fauîâ*^/â^''''-^ te de lâentendre: quand il drt, que pour man-ger Icfus Chrift , il ne faut point preparer les dents ou le ventre,mais la foy,monftrant que toutainfi que cefte viande nâeft pas vnc viande qui doiue eftre foulee aux den»,ou couler au ventre pour la nourriture du corps, ains cfl ordonnée pour la nourriture de lâainerauf-h faut il preparer noftredióle ame par le moy en de la foy , amp;nbsp;non les dents amp;nbsp;le ventre, à Hn quâelle foit efficace en nous. * Par vn au- * EtfStfii tre moyen auflî pouuons nous dire *que ce'^'^'ââ*^-grand ni y liefe de la Cene eft plein dâefprit amp;nbsp;de vie : à (çauoir dâautant que nous ne fçau-rions coraprédre les fecrets amp;nbsp;les admirablespw «Buurc^G Dieu en iceluy* que par la foy
F
- 1..A RESr RRSCT ION awcltsias cn tant que le fainét Efprit les nous fiigG;cre.
Tertcmenr,quc fi,co)Tame les Capharnaiiics, aduerlaires leurs Icdtateurs , nous en jiiltri TTln» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
lins;mai« vouliolis comprciicirc le Æâ«»»â !Æ?«)' amp;nbsp;le Cont-»â â tftjues !i Ij ment anec noz lens coFrompiJZ,nous y ferions fdi'i:ofd.'»3 totalement dcceuz trompcz.Or puis donc i 97gt;r»f,à j(. nbsp;nbsp;]. jg tEcfcxprez tclmoienane de Icfus
melucbees nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(ommcs allcurcz q ce qu il exni-
wo(« deoùu ba à (es Apoftre3,amp; quâil leut monftroic entre rtifatcorbs £ès maînSjSt quâil nous a commandé de pren dre cn mcsyioire de fa mort amp;nbsp;paflion, lors quâil le print entre (es mains,eftoit du pain ôc du vin, amp;nbsp;apres (a bcncdiCiion , amp;nbsp;lors quâil nous clt exlîibé,nâeft plâ pain amp;nbsp;vin, ains loti précieux corps amp;nbsp;fang : il ne fc faut esbahir,.
â ' comme noz aducrfaircs, fi la (à inéfe Eglifc pour nous donner cn vn mot claire cognoiP lance de ce grand myftere puifé de lâElcritu-re,a vie de ce mot(T ransvbsta ntia-T IO n) Câêfi à dire ,.cbangement de fubftan-es cn autreipar ce que la lubftancc du pain du vin eff changée cn la vrais de reale lub-ffance du corps de lang; de lefus Chrift.Com-I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P
me nous voions que ics cuangeliltes ont ap* pcllec la Transfiguration de noltrc Seigneur,, par ce quâil changea fa face accoufiumee: Pac mefmc moyen nous a icelle laindle Eglifc in-uenté ce mot de Trinité , encores quâil ne loir cn lâEfcriturc, pour nous donner plus facile cognoifFancc de ce grand amp;nbsp;incompre-henfible inyficrc de trois pcrfonnes^^lquel*
VE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. '⢠' 16
les, comme dit fainót lean, rendenî giiage au ciel,amp; ne font lt;]uâvu Dieu.Et eft bié foiblc fondement iâairePcer aux mots, pour-ucuiqnefon aycla vcritc des choies, attendu que, comme Ion dit, les noms ne changent rienen leftre dâicelles . Encores donc que ce mot de Tranlhbllantiation ne foir en VElcritu rc, il lulEc que la choie llgmfi.ee par icelny y foitjcomc nous auens demonllié quâelle eft. Et mclme cyie câclc aux hommes de donner le nom aux choies,amp; à Dieu de les faite, corn mer£lcriturenoââtcimoigne.Ce quâaulii peut fcruirdeluffilà nrcrcfponleà ccux qui curicu-fement techcrchent lâorigine de ce mot,Mlt;j7ê, qui eft vue voixHebraique,ligniliant lâobia-tJon voluntaire des prémices, par laquelle iec Veut.6. enfans dâifrat'i protefloient auoir receu toii-.-^âââquot;'ti« tes chofes de la grace amp;nbsp;libéralité de Dieu.Du quel mot lâEglite a bien voulu nonrmer aulsi ce factihee de la nouuelle loy'.dâautat, que par, iceluy nousreduilons en mémoire ce grâd be neiîcc de la croix: rccognoiflà ns d iccluy no. ftre entier falut amp;nbsp;noftre totale benediétion.. Parce quâiceluy lacrificc nâauoic aucun pro- , â pre ou Ipecial nom en iâEferiture: car en icelle il cft quelques lois appelle la Ccnc de noftre Seigneur : par ce quâiUâinltitua en foupâc: i.Cor.n. lequel nom ne luy peut plus côucnir,puis que-ne lafailonsenloupâtjainsdematin amp;à iun. Quelquefois il cft appelle la table de noftrc.i. Cor.ro. Scigncur;autres fois en finlafraéliô du pain.
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RESV RRECTIO Ã7
Qi£i 3 cfté caufe, q pour euiter les doutes qui pouuoient fortir dc telle variété de nomsJâE-glife guidee du faind E fprit luy a tribué ce pc culicrnom dew e ss e.Lequel eft fort propre Si conuenablc à ce,pourquoy nous lâoftârons, à fçauoir corac auons diâ:,pour la rccognoif-fance du benefice quâauons rcccu par la Croix de lefus Cbrift.Mais paflans outre ie nâignore de quelle fubtilité noz aduerfaires ont vfé fiour euertir la vérité de ce grand myftcrc de a Tranfubftantiation,tiré de la parole de Dieu fainement entendue.Car difent ils, il nâcft pas necefiaire à ce que nous foions faiéls par ticipans du vray amp;nbsp;real corps de lefus, que le pain foit changé en fon corps,amp; le vin en fon läng : ains il cil tout puiflant pour nous faire reccuoir realement amp;nbsp;de faiél fcfdiéls corps Si fang, encores quâils ne foient fouz le pain Si le vin, foit pat Tranfubftantiation, fuiuant lâEglife Romaine, ou par Confubftantiation, fuiuant la Germanique. Et ce par vn moyen fpiritucl Si par foy duiuant ce quâil a diél, que les vrais adorateurs font ceux qui lâadorent en clprit Si vérité . A. quoy relpondant, nul de nous ne nie que lefus Chrift ne foit tout puifià nt pour faire ce quâils difent, Si beaucoup dâauantage, comme celuy que nous a-«ons cy déliant tant diél ellre tout puifTant. Mais quâil le face en ce grand myfterc , luy melmes nous enfeigne du contraire: car fi cfl PC Increment le pain demeutoit pain,amp; le vin
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 27
cnfa fubftanccde vin:amp; nous icceurions feulement le corps de lefus Chrift à la maniéré jquâils difcntjfpirituellemét Sc par foy(ce quâil afferma à fes Apoftresjeurcxibantcefacre-mcnt)ne feroit vray :à fçauoir que ce quâil leur diftribuoit, amp;nbsp;quâil Leur monftroit entre fes mains par ceft article dcmonfi:ratif,c e c y,Sc à nous en leuiperfonne qui auoit toutesfois apparence de pain,fuft fon corps,Car lâcntcn dant comme 1 entendent noz aduerfaircs,il fc roit bien vray, dire : reccuans cccy vous re-ceurez mon corps,à fçauoir, adiouftans comme ils adiouftent, fpirituellcment amp;nbsp;par foy. Mais pource ne feroit vray , ce que dit Icfus Chrift en la forte quâil le dilt;St, à fçauoir, c E-CY EST MON COR. ps:Carcequieftoic demóftré par ceft article,c b c Y,nc feroit fon corps.Et pourtant lefus Chrift feroit méteur, difât que cela eft fon corpstft ce nâeft que fim-plemcnt le figne ou le moyen de rcccuoir fon diéh corps fpirituellemét amp;nbsp;par foy:amp; ce pendant en fa réalité il nâeftoit que fimplement pain amp;nbsp;vin. lâcntens bien la Sophiftiquere-îpôce quâa enfeigne Satan à fes fuppofts pour cucrtirceftc vérité ineuitable tirée de la pure parole de Dieu, Difant que ce mot,E s T,corn mtinémentenrEfcriture nâimporte fubftacc, ains fimple reprefentation ou figurc,Comme nous voyons quâen ce fens il eft diift,que lefus Chrift eftoit la pierretQiéil eft la porte:Qu^il i-Cor.io, çft la vigne, Que les deux femmes dâAbraha,
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Sarra amp;nbsp;Agar , cfloienc les deax Teftamens.â ToutesIciquelles chofeSjdit S.Paul, (ontdiètes par alegorie ou alufion . Nearmoins, encores quâcz palliiges fufdièls Sc autres 1'embla bles ce mor, eS|T, fe prenne lculeincnc pour fignifie amp;nbsp;reprefente,!! ed ce que chacun cane peu foit il verfe ez rudiments de Grammaire, fçait que fa propre vertu amp;nbsp;efficace eft dâimporter fubftance.Outre ce quâil y a grandâ difference de la maniéré de parler,de laquelle v-ferEferitureez lieux alegucz contre nous, Sr celle dâou eft icy queftion , pour diuerles rai-fons: car en premier lieu,il nâeft pasdièt, que lefus foit vne pierre,vue potte,vnc vigne,amp;c, comme il eft diôt,que le pain eft fon corps,amp; le vin fon fag.Mais il eft dièt,quâil eft la vigne, la pierrc,amp;c. Et ceft article (i. a) nous mon-ftre que cefte maniéré de parler a quelque ale gorie cachée, amp;nbsp;a fon intelligence dâailleurs que de ce qui cil importe par la fimple prola-tion des paroles. Comme quad ileft didlque Icfus Chrift eft la picrreûi lâentend quâil eftoif xeprelènté par celle pierre defignee par cell ar ticle, LA, dâou Moyfc donna à boire aux cn-fans dâIfrael.Etainfi des autres (cmblablcs.Et pour autant voions nous que fainèl lean in-terrogué fâil cftoit le Prophete, cognoiffant que ceft article, importoit energie, amp;con-fequemment que Ion luy demandoit de ce grand Prophete amp;nbsp;Melsie, qui deuoit faire la redemption humaine,relpondit que non. LÃ
I)E messe.
cù fil Clift fimplcmét eile îterroguc, fil eftok Prophete,il euft auec vérité lefpödu que ouy. Suiuät ce quâaiioit prediét de luy (on pere Z a-charie,quâil deuoit eftre appelle Prophete du haut Dieu.Et aufsi lefus Chrift lâa tefooigné, i-»ca. dilantiquâcntre ceux qui cftoict naiz des tem-ineSjil nâcftûit point forty vn plus grand Prophete que lean Baptifte.Se£öndemcnc,le mef£»f.7« me lefus Chrift a vfc de paroles trop claires, pour pouuoir faire fcmblable interpretation. Car pour nous monftrer, que ce pain nâeftoie fon corps par figure ou alegorie, il a luy mef-tne declairé comme auons ia diétjque câeft cc luy mcfme qui a efté liurc pour nous. A dâa-nanrage telle interpretation alcgotiquc con» tre ia vraie nature de cc Verbe, e s i, cc fait feulement quand ce qui fuit immédiatement ledifl: Vcrbc,ne peut conuenir à cc qui le pre* eede,finon par alegorie,comme nousvoions quand il eft di(ft,quc lefus cfh la parole,la pier re, Oll autre fcmblable chofe : il nây a nul de nous qui ne voie que le mot de porte ou de pierre ne peut conuenir à lefus, finon en fens alegorie. Ce qui nâaduiét en ce parler de Icüis Chrift: auquel nul nepeut douter qucce mot de corps,Itql luit le Verbc.f/?,ne puiflé vtaic-ment amp;nbsp;fans aucune alegorie ou falace , conuenir à cc qui le pcede, à (çauoir au pain : Cac quinefçaic que le pain eftvraiemcnt corps? l inablemct pour nous öfter toutfcrupule, amp;nbsp;occafion de faire fcmblable interpretatio, le-
R£SVRRHCrIQN , fus Chrift nù pas voulu dire,Cc pain eft mon I tytfJ.4. corpsxommefainôt Pierre difoit,quc ce lefus i.Pet.i. Chrift eftoic la pierre angulaire. Ec S.Paul, 4 î i.Ctr.io. pierre, de laquelle beurent les enfans dâIl- i rael cftoit lefus Cbrift. Et ainfi des Autres fern blables: car ils monftrent cuidément par lâcx-prefte denomination des deux,à fçauoir de ce qui precede le verbe,E s t,amp; de ce qui le fuit: que toutes les deux chofes demeurent en leur cftre, fans changeraent de lâvne en lâautre. Et pourtant que lefus Cbrift demeurant Icfus i Chrift, il cftoit neantmoins la pierre, ou au contraire: ce quâà la vérité ne peut cftre finon , par alegorie , reprefentation ou figure. Mais . en ce lieu il nâa vfé de femblable parler: car fâil [. cuftdid, ce pain cft mon corps, il nouseuft donné occafîon dâentendre, comme cz lieux fufdi(fts,que le pain demeuroit pain, amp;nbsp;pourtant nâcuft il peu eftre fon corps,que par repre fentation ou figure. Mais ne lâaiant pas voulu nommer pain,amp; y faut fimplemcnt de ceft article dcmonftrarif, c e c y, il nous a clairement donné à cognoiftre, quâil nây auoit plus du pain en ce quâil tenoit, quoy quâil y eu ft lâefpecc amp;nbsp;appâréce:mais (eulemet Ion corps. Et pourtà t quâil vfoît de ce verbe, e s T,fubftart i tiellemét,amp; nô par aucune alegorie.Parquoy ceftecy eftvnctelle manierede parler córpe ' cellc,dont vlà Dieu le Pere,rédant tefmoigna ge Je lefus Chrift, difant : ccftuy cy eft mon fils bien aimé .â Car nous ne dirons pas, qu« gt;nbsp;kfi»
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. J.9
