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Huybert van Buchell (1513-1599)
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Huybert van Buchell (1513-1599)
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RECVEIL DES
CHOSES MEMORABLES
AVENVES EN FRANCE
Sous le regne de Henri i i; François ii. Charles ix. amp;nbsp;Henri iii, de la maifon de
Valois:
Depuis Pan nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;il. influes au ctm.-
mencement du mois d'Aoufl
M. D. LXXXIX.
ContenantînEnies merveili-es de noftre ficcle.
Aaec deux Indices,
Ly a deux anspa]fe^^^a' ÿiifiques Seigneufi^ que la bonne volonté qu il vous pleut tne tejmoigner par les lettres du Ãieur 'J^drian Tyong l'vn des ornemens devodre ville, m'oblige Ã
grandement a, vous.,^ depuis ma^ouuent commandé de vous remercier .Q^on que ïignore que quand il vous apleupenferà moy, vous aye^eu ejgard a autre cho/e qu a la vertu, laquelle vous acopagne, (bquot; qdi n'auroitrien d'excellent,ji ellè prenoit recommandation recompense d'ailleurs que de Soy. le ne vous ramentoy rien de cela : ce m eà ajfe^ de vous dire que le pris des cbojès honeÃes eà enclos en elles mejmes. Mats
5'*
nay Ant peu ni den oublier, pour mon honneur de noir, ce qui meà comme prejent encore, ie commence à vous dire qu'il m'enÃuuient, quay qu'en voix faible Qt baffe : offrant à vos nobles Seigneuries le prejent Recueil^ que îay trié de diuers Hures publie^depuis quelques années,où les mijeres de la France ( d ont lay vèu vne^ partie, oui le rapport du relie, tant de la bouche que des efriis deperfonnes notables) font fom-mairement reprejèntees, ou pltfioji dejcouuer-tes de gros en gros. M'occupant à cela,ïay defirc mon^irer aux François le malheur des guerres ciuiles, l'imprudence de ceux qui auec le fer le feu veulent forcer les confciences, nbsp;nbsp;qui n'ont
rien en plus grand' horreur, que le ferme esia-bliffernentd'vnefaincie Faix, acoîlee de pieté
de iuÃice. A la rniene volonté que les Royaumes â , Principaute^(f Republiques » qui entendent par fois quelques bruits de nos mtferes, a,-prcnentà aimervnevraye vnion -, qui chaffi^ toutes trahifons loin de leurs tejies, ferment la porte aux cruels eflrangers, par graue douceur fsâfincere adnFiniÃration de iuÃice entretienent ggt;-ands^ petis en leur deuoirt rendent au vrayDieu l'honneur qui luy apartient, félon la t'eigle queluymefrne enapropofee en faFerité immuable, lt;Ãâ reuerce de tous ceux qui le craignent. Plufieurs hommes de nôm d'érudition
trauail-
trau mile nt apres thilioire Francoifè^: nbsp;nbsp;nous
fenfins qu'ils tiendront prome^le^. (attendant un tel hien.,qui contiendra une infinité de meruetHes-, (fi defiolides inHrullions a lapofie- ⢠rité, i'ay permis a l'Imprimeur depoufier en lumière i ce que t'ay co fin fi demerit comme dâune
⢠traltte'^ainfi. que la lecture en fiera foy. C'ejl chofiè trefidfificile de faire bien une hifioire_j ou non fièulemétil conuient auoir bonneprouifion din-firuclions : mais aufii de grande daélrine-i fi de fiort exquis iugement » acompagné d'ex acte co-noififiance des afaires déliât fide polices, pour entrer comme il apartienten la recerche fi con-fiideration des confieils,fipour reprefienternaifi-uement les chofis en unfiile court y (ententieuxy fi qui mefle leplaifiir auec l'utilité. le ne rn attribuer; en de cela-,nin'entrepren pas chofie dç^ telle importance. C'efi un monceau de cailloux ou de fable que ce Recueils qui fertùra^ peut efirct en quelque coin de ce magnifique bafliment de l'htiioire Francoifi de nolire temps gt;nbsp;fiur tout fous le regne_j de la maifion de Valois. le n'ay point touché à Francois premier: dautant que^ les Memoires du Bellayfiatisfontpourle pre fient a ceux qui defiirent ficauoirque cefi-, fi fay donné cecipourla fuite deces-Memoiresla. Outrer lefiquclsfie trouuerot dedans Paul loue, Fr. Gui-(hardin fi autres gt;nbsp;beaucoup de particularitez '^.iq.
remarcfttahles fur les années de ce Roy. Vouse entendez,, MagntÃtjues Seigneurs, mon intention. Si ellevous eà agréable^eÃime auoirhien employé le temps apres ce triage de merueilles.^ ^defire que voÃreDignitemduiÃpluÃeurs qui (quoy que nez en autres pays que la Francis^) entendentnoÃre langue., de lire ce recueil, y aprendre aux deÃens des François a aimer Dieu fyîusiice.^. Faitcc-j
XV. de ââ JM.ars
A V Ã R-
AVERTISSEMENT.
A F tn ^ue le débonnaire Leileur entre aue pim d'ajfetlion en la confideration du contenu en ce recueil, laypenfé tpu'il neÃeroi ' maunaii de lay en mettre ici vn brief fommaire,dtfttnnué en lunairepetù chapitresfchacundefends comprendra le regne de l'vn des Rois ici mentionnez.
HENRI SECOND.
Le regne de Henri i, contient le changerrrët de la cour par le dcces de François,la guerre en Eicoffe, les pratiques à Rome cotre rEmpereur,'larcuolte en Guyenne à 48, caulédes exadionspout le fel. Lesperfecucions deceux 43. de la Religionda guerre de Bologne,le notable fait deMe-rindol amp;nbsp;Cabrieres. Puis le reftabliffement de la Guyen- 50. ne, les occafions delà guerre rallumée entre les François amp;nbsp;Efpagnols , auec le commencement delà les monts. Aprefts pour la guerre en Picardie: procedures du Roy 51, enuers le Pape, lâEmpereur, amp;nbsp;le Concile de Trente : edit contre les abus delà Cour de Romeâ.continuations de perfecutions contre ceux de la Religion : deffeins fur la â Lorraine. Confeils amp;nbsp;accordsenttre le Roy amp;nbsp;les Prin- Sices proteftans, pour trauerfer les afaircs de l'Empereur en Abmagne amp;nbsp;ailleurs. Surprinfe de Mets ville imperiale, affuiettie au Royj guerre en Luxembourg: conquefte de la duchéide Bouillon : lâEmpereur sâaccorde auec les Allc-mans pour aflieger Mets, amp;nbsp;ruiner la Picardie. llTue du ç/ liege de Mets, prinfe amp;. ruine deTeronenne, Hefdin fac-cagé,desfaite amp;nbsp;prinfe du duc dâArfeot. Trois armees jq. royales, qut vengent les feux faits par lâarmec de l Enij^e-
*. üij.
rear en Picardie,!a ville de Bains entre autres brudeeiSc ÃJ. rencontrede Renty. Desfaite de lâArriercban deFra«-eeen Picardie, Guerre en Piedmont, amp;nbsp;à Siene. Lâ.t-mce Françoife conduire par Strofly desfaite Sc'Siene nn-due.Guerre en Picardie amp;nbsp;enlâifledcCorfe, LâEmpcrtur quitte fes eftats à fon frere amp;nbsp;à fon fils.Les deux Rois f«nt trefues pour cinq ans »lefquelles font incontinent rom-57. pues,amp; lâguerrerecômenccesenuironsdeRome.Le lue deGuife marche pour le Roy au fecours du Pape, lequel fait fa paix aucc lâEfpagnokce pendant le ConneftaSle perd la bataille de S.Laurent,S.Quentin eft emporté dâiG-faut, amp;nbsp;plufieurs places prinfes fur les François en Picar-j die. Le Royelfayede fe recompenfer de iés pertes :amp; â ⢠fuyuancles defleins faits de long temps fe rend maiftre de Calais amp;nbsp;de la conté dâOye, puis de Theonuille amp;nbsp;autres : dâautre part le conte dâAiguemont desfait le Ma-refchal de Termes auprès de Grauelines. On parle de la paix , amp;nbsp;cependant Charles cinquiefme ,fa fÅur Eleo-jÿ, nor amp;nbsp;Marie Roine dâAngleterre meurent. Les deux Rois s'accordent finalement, Sc celui de France commence à perfecuter plus que iamais ceux de la Religion : mais tandis qu'il fe iouë, la mort l'empoigne amp;nbsp;le terraffe par vncoup de lance, dont sâeofuiueitt demerueiUeux changemens.
FRANCOIS SECOND.
T Oute la face deâIa Cour eft de'fguifee en vn inftani^ parles menees de ceux de Guife,quife maintiennent enuers amp;nbsp;contre tous, puis font exécuter à mort Anne du Bourg, perfonnage excellent. Sous lâauthorité dâvn Prince du fang , on informe contre eux , amp;nbsp;le Baron de la Renaudie au nom dâvne faine partie delà NoblelTe amp;nbsp;du tiers Eflat, accepte la commiflfion de faifir prifonniers les ïj^o. Ducs de Guife amp;nbsp;Cardinal de Lorraine. Quel ordre fut tenu par la Renaudie pour ce fait, lequel eâ defcouuert, dont s'enfuiuent plufieurs fanglantescragedies à Amboi-le. Le Prince de Condé maintient magnifiquement fon innocence, amp;flcftrit à iamais la lafcheté tyrannique de
fes ennemis,qui font Referiez par les prouinCesI Non eontens des troubles de France, ils en efmeuuent en Ef-cofle, mais à leur confufion. Ceux de la Religion multiplient en France parmi les perfecutions, amp;nbsp;fe mettent a-pres Dieu fous la proteftion des Princes du fang, qui délibèrent sâoppofer à ceux de Guife, lefquels pat diuers artifices rabatentles coups,defcouurent ce quâon entre-prcnoic contre eux , font affeinbler les principaux du royaume a Fontainebleau, où lâAmiral les picque de tous Collez. CeftealTemblee produit vn auis de la conuoca-tion desEftats generaux fur la fin de lâannee. Les Princes font appeliez e» Cour ,amp; attirez par merueilleufes pratiques: pois arriuez à Orleans, où eftoit la Cour, font arreftez prifonniers , notamment le Prince de Coudé. Ceux de Guilc confpirans la ruine totale des Princes ,amp; de.tous ceux de la Religion , nâoublient rien. Ce qui eft remarqué par le menu. Sur ces entrefaites le Roy tombe malade. La Roine fa mere brigue finementla regencc, appointe ceux de Guife auec le Roy de Nauarre : le Prince de Condé amp;nbsp;ceux de la Religion font garantis en la mort du Roy.
CHARLES NE V Fl ESME.
1* Appelle le regne des merueilles de France,le temps que Châties 9. fut Roy. Son commencement fut iâalTem- , blee deîEllats, qui ne furent que des harâgues. Ceux de la Religion croiflians à veuê dâÅil, ceux de Guife commencent à faite vn parti contre lâEftat : diuers edits font faits pour adoucir les afaires. La roine mere fe maintient auec des pratiques qui renuerfent les loix fondamentales du royaume. Pour contenter ceux de la Religion on tient vn colloque à Poifly ,qui fe termine en paroles Sclirrefolutions, finalement en mutineries à Paris. Sâenfuit lâcdit de lanuier, dont le Duc de Guife prend oc-cafion de faire le maflà cre de Vaify ,amp;attire à fon parti le Roy de Nauarre : puis fe faifit de Paris amp;nbsp;du Roy i ce qui enfante les premieres guerres ciuilcs,tefquelles contiennent dâvne part infinis exploits de guerre en batailles, rencontres, fieges, defenfes amp;nbsp;prinfes de places: de
Tautre faccagemens amp;nbsp;meurtres horribles de ceux delà Religion par toutes les prouinces. Les troubles ayan« prins hn en la mort du duc de Guife,tue'au fieged'Or-leaiiSjle premier edit depacificatió,abülilTantceluidela-uicr,eA eftabli. Apres la paix, les Anglois font chafiez du â Haute de grace :1e Roy ctt declairé Maieiir,amp; fait force edits. Il eft follicité par lâEfpagnol de rompre celui de pacification, lequeleft eneruéendiuers endroits. Commencement du voyage de Bayonne, citadelles bafties, villes defmantelees, ceux de la Religion faccagez en diners endroits ; ligues contre eux , edits dérogatoires à ce-lui qui leur auoitefté accordé. Honteufe entree du Cardinal de Lorraine à Paris. Confeils tenus à Bayonne. 66, Voyages du Roy pax la France. Reconciliation limulee encre les maifons de Guifeamp; Chaftillon. Miferable e-ftat de la France. Procès notable à Paris entre lâvniuerfité ^7- Sc les lefuites. Sous prétexté du p.iffage des Efpagnols pour alleres pays bas. Ion fe prepare à courir fus à ceux de la Religion : ce qui contraint le Prince de Condé amp;nbsp;fes alTociezdc ferefouldreà la defenfiue: dont s'enfuit la féconde guerre ciuile defcrite aucc fes notables accidens.
68. Negotiation de paix, laquelle le Prince eft contraint d'acccpter.Cefte paix conceuc incontinent vne troifiefnie guerre ciuile, le Prince amp;nbsp;l'Amiral sâeftans fauucz à âtoute
' peine en Guyenne,fuiuis deplufieursautres.Premiers exploits du Pmice.edits contre ceux delà Religion. Diuers 69. exploits de guerre entrcles armées contraires. Laguerre recommence plus viuemét cnl'an 1569. quâau parauâr. Le Prince eft tue de fang froid apres la bataille de Baffac. Le Prince de Nauarre déclaré chef de lâarmee, amp;nbsp;le Prince de Condé adioint. Vne puiflante armee Alemande,, fous la conduite du Duc de deux Ponts,leur vient au fecours. rencontre de la Roche la belle. Guerre de Bearn. Siege de Poiftiers amp;nbsp;Cbaftelleraud. Bataillede Montcontour. Ce 70. que firent les deux armees apres. Siege de fainft lean dâAngely ruine lâarmee viftorieufe. Diuers exploits de â guerre en Poiéfou, Guyenne, Saintonge amp;nbsp;Angoulmois. Grand voyage des Princes apres la iournee de Montcontour. continuation de la guerre qui fe termine pat vn troi-fiefrae edit de pacification, amp;nbsp;fur la fin de lâannec le Roy efpoufc
eCpoufe la fille de lâEmpereur. Voyages vers la Rôine de Nâuarrepourle mariage de fon fils auec la fille de France. Confeils contre ceux de la Religion. Mort du Cardinal de Chaftillon.'
le mariage fufdit accordé', la guerre contre lâEf- 72,. pagnol eft conleillec. Le fecret de la court dcfcouuert. La Rome de Nauarre va à Paris, où elle meurt. Les Priu-ces 3c lâAdmirai y vienent. Fiançailles amp;nbsp;efpoufailles du Roy de Nauarre, enfanglantees dâhorribles confeils 8c de trcfcrucls roaflacres de lâAmiral 8c de trente mille per-fonnes delà Religion à Paris,8c enplufieursautres ville,«: toutes les circonftances precedentes amp;nbsp;fubfequcn-tes declairees par le menu. Diuers defleins pourache-ucrla ruine de ceux de la Religion , qui à la Rochelle, à Sanccrre,en Languedoc 8c ailleurs, fe reloluent a vne iufte defcnliue . Siege de Sancerreiufques à fa reddition. Difcours notable du liege de la Rochelle depuis fon commencement iufques à la paix. Eftat de ceux de la Religion en Quercy, Languedoc , 8c autres ptouinces, où ils battent leurs ennemis , 8c toft apres remettent le Roy à recommencer, lequel tombe malade comme fon frere sâacheminoit en Pologne. Meflinge peu heureux pour ceux de la Religion. Les quatriefmes trou-bles ayans commencé aux maflacrcs , 8c prins quelque relafcheà la paix de la Rochelle, recommencent par les cinquiefmes à caufe des entreprifes fur la Rochelle amp;nbsp;Languedoc. Merueilleufes pratiques delaRoinemere pour fe maintenir, 8c fc feruir de fon troifîefme fils contre ceux de la Religion. Eflat de diuerfes prouinces , notamment delà Normandie, où Montgommery eft ptins priâ fonnier. Guerre en Poidou contre ceux de la Religion. Le Prince de Condé fe retire en Alemagne. Maladie 8c mort du Roy.
HENRI TROISI ESME.
DEportemens de la régenté durant la guerre de Normandie. Eftat de Languedoc, Viuarais 8c Dauphiné.
Montgotnineri décapité i Paris. Le Priuce de Condé ef-leu chef par ceux de Languedoc. Guerre en Poiftou, Arriucc du nouueau Roy , efehappé de Pologne. Les commencemens de fon adminiftracion. Siege de Lufi-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gneo.
Guerre en Dauphiné. Pratiques contre ceux de Languedoc. Mort de Charles Cardinal de Lorraine. IJ7J, Le tnenuorablc fiege de Liuron. Conqueftes en Languedoc amp;nbsp;ailleurs. Negotiation de paix , qui attire la guerre. Exploits notables de Mombrun , amp;nbsp;la fin dâice-lui. Eftat de Saintonge. Machines nouuclles drelTees contre ceux de laReligion. Le Duc dâAlençon frere du Roy fe retire de la Cour ,amp; promet merueilles. Accord entre le Prince de Condé amp;nbsp;le Duc lean Ca(imir,ren-uerfé par les artifices de la roine mere.
Miîcre des François. Larmee Alemande entre en France. Retraite du roy de Nauarre hors de la Cour. Apres que le Duc dâAlençon eft falué chef de l'armee, on commença à traiter de la paix , laquellecft finalement accordée, amp;nbsp;fe fait le cinquiefme edit de pacification, lequel comme les autres couue la fixiefme guerre ciuile. Fondemeiis de la Ligue pofez par ceux de Guife.
Préparatifs amp;nbsp;commencemens de nouuelleguerre. Som maire de la harangue du Roy aux Eftats. Intention de 77, tels Eftats defcouuertc. Ce que le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Condé refpondirent aux députez des Eftats. Ouuertute de la fixiefme guerre ciuile amp;nbsp;les chofes mémorables dâicclle , terminée par vn ample edit de pacification.
78.amp;C. Comment les vns amp;nbsp;les autres fe comportèrent a-pres la paix notamment le Roy , fa mere , amp;nbsp;ceux de Guife qui commencent à fe remuer , amp;nbsp;contraignent le Roy de Nauarre de penfer à foy, fur tout apres la mort du Duc dâAlençon, qui feruit à lâenfantement delà Ligue dans Paris amp;alleurs, dont les progrès font declai-rez. Le prétexte delà mutinerie des Ligueurs, lefqucls le Roy elfayc dedefunir. Celui de Nauarre fedeclai-re contre eux ; la Roine mere fe rend necelfaire, Si fait que le Roy donne aux Ligueurs plus quâils nâefpcroyent, telle-
tellement quâil abolit le dernier edit de pacification, sâa*- * prefte à la guerre, amp;nbsp;demande de lâarganr. Le Pape ex-communie le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Condé, ce que le Parlement de Pans improuue ineantmoinj le*« Roy le dcclaire formellement contre ceux de la Religion qui s'apreftent pour tefiftcr. Exploits du Duc de gtf. Mayenne pour la Ligue : puis du duc de Mercocur. Voyage memorable du Prince de Condé vers Angers. Ce que firent ceux de la Religion pour leur defenfe en Poidou , Saintonge,amp; ailleurs : amp;nbsp;le Roy deNauarre contre quatre armees de la Ligue.
Premiers amp;nbsp;derniers exploits du Duc de loyeufepout 87. la Ligue contre le Roy de Nauarre. Bataille de Coutras. Difeours du voyage 8c de ladefroutc de lâarmee des Rei-fti es fur la fin de lâan 1587. Sommaire récit des efforts de la Ligue contre le Duc de Bouillon en ces temps là . Nouueaux efforts de la Ligue contre l'Eflat 8c ceux de 88. la Religion.
La guerre commence à Sedan. Mort du Prince de Con- ' dé. Le Duc de Guife vient a Paris, dont sâenfuit la iour-nee des barricades , la fuite du Roy , 8c le commencement de maux extremes en France. Deportemens du Roy 8c des Ligueurs. Affignation des Eftats à Blois. Edit de lâvnionaumois de luillçt.
Guerre defignee contre ceux delà Religion qui penfent à eiix. Efforts du Duc de Sâuoye.contre la France. LâaP-femblee des Eftats,8c ce qui précéda lâouuerture d'iceux. Harangue du Roy qui veut confermer fonedit dâvnion. Lesmeneesdu Duc de Guife defcouuettes, dont sâenfuit A»*»' lâexecution à mort de lui 8c defon frere.
Exploits de guerre du Roy de Nauarre pour fa defenfi-ue : 8c de lâarmee de la Ligue au bas Poiftou. Niort prins fur la Ligue. Reddition de la Ganache. Diffipation de ^9' lâarmeeligiieulé. Confufion eftrange enlâEftatde Fran- , ce. Monde la Roine mere. Deporteniens du Roy, de la Ligue, 8c du Roy de Nauarre en ces commencemens. ***^^ Trefues entre les deux Rois. Entreprinfes 8c diuers exploits des ligueurs, qui-ibnt deffaits en Normandie, en Beaufle,en lâifle de France.
LeRoyauec vne puiflantfr armee ayant réduit quelque; places dâimportance sâaprochedeParis,oùeftantjvn moine lacopin, apoftc de longue mainj lui donne vn coup de ' coufieau en trahifon , dont il meurt au bout de quelques heures , amp;nbsp;en lui defaut 14 race des Rois de France de la branche de Valois.
I'ame tjui Ut,pour lugerou aprendre. Quant au cenfeurfuperbe ç/enuieux^ le le fuppUfe tam,ou faire mieux: Sans me venir agutgner reprendret
En cefle premîlre edition y faite fur ma copie de lettre fort menue efcrite à la main ifont efchappees pluÃeun fautet, fur tout es noms propres es fur-noms:item en quelques autres mots^que la briefileté du temps na permis que nous peuÃions remarquer parle menu. Le débonnaire Lebleur fupportera ce defautÃil luyplait,^corrigeraluy me/mes ce quâil defcouurira: attendant ou vne fécondé edition plus correüe, ou pluSloflvne htïîotre entiere, telle que nous la deÃrons.
Henri second-
M. D. XLVII.
E N R. I Second de ce nom, Sc cirigt; quanteneufiefmeRoy de France depuis Pharamondjfils vnique de Fra-çois premier idécédé le trentiefme lour de Mars de lâan mil cinq cens quarante repc,fucceda à la couronne par lâordre acouflumé, fuyuanc la Loy Salique,fondamentale du royaume, Pource quâon employa du temps à drefler les appareils des obfeques de fon pcre,attendant fon facre,il fit au mois dâ/Kuril vn edit contre les blafphemateursjqui fut vne tresbelle entree.Mais fi louable ordonnance dura auflï tiagihf peu lt;jue beaucoup dâautres.Neantmoins ce trait de fouue- mtnurt. rain monllrace qui elf trefvrai que la fucccflion, Sinon le facrcjell ce qui donncrauthoritéRoyale.
Le feixiefraede luilletlacourfut troublée par vn accident eftrangeSt memorable. Les fieurs de îarnac amp;nbsp;de la Chaflegneraye gentilshommes de nom, sâeftans detfiet pour certaines paroles dites au preiudice de lâhonneur de îâviijqui auoyent attiré vn dementi,le Roy en lieu de prê-dre la caufe en main pour iuger par auis de fon confeil de tour le fait, amp;nbsp;Contraindre lecoulpable défaire raifon à roffenfé,leur accorda le Duel amp;nbsp;combat à outrance. Ainfi donc ils comparurent leiour fufmentionné à Sainél Germain en Laye,où en la prefence du Roy, des Princes, Seigneurs 3c courtilâans,ils vindrcnc aux mains. Iarnac quâon cllimoit le plus foil)le,de nouueau releué de maladie,me P-prifé 8c desfauoriféjmit bas lâautreà qui deuantle combat chafcim adiugeoit laviétoire,8clebleça tellement quâil en nrouruc bien tort apres: au grand regret du Roy, lequel défendit a cefteoccafion tout Duel Sc combat fingtilicr.-ll commença par vne tragedie fanglante, 8c finit de mefme, f,, comme nous le verrons en fon heu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã
Le vingtfeptiefinciour de luilletenfuyuantil fut facré
m.d.Xtvii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Htm I SECOND.
à Reims auec les ceremonies acouftumcesgt;en prefence des douze pairs Ecclelïaftiques amp;nbsp;feculiers, Iceux font quant aux Ecclefiaftiques les Ãrcheuefque de Reims, Euefques de Langres, Beauuais, Noyon,Laon, Chalions ; quant aux laies ou feculiers,lesDucs de Bourgongne,de Normandie, de Guylt;nne,Coin:cs de Champagne, de Flandres amp;nbsp;de Thouloufe.Les Princes amp;nbsp;grands Seigneurs du Royaume sây tiouuerét pour la plufpart,enfembieplu(îeurs ambalTa deurs des Princes eftrâgiers.Qjât à ceux de Floréce,Mi-toue amp;nbsp;Ferrare,ilsnây alfifterent point,a caufe du debat a-uenuentreeux pourlaprtfeancc,amp; ne pouuâs sâen accorder ils s'en priuetent,le procés demeurant indécis.
Mess IRE Anne de Montmorency Conneftable de Frâ-Hâ* quelques années au parauât auoit elle enuoyé hors de Cour amp;nbsp;couuertement relégué à Chantilly,fut rappel-ksaulTi toit que François premier eut la bouche clofe. Le nouueau Roy, lui mit promptement en main la principale charge des afaires du royaume, que manioyent le Cardinal de Tournon amp;nbsp;lâAdmirai dâAnnebaut,lefquels eurent loilir defe repoferjlailfantla place à celui que le Roy nâap-pelloitquefon coinpere,amp; qui lui auoit fait défia particulièrement beaucoup de feruices, comme il fit depuis. Les lieurs de Longueual, dâEfpars, deBoncr)ur,Frameze!ie?, dâAntibe,de Grignan,le Baron de la Garde, le general Bayard, amp;nbsp;autres furent afprcinent recerchez pour diutrfes caufes.Les vns fefauuerentpar la porte dorce, les autres par faueur dâamis.
G««.-« (» Ayant fait vn touren Picardie il reuint plusauant au royaume amp;nbsp;drelfa vue armee fous la charge du fieur dâEf-fé pour fecoutir la Douairière contre lcs^nglois,amp; faire conduire feurement en France la Rome, ron dâempefeher lârnion des deux royaumes au preiudice des François, amp;nbsp;maintenir lâalliance entre la Franre amp;nbsp;fEfcolfe.LeS.Pierre I StrolTi colonnci des bandes lt3liennes,le S. dâAndelot co-lonnel de lâinfanterie Françoire,leRhingraue chef des Lâf-quenecs accompagnèrent le S.dâEflé.Tandis que par terre leurs troupes bridoyent lescourfes des Anglois, Leon Strofifi prieur de Capoue vintfutgir auec fes galères amp;nbsp;celles de France pres du chafteaude S. André, lequel il força, amp;nbsp;chargé de butin reuinten France. DâLfl'é chaffa toll apresJes Anglois dâvu fort quâils auoyencdreflc pres
«
HïN RI s tCONb, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
de ce chafteau.Mais deuant que le fer sâefchaufafl: dâauan-tage,parentremifedâainbalTadeurs lapaix parauant traitée à Ardres encre les Rois de France Se dâAngleterre futre-conferinee:au moyen dequoy cefte guerre cefla.
Le refte de lâaunee 1547. pafl'a fans bruit en France 3 le Ordmnà eii Roy ayant reiglé en Guyenne les ordonnances touchant tiuchant it le fel amp;nbsp;les droits degabellexn celle forte que ce furent les fources des exaélions infupportable's qui enfantèrent les feditions de lâanneefuyuantc. LâAutomne amp;nbsp;tout le refte de lâan fut extrêmement pluuieux, donc sâenfuiuirent des deluges amp;nbsp;rauages de fleuues, prefage des troubles qui fe desborderent incôtinêc apres jdedas amp;nbsp;dehors le royaume.
M. D. X L V 1 I I.
LEs fieurs de Guifesâeftans infinuezenlabonne grace du Roy,par le moyen de Diane de Poiftiers Duchefle d,L^rraint de Valennnois qui le gouuernoit, il donna lâArcheuefehé fMcite U de'Reimsa Charles,puifné du Duc deGuife,auquel peu /ââiiii auparauant le Pape Paul Farnefe aurutenuoyé vn chapeau, Ce fut ce une renommé Cardinal de Lorraine,fous lere-^ ' nbsp;nbsp;nbsp;â¢
gnedes fucceffeursde Henri. Charles de Bourbon frere de Henri Duc de Vandofme,depuis Roy de Nauarre,fuE aufti fait Cardinal au mefme temps. Mais il y auoit bien grande diiference entre ces deux efprits.Le Lorrain,hom-me de grand entendement iSc qui fembloit né a remuer a* faires fut deftors employé fie enuoyé vers le Pape pour lâat tirer a lâalliance du Roy, amp;nbsp;le deftourner entièrement du parti de lâEmpereur, contre qui il eftoit fortirriié acaufe de ce que fon lieutenant en Italie sâcftoit emparé de Plai-* fance apres le meurtre de Pierre Louys fils de ce Pape tué par confpiration de fes propres fubiets le io.de Sepeem-bre de lâan 1547.
Quant a lâEmpereur il enuoya fesambafladeursau con-
elle qui fe tenoit 1 Bologne pour protefter contre ceux qui _ . nuyit y eftoyét aflemblez,Scies induire de retourner à Tréte.Le nbsp;nbsp;Ctnciit.
Roy y enuoya atifli pour les exhorter à pouruoir aux afai-res.Ces mences eftoyét les eftincelles du feu devégeâcefie defir de rétrer en guerre,enclos en la poiftrine de ces deux Princes , notammét du Roy,qui partie poulfé de lâopinion de fes moyens,partie follicité par ceux qui le conoillans de
A. i).
M.D.X-4.V1II. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;H ï N RI S » C O N D.
naturel rnclin aux delices de la Cour, peu rompu aux a-faires d'ellar,amp; dâefprit düux,pretendoyétpefchcrtneau trouble, comme on dit, ne pouuoit digérer la paix faite à Crefoy des lâan i544.auec lâEmpereur, amp;nbsp;fe plaignoit deï animolitei dâiceiui contre la France,311cguant entre autres exemples la mort du Colohnel Vogelsberg décapité à Ausbourg ,à fon retour de la guerre dâEfcolle où il auoic elle au feruice du Roy.
It nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Tandis que le Roy sâappreftoitpour viGter fon royau-
Ch^iUtn. me,Garpar de Colligny Geur de Challilloi),cnuoyé en lâi-cardic, htdreH'cr vnfoi t pres de Boulongne que les An-glois tenoyentencor; cequileur nuiht grandement puis apres.Le Roy sâeftant acheminé en Ãourgongne ht fon en tree en la plufpart des villes,puis ayant veu la Ãreire,la Sa uoye, amp;nbsp;le Piedmont, reuint a Lyon,où il tint le chapitre des cheijaliers de lâordre de SainCt Michel.
Efmtutti Durant le voyage de Sauoye amp;nbsp;Piedmont, les commu-ta Guytn- ncs de Guyenne,Saintonge amp;nbsp;Anooulitiois,fe foufleue-ne,à (au/t rent acaufe des ex toi Gons que leur faifoyct les Gabclltur» fermiers du fel.En peu de feu,aines fe trouuerent amaf-fez pres de quarante raille hommes armez de tous baftoni derencontre,aufquels feioignirent les Infulaiies. De cô-niun accord ils courét fus aux GabclleursiSi côbic n que du Cüinciicemët le Roy de Nauarre euft cil'ayé de les clcarter, ce neâtmoinsilsfc maintiiislrét amp;nbsp;pourfuiuiiét leur pointe auec extreme furie cotre tous ceux quâils pouuoyét,at-trapper, Lescômunesde Gafeongne fe foultuerët incôti-nct apres,amp; fuiuirét le pernicieux exépledes autres ,dont sâenfuiiiit le malfjtre en diuers endroits de pluGeurs officiers du Roy,qui abufans de leurs charges auoyét thé eau fè de celle mutinerie.Les Maire,lurats,amp; autres ayâs char faut/ du ge en la ville de Ãourdeaux Parlement de Guyenne,iSt It ^*^***^ Monneins qui y commandoit en qualité de lieute-T»tt de nât pour le Roy, au lieu de remédier à ces tumultes des le âiturdtaux cômencement téporf ereiit trop, i.ômément ledit Geur de Monneins,qui pour nâaiioir reprimé iâinfoicce dâvn chef de ces mutins nomelaVergnejIuidonahardiclfedc faire (ou-leuer puis apres tout le peuple par le toclà in.On remai que en lui vneautre faute, câell que sellât retiré par dcffiance au chafteau du Ha,pour intimider,ce lui fembloit,ccux qui auoyêc enuie de fe remuer, de fois à autre il iectoit dehors quelque
Henri second.
quelque nôbre dâarquebuziers pour douer lâefFroy au pcti-ple;mais le contraire de ce quâil prefu/noit auint. Car celle promenade de foldats efchaiifa tellement le peuple quâayâc trouuédes boutefeux à fa polie gt;nbsp;afçauoirlaVcrgnejlâEa llonuac,Maquanâ amp;autres,foudain on vient aux armes,les gabelleurs ont la chälfe,amp; plufieurs maifons honnorables, fous prétexte dây cercher les exaéleurs quâon Ibullenoit y Dtferdru ellre cachez furet faccaeeeszles cômunesentreréten ville, on fonna Je cocfain,nul n olanc marcher qu arme amp;nbsp;en co-pagne des mutins : autremét sâenfuiuoit m?(i^'e des per-foiines qui fe rëcontroyenr. Les confeillers d- ia Cour de parlement furent contrains de quitter leurs robes, pour fe mettre en pourpoint,amp; affublez de bonnets à la matelotte porter la pique, amp;nbsp;marcher parmi ces bandes mutines, qui contraignirét dcu*îreres,nômczles lieurs de Saulx,lâvn capitaine delaville,lâaurredu challeau Trompette,de leur feruir de chefs,amp; dâalfiller au faccagement deplufieurs maifons de leurs côcitoyens amp;nbsp;amis,lefquelson malfacroit â deuant leurs yeux.Lamaifon de Ville,où il y auoit vn in- i-ktfitlJt croyable magazin dâarmes,fut pilleede fieur de Monneins, utile, ayant elle fi malauifé que de quitter le Challeau du Ha,où Ar« du ilelloicà couuert,pour venir haranguer desenragez, futiââquot;*ââ* cruellement afl'afiné dâvne infinité de coups,deuât 8c apres fa mort : vn ferrurier lui ayant fait la premiere playe. Les Carmes qui au bout de trois iours entreprindrét dâenleuer de nuid ce corps mutilé, falé comme vne piece de bÅuf, amp;nbsp;gifant fur le paué auec celui dâvn lien gentilhôme nômé Montelueujfurétendâgerde faccagement pour les auoir honnorablementenfeuelisen leur temple. Mais les chefs de la mutinerie comniençans à mettre de lâeau en leur vin, d, m-8e les pillards chargez de butinfereriransà la file,qui ci/ftee emtn qui là ,le Parlement fortifié de la prefence des gens de bien nbsp;nbsp;»»«fi»«.
amp; dâhoneur cômença à reprendre fon 3Uthorité,fit em poignet quelques vns des plus remarquez dût fut faite iullice cxéplaire,nômement de la Vergne,iiréà quatre cheuaux.
Le Roy auerti bien au long de tant de defordres efcriiiit Cmntflu aux communes, les alfeurant depouruoir en brief à leurs * doleances:amp; cependant leur enioignoit depofer les armes: ce qui fut caufe que chafeun fe retira. Mais ce pendant les armes sâapprefloyent pour entrer en Saintonge 8i. Guy en- draux. ae. Le fieur de la Deuefe fe faifit dexcrement du challeau
A. iij.
M.o.xLVin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri second.
Trópette amp;en mit hors JelâEftonnacauec fesadherans.Le Cônedable eut cefte cómiflióruineufede Guyenne, fuiui de Frâçois de Lorraine Comte dâAumalle, depuis Duc de Guife tort renóme' fous le regne de Fr âçTis Secôd 6t coni-mécemés de Charles neuficfme.CeCôtecôduifant quarre mille Lâfquenets,amp; force caualerie Frâçoife entra en Sam toge,laquelle il pacitia,rans re{lHâce,Sc ne tic point de puni tiô du paffe',voulât acquérir reputatiô delânnce debônaire, amp;L laiffant le nom de feuere amp;nbsp;cruel au Connellable,lequel fuiui de toutes les forces,amp;les deux armées amaffees en v-ne,entra dedâs Bourdeaux à main armee,ayât refpôdu fort rudeméc au capitaine de la ville qui lui prefentoit les clefs, amp;nbsp;demâdoit doux traitetnet pour le corps des habita'.Sâe-flâtrédu maiflre de tout fans coup ferir,il olta aux citadins tous les titres,regirtres Si documés de leurs droits, amp;nbsp;frâ-chifesjlespriuade tous hôneurs,brufla tous les priuileges, fit cefier le Parlemct.defarma entieremét les habitas,fit a-barre les cloches,priua tout leBourdelois de tes priuileges, contraignit les principaux delà ville de Bourdeaux, an nô-bre defcpt vingts dâaller quérir aux Carmes le corps du fieur de Moneins amp;nbsp;lecéuoyer endueiliufques .a S. André où il feroit inhume'; ayâs parauât auec vn cierge allumé en main crié merci à Dieu, au Roy amp;nbsp;à 1 ullice, deuant le logis du Conneflable de Cour.Lâ£ftonnac,les deux fi eres de Saul amp;nbsp;autres eurent les telles tranchées. On nâoubliapas ceux qui auoyct affilié au maflaciedufieurdc Môneins,amp; au pillage des maifons. VnPreuolldes Marefehaux auec puiffante croupe courut le Bourdelois, Bazadois, Agenois, failà t mourir les fonneurs decocfain.11 attrappa finalemét les deux Colonnels des communes, nommezTaleniagne amp;nbsp;G31affie,lefquelsfurrntrouèz,aprcs.iuoir efté couronnez dâvne couronne de fer toute ardante,pour fupplice de la fouueraineré quâils auoyent vfurpee.
rtm/ir Cefte tragedie feterminaencomedies à laCour.Antoine de Ce«-, jiourbon Duc de Vâdofme efpoufa leanne dâAlbret Prin-Perrccntiii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nâuarre; Si François de Lorraine Duc dâAumalle
to-itre ceux l'i fi'ledu DucdéFcrrare.On meflaparmices douceurs v-âe ne ordôiiSce rigoureutè,effabliflanr a Paris vne châtre ex-i«»- traovdiuaircpour vaquer aux procés ceceux de la Religio fuenômez lors Lutherie', lefquels eftoyct cruellcmciat bruffez vifs, sâils perfeueroyent eu leur confefîion de foy.
M. quot;D. XL IX,
HiNm SICON oÃ
4
M. D. X L I X.
LEs paflêtéps de la Cour acreurét par lâacouchemét de la Cturtnnt-R.oyne,amp; vnepartie delââneefcpafl'aenitux amp;nbsp;popes * magrufiques.Car la Royne fut courônee a Saint Denis le di xiefme lour de luing.Sc le feixiefme du mefinemoisleRoy fit SÃentree magnifilt;|ue i Paris,8t y ouuritvn tournoy pour dôner du palfetêps aux dames.Les ieux finis,il alla tenir fô liege amp;nbsp;léoir en fon liél de lulhce au parlemét,où il prelida auec les Princes amp;nbsp;pairs du royaume,fuiuant la couftiime obferuee par fes predeceffeurs. Les Aiiciês Rois de France eftoyér foigneux St ordinaires aouirles plaintes de leurs fu iets: depuis quelques cétaines dâânees ils sâen font fiez a la Diffimct confciéce de leurs officiers,8c voyçnt par les yeux dâautrui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
prefques en tous afaires,cequi ne foulage pas le peuple, ni ne fait régner iuftice.Et depuis ce mefpris la pieté sâcrt ef-coulce,rEftat du royaume sâeft afoibli,la Maiclié Royale a efté bafouee,8c finalemér Ion nâa fait difficulté de sâedeuer côtre la perfone des R ois,voire en fin les aflaffiner.Lô Vera ra quelque remede a ces derordres,quâd nos Rois sâabllié-drôt de chofes hôteufe5,8cferôt ce à quoy Dieu les appelle.
Apres beaucoup de pafl'etéps,le Roy fit faire vne procef- ei» fiô generale 8c folénelle au mois de luillet, où il aflifla auec l**^'*^*' la Roy ne,lesPrinces du f.ig,lesgrâdsSeigneurs,Cardinaux, ordres, Eftats 8c dignitez de Paris,8c au retour du logis de rEuefque,où il auoitdifné, voulut voir bruflcr vifsquelques Chreftiés deteftâs les erreurs 8c abus maintenus par les Pi pes 8cleurs dofteurs.De ce rtôbrefut vn certain coufturief, lequel peu deioursauparauâtauoitcnla vertu delâEfprit de Dieu refpôdu de fa croyance dcuant le Roy 8c plufieurs courtifans, 8c chanté vne merueilleufe leçôala Ducheffe de Valécinoisjde laquelle a efté parléândeffus,iufque.s à lui dire quelle deuoitbiéfecôtenterdâauoirinfeâé la France, fans mefter fon venin 8c ordure parmi vne chofe tâtfaintc 8c facree cômee eft la vraye Religion 8c la vérité du Fils de Dieu ! 8c quâil eftoit à craindre quâà cefte occalîô Dieu nâé-üoyaft vne grade playe 8c furleRoyStfur le royaume. Mais '* le Roy irrité,Sc nô corrigé,de tels traits qui attaignoy êt au vif celle qui le pofledoit ayât cômâdé quâô luy defpefchaft fô proces voulut eftre fpeâateur du fupplice de fon couftu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4,
ticr,8c pour le voir plus a fo aife,alla en lâhoftel du fieur de
A. iiij.â
Hsnui second.
la Rochepot en Ia rue S. Antoine deuât lacoufturefainte Caterine visà visdeféfchafaut, où le coufturier monllra vne confiance amp;nbsp;patience finguliere. Icclui ayant dcfcouvert le Roy,fe print a le regardei fi fortquerié ne lâen fou voit defiourner: mefmcs le feu efiantallumé,il auoit la veue tellement fichee fur et fi obied que le Roy fut contraint quitter la feneftre amp;nbsp;fe retirer,voire telleniétefmtu freitfl4tu lâ*'' côfeflaque lâombre de ce pei fonnage le fuiuoit, ce lui efioitauis;amp; deforce apprehenfiôparlâefpaee de quelques nuids apres ce fpedacle fe reprefentoit a lés yeux: de fine quâil fit ferment que iamais plus il ne verruit ni nâefeoute-ron telles gens. Mais ne sâefiant fouuenu de fa proteliatiô, dix ans apres il entendit chofes quâil deuoit mieux efiou-ter,8c prétendant encores voir brufler vn grand perfonna-gc, la VOIX duquel efioit receuable, perdit amp;nbsp;la veue amp;nbsp;la vie,comme nous le verrons en fini endroit.
rtpnmees En C« temps, la dilfulution en habits croiflant à veue ttfapitr, jâæjj .J cQyCf jf (je pcyipgj inagnificences(car cha-feun vouloir efire de la fefie) ce qui caufoit cherté des autres chofe$,furent défendus les habille mens de diaps dâor, de foye,les paflemens amp;nbsp;brodures, 8i les efiats reiglez en ce fait.Ce fut vne ordonnâce en papier amp;nbsp;de peu de duree. Cequiferuoit le plus efioit lâexemple du Roy mefmes,qui dâordinaire efioit fimplement vcfiu,ayant au vefievne iflat ÆÂ£ Cour fort magnifique.
Meflire Paul de Termes, chcualier de lâOrdre fut én-, poyéen Efeofle en la place du fieur dâEllé pour y continuer la guerre, Marie .Stuard priuce(redâEfcoire,aagee de fix a fept ans, ayant.efié des lâannee precedête amence en â France. Le fieur dâtflé ayant auant que partir desfait les Anglçis deuant Hediington amp;nbsp;prins lâIHeauxcheuaux, laifla le,s afaires à fon fucceiTeur,qui les mania dextrement fcauec beaucoup d'honneur. J
recouurementidc Boulongne detenne par les LVâ/fcar rf« Anglois le Roy fit commandement a fa Noblelfe amp;nbsp;gedar meriedefetrouuerdâs le premier lourde Septêbre au câp au Martf deuât Boulôgne.Le mois de luin precedét,laques dcCou-rW lt;lt;« ci fieur de Vertiin auoit efté décapité a Paris,amp;Oudard du £lt;»' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deFrancefon beaiipere,apres lôgue prifon
loMâ». quot;* de fon efiat.Oii auoitaceuféle Marcfchal dâauoir ® ' inconfidéremétmis iongédrededans Boulongne, Sefau-trcdâauoitréduvne telle place tenable amp;nbsp;bien munie aux
Hsnmseconb. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;$
ennemis. Il sâeftoit trouué des tefmoins amp;nbsp;des cômifiaires apoftcz. par ceux qui eftoyent en ereditnellemét que tort a-pres on dcfcouurit qucrmuocence de ces Seigneurs auoic erté cftouffee par lâenuie des Courcifà ns qui polfedoy ent le Roy, lequel rcconut bien la faute quâil auoit cômilt;e,maisil nây remeirti point, ains tout ce procès demeura mort auec Veruiniufques a lâan 1575.que fô fiNSt heritier fit remettre par declaraiiô tre(-exprclt;fe du Roy Hcri troiliefine la mémoire de fon ptre amp;nbsp;de fon ayeul inarernel en fon premier honneur,d'giiiré amp;nbsp;ren immee : amp;nbsp;fut commandé a vn der Hérauts dâarmes du Royaume dele trouuer aux funérailles de ces deux Seigneurs, lefquels furent folennellement faites a Bologne an moi, de Iuing,i577. '
Pour reuenir a la guerre de Bologne, le Roy eftant arri- i» ué a Monrtrued fur merle ty.iour dâAouft fit pafler fon ar-mee vers Bonlamberg,Sc ayant prins le fort de 5elas]ue,où le lieurde Chaftdlon tntradc force, puis celui de Blacon-net par compofition ; les Anglois qnitrerent Bonlamberg que Ion repara pioroptement,puisftit affiegee la tourd'Or dre. Mais a caufe de lâhiuer prochain , les forts ayans erté garnis de gens amp;nbsp;de viures, le Roy renuoya fon armee, amp;nbsp;fe retira iufques au printemps. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lepwe«é-
En cefte mefme annee fut plaidee au Parlement de Paris Plt;t »etMe en cinquante audiances la caufe de Merindol, qui eftoit telle.Au mois de Septembre de lâan 1540. le Parlement de *â Prouence condamna par defaut dix fept perfonnes de Me-ufldola eftre hruflez vifs, à caufe de la Religion; item que le bourg deMerindol feroit rafé,8t tous les arbres coupés à deux cens pas alentour. Cert arreft demeuraquelque téps enfufpend, quoy quelesEuefques Stprertres du paysfif-fent inftanceJVlais il fe trounoit des gentilshommes amp;nbsp;aunes perfonnes foodeftes,qui retenoy ent le torrent. Cinq nioisapres,le Roy François premier Comtede Prouence, enuoya vn pardon à ceux de Merindol amp;nbsp;autres furnotn-mez Vandois,moyennant que dans trois mois apres,tls fif-fentabiuration de cous erreurs. Iceux fe prefentent au parlement,requièrent quâon leur face aparoir (ce quâils nient) éjuâils ayenc maintenu amp;nbsp;publié aucun erreur; en apres qu'on lçttrf.emonftre par la parole de Dieu,quâertâs mieux enfeignezils foneprefis de fuiure confeil. Et pource qu'on ne leur faifoit aparoir qu'ils eufTeiit erré , amp;nbsp;quâon ne de-inandoit-que leur fang,ils prefenterent au Parlement la c6-
W.D.XLIX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNRI second.
feflió de leur foy auec vne ample remóftrance Sc refpófe à tous les faux blafmes dont ils eftoyét chargez; Sc requeftc dâeflre fupportez ou dâellre iuridiquemét ouis en leurs de-féfes. Depuis ce téps iufques à lââ 1544.1! y eut diuerfes pra tiques pour opprimer ces pauures gés : mais tädis quâon fe côtécade les allaillir de paroles amp;nbsp;de menaces ils fublîfte-rét, Sl obtindrent que le Roy euoquaft a foy lâexecution de cell arreft de coutumace.Or le pi elîdét ChalTané, iuge af-féz. equitablejcftit décédé,8t lui ayant fuccedé vn nommé 1 eâ Menier,qui pour auoir raui a certains laboureurs dâOp pede, dont il eftoit feigneur,leurs biés meubles amp;nbsp;immeu-blesjfouscouleurde religiâ, tlloit deuenu mortel ennemi de ceuxdeCabrieresSt Merindol, parmi leRjuels demeu-royét iceux laboureursjlefquelsdurât les moilfons recueil loyée maugré Menier ce qu'ils poiiuoyent prédre fur leurs terres par luy occupeesioii cerchalesmoyés de lâexecutiô. Ainfi doc le parleméc a lâiiiftigation de Meniçr enuoya vn huitîïer vers le Cardinal de Tournó,a la follicitatiô duquel le Roy François premier enuoya Tertres patetcsaiipatTe-niét pour lâexecutiô de ceft arreft premier. Suiuât quoy au mois dâAuril de lââ 1545.Menier fe difanr lieutenât du fieur de ürignâ goutierneur de Prouéce,ayâtamaflé vne armee de brigâdeauxjSc accôpagné du Barb de la Garde, fait mettre le feu en diuers villages proches de Merindol, enuoye grâd nôbre depauures payfà s en galeres, fait harquebuzer en fa preféce vn ieune home,ne trouuant perfonne dedans Merindol,fait piller,faccager,brufler amp;nbsp;rafer toutes les mai fons.-ayant alfiegéicanonné, amp;nbsp;receu par compolïtion lape tite ville de Cabriei es,au lieu de tenir ce quâil auoir promis,fit ptéd re vingt cinq ou trete homes choifis à fa fanta-fie,lefquelj furet hachez en pieces dedâs vn prédeflbus la ville.Enuirô quarâte femes,dót la plufpart eftoyêt encein-tes,furér brullees viues en vne grâge.Plufieurstrouuezde-dâsles caues,puisliezdeux à deux,8c menez en la falle du chafteau deCabrieres,y furet cruelleinét maffacrez,Dedâs le tépleeftoyent réfugiezplufieursancies,femmes,filles amp;nbsp;enfans,qui palferét tous au fil délâefpee.Le nôbrçdes maf-facrez fut dehuit cés S: dauantage.LeBarô delaüarde four ra plus dé huit cens paï' Jns dedâs fes galeres, où prefques tous moururét puis apres en grade mifere.Beaucoup de fé me4amp; filles furent violées. Plufieurs menez prifonniers Ã
Mar-
Henris SCON ö. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã
Marfeille,! Aix,en Auignon. II y eut beaucoup de villages entièrement bru(lez;amp; les defolatiôs de ce pays là furet ex-tremes.Or leRoyFrâçois eftât tôbé malade quelque année apres ce cruel maflacrejprefle en facôfcience dâvn remords de ce mal dót il auoiteftécaufe en partie,amp; marri de ne pou Unir auât fa mort faire vne punitiô exemplaire de ceux qui abufans de fon no auoyent fait vn fi horrible efclandre cotre fes fuiets de lârouence,chargea trefexpreflement Henri fon fili de ne dilferer ceftepunitiô:adiouftanr que sâil lâou-blioir, Dieu en feroit vengeance : item que leur mémoire feroiten execration auxcftrangers , files coulpables dâvn tel forfait demeuroyent impunis. Celle claufc de te (lament verbal auança le boutehors du Cardinal de Tourné, amp;nbsp;mit Griinan amp;nbsp;la Garde en peine ; mais ils eui ent plus de peur que de mal.Le Roy par lettres patences du ly.iour de Mars i 5 4 9 fit euoquer la caufe au Parlemenc de Paris, où comparurent Menier,8c trois autres fiens compagnons, les autres confeillicrs par procureur. Apres beaucoup de platderies, au lieu de fupplicc, vn feul nomme lâAuocat Guerin,moins coulpable que beaucoup dâautres,fut pendu à Paris: Mcnier chef des maffacreursefehappa, pour aller mourir enragé amp;nbsp;atteint dâvn feu fecret dans le corps, au veuamp; feeu de la Prouence. Le rellesâefuanouitenfumee au regard des hômes:mais Dieu fit fentir au Roy,à fon con feil,â¬t à tou t le Royaume,que le fang de tant de perfonnet innocentes,?: dâautres quâon mit à mort deuaot amp;nbsp;depuis pour la confeflîon de rEuangi]e,lui ell trefprecieux ; corne les chofes adutnues es années fuiuantes en feront foy, ce quâil nous faut fommairemêt déduire fuiuât noftre proiet.
Au mois dé Décembre de la mefme année mourut Mar y* guerite dâOrléans Ruine de Nauarre, fÅur du Roy Fran- N« çois premier,princelfetref-illullrc,8c dâvn efprit heroique u»rrt. entre les dames de ce fiecic.
M. D. L. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laGBytnii«
J - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠, n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I r ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»utru
K N comencemet de celle annee leRoy fuppriroa,8c aboptj, vnfitit .Zgt;.lit la Gabelle du fel enGuyéne 8c les officiers qui la le rtmimitur uoyéc,moycnât la (orne de quatre cés cinquâte mille tour- Fââ¢quot; *-nois que les trois Eflats dcPoitou,Satóge, Angoulmois,Pe ïigortjhaut 8c basLimofin,hauteScbafleMarche payerét au
Hbnm sicond.
li(gt;D,XLIX.
Roy pour icelle fuppreflîon:amp; vingt cinq mille quâils fournirent pour le rembourfenient des officiers du Roy en i-celle Gabelle. Qu,ant aceuxdeBourdeaux, dés le mois dâüdobre precedentjils auoyent obtenu lettres de pardon de tout le pâlie, à la charge toutesfois de mettre en mer tât eux que leurs fuccelléurs deux barques equippees pour la guerre Se fournTés de toutes chofcsde tout à perpétuité, pour élire conduites par ceux que le Roy voudra deputet: item de rcceooir es challeaux Trompette Se du Ha ceux que ledit Seigneur y ordonnera, iceux challeaux auiftuail-1er Se munir de toutes fortes de viurcs, quâils renouuelle-ront tous les ans en prenant les vieux. Ainfl donc au mois delanuieric Roy rellablit le Parlement Se les afaires furent remifesen ellat comme auparauant: les battus ayans payé l'amende.
TrtftJtni Je mefuie temps trois prefldens de Paris, peu aggrea-Pari, bles à la maifon de Guife qui elloit en credit, furent defa-ftineex^ , pointez de leurs eflats.Toit apres Sainâ André Se Minard fu» 'e^â- ayms promis d'clire bons feruiteurs furent rcftablis: Lifet Saind Viûor,pour faire place a vnqui nâe-â Hoir pas fi fin que lui. En celle folitude, il voulut fe mefler de Theologie, où il rencontra trefmal, Se de bon praticien ellant deuenu fort ignorant fophifle,fut en riant releué de fi rude main quâil en mouruf de defpit. 11 sâeftoit monflré ennemi iilréde ceux de la Religion, penfant sâauancer par cruelles inuentions. Mais il fut cerraflé en chemin, pour e-xemple à plus habiles que lui de ne fe prendreà celuy qui furprend les fins en leurs cauteles.Se contre qui la prudence St la force humaine nâell que beftife St vanité.
»/»âdar»- â¢E'i année, dautant quâil fe trouua que la monnoye rr/ lu Jefir cftoit pour la plufpart roignec St afoiblie, par edit du Roy dru au fait toute forte ùâicelle fut cifaillee St mifeau billon: plufieurs d», «»»- ntaifties deceinefticr, parmi lefquels fe trouuerent force quot;'J'quot;â faux-inonnoyeurs furent punis de mort. Es mois de Fe-urier St de Marsh paix fut traitteeentreles Rois de France St d'Angleterre, St lâaccord arrefté; tellement que le
vingtcinquiefme iour dâAuril,Bologne fut reniife entre les re- mains du Roy,lequel y fit fon enrrec le quinziefrne iour de «'A quot;nbsp;May enfuiuant. Enuiron ce temps moururent Claude de main «K- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;- nbsp;nbsp;. -
Lorraine premier Dac de Guife, lean Cardinal de Lorraine,tous deux de poifonriicmle fleur de Humieres, le Car-dina
Hi N R I sïcoNp.
dînai d*Amblt;îife,amp; leâ Caracciol Prince de Melphe, lieutenant general pour le Koy en Piedmont, amp;nbsp;marefchal de France» auquelfucceda Charles de Coffé fleur de liriflac, capitaine fort renommé de fon temps.
Maintenant nous entrons en guerres recommencées OecaÃansit aufli chaudement queiamais entre les François amp;nbsp;Efpa-gnols. Le Roy iettant de fois à autre lâoeil fur la Duché de Milan, amp;nbsp;fe fouuenant des pretentions de la maifon dâOr- â '' leans aufquelles il ne renonçoit pas,ne fut autrement mar- £^4^,,/, ridecequieftoitaduenuà Plaifanceau regard de Pierre Louys fils du Pape Paul Farnefe qui y auoit ellé tue parfes domeftiquts.Car outre ce que lâon publia incontinent que Fernand de Gonzague lieutenant de lâEmpereur en Lombardie auoit pratiqué tout cela pour accommoder les afai-res de fon maiftrcjil sâtHoir empare de Plaifance. Le Pape deflreux de fe venger, amp;nbsp;nâayant le bras auflî gros que le cÅur,auoit enuoyé Camille Vifin à Parme pour la garder, amp;nbsp;accepté lâoffre que le Roy luy auoit faite de receuoir les Farnefes amp;nbsp;tout ce qui leur apartenoit lous fa proteétion. Or le Pape auoit donné Parme à fon neuen Odauian, qui depuis en für inuefti par iules troiflefme fuccelfeur de Paul. LâEmpereur prétendant que le titre de protefteur lui appartenoit mieux qnâauRoy,lequel nâauoit rien en Italie: amp;nbsp;voyant que ceft accord entre le Roy amp;nbsp;le Pape lui eftoit vne efpine au pied,refoliit de sâalleurer de Parme, amp;nbsp;fiten forte que le Pape Iules abandonna fon vaflal Oéiauian lequel auoit elpoufé vne baftarde de lâEmpereur. Oéfauian recourut aû Roy:qui fe nommoit proieéfeur des terres de lâEglife amp;nbsp;des Farnefcs.lules follicitéde remédier à ce def ordre nâen tint comte, au moyen dequoy le Royrefoluc dâaider a Oéiauian, fit toft aptes Gonzague vint aflîeger Parmc:cequi occalioiina le Roy de commander au marefchal dcBrilâac fon lieutenant en Piedmont de fortifier amp;nbsp;garnir laMirandole.Gonzague ayant defcouuertcefte en-treprife, attrappa en chemin les foldats queBriflac y cn-uoyoit, lefqijels il fit mourir. Dauere colté le Pape commence a menacer le Roy , trouuant ttefmauuais quâil euft prins Oéfâuian fous fa proteâion, amp;nbsp;menaçoit dâexcommunier le Roy,amp; de mctirela France en interdit. Pour refroidir cefte cholerc, le Roy fit defenfes exprelTes à fes fu-jets de porter argent a Rome, ou dây aller par quelconque
M.D.LI, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNR.1 second.
defpefcheque ce fuft,ordónat aux métropolitains duRoyaU me de pouruoirà cela,iufques ace quâil en euft autrement ordôné.Ce fut vne rude baftônade a la Cour de Rome:amp; à le Roy eurt côtinué en celle deliberatiô, les Papes nâeulfét pas efgratigné laFrâce corne ils ont fait depuis,ains leur eut on aprins a deuenir fages:amp;câeftoit vn côinenccmét de reformatio en la ChreHienté. Mais cela uâellât fondé que fur des conlideratiôs amp;nbsp;commoditez téporclles, il nâen fortlt que mal. Oétauian fut declairé rebelle au liegePapal-tout aulTi tollla guerre lui futdcclaii ee,amp; Gozaguc entra a main armee fur le Parmelâ.Dâautre collé,le Roy depefcha nou-uelles forcez en Piedmôt,enioignant au Marefchal de Bnf-OT« dt^utr Ãc defecourir ceux de Parme amp;nbsp;de la Mirâdole.Delasâen-rr M» lu ÃÃjrfnj [çj prifes de Qii.icrs,Saint Damiâ,amp; de quelques fortsScchafteauxauMarquifatdeMontferrat. Gonzague fut côtraint de quitter le Parniefan,pour venir garder IcMi lânois.Ei) ce tépslâEmpereur fetrouua chargé de beaucoup dâafaires,ayant à refpondre aux François,aux Turcs, aux Mores,outre les troubles qui nâelloyét pas apaifez en Aile niagne.Les hiftsriés diiputent diucrfcment de celle ruptu re de trefues entreIequot;Roy amp;nbsp;lâEmpereur : mais il faut reco-noillre en ce nouueau remuement furuenu entre deux fi puifians Princes , pour occalîon aile?, legere en apparence, quâils cerchoyent querelle an pà rauant, en laquelle tous deux entrèrent tref-volontiers, ayans trouuéce prétexté delà guerre de Parme. Mai s,par dellus tout,le i ufte luge-nient de Dieu voulant fouetter la Chrellienté remplie de defordres amp;nbsp;coulpable de giiefs chaftimens.
M. D. L 1.
A V cômcncement de lââ 1551.Marie roine de Hongrie, -Z*, lueur de lâEmpereur,Si {ouuemârcdes pays bas,pour-Ãe Puardii. foigneufeitietit aux afaii es pour la guerre tat par terre que par mer.Et entendit que le Marclchalde Samd André sâembarquoit pour aller enAnglecerre porter lâordre de Frâ ce au ieune RoyEdouard enuoya quelques vailiéaux entre Douures amp;nbsp;Calais pour fe faifif du Marefchal,lequel montant à Dieppe print autre route amp;nbsp;parfit fon voyage. Pour fa feuretéil fit arrefler quelques nauires Flamens, lefqucls onrelafcha.fi toll que Ion fut aduerti de fon arriuceen An gleterre.pâautre collé laRoiue Marie fit faifir tous les vaif-feaux
H 5 N M s E C o N D. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s
féaux des mirchâsFrançoisés ports des pays basrdôt plu-fieurs particuliers ne furent gueres côtens, a caufe des de-fordresSt perces qui furuienent ordinairenaent entelsar-refts.te lieurde Villtbun voulant faite tntrerquelquere-fraichilfcmentde viurcs à Tcrouenneoù il conimandoit,le fieur du Reux grand aducrfaite des Frâçois' drelfa vn em-bufcade pour faiGr le toutunais il fut côtraint fe retirer fans aucun clïeâ.Les fers ertans ainfi efchaufTe/jCÃmaodemenc fut fait,aux amballadeurs de part amp;. dâautre deferetirer.La Roine de Hongrie arrefta prifonnier celui de France en vn clialleau fous groÃe garde,où il demeura quelque temps,
Auant quâentrer plus auant enguerreleRoyenuoyaau rf» «» pape Iules le fieur de Terines, poursâexeufer de ce quâil fai utrtltPapc, (oit en faneur dâüdauiâ Fainefc.11 déchira aufli alâÃmpe-reur quelles raifons lâtfraouuoycnt aleuer les armes.Datiâ tage 11 depefeha lâAbbé de Bellofanne pour aller au Cécile de Trente lignifier a ceux qui y cftoyent alfemblez,quâil ne pauuoit enuoycrà vn tel Cécile les Euefques de (o Royau me,ni tenir cell amas de gens pour Concile general, eu ef-gardà lâaniniofité du Pape cétrela France amp;nbsp;le Roy fijsaif-né de lâhglifeipar ainfi que lâon ne trouuall t ftrange sâil nâo beilToit aux decrets de cefte airembleejdiellée non pour le bien public,ains pourki commodité dâaucuns particuliers: non que pour cela il pi etend ift fe fouit taire de la Religion papale : feulement proteftoit il faire telle declaration pour ne lé lailfer furprendre aceux qui fous prétexte dereiigion amp;nbsp;reformation talchoyent de dénigrer le Roy St leroyau-me,ce quâil efperoit empefeher par tontes voyesa lui pof-fibles,5c icelles iuftes amp;nbsp;raifonnables. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..
Apres celle protellation il publia vn Edit fait de 1 annee /â p/titti precedente, touchant les impétrations des benefices, con- dar« «h treles fraudes des petites Dates, 5c autres abus delà Cour rr«at»jdt de Rome: 5c aulli iur les edits Sc arrefts anciens contre les ** Annates, 5c abus des refernations St exaflions inuen-tees par les Papes : defendant .à tous fes fuiets de plus aller a Rome pour annates, ni autre occafion concernant les benefice; : ordonnant que les ordinaires endifpofaf-fent: 6c efcriuit parâtout le torique Iulesluy faifoit 6cà Oclauian Duc de Parme , lequel clloit priué de ce dont il auoit efté folenneliement inuefti. Les Cardinaux 8c autres creature; du Pape en France , craignans que
Pâ.B.iir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri seconr.
ceft edit (fur lequel Charle du Moulin renommé lurifcon'S» fuite efcriuit vndoéte couimtntaire, auquel il dejcouure plufieurs terribles pratiques de Rome) ne donnaft quel-â que coup de pied a la Papauté, procuieient fort foigneufe-â _ ment enuers le Roy de lui faire publier des Ordonnances ta 'Keh plus feueres queiamais a)ericontre de ceux de la Religion: j/ontSr«» afin quelules amp;nbsp;les Cardinaux de laies monts sâafleuraf-»wi«4fiö lt;lt;« fent de le troHuerami, toutes les fois quâils voudroyent ^enceraââeâ adhérai! ..Cesordonnances furet fuiuies de cruel-iftKx les executions en diuerrs endroits du Royaume contre plufieurs de la Religion bruflei vifs pour auoir conilam-mant maintenu la vérité de rEtrangile amp;nbsp;reietté les traditions humaines eilabiies pour le feruîce Je Dieu.Ceux qui eftoyent a Trente cfcriuirent au Roy pour lâinduire à rece-uoir les decrets de leur Concile, amp;nbsp;a y enuoyer les Euef-ques de Ton royaume : item pour le prier de moyenner entiers les Suilfes quâils y enuoyalf nt. Mais la guerre eftant ouuerte par tout, de lâEmpereur ayant appelié les £fpa-gnols qiiielloyenten Allemagne, pour sâacheminer en 1-ralie a la guet re de Parme, iapouriuite de ceux de Trente demeura pendue au croc.
J» La guerre aliumee , le Roy délibéra sâalTeurer du cofté jtt«rre;.o«r de la Lorraiuc,ayant quelque loupço de la Duchelle douai ilt;iilt;rr«lt;of. riere : amp;nbsp;ayant fait marc lier quelques compagnies es frontières,lâEmpereur munit a:JÃi toutes lès places, lâvn regardant lâautreaiicc diuers dclfeius,donc les elTetsapparurenc jiicontinenr.
M. D. L I h
{net'll Jes TAOurceqiie lâEmpereiirproceflüir auec les Princes Al-f rinces Pre X ieinans,dâvnc façon qui nâelloic conuenable j eux non accouHiimez aleruitudc , inoins encor a feruirudeElpi-üjjidihir. gnole,voyans que Ie Roy sâapprelloic pour loufter contre lâEmpereur,efbmerencauoîr troiiuc propre occalion de fe lèruir de Henri pour eftonntr Charles, amp;nbsp;lui faire venir lâcnuie de les traitter autrcinenc. ou de fe retirer du tout arriéré dâeux. Pourtant ils entrèrent en traittéfècretauec le Roy , pour obtenir quâil sâeiiiploy»(l a maintenir La liberté delâAllemagne.Lui penfint auoir trouué vne entree a lâexecution de bien hauts deflein.s pour abaiiTcr la grandeur de fon aduet'fairc,amp; agrandir la France,prefta volontiers
Henrisïcond, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;g
tiers lâoreille aux Princes Alemans.Soyuant quoy au commencement de lâannee il depefcha lâÃiicfijuc de Bayonne pour Ambaifadeur vers les Princes Eledeurs, anec lettres pleines de proteftationsamp; offres dâamitié jdâvne parc, de Ltttrfi lâautre dâvne ample defcription des torts faits par lâEm- '/{âj aux pereiiraux Princes amp;nbsp;villes dâAilemagne:adiouftant quâil PniftPri citoK refolu dâemployer aiiec eux 8f fes forces amp;nbsp;Ca. per-Tonne pour la defenfe des droits amp;nbsp;libertez de toute la Germanie, fans attendre autre recompenfe que lâhonneur dâauotr fait fon deuoir,8t sâeltre obligé vnefipuiflante nation que lâAleniande.Donnant au relie alfeurance par fer-nient de celle fiénne affeâton amp;nbsp;intention,prenant Dieu à tefmoin , amp;nbsp;iurant en foy de Prince , que fon but e-ftoit de deliurer tous les eftats de la Germanie desop-preffions de lâEmpereur amp;nbsp;des fiens. Ce quâaullî particulièrement il pretendoit faire en faueur de fes tref-cliers amp;nbsp;trefaimez coufinsleanDucde Saxe amp;nbsp;Philippe Landgraue de Helfe detenus en mifei able feruiriidepar VEmpercur, quoy quâil eull promis amp;nbsp;iuré le contraire. Sur la fin de la lettre , il adioulloit ces mots : Nous vous promettons aulTiparle Dieu tout puillant, deuant tous les Rois, Princes amp;nbsp;Potentats de la Chrellienté, que ne permettrons en forte quelconque, que ni à vous tous en general, ni à pas vn en particulier de quelque ellat ou condition quâil foit , à noilre fceufoit fait tort ou iniure ; amp;nbsp;moins endurerons nous , qui portons le tiltre de Tref chrellien , que dommage foit fait aux biens ni perfonnes de vous trel'reuerends Prélats, Ab-bez amp;nbsp;autres Ecclefialliques ,ainfi quâaefté femé à tort par nos aduerfaires : plitlloll délibérons vous prendre en nollie proteâion amp;nbsp;fauucgarde, pourucu que vous declairicz a nous amp;nbsp;a nos alliez , amp;nbsp;nous donniez af-i feurance fulfiranre de vos volontez : efperant la réunion de lâEglife , laquelle on attend par le lecouure-ment de la liberté publique,à quoy nouscroployerons ( Dieu aidant ) toute noilre puifl'ance. Ce que nousa-uons voulu, Trefrcuerends Prélats, TrefillulVes Princes, amp;nbsp;autres ellatsdu S. Empire, vous faire fçauoir, afin que nâignoriez la vraye occafion de cefte guerre , par laquelle nous prétendons pourfuyure lâEmpereur'à tout le feu 8c lâefpee , amp;nbsp;( quoy que fort enuis ) le
B. j.
Henri second.
Effect ctn-trtira aux (Arelti,
couper,comme vn membre gaÃe,du corps de la République :ou,pour le moins,le forcer de celfer de plus vous ma) faire.
Tandis que le Roy sâappelloit le defenfeur des Alemans, le protedeur de la nation amp;nbsp;du Saind Empire, amp;nbsp;donnoii efperance de la reunion de rEgli(e,fes officiers en diuers endioits du Royaume faiibyent bruC-1er vifs ceux quâils apptlloycnt Ltuheiitns , lefquels adheroyent à la dodnne luiuie par la plus part des Princes amp;nbsp;villes dâAllemagne ennemis des traditions du Pape. D'autre colle le Roy faifoit de grands apa-rcils pour le voyage dâAllemagne ,amp; fembloii quâil deuft en chalfer lâEmpereur auec tous fes adherans. Car voulant y aller en perfonne , au mois de Mars il fut en Parlement à Paris , où il nomma amp;nbsp;ordonna Catheri- .
Prtmitrt US de Medicis,Roine fa femme, pour regenteduRo-Kjen« dt yaume: drefla force edits pour la police, pour le rei-Cariarinr glcment de la gendarmerie amp;nbsp;obleiuation deladifcipli-drWriIic» jjç militaire, reformant amp;nbsp;les abus des chefs , Stlâin-folence des foldats. Il faifoit fort bon voir en ce temps la le bel ordre qui elloic encre les gens de guerre, tant deçà que de laies monts. Aufli la France foifonnoit en lâunces,Seigneurs, gentilshommes amp;nbsp;foldats merueilleu-é titnpolt fgægpt bien difciphnez ,a comparaifou de ce qui sây ell regne des hls de Henri. Le Conncflable , general de l'armee , fuyui des Princes du fang amp;nbsp;des plus grands feigneurs de France marchoit deuant vers ViClry , où eftoit le rendez-vous de lâarmee. Outre les compagnies Françoifestant nouuelles quâordinaires, furuindrent vingt enleignes des vieilles bandes de Piedmont, telles quâo.n peut dire que ni les Phalanges des anciens Macédoniens : ni les legions Romaines ne leur pouuoyent eftre préférées. Lescompagnies deGafeons les fecondoyent ; amp;nbsp;fe trouua que les deux compagnies du (îeur de Duras eftoyent pour la plufpart compo-fees de gentilshommes amp;nbsp;de vieux foldats trefdignes de commander. De toute celle infanterie elloit Co-Jonncl le lïeur de Chaflillon , depuis Admirai. Il y a-uoit dix mille Lanfquenets fous vingt enfeignes en deux rcgiiuens conduits par Recrod amp;nbsp;Rlungraf leurs co-lonnels
Henri s i conö.
lO
lonnels. Dauantage vb gros de caualerie que les Princes Proteftans enuoyerenc au Roy fous la charge du Co-lonnel Charte!. Quant à la caualerie, dont eftoic chef Claude de Lorraine]Duc dâAumalle, puilné delaniai-fon deGuifejclle eftoitcoinpufee de quinze cens horn-j mes dâarmes, ayans chafeun deux archers, qui faifoyent quatre nulle cinq cens cheuaux ; deux mille cheuaux legers, amp;nbsp;autant dâharquebiiziers a cheual. De No-: blelfe à courue la pour fonplailïr au feruice de fon Prince , il y en auoit li grand nombre que la terre eftoic couuerte de caualerie. Refte de voir ce quâils firent.
Le Conneftable eftant pres de Thoul, Chreftienne,/,/ Duc ér Duchelfe Douairière de Lorraine vint trouuer le Roy pap dt Ltr 3l Ginuille,pour sâexculer desfoupçunsqu'on auoit dâel-le, à caufe que lâEmpereur eftoit fon proche patent. Lâo- * rage qui menalfoit la Lorraine fit quâelle fe mit aucc Charles fon fils en la fauuegarde du Roy, lequel enuoya ce ieune Prince auprès du Dauphin , où il fut efleud, 8c depuis efpoufa lâvnc des filles de France. Thoul fut rendu'au Conneftable, lequelentrctenoit vn parlement auec les habitans de Mets, ville franche 8c imperiale. Iceox offroyent viures,en payant, à lâarmce, 8c palfa-ge tant au Roy quâaux Princes , comme ils auoyenc fait autresfois a lâEmpereur, Mais le Conneftable , a-pres les auoit esbranflez de promeffes, puis de menai- tc/S« fes,refufa ces limitations , amp;nbsp;leur dit en colere , quefrmcht le Roy y autoit fon entree 8t fortie, fans condition ni imfnMt modification quelconque : quâils feroyent bien de point fe hâzarder a vouloir faite telle, puis quâils pou-uoyentiouirde la bonne grace du Roy, fans receuoir in- . cpmmodité de fonarbaee. Les Meflins eulfent tres-volontiers contredit de langue8c de mains; mais nâayans pouriieu dâheure au danger,furent contrains de dire à Dieu liberté , 8c dâouutir les portes à deux enfeignes dâinfanterie, lefquelles traînèrent fi grandâ queue a-pres elles, que tout moyen de refifter sâefoanouit. Cît mejenMett tous les plus vaillans foldats de la France fe trouue-rent en celle entreprife , le dixiefme iour dâAuril uec le Conneftable , accompagné de plufieurs Princes de grands Seigneurs , lefquels attendirent là le Roy gt;
B. ij.
m.d.li, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hinri second.
cjiii y fit fon entree auec toute foii armee drellÅ en bataille huiâ iours apres. Il y feiourna trois iourspour eltablir la police, reccuoir le ferment des citoyens , âi faire le fien folenncllcment à la porte du grand temple, comme a ceux deThoul, qui eftoit de les garantir contre tous , 8c les conferuer en leurs franchifes , droits, libertez amp;prnii!eges ; item pour y pouruoir à lafortification de la place , quâil pretendoit faire lâvn des bou-leuars de la France. Pource il y laiffa pour gouuerneur le fieur deGonnort, freie du marefchal de Brilfac,lui donnant charge depoutuoir à la Citadelle amp;nbsp;au très for-terefles.
Vtrmie Mets alfeuré au Roy, lâarmee compofee de trentemil frani^oife homnies, tourne telle vers rAlcm3gne,8c aucommcn-i'auance cemenc de May feiânma'deux iouts en la plaine de Sa-â virr 5'rlt;(- uerneiLaCauallerie.sâanarvçs iufipiesà vne lieue de Stra-P»â'!- fbourg. Les Citadins deueiius fagel aux defpens de ceux ⢠de Mets, negotierent pluS à cOilRiert pour eiïx. Us enuo-yercntquelques viiires, dot»! te Conneftable fe mefcon-tentoiCjamp;'penfoitlesintimidèr. Défait litoll que Pierre Slurne Gotefhem amp;nbsp;Sleidani,leurs députez âirenrdê-partis, il depefeha deu-x gentils hoînmes au conleil 'pOiir aubir refponfe. Ils ftsiitvn Ipngdifcôlitsdubon vouteir du Roy tnuers lâAlenwgne', dos taufes pourquoi ila-armes'^ Slt; fait tantdefrais: lequcroitquâIl)
W« Onot^a-foll permis auxi foldats dâentrer eigt; la ville pour y-a-â- ; tit prude checct cc dont ils auléjyerw faute. Le cônftii vfant de sZâ* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parla rUdlt; nient'le knd'efnair«
heurt'â députez de Stra.bcuig , vf.mt de repiöfhÃi'Ã' inenalles. Auffi peu gaigna-il en v neâforte quâen) hufVêt'-Ceilx de Strasbourg muent vne forte garnifbnâtrtâteur'' ville amp;nbsp;sâapprcftcrcui à laiefiftanccjfi on pretendoit les' affuiertiricependant ilsfournirent an camp tout ledbula-gément quâils peurent, tant eu viurbs quâaiitrët comrtio direz. Lâarmeedemeurant comme Inutile,print te' chemin de Hagenavv 8c de VVifbeurg où les députez des trois'plus proches Elefteurs amp;nbsp;dequtlques autres Prin-'âwdrent fupplier le Roy dâauoir pitié des paÿfaiv, mo» 4u empefencr le gall duplar pays : ne vouloir palferr/urrc, Tt^},. ains entendre a la paix, fans vouloir les preller dâallian- ⢠ce particuliere, attendu leur obligation a lâEmpire^ll» faifoyeiit
â V
H INRI SECOND.
It
faifoyent requefte fpecùle pour le territoire de Strasbourg.
Au mefme temps, quieftoit Vonzicfmc de May , le Duc Maurice Eledeur de Saxe fait tenir lettres au Roy Leitrtsdu contenans le fommaire de ce qui aiioit elle traitté .a Lints , où il auoit elle parlé de paix dont lâEmpereur donnoit efpcrance pour lâAlemagne. Prioit leRoy(au cas quâil voululleflre compris en ce traité ) de declaircr fousquclles Conditions il entendoitcompofer aueclâEin pereur. Le Roy voyant que les Princes pro te Ha ns auo-yent parle moyen de fon armee amené lâEmpereur a rai-fon, amp;nbsp;d'autrepart entendant que la Roine de Hongrie cftoit en campagne , laifla lâAlemagne : amp;fur fon depart refpondit aux députez des Princes, quâil fe eontentoit , dâauoir ellé caufe que les princes prifonniers feroyent itt bien toll deliurez,amp;. lâAlemagne iouiroit de la paix.p^,,^ Jt, Que fi vneautreffois elle auoit befoin de fon affillauce, Princet. il employeroir tous fes moyens pour la fecourir. Cependant lâarmee viuoit à difcrction fur le pay fan , amp;nbsp;le pays apartenant à ceux de Strasbourg ( qui fe tindrent bien fur leurs gardes ) ne fut pas efpargné. On repn-nioit tant qu'il elloit pofl'ible les infolences du foldat;
Biais en fi grande multitude impolfible elloit quâvns St autres nefilfent quelque defordre.
Le Duc Maurice ayant chaflc LâEmpereur hors de lâAlemagne, amp;nbsp;procuré quâvne iournee fe tinll à Paf-fau ,pour aduifer à ce qui elloit de faire , afin de re-niettrc l Alemagne en la fpJendeur amp;nbsp;ancienne liberté, les ambalfadeurs de lâEmpereur , des Eleéleurs , 8i dejeurjeprâ plufieurs princes de lâEmpire sây trouuerent. LâEuef- et. que de Bayonne amball'adeur du Roy nây faillit pasauf-fi,8c prononça vnelongue harangue le troifiefmeluin, propofant lâancienne conionélion de lâAlemagne amp;nbsp;de la France : lâaffeftion que le Roy portoit à lâEmpire tref-malgouuerné parles Efpagnols 8c leursadheransitrou-uoit bon que les Princes protellans accordallent auec lâEmpereur , movennant que les prifonniers fuflent re- , , lalchez; que les anciennes alliances de France auec 1 Em-^.â_ pire Stladerniere capitulee auec les Princes fuffent ratifiées pourtoufiours : que lâEmpereur lui fill raifontqnâati telle il defitoit agreer à eux tons, 8c particulièrement au
B. lij.
Henri second
Duc Maurice, La refponfe fut compefee de remercie-
de declarations tellement couchées que lâEmpe-^elli. reur ni leRoy nepouuoyent sâen mefeontenter. Au regard du renouuellemen: des anciennes alliances,afaire de li grand poids requeroit plus grandealTemblee : cependant ils defiroyent que lâamitié côtinuee de touf-iotirs entre le,s deux nations demeuraft ferme amp;nbsp;que les differens du Roy contre lâEmpereur sâappaifafl'ent .-promettant y employer tous moyens a eux poflîblesicependant ils prioyét le Roy de declairer quels torts 11 pretêdoit lui auoir elîé faits par r£mpereiir,auqueli'sen eferiroyent, pour acheminer les afaires à quelque paix,
G»«rr» en Durant ces paroles laRoine dïHongrieayant fait defcc laDacAs«/« dre le Marefchalde Cleues en laDuchéde Luxembourg Luxibaurg, auec trois mille piétons amp;nbsp;fix cens cheuaux, fit ioindre a
««« diueri eux les troupes du pais basitellement que leur armee com expluiti er pufee de douz.e mille piétons amp;nbsp;trois mille cheuaux com-nience à exploiter. Ayans prins par compofiiió Stenayfur Meu'e,villettedela Duché de Lorraine,ilsentreprindi ent
fur quelques autres placesjfans grâd eifeóljexceptéle brûlement de quelques bourgades amp;nbsp;villages.MaisTarmee du Roy venant à sâauaneer,lâautre fe desbanda. Ce qui lit re-fouldrele confeila lacongueftedela Duché de Luxembourg.Suyuant quoi on sâ;»ttachepremièrement a vn fort chafteaü nommé Roc de Mars,lequel fut incontinent emporté 8ç faccagéiautant en fut fait à Mont S.Iean, Solieure, amp;nbsp;autres places ruinées pendant que les troupes du RoySt de lâEmpereurefcarmouchoyentdeuâtTliionuille.Lâarmce ayant palfé aupres,approchade Danuillé.lequelbatu amp;nbsp;ré du à ladifcretion du Roy,les capitaines demeurèrent pri-fonniers, amp;nbsp;les foldats enuoyez auec vn ba fton blanc en main.Yuoy futauflîbattigpiiis rendu imefme difcretion, amp;nbsp;le gouuerneiir enuoyé à Paris.Tous les biens furet donnez au Conneft3ble,lequel en diflubua la plufpart a fa cô-pagnieamp;à celle de fon fils aifné,dont les foldats des vieil les bandes mutinez commencèrent afe desbander.Môme*
de la Dit'
dy fuiuit Yuoy.Diiranttelles prinfeslemarefchal de Se-daniheritier de la maifon de la Marche obtint du Roy quel cW de 'Ba- ques troupes auec lefquellesil rccouura la ville Stchafteail de Bouillon auec toutes les autres places dépendantes de laDuché. Apres les clialîeaux de Lûmes, Trelon,G.laion,8t autres
Henri second.
li
autres furent ruinez.Pout contenter les vieilles bandes on leur donna le fac de Cimay ville amp;nbsp;chafteau du duc d'Arf-cot.LesalTiegeiretirez au chafteau amp;nbsp;voulans parlenien nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
ter,furent enfoncez par le portail amp;nbsp;autres endroids par la ji,au,brustt, furie des alfaillans affamez de butin. Ils y coururent de telle iinpetuolité que quelques mefches allurnees eüans tôbees parmi certaines poudres,plus de fix vingts des plus i efchaufezfurentfricaflez amp;nbsp;y perdirent lavie. La fureur de la guerre mit en cendres ville amp;nbsp;chafteau. Or dau-tant quelâarinee commençoit a diminuer amp;nbsp;fe desban⢠der,les vnschargez de butin,la plufparc de maladies amp;nbsp;de mefâife ,fur la fin de luillet on mit ce qui reftoit es garnirons, pour voir ce que feroit lâEmpereur, qui ayant afaire aux Princes proteftans St au R.oy,refolut de sâaccorder a-uec les Princes pour sâaider de leurs moyens alencôtre du F»lxtn^. Roy.Le dernier deluilletilaccorda la paix a lâAlemagne pour entrer a bon efcient la guerre en France. Le R.oy fut fort indigné de ceft accord: touteffois il renuoya les ofta-gesau Duc Maurice,lequel auftirelafchales fiés, quiefto-yent le Comte de Nantueil amp;nbsp;de lamets.
Apres ceft accord auec les Alemans, lâEmpereur fit tant que les Princes Scies villes sâaccordèrent peu à peu de lui fournir gens, argent, St artillerie, pour chaffer rr«r/«i,Mr le Roy hors de Mets ,Thoul amp;nbsp;Verdun, villes dâEmpire; It nctiuâ-i. là deftus il amalfe vnc armee de cinquante mille hom-mes de piedSc vingt mille chenaux , auec force pieces, Tandis quâil sâapprefte , le Marquis Albert de Brande- v,r4ua. bourg qui Ibus le nom du Roy auoit fait vne terrible guerre a quelques villes amp;nbsp;Euefques dâAlemagne , fe-crettement reconcilié à lâEmpereur , fuiui de deux mille cheuaux amp;nbsp;huift mille piétons trainans quelque artillerie sâapprocha des frontières de Luxembourg amp;nbsp;de Lorraine,où vne longue efpace deiours il entretint le Roy enefperance de guerroyer pour lui. durant ce temps fes troupes coururent le plat pays 8c le fourragèrent de façon eilrange. En fin le Marquis trouua moyen de fe ti-jer arriéréderarmeeFrançoife, 8c ayantmeommodé de viures ceux de Mets, auec ce qui lui reftoitfe mit hors de danger.
Lâhiuerapprochoir,8c plufieurs eftimoyét que lâépereur ne hazardetoit vne fi puilfante armee que la fiéne à côbatre
B. iiij.
M.d.iii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri second.
inutilement les froidures amp;nbsp;les glaces, puis fe difïiperdc foymefme amp;nbsp;périr miferabletnent.Mais lâcfperaoce (juâil a-uoit dâemporter Mets où il y auojt beaucoup de Princes, Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes, lui ht mettre en arrieie toutes autres apprehenfîons-.tellenient que fes forces commen cerenr à sâauarteer vers la Lorraine. CependantleDucde Neuers fortifiaSten3y,amp; contraignit la gai nilon Bourguignonne de Vireton de ferendrea fa merci. Vne compagnie des vieilles bandes logee dedans Roc de Mars en fut dextrenientreriree.Ceuxqui commandoyent ded insVer-^Appruchei dun,Yuoy,Danüillé,amp; Monmedy ferenforcerer.t3amp; pour-lâEmfe- iieurent âleur defenfe. Lâfîmpereur fe lendit incontinent Ã
Sarbruch ville à fept lieue': de Mecs,dâoù il enuoya le Duc dâAluefon lieutenant general amp;nbsp;le Marquis deMarignan auec quatorze mille piétons, quatre mille lt;heu,Ti!x amp;nbsp;(ix pieces de Campagne sâappi oc herent iufques a reconoillre ⢠la ville amp;nbsp;les lieux plus commodes pour allbir leurcamp.
Je Guifeeftoit lieu tenant general pour le Itoy dedans la ville, dâoù il fit foriir quelques troupes i]Ui drelfe-rent vnefurieufe efcarmouche en laquelle le Duc dâAlue perdit plus de cent cinquante hommes. Du collé des fol-dats il y en eut cinq tuez furie champ auec Marigni gentil homme Picardiamp;deux capitaines quirooururent toil apres de leurs ble/T.ires.
Le Royeflant a Rheims fut aduerti par le Duc dâAu-dî'BranJe æalle des pratiques du Marquis de Bnidebourgauec lâPm-tnurgJtff.iit pereur:amp; requis dâenuoyer vnrenlort de deux cens hom-leDucdâ^.v mes dâarmes, à lâaide dtfquels amp;nbsp;du relie defes tinupes le malle, ir It jygç sâalTeuroit de deffaire Je Marquis.Le fieur de Bourdil-
1 uoyé; mais le Duc lercniioya, ell'mant que le Marquis qui auoit palfc la MeiilealJoit fe rendre au camp de lâEmpereur.Siirla fin dâOélobre, le Duc aduerti que le Marquis deflogeoit vint fe mettre en bataille auec fa canal lerie fur vn collau nommé la Croix du Monllier,poUr voir quel chemin prendroit le Marquis, qui entendant que les gens du pays amp;nbsp;quelques foJdats l'râçois efcarmouchoyct amp;nbsp;abatroyent quelques vns de fes piétons, voulut aller voir que câeJloit : amp;nbsp;'âapprocha fi pres que fontrucheman fut tué d'vnt harquebuzade près délai. Retourné en cho-lere vers fes gens,il difpofe fa caualerieau combat. Et de fait a telle baillet lui amp;nbsp;les liens vindrent charger les compagnies
Henm second. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ij \
pagniesdll Duc , quipenfoità feretirer. Pepremierren-contre le Maiquis donna fur vnegrofle troupe de valets, arreftez en gros pour faire monllrc. Tout cela fut foudain mis a V JU de route. La fécondé charge fut fur vnefquadrô de chenaux legers amp;nbsp;dâagt;-goulets, qui ne firent prefques pointde tefilfence. Ainfi tout lâetturt tomba fur les rangs delagendii'',ncrie laquelle les Reillres firent incontinent reculer a lonps de piitoles, icelles compagnies t iKins mal poiiru'. f.cs de lances pour les foullenir. Le Duc voyant fa cauallei le rompue amp;nbsp;fuyante de tous coilez, Si le Marquis aux mains auec le meilleur de fa gendanwerie, fe rallie a-uec vne petite troupe, Sc fe iette en la mcll-e : ou les plus vaillans des liens ayans elle tuez déliant fes yeux, les autres bleffezjabatiis,prins prifonniers,le.t .1 titres mis en route,lui bleifé en deux endroits Si fon chenal tué,finalement il demeura pour g age auec les aunes pi ifonniers.Sa con.pa gnie y fut prcfque toute desfaire : le Vicomte de Rohan tué entre les mains de ceux qui lâauoycnt prins. Plufii.ur.s guidons, capitaines 8c gentilshommes au nombre de deux cens amp;nbsp;dauâiagey demeurerét morts fur la placr.I.e r.ôbre des pnfôniers fut encore plus grâd. Celle perte de tant de nobleirelut le contrepoids des fucces heuieuxquclc Roy eut au mois fuyuant contre lâEmpereur.
Le Marquis virtorieux enuoye fon prifonnicr !e Duc dâAumalleen Allemagne,8c en tira depuis cinquante mille efeos de rançon,que le Roy paya,à lâinllancc de la diichef-fe de Valentinois belle mere du prifonnier. Puis il fe retira auprès de lâEmpereur, lequel eftoit auec fon camp autour de Mecs.En ces entrefaites le Comte de Reiix lieu tenant general de lâEmpereur és pays bas ,auec vne forte ar-mee entra dcdansla Pirardie,bruflaNoyon,Neflc,Chauni,^^^,i Roye, 8c lechadeau plaifant dePoulébray 8c plus de huit Æ,â. 1, cens village s;puis vint alïieger Hefdin.La ville incontinct T^cj.amp;rui-prife le chafleaii qui ell fort fut inuefti. Ayant abatu les de-fenfes dâvnegrolfe tour qui couuroit le codé du parc,8cfait faper vn grâd pan de mu raille, le folTé fut rempli delà rui-^'^.,-^;, ne,laquelle fiifoi t pont pour aller .à lâaffaiit. Les afliegez fit-rent fi efperdus de celle aduenture, que fans attendre plus iis fe rendirent vies Sc bagues faunes. Vn gentilhomme nomme' le fient de Ralfe, lequel commandoit lors au chi-fleau, par la faucur du Coiinellable, fit celle compofitfon,
M.D.m. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri sbcond.
Sms Iâinterceflion de fon maiftre il euft perdu la vie , attendu quâil nâauoit preftéaucun combat, amp;nbsp;peu au para-uancauoic mandé au Roy quâon nâeull aucune doute de ce challeau. Onierenuoyaenfamailon , 8t ne fut employé depuis en guerre. Le Roy ayant fait celle autre perte, ef-cric au Duc de Guife pour fçauuir en quelle difpolïiion lui . amp;nbsp;les fient elloyent dedans .Mets, Le Duc luy fit vne bel-refponfe.dont les effects fe rapportèrent aux paroles, 8C lt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'âlâaduertit par le menu de la difpoliciou du camp delâEm-
pereur. Qn_and le Roy fe vid affeuré de ce codé il laiHa le Duc de Neuers pour commander a fon armee en Lorraine,fit le lieur de Cliallillon admirai de France amp;nbsp;fon lieutenant eu Picardie, en la place de lâAdmital dâAnnebaut peu au parauant mort de maladie dedans la Fere. LâAdmi-ralde Chaffillonaâachemina promptement vers HefdimSC les compagnies du Duc de Neuers commencèrent a mole flerlâarmee de lâEmpereur en lui coupant les viures.
Câelloit pitié des maux que fouffroyent les gens de g'^^ft^âlor.Sjjcaufe de la rigueur de lâhiuer.Les Italiens fe perrnr dt. desban Joyent du camp de l'Empereut, challez par le froid u««r par la faim, Si fe retiroyent versie Duc, poureftrere- ' ceusati feruice du Roy. Tandis que le Duc JâAliie faifoit touie diligence dâaccommoder fa batterie, les afliegez. dedans Mets,faifoyenccontinuelles fortiesoresa pied,ores à cheual à la grande incommodité amp;nbsp;perte des afTiegeans ellonnez de la hardiclfe 5c prouefl'e des François qui exe- â cutereut lors des ebofes eftranges amp;nbsp;non oiiyes aupara-uant.Car ils alloyeiit donner iufquesa lâartillerie, dedans les tentes, 5c en petites troupes ne fe faignoyent dâaller mettre en alarme le camp delâEmpereur. Enuiron le vin'g-Prautffet tiefuie de Nouemlite, la batterie commença aux defenfes eu trois endroits. Le vint lïxicfmeles murailles de la ville furent cinonnees de quarante groffes pieces,qui tiroyét iour 8c nuiclfaus intermiirton quepour les refraifehir. Ce fat vne des plus furieufes batteries de nollre temps. Les affiegez depuis les Princes amp;nbsp;grands Seigneurs iufques aux moindres de la villeportoyent la terre pour remparer, »nur Sc nâeftonnercnt pas moins les afliegeans par leut diligen-frîftiii fur »e que parleur vaillance.
tâEnipt. Lâarmee de France conduite par lâAdmirai de Cliallillon rtur. approchîi de Picardie,où le Duc de Vandofine eftoii lieutenant
H I N m s E C o N D. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I4
tenâtpourleRoy fit retirer des enuironsdeHefdin celle du Côte de Reux, lequel lailTafon fils auec forte garnifon dedâs lechafteaujqui aflîegé ledixfeptiefme de Decébre amp;nbsp;furieufeméc battu,dequatre mil foixà te fix coups de Ca nôfansbrefclie raifonnablc,la crainte faifit les afliegezjqui ferédirét vies amp;nbsp;bagues fauueslelédemam.Dâvnautre collé le Duc de Neuers côtinuoit fa pointe, niolellai lâarniee de lâEmpereur, amp;nbsp;pour vn coup lui en leua par le fieur de Mouy vn ronuoy de toutes fortes de viures 8c munition.', fans perte dâaucû Françoi -.enquoyMouy acquit beaucoup dâhonneur, pour sâeftrefortauancé Sc encore plusdextre-ment retiré dâêtre infinies troupes dâennemis, fans leur laïf fer aucun gage, 8c les ayant priuez dâvn grâd foulagemét.
L 1 I 1.
QVant à lâEmpereur, Tes batteries e dans rendues inu-
tiles,8c fesm.nesefuenteesparlâinduftrie 8c diligcct CEmpt-des aifiegexqui ne cclfoyent par forties Sc charges conti-nuelies de haraller 6c diliiper fon armee affligée de froid 8c ââ de difette,enuiron le dix huitiefme de Décembre il fit reti reries plus grolfes 8cmeillcures pieces de f.gt;nartillerie,pre ^randhan-nant refollition de retraite cômode 6c lionnorable,à quoy nturdei^.f-leGôte dâAigreniôc fut employé pour defcouurir 8c afleu-rerie chemin.Le Duc de Neuers pourucutfoigueufement à Thoul,pour eiieuiterlafurprinfe; 8c pardiuerfes courfes hallale depart de lâEmpereur,qui aduerri de la redditiôde Hefdin,voyant la difflpation de (on armee,8c fes efforts cô tre Mets du tout inutiles, apres auoir perdu vn trefgrand nombre dâhommes, de finances, 8c beaucoup de la reputation parauant acquife, fe retira le premier iour de lanuier, lailfant au Duc dâAlbe toute charge pour départir fon armee 8c ordonner de la retraite.Câeftoit pitié de voir la def-route des pauures foldats defnuez de touteforcc. Le Duc d'Alue 8c le Comte de Brabançon auec laplufpart delâar- ** mee deflogerent en eflrange defordre,parcans de nuid a-uec deux feux feulement pour lignai,fans grand bruit, trô-pettes,fifres 8c tambours dormans,tentes laiflecs auec qui tiré de toute forte dâarmcs,caques pleins de poudre à canô, force meubles 8c vtencilles, partie de l'artillerie fous ter-rCjSc infinis pauures malades, que le Duc de Guife 8c au-
M.D.Litt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri sicond,
tres chefs firent benignement traiter amp;nbsp;fouIager.Le Vidaf- , nie de Chartres donna fur la queue du Duc dâAluc, desfit vne compagnie de cheuaux legers,fit bruder grande quan-tité de poudres, S' amena plus de prifonniers qu'il ne vou-Mar^uis loit,fans aucune perte deslïens.keftoit en lâarrieregarde le Mert. Marquis de Brandebourg,fur le camp duquel furent faites diuerfes forties: mais il fe renoit lerre Si fit tcllctiieiit quâil efehappa auec le refte de (es troupes.
Drlinrante Solênelles aftiós de graces furet rédues à Dieu par tout dtMtis. le royaume de iâilfue decefiege. Particulièrement le Duc de Guifeficfairevneproceffiongcneralededîs Mets,où fe trouuerenr les Princes 8i Seigneurs qui y auoyct tenu bon pres deluuafcaiioirles Princes d'Anguien,de Côte Mont-pcn(ier,la Kochefuryomie Duc de Nemours,Horace Far-nefcqui toll apres efpoufa Diane baftarde du Koy, Pierre Strolfyje Vidamede C liâmes,les (leurs de Montmoren-cy,d'Anuille,de Gonn.gt;r,la Btoli'e lieutenant de la compa-gniedu Duc de Lorraine,la Roclicfoucauf : les Vicomtes de TuraineSc de Marcignes,Df langues,Entragucs.de Biron fainétRcmi Si ancres en grand nombrc.Puis le Duc de Guife fe retira en Cour, laiflanr le gouiiernement de la vii i le .à Gonnor,qui y commandoitdeuant le fiege.
Siiii, latte F'iuiroii la fin du printemps,lâEmprreur enuoyalefieur rie, affmt, »fo Biiieroiirt auec vne puilfante armee aftieger la ville de frmfe^ Terouenn forte place,où fut enuoyé en diligence le (leur rmsrrerdZe dâElle ç, auec lui François de Montmorency fils aifné du rft ^ârext-aijfe leurs compagnies, fuiuis de plufieurs
Seigneurs gentilshommes amp;nbsp;foldats.La place fut furieufe-ment canonnee.Les alTit gez y foullindrent .à trois reprin-fes vn des plus rudes alfaux quâil eft poflîblç où depart amp;nbsp;dâautre v eut grande perte.Du code des François y furent tuez.les lîeursdâFJfcsde Vienne,de Beaudifné,dela Roche Poré,deBljndi amp;nbsp;le capitaine Ferrieres, auec plufieurs gé-tilhonimes-gc foldats. Depuis lesafTiegean, firét dégrâds efforts à miner amp;nbsp;faper, tant quâen fin par vne fape proprement 8e promptement faite ils comblèrent le foffé : ce que voyant le fieur de Montmorency,parauis de tous les capitaines demanda compofirion.Mais tandis quâon parle-mentoit les Allcmans 8e Bourguignons entrèrent par di-uers endroits, 8e feprindrentà tuer tout cequâils rencon-troyent.Les Efpagnols amis dâargent,garentirent plufieurs gentils-
H jN m SBC o ND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1$
gentilshommes amp;nbsp;foldats François.Le fieur dâOiuni pour (auuerla vie au lieur de Montmoieiicy fon general, fut gricfucmont bleilé dont il mourut toll apres.(Les nouuel-les reliouirent fort lâEnipeteurjlequel fat râler Tetoutnne iufquesaux fondemens.
Or dautant que le bruit couroit du fiege de Hefdin,le Hefäm rt-Duc de Bouillon Marefcba! de France entreprit de de feu-dre, le chafteau.Le Uuc Horace Farnefe,le Comte de Vil-lards, Si plulieurs autres feigneurs 8c gentilshommes sây enfermèrent auec enuiron deux mille foldats , où ils furent incontinent inuellis par rarnice de lâhoipercur de laquelle Emanuel Philibert de Sauoye, Prince de Piedmont, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X
fon neueu,elloit lieutenant gcneral.La place fut canonnee plus rudement quâelle nâauoiteftcés autres lieges, 8c mi-nCe en tant dâendroits que câelloit comme vn terrier de taiffons. Au moyen dequoy lesadiegez demandèrent cô-polition.Comme elle elloit apoint de conclufion,8c ne re-lloit que la lignée, dâvn collé vn prellte par mefgarde ou autrement ayant mis le feu aux artifices aprcllez à la brefs ehe pour fouilenir lâalTaut; de lâautre les Bourguignons qui afpiroyent à laproyeayans fait iouer leurs mines; Si vne patrie des foldatsbtuflezde ces feux artificiels, vne autre engloutie dedans les ruines, les furoiuans fe tronuerent à . la merci des Imperialiftesqury entrèrent a La foule. Le. DucdcBoullon Comma le Prince de Piedmont de fa pro- , mcffeisnais le Prince refpondit quâil nâeftoit plus befoin de donner oft3ges,puts quâil elloit maülte de la place. Ainfi le Duc-demönra prifonnier auec plulieurs autres,dôt le Prin-eftir à grolle rançon. Le challeau lot prins le dixhuicicfine i*arcde luiller. Le Duc Hôrace,le Vicomtc de Martigues, IpSehefchal de Câltres ,8c plufieors capitaines amp;nbsp;gentilshommes furent tuez dedans celle place,iouet de la guerre. Mlfrt lâlimpercur la fit rafer.
â 'â¢ApfcR celalâarmee Ftadçoifc fut alft mbkepres dâAmiés Drffâaittiit! Si Pic(ui^ny.Enuiron le qûmziefme iour dâAoull, il y eut Xquot; âti t'Em Vne rencontre en laqiïélle le Prince de Coudé conduifoitlâquot;.'''quot;' ⢠lartavvallèrie legere,rompit les ti-oupes de lâEmpereur 8c Itsâmena battant â¦^ne bonne iieué , leur ayant tué de fept a Ælt;â â, hiiif cfinlt;thommesgt;priiis cnuiron cinq cés prifonniers, entré autres le Duc dâArfrot S'' emporté fept drapeaux. Lâar-thee delâEm^iciefat s'ollar retiree vers Arras.celledu.Roy
M.p.Liin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hïnr.1 second.
fetrouuafurlïfindâAouftauprèsdeCorbic.il y auonpre® de fept mille cheuauxamp; plus de vingt cinq mille piétons: de canon,plus de cent pieces groHâes amp;nbsp;menues. LâEmpereur print refolution de faire confumer celle puilfaute malfe ou de foy mefme,ou au fiege de quelque ville amp;nbsp;cha-fteau. Au contraire le Roy ne cerchoit que bataille. Pour y amener fa partie il sâapproche de Cambray ,amp; sâauan^ant vers Valenciennes fait donner quelques charges où la ca-uallerieFrançoife eut du meilleur; amp;nbsp;voyant que les forces de lâEmpereur ne vouloyent rien bazarder le Roy fe retira, eiiuoya le Marefchal de Saind André rauager le plat pays en la Comté de S. Paul, fur la fin dâOélobre vne partie de lâarmee caffee , le relie fut logé és garnifons pour paffer lâhiuer.
M. D. L I 1 I I.
Ttiit «r- k V Printemps le Roy fit trois armees. La premiere «WM du _/\.fouslachargediiPrincedelaRocheSuryonen Ver-mandois compolce de dix mille piétons, trois cens hommes dâarmes,amp;. cinq ou fix cens Argoulers. Il y auoit enla fécondé vers Creci, conduite par le Connellable, vingt cinq enfeignesFrançoifes,autantde Suiffes,deux regimens de Lanfquenetsdeux millecheuaux partie legers, partie argouletsiauec lâarriereban de France,amp; quelque caualerie Angloilé amp;nbsp;EIcoffoife. La troiliefine conduite par le Duc de Neuers, clloit compofee de vingt enfeignes dâAnglois amp;nbsp;dâEfcüffois,deux regimens de Lanfquenets : trois cens fxrlut, di nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâarmesihuir cens cheuaux legers amp;nbsp;ârgoulets.St
«» trou »r- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;piftoliers Allemans.La premiere,entrce dedans
ntti. lâArtoisyÃcde terribles rauages amp;nbsp;bruflemens. Celle.dul i. Duc de Neuers,courut les Ardennes, print par compofitiô J le challeau dâOrcimont, dcflruilit amp;nbsp;brulla grand nombre de villages força la garnilôn du challeau de Beaurinde fe rendre a compofitiompuis entra au pays de Liege, ayant affeuréScouuert la nauigation delà Meufepar la prinfe des petits chalteaux amp;nbsp;places fortes qui font au long du ri-' uage.Lâarmee du Connellable print Mariembourg; fortifia Rocroy. Au fortir des Ardennes ceux de Dinam furent fonimezdedetjairer sâils vouloyét pas perfeucrer en ncu-cralité.lceux firent vne rcfponfe outrageufe accompagnée de har-
H E N H 1 s £ C o N B, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iÃ
*leharquebuzades. Sur cc le heraut,amp; trópette du Duc de Neuers,lequel emporta de fotcele chafteau dâAgimont au commencement de Juillet, trouua abandonnez Calld-thierri amp;nbsp;Valuin, emporta dâaffautliouines dont prefques tous les habitans furent tuez,ou executez par iuftice pour auoiren vne bitoque voulu faire telle à farmee royale. Dinam apres quelque reliftance fe rendit, les habitans eurent la V le fauue,8t la ville ne fut pas bruflee,comme Boui-nes,mais entièrement pillée. Il y eut vn cruel confliâ des François contre les Allemans qui vouloyent faire violence aux femmes amp;nbsp;filles prinfes dedans certain temple, à quoy le Roy remedia. Le chafteau fut receu à compofiiion peu de iours apres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
Tandis que ces executions fe faifoyent au pays de Lie-ge, le Prince de la Rochefuryon desfit en Artois deux impiruh-cornettes de cauallerie iniperiale,deux cens hommes eftë- (!«. dus fur la place, amp;nbsp;les drapeaux enuoyez au Roy, lequel entendant que le Prince de Piedmont faifoit fon gros en deliberation de combatte fi les François sâaiiançoyent, délibéra de pafler la Sambre ce quâil effectua, amp;nbsp;entrant fuiui du Duc de Neuers dedans le pays de Hainaut le vingtief-me deluillet,oùil y eut de terribles feux ,faccagemens,8c ruines. Qiiplques troupes coururent iufques»ux faqx-bourgs de Neuellepreinieve ville de Brabant,où ils roiicht nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
le feu amp;nbsp;es villages dâalenuiron emmenans grand butin. Lâarmee tira puis apres droit à Bains, lâvne des principales * â villes de Hainaut, ne laiflant apres elle pour tontes brifees que feux, fumees, cendres amp;nbsp;malheur au plat pays,lainen-table efehafaut des tragedies entre deux grands princes. Les Francois campez autour de Baius allumèrent des feux encores plus grands que les premiers , ayans embrafé tous les chafteaux amp;nbsp;feioursplaifans desgcntilhommes du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
pays. La magnifique maifon de Mariemont, appartenant ctuft alaroinede Hongrie ne fut pas oubliee,ni lâexcellent cha- f'quot;* fteau deTragny.Baiusaffailliele vingt deuxiefme iour du mefme mois fe rendit a la mifeticorde du Roy qui lafic brufler pour vengeance de laruinedeFoulembray, item des villes amp;nbsp;village-, de Picardie quâon lui auott mis en cen dies duranijbn voyaj;e dâAllemagne. On mit le feu auflî en vn autre fuperbe chalfeau appartenant à la Roinede
m.d.lv. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hinri sbcond,
Hongrie,amp;en celui du Reux,puis à Bauers.
Lâarniee sâeftanc iettee au parti delà entre Monts amp;nbsp;Hai naut,Landrcci,Auanes,le Qu,efnoy,Vallcncicnnef,8t Cabrai, le Prince de Piemont Ht tout ion pofflbie pour auoir reutnehe de tant de pertes.- mais il ne peut rien effectuer, les François ellans forts amp;nbsp;bien conduits.Finalement le di xicfmedâAouft les deux armées aduerfaires Ce trouuerent ârm'ts^res tie l^Pnty,où il y eut vue aflez rude rencôtre des prin dî7(5»(j. cipales forces de deux collez. LâEmpereur y perditenuirô huit ou neuf cens hommes , 15c le Roy deux cens. Apres cela,rhiuer approchant, le Roy licencia fon armee. Celle de lâEmpereur tirant vers Hcfdin faccageaSc brufla le plat pays en diuers endroits, amp;nbsp;eull fait beaucoup de real, fi le Duc de Vandofme,rjuilacolloyoit,ne sây fuit oppofé.
M. D. L V.
SV R le Printemps la guerre recommence entre les deux I-ârinces.Le bruit des courfes de rarmee imperiale don-tcBtiBHBfiô naotcalîonaux Françoi.s dâentreprendre fur Challel Câ-brehs,quifuc prins p3refcallade,amp; bonne guerre faite aux Efpagnols. M.iruembourg fut rauifltiaillee parBourdillon lieutenant du Duc deNeuers. Le Roy f5c la Koine dâAn-glcterre follicirent lâEmpereur Si le Roy de France a faire , paixia quoy sâemploya fort le Cardinal Pole, lâAneleter-iltpaix reellantlors tout en leux dcceux delaReligion,qu on y traitoic a toute rigueur. Ce tratte de paix commencé auec grand bruit amp;app3reilsâefuanouit en fumee.-lS; la guerre fe ralluma plus fort que deuanc. LeJ^uc de Neuer.s amp;nbsp;lâAd-s mirai de Ch.dlillon faitgouuerneiirde Picardie,a caufe ejuele Duc de Vandofme deuenii Koy de Nauatre amp;nbsp;lou-uerain de Beate à caufe de fa femme eiloit allé prendre polTellion de fesnouueaux ellars,donnèrent tresbon ordre au rauRtuaillement amp;. garde des plare.s Si de toute la fâ.-.rrifreià frontiere.Neantmoins queltpie temps apres commequel-h Fraïut qiies vns des garnirons de Picardie ioints a quinze cens ji'l.uS. eheiiaux de Riereban François, quâon appelle les compagnies des Nobles amp;nbsp;quatre cens piétons eulTent tellement couru le pays quâils reuenoyent tous chargez de butin,conduits parla lail le leur general,Flaullimont gouuer-⢠neur deBapaulme,les trouuani entre vu bois, vn village, amp;nbsp;vue
H B N RI I ! eo N ».
amp; vne thiiere ( dont il fit rompre amp;nbsp;garder les paflages ) fans defcouureiirs', fans ordre, fans crainte dâennemi, amp;nbsp;fans cÅur,les chargea(i vigooreufement auec peu de gens* quâen moins de rien il leur fit quitter auec le courage amp;nbsp;de uoir leur butin amp;nbsp;la vie mefmc à fa difcretion, La laiIle bleffé, 8c plus decinqcens prifonniers,quelques vns ef-chappezjlereûe mourut fur le champ. LesHannuyers 8c Artefiersjgens facecieux,en forgerent vn fobriquet, difans quâils prenoyent les Nobles de France fans pefer. Mais il nây auoit prefque point de Nobles en ces troupes deriere-baii,ains quelques roturiers 8c valets que lâon employe à It monflte 8c qui y font enuoycz par les vefues 8c orphelins des gentilshommes, ou par les Seigneurs de fief qui font valétudinaires. Pour affeurer la Picardie le Roy sâauanca iufques a Villiers cofterez, enuoyant le Duc de Guife plus auant fur la frôtiere,8c lâAdmirai au milieu de la Prouincc.
Maintenant il faut dite quelque choie des guerres en lt;/» Piedmont 8c autres endroits de la les monts.Le Marefchal de Brilfac qui lâhyucr precedent sâelloit rédu maiftre dâY-uree,S( de Bielle, fortifia au printemps Saint laco en rafe Fran绫 à ' campagne, fe failit de Crepacuore,8c parlâentremilè du Im^ehaU-fieur de Saluaifon emporta de ftirprife brauement execu-#quot;« tee Cafal de Montferrat ville 8cchalfeau,place detrefgrâ-deimportâce,tuinaPoman, fainft SaluadourSc autres petites places non tenables Scnialaifees a fortifier bientoft. Le Duc dâAlueayant fuccedé au gouueruementde Lombardie à Gonzague,fe mit aux champs fur la findeluillet auec vingt mille piétons quatre mille chenaux 8c quarante canons, 8calTicgea Saind laco où commandoyentles capitaines Birague 8c Vimercat,lefquelscontraignirent le Duc de fe retirer au pont de Sture,où il fe fortifia,efperant contraindre à fe rendre par famine les places quâil nâofoie alTieger. Le Roy enuoya quatorze nulle piétons Sc quatre mille cheuaux de renfort au Marefchal de Brilfac,lequel fe fentant plus fortaflîegea Vulpiao,desfit parla Rochepofé lefecoursqtie le DucdâAlue y enuoyoit : print deforce la batfe ville,8c tolf apres la balfe ville 8c le chafteau par corn pofition.Vulpianfutdefmantelé: 8c toft apres Montcaluo ville 8c chafteau rendu aux François.Ces cholès auindrent en Septembre 8c Oéfobre.Quelques lours apres les troupes du Duc eurent par le moyen dâvneembufeadedrefle«
m.b.lv. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hinu iicoNb,
pres dâIncife,cù quelques François furent tuez k dâautre» prisjvne petite reuciiche des pertesreccuesà Vulpianfit Montcaluo.
Bife«,, Auant que rçtourner deçà les monts , il conuient dire ftrticniin- quelque chofe delà guerre de Situe terminée en cefte aller tntitr nce, amp;nbsp;reprendre le propos de plus haut.Durant le voyage titltiutr de Mets ,lâEmpereursâeitanr failîde Siene, ville antique r« dt Sitnt^ renommee en la Tofcane,y eftablit pour gouuerneur dó it et ÃiegQde Mendofleaucc quelque garnifon dâEfpagnols.
nf^MtiÃla Diego (c comportant plus rigourcufcment qu'il nedeuoit, lesSienois commencent à confpirer contre lui, qui fous couleur de fauorifer le peuple fit pofer les armes aux Nobles, puis fe mit à molcfter les vns amp;nbsp;les autres, qui fe re-unilfans enuoyerent prier leRoy deles receuoir en fa pro-tedion,ce quâil leur accorda.Les fugitifs de Siene commen cent a leuer gens en 1 talie au nom du Roy fous la condui te du Comte de Pctillane,Hiet ony me de Life, 8c Maire de Siinftefior.Le Duc de Florence enuoye huit cens hommes de renfort à Mendoffe.Mais lesSienois irritez des nouuel les extorlîons quâon leurfaifoit, donnent entree à quatre mille hommes conduits par le Comte de Petillane,lequel chalfale? Efpagnols, non fans grand meurtre de part gc d'jutre.Vne partie des Efpagnols sâelfans fauuez de vifief fe,fans canon, dedans le conuent des lacopins 8c en la ci-tadelle,y furent forcez 8c caillez en pieces. Leurs chef» St reftes ioints aux capitaines Florentins fortirent de Siene par compofirson,5c fe failirent dâOrbittlle place proche qifili fortifiercnt.LâEmperetir de reiouren Allemagne a-pre» le liege Icué dedeuant Mets commande» Dom Gar-fiede Tolede, Vice Roy de Naples de courir le plat pays Sienois Cf quâil fait .mec douze mille hommes de pied 5C quinze cens chenaux. Dâautrepart le lirur de Termçs en-uoyé parie K oy mit bonnes gaimfons dans toutes les p'a- ' ce.delaSeigneurie de Siene,ayant lors aiafoldedu Roy ' en ce quartier-la plus de douze mille pietonsfans cornet gt;nbsp;les naturels dupays,tnnemis iurez de la nation Efpagnole, 1 mais peu de caualerie.Pource que le camp imperia! côduit 1 parle Viceroy 8c Afcagnede la Corne (émbloit menacer {: Siene,on fortifia la ville en merueilleufe diligence. LeVi-ceroy aflaillit »Monfelice,Montelle 8c Motalcin, où le lïeur f lie Tenues puurueur,8c fe maiatint la quelque temps, iuf- f
que?
H t N R I ! I C o N 1). nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l8
«jues à ce que le Roy y enuoy a le fîeur Pierre Stroffi, auec me belle troupe de gendarmerie, amp;nbsp;le fit fon lieutenant general en Tofcanc. Stroflt venu à Siene, fitnouuelles ie-uees parlâItaliejdontle DucCofmeauerti follicita le Pape lules Si 1âEinpcreur en telle forte quâils (e ioignirent à lui pour chalfer les François. A ceftefFed,laques de Medicis, furnoinme le Mediquin,Marquis de Marignan, ayant charge de 1âarmee des confédérée, vint a Aie ger Siene, an commencement de fan mil cinq cens cinquante quatre, 8C faifant fesaproches denuiCtfaillità lafurprendre,pource quelafoitification nâauoit pasefté parathauee.Les Sienoia fouftindrent vne pointe,St repouHerent le Marquis qui perdit lors beaucoup dâhommes, il ne laiifa pourtant de fe camper deuant la ville, fourragea le plat pays,drelfavne furieufe batterie,Si reduifoit les afTiegez a grande neceffi-té,fans la venue de Stroflî,lequel fe iettant dedans mit fou-dain ordre aux rempars 5i a la reparation des breches,nâa-yantoubhd de garnir les autres places de l'eftat de Siene. Et pource que Rodolphe Bâillon general de la caualerie
. imperiale 5i Afcagne de la Corneauoyent fait entreprife ; fur ChiufijStrolfi leur alla de nuid au deuant auec fix cens . hommes,8t les ayant prins à fjn auantage mit leurs troupes en defordre,tua Bâillon,amp; enuoya la Corne prifonnier en France. Le Roy depefehe incontinent nouuelles force» pour enuoyer en Tofcane,amp; en lâifle de Cotfe aufli, en laquelle le fieur de Termes auoit prins les villes de S.Flotent
. â Si S.Boniface port de mer,y ayant lailfébônegarnifon fou» la charge de lourdanVrfin accompagné de quelques capi-
. î taines François 8c Gafcons,pour ladefenfe de IT(le,partie , 6 de laquelle obeillbit encore aux Geneuois,fur lefquels par
' tifans de lâEmpereur,Termes lâauoit prife.
Pour reuenir à Siene, le dernier fecours que le Roy y , enuoyoit eftant de cinq mille Suifl'es Si Gafeons auec quel , que cauallerie legerc,Stro(ri fit foudain vne fortie auec fix . ' mille piétons choifis St cinq cens bons chenaux , print fur le Duc de Florence, Montcatin 8i Montcarlo quâil fortifia.
J1 Le Marquis de Marignâ côtraint de leuer le liege de Siene . pour fccourir le Duc futen danger dâeftre critiercmcnt , . desfait,!! Stroffieuil empoigné lâoccafion.Mais le Marquis . fortifié de nouueau fecours, SrrofTi fut contraint ramener . . lès forces recrues reprendre haleine dedans Siene.Cepen-
C. tj.
H.B NUI JïCOND.
dant Leon,prieur de Capoue,amp; frerede Stroflî, nepouuâJ ' plus attendre farmee nauale des François,fefai(ît dequel-ques railfeaux Gen'euois chargez de grains,amp; les ayans emplis de fold3ts,fe mit a guerroyer la code deTofcane,S faire du rauage és ports de mer apartenans au Duc de Flo« rence:puis vint furgirà Scarlin,dâoù sâaprochant pour re« conoiilre la place fut atteint amp;nbsp;abatu mort dâvne harque-buzade.Strofli extrêmement affligé de ccile perte, vint ci tinuer le fiege,y attendant le fecours de France, lequel ar-riua peu de temps apres, conduit par le fleurde Monluc. Alors Stroflî drefl'âfon armee, où fe trouuerentflx mille Italitns,deux mille Gafcons,autant de Suifles,deux mille cinq ctns£anfquenets,amp;enuiron raillecheuaux.Aueccela il refolut de combatte fes ennemis,sâils fe prefentoyeiiü Si voyant quâils fe tiroyenr loin de Siene,il.en lailfa la garde a Monluc,amp; s'en alla battre Ciuitelle au terroir de Flo-rence,au fecours de laquelle le Marquis de Mai ignan acoi) rut en telle diligence quâil fiirprint a peu pres les aflîegeasi Si y eut bien du fang efpandu de part amp;nbsp;dâautre.StrcifTi cô-traint de defcamperaflîegtaFoyaibplact forte amp;nbsp;riche,laquelle des le premier iour fut emportée dâalfaut, Chariot Vrfin auec tons les foldatsqui la gardoyent taillez en pièces,^ ville pillee Si iniCe afeu amp;nbsp;a fang. Le Marquis ayant recüuuré quelques canons appiocha de farmee de Strofli amp;nbsp;lors fe firent maintes rudes efcarmoiiches.En fin Strofà «âacheminant vers Montpultian,les Italiens coninicnccrét à le quitter, de forte que fes forces furent moindres qtif Marepiis.Au moyen dequoy Stroflî contraint d* ioiôfiër* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à coutiertamp; denuid pour 11
ttrmteFrS feurctc de fes troupes.iefoltit de marcheren plein iour,fi fiaifttn r»/pourfauuer fon artillerielâentioya deuant.Dôt le Marquii auertile fuiuit en diligence, amp;nbsp;lâayant attaint en la campagne entre Martian, Lucignan amp;nbsp;Foyan lui donna bataillt' Le Combat fut fanglant: mais Stroflî ayant moins degeo' amp;nbsp;plus foibles, lesFrançois prindi ent la fuite apres Bighd Italie enfeigne colonelle de farmee,lequelvoulut fe (auuti des preinier;.:amp;apres ceflui, la catialeric fut mifeen routti Les Gafcô«amp; Snifles qui titidrêt bô furet desfaits pour sâe flre trop auanceZjSt prefques tous leurs chefs tuez furl* châp.Le nôbre des morts fe côtediucrfeméf.lesvns difen* deux mil cinq censtlcs autres quatre mille, fans plufleurâ bleift*
Henri second.
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bleffexquine furuefcurent gucres;8£ cinq ou fix censpri-fonniers. Le Marquis efcriuit à lâEmpereur que route lâinfanterie de Stroflî y eftoit demeureeimais il oublia lots de fuyurefa viftoire. Sâil lâeuft fait Stroflî 8c toutlereftede lâarmee du Roy eftoit perdu.Strofli qui auoit fait merueil-leufe preuue de fa vaillance 8c adrcffe en cefte iournee fe faùua à Montalcinjlaiflant Foyan qui fut rcprins par le Marquis,comme auflî Maman, Lucignan St antres places, dont les Sienois merucilleufement eftonnez cftoyent en termes de fe rendre,fans Monluc qui les à fleura 8c y fit de, puisde trefgrandsferuices au Roy8c a celte ville là .Bighet caufeen partie de la route de lâarmee 8c le Comte dâAltç quiauoit lafehement rendu LnCignan place imprenable,' furent décapitez. Toft apres le Duc de Florence follicita les Sienois a fe rendre. Eux fur la finde lanuier dclâan mil cinq cens cinquante quatre lui refpondirent brauemér; mais pour parler fl haut ils auoyent befoin de plus grands moyens. En ces entrefaites, le fleur de Lanflac eftant allé' enambâlfadeà Roine,on drelfaplufleurs articles pourac-', corder le faitdeSicne. Le Pape donna charge aux Legats
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quâil auoit pres du Roy 8c de lâEmpereur dâen accorder; mais rien ne vint aeffeft, chifcun voulant tirer le droit de fon cofte': cependant les differens fur le fait delà Religionâ croiffoyent.On brufloit cruellement ceux qui ne voulhyétquot; pas receuoir les trad it lös du Papemn fouffroit que le Turc gaignaft pays en diuers endroits de lâEurope, 8c fes gale-res vindrent lors en Corfeau fecours des François, 8c fe ' trouuerét au fiege de Calui 8c de Boniface parmi les Chre fiiens,8c aidèrent à la conquefte de lâifle, puis sâenretour-nansrauagerent la cofte deTofeane, aflîegerent Plombin 8c lâIfle dâElbe apartenanc au Duc de Florence : 8c palfant outre, firent vneinfinité de maux au royaume de Naples, Sicile 8c Calabre,chargezde defpouilles,aucc grand hom- ' brede Chreftiensquâils vendirent en Conftantinople 8t ailleurs,fans trouuer empefehement à leur retour : tant la haine eftoit enflambee entre le Roy 8c lâEmpe' eur, quâils aimoyent mieux voir le Turc sâenrichir du bunti des Chre ftiens que de sâaccorder pour faire tefte à ceft ennemi
â Sv/rà rcit
Reuenant .a Siene,Ie Marquis de Marignan la vint aiîie-get aucc toutes fes forces fur lâcfpcrance quâil auoit quei.«,,
C. ii).
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HiMm SI CON D,
Strofliblefle amp;nbsp;Monluc extrememct malade eftans mot»» (car Ion les tenoita 1'extremite) Laiiirac amp;nbsp;Fourqueuanx prins,les Sienois dellitl)ezdeconfeilamp; Lcours Fiançuis, fc rendroyenc.Strofli sâcflant vn peu repris,ay int eu iwu-uclles tjue Monluc eRoir more, fe hazardaauec fîxenlei' gnes de pietons amp;nbsp;deux compagnies de geus de chcual de venir a Siene, 11 y entra par la prudence amp;nbsp;i efolution de Serillacneueu de Monluc,(|ui par vn Itraiegemede trompettes mit en alarme les troupes du Marquis qui penfoy ét auoir quelque nouiiclle armee fur les bras. Ayant rruuué Monluc en vie,amp; vn peu mieux que les inurs preccdensjil lâcn retourna non lius grand danger, Monluc ayant lait dreflerforceefcarmouchesfuries a(liegeans,conutincon tinent quâils vouloyent prendre Siene par le bec; pourtant apres auoir remonftre' aux gens de guerre amp;nbsp;citadins le detlëin duMarquis,ildôna ordre que la nourriture de tous fuftreiglec,amp; que lâon vefcult comme par regime.Les Sie-nois fercTolurent defnyure tout cequâilleur confeilleroit amp;nbsp;conimanderoit. Le Marquisayant ellà ye'par vne efcal-lade noâurne donnée a la citadelle amp;nbsp;au fort de Camellia, dâoù il fut vaillamment repoulfé aucc perte delix cens hommes, en apres par efcarmouches,batteries, intelligences amp;nbsp;combats lèrendremaiftre,amp; nâenpouuant venir à bout, sâarreftafurfa premiere de liberation, qui eftoit dâa-uoir par famine les alficgez.Son campcnJuroit beaiicexnp, amp;nbsp;Ce diminuoit de mois aautreineantmoinsfaperfeueran-cc gaigna,tellemenr que le vingtvnicfmeiour dâAurii mil cinq cens cinquante cinq,honorable compoficton ayant e-flé faite au (leur de Monluc,à fes rroupes,8e aux Sicnois, li ville fut rendue au Marquiv,amp; depuis en la main du Duc de Florence.Quant à ce qui aiiint depuis au territoire Sie- l\ nois, ie nây touche point, lailfant tel difcoiirs a lâiiifloir« des guerres dâIcalic,dâoù il faut reuenir en Picardie.
«MOT/ «« nbsp;nbsp;nbsp;Matiembourg ayant efté auiduaillé, les chefs qui com*
mandoyent en cequartietrlapotir 1 Empereur,ayas drefl* vne armer de ving» milir picrôs,ciriq ou lix mille Reiftrcs, Si quelque, tnfi igné' des vieilles bandes Efpagnolles,firét ' for!iher vn heu iiummé le, ' â ii;et',dâoù ils fourrageoyent le pays voifin, amp;nbsp;aff imoyêt ALiritnibourgile Roy allenibll fes forces a Maubrrt fontainc,'lôt François de Cleues Duc de Neuers fut lient en ât general. J1 y aiioit huit cen.s honict dâarniC', aiitât de cheuatix 'cge{S,amp; enuirc huit mille pie-
HiNin ncoND, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;to
tSs,quî auiAutiUerêt derechef Mariébourg.Le vingt fîxief medeluilletjles Reiftresamp;lîcaualcrie legere Françoif» fe rencôtrerentimaii les Reiftresfutétcôtrains tegaigner riftemét leur fort.Le Comte de Barlaimôt chef de lâarmce de lâEmpereur,nâayât voulu accepter bataille,les François frretirerét.Toft apres le Prince dâAiirâge entra fiie les rer res du Roy amp;nbsp;ruina le chafteau de Faignolles. Depuis,fuf lâhiuer, les (ieurs de Sanffac Sc liourdillon aa.ftuaillvfut pour la troifiefme fois Mariëbourg. La faifonextrememéc pluuieufe amp;. fafcheufe, anec ladifette de viures de part 8c dâautre,empefcha les armées de fc rencontrer durât te der nier voyage, le Roy ayant eu de lean de Brolfe Duc dâE-ftarapes les droits quâil pretendoit à eau ft de la maifon de Slois fur la Duché de Bretagnejlui donna en contrefehan-je la Comté de Pont hieure.
En ce mefme temps lâEmpereur,Prince tel que lâhiftoire CKmpt-de noftre téps le defcrit,ayant porté G longuement vn mô- mtr ijuitti de dâafaires en fa telle refolut de fe defeharger, amp;nbsp;ayât ap- fquot; pellé a Bruxelles le Prince Dom Philippe fon Gls,lors roy * dâAngleterre lui rcGgnafes royaumes dâEfpagne, de Na-pies,Sicile 8c autres,dont il lui bailla lettres, commandant à tous fes fuiets de lui obéir. Ces lettres données le vingt-cinquiefme iour dâOâobre mil cinq cens cinquâte cinq,fu rct letié's en plein côfeil par leChâcelier.Entre pluGeurs no tablesauis que le Pere dónaauPrince fóhls,il lâexhorta de faire paix auec le Roy de Frâce,8c dâauoir pitié de la Chre-ftientémiferablemet affligée par vne fl longue giierrc.Ou treplus il quitta lâEmpire, 8c pria par lettres les Elecleur» de conférer celle dignité à Ferdinâd fon fi ere,à qui elle ef-theoit,ayâte(lé parauantpareux efleu roy des Romains.
Prefques au mefme temps les Geneuois elfayerct de re- ,, conquérir lâifle de Corfecôquife par le fleur deTermes, 8c f,jt, y enuoyerent le Prince dâAutie, lequel alfaillit le port dç (t. Sainél Florent,rendu par côpofltion,lesaffuâgez,,fortis armes êc bagues fauues,sâcllans retirez à Boniface vers lotir danVrfln.DâAuiie sâen approchant,penfant sâen redre mai lire; mais il fut repouffé auec grande perte. Sur la fin de la mefme annee mourut le Marquis de Marignanhors de la grace de lâEmperenr,pour auoirtrop fait trainer le liege de Mimin»». Siene,8t confumé vne armee deuant. 11 fut folennelfemét â¢nterré à Milan,8cle Duc dâAlue aflifta à fes obfeques.
C. iii).
M.D.IVT,
Hbnui s b C o N ».
M. D. L V I.
r«/a«p«wT ® Roy Philippe fuyuant le confeil de fonpere,amp;fol-»n, ,âJ_gt;licité par Marie Rome dâAngleterre fa femme.encli-tn ttiâtux noit à la paint pour à quoy parucnir, apres plulîeurs allées amp;nbsp;venues vne treftie de cinq ans fut accordée. Le Comte deLalainvint aBloispourvoiriurerlatrefueau Roy :8c lâAdmirai de Challillon fut à Bruxelles vers lâEmpereur amp;. leRoy PhilippCjpour mefme effeä.Durant quelque peu FiStf-r demois quecelie trefuedura,vn nommé Villegagnôche-netirntri naher de Malihe arma quelques vaifl'eaux 8c fit le voyage JM. de lâAmeriquejprometiât de faire meruçilles pour le Roy en'ce nouueau monde.Mais fon çfprit malarrefté 8c fes in-iufles deportemens lâen cliafierentjSc ne fit rien qui valuft. Si celle entreprifeeurt rencontré vn fagc chef, câeftoit v-ne porte ouuei te à lâexecution de grandes chofes : mais le gouuerneur du monde en auoir autrement difpofé.
Pape Paul quatriefme, delà maifcm des CarafTesde tnini Ji rwNaples,ennemi des Elpagnols,auerti que dedans Romefe fiurt dita faifoyent quelques aflémblees és maifons de Marc Antoi-ne Colonne 8c le Cardinal de SainâeFior,ennemis du Roy de France,print celle occafion pour fe venger,8c fans trop exaéleinformation fit emprifonner au challeau S.Ange ce Cardinal, Camille Colonne,Iulian Cefarin amp;nbsp;lâAbbé de Brefegue,fit adiourner Marc Antoine,fouiller ft'igneti-fement furies terres de lâEglife tous les courriers S: pa-quetsrdefarma tous les ellrangers, 8c pofa de merueilleu-fes gardes 8c fentinelles par toute Rome. Aucûs ont eferit que les colonnels foupçonnans ce Pape dâellre François,8c craignans quelque furprinfe, auoyent penféde pouruoir dâheure à leurs afaires. Le Pape prenant les chofes à plus haut pointl,pourfuiuit comme le vien de dire.Les oppref-fez,feruiteurs du Roy dâEfpagne, lui ayant fait entendre comme tout pafToit,'! commande au DucdâAluede fecou-rir les Colomnes 8c autres leurs partifan.s. Dont auint que le Duc sâachemina promptement/Naples, 8c fit ce quâil peut pour rellablir lesColomnes8cVrfins en leurs feigneu- : ries. Eux dâautrepart fefortifians es entours de Rome,8c â tenant le Pape enferré,lui refolut de demander (eeours au RoydeFrance. Pour lequelefFeft il enuoyafon ncueu le Cardinal Cataffcjlequel apporta au Roy vn chapeau tnô-phal.
Hinri siconp.
II
phal, amp;nbsp;vne efpee i Fontainebelleau fui la fin du mois de luin.LeKoy lui accorda fa requefte,adiouilant quâil vou-loit auerrir ie Roy dâEfpagnejce quâil fiutnais il eut r^fpon fepeu au contentement de Caraft'e. Dont sâenfuiuit vn commencement de feu qui ietta de terribles flammes. Les Annalifles amp;nbsp;hiltoriens François Italiens 8c Efpagnols di-fcourent diuerlement des motifs de la rupture de la tref-ue.Câeft matiered'vn plus grand liure.Ilnous fuffit de reciter (implement les chofcs.Le Pape fut le premier qui mit les fers au feu : 8c les Rois ne fe firent gueres tirer lâoreille pour y porter les mainstcir ils ne vouloyenr gueres de blé iâviî alâautre. Leurs principaux officiers pouffez de diuer-fes paflionSjSc ceux qui les gouuernoyent ayant enuie de monter plus haut,8cpreuoyans que la trefue les abaifferoit, furent bien aifes quâa Rome lâon cuff commencé dedref-ferlâefcbafaut de nouuelles tragedies en la Cliceffientc,no tamment en la France.
Ainfidonc le François voulant sâoppoferà iT.fpagnol gutrrt en pour le Pape, Scroffi Marefchal de France,en la place du tre in iç« fieur de Sedan décédé au retour de fa prifon du pays bas, rectmmen -futenuoyé a Rome pourfaire telle aux Efpagnols lufques à cequele fecours de France y full arriué. Dâvn autre co-âquot;* fté Dom lean de Lume gouuerneur de Milan fe vint rendre en France, 8c le Duc Oélauian Farnefe remis en pof-fcffion de Plaifance par les Efpagnols quitta le parti François. Cependant le Duc dâAluefourrageoit autour de Ro-nic,print Anagne,Pilaffrine, Segné,Ttuoli,afliegea üffie; coupant les viures 8c tenant Strofli auec Moulue 8t leurs troupes referiez dedans Rome.Sur la fin de Décembre le Roy defpefcha le Duc de Guife poureffrefon lieutenant general endâarmee qui marchoit au fecours du Pape.
M. D. L V I I.
AV mois de lanuierdePan mil cinq cens einquStefept, Oâ* le Duc de Guife,bien fuiui,effanr arriué a Turin ville
capitale de Piedmont,lesEfpagnolsfortifièrent Milan, 8t âPtUrme refraifehirent les garnirons des places dâimportance en 1-lt; rjinlfe-taue. Le Duc de Florence arma, 8c logea des troupes fur les frontières de Ferrate, garniffant Florence 8c autres villes de fou obeiffance,lur tout celles qui auoifinét Bologne.
LeDue dâAlue poutueut aux villes du royaume de Naplesgt; amp;nbsp;de la cofte de mer en Calabre. Toute lâItalie fe vid lors en armes, chafcun fe tenant fur fes gardes, amp;nbsp;difcourant diuerfement dclâarriueedu Duc deGuife amp;nbsp;de fes def-fcnis itiec vne forte armee de quatorze a quinze mille piétons, huid cens hommes dâarmes amp;nbsp;douze cens chenaux legers. Aucuns en content dâauantage,8c le bruit couroit dâi n renfort preft pour marcher,fi tort que la guer re feroit entamée dt cecofte'la. Mais on en eut bien be-foin ailleurs.
»iit frinji nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;entrefaites le liege dâOftie continuoit.Ccuxqui
fttr h p»f» gardoyent lefort,ayant foullenu plulieurs a(raâix,amp; la pou f»r tu s., dre leur defail'ant,les foldats St. citadins bleffez pour la fiiiiniii, plufpjrt J loinpofition fut accordée aux anicgez,amp; la place tendue aux Efpagnols, qui accordèrent fur (tance dâarmes de 4o.iours au Cardinal CarafFe, afin de donnerloifir au Tape depenfer à quelqueappointement. le Cardinal au contraireattendoitles François,amp; follicitoitles Vénitiens dâefire de la partie,ce quâils refuferent ne voulans eftre en mauuais mefnageauecleRoy dâEfpagne. Mais le Duc de Ferrate print leparti de France, receut le tiltre dedefen-feur de lâEglife, Si v eut conuention entre le Pape, le ««(r« tt P» K.oy Si lui, que Ic Pape feroit lufques a vingt mille pie-ft ltiteyde tons,St mille cheuaux,8i. fourniroit à tous les frais de frtict, ir lâarmee : le Roy mettroit en campagne pareil nombre de b Dm dt gjfis de pied , amp;nbsp;deux fois autant a cheual: le Duc fix Krtrar«. jy,iîle foldats, deux cens hommes dâarmes, quatre cens cheuaux legers 8c vingt pieces de batterie. Câeftoit affez pour faire de grandes conqueftes, fi lâon nâeuft point touche'aux cofres du Pape: mais ceft article-Ià rendit tous les autres fans effeft.Et comment euft il fouldoyé tant dâhoin mes, quand il lailfa la petite armee du Duc de Guifefe maintenir comme de fqymefine,oupluftoft fe diflîper: tellement que le retour d*iccIle fembla pluftoft vne defroute degens defeonfits, quâvne gaillarde retraite de gens de Xttunldti guerregt; £es Papes en ce dernier temps ont acouftumé de fe tenir du colté des plus forts, auancer leurs afai-res aux defpens de qui leur prefte oreille, 8c quand ils ont leurs pretences abandonn sr ceux qui leur ont afTiftd au be-foin, comme ilauiaten cefte guerre ci, trauerfee de nier-ucilleux confeils de toutes parts:mais lesentreprifés 8c deircint
Hihri sic onb.
11
deffeins des grinds du monde ne font que fumee, (i Ia fa-uour du Tout grand amp;nbsp;Toutpuiffant ne les accompagne.
Le Duc de Guife ayant joint les forces P'^dmont à celles du Marefchal de Bnllac , sâachemina a feme le bruit que Pauie elloit prinfe des François, fomme le capitaine Spoluerin qui auoit la deux mille loldats pour la garder de fe rendre, menaçant de mettre tout a feu amp;nbsp;à fang,sâil y entvoit de force. Spoluerin qui craignoit fa peau amp;nbsp;la perce de fes butins fit tant que fes foldats confentirét a reddition, pourueu quâon les lailfaR fortir vies amp;nbsp;bagues fauues: ce qui leur fut accordé amp;nbsp;tenu, le dixhuicicfme lourde lanuier Spoluerin amp;nbsp;autres des principaux retirez, à Pauie furent décapitez à caufe de leur lafeheté. Le Cardi naldeTrentegouuerneurde Milan cnuoyafummer le Duc de Cuifede lui remettre en main Vâlence,prife contre les articles de la trefuc.Sa refponfe fut,que le Duc dâAlue ayât le premier rompu la trefue,les François auoyét peu fuyure fonexempleiparainfi quâil nâattédill que la guerre,iiifques à ce que Ion euft fait raifonau PapeiSt quant a ceux de Va lence,que lâon sâeRoit iuflenient prins à eux,a caufe que la ^arnifon auoit tiré lâartillerie fur-ies troupes Frâçoifes qui sâacheminoyct au fecours du Pape. Dâautre code, Stroffi, rtfria Monluc amp;nbsp;autres qui eftoyentdans Romc,fentans que le
Duc dâAlues'eftoit retiré plus loin,allerétauec cinq mille/ortanjr,«-pietons amp;nbsp;fix cens chenaux alfieger Oftie quâils emporte- ««« rét incôtinrt.Lc fort fut rendu par compofitiô,Scen fortirét les Efpagnols,vies,armes,amp; bagues fauues,St eminenerét quelques piecesdâartillerie.On printaufliVelitres,Tufcu-le,Marin,Grotteferrate,P3!efan,S.Ange,S.Paiil,Vico Valerio 8c autres petites places au territoire de Rome,dôt les Hfpi gnols furent chaflez.
Au partir de Piedmót lcDuc de Guife ayât côfulté à plu- .yirm» fieurs fois de ce qui efloit à faire, print refolution de tirer droit a Rome,8teftât à Bologne (e plaignit aux officiers du /'«('»⢠Pape,de ce quâil ne voyoit aucun appareil de guerre,!: que Ton auoit fait dâautres promelTesau Roy.On lui fit acroire là deffus quâil y auoit dix mil hommes prefts en la marque dâAncoreidôt il fe côtéta pour rheure,8c arriué à Rimini fit reueue de fes troupes, où fe trouuerent cinq mille SuMles dont eftoif general le Marquis dâBlboeufiquatre mille Gri-fons,fept raille François 8cGafcons,qaeIques Italicnsjfept
M.D.iVlk
Henri «icon».
tfurrt frinfi dt ptafes tn HtJmtnt.
cens cinquante hommes dâarmes, 8c quinze cens cheuauf legers.Le Duc de Nemours commandoit a finfantcne.
Suyuantle confeil tenu en Piedmont, le Marefchal de Brilïac sâcftant mis en campagne print par compolition Valfeiiiere entre Ail amp;nbsp;Carmagnolie., laquelle il ruina de fond en comble : alfaillit amp;nbsp;gaigua Chiaualfechalteau en
lieu haut,Si y mit bonne garnii'on.Le bruit eflant ferne que les lïançois entreroyent au royaume de N .pies, les hfpa-gnols donnèrent bon ordre a la confetuanon des places proches de la Marque dâAncoue.Le Duc de Gutfe ne voulant sâengager lîloin,print Campilio, Si allîegea Ciuitelle, £r â¢Â» Itt dâoù il fur contraint letter le liege, y ayant perdu grand nô-bre de bons foldat'. En Piemont, le Maretchal de Brilfac
fut contraint fe retirer arriéré de Coni fecouru par le Marquis de Pefeaire. Siroffi Si le Duc de Palliane empörterem: dâalfaut xMontfort petite ville proche de Cintellc, qui fut pillee Si bfunâe.La dt-flus,voyant le Duc de Gtiife fes forces diminuer. Si les Efpagnolles croiilre,8iquelespro-mefles du Pape nâauoyent point dâe£feCl,auertit le Roy de lâellat des afaires, Si prefenra dâautre collé la bataille au i« Duc dâAluc entre Ferme Si Afcolirmais les Efpagnols fen-fnth Ttfu tansquâauec vn peu de patience le Pape viendrottaraifon, fentbaîAtl- 8ji les François fe diffipeioyentdâeuxrnefmes,ou feroyent aifement desfaits. Us fauoyent iiiflî que lâon tailloit de la belongne du collé de Picardie, Si câeuft ellé témérité de hazarder fi mal a propos les ellats du Roy dâEfpagne, Or pource que ni le Pape ni leDuc de Fcrrare nây foutnilfoyét ce quâils atioyenrpiomi': au contraire lâai-mee de France ne receuoit aucune lolde du P3pe,8ilc Ferrarois emprun-toit des forces de fon gendre le Duc de Guife,pour fe gar-der,ron commença de confulter pour le retour en France. du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âI*ââ n'auoit pas encores accommodé fes afaires,
Papt. craignant que sâil demeuroit feuHâEfpagnol ne lui rognait les ongles, inra au Duc Je Gmfe quâil ne traiteroit iamais accordfansle confentement du RoyHenri,poura(reuran-ce dequoy ilcnuoyeroit Ie Duc de Palliane fon fils pour llfnitfA oflage en France. Par tels artifices il amufales François, ptix ante pour voir quel fucces auroyent les afaires du collé de Pi-It cardie, où les François ayansellé desfaits en bataille le âourS.Laurent,S.Quentinpris,8tlaFranceenbran{le, le Pape voyant fesefpetancei en fumee,8i que le DucdâAl-
ue
HiNKI SICOND, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IJ
â Cïâapprochoitde Rome,luienuoyaleCardinal Ãaraffe auec ataple puuuoir de traiter ia paix auec Ie Roy d'Efpa-gncilatjutllcfuc conclue au mois de Septembre, le Pape a-yaiit renoncé à la ligue faite auec celui de France, lequel detncu ra contre deux fe lies à terre, amp;nbsp;tous les de Ifeins de lamaifon de Guife amp;nbsp;autres deuindrent rienilâarmee toute dcsbiffee sâen reuiut en France , maudiflant le Pape 8c les fiens.
le Roy ayant refolu dâenuoyer le Duc de Guife au fe- Tre/utrtm cours du Pape,contre lâauis duLonnellablc amp;nbsp;de plufieurs Princes 8t Seigneurs qui confeilloyent 8c prioyent que Ion enrrctinft la trefue, donna charge expreffe à lâAdmirai /a de pouruoir aux villes defon gouuernement de Picardie, 5. Laurtnt amp;nbsp;de faire eutreprife fur quelques places des pays bas : a â¢â¢ quoy lâAdmirai, qui auoit tfté de mefnie opinion que le Conntrtable , encores quâil vid bien dâoù ces tefolutions ââ quot;nm# procedoyent,nâofant contrediie ,mit en diligence ordre par toutifit vn delfein fur Douay,leqiiel nâayantpas fucce- frinft it dc,il print Lens petite ville en Aitois, laquelle fut pillee. SamaSÿt-Alors les portes de la guerre furent tout- arriéré ouuertes: quot;âéraun-« Picardie 8t Champagne éxpofees aux courfes,8c les places^ frontières de part 8c dâautre foigneiifement fortifiées. La Roine dâAngleterre enuoya vn Heraut dâarmes en France desfier le Roy 8c lui dénoncer la guerre. Enuiron la miâ luilletle Prince de Pieinonr,accoinpagné du Duc dâAr-fcor,des Comtes de Manffeld ,dâAigueiiiont,de Meigue, 8c de Barlainiont,commença à drclTcr vne pniffante armee à Guiets,at[cndant vn renfort de Reiftres 8(Bourguignôs.
Le Duc de Neuers poutueiit à Roctoy, Mefitres, 8c Ma-rembourg,qui fembloyent tlbe menalfeesiSc dont le Prince ferecula,fentant quâil y auoit trop de hazard, 8c approcha de la ville nominee Guife,anecquarante mille pie-tons,8c quinze nulle cheuaux,fansdix mille Anglois quâil attendoit de iour a autre. Lâarmee Françoiie elloit de dix-huit mille pittons 8c defixmiliecheuaux en tout. LâAd-miral,les fieur.s de Villcbon,de Senarpont Sc q'uelques autres elfoyent d'auis qu'on fortifiaft les villes de Picardie qui eftoyent plus proches du danger : mais on ne les creut pas, tellement que le Prince de Piémont ayant temporifé quelques iours deuanr Guife, tout foudain enuoya faca- . ualletie inueftir baniót Queuiin, 8c sây acheminaaufll tort
M. B.LTir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNMJïCONB.
auec toute fon armee.-tellement que la villefuftenelofeJc I tous collez envi) inllant.Le Sieur de Teligny y eftoit auec ⢠vne compagnie dâhommes dâarmes non complettc.Brueilgt; gentilhomme Breton gt;nbsp;gouuerneur de la ville nâauoit que , bien peu dâInfanterie, amp;nbsp;les habitans elleyetjt tout-noii- i ueauxa ce mcllier, mcfmes faifoyent difficulté de rece- j unir plus grolfe garnifon,quand on leur en parloir. LâAd- . mirai fe refolut dây entrer, amp;nbsp;partit de Pierrepont le deu ⢠xief ne iour dâAouft auec quatre coropagniesdegenfdar-JL'UniVa/mes amp;nbsp;trois de cheuaux legers. EflanraHan, ilfutcon-ft Htte dt- traint, à cà ufedelaprecipnationdecevoyagefeconten-^ef'^^â^eux compagnies dâinfanterie. Seulement le tiers
â de cela femtt auec lui dedans faind Quentin; le relie demeura dernere amp;nbsp;fut coutraint fe retirer,a caufe que la ville elloit prcfques entièrement inuellie. Q^antà Tordre que lâAdntira! donna par tout amp;nbsp;les fortifications quâil y a-commoda,câell chofe alfetiree quâil nâoublia rien de fon dc-uoir, eftant bien féconde de ce peu de gens qui lâacompa-gnoyent.il y eut du defordrefurles viures,amp; des poudres bruflees par la faute des citadins, qui ne sâentendoyent nullementau fait de la guerre : ce qui incommoda foi t les alliegez.Auis donnéaa Connellablcgeneral delâarmee de France, de ce qui palfoit à Sainél Quentin; il fait partir de , la Férele Prince de Condé general delà Caualerie legere, | tmfijtilt le Marefclial de Sainél André auec quatre cens hommes nbsp;nbsp;J
tajr dâarmes, amp;nbsp;le fleur dâAndelot auec dix enfeignes de gens nbsp;nbsp;nbsp;i
ttafiri. depied pour fe letter dedans Han,tant pour tenir le camp adiif tfaii e en bride, que pour tafeher de refrefehir 8t renforcer ceux de S.QuentimAndelot sâoffrit dây entrer auec deux mil liôme5,tâJis que raimee dôneroit de toutes pars lâalarme aux alfiegeans,lefquels ayans pateertain.s prifon-niers defcouuerclâentreprife y dóncrent tel ordre que reft , expedient ne peut ellre execute : quâen bien peiiie partie.
Cepédant lâarmee des Efpagnols fe tenforçadu fecours afr wtiKt Angloiscompofédedixmiilc homes de pied amp;nbsp;dâentiiron fait nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quiiize cés cheuaux.LeCôiieftable defireuxdefautierceiix
/. ÿurntin de S.Qucntii), ayant fait recognoiflre toutes les aduenues pour le lécour,s,amp; refoludâsl3Fere,ccqui eftoitrequis,fic mrrrr ^uil |g neufiefnie tour dâAouft lâinfâterie Frâçoife amp;nbsp;A- ⢠jM/xrnr. jç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jffpQusdelà Fere auec quelques pie
ces dâartillene.Et le dixiefme,nümé le iour SainélLaurét,la
caua-
Ul M J, I 111 o m. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14 «
CîBïlerie fe ioignit à lâinfanterie, sâacheminâs tou» enfcm-ble vers S.Quentin.ou il» arriuerent fur le» neuf heures du matin,amp; fe rangèrent en bataille a lâendroit du fauxbourg dâIlle gaigné pat les bide» Efpagnoles, qui en furent chaf-fees lufques fur la chaulfee.Tandi» iâartiilerie iouuit fur le lt;âp du Prince de Pietiiôr,üùil y eut grid dtfordre,durant lequel le Côneftable faifoit entrer fecouts dédis la ville au tit quâil fut poflible en ces alarmes.Lâarmee duRoyPhilip pefe reconoiffant,print vne própte amp;nbsp;guerrière refolutió, afçauoir de ioindre de pres le Côneftable, amp;. le côtraindre au combat : pour lequel effed le Prince de Piemont amp;nbsp;le ComteaâAiguemôt fetoignirent enfemble.Cômele Duc ââ««r deNeuers fuit allé defgager le fleur dâEfehenets qui faifoit efpaule au fecours entrât en la ville,amp; le Côneftableeftit fur fa retraite fans intctiôde côbacre,icelui Duc fe ioignit^jjâ,,alt;». auPrince de Codé fa liant alte pres dâv n moulin a vêt auec ÆÂ«lt; â¢Â«tit' ii caualerie legere, amp;nbsp;eux Jeux cnfcble fas perte fe rallie- «««gt; ÆÂ«Â»Â» rct auec le gros de lâarmcc. Mais leurs ennemis les fuyuo-yét de pies,amp;approchis en huit gros bataillôs de caualei ie le Côte dâAigueniôtÃlequel celour fit vn notable feruice a rraj.-/» fô niairtrc)fut le premier quiauec deux mille cheuaux char »'*» gea les Friçois dâvn coftedes Ducs Erneft ScHcridc Brû-fuie fouftenus du Côtede Horme auec deux mille reillre»,'*' amp;nbsp;mil hômes dâarmes fe ietteret fur lâautre,leCôte de Mif feld amp;nbsp;autres chefs cnfôceréc le milieu auec trois mille ehe uauxide telle roideurqueles Friçois,qui nâeftoyét quâvne poigneedegés au pris,furét réuerfez.LcDuc deNeuersfe trouua des premiets,neitmoins apres beaucoup de dagers il fe defueloppa de la meflee.Or quoy que la partie fort du tout ioefgale,fi y eut-il côbatiuù leCôncllable fut blelfé amp;nbsp;pris,enféblelesDi.'csdeMôtpcfler amp;de Lôgueuille,Prince dïMitouî,Marefchal de S.André,8i, pluncursautres tant cheualier» de lâordre que grids Seigneurs amp;nbsp;gétilshômes denô. Les plus illuftre» entre les tuez futét leâ de Bourhô Duc dAnguic,leVicôredeTuraine,gédre du Côneftable, raiCné delaRochedu Maine,les fleurs de Chà denier,Pôt-dormi amp;nbsp;autres en grid nóbrc,amp; la plufpart des Cjipitaine» des gens de pied,lefquels voyan» la caualerie fe ftrrcrent en bataillôsquarrcz.Mais ils furet incôtinétouuerts,rôpus, vue partie taillez en piec esje refte prins prifonniers. Celle fanglite iournee dura quatre ou cinq heures.Le» vifto-Hcuxpoutfuiuiréc les vaincâ lufques à vue lieue de laFere,
**'D,LVir.
Ht NUI SICON D.
amp; sâeft on csbahi depuis comme il en efchappa H grand nombre,attendu lâcfpouuâte.Le Prince de Condé, le Duc de NeuerSjle Comte de Sancerre,les fieurs de Bourdillonj Grammont,Creuecueur,Piennes , Defeats amp;nbsp;autres ef*. chapperent. Montmorenci fils aifné du Conneilable print V n autre chemin .11 y eut grand effroy à Paris a caufe de ce fie desfaite , où il sâeftoit perdu vn merueilleux nombre dâhommes,dont les hifiortens ne font dâaccorddes vns pat lans de cinq mille, les autres de huit mil hommes tuez fut la place. Le R oy fe retira de Compiegne a Paris, afieura fa ville capitale, amp;nbsp;en tira vn fubfide de trois cens mille fracs pour les plus vrgensafâiresitandisqueleRoy Philippe re-ceuant les enfeignes gaignees fur les François, amp;nbsp;voyant paffer les prifonniers menez comme en triomphe deuant lui,fe contenta de cefte vidoire,fans entreprendre dâentrer plus auantenFrâce,dont toutesfoisplufieurs villes auoyét ⢠merueilleiife apprehenfion. Le Roy Henry pourueut parfeslieutenansaux villes de frontiere,amp;dreffafon camp à Laon,faifant venir quatorze mille Suiffes de renfort.
Laville de Qipant aux affiegez dedans S. Quentin,ilsauoyenteflé S. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;renforcez à la venuedu (leur dâAndelot fuiui de quatre
2^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cens foldats amp;nbsp;dâenuiron cinquante hommes de comman-
dernent,amp; quehpies feigneurs de marque auec des canonniers. Le Roy Philippe arriué en fon camplâ batterie fut furieufe, amp;nbsp;ne peut on fecourir les afliegez que de trois cens hommes dont les deux tiers furent ouez y voulant entrer.Les tours amp;nbsp;defenfes depuis la porte de S.Iean iuf-qiies a la tour de lâeau ayansefié abatues du canon,les Ef-pagnols ferendirent maillres du folfé. Le vingtfeptiefme dâAouft,les afliegez qui nâefioyent lor* pas plus de huit cens hommes diftribuez en onze bicfrhes fotiftindrent lâaffaut general amp;nbsp;ne peurent dire force/ : mais la ville fut prinfe par vne tour que perfonne negardoit. Les folJats François y furent prefque tous tuez. LâAdmirai,fou frere (qui fe fauua tort apre')larnac,Sainél Remi, de Humes, 8C autres capitaines amp;nbsp;gentil'hommes démarqué faits pri-lonniers; le fils du fieur de la Fiyettc, les capitaines Saldiert, Ogier, Vieques, la Barre, lâEftang amp;nbsp;Gourdes tuez.
Le Roy eftant à Paris durant ces tempeftes, comme il jllojt ila nieffe,vn jeune hôme,furnomméCaboche,narif d»
HiNkisïcönoj nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m
de Meaux j lequel fuiuoic dâordinaire amp;nbsp;dés long temps 1* court) feruat^acauledefabelleefcritureaux ftcretaires dâeftatjfüjt quâil fufthors du fens, ou pouffé dâautre caufe, fe vient mettre au deuant, auec vnc efpee nue en la main, amp;nbsp;Cria tout haut, Arrefte R.oy, Dieu mâa commandé que ie tue.Tout (oudain les Suiffes de la garde fe ruerent fur ce perfonnagejequel le Roy fit liurer à iuftice pour y auifer. La Cour de Parlement fit pendre Caboche pour tel attentat.
Apres la prife de S.Quentin,le Comte dâAremberg fui- du ui dedouxe ceqscheuaux,8c trois regimens de Laufque-netsafl'rcgeale Caftellet,amp; fit vnefurieufc batterie,Le Ba ron de Sulignic qui y commandoit, fe voyant deftitué du fecouts quâon iuiauoit promis, que la place nâeftoit ende- tmpniimii fenfe contre lâaffaut, amp;nbsp;quâil nâauoit pas trois cens homes, à -ÆÂ«ÆÂ«Â«Â»Â«; mal refolus pour la plufpart,fe rendit fans auoir combatu, à caufe dequoy il fut amené captif à Pat is, 8i sâil ne fe full fauué des prifons,câeftoit faitdefa vie, attendu quâil auoit prorais(ce difoit on) de ne quitter la place fans auoir fôu-ûenu quelque effort.
Tandis que le Roy de France amaffoit dehors amp;nbsp;dedans le Royaume vne puiffante armee, amp;nbsp;pouruoyoit par fei lieutetwns aux villes de Picardie, amp;nbsp;que ceux de Paris fai-foyent monftres generales des melliers ,où fe trouuerent de trcntecinqà quaranteiniïle combatansiceuxde laRe-
5 ligion multiplioycnt en diuers endroits du Royaume,no-
' nbsp;nbsp;tamment à Paris,où ayanscllédei'couuerts en vneaffem-
bleefaitedenuiâenlarueS.lâques,plufieursfurentem-rf, /« r«» ' prifonnet, aucuns bruflexvifs,les autres efehapperent en 5 laijuo â nbsp;nbsp;nbsp;diuerfes façons. En quelques autres endroits, il y en eut difouufr-
auflide prins amp;nbsp;executex a mort,le peupleleur imputant la caufe des defolâtions de la France. MaisTe Roy dâEfpa-gneemployant fonarmee,print Han le douxiefme iour de Septembre, le chafteau lui ayant elle rendu, 8t la ville ebufitau brudee par les François mefmes. Outreplus ,ilfe rendit primyi,../,, maillre des places voifines qui poiiuoyent nuire ace cha Frxnif^ù-fteaiiamp;à S.Qpentin,ruina8t rendit inutiles icelles places. Dauantage les troupes furprindrent dedans Noyon quel-ques compagnies Efcoffoifes,8t fe firent maillres de Chau ni,où fut etlablie forte garnifon pour faite la leuee du vmj amp;nbsp;en fournit les villes ptinfe#.
I
; \
M.D.LVH.,
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henrisecond. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¦
Polle ui Ile fhajje de Ia
'Ãr.ffi.
â'-fcefecoursarriuant en France du collé dâAllemagne S de Suili'e, le Roy fit arrefter quelque temps en Brefle 8^,
Lyoniiüis les troupes qui reucnoyent dâItalie fous la con- ' duitcdes Ducs deGuifeÃc dâAnmallc,pourfomprelesj deflâems du Baron de Polleuille /lequel auec douze mille }
piétons amp;nbsp;douze cens cheuaux pourle Prince de I-iedniót vint afl'ieget Bourg en Breffcj dâoù il fut contraint fereti-» rer bien vifte, autrement il elloit desfait auec fes troupes, qui au deflogerfédiflîperent Si efuanouirent tellement, ' quâà peine peut-on fçauoir peu de iours apres quâefloit de- ' ucnu tout cell amas de gens.
Entrepnnfr Pliant le Duc de Guife arriué pres du Roy à Sainft Ger ttuTtçyilt main en Laycacaufedelacaptiuité du Conneftable,il fut, rr«»rt fur (lecijiié lieutenant general du Roy en tous fes pays. Là Calan, idelTus ,les delfcins proicttez de longue main furent remis t fusjScexecutezcommesâenfuit.I douard troifiefmedu nû, roy dâAngleterre, auoir prins Calais port de mer, amp;nbsp;place , de grande confequeuce pour les François, lâan mil trois , cens quarante fept; depuis lequel temps icelle place efioit i denieuree en lapuiifancedes Anglois, qui lâauoyent bien { fortifiée. Le Connellable long temps auant la iournee île ! S.Lauientauoit,parlâtntreniifedu fieurdcSenarpont,gou ' uerneurde Boulenois conduit tellement vne intelligence ; fur celte v illc-la,qui ell de lâancien domaine de la couron- j ne de France,que fans celle desfaite amp;nbsp;prife fiene, en ap^-rence il executoir léurementfon delléin. En fon abfcncc^
on conclud,tandis quclçs forces du Roy Philippe efloyent ' efeartees acaufedel'hiuer, dâexecuter vneentrcprife fia- â , uantageufe pour le bien de la France. On drtlTa deux ⢠armees, lâvne fous la charge du Duc de Neuers , feignant vouloir entrer en la Duché de Luxembourf : lâautre conduite par le Duc dcGuife,fous prétexté dâempefeher lâaiii âuaillenient de S.Quentin. Le Duc de Neuers tournant la telle vers Luxembouig, JesEfpagnols 5: Vuallons coururent la pour le defendi t : mais foudain Neuers renuoya fesforces au DucdeGuife,qui fit conrtfnancede mettre ' viures dans Amiens,Ardre.s amp;nbsp;Bologneipuis en vn inflant 1 amp;nbsp;en diligence lit auancer toutes fes forces vers Calais ,üù 11 y auoit peu de gens. Les Princes de Con- ' de amp;nbsp;de La Rochefuryon, le Duc dâAumalleSc leMar- ' qtiis dâElbÅuf , frcrcs : Strofli Marefchal de France ,
Montmo-
He t)M s EcoND, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14
Montmorenci aifné du Conneftable, les (îeurs de Termes, dâAndelotjde Sïnfà c,dâEftrce grand maiftre delâartilJerie, 7'auanes,Senarpont,GrandinontjRandan,Allegre,Creue-cueur,Piennes,Gourdaii,amp; autres feigneurs,cheualiers amp;nbsp;capitaines de marque elloyent en lâarmee.
M. D. L V I 1 I.
Le premier de lanuier lâarmee de France parut, 8c le Prinftde meftne iour print ie fort de Nieu]ay,toft apres celui de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dti
Risban,en apres le chaihaujpuis la ville de Calais,le toutfâ'â rendu a couipufition en dedans huit iours,fans que les Anglais amp;. Elpagnols peuflenr venir a temps pour (ecourir d'Ojt. lesadiegez. Les Angloiscftonnezamp;deFpitez.delaper-ted'vneplacequit3ntleuriniportoit,en conceurent vue haine mortelle contre le Roy Philippe. Incontinent a-pres la reddition de Calais jOnaiTiegeala ville de Guines en la Comté dâOyc, laquelle fut prife: mais les Anglois quielfoycnt au chalteau en challerent les FrançoisSt biu-llerent la ville. Auflitofton les afliegeajfçauoirellle trei-zicfme iour de lanuier. Ayans enduré la batterie amp;nbsp;fou-ftenu vil aU'aui, comme on leur en aprelioit vnfécond ils deinauderent 8c receurenc compolition. Guines fuc entièrement rilinee amp;nbsp;démolie , pour elb e iiuifible a Calais, amp;nbsp;nâeftatit bcfoin que Ion fe confutnaft en frais, pour entretenir tant déplacés vonines.Somme,toute la Comté dâüye iut remifeen lâooeiltance du Roy, dout il y eut grandâioye par toute la France, en elchange des larmes efpandues depuis la iournee de S.Laui ent.
En ce mefme mois le Roy tint fes ellats generaux à Pa-tis,amp; y obtint vn odroy de trois millions dâor pour la guet â re. Puis il alla viliter Calais, le gouuertieinent de laquelle ildonnaau fieur de Termes. Le Duc de Neuers accompa- Expleits de gnédes gouucrneurs dâYuoy, Metieres,Bouillon êc
Sert Fontaine,fc rendit niailbc du challeau delLcibemont Ne-proche item âesiorts de limoi^ne,Chi^ny,Rot-fignol 8e Villencufue' puis fut contraint par langueur du froid qui nâauoit commencé celle faifonla quâau commen cemét deFeuricr de quitter la campagne,8t fe retirer chez foy: tandis quâen diuers endroits du royaume le Roy faî-foiç diuetfes leuces fecrettes, comaiandoit aux capitaine»
H»nri second.
dene mettre vn feul homme aux champs, iufques à d quâils euflcnt expres commandement de ce faire.
Marintt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAuril le mariage entre François fils aifné du
âitDauphin R°y Dauphin de Viennois,amp; Marie Stuard fille de laque' aateX^rje cinquiel'ine,Roy dâBlCüire,amp; de Marie de Lorraine,pariâ m« â'Ef uant vefue du Duc deLongueuilIcgt;St fÅur du Ducd* Guifc,fut accorde',puis folennizé en grande niagnificéd à Pans le vingthuitiefme iourdu mefme mois. Durani celle ft rte il y eut quelque pourparlé de paix pour 1«* deux Rois a Peronne entre la DuchelFe douairière d' Lorraine amp;IeCardinal frereduDuc deGuifeimais d ne frit qu'ainufement. Car dâvn collé le Roy Philippef* rendit maillre de Nelle,amp; les Anglois rodoyent en la coft' de Norinandieide rautre,Henri penloit au liege de Thcé utile Pour lequel efteft il defpeftha le fieur deBourdilloi* ⢠pour auifer à ce qui elloit requis. Relui acompagné d* Vieille ville gouucrneur de Mets, auec les vieilles bandé terit,»!'- delà garnifon de Mets,Thoul, Verdun Sc Daniiilliers,fil p«x,érrrlt;l commencement de May, fe campa deiiant Theonuill® rfifiDB de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;apres furuint le Duc de Neuers puis celuide üd
fe general delarmee,luiuidesplusvaillans leigneurs S capitaines de France, La batterie fut commencée lecié quiefme lourde luin auec trente cinq groH'espieces. P Comte de Horme elTaya dây entrer fuiui de quelques trd pesimais les palfages elloyent tellement clos quâil fut coJ traint fe retirer fur perte. Le Duc de Guife ellant allé rC conoillre vne btefche,fuiui de vaillans chefs fit donner d faux aflautjSc peu sâenfalut que la ville ne full dcflors eilt; portee : mais les alfaillans eftoyent en fi petit nombreqd forceleurfut de feretirer,ayans perdu nombrede hon' ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foldats.Toll apres,par lâadrefle amp;nbsp;vaillance de Môluc prié
cipalement, ils gaignerent vne tour tonde qui fauorifol fort aux affiegez ; amp;nbsp;comme on elloit apres afappervilt; plattcforme proche de celle tour le N'arefchal Strofii actiint dâvne harqiiebuzade dont il mourut, fon eflatfé donné au fieur de Termes. Ainli que les mines elloyent J( prclleespour louer,les affiegez demandèrent compoliiii^ le vingt vniefme lour deluin,'aquelle leur fut accordée lié notable. Les deux ou trois (iiyuans ils fottirent piefqué tous.11 y auoit enuiron quinze cens foldats, malades poil la pluipart,aufquels on tic gracieux traitement,amp; en la ré trail*
Henri second.
»7
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traite nul ne fut offenfé ni defualizé. La ville deLuxen)-boQrgjOà eftoyét les Comtes de Manffeld amp;nbsp;de Home fut tr reconucîinais auparauant Arlon fut alfaillic,forcée,dcf.r.«-telee 5t bruflee.-amp; Chigni,Villemont St Roflignol reprins furies Vvallons. Le feu yfutmis,faufaChignyquelon «lt;. fortifia. Vieilleviüe fut lâifle dedans Theonuiileauec dix enfeignes dâinfanterie, 8t quelque compagnie d'hommes dâarmes.
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Pourautantqueles Angloisfaifoyent diuerfes courfei tant par mer que par terre fur la France, le Roy hr drcller deuxpetitesarmeesjlâvne fous leDucdâAumalleà lâautre fous le Marefchal de Termes à Calais. Termes fa- -viBei mart chant que les villes fuiettesa lâEfpagnol ,quielloyentau Fquot; long de la colle de mer,nâauoyent que peu de gens,a catife que lâon ne fe doutoit point des François en tout ce collé la,fitentreprifefur Dunlterke ville maritime entreGraue- auecFtn ar lines amp;nbsp;Nieuporr. Auec ce delTcin il aflîege Berghes, t]ui mre «/?(lt;«Æ-fut prinfe amp;nbsp;faccagee.En apres il fe ptefente deuant Dun- Æâ ââ â¢'â¢F'â kerke qui ne fouftintque quatre iours, en fin defquels elle fut forcée,amp; pillee.11 n'y trouua vn fi riche butin que mef-mes tous les gouiats sây firent riches.Comme les fieurs de jucwsnt. â Villebon amp;nbsp;de Senarpont, attendans que le Marefchal de Termes malade fe portail mieux, fe fufl'ent campez auprès de Grauelinesjle Comte dâAiguemont,lieutenant general du Roy dâEfpagne es pays bas, amalîa prôptement les gac-nifons amp;nbsp;autres forces iufques à feize mille piétons, mille ou douze cens Rci(lres,8c. deux mille cheuaux de combat, fedélibérant dâempefeher lâarmeeFrançoife de palfer outre, amp;nbsp;lui faire quitter le liege de Grauelines. A peine le Marefchal à demi guéri fut arriué en fon armee queleCû-te lui fut en tcfle,fans faire femblant de vouloir mener les mains. Le Marefchal voyant la partie trop forte pour lui, ne voulut rien hazarder,ains print parti de retraite au pas vers Calais. Dequoy le Comte fe doutant refolut de lui couper chemin, pour le forcer au combat, ou lâauoir par famine es enuirons de Grauelines. Ce delfein remarqué
, par le Marefchal, il elfaya de palfer li riuiere qui vient de Sainâ Omet appellee lâA.11 nâcuft fi toll commencé , que les Flamens qui guettoyent celle occafionneluivinlfent
I au deuant: ce qui contraignit lâauantgardcFrançoife de fe , rager pour fouftenir le relie de l'armec,où elle firvne brane J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;V
W.B.LVIir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;He N R. I $ ï c o N dI
refinance J iufques à mettre en route quelques efcadroni de caualerie.Mais le Comte ayant fait vne furieufe reclut ge,sâenfiiiuit Jadesfaitedu Marefchal, lequeleftant fort / blsfle fac pris,auec les fieurs de VillebonjSenarpontjMor-uillcrs amp;nbsp;Chaune , plufieurs capitaines 5t foldats demeurez morts fur la place. Lâarmeedu Man^fchal eftoit coni-pofee de quelques compagnies dâoi donnancesjde trois cor nettes de cheuaux legers hfcolfois, quatorze en (eignes df piétonsFrançoiSjSt dixhuit delanfqutnets.Prefquetoui cela refta mort ou pris.Le nomb' e des efehappez ne fut pas grand. Vne fi grande playerenouuella celle de la iournet S.Laurent ; amp;nbsp;rompit lâentreprife fur la Duché de Luxembourg,où le Duc de Guifepretendoit sâacheminer, lequel print la toute deThierafche an mois de luillet,amp; vint logera PierrcpôtjOà il fut renforcé de fept cornettes de Rei-lires amp;nbsp;dâvn regiment nouiieau de L infquenets.
^rmetcin En la mefme failbn lâarmee nauale des Anglois amp;Fh' ftfieie^n men ;,an nombre de fix mil hommes ou enuiron,ayant cO' y°u^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ââ Brctagne,fina!ement print terre au côqucftj quâili
P*''â sâefiargifrans en pays pour butiner fureni «!ÆÂ» tnriiu desfaits par lcfieurdeKcrfimô,qui en tua vne parrie,pringt; tt. forcepri(bnniers,contraignit les autres de fe fauuera va* de routeen leurs vaiireaux,amp; Ce mettre viftemêt à la voilf f m d gt;nbsp;Rois ayans redrelTé leurs armees non moins piirf 4/11) lantes que lâan precedent, fc vindrent camper amp;nbsp;arrell^ Mprii auprès dâAmiens le long de la riuiere de Somme. Ils au» mieni. yent vn trefgrand nombre dâeftrangiers,à comparaifd defquels les troupes de leurs fuiets efloyent petites. 11 fit quelques courfes amp;nbsp;efcarmouches: mais il nây eut poil'' de combat de confequencciSc ferabloit que ces deux gräi Princes fi;fient venus la pour sâenrre recercher dâaccord,;' pourparle duquel fut moyenné;amp; pour y entrer,!on choi« PAbbayedeCercamp,furies frontières dâArtois amp;nbsp;deP * nbsp;nbsp;cardie,où pour le Roy de France (e trouuerent le Conrf'
fiable, le Marefth.il de Sainft André, le Cardinal de Loiâi Vaine,MoruilliersE uefquc d'Orléans, confeillerau prin' confcil amp;lefecretaire delâAubefpine. LeRoydâElpagi'' y enuoya le Duc d'Alue, le Prince dâAurange, Rigoine'j'' Silues fon efchanfon,GranuelleEuefque dâArras,amp; vifâ de Zuicliem prefidtntau confeil dâeftat des pays bas. sâaffemblerent enuiton laini-Oftobre,ayant pour inoyf'
âeurâ1
Hb H RI s î c ON d'. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;18
neurs des differens qui pourroy eut furuenir en leur pour-parlé la Douairière de Lorraine auec le Duc fonfils.Cepc- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«
dant le Conneftable ayant compofé de fa rançon, vint fai-â â relareuerence auRoy qui lui fit tout le bon accueil quâil eft poflible de penfer, iufquesà le faire coucher lucc lui, conauie aucuns ont alTeuré, amp;nbsp;lailfé par efcrit. Pendant ce,,,,, nbsp;nbsp;,1,.
pourparlé les deux armees furent rompues, 8c les cftran- A-,âi# gt;â¢ââ gets reniioyez.
Ainfiquelon eftoit furie traité de paixinoururçnten Efpagne lâEmpereur Charles cinquiefmeSi fafÅurElco-not vefue du Roy François. La paix fe fondoit fur les ma- Å- rf, riages de Charles Prince dâEfpagne auec Elifabet fille aif- ftcur. puü nee du Roy Henri,8c de Philebert Emanuel Prince de Pie-mont auec Marguerite fille du feu Roy François. Ce qui allongea le pourparlé fut que la Roine dâAngleterre dénia- driiinul doit Calaisimais fur la fin de Noucmbre elle mourut,fuiiiic taim. du Cardinal Polus fon grand entremetteur Cefte traucrfe
, qui changea lâeftat dâAngleterre,où Its Efpagnols ni le Pa , penâeurentplus que voir, fit remettrelâalfeinblee des de-!,* putez iufques à lâan fuyuant.
quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M. D. L I X.
T E Roy Philippe ayant fait célébrer en grande pompe JLjà llruxellesles obfequesde lâEmpereur fôp£re,fe tenoit dt churiet P en Flandres attendant ce qui fetraiteroit par les députez, âââ auant que paffer en Efpagne. Au regard du Roy Henri,de-fireux dâauoir pour allié le Duc de Lorraine , il lui accorda fille , Claude fa fille puifnee,referuantlâaifnee pour la conclufiô (, de la paix.Lesefpoufailles furent faites à Paris lecinquief I meiour de Feurier.Enuirô le quinziefme du mefme mois, ÿ les députez changeans de place 8c garnis dâamples inflru-I fiions fe trouuercnt à chafteau Cambrefis,le Roy Philip-â¢( peeftant à Monts en Hainaut, où le Cardinal de Lorraine P iâallavoir,ScpuislaDucheffeDouairiere.Ence deuxiefme . nbsp;nbsp;nbsp;pourparlé, les vns 8c les autres faifoyent les froids .mais
»beaucoup plus les Efpagnols ,fauorirez de nouueau l'uc-
ces en Piémont, où les F tançoisauoyentefté battus. En Paix accer fin apres beaucoup de mines on approcha de conclu- 'itrt j fion. Au traité de Cercamp il auoit efté parlé du ma- ''gt; I riage entre Charles Prince dâEfpagne 8i. Elizabet de^ââ,!^ y France. Les députez voyans le Roy Philippe veuf ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;D. iiij.
1
i
M.s.iviir.
Hl NUI JICOND
amp; tenans lâalliance plus ferme. Sâil efpoufoit laPrincelT« que Ion vouloir donner à fon fils,mirent cell article en cô-' 'ference,lequel fut arrefté au contentemét des deux Rois, enfemble le mariage du Prince de Piedmont auec madame Marguerite.LeRoy dePrancerendità celui dâEfpagne ( tout ce quâil auoit conquis fur lui deçà Sc de là les monts. ââ â Item au Prince de Piedmont la Brede, la Sauoye, le Picd-â â ' monr,excepté quatre villestaux Geneuois lâIfle de Corfei Sieneau Duc de Florence:amp; ne retint rien que Cjlais,fan« gaigner vn poulcc dâautre terre en celle longue St periii-cieufe guerre qui auoit defoR'tant de Prouinces, faccage, brtifle', ruiné tant de villes, bourgs, villages Se cli.rdeaux, fait mourir tant de Princes,feigneurs, gentilshommes, capitaines, {bldats,citadins Si paifans , caufé tant de tauilfe-piens Sc viülémens de femmes amp;nbsp;filles : en vn mot qui a-uoit mis fans deffus dclfous toute lâPurope.Le Roy rendit plus de deux cens (autres difentprefques deux foisautât) places, pour la conqiieftedefquellesvne mer de lang de ies fuiets auoit efte eipandue,les threfors du royaume ef-puifez,fon domaine engagé,amp; lui endebté de tou tes parts. Qui pis fur,le feuefteint es bords du royaume fs vint allu mer bien toll apres au milieu amp;nbsp;par tous les endroits dâice lui,comme le regne de fes trois fuccelfeurs en faitfoy. Mais ces chofes font abyfmes des iugemens de Dieu, lef-quels 11 ne faut pas fonder,ains adorer celui qui ne fait rien que fagcment,en mifericorde fur fes enfans, fc tnfa vengeance redoutable amp;nbsp;trefinllefiir tous fes ennemis.
Ãtti/iih vit Le Roy eftant dâaccord auec fes ennemis de de hors ,a-/»«rfuniKX uec kfquels chafciin imaginoit des alliances éternelles.
nu 1!^} ciit fut confeillé de continuer amp;nbsp;redoubler le rude traitement trelfbitH commencé contre fes fuiets de la Religion,laquelle parmi troubles auoit prins grand acroilfcmenr par tout * ' le Royaume. Au lien donc de pouruoir par temedes fpiri-tuels a ce qui concerne les efprirsyplufieurs mal confeilleï confeillers de ce Prince (qui eftoit autrement de bonne i
pafte,dâvn efprit duux,amp; sâappcrceuant tard des tours que ' gens plus fins que lui iou^yent au defauantage du bien de i fon eftat) lui firent conceuoir vne haine extreme contre | lefdits de la Religie, lui emplilfans les oreilles dâindignes j amp;nbsp;terribles rapports,LefieurdâAndclotsâenfentit des pre niierf,ayanteftécnuoyéen prifona Melun ,à caufe de la
Religion, i
HtK II ! t COND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;29
Religion. Là deffus plulîeiirs mefcontentemens 8c. foup-çons fe fourrèrent entre les plus illuftres maifons ,dont fourdirenrbeaucoup de niaux,efclos aptes la mort de Hé-ri,lequel ayant entendu quâau Parlement de Paris fe ttou-
â, uoïc di'ie.liié dââuis au fait dcsfcntences contre les pri-/fonniers de la Religion, fut follicité de fetrouuer en vne inercuriait tenue aux AuguPins (à caufe que te Palais e-ftoit occupé pour lâappareil des mariages )a(in dâentendre lésants des Prelîdens amp;nbsp;Confeillers, Les auteurs de tels a,^â,1^1.« confeils tilimoyent que la prefence du Roy eftonnetoit confnlirri tous les opinans:8( quâainfi ceux de la Religion demeuras Potâ» fans fupport 8t condamnez,ils fe feroyent voye ilâexecQ-tion de leu rs delfeins.il én auint tout autrementxar quelques confeillers dirent nettement quâil conuenoit proce- » der auec moins Je rigueur contee ceux de la Religion,luf-ques 1 ce quâen vn concile libre on leur eu ft monilré quâils fuffenten erreiir.Celui qui parla plus clair amp;nbsp;plus viuemét que nul autre fut Anne du Bourg ,homme trcfdocfte amp;nbsp;de finguliere pieté. Le Roy qui nâaiioit iamais oui propos de telle importance, amp;c. accouftumé à toute autre voix commanda au Conneftable défaire mener du Bourg amp;nbsp;les autres es prifons pour refppndre plus amplement de fon auis/ iurant tout efmeu quâil en verroit le bout. Montgommeri capitaine des gardes mena incontinent ce grand perfonna ge du Bourg dedans la Baftille.Les autres côfeillers furent auffi reffetrez. On pourfuiuoit rudement ça amp;nbsp;là ceux de la Religion qui parmi ces tempelles firent tenir vnfyoode de leurs pafteurs, diacres amp;nbsp;anciens en la ville de Paris, * P'â'ââ au mois de May,où les articles de ladoftrine amp;nbsp;difeipline des Eglifes reformées de tout le royaume furent dref-fez.
Ce pendant, les courtifanscerchoyenttoul moyens de plaifirs amp;nbsp;esbats du monde,afin de folennifer les nôp-/ââr I-« Æâ¢-ces des filles St fÅur du Roy. le ne parle point de lâafla-Gnat commis en la perfonne dâvn renommé loueur deCo-medies qui auoit fait apareils magnifisjues pour refiouir lacour,amp;fut tuéenlâhoftel de Reims par fesferuiteurs, tellement que tout fon equippage demeura là mi du fonge delaRoine,ni-desapprehenfions Et difeours depluGeuts politiques qui tenoytnt que cefte haute roue de profj^ti-té terrienne feroit bien toll quelque tout nS ittendmmai»
J M.D.Lix? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri SECOND.
! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ie dirai feulemét que les gemiffemés des prifonniers pour
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le fait de la Religiongt;les horribles fupplices des autres,Us
j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ardentes prières dâinfinies familles menaflees amp;nbsp;qui voyo
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yentbien que la paix auoit elle arreftee entre le François
! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;£c rHfpagnol,pourleurfairevncguerreiireconciliable,ftJ
ij nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;réc les ventsqui attirèrent dâenhaut les merueilleux chan
Jt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gemens que la fige prouidence deDieu.fit voir toll apres.
J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Elizabet de France ayant elle folennellemcnt conduite
B nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^»^ââ¢/^'««parleRoy fon pere au grand temple de Paris, amp;nbsp;là magni-
î nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fiqüenient 8i en grand triomph?efpoufee par le Duc dâAl
I i« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d'Erpagnefonmaiftre,rofficedesef
I iipfe. poufailles fait par le Cardinal de Bourbon : apres les feux I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dcioyepourlapaiXjIesaplaudilTemens dupeuplesâefgayât
I * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de ce repos,les largefles, proclamations amp;nbsp;ceremonies a-
L nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;couftumees fuperbementfaitestaffiftansà tanrdeinagni-
a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ficences Princes,Seigneurs, gentilshommes. Cardinaux,
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Prélats de tous endroits du Royaume , vn nombre infini
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâOfficiers amp;domelliquçs des maifons du Roy 8t des Roi
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nestsây ellans auffi trôuiiez auec les Ducs deSauoye St
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAlue le Prince dâAurange, le Comte dâAiguemont St
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres feigneuts du pays bas en grand nombre ; apres les
J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fomptueux banquets,ieux,mafcarades, dances, sâenfuiuit
B nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le dernier aéle qui changea toutes ces comedies ioyeufes
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;St riâtes en vne fanglâte amp;nbsp;luiflueufe tragedie,dont le Roy
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/« ffitlf Isuientable prologue. Car ayant publié le Tournoy
t rueS.^n- d larue S, Antoine,ou (côtre lâauis de plufieurs qui B uirit, lefupplioyentdelaifiercellexerciceà ceuxquiluiendô-I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;neroyent allez de plaiGr)il voulu t ellre vn des tenans, fe-
E nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;condé des Ducs de Guile 8c deFerrare. Maislefecôdiour
P nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du pas de ce Tournoy, apres auoirbien couru, comraela
R nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Roine le fill prier de fe retirer,8c que le Duc de Sauoyc sây
U nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;employall,il lui enuoyadire par le Marefchal deMontmo-
L nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;renci,quâil ne codrroit plus qii'vne fois, 8c ce pour lâamour
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâelle. Sur ce ayant enuoyé vne lance au Comte Montgô-
l nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;meri,lui commandant de courir cotre lui,8c le Comte sâen
exeufant bien fortjou pour la retierence quâil portoit à fon
LeT^tjei Prince,ou p.ir crainte de faillir, corne il auoit fait plufieurs ⢠fois le premieriour, fans pouuoir donner attainte contre
L nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tt-vn aucun des tenansîle Roy lui enuoyaenioindre bien expres
f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de n»plusreftifuer.Le Comte courur,8c rompant fa lance
fur la cuirafle du Roy,vnefclac donna dedans la vifiere du
Ht mi sie o s lié nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;30
R.oy laquelle nâeftant bien fermee,ceft efclat entra dedans lâÅil,Il auant que le tell en fut fellé. Incontinent ce panure Prince commence à chancelier de la roideur de lâatteinte; mai/les principaux Princes amp;nbsp;feigneurs coururent incon-, tinent aupi e' ,amp; le portèrent enfon hoflel desTournelIes, où il mourut en grands regtets amp;nbsp;douleurs, le dixiefme îour de luillc t,!e treiziefme au de fon regne amp;nbsp;de fon aagej7,i,r le quarante deu7,icfmc.Vn iour auant fon trefpas,il voulut j». que les cfpoufaillcs du Duc deSauoye amp;de Madame Marguerite fe celebralfeiit en fa chambre,Ãc que ce qui auoit e-ftê accordé au Duc par le traité de paix full entièrement obfcrué. Son cÅur fut inhumé au temple des Celcflins en la chapelle des Ducs dâOrleans.Ses obfeques royales furet célébrées le treiziefme iour dâAouft,8c fon corps enterré à S.Denis au commun tombeau des Rois de France. Câe- , . ftbit vn beau Prince, genereiix, dâefprit doux, aimant' fes â fcru'iteurs 8c les hommes vaillâs.lleftoit adonné ,a fes pfai-firSj à croire ceux qui fçauoycnt le prend, e felon fon na tiirel jlefqueP aulfi bien fotiuent lui faifoyent prendre vu mauuais pli,ce quâil ne pouuoit fi toll defcouurir. Lâambition 5: lâauarice de quelques vns qui le poifedoyent entre-tindrent les guerres que nous auons marquees ci deuanr, not.imtnt apres la rupture de la trefuetmirent en vente les loix,iuftice,ofRces 8c benefices,efpuifercnt les bourfes des François par infinies exaclions,donr sâenfuiuirent de grâds maux. Deux grands pechez. feglifl'erent en France fous le EÃatttel» regne de ce Prince, afçauoir lâatheifmeSc la Magie, auf-.^âquot;|*â'^ââ quels sâadioignit la corruption des bonnes lettre'. Car laâ cenoiffance dâicelles ramenee par le Roy François premier fe conuertit en plufieursefprits malins 8c curieux en occa fion de toute mefch3cetc,piincipaleraéc en celle fourmil-liere de Poètes Frâçois,qui fous le regne Je Fieri par leurs rimes impures 8c remplies deblafphemesreniietfctét vne infinité dâames. Ces pechez 8c autres en trefgrand nombre prindrent at roifl'ement dcpuis,attir3ns peris 8t grands cnFianccles ellringes chaftiemens que le regne des fuc- . ceffeurs de Henri fait voir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
De Catherine de Medicis fa femme efpoufee lâan lyij. Su fils il eut cinq fils 8c cinq filles.Le fils aifné fut François fecôd,fâJf'^quot;' néle vingtiefme de lâtiier lâan i$43. Le dcuxiefme futLoys, ( Duc dâOrléans,lequel mourut au bout de quelques mois. | Le tioifiefme, Charles Maximilian lié le ringtftptitfme
w.D.Lix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François siconb.
iour de Iuin,nsil cinq cens cinquante, Roy apres letrefpa* f de Francois fon frere. Le quartiefine Edouard Alexandre, depuis Roy St nommé Henri troiliefmc, nele dixneufief-' me de Septembre, mil cinq cens cinquante amp;nbsp;vn. Lecin-â¢quiefine,HercuIes,dcpuis nommé François, Duc dâAlençon, dâA niou, de Bern, amp;nbsp;Comtedu Maine,né le dixhui-I eiefme de Mars mil cinq cens cinquante quatre. Lâaifnee des filles fut Elizabet, accordée au feu Roy dâAngleterre â Edouard iixiefme, mais mariée a Philippe roy dâEfpagne, Si née lâonziefine iour dâAuril,mil cinq cens qiiarâte cinq. I La féconde, Claude, marieea Charles Duc de Lorraine, â néeledouz.iefmedeNouembre, mil cinq cens quarante ) fepr. Latroilîefme, Marguerite, inai icc a Henri de Bourbon roy de Nauarrc,nceléquâlorziefmeiour de May,mil ' cinq cens cinquante amp;nbsp;deux. Laqnatiiefincamp;cinquiefme, nvmmce leanne amp;nbsp;Vidoire, nees dâvne ventrue le vingt-I ijiiatriefmc de lüin mil cintj cens cinquante lîx,8t dccedces tort âpre'. Nous verrons au relie de ce recueil lâeftat des fucce fleurs de Henri, notamment de fes fils, du premier defquels il conuient parler.
FRANCOIS SECOND.
Pf/î,'» A T E Roy Henri auoitaucunement defcouuert au con-relt;H»»r,. J__.feil QUI lui fut donné de la rupture de latrefue, amp;nbsp;de ce qui sâen cfloit fnfuiui,qui eftoyent les bonsamp;nitf-cbans confcillcrs dclonEllat. 11 efloit délibéré , api es la Fflat Jt folennization de* nopces de rccognoillre pins particulie-F^âri f.b, rcment telles gens, retenir les vns , renuoyer les au-Zraoçtùi. tres dâoù ils elloyent venus. Mais la vengeance de Dieu s / A ' , Æ$ I® royaume ayant frappé le chef, pourfuiuit puis a-pres fur les membres, comme sâenfuit. François fécond icune dâaduis , amp;nbsp;encore plus dâefprir , elloit du tout * en la püîlfance de fa mere amp;nbsp;dss oncles de fa femme.
qui gouuerncrent les afaires comme nous verrons. V-ne partie de la Nobkflâe haralfee de tant de guerres amp;nbsp;ruines, ne demandoit que repos, laiflant la tout foin du public, amp;nbsp;ietiant lâÅil fur le plus fort parti pour pan-chef
François siconp. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ji
cher de ce cofté-là . Les Couru fans alloyent felon vent. Qi^ant aux Officiers de iullice, la plufpart ertoyenc efclaues de tels ou tels fcigneurs. Quelques gens île bien rellans es parlemens, nâofoyent fouffrir quâa peine encores eftonnez du coup de ballon donné au fouuerain amp;nbsp;pre mier parlement en la derniere Mercuriale.Lcs Ecclefiafti- nbsp;nbsp;nbsp;E«llt;r
questenoycntpoutpilliers del'Eglifeles plus grands bru-tlcurs. Quant au tiers,le faix des guerres palFees lui auoit ollé tout fentiment Sc mouuemét.En la Cour,y auoit deux partis,lâvn des Conneftabliftes, lâautre des Guifîens. Les Princes du fang nâauoyent prefques point dâefgardni au public ni à leur particulier.La Rome meredialienne,Florentine,de la maifon des Mcdicis,8£ qui en vingt deux ans quâelle auoit la vefeu en France, sâelloit donné tout loilir de conoillre lâhumeur des vns amp;nbsp;des autres, fe comporta tellement quâelle obtint le deflus.
Pour y pariienir, amp;nbsp;defirant chaffer le Conneftable qui * lui eftoit plus fu!'pet1,elle fe mit de lâautre parti,amp; sâacquit ' ' des feruiteurs auprès du Roy de Nauarrepour defcouurir fcs delfeins. Incontinent que le Roy Henrieutlabouche cio'e,le Duc de Gnifc amp;nbsp;le Cardinal de Lorraine, mene- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Æ
rent le Roy amp;nbsp;fes frétés auec les Roines au Louure,laiffans pour gardes au mort les Princes dufang,leConncllable, les Marefehaux,lâAdmirai de France, auec plufieurs che-ualiersdelâordieamp;feigneursdu parti Conneftablifte. Le commencement du regne de ce ieune prince promettoit beaucoup quand Ion vid foudainement appelléen cour François Oliuier,homme de grande reputation ,parauant p, , Châcelier,amp; qui auoit efté chafl'é par les menees de liDu- reHMi r» cbeffede Valentinois,laquelle poffcdoitlï feiiRoy. Lon efpera diuantage,alors quâon appcrceut celle Ducheife^*quot;ââ'âquot;'' hors de credit: car on lui ht rendre incontinent les clefs ides cabinets du Roy,cnfemble fesprecieufesbagues ,qui l« D«c6»f furent baillées à la Roine régnante. Mais ce boutchors e- ft ilâ rain, ftoit vue querelle particuliere de femmes; car la DucheQ'c
. auoit efté roine défait durant la vie de Henri,au veu â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feeu de tous.La Roine mere,qui la hay (foit extrememenr,
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ffc: bien aife de la voir defpouillee 8c chaffec,fc contentant
de cela , pour ne perdre la faucurdeceuxdeGuife, lef-quelsquoy quâauaucezparlaDucheffe,voyâs que câeftoit vne planche pourrie, la quittèrent pour sâaccommoder de
PHANÃOIS S ICON D.
M.D .LIX.
fini»
rautte,quineleurferuitpa$ moins que la premiere. On ftnuoya à Rome Bertrand a qui les féaux furent oAez ; 5C â^ â^âançon lafurpermtédance des fiiiâccs,toutesfois ce-Aui fi demeura en cour.pourcc quâil Içauoit trop dâafaires, 8e nâelloitencoies befom le contraindre a prédrenouueau parti.Lc Marefchal de S. André,auance par les faneurs du feu Roy, duquel il eAoit 1èr uiteui fytret ,8t engraifié de confifeacions des biens de ceux delà Religion, amp;nbsp;d'emprunts .1 non rendrt,3yant fait oft're de tout ce quâil auoit a ceux de Cuifcjfut receu en leur bande.
Li Conne^ fiable ren-uejé en fa matfen.
LcCoimellable voyant qucie Roy auoit ileclairéau par* lemenr quâil tntendoïc que Ion s'adrelfafl. tlefornuù pour tous afaires concej nans lâellat de la couronne amp;nbsp;de fa mai fona les deux oncles le Duc de Guifeamp;le Cardinal de Lorraine; par confequent les ennemis mortels coiloquei cnfon lieu,amp; fa'fans ce qui apartenoit alonelîat deCon-nellable amp;nbsp;grand Maillie de France, voire en prefcnce des p Klpagnolsbc eftrartgersjquiparauantlâauoyent taiitrefpe-de,enuiron huit iours apres la mort de Henri, alla faire la reuerence au nouiieau Roy,lui rendit le cachet à lui commis par le defuDâ,amp; ayant entendu du Roy que la charge des linances amp;nbsp;des afaitesdâellat cltoit commife au Car-, . dinal, amp;nbsp;au Duc le cominandcmen: fur ce qui concernoit le fait de laguerre,item quâon lui donnoit honneAemenc congé,dilà nt que Ionie rctenmt du confcil,amp; que quand de fuis a autre il voudroit veniren Cour, il ftroit le bien venuireinercialc Roy qui lui permetroit defe retirei,8c le fupplia,quantà fe trouuei au confeilde lâen exeufer , pour deux raifonsilâvnequâil nepouuoit ftiuit a ceux aufquels ilauoit toulïoiirs commande : lâautre quâel'ant tenu pour vu vieil radote fon confcilnâtllpit requis.Au itAe il fit offre de fl vieamp; de fes biens au Roy.l'uis alla voir la Roine mere qui le mania rudement, iufqucs a lui reprocher d'a-uoir dir en riantau feu Roy quâil nâauoit enfant qui lui ref feniblali,hors mis fa fille bafiatdc auouec.Sc manteau Ma relchaldc Montmorency, bile adiouAa que pour lâamour du defunid elle quittoit fon iniure paiticuiiere.Sc que fans ce refpect elle pouuoit lui faire trancher la telle.Au demeu rant lâexhorta de ne re. oncer du tout la cour,niais dây ve- â nirqutlquesfais.il maintint lâaccufation de ce propos des enfans cArefaufle, la pria d'auoir foiiuenance des léruicex qu'il auoit faits à elle amp;nbsp;au royaume, 6e non au rapport de
Françoissïcond. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JI
Qs ennemis,qui ne lui feroyent pas tout le mal quâils pre-tendoyent. Ayant prins congé amp;nbsp;conduit ion maiÃte au tombeau,il le retira en fa maifon.
Quât aux Princes defangjle Prince de Codé fut enuoyé enPlâdrespourlacôfiiraatiüdelapaix,amp;.luibailla-on mille Prinoi lt;1» efeus^s deniers pour fon voyage.Celui delaRocliefuryôPâ'i âfiquot;â y fut enuoyé pour porter lâordre du Roy,amp; a fon retour or donné auec le Cardinal de Bourbon pour cojiduire madame Elifabet en Efpagne. Les parlemens furent rangez au bon plailir de ceux de Guife. Le Cardinal de Tournonin-ueteré ennemtdu CôneftableSc de ceux de la religion fut rappelle de Romeamp;rcllabliau confcil priué. Partie des vieux officiers de lamaifôduRoy furet caliez,partie des au tres réuoyez en lents maifons auec demie péfiô, pour faire dâtjfiuert place à des nouueaux. Sonic il ne demeura en cour pas vn Coneftablirte en chatge.Les ptouinces du Royaume amp;. les villes de frôtierefurêt garnies de GuiGcsimâdé atousgou uerneurs amp;.chefs de guerre es villes dâobeir au Duc deGui fe corne au Roy mefme. Tous les parlemés furent auettis que le Cardinal auoit toute fupcrintendance es finâces amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
enlâeftat. LaRoinc mere cfleuee par deffiis obtint en don les deniersprouenans de la cófirmaiió des officiers amp;nbsp;priui â â leges des villes amp;nbsp;communautez,dont elle fit pat t a qui lui pleut.Tombienque tellesfommesne fedeulïentcxiger de droit,finon le royaume efeheant en ligne collaterale.
Les premiers edits furet cotre le port désarmés, nômtC^quot;âââââ' *' ment piftoles amp;nbsp;baftôs à feu,puis cotre les grâds manteaux amp;nbsp;groffes chauffes.Câeftoit vn diiexommun ijuele Catdi-nal,homme peureux sâil y en eut iamais vn au monde,ayât entédu de certain deuin aRoroe,quc par enuie amp;nbsp;lors quâil feroit haut efleué,fes ennemis le feroyent tuer de ballon à feu,auoit procuré telles dcfenfcs,eftant en extreme inquie tude,alors mefme que tout ployoit fous lui.
Parmi tât dâafaires,le quatorziefme iour de Iuillet,letttes Prete, i»»⢠patétes du Roy côfermerét lacomiffio des iuges deleguez '« à u pour le procès dâAnne du BourgSe de quatre autres confeil'®â*â?
' lersprifonniers.Du Bourg ferme en laReligiô fut chaude-metpourfuiuijBertrâd CardinalSt Archeuefque deSiés e-fiât lâvne des principales loues de ce chariot crimineljamp;le Cardinal deLorrai«e conduûeur de lâattelage .Ceux de la Religiô fevoyis à la veille dâvneplus ' lolenteperfecutiô, (upplierenc pat lettres bié cxprell'cs la Roin: raetc de faiâ-t
m.d.lxix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second. /
tant par fonauthorité quâort ceflaft de lespoui fuinreainlî
' Ã toute rigueur.Elle promit au Prince de Code-, Ã la Damt de Roye fa belle mere,8c a lâAdmiral.de faire ctller les pet
1,4 Ttiiint fecuriôspouruenquâonnerairembJall,8cque chafcüvef-nerepri, cull fecretteinent ôc fans Icandale.Elle auoit elle trtfueifi metf tucar lee parles lettres dâvn nommé Villemadon, lequel faiioll à ctuxdtia beaucoup de fes fecrets,8cluiramenteuoit fon afftâion i
la piecé,du temps quâelle eftoit llerile, lâexhortoit de ne rC culerdu maniement des afaires dâeilat les Princes dtfangi pour auancerÃe faire rois ceux de Guife.Ces letties futét efcricesle vingtfixiefmeiourdâAoull, Si produilirent tel cffeét que la Roine fembloit encliner de là en auant lâefpa-ce de quelques iours au foulagement defdits de la Religion.Ce pendant ceux de Guife pourtendreleurgouuer-neinent agréable au commun,8c ne perdre rien,publiei cni
jllitMt!»!! au nom du Roy lettres de reuocation de toutes alienatiôi faitcsjtant a vie quâà temps, full pour rtcciinpenfe de ler-uices,excepté les venditions dont les deniers auoyent elR
faitts par le feu teuQquecf.
Ic NaÃArrt foÃtctti de Zâtntr en
employez aux grands amp;nbsp;vrgeqs afaires du Roy, lâapanag' des filles de France,amp; le dot de la feu roine Eleonor, don! 1âinfante de Portugal ioiiiflbitde relie réuni au domaine S receptes ordinaires du Roy, Celle reuocation fut vne ba* ftonnade à certains Princes,grandsfeigncufs amp;nbsp;perfonnei notables,qui par tel artifice elloycnr fi ullrez de leurs fer-uiaes,8cdcsbiensfiiitsdufeuRoy. Dâautrepart les faiio' ris de ceux de Guife obrenoyerit autres lettres dâexemption,8t ainfi Ion defpouilloit les vus,candis que les autres demeuroyent enpofleflîon, ou melines obtenoyent quelque nouuellerobe.
chtmtn«.
Le Conneflable fcnrant approcher la mort de Henri, auoit enuoyé folliciter le Roy de Nauarre de sâacheminer en toute diligence pour venir à la cour,amp;l^ faifir du gouiiernement , premier que nul autre . Ci Prince peu defireux de manier afaires, 8c le desfiantloiS aucunement du Connellable,demeura cov, donnant loilif à ceux de Guife dé fe mettre en fa place. Quelques Princes 8c feigneurs lâen ay.int prelïé de plus pres, il commença a y entendre ,8c communique celt a faire a quatre fienS principaux confeillers,qui elb. yent iarnac, rEuefque Mande chef de fini coofeil, Delcars fou ch'.mbtllan, Bouchant fon GhanctJher, lefiiùels furent dâauit que fans plui
fans plus tarder il sâacheminait en cout:dont ceux de Gui-fe auertis promirét monts amp;nbsp;merueilles à Mande amp;nbsp;à Defeats, sâils rompoyent ce coup. Eux tirent encore pis : car laiHà ns monter Icurmaitlre a chenal,quand il fut auant en pays,commencèrent a mettre de lâeau en (on vin,lui for ge.ins des dangers ineuitables s'il vouloir trop garder fort rang'.quâil deuoit procéder en tout celt afaire par douceur fans rien hazarder,8t sâentretenir dextrement de chafeun. Sur ce confeil eftant arriué à Poiftiers, où beaucoup de Princes amp;nbsp;grands feigneurs lui allercn\au deuant,il mon-lira beaucoup de refolution »donnabonne efperance au* minillres des Eglifes recueillies fpecialement a Paris,Or-leans amp;nbsp;Tours, priant quâon le fupporralt encores quelque peu en ce qui concernoic Pouuerte profeflion de la Religion.
Le premier tour de mefpris quâon lui ioua quand il ap-Si'lawit prochadela cour qui elloit à Samft Germain en Laye,fut que fes fourriers ne trouuerentfgt;oint de place pour lui au chafteau:amp; que laDuc de Guife dit afon Marefchal delo gis,quâil lui coulteroir la v ie amp;nbsp;de dix nul hommes auec, a-uant quâon lui oftaft le lieu amp;nbsp;logis que le Roy lui auoit baillé pres de fa perfonne. Le fécond, que perfonne de la Cour ne fut au deuant de lui pour le receuoir,comme câell la couftumc,fur tout au regard des Princes du fang.Le troi fiefme,quâellant allé faire la reuerence a la Koine mere puis au Roy 3 ceux de Guife au lieu de sâauancer attendirent quâil allait les embralfer, amp;nbsp;fut contraint accepter le logis du MarefchaldeS.André, qui par ceremonie de cour,le luiauoit offert,ne penfant pas ellre pris aumor, Lequa-triefme , quâen lieu dâeltre appelle le lendemain pour fe trouuer au confeil, Ion nâenuoya perfonne vers lui pour le (aluer ni voir ce quâilfaifoit. Le cinquiefine, quâau de trois ou quatre iours, le Roy le tira a part, lui declarant
, que fes oncles le Duc de Guife 8c le Cardinal de Lorraine auoyentlâentiete charge de tous les afaires ,que qui vou-
( nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;droit lui complaire eull à leur obéir en tout amp;nbsp;par tout. Il
'lui conferma au reite fes penfions 8l eflatsjlâaffeurant quid
il viendroit a la cour,il (croit coufiours le bien venu. Plu-j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»heurs de la fuite du Roy de Nauarre voyà ns quâil auoit a-
, ualé doucement toutes-cespilules là , fe retverét,su pnti,-(. drent autre parti â¢.mefmsslatnacfcrepatnaauec ceux dç
M.d.lix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
Guifc. Au bout de quelques jours ce Prince partit pour aller a S.Denis faire les reremorues du dueil de Henri, puis vint a Paris accompagné dcfon frere le Prince de Confie amp;nbsp;de peu de gens, y ellant il loiid.i les auis St volonte/, de quelques vns quâil penfoit aSiâlonnez au bien du Royau-meimaisil nelirtien.
Sacridu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Guife poufiansquot;leuravantage firent facrer le
Remis,le iS.iour de Septembre; St toll apres la Roi ne nitre employa lâAdmirai amp;nbsp;le Cardinal de Chaflillon eniiers leur oncle le Conntitable pour obtenir de lui quâil »efignall fon that de grand Maiilre an Duc de Guife ,auquel lâaoneepteredtnte le feu Roy lâauoit rudementre-fufé. tllc promettoiten ⢠fcb.inge m tllat de Marefchal Lt Cttnella dc Fiaiice a fon fil'. Le Conncrt.ible ternir cell ellat lien bie rt/i^nc purement amp;nbsp;liniplcnient entre les main* du Roy,8c pour-ÆÂ«Â» eh^rdt â((jt promptement a fon fils.Le Duc de Guife fut auffi jn-t.â'agt;id Mai nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mi^cn poû'ellion de là nouuelle divnité.Ouaiit
miraljan â Auniiral,qiii clioir goiiuerneur de Picardie, ayant lentl geuHtrnc quâon lâeii vouloir dclpouillcr, St que mcfnies on auoit e(-mrnt. baüi Gyt de mettre diuû.ôentrc le Prince de Conde Si lui .t tau « 'ErrJJ'ac. cel.!,amp;voy int depuis qu'on lechiquanoit (ur lafour-n.cure des denier.snfcclljiresanxfi ji.' de la fortification
des villes fiontieres,puur lui faire rtceuoir fjutlqiit boute, 8t lâen deietter ignominieufeiiit nt puis .iprcs, pieninr Sc rcmonllra an Roy que ce gouiicrnemcntapattcnoit pour beaucoup de raiftms au Prince de (,ôdt',lcs l'ntci l'turs du quel iâauoytntlongiicmcuttenn.S.)n lt piint au niotqisant a 1,1 l elign irion, mais non quant a la prouilton ⢠car au lit U dâen poiiiiioii le P. ince, ceux de (jinie en achetèrent vn p u mail,le baillaii' au Marefchal dc lî-ilEic. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
E^fritiiirn T.â.iidis qiion bafouoit .111111 les Princes Sc Grands Ici-trrla 'bir.,, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;peti* nc (c rai'oycqt pas : tar p.ii diucrs cfciits
nahnn.lri i,npriinez,dnnt aucuiis sâadrelfoyent a I:gt; Roini iiicre.nar-ries par certaine s runes St innennon.' aigues I on delcou-iiioit uifquts aufondpar le, déporte tnt ns palfr e 8t pre-fens le bu: dc ceux de Giiüe.qni clloyent pcinis dc toutes leurs couleur'.Eux voyant fous ces traits des menace' cache c.s, St que leur authoriiéainli de frais halbe, Jt connue Cil vue otr. ,aiioit befoin de diuers ellançoii',commence» jent a y pr nier de plus pres. Cela fut caufe que rout dâvue V oke on fit dixliuit theyaiiers de lâordre : dont nafqmt le
François second. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;34
le prouerbe, que lâordre de France eftoit vn collier à toutes beftes.Ãrpource quâon parloit fouuent en cesefcrits, que pour pouruoiraux defordrcs,conuenoitaflembler les trois ellats, ils perfuaderent au Roy de tenir pour ennemi moi tel de fon au thorit^,Sf criminel de left maieilé, quicô-que parleroit de le brider ik mettre en tutelle. Quecâe-Itoyenr pratiques ÿc menées de gens mal conrensjibllici-te/. parles heretiquesqui vouloyentrenuerfcrla Religion de (es peres.I.a Koine mete ne redoutoirpas moins quâeux celle conuücation dâellats. Et pour lors les afaires ic ma-nièrent de relie forte,que leRoy dâEfpagne efcrinitlcttres au Roy (on beau frcrc,lefquelles furent leues en plein cou tfijti. feil,le Roy de Nauarreprefenr. J1 mandoitauoir entendu quâaucuns mutins gi rebelles sâefforcoyent dâefmouuoir des troubles pour changer le gouuerncment du royaume, comme li le Roy regnant nâelloit capable de lâadminillrer, S( en bailler la charge a ceux que bon lui fembleroit fans y interpofef autre confentement,ni receiioirloy defes fu-iets.Que de fa part il empinyeroit toutes tes forces« main tenir l authorité du Roy amp;nbsp;de Tes oflîeiers amp;nbsp;mimflres; voire lui touiferoit la vie 8t à quarante mille hommes tout prells, li aucun eftoit li hardi dâattenter au contraire.
Car 11 lui portoit telleaiietlioii(difoit-il)quâil fe dcclairoit Declar/ir,i tuteur 8c protefteurdelui 8c defon royaume,comme auf-'^â^'â!quot;*â^' li de les afaires, Icfquels il nâauoit en moindre recomman-^â'^'quot;* dation que les ficns propres.Toft apres le R oy deJSauarre retourna en Bearg,comme il en eftoit venu.
Les poiii fuites contre le conleiller du Bourg cobtinuoy- Supfliraiiî ent,ce qui tfmcucceux delà Religion à Paris dâcnuoycr« (a vne lupplication a la Roine , lâexhortant .a fon deuoir, 8c méfiant parmi quelque dénoncé de la vengeance dcDier, V,quot; 8cleilauger quâil y auoitque tant de rigueurs nâefmcuf-fent du troublefinaleinct.Eilerelpôdit en terme; fafeheux: neantmoins apres elle femblaanoir châgé iiifquesadélirer de voir vn des miniftresde lâi-glile de Pans pour conférer priuemét auec lui.La dame dt Royc y pourueut,8ccc mini ft e s atheniina iniques auprès de Reiius,où il attédit quel que ten;pgt;;.nais il ne peur cômuniquer atiec ellc,qiii trou-ua des exeufes quad on lui propofa la venue dâiceltii. Outre dtiBourg,furJa fin de cefte inefme.annee forêt emprilo-neza Iâ^fiâplubeursperfonnespourlcfaitdela Religion,
E. ij.
M.D.tix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
leurs maifons faccagees, comme en ville pritife dâaflaut-â O/«wgt;n;n tel'moins apoltez pourdepofer quâen certaine aflembk* tna^'na'tt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leudi dcuaiit lâafques CH la place Maubert chez vn
nntre frux sduocatj g and nombre de Luthcnens, hommes,femmes W« la rtli- Sc hiles,apres auoir prefché, fait leur fabac, mangé vn co-chonau heu de lâaigneau pafchal, 8t les chandelles auoyét eftéefleintes,amp; chafcun sâeftott acoupléaucc (à chafcune. Le Cardinal aucc ces informations efmçnc toute la cour.
Alais laRoine mereayant accfte occalîon parlé contre , certaines Irenes damoifclles quieftoyent delà Religion, elles lii et tant quâen là prcfence furent ouis les deux principaux tefmoins qui eiloyét deux ieuncs garfons,lcfquels maintenoyent auoir conu charnellement alors 8é plulieurs fûisles filles de cell Aduocat.lceux commcncerenta brâf-ler,voirea fedefdire couucrteincnt.Toutesfoislâaccnfatiû 8é procès cofitinua:amp; dautant quâen la capiuredes pnfon-niersy auoiteu quelque refinance auxfauxbourg S. Germain, on enuoya par toutes les maifons prendre le-, armes iufques aux coufteaux,quâon apporta en riiollcl de Guife. .
Intiecinca LâAduocar fi calomniculemeni chargé, sâen alla rëdre pri-eenue nah fonnicrauec fa femme St fes filles en laconciergcrie,où le* rfUemrnt furent trouuccs vierges, mais fans faire milice des âquot;ââquot;''rââ' fjujç tellnoins St de ceux tjui les auoyent apoftez, en ver-fartiMit. û certain edit qui metroit en liberté les prilonnicrs pour le fait de la Religion,nonobllant leurs plaintes St re-monftrances,onlesictta comme parfoicehors delà conciergerie. Pendant leur detention fui ent brûliez vifs piu-lieurs tant a l-'aris quâen autres villes,pour le fait de la Religion,laquclleprenoir parmi ces ttmpcllesvn merueilltux acroiirenienr.
T^imcttflraa là autre coflé croiflâoit la haine de grands depetis cô-ci emtr'e tre ceux dcCiuifc.Sur la fin dâCdobre fut publiée vne re-lâautharité monlltance en fauenr de la conuocation des eilats, en la-f/io/ne quelle eftoit ptoiiué quâauxelfau du Royaume apattenoit depouruoir degoutieriieurs aux Rois mmeursiqucleRoy
* ' ne difoit linon ce que lesoncles de la temme lui cnfcigiio- . y enta prononcer : que leCaidinaldc LortanieSc le Duc de Gmfeefioyent incapables du gouiicrnemcnt. iâvn ellât ! prellreamp; ctcaturedu Pape,lâautreauectoute famailona-yant dés le viuant du feu Roy, ofé dire que le royaume a-partenoit a la maifon de Lorraine comme ill'uc de la race â de
Françoissecond^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;55 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-,
de Charlemagne, fur laquelle Hue Capet lâauoit vfurpé; quâils en auoyentinauifellement querellé quelques mem-bres,comme la Comté de Prouence 5c la Duché dâAniou: on propofoit les effeds lamentables de leur ambition, en la rupture de la trefue,8c au dernier voyage dâItalie s caufe de la perte de la iournee S.Lauret, 8c du danger de tout le royaume:pour le cachet duquel,il auoit falu rendre toutes les conquefte« de François premier amp;nbsp;de Henri. Lâon nou-blioit pas leurs exadions,le maniement des finances,8c les grandes debies du Roy.
Eux voyans que le Roy quicommençûità croiftre ne Mtjitnt de donnoit efperance ni de longue vie,ni dâauoir liEneegt;com-mencerent aufli a pouruoir encore plus loigneulement leurs afaires.lls poutfuiuent doc à fe faire force feruiteurs es cours de parlement, attirent a leur parti les courtifans, les capitaines 8c gens de guerre.-monftrcntvn grand zele à la Religion Romaine, pour gaigner les cÅurs des F.cclc-fiaftiques 8c du menu peuple. Et pour leur complaire fut publié vn edit fort rigoureux au mois de Nouembre contre les affemblees de ceux de la Religion, qui furprins en icelles eftoyent irremifliblemeqc condamnez à mort,leurs maifons raiees à perpecuité,recompen(e bien grande pro-mifeaux deceleurs dâicelles affemblees. Ces lettres publiées,la perfecution recommença: mais les efpions sâellâs effrayez. dâeuxmefmes,on publia dâautres patentes contre ceux qui (auôrifoyent aufdits de laReligion,Sc qui intirai-
' doyent les luges ou tefmoins en tels proces.
Le dixhuicicfme iour de Décembre,Antoine de Minard LefrtÃdent ' prefident au parlement de Pari,s,fut tué dâvn coup de pifto Mmardù-' lecammeilretournoit auâfoir du palais en fa maifon:8c nâa on iamais peu fçauoir dâoù cela eftoic venu, non plus queââ de la mort de IulianFcrmé,agét de la maifonde Guife,tué auprès de Chansbourg, où eftoit le Roy, 8c fpolié de memoires dâimportance contre la vie des perfonnes notables. Quelques vns furent emprifonnez 8c en grandâpeine à caufe du fait de Minard: entre autresScuard Efcolfois .le-quel(quoy que parent de la Roine regnance)fut rudement torturé,fans quâon peuft rien tiret de fa bouche quipreiu-â nbsp;nbsp;nbsp;diciaft a lui ou a autre.Sur ces entrefaites, lâElefteur Pala-
' I tin ayant enuoyé fes ambaffadeurs au Roy demander du â ï Bou g pour sâen feruir à Heidelberg, le Cardinal irrité de
w.D.Lix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François sbcond. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
1.1 mort de Minard, ht efcrireau Parlement quâon cud i execuier lâarteit donné contre iccini du Buntg. Auât ijuâtu venir la,lettres patentes amp;nbsp;trefexprtffej contre le poïc des armes furent derechef publiées.
.ylOT« é« Le vingtiefnie ioiir de Décembre, Anne du Rpurg,ay.it ⢠- perfeueré conlfamment en fa confcflion Je foy fur tousles ei((éà mart quifont cn debatan fait de la Keligion fut dégradé.
hommes tant a pied quâa clieuai,bien arnie/-,i|relfcr puien ces amp;nbsp;mener du bols par tous les carrefour. Je Pansa ce âcoufluniez. Et en celt equipp.ige, le vingrroificfme lour du mefine mois, du Bouig fut mené a S. lean en Giecf, pendu amp;ellranglé,pui.sbjulié amp;nbsp;fon corps réduit entendres. Toft apres autres furent bruflez a Paris amp;nbsp;ailleurs, pour me Une fait de religion . amp;nbsp;diuers moyens inutiitc/. pour mairacrer ceux quiallatis de iour par les rues ne fe-royent la rcuerencc aux images dreifees de nouiie.iu par 'li^ratrdi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;files,.^St eftoyent coniraiiis les pallans de
riAitti. contribuer argent aux boittes qui leur cftoyenc prefen-tees pour fournir aux cierges allume/, denant ces muges: autrement il y ali'oit de la vie. On alloitaufl'i par les mai-fons faire des queftes pour entretenir au train amp;nbsp;frayer aux proces des criminels : qui refufqit ou dtlayoit de mettre la main a labourfe, sâen tioiiuoit mauuais inat-chand.
Lâvrwp»- Ces procedures du tout inrupport.ibles ,Ies mcnacEi tun Ã-let contre Ies plus grands du royaume,le reculement des Pu® tnfuppertit. jgj gj principaux .Seigneurs,le mefpii; des ellats du rova® tirs déporté i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â i
taentde æfjCorruption des parfcoiens range/.au parti de.sgoU' nt^p; de uerneurs nouneaux Sc ellrangers qui poffedoyent amp;nbsp;I' Gulfe rep Roy amp;nbsp;le Royaume, Ics deuiei a publicgt;, Ics f.tTicts, Ies ueiUeni let bénéfices, départis par leur coainia..dement S: a qui bofl leur fembloir, leur gouuernement violent fit de foyinef' me illegitime contre lesloix amp;nbsp;lâmdte du royaume, rf ineiitde meiueilleufes h line, contre le Duc de GinfeS le Cardmal de Lorraine: amp;nbsp;fit que plulienrs ne pou-uans plus porter vne telle oppiefl'ion,commencèrenti fe râallier pour auifer à quelque iofte defenfe, afin d( remettre fus lâancien amp;nbsp;legitime goiiuetnement du royaume. A'jis en furent demande/, pour le droit.St pour h confciencea plulieurs docTies lurifconfultes St Théo-
Jogiciu.
ÃKANÃOII SICOHft nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;36
logîens. La tefolution de la plufpart fut quâon pouuoit sâoppofer legitiraement au gouuernemenc que ceux de Guife auoyenc vfurpé,8t au befoin prendre les armes pout repoulfer leur violence, pourueu que les Princes qui en tels cas font nez magiftrats legitimes,ou lâvn dâeux levou-luft entreprendre,eftinsrequis de ce fairepar les ellatsdu royaume, ou de la plus faine partie dâiceux. Les premiers qui penferenta bon cfcient a vnfait de telle confequence nâeftoyent pas menez dâvne mefme psnfce. Les vns meus dâvn droit zele de feruir a Dieu, au Roy, 8c au royaume, croyoyent ne ponuoir faireÅuure plus lulleque de procurer lâabolition de la tyrannie,8c le reftabliHenieni de lâe-ftat,enfemble ouunr le chemina quelque foulagement pour ceux de la Religion. 11 y en auoit dâautres deli-reux de changement : 8c dâiutres encore poulfez de mal talent pour les outrages que ceux deGuiie leur auoyent faitsou alcursparens 8c allicz.Tant y a que tous auoyenc cebut de sâeffoicer que ce gouuernemcnt illegitime cef-faft,8c que lâeftat du Royaume full ellabli comme ila-
' partenoit. Mais dautanc que parmi ce deH'ein general, le-« gicinie, 8c louable, il y auoit des difeouts particuliers ' nierueilleufeniencdefeûueux, ce nâtft demtrueilles sâil f y eut de laconfuGon en la pourfuite , Sc G iâeuenement * en fut trille pout les entrepreneurs, notamment pour '' ceux qui y mefloyent leurs palfions particulières auec
la conGderation du public. Car quant aux autres qui
!â viferent à ce but de vouloir afranchir la France du ioug ⢠des eftrangerî , encores que la plufpart dâiceux loyent ⦠morts en la pourfuite tant alors que depuis fous lete-
â¢' gne des deux Rois fuyuans ,8c que ce debat ne foit pas * encores vuidé,G lont ils fortis du monde auec ce Gngulier contentement en leurs âmes dâauoir courageufementfa-
f criGé leurs vies pour mettre leur patrie en vraye liberté r fpirituelle 8c corporelle.
â¢' Encespremieresconfultationsfeprefentoitauflivneau
1^ tre trefgrande difficultétcâell afcauoir par où Ion commen- en vaeiran ' ceroit de sâadreffer au Roy mefme, outre fa minorité iltiftnfie-i nbsp;nbsp;nbsp;nâauoit gueres de fens , 8c nâeftoit pollible de parler Ã
f nbsp;nbsp;nbsp;lui feul de tel afaire, ioint quâil eftoit aft'eftionné Sc af-
' nbsp;nbsp;nbsp;fetui aux deux que lâon vouloir tirer arriéré de fes co-
* nbsp;nbsp;nbsp;ftez. Se ptefentet au ptiué confeil , câefloit accepter
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t. iii).
M.D.tix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second'.
fes parties pour iuges,amp; toucmanifeftenjentacroiftre I* confufion.Receuoiraux Parleinens,encores moins Ãi dangereux. 11 fut donc trouiie' necelfnre de fe failitilfâ perfonnes du Duc de Guife amp;nbsp;du Cardinal de Lorrain'i comment que ce full,fous lâaucu de quelques vns ou quel' J quâvn des principaux membres de lâeftar, puis demaniief raflemblee des trois eftats,afin que les deux fufnommezy I« Prinet rciîdiircnt comte de leur adminillration. Sur ce, Louys Jr Ctn.it,Bourbon, Prince de Conde', fu t inOamfnent follicite' dâen-trefaffra,e- fçf,à Ce fait pour empefcher la ruine du Roy amp;nbsp;duRo' lèr yâuine.Cotnmequelques vns onclegerement penle rtjinme. crit que toute cefte procedure,depuis furnommee tumul' tedâAmboife, auoit efté vneentreprifedegens temerai' res,feditieux,ennemis de Dieu amp;nbsp;delât ftac,pouircz de de* fefpoir amp;nbsp;de fureur: auflï sâeft-iltrouué dâautres, mal affc' lt;lionnezalaiTiaironamp; mémoire de ce prince,qui lâont ofc charger dâauoirellé pouffe dâaffcclion particuliere en ces intelligences, 8c que câelloit vne querelle quâil effiya lt;1' vuider par tel moyen contre la inaifon de Guiie, pour fait« puis apres dâautres plus grands rqmueniens.Mais fans cliâ' ger ce petit recueil dâAnnales en Apologie , il l'uffîrarC' Citer fimplenient les chofes, dont la mémoire eft encore frefehe en la penfee de quelques François de ce temps li amp;nbsp;de ceux qui font venus depuis, aufqiiels on lâa raconte fiiiceremenr.Car quant aux hommes partiaux qui pour gr» tifier à ceux qui tenoyent lâefpee fur leurs teftes tandiâ quâils faifoyent imprimer les liures où ils traitent dece*' afaires fort impertinement,fans dire pis :1e (îecle prefent,S rauenir,reiettera leur tefnioignage,comme plein de palfi® touteeuidéte 8c repugnant à verité;Sc auouera que le Prin ce fe monftra en ce fait vrai François,8c trefaft'célionnéat* bien du Roy 8c du royaume.