lefus foit feulement la figure ou reprefenta-tiondufilsde Dieuunaisainfiqueles paroles le portent, ilcft vrayement, realemcnt ôc de fait.Et à cefte noftee croiance tant lâéhutjoue contrediféle dire de lelus Chrift, quâils allèguent,quad il dit,que les vrais adorateurs ado rent en elprit amp;nbsp;en vérité , quâau contïaire il fait du tout pour nous.Car il ne dit pas,corn» me eux , quâil lefaille adorer en elprit feule-ment:rnais en elprit amp;nbsp;vérité.Monflrant com bien cft plus parfaiâc lâadoration des Chtc-ftiens, que celle des lüifsou des Samaritains: IcfquelsadoroientDieu enelprit, mais non en veritc.Cat comme dit S.lcan ; Us ne le co-/orf». i. gnoiflüient que par la Loy,laquelle leur auoit elfe donnée par Moyfe,lequel toutesfois nâa-uoic iamais veu Dieu. Mais aux Chrcllicns le fils de Dieu,lequel eft delparty de fon fein, amp;nbsp;par lequel grace amp;nbsp;vérité a elfe faite, le leur a donnéà cognoiftre,oftant,commedlt S.Paul i.ctr.j. le voile qui elloicenlaletâure du Vieil Telia ment, amp;nbsp;le leur monllrant à veuc defcouuer-le.Et pource cft il,quâil leur a donné le m^yep de radorer,non en efprit, feulement gt;nbsp;comme les luifs ou les Samaritains, amp;nbsp;noz aduerlà i-res leurs femblables : mais en efprit amp;nbsp;vérité, nous aiant, comme dit fainét leâ au lieu, que dclTus,racôptee la vérité dâiceluy.Qui fait que l'adorans en la MelTe fouz le pain amp;nbsp;le vin, nous lâadorons en elprit amp;nbsp;vérité , puis que nous lâadorons en la lorte que le fils de Dieu
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L.A nEsvRRrcriü^
le nous a dcclaité . Refte pour rcfolution de ce pointl encores vn doute,que font noz ad-nerfaircsjà dilR»udre;par lequel ilscafchentc-uertir la vérité de ce myftcre de la tranfubftan tiation.Cat difent ils,lelus Chrift a notainent did.qucla Cene nâcft autre chofe,quâvne cô~ memoration de luy amp;nbsp;de (à mort amp;nbsp;paflîon; quand il commanda à fes Apollrcs de faire çc quâil Iciirauoit monftrc en fadiôle Cene, en mémoire de luy.Si ce nâcfl doc quâvnc mémoire de iuy, comment eft il pofsiblc quâil y affifte vraiemcf.car f ainfi cftoir, ce ne (croie yne (impie mémoire de luy.Mais à cela la re('^ Ãionfc eft trop plus quâeuidcnte par les paro-es mefmes de lefus Chrift. Car inftituant (âr di(fte Cene,il a bien voulu dcclairer deux cho fes à fes Apoftres : lâvne quâeftoit ce quâil leur çxhiboit en icelle: lâautre,pour quel cftcél amp;nbsp;à qucllc fin il leiirbailloit-Or quad il leur declare le premier point,à fçatioir.que câeft quâil leur baille, il ne dit pas quâil leur baille vue mémoire ou recordation de fon corps ou de foy^mais notamméc il leur dit, quâil leur bail leiondiét corps,amp; ccliiy mclmcqui aefté livré pour nous.Quqy dicfamp; fi claircmcc,quâil nây refte aucun doute ou Icrupule, il leur a bits voulu declarer roccafion,pour laquelle il leur bailloit fpndiél corps en cefte manicreià fça-uoir,à fin que par la manducation dâiceluy ils fcduififtent en mémoire fa mort amp;nbsp;palTionzdi guepar cemoycn, cftans, comme ditfainct
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Paul,vniz amp;nbsp;incorporez auecluy, ils fuflcuE i.Cor.ió'. rendu/ p.u ticipans dâiccile:aians par ce grand amp;nbsp;admirable acle,concinuelle recordation da ceiuy duquel les luil's ^ar cnuie cuidoict auoir cffiiçec Ia mémoire.C eft donc bien autre cho le,dire,comme lâa diéh leftis Cbrift, que man-geans fon corps amp;nbsp;bcuuans Ion fang nous te duilons en mémoire fa mort amp;nbsp;palsion : Od bien dire auec noz aduetfà ircs, que nous ne mangeons ftmplemét que La mémoire dâiccl-le mort amp;nbsp;palsion, ou la memoite de lorr corps.Ce quâils ne trouucrôt que lefus Chrift ait onques dict.Pall'ons outrer
EtqsMnil noXanctens Peies ontpiirlede ce Sacre-ruent, ils n entfeint ainÃparlé : mais eut ncnime le pain,Ãtuplementpain:cr le wn,oin,C!imnieÃm^l PaiilÃheinfneÃit il,apresÃeÃrc eÃrosw é^ mantpe de I .Car. i rj ce pain. il ne dit p.is le corps de. lefds chrifl cnelo'i^ ÃuÃ^epain.Outre tl eÃdiilqnâvn tonr de Sabbat les diÃciples eÃoient aÃmbleiÃpoitr rompre lepatn, ll n eÃpasdiblej^ecedepain.Or I'EÃriture n'z/Ãepoint dâale^orie oiiÃalace,
I\öus auons ia demóftré araclemet cy def-fuSjpar letefmoignagede rEfcriturc,que nogt; ftreSauueur lefus Cluift aiant efgard à lâinfîr mite de les ApoftreSjlefqaels nâaians encores receu le S.Efprit,nâeftoienc allez fermes pour .coprendre ce grand myftcredeur vouläc donner claircmet à entédre que cc quâil leur exhi boit en ceSacremcnt,amp; leur monftroit entré fes mains,quo'y quâil fenablaft du pain,uâeftoît
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L.A REST RRECT ION
â quot; toutcsfois plus pain il ne Ie voulue nommer pain, mais leur vfa dâvn article dernonftratif, difant;CÃCY est mon corps. Leur móftrac par la que puis que câeftoit fon corps, ce nâeftoic donc plus du pain. Et à fin quâil ne ⢠leur femblaft fi nouucau,lor5 quâil leur exhibe roitjil leur auoit fouuent predid au parauanr, joitn. 6. leur difant,quâil leur baillefoit vn pain qui fe-roit fa chair,amp; du vin qui feroit fon fang.Qui fait que puis que par fi expres tefmoignagc de Iclus Ch ri ft me frac noâ fommes afleurez que ce qui nous eft exhibé en ce facrcmcnt nâefl plus pain,mais fon vray corps.Si quelquefois en rÃfcriturc il eftappelle pain.côineez lieux cy alléguez par nozaduerlaires amp;nbsp;autres fern blab les, ce nâcft tât eu cfg.ard à ce qtiâii cft lors â que Ion le reçoit comme à ce quâil a efté aupa rauant:chofe fort commune à lâEferiture. En laquelle nous voyons quâil eft eferit, que la verge dâAaron deuora celles des enchanteurs fxci/.y. de Pharao. Car là le ferpent cft appelle verge, parce quâil auoit efté au parauant vne verge, amp;nbsp;prefenrement eftoic tranfmué en ferpet. pi reillement au mefmcchapitre, lâcaucdu fleu-UC lut mué en fang par Moyfc, amp;nbsp;ce néant-moins cft encores appellee eau : quand il cft dit que les Egyptiens ne pouuoient plus boire de lâeau dud!tfleuue,qui nâeftoit plus eau,mais lang. Et apres que Dieu eut dâvne des colles dâAdam formée Eue,Adam cognoilTant quâci le auoit efté formée dâvn defes oz, lâappell»
DE MESSE» 31
cncoîcs vn oz, difant : Ceft oz eft vn de mes oz. Ec toutesfois ce nâeftoir plus vn oz, mais vnc femme, comme il eft die vn peu aupara-«ant,lt;^^dâvne descoftes dâAdamDicuen fill vnc femme . Finablement en lâEuangile Tatn.i, quand lefus eut tranfmuee lâeauc cn vin, ledit vin eft encores appelle eaucicc que IâEuangc-liftedeclairejlâappellateaue faidievin .Parce melme moyen donc quand nous voyons que ainfi indifféremment en lâEfcriture ce Sacrement eft appelle quelquefois pain, quelquefois le corps de noftre Seigneur : Câeft pour nousinftruire en la vérité dâiceluy , amp;nbsp;nous monftrer que tout ainfiquâauant labcnedi-éfion il eftoïc vrayemét pain, il eft aufsi apres vraicmet le corps de noftre Seigneur. Ce que manifeftement monftre S.Paul au lieu cy aile i.Cor.ir. gué par noz aduerlaires, quand apres lâaiioic appelle pain, il lâappelle puis quant amp;nbsp;quand le corps de noftre Seigncur.Difant que qui le reçoit indignement,eft damné , pournâauoir difeernéle corps de noftre Seigneur des autres viandes, f Et nây a aucune allegorie ou fal lace en ce.à fçauoirdâappellcrpaïce que vraieâ''quot;ââ ment a efté pain,amp; mcfme le corps de noftre Seigneur,puis quâil nous a cfté exhibe fouzle pain, veu que longtemps au parauantla venue de lefus Chrift,amp; lâinftitution de fa Cene il auoit iaefté appellé pain par le Prophete Hieremie,quand il difoic,parlant en la perfon /crt.it. ne des Iuifs,amp; predifant la croix de Icfus, Met
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s.
TiESVÃJtECTJON tons,dit il,du bois en fon pain,eâefl: à dire, en fon corps. Outre ce quâen lâElcriture tout ce qui eft conucnable à la nourriture de no-üre corps amp;nbsp;de no (Ire ame , eft communément appelle painicomme nous voionsde la Manne,Ãt en ce que noftrc Seigneur nous in ftruil'ant à demander ce qui nous eft nccellà i-rc pour ladiôiefuftétation tat du corps que de lâaine, nous enfeigne de dernâder noftre pain quotidian,N« iè faut dóe esbahir fi cefte fi pre cieiilc viâdc eft aulsi appellee du pain,Sen luit:
Ernauns MKul honte endorre le corps de lelîfs Chrifi en leur obhe , tls nont AuÃi 'ver^onÿiejdire qttilfi Idipfi manger attx rats crâ 'vermine . Difans
fi le arps du SctgiKur cfiant cenfieme'par les rats Cr 'vermine ^efi oit venu à rienfila beÃeeà trouuee^ tl la fiautbruÃer (y mettre au reltauaire.
Il nây a nul qui puiffe ignorer, par ce quâa-uons dtófc cy delIâuSjque nous nâentendons cm dorre leius Chrift ou ion corpsen noz ho-fties: veu que croions quâencores quâil loitm uifibicmenc foubs icelies,il ne laiffe ce néant-moins dâeftre en raclme temps vifiblemétau ciel.Nâeftans fi aueuglez en noz entendemés comme noz aduerlaircs, qui lâattachent contre fon exprez commandement, fi cirtonferi-ptiuementau ciel, quâils ne croient quâil puif-le cftre en autre lieu , Parquoy delaifiâans ce propos lequel auons amplement deduid cy délias; nous lommcs contrains parlâinfidelp , té de noldiéb aducrlaites rechercher en oc
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JilESSE. 31
lieu vne qucPtion aiat plus de curiofiié que de' zcle.Laquelle certes fi eux amp;nbsp;nous auions telle foy en la parole de lelus Chtiftquc nous délirions,nous laifierionsdifputerauxScola-fiiques : nous abftenans, comme dit S.Paul, de telles queftiós qui engendrent plufloft débats quâedificationde Dieu, laquelle cft par foy .Toutesfois puisquâils nous y contrain-gnent,nous dirons que la refolution de lâEgli le Catholique cft,que tout aifi,quâil nây a nul lecôucnancc entre le précieux corps de Icfus Chrift,6c vne befte brutte, par laquelle icelle belle brutte puillc eftre incorporée auec luy: ainfi corne dit le Maiftre des Secécfs, Premier fondemët des Théologiens Scolaftiques, le- Atd^iÃir diift corps de nollre Seigneur ne peut eftre in û.4 corpore auec vne befte brutte. Car il faut que celuy qui le reçoit,foit ordonné de Dieu pour ceft eft'eéb.Teiiement que, comme difent aucuns Scolaftiques, vn Ange ne le pourroit re- lerfinlib. ceuoir en celle forteipar ce quâil nâa cllé ordô- ^ fââ né pour les Anges , moins donc le pourroit manger ouconfumervnebeftebrutte. Nous ne nions toutesfois que dâautant que nous re-cognoifl'ons amp;nbsp;croions quâen ce Sacrement, comme entous autres , il y a deux chofes; à fçauoir le Sacrement, qui cft le ligne vifiblc de la choie inuifible amp;nbsp;facrce,cpnliftant es ef-pcces apparentes de pain amp;nbsp;devin , retenant encores tousles accidens de pain amp;vin na« ïurel,comme la couleur, odeur, faneur amp;nbsp;ap-
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L.A RESVRRECTÃON
Cm.17.
M. 1 (î in Mat.
t.Car.^.
CÃmfaera menium à mart eorra-ditur: vel fi bruta bepia fumai (itt.
parence ; par le moyen defquels noz fens en lont crompez,ainfi que furent ceux d'Ifaac en la perfonne de fon fils lacob,figure de ce grâd myfterc.Lefquellcs,comme dit Theophilaólc y ont elle retenues parlefus Chrift pourfur-uenirà noftrc infirmité,qui abhorre deman-geftfhair crue,principalement chair humaine, tt la chofefactamentale.à fçauoirla chofe in uifible amp;nbsp;facrec,qui eft la fubflance du painamp; du vin,changée en la propre amp;nbsp;vraye chair de noftrc fauueuriclus Chtift; choie que nous comprenons par feule foy, appuyee en la parole de Dicudaquelle ne nous peut deceuoir, non plus que celle de lacob fon pere Ilaac. Nous ne croiôs que ccldiéles efpeces de pain amp;c vin,eftans lubiettcs à noftre veue ne foient corruptibles amp;nbsp;temporelles , fuiuant ce que diél fainét Paul,Que ce qui cft fubiet à noftre veue eft temporel; amp;nbsp;confequemment quâelles ne puifl'ent eftre corifumraccs par les rats amp;vcrminc.Mais quant à la choie inuifibleamp;: fierce, fçauoir cft le précieux corps de noftre Seigneur,nul ne pcnla iamais quâil full fubiet à corruption,ou à eftre confumé par lefdiélcs belles.tn quoy peut feruir de certain telmoi-gnage le dite de noz doéteurs, lefqucls parlas de ce faiôl,parlent toufiours du Sacremet, ou des efpeces de pain amp;nbsp;devin. Que lâil lemble eftrange à aucun de dire , cjue nous croyons quâé CCS efpeces il nây aye autre chofe que les accidés de pain amp;nbsp;vin feparez de leur fubftan
ce
î) E MESSE.
CCjChofe du tout cótraircalaphilofophicbu-maincjamp;à la definition dâaccidécieluy con-* fefl'eray que eâeft chofe lupcrnaturelle digne toutesfois dâvn tel ouuticr , que lefiisChrift vray Dieu amp;nbsp;vray hóme:Iequel peut bien faire quâen vn tel my fiere ces accidens fubiiftent à parteuxjveu que iuiuantlcdirc des phllofo-phes, lâhomme les peut bien comprendre en ââ quot;tdicunt ion cerueau abftraicfs de toute fubfiance* forte que ieroit grand blafpheme , dire que^ lâhomme peut comprendre chofe en fon ccr-ueau,quc Icfus Chrift ne peut mettre à cfFeôfâ Et neic fautesbahir,fi nous portons hôneur amp;nbsp;reuerence à eefdides e(peccs:amp; fi pour cefl: cfFeôl nous faifons brufler la befte qui les a cô fumccSjamp; la mettre au reliquairc'.veu que lâef criture nous enfeigne de porter honneur ô£ reuerence à ce quia touché ou feruy de cou-uerture,non au précieux corps de noftre Seigneur,mais au corps de fes fainéf s:car no fans noftre inftrudion nous lifons en icelle,que la féme qui auoit le flux de iang, pour auoir por té ceft hôneur à la robe qui couuroit le corpâ encores mortel de Icfus Chrift, de croire que en la touchant feulement, elle feroit guaricj fut fi bien rcmuncrec de Dieu,que elle obtint MM.ii ce quâelle demandoif.commc au fit firent plu-fieurs autres-Et en outre que tout ce qui tou-choit le corps de S.Paul,combien que mortel amp;nbsp;infirme,eftoit en tel honneur enuers Dicu^ quâil auoit la vertu de guarir les malades^ Cô.*
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;RAECTlÃN
bien dofic à plus raifon, doiuct cftre reüerees amp;nbsp;honnorces dc nous ces efpeces : lefquelles nous croiiSsauoirferuy dceouiierturcauprc-cieiix corps de lefus Chrift immortel amp;nbsp;gloiï fié? Câcft donc pureimpofture de Satan, dire que croions que le corps dâiceluy Icfus Chrift fc laifle manger aux rats amp;nbsp;vermine.
t'Auoir rnis en trois quartiers^(omme eÃans bien marriT^^ l'appellent ^^nean de Dieu, hiy demanclentla paix.S.IeanmonJîroit lefm clmÃvi liant ^qu.1 ellott le vray Agneau figuré au vieil Te~ Ãamentieyrâ Vous monilrefyoÃre oblieipuis la man gif^vous faifns donner à boire. S.lean a il mangé lefm cbrià encepoincl?
O execrable blafphcme de no2 aduerlaircs, Iciquels luiuant le dire de Icfus Chrift,empcf jtlaii.ii. client pur faute de foyqne IcS.Efpritnepeut ouurer en eux la cognoifl'ance dc ce grâd m/ ftere de la lainClc Mefte.En forte que fe mo-quans des hauts myftcrcs de Dicu,lcfqucls ils ne cofniprcnnent, comme les Capharnaites, Joan.ils fc retirét de la compagnie de lefus Chrift.' le leur demande donc fil eft pas clcrit qtiâicc-Afott.ii. luylcfus Chriftârompitlepainenfa Cenc? Et yi/rfz.i4. en outre fileft pas di(ft,quâaprcs fon AfÅfioir les Apoflres conrinuoientde rompre le paiii^ £«5.11. Quand donc le Preftrerôpt le painenlaMclquot; lyJll.i, fe^Ãiic il pas en rcsemplc que luy ont mon lire Iclùs Chrift Sc fes Apoftres? Et en roui' pant iceluy,nefommes fi hebetez q penfions rompre ou brifer le corps de lefus Chrift, le*;
MESSE. 34
DE
quel nous fçaiions par tcfmoignagc de FEföri turc ne fepouuoir rompre ou briCer:Ains fom mes cnfeignczparla lainde Eglife, que tour ainfi que lâaine cft toute en tout le corps , amp;nbsp;toute en chacune partie dâiceluy lauffi le corps delefus Chrift en tout en toute lâhoflie , amp;nbsp;tout en chacune partie d icelle.Et pourtant efl: fuviainiJ, pure blalphcmc, dire que le Preftre frappe (a
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* ,1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â *1 ⢠fubfralt;lme
poittrinc comme marry d auoir ropu ou bn-
î'é le corps de lefusChrift ; Et que pour celle lt;4. caule il luy demande la paix. Mais cÃlîdcrant^itwr.
£on infirmité,amp;(oy Ibuuenat du dire de là inét i.Cor.n. Paul.qpc qui reçoit ce facremétindignetnér, cell à (a damnation : il fe frappe la poiôlriue comme foy criant ençoulpe des fautes ije pe chez defquels jl lé fent attaint,demandant paç don à Dieu defefdidcs fautes : fuiuant en ce Finltruélion que nous a donnée klus Chrift en la parabole du Publicain. Et foy retournât de plus en plus à Dieu, luy demande quâil luy pUife luy donner paix à fa confciencc,laquelle,comme ditS.Paul,cll en continuelle guet- Roin.7, re, amp;nbsp;fupplicr par fa mifericordc , ce qui def-fautenluy.Finablemcnt, par ce que le facrifi- Aiarc.^. ce a efla elf ably par lefus Chrillcn mémoire defamort amp;nbsp;paillon par laquelle a cllçaccô.. plie la figure de lâAgneau Pafchal ; aiant clic, Heb.s. comme dit le Prophete , icçluy lefus Ãhrill mené à la mort corne vn agneau: Et en laque! £Ælt;lt;,53. le,fuiuant le tcfmoignagc de S.Pierre,nousa-uons cfté tacheptez par la mort de lâAgneau
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RESVRRECTION
i.Ptt.t. immaculé:Pource cd il, que le Prcftre lâappel le Agneau de Dieu;car encores quâil ne mon-ftrc au doigt vifiblemêt, comme faifoit fainôt lean : toutcsfois il nous aflèure que fuiuant lâexprcflc parole de Icfus Chrift,il tient alors cntre/cs mains inuifiblement fouz les eipeccs de pain amp;nbsp;de vin,celuy, lequel comme vn A-gneau,a cfté occizpour nouszceft Agneau dis ie,dominatéür de tout le monde, lequel long temps au parauât fa venue, noz peres anciens auoient tant demâdé. Et nâeftoit befoing que ' S.lean mangeaft ccd Agneau en cede /orte, veu que lefus Chrid nâauoit encores indituc fa Cene;amp; que le facrifice Leuitique amp;nbsp;immo lation de lâAgneau Pafchal nâauoit encores e-ilc immolé. Parquoy concluans ce tiers article, nous dirons que la croiance de laTrafub-ftantiation nâed en rien contraire à la doftri-ne Euangclique.ains cd purement tiree dâiccl lc:Er en outre que dire que le corps de nodre Seigneur fe laide manger aux rats amp;nbsp;vermine, ou bien que le Predre rompât lâhodie le pen-fe rompre ou brifer: câed pure blafpheme du tout contraire aux traditions de nodre Eglife Catholique. Rede donc maintenant venir au quart amp;nbsp;dernier article.
* ARTICLE IIII.
IE nâinfidéray longuement dir ce dernier ar tide, paf ce que lâintelligence de ce qui fc poufroit dire lur iccluy,à fçauoîr,quels font ks fruiéls de la faîélc MeÃe, amp;nbsp;ceux du CÅnû
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. jy
de noz aduerfaires,{êra clairement demonftrc ez deux petits traiâez qui Penfuiuent. Et dâau tant me fuffira remonftrer pour le prefcnt au Lefteur fidele amp;nbsp;Catholique, que le fruiftdc la croiâce de nofdiôls aduerfaires, en leur CÅ num, eft, quâils deftruifent la parole de Icfus Chrift,p laquelle il a diôt à fesApoftrcs,quoy 3uâil eurt pris du pain entre fes mains, lequel leur monftroitpar ceft article dcmonftra-tif,c E c Y,ce nâcftoit toutcsfois plus pain,lors quâil le leur exhiboit,ains fon propre corps amp;c fang, amp;nbsp;celuy mefme qui a efté liuré pour nous.Et ceux nous veulent donner à entêdrc, que fondiét corps eft autant efloigne de la Ce ne,comme le plus haut ciel de nous. Dâauan-tage ils referent toute la vertu amp;nbsp;efficace de ce Sacrement à leur foy , difà ns que lefus Chrift nous y eft feulement appliqué par foy, là où faind Paul nous tefmoigne que celuy t-Com. qui le reçoit indignemcnt(lcqucl nul ne peut nier cftrc fans foy,vcu que, comme diet S.la- lato.i. qucs,la foy eft cogneuepar IcsÅuures; tellement que celuy qui dit,quâil a la foy,amp; nâa les Åunres.fe defment foy mefme, comme dit ail leurs fainél Paul)lc reçoit toutcsfois, comblé Tît.i. quâà fa damnation. Et auffi lefus Chrift lâexhiba en Emaux à fes deux difciplcs , Icfquels ne le cognoifToient point, amp;nbsp;pourtant nâa-uoient point la foy , comme luy mefme tcf- r â moigna,lcs appellans gens de petite foy. Et de faid, corne il eft did au mefme lieu, ils nt
H iij
L,A JR-ESVRR-ECTION k cogncurcnrjïnon aprcs quâil Ie leur cut ei« 2gt;ibé; tellement quçla reception dâiceluy précéda leur foy .Là où nous attribuons toute lâef ficace de fi grand iny ftere à lâomnipotente pa role de lefus Chrift;A cefte parole, dis-ie, laquelle a de rien créé toute chofe:amp; faidt que ce qui nâeftoit point, full: amp;nbsp;à plus forte rai-fon peut bien faire , que ce qui cftoit ia quelque chofe, foit change en vnc autre, comme procédante de la bouche de celuy qui eft tout puifià nt dâcxecutGE de faid ce quâil didt à les ApoftreSjlcur exhibant ce facrement: Si quâil nous dit iourncllement par la bouche de noz Preftres, à fçauoir,quc ce qui nous y efl exhi-bé,câcft fon corps amp;nbsp;fon fang. Et eftimos que noftre foy ne fert rien à la veritable réalité de ce facrcmentunais feulement,corne dit (aind Paul,à nous faire rcircntir des fruiâs dâiceluy pour lâauoir rcceu dignement. En outre croi-ans,comme ils font, quâen ce facrement nous nercceuions le corps de noftre Seigneur , SC nâen loions faids participans que par foy feulement, tellemét quâil ne (oit quâvne alPcuran-cc ou vn figne , que par la reception dâiceluy nous foions par le moyen de noftre foy myft* quement faids participans du corps de IcluS Chrift,amp; plôgez en (on iangnl nây auroit nul« le difference entre la Ccnc de lefus Chrift SC les anciés lacrifices-.Lcfquels S.Paul nous tef-moigne auoir cfté tant impaïlà icts^ comme tels reicttez.Car il eft certain' quâiceux eftoiét
PE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESS^. 1,6
donnez à noz anciés pcres,poin vne afTcurâcc de lâefFubô de fang q deuoic faire Iclus Chrift pour la redemption du genre humain,fuiuant la promefle qui auoit cité faiâc à Abrahä. En forte que pariceuxils eftoient faiâs partici-pans de la mort de Icfus Chrift amp;nbsp;du merite de fa paflion parfoy amp;nbsp;cfpcrance: auffi klus dit quâAbraham a veu Ion iour, amp;nbsp;lâen eft ref-iouy:à fçauoir,par cfpcrace,foy confiant en la promeflè à luy faidc p Icfus Chrift.Ec S. lean noustefmoignc que lâAgneau a efte occy des le commencement du monde : dâautant que Ãiarfon fang il a nettoyé les pcchez, non leu-cment de ceux qui eftoient naiz pour lorsgt;ou à naiftrc:mais généralement de tous ceux qui au parauant fon aduenemét feftoient par foy amp;efperancc appliquez la vertu amp;nbsp;efficace de fa mort amp;nbsp;pafsion . Si donc en la Cenc nous nâen fommes faiéhs participas que parfoy, Sc icelle Cenc nâeft quâvne afteurâce de ce faiél, nousnâauons nonplus par icelle quauoiens noz anciens peres par leurs facrificcs impar-faids:Par Icfquels comme auons did,ils en egt; ftoient faids participans en efperancc,amp; con fequemment par foy; car leurdide cfperance nâeftoie non plus fans foy,que noftrc foy fans cfperance,Et qui plus eft, la figure auroit efte nCor.r. . beaucoup plus noble q la choie figurccjvcu q
la Mâne,laquelle Icfus Chrift mclme nous tcClom.s. moigne auoir efte figure de ce facremét,eftoi£ ,vn pam defeendu du ciel,.qui fans doute çftoic
SESrRRECTIO^ beaucoup plânoble que Ie pain materiel qüé nousreceurions en la Cene, qui eft faiél par oeuurc dâvn boulcnger. Finablemenc par telle croiance contre lettefexprczcommanderaéc deIcfus Chrift , ils font Ic ciel vn fi certain amp;nbsp;ft circouferiptif lieu de fon habitation, amp;nbsp;lâattachée en telle forte en iccluy, quâils ne croiét quâeftant là il puilfe en mefme temps eftre au-trepart;amp;pour le fairecoutc,ils defpouillcnt . totalement leSacremétde chofe inuifibleôi lacree, cotre la pure amp;nbsp;vraie définition de Sacrement.
EPILOGVE.