Ainfi donc, le Prince ayant aiiec fon plus fecret confeil meurement 8c longuement penfé à ce dont ileftoit requisi comme la confequence du fait le meritoir, donna premiere ment charge exprelfe Sccommiffîon fufSfante à certain® perfonnages entendus 8c de preudhonimie bien aprouueei, dâinformer recrettement,foigneufement,8cexadcment,ft® les charges impofees à ceux de Guife, pour puis apres regarder à ce qui fepouuoit 8c deuoit faire en bonnecon-fciencepourlebiendu Roy 8c du royaume. Lesinformi-tioiii
François sicondJ
37
lions faites,il fe trouua par tefmoignages de gens notables SommaiV» amp;i.]ualilisz.iceux eftve charge?, de pliilieurs crimesde lefe lt;(« infarmt Maiettéjeiifemble dâvne infinité de pilleries,larcins èc cô- /ââ¢'t'» enflions tant des deniers du public que des particuliers, Entre autres chofes notables, on lâafleuroit eftre bié vérifié amp;par gés qui leur auoyét efté cônae doinefliques,quâils: vouloyent sâemparer du royaume ,amp; faire mourir tous le» Princes du fang, ti toll quâils auroyent exterminé ceux de la Religion :amp; deliberoyent dcfpefcher tous leurs ennemis en peu de temps, ayans entendu par rapport des mede eins que le Roy ne pouuoit plus gueres viure, ni auoir lignée. Cela felon les hommes fe pouiioitaifementexecu-teriartenduquâiceuxdeGuifc auoyent la inftice ,l'argent, les villes fortes,les gens de guerte,amp; le peuple a leur corn mandemenr.
Il futqueflion fur ces informations dâauifer aux moyens
de faifir des pe Tonnes chargees en tant de fortes parieel- die prend les.Câelloit la ditïiculcé,que Godefroy de Barri,fleur de la charfc de Renaudie, fjrno iimé la foreft, Baron de 1 'erigort,amp; gen-tilhomme dâaticiénne maifon refolut,acceptant le matiie-ment de cell afaire fous lâautorité du Prince lequel prcmiit de fe trouuer au lieu amp;iour del »capture de ceux de Gui-fe,poiirueu que rien ne full dit,ni entrepris, ni fait en forte quelconque contre Dieu,contre le Roy, Meflieurs Tes fre-res,les Princes,ni lâeftat; pourcc que faifant autrement,il sâoppoferoit le premier .à cequi sây diroit, entreprendroïc ou feroit au contraire. Ces chofes fe palfoyent enuiron la fin de lâan mil cinq cens cinquante neuf.
M. D. L X.
MAdatne Eliv.abet de France mariee au Roy dâEfpa- Madame gne,amp; partie de Blois au commencement de De ce-bre,delâan precedent eftant conduite par le Roy fon ftere amp;nbsp;la Roine fa mere iufques à Chaftelleraur 8c Poiclicrs,8c pourfuiuant fou chemin auec le Cardinal de Bourbon , le Prince de la Rochefuryoii,8c autres grands feigneurs droit en GafcongnCjle Roy deNauarre lui vintau'deuantà lior deaux, amp;nbsp;la traita magnifiquement par fes pays, lui tenant compagnie iufques aux frontières de lâEfpagn?,'Ui elle fut remife aux gi auds Seigneurs députez par le Roy Philippe
M.D.Lx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
quilareceurent Scmencrent en grande pompe à leiftmai' lire au commencement de celte annee.
Oi-inmiinct Le premier lüur de lanuier, on expédia lettres au noW {i-rix nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J,J i^Qy pQur la prouilîon des oÃccs de mdicature, la no-
des officiers citant commilè aux luges Stofficiers du Koyslelquels enuoyas vers le Roy,'lchlt;gt;iliroit de trois qui lui Icroyent nommez celui quâil conoiftroit titre plus capable. Ce fut vneordonnance en parchemin, Scfansef-fcdjcô ne beaucoup dâautres.En ce meline nois amp;nbsp;au fuy-üât furet vuidez les procès criminels cotre les confeilkts delà Porte,deFoix,du Faur amp;nbsp;Fumee,quiauoyét elleein-Ciinfeiliirs prifoiiiiezquâd dt Anne du Jiourg.lls efchapperët tous des frifinmiri priions auec quelque i eprimende. On tic ce que Ion peut Ttiafihet.- pour accabler le confeiller Fumee, mais il fit fi bien tellei les luges amp;nbsp;p.irtics,quâilfe defucloppa de leurs filets.
.^ir^mhhe Pour reutiiir a ce qui ell plus imporcant,le premierlour uNitntci. deFeurierla Reuaudieauec bon nombre de Noblelfe amp;
du tiers eliat de toutes les prouinceA de France fe trouue-rent a Nantes ,i)ù fans couleur de folliciter des proces au Parlementen Bretagne qui fe tenoit alors en cefte ville là , ils gt;âal!eiublcrenr,enapregt; lâinuocatiOn du nom de Dieu, tout cequiaeltë touché ci delfus fut amplement expofé par la Rcnaudie. Apre, que plufieurs eurent opiné, S£ trouiié lâentreprife lulle amp;nbsp;neceflaire , vn entre autres retpait quâauant que donner la promelle ,chafcun iuiaft amp;nbsp;promit a Dieu folennellement, de ne rien entreprendre contrei luthorité du Roy ni de lâellat de France,protellat de fa part que sâil sâen pouuoit aperceiioir, mcfmes quand ce viendroit fur le poinfl de lâexecutiô de lâentreprife, il en auertiroic.le Roy , amp;nbsp;fe feroit plulloll tuera fes pieds que defouffi-ir aucunechofeeilreattenteeà fijn preiudice.Cela iugé de tous trefraifonnable,chafcun iurade ne rien entreprendre quâau profit amp;nbsp;auantage de leur R.oy amp;nbsp;naturel feigneuricommcaiifli la pre face des articles de leur accord fut coutheeen ces propres termes ; Proteflation faite par It PrtttParian iotti ceux du cTifed, de nalteter aucune chofe contre ia ma-[ahnneUt iefle du licy. Princes duf.tn^,ni eÃat lepitnne du/ioyaume.Après desaffiaer. le confentemét de tous,lâon auifa aux chofes rcquifes pour lâexecutioirla Renaudieayant monllré fon aueu,prelléfer met à la cópagnie 8t receu le ferment de chafeun. Fut arre flécjuele d^iefme de Mars la capture de ceux de Guifefe feroit
pRANÃOISSiCOND, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;38
fctoit enlâ ville Je Bioisjoùlôprefuppofoit que le Roy Je uoit elbe encore de feiour.Cinq cés gentiUliômcs de toutes les prüuinces,auec antres forces denoy et accôpagner la RenanJie,(oiis lacôduite du Baron de CaUelnau amp;nbsp;autres pour les troupes des proumces.On pourueut auBi a dîner fes auoes cliofes qm pouuoyét traucrler ctfte haute entre dm-jwife.La cnp ign e â .âelfà t retiree,chafcû auec fa cóiniflió,amp; '' h tédc/,-vous doué, la Renaudieayât auerti le Prince fur ' lafin deVentietde iacóclulló prinle à Nanies,dónaexafte mét ordre tü en diligêce piefques incroyable a tout ce qui eiloit requis de fa part.EIfâc venu toft apres a Paris,pour y acheminer plus aifement les afaires, il fe retira aux faux-bourgs S.Germain cher, vn certain A Jirocac fnyuât le pa-lat',nôné des Anenelles,lequel tenoit mailbn garnie ,à la mode Je celle villela.Des Auenelles qui faifoit profcHion euunre r,n.
⢠delà Religiô,voyant pluueursallées amp;nbsp;venues Je diucrfes 'ââ «prinf« fortes Je gés enfarnaifon ,amp; entendit quelques mots a la fâ' trauer(é,lit tant quâil en defcoutirit quelque chofe de plus,'ââ* Seen fin le tout,où il promit sâemployer.Mais ayât ipprché dé le danger,lui qui cdoit ponte,auaricieux St delireux de sâauâcer,péla en auoir trouué le moyen,qui futquâauec vn autre de inefme humeur,il allatioiiuer vn nrailfre desre-quelles nômé 1â 'slentâc,3gcc Ju Cardinal, amp;nbsp;iMilet fecrctai re du Duc Je Guife , aufquels il declaira ceqnâil en fauoit.
Les chofes procederêt tellcntét,que ceux de Guife,!e Châ Ei «1 r«.;. celier amp;nbsp;la Roinc mere eniëdirent la piufpart des Jellein.» fu( néttôner..Dcs Auenelles ayant receu quelque recôpen-feauec grandes pro neflës, fut renuoyé de Blois a Paris pour feiner des faux bruits cotre ceux Je la Religion. Outre cela ceux de Guifeenuoyerent lettres dn Roy amp;nbsp;de fa mere a lâAdmirai St fes freres pout les attirer a la cour.Da-uâtage,ils amaiferéi gés de cous cofter.iSt efctiuirét a tous cmmtnt BailUfs Sc Senefchiux,pour faire arretter cous gés de pied
amp; de chenal,qui feroyée ttouuez portas armes Si sâachemi p»«r««7«gt;t nis vers Amboife. Quât à lâAjmital,eftant ariiuc,il ht de grades reinôllrâccs a la Roine meteen prefence duC han-' cellier,fur les extremes rigueurs quelô auoic tenues à ceux delà Religiôjlapriât de faireceffer les perfecutiôs, attedât vn S.Sc libre Cécile. La de(fus,le Chancelier propofa fi vi-nemencau confeillâa'iis de lâAdmirai en prefence de ceu'x deCuifç; qiiâil sâeu enluiuic vn edit dâabolition de tout
»i.D.Lx, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François SECONDÃ
le pafTe' au regard du fair de la Religion,forcluant de ce pat Zi/u ifjtiiZ» Jqjj jç5 (niniilres amp;nbsp;ceux qui fe trouucroyciit auoir con--contre le Roy,fa inere,fafemme,les Princes, fcs pria tdi^iart. cipaux officiers Stlâellat.item ceux qui par force auroyent
J. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;recouru les prifonniers des mains de iuflice, raiiilespa-a
r.fh»» lt;juets du Roy amp;nbsp;tué les porteurs Ceil edit fut fait au com â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mencement de Mars. Nonobilant lequel la Renaudie ne
laillade pourfuiurefa poinie,encore quâil entendift quâon lâauoit defcouuerr. Le Prince sâacheminantà la courpour produire au Roy amp;nbsp;a Ion confeil les informations contre gt;nbsp;ceux de Guife, fi toll quâils feroyentempoignez,amp; reque- | rir raireinbleedesell3rs,couut,entre Orleans amp;nbsp;Blois,que toutelloit dercouuerc,ce nonobilantil pafraoutre,donnât courage à fes gens.Arriué a Amboife,reux de Guife lebra lièrent autant que bon leur feinbla,maislui faifantfemblât â de ne rien voir les tenoit en merueilleufe crainte.
lechiog-ment de beu fit que la Renaudie fetrouua tgt;,erue:Ur^. Cil vn endroit uoinnc iaCarrelicreà Gx lieues dâAmboife, aucc les principaux du confeil, amp;nbsp;le lourde lâexecutioii f fut pris au I i âlefdu moi s, par vu ordre tel que ceux de â Gaifetoutauertisquâilsclloyenteuflcnteftébien empef-I -giurei cliczauec tous leurs aJIi ?rans, fans le capitaine Lignieres qui approchant dâAmboife poureftre de lâexecunon ,au rjxf. lieu s'y employer alla ileclairer par le menu les noms des chefs,le rendez-vous des troupes,5t les autres circon ilinces,! la R,oinc mere,alléguât pour fonexeufeque câe-iloitpoiir fauuer rhonneur du Prince quâil voyoitellreà tort aceufé du crime de Icfe M3iefté,amp; en danger de fa vie. Parainfiles troiipesnâeiloyent pluftoft arriiices,où illeur elloitord-suiié, (j iâon ne lesailaft prendre prifonniers les vas apres le* autres,fans quâils peulîent fe râallier.Ceux de Guife î n iffuyent cependant gens de tontes parts : amp;nbsp;( ce qui leur vint a propos) Jelcouurirent parleurs efpionsfor-cearrncî 8c pitloles amenées dans des bahus qui furent fai fi . Ainfi donc on amenoit les prifonniers par douzaines 8C f» 7M4- vingtaincsà Amboifé,où le treiz.iefuie de Mars Ion chan-s utit Mlia gea route; les gardes du Roy,8c fit on condamner vne de« rti de Ctt- portes du challeau par où les troupes de la Renaudie de-Helnau (}â a ijoyent entrer.Le Baron de Challelnau 8c le capitaine Ma-zieteâ arriuez au fauxbourg de la riche à Tours, Se defeou-
»»ye.r. uerts furent attaquez par le Comte de Sancerro, auquel
ayans
François sicunb. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.59
ayJns tefpotidu lionneÃenient, comnit il voiiloit s'en lar-ftr, fut contraint te retirer bien ville, (ans toutesfois eilre offenfe ni aucun des funs.De la le Baron amp;nbsp;les liens (c ten dircataii cliallcaneleNoilay où le trouuertnt les principaux delâentreprife. Ceux de (juil'eayans faitacroire au Koy que câelloyent cértains mutins anialfcz pour ralïaflt-ner,ily enuoya le Duc de Nemoursaticc bonne troupe, lequel ayant furprins hors du chafteauB^aunay amp;nbsp;Ma/ie-res fe pournienans les faillt prifonniers : pinlieurs de leurs gens le fauuerencqui ça qur la.Nemours ayant enuironne le chafteau de fortes gardes, Si mené ces deux.à Amboife reuint apres difné fuiut de cinq on fix cens chenaux.Le Ba ron auoitenuoyé ataB.enaudie,aùn quâil fe haftall de le venir defgager, ne voulant abandonner la place , où il y a-uoit des arniesjpoudrcs St munitions. Mais fe voyant in-ueftiamp; le Duc deretour,ilentrcenparlcment,furlâinftan-cequiluitnfutfaite ;St ayant bien au long difcouiii des catifes de lâentreptife,le Duc le pria plufieurs fois de lailfer les armes, venir parler au Roy,sâobligeant a lui en foy de Prince, quâa lu; ni a fes compagnons il nâeu i euiendroit au cun mahains quâils feroyent mis en toute liberté,Le Baron sâaffeurant en la parole uâvn Prince,obéit comme aufii h-rent ceux qui telloyent auçc lui. Mais an iuez a Amboife, ils ne parlèrent a aucun,for aux commis qui leur citoyée envoyez de par ceux de Guife.
La Renaudie ayant en cemefine iour lâauertillement^âquot;/â«'««-decequifepalfoitaNoifayauxtrouDes qui cftoytnt trt la ritiiere, leur ordonne de mai cher en diligente droit au challeau dâ?»mâooife,cc quâils là icut par dedans les boisâ .^r,Æ,,_ mais titans attédiis amp;nbsp;cnuelope? par La catmlei ie eriuoyee par le Duc deGuife,onenfaifitlaplufpart,qiiiamenci
I nbsp;nbsp;nbsp;prifonniersfurent pendus incontinei.t,pbis icttez en lâeau.
On tuoit dedans les bois les mieux equippez, pour en auoir les defpouilles. Les antres troupes attendues es rendez vous eftoyent foudain inuellics , amp;nbsp;menoit-on les faldats quinze a quinze , attachez és qu-.ues des che-uaux,puis iettez e- prifous.
Surcelettrespatentcsfurenrexpedicesle dixfeptiefme de Mars,par lefquelit gt;nbsp;âpre, v n ttrand narré contre les pri-fonniers dâAmboife, )e D.ic dt tjuife eltoit detiairé par le quot;nbsp;Roy fon,lieutenant général,auuc toutpouuoir défaire le-
m.d.ix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François s ï c o n d.
uees degens de pied amp;nbsp;de chenal pour punir Jes rebelfoi -, nbsp;nbsp;nbsp;, fans autre formvni heure de proces. Autres lettres furent
Helen it nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;.
ilfltper let ^xpeuiees ce nieitne lour,portas coinancemet 3 tons ceux treupet, (jui elloyenr en armes pour aller vers Ainboile,furle dunne a entcmfie de leurs chefs St pour Ic fait de leur foy,euf-fent aft retireren dedans vingt quatre heures,Ã peinedâe-flre pendus 8e edranglez.sâils palfoyentoutie.
Mertie la Le lendemain, comme la Renaudic tafchoit de réunit fes troupes 11 fut rencontré en laforelt decbalteau Re-gnaur par vn nommé Pardillan q ii lui tira vn coup de pilfülcimais ayant failli, la Renaudiele tua. Vnferui-tetir de Pardillan renuerfa mort la Renaudie dâvn coup de harquebou/.e. Le corps de la Renaudie fut ported Ani-boife,amp;. [x-ndu (ur les ponts auec vrielcriteau attaché au col,contenant ces mors, La Lfenauelie,tliila FercÃ,chef des rebelles. La mort delà Renaudie fut caufe que plu-fîeursqui sâapproclioycnt fe desbanderent amp;i fe retiretent. On ne les pourfuiuit gueres loin. La Renaudie auoit amené cinq cens cheuaux luiuis de nulle autres, fans les piétons.
La fecYctAtre dela'^e-ttaadie.
Entre autres prifonniers choit la Eigne qui auoit feriû de fecretairc la ilt;cnaudic, lequel fut trouuéfaili dâvn papier en chilre. Pour fauuer la vie,il de fehifra ce papier, qui ne contcnoit autre cliofe que ce qui auoit eflé conclu par tous les aHocicz. tü lâexprelle protellation de nâattenter aucune chofe contre la niaielté du Roy ,ni contre les Princes defon fang, ni contic lâeliat du royaume: 8t les articles ne tendoyent.1 autre (in quâà oÃer le gou-uernenient du royauincà ceux de Guife, amp;nbsp;faire obfcriief lâancienne couUume de France, par vne legiiime aficm-blee des eiiats. llfuttrouué failî dâvne re monftrance au Roy pour ceux de la Religion ,où les iniques procedures du Cardinal contre le Paritrntiit de Pans, amp;nbsp;contredu So'iats pri Bourg entre autres eftoyent deltoiiuei tes. Ceux de Gui-ftnnters re- fg jju commencement voulovent quâil nâefehappaft taÃher.j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prifonniers imais ayans penft que Ictropgrand
nombre dâexectitez les rendroit odieux a tous fitent 1 elaP cher les (bldats aufquels Ion donna a chafeun vn tclloo pour paffer chemin.
l.es capitaines la Motte,C'-'fq'.,euillc,8c autres nâauoyet pas perdu courage, ains doiiueientvne chaude alarme au* Courtifans
François SECOND, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;40
Courtifans à Amboife , amp;nbsp;(ans quelque iiieGntelbgence qui les contraignit de faite retraite,lins perte de leurs gés de cheual,Ventreprife(voire apres la mort de laRenaiidie) eut elfe executee. Mais cela ne fit quâallumer la cholere de ceux de GuiÃe, qui firent pendre tous les piétons que Ion peut attraper cefte derniere fois. Et lors ilfaifoit trefdan-gereux pour toutes fortes de perfonnes, fulfent foldats, marchans ouautres,dâcllretrouuezà lâelcart esenuirons dâAmboifeicar le moindre maleftoit dâefti e mis en chemi-
fe; 8c lors les volleurs, ramallez fous couleur de faire main forte au Roy,(à qui Ion donna des j^rdes nouuelles com-pofèes de telles gens tant a pied quâà clieuai ) commirent des brigandages Sc extortions effranges.
Ceux de Cuife fentans loin les troupes qui leur en vou loyent, 8c le relie esprifons ,puis afliftrz du fecouts qui leur venoit de toutes parts, commencentafaire pourfuy-urc de tous collez ceux qui fe rctiroyent, 8c en attrapent quelques vns :font commander par le Roy au Prince de Condé,de ne partir de la Cour fans conge; Sc commencent * à faire décapiter,pendre,ou noyer leurs prifonniers,ce qui dura plus dâvn mois.La riuiere de Loire elloit couuei te de corps attachez fix,huid, dix, douze, quinze a des longues perches. Les rues dâAmboife ruillelloyét de fang humain, amp;nbsp;en tous endroits elloyent tapillees de corps morts. On en pendoitplufieurs.iux feneftres du challeauiSc pour faire croire que tout cell elFoit ne piocedoit dâautres que de ceux de la Religion qui fe vouloyent ellablir a coups uâef-pee,lon interroguoit laplulpart de leur toy,8c difputoit on contre eux des poinCls qui font en controuerfe,afin dâefga rer les matieres,8c ne point toucher a ce qui côcernoit 1 e-, lbt,8c à lâoccafió dequoy lâentrepi ifc auoit ellé faite.Quel ques vns qui sâen retoiirr.oyét félon la permiflion du Roy, j ayâs elléattrapez 8c föduits prifonniers a Blois trouuerét ; des amis quienuoyeret gés versie Roy ôc la Roinc fa mere pour procurer deliurâce; mais il ne fut pollible de les a-: border,amp; menaçoiton tels folliciteurs de les tailler en pie cesjsâilleur aiienoir dr fe piefenter au Roy,lequel deman- . doit fouuétesfnisen pieu rat, Qu âai- ie fait a mô pleuple,qui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'âf*
mâêvcut ainfiîle veux eotcdie fes doleâcesScluifaire raifô.
â j Quelques fois il diloii a ceux de Guife, le ne Icai que câell: Uu.ji. i mais iâenté quâô nâé veut quâa vous, le deûterois que pour
w.n.Lx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
vn temps vous fuffiez hors dâici t afin que Ion vift G c'cfl^: moy ou a vous que Ion en veut. Eux rabatoycnt dextrfquot;. ment 8: incontinent tels coups: amp;nbsp;pour delioui lier le pc**', pie dâailioufter foy aux remonftrances faites par les prilb®'^ mers pour la iullibcation de lâentreprife, enuoyerent ComAar dti jg âoæ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lettres aux Parlemens Si iuges desPioui»'
^r'é'ht nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Keligion elloyent acculés dâauoir côfpi'
'fitquot; â contre le Roy,les Princes du fang 8c lâEllat. A quoy 1â* faite vne trefamplerefponfe, où tousles deportemeiis ceux de Guife elloyent defcouuerts auec preuues trefeul' dentes quâeux elloyent criminels de lefe Maitllé, ôc no* ÿiint ceux qui sâeftoyent affem'blez pour mettre le Roy S le royaume en vraye 8c pleine liberté. Fut publié aufli*' autre liuret, montrant par le tefmoignage de Philippe Coramines au dernier chapitre du cinquiefme hure delf memoires,que ceux font ennemis defcouuerts 8c coowr*â de lâEftat qui difent que câeft crime de lefe Maiellé que il' * â *â¢* V»»! parler dâaflembler les Eftats,8c que câelf pour diminuerlâî*, * thorite' du Roy. 11 y eut auffi des aduertiflemensau peif, pic,8c desplaintesauxparlemens.Ainlilesvns sâaiduyeâ; de la plume contre les efpees des autres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
. Le vingt deuxiefme iourdeMarsIonexpediad'autff ^1.âlettres par lefquelles le Roy declairoit nâauoir enteBlt;lj_ domee lâabülitioii du dixfepticfme sâeftendift plus auaiit q»quot; ceux qui parlimpliciré8cignorancesâeftoyentalTeinblf 8c acheminez pour le fait de leur foy : 8c quâen icelle nâf ftoyenr compris ceux qui auoyenc conduit la confpid' lion faite contre fa perfonne,contre les Roines,Princes,* notables perfonnages cftans pres de lui. En ce r.ombref ftoyentexprelfément mis ceux qui elloyent ventisenî* mçsauxfauxbourgsdelaville, 8c ceux qui auoyentc^quot; prinsalâentour 8cdedans Noilà y. Ce fut ladifpenfeà ^ foy donnée par le Duc de Nemours au Baron de Chafiffi nau 8c aux liens. Incontinent aptes ces lettres,on vintab executions , 8c ne fepalloitioiïr ni nuift, que Ion ne ü*} mourir fort grand nombre de prilonniers, 8c tous perfeP nages de grande apparence, les vus pendus , les auti^ deptrfaïuiei ooyez, les autres décapitez, fa s prononceren public**. dlt; cune fentence,fan$ declaircr la caufe de leur mort,fans^;
re leurs noms.On contraignoit le Roy 8cfesieunesfrei'j dâaflifter à ces fpeéiacles.óutre lefquels, le Duc de Gu*^ quclq«f|
François sicóno.
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qiielquesföis pour paffetemps à 1âiflue de fon repas faifoif amener amp;nbsp;pendre aux fencitres de fa chambre quelques vos de ceux a qui il en vouloir particulièrement. Le Baron de Callelnau fit vnnierueilleux proces aufdits de Guife 8c au Duc de Nemours en leur prefence, 8c rendit confus le Chancelier,qui manioitees afaires là contre fa eonfcieti ce,appella de la fentence donnée contre lui deuanc Dieu: comme firent prefques tous les autres, au grand eftonne-nientdcs alfiüans qui voyoyent vne conifance inuincible en tous ces hommes là .Mais ni le haut courage des prifoii mers, ni les pleurs de grands 8t peti qui fetrouuoycnt à ces executions,ni les plaintes du Roy melmes, ne peureut en rien adoucir le coeur de ceux de Guife, ni la rigueur des fupphccs. Vn gentilhomme nommé Villemongys monté ^ur lâefehafaut pour eftre décapité,ayant trempe fes mains à u fang de fes compagnons, 8c les etleuanc au ciel, sâeferia tout haucdifaot,Seigneur,voicilefangde tes enfans-.tuen feras la vengeance.
Entre les prifonniers qui apres le Baron parlèrent hardi-ment au Châcelier,il y en eut deux,l'vn nommé le Picard, chanatuf
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lâautre Campagn3c,quilui contèrent fa legende dâvn bout otiuitrt à autre. Mais le dernier le piqua fi viuement,que ce panure Chancelier tomba malade de trifteffe, ne faifaiu que fouf-pirer 8c murmurer ,aftligeant fa petfonne dâvne façon ef-froyable. Car toutcadueSc actenuéquâileftoit,fideme-'â noit-il fon corps fi rudement quâil faifoit branflet le lift plus fort que nâeuft peu quelque it une home en fleur d'aa-ge.LeCâtdinal lâelUc venu vifiter,fes douleurs régregniét* quot;fr le (entant loin, il sâefetia en ces propres mots. Ha , ha, Cardinal,tu nous fais tous damner. Puis comme le Cardinal fe full raproché, difant que lâefprit malin tafehuit de le feduire,mais quâil faloit demeurer ferme en la foy : Câeft bien i tncontréjrefpond le malade, 8c tournant le dos perdit incontinent la parole, ayant en fes tourmens regretté j lâf pluficurs fois le Confeiller du Bourg.Voila comme le pre- i/ , â nner 8c,principal iuge des prifonniers dâAmboife fut at- * â â *** trappé 8t execute le premier fur lâefehafaut du terrible 8c lt;nbsp;manifcfteiugeinentdeDieu. Les autres y ont efté atrai-nez puis apres , 8c chafeun dâeux a eu fon tour. Meflire Michel de lâHofpital,homme excellent^lorsChancelier de U Düchcffî de Sauoye,(utApp«llé de Ui^e où il eftoit pout
F. b
M.D.LX.
François sscond.
loK,amp; fuccedi à Oliuier. Attendant fa venue,Moruüliw* EuefquedâOtieans gardalesfeaux,amp; fit toutcequâilpt»' pour gratifier a ceux de Guife.
Lt Princt maintitnt
Le Prince de Condéelloità Amboife durant ces horri' bles tempeftes,amp; fècompottoit en homme fans peur,»^ _ - . fcfentant cnriencoulpable. CeuxdeGuifeanimoycntl^ mint finm contre lui, amp;nbsp;apoHoyent gens pour efpier fes contt' uen il- mn «tinces Si paroles,dont le Cardinal tcnoit regiHre,notaniei tie dâvn mot dit en amertume de cÅur par le Prince, voyatâ fliÃra à ««execurerparvnedcsfcneftiesduchalleau quelquâun dti prifonniers: afçauoir que le Roy eftoit côfeillé autrement âquâil nâapartenoRjdc faire mourir dâhonneftes feigneursS tetufts m- gentil»hommet,amp; de lî bonne part,attendu les grands fet' ntmii, uices par eux fans au feu Roy 8t au royaumeidefquels c-ftantainfipriué il feroit bien a craindre que les ertranget* vouluffent durant ces grands troubles faire des entrepri-les : amp;nbsp;que sâils eiloyent Ibuftenus par quebjue Prince,ils mertroyét aifdmét le royaume en proye.Toll apres ils lirét prédreprifonnier De Vauxfon efcuyer,amp;queleRoylâeii » uoya quérir en fa châbre pour lui declairerqoâil auoit ente du que par les informatiôs il eftoit chargé dâeftre chef delà cófpiratió.Surqtioy le Roy adioufia des menaces bien pd gnà res.Le Prince pour refponfe fupplialeRoy dâaUemblel _ tous les Princes amp;nbsp;cheualicrs de lâordre qui fe trouuoytni
*â â¢* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;K lors a Amboife,auec ceux defonrôfcil priué,afin dâenten-
C. I-%» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à dre en fi notable côpagnie cequâil auoit arefpondre là def'
' fus.tncôrinét lacôpagnit futalfemblee en la falie du RoyS Len fa pitlècc,où le Prince ayâr récité les propos que leRoy lui auoit tenus,amp; ce qui sâen eftoit enfuiui, adioufia quels I perfonne du Roy exceptec,celle de Mefficurs fes freies S des Roines,amp; lauf leur reucréce,feux qui auoyét dit Scrap f porté au Roy,quâil efioit le chef Si conducfeur de certains feditieux quâon difofiauoir côfpiré cône fa perfonne amp;fon , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* eftat,auoyétf3uiremctamp;malheureuleniétn3éti.Qnepoü(
/ I picuue de fon innocence il vouloit (pour ce regard feule-mé()quitter fon rîg amp;nbsp;dignité de Prince du fang, pour les . côbatre,amp; faire côielTer à la poincfie de lâcfpce ou de la lan-1 ce,que lâeftoyêc poltrôs amp;nbsp;canailles:amp; quâeuxmefmescer-choyét la fubuerfion amp;nbsp;ruine lâeftar.du nom, amp;nbsp;du fang 1 royal, |à our la côferuation duquel il voudroit employer S ' vie StbiensjCôme il enauoit toufioujs fait bonnepreuueà â J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aufli
Françoissbcono. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4t
auff» pour fon intereft à la couronne amp;nbsp;maifon de France, ' de laquelle il deuoit procurer l'entretencniêc a meilleur ti I tre que fes accufateursifommât la côpagnie, sâil y en auoit aucun qui euft fait ce rapport,ou qui le voultift maintenir» 1 de le declairerpromptetnent.Surquoi nul ne fe prefentât» il fupplia le Roy de le tenir pour homme de bien,amp; ne pre- t fier a Vauenir lâoreille en derriere à tels calomniateurs 8c abufeursimais les teietter côme ennemis de lui 8tdu repos j-public. Celadit,ilfortitdu confeil,pourles lailTet opiner.
Mais a certain ligne du Cardinal, le Roy rompit lâaflem- j blee, fans demander auis à la compagnie , où il fe pouuoit lorsfaire quelque remuement au defauantagc de ceux det Guife.
La Roine mere bien empefchee parmi ces orages,amp; pâ-I chant toutesfois du collé le plus fort felon le monde, en- ftfatnftrt uoya lâAdmirai en Notmandic,pour sâenquérir de la cauîefimi-I des efmotions,le priant alFeftueufement de les lui Ggnifier ( fans aucune diflimiilationiauec promeffe de reconoillance*^'^'*â^â^ââ'* J 8c de tenir fecrets fes auertilfemens. Il exécuta prompte-i ment 8c exaftement facommiflion,8cfans crainte dâaucû, t enuoyapeu de téps apres à la Roine vn gentilhomme aucc li lettres trefaniples,contenâs en fomme que ceux de Guife [ elloyentla caufe Sevraye origine des troubles furuenua I au royaume, à caufe de leur gouuernement violent 8c illeâ - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gitime. Monftroitles pteuuesde cela, adiouftant que les
fideles fuiets delà couronne tenoyét pour certain que ces f«*» «, î nbsp;nbsp;nbsp;calamitezneprendtoyentfinitantqueceseftrangersgou-» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
uerneroyent le Roy 8c lâeftat. Il lâexhortent la deflùs de t- prendre les afaires en main,8c ^e donner relafche 8c repos I ï nbsp;nbsp;nbsp;a ceux de la Religion,faifant bien obferuer les edits qui té-
jdoyent aces fins.Cesauertilfemensenfantèrent lettres à Stuhgenet ii 1 tous les parlcmens 8c autres iuees,pour mettre hors .à pur n nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;a plein les pnfonniers detenus pour le fait de la Rengio:
( defquelles lettres toutesfois lâexecution fut bien longue - 8t difficile.Vne autrechofe pouIfaencore cefte roue.Qtiel â J ' ques pnfonniers a Blois 8c aTours,pour lefait dâAmboile, . ayâs trouué moyé de fe fauuer des prifons, efcriuirét vne gt;nbsp;lettre auCardinal,partie en rtfee,partie pleine de menaces, J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que bië toll ils reuiédroyét levoir auec tous les autres quâil
t nbsp;nbsp;nbsp;ne tenoit pas,8cqui auoyét délibéré de le faccager.Cell hô-
t nbsp;nbsp;nbsp;tne,e*ttetnemtc timide,pour lâheure mit de lâeau en fôvin»
t i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gt;j-
M.tuLx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François S8C9ND;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
dont sâenfuiuic reflargiflemcnc de plulîeiirs prifonn^^j par tout k royaume: amp;nbsp;lors fut dit par pluficurs gt;nbsp;quâen Cardinal fe verifioit lâancien prouerbc , lâoignez vilain gt;nbsp;*
vous poindra. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;|
Letirts III Au relie, ceux de Guifefevoyans attaquez de diuff' /4«t«r dt endroits par diuers efcrits, qui elloyent comme les auao' ctMx dt Cui coureurs dâvne nouuelle charge,firent expedier le derniö, iüur de Mars lettres du Koy a tous les lâarlemens, Baillifâ amp;nbsp;Senefchaux, item aux Princes ellrangers, où ceux q*** sâelloyent trouuez 3 l'entreprife dâAniboife,ooinmc'inen[ les chefs,efloyent accufez de crimes de lefe maiellé diuin^ amp;nbsp;humaine, amp;nbsp;notamment ceux de la Religion amp;nbsp;lesnii' niftres y cftoyent defchirez en dinerfes fortes : a trauen tout cela elloyent meflt'es de belles promefles de refoi' âKiliimfe à Elation en lâeftat politic Sc ecclcfiallic.A ces lettres fut fai' uéliu. te vne trefample refponfeadteÃâeeaux lâarlemens,laquel Ie depeignoit ceuxdeGuife de toutes leurs couleurs,® reqtieroit que ceux de Guife en vne legitime airenibi«« dâellats eullent a rendre compte de leur adminiftration.L* Parlement de Paris enuoya par vu huiflier celle relpunfe â au Cardinal. Mais celui de Rouan ayant voulu faire dâa*^ uantage,fes députez enuoyez vers leRoy furent contrain* i fe retirer bien ville,fans rien faire.
y^^dè quot;/a LeneuficfmedâAurihlettresau nom diiRoy futentefquot;? iMrre â t^tites Sc cnuoyees au Roy de Nauarre de mefme leneui » f que celles adreflees aux parleinens :d'auantage ,ilello|f ' *⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prié de fefaifir de certains qui elloyent pres deTiii,accufr*
dâeSredelâentreprinfedâAmboife.lly auoit outrcplus vn^
récit delà chargeimpofeeau Prince de Condé,qui sâent'i floit iullifié.Ce pendant on confultoit de fe faifir de la fonne du lârince,dont le Duc de Gmfe feignoit nâellre dâ*, uis. Lui dâautrepart del'pefcha vn lien lecrettaireà fonfrf, re, pour lâauertir de ce qui eftoit palfé, lui demander coiv,
£t«iiPr,»- feil,amp;faire entendre fa volonté.Ce parlement defcouucri «. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à ceux de Guife,ils efcriuirent vne lettre au Prince, toudj
Gurr« lt;Æ- pleine dâexcufes,afin de rendormirjaquelle ilenuoyaaul'J mtne par fi à fondit frerc,qui iui fitrefponfe commune, pour nélldi vrw* G«î dçfcouuert. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
mefme temps ceux de Guife remuèrent Stciiidt', l'fnintiii- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tenuerfer lâcllat dâEfcolfe, que leur fÅur la Douairie,
«,f. re,8i le fieur dâOtfel gouaernoyent paifibkiiienc. Lefdi'^,
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François »zcoud. -4'3 de Guife ayant fait le mariage de leurniepee auecIeRoy François,firent prendre à leur niepcele titre delà Roine dâAngleterre 8c dâEfeoffe,fondez fur vaines pretentions. Noncontens de cela, ils mirent quelques efpions en Angleterre, pour recommander leur niepee 8c deniçrer la£{r«lt;ji^, Koine Elizabet,fur tout a caufe de la Religion.Leur mine fut incontinent efuenteemeantmoins ils ne perdirent cou rage,ains pour fe maintenir en credit vers les Catholiques Romains, ils firent faire des edits fort rigoureux en Efeof-fe contre ceux de la Religion, dont sâenfuiuit du tumulte, apuifé par la Douairière amp;nbsp;la Noblelfe du pays. Sur ce le Roy Henri ellant mort,8c le gouuernement de France en leurs mains,ils enuoyerent en Efeoffe lâEuefque dâAmies enlaBroffeleursplus affefttonnezferuiteurs , lefquels à leur arriuee voulurent »ontraindre chafeun dâaller voir la raelfe,reprochans à la Douairière 8c au fieur dâOifel quâils auoyent tout gafté,publians quâils vferoyent de forct-,fins cfpargner petit ni grand.lls faifoyent là deffus de merueil leux deffeins, pour changer lâEfeoffe en quelque nouueau inontk. Ciuoy la Douairiete propofaft des expediens pailîbles amp;l feurs,ces deux voulurent ( par le conimande-ment de leurs maiftres)fuiure leur pointe. Mais cn fin les (eigneurs amp;nbsp;gentilshommes menaffez amp;nbsp;haraffez par tels noùueau-venus prfndrent les armes,amp; appellerent les An-gloîs leurâ voifins au fecours, lellemét quâen peu de temps ik chifTèrent les prertres,redl)i(irét la Brolfe au petit pied, amp;nbsp;contraignirent lâEuefque de fe fauuer entrance,La Koine dâAngleterre à ùoit fait inftance atóntlaprinfedesar-lÃesf'jà cequeceuxdeGuifefe deportafientde confeils fi viblens ; à qüoy ne voulans entendre elle fit vne ample declaration le vingt qnatriefme iour de Mats, où elle mon-ftfoit fe foucier peu de tout ce quelefdifts deGuifeSt leurs adheransentreprendroyét contre fon rftat,amp; tefmoignoit defirerlapaixentoutelaChreftienté. Ils effayerent par pratiques 5t ambaflades de radouber le mal quâils auoy eut fait;nvaisils nepeurent,8tfalut que leschofes fe mode-ralfeflt tellement dâelles mefmes i que cependant Ion peut dire que la violence de ceux de Guife en ce temps là donna tel coup de pied à la Papauté en Efeofle,quâelle nây fit que languir depuis, amp;nbsp;finalement y expira lufques a
maintenam.
F. iq.
François s b c o n d.
Au regard delaFrance,tandisqucces executions dâAm» faifoyent, cmnnie auffi au parauaiic,ceux de ia Re-X^on«n rlt;t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;zclc amp;nbsp;noiiibie a vfue dâoeil de tuus
collez, Ce nâeftoit pas fans grands empefcheiiiens au üe-â diors par diuerfes perfecutions, amp;nbsp;au dedans par les feaii-'âdales de quelques vns amp;nbsp;zele peu diferet de plufieurs, qui ne pouuoyent plus fe contenir en cachettes, de Ja sâcnfui-üirenc les alleniblecsen plein jour amp;nbsp;mtfines dans qiiel-questemples.Ceux de Valence,Moiiteliniai t, amp;nbsp;Romans en Dauphiné furent des pieiiiiers.Le Duc deGutfe,qui en eâoit goiitierneui ,cxtrenienient defpité que ceux de «pi il penfoiteftre le plus redouté prenoyent vnchemin quijui defplaifoit tant, pour tout rompre eniioya premièrement lean de Monliicfiuefquede Valence,qui parauaiit par fes fermons auôit fait plus de mal que de bien au Pape.ht pont ' -ce que Moulue nâauançoit gueres, 8c le (ieur de Clermont lieutenant du Duc de Guife en Dauphiné eftoittftnnc
fr'fetiurei doux,Maugiron homme violent gtennemi de ceux de dt Mau^irS la Religio eut charge de les exterminer. Du cômenccir.ent lt;amp;nbsp;du Parle il y procéda par grande fineffe, louât auec autreslt;fes agens plufîeurs perfonnages. cn fin ayant trouué moyen de icitft Grineih nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Valence plufieurs gentilshommes qui louftenuvét
dtia Tieh- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la Religion,il y fit vn terrible mefiiage, faccagcît
[buté.
titutuDau lesmaifonsjcôniefila villeeufteftcprifc dâalTaut. On lui enuoyaderéfortfeizeenfeignes des vieilles b^des de Pie-
rrMAT dt tu
mont,amp; quelques cópagniesdegenfdarmes. Dâautrepart) Trucliü premier prefident de Grenoble, acôpAgné de quelques cofeillcrs, pariait pour aller à Valence, amp;nbsp;en paüà ni a Romans 6t emprifonner foixantedesprincipaux,tandis que Maugiron pilloit ceux de Montelimart, aufquels il alt; uoit promis Stiurédene faire aucü tort ni au public ni aux particuliers, qui auoyçnt bien moyé de les cliaftier,sâil ne les eufl endormis par belles,paroles.Iâour reuenir aux prefident 8c confeillersde Grenqble.ils Ãrent décapiter deux minillres a Valence, Si pendtetrois des principiujt, de b villt^-Oji^nt aux autres pvifonniers,ils fortitent pai la por-tedoree,'iuecabiuratipns, fouet-, baniailfemcns 8c grplfes ahieodes, dont ces luges 8ç lâAduocacdu Roy feeurent bien sâengraiffer. A Romans on pendit deux bomnjes, !l vnftiucctéigt;uis cnuoyéauxgaleres.
En rro'jtnce^ diâu* Gentilshommes frères, lîeurs Je, Mouuaiv
François sïcoND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;44
Mouuins,nommez Antoine BcPaulon de Richiend,ayans fait ounerte profeffion de Religion dés le temps du Roy Henri, Antoine fut traiftreufement mafl'acré par ceux de Draguignan, en lâan mil cinq cens cinquante neuf, dont Paulon ne peut iamais auoir iuftice,Quelque temps apres, le capitaine Chafteauneuf enuoyé de Nantes en Prouence de pat laReuaudie amp;nbsp;fes compagncms,pour alïcmblet ceux quâon auiferoit propres pour marcher a lâexecution dâAm-boife-.les députez des foixante Eglifes de cefte prouince af fembleza Merindol,Paulon fut efleu códüdeur des troupes Prouençales, ce quâayant accepté il fit vne diligente reccrche par tout le pays,trouua deux mil hommes de fait, qui auoyent bon moyen de fe monter,arraer amp;nbsp;entretenir, outre vn grand nombie de gentilshommes amp;nbsp;dâautres volontaires, Comme le temps de marcher sâapprochoit, fon confeil futdâauis que les troupes elTayiirent dâentrer de-
; dans Aix,pour y faire prefcher, 8c ainir donner occafion à : ceux de Gmfe 8c autres de sâadoucir,en voyant de tous co ' ! fiez gens eûeuez contre leur violence. Cefte entreprife I defcouuerte, Mouuans refolut de faire vne courfe par le gt;nbsp;plat pays,où il fit la guerre aux images ,abatues en tous les f temples,faifaîlt fondre toutes les reliques dâor 8c dâargent lt;nbsp;8c vendre les chafubles 8c autres meubles feruans à la mef t nbsp;nbsp;f%dont lâargent eftoit laiffé iufques à vne maille es mains
ii des confuls 8c fyndiques des lieux: difeipline militaire ad-⢠mirable, mais véritablement 8c feuerement exercee pour » lors.Là deffus Mouuans,pourfuiui par le Conte de Tande â nbsp;nbsp;auec grandes forces,fe retira en bon ordre au haut paysioù
i il attendoit nouuelles de la Renaudie.Cependant le Corn t nbsp;nbsp;te,fage Seigneur entre ceux de fon temps,maniaceftafaire
fi dextrement., que par accord fait entre eux il fut dit que
* Mouuans auec toutes fes troupes fe pourroit retirer feure-met 8c hbremétjfans quâa raifon de ce qui eftoit auenuÃnul petit ou grand nâayant efté offenfé de fait ni de paroles en
* toute la Prouence, Scies images nesâeftans plaintes de ce * quâon'leurauoitfait)onleurfift tortne defolaifirquelcon-' nbsp;nbsp;que-.lui permettâtScceux quilefniuroyët libre exercice de
fïreligiamp;,auec promclfe de lui faire adminiftrer iuftice tou
' dût le maffacte de fô frere.Le capitalnePoulin,furnômé le Barô de laGarde,oyâtofé cotre lafoypromifeattaqucrPau'^^j*i;quot;* , 1à en vndeftcoit,pé(at le tailler en pieces auec fes croupes,
â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;F. iii).
M'D.ix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François si c on d.
qui nâeftoit quede cinquante ioldars »futinueftiluimd' . mes par lâaulon qui lui prefenta le combat. Mais le Bat«* oubliant fon efcnme, quoy quâil euH dix fois plus de fvr ces,8t bonne enuie de faire vn grand feruicc à ceux de G»* fe,qui lâauoyent defpouillé de (on eftat de general des gil' Ieres,pour enveftir le grand prieur de France leur freiCi faigna du nez,amp; par le moyen dâv ne nouuelle capitulatieâ renonça au Concile de Conftance,puis fe retira couuertdt honte,amp; demeura fort long temps caché, fon nom feruani de fable amp;nbsp;de nfee à tout le monde.
Wsuua« Paulon fe voyant mal alTeuré chezfoy,à caufe du fut' flattt p»r dâAmboife , amp;. des menaces particulières du Duc de fil enntmu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â L , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ri nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t.
/«»r e/lrt CruilçcontreluijacaufedcstrauerlesdonneesenProueii' Mtrappi, cstfe retira pour vn temps à Geneue,où ce Duc lui eniioyJ riSjnnd tn incontinent homme expres pour le pratiquer auec inbtii«s AonFran- protnelfes tant débouché que'par efcritjouaiic fes vertus»
amp; lâadmirant pardcffus tousles capitaines Proucnçaux.!-â refponfedePaulonauDucde Guife fut,que tandis quâd le conoiftroit ennemi de fa Religion amp;nbsp;du repos public, S quâil occupcroit le degrédes Princes du (âng,il fepouuoit affeurer dâauoir vn ennemi en Mouuâs pauure gentilhoni' me, mais qui auoit tel crédit enucrs les bons feruitcurs S fuiets du Roy,quâils efloycnt cinquante mille ,(dont il C' ftoit le moindre) quiemploycroyent leurs vies amp;nbsp;biens, pourlui faire amender ce quâil auoit commis rontretant de bons fuiets amp;nbsp;feruiteursduRoy. Et fe pouuoittenii pour tout alTeurcSque tandis que lâvn dâeux viuroit,i! nâau roit repos ne vie a(rcuree,ni pareillemét toatefarac«gt;puis quâil auoit tant irrité laNoblefTe amp;nbsp;le peuple de Franc#. Peu auant fon partement du pays, le mefnie Mouuans r#' ceutlettres du Roy 8c de laRoine mere,par lefquellesils le gratifioyent grandement,comme lâvn des plus loyaux S ' affeélionnez feruiteurs de fa maiefté, lui promettant de grands biens, 8t ratifianslâaccord du Comte, gouuerneuf de Pronence. Mais au mefme infiant, Mouuans fut auerti que la Roinemere auoit mandé exprefTement au parlemét dâAix quâon trouuad moyen de faire tuer Mouuans, Clu- * KÃuxrtiuët (leauneuf 8t certains autres capitaines, qui eftoyent de
lâentreprife dâAmboife.
la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mefrne temps ceux de la Religion muPiplioyent
frXw» en Normandie, 8c prefchoit on ouuèrtement en plufieuts ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lieux.
ÃHANÃOISSICONdquot;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4J lieux.Ceux de Rouan furent troublez par v n Anabaptifte, lequel fut att rappé amp;nbsp;bruflé, LâEglife de Tours fut fort tra uaillceparles feditieux deportemens du Moine renié nom me Richelieu,capitaine de la nouuelle garde duRoyimais par filence amp;nbsp;patience elle fe maintint, la ville ayant failli deux ou trois fois dâeftre faccagec. Par toutes les autres ptouinces de France, ceux de la Religion fe voyans delli-tuezde tout fjpport humain,prindrcntvne magnifique re-folutiô de ne pl ns sâadrelfer à perfonne,ains 3. quelque peril que ce full,sâa{l'cmbler pour prier Dicu,ouir fa parole,îc fe contenir fous lâobeilfance d'tcelle,viuant en grande concor deles vos auec les autres, 8c auec beaucoup dâédification parmi les Catholiques Romains, qui à troupes quittoy ent kmeffe pour faire profeffion de contraire vie 81 doftrine. LaRoine mere voyant que ceux de laReligion ne sâadref- Htuutaux foyent plus à elle, employa vn lien maiftre des requeftes nommé Chaftellus pour faire que la Roche miniftredeâ^^ Paris la vint trouuer, ou enfonlieu quelque autre pour a, conférer des moyens de mettre ceux de la Religiô en quel que repos.La Roche ne fe ttouuant pas, 81 ceux de Tours priez dâenuoyer.en fa place Dupleffis leur miniftre,ils sVti »«euferent, fupplians la Roine de fe contenter des lettre^ quâon lui efcriroitice quâelle feignit trouuer bon. Suyuant qjioyfutdrelfee vnefemonftrancebié ample, fous le nom
' emprunté de Théophile,pour ceux delà Religion ,enla*-' quelle apres quelques proteftationsde leurfincerité,les â fonderaens de leurs doléances contre ceux de Guife efto-quot; yent dcfcouuerts,puislesremedesproptgt;fezpourobuier à «â¢
vne guerre ciuile.lceuxeftoyét,quc Ionpourueut au gou-T^monjîi'a» uernement du royaume, baillant vn confeil au Roy félon ct fmrciux les anciennes conftitutions de la France: que pour affopir'*quot;'â
\ les differens furtienus au fait de la Religion, vn Concile fainà 8c libre fuft tenu: que ce pendant fuft permis à ceux
V de la Religion de viureenrepos de leurs confciences felô !j le contenu en la confeflton de foy de leurs Eglilés. Celle ' remonllrancc portee parle Camus à la Roine mere,tom-â ba es mains de ceux de Guife,qui fe tournèrent en tous ââ fens,pourrçauoir qui eftoit ce Theophile. Leporteurfut plulieurs fois en danger de fa vie, finalement sâellant fait
' prelfer 8c pourincncr en beaucoup de fortes,8t Tachant que ccus qui la lui aiioycnt baillée eftoyent à couuett, il de- '
m.d.lx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
claira leurs noms en ptefence de la Rome mere amp;nbsp;de ceux de Guife,quiprefferent ce Camus furie fait dâAmboife-mais en lieu de demeurer court, il leur dit plus de vérités quâils nâen vouloyent ouii : Si neâtmoins efchappa de leurs mains en vertu de lâabolition generale faite au commen* cernent du regne dç Charles neufiefme.
^ii'e*âctux'âdt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deGuife Fe voyansainlî acueillisdetous cofteX
Guift dedans le Royaume J notamment par ceux de la Religion /f mtinte- délibérèrent les exterminer du tout,amp; pour cell efFeiSef-tur, criuirent au Roy dâEfpagne St autres PrincesCatholiquM
Romains,chargeans fur ceux de la Religion toutes les câU fesdes troubles en France amp;nbsp;deeequieftoirfuruenu aAm boife. Quant aux Princes protellans, il s leur mandoyent que les-executions faites en diuers endroits du royaume eftoyent de certains facramentaires ennemis de la confef-hon dâAiisbourg. Outre cela, le deflein fut par eux drefle pourellabliren France lâinquilition derEfpagne,a quoylô penfoit que le Chancelier de lâHofpital leuraideroit,cc quâil ne fitpas,ains en fage politique quâil eftonrabatit' leurs coups dâvne adrelfe merueillculc,telleMiéc que quand ilfutqueiliô au mois de May dâexpedierlâeditderinqui-(ition dâEfpagne, fachaneque le confeil prqté 8c les parle» SA» dtUf - menslâauoyent accordee,il moderale tour par autre edit, tnor^tntin dont il expofales raifonsauec telle veheméceSceloquéee, rempt le que ccux de Guife mefmes qui iâauoyét pourchafiee furét cn^à CeliA Je foi] a»is, 8c le firent trouuer bon au Roy Philippe, quoi dfeîn''ûi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;voirlaFrancedefguifee à lâEfpagnole, Ainfi
donc fut drelTé lâédit de Romorancin,par lequel le Roy laif foit aux Prélats de fon royaume toute la conoiffance du cri medâhere(îc,prohiboit toutes afféblees publiques 8c forces iHicices,declairoittous minières deceuxdelaReligiomfai feurs amp;nbsp;imprimeurs de libelles fameux,8c tendans à efmou â uüir le peuple, criminels de lefe Maiefté.Ceft edit nâappai* fa pas les murmures 8c troubles: au contraire ils redouble* rent de routes parts. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m
f de AJencont re de tant de liurers publiez contre lâillegitime gouuernementdeoeux de Guife,lean du Tillet greffier de la Cour duParlemét à Paris copofa vn liure intitulé laMaio rité du Roy,auquel il maintenoit quâen France les Rois en lâaage de quinze ans peuuct cômanJer.Puis il s'attachoit à ceux de la Religion, difant quâà faux titre ils appelloyent Euangile leurs nouuelles opinions, appellant leurs mini*
François second. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4S nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;|
ftres feJitteux amp;nbsp;mutins: amp;nbsp;concluant que Dieu fauorife- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;|
roit les armes qui leroyéc employees ilâencôtrcdâeux.On lui fit pltilieurs refpunfcs fermes amp;nbsp;veherttëte.s,aufquelles ni lui ni fon frere Euefque de S. Brieu nâofetent répliquer, quoi qu ils en fullent inÃânient follicitez par le, Cardinal, pour lecôtenteniét duquel,à la follicitatiôdâvn certain cô-feiller nôiiié Du Lyô, vn imprimeur de Paris nômé Martin lâHômec fut pendu amp;nbsp;eltranglé pout auoit mis en lumière vnliuretintituléleTygie,fatttôtreceuxdeGuife.Mefme Lj Tjf^re traitement fut fait a vn notable marchant de Rouan,qui fe Ægt;lt;* mourir trouuât a lâexecution,5t voyât le peuple eftrà gcment ani-mé cotre rHommet,auoit exhorté quelques v ns a fe com-porter plus modellement. Ce fut vn proces fans forme ne figure, SC pour contenter le Cardinal, comme Du Lyçn lâauoua depuis en vne grande compagnie.
La Roine mere bié empefchee parmi tât de vagues,oyat parler dâallemblee dâeftats,de reftabliffemët des Princes 8c â du Cone liable qu elle hayüoit a morf.quoi auenat,elle 11 au roit plus le maniemét des afaires, refolut de maintenir les dt ctux dt choies eil lâellac quâelles eftoyét,8t couurir de fon authori Gui/« parte ceulc -de Guife,qui côtinuerét de parler gros,8tprotefter quâils emplojeroyét tous les moyés dâeux 8c de leurs amis pour reprimer ceux qui pourchaflâoyét châgemêt en laReli giô.Ce fut de la en auât leur âcouuerture,pour abolir lâautre querelle qui regardoit lâeftat,leql on maintenoit auoir elle vfurpéScellreillegitimemét retenuScgouuernépareux.lls pêfoyét auflî quâayâs exterminé ceux de la religió,cóme ils vouloyée cômécer par là ,ce feroit couper les nerfs auxPrin ces du fang,delquels on auroit aifémét raifô,enfemble de» Côneftabliftes. Qüât a ceux de la Religiô,les premiers au roolle,quelques gêtilshómcs qui en faifoyétfiâche 8c ou-'** 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uette proft ffiôjquoi quâils nâeuifét eu aucune part à lâentre
' prinfe dâA mboife, en eftoyée accufez,8c appeliez pour ve- ntbhjfi.
tiirfeiuftifier deuâr le Roy.Voyâs quâon cerchoit leur rui-1 tieil« sâairemblér,8ccôcluét dâaller les vns vers le Prince de ! Codé pour lâacouragef.les autres par toutes les Eglifes, fai . teeutédre leur ruine prochaine,fi chafeü ne péfoit a fa fau- di Ctndé tf
UCté.La propofitiô faite au côfeil priué de fefaifir de la per- chafpe t*»-Conne du Prince Sc lui faite proces criminel, afin de pour- Tâ'/'' Fpiure puis apres fur les auttes,fit hafter ces follicitations, quot;quot;nbsp;Or eftoic auenu que fur celle p.ropofition faite de k Ælt; capture du Prince ,1e Cardinal auoit eftétcfoluement de
M.D.tx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second^
ceft auis : au contraire Ie Duc de GuifcauoitlonguemW' harangué pour monflrer quâil ne faloit prendre telle voyf) Si que ceferoit contre fon gré amp;nbsp;confentement.QnelquW vus furent dâentree cilunnez que ces deux telles en*quot;, chapetoneuirencauflï mal recordé leur roolle.Mais quand on vid peu apres quâils nelailferent rien en arriéré pour empoigner le Prince au collet,chafcunconutque ceft« contrarietéeftoit ainfiapollee,pour tirer vn confentement détour le confeiljalin de fe fortifier 8e niettie a coiitier« contre tous euenemens.Cependant celle irrefolution (eruit au Prince, lequel auec grande adrclfe fe defuelopa d« leurs filez,amp; fe rendit en Bearn auprès du Roy de Nauarre fünfrere.tuxacouHumezafaire (comme on dit) de pierres pain,8c tourner routes chofesaleurauantage,comnicn f ereilt a alleurer le Roy 8c fa mere,que vrayement le Prin ce elloit coulpable , 8c que cefte retraite le rendoit attaint amp;nbsp;conuaincu, Parquoy Ion fe mit fur lâexpedition de coni-miH'ions nouuelles pour leuer gés,afin dâaller faire la guet reen Gafcongne,où le Marefcli31S.Anilré,fous couleur de vifiter quelques liens frei esjfut cniioyé defcouurir; eequj lis feruit quâa faite tenir ces .deux lù-inces tant plus fut leurs gardes pout lors.
Ltrhnche H )'auoit vn autre çfcheiieau à dcmefler,câeftoitdeco-deltmnre noillre 11 le Connellablê eftoitenuelopé es conftils do ouvitr Gui Prince,lequel ils tennyent défia dedans leurs filez, ce leur
, fembloit.PourceflelfedilsapoilentlaRoinemercjlaquel léfitvcnir fecrettcmentà foy LouysReg. ier,fieurdel3 Planthe,lâvTi des confeillers du Marefchal de Montmoré-ciilequel introduit au cabinet dâicelle, ( le Cardinal cache' derriere la tapilTcrie, ) enquis Si preflededire ce qui lui fembloit des caufes 8c rcmedes des prefens troubles,en fit vn amplcdifcoutsidont le fommaire fut,que ceux de Gui-fe,ellis çHrâgers,nedeooyét auoirlegouiiernemétde lâe-. ftat,finô quâon leur baillà il pour contre poids 8c bride des Prâçois naturels.11 refpôdit bié au long aufli à lâacculà tion diellée contre le Prince de Condé, 8c monllra que câelloit vne pure faufieté de penfer que lâentreprinfe dâAmboife sâadrelfaft contre la perfonne du Roy,ou pour troiiblcr lâeflat.Puis apres il defchifralâorigine de ceux de f»uife,fe comportant en toutes fesrefponfes en homme politique, èuec telle adrefle quâil efehappa de la Cour, St n'y eut au-
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cune
ÃRAHÃOIS s ICON D. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47
cune prtnfe de ce cofté-la fur le Connellable ni fur les ' ficns-
Ceux de la Religion ay ans comprins parlesauis amp;nbsp;re-lt;''«* lt;ti monltrances que plufieurs de laNobleffe leur firent par toutes les prouinces que leur ruine approcnoit,s Us pouruoyoyent promptement à leurs afaires,apres sâeftre !â¢,â prt-rccomtnandez amp;nbsp;tournis humblement à Dieu, delibererét 4« de fe letter entre les bras des Princes du fang, comme pe-Pquot;»«» 4i« res, tuteurs amp;nbsp;conferuateurs de lâinnocence des pauures-^âX' aftligezjamp;lefquelseftoyent appeliez par les loix naturelles du pays en telles charges,pendant la minorité dcsRois. Pourcefi elfeft certains notables perfonnages furent députez pour aller trouuer le Roy de Nauarre amp;le Prince de Coiidéà Nerac,auquel ils prefenterent auec tcms leurs moyens vne ample remonftrance contenant le récit des torts faits par ceux de Guife au Roy amp;nbsp;au royaume, auec vhefupplication quâilpleuft aufdits Princes dâauiferaüx moyens legitimes pourladeliurance du Roy amp;nbsp;la manu- â i J tentiondelâeftat. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
Durant ceteraps,le fieur de Môbrun géntîlhommebien J»-affectionné à la Religion eftant recetché de pres par le par nbsp;nbsp;nbsp;di
lementde Grenoble 8c garanti dextrementdelamain de Mcmiriut. fes ennemis,fut appelle par plufieurs du Cotât de Veniflé, pour leur aider contre les violences 8i exrorfions qui leur eftoyent faites par le Vicelegat du Pape, contre leurs pri-uileges Scfranchifes.La Motte Goudrin lieutenant duDuc de Guife en Dauphiné fut auffi attiré par leVicelcgat à uec grandes forces. Combien que Mombrun euft fort peu de gensjfi contraignit il fe.s ennemis à le recercher dâaccord, ' lequel ayant efté violé en tous fes articles, par le Vicelegat 8c la Motte Goudrin,Mombrun reprint les armes,8J traita rudement les Prellres qui auoyent tué plufieurs de fes fol-dats apres lâaccord iuré -.puis tailla en pieces bonne partie des troupes de la Motte Goudrin,8clc haralfa tant quâil lut fit perdre toute fonefcrime. Mais ayant efté contraint de donner congé à fa petite troupe, 8c toft apres trahi par vn lien domeftique,il fe fauna hórs du royaume,ayât trauetfé plufieurs dagers,8tfe retira és terres deGeneue ScdeBerne.
Pour reuénir aux Princes, ayans efté grandement con-fermez en la refolutiô par eux prinfe de sâacquitterde leur detoitanlôulagetneat dtlarrance,parlcstemonutances^,,
François second.
W.D.IX.
inc.dmt gj offres de ceux de la Religion,ils commencèrent à md' âipiâ i{g 1J main aux afaires.Entre autres agens,le Prince de C« titmentdu defpefcha vn Baique,nomme la Sagne,iicucrs plulieui! yidamt rfegrâds Seigneurs,pour les prier de ne lui faillirau beloin.U chtrtrtt. , bagne ayâc receu refpôfe du Conueftable amp;nbsp;du Vidamedf CharcresjVint en'Cour où il rendit quelques lettrcs.Cônif il attendoit fa defpefchc,il lut fi mal habile que de fe billet tirer les vers du nez par vn nomme le capitaine Bonual,le' quel Payât decelé a ceux de Guife,courut nielmes apresS lâamena prifonnier a Fontainebleaujoùles letxres duVidi'
me de Chartres ayans efté leués,efquelles il proraettoinU ' Prince maintenir fa iufte querelle contre tou*,exccpteile Roy,fes frétés amp;nbsp;les Roines, ceux de G'uife Iâenuoyerenl prendre aParis amp;nbsp;referrer dedans la BalHlIe,ôù Ion lui uni de grandes rigueurs lufques a la mort. Ils ne trouuetét pa* tant à mordre furies leettesdu Conneftablc,üu du moi»!
en firent fembiâtjpour nâauoir pas tant dâafairesenvn coup fur les bras.LaSagnefut payé de fon babil,car on lui riratât /â . ' â les lamer^s, quâil dit ce quâil fçauoit amp;nbsp;ce quâil ne fçauoii h nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»» paT.pôüralongervn peu famifetablc vie. Cependautfes
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;confeflions a la torture firent que ceux de Guile haftereni
leurs delfeins, accordèrent à leur grand déshonneur amp;nbsp;a» defauanrage de leurniepce auecla Rome dâAngleterrb pourueurétaox frôtieres de Lorraine,firéc defeédre aulôg de la riuiere de Loire les vieilles bâdes venues de Pieæôt
en Dauphmé,amp; efcriuirét de tous coïtez a leurs partifans. Pnprfitien Dâvn autre collé la Rome mere, qui craignoit inetueil-«« «n/eii leufement dâeftre desferrre, quoy qui aumibpar lâauiséji Chancelier amp;nbsp;de lâAdmirahqiiâelleefcoaitoit alors bié vo-fmSir«'l°ficr',c^ fernbloir,refülut de faire propolèr au côleil,quâil det princt- elloit requis que le Roy afl'embiall tous les Princes amp;nbsp;Sel* faux du gneurs du Royaume,Cheualier' de lâordre,amp; gés dâautlio rejraume â riré,pour regarder les moyés de pacifier les iroubles quâih Fcntxixt- cltimoyenc principalement procéder a caulé des perfecu-â*â lions pour la Religion. Ceux de Guifetrouucrcnt bonne celle refolution, penfans aiioir troüué la vn piege tout fait pour attraper le Roy de Nauarre amp;nbsp;Ion frereifeconfians au(ri,à caufe que la plufpar t de ceux qui fe trouueroyct en tellealfemblee eftoyent de leur retenue,que rien nây pâlie roit quâà leur auantage. Bricfqueceftexpedientrôproitle coup alacôuocatiun des ellats, ëc donneroit ferme pied gt;nbsp;leurs
eurs afaires. On commence aefcrirepar toutau nom du Roy,lequel prioic les v ns amp;nbsp;les autres de fe rendre pres de lui a tontainebleau le quinziefme iour dâAouft, pour lâef-fett que delfus.Ceux de Guife acompagnfrènt aufli ces lettres dâautres de leur part, plçines de bonnes efpciances amp;nbsp;promeü'cs. Le Roy efcriuit femblablcment au Roy de Nauarre,le priant de sây itouuer ,auec fon frété,amp; les feî-gneursquilorseftoyetrt pres de lui. Mais fous main, par *! Ventremife des feruiteursfecrets,ceux de Guife firent en »1 fottequeleRoydeNauarrerefolutdenebouger,8icecó.. tre lâauis du Conneifable amp;nbsp;de plufieurs autres grands fei gneurs, qui dilbyent le moyen fe prefenter lots pour chaP fet du tout ceux de Guife,Sttelfablir le legitime gouuerne-ment du royaume.De fait le Conncftable,eftimant que les Princes sây trouueroyent,ne faillit dây venir en compagnie de plus de huit cens cheuaux, ce qui contraignit ceux de Guife,lors foiblcs,de filer doux,amp; monftrer bon vifage au Conneftable 8t à fesncueux.
J_e vingtvniefme iour dâAou(l,ra(remblee fut ouuerte,£gt; où ne fe trouuerent nuis Princes du fang.Auant quâentrer freftnte au en matière,lâAdmiral prefentaau Roy vnerequeftepour Tt^jvnere-' ceux de la Religion en France,qui ftipplioyent quâon leur ottrpyall des temples amp;nbsp;libre exercice par tout.Le Roy a-yant declairé à lâAdmirai quâil auoit pour agréable fa vigi lance,fidelicé amp;nbsp;fincete afftftion,fit lire tout haut celle re-quefte,puisayâtexpofefommairementlacaufedelâaffem » , hlee,pria la cbpagnie vouloir libremét,8t fans aucune crain te ou pafl'ion lui donner confeil,felonqueiâoccafion 8t ne-ceffitéle requeroit. Apres,la Roine mere amp;. le Chancelier parlèrent: puis le Duc de Guife amp;nbsp;le Cardinal de Lorraine s'oftrirent(mais en general)â rendre conte de leur admini-ftratiô.Câeil ce qui fut fait ce iour là ,eftant lâaffeinblee re-
I . mife au vingtroifiefme, auquel Monluc,Moruilliers, du 5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mortier 6c dâAuanfon confcillers du priuc confeil opine-
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rent.Maisceluiquipailaplusauain,8cqui acquit louange
; de fidele cófeillcr,fut Charles de Manllac Archeuefque de ( nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Viennelequel par viuesraifons doctement déduites mon-
, lira quâil faloitaffemblervncócileNatiónal pour remédier , aux differens furuenus en la religiô,8c les trois eftats pour . reigler le gouuernemét du royaume. 11 dctcda bien toll a-; près celte harangue, 6c a-on parlé diuerfemenc de fa mort.
m.d.ix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
Lclendemain,quifut le vingt quatriefnieiour du moiîil J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âS dâopiner efcheu t à l'Admira), lequel toucha les deuï '
ral itn^h chordes de la Religion amp;nbsp;de rfcllat,niontees par Manlhft â farciux dt beaucoupplus diftiniSement amp;nbsp;hauttfment : puis adiouHâi giu/e. vne graue cenfure contre ceux qui en enuironnant le R«J 1 de gardes fur gardes, lui aprenoyent a craindre fes fuietsi amp;nbsp;(es fuietsà lehair .-priant le Roy de croire que tous â¢' ' ' fuietslereueroyent amp;nbsp;lui eftoyent trelà fteâionnez. y Duc de Guifc extrêmement irrité de ce querAdmiral»' ⢠uoit dic,fur tout quât aux nouuelles gardes, fit vn difcour* bien ample au contraire,en telle fortequâil fe monftram'* ueilleufementempefchéa fouftenir celle caufe ruincufr-Son frere le Cardinal marcha fur telles efpines vn peu plâ* doucement, amp;nbsp;sâeCTaya de réfuter les protcftationsrrd' humbles contenues en la requeilc jrrefentee au nom il® ceux de la Religion par lâAdmirai,lequel depuis fut exu®' memét hay par leux deGuife,qui toutesfois pour lors brâ femblant de ne trouuer pas manuals quâon penfaftasl' femblerles Eflats, amp;nbsp;quant a pouruoir aux afaires deh Religion ils propolèrent vn autre auis, lequel fut filin'! comme nous le marquerons en lâarticle fuiuant.
(tmbre,
â¢â¢â¢quot;t
k.,
1 Elftti Suyuant cela ,1e dernier iour dâAouft lettres furentti' I Mur ti/ti- pedieesatous baillifs tii fenefehaux, leur lignifiant quel®* ' generauxelloyent aflignez au diziefme iour de D' cembre enfuyuant en la ville de Meaux,afin quâils donnil' fent ordre de faire eilire certains députez pour y enuoy®®' Mais il y auoit vne encloücureen ce mandemét : câeftqâ® durant telles elledions les gouueriieurs amp;. lieutenansd®* prouinces villteroycnt refpediucmcnt les villes poutequot;' tendre par le menu amp;nbsp;lui rapporter les doléances du p®â' pie, amp;nbsp;auifer à ce qui feroitvtile dâeftre ordonné pourl® bien de leurs prouinces.il aflignoit par les mefnies lettr®* Sjntde det lesEuefques, prélats, amp;nbsp;aunes tels Ecclefiafliquesaf®-Eccle/îtjli trouiieraParisIe vingciefme !our de lanuier enfuiuiiHi. fnet «K XJ. pour auifer à ce qui feroit digne dâeftre remonftreiquot;-t dt lanunr. Concile generaljles exhortant de reformer en ces enirf' ! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. faitescequâilsiugeroyentledeuoireftreaufaitde lâEglf
fi.-leur commandant an reftede veiller fur leurs aduerfi'quot; res, appeliez efprits malins»conipofez des relies de la t®' bellionamp; tumulte dâAmboife,
^ddrmtrit. Ceux de Guifeayaiis par tel moyen alfeut/ IcM»
François i econd.
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feins tontreks Princes, enuoy erent le lendemain aunes lettres au nom du Roy aux baillifs amp;nbsp;fenefchaux pour lâaf femblec des, gens dâordonnance par toutes les Prouinces au vingtiefme du mois de Septembre. Le departement fut fait en telle forte que les compagnie: eftpyent toutes en- Drfarti^ tremeflees,8t les fufpeftes enuironnecs dâautres qui pou- rotai det uoyent leur bailler en telle amp;nbsp;à dos.Les chefs eurent chat- âf «iâquot;»-ge de prendre ou tailleren pieces tous ceux quâilseftime-royent marcher pour fe ioindre aux Princes. Dâautrepart, poutce que la remonilrance que ceux de laRcligiô auoyéc adrelfee auxPrinces,pinçojtceux de Guife de tous coftcz, au refus de lean du Tiller fe prefenta vn certain ieune Ad-uocat, nommé Des Autels,de Charrolois, qui fit vne re-fponfefous titre de harangue au peuple François, imprimée auec priuilege du Roy.Mais on chapitra fi bien ce harangueur par vne replique,que depuis il n'ofaleuer le nez, amp;nbsp;fut defauoué du Cardinal, qui lâauoit mis en befongne, difant que le temps amp;nbsp;fes aélions luiferoyent alfez toit rai fon de fes ennemis.
De fait, ceux de Guife ayans fait ioindre les forces re- lettrti m tournees dâEfcolfeauec les vieilles bandes de Piedmont,'^ itNa-Mets amp;nbsp;Picardie,ils les firent approcher dâeux auec douze aam curt cens hommes dâarmes,referuez outre le departement de s Prouinces,amp;enuoyerenc vne defpefche du Roy au Na-uarrois,par laquelle le Prince de Condé elloit chargé dâa- a«».
' Uoir entrepris contre lâeftat de France, amp;nbsp;de sâeftve voulu emparer des meilleures villes,pour fe faire maiflreipourtât
â il prioit leRoy de Nauarre de lui enuoyer fondit frere fous ' bonne 8t feure garde:Gnon quâil feroit lui mefme contraint de lâaller quérir auec fl bonne compagnie, que la force lui
' en demeureroit. Le Roy de Nauarre amp;nbsp;fon frere firent re-â fponfegtaue amp;nbsp;magnanime,portât que fi leurs aceufateurs â fedeclalroyent,amp; ferendoyent parties, amp;nbsp;eftoyentdef-â ' pouillez de lâauthorité quâils auoyent vfurpee,eux iroyent ââ en petite compagnie fe prefcnterauRoy.luifeioycnt co-*â noiftre que tels aceufateurs eftoyent les coulpables,aux
faux rapports defquelslls le fupplioyent de nâadioufter La Partit point de foc. ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rf»»H
Cellerefponfefit tourner fueilletà ceuxdeGuife,quiâ^*âââquot;'
', nbsp;nbsp;enuoyenr promptement vne recharge, par laquelle le Roy quot;hà «t-
,. mandoit que les Princes pouneyêt venir vers lui en toute ,,aff,r.
' p-i-
M.d.lx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
feuieté,amp; sâen retourner quad bon leur fembleroit,les^' feurant en parole de Roy,quâil ne feroit attenté à leursp® Tonnes en aucune maniéré, quâil entendroitpaiCibleBi'quot;' leurs remonftrances amp;nbsp;iuftifications, fans quâils enttalft®' en pnfon,ou quâon leur fill proces:amp; que feulement il loit auoit rcfponfe de bouche fur les poinfts dont le Prin^ eftoit chargé,lefquel» le Roy ne pouuoit aucunementcf?! reibrief quâils feroyent recueillis felon leur ellat amp;nbsp;dig'â** téjvoire quâon leur baiileroit le rang qui Icurapartenoi^** maniement des afaires,afin dâauoir leur côfeil amp;nbsp;auisjl^** rendre toutes thofes bien policées,fansrecercliernij''' quieter le lârince en la Religion dont il faifoit proftflquot;â* ouuerte. La Roine mere leur efcriuitaufli lettres de wd' me fubftance.
lliftnimitl Du commencement le Roy de Nauarre auoit beauco^f courageimais ayant fcen que les afaires au Lyonnoi?^ far fn Dauphiné y auoyenr autrement fuccedc que Ion nep'' r^'Sou- foit, commença a fe refroidir,quoy que les deputeziid chart Cha proumces sâoHrilfent a faire acheminer leurs troupes po^ cf/wr i/e fa conferuation, auant que la gendarmerie Françoifccd' occupé les palfaiâesâou,sâilne trouuoit cela expedient,pfââ inettoyent sâtlleucr de tous endroits pour le faire fort lâalfemblee des ellats. 11 auoit pres de foy vn Chancelid nommé Amaury liouchart, niaillre des requellcs du R'â)â lequel du commencement lâauoit fort lollicité dâentciidr^ y aux remonllranccs amp;nbsp;fommations qui luielloyentfoid de tons les endroits du royaume. Mais ce Bouchartayid entendu que reittreprinfe faite fur Lyon par le ieune ligny auoiteu ilfiie toute autre quâil nâtfperoit,efcriuitf'' cretrtnientau Roy, le fuppliantde rappeller le Printe Condé,dâatipies du Roy de Nauarre fon frcre,a caufequi' le pourfuiuoit fans ct lfe dâentreprendre beaucoup dedâ'ââ fes contre les ininillres de fa Maiellé, amp;nbsp;pour troubled' Royaiime,a la follicitation des Luthériens amp;nbsp;predicansâ'' nus de Geneueta quoy il adioulloit fon mai lire nâauoir equot;' core voulu entendrc,mais eftoit a craindre quâon ne le?*' gnaft par longue importunité. Dont il nâatioit voulu faiih' dâauertirle Roy , duquel il eftoit tres humble amp;nbsp;trefobe»' f.int fuiet naturel amp;nbsp;feruiteur, St dauantage lâvn des W'' lüft'es de fa iuftice.11 eferiuit lettres encores plus expro' fes au Cardinal,amp; promit lui reciter vn iour à bouche clquot;gt;' '
François second^
$0
fes de trefgrande confequence quâil ne pouuoit efcrire.Sô« me il lui promettoit des moyens pour (aire le proces aux Princes amp;nbsp;aux plus grands Seigneurs du royaume.Parlant des predicâs de Geneue,ilentêdoit Theodore de Ber.e que
â le Koy de Nauarre auoit enuoyé quérir expres par le con-â feilde Bouchartmcfme,pour fe trouuerauec plufieurs autres notables perfonnages de diuers endroits de la Fiancer lâauis defquehjnotammét de Beze,cftoit de faire en toutes fortes que la concluGô de lâaflemblee de Fôtainebleau touchât les eftatsfuftbitnaffeutee amp;nbsp;executee.Mais ceft auis nefut pas fuiiii ; amp;nbsp;quant aicelui de Beze ilferetiraauec metueilleux danger de fa petfonne, ayant cômencé le pref ehe public à Nerac,où le Roy deNauarteafhfta. Aucuns tenoyent que larnacjlequel sâeftoit du tout retiré dâauprès des Princes auec fainde Foy fon frere, parauant lieutenant de la compagnie de géfdâarmes du Prince de Condé,auoit pratiqué Bouthart pour eferire ce que deffus.
Les Princes sâapuyans fur la parole du Roy, 8c furies Ht fir/iut-proteftations 8c promefles que leur faifoyent fesagents, r«« f entre autres le Cardinal de Bourbon leur frere,enuoyé ex- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
, pres vers eux,acceptèrent ceqii on leur propoloit,8c apres auoir eferit au Roy quâils sâachemineroyent à Orleans
, auec leur petit train,deuant lâaffemblee des eftats, fe mirct aux champ.s. Arriuez a Limoges, ils furent incontinent vi-GtezdepluGeursfeigneurs8c gentilshommes, iufques au nombre de fept à huit cés bien môtez, armez 8c equippez. Onleuroffritfixmillepittonsde Gafeongne 8c Poidou, enroollez 8c prefts à marcher ; quatre mil tant de pied que de cheual du Lâguedoc. Autant ou plus de la Normandie:
, auec alfeurance de la bonne volôté delà plufpart des gens I dâordonnance, 8c offre de deniers ,pourueii quâil pleuft au Roy de Nauarre fe declairerprotefteur du Roy gc.du Royaume conireceux de Guife, Mais les mauuats feruiteurs
' quâil auoit encores pte.s de foy, tome Defeats 8t fes côpa-gnôs,(car Bouchai t sâeftoit cetitc)lui dônetent tât dâalar-' mes, ligurerêt tât de dâgers, 8t forgèrent tant dâinconuc-. nicns,fur tout fur le prétexté quâon ne leur mettoit pas és NMtffi r?-1 mains vn fond de trois ou quatre cés mille efeus,pour voit uitjrt ir iJ-plus clair en ccsafaires,c)uâeftanc à VettueiljOà vnautieâ'âquot;''ârâ*â bonagent, le Cardinal dâArmaignac , le vint trouiier, gt;1
' do nna congé à toute fa compagaie,cointenianda ceux qui,,. G. ij.
M.b.lx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François second.
venoyent,auecbeaucoup deremerciemensamp; pronH^i de s'employer courageufement pour le bien de tou«' France aux ellats. Leur ayant la deflus fait degrandw** monllrances, Si prié quâaumoins le Prince de Condtil* meurall derrière,pour tenir leursennemis en fuIpend,l*** innocence leur fuififoit; qu'il nâeftoit aifé de faire tno®* les Princes du fangique fi on leur olloit la vie ils prendt*â yent la mort en gré; que Dieu auoit alTez dâautres moy^ de deliurer la Frâce,fans quâeux fulfent occafion de la te amp;nbsp;ruine de tant de gens de bien quidefiroyentfei'â'* r«lt;)i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ha Prjncclïe de Condé,dame fage amp;nbsp;vertutâ'
ta l'rin- entre celles de nollre ?emps,fit tout fon poflible pourd* ''JTâ dt Ctn fiourner de ce voyage fon marumais elle perdit fespein® Les Seigneurs ScGentilshommesquiauoyentacompaj'? les Princes,ellans fur le poinél de leur retraite,apres q«*' qiies humbles remonllrances protellerent quâellans lîp* urement dellituez de chefs, ils efperoycnt que Dieu en fufcitcroitdautres,pourles deliurer de lâopprcfilon tyrâs.Ces paroles dites en prefence des feruiteurs (ecit^ rapportées a ceux de Guife,leurattacherctnouuelle5f'â'' nettes aux oreilles; ce pendant entendans que les Printf* elloyent ia allant en paysjils font enuoyer le fieur de pefat, lâvn de leurs conlidens, faire trefcxprelles dcfenlâ* de parle Roy aux Princes,de nâenirer,venans a la Coiiri*^ nulle ville clofe apartenanteau Roy,fur peine de rcbell'* amp;!. dâeftre atteints 8: conuaincus de crime delcfe niatf
lis eftoyenc ia enclaucz entre les forces de leurs ennequot;quot;'' fous Ia conduite du Marelchal de Tenues. Le Cardin* dâArmaignac,Defeats,amp; tels autres mauuais feruiteursj^ reht acroire au Roy de Nauarre que celle defenfc verbJi*. de Monipcfat nâeftoit quâvue brauadede ccuxdeCuil'â que le Rcy Sc fa mere defauouèroyent. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â f
LtsPrincti Les Princes ellans paffez Châllelleraut furentplust^ j. toiu autr- tainement auercis du mal auenir, amp;nbsp;exhortez de fuiurel'* chemins, à caufe des embufehes dre (fees pourl^ arrî^tfa- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s'cfçartoyent,en femant le bruit qu'Ils sâelloyEi*
cA»z»/»m,è voulu fauuer. Parmi cela,Ion leur offrit moyeu de gaigquot;^ t, Ortitt), Angers,puis la Normandiejou rien ne leur defaudroit. ç demeurèrent en leur premiere refolution, marchansapf' rites iourneesjamp;fembloit que lâvn des frétés full vnpi* u uoll des Marefehaux qui menall lâautre prifonuienla ilquot;'
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François SECOND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;$i
fus ceux de Guife meinent le Roy à Orleans, amp;nbsp;y appellee it toute la Noblcffe Si gendarmerie Françoife : ce qui lit in-'1 continent penfer à petis amp;nbsp;grands quâon en vouloir aux e-f ftats:mais par vn bruit diuulgué,fut dit que toutes ces for-It ces eftoyent amaffees pour aflieger amp;nbsp;chaftier Orleans, dont les principaux eftoyent fur le liure criminel,pour pat 1* fer le pasjamp;engraiffer de leurs confifeationsplufieurs cour f tifansaffamexifous couleurquâils eftoyent de lâentreprin- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f
# fe dâAmboife. Pour ceft effeCi le fieur de Sipierre, efclaue
de ceux de Guife,baillé pour lieutenant au Prince de laRo it chefuryongouuerneur dâOrléans,eftantarriué en la ville t aucommencementdâOftgJjr^efarmaleshabitans,rem- temtnt |f plit degens de guerre les maifons quâil appelloit fufpeftes, t amp;nbsp;commit aux efeheuins la garde des portes. Le Prince ' quot;nbsp;' leurgouuerneur y eftant entré enuiron le douziefme iour
il du mois,8c recueilli en grande reuercce par les principaux, i les auertitque le Roy y vouloir faire fon entree auec la roi ne le dixfepriefcne iour enfuyuant,amp; leur alongeale ternie |t feulement dâvn iour; tellement que le dixhuinefme, celle
entree fut faite.Les troupes de la ville eftoyent au nombre 7^5^ t de quatre mil hommes,Ã qui Ion auoit rendu les armes,ex- U rtint Ã
ceptez les baftôusà feu. Les principaux fuiuoyent en bon Orleam. ordre amp;nbsp;equippage,les rues richemét tendues amp;nbsp;tapilTees.
S* Le Roy regarda palier parles fauxbourgs toutes ces trou-Æ ly rA#' pes,lefquelles rentrees en la ville, il monta à cheual fous â P
il vndaixdâor,amp; tira droit au grand temple. En chemin fon
V cheualbroncha,tellement qu'il full tombé tout a plat, sâil i* nâeufteftéfoudainement releué. Lâaprcfdifnee toutes les troupes allèrent au deuant de la Roine,qui fit aulTi vne entree magnifique.Ceux de Guife ne fe trouuerent en lâv-
gt;'â nenienlâà utre:decrainte(difoit on) de rencontrer quel-que defefpeté qui les offençaft,parce quâvn magicien Ã
â Rome auoit prédit au Cardinal,que lui amp;nbsp;fon frcrc mour-l*! royent de mort violente.
La veille de Toulfains,dernier iour dâOdobre,les Prin-
ces conduits de leur innocence , amp;nbsp;sâapuyans fur la grace du Princit deDieu,auquelils ferecommandoyenr St faifoyent recô- â'Orlems, 1^ mander par les prières de ceux de la Religion, arriuerent à l'â Orleans,8t pafferent depuis le commencement du Porte-i*quot;' teau iufquesau logis du Roy en la place de lâEUappe au 5 milieu de plttfieurs milliers de piétons arrengez en baye
Ã1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«-âi-
François sscond.
M.D.LX.
fort ferrez,armez à blanc,dâvn coftc amp;nbsp;Hâaurre, finsqâ' ; tout ce long chemin y eut efpace vuide.Nul couriifa»/ de la ville ne leur alla au deuant. Le Cardinal de lîout^ amp;nbsp;le Prince de la Rochefuryon,par conge expreç,les »'Jâ rent recueillir. Le Roy de Nauarre voulant,felon lacquot;â, me, entrer à cheual uifqucs dedans la cour de lâhollu^ Roy,fut rebuté, auec refponlè rude que les grandes pof'' jne sâouuroyent point.Elians donc côtrains de mettrepâ' à terre, ils allèrent trouucr le Roy, lequel les attendoii'* lieu eminent dâvue falle , auec fesoncles de Guife,amp;P* fleurs CourtifanSjiiul defquels ne fit vn pas pour leur à la rencontre. La reception/ut alTez maigte : 8c apres gt;nbsp;reuerences acoulfuinees,la ninft furuint,qui fit que le Rf sâachemina en la chambre de la Roine mere, où il ne fuiui que des Princes, fans que ceux de Gmfe sây voul* fentrroiiuer. La Roine les ayant receus la larme a lâceil' rntiiisdii R°y sâadreflant au Prince de Condé lui dit auoiteli^' auPrin tlt; cic plufieurs endroits quâil faifoic plulieurs entrep' et dtCendé. (es contre lui amp;nbsp;lâeftat de fon royaume, a caufedeqiio) lâauoit mandé pour enfauoirla vérité par fa bourhC' r nbsp;nbsp;Prince,qui nâeut one faute de cÅur ni de langue propcfâ
ditPhaee hardiment 8c clairement fesdefenfes, 8c defcouurinquot;^ ment ceux de Guife fes ennemis, que le Roy ne poâ'^ cftimer autre chofe,finon quâonfaiîbit vn tort indicible fon propre fangineanrmoins, fuyuant ce qui auoit du auant lâarriuecjle Roy commanda a Chauignyââf Son empri- taîncdes gardes,expreflement enuoyé la par ceuxde® finniment. fe,de Ce faifir de la perfonnedu Prince,ce quâil fit,iic le na prifonnier en vnemaifon prochaine,au deuant o(' quelle fut conftrtiir vn fort de briquc,flanquéde caiiôniquot; amp;nbsp;garni de pieces de campagne, qui battoit en troisâââ, 8c defendoit les auenues,Les feneftres de fa chambref';' murees,8c fut tenu fi clfroittemenc.que nul ne parloiiâ,* *â â â qiiâvn homme de châbre.Le Roy de Nauarre requitâ]â y, . nbsp;nbsp;. lui baillafl fon frété en garde, Sc quâil en refpondoitfââ'
â!'Jgt; hn fut refufé:amp; quâc a lui on lui ofta fes gââ¢', «Ct Nautr 8c. le veiiloic-ondepresranchnaiamp;que le iour, O»â à riuet uoya tout de ce pas faifir prilbnniere la Dame de 1^â; îâr*4(lt; belle meredu Prince,en fà mai/bn dâAnicy en Picsâ'â dâoù elle fut atnenee auec beaucoup de rigueurs iufqâââ S,Germain par les fleurs de Renoüart 8c Carouges exâââ â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;icâ-
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;FHASÃOIS SICON D. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;$1
leurs de telle commifTion.Lon nâoublia non plus à Paris le , confeiller la Haye,pource quâil manioit les afâires du Prin
i nbsp;nbsp;ce.Ãeux qui lui eftoyenc bien affeâ'onnez dedans Orleâs
i nbsp;nbsp;retirèrent dâheure arriéré de la prefie.Bouchart Chancelier
If' du Roy deNauarre fut prins en fa maifon au nicfmc temps par Iarnac,quifitbiendu manuals en aparence,8i Bouchart 'Siuchurt f le mcnalloiten prefence de ceux qui firent la capture de
lui faire trancher la telle comme a vn traillre Si mefehant.
if Ce furent paroles,en rien autre chofe. Les papiers ne fu-âây.
Æ nbsp;nbsp;rent pas oubliez,8c Bouchirt conduit a Orleans,puisÃMe
lun auec autres prifonniers amenez de Lyon , afin de pre-
1* parer les preuues contre le Prince, dont on pour fuiuoit le l' nbsp;nbsp;procès,en toute diligencc.HierofmeGrofiot,baillif dâOr-
1' leans petfonnage dode,vertueux,plein de finguliere pieté, amateur du bien 8t repos public, ennemi des tyrans
llt; ôieux,eÃoigné dâauarice amp;nbsp;dâambitionifut neatmoins em-
Il prifonné deux iours apres lâarriuee duPrincc.11 auoit trois iâ dangereux tefmoins contre foy,afçauoir rn bel eftat, vne f belle maifon en ville,8c vne autre aux champs. La couiier-) ture eftoit que fon pere auoit efté Chancelier de la feuRoy 1 nbsp;nbsp;ne deNauarre,8c lui eftoit a Orleans leproteéleur de ceux
de la Religion,8c iâaffcéltonné feruitcur des Princes, Dâa-uancage,lors quâil fut queftion de faire la harâgue au Roy à fon entree, le Baillifcfmeu de quelque outrage quâon lui I* fic,comme il sâapprochoit, 8c de la contenance du Roy qui ' feprint à le regarder dâvnÅil felon, ne peut dire ce quâil â¢i auoit proietté. Ceux de Guife prindrent occafion de ? fon filence de lâaccufer enuers le Roy , quâil fentoit fa confcience chargee du crime de lefc Maiefté. Eftantpri-fonnier,des faux tefmoins , dont le curé de fainét Pa-terne , 8c le vicaire de fainfte Caterine furent les pre-miers,auec laques Aleaume, laquesLâhuillier,Ichor'll. gne,lâAlem.int,8c laques Mafnet,lâaccuferent dâauoir délibéré de liurer Orleans au Roy de Nauarre, dâeftre h de lâintelligence d'Amboife,8t de sâcftretrouuéenquel-C quealfemblee faite de nuicl dedans legrand cemitiereii-tem dâauoir manifeftement fuppotté ceux de laReiigion.
1 Lâinftruéleur du proces eftoit Dauanfon , efclaue de ceux Damnfin de Guife , lequel renuoyoït au Curé de fainft Paterne it T les tefmoins quâil voyoitnâeftre affez fermes, pour en-?âââ''â tendre de lui ce quâils auoyent à dire. Le Marefchal*'â^''quot;
î nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;G. ibj.
I
f K A Ã O J S S t C O V D. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
de Briffac sâefloit ia emparé de fa maifon des champs, mée lâlflejamp; partageoit en fätafie les meubles auec Sip*^ re. Dauantage Boyuiii fonfcctettaireofadirealafcquot;â'â; de Groflot, que fi on parlote dextrement (monflrantqââ faloic conter deniers ) à fon maiftre, les afaires du Ils''
sâen pourroyent mieux porter. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
i« fmti-^uel de ttnx de Gui
Dehors du royaumej ceux de Guife auoyent difpol','. Pape,leRoydâÃfpagne amp;nbsp;aunes à penlerquâà cecoup* extermineroyent en France tous ceux quâils appelloy^quot;' fe euurent I-Utheriens, lefquels ijs tenoyentpieds amp;nbsp;poings liez, U teuehe râns en nettoyer la France ceft hiuer, pour aller au pf*® auxeftatt temps vifiterles Allemans Sc. les Suifles.Mais leurs efte'P* fariieulters âg penrent empefeher pliifieurs aflemblez eftats p3f®' cuiiers desprouinces (pour auifer à ce qui elloit conuf®*' ble de remonftrer aux eftats generaux ) de tailler nouuCquot;â befongne,dont les harangues faites à Blois,à Angers, a' ris,parÃazin,duPleflis,Grimaudet,C3pel amp;nbsp;autres fir®quot;' foyicommeauftienlaplufpartdes autres prouinces, oui®* opprefleurs furent defcouuerts,amp; le peuple difpofé a p«®' uoir par moyens legitimes à tant de defordres introdu®* amp;nbsp;maintenus par les eftrangersiplufieursayansdittâ'!' haut que Ion ne fouffriroit point que ceux de Guife opp'j' Ceff/piratie maflênt ainfi les Princes du fang. Câeftoyent pour la plâ'' peurexier- part gens de la Religion qui tenoyent tel langage; S®®â* «B* 3g Guife,quien auoyent lesaduertilfemens fçeurentlâ®® faire fonner au Duc de Montpenfier, amp;c a plulieurs graiâ®* feigneurs amp;nbsp;autres des principaux en diuers endroits Royaume ceft article de Religion,pour les faire plus ail®' ment pancher à ce quâils defiroyent. Lâefpetance des co®' fifeatiôs y eftoit raeflee,qui faifoitleuer le nez à beaUC0®P dâalïamez.On nepropofoicquâeftats,offices,benefices,®'â tagnesdâor à ceuxquiaideroycntlePoy à exterminer 1®â
ennemis de lâEgüfe Romaine.
faffag^eefer Outre cela,les forces du royaume furent departiesp®' me-^ 4H fe- ggQx de Guife és villes voifines dâOrléans amp;nbsp;eftend®®* iufques à Bourges, Moulins,BIois,Tours,Saumur,Ang®rP', Chinon,Loudun,Poi(ftou,8c fur toutes lesauenues,p3r®®i ils çftimoyent que fecours pourroit venir aux Princes prâ' fonniers. Ceux delà Religion furent rigoureufement r®' F«â¢Â« â''lt;cerchez en plufieurs villes,notammentiParis.Cepenila'â' du Prince. O'* procedoit a la confection du procès contre le Prin®'â
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ma!S
Trançois s I c o n a
mais pource que pour garder formalité de iuÃice ni les informations prinfes a Lyon contre le Marefchal de S. André,ni les prifonniers de Melun ne fuffifoyent,on remit en auantles paroles que le Prince auoit dites vne fois à Am-boife,déplorant la mort de tant de gentilshommes qui paf foyent par les mains des bourreaux,amp; ce quâil auoit declai ré allant en Bearn au lîeur de Genlis,qui auoit renoncé aux ceremonies delâEglife Romaine, afin que ne pouuantlui faire proces fur crime de lele maiefté humaine, on le pour fuiuiil fur celui dâherefie.Pour fortifier cefte fécondé prêt» ue,ceux deüuife lui enuoyerent vn preftte auec fon equip page,qui lui fit entendre auoir expres commandement du Roy de dire la rnelfe en fa chambre amp;nbsp;deuant lui. Mais ce Sa magna-preftte fut renuoyé fort rudemetw par le Prince,auec char »'â««' au ge de direau Roy de fa parc nâeftre venu vers faMiiefté pour aucunement cômuniquer aux rmpietèz amp;nbsp;pollutions de lâAntechrift Romain,2ufquelles il auoit dés long temps â¢tenoncéimais feulement pour lui rendre raifon des fauftes accufatiôs quâon lui auoit impofees, Sarefponfe ne fut pas ôùbliee, ains en fit-on vn grand article fur la depofition du preftre amp;nbsp;des gardes. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Cefte magnanimité picquoitau vif ceux de Guife ; mais
beaucoup plus ce que le Prince parloit dâeux fort defauan- ââtâ ceux ta^ufementamp;touthauticarfouuçntesfoismonftrant vn dt Ciuft. â fac quâil tenoit en (es mains, affermoit que câeftoit le proces de ces brigands amp;nbsp;voleurs de Guife, par lequel infinis crimes delefe Maiefté,dontilseftoyent coulpables,eftoy-ent bien prouuei amp;nbsp;verifiez.-ce quâil referuoit pour prefen terauxeftats,amp; leur faire entendre la cautelle de ces illegitimes gouuerneurs,lcfquels reiettoyent leurs crimes fur lêsPrincesdufangquivouloyent sâoppoferà leur tyrannie ; 8c que fi iamais gens entreprindrent contre le Roy 8c le royaume, câeftoyent ces harpyes Sc^adets de Lorraine,, Vn gentilhomme,leur partifan,autresfois fort familier du Prince,fut apofté par eux,afin de le fonder,8c lui rabatte fa nbsp;nbsp;nbsp;. uihîi
côlerc^e qu'ayant entrepris,lePrincelepriadedireà ceux deGuife,quâil auoit receu tant dâouttages dâeux, que leur guerre. querelle ne poiiuoit fe terminer quâà la pointe de la lance 8c de lâefpee: que sâil nâauoit ce moyen,il efperoit auant fa mort les faire conoiftre coulpables des crimes à lui par eux impofei.Cefte haute refolution fit quâils enuoyetét quérir
François sècon«
W.D.LX.
fairt Ãn f roert.
le prefident de Thou,BarthelcmiFaye amp;nbsp;laques Viole feillers de Paris, quelques maillres des requeftes, Bourdü' J Pâ'Oâ^ureur general,amp; du Tilletgreffier,pour interroguetk t Prince fur le crime de lefeMaiefté,8c s'ils nepouuoyent rien titerdececofté,renquerirde fafoy. Le Prince le® tnôftra quâà eux nâapartenoit défaire tels interrogat$,fa'â*
dluerfes caufe» de recufacion quâilauoit contre eux jîquot; tammenr contre de Thou,lequel il rabrouadâvne merueil' leufe façon. Et comme ils entreprenoyée de pafler outrej^ Prince en appella au Roy.Mai* dés le Iendemaiii,quinzif' meiour de Nouëbre,lâappel fut declaircnul parle conftil priuéjdôt le Prince ayat appelle derechef, fut dit que P'ââ peine de crime de leieMaiefté il refpondroit par deuant i' ceux commiffaires; ce quâil fit, aiTirté de deuxAduocats
Lui/t fur- pour confeil. 11 fe purgea nettement du crime de lefe Nh' ^tducrimi ielléjSc auoua franchemét la Religion. Peu de temps âpreâ fecretaire Robertet lui porta certain papier contena»â froMionquot; ejuoiq'aos propos prétendus auoir efté dits par lui à Artil»gt; ouuerie it Voyant lâexecution dâaucuns prifonniers. Il expol* ' la ttUpon. auflî bien amplement fondire: amp;nbsp;ne lui furent fur fesrt' ' fponfes nuis tefmoins recole/. ni confrontez,non pas mff' me Bouc hart qui auoit promis au Cardinal de lui dire m« ueilles de bouche alencontre des Princes.Tant y a que fut fes refponfes y eut nagement donné contre lui portant cô-damnation de mort, amp;nbsp;dciioit-on lui trancher la teile fut vn efehafaut deuant le logis du Roy, le dixicfmeioor dt 'â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Décembre,.! lâentree des eftats.On a aftérme amp;nbsp;publié pat
i/z/? etitii diuers eferits que celle condamnation fut (îgnee de tous . ceux du priué confeil,(excepté du Chancelier amp;nbsp;du Con-^t^Ãrfar' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Morticr,lefquels vfoyent de remife)itemdeplU'
titfaritfS) fiours grands Seigneurs,des dixhuit chcualiers de lâordre de ta mai- nouuelleiiient frits, amp;nbsp;de plufieurs autres partifans de la fenie Gui- niaifonde Guifeiplus des maillresdes requelles,8c descô-K 1 'fââ* J feillers du lâarlemcnt,quâon fit venir,amp; que le Roy enuo-* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yoitquerirles vnsapres lesaiitres,fansaucunement met
tre la matière en deliberation.Le Comte de Sancerre refu-lâ de ligner, amp;nbsp;pria le Roy auèc larmes quâil 1 ui fill trâcher la telle,plullofl que le contraindre a telle lîgnaturetdont le Roy fortellonné,renuoyâle Comte, fans le prelTer dauâ-taÃe.Lo fit aiiflâi beaucoup de rudelfes à la Princelfe de Code, qui follicitoit dâvn tnerueilleux courage pour fon mari.
Sut
François seconp.
$
Sur ces entref.iites le Pape publie vne bulle en datte du ^riifcisir I vingciefæe de Nouembre ,ou il promet vn Concile pour '?â¢'â »gt;â remedier aux differens de la Religion, amp;nbsp;lâafligne à Ttente quot;nbsp;I le lourde Pafques.D vn autre collé le Cardinal de Lorrai- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
ne auoit donne ordre de faire mettre en eferit les noms des T^eh^mn
principaux de la Religion en toutes les proumees de Fran- «quot;
ce -.les rooles en elloyent dreffez amp;nbsp;en fapuilfance. Tous
ceux qui tenoyent le parti des Princes, 8c de la Religion nbsp;nbsp;nbsp;â
furent lors adiugez à la mort, afin dâellaindre toutes que.
relies, 8c qu'on ne patlaftplus de reformation: attendu que
les afaireselluyét en lâellat auquel ceux de Guife 8c leurs
adherans les vouloyent. Pour l'exeention de tant de hauts
delfeins,arifl'uedes EftatSjOÃlalibertédclaFrance de-
uoii eftre accablée, les forces du royaumc,parties en qua-
tre, fous la conduite des Ducs dâAumale,marefehaux de
fainCt André, de Briifac 8c de Tormes marchoyent pour
nettoyer les proumees de tous les (ufpefts au fait delâeftat
8c de la Religion.Pour fournir aux frais on prenoit les trois ,v .
parts du reuenu des Ecclefiaftiqucs,lâor amp;nbsp;lâargent des re- . nbsp;nbsp;nbsp;â s â j
liquaires, les threfors des temples : auec promeffe que les
confifeations rembourferoyenttout. Pourfupplemcntde foldats, le Pape difpenfoit le clergé,8c luy permettoit fournit nombre de gens dâvn tel corps. Quant à lâexter.» mination des Princes 8c Seigneurs,on y procedoit par le menu 8t lentementile Roy de Nauarre deuoit eftre confiné au chafteau de Loches; le Conneftable en la groffe tour de Bourges auec fesenfans; Ses neueus en vn autre tour à Orleans, qui depuis fut furnommeelâAmirale,pres^ «ellede S.Aignan,aprfeftee pour les Principauxdelaville. 0
Les Marefehaux deS. André 8c Brilîacarriuez en Cour fuient dâauis quâon tuaft le Roy de Nauarrc,rans sâempef- je t«er le cher à luy bailler gardes. Suyuant quoy Ion eftiaya de lâem-^Roj di Na poifonner en vn banquet : puis de le tuer vn foir, partant uarrt.mna de chezle Roy. Ce que nâayant fweeedé, le Roy mcfme fut follicité défaire le coup, 8c de poignarder lui mef-me cePrince,8c ainfi efpâdre fon propre fangicc que lapro-1 uidencede Dieu ne permit ; encores que la chofe eftre approchée de fon poina,(ayanc le poignard fur fa ro-be,')leRoy,eftât entré en propos bié rudes,cotre celui deNa uarre,lcquelen prefence de ceux de Guife refpôdit de telle adreffe,quâilefchappa.Vnautredcflein fut pris, de le faire
w.igt;.LX? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François sccond. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
I fortir aux champs,Sc fous couleur de la chalTe le tuer ain**
1 quâil courroie quelque cerf ou faiiglier.LeConneftablen* ' uoit point encore donné dedans les filezimaisilsfaifoyen' eftat de le forcer: amp;nbsp;auoycnt défia expédié commiflîôpout
« faire empoigner le fieur de Danuille fon fécond fils.QÃant ' à lâAdmirai amp;à fes deux freres,la declaration quâils auoyst Mtjtns te- fajte(notamment l'Admirai amp;dâAndelot)dâeftre de la RC' quot;tra^n fuffifoit pour les côdamner.Pour y paruenitjle Roy «xurwwBfr manda a tous les cheualicrs de lâordre abfens quâil vouloit têtu ceux tenir vn chapitre general de fon ordre le iour de Noël fui' tieitiT^eli uantjSc entendoit que toutes exeufes ceifantes ils fe trou-
. uailéntà la Cour.En les attcndantfutdrelfee parles do-' éleurs de Sorbonne vne confeflion de foy que nul homme» tant foit peu de la Religion j nâeuft voulu pour mille vies
Iaprouuer ni figner.Le iour vcnu,cefte confeflfion deuoit e-lire prefentee en plein temple aux cheualiers par le Roy
J . mefine, qui figneroit le premier, Screquerroit de chafeun 'â¢f .^'le s hT,' dâeux le femblable, auec ferment delâobferuer inuiolable*
gt; ment en tous fesarticles, amp;nbsp;de courir fus par toutes voyes à ceux qui y contreuiendroyent, fans exception de parens ni amis quelcôques. Qui en feroit le moindre refus ou delay, fur l'heure, fans autre inquifition, forme ni figure de
Æ proces,le Roy les degraderoit de lâordre, amp;nbsp;de tous eftâts, â dignitCzSe honneurs,puis le lendemain, ils feroyent bruf-lez tous vifs. Autant sâeu deuoit faire entre les Cardinaux par vneafTemblee generale dumefme iour,pouratcrapper le Cardinal de Chailillon. Apres cela,tous les Princes, S
,, |feigneurs du Royaume viendroyentfîgner celte confeflîô, puis tous les gentilshommes amp;nbsp;officiers domelliques du Roy.Le Chancelier auoit commandement de faire le femblable enuers tous les mailtres desrequelles,iulliciers,fe-
I crettaireSjSc autres officiers fuyuanslaCour.LaRoine me reprint charge défaire ligner toutes les dames amp;nbsp;damoi-fclles de la Cour: eftant enioint à tous ceux amp;nbsp;celles qui a-\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uoyent fuite de faire le femblable, à peine dâen refpondre. t
En apres on deuoitenuoyer à tous les parlemcns,baillia- j â f ges,lenefchâuirees,8c autresiurifdiftions, pourexiger pa- i
⢠reilleconfeffion de foy:fur peine aux defaiilaris ou délayas dâeftre brûliez, fans autre forme ne figure de proces. Si â quelquâvn,apartenant à des Princesou feigneurs du parti
f de Guife,eftoit exempté de la mort, pour auoirrefufé de
ligner, I
pRAt^ÃOIlSBCOND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;55 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
figner,8cvenoità fedefdirejpourpeHitenceilpotteroitle â â ' refte de fa vie vn Sanbenito ou robe de couleurs à la façon â dâEfpagne, pour ignominie perpétuelle. Les Curez 8t vicaires eftoyent chargez dâaller par toutes lesmailons de leurs paroiflesjacompagnez de greffiers,notaires,amp; tels au tres expreflement commis,afin de recueillir les fignatures, en tenir regiilres amp;nbsp;dénombrement en chafcune iurifdi-( ftion. Eftans outreplus conunifliions nouuelles expediees aux capitaines amp;nbsp;gentilshommes partifans de Guife, pour » a, leuergensdecefteconfeffion,afindâexecuterce qui leur J*» feroit commandé.
Comme les députez des eftatsarriuoyentà lafile,amp; le dixiefme iour de Décembre affigné pour lâounerture apro-choit,on leur fait defenfes expreffes de par le Koy,fur pei- intimi ne de la vie,que nul dâeux fuft G hardi de lafchervne feule dn^é-raJ* parole touchant la Religion,en lâalfemblee de fes ellats ge- tntnt tri»~ ncraux,pource quâil en auoit autrement difpofé.Quelques vns ne fepeurent contenir de refpnndre que les lettres de laconuocation des ellats portoyent le contraire.Oneffaye ,Æ Là deffus dâapaifei les vns pat belles paroles,ou les esblouir nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. '
des bulles du Pape pour le Concile,on intimide les autres: à quelques vns on fait des prorocfl'es;amp;à ceuxquinâclloyêt pointdelaRe!igion,lon defcouute vne partie des delfeins fus declairez.Là deffus arriue vn autrepacquet du Comte de Villatds,lieutenant du Conneftablc en Languedoc, lequel mande que les députez de laProuincepour fe treu-ueraux ellats,eftoyent des plusaftettionnezala Religio, Stnefaudroyent aendemandetlâexercice,ayanscharge de ce faire. On alla tout foudam au deuant pour les arrefleri mais eftans paruenus par autre voye à Orleans, fans leur donner loifirde prendrelogis,ilsfurencfaifis auec tous leurs papiers, contenans des infttuftions trefamples pour le bien de lâellat amp;nbsp;la Religion.
Dâvne autre part certains capitaines amp;nbsp;foldats follicito- c,â^^nee yét le Roy de Nauarre à fe rauuer,8t lui en prefentoyét les ju de I moyés.Ses amis auflâi lui propofoyétdiuers dangers sâil de Kanurre, I meutoit.Maisluiremettâtfa vie és mains deDieu,amp;fedou I tât que laretraite ne full caufe de fa mort, fe retint;amp; pour 1 choie quâamis amp;nbsp;ennemis lui Iceuffét dire,quoi que defdai gnéStmocqué des couriifâs,il ne voulut abâdôner la ville, 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nisâeQoigncr de [ô frété,auât que voit lâiflue de fes afaires.
M.D.1 X. V^dmtral t'achtmnt lt;nbsp;Orifuns.
*
FrançoissecoNd.
LâAdmiral mandé par Ie Roy pour fe trouuerà OrU'i'â®â fans sâarrefter aux remonftrances que fes plus familierâlâ' faifoyenta caufe du peril où il alloit expoler Iï vie, fe®* toutesfuis en chemin, amp;nbsp;arriuc en Cour entédic de ia R®' ne mere que le Cardinal auoit délibéré de lui demanJd
rai fon de fafoy en prefence du roy mefmt ,1e priant dent fe mettre en danger legerement. Sa conilantercfponfefgt;n
_ par elle rapportée au Cardinal qui flr fon comte que lâAdmirai renonceroit la religion ou pafléroit le pas à ce coup- .
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Le Dimanche neufiefmede Decébre,couime vnepâiiit
d/du train de la maifon do roy fuà ia parti dâOrléans po® âctdfctnUt Chambourg amp;nbsp;à Chenonceau, le Roy de Nauarrt lérÃjrfifrà eÃänt alléde matin donner le bon iour au Roy,fut femond j ft dl mala de fortir amp;nbsp;dâaller à la chaffe,at tendant la venue des EilatSi di« mtnil- dont il sâexcufa,attendu la captiuitéde fon frere. Si eut-d i».
Ctux deGui Jeejjaytnt tit rebâtît le ctuf.
commandement expres de fe tenir preft pour monter a cheual le lendemain marin,au quel iour fondit frere deuoit auoir la telle tranchée. Mais ce iour fut vérifié le comniun j dire,quâen peu dâheure Dieu labeure: car furies quartehei* : res du foir,le Roy eftant a vefpres au temple des lacopinsj illuy print tn grandcfuanouifl'ement, qui futcaufequâon lâempoi ta halliuement en fa chambre, où rcuenu depafâ moifon,ii commença à fe plaindre de la telle en la partie dt lâaureille gauche, en laquelle il auoit eu de tout temps vue fillule,en forte que delà douleur la fleure le print.
Nonobllant ce coup,ceux de Guife Aient depcfcher force commiflions à Capitaines de leur parti pour leuer gens endiuerfés prouincex ; amp;nbsp;parauant auciteflé cominan' dé au Marefchal de Termesdesâaller loindre alâEfpagnol qui prenoitla route de Bayonne, pour entrer tous enferble en Bearn.Le Vicomte dâOrthe gouuerneur de Bayonne eut co.mmandement de par le Roy, de remettre la vilfei ' fi befoin efloit,entre les mains du Roy dâ^fpagne pour fer- | uir depadage a fon armee entrant au Nauarrois,oùlonde- I noir tout racler, puis acheuer fur les feigneurs amp;nbsp;gentilshommes quiauoyenten toutes ces contrées la fauoriféau Roy de Nauarre, amp;nbsp;a Tenrreprife dâAmboife. Mais vnc bonne partie de ces feigneurs amp;nbsp;gentilshommes, nâayans pas délibéré de donner leurs peaux à bon marché, prin-drent les armes iufques au nombre de fept ou huit cens bien montez, fuiuis de cinq ou fix mille hommes de pied,
qui I
François second. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;56
quiauoyent leur affignation, amp;nbsp;rendez-vous preft fi toft queTerniesautoic pâlie Limoges, pour lâcnclauer entre deuxriuieres'.ce que luy ayant lâtnti,St fc fouucnât de Gta-uelines, fe retira bien viite à Poifticrs, amp;. donna auis en Cour de ce quipalToit, donc ceux de Guife ellonnez, 8e voyans la maladie duRoy ccoiflte,refo!urcnc a la delefpe-ree de faite tuer le Roy de Nauarre, qui auerti peu dâheures dcuantjsâen plaignit bien fort à laRoine mere. Ce nô-obllantfes ennemis voulurent pafler outre ,5e y procéder de viue force, fans le Cardinal de Toutnon,qui full dâaduis quâon attendift que le Conncftable 8e les fils 8e neueux fuf-fent arriuez, de peur quâen tuant lâvn on nâesfarouchaft les autres,qui donneroyenc plus de peine que les Princes. Ce- '⢠pendant le Roy de Nauarre fe tenoit fur fes gardes : mais il y auoit peu dâapparence dâtfchapper , fi les autres luy euf-fent couru fus.
La maladie du Roy fe rengregeant à veuë dâÅil,le Duc ,itrt de Guife defehargeoit fa cholerefur les médecins-, le Car- quot;⢠dinalenuoyoit enpelerinagc,8c employoit moines amp;nbsp;pre-^'quot;** lires aParis 6c ailleurs pour faire des proceffions; le Roy fit vn veu folcnnel aux fainéls 8c faindes de Paradis ,fpe-â cwlementanollrcdamedeClery;Commcils lâappellent, que sâil leur plaifoit le guérir,il putgeroit fon royaume de tant de mefehans heretiques. Mais fon oreille ne purgeoic prefques plus, ains fa fieure croillôit dâheure a autre . Au moyen dequoy ceux de Guife tout eltonne2,quclque bonne contenance quâils tinflent ,eirayerent de moyentrer en-uerslaRoynemere, que longarderoit le corps apres fa mort, lufques à ce quâils euffent pourueu aleurs afaites, 8t fait authorifer leurs actions parleurs Ettats ,afinquâon ne peuil les enrecercher. Mais il fut impuflible, car il y auoit trop de gens apres pour voir quand le Royletoit expiré.
Au mefme temps le Vidame de Chartres prifonnierà la
I Ballille,ayantelléellargt en famaifondela rue S. Antoine, mourut incontinent. LeBaillif dâOrléans fut commis en
I garde à fa belle mere. Ceux de la Religion elloyent alors I nbsp;nbsp;nbsp;par tout en iufne,pleurs 8t prières trefardentes,pour obte-
I nir fuppott 8c fecours de Dieu, contre tant de dangers qui leur pendoyent fur les telles.
Quant a la Royne voy ât le Roy fon premier fils à lâex-tremiléjconfeilleepar ellemtlme amp;nbsp;par «eux ae Guife,
François second.
M.D.tX,
«»riré, flur enuoya quérir leRoy de Nauarre,luy mâdant quâil la troir ItuSitmr jjgj-oij gâ cabiner,auqiiel ainlî quâil vouloir entrer,vii'â t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jçfgfufet*
la Roine de ce quâon lui deinanderoit, pource quâautijquot; ment il eftoit mort.Eftant dedans il trouua la Roine, atâquot; pagnee du Duc de Guife, du Cardinal de Lorraine amp;nbsp;Fecretaire, laquelle ayant dâvne contenance compolee c®' me fa palTion lui commandoit fait de grandes plaintes monllrances du pafle au Roy de Nauarre, amp;nbsp;defcouuetil' penfee au regard du prefent, conclud quâelle entendoiîS voulait que ledit Seigneur lui quittai! tout le droit qu* pouuoit prétendre a la regence amp;nbsp;au gouuernenient il* Roy amp;nbsp;du Royaume, fans iamais en rien le querellerjtt' quérir ni accepter:amp; que fi les Eftats le lui vouloyent bai! ler,il le remettroit entièrement à elle. Mais afin que ct^ demeurai! ferme amp;nbsp;arrefte' entrâeux, elle en vouloirauoit fa fignature amp;nbsp;eferit de fa main. Puis apres, elle vouloitS entendoit aufli quâil fe réconciliai! auec fes confins GuifejSc effaçai! lâopinion quâon lui auoit imprimée: quâ*'* deuoyentcelferamp; viureenpaix, puis que les plus gran'll Princes amp;nbsp;Seigneurs du royaume leur en monl!royentllt; chemin. Apres quelques exeufes amp;nbsp;fommaires refponft' Z.4 ju j^oy Je Nauarre,il quitta à la Roine mere la regenctiS 4«rv4am( lyj nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^Jonc elle lui promit a bouchti
^tar'cîL mi 9ââ^' fefoit Lieutenant du Roy en France,conduiroit lesa-re, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;faires de la guerre,amp; receuroit les paquets:puis le« lui reH'
, uoyeroit apres les auoir ouuerts amp;nbsp;leus: 8i que rien nefr roit ordonne'linon pour fonauis, des autres Princes J* fang, qui feroyent autrement refpcâez à lâaduenir. Aprf* cela elle lui fit embrallcr fes coulins de Guife,amp; ptomenr®' mutuellement dâoublier toutes querelles paliees. Dellob ils commencèrent à sâentrefaluer amp;nbsp;carelfer, comme 1' TftcimcilU- toufioursils euffent eftéamis. Tout cela fut fait auantlâa'quot; 'dtâcutrâ'** Conneflable amp;nbsp;de fes neueux. Outre plus onft «rc lertij P®'quot; æalade à celui de Nauarre, que de fon ptoâ dt Nanttr- premouuementamp; contre lâaduis de ceux de Guife,il auoi' re. faitemprifonner le Prince de Condd, le priant dâaduis, I* croire, Si. dâeffacer pour lâamour de lui amp;nbsp;delà Rointlj mere toute la mauuaife opinion quâil pourroit auoir col!' rtuxâ'dt â dâeux:ce qui leur feruit bien puis apres.Ccux de Gui' Cuift, fe mal alfeurezjnonobftant tout ce que delfus, obiindttj'
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François sbcond. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;$7
1 de laRoipe mere que les gardes des portes dâOrleansiu-il' nbsp;nbsp;tent redoublées,empefchant lâentrec à plufieurs, St defen-
fes faites fur peine de la vie, que nul (qui qu'il fuft ) pjirlaft
t* au Prince de Condé ,fans lâexpies congé de la Rome, ou
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quâil portail fa fignature.
Le quatorziefine lourde Décembre furlemidionte- Mtrtd» noit le Roy pour mort,combien quâil ne trefpaffaquâicinq nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
heures du foir. Quelques heures auant fon deces ceux deâ quot;nbsp;Guife sâallerent enfermer en leur logis,dâüù ils ne bouge-rent de trente fix heures apres, iufques à ce quâils eurenc pleine affeurance de la Roine mere amp;nbsp;du Roy de Nauatte.
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Auant cela, ils firent porter chez eux foixante ou quaere^ vingts mille francs quâil y auoit de refte en l'efpargnejà quoy nul sâoppofazqul fit penfcr que la Roine mere les lait-' fiait faire,pou» fe maintenir par eux puis aptes.
Si toil que le Roy eut la bouche clofe,laRoine mere enuoyaquerirleConneftableaEftampespour venir ptô-à /«««r.â ptement en Cour. A fon arriuee il challa des portes les gar des que ceux de Guife y auoyent pofé.Le Prince de Confié demeura prifonniet dix ou douze iours à Orleans apres la mort du Roy , fa femme nâayant iamais eu crédit de le voir durant fa detcntion:puis fut enuoyé auec fes gardes à Han, dâoù, il alla a Roy e, attendant lâiifue de fon process -toute autre que ni fes amis ni fes ennemis ne penfoyent. Ceux de la Religion qui auoyent efté en continuelles prie-tes es afferablees fecrettes,dui anc plufieurs iours comme- ceux dt cerent aleuerla telle,sâellansapreftez cous a mourir,fi lei« '^liÿtn, Roy euft vefeu encores quelques femaines. Les troupes du Roy dâEfpagne, qui sâauançoyent vers le Bearn furent contreniandees, amp;nbsp;fe retirèrent fans rien exploiéler.Moulue qui auoit promefle de ceux de Guife dâellte fait Com te dâArmignac,amp; les attendoit dans le pays ,fe retira aufli
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chez foy,comme firent les autres adjierans a ce parti. Les plus fecrets feruiteurs que ceux de Guife pouuoyent Hoir en Cour fe prefenteieut humblemeiit au Roy de Na- * narre, lui dtfcouurirent les certains auertiffemens des cho fes quâon vouloitexecuter.LaRoine mere ne, voulut permettre que lors ni apres Ion touthall à cela,craignant ( di-foie ellc)quelquc grand remuement qui galleroit tour. Il en auint tout autrement-car faute d'auoir donné ordre fie faire reprimer le mal naKîantjil fe renforça tellement,
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m.d.lx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;François » t c o n o.
que fes fils amp;nbsp;elle nâayans veu que malheurs fur malhei»â' font fondus dedan4,fans en pouuoir auant leur mort elp*' dcPMni- preuoir aucune ifl'ue. L'Admirai entre tous autif magnifioiten toutes compagnies les merucilles deDitâ^ qui lâauoit arraché des poings de fes là nguinaires enneo»* lors qu'ils penfoyent triompher de lui. Ceux de Gulft'® f loyeient la Rome pour lui impofer filtnce. Mais il nefi* pas muec,ains sâoffrit lui veiiher quâiceux elioyent coulp*quot; bles de plulieurs crimes de lefeMaiellé,s'il lui plaifoitfci* ouuerturc a iuftice. Elle nây voulant entendre le pria'll leur porter bon vifage, amp;nbsp;viure en paix pour lâauenir,rgt;(' feurant de donner bon ordre a toutes choies. SarefponJ fut,que faire bonne mine a ceux qui auoyentpourchalfeo mort, chargé fon honnçur, procuré la confifcation de fi' biens, aueclaruinedefa mailon,de fes parens amp;nbsp;amis,* ne le pouiiuicfaire,fans monfirer vn cÅur doubleice quiâ' ftoit Contraire à la profeflion de fa Religion, 8t indigne ifâ tout homme de bien. Mais bien reniettoit-il la vengeanââ à Dieu , qui la fçauroit bien faire en fon temps , puâ que les hommes ne vouloyent adminilirer iuftice.
fran(^ott HU9tt
tÃi Tant iricttt co»' tre (tux dt ta '^Ugion
Ceux de Guifene voulans elite loin de lâaffcmblee â¢fâ Eftats,oùils craignoyctquâon ne pailaft dâeux a bon eftiâ' firent conduire par Sanfac S: la brolfe le corps du Roy sfâ' fund à Saind Denis,où il fut eniei ré là ns aucune Ibleni»' té ni pompe royale.Lc Duc de Guilè,lots grand O'ai1110® faifi de deniers enleutz des cofres de lâefpargne peu aua®' tfieà itrrèi Ic trefpas du Roy , auquel il tenon it bonne compag»i* hur mtie en fon viuant,fuc beaucoup mefprifé amp;nbsp;mal voulu a c*quot;' fe de celle lourde fauteia quoy fes feruiteurs refpondoyt'i quâil iiâauoit plusafaire du Roy,duquel il sât ftoit alTeifâ' ui,8c faloit quâil pourueult de nouucau a la feureté amp;nbsp;gri'''
deerde üinaifoii.
rd fui Ie regne de François fécond,lequel mourut sâê* ' de dixfepc ans,moins vn mois, (Aanc mort dedans le lt;1'^' fepciefnie mois de fan regne,ledixft ptiefne iour de fanâ' ladir,8lt; la dixfepnefme heure apres la minuift. lâonrcelt;l^ daranc fon regne (ï court, ont dié icttecsen France les ?' mencei des difcordçs ciuiles, qui ont défia duré deux foiâ dixfeptans,nousauons voulu amplement déduire les eiââ'
fes,pour le conteincir.ent du leétcur.
CHAR'
CHARLES N E Y F 1E S M E.
François fécond mort fans ligneeJuccedaCharlesfon i.^i^gtnn 2\.(tere ttoifiefmCjtils de Henri deuaiefmegt;( Ie fécond «nfernne nommé Lo.uys mort enfani) né Ie vingtfeptiefmeiout de lanuierjl'an mil cinq cens cmqiiante.Levingtvniefmeiour deDecébte,enpleincôfeil,oùleieuneRoy futamené j8t fetrouueréileRoy deNauarte,le$auttesPrinccsdufang, jL;;».
I plu fleurs feigneurs amp;nbsp;les principaux confei!lers,reig!emét **1
I fut eftabli au manie ment des afaites, amp;nbsp;la regence confer-
I mee à la Roine.
* Deux ioursapresjlesEftatssâaffemblerentenvnegran-de falle a Orleans. Le Chancelier fit vne harangue j où il
J declaira que c'eftoit que tenir les Eftats,pourquny ils e-ftoyentalieinblez,quelbienilen reuenoit réfutant ceux
I qui doutent sâil les faut tenir» 8c les dépeignant de toutes leurs couleurs. 11 traita puis apres du moyen dâappaifer dHihaat»^ les troubles »montrant lesremedes à ce qui concemoit
li lâtftat 81 la Religiotijenclinant à vn Concile, 8c exhortant / les vns 8c les autres a vnion 8c douceur dâefptit. Pour la fin U il parla des debtes du Roy. Câeft-ce qui fut fait à lâouuer- â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V
b turc des eftats.Le lendemain, aptes quelque difpute,fauoir il files députezdeuoyent entrer en matit're,aitendu letrtf-Æâ pas du feu Roy, qui fembloit auoirefteintlescommif-,1 fions, 5c cela viiide,on vint aux harangues. Lefieur de A Rochefort,pour laNobleffe,3prouuala rtgence de la Roi- 1^ ,l ne mere-, fe plaignit des iunfdiâionsvfurpees par les Ec- N.Wtjfc, J cleliaftiquesjdes detordresfuruenus entre les Noblesjdes J torts faits à la vraye Nobleffe ; propofa les moyens de rei-
giet les Eccleliaftiques 8c les contenir en leurs vocations:
4 intercéda pour le foulagcment du peuple fur tout au fait ilt; delaiuilice , inonftr-int queles cflats de ludicature deuo-fi yent cftte gratuits, la iuftice réduite a certain nombre nein cellaire dâofficiers : c^ue les nobles ne deuoyent elfte for-U clos delâadminiftration dâiçelle. Puis apres il parla contre 71 lesdefordresfuruenusaufaitdesconfifcations,contre les
; feditiósifupplialeRoy de receuoir 8c maintenir laNoblef-
,â if en fes ptiujleges, 8c prefcBta vne lequefte par laquelle
H. ij.
M.o.lx, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles nevfiesme.
eftoyent requis des temples pour la Noblefle faifant pfO'; pjKr feffioii de la Religion. Vn nomme lâAnge,pour Ie tiersc fity rfat ftatjinlilla principalement fur lâignorancejauarice Si liiff* lution des Eccleiialtiquesivoulant inferer que les trouble â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠cefleroyent,quand tels maux feroyent abolis, lean Ququot;*'
tin Autunois,profellcur en droit Canon a Paris, oi doll«* Dt2H' â pourfairela harangue du clergé,(laquellele Cardinal iorraine auoit briguée,comme aulli pour la Noblefle tiers ellat,maiscn vain) parla fort longuement, amp;nbsp;encoHi plus odieufement,nâayant rien prononcé que par eürlt?
, â . uec peu de grace,ayant pourcontrolleurs beaucoup dt* * principaux prélats du royaume amp;nbsp;quelques Cardinau'' Le foinmairede fon récit apres plufieurs louangesdtb roinc mere, traitoit des rail'ons principales de lâafltni' blce des.eftats ; de ne rien entreprendre en la telorniJ' tion de rEglife,qui ne peut errer,niais bien folliciter amp;nbsp;£ââ traindrcJes minifires dâicelle a sâacquitter de leurs chff geside ne foutfrir autre religion que la Romaine.l a dtll»â illit vne longue inucftiuecontre ceux delaReligion,«!® treceux qui auoy eut demande des temples, amp;nbsp;dit que lui qui auoit eflé le porteur amp;prcfcnteur deJeur requcllf (taxant afléz ouuertenict lâAdmirai,aflis de lâautre colRi amp;nbsp;VIS avis de cc lîârangutur)d7uoit dire tenu amp;nbsp;dcclaiif ÿ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;heretiquc,amp; contre lui,comæeiel faloit procéder felon 1gt;
rigueur des conllitutions canoniques amp;ciuiles,3t!n dâart)' cher le mal du milieu de la France. Il tomparaaufli ced delà Religion aux Anans, amp;nbsp;les feigiiEurs sjui leur fauori-ïoyëc au traillre Gainas du temps dâAtcadius, sâefforça il' trrouuer lâantiquité de la religio Romaine, amp;nbsp;que ceuxii' Ja Religio en Fräce elloyct gés deftfperez qui prctcdoyCf! introduire vne Anarcliie, indignes de fuppoi c amp;nbsp;graciera traitemét.ll requit lâiuterdiCtió derous hures improuutî par les docteurs de botbônc, amp;nbsp;côtlud a ce que ceux del* Religio fiiilér extcrmhiez.La dellus il adrdla fa parole Ji' reétemét au Roy gç a fî mere, ht requelle pour la raaniite-tiü des perfonnes amp;nbsp;biés des Ectlefialliques ,pour les tlk' étiôs dâiccux,y»ourlâobferu5tiü dès canôs anciés,plt;gt;ui lâeâ' ptiôdt's dccimes,côtributiüs Sc cottifations.Tutqiioi ilinC' lia pres dâvne heure.En outre il plaida,fans en eltre rcqni*) pour la Noblelfcjpour le tiers eilatjsour le reiglemét delà iulliceiSc pour conclufion traita de lâiullitution du Roy-
LâAilr I
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles sivnisMt. Ã9
. nbsp;nbsp;f,âAdmiral fe plaignit le lendemain au Roy amp;nbsp;Ã la Roine
â nbsp;nbsp;de lâignorâce prefomptucufe de Quintin,lequel lâauoit ta-
quot; xéaffezouuertemét à caufedelarequefteprefentecpour ceux delà religion à Fontainebleau. Quintin sâexciifa fur
'1 la leçon quâon lui auoit baillee' parelcrit, puis en f» fe-conde harangue fedefdit de tout ccla,au contentement de
J lâAdmital;amp;. peu de iours apres mourut de fifcherie,fe vo-
â yât defcouuert par pluGeurs refpôfes que Ion publia cotre fa harangue, où fort Apoftafieluiefloic mifeaudeuant,amp;.
* fes calomnies Scfauffetezfolidementrefutees.LesBalüa-
!* ges proteftans Scie fieur de Rochefort furent fort mal vou-lus pource quâils nâauoyi^nt voulu permettre quâon fill mé
I* tion en leur harâgue de la maifon de Guife,dont ils fe pur-
â¢â nbsp;nbsp;gerent enuers la Roine,qui leur fit gracicufe refponte.
r _________________ â¢__
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m7 D. L X I.
|i A V commencement de cefte annee,les EcclefiaftiqU^âPr»«7ï'âgt;
I ^Veurét midemét du Roy,pour fe ttQuucr au Côcile d 4» fatt de r TrenteiSc fut cômandéà tous iuges amp;nbsp;officiers, quâils euf-'âââ'''^'ââ' fent a mettre en liberté de corps gc de biens tous ceux qui
il feroyentemprifonnezpour le fait delaReligiomSc defeii-fes faites à tous fuiets de nesâentriniurier ni reprocher leur
igt; religiô a peine de la vie. Les ellats continuoyent leurs con r ferécesaOrleâs,dont les habitans eftoyét inhnimét aigris (( cotre ceux de Guifequi du viuant du feu Roy auoyeiitrê-r pli leurs maifons defoldatsqui y auoyét vefcu adifcretió, K Scfeplaignirét queleDucdeNemoursentenoitbónöbre 'î de cachexcà 8c là ,pour faire quelqueeffott.Le Roy deNa 11 narre 8c le Côneftable sâen eftâs formalifez, la Roine mere
fit efuanouir tout cela, fecotentât que le Duc defiuoua le tout.llyeut vneautre encloueure, qui fit remettre les e-
1^ ftatsau mois de May enfuyuantà Pontoife.I.e Roy de N,i d« (flats-, i uarre 8c le Châcelier prièrent les eftats de sâemployer a ce
que le Roy fufl acquitté de fes debtes,offrinc les leur laite voir par le menu. Etadlouftale Roy de Nauarre,que sâils
I : trouuoyent par les comptes,que lui eult rcccu quelques i' dons immenfes ,il fe foumettoit franchement .i la reftitu-îgt; tion dâiceux. Ceux de Guife 8c autres qui ne pouuoyent i* pas dire le mefme,firent tant que ce coup fut rompu, efpe-
«ât que le temps feroit parler dâautres chofes qué de i édre.
J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;U. iij.
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis nmviirsme.
M.D.I XL
Le 7(07 lt;« £1,fiele Prince de ^etidè.
Toft aptes,le Prince de Conde appelle'en Cour vin!' la Fere à Fontainebleau,amp; le lendemain de Ton arriu«â' tra au confeil le treiziefme iour de Mars,où en prefenff' tous le Roy declaira vjuâil lui auoit fait deue de (on inmilt;* ce : lui permettant dâen poiirfuiure vne fécondé decll!* tionau parlement deParis,où le Prince alla au bout de Æ ques iours.Dânj autre collé,le Roy de Nauarre feplaijquot; à la Roine mere touchant leDuc de Guife qui lui elloit[* feré amp;nbsp;au Connellableaufli,allèrent (îau3nt,quelui,lcsâ'
Lx roiftt tnereaÃiu* rt fa rf^en-
tres Princes du fang,le Ctsnncftableamp;plulicorsgrin* feigneurs commencèrent à sâapprefter pour partir d(' Cour. Elle Voyant que Câeftoit vn coup contre fa regt»'' parle confeil du Cardinal de Tournon enuoye queré* Conneftable,auquel elle fit défendre bien exprclTéaif* parle Roy,quâil iiâeuft i partir de la cour. Le Conneto''
, 4 J I arrcfté,auftilefurenttouilcs3utres,amp;cecouprompâ'' grand contentemenr de la Roine.
Lt! ifiais Lebruit de teniefcoiitentement feme en diuetsî* farticulitrt droits, les deputez pourlâalTemblee des eftats particuli'' rft Paru pm-js J sâauanccrent de la faire , amp;nbsp;fut à bon cfd*? 'clair âKlââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gouucmement du royaume , dd*
âhfaMrn tutinnde plufieurs, Ã5t eftablilfement des autres auxpiâ*'
* cipaux eftats , de contraindre ceux de Guife a rtoi'' compte dn maniement des finances fous le feu Rof® de leurs autres maluerfations : de repeter les dons ii* menfes faits à la Ducheffe deValentinois, à eux,5, autres; amp;nbsp;que iufqucs à leur iuftificarion, ils iiâciin*', fent au confeil. La Roine mere fort troublée de tel'
Veur fotn-
Uur deffem ia rotne mere Vaceerde
niuemcnt nây tmuua meilleur remede que de iâacen*' der de nonueau auçc le Roy de Nauarre, amp;nbsp;y einpW. fi dextrement le Conneftable, que par accord entre'*' le Roy de Nauarre fut par expres dtclairc licutcni'' general du Roy . amp;nbsp;ii reRé que la Roine ne feroit Æâ '* fans lâauis amp;nbsp;confcnteintnt dâicelui. Cela fut eferà ^ figné de tous deux , amp;nbsp;de ceux du confeil, rncfni«''â «t'idiTin Guife, lequel par lâauis de la Roine fit le dou«'® lt;it Naiiar peu plus que de couftume.Plufieursdes Confeilicrs daRofi r«. de Nauarre nâeftoyent nullement de ceft auis, enco'*' quâil leur allegttaft certaines grandes prontefiTes de bnâ' ehe,à lui faites par la Roine: allegiiaos quâelle fe dcfdir»'' de tout, que fa licutçnançe ne fetw quâen papiers Æ ' â
Chamis Mirriisui. tfo
VifairepaffottparlesEftats, amp;laRoine amp;nbsp;ceux deGui-
gt;⢠Fe aue» tous leurs adherans fetoyent tellement rangex ( quele Royaumefe verrolt eftabli ; quâau contraire latf-âl Fant les choFes en ce me(linge,la France paiGb le au dehors i (I (eroit incontinent agitee de façon eftrange au dedans, fl pource que les parcialicea. eftans fortes de deux cofte?., les Æ vnsne pourroyent fe contenir de courir fus aux antres;
,1 quâil eftoit à efperer que G les afaires eftoyeut conduits j( 8t reglezfélon les loix du Royaume, on pourroit aifé-gt; nbsp;nbsp;ment empefehet les mauuais de faire le mal qu'ils cou-
ii uoyent,8t quecâeftoita ces commencemens quâil faloit/^KÃy tl/t 4 nbsp;nbsp;bien aduifer, pour ellablit la paix amp;nbsp;le bon ordie au nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
t nbsp;nbsp;Royaume. Ils nâen furent pas creus : dont mal print
1 nbsp;nbsp;au Roy de Nauarre , aux Princes du fang, aux grands nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
i nbsp;nbsp;amp;nbsp;petits du Royautne ; 8t cefteplaye faigne encores.
if Voici comme ilenaduint. Ceux de la Religion ctoif- jtciuB gt;nbsp;nbsp;nbsp;foyenc à veue dâoeil en France; amp;nbsp;en la Cour le Roy de Na- a« laT^h^ii
â arre leur portoit faueur à defcouuerr. Onyprefchoit»'p'â'^'r«
Æ es chambres du Prince de Condé amp;nbsp;de lâAdmirai, de-Affquot;'quot;'
C dans amp;nbsp;dehors le Chafteau : amp;nbsp;la Roine mere faifoit t prefeher dedans vne grandâ falle lâEuefque deValence, ï quinefuiuüitpasleftilcdes Sotbonniftes. Ceux qui ne deraandoyent que nouueaux troubles, pour nâeftre ame-)* nez a comte du palfé, 8c qui fauoyent bien que le doux air 1 dâvne ferme paix les feroit fondre, où les rendroit G che-f nfs quâon ne les verroit plus, empoignent cefteoccaGon G propre à leur anis. Us enflamment le Conneftable prell' nbsp;nbsp;nbsp;mieren)entparlcscrieries de fa femme,ordinairement en-
f' uironnee de moines 5c de preftres, puis par les parens (' dâicelle, en apres par certains apoftez par ceux de Guife !*. 8ipar la Roine mereaufli,contre ceux de la Religion, dllâ fans que Ion complottoit pour aboli? la Melfe 8t tout ce i qui en depeiid;8c que mefmes fous le pretexte de redditio I* de comtes kde dons immenfes on vouloitledefarçonner^'âP''âtiii* 5 lui qui par lâefpice de quarante ans auoit manié les plus !â¢' grands afaires du royaume. Le Marefchalde S.André amp;nbsp;ctnncflMe 1 Montpefat pouffèrent bien fort cefte roue, 8t esbran(le-p»i,r rommé rende Conneftable irrité deGa de ce quâil voyoit lestra-«rZ»Nri.-ii
S. nbsp;nbsp;nbsp;dirions de lâfcghfe Romaine tout ouuertemeut i»iet-Xâlt;«.
r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prifees entre grands 6c petis à la Cour. Son Gh aifné,
ââ Seigneur bien aduifé, voyant fonpete fur le point dâeftre «, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;H. iù).
M.D.Lxr. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis »ivuismi.
feparé du Prince tie Conde de les neueux de dj.iflill®ââ amp;nbsp;autres grands Seigneurs ) pour deucnir executeur J'' paflïons de ceux de Guife, fit tout fon poflible de rabu'* ce coup:reiais il y gaigna aulPi peu que JâAdmirai Sc fou ** relc CardinaldeChaftillon,leConnertable fe tenant fff' me en celle opinion, que changement de Religion app'*' toit changement dâeftat,amp; quâil ne fouffriroit pas ceÃJ. D* fait bien toll apres lui amp;nbsp;le Duc de Guife ayant fait leâquot; Pafques enfemble, auec le Duc de Montpenfier a 1'01»**' nebleaujle Connellable fit vn fouper au Duc de Guilâei*quot; Prince de Iainuille,i5c au Marcfchal de S. André. Puis sâe» alla le lendemain a Chantilly faire les nopces de 1 horélbquot; cinquieline fils:St le Duc deGuife le luiuittoflapies* Nantuciljà cinqlieuès de là ,dâoù ils comtnuuiquoyentW uent par lettres enfemble.
filuiCe 1 peuple Dâçois coullumier de ictter lâÅil fur la Cooi'i fixempit voyant que les grands comnicnçoyent a sâentreregani« äei^ranäi. de trauers,fe prend a faire demefme.H nây auoit pas fat»' de boutefeux amp;nbsp;trompettes de feditio dedans les tenipltb qui ne parloyent que de fer amp;nbsp;de feu, fans dire reprimtr Dont sâenfuiuit de la mutinerie en piulieurs endroits ,cô-mcà Beauuais, Amiens ,Pontoifc, 8cautres villes,où lo» commit de trefgrands exces fur ceux de la Religion,qui nâellans quâvntpoignee à comparaifon de ceux de 1 Egiil' Romaine,ne demandoyent que repos. QuelquesfoisaU' cuns dâentre eux moins patient ne pouuans fupporrei ceugt;î qui les appelloycnt Huguenots 8c autres queChrelliensi felaifloyent aller à répliqués de nicfmes,nominans Papilles ceux qui les agaçoyent.Des mots picquans Ion venoit aux querelles. Tels dift'erens produilirent vn edit faita Fontainebleau, defendant ces reproches 8c nos de Hugue-Papifles.itc de ncrecercher perfonne en fa niaifon, temedtant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;retenir aiicun ptifonnier de la Religion.Sous couleur
auxfacliSi de quelques formalitcz non obfcruees, le Parlement de lâa dtfa^réiau ris, qui commençoit aufli a entrer en parti,au lieu desâop-Parlimni pofer aux remuemens qui pouuoyent älterer le repospu-deParù. fait de grandes remonllrancesaullt;oy,dit tout net que diuerlîté de Religiös efloit incôpatibie en vn cflar, côd.inc ce quâon appelloit liberté de côfriéce,requiert leRoy de fai reouuerteprofeffiô de la religio Romaine, 8c enjoindre le mefmeà tous fes fuicts Ihr les peines quâil »uiCcroit. IJy auoit
ChAMI! MITïlISUI, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«t
aiioit dâautres renoonftrances fur les mots de Papillesamp;vi-ure Catholique'nentjÃonteuus en lâeditj fuvquoy le Parlement pi'opofoit des difficultés an detriment de ceux de lit Rel.gton,tiu) eftoyenc toutouuertement condannnez,amp;le Pape exprcffement nomme chef amp;nbsp;vicaire de Dieu en ter-y«/«.- 1«.« re.Ce vent ne fei uit quâà ramafler tant plus toft les orages Æ a*)* de la guette ciuile qui dure encores. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
Auenois de Iuin,leKuyfutfacré à ReimSjOÃfe trou-uerent treise pairs de Prance, le ftere aifné du Roy faifant le premier amp;nbsp;k* Princes du lang pairs tenans rangl amp;nbsp;aflictte au deffus des autres. Le Cardinal de Lorraine y fit de grandes plaintes contre ceux de la P/aMtei Jit Religion ; furquoy fut arrefté de faire vnc nouuelle af-femblee des Princes, Seigneurs amp;nbsp;autres duprméCon-fcilenlaCour de Parlement à Paris pour y faire quelque bonne refolution. Peu de temps apres lettres patentes furent enuoyees aux Prefidés deThou amp;nbsp;Seguier pour prç fider auxeftats particuliers de Paris; mais fur lâoppofitionâ formée par lâAduocat Rur.é au nom de la Nobleffc,tels P-
llâts fe rompirent fans refolution,fors vue qui fut que Ion reiettoit le payement desdebtes du Roy fur le cletge.En-uironlemefmerempslâarreft de lâinnocence du Prince de Condé fut prononcé en plein parlement par le prefident quot;p'tn'i, Baiilet, les huisouuerts, toutes les chambres alfemblees, é- autrtj. en tobbes rouges, en la grandâ chambre; où affiftetent plufieurs Princes 8t grands Seigneurs; le Duc de Guife, amp;nbsp;le Cardinal de Lorraine sây trouuerent auffi.Le Prince fut dcclaité innocct des casà luy impofe7,,fô recours à lui re-feruécôtrequiilapartiendroit, pour telle rcparatiô que la qualitédefaperfonnerequeroit.Mefmcsarrcftsfuretpronô PJ1 cezenceftinftà tpourladiHncdeRoye,leVidamcdcChar J tres defun£l,lc ficur de Cany, 8t le confeiller de la Haye. '* â
Toftapres,leRoy,laRolnemere, le priuéConfeil vin- E'ihdt luit drent en parlement, amp;nbsp;apres plufieurs opinions diuerfes fur lefaift de la Religion fut dreffé en luillct vn edit defendant toutes iniures de paroles ou de fait réciproquement à peine de la vie ; toutes ligues amp;nbsp;chofes ten Jantes a fedition-.toutes paroles fcandaleufes auxprefeheurs;
les aflémblees interdites à ceux de la Religion , qui tou-| tesfois ne pourroyent elite condamnez à plus grandâ \ peine quâa fortir du Royaume : le tout par manière de
A.d.lxL C h a s. t « s Ml V r I z s m prouifion, iufques ib determination du Concile gw^ ral, OU de la proche alfemblee des Prélats : toutes faurei palTees, au regard du fait de la Religion aboiies:enioin( punir les faux délateurs: baRons à feu prohibez fors JUJ â¢â¢â¢1 ⢠⢠perfonnesqualificesparredit.Parmefmemoyenleslât«' â lats furent mandez pour la conférence, amp;nbsp;faufconduit donne' aux miniftres pour venir conférer de leur doRri-ne.Le lieu de la conference fut aflîgné à Poifly.
Pratiqaet nbsp;nbsp;Tandis que ceux de la Religion eftoyent pleins de bon-
tintrt it ne efptrancc, puis que le Cardinal de Lorraine amp;nbsp;autrei
lt;/« Na- proteRoyent de vouloir communiquer paihblement dei articles debatus par les textes de lâEfcriture fainfte. LoU pratiquoirdedeRourner entièrement le Roy de Nauarrt de lâafFtftion qu'il portoit à ceux de la Religion, amp;nbsp;parit moyen du colloque de Poifly rompre les ERats remii au mois dâAouR: pourcequcla Roinemere fauoittref bien quelaNobleflé amp;nbsp;letters Eflat demanderoyentdti temples; Cela accordé rendroit le parti des Princes trop fort : ce quâelle redoutoir. On donna donc tel ordrt frili, 3ii)i ifitres, que Defeats autresfois Chambellan du Rof de^Nauarre, amp;nbsp;chafle par fon maiRre, qui l'auoit def' couuert cRrc penlîonnaire de ceux de Guife, fut rap-pellé , amp;nbsp;rentra en feruice amp;nbsp;grace plus que deuani-Puis le Duc de Guife, retourné de Calais, où il C' floit allé auec Danuille fécond fils du ConneRable, S grande fuite de Courtifans, conduire la roine dâEfeoift veufue de François fécond, fit folliciter de pres le Prince de Condc pour fe reconcilier aüec lui. A ceR accord fait i S. Germain en Laye le vingtquatriefme iour , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAouR fe trouuerent pres du Roy amp;nbsp;de la Roine me-
. gt;,â¢/ re,les Princes,grands Seigneurs, Cardinaux, Confeillers: ' 'trquot;ltPrZ amp;C'heualiers de l'Ordre. Le Roy ayant parlé de lâoc-« ât Ctntig nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâaflcmblee , commanda au Duc de Guife de
parler, lequel sâadreflant au Prince , lui dit ces mots, Cmfe. Monfieur, ie nâai ni ne voudrois auoit mis en aiiant aucu-nechofe qui fuR contre voRre honneur, amp;nbsp;nâai elle auteur, motif, ni inRigateur de voRreprifon.LePrincede Condé lui refpondirt le tien pour mefehant amp;nbsp;nul' heureux celui 8e ceux qui en ont eRé caufc.Le Duc rcpli-qua,îe le croy ainfi : cela ne me touche en rien. Apres,! la requefle du Roy,ils sâentrerabraRerent 8e promirent de demeo
Charlis NivïiEs mi; 6t.
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denieurerbons amis, La Roine pour tefmoignagc de fa
joye fit vn grandfeilinccmefmeiouraufoir.
Quant aux Eftats ternis à lâontoifeau moisdâAouft
il ne fut pofl'ible de différer plus longuement. Mais
la roine allant au dcuant par derrière , comme
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pour faire ratifier lâaccord paffé entre elle amp;. le Roy de vnAinttnir I Na'.iarre pour le fait de la Kegence , amp;nbsp;afin quâil n'en /«rr^tner. , full plus parlé y »niioya premièrement le Confeiller du Mortier, lequel fut renuoyé Rvuide, ayant trouué des gens qui parloyent bien liant. La Royne fut lors *5* av.ifcedâvn expedient propre. Elle auoit toufiouts mon* lire bon vifage à lâAdmirai, prétendant fe feruir de fa faneur à quelque grand befijin. Lâoccafion y eftant lors trefvrgenie , ce Seigneur fut tecerché en toutes fortes, bt lui promit on merueilles pour le foulagemcnt de ceux de la Religion. Lui voyant que le Roy de Nauarre nâcftoii délibéré de fe donner peine de tels afaires, amp;nbsp;(.à la façon desbonnes âmes) fe confiant beaucoup es grandes proteftations quâon lui faifuit de procurer beancoupde bié pour lâauçnir , fit vn pas de clerc, sâemployant vers les Eftats pour la confirmation de lâaccord fufmentionné* Eiâ«*' f»f-Et pour acheuet la ruine, le Roy de Nauarre y alla lui mef-me declairer quâil auoit quitte fon droit. Nonobftant tout cela il y eut bien de la difpute, plufieurs bons perfonnages Æ,â i,ix preuoyans en quelque forte vne partie des grands maux ftndantent^ que ce defotdre eauferoit, tellement que les Eftats''â¢C' ne sâaccordèrent à cela quâaucc proteftation conte-nue en leur cahier , quâils viadrent prefenter au Roy à Sainft Germain en Laye oufefitl'affemblee generale. Le Chancelier , fuyuant le commandement du toy, exhorta la compagnie par vne longue harangae dâa-uifer fi les affemblces de ceux de la Religion deuoyent * cftre défendues ou permifes. Aptes lui le lieutenant dâAutun, furnommé Bretagne, parlant po«r le tiers E-ftat, en vnbien ample difeours monftralâabbuses biens amp;nbsp;iurifdidions des Ecclefiaftiques,le deuoir dâiceux , le, grandes charges qui accabloyent le peuple »requitqua les petfecutions contre ceux de la Religion ceffaffenr, quâon leur permift sâaffembler 8c que pour cefteft'eft on leur donnaft des temples : item que leurs principawx mi-niftrcs fufleiit appeliez pour conférer a«ec eux des dif-
«i.D.ixr^ Charles neviiism!. fetcnsruruenus en Ia religion. Au regard de lâacquit dettes du Roy amp;nbsp;fubuention de fes autres afaires, le tiers Eftat en fit ample ouuerture : Stpropofadiuers moyt'îâ pour chaffer la diuifion, amp;nbsp;mettre le Royaume en aufftr'* ehe paix quâil fut onques.Mais pource que beaucoup dâe*' pedienspropofezrecerchoyent plufieurs grands, Si uâ' tamment les Ecclelîaftiqucs: ce ne furent que paroles, qâ* mefmes hafterent les principaux deballirleurligue. i* Clergé, defirant efehapper de la fange , fit offre pour lâat' quit des dettes du Roy,dc continuer pour fix ans le pay'quot; ment de quatre décimés. Alors auffi fut mis lâimpoft d® cinq fols fur chacun muyde vin entrant en villes doftâ pour le temps de fix ans amp;nbsp;nonplus, outre le huitiefmS Si yingticfme de gabelle ordinaire.
Tandis que Ion amufoit les Eflits à parler Si debatre,lt ^rtiÃcei Pape Pieipii auoit fait publier le Concile à Trente,aduerU Xu de ce qui auoit elfe arrefté touchant le Colloque dePoif' f uya it* Cardinal de Ferrare fon légat en Francc,auet ferenct dt charge de remettre toutes chofes pour le fait de la Rell' ei'Jl}, gion à fon Concile.Pource quâentre autres articles arr£' liez aux Elîais il auoit eflé dit que les benefices du royaU' me feroyent conférez par leS ordinaires chafeun en foi* diocefe, amp;nbsp;non plus par le Pape : item que fes difpenfesn* feroyent plus receue.s,il y eut de la difpute fur la receptiot* de ce Legat, lequel tournoya tant quâil fut commande' Chancelier de feeller les lettres du pouuoirdâicelui le-gat;ce que le Chancelier ne fit quâapres plufieurs iufiions, adiouflant mefmes au bas, quâil nây confentoit point. Lâ Cour de Parlement ne vouluftles approuucr. Et quâtaox Courtifans, du commencement le Legat ne futgueres bien venu au milieu dâepx:rnaisil fit tant par fes allées S venues que le deffus lui 'demeura, ayant auec ceux qui lui aidèrent en France rendu fruflratoirc lâaffemblee dePoifly«
En ces entrefaites les .Prélats sâalfembloyent pour h jjjjimiAec conference de Poiffy : amp;nbsp;pource que les vns elfoyent dts preltits igiiorans de toutes lettres ; les autres nullement ver-potirlectUa {e7. Cil lâelfude des S iinfles F.fcritures , ils amene-^ue dePeif- i-gjyf. apve, grand nombre de dofleurs de Sorbon-ne amp;nbsp;autres quâils faifiiycnt difputer en leur prefence, poift auifer à ce quâil conuitndroit dire.Qjant a quelques vus
I
ChAIIIIS SITIIHMÃ. nbsp;nbsp;nbsp;ÃJ
viis dâentie ces prélats qui eftoyent douez de quelque .
fçauoir ils furent fufpefts aux autrcs.tt en leurs confeteii-
ces patticulietes il y eut fouuentcsfois de grands eftrifs
enttâeux, iufques à venir aux mains , dont les Courtifans nbsp;nbsp;nbsp;miât- I
puisapresfaifoyentleutsrifecs. Tandis quâils debatoyent^rei wmft | ainfi, plufieurs minillres des Hglifcs de Vrance au nombre '« de dix ou douze auec vingt deux députer, arriuerent
fous le mandement amp;nbsp;lauf conduit du Roy fuiuls toll a- -jf^y pres de Pierre Martyr amp;. Theodore de Beize que le Roy de itur unfefi- ⢠ÃSlauarre amp;. le Prince de Condé auoyent appeliez de Zurich^»». Iky 8c de Geneue. Les premiersattiuez, ptelentercnt vne te- ' l 1 quefteauRoy, le dixiefmeiourdâAoull, pariaquelle il» fupplioyentque commandement füll fait aux prélats de voir la compolition defoy des Eglifes , ptefentee au Roy dcsleneufuicGneiourdcluingauparauantj afin dcmon-«t liter ala premiere aflemblee sâils y itouuoycnt à redire, Si ' ouït fur leurs obicftions les defenfes dâiteiles Eglifes par la bouche de leurs minillres St députez. Ils requeroyentea outre, Que les Prélats 8c autres Ecclefialliques nâeulTent à entreprendrelâauthorité de luges fur eux, veu quâils e-ftoyenc parties-.Que le Roy auec Ton confcil eu ft a ptehder
, en celle conference: Qu,e tous les different fuflenc décidez 8c terminez par la feüle parole de Dicuiquc deux fecrettai-tes fulfent elleus de chafque part, lefquels conferaflent en- . femble leurs cahiers des dilputcsparchafcuniour 8c que ces cahiers ne fulfent tenus pour rcccuables quâaptes auoir eflé veus 8t lignez parles parties.Le Roy receut la confef-Ã'/?â'âquot;Ad»
â fion 8c rcquellc des mains dâAugullin Matlorat 8t Pran-'^lîJ'* Içois de Saind Paul,en prefenct de la mere, du Roy de Na-
U3rte,8c autres princes du fang 8c feigneurs du confeihpuis leur dit auec vn fort bon vifagc,lecommuniquerai voflre requellc à monconfcil,8cvous en fciay donner refponfepai^f ï4- »««r mon Chancelier. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rfc dt
Theodore de Befzc eftant arriuc à S.Germain enLaye le
1 vingt troifiefine iour dâAooll prefeha publiquement le^^j
l lendemain au challeau dedans la lalle du Prince de Condé, CuKr .- ir tt
I tgt;ù fe trouua trefgtande 8c trefnotable allemblec , fans au-I nbsp;nbsp;nbsp;cun tumulte ne fcandale.Ce iour raefme, appelle fur le loir
j en la chambre du Roy de lSauatrc,ilytrouualaRoyne,le j, ' Roy deNauatre, le Prince, lesCardinauxde Bourbon 8i la T{chg_iiin â de Lorraine,le Duc dâLllampes 8c la dame de Ct ufldl.Ayât « Paru.
CUAtllCS NIVfISSMt.
fùît ia reucrence à la Roine, iJ lui declaira en peu de pJi'O'j les lescaufes de fa venueamp;Ic defir'quâil auoitauec tous compagnons deferuiraDieu amp;à (ama'efle' en vneiîfain'lt; âe amp;nbsp;nccelfaireentreprifc.La Roinefefcoura fortpaifi' blementjamp;Iuilîtbonaerefponle. Sur ce le Cardinal dt
Lorraine print la parole taxant de Befze dâaunir eftéau* teur des troubles, dâauoir feme parle royaume des libelle? i diifamatoiresjté dâauoir pat le en termes du tout indigneâ * de la prcfence de noftte Seigneur en la S.Cene. Ayant en peu de paroles môftté la vanire' des deux premiers article!! il entra en vnalfezample difeours fur le troifiefme, où ü tellement à toutes les queftions vulgaires du Car-caiâ^nai. diitaljbien quâicelui declaira expreffement à la llt;*ine,quâil , , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoit grand contentement de ce quâil entendoit,amp; certai
ne efperance que lâilfue du Colloqueferoit heureufe, en y pioccdant ainfi doucement amp;nbsp;par raifon. Puis adrefl'ant 6 parole à De Befze, le luis bictiaife (dit-il) de vous aiiuif veuamp; entendu: ie vous adiure au nom de Dieu que vous Confériez auecmoy, afin que iâentende vosraifons, S vous les mienes; 8c vous trouuerez que ie ne fuis pas fi noir quâon mâa fair.De Befze le remercia,Sc pria de conti-_ nuer en celle bonne Vülontc,promettant de fa paît de sâé-ni'tlbîât ployer alâauancementdu bitn,'elon quâil pourroit.La da-trait Je M nie de CrulTol dit là delfus, comme elle eftoit libre en pa- ⢠Dumr lt;ti roles,quâil faloit auoir de lâencre 8c du papier pour faire fi-Ctuffil. gner au Cardinal ce quâil auoit dit 8c auoucicar (fit-elle) il dira demain tout le contrairc-.FJle dcuiiia biemcar le matin venu il courut vn bruit par toute la Cour que de premiere abordee le Cardinal auoit confondu 8lt; réduit 1 lieodoi e de Befze, tellement que la Roinefut contrainte de dire au Côut llable,lcquel sâen rtfiouifioit fort corne de cliofe certaine, quâil clloitrrefinal informé. La Reine de Nauarie an ilia toll apres en Cour,ce qui fit croillie les allemblees.
Le htiiiiefmc de Septembre,lesminiflres prefentcrer.t J â vite fécondé rcqiielle en laquelle ilsrendovcnt raifon de la ntiaijlrei, demande des articles cn la premiere, 8c itqueroycntre-fponfe. La Roine mere receut ce Ile requefle en prefence du Roy de Nauarre.du Prince,de l'AdmiraUdu CliScetierj Si dâvn lêcrectaire dâLllat. Elle renuoyade Befze 8c trois autres quiracmnp3gnoyent,auec bonnes paroles,8c affeu-rancequeles Eccleliaftiques ne feroyetpoint leurs iuges.
Le
Chaklis Mitusimi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^
le lé demain enuiron midi le Roy,accôpagné tomme fa Ctmmnni grâdeur le mericoit,entra au grâd refeûoit des nônains de PoilTy, où les Princes amp;nbsp;princcffes eftans aflisà lt;es coftez Scderriere luy,puis plus bas en ordre fix Cardinauxgt; trete ftx Euefques amp;nbsp;Archeiiefques 8c derriere eux force do-fteurs amp;nbsp;gens du Clergé. Vis à vis de luy au bout de la falle fa garde, amp;nbsp;derriere fort notable compagnie degésdetousbftatsjilfitvnebriefusremà llrancedescau , fes de celle affemblee cômandât au Cheualier de declairer plus amplemét so intentiô à la côpagnietce qui fut fait bié / au lôg. te Cardinal de Tournô au nô des Prélats remercia le Roy, puis requit que le Châcelier bailla ft fa propofition nbsp;nbsp;nbsp;âgt;gt;âgt;gt;â¢
parefcrit,amp; quâéleur dônall loifir dâêdélibérer: ce quileut^ââ futtefufé.Là deflùs les miniAres, au nôbre de douze auec^â*,^^^^,^ vingt deux députez des Eglifes des prouinces qui leur aAi firtiiet dt;-Aoyér,appeliez 8t introduits par le Duc de Guife qui auoit tant Cvnt ceAecharge,auecle lîeur de laFerté capitaine des gardes,cü*^quot;/â''quot; ââ¢* duics iufques aux barrières, où ils sâarreAerct telles nues, Theodore de Befze eleu defdits miniAres 8c députez pour fj,, ââp,* parler,ayantfait vne griefueprcfaceauRoy cômcnçafoaogt;»iiE ftnt propos par vne hüble amp;nbsp;ardete priere à Dieu, acôtnodee afââ*'â Voccaliô de ceAe affemblee. Puis sâeAant leué debout,tef-
' mojgna le contenteméi fingulier dot tous ceux de la Reli- jî/ari'det ' giôiouiffbyentpourauoir vntelaccés vers leur fouiieraind,/« deffri
8c 1 cgitime Prince, vers la Roine, les Princes du fang, les »« chrttiii Seigneurs 8c notables perfonnages là affeinblez.-en apres il tuita de la fincerité 8c du franc defir de tous ceux de la R c ligion: puis entrant au principal, fit vn trefample recueilquot;^,*^ quot;nbsp;de tousles articles delà dotlrine Chrellienne, «'oubliant aucun poinft qui fuA en controuetfe, quâil n'expliqua A fulfifeaininct.fl touchaaufli vn mot de la difeipline de lâE glife ; puis conclud que fes compagnons 8c lui enfeinble tous ceux de qui ils effoyêt auouez ne demandoyent que la reformation de l'Eglife,vouloyent viure 8c mourir fous l'obeiffance 8c proteâion du Roy, detelloyent tous ceux qui s'en vouloyent exempter, 8c prioyent Dieu pour la profperitédu Roy, de fa mere, de fon confeil 8c de fon E- £4 Aat.Ayantladeffusfait vnegrandereuerenccjil pourfui- dt foj dit uit,prefentant au Roy la Confefiion de foy des Eglifes de di France,rcquerant la conference cHre faite fur icelle. Frma pn
Sa longue harangue fut pronôcee d'vne fa^on fort ble à toute faffiflaiicc, amp;nbsp;fur ouïe auec vne finguliere at- .,»,f«ri»;.
M-D.LXI, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChARIJS «ITf iis Mt
fcntion iufques fur la fin, où il parla trop ouuertementil* gré des prélats contre lâopinion de la prefence du corps noftre Seigneur dedans le pain : car cell articicles fit mni' murerbien fort (combien quâil euft au parauant ditbeW' coup dâautres chofes qui condamnoycnt expreiféinent b doftrine delâEglife Romaine) neantmoins ilacheua, faiâ que le Roy ni pas vn des Princes bougeait. Sa harangue fi' nie le Roy receutlaconfeffiondefoy desEglifes, parleâ mains du fufnommé fieur de la Perte capitaine de fes gardes,8c depuis la mit es mains des prélats.
Comfort«- Entre autres prélats bié cfchaufez,le Cardinal de Tour-moBf (/ejf r« noii tout bouillant de cholere, ayant prié léRoy de perle-tan afrti nerer enta religion de fes anceftres, demâda iour pour re-cef?« /jdran fpondre à celte harangue, adioiiftant quâon y refpondroit 5« Tiltfa, lâængt;8c quâil efperoit que le Roy ayant oui la refponfe, fe-roit ramené : puis fe corrigeant, non pas (dit-il) ramené) mais entretenu en la bonne voye. La Roinetafeha de lâadoucir. Et le lendemain Th.de Befze efcriuit amp;nbsp;enuoyaâ la Roine vne ample expofition de ce quâil auoit touché de ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la S.Ceneau mefeontement dçsprelatsdefquelsafleniblei
pour aduifer à ce quâils auoyent à faire,le Cardinal de Lorraine commença par ces propres mots,A la miene volonté que cellui la (entendant deÃefze) eult ellé muet, ou que nous euflion i elle lourds. Apres plufieurs opinions lui refolu que leCardinal aflifté de quelques doâcurs,notara-nicnt de Claude Dcfpeufç,qui drella larefponfe, amp;nbsp;feruii 2li priien dc prorecolle à fon difciple, refpondroit feulement à deux dent e2ii e points,afçatioit de lâEglife 8c de la Cene : non pourentrer endifpute, mais afin quâon ne penfall quâils fufl'ent fans répliqué. Qu,âau relie on drelferoic vne coufeflion delof oppolée 3 celle des iniiiillres, laquelle sâils refufoyent dâs' prouuer,fenrente de condamnation fei oitfolennellemcnt prononcée a lâencontre dâeux, 8t par tel moyen feroit fini ee colloque fans autre difpute.
Neuuellede j miiiiUres aduercis de telle rcfolution, contr.tireà conference hccltliaHique .sen plaignirtnrpar rc-exee/ir quelle au Roy. Icelle prefenree au Chanceliier, lui felon tel nimflres fa prudence pourucut .à lâafaire , de forte que les pre-f» ttfet lats procédèrent autrement. Quant au Cardinal, il sâadui-^âh lliquot;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;expedient,fort propre ,à fon aduis pourcé-
fondre les minillres 8c les chafl'er auee rifee bien loin deh
Cour
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChARIîSNIVîIïSMÃ.
1 court. llefcriuitdoncaufieurdeVîeillcuille gouuerneur Il de Mets,quâen toute diligence ilhftvenir dâAllemagne fl quelques Théologiens qui au fait de la Cens ne sâaccor-- doyent pas auec ce quâen tienent les Eglifes de France; pre ' tendant faire loufter iceux Theologit ns contre les mini-!⢠fttes,8i. apresauoireu fon pafletemps de leurs difputes, I renuoyerles vns Scies autres en celt eftat. Vieilleuille fit ⢠telle diligence que trois on quatre doâeuts Vbiquitaires I de Virtemberigt; 8c deux Théologiens de Heidelberg s a-cheminèrent incontinent en France-.mais vndesVbiqui-taiteseftant mort de peife a Pans,Scies deux Théologiens ' deHeidelbergeftans de laconfeflion des Eglifes de Fran-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce,le Cardinal fut en ceft efgavd fiuftre de ce quâil preten-
⢠doitidont auffi bien lui print.Car on eftoit délibéré lui de-
t mander 8c aux autres prélats, sâils vouloyent fe tenir a la ⢠confeflion dâAusbourg, ayans appelle des dodeurs dâicel-1 le ? On ne lailfa pas de les en enquerir,quand le Cardinal ' en voulut parler, lequel fut contraint de cercher dâautres 1 plusalfeurexfubterfuges.
â Le feixiefme iour de Septembre, en prefence du Roy, des Princes 8c du confeil, le Cardinal fit fa harangue, cou-
⢠tenant vnelonguededudion des deux poinds ai reliez en ' tre les Prelats,de l'Eglife 8cde la Cene.1 celle finie,eux prie I rent inftainment le Roy de fe tenir a la Religion de fes de- ». * uanciers, 8c Commet les miniftres de foiifcnre à eeque le ' Cardinal auoit expofe,quoy fait on les receuroitSc refoul-I droit fur les autres points, finon que toute audiance leur ⢠fuft deniee, 8c quâils fulfent enuoyez hors du royaume,où t il nedeuoit auoir quâvnc foy,vneloy,8c vnRoy. Les mi-* niftres requirent quâon ouilf alors ce quâils auoyent à re-( fpondre au Cardinahmais ils fuient remisa vne autre fois.^â'* ' E,t quoy que depuis ils infiftaffent en diuerfes fortes pour
ellre OUÃS en public, ils nâobtindi ent rien, finon que le 14. nbsp;nbsp;nbsp;'
' tour, du mefme mo.s Th. de Befze refpondit en prefcnce , du Roy 8c de fon confeil a la harangue du Cardinal :où af-⢠filferent cinq Cardinaux amp;nbsp;quinze ou feize dodeurs.Def-' I penfc 8c Defâindes firent quelques difputes,aufquels De â¢I Befzerefpondit. Le Cardinal de Lorraine auoit Commé les ââ miniftres dedeclairer sâils vouloyent receuoir laconfef-â â fion dâAusbourg ; eux requirent que lui le premier la fi-
gnaft,puis eux IcTuyuroyent. Là fut-üarteUé tout court.
M.D.ixr,
Charles nevfiesme.
Cela auint lez6.iour du mois, où derechefDefpenfttrsii* cela Cene, amp;nbsp;apreslui le dtdtur Martyr fort amplenieuf daireraent.Maispourcequ il parloir Italien,le Card»â, nijtrej ér dit cjuâil ne vouloit auoirafaire a autres quâa ceux defals'l Viiicieurt gue. Vn Efpagnol, general des lefuites voulutaufli sâ«'' mefler.De Bcfze lâayant réfuté,entra en difpute auec Dc^'
fartant fonrUtPra lati. La te [elittien de Set benne.
pen ferles autres miniAres refpondirent auHi a quelqud obiedions de certains autres dodeurs de Sorbonne, f« lâinterpretation des paroles de la Sainde Cene. Depuis le ' tout fut conuerti en conference partie uliere, en laquelle ne futiamais poflible aux miniftres dâamener les députezd« prélats à difpute bien reiglee,niaconclufion dâaucun article.On traita à diuerfes fois de celui de la S.Ccne.- amp;nbsp;feW-bla quelquefois que les parties fuffent aucunement dâaccord. Mais la Sorbonne cenfura rudement ce qui en auoii
elle trpuué bon par les dodeurs au nom des prélats, lit 1' ne inuediue parefcric contre les minillres,requerant quâili fulTent chalfez du royaume,sâils r.âaprouuoyent la doamp;i' ne Sorbonnique couchant rLucharillie. Les miniihes aH contraire requeroyent humblement, que les confeflionsS articles de dodrine de part amp;nbsp;dâautre fuflent exanunt* par le menu, auec lâordre oblerué de tout temps és conic-rcnces amp;airembleesEccleGalljques.Mais leurs partie'(qlt;Ji feconliicuoyent iugesauec vneanimolicé tout-euidenic) ne voulurent iamais ioindre.
Le treiziefmeiourd'Odobreles Prélats ayans remercié amp;renuoyé leurs doéleurs, finalement iis fc retirerez apres auoir drefle leurs canons,qui ne touchent en rien à la doctrine Chrefticnne,ainsfeulcment defcouuroycnt quel-1 ques defordres de leur clergé, de la reformation defquels i coutesfüis ils fe rapportoyent au Pape , amp;nbsp;au Concile lt;lr Trente, qui nây ont rien remué, poutee que leur Eglife nc peut faillir.Au mefme temps furent defcoiiuertes certain« i
3*
fnffem lettres eferites au nom du Roy a fon anibafladeur à RoinÃi i it Ptif le Je 1â1 fie, amp;nbsp;d'autres de la Roine mere, lel-quelles uionftroyent que tout ce colloque uâelloirqu'ui amufement, amp;nbsp;vne inuention pour crocheter les bourfo du flergéjcquelaccürda les décimés,pour fauuer le relie. Câeftoit de cela dont Ion vouloir dire refolu, non pas delà ) Religion ni de ce qui concerne la con(ciéce,à laquelle plu-1 fleurs des pieçaauoyent fait banqueroute. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;।
Depuis I
Charles nevïiesme. 6S
Depuis le depart de cefteaffemblee ceux de la Religion .^«*»1« : ccrmmcncerent peu a peu à prel'cher publiquement, 8t quelques endroits fans reGltance (c (aifirent de certains té plesjdont sâenfuiuit vn edit du Roy le troifiefme deNoué- '' â bte,qui leur tommandoitdeles quitter,ce quâils brent fans contredit.Au mefme mois ceux de Paris sâertans aileniblet pour prefeher en v n iatdin hors la pot te du tépic nommé la Cerilaye,au leiour il y eut des coups rut ii mais le mal (ut moindre quâon nepéfoit.A caufeque lacôfei ence de Poif fy nâauüit point apporte de rcmede, que les partis fe for-moyent,que ceux,de la Religion sâauatiçoycnt à veuc dâoeil c;/«,/ ffiâf pat tout le royaunie,la Roine fut confeillee dâafl'cmbler les dt fâtre af-plus notables petfonnages de tous les parlemés de brance/*'â*'«- 1« aueclesPrinces du (âg,les feigneurs^óléillers du cóftil pri f'quot;ââ!âââ* uéamp; maiftres des requeftes,pour auifet de drtlfer quelque edit ptouiliôticl pour lereigltment dc ceux delaReiipiô,8t r,. aulf) poucrefpôdre à lademâde des ellats,quiauoyét trebnjSUiion««* ftâinéc requis des téples,Les principaux delâEgble Romai-'-fâquot;'«. ne,enttc autres ceux de Guifc,trouuei êt et R exptdiêt fort mauuai.qal egiiâs quâil (aloitfe côtêter de lâedit de buillets au refte fe plaignoyét de la douceur deda Roitie,amp; aceufo.» yét ouuettemét le Roy delSauaric,le Prince,!â Adnnrac 8t les (reres. La Roine qui vouloit allcurer faregêce ne vou* lut acquielceridôt ceux de Guife prindtét ocraftô dc (e retirer de lacour,y laiU'ât desfttuiteuts Stfoll cucurs.LaRoi ne leur dôna gracieu'emét côgé,les allem âr de labêne vo-lôtéenuersleur teligiô 8t cnueis eux,quâelle pricit de re-tournetbic toft. Us partirent enuirô labn de Novébreig; à lâheure quâils dtftogerent fe leua vn vêt trcshotrible'amp; du toutcxtraordinaite:ptefagc(difoyêtpluliem.')delatépcfte ââquot;Pi'*
J qui sâelleua bié toll apics.ün remarqua aufli quâau mefme ( nbsp;nbsp;nbsp;téps furet apportez 8t vécus à la Cour troi.s giâds tableaux
j exccllémêt peint' (dót lâvn fut acheté pat le Prince de Cô-déloù eftoyét reptefetez le. fanglâs amp;. horribles malTacres ? de lâanciél riüuirat deRoirc,vi ais pouttraits des cruautez exercees Van fuyuât par le fiipport amp;nbsp;aucii daiTriüuiratPti
J çois fut ceux de la Religiô.Peu .luparauât au dt P.cgtn.ent, laRoinede'Nauarredcfcouutitvncenttcptinft (aitedâen- tnirepriÃt âj leuerleDuc dâOrleâs frère duRoy pour le menerenLottai duDuidt neialâoccafiôdequoi le Duc de Nemours fe (auuade viftef Ktmcmt. fejStne teuint que quad les guertes ciuiles furêrtômécees.
î- »V.
' 1
M.D.Lxn. Charlis NtrntsuE.
Le bruit auflî commença à courir que le Roy d'Efpagne 8^ autres Princes adheraus au Pape fc preparoyent pour à leurs partifans en Frâce,adillipet les airembJees de ceâ* de la Religion.
Toutes ces chofesefmcurencla Roine à sâenquerir dd Lu forces amp;nbsp;moyens defdits de la Religion. 11 fe trouua deâ* â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mil cent cinquante Eglifes lignées amp;nbsp;plus, dont les depU'
IttfiLndt »yans requis des temples ,oftrirent tous feruices lt;«Hx- dt Roy de leurs biens amp;perlonnes a leurs propres derpc'iis.t) levoulut fçauoir plus particulièrement les tholès : ce qui fut tenu pour fufpeCl en plulieurs £gliles,amp; la declaraiwquot; câen futauancee, acaufe delà diuerliié desauis ; combleâ quâaucuns ellimalfentSc bon amp;nbsp;rieccffiiredéfaire voiral» Roine vn dénombrement des forces tant de pied que de clicual que ceux de la Religion pouuoycnt aifcment fucr-nir amp;nbsp;entrctenirdiieeansquâvnepuiifanceteltejconiineelquot; le parut depuis eulï tiré la Roine, par confcquentlc Re/ amp;nbsp;les Princes de ce collé ; ce qui eu 11 bien arrellé ceux Je Guife Sc leurs partifans,voire empefehoit en apparence 1* diflipation des Eglifes,Scfetinoit le palfage aux ellrangerL Les autres redoutans lâefprit delaRoine,8i. craignât quâ*' ne trop fpeciale defcouuerte ne les expofall tantplusd' fément en proye,ne voulurent palfer h auant.
kfmeiite Je chofes ainli entortillees,fur la lin de lâan y eut grau' 1$ Uedtrd, de mutinerie a Paris, efmeue par certains pi elites du temple delainél Medard au fauxbourg de S.Marceau,lefquch fonnerent le tocfain,tandis que ceux de la Religion elioyéc all'cmblez pour ouïr le prelche. Decellemutineriesâeii-fuiuirentbltilures,meurtresamp; captures. Ceux de la R di' ' gion qui nâauoyent pas commencé,payereii t lâamende,Sc y en eut quatre,entre autres Gaballon cheualier du gucrjcxe cutez a mort pourapaifer le peuple de Pans ; combienqâ* ce ne fut que quelques mois apres.
M. D. L X 1 I.
'*8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;\ Lâentree du mois de lanuicr, en rabfence deceux Jf
L'Liitde jfA.lt;.»iiilèquipenfoyeiit bienaiileurs,amp;du Connellabk ianuier. ne.,'y Voulut iaujais crouuer, fut alfemblee lâvnc de* plus notables comp.ignies qui fe vidiamais en Frâce,poâ' traiter dâalaires d'ellaijScdieifer cdit.La où apres que chaf-caa
Charlesnivtiesme,
cun eut dit amp;nbsp;mis en auant tout ce quâil eftimoit conuena- ⢠bleau bien amp;nbsp;repos du royaume finalement fut arrefté 8c ⢠drefl'élâedittant fulennel, qui iufques a prefent retient fon^ nom dâedit de lanuietjlequel ayât peu 8c deu eftre vn vrai^ ' moyen de preueiûrTes maux qui menaçoyent la France,fut toutesfois tourné en occalîon des plus grandes calamitez qui y auindrentonqties.Pariceluijlâedit deluillet futabo- ' h,permis a ceux de ia Religion de sâallemblcr hors des vil-lesjSc. pourucu fuffil'amment a ce que les vns vefciilient » en paix auec les autres. Cela fut arrellé amp;nbsp;figné a S.Ger- I mainen Laye le ly.iour de lanuier. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â .
lly eut de grandes difficultez fur lâexecution de cefte- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
dit,notâment du collé de ceux de lâEglifeRomaine.Quant à ceux de la Religion, leurs minières 8e députez les ayans refolus de quelques doutes qui fe prefentoyent,ils fe rangèrent entièrement a la volonté du Roy. Les parlemens exceptez deux ou trois fe firét bien preffer pour le publier Celui de Dijon ne le voulut iamais faire. Quant à celui de Paris,il y eut de grandes difputes. Le premier prclïdcur, M«l**!?** Bourdin procureur du Roy tenoyent ferme pour lâEglife Roniaineiaffillez de Merle preuolt des Marchans,de Mar
cel efchcuin, 8c de quelques autres. Les vents qui les fai- ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,â¢
foyent tourner fouffloyent de chez le Conneftable 8c ceux de Guife.Ils faifoyent pcu,fien ce temps le Roy de Nauar re ne fc fuit laiffé gaigner par fes capitaux ennemis,qui eu- û rent pour inftrumés de fa ruine lâAmbaffadeurdâElpagne, le Legat du Pape 8c le Cardinal de Tournon,foullenus de deux des principaux feruiteurs fiçns,afçauoir Defeats 8c l lâEuefque de Mande. Ce Prince,qui nâeftoit gueres ambitieux,^ laiflaperfuader,que fi feulement il vouloir fe por- I ter neutre, 8cTaire aller le Prince fon fils vne fois à la mef-fe,le Roy dâEfpagneluibailleroitpaifible le Royaume de Sardagne,quâilsdifoyent eftre vneKle ne valant pas moins J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
que la Sicile,8c quatre fois autant que fon royaume de Na-uarre. Câeftoit lui prefenter (comme on dit) vn rien entre . deux plats, 8c lui öfter les certains 8c honorables moyens ' derecouurer fon royaume de Nauarre,sâil y euft vouluen-tendre,8c continuer de porter faueur à ceux de la Religiô, 1 comme il auoit fait iufques a lâedit de lanuier.Ncantmoins ' fe pernicieux confeil de telles gens eut fi grandâ efficace, . quâil fe refolut dâen croire 8c dâen effayer quelque chofe.l
i. ii).
HAS.LÃS NIVFIIS M (,
tl fe y'^'Suytiantquoy ileiiuoyale Sieur dâAnduzeen EfpagntS . p»« » Pc Rome, dâoù ayant receu nouuelles il comuierçl â - â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;nbsp;à (e diftraire peu à peu de ceux de la Religion, à rudyycrl*
^uU auBtt â â r â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Oâ J
K-Olne la remine, a courtlier entre autres vnf certaine nw de la Roine mere: tellement que de jour a autre le mil '-t . ' croifl'oit au grand diieil de tous ceux qui parauant lâiiono-royent, fpecialement de fa femme princelfe trelfage S vertueufe, qui fe mit en tous deuoirs de le reduirfi
I fans y rien gagner. Toutesfois elle fut Ibllicitee par 11 J Roine mere de sâaccomiïioder au Roy fon mariiaqwy elle fit refponfe, que pkiftoft quâaller à la MelTe, fi el' le auoit fon royaume de Naiiarre amp;nbsp;fon fils en lamiif) elle les ietterpit tous deux au fond de la mer , pour ut lui eftre en empèfchemcnt. Ce qui fut caufe quâon laiaifii
en paix de ce collé.
Roine mere voyant le Roy de Nauatre range t fâ vn nouueau parti print refolution de demeurer encort tnunttent nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- n l ,
deux: a caufe que celui de la Religion citoit bien fort amp;nbsp;plein de bonne volonté. Pourtant entrerenoit '* ' elle de bonnes paroles le Priiice de Condé amp;nbsp;lâAdmi' ta! , donnant ordre à Paris 8c ailleurs que ceux de 11 *⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rejigion fulTent mainrenns pailiblement en leur exer-
'.ifce: faifant dâautre collé par dell'ous main des petites brefehes i lâhdit par certaines modifications, quâon ap' lt;â «lt;*⢠Je pelloit declarations du Roy. Ceux de Guife netliodâ-Gmfe fei- moycnt pas, ains dreflèreiir vnepartie du collé dâz\lf' endormir les Princes Protcllans, le Cir-la cenfef,,»demandé au Duc de Virtemberg ioiirnce a Sauerne pour conférer auecfcsminiflres touchant la cun-; fellïon dâAugsbourg. lean Brcnce amp;nbsp;laques Andrépre-dicans du Duc, amp;nbsp;les deux principaux doéfeurs Vbi-
⢠nbsp;nbsp;⢠qnitaires de lâAlemagne, s'y trouuerent 8c conférèrent
juçr [ç Cardinal, lequel leur firprefenr de quelque vaif-felle dâargent, 8c feeurent fi bien sâaccommoder enfem-j ble, que le Duc en partit auec opinion dâauoir fait vn grand coup,8c ces Vbiquitaircs de pouuoir bien tort plan- ' ter leur erreur en France. En ces entrefaites ceux de Gui
fe,qui fe rioyent de la fimplicité de ce Prince Aleman, ayant nouuelles que le Roy de Nauarre eftoit à euxi idelifaererenr tourner promptement telle vers la Cour. Dâautre collé la Roine trauerfée de pîjifemens diuers amp;fol-
Charus n i v he s m i.
amp;folliciteepar ceux delà Religion vint de Sainft Ger- , main à Paris, amp;nbsp;fit tant que le (îxiefmedeMarslâeditde ? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;..
lanuierfut vérifié amp;nbsp;publié en parlement, auccprotefta-tion toutesfoisque câeftoit obéir à lâvrgente ncceffité du temps amp;nbsp;à la volonté du Roy.
En ces entrefaites elle fit tenir vne conference entre les Miniftres amp;nbsp;Sorbonniftes touchant tes images, dont ne senfuiuit autre chofe finon que les vns 8c les autres fe tindrent à leur auis. Elle enuoyaaufiile.SieurdeCurfol-en Dauphiné amp;nbsp;en Languedoc pour remédier aux troubles 8t Monluc en Guyenne , pour adioint au Sieur de Burie. Elle vouloit y enuoyerle Prince de Condé: Miferti dt mais ce coup fut rompu, dont ceux de Guyenne ne fe^â trouuerentgueresbien: car Monluc y fit des rauagesSi cruauteieftrangesique lui mefinesa eferit en fes commentaires,où lia vofmi mefines apres fa mort le refte de ⢠la fureur quâil nâauoit peu defeharger entièrement fur eux en fon viuant,
Lon auifaauffi ,pour empefeher ce qui auint inconti-nent,que chafque gouucrneur fe retireroitenfon gouuer- Martfchttl nementià quoyleiMarefchaldeS. André,bien fouftenu,^'^^-refpondit, que le deuoir de fon eftat lui commandoit en ce ' ' temps de demeurer auprès du Roy. Dâvn autre coftéle Roy de Naiiarrefittel vifage à lâAdmirai 8c à fesfreies, quâils fe retirerent en leurs maifons. Le Prince de Condé demeura,8c pour remédier à fon indifpofition vint à Paris, tandis que le Roy fut mené par fa mere à Mouceaux en Brie.Ceux de Guife auertis de tout ce qui fe paffoit, arre-fterent de sâacheminer en bonne troupe vers Paris ,oùle Conneftable fe deuoit troiioer comme il fit. On dit qüe la Roineles pria dây venir fans armes.Ce que le Duc de Guife ne fuinit pas, comme ce qui sâenfuiuit le monftra. Le premier iour de Mars,eftant parti le iour precedent nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*'
famaifon de lanuille en Champagne,accompagncdc fa femme 8c du Cardinal de Guife fon fiere, il tira droit à Vaffy villetteproche delà , accompagné dâenuiron deux cens hommes, garnis de harqùebuzes, piftoles 8c cou-ftelas. Des huit ioursauparauât facôpagnie dâhomes dâarmes lâattéJoit là . Ayât cntédu,en approchât le fon de la cio ehe du prefehe de ceux de la Religio affemblez en vue grâ ge audit Valfy, iufques à mille ou douze cens perfonnes,
1. iii).
M.D.lxn.
Charus nbvfiesmb.
ÆÆ.'â tant hommes, femmes quâcnfans,paifil)leinentamp;fans If' If mes:a fa defecte de cheual,amp; ayat quelque peu parlé apart dedans le monftieraileciePreuoft amp;nbsp;Ie Prieur du Jieii j'l marche vers cefle grange auec tousfes gens à picd'qtl* tcheual.LeieunelaBrolTc guidó de fa compagnie niarehoil le premier, amp;nbsp;encre dedans la grange, fuiui de quatre oU cinq autres, commence a dire en blafphcmant quâjl faloit tout tuer.Les fiens commencent dehors, ayans occis trois hommes.La porte forcée,le mallacre commença, le Duc y eftant auec lâefpee nue fuiui de lâaifné la Brode lieuteDant de fa compagnie. Du collé de ceux de la Religion i! n ycct
1 redflance que de ptieres à Dieu, amp;nbsp;de fuite, a qui peur lé fauucr, comme nodre Seigneur le permit.Saus vn rrcfgr.id nombre de blelfez, il y eut quarante deux hommes tuet fur la place,8c plulîeiirs qui moururent toll apres. Us cue-rent auffi quelques femmes.Le tronc des pauurcs fut arraché Sc pillé,la chaire brifee en pieces, le minilireblcflé de plulîeurspl3ycs,jgt;ortéprifonnier,les morts pillea lulquesi lenrsbâs dechauflés Sc fouliers, plulicurs hommes Sciern-mes defpouillez,fe fauuans pleins de fang Si de playes.
Apres ce valeureux combat, durant lequel les trompet-»«»» Un tesdliDuc fonnoyentjcomme sâileull donné quelque ba-, trictux dr taille contre les ennemis de la couronne, il dcflogea auec fes troupes fanglantes Sc chargees de butin, prenant le ehe min de Reims, où le Cardinal de Lorraine les attendoit. Non content dâauoir ainfi traité ceux de Vaffyil fit faire informations contre eux, où les principaux meurtriers turent examinez, 8c huitiours apres la Douairière de Guiie y enuoyale (îcur de Thon qui fit larecerchedes armes, St voulut contraindre chafeun dâaller à la mede. Nonobllant quoyceuxdela Religion reprindent courage feconfolans amp;nbsp;rademblans pour prier Dieules ioiirsde Dimanches S feiles, iufques à ce quâils furent chadez 8c didîpszpar la luflict e/l guerre ciuile.
mnntn**' Prince de Condé qui elloit à Paris entendant les vmn.iin nouuelles de ce madacre ayant confultc auec quelques fei i gnturs amp;nbsp;gentilshommes qui lorsefloyent pres de lui, dé- -, yn/Ty Tiltf na promptement auis à la Roine 8c à autres en courdece . (⢠tn qui eftoit aiienii,qui cn prindrent lâalarme ,8c lui confcillc-préj.âi'tnt ccrcher des preferuatifs pour le Royaume,8c pour Birniiti, ceux de la Religion, Icfc^uels il aucnit incontinent dâedre
fur â
Charus niviiismi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;9
fur leurs gardes.La plufpariÃcomme les Francois font touC-iours pleins dâcfperaiices ) ne sâimaginoy ent que repos, 8c sâamufuyent abalbr des temples,ne penfans guere aux pro uifions de guefi c, pour fe défendre.Mais ils furent bien ref ueillei parles au)s du Prince. Encores plus les feigneurs gentilshommes delà Religion,efpars par lesprouinces: lefquel.s commencèrent afe pouruoir d'armes 8c de chenaux,attendant iionuelles de la Cour 8c de Paris, dâoil au
nom de !a Noblelfe 8t des Eglifes le fieur de Fi ancourt Slt; lh.de hefie furent enuoyet a Monceaux demander inftr-ceauKoy contrele Duc de Guife,acaufe du fait de'Valfy. La Roine fit douce refponfe ; au contraire le Roy de Navarre sâefehaufa, iulques à dire que quitoucheroit le bout du doigt de fon here le Duc de Guife,le toucheroit à tout le corps.lh.de Befie lui ayant fait la dedus v ne humble remonftrancc,que la voy e de iuftice,que les Rois deuoy ét aleurs peuples,eftoit la voye de Dieu,8t que demander iu-ftice riâeftoit endommager aucunice Prince répliqua que lô auoit iette des pierres contre le Duc de Gmfe qui nâauoit peu retenir la furie de fes gens-.8c que les Princes nâeftoyét pour endurer d'eftre frappez à coups de pierres. Surquoy de Befie répliqua grauement Scauec le refpeft qu'il deuoKj que li cela eftoit ainfi,lc Duc de Guife pouuoit auoir lulf i-ce de ceux qui auoy ent mefprifé fa dignité, 8t adioufta ces mpts,patlantau Roy deNauarre,Sire,câeftvrayement Ã
. lâEglife de Dieu,au nom de laquelle ie parle, dâen durer les ( coups,8cnon pas dâen dôner.Mais auffi vous plaira-il vous l fouucnir que câeft vne enclunae qui a vfébeaucoup de mar ï teaux.
\F1 en print dedors à la France, comme à vne mer qui cô-mence a sâenfter Stagner de toutes parts tear es prouinces Æ, les remuemësmerueilleux fe firent, dont nous toucherós fit dt Pari» vnmotà lafinde lâhiftoiredes premiers troubles. Car il ér d« faut rcuenir aux principaux inftrumcs de la tragedie la plus fanglante qui fe foit iamais veue en France. Foll apres le te tour deFrancourt 8c deBefze,ceux de Guife,le Connefti ble,leMarefchaldeS.A.n4rc,puisleRoyde Nauatre ou-uertement de leur partl,arriuerent à Paris,Aâoù ils contraignirent le Prince de Condé(qui eftoit trop foible, 8c dans vne ville ennemie qui pouuoit en peu dâheures engloutir
i lui 8c les Gens quad ils euffcQC efté dix fois plus forts) de fie
M.D.txn. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles n e v f i e s m e.
te Princt/e retirer en la ville de Meaux,auec allez bonne fuite de W âmquot;*xâ it nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;merueilles que fes ennemis ne fe iettereâ
jiâorliant furlui;mais lahafte quâils auoyent de sâafleureril^ Paris amp;nbsp;du Roy, amp;nbsp;la crainte quâà celle entree il ne faim cóbatre amp;nbsp;fe bazarder trop,les fit aulTi mefnager en grââ' Le Prince efcriujt de Meaux a lâAdmirai St a dâautres Sd' gneursjleur mandant que faute de courage ne lâauoit co«' traint dâabädonncr Paris, ains faute de forces,amp; qu'ils s J' cheminaffent en diligence vers lui. Ce quâils firét,couurîâ , , , f les armes,que ceux du contraire parti auoyent la leuees S defcouuertes. Eftant en difpute des moyés deretraite,gm leurarriuerétde diuers endroits.-amp; comme le Prince dfli' beroit sâacheminer à la Cour, afin quâellant fort auprès du Roy qui lors eftoit.i Fontainebleau, il peuft côrraindrcfo ennemis de parler dâapointemét, il entédit quâeux renoyet le Roy amp;nbsp;la Cour en leur puilfance: tellemêtque le Princf tourna bride vers Orleâs dót il fe faifit,6ù il cômençJ df péfer aux affaires tâJis que ceux de Guife menoyét le Râ/ amp;nbsp;la Roineau chsfiean de Melû,amp; quâé la plus part des p'® uinces du Royaume on traitroit ceux delà Religion aut*' toutes les infoltnces amp;nbsp;cruautez quâil eftpolTible dâiÅa' giner.
De Melun le Roy Si la Roine furent amenez à Paris,ou ment dt pre le Côneftable sâellà t trouué fit ruiner les lieux où ceux de
htrrtblet
troubles en
France,
te rnaî eo-tnii à r ajjy Ȉ oceaÃö de ^uel^ueife»
la Religio s'affembloy.ét,amp; cômença le peuple a fe mutiner amp;nbsp;enfler dâvne effrange forteitellemét que là amp;nbsp;ailleurs où ceuxdelâEglife Romaine effoyét les plusfotts, ceux de la Religion receuret vn traitement que les plus barbares da monde enflent eu honte de leur faire fouffrir.Cequienai-gtit auffi en quelques endroits aucûs dâjceux de la Religié dont les temples,les images amp;nbsp;quelques preffres Si autre! feditieux portèrent les coups.Mais ce fut peu de chofede tout le dommage que ceux de lâEglife Romaine endurcréi par toute la Frâce durât ces premiers troubles à côparaifoa desmauxquccetixdela Religio endurèrent en vnefeule desdixfept prouinces,cômeleshiffoires publie'es mefnies par lean le frere de Laual,Belleforeft,Monluc,amp; autres du parti de Guife lâauouent voire en font des triomphes.
Sans le maffacre de Vafly,le Prince amp;nbsp;lâAdmiraieulTent efté contrains de tout quitter,ou mefmes de fortir du royaume, attendu quâils nâaiioyent parauant penfé ni à defen-fÃKi
I Charus MtTniSHi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;70
fiuCjni à chofe qui en approchaftjrr.oins encore à olîenGue.
Lâedit de lanuier amp;nbsp;les promeU'e» de la Roine leur tenoyét
les mains. Mais quand la Nüblefl'e delà ReiigióefparR'par ,
le Itoyaumeeur entendu cett exploit fanguinaire du Duc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Air
f de Guife,elle vint sâalfenibler peu à peu autour du Prince, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
lequel eftîtà Orleans commença premièrement aeferite nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-(
par tout-.ce qui fit que plufieurs villes furent failîespar ceux de la Religio: ce qui rompit plufieurs defleins de leur aduerfaires. Dauancageon commença de part 8c dâautre à faite diuerfes !euees,mcfmes hors du Koyaume.Bt cepen- DreUr«-dantle Prince publia foi ces declarations 8c proteftations tioii ix prt pour laiuftificacion de fesarmes defenfiues,ramenant fes lelajiii âu enuemisdepuis ce temps nommez le Triumuiratalâeriit'âquot;quot;â' de lanuier 8c à mettre basics armes pour laiffer le Roy en
liberté 8c le Royaume en paix. Le Triumuirat (câeil à dire du
le Duc de Guife, le Côntllable, le MarefcbalS. André) fi-TrtU/tjUtâ rent diuerfes refponfes qui tcndoyët à lafuppreflió deceft «r. edit. LâEmpereur Scies Princes proteftans furent ample-
' met informez de lâEllat des affaires de France parie Pnn-ce,lcquel fit produire en pleine affemblcedes Eftatsles lettres que la Roine K,egére du Royaume,lut auoit expref-fement eferites apres la faifie du Roy 8c de Paris, lui recô-
I mà dât la mere 8c les enfans. Outrcplus il fit vne affociatiô
,, à Orleâsauec les Seigneurs 8cgétilshommesy alfemblez ttorltM».
pour sâemployer à la deliurâce du Roy amp;nbsp;de la Roine,pour
I. la manutention des Edits 8c de lâEftat du Royaume.Cefle
1' affociatiô porteeà lacourlemefmeiourquitlloitleneuf-
(I uicfme dâAuril fut expedite vne lettre publiée 8c enregi-
,, ftreeen parlement,p3r laquelle on faifoit dire au Roy,i fes
jl frétés 8c a la Roine quâils cftoy éten liberté. Itépar vnau-tre il dcclaroit fon intention eftreque lâEdit de lanuier
; 1 fut execute par tout fors à Paris.Lc douziefme,lettres pa-
jl tentes furent expediees pour le ban 8c arriéré ban. Auflï le Di«r/è.t
,1 Prince follicitoit de fon cofté ceux de laReligion de luiPââquot;^*ââquot;
;1 enuoyer gens 8c argent. Le vingticfme atriuadans Or- Jquot;
,1 leans le Comte de la Rochefoucaut auec bonnes troup- ^»»1 lt;fuè
11 pes de Poiftou 8c de Xaintonge. Le lendemain, le Prin- vmf «u»
! ce recent du Parlement de Paris vne alfez ample rcfpon-«w«r-
J fe à certaine declaration quâil y auoit enuoyee. Mais ayant . entendu que le iour precedent partons les carrefours de , Paris lui 8c les liens auoyen( efté pat cti public de-
ChAKUS NIVtlISM«. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
clairez feditieux amp;nbsp;mauuais Chreftiens, il fait vnefecoij'i de declaration, où ildefcouurelescruautezhorriblesw , niifes dcfiade toutes parts fur ceux de là Religion, implo' Vâ»» te les £dits,rend raifon de fon fait: amp;nbsp;par lettres du vingt' fcptiefmeiour au parlement de Paris, requiert que fcseO' ncmis qui auoyent les premiers leué les armes les pofenh amp;nbsp;que de fa part il fera le fcniblahle, pour mettre lin au» calamitcz du royaume. Et afin de monftreraux PrincesC' llrangcrs fon intention, furent par lui députez deux gM' tilshonlnicspour fe tenir en Allemagne , afin que fil» Triumuiraty entreprcnoit faire quelque leuee , euxtioi-fcnt la main a ce que le Prince fuit lecouru ; amp;nbsp;non autrement. Cela fait onpourueuralafeurtéd'Orléans , Â£Â»Æ Kr'otiatw dre (fa on monnoye au coin du Roy.
*4 âla'Utint. La Roine commença là deffus a moyenner la paix efcii' uant lettres au Prince, qui lui fit refponfe le premicf iourdeMay, amp;nbsp;lui cnuoya vn mémoire (igné de fa niain conienantles moyens de pacification tels quâil les auoi» . ouuertsau parlement. Le quatricfme iourenfuyuantj» Triumuirat fit vne declaration contraire, requérant aboli' tion de lâedit de lanuier amp;nbsp;de tout exercice de Religio'â fors delà Romaine; que ceux qui portent les armes lao! lâexpres confentenient du Roy de Nauarre lieutenant gf' neralayenta les mettre bas, a peine dâeftre declairczr»' belles amp;nbsp;ennemis du Roy amp;nbsp;du royaume. Pria outreplââ laRoine dâobtenir que toutes les forcejde partamp;dâau-Dulitrthi tre fulfent vnies fojis le commandement du Roy de N»' uari'c: amp;nbsp;quâen ce cas ils eftoyentpreftsdeferetirerf» leurs niaifons. Le Roy fit vne nouuelle declaration,»â Ledit de îannier eftoit enduré.
chcray at la tutr- , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Sur le etm- Apres beaucoup de paroles on vint aux mains. letou-les e-hofes fuccinâement: premièrement à lâefgaiil r»./« Tieint ââ â'ucc amp;nbsp;de lès troupes : fecondement en vne Ibm-maire dediidion de ce qui aduintparles Prouinces. Les ttrâ. gens des ordonnances arriuez pour la plufpart a Paris,»' uec partie des vieilles bandes : le Roy de Nauarre Sl» âTriumuiratsâacheminerent versCliafteau Dun.LePrinc» qui elfoit alors aulTi fort quâeux pour le moins refoluc de remettre aux chanips; ce qui fit que la Roine mit fus vn» negotiation de paix, tandis que le Triumuirat amafloit plus grandes forces,Vn de* Principaux entteinetteursfut lâtuefque
(I
Charlis h i i n t s u i , lâEuefque de Valence, qui peifuada en quelque forte au Prince (fafché extreméæent de fe voir contraint a entrer en guerre ciuile) dâofl'rrir à la Roine de fortir hors du Royaumeaueefes amis, pour lailfer tout en paix. Deuxâ^â,,â^. iours apres il alla trouuer la Roine pour parlementer, amp;nbsp;mnr. liiifitlâouuerturefufdite. 11 fut prins au mot, amp;nbsp;la Rome lui fit de belles promettes adiouftant quâelle reniioyeroic le lendemain vers lui,pour fçauoir les conditions quâil de-inanderoit. Là deffus,le Prince ayant communiqué au retour cefte declaration a fes afl'ocicz: non feulement le Cô-feilordinaire,maisauffitous les Colonels Stcapitaines furent alfemblcz pour en dire leur atiis,qui.fut direâement. contraire aceftedeclaration, amp;nbsp;alâopinion de MonlucSc de laRoine mere.Entreautresles Sieurs dâAndelot amp;nbsp;de Boucard encouragèrent mertieillcufement toute la com-ptgnie par leur braue refolution. Et G Ion cuftcrcti ledit Sieur dâAndclot, il yeufteu delâeferime bien toft apres contreles troupes du Triumuirat.Vne eutreprifefut dref- Entrifri/i fee aptes la trefue; qui eftoit de trefgrande importance: mais les guides ayans nul conduit les troupes du Prince, puis vne forte pluyeeftantfuruenuej vn grand coup fut*ââ rompu. En ce temps la difcipline de lâarmee du Piiuce e-ftüit excellente. Cat la Noblclfe ne tourmentoit nulle-
71
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mentfeshoftes ; amp;. ceux c^ui auoYCiit apporté quelque moyen payoyent hoiinefteniét. Les pay fans ne bougeoyét de leurs maiîonsdes criminels eftoyent cliaftiez.Vn nom- flme fttir mêle Baron de Dampmartin qui viola vue fille de payfan i;â efehappa (.par faueur) lâefpee du bourreau ; mais depuis a-yant prou couru il eut la telle tranchée a Pans. Et cette exemption, au commencement de la guerre fut prinfe a trefmauuais ptcfage.On nâoyoït point de blafphemes parmi toutes les troupes du Prince. Il ne sây ttouuoit ni dei nicartesilesfemmes eneftoyentbannies: nul ne sâefear-toit des enfeignes pour aller au fourrage »moins a la pico-lf reeifoit amp;nbsp;matin à lâafliette Stau leuer des gardes,les ^ie-res publiques fe fatfoyent,8c lâair retentiflbn du chant des Pfeaumes. PluGeurs miniftres eftoyent diftribuea par les troupes,qui ferubyent à maintenir ce bon ordre,8t lors e-ftoyent mieux efeoutez quâils ne furent depuis. Cefte dl-fcipline fe maintint enuiron deux mois ; au bout defquels Baugenci prias dâaifaut donna cotnraenceinent au defor-
M.D.LXn.
Charles nevfiesme.
Comment le Prince em-feflhe la dtfjifation defon ay~ tnee.
drCjdontnafquitlaPicoree.qui depuissâeftfaitegranJlt;) Si maintenant ell en fleur dâaage.LâAdmiral grand enne»* des picoreurs y refiftoit Si en thaftioit rudemét quelqutâ vns.-maisle grand nombreott'u(quoit couteQiiantai'arnit* duTriumuirat,elle faifoit impunément de tertiblesrau»' â gesjfous couleur dâexterminer les Huguenots,
Apres laprinfe de Baugenci, lâoccafionde combatte^ ftantefchappee,lâardeurdectux delà Religion commença . à sâattiédir,les moyens de fournir aux foldats tariflbyci,® 1 quelques vns de la Noblefle mirent en doute la iuHiccdc [ la guerre. Pour obuier a v ne totale diflipation, le Princâ print auisd cmpfoyerésprouinces,où Icsafairesbalà çoycî ' entre ceux de la Religion amp;nbsp;leurs contraire$,quelque pif' I tie de la Noblefle qui le fuiiicit. Ainfidoncle Comte de 11 ; Rochcfoucautsâachemina auec troupes vcrs]'oiftou,X3i*' tonge amp;nbsp;Angoulmois. Le lieiir de Soubize fut enuoyc 1 Lyon,Yuoy aueC fon regiment a Bourges, A ndelot pourif (ecoursen Alleraagne,amp; Briqucmatit en Angleterre. IX lâautrepart le Roy de Nauarre 8c le Triuinuirat firét venir le Roy en leur câp'8( allemblezà Chai très refolurent dâaf ' fieger Bourges,tciiU par ceux de la Religion, auant qiiâellt fut fortifiée: amp;nbsp;pour ce quâvne fi bône ville , qui nâtftquâà deux petites lournees dâOrleâ5,acômodoittrop,à leurgre I lesafaircs du Prince. Ils sây acheminerent,8c lâayantaita-
T^eddititn
t]uee,elle ne fit pasla refiJlance quâoii e peroir,ains lewfut rendue par côp()fi(;ô,dôtYuoy qniy cômâdoit nefut gut 4« rrium' ' eftimédepui',lâourlamauuaifeopiniót|uâon eut de lui. Enflez de celle foudaine amp;nbsp;non el'petee viftoire qui elloit
uirat,
prjnfe dt
Ãfgrt du
Je Na â ioarre.
à difoyent ils) vn bras coupé à ceux de Ia Rebg on,ils furent fur le poinft aiicc leur armee de douze mil homes de pied amp;nbsp;trois mille chenaux dâaller affieger Oilcans où le Princeamp;lâAdiniralertoyct.M.iîsles dangers dây receuoir trop de perte fans la hôte,leur firct prendre defléin dâalïie-geÆ IJouâjoù leCôtcde Môrgôiiicri cômâdoit,ayât feptoU huit ceS foldars des vieilles bâdes, amp;nbsp;deux côpagnies An-gloiftfs fou s la charge du feigiieur Kiigré.Aiiifi donc ils if-firgerét Rouâ,fur la fin de Scptébre, amp;nbsp;apres plufieurs af-faux lâemporterét deforcr.La ville fut faccagec trois iour» durant. On y exécuta à mort plufieurs des plus notables: dâautre cofté le Roy de Nauarre fut bleflé durât le fiege amp;nbsp;mourut le dixfepticfaie iour dcNoucbre,Ia ville ayà teft^ prinfe 0 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
ChARLBS N£V(USME. 7i
ptinfe trois femaines auparauant. Le rude traitement fait aux prifonniers de Rouan fut caufc de halter à Orleans le procès de Baptifte Sapin coiifciller de Varis amp;nbsp;de lâAbbe de Gaftines prins al lans en Efpagne. Ils furent pendus à Orleans au commencement de Nouembre.
Peu de téps aptes le Prince entédit la desfaite des trou- Dtfaite Jt pes Gafeones que Duras lui arnenoit. Selon les hommes firmti nereftoit plusquâvneefperanceau Prince jafçauoirla ve-nue des Reiftres conduits par dâAndelot. Il refolut fort fecrettement auec lâAdmirai ,fi cefecours eftoit rompu de sâacheminer lui mefme en Allemagne, pour obtenir promptemét nouueau réfort,ce pédât que lâAdmirai tien-droit bô dedâs Orleâs.Mais au bout de quelques iouts, ils eurét nouuellesque leursReiftres elfoyent a quatre iour-nees dâOrleâs,où le Côte de la Rochefoucaut fe rédit fui-ui de trois cés.gétilshôines amp;nbsp;des relies de lâarmee de Du tas.Le Prince ayâtfesforces ettrâgeres fut côTeillc de mar cher en diligéce vers Paris, pour incôinoder ceux du lieu, amp;nbsp;les faire crierà lapaix-.jjt pour enuoyer en Normâdiere-^^ princt ceuoir cét cinquâte mille efeus empruntez, fur gages pour df comter aux Reiftres. Il sâauace dôc auec toutes fes forces âirt Pai». Frâcoifes,amp;huit pieces tit grolTes que petites,amp; fe ioignic aux Reiftres pres de Pluuiers,qui{ut forcée.De la on vint à EftâpesjSc quelques vns eftoyent dâauis quâon marchaft viftement vers Paris,tandis que lâalarme y eftoit. Mais ou print refolutió dâaflîeger Cotbeil, qui fut (î bien defendue par Câulfeins mmllte de câp,8c quelques forces quây ietta le Marefchal de 8.André,quo le Prince defeampa pour sâa-cheminer vers Paris,amp; le iour de lâarriuee fut attaquée v-nefutieufeefcarmouchcjdont la fin fut que les forces forties des tranchées de Paris furent apres quelque côbat re-menees partie au trot, partie au galop iufqties dedas leurf-dites trichées,auec quelqueperte,ce qui eftôna IcsPatifiés.
Durant feptou huit iours que le Prince demeura cam- Ct^ui fi pé a Geutilly,Arcucil,8c Môtronge,villages prochains,on pofl'â ââ¢â¢â¢ tint force patlemens,ou pluftoft amufemetis.Le Prince vo yit que fes ennemis fe tenfor^oyent de iour à autre,entre-prit de leur doner vne.camifade, laquelle ne fut cfîeéluee, ayât efté defcouuerte par v n des principaux de lâarmee du Prince,lequel fe retira vers le Duc de Guife: dont il fe repentit trois iouts apres, Câeftoit le frété de celuiquia-
w.B.ixir.
Chah lis nevussmé.
Ht.
uoit rendu Bourges, le Prince fut fauue par vn fitnrdcCeH Ãrange moyen ; car craignant que celui là ne doniHâ auis des defauts de fon armee, il deflogea le lendcniJ®' bien à poinâ,car le Duc de Guife réforcé des cotupag«^ Gafcones amp;nbsp;Efpagnoles.auoit refolu de lui donner bataillé au poinft du iour luyuaut, fans lui donner loifir de ralftââquot; bler fes forces efparfes.Ainfi donc,lç-Prince partit le dixid me iour de DecembreiSt sâeftant arrefté le treiziefme
chemin de Chartres apres plulïeurs difputes en fon con-feil fut arrefté dâaller droit en Normandie,afin de recueillit argent,amp; les forces qui venoyent dâAngleterre; item pot^ deftourner le liege dâOrleans. Le feiziefme, Galardon ff' lette fut forcée par les troupes du Prince : amp;nbsp;le lendeman il marcha vers Dreux. Comme il palToit vn ruilïeau prW Prmee peu «J» challeau de Maintenon, vne femme ancienne lé fourrai eeuaat ia iSez allant en lâeju,rempoigne par la botte, lâarreliât to»!
Cf ^uin-uint 4M
bataille âe court, amp;. le regardant entre deux yeux,lui dit cçs mort CttBx. nbsp;nbsp;Prince,va,tu fouffriras: mais pieu eftauee toy. Lui peut
refponfc dir,Mamie,priez Diêu pour nloy. La veille de I* bataille, citant couché amp;nbsp;deuifantauec quelques gentils' hommes reliez en fa chambre, dit à Th.de Befze, qui auoil faiiflapriere, le fçai quâil ne fe faut point arrefter aux fon- . gesimais lî faut-il que ie vous die ce que lâay fongé la nuid ( jiairee.ll me fembloitqiieiâauois donné trois batailles lâvnt apres rautrc,obtenant finalement la victoire,amp; voyant nos trois ennemis morts ; mais que iâellois aulTi blelfé a morr, tellement toutesfois que 1rs ayant tous trois fait meurt morts les vns furies autres, amp;nbsp;nioy par dtll'us,iâauoisainli rendulâcfprita Dieu. Sur la relponfequilui futfaiteqne les penfees qui occupoyentlors Ion çfprit pouuoyct auoir , cauiede fonge : quâau refte viu.int ou mourant, il ne pou-uoit faillir de demeurer viâorieux: il dit ces mots, Ainli foit-il.Tant y a que rcii'eél feinble auoir vérifié celle vifiô; . car fes trois ennemis furent cntallâez lâvn fur lâautre,afça-uoir le Marefchal André le lendemain, le Duc de Guife deuant Orleans,le Coniieilable a la iournee S.Denis;amp; lui fur eux trois tué de fang froid a la iournee de Balîà c.
Le dixneufiefme iour de Decembie les deux années sâe-â Briefu» def flans approchées fe trouua en celle du Triuæuirat nombre la^iar'aiÿé nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;hommes de pied amp;nbsp;deux mille de chenal.
4« Dreux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ptince enuiron quatre mille cheuaux,8c moins
de
Charl'BS sivfiiSMi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7j
de cinq mille pietons. La bataille fort furicufe donnée à * diuerfes charges amp;nbsp;reprifes continua pres de lix heures, Entre autres particularités dâicelle,lon remarque quâil nây '' eull point dâefcarraouche,encore que les deux armees dc-meuralfent deux groll'es heures durant à vne canonnade lâvnederautre tant pour ferâger que pour sâentrechoiGc: puis la valeur des SuiU'es, qui fouftindreuc quatre charges, auant que pouuoir eftre rompus , ayans perdu dixfept capitaines,St les trois parts de leurs troupes qui montoyét à plus de trois milhommesà tem la patience du Duc de Gui-fe,qui nonobftât que le Côneftable euft'eflé prins, le Ma-refchal de S. André cué,v ne partie de lâarmee mife en route,attendit le poind de lâoccalton, St donna fi à propos que le Prince fut fait prifonnier'.en apres,la duree de la bataille où fept mil hommes demeurerêt fur la place: 8c y eut force pnfonniers-.pluficurs bleffez aufli, qui moururent pref-questous puis apres. Lâarmee du Prince y perdit de fon collé enuiron deux mil deux cens hommes de pied 8c cent cinquâte de chenal tantReiftres que François. De gentil- «fl«-hommes de marque furent Arpajon,Chandiu, Liencoutt, Lignert, laFredonniere,laCarliere,Rongnac,Maxelles, Sainft Getmier,quafi tous de la Cornette de Mouy,lequel demeuraprifonnicr à la derniere charge. LeTriumuiraty perdit outre les Suidés laplus part de facaualerie,les Suif-fcs,8i bô nombre dâautre infanterie. De Seigneurs 8c gen-tilhommes de marque furent le Duc de Neuers tué peu auât la premiere charge pat vn lien domeftique qui lâauoit détourné de la Religion, les Sieurs d'Annebaut 8c de Gi-ury,auec fon guidon 8c mai efchal des logisila Brodé principal malfacteur de Vafly 8c vn fienfils. Aulfun Seigneur Gafeon ayant efté chalfé de la peur iufques .à Paris y mourut de regret.11 y eut vne autre particularité notable, afça-uoirlaprinfedes deux chefs des armees,lâvn au commen-ccment,lâautre auant la fin de la bataille-.dont le champ fut laide par les deux partis, reconu 8c reprinsparle Duc de Guife apres la retraite, amp;nbsp;le lendemain corne regagné pat lâAdmirai,qui fe prefenta au combat.Dauanc3ge,la retraite de lâarmeee du Prince fut faite au pas,8c auet ordre, ayant
I deux hots de Reiftres,8c vn de caualletie Frâçoife : le tout 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâenuirô douze cens cheuaux.Lâarmee du Triumuirat,foi-
1 blc en cheuaux ne voulaot sâefloignet des bataillons dâin-. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;K. j.
M.D.lxni. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChAMBS NIVFIESME.
f fanterie,ayât marché fix cés pas apres fecötcta. Le Ducii' * Guife fut eftiméeflredcmcuié inailhcpourcequâillog'â fur le châp de bata i JlCjSc 1âAdm irai a vue lituè de là . Iif I' Duc enuoya a Paris les drapeaux dâinfâtcrie recueilleliâ Je châp amp;nbsp;eut lâartillerie du lârince, lequel fonppa 8i coucha celle nuiAIà auec le duc de Guife.Merueilleule refo-lutiô dâaffaires, de voir dâeux tels perlonages en cell cllfi Dtptritn.ei à prf si'yn de lâautrtspreiiant repas Si repos enfciiible. quot;âij dtux Le Duc de Guifeayant elfe declare Lieutenantdclâai' xrmttt. nbsp;nbsp;niee a caufe de la prifon du Cône liable fit que dixfcpt noquot;'
â uelles tôpagiiies de géfdarmes furet drelfeesjouirelacrot de dix autres chafeune de vingt homes dâaiines,amp; fit cifC' descheualiers derurdreadouz.ainesipuisnienaUadeiiiw' lcsReiftresamp; le marefchal de Helfe leur colonel,s'ils«* fêrangoycnt a lui.Le marefchal lut ht ârefponfedc mefaâC) fe moquant de fon audace. JJ Admirai qui pourfuiuit chemin tira vers la Beaulfe,fe rendant mailtre de quelque petites places:amp; ainfi fepalïa le relie de lâannee.
M. D. L X I I I.
A F 1 N de ncrôprc le bl du difeours nous pourfuiutôs ce qucles deuxarnrees firentiufques a .lapatilicâtiâ des premiers troubles : puis nous traiterons lâautre poiiic* fominaircnient dclâtllat des prouinces durant iccuxtrou-Erflcitt ck bles.Le fécond lour de lanuier lâAdmiraJ afliegca Selles t« l'^dmrai Btrri,8c lâeut par compofition cinq ioursapres.Le Côreilt quot;a'ut*dcâ''' J^uchefoucaut entra dedâs la ville de S. Aignan au ird-C««*. PAyi'Dïns Môtrichard entrerct le Prince del^ortieii fcs'troupes.Le Duc de Guife sâauançât vers laBeatilfc,Doras fut contraint fe retirer dâfcftanipes,amp; de l^luuitrs aulh-tellement que plus nerelloit quâOi lean s,dont la garde fc' cominife a Andelot auec quatorze enfeignes de Laufque-nets 8e de François, quatre des habitans de la vjJle auec â nbsp;nbsp;. bon nombre de gentilshommes.Le camp du Duc de Guiie
JJtt Uuc af nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
^,yji, eltaata Baiigenci.lcscheuaux leuers coururent lulqucs près d'ürleanstmais Auaret forri fur eux,en tua quelques vns,printprilbnniets,8lt; mit le relfeenroute.Cepeiidaiiiie Boy fucamenéa Ghartres auec fa incie,tout le confcil pri' ué 8c certains deleguez du parlement de lâaris pour fair* ^difoit-on) le proces au I^rince, gai de par vne compagnie de gensdccli.iialSc trois enfeignes 4âJnfanierie, UâAn-uiJle
Charles nevbiesme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;74
uille fils du Conneftable voyant que le Duc de Guifepre-tédoitfaire dâvne pierre deux coups,câeft quâéfaifanc mou-rir le Prince,ceux d'Orléans mettroyét bas la telle du Cô-neftable leur prifonnier,donna fi bon ordre a tout que cp-fteafl'einblee le dift'ipa,le Koy allant à Jilois où le Prince fut mené,puis de la au chafteaudâAuzin pres dâAmboife.
LâAdmirai d'autre collé obtint nouuelle promelic des radmirai Reiftres amp;nbsp;auec deliberation de combattrç tira droit a lar- fi 'âfiquot;^^ queau,quieftoitiafous fapuifTanceiSt le dixneufiefmeeut , la Ville de Siiily,puis lechafteau par conipofitio. Qu^nt au Duc de Guifcjsâeftât approche dâOrléans, il fut rciolu que l'Admirai auec les Reiftres amp;nbsp;quelque partie de laNublef-fe Françoife prendroit la route de Normandie pour, contraindre lâennemi de diuifer les forces, 8e pour faire toucher aux Keiftres l'argent quâon appottoit dâAngleterre, laiflant toute lâinfanterie auec le fui plus delaCauallerie Françoife conduite par Duras,bouchauanesjButfy, S. Cy-re, A uaret 8e autres pour la defenfe de la ville,fous le gou-uernement dâAndelot.Les Reiftres sây inonftrerentlors fi volótaires,quâils lailferent leurs chariots a Orleans 8e accommodèrent leurs vallets des meilleurs cheuaux de bagage,dont ils drefferent vue cornette de quatre cens hommes allez adroits.
Le Duc de Guife pourueut dâautrepart aux villes de Normandie.Et en ce téps la Ion fit vue infinité dâextorfià s a ceux de la Religion,notâment a Pans où fe côinirêt plu- â«.v de let fieurs ellranges meurtres. On cniioya aufti vne declaratiô Tfeiigm. au nô du Roy 8e des Princes du Sang aux Reiftres , afin de les feparer de lâAdmirai ; mais cela ne feruit de rien nô plus que les lettres de la Roine à lâAdmirai,lequel lui refpondit autrement quâon ne penfoit. Dâautrepart le Prince ayant failli de fe.fauuer de prifon, 8e vnqui lui vouloitaider ayant efté pendu, il ne perdit cÅur pourtant, au contraire parla plus haut quâil nâauoit onques fait ; fa coullume portant quâtl eftoitinu incible enaduerfité. L'Admirai partit dâOrléans le premier iour de Feurier,fuiu! dq qâaatre mille cheuaux mieux equippez que le iour de la bataille, fans a- lâuXirai ' nbsp;nbsp;nbsp;uoir de bagage quâenuiron trente charrettes Icgcremét ar- »» Nermâ-
mees. Le 4.1I arnua deuât Eureuxdes habitas ie côtentetét f'â-I de laill'er pâflfer lâarmee paifiblemét. Le lo.paflant vn
fttoitpres deÃernay petite ville certaispaifis côduitspar
K, ij.
Ch A mi ! MS TFinu I,
vn gentilhomme du pays voulurent fous couleur de leâ' grand nombre faire des mauuai s.Ce fut à leurs defpens : S' tels autres mutins qui depuis la prinfe de Rouan auoyen' fait infinis rauages fe referrerent à lâarriuee de lâAdmi⢠lequel ayant feiourné quelques ioun au bourg de Diseâ fut prié par les habitans de la ville de Caen de les fecouH' contre le Marquis dâHlboeiif amp;nbsp;vn nouueau cheualier de rOrdrejnommé Renouartjlefquels par leurs troupes n'®' leftoyéc lefdits habitâs,Sc e n tiroyet toufiours quelquâ''â' lâAdmirai bien empefché ailleurs,y enuoya Mouy, delin'' de prifon, auec là compagnie amp;nbsp;quelques argoulets, puâ ayant receu argent dâAngleterre,item de lâartillerie,de* pouldresSc cinq côpagniesdâAnglois Sc deux de Fran(oâi bâtit le chafteau de Caen le premier lour de Mars,amp; le lé' demain eut celle forte place par compolition.
Mais reuenós au Duc de Guife lequel sâapprocha dâO'quot; C»i7î nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cinquiefme iour deFeurier,amp; le lendemain par vu'
f recht if Or hardie refolution des liens,amp; par la lafcheté des Lanfqut' lettn.prnd nets qui quitterét l'endroit à eux commis il gaigna le pâ'' /.«â-(rrMM-tereau, où ceux de dedans perdirent pres de quatre ceu' bonsfoldacs François que tuez que pris. Et fanslavaleU' TCuCe refolutiô du gouuerneur amp;nbsp;de quelques SeigneufSiï y eull blé eu pis.Ee neufieme,il print les tourelles,par fut' prinfe : amp;nbsp;fit venir force artillerie de Paris fit de NantfSi pour batre les ifles amp;la ville îles alfiegez monllrans voe merueilleufe refolution à fe remparer amp;nbsp;fortifier, le leuéi dixhuitiefme iour du mois ayant refolu de lâordre quâil vouloir tenir pour lâaflà iit des 1 Iles fur les neuf heures du foir, 11 manda a la Roine quâil lui manderoit nouuelles éc la prife dâOrléans dédis vingtquatre heures, quâil ne pat' donneroit afexe ni aage,8( quâapres y auoirfait fon caret' me prenant le mardi zj. enfiiiuant, il ruinefoit telle' ment la ville que la mémoire sâen perdroit. Mais lâhomme . Se refoluat propofcamp;Dieu difpofe.Carceiourinefme côme leDucée Hr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Guife rctournoit furlcfoir du câp au Clialteâu de Coruey
mUe où ileftoit logc,en intétiô dâexecuter ccquil auoit efcriia decutr teite Ht* Koine,vn leune gétilhôme Angoulmois nômé leanPol-ttux } tror,Sieurde Merey,ayâc des lôg tépsauparauât refolu eu t/ityftil nbsp;nbsp;foy-mefme de faire vn rel coup, amp;nbsp;déclaré fa pêfee à fes 3'
'arâp'/ Lyon amp;nbsp;ailleurs, lâattedit fur le paflage ainfi quâil re' uétquot;' '' tournoit en fon logis accôpagné de deux gétilhômes,rt'u marchant i
Charles nevtiesmeJ 75
J nbsp;nbsp;marchât deuât,lâautre parlât à lui,tnóté fur vu petit mulet.
i( , Poltrot qui auoit entre iâbes vu cheual d'fifpagne acofte F, , lt;nbsp;j! le Duc de (î pres,que de fixa fept pas il lui tira vu coup de
,[ fa pillole chargee de trois baies , s'efforçant de le frapper à .l-' â¢'(' ⢠-â '^1-I, lâefpaule au defaut du harnois,côme il fit:parce quâil lâefti-
moit couuert : puis fe fauua, amp;nbsp;le lédemain,ayât tracaift la j, nuiâjfut prins,mené prifonnierjSt quelque temps apres te naillé puis tiré à quatre cheuauxà Paris.On publia rimer-
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fes cófefliós de lui fur ce fait, pour aceufer lâÃdmiral amp;nbsp;au
,, tres : côme sâils lâeulfent follicitétmais outre les fermes re-( I fpôfes de lâAdmirai,11 fut affez conu,mefmes furlâexecutiô jj que Poltrot auoit fait cela dâvn mouuement propre amp;nbsp;par.
titulier .pour deliurer la France, amp;nbsp;fpecialement Orleans,
,, ' de la violence du Duc de Guife, lequel mourut le vingt , quatriefme iour du mois, nâayant fait le Carefme prenant felon fondelTein.ains ayant eu fon tour tout autre que lui , amp;les fiensnepenfoyent.