TjArquoy concluansamp;mettansfin à ce irai Jl ôté,nous dirons pour toute refolution, fiii uant ce quâauons iniques icy demonftré par telmoignagedes eferiturcs , Que noftre ieul Sauueur amp;nbsp;Rédempteur Icfus Chrift parce grand amp;nbsp;non rciterablc facrifice de la croix a accomply tous les facrifices de lâancien Tefta ment, qui fe faifoient félon lâordre dâAaroii par effufion de fang. Et que par iceluy feul il a meritee la rcmiflion des pcchcz,amp; faid la redemption éternelle; cftant, comme dit fainél Htl.s, Paul, faiôl caufe de falot à ceux qui luy obeif-fent : en forte quâil ne nous refte plus aucune oblation pour le peché.Toutesfois par ce que au lieu de nous approcher de cefte vniqucé^ ft parfaitfte oblatiô faiefte pour le péché, nous nous en elloignons iourncllement par nO' ftre dcfobeillà nce amp;nbsp;preuarication, laquelle» coin-
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 37
cómc di: le mefme S.PauI,reçoit fon iuftc loy cr,Ie(us Chrift nous a laide pluficurs amp;nbsp;diuers moyes pour noâ en approcher: entre leiquels il nous a laide ce facrificedu nouucau Tcfta-mét,parleql il a efté faid faaificatcur eternel félon Tordre de Melchifcdech: par Toblation amp;nbsp;manducation de fon corps amp;nbsp;de fon fang fous lesefpeces de pain amp;nbsp;devin. Leqlil nous a commandé de reiterer,ou,à mieux dire,dâen tretenir côtinucllcment, non pour fon imper fedion^cômeiladuenoit ez ancics,mais pour la noftre, à fçauoir,pour nous plonger en fon fang,dâautant,corne auonsdiél,que nous enef ioignos iourncllement nous mefmcs,amp; pour nous rédre participansdece gtad facrifice de la croix : rcccuas fon corps en cediét facrifice, nô corne le ddent noz aducrfaires,mcthonimi quemctamp; parfoy feulement:mais en la forte quâil nous a adcurez,à {çauoir,tcl quâil a efté li urc à mort pour nous. Nó auiïi quâeftimions pource le faire dcfcédreduciel: mais croians, quetout ainfi qu'il nâarié diét de bouche,quâil ne le puid'e mettre à efFeél,il eft au ciel vifiblc-met, fuiuât Tadèurâce quâil nous en a donnée: amp;icy inuifiblcment en laCenCjlelôaudî que luy mefme nous en a afièurcz,fous lesefpeces du pain amp;nbsp;du vin, fans aucunemcc abadonner la dextre de Dieu fon pcrc : amp;nbsp;fans pource en » rien changer ou älterer la vérité de fon corps. Toute æuure,qui eà deDieu^neÃra deÃruilfe par ies htmmei^ ^uÃqueforce ou violece qu'ils luy facet,
REFVTATION de
XXI. B^AMN^BLES nbsp;nbsp;R-
ticles,^ blafphemesdeno^dduerfai-res contre ld Cdincie MejJè. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;
ARTICLE I.
o M BIEît que hi MejfeÃit ip.u^
îft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;âquot;1^4^ ^de wueefi toutesfoii
J cotre DeM. 1. Mat. i y, SôôeiC^âr 4,
Si U Mçllc cft inuenrion des hommes rc-pugnapte à la parole de Dieu,comme veulent jcy periuadernoz adueplaircs, pourquoy fal-Joit il prendre tant dâarmes, aflemblcrtaprdç forces pour lâalSolir*. veu quelâElcriture nous ^fleure quç toute choie qui eft dâinuention hi| plaine lera diflolue de Dieu,laps aide dâhop-pes ? Mais tant fen fault quâelle foit dâinuention hupiaine,quc nous nâauons chofe plus eÿ prelfc en lâEfçritpre faindepe plps certain co mandement, quela confinuellc celebration tlâicclle, Nâeftant autre choie la Meflc, que U commémoration de la mort amp;nbsp;paÃion de Ic-fus Chrift,par la cppfccration mädneatjon de les précieux corps amp;nbsp;fang fous les çlpcccs de pain amp;nbsp;de vin, Iclon fon irefcxprez coin' mandcmcnt.Q^nd en la Cene il tranfmualf pain en fon corps,§£ le vin en fon fang,cftanF par ce paoyep faid éternel là crificateur felofl lâordre de Mdchifedech: ainfi quille tcl|nqi;
REsvR. jyR nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0
gria liiy mefme afês Apoftres : lórs qu'aiant ptis du pain entre fes mains, nbsp;nbsp;lâaiant beniCjâ
il leur dit; P R en êz et Mangez, cé-tA est Mo'h corp Si Qj? 1 sera LIVRà PoVR vûvs, Icurcùnimandant amp;nbsp;à nous en leur pcrfonnc, de faire comme: ilauoitfaiâ,en mémoire de famörtSfc paf-fion.Car par icelle nous obtenons deux choies; lâvneque tnangeans là chair nous fom-mes incorporez en luy : Vautre que nous an-z«»,^; nonçons amp;nbsp;remémorons fa nïott amp;nbsp;pafsion i.Cor.ii» iufquesà Ion aduenement. lieft donc tref-faux quâelle foie dâinuention humaine, puis' quâelle cft tirée d'vrt fi exprez cóma'ndemenc de lefus Chrift:Sf quâelle efffaide aueèla mef me chofe,amp;; les nicfmes paroles quâil la fit ôc commande de faire aptes lûy. fi lôn y à adioufté autre chofe outre lefdrófes'paroles delcfus Chtift,comme Pfà lmes, Oraifons,» Hymnes , Cantiques amp;nbsp;autres fémblables' chofes qui precedent ou fuiuent celle confe-Cration: enCorès quâelles nefoient delafub-ftance de la Meftè( laquelle corn me auôs didj confifte feulement en ce que fit amp;nbsp;dit lefiiÿ Chrift, amp;nbsp;quâil commanda de faire) TouteP fois nây ont elles efté adïouftcès pat înueri-tion humaine : ains pat commandement de Diciï c^ tradition de lès' Ãpoftf es infpirez pat le fainél Elpric.Caf en premier, fi nous cônfi-derons tout ce qui precede la confeefation/ rïouscognoiftronS'jqi'ie câeft la preparation/
JIESV nREC'T IdN
par laquelle le Preftre fuiuant le confeil de S. ïiCar.n. Paul, fé prepareauantquereceuoirce fainôt
Sacrcmenr.nous incitant par fon exenaplc de faire le femblablc : dâautant que nous voions i quâauant que fapptocher de lâautel il fait U confcffioQ de (es péchez , fâen crie en coulpc frapantfa poi^irine comme le Puplicain , amp;nbsp;en demâde pardon à Dieu, amp;nbsp;prie les affiftans de prier pour luy. Apres fapprochant de lâau-£lgt;ht.ts. tel dit par inftrudion de faind Paul plufieurs belles Oraifons, Pfilmes, Hymnes amp;nbsp;Cantiques tendans à mefmc but : il fait puis profef- â non de fa foy Chrelliennc tant par récitation de lâEuangile amp;C. Epillrc, que pat le fpecial récit de là croiance au Credo.En hn,aiant prefen- î tccs plufieurs belles amp;nbsp;deuotes Oraifons à Dieu,tant pour foy,corne pour les Rois, Prin ces amp;nbsp;autres conflituez en dignité , comme Paul nous a enfeigné,comm.adant quâa uant toutes choies Ion face priere pour telles gens,il vient à ce en quoy nousauôsdiéf co» hfter la vraie fubllancede la Méfié: Prenant le pain amp;nbsp;le vin entre fes mains, le bcnifià nl en la perfonne de Icluj Chtifi, amp;nbsp;auec les mef mes paroles dâont il vlà ,il le rompt, comme il fit,amp; finablement le mangc,fuiuant fon com- j mandement. Qupy faiét amp;nbsp;apres auoit ainà [ mangele précieux corps de Icfus Chrift, ' beu fon fang:tout ce quâil fait ou dit apres,tcd à rendre graces à Dieu . Suiuanten ce le trac dçjcfus Chtift^lequelnous liions quâapresa-
Tgt;E nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 39
uoir exhibe ce Sacrement à fes Apoftres, fit chanter vn Hymne amp;nbsp;rendre graces à Dieu. Mat.ig', Parquoy puis que tout ce qui eft en la Mefle cfttirédel'cxpreflâc tradition de lefus Chtift amp;nbsp;de fes Apollrcs:à fçauoir,la préparation de laindPaul ,1a confecration, reception Scallion de graces de Icius Chrift: nozaduerfai-resamp;tous ceux qui auec eux lâappellent in-uention dâhommes , mettent trcfmanifcfte-ment.
article II.
T £S dej^mfimens Ãquot; fompes i'Accouflremms 4 des PAjens, fine antre Lnc. zo.i, Pet.'^.z.Tim.i.
Et ne font les accouftremës pompeux,def* quels on vfe en la celebration de ce grand my fiere, pour le traiéler auec plus grand honneur amp;nbsp;rcucrcncc,contre les paflages icy alc-guez:Efquels eft deffendue la pompe amp;nbsp;curio lité dâaccoufiremens pour la gloire des hommes, amp;c non pourla gloire de Dieu, amp;nbsp;pour traiôler fes fainôlsfacremens auec plus grand honneur amp;nbsp;reuercnce. Mais font Icmblablcs ceux qui en murmurent à ludas quimurmu-roit pour la defpcnfe quâauoit faiâ la Magdeleine pour honnoret le corps de lefus Chrift. Ils ne (ont aufsi pris des Paycns,ains de la pro pre Eferiture lainóle, amp;nbsp;à l imitation dâicelle; car flau vieil Teftament IcPreftre traidlant les hollies amp;nbsp;oblations dâiceluylquinâeftoiét que figure de ce grand my Here que le Prefite
I iij
nV.SVRll'EtTÃGN traide en la MelTe) vfoic dâ.iccouHrcmcns (î pompeux,pour les manier auec plus grandâ rc Ciil.t, uerencc,amp; reprefcntcrles myftercsy traiólcz combien à plus forte raifon en doiuent vfer noz Preftrcs ? Lefquels dâautant quâils contra-4lentamp; manient chofe plus digne que ceux la, dâautant aufsi la doiuetït ils traider auec plus grandâreucrencc:amp; dâautant quâen ce facrificc ils font mémoire dâvn plus hautamp; plus parfait myfterc,dâautant le nous doiuent ils rc-' prefenter auec plus dignes ornemens. Q^lî lîoz aduerfaires répliquent, que par lâinftitu-lion du nouueau Teftamcnt,toutes les ancieft nés ceremonies ont efté abolies : ie leur coiï-felleray cela eftre vray, entant que les hommes appuyoient for icelles le prix de leur iu« jÃjesiiS. ftification,ou bien de celles qui cftoient figure des chofesaduenir. Lefquclles ie confelT« quelcfos Chrift a abolies, nous iuftifiant pat fa croix, amp;nbsp;nous rendant ce qui cftoit figuré par icelles-. Mais pour cela ne fenfoit, quâil aye abolies toutes fortes de cercmonics:Mcr-me celles qui feruent feulement de tefmoi-gnage de lâhonneur amp;nbsp;reuercncc que nous luy portons:ou pour nous rendre plus próptS amp;nbsp;plus affeétionnez à fon feruice . Ou bien celles qui feruent à nous reprefentet vifiblc-ment les grands myftercs , defquels il nous' fait partierpans par fa grace inuifible yLe tout pour fobuenir à noftrc infirmité . Corom* nous voions de la premiere forto, à fçauoir,lt;lc
VE MESSE. 40 celles,qui feruent feulement de tefmoignage de lâhonneur amp;nbsp;rcucrence que nous portons à Dieu ; ou pour nous rendre plus ardents à fpn feruice-.cp fabftinencc de la cpulpe charnelle , lors qnç Ion veut vapquer à Oraifons, qui cftoit vne ceremonie des luifs que fainét Paul nous a recommandée,es ieufnes du rc- â-e««-.?. poz aufeptiefme iourzdc feproftçtner re,quand Ion prip : amp;nbsp;autres fcmblables, lel-quelles nâont efte reiettecs par ce quâen icelle nous nâappuions aucunement poftrc iuftifi-cation : Mais feulement clics nous rendenç plus prompts ap feruicç de Pieu ; amp;nbsp;rendent tefraeignage de lâhonneur amp;nbsp;rcuerence que pousluy portons . De la fécondé forte nous yoions que lefus Chrift a cftably lâeaue au baptcfme, les efpeccs de pain Sç devin en ce fainôl Sacrement, lâimpoution de mains : amp;nbsp;plufieurs autres chofesque Ion pourroitdif-çourit en lâEfcriture, feruans feulement pour nous reprefentet les graces inuifibles, lelquel les,comme ditfainû Paul, noustecognoif-fonsparlescljofcs vifiblcs. Ainfi eft il aufsi de ces accouftremens, lefquels nous feruent pour traidet le feruice diuin plus teuercm-inent;amp;pour nous reprefentet vifiblernent ; les myftcres defquels fait mémoire le Preflrq en ce facrifice. Comme Ion peut voir es lieux 'jt où eft traidec par le menu la fignification '1 dâiceux : Que fâil me dife en outre que Icfus Chrift rtâvla de fçtnblablçs aççonfttemcns.
L.A RESVRRECTIQN
G.DwAt. quand il fit Ia Cenc : ie leur relpondray aucc in rat.diui. lâEuaneilcjquâil a lailTé pour lors beaucoup de chofes a ordonner pourlâindilpofitionde fes difciples, que le Sainôl Efprit a depuis reuelc ifii.nS. à fon Eglife. Et comme dit fainól Auguftiogt; Que noftre Seigneur a bien inftituee la Ce-ne : mais il nâa rien ordonné de la forme de la
célébrer, par ce quâil remettoit ce fur fes Apo âres amp;nbsp;Prélats Ecclcfiaftiqucs, par lâaduis def quels il entendoit regier fes Eglifes. Aufsivoi-ons nous quâil fit fadide Cene au lieu mef-rne, où il auoit foupc : amp;nbsp;S. Paul a depuis ordonné que chacun foupaft chez foy amp;nbsp;à part auant que venir au lieuoùlondoitcelcbreri'â , celle.11 nâordonna en outre rien de la prépara ï.Cor.11. fion, laquelle S.Paul nous a tant recommandée . Et nâeft valable la confequcnce , quâvne chofe foit mauuaîfe.par ce qu elle nâa efté ex-prefTemerK commandée de lefus Chrift . Cat au contraire nous fommes par exprez tefmoi gnage de lâEfcriture enfcignez,que tout ce qui le fait à lâhôneur amp;nbsp;reueréce de Dicu,moycn-nant quâil ne foit contraire à fes commande- . mens.cft chofe fainde,amp; à luy aggteable,encores quâil ne lâaie commandee.Comme nous ÃiM, i6. voions quclâôndion que fit la Magdalcine à lefus Chrift ne laifta de luy eftre aggreable,en corés quâil ne la luy euft commandée. Et les ' facrificcs dâAbel amp;nbsp;de Noé,ne laiflcrent dâe- '
ftre à ggteablcs à Dieu,pour auoit efté offers parem , aüantque auoit aucun commandement
DE MESSE. 41
ment de facrificr . Et fainâ Paul remit le laite à ceux à qui ilauoit prefehé j quoy quâil ne luy fuft commandé de Dieu. Aulîi voions nous que Dauid requeroit à Dieu,quâil euft ag grcables les fetuices que de fa voîuntc amp;nbsp;de Ion propre mouuement il luy offroit. Toutes lelquelleschofesaucc infinies autres que Ion pourroit puiferdes Eferitures, nous font amples telmoignagcs que nous ne deuos fi cftroi étement nous arreftet à ce qui nous cft commandé,que ne puiffiôs adioufter quelque cho fe du nortre,mGy ennant qu il ne (oit contraire aux commandemctis lt;nbsp;Finablcment encores que lefus Chrift en faCene nâaye vféde tels accouftremés : fi efi ce quâailleurs il nous a en(cigné par (on exemple de reprefenter la grandeur des my (leres que nous traitäons pat habits pompeux amp;nbsp;difFetens à ceux quâvlons iournellement. Parce nous voions quâen ce grand myfterc de (aTransfiguration il fe re-prelcnta à fes Apoftres atrce habits blâcs com me neigCi Et auant quâexecuter ce grand my-ftere de nofire redemption en la croix,il vou luteftre deueftu de fes habits accouftumez amp;nbsp;Veftu dâvne robbe de Pourpre, puis dâvne rob £Hr.2). be blanche Pareillement aufsi Si lean en (on Apocaly pfe, nous teprefente la grandeur des vifiotls qui luy font apparues ez accouftre -mens . Parquoy ne fe faut esbahir, fi la fain-dc Eglifc guidee pat le S.EIprit nous repre-»
K
LA RLSV RJIECTIÃN fente la grandeur de ce facrihce.Sc des myfte-res dcfquels eft faidle mémoire en iccluy par accoullremens pôpcux amp;nbsp;differens aux communs. Ains conclurons que ceux qui les reic-ókenrjcieólcnc la mémoire de la mort amp;nbsp;paf-fiô de leCus.qui nous eft reprelentce par iceux amp;nbsp;autres chofes extérieures.
ARTICLE Iir.
IL ffl âeffenâu de ht dire [dns ciergesfonneries de cloches,contre Mdtthiiô. i.cor.11.
Nous auons cy deuant dcmonftré par le tef lan. moignage de S. Auguftin,Que noftre lauueut inftitua la Cene: Mais il nâordonna rien de la maniéré de la cclebrer:remcttaot cela a Ion /0Ãf».i4, glife : à laquelle il a laiiTc le fainét Efprit pour ceft cff'eift^ fçauoir pour luy enfeigner ce que pourrindifpofition du temps il nâauroic en-î'cigné eftant en ce mondc:commc depuis il a fuggerc piufteurs chofes ; amp;nbsp;comme nâeftant point oiuf, il en fuggerc iourncllemcnt. Entre lefquclles Jonc lâvlage des cierges allumez» pendant qite ion célébré ce grand myftcrcdfl la fainôlc'Meftcjpour rcprclcnterce que le-fos Chrift nous a enfeigne en Ion Euangile, amp;nbsp;(ainót Paul en fes Epiftres. A içauoir qiiï i-C'or.ii. poureftrefaidls participans delà vertu amp;nbsp;cf-ftcace dâiceluy , il nous faut cftre tellement préparez, que noz Åuures foient ciergesaH
DE MESSI. 41
dens po fez fur vn chandelier pour reluire à rout le monde.Et que telle doit eftre la lamie rc de noz confciences.que chacun voiant noz ÅuureSjCndône louange à Dieu. Parcillcmét le fondes cloches, pour nous faire fouuenir de ce q. cft cfcrif.Que le (on de nous doit aller pfal. i ?. par toute la terre; amp;nbsp;le bruit au bout du mon-1â de.Tüuies lefquelles chofes nous (ont ainfi re prcfcntecsparla (ainélc Eglife en ces chofes txterieutes, dcfquclles lâvfagc nous cft fort commun à lâimitation delefus Cbrift, lequel raccommodant à Vinfirmitc de fes auditeurs.
nous a reprefenté fes confcils amp;lcs hauts fe-crets de Dieu fon Perc, par les chofes mondai nés amp;nbsp;terriennes fréquentées entre nous/oit cnparaboles,fimilitudes,ou autrement.
ARTICLE IIII.
à videur efl eÃiwietÃelan repin'ton quds ont dî celuy .qut la âiîl,antre z.Par. 18. Rom.i.
Par ce que nous auons amplement deduiôf au premier article du traiélé precedent,il peut cftre notoireà chacun, que nous croions fermement , quâen ce facrihee noz Preftres nây font tié du leuf.ains que tout ce quâils y font, ils le font en la vertu, puiffance amp;nbsp;au nom du (èul amp;nbsp;eternel Sacrificateur Iclùs Cbrift, qui Åuure par eux comme fes miniftres amp;nbsp;or ganes. Et que les paroles y font bien profe-
RESVRnECTïQN
fees par la bouche defdióts Preftres : Mais les | choies y propofees font confacrccs par vertu i amp;nbsp;grace de Dieu.Telleméc quâil ne peut cftrc f yray , que nous eftimions ce facrjficc plus ou moins pour la pfonne du Preftre, veu que ny recognoilforisriendu fienxarau contrairs la fainÃe Eglife nous enfeigne, que ladiôlc per-fonne du Preftre nây donne aucune qualité:amp; CrfBo.-wr». comme dit S.Auguftin:Sa bonté ou malice,di 8^'^^ °â indignité nây adioufte ou diminue NilÃaaa nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que, dit il, il ne ie fait par Icmcri-
maituMut te du Preftre: mais pat la vertu amp;nbsp;en la paro-à maZam»'- ledu Crcaieur.NousncnioHS toutcsfois.que ftiuigt;erfiei- quant à la perfonne du Preftre, amp;nbsp;pour Ion »»r/dfer a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mauuais.Dieu nâave moins aa-
inmetitofa. gf^iibleiacnhce , qu ilnauroit d vn iainct S£ (tTjotùifed vertueux:iouxtelediredu Prophete,lemau-
én yerbo cS diray voz benediiftions. Car encores que le là feitur nea crement demeure ner,impolu,cn fon efficace valeur : toutesfois comme dit fainôt Paul,
vram,f^ (4. fin, lie eoh4ii.cle, tÿ* mul. lUfflKlî.
celuy qui le reçoit indignement,câeft à ià dam nation.Et voila pourquoy lâEglife a quelquefois ordonné,que Ion nâoit la Mcfte dâvn Preftre notoirement adultere. Non quâelle efti-maft que par fon péché le Sacrement foit po-lu : mais à fin que fe voyant rciefté du monde i il ay c honte de fon péché, amp;nbsp;le retourne à pe- I nitencc. Et ne communique on auec le forni-cateur, oiant la Melle de luy, veu quâil ne fert que de fimple organeau fcul iacrificaccur Ic-
IDE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 4}
fus Chrift:qui ne laifle dâouurcr par luy quelque mefehant quâil foie,comme Caiphe, quel que chofe quâil fuft mefehant, ne laiffa de (eruit dâorgane au fainôl Efprit, prophetifant la mort de lefus Chrift, pour le peuple : à caufe de la dignité Pontificale quâil auoit,
ARTICLE V.
II s en font facriÃce nbsp;nbsp;nbsp;oblation,comme fterifiant
encores lefus Chrifi,contre i.Corint.n, Heb. 9.
10.'Et offent le Fils au Fere:Q^Ãeà offertÃy meà me. i.Ttm.t. Heb.i.
Il a efté fouuent pat nous remonftré cy def fus, que nous nâentendons en la fainde Me (Te derechef (actifier lefus Chrift felon la loy amp;nbsp;ordre dâAaron auec efFufion de fang;fçachans trop bien que telle maniéré de facrificr a efté accomplie en la croix de lefus Chrift , amp;nbsp;par apres reieôlee. Mais nous entendons le facri-fierpar le facrifice du nouueauTeftamét.net, impolu amp;nbsp;fans fang : par lâoblation de fon pre deux corps (ouz les efpeces de pain amp;nbsp;de vin, félon lâordre de Melchifedech: (cló lequel lâEf criture nous tefmoignc, que lefus Chrift a c-fté faiól cternel factificateurmâimitans en ice-luy ce quâilafaiól en la croix, mais ce quâil a faid en la Cene,amp; nous a commande de faite à fon exemple. Et comme auons en outre tant amp;nbsp;tant redit cy deftus, nous nâentendons
K iij
lâoffrir à Dieu fon Pere en ce fa cri fi ce : ains croions quc câcll luy mcfme qui foffrc, qui eft le fcul ià crificaceur,par lâorgane amp;nbsp;myfte-tedcsPreftrcs.Carpuis quâil eft éternel facri-ficatcur félon lâordre de Melchifedcch.il faut neceffairement quâil offre éternellement fa-crifice à Dieu félon Icdiôl ordre: veu que nul nâeft did facrificatcur flnon d'autant quâil ôf- j fre à Dieu facrifice.Dâauantage fi coname tef-moigne S.Auguftin : tout Åuurc qui fè fait à cüut.Dei, fin que par faiudc focictc nous fbions con-
ioinds auec Dieu : eftant iceluy Åüure référé au bien, par lequel nous pouuos eftrc bienheureux, eft iuftement appelle facrificc: Qui niera que la fa inde Mcffe ne foit du rang de i,Ctr,io, telles ÅLiures,par laquelle nous fomtnes vnia
amp; conioitids aucc Dieu, plongez au fang de lefus Chrift , faids participans de fa mort SA i paflion: pour eftre par telle participation en î ân faids bienheureux? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(
ARTICLE VI.
It J frimettent cition olrtient far icelle la fatif- ; faShen nbsp;nbsp;remiÃton des feche^y contre EÃt.a,y
Hebr.^, ^Sler.X4,.
Nous croions par exprez tefraoignage de rEfcriture,queparlcmoyende ce facrcment nous fommes vniz amp;nbsp;incorporez auec lefus 7.C»r,io. Chrift ; amp;nbsp;par confequent faids participant
VE LiA MESSE. 44 delâelHcaccde famortamp;paffion, amp;delarc-niifsion des pcchcz,qu il a meritee par icelle. Suinant cc quâil auoit promis à (es Apoüres, iMa.ei de leur doner vn pain qui feroit fa chair, pour la vie du inondc.Câcft à dite pour nous retour net de la mort quâauions encourue par noz pe chez(nous efloignas du merite de ladiôhe pal» fion) à vie. Outre ce que fainft Paul nous al- Efh.ù feurc , que qui reçoit ce facrement indigne- iXtr.ir.â mcnqcâeft à fa condemnation.(^âeft ce donc à dire cela,-linon,comme dit lainôt Cyprian, Que qui le reçoit aufsi dignement, c eft à Ion falut ? Nous nâcftim.ôs donc pas par le moyen, de la Mefl'e obtenir vne nouuelle rcmilsion ou là tisfaôlion de noz péchez , non plus que par lâabfolutiô des prélats à euxeommife par îefus Chrift : mais celle mefme quâil a méritée en la Croix : de laquelle nous foraines faids participans parlâvlagedece facrement. A qüoy ne contredifent les paflagcs cy alléguez par nozaducrfaireSjlefquels patient des là crifices de lâancienne loy, qui ont efté abo-liz par la Croix de Iclus Chrift : amp;nbsp;ceftuy cy mis amp;nbsp;eftably en leur lieu,pour durer éternellement.
ARTICLE vn.
T E Canon eÃplus eÃimeduPdpeqite C^ fà deffmdude le lire,(entre Cal. i,
Le Canon nâeft autre cbofe , finon cc eft quoy nous auons diél cy defTus , que confide la vraie fubftance de la Meile: à Içauoir, la benedidion du pain amp;nbsp;du vin : confecra-tion amp;nbsp;mâducation du précieux corps amp;nbsp;fang de Iclus Cbrift: fuiuant amp;nbsp;à la forme que luy mefmc lâa inflituce,amp; ainfi quelle cft contenue ez Euangilcs : Et pourtant nâeft plus c-flimc que lâEuangile, puis que câeft lâEuangi-le mefme: car fil y a quelques oraifons ou ceremonies,outre ce qui eft expreflement conî prins audid Euangile , cela nâeft cflcntiale-ment du Canon, ains appartient ou à lapre-paration,ou à lâadion dé graces,quâauons dc-clairce cy deuant. Et en ce quâil eft defFendft de le lirc,cc nâeft tant vne deffcncc comme vft confeil de rEglife,qui nous confcille de ne lite paroles de li grande efficace fans grâd honneur amp;nbsp;reuerence, afin quâelles ne nous foiét rendues contemptibles par la trop familière ledurc.
ARTICLE VUE
ILS font oblation de pain (trquot; de vin, contre Hebr.o),
11 eft faux que nous facions en la Mcife oblation de pain amp;nbsp;devin , veuque croionî que ce qui y cft offert, nâeft plus pain ou vin, ! sins le précieux corps de Iclus Chtift fou«
IcJ t
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE^ 45
les efpeces de pain amp;nbsp;de vin, Parquoy fainti Paul au lieu cy allégué ne contrarie en rien à cefte oblation-.car il parle des facrità ces de lâan cienne loy,qui nâeftoicnc quâvmbrc ou figure de ce nouueau, cfqucls on offroit viandes amp;nbsp;breuuages corruptibles:mais en ceftuy cy noâ offrons vnc viande incorruptible, à fçauoir,le précieux corps de Icfus Chrift.Ic preuoy que noz aduetlà ires penferont icy auoir gaigné vn grand poinôt(urnous:par ce, diront ils , que lâofferte que font les laiz en la Meffc,quâd ils offrét au Preftre du pain amp;nbsp;du vin, cft pour le moins contre le paffage de S, Paul. A quoy ie refpons, que lelus Chrifl a par (a mort amp;nbsp;paf fion reiettees les offertes de viâdes,qui fe tai-foiét ançiénement pour obtenirremillion des pechez-.laquclle il nous a amplement meritee par fa mort amp;nbsp;pafGS.Mais pour cela ne nous a il pas deffédu dâoffrir pain, vin, ou autre choie pour la fuftentation des minières de lâEgli-îe: Ains au contraire S.Paul mefmc nous a af- Philip, feurc,que ce que Ion offre pour tel effed, ett chofe forcaggreable à Dieu.
article IX.
ILS cÃtment,aii contrittre des Capharneiites,mander leÃts chrià en chitir nbsp;nbsp;nbsp;en cotre loAn. G.
11 a efté C'j deuant remonftrc en lâcxplica-tiô de ce pafl3ge,que les Gapharnaices ne dou
L
RT.SVR'S.^CTIQT^ ijtefentonques de cc que lefus Chiifl leur djC» que le paî quâil leur baillcroit,feroit fon corps le vin fon fang î mais leulcment doutèrent de ce qui les conccrnoit.à fçauoirde pouuoic manger fadióte chair, amp;nbsp;boire fondiôl lang; chofe quâa la vérité, lâinfirmité humaine au* toit à dcfdaing.Parquoy noftre Seigneur leur dit,non pas que le pain ne fuft vray ement Ion corps, le vin fon fang : aufli nâauoient ils faiâ: aucune doute fur ce poindiMais leur ref ppndât fur le poinét, duquel ils eftoicc en don te(à fçauoir du manger quâil en conuenoit fai rc)illeur dit que ce nâeftoit chofe quâil fallut entendre ainli groirement,comme ils faifciét à fçauoirqiic Ion deut manger londiét corps comme les autres viandes,le foulant,ou rompant aux dents. Ains que ce manger (croit ceu pre dufaind Efpritipar operation duquel,telle viande pafleroit par noftre bouche, fans c-jfrepar nous rompue ou brifee aux dents.Ou tre ce que telle Åuure eft tellement fpirituclic qup quelque vraie amp;nbsp;reale quâelle foie : nous nâen pouuons toutesfois compredre la vérité que par Åuure du lainlt;% Efprit.qui la nous fug gere par le moyen de la fpy : y cftans tous nos lens trompez amp;nbsp;abufez.