( Le pourpavlé de paix dreffé deuant fa mort,fut inconti-nent remis fus;amp; apres plufieurs allées 8t venues,laRoine
, mere infinimet ioyeufe delà mort du Duc deGuife,quâelp,,;,^.^â^, j le rçdoutoit plus que nul autre, ayant fait mille careflés iduDuedt , , la Princeffe de Condé, le fepticfme iour de Mars vne af- Guift.
il feinblee fe tint en lâIUeaux bÅufs,pres de la villc,où furet conduits le Prince amp;nbsp;le Conneftable encore prifonniers,
il nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pourauifer à qOefqoe accord.LeConneftableprotefta dâen
( tree, que fi on parloit de lâedit de lanuier, il ne le pourroic Il fouffrir ; auffi eftoit-ce condamner lui amp;nbsp;tout fon parti du 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;crime de lefe maieftédâauoirmanifeftement violé vn edit
) fi folenneî.Le Prince ayant demandé permiflïon de confe-(i rerauec fon confeil dans Orleans,voulut auoirl'auis des , miniftres, qui par trois leurs députez lui firent entendre ; - bien amplement amp;nbsp;expreffement, que la Roine ni lui ne auPrin , â pouuoyent felon Dieu amp;nbsp;raifon deroguer tant foit peu à la ne ! . vn edit tant folennellement fait à la requifition des Eflats, âââ t par vne (ï notable affemblee de tous les pailemens de Frâ-j ' , - ce-.qui plus eftemologuéSc iuré.Le lendemain,à fa reque-3 fte tous les miniftres au nombre de feptante deux, affem- *. v blez en Corps,lui firent par eferit vne humble remonftran-
j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceStviueexhortationtendantatequedeffus. Etd'abon- J''
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dantadioufterent qu?lquesarritles,necefl'aires pour vne
' feurepaix,afçauoir que ceux de la Religion, reconus parle I ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;K. iij.
M.D.ixiii, Charlis nevtiesms.
Roy pour fes obeiffans fuiets amp;nbsp;feruiteurs,fuflâf nt mainte;
, ? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nus pailîbleinent en lâexercice dâicelle Religion ,1e Roy *
⢠declairant protefteur deleur doftrine amp;nbsp;difcipline contit â¦** .tous Arhcilleç,Libertin',Anabaptilles,Seruetirtes, amp;.
.» â ! ; I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tres hérétiques on fcbifniacii|ues:t]ue le baptefine admii'i'
ftré en leurs l',glife'.,nefuft point reiteTe.amp; que les marit'
) ges y célébrez foUent declairez valables amp;nbsp;legitmies.Qy' ifans autre congé full permis a ceux de la Religion dâauou libre exercice par toiir.Quo lu Religion ne full plus apptl' Uee nouuelle,puis que leurs Eglifcs font fondées furl an* ^cienne doft ine des Prophètes amp;nbsp;Apollres. Quechafeu» râentrafl en fes ellacsSc en fes biens,auec reuilion de proces âpour les inrere(fez par iuges non fufpefts.Que tous inalh' creurs 8c voleurs,pillarlt;ls,éxafteur5. Si autres ,qui hors la
I yaye des armes 8t fas que les inallacrcz Sc pillez fillet aétt dâhollilitc ftiHent punis félon lâe normité de leurs forfaitâ' tt! rtmm- Nonobllanr tant de rcmonftiances de vluc voix 8t part' firâceimef- fcrit,le Priucefut tcllemét gaignepar les promelfes quâü» ftiftet la lui fai foi t dâaccorder beaucoup mieux par apres,lui donid' iâquot;'* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;à entendre que ces conditions nâelloyét a p pu fee s qu'c poin
jfutccr pu-dut.
V.-
duc cm'îc contéter aucunement ceux delà Religion Romaine,Si atrt uer peu à peu à vne pleine liberté,ioint quâil y en auoit trop qui ne demadoyenr quâa retourner en leurs maifbns à ejud que pris que ce fuiltqnâil accordaqiie lâeditde lanuietfull alterc,y laiflantadiou lier des exceptions qbâii ht lire dfiut la NoblcH'e, ne voulant quâautre que lesgentilshommfâ isorrans armes en diffent leurs atiistcômc il le declaira tout haut en Iâartembleejde forte que depuis les miniftres ne 1â rent enquis,rcceus ni efeoutez pour en propofer atiis conqueâcomme aiiH'i lâAdrniral 8c les principaux qui l'Jt' côpagnoyent nâen feeurent rien quââpres la conclulion.Lâ roine mere qui craignoit merueilleuferaét dâeflre ramèneâ à l'cditde Ianuier,8c leConneftableautant ou plus quâeîlci employerent le verd Sc le fee à faire villcment conclure S coucher les articles en forme dâedir accordé le dou ziefnie iourdeMars,8cdutoutrefoluauconfeilduRoy Sc Am-boife le dixnculiefne enfuyuanr,puis vérifié en parlement à Paris le vingtfeptiefme, 8c le mefiiie iour publiépar h ville à Ibn de trompe. Lâexercice de la R^igion eftoit re-flreintpar icelui chez leTgentilshommes, 8; en quelques villes,outre celles où il eflcir au commcncemct du mefoe nioistaucc vneoubliauce allez coufuLc lie tout lepafTé,
1
CHARtBS NEVFIBJME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T6
Pourreuenirà VAdmiraljSpreslaprinfedu chafteau du Caen,ildefpefcha Ie fieur de Colombieres,pour entrepié dre fur Bayeux,dont icclui vint a bout a la fécondé fois, amp;nbsp;traitarudementles lubitans qui auoyent bien tait les njau m Nurman uais.Le capitaine nommé Iulio,mefchât sâil en fut one,fut pendu amp;nbsp;eftranglé a Caen, à caufe dâiiiHiiis crimes dont il fut conuaincu.Le lendemain de cefte prifïjaf^-auoir le cin-quiefme iour de Mars, la garnilbn de S.Lo fe donna telle peur quâelle quitta la place a lâAdmirai qui y enuoyaMót-gômery,lequettirade la droit à Auraiiches,où il futreceu , fans contredit. Le treiziefme iour du inefme mois il print dâaifaut Vire, amp;nbsp;cliaftia les principaux feditieux.Voiilât fai re dauantage,le paquet de la paix arriua.Enuiron le têps de la prinfe de Bayeux le fieur de Mouy receut Hondefleiir à difcretion.Et corne il eftoit apres pour réduire Pontcau de mer,lâAdmirai mandé pour retourner à Orleans,le rapella Lutrtuptt ⢠à C3en,dâoù la cauallerie partit le quatorz.iefme iour de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
ÃIars,diuift'een deux b.itaillons. Le Piince de Portien tô- 'ââ¢lreprrnët duifoit lâau.atgarde,compofee de quatre cornettes de Rei-ftres,quiprindrét le chemin de Lifieux.Et le dixhuitiefme entrèrent de force dedans liernay,ou quelques preflres fu têt tuez amp;nbsp;péduspour auoir voulu Si qâauoir fccu faire bô neguerre.La ville de lâAigle és limites de Normandie fut forcée par le Vicomte de Dreux le vingtiefme du mois,amp; tous ceux qui furent trouuezen armes tuez par les rues.
LâAdmirai partit le me fine iour auec le plus gros de fes for ces,prenât fon chemin par Falaife St Argentan,qui fe redit ayant côpofc à dix mille liures ; puis fe rendit a Mortague/; . gros bourg du Petche,où cei tains preftres induifirent les habitas a faire les maunais dót sâenfuiuitblefl'urc 8c mort de quelques vus de la côpagnie de Mouy, qui failbit ordinairement la pointe.A raifon dequoy ce bourg fut forcé,8c les plus mutins,notâmentlesprellres,dcfpcfchcz.Le fieur de Coignee chaftiaaufli lors les moines de S.Calais qui a-uec leur girnifon auoyent cruellement traité fes domelli-ques. Dâautrepart,le fieur de Ceruoy fiitprint le chadeau de Mezieres pres de Dreux,8c tuales foldats qui y eftoyét engarnifon. LâAdmirai arriua le aj. iour a Orleans :8t fit tout fon pofl'ible pour remédier au mal cômis parla facilité du Princc,lequel auoit côfenti à la rupture Scabolitiô delâe 1* dit de lâuier, fousombre des promelfes de la Roinc,laqucl le dâautre codé quatre ioutsauparauât auoit fait exccutet '
M.D.txni. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChAU'ES MiniESUE, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Poltrot aiiec tous Jes plus rudes fupplices quâil eft pofli' ble dâinuenter.lailfe faire vue pompe funebre au Duc Guife à Paris, comme s'il eultefté Roy:ôt donne foncftn /â nbsp;nbsp;de grand Chambellanamp;grandniailtre à fon fils Henri,lors
** enfant dâaageSc de Cens: mais qui monfira depuis notan*. y ment au Roy troifiefme,enquelle efcholeilauoit eftéc-1 (leuéjcomme nous le verrous ci apres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
Cttftttnmt Nous auons maintenant à reciter fommairement Velin . Cl iiiliei é-des prouincesSc villes principales de Frâce durant ces pre J ^îanquot;ât *ââ*^ââ*'°âiâ'^â»Ai^^â*'âââ'lt;i^IââislcmoisdâAurilde lâaninii ' primicrt â â^'ââ1 foixante deux iufques à la paix.
trcuilii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Paris,ville capitale du Royaume fit durant ce temps de
Peril, terribles faccagemens fur ceux de la Rcligionrplulîeurs y l««/* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^**^â:â'tfAà morctantdeceuxdulieu,quedeprifoi'
' '7»^ niers amenez de diuers endroits. Le peuple dâvue partne
⢠demandoit que fang Sefaede parlement nâefpargnnit gtâds ni petis qui lui tomboyent entre mains, ou furprins au retour de lâarmee du Prince,ou prins es villes de fon rciTorh amp;nbsp;amenez là par appel ou pareuocation.Diuers confeillers furent enuoyez en plulîeurs villes pour faire les proces ) ceux de la Religion,contre lefquels cefte ville-Ja fit de ç merucilleux efforts,pour en efteindre la mémoire.
'' ' * A Senlis, ceux de la Religion y curent rude traitement par les menees de Claude Stocq amp;nbsp;Guillaume Berthaut t gouuerneurs, qui depuis ont fait tous deux miferable fin, fouftenus par Terouenne amp;nbsp;Fauier confeillers de Parit. Entre autres misa mort parfedition Scparinitifticefurent la femme de laques Riuerant, A drian le clerc, lean Gouió brufle' vif,Louys Chaunin, lean des Jardins, lean Greffin lieutenant particulier,les fieurs de iMoncy S.Eloy,de HoU dencourt,dâArdres,de la maifon blanche ieunes gen tilshô mes, Antoine Trappier raaiftre d'efchole furent décapitée à Paris,8c leurs telles apportées à Senlis, amp;nbsp;mifes es portes amp;nbsp;places eminentes. Quelques vns furent condamner^ des amendes honnorables,à chaftiment corporel, aux longues prifon$,aux galercstSc nâefpargnaon pas mefmes Ifâ femmes.
.Xwùtu, En Picardie,le premier effort contre ceux de la Rcligiô à Amiens fut que le treiziefme de May 15^1,les Bibles,nou ueaux Teftames amp;nbsp;lâfeaumes furent recerchez Scbrullei publiquementtpuis apres la chaire du miniftre. Dupapic amp;du
Charles mitfiish^ 77
amp; du bois les par cifans de Guife vindrenc aux perfonnes, iettercnt amp;nbsp;tuerenc en lâeau laques Beron, Frantoife Gre-uin,harquebu7.erencDauidPreuoftamp;N.Marquant:afl'oin-merent deuxartifans,lâvn nommé Robert,lâautre Rondelet,puis vn pauure impotent nómé Mauguyer:8t pour closure firent pendre Chriftofle le Riche drapier,pource quâil auoit porté les*armes. Ceux dâAbeuille tueient Robert de Saind Delis leurgouuerneur, fon frere amp;nbsp;lieutenant auec neuf foldats,deux gétilshommes amp;nbsp;vn valet,tant en la m^i fon de ville quâau charteau,en haine de la Religion,dont ce gouuerneur lieur de Haucourt faifoit ouuerte profeffion. Le vingthuitiefme iour de Mars 1565. en prefence des officiers de iuftice vn nommé Louys Beliart condamné à faire amende honorable fut traîné par les pieds la face en terre, puis ietté amp;nbsp;noyé dans la riuiere.
Ut»nx tn
A Meaux en Brie ceux de la Religion quiyeftoyent les plus forts continuèrent lâexercice iufques cnuiron la fin du mois de luin, que les images y furent abatues, les pre-ftres sâeftans retirez pailîblement.Au moyen dequoyeiix Si lutces par arreft du parlement de Paris donné le dernier iour de luin furent preferipts amp;nbsp;abandônez à qui le? pour-roit tuer amp;nbsp;faccager fans figure de proces. Vn autre arreft du mefmeparlement, donné le treiziefme iourdeluillec contre tous les miniftres, diacres amp;nbsp;furueillans,ne peut em pefcherceuxde Meaux,au cöcraireilsoppolerentlâedit de lapuier, amp;nbsp;ne permirent quâvn tel arreft, qui condamnoit les fufnoromez à mort,fuft publié. Là defl'us.à lâinftâce de ceux de Paris,Lihoux frere de Môluc fut enuoy é à Meaux, où il entra en petite compagnie du confentementde ceux de la Religion,le vingt cinquiefme iour de luillet:Sc le lendemain la mefté y recommença.Lc fiziefme dâAoufl,com-mandement fut fait aux habitansde porter leurs armes en la maifon de villeià quoy plufieurs obéirent.Quelques au tres au nombre de quatre cens, sâeftans acheminez fous la conduite du capitaine Bethune pour fe ioindre au Prince de Portie ne peurét, amp;nbsp;côtrains de fe desbander furet tuez la plufpartile relie sâeftant rapproché deMeau x eut mefme traitement .⢠amp;nbsp;nâefehappa de tout ce nombre quâenuiron quarate homes qui sâen allerer à OrleanSiLe fieur de laCha pelle auxVrfins fuccefleur de Lihoux traita plus doucemét ceuxdelaReligiô:maisceianeduragueres:car lc fieur de
M.D.Lxn.Sc Lxiir. Charlis niviiesmi.
Boify grand efcuyer y eftant arriué Ie vingtvniefme deSt' pceinbrcjfit defmanteler Ie grand rnarché Si abatre des po' tes.Câeftoit alors vne des belles places, pour fon petit cir-cuir,lt;iue Ion euft fceu voir en France. Suruindrent tolH' pres lieux compagnies de gés ramalfez, conduits par deus , capitaines delâaris,lâvn gantier, lâautre forgeron , qui tiret J»- mille maux.Plulieurs femmes furent trainees à la rnelfe S' uec coups de ballon durant les feiles de Noël, il y eut des enfans rebapriféz amp;mariages reconfermez.Or pource que ceux qui s'en eftoyent fuis ellayerent de regaigner laplî' ce.Letreiziefinede Feurier, 1563. ceux de lâEglife Koniai-ne en furent tellement irritez, quâils firent mourir cruelle* ment G dies Caboche procureur du Roy, Fiacre Lambert qui auoiteilé Diacre, Pierre Châpcnois dit Lorrain. Ceux du marché sâenfuirent,Sefurent leurs maifons pillees fi net qu'on en emporta les ferrures, treillis, vitres, feneflres8t goutieres,la place rendue inhabitable. Des fugitifs vnep« tie moururent de faim 8e de froid Les gens du Roy 8e Uâ Prefidiatix du lieu,notamment Frolo prelîdent, homme in famejScCod'et procureur du Roy,furent les principaux in-iligareiirs ,8i eurent aufli leur part au riche butin. Beaucoup dâhûmesfemmes 8e enfans,furet mall'acrez 8c nnyel entre autres vn enfant de quatre lours né a lean Oliuien fut frodfé contre les parois: Denis Piero, lean Augraiih Claude Bailler, Mathieu Gantier, Pierre Thibaut, Guillin Rofe,NicolasBergeron,N.Floquet;laBirelle femmeaage de So.ans,la femme de leâ Augrant,8c celle de PierrelâAr cheripluficurs filles 8c femmes furent violées dedans 8c de hors le marché 8c ville.Depuis ils firent pendre fix hommes de la Religion, entre Icfquels furent lean de la Haye riche pay fan, 8c FreminCauillerlâvn des gouuerneiirs de la ville.Les voleurs couroyent en diuers endroits,où ils firent vne infinité de maux.En leurs troupes elloyentforce preftres,entre autres le Curé deMareuil,quituade fa main quelques hommes de la Religion.
Chmltni ir En Champagne furent pendus à Chaalons deux homes m Religiô.ATroysjles vns fecôporreréralîezdouccmét Chatatiu. , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- igt; « n i.,
â aueclesautresiufquesaucommencemetd Aoult,queie Duc deNeuers,neuei; du Prince,ayant elle parDesbordes Si Vigenairefes do nelliques deilourne delà Religion,8C du parti du Piiiice, au commencement dâAouft lâexcrcitu
Charles neveiesme. 78 de la Religion cefra,amp; incontinent Desbordcs qui cónian-doit li au nom de fon maillrc^equel il tua à Dreux,puis fe fit tuer en la meflee) fit mener prifonniers plulicurs arti-fansjdefchircrlesBibles Si autres liures deThcologie,piller les maifons de ceux de la Religiô qui cftoyent impunément outragez 8c nus à mort.Plufieurs enfans furent rauis à meres 8c rebaptifez,8c des mariages folcnnifez derechef, les meubles Scimmeubles de foixante deux des principaux de la ville faitis, 8c de ce quâon peut vendre les deniersfu-reiit confifquez.üutreplus furent maflacrez,ou pédiis par fentencesdesiuges 8c felon la volonté du peuple lufques a leize ou dixhuit hommes,entre lefquels fe trouuerét deux ou trois qui auoyent quitté la Religiô.Mefmes les femmes ne furent pas efpargnees : 8c y en eut trois ou quatre irai -nees par les rues,puis ieitees en lâeau. Outreplus les fol-dits fâifoyent Je courfes, 8c tuoyent toutes les perfonnes quâils rencontroyent à lâefcart. Le Maire 8c lesEfcheuins eftoyentles principaux fauteurs de tels horribles txces:8c ue fe faifoit prefques aucun malfacre que par le commandement du Maire.
Ceux dela'Re!igiô.i Bar fur Scineà fept lieues de Troys ayans trouué moyen de ié rendre les plus forts fe maintin-Jrent quelque temps.Mais pource que câeft vne place aift e à forcer, ceux qui cftoyent dans la ville voyans le canon braqué contre le chafteau fé fauuerenc comme ils peurét. I.esafl'iegeans entrez en la ville y commirent des cruau-tez non ouies, fur tout contre les femmes 8c petis enfans, fendirct les poitrines à plufieurs,iufqucs à arracher le cÅur dâvn,8c le mordre de toutes leurs dents,en sâefiouiftant dâa iioirtiftédâvn cÅur de Huguenot. Vnieupe Aduocat fils de Ralet procureur du Roy fut pendu à la follicitation de fon proprepere.Ceux qui eftoyent dans le chafteau furent prins, 8c rudement traitez, fur tout leur capitaine,cau-fe en partie de tout le defordre. On le condamna à mourir leftant fur lâefchelle il renonça la Religion : mais fon apoftafiene le garantit pas, ains fut pendu 8c eftranglé. La ville cftant demeuree en la puifljnce de ceux qui lâauoyent butinee , 8c violé auec horribles blafphemes beaucoup de femme' Si de filles,3uint au mois de lanuier, que quarâte ou cinquite cheuaux de la garnifon dâAntrain à vne tournee de la, furprindrent la ville à lâaube du iour.
M.s.i xn. amp;nbsp;Lxin. Chaxiés nivfiesmï.
ï.ffitrnAy,
Sl dâabordee ayans attrapé ce Raletparricide lâattachett®' au toiél de famaifon,où il fut tué à coups de piftoSeî-Les autres meurtriers furet mcurtris,amp; leur butin cfcheut a dâautres butineurs. Claude CouGn d'Ay fut gricfuC' ment blefle dedans Efpernay 8c iectéen la riuierede Mai' ne,où les meurtriers lâacheuerent; blelTans plufieurs p«' foiines qui pleuroyent voyans le crueltraitementqueIni' faifoit à ce perfonnage.
Saui^ £.
Lefieur de S.Eftieneretourné dâOrleans pour fe refraif chir en vne fienemaifon pres de Reims,aucc deux Gensfd resjiSc quelques autres y fut inucftigc afliegc par vne iroi^ pe de quinzeafciz.ecens hommes. Cobien que cefte mai' ' fon ne full forte ni de tours nidefolfez, toutesfois cesgc® ! tilshommes auec leurs femmes amp;nbsp;leurs gens,nâeftans l vingt cinq hommes en tout, Grent vne merueilicufe reli' itanceen vne tour,où ils fouflindrent deux affaux. Finalf' ' ment vrtc partie de la tour ayant eftéabatuedâvn couplid taiion,amp;lcs affiegez contrainssâenclorre en vn caueau,lcs ( femmes en furent tirees fur promefle dâeftre garanties ,£0- j meelies furent au regard de leur honneur,maispillees S menées prifonnieies aRetel.Là deflùs on enuoye quelques laquais crier au Geur de S.Elliene, que le Duc de Neuers le demandoit,amp; quâil fortill à feureté: ce quâayant fait, frn propre couGn germain,nômé leBaron de Serny le mallacfi ! tout incontinent. Ses deux fi ères amp;nbsp;feize autres furent poignardez. Les aflîegeans perdirent deuant cefte place | cent cinquante hommes ou enuiron tous reconus.Celaa-uint au mois de Septembre de l'an 1561.
, Les pay fans de Coulours,CeriGers, amp;nbsp;villages voifinSi ftiiets pour la plufpart du grand Prieur frere du Duc J« Guife commirent inftnis meurtres amp;nbsp;brigandages esen-uirons de Troys,efgorgcrent le Geur de Vigny, (à femniti leurs domeftiques,pillerent fon chafteau. Mais le Geurde Cormononcle gentilhomme de la Religion,acompagncde huicL autres feulemcnr,prenât ces voleurs en defordre leâ desGt,en tua grand nôbre,mit le relie en route,amp; leurofli ce quâils auoyent pillé en la maifon du côtrolleur Landri,à cinq lieues pres de Troys.Les mefmes voleurs ramalTezjS renforcez dâautres,furnümez les pieds nuds,leuez à Ses S CS enuirons,3iriegerent Villeneufue,chafteau apartenat au Geur dâEfternay.âinais ils en furet viuement repouffés aucc grand
Charlis nevuesmi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;79
grad perte.Pout fe véger ils bruflerent la balle fourt,oùe-lloyét la grâge ït les elhbles des plus belles de Fr jce,auec le moulin amp;vn corps de logis auprès,fut;^la fin de Deccbre. Enuirô deux mois apres fept vingt arquebtifiei s tetourne-rét aflieger celle placcmiais le Sieur de Bethancourt, gentilhomme delaRcligion,accompagné de neufhommes de cheual St de quatre piétons, les chargea (i refolument, quâayant tué vne partie,8t prins v ingtcinq prifonniers, les autresCefauuetentde vitefle.
LedixneuhemedeNouembre, vn des Ducs de Lune-bourg qui lâan 1559. auoit eu querelle cotre le duc de Gui-feaucampdâAmtens,ell.itarriuéallt;ameru entre Iroys^âquot;quot; StVitry le François,fuiui de dixhuicl hommes feulement, en intention (felon quâon difoit) dâaller à Orleans ,fut par le commandement de Bufl'y dâAmboife gouuerneur de Chaallons allatlli enTholleletie dedans fa chaæbre,où ou lui tuafix horanies,8tlebltfia-on de treize coups de piilo-le.- puis le mit St mena-on dans vne litticteaChaallons,où il mourut.kâextxuteur de Bulfy,nommé Malfontaine,apo-llat de la Religion, mena deuant foy en triomphe de ce ff, haut exploit 18.chenaux,t8.manteaux,18. paires de bettes, St jS.pillules.
En la ville de Ceant en Othe, à fept lieues de Troys,les Ceanr «0-communes ayans trouué moyen dây entrer le 14. iour dâAoull,firent mourir cruellement phificurs perfonnes, 8t continuèrent iufques a la fin de lanuier. Le iiôbre de ceux quâon a remarquez, outre ceux qui fitrcnt faccagezça 5c la,eftde vingthommes, 8c dâvnpetit enfant decinqaiis brufléauecfonpcrc.lâlufieurs niaifont furent bruilees par icelles comraunts,iufqucs a vne lieue de la ville. Enuiron fix vingts hommes de cheual 8t trois cens piétons de la Religion, conduits par le Sieur de Semide Sc autres capitaines , nâayans peu fuyuie le Prince de Portlen, qui auec autres troupes auoit gagné Strasbourg, fe faifirét pour retraite enuiron le (eiziefme de Septembie du bourg de Ccrmoife, où ils fe maintindrcnt vaillamment, St def-firent vne armeee de trois mil hommes qui les vint attaquer, ayans tué cent cinquante des plus manuals, 8c mis tout le refie en defroute, nâayans perdu que trois foldats. Et depuis feioignirent au Piioccde Pot tien leur general, quand il retourna auec les Rcilltes.
M.D.IXII.amp; ixin. Charles nevhesmi.
Stm.
Vn des grands mall'acres de ceux de la Religion ft Sens ville fur la riuiere dâYonne, dót le Cardinal de G»*'
eftoicarcheuefque, où il y euft cent perfonnes, de totitó qualité/ cruellement nnfes a mort,amp; les corps iettez nullâ ! en la riuiere.Autant de maifons furent pilleestle temple ceux delà Religion démoli amp;l les vignes dâalentourarti-cliecs.Cela fut execute le Dimanche douziefme lourdâ uril amp;nbsp;autres fuyiians: durant lequel temps ceux de Guife I qui auoyent enioint a Heinard lieutenant e riniinel de Seuâj de faire ce nialfaere, publioyent fous leiiô du Roy a Patâ*-Si enuvyoyeac dire au Prince a Orleans, quâil vouloir qu* ' lâedit de lanuier fut entièrement obferuc,cxcepté a Panââ
^uxfrre»
Ceux de lâtglife Romaine à Auxerre itiallacrerent forâ ; inhumainement vn nommeColTon ,poignarderentamp;a('' lominerent en lâeau la challelaine dâAualonjbelle St ieunu dame,battirenttâtlâauocatdu Roy, quâils le lailferét poult; mort,efgorgerent le iuge de Corbelin, amp;nbsp;firent des faccJ' geniés ellranges dedans St dehors la villejfous la coiidul' â te du geôlier des prifons,8t dâvu certain chiquaneur non)' inéBorgant. Au moisdâOélobre ils furent attirez horsh villejiar le Sieur d'Auignau .gentilhomme de la Religioft fuiui de vingt chcuaux,qui lyât tué quatorze de ees ftdi' tieux amp;nbsp;bit de grid nombre d'aut es, les arrefta vn peu.P quinziefmc du me fines mois ce genrilhôme accopagnani
certain lien compagnon lequel alloit à Orleans auecv» paquet deconfequencc,ti(a feize autres de tels guerrietii 8t cfcai ta le relie quientreprenoyent lui fermer le paflagt' ç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Les habitansde lavillede S. Cyreayansftirlafindecc
â moisrefufélâentree aux Reillres amp;nbsp;Lanfqtienets côduirâ parle Sieur dâA ndâ¬iot,furent forcezde nuiCRquarätetud 8t les plus riches du heu faits prifonniers. A la pcrfaufioU dâvnlacopinlcshabiiâsdela ville St bout g dâIlly non côtés dâaiioir dit plulîcurs parole' dilfamatoites côtredâAii-delot,tirèrent quelques inoniquetades lt;ur les Keiflrcs. 11â sâen trotiiierent mauuais maichans , car les Redites S Lanfqüenctsy eftans entrez deforce piilcrentamp; brulk-rentlaville. D vne autre part la compagnie du MarefehJ de S.Andrcruinoit les maifons de ceux de la Religion ilt .dans Auxerre 8c es eniiirons.
Le Lundionziefme lourde May ceux de lâEgliR Romainea Neuers ayaiis prins les armes, introduihrcnt plulieurs gentilshommes du pays,entre autres Cheuenoi»
Charlis hbviiisme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8o
Je ChaftillójQUi fe faifirent des portes; 8c trois iours apres commencèrent à fe ruer fur ceux de laKeligion.Vnnömé laFaycttey vint le vingtroifiefme iour du mefmcmois 8c fe print a fourrager,fes foldats védans les meubles de leur holies publiquement, 11 emprifonna les inmillres,fit teba-ptifer les enfans ,reitcrer les mariages ,chalfa ceux quâil voulut,8£ nettoya Icui s maifons. Au relie lui 8c Cbeuenü firent infinis pillages fur les bafteaux palfans par la,8c fous prétexté de certain arreft de Paris,la Fayette s'apropria plu fleurs blés immeubles: puis ellant bic goufl'é fe retira auec vn butin de 40. ou 50. mille efeus en fa maifon en Auuer-gne. Trois ou quatre de la Religio durât tout ce téps furet mis a mort à Neuers,8c vn des minillres mourut de milè-rejmais fort Chreftiénemet en fa prifô: lâautre efchappajmi raculeufemér. Mefinetraiteraétfutfaira ceux de la Religio à Corbigni dit S.Leonard.ville deNiuernoisfourragez Cartigni, tu de fâçô eftrâge par Noy fat marefchal de la côpagnie de la S.Lctnarii. Fayette,Antoine Doyuet lieutenât de S.Pierre le Môftier, lelieutenâtdu Bois,lc cbeualierde ChaftillôcnBazoïs.lls tuerêt le Sieur du Mex gétilhôme voilïn,trefaffeftióné à la Religiô,Cornell le môllra,mouiât auec vne côftâce du tout excelléte,bleiré deplufieurscoups de piftoles.Peu de lours apres,ces voleurs furet furpris,8cl3 villeemportee dâefea-lade par le capitaine Blanay, les foldats duquel traitèrent doucemét le peuple,m3ts rôpirent les images, 8c les autels des téplcs,rellabiiirans lâexercice public de laReligiô,qui y demeura inefmesapteslâcdit depacificatiô. Ceux de lâEgli fe Romaine à Antrainauoyét delibeie de faire encore pis ' '*â⢠que leurs compagnôs dâAuxerre a la fufcitatiô dâvn prellre nôraé Eftiéne Blôdelet.Mais le 11. de Decébre ils furet pre uenus par le capitaine Blofl'et,lequel fur.print dextteinçt la ville,dôna telle alarme à fes côfpirateurs que les plus mau-uais fe letteréi par delfus les murailles,les autres fe catlic-rét 8c aucûs ayâs defcouuert lâctreprife qui elloit de malfa crer tous ceux de la Religion,Blondelet 8c vn autre mutin furnôme le Dâgereuxfuret pédus 8c arquebufez.Vn Eour-
1 guignôdelaCôté,nôinéleSieur deTrouâ,qutsâeftoit ietté en Frâce pour pefeher en eaü trouble auec les autres,voulu faire du guerrier,8c alfaillir Antrain: mais ayât perdu v-ne partie de fes gens il fe retira confus, 8c nô content de ce malheur, en voulant continuer fut tué de la main de Blanay en certaine rencontre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
M.D.Lxn.Sc Lxnr, Chaules nïvfiesmî.
LuCharitf- Sieur dâIflertieux appelle par ceux de la Char»' faifans ptofeflion de la Religion,fut cftabli gouuerneut» la ville du commun confentement de tous les habitéâ an mois dâAuril,i56i.Cheuenon,Achon amp;nbsp;autres du pif' contraire firent tout ce quâils peurent pour y entrer :*nab ils furent toufîours batus : finalement la Fayette y*â'' le liege, ayant legrand PrieurdâAuuergne pour li'*' tenant : amp;nbsp;fur la diuilion Airuenue entre les habitanâ; la ville fut rendue par compolition alfez auantageuf pour ceux de la Religion. Mais la premiere chofe que' grâd Prieur ht,fut de prendre lllertieuxalagorge,auqeâ fut oftee la capitulation lignee, cnfemble fes armes defes cheuaux. Cela auint le dixneufieme de Juin. P* jours amp;nbsp;mois fuiuans ceux de la Religion furent pillci^ rançonnez en tant de fortes quâils nâen pouuoyêt plus, la Fayette, à qui rie nâeftoir ni trop chaud, ni tropfroidi* trop pefânt,amp; par ceux de fa fuite.Le Lieutenant Sequel; ques confeillers de S. Pierre leMonllieren tiroyent leurs pieces a quatre mains. Aa rBoisdeFeurieri5lt;5'l' Duc de Guife y enuoya trois compagnies dâhon»®'â dâarmes pour fe refraifchir. Mais ceux de la ville amp;nbsp;les pu' lards mefmes, fe dourans quâon les pill croit, fermerenil^ portesxe qui mit en fureur ces gendarmes, qui pourfe''quot; ger exercèrent de terribles cru-tute;: autour delavilleJquot;
corté de Berri, contre ceux de la Religio iufques aies uquot;' net- 3 la queue de leurs cheuaux. Le troifiefme iour Mars, les Capitaines Bois,Blofret,amp; Blanay prindrcntpquot; cfcalade laCharité,que les f ois côpagnies (tiidites tafeP' rét de refcourre.Mais on les contraignit de fe retirer.li®® ioursapres le Capitaine Bois qui y edoit demeuré a»*' foldats feulemct la garda contre vne armée rainafléei^ trois .1 quatre mil hommes tant de pied que decheuab*' uecfix pieces de campagne. llfiipportalefiegehuiftioU' durant,fans perdre vn fcul homme,au contraire ayant i«' plus Je quatre v ingts des allai dans ,contreignit les autre' de leuer le liege a leur grande confufionitellementquep» Ledit de pacification lâexercice de la Religion deinem' dedans la Charité. Plulîeurs villettes en ces quartiersfij' l ent grandement molcftecs,fur tout au regard deceui«' ehaÃiUifiir la Religion, comme Bony, Cofuc,Neufuiôi autres:
par dclfus les autres Chaftillon fur Loire , qui sâellââ:
Charlts MiTtiisuE« 8r maintenus parmi de grandes diflîculcez,ilt;i. defpouillez de toutes leurs commoditez par les pillards:refolurcnt(quoy que ce nefuflent quepauures vignerons) de fedefendre contre les violences de ceux qui demandoy ent la perte de leurs corps 8c âmes.Ayans fortiÃe comme ils peurent leur vilette qui nâauoit point de folTe',ils ibuftindrent vn aflaut le cinquiefine iour de lanuier, ayans tué fept ou huit fol-dats au fleur de Prie gouucrneur de Gyen, qui les vouloir fâccager,8c bielle grand nombre dâautres,les hommesfc defendaus acoups de pierres,8c les femmes iettâs de lâeau bouillante fur les affaillans. Au mois de Feurier, Monterud gouuerneur de Berri,les alTiegea, battit 8c abatit leurs foi-, bles murailles à coups de canonimais pourtant ne peut il y entrer que par rufe de guerre, ayant fous ombre de parle-ment,tetiré fes pieces de batterie ,lefquelles eftoyent engagées,8c quâil acommoda tellement,que nouuelle brefche faite,il y entra de force.Là toutes fortes de cruautez furéc exercees,nây efpargnât femmes nienfans,ieunes ni vieux* non pas mefmes les femmes enceintes 8c pre lies dâacou-cher.La ville fut pilleeiufquesaux verroux des portes,aux vitres amp;nbsp;treillis des feneftres. Neantmoins fl toà que lâar-mee de Monterud fe fut retiree,ceux de la Keligion qui a-uoyent peu efchapper reuindrent 8c rellablitent lâexef-cice.
La villede Gyen fur Loire fe maintint affez long tcp^ Gy»«f«f , en paix durant les troubles par la modeftic de ceux de la ? Religion,qui y eftoyent les plus forts. Mais les defordres commis pat diuers capitaines 8c foldats que le Prince y en-
*4 uoyoit dâOrleans,pourfercfraifchir les vns apres les au-* tres,8cla prinfe de Bourges,reduifit les chofes à tel poinâ ÿ que ceux de la Keligion,pour la plufpart, quittèrent leurs maifons 8c leurs biens pour fe retire r à Orleans, où la pe-fteeftoit. Le camp du Triumuiratarriuctoft apres autour
''i de Gyen 8c lieux circonuoiflns nâomit auaune cruauté à cômettre,voiré iufqucs à ce poinft que quelques luliens* ayâs en haine de la Religion coupé en deux pieces vn ieu-
I neenfanttout vifmangerentaufft de fon foye. Cela fut J. bien verificunais il nâen fut point fait de iuftice. Finalemét ÿ au mois dâAuril,ceux de la Religion, retournez dâOrléans auec Lambert Daneaulâvnde leursminiftres, rencontre-tent vue autre troupe des leurs, venue de Chaftillon fut ÿ51 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;)â
M.D.Lm.amp;ixni. Ch a kies nevfiesme.
Loin deux jours auparauant auec lâautre miniftrenown* La Vallée, amp;nbsp;rentrez en la ville recommencèrent en vf''* delâedit leur exercice,Gycn ayant elle nom me pour laâ'i'' le du balliageence quartier.Lesmoines de FontaineIç® abbaye pres deChaltillonfur Loin,ayans mis bas letf** pour prendre les armes amp;nbsp;faite des courfes auec des W' dats de leur humeur,furent inueliis le feptiefmeiouriiO' flobre par le fieur de Dampierrc.Sâtllans mis en defenfe*' uec leurs foldats,ilsfurent tous tuez, referue quelquee®' bre de brûliez dedans le clocher,dâoù il ne fut poffible^'* defnicher autrement.
Montargisapartenanta madame Renee deFrancefH' du feu Roy LoUys douziefme,Ducheire DouairièredePà rare,fut la retraite de plufieurs familles de la Religion,nôquot; obftant les menaces du Duc de Guife gendre dâicellc ilgt;' me,lequel y enuoya Malicorne,nouueau cheualier delâ«'' dre pour fe rendre maiftre de la ville 8c du chafteau,aw* quatre compagnies de cheual,lefquclles entrees dans 1* Tille efmcurent le peuple contre ceux de la Religionjtcllf ment que lors vn pauure homme fut tué amp;nbsp;iette en lâ«'â' comme au parauantils aubyent aufli tué vnc femme,SW* quelques pillages.Malicorne continuant en fon audacet® vint lufques la de menacer celle Dame de lui amener le®* non pour la forcer à rendre lechafleau, où il y auoitgrae^ nôbre de gens de la Religió quâil pretcdoitrançôner.Cdl* lârincelfe lui fit vne refpôle genereufeen ces termes, Aui' fez ce que vouscntreprenezxar il nây a home en ce royaâ' me,qui puilfe me côm.ider que le R oy;amp; fi vous en vtn« la,ie me mettrai la premiere furlabrefche, pourciray«lâ vous ferez fi audacieux quede tuerla fille dâvn Roy mâ®' liant au relie fi peu 3parentâ¬c,ne fi peu airnee, que te nâayf moyen de me relfcntir de vollre audace, iufques en vollrc lignee,voire iufques auxenfans du berceau.Ce langage fit retirer les cornes à Malicornc,amp; tofl apres s'en alla,le Dâ® de Guife ayant ellé tué,coinmc dit a elle ci deuant.
Ã. Teand» Ceux de lâEglife Romaine en la ville de S. lean de N®' fitmatiri. mours,firenc tant quâils chaiferent ceux de la Religion n* mois de luin,fansy en vouloir receuoir aucuns iufques» la paix,mettans des impofitions excefl'iues fur leurs bien» meubles,qui furent vendus à vil pris en place publique.!â»quot; rauant ils auoyent fait tout leur polTibleà raueu de quelque» I
Ch A M t s N ï V F IE ! M E. 81 ques traiftres dâintroduire certaines troupes de brigan-deaux dedans la ville,pour y faire vn maffacte: mais telles entreprinfes ne fortitent aucun efttfl.
Vn nommé Brefons,inlîgne voleur sâil en fut oncjayant eu coipmiflïon de ceux deüuife pour sâempâter des forte-reffes de la haute Anuergne, ceux de la Religion à Auril- ^uriUM, lacjConoilfans lâhumeur de celui auquel ils elloyent recô-tnandezjMUitterét la ville pour la plufparr,fur la hn deMay, les vns tirans à Orleans, les autres à Lyon, ou en Limofm. Brefôs entra dis la ville le troiliel'me iour de luin,fuiui toll apres dâvn autre nôméMontelly. lô ne feauroit hônemec exprimer lâindigmté des pi lie r les amp;nbsp;des meurtres que ces deux homes cômirent auec leurs fat e 1 lit es. Ils mallacrerct cruelleméten diuers endroits huithômes,pilleiétquelques challeauxiStla ville dâArgétat,infiniesmailôs particulicres, volerét grand nobl e de marchâs,violerétplulieursfémes8c
J filles â¢.fmalemêtcôclurét de tuer tous ceux qui auoyét fait I profefl'ion de laReligió en ces quartiers laimais fur ces en-, trefaitesfuruintlâedit depacificaiiô,quirahatitvn tel coup.
Le fieur de Montaré eftant venu à Moulins eu Bourbon 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(Dr* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;1
nois auec charge d y taire tout rude traitement a ceux de
J nbsp;nbsp;la Religion,fit premièrement fans figure de proces pendre
J deux artifans ,puis leua des troupes .iniques à trois mille I hocnmcs,8t fe fentant fort chalfade la ville tous ceux quâil J tcdoutoitien apres lafeha la bride a fes troupes,qui tuerent pat les châps tous ceux quâils pouuoyent attraper, faifans desrauages eftranges és maifons amp;nbsp;meftairies voifines. Le capitaine fainft Auban qui amenoit de Languedoc quel-quesforces à Orleans faillit de prendre Montaré amp;nbsp;Mou-â lins: comme il vouloit lâalTieger il recent lettres qui le ha-lièrent departir.Lacommune courut a la queue de fes cô-pagnies, amp;nbsp;attrappa le lieur de l-onlet gentilhomme voi-j, fin,vn fien laquais , amp;nbsp;vn aduocat nommé Claude Brifion, qui furent tuez. Quatre autres furent pendus a Moulins bien toll apresiSt cinq reuenans dâ(irleans,au mois de luil y nbsp;nbsp;let fuyuant noyez,auec trois marchans Dauphinois. Ou*
âij tre cela, plufieurs furent mis a mort ,1e bourreau tnefmes j (que Montaré appelloit fon compere)lei uant aux pallions jj delapopulalt;e,8!. executant fans forme ni figure de proces y ceux quâelle lui liuroit pour eftre mis.imort. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'Sturrtt m
p'j Le vingtfepticfme iour de May 15 4i. le Comte de â¢Bm}. (il nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L. ij.
M.D. LXK.Sc LX ni. Charlis nevfiismi, Moiitoommeri fuiui de fix vingcs cheuaux entra cltâ1^''' )iourges,uù fc faifoyenc beaucoup de meiiees contre de la Religion J amp;nbsp;1âalfeura pour le parti du Princegt;amp;^ emporta grandâ fomme de deniers a Orleans,pour la fol* de 1âarinee, sâtllant aufli fait maiilre de la groÃe tour. â mois de iuin,le fieur dâYuoy y fut enuoyé par le Princeâquot; uec deux mille piétons, pour pouruoir a tout ce quieW requis pour fouitenir vn liege dont la ville clloit inenafc' Trois cornettes dâargolets y vindrent encore aptes,Selâ'' on fit quelques forties,en lâvnedefquelles la ville deM*ââ fur Loire fut prife au preiudice des prellres,de leurs chiPquot; __, pes amp;nbsp;images. Aufli furent forcez les chalteaux de rentSt de Coudrai,dont le gentilhomme mourut de pfâ? Yuoy ayant entrepris fur llfoudun ne fit rien qui valâquot;' dont sâenfuiuit mutinerie de fes troupes contre lui.Toââ cela r3ppaife',le quinziefme iotir dâAourt,rarmee du Tuquot;' uirat eftant approchée de Bourges, Yuoy amp;nbsp;les efcheuHâ furent fonimez de rendre la ville au Roy. Les Efeheu®â sâertans defehargez fur Y uoy,lequel fir refus,tort après*â firent force fortiesSc efcarmouches,ordinairementaugrââ defâuantage des alTiegeansiSc y eut norâment vn Duel tre le capitaine S. Martin le Huguenot,amp; le moine Ridââquot; lieu maiftre de camp du Triumuirat.Le moine fut tranfpâ ce dâvn coup dâefpee amp;nbsp;perdit fon cafque, que SainftMââquot; tin emporta. Le vingtvniefmeduinoisfut faite vnetâslâ batterie amp;nbsp;tira on ceioiir là plus de mille coups de canoquot;' Mais dautant que ceftelFort ne feruoit pas beaiicoupilâi Duc de Nemours fut employé pour conuertir les afTiegeâ* .t liant approché pour p3rlemcnter,amp; faifant de belles p'* trefTes fur fa foy,vn de la troupelui dit tout hautjquectquot; ftoitlafoy quâil auoit tenue au baron.de Caftelnau.'amp;amp;''â quelques gentilhommes de nom, il efluit venu a Idn def' nier iour. Ce qui contraignit les alfiegeans de parleinf' ter clloit que lâAdmirai forti dâOrleans auoit furpris Sâ tierement bruflé pres de Chafteaudun toutes les poudre® amp;nbsp;munitions quâon leur enuoyoït de Paris. Ils firent doââ tant folliciter Yuoy pat le Comte Rhingraue,amp; par la R»â ne mere, quâil iccorda tout ce quâon voulut le dernier wâ dâAouft,St le lendemain rendit la ville,au grâd mcfcôtétr' met des gés de guerreidôt vne partie toutesfois aueclescJ pitaincs laPorte,S,Martin qui auoit blefl'éRichelieu,faii'â â Rcmbt
i gt;nbsp;Charlis NîvriESMî.
I) Remi, amp;nbsp;Brion maiftre de camp, prindrcnt parti pres du Duc de Guife auec nombre de foldats : puis allèrent au fie-ge de Rouan,où les vns furent tuez, les autres eurent part au butin.Quant aux autres capitaines amp;nbsp;foldats,ils gaigne ( rent Orleans,auec beaucoup de difficultez,ayans perdu en chemintrenteouquaranredesplus tardifs. Yuoy fut fort mal voulu du Prince,a eau Cede falafcheté amp;nbsp;delâimporrâ-(^1 ce de la place.11 feretira donques chez foy, bien falché de Æ fa mefauanture: furtoutde ce quâil auoit lailfé beaucoup de bonnes hardes à Bourges, notamment vn calice garni de pierreries de grand pris, lequel il fut contraint bailler à la Roine mere,qui par deuotion le print amp;nbsp;garda foigneu-( fement,comme elle fit dâautres loyaux précieux de la fainr de Chapelle que Ion auoit deftournez dâheure arriéré des mains des pet is larrons, afin dâeftre plus alTeurez es (Lenes. Monterud lieutenant du Prince de la Rochefuryon en Berri,armé des lettres du Triumuirat,au mefpris de laca-pitulation faite auec Yuoyjchalfa ceux de la Religion hors delà ville, leurs maifonsayans eftéfourragees. Aufortir
J les vnsfurent defpouillez,les autres battus,aucuns mef-mes tuez aux portes. Outrcplus fut fait vn edit defendant â Ã ceux de la Religion reftez en laville.amp;esenuirons de J parler enfenible en plus grand nombre que de deux. Et ainfi demeura Bourges, iufques apres lâedit de pacifica-tion.
Le lundi huitiefmeiour de MayijÃi.treizeieunes hó-mes dâKToudun furent iettezamp;allbmmezen lâeau au vil-lage de Sainde Lifaine à deux lieues de là , par certains pre lires qui amaflerent les payfans au fon du tocfain.Plufieurs des meurtriersattrappez, il nây en eut quâvu execute à mort.-les autres furent rclafchez par les iuges que le Parle-ment de Paris commit pour en conoiilre. Le neuhcfme iourdelnillet,lefieur deSarzay,capitalennemi delaRe-ligion entra dans la ville auec forces: fe faifit des biefs 8t 0 des portes, mit les armes és mains des habitansaflêdion-0 nezà lâEglife Romaine,Gt apporterenplacepubliqueles chairesamp;bancs du lieu où ceux de la Religion sâaffem-bloyent auec les liutes dâvn des miniftres. Le feu ayant J, ellé mis dans tout cela, Sarzay alla aux priions dâoù iltira les criminels amp;nbsp;meurtriers,remplit tellement les cham-l,' bres 8c cachots de perfonnes de la Religion, quâvne tour mi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L. iij.
M.D.IXII.amp; Lxiii. Charles nevejesms.
en creua, amp;nbsp;fous Ia ruine dâicelle quelques vns raoururdi amp;nbsp;nâen elf happa que feize,doue les dix fe fauuerét aBoi*â' ges. Lesmaifons abandonnées par lefdits de la RcligioJâ furent polledees de fôlJats qui y firent tout lemalqii; leur fut podibie dâiiiuenter. Sarzay butina dedansh*â' le amp;nbsp;aux champs à fou plailir, fit mourir par les mains J* lioiirreau, plufieiirs qui nâauoyent deqiioy payer rantsâ®' Apres larerraite dâYuoy,il fit pendre dix ou douze Iw'quot;' mes de la Keligioiiprins en diuers endroits es champsâ^ târainerà la melfefemmes amp;nbsp;fillcsdela religion auceto®' tes lesinlbleiicesque gens mefehans peuuent faire, Pl® fiêOr, petis enfans furent r.-baptifez. Le douzicfine i®â'' dâOdobre, il chalfa de la ville les femmes amp;nbsp;les petis fansjquâon dellroulToit en campagne, iufques à leurs fc®' Jiers amp;nbsp;drapeaux. Il continua cefte cruauté le a8.de IX®'' bre Si le lÃ.d'e Feùrief »défendantfouspeine délahatâ* ceuk des fauxbourgs Ji Ifs reiircr.Sômé ce Sarzay enti«ââ en lamauuaife volontéâiufquesapreslâedit de pacificat®'' it Mant. Le troifiefméidur cTAuril i5(gt;a. ceux de la Religioi'â'
Mans fe faifirent paifiblement de la vilIe.CharlesdâAg®^ nes,Eucfque du lieu fe retira en vn lien chaflcau,où s dâi' fortifie,il fit diuers nieürtrésamp;âbrigandages.Lesafaite*^ pafTerenr dedans la ville tellement quellement iufques mois de May,que par faii'tédâauoir vn chef dâauthurit®'^ bien affectionné à la Religion amp;nbsp;au bien de lâeftat public^ particulier, les foldats commencèrent à fe desbaiicheti^ en lieu de faire la guerre aux voleurs qui couroyentl®' cha tips sâamuferent à rompre le s images amp;nbsp;autels desp®' ll:rel,au grand defplailîpdes miniftresamp;autres gens delâ'' rcmónftrans que câelloit contreuenirà l'edit de lanuiefi^ traite dâalfociai ion fait à Orleans, amp;nbsp;à la declaration iâ®' me que ceux du Mans auoyentfaite quelques iourssup^^ riuant St enuoyeeau Roy par le fieurdu Mortier. De*'' pies de la ville ils coururent es villages circonüoilin*'* adiouftans mal fur mal firent quelques pillages,ce qui»®' cafionnales payfans de leur courir fus Se dâen tueraue'*® qui fe refit oyent à la desbandee auec leurproye. CeuM' relièrent en la ville efloyent diuifezjles vns commanii^ au cha(le,ili,les autres dedans la ville.Ceux de la Relig'®^ faills dâeftonement à caufedes infolenccs des capitaineâ' foldats, vindrent nouiicllcs que rarmeeTriumuiraleeli®' a Bloi :Si que le Duc de Montpellier sâapprcftoitpo'J®'
Ch AR t SS Neviibsmf. 84
venir iffaillir.Fut defcouuett dauantage,qne des trois capitaines cjui commandoyent en la ville deuxauoyent intelligence auec les ennemis. Ces chofes confiderees, item que la ville eftoit foible 8c mal pourueue de gens, le dou-
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ziefme de luillet elle fut abandonnée confufément, a la ha ftc,amp;ahuitheuresdufoir. llfetrouuaa celle foi tic huit cens hommes poi tans armes que le Capitaine la Mothe l'ibergeau conduifit aucc beaucoup de ditficukez iufqiies à Alançon.Les deux autres capitaines fe rangèrent incontinent auec les ennemis. Ceux qui sâeftoyent fauue?. a A-lençon prindrent diuers partis: les vns nô acouftumez aux armes demeurèrent là .-les autres allèrent trouuer le Côte deMontgununery,ou le Duc de Bouillon. Quant aux dames 8c ùaoioifelles.les vues fe retirèrent à Dieppe, ou au Haure,ou mcfmes en Angleterre. Dés le lendemain que la villefutabandonneCjCCUxdelâEglifcKomaine qui en e-ftoyent fottii y rentrerentialors commença vn terrible ra-uagejStnây euft que bien peu de maifons de ceux de la Keli giô,tât en la ville quâaux champs à plus de huiét lieu es .a la rondc,qui ne fuffent entièrement pillees,voire mefmcs par lesparens proches 8C alliez des abfens. Cinq cens harque-buziersleuezpourla garde de la ville 8c des enuirôs exercèrent toutes fortes de cruautez fur ceux qui eftoyentte-fteziafçauoir quelques fimples gens, panures feruiteurs 8c feruantes, quelques femmes dâellaten la ville ,8c aucunes petfonnes,retirees en leurs meftairies,lieux châpeftres,8c chez leurs amis.lncôtinétlesprifons furet réplies,8tfut or
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' donc pararreftvn liege preGdial,que parés ni amis nefolîi-citeroyét pour les ptiloniers,quâils appelloyétfeditieux 8c
. nbsp;nbsp;rebelles: ité le Senefchal declaira que câeftoit affez que Ion
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euft veu vn home entrer en vn téple pédât quâon brifoit les images,ou porter vne efpee du téps quâôtenoit laville,pour le côuaincre dâeftre rebelle 8c feditieux.il y auoit trois tef-moins apoftez 8c à gages,pour acheuer'li tragedie,afçauoir Chouan,libtaire:vn preftre nommé les Anges,8cBaudouin apothicaire, 6 impudens en leur meftier que quand leurs cages ne couroyent pas affez vifte, câeftoit à declairer tout haut,quâils ne diroyent plus rien. Dauantage, les aceufez nâeftoyentreceusà aucun reproche de tefraoin,tellcment que là delfus ils firent mourir deux cens petfonnes tant nomes que femme* de toutes qualitez-.item quatre ieunes
i ij.
M.D.ixn. amp;nbsp;Lxin. Charlïs niviiïsmi, ' enfansjdont Ie plus vieil nâauoic pas dixfept ans: plujdeuâ | hommes tranfportez de leur efpi it. lis firent le proces auâ । abfens,qui furent exécutez en effigie jconfifqueient 1'*' biens de ceux quâils fceutent elite morts enguerrtidegrtquot; derentleurs enfans de tous eflats, amp;nbsp;les priuerenc de toutes fucceffions a efcbeoihPeu de iours auant la paix,ils capiterentvn nommé Rolandiere,pendirent vnmenuiliBi. amp;nbsp;maiïacrerent quatre autres de nuiél au clair de la puis les ietterent mi-morts en la riuiere.Voila vn fomâ¢** 1« eituirSi re de ce qui fut commis en la ville. Es villages pres amp;nbsp;lo® 4igt; Mmi, furent maflacrez plulieurs tant hommes, que femmes ï enfans,iufques au nombre de fix vingts amp;nbsp;dauantage,aiitt des cruautez patticulieres,amp; des trahi/ons fi horrible-â queiâay horreur de mâen fouuenir, 8c aurois honte de leâ efcrire.Vn nommé le capitaine Champagne,ayantvn§'â^ ell ing pres fa maifoniettaplus de cinquante perfonnesil* dans,St nourrilfoitainfifes brochets.Sonlieurenant noi*' méBoiIourdanle fecondoit auflî:carendeux foflespe® de fa maifon Ion trouua de cinquante a foixante corp* morts. Es villes dâalentour du Mans,comme à la FertcBeâ nard,a Sablé,a Maine,au chafteau du Loir,à Mcmcrs,aBe' lefme,amp;aMartigue,furenctuezplufieursde la Religii^V ttV J r en non moindre nombre quâésenuirons de Mans, we». LepaysdeVendofmoiseutfapartdecesmiferesefte*' ges. Au commencement des troubles ceux de la Relig»ââ à lâexemple des autres, sâefmeurent contre les images quoi que les niiniftres fiffent leur poflible pour empefilâ*' tels exces, ce fut vn rauage prefquepar tout leroyauro'i que nulle puilTance humaine ne peut deftourner.Parmil*â , images,le commun rompit quelques fepultures de la «H' fon de Vendofme: ce qui fut trouue' trefmauuais, amp;nbsp;à bââ droif.Pour reuenche, ceux de lâEglife Romaine abâtiieâ' autant dâimages viues quâils peurent, pillans 8c meurtrit'
/ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fanshommesamp;femmesdelaReligion.VncurédâEuailIfi
fv/t- tiommé Ronfardjlâvn des premiers entre les poètes Frio* jois de nôîlfë temps,deuenu mefehant preftre,futdesp® miers à faire des courfes amp;nbsp;fâceagemens, sâeftant fait cW dâvne troupe de brigandeauxipourlefquels reprimer ce»â delà Religion rappellerent leurs fôldatsquieftoyent® Mans.Iceux à leur retour fe ietterétdans lâabayedeS.C* . Ui5,où ils fe côportoyent honmellemét.Mais pour «c®â' i ' pealt '
penfeles moines leur compoferent des vefpres Siciliennes; amp;ayans donné entree à quelques gens arme?., fur la fin de May maffac-terent là dedans vingtcinq ou trente homes,au premier coup de leurs vefpres. Le Curé de Rahay ce mefme iour fuiui de fes paroifltens tua deux hommes de la R.cligion:amp; trois autres qui alloyent à Montdoubleau furent malfacrez par les payfans.Trois iours apres certains autres feditieux couperent la gorge au Geur de la Conftà -diere, lapidèrent fa femme amp;nbsp;laietterent dedans vn puits. Comme ils continuoyent en telles forcenetfes,le Geur de Coigneeauec quelques autres gentilshommes courut fus à ces maffacreursjqui furet prefques tous exterminer,refer ué8.ófard,8i quelque petit nôbre de fa fuite,qui fe fauütt et de bonne heure.Les preftres amp;nbsp;moines, auteurs de tant de maux,curent fort mauuais temps ; amp;nbsp;les deux principaux furent pendus dedans le temple mefme, où ils auoyent premièrement fonné leurs cruelles vefpres.
Ceux de la Religion à Angers sâeftans rendus forts en la ville fans y auoir blefle ni offenfé pas vn de leurs aduer-faiics cnuironlccinquiefmelourdâAuriljtraiterent vn accord fix iours apres pour viurepaifiblement les vnsauec les autres fous lâobeiflance du Roy, auec lâobferuation de lâedit de lâuier.Le la.iour du mefmemois vn gentilhômc eftant venu demander fecours de gens amp;nbsp;d'argent pour le Priâncc,certains foldats quilâaUoyent acôpagné rôpirent de nuiftles images au tcple de S.Sanfon,ce qui irrita merueil leufemet les preftres, quoy que ce gentilhôme côdamnaft bien expres vn tel fair,amp; nây euft point de part. Là deifus plufieurs gentilshômes amp;nbsp;foldats de la Religion sâeftans a-cheoninez à Orleans, ceux de lâEglife Romaine fe fentans fort5,premierement endormirent leurs ennemis en faifant publier de nouueau lâedit de lâuieripuis sâeftâs afleurcz de la volonté du Geurde la Faucille, lequel commandoit au chafteau,Puygaillard capitaine Gafeon enuoyé parle Duc deMontpenfierjCntrafurlanuiff ducinquicfmeiour de May dedans ce chafleau,fuiui de gens ramaffez,amp;lé lendemain ayant pour fon mot du guet ,Satan,fit tant quâil fefai fit dâvne partie de la ville, amp;nbsp;pour endormir encore plus ceux de la Religion,amp; les auoir totalcmét en fa puiflance, leur accorda libre exercice, amp;nbsp;le lendemain leur fit ounric les portes pour aller à la prédicatiô qui fc fit en vne maifoo
M.D.txiI.SC Lxfn. CHARtES N B V E I ï S M E.'
fur les foflez, Sc. pour enleuer le corps dâvn de leurs min^ lires nommé Charles dâAlbiac, dit du Pieflis, lequel auoit elle' tué le iour precedent,côme il pretendoit fe fauuer pif deflus la muraille.Le lendemain cômenca vn horrible t#' niultCjcar fous couleur de defarmer ceux delakeligioquot;) on entre dedans leurs maifons ; amp;nbsp;pource qUe deux entre autres,donc lâvn elloit receueurdes tailles,auoyent ferme | leurs portes, leurs ennemis prindrent occalîon de fonnet I leur tocfain.Incontinét ces deux maifons furet pillées,au- â cunsdes domelliques tucz,les autres emprifonnez.Targtt । du Roy butiné en partie par Puygaillard gc fa fuite. Alors j indiflfetemmét on iettadedâs les prifons homes amp;nbsp;femmes ! de la Religion. En la maifon dâvn marchid forêt pris plu-fieurs liures de IaS.Efcriturc,qui forent bruflez publique-niét au milieu de la villetpuis les foldacs du moine Richelieu ayas trouué vne grande Bible doree la ficheréc au bout dâvne halebarde,amp; fortans de là firent vne procefiionplt toutes les grades rues, crians à pleine telle amp;nbsp;chantât ail mode des prellres, voila la vericé pendue,la vérité des hu-quenots,la vérité de tous les diables,voila le Dieu fort,voi la lâEternel qui parlera. Ellans paruenusau pôr,ils la letteren t dedâs la riuiere de Loire, amp;nbsp;fe prindrét à crier eacote plus fort,voila la vérité de tousles diables noyee.Lâonzicf' me iour Sc les fuyuâs iufqucs à la fin de lâannec furent exécutez a mort de diuerfes fortes de fupplices par le cônian-demét du Duc de Monrpenfier, amp;nbsp;à lâinftance de Chauigni fon lieutenât,grand mangeur de côfifcatiôs pres de quatre vingts homes de toutesqualitez.VneDamoifelleaagcede 70. ans fut alTômee a coûps de miches de pilloles, trainee das vn fac par les boues, amp;nbsp;fon corps ietté en lâeau auec ri-fees amp;nbsp;huees de grid s amp;nbsp;de petits,lâappellis la mere au dia ble verd qui auoit prefehé aux Huguenots. La femme dâva auocat nôraé Sigôgneiaçoit quâelle fut paralytique, futaf-rômee,lescnfansfuréoreb3ptizc7.,amp;les femmes traineesi lamefeaufondu tabourin. Il y en eut aucunes outragées en leurs perfônes,plufieursfillesviolees,encre autres deux fÅursen la prefence de leur pere, que ces malheureux a-uoyent attaché au pied dâvn lift pour le rendre fpeftateut dâvne fi horrible enormité.Celles qui relîfloyét le plus vi-rilemét eftoyent le plus fouuentbleflecs mortellementd« coups dâefpces amp;nbsp;de dagues en toute impunité. Es enuitôs
dâA*
Charles neveiesme,
dâAngers fe firent maflacres de piufieurs gttilshommes amp;nbsp;autres perfonncs,te Duc deMnntpenlier^iyit donné per-iniflio de fonner le tocfain Si de tuer tons ceux qui feroyêt tit foit peu fulpeds de li Keligion, Les pillages fecôduyët les meurtres amp;nbsp;ceux uicLne quâon appelle Ecclelialliques furent rudemét traitez par ceux quâils auoyét faits inftru-nits de leurs perfidies St cruautez. V n de ceux cotre qui le DuedeMontpenfier di fcliargea le plus fa cholerefutle fleur du Maiefts,vaillit Capitaine lequel ayant furpnns amp;nbsp;gardé auec vingt ou vingteinq foldats le challcau de Rochefort cotre toutes les forces du Duc,8c tué près de deux cens' hqiiimes en fa defenfiue, finaleincc trahi par deux des liés sâeftât défendu lufques a demeurer fcul, 8c nâayà t plus de poudre pour tirer,fe rendit à Puygaillard,lequel promit Xut fa toy de luy fauuer la vietpuis le buta promptement au preuofl des Marelchaux,qui lâayant mené à Angers , aufli toi! fans aucune forme de iuftice, au feul comin rndement du Duc de iMontpenfier,fut rompu trcfctuellemcnt fur v-ne croix alafaçon des voleurs, 8c lailfé tout vif fur laioue où il languit iniques au lendemain quatre heures du matin, fans quâon en eu^ft aucun.; pitié pour lui haller fa mortiau contraire il fut infiniment trauaillépar deux Cordeliers sâeftorçans de le deftourner de la droite voye de ton falut. Mais nonoblfant fes tourmens il ne ceffa dâinuoquer le nô de Dieu iufques au dernier foufpir.Parmi tant de cruautez fi enormes,il y ept cela de bon que les deux traiftres qui a* uoyentlachemct liuré du iMarefts à fes ennemis furent au mel'meinftantpendus 8c eftranglez.jSc vn troificfme, qui auoit ouuertla porte, par ou ils entrèrent dans Roche-fort, tué par ceux dont il efperoit tout autre recompenfe.
Puygaillard entra le ly.iour de Septébre dedans la villedeCraôapartenâtauSieurdelaTrimouille tenuebié Crtui lôgtéps ,puis abâdôneepar ceux de la Religio,à caufe des defordres que commettoy ét les foldats. Apres y auoir tu^ quelques homes Sc faccagé entierenaét les maifons de ceux de la Religiô,fiit trainer les femes à la melTe 8t rebapti z.er }e.s enfans, fe, retira dans Angers, où quelque temps apres fa ferne enceinte iouâtaux cartes enfachâbrefut tucefur la place dâvn coup de piftole,fis quâô ait peu fauoir par qüi. Sâeftât remarié tout auffi toft à vne fort riche Damoifelle, , retournât vn iour par eau en la vit le, elle fut auftt tuec par mefgarde dâvn coup de harqucbuie par certain fuldat.
M.D.Lxrr.amp; ixin. Charlïsnïvfiismi. i qui en fut harquebuzé en place publique.Pour tous ees aâ- h uertifletnens Puygaillard ne deuint plus débonnaire ains | cótinua depuis aufli mal quâil auoit commencé eftant iuf- J ques au dernier foufpirdefa vielâvndes plus grands pil' । lards,meurtriers amp;nbsp;horribles blafpbemateurs de fon téps.
' Apres fa retraite ceux de Craon continuèrent leurs raua-ges fur ceux delà Religion,faifans descourfcs,amp; maffacrât I ceux qui tomboyent en leur puilfance; mefmes ils sâatta- ( choyent parfois les vns aux autres, tellement quâvniour i ils précipitèrent deux de leurs compagnons en bas dâvne ' tour du chafteau de Craon.
Ceux de la Religion à Blois ayans efté affaillis par leurs aduerfaires fe rendirét maiftres delà ville amp;nbsp;du Chafteau. Mais aflà illis le quatriefme iour de luillet par lâarmee Triumuirale, amp;nbsp;nâeftansfecourus tous ceux qui auoyent adrefte aux armes fortirent de lâautre cofté de la riuiere de Loire,enfeignes defployees, amp;nbsp;fe retirerent à Orleans. Le Duc de Guife y eftant entré toft apres,ceux qui nâeftoyent fortis furent traitez dâvne terrible façon, les faifant attacher à des perches amp;nbsp;letter en lâeau, outre ceux qui furent affommez par les rues, auec le violemét de plufteurs femmes amp;nbsp;filles.-dequoy plainte eftant faite au Duc,amp; mefmes que parmi ce furieux defordre plufieurs delà Religio Romaine fe trouuoyent enueloppez, fa refponce fut, quâaulfi bien y auoit-il trop de gens en France,8c quâil en fei oit rät mourir quâon y auroitbon matchédeviures. Le Prince sâen plaignit au R.oy de Nauarre fon frere: mais il nây eut ordre.â.iu contraire toft apres les feditieux alTommetentv-ne honnefte femme, laquelle premièrement ils auoyent naurce dâvne infinité de coups, 8c iettee par deux fois en la riuiere dót elle auoit eftéfauuee comme par miracle, mais ils la poiirfuiuirent fans mercy, 8c finalement lui ofterent Mtr. la vie. LeBour,gdeMer atipres de Blois plein de gens de la Religion fut pillé lâefpacededix iours entiers. 11 y eut trois ou quatre hommes tuez,8t des femmes violces,dont les vnes moururent es mains de ces infames, les autres de regret toft apres.Le Duc de Guife fit pendre à vn noyer le miniftre de ce liei),homme dofle,nommé de Beaupas.
Ttunà - Huit iours douant pafqucs de lâan mille cinq cens foi-fajivtifin, xantedeux,le Duc do Montpenfier eftant venu à Tours en petite troupe defcouuiit en diuetfes fortes fontnalta-lenC
C h A K L t s H E V I I t s M ï. 8/
lent contre ceux de la religion, lefquels ay ans eu auis du â Cà â.eCr Prince de lâEftaftdes affaires fe l'aifirent delà villefans defordrefinonau regard des imagesquinepeurcnteftre***'^**Y* garanties, quelques renronftrances que fceuffent faire les plus auifez.Au mefme temps fut publié au gouuernemenc de Touraine, Maine amp;nbsp;Anjou fous la charge deMôtpéfier 8t de Chauignijfonlieutenant,lc cruelarreft du parlement de Paris,portant expres commandement à tous , de quelque meftier, eftat ou condition quâils fuffent, de sâelleuec en armes, auec permiflion de fonnet le tocfain par tout, pour faccager tous ceux de la Religion quâon pourroit rencontrer, fans refpeél de qualité,lèxe,niaagc,voiredâaffail-litleursmaifons,les tuer,pilleramp;y metttelefeu. Ccftar-reft fe publioit tous les Dimanches par les paroilïes ; amp;nbsp;au langage duTnumuirat celasâappclloit, tafiherlafrraniiele-wwe.En moins de rien Ion vid en ces pays là ,comme nous Valions ja marqué ci deffus, les brigands, vagabonds, def-bauchez,coureurs amp;. mendians, armez, equippez amp;nbsp;montez a lâauantage; les payfans quittèrent leurs charrues, les attifans fermèrent boutique; amp;nbsp;tout a lâinffant deuindient tigres amp;nbsp;lions cotre leurs compatriottes; les femmes mel-mescopime enragees amp;hors du fens marchoyét en guerre auec les hommes.V ne troupe de telles gens (e iettant es quartiers de Ligueul pendirent quelques hommes, arrachèrent les yeux à vn miniftte, amp;nbsp;le bruflerent à petit feu.
' Vne autre troupe roda es quartiers de Cormery ,lâl(le-1 bouchatt,Loches,amp;.lieuxcirconuoi6ns,oùle commirent 1 nbsp;nbsp;nbsp;infinis meurtres. A Cormery quelques vns furent affora-
j nbsp;nbsp;nbsp;mez par les ruts amp;nbsp;iettezenla riuiere. Vn ieune homme
j fort dofte nommé Mathurin Chaifeau aagç de difept à j dixhuift ans fut lié fur vne longue felle puis efgorgé com-1 me vn mouton; vn autre fien compagnon nommé Moreau ' fut affommé,8t vn autre fort dofteperfonnagc nommé iScholaceaubourgde Mantelan. Vue autre troupe de fix à fept cens fe tua fur le bourg dâAze le brullé a quatre lieues de Chinotj,8t y maffacrerent vingtcmqou trente petfon-nes tant hommes,femmes que filles, deuant les yeux del* Senefchâle dâA génois laquelle en lieud'ouurir la porte de fonchaffeau aux maffacrez,qut iraploroyent fon aide, en-teudans 1* venue de celle bande ellanc à fesfencftres iu-l geoit des coups. Au commencement de luilletceux de
**.D.ixiir.amp; tun. Charibs nevfieshf.
Tours fominez defe rcdre,8c nepoiiiias crtrcfecourus dö , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Princt,partirét cn armes, faifant trois en feignes de pieioââ
â . â¢â¢Â»*, â¢â¢â¢ deux cornettes decaualerie, pour le tedre a Poitiers.b' ftans loints a ceux de Cliinon amp;' Clialicikrautjils fe trou-uereniau nombre demiJJe hommes ou eninrô. Pourfuiui* ficratteints par fept ou huiit compagnie» dâhommes dâar- , nies,8t quelques cornettes de caiialeriedii ComtedeVil* j lards,leurs chefs perdirent courage:amp;. la delhis furet char-gez.Si. deffaits,quclqne.s vns tuez, tous defualizez Sc lue' nez prifonuiers pout la plus parr a Chailelleraut dâoù il* efehapperent les vns dâvne forte les autres d'vne auttt':S plulîeursgaigncrent Poiftiers. Leur mmiHre nömcleätlf la Tour, qui sâertoit trouuc'au colloque de lâoilfy aagéd^ 75.3ns,fut noyé en la i iuiei e de Clam parle cômandement du Sieur de Moupefat. Les premiers qui fe redirent en «⢠lie defroute furent renuoyez a Tours aiiec fauf conduit,!K efeorte de quelques cheuaux lufqiies au port de Piles, fa furent ils accueillis (ne portails verges ne ballon) des cô-manes qui entuerent quelques vns,amp; blclfcrent plulieurs. Enuiron trois cens des plus habiles a courir tafeherent de gaigner Toursimais a rariiuecon cômencea fônerle toc-fain dans la ville.Quelques vns sâclcartcrent,les autres au nôbre de deux cens furet empoignez amp;. menez corne brebis a la boucherie, purs enferiiitzau temple du fauxbourg de la Kiche dâoù plulieurs fe fauuerent la nu ici a l'aide de leurs parens Si amis,Le lendemam,lîx ou fept vingt deces prifonniers furent traînez,aÃbmmez St iettez en la riuiere de Loire. Alors fa tir vn laccagement de toutes les mai- j fons de ceux de la Religion.On en trama dâautres trouuez par la ville amp;nbsp;les precipita-on dans lâeau, fans efpargn« 111 femmes nienfans.Chauigny y furuintincontincntaufc prellres,moines,ch3nomes amp;nbsp;leur fuite : St lors recoinnié-ça le malfacrc 8c le pillage. On faifoit vne infinité dâou-tragei amp;nbsp;infolcnces aux femmes, notamment à celles qui elto,yent trainees a la melfeiSc plulieurs fur le collant refus dây aller furet cruellemét occifs s^Lc prelidét de Toursné-mé Bourgeau, homme ancien Si honorable en toutes fortes, encores quâil nâeuft point fait profeffion de la Religion, toutesfois réputé dâen ellre ayant fait prefent de trois ces efeus Sc dâvn badin dâargent a Clèraeaiixheute- , nât de Chauigny fut côduit lufquet hors des porte.s : mais 1 defeou-
Chamïs NEVîIESME.
st
defcouuert par la commune apoftee il fut meurtride plu-fleurs coups de baftonSt de plat dâefpees J rais en chemife ⢠à 8c penduparlesdeuxpieds.la tefte enlâeau iufquesà la poidrine: alors elùnt encores vif, ils lui fendirent le ven-tre,ietterentfesboyauxen latiuicre,amp;. plantans fon cÅur au bout dâvne lance,le portèrent au trauersde la ville,crias que câeftoit le cÅur du pteCident des Huguenots. Le Duc de Montpenfier y arriua toll apres, qui ht dreller force gibets , roues 8c potences ; 8t lors fous couleur deiulticcles meurtres recommencèrent: tellement que le nombre des execute! parauant, alors 8c depuis montoit a plus de trois censperfonnes,la plufpartgens honorables Scriches. Sa toll que la commune ou la iufliceauoit fait mourir quelque homme ou femme,on entroit en leurs maifons,les en-fans clloyent mis fur lepauéipuis tout efloit pillé 8c facca-gé : de forte que le moine Richelieu fe vantoit dâauoir du velours,fatin8ctaffetas deTours à vcndrcà lâaunedela longueur dâvne lieue. Ses compagnons nâeurent pas le» mainscngourdiesjde forte que ceux quinâauoyent rien (îx fepmaines aiiparauant cerchoyent toft apres dâacheter des terres de trente ou quarante mille francs a payer content.
Ceux deEourgucil furet cruellement naitez par lâEuef-que deCédô leur Abbé,qui en tua quelques vns defa main s Chrifft-amp; fit maffacrer les autres par fes fatellites.Quelque temps Æ'. Nt»v, auparauât vn (ien feruiteur auoit faccagé vn des bourgois dre. du lieu,8c enleué lafemme d'icelui dôt ceft Abbé abufa.Le Côte de Sancerre cômit plufieurs meurtres 8c faccagemés en toutes fes terres deS. Chriftofle,Neuuy en Touraine 8c autres lieux dâalétouf; entre autres il fit mourir le mini-Itre de S.Chriftofle, nommé Lougueuille homme fort aagé 8c de bonne vie.
, LavilledePoiftiers ayât efté faille pat ceux de la Reli- FiiCIitrt. g!0 au cômencement,les images furent abatuesgt;aquoy les petits enfans mefmc sâemployèrent. Le Sieur deSainûe Gemme y cômandoit pour le Ptinceimaison lailla au cha-fteau vn nommé Pineau qui tint bonne côtenance iufques à ce que la ville fut afliegee par vne puilTante armee en la- â¢lt; quelleeftoyentle Comte de Villards 8c marcfchal deS..^,^.. André. Lesafliegez firent vne ttefgtanderellftance,fou* â '* * ftindrent vn furieux alfaut. Mais côme les afliegeans fe je-
; tiroyent Pineau qui parauât sâeftoit defcouuettà euxleur j 4«aa le ligne pour retourner 8c cômé^a de tirer droit côtre
M.D.LZII.amp; LX in. Charles' nevfiesmi.
ceux qui defendoyent la porte tellement que la defenfe fc' 3bandonnee,dont sâenfuiuit la prinfe de la ville, où il y du combat es places:amp; par la vaillance du Capitaine Ms»' got de Loudun qui rompit les ferrures de la porte de S.Cy' ! prian,laplufpart du peuple fe fauua, comme auffi firentl«* foldats. Lâefpace de huiét iours durant furent cominife® dans la ville chofeslî cruelles amp;nbsp;fi infames quelespayco*^ niefmes en auroyent horreur. Vn de la compagnie du Mâ', refchal de S. André fit vue fricalfee dâoreilles dâhoinme*i coniiiant à ce banquet quelques liens compagnons, où k* blafphemes furent prononcez (i horribles quâils ne fe p£â' uenteferire. Le Maire de la ville, homme de vie irreptt' henfible,fut pendu : amp;nbsp;deux autres de la Religion aueclub commeaufli parauant vn miniftre, nommé Marieljayaââ ellé attaché a vue potence,y futharquebouzé. On pendu aufli vingt foldats qui auoyent vaillamment defenduk^ challeau deChautgny pres de Poidiers,amp; auoyent eH* receus a compofitiô de vie fauuc. Ce plat pays dedix lieâ^ a l'entour fut pillé amp;nbsp;entre autres places, la Trimouillf »S' $auin,amp; Moilleron,ou fe firët pluiieurs meurtres.Le Stri* tegeme du Capitaine Corneille Efeoffois qui auoit charge dâvne compagnie dedans Poidiers,8c en eftoit vail' lamment forci auec fes foldats,la villeprinfe,nâeAaon-blier. Icelui voyant que les pay fans eftoyent merueilleâ* fement acharnez a tuer amp;nbsp;piller, feignit eftre de leur pit' ti, 8c ayant à cesenfeignesalfemblé plufieurs troupesdt fes pillards au fou du toclà in, les conduific lui mefmeen l'embufcade quâil leur auoit dreffee,où sâen fit vn merueil-leux carnage,aprenâc aux efehappez a n'eltre plus fi próp« ' a sâainaffer pour faire mal 8c courir le pays.
Confiderons maintenant ce qui fe pafta durant ces pr£' miers troubles en la haute amp;nbsp;balfe Normandie,amp;coni-KaiiM tnençons parla ville principale,qui elf Rouan. Lequin-ziefme iour dâAuril lytfa. ceux de la Religion voyan'l^ , danger fe faifirent de la ville St de cinq iours apres rendi' j rent ampleraifon de leur faits au Duc JeiJouillon quief eftoit gouuerneur. La declaration quâils auoyent fait® ' , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ayant eftéenuoyeeen Cour, lettres patencesfurentexpC' :
* yi' dieesau DucdâAumale,freredeceluideGuife,pour»l' j 1er enNortnândTe comme lieutenant du Roy. Letroilief' i me iout de May, les artifans les femmes amp;nbsp;lés enfansfe |
1
Charies mvtnsMs. 8? ietterent dedans les temples, amp;nbsp;en moins de vingt quatre heures eurent rompu 8c ruine les images,autels, 8t autres f chofes en pins de cinquante teiriplcs tant de paroifles que dâabbaye, gc couuents,fans tien butiner ni appliquer à leur vfage eu façon quelconque -.tellement que depuis ce iour iufques ala prife de laville le meftier des pre lires 8c moines y celfj.Sept iüurs apres,les bourgeois firent niôftres,8i la cour deParlement fe retira,fans occafion toutesfols.Ce-pendant le fieur de Villebon , bailli de Rouan fe faifit du Pont de lâArche, 8c le Baron de Cleiéieptint Caudtbec, au defliis amp;au deffous de la riuiete de Seinentllement que ce fut vne trcfgrande incommodité pour Rouan , qui nâa-uoit viures par eau ni dâen haut ni dâembas, outre la celfa-tion de iuftice,de marchandife,8c de manufafture.Ces in-
commodité £ firent ouurir lei yeux aux habitan.s,qui pour-ueurentplus foigncufcnienialeurs afaires deiacnauât.
Au commencentcnt de luin, ViUebon vi tauecgroÃes primier fie troupes autour du fort de S.Catherine , où y eut vne rude gt ii efcarinouche en laquelle il perdit fa cornette 8t quatorze autres,ceux du fort huit des leurs. Le Duc dâAumale toft apresyeftant venu donner lâalarme perdit vingtcinqhô-mesdecheuahmais pour teuenthe il efl'ayadâincommoder par tous moyens poflibles ceux de Rouâ,aufqueis le Prince enuoya dâOrlcans le (leur de Motuillers pour les conduite en tant de difficultcz qui les prelloyent.Icelui le cô-pottaGdextrement,que nonobftantles empcfchcmens du DacdâAumale,lequel il afinajlâonzitfmc iour de luinil en traparbafteaux dédis la ville,pourueut aux defordresque commettoyent les foldats, amp;. a la garde du fort de Saindlc Catherine,eftant fécondé du fitur de Languetot, fage amp;
1 vaillant gentilhomme. Enapresilsâaffeuradc ceux de lâE-I nbsp;nbsp;glife Romaine. Aumale ditïkport cependant les Eglifes du
1 pays de Caux, comme celle dellafteur, Montuilier 84.1â1-1 (lebonne,où il fit pédre trois Anciensamp;. trois gentilshom-l mes de la Religiô.Et toft apres vint aflieger le fort de S.Ca I thetineauec treize canôsamp; deux couleurines.A lapremie 1 te efcarmouche le capitaine S.ligné fut tué dâvne harque-
bouzade,8l Lâguetot ayit eu la cuille emportée dâvn coup de canon,mourut^vne heure aprc.s,au grand regret de tous
1 ceux de Roui. Les affiegeans y perditét plusde cet hom-1 mes. Ledeuxle£tneà elullkt,yeucvncaurterudecfcar-1 )â¢
M.D.ixii.amp;ixiii. Charles nsvuesmi.
mouche,en laquelle les afliegcans perdirent nombre dâho* . mes ö; deux enfcignes.-mais les foldats de Rouan,pour sâe* ij . lire adônez au butin furet en danger dây demeurer: toute!quot; fois ils regagnerétles portes,ellâs chaudemét pourfuiuiL Dâvnautre cofté,le capitaineübert afl'aillit les afliegeans amp;nbsp;leur tua trois fentinelles ce mefnieiourau matin,(lütirritez ils tirèrent trois cens coups de canô contre amp;dedâs 11 ville.Lâonziefme iour de ce mois a deux heures apres mill* fut aflailli le fort rât defrôt que des deux collez,auec telle violence que les allaillans plantèrent trois enfeignesiu deflus du rempar.Mais lâiflue eu fut tellequâe/lans renuer-fez on les pourfuiuit iufques dedans leur camp auec tel ef-froy quâils sâenfuirent lanuiâ fuyuante, lailTans grande quantité de viiires,de munitions amp;nbsp;de bagage. Qui pis eft ils abandonnèrent leurs malades amp;nbsp;blelfez en grand nom-bre,lefquels ceux de Rouan firent humainement penfer ÿ i guerir.Cinq lours apres Aumale furprint en parlementant j la ville dePonteau de mer,la où tou te hollilité fu t exercee, nommément furie minillre de Brionne. Et au troifiefme i iourenfuyuantilaflîegea amp;nbsp;print Honfleur. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
vArre/îrfx Le vingtiîxiefme iour d'Aouft le Parlement de Rouan j Paflmtnt eftablj à Louuiers fit v n arrell par lequel ceux de la Relig»
en Normandie font declairez criminels de lefemaicllfi J» It lâcrnicttat au peuple de leur courir rusamp;les mettre a mort. fin, renuerCe lâedit de lanuier entièrement,ellablitlâlnqudirin dâEfpagne,amp; conftitue le Duc dâAumale lieutenant dn Roy. En confeqiience dâvn tel arrell, ce parlement fit exécuter a mortpiufieurs de la Religion, amp;nbsp;fit commandemét a cous ceux qui ne feroyent pioft flion de la Religion Romaine de vuiJer la ville de Louuiers en dedans vingtqua-treheuresapres,fiir peine de confiscation de corps amp;nbsp;biés. D autrepart on cbafia de Rouan tous las moines : S; ayant dtfcouuert quelque trahifon de leurs partifansglâon } pour ueut, amp;nbsp;de la en auant Ion eut lâÅil de près fur ceux qui nâe floyent pas de la Religion, amp;nbsp;eu mit on dehors vngrand noinbre:amp; pourucut on au relie en diuers endroits aux for tificaiions.Surla findâAoull lefieurde Moruilliersquia-uoitfait bon deuoir dedans Rouan, pour diuerfes confide-rations fe retira en là inaifon, où il fe tint coy durant 1* guerre,fans pouuoir eflre induit par la Roine ni parautres.
Charles neveusmi. 50 qui lâen folliciterentfott,à porter les armes contreleparti â¢* quâilauoitcmbralfe, ains lîctoufioursprofefliou ouuerte delà Religion. Le Comte de Montgommeri, quieiloit en labafl'eNormandjc, appelle par ceux de Rouan ,fe rendit â pres dâeux.En lâattendant,les liabitans firent de beaux exploits de guerre, ayaiw prins quelques placesjgaigné qua-rantecinqpicces dâartillerie fur Aumale , amp;nbsp;amené force butin par eau. Le Comte arriue a Rouan le iS.iour de Se- ?(«««». ptembre, la ville fut fommee dix iours apres de fc rendre au Triumuirar,le camp duquel(où elloycnt le Roy,la Roi- ç ne amp;leRoy de Nauarre)compofé de feieemil hommes de \ , piedamp;dcdeuxniillecheuauxjfansles Reiftres amp;nbsp;Lauf- V quenets,fe prefentadeuant la ville. Si. fut attachée vnefu- quot;nbsp;rieufe el'earmouche qui dura tout le iour deuant le fort S. Catherine,au grand defauantage des affaillaus. Ellcrecô- . mença le lendemain ,8c continua les trois premiers iours dâOtlobre, durant lefquels les aifaillans tirèrent de fix à fept cens coups de canon.Le lixiefme iour,ayan.s intelligé - ' ce auec le capitaine Louy s qui commandoit dedans le fort S.Catherine, il les auertit quelaplulpart des foldats efto-yent entrez en 1? ville pour ferefraifchir.Là defius ils cou- ⢠rencfoudain à l'alfauGoù furent tuez plulîeurs vaillans ho mes auec force pionniers amp;nbsp;vingt huit femmes : Si la place J» emportée.Quant au capitaine Louy', t.onnnc il aidoit auxLâtr 6â. aifaillans .i monter, vn de fes foldats indigné di telle laf-chetc le tua. Trois cens bourgeois foi tis pour aller au fe- ' cours furent pai tie tue /,partie pi ins, les autres pourfuiuis de il près,que quelques pourluyuans entrèrent pefle mede f dansie bouieuart de Martinuilie 8c dedans la viilcjou ils furent tuez. Vn autre fort, furnommé de Montgommeri fut prins par vnc mefmeimpctuüfité. LaRoinemere alla â voir les morts,8c y mena le Roy,aagé feulement de douze , ans, auquel elle fit contempler les femmes baignantes en leurfang,8t cetoutaloifir.Le treiziefme, fut liurc vn af-faut a la ville depuis dixheures du matin iufijucs afix heu ⢠res du foir,rcpouirt'par les alTiegcz auec grande perte de collé Scdâautre.Quclqiies femmes comageules portas des f viutes aux foldats y furet tuces.Le lendemain fur les onze heutesapres auoir tiré des canônades fans nombre,raflaut recôinê^a, 8c plantèrent les aifaillans trois enfeignes fut 1«
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M. ij.
**.D.ixn.8t Lxiii. Charles neveiesme.
remparde S.Hilaire : mais ceux de dedans reprcnans«â' rage repoufrerent les autres amp;nbsp;les menèrent battant iuf' tjues par de Ia Ie fofle. Cell allant dura fix bonnes heutegt;gt; ollies alliegeans perdirent plus de huit cens hommes lifq plus alleurezjes alliegez quatre ou cinq censjcompiin»!'*
, femmes Sc enfans tuez de iâartillerie,
'RlrlTure Ceiourle Roy deNauarre vifite'par vn grand Seigneffi f fKtr/r/K lui dit que sâil pouuoit efchapperde cc liege laniais il . dc Na- porteroic les armes pour celte querelle.Le lendemain wâ' * fmrrt. } tesfois il voulut aller aux tranchées ,amp; ayant difné en
ââ¦â¢V** I lieu plus prochain de la muraille hors de la baterie ,110^ râ quâil vouloir faire de lâeau a deux ou trois pas de là , tec^n'î vneharquebuzade en lâefpaule gauche.11 fut tiré par quel' ques gentilshommes hors de la tranchée Ãtemporte fur r® i
( aixaplulieurs repoladesjiufquesau logis du Rhmgrauf' où il eut fou premier appareil, pins mis en vne littieie,!â' porté en fon logis a Darnetahoù Ion fit ce quâon peut poOf J
P auoir la balle, mais en vain, pource que les chirurgiens3- [ uoyent trop differé.Lors il elloit aconipagné dç deux .ut'| deems amp;nbsp;dâvn chirurgien, lâvndes médecins nomméVii'â!
I cenrio,homme volupruei!x,l'enti etenoit de gaudiiïèrieSjS | quelquesfois les damoifelics de la Roine,entre autres vu'J f namrnce du Ilt;ouct,le venoyenc voirice qui ne feruitpaâM cfteindreles inflammations delà playe. Toll apres ayiâ* entendu la prinfe de Rouan il sây fit porter,iSt ne ftgouuf' gt;nbsp;nant pas comme il apartenoir, fa playe empira tcHtincnb que inaugré tous reniedesla fieiirelâempoigna,Sonefpni
1 commença lors a sâafHiger, conoiflant quâon lâauoit trom-pc.Ce nonubilant fes leruiteurs eurkiit encor telle puilllâ ce fur lui quâils le firent confelfer Si communierala nnxl*
â de rfiglifeRomaine.Lâautre de fesmcdecins,nomniéRâ' . phael, qui elloit de la Religion , lui fit de grandes reiiwH' I ilrances,iufquesa lui parler bien auant du péché contre!Æ S.Efprit.Aquoy il nerefpnndit rien,ams demeura toutpe'
» lif. Toll apres la R oine(atiertic parles médecins que câf' ftoit vn homme mort )rellant venue voir lâexhorta de
I faire lire. Apres le depart dâicelle, il commanda à Raphad de prendre la Bible amp;nbsp;lui lire l'hilloire delobicequâayâiit fait, amp;nbsp;adioultc vn difcours verbal delaiulliceamp;niilCâ' f corde de Dieu,ce Prince touché en lâamcjles mainsleucfS.
au ciel,8c les larmes aux yeux demanda pardon à Dieu ,fâ
Ch AKUS M(T tit s H (, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;91
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ample confeffion de fa foy, protcftant de faire prefcher^*'*'***â VEuangtlc parcoure la France,(i Dieu lereleuoitdeccfte maladie. Son mal sâempiranr,amp; Raphael le tenant de pres, , ayant fait fon te(la(nenr,il fe ht mettre fur la riuiere, pour / fe rendre à S.Maur des foffez pres de Paris. Mais quelque. heure apres fon entree au bafteau vn grand friflon le print, ,**gt;â¢â¢â¢â¢Â»â¢, 8c vnefueurfuruenanteilentra en refuerie,îc entre autres nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
il. propos dit,quâil vouloir enuoy er Raphael a Geneue pour* )( eftre minillre; puis tout foudain commanda qu'il fifl les f prières : ce que Raphael fit, tous ceux du bafteau, no-it tammentle Prince de laRochefuryon, fe mettans à ge-j if noux; le Cardinal de Bourbon, le Prince de Mancouè 8i
dj lefieurxde Loffes fe ti çrentà part,demeurans «ebour en f ; vn coin,8c couuerts. Apres la priere faite,où le Cardinal ne (1 trouua tien a reprendre , Raphael adioufta quelque le-(II âureen remonftranceiamp;dauantagefut appelle vn autre
»!
en habit feculier,lequel on difoit eftre lacopin,quitoutes-fois ne lui tint que propos tels quâeuft fait vn miniftve.Ley dernieres paroles de ce Prince furet adrellees à vn Gen va-^ let de chambte,auquel il dit, ^eruez. bien mon fils, S( quâil ferue bien le Roy ;amp; ainG rendit lâefprit ledixfeptiefme iourdeNouembre 1561. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Pour reuenir a ceux de Rouan depuis lequinziefme iouridâOftobre iufquesau vingtvniefme il y eut pourparlers dedans 8t dehors la ville pourlareddition.La . Roine parla fort gros aux députez, iufques à leur dire, quâelle fçauoic bien comme il faloit viure,quâeux eftoyenc venus bien tard pour lui rien aprendrc, quâil levirdeuoit fufîire de viure comme le Roy.Sc que sâils ne fe vouloyent tendre par amour, on les auroit par force. Ellerequeroit deux articles,lâvn quâils fuffent priuez de tout exercice de Religion : lâautre quâils receuffcnt en leur ville le Roy , le Triumuirat amp;nbsp;leur fuite. Ils offrirent receuoir le Roy, la Roine, les Princes du fang, 8t leur train, sâexcufans di| tcfte,8i requerans lâedit de lanuter eftre laiffé en fa vigueur. Ce qui leur fut refufé tout à plat. Et les aflaux recommencezzafçauoirles 17.18.amp;zi.iourdu mois:caî ainfi entreme(loit-on les traittez dâaccord 8c les coups de la difcorde. En ces iours là furent tirez plulieurt milliers de coups dâartillerie xontrc diuerfes tours. Le , vingtcinquicftne fut donnée vne chaude alarme 8c trois '
M. lij.
M.D.tXII.gC LXlJI. CHARIIS NEVriïSME.
* nbsp;. , mines iouerent,mais fans cfteéI.Levingt(lxieftne,futdoU'
läpliâfPä*â'*lesfoldatsdefendans 1 fiit reculerent.Lesbourgeois qui relloyent firent vn merueil'« « leux deiioir,auec les Anglois St Efcolfois affiliez desfem-â mes 8c enfans.Sur le midi la brefehe delà porte de S. Hilil efutgaigneejiar les alfaillans, moyennant vne mine qui
. leur fit grande ouuerture. Vn capitaine Bcarnois noniine Sainte Colombre,pai auant de la Religion, fut le premier qui entra dedansimaisil ne porta pas loin cell effort:car il fut atteint dâvne harquebuzade a lâvne des ioues, dont à I mourut toll aptes .auooant le iu (le iugenient de Dieu fn' fa reunite. Les viélorieux commencèrent à tuer route'
1 quâils rencontroyent,forçans les luaifons, violans filles S r femmes.Montgommery ne voyant plus de remedefeieit*
dans vne graniiegaicre,amp; auecceux qui peurent entrer a-uec lui le ià uua au Haure. Dâautres qui penfoyeut en fait' autant dans des balteaux furent noyez.Ceux qui fuyoyeni : par la campagne furet pillez,tuez,ou faits prifonniers.lâlâ' fleurs miniilres sâeftans fauuezdans vne place nommecl' vieilp.ilais fe rendirent le iour niefme acompofiiionilâî' uoir la vie faune. Au lieu de leur tenirpromcfle,on lésât' ' relia prifonniers : mais il s curent moyen la nuift fuyuante dâefehapper,excepté Marlorat amp;nbsp;lePrefident MaudreuiH',
I excellent perlbnnage,trahis par vn nomme S.Efteue,le' . quelauoitpromis delesfauueramp;pourceftcfFcfteuHprO' â inefl'e de deux mille efeus. Le Conneftable dit force ini«' res à Marlorac,lequel luirefpondit grauemét. Cans sâellon-
I ner du fupplicede mort dont on le menaçoit. Plufieuts Anglois 8i kreoffois furent pendus: les autres malades
bleliezfcbariez amp;. icttez dedans la riuiere de Seine. Le Pst itatublti lementreuintde Louuiers à Rouan,amp; tintfeance trois ferfumago iours après la prinfe.Et le lendemain fit vn proces fomrasi' re au PrefidentMaudreuille, aux (leurs de Sequence Stil' I Berthonuille confeillers de kl ville,amp; a Marlorat miniftr'i qui le mefme iour furent condamnez, Maudreuilledâaroit la telle tranchée, amp;nbsp;les trois autres pendus Si ellranele'' t Ce qui fut promptement exécuté auec grands opprobres fur tout entiers Marlor3t,lcquel fut outragé de paroles
I Je Côneftable St Monibrun fon fil s, 8c frappe dâvne bagufi' * tçpar ViJlebon.Tous quatre moururent çonilaniinent equot;
Charles hevîtesme. ÿz laprofeffion de la Religion.Le lendemain furent executez. . / cinq capitaines-.Sc toll apres lean Bigot ancié,8t leâ Qui-del notable marchant. Le fac de la ville dura plus de quatre mois;8c câeil chofe incroyable du butin que Ion y vint TSutinmer-achetenmaisla plufpartde ceux qui vindtét deVarts,dâA- utilhux, miens,de Beauuais 8c dâailleurs a ce trafic, ou furent def- . ualifez en chemin, ou depuis ont eu malheureufe ilïuecn* tous leurs afaires,
Le Geur de Sainél Anthoi premier preGdent, perfonna- *⢠ge de grande reputation, de l'Eglife Romaine, mais (age cruri irai-politiqiie,8c ennemi de fedition, retourné en la ville de quelque maifon où il auoit vefeu en fon priué durant telles â tenipe{les,fit tout fonpo(rible,à ceque les lettres de par-don 8c abolitiôs ottroyees par le Roy a ceux de Rouan fuf feni interinees. Mais 1âAlem»n,Lompan,Bigot,Peiicart,8c autres de cefte cour,partifans duTriumuirat,luidtetîerenc vne terrible partie bien toft apres, ayansapofté quatre cés mutins,quiauecles armes fe ptefenterent deuant le Palais
i demandans de parler à lui. Ses compagnons,au lieu de Ici imaintcnir,lui confeillerent de defeendre du Gege,5c dâaller\ ouïr ce que tels gamemens auoyent a dire. Lui voyant la
nienee, apres sâeftre recommandé à Dieu gt;defcendit fuiui dâvn fien feruiteurjSc pafla parmi ces furieux,qui lui dirent! vne infinité dâiniures.Neantmoins pour ce coup il cfthap-' pa-.dont fes capitaux ennemis irritez lui firent vnenouuelle ⢠partie trois louts apres, amp;nbsp;fans eftre accufé dâaucun crime, » le condamnèrent à la mort. 11 fut mené au fupplice fuiui \ dâvne petite armee de feditieux en armes,à vne fois chantas Vil couplet dâuXHe maris alâautrefois vnrefram | de leur chanfon Tant-vom alle^doux GniUemette.h.uec cefte i fupetihtieufe amp;nbsp;épicurienne mufique ce grand perfonna- \ ge,otnement dâvne telle cour, deuxiefme parlement en la fécondé ville de Prance,fut pendu amp;nbsp;efttanglé.Qn,atrc ou v-iutif crufl cinqiours apres le fieur de BofrOger,^duocat du Koy ,dc rEglifeRomaine,futneantmoinsmaüà cré,pourcequâlie- . ftoit ennemi des iniu(lices de Bigot amp;nbsp;Vcricatt,procnrem s * du Roy ,aufquels il auoit fait telle pluGeurs fois.Depuis ce temps iufques à la paix fe commirent infinis faccagemens
i nbsp;nbsp;nbsp;dedâs Roua,8c y eut grand nôbre de gés de la Rcligiô tuez
1 8t noyeziles (uruiuasrâçônez8c fourrageztitquâils eurêt l nbsp;nbsp;nbsp;deqUüifoutnir.Et pout le coble,nây auoit moyé de fubfifiei';â4;â.
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;M. ïi q.
M.D.LXn.amp;lXIII. CHjlUltS NEVriESMI.
vn quirt d'heure en compagnie ou par les rues, lî poUf moins on ne luroit le nom de Dieu, tes blafphemcsamp; r«* * noncemens horribles de fafaincle Maiellé ellanslors k*
elTentielIes St inûilljbles marques d'vn vrai Catholiqut Romain.
Quant à la ville de Dieppe,ceux de la Religiô sây mail' i tiadrencauecplulieurs notables exploits contre tous reu» . qui tes voulurent moiefter,tellement quâAumale,Villcbô) amp;nbsp;autres all'aillant,notamment ceux dâArques,y perdirent endiuerfes rencontres ilepuis le commencement de May iufques en Odobre de mil a douze cens hommes. Ce lieâ la feruit de retraite amp;nbsp;(oul.igementà vn trelgrand nomb'â de familles delà Religion de diuerfes villes voilînes flongnees: nourrit vne infinite de pauures ,fecourut a Ji' : uerfes fois de tous fes moyens St forces ceux de Rouan.Lâ *fieurdeBiiquemautquiht toutes les diligences quâil fl* ipoflible de penferpont hallerlefecoursdâAngletcrre(qu^ *lcs vents arretlercnt dix lours^entiers, amp;nbsp;qui nâarriiia gt;nbsp;^Dieppe que deux iouts apres la prinfe deRouai)).iyantcii-^UoyéaLiparaiianr deux cen diiarqnebiiziers Prançoii S.
coflois, fut mlla.liment requis par le Comte de Monrgô-meri de fair ; vn renfort.Pourtant il enuoya le furplusjaf' iÃiuoir les deux coinpignies Françoifes qui relfoyenti /Diepped'ous la change dès capitaines Moulandrin StCoub _ drav. Mais icelles rencontrées près du bois de Pauilly î la compagnie du lieur de DinuilJe furent enriereuicn' jdesfaires, les vnsefians tuez fur le champ, les antres tait* prifonniers, amp;nbsp;depuis pendus, les autresdefpoiiillezpâ' lies payfans,à grandâpeine peurcntregaignerüieppe,oâ âils furent reuelfuspar les habitansbien effrayez.De ttol* ininiftres qui acooipagnôyeorces deux bandes pour lesâ' couragfrjlâvn fui tUquot;,lâautre prins gc noyé: le troilïefintk fauua. Celle perte amp;nbsp;la prince de Rouan fir prendre noâ' üeaii confeil a quelques vus de Dieppe, amp;nbsp;dâailleurs 11 villef.it tellement follicitee, menacee amp;nbsp;intimidée pardi' â¢uer- pou parler,, que finalement ils con/èntirent de k
rendre fou certaines conditloos. La pirefut quelâexfr' *cicede Peligion en fur orte. Le Marefchal de Montmorency y tjf.iblit pournouueaiix gouuerncurs en la ville8^ au chafteau les lîctirs de RicaruilleSt deÃaqueiiillc auec quitietens hommes. Pour cela, ceux delà Religion
perdi:
ChARIÃS NEVFIESMÃ, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pj
perdirent courage, ains firent tant enuerslaRoinemere (laquelle redoutoit lâAdmira) amp;nbsp;le liege dâOrleans ) quâils obtindrent permifldon desâafleniblei lecretteinenteii péri tes compagnie;:cequâils firent, amp;nbsp;eurent des niiniltres qui sâeftoyent faiiuez de Rouan. Au contraire ,il ne fe ti ouui pas vn feul preftre en tout le pays qui fe bazar daft de venir chanter nielfe a Dieppe.
Or Cûmbieuqiiele.s deux capitaines fufnomniez filfent ban guet,(i furent ils furprins.Carlexo.iourdeDcceiuure, ' Ricaruilleeftant forti du chafteau fuiui dâvn valet,pour aller voir fes cheuaux en vne tftable prochaine,fut tué, Sc foudainle fieur de Cafteuille amp;nbsp;le capitaine Gafcon fe fai-firent du chafteauou ils auoyent intelligence, amp;nbsp;de l.i de-fcendus armez en la ville, fans faire mal à aucun des habi-^^ns^prindrentBaqueuille,lequel fut abandonné de tous. Lon eftablit incontinent le public exercice de la Religion, dont plufieurs eftonnez enuoyerent faire leurs cxcufes à la Roiiie.Villebonau contraireedayoït deles eftonner par les nouuelles delà bataille de DreuxiSf y eut alors de mtr ueilleux effrois amp;nbsp;difcours en la ville. Mais le Comte de Montgü nmery y eft.int ai riué auec bonne compagnie huit ou dix lours apres, ralfeura les afaires,donnât ordre î tont, ' non pas au gré des habitans qui fe plaignirent à lâAdmirai de plufieurs exadionsjà quoy il remedia :1c Mare-fchal de Briffac, gouuernetir de Rouan, qui sâeftoit acheminé pour furprendre D'eppe par lâintelligence quâil auoit dedans,a-yantefté cunt raint fe retirer fans pouuoir rien exccutei,8c la ville eftantdemeuree en grande paix auec exercicefous le gou 'etnementdu fieur de la Curee, gentilhomme fage, vaillant amp;nbsp;bien affecfionné a la Religion.
Il y eut diners exploits de guerre en plufieurs endroits lt;JpNormâdie,pour le regard des placesimais pource quâeu la plufpart ce ne furent que furprinfes 8c ftrategemes ordinaires nous nây touchons point ,ains feulement à ce qui feinblephis memorable. Luneray eft vn bon village non gueres ellongné de Dieppe : où de long temps fe font trouuez plufieurs familles de la Religion . Et en ce temps des premiers troubles prefques toutes en eftoyent. Lefeptiefmeiour de luin, Languecot les auertit quâAu-male auoit délibéré de les ruiner : au moyen dequoy ceux de la Religion, trop foibles pour refifter à fi puilfanc
M.D.LXV.amp; txni^ CHAiies n i v r 11 s m e. ennemi,fe retirercten diligécc,auec ce quâils pcurétenjp« ter de leurs biens en la ville de Dieppe, Leurs voilinsyac' coururétincôtinét, amp;nbsp;pillerét ce quâils trouuerétà poindi quanti Aumale,il fut côtraintrebrouflêr chemin,pour ft' courir le Pont de lâarche. Or auant que les fugitifs reuinf-fent de Dieppe,la côpagnie du Sieur dâAnnebaut fuiuieJf plufieuts pay fans tira droit à Luneray,où ils ne trouuereiU que trois hommes amp;nbsp;quelques petits gatfons,lefquels It fauuerent en la Tour de leur têple,fe défendirent tellcmét) quenon feulement ils ne les peurent forcer, mais qui plus eft ceuxrft la tour ayâsfonné le tocf3in,amp;sâeftansefcrit^ côme sâil euflent veu ceux de Dieppe à leur fecours, leurs ennemis fe retirerent fans leur faire autre mal. Durant le liege de Roua, ces pauures gens furent grâdenient foulst par des compagnies qui y logèrent. Le gros sâellât efcoulti quelques brigaudeaux les voulurent molefter : mais ils Itâ châllierent fi ruden)ent,ayâs tué vn des capitaines enfeuâquot; ble treize desplushuppezde la troupe, quâon le* laiffaeo repos, iufques a ce que quatre cornettes de Rtiftre.s y fut' uindrent qui pillèrent le village, dâoù les pauuies habitans fe fauuerent a Dieppe,amp; là efehapperent lâorage, non faâ® difficulté iufques à la paix.
Lefcptiefrne iour de luin iy6i.au bourg de Valongnesi furent maffacrez à caufe de la Religion les Sieurs deH«quot; uefuille, amp;nbsp;de Coqueuille,Gilles Michaut médecin, iMâ Guifart amp;nbsp;Robert de Verdü aduocats. Les maifôs decemt de la Religion furent incôtinent remplies de foldats qui Æ vefeurent a difererion, amp;nbsp;firent de terribles rauagesestn-uironslâefpace de huid iours,quâils furent reprimez paâ quelques troupes de la Religiô, qui trouuerent moyen dâj entrer, amp;nbsp;dâaflieger le chafteau qui fut rendu par compofiquot; tion.En ce temps le Comte de Môtgommery faifoit ceqiquot; lui eftoit polfible pour maintenir ceux de la Religion enh balfe Normandie : mais il auoit en tefte le Duc dâEtlampes amp;nbsp;le fieur de Matignon: dauantagcil fedesfioit du Duedf Bouillo] fur lequel aulTi il auoit fait entrcprife d'enleuer le chafteau de Caen,dont sâeftoit enfuiui bien grand bruit, S la mort dâvn fergeant de compagnie.Vn ieune gentilhotnc fils du fieur de Hermefis, prétendant fe ioindre au Comte fut furprisparle capitaine Vilarmois de la fuite deMatl' gaon,lequel en haine de la Religion fit couper les bras 8e
Charles nevçiéshi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;94
les ïambes à ceprifonnier.Dâautrecofté le Sieur de Colô-bieres piintConttances,emmena lâEueCque amp;nbsp;le gouuer-neur priibnniers a S.Lo,les images furent abatues,les mai-foiis des Chanoines amp;nbsp;prellres pillees.
Vire ayant efté gaignee au mois de May par Montgom- rirt. merydes images abatues, amp;nbsp;les reliques emportées,le dernier de liiillet ceux de lâEglife Romaine fc ruerct fur ceux de la Religion au fortir du prefche,affommerent trois hô- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
mes,dont lâvn fut lapidé dedans la riuiere par les femmes, en bleffeient plufieurs. Mais fur la fin du mois dâAouft trois capitaines, feauoir eft la Mothe Tibergeau, Auames amp;nbsp;Defehamps enuoyez par Montgommery Sc conduits par la Poupeliere, en nombre de fix vingts, cheuaux, fur-prindrent la ville, amp;nbsp;de là en auant firent des rauages amp;nbsp;picotées ertrâges par tout le pay s comme autfi dans la ville: ce quicfmeut les fourragez, dâenuoyer fecrettement versie Duc dâEftampes, lequel sây achemina promptement, 8t de grand matin le quatricfme jour de Septembre onze cornettes de caualerie donnent à toute bride iufques aux portes de Vire eftimans lestrouuer ouuertes. Tibergeau St les autres qui attendoyenr toute autre chofe ,cu-tendans que l'armee approchait refolutent de tenir bon iufquesaufoir,ayansfouûenu la premiere poinâe vaillamment,tué douze caualiersjSl bleffé force cheuauxipuis ilsprendtoyent parti tel quelâoccafiô le leur prefenteroit. Laville quieftoit foiblefut incontinent forcée. Auaines futtué auâtque ponuoir gaigner le chaticau,où plufieurs sâeftoyentfauuez.Mais par la faute deTibergeaii,qui fe rédit à vn qui lâappeloit,le chafteau fut prins. La Poupeliere^ gentilhomme dâhonneur, lequel sâeftoit bien'comporté durant les defordres des capitaines,fut fauué. Quelques vns qui sâeftoyent retirez au Donjon du chafteau , a faute de viutes retendirent fous proraeft'e quâils auroyent la vie fauue. Mais eux amp;. autres iufques au nombre de-deux cens hommes furent cruellemét poignardez, hachez en pieces, amp;nbsp;affommez. le nâoferois raconter les fortes de tortures que les foldats furieux inuentetent lors pour contraindre hommes amp;nbsp;femmes à declarer leurs cachettes. 11 y eut aufhbeaucoup de femmes amp;petits,enfans tuez.Plu-fieuts femmes furet yiolces amp;nbsp;cjuelques vnes defpouillees
WB.IXII.amp;ixiir. Chaklbs nirnisui.' toutes nues,amp; aulTi pourmenees par Ja ville. Legra»*^ Prieur amp;nbsp;Ie Sieur de Martigues sâeftansfaifis dâvneieun« j fille la violèrent brutalement lâvn apres lâautre, puis lall' urerét à leurs laquais,qui la laifferent aux traits de la mort. Martigueseftranglade fes propres mains auec vneiartiert certain ieune homme nômé lean Gille heult ,pourcequil refufoitdefeconfelfera vnpreftre. Vn nommé ChagnJrt ' pour nâauoir voulu inuoquer autre que lefus Chrill)â* promettre dâaller à la melTejfut eftendu fur vn banc, amp;nbsp;tf' uentré comme vn mouton. A plufieurs furent arracheei les trippes amp;nbsp;boyaux,quâon trainoit par les rues, criât tout haut,à vendre les tripes dâvn huguenot. Tibergeau amp;nbsp;ein* qualité ou foixante autres efehapperent moyennant grof-fes rançons.Lâarmeefe retirât. Vire futcommife a vnegJt' nifon, qui continua degrapiller amp;nbsp;ceux qui sâappellent iuftice firent brufler vn potier dâeftain,nommé Beaumonti aceufé dâauoir rompu quelques images, Ainfi demeura Vi' rejiufques à eeque lâAdmirai sâen faifit vnpeudeuantll paix.
Le Duc dâEftampes au partir de Vire,a(ricgeaSainâ Saina L». Lojttial garni, amp;nbsp;gouuerné par gens liardisj mais peu expe* rimentez.La batterie de fix canós dura cinqiours: nonob-fiant quoy les afliegez fe défendirent courageufement,$ tuerent grand nombre dâall'iegeans: mats faute de l'ecours ils demandèrent compofition, qui leur ayant efté refufcti ils trouuerent moyen de fe faiiuer la nuid fuyuante, fort quelques vns des derniers qui pourfuiuis par vn corps de garde fe noyerct au paffage de la riuiere. Li ville fut pillcf) amp;nbsp;y furent commifes grandes infolencesiplufieurs femmes defpouilfees dedans le temple amp;nbsp;aucunes violées. Celaa-uint çnuiron la mi-Septembre,auquel templefurenide nouueau milfacrez fix hommes a 'Valongnes, 8c quelque* vns executez par forme de iiiftiee en haine de la Religion. L» HMn Haute de Grace, forterellé de grande importance rf(6rar«. ayant eftédextreraent affeuree au parti du Prince, parle Vidame de Chartres St leSieurdeBeauuoir la Node fou beaufrere, le Vidame ayant charge dâaller en Angleterre, pour ne lailTer vne celle place delpourueue dôna cominif' lion 8c argent à vn capitaine nommé Roquebrune,pour le-uer trois cens homme5,8c les y amener. Icelui alla trouuct le Cardinal de Lorraine, 8c puis le RoydeNauatre,pro-mettant
Charus xiniitui, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9$
mettant de leur liuter It Haute, Sc achemina fa promeÃe iufquesau poinftdelâexecution.Maisrentieprife defcou-uerte par vn des principaux entremetteurs dâicelle a Beau-lioitjil pourueut promptement atout, amp;nbsp;fit trancher la teile a Roquebrune.Cependant le Vidame traita en Angleterre aiiec la Koine pour le fecours de ceux de la Keligionj fous condition que le Haure lui feroit mis entre les mains pour la retraite amp;nbsp;defcente de fes hommes: ce qui ne pre-iudicioit en forte quelconque a lâauthoritéfouueraine du Roy ni à lâEftat du royaume: comme la proteflation bien ample que laRoine dâAngleterre en publia amp;nbsp;les effedslc nionftrerent^ccours de fix mille Anglois vint enNormâ-die. Les vns fe trouuerent 3. Rouan ,où ils firent vn mer-tieilleuxdeuoiriufquesala mort; amp;nbsp;sâils eulfent efté fe-côdeilâifiue eu eut efté autre.Il y en eut de logez à Diep-pe.Le teile en plus grand nombre demeura dedans le Hau-re,fou$ la charge du Comte de Vuaruic. Depuis laprinfe de Rouan, le Rhingraue approcha du Haute auec fesRei-ftre», qui eftoyent fouuent efcarraouchez par les Anglois 8c Efcolfois. Le Rhingraue 8c la Koine mere fe tournèrent en maintes formes pour corrompre Beauuoir,iufques a lu y offrir cinquante mille elciis, le collier de lâordre ,8cvne compagnie d'hommes dâarmes. Mais luy nâayant enuie quelconque de vendre ni dâengager fon héneur, garda bié la place en fon entier 8c en bonne police,iufques a ledit de paix.
Au regard de la Bretagne,le Duc dâfftampes. Seigneur l» 'SrttA-affez modéré,sây côporta doucement,8c tandis que la Roi- i««. ne demeura en fufpend,il traimfort doucement ceux de la Religion.La guerre eflant allumée,8c fon neuen Sebaftian de Luxembourg Sieur de Martigues, homme violent sâil y en eut «mais en France luy ayant efté baillé pour adioint, les mutins commencèrent a y remuer mefnageiufi]ueslà que ceux du partiTriumuiral couroyeiu fusies vnsaux autres.Ceux delà Religion y fubfifterent tellement quel-
' lement, fur tout quand tous les plus feditieux eurent efté amalfez pour aller en Norniâdie, où ils firent à Vire SainCt Lo 8c ailleurs vne infinité de rauages. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Gi^tnm
Voyons maintenant ce qui auint durant ces premiers Fr*â'quot;«« troubles en diuers pays du reflbrt du parlement deThou-
i loufe 8c de Bourffçaux. Le Sieur dç Fumel, homme cruel f
Lxiir. Charlis nevfissmî, entte ceux de fon temps,ayant tyrannife' par plulîeurs nees les futets,iufqnesa en tuer les rns,amp; pillet lebieniltâ autres,le vingtdeuxiefniede Nouembre 1561.ayantrcH'j contré quelques vns dâiceuxqui reuenoyentdâvn certain Heu,où ils sâeftoyent aflemblez pour prier Dicudoniiiâ grand coup du manche de fa pillole fur la telle dâvn,quEl*! pauure homme tomba demi mort par terre. Les autreât commencent a crier au meurtre fur lui, qui monte aclH'| ual fcfauueen fonchalleau ,où tout foudaiii on rinucltt* de cous collez.Sur ce,comme il regardoit dâvne galeriegt;iâ fut atteint dâvne harquebuzarde au trauers du corps, chalteau fut incontinent force,Jles payfans le porterenui' fon lief fur les carreaux,où apres lui auoirtenu vn long procès de fes tyrannies,le fils dâvn lequel il auoit faiteii' uoycr aux galeres Si confifquc fon bien, lui coupa la gorgt dâvue dague,Sclui donna plufieurs coups apres fa ni»»' Lailfant a Dieufes luftes iugemens, du collé des homnitâ celle procedure elloic du tout illicite amp;nbsp;inexcufable,ioiiit les infolences amp;nbsp;extorlîons faites lors ala veufiieamp;ini enfansde Fumelqiii eurent btaucoupidâaffaiie à fe fauuer. Mais excepté ce forfait (dont les coulpables eurent tout loifir amp;nbsp;matière de fe repentir) ceux de la Religion netai-foyenc en ces prouinccs de Guyenne, Languedoc fie ad' leurs la guerre linon aux images amp;nbsp;autels qui ne fjignoyét pointiau lieu que le parti Triumuirat efp.âdoit lefangaut^' toute cruauté barbare,« fmoinslesmaflacres de GrcnadC) Callelnaudarry fie de Cahors executez quelques iours a» parauât,où plus de (ix vinges perfoiincs de la Rcligiô, ps}' liblemétallémblczpour prier Dieu amp;ouir lapredicatiû,W rér mis amort auec toutcla fureur qu'ilellpoHibledcpt' fer,lans que le parlement de Thouloufefefouciall dâentU' re iullice.Neanrmoins, ce fait 1 apporté a la cour amp;nbsp;fort«' agg£ré,auec les nouuelles du bris des imagespar touieh Guy cime, a trauers quoy en diucrs lieux lô auoit tuégrâi! nombre dé ceux de la Religion, pour remedier (difoit-on) a tels defordres Compainconfeiller du grand côfeil,amp;Girard lieutenant du preuoft de lâhoftel^y furentenuoyez. Mais dâautant quâils paroilloyent pleins de bonne volonte de faireiullice,Burie ficMonluceurent auisparticuliers ilt cc quâlis auoyenta faire. liuriecllime' trop mol auoit eu pour adioiut Môluc home de fer amp;nbsp;de feu,cruel ennemi de ceux
Charles neveiesmî.
ceux de Ia Religio, comme il sâen glorifie en pIuGeurs endroits de fes commentaires. Incontinent Compain fut re-boutêicaufequâilcHoit de la Religion: amp;nbsp;en lieu de iulli-ce, Ion ne parJaque de meurtres te faccageinens comme nous le marquerons fommairemenr.
Le i.iour dâAuril i56i.Monluc fit démanteler la ville de dt u Fumel,abatreplufieurs maifons, exiger améde de trois cés mille fracs fur les habitas pour les interefts de la veufue Sc des'heriiiers de lâoccis.Ceux de la Religiô en Guyéne pre-uoyans le rauage que Monluc y feroic, sâil ne fentoit qutl-quâvn pour lui faire tefteiprierent le Sieur de Duras de demeurer en la prouinccjoù il y auoic de grandes forcesimais ilsâexcufa furie commandement que le Prince lui auoic fait de mener des forces à Orleans. Ce fut le commencement des horribles defolations qui furuindrcnt en tout ce pays là . Quant aceuxdelaReiigionà Bourdeaux,ayans quot;Siiurdta»» laide pafler les moyens de fe rendre paifibleinent maillres de la ville amp;nbsp;des chafteaux,durant lâabfence de Burie amp;nbsp;de Monluc,qui ne faifoyent que courir pour drefl'er leurs piégés amp;nbsp;affeurer leurs affaires, ils nây peurent plus reue-nincar ayans voulu recomraencer,ils fe trouua tant de laC-ches gens entrâeux, que force leur fut de fe fauuer ptes de Duras. Là deffus le Parlement informe, fait fouiller les maifons, amp;nbsp;exécuter à mort tous ceux qui peurent e-ftre attrapez , entre autres Neufclialfel amp;nbsp;Grenif mini-ftres.
Monluc en vouloit principalement à ceux dâAgen, qui entre autres entreprifes infailiblemenc lâçulfent prins amp;nbsp;faccagé , fans lâimprudence du Sieur de Me-my, general de la guerre pour la defence de ceux de la Religion en Guyenne amp;nbsp;pays voifin,dont il sâacquitta petitement, ellant valétudinaire, peu exercé en tels affaires, amp;nbsp;fort adonné à fon fens, a lâoccafion de-quoy il perdit puis apres la telle fut vn efehafaut. Bu-rie amp;nbsp;Monluc fachans à quâils auoyent à faire, faifoyent courir force pacquets en deliberation dâattraper ceux dâAgen. Défait ils en firent aprocher le capitaine Char-ty aüec quelques troupes, mais on lui dreffa vne embufea-de,où ils furent mis en route,laiffant quarante cinq des , liens eftendus fur la place amp;nbsp;quiivze prifonniçrs. Me-my amena des forces bien grandes dans Agen: mais
gt;4.d.lxi:.amp;Lxnr. Charus nevfiesme.
ne fâchant les employer il fut abandonné dâArpajonamp;^* Marchallel, tjuipouuoytnt (sâi. iei euft creuz) desfaire» Jors Monluc, lequel cognoillant la portee de funadueramp;ij re, lui dunnoit des alaimes a tout pn/pos.Au bout detrüH femaines les troupes de Memy,nâayans fait que mal dcdà ^ Agen fecafferent dâelles niefuies- J\'j contraire MonW faifoit des courfes, contraignoit les autres de lui fourn» viures amp;nbsp;argent : fes foldats couroyentiufques aux porté dâAgen : sâils rencontroycnt qnelquâvn de la Religion,il' lui mettoyenc vne corde au col, amp;nbsp;sâileftoitconllant,l' faif.iyent cruellement mourir,ou bien en tiroyent ranjoâi pins le maflacroyent. Quant aux infirmes apres auoircH* prou menez ils elloyent alfraints de faire le ligne tle^ croix,dire lâAue amp;nbsp;le Sanfta Maria,conftifer que laMttf eiloit bonne : apres tout cela faloii necelfaireniêt quâilsff nialfent Dieu fix ou fipc fois, Quoy fait ilseftoycntten»â pour bons Carholiquesalâvfage de Alonluc amp;nbsp;du capiié' ne Pcyrot fon fils. Le feprieme loili dâAoull ceux dâADquot; gcn repoulferent le capiiainc bourg qui leur fermoic palfageen certain endroit bien muni de viures. leué foldats sâarrelierent la près des bons vins, celicinent q»' Bourg les y furprint le lendemain, en tua loixante, diflif* les autres,dont plufieursau paffigede la riuicie, beurcH' encore plus dâeau quâils nâanoyent ben de vin lefoirpi»quot; cedent.Mais leiour fuyuant ils eurent leur reuenchc ai» racjoù ils tuerét par double intelligence quatre vingts fol* dats du parti de Monluc.Cenonobllant quatreioursapié ceux dâAgen voyant que leur ville n'elloit pour lefiftctl* canon, forcirent tous en armes en nombre dâeniiitonfé cens,ayans rendu les clefs aux Confuls,auec priere quit fe fouuinlfcnt du gracieux traitement a eux fait par cell* de la Religion, lors quâils auoyent etlé les maiflrt®' Les femmes de toutes qualiiez portoyent leurs p«''' cnfans a leurs bras, ou dans les berceaux fur leurs telte ou les trainoyenr parla main,ou les cbargoyent furW efpaules. Ayans cheminé toute la nuief, ils fe trouucrem' â fiept grandes lieues dâAgen, où ils attendirent Duras,!» quel poutueut a leur feureté. Le lendemain lapopulaé dâAgen fe mit à piller amp;nbsp;tuer ceux quâils peurentattrapa^' â Burie amp;nbsp;.Monluc y acoururent incontinent : amp;nbsp;apres q»' tous les meubles eurét elle volez, on faifit lesinnneublj* .
Cm A RIES NEVEIESMeJ 57
Ils firent execiiter à mort plufieurs prifonniers: Ies abfens en figure, leurs biens confifiquez, felon quâil plaifoit aux deux chefs.Hors de la ville il ne ce parloir que de meurtres amp;nbsp;cruautez horribles , que mefmes au bourg du pafîage il y eut des péris enfans roftis. Duras entendant ces malheurs irrémédiables print le' chemin de Lauferte, ville de Quercy , laquelle il emporta de force lequinziefmeiour dâAouU,y ertant contraint par les outrageufes braueries de ceux de dedans, où il fut tué cinq cens foixanrefept hommes,entre Icfquels fe trouuerent neuf vingts quatorze preftres. Vnc partie de ceux dâAgen sâeftoyent retirez dedans le challeau de Penne que Duras auoit commis au capitaine Lyouran.Môluc les y alla incontinét aflieger.La batterie dura trois iours. Lesafifiegez fouflindrent vn furieux aflautimaû finalement y eftant le nombre des foldats aguerris fort pctir,8c Lyouran ayant efté tué dâvn efclat,la place fut forcée, Monluc y ayant perdu enuironfepteens hommes. La cruauté y fut extreme, fans efpargner féxe ni aage,iufques à tuer les petis enfans dans les bras de leurs meres,amp; leurs meres puis apres.On referua quelque^ femmes, dont Burie en voulut auoir deux pour fon butin, Monluc sây porta dâvne forte que iâay horreur dâeferire. Voila ce qui âduint lors à ceux dâAgen ; mais ce ne fut pas tout. Car apres la desfaite de lâarmee de Duras, plufieurs des refehappez ayans efté prins furent menez à Agen,lieu deftiné a la boucherie, y eftant mefmes drefl'é vn gibet quâils appelloyent le Côfiftoireide forte que depuis le iour que ceux de la Religion abandonnèrent la ville, iufques à lâcdit de paix il y eut plus de cinq cens hommes exécutez à mort.Outre{)hjs,lespartifans de Monluc,pour acheuer le comble ietterent hors la ville les femmes Scies filles , a-pres lefquclles ils enuoycrent les foldats: firent pendre vn confeillier, nommé Cleret, auecfa longue robe 8c fon bonnet carré.Ven au parauant ceftedefroutede Duras dót nous parlerons ci apres , Memy, abandonné de tous,pen-fant fe retirer en Bearn,fu t fai G prifonniers8c mené à Bout-deaux, où par arrcft de parlement il eut la tefte trenchee.
CeuxdeNcracayanspar lâindifcretiondâvnieune Ca-pitaine déïeur ville perdu de cent à fix vingts hommes en vnezfcarmouche contre quelques troupes de Monlu^, fe tetirétent'en Ecarn auccleurs minifttes, non fans grand
N.].
LXin. ChAKUS NIVHISHE^
danger de leurs vies, enuiron le quinziefme lourde luilltt auquel temps ceux de Caftcl-ialoux le rendirét, duquel lit« le miniftre fut execute à mort.Ceux de Marinande, S. Mi' Caire amp;nbsp;Bazas sâenfuirét aulTb Toyeins le port Sainâe M1'. ne, .St Villeneufue dâAgenois furent prius fausrclillance, | neantmoins pillez amp;nbsp;faccagez par les troupes de BiirieJ ' Moulue fans relpeél de religion,fexe,ni aage. La Koinedi । Nauarre clfaya de modérer ces furieux : mais elle yperdii ' les peines.Car incontinent apres,ils pillèrent le cliafteau^f j Duras, amp;nbsp;forcèrent Montfegur, vilictte où il y auoitdein enfe-gnes 8( grand nombre de gens de la Religion.Latoutes cruautez amp;nbsp;violences furent exercees le premier jour, dâAouft, là ns auoir efgard à qualité, fexe ni aage. Moulut viola la fille du miniftre, lequel fut tué auec les autres.
A lâaide de ceux de Nerac Leélourc, ville capitale dâAt-magnac.aaoitefté faille pour le parti du Prince. La garni-fon.a qui commandoit le capitaine BugoleBcarnois,q«i nâefioit de la Religion,fit plufieu*'s exploits,auant le liegti ayâs premièrement prins dâcïcalade la Sauucrat deGaurCi fur la fin du mois de Iuin,amp; le dernier de luillet fiirpritv-ne autre place nominee le Larromicn ,aucc vne trefdure guerre contre les preftres. Daurutage le huitiefmeiourde Septembre ils furprindrent Tarraubeapres vncombatdt quatre heures, où furent tuez quarante de ceux de dedans. Môlucenuoyaincontinétfonfils le capitaine lâeyrot,pour remédiera cela. Le remedefut que Peyrot corrompit ttl-'tfgih en leinét Bugole,quâil commit cinq trahifons infigncs.Lapte-l'dint frzii miere il fit arrefter en chemin deux cens foldats conduit! par le capitaine Mefmes qui marchqycnt pour fe letter de-leconde ilfitfonir de Leftoure,bienSc en halle trois cens fix homes armez a-iiecquarantecinqargoülets,fousonibre dâaller au deuant de Mefmespourluifaire efeorte, amp;nbsp;s'en allaictterdedans Tarraube, tandis que Peyrot faifoit marchérforcecaiiale-rie entre deux, taut pour ernpefchcr le retour de ceux de Tarraube à Lcftoure,que pour fermeraufli le paflà geà Mefmes, amp;nbsp;lâempefclqer de feioindre a ceux deTarraube. , Latroilieftne, au lieu de fecourir Mefmes amp;nbsp;luienUoyerfô infanterie qui euft fait aifémét fi retraite,!! la retint enclo-fe dâs Tarraube,où il nây auoit ni farines ni eau, dct sâenfui-uitmfôtinét laredditiôdesafllegez à la merci defteytot. La quatrieftne incôtinét que Tarraube fut rendu il fe retira
Charles nevéiesme^ ÿ8
auec vn ficn frere auprès de Peyrot.La cinquiefmc,au lieu de dônerauis à Mefmesjpour fa retraite,il le laiffa afliege'r dà s vn mefchât vil lage nômé Roqutbrune,où neantmoins ce capitaine rit valeureuferaent, quoy quâil euft quatre ouâ cinq fois plus dâennemis en telle amp;nbsp;i dos,quâil nâauoit de foldats,encore tous rôpus de lôg trauail,quâellâc forti de fu ne fur la nuid, apres auoir tué plufieurs qui vouloyent lui fermer le palfage, il fe fauua en Bearn auec fa troupe. La û-xiefmcjil ne lui chalut en forte quelconque de faire tenir à Peyrot la parole quâil auoit donee à ceux de Tarraubc,ayâc iuré leu r garder la viciau contraire il les vid traiter mifera-blemétjjprilbniers, amp;nbsp;trois iours aptes hacher ctuellenient en pieces par Peyrot amp;nbsp;fes gés contre lafoy proniifc,auec tât de blafphenies, maugre'niés amp;nbsp;renôcetnés du Sacré Nó deDieu,que câeû horreur de sâé fouuenir.Le nôbre des maf facrez fut de deux cés trete vn, outre deux pédus,8t jy.râ-^ónez.Voilacequi auint à ceuxdelaReligiô,pour s'ellre liez à vn home fansReligiô.Môlucalfeuré des trahifons de BugoleaffiegeaLeéloure auec fix côpagnies dâinfâterie,les .. côniunes, amp;nbsp;quatre pieces de capagne: fit brefehe, amp;nbsp;dôria nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
lâaffaut en quatre endroits, le iy.iour de Sep t ébrcidôt il fut repouflé par le capitaine Brimôtqui y efloir demeuré blef-fé,8t nâauoit pour defenfe que jz.harquebuziers amp;nbsp;70.foldats raniaffez. Le z. iour dâOftobre les habitas (8c la Roi-ne de Nauarte mefines, à qui la ville appartenoit) prierenc Briniont dé parler de côpofitiom: qui fut accordée le lédeâ niain,péfant Brimot que les ptifonniets de Tarraube fulfét encores en vie.MoIuc tint lors promSlfejdôt plufieurs sâef-bahirent.lncütinct apres Peyrot pilla le chaHeau deCaxi-mont lut la Garonne,8t y traita a fa couftume les femmes qui y furent trouuees.
Ilnous faut dire vn mot des exploits du Sieur de Duras
. en Guyéneiufquesà fadesfaite. Ayâteu charge de leuer le «f» plus de forces quâil pourvoit pour sâacheminer vers le Priri ce à Orleâsjfesdefl'eins furet trauerfez par diuerfes occur- J p I téces d'afaires. Ayâc dôc cômécé dâalTembler quelques for- desfiutt, [ ces,onlugt;dônaefperâce quâil pourroit fetuir pouraffeurer Bourdedux: ce que nâayât pas fuccedé il délibéra fc faifir du pays dâetre deux mers fitué entre la Garonne 8t la Dordogne,pour y faire lâamas de fes forces.Maisapprochât de S.. ÃIacaite,au Keu de viures on lui tita[force moufquetadesj
N. ij.
mæ. Lxn.amp;ixHt. Charles nevfibsmî.
dent quelques vus furent tuezxc qui fut caufe quels vil' le fut allaillie amp;nbsp;forcée,mais beaucoup fupportee parlâliâ' mâüitede Duras, auquel Burie amp;nbsp;Monîuc delibcrercni couiir fus,sâalfçurans' quâapres 4âauoir rompu ils ment' royent les mains alâaife par toute la Guyenne. Suyuaiitli; quelleconcluhop , ilslâattaignirent aup.es deRozan,''â Moulue fit vne charge à fdn adu^mage fur Duras, quig-^ gnant vn petit bois folfoyé û tel deuoirauec troisceni picquiers, ayant elle abandonne du refie de festrpupOi quâil contraignit Moulue de le retirer fur perte dâetiuiwn trois cens hommes,amp; Duras de trente au plus.11 full api« celifur le poinft de tout quitter, ayant a conduite gens du tout mal aguerris amp;nbsp;ennemis de drfoipline: toutesfois pitié du p3ys,amp; efperanrque fes foldats fcroyent mieux,il les rallia,amp; en recueillit encores dâautres, amp;nbsp;print la route dâAgenois Sc deQiiercy, aidant a ceux dâAgen en ce qui Iuifut pollibIe.Mais,ayâtüiiice.qui y elloit auenuapresle depart de ceux de la Religion , il challia ceux deLauftrif» en la forte que nous auons defente ci deuaut amp;nbsp;venant dt là .fe rendre à S. Antonin, il fut renforcé de deux conipi' gnies d'infanterie amenée^ par Marchailcl.Comme ils lit' hberoyent aller trouaer Jp Sieur de Curfol enLangueilutâ le ComtedelaRücljçfoqcautlepria de fe.venir ioiiulrtJ Fïtrair» i» lui pour tirer en diligencq.i Orleans. A celle fin du Burdci 'Sirdtt. vaillant gentilhoinaiefut enuoyé deXaiivonge auec foi' Xantefalades, deux cens argouletsfit dcuxenfeiguçsile gens de pied pour feruirdâefcorte a Duras. En chemin du Bqti^e,t entra dedans Pons,força S. batier, où furent tu« douze pre,flresj.puis,entra dedans laLynde ville delâeri-gqrtjijîi il fit punir iurdiqueuiét quelques cruels feditieux, quîauoyenc raalfacrc amp;nbsp;découpé menu vn pauure homme de.la.religipujSr r.tmpli de fei toatesles pljyes d'icelui.Sâe-liantipintaDuras ^ Marchaftel, il rei'dlut de ckallier ceifX de Sarlatquiluy auoycnt lué deux gentilshommes) ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;palîanrpar Cauflade, pour aller .a Montauban querirde
lâartillerie 8c recueillir quelques foldats, huit pre lires qui faifoyent trop les mauu3isd.âs vn clocherfureut forcez S lettez du haut en bastiteni quelquesautres des principaux de là ville,auteürs du mafl'acr^faiten ce lieu la fur ceux de la Religion , mis entre les mains du preuoft general de Cuyeiuie,qui les fit exécutera mort. Ils mirent bonne gat-nifpn
Charles NEVI lEJMF. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;99
nifoniRealuillejSt sâachemintrétà Mócauban, JaifTans Ja códuite de leurs troupes à Chaumôt, S.Hermine amp;nbsp;Peyre longue. Ce fut vn pas de clerc que ces trois chefs laiflaJfét ainii leur armee,attédu que Burie amp;nbsp;Môluccn eftoyérforc pres auec fix mille pietés geforce caualerie.Mais la prudéte gcheureulè hardielfe deChaumôt radouba celle faute,atta-châtvne rude efcarmouche a Monluf,lequel ne voulut pas cobatre ceiourlà jCÃbiéqueBurieenfuftentieremétdâauis pour le grâd aduantage quâils auoyent lors. Les troupes de Ouras arriuees fauues a Môtauban le neufiefme de Septem bre,quarte iours apres Burie amp;nbsp;Monluc fe cam peren rimais ellâs dellogez en dédis trois fois vingt quatre heures,Duras repréd la route de Xaintonge,8£ en chemin force le cha fteau Je Marcues,où lâEuefque de Cahors fut prins,lequel futtrouué garni deliures de magie amp;nbsp;de force rccepies pourgaigner le cÅur des femmes : mais de nul en theolo-gie.ll ne tinta gueres quâon ne lependift, côme auteur du maifacredeCahorsien fon lieu furent exécutez cinq ou fix. foldâts. De la tonte , les troupes vindrent deuanr Sériât le premier iourdâOftobre.Larefiftâce des a fliege?., Si lâarmec ennemie compofee de fept .à huit mille hommes de pied,amp; forcecaualerie approchant Duras leiA lefiege, gi vint fe loger par vn temps fort pluuieux le htiitiefiue lour dâOfto bre en vn village nommé Heudreux , fon artillerie gc ' infanterie à Ver, qui eftoit demie lieue plusauant.Burie amp;nbsp;Monluc ayansfceudâvnprifonnier lâeftat des trou- . pes de Duras, qui eftoyent de quatre à cinq mil hommes rantdepiedquedecheual sâauancenr. Duras au lieu deOm^s. faire iüindre fes troupes amp;nbsp;bien reconoiilre fes ennemis creut que ce nâeiloyent que quelques coureurs, amp;nbsp;diuifa encores plus fes forces. Mais ayant conu bien tard celle f3ute,delibera fe retirer au petit pas, amp;nbsp;mettre fes gens à conuert.Puch vaillant cheualier eftoit dâaduis contraire, fouftenant que lors que deux armees font proches,la pie-miere qui fe retire donne lâaduantage à lâau rtc: alléguant 1 à delTusce qui aJuint a laiourneede S.Laurent. Burie gc f Monluc voyans que Duras tournoit le dos,fe haftét gcfonc
Vnecharge,oùilnâyeutprefquespointde refillan-ce , dûneut iufques a lâartillerie où le bagage eiloitiauquel lieu sâarreftans les foldars viélorieux, moins frians dâhonneur que de butin,dônercncloifir aux premiers fuyà ns de pafTvr
N. 115.
M.D.rxii.amp;ixni. Charles ni.vfiïsme.
Peau ayansietté leurs armes par terre pour mieux rir.Le meurtre fut dâenuiron de cinq a fix ccnUoldats.J quinze cens valets de bagage perdus auec toute lâartilk rie.-item quelques prifonniers pendus,amp; nommément miniftres,q'jiparrauisdesEglifes auoyent fuiuilesbji'' des.le réciterai vne particularité' notable.Entre lesprifon niers fe trouua vn capitaine nommé la Mothe qui efche«' au capitaineBazourdan. Quelques iours apres rencontl' par Monlucjil lui donna plufieurs coups de dague, amp;lîai' lcmencluip.t(rarefpee à trauers du corps, difant cesptO' pres motSjTu mourras, mefc hin t,en dépit de Dieu. To«' tesfois comme pour qionftrer que Monluc fe trouuctof ! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;menteur lui mefme,ce pauure homme emporté en edi
eftat amp;nbsp;penfé,quoy que chargé de coups mortels,retourDJ rniraculeufernent en bonne conualefcence,
faitla«-' Duras ayant ramaflé ceux qui pa lièrent la riuierCiS TiKfttitre Ã- faire deux traites, fut auerti que le capitaine Lauraot' taMtenpie aiere enuoyé parle fieurde Sanfac lâattendoit aueccinl tts ani^ cts cens hommes à Embornet pour acheuer de le desfaire ; fismmii. s'eftonner il marche droit là ,où il arriue au poind du ) iour,amp;fait fi biéque Laumofniere amp;nbsp;tousles fiens,esc(-ptez trois qui en portèrent les nouuellesà Sà fac,furet tuet fur la place.Par ce moyé Duras, nôobftât quâil euft auto«! defoyplusdefeptcésfaladesdu Duc de MôtpêfierStan-tres,paira outre.Ses troupes cômécerér à diminuer,lesgt;'«* fe retirans à la Rochelle, les autres ailleurs: tellemét quâJ j ne lui demeura dâhômes de cômâdemétquefon fils aifnê, ⢠Bordet,Puch,amp; fou frcre,auec enuitôquarâteargouIetSiS I dixhuit cés foldats,moitié defarrcez.Le relie de fa cauale-rie print le deuant amp;nbsp;fe ioignit à la Rochefoucaut.Durasfa tât neâtmoins qtiâauec Ibn relie il gaigna Orleâs,où il mou rut au téps que la paix fut arrellee. Duras ellà t loin,toutfs chofes furet desbordees parla Guyéne , amp;nbsp;quât aux corps amp;quâtauxbiés, Stquâtauxpauures côfciéces de ceux de h Religion,pillez,tuez,forcez,en toutes les fortesquâile-
Kxêm^ lloit polTible dâimaginer à leurs ennemistMôluc ne fe plai-tTeflrM^t faut quâj cjffijgejgj horribles excciitiôs,queluimefmesa rernarquees par le menu en fon hilloire, qui cil le couron« nemét defa vie,oùila toutesfoisoublié cequi luiauinrde dire apres laiourneede Ver, quâil efpcroitaprcsauoira-clieué en Guyéncjaller en Bearn par le comniâdcment du quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' ' Ko/j
Charus nevtiesmi. too
Roy,oil il auoit fore grandâ eniiie dâeflayer sâil faifoit aufli bon coucher aiiec les Romes quâauec les autres femmes. Mais Dieu preferua la Roine de Nauarre,pour feruir a la France,c»mmelife verra puis apres.Et quant à Monluc,il eut affezde loifir depuis depenfer aux outrages quâilauoic dits amp;nbsp;faits.
Or come tout fembloiteftre perdu en Guyenne, le ca-pitaine Piles, fimple gentilhomme dâauprès de BstgsrAC,^â^quot;Æ,Æ^ entendant à Orleans où il eftoit venu auec les compagnies caftxr.et amenées de Gafeongne par Grandmont,que Burie amp;nbsp;Mô- plt;7«j est Z« lucrauageoyét ainfi a leur plailîr,partit auec quelques fol-dats,amp;furniônt3nt vne infinité de difficultés amp;nbsp;dangers arriua a Xaintes peu apres la desfaite de Duras ; où en lieu dâarrerterles chefs pour redrelferles afaircs,fes foldats * tnefmeslâabandonnerenr, tellcmét quâil ne luien relia que fisiaueclefquels ilfe rendit en famaifon.Son premier adle heroique fut quâayant choifi trente bonslbldats, il fe ieÅ de villelTe dedans Bergerac, où le Duc de Montpenfier a-uoit lailfé garnifon, laquelle il contraignit enfemble tous ceux de la ville de lai rendre tous les prifonniers quâils y detenoyent pour la Rel igion.Il fut obei,amp; mefmcs lui en-uoyaon enfon logis des viures pour fon difnétquoy fait il fe retira en fa maifon à demie lieue de la. Tout le pays co-mence à fe fouleuer contre lui,ce!lemcnt que force lui fut â de fe tirer vn peu plus loin. Mais il laiffa autour de Berge-tac vnieune gentilhomme furnommé la Riuiere, qui de lâeftude desloix sâeftoitde nouueau ragé aux armes. Pour fon coup dâeflay,3uec trois harquebuziers, quatorze arba-Ie(liers,8tquelquespaifans3rmezdefourche3,ilentrapar . efcalade dedâs Sainde Foy fur Dordonne,furprinfe peu de iours auparauit par-vn des lieutenâs de Môluc nômé Re-zat,qui tenoit forceprifonniers de la Rcligiô, dót il fe vâ-toitauoir defiafait pédreplus defept cés,amp; deuoit le Icde-main faire vne terrible executiô, cômencât par le minilire nbsp;nbsp;nbsp;'
attaché au pied de fon lidl. La Riuiere ayac taillé en pieces le corps degardequi eftoit en la gradeplace,cóméce a crier parla rue,cômandant ceci amp;nbsp;cela,côrae sâil euft eu fept ou huit cés homes à fa fuite. Ayât tenu en ceruelle les foldats de Rezat,enfermez dedâs les maifôs,ilsâarrefte tout coy a-uectoâlesfiês,plus dâvnegtolTe heure.Les autres Ibrtlsen tue amp;nbsp;sâauâçâs vers la place,pëfâs que tout ce bruit full vu
N. üi}.
iJD.Liii.amp;ixiir. Charles nevpiesmï.
ieu,eftoyent (budain happez amp;nbsp;taiJJezcn pieces. Somnâ* . Rezat,auec fon iicutenït,fon preuoft (quiauoit fait fioquot;' rir tant dâhóines)y lailfercnt la vie auee quatre vingts fo*' dats.Les autres ayans efté cachez par les habitans,pourit' coinpenTeles vindrenrfaccager quelques lêniaincs aptes-[Autrti «-Burie amp;Monluc extrêmement defpitez. quâvnaprentiit* fititt du baftonnoit de la forte, iettaut vue petite armee entte Bet' SaiofteFoy.Mais laK iuiere ayât amatle fix vingts pay fans aiiec douze foldats alla charger fi à poinft le Capitaine la Sale dans vn village,quâilluy tuafept vingtshô-mes,amp; en euft dçsfait deux foisautant, fi fes payfans nefe fuflent amufez au butin. Là deifus il elf inucfti de toutes partstmais ayant par bonne encontre attrappc vn cau,iliet il sâarme des armes dâiceluy,môte fur fon cheualjü a lâaide dâvn trôpettequâil menoit pour rufe de guerre auecfoyiie ne fi apropos lâalarme à vngros decaualcrie,quâcnlesa-mufantjil fait pafler feurement la riuiere à fes pay fans,puis luy ayant fait vne courfe, amp;nbsp;tiré quelques coups depiftole CP lâair fe retire le dernier auee fon tronrpettejdônant puis après ordre à la retraite de fes gens, amp;nbsp;luy sâallant ioindr« su Capitaine Piles,lequel de fqn collé ne dormit pas,ains fuiui de quinze cheuaux Sc quinze harquebuziersà pieô â ïurprinta Montagnac vne Cornette de fix vingts cheuaus legiers conduits parle Capitaine MontcalTin, lequel il tua amp;nbsp;quatorze autres, mettant le relie à vau de route. Lts cheuaux quâily gaignalui feruirentbien depuis.Tollaptes la Riuiere marchant feul pour ouir nouuelles de Piles fut rencontréde vingt armez qui Fayans rtnuerfé, bleifé 6t prins,neantmoinsil Icurefchappapaflânt vn ponr,du haut duquel il Ce ietta dans lâeau,amp; gaignanr le bord fefauua das Eyraet ville dâAgenois où elloit Piles,qui fut contraint le porte: en croupe la mefmenuiâ ailleurs, pource que celle place nâeftoit tenable. Mais pour en donner dâvue aux ennemis, Ion fit courir le bruit que la Riuiere tfloit mort à Eymet,8t y porta-on en terre vn fantofmepoura-frinli de cheuerlt;«u. Pilesleurtaillantnouuellebefongnc, cn-A/iioil«». niron la mi-Linuierdelâan 15^^. prinr parefcalade , nâe-llant fuiui que de quatorze hommcs,lechaf!eau,puisla vil JedeMucidar.ià quoy Monlucpenfant remedierà Paideda Scnefchal dquot;. Pcrigort,nâcn remporta que confufion,ellanti contraint fe rctu er bie» ville,aptea L dsifiiite des troupes *..... nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;â ' â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;duiée
Charus n ev t ii s m t.
lOI
du Senefchal.Ce (iicces encouragea de Piles dâentrepren-die fur Bergerac : ce quâil ne peut cfFcâuer à la premiere _ fois;inaisalafecDndeilyentraleii.iourdeMars:amp;quoy â que tous les corps de garde mis en,alarme par Ia fentinel-^''^''*quot; le fc tinlfen: prcfts, fi chargea il le premier (î refoluement quelayant taillé en pieces, il pourfuiuit de telle furie fur deux autres que nul nây relia en rie.Le capitaine de la ville fe fauuaau challeau fuiui de feptantefoldats:amp; le Cpré de Bcrgerar,qui faifoi^ du guerrier, auec trente foldats das vne âorte rouETous les autres qui nâeurent pas bonnes lâ-bes furent mis au fil de lâefpee. Le lendemain ,1a rourfut faiâpee,qui acabla tous ceux de dedans,forts le curé,lequel pallapar les mains du bourreau. Et quant aux autres du chafteati, sâeftans à faute de viu'res,rendus à merci, ils furent tous mis au fil de lâefpee.
I.edixiefmeiour de Mars 15^1. le Mont de Marian fut Mmt il» faifi par quelques troupes de Monluc, Sc furent ceux de la Religion apres beaucoup de grands outrages contrains ' sâenfuir3illeurs,quiftans leurs femmes amp;nbsp;enfans. Toll a-pres fix hommes des principaux,quâon auoit arréllez pri-Ibnniers eurent les telles tranchees:amp; trois ou quatre aunes depuis execute/, de aiuers fupplices.Dauantage vn hô me .«e guerre appréhendé apres la paix a Villeneufue de Mârfan,fut enterré tout vif. Et à Ãaferas au mois dâAoull i$S2. vne ieune femme nomraee leanne de la Gora, pour-fuiuie pour ellre violee,fe iettapar vnefeneftrc fur le paué amp;nbsp;mourut.
Esquartiers dâAngoulmois amp;nbsp;Coignac,les troupes du parti Triumuiral conduites parle fieur de Martron firentââ'quot; de terribles ranages es maifons de quelques gentilshommes, qui auo s, it fuiui fon neucu le Comte de laRochc-foiicautà Orleans.Puis ayant voulu aflieger Angoulefme, fut caufeque les images gc la melfe y,perdirent leur credit, amp;nbsp;fans quelque s liens,alliez il efloit attrappé dedans Cha-fteaunetif.Mais apres la prinfe de Poitiers,ceux de la Religion bien efFroyezlailTcrent entrer Martron dansArig'ou-lefatcau commencement dâAouftioù lui amp;nbsp;les liens commencèrent à exercer fur ceux de la Religion toutes les for tes dâexcès amp;nbsp;d'opprelTions quâil ell poffible dâimaginer, violemens de femmes amp;nbsp;de fîlles,blafphemes plus quâabo-piinables,meurtres barbares,rançonnemens amp;nbsp;pilleries Ã
M.D,LXII.amp;LXIII. ChAUIES NEVrlISMÃ.
outrancCjauec toutes manières dâoutrages SC vilenies taiti és champs quâen la ville. Les perfonnes furent trainees és temples à coups de b.ifton,amp; les enfans nez Si baptifez JC' puis deux ans en la Religion rebaptifez. Sept hoijimes y furent pendus,St lâexecuteur dc iuilicc auflî,pour auoirrt' i fufé faire mourir les innoc'ens: fous deux defquels la corde sâeftant rompue,lâvn fut remonté amp;nbsp;rependu, l'autre affom «né dâvue pierre.
CtiX««. Coignic plulîeurs de la Religion furent exécutez i mort:amp; la fureur eftoit fi desbordec quâvn nommé Guil-laumeBernird, requit dâeftre receu à pendre fes propres neueus.Mcfncs apres lâedit de pacification, vu perlonnags notable voulant rentrer en fiimaifonfut tué par le fils du gouuerneur. Lefieurde Ruffec fit mille maux a fes fuie» Xnintiingt delaReiigion. En Xaintonge , où ceux delà Religione-ftoyent fuitt,les aflires nây eftoyenr pas fi defehirees, le iCOna. Comte de la Rochefoucaut y ayant tenu la main,8c cliaftic plufieurs preftres Si iucres qui vouloyent faire commeail-ïeur-.Mais le moine Richelieu eftant entré à S.Iean dâAn-gely ,y fit de terribles rauages. Les nouueiles de la prifede
' îâoiéliers Si de la deffaite de Duras fut caufi: du faccagemet de ceux de l.i Religion a Xiintes, où vn capitaine nommé Mogeret exerça toutes cruautez fur les corps amp;nbsp;biens de ceux delà Religion,auec telle.impunité,que mefmes pJf arreft de la courde Parlement de Bordeaux, la puilfancede iuger fans appel fut attribuée à vn feul iuge : ce qui fut I» caufe de la mort de plufieurs. Le Duc de Montpenfier en-It'HccM- tra dedans la Rochelle, auec forces, abolit lâexercice de la Religion, Stenuironna la ville de fortes garnirons. Lesl-»»â¢Â»Â«Â«ÆÂ» flçs furent auflî princes de nKfme exercice. Tort apres, 1« capitaineCheuet amp;nbsp;autres trouuercntmoy »⢠Jâentrerdâ! laRochelle,poury reftablirla religionanaisnefe trouuant les plus forts il y en eut de prias amp;nbsp;pendus. Quanta Chc-Luniin. uctjj furuenant lui fauua la vie. A Limoges, il y eut auffi du rauage, amp;nbsp;cinq ou fix hommes exécutez a mort. Mefmes le fieur de Gore eftantaflaillidans vn. chafttau proche de là parles communes,fut contraint venir a corn | pofition,qui lui fut mal gardee.car au fortir on lui tua tous j fes foldats, au nombre de ttente,amp; quant a lui il fe fauu* par le moyen de fon cheual.
thultv/f. nbsp;nbsp;lâhiüoire de fîiouloufe amp;nbsp;des autres lieux du Pailefflét
Charles n { vu e s m nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iogt;
de Languedoc eft fört longue : mais nous efl'ayerons
faire vn abrégé comme des precedentes. Lâedit delanuier '~7****A yayantefté publié,les chofes y palTerenc alFez pailîble-ment iuR]ücs au i.iour dâAuril, quâà lâoccalîon d'vn enterrement ceux de lâfcglife Romaine ésfauxbourgs de S. Michel, Sainâ Eftiene amp;nbsp;Sainft Saluador à Thouloufe , fe ruèrent lur ceux de la Religion, en blclferent grand nom-bre,8t en tuèrent quatre,outre piufieurs iettez.dedans vn puits.Lcparlement fauoriToit celle populace tau contraire
les Capitouls eflay erent de reprimer la fedition, amp;nbsp;empoi- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
gnerent quelques vns des plus manuals: mais le tumulte a-creut Sc duraïufquesà lanuiéldedansSc dehors la ville.Le lendemain on remédia de paroles au mal au regard du parlement: toutesfois les Capitouls pourfâuiuirenc tellement qnâd y eut quatre feditieux pendus ,amp; deux fouettez. Le feudcdiuifîon commença lors à sâallumer fi fort,que ceux ce la Religion iamenallézdecequileur auint puis apres, lefailirent de la maifon de ville, amp;nbsp;de quelques carrefour:: cequiel'mcuten forte le Parleriient,qu'il manda promptement quérir tousles feigneurs amp;nbsp;gentilhommes circon-uoilins au fecours,appella les communes, amp;nbsp;fit crier par la ville que châfcun euftà prendre les armes pour courir fus ⢠à ceux de la Rcligiô,lefqueis par lâentremife des Capitouls clfayoyct de faire que le tumulte sâappaifaft.Monluc pouf-fi foigneufemcntà laroue.-ayantefcritau parlement que le Capitoul de Lanta, nouuellement reucnii de la cour, 8c fe tenant hors de la ville, auoit promis au Prince delà ranger à fon parti.Leij.de May les prefidens 8c confeillers for tans enrobes rouges hors du palais fiient crier en leurs prefences ,que tous bons catholiques 8c fideles au Roy euflent a prendre les armes contre ceux de la Religiô,pour les faifir morts ou vifs, voire les piller 8c tuer fans aucune merci. Outreplus cinq ou fix confeillers allèrent criant a pleine telle par la ville,quâon tuaft 8c pillaft hardiment, ellant permis de ce faire par la cour auec aueu du Pape 8c du Roy : 8c fut la copie de ce cri enuoyee quand 8c quand par tous les bourgs 8c villages circonUoifins.
Alors commencèrent à fonner les toefains par tous les clochers de la ville, voire bien toll apres par tout le pays dâalentour, à quatre ou cinq lieues à la ronde. Thou-joufe eft vue des grandes Si peuplées villes de France;
M.D.Lxn.amp; Lxin. Chariisnïvfiesmi;
. amp;nbsp;lors y auoit là dedans de vingt cinq à trente mille per' ,fonnes dc-li Religion de diuerfes qualitezamp;aages. Alotâ TWeiift* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;horribles nialFacres quâil e(l pof-
fiblc de penfer.Les prifons furent incontinent remplies S alfomma on plufieursperfonnes à lâentrce d'icelles, pource quâil nây auoit plus de place.La riuiere fut en peu dâheures couuerte de corps niorts.On y en iettoit de vifs par les fe-neltres : Si sâils elfayoyent de venir à bord, ilsyeftoyent ruez a coup s de pierre amp;nbsp;de harquebuzes. Ceux de la Re-ligion qui sâeftoyent fortihez. en la maifon de ville amp;nbsp;en certains autres lieux, fe défendirent courageufement,S mefines firent quelques forties : 8t fans le capitaine Sauls qui lestrahitiinfailhbleraentils eufl'ent gâignèle palais, S chaffe' leurs ennemis hors de la ville.Mais lîrôpitce coup, dont sâenfuiuit toft apres vne totale ruine.
CiiraSaf Jet £g lendemain 14. ceux de la Religion voyans quâil fâ-tefolurent de fe defendte,amp; moyennant les pic le7aâuâreâ. Quâils auoyent en lamiifon de ville ellonnerent leurs
⢠ennemis,firentdiuerfcs forties de leurs forts,5c y eut bien du fang refpandu.Ceiour Bellegarde lieutenant du Mare-fchal deTcrines,entr3 dans la ville auec fa compagnie de genfdarmes. Celles de'ferrides amp;c Monluc demeurèrent dehors pour empefeher que quelque fccours ne vinfta ceux de la P^eligion,qui ne tenoyét quâvne porte, aufquels furie foir fut enuoyee vne lettre en la maifon de ville pour faire accordià quoy ils confentirent, demandans feulemét feureté de leurs perfonnes,amp; du relte.de leurs biens,iuec lâobferuarion delâedit delanuiencequi leur futrefufe ainfi chafeun sâapn-ita pour le iourfuyuam que le combat recommença, plus furieux quedeuant en diuers endroits. Or pource que le canon de lâhoftelde ville faifoit beaucoup de dommage auxaduerfaires ,les Confcillers de la Cour firent bruller plus de deux cens maifons : amp;nbsp;ailleurs force maifons furent pillees, entre autres celles duprelî-dent Bernoye amp;nbsp;de Chauuet confailler,où deux filles furet violées en la prefence de leur mere. Le famedi feizdef-nie, il y fut encores cruellement combatu iufques fur le nu di; St lors ceux de lâEglife Romaine demandèrent à par lementer, amp;nbsp;y eut trcfucs : durant lefquelles fut accor^ que ceux delà Religion , laiffans leurs armes amp;nbsp;harnois eu lamaifon de ville, fe lecircroyent en toute feurete.
Suyuant
Charlis nevfiesme.
loa
Sniuant cefte refolution , accordée parles Capitaines amp;
le pai lenient jCeux de la Religion ayans célébré la S. Cene.^L^â(^,y/ auec larmes amp;nbsp;prières foienntlles forcirent fur le foir. A- f ! lors contre la foy pronnfe on print pril'onnicrs tous ceux que Ion peut. Et quand aux autres qui gaignercnt les châps par la porte de Villener,fue,plnfieursefcliappei ent, amp;nbsp;furent rcceus à Montauban amp;nbsp;en dâautres villes tenues par ceux delà Religion. Lcsfoldatsefpandusparlaca.ni-pagneamp;lespayfans,entuerentgrandnonibre.Lacom-mune opinion elf quâen celle mutinerie 3 dedans la ville il nbsp;nbsp;nbsp;f
mourut plus de trois nui cinq cens perfonnes tant dâvn co- 1 fté que dâautre.
Alors ceux de lâEglifeR.omainceftans du tout maiftrcs Ji commencèrent à fouiller la niaifonde ville, abbattent le Thmlaufe temple de ceux de la Religion ,employent quatre iours J'/â'quot;/â'/quot;' entiers a tuer, emprifonner, piller. Les gens de guerre fi- â rent tant de maux que ceux du Parlement mefmc craignâs -dâauoir leur tour, trouuerent moyen auec lances dâargent de les pouffer hors de la ville. Monluc amp;nbsp;Terrides allèrent contre Montauban. Fourquenaux partit pour drelfcr vn campcontre Befiers.Mirepoixle ieune amp;nbsp;autres prindrent le cliemin de Limoux. Ceux de la Cour eftans maiftres tous feuls chalfetent de leur compagnie iufques à vrntg-déux confeillers qui aimoyenclâequité, amp;nbsp;commencèrent a faire le proces aux prifonniers ,dont y en eut pres de quatre cens de plulieurs qualitez execute?, de diuers fup-plices depuis la fin de May iufques au commencement de Feurier 1563.000 comprios ceux qui moururent fur la torture 8c dâautre cruel traitement rcceu es prifons,où il y en moürut aulfi de perte vn grand nombre.Ãtitre cela le Par-lemétpublia vnatrert du lO.dâAoull pouracheuer de ruineren corps Sc biens tous ceux de la Religio en diuers endroits de Languedoc.On sây oppoifaen diuerfes forte,s, 8t obtint on du Roy diuerfes patentes .à cefle fin,dont le parlement ne fe modéra point, ains mefmes eflaya de fe fortifier contre le peuple,qui fe mutinoit contre eiix,8t fit faire vne ligue des principaux de Languedoc, donc le Cardinal dâArmaignac,Lâarcheuefque de Thouloiife,eftoit le premier, pour exterminer le refte de ceux de la Religion. Neantmoins les Capitouls amp;nbsp;les confeillers dechaffez fu-lejnt reftablis par aiathorifé du Roy au grand regret de ce
*«.D.Lxn.amp;Lxiii. Charles nevfiesmè.
, parlement,lequelauoitfaitexecuter Maudiuellilârn premiers Capitouls, encor quâil full de la Religion RO' â maine.
Diuirfei Le lÿ.iour de Mars, Burie amp;nbsp;Monluc délibérez de riii-ner Montauban paflerent par Caylus où ils fiient pendit *dTu-nèâu furueillansder£glife,puis ellranglcr dans lonlà â à caufe que la corde sâeftoit rompue auant quâil full expiré. A Villefranclie il y en eut deux décapitez amp;nbsp;deuxpen-dus.Le (leur de Negrepelifle£t du rauagefurles fubiets,!
I caufe de la Religion, Les plus agitez eu ces tempeftes, S Jx«Vw*ioutesfois preferuez comme par miracle furent ceux de Montauban ,lefquelsauertis que leurs ennemiselloyeot en campagne,sâenfuirentprefques tous hors delà ville,ou il ne demeura quâvn minillreauec le lieutenant, les con-fuls,aueclesofficicrsdu Scnefchal Se quelques femmes. CommeBurie amp;nbsp;Monluc elloyentfur le poini't dâentrcf dedans, nouuelles leur vindrent de la priiiié dâAgen, amp;nbsp;de lâellacfort troublé à Bordeaux, ce qui leur fit rebrouffer chemin,lâvn dâvn cüllé,rautre de lâautre. Comme ceux de Montauban fereprenoyenr,nouuelles vindrent du nialfa-H«IAc,-e Thouloule,8c de GaillacénAlbigeois où huit vingts W» üitiltac. deux hommes de la Religion furent maflaciez amp;nbsp;précipitez dâvne haute tour en bas,amp;quciques autres tuez puis apres,iufques a vu des confuls delâEglife Romainejlequel defiroit modérer tant de fureurs exercees par le Cardinal Strofle,ArcheuefquedâAlbi.Lc (leur dâArpajon empefeha le maffacre de Raballeux , amp;nbsp;chaftialesmurins, amp;nbsp;tort a* pres quelques vns des mafl'acreurs de Gaillac curentleut tour. 11 contraignit atifli ceux de Buzet de lui rendrequel-ques prifbnniers.-mais pource qu'ils furent réuoyez nuds, paffant à S.Radegonde,quelques preftres fcditieux furent tuez, amp;nbsp;leurs dcfpouillesreuellircnt les nuds. ArpajonS Marchallel ayansacueiliiSc conduit pres de dcuxmiihô-nies dedans Montauban ,aueriisque Monluc amp;nbsp;TerrideSâ venoyent lesaflïeger,il y eut de terribles deliber3tions,les capitaines vouians quâon quittail la ville pour sâacheminer à Orleans. Cell efiroy acrcut le lendemain vingttroifief-me iour de May, par le rapport quâon leur fit que le camp â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trinemis elloit de dix nulle piétons,de deux milleche-
Mtnt'whii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de vingt deux doubles canons. LÃ delfusprefques
tousrefolutent jbandannetla ville,dâoù plufieuts fortircnt la
Charls s he'sHesmi. 104
lanuiäen vndcfarroy lamétableaupoflîble.MaisIecÅur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
de quelques vus fut fi bon, quâils fernierét le guicbet de la VtA*'quot; r porte, arreftâs auec grades menaces ceux qui eftoyent reliez, amp;nbsp;induifans par leur bardieli'e plufieurs de retourner.
Lâeffroy fut tel, quâaucûs fc tirent deualer par les murailles en bas.Mais le lédemain,quoy que les miniflres fiflét la de-liberatiô de quitter tout fut reniife fus auec telle precipita-tiô,quele tabüur nyit fonné, les habitas amp;nbsp;les eltrâgers fe prenct à fortîr ôi foule demeurât la ville prefques defette, les portes ouuertes à lâabadójJes clefs defquelles furet trou neesfur le pot de Tat par vnartifan. Quelques vns en fore petit nombre refolui ét de demeurer, JSt ayans atrefte lean Côllâs l'vn de leurs tcois mini{lres,côme ileftoit à côtefter
1 auec le capitaine S.Michel pour le retenir entedât la fenti-nelle qui crioit que la cauallerie ennemie acouroit a bride
; abatuc,fi' en forte que S. Michel 8d autres sâarrellerét tout court.Maiscelane feruoit derié,ransvnfait dutoutextra-
1 ordinaire.Vn auocat nommé ArnautGuibert,fetrouuantp^.^ feul amp;nbsp;fans armes fur la oiuraille pres la porte,appellee du Môftier,amp;voyâtai'proçlierlacaualctiepresdelaporte,fcjtr nmar. mit a crier tât quâil peut (cobié quâil nây eut la ni canô ni ca ?»-«*/«. nônier) Sus,canôniers il eft téps de tirer. A celle voix la ca-ualerie de Môluc tourne bride.Vne autre troupe qui accou toitparlefauxbourgdesCordeliersfe dôna lâefpouuante: aumoyédequoy ceux quiauoyét plaidé cotre Confias fe iettetétdâsla ville.tn cenôbte fe trouuerét tous les capitaines amp;nbsp;vn miniftre. Quât aux autres fuyards,qui auoyét
1 auâtéchemin,ils ne peurét regagner La ville,ni fe fauuer ai
I (emëtitellcmétqueplufieursfuretfurprinsôttuez,lesau-
I tres detenus prilbnniers en trefgtandemirere,amp;aucuns
1 menezâïhouloufeoù ils furent txecutez à mort.
I Le 14.de May,le cap de Môluc côpole de mille cheuaux p,emitr l 8c de cinq mil hommes de pied inueftit Môtauban;amp; fe fi-Ãegt 4tMi' I téideuxfortes efcarmouches en,lâvnedefquelleslecapi-'«âëan.
1 taineS. Michel tua trois homes dâarmes 8c gaigna vnbeau
1 cheual.Lelcdemainarriuarartillerie,8t fuient attaquées
â¢1 plufieursefcarmouches où Monluceuttoufiours du pire, 1 8c peu sâen falut quâil nây demeurall,fon cheual lui ayant e-1 lié tué entre les iâbes.Le ledemain (on ne fçait poutquoy)
le cap fut leiié haftiuement 8c en grand defordte, Monluc ayât perdu enuiton foixante hôniesjmais pillé les maifons
M.P.LIII.amp; LXIII. Charies NEVFIÃSME.
dâalétour,amp; gafté les bleds à demi mcurs.ToflapresccPâ' « I mierfiegejlecapitaineS.Michelamp;foiifrere.atteintsdevo lerie amp;nbsp;de trahifö,furet tuez, enlamaifó deMarchaÃel ^loiitauban.Les ennemis cftoyent logez, es garnifuns vol-fines,ce qui induifit ceux de la ville a drelftr quelqueslt;6-pagnies 8cvnc police militaire: puis afaire des courfesS forties qui fuccedoyent heureuftmtnt : mais non pasaitâ a ceux de Caftres,qui en vne rencontre perdirent de quitte vingts à cent foldats,quafi tous enfans de la t-üle.
^utrn M- Le vingttroifiefme iour dâAoull le capitaine Bazouf tiitnidt danenuoyé par le parlement de Thouloufe fit tout fou ttuxde ni pofliblepour induire ceux de Montauban a quelqueconi' voulurent rien faire encore mefuit 4ââ âii^pyeutamis ,amp; vouloyent eiuin'iiw toutes les forces leur confeillalfent d'accoiuer.Les dernières paroles de Baeourdan contenoyent vnemoqueriede la confiance que ceux de Montauban auoyét en Dieurmaiâ Confiant niinifire le releua bien. Le $.de Septembreceui de Negropelifie ayans elle' furptins 8e mal traitez parie Capitaine Coulombier 8e lâÃucIque dcMontauban,one(-faya dây remedicrimais cefiit trop tard : 8c rLuefquefita^' fominer à coups de pierres 8e ballons fix des plus notables fes prifohniers, donc les corps furent iettez. en la riuiere. En vne fortie faite le 8.du mefme mois, ceux de Montauban defcouuertspar vn traillre furent mis en route,ayaus perdu vn capitaine enfeigne, deux caporaux, deux volontaires Se dix foldats. Ce mefme iour Marchallcl 8c Dut« entrez, à Montauban requirent quâon leur Idilfjft enifflC-ner les compagnies 8e lâartillerie , ayans logé leur armee dedans la ville: ce qui contraignit toll apres les .Confuls Deaxiefme dâaccorder ce quâon leur demâdoit. Mais celle arriuee leur fege de ni vint â propos: püiirce que trois tours apres Burie 8e Môlüt »«mt«», neufeompagnies dâbômes dâarmes, force gétilshoiH' mes jvingtcinqenfcignes de gens de pied,quatre compi-gnics dâargoulets , 8e trois compaguies Efpagnoles en chafeune defquelles y auoit quatre cens hommes,auct cinq canons, trois groÃes coulcurines Se cinq moyenne! vindtent alfieger Montauban pour la féconde fois, Alâai' rince,il y eut vne rude efcarmouche , dont lâilfue fut que les afiîegeans-abâdonrierent la place quâils auoyenc prinfe» k fe retirerentplus loin auec grand perte.- Ceux delà ville yp«r
Charus Hïvfiesmïà ioj
y perdirent le maiftre de camp de Duras, vn fergent de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
bande,vn caporal,(ix foldats, quelques ellrangers, outre â //, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0
plufieurs bleliez.Le lendemain 15. iour de Septembre lâef-carmouebe recommença au dommage des afliegeâs,Quatre vingtsbfpagnolsquiauoyentmislefeu en vn moulin» fur la riuiere de Tar,s'eftans amufez à faire bonne cherc ea vneroeftairie furent furprins amp;nbsp;tuez tous fans quâvnfetil felauualh Lâexecution fut faite par vingteinq foldats de la ville,lefquels reuindrent chargez dâarmes amp;nbsp;autres def-pouillesala veuedu camp ennemi 1 dâoù quelques vns fe desbanderét incontinct pour aller delà lâeau fecèurir leurs compagnôsrmais leur bafteau verfa amp;nbsp;furent prefque tous noyez. Le lendemain Duras fit prefenter la bataille à MÃ-luc,lequel larefufaamp;leiour fuiuantleuale liege, ayant perdu enuiron fix cens hommes amp;nbsp;les afliegez trente.
Enapparencelesafairesde Montauban eftoyent affeu- Hcmilestf rees : mais il en alloit tout autfement ; car dâvn collé Mar- t'fMtt Jt-chaftelemmenantlâarmce defnuala ville de deux groffes pieces dâartillerie amp;nbsp;de deux campagnardes,amp; furent có-traints les confuls fournir tout lâatteïiage auec leur ingenieur, item leurs pouldtes amp;nbsp;boulets.Et tout cela fut perdu toll apres en la iournee du Ver. Plufieurs capitaines amp;nbsp;foldats fottirent aulTt pour fuyure celle armee aulTi mal di-fciplioee quâautre de ce temps là . Dauantage vn capitaine relié en la ville nommé Fontgraue auoit défia parlementé auec MonluCjSc y retourna durant ces remueraens, pour alfeurer ce que nous dirons maintenant. Le propre iour de la desfaite de Duras ceux de Montauban, qui elloyct remplis dâvn trefgrand courage, commandez par Laboria enfant amp;nbsp;capitaine de la ville, eurent vn terrible alarme far les deux heures apres minuift du j. iour dâOóobre; Les TroiÃtÃti ennemis, fuyliant lâinftruâion que Fontgraue leur auoit donnee,prefcnterent lâefcalade du collé des Carmes,dop-nerent lâalarme en trois autres eiidroits:amp; à lâinllat sâadref-(erent fans bruit au fort des lacopins, cuidans que la garde feroit courue ailleurs. Mais Laboria y auoit bien poutueu pour lors tellement quenonobftant lâeffort dâvn belier ,8c 1 efcalâde en laquelle deux cens montèrent fur la premier« Courtine, fuiuis des deux enfeignes deBazourdan,ils furet côtraints feretirer,ellansli rudement battus des cafemat-J«s 8c des corps de garde,quâils y lailferent deux cés hom-à â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ..... -â'i-
M.D.LXn.amp; LXIII. Cm A RL BS NBVFIBSMI.
mes morts, trois efchelles toutes fangJantes,amp; leur belit^ ,t .,}gt; Ceuxdelavillenâyperdirentquâvnhomme.Cefutle^*^' mencement du trolïefme liege, où Terride ainenaauec» compagnie dâhommes dâarmes,dix compagnies dâinfant^' rie,amp; dâarriuee sâempara du fauxbourg de S. Antoine,»â' ne fut rien oublié de cruauté,pillage amp;nbsp;vilenie, iufquesb quâvne femme enceinte refiftant à la violécefut fendue V uc,fon fruiél arraché du ventrc,amp; aufli tofl mairacrc.Lâoâ' ziefme iour arriuerent au camp de Tcrridesi.pieces dâauâ' lerie deThouloufe,afçauoir deux canons portanslabaleilâ poids de 4o.hures,trois groffescoulcurines amp;nbsp;quatreba-îlardes, laec fcpt enfeignes depietons.Les alTiegez poM' ueurenr a la garde de toutes les portes amp;nbsp;places en chafeâ' ne defcjuellcs y auoitvn des notables de la ville amp;nbsp;vu®' mftre, qui nâen bougeoyent, ce qui feruit grandement, fâ batterie cômença le t3,iourdâOftobre,amp; cotinualesioud fuyuâsjà quoy la diligence des afiiegez remedia: 8t câefl»â merueiües du courage que tous auoyét depuis le plus iufques au pluspetit.Vn feul,afçauoir Laboria,btâ(]oitlt;â me nous dirós plus amplemct ci apres, Ayât côtinué la bât-terie iufques au 22,.du mois, amp;nbsp;fait brefehedu coftédes tué. Cordeliers,Bazourdâ lâeftât venu recognoiftre,amp; dei1oât'
nat quelque peu fon rôdathe fut atteint dâvnehatqucboU' zade au deflîis du tetin gauche,dont il mourut à lâinilât.H sâeftoit moqué delà côfiâce que ceux de Môtaubanauoyù en Dieu. Ce coup afleura fort les à fliegez, voyanslcplâ® vaillant amp;nbsp;cxpertde leurs ennemis aitifi mis parterre,«'' me dâvn trait du ciel.Lelendemain Terride fit dônet vnfâ' rieuxalfaiitjmais fes troupes furent viuement repoulTeeSi amp;nbsp;y perdirent grand nombre de leurs plus alfeurcz foldats. Lexs.vn rempardebois amp;nbsp;de tonneaux que les aflîegeans auoyent f.iit au deuant la porte des cordeliers fut brulleS depuis cefl'a la batterie,sâeftâs creuez les deux gros canés. Câefioit horreur dâouir les menaces amp;nbsp;blafphemesdesaf-fîegeans: amp;nbsp;plaifir meriieilleux de voir le courage amp;nbsp;lâaile-greife des hommes,femmes Scetifansafriegezicarchalcââ sâemployoit dâvnehardieiTe Stadreffe incroyable,iufques là quelesieuncs enfans,ayans dreifé vn corps de-gardeap-prochoyent par fois de la meflee amp;nbsp;à coups de fonde'âf' PtrliMtK) fepfoyeijf les aflîegeans. Iceux commencèrent à veilirh i'étquot; peau de renard, voyant que celle du Lyon ne leur faifoâ que mal, amp;nbsp;parlementèrent lî accqrtcment que Laboria fc
, Chà RLSS NEVrlEJME^
lOÃ
iiiCTa pleinement gaigner, lui ayant eflé promis que faifant tendre la ville,il en feroit gouucrneur pour le Roy, amp;nbsp;au- dei ton trois compagnies entretenues. La dcfliujcc traiftte fit vnc infinité de menees amp;nbsp;dâinfolences qui le defcouufirét nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l
incontinenticombien quâil fift tous fes efforts de pratiquer gens, 8t que la bonne confciencc des affiegez, procedans entoures cliolés lîmplement, ne prinft pas garde à tour. Apres beaucoup de procedures,dilputes Sc affemblees, il y en fut faite vne generale en laquelle on refolut de nâentrer en capitulation quelconque auec Terridc ni aucun des fiens: attendu que câeltoyent gens qui n'ayans point de foy nelapouuoyent ni vouloyent garder aux autres. Par mef-me moyen, les minitlrcs amp;nbsp;anciens du coinfiftoire réfutèrent amplement les obicélions que Laboria 8c les fiés pro-pofoyent pour induire ceux de la ville à fc rendre, Vndes principaux de celte menec fe retira incontinent vers Terri de,amp;luideclaira ceux qui sâeftoyent oppofezà leurs def-feinsjlâvndefquels furprins peu de louts apres hors la ville, fut detenu dans vn efgout parmi lâordure lâefpace de neuf iours.puireftranglé. Laboria 8c le relie faifoyent dedans tout le mal quâils pouuoyent pour tout gafler. Le pis elloit quâils fc moquoyent de tout ce que les minillres prefeho- â yent touchant laprouidence extraordinaire de Dieu
uers ceux qui lâinuoquent.Dont toutesfois ils furent con- ^rniiidêcidt uaincuspar deux exemples notables, Lâvn quâvn champ Di«». ' pres delà ville,apartenant a la mfre de Moncau lieutenât deLaboria,fans auoir cltélabouré,oi femé, fetrouua tout couuert de beau bled qui vint à maturité. Lâautre,quâen vn champ plus eflongné,apartenant à lâvn des minillres nommé Tacliardjprouint du millet,fans quâil y en eull ellé Ic-mé plus de fix ans aupatatiarit.
Tcrridecômcnjât à perdre cfpcrâce au regard de fes me
nées,reprint la [feau du Lyô, ceignit Môtaub.in de tous co- j^nuuiaux liez auec grolTes garnifôs.Ses gés cômirét de grades cruau tgirti dt teZjfans mefmes efpargner les fémesientre autres ils prcci- 'i'trride, piterét das vn puits 8t alfommereut a coups de pierres vne pauure vieille femme; 8c en tuerét vne autre es fauxbourgs dcsCordeliers,laquelle mefmes (cas horrible!) ils conurét ,chacncllemét apres fa mort. Ces côfufiôs auindrét au mois deNouébreiSc a lâétree du fuyuât,Laboria fc voyât au bout de fes complots, fuiui de fon fergent fe retira au camp de
! nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;O. ij.
'M««
MD.nn.amp;Lxiir. ChamIs nevtiesme.
Tetride,où buit ioursapres mourut le capitaineEfpf®?* general de touslesforts, dâvn coup de tuile qui lui toitâ* fur la telle en fe pourmenant. Cela brida fes coiiipagno*â quileiy. du mois firét vue fortie de tous leurs forts,cunâ ' furent viuenient tcpouli'cz,amp; le lendemain pareille^â'â auec grandâperte.Lele. ïerride elfayavn nouueaupH'f inent,qui iiaâyant fuccedcjlâercarniouclie recotnmençaiOâ' j tinuant le lendemain dâefpce à efpee fans aucunefiaujâ^i ban 1C,où le capitaine l.anis du collé delà ville fît merueu' les, de foire que les afliegeans furent mis enroute, tnj* celebration de ia Cene le lour de Noël, furent nomme®** /â .rr tral- excommuniez Fôtgraue,Laboria,amp; quelques autres. A® tuns qui auoyenteu part a leurs pernicieux delft ins,fi'®*' Mini»â, recognoiflance publique a la grande ioye de tous cens**'
Montauban,qui de là en auât en toutes cfcarmoiichtstââ''^ toyctauccmeriieilleux amp;nbsp;extraordinaires faeces leursf® ' nemis. Et plus onpenfoitlesintimider, plus leur coiAi* croillbit,comme ils le monifterent en deux forties du iî'^i ly.lanuier en lâvne dcfquclles ils gagnèrent m des (ortSâl en ramencrent force beftaihen lâautre peu defoldatsfeiio'' gagerent vaillamment dâentre les mains de cinqiiauio**'* ualliers,^ quelques pieiós,.dót ils blefferent les troi:pri® cipaux,tueient quelquesautres,amp; fans aucune pertef-'® tirèrent dans la ville. Le i6. Sc 18. fe firent deux rudesd' cm nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cc perte dâvn cofiéamp; dâautre,inaisplusil''
cofté des afliegeans,qui pour sâen venger vferent de ttiAquot; bles cruautez fur homines,femmes,JSc enfans, quoy tlu*â fufl'ent de la Religion Romaine, les bri.flanstoutvifsiiâ*'â quelques mtftairics 8c inailbns des f.iuxbourgs. Vn cetiâ*® capitaine nônté Coulombierelloit le principal exeeW*'!' de telles ciuauicz; mefmes le y.iour de Feurier apres ai®'* â malfacrévn home nôæé Fatigue 11 rauit la ferneamp;lilgt;® ] filledâicelui encores que tous trois fufl'ent de la RcligiôHâ maine.Mais trois ioursapres quelques vus de ccsbrullt®J furent faccagez dans le village de Galléras par le Mf®'* lâambclon, qui leioiir precedent fit vu grandbutiiidc^j â flail .i vnelieue amp;nbsp;demie de Montauban. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
' â é Lâonziefmc iour de ieunerles.rflîegeansconduitsP'';
ââ â !gt;3 Laboria approclierët fort coyemét furies dix amp;nbsp;onze 11® ' res de nuid a colle de la courtine du fort des lacopiuSâ®'; d'innercnt vn furieux aifaut qui dura deux heures. WmâH fui
I * t H A R LES N E vriE ï M î, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;107
H nbsp;nbsp;urentfi rudement accueillis, quâils sâen retournèrent en
J «(route ayans efté des leurs que tuez que blellezenuitô deuxcens,fans quâaucun de ceuxde la villeeurt receudô-
I inage.Ptndanr celt illaut ils donnèrent vu alarme du codé J du pont,où ils ne gagnèrent que des coups. Le lendemain
1 fut trouuélçpoignard de Laboria, qui demi defefperé de- Murtfub^t meuradepuis caché,Sc toll apres la paix fut frappé de mort fubite. Le deuxiefmeiourdeMars,Coulombierquittant , ~ ~ â'ueembufeade fut chargé, mis en route 5c pourfuiuiiuf- »** H quesen fou fort par ceuxde Montauban, qui deux ioiirsa-pres receurét lettrés de la mortda Duc de Guife,lt;!ont gra-ces folennelles furent rendues à Dieu.Le dixiefine iour fc dtclTa vne ter' ibie efcarmouche en tafe campagne, où il y eut des tuez amp;nbsp;blelTez de part Sc d'autre, notanimét Cou-(otnbieryfucgriefuementnaurédontilinouriit.Depuisce iouriufques au quinziefme dâAuiilque la paix fur publiée
. à Montaubaiijil y eut des courfes Sc efcarniouches au grâd defauantagedes aflîegeans, qui perdirent en ce troifieline f (â¢egc,par leur côfeflîon proprc,deux mille foldats, quator-zeouquinzec3pitaines,lieutenans Si enfeignesuttin plu-fleurs gentilhoinmes Si membres de compagnies,outre vn trefgrandnombre dâellropiez Si bleflez qui allèrent mou-fit les vns deçà les autres delà . Les aHiegezperdirét deux capitaines,deux cnfsignes, quelques membres de compa-
j( gnies Si foixante foldats au plus:îa police fur les villes ay-it efté tresbelle dans la ville iiifques a la lin du liege.
â |j Lciç.iourde Mars ^tfi.ceux delaReligiô à Carcalfône.^^^j^^^^ ijj fortis hors la ville pour ouïr le Sermô au retourtrouucrent
â J les portes clofesjSc leurs côcitoyés armez qui les faluerct a coups de trait. Les rhofes demeurèrent en fiirfeance Sc p'iurpirlcrsiufquesauiÿ.dumefmes mois que ceux de la
||( villeayi,vn chef, apres auoir fait reueue où ils trouuercc rlequatreacinqmilhómesâcómencerêticanóner8c fon-nertâboiirs Setrópettes de toutes part',dót ceux de la reli-g'ô en petit nôbrefu têt elfrayez,6cabâdünà slesfauxboui;gs
J. fe inirét à vau de route: au fnoy é dequoy ;ls furet pourfoi-iiis,lesvnstuez,Iesautres bleflèz.Dâautre Codé furet tuez par ceux de la ville balTejlaqiies Sâbatier,fô fils, 5c ti ois ou
p, quatre autres trouuez enfemble.Le 19.iour de May trois ri jjj thés miifons y furet faccagees; amp;nbsp;le iour de Pentecolle vn i)i^ lt;1 la Religion afturaraé es fauxbourgs,puis on lui coupa ie
M.D.LXI1.8C ixin.' Charles nevïtisme.
nez, les oreilles, 8c lui arracha-on les yeux. Cinq prifon-niers furent puis apres pendus,plufieursrançonnezà tou-te extrémité,8c vn gentilhomme décapité.
Ceux de Reuel demeurez paifibles iufques au ai.deMay ayant receu nouuelles de la diflTipatiô de Thouloufe ,aban-dônerent leurs biens 8c familles pour fe retirer à CaftresS ailleurs. Le Parlement de Thouloufe décerna là deffuseo
vne mefme commiflïon adiourncment trois briefs ioiirsj prinfede corps,amp; à faute (tâapprchen(îon,faifie de biens dll iugeSc de cent douze perfbnnes de la Religion. Vndu nô-bre nôraé Martin du Puits Diacre,homme riche,paifîble,S fins rcprochc,fiit prinsen vne nieftairie pres de la ville, S toil apres pendu amp;nbsp;eftrâgle',fon corps abâ donne' aux chiés apres lui auoir fecrettcment noirci au gibet, levifage,!« pieds amp;nbsp;les mains,en faifant courir lebruitquâilauoireok diable au corps- Quelques autres faifis amp;nbsp;menezà Thou-loufe furent condânez aux galere.s,ou en greffes amendesi ou bannis. Au regard des abfens,lc.s confuls 8c autrespill^ rent les menbles,annotèrent les immeubles, defpouillere' lesffemmes de tous leurs biens,amp; ce nonobflât les contrat gnirent de loger amp;nbsp;nourrir les foldats eftrangers, forceesa coups de bafton dâaller à la meffe, 8i le.senfans rebaptifez,
Caftelnm â äarri.
Ã. CaftelnaudaTi en Lauragüais,comme ceux de laRf ligion eftoyent hors la ville au fermon, quelque iouraua' i Parques,ceux de lâÃglife Romaine ay.âsatiltrévneprocel' fion generale,fe rendirét Ià ,dreir3nt lâefrarmouche à coup* de pierre par les enfan'S,puis entrez au lieu où fe failbit 1â*' fembleetuerent Vn confr illier,!e luge ordinaire, lâAuoca' du Roy,deUxConfuls, le Controlleur,gc 40.0U jo.auttd' Au miniftre nommé Gifcarr apres fa mort furent tircesl*â trippeshors du vétre,8t bruflees.Il y cutfoixâteou quatre vingts ble(rez,8c vu moulin ioignant auquelfefaifoitl* fermon bru (lé.
Litniux,
Ceux delà Religio eftas les plus forts dedas Liinoux,'âquot; Dimanche i.de iMars 1561. fur lâheure devefpresvnefedi' tion sây efmeut, en laquelle deux de la Religion Romai^ furent tuez,8c trois autres le xy.dâAuril, le tumulte sâefl*â renouuelle. Là deffus y eut guerre ouuerte entre les deo* partis.Celui de la Religion renforcé de $0 foldats venu-''â , Foix fe maintindrét cotre Pomas arriuc au feenursdesaâ',^ \,aresauecdix côpagnies 5c huift cen? bandoliers,la
Charlis nevfiksme.' io8
Efpagnols, conduits par vh inGgne voleur nommé Peyroc Loupian. Incontinent apres la defolation de Thoulou fe, le Parlement y enuoya le Marefchal deMirepoix,qui afliegea amp;nbsp;bâtit la grand ville que tenoy ent ceux de la Religion, a-uec i/.picces dâartillerie; mais en vain.11 tenta donc vn autre rnoyê,amp; y entra par trahi fô le 6.iour de luin.La fut exer ceetouteefpcce de cruauté Bc. pillene, auec violement de femmes amp;nbsp;de filles le plus deceftable qui aie iamais efté cô-niis,fans aucune diftinétiô deReligiô.Le Mini lire fut tué. Deuxgétilhômcs amp;nbsp;6o. lôldats prins prifonniers fui et pé-dus.Vnehonorable vefue ayât racheté par bóne fôme dâar gét Japudicité de fa fille vnique Je inefchât qui auoit iuré lâgarâtir,la viola en prefencc de fa mere,puis les tua toutes deux de fa main.Ceux de la Religiô Romaine nây furet pas efpargncz,ains y entua-oncruellemëc quelques vns.Lebu tin du marefchal de Mirepoix fut efiimé valoir plus de cet nulleefeus. La furie côtinuatellemét en celle panure ville la,que mefmes apres fedit de pacification publié, pour vn coup 14. hommes de la Rcligiô sâeftâs hasardez dây entrer furent tuez,amp;» n feruiteur du Sieur de Ioyeufe,pourauoir eftérencôtréà lafuitedâvn desiugesquieftoit mal voulu, fut poignardé amp;nbsp;brigandé en pleine rue.
Désle ly.iourde Mars i$6i.lcs deux partis en la ville de Beziers auoyêc efté fur le poinél de venir aux mains.Toft a-ptesjles nouuelles du malfacrc de Vaflÿ publiées,ceux delà Religiô pourueurent à Icurfeureté Scayâs introduit quelques foldats en leurs maifons au cómencemét de May 1 es i-mages furet abatues en tous les téplcs.Le Sieur deloyeufe allié du Conneftable fit tous Tes efforts,pour opprimer dâheure ceux de la Religiô-.mais le Sieur de Baudiné, cfleu chef des troupes de ceux de laReligió en Lâguedoc dorant 13guerre,Iui rompit le coup,amp; mefmes fe faifit de Magalas place forte amp;nbsp;qui incômodoit la ville,forç3 lâbfpignan amp;nbsp;y tailla en pieces la plufpart de deux côpagnies de bâdoliers, loyeufefuiui de cinq mil homes trainâs 4.canôs,deux cou-leurines,deux baftardes amp;nbsp;4, pieces de câpagne vint aflîe-ger Lignan chafteau pres de Beziers,où il nây auoit que t«,. foldats auec munition pour deux iours feulement.Baudiné amufa tellement loyeufe quâil leur donna moyé de felau-Uet.Ioyeufe tourna vers Lezignan qui attendit le canon amp;nbsp;^utforcéau deuxiefme alfautiSc ayans prins par compo-ü. iiij.
MfP.Lxii.amp;Lxrrr. Charus nevfiesmb.
fition deux compagnies que gatdoyenc MontagnaCs fâ'-â fous promeffe de viefauue,contre fa foy fit mourir quatre des principaux dâicelles compagnies.Egt;e I à il pnnc la route de Pezenas} oùBaudiné lui alla au deuan t, Si lâeuft deslait fans la trahifon de fon maillre de camp,lequel detrcnge^ tellement toutes cliofes,que les troupes de Baudiné furent furie point dâeftre taillées en pieces. 11 y perdit cent ou w vingt foldats. Ce Marefchal mourant toll apres de makdi* à Montpellier confellâ auoir rcceu de loyeufe cinq cens efeus auant la rencontre,auec promelfe dâen toucher encore deux fois autant Celle perte amp;nbsp;la defroute encore plus grande produifit vn pourparlé où loyeufe fit tant de heiles offres quâon le laifla entrer dédis Pezenastmais il defploy* incontinent les grifes,faifant tuer quelques foldats bielles amp;des habitas qui nâauoyent peu fuyurelâarmee.Sacruauté 1 lui fit perdre Beziers,ou penfant entrer il trouua vifageUe bois,amp; ceux de Beziers en campagne,qui forcèrent amp;nbsp;brU' fièrent Lignan,3pres auoir desfait deux compagnies,quih gardoyent.La guerre sâeftant tournee principalement vet^ ! Mótpeflier,ceux de Beziers faillirct dâeftre furpris la nuid , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du itf.dâOâobre,leurs ennemis sâeftis rédus coycinentau
pied des murailles.Mais il auint quâvn tambour de la vilh sâeftant enyuré le foir fe rcfueillaenfuifaut fur les deux heures apres minuiift,amp; penfant quâil fut iour fe mit à fou-ner la Diane, ce qui mit en fuite les afl'aillans, dcfquehoa trouua le matin les efchelles dans le fofle, Septoubuid
traiftres furent attrapez là deflùs ,conuaiiKus Scexecuiei-huift iours apres ,les ennemis vindrétdcbrauadeenpie''' iour dóner iufques aux barriercsimais à leur dam,le pritici-pal de leur troupe y ayât elle' blelfé tellemct quâil en moulue toll apres. Le a.de Nouebre fut enuoye' de Beziers le* cours de deux compagnies à ceux de Môtpeflier:8£ au bout de dix iours ceux de la garnifon de Beziers desfirent le capitaine Laiiragues auec fa compagnie pres de Celfenon.h y auint tort apres vn fait remarquable, pour taxer lâauiricc de quelques vns, amp;nbsp;monftreraucc leiugement de Dieo^' malheur des guerres ciuiles.Antoine Sauin feniiteur d . bourgeois de Beziers ayant elle prins en vne efeartnouebe I ceux de dehors offrirent le rendre en efch.inge dta 1 cheual gaigné fur vn de leurs capitainesen la mefmee*' 5 çarnaouche, Qn aima mieux laiffer pendre Sauin que ren-s; y
ChARIïS NEVrlESMl? lO^ dre le cheual.Mais en vne autre Portie peu de iours apresce eheualfoiten bouché, pienant le frein aux dents empor-vn gentilhomme auquel il auoitefté donné au milieu des ennemis,qui tuerent lâhomine amp;nbsp;regaignerent ce che-ual.Cemefme mois comme ceux de Beziers eftoyent en peint pour le payement deleursfoldatsjencreufantvne foffe à lâendroit où le chapitre de S. Nazaire auoit acouftu méde fondre fes cloches,on trouua vnegrand etable dâargent,qui fut auffi toll: rompue amp;nbsp;monnoyee à Montpellier, dont les fol d at s furent payez. Les nouuelles de la iournee de Dreux furüenans là deflus,!! fut quellion de penfer mieux que deuant à la fcureté de là place. Pourtant apres auoir amené de toutes parts le plus de viures quâil futRof lîble,ils prindrent par efcalade Seruian, forcèrent la ga i ni-fondeCalbuls,remedierentau dedans à quelques mutineries,rcpoufl'erent vne efcalade, amp;appaiferent par lâentre mife du lieurde Cruffol plulieurs grands mefconrente-mens furiientis entre quelques vns du lieu amp;nbsp;les ellran-gers.Surquoy auint quâvn de la ville, indigné quâon auoit challé quelques liens compagnons rencontrant furvn répart Antoine Duchemin,doéleur en medecine, homme de grand fçauoir amp;nbsp;iugement,le précipita du haut en bas, dût il mourut au grand regret de tousice meurtrier sâeflant fa u né au camp des ennemis. Ces chofes auindrent és mois de lanuier,Feurier,amp;commencement de Mars,ledixfeptief-meiourduquel le capitaine la Coftcjcommandant dedans Bezieres,print par efcalade Villeneufue les Beziers. Toft apres la paix conclue amp;nbsp;arreftee,les garnifons qui eftoyent autour de Beziers fe retirerent amp;nbsp;la ville demeura en repos,iouilTanc de lâexercice de Religion que le Marefchal de Danuille abolit depuis.
Au temps du malTacre de Limoux.ceux de Beaucaire a-uertis quâon les vouloir faccager le a.iour de luin,obtin-dtent quâon leur eniioya fur la fin deux compagnies de Nif mes conduites par S.Vcran,Beauuoifin, Scruas amp;nbsp;Bouillar giies,qui firent en forte que sâeftans rendus mai fl res de ville amp;nbsp;chafleau fans olFenfer perfonne, ils mirent bas les images amp;nbsp;autels, dont ils firent deux ou trois feux par la ville, puis fc retirer entayans lailfé vne compagnie pour la feiireté de ceux de la Religion. Mais leurs aduerfaires à lâaide de Viguier deTarafeô receurët le flair du i'\iour de îuifi plufîeurs füldats vcftus en payfans :amp; fur les onze
Mgt;D,ixii.amp;LxiiE Charus nevfiisme'
heures de nuift ayans fait vn fignaJ à ceux de Tarafcon n jr ayaniqusleRhofne entre deux, quâils eurertantoflpalfe ils entrèrent par la porte, qui leur fut ouuerte dececoftti ' iufqués à quinze ou feize censveftusde chemifcsblan-ches,amp; commencèrent à tuer amp;nbsp;piller ceux delà Religiéi lefquels fe fauuerent quafi tous au chafteau, entreautrçs le Miniflre,qui ayant prié Dieu amp;acouragcchafcun,sâaui fade dcualer vngaribnauec vnecordepar la muraille pour aller à Monfrâin demander fecoursà toutes auanture'.D iour precedét Seruas amp;nbsp;Bouillargues auertis que leurs ennemis sâefloyent faifis dâAramon , eftoyent ( fous ef-perance de les dcfnicher delà ) venus à Monfrâin: mais nâayans rien fait,ils sây arrellercnt pour auoirvnebar-que chargee dâennemis titans à Beaucaire , laquelle ils gaignerent, ayant desfait tout ce qui eftoit dedans:3£ ne penfoycnt quâà sâen retourner le lendemain. Mais ce garfon paruenu à eux,ils diligenterent tellement, que furies huit heures du marin ils arriuerent,afçauoir lâin-fanterieau chafteau amp;nbsp;la caualerieaulong des Oliuiers, paflà ntle long de la muraille, pour aller à la rencontre de ceux qui charrioyent le butin cueilli toute la nuid iufques doux des mai fous. Seruas defcendant du chafteau .après quelque refiftancc enfonce ceux qui eftoyent dans la vil' le ,en tuegrand nombre, amp;nbsp;pardonne à quelques vns qui iettoyent les armes bas,crians mifcricorde.Bouillargues K fes caualliers las de tuer ceux qui sâenfuyoyent amp;nbsp;fauto-yent par deffus les murailles, entrent en la ville amp;nbsp;en dcf-pefchent autant quâil sâen rencontra.Quelques vns efchap-pez dans deux bafteaux amp;nbsp;fur'vn radeau, mais les bafteaux enfoncèrent au milieu du Rhofne amp;nbsp;le radeau pres de Valabrigue : tellement que prefques tous ces pillards fondirent en lâefpace de neuf ou dix heures. Les ennemis sâaffemblerent incontinent à Tarafcon,appcllcrët leurs voifins au fecours,8£ paflerent en diligéce le Rhofne,pour eflayer de reprendre Beaucaire; mais S. Veran ayant amené auffi vn fecours de trois cens hommes,ils fe retirerent, ' AinG la ville amp;nbsp;le chafteau demeurèrent en la puiffance de | ceux de la Religion iufques à Pedit de pacification. Enuirô i vn mois apres les compagnies de CaftresSt Roquecourbe, 1 de la Religion,prindrent par efcalade vne petite ville nom mec Venais,où eftoit vne gatnifon de voleursjdont les vns
furent |
Charles neveiesme. ho furent tuezjlesautres emmenez prifohnierSjamp; depuis execute! par luftice, elUs cóuiincus de voleries amp;nbsp;brigädages.
Ceux de la Religion à Montpeflier ayans entendu ce qui . sâeftoit pafle à ThouIoufe 8c ailleurs,fe firent les plus forts. Presdâeuxfe rendit Baudiné, amp;nbsp;y trouuant Grille, Bduil-largues, Tliouras amp;nbsp;Montvaillant, entreprint dâaller af-ficgerFrontignan : mais il y rencontra forte partie, lo-yeufey eftantacouru au fecours fut repoufi'épar Bouil-â largues amp;nbsp;Grille .-mais cependant deux frégates de Pro-uençaux vindrent au renfort de la ville: ce qui contraignit Baudiné de retourner à Montpellier, où il trouua la guerre , fit rafer les fauxbouigs, qui eftoyent prefques aufli grands que la ville , amp;nbsp;y eut trente temples mis par terre. Celle démolition , au grand preiudice des particuliers, incommoda fort les afliegeans, qui furent contrains fe çamper à vne licuè Françoife de la ville, où ils alTaillirent vne tour antique amp;nbsp;non flanquée, contraignirent quelques harquebuziers y logez de fe rendre la vie fauue : mais ils les tuèrent tous au fortir.llscn firent autant au capitaine amp;nbsp;à vingt foldats qui leur vendi- , rent le chafteau de Maguelonnetcar a lâilfue tous eurent la gorgecoupee. En cetempsleBaron des Adreisdefccndu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
aufecours en Languedoc,arriua au camp dcBaudinc le 13. ââ¢â «i de Septembre : Sr'fur la nuiftdumefme iourallaillit par trois endroits le camp ennemi, de telle vigueur qitt sâil euft , »«*⢠1 lt;nbsp;pourGiiui lufques au iour,toute celle armee là cfloit des- ***,'â â¢â¢ â faite.Mais fur la minuid on fonna la retraite, amp;nbsp;trois iours â¢â¢â¢ â-,7 v «, apres lui amp;nbsp;les liens remontèrent aufli ville quâils ello-yent defeendus. Toutesfois il latfla pres de Montpellier trois compagnies dâargoulcts , qui firent rude guerre aux bandoliers. Les ennemis ayans furprins 8c iiiconti-lt; nentpeTTdià *à vn arbre deux miniftres, aucuns de leurs pri-fonniers à Montpellier y furent traitez de mefme quelques heures apres.
Baudiné aySt entédu que les lîeurs de Suze 8c Sómeriuc icunte me. chef, de IâarmeeTriuuirale en vne partie du Languedoc a- memble dt uoyet palfé le Rhofne auec enuirô trois mille pietons,qua- S.CiÃci. ti e ces niaiflres,deux canós amp;nbsp;vne couleurine,ramena Ton täpdedäsM0tpeflier,8e enuoyaGrille pour letter quelques liirqncbiiziersdedâs.S.GillesiVillettefurleRhofne.IIauoic 'a conduite de trois côpagiiies dâargoulcts Prouéçaux .luec
M.D. LXII.amp; lîin. ChjULB! NSVFIESMI;
fix censpietôs fous U charge du capitaine Rapin.Bouillat-gues amp;nbsp;Albenas auec leur cauallerie tirèrent à Nifmes. Toutes ces troupes iointcs cnfenible en intention de fe-tourir S. Gilles, fe trouuercnt faire nombre de fix cens cheuaux amp;nbsp;de huit cens hommes de pied.Partis de Nifmes le 17.de Septembre,ils furprindrentà demie lieuè pres de S.Gilles trois caualiers Prouencaux, donc ils tuerent les 4cux, amp;nbsp;fauuans la vie au troifiefme fceucent le defordre qui efioitau camp ennemi: au moyen dequoy ilsauancét, Si eftans defcouuerts les gens de Suze amp;nbsp;Sommeriue,tant captraines que foldats, fe mirepten vau de route auec U plusgrandâefpouuante quâon fçauroit imaginer. Bouillar-gues au lieu de tirer droit à S. Cilles, commence a donner fut ces fuyards, qui ne coufterent quâà tuer , pas vn dâeux ne tournant vifage. Grille chargea dâautrepart, tellement que deux millehommesy furent que tuez que noyez, e-flansgaigneesles barquespar vne partie de ceux de chc-ual,les autres fuyans à brideabatue vers Fourgues Si Ai-guesmortes,où toutesfois ils nâatriuerent pas tous.Tout le bagage du camp fur gaigné amp;nbsp;dans les coffres de Suze Si
_ Sommeriue furent trouuees plufieurs lettres amp;nbsp;comiflions bien eftranges.Le butin fut grand, pour ce que ces gens là , .O*»!«*«' sâcftoycntfournisdâcquippagecomraepouralleranop-cesîamp;sâytrouuaentreautres harnois de leur guerre vne B J infinité de nolûs 8i de liures dâamourj,qui furent tousró-amp; bTKcz.Les deux canons furent pris auec vingtdeux en(cignes,8£legu!donducoIonnel,amp;ferrezà Nifines:la couleurine cftaiit coulee au fond du Rhofne, dâoù il ne fut poflible la rctii er.11 nây mourut pas vn homme de la Religion par la main des ennemis, quinâeurent que des pieds fît mal habiles ce iour là : ains feulement deux furent tuez par ceux de leur parti mefme,ayans oublié le mot du guéti qui eftoitSalomon: comme au contraire quelquesEfpa-gnols amp;nbsp;I talicns,l'ayans retenu,fe fourrèrent parmi les vi-ôlorieux:mais leurs langues lesayans defcouuerts,ils paf-ferent au pris des autres.
Embufeadt Pey Je jours au parauant ceux de la Religion auoyent Ãejucoiip perdu en la mort dâvn des Gremians, braues ca-pitaines,amp; du ieùne Maillane ayantcfté furprife amp;nbsp;forcée vne en^b^feade par eux drelfce aux ennemis. Maisauant que mourir ils védirét leur peau,ityâs toc grâd nombre d* ceux
Chariïs HlTriItUI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ill
teux qui les aHaillirct, au nóbre deftjuels fe troutia Peyrot Loupian chef des bandoliers. Le premier iour dâOftobre DefruuitJu ilsreceurentvneautrebafionttadcjle capitaine Grilleden fié de fa viäoire, amp;nbsp;mefprifant pluliturs bons auis , ayant efté desfait aux Arenaffes,auec perte de cent à fix vingts foldats.Baudiné courut le defgager,tua grand nôbre dâen- . nemis,8c ramena Grille à Montpeflier. Cependant la def- nbsp;nbsp;ââ
route fut fi grande que les vus fuyans vers Lunel,lesau-tres à Maugueul,les autres vers Sommiers, à peine la rroi-fiefme partie râentra pour lors dans la ville, 8e pafferent quelques iours auât que lé tout peufl fe raflémbler.Ioyeu-fe dâautre collé voyoir fondre de iour à autre fon armee, parntiferes 8c tnaladiesxequi lui fit demander parlement, où il obtint palfagc pour fe retirer. Neantmoins il failùic par les garntfons de la vallee de Mont ferrant faire des cour iei tous les iours iufques aux portes de Montpellier, quoy quâà fa perte, fur lâefpoir dâemporter la ville par le moyen des intelligences quâil y auoit,defcoüuertes par deux des principaux de la mence, qui condamnez pour autres cri-nies,confefferent fur lâefehafaut leur trahifon.Les capital-nés Grille 8c Bouillargues gaignerent le 9. iour dâOâobre tifairti de »netourdite laCarbünniereaflifeéspalus dâAiguesroor-«»* de ta cesjSt y atnencrent les barques,auec lefquelles fut enleué le fel de Pequais,dont ceux de la Religion firent depuis de grands deniers pour les frais de la guerre, Pourreuenirà loyeufe,eftà nt à Pcrzenas,pat le moyen de quelques trai-firesjil fit noiiuelle cutreprife fur Montpellier : mais fa mine ayant elltSefuentec,8c Baudiné ayant prins vne villette 5;,^, Æ fur lcRhofne nominee le Bourg,il allaalTicger Agde,où lt;lt;«. lecapitaine Sanglas commaodoit.Lepremier iour de No-uembre fut donné lâaffaut qui dura quatre heures , où Ion vint de pres aux mains. Les affiegez y firent vne relillance nompateille,pourfuyuans leurs ennemis iufques bien loin hors delà brefche:8c fe trouua vne femme qui fit meruetl-les aucc vne efpce ballarde,Ils repoufferent de mefnie lâef calade en vn autre endroit. Le lendemain ils furent renforcez tant à poinft par le prompt fecours quâvn foldat de lâville,nomniéTrcncaire,lçiir amena de Beziers. Câefto-yentfix vingts harqnebouziers qui conduirs dâvn heur particulier pidferent vn grosruiffeau,ayanslâeau iufquâaux , aiflelles,portas leurs (laïques,Sc vn paquet de poudre pour â¢
M.D.txn.Stixili.' Charles nev hesme.
renfort au bout de leurs harquebouzes. Le troilîefme du mois, loyeufe commanda vn ûcond alfaut : mais il ne fut gueres bien l'erui,encores le furent plus mal ceux qui lui o-Dfj/4lt;1lt; beirent. Au moyen dequoy fur laniinuift du lendemainil eCvr.! ^) tcoulTi bagage fan camp parti en trois troupes, lâvne def-troupe) de quelles tirant à Gignac fut choquee li rudement pat Botiil-largues, quâil leur tu I deux cens feptantc quatre hommts de conte fait fur le champ : entre lefquels fe trouuerent les
Exploitj dt 'ScuiHar-
S«tâ.
trois principaux delà troupe. Quant à lui, il ne perdit pas vn homme, fors, le pauure payun qui lâauoit guidé,occis parvnfolilat pour nâauoirfceu dire le mot. Bouillargues retitéà NifmejjSc auerci que trois cens hommes logez dansAramon faifoyent des courfes iniques aux portes de Bâgnolsjtrouua moyen de les enfiler en vne cmbul'cade,oli la pkifpart furent tuez,amp; mitauflî à fond vne frégate quâils auoyent amenée. Il s'empara toft apres de S. Laurent des Arbres, au Contât amp;nbsp;en cliafla trente cinq lanciers Italiésj foixante argouletSjSc vne compagnie de piétons, ayant perdu fept hommes à lafape,Sc tué quelques Italiens.
ErtcutiM de ejuatre tjiegti voleur).
Ceux de Montpellier auertis que certains voleurs auoyéi furprins le Bourg,amp; meurtri deux gentilshommes,afliege rent la place auec le canon de S.Gilles,?c la forcèrent le it. dcNouembre,où fuient tuez quatre vingts de ces voleurs, outre vne bafteleequi fe noya,enfc fauuant parla portedu Rhofne.Dâautre collé le capitaine Aiflèjamp;Rays guidon de Bouillargues,quigardoycnt la Carbaniere, pour molellet Aiguesmortes,furentfurprinsen vnecmbulcade Si tuez lemefmefour.
Lâonziefme lourde Décembre fuyuant, ceux de la Reli-^Sedarieux, gion qui auoyent cfté chaflèz de Bedarieux dés le mois de iuillet,recourus parlagarnifon de Beziers,furprindrent la, ville en plein iour,amp; la tindrenr-toufiours depuis jufques a Ledit de pacification.Huiû iours apres, Rapin gouucrneut de Montpeflicr auerti quâvne troupe de brigands logez dis .XjwBf. Agnane,dâoù ils rodoyent amp;nbsp;faccageoyentlcpais dâalen-t'Our,auoyent conuié tous les preflres leurs voifins pour y venir faire enfcmble leurs Bacchanales,acompagné de cinq cens harquebuziers.Sc de la caualerie de Gremian,lcur alla donner vne aub4de,furprint les Vos endormis,lcs autresen
â¢â¢-e' chemifetprefques tous furent mis à mort, les furuiuans a-V. j menez prifonniers à MontpeO;er.En celle bonne compagnie
Ch A R L I ! N E V I It s M té nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I12i
gnied'Agnanc fc trouuerent quelques damoifellcs dcMôt-pefliet qui sây eftoyent retirees pour auoir à commandement la mefTe , amp;c. Depuis ce temps Montpellier demeura au large iiifques à la fin de la guerre, que le Le Tl^j rt^ fleur de Caylus enuoyé de par le Roy amp;nbsp;laRoine pour«««» ceux faire publier lâedic de pacification en Languedoc dcclaira au fleur de Cruffol gouuerneur de la Prouince,amp; i ceux de la Religion que leRoy amp;nbsp;fa mere auoyent à tout ce quâils auoyent fait pour leur iuftedefenfe, les te- ieit, aprew noitpour bons amp;nbsp;loyaux fuiets, voire les remercioit da leur iufit bon fcruice par eux fait pour le bien delà couronne ; puis ÆÆÆquot;â/'â nbsp;nbsp;nbsp;,
en vertu des lettres patentes de fa commiflion donnée quot;âââ «we»' Amboyfele 6. dâAuril, apres auoir oui les remonftrances de ceux de la Religion quifupplioyent que leurs ennemis ne filfent donc plus aucun adte dâhoftilité: St que loyeufe, lequel auoit introduit les Efpagnols dans le Royaume ne fuft point leur gouuerneur,il fit publier lâédita Montpef-lier.Q^uant aux remonftrances,ceux deThouloufe amp;nbsp;dâail- nbsp;nbsp;nbsp;/
leurs commirent vne infinité dâexces depuis la publication de cell edit ; loyeufe eut la lieutenance de Languedoc, dót le principal gouuernemét fut commis au fieur de Danuille, ennemi capital de ceux de la Religion,amp; Cruflbl dégradé. Puflaurëi.
Le x8.de Décembre i5lt;5î.ceux de Puylaurens rentrerét Pâfefcaladedansla ville, donc ils auoyent efté tirez par cautelle,8c y reftablirent incontinent lâexercice de la Religio,qui y côcmua depuis.Ttois fepmaines apres Peyrot fils deMonluc aflîegea amp;nbsp;bâtit auec quelques canons cirez de Thouloufe deux petites villes feparees par certaine riuie- s.Faul. renommee Agour,afçauoirS.Paul Sc Damyatequâil traita Dtunyaie. ttefcrucllementles ayant prifes le 5.iour. Le miniftre fut lauué par vn capitaine Gafeon lequel ayant tué vn preftre cria que câeftoit le miniftre,lcquel il fit conduire trois iours nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
apres à Caftres, où ceux de la Religion demeurèrent les plus forts durant ces troubles,
Difons aufli quelque ebofe de ce qui auint en Ces miferables temps en Viuarets, en Rouergue, en Gi-uaudan, S en la Comté de Poix : puis nous parlerons du Lyonnois, de Dauphiné amp;nbsp;de Prouence. Ceux de la Neunay. Religion à Nonnà y , sâeftans rendus maiftres, au mois d'Aurilijex. incontinent apres les images furent aba-tues,amp; vne célébré chalfe nommes lesfainftes Vertus,
AI.D.IZII.amp; IXtn. CHARltS RtVtlES Ml.
ouuerte amp;nbsp;bruflee publiquement. Ils demeurèrent pa'G, bles iufques à la Gn dâAouft que leur gouuerneur nom Æ Sarras,menafl'é dâvn Gege,amp; fentant la ville defgarnic d2lt; mes, fortit le zy .dâOélobre,fur le foir, amp;nbsp;lé trouualeleU' demain au poinél du iour à Sainct Eftiéne en FoteftjviUt'quot; terenommeepour la multitude dâarmes qui sây forge;S foudain mettant le feu aux portes y entra, Gtptenute S emballer toutes les armes qui luifaifoyenc bcfoin,fanscô-
frtmltrt frinfi.
mettre autre exces.Mais ayant vne grande tournee de retraite à fairCjfes troupes furent desUites, lui prins prifon-nier, vn Genfrere fort blefle,amp; de ceuxdeNonnay enui-ron fix vingts que tuez que bleflez, amp;nbsp;bien mal traitez de-puis.Les pauureshabita.isdeftituez dâarraesjde gens amp;d* gouufrneur,commencerent à sâenfuir les vns apres les autres. Mais on ne leuren donna pas le loiGr: car le dernier jour du mois le Geur de S.Chaumont,leur ennemi mortel) enuoyéparleDuc de Nemours (qui lors faifoit la guerre au Lyonnois)furprint deux portes amp;nbsp;entra dedans la ville» qui fut pilleeiufquesauxgondsjbarres amp;nbsp;ferrures: beaucoup de fang humain verfé en terre, amp;nbsp;inGnis horribles blafphemes crachez contreleciel.Vnferrurierfomméde renier Dieu pour auoir la vie fau ue,ayant refufé de ce faire fut découpé à coups dâefpee. AmefmeoccaGonvnpayfau fut affommé du talon dâvne harquebuzc. Vn pauure clou-fiieraagé de 8o. ans nâayant voulu fe donner au diablefui trainé par les cheueux en fa boinique,enleuéfurfonenclu me,fur laquelle on lui efcarbouilla la telle à coups de marteau.Le feu misa lâvne des portes brufla vingt deux mal-fons.LeGeurdâAchô tauageoitcepédâtparles villageseO la mefme forte que lâautre dedans la ville.Enuironlafinde Décembre le Geurde S. Martin lieutenant de Crulfol ea ViuaretSjVenu a Nonnay Gt reparer les murailles 8c pour-ueut a la defenfe de la vi!le,y laillant quelque garnifon fous les capitaines Proft,le Mas amp;nbsp;Montgros, qut furent afl'C' gezleio.de lanuier 1563. par quatre mille hommes commandez par S.Chaumont, lequel nâeftant gueres propre a forcer places,print vn autre chemin, prelèncanthonnefte compoGiion pour la feurcté tant des eftrangers que ds ceux delà ville.CcftecompoGtion acceptée, Achonvoulut commencer par les eftrangers qui fe retiroyentSC les bâcher en pieccstmais vaillamment repoufle par Montgros,» alla
Charles neveiesme^ irj ' alia defcharger fa cholere autour de la ville, pillant amp;nbsp;tuât * tout cc quâilrencontroit çà oulà ,fansrefpeôtdc fexe ni , dâaagc. Ornonobftantlesproineffesfigneesamp;iurees, S. Chiutnót laifla entrer furlefoir fcs gcnsdepiedctilavil-^ââ''*quot; le .aufquels fut baillé pour mot du guet Ja double mort-Dieu. Alors tout ce que la cruauté mefme fçauroit machiner fut exécuté. Trois des plus notables furent précipitez dâvne Eau te tour en bas en prcfencc amp;nbsp;par commandement de S.Chaumont.Plufieurs autres furent précipitez comme par pafletemps, entre lefqacls fe trouuerent deux ieunes laboureurs qui ne pouuans fournir deux teflons quâon leur deinaaJoit firent ce faut mortel. Les vns eftoyentbruflez dans,leurs maifons,précipitez des feneftres en bas, les aUr ttes alTommez fur le paué,poignardez par les rues, les pri- Dtfilatltx funniers expofez à lâencan: amp;nbsp;sâil ne fe trouuoit acheteur e* extreme. flÃyent mafl'acrez fur la placeiles maifons raifes en cèdres, fiquclquâvnnefe trouuoit pour conterargent:amp; yen éut fixvingtsbrudecsdecefte façoniles femmes amp;nbsp;les filles y furent indignement traitées. Vne panure ieune femme trouueecachee dans vnemaifon aucefon mari, fut violce enù prefence, puis contrainte de tenir lâefpee en fa main de laquelle vn autre lui pouffant le bras tua fondit mari. Ce que les foldats ne peurent emporter fut brifé amp;nbsp;mis à perdition,tellement qu'il fe trouua plufieurs caues pleines de vinefpandu.les tonneaux ay ans efté percez à coups de juftoles. S. Chaumont fittaferlaplufpartdes murailles de la villelufquesauxfondemens, defmantelerles tours, o-fler les portes:amp;alla faire quafi deraefineaÃonlieu petite ville à demi lieue de Nonnay. En defpit de toutes cesfu-reurr, les reftes des habitans de Nonnay fe raffemblerenr, eurent leur miniftre,8c lâan i564.rexercicc public, qui y cô tinuaSc en lâan 1594.que nous defetiuions cefte hiftoirc y elloit,la ville reftablieamp; peupleeparvnefînguliete benediction du Tout puiflant.
EnR-ouergue, Monluc ayant fait exécuter à mort fans figure de procès vn bon pcrfonnage,qui fouloit recueillir à Villcftanche tous les gentilshommes de la Religion, Val-fergues laiffé gouuerneurde la garnifon ordonnée en ce lieu fit mourir vingt fix autres de la Rcligion,amp; rebaptifer les enfans:filles amp;nbsp;femmes y furent violées amp;nbsp;y eut vne bot tible diffipation,com.Tie auflî à ViHeneufuejPerroufTe,
⢠- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j.
M.D.LXII.amp; Lxiii. Charles nevfiesmï. | * FroiflaCjS3uignac,laGuepye,Efpaillon,S.Afnque,parit moyen deIâarrierebaii de Rouergue qui y furent enuoyez. , f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mais Brefeul,Compeyre,Millau,S.Fclix,Cornus, amp;nbsp;le pót
de Cainares tindrcnt bon.S.Antonin fut aulTi regaignépar Sauignacpourceuxdela Religion au commencement de May.Villeneufuçfut reprifc dâemblee par le capitaine Bol-fezô amp;nbsp;recourue parSauignac.Côpcyi e alliiege par Vefin S autres fedcfédit : ceux de Millaü voulâi fortirpourlesre-fraifchir perdirent vingteinq ou trente homes ccd'iits pat vn nommé lâeigre,lequel fait prifcnnier , amp;nbsp;menéaThuu-loufe,y fut defmembré tout vif,a la follicitation du Cardinal dâArmaignac.Le premier de Décembre Sauignac ayant failli de furprendre V il le fi anche,(e retira auec cent foldais ! aeMts. tlÃs le chafteau de Granes,cù il fut incontinét inuefti,amp; cô- j craint a faute dâeau,les côduits de la cifterne ayans elle' eni-poifoniiez dâentendre à compofition, dont lâvn des articles lignez authentiquement, portoit que lui amp;nbsp;les Gensaii-royent la vie là uue.Maisau fortirSanignac amp;nbsp;les autres furent tuez a coups de liarquebouzes, amp;nbsp;de tout cenombft nâen efehappa que fix ou lept. Depuis,quand on parloit de trahifon, Ion mit en amnt la foy de Granes. Millaufemit fous la proteélion de Cruflol gouuerneur de Languedoc.
Le fajs de Le Giuâudâ nâellojt pas en repos durât telles tepefies Sut UMauäan. Ja gu Je luin,ceuxdesCeucnes fiirprindrét vn bourg nôwe lâberigaut.La religio quâils y plâteret fut de piller amp;nbsp;brui' 1er quelques maifoni.Qn^inzc tours apres,entrez à Quefac ilsbruflerét vneimage, furnômee noftre dame,fürtrenó-7lt;^éfr,Æ4((f. mee au pays, firéc vn butin de reliques amp;nbsp;autres tels orne-raé ,mutant à x8o.marcs dâarget. Delà venusà Médeilsy iUniie, entrerét par côpoiîtion fur la fin de luilletjmaisleur outre-cuidâce les perditxar au lieu de fe rcndie les plus forts,ils permirent à vn mimllre nSmé Copier qui les accôpagooit, de faire du capital ne,dâordôner des deniers Si des afatres de la guerre,côme sâil eu fi eflé quelque colonnel des vieilles bandes. DiUantage Copier amp;nbsp;autres aufîi fins que lui en ce niefiicr, penfans de leur ombre faire peur a chafçuii, en-uoyerenthors à vneautreentreprife vncertain chaulTetiet dâAlbi nommé Crifas,capitaine taille tout de frais, amp;nbsp;fur-uômé la Croix,auec cét ou fix vingts loldac',qui coûtas 11 Câpagneen deflbulde furent furprins amp;nbsp;tuez pourlaplu-fpaitjle refie fè fà uuâc coine ils peuiét dans la ville deMir-⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uejolû
Charlis mithiihê 114 uejols.Le ieune Treillans qui auoit depefche ceux là gt;nbsp;pic-que auec fa troupe droit à Mende, où il entre £à ns rcüftan-ce,troufleprifonnierlegouueroeur,bâutine mefnie vn ri-the calice amp;nbsp;Target du Roy j Sc sâen retourne en Rouerge, laiflant Mende a lâabandon, où dâautres du parti Triuiiiui-ral entrèrent, amp;nbsp;retindrent prtfonniers Copier auec vingt cinqfoldats.Ceuxde MaruejoJs,quitenoyent pour le Pnn ceayâsafliegéChirac, où il y auoitdes preftresfort ef-chaufez, quelques gentilhommes effayerent de ranger les alTiegez à quelque compofition: ce qui ne futpoflible : au moyen dequoy lex4.iour dâAouft 1561. quelques defenfes ayans efté abatues amp;nbsp;le feu mis en trois portes, amp;nbsp;vn trou fait à la muraille, la ville fut forcée, plus de quatre vingts homes tuez, le téple brullé,enfemble trois ou quatre mai-fons,pout auoir ceux qui y eifoyét cachez,les cloches fondues amp;nbsp;la ville defmà telee.Les troupes allerer puis apres à Méde,pour la pillerimais il y eu t refiftâcc,amp; ne peurct faire autre chofe finô ramener faufs Copier amp;nbsp;f«s compagnons.