ARTICLE X.
T ^PreÃrerompt nbsp;nbsp;mangele pain luyjètd. Citt
Lut. Z i. I. Cor. 11 .Matth. 16.
f-è Preftre rompant Je pain, comme lt;1
VE MESSE. 4^
ÃÃc remóftrc cy dcuat, auant que le rcceuoif, imite en ce lefus Chrift ôefes ApoHres . Ec quand a le mager luy feuljl ne tient a luy quâil nePyen tfouue pluficurs aie reccuoir aueç luy:ce qui le pfaôtiqüc auffi bié fouucnt à lâE-glife de Dieu.ht mclmc en la pritnitiue Eglifc on trouucra q pluficurs ont célébré la S.McP fe, fans quâaucûs Ce foient prefentez à receuoit le corps de noftre Seigneur, aucc le Preftre. Vray eft que comunémet le Diacre amp;nbsp;foâ Du cre qui afsiftoiét au Preftre, cômuniocnt aueç luyimais de la part des gés laiz,cela ne feft paâ toufiours pratiqué,ôt principalement en ceS temps fi calamiteux,aulquels la charité amp;nbsp;de« notion de pluficurs eft grandement retroidico Et nâeft ce manger quâen faiôf le Preftre lu/ feul,contre lâinftitution de lefus Chrift cz paf fages cy alléguez. Efquels il ne commâde pas à iceux Preftres de le bailler aux autres : il nç nous aftreint pas en outre à le prédre feuls oui accompagnez. Maisildiét fimplcment quC nous le mangconSâ.Et que toutesfois amp;nbsp;quaiv tes que nous le mangerons nous réduirons eqi mémoire fa mort amp;nbsp;pafsion. Auffi ne deuonS nous regarder fi fomm.s feuls ou accompai-gnez,quâdlc voulôsreccuoir;Maisnous y de nos prclcntet chacun felô fon beloing.Sc ainfi que nous trouuons prcparcz.De là vient, que S.Partl ne diél pas que les homes fe preparct: Mais feulement que l'homme fe prepare : amp;nbsp;iCeitHl
E ij
nESVn RECTÃON
ainfi mange de ce pain . Puis donc quâil parle del hommeen fingulier,il monftreafîez eui-demment quâil nâeft necelFaire que loicnc plu fieurs, lorsque lcreccuons,ou que nous préparons à ce: mais quâvn feul cft luftiià nt pour ce faire.Comme nous voions aufsi que le mef me fainót Paul inféré que la promelFc fai ôte à Abraham amp;nbsp;à là femence, ne lâentendoit que dâvn feul , dâautant quâelle fut faiCte en fingu-Gai.}. lier.Quc fi Ion vouloit prendre argamet, que
Ion ne iedoiue rcceuoirlcul, parce que Icfiis Chrift le donna à fes douze Apoftres en la Ce ne,il faudroit aufsi dire que par ce quâil le don na à douze , nous ne le deurions receuoir fi fommes plus ou moins de douze: ce quiIc-, roit du tout abfiirde.Car il le donna à fes douze Apofires,par ce quâils fe trouucrent la tous douze dilpolèz pour le receuoir. Et depuis il Je donna en Emaux à deux tant Iculemcnr, amp;nbsp;ainfi conleqnemmcnt.ainfi que lâopportu' nité fe prefentoit fans auoirclgardau nombre ou à la multitude . Et quand fainôl Paul nousenfeigne quccenousdeuons faire nous alTcmblans pour le receuoir : il ne commande pas pour ce de fafiembler en trouppe toutes fois amp;nbsp;qualités que le voulons receuoir: mais feulement il nous enfeigne cément nous nous deuons porter les vnsenuers les autres, lors quâil aduient que fommes plufieurs afi lemblez pourceftelFcdiilncdelFcHd toutes
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 47
fois pour cc que ne le reccuions feuls amp;nbsp;hors dâall'emblec.
ARTICLE XI.
CE qu.âils la difint fiulemet de matin nbsp;nbsp;Ã iurif
eà contre Matth. ló.Ioan. 15.
Encores que fuiuant la tradition de lâE-glife eftre à iun,nc foit de la necelTairc fubftan ccdecefainét Sacrement,comme telmoigne fainû Auguftin mefme; fi cft cc que non lans Can.liqtci-infpirationdu fainôl Efprit, il a efte ordonné à o.Otc»»-que la reception de cclainôt Sacrement Ce roità iun â.Tat pour obuicr aux inconueniens qui iourncllement clcheoient par lâoblcrua-tionducontrairc.commelon peut tirer du di ïc de fainôt Paul mefine : comme aufsi pat ce i.Cor.u. * que,dâautant que le fcruicc de Dieu eft de plus dâimportâcc.ôc lâamc plus digne que le corps, il eft aufsi plus que railonnablc que Ion ferue ptemicr à Dieu;amp; que Ion lubftâtc lâamc pre-mier que le corps. A quoy nâeft contraire ce que voudroicnricy alléguer noz aduerlaires, quclefus Chrift fit la Ccnc apres louper. Car eux melmes ne font pas leur CefWMw.apresfou per. Et en outre, Iclus Chrift auoit deux rai» Ions de cc faire, Icfqucllcsnc font en nous. Lâvne,quâileftoicbicninftruilt;ft delà fobrieté de fes Apoftres.Lâautre, quâil eftoit ncceftairc quâil abolift lacien facrifice Iclô lâordre dâAa-
Lii)
lfon,pat Ia manducation de lâAgneau Pafchal auant quâinftituerlenouueau. Et nâeft chofe houucllc que Ion change quelquesfois iâinfti-tuciondiuinecn lâEglilèicz chofcs qui ne font dencceflaire commandement, pourucu quâil y aie vrgentc neceffi[é,ou cau(craifonab'le,cô me icy , Dauid ne mengea il pas les pains dà propofition.fans péché, preflé de fain: encores que du commandement de Dieu, il ne fat à nuj licite les manger,finon aux Prcftres ? La circoncifion des cnfans riâa elle pas cftc omi- j fc par les enfans dâItracl,pendant quâils cftoict I au defcrt, pour le dangier qu elle pouuoit ap-/Â»Æ y, porter â Les Apoftres n'ont ils pas aulsi quelquefois changé la forme à eux prefcripte pat *X!7,8.io. lefus Chrift.pour occafion railonnablc? Com me quand ils ont quelque fois dcffèndu lâvfa-gc des choies là crifiees aux Idoles. Qupy que lefus Chtift eut enfeigné quâau perfonnes net tes toutes viandes eftoient nettes. Ne fe faut donc tant esbahir fi rEglife,mcuc des raifons quedeflus, a encecy changée lâinfèitution dç jefus Chrilljfî aucune y en a,
ARTICLE XII.
T mort paÃionde leÃts ctnÃneà ^oirU unnnnceeen icelie.Centre,â .Corint.x\.
Qui voudroit difcourir par le menu en có-bien de fortes amp;nbsp;manières la mort amp;pafsioB
DE MESSE. 48
Icfus Chrift eft annoncée en la fainiîtc Mcf Iç: il faudroit (pecialeracnt icy bailler lâinterprétation de toutes les ceremonies,habits,pa roles,amp; gcfteSjdôc Ion vCe en la cclcbratiô dâi celle;tendans entièrement à ceft effeôtxe que dclailTantpour briefuctcamp; renuoiant à ceux qui en ont araplemét eferit par le menutcom-me au rational des Diuins officcs:à Icâ Fabry dâHailbrap en fon quatriefmc liure de la Mcf fe Euangeliquc,amp; autres fernblables:Me fuffi ra aduertir le tefteur Catholique amp;nbsp;fidele, quâoutre ce que nous referons toute la vertu amp;nbsp;efficace de ce Sacrement 8f de tous autres à icelle mort de lefus Chrift par le tcfmoigna ge melme de luy mangeas ce pain,amp; beuuans ce vin,nous annonçons par lâaôtc mcfmc fadi-âe mort.Car Fade feul fans autre chofe enin^ porte la commémoration amp;nbsp;mémoire.
ARTICLE XIII.
Il S lit chantent en emmemoration des faiulls fiin^lcs,contrePinÃctutio de lefifs chrtÃ: qui dit:
Failles cecy en memttre de moy.
Il ne (c faut esbahit fi en ce lieu noz adnet-» faires,par faute de meilleur fondemet, vfent dâeuidentecalomnie:veu que fi fouuent nou!» auos rcmôfiré cela leur eftre couftumier. Car où ont ils iamais veu ny apperçeu que nous aions offertlcS.facrificcdela Mefleà autrç
JIESVRRECTION
quâà Dicu?Nâeft ce pas la vraie traditicAi de no G.TJurltr. fïre fainótc Eglife Catholique, quâécoresque ]o[j doiue celebrer les feiles des Sain dis amp;nbsp;â¢fJiM.7. Siin£tes,conilcuirc des autels en Icurhoneur: Toutesfois nous ne deuons Ãcrifier à nul
dâeux;voire non pas aux Anges ; mais à Dieu feul. Aufsi voions nouscomincdit fainél Au-
Oea'it. Hei.t, Z7. (ÿ* lib. Il,
guilin à ccpropos,quenozPreilres S: mini-ilres de lâEgliic encores quâen la Mefleils fi-cent mémoire des Sainôls amp;nbsp;Sainôles: cele* brent (ur les autels dediez à iceux, ils ne dient I toutesfois pas ; Nous tâoffrons ce facrifîce S. ' Pierre ou fainôt Pauhmais, nous tâoffrons, ô Dieu,ce facrifîce. Et en ce quâen la MefTe Ion fait commemoration d'iceux Sainfts ou Sain
óles.ce nâefl en ce que Icfus Chtift a comman de que Ion face en mémoire de luy ; à fçauoir, ' en la confecration amp;nbsp;manducation du Sacre-
ment: en laquelle fils le veulent regarder, illt; trouueront quâil ne fe fait mémoire dâautre que de luy. Mais câefl feulement ez deux autres parties,lefquelles noâ auos dcclairccs nâc- 1 ftre de la fubflancc de la McfTeià fçauoir, en U [ preparation amp;nbsp;en lâaélion de graces. Efquel-lesienenic quâil ne feface fouuent mémoire des Sainds amp;nbsp;Sainôles : tant à fin quâà leut exemple nous foions induiôls à delaiifer le monde,pour fuiuirlefus Chrifl, fuiuanr lâin-ftruôlion quâil nous a donnée, nous comman dant de reciter en noz Eglifes ceft oeuure cha-rita-
DÃ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 49
iitablc,quâouura en foncndroiót laMagdclai ne. Commeauflià ccquc par leur futFragc amp;c intcrceflîon ce lacrifice loir plus aggccable à । Dieu : entant que pour noftrc regard il pour-toit luy eftrc delplaifant.Ie preuois cefte tour be diabolique foy efleuer, difans quâen ce fai-fant nous dcfpöuillós lefus Chrift de fon office de feul Mediateur dâentre Dieu amp;nbsp;les hom ines.Mais ielcurre(ponds:quâa la vérité lefus t.Tit.ii cftleleul médiateur de noftre falut: feftanr, comme dit iâinét Paul au lieu ia allcguc,bail-lé ioy melme pour noftre redemption.Telle-ment que par Ion feul moyen nous auos efté rachatcz:amp; nây a autre nom fouz le ciel, don-hc aux hommes , en vertu duquel ils piliflcnt eftre fauucz,que le ficn.Nc fenfuit toutesfois pource, que nous nâaions des interceffeurs au tres que lefus Chriftdeiquels priét Dieu pour nous : au nom toutesfois de feul médiateur. Autrement faudroit dire , que S.Paul le def-pouilloit de fa charge, amp;nbsp;lâattribuoit aux Romains ou autres,à qui il efcriuoit: quand il les prioit de prier Dieu pour foy.Ou que luy rncfÃom.iQ me Tvlurna quand il prioit Ãc intercedoit de- nrfce/j.' uant Dieu les genoux fléchis pour les fidelds. Ou bien fainôt Eftienne,quandil prioit pour ceux qui le lapidoient. Ou que fainét Pierre euft mal fait dâendurer qüc Simon Magus le priaft dâintcrccdet pour luy deuant Dieu, à fin que pis ne luy aduit. Gc quâil nâcuft a la vérité
M
JIT.SVRRECTION enduré , fî ccflc charge de prier amp;nbsp;interceder pouraiitruy,cuft appartenu au feul médiateur Icfus Chrift : non plus quâil ne voulut loufFtir lyfcl.io. que Cornelius lâadoraft , par ce quâen ce fai-lant il luy attribuoit lâhonneur qui conuenoit à Dieu Icul. Brief il faudroit dire que S. Paul i.Tim.z. nous eu 11: donné mauuais enfeignemét, nous recommandant tant de prier les vns pour les autres.Ce que nâeftans h hcbetez.que de pen-lér^non que dâauouer.-nous fommes par le tcf lïioignagc de ces lainôf s perfonnages afieu- i rez que rofiiccd^interceflcur nâappartient ad kul médiateur lelus Chrift; amp;nbsp;que nefailons dcfplaifjrà Djcu,priansdes autres quelefus Chrift, de prier amp;nbsp;interceder pour nous, amp;nbsp;que câcfl en outre vn Åuure fainél Hc charitable, de prier amp;nbsp;interceder pourautruy , Ce ' quâainfi cftanr,voudtions nous penfer que les 13incls,lefquels par leur exemple amp;nbsp;certaine indruétion nous ont en(eigncz(cftanscnce mondejde ce faire,fullcot prclâ¬ntcmcnt,que , ils font au ciel,participas de la gloire de Dieu, priuez de cede branche de charité, quâils ont tât frcquétec cy bas : veu que lâElcriturenous allcureque la charité leule les a accôpagnees »â¢foM}, en lâautre monde,là oùfoy amp;efperanceper-â «varc.n, dcntlcurformc Si vigueurlOutre ce que tref-claircmenr il nous eft telmoigné du contraire t Hieremie apres fa mort ne ceflbit de prier pour le peuple ludaique,comme il auoit fai(â
T)E
MESSE. yo
durant fa vie. Et les Anges, lefquels ne font Zach.i. meuzdc plus grande charité que les Sainfts, prient lourncllcraent pour nous. Voudrions nous en outre dire,q Dieu euft pluftoftà def- /.«rïa.iU«! plaifir,quc nous prions iceux Sainûs,lefquels s.iian ÃAâ cftans faids glorieux,amp; par ce moien vniz amp;nbsp;incorporez auec luy,font aufii plâ aggtcables, que les viuâs,lclquels toutesfois quelque cho cjuil ic quâils foient encores ça bas enuelopez dcfufllejgt;lm pechez,amp;:ne fçaehans lcplus(ouuéccequâils£'ââquot;â^ fâquot;' demandentfeomme clairement le dcmonftra lefus Chrift parlant à la femme de
qui prioit pour fes cnfans,6c à la Vierge fa me Jreiieceux re mcime, lors que le vin faillit aux nopces) nous fommes inftruifts pat tant de textes de*âquot;*âquot;'quot;ââ lâEfcriturc de prier dâeflre noz aduocats amp;nbsp;in- â tcrcefleurs enuers Dieu?Que fi tu me dis, que';^^â les fainfts qui,font en Paradis ne nous enten dent point,quad nous les prions : inefme que fouucnt nous les prions de cÅur fans parler: amp;nbsp;que câefl à Dieu feul de cognoiftre le cÅur amp;nbsp;la penfee des homesde te re{pondray,quc vraicment câeft à Dieu fcul de cognoiftre iccl les penfees par puillancc : mais les fain dis amp;
â faindes les Içauent Sr cognoilicnt par partiel pation, çomnie eftans à prefent faids partici-pans de la gloire de Dicu.Suiuant ce que lefus Chrift leur a did.quâil eft la vigne, amp;nbsp;eux les branches amp;nbsp;bourgeons. Qu^eft ce donc à di- Æ. recela,linon que tout ainfi que les branches
M ij
flirrt
R-ESVRR-ECTION participent dc la grailTc amp;nbsp;humidité de la Icp-pe:aufli font les lainds de la vertu amp;nbsp;grace de Dicu.Suiuat ce que difoit faind Paul,que lâE-ftritde Dieu reueleaux fiens les profons my Itérés,que iamais oreille nâpit.Sc Åil ne vift:amp;: lefquels nâentreren: onques en cÅur dâhom-mc.Auffi le Sage difoit à ce propos.encores quâil full home comme lesautres-.Neant-r
moins eftant faid participant de 1 amitié dc Dieu.il auoit apris les clioics.lcfquelles eftoi-entcachces aux autres hommes : amp;nbsp;fpeciale-mentde fçauoir amp;cognoiftrclapéfeede fon prochain . Et notamment leius Chrift a tef-moigné que les Anges Ce refiouifl'cnt de la re pentance du pccheur. Ce quâils ne peuucnr, 1âil ne pénétrent iufqucs au profond de fon cÅur,où gift la vraie repentance.Età laverité ce feroie vnc chofe fort efträge amp;nbsp;de non croi re,que Dieu, lequel rcuclaà Helifec le larcin de (on feruitcur Gich, quoy quâil lâcuft faid loing deluy amp;{ecrettcment, Et qui aduertit fainä Pierre de la fccrette fraude dâAnanias ÿc Saphira . Et derechef le mcfmc Elifce de* fccrettes deliberations que failpit le Roy de Syrie eftant caché en fon cabinet, amp;nbsp;loingde
Juy , Nevouluft rcuelcr aux fainds qui lont * glorieux, amp;nbsp;conioinds amp;nbsp;vniz aucc luy , les ^iuchoiL^eâ ''ætiz 8c dcuotieux fouhaits dc ceux qui iour-pr. ncllcment les inuoquent. Que lâil femblc e-ftrangeà noz aduerlà ircs, comme ils ont ac-
J) E nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;AdESSE. 51
couftumc dc dire:Pourquoy nous ne nous a- Matt.n, dreffons aqfsi toft à lefus Chrift pour eftre no ftrc interceffeur, comme aux Sainds amp;nbsp;Sain-â:es: vcu quâil nous admonneftc dâaller à luy, quand nous fommçs en trauail amp;nbsp;angoiffe: nous promettât de nous foulagcr?Et aulsj que il nous aflèurc, quâil eft la porte par laquelle loan.io, nous deuons entrer à Dieu Ion Pçre.Tellemét que qui entre par autre pDrtc,cft larron.Nous leur dirons outre tant de pallages de l'Efcti-ture cy deuant dcduiôls, qui nous inftruifent à ce fairc.Quc fi le Centurion fut tant approu ué de Icfus Chrift mefmes,pour feftre entant humilié enuers luy defe reprefenter indigne quâil entraft en fa maifon : amp;nbsp;pourtant il obtint ce quâil demandoit . Et fi le Publicain ne Lae.7, fut reprouué comme lâorgueilleux Pharifien, par ce quâil Ce reputoit indigne, pour lâabon- £»(.15). dance de fes pechez, dc Icucr les yeux au ciel. Et pareillement S,Pierre eut la promelîedâe-ftte pefeheur des hommes,pour feftre réputé indigne que Icfus Chrift fâapprochaft de luy, dâautât quâil cftoit pccheuf.Qi^ non fans bon ne raifon amp;nbsp;fuffilant exemple nous nous repu tons indignes dc nous prefenter deuant la face de Icfus Chtift;amp; comme lâEfcriture nous inftruiét en la perfonne de Simô M.agtts,nous cherchons des autres, qui luy foient plus ag-grcables, qui le prient pour nous. Car encores quâil ne foit point accepteur des perfon- Ãow.i» M iij
TXT. SV JI RT. er IÃ) N nes, il rend toutesfois à chacun felon fes Åu-urcsztcllemct que les Sainéts 5c Saindtes dâau t..Cer.^. tant quâils ont mieux amp;nbsp;plus fainébement vcf- ( CW que nous, luy font auTfi beaucoup plus ag- j grcables:amp; leur oraifbn.foit quâelle foie faiôte ! pour eux ou pour autruy,a beaucoup plus dâef ficacc enuers luy,que la noftre; cônie trefclai-rcment demóftte S. laques en fa Canonique, par lâexemple dâHelie. Ne fenfuit toutesfois pour tout cela que lefus Chrift ne foit la feule , porte:ou que nous allions à Dieu (bnPere pat autre,queparluy.Carlcs SainôtsSc Sainâcs font feulement les guides ficcondudeursqui nous guidét à ccflc porte par leur intcrccflâô. Aufsi tout ce quâils font ou demandent pour nous, câefl au feul nom de Icfus Chrift : amp;nbsp;ce que nous leur dcmâdons nous le leur deman dons en ce nommefme,amp; parla vertu quâils Ftr ifmi- Qjjj 3g |yy. tellement que nous pouuons har-«»rtofîrHm 3 3jtg nous adreflans à eux nous al- : lôs à Icfus Chrift pour eftre foulagez,veu que ' les prenons feulement pour noz guides, amp;nbsp;। pour le prefenter auec nous deuant fa face. Rcfte encores vn doubte que meuucnt noz aductfaires à ce propos.Car il eft efcric,difenc ijatn.i,. ils , que Icfus Chrift eft noftre Aduocat. Ce quâeftant,pourquoy en cherchons nous donc dâautrcSjCommcftlnâcftoitfuffifant? A quoy nous refpondrons quâil eft did nofire Aduo cat, comme il eft did le Prophete. Nou pas '
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. jx
quâil nây ait eu dâautres Prophètes que luy: Jow.u niais par excellence , dâautant que les autres prophetifoientenfa vertu amp;nbsp;en Ion pouuoir. Ainlîcft il diôl noftreaduocat, dâautant que non feulcmét il demande pour nous, comme les autres : maisaulsi il a pouuoir de donner ce quâil dcmandc:amp; en outre ce que les autres demandent,ils le demandent en fon nô.Com me luy mcfmc a tefmoigné à les Apoftres, leur dilant: Que ce quâils demanderoient à Di eu fon pere en fon nô,luy mcfme le leur don-ncroit. Aufsi faind lean au lieu que deflùs, ne lâappelle liniplemcnt noftrc aduocatnnais paf fane outre lâappelle noftrc aduocat iufte,voij-lant monftrcr que ce nâeft vn aduocat comme les autres,qui ait befoin de demander au nom dâautroy.mais vn aduocat parfaift,qui a,corn me allons did,pouuoir de donner luy mefmc ce quâil demande. Comme Dauid difoit, que fgt;pz,7. Ion aide iufte venoit de Dicuzmôftrant quâen cotes quâil euft aide dâailleurs,loutcsfois telle aide n'eftoit iofte 5e parfaide , comme celle quâil auoit de Dieu.
ARTICLE XIIII.
11J frf diÃnt f/our les morts, centre la Cene inÃi~
â * tueefour les vinAns,MAtth,z6.
Nous fommes alleurez qles morts ne peu« uent eftre faids participans de la reception
RESV RRtCTION Sacramécalc du corps amp;nbsp;fang de Icfus Chrift« Tourcsfois puis quelâEfcriturc noustefmoi' gne quâils ont befoingdc la rcmifsion des péchez aulsi bien que les viuans,amp; que la prière du prochain fert à icelle, non laris caule elli-mós nous, que les priefes amp;nbsp;oraifons quelori fait à Dieu pour noz prochains trelpafiez, en luy offrant ce faerihcc,lcur feruét par fuffrage à la rcmifsion de leurs pcchcz.Tenas pour fer me que la priere que Ion faiôt à Dieu eri luy of frant ce facrificc,lôic pour nous,pour noz pro chains viuansou trefpalTez, ou pour quelque regard que ce foit, luy cft plus aggreable, amp;nbsp;t plus dâefficace enuers luy, dâautant quâelle cft accompagnée de ce tant digne facfificcde la fainôleMelfe.Corne nous voions par mcfmç raifon que la prière du bon larrô fut de fi grâd vertu amp;nbsp;efficace dâobtenir fa promeflè,qu il fc roit ce mefme iour en paradis, amp;nbsp;telle certeî quâelle ne fe trouua onques auoir efté faiôfe à autreipar ec quâelle fut accopagnee de ce grad facrifice de la Croix.
ARTICLE XV.
IL S eleuent lé Pain CT' le CAlice,f ourle faire adiâ rer,(entre Exod.2.0.
Si nature ne nous induifoit outre tat de paf-fages de lâEfcriturc dâadorer Dieu , en quelque forme ou manière quâil fe prefente à nousy
DE messe: nbsp;nbsp;55
nous, (ans attédrccn cc autre commandcracc fpecial, Ie dire de noz aduerfaircs en ceftarticle pourroir auoir quelque couleur. Dâautant quâils pourroient auoir auec quelque vmbre de railçn demander, quelque paflage de lâEfcri ture,auquel nous fuft comraandéjdâadorer le-fus Chrift (ous les efpeces de pain amp;nbsp;vin.Mais puis que par fa tresexpreflé parole nous fom-mes allcurez,commc auons dit cy dcITus,quâil fe prefente realcment Sc de faiôt à nous touz leldidcs efpccesmous croions fermemet que fommes tenuz lâadorer. Car fi nous feuilletons les Eferitutes, nous icrons afiâcurcz par le tcl-moignage dâicelles,que toutesfois quantes quâil fe prefente à nous , amp;nbsp;en quelque forme ou fouz quelque efpcce que ce foit,il veut que nous lâadorions , comme chofe que nousluy délions naturellement, fans en ce attendre ou rechercher autre commâdemcnt. Et de là vint que les enfans dâIfirael lâadorer et lors quâil pat loit à Moy fe en la nuee,fans quâil leur Ãir com mandé de perfonne . Parmefrae raifon aialsi fà inôUcan feprofternadeuât lâAnge penfant que ce full Dieu qui fe prefétaft à luy louz tel le forme, amp;nbsp;craignant faillir à ce deuoir. En quoy lâAnge luy remonftra quâil nâeuft eftéà rcptcndrc,lâil euft efté vraiement Dicu.Pour-quoy ferons nous donc reprins.raddrans iouz les efpeces :vcu que luymefme nous aafleu« tjcz quâil y eft.
N
TtESyjiJlECTION ARTICLE XVL
LeSgefles nbsp;nbsp;minesqutls fent,di^sderirê^
cemtne mommeursfint contre Eqihef.^,
O bon Dieu ofent bien ces blafphcmatenr» appeler rifçric ou mommerie,la forme que le fus Chrift amp;nbsp;fes Apoftres nous ont eqfeignee dâvfcr en priant?Comme flefehirles genouils, efleuer les yeux au ciel ou les mains , fby pro flcrner en tcrre,frappant fa poidrinc , amp;nbsp;autres fcmblablcs ceremonies,dcfquelles ils ont vfc,nous enfeignans parleur exemple de fai-r re le femblable pour tcfmoigner lâardeur dç cueur dont ils prioient,
ARTICLE XVII,
De ce ils fattorifint 4 tutfrejrur^afiire que le Ãtn^ie lef us chriÃ^qut feul neus alaue'^jCT^ nettoye'^A.Ioen. s.ffeb.i.