Sur la hn de Septébre, le Baron de la Goize éntra dans lé Giuaudâ,qui côméçoit à iouir de quelque repos,amp; y cômit descruautez,vilenies amp;nbsp;pilleries cftrâgcs, Vn de fes troupes fut defefperé iufques là de rauir vne fille,amp; côtraindre le pereaagé de quatre vingts ans dâeftre proche fpeftateur lots quâelle fut violee.Aai cómencemét dâOdobre,le Ãaro de S.Vidal, Treillâsamp; autres ayans ramafle leurs forces au nôhre de deux nul hommes,pour sâaller ioindre au fieur de loyeufe au fiege de Môtpenfter,receurét les nouuelles de la desfaite de leurs cópagnós à S.Gilles.Cela leur fit changer dedeffein amp;nbsp;conclure dâaller à Florae quâils alïlegercnt, bâtirent, effayerentdâauoirpar efcalade, parlementctie, ûppCjalTautjlâefpace de huid iours.11 nây auoit dedans que huit hommes de guerre commandez par vn vaillantfol-dat nommé Boilfy,de Montpeflier. Les affiegeans ne gai-göerenc que des coups , amp;nbsp;fur vn bruit ferne entrâeux que Baudiné venoit au fccoilt;s des afficgez , leuerenc le camp à leur grande confufion, amp;nbsp;en mcrueilleux , defordte. Les femmes firent nierueilles en ce liege: 1 car elles ne cefToyent de tirer huquebuzades , letter cailloux, rouler des pieces de bois fut les affaillans: amp;nbsp;faifoyent les rondes. Le miniflre nommé Lonys du Mas y fit auffi yn mcrueilleux deuoir en Tcxercics
P. ij.
M.D.ixir.St Lxin. Chah LIS ni v f iesms.
de fa charge amp;nbsp;à encourager chafcun. Sur lepoinft quelc liege fe leuoit Boifly fut legercment atteint dâvnc harque-bouzadexe quâayant diffiinulé pour nâeffrayer fes gens,amp; laiffee fa playe a penfer,il en mourut quelque temps apres, au grand regret de tous ceux de la ville.Le mois de lanuiet 1563. fe pafla en quelques courfes amp;nbsp;pillages de coflé S dâautre.Sur le cornmencemenc de Feurier Coff.irt gouuet-Recoles afliega Marchaficljchafteau apartenantau ficur de Peyre, S Payât prins par trahifon, tint aux foldats la foy de Granes. Peyre en eut fa reuenche, ayant act rappé ; Ccdfart,tué enuiron feptâte de fa faite,reprins Marclialfel, chaffé les garuifofls de Haumont amp;nbsp;de Serniantes.les pat ' tifans du Triumuirat s'eftans raniafl'ez 8( renforcez, cent cinquante hommes fortitent de Maruejols pour les teco- gt;nbsp;Htumtnt. noiftre: mais on leur coupa tellement chemin qu'ils furent । contraints feletter dedans Haumonr, où il nây auoitpoul- | dres ne viures pour fouftenir vn liege.Les afliegez voyans | quâils ne pouuoyent eftre fecourus de Maruejols, fc fount , «ans de la foy de Granes,le deuxiefmeioutdu fiege,entie ' les dix 3c onze heures de nuiftfottirent les armes au poin; faulfcrent trois'cofps de garde, amp;nbsp;fe redirent à Maruejols, â 'ayans perdu toutesfois vingtlix hommes de leur compa- 1 giiie.tüezencombatant, amp;nbsp;quatreprifonnierstraitezà la façon de Granes.Quelque temps apres lâedit de pacificatiô futaporté amp;nbsp;public par toutlcGiuaud3n,nonobRâc quoy, le Marefclial dcDanuillefit receubirauee la meife des trou pes de gens de pied amp;nbsp;de cheual dans MaruejoU, quiraua-gerent tout le pays de Giuaudan de lieu en autre auec tou-
fà lnce tiu tres firent auifi des defordres apres lâedit: mefmesceÃiro 'Rartn i/e Z.» sâoublia tant que dâalfieger Florae le cinquiefme iour dâA-uril, pour auoir vne ieune fille dâexcellente beauté, qiiâila-uoit parauant effayé dâenleuer par tous autres moyens, mais le fieur de Baudinc venu au fccours garantit 1âlióncur de la fille Sc les hibitans de lï ville.
- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,, En la Comté de Foix Commandoit le fieur des Pailles
Fiixâ â *SencfchaIpourleRoy deNauarre. 11 fegouiiernoitfelon lèvent; 8c amufoit par belles paroles ceux de la Religion: iufquesà -ce quâayant eu nouucllesdesdefolatiôs dcTliou f «x. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loufe, il fit fubtilcraent {ortie de la ville de Foix ceux de la
Religion
ChariesnevfiîsMeJ irj
Religion dont il redoutoit les mains,fon prétexté fot, que ceux-là fe trouuans chargez du bris des images amp;nbsp;autels, il feroit contraint les emprifonner : ce quâil ne vouloir pas faire. Or comme le loup ayant enuoyé loin les chiens,entra dans la bergerie amp;nbsp;mangea les moutons à fon aifeiainfi Pailles ayant fait fortir de Foix ceux qui auoyent des yeux amp;nbsp;des mains, entra incontinent en la ville,mit prifonniers ceux que bon lui fembla, amp;nbsp;donna tel alarme aux autres, quâil leur fit bien venir lâenuie de sâenfuir. Des prifonniers quâil tcnoir,dcux eurent bras amp;iambes couppez nettemér, puis furent décapitez: deux autres bruflez, amp;nbsp;fix pendus, Toft .après vingtdeux autres furent pareillement txeentez à mort,amp; dix condamnez aux galères. Les biens notamment de ceux qui eftoyent fortis de la villefurent expofez en ptoye aux foldats. Ces rigueurs extremes efpouuante-tent fl fort toutes les autres villes de la Comté , quâelles firent ce que Pailles voulut commander : excepté Pamiers p^mierr. ville où ilyauoit grand nombre degens de la Religion, qui fe voyans expofez à la fureur des payfans armez, refo-lurentde ne bouger. Comme ils nâattendoyent (mon quel querauage, la pelle luruint qui les affeura contre les ennemis de dehors,la cruauté de mort ayant furmonté lâauarice amp;cruautédes plus mutins. Quantà ceuxdelâEglife Romaine habitans en laville,les plus riclms amp;nbsp;quiauoyent plusde moyens de nuire sâenfuirét incontinent: la racaille du peuple, fut tellement acueillie de la pelle, quâen peu de temps il en mourut trois mil:amp; en tout ce nombre ne sâen trouua pas plus de cinquante de ceux de la Religion. Qui plus eft,dâautres perfecutezvenoycnt fe rendrelà ,dc forte quâils demeurèrent ainfi maiftres de la place,ayans la mort pour rempar de leurs vies.Car quant à la Roine de Nauar-re,a qui Pamiers apartenoir,elle elloit bien empefcbceà fe garder foy mcfni* en fon pays fouuerain dcBearn.Eux dóc firent fi bien,que mefmcs apres la desfaite de Duras ils en-uoyerét foizante foldats fous la côduite du capitaine Ho-norat,au lècourj de ceux de Caftres,à deux ioiirnees Fran çoifes de là . Honorât fit dextrement fa conduite iufques à trois lieues de Caftres, quâe/lans pourfuiuis amp;nbsp;rudement chargez, apres auoir perdu au combat dix ou douze des leurs ilsgaignerét vne maifon champcftre,où ils tindient bon depuis Imid heures du matin iufques à trois heures
P. iij.
M.D.txn.S:LTiii' Charus Htvuisui. I apres midi que fecours leur vint deCaftres,où vn delatro» , peauoit couru en diligéce porter nouuelles de la charges i retraite, Ayât fait vn tresbon deuoir à Caftrcs fix Icmaines apres ils retoornerct à Pamicrs,que Pailles menaçoii,amp; em menerét de refort vne compagnie de Caftrcs,cnuirô le hui-ftierae deDccébre,amp; apres auoir trauerfe' beaucoup de dagers regaignerét leurs maisôs.Tout le mois delâuicr fcpaf fa en beaucoup de pratiques cotre eux,dont la fin fut guerre ouuerte, en laquelle Honorât accôpagné de deux vaillants homes furnômez les Lôbats,amp; de trétehuift autres, fitentre f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;furTarafeô enFoix.Le Vicôte de Seres amp;nbsp;fô frere awc
300 homes les acueillirét amp;nbsp;côtraignirct de gaigner les mô tagnes,efquelles les pourfuiuas ils fe trouuerét eux raefines enclos; de forte que nófeulemét le Vicôte amp;nbsp;fou frere y fa rét tuez,mais aufli la plulpart de leurs gés, amp;nbsp;les reftes telle met efcartez,quâHonorat reuint à sô aife vers Pamicrs,laif fant les Lôbats en leur feiour ordinaire, nômé les Cabanes, où depuis(3 caufe quâils auoyent quitte le train amp;nbsp;côpagnie des bâdoliers,le rengeâs ala religio par lâinftruftiôdedcux filles par eux rauies au (âc de Montfegur, Sc depuis par eux efpoufees) ils furent pourfuiuis fort afpreroent par ceux de lâÃglife Romaine,amp; fe fiuuerenc finalement à Caftres.Lcs preftres de Pamiersfaifoyét de leur part tout ce qui leur e-ftoit poflible pour ruiner ceux de la Religiô,amp; y eut diuer-fes entreprifes,dont la principale ayât elle' dcfcouuerte pat lettres interceptes, le mal accabla fes maiftres: carfoudab les foldats ellans courus es moincrics des quatre meiidians, qui deuoyêt faire entrer Pailles amp;nbsp;autres, depefchcréi(cô- â meileftvrai-séblablc)cequisâytrouuaattcdu que depuis Ion nâouit vent ni voix de telles gens. Ce bruit effaroucha tellement les Chanoines amp;nbsp;preftres,quâils sâenfuirent en la ville de Poix, amp;nbsp;furét leurs maifons, corn me aufli celles de lâEuefquc,pil!ees, quoyque lesminiftres amp;nbsp;le gouuerneur peuffentdire oufaire.Les nouiicHcrdelapaixarriuerentla deflùs;amp; au cómeneenient de May,vne grelle fi furieufe,amp; répétée trois fois de huiél en huifl: iours battit tellement le pays,fur tout CS enuirons deFoix,quâil nây demeura fruit ni verdure nôplus quâé plein hiucr.Les Chanoines dePamiets qui fembloyét au comun peuple auoir amené celle grelle à leur queue,furétcotraints,poureuiter la fureur de la corn pîune,fQrtirhorsla ville dcFqix amp;nbsp;fe retirer à Mauganly, où nous
Charlis nevïibjme. iiÃ
où nous les lairrons pour venir au Lyonnois.
Le trentiefme iour dâAuril,Ia ville dcLyon place forte amp;nbsp;dctrefgrandeimportâce entre pliificurs autres fut faille fur les deux heures apres minuiél par ceux de la Religion, qui â Ce monftrerent courageux amp;nbsp;modefles ayâs en petit nôbre arrefté beaucoup dâennemis, fans meurtre que de deux hô-nies.lncontinentplufieuts partifans du Primai,nômement l.jth. le Baron desAdrets,grâd guerrier,mais ambitieux amp;nbsp;cruel, qui arriué sâépara auffi toft du gouuernemét fur le fieur de / Saur, lequel sâen retourna en la maifon, où il demeura coy â¢â** durât ces premiers troubles. Le Prince enuoya auflî dâOr-leâs le fieur dePôcenat à Lyô pour cômander a la caualerie, y furuint du raefcôtentcmeni;
^quoyChâgy remedia fe côtentant dâallerà Valence,laif-là niBlacôs en fa place,lequel ayât la lieutenâce des Adrets, auertique le Baron de S. Vidal amp;nbsp;autres Auuergnats aiiec groÃes troupes sâauâçoyentpour faire legaft au Lyónois, enuoya Pôcenat fuiui de cinq cës hommes les reconoiftre.
Côbien quâen ceft amas y eut de trois à quatre mil homes, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Poncenat amp;nbsp;Montferrier fon neueu ne lailfercnt de les atta qucr,amp; des la premiere charge les rompircnt,8i en firent tel carnagc,que le pays en fut nettoyé, Poncenat pourfuiiiant fa viftoire iufques à peurs en Forefts, quelques gentils hô-mes voulans lui faire telle,furent tellemêt repoullez en vne efcartnouchc,que les vns gaignerct le haut,lcs autres furet afiiegezen la ville,quc Poncenat força.Des Adrets ayât de fon collé fait merueilles en Dauphiné,côtre les Lieutenans deSômeriue , Suze,Carces,Maugiiô amp;nbsp;autres reuint à Lyô, dâoù incôtinent il sâachemina cnPorells aucc vne petite ar-mcc,print les places quâil pretédoit entre autre Montbrifon ville capitale, en laquelle il cômit vue cruauté le feiziefme de luillct, laquelle fouilla toutes fes viftoires precedëtes amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢., ,
fiiiu3ntes,voirc lâenuelopa en beaucoup de malheurs.Car il , fit précipiter de lângfroid, amp;nbsp;comme pour pilfetéps apres difcé,plufieurs prifôniers du fômet delà haute tour de Mót-btifon,entre lefquels mefmes il y auoit quelques gétils-hô-mesde nom.Les autres Capiiaines,extremcment marris de telle fiircBr,firent tout ce quâilspeurêt pour lâcn defloiirncr: mais il sâelchaufa tellement côme toutà coup,quâil nây eut moyen delâarreftcr; alléguant que les ennemis en auoyent fait cët fois autât à Aurangc,8c que pour les bridergt;il faloit
ii.p.Lxii. Sc Lxiii. Charles n e v ï i ï s m s.
leur tédrequelque parcille.Mais cefteexcufePaccufoitdi-uat3ge,nâeftat permis par loy quelcóqucdc violer ainfitous droits dâhumanité, ni de fe môftter barbare, encore que les barbares fe môftrétenragez.Eftât de retour à Lyô,il y trou ua Soubize,cheualier derordre,feigneurplein decôfeil8c dâcxperiéce,cnuoyc expres par le Prince pour y côinandct: lequel le mania fort dextremét,amp; lâéuoya faire la guerre eu Dauphiné,ou il fit debeauxexploits.On auoit furpris quel ques lettres; qui defcouuroyent que l'intention du Triuui-*â¢â» uirat eftoit de faire inuefiir Lyon amp;nbsp;luy öfter la cueillette: ce qui fut caufe que les habitans recerchetent 8^ obtindiet fecours de Berne,Neufchaftel Sc Valais,montant à cinq ou fix mil hommesjcn tresbon cquippage,aufquels sâadioigui rent à Geneue cent hommes de chenal bien armez qui le rendirent à Lyon au mois de luillet. ïoft apres Men jolie ïriumuirat en Suilfe fit tât que les fcigiieurs etrcinaifm de Berne rappellerent huiélenfeignes de leurs gensquie-à ceux ftoyent au Lyônois.-ce que Soubize leur accorda fans delai: mais ceux de Neufchaftel amp;nbsp;des Valaifans demeurèrent, fous la charge de Peter Ambiel leur coionnel, au nombre de fix enfcignes,ayans capitulé de nouueau.Le depart des autres mît en alarme plufieurs{.yônois,gés no accouftumet à la guerre,tellemét que pluficurs sâcfcoulerét de la ville,dot Soubize fe rioic, dilânt tout haut que tous les couards lui fe royet plailir de de(loger,pourueu quâils laiflaflet bôs gages apres eux pour la deféfc de leur patrie quâils abandônoyent.
En ces entrefaites, le fieur de Tauanes vint deBourgon-ùe lain par gne iufques à trois lieues près de Lyon , faifant eftatdâaf-Tauanei. faillir la villej mais il en eftoit trop loin: combien quâil euft lors plus de cinq mil hommes outre trois mil Italiens conduits par le Côte dâAnguelble amp;nbsp;fouldoyez du Pape. Ces Italiens qui cftoyeut les plus grands pillards du mode,trai' I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;noyent apres eux force cheures, amp;nbsp;fe mefloyent brutale-
Ja nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ment auecrês-beftestqiîîîut caufe puis apres quâen tous les
lieux où ilsauoyent paffé, en deteftationde leur crimes' bominabic , toutes les cheures furent tuces Sciences à h voirie par les pay fans. Durant vn mois que Tauanes eut ce faatttis fe gros,,il fefit de belles efcarmouches auprès de Lyon,dont rcfiM peur\ç^ habitans ne firent vendanger quâes vignobles pm-Orpoureeque Tauanes faiibit trop pequot; ttemauri, i'gt; gré du Triumuifât, iff enuoyercjitpour générai en lâJt'
Ch A Rt ES N tv FIE s M F. II7 race le Duc de Nemours auec force cauallerie, amp;nbsp;/es Rei-ftres du Comte Rockendolf. Tauancsquinefcauoitcon,- gt;nbsp;ment fe defgrger desgnfes du Lyon futbienaifedelâar- '*lt;*«⢠riuec de Nemours 5 Ãc (urvne feinte de mefeontentemenr, fe retira bottes nettes en fon gouuernement de Bourgon-gnc.Nemoui s tira incôtinent auec toutes fes forces à Vienne,quâil eut par intelligence, amp;nbsp;durant le feiour qttâil y fits lesviures coinmcnccrent à deuenir courts à ceux dcLyon: au moyen dequoy Soubize appella des Adrets amp;nbsp;les Pro-uençiux, pour auoir moyen de tenir la campagne. Mais pource que lâefpcrance quâil auoit dâailleurs lui faillit,il rcn noyades Adrets quérir plus grandes forces etlDauphinc; « qu'ayant f3it,amp; amenant fa troupe qui eftoit de quatre 3 cinq mil hommes de pied amp;nbsp;quatre ccnschcuaux, fut chat gé detoute lâarmeede Nemours auprès de Beaurepaire, Semis enroute, mais auec peu de perte , le dixneufiefmc jour dâOûobre,puis fa troupe ralliée incôtinent,fà ns cftrc fuiüie de Neniours,lequel lors perdit lâoccafion de faire vn grad exploit. Des Adrets dôc fe câpa pres de Vienne à deux lieues,amp; durât trois fcpmaines quâil y tintNemours en cfcar mouchescôtinuclles, Soubize tiioit triuresde tous collez.
Auintlà dc/Tus qu'vn foldat aportant dâOrléans vn pa-quetpourSoubize, le mit es mains du marefchal deBrif- mcjtnrfjt ûc,qui ayant trouud dedans vne lettre de lâAmiral,où entre fut autres chofes eftoit contenu quant à des Adrets quâil faloit endurer le plus quâô pourroit de fes bouillôs, amp;nbsp;lâétrctenir de peur de le faire deuenir dâinfolent du tout infenfé,il en-iioyc incontinent en pofte Sainft Sernin Dauphinois vers Nemours amp;nbsp;des Adrets, pour faire vne terrible pratique. Cela pour les premiers ioursfut manié fecrettement: mais Soubize eftant allé au camp le lendemain que S. Sernin eut parle à des Adrets, connt bien toft quâil y auoit de lâen-clouçure,à quoy il pourucutdc lègue main,amp; deflors,mettant gens en fentinclle, qui defcouurirent fans bruit des A-dtets, lequel ayant communiqué auec Nemours par entremetteurs,puis en prefeixe,rompit fon armee.Nemours qui péfoit défia tenir Lyon amp;nbsp;le Dauphiné,sâapproche,amp; par e-fcarmouchesempclche lâétreedcs viures,desfait fur la mon t.igne deTarare quatrevingis cheiwux qui venoyétdâC)rlcâs 3 Lyô, amp;nbsp;dâautrepjtt cftéd le bras pour empoigner Româs sk Valéce.Ord'autâtquâft y faloK porter tout le corps,em.»
Ai.D.ixn.amp;txrii. Charus nsvfibsmb^
dat reuenir dâheuirpour attraper Lyon, pour vouloir tro^ cmbralferà la fois,tout lui efchappa.Car ayant tiré droit i *â Viéneauectoute fon armee,Soubizequi ne dormoitpasfit prôptement fortir tât de gens pour amener des bleds de Dó bes,quâil en eut abôdancc.Ceux que Nemours auoit laiffw pour garde,quitterét clefs,places Si magazins:excepté quarante au chafteau dcTieuoux,qui péfans fauuer lâhéneurde leurs côpagnons,en gardât vnc tour fans pouuoir fe défendre ni vouloir fe rédre, leur obftination fut chaftiee par vn caqu» de poudre, qui les fît fauter plus haut que de coullu-meamp;cnfeuelir tous dedâs les ruines dâicelle tour. Dautre-
part Soubize-fit empoigner des Adrets au coller, amp;nbsp;ainfi les deffeinsde Nemours fur leD.iuphiné sâen allerer en futnee. ^fcnladei Penfant dâeftre plus heureux par procureur quâen perfon frejèteiitn ne,il manda à l'Euefque du Puy amp;nbsp;à S.Chaumont,puis que nMn.fiiur Lyô eftoitvuide de gés de guerre,qui eftoyët deuenusmat frtndre diâç Je bled,ils cntteprinflcnt dây entrer par efcalade.Sou-bize,qui nâefpargnoit pas lâargent aux cfpions pres amp;nbsp;loin, bié auerti de lanienee dôna tel ordre à tout queS.ChauniSt recula au lieu Japrocher, Ncmoifts délibéra de fupplicr au defaut des autres,amp; à deux diuerfes fois,auec toutes fesfor-ces,fur l'efperace que fes partifans dedasLyó,lui aideroyent beaucoup,prcfcnta lâefcalade en diuers endroits.-maisil fut mal ferui dedâs amp;nbsp;dehors parfes gcs,amp; rudemét acueilli par Soubize, qui le remit .à dreffer dâautref piégés pour auoir Lyô.Il sâaida des nouuelles de la bataille de Dreux, amp;nbsp;fitc-ferire par le Roy amp;nbsp;la Roine à Soubize fur la fin de Decem bre,auec prières de rendre Lyô au Duc de Nemours. Tandis que Soubize refpondojt affezdextrementà cela,vnnô-mé Marc Herlin, receueur du tail Ion dans Lyon, ayant entretenu pour vn temps quelques foldats, fe contentant puis apres de fortir bien monte amp;nbsp;bien armé aux ëfcarmouches Tttr-itle ayât efté prins en vne au mois deFeurier 156}. sâadiiifa d'vne rufe tant pour fauuer fa vie que pour en donner d'vne à Ne dtNemà urt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lignerolles quâil conoiflbit.de lui don
â ner accès à Nemours, auquel il auoit à dire chofe dâimpôt-tancc.Gens qui défirent, croyét prefque tout ce qu'on leur dit qui tend à les faires iouir de leurs pretétes. Ainfi en print il à Nemours,lequel croyat au difeours que Herlin lui fit de lafurprinfc de Lyon par la porte de S.Iuft que Herlinpro-mettoit lui tenir ouuertejdcrlin fut relafchc cô.mesâil fuft efehappé
Charles n e vi ie s m l ii8 efchappé. Venu à Lyô,amp; ce quâil auoic cc^tnencé par luî def couuert à SoubizCjil fit encore des voyages vcrsNemours ( auec qui le lourde lâexecution fut aflîgnê le fepiiefme dre Mars 1565.à huit heures du matin. Trois mil hommes de piedjfuyu.int le lignai à eux dôné dâvn tourrion entrèrent fanscmpcfchemcnt dedâs le fauxbourgde S.Iuftxe quâils ne trouuerent ellrâge, pourcequâils eftoyét bien aduertis quelônefaifoitpointdegardeencefauxbourg. Ainfien- : ttezamp; marcha s vers la porte,Herlin quileureftoit couru au dfuâr,amp; les conduifbit en perfonne,eftant entré par le guichet, le leur ferma foudain:amp; aulli rod fut defehargee fureux toute la grolTc artillerie auce deux ou trois cens nâoufquets,quiauoyéceftc portez la nuiddâsles boule-uards amp;!. le long des murailles, outre trois à quatre mille harquebuziers dcfcochâs en iouefurcefte troupe eftonee. Pour les ruiner dauâtage, furent loudain iettez dehors fix cés harquebuzier' des plus afleurez,côduits par Blaéons, Poyct,Andefroy,amp; Entragcs,quiacheuercnt deles rôpre. La y eut vn merueilleiix efchcc,amp; toutes efpeces de mort, les VHS tuez,elloufez, aflommezjles autres fe precipitans des murailles en bas,ou enclouez es chauflctrapes.Si la ca-ualerie côduite par Pdficenat fe fuft diligétee de fortir par la porte qui lui eftoitairignee,amp; eut marché où il faloir,à peine vnfeul de tous ces trois mil fuft efehappé. Quoy qu'il en foit,il en demeura quatre cens dedâs ce fauxbourg outre ceux qui moururét dehors,amp;les bleffez en beaucoup plusgrandnôbre,quirendirëtlâefpritenfuyât,ou au câpj ou a Viéne, où ils furet charriez.Nemours fut nô feuleraét auditeurmaisfpeftateurdeceftetragedie,dótilcóceuttel j defplailîr quâil cuida mourir, 8c ne bougea duliél pres de deux mois apres cefte baftônade.Cepédât la paix vint,fuy vît le côtenii de laquelle ceux de laReligiô eurct leur exer cice dedâs la ville,où ils firent baftir deux téples,8c les ar- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
mees qui eftoyent dedans 8c es enuirons fe retirèrent.
Côfiderons mainrenât l'Eftat de Dauphiné. Au côméce met de Mars i$6i.le parlemét de Grenoble eneruoit l'edit de lâuier autât qui lui cftoit poffible, 8c peu auparauât, la Mothe Gondrin lieutenâtdu Duc de Guifeen cefte pro-uince eftât entré dedâsRomâs côméça de faire abatre vne maiïon où sâeftoyént faites quelques predicatiôs,dót sâeii fiu'uit vn tumulte,qui le côtraignit de fe retirer de virefle, dót tout dc/pitéil 6c fa plainte,tiotâmét au Duc de Guife,
O.LXII.amp;Lxiriz Charlis neviiismi.
lequel lui efcriuit de Chîpagne leîraitemétfait à ceuxût Valf/jSc lui enjoignit défaire pendre le premier miniftrc A/o.'/rt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Toftapres oneucnouucllesdela
Prince a Orleans,ce qui dôna occallô à tous ceux irf,â. de la R el igiô de péfer à leurs afaii es. Le ij.iourdâA uril ioiif â^/'alen de lâeflcâiô des nouueaux Côfuls amp;nbsp;Confeilliers a Valen ce, Gondrin prétendant y faire procéder felon fondefiti fait fermer les portes, amp;nbsp;aueefes forces enuironne leben de lâairemblee.Enuiron vingt homes de la religion sâaniaf-fent ladelfus dans vue maifon,où ils delibeient fe defen-dre,pcnfans que Gondrin vouluil commencer par eux. 11 enuoye contre eux le capitaine Nicolas;amp; quant a liii,sâe-llantieflc dans lâafiemblee de ville aüccfa rondacheen vue inâin,amp; la piHolc en lâautre, il tira fur certain fien Secretaire rrouué lâ,dont sâenfiiiu it vn terrible tumulte.Ces vingt cachez fortent par vn huis de derriere, amp;nbsp;trouuent moyen dâouurir la porte S.Felix pour fe garantir. Maisa-yantdcfcouuertde la Caualerieque Gondrin auoit fait fortir par vne autre porte pour mettre en pieces ceux qui efehapperoyent de la ville,ils fc tindrenr à counert au dedans de leur porre.Cefte caualcrie nedefcouurant rien cô-nicnce a batte les ehern ins,amp; tue quelques pay fans qui ve noyént à Valence : dont les corps ayans efîc aportez fur des efchellcs.-.i]orschacun fc piintà crier iiiflice-.mais le miniftrc nommé la Place amp;nbsp;le vicaire de lâEuefqucfirent tant que chafcim fe retira en fa maifon.Le lendemain iout de Dimanche,ceux de laReligion delibererent ne bouger, ctaignans qtiâalâoccafion dâautres de leur parti ,qui acou-royent de diuers endrotis au bruit du jour precedét, il nây
*⢠euft de Iâefmotion.Mais Gondrin tendant à autre but,par prières amp;nbsp;commandemens leur perfuada de fortir hors de la ville pour aller à la prcdication,difant que par cela chaf cun monftrtroit auoir deftrde fe gotiuerncr felon lâEdir. Or comme le portier vnoloit leur faire vne muraille de bois,quelques vnsfedoutans de l'afairc,acoururcnt à la porte, amp;nbsp;les autres furiienansen diligence feiettent dans la ville,amp; vont faillr les autres portes. Le lundi matin,a-tiint que des A drets,ftlonbrun,Mirabel,Monjou.x,arriue rent en la ville, qu'ils irouiicrent failie amp;l.i maifonde t (iondrin enuironnee de toutes parts d'vne multitude in-l;nie,qui fur les deux heures apres midi, quoy quedefar-ince,
Charus sivtnsmf. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;119
mee/ans chef,fans ordre amp;nbsp;ai fee à efcartcr, mit le feu à la porte dâicelle maifun.Plulieurs de la religion excremeniét marris de ce njmulte,auoyentparauant offert a Gondrin de lui ouurir lepaffage au hazard de leurs propres vies. Mais le cÅur 3c lâefpric lui fai 1 la ns au. beloin fans fe feruir des forces quâilauoit pres de foy,fuffifantes pour diflîper cede multitude,8c ne sâaidant dâvnecouleurinequi clioit à lâentree de fadite maifon ,bien afuftee Si chargee dâvn boulet 8c dâvne chaîne,il feretira«1 la maifon dâauprès, où 11 fut fuiui amp;nbsp;tue' auec (îx ou fept de les domertiques; 8c ' pour apaifer le peuple falut pendre le corps à vue fenefl/c regardant fur la rue.La maifon de Gondrin fut faccagee, dont toutesfois les meubles furent puis apres rendus à la pourfuite des anciens du Conliftoire, 8c remis entre les mains du capitaine Cadrer: Apres cela, fans quâaucun cx-tes full fait aillcurs,les étrangers fe retirèrent : Sc quât au corpsdela ville il enuoya foudain requérir le parlement de Grenoble , quâil lui pleuft enuoyer comniiflaires pour informer du fait.La mort de Gondrin rompit infinies def-feins contre ceux de la Religion, ce qui eft remarquable;
1'^ combien que quant aux moyens de reprimer vn tclhoin-1 me, ceux qui firent telle execution fuflent grandement coulpables amp;nbsp;punill'ables.
Sur cela donc,des Adrets,qui eftoit auparauant colonel nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J'
des legionnaires de DitiphinéjProuence 8c Languedoc,,, eftant par les gentilshommes 8c perfonnes notables qui ne. .,j, âA feretrouuerent lorsà Valenceellabli chef en Dauphiné, par prouifion,8c en attendant plus certain commandemét du Prince,Incontinent les nouuelles arriuerent que les i-mages eftoyent brifees en pluüeurs prouinces de France: qui fut caufe qu'on ne les peut garentiren Dauphiné: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
i (^ant a des Adret!,ilaucrtit d'heure ceux de le Religion ! à Grenoble, 8c per lettres pleines dâauthoriié commanda.* I au parlement de letter hors de la ville certains feditieux quâil leur nominoit, entre autres le fécond prefident. le procureur general ,radiiocat delà ville, 8c le quatriefuie Coiiful,lefquels il ne menaçoit que de ha hart.Eux natten I dirent commandement ni bourreau,ains feretirerét, mais pourexeenter vn deffein quâils auoyent de fe rendre mai-llres de la ville en la nuiftfuyuant :toute$fois leureasc-ftantdefcouuertjils fe fauuerçnt ibon efciét. Alors ceux
M.D.IXII.amp;Lxiir. Charles nevfiesmiJ i â de la Religion fe faiÃrenc des portes de Grenoble leprC' I mier iour de May,amp; du confentement des députez du Par - nbsp;nbsp;; lemeiit,de ia chambre des Comtes,amp; du Confeil de la ril'
'' â â le,entrcrent au temple des Cordeliers, quâils nettoyèrent de toutes les images amp;. autels,pour y auoir exercice de re-ligion,fan$ faire autre tart aux moines. En apres on pour-ueut d'rn commun confentement alafeurcte'delavillc, . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en laquelle des Adrets cnuoyavne compagnie de piétons
conduits parle capitaineCommung;puis y vintauecau- i tres troupes de pied amp;nbsp;de cheual,afin de faire celte au lient de Maugironquifedifoit lieutenant general auUauphi-ué,contre lequel il publia vn decret deprinfe de corps,lâap pelant feditieuxSc violateur des edits du Roy. îousces iüldats ainalfez dans Grenoble firent premièrement la guerre aux im3ges,puis fe mirent aux champs, amp;nbsp;sâemparèrent des chafteaux de la Buflîere amp;nbsp;de Mirebel.Dcs A-drets ayant fait vue courte à Lyon, retourne le 4.deluin3 Grenoble,faifitlesreliques,amp;enfic drelfer inuentaireile tout pefé amp;nbsp;cftimé deux cens foixante marcs dâaigent, fut eniioyéa Valence.Etlelendemain futprinfe Scbrulleela gt;nbsp;grand Chartroulfe, qui eft à trois lieues de la, dedans les montagnes en lieu fort dâafliette, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Maffitcrt 4 CCS entrefaites fuient malTâcrez ceux dâAurangeco me sâenfuit. Apres le mafl'acre de Vairy,ceux de la Rcligw voyans Fabrice Serbellonne parent du Pape aucc forces dedans Auignon,a vne petite demie iournee de lajsâafleu-terent delà ville.D'autre part les troupes de Proucnce vin drent fur la fin de May fe ioindre à celles de Fabrice a Ca-uaillon,attcndans la commodité dâentrer dedans Aurange où ils auoyent inrelligence.A quoy ceux dâAuiange ellà -yerent remedier,sâeftans munis de fix cens hoinines. Sur I ceauintqiie le prefident Parpaille defeendantpar balleau ââauec prouiiian dâarmes achetecs a Lyon fut trahi Se liure aux ennemis en vn lieu à cinq lieues dâAurangeicequi ef-meut ceux delà Religion dây enuoyer en diligence lapluf part de leurs forces côduites par le capitaines. André polit i rauoirleur prifonnicr. Dequoy Fabrice promptementa-uerti,fe trouuale lendemain matin pres dâAurange auec fon armee, amp;nbsp;des canons dont il commença la batterie. Ceux qui cRoyent allez à larefcoulfe du prifonnier oyis lebruitde rartillerie rebrouflentchemin,sâellansioints awc
Ãharies nevfiesmi. izo auecplufîeurs de leurs voi(îns:maisà caufede la câuaJle- , tie de Fabrice,amp; eftans fui prins du lourils fureur côcrains
demeurer à Serignan vue lieué loin dâAurange.Vne partie /
de ceux delaReligion teüez en petit nôbre, voyans Jabref chcfaite,amp;leursconcitoyensde lâÃglifeRomaine prefts
à leur donner à dos,tandis que Fabrice les aflauldroit par deuant, quittent la ville, amp;nbsp;fe fauucnt auec leurs femmes amp;nbsp;enfans à Serignan J1 y en demeura quelques vns dedans Lu vns tm Aiirange,qurrefol uren t de défendre la brefche:mais le ma h'IPnt tu tin,qui fut le fixiefme iour de luin,ils entendirent le bruit des afliegeansjquipar diuerfes ouuerturesà euxfaites ceux de la Religion Romaine entroyent dedans la htrriil, car Lemotduguetdesafliegeans eftoit triple reniement de»«^». Dieu. Ils nefe contentèrent pas de tuer fans diftinftion defexe, ni dâaage ni de qualité : mais faifoyent mourir les vns à petits coups de poignard amp;nbsp;dâefpee, prccipitoyenc les autres fur les pointes des lialebardes, en pendoyent amp;nbsp;⢠faifoyent bruflcr aucuns aux creinalieres des cheminees, coupoyentles genitoires aux autres. Les vieillards de qua trevingtsansjles paralytiquesjles malâdesen lâhofpital, les pauures montagnards venus pour les moiflbns amp;nbsp;nâa-yans pour toutes armes que leurs faucilles, ne furent pas efpirgnez.Plufieurs femmes amp;nbsp;filles furet tueesdes autres pendues aux fenefltes 8e galleries,harquebouzees, 8e les petits enfans alaiftans maffacrez entre les bras de leurs tneresiplufieuts petites filles aagees de cinq à fix ansra-uics,amp; perdues.Les playes des morts furent remplies de fucilles defchirees des bures delà Bible, La ville fut entie^^^ renient faccagec.11 y auint vn merueilleux iugemét.Câeft^â, que les auteurs du mal,qui auoyent donné entree à lâenne fiielupa-nii,penfansefirebien garantis,(c retirèrent auec leurs it-tnetu rené'^ ie leurs femmes'en la grand place,où lâennemi cuidât Wquot;' quâils voululfent faire refillancefe rua delfiis amp;nbsp;fit tout''**quot;^â'
pafl'er au trenchant de lâcfpce. Quant à ceux du chafteau, sâeftâs rendus fur promelfe 8c ferment dâauoir la lie fâu-Ue jilsfurent partie poignardez,partie précipitez du haut enbas,iufques au nombre de cent amp;nbsp;neuf hommes. Sur le foir,Suze fit mettre le feu au chaiieau, au palais ,à lâEuef-ché,amp; y eut outre cela trois cens maifons bruflees, auec plufieurs periônnes qui sâciloyent cachées dedans. Sans vne pliyie extraordinaire qui furui nt Ig nuiél:,toute la vil-
Villt bn-Jlit.
M.D.ixn.Sc Lxni. Charus s e t h i sms.
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;, leeftoitmifeencendres.Lelendemain,Ia ville fut defaii
i telee,amp; vne partie des murailles rafee à fleurde terre.
Ceux qui cftoyent à Serignan fe retirèrent a Montelimart , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nâayans moyen de remedier à rant de inaux:amp; quant aPar
paille, Ie vicelegatd'Auignonlui fit trancher la teftefix iemaines apres ce mallacre.Fabrice amp;nbsp;fes troupes fe retirèrent dans Auignon :les Prouenjaux amp;nbsp;Suze en leurs maifons.
/è Des Adrets extrêmement irrité de tant de meurtres, de ce trois ou quatre iours apres le fac dâAurange, courant com melafouldre,batcitamp;força en peu dâheures la ville de ranjel^seffchste, mit au fil de lâefpce tous ceux qui furent trou-uez portans armes.Soudain il affiege Iç chafleau, où il y auoittrois cens foldats de Suze. Tandis quâils parlementent,ceux de Serignan,ioints a des Adrets,entrent de fu-rie,fuent lès vns amp;nbsp;précipitent les autres, fins quâvn feul ) efebuppafl. Des Adrets ayant de mefme viftelfe prins * â Æ.*ââ ' Ãonrg amp;lepontS.E£prit,quiluiaporterenrlesclefs,ails forcerBoulene,ville frontière du Contât, où les foldats de la compagnie du capitaine Bartelalfe furent tuer^ °â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fl sâapreftoit pour attaquerAuignô,nüuuelleslui
ceuxdcüre vindpentque Maugiron fon compétiteur eftoit entré pst neble. intelligence Si finelfe de^dans Grenoble,où plufieurs dels Religion auoyent efté pillez ôi tuez : autres précipitez d» pot en bas dedaslatiuiere dâifeire.le i4.iour deluinamp;sn tresfayuans.11 rebrouflâe chemin,amp; dâvne viftel^'^ incroyable fe réd dedâs Itomâs,quâil afl'eure a foy,force S.Mar-cellinôc y coupe la gorge a trois cens hommes deMaugi-Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rohifequel fe retira en Sauoyc,puis en Bourgongneauprès
deTauanes. Tous ceux qui dans Grenoble fefentoyent couîpables gaignerentau pied le 15.lourde luin, maudif-fans la lafeheté de Maugiron. Le lendemain des Adretsy arrlùaamp; fit gratieux traitement à grands amp;nbsp;petis,refls-bliflanttoutes chofes en leur ellat, amp;nbsp;retenant funarmee en difeipline. Sur lafin deluin il printle chemin de Fæ ifellSjOii il traita ceux de .Montbrifun,comme nouslâauom diteideuant.
Meriiai Suïe amp;nbsp;Fabrice allégez de la peur quâilsauoyent eu* des Adreilsfe remettent en campagne, le cinquiefme Å luillet.Trois iours apres Monibrun leur aduerfaireenipor-t.1 de force Mornas ville à tbafleau, où furent précipites amp;tue«
Charles NEvrïESMsI ni
amp; tuez tous ceux de dedans, amp;nbsp;les corps iettez dedans le Rhofne, fans que Mombrun en peiift 'amais exempter quâvn lequel eftoit demeuré pendu de fes mains à mi chemin du precipice du chafteau, tant les faldats d'A uraçge eftoyent acharnez à la vengeance de leur patrie .Suzepé-fant auoirfa reuenche vint afsiegerB0ulenele19.de luiU leinnais ayant efté bittUi il alla piller Vaureas quittée pat* le Capitaine André.Et comme il proiettoit dâaller ailleurs, il fe villen telle des Adrets lexj.de luillet, lequel comme vn torrent impétueux fans reconoiftre ni donner prefques loifir à Suze de ranger If s troupes : le choqua fi rudement qu'il le mit à vau de route, hacha enpieceslaplufpattde lâinfanterie dâiceluidui tua plulieurs gentilshommes amp;nbsp;Ci~ pitainesflutre vutrefgrand nombre de bleirez,amp; gaigna ion artillerie : puis ayant mis tout le Comtat en alarme fc retiradedans Valence le i.iourdâAouft. Or comme ceux . de Cifteron, ville feruant de clef au Dauphiné amp;nbsp;de Pro-uencejâcuirent requis de venir à leur fecours contre Som-meriue qui raarchoit en campagne pout les afsieger, du commencement il fit le fourd,nâellant pas bien affectionné enuers Mouuans qui gardon Cifteron. Enfin, preflé par lanoblefleDaupliinoife, il enuoye Mombrun aucc cinq NenuiBti cens piétons amp;nbsp;lâartillerie de Suze par le cofté de Gapan- iltifuitit. foisdui sâachemine vers le Côrat,force vne villette nômee S.Laurent'des arbres , puis lefortlieudeRoquemaurele iS- dâAouft,amp; trois iouts apres reprend le chafteau du Pôt deSorgues,où les foldats italiens lailTez par Fabrice furet brûliez auec la place. Le lédcmainil furprint Fabrice mef- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j.
me, qui lui auoitdrellé vne embufeade, tua grand nom-
bre de fes piétons, amp;nbsp;lui donna la chafle lufqucs aux pot- *quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v*
tes dâAaignon. Pourfuyuantfon chemin vers laDtirance, amp;nbsp;renuerfant tout ce quâil trouuoit deuant foy, fur lâaduis qiiâô lui donna de lâarriuee des Prouéçaux auprès de Cauail lôjte premier lour de Septébre il guaye la Durance,charge ceuxlà .entuelaplufpart, amp;nbsp;mit le relie à vau déroute. Mais au lieu de marcher droit à Cifteron , il print le plus long chemin par la campagne, qui fut caille de la desfaitc Dtifaltt it de Mombrun, de la perte de lâartillerie, amp;nbsp;de la prinfe de MtnJirun. Cillcroqjdont fera parlé plus au long,au difeoursdesafai-res de Prouence. Mouuans amp;nbsp;Senas qui conduifoyent les Voupes efehappeesde Cifteron fe trouucrent tout à point
Qt.i-
M.D.Lxii.amp;ixin. Charlss nevfiesmï.
pourfauuer cent cinquante hommes de Gap. Cat iceux^ T^lart furprins pat Ie Capitaine Gargas, 1E' uefque dâAmbrü eftoit defcenJu des montagnes aucc neut cés fo!dats,amp; eftoit fur Je point de charger ceJte petite trou pe,qu tnd voici arriuer les deux fufnomme's, quichargOquot; i rent amp;nbsp;desfirent les foldats de lâEuefque, reprindrentTa* lart,amp; donnèrent loifir à ceux de Gap de fe retirer en Jieuï plusaJl'eurez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t
Vintq iat- Pourautant quedes Adrets auoit laifle dans Grenoble »« deuant pour Ihn lieutenant vn nommé le CoufteiJlier Ponat, hô-Ortnttie, mg maladroit aux afaires de la guerreicela enhardit le Sieur de Vinay de faire entreprife fur la ville. De fait il vint iuf ques aux fauxbourgs penfant furprendre la porte de Ttel-clauftre. Mais le fieur de S.Mauris amp;nbsp;le capitaine la Coche lui attachèrent vne fi rude efcarmouchç,quâapres lui auo't tué foixante Efpagnols amp;nbsp;Italiens des plus auancezjbleffe grâd nombre dâautres,fans auoir perdu que trois des leurs, ils le firent reculer.Et fur vn faux bruit que Mouuans âuoit afticgéBriançoiijVinay quitta Grenoble,amp; alla bruflerles maifons des panures paylà ns du valdePragelaïquifutv- ij reporte ouuerte à Mouuanspour fauuer les troupes de
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vieillards,femmes amp;nbsp;petis enfans quâil auoit fautiez de Cf
fteroii.Ponat bien aife dâeftre appelle' par desAdrets quitta Grenobleà la Coche,qui la garda bien mieux qneCerny ne fit la ville devienne, ni le chafteaudePipet, prins par mmpu tn Nemours, lequel ayant cheualé (mais en vain) Mouuans, etuxrtncm eut aoantage dâvn autre colîe^ar en deux rencontres à di-uera iours près de Beaurepaire il mit des Adrets en route, f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;à la fécondé fois lui tua fix vingts houinies.dont toute!-
*»¥/gt;⦠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fois 11 eut fareuenclie bien toft es cfcarmouches deuant
Vienne. Qu int à la Coche,ayât en grande diligence pour-ueu à la feureté de Greiioble,les ennemis vindrétlanuift du 24. iour dâOftobre furprendre les rues de S. Laurent S i de la Perriere es fauxbourgsiSc le lendemain la ville fut af' Gxfnot/« Iiegee de tous coftez par fix mil hommes, nây ayant que deux cens hommes de guerre là dedans. Durant ce fiege, 1 au camp desafsiegeans furent portées les cfcliarpes rouges,8c y cria-on fouucnt,Viue Efpagne.Maisla multitude de capitaines amp;nbsp;commandeurs en celle armee full caufe que Grenoble demeura debout, la Coclilt; pouruoyant a tout aucc vuemerueilleufe vigilance. Le fiege dura trais frraai-
Charles neveiesmi? in fetnaineSjlesafsiegeans ne faifans effort que dcnuift ,par alarmes reiterez. Mais les viures fetrouuereiit li courts dedans la ville,que la Coclie fut contraint entrer en ternies de capitulation. Cependant aduint vn as du tout memo- D,i;;,r(par table dont sâenfuiuli lâcnticrc deliurancede Grenoble. Vn vn mtruttl capitaine,nômé Furnicjcr, home de grâd cÅur amp;nbsp;trefaft'e- Ituxrmytn. clionné à la Religion, auoit ratnafle pres defoy enuiron trois cens hommes de Gap amp;nbsp;des enuirons,auec lefquels il , j. fe rendit a Romans, où ayant alîcmblé de trois à quatre ? cens autres atiec enuiron 8o. cheuaux conduits par quelques gencilshommes,i!sreloliircnt à tout hazard de recourir Grenoble. A muez en vn deftroir, qui auoit au deffus la grande montagne amp;nbsp;les payfans au fommetqui rouloyent des pierres,au pied la riuieredâJfcre,amp; vne tranchée au de uant dâeux aucc vne muraille de pierre fecheiils forcent ce-fte tranchee,amp; ayans tué dix on douze qui vonloyent garder cepafiage, sâaudneent iufquesa vne lieue de Grenoble,ayans deuant euxle Drac,riuiere apalFerpourarriucf où ilspretendoyent. Les afsiegeans fur ces nouuelles font , tratierfer le Drac a troisouquatrecenscheuauxauecla flciir de leur infanterie: amp;nbsp;bordent lâautre cofté de force harquebuziers, de fort grandmatinle i5.deNouembrCi । Furnieier,eftantfur le poinftde pafl'cr encore quâil vid tât dâharquebuziers, va dcfcouurir les autres embufehez dans vnbois,dâoù ils pretendoyentle charger en queue.Sur celle difficulté, Furmejer commande à les foldats de quitter lariuiereamp;deto'jtnervilâage, comme sâil euft voulu reprendre le chemin par où il elloit venu.Les ennemis,pen-fansque telle full fon intention,paroilfentiSc lui difeniin-iuresiMaisil tourne droità eux,de telle furie quâil les ronipt,amp; en tue la plus part fur le cbamp,le relie efearté à laveuedeleurs compagnons qui eiloyet de la lâeau, amp;nbsp;a-uec fort peu ou point de perte des Gens,lefquels de mcfme impettiolîté fe iettans au gué quâils palferent ayans lâeau iufques aux a2irelles,eftonnereut tellement les harquebu tiers paroilfans en telle, quâil ne fut queflionque de leur nbsp;nbsp;nbsp;'
donner a dos ,8c les aller battant amp;nbsp;tuant de tous collez. Ceux la donnèrent tel alai me aux autres es eniiirons de la ville, que tous quittèrent en delbrdre leurs tranchées Sc, logis,ncceiranc Je fuir iufques a ce quâils fe fulfent rendus en Sauoye.
W.D.LXII.amp;Lxirr. Charles nivhismi,
Des Adrets ne fit pas G bien douant Vienne, aias gai* Ãâ® P®'' pronieffes du Marcfclial de Briflac,qui lui pro-iiâbucâe naettoit merueilles,il commence a efcrire au duc deNe-NfJBMrj.' moursjamp;Gnalement sâabouchèrent enfemble feul à feui pres de Vienne: tandis que quelques gentilshommes de pufifrifin- part amp;nbsp;dâautre deuifoyent enfemble, au nombre defquels fe trouuant Merey furnomnié Polcrot,il lui auint de dire, (pource quâon parloir de la mort du R.oy de NauarreprM deRou3n)CeftemortnemettrapasGnà laguerrejmaisil â fautauoirle chien au grand colier: Srinterrogué de qui cela s'entendoit? du grand Guifard, dit il; puis leuanc le bras droit, adioufta tout haut. Voila, voila le bras qui fera le coup.Plus de trois mois auparauant, il auoit arcitcrees ( fois tenu le mefmepropos entre fes compagnons. Iltint proraelfepuisapres, comme nous lâauGiismonlire' cide-uani.De ce pourparlé d'es Adrets,sâenfuiuit vne tiefuede douze iours depuis le aj.Nouembre iufques au 6, de Décembre. Auquel iour en lâalfemblee des Eftats de Dauphiné des Adrets Gt ce quâil peut pour faire accorder le pays à receuoir Nemours pour gouuerneur. Mais outre ce que laNoblelTe enparticulierauoit peu auparauantmonftrc'« des Adrets, que cela nefe pouuoitfâiie,quâà la ruine de toute la prouince,leslettres du Lieutenant de Nemours leuès en raflèmbleedefcouurirent incontinentlâenrluneu rc:attendu quâelles portoyent que Nemourseftoitexprtf-fementenuoyé pour punir les feditieux amp;nbsp;rebelles. Ainli donc les Eftats refolurenr,des Adrets mefmesnây pouiiâf contredirÃiquâauât paffer outre il faloit que Nemours ob-tinft lettrjès autrement caufees, 8e oteroyees par legitime confcil du Roy,où fuft le Prince de Condé, comme tenât le lieu du feu Roy de Nauarre Ion frere. Ce coup rompu, des Adrets Gt vn voyage en Languedoc, puis reuenant «i Dauphiné, Nemours pour lâabatre du tout lui Gt voir les cômillîons donees par le Prince au Geur de S. Auban,!lef-_ fait aticcfes troupes à Tarare pour commander en Dau-
â ' â phiné,8t mandement à des Adrets delâallertrouuerà Ot leans. Depuis cela des Adrets Gt maintes pratiques pour e-ftablirNeraours,amp; effayafurla Gn de Décembre de lerco dre maiflre de Valence amp;nbsp;de Rornans.Toft apres,afçauoii Jedixiefme iour delanuierpar lâauis de la Nobleffe,fl fut faiG prifonnier,amp; detenu à Nifraes iufques à la paix quâun â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lcre-
Chorus NivriiSMs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lij
le rclîfcha fans abfolution ni condamnation. S'eftant reti- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
ré chez f»y,il quitta la Religion, 8c mefmesdepuis porta les armes contre ceux quâil auoitmaintenus.Mais nâayant iamaiseuen tel changement aucun heureux fucces,ains au contraire beaucoup de honte 8c de dommage, il fut con traint fe retirer en famaifó,mefprifé dâamis 8c dâennemis.
Au bas Dauphiné,le fieur de Croflbl recouura Serignâ Dtnxiefîne ' 8c Aurange. Dâautre cofté, la Coche furprint la tour de 1^'5' Lemps le y.dé lanuier.Sc defcouurit vne grande menee de *' Maugiron pour entrer dedansGrenoble,fit exécuter quel ques traiftres: dont Maugiron defpité rauagea le pays de Triefucs, contre la foy par lui promife. Et en ce temps ceux de Grenoble receurent quelques pertps ,8c néant-moins auiftuaillerent leur ville de bleds 8c dâautres munitions ,sâattendans à vn nouueau fiege, qui leur vint fur les bras fur la fin de Feurier,le camp desafliegeans ellant de huit mil hommes à pied 8c à cheual, auec deux groÃes pieces debatterie,dont le boulet de fonte pefoit enuiron cinquante liures,8c trois belles pieces de campagne. La Coche auoit neuf capitaines, quelques gentilshommes auec fix cens bons foldats outre les citoyens. La batterie commença le premier iour de Mars, 8c dura trois iours 8c trois nuifts:puis fut prefentee lâefcalade, où les aflîcgcans perdirent beaucoup de foldats, 8c les affiegez cinq feulement,mais auec le fieur defainftMuris,gentilhomme fort regretté.Peu de iours 3pres,le fiege fut leué, 8c la ville du tout deliuree.Aumefme temps vne petite troupe du Capitaine Furmejer , furprint Romette, petite place clo(é,i deux lieues de Gap,8cchaftia quelques voleurs quiye-fioycnr.Or comme Furmejerenuoyoitfon infanterie à la file pour fe letter dedans Romette.au fondes cloches que capitainr les voleurs auoyent branflees quelques heures durant en Furmtitr, vn clocher où il s sâeftoy ent fauuez, 8c dâoù ils furent précipitez en bas,la garnifon de Gap tant de pied que de ehe ual fortit 8c courut au fecours. Furmejer accompagné de quatorze autres à cheuaLafçauoir le capitaine S.Germain, les trois Champolieux,les Digoiercs,les deux Chapans, Guyot de Veine,Dauid de laRoche.Ieâ Boutoux deCorp, Claude du Vallog, 8c deux de Gap appeliez les Panfiens, fut fi hardi de faire tefte à toute cefte troupe marchant en bataille,qui fut esbranlee 8c mife à vau de route, la fuite â¢
M,D,Lxn.amp; Hin. Char t t s nevfiesmï.
commenceant par vn Piemontois nunimé Ie Capitaine* . Audi c,tellement que Furinejer amp;nbsp;fej compagnons nâeu-I * rent autre peine que de frapper deffus, amp;nbsp;de tuer iufqties aux jxirtes de Cap,laquelle demeura bridee de court iid-ques a la paix,qui y ht rentrer ceux de la Religion. Voila comme palferent les afaires en Dauphiné.
Pnuence. Qjuant a la P''oiience,le Comte de Tande gouueineut dâicelle en chefauoit deux filsjlâvn de fon premier mariage,furnommé Sommeriue : amp;nbsp;l'autre du fécond, nommé Cipietrcsenfernblc vue fille mariee au fieur de Carder, de la maifoii de SaJuces.Cipierre(lorsfort ieune ) C.irdet fauorifoyent le parti de la Religion. .Sommeriue fulliciré par le fieur de Carce.s,re fit chef du parti contraire. Sur la fin dâAuril 1561.par lettres cnnoyees de la Cour.Somme-riiie deciairé lieutenant pour le Roy en lâabfcnce de foa pere, mit incontinent toute la Piouence en armes c'^nire ceux delà Religion,lcfquels fe trouiierent fui prins amp;rn-lielopc i de toutes parts des lâcntree du mois de Mayiuf-ques à la fin dâAuril enfuyu,âricâetf à dire par lâefpace dâvn an entier,en telle forte quâil n'y eu ft cfpece de cruauréplus que barbare oublieeà exécuter contre toutes foi tes de per fonnes,fans exception de fcxc,aagc ni qualité, au nombre dequinec cens amp;nbsp;d'auantage ,en la plufpart des vides amp;nbsp;/ principaux lieux du pays.En ce nombre y eut plus de deux cens cinquante fümesdes enceintes nullement efpar^nees: mefmes y en eut vne qui fut fendue totiieviue ,amp; deux cnfins arrachez de fon verre,eferafèz amp;nbsp;iettez aux pourceaux On malfjcra aulîï plulieurs petits enfan«. Parmi rat de centaines de perfonnes, furent enueloppez mefmes quelques vnsde laReligioil Romaine;amp; peut on dire que toutes les cruautez defployees iadis par les Payens contre le.sChrefticns de lâEglifc prjmitiuc,foita mutiler,pendie, brufler.efcorchrr.decouper par pieces,trainer par les rues ' ou précipiter, defmenibrer tout vifs, poignarder à petits coups,enterrer vifs,amp; faire mourir de faim amp;nbsp;dâautres iiii-fere5,furenr pratiquées en peu de mois fur ceux de la Religion enâProuencciSc lâofe dire que les cruau'cz modernes furpaflent de beaucoup les anciennes.Qui pis eft cela fefitau veu,par lâaucii amp;nbsp;commandement des Magiflrais, anec recompenfe à la plufpart des meurtriersilefquels ef-
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;chappetent prefque tous la main des hommes : mais peti
Charus nîvfiïsmi.
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Je temps apres firent malheureufe fin, nâeflât prefques pas V gt;*(5» vnefehappé de pi ufieurs milliers coulpables de ces furieux â » inalamp;cres,qui ne foit péri de façon efpouuantable, les vns f plulloftles autres plus tard. Nous ne recitons pointées caserecrables plus au long; attendu que ce feroit plonger lelefteurdans vne merde fang innocent. Les liurcs en font publiez,amp; les catalogues en lumière en iugement cô trela Prouence contre les auteurs de tant de maux, qui ' en celle eftenduc de pays là amp; es autres endroits du royau mcjtantalors que depuis ont fenti à leurgrande confuliô les mains du Tout puiifantdequel afait fentir fur la France la vérité'de celle horrible rrtenace, Quiefpandra le fang humainjlcficnferaefpandu. Mais conliderons comment les afaires de la guerre palTerent alors en diuers endroits de laProuence,depuis lemalTacre de Valfy amp;nbsp;larupturede 1 edit de lanuier iufquesacelui de pacification en lâan mil cinq cens foixante trois.
Le Comte de Tande voyât lâhorrible dilTipation de tou Suwwenxf â¢el3Proucnce,amp; que Sommeriue fonfils lafehoit ainlî la bride aux fanguinaites amp;nbsp;difloluj pour commettre plus fclorines cruautez,amp; vilenies quâil eft poflible dâima- tous les »r(-gtner amp;nbsp;infiniespauures familles defolees ; vint .à Manol- hemns d'i-qucjstnaffa tant de gës quâil peut,fous la charge de Cipier- «/«gt;'. tefon filscolonneldelacaualerie , amp;nbsp;de Caidet fon gendre chef de lâlnfanterie,lefquels firent en forte que les villes qui elloycnt de là le fleuue nomme Durance, demeurèrent fous fon gouuernement,excepte' Pcrtuis,qui fut af-liege',mais en vain.Cependant Sommeriue ayant recueilli fes forces.gt apres auoir elle'à Aurahge .à la rcquefte de Fa i brice amp;nbsp;de Suze,vint à Manofque qui lui fut rendue parle t CapitaineColoux, puis ayant fait monftre de cinquante i enfeignes dâinfanterie amp;nbsp;de quelques cornettes de cauale- , rie,ledixiefme lourde Iuilleti56i gaignales auenuesde j la ville de Cifteron,laquelle il aflîegea incontinent. En iç celle cftoyent la plufpart des familles réfugiées des autres places de Prouence,enfemble onzecompagnies de pietôs fous la charge du fieur de Beau jeu ,neueu du Comte de Tandc. Furmeiery furuintaufli auec trois cens hommes Sommeriue auoit fait defcouurirles palfages patvnfien capitaine nommé Bouquenegre, vaillant homme, mais ctuelamp;dilTolu sâily cneutiamais vnen Prouence.Icelui
(X ihj.
M.D.LXII.Sl IXIII. ChARIES NBTHES«!.
fut furprins en vn village auec deux (óldats amp;nbsp;vn lien vliet,duquel il entretenoit la femme:5c toll apres conuaintu dâjnfinis meurtres amp;violemens fut pendu amp;nbsp;eflrangléeâ la place publique,par les mains de ce valet, mourant tout ainli qu'il auoit vefcu. Lâonzieme iour de luillet Soninie-riue fit donner trois allants lâvn apres lâautre,qui durèrent depuis les trois heures apres midiinfques à la nuiâclofc; mais 11 fut viuement repou(fc. Le lendemain, les afliegei dreflerent des efcarmouches, Si enuiron huit iours apres, ptefenterent la bataille à Sommcriuc,laquelle il refufa.Lô vfoit lors de part amp;nbsp;dâautre de telle animofîté,que nulnâe-ftojt prins a rançon.Sur la fin du mois, Someriuc craignît des Adrets,qui auoit gaigné la bataille de Vaureas,sâallacî per amp;nbsp;retrancher à trois lieues loin de Cifteron. Dâauite part Cardet auec toutes fes forces approcha, faifant tous fes efforts de tirer en campagne ces retranchez ; il ne fut ramais poflîbleiaü moyen dequoy le Comte de Tande, incommode de viuresjlit leuer le camp,dont il mit vne patrie dans Cifleron fous le gouuerncment de Senas, eniioyât le relie à des Adrets,qui prometcoit le venir voir blé toll auec bonnes forces,ce que toutesfois il ne fit.
Levingt feptiermeiourdâAoufl,Sommeriucauetcent enfeignes dâinfanterie amp;nbsp;force caualleric râallic-geaCifteron de trois collez, Si entendant que Motnbrun venoit au fccours des alîîegez.lui enuoya Suze .lu deuant, lequel furprit amp;nbsp;deffit Mombrun amp;nbsp;cinq cens hommes quâil conduifoit,le deuxiefmeiour de Septembre. Les adle gez enclos de toutes part,s,forsdâvn collé tout defcouuert amp;nbsp;qui fe rend à des hautes montagnes toutes defertes, amp;nbsp;dont le chemin eft fi ellroit que deux hommes de cheual nây feauroyent paffer de frontiSommeriue leur fit vne rude batterie le quatorziefine iour de Septembre, amp;nbsp;y eut brefehe fur les dix heures du matin dâenuiron cent quaran te pasjfans quâil y eull flanc ni baftron pour la dcfcndre.En oultre,de ux moyennes qui balloyent du collé des Cordeliers, dcfcouuroyent amp;nbsp;fr.ippoyent au pied les affiegez quand ils voulo^-ent venir à la brefehe. CenonobUaiit, K combien queks affiegez,râfchansà remparerla brefehe, fuffent les vns bleffez des efclats , les autres emportez pat pieces en lâair, t.int hommes qüc femmes ; paffans les vifs pardeffuSlesraortsilsfirent vn merueillcux deuoir dâapporter
Charus nsviiïsmï.
IM
ponet terre, coucres de lids, fumier, fafcines,amp; tout ce Huipouuoit féruir. Aumefmeinftant, Iâalfaut donné par gt;â¢Â«-trente trois enfeigiics dâinfanterie, amp;. vnecornette de ca-Paierie venant apres eux,il y fut combatu,reprenant halei- ' ne,par cinq fuis amp;nbsp;lufques à fept heures du foir, auec telle furie que la poudre defaillant aux vns amp;nbsp;aux autres, ils vin drent aux pierres,aux efpees,amp; autres coups de main.Pina lement les alTaillans furent contrains de quitter la brefche^'.tJ^«'^»* «le fe retirer auec trcfgrande perte.Cc nonobftanr, Sotn-meriue commença vne autre batterie : au moyen dequoy fur ie foir,Senas,Nlouuâs amp;nbsp;les autres capitaines aiïîegez, quiauoyent perdu bon nombre de foldats,fe voyoyent def nuezdcmiinitiôs, nâauoyét aucune efperance de (ecours, eftoyent chargez dâvne trefgrande multitude de pauutc peuple nullement aguerri,amp; confideroyent les forces,lâo-piniaftretc amp;rin(olencedesafliegeans, conclurent quâil faloit quitter celle foible place, amp;nbsp;(à uucr promptement les perfonnes qui y elloyent, gaignant ce dellroic de montagnes, dont a elle'parle, qui efloit le feul endroit par où ds ponuovent efehapper. Celle conclufion fut incontinét ,, uectleeaSommeriue,par vnquisenfuitvcrslui au fortir j-, de la chambre où.lon en auoitdeliberéiMais lâafairedeba- retrait)â tuauconfeil de Sommeriue,qui vouloir faire dorre cc paf rairacuZoïj'è fagc,auint quâvn nommé Cental difîîpa toute celle delibe- nbsp;nbsp;nbsp;*P-â'
ration,alleguant tant de raifons,quâil fut conclu que nul ne bougeroit du cîp celle nuiftlà ,encores que quelques vns des affiegez filTent mine de fe retirer parla: mais quâau poiriél du lour lonrelouldroit ce qui feroit a faire. Les aflie gez fur les onze heures de nuiâ commencent à fortir à la veue de leurs ennemis qui pouuoyent les dcfcouurir aife-tnent de deux endroits qui commaiifloyentà laville, amp;nbsp;pour les lumières qui elloyent aux fenellre.s des maifons. Marchansà l3filc(amp; Ion peut penfer quel bruit il y eut fur ce depart,à caufe des petits enfâ.s,des maladesjdes blelfez, des vieilles gens,des femmes enceintes amp;nbsp;autres) ils pouc fuiuirent auec leur bagage le chemin de la montagne toute la nuîô,fans que pas vn du camp de Sommeriuefe re-mUall,non plus que fi ce pauure peuple eull eu faufcôduic bien authentique, iufques au poinft du iour que Somroe-riuefitpalferla rhiiere à quelque caualerie amp;nbsp;ihfanterie qui donna fur la queue,oùfetr«iuuerent quelques pauures
r
Ch A RIBS turntsuf femmes demeurées derriere,dont les vnes furent tiieesjw autres emmenecs prifoiinieres : amp;nbsp;ne fut la pourfuite plââ grande,rant pour ladiflicultcdu chemin,que pour Iâauari-ce de CCS courdurs qui ne vouloyent pas faillir de fe trou-fac de la ville dans laquelle Soniiiieriue(craignä[ CTflerm. nbsp;nbsp;quelque rufe ) nâofaentrer que fur les dix heures du ma
tin. Les afiiegeans entrezen cefteville defolee,y tuerent .de trois a quatre cens que femmes quâenfans ,là ns aucun relpeft ni dâaage nidereligiô,amp; emportèrent ce peu quâils y trouuerent. Si la fortie de ceux de Cifteron auoitefte miraculeufe,aufii le fut tout leur voyage par les môtagnes l'efpacc de trois femiines,durant lequel temps ils efehap-perent infinis dangers itifquçs a ce que le 17. iour de Ses ptembie ils arriocrtnt fains amp;nbsp;lâaufs a Grenoble. chantans Pfeaiimesamp; cantiques daftions'degraces de Dieu pour leiirexcellentedeliuranceiamp;nefachans rien de ce qui fe iturme jS. pafloit en mel'me iour ailleur.s,afçauoir à Saind GiUcs/iù GiUuffiha leurs ennemis furent entièrement desfaits amp;nbsp;quafi tous /auf del tuez.comnie nouslâ.iuons declairdaudifcours del'hiftoi-/ârweçj««. te du Languedoc.De Grenoble ils furent feurement conduits a Lyon,amp;afliftez charitablement en leurs ncceflîtez iufques a lâedit de pacification. Depuis la prife de Cifteroa amp;nbsp;la desfaite des Pronençauxà Sainél Gilles Sommeriue demeurémaiftiede la Ptouence,fit continuer les malfa-cres amp;nbsp;brutales infolences parauant commencées auec Muffderei toutcimpunitcdes principaux chefs de lâhorrible confultô qui y regn.i iniques apres lâcdit de pacification eftans Cat-ce. ces,Mcnrin,F13(fans, inftigués par certains Ju parlement dâAixjCommeBagarris.Chefne,S.Marguerite, amp;nbsp;autres qui goiincrnoyent tout le refte:3c quiau lieu dâobtempe-⢠rcr à lâcdit de pacification,oferent bié conclorre que ceux de 1.1 Religion nâauroyent aucun exercice: que ceux qui du rant les troubles auoycnt elle leurs chefs , ou ayans tenu oflfice royal feferoyêtabfente7,ne feroyët receusau pays, Iniujlicti,. q'ât les armes demeuteroyent fus bout: item quâil y au-roit furfeance à la punition de tous les brigandages amp;nbsp;fac-cagemens commis durant les troubles,encores que les femes enceintes eufient efté fendues viues , les petis en fans efcrafez.pluficursenterrez vifs, les autres hachez en pieces , brûliez à périt feu,precipitez,crgorgcz à ht façon des moutösjttaincz par les rues puis harquebuzez, affommez, defchi-
Charles nevfiesme.
âiefcliiquetez dâlnfinis coups. Ainiidone ccs bons iuges firent tant dâinfolcnces que Icconfeil du Roy fut contraint apres 1âedii de pacification eniioycrlePrelident de Mor-» fanauec certain nombre deconfcillers de Paris cn Pioucn Qâelmf ia cc.'iefquels firent telles executions dâaucuns voleurs lueurtriers,que depuis, quoy que les armes ayent elle fou influ-n-uent reprilésjla Prouence ne sâeft pas mutinve de la lotte quâelle fit durant ces premiers troubles. Mot l'an amp;nbsp;fcsalfo-ciczelloycnt bien délibérez de faire iuftice fans exceptiô: mais la multitude des coulpables, la qualité dâvne partie dâiceuxde credit des autres, amp;nbsp;lesmerucillcufes pratiques de Cartes St du parlement dâAix, empefeherent ces iulli-ciers de faire ce quâils pretendoyent.Finalementjà la folli-citation de Cartes,le Roy fit rclafcher plufieurs dont les procès elloyentiadrelTeZjamp;quiauoyent metitc dâeftre cxtcrmiiiezcentfois.
Maintenant il faut dire quelque chofedela Duché de Bourgongne. Le parlement de Dijon fit tant que par letr_. tres du premier iour de Mars ijiîi. fut mandé par le Roy aufieurde Tauanes fon lieutenant cn lâabfencc du duc dâAumale de la maifon de Guife,de ne permettre les pref-chesa Dijon, nies villes de frontière: amp;nbsp;quelques lettres que ceux de la Religion obtinlfcn t puis apre.s, cela ne leur lèruit de rien,attendu quâils auoyent ce parlementen te-fle.En ces entrefaites la guerre commença. Lors Tauanes attiré par le Maire de Dijon defarma ceux de la Religion, Icuriiiterdit tout exercice public, mit es fortcreflâesgésdu parti côtraire, introduilït à Dijon le Côte de Maureuel a-oecfaconip.ignie amp;nbsp;autres gens de guerre, emprifonna les principaux de la Religion,fit chaffer les artifans dont il fedoutoit,vlantde fort rudes menaccs,puis mettant hors Il ville lefdits delà Religion. A fon exemple le Maire amp;nbsp;les efeheuins firent encores pis,ayans ietté dehors grand nô-brcdefciTinies,fillesamp;petisenfans,incfmes plufieurs nii-l.ides amp;nbsp;impotens,dont sâenfuyuirent detrefgrandcs mife-tes:5ifi quelques filles honneftesfe lamentoyent,difansne fauoir où aller,la refponfceftoit, quâelles allaffcnt au bor-dcail qui ne leur pouuoit faillir. Pour le comble du mal le feptieme lourde luiller, futpublic à fonde trompe, que tous les p.iyfans eulîentà prendre les artucs amp;nbsp;courir fus
Lxni. Chamïs nevfibsmï'
aux rebelles, entendant parce mot ceux de la Religion-quâon nâeu ft à receuoir, loger, ni aliméter les expulfez d« villes; que ceux qui auoyent prins les armes, ou fauotile ces rebelles dâaide ou deconfeils, eftoyenc condamné comme criminels de lefe raaiefté : quâon euft à maffacttf 'âtous ceux qui sâaircmblcroyent ailleurs quâes temples dt ceux de lâEglife Romaine.Le commun peuple de Bourgô gne fut plus Page que fcs gouuernemens, amp;nbsp;ne fe remu» point pour telles publications. Neantmoins celle barbare licence produifitplufieurs brigandages gcfaccagemés: nâe ftans mefines efpargnez gens de qualité, comme côfeillcrs eu parlement,maiftres des Comtes, thrcforiers generaux, 8t autres hommes dâhonneur amp;nbsp;de fçauoir, qui furent cô-trains ceder à la fureu r des mutins amp;nbsp;vauneans, à qui toutes chofes eftoyent permifes.Par ce moyen furent chaflêî de Dijon pres de deux mille personnes a caufe delareli-gion.Lebourg dâiflutilc fut rauagé au mcfmc temps:amp; de Mirebel furent amenez quelques prifonniers, depuis exécutez à mort.Tauanes amp;nbsp;autres pefeherent en eau trouble tout à leur aife:amp; ce neantmoins acquirent celle reputatiô dâeftre appeliez vuide-bourfesiau lieu que les autres eftoyent deïait amp;nbsp;de nom coupegorges amp;nbsp;maflacreurs. Somme Dijo\ncndant toute celle premiere guerre fe monftrâ infinimenXennemie de ceux de la Religion, S de tous les outrages qiVon leur fit,iamais le parlemét ne print conoif fince pour y pouruoir:au contraire cinq hommes qui auo-yent fait inftancc pour la publication de lâcdit de lanuicr, furent exécutez à mort par ordonnance du bailli de Dijô, fans auoir cfg.-rtd à leur appel,amp; contre toute formalite Je, indice.Vne fille de feize ans,à caufe de fa confiance amp;nbsp;pet feuerâceen la religion fut dccapitee,amp; vne femme fouettée pour auoir fait les prières en fa maifon.
fixiefme iour deMay, Torpescapitaine delavilk dâAuflbnne amp;nbsp;le Maire appcllercnt ceux de la Rcligiô, auf quels ils firent commandement de defloger où dâaller à la meflè. Les pl us fermes au nombre de vingt ou vingt cinq cliaflc Z fe fannerentoù ils peurentiplufieurs femmes furet contraintes dâaller à la melfe. Les armes mifes entre les mains du peuple : pres dâAulfonne fut cruellement mafla-cré vn nommé la Planche,à caufe delà Religion,puis traîné amp;nbsp;ietté dedans vn eftang.Qu,elcpjes maifons en la ville furent
Charles NETiiEsM». nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;117
furent pillées amp;nbsp;démolies,notanacnc celle de lean Girard aduocacamp; dofte perfonnage, la bibliothèque duquel fut emportée par vn chanoine de £eaune l'on beau freie , qui en brûla la plufpartjaucc les papiers amp;nbsp;cópofitiós dâicelui.
Ceux de la Religion à Autun, continuèrent courageu-fement leur exercice iufqucs au i4.iour de luin, qu'eftans auertisqucpluGcurs troupes de caualerie amp;nbsp;dâinfanterie venoyent de Chalon pour les maffacrer, ils feretirerent li apoinft que fes troupes arriuces à foleil leuant nây crouue rent que le nid de la plufpart.Les reliez en la ville furet in-iuriez,battus,emprifonnez,outrainçzà lanîeffe,plulieurs cnfansrcbaptifezjamp;lesnouuellementncz arrachez d'entre les bras de leurs mer.es amp;nbsp;portez aux preftres.Plufieurs mariez furent contrains dâcfponfer derechef, les malades toyrmetez en toutes façôs par les preftres,quelques morts deterrezSc lettezà la voirie,pour nesâcftre voulu con-fcITcr.Quelques vns furet tucz:amp; plufieursfémes notables aimèrent mieux croupir dedans les prifonsiufques a la fin de la guerre,que de quitter la religion. Ainü la dilTipacion continua iufques à la paix.
Lehuitiefme iour de May lytfx.çeux de Beaune furent enticremét priuez dercxcrcicc de la religiô;amp; quatre tours aptes leurs trois miniftresetnpfilbnez,puis lesartifaas amp;nbsp;autresdialfez hors,la vine,au nôbre de lept a huit cés.y cô prenat les femmes les enfans.Vétoux capitaine de la vil , lecmplitdefoldatslesmaifonsdesabfens,où ces foldats firent de terribles rauages,ceux quâôy trouua outragez de toutes fortes,amp; tellement deteftez qu'ils nâofoyent fe mô-firer en rue : ce qui les reduifit à des neceflîtez extremes, leurs parés 8t am is nâofans leur afliûer.Les cottifatiôs im-pofees fur ceux de la Religionfaulquels on auoit pillé les meubles) eftoyent excelfiues, tant en celte ville là , quâes autres de la Bourgongne, comme aufli es autres villes amp;nbsp;prouinces duRoyiume.Le vingt vnicfine iour de luin,la maifon dâvn des principaux de la ville fut fotcce amp;nbsp;entière mentpillce.Es mois fuyuans Ion fit tous efforts pour frire abjurer la religion à ceux qui eftoyent deineurezrqucl-ques vns demeurèrent fermes. AucommencementdâO- nbsp;nbsp;ââ
ftobre,le parlement de Dijon elfayadâen prendre les vn* prifönicrs,amp; fit adionrnerperfónclleniét les autres. Ceux qui çomparuient à üijon,quoy quâinnocens,furent tude-
m.d.lïh.S:ixiii. Charles NivriESHt ment traitczilcs autres eurent diuerfes auantureSjS y eut quelques vos ( mars en petit nombre) blcilèz amp;nbsp;ckSi larnereltant à Beaune que deux lion)mesamp; quesfemmes honnorables ,qui fillâent profeffion ouuef' te de la Religion , par le fupportde leurs compatriottfS'
Clmlin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lyon ayât elfe failie le premier tour de Msji
Chalon fur Saone le fut aufli bien toft apres,où Mombrun fut incontinentenuoyépour la garder auec cinq cens bâf quebuziersice quâil fit. Mais eftant inuefti parTauanesiS alléguant que la ville nâcftoit tenable defoy niefmejOi munie dâhommes pour la garder,fur le foir du dernier dé - May il sâembarque auec fes troujies, laiflant la ville ® proye à Tauane$,lequel rvoublia de ferrer de pres les psu ures hâbi tans, qui furent contrains fe fauuer comme il» peurenr,plufieurs eftans preuenus Si faccagez,aucunsaul fi tuez par les chemins,£t le tout en fomme eÃant redin' en trefmiferable eftat.
Ceux de la Religion à Mafeon fe rendirét les plus fort® en la ville le troifiefme iour de May,fans eifufion defangi Si trois iours apres les images y furet abbatues, cément â elles auoyent eftéà Lyon,quoy que les minirtres Stancit® fufl'ent dâautre auis.Môbrun ayant quitté Chalon 8cdeice du a Mafeon ellôna fi forties habitans,queplufieuts furet dâaiiis de quitter tout.Sur ceft cffroy,Tai;anes qui peu au-parauant leur auoit fait de gracieulés ofFres,aparut aus pu' tes de la ville pour y entrera quoy le peuple sâoppofeau move dequoy ramalfant toutes fes forces il vint l'aifieget rnniier Is troifiefme iour de Iuin,ayât fon armee cópolèe de Bout guignonsduCôté,quiportoyenc tons lâefr harpe rouge a defcouuerticequi feruitaucunemét aux afiïcgezeruoyâ! remonflier auconfeil du Royqnâil nâelfoit raifonnable quâeux q«i efloyét fes fuiets naturels Scdelîroyét viuteen paix fous lâobeilfâce de lés edits fulfcnt côtrains dâouurit leurs porte s a Tauanes accôpagnc dâellrâgert,ennemis de la courônc,8; leur eftât fufpeft pour plu lieurs grades cau-fes.LettresfurétenuoyeesaTauanesqui fe retira tellemér, que toll apres ayât reccu nouueau picquct, il tafeha feÃJ firdes portes au defibus de la villeiaquoy il faillit, ayâte-Itérepoulféfort rud'emét.Cômc il sâapreftoit à vndeuxief Dtufiifnu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tde Lyon enuoyerent Iq ficur dâEncrages,
pourfoullenirleshabitâs,quifousfacôduite firent force forties
ÃHI KIE s N E VHI s UE, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ItS
forties amp;nbsp;efcarmouches inonobftint Icfquejles Tauanes lit frire fes tranchées d'vn colic; amp;nbsp;le j.de luillec gaigna le fauxbourg S Lautent,puis le lendemain fit telle batterie, ' qu'en moins de deux heures toutes les defenfes furet par terre.Et le ioui mefme fut pendu amp;nbsp;ellranglé dans la ville vononiéMulf/jdomeftiquedeTauanesjConuaincu dâa uoir entreprins de faire prendre la ville. Encrages l'ommé peu apres de ferendrCjfittefpoEice que sâiltenoitlc mai-lire,il lui feroit paffet le pas comme a Mulfy Cjn valet : ce qui defpita Tauanes de telle force quâoutre quinze à reiz.e cens coups tirez contre vnc cour, ils en tirèrent plufieurs centaines dâautres vers les brefches,dont beaucoup de gés furent tuez amp;nbsp;mutilez. Mais latefolucion desalTiegez EnipcfchaTauanesde sâapprocher :ains sâeftant contenté dât'nuoyer douze foldats pour reconoiflre la brelchè, les fix y demeurèrent. Et fur les onze heures du foir trente foldats fortis de la ville coupèrent la gotge a quelques fcntinellcs, 8c donnèrent iufques à lâaftillcric pourlâenclouer,ce quâils euffent execute,fiTauânesnây fuftacouru enperfonne. Le lendemain combien que la tour tant batue 8c abatuecuftouuercvnc nouuelle bref-cbeà Tauanesjil ne bougea,mais au contraire faifani; mine de retourner à grand halle en Bourgongne, il kue fort câp tout foudaiojlaiflant mefmes quelques caques de pou dre, ayantdrelfé vneembufcadeà ceux de la ville sâils fuf fent fixtis.Mais Entrages,hôme prudct,8c qui nâauoit poïc de foldats a perdre,ne permit à aucû des fiés de fortir.Ta-uanes,fruftré, logea fes troupes es enuirons,8c remontai lt;3h31ô,oùlcvîdrêt trouuerquelquçstroupesdeDaupliiné.
duintencesentrefaites que deux Efeheums de Maf-^,Æyçââ^* con,3yan5 de leur authorité faâ t cbarger de nmél lur des limei, baileaux les reliques dâor Sc dâargen* amp;; autres ornemens duteniple Saind Vincent de Mafcpii:, en intention de les mener 8c vendre à Lyon,ay ans fait deux ou trois lieues furent defcouuerts p.ir vn nommé SainCt Poinél , lequel fuiuide plufieurs gentilshommes Dauphinois amp;nbsp;de bonne troupe dâinfanterie pafTa la tiuiere au dclTus de Eelleuille , Sc ayant imielli les l,afteaux , sâen fit tnaiflre , 8c de tout ce qui elloit dedans , eftime valoir trente ou quarante mille francs. Les Calices 8c images dâor ou d'argent doic fuient calltz, dcfpcccz 8c par*
M.D.LXII.amp; LXin. Chakles MEVFIESMS.
tagez entre S.Poinfl: amp;nbsp;fes£ompagnons,quoy quâils pellaflent Catholiques Romains. La delîus vint à Maltâ® vn ieune laqüay, lequel ayant fauflement chargé de trahi' Ton deux capitaines qui y commandoyentfut pendu: mais les foldats de ces deux capitaines commencèrent à fe mutiner, poureeque leurs chefs auoyent efte mis en pti' fon,amp; vferent de menaces. Ce bruit vn peu apaifé, Entri' ges feignant vouloir faire monftrcs generales en vne plaine proche de la ville fit fortir ces deuk compagnies de ma tins les premieres,puis leur ferma lesportcs,au moyen de-qiioy contrains de prendre parti ils defeendirent a Belle-t^noit pour la Religion,amp; y arriuerent a la bonnt heurc,furlefoirdu 5iâ¬.de luillet:car le lendemain a la poiu fteduiour, S. Pomftaueclîxoufepteens foldats,amp;dcux cens cheuiux,ioinfts aux payfans des enuirons,inuelhrcnt cefte vilette, penamp;ns bien y entrer fans refiftance. Mais a lâaprochcr des murailles,amp; dâefcouuerts dâauanturc par â« gt;nbsp;qui sâeftoit Icué plus matin , ils furent recueillisii rude- j ment par les Malconnois, que force leur fut de le retirer । honteufement amp;nbsp;auec grandâ perte.Pour fc venger ils cm- i menèrent le bellial de quelques melfairies, amp;nbsp;allèrent pd- l 1er la maifon dâvn riche payfan, lequel ils rnaflacrerennS
Hettertnt fon corps dedans la Saone, dâoù il fut repefché,S enterré à Belleuille.
Ceux de Mafeondeffirent le dernier lourde luillet vne Vingts hommes de cbeual,vnepartie tuei, les autres mis en roure, amp;nbsp;vingteinq cheuaux amenez à Mafeon avec quatre gctils hommes prifonniers.Le c.ipitaine Verty fiteeft exploit. Entrages dâautrecoftéaf-. iiega le chafleau de Pierrecloux, 8c contraignit Mourofat qui y commandoit 8c vingt cinq foldats de ferendreadi-fcretion : mtisaulieti de leyfaire tous mourir comme ils nieritovcnt,eftanstou.s voleurs bien qualifiezjil les fit mener prifonniers à ' Mafeon, où ils firent puis apres vn terri-Fuitti du Herau.ige. Le trentiefme iour de ludlet, le (ïeur dePon-firm- de Pen cenat arriua dans Mafeon auec les Suifles 8c François : K en heu dâalliegerle chafteaiide S. Pomft raontaiTour-nus.dcfgarnit Mafeon de fes forces, St en tiia niefmes Entrages ; puis ayant par quelques efcarmouches edóne ceuX' deTonrnus,il les contraignit dâabandonner la ville en fort grand (lefordrc , 8c sâen tendit iifliftru leS.iourdâAouft: dont
C H A H I 1 5 N BV ri E S M t'.
dont Tauanes eftonné fut en deliberation de retonrncr à Dijon:mais entendant que lesSuifl'es nevouloyentpas -sâeslongner de Lyon , 8c que Mafeon cftoit à defcouucrt: -premièrement il cflaya de feparcr les Suilîes dâaucePon-quot;â cenat,attendant que les Italiens qui lui venoy ent de renfort fuffent arriuez ipuis il pourueut aux places quâil pcfoit deuoireftreaflaillies par Poncenat,lequel toutesfois print Clugny, dont la librairie,trcsbellc entre celles de France, fur tout à caufe des anciens liures eferits à la main, fut entièrement deilruite par lâinfolence 8c ignorance furieufe desfoldatsnhreforquineferecouurcra lamais. Verty Ce failit dextrement du chafteau de Senefeey. Mais Tauancs j-Miinet dâautre collé fit fortir de nuift de Chalon huit ou neufeés «rrefrfiii hommes, quatre cornettes de caualeriequi fc mirent en/urMafini, chemin pour Mafcon:à quoy Poncenat ni nul autre ne dô-na ordre,encores que Ion euft affez dâauertillemens. Somme ces troupes arriuerent auant les deux heures apres la minuiftdu ig. dâAouft à vn quart de lieuè' de Mafeon. Le» gardes de la ville leuees au poinft du iour, ceux qui au de-dancelloÿent de l'intelligence vindrent dire au commis à garder la clef de la porte de ce codé là , quâil y auoit plu-ficurs charrettes chargees de bled amp;nbsp;de paille pour mettre Aumagazin des munitions. Lcportier,quicfloicauflîdela i nienee fur cela ouurit les portes.Le premier bouuierayât pafle la premiere 8c deuxiefme porte ,8cfuiui dieTautres charrettes ne faillit de verfer fous la troifiefme. Incontinent vingt armez, qui eftoyent demeurez couchez fur le ventre au derriere de quelques murailles de iardins proches decelle porte acourent,coupent la gorge à quelques gardes,8c donnent le lignai à leurs gens qui ferendent là incontinent, 8c apres quelque combat contre vn corps de garde renforcé pat ceux de la Rcligion,fefoiitmailtresde la ville,polènt leurs corps de garde par tout,puis commen-centà courir fus aux hommes 8c femmes de la Religion: dontlesvnsfe precipitoyent par deflus les murailles, où aucuns fe tuerent 8c plufieurs fe rompirent les iambes,les autresfeie^gyent dans la riuiere,ou de leurs maifons en bas.Quelques vns firent rcfiftancc 8c moururent les armes aupoing. Entre'antres fe trouua vnc fille fi courageufe quâà grands coups de groffes pierres quâelle irttoit des fe-ncllres,ellc accrauanta quelques vns des ennemis. Le grà d
R. j.
Charlfs NivriEsMi.
carnage »int des voleurs du chaftcaudc Pierre Cloux, qui fortans de prifon pleins de rage amp;nbsp;les armes au poing ne prenoyenât plaiflr quâa couper teftes, bras amp;nbsp;iambcsa â ceux de la Religion,dont les maifons furet pillees, amp;nbsp;ceux qui auoyent dcquoy rançonnez de terrible façon.
S'«».
« Ce mefme iour ponccnae eut les nouuellcs de laprife de ta itüi. Mafcon, dont furuint vn cruel eOnfentre lui 8f. Entra-gesimais confeillez de penferaureniedeiprompremciit lâarmee sâachemina vers Mafcô.La pluye impetueufe fur« utnant arreflalcs Suiffesa vnelicuïlom delà ville,amp; En-trages ayant drcfle les efchelles ne fut fuiui comme il ap-partenoit.La dcfTiiSjles Suiffes imaginans la reprinfe plus difficile quâelle nâefttiit rebrouflerenr chemin,dont sâcniui
' uit la perte de lâartillerie, des muniiionsüc des efchelles, auec vne merueilleufe efpouuanteen touteceflearmec, laquelle fc rendit à Belleuille, où tandis que chacun sâamu foie acercherfes commodité/.,Maugiron auec forcecaual lerie furuinrifit fans quelques gouiais quifettouucrcntfut lamuraille,St dônereiit falarnic,il y eut eu vn terrible car nage.Poncenat acourut incontinent à la porte, amp;nbsp;fit lortir enuirqn vingt cauafiers qui lui reftoyent, fous la conduite du capitaine Pluuian, lequel ayantà la premiere charge mis parterre Hercules lieutenant de Maugiron,8£condu-Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fteur de festrûupes,mit incontinent tout le refle en fuite.
Lanuift'vcnue,les Suifles aprehendans quelquenouucllc charge,den.qgerent tiraiis vers Villefranche, 8c ainfi Maf-frad nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;demeura en proye à ceux qui y eftoyententrez,oùlcs
* prifonniers furent affummez amp;nbsp;iettez en la riuiete exce-neuf des principaax,cntre lefquels fut lâvn des mini-lires (lâautre ayant efté maflacré) qui elchipperent par argent coûté a Tauanes,Iequcl y fît vn tel butin,que fes entremetteurs auouerent quâil y auoit amalfé deqiioy acheter content dix mille liiires de rente. Sa femme y eut pour fa part du pillage enuiron cent quatre vingts bahus tout pleins de meubles,outre le fîl,pieces de thoiles, amp;nbsp;toute fortf de linge, comme linceuls, napes amp;nbsp;feruietes , dont. Mafcon auoit la reputation dâeftre bien me^lee entre 5 Ptin/Itn- les autres villes de France. Toutes les meflfuies dâalen-fSâ' â»'quot;r- tourfurêt pillées,amp; quelques vnes brufle^t.Sainft Poind demeutégouuerneur.continua de faire maffacrer amp;nbsp;letter eu lâeau Iq demeurât det ptifonniers,lefquels ilfaifoitaiiie pw
Charles nlveiesme.
oeidcuxà deux les apresfoiipccs furie pont de 'a Saône, «'Cf » pour donei du pafft rcnips aux dames quâil feftoyuitiSt en piefencedâicelles apres auoir fair quelques inttrrogatsour trageux amp;nbsp;ridicules a ces pauiires prisonniers,les faiÃçit pre, ipiter en lâeau. Quelquesfois par gens apoffez il fai-füitdüi lier des faux alarmes, dont il prenoir prétexte de tuer ou noyer quelquâvn amp;nbsp;continua ce train iufquesà lâedit de pacification, peu apres lequel comme il alloit en fon chalicau proche de Mafcon,rencontrépar Achon fon ennemi paiticulier,ils vindrent aux mains; mais lâautre le tenuerfa mort par terre dâvn coup de pifiolc.
lufques a prefent nous auons nionftré le pliisbriçfuc- Cmmentla ment quâil 11 fté poffiblc lâeftat des prouinccs de la France durant les premiers troubles. Retournons a la Cour. La Rome deliurce des mains du Triumuirat.pour alfeurcr fon autlioritéamp; renifles grands en contrecarre,afin de fc fer-uir des vns contre les autres,premièrement inueftit le ieu ne Duc de Guife des eftart de feu fon pcrc,8f pour appai-fer les Parifier,s infiniment irritez de cefte mortelle leur liura Poltmt.qui fut execute dâaufli grief fupplicc que sâil cufituéleRoy mefme. Cela fait il fut qucflion dâapaifer en quelque forte ceux dela ReJigion,que Ion auoit violeq tez amp;nbsp;fâceagez comme nous Eauons veu. Le Prince de Condé prifoiinier ne demandoit que liberté, Si fon eTpric facile Si doux à ceux qui fauoycnt le prendre à point,uç coniefteroit guercs(ccpenfoit la Roine)fur quelques ai ti-clcs.Poiirtant de peur que lâAmiral qui eftoit encores occupé en Normandie venant à fe trciiuer à Orleans ne de-batift pour lâedit de lanuier, qui pourroit rompre lâaccord Scrâallumerlagucrre,dont sâcnfuyupit lerabadfemcni de' lâauthorité dcccffe femme, elle hafta la negotiation, tel-, lemcntquelc feptiefme de Mars y eut pourparle' entre clic,le Prince amp;nbsp;lcConnellablc,encores prifonniers; qui rc-nrirentlâafaireau lendemain : à caufe que le Count fiable Fintjjidn auoit dcclaire'tout haut quâil ne pourroit condefeendre au Ctnnt^Me. rpflabliffenicnt de lâedit de lanuiengc en cela fut il habile: car il fcfuit auouéauec tout fon parti coulpablc de kfe. inaiellé,pour auoir violé vn edit fi.iuthcntique. Le Prince niai contcille auoit fouffert que Ion coucliaft deilors quel ques articles, au lieu de sâarreflcr fimplemcnt à ceftedir. Mais tien nâayant cfté refolu pour lors, il obtint cGai gif-R. ii. â¢
'^.D.Lxnr.'
Ch A R I t s H I RF 11 s M I.
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fement pour entrer 4 Orleîs amp;nbsp;en conférer auec fon con'
râ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feil.Jîcn demîdaauisaux miniftret là recueillis dediuers
endroits,amp; au nombre 4e feptanre deux, qui par leurs députez firent grandeinAance,à ce quâil sâarreftaft à lâedit de . lanuier,fans y deroguer,remonftrans les dangers qui en himnit ' prouiendroyent. Puis apres ils lui prefenterent certains ar /Irrgt; ftur/x tides, requerans quâil demandaft lâobferuation defedit) tnfiruatii fans reftriftioiis ou modifications quelconques,qoe iuftice fuft faite des maifacres de Vafly , Sens amp;nbsp;quttes lieux,où TilaFrm- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;forme quelcôque dâhoftilité du cofté de ceux
f,, de la Religiomitem de plufîeurs autres manifeftes fit insupportables contrauentioqs à lâedit hors les exploitsde guerre. Les autres articles eoncernoyent laconferuation de la difcipline des Eglifes,amp; du reftabliflement dâicellcs.
. nbsp;nbsp;nbsp;, Ce nonobftant le Prince fut tellement gaigné par les pro-
a'iu'prm^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Roîne amp;nbsp;autres luifaifoyët dâaccorder beau
coup mieuxparapres,lui faifant entendre quelesçondi-Ktftjtux tions,modifications amp;nbsp;reftriftions quâon mettoitlorsen auant nâedoyent appolecs quc pour Contenter en quelquc â dtp^eime- fortcgçux de la religion Romaine, amp;nbsp;arriuer tout belle-mentà vne plus grande liberté,ioint quâil yen auoit trop qui vouloyent la paix à quelque pris que ce fuft, quâil ac-.V« corda les exceptions contenues au nouuel edit. Sties fit lire deuant la Nobleffe, ne voulant quâautre en dit fon aois que les gentilshommes portans arfnes,comrae il declaira tout haut en lâalfembleetde forte que les miniftres ne furet 1^ ââ¢Â«Â»(â¢] depuis ouis ni appeliez pour en dire leur auis. Parainfi pacification fut camp;clu le douzicfme iour de Mars, « nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l'çxercice de la Religion des fauxbourgs, des
villes de topt le royaume es chafteaux amp;nbsp;maifons des gen tilshommes,amp; en quelque petit nombre de places es bailliages , non eomprinfes les villes qui tenoyent lors pour ceux de la Religion,où lâexercice eftoitlaiftë; tout ce que le Prince amp;nbsp;les fiens auoyent fait en cefte guerre, reconu St alloué fait pour le feruice du Roy
PrMdrw* Deux iours apres lâAmiral efcriuit de Caen lettres bien Roine, furlâaccufation dreffee contre lui tou-tmîtfftS, * chant lâexecution du Duc de Guife tué par Poltrot. 111a fupplioit treshumblement de commander que le prifon-nier fuft b:en gvdc,afin que la vérité du fait fe conuft.Ce pendant il lui enuoyoit briefue xefponfeauxacticles des pw':
ChARltS NEVFItSMt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijl t.
interrogats de Poltrot, amp;nbsp;monftroitpar grandes râifons, nâauoir eu partaux deliberations qu'icelui auoitprinles de tuer ce Duc, la mort duquel cependant il reconoiflbic cihc le moyen de mett re la France en repos.La Rome nâc ftimaRC pas quâil fuit bon pour fes afaircs de laiircrlâAnii-lal en paix,ains voulant par celte encloueurcentrecetiit inimitisz entre les grands,polir regner dedans la diuifionj ne tint conte de telles lettres. Ceux qui auoyent aucc elle le procès de Poltrot en main,voyant a lâÅil que les déportions de ceprifonnier nâauoyent aucun fondemct aparét, mandèrent trois iours apres au Parlement de Paris, qu'on éult à sâen dcsfalre,pource quâil y auoit danger a le garder amp;nbsp;quâil fe vouloir dèfdire.Ainlî Ion procès luifut fait Stpar Pr»«» fiit.Onlâinterrogua pluficursfois amp;nbsp;felon les tortures qui Æ lui fuient données a toute outrance il y eut diuerfiiéenâ' ' fes tefponfes.Ayartt elté condamné le iS.iour de Mars a e-Itfé tenaillé,tiré Vifà quatre cheuaux,apres auoir elté te-nailléjil declaira tout haut que lâAmiral ne fçauoit rien du delTeinparluifaitdetuerle Duc de Guife. Neantmoins Certains capitaines de Paris depoferent quâil leur auoit cô-feffé le contraire, apres la premiere fecouûè quelesche-quot;aux lui donnèrent. Or fur toutes ces depolîtions varta-tles futfcndee la querelle de la nidifon de Guife côtre cells de Chaftillon ,donc procédèrent les maux inhiiis des années fuyiiantcs.
LâAmiral ayant rangé fes ennemis en Northandie,auoit vne armee plus forte que iamaisjauec laquelle infaillible-mentllcontraignoitles membres do Triumuitat de pâ iâaÃuci nir a taifon, dont sâenfuy uoit le repos de la France: mais dt I» T^tint les articles de la paix eftâs prcfqucs tous accordez de paît »»««.
amp; dâautre,au mandement du Prince il fottit de Caen le 14. lout de Marsjâuec là c.iualei ie feulement,dont lâauantgar-de marcha fous la conduite du Prince de Portian , lequel piint le chemin de Lifieux:amp; lé relie tira par Falailè Sc Ar Ãentan au Perche. En chemin ceux qui voulurent faire te-
:e à vue telle armee furent chailiez. Le ij.iour du mef-me mois lâAmiral arriué a Orleans aucc toutes fes force« trouuâ que lâedit de paciÃcation auoit efté accordé, dreflé, fignéSt feelléen fon abfençe dés cinqi iours auparauant. Le lendemain il en dit franchement fon auis au confeil en lapcefenceduPciQ(e,8t entre autres chofes remonÃi«
R. iij.
M.D.Lxyi; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles' mstfusmi.
quâon Hctoir fefoiiueiiirqitf dés )e comniencptncnt Jc la guerre lcTriunitiirat auoirotîert 1âcdit de [aiiuier,en cx-ci-pranc fctiitnicnt Paris, Sc quc conliderant Felfat dera-faires, ceux dc la Religion auoyent plus de moyens que déliant pour fe maintenir contre la violence de leurs eigt; nemis coiuurez., eilans des trqis auteurs de cede guerre les deux morts, St le troilîefme prifonnicr,bon garent pour la feuretc du Prince. Que les Eglifes ellans reltrein-tesa vrtu ville pour b.illiige, 5c autres femblables exceptions,c'eftoit faire la part à Dieu , amp;nbsp;ruiner plus dâEgbfes par ce trait de plume que toutes les forces ennemies nâen pouuoyent abatte en dix ans. Quant à la Noblelfejquâelle deuoitconfelfcraiioirreceu vn tresbon exempledes villes,amp; que les panures auoyent monihé le cliemin aux riches. Queles gentilshommes qui voudroyent faire leur deuoir lentiroyent bien tort par experience conibienil leur feroirplus commode dâaller au Cermon en vnc ville ou bourgade voifine,quc reccuoir vne Eglifcenleurm.ii-fomoiitrecequelcs gentilshommes mourans nedelaille-royent pas toufiours des heritiers de tncfme volonté. Ses teinonrtrances furent lt;î fermes quâoutre le mefeontente-ment de ceux que Ion nâauoit pas attendus, la plufpart de ceux qui auoyent accordé celte paix eulfent bien voulu que sâeurt elle a refaire. Mais le Prince oppofiit à tout cela le- promelFes quâon lui auoic fûtes, quâen brief il feroit en lâellit du feuRoy deNauarre fon f. ere,St que lors ceux de la Religion obtiendroyent tout ce qu'ils voudroyent. Or qijoy quâon lui propofall de diuers endroits que câe-lloit vu anaufement dc paroles,amp; que quand ceux de la Re ligion (eroyentdefarmcz amp;nbsp;retirez chez eux, leun ennemis ne sâeltudieroyent quâà les molefter, amp;nbsp;que Ion feroit difgracié amp;nbsp;rebuté, iamais il ne le peut aprehender :SC quelque peine que lâAmiral prinit, accompagnant le Prince enplulteurs abouchemens aucc la Roine,lâedit demeura,c-oinmâeilauoitelléarrcftéiSc ne fe peut obtenir autre choie, linon que quelques gentilshommes gaigncrcnt ce poinél quâaucunes villes des meilleures furent nommées en certaines proiiinces pour lâexercice de Religion es bailliagesUniiscefut vn accord en papieren plulicurscii-drottSi
Le vingtlîxiefmeiour dumefme mois dc Mars,kfieut
Charlïs n e V f I e s m e.
1)1
dePuigreffier gouuei'neur dâOrléans, gentilhomme ver- N ut at le ÿ-tueuxjfit vne execution notable, 8c qui pour fa nouueauté en France ne doit ellre oubliee.Vn fecretairc du Roy nô- ' méDeflandesjfieurdu Moulin, fubotnadans Orleans la
fcmmede lean Godin lieutenant du preuoll des maref-chault de Blois,lequel portoit les armes fous le Priiicé.Pui-greffier fit pendre gc eftrangler ces deux adulteres en la place du Martroyteequâeftant rapporté à la Coür fut trou-ué fl ^dränge, que plufieurs furent ii peu honteux de dire, que quand il nây auroit que ce poind en la Religion refor mee ils nâen feroyent ïamais. Aufli ne méritent ceux dâen eftre qui fe plongeant en telles ordures fe banniifent du royaumedes cicux.Aureftc,lâcdit ayant elle publica Ãr leansJestroupesfedesbauderentjchafcun fe retirant chez foydaCenefut celcbree en trcfgrande compagnie au tein pie de S.Croix le x8.de Mars-.les Rciftres furen7reconduis par le Prince de Portieniufques aux f/ontieres du royau-me,dedans lequel les commiflaires députez pour faite pu Hier la paix es villes que tenoyéntceux de la Religion Romaine fe trouuerent bien empelchez en plulïcurs endroits parles oppofitions fccrettes des Parle mens ,amp; par *⢠' les violences des mutins qui auec les armes en main,tuc- -tent impunément plulieurs de la Religion. Aumoisd® May fuyuant, fut publié vn edit touchant la vente 8c alic- â nation des terres, maifons,(éigneuries 8c immeubles des.
,â *.5 â *â
Eccltfiaftiques Romains lulquesacent mil efcus de renté rachctable par IcCdits Eeclefiaftiques
la Rome dâAngleterre auoic aflîfté de fesmoyens PnncedeCondéamp;fcs affociei durant celle guerre, qui pour fcureté du rembourfenient de fon preft, 8i pour re- hit«rt dt traite du lècours dâhommesquâcllefourniffoit, lui baille- xr«». rét le haute deGracejoù fut logee vnc garnifon dâAnglois. le Ptincenâayant par lâedicpourueua ce queles Anglois fulTent fiyeï St renuoycT. pailîblement, ils fe rindrent au haure,gardans leur gage.Dâautre cofté,!c confeil de France,par Icttrespatétes du (ixiefmc de lu11tec,publia la guerre contre les Anglois, Sf quinze iouts apres le haute fut afliegéde Conneftable eftant chefenlâartnce,eti laquelle on attira le Prince, pluCeurs feigneurs tgeorilshommesj capitaines Stfoldats de la Religion, aufquels on fit faite la . nbsp;nbsp;nbsp;â
poinfte, S( quelques vns de leurs aduerfaires fe vantetenc ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iiiji
u.D.Lxin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles Ntritiiuti
apres ce fiege, dâaiâoir cbaffé les Angloispar ceux qui !f* auoyent appeliez : amp;nbsp;quâil ne faloic plus que les Hugue-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nors attendiflentfecours dâAngleterre. Le Côte de Vvat-
uich commandoic dedans le haureà lîxmil Anglois jamp; a* Voit bien pourueuà ce quieftoit requis pour la defenfe de cefte place trefforte dâafliete amp;nbsp;dâartifice. Mais lâeaU douce ayant cfté coupeeauxaffiegezjlapeftefortafpre enttâeux . amp;la batterie treffurieule, ils capitulèrent le vingthuitiefmeiourdeluilletSc lelendeniain rendirent la place.en laquelle plus de trois mil eftoyent morts depe âe, huit mois apres cefte reddition, il y eut paix conclue amp;nbsp;proclamée entre le Roy de France amp;nbsp;la roine dâAngle
terre.
LtT^j at- Le Prince de Condé sâeftoit laiflc perfuader au pour f»ar gidt treibt lé de pâix quâ11 auroit la lieutenance generale,par le deces 41»vn jy jg Nauarre fon frere. Mais apres la reddition du haure,la Roine nâayât plus que faire de lui, pour lui leu« «»r. nbsp;nbsp;nbsp;' nettement des mains toute efperance de ce cofte ,amp; met
tre ceux de la Religion en nouvelles penfees, fit publier I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;la declaration du Roy fon fils touchant fa maioritéîcftant
ââ¦* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iâ/ lors entré au iq.andefonaage. Pourfaire mieux fonner
[ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cefte declaration,! laquelle eftoit ioint vn edit feuere con
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' tre le port dâarmes,les ligues de fes fuiets,les penfions des
princes eftrangers,elle fit acheminer fon fils en grande pompe en la chambre du Parlement de Rouan, là ou pout faire voir que ceft enfant eftoit fuffifant Si fcul capable de lâadminiftration du royaume.elle lui fît recorder amp;nbsp;apren-dre par cÅur vne leçon dreffec artificiellement pour tenir en bride le Prince aftîftât à cefte'declaration que plufieurs appelloyent fa degradation. La fubftance fut, quâil eftoit venu en fon parlement pour faireentendte à fes officiers en icclui,quâayant atteint lâaage de maiorité, il ne vouloit plusendurerjque lonvfaft en fon endroit déformais delà defobciffanceque Ion lui auoit monftree depuis le coni-mcncenient des troubler : vouloit que fon edit de pacifi' cation fuft gardé,men3çoitlescontreuenansamp;faifcurs de ligues.Cela paflales i6.Si ly.iour dâAouft.
Pncedurts Quelques iours apres le Parlement de Paris enuoya fai-de la Tétine jg j reæonftran ces au Roy fur ceft edit de maiorité,qui paHfmtnr coffetmoit celui de pacification.LaRoine le fit parler gros dt Parit,'. Comme parauant, 8i declairer fa mere fupeiintendaflte de
Charles nevetesmi. 13)
fes afâires.Diuantagc il d it aux députez de ce Parlement, quâil nâentendoit quâeux fe meflaflenc dâautre chofe que de fairebriefue amp;nbsp;bonne iuftice à les fuiecs: vouloir quâils feeuflent quâils nâeftoyencellablis de pat lui en leurs char ges pourelhefes tuteurs,ni ptoteâeurs du royaume,ni conferuateurs de fa ville deParis.Car vous vous eftes(leur difoic-il,felon le roollet que lui auoit ifjUi recordcr)fait a-ctoire iufqucs ici quâeftiez tout cela. Et ie ne vous veux plus laifler en cell erreur: mais vous commande, ainfi que du temps des Rois mes peres Sc grands peres nâauiezac-touftumé de vous mefler que de la iuftice , que dâores en auant ne vous mefliez dâautre chofe. Et quand ie vous cô-mâdctai quelque chofe,fi vous y trouuez aucune difficulté pour ne lâentendre,ie trouuerai toufiours bon que mâen fa-cicz remonftrance , comme auiez acouftume faire aux Rois mes ptedeceireurs,8c non comme mes gouuerneursj amp;nbsp;apres me les auoit faites,ayans oui ma volonté, y obéir fans plus de replique.Si vous faites ainfi. vous me crouue-rezauffi bon amp;nbsp;doux Roy en vos endroits quâen euftes ia-inais.Faifant,commeauez fait, depuis vous eftre fait croi-te quâeftiez mes tuteursde vous ferai conoiftre que ne lâe-ftes point, ains mes feruiteurs amp;nbsp;fuiecs: voulant quâobeif-ficz à ce que ie vous commanderai.
Voila comme on battoir les chiens deuant le Lyon, amp;nbsp;LâEuifijM les artifices de la Roine pour eftablir fa regence fous la ma ioritédefon fils,déboutant vne fois pour toutes le Prince de Condé de toutes fes efperances. Et pour ranger encore 4, ptrii, dausntage le Parlement de Paris, elle fit réfuter bien au long par lâEuefque de Valence tout ce que lePrcfident de Thou auoit propofe de la part de la Cour au Roy ; que fa maioricé deuoit auoir efte premièrement dcclairee au par-kment de Paristque le Roy ne deuoit permettre rexcrci* ce de deux religions en fon royaume .-que les habicansde Paris ne deuoyent eftre contrains à pofer les armes. LâEuefque taxa affez ouuertementdeThou Setous fes compagnons de môftrer peu de fciéce en tels afaires, St moins de confcicnce. Le 14.de Septembre fuyuantpararrcftdu priuc confeil b maioricé du Roy ou ( felon aucuns ) la régence amp;nbsp;Ibuuerainc authoritéde laRoine,fut confer-
jnee. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lt p t :
En ce mefqe temps on fie iouer vne autre machine ci-
M.D^ixiih nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charus HirtnsMti
rnjtamt it tre ceux de la Religion. Le P apc feignant ne pouuoir plus' porter la reformation de doftrinegt difciplineau royau-Nauarre amp;nbsp;en la fouuerainetc de Bearn , fit publier
*i^L} te *n monitoire à Romejâu mois de Septembre,contre lean-Tt^ lâefpe- nedâAlbretroine de Nauarre laquelle faifoit ouuertcpro-i*' feflion de la Religion amp;. auoit chaffé la Mefle de fes pays.
Ce monitoire portoit forme dâexcommunication Sc pur abandon de ce qui teftoit à celle Princefle de fon royaume amp;nbsp;autres terres (buucraines.au premier occupant,pour en jouir en titre de bon acquell amp;nbsp;dâheritage propre pour l'auenir. Outreplus,elle eiloit citée à comparoir deuantle conliftoire des Cardinaux dedas fix mois,à defaut dequoy le Pape la declairoit heretique.fcs biens confifquez amp;nbsp;aban donnez, comme delTus. Le Roy forma oppoütion contre telle fouldre papale,laquelle ne gronda amp;nbsp;client pour lors que dedans Rome ; le Roy dâEfpagne nâayant volonté ni moyen propre de ferner fur celle princelfe : amp;nbsp;le Con'eil de France nâellimant quâil full conuenablc de donner ombrage lî defcouuert à ceux de la Religiom
p/Mtri Meet Apres la declaration de fa maioritc le Roÿ alla à Diepe etem en ce où fut Créé vn edit en faueur du clergé Romain qui crioit re/ieiâm- pour fes difmes amp;nbsp;autres droits prétendus. Puis ellant ttee ijfj. venu à Paris,vne grolTe troupe de ceux de Guile,3fç3uoir gt;nbsp;la veufue,les enfans amp;nbsp;parens du Duc tue deuant Orleans vindrent en grande ceremonie demander iuftice du merii tte corn rais fur le defunél. Ils ne fe contentoyent pas du fang de Poltrot,câelloit lâa mirai quâils cerclioyent. Luife tenoit fur ces gardes,bicn accompagné pour lors. LaRoi-ne craignant que lion lailToit choquer ces deux maifons, celle de Guife dont elle pretendoit fe feruir ne reecuftde la perte autant ou plus que celle de Chaftillon bien puif-fante alors, deftourna le coup jfaifant commander par le Roy à ceux de Guife de demeurer cois, leur aflîgnaiit autre tempsamp;lieupouryauifcr,les honotant des principales charges,amp; donnant toute entree amp;nbsp;familiarité près fa perlônne.Diuers edits fuient faits alorsfala couflurae des François , qui abondent en ordonnances amp;nbsp;changent en ? cela prcfques aufli fouuent quâen façon dâhabits ) pour la . police Eeelefiaftique amp;nbsp;ciuile.Touliours il en paflbit quel-quâvn au prciudice de ceux de la Religion , comme celui des efcholes) le Roy valant que par toutes les villes de
Charles nevïiïsme. 1^4 fon royaume le reuenu dâvnc prebende fullaffeité à vn maiftre dâefchole,afin dâinftruire (difoit deft edit )fainâc-ment laieuneflcjSc empcfclier que les hérétiques la peuf-fent infeéler de leur fauffe dodlrine. Fut aufli lors erigee laiurifdiftiondes luges amp;nbsp;confuls entre les marchans:8c les greffes des confignationscftablis. Sur la fin de fannec, ⢠vn Gafeon nommé le capitaine Charry, affcélionné à la maifon de GuifCjmaiftre de Camp,amp; capitaine des gardes duRoy,ruiiii de deux autres, ayant elle rencontré liir le Pont S. Michel par Chaftellier Portant gentilhomme de Poi(ftou,fauori du ficur dâAndelot,Chaftellier dcffi i Char ry.qui lui auoit plulîeurs annéesauparauant tué vn fieri frété en Piedmont, apres quelques coups tirez Charry amp;fes deux adlierans furet réuerfez morts fur les carreaux. , Chaftellier amp;nbsp;Ces compagnons fe fauuerent de viftelfe; les morts furent folennellemenr enterrez, amp;nbsp;y eut grâd bruit entre les courtifans amp;nbsp;le peupletmais pour lors ne sâen en-fuiuit autre chofe, encore que les mains demangcalfcnt à plufieurs.Mais ceux qui pouuoyent pouffer les roues, pre-uoyans que le chariot pourroit auffî toft verlet fur eux que fur ceux quâils hayflby ent infiniment, furent dâauis de remettre le mouuement à vne autre opportunité.La mort de Charles de Colfé marefehat de Briffaejequel auoit fait de grands feruices a la France es guerres de Piedmont, mit fin a lâan mil cinq cens foixante trols.ceSeigneur cftâc décédé le dernier iour du mois de Décembre.
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M. D. Lk llll.
ALâentree de lâan fut permis par edit aux Ecclefiafti- EJitm quesde retirer leurs terres alienees pour la vente de neardnitw cent mille efeus de rente. Ce fut vn artifice que tout cela f'-pourpe'cher es bourfesde ceux qui durant la guerre amp;nbsp;tandi.s que la France fondoit en larmes auoyent chante 8c vefeu alâaifc du corps pour la plufparc. Sur le commence- ⢠mentdeFcurier arnuerenta Fontainebleau les ambalJa- c deurs du Pape /de lâKmpereur, du Roy dâEfpagne St du tie Dic de Sauoye, demandansquelc Roy fiftobfcrner de Pniit dt poinéf en poinél par toute la France les decrets du Conci- ââfiiatitn. le de Trente,dot les députez fe deuoyent trouuer a Nancy le tj.iour de Mars fuyuant,p'our en faire lecture en pre»
itiD.LXiiu. Charus NBvtiESME.
fence des ambjfladeurs de tous les Princes catlioliquW Roinains,appellez pour y dreffer vne ligue generale contre les royaumes,principaucez amp;nbsp;efkts fouftraits de lâobeif fancedu Pdpc.llsprioyentaufli le Roy de faire totaleméc ceflèr l'alienation des biens du clergé,alleguans celaellre prejudiciable tant à lui quâà fon royaume K contre la Lojf diuine:que le Roy dâEfpagne 8t le Duc de Sauoye ne veU loyentellrepiyez des deniers à eux deus d cauie du ma' riage de leurs femmes,delâargetitdespreftres. Reque-toy ent que Ion chaftiaft exemplairement ceux de la Religion,qilâils defchiffröyent à leür maniéré acouftumec.-que le pardon amp;nbsp;abolilfemerit de lâedi t de paix fut mis à neât, que le Roy fift iuflice i nômriiémerit dé ceux qui auoyent part au tneurtre du Duc de Guifc.lls adiouftoyent de belles amp;nbsp;grandes offres là deflus,polir letter le royaume dcd.îs le feu dâVne déuxiefme guerre ciuile; mais la Roine amp;nbsp;fon confeil voyans les chofes trop chà tduilleufes,S£ fé defïians des prômeifes de telles gens, firent refpondre par le seune ««X 4i»JafRoy,auxambairadeursquâilrcmertioitleursmaiftrcs,lef-ftilturs, quels il ne vouloït mettre en peirie, efperarit de maintenir fcs fuiets en repos fuyuant I'infticution de lâEglifc Ronià ne. Quâil auüit fait lâedit de pacification, pour mettre les eftrangers hors de fon royaume. Quâil ne pouuoit pour lors récreren nouuelleguetre chrz foyjpourcèrtainésrai-fons qu'il leur mandoir par efcrit.St quâen tel afaire,il vou loit prendre lâauis des Princes de fon fang,des principaux feigneursdu confeil,de la Couronne.ate Roy dâEfpagne autour de telle ambaflade tafehant de voir lamaifonde fon allié en nouueauxtrôublesgt;rie donnoit pas ordre à la fiene es pays bas j ou là guerre fe couuoit, qui nafquit toft apres,amp; y dure encor à fa honte amp;nbsp;confufion.
Dedans le Royaume , il y auoit encore force rebellions coniraue gj contrauentions à lâedit,les Commiffaites enuoyczpour fîjâ* Mit l^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;refpedez en plufieurs endroits. En-
* â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' tre autres,les Eftats de Bourgongne affemblcz à Dijon prie
rent le parlement de vouloir remonftrer au Roy , quâil e-floit impofliblede contenir deux religions diuerfcs en vU pays, amp;nbsp;le prier de ne foufFrir quâil y euft en la Bourgongne autre exercice public de Religion que de laRoæainc-Le parlement auteur de ces pratiques , enuoya lâvn des plus afl'eflionnczà la maifon de Guife, quifuft en tous ces quar-
ChAMIS NI TtlISM!. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;î^Ã
quartiers là , homme faétieux amp;nbsp;cauteleux, lequel fit vue longue harangue à ceft effeft,depuis imprimée,à laquelle futoppofec vne viuerefponfe qui lui ferma la bouche. En prouence amp;nbsp;ailleurs y eut beaucoup de refinance auffu mais finalement apres beaucoup de contentions lâedit paf-fa,au regard de la publication; combien que quant à lâexecution,en diuers endroits ceux de la Religion nâeurent de long temps apres moyen de s'aflembler, tant par faute de pafteursique de lieux cçramodes poup lâexerciceiioint que lesMagiftratsIeschiquanoyenten tant de fortes furcebi k la porte de iuilice eftoit tellement clofe pour eux , que pluGcurs changèrent dâhabitatiop pqurviure en quelque fepos.
Au commencement de Mars, la Roinc commença lecjmwwca; voyage de Bayonne, pour fon abouchement aucç le Roy «'«r du 4âhfpagne.Le pretexte fut que le Roy eftant maieur amp;nbsp;fur lâaccomplilferaent de fes quatorze ans,il faloit quâil fift v-ne ronde parles prouincesdefonroyaume.-que faprefen-ceremedicroit à beaucoup de plaintes 8£mefcontentçmés, amp;nbsp;afFcrrairoit lâedit de pacification. Mais les cuenemens prochains amp;nbsp;fuyuans monftrcrent vne partie des intentips de celle femme amp;nbsp;de fon confeil. Le Roy commença ce a-«* *°y2ge par la.Champagne St Bourgongne,dâoià il vint à Lyon;amp;afin dâofter à ceux de la Religion le moyen desây Cita^llt fortifier amp;nbsp;sâen faifir vne autre fois, on y commença vne citadelle, amp;nbsp;quoy que la perte fuft lors cftrangemenc en-flammeeenla yille,toutesfois laRoinc amp;nbsp;fon con feil nâen Voulurent bouger amp;nbsp;y tindrentleRoy ,iufquesà cequc tefte citadelle ftft fort auancee. Finalemcnt,la perte eftanc enttec iufques en la chambre de la Roine,où elle frappa v-nede fesdanioifclles,le Roy fut enleuédc là . Pendant quâon baftiffoit à Lyon, pour brider ceux de la Religion, DefinanttSt afin de fleftrir leurs armes auouees par lâeditlâon defmo-lilToit Se. defmantelloit Orleans,Montaubanies autres vil-lesonbartiflbitdes citadelles, que les vnsappelloyent cha rtie-vilains, les autres nids de tyrannie. Ceux de la Religion endutoyent tout, fecontentans de finiplesremon-firances en papier,amp; receuans auffi du papier en payeæct. Mefmesfurcecommencementde voyage,les Catholi-Af qufcs Romains de Creuan en Bourgongne maflacrerentquot;â*'*''â* pluficurs de la Religionlà artemblez pour lâexercice. Sur
Charlis nevfiismi.
lespleintes qui en furent faites à la Roine, elle donna de? parolesjpromettant dâenuoyer à Creuan des comniiiraitc! gens de bien, non paflionnez pour sâenquérir du fair. Mais en lieu de tenir promefTe, alors fut fait vn edit defendant â. J lâexercice de la Religion a la fuite de la Cour du Royivoi-r«rf ns vouloir quâes villes mcfmes el'quellcs eftoit permis ele fadfittt- deprefclierpar lâedit, les miniflres montalfent en chaire, tandis que le Roy y feroitâ.alléguant pour raifonquefa prefence meritoit bien quâil nây cull autreexcrcicc de Religion que de celle du Roy, lequel on dreffoic lors a inter amp;nbsp;a gouuerner les dames,ayant des précepteurs a cell ef-la Cour deucnantlors vn exemplaire de toute def-bauche amp;nbsp;diffolutiô. OnchafTa aufli hors du royaume les
miniflres qui nâeftoyent naturels François.
^Autrt edit e Roy parti de Lyon vint à RouflilloB ,où il feiourna faiî^dT^nf- tenips,amp; y fut vifitépar le Duc de Sauoyc.Ony fiUen. drcfTa vne nouuelle modification ou eneruation de lâedit
de paixidcfendant à tous hauts iufticiersde permettre lâe xercice de la religion en leurs raail'ons,fiefs ou chafteaux, autres quâen-ceux fpecifiez par lâcdit. Q_uclesminilltes qui auroyent exercé leur chargees lieux noncomprins
iififficees etu Idnine en Ven
en 1âedit, fcroyenc pour la premiere fors bannis du royaume,amp; y rccbeansjcliaftiez au corps.Que Ic^rcftres,moines amp;nbsp;nonnains.qui k l'eroyent mariezjlâeroyércontraïus fitter leurs femmes amp;nbsp;maris, pour retourner en leurs conuens amp;nbsp;nionaftcres :finon,à forcir du royaume. Quâil ne feroit loifible à ceux delà religion de faite Synode?) Icsaccufantdâauoir fous ce prétexte fait confpirer gefouf-Icuer la plufpart du royaume. Cell edit efeorpoit celui de pacification : mais outre les paroles s'enfuyuoyent les cf-fcftsicar le fieur de la Curée,gouucrneur du Vendofmois, â gentilhomme de la Religio,voulant réprimer les voleurs qm auoyent meurtri de guet à pens vn trefgrand nombre dâhommes amp;nbsp;de femmes de'toutes qualitcz en haine de la religion au pays amp;nbsp;Comte'du Maine amp;nbsp;es enuirons fut cruellement aflalliné par ces voleurs fauorifezamp; mis en befongne par des grands,dont Cliauigny amp;. rEuefque du Mans auoy et les aueus.Aufli ne fut faite iullice de ce maf'
L'^ut en Gt-Jâ^ne.
facrc nonplus que dâinfinis autres perpétrez en ces pays là dcpuislemoisdeluillet i$64. iufquesau moisdâAuril de lâan fuyuant.EnGuyéncle Comte de Candales,le Marquis
Ch A R11 s NI r f n s u I ijä
cjuis JeTran,te fieur de Laufonamp; IâArchcoefque de Bour-deaux firent vne ligue contre ceux delà Religion jinef-mesoferent employer Monluc amp;nbsp;Defeats pour faire a-prouuerleurentreprife par laRoine amp;nbsp;fon confeiljtnais on les fit rerirer iufques à vne autre fois. Cependant en diuerfes vdlesjles efeheutns, lutats, amp;nbsp;maires vouloyent nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
emprifonner les particuliers de laReligion ,,qui en leurs niaifonsamp; boutiques, en lieu de blafphemes Si chanfons ttviUncS-de paillaidih jie confoloyent en chantant quelques Pfeau- tn aux Jt. mesjlesvouioyentfoicer defoürnjraux mefles paroifla-blés le pain quâils nomment,amp; de faire honneur à lâhoftie des prelf resjâu iour folennel de fa proceflion vne fois lâan, leur commandant de tendre amp;nbsp;tapiffer deuant leurs portes,item de fournir argent aux conb aities dreffees a la fo-licyation du clergé Romain. Sur les. importunes remon-ftrancesde requeues de ceux de la Religion,requer3ns nâe lire forcez contre la ptomefle contenue en lâedit.les rigueurs celferciit pour vn temps.Ces afaires paflbyent durant le fçiour du Roy en Dauphiné,dâoù il fut mené en Pro uéce,amp; à Marfeille fut defpefché vn edit en forme de paté- Cure pallia-tespar lequel eftoit emoint auxgouuerneuts des prouinces âfquot;' de faire garder amp;nbsp;entretenir deuement lâedit de pacifica-tion,amp; faire tenir la main à ce que nulle efmotionnâauinft^ â¢' en fon royaume. Sur le commencement de lâhiuet le Roy â¢Â»'lt; entra au Languedoc,amp; eflant à Môtpeflier fur lafin de De \ cébreprolongeapourfixmoisletépsdu racliaptdesbiés * du clergé. La froidure de cefl hîuer là fut extreme en la France.
M.D, L X V,
En ce temps le Cardinal de Lorraine fraifehement i^cm-UxuI tourné du Concile de Trente,ayant feiourné quelques Lorraine jours enChampâgne sâachem.jna vers Paris auec fes gardes â valant en -portans armes offenfiues à defcouuert contre lâexpreflc trrr «u «r-defenfe duRoy.Ileftoit accompagné de Henri Duc
Guife fon neueu, encores enfant,mais deflors inuefti lt;if f,rmépar * lâellat de grand maiftre.fon frerele Duc dâAumale nâeftoit te Maref- â pas loin de Paris auec gens ramaflâez.Xe MarefchaldeMôt chai deMët tnorenciigouuerneur de lâifle de France.fcigneur prudent, mtrenci.
amp; ami du repos public, ayant defcouuert que plufieurs L / i mutins attendoyenc celle venue du Cardinal, pour faire A
M.D.Lxv. Charus hithiim!.
violence à ceux de la Religion q»i croilToyent à veuè d'Åil,amp; preuoyant quâvnc telle audace ainfi armee à lt;3cf-couuert efclorroit quelque horrible temperte, fî on n'al-loit au deuant, enuoya dire au Cardinal quâil fe deportaft dâentrer à Paris auec tel train amp;nbsp;equipage. Et pource quâil ne tint conte de ce que le lieutenant du Roy lui mandoit, le Marefchal lui fit vne recharge portant dcfenfes dâentrer en ce gouuernement ficnauec troupes armees,autremen{ il vferoit de fon authoritd.Le Cardinal partant par dclfus tout cela s'ingère dâentrer à main armee dedans Parisau commencement de Ianuier;mais il trouua incontinent en telle le gouuctneurSc raagirtrat fouuerain accompagné dâenuiron trente ou quarante hommes, mais gens de marque,afçauoir feigneurs amp;nbsp;gentilshommes: item du Prince de Portian.Au lieu de faire defpefcher fur la place le Cardinal amp;nbsp;tous ceux qui l'acorapagnoyent ilfe contenta de leur faire peur. Le Cardinal^fon ncueu St plufieurs de leur fuite fe fauuerent dans les premieres boutiquesStmaifons-Leurs genfdarmes fe garantirent de vi rte rtc, St nâen furent nullement pourfuiuis, Certe nuee efcartee le Cardinal tout confus ayant feiourné quelque peu en la ville, ftreti-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ raenChampagne,3ttendantleretourdeBayonne.LeDuc
' f ''' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâAumale fon frere fit vn peu plus de bruit,8t durant quel
quesfemainesonneparloitesennironsderifle deFrance *1*que de ligues St alfociationspour auoirraifon du Maref-elial de Montmorenci, laquelaflifté de lâAmiral Stautreî feigneurs contint les Parifiens en paix,fit aprouuer fon fait au parlement St au confeil du Roy ; mais ce coup re-nouuella le dcfpit de lamaifon deGuifc contre celles de Montmorenci St de Ãhaftillon. Orpourceque lesamas faits parle Duc d'Aumale, St les delTeins de la ligue quâil bralfoit auec le Duc dâErtampet,Martignes,Chauigny,8t l'Euefque du Mans,auoyent contraint le Marefchal St lâAmiral dâalTembler quelques gentils'hommes pour tenir ces preiendans ligueurs en ceruelle ,1a Roinc craignant que de cebruitnefortilTencdes efclats qui pourroyent rompre le voyage de Bayonne,8c autres expediens quâelle efti moit plus propres pour la perfeâion de fes confeils, fit incontinent defpefcherdcs lettres patentes, par lefquelles de Roy commandoit à ceux qui nâeftoyent pas encores entrez dedans Paris de nâen aprochcrpasdauantagcéc à ceux
ChAMÃS NEVflISM!. 157
qui y eftoyent dâen fortir, remettant J accord de eeÃe querelle a foil retour de Gafcongne. Le Cardinal irrité de ce quâon ne lui faifoit pas raifon à fon gré de celle ballonna- L/isutrrt de,fit vne autre entreprinfe, attachant la guerre a Salcede bailli de Vie amp;nbsp;gouiierneur pour le Roy dedans Marfaulr, lequel sâcftoit emparé de certaines places apartenantes au Cardinal,alléguant auoir eu raifon de ce faire , pource que le Cardinal sâelloit mis en lafauuegardedelâtmpereur. Si lâauoit fait publier fans le commandement Si congé du Roy fon fouuerain. Salcede trop foible pour vn fi puRTanç ennemi fauorifé de la Koine gt;nbsp;fut contraint en fin lortir de Vicamp;deMarfault.
Pour rcuenirà la Cour , la Koine voyant que de toutes lesprouinces acouroyent députez pour faire plaintes au, «Thoultuje Confeil dâinfinies violences des Catholiques Romains amp;nbsp;descontrauentions à lâeditjfit afligner à Thouloufctous ces députez,qui nonobftant lesellranges cruautez que Ion yanoit exercees durant'les premiers troubles ne faillirent de sây trouuer. Monluc cftoit des premiers au nombie de teuxdont Ion fe plaignoit,pour auoir fait des meurtres,vio-lemens amp;nbsp;faccagemens incroyables contre tout ordre de gucrre.Lui mefmes eferit aucómencemét du fixiefrae bute de fesComraentaircs ces motsiLe Roy eftât arriué à Thou TtC'ngt;âSMâ loufe,iefis baifer les mains à famaiefté,laquelle me fit plusX' honnorable recueil que ic ne meritois. Les Huguenots ne faillirent à faire leurs pratiques amp;nbsp;mences, amp;nbsp;me faifoyent pa^ntt taux-feu fous main, car à dcfcouuert ils nâolbycntle faire: mais ie ne mâen donnois pas grandâ peine. La Roine me fit cell honneur de me dire tout ce qui le paflbit, 8c memon-ftra la fiance quâelle auoit en moyiSc conu bien lors quâelle uâainioit pas les Hugueflots. Ce lont les mots de Monluc.
Le Roy ayant trauerfé la Guyenne feiouina au Montds Marfan quelque tetnps,attendant la venue de la Roine dâE-fpagneà Bayonne.Là fpt defcouuerte (ce dit Monluc) vue ligue drelfce en France la où y auoit de grands perfonna-ges, Princes 8c autres, lefqnels il ne nomme point,bien engagez depromefle. La Roine faifaut de lâeftonnee,encore quâelle feeuft que câeftoit, fit demander pat Je Roy a Mon-lue,fon auis.Il confeilla que le Roy calTall cefte ligue,pour en faire lui mefme vne autre, qui feroit appellee la confederation du Roy. Apres plufieurs difputcs cefte ligue fut
S. j.
M,D.Liy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Chà IIIS NITHISUI.
cócliif jSt arrefté que tousle»Princes,gradsScigneursjgoa'' öerneurs de prouinces,amp; cap'taines de genfdâarnies renon-ceroyent à toute ligue amp;nbsp;confederatió,tant dehors que de-das le royaume,amp; que tous feroyét de celle du Roy,amp; fe-royêt le fermét,à peinedâefire declairez rebelles à la Cou-rône.IJ y eut beaucoup de difficultez à coucher les articles; amp;nbsp;non fans eaufe,attendu que câertoit réuerfer tout de faire entrer vn Prince fouuerain en compagnie amp;nbsp;aflbciationa-uec fes fuietsjefcorner par telles fourdes pratiques lâautho-ritd royale amp;nbsp;lâedrt de pacification quideuoit eftreinuioll-blement gardé, amp;nbsp;fetuir de loy fondamentale au repos du royaurne.Mais la Roine pretendoit lier pieds amp;nbsp;poings aux vns par ce cheueftre,amp; donner licence aux autres dcfrapcr quand amp;nbsp;comme bon leur femblcroit. Les chofes auenues puis apres monftrerent les fruits de tels confeils.
figne »
f'tnuiJtU Leneufiefme iourdeIuinHenriDucdâOrIcâs,freredti riint dâÃf- Roy partit de Biyonne.où laCour elloitarriueepeuauya-rauarit , amp;nbsp;alla coucher à Sainft lean de Lus , dâou il fut le Jédemain à Irô premiere place des terres du Roy Philipp'« aflîze furie fleuuedeMarquery,lequel fepareles Seigneuries des Rois de Frace amp;nbsp;dâEljiagne.Le Duc ayant paÃéce-fte riuierc,fut trouuer Elizabeth Rqjne dâEfpagnc fa fccur, par delà Atuany, amp;nbsp;apres les ceremonies amp;nbsp;careffes acou-fiumees en telles rencontres prindrent le chemin de S.Se-haftianjoù le Duc dâAluc fe trouua. Le Roy vint toft apres au deuât de fa fÅur,fuiui de plulîcurs Princes amp;nbsp;gtâds Seigneurs, amp;nbsp;lâamena dans Bayonne, où elle feiourna long (tnjiih tt- â'fnps. Le Duc dâAlue auec plulieurs autres du Confeil »Mj/i'BÃy«- dâEfpagne communiqua fort fccrcttcment auec le Confeil Ht tntre lâE de Francc.Leur refolution fut, dit le fieur de la Noue en fes difeours, 3U traité des caufes de la ptinfe des armes aux fe-fairctuiîtt 'ouds troubles, dâexterminer ceux de la Religion tant en tnaihnridi France quâes pays bas: amp;nbsp;quâil faloit commencer par les U Fratct chefs, fuyuant lâapophthegrae de ce Djic Efpagnol (qui le dHpuji pratiqua toft apres fur les telles des Comtes dâEgmont,de
Homes, amp;nbsp;autres à Bruxelles) quâil nây auoit ordre de sâa-mufer aux grenouilles, ains faloit pefeher premièrement les gros faumons.Le Prince de Conde', lâAmiral, amp;nbsp;autres en Fr3nce,auertis dâheure par quelques vns qui nâeftoyent pas loin de ces Confeils fangumaires, fe tindrent plus fur leurs gardes pour lors, amp;nbsp;commencèrent à penfer à leurs afii-
Ch A M ! s N E V flï s M I. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;158
aflirejj auertiflant ceux de la Rcligiô de ne sâendormir pas.
De Bayonne le Roy print le clieniin de Nerac, où il re-^eentinuaiH mit les Catholiques Romains en leurs biens, fit refaite les tttgt; temples,rentrer les preftres amp;nbsp;moines qui en eftoyent def- â¢quot;* logezxoïnmandant à Monluc par patentes en forme dâedit de tenir la main à cela, St faire que les officiers delà ville fulfent efgalement choilîs moitié' de rvne,moitiede lâautre gi»n. rcligiomvoubnt que celle loy fuft commune en toutes les villes où ceux delà Religion réformée sâeftoyent rendus les plus forts.Oauantage il ordonna que les moines amp;nbsp;nô-nainsqui sâeftoyent defroquez amp;nbsp;vouloyenr rentrer en la fucceffion de leurs peres.n'y fuflènt receus,que fuyuant les conftitutionsanciénes.Les ligueurs Catholiques Romains-de Guyenne y furent auffi ouïs 8t iuftifiez. Au demeurant par tout où le Roy pafla depuis, ce ne furent que plaintes de ceux de la Religion, à qui la paix faifoit prefques autant de mal (amp; en quelques lieux dauantage) que la guerre. Le confeil appaifoit les complaignans aucc douces paroles, ptomettant de poiiruoir a tout le plus .imiablement amp;nbsp;e-quitablement quâil fcroit polfible : mais ce furent paroles qui sâen allerét en fumceicar dâinfinis meurtres depuis lâe-dit iufques alors ne sâen enfuiuit punition de demi- douzai--ne de coulpables.-encores ne fe print on quâa quelques btli--ftres, qui dâailleurs amp;nbsp;parauant auoyent mérité dix fois la roue ou le feu. Le refte de lâannee fe pafla en entrees du Royes villes au long de lariuiete de Loire, en fcflins,der-penfesfupeiflue',mafquarades, amp;nbsp;ridicules'paû'etemps,cf-quelsle Roy amp;nbsp;fes deux ieunesfrétés eftoyent plongez.La Roineauec îês confeilliers maniant la France amp;nbsp;la guidant par les deftours qui durent au bout des tempeftes noa. moins perilieufes que les precedentes.
M. D. L X V I.
NO V s auons veu ci deflus que toft apres lâedit de pacification la Roine auoit donne accès à ceuxde^ây;^â;,, laæaifondeOuifc pour venir demander au Roynouuelle mue lei iuftice du meurtre de leur parent defpefchéparPoltrotw-ufunj lt;/« que Ion auoit tenaillé amp;nbsp;defmembrc vif a Paris. Et dantant GK'/'tamp;f/â« que lefdits deGuife auoyét alfez dôné à entcdie que câeftoit à lâAmiral quâils en vouloyent,amp; que ladiflîmulation de la
S. ij.
y.D.Lxvi. Charles nivfibsmi.
Roine mere entretenoit le feu dâvne telle querelle,lePrie-
nitt du
Haranpii du Chancfl lier.
'Ricard
dl
cedeCondéqui ne fit point le voyage de Bayonne auoit deflors elTayé dâelleindre le tout, amp;nbsp;dâarreftcr dâvn cofté la violence des poOrfuyuanj, de lâautre lâafluccdelaRoine, qui ne dcmandoit que continuation de querelles entre les grands, afin de rogner dedans la diuifion, amp;nbsp;faire le hola, quand il lui plairoit : fuyuant les auis de les fages Confeil-liers,braucs politiques,li on les en crdid^ Sc grands aniisde la France. Ainfidoncle Prince auoit prefenté vnefcriteii Confcil le quinziefme iour de May 1565. contre ceux de Guifc, portant que sâil y auoit perlbnnequi entreprinit de sâadrefler de fait ou de parole à lâAmiral, autrement que par les voyes de iuftice dont lâAmiral faifoit ouucrture : ie lui feray (dit- il) conoiftre que ic mâen reirentiray,tout ain-fi que sâd eftoit fait adrelfc à ma propre perfoune, eftaqt ion ami,amp; luy oncle de ma ferne, de laquelle iâay plufîeiirs enfâs.eftât en outre vn grâdCheualierjtrefnecellairepour le feruice du Roy.La Rome fe fouucnant de cela,5; voulant couurit le cô feil de Bayône fit au comencement de lâoier i$66.fommer ceux de Guifc amp;nbsp;de Chaftillon de fc trouuet à Moulins en Bourbonnois, amp;nbsp;y fut appelle aufltleMa-refchal de Montmorency à caufe de la querelle de Paris. Furent mandez aulfi de Thou amp;nbsp;Seguier premier amp;nbsp;fécond Prefidens de Paris : Dafis, premier de Thouloufe, La-gebafton de Bourdeaux,Truclion de Grenoble, le Fcurc de ï)ijon,Fourneau fécond deProuencc. LeRoyeftantcnfa ' chambre auec quelques Princes amp;nbsp;Seigneurs, le Chancel-lier fit vne longue harangue for les miferes du royaume, ledefordre en la iuftice amp;nbsp;police,dont s'enfuiuit quelque reiglcment qui a auffi peu duré que piuficurs louables ordonnances de ce royaume là . Puis apres on vint au fait des maifons deGuife amp;nbsp;de Chaftillon, où pluficurs chofes debatues de part S: dâautre,amp; lâAmiral sâeftât purgé par ferment de nâauoir one efté lâauteur du meurtre dont eftoit queftion,fut moyéné vn tel quel accord entre les deux mai-
fons,amp; tant fait quâil y eut quelques Ceremonies de faluta-tions,proceftations de paroles amp;nbsp;embralfemens, auec pro-mefles de ne fe plus entrecercher. La vefue du defunft S - le Cardinal de Lorraine parloyenten cefte tragedie,Ieieu-nc de Guife ne dilôit mot,amp; lui auoit on défia compofe'fa eontetfance à des menacés à fourcils, dont ceux de Chaftillon
ChÃMIS NlVrlESMB.
Oilton faifoyent peu de casipource que câeftoit lors vu enfant. Ce qui leur donnoit à pcnfer cftoit quâils voyoyeijc la Roinepancher minifeltement du collé dcfJitsdeGui-fegt;amp; le Cardinal 81. elle nâeftreque deux telles en vn chaperon.On accorda aufli le melâmeCarJinal amp;nbsp;le Marefchal de Montmorency,fur ce qui sâcftoit pafTé à Paris entre eux durant le voyage de Bayonne,
Le relie de toute celle année fut prefques employé en-Ire les Courtifans en nopces, feilins amp;nbsp;autres palfetemps. ,fla, dt in Mais parmi le royaume il y auoit de grands deibrdtes.Lcs franct. infolences des Catholiques Romains contre ceux delà yj , , . Religion concinuoyentiles modifications faites a lâeditjlâa- '| ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*â
bolilfoyentpeu à peutles mcnalTes de ruiner bien toll ceux de la Rcligion:(doDt Ion tuoit çà amp;nbsp;là des chefs amp;nbsp;capital- Æ X?quot; net,fans faire iullice des nieurtricrs)fe renforçoyent de fe-tnaine en femaine : la refolution prinfc à Bayonne fc nia-nifeftoit dedans 8£ dehors le royaume. Ncantmoins le Prince amp;nbsp;lâAmiral fe tenoyent Cois, contens dâauoir lâoeil ouucrr aux occurrences, 8c la main prompteiauertir leurs amis de ce qui fc palToitjafin de nâeftre furpris. Ils auoyenc diuers auertilfemenj des préparatifs de IâEfpagnol pour faire es pays bas tri terrible deluge, ÃC preuoyoyent que celle entreprife tiroir quand 8t foynouucau trouble en France, amp;nbsp;quâapres tant de vents qui auoyent fouffié à liiyonne,iltombcroit quelque Muineellrange. Le Prince delà Roche fur-Yon leur eri auoit defcouueit plulîeurs particalaritez peu auant fon trefpas. Quand ils (è plai-gnoyent des coritrauentions, belles paroles amp;nbsp;lettres gra-Cieiilcsnâcftoyent Oubliées pour les endormir. Il y eut ce pendant quelques troublés en Poix amp;nbsp;en Bearn, où quelques gens de bien furent treliriiquemcnt traitez. A Paris y eut quelque commencement de difpure entre deux mini-lires amp;nbsp;deux Sorbonnilles au logis du Duc dcNeuersimais toutcela feconuertit en eferits bien prolixes 1 fans reiblu-tionjiiâeftans ordinairement tels colloques dâaucun fruit. Pareillement fut lors rompu fur vnefchafiutcertain voleur nommé Si mon de May.Câefloit vnpcrfonpagc de bas E«â¢/»» lieu, lequel fetenoit en vnemailbncliampeftrealfez pres sie Chaftillon fur Loin : où fous ombre dâhollellerie il co-1,^^^ niettdit des brigandages. 11 fut pratiqué par Aumalle frere^,, cahiii-du feu Duc de Guife pour aguetter lâAmiral quand il iroit Binttur, i. S- iij.
Charl t s nevjiïsme.
M.D.LXvr,
à chïfle.Pour auancc on lui bailla cent efcus amp;nbsp;vn ehe* ual dâElp.igne.LâAiniral auerti auparauanc de la mauuaife vie de cell hôine fauoic rudement menace': finalement a-pres auoir defconueit par tefinoins que c'elloic vn voleur 1! erienuoya les informatiôs aParisgt;tclicffiét qu'au bout de -quelques tours de May fut empoigné, mené a la conciergerie,où il commença dâaceufer reluirai amp;nbsp;quelques au-tresjCommc sâils euUént fait complot cnfemble, ôt lui euf lent promis grandes recompenfes pour tuer la Koine mere.Mais le.sconfeilliers députez à la confedion du proces, ayans auffi coll feiici lâinfeclion d'vne telle calomnie,amp; tfclnu que remuant cell afaire(ce quâil conuenoit ncant-moins)ily enauroitdu collé de la maiion de Guifebien plus empefehezquede celle deChaftillonjlaiflbyentcelle fauflê accufation, amp;nbsp;ayans aueré contre de May, fes vole-â ries amp;nbsp;brieandases le firent roué'r.
Pl tct! nota , C) à I â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' -1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(â¢
Pan» uurant ce voyagedu RoyaBayonne,ou 11 ne lutaconi-tntrt f'vni- pagnéqucdc Princes amp;nbsp;Seigneurs CatholiquesKomains, uerfité ir ycutvnproces notable a Paris pour le fait des Jelùites, tiiiefuitei. jâen reprefenterai ici quelques traits, recueillis mot a mot / / , du 4. liurc des epiftres amp;nbsp;du plaidoyé de M. Ellienc Paf-' quieraduocat, lequel plaida pour Tvnluerlitê contre iceux .*'lt; lefuites.Voici donques ce quâil efetit en vnefiene epillre:
/ ' Vn Nâuarrois nommé Ignace, qui tout le temps de fa vie armes,ayant ellé nauré en la ville de Pam-lefuiici. pelune, pendant quâonlcpenfoitsâauifcde lire les vies des lâeres, fur le patron dcfquellcsil lui prit op nion deformer toute la teneur de fa vie. 11 sâacoftede quelques vus â amp; entre autres dâvn nômé Maiftre Pafquier Brouec. Ceux ci lurct vne focietc ensëble.S: ellant Ignace guéri, ils firent quelques Voyages à Paris,Rome amp;nbsp;lerufalé.Finalement le jetirerét dans Venife.où ils hebergerent quelques ans : amp;nbsp;Lem (g voyâs fuiuis deplufieurs fetranfporteréta Rome, où ilscômencerent de faire profcfifiô publique de leurotdrci prometcà s entre autres articles deux choies: lâvnc que leur principal buteftoitdeprefcher lâEuâgüc aux P.iyés, pour les côtiertir 2 noftre (o^ ; lâautre d'enfeigner gratuitement Ic^bônes lettres aux Chrelliés, Et pour acônioder leur nô . à leur deuotiô,ils sâappellent religieux de la foc icté du P.à /.eur nim. pæ lefus.lls fc prcfencct au pape Paul troifiefme de la mai fon deFarnefe,vers lâan mil cinq cens quaiate.Câelloit lors que l'Allemagne cémençoit de sâarmer pour le remuemét
Charles s s t s i i s m f. 140
de U religio Cacholique:amp; paree que Iâvnc des principales j difputes des Alemans eftoit fur la puilfance du Papeque Martin Luther auoit voulu cerrafler, ceux ci dâvne profef- F.nqatt fion route cStraire deraóftrerét que le premier voeu quâils 'lgt; faifoyét efioit de reconoiftre le pape par deflus toutes puilTances terriéncsjVoite par deflus le Côcilc general amp;nbsp;vniuerfel delâLglife.Le Papequi du cômécemétauoit fait ouute de les aprouuer,amp;: depuis leur auoit permis de Ce nô mer religieux, mais à la charge quâils nepoui royét eftre , plusde foixâteen nôbrCjCÃméçaa celle promeflie de Ruer * * l'otcille,amp; ouurir pleine porte à leur deuotiô, amp;nbsp;apres lui â Iules troifiefmciiufqucs à ce que le pape Paul quatriefme, dit leTheatinjquiaeftéle premier promoteur de ceft or- fâ dre, lésa authorifei de tout poinft anec toutes fortes de «m m Sri priuileges.Or côme leurs afaires fe manioyét en celle for te,11 auint que lâEucfque de Clermont,ballard du Chance lier du Pr3t,lcs prit en aftedion,amp; eut enuie de plâter cell ordre dedas Paris,où il emmena PafquierBrouet aucc trois ou quatre autres. Ceux ci fur leur auenemét fe logerét petitement amp;nbsp;fans grand bruit en vne châbre du college des Lübatds.Sc depuis eftablirét leur habitatiô enlâhollclde Clermont rue de la Harpe,par la foulfrâce de celui qui les ilgt; gt;ây atnt auoit le premier introduit entre nous, célébras leurs mef-ftsamp; prières es ioursdes dimanches amp;nbsp;feftes en vne chapelle qui cil à lâentree des Chartreux. Voyâsque leursa-faitesleur fuccedoyét à propos,fe prefenterét par plulîcurs l,â fois à la Cour de pailemenr,afin que leur ordre full autho «. rifé pat icelle.Mais feu Monlieur le procureur general Bru lart sâoppafa à toutes leurs requeltes.Nô quâil ne fduorifaft entre tous les autres grandemet la reÃgiô Catholique.ains guilturÃt parce quâil redoutoit fur toutes chofes 8c craignoit les nou ucautez,côme mere de plufieurs erreurs,mefmcs en la Rc-ligiô.Parquoy leur remôftroic que sâils auoyët le cÅur to-talemécellôgnédu mode,ils pouuoyét fâs introduire nou-uel ordre fe côfier fur les religions anciénes de S. Benoift, Clugny,Cifteaux,Grâdmôt,Premôllré,8cautresaptouuees pat plufieurs côciles.ou fous les quatre médiâs.LaGour nô Cütenie de ces remonftrâces, ne sâen voulut pas croire tou te feule,ains eut recours à la faculté de Theologie,laquelle nbsp;nbsp;nbsp;âtâ
pir so decret les céfura,partie pour autât que quelques v-nés de leurs propofitiôs derogeoyêt auxpriuileges de lâÃ-
Si iiij,
M.D.LXVf, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlks nevtiesmïlt;
glifeGallicane,partie quefeqiialifiïs religieux ils nâen pof toyct rhabit, ni ne fc côfinoyët come les autres d.ïs lescloi ftres.Cenfuiequi les edôgiia de leur proicr. Qnplque téps apres décéda rEnefqut de Clermont, lequel leur légua par fonteHament plulieurs grands biens. Ce legs pat eux recueilli,furuienent les premiers troubles,au commcncemct Z-riiruBit» defquels fut alfemblte lâEglife Gallicane dans PoifTy.Def-etment. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;commencèrent dâinterrompre leur long (ilente, amp;
prefenterent derechef rpqneite à la Cour de Parlement, pour eftrerecens amp;nbsp;aprouuez, fi non en forme de religion, pour le moins de iîmple college. Le Parlement eftima que cela regardoit les fuperieurf de lâEglile, au moyen dequoy il les renuoya a lâaflemblee dcPoilly, où prefidoit mon-üeur le Cardinal de Tornon,comme plus ancien Prélat. Pquot; quel dedans la ville de Tournon auoit fondé vue coinpa-gniede leur nom.ParlâintercefTton dâicelui, ils obtindrent tindrint dâeflre receus en forme de focieté amp;nbsp;college tantfeuk-d tntrtt. ujentù la charge qu'ils feroy ent tenus de prendre autre titre que de lefiiitcs, amp;nbsp;fe conformer par tout à la difpoli-tion Canonique, fans entreprendre chofe aucune, ni au temporel,ni au fpitituel,fur les ordinaires,amp; quâau prealla-ble ils renonceroyent par expres aux priuileges portez par leurs bulles. Autrement,quâa faute de ce faire,ou que pour lâauenir ils nâen obtinlfcnt dâautres, celle approbation fe-roitnulle. Ce decret leur eftemologuépat la Cour mot Z..«r ttUe apres mot,amp; félon fa formest teneur. Peu de temps apres t'â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ils achètent vn hollel a (fis en la ville de Paris, rue Sainft
laques que Ion appciloic la cour de Langres , lequel ils diuilâerenten deux demeures, lâvne pour les religieuxf lâautre pour les efeholiers. En celle compagnie y a-Lftir, /»p. uoit lors plulieurs perfonnages doftes, entre autres frere
Efinond Auger 8c Maldonnat: celui la grand prédicateur, ceftuici verfé amp;nbsp;nourri en toutesfortcs de langues amp;nbsp;de difciplincs,grandTheologien 8t philofophe. Ceux ci en-uoyc7 pardeçà pour annoncer leur doftrine furent tretfa-uorablementacueilhs, amp;nbsp;attirèrent vnc infinité dâefeho-hers à foy. Se voyans anoir le vent en pouppe , prefente-rent requelleau refttur de Paris,afin dâeflre vnis deincor-(tml/Z purezau co'ps delâvniucrfitc. iors fut faite congregatio* folennclle aux Mathurins, par laquelle fut conclud quâils dcïlaitçroycntauant que palPer plus outre «ârk prenoyent quahtc*
CHAtItS NEVriïSMÃ,
14t
qualité dcRcguiiers ou Seculiers: qui eftoit les réduite en vue grade perplexité. Car de nier quâils fuffent Reguliers, câeftoitdefmentir leur vÅu. De dire aufli quâils le fulfent, câeftoitcontreuenirà ce qui Icurauoitcftèenioiutà Poifly, leHrrifi-Pour cefte caufc ne prenans qualité precifc,!âviiiuerlitc les flanct. débouta de leur requefte. Ils ne fe rendent pas pour cela, ains ont recours au parlement, afin de gaigner pat contrainte furlâVniuerfité, ce quâils nâauoyent peu obtenir de gré. Il fut dit quo les parties viendroyent plaider au pre-tnieriour.
Ce font les mots de M.Efticne Pafquier,lequel adioufte, l'fMimrfiié lâVniuerfitémeficceftlionneurdemechoifirpourfonad plaidi «a-uocat. La caufe fut plaidec par deux matinees auec telle t«»»«-contention que la grandeur tequeroit : M. Pierre Verforis plaidant pour les le(uites,amp; moy pour lâVniuerfité.Quant au plaidoyé de M.Pafquier nous en inférerons ici quelques motsgt periodes notables. Le fait des lefuites (dit-il) eft plein dedilîimulation Si dâhypoctifie : leur fede nâeft pour Jâauenir qu*vn feminaire de partialitez entre le Chreflien amp;nbsp;le lefuite; leur but amp;nbsp;intention netendquâà ladefola-tion amp;nbsp;furprife de lâEftat tant politic quâecclefiafticuls pot- ''â 'n» rt-tétafauiTes enfeignesle nom delefus.Iecroy quâil nây au-rafideleChreftien.ou bon amp;nbsp;loyal citoyen en France, qui netroune lesconclufions deWnincrlitéinfles Si raifonna- fiié furit bles: câeil af^auoir que non feulement ce nouueau monde, cintre Iti le 9ui par citte,partial,arrogant amp;nbsp;ambitieux,fe dit feul cftre de la focieté de lefus, ne doit eftre adopté au corps de no-fireVniuerlîté, mais que Ion le doit totalement bannir, chaffer amp;nbsp;exterminer de la France. Ces nouucaux frei es, fousvntitre fplendideSt vn beau mafqueexterieur, veu-letumaintenant enianabet fur noflre repos. Ign.ice foldat cftropié,non tant par zele amp;nbsp;deuotion quâil euft à nouuelle aufterité, que pour fe voir impotent amp;nbsp;mal duit à 1.â fuite desarmes,sââcofta de quelques vns,entre autres dâvn mai-llre Pafq'Jicr Brouet,natif de Dreux, homme qui hors mis quelques chimagrecs extérieures,nâauoit rien de literature au dedans,foit en lettres liumaines,foitenTheologic. Ces deux auec quelques autrrsfonnerentpour vn temps leur retraite dans Vrnife, ville reconucparquelques auteurs I-taliens pour receptacle de plulieurs indignitez Si chofes petuerfcs.Là ils hypocrifent pout vn temps quelque aufle-
M.ö.ixvi. Charles nev^iesMe
rité fuperficieUe de vie, amp;nbsp;voyans que leur fupcrftitioii j- .; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;** commençoit à eftie fuiuie (car iamais vue nouueauté né
ctouue faute de fuite parmi vu peuple) ils prindrcnt la Iiar-dielfe defetranfporterà Rome, où ils commencèrent de publier leur fefte; Sc combien que la plus part dâentre eux nâeuffent fondement quelconque es langues ni en Theologie, toutesfois ils commencent de promettre à pleine bouche deux chofes : lâvne de prefeher aux raefereans lâE-uangile pour les conuertir à la foy ; lâautre dâenfeigner les bonnes lettresà tous Chreftiens, le tout gratuitement amp;nbsp;fans rien prendre. Prenent pour cede caufe le nom de religieux fous la focicté de lefus,comme (î tous ceux qui nâad-heraflent à leur feâe fulTent feparez de leur compagnie S focieté.
Cl,-,,, Dedans ce mefme plaidoyé ils font qualifiez ruiez, au-itdtfuitef. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fuperftitieufe,malhcurcufe engeance, fefle
' condamnée par la faculté de Theologie,pouice quelle cil jileine de fuperftition amp;nbsp;ambition damnable,amp; introduite a la defolation de tout eftat regulier amp;nbsp;feculiet igcns qui font en polfeifion de croiftre par les ruines dâautrui,au3n-cez par les ambitieufes amp;nbsp;indignes pratiques du Cardinal de Tournon leur fauteur.-impudcns,irreguliers , defobeif-f3ns,hypocrites,predicateursignorâs amp;nbsp;paffageis,pipeurs» porteurs de rogatons, gens nouueaux 8c ramaffez de tou-trurj ruftt picci^s,pleins dâambitieufe fuperftition,cels quels. 11 fw t'a- defcouure puis apres leur ftrate gerne pour acrochcr en ^ranitir. peu de temps infinies richelTes voire des pays amp;nbsp;royaumes entiersxâeftqueleur prétendue compagnie cftcoui-pofee de deux maniérés de gens ; dont les premiers fc di-fent eftre comme de la grande obferuance, les au tres de la petite. Les premiers outre les trois vÅux ordinaires des moines,en ont vn quatriefæe ; câeft dâobeir au Pape, amp;nbsp;1® reconoiftre foiiuerain en terre par deifus toutes chofes fans exception ou reierue en tout ce quâil voudra leur câ-mander. Ceux de la petite obferuance font fans pluk a-lirai ns à deux vÅux : lâvn regardant la fidelité quâils promettent au Pape, 8c lâautre lâobtilfance enuers leurs fupe-rieurs.Ces derniers ne Vouent pas pauuretc.ains leur cil loifible de tenir benefices fans difpenfe, fuccederà peres 8c mere$,acquérir terres amp;nbsp;poffcffions,comme sâils eiloy-ent feculiers. Ceci eftlavoyepar laquelle il# ont acquis tant
Chariij Nirntsub X41
nnt de biens amp;nbsp;richelfescn ce nou eel ordre, tout ce qui vient à ces petisobfcruantins par fucccHion gt;nbsp;acquilïtion, V. ou autre pratique demeurec en lamalfe lefuitique; fans / pouuoireftre répété tear ceux mefmeaqui ilefchec ont vouéobeiffance. tt conuient noter dauantage vn autre VÅU fpecial de ces gens^qui eft dâobeir par tout amp;nbsp;en toutes cliofes a leur general amp;nbsp;fuperieutjqui eft toufiours Ef-pagnol amp;nbsp;choilî par le Roy dâÃfpagne, comme il eft auenu iufques a prelentiamp;entrc autres mots de ce vÅu font ceux Cl qtiâen lettant lâÅil fur leur general ils ont à reconoillre en lui lefus Chrift comme preient. De ces vÅux amp;nbsp;diltin-ftions lont ilfues de terribles entreprifesiiufques à attenter fur les vies amp;nbsp;perfonnes des Princes, Rois amp;nbsp;Roines,com me les hiftoires du pays bas, dâA ngleterrc Sc de France en font foy,8c dont nous dirons quelque chofe fut la fin du re gnede Henri fécond.
Quant aux defordres furuenants de ces deux ordres Dtuxde^ dâobferuantins, M.Pafquier les dcfcouure par le menu, amp;nbsp;tn U le temps a vérifié le tout. Adiouftons ces mots : Comme Ãaiiefui-ainfifoitjdit-il,quâen leur petite obfctuance Ion ne. iice'quot;f*quot; V(îu ni de virginité , nidcpauuretéjauffi y font indiffe-temment receus preftres St gens laies,foyent mariez, ou non mariez, voire ne font tenus de refider auec les ttm it grands obfcruantins.Mais leur eft permis dâhabiter auec le â*Æ relie du peuple, moyennant quâà iours certains amp;nbsp;prefix, J*, ils fe rendent à lamaifon commune dâeux tous, pour par-ticiper a leurs cliimagre«, tellement que fuyuant cefte Loy amp;nbsp;reigle,'il nâeftpS~inipertincnt, de voir toute vne ville(difonsaufli toutvnpays,vn royaume ) lefuite. La .communication quâils ont enfemble par le moyen des confeflions fert à efucnterles proyes, à defcouurir les fc-crets des grands amp;nbsp;petis. amp;nbsp;dautant quâils font particulièrement affeétionnez au Roy dâEfpagne leur fondateur principal, pour lequclaufliilsfontprieresparticuliciesSc exprelTesordinaircmenticenâeft de merueilles fi depuis en Frâce amp;nbsp;ailleurs ces nouueaux frétés ont tât trauaillé pour le faire Monarque. Outre ce que dcfrus,M.Pafquiercdiou-v,.'.. rtk fte, que les Icfuites nous apaftelât de belles promelfes fore deibnez pour agrap^hertou.rnos bics amp;fe gorger denos def pouillesiquecc söt ibpKil{ês,qui font entrez come timides tenards au milieu de nous, pour y regner puis apres corn-
M.D.Lxvi. Charles Neveiesme.
me !yons; qui eofnme les anciens harangueurs amp;enfe!' giiciirsdâvn babil affecté gaignercnt petit a périt creditdt' ' «ans Kome, auffi petit a petit perdirent ils l'Eftat, félonie iugenientdetous les politics offnen faut pas moins attendre des lefuices, (î dés le comincnceinsnt on nâen exftirpe la race amp;nbsp;la racine.
_ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il inféré auffi en ce triefnieplaiJoyérauisamp;decrctdeb
, ûculté de Theologie de Pans, au college de Sorbonnedes à ecrttdtla 1. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, f ® , , , r- ft.
Scritnnt 1 ïo 15$ . Contenant cc qui s enfuit tourne du Latin. Celte toitr« It) nouuellefocietés'attribuantdenouuellcfacon vn inacou-Itfuitn. ftumé nom de lefusinceuant fi licencieufcincnc 8c indifféremment toutes perfoüriesjtant criminelles, ille gitimesS â in fames püiifent elles eftre, ne différant en rien d'aucc les i preftresfeculiersen habit exterieur, en tônfure,en heures । canoniquesa dire a part ou à chanter tout haut es temples, au cloiftre K filence,en choix de viandes 5c de iours,eniuf-ncs amp;nbsp;autres diiierfesloix 8c ceremonies , quidiftinguent 5i conferuent les eftats des religions, ayant obtenu tant amp;nbsp;fi diuers pritiilcgesj induits amp;nbsp;libertez, fur tout au regard desmelTes 8c coqfeffions, fans diftinéliondelieuxôudc pcrfonne5,itcmenlachargedeprefcher,lire, enfeignerau ! preiudice des or Jinaircs,dn Clergé,des autres moines,voire des princes 8c feigneurs teinporeis,contrelcs prtnileges des Vniiierfitez.a la grande foule du peuple: fenible violet lâhonnefteté de la religion monaftique,enerue le fiudieuxi deuotieux 8c neceffaireexercice des vertus, abftinences, ceremenies £c auftcritez,Yoire donneoccafion dâ.ipoffatcf librenicntdes autres religionsjfoufiraitlâobeiffanceSc fu-ietrion deue aux ordinaires, priue iniulleraent de leurs droits les Seigneurs temporels 8c Ecclefialliques,introduii du trouble en lâeflat politic 8c en rEglife,8c entre le peuple beaucoup de querellcs,dc proces,de no!fes,de débats, dâcn-uies,de rebellions 8c de fthifmes diuers. Pourtant, tout« ces chofes âc autres diligemment pefees SL examinees,ce-fte foeieté femble perilleufc au fait de la religion, perturbatrice lie la paix de lâEglifc, renuerferefTe de la moinenc, amp;nbsp;inuenteepour ruinerpluftoft que p.our édifier.
i^îpre ein- Voyons qui s'enfuit. Il n'y eut iamaiâ (dit M.Pafijuier, fnrefaitt à qyj procédé eftre fils de lâEglifeRomaine,8c vouloir viure mourir en lafoy dâicelle)léde plus partiale 8c ambitieu-fc,8c dont les propofitions fuflentdepluspernicieufecon-fcq'icjïj
C H A H E s N S V F ! I S M E ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I4j
ffquéce que la lefuitiquc.En fcA principes elleeft fchifina-« tique amp;confcqucmétheretique,]l fait puis apres vue cüfc- t ' ' l. réce dâIgnace auec Luther,amp; maiptiétquâIgnace cil plus à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;of
craindre que lâautre : pource que les conferences fe laifl'ent fortaifement furprendre amp;nbsp;enyurerdepoifon deslgna-çiens ou Iefuites,pour les eftitner premiers ptotefteurs de la Religion Romaine encontre les heretiqués, ores quâtls en foyent les premiers diflipateurs. paifans coiitcnance de (oullenir lâE^ife de Dieu, ils la ruinent amp;nbsp;ruineront de fond en comble au long aller. Vn peu apres, continuans de parler à toute la Cour,lâefpere (fart-îQ vous mqnftter que cede feâe par toutes fes propolîtiens ne produit quâvne diuifion entre le ChrelLen amp;nbsp;le lefuitc,entrc le Pape amp;nbsp;les Ordinaires,entre tous les autres moines amp;nbsp;eux; que les tolerant,il nây a Prince ou Potentat qui puiffe affcui er fon c-fiat alencontic de leurs attentats. Celle feâe a elle baftie fur lâignorance dâIgnace : depuis elle a elle entretenue par lâorgueil amp;nbsp;arrogance de fes fcâateurs.
Il leur reproche en apres que s'appellant tefuites,ilsde-gradentics S.Apoftres 8c anciensChrellicns.blafphemcnt contre lâhonnent de Dieu,forcluent les fideles de la focieté â de lefus Clirift. Daaantagc,quâen Portugal amp;nbsp;es Indes ils fe font appellcr Apoftres. Dit que comme quelques feftai-reslâaniiói.futnornmez. lefuitcs amp;nbsp;autres tels orgueillemc ont elle mis en fens reproiiué 8c abifmcz par le Toutpuif-fantinous n'en deuons attendre autre ebofe de celle arrogante Si nouuclle {eüe des lefüites, quelque prudence qu'elle aportc pour fa manutention. Que ces Ignaciens, poiirs'cftre attribué le nom de lefuites, méritent vnc mort honteufe. Refpondant puis apres au vÅu des 1 efuites touchât le Pape quâils elleuent par deflus toutes fupcrioritez, itfuitn/rrin noftre Oeance,dit il,eft tout autre. Nous reconoilfons en nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trt»
France le Pape pour chefamp; primat de noftre Eglife, auec âârct, ir tput honneur amp;nbsp;deuotion.-mais tel toutesfois quâil eft fuiet aux decrets des Conciles generaux amp;nbsp;Oecuméniques; quâil * ne peut rien entreprendre fur noftre royaume ni contre la maielléde nos Rois, ni contre l'authorité desarrefts de la Gourde Parlement, ni pareillementau preiudice de nos diocefains dedans leurs fins amp;nbsp;limites, Vn peu audclfous, lean Getfon (dit-il) nous a enfeigné par expres en vn tien liure où il monftre que Ion pourroit fe palTer de Pape enlâEglifc, quâil eft enlapuiffancedâvn Concile general
ChARISS NtVfItSM!.
Vertut iet lefuttet.
PreitBion véritable»
dâofter vn Pape de fon fiege amp;nbsp;d'y en eflire vn autre poOf fubuenir aux afaires delâEglifejComme de fait il fut ptat^ que' aux Conciles de Condance amp;nbsp;de Bade. Apres auoif dodement plaidé pour les droits de lâEglife Gallicane,contre fambition des lâapesiil adioufte. Introduirez en Franc' amp;nbsp;es autres Eftats nos meffieurs les lefuitcs, vousyefta' bliifezautant dâennemis . fi le malheur veut que le Pap' vueille les guerroyer. Il defcouure puis apres leurs artifices,Iarcins,extorfions,piperies,impoftures St brigandageâ' Monftre par diuers exemples que ce font mutins, It' meurs de troubles, athees amp;nbsp;mocqueurs de Dieu. Et ü-niiïant (bn plaidoyé , dit à toute la Cour , vous incf-fieurs, qui tolerezles lefuites,ferez auffiquelque iourles premiers iuges de voftrc condamnation , quand par k moyen de voftre conninence verrez les malheurs qui en aduiendront non feulement en la France,mais par toute 11 Chreftienté,
LâAduocat du Mefnil qui plaida en cede caufe pour le procureur du Roy mit en aqant beaucoup de chofes contre ces feftaires, amp;nbsp;fit aflez entendre que câeftoit vnepelle
iet
dedans le Royaume: mais pource quâen ce tempslcRoy edoiten Ton voyage de Bayonne, amp;nbsp;que lesConieils de II Roine amp;nbsp;de la maifon de Guife qui gouuernoyent rout n« vifoyent quâà la ruine totale du Prince de Condé,delâArai-Religion, le proces des lefuites fut a-pointeau Confeil.câeft à dire pendu au croczles féconds S troifiefraes troubles puis les maff icresfuruenans là defluî les lefuites drefferent les cornes à bon efeient, amp;nbsp;firent let eftranges menees dont sâenfuiuirent ces horribles tragedies iouees fur la fin du regne de Henri troifietoe: comme nous le verrons ci apres. Confiderons maintenant ce qui auint en lâan qtj/.que les malheurs de la Ftan: ce recommencèrent.
M. D. L X V 1 I.
Le Roy dâElpagne ne pouuant fupporter lâacroilît-nicnt de ceux de la Religion es pays bas,amp; infiniment defpité contre euxà caufe delà fraftureamp;abolition desi-fnie nnrre * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r i r
mages en Flandres, Brabant amp;nbsp;autresprouinces, refoluc de procéder contre eux à feu amp;nbsp;à fang, nâayant efgard aux
Chari. ïs kevïiïsmi? 144
aux priuilcges du pays,ni aux cruelles extorfîons amp;nbsp;iniufti-ces de fesorficiers.contrelcfdits de la Religion, les mini-Ares amp;nbsp;principaux de laquelle sâeftoyent oppofez par tous moyens deux pofTiblts au bris des images, abatues par â peiic nombre de perfonnes de peu dâaparence amp;nbsp;en fi peu de temps,quâil fembloit quâelles fuflent ttebufehees dâelles mcfmes. Pour lâexecution de ce confeil de fang, dont a-uoit efté parauant traité amp;nbsp;arrefté en la ligne faite aliayon-ne, Fernand Aluares deTolede Duc d'Alue,qui auoit efté fon agent à Bayonne , fut eftabli lieutenant general auec commifttons trcfamples, lequel fur le commencement du Printemps de lâan i$67.fuiui de fes deux fils amp;nbsp;de puiftantes troupes sâeftant embarqué a Barcelonne print port à Ge-nés au mois de May i amp;nbsp;auec vue armee de neuf mille dâ^lat vüt Efpagnols, mille chenaux legers, amp;nbsp;force artiLerie sâa- »»«»-wfiittr themina vers le Milannois.Quant à ce qui sâenfuiuit,câcft à lâhiftoire des pays bas dâen faire le récit. La Roine amp;fon confeil en France, fous ce prétexté du paffage du Duc dâAlue font courir vn bruit foürd quâil cftoit à craindre que lâEfpagnol ne vouluft, feignant aller en Flandres, attenter fur la France ! amp;nbsp;pourtant commencent à faire haftet vne leuee de fix mille Suiflés , pour garder les frontières: mais on les fit entrer bienauantalCt-fi tort. Car la Duchefle de Parme sâeftoit retiree des pays bas en Italie des quâelle entendit lâembarquement du Duc
Le Prince de Condé, lâAmiral amp;nbsp;autres Seigneurs de la Religion fe ranienteu.tns tout le pafte depuis lâedit de pa- âtâ juPnn cification , Si voyans que Ion faifoit auancer les Suif- et au^t ^9 les, encores que le Duc d'Alue fut défia dedans lcs?rtBrfgt;-t let pays bas, sâaflemblercnt en petit nombre. Là furent mi- Jââââ fes en auant les lettres interceptes , enuoyees de R.o- .* me amp;nbsp;dâEfpagne , où les defleins dâexterminer ceux de la Religion en mefme temps eftoyent defetits bien amplement. En peu de temps lurent tenus trois confeils tant a Valeri quâà Chaftillon,où fe trouucrent dix ou douze des plusfignalez gentilshommes de la Religion, pour délibérer fur les occurrences prefentes,amp; cercher desexpediens legitimes amp;nbsp;hóneftes,pour sâalfeurer entre tât de frayeurs, fans venir auxâderniets rcmedes. Es deux premiers les opinions furent diuetfes : neantmoins plus par le confeil
u.D.Lxvn. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis mevfissmz.
de lâAmiral que de nul autre,clufcun fut prié dâauqir enco , re patience, amp;nbsp;quâen afaires de telle conCequeneejSt qui attiroyent tant de miferesion deuoitpluftoüfehiffcren-ti ainer parla neccffitéjqu'y courii par la promptitude de !a volonté,amp; qu'en brief on verroit plus clair. Mais au det nier confeil, Ion s'efehaufa dauaniage : car outre les maux paflezjät les perils imminens,cciix de la Religion eftans menacez tout ouuertement parles villes amp;nbsp;prouinces, quâils ne leuecoyent plus gueres la telle lî hauc,amp; que leur fin aprochoit,Ion receut nouucaux auis de dmersendroits amp;nbsp;notamment le prince amp;nbsp;lâAmiral afFernicrent auoit cftéexpreffemçnt auertis par vn perfonnage de la Cour, ti efaffedtionné à ceux de la Religion, quâil sâefloit la tenu vn confeil fecret, où auoit çfte refolu de fe là ilîr dâeux pour faire mourir lâvnSt garder lâautre prifonnier: mettre au mefipe temps deux raille SuilTcs a Paris , deux mille à Orleans,le relie à Poiftiers : puis caffer lâedit de pacihcatiô amp;nbsp;en faire vn autre tout contraire. 11 y eut bien de la dif-pute alors ; car fur ce que les vnsmonftroyent quâil faloit promptement fc refouldre a vne necellà ire defen fine,attendu que les forces ellrangeres mareboyent ouuertcoiét à la ruine de tous ceux de la Religion dedans le royaume, quelques autres plus froids remonflroyent encore quâilsa-perceulfent le feu ia allumé, fi ne voyoyent ils point dâeau pour lâefteindte.Car fi nous voulons,difoyent ils,a»oir recours (comme on auoit infinies fois auparauant ) aux re-mohftrances il ell tout clair quâelles feruent plus à irriter ceux à qui on les fait,que de remedes. Si aufii nousleuons les armcs,encorcs que ce foit pour vne trcliulle, necelfaite amp;nbsp;vrgente defenfiue,de combien de vitupérés, calomnies amp;nbsp;malediâions ferons nous couuerts par ceux qui nous imputant(quoy quâà tott)la coulpe des miferes qui sâenfuy uronr,nepouuât defchargerleur cholere fur nous ladef-cliargeront fur nospauurcs familles demeurées efparfes en diuers lieux.ââ Mais puis que de plufieurs maux ineuita-blcs on doit toufiours choifir les moindres , il y auoit encore moins de mal dâendurer les violences des ennemis que commencer fur eux, amp;nbsp;fe rendre coulpablcs dâvneag-generale. Le Sieur dâAndelot ayant remonftrc là defl'us la ncceffité de leur defenfiue, dit entre â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;autres paroles,fi vous atteudez que foy ons bannis en pays
dlsan',
C H A R t t s N E V r I ? S M à y 14$ eftranges, liez dans ks priions, courus à force du peuple, mcfprifez. des gens de guerre, amp;nbsp;condamnez par rautho- ⢠tiré des grands (comme nous nâen fommes pas loin ) qiiç nous aura ferui noltre patience amp;nbsp;humilité' paffee; ijue nous profitera alors noli re innocence? à qui nous plaindrons nous? mais qui eft-ce qui voudra feulement nous ouitîll ell temps de nous desabufer,5c de recourir à la de- _ fenliucjqui nâeft pas moins iufle que ncceffaire,8c ne nous foucierpas fi on dit que nous ayons efté auteurs de la gucr rexar ce font ceux là , qui par tant de manières ont rompu les conuentions amp;nbsp;paûions publiques, Je qui ont ietté inf-ques dans nos entrailles fix mille foldats eftrangers, qui pareffeil nous lâont défia declairec.Quc fi nous leur don nons encor ceft auantagede fraper le» piemiers coups.no-flre mal fera fans remede.
Larefolution prinfede fe mettre fur vne prompte de-fenfiue, il y eut diners auis fur les moyens de lâexecution./»r Its En fin on conclud de prendre les armes, 8c a ce corn men- lt;!⢠fement de guerre obferuer quatre cliofes, La premiere,de s'emparer de peu de villcs,mais dâimportance. La fécondé, de compofer vne armee gaillarde. La tierce,de desfaire les Suiffes , par la faueurdefquels les Catholiques Icroyent toulioursm iiftres de la campagne. La quatriefme, dâtf-fiyer à cliafier le Cardinal de Lorraine loin de la Cour, poureeque plufieursimaginoyent que câeftoit loi qui folli-. citoit continuellement le Roy à ruiner tous ceux de la Pv':-hgion. On propofa encor de grandes difficultczlur les deux derniers points. Car il fut dit que le Cardinal 8c les Suiffesmarchoycntioufiours auec leRoyiquâattaquant les vns,amp; voulant intimiderlâautre, on diroir que lâentrcpiifc auroit efté faite contre la Majcfté loyale gc non contre an-trui.Toutesfois elles furent vuidees par celle replicueicâeft que reuenement defcouuriroit qu lies fetoyent les intentions du Prince 8t de fes alfociez , comme rcuenemenC tendit tefmoignage de celles du Roy Chailes fcptiefmc cllaiit encores Dauphin, quâil nâauoit leué les armes ni cotre fon pere.ni contre le royaume. Dauantage, quâon 'ça-lioit bien que les François en corps nâauoyent iamais attenté contre la perfonnede leur Prince. Finalement fi ce premier fucces eftoit fauorable,quâil pourroit retrancher le cours d'vne logue Si ruiueufe guerre, entant quâil y aurt ic
T. j. .
M.D.IXVII. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch ARIIS N IVIIES H ï.
moyen de faire entendreau Roy la vérité des afaires qu'oB lux dc!giiifoit:dont le pourrait enfuyure la reconfirmation des editSjinefmeinent quand ceux qui sâarmoyét pour pre-uenir fc fentiroyenr preuenus.
Cammtnt Telle fufjConic recite le ficur de la Noue en fesdifeours» fucetäa la la rcfolutiô que prindrcnt ces Seigneurs 5: gentilshommes rt/alutiS du qui trouuctent lors autour du Prince.lefquels (felô quâil adioufte) côbien quâils fuffent douez de grande expetiécfj fçauoir , valeur amp;nbsp;prudence, fi eft-ce que ce quâils auoyent fi diligênient examine, 8c tant bien proietté,fc troiiua quad Ion vint aux cfFedsjtqerueilleufcmét efloigné de leur atté-te:amp; dâautres chofes aufquelles ils nâauoyétquafi point pc-fé,pour les tenir trop feures ou difficiles, fc tournèrent eu leur benefice,dót bié leur print.Ce qui inôllre que les bônes deliberatiôs ne font pas toufiours fuiuies de bons fucces,8t que lâacoplifTcment denos Åuures ne gril pas tant en lâhumaine propofitiô quâen la diuine difpofitiô.Qrielquetemps auât que fe refouldre à cefte neceffitéjCÃme les Suifles aua-çoyent chemin,lePrincCjpuis lâAmiral,firét vn voy.igeen du Cour,où ils temonftrercnt, lâvn apres lâautre, aii Roy , à fa Prince amp;de mere.au Confeil,quâil nây auoic iufteoccalîon ni raifonde fAmiral cgÃe leuee amp;nbsp;introdufliôde fix milleSuilfesdedâs leroyati me,fidâauanturcon ne pretédoit les employer pour la ruine de ceux de la Religiô,qui eftoyét encores en plus grSd no-bre que 16 ne penfoit pas.Que la guerre paffee en auoit fait preuuc:amp; que fi leurs ennemis entreprenoyent autre chofe quâà point,ils fe tiédroyét fur leurs gardes,amp; ne fe lairroyct pasefgorgerpar les brig.xnds amp;nbsp;perturbateurs du repospu-büc.Surceils fupplicrêt trcshumblemêtleRoy d'auoircô-paffion detantdefamilles honneftes,amp; de tout fon royau-me.Mais ils furent rebutez,St indignement traitez,mefincs le Prince sây trouua vne fois en trefigrand dangerde fa vif, les Courtifqns lui ayans apollé le Duc d'Anjoufreredu Roy,qui lui drelfa foudainement vne brufquequerelle,S ne ccrchant quâa lui faire vn mauuai.s parti. Le r rince,fage Si eloqucnr,fceut refpôdre fi apropos eux queftiôs amp;nbsp;plaintes violentes de celui quâil denoitrefpefter.St qui efloiteii-uironné lors de gens prcifs à frapper, que ce piege fut rompu,dont ilefchappa.ÿ depuis nâaprocha plus de la Cour.
Pourreuenirau fucces de lâentreprife du Prince amp;nbsp;des nent dec fiés,forcez par la neceffire'ou desâoppofer à la cruellerefo-lutiô des ennemis du repos de la France,ou de sâenfuit hors
Charles n t v f i i s u b.
14^
du royaume,amp; abâdôner tat de milliers de familles au glai-uedes maHacreutsmiiant au premier poinél on délibéra de lurpredrc feuicmec trois villes,afçauoir l.yojThouloufc TioySjfort cómodcs pour la guerre.Mais les d- fleins que fi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d,,
rêt fur icelles ceux qui prindrêt la charge desâé faifir,nc fuc Ãtat. cederét pas,trop de gés, amp;nbsp;de petite experiéce amp;nbsp;fuftifance en telles matieresjayâs eu cómunicatiö de ce qui fe deuoit exécuter,tâdis quâils cfioyent en leurs contoirs ou en leurs lifts.Pour le regard dâeftre forts en câpagne,ceux de la Relt giüle furet au cómencement plus que les Catholiques Ro-mains:mais fix femaines apresla prife des armes fur ! i fin de Septébre.ils fe trouuerct plus pui!las,tellemécquâils côtrai gnirétle Pi ïceamp; lâAmiral dâaller a refuge aux Alemâs que le Duc leäCafimir leur amena. Lâexccuttô desSuilTcs lâucce di aulTi trefmal.pourceque le delfein fut defcoiiucit quelques iours aupara':âr,amp; que les forces qui deuoyét fc trou ucr à iour Si heu nome' fadlirér.Le Cardinal de Lorraine fc fauui Je viftelfe hors de la Cour : mais il nelaifïa dây auoir Sà crédit acoullumc,amp;dây faire autât ou plus abfét quâê pre féce.Aucôtrairc,lePrfnceamp; iesCés tôberét en v ne trefgrâ-Jedifiicultc.Câcft quâils prouoquerét la cholere amp;hainc du roy cotre eux,pource quâà leur occafiô il fut côtraint le reti rer de Meaux aParis auec frayeur encore quâil fuit au mil ieu de lix milleSuilfes,5c eult de la cauallcrie en bô nombrcite Prince nâayât lors quâil en à pfocha auec les fiés finô dé qua treacinq cés cheuaux ou enuiro Ncâtmoins on cria tat aux oreilles du roy,que c'elloit à fapcrsôueque telles gésaitè-toyée, que depuis il leur garda toufiours vnearrierepélèc. Celle entree de guerre ayât elle peu lieureufc pour le Prin ce amp;nbsp;les fies, dâautres effed' recôpenlérét les premiers defauts; mais plus par les mouuemês de quelques gentilshô- । mes particuliers 8c dâ.fpolitiô dâaqcûihabitâs des villes,que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
par grades dcliberatios precedenreitJôt sâenfuiuit que ceux delà Religiôsâemparèrent dâOrleîs,Auxerre,SoilfoSiSc de quelques autres. Lâvniuerfclle priiife des armes en rrefmc iour par IcPtince 8c les fiés eftöna vn peu ceux du parti cô-â trairetitcdccc quâaiiec fi peu de caiiaâde.ieilaprocH.i des fix niilSuiircs,(]uâil eut chargez entre Meaux amp;nbsp;Paris,voire def faits, fi les harquebuziers à cheual quâil atrendoit fe fuflenc trotiiicza poiiift nôméjoù sâil eut efié réforcé de lyo, che-uauxdc Picardie qui arriuerét quelouesheures trop tard,
T. tj.
M.B.LXVir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch A J. t I! NSVFIÃSMB.
I«Pnac»/«£e Prince nâofantsâauanturer à vne charge generale dani rtiire x S. gros de Suilfes qut fcmbloit vne forell, y ayant crop de * hazard St trop pen daiiantagepour lui amp;nbsp;fes troupes, sâen alia letter dedans Saind Denis aucccc pen de gens quâil a» uoitjoù arriuercnt quelques autres à la file.Telleinent quâen peu de iours fe trouuerent deux mille cheuaux amp;nbsp;quatre mil harquebu ziers.qui tort apres furent partis,le fieur dâAn delotenuoyéauec cinq cens cheuaux vei sPoifly amp;Pun-roiie pour incommoder Paris,qui tire fes viures par les ri-uieres.Plufîsurscompagnics dâinfanterie allèrent vers Ar-gcntueil.le pont Charenton amp;nbsp;autres lieux voifins. Les autres troupes furuenantcs furent enuoyees partie au deuant des forces de Guyenne qui detioyent fe rendre à Orleans furprinspatle lîeffrdela Noue, partie en autres endroits ncccflaites: tel lem ent que le Prince amp;nbsp;lâA mirai reliez auec quelques Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes à Saind Denis, Saind Ouyn amp;nbsp;Auberuilliers, ne pouuoycnt auoirauec eux gueresplus de huit cents cheuaux amp;nbsp;douze censhar-quebuziers. Le Conneftable auoit dedans Parisplusde trois mille cheuaux, douze mil homme? de pied amp;nbsp;les lit mille SüilTes, artillerie amp;nbsp;equippage de guerre à comnian-dement. Neantmoins il ne bougeoir redoutant la refolue hardiefle du Printe !c de fa fuite , lefquels fai(tfloyent pat leurs troupes ei'parfes les paflages tant par eau que par terre; au moyen dequoy les Pariliens non encore acoudumeï à iufner conimcnçoyent à fe plaindre. Le Prince efperoic les contraindre de venir aux inains,amp; que fes forces ellans vnies,sâilauoit ledclTusen vne iournee,amener fesenne-misà vneplusalTeuree pacification que la precedente: amp;nbsp;que sâil auoit du pire,les places quâil tenoit fur les riuieres , de Marne amp;nbsp;de Seine acommoderoyent fa retraite, atten-V dant les Reiflres qui bj^anlloyent amp;nbsp;les forces de Guyenne, Le Conneftable au contraire ayant fait reconoiftreles forces amp;nbsp;logis du Prince amp;nbsp;de ceux qui lâacompagnoyent alors fut dâauisde leur donner bataille,sâaflèurant de les desfaire fans reirource,3ttendu quâoutre ce quâil auoit dix hommes contre vn,il eftoit muni dâartillerie, de picquiers aflhurcz, amp;nbsp;auoit vu champ de bataille releué amp;nbsp;bien acomniodc' pour fes troupes amp;nbsp;canons. Tous cesauanrages nâempef-
Ht cherent point que le Prince,lâA mirai,! cnlis,amp; autres chefs S.Dtnis. de ceux de la Religion ne les allairentaflà illir, Lahataille ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;donnée
Charles nivh t s h
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donnéeledixielinciour de Nouembre 1567. dura pres de trois quarts dâheure,S; la nuift fcpara lescoinbatans-LâiiVuc fut telle que ceux de la Religion (qui sâeftoyentauancez plus dâxn quart de lieue, enfonçans de furie eftrange leurs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
ennemis,las de fraperjôi leurs chenaux barafleïou bleflczj melmes celui du Prince ayant efld tué entre fesiambes fie celui de lâAmiral lâayant emporté par deux fois à trauers les plus efpailfes troupes aductfaires , pour eftre vn cheual fort en bouche amp;nbsp;qui au commencement du combat auoit . rompu fa gourmette, fans toutesfois que ces deux chefs fullent offen(êz en leurs perfonnes) furent contrains reçu-, . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*lt;*«lt;*gt;
1er, mais en fc retirant au pas Si en gros, lâinfanterie du f ' Conneftablc fit peu pour la plulpart : celle du Prince tref- g, * 4;^^ bien.Lacaualleriede part 8c dâautre combatitrefolucmcnc.
Le Conncllable y fut bleffc à mort dont il décéda tort a-'i»***' â¢* t '⢠pres, ayant auant quâexpirer confeilléfic prié la Roined* pacifier les troubles le plus promptement quâil feroitpof-fible. Mais elle fuiuit autre confeil, dont elle Si Tes fils ont eu loiGr de fc repentir, fit font peris auant que voir le bout -, de la ^ifee. Le Prince ertimant que fesaduerfairesvoa-iFf^'/,*»»«»/-di'oyent reuenir aux mains, pour fe venger dâvne poignée' dâhommes qui leurauoyent tenu pied de fi pres, rappella** promptement le fieurdâAndelot, lequel fur la miruiCtde ce mefme iour retourna à S.Denis.Bien print à ceux de Paris (cornme leurs chefs aduouerent) quâil ne leuint piu-rtolt-.car ils euffenteubien plus forte partie. Apres vn peu de repos,les Chefs refolurent tjuâilertoit necclfaire de raba tre aux Catholiques Romains vn peu de lâopinion quâils a-uoycntde leur auant3ge,6n leur monrtranr que ceux del* Religion auoyent du cÅur, fie les appelloycnta acheucr. Pourtant le lendemain ils mettent aux champs leur petite armee bien délibérée, aprochent des fauxbcurgs de Paris; fe tienent la quelques heures en rang de bataille ,brtiflcnt vit village fie des moulins à vent deuant les yeux des Pari-' (iens,qui ne firent aucune fortic, ert.ins occupez à enterrer leurs morts,à penfer leurs bleffez.reconoiftre leurs cornettes fitcompagnies , brief ne voiilans rien bazarder contre ceux quâils voyoyent renforcez, fie fi acharnez au combat. Mais le Prince voyant que la perte dâvn lîbmme lui elloit plus que cent à fes ennemis qui fe renforçoyent dâheure à autre, 8cque feiourner dauantage fipres dePariseftoitb
T. iij.
M.D.LXvn. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles nevpiejme.
mine de fi petite armee , fit defcamper Ie lendemain, s a-clieminant vers Montcreau , oii les forces amallees à Or-Z,« deuxur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f.ft.nTipes Ié ioignircnt. Lâarmee contraire, dont
raifJ Mx cftoit general Héri Duc.dâAnjou freredu llt;^,ieune Prin-, ir IfrJ aagé dâenuiron feize ans acomplir, alTiftd d'vn tref-/«ar/ rx- ora J nombre de Seigneurs, gentilsliommes Capitaines, f loirs vtf Cg âjjf incontinent a la queue du Prince,ccrchant lâoccalïó ^utsa la fia nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bataille. Les troupes de Guyenne St Poiftou,
e an/iee. religion,compofees de 18.Cornettes de Cauallerie Sc de trois regimens d'infanterie fous ty. enfeignes, prin-drent en chemin le Dorât en Limofin St Lùfignan, puis ti-' rerent dâOrléans trois pieces dâartillerie dont ils b.itt(rent amp;nbsp;forcèrent Pont fur Yone, prins dâaflaut, St feioignirent -â ^Jors a lâarmcedu Prince ; tandis que le Duc dâAumale sâa-â¢â¢ ^clieminoit en Lorraine potirrectieillir les forces de lean r., GqillaumeD.ic de Saxe, du Marquis de Bade, St autres chefs,qui amenoyent vnc armee de K.eiilresau l'ecours des Caxlioîiques Rom.iins : 8i que le ieune Lanfacmarchoit versiâcXlemagne pour diuertir le fecotirsque le Duc le.a Ca ^imicamenoit a ceux.de la Religio.Dâautrepart leDucdâAl ne eniioya douze cens cheuaux amp;nbsp;deux mille pifto5sfous charge du Côte dâ â\remberg,Iefquels fe ioignirentincô-tinent a lâ.armeedu Duc dâAnjou. Nonobllât,!e Prince sâa-uançe vers la Lorraine,contraint ceux de Bray .?c de Nogét fur Seine à lui donner pail'.ige , 5c sâempare dâEfpcrn.iy lur Marne,où il fejourne (jiwlque peu pour ram.iflcr toutes fes troupes en vu gros. L.a fut attrapé le ieune L3nlâc,comnie il efloit çfi chpmin pour la Icconde fois en Alemagne: r,â.ais,amené prifonnicr au Piineç,toute fa negotiatiomâen alla en fuinee. Au mois de Décembre quelques propos ayanseÃèauancezpour lapaix, il y eut deux ftifpeiifions rfaiiniéîj faites pour deux ou trois iours ehiftune : afin de mieux conférer (d'foit on) despoindls mis en aiiatit. Lâv-njî fut pres Je .Montei eau,amp;lâautre pres Je Chaalonsinius U dunnere cuida eflrc trcfdommageablc, dautaiit que le l^rince.fe fiances promelfes defes ennemis lurez sâ.irrelll â pendant que leur ar-mepj.'aprochrdt.frt fans vneentreprile que fit le Comté de 13rquot;(rac,ieiirie Seigneur de naturel violcut,8t grand raiguon du.Duc dâAnjoujiur quelques compagnies dâargoulecsdcs Capitaines Bois, Bluflét St Clery , qui furent lors mis en route.
CHAHltSNEVFIESMIi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;148
routCjlc Prince gut penfoic auoir encore deux fours de terme,ne bougeant de ce logis , eftoit inuefti amp;nbsp;en manifeftc danger.Mais la témérité de BrilTac Ic fauna, 8i (comme on dit) malheur fut bon à quelque chofe. Le Prince voyant le tort que fes ennemis auoyent fait â leur réputation , pcn-fantlâendommager,côcludquâil nefalutplus fe fiera leurs parole.v.cnquoy toutesfoisil ne perfeucra pas long temps. Surfaconclufionen trois iours il fit faire à fon armee plus de vingt grandâs lieues par pluyes amp;nbsp;fimauuais pafl'ages, quecâeft merueillqs commerartillcric Si le bagage peurent fuyure:fans que rien toutesfois le perdift de lâvo ni de lâaune.tant lâordre fut bon amp;nbsp;la diligéee grandeiLe Duc dâAnjou nele fuiuit point,aucuns de fon confcil fe glorifians à luifaifant acroirc que fon nom auoit chafl'c les Huguenots hors de Ftanccilés guerriers au contraire accufansla pufilâ linimité de ceux qui auoyent laiiTé ainli efehapper le Prince amp;nbsp;les fiens, fan s ofer les combatte ni foibles ni à demi forts. Le Prince arriué en Lorraine y attendit les Reiftres I'cfpaccde quelques iours,non Ãns difputes amp;nbsp;pcrplexitez de plufieurs.
M. b. L X V 1 I 1.
Environ levingtiefmeiourdeDecébredelâanprece- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
lct,Ie (leur deTeligny auoit rapporté de laCour certain '*
eicrit,pat lequel ie roy aecordoit au Prince faufcoduit pour venir irriter de la paix.En lâuier ce traité fut remis fus, 8c la Roine vint à Chaalôs auec les Cardinaux de Boutbô.Loc raine amp;Gui(é,où celui de Chaftillô fe trouua pour le Prin-cc.LaRoine voulât auoir lâauâtagedui cômandadâaprocher de Paris,ce quâayant fait,en lâatremblee au bois de Vincennes,elle feignit dâentrec defirer la paix,amp; en demanda lâauis au Cardinal de Chailillô, qui Payât propofé fidelemcr,def-couuertlâiniquitédeceux qui vouloyét forcerles côfciéces Cxrdinat Je de ceux de laReligiô,troubler amp;nbsp;rcnuerlèi lâElfat par lesar ChaÃHitn. mes ciuiles,entretenir les Frâçüis en de^fidee amp;nbsp;dimfiômiô-ftraque pout temeitre la Frâce en paix,le Roy deuoitrecc uoirenfa grace tous fes fuiets,leur départir les faucurs les Eftacs du toyaumesnon point pour lâaftreindre a vne di ilubutiô par reng 8c par mébrc,mais ainfi que l'oceafiô sâeff friroit,8c leur donner commode liberté de leur religion. La Rome sâeftant retiree à Pans enuoy a le mefme lout au foié
M.D.txvnt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles neveiesme.
T^fl/infe dt Moruilliers 1ârn des premiers de fon confeil dire au CarJi' luT^int, nal que les expedicns quâilaiioit propufez nâeftoyentrcce* uables : que Ie Prince äi les liens deuoycnt auant rouie* chofes coticreinander leurs Kcdlres,poter les armes,Si venir rendr. raifoii au Roy de l'entreprilcde Meaux. Le Cardinal ne fut pas bègue , ains monftra bien amplement que le Prince Se ceux de la Religion n'eftoyent finon fur leur defenlîue,que biffantfairealeursennemis, câeftoitren-uerfer le royaume: quâils ne pouuoyent renuoyer vn lè-cours nécelfaireoppoféa toutes fortesdâellrangetsappcl-lez par les Catholiques Romains, sâils ne vouloyent par mefiiie moyen quitter leurs vies ou le royaume : quâils e-Jloyetit prelts de pofer les armes, en remettant les afaires premier cllat,amp; quand Ion auroit renuoyé en Flin-dre,Suilfcamp; Italie les forces quâon auoit fait venir pour les faccagtr. Quant au fait de Meaux, il protella au nom du Prince 8c de tou^ ceux de fa compagnie, quâils^iinieroyent rtiicux motirir de cent mille morts,quc dâaiioir penfé a aucune liniftteentrcprifc contre leur Roy,rii contre ceux qui luiaparricncnr, 8c quâen ce voyage ils nâauoycnt autre in-teniion que de fupplier tresliumblement le Roy de vouloir reuoquer le cruel ingement que leurs ennemis auoyent fait Bc vouloyent executei contre eux Si contre toua ceux de la Religion ; pour le regard defquels leut s ennemis feulement ils auoyent porté 3rmes,fans aucune niam ailc volonté contre laperfonne de leur fouuerain , te quâils of-froyent faire paroiftre par les armes contre tous ceux qui voudroyent prétendre lecontrairc.Pour conclulîonil fup-plia le Roy de vouloir remettre le Prince 6; ceux de la Religion en fes bonnes graces, les tenir pour les tresbunt, trcfobeiffans.trcsfidelcs fuietsSc feruiteurs:Icurottroyant pure 8c fîmple liberté de leurs confciences.auec plein exercice de leur religioo,auec feurcté de leurs vies,honncurs St biens; eftansrefolus,auant quetomberes miinsde leurs ennemis,qui le font au fia du Roy 8i du royaume, dâatten-drece qaâil plairoit a Dieu 8c au Roy leur enuoyer.
hielte negotiation,qui nâelloit quâvu lacet pour arrffter Lapitrre jg Prince 8c lui courir fus auec plus dâauantage, sâi fiant ef-â»»ouie en lâair, dâvn cofté les armes fc remiioycnt a bon quot;enärwquot; efcient en Poitou 6: es enuirons de la Rochelle, laquelle dfllors fut le refuge de plulicurs familles de la Religion,S a heu-
C
Charlks nevïibsmè 140 aheureufenienc continué depuis,ayant efté la Barriere qui aarrcfté tout court les delfeins desCatholiqucs RomainSj amp;nbsp;lâinlliumcntdâont Dieu s'eftferui pour rompre infinis complots des ennemis de feftac amp;nbsp;couronne de France. De lâautre collé, le Duc dâAnjou cerchoit, mais trop tard, lâoccalîon quâil auoit lailfé cfchapper de co ni bâtie le Prince amp;nbsp;lâAmiral auant quâils fe pciifient ioindre à lâarrace Alemande.vers laquelle ils sâacheminoyent en Lorraine,8c en eurent nouuelles feut ement pres du Pont à MoulFon, dâoù le Duc lean Cafiniir chef dâicelle efcriuit au Roy le priant sâalleurer quâil nâeftoic délibéré dâentrer en France pour aucun lien profit ni autre refpeftparticulienains feu-lenient pour aider ceux qui affligez pour mcfmereligion quelalienclâauoyentpriédcvenirau fccoiirs-, protelfant que sâil plaifoit au Roy les alTcurer de liberté des confeien-ces amp;nbsp;dâexercice general de leur Religion, lui amp;nbsp;fes troupes fe retireroyent incontinent. 11 y eut lors trefgrande difficultéâ donner quelque contentement aux Reiïlres qui sâattendoycntde toucher pour le moins cent milefeus. Là fit on de necefliré vertu : Sc apres que le Prince 8c lâAmiral eurent defployé leur eloquence enuers grands 8c peti', ils monllrerent ace befoin tresbon exemple à chafeun , don-nans leur propre vaiflelle dâargent. Les miniftreset predi-cations efmeurent beaucoup dâhommes, 8c les Capitaines â y préparèrent auflî leurs gens.ll y eut vne trefgrande proni ptitudcenplulieurs Seigneurs 8t gentilshommes à mettre i». la main aux bout fes ; les autres moitié par amour, moitié par ctaintesâen acquittèrent beaucoup mieux quâon ne cui-doit.CcIfe liberale contribution fut fi generale,que iufques aux gouiats chafeun bailla.de forte quâen fin Ion reputoit à deshonneur dâauoir peu contribue,8c y en eut qi'i offrirent plus quâon ne leur demandoit. fiotnme, tout ramafie.tant en ce qui elloit monnoyé, quâen vaiffelle dâargent 81 chaînes dâor,Ion trouua plus de quatre viogts mille fiancs,dont les Reillies furent apaifez, 6c ioints a lâarmee do Prince,la voix vniuerfelle fut quâil faloit porter la guerre auprès de Paris, moyen aparét pour auoir h paixrSc les chefs lauoyet que pour (ùbliffer, il faloit de lâartillerie, des pouldres, de lâargent 8t autres comrooditez quife tirent des marchans^ amp;nbsp;artifans : Sc que sâils ne sâaprochoyent d'Orléans Qeur mere uoutnffe) ils feroyent priuci de tels auantages, §urp* â
M.D.tIVin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChARLKS NEVflïSMl.
cela donc ils prenent chemin, paflciit Marne pres de 1^ fourcc non gueres loin de Langrcs amp;nbsp;marchans par le æiquot; lieu de la Bourgôgnej fur le paifage de la Seine furent attaquez en queue par quelques Italiens amp;nbsp;François que Schu berg auec vn regimen de Reiftresgt François de la Religion chargea amp;nbsp;mit en route,la plufpart des allaillaos elle dus morts fur la place. Apres cela le Prince tira vers tre-uant amp;nbsp;iranci villetce priiife dâallaut : puis crauerfa Yonej Loüig, la Cure riuiercs, amp;nbsp;fe mit au large,niaugré diuers empefehemens queratmeeaduerfaire lui donnoit, tant pour lâempefeher de tirer argent des villettes amp;nbsp;bourgades, que pour efpier lâoccafion de desfaite vue partie de foQ armee. Alors la France regorgeoit de toutes fortes de vi-Ctnmtnt tl gg neantmoins faloit-il que le Prince Sc lâAmital eiif-pourHor« toufiours l'efprit amp;nbsp;lâÅil ouuert afin de pouruuir à re def9n ar- nournrute de leur armeç, compofee de vingt mil nom-nue. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mes,pointpayec,fansfaueuramp; retraite CS villes,bien peti
tement cquipec,amp; marchant au milieu dâvue infinité dâir-reconciliables ennemis. Leur couftume eftoitdelogerla caualleric efeartee dans les bons villages: amp;nbsp;de faire que les Conimiflaires des viures outre leurs chariots tinlTent encore en chafeune cornette vn boulanger amp;nbsp;deux cheuaux decharge,qui nâcfcoÿent pluftoll arriuez au quartier,quâils fe inettoy ent à . faire du pain,puis lâenuoyoycnt au corps de lâinfantei ic.Ces petites commoditez qui fortoyent de qua-tante cornettes, eftans ramalTces, ce foulagcment nâeftoit pas petit.-Sc delà aulTi bien (buucnt sâenuoyoyent chairs S vins, eftanslcs gentilshommes fi afFtftionncz qu'ils nâef-pargnoyent au feiour leurs charrois pout aider a conduire les munitions. Quant aux villettes ptifes,on les referuoit pour les raunitiouuâirC'jSc inenaçoit on les autres où il n'y auoit point de garnifon debrufler vne lieuè a la ronde, ü elles nâenuoyoyent quelques munitions. Demanicreque lâinfanterie qui logcoit feiree, efioit aeômodee ordinairement , outre les butins amp;nbsp;auitagesqueles plus hazatdeux fçauoycnt bien recouui er aux defpens des Catholiques R.o mains qui sâapproclioyét vn peu trop près.Le Prince elbit contraint dâefpandrc fon aimee en diuers lieux,pour deux raifons principales. Lâvne pour la commodité des viures, M Ititeit, »Sn quâelle fuft à couuert pour la garâcir des pluyes, neges,gelees 6c autres incommoditez qui lâcuflent rum« logeant
Charle» nêvfiesmï.
no
logeant en capagne.Lâinfanteriecftoit logee en depx corpse afçauoir en celui de la bataille amp;nbsp;de l'auantgatde: amp;nbsp;les gens de clieual aux villages plus prochains. Si quelque a-larnic furuenoit la Cauallcrie fe tendait près du Prince Ss delâAmiral; 8t fi Ion attaquoit vn logis efearté incontinent il eftoit fecoutu. Parmi les cornettes y auoit bon nombre dâharqnebuziers à clieual : ô; quand les troupes sâeftoyent rendues en leurs quartiers, on fortifioit tresbicn les aue-gt; nues, 8c sâaccominodoit on fouueni dedans les temples Sc clialteaux,afin depouuoir tenir deux heures, attendant le fecours.Lc fieur de la Noue, les mots duquel nous fuyuons en ce dilcours de la difeipline de lâarmee du Prince, dit a-Uoir quelquesfûis veu ou le Prince on lâAmiral marcher a-uec cinq ou fix mil hommes,8c rcchafler le parti contraire quiauoitalTailli vnlogis. Pn cescourfestoufioursy auoit perte de collé 8c dâautre. Pour obuier à quelque fignalee furprinfe, le Prince auoit compofé la telle de les troupes vers les ennemis, de cinq ou fix cens bonscheuaux 8i dâau tant dâharquebuziers à cheual,auec peu de bagage,finô ehe Uaux de chai gc,afin de tenir les ennemis en ccruellc,les gar der dâentreprendre,8c auoir moyen dâauertir toute lâarmee, qui le maintint ainfi fous la prudéte conduite de fes chefs,
Tâdis que ce gros luarchoit en la BeaulTe, faifât telle à la Ttinim puiifâte armee du Duc dâAnjou,quiauoit de fon collé prefquot;gt; ques tous les auâtager,fors en refolutiô de cobatrcjcslieurs dâAcier, Sipierre, 8c autres de la Noblelîe en f,5gucdoc,Pro â â uéce,Dauphiné font amas en diucrsendroi ts,fefa:bflcnt de NifniesScMôtpellier.Les Gafeons fc remuée à bon efeient aufli fous lacüduite de leurs Vicôtes,forcent quelques places fur IcsCatholiques Romains 5c fc ioignent au fient dâA cier, pour le parti de la religiô, en faueur duquel Pôcenat amp;nbsp;Verbelay all'emblent quelques troupes en Bourbonnois amp;nbsp;Auuergne.où ils (ont rôpus par les forces de Guyéne qui sâa chemiuoyct versie Duc dâAnjon.Le Duc deNeuers amena ^rneitlu au 111 dâItalie quatre cópagniesdâhómes dâarmes,deux de ca Dut dt Ni. uallerie legere,fix enfeignes de fà talfins Italics, deux Colo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I*
ncIlesPrançoifeSjSc cinq compagnies des vieilles bâdes de Piedinôt.Arriué aLyô,8c renforcé de nouueiles bandes,en-fembledefix milleSuilfes nouueau-leuez, il fit vnearince de i4.mil hômes,i(riegea,baîtic,8c rcceut par popofition la ville de MafeotSe vouLït quelques femaincs apres auec céc cheuaux aller voir laDuchelfc fa femme eut côbac auec 80,
Ãh A tu S »£»ni8 MI*
M.D.LÃ VIII.
clicuaux amp;nbsp;quelques piétons fortisdâAntrani fous h char^ ge des Capitaines Ãeauuaisamp; Bourgoin.il y eut vue pens des deux coûezjamp; le Duc nielmc y recent telle harquebu' zaJeau genouil gt;nbsp;quâil en eft demeuré boiteux tout le reft« de fes iours.En Guyenne,les fleurs de MonlucjPonSjlâEuef-' que deTulles Si. plufieurs autres fuiuis de quatre mille pie-tons amp;nbsp;de fepe cens chenaux, entreprenent fur les iflesde f oarij mef- Saintonge,furprenent 8c. tuent de trois .à quatre cens hom-mes,prenenc Si. pillent l'ifle de Ré,puis fe refoluent dâaflie-ger la Rochelle j mais leur deileiupourauoirtiréen longueur ne fortit aucun efFeft. Cependant les troupes de Gafeongne, Prouence, Dauphiné amp;nbsp;Languedoc pour le Princesâauançoyent j au nombre de fept à huit iml homines fous la conduite des Vicontcs.Moueans,Rapinamp; autres, Si a Ganap en Auuergne desfirent amp;nbsp;mirent en route toute la cauallerie du pays raflemblee par Sainû Heiâ gou en uerneur acompagné de S.ChautrtontjGordes,Vtfé, lâEilcf-täuuer^ne. que du Pui, Hâutefueille, Brefieux 8c autres dont les plus eicliaufez furent renuerfez morts fur le champ, Sc les autres fe fauuerenr à bien Courir; mais en leur retraite ils fu
rent acueillis d'v n nouu^u malheurtcar ayans donné charge Sc aduertiflement expres aux villes 8c places fortes dâalentour de ne rCccuoir aucun fuyard quelque liuree ou il pnrraft,furla vaine efperance quâils auoyent dâemporter la viÃoircjIes payfansen firent carnage, tellement que les troupes menées par les Vicontes amp;nbsp;autres arriuerentfeu-lenicntà Orleans,8c contraignirent Martinenghe, le moine Richelieu 8c autres chefs pirtifaiis du Duc dâAnjou qui couroyent parauant iufques aux portes dâicelle ville de cer-cher logis plus loin 8c fe tenir à couuert. Non contensde lesauoir chaflezjils lcspourfuiuirent,prindrentBaugenci abandonné par Martinenghe, puis cirèrent à Blois, oùRi-chelieusâeftoit retiré aucc huit cens hommes, lefquelsfirent quelque tefiftance du commencement: mais voyans brefchefaite,le nez leur faigna, 8c ferendirent par cotnpo-lition de vies armes 8c bagues faiiues. Toutesfois iesGa-feons ne fe peurent contenir de jouer des mams,tellement que les foldats de Richelieu furent prefque tous defuali-fez, quelque deuoir que lift la cauallerie pour cinpefeher celle infolencc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;,
Charnu * JLc Pnnceâentendant lâarijuce de CCS ttoupes Gafconnes
CnARlts MBTtlîSM!. IJt
amp; Diuphinoi(es,leur manJa quâelles fe tinflent piefles, amp;nbsp;à ceux dâOrleans quâon prtparaft pouldres, bales , Sc trois ou quatre pieces de bacterie: puisilcnuoyadeplus de vingt lieues loin trois mille cbeuaux pour inueftir Chartres,ville de grande importance amp;nbsp;lâvndcs magazins able' de Paris .qui prinfc feruoitau Princepour conieruer en quelque forte les places quâil auoit derriere foy. Le Sicurde Ligmeres y commandoit à vingtdeux compa-gnies qui fuient renforcées dâvn regiment dâinfanterie,lo- J géà quatre lieues de la,lequel fe coula dedans,premier que lacaualerie du Prince euil execute fon deifein. Les approches en ce fiege furent diuerfes, à caufeque le Prince n'a-Uoit que cinq pieces de batterie amp;nbsp;quatre legeres coiileuri-nes ,qui ne faifoycnt pas grand effort, notanimcnc contre tant degens de defenic amp;nbsp;de trauail,quila tftoyent. Auffr en deux iours amp;nbsp;deux nuids ilsbartirencdestrauerfesfic rttranchemens tels quâon oâofa les enfoncer : ains fut con-clud quâon dreffcroit vne nouuelle batterie vers endroit remarqué affez foible. Lâarmee du Duc dâAnjou eftoit au nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;
delà de Seine ,amp; ne vouloit rien bazarder ni aprotbtr en «.-iâ-corps de celle du prince,elfayanttoutesfois de fccourir les nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
affiegezqui à lalongue sâcnalloyentperdus. Pourlesre- 'Dujain fraifc.hir rlonc fut enuoyc le fieut de laV alei tc,c3pitaine rc- jticiKriuù nommé auecdixhuit cornettes de cauallerie, aucc charge de fiirprendre quelques logis des afliegeans, endommager leurs{ourrageurs,couperlesviures,amp;harairerli'stroupes î- â ' ' du Prince par continuels alarmes. Exécutant fa commif- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
Cou, il sâapproche à quatre lieues près du camp, logeant affez ferre, dâoù il commence à faire courfes. LâAmiral en eftant auerti print la chai ge dây pouruoir : amp;commeila-uoitacouftumé de marcheren gros,de peur fdifoit-il) de faillir le gibier, il choifît trois mille cinq cens cbeuaux , ?c partit de fl bonne heure quâà foleil Icué il fc trou nadans le milieu des quartiers de ces fcize cornettes de cauallene, qui furent chargez de telle vifteffe Stroideur par le fieut de Mouy, lequel marchoit en teftedes troupes de lâA mirai, que plufieursrenuerfez parterre, amp;nbsp;quatre cornette« prifes,'e refte fut mis à val de route. La Valette logé en la VilledeHoudan rallia quatre ou cinq cens cheuaux, fit aflez belle retraite: mais depuis lui ni fes reftes nâaproche-tçntplusfipresjcraignans vue nouuelle recharge, La Roi-
M.D.fxyin« Charles neveiesme.
NeuutUe ne preuoyat de quelle importaceeftoiclaprinfcdeCliar' Ktfttjatin tres,remit fus la negotiatió de paix,tlifant (comme câeÃoit lilfMX. / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lagage)quâau bcfoin auec trois fuei 11 es de papiei elle fc
' roicplus que fes guerriers auec leurs armer. Le prince en-uoya própceincnc Ie Cardinal de Chaftillon auec quelque® sentilsliómes pour s'affembler auec les deputezde la roinc , nbsp;nbsp;nbsp;, quot;nbsp;a Lonjumeau pres de paris, où eri peu de iours futbafti vn
i.edit de pacificació,döt Ie premier article portoit que ceux »Hi' /' Religiö iouiroyent du premier it purement amp;nbsp;fi«-â⢠* plcmér,amp; quâil feroit execute en tous fes points Scarticles, felon la forme Sc teneur,leuant Sc oftant toutes reftridiós,
niodificatiôs, dcclaratiôs 8c interpretations faites depuis le iour 8c datte dâicelui,iufques à la publicatiôde cefte i.de-claratiôfaitelea^.iourde Mars i$6S.ll yauoitplufieursau-tres articles en cell edlt,^eins de béllcs paroles 8c promef-
C/f««rjfar fes. Or comme vne bonne paix eftoit fort defirce, eftant trefnecelfaire,cependantil y eut peu dâhommes qui sâarre-ftalfent à bien confiderer quelle pouuoit eftre cefte ciimais comme fi lenomcuft elle melmechofe quclâeffed,lj plu-fpart de ceux de la religion demeuroyent là plantez, quâil faloitreceuoir celle paix , fans confiderer lemaltalentau-quel on nourrilfoitleRoy contre eux , les artifices de lâef-prit vindicatif de la Roine mere,les efperaces amp;nbsp;triomphes
fiation,
*â¢/ *»
*5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que Ion propofoit au D£c dâAnjou ennemi capital du prin
l'iâr '* ce.les dclfeins 8c complots delà maifondeGnifccontrela
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iiiaifun dcCliartilloii, les fureurs du clergé Sc du peuple François contre ceux delallt;cligion,qui fans pefer fes cho-fes 4 infinies autres telles cmdoycnt que leurs ennemis
Ji t I C-t ! Ixs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;!lt;«*lt; Cwr r]ix nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Or J it n#gt;nn1^
iurez,qui nefaifoyentquecômcncer laguerre,pofeioyent les armes auec eux. Cefte inclination mal digérée força le Prince Sc l'Amiral de condefeendre à receuoir du papier , voyans vne lî grande difpofiiion (fur tout en la No-blefTe) de lâaccepter. Ce fut vn tourbillon qui les emporta, fans qu'ils y peulTentrefifter, 'Vray eftquelc Prince,ami de repos, y auoitaulfi quelque inclination : mais lâAmiral voyoit deioinlâinfraélion dâtcclle,8c que cell edit clloit vn piege pour attraper grands 8c petis.Mefmes deflors quelques langards Catholiques Ronvains nepeutent fe contenir dé^dire tout haut que le iour de leurreuenclieapro-choit.Vn des gentilshommes acoinpagnansie Cardinal de Chaftillou mandaauoir oui pluficuts fois tels langages 5c apctceu
Charus nErni s h r. ijgt;
jpcrceu vnc grande indignation cachée es cÅurs dâaucuns des deputei delà Roine, amp;nbsp;quâon y prinft garde: pour-fequec'eftoic vnprefage de finiftre euenetntnt. Dauan-tageil yen eut de la Cour mel'rne, tant hommes que femmes, qui quelquesfois recueillent des mots lafchez au cabinet, lefquels mandèrent à leurs parens amp;nbsp;amis au camp du prince, quâindubitablement ils feioyent trompez, sâils pebefongnoyent leurement. Câcftoitprefques allez pour rcfueiller ceux qui ne deinandoyent quâa sâendormir fur ce mol 01 ciller de paix.Mais quelque auis que Ion eull,il ne fut polTibledâartcllerce torrent de voloniez roulantes en vn precipice de malheurs voilez du nô de pacifîcatiô royale.Si quelquâvn sâefmerueille dequoy ces deux chefs,qui auoyéc tant de credit fur leurs partifans ne feeurent alors leur per-fuider de ce qui eftoit vtileiquâll confidere quelles gens ce font que les volontaires, amp;nbsp;la vehemence du défit de voir fa maifon : lors il verra quâil eft hors du pouuoir humain dâarrefter ceux quâvn fi impétueux tourbillon de paflîons humaines emporte. Auant que le liege full leué de deuanc p,,»« Chartres,il sâen eftoit allé des Cornettes entières, amp;nbsp;plu- iÃantramt lieurs particuliers,fans licence des fuperieurs,auoyét prins d'acofur la route de Saintôge ScPoiftou. Celle humeur fe glifla par- U* mi lâinfanterie,fur tout en celle des pays edongnez.Et plu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;akv
licursdifoyent,puis que le Roy qffroit lâedit de pacification derniere, quâon nepouuoit le refufeç. Aucuns de la No-blelfe, quâlis vouloyent faire retraite en leurs prouinces, pour la conferuation de leurs familles faccagees par les ennemis. Les gens de pied feplaignoyentaufli^uâon ne les payoit point, amp;nbsp;qu'ordinairement ils auoyent diiette de viures. Amfi donc les chefs delà Religion ne peurent adherer aux aucrtilTcmens quâils eurent, ni refufer la paix: pourcequâils fuffent demeurez trop foibles. Leurtaifon fut, Que le gros de leurs forces Françoifes les abandonnant, ils feroyent contrains de fe mettre fur la defenfi-Ue: mais que cela les desfauoriferoit grandement, veu que Ion eftoit au mois de Mars, faifon en laquelle les armées ont açoullumé de remettre en campagne. Quefe-parerles Reiftrespour les diftribuerdans les villes ,câe-ftoit fe deuorer foymefme : les placer en camp foi tifié,câe-ftoit vn reqiede pour peu de temps. Somme ils refolurent quâil faloit efprouuer le hazard de celle paix fourtee^â
u.D.txvur.
CHAUttS NtvmSMI.
amp; trefperillcufe, qui contraindroit ceux qui les abandon» noyent de reconoiftre fur letard la faute qui fe commettait. Alors on euft bien defiré dâauoir des villes dâaflee-rance : mais quand on demandoit dâautres feiiretcz queks EditSjlcspromelfesamp;fermens, laRoine,fes fils amp;nbsp;leurs
confeilliers ictioyent le feu par la bouche, crians que ceux de la Religion continuoyent à vilipender amp;nbsp;mefptifer lâauthorité royale. Brief vnc mauuaife honte fit rcceuoir vne paix en papicr,eouuerture dâvne guerre fanglantc, qui £/ ui s'en- gtietes à Venir en auant.La paix ayant efté publiée - â â ,, au camp du Prince,le Duclean Caümir rebroulfa chemin
pintit de fiep4tx.
promptement en Alemagneauec toutes fcsforces-.le Ptin-cejl'Amiral amp;nbsp;tous les Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes de leur parti,cnfembic leurs gens de pied amp;nbsp;de cheual Ce retirèrent par petites troupes chafeun chez foy, pofans tous les armes,laiflans les placts quâils auoyent tenues lâcfpace de fix mois, les moins auifezayans opinion que leurs ennemis feroyent le femblable. Ils fe contentèrent feulement dele promettre, alleguans apres leurs prefeheurs quâil ne falou point tenir de foy aux hérétiques; car ainfî qualifioyent ils ceux de la Religion. Incôtinent dôc quâils eurent Orleans amp;nbsp;autres villes en leur puiflancejce fut à donner ordre que ceux de la Religion nây milfent iaraais le pied pour y commander.Les armes ne leur bougèrent des mainstains commencèrent à garder les villes,faire guets, pofer corps de
garde ?i fenttnelles comme en temps de guerre ouuerre, commettre capitaines 8c foldats aux auenues des ponts 8t paflages des riuicrcsjnelaiflans paffer homme de pied ni de cheual, fans lâexaminer Sccheualerfoigneufemcnt: facca-geanc amp;nbsp;efgorgeant par les champs amp;nbsp;dans les villes en lâe-four Z« fro» (pace de fix femaines plus dâhommes quâils nâen auoyent fe^^mtguer- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ãjj mois de la guerre. Four le faire
« mue. J auant la fin du mois de May ceux de la Religion fe trouuerent enclos pour la plufpart ou dedans les villes,ou entre les riuieres, nâattendant de iour à autre finon dâeftre efgorgc/.. Aucuns raefmes de ceux qui auoyentinlifte pour la paix furent contrains reconoiftre,maisvn peu bien tard quâil leur conuiendroit boire la folie quâils auoyent
faite.Le Prince sâeftoit retiré en fon chafteau à Noyers petite ville fl ible amp;nbsp;defgarnie de gens. Auerti de touresparts que Ion ferioit deiour eaiout les paflages dcsriuieres,que pie 1-
Charles, n e v r i e s m e.
prefques toute la caualleriedu Duc dâAnjou faifoitalte es cnuirons de Paris, auec cinq ou lix mil hommes de pied fous pi etexte de nouuelles gardes pour les pcrfoiines d^ Roy, de fa mere, de fesfrercs amp;nbsp;delà ville capitale, que le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;».
iieur deT.iuanes cftoit defpcfchéaiiec grandes forces,pour lâinueftir dedans Noyers, conut bien que ces afaircs aj-loyentmal, amp;nbsp;quâil nây auoit remede que de fe fauucreu lieu plus alfcuré. LâAmiral nâayant ofé sâenfermer en ft maifon de Cluldillon fur Loing, qui nâeft quâa trois iour- , neesdeParis, sâefiôitrendu plusloinà TaBla^petitclfa-fteau apartenant au Geur dâAndelot lâon frcre,dâoù il alla fe rendre pres du Prince afin dâauifer à ce qui eftoit expedient en telle neceflîté. En chemin lui furuint vn accident me-
niorable. 11 y a fur le chemin d'Auxerre,près dâvnc hour- ddtnr. gadenomnieeMoulin,vneftaog,duquel lâAmiral sâappro-c!ianr,ccrtain vieillard fon ancien amp;nbsp;fidele feruiteur, nom» nié Grippier, homme qui auoit fait de grands amp;nbsp;longs voyages fur mer, defcoutirant vne nuee obfcurc, pouflee des vent',St qui tendoit vers ceft eflang,exhorta fon mai-flte de doubler le pas amp;nbsp;gaigner en diligence le village prochain , autrement lâorage imminent accablcroitlui amp;nbsp;fa troupe. Celadit,amp; penfant quâon deuft le croire amp;fuy-lt; ure, lefauuedevifielTc là peinelâeull-onperdudeveue, quclâAmiralacheuant de pafTer lach.iufTee deîellang fut acueillidâvn orage amp;nbsp;tourbillon de vent fi impétueux, que pluGeurscaualiers en furent abattis , amp;nbsp;maints chenaux verfez par terre: furuint vne grefle extraordinairement grolfcjqui en blelfa pluheurs. Le vent emporta le chapeau delâAiniral 8: ne futiamaispolTible de le retronuer, ains falut quâvn de fes gentilshommes lui prefta le fien : outre-plus il fut atteint Si blefl'c (mais Icgerement) à la cheuille du pied dâvn poids de grefle.Lui amp;nbsp;les Gens ont confeffé depuis que h la tempellc les euft enuelopez au milieu de la chaulUe ,câcftoit le dernier iour de leurs vies. Lâorage a-coife'jlâAmirai encouragea fes gcnsremcrciant aftefttieu-fetnent Dieu de ccftcdeliurance. Si adioulla ces mots : En dedans peu de iours nous ferons acueillis par beaucoup de grands dangers,iriaisi'eipere quc Dieu nous garantira. E-Ifantarriué à Noyers, combien que le Prince amp;nbsp;luivifient Primi pour bien que leur feiour en ce lieu aiguifoit la mauiiaife volon- rv!p,fii,ir té de leurs ennemis, neantnioins pour ne rienoubliei de
V.
M.D.Lxvin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles hjvf is sm i.
delenrdeuoir.ilscnuoyerentdiuers paquets auRoy,pâr Jcfquels jtsremonitroyenteftre acertenez que Ion eÃoit â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â apres pour fe faiGr de leurs perfonnes: fupplioyét humble-
â * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ment fa Maicfté dâauoirpitié de la France (accagccamp;defo'
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â »â¢Â» ' lee par les deux guerres ciuilcs,fans vouloir eftemdre par U
a nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ruine du royaume le feu que ceux de Guife y entretenoyét)
ains quâil lui plcuft pouruoir fagementau defordre amp;nbsp;danger prochain. De mefme main lâAmiral efcriuit à madame Lettréiât Marguerite de France Ducheffe de Sauoye, laquelle ilfa-f^mirat à uoit eftrc aimce de la Roine mere, amp;nbsp;la fupplioit ttefinftâ-l» Duchtj/e naent de sâoppofer a la defolation de la France.Les refpon-lt;/« Sautjn. puj jg Coureftoyent palliées dâexeufes , proteftations
amp; promefTes; cependant Tauânes feruitcur de la maifonde Guife, amp;nbsp;peu apres fait marefchal de France, dounoit le rendez vous à (onarmee , pour venir enclorrc envnin-ftant le Prince amp;nbsp;lâAmiral dedans Noyers,où la refolutioa du confeil eltoit de les faire a(rieger,battre amp;nbsp;forcerprom-ptenient amp;auantquâils peulfent obtenir fecours dâendroit quelconque, les palTages eftans ferrez amp;clos de toutes
Ces infidèles efforts defcouuertsauPrinceamp;à lâA-mirai par plulîeurs qui elfoycnt de lâentfeprife, euxrelo-furhpmnlî lurent de îè defgager promptement de ce lieu qui nâeftoie nullement tenable. Si de fe fetter à grandes iourneesde-ft fau lient dans la Rochelle, qui nâauoit voulu ouurir fes portes aux troupes que le marefchal de Vieille ville y pretendoit loger,les habitans ayant eftéfeurementauertis, quâon vou- I loit les ruiner entieremenr,en haine de la Religion, quâils fouftenoyent courageufemét enfemblc leursanctés droits 8c priuileges qui les exemptent degarnifonsSc dâautres traits de puifTance abfolue dont les Rois sâaident pour trai- I ter les autres villes comme il leur plait.Lc Prince amp;nbsp;fa fui- i teauoyent à pafTer la riuierc de Loire, fort grolfe fur le j . commencement amp;nbsp;au long de lâeftc. Force eftoit au Prin-cc,qui deflogea enuiron lâentree de Iuin,dâcmmcncrquand cnuîedu 'faf^ f°y Ptincefîe fa femme, amp;nbsp;fix petisenfans, entre Icf-tagedeLn- quels y en auoit Vnaagé dâonze mois amp;nbsp;quelques iours.Ils rt- furent fuiuis lelendemain,par les enfans de lâAmiral amp;nbsp;du fieur dâAndelot,qui apres auoir trauerfé Loire fe ioignirent en Berri à la caualeriequi les conduifoir. Lors auintvne chofe remarquable. Le Prince faifoit fon conte de pafler fbudainenient en lieu efeartéauee deux ou trois petisba-fteauxpratiquez.ellant approché de la riuicrepi es de Sa-
Charlis nivfiesme. iç4 terre fes gens trouuerent vnguc, quâil pafla fuiui de cinquante clicuaux, La Princeffe/es femmes, enfans iü fuite paHereiit dans les bafteaux. A peine elloyenc ils en terre, quâen moins de rien,en vn iour cler amp;ferain,la riutere sâenfla de telle forte que lesSancetrois amp;nbsp;autres liabitans de celle contrée furent contrains rcconoilfie vnc particuliere fa lieurde Dieu enuerscefte petite troupe,qui elloit forclofe, file Prince curt différé deux heures plus ratd à paficr.Elfât vn peu au large, ildcfpefche home vers le fîeur dâflndelor, en Bretagne, l'exhortant de ramaffer tout ce quâil pourroic amp;nbsp;s'acheminer en Poiâou.La Roine,cetix de Gnife Sc leurs Conicillicrs entendans que le Prince amp;nbsp;lâAmiral efloyent efehappez,blé marris de nâauoirfait anâcet pluftoü Tauâ tics letir côinis cômcncent à defpefcherconimifliós amp;nbsp;rni-demés de toutes partsgt;amp;le rêdcz vous aux troupes en Poitou amp;nbsp;Gtiyénc, tâdis que le Duc dâAnjou general de lâar-Bietjdilbit fes adieux aux dames de la Court,amp; que lô dref-foit fonequippage pour le faire forcir en lt;nbsp;âpagne. Eié print au Prince amp;nbsp;a lâAmiral de nâeftre pas chaudement pourfui-uis,5i dâauoirdesaduerfaites qui pour les premieres femai-iies delà retraite fe côtentoyét de gaufier amp;nbsp;dite que lePrin ce auoit tort de sâesfaroucher ainfi, Si que ce nâeftoit a lui qu'on en vouloit.Maisfaiefpôfe fut a certains qui lui en firent rapport furies chemins,quâilaimoit mieux leur auoir laitîé les nids,que sâils euffent attrapé les oifcauxiSc que sâil fefufibienreiïouuenudela promefTe quâils auoycnt faite de prendre leur rcuanchede Meaux,St de faire courir ceux delà Religion,! leur tour, il futf parti de meilleure heure, afin de nâaller que le pas, La chokrc de lallt;oine,dc fes en-fans,de leurs adberans Si du peuple Catholique Romain fc defehargea pour le commencement de celle guerre fût plu. fleurs particuliers delà Religio qui a Orleans 8t aillcuis fu tent pillez,(accagez St inhumainemet mis a morr,Le Prince atriua dans la Rochelle le 19.iour de Septembre, ayât en chemin fait entendre à ceux qui commandoyét es villes 8c prouintes quâil nâentreprenoit de rié remuer, ains attédoit refpôfe aux requeflcs amp;nbsp;remôftrances par lui enuoyees au Roy. Les gttilshômc.s du haut Si bas Poiéfou sâafléblercnt toft apres pour fc redre auec lui. En ce teps le Cardinal de Chaftillon fut contraint quitter le Beauuaifm, (i chatidc-tuent pourfuiumeätmoinsjiufques,! la met, quetorcé de chaniUtn.
V. ij.
M.C.Lïvnr. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CHARIÃS NtTpMMI.
laiflerlaplufpart de fon train,il fc lettadan': vnc barque qui . le porta laufen Angleterre. La Roinc de Nauarre, menant nlt;(i( 2V4^°quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fl fille, feretirx
uarre aiiii Rochellc, pour euitcr les embufehes drelTees à elle Ælt;/ infmi. Sc à fes enfans. Defeats amp;,Monluc , qui commandoyent en Perigord , Limolin amp;nbsp;Guyenne,firent leurs efforts pour lâeinpefcher ; mais les troupes quilâacompagnoyent ay.int trois regimens dâinfanterie amp;nbsp;huit Cornettes de Cauilerie legere,lui affearerent le chemin,fur lequel elle fit entendre au Roy,à la Roine,au Duc dâAnjou amp;nbsp;au Cardinal de Bour bon le' motifs de fon voyage.
- nbsp;nbsp;S) loft que le Prince fut dedans la Rochelle,où fon beau
à Comte de IiRochefoucaud eftoitarriuéquelques lours auparauant, il afl'embla les Citadins, aufqnels ayant reprefentélc miferable Eftat du royaume, il les fommade le fecourir à mintcnir la Religion,le bien public,amp; la couronne de France; promettant de leur affilier particulièrement contre ceux qui vouloyent opprimer leurs vies amp;nbsp;li-bertez.Potir gage de fafoy il leur laifiafafemme Si fes en-fans. Le Maire offritau prince vie amp;nbsp;biens au nom de tous les citoyens,les afaires defqiiels il lui recommanda: comme aufli il fit le iS.iour de Septembre au Prince de Nauar-re, tant pour eftre lieutenant general du Roy en Guyenne, que pour lâopinion quâils aooycnt quâil heriteroit à fes pere-St ayeul.en labonne volonté quâils auoyent toulîours . . monftreeauxRochelloisidontillesalfeuraLelîeurdâAn-au fîtur delot sâeftoit rédu le 14.du mois de Septembre fur les con-fins du Maine amp;nbsp;de Bretagne, auecquatrecornettes, »ne vtuiantft compagnie dâargoulets, Si quatre enfcignes dâinfanterie, 1111,14« au pliideurs autres chefs sây trouuerenr,tellement que le gros Frince, trouua de millebonscheuaux amp;nbsp;de deux mil harquebii-xiers. Aucc telles troupes Andelot tourna vers Loire pour ytroiiuer vn paflage commode, afin de sâallerioindre.iu Prince. Le propre iour quâil arriua pres de Loire, Si deux heures apres que lés gens eurent prins logis en villages ef-cartez. le Duc de Martigues gouuerneur de Bretagne,qiii vouloir aller à Srumur vers le Duc de Montpenlïcr«fut.i-tierti que plufieurs troupes ennemies (fans nommer qui) çftoyentlogees furfon chemin. II nâauoit quetroiscens lances amp;nbsp;cinq cens braues harquebuziers, auec lefquel; il pafla courageufement i trauers toutes les compagnies dâAn-
Ch A R 1 E s til T ÃIISMÃ, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IJÃ
4âAndelot,qui pour cftre efcartces ne Je peurent rompre ni faire reculer, ains ayant fait huit lieués, amp;nbsp;donné tiiucrs combatsiil gaignaSaumur à nuift fermante,lut amp;nbsp;les gens, ayant fait perte de vingthommes,entreautresde fonlicU' tenant, amp;nbsp;en ayant tué quatre foi« autant amp;nbsp;emporté vnc enfeigne.Voila que lui feruit dâeftreen corps fcrré,dechc-mineren ordre, 8c dâauoir pris relolution digne dâvn auifé chef de guerre. Pour celle furprinfe Andeloi ne perdit efperance de paffer Loire, ains ayant fait refferrer les gens en deux oils,il fit taller la riuiere par tout. En fin fut trou-ue' vn gué,où de mémoire d'homme nul nâeftort palfé : lui amp;nbsp;les liens, ioyeux au poffible dâauoir rencontré ce quâils nâefperoycnt,paffereht Loire le lendemain. Auant quâauoir trouué le gué Je fieur de la Noue, lui demandoit fi le paffa-geertoit clos quelle refolution il conuenoit prendre? Que pouuons nous faire,reiponjit-il,finon prendre vn partiex- Ixtitn ta trcme.pour mourir comme foldats.ou nous lauuer comme foldats? lladioulla,Monauis cil de nousioindre tous, amp;nbsp;nous retirér à fept ou huit lieuès dâici versie pays large, puis faire donner des aduertilTemens aux DuesdeMont-penlicr amp;nbsp;de Martigues, que nous nous en allons comme fuyansiSt tous diflipez,chafcun tafehât a fe fauuei: ce quâils croiront fort ailëment. Cependant préparons 8r animons nos gens à vaincre â¢. amp;nbsp;sâils sâaprochent de nous (comme il nây adouteqnâils nây vienent incontinent, plus pour butiner que pour combatte) alors donnons valeureufement fur eux, car nous les romprons: amp;nbsp;apres nây aura troupe qui dâvn mois nous ofc afiontcr, amp;nbsp;nous fera aifé de gaigner lâAlemagne ou le haut dcsriuieres.Martigues acquit beaucoup dâhonneur en fon paffà ge, amp;nbsp;Andelot plus de profit au lien,ayant mis lui amp;nbsp;toutes fes troupes a feureté,puis ail Bout de huit iours fe loignit au Prince. Lors fut prins auis furcequielloit à faire , pour employer le temps amp;nbsp;les hoin[nes,tandis quâon drefloitv ne puiffante armee au Duc dâAnjou,8c que le Duc de Montper.iier ramalToiE en Anjou 8c pays voifins plulieurs troupes pour mener les mains à bonefcicnt.Le Prince ayant fait fort ir Je la Rochelle quel- premitrt ques canons, attaqua les villes de Poiélou 8c Saintonge qui explotu M âlorselloyent foibles 8c affez mal pourueues de garrtifons, Priaci, sâemparant de Niort. Fontenay, Sainft Maixaut, Saintes.S. lean dâAngeli,Ponts 8t Coignac.Depuis, Blaye ôc Asgou-
V. II).
M.D.txviii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles nevfiesme.
Icfine furent prinfesæftansles vnesgaignecsaifément, St Icsautres battues St forcées. Somme, en moins de deux mois, le Prince amp;nbsp;les liens de paum es vagabonds quâils c-ftoyent, fe troijuerentes mains des moyens fuflîfanspout la continuation dâvoc longue guerre, tn toutes fes places furent logees enuiron trente compagnies dâInfanterie, amp;nbsp;' feptouhuic cornettes de cauallerie ; qui fut vne grande delcliarge pour la campagne: amp;nbsp;lé drefl'a vn tel ordrepolitique amp;nbsp;militaire, tant pour les François que pour la conduite de lâarriice.Ainlî la necedîcc fuiuie deroccalîon,ceux de la Religion feeurent fe preualoir de toutes les deux. Et lâAmiral fouloit aproprierà letirauanture lâancien irait deThemiftoclcsjdilantà fes familiers, Si nous nâeuflions elle perdus nous elbons perdus : entendant que lans leur fame ils nâeulfcnc paseufibonnereflourcequelaprefcii-te,quifurpalfoitde beaucoup leur precedente condition. Le delay des Catholiques Romains feruitgrandenietit au Deltjdts Prince. Sâils euflént d'heure preueu que ceux quâils con-Tutrnâquot;** t*'-â*g'â°y^nt de defloger li ville sâen alloye^rt ellablir au loin, amp;nbsp;y fuffent couru promptement pour les cinpefcher, en aparencc le Prince demeuroit enferré dedas la Rochelle, Sc la guerre nâeullgticres duré. Mais Dieu fe ht voyc par tels obfcurs commenccmens auxrugemens remarquables qui le monllrcrcnt puis apres. Peut dire que lâaile quâon eut à Paris de voir abandonner les villes ScProuin-ces, qui auoyent fait fi dure guerre aux Pariltens durant les premiers 8c féconds troubles,enfla le coeur a piulîeurs,tellement quâils dcfdaigncrent leurs ennemis quiclloycnth loin,eftimansque la Rochelle feule pouuoit rcliller,amp; que dans trois mois on les y renfermçroit. On fait ordmaire-tnent de tels difeours quand la prolperité ell plus grande quelonnâefpetoit.
LaRoineüc fes confeilliers dreflerentincontinentvne-^ceHxdTîaâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;parlement de Pans, par lequel, apres vn long
narré des choies auenues au royaume pour le fait de Irréligion, le Roy declairoit entre autres chofcsqriel'edit de Ianuier,par lequel ilpcrmettoitrexercice de la religion re-. forroee,nâefloit queproui(îonnel,cn attendant fa luaiorite, Scquâil nâelloit délibéré de faircoblcruer les edits parauant faits touchant la religion. Aces caufesparucnuauditaage de ijiaiorjtéjdefcndoit tout exercice dâicelle es pâyâ
obéi!-
Charles ne teies he.
obeilTance - voulant irreuocablement quâil nây euft autre exercice de Religion que de la Romaine, fur peine de con- | fifeation de corps amp;nbsp;de biens.Et fur les mefines peines cô-niandoit à tous minières de la Religion de viiider le royau j * me dans quinze iours apres lapublicationidcfendâtncant-nioins que ceux de la Religion ne fuflent aucunement re-cerchezen leursconfciéces,pourueu qu'ils voululTenc vi-urepaifiblemét en leurs maifons.Au mefine inrtant fut publié vn autre edit.pottant que de la en auantle Roy nâen-tëdoltfe feruirdâaucuns officiers fufans telle profefltonJcs fufpendoitdeflors de leurs Eiùtsamp; charges.leur commandant de sâen aller deflaifir entre fes mains das quinze iours, autrement que par lut il y feroitpourucu. llyauoitlong temps que ces edits eftoyent fur le bureau : mais on efpe- fiH, mit attraper le Prince amp;nbsp;lâAmiralià quoy ayant failli, pour tirer argent du Clergé 8c du tiers Eftatda Roine 8c ceux de Guifefeferuirent de ces artifices, qui ne leurferuirent pas beaucoup. Car outre ce que le Duc dâAnjou 8c fon armee faifoyent vne dcfpenfc defmefuree , dont les plus arde ns Catholiques Romains fe fafeberent plus de deux fois auant que h guerre full à demiacheuee. plufieursde la Religion feietterent en campagne, qui autrement eulfent attendu le repos permis pat le Roy, 8c nâeufient quitte leurs maifons. Mais à cetoefain, ils elTayerenc de fe ioindte aux troupes, Dauantage, les Chefs enuoyerent foudain ces edits en Angleterre 8c en Aleraagne, pour faire voir quâon ne les pourfuiuoit point comme feditieux ou affeftans la couronne (ainfi que leurs aduerfaires en femoyent les bruits) ains à caufe de la Religion que Ion vouloir exterminer de la France. De fait cela feruit beaucoup à la Ifuee des Reifires conduits l'an fuyuant par le Duc de Deux Ponts. Auffi y auoit il beaucoup de gens autour du Roy , de la Roine, 8c du Duc dâAnjou, qui ne de-mandoyent que voir tout en combuftion : les vns pour pil^. kr impunément , les autres pour exercer leurs vengeances, les penfionnaires dâEfpagne pour faire entre-tuct les François, ceux de Guife pour pariienir pied à pied à lâauancement de leurs dclfeins, qui fedcfcouuri-rent à la fin du regne de Henri troifiefme comme nous le verrons ailleurs. Apres ces edits le Duc dâAnjou fit aprçfter tout ce qui eftoic requis pout Vacheminemenc
V. iüj.
M.n.Lxviii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles nevfiesme.
de la puiflante armee,dont il eftoit declairé lieutenant ge* . neral,pour Ie Roy. Ce qui donna acroiflemeiir aux ironpcs du Prince furent les regimens dâinfanterie que lelieur dâA-** cier tira de Dauphiné, Prouencegt Languedoc. Paraiiant le Prince lui auoit efetit amp;nbsp;a quelques capitaines eidues prouinces,quâils eulfent à loi amener de bonnes forces pour faire telle à lâarmee royale qui lui venoit fur les bras, afin que tant de princes,Seigneurs 8c excel lens chefs ne receuf-fenteedefauantage que de fe voiralfiegez dansles villes. Tant sâen falutquâ.Acier, Mouuans amp;nbsp;antres,mcfptifalient Gmn nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J quâau contraire ils lèniblerentauoirlors
cet ttrtts lt;tt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âT * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Dmphiné, delpeuple CCS trois prouinces , car ils en tirèrent de leizea Pr»«lt;»M^dixfepc milleharquebuziers,quisâacheminèrent. Cordes Lrt.Tgutrfoc, gouuerneur en Dauphiné fit quelques efforts pour leur ein feurttPm peCcherlcpalTage du Rhofhe : mais eux sâeftans failis de plufieurs places qui leur pouuoyent fauorifcr,amp; trauerlans commodément ce grand fleuue fe ioignirent près dâAllais, puis tirèrent vers Millaud pour entrer en Perigueux. Or comme dâvn collé celle infanterie fut le foullicn de lâarmee du Prince,auiri de lâautre ce futla perte de plufieurs places, dont les Catholiques Romains sâemparèrent apres le depart dâAcier amp;nbsp;des autres Colonnels, dont plufieurs fe repentirent depuis dâauoir tiré tant de foldats,dont la moitié iulfifoit, marchant ferrez amp;nbsp;en diligence. Mais la laloufic entre les principaux,le retardement des vns,rauancenient des autres, fit quâils ne peurent ioindre le Prince, qiiâaprcs â¡uoir receu vne rudcballonnade: car deux regimens des Detfaitt dt kursTurent desfaits par le Duc de Montpcnlier, à lâocci-Miuuansir fioîi que Mouuans 8c Pierre Gourde Colonnck, fe fentans PnrrtGeiir incommodez de loger fi ferré comme ils auoyentfait iuf-â ques auprès de Perigueux , voulurent sâefearter amp;nbsp;m''tirc au large en vo village nommé Mcnfignac, fur lâopinion quâauec deux mil harquebuziers ils pouroyent frire telle à vne armee. Mouuans auoit de la valeur 8c de Pad reife autant que capitaine de gens de pied en France de Ton temps: mais fon courage lui fit trop entreprendre alors.Ellant attaqué de toutes parts, .8c par fix fois autant de gens, il ne laiQa de vaillamment combatre:mais en fin lui 8c fon com-pagnon moururent fur le champ aucc mille de leurs lol-fîîciZ'T nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eæpefcher que dâAcier logé à deux petites
lt;Xrquot; lieues delà puecfeize mil*hojnmes,ne vinllau fecours,»a luefr»«
Chamis NEVriESME, I57 aicfmc temps que Mouuâs fut chargé auec le gros de lâin-fantcric du Duc gt;nbsp;on enuoya vers Acier huit ou neuf cens lances amp;nbsp;force harquebuzicrs a cheualjoui crioyent bataille,amp; faifoyent vnc grande fanfaredetrompettcs.Acier fut ainltamufé, tandis que Mouuans amp;nbsp;fes troupes foufte-noyenc le choc,vendans leur peau comme ilspcurent, tellement que les viétorieux y perdirent plus de cent hommes 8c furent tellement haralfcz de ce combat, Scdela coutuec que leur Cauallerie auoit faite ce iour là , quâils ne peurent pourfuyurc amp;nbsp;charger les troupes dâAcier esbranf-Jecsparle rapport des clchappez ,qui faifoyent les troupes du Duc de Montpenlîcr beaucoup plus grandes quâelles nâeftoyent.
Apres celle desfaite de Mouuans, lâarmee du Duc de^, Montpenlier fe retira à Challelleraud, craignarat que celle tâdns xr-du Prince, faite hpuilfante apres l'arriueedes Dauphinois mtestSians Scieurs compagnons, ne la vinllcboquer en lieu defauan-tageux.Le Duc dâAnjou fctrouualà , iuiuidctroupes bienâ^' aw«. delibereeSjSt dâvn trefgrand nombre de Noblellç amp;nbsp;de Capitaines fort affeélioiinez à ce jeune Prince.De long temps on nâa point veu tant de François en deux armees.Le Prince de Condé,lès places fournies , auoit en lafiene plus de dixhuit mille harquebuzicrs, 8c trois mille bons cheuaux^ En celle du Duc,nây auoit pas moins de dix mille hommes de pied,fans conter les Suilfcs, 8c quatre mille lances: de maniéré que des deux parts fefulfent trouiiez trente cinq mille François toUs acoullumez à manier les armes 8c pof-fhlc aufïi hardis foldats quâil y en euft en lâEurope. Ceux de la Religion fe voyans forts eflayerent de venir aux mains 8c sâapprochèrent à deux lieues de Challelleraud. Mais le Prince ayant eu auis que lâautre camp elloit place en lieu aiiantageuxiquafi cnuironné dâvn petit marefeage, a quoy on auoit adioufté vn leger retranchement en quelques endroits,ne voulut rien attenter témérairement, ains cercha les moyens pour attirer fes ennemis à combatre.Ce jr, prinet qui le conuioit à cela elloit lâardeur quâ11 voyait en fes fol- cenheia-dacs,amp; le grand nombre quâil en auoirife doutant bien que (ââUs. les années aufquelles le pays defaut nefe pcuuent mainte-Pquot;'quot;'?â'!'. nir entières que bien peu de temps :ioint que lâhiuer (qui fut extrêmement violent celle annee la) lâauroitbicn toit diminuée. Les CatholiquesRomainsnâauoyentdutouc
Charles ne v fies me.
pas tant de courage,amp; attendoyent renfort, elhmans suffi auoir les moyens dâclcorner aucc le temps la puilfance contraire,amp; la desfaire piece à piece. Les deux chefs auoyenc grâdâ enuie de venir aux mains,nommément le Duc d'Anjou, extrêmement picqué de voir tant de gens au comman dement du Prince, amp;nbsp;ayantauisque les Alemans fe le-muoyentafin dâentrer pour lui en France fur le printemps. Dtfein dit Outrcpluslâvn amp;nbsp;lâautre auoyent pareil deffein d'allerviure dtux chefi. chafeun fur le pays de fon ennemi, pour conferuer le ficn des rauages extremes que font les armées, Mais la proui-dence du fouuerain Seigneur du monde, ayant pitié' de la France, ne permit aux François dâexecuterlors les vns fut les autres,ceque le raaltalentleur confcilloii; car li lors ils fulTent venus aux mains, le royaume auoit les nerfs cou-pez,Sc en aparence il demeuroit comme fans reiïource, amp;nbsp;en proye à vn puilfant ennemi effranger qui fe fuftfoudat-nemenc iettédedans.'Voyons comme celle (age prouideu-ccdifpofadetoutencetempsla. j
Vomirai i^es deüx armees defeampees pnndrent la route de Lu-fren (îgnan,pres dâoù ifyavnpetic quartier de pays bon en per-dâellrê^def- ^^^^gt;ââgt;011 chafcunepretendoit fe loger.Et combienquâel-faiti. â l's fuflâent affez proches,û ne fçiuoyent elles rien lâvne de lâautre. Au moyen dequoy auintque lcrendez-vousde toutes les deu.x parts ayant elfe donné en vn gros bourg nommé Va3iprou,à cinq lieuélt; de Poiéliers, bien fourni de viures, les Marefehaux des deux camps sây trouuercnt quali en mefme temps auec leurs troupes, dâoù ils fe cliaf-ferent amp;nbsp;rechalFcrent par deux ou trois fois, chalcun delirant auoir ce logis qui futà laparfitiquitté. MaislcsvnsS; ies autres fachans quâils feroycnc loulfcnus nul ne print la fuite , ains fe retirerent a vn quart de lieuè de là , où ils fe mirent en bataille. Pour le foulficn des vns atti-uerent lâAmiral Sc fon frere auec cinq cornettes dccaual-lerie, amp;nbsp;de la part du Duc dâAnjou fe prefenterentfept ou huit cens lances. 11 nâelf plus quellion, dit alors lâA mirai, de loger, ains de combatre: Sctoutfoudainauertitls Prince, lequeleffoit à vne grolfelieué de la, quâilsâauan-falfjSt que lui cependant tiendroit en ceruclleles ennemis. 11 fit renger fes gens en ordre fur vn petit haut, pour o-Ifer aux Catholiques Romains la veuedâvn vallon, afin quâils ne le recoputfent, ains pout leur faire penfer qu'il yauoit
Charus nivuismj. 158
y auoit force cauaUerie amp;nbsp;infanterie cachee dedans. Ren-gez à vne canonnade le s vns des au tres,lâA mirai commanda à vn capitainedâharquebuziersacheual desâauâcer cinq cens pas amp;nbsp;fe tenir pres dâvnehaye. Mais comme ces gens la, nâont pas toujours la prudence lointe auec hardielle Si prompte defraarche, la moitié sâesbranÃa incôtinent pour cfcarinoucher, puis leur cornette marcha pour les foulle-air.Lc Duc de Martigues qui commandoit de lâautre codé iugea quâon vouloir le combattee qui le fit ferrer, puis letter en ..uant trois ou quatre efeadrons de lanciers.LâAmiral amp;nbsp;fon frété bien fafehez de nâauoir preueu lâindilcretion de ce Capitaine d'argoulets, ne l'çauoyent bonnement quelle refolution prendre, voyans leurs ennemis beaucoup plus forts quâcux.Mais quand ce vint à opiner.chafeun conclud autrement que fon naturel Se fa couftume ne portoit. An- £xetnfh no delot, chcualict fans peur. Se qutnetrouuioitiamaisricn 'xbit dilâm trop chaud,dit quâil faloit le retirer au pas,amp; que lesenne «11 eilaas plus forts fetoyent receuoir vnelionte,à laquel-leconuenoitprefererle peril, lequel euitéoutrele proEtfinmimftr loti en reçoit honneur.LâAiniral fut dâauis de demeurer,di- f««». ûnteftre neceflaire auec la bonne contenance de cacher fa foiblclîe; St enuoyi incontinent rappeller fesefearmou-cheurs : ce qui fit arreller les lanciers ennemis. Ce confeil profita, combien que lâautre fcmblall plus feur Se à préféré.: Martigues ayant declajré depuis que sâil euft feeu que lâAmiral St fon frère eulTent efté en fi petite compagnie , il euftcoulté la vie a tous fes lanciers ou iis eulfcnt eu ces deux feigneurs morts ou vifs: quâil cuidoit que ces cinq cornettes fulfcnt les troupes des marefehaux decamp quâils auoyent chargees, amp;nbsp;fe doutoit quâellesfulfcnt foullenues par vne groffe harqucbuzcric paroilTant afonauisen vn village derriere,cncores que ce ne fuflent que valets; ad-iouftoit encor quâà faute de gens de pied quâil atiendoir, 1 occalion de combatte sâeftoit efcoulee. Ainfi les hazards de la guerre pendent furdcsmoinensmctueilleufemenc foudams, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Or au bout dâvnc heure apres celle auanture, les vns St les autres penferent bien quâil yauroitde la cy on apperceut de tous collez marcher les enlcignes foirt.iâmii dâinfanterie, amp;les hots de cauallcrie. 11 elloitt3rd,quandx«rit« du tous furent atriuez, amp;nbsp;n'y cutautrechofe quâvncgtolfe
w.D.ixviii. Cha Rtes »iTtinaii
clcarmouche que la nuift fit ceffer. Là nây auoit i! que lâà -uantgarde du Duc dâAjou, les chefs de laquelle voyant 1q camp du Prince trop fore sâauilérentd'vne rule pour faite penfer que toutes leurs forces y cftoyenticar ils firent battre à la Suilfe vne partie des tambours de leurs regimens François, amp;nbsp;défendirent à leurs foldats de fe desbander amp;nbsp;dâattaquer rien quâen fe defendant,de peur que quelque pti-fonnier ne.defcouurit cequieftoit; car fi le Prince lâeull feeu, celle auantgardeeuîleftémifeen route ou desfaiee. Dauantage, ils doublèrent leurs gardes, firent de grands feux, amp;nbsp;commandèrent à leurs foldats de laiflcr des mef-ches parmi les buiflonsimais apres aiioir repeu ils defloge-rent auec peu de bruit gefe retirèrent les vns a lafenueil, où le Duc dâAnjou elloit logé auec la bataille, amp;nbsp;les autres au bourg de SanlTay,qui nâen cft quâà vne lieue. Le Prince fut a jerti a trois heures apres minuiél de leur deflogemet^ amp;nbsp;à cinq il fe mit à leur queue auec toute fon armee, fe doutant bien que la leur nâeffoit venue là .Voib comme en vniour deux notables occafionsfe perdirent: la premier« par le Duc,la fécondé par le Prince; mais il nâen faut gueres acoulper les vns ni les autres, car ces occafions furent mal aifees a rcconoiftre fur le champ,amp; en deux ou trois heures elles (e pafferent. Vray eft quâvn petit auis les eut à plain defcouuertesi mais cela eft va benefice de lâheure qui ne depend de la fuffilance des capitaines.
Ce que nous venons de reciter de la iournee precedente De la ù r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pââ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;furuint le lédemain a lafcna
dt âufm nbsp;nbsp;nbsp;â °â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'Pâ® Dæâ verifioit le dire de fon prophe
zei/. te,ijuâil anéantit les confeils humains,amp; que les voyes des grands font en fa puiflance comme celles des pens. Car plufîeurs chofes y furent faites plus par haz ard amp;nbsp;inopinément que par confeij. La deliberation duPrinceeftoitde fuyure fes ennemis iufques dedans le corps de Icurarmee, Si par tout où il la trouueroit,la combatte.Parquoy lâAmiral le mit fur leurs brifeesquieftoyentaffez aparentes. Si le Prince inarclioit apres. Or comme il y a roit deux routes â â iâvne qui alloit au bourg de Saiiiray,St lâautre à lafcn-ueil, le Prince fefoutuoya,amp; print cede crdrqnoy fut oc-cafion vue bruine, qui sâefleua auant le poinéf du lour. La tefte que lâAmiral auoit mife deuant lui,amp; qui eftoit forte, donna furies huit heures du matip au bourg de Santfay, oùdî
Charles n e v f i s s m t. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;15^
où de cinq afixcenscheuaux eftoyem logcY, qui furenc contrains de fe retirer plus vifte que Ie pas, aprcsyauoir perdu tout leur bagage, amp;nbsp;les fuiuit on fort loin. Cependant,Ie Prince continuant le chemin quâil auoit pris, ayant marché plus de deux lieues, fe trouua an front de lâarmea du Duc dâAnjou,ne fachant aucune nouuelle de fon auant-garde.Lui fc voyant fi pres,print tefolution de ne pas reculer : amp;nbsp;pource que le pays eftoit fort fit mettre fes iiarque-buz.iers en telle , qui paffoyent douze mille attachant lâef-carmouche,Sc enuoya vers lâAmiral,ne fachant où il elloir, que force lui auoit eflé de monftrer femblant de combat, fetrouuantfiprcsdelâarmeeduDuc, 8c quâil rebroulfaft en toute diligence, Auant que le meffager fufl à mi-chemin, IâAmiraiauerti par les coups de Canon fe douta de ce qui eftoit auenu, pourtant sâachemina vers le bruit, aiiec les troupes quâil peut ramaffer. Mais à fon arriuec,le Soleil sâenalloit ia couche', qui garda quâon nâeut tempspourde-libcrcr,reconoifttc. ni rien entreprendre en gros. Tout fc piffa en efcarmouches, qui furent les plus fortes quâon ait veues des long temps, amp;nbsp;qui mirent lâarraee du Duc en quelqueelpouuante, à caufe quâelle eftoit p'acecen lieu fort incommode: nonobftant quoy elle tinft toufiours bone contenance. Lâvneni l'autre ne fc voyoyent point,eftäs cachées dans des hayes amp;nbsp;petis vallons: amp;nbsp;nây auoit que lâarquebuzerie desbandee qui sâapperceut.Celle du Prince eftoitcourageufeau poffible,mais la conduite nefut pareille : car elle droit comme en fal ve, fe tenoit trop ferree, 8c tout vn regimen attaquoit à la fois. Au contraire celle du Duc eftoit efparfe, tirant alTez lentement, amp;nbsp;alloit par petites troupes: de maniéré que deux cens harquebuziers ar-reftoyentvn regimen du Prince. II y eut perte de part S: dâautre,amp; force bleffez,commc il auient en telsconflift'.ll auintlors vnplaifant aéle,qui mit plufienrsen peine. Pen- aijmimt, dant quâon faifoit alte , tout le bagage de lâinfanterie du Prince vint sâarrefter au long dâvnbois, affez pres de la queue des genfdâarmesroii les gouiats amp;nbsp;valetssâacommo-derent,penfans qu'on y deufl carnper,y faifans plus de quatre mille feux : A: nâaperceurent lâarmtc fe retirer, à caufe delinuift, de maniéré que plufieursmaiftres fouperenc bien maigrement ce foir là . Quelques vnsdelâarmee du DuCjquieftoyentiors en garde, ont conté depuis quâa per-
ChARIIJ NIVriïSMÃ.
ceuans ce grand nombre de feux,amp; oyans tant décris, rJs tenoyent pour certain que câeftoir FarmceduPrince, Sc sâattendoyentdâauoir bataille Ie lendemain: ce qui les rendit plut diligens à fortifier leurs auenues. Le Capitaine Caries sâoffrit dâaller conoiftre que c'eftoit: mais on ne voulut rien bazarder contre ces braues guerriers qui cau-foyent auprès de leurs feux.Sur la minuift,le Priixe receut auis comme tout le bagage eftoit engagé, amp;nbsp;Je tenoit comme perdu: neantmoins il ne laifla d'y enuoyet quatre ou cinq cornettes pour le retirer : amp;nbsp;commanda quâvue heure apres mille cheuaux amp;nbsp;deux millebarqiiebuziers sây acbc-minaflentpour le fauonfer,(î on fortoit apres.Les premiers qui y arriuerent trouuerent meffieurs les valets amp;nbsp;gouiats en mout belle ordonnance,fechaufans,chantans amp;nbsp;fjiCcns bônechere:gt euffoniugc de loin quelà y auoit plus de dix nul hommes,amp; eux nâauoyent non plus dâaprebcniîon que sâils euflent elle'dans vne ville forte. Ils feprindrentà tire delà ftupiditéde toute celle forfanterie, laquelle ell ordinairement couarde comme vn Heure, mefmcsoula feure-té eft: amp;nbsp;là au milieu de la mort elle ne faifoit bruire que cris d'allegrelfcjà caufèquâilsauoyenttresbien foupédesvi ures de leurs maiftres.Les premiers couretirsdiiPrince par-uenus à la telle de ce beau camp,ne furent gueres courtoé-fement reccustcar les plus déterminez gouiats auoyentpo fé leurs gardes amp;nbsp;lentinelles: Si de rant loin quâils commé-cerent à defcouurir,encores quâon leur dill cent fois, amis, , ils nerelpondoyentqueharquebuzades.puiscrioycntcó-nie des enragez.En fin ils fe reconurent, amp;nbsp;entendans où ils elloyentjleitrafliftance fe conuertit en peur. Si dello-gerent tous fans trompette.
Entreprife Apres que les deux armees eurétreprins haleine,enuiron lit r^mi- vn iour,le Prince sâachemina vers Mirebeau quâil pritiS le
ralfurhtc- Duc fcretira à Poidicrsrchafcun fe logeât vn peu au large, ^imen dt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;~ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;â
Ctmte dt 'SrijJ'ac,
pour repofer leurs troupes liaraflees. Huit ou dixiourssâc-flaspalTz,l'A mirai fit vne entreprile pour tailler en pieces le regime da Comte de BrilTac, logé Si bié batriquadé aux AnccSjVÃlagcà vne lieue dePoiéliers.Oi péfoit il que tou telâauâtgarJeduDucfull encore logee en ce fauxbourgde la ville qui regardoicfoncoftéitnais plus de la moitiéelloic palfec delà lâeau le ioiir precedent: feulement les Suiffes Si quelque cauallerie y eftoyent demeurez. Il y mena bié fix mil
Charus n irn t s u ti i6tt mil harquebu7,icrs,amp; if.cens cheuauxj'qui fur le poinft du jour arriuerét au village amp;nbsp;le forcerét «pres quelque rclîfta ce. Le regime ayât perdu de 50.3 6o.hômes,alafaucurdâva vallô Ce fauua au cap, où ils ne trouucrét giieres de renfort: niais ils tindrét fi béne cótenance fur vn haut auec leurs va lets,que lâAmiral ne les pouuât bié reconoiftre,5: ne voulat rie bazarder,les laiifa, emmenât la plufpart de leur bagage. Les deux armées sâeftâs vn peu repofees retournerët a leur 1 '«r. premiere refülutió,de cóbacre.Le Duc forti en câpagne,reprint Mirebeau,où lacôpofnionfütnial obferuee, car aptes la redditiô plufieurs foldats furent tuez cotre la foy promi-fe.à lâoccafiôdcquoy Andelotayît prins bié toft apres lâAb baye de S.Florent pres Saumur,toute la garnifon fut mife au fil de lâefpee.Le Duc voulant sâapprocher plus pres du Prin Lu inmtt ce, loge es enuirôs de MôllrueilBellay amp;nbsp;Tliouavs pour la ât Ltudun. cômoditedes viiires,auifa quâil lui conuenoit fe rédre mai-lire de la ville de Loudun,qui cftoit fur fon chemin, amp;nbsp;gar-drepar vn regimen du Prince. Là vouloit-ilplacer fon armee,puis fe gouuerner felon les occurrences.en lâoccupanc il oftoità fes ennemis vne contrée abondante, amp;nbsp;qui pou-uoitnourrirfon armee vn mois. Le Prince aperceuant ce deirein,côclud (pour ne receuoir celle hôte de voir à fa bar be tailler en pieces vn defes regimens,amp; pour ne monftrcr quâil craignift ou full foible, en quittaufvne villequtlè pouuoit defendre) de marcheriour amp;nbsp;nuiél vers Loudun' où ellant arriué logea toute fon infanterie dans les faux-bourgs,cinqoufix censcheuaux dans la ville, amp;nbsp;lercftees villages prochains.Le foir precedent lâarmee duDuc eftoit venue camper à vne petite lieue Françoife de 1 à ,ayâc quelque opinion que le Prince ne sâopiniailreroit à bazarder fes forces pour la conferuation d'vne fi mauuaife place. Mâisielcdemainau matin le Duc enten dit que lâarmee du Prince fe mettoit en bataille au lôg des fauxbourgs, ce qui lui fit ranger la fiene : amp;nbsp;lâartillerie placée de parc amp;nbsp;dâautre «ôméça a tirer dedâs les efquadrôs,où quelqucsfois elle fat foitdudômage.Là voyoit-onplusdejquarâremilhômcs,amp; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢'
prefques tous Fracois.en rang de bataille, alfez pres les vns des autres, auec les courages aulTi fiers que la cótenance e-ftoit braue,gc plufieurs nâattëdoyent que le figne du côbar. Entre les deux armees nâyauoit quecampagnerafe amp;nbsp;fans avantage; de qui pourroit faire trouuer elf range,pourquoy eu quatte ioura^e les deux armees furent illec à sâentre-
M.D.lXVIir.
ChARIES N E V F U s M (.
regarder amp;canonncr, elles ne vindrentpuint aux maiiir. ains ne firent quâefcarmoucher, encores bienlegerenienrj Sc non gucresfouuentjà comparaison des autres fois. Mais I,»p«lt;deïM il conuient feraincnteuoir que vingt ans auparaiiant Ion fe/lbe tti nâauoit fenti vn firudehiuerquâalors :Sc non feulement 11 Frmt^üti de gelceeftoîtforte,aiiisauffi leftimas tomboit continuelle-t'tntntuer. qui faifoit vn verglas fi tcrritle que les gens de pied nepouuoyentquadsâesbranÃer qu'ils ne tonibaffent. liy Ak *-!gt; auoit beaucoup plus de danger pour les cheuaux, de forte quâvn petit folle releué feulement de trois ou quatre pieds jicfepouuoit paffer à clieualjtantilelloitglilTant.Etconi me il y en auoitplulieurs entre les deux années,faits pour nbsp;nbsp;|
I la fcparation des heritages, c'eftoyent comme autant de tranchées: amp;nbsp;celle qui euft voulu aller affaillir fe full entièrement defordonnee, Pour celle caufechafeunefetenoit . ferme, regardant amp;nbsp;attendant celle qui feroit fi inconfide-rec que de fehazarderauec tant de peril. Nullenevoulut i tenter le gué: feulement y eutpourcepremieriourqucl» I que legere efcarmouche, amp;nbsp;vue heure auantlanuiftlet [ troupes fe retirèrent en leursquartiers.Le lendemain les armées fc mirent encor en bataille, amp;nbsp;sâentrefaluercntà coups decanon,comme le iour precedent aucuns qui vou-loyent courir aux efcarmouchcs fc rompoyent ou def-nouoyentles bras ou lesiambes.-äc y en eut plus dâoffenlez par ce moyen que parles harquebuzades, Letroiltefme aour on tint parerlle contenance, fans fçauoir trouuer les moyens de venir aux raains,finon quâon vouluft cheoiren trcfgranddefauantage. Au quatriefmc iour,leOaicquia-uoit laplufpartdefesgenslogezà defcouuert, fe retira à vnc lieue de là ,pour refehaufer fes troupes trafics de froid) amp;nbsp;fur la retraite perdit trois compagnies,vne de SuilTes, Je deux Françoifesfurprinfes en vn village. Peu deioursa-pres les maladies fe mirent entre les foldats tant violentes que langoureufes, quâen vn mois moururent de partît d'autre plus de huit mil hommes.Lâardeur que tousauoyct â ' nbsp;nbsp;« de combatrCjSc la prelènee de leurs chefs, les faifoit endu-
*, rcviufquesà lâextremité. Mais ceux du Duc fouffrirent quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â dauantage,pournâauoirtantdecouuert, nitant deviurfs
que les autres. Qu^elques cornettes de cauallcrie des deux camps cftoyent logees à demi lieuè amp;nbsp;à trois quarts les vns des autres: mais retournées fur le loir en leurs logis, tons efloyent
Charles nevfiesme,.
efloyent fl trinfis qu'ils nefefoucioycnt de moiefter leur ennemi, ni me fni es de lui donner vu feul alarme jcomrasi sdy cull eu trefuesentre eux.
Leiour dâapies re deflogeraent,IâAmiral fe doutant bieiilt;B,//lt;,âfâ; queics gens du Duc, oui esiours piecedens auoyeni nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;deiâ^
dcmialahaye, voudroyenteftans vn petit efloignezsâef- f«' carter es bons villages, comme ils firent, (ne demeurant au corps del armee trois ou quatre cens chenaux, St enui-roti douze cens harquebuziersjle telle ellant à vne St deux lieues delà ) fur les neuf heures de matin qne la Caualeric du Prince fut arriuee, fit fortir douze ou quatorze mille harquebuzier.SjSt quatre pieces legeres, en deliberation de donner droit au corps de lâarmee du Duc, qui iiâelloit quâà Vne petite lieue St demie delà . Les chefs fçauoyent bien quâilyauoit vntuifleau 8c certains palfagcs deflus , qu'ils nâeftimoyentpas fort mal aifez,fuyuant le rapport des guides. Ayant la nuid precedente fait rcconoillre 8c rafler les । nbsp;nbsp;,
gardes qui là eftoyent, les trouuerent forties. Lesbar- h !/iâ quebuziersdu Prince venus à ce pafTagequiliâeftoitquâi vnquart delieuè du camp Ducal,le trouuerent garni dâin-fanterie,qui fut viuement attaquée,mais ne peut cftre fot-cce.Le camp ayant print incontinent lâalarme bien chaude, fe mit à tiret canonnades fur canonnades, pour rappeller les troupes cfcartecs puis les chefs enuoyerent renforcer. lesgardesà cepaflage.Neantmoins vu quart dâheure aptes lâAmiral fit donner a vn autre endroit, qui fut bien défendu,à fans celle refiftancele Duc elloit en route. Car auant que mil hommes de renfort lui fuffent arriuez, lâAmiral leur mettoit dâabordee en tcflc quinze cens cbeuaux St fix mil harquebuziers,qui les eulfent bien esbranflez.Ay bouc de deux heures le Duc ayant amafléprefques toutes fea troupes,8ccnuoyé quelques pieces fur vn haut, aptes plu-fieuts coups tirez de part 8c dâautre, le froid fit retirer cbaf-cun.Des deux collez taut la Noblelfe que les foldats inur-muroyent fort contre les Chefs, dequoy, fans aucun fruift, onlesexpofoit ainli aux glaces 8: froidures du tout çxtre-, mes, fcptaignans aulTi dâeftrciaafliegczparladifettedc viures : adioufloyent que fi on ne les acommodoit en lieux affeurez 8c muni.s, eux mefmes iroyent sây loger ne pou-uans plus faire telle à tant dâexttemitez. 11 nây eut en ceci coiitradidion aucune: car lâintention des chefs sâaccorda
X. j.
M.D.LXVIII. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChARLÃS NïVriïSMï.
incontinent à tcl defir. Le Duc sâen alla hiueiner de là Loire^'es enuirons de Saumur: Le Prince aTliouars J Mon-Itrucil. Bellay amp;nbsp;enuirons. Voila comme le froid efcatP ceux à qui les mains dcmangeoycnt, amp;nbsp;qui ne cerchoyent que lâoccafion de fe battre.
Timoleonde ColTe', Comte de BrilTac, icune Seigneur
lt;r» r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J. aace.mais tranfporté dâvn délit
'Setffacfur excelTif de paroiftre, amp;nbsp;poufle par la faueur du Duc d An-tAmiral jou,qui le chenfloit entre tous autres, baftit en ce mefmf efr^ndelet temps vncLraue entrcprife, laquelle quoy que demeuree finfrere. fms effeiSjmerite dâeftre feeue. LâAmiral amp;nbsp;fon frere e-iloyent logez auec leurs cornettes dans la ville de Mon-ftrueil-Bellay. En vn petit fauxbourg tout proche y auon deux côpaguies dâiufacerie,pour faire quelquesfimples gardes, tant deuât leurs logis quâaux portes.Les gentilshômes faifoyent feulementdcs rondes toutes les heures autour do b muraille,amp; celafembloitdeuoirfufîire.Caryayâc à ra-uenue deSaum^ur fix ou fept regimens dâinfanterie dâsvn grand fauxbourg,qui elloit outre la riuierc, Móftrueil de-meuroit à couuert de ce coftc là ;de lâautre y auoit degr.ids nrarefcages à vnelieue auxenuirons, qui ne fepuuuoyeot palfer quâen certains endroits : amp;nbsp;neuf ou dix cornettes de cauallerie logees parles villages au deçà , qui battoyentles chemin ; 8c de iour amp;nbsp;de nuidf .Ce qui la rédoit alfeuree,de forte juâil y auoit peu dâaparéce quâelle peuft tóber en aucû dâger.Or côme es guerres duties on a toufiours de bons a-uertiflrc.iiens,parcc que les ennemis couucrts (ont ordinairement cachez dans les entrailles des partis, le Comte eut auis premièrement de la petite garde quâon faifoit à Mon-ftrucil. Secondement, quâon y pouuoic arriuer fans donnet dedans le fore des gardes de la cauallerie de lâAmiral, en faifantdeux-licuèsdauintageque parle droit chemin.11 ne voulut sâarrefter à cela,mais pour cftre mieuxaffeuré, pria vn Capitaine François Si vn Italien , dâaller de nuid reco-noiftre ce qui en elloit. Iceux allèrent iufquesau pied de h muraille, amp;nbsp;auec vnelonguepicque 8c vnechordeayant vne agrafe de fer ils y montèrent (cat elle eftoit allez baffe) puis furent iufques au logis de lâAmiral enuiron les neuf heures du foir. Cela fait ils sâen retournèrent fans iamais cftre defcouuerts, comme lâvn dâeux le raconta 8c afleura depuis au fleur de la Noue,qui eftoit lors à Monftrueil pres de lâA-
Charus NiTinsMi.
de lâAmiral. Le Comte fort ioycux de leur rapport, baftit
vn delfetn là dcffns. 11 vouloit auec mille harquebuziers nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
choifisamp;bicndifpofts, foaftenus de cinq cens chenaux, partir en tel temps, quâil peuft arriuer pres de Mon fti ueil cniiiron les trois heures apres minu'd: afin d'aiioir deux heures de nuift pour le moins, pour fauorifer fa retraite, fi fonentreprife ne fuccedoit ; 'mais auenant quâil lâexecu-taft,il deuoit faire de grands feux,es tours du challeaupour auertirlâarmee Ducale qui eftoit à Saumur, afin de marcher en toute diligence pour le fecourir, sâafleurant quâon neleforceroitpasjfins le battre dâartillerie, amp;nbsp;fon fecouts pouuoiteftre là dedans fix heures. Ce faifant, il prenoit deux trcflîgnalez chefs au milieu de leur feurere, amp;nbsp;cent gentilshômes de nô. Dauantage il mettoit à vau de route celle auâtgarde logee pres de là ,qui nâeuft attédu la venue des ennemis,tant lâcffroy eut efté grand,amp; sâen fulfent pa-rauenturcenfuiuis dâautres inconueniens. lâay oui dire au fieur de la Noue,dc qui ie tien ce Vecit, par lui inféré en fes difcours, amp;nbsp;lequel eftoit lors auprès de lâAmiral, que telle executiô entreprife par Briflà c nâeftolt pas impolTible.Mais côme il etl befoinque Dieu veille pour ceux qui dormét,8c -pour la côferuation des places,auftî quad le Côte sâachemina pourlâacheuendent de fon entreprife,vne petite auantu-retrauerfa voire renuerfafon delTein. Car Cftât parti pour cell efled auec vne douzaine dâefchclle',8£ fesgens bié délibérez, nâayant plus que deuxlieué's de chemin à faire , il tencôtra deux ces cheuaux ennemis, lefqucis defcouurans celle petite armee à telle heure en câpagne,fe retirerent au grid pasjdounans lâalarme à Monftrueil amp;nbsp;aux quartiers où leur caualerie eftoit logee:tellementque le Comte fut contraint fe retirer. Depuis lâAmiral fit ictter des gardes plus grollcs de nuift aux palfages amp;nbsp;battre la campagne plus fouuentxorabien quâil ne defcouurit rien de lâentreprifc,8£ nâciifceut-on rien quâapres la paix faite. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Le Prince amp;nbsp;autres chefs retirez peu apres vers la Ro-chclle auiferent aux moyens de faire argent pour la âanta^e pourfuite de celle guerre , amp;nbsp;commencçrent à enga-ger les biens du Clergé Romain, fe trouuantdes ache-leurs hazardeux,qui y firent bien leurs befongnes.Les Ro-chelloisprefterent 4. vingtsmilleliures : amp;nbsp;laroined'An-glctcrrcenuoya fecouts de cent rail angelots, fix canons,
X. ij.
MâD.tllx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChARIïS NïvrIBSMï,
quelques milliers de pouldrcs amp;nbsp;force boulets,dont elle fut payee en fel, laines, amp;nbsp;metal de cloches. Au relie, tout le bas PoidOu eftant mains deceuir de la Religion, except^ lâabbaye de S.M'chel en lâair, où y auoit forte garnifon de moines amp;nbsp;foldats; ce qui feruoitdcbrideauxcourfesde plulîeür3,quelques guerriers Poifteuins obtindrent congé du Prince dâaller affieger ce lieu,lequel foullint deux lieges lëgers,au trpilîefme fut canonné amp;nbsp;emporté dâalîaut, quitte ou cinq cens hommes qui eftoyent dedans taillez en de S* pieces à caufe de leur violence amp;nbsp;opiniaftretc. Dâvn autre collé,'Martinengue,Entragues,laChaftre,lt;gouuerneursde Gy in,Orlcans,Bourges,acompagnez dâautres cheIsSt de bonnes troupes alGegcrent Sancerre,petite ville, le refuge de plulteurs familles de la Religion,amp; donnèrent plulieurs alTà utsqueles afliegez foullindrent amp;nbsp;repoulTerent, ha-raflans par diuerfes forties les alTiegeans, qui apres auoit perdu lîx ou fepr censdeleursmejlleursliommeslaiire-ren't celle petite ville-en tepos. Mais depuis les Sancer-rôis âyans voulu entreprendre de baftir vn fort fur Loire,/ firent furprins, amp;nbsp;apres auoir perdu enuiron cinquante hommes amp;nbsp;ce fort, contrains fe contentér de faire bonne garde dedans lâenclos de leurs murailles.
M. D. L X 1 X.
ALâentree de l'an 1569.1a guerre fe ralluma. lesViC-comtes de Bourniquer,Montclar, Paulin amp;nbsp;Gotirdon deFeââ'^^e'âii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mil liarquebuziers amp;nbsp;quelque cauallerie fai-
foyenr la guerre pour le Prince à ceux de ThouloufeS autresâ, la ville de Mont.iuban eftant leur principale retraite. SommezparlePiincedefevenirioindreà lui, refpondi-/ rent quâils afnioyent mieux garder cede prouinee St leurs compatriottes alencontre de MonlucStautres ennemis^ que-leur lailTer tout en proye, tandis quâeux porteroyent les armes en pays ellcange. Le Capitaine Piles, qui auoit charge de les emmener, ne lailîadâamalTer quelques troupes en Qiiercÿ, Agenois S: ailleurs : puis ayans prins Bergerac amp;nbsp;SaindeFoy fit vnç courfe iufques en Périgord,ou il bruflatous les villages amp;nbsp;tua tous les foupçonnez de M desfaite de Mouuans amp;nbsp;Pierre Gourde. Quelquesiours apres ilpriijtlecheoaiaauecdouze cens harquebuz'ersK enuif pu
Charles b t t hsj m t. t6j
Cnüiron deux tens cheuaux, pourfe ioindreau Prince.Au Commencement de Feunei jla Cornette de Breffant Ange- i-t-tun fut furpnnfe amp;nbsp;rompue pres de Thouars : par cinq cens cheuauxfortisdcSaumur:8t huit ioursaprès le Comte de^ ° Briflac faillit de tailleren pieces les troupes de Montgom-ineri, le frere duquel il emmena prifonoierauec quelques antres,ayanttuédixHuitou vingehommes. Lejy. lourdu niefnïC moislecliaileaude Lufignen tenu au nom du Due dârtnjou fut furprins par quelque intelligence, la garoifon de dedans effant pour la plulpart defeendue en la ville .
pour y banquetter. M.iis à faute de prompt fecours les fur-prenans, au nombre de neuf ou diXjy furent acablez. Il y eut quelques autres entreprifes en diuers lieux, nommé-luent fur le haute de Grace amp;nbsp;fur Diepc, qui nefuccede-rent pas. Ceux delà Religion qui portoyentles armes pres du Prince, ayans fduftenu la fatigue de lâEiuerSc de tant dâefcarmouchcs, trouuctent lefeiourfort doux dedans le Poidou, où ils sâelloyent retirez. Sur lafindeFeutier, il falutreprendie les armés a bon efeient, le bruit publié que le Duc eftüit en campagnei amp;nbsp;sâacheminoit auec toutes fes Lei Jeuxiir forcesvers Angoulefmc. Le Comte de Tende lui auoita- â»ââfi mené trois mil hommes de pied Sc quelque Caualcrie.
Plus deux mil Rentres conduits par le Rhingraue amp;nbsp;foiiipiertc luielloyent venus derenfottitcllemcnt quefon butcftoit, pour acheuer bien toft la guerre de forcer le Prince au combat,ou le contraindre de renfermer fes troupes dans les villcs.Le Prince amp;nbsp;lâAmiral fut celt auislirent reflerrer leurs gens j amp;nbsp;delibetereiit fe retirer au long de la Chatante,riuicre de Poidou, pour voit la contenance du Duc, fans rien hazatder: aulTi pour fauorifer leurs places^ lefquclles ils renforcèrent dâhoinmes, amp;nbsp;afoiblirent dâautant leur armee. Il ne fc fit rien de memorable ,iufques à te que le Duc fe rendit aChafteau neuf, ville lituec fur la / Cliarante , où dâabordce ilprintle ch.ifteau gardé par vu Po'li.r Efcofloisamp; quelques harqucbuziers.qui ie rendirent vies fauucs,mais auec peu dâhonneur. OrdautantquclePont Frinfiili de Challcauneuf auoit cité rompu en deux endroits, lâA- Chaficnü-tniral defireux deconoiftre la contenance amp;nbsp;le palfagedes enneniis,vintiufquesli,fuiuidc feptou huit cens cheuaux, amp;nbsp;autant dâharquebuziers. La fut attaquée vne legere ef âurnet it catmouche auec quelques croupes, qui auoyent palfé pat 3«^,
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X. iij.
Charles niti ns U t.
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barques, ou fur quelque planchage foudaineinêt mis.LâA-mirai lugeanc que le Duc vouloir palfer, amp;nbsp;voulant auoir loifir dâauertirle Prince, pour poutuoir au relie, propofi dâempefeher ce paffage pour le lendemain. Et fur le lieu J,,r naefines ordonna que deux regimes dâinfanterie logeroye't I, ' a vnquart de lieuè du Pont, amp;nbsp;huit cens cheuaux quelque derriere,dont le tiers feroit en garde alfez pres du paf-'â¢â¢â¢'i« fquot; fige, tant pour auertir, que pour prefter quelque combat, Quoy fait 11 fe retire a Balfic, a vne lieue du Pont auec le relie de IâauantgardCjSc le Prince vint à larnac ,quiell vne / lieue plus outre.Mais ce commandement ne fut pas execute.Car tant la caualerie que lâinfanterie,recunoilTant quâaux lieux delignez y auoit peu dé maifons de nuis viures ni fourrages,ayant oublié du tout la coultumc de camper, de dâeftre fans commodité au logis alla prendre quartier ailleurs. Ainfila plulpart de celle troupe sâclloigna pour loger,8c nedemeura lür le lieu que peu de gens.quisâaccom-JTa«»« riâ moderent a demie lieue du paifage. Celle faute trefim-mimiuA- portante cnproduilit vneautrc,câe^lquelâgardefuttref-foible,laquellcnepeut sâapprocher affez pres pour ouïr ni donner alarme d'heure en heure aux gardes ennemies,ainli quâil auoit efté auifé,pour faire croire que toute lâauâigar-de du Prince elloitla logee. Lâarmee du Duc inerueilleu-fement forte,refolue de faifir ce paifage, quand bien toute celle du Prince sây full oppofee, fit par la diligence du four de Biron,non feulement refairele vieux pont,maisauflien drelTa vn nouueau des barques, qui fe portent es armees royales,amp; aiiant la niinuiél le tout fut patacheué.-puis commencèrent à palfer fans grand bruir,caualerie amp;nbsp;infanterie. Ceux du Prince qui elloyent en garde auec cinquante chenaux à vn petit quart de lieue du pallà ge, nâapcrceurét qua lî point quâils palToyent,linon fur lâaube du iour,amp; enauer-tirent incontinent lâAmiral, lequel ayant feeu comme les gens pour la plufpart auoyét logé fort a lâefeatt, mcfmes du codé que venoyent les ennemis, leur mâda quâils palfoyét, amp;nbsp;quâils sâacheminalfent diligemment verslui, afin de fe retirer touscnfemble, amp;nbsp;que cependant il les attendroiti Balfac.II commanda aufli a lâheure mcfme,que tout le ba-Le rttnrile- gjgç finfantcric fe retirall,ce qui fut fait.Si lors voire v-^uxènrutr 'âf oeiireapres,toutes fes troupes eulfentelleralfemblces, il fe full tresfacilement retiré mefme au petit pas.Mais celle lôgueur de temps (afçauoirdâcnuirô trois heures)quife
Charlis NEVFiEsME. 1^4
fifl'a pour les attédrf,fut la principale occalîôde la desfaite» LâAmiral ne voulut lailTer perdre telles troupes, où il y a-uoit neuf cornettes'de cauallcrie , amp;nbsp;quelques enfeignes * dâinfanterie,dont lesColonels eftoyent le Comte iVrontgô-meri,Acier amp;nbsp;PuuiautiReioints à lui,fors Acier qui print la route dâAngoulefmc,lâarmce du Duc toute palier, amp;nbsp;proche de rAmiral,refcarmouchc sâattache li chaudement que chafeun conut quâil faloit combatre ce iour la, qui eftoïc le 15.de Mars.Câeft ce qui fit tourner vifjge au Prince,lequel clloit vnegrolTc demi-lieue de là fe retirant: car ayant en- mué du ' tendu quâon (èroit contraint de mener les mains,lui,qui a- Pi'mce né uoit vn cÅur de lion,voulut eilte de la partie. Quai d donc fi* lâAmiral.pour fa retraite vintà sâellongner dâvn petit ruif-feau,quâon ne pouuoit paifer quâen deux ou trois lieux ,a-lors le Duc fut confeillé de faire auancer la fleur de fa ca-uallerie , cotnpoieede fept a huit cens cheu ux, laquelle renuetfa quatre Cornettes qui fan'oyent la retraite, où la Noue amp;nbsp;la Loue furent faits prisonniers, apres auoir fou-ftenu amp;nbsp;courageufeinent combatu,commeaufli fit le Colonel Puuiaut, lequel rallia toll apres les flens efpars. Celle cauallerie du Duc chargea puis apres Andelot en vn'village. Icelui les fouftintbrauement, leurtua Mon-falei amp;nbsp;plulîeurs autres démarqué, au nombre de quin
ze ou feize. Le Prince amp;nbsp;lâAmiral rangez en deux gros tquot;» bataillons de cauallerie , voyans quâon tafehoit les en-gager entre toutes les forces du Duc amp;nbsp;la Charante , sâa- L prellerent pour aller à la çharge LâAmiral fit la premierei * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
le Prince la recôde,qui fut encor plus rude que lâautre,amp; du 9^/4* cômeiicemét fit tourner les efpaules à tout ce qui fe prefen ta deuat lui.foullenït en apres vn nouueau clioc,où le com bat dura bié aipre quelque téps.Mais luiSc lâAmiral ayâs en fin toute lâarmeeennemie fur les bras,8c IcPrince ellât fôdn
Ibus fon cheual tué,sâéfuiuit la defroiite de facaualerie,iy45 pcrdufutlechapenuirócétgentilshómes,8cprincipal«mélt; Ju laperfounedu Prince, lequel engagé fous fonchcu.aLnePnncf tir peut ellre fecouru des liens,amp; sâeftant rendu au fleur d'Ar- Pâ'â gences,_au bruit de faprinfeacourut vn gentilhomme Ga-feon,nomméMoiiteiquiou, capitaine des gardes du Duc, , ' lequel lui tira vnepiftoiletade dans la telle, dont il rendit lâefprit fur le champ. Sa mort aporta vn merucillcux re-grctà ceuxde la Religion, 8t beaucoup de reflouilTance Ã
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;X. iiij.
Charles nevfiesmi.
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Il
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plufieurs de fcs contraires,nommémêt au Roy,à la Roms» au Duc dâAnjou,atoutehmaifondeGuife, amp;nbsp;particulièrement au Cardinal de Lorraine,qui le lendemain des nou-â i uellesaporteesauRoylorsertanta Mecs, touchantceft^ iourneefoù les Catholiques Romains auoyent perdu deux cens maiftres, entre lefquels y auoit plulieurs Seigneurs K gens de nom) venant faluer le Roy , à la coulïumedcs Courtifans, lui dit en riant, Sire vous eftes maintenant,à mon auis, en meilleure difpofition que nâeftiez il y a quelques jours ; car on vous a tiré beaucoup de mauuais fang. Ãinfi fe iouoic celui qui fur les corps des Princes du fang amp;nbsp;de la nobleffe de France pofoit les fondement de la domination que les liens y ont depuis voulu vfurper,commc nous le verrons ci apres . Lon enuoya de Mets au Pape quelques cornettes gaignees fur le Prince, dont ce bon payeur futliaife, quâil fe promena à pied en procelfion depuis fon châfteau S. Ange iufquesau temple nommé du S. Efpric, auec tous les Cardinaux, pour en faire rcmercie-mens à fes images. On peut, fans flatterie donner celle louange au Prince,duqucl nous parlons maintenanr,quâau-cun'de loti fieclenelâa furmontéenhirdielfeiiiencotir-toilie.11 parloit fort difertement, plus de nature que d'art, cftoit liberal Scouucrt à toutes perfonnes, excellent chef de guerre,ncantmoins amateur de paix,tresferme en fa re-ligion,inuincible en diuerlitétmais mol en piofperité,grâd rieur,fuiet 3. vanité,amour de fcmmcs,amp; cholere; mais qui . ..«donnoit lieu aux rcprelientîons S; auis de perfonnes quâil ââ / aiinoit SC refpcétoit. Mais au relie, lon peut recueillir de celle desfaite,que quand ilell queftiondâvnechofe importante 8c hazardeufe,on ne la doit point entreprendre a de-mi-.car,ou il la faut laifTcr,8c nâauoir honte de reculer, ou y aller auec toutes fes forces. Si lâAmiral 8c le Prince euffent eu les leurs,le Duc ne les eut pas attaquez.En apres,quand les armées logent efeartees, elles tombent en desincon-quot; oertiens que la fulElance des meilleurs chefs ne peut de-flourner.
Apres celle iournee le Duc enuoya alTieger Cognac, 8c çmbralfadiuers autresdelTeins, comme firienneluieuft iTinnéé impoflible, veu mefme quâau pirauant quelques pla-ces de Poiétou auoyent elle cnleuees à ceux de la Religio. Maislt;o§riacarrclta le Cours de celte vidloice, tellement
ChARIÃS NEVriSSMÃ.
que Je Duc apres aiioir perdu les plus efchaufezdefon in-fanîerie en ce liege,penfa gaigner dauätage par intelligen-«e fur S.Ieand'Angcly,où nâayant rien auancë, fitfommcc (,lt; ceuxdâAngoulefmc, qui nercfpondirent que menaces de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m*
lui faire recenoir honre amp;nbsp;dommage fi fon armee en ap-« âac«* prochoit.Tandis que fon confejl penfoit aux moyés dâem- c ployer fes forces en autre endroit, ceux de la Religion en-renttemps Stloifirde fereioindre.LâAmiralmenalesPrin J , cesde Nauarté 8f de Condé de S.Iean aTone-Charente,'â¢* J * où la Roine de Nauarre fe tronna, pour encourager les i fij*) â pins esbranflez, amp;nbsp;auifer à ce qui eftoit expedient. I.aCa-uallcrie y fit reueue, donc le Prince de Nauarre fut declairé nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Clief,aquitoiis,au nombredequatremillemaiftres, pre-ftcrcntfermcnt.Le icune Prince de Condé lui fut adioiat.
Andelot alla parles garnifons faire reueue de lâinfanterie, . puis fit vn voyage en Poiftou pour affembler les troupeS^},« â¢âAz* efparfcs, poutuotr à lâargent, 8t brider les courfes des end »-Jâémis.Au fortirdelà jfurprins dâvrie heure chaüdc,il fcretira dedans Saintes, où il décéda incontinent le 17. iour de May, au grand regret de tout fes amis amp;nbsp;feruiteurs. Son corps ouuert fut ttouiié auoir efté erapoifonné ; ce qui fut pratiqué peu de temps apres à lâendroit de plufieurs autres Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes de la Religion, pat lâauis de René de Birague, Italien, lors garde des féaux amp;nbsp;depuis Chancellier de France, lequel (ouloit dire alors tout ou-uertement, quâil ne faloit point faite la guerre auec tant de peine amp;nbsp;de defpenfe, ains futfifoit dây employer les cuifi-niersjfous lequel mot il entendoit les empoifonncurs, Lâe-ftat de Colonel dâinfanterie Françoife du lîeurdâAndelot fut baillé à A cier, amp;nbsp;fa compagnie à Beauuais la Node qui eftoit fon lieutenant. Mais la charge de toute lâarmee amp;nbsp;le foin des afaires principales tomba fur les efpaulesde lâAmirahgrandement refpeéfé de la Roine de Nauarre,des Princes, Seigneurs, gentilshommes , capitaines, brief de tous les grands amp;nbsp;petis qui lors faifoyent profeflîon de la Religion.
Quant à lâarmee du Duc, elle couroit le Saintongeois, it Angoulmois amp;nbsp;Limofin, repren.int quelques places, nq-Afm-iù.ï cù raniment Aubeterre.Le Comte de Bnffac,Colonel de Fin-fanterieFrançoife en icelle armee.Sc chef dâvn regimen de quarante enfeignes, auec la plufpatt des forces fntreptint
M.D.LXIX^
Charus Ni t tu s mi;
dâaflîcger Mucidan. Ceux de dedans apres auoir bien lîe-fcuduia ville lâabandonnèrent amp;nbsp;bruflercnt, lè retirant aU chafteau quâils debatirtnt vaillamment,fouliindrent quelques alfauts, tirerêt les plus ûgnalez des regimens de Brif-fac, Monluc St des Cars, encre autres le Vicomte de Pom-nadou,amp; finalemét Brilfac mefme,qui aprochant pour teco 1101 Are la brelche amp;nbsp;les dcfenfes.nâeu A li to A môAré le nci i^uâvne barquebuzadc lui perça la telle, lâabatât roidc mort ⢠lur la contrelcarpe.ll nâauoic lors que vingt cinq a vingt lis ans,amp; fut fort regretté de ceux qui lâeAimoyent dcuoir e-. Are quelque iour lâvn des grands chefs de guerre de nollce léps.Quelques ioursapres les aH'iegez sâeAant rendus vies amp;nbsp;b.igues fauues nâeurent plu AoA perdu la veue de leurs muiaiiles que (cotte la foy iuree St promile) la plufpatt fu rent taillez en pieces pai les aAiegeans de le (pares pour la mort de leurs Colonels amp;nbsp;meilleurs foldats quâils auoyenc perdus. DâvnautrecoAé le capitaine Piles conquit lâiHe dé PiÃe Medoc entte Boutdeaux Si la Roebelle,où tous fes foldats 4,c, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sâenrichirent,Et Ie Duc quitta la Guyenne, prenant le che
min de Berrijaündeioindreà fon armee les forces du Duc dâAumale, pour empefeher lâarmee Alemande amenee pat le Duc de Deux Ponts de fe ioindre à celle des Princes. Les Parirear- jg Mouy,Icnlis,Moruilliers, Fequieres,EAernay Si Vient» autres auoycnt toA apres le commencement de celle troi-peina 4«* lîefrae guerre ciuile fait vn amas de y.oufixcenscheuauü TieiÃrtt, St deux mil harquebuziersaucc lcfquels(ne pouuâspoutla fmr let cm JiflSculté des palfages trauetfer en Guyenne) ilssâathemi-ieî'pnn'eâi u^tenc en Brabant vers le Prince dâAu range amp;nbsp;leCôte Lu-à frawri/atiuuic fois frerc.lefquels, aprcs auoir par quelque temps 81 trance, ir dâvn heur variable entretenu la guerre cotre les Efpagnols, mattgré le, palferentia Meufe, maugré le DucdâAlue ,auquel (loints armee, en- praçois) ils prefenterent bataille,quc lâEfpagnol refu-nemie,. fj^youlât les confommer à faute de viures, qui leur furent fl courts quâils prindrent parti dâentrer en Frâce, où venus iufques à Vitry,fur la deliberatiô de ce qui cAoità faire, ou de pouAer outre dans le royaume eAonné de voir tant dâat-mees,ou rebroufler vers lâAleliiagne amp;nbsp;fe ioindre à lâarmee que VVolfgâg Côte Palatin du Rhin amp;nbsp;Duc de Deux Pots drelfoit pour les Princes,Jsfuiuirétle fecôd auis.Orh Ion côfidcre de près le lôe chemin que fit ceAe armeçAlemâde, depuis
Charles nbvfiesme.
depuisle Khin,iufques cn Limofin,enfemble les grands amp;nbsp;Continuels empefchemcs quâelle eut, Ion tiédra pour nier-ueille,qu'vnearmee cftrangere, tancefpiecSt maluoulue, foit venue au delfus de lès defleins. Vray eft que les guerres eludes ont touliours facilité Iâentree aux nations voi-fines,qui nâeuflent olé regarder la porte,fans I'apui dâvn des partis. Mais quand la faueur fe trouue petite dâvn collé,amp; larelillance grande de lâautre : alors admire-ondauantage les exploits de ceux qui fe font ainliauanturez. Cefutvn grand foulagement au Duc Aleman dâauoir auec lui le lâtince dâAurange,le Comte Ludouic ,1e Comte Wolrad de Mansfeld,amp; le fecours François ful'mentionné.Ses trou _ â nbsp;nbsp;.
pes elloyent de cinq mille Lanfquenets amp;nbsp;de lîx mille Reiftres. Auec celle petite armee il fe mit en chemin, pu- hnundt. ' hliantpar cfcrit les caufes de fon acheminement vers les Princes.LeConfeil pres du Roy fetrouuant à recommencer, ordonna promptement vne petite armee conduite par le Duc dâAumale,pour artefter ce fecours : mais fe doutant delà foiblcfle dâvn tel chef, peu adroit ,amp; malheureux en fait de guerre,y en ht encores ioindre vne autre,à qui com-mandoitle Duc de Nemours, prefque pareil à lâautre. Ces , deux corps aflèrablcz auoycnt beaucoup plus dâinfante- i»,â. eie, mais moins de cauallerie que le Duc Alcman. Leur , rclolution fut de nâattendre pas quâil entraft dans la Frau-cepour y rauageri ains sâauancerent iufques aux confins delâAleinagne. amp;nbsp;esenuironsde Sauerne, desfirent le regimen du Capitaine la Coche Dauphinois , compofe de pieces ramalTces,lequel pretendoit fe ioindre aux Lanfque-nets. Pour celle defroute,le Duc Aleman ne lailfadâen-trer en Ftâce par la Bourgongne, là où les autres vindrent fUiti. lâacofter, Sc iufques a ce quâil euft gaigné la riuiere de Loire (nâayant pas fait moins de quatre vingtslieuês) ia-niais ne lâabandonnèrent,eftans ordinairementà fes flancs, ou a fa queue: amp;nbsp;plufieurs fois les armees sâentre virent, amp;nbsp;sâattaquèrent par grofles efearmouches. Le Prince dâAurange a dit fouuentesfois depuis quâil sâesbahiffoit comme en fi long amp;nbsp;difficile chemin les Catholiques Romains nâauoyent feeu choifir vne occafion fauorable pour \ eux, amp;quequelquesfnis on leurenauoit offert de bel-les,acaufedelâembarafrement du grand bagage. Outre les grandes forces que menoyent les Ducs dâAumale amp;nbsp;de
W.D.LXÃX, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch A RIKS HEÃflISMI.
Nemours,ils aiioyent la faueur des villes, du pays, des tî* uteres, fçauoyencle delfcin de lâarinee ennemie qui.confi-ftoit î faire chemin, amp;nbsp;a gaigner par force ou par furprife vn paflage fur Loire, où elle paruint maugré leurs rufes Sc efforts. Aucuns ont dit que le difeord qui furuint entre eux leur fit faillir de belles entreprifes, quâils eulTcnt peuexe^ . nbsp;nbsp;cuter,sâilsfulfent demeurez en bonne vnion. Mais outre
lt;» redoutoyent la vigilance de Moruilliers f lâinju-fteJi.ffltn ftrie de Feuquieres, la promptitude amp;nbsp;vaillance de Mouy,' Z«/ZieOTwr«. Efternay amp;nbsp;autres chefs, lefquels les tenoyen ten alarme continueltSt fans les nouuellcs de la iournee de Baffà c,Aumale amp;nbsp;Nemours euflent efté desfaits ou contrains de congédier leurs troupes, amp;nbsp;fe retirer dedans les villes. La ha-ne,quâauoit lâarmee Alemande leur vint à poinél. Orcc-fle grandâ barrierede Loire deuoiteftre encore vne fécondé amp;nbsp;trefgrande difficulté pour arrefter tout court ces cou-reurs.-dautant quâelle ne fe guayoit point fi bas,8c que toutes les villes fituees deffus leur eftoyent ennemiestmais vii tel paflage eftoit fi neceffairc quâil redoubla leur diligence, hardiclTe amp;nbsp;inuentionitellement que contre toute opinion * nbsp;nbsp;nbsp;de leurs aduerfaircs, tant deçà que delà le fleuuc,'ils alle-
u nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rent attaquer la villedela Charité,où il y a vn beau pont,
j'rti'j'ii,' 1' Entre autres fautes des Catholiques Romains, renforcez itV nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fecours dâItaliens que le Pape leur auoitenüoyé.afça-
J uoir douze cens cheuaux, 8c quatre mille piétons, celle ci ne fut pas des moindresiquâils auoyent laiffé ht Charité dâe ftituee dâhommes : au moyen dequoy ceux de la Religion prelfcrent tellement cefte place, amp;nbsp;lâeftonnerent par tant de mines 8c menaces j quâauant quâon luieuftenuoyédii fecours, ils lâeurent emportée : ce qui leur fut vne ioye incomparable,mais rabatuc par le décès de Fcuquicres,8£ autres chefsjqui furent cmpoilônnez en chemin, (uyuantles préceptes de Birague.Sans cefte prinfe, lâarmee Alemande eftoit en trefmauiiais termes,8c euffent les chefs efté contrains de remonter iufques à la fource de Loire, qui eftoit Vn alongemcntde plus de foixantelieues ;qui piseft, prenant ce chemin là ,ils sâembaralfoycnt en vn p lys motueux gcbocagcuxj où la caualerie ne feruoit que dâempefehe-ment. LâAmiraleftimoic ce paflagecomme impoflîble,S nâaprehendoitf^ùe defroute,ayant dit fouuent a fes plus fa-HütA«« Cl miiiers,quâil.{itâpouuoitaider cefecours, a caufequelâar-jnee
Ch Am ES METfi { IUI, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^7
Bee du Duc dâAnjou efloit au Jcuant:amp;quScauxReiftres/â-â^^' lt;*'»' Sc François,quâils en auoyent deux autres furies br3s,amp; v-ne riuiere trop difficile à palTcr, Dauantage, quand ils lâau-royent pafifee, toufiours les armeesennemies jointes en-fenible les auroyent desfaits auant que Ion fuft à vingt lieues dâeux pour les fecourir.Mais entendant le fucces du fiege de la Chanté, il reprint efperance, difant, V oila vn bonprefage, rendons-le acompli par diligence Strcfolu-tion. Incontinent les Princes sâacheminèrent auec leurs troupes vers les marches de Limofin, pour s'approcher de jâarmee du Duc d'Anjou,3c la tenir en ceruelle.Cependant ils eftoyent en continuelle peine, nâattendans que lâheure quâon vinil rapporter que les armées ennemies fi puifiantes auroyent englouti leurs Reiftres. Mais il en auint tout autrement : car ils fccurent prendre lâoccafion fi à propos Sc auec telle promptitude, quâils les outrepaflèrent, eüans guidez par les troupes prançoifes,où Mouy entre autres fc porta valeureufement, contre diuerfes courfes ennemies ââ quâil rembarra plufieurs fois,amp; tirèrent vers le lieu où lâA-tniral leur auoit mandé qu'il viendroit fe rendre auec dix mille harquebuziers amp;nbsp;deux mil cinq cens cheuaux. En celle maniéré fur la fin de luin, le fit la côionélion des deux armeesjauec grande allcgrefTe.le Duc de Deux Ponts mort de fieu te peu de ioursau paiaiiant,auquel fucceda le Comte de Mansfeld.Ce voyage Stpalfage fauotable ramentoic aux chefs de guerre,quâils ne doyuent perdre rcfpoir,quoy que les difficultez qui les enuironnent foyent grandes: car il ne faut quâvn accident fauorable pour les defmefler, lequel fuit ceux quis'efuertuent amp;nbsp;fuit les parelfeux.
Les deux années,alors ttcfpmfTantcs (car en la Ducale y auoit plus de trente mil hommes, amp;en celle des Princes rèdirtà bien vingteinq mil) furent contraintes de sâc(loigner,afin laTt^^htbtl detrouuercommodité deviures,pourccquele pays deLi- nbsp;nbsp;nbsp;Striai
malin eft infertile : mais elles fe rapprochèrent vers Sainét Ytjet la Perche. LâAmiral voyant que la fterilité du pays Contraignoitles troupes déloger à lâefeart : 3c que poure-/.tnre,«. flremontueux amp;nbsp;bocageux,les places de bataille eftoyent fouucntfort incommodes, délibéra de preuçnir pluftoft quedâellre preuenu. Quelques iours auparauantles Princes auoyët drelfe vne humble requefte au Roy,pourauoir la paix,Mais leDuc d'Anjou ne voulut onques donner paf-
îi.D.ixrx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Chamis NIVFIïSMï.
feport à leur député : dont lâAmiral fit de grande; plaintes^ notammét au Marefchil de Montmorency. Et voyant que fes ennemis ne demandoyent que guerre, il confcjlla les Princes d'aller furprendre lâarmee Ducale qui eltoit pres de la en vn lieu nommé Rochebclle. Ils partirent auant le poinft du iour,refolus de donner bataille : amp;nbsp;arriuetent lia propos, quâils furent à vn quart de lieuë de la telle du camp ennemi, deuant quâon prtnft lâalarme dâeux. Le fort logis feruit bien à ceux qui eftoyent en garde, amp;nbsp;eftoit le Colonel Stroflî acouru au bruit auec cinq censharquebuziers, pour renforcer trois cens autres des liens en garde fur la principale auenue, il trouua l'efcarmouche commencée. Sa valeur feruit beaucoup à fon parti; car il fouftint quatre mille harquebuziers des Princes lâefpacedâvne heure,lequel tenhps feruit beaucoup à lâarmeedu Duc pour fere-conoiftre amp;nbsp;ranger. LâAmiral ellonné dequoy Ion ne pouiioit forcer le pas,y enuoya Brueil, capitaine trefauifé, lequel conut incontinent la faute. Ayant donquesdifpofé quelques croupes,amp; fait desbander quatre cornettes deca-ualcrie pour donner lâefpouuinte,tl fit commencer vne rude charge, en laquelle certaines palilfades qui couuroyent les regimens de Stroflî eftans rompues , fes gens furent defotdonnez eu telle forte, que les furuiuansprindrentla fuite, laiflans morts vingtdeux de leurs chefs amp;nbsp;cinq ou fix cens fantaflins fur la place, amp;nbsp;leur Colonel prifon-nier, fans la refiftance duquel lâauantgarde des Princes fuft paruenuc iufques à lâartillerie du Duc fans aucun em-pefchement.Mais auec cela la pluye furuinc, amp;nbsp;continua de ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;telle forte que force fut aux vidorieux faire retraitte.Le lé-
demain fut employé enquelques alarmesamp;efcarmouchcs, en lâvnedefquelles pres de i.cés Ifaliés amp;nbsp;quelques falades de la côpâgnie de Nemours, pour sâeftre trop auâcez,furet chargez par Mouy qui en tua vne partie,prît des prisôniers, ayât dôné la chalfe aux autres, qui sâen retourneréc encore plus ville quâils nâeftoyét venus: auflî eftoyét ils montez a ïâauâtagc, iurcheuaux dâEfpagnc,propres a telles retraites. Lts Princt) Incôtinét apres celle récôtre,leDuc bcêcia sô armee pour Itigntnt dt fe refraifchir iufques au commencemétdâOdobre,logeant «lt;ââ¢ÆÂ« pla- lâinfâterie en garnisô es lieux prochains de la Guyéne. Les «»,»«!lt;« Pcinccsdemeurerct cepédant encâpagne,prindrétTiuicrs, firiptfl,Sainél Sulpice,Biâtonne, ChafteaulâEuefijue.la Chapelle, amp;nbsp;CôfoLït,ChabanezSS.Genais:les vne;parforcc,lcsau-
Charli'S NivnisMi.
tres parcópofitió.LeCótc du Lude gouuctneur dcPoiÃoii aooit promis au Duc de faire meruedles, amp;nbsp;tädi' que lâar-mee des Prices eftoit en Limofin.fuiui de j.iiiille homes de pied 8c de quelques cornettes de eaualerie afliegea Nyort, ville de côftquéce.dedâs laquellePuuiaut entra vileureuie mét âuec quelques gé' de clieual 8c de pied, maugré les af-fiegcâs.qui furent repoulfei en trois afljucs,8c en quelques efcalidcsipuiscôtrainsleuerle liegeaucômencemétde lui! let,ayâsperdu plus de y.cés hômes dcuâc la placé,non cotn-priniés 4, cornettes de caualerce pour Je Cptc, que la N oue auoit desfaites quelques tours auparauât a Frötenay-demi lieue près de Nyort, Teligny enuoyé au fecours des aflîe-gczfutcaufe que le Côtehaftafa retraite, logeât les relies de l'on armee a S.Maixât.Lufigné amp;Mirebeau.Les Princes sâeftoyëtaprochezde Poiélou ccpëdant, 8cJeJi.de luillet ptindrët Chailelleraud par compofitiô: 8c trois Jours apres canônerent le fort chafteau de Lufignen,qui leur fut rendu par eópofition le ii.du mefme mois.amp; y eftablirét gouverneur le baron de Mirebeau.auec deux enfeignes, force ca-nô.Scdes munitiés luffifantes pour arteller vne pujfl'ante ar mee.Deux iours'apres ilssâacheminefêt vcrsPoift''ers,prin drent Couhé (dont la garnifon Cath.Romainc aima mieux februflerpar defefpoir aucc 8c dedâs le Chafteau, que de fe rendre à Verac feigneurdu lieu quilestenoit aflîegez) Sâ-fay, Viuonne, 8c autres petites places circonuoifines pour toufiours ferrer ceux de Poidiers, 8c acourcir leurs viures.
Auâtquc partir du liege de Poiftiers,adiouflôj quelques accidës notables en diuers endroits alors. Au mois de Iuil-^(ââj let Chaftilló fur Loing 8c Chafteau regnard,places aparte-nâtesjà lâAmiral furent furprinfes.Sc les meubles de lâAmiral portez à Paris, vendus partiel Jâencan,le plus précieux pillé par ceux qui ne trouuent rien trop chaud ni trop pe-fant. Quelques caualiers. au nombre de quarante desban-* dez du camp des Princes apres la prinfe deStroffi , sâe-ftoyent logez 8c acoiïimodez dedans Regeane, chafteau apartenant à lâEuefque dâAuxerre. Mais ils y furent incontinent airicgcz,canonnez,8c tuez prefques tous, fors le capitaine Blolfet 8c quelques autres qui efehapperent. Entre ceux, furquiIonexercea vne vengeance horrible, fut vn petfonnage dâAuxerre,furnommé Cçeur de Roy,qui prins prifonnicr fut mené à Auxerre, puis incôtinent de Ãpouillé, tué ôchaché en pluficurs pieccs.Lcs meurtrictsluj tircrét le
M.D,iïÃ3£. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charus nevtissms.
cÅur du ventre,Ie decoupereiic par morceaux, expofezeiî vente, mis fur les charbons amp;nbsp;mangez par certains liens ennemis dcfefperez,qui durant fa vie lâauoyent menacé de ce Canibalique traitement. Voila iufques où le zele tranf-porta ces Catholiques Romains.
Terride gouuerneur de Querciauoit eôé :^iKiîiriim- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Bearn, Foix amp;nbsp;pays Nauarrois pour remettre le
mtri tn *out lous lâobciflance du Roy, h la Roine de Nauarre amp;c le â¢Â£tarn,cm- Prince fon fils ne quittoyent le parti de la R,eligion.Tcrri-trtTerriiie.de acompagnéde Negropeliffe,S.CoIombe 8c plufieurs au ties,sâeftoit aifément emparé de tout,8c cenoit afiiegé Na-uarron,feulc place forte reftec à la Roine. Les Princes entendans cela dcfpel'cherent le Comte de Montgommeri pour y remedier,lequel fuiui de deux cens cheuaux sâen alla prendre les forces des Vicomtes en Gafeongne, de force qu'au mois de luilletauec vne petite armee de quatre rail harquebuziers 8c cinq cens cheuaux, dâvne diligence amp;nbsp;foudainetc nouuellc (qui lui alTeuta fon voyage, trompa les garnifons ennemies, notamment les troupes du Matef-chai dâAnuille,de Monluc, Gohas 8c autres, qui auoycnt pres de mille çheuaux 8c quatre mil harquebuziers, Icf-quels ne marchoyent quâà iournee de Camp,) il patuint entier iufques à vne iournee de Nauarrin , contraignit Terride,campé là dés le commencement de luin, de Icuer le liege,8c fe fauuer dedans Orthez, à caule que fes troupes eftoyent desbandecs,pour viure plus alâaife. Le Comte court apres Terride,8c,pour ne lui donner loilîr de fe rc-conoiftre.ni de ramafler fes gens,lâalîicgc, rair.iut,8£ force la ville,où il y eut vn grand meurtre ; fait foudain braquer le Canon trouué dans la ville contre le Chafteau, refuge de Terride, lequel eft'royé de ü terribles recharges fe rendit vie fauue auec fix cheuahers de lâordre amp;nbsp;plulieurs Capitaines, à qui la compolition fut tenue, exceptez Sainde Colombe,le Baron de Pordiac, Gohas, Fauas, 8c quelques autres.que Ion fit mourir, pource quâils eftoyent fuietsde la Roine,parconfequent criminels delefe maiefté, pour auoir prins fes places,fait reuolter la plus part de fes luiets, amp;nbsp;tafehé de réduire le pays à l'obeifl'ancedâvnn.iuueau Prince. Le malheur de 'Terride public intimida tellement le relie des villes 8c places fortes, que les vfurpateurs dâi-fellesttotiftans bagage d'heurc,leNauarrois,FQix icBearn fçrcnr
C H AR. LIS N ï» t I I S M I.
ferengerent bien co ft à leur PrincefTe, fors la ville de Pau, principale, où comniandoir vn nommé Pere, lequel auoic promis à Moulue de la maintenir,y auoit fait pendre quelques officier,amp; tuer des miniftres'.Mais le Comte lui ayît dcf'pefché vn trompette^, Peré fe retira foudain, laiffant la place à qui elle apai tenoit.Moiiluc brafloit en ces entrefaites quelques trahi Tons auec le Capitaine Baffillon, lequel auoit fouftenu le liege dans Nauarrin contreTerride.Lcur pratique defcouuerte, Badillon fut tué;amp; Monluc qui sâa-uançüit pour sâemparer de Naparrin contraint reculer,puis joint auec la Valet te,força la ville du mont de Marfan,où il defehargea facholerefutlesalîiegez, qui furent prefques tousmisaufildelâefpee. Montgommeiy ayant garni les places de fa conquefte.vint à Nerac,5c y fit la guerre quelques iours aux garnifons voilînes,puis en diligence fe rendit en lâatinee des Princes auec vne bonne fomme de deniers tiree de fus conqueftes, amp;nbsp;cinq cens chenaux qui le fuiuoycnt.
le Duc dâAnjou confiderant combien lui importoitlc paffà ge que les Princes auoyent gaigné fur Loire à la Cha- ehantt fur tité, peu fortifiée depuis faprinfe, refolut de leur enleuer Lanfitc,^ desmainscelle place. Câeftoit bien auifé-.carsâen rendant âjMUtinfia niaillre il leur oftoit tout moyen de moleftcr les prouinces ' â^'***-deçà Loire,5: fe referuoit les nerfs de la guerre, auec in fi- ⢠nies commodité?, pour les refraifehiflemens defonarmec. '* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'*
Mais en lieu de sây 'acheminer en diligence apres le palTâ-ge des Rcillres, il fe contenta-de commander au lîeurdc Sanfac dây pouruoir. Icclui, nâayant eu parauant commif-fiun de telle confequence,penfa quâà force dâhommes amp;nbsp;de canohnades il feroit quelque chofe.'Ainlî donc le lixiefmc iour de luillet, acompagné de fept mille piétons ramalfez des garnifons dâOrleâs, Bourgcs,Cbartrcs,Neuers,Gyâ 8C autres villcs,enremble de cinq ou fix cens cheuaux,il alïïe-g'e la Charité, change 8c rechange par trois ou quatre fois fl battcrie,nâefpargne ni poudres ni boulet s; 8c apres auoir , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fait brefehe pour entrer auec cheuaux 8ccharrettes, com-mandeà fes foldats de donner vn alTaut. Câeftoyentgens» ' acouftumez à piafçr fur le paué des rues.Sc à faire des feop- 'i»«*^«*,** peteries deuant les damestau moyen denuoy quand'ils virent que les alïiegezfe refoluoyentà vnc magnanime de-fenfe, le cccut leur deuint foye, 84 faluc que leurs capital-
r. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Y- i-
M,D.ixix, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis njvhijms.'
pes enfeignes , fergens amp;nbsp;autres membres fiflent Ia poin. te.De cent de ceux là ,il nâen reuintpascinqau camp, ains tous furent abacus à lâentree des brefcbes, 11 y eut pis: câeft que fur vn faux bruit feme par tout le camp de Sanfac que lâarmee des Princes vcnoat au fecoürs delà Charité, amp;nbsp;que le Capitaine Bloffet eftoit défia en Berry auec deux cens cheuaux , pour marquer les logis amp;nbsp;donner vne premiere charge,les allîegeans le donnèrent tel alarme, que fans au* ,tre enquefte ils mettent leurs enfeignes au ventxmarchaos jour 8c nuift pour fe nicher en leurs garnirons.Le fiege du-j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ta pres dâvn mois, où Seen la retraite les afllegeans perdi
rent presde mil hommesdes'aflîegezenuiron cent.La ville deliuree de ce fiege, amp;nbsp;quelques iours apres renforcée des compagnies de Blaflet,Bois,8£ autres, desbandez du camp pour venir voir leurs maifons 8c sây refraifchir,les chefs firent eftat de courir la campagne, amp;nbsp;aller en quelle pres amp;nbsp;loin. Sur celle refolution ils prindrent Donzi, Pouilli, Antrain, Sainft Leonard, 8c autres villettcs autour dâeux, couransle Berry,leNiuernois8c pays voifin,au grand dommage des Catholiques Romains,
. ..... Les Princes ayans Lufignen 8c Chaftellcraud en leut tnursiufie poiflance,plufieurs de leur Confeil cnclinoyent à lâalTicge^ ItitPti- ment dePoiftiers.Oosâaffemblapardeuxfoispourcnre-ÿint. .. foudre, 8c y en eut quelques vns qui ne trouuoyentnulle-' ment bon quâon attaquai! cefte grande ville, entre autres rAmiral,ains quâan fuiuid le premier delfcin, qui eftoit de forcer Saind Maixaut, où eftoit Onoux colonnel dâvn des regimens du feu Cagt;mte de Briflac , (lequel fe ieita tolla-pres dedans Poidiers) puis aller'inueftirSaumur, ville foible alors, fur la tiutere de Loire , pour la faire for-! tifier en diligence , afin dâauoir pres dâeux vn p-ilfage alfeuré pour porter la guerre en Automne vers Paris, dâoù foulBoyent les vents qui agitoyent ainfi toute la France. 11 remonftroit quâaucc les DucsdeGuifcSc de (zl't rc y â¢â¢ Mayenne plulieurs capitaines 8c comfyignies tant de çhr-ualquede pied eftoyent venus à Poiftiers, lors autant
. fournie de gens de guerre que ville de France, 8cquâor-* dinairement ces grandes places ainfi munies font les fepulrures des armees : concluant quâil faloit tirer vers $ain£l Maixaut, dont Ion auroit raifon en peu deiours, Mais
ut-
CnARtïS N t V 11 S S M t, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I7»
Mai, les principaux Seigneurs amp;nbsp;Gentilshommes de lt;nbsp;t Poidouinfifterent, tant au confeil quâailleurs, quâon ne perdift vne (î belle occafion, amp;nbsp;que la ville ne valoir du *''')*âgt; toutrien. Que plus degens il y auroit dedans, ce fe-Toit plus de proye, que prenant cefte place, on gaignoit tout Ic Poidou, riche prouincc, amp;nbsp;oftoit on vne retraite fort commode à lâarmee Ducale. Mais les auteurs de ce confeil , oublièrent à reprefenter la refolution de ceux qui gardoyent Poiftiers, les grands moyens quâils auoyent de fe defendre, le petit attirail dâartillerie, de munitions , amp;nbsp;de pionniers pour airiillir, amp;nbsp;autres incom-moditez. Car encor que la place pour fa fituation, eftant enuironneede montagnes, qui lui commandent de pres, incommode infiniment cenx qui veulent la defendre, les Princes eurent lors ce defaut, quâayans attaché par vn lieu, ilsnepouuoyentpourfuyure viuement leur batterie ni les autres ouurages, amp;nbsp;donnant temps aux af-fiegez de deux ou trois iours, ils fc fortifioyent tellement quâil faloit recommencer autre part batteries nou-üelles, ou lemefine auenoir. Ce liege ayant duré quelques feuiaines, pendant lequel temps plubeurs brefehes furent faiftes, quelques poinâes données, pltifieurs ef-carniouches amp;nbsp;forties, finalement la difette aflaillit les afliegezqui eftoyent en grand nombre, amp;nbsp;les afliegeans furent acueillis de maladies, amp;nbsp;priuez de munitioiwde guerre, les troupes eftans contraintes fe desbander peu à peu. Les afliegez auoyent perdu plufieiirs de leurs meilleurs capitaines amp;nbsp;grand nombre de foldats, amp;nbsp;leur neceflité fe conuertilfoit en famine , tellemènt que les afnes amp;nbsp;cheuaux ne furent pas efpargnez. Le Duc dâAn- , jou atierti de cefte extrémité , amp;nbsp;dâautrepart anfli nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
commencement de dmipation en I armee des Princes, print auis dâaller aflaillir Chaflelleraud , moyen propre ger rn- , pour defgager Poiftiers, fi les Princes ne vouloyent laif- Sien. fer perdre vne place où plufieurs de leurs feriiiteurs e-ftoyent enferrez. Mais cefte refolution du Duc vint à propos aux Princesicar celeur fut vne legitime occafion de le-uer le liege, quâanflî bien eulfent ils leué, nâayans plus de moyen dây fubfiftcr.Sonimc,afliegez amp;nbsp;afliegeans ne furet dt long téps plus empefehez que ceux dcPoià iers amp;nbsp;le cap
M.d.lxix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charus m i tt mut
des Princes »lors.Les Chefs valeureux fc laifFcnt.aifcmenc â¦V/, nbsp;nbsp;nbsp;* aller a hauts defleins, pource quâayanslecÅurhaut.ils
â . â¢â¢â »V sâarrêtent aux obiefls de mel'me nature. Mais ce quâon dit eft trefuericable,Qui trop einbrafle,mal eftreinr. Les Dues de Quife amp;nbsp;de Mayenne acquirent de lâhonneur pour a-â uoir en leur icunelTe efté au nombre des chefs gardant vne ' fi mauuaifeplace, contre despuiflansennemis. Quanta lâarmeedu Duc.sâcftant prefenteedeuant ChaftelleraudS Itaiiëi tat- fait brefchc,lcs Italiens enuoyezpar le Pape firent inftan-fn à ce pour auoir la poinfte, laquelle leur efeheut au fort des ftUtraud. dez.lls.allerent brauement à lâaffauttlcs aftiegez leur iouer rent dâvnc rufe, les laiflant monter,puis for labrefcheles combatirent à coups de main,8t apres auoir tue les chefs,amp; quelques centaines des plus déterminez foldacs, contraignirent le reftede fe retireren defordre, ayans laiflëliirla brefehe cinqenfeignes Si plus de x5q.hommes niorts. Les bleftez en grand nombre ntoururept toft apres. Celaauint le fcptiefme iour de Septembre. Les François ordonnez pour fnuftenir les Italiens auoyent defifaigné de marcher en queuè,amp; ayans elle fpeftateurs de celle baftonnade,qui tabatitbicnlaprefomptiondeceuxqui refterent, voulurent aller à vn fécond aflaut : mais ils trouuerent lesaflie-gez,tellement afleurez à caufe de leur viftoire, quâils nâo-ferent les attaquer.
Le Duc nâayant pas fon armee complete. amp;nbsp;voyant oue fiege sâen alloit du tout leué de déliant Poiéliers,incontiâ d'Unpa rfrfftit apres lâaifiut donné à Chaftelleraud par les Italiens, de»aiit cha craignant sâeinbaraflcr.fit en extreme diligence retirer fon ^lUraud, artillerie, amp;nbsp;à force de bras dâhommes outre les çheuaux paffer la riuiere, pour la mettre à feurcté. Puis il partit Ces forces, commerrant lâartillerie aux Suiffes foullenusde harquebuziers François amp;nbsp;Italiens, lereftelaiffédeuant chaftelleraud, où les efcarmoulhes continuoyent. Sut le foir du 8.iour de Septembre, la refolution fut prinfeque toute lâatnriee fe retireroit en lieu fort, nommé la Celle de Il la riuiere,qui paffe à la Haye en Touraine.à fix lieuçs de Chaftelleraud. Ainfi donc les troupes du Duc marchèrent toute nuiften grandâdiligence,pafl'creni la Creufe au port de Pille,à cinqlienës de Chaftelleraud. A ce paffage furent laiffez deux mil harquebuziers amp;nbsp;quelques Cornettes de Cauallerte pour fouftenir les forces des Princes,afin quâelles ne
C H A R. l E S N ï V r I à S M ï. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;17/
les nepeuffent donner fur lâarmee Ducale,nonaflezpeif-fjntealors pour les foufteoir. Le Duc auec le telle de fes lA troupes S fon artillerie fe logea en lieu fort auantâgeux. Celte fiene rettaite fut faite aucc telle diligence amp;nbsp;bonne â conduite des maillres de fon Canip,quâellc merite élire re- lt;â¢'/â f'f â¢* marquee entte les plus notables traits de celle guerre,ayant \« 4 '.(â r i-,j elle le premier moyen de la viftoite que le Duc obtint toil apres a Montcontour,aprcsquâileutà loilir ramafle toutes fes forces parauant efparfcs. Les Princes auertis de celle foudaine retraite du Dut fe mettent à la pourfuite nbsp;nbsp;mar
chent aulTi toute nuicl: fi quâayans paflë la premiere nuie-rejtirent droit au port de Pille, a fin de palier la Creufe, St attaquer le gros de lâarmee. Mais la garde pofee là par le Duc les contraignit dâefearmoueber là plufpart du tour. LâAmiral voÿant quâil y auoit trop de danger pat ce colléj logea lâarmee, 8c apres sâellre enquis des autres palfages cn trouua vn plus haut à la main droite,* où le lendemain toutelâarmee palfalaCreufe,' entre le port de Pille amp;nbsp;la Haye en Touraine j refolu de forcer le Duc à vne bataille, ou lefaire retirer dedans la villç de Tours, en laquelle le Roy eftoit lors. Le Corps de garde du ponde Pille , craignant dâeftte enferme,fe retira foudain au gros de lâarmee Ducale , vers laquelle arriuoycnt dâheure a autre gens de toutes parts. Les deux armées ié mitent lors en bataille: mais entre icelles y auoit vn ruilTeau bordé de marefts 8c lieux fort incommodes pour vn Combat generalxar on nây pouuoit paifer,linon à la file, 8c nâeftoit poflible dây mener , artillerie quâauec danger de la perdre.Lc Ducqui eftoiten ' Vn village nommé la Celle,bien retrâché, flà qué amp;. gabiô-né,ayant dâvn collé la riuiere.Sc vn bois de l'autre, ne voulut defeendre en campagne,ne fe fentant encores affez fort. Les Princes ne le pouuant forcer en lieu fi auantageux pour lui,apres auoit tafehé deux iours durant par nombre dâefcarmouches de lâattiref au cpmbat»faute de viures, le-palferent la Crcufe,puis lâautre riuiere nommee la Vienne, le treizicfme lourde Septembte.Sc fe logèrent à Paye la Vi VJ a C» neufe, dâoù le Duc sâapprocha de quatre lieues deux iours aptes. Le vingt vniefme , fuit exécuté à mort Dominique dâAlbe valet de chambre de lâAmiral, conuaincu dâauoir Trùfirt «-promis à la Riuiere capitaine des gardes du Duc dâAnjou* (moyennwtlafoniBoc de cent efcuydâauâce quâil
M.D.Liix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charus n i v r ie s m i.
afreurancedâvnertaidc valet de chambre du Duc, amp;nbsp;autres grands partis) de tuer lâAmiral fon maidrcpar poifoi» quclaRiuicrelui bailla. Le Prince JâAurangepartidece
*- »lieu,pour vn voyage ncccllaire en Aicmagne,paira en peti-te troupe a la Charité amp;nbsp;à Vegelay : puis ayant traucrléld refte du chemin fans deftourbier arriua où il pretédoitjlai/-'â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fant fes deux frères Ludoiiicamp;Hériauec les Princes.Huit
iours auât lâexecution de Dominique le Parlement de Paris auoit donné vn arrclt de mort contre l'Amiral jâaceufant
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de rebellion amp;nbsp;crime dt le te Maiellc, amp;nbsp;afiignoit recoin-
penfe de cinquante mille efeus dâor iol à prendre lurlâhoftel ville de Paris,aqui le reprefenteroit vif ou mort.Le mcfme iouril fut execute en effigie, comme auffi furent le Vida-me de Chartres amp;nbsp;le Comte de Montgommery,
Le Duc dâAnjou ayant amalfé toutes fes forces amp;nbsp;paffe Ta^b°â»tlb le iô.iour de Septembre, vint a Louduna trois dt Mtntctn P'''« du camp des Princes, qui eftâs en lieu mangé S tturgaigncc ffc raanuaifeaCsiette furent confeillez de tirer vers Mont-Duc coiitour où le logis cftoitauantagcux,amp; y auoit commodi-d'^nitu, de viures. Le bagage marcha par vn cofté,amp; lâAmiral a-uec lâarmec par lâautre, nâeftimant pas que le Duc deuft e-ftre fî toft pres de lui. Mais auprès dâvn village nommé S. Cler, fans que les vns feeuffent nouuelles des autres, I'a-uantgarde de lâarmee Ducale.conduite par Bit on, vint rencontrer quati par fl.inc celle des Princes.Lui voyantlâocta-fion fit vne charge auec mille lances à Mouy, lequel faifoit b retraite pour les Princes auec trois cens cheuaux amp;dcux cens piétons harquebuziers. Cefte petite troupe fut ten-uerfeeamp;mifeen route, enuiron quarante ou cinquante cheuaux amp;nbsp;prefqucs tous les piétons perdus. Telle charge furieufe venant tout à coup amp;nbsp;foudain,aucc le bruit de qua tre canonnades tirees,il sâen engendra tel eftonncmét parmi les troupes desPrinces,que chafeun cômençoit à branf-ler,amp; fans vn palTage qui fe trouua,où ne pouuoycnt paflér que vingt hommes de front, amp;nbsp;lequel retint les lanciers de Biron,toute lâarmec des Princes elfoit comme mile en rou-yte,par ce premier choc.LâAmiral acouranta ce dcfordrc,fe monflra auxfiens, amp;nbsp;rallia tellement les troupes qu'à ce paffage fe firent deux ou trois grofles charges amp;nbsp;recharges (le quiiii^é cens ou deux mille cheuaux à la foisiSc ceux qui paffoyent eftoyét bien vifleméciechalfezpar les auttes-Là ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les
C îi A R. L B s NEV^IESMÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i/»'
Ici Côtes Ludouic de NafljU amp;nbsp;Wolrad de Mansfeld firéc Vaillament.Lcs deux armees te sairenten bataillcdâvne déjà ,lâautre delà , à vne bonne portee de moufquct feulemét* celle des Princes eftant aucunement à couucrt.De paflèr ce P'ifl'ageiperfonne ne lâofoit plus entreprendre pour le peril quâil y auoitidautant queplufieurs efquadrons euffertt aca-ôlé celui qui s'y fuft auanturé.Mais corne lâartillerie duDuc full là ,8c celle des Princes délia à Montcontour,fes canonniers sâen aidercnt,8c endommagèrent quelques efeadrons ennemis,qui ne fe desbanderent pourtant,ains tindrét ferme iulques à la nuicf,à la faueur de laquelle chafeun fere-tira.Le lendemain matin le Duc voulut faire rcconoiftrele logis de Montcontour,amp;esbran(letle$Princes: mais il les trouuâ aux fauxbourgs tresbien fortifiez,n'y ayant autre a-uenueque celle la, où s'attacha vne cfcarmouche de caua-gt; Icrie 8t d'infanterie. Lâârmee du Duc eftoit de huit à neuf millecheuaux 8c dedixfeptà dixhuit mille pictons,y com-prins (îx mille Suill'es de combar,8c quinze pieces dâartillc-rit Les Princes auoyent Gx mille cheuaux que François que Reiftrcs.fix mil harquebuziers,quatre mille Lanfque-nets, fix canons, deux couleurines ,amp; trois autres petites pieces, ayant laifle le relie à Lufignen. Auant la bataille, ÃZutaà /c deux gentilshommes portans les armes au camp du Duc, Utrrifimft eftans elcartez, vindrent acofter aucuns delà Religion, y ayant quelques foffez encre deux, 8c apres leur auoir protefté de né hair le parti des Princes, leur dirent quâile auertilTent lâAmiral de fe donner garde de combatte, dau-laotque lâarmeedu Duc eftoit merueilleufement puif. fante,pour les renforts yfuruenus; mais quâil temponfaft Vn mois feulemét: pource que toute la NoblelTe auoit pro-tefté de ne demeurer dauancage,mais que fi on lâemployoit dans ce temps là , elle feroit fon deuoir. Quâil eftoit périlleux de heurter contre la fureür Frâçoife,laquelle sâefeou-1eroie en peu de femainesiSt feroit côtraint le Duc auec foil tôfeil de venir à la paix,8cde lâottroycr auà tageu fe à ceux de la Religiô. Apres tel auertiffemér, ces deux gétilshômes le retirerét.Les autres allerer de ce pas vers lâAmiral lui en fai re rapport,lequel ilgoufta.Ils lecôterécaufsi à dâautres dei principaux,Sc y en eut qui ne reietterentcela,8c defiroyenc quâô y obtéperafttmais la plufpart eflimerét que câeftoit vu irtifiçe pour eftoaerjadiouftäs «acotï que ceft auis euft apa
Y. iitj. â-
M.D.Lîix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis nevfibsmï.
rcnce dâefttc bon,quâil nâen faloit touccsfois faire eftatipuis .qu'il venoit de perfonnes fufpeéfes, amp;nbsp;qui auoyentacoUquot; fluniéd'vfer de tromperies. Ordinairement, ceuxqaii-proclicnt de quelque ruine, inefprifent les uuisfalutâircs, Mà uiMÃM par lefqucls on tafchi les garantir. LeConleil des Princes airemblépour tefouldtede ce qui eflotta faire,aucuns pro* poferent quâon deuoit gaignet Eruaux, amp;nbsp;mettre la nuiere qui y pafle entre les deux armeesipaitir dés les neufheures du foir 8c cheminçr toute la nuid, pour y paruenit feute-nientjdautantquele Duc cftoit pres dâeux. Autres y eut qui répliquèrent que ces retraites nodurnes, impriment peura ceux qui les font,amp;amoindriffent la réputation,ùô-' nant audace aux ennemis, 8c quâil faloit partir feuleincnt a lâaube du lour. Ce fécond auis, qui elloit le pile, futfmui. LâAmiral ettoit lors en grandâjpcine, craignant que les '^ReiftrcsfemutinairentafautedepayementjiScquetroisüU quatre Regimens lîcns,des pays eflongnez, ne l'abandon-iialfcntiattendu quâils lui auoyent défia demandé conge. Il fauoitaulTi que plufieuis gentilshommes sâelloyent leti-rez en leurs maifons. Pourtant,afin de contenir îâarmee en deuoit il fupplialesPriuccs(quieftoyentaParteiiay)d'y venir. Ce quâils firent 8t amenèrent auec eux enuiron cent cinquante bons cheuaux. Le lendemain matin,Ia gendarmerie fut à cheual dés le poiiid du iour pour aller droit à £ruaux,ayans tous che.mifes blanclies,pour fe mieux reco-.. nbsp;nbsp;. noiflre, sâil faloit combatte. Alors les Lanfquenets firent
»«Æ/»â¬Â«Â«-fi ôn ne leur bailloit argent. Vnquatt /lt;dâheure apres cinq cornettes de Reiftresen dirent autant, fâiiti, 8c fepalfi plus dâvne heure 8c demie auant que ce tumulte sâapaifaft ; donc sâenfuiuit que les troupes nepeurentgai-gner vn lieu auantageux reconu pres d'Eruaux, où il eu fl cflé malai fé de les combatte. Ayans marché vn quart de lieue, on defcouurit Iâarmee du Duc qui sâauanyoit : tellement que tout le loifir quâoo eut fut de Ce ranger en ordre, Ãfenicttreen vn vallon à couuerc des canonnades. Sur-iiint apres tout cela vn autre malheur a Iâarmee des Princes. Cell que l'Amiral voyant branflcrlâauaotgarde du Duc, où il y auoit dixneufcornettesdeRciftrcsen deuxefea-drons 8c venir droit à lui, il manda au Comte Ludoüic Corn mandant lors à la bataille, quâil le renforçall de trois çotnecccs : ce que le Comte l^ mefmc les amena, « nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' fie tout
Ch A M I s H Evt I n Mi. i/J
fictoUt à iâlnftanc de fa venue fe commcçale rombat. ou il demeura obligé. Dont sâenfuiuic que le corps de bataille, ^quot;1â demeura fans chef,ne facliant comme fe gouucrncr:amp;tient on que II le Comte (Seigneur fage amp;nbsp;valeureux) y euft e-fté,ce corps euft fait vn tref- vtile efFort,veu quâcftant ainfi ⦠' » ⢠â¢* »â dcfordonnc.ilcuida mettre enroutelabataille du Duc. Le âºâ¦â* combat ayant dure pres de trois quarts d'heure,les Princes* encore fort ieunes sâeflans retirez quelque peu de temps auparauant,amp; beaucoup de gens apres eux fous couleur de* Its acompaguer amp;nbsp;conduire auec plus dâalTcurance : item lâAmiral ayant efté bleffé au vifage au premier confliû, finalement la Cauallerie des Princes fut contrainte quitter le^ champ,partie de lâinfanterie taillee en pieces,le refte cfpars
amp; fuyant ça amp;nbsp;là . L'artillerie amp;nbsp;les enfeignes dâtnfantcrie / furent priufes : le Comte Ludouic fut fuiui enuiron viieF lieue, lequel fit vne tresbelle retraite auec trois mille ehe- \ Maux en Vn corps: les autres troupes ayans gaigné le deuât. Les viâoricux firent quelquesfois (cmblant de vouloir charger le Comte: mais il tourna toufiours tefte fi dextre-ment, que iamais ils n'oferent le ioindre. En cefte forte il'l / zj marcha droit à Eruaux.puis de là iufques à Pattenay, où ils nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* J
arriua fur les dix heures du foir, cinq heures apres la route : â ' ââ * où le refte fe rendit aufti. Les Princes perdirent en cefte iournee de Montcontour quatre mille Lanfquencts,quinze Cens foldats François, 8c grand nombre de gouiats 8c ferui- ' J leurs: de la Cauallerie pres de trois cens, 8c beaucoup de cheuaux morts ou blcflez.Dâhommes de nom y moururent 1 V Piiigreffier, Autricourt, Biron frété de lâautre qui condui-foit lâauantgarde Ducale,8l S.Bonet cornette de la compa-, ( gnie de lâAmiral. La Nbuc CUier^emeurerent prifon-niers. Le bagage des Réiftres fut tout pîllé , fors les cheuaux que les feruiteurs fauuerent : celui des François,pour eftreplusauancéfurle chemin dePartenay 8c de Nyort, fut garanti.Quant aux troupes du Duc il nây mourut gue-res dâinfanterie : mais de cauallerie, «inq ou fix cens y demeurèrent , 8c deux fois autant de blelTez , la plufpart def-quels decederent toft aptes. De gens de nom furent le Khingraue lâaifné,le Marquis de Bade, Clermont de Dau- Kemin Jes phiné. Le Ducfitenterrerlesraorts,8cficcnioindreauxi*ââlt;d»pflrt villages, cenfes Sc bourgs dâenterrer ceux qui eftoyent les plus prothes dâei^ Telle fut celle içur^cc de laquelle ont
M.Ã.Lxlx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles nevuesMéi
eftç publiez diuers difcours,clonc ie nâa y entjeprins de def-couurit la vanité, me contentant dâeftre aproché au plus pres delà vérité,qui (e maintiendra toufiours fuffifamment elle tnefme. Le MatcfchaldeRezfut incontinentdefpef-'.â¢V ché par le Ouc pour aller à Tours porter au Roy amp;nbsp;à la Roine les nouuclles de fa vidoire , dont toute lâEurope fut incontinent remplie, amp;nbsp;comme la renommee fe fait grande en courant,Ion ne parloir en Italie,St ail* leqrs , que de desfaite entiers de toute lâarnice des Princes,
bebktratiï nbsp;nbsp;Incontinent apres Celle vidoire,les principaux chefs en
4« cmftii lâarmecdu Duc, aflemblezpour fçauoir cequieftoità fai* te,il y eut deuxauis diuers,donc le pire fut fuiui, Aucuns di-* /X-e à pTtt foyent J puis que lâinfanterie des Princes auoit elle desfai-Uiturnee te, amp;nbsp;quâils nâaijoyent plus que gens de cheual la plu* dtManictn fpart Rcdlrcs, fort mal contens pour la perte de leur ba* gt;nbsp;'lâââl fuloit les pourfuyure chaudement, amp;nbsp;quâil en auicndroit lâvn de ces deux eftefts, ou quâon les desfe-roit, ou quâon les contraindroit de capituler pour leur te-
, traite en Ãlemagne; ce quâonobtiendroit facilement, en â nbsp;nbsp;' leur accordant deux mois de gages. Ils adioulloyentque
lâAmiral, auiféchcf de guerre, gcqui le fauoit bien def-mefler dâvne difficulté, quand on lui donnoit vn peu de loifir, râaccommoderoit les forces, amp;nbsp;y en adioindioic en-, _ , cores dâautres de la Gafeongne Si du Languedoc, telle* â â^^menequâau printemps on lereuerroit en campagne aueC I vnenouuelle armee, fuiui de laquelle il rauageroitdiuer-fcsprouinces, 8c porteroit la guerre aux portes dePa* ris. Dâuantage que la prefence dei Princes au milieu de leur troupe eftonnee les ranimeroit peu à peu, St refueillcroit encores beaucoup de courages abatus en autres lieux.fi auec la diligence on ne leur oftoit le moyen de fe preualoir du temps. Brief ils concluoyent que le Due auec les deux tiers de fon armee deuoit fuyurc les Princes; quoyfaifant, fans doute on furccroit les Chefs de fa renfermer pour refuge en quelque mauuaifc place, qui fe-roit lâacheminement de la guerre. Les autres alleguoyent quâilfaloitrecueillir lefiuià certain delà viftoire, en reprenant les villes tenues au nom des Princes, dcfquelles la conquefte feroit aifee en celtellonnemcnt; mais tref* difficile 6c CQUjme ùnpofliWepuis apres, fi oa feut
â nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-â nbsp;nbsp;- âojj
Charles neveiesme. 174 noitloifir de fe reconoiltrc: done sâenfuyuroyent nou-ueiuxrctnuemens , dautant que ceux delà Religion ne pourroyeat ellre domptez, tandis quâils auroyent quelques retraites; lefquelltts quand on leur enleucroit, ils per* droyent la volonté de fe remuer. Qu,c les places qu'on i-UoitaprendreenPoiâou, Saintonge amp;nbsp;Angoulmois ne pouuuyent refifter long temps à vne armee viftorieufe, (i puilfante , amp;qui fe renforceroit tous les iours: amp;nbsp;quc puis »pres la Rochelle fe voyant feule amp;nbsp;defeouaerte ttem-bletoit. Pour le regard des relies de lâarmce desfaite , où les Princes amp;nbsp;lâAmiral s'eftoyent iettez à fauueté, que tout celasâcnalloitfuyantjamp;fcdiflîperoitdefoy mefmcs: 6c que pour en hallcr lâexecution, on pourtoit enuoyer aptes eux mille cheuaux amp;deux mille harqucbuziets,puis faire foulcuer toutes les forces des prouinces où ils sâarrefte-ioyent:amp; cependant mander quérir promptement artillerie St munitions pour paraclieuercedellein,lequeleftant bien execute fetoit vne play e mortelle à ceux de la Religion, qui ne battoyent plus que dâvne aile. Cedeuxiefme auis fut fuiui, en partie feulement, afpauoir au regard de la prinfe des vtlles,non pas de toutes; mais quant à pourfuy-ure les Princes, le Duc amp;nbsp;fon Confeil nây penferent point depuis,sâoccupans à ce qui leur fembloit aifé.LâAmiral déchira depuis au ficur de la Noue, que li Ion eull viuement pourfuiui les Princes St lui', quand ils sâacheminèrent en Gafeongne auec le relie de leur armee, ils eftoyent en danger de fe perdre, veu quâen palTant le pays de Périgord, 8c autres endroits diffici le« ,1 es pay fans amp;nbsp;les petites garnifons les auoyent endommagez,pource quâils nâauoyent que ca-ualleric,non moins haralfeequ'ellonnee.Mais que le temps quâilscureni de fe refrailchir,de fe fortifier dâinfanterie, 8c de butinerd^ans le bon pays où ils allèrent, reilaura les cou rages amp;nbsp;lâc-fpoir de tous.
Les Princes ayans recueilli leurs troupesapres ladef- ct i route de Montcontour, 8t prins prompt auis dans Patte- /«i Print« nay fur lâoccurrence de leurs afaites, fortirent inconti- Vâ nent, 8t fur les trois heures apres minuiél partirentâ''f'ââ*' pour aller à Nyort , efperans que celle place arrelle-roit pour quelque temps lâarmec viâorieufe. Ils y laifl'erent Mouy auec fa cornette 8c deux regimens dâhar-qucbuzùts fans les picqui»$ dcattifansdclaviJlc: puis
M.D.LXJX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CHAiltS NSVfiïSMl.
tirerent vers S.lean d'Angely pour y pouruoir.Là efloit lé Capitaine Pilés i auquel ils en commirent la garde, lui 35-iians de renfort cinq cens harquebuziers auec la Cornette de la Motte Pujols î amp;nbsp;les harquebuziers de la Mure, puis donnerentordrcÃliRochelleSt à Angoulefine. LeDuCj fuyuant larefolution de fdn confeil fie marcher fon armee vers Partenayjoù elle ne ttouua reliftance, ains les portes Kitrinretit oduertesiSt la place vuide. Cependant le Baron de Miram-beau qui eftoit dans Lüfîgnen place iugee imprenable,bien Ir Dtic munie dâartillericjde gens de guerre, amp;nbsp;fuffifammentpro-« aâ^rna». uifionâne.e, neantmoins apres quelques femonecs amp;nbsp;parle-mens fc rendit auec la place à fon coufin le ieune Lanfac: dont il fut fort defeftimé de tous les deux partis, amp;nbsp;ne recueillit de cede lifeheté que reproche, moquerie amp;nbsp;honte. Le Duc enuoya incontinent fonimer Nyort,-St ayant fenti quâaucuns de la garnifon branlîoyent, enuoya quelques 1-iiantcourcurs donner iufques aux portes pour les effrayer, Mouy, qui auort du cÅur 5t des mains fort en campagne auec fa cornette i amp;nbsp;apres auoirchafle ces coureurs commande la retraite.Commeil eftoit des dcrmers,vn nomme Maureucl,dupay3 de Brie,tequeleftoit parti defarmeedu Duc quelque temps auparauant,8t feignant ellre de la Re-ligion,sâcltoit rendu à Mouy,qui lâauoit recéu fous fa Cornette, tira a fon capitaine St bienfaiteur vn coup depiftolé par derriere, dontilleblelTafort, amp;nbsp;foudain monté à lâa-fauua de vifteffe vers le Duc, qui lé renuoyJ fi 1* Roinc, laquelle lui fit donner recompenfe des Je-Uriipartis niers de lanlaifon de ville de Paris, amp;nbsp;depuis il fut auancc', CathitujHis bien venu en Cour, employé contre lâAmiral comme nous
le dirons ci apres, 5t finalement tué dedans Paris an milieu de fes gardes par le fils du Seigneur de Mouy, lequel ne le print point parderriere,mais pardeuantSt à coups dâefpeé au defaut de la cuiralTe, dont il effoit ordinairement cou-uerr,mefmc en temps de paix.Mouy bleffé fe retire dedans Nyort,où il vouloit tenir bomimais autrement confeillé, le fcptiefine iour dâOftobre il fe rendit auprès de S.(ean,oùil conféra auec les Princes, puis fe retirant à la Rochelle y tendit lâamc à Dieu. Câelloit vn gentilhomme fage, vaillant, plein de pieté, redouté des Catholiques Romains, St aufli entier en faconuerfationquâoneoaitgueresveude çoftre temps, Lui fertantdcNylt;^t,Up!acefti/linconti-' «eût
Charles neveiesme.
fient abandonnée, par confcqucnt occupée fans difficulté parlâarmeedu Duc.Lc Roy .laKoinefanicre, amp;nbsp;leCardi-pal de Lorraine y vindreot bien toft,amp; tous enïemble prin-drent refolution dâaller aflîeger S lcandâAngely. jâliuiaut cependant abandonna Fontenay, nâeftant affci fort pour faire telle à yne armee,puis fe retire à la Rochelle.où il demanda amp;nbsp;obtint fecours pour la defenfe de Marans clef de pepayslà . Ceux des garnifons quielloyent les Princesa Cballellcraudjà Chauuigny, à la Roche Pofé, au Challeaii dâAogle,à Prully,à Clcruant amp;nbsp;autres petites placesdeflo-gerent pour trauetfer le Berry, amp;nbsp;auecques Briqueniaut fe retirer dedans Sancerre amp;nbsp;la Charité. Ils reprindrent balai-peau Bourg Dieu, peu au parauant furprins à leur faucur/e par le capitaine Gournay fur le ieuneMonluc, ayans elle en chemin raoleftcz par les communes de Berry, amp;nbsp;par la Cliallre gouuerneur d'4 pays. Guerebi gouuerneur de la Charité vint les defgager, amp;nbsp;maugré les efforts de la Cha- ' /IreSt larefillance de quelques preftres (qui dedans Cha-fleauneuf,ville affize fur lapiuierede Cher, voulurent follement amp;auecpertedeleursviescliangerleursbieuiaires . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, r
encfpees. Scieurs chapes en corcelets) les mit à couuert. Quant à ceux de Dauphine' amp;nbsp;jTLanguedoc, quelques vns dâentre cux,au nombre de Gx ou fept cens à chenal, fe mitent par le congé des Princes en chemin pour fe retirer ,8c pouriioir a loiGr à quelques places en ViuafezS; en Au-Pergncjoùilsarriuerenc,aprcspluGeurs difficulté?., amp;nbsp;yins perdu en chemin enuiron cent hommes,fans les ilef-ualizez. Car ceux qui sâefeartoyent ou demeuroyént derrière tant foit peu cftoyent incontinent trouffez parles payfans qui ne prenoyentplaiGr quâà courir 8c brigander. Les principaux chefs des troupes qui fe retirerent furent Monbrun,Mir3bel,8ç Verbeley, lequel commanda depuis à Orillacen Auuergne, dont Sâind Heran gouuerneur Ht tous cftorts poffibles pour empefeher que les Princes y entraGent, comme Ion faifoit courir le bruit quâils preten-doyent venir hiuerner au plat pays nommé la Limagne; niais ilsprindrent vn autre chemin : car ayans pourucu à la Rochelle, Sainél lean dâAiigely 8c quelques autres places, ih paflerent la Dordogne,tirerent en Quercy,8c au deflbus
, de Cadenat pafTerent le Lot, dâoù ils pourfuiuirent le che-pin que nous marquerons ciapres.
'M.B.ttt«, Charlis m i v f r e s m r.
Z.«T^cM« Entre antres villes qui feroirent grandement aux Pn'â* fâgt;'' S'^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en celle guerre,nâeft î oublier la Rochelle,port de mer
fonu detous.Carentreautrescomnioaitezpourccux de la Religion,elle cquippa amp;nbsp;arma grand nombre de vai!-féaux, qui firent plufieurs riches prifes, dont il reuint de grands deniers à la eaufe generale. Encores que Ion ne prinft alors que le dixiefroe pour le droit dâAdinirauté,on ne laifia dâen tirer de profit plus de trois cens mille liures: amp;nbsp;fc firent de merueilleufescourfes par plufieurs capitaines, entre lefquels Sore fe fit renommer, dont les Efpa* f4it gnolâSpécialement ne furent pas content. Nifmes en Lan-Hifmts/a guedoc feruitauflt grandement aux Princes, apres quâils itnpuJnc, lâeurent reconquife fur vn nomméSainft André, par le ilt;»»ri-«wMf moyeu de leurspartifans en ces quartiers là , qui sâen fi-maiÃres par vne belle ftirprinfe, eflans entrez par vn UT^e^inn. ttcillis de fer defpecé à diuerfes nuiiRs par le moyen dâv '⢠nbsp;nbsp;nbsp;â ne lime fourde en la main dâvn foldat hazardeux. Ce treil
lis cfloit au pied de la muraillede la ville, fermant vn per-tuisparoù couloic dâvne fontaine du dehors vn petit bras dâeau pour la commodité des habitans. Les entrepreneurs, ⢠* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dont vn nomme le Capitaine S.Cofme, çlloit condufleur,
eftans entrez par ce conduit, furent incontinent defeou-uertsptrlafentinellelogeeaudeflus: tellement que lâef-clufe dâvn moulin prochain fut promptement lafchec fut eux, amp;nbsp;quelques pieces du chaÃeau commencèrent à tirer vers cepadage. Neantmoinsils le franchirent, puis entrez,amp; diftribtiez par troupes, S.Cofme marche droit vers la porte des C3rmes,où il taille en pieces vn corps de garde compofé de preÃres. Doublant le pas puis apres versla porrede la Couronne,rencontre vn Caporal,fe fait donner le mot, force vn autre corps de garde, amp;nbsp;met tout à fes pieds. La porte ouuerte , quelques foldats demeurez hors la ville entrent fuiuis des gouiats, amp;nbsp;courans auec trois trompettes parles rues font vn bruit tel que chaf-cun peutpenfer. ChailTy,MingelIe,amp; autres Capitaines, compagnies de S. Cofme, menoyent les mains pà amp;là . Sainél André amp;nbsp;fon lieutenant oâayans loilir ni moyen de fe glifier dans le chaÃeau,amp; pourfuiuis de pres (car on leur en vouloir à caufe de leurs iniques deportemens, amp;nbsp;ilsa-uoyent en teÃe alors les réfugiez deNtfmes, aufquelsils auoyent fait raille extorfions) fe ietterentduhautde la mutâil-
Charlis nsvtxesmi, 17^ raufiille au bas des foffczjou lâvn fc rompt le col, 1âautre Ce frojflela cuilTe, amp;nbsp;prins le lendemain eft tué par les victorieux, Le Capitaine Aftoul qui rommandoit au chafte.-iu le maintint pres de trois mois dedans contre ceux de la ville: mais ayant perdu vne partie de fes foldats acrjuanrez fous vne mine, les autres morts de maladic,les autres langoureux , tl print parti de fe rendre vies amp;nbsp;bagues fauues. Ainfî,cefte ville remifc au commandement des Princes feruit puis apres en diuerfes occurrences au bien de leurs afaires.
Apres la bataille de Montcontour,leDuc dâAnjou en- * noya mandement à Sanffac, dâenleucr à ceux de la Reli-gion tout ce quâils tenoyent de laLoire. Suyuantcefte^j^,â,^^_ commiflîon, Sanffac auec vingtdeuxenfeignes dâinfante- uatt. rie, huit cornettes de Cauallerie, quatre Canons 8c deux couleurines fe mit en campagne,entra dedâns Donzi,abandonné pour eftre trop foiblc,print Noyers par compofition de vies 8c bagues faunes aux afliegezmonobftant laquelle laplufpart des foldats furent menez à Troys en Champagne, 8c par les rues dâicelle le peuple en maffacra pres de foixante, De là Sanffac sâachemina vers Vezelay ville a f-fife fur le faille dâvne haute montagne, qui nâa quâvne aue-nue,pour lâentrec 8c fortie des habitans. Le refte,font pentes fi roides, quâon ne peut fansplufieurs reprifes dâhaleines monter depuis le bas iufqucs au pied des murailles af-fezfortesSc efpaiffes. Là fe trouuerent enclos les Capitaines Bloffct, Sarafin, Befanfeu 8c Ribompierre auec trois compagnies de gens de pied,8c deux Cornettes de Caualle-tie La plufpart de fes foldats cftoyent gens retirez à Vezelay comme en lieu de refuge, Lehuitiefme iour dâOflo-bre,Sanffac fit marcher trois compagnies pour faire fes approches; les affiegez forcent refoluement, rompent deux compagnies, dont ils tuent les Capitaines Sc enuiron quarante foldats , La tioifiefme fe fauua dans les vignes en vn vallon , puis fe retira fur le (bir. Auec plus de forces Sanffac fit fes aproches , commença la batterie deux iours apres , 8t continua quarante huit heures, fit puis donner lâaffaut à deux brefehes amp;nbsp;lâefcala-dc du cofté des Cordeliers. Mais il fut repouffé vi-yement aueç perte de trois cens hommes 8c dauantage.
w.DlixiTi Charus nevïiismb.
Enuiron trente des aÃiegez y moururent auec le Capitaine Sarazin. La batterie fut remuee en diuers endroits depuis par Sanffac, !i vn autre aflaut donné que les aflîegcz y repoulferent vaillamment amp;nbsp;lui tuerent mefmeshors la brelclie gt fur la retraite grand nombre de foldats. Lui fe voyant pres du bout de fes baies amp;nbsp;poudres, prcfques tous Les canons ereoezamp;efuentez, leuale liege pour en aller quérir dâaiitrcs iufques au nombre de douze pieces auec lefquelles il reuint en diligence, entendant (par certains traiftresen la ville, deux defqucls furent defcouuerts amp;nbsp;pendus) que la plufpatt des gentilshommes,qui y eftoyent an premier liege,auoyent prins la campagne. Dâabordee il commença vne longue amp;nbsp;furieufe batterie, tellement que les premieres brefehes agrandies,les defenfes abatues, les remparsefplanez , il fit donner vn aflaut general, mais fes gens furent en fin repouflez , ayant laille les plus brauer, tuez fur les brefehes amp;nbsp;dedans le fofle. Voyant que trois mille coups de Canon amp;nbsp;la m ort de quinze cens de fes foldats,enfemble de Foifly colonnel de fon infanterie, ne ra-ualoit tant peu que ce fuft le courage desafliegez, il fere-eul3,fe eûtentant deles blocquer furdafin de lâannee.Maiî Briquemaut amp;nbsp;Guerchy firent en forte queVezelayfut KtiMi lit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Sanflaccontraintcercherautreauanture. Auffi
peu dâhonneur acquirent Montaré gouucrneur deBour-femme afit bonnots,Moncequie,amp; autres chefs, qui auec trois mil hô-X« in /a mas, tant de pied que de cheual amp;nbsp;quelques canons,aflie-waiyi». gerent amp;nbsp;battirent quiqze iours durant le chafteau de Bo-ncgon,gardé amp;nbsp;défendu courageufement par Marie de Brabançon, vefue du (îeurdeNeuui, afliftee dâenuiron cinquante foldats pour la garde de cefte maifon liene.Les af-, fiegeans y furent près de deux mois, en fin defqucls cefte dame vertueufe, priuee de la plufpart de fes foldats, morts auxaflauxSt efcarmouches ordinaires, fut contrainte fe rendre aux ennemis qui lâenuoyerentprifonnicreà Mou-lms,dâoù depuis elle fut deliureeà la pout.fuitc de ceux qui refpecloyent fa pieté amp;nbsp;vertu. Son chafteau fut faccagéSî ruiné par les alfiegcans, defpitez dây auoir fair grande perte de foldats amp;nbsp;dâen remporter du deshonneur autant quâil cft poflible depenler. Ce liege fut au commencement de Nouerribte. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
Le liege de Poiéliets auoitefté le commencement du malheur
Charlis nevfiism«. I77
malheur des Princes : mais en contrefchange le liege de S. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;)
lean dâ ⢠ngely fut la borne des viftotres du Duc dâAnjou. â J Si lui amp;nbsp;les hens neTe fuflent aniulcz la.ains eulient pour- dâ J fuiui les Princes amp;nbsp;lâAmiral» la guerre euft toft cefte felon rfâc dâ^a- , leiugetncnt humain , veu Peftonnement qui sâeftoit méfié 10«. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,-j
parmi ceux de la Religion, amp;les difficultez qui Ce prefen-terent. Les viftorieux enflez de la prinfe de Partenay, Nyorc} Saind Maixaut, Fontenay, Chaftcllcraud amp;nbsp;Lufi-gnen, enuoyent fuyuant leur deliberation fommer à reddition S.lean dâAngcly. Piles,qui y commandoitafliftede la Motte Pu iols, la Ramiere,Paluel dit Serido, le.s Elfars, la Garde amp;nbsp;Montaut,aufquels le iieur de la Pci fonne fut en-uoydauec quelques cheuaux . fit rcfponfe quâil gardoit la place au Prince de Nauarre gouuerncur de Guyenne. La Ville fut incontinétaflicgeejafçauoir le feiziehne iourd'O ftobre, auquelfe firent forties amp;nbsp;cfcarmouthes pour em-pefchct les aproche». Cinq iours apres les aflîegez auec quarante cheuaux firent vne charge où les alTiegeans perdirent quelques foldatsfurprins amp;nbsp;mal cniambez. Mais le dommage quâils receurent le lendemain fut bien plus grâJ: cariesaflicgezleurtuerent grand nombre tlâhoæmçs,cm-porterent deux enfeignes amp;nbsp;demie,amp; bonne quantite'dâar-
â nes, le CapitaineParifol tué,fonfrère prins prifonnicr^ 1 fans perte du cofté des alfiegez, fors dâvn qui tomba fur la contrefearpe du fofle,dâoù il fut retiré dans la ville. Cinq . y,«4' iours apres la Roine amena le Roy fon fils, lors aagé de dix j . neuf ans, auec grande fuite à ce liege, afin quâil eut aefti â quelque part à lâhonneur de tant de conqueftes dedans fop royaume amp;nbsp;deflùs fes propres fuiets.Mais il feeut bien depuis fe plaindre que fa mere lâauoit amené là pour lui faire boire de la honte, 5: fauorifer dâautant le Duc dâAnjou fon autre fils,quâellc fembloit vouloir auancer.On pcnfoit que les aflîegez Ce rendroyent en dedans deux iours apresimais CCS deux iours dui erent plus de fix femaines. Le Capitaine la Ramiere fut tellement blelfé de coups dâtfclats, dé.s le Commencement de la batterie, quâil en mourut toft apres, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fort regretté de tous dans la ville, à caufe de fa vaillance Se tefolution. Au premier aflaut donné des le commencemét dcNouembre, les aftîegeans perdirent plulicurs de leurs c.ipitaines St meilleurs foldats.Montefquiou.affaflin du feu Prince de Condé, y fut rudement blcfté donc il languit
Z. i.
Charus siviruMi.
quelques fcmainesjpuis mourut,Biron general de lâartille' rie voyant que ccfte refolution des afliegez ruincroit les airtegeâsicfià y a de les amollir par tous artifices. amp;nbsp;fe commença vn traité de paix, la Perfonne ayant eu pafieport pour aller vers les Princes. Tréfilés furent accordées pour quelques iours,lefquelles expirees quoy que la Berfonnene fuft de retour Piles fut fommé plufieurs fois par Biron de rendre la place, attendu quâil auoit promis de capituler, ü dedans le temps des trefues feçours ne lui venoit, ou ref-ponfe'de la part des Princes- Finalement apres plufieurs conteftations fut accorde que fi dans les dix heures de matin du lendemain, dixhuitieftne lourde Nouembre, nefur-uenoit renfort aux afTicgez.ils quitteroyent la place.Côme toute la ville eftoit en efmoy amp;nbsp;en pleurs fur le point du iour on commence à crier que le fecours (qu'v n gentilhomme nommé Fombedoucre, eftoit allé quérir au grand danger de fa vie, amp;nbsp;continua depuis heureufement à fe ha-aardér pour le bien des aftîegez à faire tels fignalezferui-ces:8: finalement fut prins des ennemis) eftoit à la porte de Mattas,ou Piles alla foudain le recourir. Câeftoit le Capitaine S.Seurin, lequel fiiiui de quarante cheuaux eftoit venu dâvne traite dâAngouleflne à Sainà lean, palTantparle camp ennemiqui entournoyoii la ville, ayant lôus notn dâami dextrewent circonuenu les fentinelles amp;nbsp;corps de ' garde. A lâheure defignee Biron patut qui eut refponlc tout â autre quâil ne penfoit.Eesoftages rendus reciproqucmenti
le canon Catholique Romain commença à tonner, continuant plufieurs iours.- à quoy les aftîegez oppofoyent diligence à remuer terre amp;nbsp;bien remparer. Là fut attrapé gt a-batu dâvne harquebuzade à trauers lateftcSeballiande Luxembourg Duc de MartigueSjgouuerneuç de Bretagne, ennemi capital de ceux de la Religion , 8c fort regretté de tous ceux de lâautre parti. Peu de iours au parauât.cômc en Vn pourparlé il deuifoit auec la Motte Pujols,lâexhortant de fe rendre,il ad:oufta,Ne vous attédez aux Princes ni à lâA-tniral,8( vousfouuenezde la bataille où voftre Dieu le fort Vous a abandonnez, 8c quâà prefent vous auezoccafion de chanter,Donne f(xours,Scigneur,il en eft heure. La Motte refpondit que pourlapertedâvnctellebatailleleurcf-perance en Dieu fort, du fecours duquel ils sâafleuroyent, aâeftoit point diminuée. De fait le lendemain de ce pour-
Charlis nbvfiesme. 178
parle fut faite la forticfufmcncionneeoù Parifolftjt tué, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢]*
au retour de laquelle Ion chanta dans la ville le Pfeaume nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
SO.le Dieu le fort, amp;c.amp;toft apres Martigues fentit que ce * **â¢* fortviuoit pour fecourirles fotbies 8c abatte ceux quicut-dent eftre forts dans lui. Durant ceftc batterie , la Motte Pujuk amp;nbsp;S.Seurin auec quatrevingcs cheuaux 8c deux cens piétons firent vnt braue fortie furvn corps de garde des affiegcans, où il y auott 4.enfeignes,tuèrent cinquante ou (oixante des principaux, blciferentvn grand nombre, en-douerentfix couleurines,puis btuflerent quinze caques de pouldre feruans aux munitions, amp;*Ia Motte chargea les Suiffes qui gardoyent le magazin, où il y en auoit cent caques amp;nbsp;dauâtage, tua vne partie des Suiircs,tnit le rede en branne.amp; filon nefuftpromptement acouéu au fe, ours,les pouldres delâatmee s'cnalloyét enfumee.Les affiegez rcti tezauec deux enfcignes,forcc tâbours,armes amp;nbsp;butin,fans auoir fait perte que d'vn home,la fureur des Canons redou bli, 6c les afliegeans refolurent de continuer, amp;nbsp;ne côbatrc qua coups dâattillcrie.Finalement le fiege ayant duré pres de deux mois, jl y eut capitulation fignee delà main du Roy, portant, Qu? 1®® affiegez fortiroyent de la ville bagues fauues , amp;nbsp;auec leurs armes amp;nbsp;cheuaux, les en-» feignes ployces : que de quatre mois ils ne portcroyenc les armes pour la caufe generale de la Religion : quâils poutroyent tant eftrangers quâhabitans fe retirer où bon leur fembletoit en toute feureté : quâils feroyentcon-duitsJà où ils voudroyent aller par liiron amp;nbsp;Coffeins. 11 teftoit de fe preparer à fortit le lendemain ttoifiefme
1 iout de Décembre : ce que chafeun faifoit felon fon pouuoir. Cependant les malades amp;nbsp;bleffez, les vieillards, les femmes , 8c autres lt;Jui nâauoyent moyen dâaller ailleurs fe tourmentoyent eftrangement : de forte que, la
I ville nerefonnoit que décris Sc lamentations, mefme-1 ment à la fortie, qui fut ehuiron midi. Le Duc dâAu-( male cftoicà la'porte de Mattas, dâoù lâinfanteriefortit 1 la premiere ,conduite par le capitaine Setido , amp;nbsp;autres 1 chefs, aufqucls le Marefchal de Vieille ville dit gt;Suyucz â (eux 1 moy , 8c faites marcher vos gens apres vous. S'eftant fortirêi par 1 acheminé iufques à la moitié du fauxbourg, les foldats
Catholiques Romains commencèrent à tirer les à u-ites 8c les faire entter par grande force dans leurs logis,
Z. ij.
MjD.lXIX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch ARIIS KI VIIISH I.
où ils Ies defaalizerent de leurs armes, liabillemens, amp;nbsp;ace 'çent.Dontle Marefchal auerti,feretournant,commanda^ les gés de Ie fuyiire auec leurs armes au point mais en courant dâvn codé, on faifoit infinis outrages de lâautre. Qui fut cauCc que Scudo sâen alla par deux fois vers Aumale luj en faire plainte,8c le fommcr de faire entretenir la promcf-fcduRoy. Aumale en lieu dây aller commande à quelques capitainesdây poutuoir. Iceux crièrent Sc firent du bruit de paroles; ce fut tout. Enuironcinquantepasdclà lefaux-bourgertoit le Duc dâAnjou, la prcfence duquel retenoit vn peu lâinfolence de.s pillardstmais incontinent quâon lâa-Uoit oütrepaCTé.fa caualletic pilloit les bag3ges,rauiflbit les chenaux menez en lefle, mettoit les gens dç cheual à pied^ Ã: les defpouilloit. Ceux qui euaderent ce premier facca-gement nâeftoyent pourtant efehappez, car pafià nt à S.lu-r lian,à demi lieue de là ,ils receurent plus dâoutrages quâau-parauanr.Lc regimen de Sarrieu,qui y eftoit lors en garde, nâen laiiTa paffer aucun,à qui les foldats uâoftaircnt tout ce quâils pouüoyét,infques aux fouliers 8c chauffes, voire iuf» quesà les mettre en chemife. Là plufieurs furent battus, iBeurtris,tuez,8{ aucuns iettez en la riuiere.Tel fut le traitement fait à lâinfanterie fortie fous la foy royale hors S. lean dâAngely. Quanta la Cauallcrie,au depart elle fut a-compagnee par Biron amp;nbsp;Coffeins, ce nonobftant tous les bagages 8c beaucoup dâarmes 8c de cheuaux furentrauis. Aptes auoir paffe S.Iulian,trois Cornettes commifts pour , faire efeorte , commencèrent à piller amp;nbsp;outrager ceux qui sâefeartoyent tant foit peu.Mefmes à Sicch,où fut la retraite ce ionr là , aucuns furent dcfualifcz, mi r en chemife, Si tuez:8c le lendemain,fur le chemin à S.Cibardeau, ce def-o.rdre continua au mefpris 8c infamie de lâautorité Royale, amp;nbsp;fans auoir cfgard au faufconduit,heraut 8c trompette du Roy,que Biron leur auoit baillcz,pour aller à Angoujefuie, où lâinfanterie 8c cauallerie ainfi indignement traitée arri-ua le Dimanche 4. de Décembre fur les dix heures du matin. Tous furent honneftement recueillis par le fieur de S. Mefmes gouucrneur8c plufieurs autres Seigneurs amp;nbsp;gen- , tilshomme.', fort eftonnez dç la defloyauté fus defcrite;âC fut auifé quâon en feroit plaintes au Roy amp;nbsp;aux principaux,pour eu auoir reparation. Aumale 8c les autres firent vn peu les mauuaisjde paroles feule ment; 8c fut ainfi fau-cee(a
Charles NtvfüsMh
Ceelapronieflcfolcnnelle, amp;nbsp;la dignitó royale expofee â infamie fans que depuis Ion en fift raifon quelconque aux chefs qui sâen plaignirent. On fit retirer du camp quelques vns des plus reconus encre ces perfides; amp;nbsp;quoy que Ion euft promis tecompenfedu bagage perdu, amp;nbsp;que le Roy nionftraft eftre trefmalcontent que Ion profanai! (î lafche-'tnent fon nom,ceftc(econdepromelfe fut terfue comme la ptemierc.Piles amp;nbsp;quelques autres fç tenans a caufe de cefte perfidie afrâchis de la ptomefle contenue en vn des articles de la capitulation, partirent dâAogouIcfpe, amp;nbsp;sâen allèrent auprès des Princes , maugré les empefchemens que la Vauguyon amp;nbsp;huit cornettes de Cauallerie tafche-rcntleur donner au paflage de la Dordogne. Ãn ce fiegej les affiegeans perdirent plüs de dix mil hommes de guerre, amp;nbsp;tirèrent cinq mille coups de Canon, vingteinq ou trente commiflaites de lâartillerie furent tuez par les aflie-gez, qui à faute de munitions liilferent inutiles u.ou pieces montées fur roues qui eftoyent dans la ville. Plu-lîeurs fe desbandetent du camp, lequel fe trouuadiminué de dixhuit à vingt mil hommes, toutesfois peu eftimez au pris dç Martigues amp;nbsp;autres chefs.
Pendant que lâarmec Catholique Romaine fe confom-moit deuant S.lean dâAngely.laChaftre amp;nbsp;autres faifoyét la guerre à ceux de la Religion en Berry amp;nbsp;piys voifins a-uecdiuetsfuCctsSc pertes tant de part que dâautre. Ceux de la Religion en deux ou trois endroits sâeftans fiez aux ptomelfes de leurs ennemis furent cruellement traitez. Mais ils en eurent la reuanche par les armes, amp;en refi-ftant vaillamment dedans plufieurs places, où ils,fouttin-dtent diuers affaux, amp;nbsp;contraignirent leurs ennemis de fe retirer. Lâarmeeoùeftoit le Roy , preflee par la difette 8c par autres incominoditez deflogea toft .ipres de S-lean . dâAngely, laifiant les Princes 8t lâAmiral penferà leur
Voyage.f.e Roy fe retira lut la^in dePannee vers Angers* affignant les députez des Princes à sây trouuer au coin-* I ttiencement de lanuier,pour traiter de la paix.
M. D. L X X,
E Roy,laRoine,le Duc dâAnjou Scleurconfeil pen-Tans que les Princes euffent perdu courage 8c fulfent »«j.
Bt.D.LXX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch A 11 IB S N JÃHB s M B.
faixfuimis dcfnuez de tous moyens apres la bataille de Montcon-â¢n auMH/M , auifetcnt de les faire fonder sâils voudroyent point requelle Si acceptation de Paix.-efperant quâapres fmn». auoir mis en ce tram, on ne f^auroit leur prefenter condition , (îpeuauantageufequâelle fuit, quâils nâacceptaf-fent volontiers,moyennant quâils fuffeni affeurez de leurs Vies, amp;nbsp;de la poüeflion de leurs biens en leurs maifons. Suyuanc ceflauis.au mois de Nouembre i56gt;.fut pratiqué vn abouchement entre le Matefchal de Coffé amp;nbsp;les députez de la Rome de Nauarre. Iceux députez ayans prefeiité des articles, encore quclâafaitcfe deuil traiter plulloApat conference,que par eferits qui nâont point de répliqués, les moyens quâon y tint amp;nbsp;les delais dont Ion via pour y ref-pondi e firent conoiftre aux Princes quâon fe vouloii lelutf de celte occafion pour reculer leurs afaires- Apres la premiereaudiance donnée a leurs députez, on leur Ht entendre que le Roy ne pouuoit foufifir lâexercice de leur religion, amp;nbsp;fe deuoyent contenter de la liberté de leurs confcicnccs. On leur ioua la dclTus vn autre traiâycâeft quâen Angleterre amp;nbsp;en Alemagne gens furent enuoyez , pour faire entendre que la paix elloit fkite : afin de faire retarder le fecours cjuâils pouuoyent tirer de là . Et dâautre collé , polios coutoyent pour liafter tes deniers amp;nbsp;foldats ellrangers. Ils dclcouuri-rent diuerles menees contre eux dedans amp;nbsp;dehors le royaume, donc le fommaire elloit, quâon vouloir premièrement lesdtfarmer, puis les traiter amp;nbsp;tous ceux de la Religion, comme lâaireil donné contre lâAmiral les en menaçoitalfez. Ils refolurent neanrmoinsdâenuoyèr les lîeursdeBeauuaisla Nocleamp;de Thelignyà Angers pour entrer en conference auec les commis du Roy : amp;nbsp;dâautre-part de pourfuy ure 1 es afaircs de la guerre , Si. faite la paix les armes en la main.
Nous auons veu quâapres la iournee de Montcon-4, tour , les fortes de ceux de la Religion sâelloyent el-en parfes en diucrfcs prouinces. Ceux qui sâelloyent ef-PeiHaHctn- pandus en Berry entreprindrent de fe rendre niaillres y'â*â*â^*de Bourges par intelligence auec certain foldat qui les gt;^lt;»0. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. tellement qu'ayans perdu en lâexecution par
contr'inrelligence enuiron trente hommes amp;nbsp;prefques autant
Charles neveibsmS* i8d autant de prifonniers, furent contrains fe retirer» ayans efté rudement faiucz à coup* de Canon de la ville» dont ils s^cfloyent approchez aucc mille cheuaux amp;nbsp;deux mille piétons. Le Comte du Lude , Puigaülatd Eouuerneur dâAngers, amp;nbsp;Sahzay colonel des arricre-bans de France , tout le Poiâou citant réduit , en Su (e rendirent Åaiftrcs de Marans, tellement que tou* ces pays voifins furent enleuez aux Princes , fors An-goulcfme Si la Rochelle » où ceux de la Religion furent referrez » apres que Sanzay eut prins le Challeau de Beauuoirfurmerfurle ieune Rohan. OnauoitcuLuû-» gnen par la pufillaflimitë du Baron de Mirambeau, duquel les courtifans fe gaudifiovent» telmoin leur trait en la bouche du lîeur de Lolfes , qui citant venu vers la Roine de Nauarre à la Rochelle , difoit tout haut que Mirambeau auoit fait compolîtion , non point à faute de viures ou autres munitions, mais à caufe t^âil hâauoit plus de mouftardC pour manger fon boeuf filé* le Confeil eltimant faire peur au lîeur de Pardail-* lan gouuerncur de Blaye » lui fit eferite par le Roy des lettrés pleines de menaces amp;nbsp;de promclTes gt;nbsp;afin de iremettre celle place » ( apres laquelle ils efperoycnt auoir ailément la Rochelle ) par lui tenue au nom des Princes, encre les mains du fieur de Lanfac , qui par fes lettres menaçoit Pardaillan , sâil refulbit dâobéir* Pardaillan refpondit fagement au Roy, Sc courageufe-tnent d lanlac , lui mandant cotre autres mots ceux ci: Vous ne fçauricz auoir plus grand regret dâentreprendre de me forcer en celle place» que lâen auray de la honte, perte» dommage amp;nbsp;confulîonque ie Vous y feray reccuoir, ou à tout autre qui lâentreprendra. Ea quoy tous ceux que lâay en charge, gt moy aulTt, fom-mes refolus de faire fi bien nollre deiioir , quâil ne Vous peut auenit autre chofe que dâellre forcé par ceut que vous prétendez forcer. Lanfac voyant quâil nây auoic rien à gaigner de ce collé,quc des coups pour lui»tourna la â telle ailleurs, 8t tenta Romegou gouuerneur de Taille-bourg. Mais il eut refponfe pareille â celle de Pardaillan* Or dautant que les ifles deSaintonge,Marennes amp;nbsp;Brouage auoycnt grandemêciacômodérarinee qui alTicgeoic S.lei
Z. iiij-
Charles nevelesmej
M.D.IXX.
dâAngely,les garniforts dâicelles nâayans celfede coarir à couper les viuresjon y enuoya Ie Comte du Lude, Puigail-lard,la Riuicrc Puitaillé,aucc huit cornettes deCaualienf,
amp; vingt enfetgnes de pietons,lelijucls sâentendirent niai-flres pat force-amp; la furent tuez prefques tous les Laiifque-nets rettez de la bataille de Montcontour: tellement que
Jes fuiuiuans ne fe trouucrent monter quâa trou cens houi-
Diueri ex-flotte de guerre de part irdâau tre en Pe,. ffoH Cugenne,
mes de combat OU enuiron. La guerre continuant en ces quartiers, ceitain foldat ayant elle prins en vnc courfe, la Riuierelâuitaillé gouuerneut de Marans tafclia de lepra-tiquer pour furprendre la Rochelle. Le foldat drelîa vne double intelligence,amp; peu sâen falut que la Riuiere amp;nbsp;autres penfans prendre ne fuffent prins : mais auertis en chemin ils sâen retournèrent en leurs garnifons. Dâaune coflej la Noue lieutenant des I^rinces en Guyenne, çlfaya de reconquérir Erouage, place qui portolt grand dommage aux
Rochellois. Mais comme il sây achcminoit, iltrouuavne entreprinfc drelfee par Je Baron de la Garde fur Thonne Charente, tellement que les deffeins delâvnarrelterenr
ceux de lâautre. Pour lors, qui eftoit fur le commencement dcJâannec, la Rochelle elloit comme inueftie déroutes
parts. Car du collé de Poiélou le Corate du Lude St Pui-gaillard y auoyent vne grande armee. LaRiuiere PuitaiUé iâaifnétenoit Marans amp;nbsp;autres places voifines; amp;le leune commandoit dedans Brouage. Landereau viceamiral.cn-nemi luréde ceux de la Religion , de laquelle il auoitau-tresfois fait profeflîon,elloit en Olone, puis les Bietons K Bourdelbis iaifoyenr fur mer tout leur poflîble pour cou-perles viuresà laRochelle,3quilcBiron de la Garde, lots general des Galeres, faifoit beaucoup dâennuy,courantiuf-ques pres du portalFez. fouuent.I-âoui ferrer de tous collez la Rochclle,il i efoliic auec le icune Pui taillé dâexecuter fon entreprinfc fiir Thonne Charcnteipour lequel clfcél U en-udye le lieutenant du Capitaine Beaulieu auec vne des galeres pour faire la premiere defcente.La Noue auértidcce â tleircin entreprend garder celle pl.ice, Sc y acomniode tellement lés harquebuziers que sâils eulïèntcupariencede lailfer defeendre les foldats de celle galere, ils eu fient eu morts ou vifs non feulement ceux la.mais auBi la fiiire,qiii venoit sâenfiler dedans la Charente, amp;nbsp;deliberoit mettre pied à terre,qui eftoit feperdre degayetéde cÅur. Ayans ( nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;donc.
Charlis neVfiîsme. iSi iifoncoubliéle commandement de leur chef, fi toft que le lieutenant de Beaulieu entreprend de venir a bord, il cft a~ cueilli dâvne pluye de liarquebuzadesqui le tuent, amp;nbsp;lâAr-goufin aiiflî. On cric la defl'us Liberte aux forçats,qui ace mot lafehent les rames, tellement que la Noue fut maiilre de la gaiere amp;nbsp;de tout ce qui clloit dedans. Les prilonniet» furent menez a la Rochelle,amp; la galère à Taillebourg, dot Roipegoufeferuit depuis auec vue autie pour faire diuer-fcscourlesamp; prinfes lurles Caiholiques Romains. LeBaron le retira lur fa perte,amp; mena fe.s galeres en Brouage,cr-fayint de fane par iinelfes ce dont il nâelloit peu venir à boutpar force. Maiailperdit temps,hommes,amp; argent: briefilnchltricnqui valuif.
Les députez des Princes arriuez en la ville dâAngers au mois de Peurier pour traiter de la paix, le Roy apres auoir tntendu leurs remontrances amp;nbsp;dcmandcs,fit relponfe que ° pour tout exercice de religion il leur leroit permis de demeurer amp;nbsp;viurepaifiblementen fon royaume en liberté de leursconfcicnces, fans eltre recetchez en leurs maifons. Pour feureté il accordoit deux villes que Bii tin leur nom-nicroit, efquclles ils pourroyent faire tout ce que bon leur feinbleroit,lans y eftre recetchez : neantmoins quâil y au-loit vn gentilhomme fuffifant,pour auoir l'Åil à ce qu'il ne sây lift chofe contreuenante à lâauthorité du Roy ni au repos du royatime.Nc voulât quâil y cull en Frâce aucû mini lire ni âuti e exercice de Religiô que de la ficne. Vouloit les remettre en leurs charges fofs en celles dont il-, auoyét ê-fté defmis par iullice , amp;nbsp;par commandement du Roy qui enauoit touché deniers pour le frais de celle guerre. De-mandoit quâils fe defarmaflent, renuoyafi'ciit piompte-ment leurs forces ellrangeres, amp;nbsp;rendilTent toutes les villes quâils tenoyent. Les députez ayans autre commiflion# apres auoir depuis conféré auec laRoineamp; lesConlcil-1ers du Roy à Challeaubruiant en Bretagne sâen retournèrent vers les Princes, fans auoir rien conclud pour c«-lt; lie fois.
En ces entrefaites Puig.iillard amp;nbsp;les autres thefs fe re- ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
foluent de bloquer la Rochelle: amp;nbsp;pour ceft effeél commen tnnurs Je centà MarlillijEnandes, NoailléS autres bourgades pro-chesdâvnelicuë ou deux. MaisScipion, ingenieur Italien, auquel psu,r recönoiü'ance de fes feruicesksPnncçs auoyéc
M.D.txr. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles neveiesme.
donné Ie reuenu de Noiillé, auerti dece^ui sây paflbit ati faueurde* harquebuziers delaÿoue amp;nbsp;Puuiaut, furpnnc les ennemis au bourg amp;nbsp;en tua bon nombre. Le refte enclos au Chafteau fe rendit vies amp;nbsp;bagues fauucs à la Noue qui y eftottacouru auec les forces de la Rochelle. Là def-fus furuint la mort de Riuiere Puitaillé lâaifoé gouuer-nciic de Marans.qui fut caufeque la Noue,Puuiauçamp; autres chefs,délibérèrent reprendre le bourg, le Chafteau K la Baft die de Marans s où le nouueau gouuegt; neur nommé Chajieronj eftoit mal obey. Us exécutent heureufement leureotreprife, mettent Chaperon par terre j le contraignent aller ailleurs tout defualizéj renuoyent en pout-point vne compagnie dâItaliens, qui gardoyent la Baftd-le, amp;nbsp;ne prefterent pas long combat. Leurs armes, bour-fes , veftemens Sc cheuaux demeurèrent, dont les foldaes du Capitaine la Garde furent acommodez. Cefte côquelle t fur la fin de Feurier mit en alarme les garnifons ennemies,
â ftââ*' leschaffade tat/c au fun dix ou douze places es enuirons de la Rochelle. Puis fi: tage mit det entreptinfe fur les fables dâO lone riche bourg, laquelle nâayant pas fuccedé la premiere fois,a caufe que la nicref-meue empefeha que cinq cens harquebuziers portez en barques, t haluppes amp;nbsp;autrespetis vailfeaux fous la conduite dn Capitaine Sore, fut remife fus enuironlequin-ziefme de Mars, Jt executee fi refoluementque lesdefen-dans ayans eftcforccz 8c tuezpout la plu(part,Landcreau qui y commandoit prins amp;nbsp;mené prifonnicr a la Rochelle (où on leuft exécuté à mort, à caufe de fes infopporta-bles deportemens, nâeu ft efté quâon craignoit que quelques gentilshommes de la Religion prifonniers en diucrs endroits ne receuflenC à cefte occafion quelque rude trai-temenr) le Bourg full pillé, où les foldats firent vn mer-ueillcux butin.y ayans trouué toutes fortes de biens, fut tout de lâargent monnoyé.Quaranic bons vailTeaux furent prins, quantité dâarmes, grand nombredeprifonnicrs,re-ftaiis de quatre cens tuez au combat; les viéforieuxyeu-re^[ jyÃ-, plu5 de trente menues pieces dâartillerie, fans
bat d vn TIA ly nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
«,re Celle des iiauircs.
glnu contrt Prefques au mefme temps le Baron de la Garde cuidaot jipt i»Ut. fç rcfcourrcdc fes pertes,eftaya dâtnueftir en temps calme, gue§
Charus ncvsiesmb. i?i auecfes cinqgaleres vn naiiirc Anglois, de vingtcinq à trente tonneaux pres la R ochelle , amp;nbsp;qui cHoit chargé de inarchandifc. Mais les A ngloisfe défendirent courageul'e-ment, (i que le Baron apres auoir perdu cinquante hommes, que les Anglois lui tuèrent à coups.de moufquets fic Canons, fut contraint ié retirer les mains vuides Si fes galères mal acouftrees. LâAnglois y perdit dix hommes,touc fon equippage rompu; en recompenfc dequoy la Koine de ' Nauaire lui donna vn des nauires pi ins fur Landereau.Les reffources des Rochellois furent caufeque Ion enuoya Puigaillard auec quatorze compagnies dâordonnance, dix neuf enfeignes dâinfanterie, pour leuramp;ire la guerre, Fernaques logé dans Fontenay auec fept vingts falades lit entreprife lur Langon amp;nbsp;le Gué de Velugie, dont il revendit niaiftre, ayans prins auGuctrente prifonniers, tué huit foldats , mais aux defpens de la vie de quin- ExpItittJn K des fiens. Celle prinfe amp;nbsp;la perte de Luçon in-cominodoit Marans amp;nbsp;la Rochelle : au moyen dequoy la Noue partit le mefme iour que les Italiens vin- â drent prendre logis à S. Gemme, qui eftoit le vingt fept de Mars, amp;nbsp;entrant dans Luçon mit en fuite ceux qui legardoyent, emmena leurs cheuaux. Sur fa retraite les Italiens de Sainâ Gemme le fuiuirent pretendans le charger : mais leur chef, gentilhomme de valeur,nommé Sforce ayant efté abatu amp;nbsp;tué, ils fe retirerent. Pui-gaillatd sâellantmis aux champs prend la Tour de Morie, le Chafteau de la Greue ,'Talmond 8{leChaflcau de Chifé: peu foucieux au refte de tenir les capitulations quâil faifoit auec les alTicgez. Dâautre colle Puuiauc gouuerncur de Marans fortit le quatorziefine lour dâAuril fur le Capitaine Dante,qui auec fa cornette couroit tout le pays de Poiâou , le furprint à Tiré, le tua fur le champ, mit fa compagnie en route, qui depuis ne fit rien,prefques tous les membres dâicelle ayans ellé bleire2.Le leune la Ri Uiere Fui caillé ScGuitiuiere gouucrneur de S.Iean dâAnge-ly,venus au liege de Chifé,fur leur retour furent chargez (i rudement par Chaumont St Goulene fuiuis de deux cornet tes forties dâAngoulefme, que Guitiuiere renuerfé mort,la Riuicre fefauua,leur$ gens mis en route, lailTans deux drapeaux fut le lieu, lefquels furent emportez à la Rochelle*
U.D.Lzx, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis n e v fi e s m e.
La girnifon dâAngoulefmc, qui tenöit pour les Princcä entendant que le Capitaine rHerbekttc auec fa compagnie 8c deux dâitâüensjcouroycnt en ces quartiers là ) ht fortir le lieur de Coigneesaucedeux cens cheuaux, lequel fc voyant enclos entre lâHerbelette 8c les Italiens gt;nbsp;fe refo-lut de prendre parti décharger les plus auancezj ce qu'il fit de telle vigueur que lâHerbelette y demeura mort, fa cornette prife,fes hommes tuez ou prifonniers. Coigneefuy-uant fa viftoire Court fus aux Italiens, les enfonce, taille en pieces viiepartie,ameinc les autres, 8c gaigne cent oii lîx vingts cheuaux,enuironle i^.iourdeMay.
lâay dit Cl delPus que la premiere refponfe faite par le koy aux fleurs dcTeligny amp;nbsp;de Beau nais la Node depu-Zi' dt faix. Princes pour traiter de la paix a Angers auoit eitc telle que la guerre sâeftoit depuis refehauffee plullolt que refroidie. Car ceux de la Religion voyans que Ion ne cer-choit finon a les 3cabler,refolurcnt de poufler outre Sc faire de neceifité vertu. Et comme le temps apporte des mu-tatiô$,cellesqui furuindrent le tournèrent en leurs faucurj li bien que leurs courages en furent releucz,amp; leurs efpe-rances fortifiées. Le Roy, la Roine 8c leurs confeilliers voyans que depuis la perte reccue deuant S. lean dâAn-gcly, ils fe trouuoyent à recommencer sâauiferent de re-itieitrefus le pourparlé de paix, a qiioy Biron fut employé de leur part,Iequel eut charge (comme auffi Tcligny député des Princes) de dire à lâAmiral que le Roy amp;nbsp;la Rome fa fnercdefiroyent le receuoir plus queiamais en IcurS'bon-nesgraces,amp;tcls autres langages, dont nous verrons les éftcdsesdifcoursdelâan 1572. Le Royfcfafchoitqucla continuation de la guerre lui olloitfesplaifirs,ruinoit lâamour Scrobeiflancc qui lui eftoit deue, fourrageoit fort pays, efpuifoit les finances, 8c confumoit fes forces. Ses niauuais confeilliers continuoyent dâattifer en fon cÅur vn feu de rancune 8: dâappetit de vengeance contre lâAmiralj fes aflbeiez 8c tous ceux de la Religion, à caulc de la lour-nee de Meauxaucommenceinent des féconds troubles,amp; de tant de rcfiftances quâils auoycnt faites.La Roine fa mere eftoit infiniment courroucée de ce que dés le commencement des premiers troubles Ion auoit dcfcotiueit par tout que fes defleius eftoyenç de dominer faifant ruiner le» vns par les autres. Sur tout elle en votsloit à ceux de la Re-ligiwij
Chakiis Ml rnisut. i8j ligion, notamment à l'Amiral amp;nbsp;autres chefs. Il y auoic trop de peine amp;nbsp;de danger à les ranger à coups dâefpee. Les alfaflins amp;nbsp;empoifonneurs nâen ofoyent bonnementapro-clier dauantage,lcs Princes fc façonnoyent aux afaires, amp;nbsp;des leur tendre icunclTe commençoyent à bien conoiftre les amis amp;nbsp;ennemis du repos de la France. Dâvne autre part la Roine de Nauarre amp;nbsp;lâAmiral,comme aulTi plufieurs grands Seigneurs des deux partis aft'eftionnezau bien du royaume, amp;nbsp;preuoyans que les ennemis héréditaires dâi-celui nâen deniandoyent que rafoiblilfement par le mçyea des guerres ciuiles pour y drefler leurs pratiques,amp; fe faire -voyeà leursdefleins ambitieux, delîroyent par vnepaix afleuree voir quelque fin aux mifcres de la France, efpo-ransquclesefpritseftans vn peuatiedis, onprendroitdcs confcils falutaircs au public,alaconfufion des ennemis ou-uerts 8t Cüuuerts dâicelui.La prouidence du fouuciain Seigneur de tout le monde achemina les afaires partie felon la penfee des hommes , mais pour la plufpart elleadrellà le tout en vne forte telle qpe fe ramentcuant ce qui sâcll pafle depuis iufques à la mort du Duc dâAnjou, qui fut Henri rroilîefme, Ion ne peut remarquer ni dire autre chofe, lùr tout au regard dç ce royaume là ,(înon queles iugemens de Dieu font vn grand abyfme, amp;nbsp;que fes voyes fontimpoflî-hlesà ttouuer.
Pour reuenir aux Princes, force leur fut apres la route Ou grand de Montcontour quâils sâefloignallent delâarmee ticufe,pour ralTeurer leurs troupes,arrefter leurs ennemis autour des villes,amp; lesconlumcr la, tandis queux feren- t. lorccroyent amp;nbsp;viendroyent plus gaillards que deuant con- de identem traindre ceux qui fe plaifoyent tant à la guerre, de cercher iciir,iufi}uet ja paix. Ce Confeil leur profita à caufé de lâimprudence des Catholiques Ro.mains , lefquels laiflans reculer finis nul empefehement celle petite pclottc de neige,en peu de temps elle fc fit grolfe comme vne maifon. Car lâauthoritc des Princesattiroit amp;nbsp;efmouuoit beaucoup de gens ; LâA-tniralpir fapreuoyance furmontoitles dilficultez occur-tentes : amp;nbsp;les Reiftrcs,au nombre de trois mille cheuaux de combat, donnoycut reputation à lâarmee. Us fouffriren! beaucoup iufques à ce quâils fuffent en Gafcongne,où il$ fe renforcèrent dâhatquebuziers, qui leur eftoyent trefne-çeflaites, mcfracment pour garantit la cauallcrie des fur.
'm.b.ixx. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles nevfiesmb.
prïCes de nuid, fort communes en ces pays là , pour Ia voi-fïnince des villes amp;nbsp;chafteaux. On les entremelloit pat-mi les cornettes de ReiftresSc autres troupes Françoifes: de maniéré que tat es pays larges que couuerts ils eftoycnt toufiours prefts pour fe défendre. Le plus long feiour que telle demi armee fit, fut vers les quartiers dâAgenois 8c Prî«M Quercy,où elle paffa quafî tout l'hiucr 8i par le faon trat te ment quâelle y receut grands amp;nbsp;petis firent nouueaux corps. En ce voyage les Princes ietterent en proye à leurs gens le pays ennemi: amp;à qui voulut fe bazarder les moyens ne défaillirent,tant lâabondanceregnoit eni-celles prouinces. Monluc eflà ya de leur cmpelcher le palTage de la Garonne : mais la diligence de la Loue, qui conduifoit la cauallerie legere des Princes, apres lui a-uoir enleué des places qui feruoyent de barre. le cou* craignit de fe retirer bien vifte à Agen: tellement que toute lâarmee paffa au mois de Décembre mil cinq cens foixante neuf la Garonne au port de Sainde Marie, fans empefehement à la fécondé fois; car à la premiere Moulue auoit rompu leur pont. Le vingticfme du mefoie mois le Capitaine Piles fe ioignit à lâarmee des Princes, amp;nbsp;ayant obtenu trois cornettes chaufia les efperons à ceux qui le pourfuyuoyent de trop pres. La Loue amp;nbsp;fesargou-lets firent diuerfes courfes amp;nbsp;picorees en Agenois amp;nbsp;pays circonuoifins. Les premieres forces qui fe loignitentaux Princes furent celles du Comte de Montgommery, reue-nant de Bearn, amp;nbsp;ne faut pas demander sâil fut bienca-refféà ce retour. Le vingtdcuxiefmede Décembre Bo-t::Ue armee le forte ville fut prinfe, puis lâarmee alla coucher à la Bâ-tn /inveya ftjHc S. Surin, deux lieues pres de Thouloufe. Lelende-mainamp; iours fuyuants fe commença vne façondeguer-retrefuiolente pour les bruflemens qui furent permis autour dâicelle grande ville, feulement furies maifons des gens de la Gourde Parlement.On alleguoit que tels Con-fcilliers auoyent efté trefardens 8c comme forcenez à faire brufler ceux delà Religion, fait décapiter leCapitai-ne Rapin qui leur portoit Ledit de paix de la part du Roy, Sc commis beaucoup dâinfôlences 8c concuflïons, dont il conuenoit les challier alors : pource que laiflà nt efehap-per celle occalîonâ, il ne feroit aifé de la retrouuer vne autre fois. Le Marefchal dâAuuillegouucrncur de Languedoc,
Charles nevfiesmi, 184
doc, la Valette amp;nbsp;plufieuss autres chefs de nom efloyent dedansThoulotife, acompagnez de cinq cens maiftres, Si plus de fix mille harquebuziers, tain eftrangers que du lieujaucclefquels its firent quelques forties dont Ies fucces furentdiuers. Cependant ilsnâefloignoyent degucresIes Tkaulcufi murailles, redoutans quelque furprife. Apres que Thou-loufe euft reccu ces legeres baftonnades lâarmec tira vers Caroiain villcttc qui fut forcée, amp;nbsp;les refiftans taillez en pieces. Autant en eurent ceux d'Oriac, la Paye ,.Lesbos, Monteftruc.St autres places. 11 nây eut place lors afliegee en vain que S. Felix, où les Galcons furent repQulfez de Taflaut auec perte de cinquante hommes 5c le vicomte de Montclarblefle, qui toft apres mourut à Caftres. Lâar-meefeiournant en cesquartiers dâAlbigeois fut renforcée de cinq à fix cens cheuaux amenez de la Rochelle à tra-ücrs beaucoup dâempefehemens par Beaudine amp;nbsp;Renty, lefquels pat diligence rendirent vaines toutes les entre-ptifes de la Vauguyon,Defcars, Pompadou amp;nbsp;autres, qui fuiuia de trois mil hommes pretendoyent les furptendtc 2t tailler en pieces. Les Princes commandèrent à Piles de donner iufques à la Comté de Rouflillon, où ilfutfaitdu fmrtrMttr faccagemenc,encorequâelleapartintaux Efpagnols. Tan-,^* Ufaix. dis que les Princes eftoyent à Monreal, trois lieues pres de Carcafibne , arriuerent les députez du Roy , auec Theli-gny amp;nbsp;Bcauuais , pour auifer à quelque pacification. Les Princes, lâAmiral Si les Rciftres efcriuent de ce lieu lettres affez amples au Roy pourtefmoignerde leurfincerifceii tout ce qui eftoit palTé. Toute la Noblcfle fit aufli rcfponfe de bouche par vn dâêtre eux aux députez du Roy, le remet ciant rrcshumblement de fon inclination à la paix. Thcli-gny,Beauuais,amp; laChaffetiere partirent le vingtquatre du mefme mois auec les autres deputez pour sâacheminer vers le Roy, amp;nbsp;faire vne bonne refolution. Cependant lâarmee des Princes tira tout au long du Languedoc , amp;nbsp;perdit pres d^Montpeflier la Loue marefchal de Camp, . ,, prudent amp;nbsp;valeureux chef de guerre , mais qui lors par faute de bons auis fut furprins , tué, amp;nbsp;deux compagnies pres de lui partie defualizees , partie mifes en route, amp;nbsp;quelques vns morts ou blellez. Lâarmees'e-ftantaprochcêduRhofne,le Comte Ludouiclepafla auec partie des forces,amp; en peu de temps lâarmec eut fa reuen-«ne de la perte de fqn Marefchal du Câpjfïr pluCeurs chefs
M.B.LXX.
Charles n t v fi t s m egt;
Si fbldats Catholiques Romains desfaics Si tuez en diuef» ^ehmine- fes places amp;nbsp;rencontres. Or la principale intention des mit deiâar- Princes eftoit de tirer infanterie du Dauphiné, pour ren-groflir le corps'de leur armee, commeauflî ils auoyent penléfaire de Gafcôgne amp;nbsp;de Languedoc,lequel delir ne fe . peut bien effeftuer.Car quand les foldats venoyent à cntc-dre que câelioit pour sâacïicniiner vers Paris, amp;nbsp;au cÅur de la France, St qu'apres ils fe reprefentoyent les miferes quâeux Si leurs compagnons auoyent fouffertes lâhiucr paffé, chifcunfuyoit cela comme vu precipice mortel, amp;nbsp;aimoyent fans comparaifon mieux demeurer à faire la guer re en leur pays. Toutesfois encore ramalferent ih plus de trois mille harquebuziers délibérez dâaller par tout, qui fe difpoferent par regimens : mais tous elloyent a cheual. La necelhté les contraignit à ce faire pour la longueur du chemin Si à caufe de la rigueur de lâhiuer.Et combien que telle difpofition dâarmee eau fart quelquesfois de rembaraflé-ment,fi en vint- il du profit, en ce que furuenans les occa-liôs ,ritifanteriefe trouuoit toulîours gaillarde Stfraifehe, nây ayant gueres de maladies parmi elle, dautant quelle e-vAiiù itCA ftoit toufiours bien logee amp;nbsp;bien traitee.L'Amiral, rompu aux'afaires, voyoït bien,ores que la paix fe negotiaft, quâil cftoit bien mal aift d'en obtenir vnc bonne, lilâarmee ne
hî I i' Jet fl r
sâaprochoit de Paris.Sachant auflî que de la Loire, il trou-ueroitde renfort, cela lui faifoit hafler le voyage. Mais la difficulté de paflèr les montagnes des Scuenes amp;nbsp;du Viua rets donna quelque retardement, Si encore plus vnc fleure violence qui lui fuiuintà S. Eflieneen Forells , qui cuida lâemporter, amp;nbsp;fut on contraint lui ouurir la veine amp;nbsp;le fai-gner p.ir trois diuerfes fois en vnfeuliour. Sâil full decede loi s,parauenture sâen full tl cnfuiui changement de cófeil, parcequâayantperdulc pied fur lequel tournoie la porte de tant dâafaires, mal aifémenc en cuff on peu trouuer vn fern blable. Le ComteLudoiiic eftoit vn braue chef amp;nbsp;bien efli mé des François -. mais il nâauoit pas acquis lâauthorité de lâauciCjUi l'on experience. En fin il rcuint au delfus au grid contentement de lâatmeej'qui marcha depuis ü legereincnt quâen peu de temps elle entra en Bourgoiigne. amp;nbsp;fe rendit à René le Duc, renforcée de bonnes troupes furuenues de la Charité Si garniibns circonuoifines. Lafe cuidadonner yne terrible fcntence pour la paix, qui ne fut toutesfois que bon»
Charus mvutsMi. iSj
que bonne pour Iâauancer.Lc Mirefchal de Coffc.qui com-mandoit î Iâarmee Catholique Romaine enFabfcncc du Duc dâAnjou, auoiteu chargeexpreffe du Roy dâempcf-cher que celle des Princes nâaprochaft de Pans, mefmes de la combacre,sâil voyoïtlâoccafion propre. Lâayant trouuce placée cnaffezfortc a(liette,il voulut lâoder de fesauanca-ges acrec Ibn artillerie, dont les Princes eftoyenc dcfpour-uens, amp;nbsp;par attaques dâharquebuziers leur faire quitter certains pail'iges quâils tenoyenc. Vn feulement fut abandonné du commencement, amp;nbsp;là fe firent de groÃes charges amp;nbsp;recharges de ciuallerie, oùlesvns amp;!«.s autres fu-rençpourfuiuis à leurtour. Les chefs qui attaquèrent les premiers du collé du'Marcfchal de Coffé furent la Valette, Strofly, amp;nbsp;la Chaftre, qui firent vaillammenr, Ccuxquifouftindrentdelapartdes Princes, furent Bri-quemaut Marefch.il de Camp , Montgommery St Genlis. En cede rencontre les Princes, encore treficunes, firent Voir par leur contenance le defir quâils aiioyent de combatte, dont plufieurs lugerent. quâvniource feroyentdcux exccllens Capitaines.En fin les Catholiques Romains, qui perdirent beaucoup dâhommes tuez.bleflez Sc-prins prifon nicrs,voy3n5 la difficulté de forcer leurs ennemis,fonne-rent la retraite; les Princes aiilficonhderans que le feiour Pwfuhi leureftoitnuifible, nâayans aucunes pieces, ni pouldres^â pour leurs foldats,sâacheminèrent en diligence verslaCha. â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
rite'amp; autres villes de leur parti, où leur armee fe refiaif-chi: amp;nbsp;munttdcs commoditez necclTiires. Ces chofes a-uindrent fur la fin deluin.Lcs Princcs,ayans renforcé leurs troupes de quelques nouuelles compagnies tirees à la Cha tité,Sanccrrc,Antrain,VczeIay amp;nbsp;autres villes de leur p.ir-ti, mirent en eftat trois longues Couleurincs, q e'qties mortiers amp;nbsp;paflèuolans, délibérez de marcher vers Paris, Maisco.mme ilseftoyentpiefts demonterà cheualjle Roy, leur eniioya des articles de trefues entre eux amp;nbsp;leMaref-clialde Coflié, ce qui fut accepté pour dix iours comruen- ' çans au quatorzicfmede luillet. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;e l t J
Cependant les armes fe remiioyent ailleurs, lentement^*ââ' â â enDauphinc, où Gorde.s elfaya dâofter (maisen vain) ceux de laReligion vpe petite ville nômee Loriohehaude-mét enGuyéneamp; enuirôs.LesRoclielloisatioyét pour ennemis fort voifins le Barô delà Garde,Pnigaillard amp;nbsp;la Ri-
AA. j.
Charus nevrirsm«.
uierePuîtaillé, lefqucls refolurét de faire nouucaux effort» pour fe rendre nia ill res en tous ces quartiers.Suyiiant cela ruItailJé mit le liege deuant le Challcaii de Rochefort en Saintonge fur lâ.iuenue des iflcs ôt delà Rochelle : mais la Noue lâen fit dtfloger bië wiiie,lui ayât tué bônôbre dâhomes,amp; rnis le telle a vau de roiite.Toft aptes Puitaillé joint à Puigaillird fit vncchargeà quelquesargoulets delaNoue, lefqucls prindrent efpouuante amp;nbsp;la donnèrent telle aux troupes de chenal amp;nbsp;de pied,conduites par la Noue, Sou-bize amp;nbsp;Puüiaut,que fans aucun refpeâ du commandement des chefs, toiitcs les compagnies fe retirèrent dans la Rochelle, dâayans fait aucune perte; car pour lors on monllra les cfpaules à Puigiillard amp;nbsp;aux liens, qui renforcez de plufieurs regimens de cauallerie amp;nbsp;infanterie cnieuét tous les forts amp;nbsp;places que Ion auoit prins fur eux en Poiâou tà tpâ.iis la farprinfede Marans.Pour referrer encore davantage les Rochel lois, ils drtfTercnt vn fort a Luçon, fur lâa-uenue des mardis, 8c y logèrent quatre enfeignes de pic-ïstrrRriii- fous la charge du capitaine Mafcaron.Sur ce Puigail-fiidtPui- lardrctirefes forces au haut Poiélou, fait courir le bruit j^tiUari nbsp;nbsp;que Ics Princes auoyent obtenu vne grande viaoire,8c que
jioitrftrfB. le Roy lâauoit mandé pour lui mener fes troupes endili-«rfTnai/ire, gence.ll pcnfoit par tel flratageme faire fortir de Marâs S de la Rochelle la Noue,Puuiaut 8c autres pour venir aflie-ger le fort,où il pretendoit acourir en diligence auec fon ar mee,lesdesfjirc,Sc faire vne côquelle royale.Sur ce delfein, cllant auenu que Ronfi'ie're,gcntilbomme Poiteuin,voulut donner le pafl'rtemps de la chaffe a Puigaillard 8c ailleurs, Puniautauerti del'esbat y alla fans prier.En chemin Mafca-Tà hn dtelfa embufejde,dôt Puuiaut sâeilant defuelopé,dô-na lufques au logis de la Rou(ficre,où les autres ne (è trou-ueient. An retour Roufliere fut rencontré 8c cmæenépri-fonnier auec autres defquels Puuiaut aprint que le fort de luçô eftoit mal garni,5c aifé à emporter,dót il auertit prô-prenven: la Noue, lequel encore plus diligemment fortit de la Rochelle auec quatre Cornettes, ii.enfcignes Fran-çoifes.S: le rdle deLanfquenets au nôbre de trois cens.Le afîiegé, Puigaillard fuiui de neuf compagnies dâordô-nances decheuauxlegersritemdevingtenfeignes depie-tons.tous vieux foldats,des gardes du Roy,fans prédre loi-fif dâamalTer le refte de fes troupes (tant il auoit hafte 8ç
^cur
Charles nsvîiesme. â¢
pîur défaillir à enclorre h Noue entre Marans amp;L«çoii) marcha fi vifte , quâil fit faire à fcs gens dcux tours amp;nbsp;vne nuift de chemin, fans boire ne manger quâvne fois Icgere-n)ér,'5c fans reposer quâvn peu à Fontenay.prefques le teps feulement quâils employèrent à y lailfer amp;nbsp;ferrer leur baga ge,pour marcher plus dii'pofteineiit.ArriudpresS.Gcnime. à demi-lieue de Luçô,'e i4.iour de luin.il fc couche au lift feignant eftre frappé d'vne fieure chaude, en fait ferner Ic bruit, amp;nbsp;fous couleur dâauoirRoufliere 8c autresprilon-niers enuoye vn trôpettc,aaec charge de les alfeurer de ce-ftemaladic.Sc de letter lâÅil pour côiîderer lâcftat des aflie-geans.Ses troupes eftoyét fort hiralfecs à caufeduchemin, amp;nbsp;plufieurs furent côtrains repoler quelques heures à Fôte-npy.Latrôpetce nâayât feeu bien côpofer fa cécen ince.Pu-uiaut qui eftoit à S.Géme,fe doutât de lâafatte, lâempoigne amp;nbsp;k côttaint de confefler vetitéiau moyen dequoy foudain les coureutsmontét à cheual,poûr aller battre les chemins, où ayant lurprins fur la nuift quelques foldats de Puigail-13rd,3nienczaPuuiâut,entédu quetâtde forcesaprochoyér, la Noucauerti.chafcü saprcÃa pour lccôbat,par lâauis des chefs,nômément de Puuiaut,lcquel remôftra Ouâils auoyct afaireà gésharafiezamp; quivenoyét sâexpoferalabouche-rie.Sâeftans hûblementrecômandez à Dieu sâapprefteot au choc-Toft apres que Puuiaut 8c tous les (ïé.s furet deflogez deS.Géme,pour fe ioindre à la Noue,lâinfârerie de Puigail lard approche,donne dedâs les barrières,8c fans refiftance entre dans le bourg,où ne trouuât perfonne les vns fc mettent a dormir, les autres à repaillrc, aucuns courent dire à Puigaillard que les ennemis fuyoycnt.Lui penfant nây eftre iamaisaflfz à teps, entre à S.Gemme Jeuant la poinfte du iour,criât de touscoftez pour faire fortir les foldats des mai sós,l£ les rager en bataille pour fuyurc les fuyards quâô di-foit fe retirer en defordreà Marâf..ll eniioyeyo.Argoulcts dcuâqqui lui rapportent autres nouuclles, que les ennemis eftoyentalfcz pres 8c en bataille. Le pays entre S.Gcme Sc Luçôeftvn vpgnoble borné de foftéz bayes SibuilFons auec J» quelquescâpagnes feparezpar vn grâdcheminaflezlarge, la ttmrner ayât de part 8c d'autre force hallicts. La Noue sâeftoit auj-ce le premier,, 8c auoit bien acommodé fcs troupes. Pui-gaillard n'eut pas ce moyen fur tout au regard de fa Caual- ââ krie, qiji eftoit côtrainte,à caufe des foflez, paflet à la file;'
AA. tj.
'W.D-IXX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChAamp;IIS NJTHSSM!.
CC que confidcrant Ie Capitaine S.Eftiene, qui auoit trentS falades amp;nbsp;quelques harquebuziers, puis à dos vingtehe-uaiix conduits par Ãruneliere, commence h charge pif le commandement de la Noue,amp; donne valeureufementfuç j les premieres troupes de la Cauallerie de Pnigaillard. Pu-uiaut voyant celles là amp;nbsp;les autres branfler,qui pouuoyent eftrc au nombre de cent cinquante maift tes les enfonce, en tue vn?partie,donne lâefpouuanteaux autres qui vont fondre fur leur infintcrie,amp; sâenfuyent auec Puigaillard à bri- , de abatue dans Fontenay à quatre lieues de là ,les mal montez abatus amp;nbsp;tuez fur le champ. Alors on vint enuironner de toutes parts leur infanterie , amp;nbsp;pource quâelle eftoit en rafe campagne, amp;nbsp;aprochant des buitfons fe voyoit terraf-feeà coups de harqtiebtizes , elle fut partie rompue parla Cauallerie,qui ne les laifToit courir gucres loin,partie taillée en piecesjfur tout parles Lanfquenets,quiramcnturenC alors aux gardes du Roy la tournee de IVJontcontour.Sans j la Noue amp;nbsp;Soiibize toute lâinfanterie de Puigaillard eftoit exterminée, tant les Lanfquenets fe monftroyent acharnez. Seize enfeignes amp;nbsp;deux cornettes y furent prinfes, cinq cens vieux foldats ruez fur la place, auec plusieurs chefs amp;nbsp;membres des regimen's amp;nbsp;compagnies: fept à huit censprifonniers rcnuoyezlebafton blancau poing. Pui-gaillard nây perdit que trente Caualliers: car les autres fe fauuerent auec lui. Ceftearmee mife en route,apres aâion de graces à Dieu,la Noue,Soubi2e, Puuiaut sâacheminent promptement vers le forr,queMafcaran rendit la viefau-Irforf de ueà lui amp;nbsp;à fes troupes,leurs quatre enfeignps auec les dix-r«»-jjuit autres furent portées à la Rochelle. Les vifforieux beau èommencement alïiegent, battent amp;nbsp;flù reçoyuent Fontenay le Comte à compoiîtion de vies amp;nbsp;fieurs au- bagues faiiuesaux aflîegez, lefqucls fc retirent à Nyort ⢠U très [lactj. Noue ayant perdu le bras gatièné en ce fiege. Puuiaut, amp;
Soubife amp;nbsp;autres chefs delà Religion continiians leur co-quefte chiffent les Catholiques Romain.s horsdâOIeron, Marencs, Soubife, amp;nbsp;Brouage,'où la Riuidte Puitailld lâvn de leurs principaux chefs fui fî rudement blefl? quâil çn mourut incontinent.Brief ceux df ta Religion leur enlevèrent tout ce quâils tenoyent es ènuiron.s de la Rochelle, excepté S.dcan dâAngely, où ils les feferrefent. Le B.iron de la Garde auoit tenu la mer quelque temps auec fes gale-* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rcs:
Charles mb y ji i s m i, 187
:is:mais entendant Uprinfe de Brouage, il fe retira vets Bourdeaux, tandis que Sore pour les Princes couroit fur rOcean où tousles iours il attrapoit quelque proyc .-entre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4
autres exploits à Iâentree de luillerjlairaillit amp;nbsp;print vn hauite Portugais ch.irgé entre autres marchandifes dâenui» ron quarante ieluites qtiâon voiduroit es Indestmiisiis fu- I
rent Ià arrcl1'cz,amp;la plufpartfautereut hors le bord. Le* ****9.'^lt;'jW vidorieux fucces de ceux de la Religion en Poidou Sc y't* Saintonge furent caufe que pour obuier à plus grandes conquelïes le Prince d'Aupliiii fut député pour delccnJre Secourt Ji-tn Poidou, pour y rallier les forces dePuigaillard, lequel puié fmr ' ne battoit plus que dâvue aile, ÿc celles du Comte du Lude, Po'SMt-alîu de venir à quelque nouuel effort. Surce, les nouuellcs de lâauanceinent dâaccord entre les deux grandes armées quieftoyentesenuirons de la nuiere de Loire, apportées en Poiéfou , amp;nbsp;la paix arreftee entre le Roy amp;nbsp;les Princes, lâonziehneiour d'Aoulf, toutes modifications 8c reftri-â filons precedentes abolies, le f;cond edit de pacification.
confcrnié amp;nbsp;remis fus, celle paix fut receue de tous, auec efperance de reunion entre les deux partis par tout leroy.au . nie.La paix publiée es camps 8c es villes, les armeçs furent iaflees fitoft quâelles eurent conduit leurs éfirangers iuf-quesenLorraine.ît IcsPrinces, acompagnez du Comte^ *'°'â' Ludouic, Ce retireront à la Rochelle ab commcncemenci dâOdobre. Le Roy ottroya par lâedit quatre villes, la Ro-' cheile, Montauban , Cognac amp;nbsp;la Charite', poureftiegar- viUei iTiif.. dccsau nom deî Princes,lâefpace de deux ans entièrs,pour/'âra»f*. feuretéde ceiroifiefme edit de pacification, à la pourfuite de laquelle Theligny , depuis fait gendre de lâAmiral, 8c, Beauuais laNocle^sâcmployerent fidèlement Si aucc beaucoup de réputation enuers tous.Quant à lâAmiral,sâil y eut chef es deux parts qui defiraif la paix, ce fut-il : comme pat lettres bien amples eferites dés le dixielineiour de Mats i Wontteà l pres Carcaffonnejilen auon fapplié le Roy , la I Roine 8c le Duc dâAnjou.Car eliant amide difeiplinetni-l litaire (abolie en ces miferables guerres ciuile,s) amp;nbsp;ennemi des vices, 11 difoit fouuentcsfois contemplant tantdedef-ordres, que sâil plaifoit à Dieu femettre la France en paix il delîrerort moutitde plufieurs mortj plulloll que retom-berences confufions, 8c voir encore'/ne fois commettre uçtdç maux dç «aux fes yeux, Lailfant aux autres chefs de
AA.
k.d.ljxï. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlès nbvhbsmi,
part amp;nbsp;dâautre la louange quâils pcuuct auoir acquife,filöH peut en guerres ciuiles acquérir louange, on peu t due que r Amiral y trauailla grandement amp;nbsp;du corps 8t delâefprir, ayant (ouÃen'ila pînspel'ante part des afaiies amp;nbsp;peines ... lt;nbsp;de la guerre auec beaucoup deconllance, de fidelité,S de facilité ; 8c fe comportant auec autant de reuerence en-â ⢠â * uets les Princes fes iuperieurs, que modellement auec ref inferieurs.Iainais il ne parla du Roy,delà Roinc,duDuc dâAnjou, 8c de ceux qu'il fçauoir elfre fes capitaux enne-mis,quâauec iiôneur.fans fard ni defguifeinenitefiatleper-fonnage entre tous ceux de la religion, notâment entre les chefs de gneire , qui sâapuyoit dâvne façon fpeciale fur la prouidécede Dieu.Les prifonniersquâilacusen fa puiifan-ce ont elle gracieufement traitez par lui, aufli doux apres auoir mis lâefpeeau fourreau , que rude quand il lattnoit defgaince.Toiiliours il eut la pieté en fingulicre recôniaii-dâtiô,5c vn amour de iufticeienquoy il continua tant en fon priué,quâen public,en temps de paix 8c de guerre ,iufqucs au iour de fa mort, ce qui le fait prifer 8t honorer de ceux du parti quâil auoit cmbrafle.ll ne ccrchoit point einbiticu femet les cômandemens 8c hôneursiains en les fiiyât on lâa forcé de les predre pour fa fuffifance 8c preudhômie.Quâd il a manié les armes, on a peu conoiftre, quâil elloit autant entendu en ce mellier que Capitaine de fon temps, Sc sâeft toufiourscourageufemét expofé auxdangersifage en con-fcil,Sc vaillantes combats. Aux aduerlîtcz il sâellmonftté magnanime,8c muni de prudcce pour en fortir.Somniecâe ftoit »n digne perfonnage 8f propre à remetireau deflus vn Eftat afoibli amp;nbsp;corrôpu. Mais il aparut en teps mal propre,8c ce qui luiauint toll apres, monftrc que, felon lâapa-rencc cxtericure,la vertu eft malafleureeen terre.
La paix conclue 8c publiec,cômeditacfte',rAmiraI,Teli-gny,laNoue8tplulieursautresferetirerétaupre$dcsPrin-tlifaket CCS ded.ïs la Rochelle pour y attendre auec plus de fcurcte dâ^ufîri- lâauâccuient Sc exeenrió delâedit. On mit garnifon pour les Princes es villes dâalTeurâce fors à laRochellcmaintenueen fes anciëspriuileges. LâEmpereur Maximiliâ fécond maria toll apres .t Philippe Roy dâEfpagne fon beau frere fa fille aifnee : tellement que lâoncle cfpoufa fa niepcc. Elizabetli puilânce fur bailJee a femme au Roy Charles lequel cnil .ville de MeziereslâefpoufafurlafiudcNouébrf,8c sâache-â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;''' ~ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rainioj
ChARIES NEVtlESMÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;188
niînât puis apres vers Paris,le 14. iour de Décembre ouic à VillierscoftéRez. la liarâgue des ambalfadcurs Aleuiâs,par laquelle il eRoit prié de faire foigneufeniér garder l'on edit depacificaciôùquoy il fitrefpôfcquilcs côtenta, 8i furent honorablcrtiët rêuoyez.Au melmcicps feforjnoyét plaintes,fur tout de la part des Princes,touchant lâedit: pour Ic-SUelefFeéts ils enuoyerent en Cour Briquemaur, Tcligny, Eeauuais la Node, amp;nbsp;Cauagncs.Teligny cftoit le principal agent,amp; qui fernbloit eftre fort auant es bonnes graces du Roy,auqiicl il propofa les doléances de ceux de la Reli-gion; a lâoccaliô dequoy le Roy defpefcha Cômiflaires par toutes les prouinces du Royaume,entre autres leMarefchal deCoiré,acôpagnc de Proutiere maiftre des re(Jult;ftcs,fit v 11 Voyage à la Rochelle tac pour auifer auec la roine deNauar reamp; lâA mirai aux inoyêsproprespour maîtenir le royaume ®npaix,quepout autre afaite dót nous patleiôs maintenâu
M. D. L X X I.
Le premier iour de lanuier commença la conferece en^ trele Marefchalde Coffé amp;la Proutiere auec lâAmiral, 9cnua cnâ
amp; autres depute/, de laRoine de Nauarre amp;nbsp;des Princes à la uen la Rochelle fur les difficultez amp;nbsp;interpre tat iôs de plufieurs ar « dtNauai^ tides de lâedit.De part amp;nbsp;dâautres furet miles en auant des nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pr'i-
p'aintes fur lâinfraftiô dâiceluy,auec longues répliqués, dót senluiuirentqueloues refoludosqni deuoyeeeftre rappor dt iaT{elt-teesauRoy. Celle aflcmbleeferuoit de coiiuercute a vn^,'»n pourparlé de mariage entre Héri de Bourbô Princede Na-1â dtuxam barre amp;nbsp;Marguerite fôeiir du Royhté à vne cômunication aueclâAmiral pour la guerre queleRoy difoit vouloir cô- liÃ^at.»», niencer contre l'tfpagnol es pays bas. Tout cela mis en a-Uât pont attirer la Roine de Nauarrc,!es Princes amp;nbsp;lâAmi-tal en la Gourde Fiace .auec leurs principaux feruiteurs, amp;nbsp;leur y faire le traitemét que nous verró^. Au mois de Mars les Caih.Roæains de Roua malfacrerêt plufieurs persônes*
, delaReligiô au retour dâvn prefche,en battiréc oucragctife
I métplufieurs,St eulfét côtinué file Marefchal de Móimoré cy.enuoyépar le Roy,nây full acouru pour reprimer la vio lêce des mutins, J.ou 4.defquels .apres beaucoup dâiiallâces furetpédus,lesautres efchaperct:côbiêqueplâde4oCgt;.fuf-fétfouillez du sâginnocét.Six femaines auparauât ceux de
j lajlt;cligiô ÃAutâge y auoyéc elle meurtris inllumaincnaét, ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' AA. iljj.
Charles n b v fh s m i.
»l.D.lXXl.
nombrepir Icprsenneniislefquels Bcrclioii, cnuoycquek que temps apres gouiieriiciir parie Comte Ludouic, Iccut bien attraper Si chiltier. Au mcfme temps pai le cunlsn-tement du Roy ceux de la Religion furent cottile: a payer le quint de leut reuenu pour le payement des Reilltes: ce qui produifit beaucoup de mefeonteutemeut. Dâvu code le Roy amp;nbsp;la Roinc fitent leur entree à dluers loursenU ville capitale du royaume, auec g ande pompe, amp;nbsp;ceux de la Religion tindrent vn lynode nationnal à la Rochelle où les ai tides de leur confeÃion de foy amp;nbsp;de ladifciplme de leurs Eglif'cs furent coiifcrmez enprcfence delà Reine de Nauarre,dcslârinces,8c de plutieurs autres des principaux. Le Roy ayant fait ion entree l'onziclme de Mars, (la B,oine coutônee le vingtcinquicfme du mois a Sainâ Denis, Stleiq. receue en grande magnificence pat les Pari-fiens) ilallafefcoir en fon lift de iulticc au Parlcinenr, Si Ht vue longue harangue aux gens tenans fa cour, pour lâob-fei uation de ces edits. En teiraoigiiage dequoy au mois fuy uant le peuple Parifien fe mutina contre ceux de la Religion,pilla quelques mai onsjScsâeffoiçade faiiepi jpouf-fé par les prefcheurSjiPappetit quâvue certaine croix plantée en la rue S.Denis en vue place (oùautresfois auoit elle baftie la m ifon de Philippe de Galliiiesjdefmolic rez terre potirce quâen iceile Ion auoit fait quelquespiedications §£ célébré la Cene, Gailines ayant efté exécuté a mon durant les troubles à caufé de cela) auoit elle tranfportce dans le f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;S.Innocent. Celle mutinerie apaifce, le Roy
lt;(gt;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;monllroir vn fort gracieux vifageà Teligny amp;fes
du Ira,té,te compagnons les enuoya vers la Roine de Nauafi elides murieiie en. Princes a la Rochelle . pour les aflèuret que tout fon défit tre !e P tn- rftoitde ma ntenir lâpaix,Sc quâil leur eftoit trefafteâioil-*te^â^âunr nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;particulier,procjrairc que la Rome fa mere amp;nbsp;!c
tuerite de' dâAnjou fon frerequittaflent deiour à autre de leurs îraace, i igueurs. îi leur fir de beaux prefens au partir, ii leur fit entendre aulfi que fa penfee continuoit a la guerre contre lâElpagnoles pays bas, amp;nbsp;.à marier fa fÅur au Prince de Naurric.Biron fut enuoycaptes ùux pour dire le mefine,Sc commença on a parler de ce minage dont les opinions turent parties en deux, le» vns cftimaiis que câelloit vnpiege pour enlacer ceux de la Religion, les autres foiillenans Je cüncraite.Lç Roy en fill fatie des coofultation» à Rome, .Ã
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;caille
iS^
ChARLBS NEVIItSMÃ.
óafe de 1âalliance entre les deux patties,amp;-lc Pape Pie ein-lt;jutefme fitbicn delâempefehelà deil'ss,enuoyaiKJeCardinal Saluiati pour ceft efTeft en France,lequel (apres auoic entendu quelque rcfponle de bouche} s'en retouina content. Le lonimalre de ce quâon lui dit, Si qui fut diuulguc eftoit,' que le Roy le monftferoittouliours digne du nom de fils aifné de lâÃglife Romaine, Ce que tous les defleins . ne tendoycut quâalafeurc e',honneur amp;nbsp;auanccmentde la Religiô Catholique dôi le Pape receuroit de giâds tefmoi gnages en dedâs peu de temps.Nonoblïât celaiSc que p.lu-lieurs le deshaflent inhnunent de ces foiidains chaqge-mensauRoy , la Roinc de Najaarte importunée de plu-ficursgiaiidsjde lâvn amp;nbsp;de V.iutre parti, sâachemina vers le Roy, fuiuie du Comte Ludouic $£ de bon nombre de I;^o-hlcirc.Lc Roy Si laRoincfamere elloyent aBlois,oùils la teccuicnt amp;nbsp;carellert nt eu toutes fottcs:amp; apres beaucoup de diiputes fur quelques poinds, notamment furlescerc-JttoniesjPaccord du mariage de fonfilsauecla fille de f tâte fut conclud, amp;nbsp;le lieu des nopces afligué a Paris. Aù hout je quelque temps le Prince fon fils acompagne de cinq cens gentilshommes vint auflia Blois , où lut arre-
le manage de Henri de Bourbon princf de Condé auec la plus leune des filles de la maifondc Neuers.Pendant ccs traitez des mariages des Princes, lâAmiral, veufde Charlotte de Là ualjdame de pietéexcellente,dccedee a Orleans durant les féconds troubles, efpoufa a la Rochelle la Com-telfedâAniremont en Sauoye,amp; donna pour femnie Louy-fe fa fille au heur de Tel.gny. n lacoui, vn nomméligne-^. . toiles, fiinpie gentilhomme deuenu chcualier de lâordre, quot;nbsp;chefdâvne compagnie dâhomraes dâarmes, gouuerncur de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/
Bouibonnois,amp; lâvn des mignons du Duc dâAnjou, fut tué acoupsdâcfpeeenpleiniour,pourauoirdercouucrtquel-quefecretque foninailtrelui auoit communiqué,touchât.- , . lâentieprife qui le coniinuoit liir ceux de la Religion.0âau trepart le Cardinal de Chafiillon eftant fur lepoinétde partir dâAngleterre, pour fe tendre auprès de lâAmiral fou * frété fut empoifonné par vn ficn valet de ChambrejSt mou â rut au grand regret de tous fes fcruiteurs amp;nbsp;amis. Lâcin-poifonneur attrape quelque temps apres fut execute à la Rochelle.
M.D.LXXit,
Charus nevfiesmé.
M, D. L X X I I.
à ceflc année que ie rapporte les am'uecs de li tlt mariage \lt;gt;roine de Nauarre,desPrinces,amp;de lâAmiral en Cour. eluPrincede Les conueiitions de mariage du Prince de NauarreSc de li Nauarre^ fæ^r du Roy furent arreftees à Blois l'onziefme iour dâA-Ver' Le Côte Ludouic negotia au mefme téps auec le Rojf ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour la guerre de Flâ Jres,amp; y eut des aprefts par mer faits
par Strorty amp;nbsp;le Baron de la Gardetmais il fe trouua au bout de trois mois que Flandres eftoit la Rochelle. Le Roy a-uoit longtemps auparauâtVait folliciter lâAmiral de sâapprocher de la Cour. Pour lây attirer il fit retirer ceux dê Guife,quicôtrefircntles malconrcns.LeMarerchal de Mà t-morcncyuffcura par lettres fon coufin lâAmiral que le Roy eflüit plein dcfrâche volonté dele recócilierauecleDuC de Guife pour mieux feferuir de lui St de fon côfeilauma-nieméc des afaires du royaume,amp; cômençoit à porter amitié à ceux de la Religiô.Or pour öfter toute desfiâce à lâAmiral , le Roy lui enuoya lettres de pouiioir mener pour fa feureté$o.gentilshommes armeziufques à la Cour,où en fin le Marefchal de CoiTc le conduifit auec bon nombre de Cateffit Æ,,â gentilshommcs.il y fut honorablement receujamp;carclfé du tu en Ceur Roy,qui lâappelloit fon perc Et comme lâAmiral fefuft a-farh'p^jà genouillé pour lui faire la reuerence,le Roy proteftaquâert fj â nâauoit yeu iour plus agréable que celui la auquel il A*affeuroit voir la fin de tous les troubles.amp; le cotûmence-amp;ferfemee ment dâvn ferme repos en fon royaume. Entre autres prô-tietabtii ./epos tenus enfouriantilluiditccsmots, Nous vous tenons auec qous maintenant,vous nâco partirez pas .omme vous
. I voudrez.LâRoine mere,les Ducs dâAnjou amp;nbsp;dâAlençon,S prcfqucs tous les plus aparens de la Coar,le receurétplus fauorablcmentqu'il nâefperoit. Toutes ces courtoifîcsfu-tentfoudainfuiuiesdâvne grande libéralité du Roy.lequel lui fit deliurer des deniers de fon efpargne cent mille fracs pour recompenfe des pertes quâil auoit faites es guerres paftees : lui donna les reuenus dâvn an de tous les benefices tenus par le feu Cardinal de ChalHllon : lui fit decerner
pouuoir Sc conimiflïon (ïgnce de fa mam' amp;nbsp;cacliettce de fon feaupour recercher tous les meubles qui lui auoycnc «H^eakuezà CluftiUoa fut Loiog, amp;nbsp;fe les faire rendre â ......' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P«
Charles nevïiesmé. ipo
par commandement bien expres. Teligny fon gendre fut auffi honnord de quelques biensfaits. Cauagncs Coniéü-lier à Thouloufe, agent pour les Princes es afaires concer-. nans l'obferuation de iâcdit, fut pourueu dâvn eftat de mai-ftredcs Requeftes. Plufieurs autres Seigneuis 8c gentils-bommes de la Religion fentirent lots la libet,alité du Roy» dont leurs aduerfarres elloyenc fort otfenfez ! notamnieut de te que lâAmiral fut reftabli cti fon rang au pnué Con-feil, Sc que Ie Roy lui demandoit entre eux deux fonauis dâafaires dâimportance,fur tout pour la guerre du pays bas, que lâAmiral affeCjionnoit forticomme lâvn des plus afleu-rez moyens de tenir la France en repoSjalleguant quâil y a-« uoitiufteraifon de faire à lâEfpagnol cequâiniuttcmcntil^â/c,â^4. auoitfaitamp;feroità la France,qLiieÃoit dele troubler en fa r«. maifon pour lâempefeher de ruiner celles des autres.11 pro-pofaauflî au Roy,qui feignit trouucr ceft auis ttcf-vtile,de traiter vnealfociationauec la Roine d'Angleterre 8c les Princes dâAlemagne, pour matter tant plus aifement lâEfpagnol, amp;nbsp;par vn ample difeours prouaaauRoy que les fondemens de la guerre es pays bas cftoyentiulles,îc profitables à la France.
Le Pape Pic cinquiefmeeftant mort, qui viuant faifoit dcl'empefchépour retarder le mariage du'ptincede Na-rf,z«rr,, uarreSc de la foeur du roy ,1e Cardinal de Lorraine , fei-»ntquot;£rp»«, snant dâailleurs auoir grand peur , print le chemin dcâ/quot;â'quot;fâ quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;L- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cardinal dt
Rome , 8c donna iniques la , combien que le nouucau rape nommé Gregoire treizicfme fuft défia créé. Mais difint-cornmeil eftoit en ce voyage, furent furprifes des let- nr«f ItSt-très du Cardinal relvé , (qui de marmiton au collegerquot;» it I* de Montaigu à paris , puis valéTdu Cardinal de Lor-raine du temps de fes eftudes , eftoit en peu dâannees'quot;ââ^ paruenu à auoir le chapeau rouge) adreffantes à fônâ¢*quot;***«*â/ maiftre , dont le fbmmaire eftoit, que pour le bon train auquel il voyoit le Roy , la Roine mere 8c le Duc d'Anjou , il ne pouuoit que bien c/perer *des afaires. Quâau retour de lâAmiral en Cour , le Roy sâeftoit monftté fi accord , que fes plus intimes en eftoyent efton-nez: que par ce moyen lâAmiral auoir perdu tout foupçon, amp;nbsp;que câeftoit le moyen dâexecuter ce que le Cardinal de Lorraine fauoitbié.Quâonparloit de laguerre côtrcle toy
M.D.LXxii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charus mfviissmi.
MâECpagne gt;nbsp;à nuoy Ie Roy raonllroit eiicüncr gt;nbsp;pourarrt^ lier jâAinirjl, ' amp;nbsp;quâil coiiucnoit vier de telles lufes en attendant lâexecution du Confeil fecret.Que Ic Roy d hfpa-gtlc auoit elle aniplenicnc informe' de tout, alin quâil ne le troublait de cellaparetl de guerre, qui ne sâadreffoit pas à lui. Partant prioit fon maiftrede sâafRurer (quelques paquets quâon lui cnuoyail) que le Roy ne cliangetoit point de refolution. Que la Rome fncre amp;nbsp;le Duc dâAnjou nâa-uoyent afaire plus recommande que celui là . Touctiant les iiopces du Prince de Nau.irrc,il cfperoit quâelles fe fetoyét bien toll, que câclloit lâentree de lâexecution, amp;nbsp;tandis le temps approthûit que les villes dâoftage leroyent ten-LâAmiral ayant eu copie de Ce paquet nâen fit grand ft ten fi, ei ellat,non plus que dâautres auertillemcns bien expre^dô-paroitt âH âez paranant St depui',ayant iâefprit trauerfé par les coute-nances St paroles du Roy, qui fembloit contrarier pref-î t 'â Æ ques en toutes cliofes à Ion frere le Duc dâAnjou, pour Ic-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tjyeiji gteijtrepreridre la negotiation de Pologne , afiude
lâenuoyer faire du mailltc bien loin delà Prance.En ce Sei-â gneur, qui sâeltoic toufiours monllré li prudent St attentif auxafjires, aparut que la là geffe defaut aux fages quand il plait au feul fage gouucriieur du monde afadir les efprits plus vigoureux,St faire voye à les terribles iugemenstcoiii-ine ils le rnonllrercnt toll apres lur tonte lapranceilaqufl-' le depuis ce temps là iufques à prefeutafenti la p-là nteur des coups du Tout-puilfant, la main duquel ell encore e-itendue. Quelques perfonnages de Pvn St de lâautre parti,' alFeClionnez au bien delà France,- 8t principalement aucuns de la Religion fentans ia bruire les vents de lâhorrible tempellc qui sâenfuiuit tranfl'riroycnt de frayeur en '- leurs cÅurs,b?iirans la telle amp;nbsp;nâattcndansquelecoup.Le quot;(Mâ* na- Synode nationnal des Eglifesfetinrà Nifinesaumoisde i,annal â May. Quelques efpritsfrctillans (à laraode des Françoi» quiprefuinent infiniment en proCperité,' amp;nbsp;né redoutent lâaduerfit^iinon quand ils la fentent) vouloyent ia remuer en ladifciplinetmaison kurfermala bouclie.Les confcic-cesen pluficurs commençoyênt a fe detracquer, amp;nbsp;y en i-aioit peu qui fe monllralfent bien.ilFeélionnez. à laReli-gioir, mais grands amp;nbsp;petit fongeoyent délia fort creux au monde, amp;nbsp;bafiilToycnt de beaux chalfeauxen lâiir. Les Princes cuidans auoir vue paix aüeutec /rendirent plus de tros
CftARTïS' tttVIlISVI. Tÿt
crois mois auant terme les villes óâafl'eurance, où le Roy D'.itgarnifons, ayant pour contenter les Princes cnuoyé lettres à tousles P.u lemens, par lefquelles il declairoit a noirpoui trefagreable la bonne afFeftion des Princes , amp;nbsp;duo. lâhonneur qu'ils lui faifoyent desâalFeiirer en fon edit ,1e-' quel 11 vouloit eftrè gardé inuiolablement.Les Roclicllois-aguettezparStroflî,Landerfan 8c Je Baron delà Garde,ne voulurent receuoir garnifon,alleguans leurs pnuileges.A- . nbsp;nbsp;nbsp;,
findenâcsfaroucber pcrfoniiejon les lailfa.LE Marefchal de 1' * C*'quot;' * Montmorency fut enuoyé en Angleterre pour pratiquer lâaffociationtee quâil fir, amp;reuintpluftoll quâon nepenfoir, mais au temps des nonces il fe retira en (a maifon : 8t fi dâautres lâeuflcnc creu, les afatres euffitnt prins autre pli; bon defpefclia aulfi le Capitaine Minguenereatiec vn na-uire bien equippé, amp;-*n Portugais fort expérimenté es , Voyagesdcm.irine.pourallcrreconoiftrelcsdcftentcsdu berou amp;nbsp;vo r quel moyen il y auroit de donner là ,les afâi-
tes au Roy dTjipagne. Mais, atiis ayant efté donné de fon rgt;iutrfr;-' ''oyage, il futfuiui, amp;nbsp;aflafHi pres lâifle Efpignolc, où fes gens furent tuez, 8c lui mises galères, bon fit anllî pour-luyurc par lâAmiral mcJmcraffociation auec leSquot; Princes dâAllemagne, amp;nbsp;fut le Dftc de Fforencefollicitc depiclfer argent pour la'guerre dé Fia fidres,pour laquelle Saucourr, laNouc 8c leniis firent leuepade foldats. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;inTemrlr
Au commencement de May le Roy pria la Roine de Nauatre dâaller à Pari s, afin de pouruoir à ce qui feroif ne- ipar/j felTtire pour les nopces. Elle y arrtiia le qiitnzicfmc : 8c le »tf« icmtu f quatrieime de luin rombiTnalà de au lift dâvne heure con- ' tinue,caufee(difoit on) dâvn mal de poulmons ,ott ce long temps sâeftoyent formez quelques apollemes, Icfquels cî-meus 8c irritez par les grandes chaleurs d'alors,8c dâvn rra-ual extraordinaire quâelle print durant (à (ante,lui enflam-mefenrefifte fiente dont elle mourut cinq iours apres, au grand dueil detous lés feiuiteurs.Trois ioursapres sâeftre aliftee, elle fi: dâcfprit fort raffis vn teftament vrayemenc dueftien, mourut auec tefmoignages de lîngufiere pieté amp;nbsp;ioye enOicu. C/elloit vne PrincelPe exercee de longue mam 5: par beaucoup dâaduerfitez cfquelles elle monldroit vne conldà ncéînuincible, 8c vne heroique grandeur de cotJrtge: trefaffvftionneeà fa religion ,fort foigneufede lâinlditution de fes enfans en la crainte de Dieu, charitable
Charlis nivtiismb.
ÃM.D.lXTir.
enuerseux, quâelle auertilfoit fouuent de leurdeuoirfi» paroles graues amp;nbsp;pleines de maternelle affeélion.Elle auoic lâefprit prompt, auifé, mais doué de grande rondeur 8t intégrité,pitoyable,amp; aü'é à ranger. Pcrfonnecoulpable ne pouuoit euiter fa cenfure. sâoppofoit aux vices, amp;nbsp;maintc-noit librement ce quâelle iugeoit bon amp;conforme à la volonté de Dieu.La profperité.lui efloit nuifible. amp;nbsp;fe laiffoit 4 aifémentaller'aiix propos ioyeux,eftantdâvnc complexion peu chagrine amp;nbsp;fort agréable , ayant auec lâingenuité, y,, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Beaucoup de viuacité pour bien comprendre les chofes,
grace à les reprefenter naifuement par eferit ou deviue
voix;auec vn mouuement de tout le corps amp;nbsp;vn vifsge qui contcntoit toutes perîonncs. Elle cftoitaagee de quarante quatre ans,amp; mourut le p.iour de luin. Aucuns ont afl'euré quâelle fut empoifonnee par lâodeur de quelques gands parfumez. Mais afin dâofter toute opinio de cela elle fut ouucrte auec toute diligence Sccuriofité parplulîeurs doûes médecins amp;nbsp;chirurgiens experts, qui lui tfouue-renttoutes les parties nobles fort beljes amp;nbsp;eniieres, hors mis lespoulmons ititereflà ez du cofté droit, oùsâcftoiten-gendrce vne dureté extraordinaire, amp;nbsp;vn apofteme alfez gro''. Mal quilts lugerent tous auoircfté (quant aux hommes) la caufe de fa mort. On ne leur cômanda point dâou-urir lecerueau.où legrand mal eftoit,au moyen deqiioy ils ne peurent donner auis que fur ce qui leur aparoiflbit.
Quelques iours apres le Roy follicite le Roy deNauar-
vieat Ãnt- re fonbeaufrcre de venir folennizer fon mariage a Pans, leiwtRtxP« corne il .luoit elle arrefté entre eux : tandis quâa Blaiidi en â*â Brie fe faifoyent les apreftspourlesnopcesdu Prince de C'ondé, lequel y efpoufa fa fiancee au commencement du moisdâAouft. LâAmiraleftoit en fa mafon à Chaftillbn fur
* Loing, où il receuoit bien fouuent lettres amp;nbsp;melfages du, Roy, Pource quâil ne bougeoir le Roy lui depefeha Caua-gnes,puis Briquemaud, afin de lâamener pour refoudre entièrement de la guerre de Flandres: amp;nbsp;futexprclTément enioinr aiipreuofl des marchans amp;nbsp;autres principaux de Paris de pouruoir quâaucun bruit ne trouble ne fc,fiftà la venue de lâAmiraI.lequel pouffé par tât deperfonnes ,amp; defireux de chafier la guerre hors de Fiace.mefurant la pé-fceduRoy,fur Jaficne,refolutdâallcrà Paris, fans peusâar-refter aux diuers auertiffemens de ks feruiteurs amp;nbsp;gens dâhoii»
ChARLïS Nt VT ie s MX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ipî
dâl,onneur,trefafFelt;ftionnez à fa conferuation, qui de plu-heurs endroits dedans amp;nbsp;dehors le royaume, le prioyent, puis quâil ne pouuoit conceuoir aucune finiftre opinion du Roy,de fa mere amp;nbsp;des leurs, quâau moins il conlidcraft en quel lieu il allo it fe fourrer,amp; parmi cobien dâennemis.Lui, enfance it apuyéfur le tefmoignagede fa bonne confcience amp;nbsp;de la e^mirat. prouidence de Dieu,rcmertât tels auis,comme sâils fuflent venus de gens cönuoiceux de nouueaux troubles,lelquels il abhorroic plus que la mort,fe mit en chemin auec nioyéne fliitc,amp; cftât arriué 3. Paris,au grâd esbahilfement de toute la ville,(ut honorablemét recueilli du Roy,de fes freres,de laRoine mere,amp; des autres.Peu au parauât,laNoue,Sau-court amp;nbsp;I élis acôpagnâsleCôte Ludouic en Flâdres auoyét eu charge du Roy de regarder aux moyens de furprendre quelque ville fur la frontière : amp;nbsp;dâautrcpart le Duc dâAluc eftoitauerti de tous les pasquefaifoit le Côte Ludouic,lc-quel ncâtmoins fit telle diligence quâil fe rendit raaiftre de Móts cnHainautjdót leDuc ne peut fe côtenir de dire que Æ la Roine mere lui auoit enuoy é des fleurs de Flor£ce,mais quâil lut réuoyeroit des chardôsdâEfpagne; vsât de pi ufieurs autres menaces,qui sâamortirét apres quâ6lui eut donc des auis fort particuliers de tout ce qui paflbit,amp; nômémenedu retour de lélis, du côgé par lui obtenu de leuer gés pt^ur le fecoursdeMôcs,du téps de leur depart amp;nbsp;le chemin quâils deuoyent tenir. Dautreparr,le 7.de luillct fut publiée vne ordonnance du Roy,tendant à empefeher toutes querelles amp;nbsp;voyes de fait tant à Paris quâen fa Cour, amp;nbsp;commandé à tous eftrangcrs amp;nbsp;gens fans aueu de fe retirer.
Apres lâarriuee de lâAmiral à Paris, tât de lettres furent , .. eicritesaux Princes , amp;nbsp;leur enuoya on tant de mellgges, ^itâtnt à quâils sây rendirent prefques au mefme téps que le roy,qui Paru. patauant auoit feiourné es enuirons.Plufîeurs Seigneurs amp;nbsp;gentilshômes de la Religion acompagnerent le roy de Na-uarre,amp; le Prince de Côdé,au deuatdefquels prefques tou te la Cour alla. Datiantage, fous prétexté de la guerre de Flandres, le roy manda amp;nbsp;fit venir en mefme temps à Paris dâautres Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes de la Religion, qui autrement fulfent demeurez en leurs maifons. len-lis nemarchoit pas en Flandres: dnottoutesfois il eftoit follicité: au moyen dequoy la folennization du mariage royal fut vn peu differee fur les fcrupules faits par le Cardinal de Bourbô de célébrer ce mariage là ns difpenfedu
K.D.MI, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ChARLSS StTfTïlM!.
P.ipc, lequel fefaifoit prier amp;nbsp;importuner. Finalement il octroya vnedifpenfecmaicpource quâelle nâeftoit .iflezample au gré du Cardinal,confeillé par gens plus fins que lui, il falut renuoyer a Rome. On attendoit que deuiendroyéc les croupes de lenlis qui auoit amalfequatre mil hommes de pied amp;nbsp;cinq cens cheuaux pour aller au fccours du Côte Ludouic amp;nbsp;de la Noue afliegez dedans Monts par le Duc dâAIuc, Cependant, nouuelle difpenfe vient fur la fin de luilletjdont le Cardinal feint fe contenter, St iour cil afli-DiifMieie gne pour les efpoufailles au iS.dâAoufl.Entre tant nouueî-Inhs ir nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;viencntque lenlisauoit elle furprins,8c fes troupes def-
jts tniifts. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pç monftra bien fafché,8t efcriuit a fon
ambalFadeur es pays bas quâil eult à procurer par tous moyens poflfibles la deliurance de ceux quiauoycntefté prifonniersen celle route de lenlis. Dauantage il permit à lâAmiral dâenuoyer telfccoursquâilpourroit pour feioin-dre à l'armee de Reillres que le Prince dâAurange auoit Icuec en mefrae temps:amp; lui fit comter argent pour la fol-dede lâinf.interie quâon ellimoitdeuoir elite de quatre regimens,auec trente compagnies dâhommes dâarmes.Lâam-balTadcur Efpagnol auoit fait du mal content longtemps auparauant, 8c sâelloit retiré de France; la roine mereaulTi ioue plulîeurs perfonnagesen cefte tragedie, feignantnâa-uoir tien feeu des delfeins du Roy, puis les ayant feeus fe faifoit tenir comme fi elle euft voulu quitter la Couritelle-ment que l'Amiral,Teligny fon gendre,8c autres Seigneurs fe confermoyent de plus en plus en cell anis que le R.oy a-noit la mcfme penfee que lâAmiral,câeft «fçauoir de porter la guerre dedans les pays du Roy dâEfpagne, lequel lâauoit allumée 8c pretendoit lâentretenir en France,poutsâenem-parer quelque iour.