Encores que nous eftabliflîoas vn purgatoi «en lâautre monde,auquel les âmes de ceus qui nâont faiôt entière penitence de leurs péchez en ce monde, font fauuees, comme dit j,Or,9, fainéi Paul, en pafTant parle feu, nous ne de ftruifons pour ce la vertu, merite, amp;nbsp;efficace de la mort amp;nbsp;paflion de lefùs Chrift,à laquelle feule nous attribuons lâentier amp;nbsp;parfaiâ la uement de noz péchez amp;nbsp;feule remifsion dâi-ceux.Toutesfois, comme a efté remonftré cy ^JcuantjlâEfcriturcnous certifie que nous ne
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 54
fcinmes tous faits participans de ce lauetncnt Cede ccfte rcmifsion:ny tous plôgez aux fang de lefus-.ains feulement ditfainâ Paul, ccux/y,j.j. quiluy olgt;ciflcnt 4TellementqueladcfobeiC-lance nous en efloignCj comme aufsi fait lâin-â¬redulitc,amp; gencralemét toute macule de pe-chc.Qui fait que noftre Sauueur,delirant en-lieremcnt noftre falut,nous a aulsi laifl'ez des moyens,par Icfqucls nousforomes purgez amp;nbsp;ncttoicz de ces empefehemens, amp;nbsp;par Icf-quelsj comme difoit fainét lean, nous prepa-rons la voie au Seigneur, a fin que fa mort amp;nbsp;pafsion loit efficace en nous, comme font là penitence en ce monde,lâvlagc des facremcns^«lt; ii les icufncs,aumofnes , la croix quâil nous a commandée de porter, comme faifoitfà inél: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Paul, qui chaftioit Ion corps pour nâcftre du nombre des reprouuez . Par ce donc que Ici.Cor,^; fauucut mefme Iclus Chrift, nous a afteurez que non feulement en ce monde, mais aufsi en lâautre icelle remifsion lâobtient : nous eroions quâil y a des moyens pour paruenir à icelle comme icy. Suiuant ce quâa tefmoignc fainót Paul,que ceux qui nâôt aimé Dieu auec â telle ardeur de charité quâil conucnoit,ains fc font par trop adónez aux chofes terriennes,le ront fauuez en paflant par le fcu.Et de la vier, que nous conftituons vn tiers lieu cnlâautrs mondc,auqucl par le moyen que deffus, icelle remilsion lâobtient 4 Lequel à ccfte caufe
N ij
RESVRRECTIOIS!
nous appelions Purgatoire. Non que péfions en iceluy obtenir vncnouuclle purgation de nozpechcz:ou vne autre (3nsfaôtion,d'iccux, que celle q lefus Chrift a obtenue en la croix: mais parce, commeauons diét, quâeniceluy nous lommes purgez amp;nbsp;nettoyez des empef-chemens, lefquels nous auonsauec nous apportez de ce monde (auquel fi en auions elle purgez nous aurions aulsi obtenue la rcmif-fion) qui nous en efloignoit . Et pour autant nous ne derogons par telle croiancc à lâcffica ce de la palsion de lefus Chrift, non plus que S.Pierre, quand il nous admonefte de faire pc nitencc,a fin que noz péchez nous foient pat donnez : car nous reputons icelle mort de le-txfifiî.ij. fus Chrift laraefmeremifsionamp;raduel laue ment de noz pechez:amp; la penitéce en ce mon de,ou le Purgatoire en lâautrcjles moyés pouf cltre renduz participans dâiccluy . Comme fi nousdifons,que ccluy qui trauaille, obtenant le priz amp;nbsp;loier de (on trauail : ne dira pas que fon trauail ait efte fon loier : mais feulemét le moyen pour obteniriceluy . Et eftneceUaire, puis que par tefmoignagedes E(critares,Iare raiision des péchez (âobtient en lâautre monde, quâil y aye en iceluy vn tiers lieu ou celafe face. Car en Paradis il ne fc peut faire, ou nulle fouillurc nâentrctveu que,comme dit leSa-gc,nulle fouillure ne fapproche de la Sapience de Dieu . Moins aufsi (c peut il faire en en*
'Tgt;E nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE, 5$
fer, ou il nây a nulle redemption. De ce lieu parle fainót Paul, difant, quâau nom de lelus toutgenouil foit fle(chy,loit au ciel en la ter- Philip. ïc.ou en enfer . Là ou par enfer nous ne pou-uons entendre les damnez perperuellementj Icfquels comme dit le Pfalme, ne louer point Pfal.fif, le Seigneur. Il le faut donc entendre de ceux quifout enefperancedâcftrelauucz. Du mef-me eft aulsi parle , quand il eft diôt, que Dieu ro6.i3. meine les pécheurs en enfer, amp;nbsp;lesen ramei-^^^* ne,quand il luy plaift.Car dâenfer, comme dit kSage,nul ne fortic iamais.Prenât Enfer pour le lieu,où (ont les damnez.Bticf de ce mclmc lieu nous eftimons que S.Pierre amp;nbsp;S.Paul ont rire les âmes de ceux quâils ont relufeitez. Lefquels nâeft vray femblable quâils ayét peu ou voulu tirer de Paradis : leur taifant ce tort de les Icparcr de la gloire de Dicu,pout les re-lourner cz tribulations de ce monde. Moins aulsi les ont ils peu tiret dâenfer,dâoù pcrlon-nc ne fortit iamais,comme a clic diCt.
ARTICLE XVIII.
De ce tjue l'vne n diuerfes ceremonies CP fn-cons défaire que lâautre.Contre Matth. 16.1.
Corinth.ij,
La Mefle, câeft à dire, la commémoration de la mort amp;nbsp;pafsion de lefus Chrift , par la confecration amp;nbsp;manducation de fon précieux
N iij
rxESVRRECTÃÃ-^
corps amp;nbsp;fang fous les efpeccs de pain amp;nbsp;de vin;fe faict toufiours par tous Preftres, ÿc cii tous lieux dâvne mcline lbrtc,amp; immuable: a fçauoir,parle récit des paroles dcfciuclles vli lefus ChriftenVinilitution dâieelle, amp;imita-_ lion de les faids i le ne nie toutesfois, quâes deux autres parties, Icfqucllcsnous auons cj deuant remonflrce nâeftre de la lubftancc dâi-ecllera fçauoir,en la preparation amp;nbsp;aûion de graces,lâon nâvfe de diuerfes oraifons amp;nbsp;diucr-les ceremonies Iclon lâintention de celuy, qui celebre,amp; la variété du temps: ce qui nâcft en rien contraire à lâEfcriture lainéhe, lùiuant laquelle chacun peut auoir fà manierede priefj ainfi que bon lu y femble : moyennant que le Celefî. tout fe face à lâhonneur amp;nbsp;gloire de Dieu . A celle caufe lelus Chrift ne nous a rien pref-cript des ceremonies defquellcs nous deuons vier en priant, encores quâil les aie approu-uees envlantluy mefmes : luy fuffifant nous commander ce qui elloit neceflaire à nofire falut.Soy remettant des autres chofes, lefqud les encores quâelles nây foient nccelîaires , y font toutesfois vtilcs amp;nbsp;profitables (comme eft lâvfagc dcfdidcs ceremonies, fans Icqüd nulle religion ne futiamais cntretenuc)à no-flrc deuotion, ou à la difpofition de fon Egli* fc, à laquelle pour cefaiélilalailTéfon faiud Elprit.
ARTICLE XIX*
VE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE. 5(5
De ce qtc'tlsdiÃnc des faroles Ãtr le pain nbsp;nbsp;le
vin centrewnans ai ce à lâtnjiitntion de leÃte chrifijequel difant,md^e'^,c^c.parloit aux aÃiÃans non audiH^pain iX
Par çc que noftrc foy cft,quâen ce grand my ftere delà tranfubftantiationil ay a rien du noftre-.ainsqueletoutlây fait par la force Sc Vertu de la parole omnipocéte de lelus Chrifl; lequel nâa diôfc de bouche choie , lt;|uâil nâaye quant amp;nbsp;quand mis à clFc(â,ainfi qu il lâa diôt. Nouscroions querecitans les mefroes paroâ lesdcfquellesilvfacnrinftitutiô de ce lain(5t Sacrement : clics opèrent ce quelles opérèrent alors,amp; quelles nous afferment encores de prefenf.à fçapoir.que le pain eft Ion corps, amp;nbsp;le vin Ion lang. Comme nous voions que celle parole omnipotente laquelle a diét au commencement, que la terre produife herbe verdoiante,a encores lemefmeeffcd quâelle eut pour lors.produifantiufques auiourdâhuy par rarroufement de la pluye germes amp;nbsp;fe-méces.le refentant du commandement diuin. Car encores que ce foit le Prellre qui proféré par fa bouche leldiftes paroles ; fi eft ce que nous ne les prenons comme de luy ; ains efti-mans que cell lelus Chrift qui les dit,comme afferme S.Paul, parla bouche amp;nbsp;organe dâicc luy.Et pour autant efteuidentc calomnie di-te ^ue le Preftre confacrant parle au pain
m.SVRRECTlON
OU au vin: vcu que nous fotnmcs aflcurcz que ce nâcft IePrcftre,ainsIc/usChrift mefme.qui dit non au pain ou vin,mais au Preftre mefme amp;nbsp;à nous en fa perfonne.cc quâil dill à (es Apo fîtes amp;nbsp;exécuta en mefme temps. A fçauoir que ce quâil tient entre fes mains.par lâorgane dudiél Preftre, eft fon corps amp;nbsp;fon fang . La ⢠quelle croians nous tirons de la mefme parole de Icfus Chrift, lequel a commande au (dits Preftres en la perfonne de fes Apoftres,dc fai KottTinter rc ce quâil fiften fa Ce ne.Or que fift il, finon ce dâou fa parole nous alïcure,à fçauoir , que fisc facile Ic qu ilauoit ptis entre les mains, eftoit in meâ com lots quâil le monftroità fes Apoftres fon vtif memoratio. corps?Commandantà iceux Preftres défaire le fcmblable en mémoire de luy.Câcft à dirc,a fin que par telle Åuure admirable le monde A/ewMM cogneuft à perpétuité fà grand puifl'ancc amp;nbsp;ficit mirabi vctta.Czi quâeftce autre chofc,faire memoi-Uamfuo- TC de lelus Chrift, que donner tefmoignage r»«»- de fa puiflance amp;nbsp;de fes Åuures admirablesi* Comme nous voions que le Pfalmiftc nous admonefte de confefTer la mémoire de Dieu: câeft à dire,que fes faiéls font admirables. Et luymefme dit,que Dieu a faiél la mem oire de fes Åuures admirables, câeft à dire, quâil en a donné claire cognoilFance amp;nbsp;fuffifanc tcfmoi gnage.
1 ARTICLE XX.
De ce t^nâen Ã^r^iäeÃu^erfittio tlsgeirâet leuf^ hoÃiiâ
DE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MESSE.
heÃies en leurs bastes c/â armoires.
llnefehlut cfmetuciller fi lâEglifc guidée parle {ainôl Efpric a ordonné qnelonrefcr-iiaft des bodies confacrces es temples, afin quâedanc la reception dâiccllcs vn moyen fi fa lutaire , pour nous plonger au (ang de ledis Chrid,amp; rendre participans de la cemiQIon de noz pechez quâil a procure par iceluy. Les malades ne deccdallent quelque fois hudrez dâvn remede fi (alutairc pour leur Ame.Par ce que facilcmét iè pourroit faire que lots quâils enauroientbefoing , ilnefe irouuad Predre qui fudprcd pour célébrer,veu que câedebo le qui ne fe doit faire lcgcremcnt,comme tel-moigne laind Paul, amp;nbsp;(ans grande preparation, pendant laquelle ils pourroient mourir frudrez dâvn fi fouuerain bien.Et nâed cede rc feruation quâen faifons dedituee de bon fondement en lâEfcriturc.En laquelle nous lifons que Dieu commanda aux enfans dâifrael de garder la mannefqui edoit la figure de ce précieux Sacrement) en des vaifleaux : a fin que lonn.e. pat lalâonrecogneud le bien quâil leur auoit taiôhjdelesauoirnourrizdecepain au deferr. Comme fera donc accomplie cede figure, fi-non en la referuation que faifons de ce fainôh Sacremét en mémoire du bien que Dieu nous fait, de nous nourrir dâvne fi excellence viande au liefert de ce monde?
..RISVRREOTION ARTICLE XXL
De ce nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;AiAnt ouiej,' onf'en retourne auÃn-
gnortintjCumnte en y eà dHé.
LâEfcnture nous inftruit dâaller à lâE-glifcjpour quatre chofes:Pour prier,pour ado rer,pourreceuoirles Sacremens,amp; poureftre inftruits , Pour les deux premiers cfFeólslon va à la MeiTc : à fçauoir, pour prier Dieu, tant le Prcflre qui la dit,comme aulsi nous,qui liiy alfiftons de noftre cofte, dâeflre faits pattici-pans de la vertu amp;nbsp;efficace dâicelleâ: qui cft de nous incorporer en lefiis Chriffide nous rendre participans de là mort amp;nbsp;paflion. Car encores que nous foions tenuz de prier Dieu in celEimmcnf.lî eft ce que lâEfcriture nous tef moigne,que nous deuos auoir des heures par ticuliercs efquellcs nous nous deuons repre-fenter au temple pour ceft effeót.Cóme nous voions que les Apoftresjefquels encores que continuellement ils priaffèntjils auoient ncà t moins des heuresccrtaines,efquelles ils fc trai portoient au temple pour prier.Et dâautres ef-quelles ils y alloicntpourpreicher amp;nbsp;inftrui-re le peuple.Nous y allons aufsi.pour adorer Dicu,en la forme amp;nbsp;maniéré quâil nous a af-leuré luy mefmc quâil lây prefente à nous:foit qucle rcccuions, ou que le voions entre les mains du Prellre, qui le prepare pour le rece-uoir.PourletierSjà fçauoir, pour reccuoir les Sacvcmens,nous y allons ou nous voulâs con
DE MESSE. 58 felTer ou communier,amp; ainfi confequemmér, lelon que fommcs difpofczde les receuoir. Pour le dernier à fçauoir,pour eftrc inftruiól, nous allons aux predications.Parquoy, puis que lâintention du Preftre qui célébré laMcf-re,nâeft pas dâinftruire les afliftans: amp;nbsp;quâaufli nous nây allons pas pour cell cfFcól: mais feu Icment de fe preparer à la reception du fainft Sacremct,amp; faire priere pour foy amp;nbsp;pour fon prochain, foit viuant ou trefpallc, ne fc faut csbahir lâil ne fe donne peine dâeftre entendu des afsiftans;Si fil luy fuffit de parler en lâguc que Dieu amp;luy entendét. Autremet faudroic dire que lefus Chrift fift mal, lors que priant Une fêlai (Toit entendre à fes Apoftres , ains fefloignoit dâeux pour nâeftrc entendu, quoy quâil voulufl: qu'ils luy afsifta(Tcnt(côme nous raifonsau Preftre )vcillans amp;nbsp;prians comme luy. Aufsi fainôt Paul dit que celuy qui prie en langue que les afsiftans nâentendent, fil nâcfl: petfonne qui ayecharge, amp;nbsp;prétende lescn-feigner.Il fuffit quâil parle à Dieu amp;nbsp;à foy. En outre,Icfus Chrift mcfme nous a a(reurez,que câeftchofe propre aux Hypocrites, de prier pour eftre ouis des hommes . Et que la vraie priere,cft celle que Dieu feul amp;nbsp;celuy qui prie cntendent.Et nous doit fuffire, que lors que nous allôs à lâEglife pour eftre inftruids, que Ion nous parle en lagage que nous entendiôs, comme nous pouuonsvoir, que Ion faitez
O ij
Lyi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TiE MESSt
fcrmons,cfqucls les prefcheurs tafchét de l^ae commoder autant à fedification du petit que du grand.Car tout ainfi que Dieu nquot;a pas don nec la charge à tous lès ininiftres ccclefiafti-ques dâenfcignerlc peuple: mais, comme dit T.Cor.ii, fainôl Paul,aux vns dâadminiftrerlcs Sacre-mens : aux autres dâinterpreter lesEfcritures: amp;aux autres de prefeher: aufsi ne nous a il pas commandé, d aller feulement aux Eglifes pour apprcndre:mais quelquefois pour rece-uoir les facremenszautrefois pour apprendre les Efcritures:amp; autresfois pour ouir les pre-« dications:amp; ainlî confequerament felon que les miniftres y exploitent leurs charges amp;nbsp;vocation.
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