L n h t Le penultiefme de luillet les Rochelloisefcriuirentà lâAmiral quelâatmee nauale proche dâeux,8c quiruinoitle fe tienent plat pays,gens arriuans dâheure à autre, de Saintonge amp;nbsp;de f«r leun Gafcongne , vfoyent de terribles menaces contre leur vil-ivdet. lc,8c tout ouuertement sâen promettoyent le lac. Luide-mandoyentsonfeil de ce quâils auoyent à fiire, fur tout au regard de ce quâils eftoyent fôllicitez de receuoir huit cens hommes degarnifon. 11 leur fit honorable refponfe ley. iour d'Aouft.lesafl'çurant du foin quâil auoit dâeux, amp;nbsp;ad-ioiilla quâil voyoit le Roy fi bien difpofe' à lâentretenement
Charlis nevfiesmi.
«Je la paix que tous auoyent occaGon de Je louer. Les Ro-éhellois ne laiJfercnt pourtant de fc bien tenir fur leurs gardes.Es autres villescouroyétdeGa des bruitsfourd.s,amp;en-tendoit-on beaucoup de menaces des Catholiques Ro- , mains contre ceux de la Religiontdôt quelques vus fc don-noyent peur. Les autres sâafleuroycnt fur la prefencc de je lâA mirai en Cour, amp;nbsp;fur fes refpoofcs tant de bouche que^«igt;«.-tgt;rlt;-/i par efcrit à tous ceux qui lui deniandoyent auis fur ces oc-currenccsjle fommaire de fes proposeftant, quâau regard de la inaifon de Guife,dont on vouloir lâeftonner, le Roy y rtflufiiurt. auoit pourueu,' le mettant dâaccord auec le Duc de Grille, amp;nbsp;les faifant jurer tous deux entre fes mains de demeurer anus: que le naariage de madame Marguerite, laquelle le Roy doue (difoit-ll,)nô pas au Roy de Nauarre feuleméc. mais comme à tous ceux de la Religion, pour fe iondre dâvnc vnion in JilToluble auec eux, edost le comble de leur feiuetéamp;rcpos. A cellecaufe prioit fouucnr ceux quilui enuoyoyent des paquets ou lui donnoyentdesauisdela mauuaiie volonté du Roy,de la Roinemerc,du Duc dâAnjou,de la maifon de Guife enuers lui amp;nbsp;contre tous ceux de la Religion,quâon ne lui parlai! plus de ces chofés fafeheu-fes du paffe, que tous fe contentaffent de prier Dieu amp;nbsp;le remercier de la grace quâil auoit daigné leur faire , dâamener les cliofcs à vn G paiGble eftat. Somme l'Amiral rouf-iûurs femblable à foy mefme , demeuroit ferme au milieu de tant de mouuemens: non quâil ignoraft la malice dâinG-
. nisaJucrfairesquilâenuironnoyent, amp;ouâcftantà Paris amp;nbsp;à laCoiir, ilgifoitespluscreux abifmcsdela mort. Mais par conftante amp;nbsp;longue habitude il sâelloit râgé à la diuine prouidéce,8cdâautrepartay.at enfecret defcouuert viuemtc au Roy les fources des guerres ciuiles en FrSce,amp; dépeint auvifles pratiques des ennemis couuerts 5,' perfides ferui-teursqiiipretendoyent fc faire maiftre', comme il eft apa-ru depuis, penfoit lâauoir laifféen tresbonne affeélion dây pouruôir.Eftantchofecertaine que ce Roy, quoy qiieieu-ne alors, eiloit de trefvifefprit, amp;. qui voyoit clair esafai» res: tellement que iilcsconfeils fanguinaircs amp;nbsp;furieux ne lâeudent trauer fé amp;nbsp;renuerfé, la France ne fuft tombée es malheurs qui lâont accablée depuis ce temps là . Or conut il à la fin, mais trop tard pour fa perfonne amp;nbsp;pour fa couronne, que ceux qui sâappelloycuc fes feruiteurs ne Ur-
BB. j.
Ch A Zts NBVïIISMÃ.
ftoyent pas, ains cruels ennemis qui auoyent chaffe ft meurtri les fideles fuiecs, pour fe desfaire puis apres aife-inent du Roy amp;nbsp;sâemparer du royaume.
Or furuint encore vn autre afaire, comme Ies voyei de r* Dieu font merueilleufes Sc incomprehenfibles,quiboucha de plus en plus les oreilles à lâAmiral pour nepefertant dâauertiffçmens que d'heure à autie on lui fai foie, le fup-pliant de fe retirer amp;nbsp;faire fortir de Paris apres foy le plui promptement que faire fe pourroit les Seigneurs, gentilshommes amp;nbsp;capitaines plus mal voulus de la Ruine,du Duc d'AnjoUjdeccuxde Guife S: des Pari(îens.11 auoitefté traité en confeil quelques fepmaines au parauat dâenuoyer am balfadc en Pologne, à caufe de la mort du Roy Sigifmond, pour requérir les Eftats dâeflire gc arrefter Roy le Duc dâA njou, lequel lâAmiral eftimoit eftre irréconciliable ennemi de ceux de la Religion, prenoit à cÅur cede pourfui
Apperceuant dôc que le Roy te de la Couronne Polonoiie
pour Ton ftercjlcquelauoit vn trefgrand crédit par toute la France,lâAmiral iugea que le Roy voyoït clair, amp;nbsp;defiroit acheminer tontes chofes à vne ferme paix:que leDucdâAn jou confiné en Potogne,res adherans feroyent contrains de ïâadoucirrque la maifon de Guife deftituee dâvn tel apui,S redoutant le Roy qui auoit par fois vnoeil terrible, fe gar-deroir de remuer : quâauec le temps amp;nbsp;bien toft la Roiiie mere ferou contrainte lai fier à fon fils la conduite desafai-Tes,efquelîes il [e façonnoit bié. Quand donques il vidque le Roy amp;nbsp;1 â Roine merç députèrent leâ de MôIuc,Euefque de Valéce,homme de grand enrédemenr,qui eftoit venus bout de plufieurs difficiles negotiations,8c auoit autresfois voyagéen Pologne,pour ceft ambaffade où il sâachemina le ly.iour dâAouftiCclale fitefpererdenouueau.Monluctout au contraire Tentant venir la tempefte, nedemandoitqu'à fe tirer arrierede France, pour nâeftre tefmoin amp;nbsp;cófciljiet forcé des maux quâil voyoit prefts à tomber fur ceux de la Religion. Quelques iours auparauant il auoit conlèillé le Côte de la Rochefoucaut amp;nbsp;autres Seigneurs de ne fe méfier en cefte imaginaire guerre de Flaodres,ains reprendre en d'iigence le chemin de leurs maifons : quâil nây auoit éceafion de fê fier beaucoup es belles aparences de la cour, ne dây feiourner long téps,veu quâils eftoyét mal voulus ft «ouiez de la plufpart des grâds,amp; de tout le peuple deParis.
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Dieu
Charles NtrntsMt. 194
Dieu ne permit que só cófeil.tresbó pour lors,fuft ercoli'ré.
En ces entrefaites le Baron de la Garde venu en pofte de TttekeBtit Brouage ah couf, amp;nbsp;retourne' fort foudain ,efcriuit Ie m,.!»â' dâAouft aux Rochellois les exhortât à croire au Roy, à mere amp;nbsp;au Duc dâAnjou fon frère,fans lè desfier des ges de giierreqiii les eniiirônoyent,leur promettât toute faueur de fa part,amp; les priât de faire aeômoder fes gés allanspour a-cheter en leur ville ce dót ils auoyét befoin.Eux veillèrent mieux que deuât,St payerét de melme monnoye, en belles paroles ce guetteur qui sâinfcriuoit leur trefleur ami.
Lediraâche ly.d'AouftjHéri roy de Nauarre amp;nbsp;Margue- Fiançaiff« titedeFrâce fÅtirduRoy furet fiâcezau foiren lâhofteldu irtfjtoxiMi* Louure,amp; le lédemain efpoufez par le Cardinal de Bourbô fut vn grâd efehafaut efleué à la veue dâvn ebafeü au deuât de la porte du grand téple de Paris.Ce lour pafl'a en feftins, ieax,dâfes,in3fcaradcs: y paroiflant vn eftrâge medinge de ccuxdclaReligió,aueclesCath.Romiins,dótpluficursne furet pas moins efmcus que de lafanglâte boucherie quâils redoutoyêt defÃ3,8e qui auinr toft apres.Tâdisque lô côfom moit le téps en teh esbats,de toutes parts arriuoyét gés ap peliez par le Roy,fa mere,amp; par ceux deGuife,pour demeu ter les plus forts, la cóclufió ayât efté prinfe plufieurs iours parauât,8t lors pleincmct côfermee tant à Paris quâà Sainft Cloud, dót les Ducs d'Anjou amp;nbsp;de Guife eftoyét les princi pauxcnttemettcurs,de nelailfer fortir lâAintrabains le def*
pefeher dedas Paris aucc tous ceux qui voudroy et le garl-tir. LaRoine mere aueca.ou j.de fes plus féaux amp;nbsp;fecrets feruiteurs auoit vn côfeila partidôt la fin tédoit non feule met à faire tuer lâAmiral,mais auftî à faire entrebattredâau-tres,pour dominer plus à lâaifè.Ceux de Guife,pretédoyent exterminer lâA mirai, amp;nbsp;en faifant malfacrçr ceux de la Religion par le peuple au nom du Roy fauotiferamp; fauuer ceux quâils pourroyent pour rendre le Roy, fa mere amp;nbsp;fon frere tant plus odicux:amp; auancer pied à pied leurs dclfeins. landis que tout refonnoit de ioye amp;nbsp;de chanfons de mu-fique à la voix amp;nbsp;aux inftrumens, dâexercices amp;nbsp;palfe-têps de toutes fortes, Maureuel aflalTin du fieiir de Mouy, auquel quelques fepmaines'~auparauant le Duc dâAnjou, puis le Comte de Rets, auoit communiqué ce qui e-ftoit défaite, vint à Paris,amp; fut logé en vn lieu propre. Le vingtiefme dâAouft , le Roy ayant tiré à part lâAmiral B B. i j.
Ctnfiilj cii tre ral de fienl.
W,B.ixxn. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch A m t s nnnt i « i,
amp; tenu propos des troupes qui acompagnoyent ceux Je Guife dans Paris, lui dit juoir penfi^ pourempefeher tout defordre,queccfcroit le plus feur de faire mettre en lieux conuenabks les gardes defes harquebuziers lous certains capitaines quâil nomma. LâAmifal sâeftant remis decelaà fon bon plailîr, fans faire eftat de la malvâueillance de ceux deGuile, Icfquels il pteliipofoitne deuoir bouger, fi le Roy continuoit en ces protclfations quâil eftimoit trefaf-feurees, on Jifpofa en certains endroits autour du Louure cinq ou fix cens harquebuziers, amp;nbsp;plus grand nombre eq dâautres quartiers eflongnez. Le Marefchal de Montmorency , venu aux nopces,confideranctelles confulîonsfic redoutant les einbufdies de la tnaifon de Guifc, ennemie monelle de lui amp;nbsp;des fiensjóus prétexté dâaller a la chalïe, fe retira chez l'oy,dont bien lui print, amp;nbsp;fon abfence fut eau fe que fesfrétés furent efpargncz.
' nbsp;nbsp;nbsp;* Orle vendredi il. dâ^ouli, comme lâAmiral fortitdu
* Louure, où il auoit efté tout le matin .luecles marefehaux «Sr et ^uiTt Cofle amp;nbsp;de Taiiannes, pour accorder quelque querelle deux gentilshommes ,fe retirant pour dilnet en foi, tfitritctUt. logis,acompagné de douze ou quinze gentilshommes, e-Ãanta uiedenuiron^centpas du Louure, amp;nbsp;lifantvnere-gt; q ielfe,luifut tiree vnc haïquebouzadedot la balle lui em, porta le doigt indice de la main droite amp;nbsp;le blelfa au bras gauche.Le tireur auoit vn cheual pteft à la porte de derrière du logis, fur lequel eftint efehappé fortit parla porte S. t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Antoine,où trouuant vn genet d'Efpagne quâon lui tenoit
en main,print le galop, amp;nbsp;le retira en lieu leur aifigné. La porte du logis enfoncce,lâharquebouz.e y fut trouuce,iten, vn laquay amp;nbsp;vne feruante.Lon feeut quâvu nommé Cliail-⢠ly lors maiftre dâhoftel chez le Roy amp;nbsp;furintendant des a-fanes du Duc de Guife auoit le lour auparauant mené cell Iiarqurbuzier en celle in iifon aparten.inteà Villemur précepteur du melme Duc,amp;rauoit afFeftticufementrecommandé à lâholfefle.Quece vendredi matin lâharqucbuzicr fe fai fane furnommer fiolland, de la garde du Roy (mais » ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1ââ 'câelloit Maureuçl) auoit enuoyésôdit lacquay prierCliail
lydepouruoir que lâefcuyer du Duc de Guilé tintptefts les cheuaux qu'il lui auoit promis.LâAmiral remené enfon logisjinonftra vne fingulierc pieté, conftance amp;nbsp;patience entre les mains des Chirurgiens: puis vifitédeplufieurs
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Princes,
Ch j! R L £ s N £ VF I s s M !1
frinces,Seigneurs amp;nbsp;geacilshommes de la Religion parut touGours femblable à foy incime.Le Roy de Nauaire amp;nbsp;le Prince de Condé crtans allez faire leurs plaintesau Roy deniâdâscôgé de ferecirer,attéduquâit fdfoitmal leur pour euxdedâs Paris. Le Roy fecôplaignâtacux du malheur a-uenu,iura amp;nbsp;promit de faire du coulpable.du côfcntanr, amp;nbsp;des fauteurs,G memorable i dbce, quelâAmiral amp;nbsp;les amis auroyét dequoy fe conicntenccpëdâi il Ics'arreftc, les aflcil rât d'y pouruoir bié toll.Puis il cômande fur le chap quâon pourfuiuià le tircurienio nt au pieuoft de Pans de mettre gens en ordre,8t fe tenir prt ft pour exécuter tout ce que lé Duc dâAnjou lui cômâderoitiGt fermer toutes les portes de h ville, iurantamp; blafphemant (a fa maniéré acouttumec) quâil ne vouloir pas que ceux qui auoyct commis vn tel cx-tes léfauualfent.'fâisatreferuerdeux portes ouuettes pour Icsallans Sl venans,efqucllesy auoit groffe garde,aGn que nul ne fortift fans congé:amp; faignant donner ordre a toutes thofes,amp; vouloir attraper les coulpables.ilfit mettre toute la ville en armesipuis ordönna que pluGeurs Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes de la Religion fulfent logez au quartier amp;nbsp;autour du logis de lâAmiral, craintequâeftans efpars par la ville ils receuirentdcfplaiGr,amp;fuHént la défendus prrlesloldatsde fa garde. Maureuel fut tout bellement pourltiiuiiChailly fe retira en la chambre du Duc de Guife, Ou 11 ne fut point cerché. Le Roy vint voir lâAmiral fur les deux heures apres midi, auquel (la Rome mere prefentc) lâAmiral Gt vne ampleremonftraiice, en laquelle il nâou-blia dâvne part à maintenir fa fidelité au feruicc de la Fran-dâautre les malheurs dâicelle, pour nâeftre la paix publique obferuee, notamment au fait concernant teux de U Religion, dont il fpeeifta quelques particularitez,fuppliant lcRoy défaire iufticedes perturbateurs,dâauoirefgardala foyparluipromile , Staufalut du royaume, Le Royfit fefponfe quâil le tenoit pour hômme de bien, bon François,amp; quiaimoit lâactoilTement de la Couronne: quâil lâa-Uoit en réputation de trelfagegc excellent chef de guerrei que fur telle opinion, il cftoit entré es refolutions paflees: quâilauoit touGours tafehé défaire diligemment obferuer fon edit de pacification, amp;nbsp;encore lors defiroit quâil fuft bien entretenu,pour lequel effetl commiffaires marchoyéé P« tOHtesles proutiices de Fiance 1 que la Roine famete
B B. lij, â â
!li.D,lxxii. Charles n i v r ii s m j.
pouuoit alTeurer ouâil alloit ainfi. Elle ayant dit oui, amp;nbsp;que r Amiral mefmc le fçauoit bien:ilcrt vray,madame,refpon-dicil.-on a enuoyé des commiflaircs,entre lefqucls il y en a qui mâont condamné à eilre pendu,amp; propofé 50. mille ef-cus de recompenic à celui qui vous apporteroit ma tefte.Le Roy répliqua quâon y en enuoycroit d'autres,8cpromit derechef trelexprcflement auec beaucoup de iuremens quâil feroit iuftice de lâoutrage commis en la perfonne de lâAmiral. Pluiîeurs autres propos furent tenus pouralfeurerde pins en plus lâA mirai, lequel nâo iblia de dire pour cóclufió au Roy, quâil le fouuinft des auertiflemens a lui donnez maintesfois par lâAmiral touchant les malheureux dclfeins de quelques vns alencontre de fou eftat amp;nbsp;de fa couronne: Jâexhortoit pourtant à penfer à foy,sâil aimoit fa vie. Peu de téps apres que le Roy fut forti Ici de Ferricres,Vidame de Chartres entra en la chambre ddâAmira^lequel il con-fola fort longuement:amp; en lâalTemblee qui fut faite au bout de quelques heures en vne chambre du mefme logis, ce Seigneur remôftra bien amplement au Roy de Nâuarrc,au Prince de Condé, amp;nbsp;aux principaux Seigneurs de la Religion là affemblez,quâil faloitviftemét fortir de Paris,amp; tenir pour refolu,quc ce coup eftoit lâentree de la tragedie,la-quelle fe paracheueroit bien toft.Lâauis côtraire de demeu rer,amp; fe confier en la promeffe du roy,cmporta Si fut fuiui. Ce mefme iour le roy efcriuit lettres aux gouucrncurs des prouinces,amp; des principales villes de Frâce,ité à fes ambaf fadeurs pres des Princes ellragers ,les auertilTant de cequi elloit aueDu,amp; promet de faire en forte que les autheurs St coulpables dâvn fi mefehât aile feroyét defcouuerts amp;nbsp;cha fiiez felô leurs démérites.Leurcômandoit de faire entédre atout le monde, que cell outrage lui dcfplaifoit.La Roine mere efcriuit de mefmes.Tâdis que les fecreitaires efioyct occupez,bié auât en la nuift les Ducs dâAnjou amp;nbsp;de Guife prenoyent confeil de ce qui cfloit à faire la nuift fuyuante.
«c Samedi matin courut vn bruit par la ville,en laquelle tùrrencésTe Zâuoit vn million de Catholiques Romains,queceux delà «^«(/»/â «yReligion (qui nâeftoyentquâvnepoignee de gens a cornai ttutlt fit parai (bn dece nombrc,nedcmandoyent quciufticc,mode-neili.veilU ftcment,fans outrage quelconque de parole ni de faiOme-4uma£i- naçoyent fort toute la maifon de Guife. Surce les Ducs de Guife dâAuaiale bien efehaufez cefenibloit, vont trou-
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. - nbsp;-..... nbsp;yj,
Ghariès NEVtiisMEi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijarf
IRr le Roy, amp;nbsp;en prefencc de pluÃeurs lui difent quâils a-perceuoyentfamaietté auoir depuis alfez long temps leur icruice peuà gré: que sâils penlbyent en prcnantlechemin de leurs niaifons le Roy y ptinR plaifir, pour lui coin-pliire eftoyent prclh à sâen aller. Le Roy fe monftrant tout renfrongné.âi aucc paroles afpres leur dit, quâils allaf-fent où ils voudroy ét, qu'il les auroit bié toulîours, sâil les trouuoit coulpables de lâoutiage fait à lâA mirai. Eux fe te-tirans de la prefence du Roy, bien acompagnez montent à cheual enuiron midi, pour ne bouger de Paris, où le Parlement parloir aulTipeu que les muets. Les quarieniert vont par toutes les hoftellericsâamp; logis, prenent par eC-trit les noms de ceux quifaifoyentprofellion delaReli-gion,amp; Cn portent les roolles à ceux qui leur auoyent donné cefte commiflîon. Peu dâheures apres ceux de la Religion commencèrent à delcouurir que Ion prenoit dei confcils fanguidaires contre lâAmiral amp;nbsp;tous fes amis: car premièrement le Roy fit pofer vn corps de garde dé cinquante harquebuziers fous la charge de Colfeins à U porte de lâAmiral : fitdefloger de cefte rue là tous les gentilshommes Catholiques Romains qui y eftoyent logezh en apres commanda aux plus familiers de lâAmiral quâils eulTent à prendre logis en ce quartier pour eftre plus pres de lui: fit apporter force armes dedans leLouure: Sc par toute la ville le peuple commença à fe remuer fur le foir. Le confeil aflemblé pour laderniere fois au logis de lâA-niiral, le Vidame de Chartres fut de fon premier auiss amp;nbsp;intifta auec grande vehemence qu'on effayaft prelèn-temcntde porter lâAmiral hors de Paris, 8c que fes familiers 8c amis deflogcalfentaUec. 11 rendit bien ample rai-* fon de fon auis, lequel nefut point fuiui, ains le tint on ait premier de demander iufticeauRoy , enlapromefledu-^ quel faloit fe repofer. Le Confeil du Vidame eftoit trefaf-fcur6,mais(felon les hommes) impoflîble à executer alor'lt; Etneantmoins depuis Ion ofa publier quâen ce confeil, où le Roy de Nauarre,lc Prince de Condé,8c pluûeurs grands Seigneurs fe trouuerent, Ion auoit conclu de tuer le Ro/j laRoinemece,8ctouslesprinCipaux de la couricalothnie autant faulfe que la fauftettéoiefmes. Surle foirquelques gentilshommes de la Religion fe prefenterent pour veiller U uui£t proshainc en la chambré de lâAmirai,dont Telignr
' es. üij,
M.D.LXXII. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch A R 1 £ S NïvrIESMÃ.
fon genjre ne fut dâauis.nâeftimant quâil fuit necefiairejSt les remerciant aucc fort gracieufes paroles de ccfte bonne voIonté.Poui tant ne demeurèrent auec lâAmiral que Cor-naton (de la bouche duquel iâay depuis recueilli la plufpart des difcours preccdens) la Bonne, Yolet, Merlin mmiltrc de la parole de Dieu, Ambroife Paré Chirurgien, quelques valets de chambre Sc feruiteurs. Enlabaflâecouryauoit cinq Suifles de la garde du Roy de Nauarre.
_ nbsp;nbsp;. . La nuift venue, le DuedeGuife lieutenanten cefait
dvmà ^à cre Clâ® nous allons deferire) du Duc dâAnjou, fait venir derf« uers foy tous les capitaines des SuilfesSc compagnies élira mZ. gérés entrees à la file dedans Paris,leur fait entendre la cô-miflion quâil auoitdâexterminerrAmiral amp;nbsp;tous ces parti-fansrles exhorte amp;nbsp;encourage au fang amp;nbsp;au butin. Difpofe leurs troupes es lieux remarquez. Sur la minuiâ vue autre alTembleefefaitenla maifonde ville , où le Preuotldcs marchans.IesEfcheuins, les Capitaines des quartiers font aduertis de mefm c; que par toute la France on en feroit autant à tous ceux delà Religion quâà ceux de Paris : quels fignaldu malfacregeneralferoit lâhorloge du Palais, laquelle on fonncroit au poind du iour;amp; lâen feigne des executeurs feroit vn mouchoir blanc attaché fur la manche, g£ yne croix blanche au chapeau. Si les grands elloyenteC-chaufez, les petis ne furent pas moins prompts a lâexecutiô dâvn fi cruel commandement. Par toutes les rues on pofa proraptementcorps de garde. Delà le Duc de Guife venu au Louure eut chargeauecle cheualierdâAngoulefme ba-flard de Henri a.amp; leDuc dâAumale,acompagnez de Cof-ïeiris,Gôas,Attin,bef(nes,quelques harquebuziers duRoy amp;nbsp;toutes les gardes du Duc dâAnjou,de commencer p.ir le logis de lâAmiral. Le cliquetis dâarmes enuironvne heure apres minuid, les allées amp;nbsp;venues de tant de gens amp;nbsp;tant «le flambeaux allumez partout furent caufe que quelques gentilshommes logez pres la maifon de lâA mirai fclcuent, foutent en ruc*à demandent aux premiers quâdsrencon-trène de,conoiirancc,;que veut dire ceft amas de gens ar-mezà heure indeuc :amp; pource quâon leur refpondoit ain-higuementpaflent outre iufque.s au Louure, où ils furent premièrement attaquez de paroles, puis les gardes com-rncncent à fe ruer fur eux.La noifc cfmeue, on commence à fonnctlaclochç du temple dç Sainél Germain del An-.....- - - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ertoiî.
Charlis NïvriïSMî. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;197
xerrois.Coflèinsvoyant venir le Duc de Guife amp;nbsp;fes troupes heurte à la porte de lâAmiral entre deux amp;trois heures au matin du Dimanche 2 4.iour d'AoulI. Labonne defeend amp;nbsp;ayant fait ouuerture fut poignardé par Colleins: lafe-conde porte par où Ion entroitfurles degtez ayant cllé en . peu de téps rôpue,amp;vn desSuiflesdelagardeharquebuzé. * Tâdis queColfeins eftoit occupé au bris dâicelle porte,Cor natô court en haut, amp;nbsp;enquis par lâAmiral (qui sâeftoit fait leuer de fbn lift amp;nbsp;couuert de fa robe de chambre auoic ouy lâardente priere de fon minière,amp; recommandé humblement fou ame à lefus Chrift fon Sauueur) que vouloic dire ce grand tumulte, refpondir, Monfeigneur, câeft Dieu qui nous appelle à foy. Lon a forcé le logis 8c n'y a moyen quelconque de relifter. LâAmiral commence .à dire: 11 y a long temps que ie me fuis dil'pofé à mourir; vous autres, fauuez vous, sâil eft poflïble, car vous ne fçauâricz garantir ma vie.lerecommande moname à la mifencorde de Dieu. Tous incontinent, excepté fon trucheman en langue A-leniande,gaignent promptement le plus haut de la maifon, amp;nbsp;ayans trouiié vne feneftre pour monter fur le toift,commencent à fe fauuer, mais la plufpart furent tuez au logis proche, Cornaton, Merlin 8c vn ou deux autres efehappe-mntScfurentconferuezmiraculeufement.Reftoyentqua- â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n
tte Smfles fur les dcgrcz,lâvn defquels ayant elle tué,les au- ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
très fe fauuans comme ils peurent, la porte de la chambre de lâAmiral fut incontinent enfoncée: 8c fept ou huit armez 8c couuerts de rôdaches entrez,Befmcs,fctuiteur do-meftique du Duc de Guife, auec lâefpee nue en main sâapproche de l'Amiral 8c lui en prefentela poinfte. Icelui cô-mence à dire, leune homme ,tu dcuroisauuirefgardà ma vieillelTe 8c à mon infirmité : mais tu ne feras pourtant ma vie plus btiefue. Surce Bcfme lui enfonce vn coup dâeftoc en la poiftrine,St recharge fur la telle , chafeun des autres lui donnant aulli fon coup, tellement quâil tomba par terre tirant à la mort. Le Duc de Guife, arrefte en la balfc cour auecleCheiialier 8cautres, oyantlescoups commenceà demander fi câeftoit fait, 8c commander quâon iettallle corps par la feneftre. Befme Sc Sarlaboux lâenleuent incontinent amp;nbsp;le iettent en bas. Le coup donné fur la tefte 8c le fang couurant la face empefehoit v n peu: tellement que le Duc de Guife fe bailfant delfus, 8c lui torchant le vifage a-«ec vn linge,dit,le Iç coqoy iç'elt il luy mefme ; puis ay ai)Ã
M.b.txxin nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charibs mitfiuhi.
donné vn coup de pied au vifage de ce mort, que tous I«» meurtriers de France auoyenc tant redouté quid tl viuoit, fort du logis fuiui des autres, amp;nbsp;commence à crier en rue, Courage,loldats,i)ous auons heuteufement commencé, allons aux autres, le Roy le commande : amp;nbsp;repetoit Ibuuent tout haut CCS mots,le Roy le commande, câeft fa volonté, câeftfon expres côraandement. Incontinent lâhorloge du palais fonne,amp; cômence on à huer par toutes les rues de Pi ris que les Huguenots (ainfî font appeliez ceux de la Religio par les Cath.Romains) eftoyét en armes, cobien quâils ' fuflenc en leurs lifts,amp; fe mettoyét en effort de tuer le roy, auquel la cede de lâAmiral fut portee amp;nbsp;à h roine mere auf-fi,puis embaumec amp;nbsp;enuoyee à , Rome au Pape amp;nbsp;au Cardinal de Lorraine.La populace mutinée acourt au logis de lâA miral,coupc les mainsamp; les parties hôteufes aucorps mort, amp;nbsp;le traine lâcfpacc de trois iours par toute la ville, puis eft Cimencemet porté amp;nbsp;pédu par les pieds au gibet de Mótfaucon. Les gé-demajpicrts tilshômcs,valecs de châbre,gouuerncurs,précepteurs, fer-wL'X'fiâ l'it'UfsdomeftiquesduRoy de Nauarreamp;duPrinccde Co rù. -t dé.furét chaflez des chibres où ils dormoyét dedâs le LoU lire,côcrains defccdreenlabafle court,amp; maffacrez deuant les yeux du Roy.Autât en fut fait aux Seigneurs amp;nbsp;gétils-.* hommes logez au quartier de lâAmiral : puis par toute là â¢* / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* ville : tellement que le nombre des tuez ce dimanche amp;nbsp;les
deux iours fuyuans dedans Paris Sc (es fauxbourgs fut cfti-mé monter à plus de dix mil perfonnes tant feigneurs, , gentilshommes, leurs pages amp;nbsp;feruiténfs, que gens de iu-ftice de toutes qualitez,gens de lettres, de longue robbe, I efcholiers,medecins,marchans,artifans,femines,filles,ieu-; nés garfonsjfans efpargner les enfans au berceau amp;3u ventre de leurs meres. Les courtifans, foldats de la garde du Roy,amp; compagnies eftrangeres firent lâexecutio fur la No-, blefre,finilfant (difoycnt-ils) en vn iour par fer 8c defordre, leproces que la plume, le papier, lesarrefts de iuftice nil» guerre ouuertc nâauoyent feeu executer en douze ans. De forte que ces honorables Seigneurs 8c gentilshommes delà , Religiô,accufez calônieufement de côfpitation 8c dâentre-prife furie Roy, tout nuds, ne penfant quâà prendre repos, efucillez à peine,deCirmez, entre les mains dâinfinis cruels cauteleux 8c perfides ennemis, fans auoirloifirderefpirer furet tuez,les yns ded^s leurs lifts,le^ autres fur les toifts
Charles nevfies me. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;198
des maifons , amp;nbsp;es autres lieux cachez felon quâon fçauoic â nbsp;nbsp;nbsp;x^a.'
les trouuer. Nous aurions à along« trop ce lamentablere- £â¢* cit.sâilfaloiticiadioullcrlesroollesdetantdeperfonnes honorables de tous eftats 8i qualitez.Suffit que leurs noms font efcrics au ciel: amp;nbsp;que depuis en ce qui eft auenu au roy Charles j.à fon frere amp;nbsp;fucccireur,à fa mere,à fon frere ba-fiardjà la maifon de Guife , à la ville de Paris amp;nbsp;à toute la France en lâefpacede ao.ans apres ce maflacre,a tefmoigné , treiruffifamment que Dieu tient cher le fang des innocens, p amp;nbsp;que leur mort (quoy quâignominieufe enprcfence des enfans decc monde) eû precieufe deuant les yeux de fa 1 là inâe Maieflc.
Le Vidame de Chartres,le Côte de Montgomery amp;nbsp;plu fleurs autres SeigneursSt gentilshômes de la Religio logez aux fauxbourgs S.Gcrmain des prez,vis à vis du Louure,la ftnt. riuiere de Seine entre deux.aucrtis corne par miracle le dimanche furies cinqheures du matin de ce qui fc palfoitjen 1 voulant difputer fi cela cftoit vray ou non, defcouurirent ' furla riuiere gens qui sâapreftoyét pour venir les efgorget: j au moyen dequoy les vns à pied, les autres à cheual,la plu-Lpart fans bottes ni efperons, abandouhans leurs hardes amp;nbsp;hagage fe fauuerent corne ils peurent,ayans efté pourfuiuis vne grande demi iournee par le Duc de Guife amp;nbsp;autres.Au tcfteque lelcâeur fercprcfcnte ici vne grande ville en laquelle pres de do.rnil homes aueclespiftolesjcfpieux,coutelas, poignards,tourteaux amp;nbsp;autres tels inftruniés fanglans «ouroyét reniât gc defpitât la facree maicfté deDieu par les tues amp;nbsp;dedâs les maifons où ils maflà croy ét cruellemét to® ; ceux qu'ils récontroycnt,fans auoirefgard à citât,côdition, 4 Icxe ni aageiles rues pauees de corps detaillez,lcs portes amp;nbsp;entrees des maifuns,palais amp;nbsp;lieux publics teintes de fang; Vne tépefte horrible de huees des meurtriers mellees par- Æ miles continuels coups depirtoles amp;nbsp;harquebuzes, les pitoyables cris de ceux quâon bourreloit, les corps iettez par . les fenertres fur les carteaux,trainez par les boues auec but i lemens amp;nbsp;fiffleraenseftranges, le bris des portes Stfene-ftresenfoncees à coups de haches, de cailloux, amp;nbsp;autres ef- -, forts impétueux.-les pillages Stfaccagemens des maifons; les charrettes tramantes tantolt le butin, tantort les mon- , ccaux de corps dcfpectz quâon icttoit dans la riuiere de Seine, toute rouge 4c qui aulH ruicelloit pailt;
UiO.LXXll.
C rf A R L E s N tv tIÃS M S.
la ville, nommément en la Cour du Louurc maifon du ftoy !. nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;auprès.
' frait nët nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nauarre Si le Prince de Condé appeliez
yîi» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;venir parler au Roy entendirent de fa bouche ccqui
di W4«4r« Ce paflbit: amp;nbsp;ad oulla quâil leur fauuuit la vie, moyennant «!f auPrtn- quâils'renonçaffept leur Religion amp;nbsp;le rangeaflent a la fie-ft dt Ctdc. i)e;autremcnt quâals attcndilTent le challimcnt quâauoyent ' receu St receuroyentdeurs adherans.Quant auRoy de Na-r narre il fuppHa le Roy fe fouuenir de fa promciFe, de lâal-, liance nouucllement contraftee, amp;nbsp;de ne le point forcer en fa rcligion.Le Prince de Condé,plus ardent,refpondir,Que ] le Roy lui auoit donné fa foy amp;nbsp;à tous ceux de la Religion) / fîfolennellcment, que ïamais il ne pourroitfc pcrluadct * que le Roy vouluft tauffer vn ferment lî authentique.Pour i le regard de lâobeilfance que le Roy requeroit de lui, il lâa-« «oit fidèlement rendueiufques alors, 8c ne vouloir pour lâauenir Ce deftourner de fon deuoirenfortequecefuft. Mais quant a la Religion, que le Roy luien auoit donné lâexercice, 8c Dieu la conoifiance, auquel il en deuoit ren-j dre conte: laiflant fon corps 8c fesbiensenlapuilfancedu J Roy,pour en difpofer à fon plaifir : que cependant lâa dcli-j beration cftoit de demeurer ferme en fa religion,q'uâil main 1 tiendroittoulîours eflrcla vraye, quand melmesilyde-uroitlaillérla vie.Cefte refponfedu Prince mit le Roy en 1 telle cholere quâil commença à lâappeller rebelle, fedirieux j 6c filsdefeditieux,auechortiblesmenacesdeluifaitetran-cher la teftc,(î dans trois jours il ne fc ratiifoit. Cela fut dit en prefence de la Roine mere,du Duc dâAnjou,de Birague, amp;nbsp;autres du Confeil fecret, duquel il nous faut conlîdetet e- autres procedures, Preuoyans donc que le maffacre de /quot;nHr Puris nâefteindroit pas le feu, mais lâembrafcroit dauanta-extirminef gc,pource que ceux de la Religion pourroyent fe rallier,K leux de la (comme il auient en chofes déplorées) tailler nouueüe be-eonfeilliets firent deux defpefches.Lâvnedes le faitâZtmà f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;aux gouuerneurs 8c Catholiques feditieuxdes
{acret. villes où il y auoit bô nombre de ceux de la Religion,aues / expres commandement de les malfacrer.Lâautre defpcfche . contenoit certaines lettres aux gouuerneurs desPiouinceî, 1 par lefquellesil chargeoit ceux de Guife du meurtre com-(^mis en la perfonne de lâA mirai à caufe de leur querelle par-tjicuUerCjSc de U feditio auenuc » Paris, amortie des le nief-
Charles nevfiesme. îtjj
me iour (ce chantoycnt telles lettres du 14. dâAoufl)par Fauthorité8c preuoyancedu Roy,lequel eiitendoit amp;nbsp;cô- ' mandoit fort edit de pacification eftre entretenu autant J' que iamais par tout Ion royaume. Il adiouftoit ces mots» Ãtdautant quâil eft grandement à craindre que telle execution (quâon publia par autres lettres eftre de fort petitj nombre) ne foufleue mes fuiets les vns contre les autres,' amp;nbsp;ne fe facent grands maflacres parles villes de mô royau- ⢠me, dequoy lâautois vn mcrueilleux regret, le vous prie j defairepublier amp;entendre par tous les lieux Scendroitsde voftregoiiuernement.que chafeun ait à demeurer a repos' 1 St feureté en fa maifon,fans prendre les armes, ni offeiifer F»nlâautre fur peine de la vie; faifant obieruer amp;nbsp;foigneu-,, fement garder noftrc edit de pacification a ces fins. Et ! pour faire punir les controuenans, amp;nbsp;courii fus à ceuxqui^i voudroyent s'elleuer amp;nbsp;defobeir à noftre volonté,vous af-femblerez incontinent le plus de forces que vous pourrez, tant de vos amis,que de vos ordonnances amp;nbsp;autres, aucr-tilfant les Capitaines des villes amp;nbsp;chafteaux de voflre gou- ; uernemétde prendre garde a lafeuietéSt conferuatiô def-* dites places, de forte quâil nâen auieiie faute , mâauertiffant 1 au pluftoft de lâordre que vous y aurez donné, Sc com-.i me toutes chofes fe pafient en lâeftendue de voftre gou-, ücrneincnt.
On defpefcha encor le mefme iour d'autres patentes, ^«treiar-parkfquelles eftoit prohibé de porter armes defendues,dc|^â^âââ'â'\ faireafTeinblees ou chofes aucunes en fraude 8c contre lâe-dit de pacification, fous 1® benefice duquel le Roy corn-mandoit à tous fes fuiets de fe comporter St viurepaifi-ïrfrBeZ(lt;rffi blcment les vns auec les autres. LaRoincmereefcriuitrquot;*?'ââ'â-auffiauxgouucrneuts 8c ambaffadesrs, lettres demcfme^ Æ f fubftance que celles du Roy. 11 auoitefté conclu entre le nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*quot;
Roy.famcre,fon frcre,Birague,le Duc de Neuers,leCom-'*'lt;7^ te de Rets amp;nbsp;certains autres que ceux de Guifefortiroyét j de Paris, le retireroyent en quelquâvnede leurs maifons, incontinent apres le maflacre de lâAmiral 8c des liens : afin â quâil femblall mieux aux François, amp;nbsp;aleurs voifins, que cela eftoit vne vengeance particuliere, dont fe fcroiten-fuiui ce tumulte de Paris. Câeft pourquoy es lettres du di-manchelc Roy auoit iette toutcla rage fur ceux de Guife, j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
|tfque!s confiderans en quelque forte lâatrocité du fait,eq-.
H.D.untgt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Chari is n s v pt i s m K
'Tant quâon nâauoit efpjrgné infinis hommes dodes ,lei , nbsp;nbsp;( honorables vieillards,les honneftcsdamoifclles,leschi-
ftes matrones, les femmes enceintes, les ieunes efcholiets, ^es vierges, les petis enfans au berceau: ainslesauoitoa tous cruellement efgorgez , virent quâils acucilloyent fur Jeux amp;nbsp;leur pofterité lâindignation de tous hommes à qui la focietc humaine amp;nbsp;la vertu cft en quelque recommanda-I tionrpar confequetit fe mcttoyét en butte à laquelle chafcu ' viferoit, comme fur les feuls auteurs amp;nbsp;coulpables du plus mefchantaéfe quâon fçauroit imaginer: firent refus de for-tir de Paris, au contraire infifterent amp;nbsp;pourfuiuirent chaudement que le Roy auouaft tout ce qui auoit efté fait, ⢠Ce qui full par eux amp;nbsp;leur confeil manié fidextremenr, joint quâils eftoyent merueilleufement forts, amp;nbsp;bien vou-
â¢lus de tout le peuple, qui auoit le Duc de Guife pour chef en cefte execution , que le Roy par lâauis de fus con-feilliers efcriuit toll apres autres lettres à fes ambafla-deurs amp;nbsp;aux gouuerneurs des ptouincesamp; villes princi-. pales de la France, parlefquelles il les auertifibit que ce â qui eftoit auenu à Paris ne concernoit aucunement la Religion, ains auoit efté feulement fait pour empefeher »lâexecution dâvne maudite conlpiration que lâAmiral amp;nbsp;âfes alliezauoyent faite contre lui,fa mcreamp; Tes freres: partant vouloir que fes edits de pacification fuffentobferuez.
' Que sâil auenoit que quelques Huguenots efmeus des / nouuelles de Paris, sâairemblalfent en armes en quelque lieu que cefuft,il commandoità fefdits gouuerneurs de tenir la main,quâils fuflent diflipezSt rompus.Etafin que 'par les ftudieux de nouucauté quelque finiftre cas nâa-uinft, il entendoitquclcs portes des villesdefonroyau-⢠. - »me fuirent bien amp;nbsp;diligemment gardées : remettant fur la creance des porteurs le furplus de fa volonté. Suy-* â uant icelle à Meaux en Prie, Troys en Champagne, Orleans , Bourges, la Charité , Lyon, Thouloufe , amp;
(Bourdeaux ceux de la Religion furent traitez comme à Paris; fans parler de ceux qui furent faccagez çà amp;là tant es autres villes amp;nbsp;bourgades du royaume , item , par les champs lors quâils penfoyent fe fauuer hors du (royaume, tellement quâen peu defemainesplus detren-Mu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;te mille perfonnes furent maflacrees cnFranceà caufede
la Religion.
Le Mar;
Charus NiTHïsM!. ïoo
Lç Mardi ts. iour dâAouft, le Royaconipagnddefes lt;«-frétés amp;nbsp;des plus grids de facoursâé alla en fa cour de par-lemët, oùfeant en (onliâ deiuâice routes les cbâbies af-fembleesjdeclaira en termes expres,que cequiertoitauenu fincomman dis Paris auoit elle faitnôfeulcmétdcfon confenteÅent, ilmët. /.,nt ains aufli par fon cômandcméc 8c de (bn propre mounemét.
Partit entendoit il que Ion lui attribuai le tout.Cequi sprouué amp;nbsp;loué par Chriftofle de 1 hou premier prefident, ctnrrairtt It au nô de la cbpagnie. Le lédemain furent defpefchees lcr- Itndtnum. tres aux efchcuinsamp;officiers du roy es villes, les auertif- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fant quâa fon trefgrand regret fon coufinlâAniiral 8i quel-qucs autres de fon parti auoyent efté tuez,amp; dâautres parti culiers en pluGeurs endroits de Paris tdequoy il lesauertif-j t|« fuit à ce quâils empefchaffent toute efrootion amp;nbsp;niafi'acre, K dont il autoit vn incroyable ennui amp;nbsp;fafcherie : leur enioi-gnoit de faire publier de l'a part, que chafcnn cuft à demeurer en repos chez foy,fans ptédre les armcsni offenfer lâvn | lâautte, fur peine de la vie, amp;nbsp;de donner ordre que fon edit de pacification full bien amp;nbsp;foigneufcmét obferué. Le ieudi x8.fut célébré dis Paris vn iubilé extraordinaire, auec pro- j eeflîôgenerale,où leRoy affifta,ayâtfollicité(maiscnvain) le Roy de Nauarre par douces paroles,amp; le Prince de Cô- | dé par menaces,dc s'y trouucr.Ce mefme iour il fit vne de- NtiaieB, clatation,portantque par fon commandement expres lâA- dec/«r«i,o, mitai amp;nbsp;autres fes adherans amp;nbsp;complices auoyent efté rais à mort non pour caufe aucune de Religion,ne pour côtrc-nenirà fes edits depacification,qu'il a toufiours entendu amp;nbsp;entédoit encores obfcruer,garder,amp; entretenir, ains pour pteuenit lâexecutiondâvne malheureufe confpiration faite | pat ledit Amiral chef amp;nbsp;auteur d'icelle, amp;nbsp;fefdits adherans amp;nbsp;complices, en la perfonne dudit Seigneur Roy, contre * fon eftatjla roine fa mere.meffieurs fes freres,le Roy de Na I uatre,Princes amp;nbsp;Seigneurs eftans pres dâetix.Prenoit au relie tous ceux de la Religion fous fa proteâ;ion,amp; cependâc . leurdefendoit de faire aflemblees niprefehes pour quel- * queoccafionque cefuft. On adiaufta toft apresdiuerfes rcftriélions, modifications amp;nbsp;amplifications à celle dccla-ration. Ceux de la Religion qui sây fièrent en diuers endroits sâen trouuetent mal : les mieux auifez fe fauue- , lent de vifteflè hors du royaume nonobftant quoy leurs , biens furent faifis, les meubles partie vendus à lâencan»
Charlis niviiismi.
U.D.IXXII.
partie butinez, les immeubles expofez en criées. A celle futadioufté vn long commentaiie, dreiré(cô-cîurîuîtn' afleuroit) par Gui du FaurfieurdePibrac, autref-fois de la Religion, lequel ofa publier quâon auoit oui eo confeil du Roy des tefmoins qui depoloycnt de celle coo-fpiratioojfans nommer qui,ni Ipecifier circonllancc qui euft aparence de vérité',à raifon dequoy auflî Ion lui fit des ref-ponlès bien viues , où toutes les cauillations de ce commentaire eftoycnt amplement amp;nbsp;pertinemment réfutées. Dedans Paris niefme,les hommes , quiauoyent quelque fcience amp;nbsp;confcience, en leurs deuis amp;nbsp;plaintes ordinaires à caufe de cefte horrible amp;nbsp;cruelle iniuftice difoyent quâil nây auoit ombre ni aparence quelconque de vérité en celle aceufâtion, amp;nbsp;de penfer faire acroire a gens de quelque iu-Dtftnli'Jt geinent que lâAmiral euft brafle quelque choie contre le tjZ ér X âlâ' '°ââ fçâuent quâà la Cour elloyent dâordinaire les fitiu. , gardes Galconnes, Suiffes, Efcoffcjifes, pour le iouramp;la nuicl fans les autres compagnies,fur tout alors,que la plu-fpart des Princes, Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes de France sâelloyér trouuez là pour honorer les nopces.Quâen moins de trois heures fe pouuoyentamaffer dans Paris foixante mil hommes de fait,bien armez,qui au premier mot eulTent deuorélâAmiral amp;nbsp;tous fes amis, quand ilseuflent elléfiX lois en plus grand nombre. Que les Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes qui auoyent acompagné le Roy de Nauarre amp;nbsp;le prince de Condé,amp; y auoyét amené leurs femmes,fÅurs, amp;pareotcs,nâauoyent apporté que leurs efpees, 8t ncpen-foyent quâà courir la bague amp;nbsp;monllrer leurs beaux habil-Icinens.Que la declaration ne fpecifioit le temps, ni le lieu ni les adherans,ni le moyé de celte coniuratiô. Deuant que lâAmiral fut bleffé, corne il receuoit toute faueur du Roy, auflî le Roy le tenoit pour lâvn de fes plus fideles ferui-tcurs,amp; lâAmiral lui en faifoit les preuuesen toute finceri-téieftant au refte venu fur la parole amp;nbsp;rciterez commâde-mensdu Roy à Paris,où nul homme viuant nâauoic iamais entendu defa bouche autre chofe, quelque auertilfement quâon lui doniiaft de fe retirer de là , pource quâil eftoit en-uié,mal voulu amp;nbsp;enuironné dâennemis, linon quâil fe con-fioitenlafoy de fon Prince, quâil ne demandoit que la â 4 - paix,à laquelle il voy oit le roy enclin, amp;nbsp;a chafl'er la guerre fut
Charlis Mtiinsui. loi
te für les bras de lâennemi hereditaire de la France, afça- , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
uoir lâEfpaghol.Si cefte confpiration auoirefté faite depuis fa blcifure , comment vn homme extrêmement bicflc de deux dangereux coups le vendredi fiir les dix heures, tué le dimanche a deux heures de matin,tout blanc de vieillef-fe, attaché par les deux bras, I vn defquels les médecins amp;nbsp;chirurgiens eftoyent en deliberation découper,acompagné de trois cens gentilshommes,defarmez,naturels François, feruiteurs trefaftedionnczà leur Roy, nâayans rie de bien, de parentage, dâalliance, de plailîr amp;nbsp;contentement auec leurs familles,que dedans laFrance.eull voulu, olë ou peu sâattacher à foixante mil hommes, prefts à combatte, où feulement aux preftres amp;nbsp;moines de Paris acompagnez de leurs feruantes auec des ballons de cofterets en la main? ou comme sâil eurt eu loifir en fi peu de temps , amp;nbsp;euft efté (î forceni, aoee fes adherans (mal aoilci feulement en ce quâils sâeftoyent fiez aux paroles duRoy,amp; nâauoyent creu lâauis de ceux qui les confeilloyent de ne fe ietter pas es pactes des lyons qui les attendoyent au couuert de ce grand hallier') de confniter dâvn fait 15 important, tant execrable, amp;nbsp;de la plufgrande confequence qu'il ellpolTible de pen-fer? Dauantage, pendant fa blcifureles médecins lui aâ Uoyenteniointle filence: 8c tous les confeils tenus arriéré de fa chambre auoyent fini par celle refolution dâattendre iufticedcceux qui rauoycniblefle, comme le Roy amp;nbsp;la Rpine mere en auoyent fa t amp;nbsp;rcitetéles promefTes. Le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Condé sâeftoyent touf-iourstrouuez enteis confeils ,amp; confpirer contre le Roy, câelloit fe poignarder eux mefmes, amp;nbsp;flellrirleurmaifon de la plus redoutable ignominie quâon fçauroit penferebrief câelloit transformer lâAmiral amp;nbsp;les liens en belles brutes que leur attribuer telles confultations en tel temps amp;nbsp;lieu, amp;nbsp;auec tant de vrais François, tt puis,sâilertoic foupçonné de tel crimc,cftoit-il pas en la puiftancedu Roy (veu que tant de gens armez autour de fon logis le tenoyent enclos, amp;nbsp;au premier mot pouuoyent lui fauter au collet) le faire empoifonner feiirement tout à lâheure, fans danger dâef-meute du codé de ceux de la Religion, defquels on auoit bien conu la foibleflé au maftacrcile nombre de ceux quâon appelloit adherans à lâAmiral nâellantiien à comparaifon des meurtriers,6c des femmes,filles ôc pet is enfans cruellc-
CÃ. j,
ii.DÃxxiî? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charls» nïvïissmi.
ment aflbmmez, qui nefçauoyent ni ou couchoit lâA mirai» ni ce qu'il difoit non plus que ce quâil ne difoit pas. Letc-, nant prifonnier.on pouuoic Cans rcliftancc ni danger prendre informations, amp;nbsp;lui faire fon proces felon Ie droit des peuplesamp; lesloix. Sâil y auoit des cefmoins, ilspouuoyein auflî bien maintenir leurs depoCtionsà lâAmiralScafes adberans jque Pibrac efcriuoit auoirpar eux efté rapportées au Roy. Dauantage,quand mefnics ilfuft efchappe'a lâAmiral ou à fes doincftiqiies de tenir quelque falcbeux langage depuis fableflure.âil filoit fe contenterde fa mû-fon aptes bonne conoilfancede caufe, non pas en tumult* amp;nbsp;fureur barbare: fans efmouuoir le peuple au fondutoc-fain apres lâalfcmblee de ville: il coniicnoit empefchctle maffacre de tant dâhonnelfes dames 4: ieunes damoifclles, de tant de gentilshommes, de tant d'hommes dodes, de tant de vieillards honorables,de tant de petis enfans qui ne confpiroycnt quâapres le tetin de leurs mères, ou à fortir du ventre dâicelles. On dcmandoitdoncauxaduocatsde cefteiniuftice inhumaine pourquoy tant de femmes enceintes à deini-viues auoyent efté fettees en lariuiere? Pourquoy fins inquifition,condamnation, forme ni figure de proces faifoit on maflacrer tant de milliers de perfonnes honotables amp;nbsp;innocentesjQui plus eft.fi lâAmiral euft tant foit peu attenté fur la vie du Roy amp;nbsp;des deux frétés dâicelui, y a-il homme qui ne fache,que toutes les prouinces, villes, parlemcns, brief toutes fortes de gens amp;nbsp;de tous eftats fuf-fent viftement courus aux armes ,amp;en moins de rien fans difficulté euffent mis en pieces le coulpable amp;nbsp;tous fes ad-ljerans,amp; que les nations eftrangeres euffent aprouue'vne telle execution comme trefiufte amp;nbsp;trefneccffaireâEtquant au Roy deNauarre,ehafcun deteftoir l'impollure de lade-tlaration. LâAmiral lâauoit il pas eu en fa puiffmee refpice de quitte ans? faifoyent il pas profeffton demefme religion ? Qui ignore lâhumble amp;nbsp;fincere refpeft que lâAmiral portoit à cePrince,amp; lâaffedion grande que ce Printe luiportoit? y auoir-ilà gaignerpourceux de la Religion en la mort duRby de Nauarre? eftoit il plus aimé des Catholiques Romains que de ceux de la Religion? XâAmiralpouuoit-ilefpererdâauoir vn Prince plus fauo-rable que celui là ,ne qui peull mieux venger lâoutrage qui lui auoit efté fait?
lâay
Charus HïTf il j m s. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;îoi
lâaytiréceque delïus dcplulîeurs traitez qui furent im-primez en ce temps là , fans vouloir trop mâelîargir en tels difcours. Et combien que lâinnocence des mafTacrcz fe foit bien maintenue dâelle mefme,amp; louifle dâvn loyer alTcuré, aduuHttt. Voire meilleur que lâentendement humain ne peut côpren-* ,Æ dre, iâay penfé dâabondant ne faire rien contre le but Je nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
ces recueils y inférant ceft extrait de defenfes. Qtiantaux particularitizdes malfacres es autres villes du royaume, i-,j celles ayâs elle remarquées en autres liures qui font en lu-miere,nous nereprcfeniôs point ici celle mer de lang in no I cét qui caché dans la terre amp;nbsp;medé dedans les eaux a cric li haut amp;nbsp;attiré tant de coups du ciel (ur les auteurs de tant del meurtres amp;nbsp;fur tous leurs adherans. Reprenons donc les Nutrit tir* autres circonftances amp;nbsp;la fuite de l'hillotre. Par autre de- c^nflaiicit claration du trenticfme iour dâAoull le Roy fit entendre aux gouuerneurs des prouinces que lâAmiral 81 les gen-tilshommes de fa Religion quielloycnt dans Parisauec' lui, fans attendre lâeffeél de la iuftice quâil leur atioit pro-1 mis faire de la bleflüte dudit Amiral, auroyent confpirc | contrelaperfonnedefa Maiellé, de la Roine fa mere, de . mcflicurs Tes frères, du Roy de Naiiarre, amp;nbsp;autres Princes | amp;nbsp;Seigneurs eftans pres d'eux 8t cotre rEllat,ainfi mefmes L quâaucuns des principaux 8t adherans de ladite coufpira-tion,reconoiiransleurfaute,lâauoyent cunfclle.il ne nom- , me point CCS principaux amp;nbsp;adheransconfelfcutsicome aulH jl»*«, nbsp;nbsp;'
il ne sâen rencontra point sâil nâentend Bouchananes,de Pi- | cardie,lcquelsâefloittroauc le Samedi en lâvn des confeils, * où le Vid ime de Chartres auoit pour la fécondé fois i n fi -fiéaucc grade veheméce de paroles en prcfence du Roy de NauarrCjdu Prince de Codé amp;nbsp;de plufieurs aurres,quâô por tad l'Amiral hors de Paris, amp;nbsp;que fes familiers 8c amisdef.
logealTct auec/appercetiât dâh'ure à autrcbcaucoup de cho-fes qui le mcitoyét en fort grâd doute, il fut prefques fcul de cell auiotcar les autres debatoycntque câeftoit faire tort au Roy de reuoquer en doute (à fidelité Sc bncerité : quâil '
I fuffifoitluidcmâdetiuflicepailiblemét8cinodellemét,qiie * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
â lâafâire elloit encore tout nouucau ,amp; deuoit on craindre» I que le Roy ne s'irritall,fi lô prelfoit tât Ps chofes.Boucha-! ' lianes nâauoit peu faire autre rapport,fon honneur 8c fa cô-I fciéce fauuc.Quât à Briquemaut Sc C2uagncs,dôt Ion pre- ' tendoit fc fcruir,nous en parlerons ci apres, lâadioulleray '
ChARLïS NtVFIlSM E.
M.D.L JXTI.
feulement vn trait tiré du fcp.tefme liure des memoires du fictir de Monluc,Marelcbal de France, ennemi iuréde Religion.il dit donc,parlant des maflacres, en-1« itc Mm- fore que ic fülle lors feulement maiftre de ma maifon, li Jm, eft-ce que la Rome me fit cell honneur de mâen eferire, Si me mander quâon auottdefcoutiert vne grande conlpira-'* ' * tion contre le Roy 8c fon eftat : 5c que celaauott cflé caufe de ce qui elloit auenu.Ie fçay bien ce que l'en crens: il fait mauuaisoffenler fon maillre.Le Roy nâoublia lamais quad M. lâAmiral lui fit faire la traire de Meaux à Paris plus ville que le pas. Nous perdons lâentendement au bon du coupi amp;nbsp;ne fongeons que les Rois ont encore plus de cÅur que nous, 8c quâils oublientplurtoftle«feruicesque lesolFen-fes.Ce font les mots de Monluc,lequel vn peu au parauant auoit dit, M.lâAmiral fut trefmalauifé de s'aller enf-urnet dans Pans, pour inonftrer quâil gouuernoit tout. lemâe-llonne .juâv n fi aiiifc Si lige homme pour le inonde fit vne li loU'defaute.11 lapayabien cheticatilluicoullula vie,amp;
Ãt'prenäre
à pliifieur? autre«.
fonptil di^ jtfrt p9Ur
Ne rrltoit plus rien quâvn grain de pouldre en lâÅil du Roy V de fonConfeiljafçâuoirïaRocheiiejiuxhabitansde ------- laquelle Strofli, amp;nbsp;Poulin, furnommé Baron de la Garde, fa'^chtlli. pfcriuife.it lettres douces le dernier ioUrdâAouft,leurof-
1 frirent gens pour les garder, amp;nbsp;leur demandoyent viures râO'/H en abondance pour lerefraircbiflcmentdelâarmeenauale, Les Rochellois ayant befoin de fe munir,refpondirent mo-* deftementlex tour de Septembre, quâils nâauoyentbefoin ) de ga de, defirans Te maintenir pailiblement eu leurs priui-leges, quâilseftoyent dcftitue^ de viures amp;nbsp;leur eftoit int-
1 polTiblc dâaider à perfonne. Montpefat Sencfchal de Poi-ftou leur enuoya vne longue lettre où ilfemocquoit de I lâAmiral amp;nbsp;vouloir lesprefeher : mais ils abatirentfoncaquet par filence. Pat lettres eferites trois tours apres, ils
I tafeherent dâadoucir Stroflÿ en lui reprefentant leur inno-çence.Surquoy auint que plulîeurs foldats de la Religion e-. ftans es troupes de StrolfyiVoyans que lâentreprife deFlan-dres nâauoit elle quâvne fumee,apres les nouuelles du inaf-
1 facre, fe retirèrent dans la Rochelle auec leurs armes amp;nbsp;e-, quipp3ge,8t firent de bons feruices puis apres. Cinquanw gentilîhommes,quinze cens foldats,Sc cinquante cinq mi-niflres tant de Ppiftou amp;nbsp;Saintonge que dâautres prouin-cessây
Charles N ivf i b i he. îoJ
tes sây refugicrent : amp;. le iufne public y fut Ibknniféle^ titufielmcamp;onzielinedu mcfmc mois. Les Confeilhers . duraalfacre voyans que Strofly Jclesamtcsnefaifoycntj tien, députèrent Biron, grand maiftre de lâArtillerie pour gouuerneur , auec mandement du Roy, vfant de plus doux langage, amp;nbsp;promettant beaucoup aux Rochellois, aufquels Biron, qui auoit dlé en danger durant le nialTacrc, efciiuit doucement auflî. Les Rochellois nâcfpargncrent ⢠papier ni ancrc,(etenans clos amp;nbsp;couuerts. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â .
y ne autre ville,Sancerre,fur la riuieie de Loire,non loin
de Paris feruit aulfi de retraite à plufieurs de la Religion, , i , efehappez du glaiue des malfacteurs de Bourges,dâOileans ââ¢âV« amp;1- autres endroits. Lcsbabitans fecompoitoyencen toute douceur aidans de leurs facultez aux pauures réfugiez. / Neantmoinsonleiir enuoya lettres du j. de Septembre, par lefqiiclles leur cftoit enioint de receuoir pour capitaine celui que la Cliallre gouuerneur de Berry leur enuoyeroit Cn la ville amp;nbsp;au chalteau auec les troupes quâil iugeroit e-llre conuertables. Cependant à Paris les Catholiques Ko- , mains triomphayenteftimansauoirtoutgaigné. Pendant '* * leurs loyes 8t feftins, amp;nbsp;au commencement de Septembre Certains bons perfonnages allèrent de nuift vers Mont-faucon, 3c ollerent du gibet le corps de lâAmiral, lequel ils eiiieuelireiit en lieu fi fecret, que quelque enqucflc que les ennemis en ayentfeeu faite,11 elf demeuré caché. Eux ne voulans toutesfois eftre priuez de la R.eliqûe quâils vili-toyent fort deuotement tous les iours que le Roy mef-me alla voir de pres, difant à certain Seigneur qui lâexlior-toit de Ce tirer arriéré, que lâodeur de la charongne puante dâvn ennemi mort eftoit treffouefue) aimerent mieux y mettre vu homme de foin , que nây voir rien du tout. Vn Boininé du Rolier,miniftre,hommc de prompt efprit, mais remuant amp;nbsp;irrefolu, ayant efté arrellé prifonnier à vne iournee de Paris,commeil sâenfuyoit,cümmenç3 à varier le reuolta tort apres de la Religion qu'il auoit maintenue enlernionsamp;pardiuerselcrits, fcduifit dâautres prilon-niets; amp;nbsp;mené à Pans feruit auec plulieurs Sorbonnii^s à heurter contre la profellion de foy duRoÿ deNauarre, du Prince de Condé, amp;nbsp;de quelques dames St damoifclles.' Cependant on tuoit par les prifons ceux qui y demeu-toyent fermes en ta Religion ; 8t de nmd leurs corps c-
C C. iij.
Charlis nbvfusmï.
M.D.LXXII.
ftoyent iettcz en Peau.
txpediei e^- jgt;jy nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoit enuoyé vn mandement ou ample
Koya:ix Rocliellois, amp;nbsp;que Biion deiignc ihellaii.} leur gouiicrneurauoit el'crit lettres gracieufes, Audeuats t .1 mairtredâhülleldclaRoinedeNauarrc.chargédetelspaC ) quets auec amples inftruftions, arriua dedans la Rochelle Je feptiefme deSeptembre,Se nâoublia rien da fa chargeait entiers le Maire 8c autres Magiftrats,quâenuers les particuliers, la plufpart delà Religion Scfortifiei pat grand nom-' bre de leurs frétés réfugiez près dâeux. Quelques tours 1-â â _ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢, pres lâarriuec dâAudeuars, ayans communiqué bien à loilir
amp; amplement de leurs afiites en pleine alTemblee, ils firent vne longue refponfc au commandement à eux fait fous le nom du Roy de receuoir garnifons, quâils nepouuoyent reconoiftre ccinandement procéder du Roy, lequel ils ap-' pelloycnt pour tefinoin aucc fes lettres du ai. amp;nbsp;24.
jdâAoull, par lefqiielles iliette lafèdition 8c le malFacre (ur ceuxdclamaifondeGuife, attcllanf quâilaeualfezafaire à fe tenir fort dans fon chalfeau du Louure auec les gens de fa garde. Difoyent que celeurelloitchofeimpoflîble tturde/tn-deaoire que le Roy cuit efté fi mal conleillé découper [oy mcfme fes bras, polluer les nopccs ficrees de (a (Åur ⢠deTeftufion de tant de fang noble 8c innocent, Sediffa-merdâvn fi cruel aéle la nation Francoilc 8c le nom Royal, ni fournir argument aux hiftoriens dâeferire vne hidoire tragique, dont lâantiquité nâa iamais veti la pareille, amp;nbsp;la poltcrité nâen pourraouir parler quâauec horreur, ,Q;gt;e celle confpirationauoit efté couuec a Rome,e!'clofc dans Paris patrimpetuolité 8c violence de ceux de Guifc,pretcn-dans sâemparer du Royaume. En apres,ils mamtenoyent l'innocccc de lâAmiral, 8c requeroyent eftrelailfez en leurs priuileges. Ils firent autres remonftrances à Audeuars fur quelques poinéts de fa charge, comme de lâexercice de la Religion, de la retraite de lâarmec nauale : 8c comme lui fccut les amadouer par infinis beaux langages , eux lui donnèrent aulTi plus' dâeau bénite de Cour quâil nepen-foit, amp;nbsp;à ce befoin ne fuient pas deftituct de prudence politique. Cependant Birô sâacheminoit vers eux, 8c le Baron de la Garde cômcnçoii a les menacer tout ouuertementice qui les occafionna de pen fer de plus pres a leurs afaires.
tia- Lf i(^oyena9Ya{lt;nrifesexcukiiuPi(e8igt;uDac4âAi
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Ch A m 8 s Nà » t I ! s M Bl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;104
tte,touchant les bruits de k guerre es pays bas, fit appellee lâainbalfadcur dâEfpagne, lui declaira que tous les conlcils precedéts nâauoyent tédu quâà exterminer les Huguenots: quâil voulait demeurer en paix amp;nbsp;bonne intelligence auec le Roy Catholiouc,auquel il enuoya gentiJhônæ expres a-ucc lettres efcrites de fa main,pour lâaH'eurer de fon inten- f tion. Dâautrepart le 14.de Septebre mâdement fut enuoye aux gouuerneursdes prouincespour recerchcr tous ceux delà Religion qui durant les troubles auoycnt eu quelque ManJtmti charge es armees Si es villes de guerre. En Prouëce nây eut ci/ntrt au/t point de maflacres par la prudcce du Côte de Tende; ni en d» 1« Rourgôgnc pour lâaftuce de ceux de Guifc,qui vouloyét fai^â*' ' te letter toute la malvueillâce fur le Roy,encore quâils euf-fentellé les executeurs dâicclui dans Paris,amp; que leurs fer-uiteurs à Troys en Cbâpagne euflent efpâdu le fang de pli» fi'Urs iiinocés,ainii quâen quelques autres villes.En Auuet gne amp;nbsp;Dauphiné furet faits quelques meurtres,mai.sde fort petit nôbre.Picardie amp;nbsp;la Bretagne demeurerét aflez paiû-bles.Lexi.iour de Septembre nouueau mandement fut en-uoycauxgouucrneurs amp;nbsp;lieutenans des prouinces, pour degrader tous ceux de la Religion des cil a ts amp;nbsp;charges publiques quâils exerçoyent,encores qu'ils vouluflént renoncer la Religion, referuez ceux qui cüoyentpourueusde menus offices , aufquels le Roy permettoit de continuer, puurueu quâils abiuralfent felon le formulaire dreffe' par la faculté deSorbonne,iointà ce mandement. Outre cela, Ion mit en btfongne certains eferiuains à loage, pour ex-cuferlcsmalfacres , amp;en publier des liures en latin amp;nbsp;en François. Quelques iurifconfultcs sâen meflerent; mais ils trouuerent gens qui les relcuerent tellement que depuis ils ont condamné cent 8c cent fois tels delfeins. Tout le mois de Septembre fut employé par ceux de la Rochelle à confulter fur nouuellcslettres du Roy, delà Roinenierc, du Roy deNauatte,du Duc dâAnjou, de Biron, amp;nbsp;fur di-uetlés negotiations pour faire receuoir Biron pourgou-uerneut , lequel sâeftoit rendu pour cell etfeâ à demt-lournee pres de la ville. Leur refolution fut de nâaccepter Biron que toute lâarmee proche 3âcux nefuftcif* tee 8c totalement efeartee, lâexercice libre de Religion leur demeurant, ôc Biron ne leut amenant pas autre» Koupe».
.CG. iiijs
Charus NivrissM«.
M.D.llxir.
Csrnmca»- Ay Commencement dâOctobre ceux de Sancerre furcn: inueftis de tjueltjues g.irni Ions qui commencèrent à les nio-*S»KtTTniâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;reçurent faire vne foriie lî afpre, quâapres a-
uoirfoicélesbarriquades dclcursenncmis, tuéquarante cinq d'iceux par les rues 8c maifons, efcarié les autres amp;nbsp;prins quelques prifonniers, ils eurent relafche pour quelques iours. Les Rochellois furent fommez en ce temps là dâaccepter Biron,lequel vouloir entrer aucc troupes,fans a-, uoir fait retirer lâarmee, ou dâaccepter la guerre. Tandis quâilsenconfukent, voyonslc traitement fait au R.oy de S«/ trùtt Nauarre amp;nbsp;au Prince de Condé dedans Paris. Leurs cnne-*âiânoncontens delcsauoir menezà lamcITe , apres ab-^uxPrincei iuration de la Religion,fait afiifter aux ceremonies de lâot-afrtt let dre de S. Michel, publié en leur prefence tant de mande-fntjjicnt. mensSc libelles atroces contre lâinnocence des malTacrez, lescontraignoyent encor d'entendre les expedient quâon «M tenoit pour exterminer le relle.Dauantage iceux ennemie * sâaiderenx du Cardinal de Bourbon oncle de ces deux Prin-â¢****^ ces, pour les induire à faire reconoiffince amp;nbsp;hommage au 'f Pape : tellement que defpefches furent dreffees enleurs nouas le trotfiefme iour dâOdobre,par laquelle ils deman-doyent dâcllre receus au giron del'Eglife Romaine. Le Papeleurenuoyafespardons le premieriourdeNouera-bre. Pourreueniraux Rochellois qui perlîftoyent en leur deliberation ) fur lâcntree dâOélobre Ion tafeha pardiuers moyens dâenleuerleurs viurcs amp;nbsp;prouifions,allcgu'ntque câeftoit pour donner moyen à lâarmee nauale de sâen aller au haut amp;nbsp;au loin. Celle mine fut incontinent efuentre par eux. On en drefla vue autre,plufieurs gentilshoinuics amp;nbsp;bons foldatssây eftoyent retirez à fauueté,délibérez de vendre leur peau bien clier.à qui les viendroit air.iillir.Plu-fleuts en grand nombre sâelloyent fanuez hors du Royaume. Surcc par lettresapatentes du huitiefme iour dâOctobre,le Roy ditquc comme vn bon perc de famille il apité Æ de fesfuiets quifont en neceflité hors de leurs maifons: enioint aux gouuerneurs des prouinces que par tous leurs reflorts ils ayent à rapporter par cri public lesabfens, def-quels il ordonne les biens cftre faills, sâils ne retournent dans certain temps qui fera prefix. Ce mcfme iour le Baron delà Garde sâeftant ingéré de menacer par lettres les Rochellois, leur refponfc fut quâils efloyent fideles fitruiieur
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du Roy
Charus nêvfibsme. 105 da Roy I non pas lui qui à tort les molelloit auecfcs gale. fegt;,fans vouloir fe retirer: qu'ils prioyent Dieu quâil chan-geaüenceBaron la volonté de leur mal faire.Sc les mift en liberté: qu'ils eftoyeot délibérez fe maintenir en leurs pri- ç uileges, garder la ville en Ton entier, afin que nul maflacte nes'y fill comme es autres villes quâils tenoyent pour innocentes du crime de rebellion que ceBaron leur impo-foit. Q^e tant quâils orroycnc Sc verroyent telles amp;nbsp;fi hor-tibles nouuelles,8t feroyent traitez par le Baron comme ils auoyent cfté iufques alors, ils fc plaindroyent à bonne oc-«afion deuant Diep amp;nbsp;le Roy. Tandis que Biron amp;nbsp;autres follicitoyent (mais en vain) les Rocbellois fut drelfc à Pâtis IcfeizicfmeiourdâOétobre, vn edit au nom du Roy de Nauatre defendant tout exercice public de Religion autre que de la Romaine en fes pays. Mais fes fuicts de Bearn a-yansdefcoutiercdq premier coup des faufietez toutcui-dentesen cell eferit, fachans auflï que leur fouuerain eftoit tntre les mains de fes ennemis, amp;nbsp;quâil uâauoit feruiteurau cun autour de foy, qui ne lui full apoflé par la Roine mere oupatlamaifon de Guife, ne fefoucierent nullement de ee papier: ains vfant de moyens legitimes pour nâellre fur-Prins fe maintindrent parmi beaucoup de dilficultezen lâe-llat auquel la Roine lesauoit lailfez-.efperans que (i leur rdy pouuoit efehapper de prifon il leur tiendroit vn tout autre langage.
teii.iourdâOâobrcBiron eferit par du Vigean à ceux delà Rochelle, qui ne voulurent donner entree a ee depu- ââ té,lequel eûant venu par faufeonduit iufques à Tadon,vil-lage proche de la ville , eut refponfe de mefme teneur que te ifctmmt Its precedentes. Eftant allé le lendemain coucher à Sigon- nbsp;nbsp;nbsp;eenu-
gnes,trois lieues loin delà , quelques foldats de la compa- ''âââât* gnie du Capitaine S. Eftienc forcèrent fon logis, tuerent trois de fesdomelliques, le blelfcrentde cinq coups dâef-pee dans fon liét, emmencrent fes cheuaux amp;nbsp;emporterét fesmeilleures hardes, quâils vendirent leiour fuyuantau dernier encherilTeur en certain village où elloit logé S. E-fliene.Cc fcandale mit les Rocbellois en trouble,donc U fin fut que S. Eftiene amp;nbsp;Guymeniere le retirerent de la Rochelle. Outre la refponfe faite expreflenaent à Biron , les Rochellois par lertresà partsâexcuferent fort de ce qui e-fioit auçnu à leur defeçu Si regret .à fon député,le fuppliant
Charles neveiesMé»
(comme ils firent suffi du Vigean) de ne leur imputer vu tel fait,quâils nâauoyent confeillé ni trouué bon,infiniment nitrris au telle que du Vigean euft cfté fi iniquement ctai-t6 au retour de fou ambalude.Plufieurs trouuoyent clirange que du Vigean, gentilhomme de la Religion, amp;nbsp;qui a-uoitde oioycnsjfc full chargé de telle cômilïion. Ce payement le rendit plus auifé puis apres. Au relie les Rochel-lois auertis de toutes parts quâils auroyent bien toll vne armee pres de leurs murailles : amp;nbsp;que c'elloit le but où vi' foyent leurs ennemis,firent vne nouuelle recharge au Côte de Montgommery , au Vidame de Chartres Sc autres Seigneurs refugiee en Angleterre, pour leur demander fe-couis.Lcsdeputeî fe mirent a la voiledenuiéldui$. lour dâOdobre. Alors la guerre eftoitouuertementdeclaiiee, pource que tous ceux que Ion conoiflâoit ellre de la Rochel ïeelloyent retenus prifonniers amp;nbsp;mis à rançon: tousles vaifleaux faifans voile vers leur haute aircftez,les marchâ-difesapartenâtes aux Rochellois faifies amp;nbsp;confifquecs,foin me,tous aéles dâhollilité exercez contre eux.Les Sâcertois nâelloyent gueres plus a leur aife en ce temps. Cadaillctgt; valet de chambre amp;nbsp;veneur du Roy,amp; ancien fcruiteur du Comte de Sancerre, fort conu en la ville, fut enuoyépour communiquer auec eux.Il sây porta en fin Courtifan,femât diuilîon entre ceux qui parauantelloyent bien vnis, donc sâenluiuit du tumulte, les vns vo,ulans que Ion donnallles autres que ion tcfufall lâcntree aufieurdeFoncaioeseii-uoyé pour ruiner ceux de la Religion. Cela produifift des meurtres amp;nbsp;confulîons dent nous parlerons ci apres.
Pout rendre plus ailée la negotiation delâEuefquede Kutraitf. Valence en Pologne, où Ion defehiroit en pieccslenuin »chtu^'dt François, 8lt; empefehet les delTeins de ceux de la Religion ftrdrt ceux dedans amp;nbsp;dehors le Royaume, on perfuada au Roy quâil dt U T^eli- feroit bon de faire proces felon les formaiitez de iuliice,SC X'â dr mettre à la quell ó quelques vns efehappez des malfacies, auoyent elié tirez de leurs cachettes, puis menez pri-fntJTtsrtî fonoiers, afin quâils fulFent Condamnez parfenten ede quelques iuges comints,amp;. exécutez à moit en prelénec du peuple: puis loindre à celle execution vn arreft contre lâA-mual.du corps duquel (enleué comme nous auons dit) on feroit vne figure amp;nbsp;fantofme que le bourreau craineroii par la ville St pendrait puis apres. En apres,quâd faloit publier
Chariîs NirnisHi.
ies lettres patentes,par Jefquelles le Roy ordonneroit que ceux de la Religion leroy éc confcrucz,fans toucheren forte quelconque a leurs corps ni a leurs biens:mais quâon Jes laiflaft viure en liberté de confcience, les attirât doucemét par cefte declaratiô pour les mettre puis apres auec les autres. Dauâtagc,de faite publier force bures pour exeufer le paffé.les ferner par tout, fpecialemcnt en Pologne amp;nbsp;en A-lemagnetpuis faire des recharges aux anibalfadeurs en Angleterre , Suilfe amp;nbsp;autres pays ellranges.die iuftifierle Roy amp;lcs Catholiques Roniains.Tout cela fut diligemmente-«cuté. Quant au premier expedient, Briqueniant lepere, NttaWaa erfoHM^u
gentrlhomine aage de yo.ans, 8c qui sâeftoit vaillamment A
employé tout le temps de fa vie au Icruice des Rois de Frâ-ce, ayant ellé prins chez lâambaffadeur dâAngleterre oià il j, sâelloïc fauué pendant les plus grandes fureurs dumalTa- »fiiet. cre.fut lèrréen cllroitte pri('on,auecCauagnes maiflre des Requeues. Ces deux elloyent fort affcélionnez à la Reli-
j g'on amp;nbsp;Ã lâAmiral,aureftcde grandereputation en France.
On commence à les menacer dâeftre mis par piecesTur la ââ ' torture, s'ils nâefcriuent amp;nbsp;lignent de leurs mains auoir confpiréâuec l'Amiral de tuer leRoy.fes fteres, laRbine *t'cre,amp;le Roy de Nauarre. Ayans conftamment refufe dâauouervnfi execrable menfonge contre les innocensSC ⢠contre eux mefuies,onles geine 8c tourmente cruellement amp;nbsp;par acreft d.c la Cour de parlement de Paris du 27. dâü-ftobre font declaircz criminels de Lele Maielté, 8c condamnez à eftre élira nglez à vnepotence: ce quifutcxecu-té.La roine mere mena lcRoy ,fcs deux autres fils,8c le Roy deNauarrefon gendre voir cefte execution. Scs confeil-lierscuidans quâa ce dernierexploit cela vietidroit à pro-pos,fiBriquem2Ucen prefcncede tout le peuple demandoie pardonauRoy,lui enuoyent gens pour lâautriir qu'ft pour-roitaifémét fauuer fa vietquelcRoy eftoit mifcricordieux: quâilauroit fa gracesâll la demandoiten confelfant ce dót ilclloit chargé. Briquemaut refpond franchement 8c dâvn grand courage, que ce,nâcftoitpasà lui,maisau Roy,de
, demander pardon à Dieu dâvn tel forfait: quâil ne prie-roitiamais quâon lui pardonnaft vn crime duquel il nâe-ftoit aucunement coulpable,mais du tout innoccntjdont il appelloit t)ieu à tefmoin , 8t le fupplioit de pardonner au Roy vne telle defloyauté. Cauagnes maiacint le
tiiD.tJtxli. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlis nevtiumi.
mefmesiufquesalafin, tellement que celle execution nf feruic quâà publier dauantage lâiniquité de tant de confeil* pernicieux. On pendit auec les deux notables perfonnages vn homme de foin ayant figure du defunél Amira', conut P'fjt ief. qui fut prondncéauflivnarreft. Au regard de la declaration «»«tw ir fjuçur de ceux de la Religion, le Duc de Guife defeou-â uritlepiege, tellement que peu de gens y furent atrapei: car par lettres enuoyees par fa mere le iour que Bnque-maut fut exeetne, il lui mande que le Roy auoit ce tnefine tour determine en fon eonfcii d'exterminer totalement
ceux de la Religion , quâil appelle vermine feditieufe^ fans efpargncrles enfans,niles eilrangers qui leur auoycnt donné fecours,defcouurant là des entrepi ifes fur le Prince dâAurange amp;nbsp;autres, Icfquelles sâefuanouirenten funicc. Entre tes ambaffadeuts qui exeuferent le Roy, Monkicro fut vn, pour auancer tant plus aifément fa negotiation de Pologne, de laquelle nous ne reprefenterons aucunes par-ticularirez , cela nâapartenant proprement a noilre intention.
llaeftéditqueCadailletauoitfeæédiuifion à Sancet-re.Voici la moiflbn de ceile graine. Le neufirfmedeNo-rt ouuertt uembre , le frere du fieur de Fontaines fui print le challeaà tonve iti par intelligence auec certains h ibitans qui sây enfermèrent Stnetrrtu. auec lui ; mais par la valeur amp;nbsp;refolution des autres, no-cainoient deceux de laReligionil fut contraint dâen def-loger en dedans vingtqua're heures aprcs,fur lepomfl: que Fontaines y arriuoit auec vn puilTanr iecours. Cela fait, les Sancerrois commencent à fe tenir plos foigneufement fut leurs gardes,ayansenuiron fix cens cinquante foldats fous les capitaines Martignon,Pilard, iMartinat, la Fleur,Chaillou,Montauban,Ãuilfon,'Paqoelon,la Minee, DotiuakCa-pitainesjSc lieutenans, qui auoyent pour chef André loan-ncau baillif de la ville; Ils auoyent encore cent cinquanie vignerons, lefquels faifoyentfort bien quand il feprefen-tüit vn afaire,fuft fur la muraille,es affaux amp;nbsp;efcalaJes, où es forties,aiiec leurs fondes quâonappelloitpiftoles deSan cerre. Les femmes fe portèrent trefvertueulemcnt en tout lefiege, qui commença enuiron le vingtiefrae lourde ü, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;De cofté de la Rochelle Ie Baron (|e la Garde
'jNchiUiiu, aprocher Ie y.de Nouembre deux galcres du haute,pour iereconoillt(,(ous prétextedâenuoyeclettiecj.« Retardes
Effats,
Charles hevfiesme. jo?
Eflirs, efleu chef de guerre parlesRochclloisenuoyala nuift fuyuante âpres fes deux galères du Baron, Iâvne def-quelles fut attrapée,vn ingcnieuxtué,amp; vn autre prins, la A'**'â* dcuxiefinc galets eüant efchappee a toute peine. Delà sâenfuiuit lâémanation des lettres patentes du Royicfcrites des lefixiefmedu mois, mais non encor diuulguecs, par lefquelles il declairoit guerre ouuerte aux Rochellois. Néanmoins auant que les desfier il futqnelhon dâeflayer vn dernier ftratagcmc,pource que le Roy ne vouloir poi nt venir aux armes, le doutant bien que cela le remettron en I J (iQuucaux troubles quâil pcnloitauoir aifopis. La Noue, 'â¢*.***gt;^ tenuoyé en France par le Duc d'Alue apres la prinfede t*'**â**î,' Monts en Hainaut, fut follicité intlamment par le Roy gt;nbsp;la Roine mere amp;nbsp;autres, de sâemployer à ce que les Rochel-lois (defquels il eftoit aimé amp;nbsp;réfpefté pour fes vertus) vinlfent a quelque compofition. Lui sâeftant exeufé beau-coupdcfois,pour rimpo(ribilitédelaclitvfe,amp;que facon-Icience ne lut permcttoïc de confeillcr aux Rochellois de*^^â* â tendre la gorge à ceux qui la leur vouloyent couper,acce-piapir commandement ce meirage, plus en intention de feruit aux Rochellois, comme il fit, amp;nbsp;(e tirer arrière de la cour,que pour faire du mal a ceux de fa Religion , dont il a fait confiante profeflion iufques à la mort. Aufli apresa-Uoir exécuté la commiflîon, acompagné de lâAbbé Gada-gne,8c rendu conre de fon arabafiade au fieur de Biron qui efioit à S. lean dâAngely,il retourna droit à la Roche lle,où il fe porta tellement que çâa elle lâvn des inftrumens dont Dieu feferuit pour conferuer celle ville la durant le liege. Au contraire le c.ipitainc S. Eftiene fc retiia en fa maifon, amp;nbsp;Guymeniere fon lieu'tenant qui auoit fait lôgue profef-fion de la Religiô fe retira pres de Landereaii amp;nbsp;autres pour ,,,,,,, faire la guerre aux Rochellois.
Outre Sancerre amp;nbsp;la Rochelle,ceux de Montaiiban,Nif- du/rfil mes,Milliâud,Aubenas,Priuas,MirebcI,AnduLe, amp;nbsp;autres yillettês tant de Viuarais que des Séucncs,commencerent/âî' afe releuernon fans beaucoup dâempefehemens, mcfmes delapartdeplufieiirsquideuoyentlesacourager. Caron difputoii lors en tous ces quartiers là .sâil cfioit loifible aux fiiiets, mettre fur vne defenfiue fi iufte amp;nbsp;nccelTaire.lt;l4 Aucuns conieilloyent la patience, les autres la fuite, puis quâil nâeftoit poflible de refifter, que tout fcnjbloit defe-
M.o.txxjt. C H A I tu S ! V r lU M t.
fperé; quâil ne fe trouuoit ni grands Scigneqrs, ni chefs il» â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;marque pour ramafler ceux de la Religion:amp; que les Prin-
'⢠â¢. f , tes eftrangers ne fe remuoyent pour leut aider en forte
, t quecefuil. Toutesfois la refolution des deux premieres villes que nous venons deno(nrner,firent reprendre haleine à plufieurs, fut tout à ceux de Montauban, qui fermèrent leurs portes aux malTacreurs. Nifmes fut enbranfle: mais parla prudence de Claufonne,homme de grand crédit en ce lieUjfut dit par auis commun des habitans, fommeï gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de reccuoir garnifons, quâils ne leur ouuriroyent pointles
'portes,ains quelonattendroit vn tempspluscalme.Onles ⦠. ,* intimide amp;nbsp;menace: mais çela ne feruit en fin qu'à les ren-1. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' dre plus vigilans. Les autres villettes, efpiees en diuerfe»
fortes du commencement,furent en trefgrand dangcr:mais le bon courage de quelques capitaines gens de petite apa-rence, amp;nbsp;de plufieurs particuliers ietra le Roy Scfesoifi-
. c ers en nouuellespenfces.Mombrun,fageamp;vaillant gen-ierWtilfiomme en Dauphiné fut cheualé endiuerfes façons: mais il fe maintint ScdepuIFTêruît grandement à ceux de neufiefmc iour de Nouembreaparutau mtrutiUiu- fæl vnenouuclle.eftoille,grande comme lâeftoille du iour, /î«yî«a«4«aupresdelaCa(riopee, ayant la figure en quatre pointes till. comme vncloienge. Cornelle Gemme amp;nbsp;autres doftes Aftronomes , qui en firent des liures, imprimez,difent quâelle ne bougea de fa place lâefpace de trois femaines, efliment quâelle reflembloit à lâeftoille qui aparut aux figes venant adorer lefus Chrift en Bethlehem incontinent apres fa naiflà nce. Elle fe moudra au ciel lâefpace de neuf mois ou enuiron. Le dixneufiefme de ce me fine mois le Roy publia vneditrepetant les precedens, pour faire retourner fcsfuiets en leurs mations, à peine de faille de
â leursbiens. Cela ferait pcuitous eftans fi esfarouchez, 8t quot;'* ⢠voyans tant dâaprefts de guerre, que cerappelne feruitde rien. Les Cantons Suiftes, qui font profefl'ion de la Religio furent follicitez de chaffer'de leurs ferres cemfquisây eftoyent retirez à fauueré : mais ils ne voulurent acquiel-Simmiirei ceraux inftances que lâambafladeur leur en fit. Sur lafin du mois le Marefchal dâAnuille gouuerneur de Languedoc, quot;'â¢du. aftlegea Sommieres tenu par ceux de la Religit* dont il * â ' 'ferenditmaiftreparcompofitionauboutdequJhfcmohjy ayant diftipé vncarmee, dçnt lonfit diuers iugemens. En Dauphi-
t TTà Rtïs N J V H ï Jil f. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lo5
DiupliinéjGordes lifutcnatpourle Roy folliciâtoitau có-mécemcntdc Décembre par lettres douces Mombrun, Mi 0.*»^ rebel,des Diguieres amp;nbsp;autres gentilshommes,de quitter la Religion pour fe ranger à la Romaine , adiouftant que le ,,, ,, j Roy elloit refolu de nâen plus endurer dâautre en fon royaume. Lequatriefmelourde Décembre , fuyuant le commandement du Roy le fieur de Biron acompagné de méi Jegutr fept cornettes de caualleriejt dcdixhuitenfcignesde pie-'' tons encra au pays dâOnis pour (errer les Rochellois: lors commença la guerre toute ouucrte. Toutle refte du mois fut employé en efcarmouches, auec legere perte du cofté des Rochellois. 'fors en vne, où leur fut tué Flojac gentilhomme Saintongeois, fort regretté pour f» valeur.
M. D. L X X 11 I.
Lfi plufpart de lâan mikinq cens feptante trois fut em-ployee au.x (ieges de Sancerre,dela Rochelle,ît autres[âââà i4quot;â places, à molefter ceux de Languedoc, amp;nbsp;brouiller de plus rf» firgt de
I en plus la pauure France. Nous en remarquerons les Smeerte i principales circonftanccs, amp;nbsp;commencerons par Sancerre, pour acheuer tout dâvn fil, puis confidererons les Rochel- ââ°â' lois amp;nbsp;les autres. Des le commencement de lâannee ceux ,
i deSancerre recommencèrent leurs courfes pour sâacom- * *****^»* t moder de bleds, mais non fi vertueufement quâil conue-' noit, fur lâopinion quâaucuns des principaux auoyent que
les Catholiques Romains sâadrefferoyent ailleurs. Cefte wine imagination fut caufe de grands maux aux Sancer-rois,qui outre la famine, ne tindrent conte de leurs fortifications comme il apartenoir.Leneufiefme iourdelanuier parurent plufieurs troupes de cauâllerie,au nombre dâenuj-ronquatrecens maiftres : amp;nbsp;le lendemaincinqenfeignes des vieilles bandes3u7cgimen de Goas,fuiuies de plufieurs troupes ramafl'ees des enuirons. Quinze tours apres elles furent renforcées de huit enfeignes des vieilles compagnies du tegimen de Sarrieu, de cinq autres compagnies nouuelles, fans quelques bandes du pays voifin, que certains gentilshommes ennemis de Sancerre conduifoyenr,
J fuiuj.sdep.iyfansquinedem3ndoycntquelarnine3eice-flepetite retraite à ceux de la Rçligion.Seize enfeignes de
ilt;.gt;.lXXlt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ch A xts s HEVSIES4AE.
» J pionniers y arriuerent auflî : tellement que ceftearmcet' ⢠ftoit compofee de quatre a cinq cens cheuauxamp;dâenuiron cinq (ml hommes de pied, non coinprins les pionniers 8c ''f payf.ins. LelîeurdeiaChaftregeneralderarmeecnuoyi vn tambour aueclectres fommer lesafliegez de fe rendre à compofition quâil promettoit raifonnable.On lui retint fon Tambour, amp;nbsp;ne fit on aucune reljïonfe: ce qui preiudicil fort aux Sancerrois, lefquels firent plufieurs brauesSca-uantageufes forties en cescommencemens.Les afTiegeans au commencement de Feurier dreflerent vn fort a quatre cens pas de la ville du codé de Fontenay.amp; ayans fait amener de lâartillerie par bafteaux fur Loire,afauoir douze canons 8c quatre coleurines-.firent vnfort de terre fur le chemin de S,Thibaut,vnepalilTade au champ de S.Ladre,trancherent les chemins amp;nbsp;auenues de toutes parts es enuirons â¢â '.â ...t f ville,placerent incontinent dix pieces en ce champ S.
Ladre, 8c fix autres fur lâOrme au loup, qui eft vne montagne haute au midi de Sancerre,laquelle commande dedans la villeicommefexpericnce le monflra puisapres.En quatre ou cinq iours ils tirerent plus de trois cens coups de canon,8c auindrent lors chofes dignes de memoire.Perfonne delà ville nefutoffenféde celte fouldrc, finon vnefille tuee du vent dâvne balle des quatre premiers coups, La té-pefteeftoitfi furieufe que les pierres des murailles delà ville,les cailloux Sccfclatsde bois des niaifons oùdonnoit le canon voloyent en lâair de toutes parts , rompoyent les fufts de harquebouzes entre les mains 8c fur les efpaules des foldats affiegez, defehiroyent amp;nbsp;perçoyent aux autres leurs mandils, chaufles 8c chapeaux, fans les olFenfer en leurs corps. Mefmes vn coup de boulet empor ta la crefte du morion qui eftoit fur la telle dâvn foldat nommé Pauil-loy,fansofFenferieeluifold3t. Vne autre boulet de canon ' ayant percé à iour la muraille de la ville donna de telle roldeur dans vne grange quâil fit tomber auecfoy vn gros quartier de pierre lut les reins dâvn notable perfon-nage , furnommé Petit bois , qui nâen fut point blef-fé. Vn autre coup qui donna dans la courtine 8c parapet delà muraille de la ville fit tombei pres de !,de Lery mini-lire de la Char hé, (duquel nous tenós tout le diîcours de ce fîege 3eSancerre, où ilfutdepuis le commencement iuf-rues à la fin)plus dâvne charrettee de cailloux Si de pierres, i dont 1
Cha Kies nivfksme. 209
iontqBelque» vnes luipaiferent entre les iambes, aucc telle roldeur quâon peut pen fer,fans lâatteindre toutes fois. VnautremjnifttenomméMolct.fâifantlefermon,IeDi- ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
luanthe 8.de Mars,fut couucrt auec fes auditeurs des pierres de la ruine dâvne maifon abatue dâvnc voice de canon, amp;ns quâaucun fuft tùé,ni blefle,finon quelques vns vn peu egratignez.Or combien que depuis cefte bacerie fi furieu-(econtre des muratljes qui valloyent peu continuaft encores lès iours fuiuans, tellement que les afltegeans tirèrent Contre Sancerre plus de fix mille coups de canon, toutef-fois des afliegez il ne mourut pas ringteinq perfônes par tel effort. Surla fin deFeurier les affiegeans sâefforcèrent de l'urprendre vn rauelin, dont ils furent viuement repouf fez, amp;nbsp;y perdirent Diuoty capitaine amp;nbsp;vingtcinq foldats desvieilles bandes tuez fur la place, remenans beaucoup ⢠debletfez. Du coftédesafiiegez laBuiffieteenfeignede laFleur y fut bleffè dâvne harquebuzade, dont il mourut tort aptes. En Marsauintquâvn foldat enuoyé pour efpion ducampenïï viTle ne feeut fi bien fe contrefaire, que le gouuerncur le furprint en plufieurs variations, au moyen dequoy applique à la torturCjil mourut en prifon. Les neiges Si pluyes prefipies continuelles incommodoyent mer iieilkufement les vns amp;nbsp;les autres, fur tout les affiegeans, aufquels les affiegezbrullerent aucc feux artificiels vn pot de boisefquarri couuett de clayes, fous lequel ils venoyée 1 à couucrtiufquesau pied dji rauelin, ià ns quâon peuftles â¢.Æ nbsp;nbsp;****?*
offenfer. Si péfoit-on quâils dcuïïènt faper ou miner ce ra- Jâ»'*â*'*''*** uelin:a caufe dequoy les afliegez firent incôtinét des puits pour côtreminer de ce cofté-là . Etpourcequâvn autre pôt plus fort que le précédée fut incôtinent rcdrelfé, amp;nbsp;que Ion creufoitle rauelin, les affîegez firét fortir fur Icfoir le capitaine Môtauban auec cinquate harquebuzicts,lequel fauf fa vn corps de garde,tua douze ou treize foldats, amena deux prifonniers.quiayâs alTeuré quâon minoitfous ce rauelin amp;nbsp;en vn autre endroit, dt's le lédemain matin furent cômencez feptpuits en diuerslieux es tracliecs das la ville, pour efuéter icelles raines,amp; pourueut-on aux autres for-tificatiôs, felon que la neceffité du temps le comandoit 8c perrticttoit.Trois iours apres fur les neuf heures du foir les prmlif affiegeans aptes sâeftre approchez par dedâs leurs trachées affaia. ûs cftre defcouuerts, fe ieiterét dâs le folft' vers la btefehe
DD. j.
te.D.Lxxirt. Charlis ni y ni s mi.
deLondis, laquelle ils tromicrent bien gardée,tellement quâaucc perte depluGcurs tuez, ils furet côtrainsfe retirer aucc grand nôbre de bleflcz.Durât le cófliftquifutlógS afprejlcs aflîegez ne ceiferent de chanter Pfeaumestcc qui occaliôna les aflicgeâs de tirer quelques coups de lâartillerie plaree fur la montaigne nommée lâOrme au loup, qui donnèrent dedans le rempar fous les pieds des foldats aflîegez qui en eftoyent esbranflezjtoutesfois fans autre dô-inage ni bleifure.Ayâs aufTi defcouuert par quelques pionniers prins à vne fortie que les aflïegeans trauailloyent à fapper lerauelin de porte Viel,ils le trâcherét en vne nuiâ par le milieu, amp;nbsp;en firent comme vn fccôd amp;nbsp;nouueau,qui futen defenfe le lédemain matin.En la nuift du 17.de Mars 40.foldats fortirentjfurprindrcnt vn corps de g.trdc,tueréc iB.ou lo.foldats.amcnerent vn prifounier qui lesaflèurade â 'ce qui auintle lendemain,câeft quâils furent canonnezde itf.pieces qui firent vn grand abatis.Le iour fuyuant, apres que les afiîegeans curent battu fort furieufcmeni de toutes leurs pieces rangées en trois endroits,au champ S.Ladte.à lâOrme au loup,au Carroy Marefehaux, rompu amp;nbsp;rais bas les defenfes des tours amp;nbsp;murailles de la ville, continue amp;nbsp;Sâ' ®*:heué la brefehe,laquelle auoit plus de trois cés pasdâou-ntral en dt uerture,lfur enfeignecolonncllebl inche,fuiuie des autres liera en p.jrut en otdre de bataille,tous sâachcminansà couuert p.ir leurstrancheesiufquesfurleborddufodfédcla ville, où â¢ils donnèrent rafiaut,comme s'enfuit. Le regimen de Sar-rieu donna au bout delà brefehe tirant à porte Oifon, au lieu dir la grange Londis,où fut fait le plus grand effort: amp;nbsp;pour le fouftenir lefieur de la Chaftre chefen l'armee y vint auecfa compagnie dâhommes dâarmes, lelquels auec autres maiffres defeendirent de cheual Stcombatirentà pied ce iour la. Ce prcmïêâr aflaut fut furieux : car les affail-lans vindrcnt en bel ordre amp;nbsp;bien refolus droit à labre f-chc,fur laquelle montèrent amp;nbsp;combatirenç fept ou huit des mieux armez amp;nbsp;couuers : mefinelc Capitaine Ros, enfei-gne de Sarrieu y porta amp;nbsp;en remporta fon drapeau. Iceux repouflez, le ficur de Bonniuet, les gentilshommes du pays,81 le capitaine Cartier,firent la lècondc charge, ou ils vindreot de telle refolution quâaucuns roonterét par deux fois fur la brefche,cntre autres Fontaine, enfeigne de Cartier , tcualtc de la Religion, lequel y fut blelTé amp;nbsp;sâen reâ tourna
Charlis nï vîtes mï. îiû
tonrnâ boiteux.En ccfte deuxiethie charge, il y eut 4, cn-ffignes (uiuies dequatre 3500 foldats , qui dcfccndirent Æ franchetnct das le foflc : mais en lieu de marcher droit à la brcfche,feioigiiirent au coin de la muraille que Ion battoir encores,amp; y furent quelque temps auec leurs quatre enfei-gncsjfans pouuoir eftteofféfezde ceux de la ville,lefquels nepouuoycnt fubfifter fur la muraille qui les (cparoit, à caule des voices de Canon qui y donnoyent. 11 cftoitaifé de les defloger à coups de moufquetsamp; harquebuzes de quelques flancs reftez du collé de porte Oifon : mais il nây auoic nioufquctaire ni harquebuzicr pour lors en cell endroit là .Or il furuint vn cas qui pïWcrualesafl'icgcz: câeft que comme les Canonniers continuoyent fans relafche la batterie du lieu appelle Carroy Marefchaux,cuidans atter- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
ter la muraille amp;nbsp;defcouurir la plateforme fur laquelle cô-batoyeni les .;lïiegcz,en sâopinialïFanffur tel effort, ils ti- J,., Æ/, 0«. rerent deux ou trois voices de canons, qui firent tomber r.t tant de pierres fur ccs4.eufeignes amp;nbsp;foldatsde la fuite,que jj.'l» forceleur fut de fe retirer. Bien vint a point auffi pour les sflîcgczquc la poudre faillit aux canonniers en celle batte-ticlà xar sâils eulfent fait tomber encore lix ou fept pieds demuraille,la plateforme oùlesalî'iegez combatoyent en flanc (qui clloit leur principale defenfe) demeuroit def-couuerte, amp;nbsp;feruoit de pont aux alTaillans pour entrer dans la ville,fans quâil y eull moyen de les fouftenir: pourcc que celle plateforme ayant efléfoudainement faite,nâeftoit pas tetranchee par le derriere du cofté delà ville,5c nepouuoit on refiiler dâailleurs.Les fix enfeignes du regimen de Goas donnnerent au rauelin de porte Viel, amp;nbsp;a la plateforme de Boudln,ayans pour leur fouflien le ficur de Motigny lieutenant du Comte de Brienue , amp;nbsp;quelques autres geaitils-hoinmes : là fut tué Cabaflolcs capitaine dâvne des compagnies des vieilles biudes,homme vaillant amp;nbsp;fort regretté des alfiegeans.Les compagnies nouuelles (exceptcc cel-ledcTelTicr) donnèrent a la grandâbrefchejalfaillans depuis la plate forme déporté Viel, iufques a lâautre bout de iabrefehe tirant à la porte S. André. Le Capitaine TclTier prefenta lâefcalade à la porte Cefar,qui efl à lâautre bout de la ville, afin quelâafTaut fuit gencçal, amp;nbsp;que les aflie-gez fulfent empefehez de toutes parts. Du cofté des Saacerrois , le Capitaine la Fleur, Chaillou fou lieu-
D D. tj.
jM.D.Lxxni* Chams» nivussmï.
tenant, StMontauban fa cornette defendoyent la brefchc -Londis de laquelle approchant amp;nbsp;auât que les foldatsqui les fuiuoyent fuflent rangez en bataille, deux furent emportez dâvn coup de canon. Les autres capitaines auoyenc chafcun leur quartier af(ignc,où tous fc portèrent vaillant mentdes murailles eltans bordées par tout,amp; gens es pU ces principales pour fournir aux refraifehiffemés amp;nbsp;autres occurrences. Durant lâaffà ut, les cent cinquante vignet ós, dont nous auons parlé,auec leurs fondes,feruis parles fera mes amp;nbsp;chambrières,firent merueilles, amp;nbsp;bleflèrent grand nombre dâaffaillans.Au plus fort ducôbar,vne femme empoigna la picqued'vn foldat,conteftacontre lui pourl'ar-racher dâentre fes poings.Vn jeune homme de la ville non, J me lalot,prinsen combatant par vnrondacher,commeon âââ¢tquot;' nbsp;nbsp;nbsp;â Jâemmenoitenlefaifantdcfcendreaufo^^é,criadfe$com-
â¢â ......tî pagnôs quâils tiraffent à lui, pluftoft que le voir çmmener. ..... nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lâvn dâeux couche en ioue,amp;vife fi droit, quâil tua le ron-
dacherifurce falot tue de fon poignard vn autre qui le te-noit encore,amp; ainfi efehappe, remontant vers les fiens fut la brefche-Lcs aflîegez ne firent refiftance quâà coups dâhat V nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quebouzes,dâefpeesamp; de fondes: car les autres machines
de guerre ne furent lors employees, ceft alfaut general a-yant efté donné pluftofi quâils ne penfôyent, à caufe de la oatteriequi nâauoitcelTétoutlcmatin.LesSancerroisper dirent en ceft aflaut dixfept foldats tuez ou blelfez à morf, amp;nbsp;vne fille quâvn coup de canon emporta. Quant auxaf-fiegeans il en demeura dans les foflez enuiron (oixantedes plus hardis:!! y en eut plus de deux cens bieffez à mort,qui sâen allèrent rendre lâame en leurs tentes amp;nbsp;logis : enuiron autant de naufez, qui guérirent auec le temps, mais mutilez 8c marquez pour le refte de leurs vies.Depuis les aflie-Btliiertt- geans fc refolurent ( entendans lâeftat de la ville ) de bloç-rian du tf- quer amp;nbsp;afamer les Sancerrois parle moyen des fortsquâils
tracèrent Sedreflerent bien pres delà ville: amp;lefquclsa-fr*r«'**â^â*yânsmis en defenfe ,nonobftantlesefcarmouchesdes af-fiegez, ils logèrent deux couleurines dans le plus grand, remenans leurs autres pieces de batterie es villes dâoù ils lesauoyent tirees: 8t laifTans forces fuflSfantes autour de la place pourempefeher Icsaftîcgez defortir ni de tirer fotîlagement du plat pays. Au commencement dâAuril vnfoldat
ChARLïs NBVftïSMI.
Xlt
Tn foldat de la ville s'crtanc coulé de la muraille en bas, sâen alla rendre au grand fort, afleürant que les affiegez â s'en alloyent entrer en la famine. Deux iours apres les af- ' fîeget firent vnelôrtieamp;tuerent quelques ennemis, lef-quels pour boucler du tout la ville gt;nbsp;firent cinq nouticaux â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢â¢ petits forts, St toutes les nuits eftoyent en garde fort foi-gneufe, tellement que les afiiegea conurent bien quâon les vouloir empoigner à la gorge i non pas aux mains. Ils dcfpecherent gens pour aller aux fecours , mais les vns furent prins pnfonoiers, Icsautresexecutezà mort com-tne le capitaine la Pleur , les autres ne reuindrent poinri éuncpeurent rentrer, 8c o'obtindretlrrien au regard du fccours prétendu, quelque parc quâils allaflcnt : comme âuflî il nây auoit nul moyen pour lors du cofté des hommes. Ainfî donc ellans ferrez de toutes parts par ennemis irréconciliables i dés le commencement d'Auril la di-f«te de chairs les ayant acueillis en moins dâvn mois tous lesâfnes3t mulets furent defpechez. On vint puis apres Smmùrt iuxcheuaux» aux chats, rats, taupes,fouric amp;nbsp;chiens: redt itt U confequemmenc aux cuirs de boeufs, vaches amp;nbsp;peaux de.M'âquot;âquot;^« moutons, aux parchemins, cornes de pied de cheual, cor- â''âââtr». «esde lanternes (licols 8c harnois de chenaux , ceintures de cuir i herbes 8c racines fauuages. A la fin de luin, les trois parts des afliegez ne mangeoyent plus de pain. Ceux qui pouuoyent recouurer de la graine de lin, 8c autres quâon ne sâeftoit iamais auifé de itianger,â les faifoyent mouldre, ou les piloycnt dans les mortiers, 8c en faifoÿ-tnt du paih, comme auffi il sâen faifoit de toutes fortes d'herbesmefleesauec vnpcu defon filonenauoit. On y mangea du pain fait de farine de paille, de coquilles de noix, Sedâardoife: le fuif, levieuxoing, 8cautres vieilles graifles feruoyent à faire potages 8t friture; Les ex-ciemens dès cheuauxSt des hommes, 8c les immondices des rues ne furent efpargnees : 8c le vingtneufieme dé luillet fut prins ^npauure vigneron auec la femme, exe- . curez à mort, pour auoir mangé la tefte, la freffure 8c la * ceruelle dâvne leur fille aagee dâenuiron trois ans, laquelle eftoit motte de faim 8c en langueur r ayans apprellc toutes les autres pieces pour les manger en dâautres le-» ÿas. Vue autre vieille femme logee en leur maifon, 8c qui
D D.' iij.
M.D.LXXKt.
Charies n t vt ie s Mti
auoic eu part a ce funefte repa? mourut en prifon pca dâheures apses (óncmprifonnemcnt.Ilsfc trouucrent coul-pables dâautres fautes ; mais ce qui agraua cefte dernière, fut que leiour de ce piteux inefnage, ils auoyent ' *â * cllé foulage Z de quelque potage dâherbes 8t de vin ; ce qui pouuoit leur fuiïlre en la neceHité du temps. Ceux des af-fîegez qui fortoyent ou elloyent mis hors la ville pour cerchcr foulageincnt ailleurs , voulant palFcr outre e-fléyenttuez par les afliegeans gt;nbsp;ou contrains à coups de battons retourner en arrière. Demeurant dehors fans pouuoir ni vouloir rentrer, ils viuotoyeiit des bourgeons de vignes, de meures fur les hayes, dâefc_argots, de limaces rouges,amp; dâherbes. Ptefques tous moururent entre les tranchées amp;nbsp;folfez. Entre autres fpeftacles pitoyables on trouua les corps dâvn vigneron amp;defafcmmeniortsau-preslâvn de lâautre dans les vignes, te deux de leurs en-fans auprès qui crioyent amp;nbsp;pleuroyent,le plus petit nâayant que fix femaines, quâvn honorable amp;nbsp;charitable vefue de la ville enuoya quérir. Si plufieursmouroyenc par les vignes,aupresdelacontrefcarpe, amp;nbsp;dans le folféde la ville, il en moutoit encore dauanrage dans les niaüons Sc par les rues, où ils tomboyent dâheure à autre, amp;nbsp;y auoic tel iour que Ion enterroit vingteinq ou trente morts de faim. Les icunes enfans au deflbus de douze ans moururent prcfques tous. Câettoit pitié dâouir les lamentations des panures peres amp;nbsp;mères, donc la plufpart néant-moins fe forcifioitenlââffeurancede lagracede Dieu. Sur-quoy lereciteray deux accidens notables. Vn ieune gar-fonnet aage' de cinq ans, apres auoir langui quelques fep-niaincs fe traînant par les rues, en fin nature defaillant tombe en prefence de fon pere amp;nbsp;de fa mere, lefquels virent à l'iottant les nerfs de leur enfant fe retirer comme qui les euft coupez, amp;nbsp;foudain le corps défaillir. Vn autre ieune ga.rlon aage Je dix ans tirant à la mort, oyant amp;nbsp;voy.mt ceux qui lâauoyent engendré pleurant auprès de lui duquel ils manioyent les bras amp;nbsp;les iainbesaufli fees que de bois, leur dit, Pourquoy pleurez vousainlî de me voir mourtr de faim.^ le ne vous demande point de pain,ma mcre,ie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que vous n'en auez point : mais puis
' que Dieu veut que ic meure ainlî, il Je fautprendre en gré.
LeSaiuâ
le Sâinft perfunnage Lazare nâa-il pas eu faim ? nâay-ie pas leu cela en la Bible? diiant CCS paroles il rendu lâame à Dieu, letrcnticfme.aourde luillct. Ce qui empefeha que tout ce peuple ne mourut fut la fin de luillet furent quel-ques chenaux de fer^jee referuez pour lâextrémité, 6: fix vaches gardées pour fournir dpleurlaiéf à quelques petis cnfaus.Ces bertes furent tueesSt la chair vendue au foula-
gcincnt des viuans, aucc quelque peu de bled que futtiue- «â ment aucuns apporioyent en la ville, glenfamp; recueilli de nuia, tellement que la liurc de bled fe*ven3tt demi efeut mais cefte fubuentiçn dura peu à cauic du guet que IcsaP-fiegeans redoublèrent. La guerre ne tua que 84.pcrfonnes dans Sancerre.mais la faim en fit mourir dedans amp;nbsp;dehors plus de cinq cens, fans Icsalangouris j qui efehappez eurent depuis beaucoup de peine à fe remettre au deifus, Durantees miferes quelques foldats amp;nbsp;réfugiez dans San-terte fortirent par diuers moyens hors de la ville, fuyans la famine, amp;nbsp;aimans mieux mourir de glaiue. De fait Its vus furent tuez, les autres demeurèrentprifonnierst aucuns furent exécutez par le bourreau. Toute efperan-â gt;nbsp;felon les hommes, defaillant aux Sancerrois , le R.oy ayant iuré quâil feroit que les vns feroyent man-
Æ CO
pArâuê
par les aunes, u prouideuce du Roy ces Rois les ceuxdt garantit par vn moyen merueilleux. Par les pourfuitesnryr, de rEucfquc de Valence, HenriDuc dâAnjou frere du Roy amp;nbsp;fon lieutenant general en France,auoiteftéac- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jf
tepté Roy de Pologne par les Eftats du royaume , corn- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
menons le dirons ci apres plus au long au difcoursdu liege de laRochelle. Il vint tout à poinéi aux Sancerrois, que les' ainbalfadeurs de Pologne vindrent en France durant ces extremitez de famine, pour emmener le Duc dâAnjou. Car ayans entendu que Sancerre cftoit encore af-fiegee,ilsfon)merëtrEuefque de Valence 15c Lanfac fonaf-focié, de tenir la promefle quâils leur auoyent faite 8c iu_ tee au nom du Roy leur maiftre, de mettre en liberté nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
toutes les villes 8c perfonnes molefteesen France pour le fait de la Religion. Cela ne leur pouuant eftre du tout def-nié , les pauurcs Sancerrois à demi morts de faim, (Se toutesfois refolus dâexpirer tous ainfi les vns apres les au* uesjauant que fe têdre aux aflîegeans, qui les auoyent tant
: â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;DD. iüi.
ChARIÃ! NîVtlKSMï.
de fois menallez dâvn maffacre general ) furent garantis â¢a'â*ââ â par ces bons perfonnages que Dieu leur enuoya défi loin-, tain pays, amp;nbsp;comme du bout du monde : leurs voifinsamp; â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceux des pays plus proches, nâayans peu ou voulu les fe-
Courir.Somme,apres quelques dilputes, afleæblees,conferences, allées amp;nbsp;venues ,ollages baillez di part Si dâautre, Cimftfiiian le Sieur delà Chaflrc au nom du Roy leur accordadefor-leurs armes amp;nbsp;bagage: amp;nbsp;quant a ceux quivoU-Sunctrrw- droyentdemçurer,de nâeftre recerchez nimoleftez pour
- le paffé;Ieur permettant de difpofer de leurs biens comme bon leur fcmbleroit : promettant de conferuer lâhonneur aux femmes amp;nbsp;filles: à condition queleshabitans SC â autres réfugiez payeroyent la fomme de quarante mil li-nres audit Sieur de la Chaftre, qui par le moyen de cell accord arrefté le 19. iour dâAouft entra le dernier lour du mefme mois dedans Sancerre,les minillres, plufieursdes habitansjles capitaines, foldats, habituez amp;nbsp;réfugiez sâc' ftansretirezauecpafleportsamp; conduits les vns deçà , les autres deb. Peu apres, Sancerre fut du tout defmantelee, quelques maifonsabatues,lâhorloge,Ies cloches amp;nbsp;autres marques de ville oflees, le bailli loanneau maflacré de nuiftà cent pas pres du logis dufieurde la Charte le p. jour de Septembre. Apres que laChalîre fc furt retire'Ã
Bourges, le bailli de Berri, laiflc gouuerneur en celle place defoleeauec deux compagnies de piétons, amp;nbsp;quelques troupes desenuirons, il sây fit des pillages amp;nbsp;con-euffions eftranges : tellement que câeft merueilles que Sancerre foit debout amp;nbsp;habitée auiourdâhui comme elle eft, ayant outre la rcllauration de fes merueilles ba-(limcns, amp;nbsp;repeuplement, libre exercice delà Religion en la ptefente annee i 5 p j. que nous paraclieuions ce recueil.
Diftouri du dt
Confiderons confequemment félon noflre defTcin le . fiege de la Rochelle amp;nbsp;la fin dâicelui en lâânee mil cinq cëf Al feptante trois. Au commencement le fieur de Bironcfla-etmmence- /ort dc rcmettrelusquelquemoycndâaccordicequinefuc mit iufijuts céda p3s,pource que les Rochellois ne royoyent que dan-à itt faix ger pour eux entellesnegociations,eftimansleurconfcr-â¢'fri^quot;aux conÃder pour lors en desfianec. Auinr en cesen-''/'âX'Lâ trefaites que deux foldats defîreuxdc guerre fans auoireÃâ
gard quelecöfeiJpouriurtrsraifós nelaifibicfortirà tou-te?
Cn AULIS NtV'tlISM«. ii;
tes Heurtes ceux qui en aiioycntenuie,defcendirét dans le L , foffé par vne longue efchellclt;-n vn endroit fort renommé quot;ynyâÃr depuis, amp;nbsp;nommé le badion de lâÃuangile. Ayans pafle la 4.(Ænâ »lt;⢠(oncrefearpe, ils crouuent la guerre, tellement quel'vn i ' J deux elf cue'dâautrcercliapp» 8c donne lâalarme il chande à la porte, quâimpofliblc fut de tenir les autresfoldatsfit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ãquot;*
leurs capitaines.La Noue auerti que plufîeurs eftoyent en-gagez aflèmble foudain les forces de pied fit de cheual, 8c marche promptement au fecours.Lâelcarmoucbc attaquée en pluGeurs endroits dura plus de cinq heures. Trois ou quatre de la ville y furent tuez, amp;nbsp;pres de vingt blelTez;
teux du camp perdirent enuiron cent hommes,8c cinquante blçffez , outre deux capitaines amenez prifonniers en la ville. Certain ieune gentilhomme, neueu de Puigaillard gouuerneur dâAngers, Ce trouua parmi les autres en cefte efcar(nouchc,8cblafphemantexecrablementfe vantoit dâa-uoir efte lâvn des aflalTins de lâAmiral, monftrant vn cou-flelasnud, quâil difoit auoir remporté de ce fignalccon-flift, auec menaces de faire boucherie de la chair des Ro-chellois.Auint quâau lieu .de bien louer des mains en cefte efearmouche, le cÅur lui faillir, tellement quâen cerchant fes pieds il fut emmené priihnnier. Celaluifitpcrdrelâef-trimedefalanguétmaisnâeftantpasdeuenuplusfagCjCon- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, -
tre la foy par lui donnée, il eflaya de sâenfuir: ce qui lui couftalavie, car ayant trouué des coureurs plus habiles que lui, ratteint en chemin il fut tué,8c defpouillé 8t laiffé nuddans vn champ, où la nuiéf fuyuante les chiens lui mangerent le vifage : le lendemain par lâintercelTion de la Vefue du fieur de Fio jac, damoifclle affêdionnee à la Religion , ce panure Corps fut apporté 8c enterré dedans la ville qu'en fon viuant il auoit tant menacee. Depuis cefte ef-Carinouche Biron clfaya de renouer la negotiation commi-fe à lâAbbé CXidagne,député pour arnciicr les Rochellois â quelq^ compofition.Mais cela nâeut aucun efFcâ : car Ion endelcouuroit tous lesioursquelquenouueaucomplot« De fait à mcfme temps, vn gentilhomme dans la Rochelle defcouurit au Maire 8c aux principaux du Confeil les intelligences que Biron 8c autres penibyent auoiraucc lui pour la furpnnfe de la ville.11 cftoit dâauis dâattirer les plut hardis capitaines du camp 8c bon nombre de leurs foldars dans la Rochelle,où ils feroy eqt aife'inçnt facmentcz,8c les
Charles NBVFiBSMfi
â alficgêans afoiblis dâautant- Cependant il eftoic fur Id * poind de toucher vne bonne fomtne dcdeniers.Sur celafc i. rendirent dans la ville le 17. amp;nbsp;r8.dc lanuier quelques fol-dats bienequippez. des compagnies de Puigaillard Sc de ⢠c â S. Martinfurnommé le Luthérien. Toutesfoisle Mauea-
I yant conféré auec quatre ou cinq des principaux, trouua parleurrcfolutioiii que petite execution affeureevaloir mieux que grande entteprinfe haz.ardeufe: St que fans différer d,iuantage il faloit defpecher ceux qui eftoyent iaen-trez.ifans attendre quâils fe reijfoi çalFent ou en corrooipif-fcntdâautres.Deccstraiftres ia enrouliez en me des compagnies les cinq furent tuez le foir du lour de cede deliberation , St leurs corps iettez par delfus amp;nbsp;du haut des murailles en bas pies la porte neufue. Trois autres furent mis enprifon, defquels on entendit toutes les particularité/., puis apres palTcrent par les mains du bourreau. LesRo-chellois continuèrent de là en auant, lâefpace de quelques jours à faire bruller hors la ville les granges, maifonsSc iiiioulinsqui pouuoyent en les incommodant fcruirbeau-coup aux alïlegeans.Surquoy auint vnfaitplaifant.La ville Muniurt^*capitaine Normand certain moulin fort prqche,duquel il tiroit.quelque reuenu pour la garde de ce qui eftoit de prinfe en ce moulin,Normâd y lailfoit la nuift vn foldat. LesalfiegcansauecreflitedeleurinfanterieSc / deuxcouleurinesvindrentlanuidduaj. de lanuier pour forcer ce moulin. Us bracquerent leurs Couleurincsfort pres, la Lune leur efclairant, amp;nbsp;lafchercntfcizc coups. Le foldat leur tire quelques harquebuzades. Son capitaine e-flint à ceft alarme acouru fur le rempar de ce cofté,fc préd à crier au foldat,comme sâil y en eull nombre dans le inou-limCouragCjfoldatqne vousrendez poinr,vous ferez bien toll fecourus. En fin ce foldat requit ellre receu à parlementer, amp;nbsp;fit compofition pour ceux qui eftoyent dans la rooulin.Ceux du camp ayans veu quâil eftoit feul,amp;c dcfpi-tez de fon alfeuranceje retindrent prü'onnier.puis à caufe qu'il nâauoit moyen de fournir la rançon quâds deman-doyent, conclurent de le mettre aux galeres. Mais ellant ia rafé St vertu en forçat, il trouua moyen d'efehapper, St sâen retoutna fauf dans la ville.La Noue y fut elleu chef des armes » fans diminiiuon des droits St de lâauthoritu duMaij
C H A R t E s N E V r 1 E s M I. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;214
du Maite en toutes autres ctiofes : Et nouucaux députez I« Klt;mi enuoyezcn Angleterre pour obtenir fecoursxe que Je Roy empefeha tant qu^tl lui fut pofi'jble amp;nbsp;entre autres moyens fit inuiter la flt;oine dâAugleteire dâeftre marraine auec * nbsp;nbsp;nbsp;'*
lâImperatriceamp;leDucdeSauoye dâvne fille laquelle fut baptifee le deuxiefme iour de Fcurier, nee le xy.iourdâO-ftobre precedent amp;nbsp;decedecen basà age. Le Milord de VVenccftre, feigneur de la Religion Romaine, venant dâAngleterre en France pour celte ceremonie , faillit à dire defualizé par quelques courfaircs , qui lui tuetent quelques hommes amp;nbsp;pillèrent lâvn de lés baltcaux : ce qui fut caufe que les vailfeauK François amp;nbsp;VVallons quâon pouuoit attraper es ports dâAngleterre , eurent raau-uais temps. Les cfcarmouches continuoyent tous les Jours entre ceux de la Rochelle amp;nbsp;leurs ennemis i où la fuflSfance des chefs amp;nbsp;le courage des membres paroif- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
foit de part amp;nbsp;dâautre : mais touliours au plus grand dommage des Catholiques Romains, fut lefquels les afl'ie-gezfaifoyent leurs forties bien apropos, ayans la retrai- . k, le proche amp;afl'euree. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
Au commencement de Feurier , le Duc dâAnjou chef en lâarmee royale, arriué à Sainét Maixaut en-L'l)f,.qv, uoya lettres à la Noue, le fommant de lui faire rendre la Rochelle , fous promelfe de biens amp;nbsp;vies fau-ues : au-trement , amp;nbsp;fi dans trois iours apres quâil affi-gnoit fon artiuee au camp,cela nâeltoit execute, fa refo-lution eftoit auec les forces ia campees , celles qui le fuyuoyent , dâaffieget la ville fans yperdrevne feule heure de temps , la forcer, amp;nbsp;punir de telle forte ceux qui feroyent prins, que lâexecution feruiroit dâexemple aux autres. Les Rochellois commencèrent à penfer encores mieux à leur defenfiue, amp;nbsp;à trauailler aux fortifications. Or pource que Je camp empef-choit prefquÃs ordinairement leurs gens de couper amp;nbsp;a- , porterfafcincsamp; autres bois propre, la Noueauerti de * - , leurs courfes leur drelTe vne embufeade tant apropos Je Cxiefme iour de Feurier, à pied St à chenal, quâapres a-uoir laiffé fort auancer leurs efearmoueheurs il les en- ,, r ferma entre fes troupes amp;nbsp;la ville, taillant en pieces ceux qui'sâeftoyenc ainfi enfilez- Non çontsijt de cela,il donne
Charles n j th t s « i.
dans vn logis où efioit la compagnie du CapitainelaPdr-te, tue foixante foldacs I lans auoir perdu ce iourquâTà . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sâen retourneauecquarante prifonniers, qui furent ren-
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uoyez le lendemain fans rançon, pource que Ion eftima
'â .......... que tout lâargent qui sâenpouuoic tirer nâefgaleroit la def-
penfe de peu do iours: quelques vnstoutesfois reconus , , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour maflacreurs receurent plus rude traitement. 11 y auoit
lors en la ville bon nombre de gentilslremmes amp;nbsp;gens de cheualjhuit compagnies des habitans,neuf d'eftrangers,8c celle du Maire, puis vne de volontaires drclfces pat la Noue, compofecde vingt moufquetairei i cinquante cinq piquiersayanstous lecorceletà lâefpreuue, amp;nbsp;trente har-quebuBicrs; les deux parts de celle compao nie eftoyent de gentilshommes Ãc gens qui auoyent eu charge en guerre. Le Duc dâAnjou arriué à fept lieues près de la Rochelle,ef-criuit leio. tour de Feurier à la Noblellè amp;nbsp;aux habitant deux lettres dâexhortation à fe.rendre, amp;nbsp;dp menaces sâils en fail'oyent refus. Les Rochelloisrefpondirenthumblc-mentj remonftrans la neceflîte de leur defenhue, prioyent ââ«à - «Æ-le Duc de pouruoir à la tranquillité du Royaume, Sifair« quâils peuifent feruit à Dieu en lâexercice de la Religion. Quant aux gentilshommes,leur refponfcpottoit,combien â quâils fuffent du tout affedionnez au feruice de fon Roy, neantmoins par la malice des flateurs amp;nbsp;ennemis de paixj ils auoyent eilé reculez de la bonne grace dâicelui. Ils ren-doyent puis apres raifon de la prinfe des armés,'qui nâauoit cité Volontaire, Gnoô entant que la necefltté les auoit forcez de le vouloir,ne cOnoilTans pour lors autre moyen propre pour la conferuation de leurs vies fpirituelle amp;nbsp;tem- / porelle,que la retraite es lieux forts amp;nbsp;munis, iufques c ce quâil pleurt au Roy , y pouruoir par lâaffemblee legitime des £rtats,Eédes CôcilCs libres. Supplioyent le Duc dâAnjou dâauoir efgard à leurs iufteî plaintes, ne leur point im- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
guter ce qui prùcedoit delà faute dâautrui , prefentans au
l/.âiât» â¢/*âRoy amp;nbsp;à lui obeirtanceamp;feruice.Le lendemain le Duc ar- । atk*K*(*M nua au camp , acompagué de fon frere le Duc dâAlençon,
R°y Nauarre, des Princes de Cündéamp; Daufin , des C*,.*'.. DucsdeLongueuille,Bouiilon,Ncuers,Aumalle,Gu!fé,dn ' - , , . ieune Comte de la Rochefoucaut,du grand Prieur Scautres grands Seigneurs, qui allèrent tous loger à Nieul, à vne â lieuà de la Rochelle, où ils demeurèrent iufques Ã
C H A R, 1 B s N B V r I B S M S. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»1$
Jipaîx. Vne chofe feruit grandement à ceux delà Ro-chelle ; câcll quâau confeil de leurs ennemis fe trouuerenc beaucoup de telles, qui auoyent diuerfes pcnfees amp;nbsp;def-feins, lâadioufteray ici ce que le Marefchal de Moulue ef- m,âIuc ttm critace propos 8c de toute celle entreprife fur la fin de fes chant Itfii-memoires, en tels termes : Voila tout le monde à la Ro- î'quot;'' A?* chelle. le fuis appelléau feftin comme les aiitrcs:amp; quand ieprins ma refolution dây aller, ie fîscftatdâymourir, fie que ce leroit là mon tombeau. Eftant arriué, ie fus efton- o» ffia-1 né dây voir tant de gens de diuerfes humeurs, qui eulTenc efté bien marris quâelle euft eflé prife. Ce liege fut grand, long amp;nbsp;beautmais à bien alTailli,mieux défendu.le ne veux pas mâamufer à eferire ce qui fut fait là ; car ie nâeftois que comme vn patjiculier, amp;, ne veux mefdiredcperfonne. Monfîeur, qui depuis a efté Roy, lequel commandoit à ce fiege, fçait bien que mâayant fait ceft honneur de mâen parler, pour fçauoir mon auis, ie lui en di franchement ce que iâen feauois. Par ce liege tous ceux qui eftoyent lors, amp;nbsp;ceux qui viendront apres , pourront iuger quâil faut tneshui prendre les places de telle confequence par famine,les blocquanttou auec le temps pied à pied.ll sây fit vne grandâ faute de bazarder tant dâhommes aux alfauts; St encore plus dâauoir fait fi mauuais guet, afin que fccoursde pouldres nâentra 11,comme il fit par la mer.M.tis.pour en dir re mon auis comme les autres, quelque chofe que les Ro-chelloiseulTentfceu faire,ils eftoyent à nous, amp;nbsp;nâeuffenc feeu sâen defdire : ie di la corde au col,car le fccours que le Comte de Montgommery leur amenoit sâeftoit retire; nous eftions fur le poinft de venir aux mains auec eux: tout leur defailloic. Mais en mcfme temps mon frere monfîeur de Valence eftoit en Pologne pour faire eflire tnonfieur pour leur Roy , comme il fit : amp;nbsp;croy que celle' ⢠â¢-gloire lui en ell deue.Mais cela fut aulli caufeque chafeun penfa à entrer en capitulation, laquelle en fin fe fit.Les députez de Pologne le vindrent faluer là pour leur Roy. Or toute la troupe sâen retourna pont sâaprefter fit fe ttouucr à la felle de celle nouuclle couronne , apres auoir laifle plufieurs morts en ce fiege, amp;lesRochclloismaillresde leur ville. 11 fcmbloit aux propos que Monfieut tint à fon depart, quâil nâeftoit pas fort cotent de ce nouueau Royaume. Si penfe-ic, que câeftoit grand honneur pourluiâ:
M.D.Lxxn'r; Charles neveiesme.
. pour nous, quâvn royaume ficflógnc vint cercher vn Roy dans le noftre.Tel eft le iugemcnt de Monluc.
Cinh'naÃfiï Confiderons maintenant quelques particularité?, déco de Ãjgj autant que le but de ces recueils le peut porter.La vil U 7(oc/«Ãlt;. jç nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gj pjj. terre enuiron la mifeurier les
efcarmouclies continuèrent, tandis que ce qui eftoitne-celfaire pour les batteries fe preparoit. Cependant les af-fiegeanstiroyentdcdelTuslaCarraque force canonnades . dans la ville 8c fur le deftroit, fi quelques bafteauxsâingc-... ' royent de pafler durant la nuift, ou parmi les bruines: mais de plufieurs centaines de coups tirez, nul ne porta, / pour tuer ni ofFcnfer aucun fors deux ou trois perfonnes, vj j J, viiigttroifiefme tour de Feurier. aptesplufieurs conful-tâtions amp;nbsp;melTages les fieurs de Biron , Stro(lî,Villequicr, Sc lâAbbé Gadaigne parlementèrent à la porte de Ceignes auec la Noue, le lieutenant general, Mortiers 8c Moriflbn députez, de la Roebelle. LâAbbé dlfcourut de lâintention 8: clemence du Roy : que palfé ce coup ne faloit plus sâattendre de le pouuoir flefehir par aucunes pneres ni reque-ftes, sâeftant mis en plus grand deuoir quâil nâeftoit conue-nable pour fa grandeur.que tous fes autres fuiets de la Religion fe reputeroyent bienheureux,sâils potiuoyent impe-trer la moitié de ce quâil offroit à ceux de la Rochelle: pourtant exhortoit les députez dâyauifer meurement, 8c nelaifferefcoulerceflcoccafion. La Noue 8c les trois autres difans leurauiscommeparticuliers.refpondirentquat au fait de leur commifllon auoir feulement charge de re-ceuoir les articles queleRoy entioyoit,entendre lacrcan-ce de Gadaigne, 8crapporter le tout au Confeil de la ville, , eompofé de cent hommes efeheuins 8c pairs, defquéls le
Maire eft chef. En ce temps le Duc dâAnjou fit executer à mort dans Nieul le capitaine Cadet, Turc de nation, pour Ht plufieursvoleriesScfoncuflîonsdefijuellcs Ilfucconu3^n-M»^f eu; combien que plufieurs grands Seigneurs 8c Capitaines ' follicitalfent forth deliurance de ce Cadence quele Duc refufa, Sc en fut grandement ellimc des gens de bien 8c re-doiatédes niefchans. Les articles baillez par Gadaigne, au nombre de vingt fept, contenoyent vnc proteftation de la fincerité du Roy en tout le pairé,8c no nu eau proces contre lâAmiral, les memoires duquel eferirs de fa main (dont Ion nâauoit iamais parlé) cftoyenr lors alléguez; puis il
Ibmmoit
Charles ne vetes meà tiÃ
fommoit les Rochelloisdâoiiurir les portes à Biron ou autre qui auroic charge dâentrer en leur ville,comme il apar-tienc (câcftà dire auec telles troupes quâil ellinirroit fuffi-fautes) pour y maintenir lâauthorité royale, amp;nbsp;faire que la ' place ne fuft plus à la diferetion des mutins. Qupy faifanc gt;â il leurpermcttoit lâexercice de leur Religion,auec pareille liberté quâil leur auoit ortroyee par fon edit de pacificatiô, fans en rien diminuer amp;nbsp;altereridont leur leroy eut defpef-chees telles lettres quâils conoiftroyent leur eflre de be-foin. Au refte il leur rttranclioit toute efpetance de fe-coursdu codé dâAngleterre. Les Rochclloisayansinon-ftré lâéquité amp;nbsp;neceflité de leur defeiiGue,lâiniquiré tyrannique du Baron de la Garde amp;nbsp;autres, acceptent ce que le Roy declaire touchant fon edit de pacification. amp;nbsp;rcquie-tent quâicelui .foit entretenu non feulement pour leur regard,mais aufli pour le foulagement amp;nbsp;repos de tous ceux delà Religion en France. Trois iours apres ceft abouchement , les Rochellois atiertis quâil y auoit trente deux piétés de batterie à demi lieue dâeux, amp;nbsp;que leurs ennemis sâattendoyent dâefcarmoucher lâaprcfdifnee amp;nbsp;employer leurs forces,refolurent de faire aufli quelque effort, amp;nbsp;for-»irent fur le midi. La meflee dura plus de fix heures,où la Nouepcrditdeux chenaux tuez fous lui,Streceut quelques harquebuzades fur fa cuiraffcjfans dommage au corps. 11 y perdit vn Capitaine en chef, deux capitaines enfeignesj cinq foldats,amp;remena vingtblelfez, les mortscnleucz Sc enterrez en la ville. Du camp furent tuez que bleflezen-üiron 150, amp;nbsp;y auoit plufieurs capitaines. Les femmes firent merueiiles ce iour, portans vin amp;nbsp;confitures à leurs foldat$,foulagcant les blelfez, amp;nbsp;fe fourrant afliz auanr en 'cefte meflee. Vne entre autres fe hazarda de defpouillcr vn mort des ennemis,emportant la harquebouze amp;nbsp;lâefpec dâicelui,dont elle fit vn trophee.La batterie commencée le dernier iour de Feurier auec huit canons amp;nbsp;deux coulc-
1 urines femblaauoirefchauféamp;acouragé les afliegez, qui dâvnemerueilleufe alegreflesemployoycntauxfortifica- ' tions.Surles M'ois heures apres midi la batterie cefTa, amp;nbsp;fc fit vne fortie, en laquelle .le Capitaine Normans tua grand nombre d'afltegeans,nâayant perdu quâvu foldat amp;. remené deux bleflez.
Z u comméccment de Mvsjtrois ou quatre iours durât,
M.D'.ixxnt, Chakies Niniisui;
At fitgt lt;(⢠il y eut det parlement, pour auoir fans combat ceux de U tt T^ehtUt. RochclIe.On leur ofFroic dans la ville lâexercice de la Reli-Iâ ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« gion^aboli au regard de toutes les autres places du royau-
W -J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gtleDuc jâAnjou, Ce fondant fur ce quelefecours
[j nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(iâAngleterrcefioitvne vaine imagination parla plus haut
r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quâil n'auoit encores fait : Vn iour auparauant Claude de
Lorraine, DucdâAumalcjoncleduDucdeGuife, ellanc â¢J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;derriere vn gabion, fut tué dâvn coup de piece braquée fur
le boulcuard de l'Euangile , laquelle trauerfa le gabion ÃC ce Duc qui penfoità toute autiechofequâà ce qui luiauint. t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;11 fut fort regretté au camp: maisles afliegcz louerét Dieu
qui afoiblifToic leurs ennemis,amp; en celui là punilfoit les au* * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tres malTacreurs, attendant leur tour. Le cinquiefme iour
de Mars, le Confeil fut airemblé en la ville,où apres plu* iieurs raiibns debatues de part amp;nbsp;dâautre, la tefolution fut dcfoufteniriufquesà rextremité, plulloft que dâaccorder chofe quifufl defraifonnabte, amp;nbsp;quâon nâenuoycroit plus de deputez,ains que la refpôfe feroit enuoyee par vn tam-bout. Le tout rapporte au peuple en vnealTerablee faiteà âfâ' cefte fin, tous dirent quâil faloit préférer vneiufte guerre à vnepaix hontcufcamp;fufpeâe:amp; quâilsauoyentencoresaf-fez de moyens pour fubfiftcr,cftimant quâvn iour de parle* mens leur portoit plus de nuifance que dix ans de guerre. Sixoufeptioursapres, la batterie ayant recommencé amp;nbsp;continué,la Noue, voyant fa prefencc inutile pour lors aux , Rochellois , pour beaucoup dâoccafions fc tira vn peu loin dâeux. Ce rendant en lâarmee du Duc d'Anjou auec Chaoi-pagny,Ia Roche £faard,la Salle amp;nbsp;quelques foldats. Com-me il auoir grandement feruiiufques lorsà ceuxdelaRo-«helle,ilcontinua dehors apec vnc nierueilleufeadreffe,5: * * feruit plus loin que pres: aiufi quâen fin les alfiegez le fen* rirentamp;reconurenr. En tout ce mois les aHîegeans tirèrent pres de treize mil coups de canon, amp;nbsp;y eut quelques cicarmouclies amp;nbsp;furpnnfes,efquclles ceux du camp auoyét
I . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toufioursdupire, amp;nbsp;perdirent en peu de fcmaines plus
In nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâvne vingttaine de chefs. Sur le foir du feiziefme iour de
Capitaine la Fond eftant de garde hors la villeà / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vnecafematre, ayant choifi enuiron vne douzaine de (es
foldats, marcha droit à laLadrcrie , oùil furprintà table neufoudix tant Gentilshommes que Capitaines, qui furent tous tuez. Quatre ioursapres fur les dix heures du fuit
Charlis h e vlt; i e s m e.
foir ceux de la vjljc firent vne fortie,donnèrent iufquei aux Vrgt; j gabions des aflicgcanSjrenuerferent tout j gaignerent les nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
premieres trän'hees,tuerencenuiroiifoixantc honimesjCn blelferent deux fors autant, mirent les autres en dcfpxdtej
8i euflentfaitdauantagCj fi de toutes parts on ne fuit a- _ , couru au recours. La batteneayantcontinuélesfixpre«â miers iours du mois dâAuril, le lèptiefmc enmron les lix J heures du matin elle recommença plus furieufe quâaupara-uà nt, 8c de telle violence qugt;vne longue muraille depuis la vieille fontaine iufques au bouleuard de lâEuaugile fut aba-me à fleurde terre, ce bouleuard deueftu, la tour de Coi-gnes abatue.Sut les cinq heures du foir les afl'iegeans vin.quot; drent à lâaflaut,mirent vnpont de bois dans lefolfe'jlequel ils cftendirent iufques contre le bouleuard, prindrent deux, cafemates quâils negarderentgueres ; car on-leur tiravn cqup (le canon dans ces cafematcj,qui en tua les vns, amp;nbsp;les antres promptement chargez par fojdats refolus furent partie taillez en pieces,le relie fe fauuânt de vifiefle. Pendant cefte meflee des Cafemates les aflaillans sâauanccrent courà geufement par leur pont de bojs aueedeux censron-daches amp;nbsp;corfelets, qui furent fouftenus de mefrae par les aflîegez, quoy que ta canon tiraft inceffammentqui leur tua quinze hommes amp;nbsp;en blefTa plufieurs. Ce nonobflant Jcsâfemmcsamp; chambrières, exemptes de peur,amp; comme fi elles nâeuflent rien veu ni oui, conroyent refoluement çà amp;nbsp;là ,pour letter le goudron , les cercles, les cailloux, donc plufieurs aiTaillans turent tuez: puis contrains quitter le folféauec perte de plufieurs capitaines, gennlshcmmes 8c foldats. De ceux de la ville furent que tuez que blefl'ez en ccftalfaut enuiron foixante,entrc autres le Capitaine Fron-fac, lâenfcigne de la Riuiere Lis ,1e lieutenant du Capit.iine Normand: amp;nbsp;furent tirez lors par les alTaillans plus de , deux mil cinq cens coups de canon. Le lendemain à neuf . nbsp;nbsp;,
heures do matin ils vindrent fe pre (enter au fécond affaut, bien fouflenu par les Rochellois: 8t furent contrains les afj faillans eux retirer en leurs trahehees. Sur le foir ils firenc contenance de vouloir donner vn ttoifiefme affaut, ce qui nâeut aucun effeft, obftant la i cfcilution des affiegez. Ils employèrent topt le iour dâapres à canonner en diuers endroits. A fix heures du malin le dixiefme iout d'Auril, les afiiegeans tcuindrent de Stande furie feprelenterà lâairaut
CE. j.
u'.D.Lxuni: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charlss hiviissm^
vers le bouleuard fufnommé-.item à la porte des deux mou- , lins parut vne grofle troupe auec force efchelles,amp;du co-ftédcTadonlc Comte du Ludeauec fou regimen vint iuf-ques a U tour du moulin, fans aprocher dauantage, à caufe des harquebuzades qui plouuoyentdru amp;nbsp;menu de cecq-I fté.Quant aux porteurs dâefchelles, on leur donna loilîr de les planter 8c de monter : mais incontinentquâils furentau delfus ceux de la ville les renuerferent de telle vigueur 8C ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vifteffe auec picques 8c halebardes, en lî grand nombre, fe
rompans bras,ïambes,teftes dans le folTé,quc leurs compagnons furent contrains quitter la pIâBqjamp; prendre la fuite fi roide,quâaucuns feiettetentdans la maréeoù les femmes cfloyent en garde , lefquelles à coups de fourches 8c broches de fer acheuerent dê tuer les bleflez 8c les defpouille-rent. Ceux du bouleuard 8c des cafemates, lefquels ne ti-royent pas vn coupa faute, enfemble les femmes,filles,8c feru3ntes,auec legoudroji amp;. feu artificiel, firent tel effort, que les aflaillans furent contrains Te retirer auec perte de SMutritfmt cens hommes 8c dauantage. Quatre iours apres, fur »fout. les quatre heures du foir, les compagnies des alïiegeans, preftes 8c rangées pour venir à Taffaut, tirèrent prefques toutes leurs pieces, gefoudain vindrentrefoluement à la brefehe, où fut valeuteufcment combatu de part 8c dâautre iufques a la nnift.Les aflîegez furent fort endommagez du canon qui aya'nffait tomber le deuant du bouleuard, celle ' ruine accabla plalîeurs foldats , 8c autres furent blcffez, le
tout au nombre dâenuirô jo.Les affa'iUans y perdirent daui tage.notänient vn de leurs chefs. Mais le lendemain ils re cômencerét à battreimpetueufemét:8c furies cinq heures du foir firent iouer leur premiere mine au baftiSou bouleuard deTEuagile: 8c fur rmllit dônerent vn furieux afl'aut ehqitltf quâils reprindrét iufques à la cinquiefme fois.Hs furet aulfi wf. eut gracieufement acueillis quâes autres, auec trefgrâdeperte, eme/ rtfri p|y, jfojç cens foldats que leur mine enuclopaxe .,â».,,*T.quiauintà caufeque la mine ioua tout au rebours de leur intention,^ tomba la ruine fur eux principalement. Deux ioursapres, les alïiegez firent vnefortie furies onze heures du foir,tuerent grand nobre dâhomes, rapportans en la ville force efpieux , cafques,cuira(res ,pertuifanes amp;nbsp;cou-ftelas. -l|s bru lièrent aufifi vn pôt de bois. Pour reueche les afliegeas tirerent quelques coups de canôs,dont les elchts des pierres où ils donnèrent firent dommage à cinq ou fix;
Charles neveissme. IâS
djUantige'le capitaine laMuffe.quiauoitfairt^'-bontie-iioir en tout Ic fiegejfiit bleffe' ce iour la de troi« liarqutbou raileijdonc il mourut bien toft après. Le i5.St ly.âours du mermemois on parlementa derechef: ce furent amufemés. iufques au iour (uyuantque de grand matin les aftiegeans approchèrent pres de ta porte S,NicoIas,où aucuns de leurs capitaines firent fort bien; carilspafferentla contrcfcarpc amp;nbsp;dcfcendirent dans le foiTé : toutes fois ils furent rcpoiif-fezamp; perdirent beaucoup de foldats.Le lendemain deuant foleil leuc ils firent ioucr leurs pieces contrele bouleuard: amp;nbsp;fur les onze heures redoublèrent leurbattcrie:amp; voyoic . on venir leurs troupes de tous les quartiersióicfinemét des nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7
gaietés amp;nbsp;carraquesontiroità forceraraifon det]uoy chaf- (^'1 cû courut aux armes; les femes mcfmesauec des chapeaux 1 dâhmnnacs fur leurs telles, marchoyen« au grand pas, les Se^tufmi. picques, iauelines Si halebardes es mains, dclibcrces de â niaurirà la defefc de la place,pluftoft que permettre aux af- â* faillans desâauancer.Lâafiautduracinc] heures,apres lequel furent trouucï douze.ou quinze homes de faute du collé desafl'iegez, amp;nbsp;debleffez 15.ou 30.amp; des afliegeâs grand : nôbre à la premiere charge, tellement quâils n'ofoyét pliisi y aller quâ.à petite troupe, Si les plus refolus sâen retouMn noyent, parce que la côpagnie du capitaine Bobineau,Ro-chcllois, pofee en garde à la cafemate tout pres du boule- 1 uatd,laquelle flanquoit droit fur le pont des aftiegeans, les enJonimageoit fort,nâeftans quâà deux picques loin l'vn de , lâautte.Le penultiefme iour dtynois lesafliegez firent vue fortie,oùils tuerétgrâdnôbre de leurs ennemis en vnc ca-femate quâils foreerér,amp; defcouurirent en partie. Ce mef-tne iour le Maire enuoya au Dur dâAnjou les articles ques teux de la Rochelle, auec les gentilshommes amp;nbsp;foldats e-ftrangers,requeroyent quâon lenraccordaft :a quoy ils re-ceurétrefpôfe.fix iours apres,8c fefirét quelques parlemés iniitiles.Tout cela (e manioit au ccmencemét de May,lors i^t^a quâcPologne fefaifoitreleéliôduDucdâAnjou poury eftie '..ti'a«* â¢â¬ Roy ; car ilfueacceptépar leshfiats le p.iour du mois de
May,auqucliftutlesRochellois,quidepuislefepticfmcaf- J'*' j faut nâauoyentlaiftâé palfer iour ni niiift, fans donner quel- -que efchec auxaftiegcans,firenc vnc fortie par la cotretni-ne faite an bouleuard de rEuâgile,furprindrét les plus pro-cliainsjtuciét quelques pioniers Ãcenuirö trente fûldati,8e . ' '
EE. ij.
M.D.ixxni- Charus h t v f 11 s m i.
cmmenerent quatre prifonniersjfans perte de leur part. Lff lendemain a dix heures du foir , eriuirqn quarre cens hat-quebuziers Sc cinquince cbeuiax fqrtirent de lavillepit la porte de Maubec,furprindrcnt pres celle de Coignes vij corps de garde, tuerent quarante ou cinquante des moins
â¢*'** nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;habiles,nâayansperduquâvn homme de cheuab Aumatin
on les auertit que les perdans pretendoyentauoir leur re-ucnche. De fait le lendemain vne heure deuant iour, plu-fieurs rondachers montèrent par leur pont au delfusdu bouleuard de lâEuangile.où ils prindrent lâenfeigne du Capitaine la R,iuierc Lis, puis sâen retournèrent fans faire au-Vquot;' â¢Â»* trechofe, encore quâils en euflent bien les mtsyens, parce
'que la plufpart du corps de garde dormoit. Le lendemain, ils penferent rempoigner mcfme occahon à la brefehe de la ;⢠vieille foniaine: mais ayans trouué gés qui les attendoyct, â¢41..,. - larerraitefutplusfoudaine.Ceiour furiescinqlieuresdu foir le fergent majeur de la ville fit vne fortie, amp;nbsp;uiit le feu ⢠à vne partie du pont de bois:amp; vingtquatre heures apres retourna brufler le corps de garde proche de ce pont. En ce temps par trois diuerfes fois quelques caualiersducamp effayerent dâempefçher les panures gens de la ville, dâaller apres la maree retirec,pefcher des moufles, fourdons amp;nbsp;pal lourdes: mais les vnsy perdirent leurs chenaux amp;nbsp;piftoles, lesautrés y furent prins,?c emmenez prifonnicrs, ne pou-uans aflez toftfedefgagtr de lavafeoùleurscheuauxen-' fjuitiefrtu fonçoyeut lufquïs au poiûral. Vn peu auant iour du fei-eijà ut. zicfme de May les afiiegeans donnèrent au bouleuard fuP nommé le huitiefme alTaut,lequel futafpre : toutesfoisils en furent repqufrez,aucc perte de part amp;nbsp;dâautre. Ce iour amp;nbsp;les deux autres dâapretjon continua les canonnades contre la ville, fan.s elpargne de boulets ni de poudres. Le vingtiefineiour fuyu.int arnua vn petit vailfcau chargé de poudres amp;nbsp;de bleds, enuoyé parle Comte de Montgom-niery fous la conduite du capitaine Arnaud,lequel paffa en 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;defpir de la flotte ennemie amp;nbsp;des forts,qui lui tirerent for
ce coups fans lâendommager. Trois iours apres, quatre ou cinq cens hommes fortirent de la ville apres midi lefqucls furprindrent amp;nbsp;eflonnerent dâeftrange forte les afiiegeans , du cofte de la porte de Coignes , les tuant fans refiftance, nombre de deux cens , tant capitaines que fol-
quot; ââ datSjfanslesblefiezengrandnombre.Lecampmisenalar- _ me,plq-
Charus nevîIbsmî. up
toe, plufieurs acoururent, tellement qpcles Rochellois perdirent vingt des leursrmais ils remportèrent dans la vil-k huiftenfeignes,force cuiralfes, efpieux.toudachesjhar-quebouzesgt efpees dorees. Ils regrettèrent fort la Mar-tonnierej brade gentilhomme qui mourut de bleflure deux ioursapres, comme peu.auparauanteftoitmort Verger-beaulieu,gentilhommePoiéieuin »fort eftimé pour fa va-leurjdçnt il auoit fait preuue,notamment au huitiefmc af- ' ® nbsp;nbsp;6
faut,où il fut blellâé à mort.Enuiron les cinq heures au foir du i5.de May la batterie recommença fort furicufc,qüi dura iuiques à neuf heures. La caufe fut que les cinq mines creufees par les alhegeans eftoyent clofes amp;nbsp;prefles à louer. Au poinft du iour fuyuant la batterie recommença tant contre le bouleuard que contre les dcfcn(cs,amp; fut continuée lufques au foir. Sur les fept heures du matin toutes les compagnies du camp firent reueuè. Les Suiffes nouucl- । lement arriuez au nombre de feize enfeignes en vn gros bataillon furent faluez de cinq coupsde canon des afliegez, lefquels donnèrent fi droit au milieu quâils y firent vnc rue, 8t contraignirent les Suiflês de fe retirer plus loin de , la ville. Enuiron les onze heures , les regimens du camp, preftsdevemrà lâaffaut, en lafehant leur artillerie firent . iouerleursmines.Câefioittouteleurefperance: mais cell effort ne feruit de rien: car aucunes des mines aidèrent beaucoup aux afsicgez en les fortifiant, amp;nbsp;flanquant la brefehe depuis la vieille fontaineiufques à ce bouleuard de _ lâEuangile, mot fatal amp;nbsp;malencontreux aux aflaillans ,qui furent attendus Screpouffez de celle part par les femmes, filles amp;nbsp;feriiantcs , lefquelles firent chofes incroyablcsce iour là . Lâalfaut eut Cinq recharges, amp;nbsp;dura iufques à fix heures du foir.toufiours fort furieux j Sc le plus grand de tous les précédons. Aufsi ceux du camp y perdirent quatre cens hommes qui demeurèrent dedans le fofîe.Sc remportèrent plus de fix cens bleflez. Les Rochellois perdi-tent trente ou quarante foldats amp;nbsp;femmes, 8c trois ou * â quatre capitaines , entre autres vn fort vaillant nommé le Blays, tué dâvn efclat de pierre; Le Comte de Montgom-tiieri fit tous fes efforts de fecourir par merles Rochellois: mais en vain. ayant trop peu de vailfeaux 8c de gens pour combatte la flotte royale, qui eftoittrefpuilfanre. Surle commencement de luin,les viures commcncoycnt à dimî-
E E. 'iij.
Charles neveiesme.
M.D.ixxm.
nuer aux aflïegcz, caufe que quelques vns voyans que les Xfarmures canons du {ampcontinuoycnt de lour i autre leur batte* chcâucâ^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ville J fe
' t ' forgeient des peurs Sc cöniencerenc à tenir propos de cô-po(iriô,tellcinét que quelques vns des plus aparés furet em-* prifonnezsâellanc trouué quâiceuxaucc près de^oo-autres h-ibitans auoycnt ligué vn papier, portant quâils vouloyct quâon fift la paix a quelque pris que ce fulE quât à eux quâils elf oyent las de la gucrreique la grandâ diletcc de bled pro-duiioit bien toll la fainine.Dâautrcsauoyent tenu côfeil en pleine tue amp;nbsp;parlé de le rendre maillres dâvnc porte, pour ibrtir quand il leur plairoit.De ces murmures sâenluiuirent
tiouueaux parlcmens,qucle DuedâAnjou follicitoitipour fe retirer arriéré de la. les nouuelies ellansarriueesquâil c-ftoïc dieu roy de Pologne,de queles ambalfadeursvenoyét le trouut r. Sur ces entrefaites le Vendredi ii, lour de luin, les afliegras vindrét de villeffe donner lâefcaladcà la peiite brefclie dâauprès la vieille fótaine.Enuiró cét ou fix vingts gentilshommes monterentjie aucuns fus le cauaber, où ils furent alfez long téps pourrccoiioiftrc le retrânchemci Si iacontrefcarpegabionneeau dedans du retranclieniét.puis commencèrent afc retirer. Ce ne fut pas fans dire .aluei dâlurqiiebuzadss,qui diminuèrent le iionibie,S£ en ab.iti-rent quinze ou vingt fur la place.Lcs pai lemens [e renouèrent le Icndcmain.Stpource queles Rochelloisfurcntcô-/cillezdâenuoyerIcu.sdepute? au Duc dâAnjou, duquel ils obiiendtoyent {ce leur difoit on) beaucoup plus quâils nedenianderoyent, on attendit vupaü'eport. Mais ilfe ti ouua fi mal couché, que les Rochellois vii e nt bien quâil faloit tenir ferme : pourtant ils firent retirer leurs députez:
i«-1«» Ct. qui irrita le Ducreiolu auant iâarriuee des anibaffadeurs . Pûlonois de tenter quelque expedient. A celle caufe, lui . , mefiiics vint voir lamine faite vers la vieille fontaine : où /rh.'y t âj filant reconu par vn foldat de la ville, lui tira vue harque-''*11*' bouze chargee dâvnc balle amp;nbsp;de quelques drageons. Mais' otfnantare Ibn grand efcuycr nommé de Vin, defcouüramla nielclie dât Dut lèietteaudeuant, amp;nbsp;fut tué ; le Duc, rcferué a vueauire dâ^n}a». fois, fut legereinent atteintdequtlquesrlragcons, mais non bltlTé. Depuis encores que Ion tiralf, amp;nbsp;qu'on fill
, . lorties, ce fuc peu ou rien au regard du pallé. Notani-uicnc apres l'arnuce des ambafiadeurs Polonoisle i7-de
CHARLBS NEVfIESMB.
21*0
Iiim,trefues fe Firent, 8c finalement leS articles de paix fu-rent couchez,eDuoyez.au Roy, qui les aprouua, Si dreflez cn forme dâedit, accordant à ceux de la Rochelle,Montau-ban,Nifmes,8c autres qui sâeftoyent maintenues libre exer ctficatien ' cice de la Religion: 8c aux autres permiflion de viurefans/mar/«'^; recerche en leurs mailbus, y folennizcr les bapjcfuies Si niariages,à leuracouftumec, fans plus grande aflemblee^ââ^'Jquot;' outre les parés que iufques au nôbre de dix, lauf à la Cour, gt;nbsp;Paris, 8c à dix lieues autour dâicellevilli;. 11 remettoitj. ceux de la Rochelle 8c les autres cn leurs droits 6c priuile-l''' ges,call'anc tous arrefts donnez contre eux, aprouuant leur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
defenfiue,8c accordant que la garde de leurs villes, tours 8c. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j,,
fortereflès, Icurdcmeuraft ,fuyuanclcurs anciens priuile- '*'â¢/'*ââ/ ges,en receuant toutesfois des gouuerncmcns qui ne leur\ feroyent fufpcds.En vertu de cert edit, ledixiefmcioiirdei nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
luillcr, fur les dix heures du matin, le fieur JtThiron entrai enlâville pat la porte de Coigne auec vn heraud dâarmes, I amp;nbsp;quatre ti ôpettes du Roy. A l'heure niefme il fit publier la paix es principales places,acompagnc du lieutenant de la , vdle,8: du fieur de ViUiersipuis difna au logis du Maire, 8c tollapresfcrctiraayanteftércconduiciufqueshorsla vil- , le. Le mefmc iour plufieurs barques 8c autres vaiffeaux chargez de bilcuit,bleds, farines, poiflbns Si autres muni-tions,entrèrent dans la ville comme auant le liege, lequel nousauousdeCctit fommairement en fes principalescir-l,.,. ,, . côftances.Les afiiegeans auoyent tant par mer que par ter-re4o.oüjq.roillehommes.llenniourutdeu^âRochelle *** / presîela moidic',tant aux cfcarmouchesquot;, rencontres, fur- j prinfes Scaflauts,que de blelFuresjdifette 8c maladies. Soi- । Xante pieces dâarciilerie,tant groÃes que moyennes 8c fim-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
pics tirèrent dans la ville 8c contre les defenfes, rempars 8c muraillesdâiccllc trente deux mille coups; le boulcuard del'Euaogile .acaufede fon furnomfutdes moins efpar-giiez. Lesafsiegeans y perdirent auecle Duc dâAumale, Cofieins , maillrc de Camp qui auoit forcé le logis de I l'Amiral,8c commencé le nialfacreTLigardes frère dâicclui,) GoasStPoilac maiftres de Camp, plufieurs grands Seigneurs, 8c gentilshommes, plus de foixante capitaines en J chef,autant de Iteuienans Si dâcnfeignesila plufpart des maf là creurs de Paris 8c dâailleurs eftans venus là pour y tece-j hoir leur f41aite,afjauoir mortprompteou blelfures quinç'
EE. iüj,
Charles nevfiesmi.
i leslaiflcrentgueresviure. La venue des ambaffadeurspo-â...ȏ lonois fut Ie moyen dont Djeu fe ferait pour garantirla Rochellequi s'en alloit efpuifee deviures, deniun;tions dcguerr6, Sc qniauoic perdu plulîeurs centaines de bons foldatsesâefc.irmouchesamp;brefches. Vn autre moyen lèr-uitjafçaaoir ladiuilîonau Camp du Duc dâAnjou,amp; lesa-rais qà ëdés Rochellois y auoyent dont ils receurent des a-ucrtiîremcns quilesfoulagerent grandement durant le fic-ge : la fin duquel fit pen fer le Roy à beaucoup de fautes *â * L nbsp;nbsp;quâon lui anoit confeillé de faire,amp; à baftir les proiets pour
.1 'â¢Â»Â« 'a pouruoir: mais cefut trop tard pour luiicarcftant embar-, . que 8t en haute mer, lors quâil defcouurit vn femblant de délirer lë'port, 11 fe fentit poulîé dans les goufres de mort bien tort apres , (i auec indicible creuecÅur fut contraint voir le feu de fon royaume, lequel on lui perfuadoiteftre efteint, amp;nbsp;auoir reçouuré vne paix éternelle le lourde Saind Barthelemy. Mais il eut ce renfort en Ibn malheur, que beaucoup dâautres qui tâeftimoyent bien habiles , fe trouuerçnt à leur tour non moins deceus quâils auoyent mefehamment abufé de la ieunelfe amp;nbsp;des bouillantes paf-(îonsdecepauurePtince. Au relie,il ne conuient palier Ions (iicnce la prouilion de viures que Dieu fournit aux af-Iiege7.,lors que les munitions ordinaires commencèrent à defa'illir, câelt afçauoir nombre infini de menus poiflbns, ., non veus au parauant en cehaure, amp;nbsp;qui tous Icsiourssây â ⢠rendoyent comme à la merci des pauures familles. Puis incontinent apres lâedit publié 5c eflargilTemcnt obtenu parles R ochelloi.s, a la venue des ambalfadeurs de Pologne,tout ce peuple marin fe retira.
Maintenant il nous faut voir comment fecomporte-75- plulîeurs delà Religionen ÿj^â,^_diuers autres endroits du royaume. LeBaron deSerignaC ir autres Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes tant de Quercy amp;nbsp;nutrei fra- Foix,qiie des prouinces voilînes,bien asertis de lâintention uincet, Jgj Catholiques Romains fe rendirent à Montauban, où fut tenu confcil public,amp; apresplufîeursconfcrences,larc-fülutiondcs habitans 8c des ellrangers y réfugiez fut que gt;nbsp;Ion prendroit les armes; ce qui Cucfiic felon lâordre delà guerre,amp; les villes où ceux de la iReligion elloyent fores a-iicrties de celle conclulîon.Ceux de Cillres en Albigeois firent les longs, amp;nbsp;refit faas ic fecours du Vicomte de Piu~ JinÃc
Charles n b v r i e s m i. izt
Jinamp; du Baron de Panas furent furprins, aucuns tuez, la ville rangée au parti Catholique Romain. Ceux de Montauban iettent leurs troupes en campagne fous la conduite | de Serignac, feigneur bien afFedionné à la Religion j fagc, vertueux,amp; anii de la difciplinc militaire.lls mirent garni-Ibn dans Tetride, dont Serignac fe nommoit Baron, prin-drentpar efcallade Buzet furie Tara trois lieues de Thon loufejsâaffcurent de Villemur, (urprencntplufieurs autres places,fortifient celles quâils auoyent tenues durant les au- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;* J
ttestroubles,mettentgarnifonauxpa(rages,puisaffignenc vneiourneea Rcalmonten Albigeois, pour auifer aux a-Ãires communes. Là furent départis les gouuernemens. Le Viconté de Gourdô eut vne partie de Qocrcy vers Ca-denac : Terrides ou Serignac eut lâautre partie vers Montauban amp;nbsp;la Gafeongne. Le Lauragais efeheutau Vicomte de Paulin. En Rouerguefut eltabli le Vicomte de Panas auec le Baron fon frere. La Comté de Fmx amp;nbsp;le pays de montagne afsignc au Vicomte de Caumont. Fut arrefté que fi l'vn d'eux auoit befoin de fecours en fon quartier, les autres generaux feroyent tenus dây aller auec toutes leurs forces, amp;nbsp;luiobeir pour euiierlaialoufie qui autrement pourtoit fe glilfer entre eux qui cltoyent en pareilles charges. Les vns amp;nbsp;les autres retirez en leurs gou- ^â,â7 üernemens, Serignac prend par compofition Villcdieu,^^^«. * Ch liteau voifin amp;nbsp;la tour dâOrgueil lieux proches de Montauban, fe campe auec deux mil harquebuziers amp;nbsp;quelque caualerie deuant Monricou,fait brefehe,donne trois affaux St vneefcallade : mais eft repoufle comme aufli de deuanc Vioule amp;nbsp;Real villc,efquelles places plufieurs des fiens furent bleflèzamp; tuez. Au retour dâvne autre aflemblee faite a Realmont pour auifer aux afaires des Rochcllois qui de-mandoyent fecours,Sc quâon ne peut bonnement leur conduire,à caufe des grandes difficultez qui ftiruindrenr, Scri-gnac palfant a PuyLiurens feeut que le capitaine Angcly e-ftoit afsiegé auec 8o. foldatsen vn village à trois lieues de là . 11 sây achemine promptement auec huit vingts hommes, chargedâvn collé St les afsicgez de lâautre , tellement queplusdedeux cens afsiegeans tuez fur la place, les antres furent mis en route. En ce temps,les Bcarnois enuoye-tentà Nifmes amp;nbsp;Montauban copie des lettres qui leur a-Uoyent efté mandées de la Cour au nom de leur Prince, pour les remettre en lâEglife Romajne» enfemble les ex-
M.D.Lxxiii. Charles neveiesme,
V^mirAl cufcs amp;nbsp;refponfcs quâils auoyent faites, auec proceftatipnJ Vtllards nbsp;nbsp;perfeuercr amp;nbsp;fe maintenir en la Religion.Au mois dâA-
aceiad't'l'A Comte de Villards,fait Amiral de France, amp;nbsp;Gene-r^l de larnace contre ceux delà Religion en Quercy 81 uec ptttt pays voilîns ramaü'afes troupes efparl'es es garnifons,allie (iicctt, gea amp;nbsp;print SainftGeniei au haut Quercy , dont le fleur du lieu,nonobftant la compofltion de yies amp;nbsp;bagues fauues à lui faite, fut mené prifonmer a Cahots amp;nbsp;illec execute à mort, à la pourfuite de plufleuts ennemis aufquels il auoit fait rude guerre.Ses gens fe fauuercnt en vue roche, où il futimpouiblelesendomniager, puis fe ioignirent au Recours qui leur vint de Montaubam Qpelques fexnaines a-pres , lâAmiral afliegea Btifcnel pente ville du hautRo-uerguc, où la Montilliere elloit qui fit braue refiftancc, 84 tua plus de cent des alTiegeans.mais en fin fottit vies amp;nbsp;bagues (à uues. En efehange lâAmiral perdit Sorexe furprinfc par efcalade. Si Montelquiou à deux lieues deThouloufe, au mois de May .Et fut la fin de luillet le Ãaron de Fouge-les fe rendit maiftre de Lodefue ville cpifeopale amp;nbsp;bien riche affize es montagnes de Languedoc, en nie (me temps que le Capitaine la Graue sâempara du Mas Saindes Fuel-fesgt;.à vnelieuè de Caftelnau Datiy. Au parauant le Duc dâAnjou auoit follicité ceux de Montauban de luyen-uoycr leurs députez, auec articles pour la paixdes priant de ne faire ade dâhollilité cependant. Câeftoit vnmoyen pourdefvnir les prouinces, Scauoir plus ailëraent les vns apres les autres. Du commcocenient,cela fembla prendre quelque trait de celle façon : mais Ion y remédia aifémentr Si le fiege de laRochelle auec lâcledion de Pologne rompit plulieurs delfeins.
L E Marefchal dâAnuille gouuerneur de Languedoc, fe £f Afarrf mit jnÃi en armes contre ceux de la Religion,alfcmbla fix d^n~ CQf ijgttes de Cauallcrie,cinq mil harquebuziers, outre les Stmmiert Compagnies du Lyonnois, amp;nbsp;les voloqtaires du pays : fai-â¢ttilftrd fane toute lâinfanterie nombre de dix mille piétons qui quot;t/nt armtt, conduifoyent quatorze pieces de batteric,auec quoy il pre-tendoit aflîegerNifmes.Mais Sommiere, petite ville pres Beziers amp;nbsp;Montpellier, furprinfe fur le Baron de loyeiife pat le Capitaine Gremian, rompit ce coup, amp;vnc autre entreprifedu Marefchal fur Vzezttclleuaent que fe voyant fruftte, deuant que sâattacher a Nifuics, il aûlegea Som-mictç
Charles nevfiesme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iis
Jniere ville amp;nbsp;chafteiu, fit brefchc raifoniiable, amp;nbsp;donna VnalTaut repoulic par les afliegez qui lui tuèrent plus de cent hommes, amp;nbsp;en blcllei ent plus grand nombre. Le fécond alfaui luifucceda encore plus mal. Sur ccarriua vers lui Ion beau fiere le Comte de Candale, acompagné de cent cheu^ux Sc de douze compagnies de Galcoiis qui donnèrent le troifieltneaffaut j ou trois cens des plus el'-e cliaufez laiflerent la vie. Les alfiegez efioyent en gran.^. de difette de toutes chofes : mais leurs voifins y en-uoyerent fix vingts foldats quiauec grand trauail y entre.^ rent, portaas tout ce qii*ils peurent pour fecouts amp;nbsp;renfort. Lâvndes fix vingts fut prins prifonnier.i la queue des au-tresjmené au Matefclial, pour dire ce quâil fçauoit. Quoy quâon le geinaft amp;nbsp;touimentaft, tant quil eu deuint gros comme vue tonne amp;nbsp;mourut à la torture,, ianiais ne fut poflîble aux bourreaux de defcouurir de la bouche de ce foldat parole aucune qui pieiudiciafi auxaf-fiegez ni à ceux de la Religion. Les alTiegcz ayans louHenu le fiege quatre mois, enduré cinq mille coups de canon , qui auoycnt renuerfé toutes les defenfes de pouldroyc leurs murailles ne demandoyent que compo-fiiion ; mais le Marefchal vouloir les emporter de vine force: pourtant il leur fait donner vn quatticfmcaf-faut general, à en b.iille la poinâeà Candale, lâayanc exhorte de venger la mort de fes capitaines amp;nbsp;foldats. Ce icune Seigneur, qui parauant auoit monftré quelque défit que les afanes palfaflènt autrement , marche telle bailfee a la brelche, faifant deuoir de braue chef St de hardi foldat tout enfemble: mais apres quelque combat, où 11 vid lenuerfer grand nombre de fes foldats , lui mefme fut tué fut la place. Les clfie-gez , ayant fait tout ce que Ion peut defirer de gens de valeur,.acceptèrent eli Auril compofition de vies 8c bagues lauues, fortans de la place (apres que le Marefchal eut enuoyc hotlages a Nifmes pour leur fcureté)tambours battansjcnfeignes defployecs,mefchcs allumées fut le fer-pcntin; fept lourt a eux accordez pour emporter tout ce quâils auoyct,8c le retirer où bô leur fcmblcroit.Le Matef-chal voyant que ceuxdeNilines lâattendoytt en bonne re-folution, Sc la perce de deux mil cinq cens hommes 0«
Charlïs N t Vt I J S Mï.
M.d.lx xiti.
meilleurs de fon armee, cafla Ic reftc de fes troupes, qui ft retirèrent deçà amp;nbsp;delà . LâAmiral faifoit la guerreen Gi' autre fuccesicaril print Tcrride, FlaugnaCjK ftins rtc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9â' ceux OC la Religion auoyent gaigne en Galco-
miral de g'i^ AU delà de li Garonne. Puis il alUegea Cauffade petite Viltrerdt. ville gardee par fix cens harqiiebuziers fous la conduite de â¢ftr â la Motte Pujols, lequel contraignit lâAmiral, apres gran-â des pertes,de quitter la plate j depuis lequel rebutil ne fit chofe digne de mémoire. Le Viconre de Gourdon enten-' ⢠dant qu'vne partie des troupes de lâAmiral sâacheminoyée
apres ce fiege vers la Rochelle, les attendit au paflage delà Dordogne,tailla en pieces vne compagnie,5: fit doubler le pas aux autres. Dâautre code le Baron de Grandinont en-uoyc' en Bearn par le Roy de Nauarre , pour y replanter la Meflè , fut prms amp;nbsp;la plufpart de fes gens taillez en pieces par ceux du pays. Cependant les Eftatsde Languedoc sâaf-fcmblerent à Anduge où ils dreffent vn ordre amp;nbsp;reigle-ment pour la guerre amp;nbsp;contre lâadminiftration de iu-ftice.
i/tatden- AurnoisdeMay.ViIleneufucenViilarais fut furprinfe w-tr«., par ceux de la Religion quieflifentlcfieurdeSainftRo-Danfhme. pour leur clief.LeMarefchaldâAnuille faitpirfornie de i.îllice faifir amp;nbsp;vendre ce quâil peut des biens de ceux de la Religion. En Dauphiné ceux de la Religion fe faillirent dâOrpicrrCjSerres amp;nbsp;autres lieux du Diocefc de Die : item de Meufe amp;nbsp;autres villettes es montagnes, Morabrun lâvn de leurs chefs fc faifant redouter à caufe de fes courfes amp;nbsp;exploits. Le Roy penfoit par le moyen de la paix accordée à ceux de la Rochelle, Mifmes amp;nbsp;Montauban fe donner repos ayant cafle lâedit de lâan i {7 o. 8: quâayant enuoyé fon frere en Pologne,â! iouyroit de là en auant de quelque profond repos. Mais il fc rrouua à recommencer: car ceux de Quercy, Languedoc amp;nbsp;leurs voilins protefterent incontinent contre ceft edit quâils nommoyent captieux, amp;nbsp;pre-ciirfeur de nouucaux raafiacres-.attendu que leurs capitaux . ennemis auteurs de tant de defordres demeuroyent les feuijj-onfeiiiiers amp;nbsp;gouuerneurs du Roy ,5lt;derEft3t:que /tatio» ac- toutes les Eglifes de France eltoyent pnuces de 1 exercice tardée de- public de la Religion à eux accordes fi folcnnellement par liant laitt- Ledit de lâan lyyo.quc tout le contenu en celle pacification jg la Rochelle,amp; ce quâon leur proinettojtdâailleurs,eftoie ' vaamai
Ch Anils NI VFIE 3 HE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;WJ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
yn amas de paroles fins efFeCt ; qu'il ne sây parloir d'aucuns nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
iuftice des maflicres, ainsdâvne abolition du palfcjCjuic- .n«â*)'* ftoitabfoudre les menaces; au refte,que toute ladilciplinc i,,.'»»*'*â Ecclefiaftiquc eiloit ofteeà ceux de la Religion , que Ion Vouloir plonger en atheifmeique ce traité auoit efté bafti a- A uecquelques particuliers hors leur charge, lâauisdefquels nepouuoitpreiudicier au general de toutes les Eghfesjauf-lt;]ucllesils auoyent promis ne faire rien ni accorder chofe quelconque fans le confentement commun,Apres cespro-tcftations, du confentement du nouueau Roy de Pologne, liafté parfon frere,amp; par lesambalfadeurs,de sâ.acheminer Vers ce pays lointain, ils sâaflcmblent à Millaud en Rouer-Ãue ,'puis à Montauban , où ils diuifcrent le Languedoc en eux gouuernemens , lâvn eftabli à . Montauban, lâautre Ã
Nifmcs pour le pays voifin dçs Scuenes amp;nbsp;Viuarais : efta-bliffins pour gouuerneur au carrier de Montauban le Vi-contc de Paulin, amp;nbsp;S.Romain à Nifmes, lefquels auoyent la charge des afairesdcla guerre, amp;nbsp;neantmoins refpon-doyentaux Eftats du pays,qui leur donnoyent auis amp;nbsp;four-'nilToycntdeniers. CesEftatsenchafcungouuerncmentc- â¢, ftoyentcompofez des plus notables des prouinces,en telle tone touKsfois quâen afaires dâimportance il y auoit des Eftats particuliers en chafeun Diocefe, qui sâaflembloyent ' pour en conférer par vn ou plufieur.s députez aux Eftats du , gouuerneæenr,par lâauis defquels le gouuerneur deuoit fe conduire amp;nbsp;receuoir deniers de leurs mains.Pour continuer } cereiglement, ils ordonnent que les foldats fe cont^nte-Toyent de leurs gages fans fourrager ni fouler le plat pays, j Et poiirce ils cotifoyent les villes amp;nbsp;villages du parti con- â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
traire, les contraignant de contribuer à lâentretenement des garnirons. Ceux qui payoyentvolontairement eftoyée foulagez comme en temps de paix,8t en plulîenrs lieux les payfans trauailloyçnt en toute feuretc.Occalîon que beaucoup de villes amp;nbsp;bourgades, autrement ennemies de U , Religion,payoyencce3contributions,craintedepis. Mais oultre cereiglement, pour fournir au gros des afaires, 8C ,â auoir vn fond de deniers preft à toute occurrence, ils fe failirent du reuenu desbencficfis.y eftabliflans commiffai-retà cefteffcéîr CequâonTéurlaiffafairetoutà loifir, les
Rois amp;nbsp;leurs Courtifans eftans lors occupez à feftins, dan-(es amp;nbsp;autres vains palfetemps pour le conuoy du Roy dç
K.D.tXXHI. ChARLSS NïVriESMI.
I Pologne. Ainfi donc ceux de Languedoc en peu de tempî - garnirent plulîeurs places defquetles ils poiiuoyent letter 1 en campagne,fous la conduite de leurs gouuerneurs, près de vingt mil hommes lafoibliflà nt leursaduerfaircs parla cueillette du reucnu des benefices amp;nbsp;côtributions quâils fai-foyent venir de toutes parts. A leur exemple, plulîeurs de J lâEglife Romaine,mal côtens dâailleurs,cômenccrent à s a-doucir enuers ceux de la Religiô,amp; à fe ioindreà eox.pour procurer quelque reposà lâEftat de France.Ceux de la Religion au goirtiernement de Nifmes alTemblez par deux fois relôlurent de demander au Roy vne paix plus ferme amp;nbsp;mieux conditionnée quâcn lâedit de la Rochelle, qui leur fembloit defedlueux 8( non recenableen trop dâarticles.lls loi enuoyent leurs députez le remercier de labonneaôe-flion quâil proteftoit auoir de remettre fon royaume en pââ'- Adiouftent que ce remede eü trcfneceftairc pour re-t« âeceux drelfer lâEflat, perdu amp;nbsp;ruiné fi Ion nây pouruoit prompte-dt Langui- met. Leur Volonté eftreaiFcdionnee à lui rendre obcifian-ceimarsquelesmaflacresmonftroyentledangerquâil ya V«,'»â¢Â« quâvn Prince foitgouuernépar les pernicieuxauis de mel-J,, chans Confeilliers.Prioyentle Roy netrouuer eftrange fi ( coxquiauoyentintercfientelfait) sâeftoyent afi'emblca \ f pour auifer meurement aux plus feurs moyens d'eftablir v-
I Re bonne amp;nbsp;ferme paix.Que par les artifices des mefclians â ConfciUiers le Rcy auoit efté induit à fe declairer de viuc I voix amp;nbsp;par lettres patentes publiées par tout, lâauteur du niaffacre de Paris, ce quâil auoit dclauoué quelques iours auparauantienquoy fa réputation eftoit fort amoindrie enuers les nations c/lrangercs. Quâils penfoyent fa volonté ne sâaccorder point à des effeéls fi fânguinairesquelona-l Hoit vcus,mais craignoyent que les mefehans Confeillicts 1 nâeuflènt toufîours vne mefme deliberation': partant nâa-uoyent peu moins faire que de pouruoirà lafeureté dâeux. £oirj rflt;- â Languedoc, amp;nbsp;fe garantir aux defpcns de leurs corn-, pagnons traitez fi iniquement. Ils rcqueroyent donc pour iâe/iaWifl'emcnt de la paix que ceux de la Religion eulfent, es villes qu'ils tenoyent,des garnifons entretenues aux def-pens du Roy. Qjiâoutre ces villes le Roy en bailiafl deux en chafeune prouince.de fon royaume, choifies par quatre députez, lefquelles feroyent aufli gardées par ceux de la (Religion aux defpcns du Roy. Que lâexercice libre amp;nbsp;pu-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;blic de
Charus NîVPissKirT nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;214
blic de !a Religio fuft permis en tout lieu du Royaume amp;nbsp;à tousceuAqui le demanderoyent. Qiiepouradniiniftrer iuftice à ceux de la Religion , nouueaux parlemens fuller.c érigez en chafcune prouinccgt;compofez de luges de la Religion. â Que pour fcntretcnemcnt de leurs niiniftrci ceux dclaRcligiô fuffctdefcliargcz desdifmesqiiedemâdoyéc j les preftres.Que les auteurs,confeilliers.amp; executeurs des ntaifarres fulfenc punis come bfigâds amp;nbsp;perturbateurs du reposptiblic.CeuxduGouuerntniëtdeMótaubanenuoye tctatfffi leurs députez,requerans outiece que delTus.Que l'Amiral amp;nbsp;tous autres de la ReligiSmiffierez le 14. iour dâAouft 157â.amp; depuis, amp;nbsp;ceux qui viuoyent encor fulTenf rtpatezauoirefté âc eftre fideles fuiets du Royamp;de fon F.ftat,iilnocés Se incoulpablesde toute confpiration amp;nbsp;re-belliôttous arrefts,edits amp;nbsp;aâes faits depuis au côtraire de- ! clairez nuis,comme donnez (ous faulTr calomnie,biffez 8C ! rayez de tous regiflrestles bicsjhôneurs amp;nbsp;Eftats reftituezji aux heritiers des malTacrezitous momimcns diffamatoiresi oftezjprocefliôs generales inif ituees en memoife de telles ' cruautez,abolies.llsdcmquot;tdoyeut au refte exercice libre de la Religiô amp;nbsp;difeipline EcclefiMfiqueen toutes (quot;es parties y côioignant la fepulture fans diftinftiô de temps Se de cç-miticrc,lâexcption de contributions aux ceremonies de Vt-glifeRomaine,receptiô de leurs enfans es colleges fous reges de la Religio,legitimation du manage des preftres fe râgeans à la Religiô. Plulieurs autres articles côccrnans la police furent par eux propofez Scieurs commis enuoyez fur la fin du mois dâAouft.aufquels fe ioignirot pres de tyô ceux deProuéee,Dauphiné 8c dt Nifmes,qui par la bouche dâvn firét de grandesremonflrances au Roy, lequel les rc-Uoyaà écrtainslîenscommiffaires aucc lefquels il côfcre-»oyent,promettant apresauoinconduit le Roy dePologne fon frère hors de France, auifer à tout ce quiferoit requis
I pour côtenterfes fuiets. Les députez ayasfaitleur rapport *fur le commencement de Nouébre,lâalfociation fut renou-Ucllee entre ceux de la Religiô es prouinccs fufnommecs, ou ils tenoyent vn trtfgrand nombre de places, 8c vu rei-glement fort exaâdreflc pour leur conferuation. e
Les ambalfadeurs de Pologne elfans entrez en France fur la fin de luillet pour emmener leur Roy , ilslâacom-pJgoerenc de la Rochelle à Paris où il fit fon entree âmtâffâ-quot;
M.D.txxiir, Charus nîthjsme.
diurt de Pa magnifiquele14.de Septembre, rien ne defaillant à fon tagte, tuf- jjcQf J que la profperité des Kochellois qui luiauoyenttue me partie deles ferujteurs.En laCouril y enauoitdebien i, ioye\ix qu d euft rcceu celte bontctd autres portoyent im-noMUMu paticmmentfon depart, nommément la Roine mené amp;fes ' Confeillicrs plus fecrets,ceux de Guife , amp;nbsp;les EccJefiifti-' â . - ques.Tous redoutoyét le R,oy,lequel commençoit à ebâ-^er de vifage amp;nbsp;de langage, fur tout apre»auoir entendu au vray la rcfolutionSc les moyens de ceux de la Religion Ci» Languedoc amp;nbsp;pays voifins. Les Ecclefiaftiquesauoyent faitrn prefent de trois cens m il efeus au Roy de Pologne , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour les agréable^ fcruices quâil leur auoitfaitsjcontre ceux
Vafh't de la Religion,8ecufl'cnt fait deux fois dauantage, sâilenft * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dompté les Rochcllois, LâEuefque de Valenceamp;Latiflac
eftans en Pologne,pour obtenir ce quâils pretendoyentac-eorderent à la Nobleflc du Royaume plulieurs articles en Jaueur de ceux de la Religion en France.Les ambaffadeurs en firent inftanccau Roy par requefte bien ample, reuenût prefque à . mefme conclu lion quccelle des députez de Lan-^guedoc. Ils intercederentaufsi pour plulieurs particuliers. On vfa de tous artifices pour dellourner les ambaffadeurs de telle pourfuitc, les occupant à feftins 8c fpeftacles de grande defpéfe. Leur nouucau Roy nâertoit giicres ioyeux de faire ce long pekrlnage,8lt; e'uft bien voulu attendre iuf-ques à lâæfté prochain : mefmes fes plus confidens elfaye-rentde faire donner aux ambaffadeursquelqueniauuaife refponfe fur leur requefte, afin ou quâils sâen retournaffeot inaïcontensjou que le temps sâcfcoulalLMais les feruiteurs , du Roy , lui firent faire de belles promeffes à ces ambaffadeurs , lefquels on remità Mets,pour y entendre combien Ion defiroit faire pour eux. Parmi ces rompemens de telle, ' le Roy ne peut ie contenir de lafeher deux ou trpis fois quelques menaces contre ceux qui lâauoyent abufé,lui fai-fantacroire quâapres la tournee du i4,dâAouff, il feroitroy »abfolu. Au contraire il voyoit fesfuiets lui reprocher tout /çuueriement les torts irreparables quâil auoit faits à foy-I mefme 8c deux: lâaccufer quâau lieu dâeltie perc de fon peuple il en auoit cfté le boucher 8c le bourreau , ou du moins en auoit fait le titre par lâinduâion des principaux aUtetys de telles confufions. Mais fes plaintes 8c menaces furent de mauuaife digeftion pour lui;5c en ce hrouillis dâa-faires
Charlis » i t ms m ï. 21$
faires ilne trouua point de fideleferuitcur qui luiaprinil
3 patienter 8c fe contenir, pour trouucr auet le temps les 'â¢Â«..â¢f./Xf moyens de faire iuftice de ceux qui auoyent commis tant y**/* * dâinmftices Si de fureurs enragees fous le voile de fon no.
Ainli donc vnc forte maladie le faille en Champagne, tel- lamataiiit lement quâil cuidamourirà Vitry où ilsâelioitacheminédu-R,}. deuant, pour faire fortir fon fiere le Roy de Pologne, lequel ne pouuoit dilTimuler le regret quâil auoit de fortir hors de France, pour aller parmi des gens qui lâempefclie-toyent bien de faire maflacrcsi Si la longueur en laquelle ontiroit lesafaircs faifoit penfer que plus de deux atten-doyent rifluc de la m aladie du Roy, les feruiteurs duquel parloyent lors fort au defauantage de la Roinc mere, 8c de cenouiicauRoy,amp;deleursintinies.donraucunssâabfen- . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
terent de la Cour.Sc sâen allèrent eflorer en Bretagne. Or lamaladie du Roy ayant prins autre trait que Ion nâatten-doit,8t ce Prince ayant pat la vigueur ardente de fa icuncf-fc tepouffé 8c fait fortir le plus fort de fon mal par la telle, le col,8c le vifage, le bruit courut quecâefloit la petite ve-roleidont les Courtifans pour la plufpart fc (ouft loyer, fins oler dire mor,mais refpondroyent des efpaules.Apres sâe-ftre reptins 8c fortifié, il ne cefla de pre fier le dedogement defon frere,lequel fortit enuironla fin dâOftobre ,*laiHant toute charge .à fa mere, qui lui portoiteuidemmcntpltis dâaifeâion quâaux deux autresileRoy lui eflant redoutable à caufedefesboutees8c menaces, 8c le Duc dâAlençon n'aimant point la maifonde Guife.
Incontinentapres le par temen t du Roy de Pologne fe EJiät dt drelTerent nouuclles pratiques, dont nous auons à parler â'f'** hricfiiement. Pource que ceux de Languedoc le renfor-J^^^â7'* Ãoyentdciourà autre,afin deles apaifer 8c arrefter onafli-gne les Elfats generaux à Compiegne , 8c trefues fe font pour deux mois auec lefdits de Lâguedoc,aufquel$ eft permis de sâalfembler pour auifer à ce quâils trouueroyent ne- IJ [1 tcffiitederemonlfrer pour le bien du royaume. Cepen-^V^** *' dant vnc entreprife tft drelfee pour sâemparer dcIaRo- â clielle, 8c gens courent par toutes les proiiinces pour def-couutir amis Si ennemis,conuoqucr les Ellats particuliers, faire drefler les cahiers,8c mettre les afaires en train,auec It plus de bruit quâil feroit pofsible. Dâautre cofté laRoine mere feint dire en grand efmoy touchant la lieutenance
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;F Fâ }â¢
^.D.Lxxin, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Charles hivjium«.
du Royaume,Sc cftant à Soiflbns prie Ie Roy de nâaccordcr cefte charge au Duc dâAlençon fon frere, alléguant que ce â¢â¢ '⢠' nbsp;nbsp;â jeunePrinc,-,quinâauoicaprouuéles malTacrcs,enuironné
de malcontens, pourroit faire quelque remuement fif-cheux, sâil fe voyoicles forces du royaume en fa puiffaiicc. Surcc nonuelles vienenc que les députez de diucrfespro-uiaees ôâarhtroinoyenc de plufieurs endroits pour fe trouver aux Eftats,auec memoires amp;nbsp;commiflions pour parler bien haut, nomuiément contre les auteurs amp;nbsp;confeilliers des maflacres. A cette caufe.les Eftats afllgnez à Compiegne furent rcuoquez :3c neâtmoins plufieurs députez venus lufqiies à Paris demâderen 18c obtindcent audiance, en laquelle apres villes plaintes amp;nbsp;remonftrances des coiifu-fions publiques du royaume,5: particuliers es prouinces,ils .1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fupplicrent le Roy quâenconfidetationdesmauxfuppor-
tcz par fcs fuiecs depuis tant dâannces, par la mauuaifead-anjnittration defesprincipaux cófeillierSiil luipleutt donner quelque relafche à fcs fuiets, 3c cependant convoquer les Eflats generaux de fon royaume,pour pouruoirà tous ces defordres.-autremét quelque fouleuemcteftoit à craindre. La Koine mere amp;nbsp;fes agens rudement efcarmouclicz parteiles pIaintcs,dontIeRoy fembloit eftrecfmeu.tafcliéc dâamollir par belles paroles ces députez ; puis changèrent de vifage,v(ansdemenaces,tellement que les députez sâen retournèrent fans rien obtenir, finon que le Roy leur don-qeroirbien cotteontentpment, fur laquelleefperanceils cftoyent exhortez de'mainccnir les prouinces en paix,permettant fur tout à ceux de Languedoc, que Ion redoutoit, defiirenouuclle alfemblec pour drefler amplesarticlesice quâlis firent puis apres en lâaflemblee tenucà Milliauden Rouerguc, où ils nâobmirent rien de ce qui eftoit requis MfÃingt de pour la conicruatipn dâeux amp;nbsp;de leurs aiTociez. Le nial,par fucces feu qyj lors donna commencement à la ruine de ceux delà Religion fut que plufieurs Catholiques Romains, quisâap-⢠s Ipelloyent Politicques 3c malcontens, fe rangèrent pres ⢠dâeux,y trouuerenc credit,8c fe firent compagnons : en lieu que fi ceux de laReligiô fulfent demeurez à par cux,leRoy cutefté contraint les lailfercn paix, amp;nbsp;leurs afaii es euflent fuccedé heutcufernent, ce quâelles ne firent pas, obftantce meflingeiduquel nous dirons quelque mot,puis que lâordre des années nous y contraint. Quelques Politiçques cour? tifan?
Charles nithjsmi. iiö
Hfmseftimerent que pour ramener les afaires à meilleur pninft il faloit vn grand chef.Le Duc d Alençon leur fem-blj propi e. Ils lui propofent le peu 3âellat qüâon faifoir de lui,fespecis moyens,lesrccerches deles fcruiteiirsJesdef-fiancfs que Ion auoit de fa fidélité, le refus de lui commet» trehlieurenance genciale,lamaladie du Roy, amp;nbsp;le moyen qui fr prefencoit a lui de reltaurcr le Royaume; le confeil-lét de i'e retirer de la Cour, pour mettre a bücfciér la main , aux afiires.Pendant que cela fc remue, dont la Roine mere IÃp ouït incontinent les nouuelles,amp; Iceut bien sâen feruirjcé-me nous verrons,les pratiques pour furprendre la Rochel-le.où PuigâillardjLandereaujle Baron de la Garde 8c autres âenoyent la iTiainsâefchaufoyent,mais en telle forte que les Rochcllois defcouurirent peu à peu lepiegc,dans lequel ils chcllt. âtiraperent quelques chefs de lâintelligence, lefquels ih firent exécuter à mort fur la fin delâannee.Toft apres le Roy leurefcriuit lettres,difant élireioyeux de celle executiô,amp; Its exhortant a lé bien garder.Cc fut vue occafiü,apres plu-lieutsdifputes, de les faire entrer en aflociition auec ceux â¢i' Lâguedoc Si autres pour fc remettre fur la defenfiue,at tcndâtquequelqucCbeffemanifcilaftjCommeonleuren tlonnoitcfpcrance. Ce qui les retarda fut quâils voyoyenc â* ⢠plulieurs boni mes dequalité, ennemis de la Religion ,fe â «ter en campagnc,pour demander reformation delâElbr. Cel.1 fit prefumer à plulicurs gens de bien, quâil y auoit de lâiriifice:amp; que la Roine mere fie fes coiifeilliers faifoyene iûucr celle iragcdic,pour entretenir la noife durant la maladie du Roy,afin de faire le hola quand il leur plairoit.Sc à Vn befoin ruiner les vns par les autres,
^mTdTTx xTT n,
CE V X de la Religion ayans entendu le fait des Ro-chellois , amp;nbsp;les pratiques quâon drelfoit pour le.- fur-pttndre en L,anguedoc, le tout durant les trefucs, les leuees de gens, pour leur courir fus a lâimprouillc , de- Frana. libtrerent (les rtefues expirees ) pouruoir à leurs afa -res: Si premièrement publièrent vnc ample declaration des caiifes qut les mouuoyent a fe remettre fur leur defenfiiic, où ils monflrcnt in finis torts qui leur auoyeqc Mie faits depuis fix mois, fans tfperace de iufticc, ains auec
1' F. ij.
u.D.ixxnn« Charles hieiiejr«.
inanifefteaparencede totale ruine .sâils ne sây oppofoyent: dauantage'ils mirent en lumière des auis 8e humbles re-monftranccs aux Princes, à h ftloblelfe, aux Parleæeas K au tiers Eftatjafin de refueiller les vns amp;nbsp;le s autres. LeDuC d'Alençon qui auoit efte' follicité de penfer à (oy fut con-feillé par fes plus confidens de pourclialfer la lieutenance, amp;nbsp;fe tenir coy sâil lâobtenoit: ou fi on vouloir lâemployet contre ceux de Languedoc , de penfer aux moyens de re-'⢠â⢠' 't mcttre'les afaires du royaume en quelque meilleur cÃat.Sa mere tenoit que les matefchaiix de Montmorency amp;nbsp;de Colfé pouflbyent cefte roué' à la foiljçitation du Roy de Nauarre amp;nbsp;du Prince de Condé : pourtant refolut elle en fon cou feil de sâen alTeiirerjSc fe desfaire de ceux qui feran-geroyent à autre parti quâau fieu. Câeftoit lâenirec à mer-» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ueilleux remucnicns,où ceux de Guile preftoyent les deux
mains. Auint donc, la Cour eftautà S.Germainen Laye^ Xque le Duc d'Alençon fit inflance 8c requefte auRoy de lui accorder lâeftat de lieutenanc general, reprefentaiit fs perfonne par tout fon royaume. Donc le Marefchal de ( nbsp;nbsp;1'1/ Montmorency eftant entré en propos auecleRoy 8tl*
* *â V4»r Roine mere, leur remonftra que fi Ion nâaeçordoit au Duç perte requefte, ce feroit lui faire tort, dautant quâon badle-roit occafion à chafeun dâeftimer mal de fa fu^fance, attendu mcfme que tel eftat auoit efté baillé au Duc dâAnjou, fans quâil lâeuft demandé.II alléguait dâautrestaifons que le meritedâvn tel afaire lui pouuoit fuggerer, pour le fçpQç duroyaume. On feignit dâappointer cefterequefte, KHt«»4nc« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;patentes en forme deue, on fit drefier queU
acctrdii Ãr qucs lettres de cachet adrellantesaux gouuerneurs, outre Bte auDuc quelque declaration dc bouche que le Roy fit en prefence de certains gentilshommes députez des prouinces.LeDuc dâAlençon peu fatisfait de tellet prouifions câtinua fa pour-fuite , ce qui fit penfer à fes adurrfaires quâil auoit fenti le vent dc la refolution prinfeparfi mere défaire tomber ce-fte lieutenance es mains du Duc de Lorraine, lequel peu de temps apres vint en Cour, où il auoit efté appelle par mel-fages bien exprçs.On pafliplus auanncar en mefme temps fur vn bruit ferne que le Duc dâAlençon auoit gens each« pres de foy pour executer quelque mauuais dcfl'ein.Ia Roine fa mere alla en pierfonne fouiller la chambre 8c gardero-f»e dâacelm, Sc tort apres,imprimant en lâefptit du Roy icne fjay â
C li A R L à S H E V F t E ï M E, li/ f^iy quelle crainte amp;nbsp;desfiances, lui confeilla d'aprocher plusptesde Paris,afin dâcitre logé plus feureinent,al'çauoic au bois de Vincennes, forte amp;nbsp;plaifaiite place. Atiaiit que defloger furuint vn autre fair. Le Duc de Guifc prenant querelle en la balle Cour du chafteau de ^.Germain,contre vn nommé Ventabran autresfois feruiteut defaniailon, fflitlamainà lâefpec. Ventabran sâenfuit St gaignc les de-grcz, montant droit à la chambre du Alarelchaide Monc-n)otency,laquellctrouuantfermee il monte plus haut vers h chambre de la vefue du ConneliablcjSc ttouuant le fieuc dcThoré frété du Marefchal sâarrelle, où il reçoit quelques coups^mais fans elfre otfcnfé,le Duc difant que Ven-hhran auuit délibéré le tuerimais quâil rouloit le chalfier. Celle farce ainli louce, le Marefchal,fcigneur prudent, ef-faya dâen tirer quelque clairté. Si fit emprifonner Venta-lgt;'an,que Ion ellargit deux lours aptes. Qui fut occalion au Marefchal de fc retirer de la Cour par congé que le Roy lui ®âroya. Telles menees fe pratiquoyent au mois de Fe-urier,fur la fin duquel rapport vient en Cour quâà vne iour-lgt;e delà elloyent logez du collé de Normandie deux ou Mrsii^aud bois cens cheuâux, quâon difoit sâellrc alfeinblez au lïian- lespluficun éement du Duc dâAlençon pour fauorifer fa retraite hors âgt;« delà Cour.Dâauttes malalFedionncz contre lui, publient du pre-Sueceltoycnt gens aüemblcxenaræespour venir tuer le i^nobUf de Hoy.fa mere amp;nbsp;Ion confeil. Le premier auls auoit fonde-Wormani, blent, toutesfois pour rendre le deuxiefme (du tout faux) A tmuu t de rtceuable,tous,hors mis le Roy perluade de demeurer auet
fon train jdellogcnt à grand halle de S.Germain, où ils e- cS-fioyent encor attendans que leslogis au bois de Vincen-nes fulient drelTez, amp;nbsp;sâacheminent vers Paris depuis les gemmerj: nti'fheuresdufoiriufques à minuiél, atiec vn tumulte amp;nbsp;defotdre eltrange. le ramenteuray ici que le Duc dâAlençon elloit aucunement refolu de fortir St dâerameuer le Koy de Nauarre: amp;nbsp;que celte croupe eompofee de gentilshommes leurs fetuiteurs, venoit pour lâacompagner esi,^. « -, lieux affignez : mais imaginant beaucoup de diificultez ei* '-lt; ' â . rexecution,print auis de la Molc,gçntilhomraePtouei)çal,' quilegouuernoit, lequel luiconfeitla dâauertirpromptement le Roy fon here 8c la mere,comme tout alloic. Ce fut pourquoy le Roy ne bougeatneantmoins la mcre,qui auoiî plus haut delfeinfic ce chemin de nuid, amp;nbsp;sâen alla loger
FF. üj,
Charles n lt;nbsp;t f n s m e.
M.D.LJCXIlM.
ch-/. !e M ircfchil de Kets, au fauxbourg de S. Honoré f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Li! Pariftens creurcni tout cc qu'on voulut deccscbe-
u.iuïjdetienus en peu dâheures vne puili'antearmee,cedi-fok on. Lc Roy vient lelendemaintrouuer famerc, St W4«.ur»â' au bout de hult iours sâen vont au bois dc Vincenncs.a-tenu diners confeils pour auifer aux moyens dâattra-} nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ per Ie Marefchal dâAnuillequi leur tailloit de la befon-
gne en Languedoc. Cependant le Une dâAtençonamp;le Roy de N.tuarre publient le i4.lourde Mars vne declaration touchant le fut de S. Germain: protelienc de leur bonne volonté St affeftion entiers la niaiefte' du Roy, St quâils font refoliis desâoppoler de tout leurpouuoir aceux qui lui feroyent rebelles. Cela feruitpourfaircreueniren Cour le M iiefchil, de Môtmorency,lequel y ellant fut ar-rcrté.commeauffi fut le Marefchal de Cofle Sttousdeux ignoininieufeinent menez prifonniers a laBaftille. bon emprifoniiedâautre cofte a Parish Mole,Coconnas,Tour-tay feruitcurs du Duc dâAlençon, qui furent au bout de quelque.s fepinatnes execute?, à mot'', ayans feulement confclfédâauoir participé à quelque deliberation de leur maifttede quitter la Cour. Plulîeurs Seigneurs amp;nbsp;gen-tilshomm senuelopez en ce proces, fe fauuerent comme ils peurenr. Le Duc dâAlençon amp;nbsp;le Roy de Nauaire furent tenus de court, amp;nbsp;intevroguer. par deux fois fur ce fait.
Sllat ite remuemens de l i Cour nâeinpefcherent pas ceux Dauphiné, dclaReligion amp;nbsp;leurs alfociez de penfer à eux. En Dau-ir dt Lan- phiné Moinbrun sâempara de LoriohLiuron, Alet, Graue Si Roinac , desfait cinq compagnies dâuifanterie kuces lt;r« Paiîliiu. CQijtfe lui. Ceux de Aâilleneufueen Viuarais auoycnt peu au parauant taillé en pieces quelques troupes armées contre 1,1 Religion , fans perdre vn feul homme, St prini Aubenas , ville dâimportance, apres auoir coupélagor-. â z'ge à toute la garnifon compofee de mallà crcurs Lyou' (VuaVnois pour la plufpart. Le gonuernement de Languedoc a tvi n té de Dauphiné, ayant efte commis au Prince dâAu-****âÆ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;phin, St enioint au fleur dâAcier de (é ioindre à lui, le
Marefchal dâAnnille defcouurit par lettres interceptes ce quâon lui machinoii : au moyen dequoy il commence à sâaprocherdeceux de la Religion, communique auec S. Roiuain gouucrneur de Niûnes, fefaiflt de Montpellier,
Beau-
GhA MES NEVFIES M r. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2X8
Ãbaucaire, Lunel amp;nbsp;Pezenas. En Poiäou les Politiques ,,â4 joints auec la Noue , sâemparent de S. Maix.iutj Melle, Fontenay, Lufignen amp;nbsp;autres places. En Normandie, au nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
commencement de Mars le Comte de Montgommeryj a-. .. Compagné de Lorges S^ Galardon lés enfans, partit deâ lâifle de Gerzé, amp;nbsp;vint defeendreaux Rades, où Colom - die. notitm-â bictesamp;de Sey fuiuis de cinquante gentilshommes vin menf/iKCï-drentle receuoir, dâoù il alla vers Sainû Lo j puis af- quot;nbsp;fiegea amp;nbsp;print en dedans trois jours par corr.polition Ville de Carentan. Vrl mois apres vne puill'ante armee mer^ de~ ennemie , de laquelle Matignon amp;nbsp;Feruaques edoyent puii exteutf elicfsjlui combe lur les bras, amp;nbsp;lâencloft dans vnepeci-teville foible amp;nbsp;mal munie nommee Danfronc, acom-fagné de (bixante cheuaux amp;nbsp;de quatre vingts harque-buziers fous la conduite du capitaine la Touche le ieunes Serefoluant à vne valeureufedefenfes des le momencdii liege, il fait fortir vingt cinqcheuaux amp;. quelques har-quebuziers , qui firent vne rude charge, tuèrent lept gentilshommesafliegeans, amp;nbsp;neuf cheuaux: puis fe retirent ayans perdu le (leur dePriaizetué, amp;nbsp;laifledeux prilonniers. Cela fut ronzieCme iour de May. Le lendemain lesalTicgezi taillèrent en pieces vn corps de garde. Mais incontinent apres , quelques vnsperdans courage , ou follicitçz par belles paroles, quittèrent le Comte, amp;nbsp;fc rendirent aux «ffiegeans , qui pour recom-pcofe les delùaliiercnt amp;nbsp;rançonnèrent. La Koine mete auercie que le Comte (a qui elle vouloir mal de mort) eftoitdans les filez, faifoit marcher iour St nuiét gens pour renforcer Matignon , amp;nbsp;fut commandé à lâar~ tnee qui eftoit deuant Samft Lo de sâacheminer en diligence vers Danfronc,où , des le commencement du fiege, fe trouuerent fix mille harquebuziers , amp;nbsp;quinte cens cheuaux. Le vingttroifiefme iour de May, tandis que le Roy eftoit griefuement malade , le chafteail fut batu de fix pieces qui en cinq heures tiferent plus de cinq cens coups , amp;nbsp;firent vne brefehe de quarante cinq pas. Le Comte fut lors abandoOné de la plufp.irt de lès gens , qui en lieu de fe retirer dans le chafteau auec lui, s'enfuirent de la ville au camp j où ils rc-ceurent 1» traitement quâils meritoyent, comme leurs «utres compagnons^ Sur les deux heures apres midi^
F F. iiip gt;
I
M.D.IXXIJII? ChaMîS KtïFIESME.
I , lesalfiegeaiis vindrentfurieufement à U brefcliCj où iis trouucreiic le Comte au coilc droit auec les heurs duBrof-fayjdc Chauuinijdc Cornières,de Terc,la Touche le leune, la Mabiliere, du Cros,Oulfe,8c autres iufques au iióbredc xo. Au cofté gauche eftoyét les (îeurs de Sey,des Hayes,de Vaudoré,la SauffayejVillcncufue amp;nbsp;autres, en pareil nombre de vingr.Tous enfemble fe profternent a genoux, pour ouïr la priere quâvn des trois minillres, qui sây trouucrent lors, fit en prefence des alTaillans, lefquels icelle acheuee vindtent aux mains en l'ordre qui sâenfuit. De dix compagnies de genfdarmes,qui eftoyent en ce fiege,Matignon S les autres chefs choifirent cent gentilshommes, aiçauoif dix de f hifque compagnie,bien coiiüerts, fuiuisde fix cens harquebuziers motionnez amp;nbsp;de cencpicquiers auec les corfelets. Ces huit cens hommes, auec enuiron deux cent autres volontaires meflez parmi eftoyent conduits par les fleurs de Feruaques, Villermois, Sainfte Colombe,Riber-prey,Lauerdin Si autres. Le combat dur.i cinq heures, amp;nbsp;le canon ne ceflbit de donner, dont lös aftîegez, teceurent dommage,à caufedesefclats des pierres, dont le Comte fut blefle,mais legerement, en deux endroits'du vifage: il receutaufli vneharquebuzadeau bras droit, pres lâefpau-le : mais ce ne fut que meurtrifleure à caufe de la bonté de fon braffal.Aprcs auoir opiniaftremenc combatu de cofté 8t dâautre les affaillans furent contrains fe retirer ayans perdu Doilly,S.Colombe, amp;nbsp;p'uiîeurs autres C3pit3ines,gcn-tilshommes Si foldats tuez fur la brefchr,iu(ques au nombre defoixante, St emmené enuiron cent blelfez 8c mutilez. De la part du Comte furent tuez du Broir3y,deTere, du Mefnil miniftre,Vâdore,la Sauflayejla Nohe,8c fix foldats r 8c de bleflczdouze,arçauoirle Comte,Villeneufue,la Riuiere, Oulfc, du Cros miniftre, Maimbette 8c Courton capitaines,8ccinqfoldats. Deux ioursapres feptou huit des afl'iegez fortirent 3c sâen allèrent rendre au camp. Le 20. du mois, le fieur de Vaftey parla trois fois au Comte, lâinduifant à entrer en compofition,comme Ion auoit fait le iour precedent. 11 nây auoit voulu entendre,conoiflant la mauuaife volonté de fes ennemis, 8c tenant à honneur d* mourir fur la brefehe auec les armes en main.Mais comme il vid que fes gens feperdoyent ainfl, le laiflant prefques feul auec les, bleffcz amp;nbsp;quelque peu dâautres, quibranf-........ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ioyçüt:
Charlis nitMisui, ii9
kycnt : ioint que les munitions de guerre amp;nbsp;lâeau leur de- i «» failloyent; il fut contraint dâentendre à compoficion , plus pourlauuerceuxqu.iluireftoyent, que pour efgardquâii J'*'**â* cuttafoy.Neantmoinsfailanc de neccffité vertu il tint ferme,amp;obtintqueluiamp; tous ceux quiluialûHoyentallie-gtzauec lui fortiroycnt vies fauues, aucc quelques acou-Itremensjfans autres armes que lâefpeeSc la dague. Tou-tesfois que lui demeureroit entre les mains de Matignon 8c Valfey quelque temps,mais auec bon traitement amp;nbsp;feureté de fa vie. Ils promirent amp;nbsp;iurerent de faire garder inuiola-Mcment celte compoCtion, amp;. Vafl'ey qui eltoit parent du Comte lui en fit particulièrement encor de grandes prote-Hâtions.Quelques heures apresjCnuiron minuict, ces deux ehefs allèrent quérir le Corote.lequel fortitacompagné de Chauuini. Et fur les fept heures du iour,Matignonretoui-napour faire fortir les autres. Aucc lui entrent les foldat:
logezen la ville, amp;nbsp;ceux du Camp pat la brefcheamp;par les ..... faufles brayes.La compoûtion fut quâils tuerent en prefen-
« de Matignon vne partie des afiiegez, dcfualizerent les nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
autres, amp;nbsp;leur firent de grands outrages, puis les contrai-gnircnt de trouuer amp;nbsp;payer rançon.Trois ou quatre en ef-â¢^haperent laufs, eftans tombez es mains dâvn feigneur qui auoit fou honneur amp;nbsp;le droit de la guerre en tecommâda-tion.lls firent mourir vn minilire nomme la Bute, amp;nbsp;pendirent le Capitaine la Touche le ieune. Le Comte fut toit apres contre lafoy proraifemenéprifonnierà Paris, amp;nbsp;finalement execute à mort, comme nous le remarquerons plus amplement en fon ordre.
Le Duc de Montpenfier, fort affeftionné à lâEglife Ro- fâ maint, fuiuidâvne armee fe mit en campagne au mois dâA- Po,ai«,£»»-nril, pour faire la guerre en Poiftou à ceux de la Religion, trt ct»x dt furlefquels le fieur de Biron auoit fait entreprife de leur enieuetTonnay Charancc,dontilnepcut venir à bout. Au mois de'May le Duc alTicgca le chafteau deTalmont qui ferenditmiais ce pendant,fa compagnie fut furprinfe en vn village pres Sainfte Hctmine,plufieursdâicelle tuez,douze ou quinze gentilshommes prins amp;nbsp;emmenez auec foixante
. cheuaux , aucc force bagage amp;nbsp;vn buffet dâargent du Duc, parle Capitaine S. Elliene lequel eftoiten garnifondanv Fontenay, que le Duc afsiegea incontinent, y fit donner
M.b.txxilrr. Charlss nivfiesmî;
⢠deux alTauts, où il ne fit rien que perdre des plus affeurez defes troupes. Là dcfliis ayant rcceunouuclles de la maladie mortelle du Roy il lé retira attendant nouuelles forces T^etraite^u Sc commillîons. En ce temps, le Prince do Condé ren-fnnet dt ré en Picardie, arrière des bourafques de )j Cour , rc-Candé m cent diuers auis des delfcins que Ion faifoit pourfefat-pcrfonnCi Or nonobftant les trabes qui luie-
COll (V
ftoyent dreflees, il gaignafAlemagnc,- fuiui de Tijoré à qui Ion en vouloic, 3 caufe des marcfchaux de Montmorency amp;nbsp;dâAnuilk lesfreresj amp;nbsp;des confcils donnez au Duc dâAlençon. On parla diuerfement de cede retraite : les vns elhmans quâon auoit laiifé efchappcr le Prince, pour entretenir lâeau trouble, amp;nbsp;faire dâautres me-neesdcs autres tenans cela pour vne grande deliurance au foulagement de ceux delà Religion. Le temps a fait voir cequâil en faut ellimcr. Qpoy que sâen foit, le Prince ar-riué à Strasbourg apres auoir reconu en lâEglife Françei-fe, qui yeitoitlors recueillie^ la faute qu'il auoitconi-mife apres les maffacres j fe retinnt de la Religion amp;fai-fant Hommage au Papc^il refolut de sâemployer pour maintenir l'elîat de France, comme feu fon pere auoit fait : Si trouuant en icelle ville le député de Languedoc qui y pra-tiquoit vne leueede Reiftres, cfcriuit aux Eglifes, exhor-raneceux de la Religion a prendre courage, St a faireeftae de fa bonne volonté pour leur foulagement. Parmelinea-drelTc, Thoré éfcriuit au marefchal dâAiiutlIe Idnfrerei Jâexhortant dâouurir les yeux amp;nbsp;empoigner lâoccafton qui fe prefentoit. Ce marefchal eftoit lors en grandes difpuie.s en foÿ mcfmc, amp;nbsp;elTayôit desâalîeurer de tous codez,redoutant dâvnepart le Roy amp;nbsp;fa mere,de lâautre les moyen» que ceux de la Religion auoyent de le renuerlêr, sâil cull fait trop du mauuais. Pourtant refolut il de tourner lâÅil tantoft versJa.Cour, tantofià iâoppoliie , 81 (comme on dit) cipier le cours du marché: efcriuant dâvn collé aux principaux chefs de ceux de la Religióide lâautreenuoyanc Je ficur de Rieux vers le Roy au bois de 'Viiiccnnes, auec inllruélions bien amples du ig.iour de May,pour proceHec de fon affeéiiô remonllier (es kruices paifer, prier dâellrc defehargé de fon eflat apres auoir rendu coûte de fon ad-minillration.puis lé retirer là où Je Roy lui ordoneroir. Le tncfmciouril efcriuit lettres au parJeinentdc Thouloufc, pour
Charlis nevfiisme. ijo poursâexcufer de cc quâon lâaccufoit de vouloir fe rebel-Jtrcontrele Roy.ic furprendre Narbonne.Ceftcprocedure retint la Rome mere £t fes confeilliers qui virent bien quedâAnuilleleurtaillcroit bien delabefongne, sâilsre-tnuoyent autre chofe quâà point, amp;nbsp;touchoy ent a la vie de Montmorency fon frere, lequel cependant ils faifoyenc girder, afin de tenir dâAnuille en bride, amp;nbsp;donner ph aux afairesjcomme nous le verrons.
La maladie dót le Roy fut atteint peu auant le depart de fon frété pour aller en Pologne eut quelque relafche Jâhi- â Ucr.Mais ce qui ertoit caché ferefueilla fur le printëps,telle ' met que ce Prince apres auoir traité tout le lôg des mois de Feurier,Mars amp;nbsp;Auril, fit confulter fes medecins,quile fai-gnerent 8c purgerent.Câeftoyent cures palliatiues amp;nbsp;remèdes inutiles : car on le voyoit fondre à lâÅil en la fleur de fonaage, au grand eftonnement des plus ignorans. Les moins groflrers iugeoyent quâil auoit mangé ou beu quelque chofe qui ne fe digeroit point.Certains fupetftiticux y imaginoyct de lâenchâtement:amp; pource que la Mole auoic cftcfaifi dâvne petite image de cire (quâil maintenoit élira Je pourtrait dâvne damoifelle) picquee en deux endroits par vn forcier,faifoycocourir des bruits fourds que câeftoie Vn charme drefl'é contre la vie du Roy,côbien que la Mole euft foufienu le contraire iufquesaudernierloufpirenfcs interrogats, 8c affermé que ce nâeftoit que pour fe maintenir en lâainoor de celle damoilclle, quâil pretendoit auoir à femme.Le Roy faifoittouseffortsà luipoflibles.pourfur-Jnonter fon mal,8c,comme fon aage portoic,de fois à autre elfayoit monftrer fon coiiragetmaisen vain.De puis ledef-logcment du Roy de Pologne,on le vid encore plus changé dâefprit que de corps. Sâil euft vefeu vn peu dauantage, infailliblement les confeilliers desmalTacresculfcntrcccui leur falaire de fa part,tant il elloit enuenimé en fon cÅur à lâcncôtre dâeux,îSc falut quâil sâen defehargeaft par paroles à quelques vns de f.i Cour, lefquels il conoilfoit eftre ennemis de telle iniuftice: mefmesilen eferiuit lettres hors du royaume. Somme, il auoitrefolu de faire vn terrible mef-nage , iulques a ce que fe Tentant lui mcfme prins par le collet, Je quâil nâauoit point les moyens en main pour rien exécuter, eftant enuironné de gcTis qui le tenoyenc pieds 8c poings liez, 8t fes feruitcurs tuez , ou dilgra-ciez , ou ellongncz fans pouuoir aprocher^de lui, eU)
M.D.ixxini. Charles nevéiesme.
ilpcnfadesâacommod^rautemps, qui pourroitfaire Cü* uerture à fes hauts defleins,nâelbmant nullement, infque» iccquâiliuft du tout bas, que lamottfull fi pres de la ie~ S'il ititrit iâU'^lafinde Marsilcfcriuitauxgouuerneursdcspro-ùtix gauutr uinccs, difant puis que le mefcontenfcment de fes fuiets St tuurt dti Ja caufe commune delà Religion produifoyent tant de re-praunun, mucmens en fon royaunie,il les prióit de fe comporter pai-Ãblenienc auec ceux dc la Religion,declairant quâil ne vod loic aucun tort leur eftre fait,ni düTemblable traitement en toutes leurs afaires quâà fes autres fuiets Catholiques,vouloir que lefdits de la Religion fujTent prins en la fauuegar-de de leurs voifins Catholiques,pour les affeurer amp;nbsp;garantir de la violence quâon voudroit leur faire, de laquelle où ellefcroitentreprife il commandoic à fes officiers faire la plus prompte amp;nbsp;exemplaire iuflice quâil feroit poffible, les adiurant dây tenir la raainj amp;nbsp;appellant Dieu à tefinoin quâil nâauoit autre volonté que de voir tous fes fuiets en repos. II prioit aulTi les mefmes gouuerneurs de pouruoir que leurs compagnies ne fuffent aucunement en cliarge à fes fuiets,ains payaJfent fuyuant lâordonnance; Par la mel-tnclettre il declairoitencor quâayaftt efté maladedâvne fleure quarte,il en eftoit guéri,tellement que les bruits femezi gt;nbsp;de fa maladie mortelle eftoyent vains. Le quatriefmeiour dc May, ilauertitles mefmes gouuerneurs de lâeraprifon-nement des deux marefchiux,quieftoyent aceufez. de co-fpiration contre fa perfonne amp;nbsp;fon eftat, enioignant de courir fusa ceux qui s'eftoyent efleuezen armes pour les tailleren pieces. Maisie pauure Prince nâeftoit refpcfté lors d'amis ni dâennemis^De tour à autre pacquets lui arri-uoyentdc nouueauxremuemens, qui ne lui propofoyent quâincômoditez, aufquelles vne ferme paix amp;nbsp;fidele manutention dc ceux de la Rehaiô en lâexercice dâicelle amp;nbsp;en ci quâils auoyent requis pour la confetuation de leurs perfon-nes,biens,dignite2,droits amp;nbsp;priuileges , eftoit lâvnique re-incde,quefamere amp;nbsp;fes confeilliers auoyent en horreur. Il voyoitlcsapreftsdcnouueaux troubles en la captiuitéde fonfrereSc beaufrere St des deuxmarefthaux, item en lâe-' xildu Prince de Condé amp;nbsp;deplufieurs grands Seigneur,: fes fuiets armez les vns contre les autres : brief le feu de la diuiflon allumé plus que Jamais. Pourtant accablé du mal r gui lerongeoicau dedans, 8c de tant dâhoçribles tempeftes dans
Charles neveiesme.
(Jaris Ie ccrueau, il fuccomba fous le faix j tombant toutà gt;â¢â¢Â»*(â plat au lift.Par lâefpace 3e quelques iours ils sâagitoit amp;nbsp;rc. j,, muoitpar vn dernier effort de nature , nepouuantfcren-dre que par extreme contrainte. Le vingtneuliefme iour de^jr,,«^« '»« May, on efcriuit lettres en fonnomauxgouuerncursdes/jȕMri(rgt;r prouinces,aufqucls il mandoit que durant fa maladie, amp;nbsp;cas auenât quâil mouruft,attendât la venue duRoy de Pologne fon frcreSc fuccefleutilseuflentà obeirà la Roinc fa mere nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
en tout ce quâelle leurconimanderoit, declairantque fes 1»â !â¢*'? nbsp;nbsp;*'
frétés le Duc dâAlençon amp;nbsp;le Roy deNauarre lui auoyent â¢â¢â¢â¢ protnis de faire le mefmcdcuoir 3 lâendroit dâicellc mere.
Pendant les deux dernieres femames de fa maladie il perdit beaucoup de fon fang qui lui fortoit par diuers conduits defon Corps, SimefmEsvnefois feveautradedans, eftant tombé par foibleffetSc de fois à autre auoit en la bouche les noms de quelques Seigneurs, aufquels 11 en vouloit parti-culietement, Si qui sâeftoyent tenus lut Içurs gardes luf- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
ques alors.
Le trentiefmp de May,qui fut Je iour de fa mort,la Roi- imt ihfa ne mere voyant que les fimplcs lettres du iour precedent,ââââ'/, int rouchant la charge à elle commife, ne fuffifoyent pas pour fortifier fon authorité durant lâabfencc du Roy de Polo-gne,quâelle craignoit ne pouuoit voir fi toll en France,sâa- Ttgtncr. üife pour fon ferme eftabliflement defcfairedeclairerrc-,,,^/eC* gcnteenl'abfenceduRoyfutur, amp;nbsp;de sâen faire expedier lettres patentes par le chancelier Birague, qui auec les^ féaux eftoit à fon commandement. Cela eftoit renuerfer les loix fondamentales amp;nbsp;lâordre du royaume, alxdir le droit des premiers princes du fang, anéantir lâauthorité des Eftatsgeneraux,maillrifer les p3rlemens,amp; dominer fur la France dâvne façon eftrange. Neantmoins pour cftreindre tant plus les nijiins aux deux premiers princes amp;nbsp;aux deux marefehaux quâelle tenoit prifonniers,baftonner fes enne-iriis, exterminer le Comte de Montgommery retenu priâ fonnier contre la foy promife,ferner nouuelles diuifions en lâEftat, amp;nbsp;fe maintenir ainfi dedans la confulion, fans pre-uoir les grands delôrdres dont elle feroircaufe en donnant pied par tel moyen à vn partiquifeftoufferoit à la fin, c3-me nous le verrons ci apres, fon ambition lui bandant les yeux elle entre en la chambre du Roy auec Birague,par lequel elle fit remonftrer au patient , puis quefamaladiquot;
Chauhs Htvntsm.
U.D.LXXIItl.
,1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l'empefchoit de pouuoir entendre aux afairesqui'reqne-
⢠â ,'i-,-.(.royent fa prefenccjil feroitbon quâil donnai! laregenccdu .....Royaume à la Roinefa mere, amp;nbsp;commandai!qu'J lettres patentes luien futrefit expédiées.Le Roy qui nâen pouiioit plus,fit par leur auis appeller les feerettaires des cominan-demens amp;nbsp;les Capitaines de fes gardes,aufquels il dit, faites tout ce que la roine ma mere vous commandera, amp;nbsp;lui obeiffezcorne à moy mcfme.Le Duc dâAlençon amp;nbsp;le Roy deNauarre furent appeliez aufli pour entendre que la régence eftoit commife a la Roine mere, amp;nbsp;furent exprefle-uient nômer es lettres quien furent expédiées furlechâp. Qnelquâvn qui a public vn difeours de fes derniers propos I recite que bic peu auant quâexpirer il pria fa mere de pour-fjjyyre iufquej au bout fes ennemis, amp;nbsp;que de grande ve-â¢â¢ Iieinence il lui dit par deux fois. Madame, ie vous en prie â 1 rtMM.t/f^i^uâffedueufement. En tels combats dâcfprit il mourut * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auCbafteaudu bois de Vincenncs,cetrentieffflciour de
May t$74.deuanc les yeux de fa mere, aflife fur vn eofre,a-compagnee des Cardinaux de Bourbon amp;nbsp;deFerrare, du Chancelier Birague,dc Lanifac, amp;nbsp;autres Seigneurs qui re-gardoyent la fin de la vie tragique de ce Prince,lequel naf-«juit le î/.iour de luin lyço. commença à el!re Roy le cin-quiefine de Décembre 1560. amp;nbsp;eut vn tegne que la polle-,,, rite admirera amp;nbsp;abominera- Ainfi ce Prince ne vefeut pas ⢠k 'vingtquatre ans acomplis , ayant efté dâvnnaturelforta-âif, inconftanten fes penfees, foudain encesentreprifes, impatient dâattendre, diligent à marquer le naturel des au-, tresjpromptenfes conceptions 8c de grande memoireiex-, tremémcntcholere,fecreten fesdeffeins,grand diflïinula-C«7tripriogt;i r qui donnoit aifément plià fon vifage : ce uuefes de Charles pteccptcurs lui auoy ent maintestois recordecar du coni-teeufiefme. jnencement il eftoit doux 8c ouuert. Aufli le firent ils de-uenir vn des plus grands blafphemateurs de France, dont il print telle habitude, que ce mal fe tourna en luy en lan-. gage ordinaire. Martigues, LolTes amp;nbsp;autres le corrompirent ainfi malhcurcufementjdu confentement delà mere, notamment depuis les premiers troubles. 11 ne tint pas a quelques vns de ces corrupteurs, quâil ne fe perdift apres les Courtifannes, aufquelles autrement il nâeftoit tropa-dônéitant y a que pour le rendre capital ennemi de la Reli gion, ceux §c celles qui dcuoyentauoirplusdefoindo cou-
Charles nevpiesme.
conferuer l'honneftetéen ce Prince nâoublièrent rien pour Ie pouflet amp;nbsp;faire vcautrer es ordures qui les couuroycnt de toutes parts. 11 exprimoit en bons termes fes conce-ptiontjSc auoit la parole aifee 8c agréable : ariuoit la niufi-â¢Jueamp;laPoèlîe: nous auons veu d'aflez bons vers Fr.in-
ÃOis de fa façon.Mais fon principal exercice eftoit la Chaf-le} dont leplaiGr lui faifoitoublier tous autres plaifirs ;S1 finalement il fe tranfporta de telle forte apres , que le fang dps belles fauuagcs quâil prenoit lîngulier plai-fit dâefpandrc , leur arrach.int, apres les auoir efuen-ttees, les entrailles a belles mains , le rendit comme furieux : (î que raainiesfois au retour il entroit en teU le defroute d'efprit , que nul de fes dotneftiques nâo- , foit fe prefenter deuant lui , sâil ne vouloir receuoir j',, des coups de ce Prince, en lâAn^ramm_e duquel quel-^uâvntrouua apres les malfacres ces deux mots Chajjiur 'I**! **gt;*4 ^eÃoial , où il y a autant de lettres amp;nbsp;les mefmes quâeti t'fiarlts Je Valois. 11 auoit elcrit vn Hurt de toutes les parties de la Chalfe, qui a efté fupprimé iufquesà pre-fent. Il eftoit fobre , ne buuoit point de vin, dotraoit peu , auoit le vilà ge longuet, pafle , le teint plombe', long nez, lesyeux farouches amp;nbsp;le regard tranchant ,fur tout depuis les féconds troubles ; au refie bien proportionné de corps,mais commençant à fe courber. Ilpre-noit plaifir à rabrouer les grands, nâefpargnant pas niefme y famcrenifcsfrercs, notamment le Duc dâAnjou, lequel . il a bafgué 8c traité trefindignement plus dâvne fois. Sur toutH en vouloir au Parlement de Paris , aux membres duquel 11 dit vn iour en lâviie de fes harangues , employée à des plaintes fur le ipefptis de lès manderaens; le veux que vous obeilTiez dâores en auant à mes ordonnances, fansplus dilputer du merite dâiçelles. Carie fçay mieux ce quâil faut faire pour l'honneur amp;nbsp;profit de mon royaume que vous ne faites, amp;nbsp;ne veux plus que vousper-diczle temps à drefler amp;nbsp;mâenuoyer vos remonllrâces,non plus quâà modifier,corriger amp;nbsp;interpreter mes niandemés, Ãariâcnten que tout ce que iâautay dit amp;nbsp;fait foit prompte-mét executé.Trois iours auant fon deces, fa mere lui ayant ditlcsnouuelles delaprinfedu Côte de Montgommcry,il pc sây affe^iôna aucunement, Et côme elle adiouftaft quâiî
U.D.1X51111. Hinri troisiesmi«
deuoit cftre bien ioycux delà prinfe de celui qui auoit fair mourir fon pere:Il neme chaut de ccl3(dit-il) ai des autres afaires du inonde. Auffi sâefiouiflbit il de nelaiflèf enfans inafles procréez de fon corps, à caufe (difoit il) que les quittant en bas aage ils auroyent trop à fouffrir, amp;nbsp;adiou-ftoitquêta Franceauoitbefoindâvnhomme. Maintenant il nous faut parler defonfuccelTeur, amp;nbsp;voir quel honiinB ce fut.
HENRI T R O I S I E S M E.
apres que Charles neufiefme eut les dt /aHaiwiyeuxcloi, fa mere defpefcha Chemerault pour en aller ' Wrf porter les nouuelles au nouueau Roy, Sc deux iours apres le fuiuitaucc pareille charge, llsauoyentmande-
ZxvïdHcz/«â⮫'Sâopte®
â¢HtjJe Pt- pourroit lettres patentes confirmatiues delaregence. A .ÆÂ«â quoy furent adiouftez pour fortifier cefte vfurpeeautho-expediens. Lâvn,de traiter trefues pour quelques
â¢ââ°'â auecceux dePoiôoü, afin depouuoirplus aifénient expedier les afaires de Normandie. Lâautrede faire eferire par le Duc dâAlençon amp;nbsp;le Roy de Nauarre lettres aux gouuerneurs des prouinces pour les auertir du pafle, 8C par tel moyen tenir ceux de Languedoc amp;nbsp;autres prouin-.. . .... , cesenbranfle.MaislelendemainjdernieriourdeMayjh 5â'» .«Roinc mere auertit les gouuerneurs des prouincesdefa regcnce amp;nbsp;les exhorte à maintenir lés afaires en eftat attendant la venue du Roy de Pologne legitime fuccefleur de Charles. amp;nbsp;auquel elle fc reconoit (ce font ces mots)e-ftre tenue de tout ce que Dieu lui auoit départi. Item elle les prioit dâeferire au Roy.St lui faire entendre leur bonne affeftionà fon feruice, amp;nbsp;le défit de lui garder la mcfme fidelité quâà fes predcceflcUrs, promettant lui faire tenir leurs lettres. Elle adioufloit quepourofter les fcrupules quâon pourroit auoir conceus de la maladie amp;nbsp;mort du feu Roy,elle vouloir bien les auertir que fçauoit elle vne greffe ficure continue caufee dâvne inflammation de poulmons quâon cftime lui eftreprocedeedes violens exercices quâil 4 faics.tt ayant efté ouuwt apres fa mort,lon a trouué toutes les
H i N R t T R O 1 Si t s M E? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IJJ
îfAÃts. Et ayant ertéollucrt apres fa mort, Ion a trouuc toutes les autres parties dé fon corps auflî faines Si entières qui fe puilfent voir en homme bien compofé. Et eft à prelupofer que fans ledit violent exercice il edoit pour vi- exeufit ure fort longueincnr. Plufieurs trouuoyent effranges tous tmehant in tels traits,5i dâautres difoyét en vn mot, Qui sâçxcufe s'ac- ibife» eufe. Le premier de luin on fit eferire lettres aux mcfmcs''âJââ gouuerneurs par les Ducs dâAlençon amp;nbsp;Roy de Nauirre. en laquelle ils louoyentlapïoccdure de la Regentr, à laquelle ils promettoyent feruice St obeiffance, incitans les autres à faire Iç niefme,fans dire mot quelconque de la maladie ni mort du roydefunft: auflî nâen efloyent ils pas faule. Le troifiefme lourde luin les lettres du pouuoir de la Régenté furentleuës, publiées,amp; regiftrees au parlement de Paris, oui, requérant, Si confentant lé procureur » general du Roy; amp;nbsp;furent adioullez ces mots, apres que la Roinemere dudit Seigneur, fur laprîere, reqticfle amp;nbsp;fup-plicaiion a elle faite tant par le Duc dâAlençon, le Roy de Nauarre, que le Cardinal de Bourbon, Princes du fang 8c pairs de France , enfèmble par les prelidens 8c confeilliers foinmis par ladite Cour à cefte fin , a accepte'la regence, gouucrnenient 8c adminifttation de ce royaume.
Mâtigiâon tenaiifle Comte de Montgommery prifon- Siegt^friu »ier,ta(cha, deuantquelâenuoyer à Paris dtfe féruir de laf'â*' SamCi prelcrice , ou des lettres d'icelui, pour enleuer fans P^rd Siind Lo 8c Carentan des mains de quelques gctitllshom-mesSt capitaines amis du Gomrc, qui êftoyeot enfermez dedans. Maisencoresquâilsfuffentfortdefplaifansdu tort fait à ce Seigneur, 8c de facaptiuité,ilsrefôlurerit de lâen-fuyure en combatant valeureufcment, 8t aprendieà fes defpens de ne fé fier pas â gens qui fe fouuenoycnt fi peu de lifoy profnifeî Coloinbiercs eftoit dedans Saindf Loen celle deliberation auec bien peu de gens ; ce qui contraignit Matignoil dây aller auec toute fon armee. 11 ytroüua telle refinance,que quoy quâil euft,au pris de l.i vie de plufieurs foldats, gâigné les iauxbourg.s,'puis fait deux grandes brefehes auée vingt deux pieces dé batterie,il faloit encore venir à lâalfaut Lé'dixieamp;ne iour dé luin,le premier af-faut fut donné ters vnendroit'nomuié la tour delà Rôle, quinâeftoitdufoutabatues où m.srcherent-degrandâcourage les compagnies des vieilles bandes fuyuies dâautre«,
G G- j.
Hk N KI TROISI« SM«.
troupes.Lesafliegez les repoulferent vaillamment,en tue rent grand nombre fur la brefche, amp;nbsp;contraignirent les autres de fe retirer auec plufieurs blefièz. Ce voyant Ma« tignon redoubla la batterie, amp;nbsp;ayant ellargi lâautre brcf-che lit marcher autres troupes qui nâauoyent combatu, fans efpargner perfonne , rempliffant les endroits de-âitucz de foldats que les alTiegez renuerfoyenr. 11 y eut lors.vn trefafpre conHiâ,amp; furent les alTaillans repoüi-fez 8c çhaffez par trois fois : nây ayant apparence que de confufion pour eux, fi les afliegez enflent eu cent hommes de renfort...ou fi Coloqabieres leur chef fuft demeuré debout. ,Malt;s au quatriefme aflà ut de celle fe« condc brefehe, comme il combatoit vaillamment le pre« mier la picque au poing, fuant dans fesarmes,encou«. rageant dâvne hardiefle incroyable tous fes foldats, ter-ralTant les ennemis les vns fur les autres , amp;nbsp;fe faifant craindre de tous , il fut atteint dâvne harquebuzade par le collé dâvn des yeux , 8c rendit lâa me loudain en ce Jiél dâhonneur. Lors fes foldats lalTez de fraper 8c de tuer, voyans leur chef à leurs pieds, 8c nâayans homme dâauthorité pour les açourager comme faifoit ce vaillant capitaine , quittèrent la brefche debatue cinq heures durant, tellement que les affiegeans entrez en la place en tuerent deux cens ou enuiron en la furie, amp;nbsp;prindrent quelques prifonniers. Matignon perdit ce jour neuf ou djx capitaines 8c pres de trois cens hommes, fans plus de deux cens hleflez. Ayant refraifehi fauntan fon armee , 8c Lfché de perdre tant dâhommes, il en-qQyj fommer Quitry, lequel couimandoit dedans Ca« acompagné de gentilshommes , Capitaines âc ' fold.its au nombre de quatre cens hommes, leur promettant honnelleSc alfeiiieecompofition. Quitry 8t les principaux de la fuite fe voyans feuls en la Normandie, loin de toutfecours, k auoir à fouftenir celle puiflaute armee, qui sâapprocha iufques à demie lieue pres dâeux, offrirent fe rendre vies Scbaguesfauues,Matignon ayant auerti la Regente de celle offre, par fop mandement fut accordée partie de la capitulation, tellement que les gentilshommes 8c Capitaines fortirent à cheual auec 1 efpee, 8c les foldats aueclâ harquebuze t U fe retirèrent en leurs
Ãh«'.
Hinrï TRoisrssMï?
134
Chemerault amp;nbsp;Ncuuy firent telle diligence que le Roy de Pologne eftantà Cracouieeutenpeudeioursnouucl-^â''â^quot; '°' les deb mort de fon frere,enuoya promptement lettres pa^^^r dt flt;t tê:es(efquelles il sâinferiuoitRoy de France amp;nbsp;de Pologne, mire. comme il a continué depuis iufques au iour de fa mort) en datte du quinnelme iour de loin, portans confirmation amp;nbsp;amplification du pouuoir de b Roine mere toii-clunt b regcnce , gouucrnement amp;nbsp;adminifirarion des afaircs du royaume de France. La Regente sâeftant af-lenree de tousles gouuerneurs des prouinces, ayant pu-Hié par tout les parentes du nouueau Roy, leuës, publiées tnregirtrees au parlement de Paris, oui, ce requérant, Sc conlentant le procureur general du Roy lecinquiefmeiour deluillet, refolut de sâaider auflt des armes, fit publier lesarrierebans, amafler compagnies d'infanterie ei pro- Depertemèt tiinccs où la guerre nâeftoit point, faire leuees de Reifires de la l{e-ît de Suilfes : mande au Prince dâA upbin, quiauccatmeeX'quot;^'â )â**' guerroyoit en Dauphiné, quâil ait à continuer amp;nbsp;employer tous fes moyens à ruiner le pays que tenoyent ttux de b Religion, commandant à de Gordes de faite le metme. Elle nâauoit pas tant de crédit en Lan-guedoc, à caufe du MarefchaldâAnuille, lors moins en- .
nemi en aparence de ceux de la Religion defquelsil a- â¢â¢ ttoit afaire. Toutesfois le Duc dâVzez amp;nbsp;le fieur de *â¢..
; loyeufe font chargez dâauoir lâÅil par tout. Cependant elle traitoit vu peu plus honorablement fon fils, fon gendre, amp;nbsp;les deux marefehaux prifonniers , lef-
I lt;iuels neantmoins auoyent toufiouts groÃe garde. Qn ; leurproinettoiteflargilTement, voire totale dcliurance, amp;nbsp;I fn brief; mais quâil failloit attendre la venue du Roy de Po i logne, lequel donneroit occafion à chafeundâciliecon-1 tent. Quant au MarefchaldâAnuille encores que lâempri-1 fonnenicntde fon frereaifné , lâabfencede Mcruamp;Tho-
té fes puifnez hors du royaume , les lettres intcrce- ee^Anuillt ptes de b Regente, lâeuflent irrité : toutC'foisce feu sâal-*» Lan^u. lumoit lentement. Il nâofoit fe fier aux Catholiques Ro-mains, conoiflant leur naturel. Et quant a ceux de b Religion il les hayffoit délitant leur ruine, quâil auoit
! procurée beaucoup de fois de tout fon pouuoir. Ncant-' moins il fe comporta lors de telle forte quâil tafehoit de I fe maintenir entre les deux partis. 'Vray eft quâayant i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;GG. ii.
iifD.ixxiiin
Hïhm TRoisns mi-
befoin dâapuy il sâaprocha de ceux de la Religion beaucoup plus que de couftume: niefmes, incontinent apres la moit de Charles neufiefme, il fit trefues aucc eiix,lcfquellcs furent prolongées fous efperance de paix. Telles procedures eftoyent fufpeôtes aux ennemis de la Religion', fpecia-lement à ceux de Tbouloufe,ville capitale de ce gouuernc-ment de Laiiguedoc.Ce qui les picqua de nouueau fut lâaf-fignation donnée par le Marefchal à Montpellier pot-rlâaf' I femblee des Eftats de laprouince. Là y auoit grand nombre dâhommes à fon commandement,8c lui y faifoit fa demeure la plufpart du tempsjà caufe de la beauté de la ville Kr J« fär- commodité du pays. Ceux du parlement de Thouloufe marefehafauoit quitté leur parti,improu-, : ,i( «»ÆÂ«. pararreft du (9. iour de luin la trefiie fufmention-nee,' 8c par autre arreft du mefmeiour firent exprelfesde-feufes aux Diocefes,villes, communautez 8c à toutes per-! fonnes de leur reflbrt, de quelque eftat ou conditiomquâils fulfenr, dâaller ni dâenuoyer à céftealTembleedâcftatsaClî-gnee à Montpeflier au fécond iour de Juillet, fans permifr JionduRoy, fur peine dâeftre declairé rebelles St infta-ôeurs des loix. Ceux de la Religion,aifeza3pailer,8c qui aimoyent tant la paix, que le nom amp;nbsp;lâombre dâicelle, o(-
- nbsp;.....; fert par qui que ce fuft.les arreftoit court, commençoyent
.â..à cômuniqueraùeclc Marefchal, par lâentremifedeSainâ Romainamp;Claulbnne, gens de grande authorité en Languedoc , 8c alléchez par le moyen de ces trefues, auoyenc grande efperance, 8c parloyent en fort bonne bouche de leur gouuerneur : enquoy ils eftoyent conformez par lesa-uis de pluficurs doffes perfonnages, aufquels ils sâen con-feilloyent.'J'outesfois aucuns condamnoyée toute cede af-fociatiqn, comme trefdangereufe , pour beaucoup de rai-fonsjdonc le fqmmaireeftoir,que le pafle,le prefcnt,8cl'a-uenir menaçoit ccuSc de la Religion dâvne entière ruine, sâils faifoyent vn tel meflinge. Or combien que Ion en fill mefmcs courir des difeours bien amples, cela ne peut eni-pefeher que ceux de la Religion nefeioignilfent auecles Politiques.Q^el en fut le fucces, nous le verrons es hiftoi-, res fuyuantes,
lit Durant les allées 8c venues de Languedoc, le Priçice pâuf'hinîi' faifoit la guerre aux Dauphinois, pour fe venjer ^»Mr««. Mombrun qui luiauoit desfait vn regifJien de fon auât-
H.e n r. I ' t », o 1 s I e s m i. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1JÃ
^irde au pont de Royans, quatre cens des plus braues de iâanneecllans demeurez lur la place. Il aflîege donc vnc petite ville notnmce Alais,la bat furieufenient amp;nbsp;fait donner vn aflaut que les affiegcz fouftindrtnt.Mais fe fcntanS trop foibles pour repoulfer le fécond quittèrent la ville 8c fe retirèrent au chatteauj on le Prince trouua moyen deles furprendrCjen tic précipiter du hauten bas Içs vns.St bruf-let les autres dedans. Puis alla attaqtferOile,villetteafîife fur la riuiere de Dionne,8t y fit brcfclie rà il'onnable. Ceux de dedans en trop petit nombre pour la defendre quittèrent la place,amp; fe retirèrent de nuiff/ans perte dâhommes^ es autres villes prochaines occupées par ceux de la Religion. Ce fuCccs fit entreprendre au Prince le fîege de Ly-uron,placefoible,amp; remparee aucunement. Le vingttroi-ficfnie de luin lâarmee sây achemina amp;nbsp;fefit vnc brefehe fuifilante,oti les troupes donnèrent Vn rude affaut,repouffé encores plus rudement par les afficgez.Lc Prince auoit à dosMombrun qui de Loriol faifoit des coiiries iufques au camp, amp;nbsp;les afTiegezfaifoycntauflî des forties auanta-gtufes, tellemerit qu'en lâvne ils gaignerène vne enfeigne,' amp;enclouerent vndes Canons.Enfin le Prince leua lé fiege, amp;nbsp;mit fon armee à couuert.Velfaux petite ville au Viuarais,' tntre Priiias amp;nbsp;Aubenas,ayant edé furprinfe fur ceux de la Religion, les refehapez conduits par Rochegudefe mirent aux champs aitcc renfortpour y rentrer.En chemin ils rencontrèrent S desfirent quelques compagnies ennemies qui alloyent à lâaide; Cefecoufs abacu,Ies furpreneurs furent promptement prins. DautrepartPierregourdesâem-p.arideChatenconi amp;nbsp;SainélRomaindelavilledeNon-niy.pour ceux de la Religion.
Le Comte de Moritgoramery amenéprifonnicrà .Parit pat te Baron de Vaffey fon parent,contre la foy promife en CtiBfrds la reddition de Daufronc, demeura enferré depuis le corn-mencement deluin enl.i conciergerie, amp;nbsp;y futinterrogué aditierfesfois.âIlrcfponditlibrémentamp;fià nchementde ce . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
. quâil fçauoit, remohftrant touGoars lâéquité de fa caufe, amp;nbsp;reprochant dâvn vilà ge affeuréd tous fes ennemis leur per- * fidie en fon endroit. Pour fatisfaire aux reitetezmande-mens de la Regente, il fut geiné pour lifi faire confelfer ce quihâefloitpoint, afçâuoir la conlpirationimpofeeà lâA» mitai J item ce qui eftoit du fait des Princes prifonniets,-
G G. iij.
M.o.ixxmi.
H £ N R I TROIS lESME.
11 fit prenne de fon innocence par vne confiance amp;nbsp;patience notable: finalement fes luges Sc partiet le condamnèrent dâauoir la telle ttanchee,8c deuaiit lâexccutio (faîteau grand aplaudifferaeut de la populace,en la place de GreilCi le vingt lîxieftne iour de luin) fut torturé extraordinaite-incnt amp;nbsp;cruellement. On le vid aller au fuppliïe dâvn port } 5t dâvn oeil affeuCé, mefprifant le mondeamp;nâafpirant quâà la vie éternelle vers laquelle il drefioit toute fon affeélion. Câeft le tefmoignage que fes ennemis lui ont rendu au di-feours de fa mort.imprimé à Paris amp;nbsp;à Lyon. Ce feigneur cftoit capitalement hay amp;nbsp;mal voulu de la Regente,laquelle auoittouliours fait vn giandferablantdeporterimpa-iieminët la mort du Roy Henri i. fon niarijtuécôme nous lâauonî veu en lâordre de ces recueils.Pourcc que le Côte de Mótgónicry auoit elle lâinllrumétdc celle blelfurc,(ansau-cunc faute toutesfois de fa part,bn lui en auoit toolioutspor té depuis vn maltalent irréconciliable,encores que Henri euft expreffément enioint quâon ne lâen recerchafi en forte quelconque, attendu que par diuerfes fois il lui auoit com-mâdé de iou(ler,amp; la prouidece diuine auoit ainfi adrellé le coup pour humilier en la perfonne du Roy tout le royaume de Frâce. Mais pour alfouuir la choletc de la Roine,on print les prétextes fufmentionncz.Et quant au dernier,tou-chint le Duc dâAlençon,ce fut vn piege auquel la NobklTe de Normâdic,proche des coups,fut attrapée,ainfi que nous, auôs veu: amp;nbsp;la Regente ellima nâauoir pas perdu fes peines ayant attrapé Montgommery , amp;nbsp;mis bas Colonibic-res,encores que cela eull confié la vie à plufieurs François. Or efloit on bien aife de desfaire ainfi les vns par les autres , alléguant quâil le trouueroit prou de gens amp;nbsp;de No-blelfe ailleurs pour repeupler la France.
DiturCtt Le Prince de Condé eftoit en Alemagne negotiant pour fratujut) auoir vne armee prelle, au cas que lô voulut molefter ceux det vai ér de la Religion,amp; le premier iour de luillef aucrtitceuxde «lt;« autrei Lâgucdoc de fon intention,les exhortât à leur deuoir pour ^n*tâde7' fFrâce.En Poictoujlelieutenant dePoi-^inemtrt nômé la Haye eflà yoit de remuer mrfnage : cependant,par lâentremifedes fieurs de Biron,la Frezcliere,amp; de l'Abbé Gadagne, la Regente auoit fait trefues pour les mots deluillet amp;nbsp;dâAouft aueclefieur de là Noue,es pays dâAngouJmois, Poiâoii amp;nbsp;Sainiége, Durant icelle les Ca-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â quot;nbsp;theliques
8l H R IHOIS I I SM I. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ij[tf
tholiques Romains four niffoyenc à la Noue 70. mille fcâc* par mois,pour lâentrcceneniéc des garni1ons,amp; pource que «ux de la Religion quittèrent quelques biens des Eccle-fiaftiques.LaNoueefcriuit biéamplemét à ceux deLâgue-doc les rail'ons de Ion fait,les priant de ne trouucr elhangc ceft accord,qui ne tendoit à aprouuer la rcgence de la Roi- ; UC mere,mais pour prëdre plus dâhaleine amp;nbsp;anoir meilleurs moyens de bien exploiter dâvn collé,tandis que leiPrince de Condé marcheroitauéc vnearmec.Cependant laNoblclIc de Poiâou requeroit celle de Languedoc de fe trouuer en â lieu propre,côme à Bergcrac,ou 3illeurs,pour auifet à leurs ifaites.Aucômencementde luilletceuxde Lulignen desfi- Exflutt di tent lâarriereban de PoiftouiSt enuiron le mefme tcps ceux Xâ»â'«. de Fontenay qui couroyent de tous codez rompirent pres de Nantes cinq cens harquebuziers fort (operbes : car câe-ftoyent prefques tous cadets de la Nobleffe de Bretagnej ;
amp; remportèrent deux cnf»igncs.Langoyrâ,gouuerneur de Petigueuxpour ceux de la Religio, tail la en pieces vne con. pagnie de deux cens harquebuziers , amp;nbsp;ne sâen fauua que-lit. Apres la trefue accordée,la Regenlanç ceffa.dâenuoyer mandemens St commidions de toutes parts, ppun tenir,, plufieurs armees preftes, afin que quand.fon filsâarrioeroiïi; eoFrance,il euft en main les moyens de fe faire plus craindre quâaimer; ou mefmesdecommcnccr.lamp; expedier bc-fongiie, aamp;n de rendre (bnadminiftration tant plus memorable. Quant au Prince de Condé, premier que faire aucune entreprifç, il publia vne declaration le douziefmc lourde luillct, en laquelle ilexpofoit tescaufes defare-rirf, irsitehors de France auec pluliedri'Seigneurs de gentils- . 80mes de lâvne amp;nbsp;de lâautre Religion.il reprefente endeel- â Itics malheurspaifeztarâtes,guerres citiiles quâaux maf-ûcrcs : dit que le Duc dâAlcnjon defireiixquftles âamp;irea troublées par les mcfchâs côfcilliers,autheurs de tât deîsô- , fufiôs,sâachemin.iflet paifiblcmêc,amp; cjuc le royaume iouilf dâvne paix affeusee, auoit prinsrel'olution auec fes ferqi-teurs (pour nâellre plus fpeâateur de tât de dcfolatiôsjauC^ quelles lô ne permettoit quâil procuraft remede) defo rctf- â , rerdu royaume vers les Princes Ssanciésjioii» JfclaGourô ne de Frâcc,efi intention de faire tât par eÃx ehuers le Roy quâil ouuriroit les yeuxpour voir la calar^Ãé dq peuple,8(y ' poutuoir parinoya.Qiieecrt c deliberatiô alt;(i|it eftéagpelle.«.-,
GG.'iîîj.
M.DLXXim.
Henri i ï r ors i s s m e.
conlpiratioacontre Teftat Sc la perfonuc du Roy rque 1C' Roy de Nauïrre premier prince du faogj les principaux officiers de la Courône,3lt; autres notables Seigneurs, eftoyét nommez idherans amp;nbsp;eomplicctdefouleucmcntrquelona-uoit tourmenté amp;nbsp;fait mourir leurs feroiceurs louslapaf-fion des adiierfaires,feule loy quiabfout amp;nbsp;condamne parmi eux r. amp;nbsp;la iuftice du royaume. .Ce prétexté ayant efté prins pour faire le procès aux Princes amp;nbsp;Seigneurs fufnô-mezjSta pluficurs:autres,fousconf; fiionsextorquces,qui lïâeftoyenr ni vrayes ni vray femblablesdes fideles fuiets Sf fêruiteursdeiâ'Cauronncinâertans en peine amp;nbsp;mal voulus, fioon pour ne.sâcfire voulu conformer à ceux qui com-bloyent.leur malice , Se acompagnoyent leurs cruauter. des plûshorrible»rice9,blafpliemes,impietez Si pailIarJi-fes exécrablesquâileft pofi'iblede penfer. Apres auoirre-monûré bien au. long les torts faits en confcquencedece t]Ue deffus au Du« dâAlençon Sf à fes parens 5c feruiteurs, monftrérvrgentonecfiflîtc «dâvne iufie defenfiuc contre les perturbateurs amant ou pins enclins qiieà mais à defobeir aux edits du Roy j ibfupplio.t trcshumblement la roaiefté dâjcekii,fiippotte!Tj ut amp;nbsp;les iiens, sîils requeroy ent que les moyens de bonneââamp; aparente feureté leur fuflent pleinement ouuerts, pour pouuoir librement refi.!er en France, amp;rtndrcau Roy le feruice, auquel il lui font tenus naturellement, apres quâil lui aura pieu pouruoir par lesanoyés t.b' acouftumez,ouaatres meilleurs, auxchofesdiiroiitre-.V .lA quifes pour reftablir le royaume en bon ic affeuré repos, â O siafçaUoirau reftablifleroent des innocens'Cn lèurs'biens amp;nbsp;honneursiSc que ceux delà Religionpeuflïrnt féruir à Dicu fous lafuiettion amp;nbsp;fincereobeifl'ancequâii'ienrendent rendre au Roy; amp;nbsp;finalement aux defordres manifeftes futue-' nas en lâcftat public à foccafion dc.s guerres eiuiles. La condufion eftoit vneexprefiTeproceflationique fanséfgard aux iniures 5c indignitcz receûes, tous efioyent délibérez de demeurer fidclûi fuictsSeferuiteurs dmR oy.priât Dieu de donner prôfpcrèaduenemcnt à leur Pfince fouiierain, amp;nbsp;la gVacedé faine ionir' fes fuiets de fefpcrance quâils a-ue^efiefond'ee fiutfa cleménce.
énuironlefixiefitiedeluillcTjlesdeput'ezdeceuxdela dt rf* ReIjgitâfi«nLan^doç,Gu/enne amp;nbsp;Dauphiné fe trouue-rcut aMil!j»u4«»Kouergue, où ils deflgt;»fcherent diuers , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;afaircs
Hinri troisiesmi^
sfsire» poUr Ie reiglement de ces prouinces amp;nbsp;pour la î*â nliUni guerre:parlcrent des conditions, moyennant lefquelles le Marefchalferoitreceuenleurallbciation. Et fut dit lors lt;jüe ceux delà Religion le rcconoiflbyentgouuerneur de Languedoc j fous le nom amp;nbsp;auchorité de Henri troilîefmc Roy de France, lequel ils tccenoyînt pour legitime fticcef-feur de Charles neufiefme. Que la fin de l'aflqciation fe-toit de conferuer la Couronne amp;nbsp;les anciennes loix , de-iDcuret fideles fuiets amp;nbsp;feruiteurs du Roy,amp; des legitimes fuccelfeurs dâicelui. La aufli fuient dreflez les articles propofezau Prince deCondé , oii eftoyent contenues les conditions fous lelquelles il eftoitefleu amp;nbsp;accepté chef,* gouuerneur general amp;nbsp;protefteur de ceux de la Religion en France,au nom,en la place amp;nbsp;authorité du Roy, pour en fon abfcnce amp;nbsp;empefehement les régir, commander 8c gouuerner par tout le royaume.en leurs perfonnes 8t biens durant la pourfuite pour chaffer lts perturbateurs,auteurs, premieri confeilliers des troubles furuenus depuis la troifiefme paix de lâan 1570. ennemis naturels de la maifon de Valois, exprlateursdes deniers du Roy amp;nbsp;du royaume, innenteurs dc.tout nouueaux impôfis Si fubfides,à la grande foule amp;nbsp;oppreflîon inlupportable de tout le peuple. Ces articles eltoyeut que le Prince promettroit foicnnel-leitient viure amp;nbsp;mourir en lâexercice amp;nbsp;profeflfion publi- , sue de la Religion reformee, sâemployer entièrement à la teftauration du bon ertac,ordre,iuftice amp;nbsp;police duroyau-tne,au bien commun tant delà Nobleffe que du peuple, fans diftinôion des deux Religions: ne faire paix fans le confentement dâvne affemblee generale des députez des ^glifes; procurer la dcliurance -des princes 8i. feigneurs P'ifonniers, amp;nbsp;faire quâils ayent ouuerture de iufticepour leurs iuftifications. Si pour faire punir les faux aceufateursa demander au Roy,ou au Duc dâAlençon regent en fon ab-fencejlâaffemblee libre desEftats generaux treceuoir durant fon adminiffration les confeilliers que les députez des Eglifes lui bailleroy ent, pour fe conduire par leur auis en tous afaires dâimportance. Sâenfiiyuoyent puis apres ' quelques articles particuliers, concernans la difeipline politique 8c militaire. Dâautre collé le Roy eftant parti de lâologne.fecrettementBcfansslireà DieuauxEftatsquira- ⢠^1,1 Uoyent edeu à raifea dequey ««fli toA aptjrs ils le dcclai-
M.D.txsiui, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri trois iesm Ei
rerent Jecheu du royaume,amp; en efleurent vn autre) mân-da par Neuuy au Prince de Conçjé que tout fon défit c-ftoit de pacifier les troubles de France par vne bonne amp;nbsp;af-fcureepaix.à quoy le Prince fit rcfponfc telle que fon honneur,deuoir së ranglui commandoïc,
11 y auoit eu trefues accordées pour Angoulmois, Poi-u nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Saintonge durât les mois de luillet amp;nbsp;dâAouft,paf
«» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fpecificccideuant. Soudain
apres ce traitéjla regéte faifoit amaller gës de toutes parts, pour courir lus à ceux de la Religion,lefquels elle efperoit dompter en ces quartiers là .deuât que fon fils arrluaftjitin quâil nâcuft plus afaire quâà ceux de Dauphiné amp;nbsp;de Languedoc : teiiementquele Duc de Montpenfierfutenuoyé en PoiftoujSc choifitpourle rendez-vous defies troupes la ville de Saumurjfort propre à drelTerfion'camp taupalfage de Loire,Sc en pays fertilcj Sur la fin de luillet Ch luigny, Puigaillard,Richelieu,Bulfy dâAmboife, amp;nbsp;autre» chefs en grand nombre, auec la plufpart des compagnies fetrouue-rent là ifaifans vn corps dâarmee où il y auoit dix mil hom-mes,amp; dixhuit pieces dâartillerie. Le premier iour dâAouft ils sâacheminerenrvers Monftrueil Bellay, amp;nbsp;allèrent coucher à Eruaux. Ceux delà Religion,indignez de telle def-loyauté,coururent aux armes, amp;nbsp;auiûuaillcrent Lufignen. Ce quâentendu par le Duc, il rcfulut dâalfiegcr Fontenay. amp;nbsp;qependant fon armee print les chafteaiix delaForcil futSeurc,Chcrueux,Aulnay amp;nbsp;Melle,puis delâilledeMa-rar.f. Surce la Regente enuoya homme à la Rochelle pour intimider les habitaus. Si la Noue auquel par,defibus main furent offerts vingt mil efeus, pour quitterce parti. Sa refponfe fut que l'hoimeur dâvn vertueux gentilhomme ne fiepouuoit taxer nià rendrc,ni engager,8t que quand le Roy fierait arriué , il fçauroit fie comportefen fidele fu-ietamp;fcTuiteur. Les Rochellois declairerent ne pouuoir refpondre aux propolitions du député de la Regente, que premièrement ils n'cufTent conféré auec leurs confederez: amp;ainfi ce folliciteur fut contraint sâen retourner à vuide» Cependant ceux de Languedoc propoferent au Marcf-chat dâAnuillc, plulieurs articles pour leur alTociation, f. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tendans au recouurement amp;nbsp;eftabliflêment (Tvnebonne
amp; ferme paix en France , amp;nbsp;publièrent auifi vne ^rotefta-. ; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'1 tioiR
Henri troisiesme?
tion amp;nbsp;declaration de leurs intentions à mefme fin. Toll apres celle afleniblee, le Baron de Serignac, dit Tetride,8c autres chefs de la Religion l'urptindrent par efcaladeamp; à la faneur dâvn moulin la ville de Caftres en Albigeois , où ils tuèrent deux cens Corfes amp;nbsp;Italiens de . nbsp;nbsp;'
lagarnifon : amp;nbsp;depuis cefte ville, de grande importance a iouy comme elle fait encor du libre exercice de la Re- . ligion.
Le Duc de Montpenfier ayant iointà foyles troupes de Normandie, amp;nbsp;fait vue puilTante armee refolut dâallic- Cmn afit,. ger Fontenay le Comte que la Noue auoit fait fortifier en print lt;juelquesendroits,muniededeuxcoleurincs,dâvnemoyé-'^âââ ne, 8c de-deux paffeuolans, auec quatre cens foldats Si en-uiron vingt gentilshommes fous le gouuernement du capitaine S.Elliene,lefquels,fur la confultation faite touchant le defæantellement ou la defenfe de la place, conclurét de ..... la garder. Le Duc ayant pourueu à tout ce qui luifcmbloit requis, le premier iour de Septembre parut dciiant Fontenay, amp;nbsp;sâempara (mais auec perce de plufieurs capitaines amp;foldats) du fauxbourgdesLoges,qucS. tllieneôc les liensdebatirent quelques heures,amp; fc retirèrent faufs en la ville : dâoù toil apres ils firent à diuers iours deux forties, iâvncfurles regimens de Bufsy dâAmboife amp;nbsp;autres chefs, la fécondé fur lâartillerie: où le Duc perdit beaucoup de gens. A la premiere les aifiegezemportèrent auec vneen-feigiie quelques cuirafles,force cafquets, morions, cfpieux, talebardes, picques amp;nbsp;harquebuzes : à la fécondé , fans la plaine qui les defcouuroit trop ils gaignoyent , ou en-clouoyent vne partie de raitillene. Le quinzicfme jour du mois fut donne le premier aflaut , mais bien Pr»»»«»«/. fouflenn 8c repouffé: tellement que le Duc y perdit qucl-^*quot;* â ques capitaines 8c plufieurs foldats, fans les bleflèzdont aucuns moururent. Quant aux afliegez ils y gaignerent vneenfeignedu regimen de Buify, quelques rondaches, amp;nbsp;quantité dâarmes. Lâefc.ilade prefentee dâautre collé durant ceil aflaut ne fut gueres moins pernteieufe aux afliegeans. Il y auoit eu parauant quelques propos de compofitîon: 8c comme on penfoit les remettre deifus 3 le lendemain fut donné vn aifaut gene- ÃmxiiÃat' tal, apres que la batterie de neuf gtofles pieces eut
I
«.DL xxïllt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNR.1 TROlilïS «!*.
fait trcfamplc ouuerture. Les afTiegez s'en defgagcrer.i courageufetnent, où Kenolicrc Ie jeune, gentilhomme Poséleuin, acquit de lâhonneur: amp;nbsp;quoy que le Capitaine Champagne euft elle tué dâharquebuzades tirees dâvne tour,aucc vn autre capitaine: amp;nbsp;que Pierre Longue, quia-uoit fait vaillamment c.s forties amp;aöaux,eull ellé emporté dâvne canonnade,amp; S.Eftiene bleflé à vne Ãambe: lî rutéo contrains les afsiegeans le retirer, emportans leurs morts )/. amp;nbsp;blelfez comme ils peurent. Ainfife paffa vne partie du â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iour : mais furie vefprc le Capitaine Malferouflc qui gat-
doit vn fort nommé Guinefollc,partie de crainte amp;nbsp;de délit de sâacommoder, partie par mefgarde, pource quâon e-«oit en termes de capitulation donnant entree à quelques , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;vos des alïiegeansjincontinent tous les autres y tcouturent
erinfi, nbsp;nbsp;nbsp;en fou lf;telJeraent quâils retendirent incontinent maillres
/*â¢'«gt;.1« Je ville,laquelle toutesfois ils traitèrent moins rudemér, feignans vouloir garder la compolition. Neantmoinsla plufpart des foldats (quelques vns tuez) furent rançonnez, defpouillez, amp;nbsp;chaflez auec le baÃon blanc au poing. Us gaignerent laRochelle,oùla Nobl elfe amp;nbsp;le peuple les fou-lageâ. Les vieilles bandes fous la charge de Sarrieu firent fort bonne guerre aux foldats aflîegez qui tombèrent en leurs mains,amp; en furent depuis fort ellimcz : lesdefordres ayans cfté commis par certaines compagnies nouuelles compofees de voleurs amp;nbsp;gens (comme on dit) de fac 8t de licol. Des deux miniftres qui cftoyent à Fontenay, lâvnfe fauua; lâautre, nommé du Moulin , trcfdofteperlonnage,-doué de grand zele amp;nbsp;de lînguliere pieté, fut pendu amp;nbsp;e-. ftranglé par le commandement du Duc, lequel auoit offert par cri public cinq cens efeus pour ces deux hommes. En ces entrefaites la Noue fit entreprinfe fur Marans quiin-
cornmodoit merueilleufement la Rochelle amp;nbsp;tout le gou-uernement dâOnîs,contenant gz.parroifiés: mais faute délire bien l'uiui, amp;nbsp;promptement aUîfté de Canon pourbat-trelechalteau,apres y auoir perdu trois capitaines St quelques foldats, amp;nbsp;combatu long temps telle nue Sc main à mam, fut contrai nt fc retirer, crainte de pis, à caufe du fe-cours qui venoir pour le Chafteau.
, U â A V mois dâzVoâull, le Roy ayant quitté de nuift Craco-Pologne, courût en toute diligence 8c fans sâarrellcr V« «»M- iufques à ce quâil full fur les terres de lâEmpereur pour fe * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rendre
H e N s. I T R o I s r-E s M E.
Kndrc viftement en France,où il eftoit déliré des Cttholi-^' qucs Romains amp;nbsp;de la Cour. Apres auoir paflè lâAuftn--^â^*^^quot; the il vint à Vcnifc, puis en Piedmont, 8c par tout fut ex-îrorté à pacifier les troubles en fon royaume,à quoy il icm- rt^ne. bloit encliner.Mais eftant arriué à Lyon, les confeils changèrent. Surquoy ne fera mal à propos dâadioufter les mots du fieur de Moniuc fur la fin du dernier liure de fes memoi-tes.Parlant de la mort de Charles iieuficfme,Cc fut (dit il) Vn grand dommagcîcariâoferoisdire'que s'il euftvefcu, il eulifait de grandes chofes, amp;nbsp;aux defpens de fes voifins euftietté la guerre hors de fon royaume. Et fi le Roy de Pologneeuil voulu sâenttendreauec lui, amp;nbsp;mettre fus les grandes forces quâil pouuoit tirer de Ion royaume, tout â . leur euft obey, amp;nbsp;lâempire euftefté remis en lamaifonde France. 11 adioufte, le Roy arnuant à Lyon, a fon entree on lui fit faire vn erreur: car au lieu quâil deuoitaflbpir le tout, amp;nbsp;nous donner la paix, qui eftoit chofe bien aifee lors, on lefit rcfouldreà la guerre. Et encore pis, on lui fit acroite quâentrant au Dauphiné tout ferendroitalui; amp;nbsp;néant-moins la moindreplace lui fit telle, A fon arriuee il me fit fort bonne chere, amp;nbsp;fi nâen faifoit pas trop à tout le monde. le le trouuaytout changé: là furent tenus quelques côfeils-.mais il y en auoit de priuez amp;nbsp;de fecrets. Môluc en-| tend par ces fecrets les Confeils de Cabinet où auec la Roi- 7 ne fetrouuoyent le Cardinal de Lorraine, Birague, le Ouc* ' f* deNeuersjleMarefchaldeRets, amp;nbsp;deux ou trois autrey,!-quitailloyent8c rongnoyentdesafaires important, felon। que bon leur fembloit :1e Roy eftant fort occupé à entretenir les dames, defquelles il auoit eftéeflongné pres dâvn an. Les premieres patentes du Roy données à Lyon le dixiefme lourde Septembre contenoyent vn récit de lâa-triitiéqui auoit efté entre le roydefunél amp;lui, de fes ex-f'â'â'quot; â ploits amp;nbsp;viftoiresjdela pacification deuant la Rochelle, de fon voyage en Pologne où il ne fefuft acheminé fans lâe-fperance quâil auoit que les François demeureroyent en repos. En apres il accufoit les rcnouuelleurs des troubles, fans dire qui, puis proteftant de fa bonne affeélion au bien de fes fuiett, fur ces commeficemens de fa royauté, fait vti abolition de tout le pafte, à 'ia charge quâon mette bas les armes, quâon lui rende toutes les villes, amp;nbsp;quechafeunfe retiré en fa maifon pour y viure enpaix:permettant à chafr cu-u de lui venir faire plaintes amp;nbsp;retponftrances.ppur Ig
M.DLXXniI.
Hinri troishsmi.'
ilmeniçoitceux qui ne voudroyent obéir, fansdeclaîrer quelles villes il vouloir eftie rendues, ni parler vn feiil mot de liberté à ceux de la Religion ni de reformation de Jâe-flat: Artifice pratiqué par les mauuais confeilliers, pour entretenir le feu des guerres ciuiles, dominer dedans la di-uifion amp;nbsp;y fortifier vn troiüefme parti, qui finalement a-cabla 11} Roy mefme,amp; reduifit le royaume au plus mifera-bleefiat auquel onl'aitiamais veu. Maispource qu'en ces premieres patentes,ton sâeftoittrop dcrcon(jert,esfecon-desidu treiziefmeiourd'Oélobre, Icftilefut vn peu changé. Car ayant protefté fon intention eftre, nonobftant lesapareilsdefesarmces, de pacifier ion royaume »oubliant tout le pairé,nâentendoit que fes fuiets fufTent en aucune forte recerche2,contrains,ni moleftez pour le fait de leurs confciences.Lcs dernières lettres curée m'efme effeâ: que les premieres : afçauoir de rendre ceux de la Religion tant plus fur leurs gardes,attendu que ces mandemens leur oftoyent tout exercice public, amp;nbsp;ne leur faifoyent ouucrtu re quelconque ni dâeftats generaux pour le gouuernement politique,ni de Concile national pour ouïr leurs miniftres, quelô vouloir cliafler au loin,fans autre formalité. Outre - les patetes fufineniiônces le Roy efcriuit de Lyon aux Ro-vchelloi$,quâil leur permettoit,comme aux autres,liberté de \ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leurs conlciencestmaisentendoit que lâexercice delà Reli-
⢠nbsp;nbsp;â¢-gt; Igj^ intermis amp;nbsp;furfis vnpeu pour certaines caufes: cc
pédant que tous pofaflent les armes remettans les villes amp;nbsp;places en fonobcilfance. Au mefme mois de Septembre, lâAbbé de Brantofme arriuéen Brouage de la parc du Roy, pour quelque ouuerture de paix amp;nbsp;moyens delà negotier, alfeuroit que leRoy yeftoit bié difpofc. De fait lâEmpereur Maximilian (que le Roy appelloitfon pcrc)auoit dit bien expres au Roy: lors quâil prenait le chemin, apres fon ef-ehappee de Pologne,pour venir en France, en deliberation de ne lailfer ancû exercice public de religion que de la Romaine. Qiiâil nây auoit péché fi grand que de violenter les Côfcience.s:R: que ceux qui veulent les maiftrilcr péfant cô-querirleciel perdétfouuétlaterre.Tels traits amp;nbsp;autres notables auis à lui donnez en chemin, auant quâil euft haicné la Cour de Frâce,auoyent csbrâflé fa pcnicc, ioint quâcftâc adonné aux femmes amp;nbsp;aux amufemens qui en dependent, auec le defir de femarici amp;nbsp;prendre repos, il enclinoiiplus aux
HïNK.1 TROlSIISMt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;140
aux exercices de Venus que de Mars. Aufsi à proprement /«' parler ne changea-il dâauis,mais laifla tels afaires es mains de fa mere, de ceux de Guiie amp;nbsp;autres confeilliers, qui en taillèrent amp;nbsp;roignerenta leurplaifir. Pour 1 euenir à ceft Abbé, le lieutenant de Poidoului tint bonne compagnie, amp;nbsp;yeutiourafTignéà Angoulin pres de la Rochelle,où fe irouuerentla Noue St quelques bourgeois, lefquels dirent quâils attendoyent de Lyon leurs députez qui arriuerent trois jours apres, nâapportans autre chofe du Roy (quâils auoyent veu deflogcr de là pourdefeendreen Auignon) fors la liberté de confcience amp;nbsp;la reddition des villes ,fe-lon le contenu de fes patentes, auec cefte addition quâil les adinonneftoit dâentendre aux moyens de faire vile bonne paix : pour lâacheminetnent de laquelle il leur permettoit d'enuoyer leurs députez en Alemagne vers le Prince de Condé 8c autres leurs allicz,auec faufeonduit amp;nbsp;toute feu-tetc. Quelque temps apres (afin dâexpedicr ce ft article) les Rochellois fuyuantceûe permifsion enuoyerêt leurs de- ciur. putez vers le Prince acompagnez de Roger valet decham-btlt; du Roy,lequel les conduilit feurement. Leurs articles inllruâiôs eftoyent en Latin amp;nbsp;en François, afin que les grands Seigneurs eftrangers bien affeftionnez enuers le Prince en peuflent auoir conoiflânee. Mais on les reccrcha foigneufementsâils portoyent argent au Prince, amp;nbsp;furent çfclairez de près à Paris, sâils prendroyent argent ou lettres de change pour porter en Alemagne. Cependant la guerre eftoitefehaufee en Poitlou,notamment à Lulîgnen, que le Duc de Montpenfier afsiegea fur la fin de Septembre, 8c lâeut par compofition au commencement de lâanncc fuyuante, dont il nous faut dire quelque choie, puis nous rcuiendrons au Roy, 8c à la fuite des autres accidensrae-Biorables tant en celle année quâes fuyuantes.
Pourgirder Lullgnen ville 8c chafteau,lcBaron de Frô- Deliriftii» lenay depijis fient de Rohan en Bretagne, sâenferma dedas, Simmatrt fuiui de foixante gentilshommes 8c defixcens bôsfoldats: pourueut félon leloifirquâon luidonnaauxfortifications amp;munitions,fitefplaner 8c ruiner ce quipouuoitlâtncômo derpartrop.Eftâtafsiegépar lâarmeedu Duc deMontpen- par fier au commencement dâüélobre,il débatte les 3proches#fgt;»âi. par braues forties, fit reucue de ks forces 8c moyens,
M.D.txxiin, Henri trotsiïsme.'
â f â¢, pourueut à la difciplinè militaire, amp;nbsp;à touc cequiconcer.
â¢.....%â¢'. nbsp;noitlaconferuationdâvnelïbonneplace,nommémcntda
Chafteau,en intention principalement (fi la Noue ne pou- -uoit le fecourir) de faire confommer lâarmee ennemie. Le treificfme dâOdobre les afiiegeans qui auoyenc vingt pieces de batterie,commencèrent à en faire iouer quelques vnes,puis toutes, deux iours apres, iufqucs à tirer pres de deux mil trois cens coups en trois iours, principalement contre le chafieau,. Six ioursapres,pource que les affiegez ns vouloyent entendre a compolition particuliere,ains di-foyent à ceux qui les en importunoyent, vouloir attendre vne paix generale pour tous ceux de la Religion,la batterie de douze cens cinquante coups recommença contre vn
gt;yà nr. lauelin nommé la Vacherie. La brefehe reconue,vn alfaut futdonnéSc repoufle auec trefgrande perte des aflaillm» tuez fur la brefehe, oîi leurs corps pourrirent. Les allie-gez y perdirent fept ieunesgentilshommes,afçauoirBoil-fec, Boifaubin le ieune, Chafteauneuf,Sainâlames,!* Court de Chiré,Villeinur,amp; Chaillou vaillant Se fag^en-
Siftit trctoiis.-puis feize foldats: item vingt bleffez. Cinq iours marntilt, apres les affiegez firent vnefurieufe fortie, enclouerent cinq canons, bruflerent les pouldreâ,tuerent neuf capitaines 8t grand nombre de foldats, conquirent vn mcruril-leux butin,apportèrent des enfeignes amp;nbsp;toutes fortes dâarmes , einmenerent des prifonniers, lailferent foroe blelfcz. Depuis cefte fccoufle rne partiedu camp royal fé deslit de foy mefme â les foldats feretirans çà amp;nbsp;là ; tellement que tout le mois dcNouembrc fe paffa fans faâion de guerre contre lesaffiegez. Enuiron le fixiefme de Décembre le Duc receut renfort de douze cens Reiftres amp;nbsp;de fix cens
foldats François auec quelques poùldres amp;nbsp;munitions de ' guerre. Les affiegez au bout de quelques iours lui dema-Demttnit detent fauf conduit amp;nbsp;ilfue libre pour quelques damoiftl-ftrtinrnte les,dont auctineseiloycntenceintes,qui defiroyent fereri-tTTsfuj«»- reren leu smaifons. La haine que ce Prince portoit a ceux delaReligion fut plus forte alors en lu» que lâhurnanitç Si la courtoific familière aux princes, feigneurs, amp;nbsp;gentilshommes François, qui ne refusent iamais telles faueurs, nommément aux damoifelles.ll p en fa suffi que les laiffimt là enfermees auec leursenfans côb.itrcla famine,leurs ma-
tjs fe rendtoyent pluftoft que fi on leur permettoit mettre dehors
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Henri troisirsme.
dehors les perfonnes inutiles. H nâaoança pas beaucoup par tel refus,,lu contraire les aflîegez firent quelques forties, amp;nbsp;toufiours nioiflbnnoyent en fon champ. Tout ce qui in-coiiKnoJale plus les alfiegez fut la ruine dâvn moulin qui leurfourniflbit de farines-.car iceluy ayant elle' fouldroyé à Famine dit coups de canon, les moulins à bras ne pouuovent fuiïire, Lupinen. tellement quâil y auoir difette de pain. Les ch its amp;nbsp;ratse.. ftoyenc venaifon, amp;nbsp;la patilTerie de chenaux fcrnoir de délices. Ceux qui aucyent des cheuauxeftoyent en peine de les garder,mefmement la nuid,amp; quand câeftoyent ieuncs cheuaux ,ponrcc que la chair en eftoit plus tendre. La ne-ccflité contraignoit les foldat.s dâofter le pain dâentre les tuains de ceux qui lâapportoyent du four.Plufietirs maifons elloyent pcrcecsde nuiél pourauoir des viuresiSt ainfi ceux qui en auoyent quelque peu fe trouuoyent en peine de les girdcr,amp; ceux qui nâen auoyent point, en peine dâen cer-cher. Outre cela ils n'auoyent point de bois que des meu-Wesamp; ruines des maifons,eftoyent mal veflus,defchaux, mal couchez 8c mal blanchis. Les canonnades pleiiuoyent fut eux, 8c les riie.s fc trouuoyent pleines de boulets. Sur terre ils combatoyent main à main prcfqucs en tous endroits. Sous terre en contreminant où ils firent fi bien que deux mines faites pat le commandement du Duefondirét fur les afli.'geans, 8c en acablercnt plufieurs. Neantmoins lesalfiegez continuoyenten leur refolution, 8c cftans af-faillis apres que la fécondé mine eult ioiiérepouflercnt les sifiegeans, qui le ij.iour de Décembre firent vnc batterie 2uec dixhuit Canons 8c quatre couleurines amp;nbsp;tirerent pres de feize cens cinquante coups: puis recommencèrent le lendemain auec vingt cinq pieces .encores de plus grande furic,8c vindrenrà vnafiaut general qui dura vue partie de lâaprefdifnee, 8c fut bien debatu : mais le courage des affie-gezfjt reculer en finlesalfaillans qui fe retirant de vifieffe, a caufe des moiifquetades quâon leur tiroir de plufieurs flancs laillercnt les brefehes ionchees de leurs morts amp;nbsp;blefl'ez. Le grand effort fut au rauelin delà Vacherie, que les alfiegeans gaignerent 8c contraignirent ceux de dedans fe retirer vers le Chafteau.a la premiere porte duquel y eut vn afpre conflidirous combatans à trauersles feux .tonnerres 8c fumees des canonnades 8c dâvnc feopererie conti-nuîlledc cinq heures duranc.En fin apres grande perte des
H H. j.
ÿ.DLXXim.
Henri t e o i sis $ h ï .
Jeux coftezjtnais beaucoup plus des afTiegeans, IcComb at celFa, les arsiege7 ertans to ifionrs m ai lires de la ville St du ehafteaw.niâis bien haraiîèz, Si ncantmoinscontinuansà fê fortifiercontre nouueaux efforts,Us envoyèrent trois inef-fagers à la Noue, pour lâauertir de leur eftat: mais il ne lui fut podible Je les fccourir. Cependant le chef fie faire reueuc amp;nbsp;trouua quatre vingtscuiraffesSc quatre cens cinquante harquebuziers qui promirent les vns aux autres amp;nbsp;cous au chefde ne fe point abandonner, ains viure amp;nbsp;Pur/tment. mourir enfemble,pour leur legitime defenfe. Neantmoins an bout dcquelqiies iours le Colonel Sarricii enuoyépac le Duc propofaaiix aflicgcz,dcfquels la necefsité eftoit ex-treme.quclques articles de compofitionree qui fut pourfui-ui en telle forte, oftages baillez de part 8t dâautre que le . , vingt cinquiefmc iour de lanuier le Duc 8c les autres chefs de guerre aucc lui accordèrent que Frontenay 8c autres gentilshomin?s fortiroyent auec leurs armes ,cheuauxamp; bagtgcriescapitaines,lieutenans amp;nbsp;enfeignesauecchafeun vn courtaiit (sâils en auoyent) leurs armes amp;nbsp;bagages ries foldatsauec leurs harquebuzes,mefches elleintes,6cenfei-gnesployees dedans les cofres: les miniftres auec leurs familles amp;nbsp;bagages: tous menez feurement iufquesa la Ro-chelle,où eltoyent les ollages du Duc : les Damoifelles Si autres femmes qui voudroyent fortit feroyent conduites en leurs maifi)ns,auecleurs familles 8c bagages. Suyuant gçjie compofi;ion,bien obferuce,!es afiîegez (brtirent, 8c à quot;demie lieuë de là , du conlentement du Duc les foldatsal-â lumerentleurs meches,8c marcherentxouGoursainliiuf-ques à la Rochelle où ils furent bien recens, ayans fouflenu vn liege pres de quatre mois, enduré dix mil coups de canon,repouffé pin fieu rs affautSjtiié plus de douze cens hommes, m itilé grand nombre,dâautres, diffipé vnepuiffante armee. Ils perdirent en ce liege vingt cinq gentilshommes, 8c enuiron deux cens foIdats.Lc Duc,pour Ce venger de ks ^pertei lit rafer le charteau deLufignen, lâvne des plus belles forterclfcs de lâEurope.
Quantau Roy,ertint .1 Lyon fon confeil refolutdefiirc dt fmre peur a ceux de Dauphine, dont les coureursauoyent fait fuerre en vnecauilcade vers le Piedmont, amp;nbsp;enlcué quelque bagage (Je Ij fuite du Roy reuenant de Pologne.Le Roy defpitéde ff lies brauades enuoye vne armee pour faire quelque effort cqntfî
Henri teoisiesme- 14*
contreLiuror,qui aucclelâoiifiu amp;nbsp;autre? pVccs incônio-doit granJeiuent le trafic de Marfeillc amp;nbsp;Lyon.Poui ce que f ' ceux du Poulin auoyenr le paffage du Rliofne amp;nbsp;faifoyent de grandes exattions'e Koy leur enuoyc de Lyon fon edit par vu herauldyourc commjnileinent de pofer les armes.8C de lui rendre b place.La rcfponfd des chiefs fur,quâils fe tië-droyent fur leur dcfcnlitie courre quiconque le? .ailauilroir. Incorjriiient Rochegude Si Pierte Gourde du collé duVi-uarais donnent ordre .lux viures 5c munirions de guerre pour celle pl.icc.gc b renforcèrent de cinq cen' harqr.élau-xiers tirez des garnifons au ec les volontaires. Siinil Romain y vint auLi de Languedoc auec quelques comettes de c|uallerie,'S; trois enfeignes de prêtons. Ay.mr poui ueu a ce qui efloit, il fe retire auec les copagnics de cheual dedans Piiua ,polir lecourir les .ifsiegez Commelâarmee du Roy aproclioit,ceux de Liuron furprindrent en vn village tioinnié Beaumont vn regimen de Suides quâils taillèrent enpiece.s. Il y auoit pres de dixltuit mil hommes en lâ.ir-mee fous b charge du Prince dâAuphm.Sur l'entree dâO-ftobre le Pulin fut inuefti deçà amp;nbsp;delà le Rliofne, amp;nbsp;canô-néfurieulcment de quatorze grblfes pieces : puis vn alfaut general donné,que les afsiegez fouftindi ent amp;: rcpoulferêt lfbtufquemenr,quelâarmeeenonneedâauoir petdii tant de ' gens (comme elle fit lors) brandoit pour troulfer bagage, Surquoy auint que les murailles de la ville trop chargees par derriere de terre remuee par les afsiegi z pour leurs fctnnchemens , csbranflees par le tonnerre du Canon fondirent amp;nbsp;sâesboulercnt tout à coup, tellement que les âfiiegeans commencèrent à defcouurit amp;nbsp;battre de dcifus vticoftau prochain dedans la ville, fans que les afsiegez peufTentreparer telles ruines, pour elliel.tpbce rrepe-rtrtiitte. Ce nonobftant, G toll que b batteiie cclfmi , ils faifoyent des forties 8c attaqiioyent des rudes efear-niouches; landi.s que Sainft Romain acouroit d'amre
1 part, amp;nbsp;ne fe palfoit iour que le camp ne full en alar-' tiie.Toft apres Sainft Romain 8c autres entier en b place,.
amp; veu quâen fin,à caufe de lâaccident fufmentlonné qui c- Z.,i pliera-Unit irréparable durant tel liege,la place feroit force'.,ayan. tâMJaârntt, alTetriblé le Confeil conclurent de tirer de la les foldais amp;nbsp;âââ»âift. lubitansice quâils executerér de telle adrcll'e, que tous tant homnies,femnv4.quâenfai)s,fans perte dâaucû,fc retireren:
H H. ij.
Henri trgisiesmï.'
â¢. de niiift fains amp;nbsp;faufs dedans Prinas: amp;nbsp;ne relièrent que quelques friquenelles dedans le Poufin, qui le lendemain auertirenc lâarmce deeequieftoitauenu. Incontinent les aflîcgeans entrent à la foule, pillent, faccagent, bruflent 8C ruinent la place , où ne relia rien dâentier quâvne maifon. Ayans logé garnifon au cliafteau amp;nbsp;donné par celle prinfe lâalarme a tout le pays, ils recoutirent vne partie du Viua-rais, amp;nbsp;cuidans sâemparer de PriuasjSainfl: Romain leur vient a la rencontre auec bonnes troupes amp;nbsp;les contraint de retourner au Poulin.Cela auint enuiron la mi- Oélobre, LorsfuteniointalâatmeedâaflïegerLiuron , amp;nbsp;de forcer premièrement quelques petites places qui cftoyent es en-uirons, Le Prince dâAuphin lailfa la conduite de lâarraeeau Marefchal de Bellegardc, lequel fe failit du chailcau de Grane abandonné de la garnilon, nâeftant place tenable contre vn camp royal : item de Loriol amp;nbsp;de Roinac, auflî quittez à caufe que câeftoyent lieux trop foibles pour endurer le canon.Le Roy commande par lettres à Mombrun de fe retirer en fa maifon', amp;nbsp;le menacesâll ne pofe les ar-nies.Mombrun remonftre lâéquité amp;nbsp;neceflîté de la defen-fiue fur laquelle lui gç les compagnons eftoyent.
Le Marefchal dâAnuilleauoit eftépar faufeonduittrou-iç R_oy à Turin, auquel il auoit )emonftré(ce difoitle de maintenir la paix en elarMi! France amp;nbsp;les deux religions.On difoit aiiflt que le Duc de Martfchtl Sauoye(aquileRoy donna Pinerol, au preiudice de la ^^nuilie Couronne)auoit conftillélemefme.LcMarefchalretour-Languedoc, commence à folliciter S.Romain Sc les Religion pour fe maintenir enfemble quot;nbsp;contre les ennemis du repos public. C ell chofe tenue pour alfeuree par ceux qui fçauoyent lâeftat des afaires,que le Roy, la Roinc mere amp;nbsp;ceux de Gui fe vouloyetit mal de mort au Marefchal, Scdefideroyent le letrer hors defoq gouuerneméc.où il auoit trauerféleurs dclfeins en maintes fortes ,3c monftté auoirpour trelfufpeéirauancement de ceux de Guife quâil fçauoit ellre ennemis iurez de fa niai-fon. Mais dâautrepartjà caufe que le parti de ceux de la Re-« Jigion cftoitmerueilleiifement forten cegouuerncmenr, sâilelloitdefiointdâauec eux câeftoit fa ruine euidente. 11 faitdonquesen forte , qu'il fe met à couuert fousleuroni-fcre, amp;nbsp;airemblelescllats delà prouinceà Montpellier au
coin-
Henri troisiesme.
tommencement deNouembre.où il publie vue longue de-claration,expofantlescaufes delà priufc des armes 5 cou-formes à celles du Prince de Condé amp;nbsp;de ceux de Langue- * doc. A luy sâadioignic le Vicomte de Turenne , fils de fa fÅur,8c fit imprimer auflî vne declaration de mefme (ub-fiance que celle de fon oncle. De ce parti furent auflî Tho-ti Meru frétés amp;nbsp;le Comtede Vcntadour beaufrcre du Marefchalj lequel drelfa incontinent vne armee à lâaide de ceux delà Religion,St eftablit vne bonne amp;nbsp;lou.ibledifci-plinc militaire, fi elle euft duré long temps. Cependant le Roy sâaclieminoit en Auignons fur l'efpoir que fa prefence lieroit les langues amp;nbsp;les mains à ceux de la Religion, fiâr^ââ tout quand on leur prefenteroit la paix.La Roine mere de f- uiye vtrt pcfcha incontinent le fieur de Belloy auecfortgracieufes
, lettres au MarelchaldâAnnitle, amp;nbsp;creance pour lâexhorteraiââ^âquot; à quelque paix, ne laiflant à ceux de la Religion que fimplc liberté de eonfeieuce fans aucun exercice. LeMarefclial qui eftoit à Montpellier Voulut que Belloy declairaft fa trcance deuant lâalTemblee des Eftatstpuis lui dir, fon plus grand delîr ellre de voir en paix la France tant defolee, amp;nbsp;ü proche de fa ruine, fi on ne la fccouroit promptement, (^âvnc bonne paix eftoit trefdifficile à faire, à calife que lesmefchansConfeilliersqui auoyent induit le feu Roy à _ â r rompre le dernier edit de pacification par lâhorrible malFa- ^2°quot;rdial. £rc du i4.dâAouft i57i.eftoyent ceux qui encore alors ma-nioyent toutes les afaires, amp;nbsp;abufoyentdela volonté du Roy 8c de famerépour lâexecution de leurs cruels defleins. Que tels confeillierseftoyent ennemis capitauxdelaNo-bltffcFrançoife, nommément de la maifon de Montmorency. Finalement il ptotefta de fa tîneere affeélion à procurer le bien 8c repos public,proteftant quâil nây efpargne-roit fa vie ni fes biens:8c que fes alfociez eftoyent en mef-inevolontéaueclui.Il nâeutpaspluftoftacheué queS.Romain gouuerneurde Nifmes print la parole, 8c lâadreflant à Belloy.Ie vous prie (dit-il) de faire entendre bien expref- Notailti fit fément au Roy , qijfe ceux là font trop tard venus qui pen- ââ oies du fentnous eftoniier par leurs menaces â¢. ayans moins occa-^'**âââ^*'^* fron de craindre niaintenanr que iamais. Car outre rexpe-^ââ'**â* rience du paffé, Dieu nous a fait cefte grace quâà prefent de trois ennemis,dont les forces nous eftonnoyent, il nây en a plus quâvji qui nous face petit. Lâvn dâiceux fut le Roy
HH. iij. â â
H-u.lxxhii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri trois ib s me.
â¢. Charle',qui mouraiitaiiant lâa.ige a lend que câeft iksâac-tacher à Dieuamp;a lâEglile.Son freie le Duc dâAlençô nous ehikuenn fauorable parla mefcliancete de nos ennemis. Relie le troiiielnie.câcd afçauoir le Roy mefnie. Sâil entreprend de guerroyer contre Dieu amp;nbsp;ceux delà Religion,il fentira à fes defpcns combien elf redoutahlt la main ven-gerell'edcDieu ,qai pour certain le réprimera,comme fou ftere. Celle refponlc fit dreffer lâoreille à plufieurs; mais quant a lâauis de S. Romain touchant le Duc dâAlençon, nous verrons ci apres ce qui en auint, amp;nbsp;lî ce fut vue vraye ou faulfc conicô'ture. Li Rome mere renuoya incontinent drT'Fquot; vers le Marefchal pour traiter des moyens de la r arçwwc. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;plulloft pour ferner dilfenlîon entre icelui amp;nbsp;ceux
de la Religion. Mats pour lorstellcpratique neproduilit .aucun effetl a lâauantagede laRoinc, laquelle fit vnc rech irge au Marefchal, lequel auoit declairé à Belloy que le moyen de bien acheminer les afaires eftoit que le Roy enuoy^ll gens notables auec cxprelle commifsion de traiter auec lui amp;nbsp;fes alfociez , lefquels donneroyent palfeports fulfifans. Elle diloïc donc qiiâil eftoit plus raifonnable que les fuiets allaffent vers leur Prince que lui vers eux. Neantmoins quâen faneur du public elle palfoit par dclTus celle faute, 8c auoit fait que le Roy ne sâen elloit efmeu. Au refte, exhortoirle Marefchal de venir en Cour, ou dây enuoyer de fes plus confidens, auec qui Ion peull traiter. Chauagnac amp;nbsp;deux autres y furent enuoyez. qui apres beaucoup de remonllrances amp;nbsp;pa-roles du Roy à eux amp;nbsp;dâeux au Roy,en prefence de ft mere, (laquelle defcouurit lors bien au'long Ion maltalent , contre ceux de la Religion) arrelièrent le Roy fur ce point quâils ferôvent entendre fa volonté a lâaff-mblee des Eftats de Languedoc, laquelle portoit que le Roy vouloit fes villes lui eflrerendues fans aucune exception, puis il doniie-roit la paix a fes fuiets.
Jgt;tCcnigt;t!i,n tu ces entre,quot;aites,afçai)nirenuiron la mi-Décembre, le mcmra Marelchal de Belle Gardeauec quatorze compagniesdes tte fitgt de gardes du Roy, onze enfeignesde Suilfes , douze dehar-ir»â¢Â». qiiebuzicrs Dauphinois, neuf de PicJmontois, trois cens hommes des vieilles bandes, quatre conipagnies de genf-dâarmesi huit cornettes de Reiftres amp;nbsp;vingt deux grof-fes pieces de batterie, vint afsieger Liuron viHettc en laquelle
Henri trois issms, i44
Ijquelle commaniloit le fieur de Rocfles gentilhomme / ⢠Diuphinoiiacompïgiié dequelques petites troupes, (au quot;â** '* nombre de quatre cens hommes ou eniiiron) mais pleines de courage Sc de valeur. Aux approches il fit faire deux , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
forties, l'vne de iour, lâautre de nuid pour monllrer quâil I , nedormoit pas ; puis ayant aiîeinhlé les gens pour le le- â .i foudre de ce qui eftoir à faire , tous ayans promis de faire deuoir, il sâaprefta pour vne magnanime rclillan-ce , les âfsiegeans ayans poinólé leurs pieces en trois endroits pour renuctfer tout. La batterie commença a.
le vingt viuefme lour Sc continua les deux luyuans, durant lefquels furent tirci onze cens coups qui htentJ^ vne brelche de fix cens pas. Mais Bellegardc non coulent dâvne telle ruine , amp;nbsp;voulant tout abatre fit re- *-âj nbsp;nbsp;-,
muer les pieces , amp;nbsp;le vingt cinquielme iour recommencer vne batterie de quatorze cens coups , qui fit vne autre plufgrande btefehe. Outre plus il gaigna le foffé, amp;nbsp;couiirit fes gens de mantelets 5; autres defenfes, fans que les afsiegez peuflent y donner empefehement ; car ils nâauoyent pour toute contrebatterie quâvne piece de Campagne portant la baie grolle comme vncftÅuf, que leshabitans rouloyent tantoft dâvn collé, tantoll delâau- , Ire, dont ils riroyentâtrauers les premieres troupesqut ⢠le dcfcouutoyent trop pres en campagne. Du commencement les afsiegeans sâen moquoyent , faifans gam- * bades 8c promenades autour de la ville : mais apres , que celte piece cult mouché plulîeurs de leurs compagnons, ils cellerent de femonltcer. Mombrunayantdef-pefehe cent hommes de renfort pour les afsiegez, il nâen entra que quatorze dans Liuron,les autres furent contrains rcbroulfer chemin. Or tant sâeu falut que ceux de Litiron ' sâeftonnaffentde ces brefehes,quâau contraire fur le poinft de lâaflaut.ils efleuerent vne p'cque à laquelle elloyét atta- ' chez v.n fer de cheual, des mitaines 8c vn chat: dilans par ce rebus, Marcfchal, on ne prend point vn chat fans motuffles , cell à dire vne telle place 8c qui a des i ongles pour fe défendre, fans beaucoup dâadmlfe St de
Valeur. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;v
Maislailfons pour vn peu Liuron, afin de nâoubiier ce Drcuurtfuf qui auint au mefme temps en Auignon , fort foudaine Umtrtd» ment 8c contre feipcrance de tous: Chailes, Cardinalâ
/I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HH. iüjs.
Henri t r oi sie s m t.
M.o.Lxxiiir.
Cardinal de Je Lorraine,ennemi iuré Je tous ceux Je la Religion jlâvrt jgj flâbeaux Je la guerre ciuileenFraiicC,mourut le »ingt-â troifiefmciourju rai fine mois. Quelques vns ont clcrit Æ que des Lyon il sâeJoittrouuc inâl,y ayant elle cinpoifon-f lâojeur Je certaine magnilique bourfe pleine Je râ-
** â res pieces dâor, dont prefent lui auoiteiié fait Jufeee delà Roine,amp; Je quelques autres, qui auoyent J. fcouuert que le Cardinal pratiquant le mariage du Koy auec Louylède Lorraine fille duComtede Vaudemonr,la parente,preten-
I dólt ié mettre auec fon neucu le Duc de Guife en mefnie train que du temps de François fécond' Les autres k ra-contcift comme sâenfuit. Entre autres feiles fuperfiitieu-, fesjdont la ville d'Auignonfuietteau Pape,eft remplie, il y
1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;enavne, qui depuis sâell efpandue en quelques villes Je
France,nommee la confrairie des battus,Icfquels couuerts ^depuisla telle iufquesaux pieds dâhabitsblancs,ou gris,ou iioirs,ceints Je cordes où ils attachent vu foucr,ricn nepa-j roiifant defcouucrt que leurs yeux,amp; vne partie du dos ou des efpaules.auec certains fouets qui ont des rofettes oupe tis efperôs au bout, fe vont fouettant par les rues, iufquc' à effufiô Je fang,en proceflîon noilurne,Si failà nt ch.ïter»i(-fercrc, à la claircé des torches , afin de rendre par le (ilence b nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' dlt;: lâ niiiél celle ceremonie plus a^ufcamp; refpec'lee.Qurl-
quesfois ils trotent aufli le lour, amp;nbsp;vont par les temples, * ellimans par telle laignce,quâils appellent penitence,nieri-I terremilTionJespecner. amp;auoir des pardons à tcuenJre, Le Roy fc ioignit à vne de lès troupes de ces battus ellant I fiiiui delaplulpartdescourtifant,qui(alaf!çon Jesiugts) enfuiuent tout ce que fout leurs maillres. De ce noniore
' I fut le Cardinal, qui marchant pieds nuJs amp;nbsp;les efpaules â defcouucrtes en procelTion Jurant la rigueur de lâbiucr,re-tourné en famaifon, la mort qui nefciouc passâappiocha A de ce loueur, lequel pres du feu ferepentoir de sâeilre repenti amp;nbsp;battu, pour ne fcmbler moins deuotieux que les autres. Toutcsfoisfe trouuant vn peu mieux lelendpinai», ' l il feleua pour aller au Confeil, où fe traitoit Jâvn afaire important. Le Roy quifaifoit Jcsdcfpenfesexcel^luesc-| lloitafamédâargcnf,cequi cmpéfchoit les coiifeilliers,en-treautrcsle Cardinal, à cercherdcquoy remplircegoufre. Entre autres expediens, ce prélat mit en auant quâil faloit I vendre pour cent mil efeus de benefices. Le député du Clergû
Henri TkoisiESME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;24Ã
Clergé venu en Cour pour sâoppofer à lâarreft de relieve- 1 te,fans refpeftcr robe ni bonnet, empoigne auec rudes pa- ' gt;nbsp;roles le Cardinal en plein confcil,lui reprochant fon ingra- 1 titudeSt le tort quâil faifoit au Cierge de France de qui il ' tenoit fa grandeur amp;nbsp;tous fes biens. Le Cardinal oultré de cholere,amp; non acouftumc à telles ccnfures.fit refponfe tel- j le que fon dcfpit lui fuggera, 8c mefmcs sâefforça dâoutrager ce depute. Or damant quâil clloit befoin de faire vne defpefche à Rome, le Cardinal, encore tout bouillant de j courrouï, fe mit apres iufqucsbien auant en lanuift; 8c ⢠cuidant repofer, la heure lâempoigne de ferre de fi pres que le lendemain matin yifîté des médecins ils trouuent(royâi I beguayer 8t le contemplant qui iouoit des doigts) quâil al- ⢠loit tomber en frenefic. Leur auis fe trouua veritablexar 1 toll: apres le Roy lâcftant venu voir, il commence à faire le * fol amp;nbsp;lâenragé. Ayant duré quelques iours en cell eftat, on 1 luiapporte lâextrenic ondion laquelle i) fitvetfer en va 1 bjfTtn d'argent ; puis quand le preftre sâaprocha, lui trem-pint fes mains en celle huile efpailFe en barbouilla toute la faccdecepauure engraifieur: durant fa maladie il ne dor-l ' mit point, ne ceflant décrier prelqnes toufiours à pleine '
telle Comme vn furieux, amp;nbsp;partit ainfi de ce monde pour alleren fon lieu. Telle fut la fin de ce grand efprit, qui par lâefpace de vingt cinq ans auoit manié vne infinité dâafaires dedans 8c dehors le royaume,remportant pour rccompen-fe des peines quâil auoit données à foy mcfmeSc à tant j dâautres, que lâelprit lui défaillit au befoin, nâellant fage ni ' pour loy ni pour les fiens, lailfant vne trefmauuaile odeur gt;nbsp;de fon nom, en ce que de lui 8c de là maifon font procedei 1 les confeils,moyens 8c principaux inftrumensquiontferuï ' à la trefiulle indignation de Dieu tout puillant pourcha-fiier la France 8c les François les vns parles autres depuis cinquante ans en ça Comblé quâil y eull eu autresfois fort I â ellroittcpriuauté entre lui amp;nbsp;la Rome mere, li ne peut clic lors fe Contenir de dire,parlant du Cardinal, que ce ij.iour 1 de Dcccmbrc,vntrcfmefchanthommeeftoitmort: 8c câe- I , floit vn commun propos entre les Courtifans,que la Rome mere sâeftât ces mefmesiours retiree aucc quelques fienes I femmes en fon cabinet, toute eflrayee fe prent a crier, I ClialTezccCardinal, voyez vouspas quâil me fait figne 8ci â mâappelle du doigt î Telle vifion lui aparut encores depuis, 1
Henri troi sus m ti
« D.txxnir.
gt;1 «âot F
⢠amp;nbsp;fut on contraint de lui bailler compagnie, luieftoit I I impolTible de fubfiller feule. Dâautrepart, ceux de Gui-fe faifoyeiit Courir despacquets, Sedesliurets impiimcz qui reptefentoyent leur Cardinal comme vn homme tom-' béduciel, amp;qui3uantquâexpirerauoitditdc bellescho-( fes: defquels bruits fes médecins amp;nbsp;valets de chambre fe hoyent comme de contes faits à plaifir par des dateurs
1 pour actocher quelque lopin de benefice. Le iourquâil mourut, la bife fut fi impciueufe, notamment en la ville I dâAuignonTque nul nâofoit mettre lepied hors la maifon,
les tuiles clloyent emportées de delTus les toids, le Con-uentdes Chartreux qui cil aux fauxbourgs fut tout def-couuert,ce vent y arracha des treillis de fer: amp;nbsp;y eut vu tel tintamarre dedans le logis de ces moines, quâil fembloit que toute lâartillerie de France foudroyall en ce lieu. Le Cardinal deflogea parmi celle tempelle. Le peuple pres amp;nbsp;loin demeutoit tout raui voyant telle choie, confef-fant que ccd orage du tout extraordinaire en lâair , Si. fur tout là où eftoit la Cour de France , ne lignifioic autre chofe finon vn auanture bien remarquable iamp;pen-
I
1 I
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ünc au Cardinal gt;nbsp;difoic que ceii homme auoic rempli fa maifon de richeffes imniehfcs amaflèes par trefinef-ihantes pratiques, tourmenté amp;nbsp;faccagé Ia France par guerres fur guerres : quâil leceuoit le loyer de fcs de-portemens que la mort sâelloit mocquee des richeiTcs amp;nbsp;fîneflés de cell homme, nâayant feint démordre amp;nbsp;engloutir celui qtki^ fous prctexte de leügiou, de douces paroles Sfdevifagede Chameleon auoit mordu grands amp;nbsp;pen's : briefquâvneli mtfchante vie que la liene ne pou-tioit pas auoir eu bonne fin. Ceux de la Religion adiou-ftoyent que lâadmirable prouidence de Dieu reiuifoit en celle mort inopinée du Cardinal, venu en Auignonpour armer le Roy de France amp;nbsp;de Pologne contre ies Eglifes Chrelliennes, luec efperance que dâvn (éul foufleamp;a la menace de ce grand Prince il renuetferoit tout. Quâil e-floit auenu tout au contraire, que ce maiftre archntcle de confeils violens amp;nbsp;fanguinaires,parmi les triomphes imaginaires, auoit fait vnemalheureufefin : que ce cauteleux confeillier qui auoit oppofé les fubtilitez de (on efprità la fà gclfe de Dieu auoit efté faifi de frenclîe 8i (aluié de fes
confcilspernicieux: quâen fon aneantiffemeue touspou-
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uoyenc
Henri troisiesme, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;z4£f
uoyent aprendre quâil n'y a point de prudence contre â¢â¢rtvv Dieu , lequel afadit les plus grands efprits du inonde , quand ils ofent fe prendre à luy : mais que pourtant nâeftoyent morts tous les ennemis de lâEglife, qui fera exercee par tels fléaux , iufques à la tin du monde. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Apres le retour des députez , le Marefcli.il uille Sc les Ellats de Languedoc, conurent bien quâon tafehoit les endormir. Pourtant ils fe refoluenrau con-traire, affiegent, esnonnent amp;nbsp;prenent Sainft Gilles, villettc proche dâAuignon, dâoù Ion entendoit tonner lâartillerie, lins que les courtifans sâcsbranflaflent pour aller au fccours: aufli eftoyent ils occupez tantoftà dan-fer, tantoft à alleren proceffion amp;eftrc delà confrairie des battus. De lâautre collé du Rhofne eftoit Monibruù auec fes troupes de caualerie, qui battoyent les chemins amp;nbsp;troufToyent toufiours quelques allans ou venans.Quant à Liuron, le vingt fixiefme iour de Décembre les af-fiegeans donnèrent vn furieux alTaut en deux endroits, amp;nbsp;lâefcalade en vne autre, où les afsiegez, hommes, femmes , filles, amp;nbsp;ieunes garfons, sâemployoyent fans sâcfpar-gner, amp;nbsp;contraignirent les affaillans de fe retirer , a-yans laifle grand nombre de leurs foldats 8c quelques chefs aux brefehes dans les foflèz. Du colle des af-fiegez furent tuez le fleur de Roelfes leur cbcf,Fiancey amp;nbsp;Bouuter capitaines, 8c plufleurs foldats. Apres aubir tendu graces à Dieu qui leur auoit donné force 8c adrefle derepouflcrvne telle multitude dâennemis, ils efleurenc pour chef la Haye, ieune gentilhomme de lâaage de vingttrois an.s, vertueux, 8c agreablé'avMs^dats, 8c quoy quâil full au liét à caufe dâvnc blelTure le contraignirent dâaccepter celle charge, de laquelle il sâacquitta heureu-fement. Lercfle du mois la batterie continua de de
hors, Sc la fortification au dedan.s, ou vn ingenieur trefexpert nommé luilier fit de
grands feruices aux af- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.....
fiegez. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
Si.D.Lxxr.
Henri troisiesMé. dTl X X V.â â~quot;
fl â nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;® °â' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;au (iege de Liuron, pourfuy-
ilteelktt i uons-Iclufquesà lafin. la batterie recomméça le premier ioiir de lanuiet, amp;nbsp;dura iufques au feptiefme fuyuanty tandis que Ion minuit fous la tour de la Fontaine,! quoy les aifiegez^remedierentparcontreinine. Huit groffespieces ayaus elle remuées dâvti autre cofté, tirerent huit cens coups, tandis que vers celle tour, amp;nbsp;versla porte dâAm-peehjles all'iegeans necellbyent de canonner.Le huiticfnie j jour du melmemoisfut donné vu fécond aflaut general en trois endroits, où lesSuilTes (non acoultumez dâallerà la brefehe pour aflaillir) marchèrent celle fois, (ur lâinllance' quâils en firent au Marefchal de Bcllegarde. Dâvn autre collé fe trouuerentles vieillesbandes,Sc en vn autre les Pied-niontois.Tous firent vn mcrueilleux deuoir,maisà bi£naf-faiHi bien défendu. Vn payfan de Ljutonsâeftjnt mis dans vnctourdemi tuince^ à coups de pierres amp;nbsp;de harquebu-zes tua grid nombre de ceux qui aprochoyent de la brefehe, 5c ne leur fut ianiais pofliblc de ledçfnicher delà - Les /emmes à coups de pierres,de demi picques amp;nbsp;de pi Holes,-rcpoulTerent les Suilfes, amp;nbsp;ne bougèrent de la brefclie que les alfaillans ne Ce fulfent retfre-z. Le lendemain amp;nbsp;le iour' fuyuant la batterie ceffa: cependant les afliegez, hommes amp;nbsp;femmes, remparoyenc alaigrement en diuers endroits,-amp; firent alïeoir au lieu kplushaut efleuc vne femme filant la quenouille au collé. La nuiél de l'onzicfmeiour ils receurent renfort de cinquante deux foldats. Et le lende-miin le Comte de Gayaffe Italien, Colonnel des Suilfes^ ellant vnpeueflongnédu camp, fut furprins amp;nbsp;tué par quelques caualiers que Mombrun auoit enuoyez à la def-couuerte.Quant aux Picdmôtois,vne maladie les lâaifit,qui en defpefcha la plufpart,tellement que le Royentédat que les triomphes que là mere amp;nbsp;fes confcilliers lui auoyét promis fe conuerttlfoyent en couronnes de paille, commanda
' I Sâââ*! trouHà ft bagage, pour aller a fon facré : que le fiege ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;full leué de deuanr Liuron, amp;nbsp;que Ion remift deffus quel-
frinfe JC Ai 9â^ negotiation de paix pour defarmer ceux de la Religio. XUf/mtrr«. Ce qui le fit encliner à cela fut la prinfe dâAigucfinortes, V ille maritime, de ttefgrwde importance , que ceux de la Religion furprinJrcnt le ix.iour de Ianuier,amp; la déclara-
Henri troisiesme? 147
hâon faite le mefme jour par le Marefchal dâAnuille pour 1. alfociationauec les autres, amp;nbsp;pour la coutinuaciondela â¦ââ¢r»â*» guerre iufqucs i vue ferme paix. 11 partit donqiies dâAui-gnonlei3, de laniiier, Sepaffant pres de Liuron demeura quelques heures au camp, Sc fit donner à chafeun des fol-dats vn teflon. Les aflâiegez entendans que le Roy efto:t fi près dâeux, lui drelfent vne faluedâharquebuzades, puisfe prenentahuer gccriera gorge defployee , maugre leurs chefs, difans milleiniuresau Roy amp;nbsp;à la Roine, en celle 6 /475«;»», fortequâon les oyoit aifémeni:amp; entre autres propos,xeuit ci furent repetez plufieurs fois, Hau , ma/Tacrcurs vous ne nous poignarderez pas dedans nos lifts, comme vous auez fait l'Amiral', amenez nous vn peu vos mignons paflefil- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
lonnez, godronnez Sc parfumez, quâils vienenc voir nos feniuies t^ellcT Telîr feront conoUtre ficâeftproyc.iifèeà /'ââ''ï^y'*ÿgt;'crf* emporter. Plufieurs gentilshommes amp;nbsp;capitaines elfoyent treftnarris deceftelicence foldatefque, amp;nbsp;neantmoinsre^ tnarquoyent en ceshuees, que les horribles defordres 8e cruels traitemens faits aux pauurès François depuis quel' ques années, auoycnt tellement altéré les efprits de la plu-fpart, que Ion auoit misbasceflereuerenceque la nation Françoife foaloic porter à fou Roy : 8c que la iufte douleur emportoit fi loin les affligez quâils ne pouuoyent plus fe çontenir.Lors que le Prince de Conde', rué à Baflac, 8: lâAmiral, commandoyent aux armées gt;nbsp;le iio-ndeRoy elloic tant refpefté au camp 8c parrni les bandes de ceux del,a S.cligion,quequiconque sâingeroit dâen parfiv en mauuaifc bouche,eftoit incontinent 8crudement chaftié. Le.s caufes de ce changement procedeicnt de la defloyauté, desCon-feilliers pernicieux, qui fouillèrent mefçh.âmenc les mains royales au fang des panures fuiets, lefquels ils reduifirenç à telle neceflité, que ne pouuansplus fe fier es promefles de leur Prince , force leur fut de cerclier refuge Sc prore-ôion ailleurs. Nous verrons ci apres quelle en fut Piffiie.
Sur la retraitedu camp de deuan^ Liuron, les aflîegez firét deux forties lâvne de nuift, lâautre le lendemain matin, 8c tuerent force Suifles Sc Piedmonrois : niefmes les femmes allèrent defeharger leur cholere fur plufieurs blcffez qui nâauoyent peu marcher fi vifie que les autres. Le relie des Piedmontois repafferent les monts pour fe contenir chez eux. Qmint aux Dauphinois, confus dâauoir beu tant de honte en ce fiegfjils sâefcarterçnt qui çà qui là . Quçl'quç^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
U.D.LXX7.
II 8 M R T \ T ROISIE S M E;
cornettes de Reiftres fuiufrent le Marefchal de Rez ch re*^r lârouencc : Si les autres auec les Suilfes furent laifTez au dt fait! la DrJcdâVzezpourfairela guerre en Languedoc , dont le i»errt d Roy lui auoit donné le gouuerncmenr. Parmi cela Ion en-tiux ifuâit tremefle vne nouuellc pratique pour la paix,dont fut parlé quot;ââ^'ââ''â 'fcnPafTemblcedes Eftats à Nifmes,amp; Mombrunlbilicité ⢠maitttt- J,y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de Dauphiné Cependant le Prin
niu.
ce de Condé feiournant à Balle eftoitenuironnédâcfpions
quidonnoyent a'iiï en Cour de tour ce quâils pouuoycnt defcouiirir de les confcils. Le DucdâVzezaucc vingt deux compagnies de Siii/fcs, quelques cornettes de Rentres S de François,palTi du Dauphiné en Languedoc,où il ramaf-, fa encor quelques forces amp;nbsp;en tira du Viuarais. 11 auoic faitoauerteprofeflion'dela Religion vnbien longtemps, * â '* amp;nbsp;proteftoit ne vouloir faire guette finon au Marefclial dâAnuille amp;nbsp;à fes alfociez : promettant à ceux de la Religion de faire leur appointement aucc le Roy, s'ils vouloyét fe defvnir dâauec tes politiques.Mefmesil auoir pres defoy vn minillre nommé la Haye,nâalloit point à la melfe, ni ne cômuniquoità pasvnedes autres ceremonies de lâÃglilë Romaine. Quelque téps apres la Haye ayant elle prins 8c a.mcné prifonnier a Auignon, y futexecutéà wortparle Commandementdu Cardinal dâArmaignac légat du Pape, à cauCe de la Religion. Chafeun sâefmcrueilloit de ces changemens/ LeDuc d'Vzczelloitarmécoqtreceux de la Religion, pour la proteftiondefquelsilauoitmaintef-foiscombatu en routes les guerres precedentes: au contraire le Marefclial dâAnuillelesmaintenoièalors.hyante-flé aptresfois leur ennemi capital. Tout cçlaefloit rapporté ala finefiedes grands.quijfmsfefoucierde vraye ou faufle religion , adheroyent au parti qu'ils elbiiioyent leurdeuoir eftrc plus auantageux, abufant de lacaufeSc du 'nom de Religion pour piper le pauure peuple , qui couché entre lâenclume amp;nbsp;les marteaux, comme on dir, fupportoit les coups de la folie de ceux qui fé-defehar-geoyent ainlî fur lui Le Duc dâVzez ne gaigna gueres à telles pratiques, aufli ne lui' bailloit on telles commiflîons
ruineufes que pour le ruiner lui mefmcs.
ââ La retraite du Roy remit fus ceux de la Religion en nufittte îes Languedoc : mais les dilfolutions amp;nbsp;fcandales eftranges. fiiitiautt lt;icirgt;oIitâQves mêliez parmi eux, aclieua dâefteindre ce feu dâaft'e-
Henri troIsiesme. 148
â^âifFcâion à la pieté amp;nbsp;dedifciplinequileurreftoic. Leâ«ife ttust Matcfchald'Anuille fe fouuenoit peu delâobferuation des conditions par lui promifes amp;nbsp;contenues en rafl'ociation.^âââ Ccpendantil entretenoit de bonnes paroles les minilltes amp;nbsp;âutres de la Religion; maison voyoic les desbauches amp;di{folucion$sâauanceramp;fe desborder au long amp;aular-ge comme vn torrent. Les exadions amp;nbsp;brigandages croif-foyent à veue dâÅil. Le Marefchal efloit gouuerné par vn certain fecrettaire nommé Charretier,homme conipofé de toutes fortes de vices, amp;nbsp;le plus dangereux dâentre tous les politiques. Apres laprinfe dâAiguefmottesle Marelchal fitentreprife fur Beziers, amp;nbsp;print enniron nonante bourgades amp;nbsp;villages es enuirons. Au contraire le Duc entra au territoire dâVzez, prétendant que fes fuietslui rendroyent la ville ,8c sâempara de Sainft Pcrreol, villette proche, 1 quilui feruit beaucoup, 8c incommoda grandement ceux dâVzez,
En ces entrefaites le Roy fut facré à Reims le quin- Slt;tert du ïicfmc iour de Feurier, Sc incontinent apres rcnnoya à lâEmpereur Maximilian fi fille Elizabetycfucde Char-H ncufiefme, mais petitement acompagnee pour fa qua-litéjdontla renommee faifoit reproche au Roy, §c lâac-vrfut dt eufoiton dââuoir oublié le raagrifiqueacueil quâilauoitre- Churln ma ceude Maximilian peu aptes fon iffue hors de Pologne.
En dedogeant, Elizabet ne peut fe contenir de feplaindre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
pour adieu, que Ion auoit forcé fon mari le feu Roy de fortir du mondeauant le temps. Toll aptes le Roy ef-poufa Louyfs fille de Nicolas Comte de Vauderaont en Lorraine, ce quâon eftimoit auoir eftê pratiqué par Ceux de Guife parens de celle damoifelle (que Ion elli-tnoit deuoir eflre femme de Thoré , dernier fils du Connellable) pour sâapuyer Sc maintenir contre l/s mai-fous de Bourbon 8c Montmorency : 8c par la Roine mere aufli, pour retenir toufiours lâauthorité quâelle auoit acquife en France. Car fi le Roy euft efpoufé quelque ptinceffe, elle euft tenu fon rang s 8c abailTé fa belle mere. Oiicreplus Ion penfoit que celle Damoifelle e-ilant d'vue race fertile feroit des enfans en grand nombre , au moyen dequoy la Roine mere auroit rouf- . nbsp;nbsp;nbsp;/
jours les clefs de la maifon. 11 fembloit du temps
M.D.ixxv. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;He m T t r or s ies u e.
de Charles ncufiefme, que lesdiflolutionsdelaCourne pouuoyentcroiltrcdâauantage: mais à cel} auenenicnt de Henri troifiefme, fur tout après fon mariage, elles le def-borderentlioutrageufement, que ccquiauoitellépraci-que fous ces anciens Empereurs Romains,maillres de corruption, amp;nbsp;lafciueté totalement detelhble,fembla lors re-nouuellé amp;nbsp;remis au delTus. Vouloir fpccificr cela,ce feroit dcfcouurir ce quâil y a de plus honteux en Suetone, He-rogt;lian, Lampride, amp;nbsp;autres tels anciens htftoriens.
Tandis que la Cour fe plonge amp;nbsp;fond en delices,la gucr-en nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sâcfchaufe en Languedoc. DâAnuille prend la ville amp;nbsp;le
duc ir ail- Chafteau dâAlais : fes troupes amp;nbsp;celles du Duc dâVicz fe burt. rencontrent par plufieurs fois, amp;nbsp;en tombent de part amp;nbsp;I dâautre.En Viuarais ceux de la Religion furprenent le cha-fleau du Poulin,efgorgent le Capitaine amp;nbsp;la garnifon. Le â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢, Vicomte de Turenne pat lâentremifedeLangoyranfur-
prend Perigueux,Briue la g3illarde,Vzerche, Sc autres places. La garnilbn de lâriuas print par intelligence la ville de Beysen Viuarais. Tout cela sâexecutoiten Feurierîf en Mars ; tandis que la Roine meteeftonnee amp;nbsp;irritée de tels fucce/faifoit hiller les députez du Prince de Conde', de Saintonge, de Dauphiné amp;nbsp;de Languedoc, pour auilèr à , . quelque pacification. Les afaires en Saintonge amp;nbsp;es enui-l. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Rochelle fe remettoyent en quelque train pour
â ceux delà Religion: ce quifîthaftercellcpratique, ioint que depuis la reddition de Lufignen les forces du Duc de Montpenfier sâeftoyent ruinées dâelles mefmes. Les députez de Languedoc arriuez à Paris le dixicfme iour dâAuril, yayans trouué les autres, furent tous cnfemble appeliez le lendemain au Louure deuant le Roy, lors acoinpagné des deuxroines, du Duc dâAlençon, du Roy de Nauarre, du Cardinal de Bourbon, Duc de Montpenfier, Marefchal de Rez,Moruillicrs,Limoges,Chiuerny,S: Bellieure, Vü-Jequier confeilliers du confeil priué, amp;nbsp;Fixes fecrettaiie dâellat.Apres les reuerencesacouftuinecs,ilsprefentercnr, outre les lettres du Prince amp;nbsp;du Marcichal, vne ample re-quefte en laquelle ils demandoyent libre amp;nbsp;entier exercice de la Religion par toute la France, Nouuelles chambres n,â4ârfâ 'fsparlemens pouradminiflrationde iufttce fansacceptiô d« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;petfonnes.iufttce des malfacres, foulagemcnt des tailles
5c i!npolls,librcalfembleedesEftatsgeneraux, alfeurance pour
Henri troisiesme.- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;î49
Dr,â .«â rfM Lr
poutlâcntretenement de l'edic de prétendue pacification. , Apres la lefture de celle requelle, le lieur dâArennes, am-Wadeur du Prince,fic vne lôgue harangue au Roy, lequel A»«i fit vnegracieuferefponféj promettant la paix, amp;nbsp;tout bon 4 traitement a les fuiets,moyennant quiS par efteft ils fe niô- ' ftralfent fideles. Puis ayant commandé aux députez de fc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j.,.â
retireren lâantichambre, les fit rappeller enu iron vne heu-'taprcsjfepleignantquâcnleur requefteprerentement leuè y auoit des choies qui ne pouuoyent pall'er,fupplid de dire tjue câetloit, il toucha le ptemier article, du libre exercice lie la Religion. DâArennes requit que quelquâvn des con-fiilliers enexpofaft les raifons : dont le Roy donna charge nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
1 âMoruilliers, lequel sâexeufant pour lâheure, Icpourparlé Difiium fiitreuiis au lendemain, auquel iourfut feulement difputé/«r/« ârtiplement de part amp;nbsp;dâautre fur ce premier article, lequel lts députez retindrent fermement, fans queiamaisilfut'*'^â
I poflible au Roy ni à la Roine mere, ni à leurs confeilliers, leur faire rien defmordre. Au iour enfuyuant fut parlé de j laiuftice,puisconfequemmentdediuers poinds couchez tnhrequelle (é rapportans aux principaux articles fuf-Dtentionnez. Le Roy, fa mere amp;nbsp;leurs adheranscondam-nttent plufieurs fois les confulîons des maffactes, inlillaus «pendant que Ion fill vue abolition de tout le palR-.Quin-zeiourssâellans efcoulezendifputcs,difcoùrs,belles paror
; IcsduRoy,qui vouloir quâon feremill de toutes ces dema-des à fa fimple volonté,moyennât quoy il promettoit donner contentemeiit aux vris Seauxautres,finalemencou ap-ptlletous les députez, aufquels Fizes leut dans vn uapier queleRoyaccordcroit à ceux de la Religion huit villes en Articles ae Languedoc, telles que bon lui femblcroit dénommer, fix en Guyenne dont Môtauban Sc h Rochelle leroyct depx: deux en Dauphiné: efquelles leur feroit permis libre exer-
I cice de leur religion : à condition de lui rendre amp;nbsp;remettre j es mains toutes les autres villes Sc places qu'ils detenoyét, tntel ellat quâiccHes elloyent auan.t la guerre. Quant à la
I iufticc,quarteconfeiiliers nouueaux feroyent par lui créez , amp;nbsp;adioints à feize autres du parlement de Parisilefquels en-. fembic il ellabliroit pour faire vne chambre,en laquelle feroyent vuidez les proces de ceux de la Religion.Que mef-me nombre feroit eftabli a Montpefliet, amp;nbsp;quâentre iceux y en auroit quelques vns de la Religion, lefquels auroyent
II. j.
H I N R T T R OU I ! ! U i;
J liberté de tecufer en chafcun Parlement quatre cÃfeillieM» ^fans eftre tenuî dedeclaiter les caufes de cefterecufation. Les deputea^demandrrent copie de ceft eferit qui leur fut ') refiifee:au moyen dequoy ils decîairercnt que ceux qui les auoyentenuoyez ne fe contenteroyent point de cela. Sur i lesreinonftrances bien amples qu'ils firent le lendemain to ichant cefte premiere declaration du Röy,en fut drclfee amp;nbsp;leuë vne fécondé,portant,que le R-oy permettoit à tous I çeux de la Religion de demeurer où bon leur fembleroit ' en Ton royaume,en toute feureté de leursperfonncs,amp; fans . yeftrc recerchez pour le fait de leurs côfciences,moyénat quâils vefeuflent modeftemét amp;nbsp;paifiblemét fous lâobeilfin ! ce des ediu.Quâilspourroyent faire libre exercice de la Rç ligion en toutes les villes amp;nbsp;places quâils tenoyent, forsà Môtpeflier, Cadres, Aiguefmortes,amp; Beaiicaire.Qiielesfei gneurs de fief de haubert auroyent mefme droitpoureux, leurs domcftiques,% tous autres en leurs maifons.Quelcs gentilshômes quinâauroyct tels fiefs pourroyct auoir exer cicepoiir eux amp;nbsp;leurs famillcsimoyénant que ce ne full das Jes villes ni es faiixbourgs. à dix lieuës de Paris, ni à deux lieuës de 11 Cour. Apres beaucoup deconteftations delà ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;part du Roy 8c de la Roine mere fur ce que les députez de-
inandoyequot;t leur congé,8c copie des refponfes du Roy a la rçquefteSc aux articles par eux offerts,pour reprefenter le ' routa lâalïèmblcedes confederez: les arabaffadeursdâAn-gleterre, de SuilTcjde Sauoye intercederent pour vne commode paix, fans elFeél:8c les députez sâen retournerent,cx-â ceptez dâA rennes 8c Mircbel, aufqueis le Prince de Condé commanda par lettres de demeurerenCourpoUrentte-tenir le Roy en volonté de faire la paix, liifutrre Celle negotiation nefcruitquâà faire efclorre nouuelle rcrâ»â»«quot;« guerre.La Meauffe gouuerneur de Nonnay en Viuaraisa-uoitfurprins Andance villette fur le Rhofue,que les Lyô-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nois auoyét reprinfe 8t fait la Meauffe prifonniertau moyé
dequqy Rochegude, gouuerneur en Viuarais pour ceux de la Religion, craignant que Nonnay fe perdift i effaya de la fortifier de gen'. Sây acheminant il rencontre les ennemis, les charge 8c meten route. Mais en lapourfuiteil fut fi rudement b'effe que tort apres la mort sâen enfuiuit.Ceux de Viuarais en plus grandâ peine que deuant, Ã caufe de cefte Suancure, 8c des aprochesdu DucdâVzez,furentfoulagcz . parh
Henri t R o'iâs i % s M i.
P*t la Valeur du gôuuernciif dc Beis, amp;nbsp;dê Pierre Gourde lui y mit vu renfort de cent cinquante foldats,à lâaide def-,uels la ville fut debatue quelques heures contre le camp royal qui lâaftiegeoit au commenceibent de May .puiyquic-âredes chefs amp;nbsp;loldats fe retjrans es dâeux charteaux,efquels 'hfemaintindrent, firent vnefortie fur les alTiegeans,en quot;icrcnt plus de trois cens, amp;nbsp;fans lacourageufe refiftance ih Sudfes eulfent emmené ou encloué tourelâanillerie. l-tDucdâVzez nâaÿant peu gaigner par argent amp;nbsp;belles Pâotneffesceux qui n'auoyent redouté fon fer ni fes mena-%fit charger fon artillerie fur le Rhofnc, leua fon camp, amp;fitmettre le feu en vne partie des maifons amp;nbsp;de la ville de Beis, à lâoc cation dequoy il acueillit la malvueillance Sz Mcdiâion de tout le pays pres amp;nbsp;loin, qui vomifToitde ttrribles repiochescontre leDuc,lequel toft apres fit enco-respis, senaigrilfant de plus en plus contre ceux de la Religion quâil auoit aiitresfois maintenus fi courageufement.
En ce mefme mois,ceux de Marfeille sâefleuerent en ar-
â Hts contre les gabellicrs amp;nbsp;peagers Italiens,coururent à la douane amp;nbsp;par le commandement des Confuls prenent les MarfeiUe-
â l'Utcs de comptes ,regiftres , papiers , poids amp;nbsp;mefures de lâtfiittdt ' t'sExafteurs , Si jettent tout en la mer : puis ferment la Er«»«««.
Ilouane, Sc gardent foigneufemcnt iour 8t nuift les places I amp;nbsp;portes de leur ville. Les receueurs des tailles pour
1' Roy eurent de la peine en plufieurs autres villes de îtouence, amp;nbsp;furent contrains fe cacher ou fauuer de vi-fttffc. Dauantage il sây foufleua vne bande de mal conteur, que Ion furnommoit les Rafe7,,{pourcequâils fai-, loventacouftrer leurs barbes dâvnc nouuelle façon pour sâcntrereconoiflre) qui sâarmoyent contre les exafteurs des threforiers amp;nbsp;receueurs,amp; en celle bande fe trouuerée plufieurs de la Religion, amp;nbsp;quelques vus de ceux qui e-fioyent retournez à la melfe depuis les malfacres. Ou-! tre tout cela , ceux de la Religion tenoyent en icelle ptouince Lourmarin , Riez, Seine , 8c quelques autres vil- __ â ieties, ayans pour claef le Baron dâAlemaigne, Orezon, ïftablonSc autres gentilshommes. Ces ardeurs sâclleigni-ttnten peu de temps : on enuoya des députez à Marfcillé j(luiapaiferent le peuple: lesfaélions furucnucsentre les principaux delà Noblefle furent caufe que toutes les plates fe perdirent, excepté Seine 8i quelques lieux dâalétour;
H. ii.
MfDflïïVf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNRI HoTJIIïMli .
k Geurde Vins y faifant pour le Roy tout ce que bon lui ! fcmbloir, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
{.xfltitm- Apres la deliurance de Liuronjes afaires commencèrent | ) tabiei dt 1 ptofperer en Dauphiné pour ceux de la Religion, fôus la ) Méirunde-jg Monibrun qui aufclecanon fe rend maiftte || v^âîtrrandf pkGeurs villcttes Si chafteaux. Or pource que Chaftil- k villiitrt tsi Ion petite bourgade es enuirtyis de Die, forte à caufe dâvn d pn'/ir f rlt;/i» chafteau bien gardé,lâineoinmodoit grandement, François nbsp;nbsp;d
Je Bonne Geur des Diguieres,qui commandoit en ces qiiat t *4r* *rrraâ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;là .refolut dâafltcgér Si battre ce chafteau.Le Duc dV nbsp;nbsp;t
4ufquot;ltnct nbsp;nbsp;nbsp;ayant conge_^ fon armee apres le Gege de Beis, les nbsp;nbsp;t
4e Ortnt- vingtdeuxenfeignesdeSuilfes.quieneftoyent,futentap- t tlfi pellecs par le Geur de Gordcs gouuerneur en Dauphine', ( pour lui aidera chaflèr Lcfdiguieres,lequel Tentant appro- t cher ce renfort retira fon artillerie en lieu feur, attendant 1, fecours de Mombrun, qui marchant en diligence par les j naontagneSjComme il penfoit fe ioindre auec Lefdiguicres ( à Monglon,defcoui)re Gordes amp;nbsp;les Suiffes: au moyen Je- d quoy il mande à Lcfdiguieres quâil sâapproche,puis defcen- d danten laplaine ils vienentaux mains,Les Suiffesfaim Ter- ï rezen leur bataillon fouftindrentamp;repoufferét trois char- f gesitellementquâapresauoircombatucourageufementJe d part amp;nbsp;dâautre la nuid: venue chafcun fe retira, Mombrua p ayant perdu huit hommes,amp; Gordes vingtGx. Mombrun t non content de ccfte efcarmouche, ramalfe promptement nbsp;nbsp;n
quelques autres forces eflongnees, amp;nbsp;le lendemain qui 11; fijtley. de luin pourfuit Gordes qui fe rctiroit en ordre f( vers Die,choiGt G bien fon afaanrage, quâayant fait donner IJ fur Jâarrieregardc,il contraint Tes ennemis de venir au com- nbsp;nbsp;f
bat, met Gordes amp;nbsp;toute fa caualerieen route qui fefauus ii à Die,puis charge fur les Suiffes, lefquels il rompt à diuer- d fes reprinfes, où ils fe portèrent vaillamment, en tue neuf p cens fur la'place auec leur colonnel Freulich amp;nbsp;feize capi- t( taincsjgaigne dixhuit enfeignes,nâayant perdu que Gxlio- ! tt mes,Gordes enclos appelle incontinent à fon fecours tou- p tes les forces du pays pour fe defgager. Mombrun aucon- q traire rcfouldde rempefeherSe combattre, efleuéà caiift t| lt;fc fa viftoire , amp;nbsp;pour vnenouuelledesfaiiedelà compa- j(| gnic du Comte de Beine raillée en pieces entièrement par Id, du Bar amp;nbsp;Gouucrnet fes lieutenans. Entendant donc qnele , i (ecours de Gordes sâauançoit, il charge les premiers en vu . d dcllfoit, Pt
Hènui troisibsmé.
iii
ileftroic,qui partie tuez, partie eftans allez donner lâalarmo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
âU gros,tandis que les argoulets de Moæbrun sâamufoyent *lidcfpouille,ellenuironné dâvnpuiflanteicadron deçà -Hâllerie,où apres long combat, les liens beaucoup plus foi- , . . ferais en route,lui Ce voyant abandonne', conjme il cui- )**â* ^oitfranchir vnfoflie,foncheuallafférorabcamp;luidcflbusi quot;nbsp;âlontileutlacuifleronapue, puis ferenda Rochefortfon âfen 8c a Vrche chef des troupes, qui lui lurent St pro-®'ttcnt la vie fauue, le font porter au Creft, amp;nbsp;penfer foi-îneufement. V'ingtdeu* des liens furent tuez en ce con-®âft)entre autres du Bar, ieune gentilhomme vaillantau PofGble. Les viâorieux y perdirent deux cens des leurs* gt;ucuns defquels furent fort regrettez pour la valeur. Câeft
fruit des guerres ciuiles, que les gentilshommes Fran-ilt;gt;iss'entrecuans, donnent du plaifir aux ennemis de leur Patrie, comme à la Cour amp;nbsp;ailleurs il y aunit des ennemis â¢f'UFrance qui prenoyent Gngulier plailîr à receuoirles feutlles de telles tencoctres Si desfaites mutuelles. La floinemere fut trelioyeufe dâentendre lés nouuellcs delà Phnfede Mombcun,8c donna vn richeprefent au porteur , *111 pacquet.Auec Mombrun on emmena trente huit autres I Pnfonniers qui efchâperent depuis pat rançon; niais quant IâMombrun, le Roy 8c la Roine mandetenr trefexprelfé-j ^entquâil fuft foigneufement penfé Si gardé, Cefte def» j 'âiteauintle neufiefmclourde luillecLes aflbciez,amisSd I âCliiiteurs'de Mombrun, sâemployent en toutes fortes pof-I f'fe pour fa deliurance. Le Prince de Condé St le Maref-â^ddâAnuille intercedent pour lui enuers le Hoy Sif^ me-ââqui font gracieufe relponfc.Scsaflbciezefcriucntà Gor-âââtamp;aupatlemcntde Grenoble ,â quâon ait à le traiter et» P'âfonnicr de guerre, Si pour nâaigrirriensâabftienencdé feexploit dâarmes,demeurans en leurs garnifons. Mais I âutcclancferuitderien: car le Roy 8c fa mere cnioignent : Nflettresbien viuesau Parlement de declairer Mombrun ;ânininel de Le(éMaiefté,8c le faire mourir, Il y eut des ex- )â¢'. » * /âfer au commencement: mais foudain vint vne recharge*
vertu de laquelle Mombrun fut apporté fous greffe gar-( du Creft à Grenoble , où par ncAtueau commandement ,â»Roy proces criminel luifutfait,amp;lecondamna-ondâa-âuit la tefte trachée pour auoir efté rebelle au Roy Si per-^'*'.'gt;«eot du repos public. On le tira demi-mort des pru
II. iij, â
M.DLXXr.
HeNR.1 T R ois I î s M ï.
;/ fonsjamp;futporté dansvne chaireau fupplice,monflrantfn fonaffliéhon vu vifjgeallèuré: tandis que le Parlement d« Grenoble trembloitjiât que toute la ville lamcntoir. 11 lui futeniomede ne dire mot au peuple, sâil ne vouloir auoif
⢠f la langue coupee. Toutesfois il fc plaignit en prcfence de } tout le parlement du tort quâon lui failbit, prouuantbien ,1. au long fon innocence, mefprifant la fureur de fes ennemis qui fe tuoyent fur vn homme mort. Il mon lira aull'i que fanscaufeonlc chargeoit dâeftre rebelle amp;nbsp;pgt;rtuibateur, nlayaut eu iamais autre but que de garantir les pailiblcs yrançois de la violence des eflrangers quiabufoyentdit nom amp;nbsp;de lâauthoi ité du Roy. Sa fin fut conftanie amp;nbsp;Chre-ftienne.Cefut vn gentilliommeforteftimd,dtcequâilnâe-ftoitai^ç t^i rauilîeur, ains eftoit affedionné à la Religion,(iardi,moderé,droituricr ; nuis trop indulgent euucrs les fold ip s, 11 liçeTice amp;nbsp;les exces defquels lui acquirent beaucoup dermalvuetllance amp;nbsp;dâenncmisen Dauphiné. Sa tnert irrita tcllepent au.Ti iceux foldats quâils firent des rauages eftrangçs.es ennirons de Grenoble : mais dautant que les auteurs dâicelle demeuroyeut a couuert, finalement les chefs retirèrent leurs troppes, amp;nbsp;au commencement . dâAouftefleurent pour fuccelfeurà Mombrun,Sclieutenât du Prince de Condé, le fieur des Diguieresieunegcntil-t-^t* â homme de grand fens 8c valeur,comme fes exploits des ce tépsià 8c depuis îpfques à lâanr.cc'prefcntei595. en ont fait fufiilancc preuuc Pour foncommenccnient il remitaudef-fus Vne partie de la difeipline militaire, alRura les garnirons, 8c de nouueau print diuerfes places par compolïtion, furprinfe 8c force.
Eftxt dt En Saintonge, les troupes du Roy faifoyenttoufiours Saintonge, quelques courfcs 8c entreprinfes.Laprincipale fut fur lâif-lede Réque Lâdereau gaigna 8c perdit cijvn mefmeiour, auec grâd meurtre d» fes gens.Si ce delTein lui eull fuccedé
*(-cv
'Sifmes tntiirtmr
r»l, exttr-rair,!.
les Rochellois e'.:flentt!ftcen peine: mais ayansrcpoulfécc courfjjre, lequel faillit à efti e tué ou pris, il ne fut depuis 11 hâzardeux En ce temps les Kochelluis furent auettis quâen contât milleefcjs aux foldits delagarnifon dcBouteuil-le à vnepetite iournccdâAngoulefme.on leurliureroitBef-ines feruiteur doineftique du Duc de Guilè.lequclauoittué lâAtniral-Cn fa chambre le 14 iour JâAouft i57x. Ce meurtrier auoiteflé attrapé fut fst^rctouc dâEfpagne, amp;nbsp;crai-' \n:
HéNM TROISIBSMEi
gnint cefte recercheauoit promis grofle rançon , amp;nbsp;mcfi mes de faire rendre Mombrun qui eftoit encore prifon-nicr.A quoy ceux qui le tenoyent ptefterent lâoreille, pour lercfpeft amp;t. honneur quâils portoyent à Mombrun. Mais la Rome mere amp;nbsp;le Duc de Gutfe lie (é foncians delà vie de Ãefmes qui les auoit li bien ferais, le laiffercnt là , Quant aux Rochellois,ayans bien penfé e quâon leur offroit,crou iJcrent quâils ne le deuoyenc faire, attendu niefine que cç feroit mettre en danger leurs ollagcs qui eftoyent aPoi-ftiets, fur lefquels on pourtoit le véger de mtlmes sâils a-tlietoyér vn prifonnier pour le faire mourir : pourtât prie-tét ils dâeftre dilpéfez de cela. Les nouuellcs venues de lâe-«cution de Mombrun, Bertouille, qui tenoit Ãefmes It fit referrer. Toutesfois il trouua moyen de gaigner vn des foldatsde la garnifon auquel Ãercouillefc fioit le plus,qut lui donna moyen de fe fauuer,»: mefme fortit auec lui,nâ3-)'âs quâvn cheual pour eux deux. Cela toutesfois ne fepeuE 'xecuter iî fccrettement,que Bertouille nâen full à lâinltanc auerti, amp;nbsp;montant à cheual les atteignit aufll tort. Befmes De fe voyant attaqué que par vn feuï, lafehe vnc piftolade, qui nâa^ant porté coup,Bertouille lâenfonce Strenuerfepar Kt(f,oui.il fut acheuéà coups de poignard parlesfoldatsa-eourus apres leur capitaine. Telle fut la fin de ce meurtrier: Equant au loldai qui lâauoit fatiuéjon lui donna quelques Ãoups dâefpee,amp; re mené à Bouteuillc ) il fut peu de temps âprès iette dehors,ayant au preallable payé rançon, Enui-ton ce.temps les nautres des Rochelloisfirent de riches bu* tins fur la mer ; entre autres ils pi indrent vue Carauelle de Portugal,dedans laquelle fe ttouucrent fept quintaux dâor.
11 y eut du combat,mais en fin le chef de celte carauelle fut tué auec la plu ipatt de cés gens.
Nous entrons, maintenant en nouueau difeours dâartifî-Des amp;nbsp;inuentions merueilleufes, pour remuer la Fran-ee, amp;nbsp;ruiner ceux de la Religion. Le Roy eftant rc-tf'
I tourné de Polognecn France, fon frereleJDuçdâAlen-çon futtemis en pleine liberté, rcltabli en tous fes amp;nbsp;honneurs,conuerfant «q toute priuauté auec le Roy,par 1 lâciitremife de la mere qui difoit cefte vnion des deux frétés eftre le vray moyen de maintenir la France et» paix. Qr quand les negotiations ci douant defcricesnlt;
IL iiij.
HïNRI TROlSieSMÃ.
M.D.IXXV.
fuccederent pa? (elon Ie defir du Roy amp;nbsp;de la Roi'ne merer amp;nbsp;quâils entendirent que les afiires du Pruicede Cond« sâauançoyen t en Alemagne,où vne puiiTantcarmee sâapre-ftoit pour ceux de la Religion, Si que ceux de Languedoc eftoyent refolus de faire vne bonne guerre amp;nbsp;mourir libres ,pluftoft que languir efclaues fous vne defloyale paix: incontinent on vid le vifage de la Cour prendre noiiuelle couleur. Lesbruits courent que le Roy amp;nbsp;le Duc dâAlen-I . /.»« J-» ettoyent en trefmauuais mein age: que le Duc fe plai-gnoitdenâauoireurailon des tortsaluifaits cnlâarrcftanl prifonuier: quâon le dcfdaignoit:quc ceux de Guifeauoyét icdelTusacaufcdeleur coufîne mariée au Roy .On adiou-lloit que le Duc elfoit en danger pource que le Roy né vouloir point de compagnon ni de grand auprès de lui.
lâeu de iours apres nouuelles courent par tout que le Duc sâeftoitfauuédelaCôur: que la nobleffe fe ioignità lui: Æ,« Dur dâ'1'â' R°y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rnere parôiflbyent eftonnez.Voici comme
/rMyouprr-il enalla.Le feizicfmeiour de Septembre,le Duc,aeompa-tirt delà gnédâvn OU deux de fes mignons , sâen va chez vnfiendo-meftiqne logé es fauxbonrs S. Marceau, faignant y aller voir vne courtifanne quâilentretenoit. Entre lean', les au-' rrésr feignent lâattendre a la porte: lui fort par vu huis de dSrrierejtfouuequelques hommes quilâattêdoyent,mon-â teà cheual, 8c à demi lièuè de Paris renrontre forte gentilshommes qui lâacompagrient iufques à Dreux, ville lie-' nt?,b'ù de iour à autre fe rendent nouuelles troupes de No-blef{e,tant de l'y ne que de lâautre Religion, 8c entre autres pUilieurs intime^ feruitéurs de la Roine mcre,nommément Rully dâAmboifelâvn des principaux malTacrcurs. On fait de grandes enqueftes à Paris fur ce depart ,Sc y en ailoit qui Difieursdi- coQfef^âfoyeot fort lesempefchez.Les penfees 8: difeours vin furet- fur ce fait furent diuers. Aucuns eftimoyerit que pour cer-fie retraite, tain les deux freres eftdyent mal dâà ccord : que le Duc, ennemi de la confofion caufee par les milïà cres, lefquels ila-' uott condamncz,portant mauuatfe affeftion à ceux de Gui fe qui le brauoyentde fois à autre,preteodoiffeibindre au Prince de Condé 8c au Marefchal dâA Auillc, pour côtrain-dre fon frere, fa mere, St tous autres,de refoettre l'a France en paix,acroiftre fon apannage afin dâauoir plus de moyens de faire contrecarre aux conftilliers des'troublesi Si diCpu-ter puis aptet de fon droit fur la Courone, à laquelle le Roy femUqjt
Hinri TROISIÃïMÃ.
fembloit auoir renoncé,acceptant celle de Pologne, Deux fortes dâhommes eftoyent de ceft auisjes vns,Catholiques Romains,ayans vellu ceftc opinion, hayflbyent Ie Duc, 3t en difoyent beaucoup de mal-.les autres , de la Religion, fe promettoyét monts gt merueilles de cefte fuite, amp;nbsp;ptioyét Dieu pour la profperitédu Duc , 8c par les villes quâils tc-noyent nâeftoit queftion que de ioyeufe efperâce, amp;nbsp;Ce for-geoit on défia vn fiecle dâor fous ce reftaurateur.Mais il sâen trouuoit dâautres,combien quâen petit nombre,qui fe moc-quoyent de telle confiance, quâils difoyent eftte vaine Sc mal aficuree, ou mefmes fe lamentoyent, appellanstouc cela lâoccafion de nouuelles amp;'horriblcs calamité?.. 11 leuc fouuenoit des eftrangcs rufes qui auoyent precede les maf-factes,8c des maux procédé?, de la trop grande crudelité de l'Amiral 8c de tant dâautres.Remarquoycnt auffi lâeftrange efprit de la Koine mere, qui auoit façonné fes fils enticre-â menti la pofte, 8c compofe' leurs mÅurs à toutedifiîmu-laiion. Quâil y auoit vneraifon touteeuidente pour la..' quelle cefte mere fe feruoit ainfi de fon fils. Depuis le retour du Roy de Pologne, la force ne leur auoit de rien fer-ui, pourtant quittoyent ils la peau du Lyon pour afoibler celle du renard. La Roine mere voyoit quâil lui eftoit com-meirnpoffible de capituler auec les Eftats de Languedoc, qui par leurs depute? lâauoyent ccnfuree amp;nbsp;maniee bien tudcnient en la negotiation de paix fufmentionnec.Pour y pouruoir, amp;nbsp;les brider à lâaife,le Duc fon fils eftoit propre, pource que les Politiques 8c ceux de la Religion lâaccepte-roycnt incontinent pour leur chef,fur tout quand il prote-fteroit vouloir faire merueillesen faueur des vns 8t des au-tres.Ceux là difoyent encor,que le Duc nâayant iamais eftc droitement affeftionnéni à ceux de la Religion, ni à la reformation de lâEftat.ieune prince de petit fens, 8c qui ne fçauoit rien que faire mine 8c de mauuaifc grace, nâauoit rien fait en toute cefte mence que felon Iâinftruftion de ceux qui le tenoycnt de tout temps en leur puilTance, 8c qui lui auoyent baillé des confeilliers,adherans 8c dome-ftiques du tout, à leur commandement. Mais quand tels hommes auroyent tant foitpeu la bouche pour defcouurir Ceftepenfee, les autres en trefgrandnombre crioyenca-prcs: chafcun tenant défia pour certain ce quâildcfiroic Voir,8c tciettant bien loin tout contraire suis. Mefmes on
Id.D.LXXV,
HeHr.1 r r o I s u s m f,.
cn fit des liures Sc difcours imprimez , que ion tenoit eÃrd baAi« de bonne mgt;in,Sc deiia le Duc d' Alen jon.lequel uâa-uoic fait que sâefloigner de Paris,cftoic réputé le protcâeur Dtclar4tü Si libérateur de la France. Mais afin de renforcer telle rc-^t^Duedâ^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;coufeilliers firent publier vne declaration,ba-
tini^iin,deuic fousfon nom deux ipurs apres fa retraite, en laquelle taitrt {f^res il renJoit côte de fon fait. Câclloit vn ample libelle,conte-lt; f» rtttaiit. natit en fomme fon intention eftre de sâemployer de toutes â,^1. 1 fes force4,fans efpargner Ci vie 8c fes biens ,pour dechalTec »rfUw'p®® perturbateurs du repos public, pourfuiuie la iullice de, ' â Itoutçs pilleries, larcins,homicides amp;nbsp;malfacresdiihuniai-
1 nement 8c contre droit commis 8c perpétrez au veu Sc feeu ' dâvn chafcun,deliurer tant de Seigneurs, gentilshommes 18c autres conllituez prifonniers, ou bannis a tort 8c fans Icaufe, les remettre (Sc tous ^utres gens de bien) en leurs biés,ertacs 8c honneurs,abolir toutes tailles,fiibüdcs,8cim-j polis mit fur le pauure peuple, par la malice 8c luggeftiou [ des efttangers, conleruer les anà ennes Ion Sc ftatuts du royaunie,entrecenirla noblelfc Sc ie Clergé en leurs priui-lJeges,franchifcs,8c libertfz ancienne,, 8c eftablirenFran-|ce vne bonne, fiable, Si feurepaix,par le,moyen dâvne af-fcmblec generale 8c libre des crois Eftacs du royaume, cô-
I uoquezen lieufeur 8c libre,dclaquelle tous eftrangers fe-gt; I royent exclus. Apres cela il prorefioit de fa fincere affe-' «filon en ce fait,prenant fous fa fauuegarde les naturels Frâ-çois tant dâvne que dâautre religiondes priant 8cexhortant i île le comporter modeftenienc les vnsauec les autres: 8c ! iulques à ce que par les Eftats generaux, 8c alfemblee dâvu 1 S.Concile fufi pourueu fur le fait de la Religion,pcrmettre de lailfer iouir vn chafeun de Tcxercice dâicelle.
i/«/4 Apres celle deliberation dteifee le td.iour de Septembre Utciarittwn Si enuoy ee par toutes les ptouinces, il adioufta des lettres ⢠dBÃacifzfaux Prince de Condé,Marefchal dâAnmlle, Comte de Vé-.
tadour,VicôtedeTurenne,Siautres,nommémcnt3uxplu$ renômez perfonnages de la Religio en Eanguedoc, Guye-ne, Saintonge Sc ailleurs, pleines de belles patolcs 8c pto-raeflès.Là delTus prefques tous commencent a imaginer v-ne paix alFeutee en France. Mais aucuns ne pouuoyent fe contenir delâarmoycr, icttant lâÅil fur celle legeretc de la nation Fran{oilè,qui sâaipufoit ainfi à vne fusille «je papier, amp;nbsp;tenoit pour oracle ce qui auoitcûé publié fous le nonji^ quot;nbsp;......dâvn
Henri TRoisiBsMï. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;154
dâvn icune prince,fans prendre garde au paffe, ni aux paroles dâicclle declaration .qui parloir de paix pour caffer lâar-mee dâAlemagne prelle dâétrer en Frâce pour le Prince de Condérqui dernandoit les Eftats generaux , pour ruiner amp;nbsp;cnfcuclir ceux de Languedociqui fous nom de reformation efpandoit la femeucc de nouueaux troubles.Quelques vns des principaux, fe laiffoyent emporter au vent de telles promelies, amp;nbsp;de toutes par*»couroyent gens pour bien faire valoir celle declaration entre grands amp;nbsp;petrs auec des ar-tilices merueilleux. Le Prince de Condc auoit obtenu de FriJeric Elefleur Palatin amp;nbsp;du Duc lean Caiimir fon fils. Princes trefaffcâionncz à la Religion vn puiffant fecourst mais les deniers neceffaires pour faire auancerParmeea-uoyent eilé trefmal mefnagez , Si lots les boutfes de ceux de la Religion furent pinceesdâeftrange forte : encore plufieurs qui failoyent bien les empefehez pour remplir leurs colftes, ne defgorgeoyent que reproches amp;nbsp;iniu-res aux fimples gens qui ne fourniflbyent fuffifamment 8C alfez tort au gré de ces harpyes, amp;nbsp;pour toute confolatior» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
eftoyent entretenus de magnifiques efperances, St quâils deuoyent tenir à grande félicité dâauoir vn fi grand Prince pour proteéleur, qui auec tant de perils prenoit leur caufe en main,amp; vouloir courir fortune auec eux.Enuiron le tépi de ce depart du Duc, leMaiefchal dâAnuille auoit prié pic ieitrcs le Prince de Condé de lui enuoycr quelques cornettes de Rciftresice que Thoré preffoit fort par rcntreini-fe des fieursde Cleruant amp;nbsp;Hafltin. Le Prince eferit là def-fus lettres bien amples au DucCafîmir,efquellesilrend railâon de celle prinfe amp;nbsp;leuee dâarmes pour la cinquiefme fois, lâauertitdelâentreprinfcdu Duc dâAlençon ,amp; le prie de, continuer en celle bonne volonté quâil auoit dâaider Ã
ceux de la Religion.Quelques ioiirs apres ils sâaccordent, â2 Cafiniir promettant marcher auec huit mille Reillres, dont 11 auanceroit la paye de fes deniers à deux mil, huit « de Cendt mille Suilfcs, amp;nbsp;quelques pieces dâartillerie. Le Prince «Se -D«« promit de fon collé telle folde amp;nbsp;lecompenfe , tant à Cafimir quâà tous les liens , depuis le premier iufques au dernier que tous atioyent occafion de contenteraenr. Outicplus St particulièrement Cafimir eut promeffe quâon ne quitteroit point lesarmes que le Roy ne lui eull baillé $£ gouuerucment de Mets, Thoul amp;nbsp;Verdun, auec toute;
I
Henri troisies Ml
les places qui en dependoyent , lui hiircnt le reuenu des trois Euefchez d'icelles villes, pour lâentrerenement des Capitaines amp;nbsp;foldats qui y feroyenten garnifon,fousl'au-thorité du Roy,8c libre exercice de la Religion. Item quâil auroit honnorà ble entretenement du Roy j amp;nbsp;que ceux de la Religion en Languedoc luy feroyent prefent tous les ans dâvnepenfiondefix milefcus. 11 y auoit dâautres articles touchant quelques payemens, St des proteftations trefex-prcircs de part 8c dâautre de faire i ce voyage vn bon effore pour mettre la France en paix j 8c cmpefclà er pour lâauenir les perturbateurs de plus fe remuer. Mais le mal fut que le Prince 8c ceux de la Religion fcferuoyent alors deplu-fîeurs perfonnes qui nâauoyent ni foy ni loyauté gt;nbsp;sâaidan» pour defenfe delà Religion des mains de gens qui mefmes faifoyent profeflion dâen cftre ennemis. Ce meflinge fit que beaucoup dâhommes qui auoyent quelque fcienceSC confcience iugerent incontinent que route celle armee ne feroit rien de memorable,
tfiptttemt! Cependant le Roy corttrefaifoit le defpité, 8t comme à du en nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eftoitperdu crioit alarme detous coftezttou-
«n/uy!»)«. te la France eftant pleine de courriers 8c depacquets aux gouuerneurs des prouinces, quâil fupplioit Ãcadiuroitde lui eftre fideles, faire bon guet afin denâeftrefurprinspar fon frere.Uefcritaufli particulièrement à toute fa Noblef-fe, ne parlant que de recompeniès 3c de reconoiflances aJ greablcsjs'ils perfeuerent en leur loyauté acouftumee: cô-inande quâon amafl'c en diligence toutes les compagnies de genfdarmes ; par lettres patentes auertit tous fes (uiets de fon intention, aceufe ceux de la Religion 8c les Politiques de lui auoirdesbauçhé fonfrere, exhorte chafeun à fondeuoir, 8c les gens'deguerreà euxrangeroùilapar-
I tient; fait diuulguerquâileftdeliberé leuer vnepuilfante armee dâeftrangers (ce qui toutesfois ne fut executé)8c fur cela impofe denouueanx tributs furlesprouince'iordon-ne des procefllons, iufnes,priores es temples, fermons ex-* traordinaires pour efmouuoir le peuple: 8c dautant que quelque Comète aparutlors, on amplifia le conte, 3c nefe parloir que de prodiges veus au ciel : ce que les moines 8c autres prefeheurs faifoyent fonnerbien haut: dauantage le Roy alloittantoften vn pèlerinage , tantoften vn autre, auec aparente conucnable, dont le peuple eftoit encores
JÃeNr.1 TROlSItSMf.
plus efmcu, lâapperceuant fi deuotieux amp;nbsp;mortifié, fore il ibuuentcsE^lifesauecfesheuresà meflcsamp;vefpresmul-quot;l tj , tipliees.Mais cftant de retour au-Louure il mettoit bas ce-ftcrobededucil, amp;nbsp;auecvn petit chien fous le bras, de-nieuroit la plufpart du temps au giron des Dames, lailTanc la conduite des afaires à fes conléilliets amp;nbsp;i fa mere, laquelle fit vn voyage vers le Duc dâAlençon, qui toll apres alla en Poiéloujîà oùplufieurs Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes le vindrent trouuer. Or combien quâen ce temps Ion def-couurift par diuers moyens que les deffeins de laRoine mere eftoyent de rompre le choc de lâarmee Alemande, en faifant le Duc dâAlençon chef dâicelle,auec qui elle pacifie-roit à fon plaifirineâtmoins on nâen croyoit rié.Le Côte de Ventadour cftant venu trouuer le Duc dâAlençon auec trois cens cheuaux amp;nbsp;douze cens harquebuziers, letrouua acompagné de plufieurs notables perfonnagesdelâvne amp;nbsp;de lâautre Religion.Plufieurs diicours amp;nbsp;confeils furent tenus en peu de temps fur celle declaration du Duc; tellement que fi les effeâseuflént corrcfpondu aux parolcs,ve ritabkment la France commençoit à iouir dâvn grâd heur. Mais ce ne fut que defpenfe immenfepour ceux de la Religion, matière de nouueaux confeils pour la ruine de tout le Royaume, amp;nbsp;occalion à ceux de Guife debaftir dans eex confulions vnttoifiefme parti, comme nous le verrons ci apres.
Le Roy entendant que la Noblelfedâvne amp;nbsp;dâautre Re-ligion fc ioignoit à fon frere, craignant quelque nonuefte cî-inclination qui alteraft fon repos, amp;nbsp;ne voulant point de compagnon,moins encore de maiftre, par lettres patentes du premfor iour dâOélobre. Défendit à fes fuiets de lé ran- Glt;ti ger pies du Duc dâAlençon à peine dâeftre tenus pour cri-yî. minels de Lefe Maicftcioutre les ban$,arrierebans,amp; compagnies de gens dâordonnances,drefle nouuelles cotncttec decauallerie, délibéré (difoit-il) de courir fus à fes ennemis. Le Duc de Guife amafla autour defoy en Champagne 7,quot; . douze censjnaiftrestSc le colonel Stroflyenuiron douzeoui*^ i quatorze mill^hommes de pied. Le DucdâVzez(lciir en- lt;',***d Uoya le refte de fa cauallerie, amp;nbsp;Montpenlier feè troupe^ de Poi£lou:.ifin de garder lâcutrce contre lâarmee dâAlema-gne.fay ditei deuant que le Marefchal dâAnuilleauoit demandé quelques çotnetees de Reiftres pour le Languedoc^
U.B.I.XX?.â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri Trois ii s m
QiianJ on vit quâil nâen eftoit plus befoin,le Confeilaw/îj , nbsp;nbsp;⢠quâattendant l'acheminement de Farmee de Cafiniir, ces
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cornettesdeReiftresaffignezpourleLanguedoc iroyent
trouuer le Duc dâAlençon^qui cftoit la defigné chef amp;nbsp;general, combien quâil nâeuft encores ratifié lâaccord paffe entre le Prince amp;nbsp;le DucCafimir. Thore'çonduifant ces Rciftres au nombre de douze à quinze ccnsi.cheuaux.auec qui feioignirent quelques gcntilshommes-Féançois amp;nbsp;en-uiron cinq cens harquebuziers,fut incontinent inuefti par le Duc de Guife,Biron,Feruaques,le marquis de Mayenne amp;nbsp;autres: amp;nbsp;les Reiftres qui auoyent différé démarcher, pource quâon ne les payoit pomt,chargez.Les gentilshotn-niei Frâçois côbatirent vaillâmcntauec vnepartie desRei ft res,les autres reculans amp;nbsp;crians argét.Mais leurs ennemis eftans plus forts fans comparaifon .ceux qui refifterent furet rompus, Hâffting amp;nbsp;fon lieutenant auec quelques Rei-ftres amp;nbsp;François en petit nombre tuez fur la place, les autres efcartez.Cleruant Si plufieurs prinsauec quelques cor-nettes.'Vn gros de Reiftres,au nombre de cinq cens.fe rangea auec les troupes du Duc de Guife, qui pourfuiuât quelques fuyards receut en la loue vn coup de piftole (aucuns afferment que lui mefme fe donna ce coup en maniant imprudemment fesarmes, pour courir fus à vn argoulet) dont il tomba demi mort fur le champ. Cefte balafre fer-uità Thoréqui fe fauua versie Duc dâAlençon auecquelque refte : amp;nbsp;ne fut pas beaucoup eftime de toute cefte expedition : aufli nâcftoit-il pas homme de guerre, ni capable
-, . de croire confeil,notamment des gentilshommes de laRe-, ligionquilâacompagnoyent.
Dlarriarti dit quâà quelque chofe malheur cft bon. Le coup ficei pour II que le Duc de Guife auoit reccu foit de fa main ou dâautre, rtr argent fut le paflèport de Thoré , amp;nbsp;lâacroiffement du crédit ^âfâor.yîw-du Duc entre les Catholiques Romains, aufqucls lesde-portemens du roy en fa Cour amp;nbsp;en public commen-çoyentà defplairc: Voirecefutlefondenent de terribles â«confeils , chafeun difant que la maifon d.e Guife por-toittoutle faix des afà ires, tandis que le Roy fe plongeoir en diffolutions, amp;nbsp;que fon frere brouilloir laFran-ce, St la iettoit en nouueaux defordres. Le bruit de la puiffante armee de Cafimir donna entree au Roy pour fou iller au fond des coffres des Parifiens, bien las de mettre tant
Henri t r o 1 s i e s m b.
tfetant de fois les main^ à U bonrfe. Mail on les cT^eùa-P'Yf-vrn^ loitfidcxtreraent, Scieur propoloit on tant dediffieul-tcz, en cas de refus, quâils ertoyent contrains de iouep
I des poulces. Pour les Eaftcr de fournir argent, Mansfeld, Schomberg, Baflbmpicrre, 8c autres Colonels de Reilires
â furent mandez, St venus a Paris il ne fut plusqueftion fi-* non de conter tr.onnoye à ces marchans,qui promettoyent
»mener huit mille R eirtres en dedans fix fcpinaines,moyé-nant quâon leur baillait pteientemcnt trois cens mille li-ures, gc quatorze cens mille , lors quâils leroyent entrez-I)âautrecofté,lon obtient du Pape Gregoirexiii. des bul-lesamp;pardons pour plufieurs milliers dâannees à ceux de Paris,aufquels quatre temples eftoyentaflignez dedans la Ville, pour y aller gaigner ces beaux pardons, à condition dâaider le Roy à exterminer les berefies. LeRoy, qui fem- , bloit le plus deuotieux de France, diloit que ces indulgences valoyent fans comparaifon plus que toutes les contributions de deniers requifes de ceux de Paris,qui ferroyent lesefpaules, amp;nbsp;fe plaignoyent dâeftre mouchez fi rudemér. Au contraire le Roy (efafchoit de leur delay, quâil appel-luit dommageable St périlleux, adiouftant que poup^cela il ne lairroit dâauoir foin dâeux St de tous fes autres fuiets: quâil cercheroit tous expediens de recouurer argent, vray nerf de la guerre. Surce on fait courir des bruits que Picn-nes vendoit fon patrimoine pour prefter quatre cens mille francs au Roy,que les Italiens de Paris fournilToyent mef-n,e fomine-.le Duc de Neuers,lé Cardinal de FerrareiGon-dy St Birague neuf cens mille francsique faute dâargent ne preiudicietoit point au bien public : mais que les Parifiens ftroyent vn iourpunis de leur fordide âuarice,3yans abandonne' leRoyaO plus fort de fes afaircs.
Dâvn autre cofté la Rome meretrauailloit pourrenuer-ferles efforts du Prince de Condé. Elle fait enuers le Duc d'Alençon quâil efcrit au Prince,que fi Ion pouuoit obtenir la paix,il valoir mieux lâaccepter fans guerre,que dehazar ^0» rlé» der les amis eftrâgers.Enmefme tépsonfaîfoit folliciter le «trÃtr ta Turc de pacifier aueclcs Venitiés St le Roy dâEfpagnc,afin que ce Roy nâayâtafairc ailleurs taillait de labefongneaux cmâlièr dit Alemâs. Dâautrepart la Roine mere,ayât enuoyc lettres St duc Cafi-nteflagers diuers au Duc fon fils, alla encores le trouuer, mir.
ii.n.ixxv. Henri trotste s ms.
r .. amp;nbsp;apres quelques colloques fecrets,btaflent enfemble vue furfeance dâarmes pour fix mois,fous condition que durant icelle le Duc auroit pour oftages les villes dâA ngoulefme» NyortjSaumur, Bourges,la CharitéxSc le Prince auroit Mezieres. Le Roy accepta ces trefues dont les deux partis furent mal contens:8t Rulfecgouuerneur dâAngoulefme le-fufa tout à plat de rendre la ville. Cafimir ne lailToit pourtant dâamafler fes Reiftrcs Sc SuilTes qui fe monftroyent trefprompts à marcher, 5t finalement les affembla pres de Saucrne, ayant vne armee, dont le Prince amp;nbsp;lui eftoyenc chefsjcompofee de dix mille cheuaux, de fix mille SuilTes, de deux mille Lanfquenets, de trois mil harqucbuziers François:auecquatregrofles pieces de batterie, amp;nbsp;feize petites. Le Marefchal dâAnuillepromettoitau Princede lu i aller au deuant auec bonnes troupes, amp;nbsp;de lui porter argent pour payer lâarmee. Maisperfonne de Languedoc ne parut auprès du Prince, ni entoutfon camp : aulTi les ri-chefles de Languedoc eftoyent vn trop petit morceau pour faouler le Marefchal, ûfemme, leurscourtifans, SC tant de capitaineaux affamez qui leur adhcroyent. Cependant en lâarmee oq faifoit principaleme nt eflit des finances que Ion deuoit y charrier du Languedoc. Le Prince eferit lettres fur lettres à ceux de la Religion en Languedoc, Guyenne amp;nbsp;Dauphiné,touchant fon intention, St criant a-preslâargent: puis par vn ample .eferit rend les raifons I pourquoy il entre à main armee dedans la France gt;nbsp;amp;nbsp;fait de belles ordonnances fur le fait de la difeipline militaire.
Stend«»«- Or dâautant que le Prince auoitdeclairc quâil ne pou-jotMt«»âd«tgt;oit3prouuer ni receuoir les trefues accordées entre le frtmieri Roy amp;nbsp;foo frété, fur la fin de Décembre, comme lâarmee /*â'marchoit,le Duc dâAlençôdefpefclie La Fin vers le Prince pour lui declairer quâil ratifioit lâaccord fait auec Cafimir, amp;nbsp;acceptoit le nom de Chef amp;nbsp;general de lâarmee , felon quâil auoitefté accordé auec les Politiques, que le Prince de Condé deraeureroit Chefiiufques à ce quâvn plus grand Prince apai uil pour maintenir la caufe,auquel celui de Codé quitteroit celle charge, felon que l'ordre des loix de France le requiert. Lon tenoit pour certain que le Roy,fa mereSt leurs confeilliers voyans quâil nây auoii plus moyen dâempefeher que Cafimir marchaÃ, pour auoir moyen de tianfigcT
H E N R. I T R o I s t E s M r. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i\7
tranGgcr à leurplailîr, firent aprouuer au Duc dâAlençon «ft accord fait en Alemagne, afin quelcnomde general tnlâarmee lui full baille, amp;nbsp;que puis apres aucc le vcntd'v-ne fucilie ou deux de papier (comme la Roine mere sâen Æ 'intoit) il leur fernicaifédâefpargillerrous ces RciUres, SuitTtijLanlquenets.Sc Frâçois,voire auoirbien toll raifon nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
de ceux de la Religion amp;nbsp;de leurs adhcrans. En ces entrefaites les armes fe remuoyent par toute la France , amp;nbsp;le Roy qui feignoit aimer la trefue eftoit aile que le Prince nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j
ieull refufee , pour pourfuyure fa pointe enuers les Pari-£.â' Gens, aufqucls il alla fort doucement demander fix cens_yâ¢11*â¦-Æ*â¢Â«l fiillefrancs enleurmaifon de ville,pour les SuilTcs amp;nbsp;Rei-fttes quâon amenoit à leur defenfe, 11 eftoitmerueilleufe-ment difetteux,amp; fi toll quâvne de fes mains eftoit pleine il la France, *fpandoit tout de lâautre en diffolutions indignes.Ses pcle-finages fe refroidifl'oyent, ou sâil fe trouuoit en proceflion, ionneremarquoit en lui aucune contenance royale,- car pour compagnie ordinaire en telles ceremonies il auolt à Ion Codé gauche vn certain fol nommé Sibillot, le plus vi-Rin garnement que Ion euft feeu trouuer en France, lequel marchoit entre fon maiftre amp;le Cardinal de Ferrate.Tandis que les preftres chantoyent amp;nbsp;ptioyent les Sainfts.auec leur refrein, Ora pro nobis : ce fol auec fes grimaces amp;nbsp;def-marcheseftalloit fesbadineries amp;nbsp;iouoit des farces, Ie Roy 'liant defguifédâvne fauffe perruque.de hautes fraifes ,amp; telle pofture, que plufieurspenfoyenteftrereuenusen
quot;sfiqcles des anciens Princes qui par leurs eftrangesdif-Polîtions fe font dégradez amp;nbsp;rendus odieux à idmais.En ce quot;nips on lui tua de nuiét vn de fesmignons nommé le Gi?,Daiiphinois,p3r li^commandement de la Roine mere amp;nbsp;du Duc dâAlençon,pour querelle de Cour, Le Roy ex-'teine'inént marri de telle perte promit dix mil efitus à qui lui rcueleroit le meurtrier, amp;nbsp;cependant fit enterrer tn Sfâdepompe ce mignon, faifant trainer les enfeignes amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Ifs armes apres, comn;e sâil euft eftéqueftion de faire hon-âquot;â cur à quelque grand Capitaine, au lieu que celui là efloit tomme prcfques inconu lùnon entre les courtifans, amp;nbsp;qui feiloit auancc en champignon.
i Les Pariliens importunez de fournir argent,refpondcnt taalementcela leureftreimpoflîble, reinonftransau Roy Pâ'
I P»rvn: longue harangue, que depuis ansleur ville
K K. j. Æ
M.D.tIXV.
HmNRI TROISieSMM.
denandtit auoit contribué tremefix millions de liures, montas à doB-« ''S'quot;'â ze millions dâor. Q^e Ie Clergé auoit payé plus de vingt millionsdâor. Qn'en ces fommcs nâeftoyent comprinsles emprunts amp;nbsp;impolis extraordinaires que lui amp;nbsp;fon prcde-celieur auoyét leuezde Paris amp;nbsp;des prouincesdefon royau â me.te qui montoit (outre les rcuenus amp;nbsp;tributs ordinaires) à des fommes immenfes: a lâaide defquelles on pouuoit cô-querirvne partie de lâEurope. Mais au lieu de meliorerla côdition du royiume,tout y alloit en ruinciiceluiayâtefté durant les diflenlîSs citiiles efpuifé dâhommes amp;nbsp;dâargenr, qui font les nerfs dâvu Ellat Ilsremarquoyétpuisaprcsles désordres du Clergé, delà lullice, de la guerre,des gardes du R,oy,auqiiel ils ramcnteuoyét que lâan i$7i.le Roy auoic côfommé en gages, (oldes amp;nbsp;dós immenfes pres dâvn million dâor,plus de deux milliôs iâan fuyuant.quâon fit la guet rc aux Rochellois ; encores dauantage lâan en lâan 1577. non encores expiré quand ils lui faifoyent cellere-monllrancCjpresdedeux millions, efquelles defpenfes nâe-lloyent comprinfes les penfions extraordinairesmi lâargent tiré des nouueaux impolis. Us le fupplioyent aufii dâella-blir vnc bonne paix en fon royaume, amp;nbsp;lui remettoyent deuant les yeux les notables auertiflemens que le Roy S. Louys peu anant fa mort fît à fon fils amp;nbsp;fuccelfeur, fe rap-portans à la lîncere con feruation de pieté amp;nbsp;de iullice. Vn des confeilliers ou flatteurs du Roy, voulant faire peur au dépuré lequel parloir pour toute la ville de Paris, lui dit, Commentâvoiis parlez en Roy ! Lâautre tout fur pied ou-ure vn luire,amp; lui lit toute la harangue quâil auoit prononcée en termes propres amp;nbsp;lîgnifîans. Finalement le Roy dit en grandâcholere, Encores que les Parifiens ne me baillent pas vn efeu, ie ne lairray pourtât de repoullèr mes en-Ctmiatt ih nemis. Là delfus fut ordonné quâon mettroit garnifons es furent lt;â¢Æ-places qui font autour de Pans. Le Duc de guife fut cfla-bli à S.Denis.Bironà MontmartrejleMarefchal de Rezau Pont Charenton amp;nbsp;au bois de Vmccnnc'.le Duc de Neutrs aux fauxbourgs S. Germain , le Roy de Nauarre au Pont S. Cloud, dont il feentbien (éplaindre, difantquâonauoit commis vne ville au Duc de Guife,amp; à lui vne petite bourgade. Sur le champ Ion enioignit aux Parifiens de fournir deniers pour ces garnifons: amp;nbsp;ne lesefpargnaonpas: les ' mefnages eftans cottifez pour la contribution des viures, (elle-
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Henri troisiesme.
'tllement que nâayans voulu conter argentfoudain fut trouué le moyen de leur arracher fans quâils ofaffenc sâen phinijre, ni alléguer quâil nâelloit nullcmenfneccifairc de les précipiter en ce gouffre dedefpenfes inutiles, attendu que les Redites elfoycntencoresbienloin.
Dâvn autre coHé courriers amp;nbsp;pacquets arriuent que le'SrnZzj r,«-Duc dâAlençon auoit efté cmpoifonné durant fon i'eiour 'nPoiftou,enfc(nbleThoré amp;nbsp;deux valets de chambre,en ptenant fon vin de collation : amp;nbsp;que la poifon auoit efté (,«(^5«. âwuuceau fonddâvne bouteille ,enuiron la fin de Decem-fire. Toutesfois queparpromptsremedesilsauoyente-Hé garantis.Le pue sâen plaignit au Roy , difant quâon lui 31101t machiné cela en la Cour,amp; piioit qu'on luien fit rai-fon. Puis il en efcriuit au Prince de Condé, au Duc Cafi-gt;igt;ir.amp; au Matcfchal dâAnuille, âifant auoir voulu lesauer-gt;i'de tout par courriers expres, de peur que fi Ion fenioie Itsnouuellesde fa mort ils en fuflént conti iftez , amp;nbsp;que fonts amis nâen fuffentesbranflez, amp;nbsp;les aduerfaires en-Idrdis. Quelques vns fe rioyent de tels artifices, amp;nbsp;te-»oyent tous fes bruits pour controuuez , afin dâeiidorniir lit plus en plus ceux de la Religion amp;nbsp;leurs aflociez. com-itie de fait il auint que fur ces nouuclles chafeun eut en-totcsnieilleureelperance que deuant qucle DucdâAlen-jon remettroit toutes chofes en bon cftat. Reife dâen voir ieseiFtfts.
M. D. L X X V I.
Environ leneufiefmeiour de lanuietjlc Duc dâAlen- Lttirei du çon eferit amp;nbsp;enuoye lettres au parlement de Paris, ef- âupar iiucllesil fe plaint que la malice de fes ennemis fait tous efforts pour efmouuoir le Roy à inâdignation contre lui,qui nesâcll retiré de la Cour,que pour procurer l auancemcnt de la grandeur de fon frère par le moyen dâvne bône paix. Que depuis Ion depart, ij auoit fait tous fes efforts dâem-Ptlcherlâer. tree aux c if rangers en France, au grand pre indice de fa réputation, amp;augranddefiuantagede fesafai-1C'. Difoit auifi que force lui auoit efte de faire venir fi- 1 Ejlement lâarmee Alcmande,à fon grand regret, pour ren-âEtfet fat la telle de fes aduerfaires ce qu'ils machinoyent
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;KK. ij.
)U.D,Lxxvi. Henri troisiesmi.
comte 1âEftat de France. Prioit le Parlement de faire entendre ces chofes au Roy,lequel de là partauoitdefpefché ambalfadcurs acorapagnez de ceux du Duc dâAlençon, vers le Prince de Coudé amp;nbsp;Calîmir, procurer que lâarmee fuft ca(rec,le Roy offrant payer prefentement les Reiilres, amp;prometiant par vne bonne paix donner tout contentc-tnent a fes fuiets. Qnâaunioins ils different de faite entrer leurs forcesjiulques a ce quâon ait cerché les moyens dâtne pacification afleureeiquâa leur refus il trouueroit moyé Je leur faire tefte. Le Prince amp;nbsp;Calîmir refpondér courageufe njér,rédent ample raifon delaprinfedesarmes. declaircnt w , â¢. oe refuferontmilles conditionsdepaix, moyennant â » â quâelles foyentequitablcs amp;nbsp;alfeurees. Quelques iours fe palferent en tels difcours:amp; difoit on que toute celle nego-fiation elloit pleine dâembufches,amp; quâon ne cerchoit quâà enchanter Sceochaincr les principaux de lâarmee. Pour-çc que Ion braffoit telles pratiques en vne petite ville de Lorraine,noinmce Charme où efloit lâarmee, de là nafquit vn quolibet.quâà Charme fe faifoyentles Charmes.
Ptfri^tedu. Ce nonobftint lâarmee entra dans la France du collé de Bafligny, amp;nbsp;vers Langres,les habitans de laquelle pour a-Ãafimtr «fl.uoir voulu faire les mauuajs virentincontinentleiirsvilla-f« «nfras-ges en ruine amp;nbsp;enfeu , les Reiilres ayant premieteipent chargé fur leurs chariots tou t ce qui elloit de prinfe. Ceux de Dijon voulurent faire quelques forties,mais aucüs dâeux ayanscflé tuez.ils fe tindrent à couuert, fe contentansde falucr lâarmee à grands coups de canon. Les Reilltcs ttou-uent moyen dâentrer dedans lâabbaye deCifteaux, où ils font tel rauage que chafeû peut penfer. Peu apres le Prince prend par compofition le challeau de Gilly apartenantà icelleabbayetSc les Lanfquenetsentrent deforce,maugré les François,en vne villette deÃourgongne nommeeNuh, où ilstuerentSt fourragèrent (tout. Puis lâarmee palTa« pnuirons de Beaune amp;nbsp;Ãhaalôfurla Saone, amp;nbsp;vint à Lour-don, où les Reiilres commencentfà menacer le Prince que sâil ne leur contoit argent, ilscercheroyentvnnouiicau maillrc. Lesayantapaifezpardoqce$reroonllrance.îamp; e-iperances,rarmce palTa Loire,S£ tira vers la riuiere dâAliter, prenant par compofition Vtchi petite ville fur le pafiage. Tandis que tantdeguerriers fourrageqyent d'vn collé, le fitforttmtt Roy, foti frère, leur mere,ne dorraoyent pas. Le Roy ne parlote
Il B N R I TRoisiBtMÃ.
patloit que de trefues,difant que c'eftoit le moyen depar-«/«» vfcnirà vne bonne paix,félon lé delir des Parifiens : toute!-lois quâil fâloit poufuoirauxafaires,lâennemi cftaiit fi pres, afin dâobuiet aux furprinfes.Pourtantjqu'ii eftoit neceflai-fe de fortifier les places autour de Pans, Si pour cell effea liloit de lâargent. Voila fon refrein ordinaire dâalors, amp;nbsp;fa guerresâadreflbitaux bourfes desParifiens, doncledelay luiennuyoitmerueiHeufement, pourcc quâalors il eftoit neccflïteux,amp; (commc'lon dit)ne fçauoit de quel bois faite flefehes. Ceux de Guife amp;nbsp;leurs adberans commen-çoyent adonner pied aux defleins quâils poiirfuiuirent incontinent apres, difoyent tout haut quâils combatroyent les Ak;nians,amp; que la France nâauoitbefoin detrefucs.Ld Koine merecrioit qu elle né fouffriroit nullement que les trefues qui lui auoyent tant coiiftc à baftir fuffent enfrain-tes. Elle enuoyoit des viures Bi viandes exquifesau Due dâMençô, amp;nbsp;lut fit tetnener tous fes grâds cheu3ux,pour-fioyant en diuerfes fortes aux neceffitez du Roy.Dauantaa ge,par les praiiques.ayant gaigne quelques coniéÃIiers dé hmaifon de ville, elle tira force deniers des Parifiens, fit declairer criminels,de Lcfe Maieftc ceux de Bourges qui Oâauoyent voulu fe rédre au Duc dârtlençon, auquel furent offertes les villes de Tours amp;nbsp;Blots en efcitange de Bourges g: de la Charité , par Biron qui lâalla trouuer le follict- I tantde procurer que Ion entraften traité de paix auec le
Prince de Condé amp;nbsp;Cafimir.Tandis chafeun sâapteftoit à 1^ * â¢â¢â¢Â»â¢Â» guerre, St ceux de Paris auoyent promis pour leur contti-hution quatorze cens n, il le hures.
Parmi tant de remuemens s'en fit vn autre. Le Roy de-jfffralitdu Naiiarre fe tira viftement hors de la Cour, eftartt des plu- de Na-fieurs mois auparauant en affez grande liberté. Enuiton tti Feurieril fortitde Parts en petite compagnie feignant alîer à la chalfei Delà doublant le pas, il gaigne ht Fete en Picardie,ville de fes apartenancesjdâoù ;1 defpefche vn gentilhomme auec lettres au Roy,poqj lui faite entendre les caufesdefondeflogemenf, afçtuoir lâapprchenfiondâvnc nouuciie captiiiité amp;nbsp;les calomnies de fes ennemis.Le Roy tâcxcufcjSt tafehe le faire teucnir,mais en vainipuis aüertit tous les gouuerneurs des prouinces de ce qui eftoit auenu* pruteftede fa bonne affeftion enuers les Princes de fon hng, commande quâonaitapouruoirpromptera^ntà IS â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;KK, lij,
Henri t rois in u sgt;
îl.D.LXXVI.
conferiJation de-' places j amp;nbsp;alFeure de fa faneur les gentils* hommes tant de lâvne que de lâautre religion, sâils fe con-ticnent en paix.Le Piince de Condé eftoit en lîourbonnois cerchant les moyens de Ce loindreau Dac dâôlenço. Si fut confeilléparmaiiuaifes gensquile gouuernoyent depaf-fer la riuiercdâAllier pour marcher en diligence,lailTant de lajlâeau le Duc Olîroir, lequel pourroit le fuiure quelques ioursapres, Câcft.ait pour mettre à la boucherie les Rei-ftres; car le Duc de M lyéne eftoit pres dâeux a deux petites iournees aucc lâ-irmee du Roy, amp;nbsp;sâapreftoit pour venir les attendre au pairage.âtellemcntquâen peu dâheures il fe rendit à trois Iieuès près dâeu.x.Le Duc Câlîmir,prince courageux amp;nbsp;auifé, feniât ceft orage venir fc loge en lieu aiiâta-geux,amp; attend fes ennemis,qui fachans celj,amp; que le Prince auerti de leur dclfein tournoit bride droit à eux, (c retirèrent b.é vdieau lieu dâoù ils elloyent partis. Les Auuer-â ' gnats ctaignâs que celle puiflance annpenâallaUferepofer fen Icurprouince, cornpoferent aueclc Prince qui toucha 1)0. mille francs , Sc fit on quelques eltappes en diuers endroits fur les chemins pour lâacômodcmét de fei troupes, lefquelles ayans laiirélâAuucrgne à gauche enttetent en , Eourbonnois.'oii le poiirparlé de pacification sâentama, Si furent enuoyees lettres amp;nbsp;memoires pour cefteffeâen Guycniie,Languedoc,S: Datiphiné Le Duc dâAlençon de-. maiidoic de lâargent a dâAnuille amp;nbsp;à ceux de Languedoc: tliii'diyi hardi demaiideur,aüéurez amp;nbsp;rcfolusrefiifcurs. ««raà . llyauoitfufpenfion dâarmes dés quelques iours au p.i-rauant en Viuarais, pour obiiier aux pillages Se laccage-, mens. Ce nonobftant ceux de la Religion du pays voilin, fans en auertit les autres,vienent fous la conduite du Capitaine Geydan,faire vne courfc,St apres quelque combat fe rendent mai lires de'Viuiers ville capitale gcepifcopilt.-Sut les plaintes formées incontinent p.ar les C.itholiqiics Romains, ceux de la Religion firent en forte que Gey dan Si les liens fc retirèrent. Quant a f arinec,le Piince de Condc partit de Biolfac le quatriefme iour de Mars, St ayant pafle aiiec beaucoup de difficulté vne riuiere nominee la dole, trente ou quarante llt;ciflres,Lanfqiicnets Si r â'''François,auccquclquesclieuauxamp;bagagesperdusappro-chadeCharouxviliettadeBourbonnois,quiayantmar-ich.indé aie-rendre gt falucc de quelques coups dp moyennes , en fut quitte pour les defpcns de cinq ou ûx iours que
Mens.! TROISI ésmé.
l'arinee y feiournijS: quelque emprunt. Ccftc paffide leut I Coufta bon; car il ÿ auott en lâarmee trente mil hommes de combat : 8c deux fois autant en la l'uite. Le ontiefme lour de Marsjlâarmee placée en la plaine de Soz.e fit monllre generale, Sc fc ttouuacôpofec dâenuiron quafante cornettes de caualerie, afçauoir trente de Rei lires, 8c dix de Frâçois, di.tfcpt enfeignes de Suifles, Lpt de Linfqnenets,8c huit Ou dix de François. Le Duc dâAlençon sây trouua, 8i fut auec toutes ceremonies militaires lâaiuc chef de lâaruiec,le Piince de Condé lui ayant remis la cornette blanche entre les mains,il alla prendre fon repas 8c repos es pauillons que le Duc Cafimir auoit fait drefler. Au bout de quelques buts. Ion meten auant depart Sc d'autre le pourparlé de paix.Les anibalfadeurs du Duc,Sc autres vont à Paris,où a-pres quelques . ereraonies ils font introduits au cabinet du Roy,lequel leur donna audiance.DâArènes lui fit vne longue harangue tendant au but acouftumé de lâexercice de la Religion, de la iullice, 8c du rellablilfement de la France. Puislefieur dcBeauuaislui ^refentade la part du Duc dâAlençon vnerequefte contenant les nidlmesarticles propo-lez lâannec precedente par le Prince de Condc 8c fes âlfo- , cicz, Outieplus le Duc demandoit actoilfement dâapanage, Si pour feurcté de fes pays douze nouuelles cornpa- PcurparU gnies.chafcune de cinquante hommes dâarmes. Le Prince dt paix, tir
1 requeroit que lesdifmes deucs par ceux delà Religion aux 'quot;/'âZnpro-prtftres, leur demeuraflent pour lâentreteneraent de leurs niinilfresiquece qu ilauoit traite auec le Comte Palatin 8c tPA'tni^tn Cafimir au nom du DucdâAlençon full ratifié: quâon leie- à ;autrti, ftibfift en fon gouuernement de Picardie: que Bologne lui f'Jllremiiè,pour y commettre vn lieutenant:quefonfrere le Marquis de Coney euft vne nouuellc compagnie de cinquante hommes dâarmes. Lereftefeiâpportoitauxdetriâ- ' des de lâan precedent.Cafîmir requeroit que les temples de la France ftiflent cômuns à ceux delâvne 6c de lâautre religio: que le Duc dâAlençon fuft de claire lieutenant general du Roy en Frace: que le Roy aproiiuall que lui acompagué desRciftres.Lanfqucnets S: Suilfesjeuft entreprinsce voya ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢â¢
J.J« . nMttr
ge.Le Roy d^ej^auarre demâdoit au cômencement congé ⢠de fe retirer en Beârh aiiéF (a'fenîme pour y rellablir les a-faires affez embrouilleestquc le Roy ratifiaft lâalliâce faite / auec fes predcceffeurs: quâil aidait à recouurer laNauarte I
K K. iiij.
M.p.ixxvi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri troisiesme. quot;
iniuftement vfurpce Si occupée par lâEfpagnoIjSc qu'en af* t tendant cefteconqucfte ou lui paye la (óuinie accordée à I fonayeuLSe lei arrerages dâicelle : item les deniers duma-riage de fa femme: confirmation des priuileges ottroyez à fesanceftres : chambre pour fes proces; eleftion de quatre / confeilliersauParlcmetit ddÃourdeaUx à lanominationde fa fÅur, Es fécondes demandes il requit que ce que le Duc dâAlençon amp;nbsp;fes affociez atioycnt fait en celle guerre full
I auoué fait pour le fi ruice du Roy : que le gouucrnement de l-Guyenncluy full laifle entier, là nsque le Roy lui baillaft I des lieutenans, ains que la nomination amp;nbsp;acceptation dâi* I ceux full en là puilTincc. Que nul que lui nâellablifl garni-I fons es Seigneuries amp;nbsp;places quâil auoit en France : quâon lui rendift tomes celles qui nâeftoyent point enfapuiflan-I ce:(]ueie droit Je regales luidemeurall entier comme il a-1 uoit-faitafesprcdecclTcurs: qu'il full permis à fes vaflà ux amp;domelliq»es de négocier amp;nbsp;trafiquer en France; que le I Roy ratifijftcequela feuroinedeNauarrefamere amp;nbsp;lui auoyent ordonné à la Rochelle touchant les biens Eccle-] fiaftiques. Le Comte de Ventadour y enuoya aufli fes ani-
I ^1 baffideursquiprefènterentrcqûefteà part, en laquelle il F»'*' *'â¢**â*' I fiipplioic le Roy dâaccorder vne bonne amp;nbsp;fidele paix, pour jparuenirà laquelle il demandoit vu poncilenatioiinalSc I de deux en deux ans alTemblee des Ellats du royaume,quâil flirt commanded tous François (pour couper brofcheà lâa-^theifme) de fe ranger à lâexercice amp;nbsp;proiefilon manifefte ; delâznedcs deux Relig ósique les Ertatsparticuliers peufquot; 'fent en chafque prouince perceuoir la quatriel'me partie l| des rcuenus Ecclefiafliques pour lâentrctcnemcnt desef-' nbsp;nbsp;nbsp;; choies amp;nbsp;des hofpitaux: que les blafphemateurs du nom de
Dieu fuirentchailiezfeuerement amp;nbsp;fans acception deper-fonnesiquelesertâtsdeiudicature ne fulTent plus vénaux; Æ que gens propres à les exercer y fulfcnt promeus amp;nbsp;les in-/ dignes calTez. Que le nombre dcs,oificicrs de iuftice amp;dè -( Ja Couronne furt rcigleamp; modéré: amp;nbsp;que pour les charges I publiques les Eftars prouinciaux peuflent nommer trois 'hommes en leur prouince que le Roy y confermeroita Ce .'i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,1 J Seigneur, faifantmofeflîon delà Rehgion Romaine, fut
de bien,pour au^teimoigne . viieüdroireaiFcélionaii bien JeliFrance. Le P^oy Sifes I confeillicisfireutrelponfçs dinetfes, amp;nbsp;à trois réitérées ......... . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foisjaa^
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HtNm TROISitSMI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16{
fois,aux demandes fufmentionnees : amp;nbsp;nâoublierent artih-cesquelconques pour corromprcleDucCafimir,amp;pour rompre Ie traité du Prince de Condé auec lui. Finalementji ayansefcorné vne partie dâicelui, amp;nbsp;lcslt;iimeesnefaifanc autre chofe que ruiner la miferablc France, fans mcmora-^ bip exploit, de guerre: le Duc dâAlençon lé tenant clos amp;: couucrt, encores quâil lift beau inarchet-cn cinapagne, Sc que les Retftrcs, Suiffes, Lanfquenets Bc François ne de- itlleini mandaflent quâà combatte ou marcher vers Paris: finale-ment, quandla Roine mere vidles afaires aucunement i-cheminees à fon appétit,vint vers lâarmee le z/.dâAuril.fui-uie dâvn efcadron de femmes, amp;nbsp;illec fit la mine amp;nbsp;la moue à grands amp;nbsp;petis, dontpiufieurs particuliers rlemcuroyent'J*â^^««^ tout cAonnez. Apres diuerfescontefiatioas,Iapaix futrcm.Anaw accordée. Quant au Duc Cafimirfut dit quâil auroit vne Ducfinfilt, compagnie entretenue de cent hommes dâarmes : Ictoit e- Sâ*' ftabh colonel de quatre mille Reillres,aucc quarante mille liures de penfîon annuelle: plus deux rail efeus pour lâen- âettactÃt iretenement de quelques gens de cheual.Moyennant quoy gutrr«-' il tenonçoit à lâarticle concernant Mets, ThoulSi Verdun. I Sur le payement dâonze millions deliures quiluielloyenc y ââp deus, fut dit quâil en touchcroit deux millions dedans fix âen'r fcpmaines. Pourlerefte onluibailleroitgagefuffifantenl bagues. Dauantage le Duc dâAlençon lui donnoit Cha-i fteautliierry ville amp;nbsp;chafteauaucc tous les reuenus. Ses | ambaflà deurs receurét de beaux prefens. Aux autres furent I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;
aflignez des lieutenances en diuers gouuerncmens. On' â . â¢â¢â¢ t.'-promit au Prince de Condé le gouuernement de Picardie, ' la ville de Peronne pour demeure. Si deux cens foldats en ' â garnifon.vne compagnie de cinquante hommes dâarmes au Marquis de Conty, amp;nbsp;à dâArennes v n eftat de prefidenr en h chambre mi partie. Le Duc dâAlençon pour acroifle-ment dâapanage eut Anjou,Touraine,Berry,trois des meil-^ hures pieces de la France. Quant à lâedjt,qui efloitle ein-gt;
quicfine fait en ces guerres ciuilcs.il permettoit libre exer- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
cice à ceux de la Religion par tout le royaume, attendant
vn Concile libre amp;nbsp;general,drelfoit pour la iuftice des ehâ-i y ^ ⢠*** bres mi parties es Parlemens,amp; à Montpellier pour le Lan-j * ** guedoc:reflabliflbit le Roy de Nauarre,le Ibrince de Con- 1 dé, le Marefchal dâAnuilJe amp;nbsp;autres Seigneurs amp;nbsp;gentils-' ' bommes en tous les biens« eftats ât honneurs quâils poQft^ 1
doyétauïtlez4-iourdâAouft 1571.Le Roy adiouftoit que les dcfordres aueous alors luiauoyéc grandement defpleu: ordonnoit que les enfans des gentilshommes maflacrez. fuU'ent loiilagcz de toutes charges de guerre , amp;nbsp;ceux des roturiers exempts de toutes tailles pour fix ans. Que tous Iarrefts donnez depuis' le deces du Roy Henri deuxiefmC en haine de la Religion fuflent nuis, 8e comme tels biffez de deiTus les regiftres des P,ïrlemens: autant en declairoit-I \ldeceuxquiconcernoyenc les Politiques aflbeiez, deli-' tirant de toute infamie la Molle,Ãoeonnas Si autres exécutez à mort, ou condamnez par contumace. Le mcfme e-Roitditde lâAmiral , tous arrefts donnez contre icelui abrogez, voulant quâils fulTent rayez des regiftres de la Cour, reft ibliftant lui amp;nbsp;fes enfans en leur bon nom, les I réintégrant en tous leurs biens. Entcndoitqueles cUmi-⢠nels Si coulpables de meurtres amp;nbsp;faccagemens particuliers !de part Si dâautre, item les volleurs Si iniuttes occupateurs des biens d'autrui fuffenichilTez: auouant que les maftà -I cres de lâan i57x.auoyent efté faits contre tous droits Si de-I uoirs de guerre.à auouoit auffi les armes du DucdâAlen-I çon Si de fes aftbciez dedans amp;nbsp;dehors le royaume auoir e-llé prinfes pour fou feruice, aprouuoit leurs exploits, affi-I gnoitles Eftats generaux à Blois au mois de Nouembre de la raefme annee,caflbit toutes garnifons, exceptd celles de huit villes quâil lailToit en garde à ceux de la Religion
leursaftbciez, afçauoir Aiguefmortes Si Bcaucaire en Languedoc, Perigueux amp;nbsp;le Mas de Verdun en Guyenne, Nyons amp;nbsp;Serres en Dauphiné,Ilfoire en Auuergne, Seine la grand tour en Prouence, commandoit aux armees de fe 1 retirer, oélroyoitau Duc dâAlençon la ville de la Charité ( pour le terme de deux ans, aboliifoit toutesTxceptions S I modifications contraires a cell edit contenant plulîeursau-I très articles dependans des fufmentionnez,voulant quâice-lui fuilirreuocable , Si enioignitau.x Parlemens de lâcmo-loguer fans delay ni contrcdit.Ce qui fut fait le quatorzief-nie iour de May,à Paris aucc grands figtKs de reiiouiffan-ce; combien que par les rues pliificurs placardsau mef-mes temps furent attachez qui Jenigrbyent les confeil-' liers de ceft edit. Les Marefehaux de Montmorency amp;nbsp;de Cofle furent parample declaration du Roy abfouls de routes aceufations,tenus pourinnocens. Si reconus fideles feruitcurs du Roy Si officit^i de la Couronne. Les armées
H E N A I T R o I S I B S M t.
fe retirèrent: celle de Cafimirnâayantfaitexploitdeguer-
re remarquable quâen 11 prinfedâvne petite ville nommée â¢â¢ ⢠I Sainft Verin des bois, laquelle ayant (ouftenu trois alfautt
donnez par les Suides, qui y perdirent deux capitaines 8c
plus de cent foldats, les aflîegez mal pouruoyans à eux
quittèrent la brefehe, où les adSegeans entrez tuerent en-
uiron fix vipgts hommes de guerre amp;nbsp;de huit à neuf cen»
payl'ans qui âuoycnt tenu bon dans cede place, ce qui a-
Unit enuiron trois femaines deuanc la paix. Bien peu de
irjurs auant ceft accord les Rochcllois affiegerent,batti-V»' rent amp;nbsp;prindret le chafteau deMarans,proche de leur ville, fails que Puigaillard amp;nbsp;fes cópagnós y peulfét venir à téps.
Plofieursiugerent,incôtinentquâilsvirentleDucCafi- Ctmmènci^ mir amp;nbsp;l'es Reidres tourner les efpaules à la France, que la
piix ne dareroit gueres. Le Prince de Codé fut le premier
qui fentit que lô ne fe foucioit nullemét des promeîTes.Car trtuUtj. ' fon gouuerneiziét de Picardie lui fut refufciPcione ne vou-
lutlercccuôir,onfitdiuerfesentreprinfesfurfâperfonne,
tellcdiét quâil fut contraint quitter le Duc dâAlençon fur le
poinCt de fon entree à Bourges,pour fe retirer en Guyenne
pres duRoy de Nauarre, lcquel,apresquelques difficultéz,
a caufe de plufieuts courtisas de fa fuite fort fulpeéfs lt;à ccux de la Religion,entra dedans la Rochelle le ig.iour de luiii, fuiuide $o.cheuauxfeulemét,amp; fut receuen grâdhôneur. r,.
Le fieur de Feruaques^ennemi de la Religio,lors de la
du Roy de Nauarre , mais forclos de celle entree, mond ra *â¢**7 beaucoupde mefcótentenict.Lesdeputezdela ville,forris/ /'A â , pourauiler alâordredc cede entrêe,lui dirêt en vn mot que la coudume des Rochellois leut defedoit dâouutir les portes à trop grâd nôbre,fur tout à ceux dót ils pefoyent auoir occaliô de le desfier: tenâs pour certain que celte refolutiô auoit rôpu le coup a infinies embulches que les Cath.Romains leurauoyéc drclfecs.pludod en temps de paix quâen temps de guerre: qu'iP edoyent délibérez dây auoir lâÅil, plus que iainaisjfachansquelâedat desafaites lesy côtrai-gnoit. Feruaqticsayât dit fur ce la quâJ edoit bien aile que lesRochellois fe desfiaffent de lui,amp; que leur propos mon-ûroit quâil en edoit plus habile homme, puis quâil leur fai-lôitpeur, lâvn des députez répliqua promptement ; mais au contrairecraignoyent pour lui, que quelque roalaiii-fé trop padtonné des malîà crcs de Paris ne lui mel-fift en leur ville. De la Rochelle le Roy de Nauarre alla
JsJ.D.LXÃVI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h E M R. I T R ois IBS M «â
Glâ
en Brouage,puis à Perigueux, ou le Prince l'eftât allé trofia ,J,' *'â¢Â» uerreuintà la Rochelle,amp; y reccut lettres du Roy amp;nbsp;deld â¢((,quot; Roiiie mere, pleines de belles promelfes. Mais cependant en diuers endroits du royaume ceux de la Religion eftoyée rude ment traitez.Les Reiftres eftoyent encores fur la fron-tiere,amp; difteroit le Duc Cafimir fe retircr,que le Roy n'euft fourni les deniers amp;nbsp;gages promis : cepe ndant la Bourgon-gncamp; prouinces voifines portoyent le faix. Enmefme temps le Roy clloit folliciié par les ambafiadeuts du Prin-... nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ce dâAurangeSc de quelques villes du pays bas dâembraffer
leur defenfé amp;nbsp;protedion contre les Efpagnols. llsfai-foyent pareille inllance versie Duc dâAnjou, frere du Roy (ainli lâappellerons nous déformais) 8c lui propofoyent des conditions auantageufes,à quoy il fcrabloit entendre,mef-incs en faifoit parler à pluiîeurs gentilshommesamp;capitai-nes.pourleuer amp;nbsp;Mener gens ; tellement que fur le fondement de {es promelfes fut en partie bafti le foüleue-ment des Eftats du pays contre la tyrannie des Efpa-gQols.
lePrinci Durant le feiour du Prince de Condé entre les Rochel-
lois,le Duc dâAnjou leur efcriuit touchant quelques parti-â ' cularitez: notamment il leur demandoit lâartillerie gai-m nt dt Pi- gtice a Marans pour mettre dans fon chafteau dâAngers : l-clt;trdiijieur. tem quelque fubucntion dâargent. Dont ils sâexcuferentj 8c pour le re-gard des deniers J que leurs deines Stafaircs ne le pertnct-' ''â quot;â¢â 'ââ'.toyent nullement,comme les députez quâils enuoyerentlc
lui rirententendre.Dâvnautre collé le Royamp;faniere def- ' pt feherent lahoifliere BrilTon de Fontenay le Comte, lequel an iua à la Rochelle le feptiefrae iour de Septembre, outre les lettres pleines de beau langage quâil apporta fit de grandes declarations de la bonne volonté du Roy enuers eux, dont la plufpart creut le contraire, fur tout quand ils virent que Boiflierc fit ouurir vn petit temple où Ion foq-doit lâartillerie, poury l.dre chanter Méfie. La ville de Sj lean dâAngcly auoitcllc accordée parle R'-'y au Prince de Con.Ié , attendant quâon lui fift droit fur Peronne , dont il faifoit inll.ince. Mais peu au parauant les habitans (qui a-iioyent le mot du guet) sâefloyent promis mutuellement,' lûuslafaucur dâvne generale St fainéle ligue qui com-Kienjoir à fe form« de fe maintenir les vus les autres,fans donner
HïNri troistèsmï. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lei
^onneraccesnientreeäaucutijdequelqueRcligionquâil y, fuft,atinqueleurreposnepeutcftrctâtfoitpeualteré,'lirief , ils ne vouloyent point du Piince : mais afin de cotiurir leur ââ¢âbâ7 *i- i inauuaifè volôtéenuers lui,cnoyêt quâilseftoyétaflez forts C'â pourfe garderxübien que quelques vns fuflét dâautres aiiis! icliemét quâil furuint de la diuiiiô entre eux au comniécc-iquot;ét de Septêbre:amp; y eu auoit plufieurs qui attendoyent le fieur dcBiron.Ce que le Prince ayant defcou'Jcrtj8c voyât quâon vouloir lepaillrcde ptomeffes, attendant quelque nouucau bruit, refolut de preuenir amp;nbsp;contraindre fes enne mis à lui faire raifon.Pourtant il y fit entrer fecrettemét quelques capitaines S: foldats, puis sâafleura de la place.
Lâaflemblee des Eclats fut lors publiée par les villes de , * . » # Guyenne, amp;nbsp;le Roy de Nauarre qui sâacbcniinoit en Poix
auoitDura!pourfolliciteurdefesafairesenCour,auquel
(comme à tous les autres) Ion faifoit bonne cberc, amp;nbsp;difoic .-»i,,. . on,Tout ira bien. La Noue fit auffi plufieurs voyages vers
le Roy amp;nbsp;le Duc dâAnjou,auec aparenec quâen lâaflemblee des Eftats loB feroit beaucoup au contentement de chaf-çun. Peruaques, qui auoitiufqueslorspaifiblcmentgou-Uerne le Roy de Nauarre , fe retira en vifage de mal content chez foy. Quelques Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes Catholiques Romains Poifloti,en nombre de (bixante,filent vnc ligue,donc lefieur de la Tiimouilleeftoitclicf pour fe maintenir contre ceux de la Religion, a lâimitation i(lt; de plufieurs autres prouinces Sc de quelques vns des prin-J.,, eipaux du royaume. Mais les fins eftoyent'diuerfesicar les Vns regardoyent feulement à la religion, ne voulant quâil y eut autre exercice que Je la Romaine, les autres regar-doyent à lâEftat. Pour lâin tell igçnce dequoy corMient noter ce qui sâenfuit.
Ceux de la maifon de Guife auoyent désplufieursan-nees au parauant, fur tout fousle regne de François fecôd, de n parle amp;nbsp;difpucé de leur origine amp;nbsp;de leurs droits fur la lt;« à tfuitaf couronne;amp; fans la mort foudaine de ce Roy,qui auoit ef-pouféleur niepee,enflent fait vn terrible mclnage en Fran-ce, Oreftoitauenu parmi ces menees que ceux de la Reli- ctuxdt Gui. gion sâeftoyent ayancez , tellement quâappcrceuans vne ÆÂ», partie de leurs contrairesdirtraits delâÃglife Romaine,ils empoignèrent le prétexté de la Religion pour auâcer leurs ^effeins. De là nafquircnt les guerres cimlesSc la tant rei-
K.OtXXVt. ' HïNRI THOtSItsM!,'
terce mention du fait de religion, couuerture despreten-fions de ceujc d e Guifc, defquels la Roine mere eftoit con-tétc fe !etuir,pour ruiner les vns par les autres,jfui de tenir ie ballon,amp; dire Paix là .quand bon lui fembleroit. Durant ces confufions, les vus amp;nbsp;les autres furent foigneux de gai-gner les cÅurr de ceux de la Religion Romaioe,tâdis que Charles fit Henri troiliefme (è rendoyent odieux a grands amp;nbsp;petis, Tvn par fes violences, lâautre par fes diifolutions. Ceux de Guifeaperceuans quâapres tant de guerres, lâau-tliorité royale fit labienvueillance des fuiets enuers leur Prince sâefteignoyent peu à peu, pouffent cefte roue, mais pardeffüus terre preinicremét. Il fer oit impoffiblededeclai \ ââ ^ââ ^'â('PStiâ^f'^cu'^illsursartificesimais attendant qu'en vn ârA V»' cciiure à çart fit bien ample toutes fes circóïlancesenlóyét AbjHin»â fpecifiees, nous en remarquerons quelques vues. Ilsco-n â »«. â¢/!,⢠nufét quefans vn grand fupport leurs entreprifes ne pour-royentfucceder. Que de cercher cela dans le royaume ce nâeftoit befongner quâà moitié, attendu les trauerfes quâils pourroyent receuoir de ceux de la Religion aufquels ils a-uoyent fait tous les maux quâil ellpoflîble de penfer. Car encores que Paris, fit les autres villes meurtrières fuffent de leur fequelle, neantmoins ayans vne partie du royaume en telle, ce feroit vne trop longue befongne à gens qui a-' uoyent halle comme eux. Le Conlîlloire de Rome fit le Roy dâElpagnc leur femblent inllrumens propres pour Y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i'execution de leurs deffeinstlâvn pour manier tout à lâaife
.... nbsp;nbsp;nbsp;.. . les confeiences des Cathpliques Romains,St fous prétexté
de Religion sâen feruir an remuement de l'Ertat; lâautre, qui a toiifioursitifiniement redoute la paix en France, de peur que la guerre nâentrall chez lui,pour en tirer finances a lâentretcnement des troubles pendant lefqucls les occurrences leur prefenteroyentfit fiiggcreroyêt confeiis necef-faires.Lâellat des afaires de France en lâan lyyô.refucilla ces ellincellcs. La Roinc mere fçauoit de leurs entreprinfes ce qui concernoit la ruine de ceux de la Religion, St lâen-tretenernent de la guerre contre eux, qui elloit le palfe-temps de celle femme, cftrangement vindicatiue, entre toutes les princelfes de noftre temps: fit dâautiepart infiniment ialonfe de celle grandeur fit aiithorité quâelle auoit vfurpeefur les Paris, les princes du fang,les Eftats generaux, Patlemens, pairs amp;nbsp;principaux olficiers de la Couronne,
Henri tr o i s it s m b.
renne. Dîuanrage, le moyen de sây maintenir eftant fondé fur exaftions, emprunts , tailles amp;nbsp;rançonnemens dur Clergé du tiers Ellat, item fur lâopprellion de la No-blcire:ceU ne fepouuoit obtenir durant vne ferme paix: pourtant eftoit elle contente, en fe donnant relaiclic pour laifler reuenir lâeau , que quelques vnsparulTcnt bien roll qui troublalfent tour comme deuant, afin di pefeher mieux à fon aife. Atnfi donc sâalfeurans de ce collé là ,, dontauec'le temps ils pretendoyenr fe destiire du tout, ils forinoyenc dans le corps dé lâEllat des feruircurs de toutes qualitez,auançant les vns aux honneurs, donnant pentîon aux autres, amp;nbsp;nâoubliant les carefles amp;nbsp;tout le bon vifagc quâon fçauroit defirerdâvn ami, ioints à vne mer depro-mefléyjamp;ades montagnes dâor, quâon apporteront des terres neufues,dont quelques elclitsglilToyent dansles bour-ftsdes plus afamez. Ceftç entreprife marchoit du commencement au petit pas mai^la paix ellant auancec, amp;nbsp;fur
poinélde lâexecution, ils enuoyent a Rome leurs agens äuec inftruélions, amp;nbsp;remonftrent au Confiftoire du Pape
des Cardinaux que par la cotiniuence des Rois, iflus de la maifon de Valois defeendans de Hue Capet, la religion C'tholique Romainesâefuanouiffoit en ce roy^ume,candis que la race de Charlemagne honoree de la benediélion du fiege Romain, lequel ne fubfilloit que par icelle race, de -mturoit mefprifee.Que depuis feize ans les exploits entrepris pour la defenfe de lâEglife Catholique Romaine nâa-Uoyent aucunement fuccedé, amp;nbsp;ne fuccederoyent jamais fous cefte lignée de Capet, en laquelle ne paroiflbyëtquc frinccshebetezouherctiques: au contraire en la race de Charlemagne gt;nbsp;quieftoit prefte de feruir fidelement à lâE-glife, viuoyent des princes recommandables pour leurs 'â'ttus, notamment pour leur zele à la confideration amp;nbsp;a-giandiftément de la dignité Pontificale. Pourtant prioyent ils que le Confiftoire aprouuaftSc fauorifaft leurs côfeils, rendans à lâexftirpation des hérétiques Sceftabliflcmét af-feuré du fiege Romain.Pour y p3ruenir,ils promettoyct dó Oer ordre en toutes les villes de leur retcnuc,dâefmouuoir le peuple parles moines amp;nbsp;autres fermôneurs,tellemét que les heretiquesferoyentabolis.Feroyët côfeil ne sâempelcher de telles efmotiôs,3ins en requot;-
âCS prefehes t 1er le Roy de
®ettre fecrettement la charge au Duc de Guife,lequel ainfi
U.D.IXXVX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HbNRI TROftllSMt.
authorifé.pratiqueroic Ligue enuers la Noblefle lesluf bicans des villes,quâil attircroit à foy bien aÃément. Car il feroit que les curez tant des villes que des champs dtelfc-royentroolles de tous leurs paroifliens capables de porter armes, lefqiiels ils lui enuoy eroyent gt;nbsp;puis il ordónncroit des capitaines qui par leurs curez les tiendroyent auertis de ce qui feroit a faire fous prétexté de la defenlîue. Cependant le Roy pouruoyeroit à ralfemblee des Eftats, Sa mere râmeneroit le Duc dâAnjou en Cour, sâefforçant dây attirer le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Condé,pour auf-quels öfter toute exeufes amp;nbsp;crainte, ceux de Guife quitte-royent la Cour comme malcontens, amp;nbsp;le Roy laiffant Paris fe rendroit en lieu de plus libre accès. Approchant le temps des Eftats,les Capitaines des Paroilfes fc tiendroyét prefts aiiec leurs cnroollez pour marcher là où il leur feroit commandé. Les Eftats a(remblez,auant que rien expofer iureroy ent, depuis le chef iufques aux membres, de garder amp;nbsp;obferuer ce qui y feroit conclud amp;nbsp;arrefté.obligetoyent les corps des villesamp;communautezà la contribution des frais neceiraires,iufquesà finale expedition. Le Pape feroit requis dâauthorifer, ratifier, amp;nbsp;aprouuer,les articles amp;nbsp;ar-Tcftsdefdits Eftats en forme de Pragmatique Sandion entre le liege Romain amp;nbsp;la France, comme ont elle les Con-cordats.Pour mettre à néant la fuccelfion ordinaire introduite par Hue Capet, amp;nbsp;rendre la declaration dâicelle fu-iette à la difpofitJon des Eftats, comme elle eftoit anciennement, feroit ordonné que fi aucun Prince du fang, Seigneur, gentilhomme ou autre, eftoit fi ofc de vouloirem-pefclierlâexecutiondefditsEftats, le Princedellorsferoit declairé incapable defucceder à la Courône, les Seigneurs, gentilshommes,ou autres,degradczde leurs dignitez, les deniers de leurs confifeations deftinez à la guerre, leurs corps à la mocr,amp; falaire public propofé à quiconque pour-roit exterminer ceux qui nâauroyentpeu eftreappréhendez. CelleairenranceprinfeSc.donnée, lesEftatsrenou-uclleroyent le lerment de fidelité quâils doyuent aux Papes de Rome,protcfteroyent de viure amp;nbsp;mourir en la foy pro-pofeepar le Concile deTrcnte, lequel feroit fouflîgné en corps dâBfiat, declaireroycnt tous edits faits au Royaume depuis quelque temps que ce foitjcontreuenans aux Con-çilcs,caftez,reuoquez annuliez. Que les edits faits par
les Rois
Henri troisiesme.
Rois predeccfleiirs pour lâexftirpation des herefie.s, fe-royentobferuezSc exécutez felon leur forme amp;teneur.Le ^oy dâaprefent feroit reloué despromclfcs faitesauxhe-''tiquesji leurs complices amp;nbsp;aflbciez,aufquels feroir. pre;-fix certain temps pour fc prefenrer deuant les iuges Eccle-fiaftiques pourertre abfouls, puis renuoyez au Kçy pour obtenir grace du crime commis contre fa maiefté.Et pour-ce que lâexecution du precedent article pourroit eftre etn-pefehee amp;nbsp;retardee par quelques princes rebelles , le Roy feroit fupplié dâeftablirvn lieutenant general, prince capable, expérimenté,puifl'ant de corps amp;nbsp;dâefprit,pour fuppotgt;-lâer le trauail, prendre auis de foy mefme, 8( lequel iamais nâait eu pan, communicatiô ni focieté auec les hérétiques: amp;(lâhonorerleDucdeGuifedâvnctclle charge, comme oftautdoué de toutes les parties requifes à vn grand CapL-*dne,amp; digne de telle commiflîon. Seroit puis apres re-Uionftree par les Eftats au Duc dâAnjou la grandefautc par lui commifedâauoir abandonné Je Roy fonfrerepour feioindre aux hérétiques, fcdeclairant leur chef, drelfant armee contraire, amp;nbsp;dâauoir contraint fondit frere amp;nbsp;fei-gneur amp;nbsp;lui acroiftre fon apanage,8t authorizer lâexercicc de lâhetcfie. Et poutee que tel crime commis eft comprins aupremicr chefdc Lefc Maicfté diuine Sthumaine, quâil nâellen la puilfance du Roy de remettre amp;nbsp;pardonner, re-qiicrroyentîccux Eftats que luges fuflent deleguez conoiftre de ce crime, à lâexemple trelTainft amp;nbsp;pientiflâme du Roy Catholique en lâendroit de fon propre fils vnique amp;nbsp;de foy mefme. Au iourdecefteconclufiooparoiftroyerit ' les forces tant des enuoyez par les paroiffes, quâautres or,-diiiaires amp;nbsp;extraordinaires,pour tenir la main à lâexecution de ce qui feroit 3rrcfté,fe faifir du Duc dâAnjou,amp; de tous les Princes,Seigneurs,gentilshommcs amp;nbsp;autres prefens,qui lâauroycnt fuiui amp;nbsp;acompagnéen celle cncreprjfe. A mef-nictemps aufii les capitaines des paroiffes fe mettroyent aux champsaucc le relie de leurs forces, amp;nbsp;chafeun en fon reffort courroit fus aux hérétiques, leurs amis, affociez 8c adheraus.tant du plat pays que des villes clofcsylefquels ik palferoyent au hide lâefpce, Sc sâempareroyent de leurs biens pour eftre employezaui frais de la guerre. Par ce moyen le Duc de Guilè fe trouuant acorapagné dâvnc puiffante armee eiuterok. dedans les prouinces rebelles,
LL. i.
J«,D.LxxTt, Henri troisiii mï.
quâil fubiugueroic aifémenc par intelligence amp;nbsp;par force« {e rendroit mai lire de la campagne,mettant à feu St à fang tout ce qui voudroit lui rcfiiler,afFamcroit les fortes places par vn degaft general, les blocquant par péris forts drelfei fur les auenuet,fans sâamufet à perdre temps à lesaffieger, comme Ion a fait ci deuant à la Rochelle. Si belle 8c infaili lible viftoire lui citant dcmeurce,8c par icelle ayant acquis rentiere afPeftion 8c faneur de toutes les villes de ce royau nie Sc de la Noblcfle, il feroit faire punition exemplaire du Duc dâAnjou,St de fes complices. Finalement par lâauis Sç pcrmiflîon du Pape feroit enfermer le Roy 8c la Roine dedans vn monaftere, comme Pepin fon anceftre fit à Chil-deric. Par ce moyen ayant reuni l'héritage temporel de la Couronne à ceux qui maintenant pour tout refle de la fuc-celTion de Charlemagne ne iouifTsnt que de la benediftion Apoftolique, il donneroit ordre que le liege de Rome feroit pleinement reconu des Eftats du royaume,fans reftri-ftion , oil modification , 8c feroyent anéantis tous les priuilégesSc libertezquelonattribueà lâEglife Gallicane; pour lequel effeft il prefteroit tel ferment que le Confiftoi-re Romain iugeroit eftre de faire.
Ces terribles projets efcoutcz,receus £c fauorifez, il ne fut queftion es années fuyuantes, linon de penfer aux ex-pediensd'en acheminer les executions. Vray eft que les afaires firent changement de fois à autre en la forme : mais rinrention,lamatiere8clesinftrumensdemeurerenttouf' ioursen Iturettre, 8c firent vne partie de ce qui auoit elle délibéré,le refte fuccedatout au rebours, non point par fa-gelfeou force humaine ,ains par vneprouidence du tout particuliere du Roy des Rois.
Le Prince Mais confiderons ce qui fe paflbit au royaume.Le Prin-de Canâe ce de Condé ayant defcouuert de nouueau Certaine cntre-^a'fénr^t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Contre fa perfonne par vn qui en receut fon fa-
⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;laire, 8c veu queSainél lean dâAngelyn'eftoitplaced'af-
feurance pour lui alors contre la mauuaife volonté de tant dâennemisjfit en forte quâil sâaffeura de Brouage, place forte auprès de la Rochelle, dont furuint quelque mefeonten-tement apaifé tort. Câeftoit fur la fin dâOftobre, que ceux de la Religion fe plaignirent au Roy par PambalTadeurdu DucCaûmir quâen diuers lieux lâon les troubloit en lâexercice à eaxaccordépar lâedit; quâes villesfr rrouuoyent fies prefeheurs fediueux qui tafehoyent dâefmouuoir le
Henri troisiesme. î.sû
peuple. Que les chambres mi parties nâeftoyent point érigées,amp; que luftice leur eftoit defniec. Qué grands amp;nbsp;petis 'lloyeut bandez contre eux. De toutes ces plaintes lâam-bafla Jetir produifoit preuues bien amples. Ce quâil difoit tiâeftoit pas vain; car en Picardie amp;nbsp;es autres prouinces loti le mit à dreller articles dâafl'ociation pour sâoppofer à ceux ⢠de la Religion, amp;nbsp;le ferment que chafeun y entrant c-ftoit tenu preller fc rapportoit à ce quisâenluit. dreffé dedans la ville de Peronne, fansnommer'le tlief dâicellc alfociation. Au nom de la Sainfte Trinité, Pere ,Fils, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Saindt Efprit, noflte feiil vxiy Dieu, auquel foit gloire amp;nbsp;j Iionneur.LâaÃbciatiou des Princes,Seigneurs, amp;nbsp;Gentils- Petimne en hommes Catholiques, doit eftre amp;nbsp;fera faite pour reftablrr Picantie. la loy de Dieu en fon entier, remettre amp;nbsp;retenir le fainft fetuiccdâicclui félon la forme amp;nbsp;maniéré de là SainfteE-glifc Catholique, Apoflolique amp;nbsp;Romaine, abiuransamp; renonças tous erreurs au contraire. Secondemét,pour confer lier le Roy Henri tiers de ce no par la grace de Dieu, amp;nbsp;fes predeceiTeurs Roistrefehreftiens en lâeftat,fplédt'ur,âuto'-'itc',feruice,deuoir8c obeilTance qui lui font deus par feS fu gt;ets,ainG quâil cil contenupar les articles qui lui feront pre-fçntez aux Eftatsdefquels il iure 5t promet garder à fon Ã-cté St courônciqcnc. Auec proteftation 3e ne rien faire iu preiudicc de ce qui y fera ordSné par lefditf Eftats.Tierce-mét.pour teftituer aux prouinces de ce koyapme amp;nbsp;Eftats dâicelui les droitsjprecminéces, frâchifes St libertez ancié-nes, telles quâelles elloyct du téps du Roy Clouis premier Roy C hreftic,St encore meilleures St plus profitables, fi el les fepcuuét inuçter,fous la protefliô fufdite. Au cas quâil yaitcmpefchcmétiou rebelliôà ce quedeffus,parqui amp;nbsp;de quelle part quâils puiflet eftreifeîôt Icfdits aflbcicz tenus Sc obligez dâemployer leurs biésSt moyés,mefines leurs propres petfonncsiufques à la mort,pour punir,fhaflier,5t cou rir fus à ceux qui lâauront voulu contredire St empefeher, amp;nbsp;tenir la main que toutes les chofes fufdites foyent mifès à exccution,realement 8c de fait. Au cas que quelques vns des aflociez.,leurs fuied$,amis,5t confederez fuiTent molc-flezjoppteflcz St rcçcf chez pour les cas dclfufdits, pat tjhi que ce foit,ferôt tenus lefditsaÃbcicz employer leurs corps amp;nbsp;moyts,pour auoir vengeâce de ceux qui aurót fait lefdi-tes opprefles St molcftes foit par voye de luftice, ou arraesj,
IL. ij.
«i.DLxxvi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri troisiïsmï,
fans nulle acception de pcrfonnes.Sâil auient quâaucuns doi alTociez,apres auoir fait ladide alTociation. fe vouloir retirer ou defpartir dâicelle, fous quelque prétexté que ce foir, que Dieu ne vueille, tels refradaires de leurs confentemés feront ofFcnfez en leurs corps amp;nbsp;biens, en toutes foi tes quâon le pourra auifer, comme ennemis'de Dieu, rebcl-Jcs,amp; perturbateurs du repos public : fans que lefdits aflb-Cicz en puiflent eftre inquiétez ny reçercbez, foitenpu-blic,ni en particulier.Iuref ont lefdits aflbciez touteprom-pte obei(fance'amp; fetuice au cli'ef qui fera député , promettront fuyure Si donner çon%i!,confortamp;aidc,toutà l'en-iretenemént Scconferuationdeladide affociation que ruines aux cqncredifans à icelle, faqs acception ni exception des perfonnes,Xc feront les defullans S(. delayans punis par lâaudorité du chef,g£ félon fon ordonnance, a laquelle laf-ditt aflbciez Tè foubmettront.Tous Catholiques des corps des villes amp;nbsp;villages feront aucrtis 8ç foinmez feciette-mentparlesgouuerncurs particuliers dâentrer en ladifte aflbeiatio,fournir deué'ment dâarmes amp;nbsp;hommes pour lâe-xeçution dâicelle, Ãclon la puilfanceSt faculté de chacun. Ceux qui ne voudront entrer enladide alTociation feront reputez pour ennemis'dâicelle, Si pourfuiuables par toute forte dâolFenfes.amp; moleftes,amp; defédu aufdits aflbciez dâen tier en débats niquerçllëjlâvn contre l'à utte,fanslapermif fîon du chef a lâarbitrage duquel les côtreuenans feront pu nis, tant par la reparatiô dâhSneur que toutes autres fortes. Si pour fortification ou plus grande feureté defdits affocici fe fait quelque conuention auec les prouinces de ce Roy au-me,elle fe fera en la forme delTufdite.Sc aux mefnies condi-tions;foic que ladite alTociation foitpourfuiuie enuers lef-dites villes par elle,demandées, fi autrement nâeft auifé par le chef.Sâenfuiuoit pais apres le ferment trefexpres, qui e-SrcMoit âe ftoit conceu en ces termes. le iure Dieu le Créateur, tou-UUiHt. chant ceft Euangile,amp; fur peine dâanathematizatiôSe damnation éternelle, que ie fuis entré en celle fainfte affociation Catholique,(felon la forme du traité qui mây a «lié leu prefentement) iultemenf, loyaument, 8c finccrement,foit pour y commander,ou y obéir amp;nbsp;feroir:5c prometsfous nla vie amp;nbsp;mon honneur de raây conferuer iufques à la dernière goutte de mô fang,fan5y côtreuenir, ou me retirer pour quelque m3ndenict,pretexte,cxcufc,ni occafiô que ce foitr
J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HsNRI IROlSIESMt, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Iff/
j Outre les agens expédiez en Cour de Rome auecles Frtfaraf!:^ tnemoires dont nous auons parlé ci deuant (quâaucuns ont «â»'»«»* -n , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ' Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ctmtm ai
eltime controuuez,pourexcufcrentreprinlestant enor-ines,aufquels des effefts encore plus horribles ont refpon-^a,,^«^ du peu dâannecs apres) courriers font enuoyez çà Jät là pour porter les premiers auis de ces deffeins, defguifezde
I belles couucrtures, pour esblouir ceux qui voudroyent y regarder de plus pres. Lon commence à ferner des billets par les rues contreceux de la Religion, Ion adioufte quâils elloyét trop fupportez par lâedit, ges de feruicc trottét par tout, qui feruent de foùfflets pour allumer bien toft vne nouuelle guerre; Si le peuple feruant de matière toute propre prefte lâoreille à tous ceux qui le veulent mutiner, nâe-llant lors tien mis enâuant que le nom dâEglife amp;nbsp;deferui-ecdiuin. Le Prince de Condé fentaht délia bruire la tera-pefte, enuoye remonftrer aü Roy le tort qui lui eftoit fait au regard de fongouucrnement, Peronne ayant eftéfaifie fur lui par gens quâon conoiflbit dont il demandoit iufticc tomme de criminels de Lefe Maiefté, perturbateurs du repos public amp;nbsp;infraéieurs de lâedit de pacification. Le Roy fit douce refponfe fur la fin de Septembre, amp;nbsp;apres longues difficultés Si lean dâAfigely amp;nbsp;Congnac furent laiffez au Prince, attendant que le Roy euft pourueu au fait de Pe-^ tonne, de la furptinfe de laquelle 11 proteftoit dire marriiY tommeaufii tant de dclbbeiffance à fesedits. Quelques**'* '**â iours apres le Prince receu dedans la Rochelle,non fans di-fpute entre les habirans fe plaignit par vne longue harangue en la maifon delâefcheuinage du tort qu'aucuns lui faiâ foyent de fe desfier de fa (inceriré. Les Rochcllois sâexcu-ferent doucement, amp;nbsp;defduifircnt quelques occafions des difputes furuenues entre eux touchant la reception du Prince, lequel leur remonftra fon but auoir efté de venir vers eux,pourprendrerefolution-fermccnfemblefur les occurrences des grands afaires qui fe prefentoyent, au regard du voyage du Duc dâAnjou Vers le Royjdecdui de la Roinemereen Guyenne, amp;nbsp;des remuemens au preiudice de lâedit. 11 fe plaignoit la dclTus quâaucuns auoyent auda-cieuferaentreietté quelques bons auis par lui donnez fur ces difficultez.-touchoit les ligues amp;nbsp;complots des ennemis tant dedans que dehors le toy aume,le paffage de Don lean dâAuftriebe, St dâvn Legat de Rome par la France, qui ça
LL. iij.
At.D.LXxvi. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri noisiisMt.
niefrtie iour sâcftoyent rendus en Cour par diuers cfiè-mins.lâuis par vn ample difcoursil fit voir côbien eftoyent mal fondez ceux qui prenoyent quelque ombrage dcfes confeilsSt procedures, nâayant autre but quelaconfcrua-tion de ceux de la Religion. Apres bruits amp;nbsp;difputes,finalement par la prudence St vigilance duÃrince, tout fut pacifié entre les Rochcllois, 8c les pratiques braffeesen leur ville par quelques ennemis furent anéanties. Cela fcpalfa fut la finde lâannee.
Le Roy bien aucrti des ligues qui fedrelTovent en fon âucunenientqueceftoîcvninoyenpoury fira fuir entretenir troubles continuels,8c quâauec le temps cefteau-lâMintr. dace produiroit des maux irrémédiables. 11 bay (Toit 8c a-uoit en horreur ceux de la Religion, lefquels il elloit délibéré de ruiner peuà peu.Maisil ne vouloir pas auoir des in-flrumés en lâexecutio de ceftcbefongne,qui bcfongnalfent fans fonauthorité.Pourtantfe trouuoit-il perplex.Sainere vouloir fe maintenir, 8c vouloir mal de mort à ceux de la Religiô amp;nbsp;à tous ceux qui leur fauorifoyent, notâment elle defiroit rexterminatiô des chefs, nâeftâtpas marrie que les Frâçoisfe regardalfenttoufioursles vns les autres de quel que mauuais Åil, en telle forte que Je moyen lui deæeurall toufiours de faire peurà fes fils, de réprimer les Princes 8t Seigneurs,fomme de faire la guerre Sc donner lapaix .à qui, quad 8c cômebôlui fcmbleroit.Pour comencer ellèfait en forte que le Duc dâAnjou retourne en Cour fur la fin dâ0-élobrCjdôt le Roy fe móftra trefioyeux,8c en defpefcha kt-îres patêtes aux gouuerneurs des prouinces cfquelles il ref inoignoit le gr.ïd côtentemét que celle venue 8t reconcilia tion lui auoir apporte',leur comâdant dcfairefçauoirà tous fes fuiets rât de lâvne que de lâautre Religiô que lâafTemblee des Eftats generaux allîgnez à Blois pour le mois de Nouê-bre elloit remife au quinziefme iour du mois fuyuant.Lon ellime que par ce moyen il vouloit couper chemin nô feulement a vnefixiefme guerre ciuile, mais aux plus chaudes cfmorions quâil aprehedoit à caufe de tant de côplois,dont tous les iours quelque vent lui battoir 8c rompoit lâoreille. Aufliauoit-il quelque opinion,nonobll.it les Ediôs, quâil nây auroit député qui nâaimall mieux entretenir vne paix folennellemenr iuree que dâopiner la continuation des j;uerrcsjla rnine des villes,ta defolation des peuples,ni que
JFÃ E N R I TR O I SI E S M II nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16^
ifs cftranges rentraffcnt encores dedans la France à mairt îtmce,pour ruiner fes fuiets:amp; penfoit que ce feroit lâexpe-dient de rompre le coup aux remueurs amp;nbsp;de tenir l'errez ' Ceux de la Religion, quâil pretendoit confunier à petit Feu* par autre voyc que par guerre ouuerte, en laquelle fon ptedeceffeur i5i lui nâauoycnt nen gaigné. Mais le Roy de Nauarre, le Prince de Condd, le Marefchal dâAnuilleSc leurs affociez voyani deiourà autrequetous les préparatifs pour ces Eftats generaux ne tendoyent qu*a lâentierc liibuerfîon dâeux amp;. de leurs amis amp;nbsp;feruiteurs , pcnlerent dâheure à eux , protefterenc en diuerfes fortes quâils e-Huyentdelibcrez fe maintenir es droits, libertez amp;nbsp;fran-thifes que le dernier edit leur à ccordoittS: que ceux qui at-'enteroyentdelâenfraindreles rrouueroycnt für vneiulle defcnfiue contre roui perturbateurs du repos public amp;nbsp;ennemis iurez delà Frâcetordonnét pour cell effeft ges propres pour fe trouuer aüxEftats lefquels »âafleinbloyentji amp;nbsp;y faire amples remonftrances, à ce que Vedit full inuio-hblement obferuéiproteftant contre tous ceux qui iroyenc ïu contraire que de tout le mal qui enprocederoir, ils fn refpondroÿent à Dieu amp;nbsp;aux hommes. Combien que le Roy fùft acet tené par le menu de tout te qui fe paf-Ã^j; Foit, ncantmoins au lieu de sâen efmouuoir , elloit au- U,..' 1 cunement âife de cefte contetiancé des Princes, tenant I que cefte contrecarre arreftetoit le parti contraire quife fortifioicdciouren iour: pourtant fit il en diligence au iour aflignéaffembler les députez desprouinces, qui en dedans le mois de Décembre fe trouuerentà Bloisj En la premiere feance dâiceux, le Roy apres auoir Icué le bonnet Si falué raflemblee.comméça aucc vne grace amp;nbsp;action biê feaiitefa harangue fur lacômiferation desaffliftiós de foil royaume,Sc lâefperâce quâil auoit quâvnc fi belle côpagnie, laHcur des beaux efprits de Frâce y apporteroit quelque re SamraaW mede.Dit que le bas aage auquel sô frerç amp;nbsp;lui fe trouuerét au commencement de ces guerres ciudes les iuftifiçyent^â' alfez pour nâen eftre eftimez les auteurs ni la caufe-Loualà prudence de fa mere au gouucrneroent du royaurae,fon a-inour enuers fes enfans,fes trauaux à pacifier les diuifiôs,fa bône volonté au foulagcmét du peuple.Proteftajquâc à lui* hâauoir deffein ni defir que te falur amp;nbsp;repos de fon peuple* les miferes duquel il Voüdroit racheter au pris de favict
tt. Ui],
M.D.LXXVit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri trois ie s me.
Conjura toute l'aflemblee de rafitftererice.'lefjinâeré» folution, auifer aux moyens dâacquitter là couronne engagera plus decent millions dâor,sâvnir nuement enfem-bJc pour arracher les femenccs des partialitez, reformer les abus , reftablirlaiuftice Si intégrité, repurger le corps de füô royaume des mauuailès humeurs. amp;nbsp;Je remettre en D/ û fanté amp;nbsp;vigueur ancierine. Bir.rguc chancelier, qui auoit (httncilur. commandement,de faire entendre le furplus delà volonté du R0y,apres sâcftre cxcufé,de ce quâi! eftoit peu exercé en telsafaires , outre ce quâil eftoit eftranger St feptuagcnai-re.entrancantraoins en vn petit difcours des Ellats dcFrä-cc,puisfe mit apres le clergé,la noblefle St le tiers Eftat,en apres es louanges du Roy,8t en la iuftrfication du gouuer-nement de la Roine mere,où il defploya toute fa feififance. Son dernier article fut de demander argent. Ceux quia-uoyent charge de parler pour les trois Eftats,renicrcietenc le Roy de fa bonne volonté , promctcans de faire leur de-uoir. Le dernier iour du mois, on parla plus particulièrement des debtes : mais pource que de lapart du Roy nâe-ftoyent prefentez Gnon des abrégez dâicelles, amp;nbsp;eftoit besoin voir de pres comment le baillé amp;nbsp;le receuauoyent efté maniez, on nây toucha point, pluficurs düans que tout cela nâeftoit qu'vnc nouuelle muentiou pour fuccer le royaume.
M. D. L X X V 1 1.
/«rranî T2 P®** iours le deÃr que le Roy fembloit auoir Bion-Faffimbltt JLftré au repos de la France changea, fort que par perfua-EHatt Göns amp;nbsp;promelfes les députez de la Noblefte ist du Clergé difctuuer- jgt;y induit, foit quâon lui euft declairé que perfonne ne lui aflirteroit, sâil ne couroit fus à ceux de la Religion, foit quâil euft affeélion de changer quelques articles au dernier edit depacification,fans toutesfoislâabolir totalcmét,à quoyil sébloit enclinerleplus. Il auint doc que lesafaires commencerét a tourner du cofté où les amateurs de troubles pretendoyent les voir,amp; tint on tant deconfeilsfurla ' fi n du mois precedent quâà rouuertiire de lâan nouùeau ce-ûe affemblee des députez de tant de prouinces de la France, ennemis capitaux pourJapInfpartdeccuxde la Reli-gion,delibcrerent de retourner aux armes, amp;nbsp;tirèrent le
Roy.
Henri troishsmi. ^69
Royi leur parti, tellement quâcn lieudâeftre maiflre, il ttouuafuict: combien quâen ces iours là cuft efté publiée * ' nbsp;nbsp;nbsp;, **
vne grande République en laquelle lâauteur, homme con-fit en paradoxes, Sc auflî dangereux politique que mauuais Cbreftien , auoit foulé aux pieds deuant tous les François les droits Sc lâauthoritc des Eftats de France. Le prétexte queprindrent ces remueurs.fot que le Roy de Nauarre ,1c Prince de Condé,lc Marefclial de Montmorency amp;nbsp;autres Seigneurs tant de lâvne que de lâautre Religiô auoycnt re-fu'é de fettouuer en teLs Eftats,8t dcclaircz par eferits publiez les caufes de leur refus, Sc les nullitez de tout ce qui leroitarrefté en telle alîèmblee au preiudice dclâcdit de pacification. Pour refpon feil eft ordonné quâon leur enuoye-roit gens pour réduire les vns à lâEglife Romaine, 8c tous lâobeiirancc dâvn nouuel edit de par le Roy. qui permet que Ion fe ferue de fon nom (fur lâefperance quâil auoit de rirer enatri let argent) pour enuoyer aux gouucrneurs desprouincesles Pnnett eèr articles dâvne ligue 8c aflbciation tendant à maintenir la Religion Romaine,exftirper tout autre exercice, defendre IeRoy,conferuer lepcuple,pourl.i faire figneraux villes 8c gentilshommes ebafeun en fon relTort : ce que plufieurs firent,aucuns différèrent,8t les autres en firét refus. Datian-tage, Ion enuoya garnifons es villes de Guyenne qui nâa. Uoyent autre exercice que de la Religion Romaine : aucunes defquelles ouurire.it,autres fermèrent leurs pories.Ce-fut le ii.de lanuier. Et deux iours apres le.s députez de
Dauphiné prièrent lâaffemblee dâauifer aux moyés defau-ncr le pays, dont la plufpart efloit es mains de ceux de la Religion : autant en firent ceux de Guyenne 5c de Languedoc. Lequinziefme.Verforis Orateur du tiersEftatfut inPlnaütt exhorté par tous les députez qui lui donnoyent charge de à Verfirh porter la parole pour le peuple dâadiouft er quatre poincLs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;ârs
fa harangue,dont il auoit recité les principaux articles.
premier, que la reunion de tous lesfuietsduRoy à vne Religion sâentendoit par doux moyens 8c fans guerre, fup-Pliantle Roy de maintenir fon peuple en paix, reunir fes Princcsles vns auec les autres, lui reprefenrerles miferes des guerres ciuiles, où fut dit dercchefque Verforis nâou-ces mots, fans guerre,8c de tendre à la paix en toutes
fortes.Le deuxiefme,quâen parlant des eleftions des benefi
ce« il enparlaft precifcnient,fans rien remettre à la yolon;
M.b.lxxvii. Henri troisiesmé.
li du Roy.Le troificfinejQuâii toucluftau viflâadminiftrda . ion mauuaife faite des Kriances du Roy, amp;nbsp;quâil sâeu fill i ecerche:amp; sâil faifoit quelques offres au no du tiers Eftat, quâelles fuflenr generales gt non particulières. Le dernierj 'quâil nâoubli,gt;ft le fait descftrangers.Ledixfeptiefmeiourj /laran^uei 1âicrre d'Epinac arclieuefque deLyon pour Ie Glcrgé,le Ba-« num del ron de Seneccy pour la Noblefi'e, Verforis pour Ic tiers E-treiiEfiati, ftatjErcut leursharaogues : les deux premiers par vn amas lt;gt;paroles conclurent lâexercice public dâvne feule Religion (à fçauoirla Romaine) en France ;amp;iâArcheuefqué plaida viuement contre le chancellier en prefence du Roy pour les priuilcges amp;nbsp;immunitez du Clergé. Verforis fuiuic ccquiluiauoitcftéordonné parfes compagnons. Apres pluüeurs diljauteSjSt notamment fur l'impetration des deniers (car certains inuenteurs dâimpolis auoyentpropofé vn expedient de faigner doucement toute la France en vn iour,amp; en tirer quinze millions, abolilîà nt toutes tailles, le plus riche nepayantquecinquanteliurcs,Se je pluspauurc que douze deniers, fans dire lî câeftoyent millions dâor ou de francs, amp;nbsp;11 câefloit pour vne fois ou pour toufiours) finalement le Clergé amp;nbsp;la Noblelfe firent rompre lâedit de pacification, tellement quefouslescendres dcladernieré guerre, qui elloy eut encore toutes-chaudes, ou trouua les ellincclles dâvn grand embrafement. Cela fut arrcflé le ip. amp;nbsp;fut lesremóllrances que le Baron de Mirembeau député pour ceux delà Religi.0 en Poiélou, Saintonge amp;nbsp;pays voi-lîns fit au côtraire.le lieur de Miflèryjpsr le vouloir amp;nbsp;con-fcntenient de touteralTembleercfpondit que les Eflatsa-rf» Iâedâit^e uoyctcrt^âllémblezparleRoypourlercftabliirementdii royaume amp;nbsp;pourauiferatixmoycnsdele remettre en paix alfcuree amp;pcrpetuelic:cequinepourroiciamaiseftre,tâdis quâil y auroit diuerfité de. Religion. Quant à lâedit câeftoit chofe trefeertainefregardâtau premierfur lequel les autres fuyuîs auoyct efté dreflez) quâil eftoit nul,amp; indignede cô fideratiô.Caroutrc ce quâil nâauoit peu élire fait par les loix du royaume fans le vouloir amp;nbsp;cofentement des Ãllats, ila-uoit eÃc fait par le Roy mineur,côtraint Sc violétépar la ne ceflîté de fes afaircs, amp;nbsp;outre le ferment prefté a fonfacre^ auquel il nâauoit peu déroger par ferment poflcrieur.il fut doncconcludpar Japlufpart des voix à la rupture delâedir, amp;nbsp;nonobllât les rcmóftrances des députez de Paris pour la jeduÃiô de ceux delà ReligiS par autre raye que par cell«
HeNp, 1 TROisiisar. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;17c»
' des armes,fut arrcfté que 1âcxercice de tont autre Religion I que de Ia Romaine leroit ofte tät en public quâen particu-I lietique tous miniftres,diacres,amp; futueillansferoyét chaf- ' â fez du royaume , amp;nbsp;tous autres fuiets de la Religion prins
Ibus la proteftion du Roy,en attendant quâils le hllâent Ca-I tholiques Romains.Les gouuernemens de lâIÃe de France, â Normandie, Champagne, Languedoc, Orleans, Picardie, furent de cellauis: mais ceux de Bourgongne reque-foyent que la reunion fe fift par voyes douces amp;nbsp;fans guerre.Lcs autres lâemportercnt.Quelques députez de Ni-; uernois Se dâAuuergne demâderét ade de lâarticle fait par leur goutiernement, pour leur lèruir de delchargeenuers ceux qui lesauoyent députez. Ce qui fut rcfule par auisde I lâaflemblee.alin de ne faire ouucrture aux nullitczSc pro-â tellations que lôpourroit former cotre lâauisdefdits Eftats.
Surquoy y eut de grades ctieries Se plaintes des cinq gou-ncrnemensqni preferoyent les pailibles procedures aux violentes.
Ceux qui auoyent efté enuoyez par les Eftats au Roy de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du
Nauarre , au Prince de Condé, amp;nbsp;au Marefclial dâAnuille, Tfij/dt Ka-ttuindrét i Blois le ly.iour de Feurier, amp;nbsp;firéc le rapport de leur Icgatiô. Quant au Roy de Nauarre, il fit vue refponfe lâcnigne,priât les Eftats de ne point enfraindre lâcdit de pacification, ni remettre la Frâce en troubles à la ruine dâeux tous, ainsquâils laüfaflent ceux de la Religion iouir de ce qui leur auoit efté fi foléncllement permis acpromisioftroit fe ranger quad on lui monftrcroit quâil fuft en erreur: priât au relie quâen fait de telle importâce lui full permisdây pé-fcrdauantage,amp; attédreauis dâvnealTemblce de ceux de la Religion Sides Cath.Romains affocicz, qui fedeuoit faire dis peu de iours à Montaubâ par la permiflion du Roy. Le Prince de Condé tint autre langage, car il dit aux députez nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âfquot;
quâil ne rcconoilfoit point pour Eftats du royaume ceux* ' quieftoyétaflemblezà Blois,ains que câeftoyét gés prati. quez,corrôpus, gaignez Se follicitcz par les ennemis lurez de laCourône:quâils auoyét pratiqué lâabolitiô de lâedit à la ruine 8c fubuerfion du royaume, duquel il deploroit la cala mité. Que S'ils euflentefté librement affemblez, il sây fuit trouue' auftî pour la fincere afteéliô quâil portoit au feruice du Roy amp;nbsp;au repos de fa patrie. Quâil auoit auisde bonne part,quelô auoitenuoyéaux prouinces pourpratiquer lâele ftiô des deputeziScquequclques vus s'eftoyét tellcinétpto-
M.O.lSXVIl. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hsnm TRoISIESMÃ.
rticuez quâils auoyét preuariqué amp;nbsp;cbâgé leurs caliiers. Sô* t. mcjqaâilaimeroit mieux dire au fond de la terre que don-nerconfentemenc tant petit que ce fuft aux confcils des auteurs de tant de defordres que chafeun pouuoit preuoir: quâau contraire il ne ddîroit rien tant que de voir deftnef-Icr cefte querelle entre les chefs. Quâil auoit touGours co-nuauRoy vn naturel oppqfé amp;nbsp;répugnant à telles confu-lionSjS: ami de concorde,foü de amp;nbsp;principal moyen de con-ferucr fa couronne. Au regard des humbles recommandations a lui faites de la part des trois Eftats du toyaume, fa tefponfe quâil auoit toufiours aimé amp;nbsp;honoré ceux du Clergé,quâen tout ce qui lui eftoitpoflîble, il les maintien-droit : comme auflî ceux de la Noblefle pour lefquels ile-itoit tout difpofé de sâemployer.Qu,âil auoit pitié de ceux du tiers Eflat, pour les grands maux qui poutroyent tom-quot;liflliinfi du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;teiles-.Ãc que ces Eftats prétendus de Blois leur
MnrijM alloycnt couper les gorges.Le Marelchal dâAiiuillcdeclai-ra,quoy quâil full Catholique Romain, quâil ne pouuoit nullement aprouuer cefte refolution d'oilerà ceux delà Religion lâexercice public à eux accordé par vn edit fîau-themique, furquoy il enuoya des rcnionftrances bienam-
Les députez ayansfait leur rapport, tous ceux quie-ftoycntalTemblezà Blois tindrentconicil, où ceux du tiers quitMeijiu Eftat furent dâjuis défaire nouuelle inllanceauRoypour let dtuxau lipaix. Mais la contradiftion du Clergé !t de laNoblelTe rompit ce coup.Le lendemain dernier iout du mois,le Duc de Montpeniier,retourné de deuers le Roy de Nauarre,ef-faya de perfuaderaux vns amp;nbsp;aux autres quâil fâloit entretenir J âcd i t auec ceux de la Religion. Surquoy ceux du tiers Eftat, apres plufieurs eftrifs relblurent que le Roy léroit ftippliédedonnerlapaixpuiemcnt amp;nbsp;hmplemeni^Sc fut drcifee la requefte, puis prefentee au Roy par le tiers Eftat, lendantacequele Roy eflayaft de réunir tous fes fuiets à la Religion Romaine,mais fans gnerre Le deuxiefme iour de Mars le Roy fit alTembler fon Confeil, où futarrefté dâenuoyer vers le Roy de Nauarre (lequel aucuns tenoyét nâauoir eflé lafehé par la Roine merc,finon pour s'en feruir à fon auantage) gens pour la paix, câefl: à dire pour faire retrancher de lâedit tout ce quâon pourroit. Biroq partit le lé-demain pour celle oegociation.En ces entrefaites les depu-
HïNri troisiismï. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;171
tez du pays vindrent en CouraiKC charge des Eftats de demander l'ecour.s au Roy Sc leDucd'Alenjon.pourproie-ftcur de leurs libertez amp;nbsp;priuileges contre la tyrannie des Espagnols. Dâvne autre part les deputezde ceux delà Religion par les proninces de France,fans auouer pour Eilats generaux lâaflemblee faite à Blois,ptcfentcrcnt requefte au Roy tendant à ce qu'il defendift U ces prétendus Ãftats de délibérer fur le fait delaReltgiôiircmisà vnCoqciieli-brc; item quâil entretinft fon edit de pacification. Sa ref-ponfe fut que ceux de la Religion lâairoyenc trefinilammet ftquis de faire aifembler IcSEilats libres Si generaux; ce tjuâilsnefcroyentpas, sâil leur faifoit la defenfc reqiiife. Mais que comme il leureftoit permis de demâder ce quâils 7^, Voudroyent, ceux de la Religion pouuoyent auifi faire le la re-femblableileur promettant en parole de Roy amp;nbsp;dâhomme de bien (St vous fouuenez, dit-il, que ie le vous promets âââl Juiourdâhuy) quâil ordonneroit tellement fur toutes les quot;nbsp;üipplications des vns Sc des autres que ceferoit pour le foulagtment de toUs fes fuiets , repos amp;nbsp;tranquillité' du royaume. Carie fuis (adioufta-iil) à prefent majeur, qui ïeuxqueeequi fera par moy ordôné, foit ferme amp;nbsp;ait lieu: 6c me veux promettre que vous tous,cômme mes bons fu-ietsy obéirez. Le niour de Mars on traita en prefencedu Roy des moyens de faire finaces pour la guerre, Sc fut amplement d'ifputé de lâalienation du Domaine. Cependant srriua vn député de Bourdeanx .auec force paquets donc le fommaire contenoit les plaintes du Roy de Nauarre Contre le Parlement qui refufoitlereconoirtrecommeil apartenoit, 8c dâeux contre lui. Charrettier fecrcttaire du Marefchal dâAnuille fit aufii vn voyage à Blois, dont naf-quitent de^ foupçonsfuiuis dâefFefts peu louables. Tofta-presleRoy efcriuitaux gouuerne'urs desproninces, Que les Eftats dç Blois lui auoyent fair requefte tendant à Ce quâil nây euft que la Religion Catholique Romaineen fon royaume ; qu'il cftoit délibéré leur accorder eefte requéfte; quâeux à uifaflent cependant de tenir toutes cliofes tn paix.
Le Prince de Condésâeftant retiré à S. lean dâAngely, furpriiiscn fon nom,8c depuis ôttroyéauec Congnac.pour Peronne, où sâeftoitpofee la premiere pierre delà Ligue, DiuCafima: fut vifité par les députez des Eftats de Blois aufquels il tint au
gt;i.D.LXïVii. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri trois iesmk.â
le lägage que nous auoiis defcrit ci defius.Le Di'C Cafiniir auoit fait prier le Roy pour eftre payédesden-ersà lui deus Sc afonaï u'ce, item pour le fupplier de mettre vue derniere finaux troubles deFrâce parrentretenemeut de fon edit de pacificatiô. Cela futau commcncemét de Mars: amp;nbsp;le 8.du mefine rtiois, par autre requeâe ou declaration il lut remet amp;nbsp;quitte les terres amp;nbsp;autres apointemens quâil lui auoit donnez, amp;nbsp;promis, afin que cela ne lâoblige à faire chofe contre fa confcience amp;nbsp;prctudiciable à ceux de la Re ligion. Nonobft.int cela, Villequier fut enuoyé vers lui amp;nbsp;autres Princes de lâEmpirc,tant pour les deftourner de leur afteétion enners le Prince de Code' Sc (es affociez,que pour obtenir quelque leuee de Reiftres pour renouueller la guer re ertFrâce.Cell ambaffadeur fut chargé dâamples memoi tes contenâs les motifs du Roy pour renouueller la guerre, dont le principal efloit que deux Religions oppol'ces ne pouuoyét eftre tolcrees en vn Ertat,que de telle conniucce ne sâcnfuiuiftla fubuerfîond'icelui, Calîrair,à qui Ion ne fâifùitpoint raifon de fes debtes,réfuta les allegations dâvn tel conféil donné au Roy,monftrât que la neceU'né du teps amp;nbsp;l'Eftat de France commâdoyent que Ion fuiuilf des expédions tout contraires:» quoy cftoit adiouflé vn auis furie fait de la Religion amp;nbsp;afferraiifement de lâEftat, defcouurät Jespaifibles moyens de reunir les cÅurs diuifez, amp;nbsp;de remettre la France en fa fplendeur. Le Landgraue de Helfe, vers qui Villequier sâachemina puis apres, fit refponfe qui condamnoittousconfcils violent, amp;nbsp;exhortait le Roy à traiter fes fuietsen toute douceur, lui predifant les malheurs (qui lâacucillirent depuis de toutes parts) sâilrom-poitfon edit, pour fauorifer aux efprits turbulens amp;nbsp;fe-ditieux qui fe couurans du zelc de religion Catholique le moofttoyent par çffefl; ennemis de toute religion. Cela fut efcritlei8.de Mars. Le Roy ayant declairé par lettres patlt;«tes ce quâil auoit défia fait entendre aux gouuerneurs, quç. (on intention eftoit dâencliner à la reqpçftedes E-ftafs, mais quâil reiéruoit à en faire declaration, ceux de la Rcligiqn firent entendre aux gouuerneurs des prouinces quâilsfetiendroyentfurladcfenfiue, amp;nbsp;en lalibertéque reditdepacificationleuractordoit, fans fc foucierdece qu'auoyent dit ou fait leurs ennemis à Blois. Là deffus la
. guette sâallume en Guyenne, où le Duc de Mayenne cft . cnuoye'j
Ht N H I TROISIIS MB. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;171
cnuoyé, lequel en fin fe rend ni jiftre de Brouage : ce qui Sixitpn* contraignit le Prince de le reflerrer. Et quant au Roy de Nauatre nâayant pas cllé heureux en fon entreprinle fur Æ ' » ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t**ii*s* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« ft
Marmande^ville de Ion gouiicrnement, le Duede Mont-. , , penfier, puis Biron, alla encores verslui delà part du Roy,*/ pour pourfuiure la negotiaâion de paix,amp; trouuer des nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;
difications fur lâcdit. Cela fut caufe quâil y eut trefues ac- / a Cordees pour quinze iours.Les foldats qui fauoril'oyent au pattide la Religion deuant celle trefue entrèrent en Ol-lonne, laquelle ilsprindrentamp;faccagerent dont lesRo-thcllois fe plaignirent fort. Le Duc de Mayenne pourlui-Uant fa pointe, afiïege, bat, prend amp;nbsp;faccage Tlionne Charente, Marans amp;nbsp;autres places yojfints, ameine (par brauade, eftant fans coniparaifon léplus fort en campagne, ayant douze hommes contre vn du Prince) le canon à vn quart de lieue de la Rochelle^aupres des portes de laquelle le prefente fa cauallerie pour donner coup de lance amp;nbsp;sâef-c.irmoucher contre aucuns fortis par le mandement du Prince.Cependant les Rochellois,qui craignoyent de per-dre lamer, comme Brouage, commencèrent à drefler vne aruiee nauale.
Le Duc dâAnjou réconcilié au Roy fon frere, apres la jr^ chdrliê , tenue des Eftats , fut efleu lieutenant general du Roy, amp;nbsp;ér ifliire j lui commit on vne puilTante .irmee, auec laquelle il tira par i droit contre la Charité , laquelle fut affiegee , batue, amp;nbsp;finalement rendue par compofition. Quoy fait il al-la battre Yflbire en Auuergnc. Ses habitant, affiliez de quelques gentilshommes amp;nbsp;foldats, firent vne magnanime rafiftance , mais finalement ils furent forcez: tnquoy Te Duc nâacquit gueres dâhonneur , attendu quâil rompoit la folennelle proraeffepar lui iuree en lâoli-ftruation du comprins amp;nbsp;accord fait par léPfi nce de Condé auec Cafimir. Tant dâexploits fauorables firent que le Duc de Mayenne chef de lâarmec en Saintonge drefla fes delTcins contre la Rochelle , amp;nbsp;équipa vne armee nauale pour molefter cede ville qui arreftoit les def-feins du parti contraire, Clermont capitaine en chef de lâarmee de mer pour ceux de la Religion drclfa quelques efcarmouches contre Lanfac qui conimandoit en lâautre;
puis cç ne furent que legeres efcarmouches , apres
M.D.ixxrn.
H I N R. I TRorsrssMB.
lefquellcLanfac fitcntrcprinfe fur Iâide dcRe.fe prefeiiti deuantjla fit fommcr de fe rendre ; mais en vain,tellement quâil fut contraintfe retirer, quand i! apercent que les in-fulaircs 8c les gatnifons fe refoluoyent de le combatte,sâil îâaprochoir. 11 y auoit quelques diiîerens 8c mefcontcnte-mens entre ceux qui eftoy ent en Brouage, à lâoccafion dc-quoy le Prince y fit vn voyage pour apaifer tout Sc donner ordre au liege que Ion yattendoit, puis retourné à la Rochelle, remonftra aux habitansleur deuoir en laneceflîté prefente.' Apres quelques difputes,âfut arrertcdcleucrla ibmmc detrente millefrancs fur la ville,amp; furies illes vne foraine raifonnable felon leur portee. Que les Rochellois armeroyenc amp;nbsp;entretiendroyent fept nauires, amp;nbsp;ceux des ifles cinq : s'ellantiadesauparauant la Noblelfe taxes volontairement pour la fubuention de celle armee , laquelle femblant bien foible pour fouftenir vne flotte royale, on enuoya prier les Ellatsde Hollande amp;nbsp;de Zelandede vouloir fous bonne afléurancc fecourir de quelques gros vaif-feaux ceux de la Rochelle.
J, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lcvingtdenxiefmeiourdeluinrarmeeconduiteparlc
â Brniagt,Ãr üuc de Maycnne,arriua deuant Brouage, petite ville dâen-Itsiiuert uirô quatre vingts pas en carre, baftie en vn marais amp;nbsp;gai-mnemt»! gneefur la iiicr,amp; fortifieedurant la troiliefmepaix. lly âuoit dedans feize compagnies mal complcttcs ,peu four-plact. nies de munitions de guerre amp;nbsp;de viures, 8c mal voulues des infulaires circtjnuoifins.Neantmoins celle garnifon fit vaillamment espreraiers iours du liege. Les Rochellois amp;nbsp;autres ne perdoyent nulle occafion dâendommager les af-fiegeans qui en peu de temps perdirent en diuers endroits plus de fix cens hommes tant de pied que de chenal. La batterie du Duc de Mayenne commença le troifie fine iour deluillet afléz. lentement, pourcequâilattendoit la flotte / nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. de Lanfac afin queBrouagefuft ferré de tous collez. Cela
ne lui aida pas tant que fit la diuifion parauant furuenue amp;nbsp;finement entretenue entre laNobleflciSt les Rochellois, tellement que tien ne le faifoit de mutuel eonfrntement nipromprcmeiit: item le peu de viures desalBegezqui propoferentau Prince vn expedient hazardeux, mais digne de mémoire. Ilscftoyentlà mille harquebuziers qui auec renfort de pareil nombre prins des nauires promet-toyencfaire vne fortieà rimprouifte 8c donnercourageu-fcfflcnt
H ï N R. I T ROIS 1 t s M £. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã7j
foment fur le camp du Duc de Maycnncjoù il nây auoit que trente deux compagnies dâinfantericxar quant à la caualle- r tie compofee dâenuiron mille cheuaux elle ne pouuoit a-piocher quâaucc fa perte amp;nbsp;confufiôn de ces lieux maref-
wgeux.Ceft auis ne (ut fuiuiimais le Prince ayant elfayé de y,, i combatreLanfac,quelquesvaifleauxlienscfchoucrent,amp; nbsp;nbsp;nbsp;' ' '
depuis Clermont Amiral des Rochelloisayant laiffc cou-' 1er des occafions auantageufes , en les voulant reprendre ne fit rien , tellement que fes vaiffeaux sâefearterent : au
; moyen dequoy fifle dâOieron tendit les mains à Lanfac.
SurceleRoy arriué à Poiftiers enuoyadesSuifles pour t * '* renfort a ce lie|e, les aflicgezfaifans des forties au defa- ⢠a liantage des aflicgeans , lefqucls pourfuyuoyentnéant- . nbsp;nbsp;nbsp;/ *
, moins leur pointe amp;nbsp;sâauançoyent pied à pied.Dautreparc Lanfac sâauan ça vers la rade de C lief de baye pres la Ro-tlielle,brufla vn des principaux vaillèaux, amp;nbsp;en print vn autre, dont il fit vn trophée, auec demonftrations de ioye txcefliuejiconime ayâteu fa reuenche des Rochellois auf-quels parauant il auoit ferui de fable amp;nbsp;de rifee. Le Prince tfcriuit à ceux de BrouagCjà ce quâils ne perdllfent courage pour vn trophée de boisrcar Lanlà c n'auoit emmene' aucun nomme prifonnier. Mais leur perte fut bien autre en la mort de Seréleur chef, occis auec dix ou douze autres en Vue fortie de nuift. où apres auoir tué trcfgrand nombre dâalTicgcans . nommément de chefs amp;nbsp;capitames fignalez., pourfuyuant fa poinfte trop courageufement, fa hardiefl'e lui coufta la vie.Lcs Rochellois indignez que pluficursCa- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
îholiques Romains gliflez en leur ville fous prétexte dâat fochtion defcouuroyent aux aflicgeans tout ce qui sây fai-
⢠foit amp;nbsp;difoit.dont s'tftoycnt enfuiuis de grands defordres, les chafferent: mais non pas cous,dautant que touliours en
I fcls cas, quelques vns efchappentparfaucur. Ceux de ^rouage,réduits à grande difétte, ayans beaucoup de blef-
I fez amp;nbsp;malades,leurs forts ruinez,menaflez delà venue du t)uc dâAnjou, qui leur feroit tel traitement quâà ceux dâif-foite,oùlon auoit efpandu le fang fans pit'é, amp;nbsp;commis de â grandes indignitez contre les pauures liabitans, entrèrent en capitulation, amp;nbsp;le z8 jour d'Aouft foriircnt ai mes amp;nbsp;bagues fauues fe retirans feurement à la Rochelle amp;nbsp;ailleurs,
I LesRochellois furent extrêmement fafehez de ceftepre-tipitee capitulation,à caufe quâen dedâs quatre iouts aptçs
MM. j,
Hi N M TH ei SIUM».
Jes alïiegexdeuoyenteftre feeourus par le Prince, lequel huit ou neuf jours auparauant eftoit parti pour donner ordre aux afaires;niais entendant la reddition,ilfe retira dam
PÃS, puis à Bergerac,tandis que Lanfac entreprenoit (mais Vwrftritcn vain) fur lâifle de Ré. Cependant la paix febaftdfoit, 5£ à t paix^ ci- i^res dluers meffapes,les vns amp;nbsp;les autres las de la guerre, lt;â /«« nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jQ æoi, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J publiée
äit'9n df
fur la fin du mefme mois à la Rochelle, où le Prince fc retira. Lâedit bien ample comprins en fi4.articlcs,retrancbe
I quelques vnsdu precedent, amp;nbsp;nây eft parlé des eftrangers:
Ir» jr.s tv imais laifla lâexercice à ceux de la Religion chei lesgentils-j hommes haut-iulEciets pour tous, chez ceux qui nâont ce j degré en nôbre prefix, puis en chafqiie bailliage en vn en-t' droit propre amp;nbsp;commodetité en toutes les villes amp;nbsp;bourgs T**f J où il eiloit publiquement lors de lâedit.ll y auoit plufieurs ! articles pour le fait de iuftice amp;nbsp;police ciuiie,a(fez fauora-
bics : amp;nbsp;fonimeles Eilats de Blois ne gaignerent pasbeau-I coup à ce remuement, lequel fut dextrement afTopi p»r le Roy, qui vouloir procéder dâautre façon pourfe maintenir, 11 nâauoit point éhangéde maltalent contre ceux de U Religiontmais fa manierede viure repugnoit à la violence des armes. Pourtant vouloit il manier ce fardeau félon fa portee. Car il eiloit de nature molle amp;nbsp;delicate gt;nbsp;fonefpril foible amp;nbsp;impatient de peine, auoit des complexionsineP gales,peu gnerrieres,8t aimoit le repostauifi ne demandoïc quefeflins,danfes,amp; les pafl'etemps quâvue longue paix apporte à gens qui aiment afe fondre en délices.
ft ,«»».'lt;1 Jâ
M. D. L X X V 1 U.
Et fuyuans, iiifques au commencement dâAoull: M.D.LXXXlx.que IçRoy
Henri iii.mourut.
Ptwjmylti y A. paix arreflee fur la fin de lâan ipr. que le Roy fou* -Lift appeller fa paix auoit rfté conclue auec tant de cô-yîwwa'ra- *'niement de part amp;nbsp;dâautre, au regard des vrais François» mnt iif- que le Prince de Condé la fit publier à la claitté des torches tritt. flambeaux la nuiél mefme quâil la recent,encores quâelle ne fuft pas lî auantageufe à ceux de la Religion que les pre-cedentes. lâauois délibéré mettre fin à ces tecucilsimais i 1* rtq'16-
Hïnri troisibsmï. 174 7Ã
^equefte Je quelques amis j amp;nbsp;pour contenter fes lefteurs, 'âadioufteray btiefuement quelque cliolc iufques à Ia more Ju RoyjlailTantà ceux qui ont défia promis Thiftoireen-tâere défaire en forte que ces petis amas demeurent cnlè- ' 'â Uclis dans les notables amp;nbsp;dodes recerebes que nous attendons de leurs mains.Ceci donc qui sâenfuit foit prins com-We vn brief fommaire des chofes qui méritent vn bien grand volume à part.
Il y eut beaucoup de difficultez à lâexecution 5: obfer- interprtu. quot;ation de ce dernier edit, à caufe despartialitei amp;nbsp;ligues »«»» /â«-baflies dedans le Royaume, où plufieurs grands amp;â petit e-floyent bien auant acrochez : amp;nbsp;prefqucs vn an fe pafla en itiftances, poutfuites amp;nbsp;remonftrances furdiuers articles oiiil y auoit des ambiguitez. Ceux de Languedoc , atif-^qtiels le Marefchal dâAnuille auoit tourné le cofté y pen-foyent foigneufement, Si auec les autres Prouinces en faî-foyent inftanceau RoÿdeNauarre, duquel laRoine mere approcha fur le commencement de lâan i579.à NeracjOà 'z7 9 plufieurs difficirltez furent vuidees. Mais comme laplaye nâtftoit pas encores bien fouldee.elle faigna encores quelque mois amp;nbsp;tantoft en vne prouince,tantoft eu vue autre fc «ifoyent diuerfes contrauentions enlâedit par les furicu-fts boutées des plusremuâs.Toutesfoisceux de laReÃgiô, dâaueclefquels plufieurspolitiques sâefioyet defioints amp;nbsp;lé defioiguoyent tous les iours,fe maintenoyent doucement, i r d , fans perdre courage , encores quâils apperceuflent afez V » i lâintention de,leurs ennemis tendre à les confumer peu à peu. Apres plufieurs plaintes,remonfttanccs,amp; fupplica-t'onscCfteplayefutrciointeSc fermée en lâan lygt.LeRoy *yanc plufieurs fois declairé qu'il voulott que fa paix full entretenue, Si que ceux lui feroyent ennemis qui parle- Umtruft âoyent de lâenfraindre amp;nbsp;de rallumer le feu des guerres ci-
1 ®gt;lesenfonroyaume. Le.Roy deNauarreS: lePrinceJc^^â' ! Condeferetirèrent, fe comportantpailîblemcnt, parmi' beaucoup dâauisqoi leur venoyent de maints lieux que Ion »eleslailfcroit pas long temps en repos,amp; que les ennemis â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
de leur maifon faifoyent quelques nouuelles nienees pour auec le temps efclorre de grands maux. De fois à ,* autre le Roy de Nauarre donnoit auis au Roy de ce quâil cntcitdoit toucher au teuos ou au trouble de fon
MM. ij.
HbNRI TRorsltSMÃ-
Eilat, amp;nbsp;fe maintenoit fort foigneufement en fqn deupir; comme aufli le Prince de Condé demcuroit coy,exhortant ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les principaux de la Religion à elperer quelesprouinces
goufté la douceur de la paix quitteroyent peu i
â¢â¢Â«**/lt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leurmaltalent. Le Roy dâEfpagneauoit en Tan 1580,
I /* enuahi Ie royaume de Portugal^ dont la Roine mere fc '* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nonllra mal contente amp;nbsp;fit faire desconfultations tou
chant le droit quâellè auoit en la fuccelîton de celle cou-rone de Portugal,comme vnique heritiete de la maifon des Comtes deBoulongne. Quit à ce qui en furuint au regard de Don Antonio amp;nbsp;de farmee nauale de Strofly, qui fut desfait, câcft vn difcours pour Thilloire d'Efpagne amp;nbsp;de Portugal, auquel nous ne touchons point en ces recueils. Tandis que lâEfpagnoIfubiuguoit les Portugais ,1e Prince dâAurange fiten forte vers les Ellats de Flandres amp;nbsp;autres prouinces vnies quâils appellcrent le Duc dâAnjou pour e-flre leur feigneur les deliurerdesEfpagnols. Apres beaucoup de conlèils amp;nbsp;voyages, le Duc sâen alla en Flandres amp;nbsp;Brabant auec bonnes troupes,où il fit yne belle eti-trec,mais vnemauuaife retraite.
Quant au Roy, dâvne part life faouloit de palTetemps, 'â â¢isj. pl^'lirs i Si. delices, faifant fon fejour ordinaire à Paris, amp;nbsp;dâan en an quelque voyagea Lyon , non pour afaires dâimportance,mais pour mefmes effeûs. P,-euoyât au relie que ïesdcfpenfes qui fefiifoyent en ce luxe ordinaire, amp;nbsp;pour (* nbsp;, lâcntretenement de pluiîcurs mignons, aufqueltil fournif».
I . . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/bit argent fans conter, lui fufeiteroyent la malvueillancc
du peuple,dont plus grand mal pourroitsâenfuiure, amp;dcfi-â lt;!.«â¢*(gt; '*⢠quot;nbsp;reux de réduire ceux de la Religion au petit piedjSt les miner par delTous terre, il fit dâvne pierre deuiç coups, corn-mençant à fe ranger a vne façon de viure en public qui fen-toit plus le moine que le Roy. 11 ce me» à baftir des mona-/leres,chappellcs amp;nbsp;oratoires, dreflelâordre des Hierony-jnites, approche de foy amp;nbsp;mec en crédit les Capuchins K Fueillants, fait imprimer force breuiairçs, heures, Si mi-J nuels de deuotiou, va en pèlerinage à p,icd ça amp;nbsp;là , fe ved de^griet, confertne la confrairie de» penitens ou battus, r,/ porte le chapelet amp;nbsp;le fouet à la ceinture en procelfion, * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;T ' couuertdâvnTâctamp;à lâèX'e'mpledefonprcdecefleur Louys
onziefme, prétendant reunir les grands à foy, fit en lâan î}7J?.Iâordte appelle du SainftEfprit,comme vue authen-
Henri tioisusMB. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;475
kique declaration quâil nepouuoit niaimer ni faire bien » itii it!»' tU» ceux de la Religion J obligeant par ferment folennel tous^u««)-les Cbcualiers a des conditions qui les aftreignoyentpius
que latnais a cftrè fuiets au Pape amp;nbsp;a toutes les ceremonies nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i ..
de lâEglife Romaine. Il eftimoit par tels moyens deftour- ' uer de la Religion lès principaux dâicelle, lefquels il ne fa-Uorifoit dâhonneurs ni de charges conuenables; St pour fc â¢ââotiftrerdu tout enclin aux traditions du Pape, faire efua-nouir peu à peu le zele de ceux de la Religion. Ceux qui liâeftoyent bien enracinez en icelle , branfloyent auflii ''oyans quâil ne faloit iamais cTperer fauetir de ce Prince, fi bnne ferangeoitdu toutà lâEglife Romaine.Mais lesper-fonnes bien affedlionnees fe donnoyent peu dâombragé de telles dénotions, cohfiderant que ceux de Guife amp;nbsp;au-âtes qui filoyent allez doux pour lors auoyent dâautres projets qui trauerferoyent bien toll tout cela Si iette-*'uyent hors de ce Chemin le Roy,lequel continua quelque temps en ce train monachal, nâaimant plus la guerre; fes trompettes eftoyent les chants lugubres des Fucillants,foni tliamp de bataille vn cloiftre, fa cuirafle vn habillement de Igt;attu, demeurant comme cloué à vn crucifix. LesCapu-thins amp;nbsp;lefuites afleuroyent publiquement es fermons 8£ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t«u
en particulier es confeflïons Sc compagnies que la France I
nâauoit de long ttmps eu Prince plus alfeilionne' .à lâEgli-leRomainCipIus débonnaire, plus foignCuà de reunir fes fuiets au Pape que celui là , ce qui faifoit que le menu peu-
tgt;le adonne à fuperftirion, fupportoit plus doucement les
charges impofecs. Mais dâvn autre cofté, faCoureftoit pleine de feftins,mafcarades,nopces,amp; magnifiques paffe- * 1 -tcmps,pour lâentretenement dci'quels le peuple eftoit foil-lédenouuelles impolitions.
La Roine mere amp;nbsp;ceux de Guife voyans le Roy en ce train, penfoyent bien lây entretenir, amp;nbsp;pendant quâil sâa-rfe niuferoit à direfon chapelet , ou à deuifer les comparti-âMquot;« ir if Biens amp;nbsp;mefures dâvnedanlè,tenirle timon de la Rrpubli- «'â*âlt;«Oquot;J que amp;nbsp;difpofer du gouuernemcnri Mais ils ne peurent pas^*'-Venir où ils pretendoyent par le chemin quâils auoyent i-maginé : car dâvn collé lâelpric de ce Prince eftoit merueil-leufementialoux de tout ce qui dependoit de lâauthorité royale, amp;nbsp;pofant toulîours quelques mignons en fentinel-le J sâil defcouuroic que Ion euft mis le pied fur vn des dSquot;
M iij.
Henri trois iesm«.
gre 7. de fon throne ifaifoit conaiftrc que cela Iui defplaifoitJ Ãe lâautre,comme vn Åil malade ne peut fupporter la claif-⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;té, ainfi la prcfence des grands luicftoit fafclieufc, foil
quâentre fes esbats amp;nbsp;priuautcz il fe fafchalt de leur graui-té,ioic quâil sâaimart mieux entre ceux quâil faifoit de fa inain,amp; auec lefqucls il fe rcndoit compagnon.Ainlî donc la Koine amp;nbsp;ceux de Guifc fc voyins ellongnez de leur conte eurent recours aux pratiques illiciies amp;nbsp;auxeftran-gcs menées dont toll apres la France fut troublée plus que ïamais. Cependant quelque temps sâefcoula, durant lequel, pour fournir aux fupeifluitez de la Cour, le peuple de France fut fi eftrangement opprefle, quâil nâen pouuoit plus : car toutes fortes dâexadions furent inuentees pour fournir aux defpenfes immenfes du Roy amp;nbsp;de fes mignôs. Ceux de Guife ne dornioyent pas. Voyans la ftctiljtédu Roy enerué de plaifirs,amp; delaRoincfa femme;la retraite amp;abfcncedu Roy de Nauarfe, ils furent foigneuxpardi-uers artifices de faire glilfer dtfmefcontentement encre le Royamp;leDucfonfrere, au commencement de fes pro-fperitezes pays bas:amp; pourcequelc Prince de Condé tout ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ouuertemenr, les Princes deConty amp;. de Soilfons aufl'i,
' '' sâeftoyent rangez auec le Roy de Nâuarte, lors quâils vi-â ** rent que Ion vouloir direftementfupplanterleur maifon ils pratiquèrent à Rome amp;nbsp;versie Roy dâfifpagne que Ion nâadmettroitiamais à la Couronne les Princes faifanspro-feflâon de la Religion,quâils appelloyent hérétiques, ni fils dâheretiques. Ils commencctent à donner pied aux pr.iti-ques aueclâElpagtfol plusà dcfcouuctcquâauparauant ,af-feurerent leurs conditions, ftipulerent pour leurspenfions ordinaires,annuelles,amp; extraordinaires: Stdeflors fc firent lespÿtageslaitance; la Nauarre le Beam affignezà JâEfpagiîol, auec les villes qui feroyent à fa bien feance en Picardie amp;nbsp;Champagne.Pourleurs prétextes ils alleguoyéc le zele a la manutention de lafoy Catholique, extetmi-rrtttxtts nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ennemis du liege Romain, le mauuais gouuer-
ib- artifiett n^æ'^nt du Roy.fesprodigalitrz Sc dons immenfes enuers â¢hâ chtfide mignons, notamment enuers loyeufe amp;nbsp;Efpernon,lâvn laLigut. dcfqucis (leurallié) ils attirèrent à leur cotdclle, qui sâen trouua mauuais marchand: car ils lui firent rompre la telle à Coutras. Etquantà Efpernon, contre lequel ils fe bandèrent, il fut puis apres lâvn des principaux inilrumens de leur
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tî E N R. I TR OI ! IB S M Ãi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l/ff
'eut ruine. Dâautrepart ils nâoublierent artifice aucun pour £^^1, J .z tédre le Roy odieux à fes fuietsjlur côféillerét de furhauf-fer les tailles,inucter des tmpofts.creer nouueaux offices, de tous CCS gafteaux tiroyét touliours quelque lopin. Leur fejour en Cour nâeftoit que pour guetter 8c recueillir le* mal contens', 8c ne fc pafloit iour qu'ils nâenleuafl'ent a eux
I quelque fuiet du Roy,non feulement là , mais par toutes le» â villes de France, où tous les peuples clloyeni li eftrange-: ment vlccrez 8c abacus de la pefanteur des charges, que I toutes les efperances qui sâoffioyent à eux de meilleur traitement,ils les embtalfoyent fans difcrction. Sâils fe trou-Uoyent es villes ils briguoyent la faueur de chafeun, cour- « nbsp;nbsp;।
tifant les faqiuns amp;nbsp;portefaix , marchant dâv n bout de rue ** à autre leâchapeau au pâoi'n, Ils attiroyent à eux les chefs 8c r*f* Capitaines, pratiquoyent iufques aux fimplesfoldats, 8c faifoyent couler lâor du Peru par toute la France, gaignane les villes, achetant les gouuernemens, mettant es meilleures places desgouuerncur$8c gens à leur deuocion. Brief entre ces mefeontentemens des fuiets acablez de char-
gcsinfupportables, du Clergé qui ne poiiuoit porter lâa-Ujncement de ceux de la Religion, il ne fut pas malaifé de fenouer la Ligue de Peronne i amp;nbsp;dâanimer tant de cÅur* difpoferà la reiiolte,pour maintenir (comme ils sâen Vap-toyent) la Religion Catholique Romaine amp;nbsp;foulagcr le peuple. On nâcuft fceu trouuer prétexté plus beau, ne qui euft plus dâefficace à ouurir les yeux , les cÅurs 8c les grolFes bourfes i pour entreprendre vne nouuclle
guerre.
Par lâedit de lâan 1577.le Roy auott accordé aux Princes, Comme au precedent, quelques villes pour certain temps, ttxtt qui lelquelles ils garderoyent comme en oftage de fa proraef â»»âââ¢gt;gt; P ! fe. En lâan isdi.lc Roy les fie fommer de rendre ces . pource que 1? temps prefix à les tenir par eux sâen alloit * expiré. Mais par ce que le Roy de Nauarre fit entendre Æ 'lue la paix ayant efté tant de fois interrompue par furprin-
I fcs amp;nbsp;guerres ouuertes, le ternui ottroye auoit efletrop ' court pour lâexecution de lâedit 8c amortilTementdcs guettes, le Roy leur accorda prolongation pour autres années.
1 Delà tous leschefidela Ligue prindrétoccaGôdepublier «ntteleuts partifans que le Roy fauorifoit les hérétique*,
M M. iiij.
Henri trois i£)M ei quâil vouloit introduire lâhcrefie, ne voulant pas dire nî confidcrcr que ces villes (afçauoir Montpellier, Aiguef-mortes,Nyons, Serres, Seine la grand tour, Perigueux , la Reolle,amp; le Mas de Verdun) eftoy ent prefques toutes habituées de bon nombre de gens de la Religion, en forte af-iîette, malaifecs à forcer 8c recouurer par armes. Comme le Roy de Nauarre void ces remuemens,8c que la partie fe drclîè,ilreconoit quâon vouloitioiier à (a confufion,quel-que femblant quâon lift : car mcfmes il fut follicité de fe raiigcrà cepatci,Sc lui fit on de grandes offres. Il fupplia dôcleRoy de ferefouuenirdes auertilfcmcs quâil luiauoit douez des lâan 1578. par vngentilhôme expres fur les trai-' tc7,delaLiguecnEfpagnc8cà Rome;quâilfedonnaftg3f ⢠* de des efclats de la mine , puis quâelle eftoit defcouuerte. â^1 Voyant que les cntreprifes sâacheminoyent pas à pas, il afâires , 8c çnuoyale fleur de Par-' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;daillan verslaRoine dâAngleterredc Roy de Danemarck,
les Eleéteurs 8c Princes de lâEmpire,pour renouucller amitié auec eux, les fupplier de sâentremettre aux remuenicns qui commençoyent à sâelleuet contre les edits de pacification, 8c dcpoi'er en quelque ville dâAlemagnevne bonne! , M 2 fomme de deniers pour lâemployer à la Icuee de forces fuf-* quot;nbsp;* fifantes contre les communs ennemis.
Hurt du En ces entrefaites, tout à propos pour la Ligue, 8c au rgt;»c iCAn- malheur de la France,le Duc dâAnjou frere du Roy, ou par jgj exces des desbauches du pays bas ,ou parles regrets de
par quelque mauaais morceau, ou par autres moyens e-ftranges 8c exécrables, dont Salcede torturé 8c tiré a quatre cheuaux a peu parler, (fon proces ayant efté tenu fort fecret, 6c ceux qui sâen font meflezpour prefler Salcede de defcotjurir par le menu quelques fccrets Secommande-'mensdefes maiftres, ayansefté depuis rudement traites
amp; rançonnez par les chefs de la Ligue) mourut à Cha-Jfteauthierry. Ce Prince conoiffoirceux de Guife, 8c leur vouloir mal de mortimais fl fut preuenu,non à leur defeeu, car leurs (eruiteurs predifoyent cefte mort plus de trois mois allant quâelle fuft auenue. Icelle rompit toutes les di-ques qiii reteiioycnt le desbotdement de la Ligue, laquelle â commença incontinent à bruire en plufieurs villes de Champagne amp;nbsp;de la Duché de Bourgôgne.Elle eftoit défia en grand
HeMrI TftOISIESME. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;177
tn grand credit es autres villes, amp;nbsp;principalement à Paris, j .. /â qui plus que nul autre apprehendoit (,amp; ne lui fonnoit on iucrechofe aux oreilles) le ioug de ceux de la Religion, SC â â fefperanceduRoy de Nauarre. La premiere pointe de lâa- »â**«â¢â¢Â»y»â*' raour du Roy eftoit rebouchee au cceur de la plufpart des fuiets. Ils ne parloyent de lui qnâauec toute forte de mef-prisitous les iours fe femoyent des pafquils indifcrcts Sc eE-frontez, des libelles fans nom, efquels les âmes corrompues 8c délia esfarouchees des defordres de la Cour, aua-loyent(fousienefçay quelle douceur) la poifon des mutineries audacieufes. Car on parloir du Roy, comme (Tvn Sardanapale, dâvn fai-neant ,dâvn prince euyurc de prodi-galitez amp;nbsp;dilfolutions : on le releguoit comme Chilperio dans vn monaftcrc, Si pour la troilicfmc Couronne que fi deuife, Munet 'vltima Cuelo, lui donnoit au ciel, on lui en
promettoitvneauec ler.ifoiren vn Cloidre, Si mefmes quelques dames de la Ligue portoyent à leur ceinture des eifeaux dont plufieuts fois elles fe Vantèrent que Henri de Valois auroit lepoil abatu, quand on le confineroit en vne tnoinerie.
Mais afin que Icnvoye quelques paftictilaritezdelâen-Es/aatrwa fantement de cefte Ligue en la capitale du roy3ume,iâcn re- de la tnarqueray des traits qui feront voir quel malheur câeft Paris,eer» Vn clht monarchie, quand les membres font defioints dâa-uec le chef.âVn bourgeois de ParianommélaRocheblond, ,Ãeu,e, lionimc fa£tieux,foct aflfcfliionné alâEglifc Romaine, ayant efté halenéde quelques grands ,/fe ioint auec Preuoft amp;nbsp;BoucEér curez de S.Seuerin amp;nbsp;dé S. Benoifr, amp;nbsp;à vn Cba-* noine de Soiffons nommé Launôy, infigne apoftat de la Religion, de laquelle ila'eftoit reuolté, fugitif de Sedan où il eu 11 efté pendu amp;nbsp;eftranglé pour vn treünfarae adultere quâil y auoit commis. Ces quatre ayans confulté enfemble contre le R oy,pour auancer la maifon de Guife,amp; faire exterminer celle de Bourbon,attirèrent à euxplufienrs autres de tous Eftats : encre lefquels fut auifé de drefltr vn petit Confeil de fix Archiligueurs, dont Rocheblond eftoit le ' principal, 8c cinq autres qui fe chargerentde vcilleren j ' tous les feize quartiers de Paris 8c es fauxbourgs : iceux e- â *'â ftoyencCompans,marchand:Crucé,procureur; la Chapel- Petit le,Louchart commiflaire, 8c Bully le Clerc procureur. 11$^quot;'/â¢Â»' tesoyent pat foislcur Confeil au college de Sorbonne en la
Henri troisissme*
chambre de ce Curé de S. Benoift, amp;nbsp;depuis au college ii Forteret, où il alla demeurer : lequel college depuis a efté appelle le berceau de la Ligue. Par fois ils sâalfembloycnt en aucresmaifonsdequelquâvn dâentre eux. Lachargede CCS cinq eftoit de pratiquer le plus de ges quâils pounoy et, amp;lôndcr leurs affeftions,lcs entretenât de difeours fondez
â fur la malice du téps, rempli de fchtfine,dâhcrefie amp;nbsp;de ty-GraadC«»- rà nnieipuis faifoyentleurrapport à lâautre Confeil deDo-ÆÂ«lt;/. éleurs, Curez» prédicateurs amp;nbsp;notables perfonnes, qui les «J., f.yv adrefloyent, examinans la vieamp; le train de ceux que Ion j elfayoïc dâattirer.En peu de temps ils drefTerent vue gran-gt; de'conftairie, amp;nbsp;firent incontinent fond de deniers amp;nbsp;de hauts defleins.Se fentan\ forts, aucuns furent députez vers le Duc de Guife pour lui faire entendre la volonte' des Zfur lt;(ÆÂ«(« bons Catholiques (ainfi appelloyent ils les Ligueurs) de.
Paris, le zcle qu'ils auoyent à la conferuation de leur Relis /r. âgion,à lâextiottiondelacontraite,amp;delatyrannie, Illes â¦rcceut auec grande allegreffe, amp;nbsp;ayant communiqué de ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I tout auec fes freres , amp;nbsp;de ce qui fembla expedient au'ec le
j Cardinal deBourbön» qui deuoit feruir de mafque à ce I monftre, ceux de Guife commencèrent à entrer en confe-I rence auecles Ligueurs de Paris, les vns nefaifans rien fans lâauis desà utrcsi Finalement vn des premiers delà j maifOnjde Guife.vintà Paris,amp; en grande aifemblee tenue dedans Vhoftel de Reims pre.s des Augultins promirent par ferment mutuel de ne fe point abandonner les vns les autres.Outreplusles plusfaâicux de celle aifembleefuret defpefchez auec bonnes inlliuélions pour aller ch plu-.â .»ïÿsjrs. fieursprouincesamp; villes du royaume, pour attirer ceux *41 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, i quâils pourroyent a leur ligue, leur propofant lâoccalîon
, dâicelle,leursintelligencesauecccuxde Guifc,pournefai-i re qu'vn corps qui lous b conduite dâiceux, par le Confeil des predicateucs,combatift l'hcrcfie amp;nbsp;la tyrannie : c'eft à dire (interprétant leur j.ugon)quâilsconiuroyent enfem-ble pour exterminer lesmaifons déValois 6c Bourbon en-I . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feroble tous ceux delà Religion.â¢Quant aux fix Archill*
'â¢') bvte. ' gueurs de Paris ils trauailloyent iulques aux barnquades dula.de May t588.alf1lle7.de plufieurs autres, nefc taifant '' j jiedifant rien qui ncleurfuft delcouuert. Et pour tenir in* formez leurs compagnons es villes amp;nbsp;prouinces,ils auoyéc commis gens propres pour receuoir les agens Iclon leurs ptouinces.
HbNRI TROIJIISMÃ. J 78 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;__
frouincesjlefqueis ayans leur tendez-vous affigné, sâen tetólirhoyent bien amplement inftruits. Alors 1 argent nô tV/,â couftoit rien : car tous ceux qui elloyent en celle Ligue, Prefencoyenttousleutsmoyens,quifutcaufequecha(cun ' t «n voulut eftre,8lt; quâen peu de temps on vid en France les ïtiaraux deuenir grands Seigneurs,amp; les riches fe faire be-liflrêr
Li Ligueeftantainfi formée, tout aufli toû les Colon-ues qui fouftienent le Prince, Si qui font fes plus fideles Li^ue. gardes, afçauoir la Bienvueillance amp;lâAuthorité furent tenuerfees. Les prédicateurs à Paris 5: es autres villes qua-hfioycnt tout publiquement en leurs fermons le Roy ty-tan,8t fauteur dâberetiques. Les Ligueurs fc defendoyenc Contre fes entreprinfes, amp;nbsp;combien quâil euft la force, fi ne peut il ou nâofa les forcer: tefmoin la iournee S.Scuerin, ifc fécond iour de Septembre 1587. U auoit côraandd quâon fliianienall prifonniers quelques vns de ces prédicateurs fcditieux.CtuCï.Bulfy Si autres de leur fequelle, auettis de Æ ccla,fe logent en plufie urs endroits fur les auenucs des pots de la ville poursâoppofer à iullice.LeRoy enuoyafes gardes, apres les CommjlTaires Chabon amp;nbsp;Bordereau auec des Sergens,pour entrer en vnemaifon au carrefour de S.Seue-tin afin dây prendre quelques vns dâiceux mutins.Mais ces gardes amp;nbsp;fergens furent repôuffez: on fonna le toefain fur . . euxà S.Bcnoift, tellement quebien leurpiintdâauoirbon-lt;f»ââ¢â¢/y nés iambes. Vrgt; autre iour ils donnèrent la chafle au Duc lt;FÃI'pernon,ayans long temps auparauanteftabli vn çonfejL «««^ 4ââ eftoyent comme les Rois de Paris, par lâauis defqÃëTs tout ce qui concernait les afaites dâEllat eftoie manié entre eux. La haine amp;nbsp;le mcfpris du Prince ainfî logees amp;nbsp;enracinées au cÅur desfuiets , ptoduifirent vne rebellion toute maaifefte.Le mefpris de la Loy Si lâauthoti-té du Prince fe méfiant auec lâopiniaftre malvueillance que le peuple auoit contre fon Roy, fon confeil,fes fauoris, fit naiftte celle fureur qui a couru depuis par tout le corps de la France.
Or combien que le Confifloirc de Rome fuft bien ai- Ctmoietit U fe que Ion remuaft contre ceux delà Religon. toutesfois aucuns efcriuent que quand onprefentala Ligue au Pape '* Gregoirexm.quifutfuppliédâetjeflreleparrsin.luidoxi-net fa benediftion, 8c dcclâiîer que câefton lâorncinent de
Henri troisies?^«-
\ nbsp;nbsp;â iâEgïifeRomaine, confiderant queccfte mutinerie amp;nbsp;fcJi-
tieufeleueedâarmes contre vn Roy trefcatholiquc Romain eftoit contre la dodrinede lâEuangile, contre les e-xemples de lefus Chrift amp;nbsp;des Apoftres, contre les loix amp;nbsp;toute police dâEftat,il fit entendre aux députez de la Liguei - _ , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.lt;)uâil ne pouuoitaprouuerces foufleuemens: de fait.il les
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 enuoya fans refponfe,amp; peu de iours auant mort dit au .
Cardinal dâEfl:,quela Ligue nâauroit ni bulle, ni bricf,ni let tres de lui: car il ne voyoitpoint clair en cesbrouillcriesi 8t ne vouloii feruirde boutefeu dâvne guerre quâil ne pour-y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;roit efteindre. Mais fon fucceflenr nâeut pas telle penfee, S
âV tint bien autre langâgeT car'll Fulmina contre les Rois de Nauarre amp;nbsp;Prince de Condé, pour gratifier au Roy dâEf-pagne amp;nbsp;à ceux de Guife qui vouloyent remuer la France,' félon qlie nous auonsà lèmonftrer fommairenient. Deux fri- chofes donnèrent lâalarme bien chaude à la Ligue,afçauoif *âxtt laLi- Pafleniblee de Montauban où le Roy de Nauarre amp;nbsp;les dc-X»« print putez de la Religion auiferent aux expediens de fe main-iufiedefenfiue, fi fous lâauthorité amp;le nom du
Roy la Ligue vouloit leur courir fus: puis lè voyage du Duc dâEfpernon enuoyépar le Roy,ponr conférer particulièrement St amplement auec le Roy de Nauarre j furlâoC-currence des à faircs de lâEftat.La ligue print tout sela com-, inetifons de fon feu , commença à enuoyercommiflions » nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.par tout fousie nom du Roy, lequel les defauouaamp;defen-
' dittoutesleueesdegensdegücrre furlafin de'Marsi58v
Le ManifeÃe fut publié,liurct contenât les motifs du Car-f f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dinalde Bourbon,des Princes,Seigneurs,villes Si commu-
bautez Catholiques, de sâoppofet aux herctique.s. llsalle-guoyentipourfciufiifier,que Ion auoit melprifé larefolu-tion prihfe aux Efiats deRlois de faire la guerre à ceux de ia Religion, amp;nbsp;calfer tous edits faits en leur faueur. Quâils craigneyentqueleRoy venantà mourir fansenfansne fift iiaiftredc grands troubles pour la fucceflion, dont le Roy de Nauarre auoit conceu grande eiperance depuis le deeCî «lu Duc d'Anjou, par les pratiques des amis Sc feruiteurS quâil auoit auprès du Roy.Ãu.e dedans amp;nbsp;dehors le royaume fe faifoyent grandsaprelb deguerre : Sequegensde-uoyent y entrer furpied dedans le 15. jour dâAutil 158Ã.' pour executer ce qui auoit eflé conclu au Concordat de quot;KlagdeGourg le 15.de Décembre ijS^^nrre la Religion, leRo/
Hinri troisiesmï. 27a
Ie Roy Si le peuple, la Koine dâAngleterre ayant promts tÃÿf fournir cinq mille Rciftresjquatre mille Suifles, douze mil -Anglois; le Comte Palatin, le Duc Cafimir, le DucdcPo-«^**^. ineranie,cliafcun quatre mille Reiftres: le Landgraue de Hefle deux mil cinq cens : le Duc de Vittcmberg deux mil: les Seigneurs des Ligues,outre la leuee dâAngleterre , cinq milleSuifles: le Roy,protefteur,amp; confeild'tfcoffc ,deux mil EfcolTois : le Kçy de Nauarre, le Prince de Condé, 8c leurs allociez, vingteinq mille harquebuziers amp;nbsp;quatre mille chenaux. Que les lüfnomraez auoyentiurc enfem-ble de ne faite trefues auec le Roy de France que du con-fentement de tous, maintenir le Prince dâAurange es pays bas contre le Roy dâEfpagne, offrir tout fecours a lâEmpereur pour rauoit le Domaine de lâEmpire detenu parlePa-pe,8c enuoyer leurs députez de part amp;nbsp;dâautre dans le mois de Marsà Balle en Suifle, pour determiner les diffcrcns de laCcnc.lls adiouftoyent que ceux de la nouuelle Religion pâauoyent voulu rendre les villesquâilstcnoyentpoutal-fturancc de lâexecution de la paix. Quâil y auoitabus vni- ' Uerfel en la prouifion des offices,en la leuee des deniers,Sc inuention exceffiue dâimpofts fur le peuple.Se plaignoyent en apres des mignons qui ahufansde.la bonté amp;authotité du Roy sâeftoyent comme faifîs de fa petfonne, cropef-thoyeot lâaccès des gens de bien, afin de ne deflotirner les premieres caufes des defordres qui font reconus en eux, difpofoyent des gouuerncmens en faueur de lenrs parti-fans, diffipoyent les finances ,fouloytnt le peuple, bra-Uoyent laNoblelfe, retranchoyent.la liberté de lufticc, tuinoyentle Clergé de décimés amp;nbsp;charges extraordinaires , pcrfuadoyent au Roy dire necelfatre pour fon ferui-çc dâaffoiblir amp;nbsp;diminuer Jâautborité des Princes amp;nbsp;Seigneurs Catholiques. En apres ils declairoyenc que fur ces iuftesraouuemens ils auoyent cfté contrains de sâalïem-bler en main forte,ne leur donnant la foudaineté du nial,8c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«u
leur peu de credit vers le Roy le loifir dâattendre fon corn-mandement, ni de procéder par autre voye pour lui faire nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âesLi-
«ntendre leurs plaintes : aflèurans que la fin de celle prinfe ga»,,,, dâarmes nâeftoit que pour remettre lâEglifc de Dieu en fa iuÃifitr Icm
Si ancienne dignité fous l'vnique exercice d'vne feu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢
le religion en tout le royaume; pour rendreà laNobleflc (qn hoqoeur 8c fa franchifetpout foulaget le peuplcde touâ5
Hsbm t r. öt s I b JM I.
tes les impofitions inuentees depuis le regne du Roy Charles neufiefme , amp;nbsp;nâemployer les deniers leuez fur icelui que pour le feruice du Roy.pour faire que de là en auant les Eftats generaux fufTent tenus de trois en trois ans:poor re-querirlcRoy depouruoir aux differens de fa fucceffion, afin que fon royaume ne fuft diuifé en autant de faftions quâil y a de pretentions ; pour la feureté Scconferuationde leurs perfonnes, contre les calâmitez publiques amp;nbsp;priueei; pour chafièr delà Cour ceux qui abufoyent de lafaueur Sc authoritc jlu Roy: Proteftoyent de nâentreprendre riea contre le feruicedu Roy, ni pofer les armes queleurpro-pofitionnefuftdutoutexecutee, iStquefa Maiefté nâeuft fait cclTerle peril pour lequel euiter ils auoyent prins les armes. Et pour conclufion promettoyent que leur gendarmerie viuroit en payant.
Or sâeftans vn peu trop manifeftez en ce premier ma-tirrtSiS de nifcfte, la plufpart de leurs articles, effans manifeftement luffrfsnâ P°ut les faire luger par tous l^inces Chre Jmtt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» atteins de rebellion amp;nbsp;felonniecontre leurfouue-
rain .auquel auec main armee ils vouloyent donner la Loy: en vnc autre edition de ce libelle, ils firent bieqplus ex-prelîè mention de la Religion, amp;nbsp;sâattachèrent principalement à ce point :fe plaignans dâvniÿnode tenu à Montauban, amp;nbsp;dâvnc diette en Alemagne,où Ion auoit comploté de fe faifir de la France, amp;nbsp;en chaffer les preftres. Si para-uant on leur auoit adioufté foy ,ce fut peu au pris dâalors, il y auoit preffe à entrer en leur parti, pour la crainte de perdre la Meffe: amp;nbsp;la plufpart du peuple felaiffoit mener par celle IclTe. Autresquifans fefoucierdu Papenides pre-fties, ne demandoyentque nouueau mefnage, firént fem-[⢠1/ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;croirs.-plufieurs fafraniers.endebtez, criminels,
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 contumacez, deuindrent Ligueurs, comme gens quia-
â'â.â ''/quot;'*5uoyentbefoin delà guerre ciuile, pour viurc fur le conj-
â mun. Auec les doublons dâEfpagne ceux de Guifefe mi-' rent aux champs auec vne bellearmee : non fans le feeu amp;nbsp;tamptgnt'! confentement (ce difentaucuns) de la Rome mere,laquelle aimoit lesremuemens, pour fc rendre necelfaire amp;nbsp;eftre employee à faire le hola.Câefloit fon vray meftienmais el-f -t y le fut afinee celle fois.Dn commencement elle penfoit que ' 'T les Ligueurs vouloyent feulement abailTer ceux delà Re-° nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ligion
I
H ! N M TJO I S I I S M ï.
ligion amp;nbsp;faite peur au Roy, arriéré de qui elle dcÃrojt | Voir les mignons, qui auoycnt efcorné le credit de cefte
dame defircufe de ramènera plus grande humilité amp;re-
conoiflance le Roy fon fils, lequel de fon cofté pen Tant
rctenirpar douceur ces gensquiparloyenr fi haut, les ex-
horta de le reunir, efenuitau Roy de Nauarre, quâil ne tâcfmuft de CCS foufleuemens, ains fc continft en patien- 4» ce , afin que le peuple peuftfaireiugetnentdes caulés Side Na»»'-. prétextes de la Ligue, pour fçauoirà qui donner le blafmc: lepria de sâafleurer toufiours de fa bonneaffcdlion, promettant quâil nâoublicroit iamais fon intercft non plus que le fien propre. Dauantageilluidefcouurit leiuge-ment quâil faifoitde ces nouueaiix troubles, en ces mef-mesmots, quâil conoiflfbit que ceux de la Ligue, quelque prétexté quâils prinflent, entreprenoyent fur fa perforine amp;nbsp;couronrte , quâils voiiloyent sâ.icioiftre amp;nbsp;sâagrandir à fes dcfpens fi à fon dommage , 8c ne pre-tendoyent que la totale ruine amp;nbsp;diflipation de fon
Eftat.
Ce que nous auons remarqué depuis le dernier edit , de pacification iufques à prefent seft eftendu iufques à lâan mil cinq cens huitanrecinq. Car il falut beaucoup de cs««-tempsà la conception amp;prodiiftion delà Ligue. Ce qui cfmtnt. sâenfuit iufques i la fin de noftrerecuçil regarde les cinq dernietes années du regne de Héilri troifiefine. Les Ligueurs ne parlans que d'armes 5c dâentreprinfes contre ceux de la Religion, eifayoyent de sâemparer des bonnes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
villes du royaume, de la Picardie,de Paris, 8c deMar- luur/»'»/'* , feille quâils prindrent par les menees dâvn des Confuls^ Jiit«'* P,'«â 'â grand Ligueur, nommé Daries,qui tort apres fut pendu au al- â mois d'Auril mil cinq' câëns liultantecinq. Cependant le Roy ne mettoit ordre à fes afaires, ains pour toutes armes prend la plume amp;nbsp;fait vne declaration , encore fi DteUraUt froidement quâon diroit quâil n'ofe nommer fon enne-mi le Duc de Guife chef de lâarmee, 3c quâil reflem- ie,ti^uîarfj bloit vn qui feplaind,fans dire qui lâabattu. Ses mots font, que depuis 8c deuant fonaluenement à la Couronne il a alTez monrtré fon zele enuers la religion Catholique, la conferuation de laquelle lui eft plus chere ni que fa vie ni que fl couronne. Qu^il a efté contraint de faire lapaix, .quand il a veu que les moyens de continuer la guerre lui
Henri t r o isi i s m i.
(jefailloyent, amp;nbsp;lors quâil a conu que tous les Eftats de fou royaume eftoyent recrus amp;nbsp;las de ces calamitez.Que ceÃc paix eftoit le fcul remede pour reunir fes fuiets en vnc feule Religion,pour rcftablir la lufticc, rcdarguer lesabus,reformer les mÅurs.foulager le Clergé Se le peuple, faire re-uiure la qualité amp;nbsp;la gloire de la NoblelTe quaii amortie en ces diuifions.Que ceftcpaix bien aflaifonnee promettoit à lous les Eftats vn entier amp;nbsp;folide contentement: la luflice reprenoit fon luftre fous lâauthôrité de la Loy:le Clergé fc reformoir, amp;nbsp;par tout on ne voyoit que Prélats, de doétri-ne amp;nbsp;dâexemple: la Nobleffefercconcilioit en quittant les animolîtez amp;nbsp;desfiancés: le peuple cfloit débuté des griffes de lâinfatiable mangerie de la guerre.Que plufieurs néant» moins, autant impudcnsquetem.ctaires, plushypocrites lt;jue religieux,auoyent prins plaifir dâinterprcter cefte paix à vne fecrette faueur amp;nbsp;amitié enuers les heteciquçs,pour les auancer, chofè dont la penfee mefme nâentra iamais en Fame dâvn PrinceChreftiencomme ileft. Qi^Iacrain» ite des troubles qui pourroyent arriuer apres fa mort, nâe-lloitpas vue fu£ifante caufe de tourmenter amp;nbsp;bourrelier fa vie, Se comnaeje condapaner à nâeftre plus ce que Dieu amp;nbsp;nature lâa fait naiÃrc. Quâil nâauoit ianiaïs fauorifé la fucceflion dâvn Roy qui fuft au defauantage de la Religion Catlioliquc:quc câeûoit,forcer la nature amp;nbsp;le temps, fe def-£er de la bonté de Dieu quâentreprendre la querelle de fa fucceflion royale , cependant quâil eftoit en pleine vie, fa fanté en vigueur, laroineenlafteur defon aage, amp;nbsp;tous deux en cfpoir que Dieu leur donneroit lignée- Que les Princes qui fe plaignoyent dâauoirefté reculez de fes faveurs, en auoycpt eu autant, voire plus que leur qualité nâen meritoit, les ayant honnorez des plus grandes 8c plus honnorables charges delâEftat, lefquelles autresfoisnâe-fioycntexercees que parles Princes du fang. Ayant promis puis aptes de rendrearEgIifcfafplendeur,lccontentemée alaNoblcflé, lâautboriié à la luflice, lefoulagemencan peuple;ilprioit,coniurott,cxhortoir, commandoitauxEe-clefiafliquesjatix Gentilshommes, aux Parlemens, aux vil-iesjdefe feparerdetout ce qui pouuofc empefcherreffcft dâvne fi fainâe iucention,fe départir de toutes ligues 8c al-fociationsjfereiinir fous fon obeifl'ance, comme la nature, |e deuoitiÃc leurpropre bien les y obligeoit.
Hinri noisii smi.
î8t
Quant au Roy de Nauarre ^qui pour obéir au Roy iiâc Dfclamtlr ftoit encores armc,amp; laiffoit pafl'er toutes les occalions qui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
lâcnpouiioyentexciifer j i! tit dreflâer v ne declaration en-uoyee par le lieur de Cleriian,portant quâil sâeflimeroit de ,4^/, ,Q,clt tous infenûbles le plu s infenfible,sâil ne Ce reflentoit de tac ZainijSj. de calomnies quâon auoitforgees contre luiiSc fi voyant le} bras letié pour frapper le Koy, il ne fedellournoit, 8t *;»â¢Â«Â«Â» faifoic foi tir comme dâvne mere lesefclairs de la generofi* te du lang de Bontbon. La il defcouiire la forme de fa croyancejdit quâil ert né pendant la pennilfion de deux re. ligions en France, qiiâil ne peut ni ne doit quitter celle en laquelle il a elle nourri amp;nbsp;efleué.fi par vn Concile legitime on ne lui monftre vue autre vérité que celle quâil croid : amp;nbsp;que iufqucs a ce Ion ne peut le tenir pour heretique, moins pour relaps, croyant quâil hâa iamais efté heretique ni con-Uerti de fa premiere opinionxar on a toufiouts plus penié à le deftriiire quâà Iâinftrufre, à le ruiner quâà le réunir. Q»= cliafcun fçaitquelors quâil fe rangea à la Melfe,apres la S'. RarthclemiJ'aage, la force', la crainte ,rendoit fa volonté fans vouloir amp;nbsp;fans pouuoir, giquâaulTi tort quâil la videti fianchife il reprint le premier exercice de fa Religion. Quâen toutes les guerres quâil a faites, il nâa eu autre re-fpeft nue celui de Dieu amp;nbsp;du feruice du Roy. Quâauflî toft que fa Maieftécut accordé par Ces edits la liberté des con-fciencesjilauoit pofé'les armes,contretnande fes troupes, amp;nbsp;les forces cilr.angeres de fes amis confedercz.Que p'our Cela il uâcft point ennemi des Catholiques,comme on dit, quâil maintient ceux de Bearn en telle liberté quâil les a ttouuez apres le deccs de fa mere : de mefme en ce qui lui refte du Royaume de Nauarre, où il a trouué lâexercice de la Religion Catholique, il nâa permis aucun ch.ingemcnt, Que le concordat de Magdebourg, contre lequel la Ligue '' ' f' débat fi fott,quâelle fait publier aux chaires par fes predi- * catci!rs,eft vne afl'cmblee imaginaire,amp; digne dâvn banc de Charlatan, car il ne fe ttouuera que ni en ce lieu , ni en autre,il en ait efté tenue aucunement. Quâen lâextrait quâils en ont diuulpué, ils introduifent les Ambalfadi ufs dclâE-lefteutPalatin amp;nbsp;du Prince dâOrange, dont lâvn efloie mort plus dâvn an au parauât, nâayant lailîéquâvn mineur, fous la tutelle de Cafimir : lâautre,quatre mois auparauant toé a Delft par Bakazard Girard. attentats contru
MN. j.
HïNRI TROISISSM».
lâexecution de lâedit de paix auoyent empefchéla remifo des places données pour feureté dâicelle,8c fait prier fa ma.? ieftédâen prolonger le terme, puis que le danger nâeftoit encorâ leué, 8c quâil eftoit enuironnédâvne iufte dcsfiancc, OfFrâc neâtmoins de les rcuietire auât le téps,po.urueu que la ligue pofâft les armes amp;nbsp;rflndill au Roy les places par elle faifies.Que la declaratiô quâelle a fait de Ton incapacité à la lt;ourône,etl la chofe qui plus le toucheau cÅur: mais a la-quelleiulqoes ici il a penfé le moins:'econtcntederefpoir quâil a que Dieu gardera long temps fa Majcùé pour lebié de ce Royaume,lui donnera lignee à têps au regret de tous fes ennemis, ne voulât preiugcr fteriles en la fleur amp;nbsp;force de leurs ansjle Roy ni la Rome. Que ceux qui en leurde-«laratiô 8c proteftatiô lâont nommé delireux de la mort du Roy »perturbateur de lâEllat, 8c ennemi luré des Catholi-quesjonr fauflemét 8t malheuteufi-mét menfi.- Adiouftant vne req lefteau Roy,quâil le laiflalldelmeder celle querelle entre lui 8c le Duc de Guife, vn a vn,dcux à deux, dix Ã
dix, fan$quâil sâen iqiften peine, niqnelepepplefouffrill plus longuement.
gefangne 4
remuemens, la Roine mere qui sâaccotdoit auec 4e ta T^oine le Duc dc Guifc,plus pour le trauerfer, pour dóner lâcntrce titerepnr au dcfordre amp;nbsp;à là confufinn des afaires,où elle sâentreinef. ÆÂ«gt;!lt;lt;« « iojf,que pour lâagrandir, fit entendre au Roy la puiffancc de \aiUitîela higue,liii reprefenta quâil auoit afaite au Pape,à lâEmpereur,au Roy dâEfpagne.au Duc dc Sauoye.à quelquesPrin,-ces dâAlemagne,iux Cantons Catholiques de SuilTe.à toute la niaifon de Lorraine, aux bonnet villes de France en-
roolleeç en ce parti, tous refoluç dâexpofer leurs perfonnes au milieu des fl its,comme la derniere anchrc, pour garder le naufrage de la Religion. Elle lui donna lâalarme fi chaude fur ces premieres poinftes de la Ligue (^quieftoitlors aifee à desfure au regard de' troupes quâelle auoit)amp; fcc ut fi bien acommoder lâoccurrence de la prinfede la citadelle de Lyon,dâoù vn peu fagc gardien nommé du Pifljgejqffe-Aionnéau Duc dâEfpernon, grand mignon du Roy,3uoit efté finement tiré a chaffé par Mandelot, lequel sâen faifit le a.iour de May iç8$. que le Roy sâimagina quâily auoit beaucoup de foiblefle de foncofté, 8c que les afairesdela ^igue sââuan joyent. Lots il lui fut auis que les rempart S dcfenfçs
Henri r r oi su s m b. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i8i
defenfes de fon Eftat cftoyent bas ; que le Duc Je Guifc le j«. « nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» lÿ
tenoit defia au collet, que fon chafteau du Louure fondoir; « _ il (e cache es oratoires amp;nbsp;cellules des Capucins : brief Ie CÅur lui faillit au befoin. Les plus auifez en matière dâE- ' â Hat remarquèrent vnc grande faute commifelors par cc Prince,dont sâenfuiuit vue Iliade de maux : amp;nbsp;difenc que fi le Roy euft nionftré fon front à la ligue, non couuert dâvu fac dâhermice .mais armé de courage amp;nbsp;refolution conue-nablcà fa Majefté, on euft veu quâil eftoir Roy, vraye amp;nbsp;viue image de Dieu, qui auoit la fouldre en main pour pouldroyer ceux qui sâefleuoyent contre lui, amp;nbsp;que la guerre euft efté finie. Car lâarmee du Duc de Guife fc pouuoit rompre aifément, nâayant en fes premiers bonds amp;nbsp;en fa fleur que mille cheuaux amp;nbsp;quatre mil hommes de pied, qui fe difltperent en vn mois ; amp;nbsp;le Cardinal de Bourbon confeflabten à la Roine mere, que fi le Roy euft def-ployé fon authorité, toutes ces brouees fe fulfent efua-aouies. Lacrainte eftlapefte des âmes genereufes : niais quand cefte fleure glace le cÅur dâvn Prince louuerain, .
s-»-6*â
câeftfait defa dignité telle diminue, fc perd amp;nbsp;ruine dâelle ineftnes; car la pufillaniraité de lâaflà illi enfle le courage de lâaggrelfeur, amp;nbsp;lui fait entreprendre tant plus hardiment Vncnouuelleoffenfe, eftant affeuré par ce qui void que pourlâaucnir il y a impunité pour lui, lien auint ainfiau Roy qui penfant endormir amp;nbsp;aflbpir cefte reuoke plu-floft en flattant qu'en commandant, attira fur fa tefte plus grands troubles quâau parauant : amp;nbsp;le iuge du monde vouloit appellera conte grands amp;nbsp;petis en France à raifon de tant dâimpietez , dâiniuftices , iniquitez ordures SC confufions commifes en ce dernier fiecle principale- ' ment.
Pour reuenir an Roy , il prie fa mere de parer les coups, de faire defarmer le Duc de Guife, lâafTeurer de fonami- che^tin-tié, amp;nbsp;quâil lui donneroit telle part de fon royaume quâil lemrnt ir voudroit, pour auoir la paix. Le Duc de Guifé , hom-nie enflé de vaine efperance , caut , hardi, amp;nbsp;hazar-deux chet de guerre, voyantquefon enrrcpnfetant Ica-breufe auoit csblouy le Roy amp;nbsp;fes partifans , la plt;iur-fuit, amp;nbsp;sâimagine beaucoup plus aiiancé en fes def-feins quâil nâeftoit. Pourtant il délibéré de dcmandei
N N. ij.
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hi K K I T I o 11 U lU Ilt;
' ' 'l beaucoup: amp;nbsp;prefente vnc requefte en laquelle il mefle-fi* I nement fon propre intcrcft auec Ie public, figneedeluiS , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du Cardinal de Bourbon. Le Roy eftoit prié de faire Stiâ'
i'âquot;ï TCt vn edit irronocablepourrexftirpation des bercfies,reti' j Ter 3uec forces les villes tenues par ceux delà nouuelleo-⢠pinion,renoncer à laproteftion de Genetic,authoriferles armes des Ligueurs,les embraffcr, 3c de Roy deuenir par-tifan de la Ligue. Tout dâvn coup la paix fe fait au mois de luillet Tan i$3$. amp;nbsp;fe ietracomme dans vn moule, tant le tdit iiftix j^oy cftoit esfarouclié, ou feignoitl'eftre. Parfoneditil autc l» bt- jçfgj,j lâexercice de la Religion, futnommee nouuelle, re-etui dtlx uoque tous autres edits qui Ie petmettoyent, commande Tleligian m aux Miniftres de vuider de fes terres,amp; à tous fes fuiets de luitlrii^t}. faire profefiton de la Religion Romaine dedans fix mois» .( nbsp;nbsp;nbsp;, ⢠⢠ou fortir du royaume: caffe les chambres mipartiesSt tri-
a****'**^ parties des Parlemens : ordonne que les villes baillées en i garde à ceux de la Religion feront rendues: leue non feulement, mais aprouue la Icuce dâarmes des chefs delaLi-
1 guc,nommez Princes, Sereconoit cela comme fait pour i fqnferuice. Ceft edit authorifoit leurs prétextés : mais les ; articles fccrets arreftez à . Nemours au mefme mois e-floyent entierementà lcurauantage, amp;nbsp;nây auoit rien qui neleurpleuft, excepté la condition de fe départir dés le jour mefme de la Ligue,qui fut le poinft déjà tuftification J du Roy puis apres,St le piege où les Ligueurs furent attra-I pez.Or quoy quâen cefte conference de Nemours ils ne de-ff- mandaffent autres feuretez que celles qui dependoyenr de ««»J enfx- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;grace du Roy, fi voulurent ils auoir en leur piiif-
* /ûtiue les villes de Chalon, ^houl, Verdun, Sainâ Dificr, ' Reims, Soiffôns.le chafteaU de Dijon, la ville Scchafteau I de Beaune, Rue en Picardie, Dinan amp;nbsp;Conqen Bretagne, j Le Roy paya deux cens mille efeus pour les gens de guet-1 rceftrangers venus au fecours de la Ligue idefehargea les j Ligueurs de cent fix mil trois cens quarante efeus quâils a- j uoyenr pris aux receptes generales, leur fournit cent mil efeus pour baffir vne citadelle à Verdun, outre lâentretene- ; ment des gardes dâharquebuziers à cheual quâil ottroyaà j tous les Princes de la Ligue. Eux qui auoyent tant protefle i en leur Manifefte,8£ requeftepremiere quâils eftoyentat- -mez pour le foulagement du peuple, foulé détailles amp;nbsp;â dâimpofts, en trois mois que leur guerre dura defpouiIlc-rentl:
H t N RI troisiesmb.
28î
I rent le peuple de fa graiffe,chair S: fang: lui fil et plus dâex- Ss'l ; torlions quâil nâen eu(l fouffett en trois ans par les charges I ordinaires, outre les violemens,pilleiies ,bruflcmens , 8c ar-I autres infolcnccs,qui talonnent telles armes, Icfquelles fi- ââ dt i» j rent que Ion cercliâ incontinent les inuentions de tirer du ligne» peuple les millions dâor quecefte guerre de trois mois a* uoitconfumez. Ces ifiuentions furent enclofesen vingt ' cinq ou vingt fept edits, au grand peruertiffemcnt delà lu(lice,de la Police amp;nbsp;des finances.Outteplus il ne fut plus queftion que de corner aux oreilles du Roy la guerre cotre les Princes dcfonfang.afçauoir le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Condé,qui aflcmblcz à Cadejoux auec le Maref-chal dâAnuille.iors Duc de Montmorency, font drefler vne declaration en datte du lo iourdâAoull, iy8$. eniaqucllc apres auoir monftré que ceux de Gurfe amp;nbsp;autres Ligueurs entout'ce remuement auoyent fait tout le conttaiie de leurs protcftations,ayansruinélaNobleire,le Clergé, 5c le tiers Eftat, defcouuroyent les iniquité?. 3lt; nullitez de ce Uouucau edit de Iuillct ; offroyent neantmoins rendre les »itles de feureté quâils tenoy ent, amp;nbsp;à eux prolongées pat le bon Vouloir du Roy, moyennant que ceux de Guil'c amp;nbsp;autres de la Ligue leurs adlicrà ns quittalfcnt par èffeft celles M« â » . quâils tenoyent: que les armes fuffentpofecs, les eftrangers -⢠nbsp;nbsp;⢠â¢
reiiuyyez.ôt quâeux fe reriraüent en leurs maifons. Declai-toyent tenir lefdits chefs de la Ligue pour ennemis du Roy,dclamailondeFrancc,8c dubiendei'Eftat: tels que le Ruy les auoit remarquez, tels aufTr que les Cours de Parlementen vérifiant fes lettres les auoyentreconus:que fuyuantla teneur dcfditcslettres 5c les commandemens di» Roy y contenus ils leur feroyent la guerreà toute outran-1 ce 5c les extermineroyent par tous moyens. Lerefteeftoic| Vueproteftariondeleur fincere volonté à laconferuation , delà Couronne amp;nbsp;des trois Ellats du royaume. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âº
[ LâonziefmeiourdâAoufti58$.leRoy appellaauLouitre ( les principaux de Paris, 8c voulut que le Cardinal de Guife 4» nbsp;nbsp;nbsp;lt;
I y,afliftaft.Propofa,puis que lâedit de pacification eftoitromâ'â*^âJ*'' J pu il faloit pour la guerre trots armees, lâvne pres de foy,^â^^.
l'antre en Guyenne,latrotfîefme en Champagne pour em- /4^2/rr«, pefeher lâentree deseftrangers que leKoy de Nauarre fai-foitlcuer. Là deflus il les pria dâauifer aux moyens de re» touu ter argent, 6c de faire eftat de quatre cens mil efcug
I ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;NN. iij, â
Ht N RT moi S IBS MI.
tousles mois; donc ii foumiroic le premier à lâaide despär ticulicrs : declarant au Cardinal de Guifc quece fer oit puis apres au Clergé a continuer.ün lui fit quelques difficulté! amp;nbsp;répliqués: (urquoy il sâcfcria, 11 cuit donquesmieux valu mecroiie; l'ay grandpeur quâeu voulant chaffer le i prefchejiious ne hazardiôs la Mcffe:5; adiouftajl vaiidroic mieux faire la paix, encores ne fçay ic, sâils la voudront iours aptes IcslieursJe â¢vtn le K«y Lenoncourt, de Poig.iy, li le prefident Brulart arriuerenc dtNmur- de la part d i Roy vers le Roy de Nauarre a Nerac , pour quot;⢠conférer auec lui des moyens de la paix, en le follicitanc de fe rangera lâEglife Romaine,dâoller lâexercice de Religion laiffe'pour fix mois par lâedit de luillec, de rendre les villes. Ils ne sâen retournèrent pas fans refponfe furcesin-ffances.
'Bulle iu Dâvo autre collé par lâentreprife du Roy dâEfpagne les Pape sixte Ligueurs foUicitoyent tant à Rome, que par vne gran-eentreteray jg bulle, en date du ncufiefme de Septembre lâan mil huitante cinq . Le nouueau Pape Sixte cin-deCoaié. quiefmc declaira le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de ____ Condé hérétiques, les excommunia , dégradant eux ft*.y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leurs fucceffeurs de toutes dignitez Se notamment de
»⢠â¢â¢â¢'r* toutes pretentions fur la couronne de France : donnant 'J' abfolution à leiirs fuicts de tous fernicns quâils leur auroyent iuré fait ou promis: amp;nbsp;expofanc leurs pays 8t feigneuries en proye au premier occupant. Diuers bures furent publiez an nom de ces Princes où les nulbtcz de celle bulle eftoyent manifellcment defcoii* uertes , amp;nbsp;les tyrannies du liege Romain deferites par
i le menu. La Cour de Parlement de Paris députa quelques vns de fon corps qui firent à lâoccafion de celle nouuclle pratique vne ferieufe remonllrancc au Roy du danger auquel il expofoit fon royaume , voulant ruiner ceux de la Religion qui elloyent en trefgrand WetMere- âombre, amp;nbsp;quâil faloit réunir non pas ruiner amp;nbsp;exter-^»quot;parte- TâTÃner. Puis adioullerent entre autres mots ceux ci, ment dePa Quant à H bulle s. la Cour en trouue le Hile tout m au noiiiicati , Sc Ci elloigné de la modeftie des aiianr-Pa-/ur ces bul-quâcllc nây rt'conoit aucunement la voye d'vn l'iiccelfcur des Apollics, Et dautant (difent ils) qu' nous
Hen KI troisiesme.
iroüs ne trouuons point par nos regiftres , ni pat Æ toute lâantiquité , que les Princes de France ayenc l. iamais eflé fuiets à la luftice du Pape , ni que les * fuiets ayent prins conojflance de la Religion de leurs | Princes , La Cour ne peut point délibérer fur icel- j le , que premièrement le Pape ne face apparoir diï droit quâil pretend en la tranflation des royaumes e-ftablis amp;nbsp;ordonnez de Dieu , auant que le nom du Pape full au monde ; quâil ne nous ait déchiré à quel tiltre il sâentremefle de la fucceflion dâvn Prince plein de ienneflé amp;nbsp;de vigueur » amp;nbsp;lequel naturel-# Icmcnt doit auoir fon heritier en fes reins ; quâil nâaic inrtruit noftre religion -, auec quelle apatence de iufti-ce ou dâequité il dénie le droit des gens à ceux qui font preuenus dâherelie, coiiire la difpolition des Sainfts Canons amp;nbsp;anciens decrets , lefquels ne permettent point «juâaucun (oit tenu pour hérétique j qiiâtl nâait efté libre- i ineni amp;nbsp;entièrement oui en fesrailbns, amp;nbsp;quâil nâait e-fté admonnefté par plufieurs fynodes, amp;nbsp;puis lugé pat Vil Concile légitimement affemblé . 11 faut doneques quâil nous enfeigne auec quelle efpeee de pieté Bc ⢠de faindleté il donne cela qui nâeft pas lien : 11 ofte te qui apartient légitimement à autrui ; 11 mutine les valfaux fit les (uiets contre leurs legitiihes Seigneurs 8E Princes fouuerams : Il renucrie les fondemens dé toute iuftice Si de tout ordre politique. Brief , il nous doit । nionftrer ert quelle authorité il entreprend auiourdâhui de condamner voftre fang au feujamp; enuoyer (par ma-Pieté de dire) sâil peut, vne partie de voftre aine enen-1er. Mais puis que le nouucau Pape , au lieu dâinftru-ftion ne relpire en toute (a bulle que deftrudion 8c change fa houlette cri vn flambeau effroyable , pour perdre entièrement , ceux-là quâil doit regaigner aut , troupeau de lâEglife Catholique , sâils en font ef-garez ; h Cour ne peut point eiViologuer vne tel-le bulle , 11 pernicieufe au bien de toute la Chreftien- j té , amp;nbsp;à la ïouueraineté de la couronne de Fran- । te. lugeant désa prefent j quâelle nerrlerite autré . recompenfe que celle qu'vn de vos fages predeceffeurs ' fious fit faite à vne pareille bulle quâvn preJcccfleuf I iiij*
Henri tr oisis s m ï.
lt; , de es Pape leur auoit eiiuôyce : alçauoir de la ietterau feU , en prefencc de toute rtiglilc Gallicane ,amp;enioignit a vo-i'f** I procureur general de faire diligente perquifition de iâ» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;~ ceux qui en auoyent pourfuiuirexpclition en cour de lio-
f, me , pour en faire lî bonne amp;nbsp;hricfueiurticequâelle feruit dâexemple à toute la poflerité. Car qui ne conoit (difoyent ils en continuant leurs propos au Roy) que tous ces artifices font apollez par les ennemis de ceft tllat ? lefqucls fous le nom de vos hoirs sâadrclfentà voile propre perfonnedi-reclementjen sâimaginant délia dâellie paruenus par leurs pratiques au defl'us de leurs attentes , ne leur tellaat plus rien à faire que vous tirer par la cape hors de vollrc place, pour prendre pleine pofTefiton de ce quâils abayet amp;nbsp;pour-fuyuent. Les choies font fi claires amp;nbsp;ont elle tant efclair-cies, que nous abulerions de voftte patience, pour vous en faire plusamples remontlranccs, lelquelles nous nâefpe-⢠rôtis point voir de plus grande efficace amp;nbsp;vertu que les precedentes. Ils adioulloyent.cn priant le Roy de les dcl-cliargcr de leurs Eftais.Nous délirons. Sire, que déformais vous l'oyez del uié des importunes difficultez que nous fommescontraiDs faire fur tels edits, amp;nbsp;noscoiilciences defehargees de la malediftion que Dieu prepare aux mau-uais Magilbats 8i Confeillicrs. Laneceffité de vos afaircs nous a fouuentesfois contrains ci deuant de coniiiuer à plufieurs furcharges amp;nbsp;pernicieufes inuentioos. Lâopinion que voftre Maiellé auoit conceue que ceux de 1.1 prétendue Religion en quitteroyent aifément lâexercice, amp;nbsp;que ce parti fe pourroit abatte fans grande effiilion defaiig,amp;fans vue euidente ruine de ceft Eilat, a eu encore tant de forces f rnosauis, que de nous faire pafler la reuoc.ition de tant dâedits,fi folenncllcinent iurez. Nous voyons à nollre tref-grand regret amp;nbsp;coiifufion, combien nollre lafehetévous cil peu p.ofitable, combien elle a elle dommageable à tous vosfuietsjhonteufe à nous amp;nbsp;à poftrc pollerité. Nollre patience ne feraplus obeiifance , mais vne ftupiditc inexcu-fable fi elle feveut ellendre plus loin , amp;nbsp;paifer outre en nonchalance 8c melpris de tout bien public.Il ell donc plus , expedient à vollre Maiefté dâcllre (ans cour de Parlemenr, que de la voir inutile comme nous fonimesjS nous efl auf-fi trop plus honorable de nous retirer, priuez en nos mai-fous, Scpleurer en noftrtfeinlescalamitczpubJiquesauec
....... Jereilç
Henri TRoislïiMt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iSj
Je refte Je nos concitoyens, 4uc dâafferuir la dignité de nos charges aux malheureulesinucntions des ennemis de vo-Itie Couronne.
5i ces paroles eulîent cfté fuiuies de quelques effeéls, amp;nbsp;£( que Je Parlement eull pour fuiui fa poinde aucc vne ferme brtft u «»r-contenance,lesafairesnefulfent pas empirecs comme elles r»' ÆÂ« Ãx firent.Car à rmltance des IJeueurs le R-oy ht vne déclara- 7°'* tion le y.iour d Octobre, 15^5 ,(ui Ion edit de luillet prece-dent,en laquelle ayant conhiquc,corps Si biens de ceux de/, , la Religion üc leurs alTociezjquien Dauphiné, Languedoc{«rmtUemtt amp;nbsp;ailleurs auoyent empoigne les armes, fans lâaueudes Princes pour faite tefte à la Ligue : il ordonne que le terme de lîx mois accordé à ceux de la R cligion, pour fortir hors du toyaume,au cas quâils ne vouluffent aller a la Melle, e- i -iloit limité à quinze tours acomplis apres celte déclara- . tion, La Cour de Parlement de Paris oubliant fes protefta-tions,verifia 8c emologuaceft edit huit iours apres. Dad- t/l,;., tt-trepart les Princes formèrent oppofition contre les bulles''^ dâexcommunication du Pape Sexte cinqutefme, appellausi dâicelles comme dâabus 8c de calomnie, oft'rans faire prou-Uer en plein Concile libre 8c legitime, que le Pape les ap- Prut'/fa'i»â»
, pcllant hérétiques , auoit faulfement Sc malicieufemeni nieuuiSc sâil refufoit la voye legitime de conoilfance quâils? propofoyentjle tenoyent pour Antechrift,!ui deciairant enâ celte qualité guette perpétuelle 8t itreconciliabJe. Ceflci oppolition fut affichée a Rome led.iourdeNouembre.'^ Cinq iours aptes le Roy publia vn mandement à Paris p.tr lequel eftoit expreflementenioint à fes officien,de fe faifir j des perlonnes Si biens de ceux qui auoyent poi té les armes pour le Prince de Condé , aufquels pardon efioit promis, promettant par eux d'aller a la Meffe, 8c promelle dâellrc relafchezen baillant cautions Catholiques.Eltoitauffien-lüint aux licutenans generaux de faite roolles de ceux qui elioyentfortis hors du royaume, 8c des réduits à l'Egide| Romaine. Huitioursapresle ClergédeFrancefitparlâh-. uefquedeS. Brieu aflifté du Cardinal de Bourbon 8cde pluficursdéputez vnebien longuehatanâ^ueauRoy, le-â®â^'*â'8^' quel fut requis dâexterminer ceux de la Religion, de fauo-tiferlesEccleliaftiques Romains amp;nbsp;lesauthotifereu tou- I tes leurs franchifes,iie point toucher à leurs boutfcSjCrjn- w feruer leurs rcuenus, faire obferuet en France le Coticilq V
⢠HïhtRÃTROISIïsMÃ;
de Trente,donner ordre quâon portaft bonheur au Cierge Romain,que leur lurifdiélio Ecclelîaftique demeurall fiU-ue, quâon ne les traitaft comme roturiers, amp;nbsp;quâils fulfcnC quittes des rentes fut eux pretédues par la maifon de ville de Paris. Ils luiptonierroyehtencccasroutcprofperitcSe DtcUrÃtiii bencdiftioni Au contraire le Roy de Nauarre publia vne 2^^ ât »declaration le dernier iour du incime mois de Noueinbre Natmrrt, f par laquelle il ordonnoit tjue tous les fruits,rentes,reücnus» f biens meubles fit immeubles, debtes atlifs, noms j raifons I Stadions des habitâns St refidenscs VilleserquellesTcdit ⢠de luillct desfix mois, St dâOdobre de lâabreuiation de
quinzaine,auoitellé receujpublic.ou executéænfembledcs gentilslioines amp;nbsp;autres portans lesarmes auec les Ligueurs ' Sc leurs adherans, pareillement de tous les Lcclelialliques habitant efdites villes ou autremét contraires à fon parti ou Æ qui attribuoy et contre,fuHcntincontincnt faills, pour eftrc I les meubles vendus , St les immeubles baillezà ferme au plus offrant amp;nbsp;dernier eneherifleur par les commis.Defen-I doicen outre à ceux qui deuoyentaux Ligueurs St à leurs adherans deles payer, ains leur enioignoit de venir declai-* ! ter aux Commis, pour eftre les deniers prouenans de cell 1 employez aux frais de la guerre.
I SurlafindelâahheetleRoypubliavrtrciglcmêtà obfera uerparlesBaillifs, fenefehauxou leurslieutenâspourrez »MCMX df xecutiondelâeditdc luillet. Confiique corps amp;nbsp;biens dé ceux qui portent les armes contre la Ligue, (^ant aux pai-llblet demeurez au royaume,leurenioint de fiireabiuratiâ de la Religio, au moyen dequoy feront conlei uez en leurs biens fit eftats.Sur cela furent drellez par les lefuites St autres moines diuers formulaires dâabiurations. Poürcc que les moines deBourdeaux sâen mcflerent fort auant,Antoine de Chandieu,gentilhomme de finguhere pieté, fit tref-dodeTheologien réfuta amplement fit lifolidement leurs erreurs que depuis ni eux ni leurs compagnons en toute la U. B. France nâeut ofé ni feeu lui refpondre.
Vârttr« du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;premier iour de lanuier ijfi^.le Roy de Nauarre en-
ÃÃj/dlt; N«- uoyade Montauban (où il pourueutà fesafaircs) lettres au mm mx Clergé, à la Noblefle, au tiers Eft3t,8t à ceux deParis ef» Ijlxn ât quellesilfeplaignoitdelarupturedudernicreditdepaci' ^^*^'^^*fication,remonftroitles mauxquienauiendroyent, les ex-rî/â* * * hortoit dây peaCer à bon efcienr, gt de neferuir point d'in.» ftiumWs
Henri troisiesmï. îSC
ftriimensà laLiguejpoucruiiicr leRoy amp;nbsp;le royaume; aii« ) ioultant que sâils clloyent fimalauilêz j lui Si Us liens sâai-deroyent de tous moyens legitimes pour reiîiler à la vio-â¢â¢**â¢â¢â¢ «^1 lente des ennemis, 11 procura aufli que les Princes dâAle-magne intercedaifenc pat ambafiadsurs expres enuers le Roy, à te que la guerre ciuile ne sâallumaft pas dauantage. Mais la Ligue cftoit délia a cheual, tellement que le Roy fut contraint leur tefpondre quâil ne vouloir que la religiô nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;_
Romaine en l'on royaume, llnepouuoitrefpondreautie-meiiticar ceux de Güife amp;nbsp;leurs adhetansauoycnt tout es
mains. Le Duc de Mayenne eüoit chef de laguerreen nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Guyenne,où cftoit le plus fort de lâafaire. Le Roy qui fça-uoit bien a quelles gens il y auroit afaire, le preffa maintef-foisde le mettre en campagne , pour aller attaquer lé'Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Condc. Eftantà Poiéliers il demanda renfort, encores quâil euft défia de grandes forces; auec lefquellcs il nâofa ou ne peut attaquer ni rencontrer le Prince de Condé qui auec peu de force eftoit venu vers Angcrs,penfant entrer au chafteau fur vne furprinfe que le capitaine Halot auoit fait en fa faueut:amp; fruflré fut côtraint courir de terribles dâgcrs,dôt toutesfois il efebappa. Pour teuenir au Duc de Maycnncjayant tourné bride vers Péri- ifa gueux amp;nbsp;Limogcsjil nây fit conquefte que de Thule, place trcsfoible que ceux de la Religiô abâdonncrent aux habitas ta pour fe retirer en lieux plus .ilfeurez : puis apres ayant em- gut. ployécroisfemaii)esà couttifcr vnedamejprintvn vieilcha fteau nômé Môcignac,a demi ruiné,amp; gardé par vn Côcier
ge au nô du Roy deNauarrcide là il vint à Beaulieu, bico- lt;nbsp;IvvâtsŸL que de nulle valeur, dont les habitansfe racheterét moyêquot;- V«* nTt mille efcus.telleinét que la place leur demeura auec lâe-xerci. c de la Religiô. Gaignac, pctit'village apattenant au
Vicôte de Turéne fut canôné,8(. les pay (ans, qui sây eftoyét telleinét quellemét barricadez., fouftindret vn a(raut,apres lequel ils fe fauuerét tous par vne ouuertiire,exccpté quatre arreftez par lâaage amp;nbsp;par leurs playes; gés innocés.qui pen-foyét auoit afaire à des brigandcaux rainalfcz, non point a Vne armee royale. Leur limplicité ne peut apaifer la fureur de ces côquerâsicar ils furet pédus.Lâarmee de l.i Ligue nâa yât peu faire danâtage en Perigord sâachemina vers la Ga-rône,leDuc deMayéne ayât lailfé derrière foi les places du vicôte deTuréne,Figeac,Cadaillac,Caior,lès maisôsdu vi côte de Gourdôjamp;Môtfort place qu'il auoit délia fait reco-
Henri troisissmf.
noiftrc amp;nbsp;de grade importance,fur la riuicrc de Dordogne! toutes tenuespar ceux de la Religion. Mais il aima mieux eonfetuer fes amis que molefteries ennemis. Le Itoyde Nau3rre,qui eftoit loin de Perigord, entendant que le Que de Mayenne prenoît celle route,vint à Nerac, puispaifa à Caumonten plein lour, fans que le Duc lâofailattaquer: combien quâen ce temps il euft eferit au Roy quâen brief il Juiferoit vnfignaléferuice, amp;nbsp;aflïure à fes partifans U prinfe du Roy de Nauarre. Penfant executer cela aufli ai-fement que feroit vn preuoft des marefehaux quelque coureur, il fit auec fa cauallerie vnc traite de douke grandâs lieuêsjcequineferuit quâà desferrer fes chenaux. Nâayant feeuempefehèr Icpafl'age auRoy deNauarre, ildefchar-gea fa cholerefur vingteinq ou trente argouletà partis de Gaumont, pour faire venir les contributions, lefquels furent chargez amp;nbsp;efcartezitandis que ceux de Montflanquin lui desfirentlacompagnie delà Guerchc,amp; lui tailletenten pieces deux cens hatquebuziers. Quelque temps au pà ra-uartt, certains ieunes èà pitaines dâAgen sâeftoyent iettez dedans Tboneins 8c fermez dans le chaftcau,penfoycnt faire quelques grands exploits. Le Roy de Nauarre y paflà nr, donna charge au capitaine Leftelle dây faire quelque effort. Les aproches amp;nbsp;la prifefurent tout vn^ dont sâenfuiuitle chaftimentde ceux dâAgen qui voulurent attendre dans ce-fie place nullement tenable, amp;nbsp;laquelle fut incontinent a-bandonnee.Le capitaine Melun quitta Mcllan, qui eftoit en telle defenfe que le Duc de Mayenne amp;nbsp;le Marefcbal de Matignon ne voulurent pas entreprendre de la garder auec leurarmee,ainslal3ifrerentau premier venu. Matignon a-uec quelques forces sâeftoit aproché de CaftelpctitcBa-fieau fur la Garonne, bafti à la vieille mode. La brefehey eftoit faite lors que le Duc y furuint.oui pour auoir lâhon-rieur de la prinfe entra fecrettement en corapofition, peu auantageUfe au Roy : car il donna douze mil efeus au mai-flrede la place,amp; autre recompenfepoUr la perte des meubles amp;nbsp;viures qui sây perdroyent: auec vnc abolition generale de ce dont il pourroit eftre recerché a caufe du paflë. Incontinent lâarmce fut conduite vers Sainde Bazeille, ville fur la Garonne fi foible a caufe de les ruines, quâil nây auoit honneur quelconque à sây arrefter. Neantmoins ceux dç la Religion qui la gardoyent fe défendirent fi courageu-fejnent
Hb N R I T R ois IB s M nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;187
fcment quâils en forcirent par compoCtion. Les foldats . François Suifles amp;nbsp;Alemans voyans quâon les amufoit là fans honneur ou profit fe desbandoyent amp;nbsp;mutinoyent Le Duc de Mayenne eflaya de les contenter,piiis fitrafer cefte place qui nâefiôit tenable en forte que ce fuft. Et de là rira vers MontfegurjVillette foible amp;nbsp;mal garnienoutesfois les affiegez sâafleurans quâils auroyent quelque compofition, endurèrent plus de trois mille coups de canon: les munitions leur faillirent pluftoft que le courage,amp; tindrent plus quâon ne leur auoit coenmandé. Lâarmce de la Ligue nây Irouua que les morailles,ayant parauant contre la foy pro-«nife tué de froid fang vne partie de la gatnifon, quelques heures apres eftre forcis par compofition. Au partir de Montfegur,le Duc de Mayéne fe retira dedans Bourdeaux pour fe refraifehir Sc court! fer les dames.ll y demeura deux mois, dont Matignon nâefioit gucres content à caufe des pratiques quâon dreffoit contre lui.
Le Roy de Nauatre voyant que cefte armee de la Ligue c^ntimatiS compofee de douze regimens dâinfanterie, fix mille Suif-4,, ,4âÆâ fes.huit cens Rciflresjamp; douze cens cheuaux François, sâa- faitei par mufoit à prendre des villages, délibéra de pafler en Poi-Ãou, pour sâoppofer auMarefchal de Biron ,fageamp; vail-lant chef de guerre, amp;nbsp;qui auoit en pieds vne armee toute Majennt. fraifche:dont il vint à bout,comme nous le dirons ci apres, ayans premièrement acheué le difeours qui concerne le Duc de Mayenne, les maiftresde camp amp;nbsp;capitaines duquel sâennuyoy net de perdre temps tandis que leur cheffe repofoit, Or dautant quâil nâauoit encores rien fait qui va-luft, amp;nbsp;confume' vne infinité de finances,la Ligue fut dâauis que les autres armees s à uançaflent : mefmes le Duc de Guife vint à Paris,remonftra 8c fit remonftrer au Roy que fifon frerenâeftoitaflîflé, 8c fi les forces de Languedoc, de Dauphiné,de Prouence,dcPoiftou,de Saintonge nâeftoyêt diuerties de fe ioindre enfemble, il ne pourroit nullement fubfifter. Là deffuslcMarefchalde Biron auoit vne armee en Saintonge, leMarefchal de loyeufe vne autre en Languedoc ,fon fils vneen Auucrgne,Efpernon vneen Pro-uence:on enioint au commandeur de Chaftre de dreffer v-ne armee naualeenla cofte deBrecagne: tellement quâà la requefte de la Ligue on court fus aux Princes tant par mer que par tcrre.le Duc de Mayenne entendant quâils auoyét
HeNR.1 THOlSnsM!'
lt;3e labefongnc taillee en tant dâendroit,fans attendre mandement du R.oy,pour fatisfaireauxpaflions de fa femme irritée contre quelques particuliers,va aflîeger Caftillon vil-lette hors du chemin, que le RoydeNauarrenegardoit que pour commodité de quelques courfes dont il bailla le gouuernement au baron deSauignac, nây trouuant moyen de la garder,quâcn la vaillance du gouuerneur. Le Capitaine Alin amp;nbsp;quelques autres sây enfermèrent degayetéde cÅur, amp;nbsp;aux aproches tucrent fort grand nombre des af-faillans, contre lefquels ils gardèrent quelque temps vn fauxbourg tout ruiné. Les afliegeans furent contrains ca-nonner les barricades, defquelles autrement ils nâofoyent aprocher. Lapefte fe mit dans la place, qui emporta la plu-fpart; les medicamens defailloyent auxfuruiuans,leurs chirurgiens eftoyent morts ) ils nâauoyentque deux femmes pour fecoutir les malades,Le vicôte de Turéne cnrre-print de les fecourir,amp; sâauança pour fe fairennais il nây entra point à caufe de la pefle quiyeftoitdutouteftrange. Finalement Caftillon fe rendit nâayât perdu que fîx vingts hommes es faftions de la guerre, entre lefquels fe trouue-rent fix gentilshommes. Les malades forcirent, lesfains prindrent parti, les chefs demeurèrent à Bourdeauxamp;à Blayetmais les habitas furent pendus contre la foy promi-fe par les articles fecrets,Ce ne fut pas Ledit diiRoy.mais la paftiô du Duc,qui les fit mourir,Son armee nây gaigna que des haillôs amp;nbsp;la pefte parmi; pendit que ceux de la Religio fe fortifioyét dedâs Môtrauel qui nâeft quâà vne lieuè de là . Le Duc sâen alla puis apres contre Puynormâd, petit mef-chât chafteaujoù le Roy de Nauarre auoit mis le capitaine Roux Catholique Romain, pour y faire feulement maintenir fes droits, Lâexercice de la Religion Romaine y a-uoit toufiours cotinué, amp;nbsp;le Curé de la parroiflê nâen auoit bougé.Câeftoit la retraite des perfonnages amp;nbsp;biens des Catholiques Romains tlepafTagc y eftoit libre, mefmes aux pouruoyeurs de lâarmee du Duc, où les artifans du lieu al-loyent ordinairement gaigner leur vie durant le liege de Caftillon. Nonobftant cela le Duc lâalTiege ; le chafteau fe rend,aux conditions que tous fortiroyent auec leurs armes amp;nbsp;bagages, amp;nbsp;que les biens des habitans feroyent confer-uez. Ã1 ne fortit que feize foldats amp;nbsp;fix payfans, prefques tous Catholiques Romains amp;nbsp;habitans du lieu.Le chafteau
Hsmi TROISlïSMï.
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tut pillé amp;nbsp;bruflé , Ie Duc voulant fe venger particiiliero ment du Capitaine Roux qui anoit donné ams au Marei- vO chai de Matignó qu'vn nommé Cuflol confclfoit en prifon ïuoir cfté fullicité pat Là fl'ic de tuer ledit lîeur Marefchal, lequel nâen douta point,fe fouuenant que le Ducauoit fau- , Ué de prifon ce Cuffol,quâon vouloir liurer à vn Comte ou au preuoft des Marefehaux. Le Duc ayant fait fi peu,lans attaquerBergcraCjSainéle Foy,amp; les autres places que ceux de la Religion fortifioyent deuant fes yeux,tandis quâil sâa-mufoit a des bicoques auec vne armee de quinze mil bornes,demandoit de lâargent à toutes heures,promettant de ranger ceux de la Religion à tel parti quâils ne pourroyent plus fe teleuer : combien quâils eu fient cinquante places en
I Guyenne plus fpttesque CaftiHon, amp;nbsp;fuflent bien forts en 1 Dauphiné,Prouence amp;nbsp;Languedoc. Qn,ant aux autres exploits du Duc de Mayenne pour lors, pource que ce font 1 chofes qui concernent des femmes amp;nbsp;pour lâauanccment particulier Je fa maifon,ie nây touche point.
Avans parlé dâvn des chefs de la ligue, il faut dire quel- _ que mot des exploits de fes compagnons, amp;nbsp;voir comme ceux Je la Religion (é comportèrent. Quant à lâordre des DucdeHer temps nous ne lâauons pas fuiuiexaélement,laiiransà ccluigt; chrf quidrelfera lâhiftoire generale de remarquer plus par leâ^' menu amp;nbsp;exaftement les confcils amp;nbsp;exploits tant des Vns que des autres. Quelque temps apres l'cdit de luil-. let mil cinq cens huitante cinq, le Dûcde^r^ur delai'/ inaifon de Lorraine , amp;nbsp;lâvn des chefs de la Ligue paf-fa de Bretagne en Poiftou auec deux ou trois mil hommes ; mais le Prince de Condé lui chaufla incontinent les efperons, lâayant enclos en vn des fauxbourgs de Fontenay nommé les Loges, dâoù il fedefgageaSt marcha bien vifte des premiers vers Nantes,ayant lailTc fes troupes derrière, qui perdirent vne partie de leur bagage, 8c laif- â¢hââ,âquot; ⢠feient emmener plufieurs prifonniers. Sainft Gelais â¢â ' ; Marefchalde Camp du Prince furprint quelques iours a-ptes dés compagnies de la Ligue que conduifoyent le capitaine Sainfte Catherine 8c autres. Il les eftoniia tellement tous quâils renoncèrent le parti de Guifc,promettans ne faire iamais guerre à ceux de la Religion,lefquels fe rendirent niaiftres fur les Ligueurs de la âTour de Fourras fur U Charente amp;nbsp;de Saintf lean dâAngle , tirèrent près
Henri tróisiesme. â¢
de deux cent hommes de la garnifon de Brouage, prin* dfcntlepalTagedâHiers, au moyen dcquoy lePrinceap-'Siiti nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour lâaiïieger à la portee du canon, re-
arc«*!^'- ceurentparcompofitionla tourde Mornak, vert lesirtes dâAlleuert:8c lors le fieur de laTrimouiile, jeune Seigneur valeureux , moderte, amp;nbsp;des plus anciennes amp;nbsp;nobles mai font de France, fc vint joindre au Prince, lequel refolut de ferrer de près Brouage, où il y auoir peu dâhommes amp;nbsp;de viures fous la charge du fieur deSainirtLuc, auquel le Capitaine Ranques commandant en Tifle dâOleron enleua vn bafteau amp;nbsp;vingt deux hommes tant capitaines,gentilshommes que foldatsenuoyezprifonniers à la Rochelle.
lâay touché vn mot ci deuant du chafteau dâAngers : ici a' *â®ââl'â'^yâlâââquot;'2g^gt;3caufedeccquisâenenfuiuit. Trois P*;»« * Capitaines, nommez du Halot partifans du Roy, Frcfne Coadt wrj ennemi du Comte de Briflac, RochemorteafFcftionneau
^nferi t ir Roy de Nauarre,sâaccordent enfemble pour fc failir du cha-M ifuiina- jtejQ dâAngers,!âvne des fortes places de France. Brilfac a-uoit là pourlieutenantvn nommé le Capitaine Grec,auec douze foldats. Frefne le vifite, amp;nbsp;conuié à difner y vâ,a-compagné de RochemorteSt autres qui befongnent tellement quâils tuent à -lâentree les foldats qui nâcftoyentde leurfaftion. Grec fortant au bruit rencontre Frefne qui le poignarde. Du Halot qui ertoit à la premiere poinde * au lieu dâentrer au chafteaujvoyant cefte execution,dcinne Cii la ville,amp; auoue auoir fait prendre la place pour le Roy: ce nonobrtantileftfaifiprifonnier. Rochemorteauertit incontinent le fieur de Clermont, lequel enuoye en porte donner auis au Prince de Condé de ce qui ertoit auenu. Ceux delà ville inueftiffent le chafteau. Sc toute la contrée y acourut. Sur le foir,ils demandent de parler au Frcioe,quj voulant fortir Sc. ertant encore fur la planche ^ilfee, dâentre plufieurs harqnebuziers apoftez vn sâauança de tirer-Voulant rentrer, Rochemorte amp;nbsp;les liens voyans le peril, leuent la planchetle Frefne forclos fe prend aux chaîne', où ceux delà ville lui couperent les mains, tellement quâil tomba dans le foffé.oii vn Cerf, que Ion y nourriffoit ache-uadele defchii er de fes cornes. Du Halot fut incontinent apres exécuté à mort publiquement en la ville. Roche-motte enquispour qui jltenoit, refpond pour le Roy de Kauarre: amp;nbsp;lors il ne fatqucftionque de tranchées amp;nbsp;de gardcij
Henri troisiesme. . iSp
girdcs,attendant le Duc de loyeufe qui y arriua peu apres, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
QuelquesioursfepafTercnt, tant quâvncaprefdifneeRo-chemorte apuyé amp;nbsp;fommcillant furlâvnedesfenclîrcs du thalteau receut vné liarqucbuzade où il y auoit deux bal-Icsdâvnelui coupa la gorge,lâautre la langue, tellcmét quâil tomba roide mort. Seize foldats qui y reftoyent, diuifez à caufe quâil nây en auoit que fept de la Religion, commencèrent à parlementer, ce qui dura quelques femaines. Le Prince qui cftoit deuant Brouage, ayant au commencement dâOftobre 1585. eu auis de la furprinfe de ce Cha-fteau, amp;nbsp;de la refponfe de Rocliemortc, ne fà cliant rien de ce qui cftoit auenu depuis, refolut de tirer en diligence celle part: pource que telle place feroit vn arrqft aux forces de la Ligue, amp;nbsp;vn grand moyen pour entreprendre a-üantageufement fur Ici Ligueurs.Ayant pourueu, comme il fut poflible en fi grande precipitation de voyage, aux a-faircsquiledetenoyent, il fe mit en cheminauec fept ou __ huit cens maiftres, 8c mil ou douze cens harquebuziers chcual: auec lefqucls non fans grandes iiicominodittzii pafla (irr bafteaiix le fleuue de Loire aux Rofiers entre Sau-mur amp;nbsp;Angersjentreprife auflï haxardeufe quâautre de no-ftre temps. Car venant à eftre fruftre de fon dtflein, com-tne il fut, Rochemorce nâcflant plus, il cftoit enclos entre deux riuieres amp;nbsp;entreplufieursarmées delà Ligue; amp;nbsp;nâa-Uoit point de bafteaux en referuepour repalfencat ceux qui lui auoycntfetui sâeftoyent trouuez dâauanture. Néant-moins il donna iufques aux fauxbourgs dâAngers J amp;nbsp;dedâs lesbarriquades,où vniour entier fe pairaenefcarmouches.
Ayanteffayé dâauoir nouuellesduchaftcau, ilentcnditque Ce nâeftoit place pour lui: car on ne lui fit aucû fîgnal, combien que les toefains , les cfcarmouches, amp;nbsp;chamades des trompettes du Prince feprefentalTent.Aufii la compofition eftoit arreftee. Pourtant fpt conclue la retraite qui fe feroie par les fleurs de la Trimouillc, dâAuaiitigny, amp;nbsp;de laBou-bye..Eftans arriuez à Beaufort, non loin d'Angers , op le ficur deLaual sâeftoit iointau Prince, reftoit de ttouuer moyen de repaifer Loire en diligence; à quoy ne fut promptement pourueu; mais corne le fleur de Laual amp;nbsp;vne partie des troupes furent palfez, parurent deux grands bafteaux cüuuerts,pleins de Canons amp;nbsp;gens de guerre. No-no bftant la Boulaye fe bazarda de paflèr le.mefme jour
00. j.
»uec fa Compagnie amp;nbsp;ne perdit pas vnfeul homme. lere-fie delâarmee du Prince eftoit entre Lotion petite riuicrç Ãt Loire en fort mauuais payspour les cheuaux. Les Ligueurs eurent lors faute dâeipions : ils cftoyent à vne lieue ÿrançoife en greffes troupes au deffous amp;nbsp;audeffus du Prince, lequel pour lors amp;nbsp;en vn danger tout prefent ne trouui point derefolution ni en (on confeil ni en foy mef-me,de ce qui eftoit à faire. 11 repaffe le Lotion, eftant pref-ques le feul affèuré en toute fa petite armee , amp;nbsp;à tous ceux qui lui reprefentoyêt dâheure à autre le peril,ne refpondoit eambatre.EHic retournéà Beaufort, les lieurs de Laual Sc la Boulaye fe retirerét proprement en Poiftou,où leur prefence feruit grandement. Vn gétilhommede leurs troupes nôméDouault repaffâ Loire à nage,amp; vint retrou-uer le Prince difant qu'il vouloir viure amp;nbsp;mourir auec lui. Quâtati Prince,ayant pafféla riuiercdc Loireà Lude,non fans difficultértroisiours apres il entendit que dâvn codé le Duc de Mayenne eftoit paffé à Orleans auec quinze cens cheuaux tât Reiftres que François,pour lui couper chemin de là Loire,sâil le repaffoit. Efpernon,Biron,amp; la Noblcffe de la Cour auec plufieurs cornettes de cauallerie, amp;nbsp;quelques regimensd'infanterie,eftoyét vers Böneual en Beauf-fe,pourlui venir a l'encontre. La Chaftre auoit pourueu quâil ne trouuaft pont,moulin,bafteau ni paffage fur Loire, loyeufe eftoit à dos : amp;nbsp;toutes les Communes faifoyent le guet,prerte.s à s'efleuer au premier toefain. Les troupes du Prince eftoyent fi haraffees que rien plus: les cheuaux qui couroyét tour 4c nuiét ne repaifl'ôyétquafi pointiles moyés quâon penfoit auoir de paffer Loire en deux, ou trois endroits entre Blois amp;nbsp;Amboife défaillirent : lâeftonnement croiffoit amp;nbsp;les troupes bien petites diminuoyent.Or quoy quâelles fufftnt défia corne veincues, toutesfois vne particuliere 8c du tout extraordinaire prouidence de Dieu, (lequel vouloir de fa propre main diflîper cefte armee, fans permettre que les ennemis iurez dâicelle sâen attnbuaffent louage quelcôque.St fans la vouloir exterminer,ains au cô-rraire la reraencr a fauuetdjapres lâauoir chaftiee de fa verge) retinc.tellement les armees de la Ligue qui enuiron-noyentde toutes parts ces gens, quâelles auoyent mefmes peurque le Prince allaft attaquer les vnes apres lesautres, amp;nbsp;difoyent quâil nâcuft pas entreprins de tirer vn tel chemin amp;nbsp;fi hazardeux, sâil ne fc full fcnti fuflîfarament fort
pom;
Henri troisiesmé. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ipo
pour battre amp;nbsp;rompre tous ceux qui voudroyentlâempcf-cher depafler. Sur cesdÃcultez qui croifToyent en lape-titearmee du Prince,en furuindrenr deux autres: lâvnc que nbsp;nbsp;nbsp;C*ââ?*â i
Ceux quiauoyent des amis en Beaufle. au Perclie, Vendof- c ei-X'ois amp;nbsp;au Maine, fe defroboycnt: de forte quâil y auoic telleCorncitte, où lâon nâeuft pasirouuévingthommcs.
Lâautre fut que lelieur'de Rohan amp;nbsp;plulîeurs Seigneurs de fa troupe, nâeftans nullement dâauis quâon tirall plus a-
Baut, amp;nbsp;que ce leroic sâenfoncer en vne ruine euidcnie, i ptindrent congé du Prince, Si tournèrent bride vers la nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;t
â Bretagne,où ils coururent de grands dangers : neanrmoins
I turc le tempsjmaugré les efforts du Duc i!e Mcrcoeur, re-' palTerentcourageufement Loire, Si fe rendirent faufs dans laRocbelle, au grandesbahiflement Si contentement de chafcun,qui les tenoit pour perdus.CeÃe reparation fit que
â le Prince fe trouna auec fa feule Cotncttc,Ia compagnie du lieiir de la Trimouille, quelques cheuaux legers amp;nbsp;harque-hut.iets à chenal du fieur de Clermont, Si vingteinq ou trente gentilshommes de Poidou qui marchoyent deuant prefque dâordinaire auec le fieur S.Gelais.Câefloit fur la fin dâOftobte 1585. que le Prince fut auerti de plufieurs endroits quâil auroit bien tort tant deforces ennemies furies hras,que câeftoit fait de liiijfi propcemét il ne pouruoyoit à Ihy.ll eftoit lors pres de Vendofme; amp;nbsp;fut inHammét prié d'tous les Seigneurs Si gentilshommes reliez près de lui, â de regarder à la conferuation de fa perfonne, laquelle mife â rnfcùrerélercfteferetrouueroit à temps. Ayant dâvne face St façon foufiours pareille pourutu au departement des compagnies pour leurs retraites, iufques à celleede fes domeftiques amp;nbsp;feruiteurs : laiflant la charge principale aux Heurs de Clermont Si de SaindCeIais,il partit fur les on-ic heures du foir ,acompagné des ficurs de la Trimouille, dâAuantigny.de quelques gcntilshôme.',8c dâaucuns de fes pfincipaux officiers en fort petit nombre.Il courut dâefttan-h't dangers es diuerfesroutes,quâil futcôtraint faire,ponr Saigner l'ifle de Grenezéen I.i mâche dâAngleterre.De ce» 'He ifleil fut porteen Angletcne,où la Roine lui fit tous le.s bons accueils quâil eft poflible de penfer, amp;nbsp;le fit acompa-fncr par bon nombre de Noblcife Si degens de guerre en 'ailfcaux bien equippez iufques à la Rochelle , où il fut â8ceu auec vue ioye amp;nbsp;allegrefîc indicible de gtjnda
ÃO. ij.
Henri troisiesm».
amp;depetis. La prudence de S.Gelais de Bois Dulie.d'Aa* bigny,deTifardiere, amp;nbsp;dâautres gentilshommes fauua le relie des troupes,pres la fore il de Marchenoir,où ils receu-reotdiuersauis du danger qui les talonnoit. Car ils furent j dâauis defe feparer par tort petites troupes, corne de douze ou quinze, pour fe fauuer plus âifëinér,nâeftânt poflîble i quedemeuransen gros ils peuffent fublifter encores vne heure ÿ car ils voyoyenc les ennemis venir deux de toutes parts. Ayans donc quitté leur bagage entièrement, def-chargez depicoreei amp;nbsp;deuenus pour la plufpart meilleur! Chreftiens quâils nâeftoyent partis du liege de Bmuage, ils fe fauuent: amp;nbsp;quoy que les villes dâOrléans,Blois, Amboi-fe, Tours, amp;nbsp;autres fuflent eftroittement gardées, neant-tnoins plulïeurs,voire auec leurs armes, palfetent la riuiere 1 fur les ponts dâicelles , prenant chafeun dâeux tel prétexté quâil voulut. Siinft Gelais auec douze ou quinze de fa fui- \ te,ab3ndôné en pleine Beaulfe par vn Catholique Romain quilcconduifoitjfousefperancedcleferrerenquelqueen- , J droit pour en tirer vne bonne rançon,defcouurit troiscor-nc'ttes de lanciers qui venoyenfà lui.A celle caufe il fe ferre en lieu couuert. Surquoy auintvn cas memorable. Les â â yeux de celle troupe de genfdarmes furent tellement bau- ' dez, que fans delcouurirS.Gelais ni aucun de fa fuite, ils pallèrcnt à codé dâeux à leur main droite, fans quâil y cull nbsp;nbsp;j
plus de diftance entre eux quâenuiron cinquante pas, 8c j neantmoins c'eftoit en campagne rafe S/i. defcouuertc. 11 j y auoit feulement vne grange de rneftairic entre les vns 8f ; les autres. S. Gelais amp;nbsp;fa luite ne bougèrent de deuant la , grange dans le grand chemin : tandis que toutccefte gen- J darmerie paffoit derriere la grange en lâellendue du chap, ' fans quâvn feul vint fe rendre dans le grand chemin.S.Gc- j laisainlî deliuré sâauança vers Orleans, amp;nbsp;trauerfant pres lanuillc le grand chemin de Pans , palTa parmi pluficurs » compagnies efpandues par la Beauire,puisfeietta en la fo-reft dâOrléans, où ayant tracaffé longtemps auecgrandâ peine il gaigna en fin pres de Gyen le bord de Loire , puis , ayant feiourné vn peu en Berry.rcpalfant laCreufe.la Vie- â ne, 8c le Clain, fe rendit finalement à la Rochelle où il trouua le Prinee,amp; tous les chefs 8c Capitaines del'armee, s, chafeun defquels auoit expérimenté en quelque façon J
fpeciale rafiîllance de Dieu, fans quâil sâen full perdu vn , feul- '
Hinrî moistisMli, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;191
hul. Quant au liege de Brouage, lefieurdcS. Mefnies y ayant feiournéenuiionvn mois apres le depart du Prince, i fut contraint fe retirer amp;nbsp;congédier fes troupes.
1 Le Marefchal de Biron auoTt cfté cnuoyé en Poitou ' auec mil ou douze cens chcuaux ,amp; de trois à quatre mil «fnn/t âa I Sommes de pied, pour fatiguer la Rochelle , amp;nbsp;faire lede-1 gaft es enuirons. Enuiron le premier de luih le Roy dcNauarrevenudeGafcongne,3yant traucrïele Perigord, l'Angoubnois amp;nbsp;le Poidou lufques vers Loudun, sâachemina vers la Rochelle, puis aMarans, où il donna ordre autant quâil lui futpofliblc, ayant logé es cnuirons de Ma-tans les compagnies des fieurs des Peuilhes, la Grandville, Dracville,Sainéle Foy, Barache, les regimens de Sorlus 8c Neufui. Il y âuoit dâautres capitaines qui le monftrerent honmoins volontaires, aufquels le Roy de Nauarre don-^
' iiapour chef le (ieurdcFouquerolles, qui fit vn trefgrand , deuoir en celle guerre. Le capitaine la larrieefloit gou-1 Ucrneur de Marans. Sur la fin de luillct, Marans bourg 8c ' chafteau fut aflicgé,amp; apres quelque batterie, la refolution ; des dcfcndans fit condefcendrc le Marefchal de Biron à I accorder quâil retireroitfon armee, 8t lui feroit pafler la I Charente, fans attaquer Thonne Charente tenue par ceut i de la KeIigioo,Sc queMarans dcmeurcroit libre pour le trafic. Deux ans apres, Lauerdin sâempara de Marans , ifle, hourg 8c chafteau,y laifsât des-Clufeaiix pour gouuerneur*quot;
Hequely ayant feiourné deux mois , fut aflailli par le Roy *â**ââ'* **'â¢' i de Nauarre à la merci duquel il fe rendit, 8c fut enuoyé ptifonnier à la Rochelle. Depuis Marans demeura en
. paix. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
II nous faut voir fommairement cçqui fepaflà endi- Dtsitiuiri Uers endroits du royaume,à la fin de lâan 158$.8c en lâan fiiy. exfititi da âant 1586. amp;nbsp;monftrer premièrement quel bien sâcnruiuitïquot;''ââ'J
* dii pillage des lîeurs de Lauat 8c de la Boulayeauecleurs^'J*;'^*^,,.^' Compagnies de gcnfdâarmes 8c de harquebuziersà cheual,,rz,(BP«i. apies quâils curent lailTc le Prince de Gondé à Beaufort. Us Snu^Sitin-pouuoyent eftre en tout quatre ces cinquâre hommes, qui ail marchans ferrez à iournees raifonnablesparuindrentlans''âââ combat à Maflire aodelfus de Niort où ilstrouuerentle pont rompu, quâils refirent en diligence auec charrettes amp;nbsp;autres moyens qui feprefenterent: puis arriuez à S. lean dâAngely où la pelle cftoit fort allumée, la compagnie de
O O. iij,
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Henri troisieîme.
la Boulaye fc desband.i. Le Marefchal de Matignon efloïc cependâcen Saintonge cerchât occafîon d'exploiter qiicl-t]ue chofc auec lâarmee quâil auoit pour la Ligue , amp;nbsp;failbi: des courfés ea cnuitons de S.Ieâ amp;nbsp;Taillebourg.Le lîeur de Laual, acornpagné des lîeurs de Ricux, de Tanlay, amp;nbsp;de Sailly les fieres, alloit prcfques tous les iours à la guerre. Surcc Matignon fetrouua prefle de faire retraite en Guyé-ne,full pour ioin d re fes forces auec lâarinec du Duc de Mayenne,des exploits de laquelle nous auons parlé et deuant, fuit pour rompre les deUâeins du 'Viconte de Turéne,lequel auec trois ou quatre mille harquebuziers faifoit la guerre en Limofin, amp;nbsp;y auoit prins lâEuefchéde Tulles: ou pour autre occalion. Auant que partir, il lailTe dans Taillebourg quatre compagnies fous le capitaine Beaumont , prenant prétexte de ce faire fur la garde du palTagc de la Charente. Du commencement Beaumont efl'aya de finefTe pour enle-uer le chalteau de Taillebourg des mains de la dame de la Trimouille, qui y elfoit auec fa fille mariectoft apres au Sif^t du Prince de Condé. Voyant que cela nâauoit point fuccedé, fW/taaj« il plante des fortes barriquades à la porte du chafteau j y Xa/ZWaHrj. pofg .^orps de garde gt;nbsp;bloque lâifTue de ce chaifeau, amp;nbsp;en barre lâentre», puis commande à faire percer des maifons prochaines amp;nbsp;a tirer harqtiebuzadcs à ceux de dedans, qui refpondcnt à coups de canon Si de groÃes pierresicttees *'* '** fur les maifons pour acrauanter les aflailîans. Cespre-mieres efcarmouches durèrent enuiron cinq iours: cependant le lîeur de Laual aucrti du danger où elfoit celte dame (laquelle lui fit entendre par quelques pages du Prince, quâelle feignit chalfer du chaifeau , le moyen dây entrer) partit pour le fecours auec enuiron cent maiffres ,amp; quatre cens harquebuziers. Arriué pies de Taillebourg for lâa-prefdincc,les lîeurs de la Boulaye, Lorge',Moncgornmety le ieune amp;nbsp;autres iufques au nombre de vingt cuiralTes mirent pied à terre fit donnans du colfé de la garenne entrèrent dans le folfé qui elf entre le chalteau St la ville. Suiuis de quelque nombre dâharquebuziers ils changèrent brufqueinent Beaumont amp;nbsp;les liens par diuers endroits. Pour le commencement il fit vne belle relilfance, fe defendant des maifons où lesfoldatssâeftoyentretirez, S de la barriquade qui elfoit douant le chalteau. Les alTie-gez voyaas le fecours pointèrent leur artillerie contre la
tisNRi TROISIÃSME.
birtiquade amp;nbsp;les maifons delà ville gt;nbsp;dont vne futabatliêj Ccsdiucrfcs charges eftónerentles conipagnio deBeau-öiont qui commencèrent à mefiiager leurs vies.Le Capitai-
' ne Picart parti de Saindes» sâeftoit ibint à ces compagnies I de Beaumont la nuitt precedente, auec euuiron iîx vingts i Irommesamenei de renfort, Plufieurs furent pris, les autres mis en fuite,que la nuifl,les marais amp;nbsp;la riuicte fauue-rent tellement quellemcnt. Peu y mouturenncar ilne sâen trouua de morts du cofle des afliegeans quâenuiron foi- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,, nbsp;nbsp;nbsp;,
Xante,des auttes cirtq ou lîx feulement. Les bleflez Si pri-fonniers furent doucement traitez , Si renuoyez pour la plufpart fans rançon, entre autres Beaumont leur chef, le capitaine la Roque, amp;nbsp;autres qui auoyent commandc-
' ment. Durant le combat,le fleur de Laual demeura en bataille hors la ville fur lâauenue de Saindles. Delà ildef-couurit quelques fuyards qui fe faupoyetit auec vne en-feigne. 11 les fit charger par fon frere de Ricux , qui fuiui de dix ou douze chenaux, tua les vns, blefla, amp;nbsp;print les aunes auec lâenfeigne. Trois autres encore furent gai-gnees. Onlailfadanslcchaftcauquelquegarnifon,amp;de-puislaBoulayey fut eftâbli gouuerncur. En ce temps le i Duc de Mayenne pafia ptes de S.Iean dâAngely.fon armee où il y auoit deux mil cheuâuxFrançQis,Rciftrcs amp;nbsp;Alba-nois,cinq mil hommes depied , amp;nbsp;force artillerie auec vn grand attirail,Il nâofa rien entreprendre fur S.Iean, ains fc contenta de drcfler quelques embufeades qui nâeurét point dâeffeft. Peu de téps apres le fleur de Laual print par corn- dit pofition fans batterie le chafleau de T ours : amp;nbsp;aptes que le fiturdt La-Prince de Condé euft remis fes forces en vn corps dâar-mee, le chafteau de Dompierte presSaind lean, aparte-nantau MarcfchaldeRez, futpnnsparcompofition , oùiuiirdtfit les foldats du Prince fe refirent Si recompenfetent de/«rf,, leurs pertes ,ayans trouué leans vn trefgrand butin. Piaf-facgouuerneur de Pons pour leRoy de Nauarre furprint par efcalade la nuidl du vingt trois de Feurier mil cinq cens huitante fix Royan forte place proche de Broua-ge ; dont il acquit autant dâhonneur que les Ligueurs eh receurent de defplaifir 8c dommage. Le feiziefme lourde Marsenfuyuant le Prince de Condé efpoufa dans ïailleboure la fccur du fieur de la Trimouille , de laquelle⢠7^1? lia cUvnfils , ÃC ne v'efeut gucres en ce fécond mariage, Æ quot;T-''iy*quot;*âquot;-)-
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;00. iiij,
Henri t e, or s i t s m îi comme nous îc verrons ci apres. Cependant lefîeurdé Liual reprint Soubize,Sc en chalfi les Ligueurs: puis Mor-nak en Alleuert.S.Gelais sâempara pour le Prince dt Mon-deuis amp;nbsp;Chizay fur la Boutonne. Kanrjues chaffa les Al-bauoisduchilleau de Safay,lequel fut repris à compofîtion puis apres par Malicoi*ne gouucrneur de Niort. Ãnmron le commencement d'Auril S. Luc gouucrneurdeBrouagc ayant quelque entreprife fur lâiflc dâOleron.appella du fe-cours , entre autres Tiercclin auec fon regimen compofé dâenuironquatre cens harquebuziers,cinquante moufquc-taires.Si bien deux cens picquiers, foldats refolus , nâayans pour tous drapeaux que leur enfcigne Colonelle. Le Prin-ccauertirefolut dâaller apres ce regimen, mais ne le trou-zf/iad auec ouilpenfüit Ce retira a Taillebourg auec les fieui^ de fetites fat- Laual, la Boulaye amp;nbsp;autres.Toft apres ayant feeu queTier-«j liâarto-celineftoitrepaffédâOleron i Marennes, pour sâen re-^uer lâvn tourner à Sainéles,!! le va attendre fur le chemin aflezpres voulurent fortir de Saindesj uet reemei ⢠r nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -,
Cargroisqui COll-duifoitles argoulcts du lîeur de Laual. Apres celle efear-niouchc le Prince fe retira dans Taillebourg. Quant à Ticrcelin, encores quâil feeuft que fon retour eftoitcfpic, i! nâen tint compte, fe contiant en la force de fon rcginicn, refolu de combatte tout ennem i, en quelque endroit quâon vinft lâaflTaillir.De fait le feptiefme dâAuril il print fon chemin vers Saindesjgâignantpays amp;nbsp;marchant en bon ordre. Le Prince, qui auoit encore plus de cÅur queTicrcelin, entendant ces nouuelles, monte à chenal acompagné de la Trimouille fonbeau frété ,1a Boulaye,Auantignyît autres au nombre de trente,auec autant dâharquebuzierszpuis tire droit vers Tiercelin lequel il trouue cnuironà millepas du fauxboutg de Sainftes, le charge en queue, amp;lui tue trente ou quaranteyhommes , le relie du regimen fe rangeant en bataille à la faueur des bayes amp;nbsp;du grand chemin. En cefte premiere charge la Trimouille eut fon chenal tué entre fcs iâbes,amp; fans vn própt fecouts eftoit en danger.La B itarderaye enfcigne de la Boulaye y fut tué: Chanterelles le Capitaine Nauarrebleffez.imort:Au3ntigny blefféà la main amp;nbsp;au genouil. Ce nohobllant, le Prince voyant le ' â¢Ã¯ieur de Laual qui eftoit couru quérir fa compagnie vnpcu eflongnee de la, amp;nbsp;venoit au galop auec enuù'ou trete cinq
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;cheuaux,
Henri troisibsmi, ijj
cheuâux, lui commande de donner droit à lâennemi. Ce jeune Seigneur plus prompt à executer tjuâon ne lui auoit ' commandé,franchit luycs amp;nbsp;foffez,tire droit à lâetifeigne colonnelleenuironnee amp;nbsp;couuertc d'Bân bataillon de pic-«juiersjlefquels il rompt, combat celui qui portoit lâenfei-gnc,laluiofte,8clemetenfuitte, aucc tousles foldats du regimen, dont foixantc demeurèrent fur la place. Tierce-lin blefleau bras fe fauua ,auec fort grand nombre dcblef-fez.Maislc fieurde Laual y perdit Sailly dit Tanlay (a eau-fe que lâautre ertoit mort de maladie, peu auparauant à Ican.) 8c Rieux, Tes deux frétés , tJeffez fi rudement lâvn à la tefte, lâautre au petit ventre, qulls en moururent en dc-^*â vamtut. dansdcuxioursapres.Cargroisy receutvneharquebuzade au genouil.Le Prince fit deux belles charges a la cauallerie j lt;nbsp;deiainftes qui vouloir fecourir Tiercelin, Sc la mit par deux fois en route, remportant les armes amp;nbsp;dcfpouilles,/⦠S aueclâenfeigneColonnel : mais trefdolent delà bleflùte mortelle de ces deux jeunes Seigneurs,qui furent futuis du fleur de Lau tl leur frere , lequel acablé de trifteffe en (è voyant pt iué de trois frétés , de la plus grande efperance quâil eftoit poflîble de penfer,8c. qui moururent fort Chrç-«, ftiennement,rendicrefprit à Dieu huit iours apres. Ils foi-, uoyent en pieté, modcllic 8c valeur, les traces du Seigneur. dâAndelot leur pere,Cheuâlicr fans peur, qui quelques années au patauant (comme nous lâauons dit ci deffus)eftoit mort de maladie dedans Sainétes. Ses fils moururent au-presjdeuxau combat pres des portestSc deux de maladie gç n de regret. Tous quatre furent inhumez enfemble dans Iç temple du cbafteau de Taillebourg.
lâav dit ailleurs vn mot du voyage duRoy deNauarre * flcGafcorigne en Poiâou:cc qui mente VQ peu plus ample récit. Au mois deFeurier 1586. Matignon ayant aflîegé Cartels,le Roy de Nauarre acompagné de deux à trois cés ge des ^udr' maiftres fie enuiron dixhuiteens harquçbuzicrs en fiele-uer le liege, 8c voulut difncr dedans ce chafteau , pour tef-moignage quâil en auoit chlflefon ennemi. Puis il fit yntreluh Voyage en Beam pour donner ordre aux afaires: ce quâayât expédié il tire vers Nerac,8c paifantà Eaufe, ville lienc,entendit que le Duc de Mayenne sâacherainoit pour lâempef. cher de palfer la Garonne. C« nonobftant il futà Neracv pour alfèurer la place : au forcir il print fon chemiadroiç
HÃ^RI TROISISSM Ã.
â * à Birbafte, amp;nbsp;le continua comme pour aller à Caftcl-ji-loux.ERant à deux lieuès près au milieu des bandes, il leur , fit entendre fon intcntion,éc auec ringt gentilshömes bied montez amp;nbsp;dix foldats de fes gardes marcha vers Caumont, laiffant la conduite du reftequi cftoit de deux à trois cens argoulets mal montez amp;nbsp;defatmez,Sc enuiron quinze har-quebuziers des gardes , au lîeur delà Roque pour paflerâ Sainfte Bozeille,ce quâil fit fans empefehement,encore que lâarmce de Matignon nrfïilt ^uâà trois lieuès de là .Le Roy ârriué à Caumont, y difna tolit à fonaife,nonobflant qué le Duc de Mayenne ne fuft quâà deux lieuèsde fon paflage, , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;apres difnépallà la riuiere, fans empefehement ni perte
â lt;â gt;â¢â¢â¢ dâaucundeslîens.Seretrouuantlelendemainà SainfteFoy â auec tous fes genSjil y feioiirna trois fepmaincsenticres,al-. -, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, lant de fois à autre à lachalfe, fans que le Duc tint conté
de le venir faluer auecfon armee, encores quâil nefuft quâà trois lieuès loin de lui. Pourtant le Rôy de Nauarre tira en Poiftou,où ayant faittefte au Marefchal de Biron,il sâachemina vers la Rochelle, vifita lâarmee de mer, fît referrer par vne paliflade ceux de Brouage. Sur la fin de l'an-Dee 1586.furfcance dâarmesauoiteftëaccordée départît dâautre par lâentremife de la Koine mere amp;nbsp;du Roy de Nauarre: mais elle fut fans effeft par lâartifice des chefs de la Ligue,qui ne tafehoyent quâa amufer le Roy de Nauarre pour Icfurprendre.
p. Aucommcocementderan1587.il vintà Marans bien txxxvn. acompagné pour traiter derechefauec la Roine, laquelle gendre venu en intention de la tancer non pas ifM dt quot;nbsp;delà croire,recula,amp;finalement quittale Poitlou pourre-Jejtufepour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en Cour, ayant entendu le vent de quelques noii-
laLifuecl ueaux dcffeins des Ligucuis. Quant au Roy de Nauarre^ ïre T^oy j| æit a faire la guerre auec quelques canons fournis par ceux de la Rochelle,print Chifayparronipofition.amp;Sa-fà ydâaffaut,où il fit pendre quelques voleurs de Nyort,qui sây eftoyentopiniaftrez , puis contraignit ceux deS.Mai-xaut à fc rendre, 8c tort apres eut Fontenay à fa difere-tionâ,y ayant fait batterie de neuf pieces, gc print par efea-ladeMaulcon, par la hardieffe des troupes du Prince de Condé, qui nâeurent la patience que le canon euftioué. Pendant ces exploits, le D»c de loyeufc, beaufrcredu Kôya
Hinri troisiismi, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;194
Roy.sâaiiança pour paflèr la riuicre de Loire auec vne puif-f.intc armee.Le Roy de Nauarre ayat deifait quelques co- ' pagnics de celles qui entroyent vn peu trop auant en pays/'J^**** fit retirer partie de fes troupes vers S. Maixaut, letefteen Saintonge ) pour sâen feruir felon les occalîons, à larui-ne de celle armee nouuelle. Mais les regimens de Char-bonniere amp;nbsp;de Bory eftans demeurez dans le bourg de la Mothe fainft Eloy , fous promefle de faueur par ceux du chalteau , furent chargez amp;nbsp;desfaits par l'armee de loyeufe, à caufe que ceux du chaûcau les trahirent, amp;nbsp;preftercntmcfmes des piece.s pour rompre leurs barricades. Soudain loyeufealTiegea fainâMaixaut, qui refilla quinze iours à la furie des canons amp;nbsp;de toute celle armee , finalement fe rendit par compofitioi/en laquelle loyeufene voulut quâoncomprinftM. delà I_arrjette mi-^^ nillre du lieu, lequel il fit exécuter à mort, dont plufieurs dellorsprefagerent que ce Seigneur trouueroit bien toll quelque malencontre.11 laiffa Marans où Ion ellimoit quâil iroitfraper: car ayant feeu quâon lây aitendoit il tourna vers Thonnay-Charente, prinfepar compofition talfaillic à lâimprouille la compagnie du fieur desPueilhes en vn village , où les alfaillis firent vn tnerueilleux deuoir: mais eftant la' partie trop forte du collé de loyeufe, apres que les vns eurent cité tuez en combatant , les autres sâeflans cachez par les caues , les autres rendus fous la foy promile, prefques tous furent tuez de faiig froid, auec beaucoup de cruautez barbares; cat les Ligueurs faifoyent defpouiller ces prifonniers tout-nuds, amp;nbsp;fans pitié eflayoyentla force de leurs bras Sc le tranchant de leurs efpees fur des corps defnuez de toure defenfc, Câelloit vne bellialité farouche coullu-miercaux troupes du Duc de loyeufe, lequel en auoitfaic faire autant aux foldats de Debori amp;nbsp;Charbonniere,contrc fa foy. 11 y auoit en celle compagnie de fort braues hommes, amp;nbsp;plufieurs enfans de bonne maifon tant de la No-blelTe que du tiers hllat.Cc fut vn article qui neferuit gue-res au Doc à Contras. Pendant cela le Prince de Condé auoit reprins Thonnay-Charanteà lâoccalion dequoy le Duc rebrouffa chemin auec fon canon, amp;nbsp;lâayant battue la reprint fur quinze fold«» commandez par vn fergét
Henri troisiesme«
â¢â¢ » homme courageux mais vn peu trop opiniaftre. Puis aprcS i! print par compoGtion lâabbaye de Maillozay: amp;nbsp;voulant attaquer Marans StTalmont nâofa, pourceque les forces contraires sâappreftoyentà lui faire tefte, ioint que la pelle eftoufFoit de iour à autre fon armeetpdurtant fe retira-il aucommencementdâAouflà Parisj où il fut receu aueî toutes les carefles quâoti peut lui faire, Lauerdin auoit e-Jlé laide en fa place pour commander en lâarmee : mais le Roy de Nauarre lui chauffa de fi pres les efperons, quâil destit trois compagnies de genfdarmes,print leurs cornettes, plufieurs capitaines amp;nbsp;gentilshommes prifonniersj pourfuiuit Lauerdin iufques à la Haye de Tourain^e, amp;nbsp;retournant receut les troupes que le Comte de Soiffons lui flicna,amp; celles de Normandie conduites par Colombieres, apres la desfaite de celles queleDucdeMercceurmenoit â ⢠de Bretagne au Duc de loyeufe fort beaufrere,où fon riche bagage demeurâ gaigné par la conduite du Vicomte de Turenne.
Dlt;rai'lt;rj Roy Nauarre eftant à la Rochelle receut nouuel-txflntj iZa les certaines que lâarmee des Reiftres sâacheminoit pour Duc de venir à lui: pourtant refolut-il de sâacheminer en Gafeon-f* gne, afin quâayant recueilli quelques troupes il retournaft Cmtrâequot; ' 'O «lil'gcnce pouruoir à ce qui eftoit plus prochain. Or eieÃtut. poof ioindre à fon armee en Saintonge il faloit paffer deux petites riuieres,la Drongne amp;nbsp;lâIfle.ce que le Duc de loyeufe vouloir par toutes voyes empefeher,ayant (ce di-foit il) charge de donner bataille à quelque pris que ce fiift, 8c concluant que la desfaite du Roy de Nauarre (dont il affeuroit foy mefme, Tes maiftresj fes compagnons éc fes Valets) rompoit entièrement lâarmee eflrangere. Il auint tout à rebours de ce que ce ieune Seigneur, enyuré de fa précipitée 8c trop foudaine grandeur mondaine, auoit fol-ïemeüt imaginé. Car il fut fauché en vninftant; lâarmee é-fîrangere diflîpee,8t le Roy de Nauarre demeura en piedsi pour voir puis apres donner de terribles efehees à la Ligue 6c contempler mat le Roy dâicelle. Tant eft admirable ce. \ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lui qui enueloppc les grands amp;nbsp;les petis du monde en la
confufion quâeux-mefmes ont tiffue ! Pourreuenirau Due de loyeufe, ayant receu renfort de caualleric amp;nbsp;dâinfanterie,auec toute fon armee de douze mil hommes de combat , ou enuiron il fe met en campagne. Le principal fufet de cefte
Hs H M T S. O I SiB S M B. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tÃÃ
iäeceftc entreprife côfiftoic au paflà ge de ces riuicres auec apparence que le premier pafleaiiroit grand auantage fur aitâ ledernier.OccaljonaufllqueleRoydeNauarrc/vfantdc â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fapreuoyance Si diligence acouftumec) acompagné des'â^B'â')âgt; Prince de Condéj Comte de Soiflbns, Vicôte deTurenne'^â**^ * **** amp;nbsp;autres Seigneurs amp;nbsp;bons chefs de guerre, sâachemmah»*^ droit auec toute fon armee à Courras pour y paffer la Drô-gne à gué. Le Duc de loyeufesây auançoit à mefmefin .5£ fit defmarchcr vne troupe de cheuaux legers, qui arrftez à Contras vne heure deuant lui, trouuerent que les troupes du Roy de Nauarre y arriuoyent auffi, amp;nbsp;leur firent place, pour nâeftreaffezâfotts. Ce fut le foir du Lundi 19. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
iourdâOélobre. Le Duc penfant tenirlorsleRoydcNa-narre, enclaué encre deux riuieres, comme en fa main, fc â refolut promptement à la bataille. Il donna à cefte fin le '' rendez-vous pour le lendemain à toute fon armee entre Roche-Chalais amp;nbsp;Courras. Le iour venu il prend fa place de bataille au lieu le plus auantageux tjuâil lui fut poflible de choifir,à demie lieue de Courras. Des le grand matin le CmmfiM.-. Roy de Nauarre auerti de ce préparatif, mande iClcrmôt,'quot;^'^'^'*^* niaiftre de lâartillerié, quâen diligence il face amener le Hon,qui nâauoit fccu paffer le foir precedent, part de Cou- dtichefi a-tras , met fon armee en bataille, amp;nbsp;place fon artillerie fort ««c vor li«« commodément; puis ayant harangué de contenance alai-'quot;'ââquot;'quot;^' ere Si couraeeufe fes gens, quâil trouua pleins dâardeut
Si de deuotion, il fit faire les prières aDieu par toutes les troupe'. Sur les huit heures lâartillerie commence à tonner de part amp;nbsp;d'autre. Celle du Roy de Nauarre cftoit placée fi a propos,quâelle ne tiroit coup qui ne portaft, fiifant iour dans vn efquadron degendarmeric à la main droite du Duc de loyeufe , lâartillerie diique 1, pour eftre en lieu bas amp;priueedelibreafpeft, ne fit aucun dommage. Sur les neuf heures la Caualerie legere du Duc , conduite par La-Uerdin amp;nbsp;le Capitaine Mercure , fit vne charge affezbelle, amp;nbsp;contraignit celle du Roy de Nauarre de donner paffa-ge. J1 auoit diftribué fes troupes dechcualen quatreefea-drons quarr^zdiftans les vns des autres, afçauoir le lien Si celui du Prince de Copdé , dâenuiron cent cinquante pas; celuy du Comte de Soiffons de foixante pas à fa gauche , amp;nbsp;celui du Vicomte de Turenne dâautant à la niîin droite du Prince. Lauerdin paffaut outre rencontra,
Him.! TROrSIESMÃ.
- l'efeadron dll Vicomte; mais il ne IâentamapointjainsfiiE Contraint fc retirer dâoùil eftoitparti. Les trois autres ef-* cadrons des Princes virent tout ce choc de pied ferme, qui nâeftoit qu'vu coup dâeflay,au pris de la defraarche du Duc de loyeufcjlequcl fuiuid'vn gros de cauallerie, ayant à fes coftez deux hayes de gendarmerie sâauança refoluement pour venir à la charge amp;nbsp;à vne mcflce generale, de laquelle il efperoit emporter les crois principales tcftes de la mai-Lon^eBourbon , amp;nbsp;triompher ce iourpardeflus tousles guerriers de noftre (tecle Mais Ces trois Princes, marchant chafcund'euxà la telle de fon efeadron , sâacheminèrent â¢âÃâJ premièrement au pas, puis au trot, finalement (le lignai âWâ donne') à toute bride, amp;nbsp;chargèrent en mefmeinftant, fc-parement toucesfois,amp; chafeun félon fa route,fi valejifcu-« Lcment cefte multitude de cauallerie 8i gendarmerie Li-gueufe 1 que toutes les troupes furent aufli toll mcflecs amp;nbsp;aux mains: tellement que les lances ne feruirent que de boisfur lechamp.Câeft chofeeftrange quâen moins de rien la furieufe armee du Duc de Ioyeufc,couuerte amp;nbsp;equippee à lâauantage , flanquée à droite amp;nbsp;à gauche de deux gros bataillos côpofez de plufieurs regimens dâinfanterie,fut ré-uerfee par vne troupe moindre des trois parts: car à neuf heures la mcflec commença, amp;nbsp;à dix heures nefetrouua pas vn feul homme de lâarmee du Duc, qui eull les armes en main, où que Ion vid ailleurs que par terre ou en fuite. Comme la cauallerie amp;nbsp;gendarmerie, q'uoy quetrcfpuif-fante, fut tantoll renuerfee, foulee , partie abatue fans plus fc releuer,partie mife à vau de route:en aufli peu de temps fut desfaitc lâinfanterie attaquée par le regimen du Roy de Nâuarre, où commandoyent pour maillres de Camp, Calle lnau,Parabiere,Salignac amp;nbsp;autres, à la droite du Roy de Nauarre: amp;nbsp;à la gauche,Charbonniere, Preau, Lorges, amp;nbsp;plufieurs autres vaillans chefs, lelquels, chafcun à fon ef-gard, fuyuans courageulcment lâoccafion de la vidoire taillèrent en pieces tous ceux qui voulurent refifter, S mirent de tous collez lerefleenroute. Le ejnmp de bataille fe trouua couuert dâhommes amp;nbsp;cheuaux tuez, la terre femeedâarmes,amp;entre autres de lances li efpaision-chees quâelles empefehoyent le chemin. Celle vidoirc fut tant plus honorableau Roy de Nauarre, quâelle ne lui futlanglante,' car en vnefigrandemukitudedemortsdç lâarmee
HbNR.1 TROÃSItSMI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;29^
Iâjrmfe contraire, il y perdit fort petit nombre dâhomn^es ^5« foit de pied , foit de chenal : amp;nbsp;en ce peu qui y demeura ne ' sâentrouua vn feql de marque ou de commandement. De lâautre part tous les chefs furent ou tuez, ou bleffez, ou pris, fauf Lauetdin 8c le capitaine Mercure , qui le fauuerent a toute pçine,fur tout le dernier, lequel pen-fant que le Duc full demeuré viftorieux , auoit donné iufques dans le bourg de Coucras, Ãc eftoit délia apres le butin ; mais il fut contraint incontinent plier bagage lui mefme 5c sâenfuir bien vjfte , fans rien empor-ter. Laviftoiie fut pourfuiuie trois heures ou plus, 5c des wae-en celle des fuyards en furent que tuez , que pris vn fùux. grand nombre. Toutes les çornetrès furent prinfes, mef-mes la generale : le Canon en'mené, le bagage perdu: lâaâion de graces au retour de la pourfuite rendue à Dieu fur le champ de la bataille : les bleffez furent enleuez, les morts enterrez , les logis des vaincusbruf-Iczî amp;nbsp;(e que combla lâhonneur du Roy de Nauarre fut quâ11 ne parut moins humain 8c courtois enuers les pri-fonniers 5c bleffez ,quâil sâeftoit monftré raillant, (comme auflï firent les Princes , Seigneurs, gentilshommes, chefs, capitaines, membres de compagnies 8c foldats de fpn armee) en lâardeur du cqpibar, 11 fit foigneulement pen fer les bleffez, renuoy a prefquestous les prifonniers fans leur faire payer rançon, gratifia plulîeurs des chefs, fit rendre les enfeignesa aucuns, nommément au (ieur de Mohtigny, lequel entre ceux du parti contraire fit vaillamment ce lout là . Brief Ion ne remarqua au Roy de Na-Uarre pour ce fuccez vn feulerait dâinfolence ou de chole-re, qui cil ordinairement la mere de cruauté. Le Duc de.
loyeufe perdit lâcfprw 8c le cccur dés le commencement! c-du combat : 8c penfant à fe fauuer fut chargé, 8c fans rc-, fpeft aucun de fa qualité tué fut le champ. Auffî furent tuci' fon frere nômé Sainft Sauucur ; item Breffay qui portoit laf cornette blanche ,Rouffay puifnc de Piennes guidon du PerttijueJ'* DuCjle Corn te de la Sufe, le Comte de Gauuelo, le Comte «««» dâAnbifoux, les fieurs de Funel, lâaifné de Neufui de Péri-gortjlc ieune Rochefort Croifette,Gurat cornette deMau-mont, S.Fort guidon deSaind Luc, DuBourdetfon en*â fçigne, de Vaux lieutenant deBellcgardegouuerncurdÃâ
H Ã N R r I ROJ 8 11 ! MI.
* Saintonge, 1âcnfeigne de Montigny, Tiercelin maiftre da camp J Chefnet fon premier capitaine, PJuuiaut, la Bran-gerie, Campcis le ieune, les capitaines la Vallade, Bacul-lard, amp;nbsp;autres en trefgrand nombre,deinai^ue amp;nbsp;de nom. I.C conte des prifonniers fut trefgrand, amp;nbsp;de gens de qua-lité, aucuns deCquels moururent quelque temps apres de leurs bleffiires , entre autres Bellegarde gouuerneur de Saintonge. Quant aux morts du collé de la Ligue en celle bataille, tant lur le champ quâen la pourfuite, amp;nbsp;qui allerem rendre fame çà amp;là , Ion tient que la moitié de Par-raee,qui eftoit de plus de douze mil hommes de combat,y demeuia. Aucuns ont bien dit dauantagc.Le Roy qui eftoit à Gyen auec fon armee, pour s'oppofer aux Reiftres au paflage'de Loire , receut nouuelles que les deux années sâeftoyent choquées, amp;nbsp;difoit le bruit commun quâil nây auoiteu quâv ne petite rencontre, où le Roy deNauarre auoit eu du pireimais la vérité fut incontinent defcouuerte, par les prifonniers rclafchez amp;nbsp;autres; tellement quâil fut notoire a tous que le Roy de Nauarre auoit giignc la plus fignalee bataille qui fe full encor donnée en France, pour la defenfe de ceux de la Religiô, auec vne perte mer-ucilleufe pour la Ligue, qui en mena vn dueil eftrange, lequel feruit de côtrepoids à lareffouiirance des fucces quâon sây promettoit délia en la desfaite des Reiftres, dilTipez
Apres cefteviéfoire le Roy de Nauarre fit fon voyage aarrt aprtt de Gafcongne,acompagné du Comte de Soiflbns.LePrin-w/?«'«. ce de Condé fc retira en Saintonge, auec vne partie des compagniesiayans conclu de fe rallier tous enfembic pour aller au deuant de leurs Reiftres. En chemin le Roy de Nauarre ferendit maiftre de pluficurs places fur lariuiere delâIlle: puis afin dâexpedier chemin laifla le gros de fes troupes au Viconte de Turenne, lequel en,peu de iours fit quitter amp;nbsp;tendre par compofition ou emporta de force v-ne trentaine de petites (mais pour la plufpart fortes 8C bien gardées) places fur cefte mefme riuiere, punilTant 8c exterminant beaucoup de voleurs qui fous le nóde la Liquot; gue faifoyent vne infinité de maux en toute la contrée. â¢Outre cela le Roy de Nauarre, qui auoit difîipé tant dâennemis,au lieu de sâenfler de fes viftoires, notamment de la dernière, meu de coropafliqn pour les mifercs de la Ftâce, fe fub*
HîNri troisies mi.
iefubmit à rccercherles moyens de pacifier tant de trou- Sr ' bles, amp;nbsp;pour ceft effeft enuoya vers le Roy ; mais il n eut point dâatidiancc.La Ligue fe fortifioit de iour à autre dans Paris, SiJiâatt^ndoitplus queladiffipation.delâarmeeA-lemande(dont ceux de Guife Tjauoyent les defniarchcs) pour mettre les fers a» feu dâvne nouuelle façon.En ces entrefaites,cefte armee ayant efté rompue , comme nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J/iÿquot;
dirons maintenant, toute cfperancc de paix amp;nbsp;d'accord fut nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- a »
entièrement retranchée au Roy de Nauarre, la Ligue fe Vantant lors dâeftre à cheual, gt fe glorifiant tout haut de
Voir bien tort parterre fes ennemis. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J I gt;nbsp;nbsp;nbsp;'
Or nousauons à confiderer le plus briefuement que f3i-Difci)urt du te fe pourra le voyage 8c la defroute de lâarmeedes Rci- â voyageô-de Ares. En ce temps la France ertoit pleine de gens de euer- defmutt re.Le Roy tenon vnc armee pres de u perlonne,ayant plus Wf^^res peur de la Ligue que dâautres ennemis. Le Duc de loyeufe ertoit en Guyenne auec la fienCiles Ducs de Lorraine amp;nbsp;de lâan 1587. Guife la leur pour coftoycr celle qui vouloir entrer en France. Le Roy de Nauarre raffembloit fes forces en Ga-feongne pour venir en Poidou où le Prince de Condé, le Comte de Soillbns, le Viconte de Turenne,le Comte de là Rochefoucaut, le fieur delaTrimouillc amp;nbsp;autres faifoyent Vn grand amas. Le Prince de Conty recueilloit des gens au Maine gc.ailleurs pour aller ioindre les Reiftres, llsâamaf-foit vne armee en Languedoc, amp;nbsp;des troupes en Dauphiné. Rertoit pour vne nouuelle charge à la France, lâai mee eftrangerede laquelle ertoit chef le Baradc Donavv: amp;nbsp;ÃQ icelle lieutenant general pour le Roy de Nauarre le Duc de Bouillon,affifté des fieurs de Qu,itry, Beauuais la Node, Cleruan , Digoiues, Rambouillet, Veziles, Montlouél 5c autres. On lâcftimoit compofee de cinq nulle chenaux?* ⢠Reiftres, cinq milleLaqfquencts, douze ou quinze mille Suilfes en trois regimens , deux railjiarquebuziers François amp;nbsp;de quatre à jincpeens cheuaux. Le fieurde Cfiaftil-lon ayant traueri'é de grands dangers depuis Languedo-iufques en Lorraine auec vne petite troupe de feptà huiir cens hommes,sây ioignit fur la fin de Septembre. Celle armee fit quelques degafts de villages en Lorraine : mais point de notable exploit de guerre,amp; faillit au pont S.Vin» cent de combatre le Duc de Guife, lequel feeut dire depuis que sâil eurt eu lors lâauantage de fes ennemis, il leseuft
PP. j.
. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Himi TRoisiïSMs.
içTiaflez iufques en Alcnrugne. Ceftc grande armeedcî fon entree en Lorraine entra en incommoditez. La principale eiVoit que fon general eftoit vn ienne Seigneur, non encore façonné aux afaires, peu refpefté, amp;nbsp;qui perdit tort apres par maladie le Comte de la Marckfon frété puifné, hardi, amp;nbsp;de grande efperance : le chef des Rei-ftres, fimple gentilhomme, vaillant de fa perfonne, mais mal entendu aux afaires de France, amp;nbsp;trop foible,pour - vnlî pelant fardeau, ayant la Ligue en tefte, auoitalîcz
mauuais confeil , 8c vn nommé la Huguerie fut fu-fpeft deflors amp;nbsp;depuis à plufieurs dâauoir porté grand
â t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jnuifance à toute Tarmee , amp;nbsp;rompu beaucoup de def-
feins tant contre le Duc de Lorraine que contre ceux deGuife: dont il elTaya de sâexcufer : neantmoins long temps depuisaeftéen réputation dâauoir empli fcs'cofres en celle guerre. Les pays par oùlâarmeepaffoiteftoyent de(olez,amp; ceux de Guifc firent rompre fours, moulins, amp;nbsp;öfter du chemin tout ce qui pouuoit acommoder lesRei-fires, qui en toutleur voyage nemonftrerentgueres de contentement.il y trouua toufiours quelques cornettes qui auoyent beaucoup de réfolution amp;nbsp;ne demandoyent que combat, cftans incitez par le fieurdeChaftiIlon amp;nbsp;autres. Près la ville de Chaftillon fur Seine gardée par vne forte garnifoq fous le ficur de laChaftre.y eut quelque fortic,où les harquehuziers de la garde dudit fieur de la Chaftre furent taillez eq pieces,amp; la caiialIcrierepoulTee iufques dedans les portes delà ville. Delà on vint à Ancy le Franc dâoù lâarmec print fon chemin vers la riuiere dâYonne qu'ellepalTi amp;nbsp;receutauis du Roy deNauarre ,de monter à la fourçe de Loire, où il eftoit délibéré lui venir au dc-
* â¢uant, La fafion eftoit pluuieufe au commencement de lâhiucr, amp;nbsp;y ayant beaucoup dâartillerie, amp;nbsp;faute de viures, les chefs irrefolus, les troupes marchèrent, remettant le confeil a fe refoudre fur les occafions. Faute de diligenter pn perdit en vingtquatrc heures lâoccafion du palfage , de la charité, où le Roy pourucut fi bien que les Reiftres
François nâoferent en approcher, non plus que de quelques endroits gueables de Loire encesenuirons ,à cau-feque les chefs ne furent prompts à marcher dâvnmef-pe pied : les vns eftansdââuisde diligenter, les autres baftiflans
HjN M ÃRO I SIS S M B. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;198 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
baÃilTins des delais amp;nbsp;remifes. Multitude de cHefs ef- Vâ7 ' ***'. gaux en vue armee , ou dont les vns portent quelque ialoulïeaux autres, eft trefperilleufe : comme cefte armee 1âexperimenta. Pres de Neu fut, la Huguerie pour les Alemans fe plaignit des fauuegardes que Ion donnoit aux gentilshomincs François, pource que câeftoit afamer lâar-mcc , demandoit la paye dâvn mois, autrement ils ne paftetoyent point outre , propolbit plulîeurs difficuliez. fur le partage de Loire, amp;nbsp;quâil nây auoit plus que deux mois pour tenir la campagne. Ils furent priez dâattendre quâon euft recharge du Roy de Nauarre, amp;nbsp;que cependant lâarmeeiroit faire fejour en Beaulfe, où il y a-iioitdes bleds amp;nbsp;du fourrage. En ce mcfme temps les Sunâ fes, priuez deTielman leur colonel décédé de maîadîeà firent eferire par fon lieutenant lettres au fleur de Cleruan (au nom des trois regimen') portant quâils eftoyent re-folus faire entendre au Roy lesraifons de leur venue eu ^*^*^**) France,amp; pour cefteffeft lui enuoyer des Ambaftadeurs. Ce quâils executerent puis apres, combien que cela fuft trertufpcft aux Seigneurs amp;nbsp;gentilhommes François , 8C aux colonels des Rciftres. Lâarmee eiloit en ce temps, i-(çauoiraumois dâOftobre fur les terres du fleur de Cha-ftillon,lequel fit ouuerturepremièrement pour furprendte lapeifonne du Duc de Guife qui s'ettoit allé loger auec deux ou trois cens cheuaux dedans Chafteau renard : mais on allégua en confeil tant de difficuliez, que ce deflein trefaifé à executer fut rompu, Toft apres il drefla vne autre entreprife pour obliger au combat les Ducs de Guife amp;nbsp;de Mayenne (qui auoyent leurs troupes fort efeartees, aufquelksonpourroitcnleucrprefqilcs tous les logis a-Ucc peu de danger) auant quâils fuffent plus pres de lâarmce du Roy , ou de Montargis qui pouuoit les fa-Uorifer. Mais ce coup fut encores rompu par ceux qui ima-ginoyent le peril trcfgrand , amp;nbsp;(commeon dit) faifoyenc I le loup dixfois plus dangeteux quâil nâeftoit. Le vingt fcptiefine iourdâOâobre prcfques tous ceux de Guife amp;nbsp;autres chefs de la Ligue, qui iufques lors depuis le mont Sainft Vincent auoyent logé fort à l'efcart, vindrent auec ( quinze cens cheuaux amp;nbsp;cinq mil harquebuziers, fe ren-i 4re à Montargis amp;nbsp;es enuirons, au delà de la riuiere P P. ij.
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNRI TRorSISSMif
deLoing, laquelle eftant entre deuxempcfchoitlâarmee dâalict à eux , amp;nbsp;au contraireleurdonnoitcommuditétle palier à volonté vers lâarmee,paree quâils aupyent les guaiï amp;nbsp;pafTages à leur commandement : au moyen dequoy ils firent entreprife fur le Baron de Donavv logé aueefept ou huit cornettes'de Reiftres dedans Vimorty à vnclieuê K demie de Montargis. Ils y arriuerent fur les fept heures du loir. A lâalarme les Reifircs fe rallièrent promptement à leurs cornettes, tandis que les gens du Duc de Guife sâa-niul'oyent au bagage. Le Baron fit plutîeurs charges tantâ lâinfanterie quâa la caualcrie. La premiere fut fur le Duc de Mayenne qui faifoit la pointe. A celle charge les Reiftres fireot/aillamment,de forte que plufieurs gentilshommes, amp;nbsp;nommément celui qui portoit la cornette du Duc de M 'ycnnefurentabatus'.la Cornette prife,auec deux autres. Sans le tonnerre amp;nbsp;vne groffe pluye qui furuint, ceux de Guife sâenalloyent en route. Ils y perdirent pres dequa-rante gentilshommes , amp;nbsp;pres de deux cens argoulets SC fantaliîns. Il y eut enuiron cinquante Reiftres tuez, amp;nbsp;en-uiron cent valets, amp;nbsp;trois cens cheuaux de chariot, auec quelque bagage. Le iour venu,vn trompette vint demander les morts delà part du Duc de Guife, amp;nbsp;efehange de prifonniers, requérant quâon lui rendift les trois cornettes. Ce dernier article fut refufétles morts furent enleucztquât aux prifonniers de part amp;nbsp;d'autre, le temps en fitlarefolu-tion. Mais les Reiftres allèrent reprefenterdeuant Mon» targis,olFrans le combat de iour;amp; apres auoir attendu vne heure,fans que perfonne paruft, fe retirèrent. Celle perte de bagage amp;nbsp;de çheuaux à Vimorry fit derechef mutiner les Rpillres, Se fut toutle refte de lâarmee bien einpefché à les appaifer. Au commencement de Nouembre, vn nommé le Pau, capitaine es troupes de ceux de Guife eftaya dâenfiler les fieurs deflhaftHlon . Cleruan amp;nbsp;autres dedans Montargis fous promefle de leur donner entree au cha-fteau. Ils allèrent iufques au bord du dangertmais vn delà fuite du ficur de Chaftillon ayant defcouuert quelque cho-fe,fut caufederetraite.Lesligueurs (efentans defcouuerts mirent le feu a des trainees de pouldre,firent fauter en lâair les portes amp;nbsp;les ponts, par où il faloit que les entreprenans palialTent, aueC canonnades amp;nbsp;harquebuzadesfansnom-hre.-mais ils nâoffenferent perfonne. Le fieur de Chaftillon
HeNRI moISIIJMJ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ïpji
de retour fit bittre Chaileau-Laudon qui Te rendit amp;nbsp;fut pillédes Reiftre^au defloger mirent le feu en plulicurs villages. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Les amballadeurs des trois regimens de SuilTes (qu faifoyent moitié de l'armee) cftatis retournez de vers le Roy quiauoic traite auec eux par lâentremife du Duc d« NeucrSjChangcrcntà leur arriuee le courage de leurs com^ pagnons I qui commencèrent à fe mutiner tout ouuerte-nitni,8c demander trois mois de paye,ou congé.Le Duc de Bouillon,fon Confeil,lcs Colonels des Kciflres sâemployèrent tous à apaifer celle efineuteimais ils nâen peurent tirer autre chofc,linon que fes ambaffadeuts retournèrent encores vne fois vers le Roy amp;nbsp;capitulèrent pour eux, amp;nbsp;peu de temps apres les vns prindrent parti auprès du Royj les autres retournèrent en Suiffe, où quelques vns de leurs Capitaines furent décapitez. Lâarmee diminuée de plus de la moitié'pat celle reparation desSuiffes, fore hatalfee au relie, amp;nbsp;fc desbandant à toutes heures , à caufe des incommoditez fi longues amp;nbsp;quife rendoyen» inlupportables, les chefs relolureut ne delceiidre plus bas, car ils eftoyent pres de Chartres, preuoyans que fi Ion vc-noit leur donner bataille,il y autoit manifefte hazard pour eux. Le Duc de Guile eutl bien voulu auoir autant deforces quâil defiroit, pour tout exterminer : encores quâil fuit tresfort en caualetie amp;nbsp;infanterie. Mais il redoutoit encore plus le peril,amp; fe referuoit à dâautres entreprifesùoint que la prefencc du fieur de Chaftillô lâarteftoit court, quad ileftoit quellionde penfer à combatte en bataille rangée. Quant au Roy, il attendoit lâoccafion, amp;nbsp;cufl bien voulu queccuxdeGuifc euflent ioullé contre les Reitlres, 8c que les vnseuffent fi bien afoibli les autres quâil full demeuré maiftre : mais il ne vouloir pas ptefter les armes au Duc de Guife,craignant que fi la victoire lui demeuroit, le Valet ne vouluft deflots fe mettre en la place du maiftre, comme il clfaya de faire bien tort apres. Lâarmee auoic prins iour au Z4. de Nouembre pour tebrouffer chemin. Or auint que le Baron de Dooavv logé dans le bourg dâAuneau pres de Chartres, auec fept cornettes, le Duc de Ouife marcha dô nuift en diligence,amp;,fans que les Reiftres sâen apperceuflènr, ietta force harquebuziers dans le cha-fteaujoù les payfans sâeftoyent retirez qui auoyent promis
PP. üj.
aux Rciftres leur fournir des prouilîons-Au poind du iour» comme le bagjgc des RciÃres fortoit , le Duc donne le lignai a les harquebuz.icrs au challcau,lclquels entrent par la porte du bourg trouuee ouucrre,amp; fans relilfance, pource que les Keiftres elfoycnc en leurs logisprelfsa montera cheual. Ces haïqucbuziersfe coulans par les rues donuent dans les premiers logis : furquoyles Reiltres pienaiis lâalarme montent a cheual:mais ils trouuent la porte failie, SC les rues cmpcfchces de leurs chariots : de lorte que pour e-ffre le village fermé ils ne peurenc ïamais ni fe ineitre en-femble,ui gaigner la campagne. Le baron fuiui de fept ou huit, amp;nbsp;fe irouuant des premiers a la porte perya ceux qui entroyent: mais aufli toit la porte fut relerree. Ceux des Rentres la montez acheual couioyent autour des murailles pour trouuer quelque palf.ige, à faute dequoy mon-toyent furies Telles de leurs cheuaux , puis fur la muraille* donc ils fe lettoyent dedans le folié: Si ainli cfcliapperenC quelques vns. Leur cornette generale Sc vnc aune furent fauuees par ce inoyérrnais cous ks Reilfres de ces deux cor nettes lie des cinq autres (entre lefquels y auoit plulieurs gentilshommes) furent pris ou ruez aucc leurs valctSileurs armes, cheuaux amp;nbsp;chariots demeuras a ceux qui les auoyél ainli furprins.Le Barô fit aire a demie licuè de la,où il rallia le relie de Tes Reift res : ks Suillesfe rangèrent pres de lui auec le fleur de Chaftillô, lequel cltoir dâauis quâô appellalt le relie de lâarnice, amp;nbsp;quâauec lâartillcrie on inueilill fondai le village,ou les foldats sâamufoyët au butin.Mais il nây eut ordre de ne obtenir,ains futrefolu de fe mettre en chemin.) 1 y eut beaucoup dâafairc à côtenter amp;nbsp;ralfeurer le reite des Reiftres.bur le commencement de la retraite les Ligueurs tirent quelques charges: mais ils furent fouftenus amp;nbsp;repouifez par les fleurs de Challillon amp;nbsp;Montlouer. Lâar-mee eftant en chemin, arriua le Ceur de Cormoni, prifon-nier auparauant, eiuioyé de par le Roy, lequel promettoil Teure retraite aux Reitlres amp;nbsp;François,, moyennant quâils luircndilfenc leurs enfeigocs amp;nbsp;cornettes. La plulpart des chefs (tous alfcrablez pour auifcr alarcfponfe) elloycnt dâauis dâencimer a ce quâon leur prefentoit, alleguans lâef-froy Sc defordre de lâarmce: que plulieurs gentilshommes Françoissâeftoyentia retirez amp;nbsp;fereriroyent parchafeua four eu leurs inaifons : que lou oauoicaHèuraocedeplu-fleur«
iîeursparmilefquelson cftoïc, Dauantage,decentiesdix nâauoyeiu refolution afleuree pour le combat, les chemins J.y sftoyét pleins de bagage,les chenaux haraffezpl faloit faire de loq«ues traites pour eflogner lâennemi,il ne fe trouuoit 4** nbsp;nbsp;:
point de guide pour môftier les chemins amp;nbsp;mener aux vil- Jlt;*gt;**gt;« lagesjles logis clloyct logs à uouuer, les vns s'arreÃoycnt t dans les bois ou aux premieres maifons rencontrées, il ne fé trouuoit ni pain pour les homes, ni fourrage pour les che-Uaux,beaucoupdcmôtutesfepcrdoyentfauied'ellrefer- ,,,, rees, il faloitpalfer quatre ioutnees de bois,les harquebu- â zicts amp;nbsp;fantaflins ncçefl'âires pour la telle amp;nbsp;queue de lâar- * â* mee diminuoycticout le regime de Villeneufue fils de Cor mót sâclloit dcsbâdenâyauoit que trois iours à caufe de la prifon de leur maiftre de câp, celui des fieurs de Challillon amp;nbsp;de Mouy fe fondoit,la plufpart eftoyent fans pouldres 8c nây auoit.moyé dâenrecouurer,les harquebuzesde plu fieurs elloyent corne inutiles pour ellre rôpues ou de (mótees, 8C ne relloyêt pas deux cens bons harquebuziers. Deux mille Lanfquenets reftans eftoyée defarmez.Tandis que lô difpu-te,le Duc dâEfpernô sâauançoit pour le Roy auée huit cens ** cuiraires,amp; autant dâargouletsi Depuis la refolution dere-broufl'er cheminiufquesà ceconfeil, il y eut dâintcruallé huit iours entiers : depuis celle refolution iufqucs à Lency en Mafcônois,où lâarmee fe dcsbâd3,on marcha cinq iour-nces.afçauoiriufquesau lixiefme de Décembre. Cormont retourné auec vne autre député du Duc dâ£fpernon,lon fe-mavn bruit que lâarmee cftoitinuellie , ce que le heur dé Challitlon réfuta, defcouurant les artifices des ennemis nbsp;nbsp;nbsp;R.Æ
qui elloyent dans lâarmee mefme, 8i fit alfez entendre que la dilTipation ne venùit que des traiflres : puis voyant que dâheure à autre Ion changeoit la capitulation, amp;nbsp;quâil nây auoit point de feurcté, nommément pour lui, recer-ché plus que nul autre , amp;nbsp;que mefmes quelques Rei-llres vouloyent rarreller,fe desfit de leurs mains, feioi-gnità fa petite troupe, gaigna bien à fon aife le rendezvous à Sainä Laurent, d où en cinq iours il en paruint (maugré les empefehemens que Mandelot amp;nbsp;autres lui donnèrent, fe faifant chemin par tout a coüps de cou-üelas) iufques en Viuarets. Le huitiefrae lour de Dci tembre la cdpitulatiôn du Duc d'Efpcrnon , en icelle nom-tiie ColOqnél de France auec les chefs amp;nbsp;conduamp;euts d«
Henrt troisiesme.
1âarmee eftrangcrc, fut conclue; portant que les FrançoU rcndroyent leurs cornettes pour eftre ponces au Roy. ccU les des Reilîres leur eftoyent laiflees a condition de les plier, St palfeport donné lufqucs à la frontière plus pro-chaine.Le relie ne contenoic rien qui vaille le recit.La plus part des Reillres moururent par les chemins : tien futdef-UalizcSc tué grand nombre en SauoyCjSc ceux qui afriue-Æ. Il rent en lieu de feureté 3t chez eux prcfques tous ne la fi-rent guere's longue. Le Duc de Bouillon aagé de 15. ans I' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;mourut à Geneuc, Cleruan vers Brclfe, St autres ailleurs.
LeBaron dcDonavv efehappa St vit encore. Vne autre troupe de Reillres ayant prins la route St la Franche Conté fut pourfuiuie par les Ligueurs, fpecialemêt par ceux de GuifeSt le Marquis du Pot iufqucs en la Coté de Môtbe-liard, là où leurs troupes entrèrent, bruflerent les villages dâiclsjle Conté , St y commirent toutes fortes dâextorfions, criiautez St fureurs ellr3ngcs,fans rcfpeét dâaage ni de (èxe. Entre tous ceux que la desfaite dâvnelîpuilfante armee
⢠,»ÿ»ww4i« eftonna furent ceux de Sedan,de lamets St des lieux qui en ââ rcitrfwrj'-dependent ) fc voyans priuez tout à coup de leurs deux forisilebt princes fouuerains,rauis du inonde au printemps de leur b^Diudé ââ âS'aiâ* lailfoyent leur fucceffiô à vne fort icunc princefle '£gt;uillan n fæur. Ils te fouuenoyent bien de la mauuaife volonté que le Duc de Guife St les liens leur auoyet tefraoignee en 88. lâannee precedente, dont nous dirons vn mor. Le Duc de Guife auoit désla fin delâan 158;. importunélcRoy de lui perinettrede courir fus au Duc de Bouillon, auquel il en ' ' * vouloit,pource que de lapart dâicelui eftoyent venus au
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Roy les auis de ce que la Ligue bralfoit en Champagne amp;
en Lorraine. Le Duc de Guife prenoit pour prétexté que Sedan St toutecefte fouuerainetéeftoitla retraite de ceux delà Religion , amp;nbsp;vne porte à rcftringer pour entrer en France,amp; receuoir Idles moyens de faire aifément la guerre. Ne pouuant obtenir tout ce quâil dtfirdit, il obtint des yoifins de lamets, où la cherté eftoit grande, que la traite des grains amp;nbsp;autres viures full défendue de toutes parts: furprintdenuiil auec grandes troupes fur h fin deFe-uncr 1586.1a ville de Douzi aparienante au Duc de Bouillon St y tua vne douzaine dâhommes, fai Tant publiera Paris cell cxploit,commesâil cull prins dâaflà ut amp;nbsp;à vine force le chafteau de Sedan. Depuis ayant auancé fa Ligue en - - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Lorraine
HïNRI TRÃISISSMI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;30t
Lorraine amp;nbsp;en France par diuers confeils amp;nbsp;expediens, au eommenccment dâOdobre lui amp;nbsp;les liens refolurcnc de là tenir clos lulques au printemps de lâannec fuyuante. Mais il auinc quâvn gentilhomme de marque auec quelques capitaines amp;nbsp;bon nombre de foldars, partis de Sedan amp;nbsp;des enuirons où ils ne pouuoy *nt demeurer fans rien faire,fur-prindrentlanuid du 18. de Nouembre 1581S. la ville de Raucroy, dont ils eueren; le gouuerneur amp;nbsp;quelques fol-dats en vn corps de garde.Le Duc de Bouillon nâauoit doué auis de cefte entreprife,ni nâen fauorifa lâacheminement ni lâexecution: ains en fut rrefmarri, preuoyanc ce qui lui enauiendtoit: car le Duc de Guife prme occahon de celle prinfe dâalfembler fes forces en grande diligence pour reprendre Raucroy, fachint quâelle eftoit mal fournie de viures, St quâil viendroie aifémenc about du Capitaine Montæarin lequel y commandoit,homme hardi,mais im-prudenr,audacieux 8c auare. Les agens de la Ligue eftbyét tous les lours aux ot edles du Roy, pour lâinduire à faire la guerre au Duc de Bouillon, lâacculà ns dâauoir fait prendre Raucroyicc qui nâelioit pas.Dcfai(,l'iirue monftraquefes ennemis furent trefaifes de cell accident, pour lui drelTer partie amp;nbsp;animer le Roy contre lui: car encores quâil tafeha par diuers moyens de rauoir celle place pour la rendre au Royiioutesfois Montmarin aima mieux la mettre es mains du Duc de Guife, moyennant quatre mil efeus qui lui furent coutez.La reddition fut faite le 14. iour de Décembre. Surquoyauintvn fait memorable. Les Capitaines qui e-Iloycnt auec Montmarin eurent promeffe de teceuoir chafeun mille efcus,sâils vouloyent demeurer dedans Raucroy 8t prendre le parti de la Ligue. A ceux qui nevou-droyent demeurer on donnoit cinq cens efeus, 8c palTcport pour fe retirer. Ceux qui fe contentèrent des cinq cens efeus furent les plus fages: combien que ce ne fut pas fans difficulté 8c danger quâils firent leur retraite, auec cell argent: mais la prudence les acompagna au befoin- Les mat auifez, qui aimèrent mieux mille efeus, les gardèrent en-lt; uiron quinze ioursipuis on les leur olla,8c les mit on à piedj fans armes 8c fans argcnt,hors de Raucroy .pour aller ccr-cher auanture ailleurs. Quant à Montmarin qui en la capitulation (comme câelloïc vn ellourdi) auoit parléfeulà feul bien brufqucraent au Duc de Cuifc) au bout de d« ot|
Henri troisiismï.
douze iourSjComme il iouoit à la paume a Moufon j on lui attacha promptement vne querelle, tellement quM perdio amp;nbsp;fa vie amp;nbsp;les quarte mil cfcus tout dârn coup. Raucroy prins,encores que le Roy ne trouua bon que Ion pafTaft ou-* tre,les ligueurs ne lailTerent pas de sâemparer de Raucourts qui apartient en fouucraineté au Duc de Bouillon : puisa-yans pafle la Meuze vindrent loger à Douzy le lÿ. iour de lanuier 1587. Ainlieftans entrez fur les terres de Sedan,ils y feiournerent trois mois entiers,durant lequel temps ils y commirent tous les aftes dâlioftilité,dont ils peurent sâaui-fer. Cela contraignit le Duc de-Bouillon de corn mander au lîcur de Schelandte gouuerneur de lamets, ville amp;nbsp;cha-fteau, de faire guerre à ceux de Verdun, ville la premiere du codé de Champagne,qui auoitpriiis le parti de la ligue, La guerre sâefehaufa a »on efcicntiles Lorrains sâen niellèrent aueclcDucdc Guife, amp;nbsp;furent battus en pluG utsef-carmouches amp;nbsp;rencontres es enuirons de lamets 1 firent quelques meneespout furprendre le chafteau ! mais leurs agens furent furprins amp;nbsp;punis. En ces entrefaites farmee des Reiftres sâapreftoit,à foccafîô dequoy le Duc de Bouil-loD,nommé lieutenant general en icelle,partit de Sedan la 13.iour de luin aüec quatre cens chenaux amp;nbsp;huit cens har-quebuziersiSt au commencement dârtouft celle grande armee marcha, amp;nbsp;fut diflïpee fur la fin de lâan comme nous fauons dit ci delfus. Le Duc de Bouillô amp;nbsp;fon frere morts au commencement de lâan 1388. les Lorrains refolurent dâattaquer lamets,oùilsfurent vn an entier, amp;nbsp;y perdirent pluGeurs milliers dâhommes auec infinies munitions. Les alTiegezayans combatu courageufement leurs ennemis, item la faim , les maladies amp;nbsp;autres incommoditez, leurs murailles amp;nbsp;defenfes abatues par le canon de lâennemi for-tirent de la ville auec compoGtion honnorable le lÿ.iuur de Décembre I588. amp;nbsp;fe retirèrent a Sedan, où ils furent humainement receus amp;nbsp;foulagtz. Ils entendirent en chemin ce qui eiloit auenu a Blois: qui leur fut vne grande confo-lation en leur calamité. Reftoit le challeau de lamets, lequel tint bon coiitrë toutes les forces du Duc de Lorraine, iufquesalafinde luilletijRÿ. que le Geur de Schelandre, defnué de fecours,peu acompagné, incômodé dâvne bref-.che où Ion le battoit aux pieds 8t aux flancs,(ortit par com poGtió vies amp;nbsp;bagues fatiues, lailTant ce chafleau es mains
(
Ht N R I r ROIS 11 SM «. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;joa,
du Marquis de Pont fils aifné du Duc de Lorrainetconque- Æ nbsp;nbsp;»â¢
fie qui deflors coufta bien cberà lâacheteur, amp;nbsp;lui a confié * tant depui^jquâilnâefipofiîble dâen faire le denombremenr. yâ le touche ces chofes en vn mot,pourcc quâelles apartienét plufioft à lâhiftoire generalede nofirc tpmps,quâen particulier à celle de France,combien que le Roy efioit tenu de fccourir Sedan amp;nbsp;lamets : mais lors tenu de près en autres afairesjles chofes palferent au defau.intage de'Charlotte de JaMarckprincetfc fouucraine de Sedâ,qui depuis en eut fa raifon, comme nous en dirons vn mot au difcours de lâan fuyuant.
M. D. LXXXVIII. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Mai s il nous faut reprendre la Ligue amp;nbsp;voir ce qui fe _
pâlfa en lâan 1588. Lon ne parloir dans Paris 8c par toute la France dâautre chofe que des viftoires du Duc de Guife 8t de fes affociez furja grande armee du Roy de rumtr lâE-Kauarre,lequel on tenoit pour perdu. Quant au Roy, la jlatdi Era-haine aciiice au cÅur de fes fuiets contre lui croilfoic de iourà autre, 8t les chaires des prefeheursdelaLigue ne refonnoyent que louanges des Princes de Lorraine, qoali- cenxdi fiez colomnes de lâÃglife Catholique Romaine, fléaux des hérétiques, protefteursdelaFrance, Onaccufoitle Roy
, dâauoirempefché le Duc de Guife de mettre totale fin à ce- â fie guerre; 8c fon fauorit le Duc dâEfpernon nâefioit pas ef-pargné.Lesafaires efiâs en tel eflat,tousles chefs de laLi-. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/
gue sâaflemblent à Nancy fur Ja fin delanuier ,où ils tin-* drentconfeilplufieurs ioiirs,Sc arrëîlerent entre autres fç-crets publiez,Que le Roy feroit fomroé de fe ioindre plus ouuertement 8c à bon efcientà la Ligue : 8c dâofier dâalen- | Æ tour de foy,des places,eftats amp;nbsp;offices importans ceux qui » lui feroyenc nommez : De faire publier le Concile d«/ Trente en tous fes pays, fauf à furfeoir lâexecution poupy».^.«.^«! quelque temps,en ce qui concerne la reuocation des exem-^ prions de quelques Chapitres,Abbayes,8c autres Eglifes de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
leurs Euefques Diocefains, félon qu'il feroit auifé : dâefta-A blirla Sainde InquiiîtiondâEfpagne , au moins es bonnes) villes, propre moyen (difoyent-ils) de fe desfaire desf^ hereciques 8c fufpcds,pourucu que les officiers de lâInqui-fition fuirent eftrangcr» j ou du moins ne fuirent natifï
M.D.Lxix V 111. Henri t A o i s i e s m é.
J, f î|dcslieux,amp;nây enflent parens ni alliez: Item dâaccorder aux Ecclefiaftiques dcpouuoir racheter à perpétuité leurs â'quot;â1- ' biens ia aliénez, où qui le feroyent ci apres. Ser^auflt fupplié de mettre es mains dâaucuns chefs quelques places dâimportance, qui lui feroyent nommées, efquelles ils ⢠pourroyent faire forterefles St mettre gens de guerre, felon qu'ils auiferoyent , aux defpens des villes amp;nbsp;du , plat pays, comme aufli en celles quâils tenoyent alors: de fournir la folde des gens de guerre, quâil elloit necef-I faire dâentretenir en,la Lorraine amp;nbsp;enuirons j pour obuier à vne inuaflon des étrangers voifins,amp; à cefte fin,pour cô-tinuer toufiours la guerre encommencee, faire vendre au y â pluftoft, amp;nbsp;fans autres folennitez, tous les biens desLcrc-I tiques amp;nbsp;de leurs aflbeiez. En outre que ceux qui autref-. fois auoyent efté hcrctiques,ou tenus pour tels,depuis lâan , I mil cinq censfoixante, de quelque qualité ou condition ÆÂ» ' quâils peufl'enteftre,fuflcnttaxczoacottifczautiers,oudu I moins au quart de leur bietj^ tant que la guerre dureroiil amp;nbsp;les autres Catholiques au dixiefme de leur reuenu par chafeun an feulement,fauf à les rembourferenapres, felon y i la recepte amp;nbsp;defpenfequifcroic faite : Si que commiflaires ' J fulTenc députez pour faire leurs ventes amp;nbsp;taxes, tant de I perfonnes Ecclefiaftiques que feculiercs, autres toutesfois quâofîiciers de cours fouueraines, à ce que cela fuft exécuté f I plus promptement St auec moindres frais. Qiie les parens I des hcretiquçs Si aflbeiez fuflent contrains par toutes â voyes dâacheter leur bien,en leur remettant la quinte par-' tic du iuftepris; Si ou ils feroyent vendus à autre apres 'â leur refus, quâils ne fuflent plus reeeus à le demander par
fl
T retraift, ni autrement. Qne les premiers deniers qui pro-r «iendroyent deceqïic ditell, fuffentdefployezaiâacquit
⢠des dettes plus prelTces que les chefs auoyent efté con-trainâ*de faire au parauant : Stlefurplusfuftpourlâauenir, Si à ceftefiu mises mains de ceux qui feroyent nommez, plans pouuoireftre conuertis ou employez ailleurs. C^ie la vie ne full donnee à aucun prifonnier ennemi, (înon en jurant fSt baillant bonne alfeuranccde viureCatholique-.-1 ment, amp;nbsp;payant autant la valeur defesbiens, sâils nâa-âf. uoyent ia elle vendus: 8c au cas quâilslâeulicntefté,en reuonçant à tous droits quâils y pourtoyent prétendre, SC
: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sâobligeant
Henri troisÃesms.
«^obligeant de feruir trois ans amp;nbsp;plus, en ce quâon le vou-droit employer fans autre folde.
Ces articles portez amp;nbsp;prefentezau Roy il y eut dure-tardcment en lâapprobation dâiceux. 11 eftoic bien dâac-Cord auec èux de courir fus à ceux de la Religion , amp;nbsp;défi- U Tt^y âc roit les ruiner ou les réduire: mais il ne pouuoit fe rc- af.â fouldre fur la reception du Concile deTrenteamp;de lâIn-quifition, moins encor fur lâoélroy des places amp;nbsp;gouuer-^'^^'âquot;' nemens: voyant que tout cela ne ppuuoit apporter que la guerre^ changement ou fubuerfion dâEftat. En délayant dâvn co~ ä^äa«. ftéà refpondre, de lâautre pour ne mefcontcnter les Ligueurs il faifoit diuers préparatifs contre ceux de la Religion. Mais foit quâil y procedaft lentement, fojt quâil leur defpleuft de le voir sâen melier amp;nbsp;quâils dcfiralTent lâouir parler tn bonne bouche du Roy à e Nauarre, amp;nbsp;de ceux de Bourbon, pour le rendre tant plus odieux aux Eçclefiafli-quesamp;au peuple: foit quâils pretendiffent continuer de faire acroire aux grandes villes de leur parti quâils auoyenC cinquante fois plus fait que ce Prince contre ceux de 1t Religion, amp;nbsp;fous ce voile acheminer leurs defl'eins contre lâEftat: ils commencerentà sâefmouuoirplus chaudement, amp;,fur les rapports quâils auoyent du merueillesx acroifle-ment de la Ligue dedans Paris amp;nbsp;par tout le royaume, re-folurent faire nouuelles entreprifes, afin dâclTayer leurs forces premièrement contre ce qui eftoic mieux à leur bien feance amp;nbsp;de plus facile execution, pour mettre la main cpnfequemment aux chofes plus difficiles. Ils corn- Æ Â»â¢/»«â¦â¢ mencerent par Sedan, pretendans ruiner la icunePrincef- ây,â*./Æ, J fe,laquelle fecouriie de quelques hommes de bon cÅur,au^i. nbsp;.Ã
mois dâAuril les chaflade Douzy, oùfcpt vingts desplus refolus de leurs troupes , capitaines amp;nbsp;foldats, furent tuez, prefques autant de noyez amp;nbsp;blefl'ez, deux cens minez pri-fonniers à Sedan, entre lefquels y auoit dix ou douze Capitaines , lieutenans, enfeignes, amp;nbsp;quelques gentilshommes. Le ficur de Nueil quicommandoit en cefte desfaite pour la princefte, amp;nbsp;fes gens, curent vn trefgrand butin, plus de deux cens cheuaux, entre lefquels y en eut vingt-cinq qui auoyent efté achetez mil efeus piece.Ceux de Sedan nây perdirent que deux foldats. Le refte de lâatmee I.igucurequienuironnoit Sedan, fous la conduite du fieuç de Rofne, lieutenant du Duc de Guife, fç retira bien fo«-
A*
M.D.txxxvitr.
HlMm THOTSIIJMÃ.
Mert du â Pri/ice de Ãaitde,
dainpres des troupes de Lorraine, qui eftoyent au Ce-â ge de lamets. Durant ces tempeltes , amp;le cinquieC-me iour de Mars Henri de Bourbon Prince de Con-dé , trefaffeftionné à la Religion, amateur du bien de la France, irréconciliable ennemi des Ligueurs , mourut ayant elle empoifonné par quelques liens domefti-ques, de poifon fi violente quâen dedans trente heures il fut fuSbqué. Lâvn des empoifonneurs empoigné fut tire à quatre cheuaux en la grand' place de Sainâ lean d'An-
h'fDHf lie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fjiiift vùnt Pour reuenir a la Ligue, le Duc de Guife entendant iuf-A Paru,dit ques où les afaires elfoyent acheminées, fans plus sâamufer l'enfuit ta a fi petites cntrcprifes gt;nbsp;amp;nbsp;où nây auoit rien à gaigner que eoups,Iai(rale fiege de lamets,amp; fuytiant les delibera-it fions arreftees entre lui amp;nbsp;les fiens, tandis que fon coufin
/a dâAumale amp;nbsp;autres alTociez fe faifilfoyent des places de fà te iuT^ny Pitardie, print le chemin de Paris auec petit train, pour ne eli Paru ^donner alarme au Roy , lequel ayant eu nouuelles de cell â¢
charirei; -j:heininement,enuoya Belieurc, lâvn de fes confeilliers, à cemgt;ne»et - nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;....... '
Soiffons,versie Duc, qui y eftoit arriuéjlui défendre de sâa-
tntnt de
procher de Paris : auec charge , au cas quâil perfeucraft tremel en en fa Volonté, de lui declairer que le Roy le tenoit pour frame. criminel, amp;nbsp;auteur des diuifions qui furuiendroyent au royaume . Le Roy penfoit que celte barre arrefteroit fon
â¢coinpetiteur,m3is il la franchit dextrementicar apresauoir renuoyé Belieure auec vne refponfe ambiguë, fâchant en , quelle difpofition eftoyét fes côfcderez à Pans, il monte à cheual,Ordonnant fon voyageauec tel compas, quâil arri-' ua dâs Paris trois heures apres Belicure,acoinpagné de fept ou huit gentilshommes feulemét,en vn train de feize chenaux au plus en fa compagnie, amp;nbsp;sâen alla defeendre au logis de la Roine mere, aflèz loin du Louure, aux filles Re-peniies.Elle fe fit toll apres porter au Louure dans fachai-reile Duc deGuife la fuiuit,8l fe prefenraau Roy. 11 y eut de la conteftatiô fur le meflage de Belieure,amp;, apres quelques propos tenus à part entre la Roine amp;nbsp;fon fils, le Duc fc retira.Cc fut le neufiefine iour de May. Alors le Roy fit vne faute notable, au iugementde ceux qui sâentendenten afairesdâLflaticaraulieudefuyurefa pointe, amp;nbsp;auec les fercesquâJ auoit fe faifit de fesennemis, dont il ÿuoit les
noms.
Henri troisiismi, 304
noms amp;nbsp;furnomsjlefquels il pouuoit cmpefcherde fe join--dre, amp;qm deux lours durant demeurèrent en terrible ef-/. f ' froy,les vns le cachans ça amp;nbsp;la, les autres ptefts à s'enfuir, 'j^'^*** I il fc conienta de les auoir esfarouchez amp;nbsp;de pofer des Suif- 4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
fes amp;nbsp;quelques François en des corps de garde par les pla- â¢' cesdontilfe doutoit. On lâauertit que la villefe retnuoit, â amp;nbsp;quecefte prelence du Duc de Guifeefmouuroit foudain Vn grand trouble. 11 penfe que ce feroie aflez de renforcer les corps de gatde,de commander des legeres recerches par les maifons des fufpefts, amp;nbsp;dâen faire entendre quelque chofe aux principaux. Câeftoit dire aux vns, ferrez vous; aux autres,mettez la main à lâÅuure. Ils nây faillirent pas, amp;nbsp;toure la procedure du Roy ne leur ferait que de toe-fain,tellement que le douziefme de May la ligue defploya fes griffes à toute outrance. Les SuifTes amp;nbsp;compagnies Françoifes auoyent eftédifpofczdeuantlamaifondevil-Ic, fur le petit pont, au marché neuf, à S.Innocent, amp;nbsp;en quelques autres endroits. On auoit oublié la place Mau-bert,par inaduertance,ou par faute dâhommes. Ce fut par là quecommençalâefmeute. LesEfclaoliers sâeftans mis à defcendredervniuerGté,auec des bandes de populaceiin-tontinent celle place Maubertfut-faifie. A ce bruit es autres endroits, les Parifiens vienent planter des barricades tout auprès des SuifTes: en moins de rien, lonnevid que clofturcs par toutes les rues, près à pres, bien flanquées, amp;nbsp;munies de gens pour la defenfe: les chaînes tendues: tellement quâil ne fut plus queftion d'aller par la ville, fans mot du guet, paffeport.ou billets des Colonncls on Capitaines des quartiers. Briffac , Boifd^phin , Cha-mois, amp;nbsp;autres chefs de la Ligue , Gien couuerts amp;nbsp;acompagnez , commencent à charger les SuifTes qui Beptefterent aucun combat. Oh en tua quelques vns tous defarmez , amp;nbsp;des compagnies Françoifes auflî, qui nâeftoyent quâen petit nombre ; encores y en eut plufieur-s qui ne firent aucun femblant de sâefmou-uoir : d'autres mefrhes qui apoftez mirent en auant des propos infolens amp;nbsp;pleins de menaces: ce qui fut autant dâhuile dans ceft embrafement. Le Roy e-flrangement efmeu en fon cÅur de cell afront , fit force lors à fon vifage , amp;nbsp;fcmbloit peu ou point
M.D.ixxxyiir. Henri troisiisme.
indigne: au contraire la Roinc mere fit ce iour vn difné de larmes, monta en coche, amp;nbsp;alla trouuer Je Doc de Guile, pourcflayer les moyens d'apaifcr lâorage. Tous deux c-Ãoyent en haute mer, 8c quand ils lâeuffent voulu, nâelloic . poflîble de gaigner fi viftement le port.Le Duc nâauoit pas ce deflein, nine vouloir employer la roinc mere en ce quâil proiettoit.ElIe.qui perdit ce iour fes voiles amp;nbsp;fes rames,fut contrainte laiffer aller le vaiffeau à la merci des vents Si des vagues. A fon retour elle eut prou peine à paffer par les mes,fi dru femees 8c retranchées de barricades,quâil lui fut impolTible de trouuer plus grande ouuerture que pour paffer fa chaire, peu refpedee des Parifiens, qui lâauoyent tant adoree autresfois.Ce lui fut vn des premiers coups de la mort, donné par le peuple qui auoit ferui d'executcur à fes pallions, comme nous lâauons veu fur le déclin du regne de Charles ncufiefme. Ce tumulte des barricades fe renfor{ant,lc Roy fut fcurement auerti de diuersendro ts, que tout cela nâcftoitquâvn coup dâcffay, 8c que lâefcrime eftoit dreffee pour lui : qqe la nuiû fuyuante on iettoit pat la porte neufue, dix ou douze mil hommes , qui sâapre-ftoyent pour inuellir le Louure par dehors,afin dâen barrer les iffues au maiftrc. Lâeftonnement redoubla en fon ame, amp;nbsp;lâaffeurance en fa face : puis prenant parti fur le champ, tlâvne parc il dit touthaut,quccâefloic bienraifon de pour-uoir audefordre, dâaffembler le Cçnfeil 8c les principaux de la ville, de contenter grands 8c petis ,enuoye fa mere encore vne fois vers le Ducde.Guife, lâexhorte de venir au Louurezde lâatitre.il penfe à foy,forc du Louure à pied,tout ioyeux, auec vnebagpette en main, comme pour sâen aller (felon fa couflume) promener aux Tuilleries. Là il monte â a chenal auec ceux de fa fuite, qui en eurent le moyen, 8c fut fuiui de quelques vnsà pied. Sorti par la porte neufue, 8c fc retournant vers Paris,i 1 eut peine à fe retenir,8c lafeha quelques traits dâindignation contre lâingratitude de ceux pouraufquels complaire 8c fatisfaire, il auoit offeûfé tant dâautres. Son gifte fut en vn lieu nommé Trapes, 8c le lendemain iour de Vendredi à Chartres,où peu à peu plufieurs fe rangèrent pres de lui. LeDuedeGuife eftoit, pendant cefte retraite , occupé à fe lâifir de ce quieftoit alfez enfa puiffance. PJuGeurs de fes plus affeftionnez sâcfmerucille' rent, quâayant defgainélâe^ee contrefonSeigneur, ilnâa-uoic
Hsmi ruoisiîSM«.
JO? *
j Ooit o(e frapper,amp; Iâaccufoyent de grandeinconCderition . dâauoir voulu fjirc pcur à vnquine birroic pas cela ainli. Klais it eftoit rant repeu des careflcs amp;nbsp;adorations du peu-ple,quâil laiffi cfchapper le plus friand morceau,afçauoir Ia perfonne du Roy,de laquelle sâil fc full alfeuré, comme il luicftoittrcfailé, felon lâaparenceil efloit bien auant en chemin, ^aisladiuineprouidence qui referuoit le Roy, le Duc,b Ligue,lc royaume à autres deftours, fit quelâef-nteute nâeutlefucces que les chefs dâicelle auoyent pro-poîc. Or dâvn collé,ce Duc commence à faire des delpef. ehe'', le lendemain. En vne au gouuerncur dâOi leans fur-ptife amp;nbsp;apportée au Roy, il efcriuoit ces mots, Auertilfei nos ansis de nous venir trouuer en la plus grande diligence quâil s pourront, auec cheuaux amp;nbsp;armes, amp;nbsp;fiins bagage: ce quâils pourront faire aifétnent, car ie croy que les chemins fonrlibrcs dâici à vous.lâay desfait les Suiires,tai!!« ea pieces vne partie des gardes du Roy, amp;nbsp;tiens le Louurc in-
' iiefti de fi pfcs,qtieie rendray bon compte de ce qui ell dedans. Celle viftoire eft fi grande, quâil en fera mémoire à jamais. Le qu.itorziefme de May autres lettres enuoyces à liNoblelfcLigueufedelaBeauücamp;pays voifins, furent caufe que plulieurs montèrent incontinent à cheualpour sâacheminer à Ãmocncy, qui eftoit le rendez-vous de ce quirtier.MaisIe lendemainils furent contreinandez par ce gouuerneur dâOrléans qui leur eferiuitces mots, NoTht et grand nafieu executer figt;n dejfiin, sâeflant le Hay fauué a Char-tres:jgt;arquay iefuis dâauis ijue votes votes retirie'^en vos maifiiis lef plus doucemenl nbsp;nbsp;nbsp;pourrel^,fisns faire femblant dâauoir rien veliL
amp; à ttây penfig^eflrefiurtment, venegici. le voue prie tjue Cfjîe
I /èr«epour votes pour mefiieurs de Killecomblin Cigongnes . ' de Aiarchenoir. Etmâexcufez,fiienevoiesefiriparticu!ierementl a chafiun ; ce tteà que ie foisgltrieHX,nifol,niyure : mais ie fuis fi' eljierdu queie nefiayeequeiefay.Tyon autre collé,le Duc del Guife,moullrant vn vifage marti,crieapres le peuple, fait cclfer çà 8e là tes outrages amp;nbsp;le meurtre des Suifles, com^f mande quâon rende les armes aux compagnies FrançoifeS ' quiauoyentefté defualizees, St. dont les foldats mene/r comme en triomphe, marchoyent le chapeau en main 8c' tout defarmez apres le capitaine S.Pol, qui en faifoit mon- i lire au peuple. En aptes il les fit mettre hors la ville parla I portes. Antoine: empefeha que lonfift tort au Matefcbal gt;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rs z-s :
Ji.P.lXJfXVIII. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HîNR.1 T»aiSIIJM!lt;
de Biró amp;nbsp;à quelques autres feruiteurs du Roy quiefloyft , -gt; -it demeurez: amp;nbsp;enuoyaBriflac vets^Amba^îà deurdâÃ,gt;ït5le-⢠⢠k-.»'-'.' â terre logé dâsParis,pour lui oiFrirfauuegardejamp;rafleurcr.
Lââbaludeurjperfonuage eloquçt !i doue de grade prudé-cefitaBriflaçSc à la Ligue la leçô qui leur apartenoic,m6-flrât que le Duc de Guife amp;nbsp;(es côpagnôsauoyéccôniis vu aéle en leurs barricades qui feroit trouué trefeftÿge amp;nbsp;tref maiiuars pat tous les Princes de la Chreftiéié,qai y auoyc'.' fl» A« jntereftirefpodit aux vains prétextés ileBrilfac, St mefpriii fes menacesjdeclairâtquâi' auertiroitb Roine fa maiftrtflê q'^' ertortauei'U.Leîi.dunioisjlc DucilcGuilè eüri-trt/, ait lettres aquot; Ibor de Baf'ôpierre en Lorraine,en laquelle il lui uüde que lui amp;nbsp;les liés deuoyét preicnrer vne requefte çe lour la, pour 11 ruine du Duc dâüfpernon ,où toutes fes pei fediôs elioyeot quaqbeeSjfans auoir rie oublié. Qjele jour prccedét il auoitelié eu la inaifon de ville, pour y ad-« mettre la Chappelle efleu Preuoft des marclians, le general Rolâd,Côpan,amp; autres trcfaffedionez ligueurs,pour cfclie lifns QjePerK^nfe parauât prctiod des marchas elloit pri-tôurer dâslaBaftille,8i lesrraillrcs efcheuins en fuite;que le peuple lui cftoit trcfobeiflant, ayât faitredre fans bruit à douze cësSuifles amp;nbsp;prâçois lufques aux efpecs,inoriô$,pic-« ques Si harquebuzes : que ceux de Paris dâvne part prote-floyét dâeftre bós fuiets du roy,mais fous main dç côferuer â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la ligue amp;nbsp;leut ville. Il adiouftoit, le Roy fait des forces Sî
⢠nous aufTitil eft à Chartres,amp; nousà Parisivoilacôme vont ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les afaiies. Apres auoir parlédâHfpeçnô chalfé de Norman
die,de Pemprifonnemét des feruiteurs du Roy en plufieurs -villes ligueufesjil dir,Toutes le.s petites villes enuoyét reco, noiftre Par s amp;nbsp;nous.p.t exhortât Bafsôpierre de venir, vo' . ne nous trouticrez (fait il) defpourueus de moyés ni de re-folutiQ. Quatre iours auparauât il aiioit eferit vne lôgue lettre au Roy cômençât |)ar ces mots, fi malheureux, où en sâcxcuf.int il sâaceufoir, amp;nbsp;parloit fi ambiguemét que ⢠toutes les lignes de fon efent fe pouuoyét prédre en diuers i fens,dót le sómaire efloit.quâil efioit bié marri que le Roy . fc déifiât de lui des fiés fe full ainfi ellôgné de Paris,iulli fiât le fait des barricades fur la crainte que le peuple aiioit dâcrtrerecerchc,amp; appellât la roine mere à tefmoin de fa fin cere intétió. Ce meirae iour il fît des defpefchesaux villes ligueufesjles auertiflà nt de sô fait.St exhortât de fe biégaç der, crainte de furprife,Ceux de Paris en firct aufli Iclédç-
Hm NR I troisimsmm. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;। nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/-
miin,oîi ils parloyent plus clâireæér,en priât leurs afTocicz de fe inaiiitcnir auec eux contre le Roy deNauarre,Sj dâen-üoyer députez a Paris,pour auifer à eequieftoit expedier.
Quant au Roy il eferiuit auflî de Chartres en ce mcfme nr/ioctemS téps lettres a tous les gouuerncurs des prouinces, pour les d« auertir de ce nonuelattêtat,!es chargeât de contenir la No-blelFe amp;nbsp;lefvillescnlabôneafFeftiondontilseftoyêtobli-gez enuers leur fouuerain. Il eferiuit aufli ce mefnie 17. de May aux peuples amp;nbsp;habitas des villes defon royaume pour^~ ...«y les cótenirenleurdeuoir.Cideflusilaeftéparlé de lareque/ lie que le Duc de Cuife difoic deuoir ellre prefentec cotre Efpernô Le fommaire dâicelle eftoit,quâil plcuft au Roy tô tinuer fa poinfte pour exterminer entièrement ceux de la iâ n^ut-Religiô: en apres chalfer le Duc dâEfpernô amp;nbsp;la Valertc Ion Æ/ frtfintet frere aceufez dâeftte caufe de tousles defordres Si troubles Fâââ qui efloyét au royaume:it«m faire la guerre lui mefnies en Guyéne,donner au Duc de Mayenne charge de lâarmee en Æ Dauphinétamp;pouruoir au foulagemét du peuple.Le relie cô tenoit vne exeufe pour ceux de Paris, iullification de leurs '2/«;». barricades,inflâce à . ce que le gouuernement dâicclle ville fut lailà au Preuoft des marchas amp;nbsp;auxEfchcuins,8i. les offi ces dâicelle cóferez parelcélióenlâhoftel comun.Lar^fpofe du Roy fut que pour remedier à toutes les plaintes contenues en cefte requefte,touchant les defordres du royaume, abus amp;nbsp;maluerfatiôsqui sây cômettoyent,il en remettoit la decifiô à lâaflemblee generale des Eflats quâil deliberoit cô uoquerà Blois le i^.dâAonft enfuyuâtiquelors il pourtioye toit en icelle alfemblee à la crainte que les requerâs difoyét auoir de tôber quelque iour fousda dominatiô amp;nbsp;puiffancc des hérétiques. Au regard de la plainte particuliere cotre Ef peinô Si la Valette,il fe môllreroit Prince cquitable,droitu
' rier.ayâtp^urfon principal but dâadminillrci iiifticeà tous â fes fuicts,fa,ns faire tort ni iniure à petfonne.Cefte lefponfe faite fur la fin de May,Efpernô amp;nbsp;la Valette péferét à leurs _afaircs.amp; fe retirerét vn peu à l'efeart, dâoù ils procurerét à ceux de Gtiifé des benefices dót les ligueurs ne fedoutoyée pas.Outreplus ils publier éc vnerefpôfc auxaccufatiôsdref-lèesà lâécoutredâciix,notâniétcôtreErpernôà cauléde fon Voyage vers le Roy de Nauarre,fcs entreprifesfur Câbray, fes iiuclligéces auec'Cleruâ,fes pourparlers auec lefieur de ChaftillôjfcîfaucurscnutrslesReiftrcsjSÃauâcemétaupres
,0.0.-gt;b
HiNR J TISUKIUI-
U.P.tZXXVIH.
quot; duRoy.PuisildefcouuroyentparticulieremétlesdcfleilH de h Ligue, amp;nbsp;remettoyét à la prudence du Roy de dilpQ-fer dâeux amp;nbsp;de leurs EftatSjfelon que bon lui fcnibleroir. ÃiHlltttf- La Cour de Parle ment de Paris auoit député quelque?
corps vers le Roy à Chartres,pour excufer de ce palfc, amp;nbsp;pourappaiferlc Roy , qui femonftra Itment lt;Lt aifé à manier, remonftrant quâil nâauoit iarniis donné aux Parilîeus ofcafion dâellre mal contcns de lui, quâil nâa-.. uoit nullement prétendu à les fouler, ni à fe venger deç particuliers: mais quâil les exhortoit de le comporter telle-mcnr,quâils ne le contraigniffentpas dedefployer Ion pou uoir-.adiouftant entre autres mots ceux ciiVous fcauèz que la patience irritée tourne en fureur, amp;nbsp;combien peut vu Roy offenfe'. lâemployeray tout mon pouuoir, amp;nbsp;ne laif-feray aucuns moyens en arriéré, pour me venger, encores que ie nâayelâefprit vindicatif. Mais ie veux que Ion fache que lâay du cÅur amp;nbsp;du courage autant quâaucun de mes predccelfeurs. le nâay point encores depuis le temps que ic fuis appelle à la Couronne par le décès du Roy mon fre-re, amp;nbsp;depuis mon retour de Pologne, vfé de rigueur 8c fe-uerité enuers perfonne. Vous le fçauez amp;nbsp;en pouuez fort bien tefmoigner.Auflî ne veux-ie pas que lâon abufe de ma çlemence 8c douceur.le ne fuis point vfurpateur: ie fuis legitime roy par fucceffion.comme vous fçauez tous,8c dâv-nerace quia toulîours doucement commandé. Câeft vn
contc,deparler de la Religioniil faut prendre vn autre che-minril nây a au monde Prince plus Catholique,oe qui defi-re tant lâexftirpation de lâherelîe que moy : mes aélions 8à ma vie lâont alfez tefmoigné à mon peuple, 8c voudrois qu'il raâeull coufté vn bras, amp;nbsp;que le dernier heretique full en peinture en celle chambre.11 dit particuliereownt à ces députez. Retournez faire vos charges : vous nedeuez rien craindre,mâayant pour vous. le veux que leur faciez bien pntendre ce que le vous di.
e-u- afaires paflans ainli,ceux que la Ligue auoit de fa re-tenue en Cour procuroyenc quelque accord 8c voyans fiul/nijig. que le Roy,intimidé par fa mere, y enclinoit, remirent fus les articles de ^Jancy, quâils polirent 8c augmentèrent de nouuelles demandes, 8c commencèrent à sâappeller Mef-/leurs les Princes vnisicôbien quâen toute leut Ligue il nây V* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;eut quâvn Prince du fang, afçauoir le Cardinal de Bouibô,
* /⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;guileurléruoitde leurre. Combien que le Roy vill iout Ã
H E N R. I TROISnjM«.
jo/
triuers ces articles,toutesfois calant voile, amp;nbsp;fans auoir ef-gard à lâinnocence de ceux de la Religi on , qui nâauoyent point depart à la ligue,il accorda dedans Rouan lâeditiou-thant rVillon de fes liiiets Catholiques au hiois de luillet: portant quâil ne teceuoit autre tchgion en France quela Romaine,promettoit ne faire iarnais paix ni trefue auec les licretiques,ni aucun edit en leur faueur. Vouloir que tous 1*^', nbsp;nbsp;nbsp;/
fes fniets le ioignilTcnt auec lui gt;pour employer cnfemblé leurs moyens amp;nbsp;vies pour lâextermination deldits hcrcti-qucs.Quc fes fuietsiuraffent de ne prefter obeiffance apres lui à Prince quelconque qui fuft heretique ou fauteur dâhe refie, degradoit de toutes charges publiques en temps de paix 8c de guerre ceux de la Religion.Promettoit routefa-ucur aux Catholiques Romains, moyennant quâils lui fuf-u fent fideles amp;nbsp;obeilfans, que tous de quelque qualité quâils tulfenr fe departiffent de toutes vnions, pratiques, intelh-gences,ligues 8c aiîociatiôns j tant au dedans quâau dehors du royaume, contraires à lâvnion quâil faifoit par ceft edit à fa perfonne 8c aurdtité royale,pareillement à celle des enfant quâil plaieoit à Dieu lui donner. Declairoit criminels de Lefe Maicfté ceux qui refuferoyent de figner celle nou-uelle vnion,Sc qui puis apres sâen departiroyent : abolüTint au telle tout le paffe. Ceft edit ayant efté cmologué 8c pu-
blié à Paris 8c ailleurs, la Ligue comrrience à ferefehaufer, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;:
amp; fes premieres eftincelles sâadrefferenfà ceuxdelâReli-'^?â'*^'*;-â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, r I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;frf eiuxdt
gion , contre lelquels on prépara deux armees, lâvncpour Poidou,lâautre pour Dauphine. Cependanr,le Duc de Sa-Uoyesâapprelloitpour le Marquifat de Salulfes, donc il s empara toll apres ;8c lâarmeeinuincibledâEiâpagnecon*-pofeedâvneflottedecenttrentegrandsvaiflcauxdeguer-.â\ tCjoù il y auoit vingt mil combatans,8c pres de deux mille â¢!»-».⢠pieces dâartillerie auec infinies munitions elloit en mer pour lâAngleterre, pres des hautes de laquelle elle fut diffî--^ pee. Le Duc de Parme elloit prell auec vne autre armee a Donqüerque,encores plus puilfante en nombre dâhommes que lâautre,pour faire vn autre grand effort. Combien que lâAngleterre full le pretexte,fans doute la France eufl eu fa pârt des coupstmais ces deux armees dâEfpagne fondues en mer 8c fur terre , la Ligue en France fuiuit les expediens . Qu'elle auoit plus à la main.
Le Duc de Guife entendant par les principaux du Coq* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'*
M.D.LXxxvnr. Henri hoisujmi.
Cui/i vitnt feil delà Ligue,que fa prefence en Cour eftoitdu tout ne* tnCtur, ceifairCjïpres la publicatiô de lâedit dâvnion,8lt; auoir pour-(QQj (noyés polîiblei à Ion alfeurante,fortit de lâa i ajatrti, jc^pagné des roines amp;nbsp;dâvn grid nôbre de les partifiUS' Le Duc de Neuers amp;nbsp;le Marefchal de Biron,qui auoyct rouf ioiirs elle auec le roy,lui vindréi au deuât.A fon arriuee eu Cour les eacelfes,plaintes,excufes,prières,proinelfes, con-â gratulations 8c dilfiinulations,furent telles refpediuemenl qu'on peut penler Tort apresjlc Duc deGuifèfit drelfer fa table de gv.îdMaiftre,8t ordonner des inoyês alfeurez pour rentretenenicnt dâicelle:il obtint lettres degrâd Maiftre en la gendarmerie Françoife,gradeaprochant de la dignité de Coiinertable,fit faire declaratiôquâil nâelloit expediët quâil ; ellôgnall Paris, au rnoyendequoy le Duc de Mayenne,fon A ficre, fut efleu general pour lâarinee en Dauphine ; le Duc dcNeuers eut charge de celle qui sâacheminoiten Poiâou, amp;nbsp;la Chaftre gouueriieur de Berry fut ordôué grâd maiftrï de câp.Cheuerin Chancelier, Villeroy fccrctanc dâEftat amp;nbsp;quelques autres fe retirèrent de la Cour par cômandement Ctux il It du Roy »duquel le Côte de Soiflbns sâapprocha. Le Roy de Nauarreentendât quelâarmee de la ligue sâesbrâlloit cotre fitit à iuK. lui reprint en ce temps Tide des forts amp;nbsp;lechafteau de Marans.Qu.ïc aux âfaires de Dauphiue',elles elloyent en tel e-ftat dés lâan prccedcnt,par la vigilâce des ficurs des Diguie res,Pocr,Briqueniaui,Gouuernet,Morges, lilacôs 8c autres chefs de la Religion (nommément depuis la reprifede Monteiimart, où par la vaillance de Poet 8c autres les Ligueurs perdirent près de deux mil hommes tuez, auec le Comte de Suze 8c autres Seigneurs 8c gêtilshommes) qne le Duc de Mayéne ne pouuoit pis faire pour acheucr de per .... dre fon crédit,8c fe voir en dâger de tout le refte,sâil sây fuft acheminérauffi fut-il plusrctenu,feconté[it de venir à Lyô, où il dtcira dâautrt-spratiques.Madelot,gouuerneur,ne la fit pas lôgue apres,ains mourut côme les Eftats sâaffembloyéf.
Tous ceux de la Ligue tât dédis que dehors la France a-de S»- uoyent bien en general celle commune in telligcce de rui-»ly» entre ner ceux delà Religion, Mais les defleins particuliers du iaermei. Roy dâEfpagne, des Ducs de Sauoye, Lorraine, Guife,3c leurs feruiteurs,eftoy et différés. Qi^iant au Duc de Sauoye, qui auec armes defcouuertes fit la premiere charge contre la Couroonc de France, al sâeflicQoitd'auiri bonne roaifoa queceu*
Hsnri t r o 1 s I e s m £. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;308
i ^ qtle Ceux de Guife, pour auoir fa part de la pieccifur tout ce J.,» 1 Suielloiten la bicnfcaiicc poureflargir Itslinutes. Ainlï
«lonc,corne lô elloit apres celle alfembice de Blois,amp; que le Dde de Mayenne fe promenoac à Lyonjcclui dçSauoyca-Ueefon armee fit irruption au Maruuifat de_SaluHes gt;nbsp;où il auoit acheté des homes qui lâattenaoyent,iurprint la ville amp;nbsp;forttreffe de Carmaignole,magafin dâannes 3c de muni-â tions de guerre pour la t race delà les monts ife rendit nvai-I lire de Rauel amp;nbsp;des autres places: ce qui esbranfla ayeune-I ment ceux de Dauphinétmais leDuc de Sauoye n'eitâcpaf-j fé outre,Sc de Mayenne ne bougeant de Lyon,chafcu penfa
que c'cllüic vne guerre cotre lâEllarj plus que contre ceux I de la Rcligion:amp; que chalcun vouloir tirer amp;nbsp;porter au clù ! peau quelques plumes du coq. Celle nouuelle apportée i
Blois fafcha les vns amp;nbsp;fit leuer les oreilles aux autres,nota-nient à ceux qui cuidoyent que ce renfort de tropbles faciii teroit leurs delfeins, 3c que le feu eftant allumé en diuers endroits.cetiriquâon pretendoit attifer au cÅur de la Fran-ce,prendroitplusaifémcnt 3c neferoitpas fi toll eftemr.Le Duc de Sauoye pallie fes aétions de belles excufes,(üriout enuers le Pape , amp;nbsp;par le moyen des agens dâEfpagnc frit trouuer ce fait fupportable pour le temps, fe fouciant peu ' des menaces du Roy,lequel il eftimoit autant que perdu,ou tant empefehé, quâen fin encore feroit il tout aife de vente à capitulation, crainte dâauoirpis, fur tout à caufe du Roy dâEfpagne, pat lâaueu 8c argent duquel fe failoit vu tel remuement . Sc qui par les bras de tant de Princes vouloir a-foiblir la France, ayant de tout temps peur quâelle lui faute au collet,G elle elloit paifible en la maifon.
Pendant que lâarmee iniiincible dâEfpagne, tant par mer i que pat terre sâen alloit en pieces par vn iugement dutout^^ ^^^â^* extraordinaire,lâaffemblee des Eftats de Blois yaprochant, ^^iprecti» chafeû sâapprella pour y veninla porte eftât ouâüerte à tous, tei harnn-fors à ceux cie la Religion.Le Roy,lesroincs amp;. tousles Sei-^««». giieurs de la Cour sây acheminerét.Et pource que les desfiâ ces nâauoyét pas cfié fuifisâment couuertes, encores moins fouldees ou guéries pat celle fueille de papier de lâedit dâv-niôjni par les carefl'es courtisänesjes vns amp;nbsp;les autres efla-j ÿerent de sâalTeurer.Le toy fe fortifioit de fon coftéila ligue femblablementjles chefs dâicelle ^yâs dôné ordre que leur» pactisât y vinflent forts,nô pas en armes,mais en fufFrag«
MO.IXXXV 11 I, HlNRt TROISIEIM«.
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;voixjlefquellcs auoyent eÃepratiqueesaifementdelico
en lieuparlcsprouincesjoù pctis amp;nbsp;grand« de longue main eftoyent tournez à la deuotion de ceux de Gujfe.amp; atteins '⢠dâvne haine immortelle contre leur Roy, Ainlî donc la Ligue ayant.de fon air, corrompu les opinions des François, sâafleura deparuenirlors au comble de lès dcfleins par la pluralité des auisnoint que les plus grands Ligueurs de Paris amp;nbsp;de toute la France furent choilis pour fctrouucr à ce-fte folenmté.qu'ils appclloyent le tombeau du Roy de Na-uarre 8t de'ceux de la Religiô, lefquels penfoycnt à fe recommander à Dieu, amp;nbsp;sâapreftoyent pourfouftenirlâarmee que le Duc de Neuers menoit contreeux,dont nous parlerons ci apres: ayans marqué ce qui fe pafloit auxEftats ,où les Princes de Montpenlîer,dc Conty,amp; de Soiflbns fe trou uerent aufTi.bc pource que le Prince de Conty sâeftoit ioiut i lâarmee des Reiftres,d;flipee furla fin de lâan 1587. fapre-fenceeftoit fufpeéleà plufieurs: ce qui occafionna quck ques vns des fiens lui confeillcr quâil enuoyafi à Rome pour auoir ablolutiommais prenant autre auis il nâen voulut rien faire. Le Comte de Soifibns auoit obtenu bulle du Papc.pour auoir fuiui le parti du Roy de Nauarre,aucc dau fe de renuoy pour lâabfolution au Legat, qui lorseftoità Blois,3c en fit de grandes difficultez. Au refte,letrres furent enuoyees par toutes les prouinces à ce que les Eftats particuliers fe hallaffent d'enuoyer leurs députez, pourueti quâils fuffeut Catholiques Romains : car autrement il nâe-Roit permis à aucun de la Religion , ou foupçonné de fa* uorifer leur parti,de sây trouuer.
euuerturt Le Dimanche a.iour dâOftobrc fut faite vneproceflîon E/iatt Ãgfj folennellex Blois,à laquelle le Roy,la Roine, les Prin-ces,Seigoeurs,courtifans St députez airifterent,fuiuis d'ir-* , ne grande multitude de peuple. Puis le Dimanche fuyuâr, le Roy,les Princes, Seigneurs amp;nbsp;tous les députez des trois Efiats firent leurs Pafques aux Cordeliers, afin de confer-merlâvnion 8c correfpondance qui deuoit eftre entre eux * tous en la perfeâion de leur entreprife.En la femaine fuy-ijante les députez furent occupez à creer les Officiers de r.ilfemblce de chafeun ordte.Le feiziefme du mois, les députez eftans tous affemblezenlagrâdefaleduchafteau, le Roy fit rouuerture par vne longue harangue,dont lefoifi-rnaire fut, vneproteflafion de la lânccre afficâion au bien repoa
Henri TRcfijitsui.
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amp; repos de fon royaume, à la confcruation de la Religion ⢠Catholi(jue Romaine, alâexilirpacion de lacontraire par a toutes les prouinces,à rentrctcnement de fon edit dâvniô,^/^,^. â à Ja reformation des defordres furucnus en lâadminiftra- * â ' tion des cliarges tant ÃcclelùRiques que feculicres,à la rc-Ãauratio de toutes chofcs belles amp;nbsp;bônes pour remettre le royaume en fa fplendcur.à lâabolition de toutes Liguesex-tetminees par fon edit dâyniou, amp;au rciglement des fi-nancesiadiouftant quâil vouloir fe lier par ferment folcnnel fur lev S. Euangiles, St tous les Princes, Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes quilâafliftoyentenceft cilice, auer tous le: députez de Tes Eftats,fur la communion delà Mefle,d'ob.
ferner toutes les chofes quâil auroit arreftees en ces E-ftats, comme loix facrees, fansreferuerà foy mefmelali- ni»«, cence de sâen départir à lââuenir, pour quelque caufe, prétexte ou occafion que et füft, amp;nbsp;l'enuoy er aufli toil âpre: par tous les parlemens amp;nbsp;bailliages de fon royaume, pour eftre fait le femblable,tancparleClergé,laNobleffe,que par le tiers Eilac,auec declaration que les oppofans demeu-reroyencatteinis du crime de Lefe Maiefté. Le garde des féaux fuiuit, puis lâArcheuefquede Bourges fît au nom de tous les Eilats vn ample remerciement, le Baron de Senc-cey pour la Nobleffe ,amp; le Preuoft des marchansdePati: pour le tiers Eftat.le fécondèrent, fc conformans tous à ce que le Roy auoit dit. Deux iours apres^tous eÃans raffem-blez, le Roy fit lire vne declaration par efcrit, portant ert fomme,quâil auoit ordonné 8c ordonnoit que fon edit dâv-nion du mois de luillet fuft 8c demeuraft a iamais loy fondamentale 8c irreuocable du royaume; voulant quâil fuft gardé par tous fes fuiets prefens 8c à venir. Apres la Icâure de cell edit dâvnion, (duquel nous auons reprefenté la fubftanceci'deuant) lâArcheuefquede Bourges fit, parle commandement du Roy,vnc exhortation aux Eilats,fur le ferment folennel du Roy, 8c par lui requis de fes fuiets fut lâentretenement de cell edit dâvnion. Puis le Roy adiouila ces motSiMeiTieurs .vous auezoui la teneur de mon edit, 8c entendu la qualité dâicelui, 8c la grandeur 8c dignité du ferment que vous allez prefentement rendrc.Et puis que ic voy vos iuiles délits tous conformes au mien, ie iuretay, comme ieiuredeuant Dieu, en bonne 8c faine confcience, robferuation de ce laien edit, tant que Dieu me donoeta * ** e â¢*gt;
M.p.itxxv 11 J. Henri tröisiïjmé.
la vie çà bas: veux 8c ordonne quâil foitobferuéà iamais ea mon loyaume, poui loy fondamentale, ht en telÅoignar ge perpétuel de lacorrelpoiidance Si. ducoufenteraent vni-ucrfel de tous les Ertacs de mon royaumes vous luterez prclentemenrrobferuation de ce imcn edit dâvnion, tous dâvnevoix: mettant par les Ecclelîaftiques les mains à la poiftrine.Sc tousles autres Ieuans les mains au ciel. Ce qui fut fait auec grand aplau dilTemeot amp;nbsp;acclamation de tous« crianSjViue le Roy.11 fit drefler par eferit vn aôte de ce fer-ment-.couché Si Cigaepît fon premier fccretairetpuis il alla en groffe troupeau grâd ternie où fut chanté le TeDeuntt au grand contentement du peuple.
mehen Ligue sâeftant es années precedentes auancee pied à âu Duc ^»piedjcftoitlorsà cheual, Scdelà enauant le DuedeGuife, Cuift irfts aflîfté du Cardinal fon frété (le plus factieux qui fuft en «ntrtprinyêj tout ce parti) 8c de plulîeursautres, commence aafufter pâérfmuf'du nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dedans Blois contre le Roy mefne.pour obtenir
le ferment flat du rtj. prefté,le rcculoit de fes patentes,8c que la Ligue sâèn alloit lt;/lt;/;»« enfeuelie par lâcxpedient que le Roy auoit trouué,qui don tioit à penferplus que deuant à tous les Ligueurs.Peu apres quot;xtcutan a riurenient fufmentionnégt;les députez des Eftats,entre au-mert dâict- rcqueftcs, prièrent le Roy de réduite les tailles à celles lui diCuifi de lâannee iJvO.cequâilleur accorda, pourueuquâils don-le if.icur nalTent les moyens de remplacer le fond 8c fatisfaire à lâen-f®'«'âslt;ââent de la dignité Royale Sc de lâfiftat, 8c de Lire
' la guerre que tous auoyent demandée 8c iuree fi folennel-lemenr, donc eux mefmes »uroyée radminiftration des de-. niers. Sur ce, le Duc de Guife dâvn collé difluadoit le Roy dâaccorder cela,difanc qu'il sâen deuoic faire croire,8c qu'au tremeatsâclloicraualer trop fon auihoritéide lâautre,il pref foie fes partifans de faire celles inllances pourfuites, non pour enuie de voir diminuer les exaélions, defqbelles iuf-ques alors il auoit de fois à autre tiré des pieces: mais pout rendre le Roy necefnteux,ou odieux à fes fuietsieftant re-» foluen fonconfeil,quc fi le Roy refufoit celle demansle,il romproic les Eftats, pour fe faire eftimerpar tel moyeu le Pere du peuple. En confeil priué.il rabrouoit à tout propo.s ceux qui ne parloyent à fon gré,tellement que les opinions
( '⢠ijây ettoyent pluslibrcs.Ceux quele Roy 8t les Parlemens â¢â¢ iugcoyèat infupportables en France tfouuoyçnt fupport pres
Henri f roisusmi.
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pres de ce Duc, qui faifbitflefches de tout bois, efcriuanc t. \ par toutes les prouinces que le Roy sâeftoitietté entre fes i'Ift â¢. rJ bras, que rien ne lui clloit impoffiblc ; parlant gros a quel- ,»«,,ÆÂ»Â»Â»â¢/. ques députez qui refufoyent de dépendre entiereuieut de lui, amp;nbsp;de changer les cayers à fa volonté. Tous les iours à heures rciglees fe tcnoit en fa chambre vn con-fcil fur les chafes propofccs amp;nbsp;à propofer: puis on aui-foit à ce qui sâen deuroitconclurre en pleine airemblte, oîi (à la veue de chafcun) les brigues amp;nbsp;la violence a-Uoyent le deffus.Dauantagc, le Duc auqit tellement pour-ueu à fes afaires,quâil fe tenoit pour raaiÃre du chaÃeau de Blois,amp; de la perfonnc du Roy,nây ayant portCjfalle,ni cabinet, donc ilnâeufl les clefs,auecapareil amp;nbsp;prouilîon dâarmes , inutiles aux exploits de guerre, que Ion trouua pui» apres. Ses gens enuironnoyent le Roy: amp;nbsp;quant aux compagnies dâordonnances cflablies pour demeurer autour de Blois, durant les Eilats, le Duc leslicentia, iufques à c* xempter par lettres fignees de fa main amp;nbsp;feellcesdu feail de fes armes les habitans de Romorantin, de receuoir vne compagnie,8t defendre bien expres au Commiffaire general des viures, de leur demander aucunes munitions pour icelle compagnie ou autre. Se trouuant au cabinet del« Koine mere pres du Roy aconipagné de plufieurs Princes amp;nbsp;Seigneurs,quand ce vint à propofer les crimes de Le-fc Maieflé, entre lefquels eftoit celui des Ligues dedans ÃC dehors le Royaume, pour les faire iurer 8t renouueller et» prefence des EÃats : fa tefponfe fut quâil nâen feroitrien, quâil ne les iureroit point, que sâil faifoit faute, le Roy le , fiÃchaflier. Cela encor nedefcouuroitlaracfchequede loin: mais outre les lettres amp;nbsp;memoires que le Roy auoit receus couchant les pratiques amp;nbsp;recerches d'amitié que Je Duc de Guife auoic faites auec le Roy de Nauarre amp;nbsp;autres de la Religion dedans amp;nbsp;dehors le royaume : le Roy eut auis de diuers endroits quâil penfaà à foySi à fon E-Rac, pource que la Ligue ne vouloir plus lui lailfer le goiiuernemenc. La dclfus, le Duc de Mayenne qui élloit à l, i,. Lyon , lui manda par vn cheualier dâhonneur enuoyé érdtf expres, quâil fe donnaà foigneufement garde de fon fre- tmnrt at re le Duc de Guife, lequel pour certain auoic vu mauuais deUein contre lui: mais ne fçauoit le céps de lâexecution.Le « PHçdâAHnale» lMi6(rneautre defpefchecnaçfnç(ép$/srtnr
W.B.tttxvui. Henri troisiesm«.
i«»« j«â,/ peffonne je creance, IâauertifTant quâU sâeftoic trouu^ ««lt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;«uoât efté refolu gue le Duc de
â¢^rölâixe- óuifefe faifiroitdclaperfonnedu Roy, amp;lemcneroit si cvtien. Paris. Tant dâauertiflemens ,auec la confideracion de tout le paffe,notamment depuis lâan nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ce qui (e negocioit
de jour Sc de nuift dans Blois, firent que le Roy fe voyant fur le bord dâvn precipice, refolut dây pouffer (és ennemis. Le Duc de Guife eftoit dâautre parc amp;nbsp;de tous cofteza-uerti que toutes les ceremonies fufmentionnees tenues par leRoyauec lâeditde lâvnion amp;nbsp;ce qui sâen eftoit enfuiui, ne tendoyent quâà lâattrapertquâil fe fouuinft des barriqua-des,amp; de ce que le Roy auoit par plufieurs fois depuis* tant en public quâen particulier, declairé, quâil nâauoit aucun temord de confcience de brigues ou menees quâil euft faites, amp;nbsp;que fouuent il defcouuroit affez vne trefmauuai-fe volonté contre les chefs de la Ligue. Ilferioit de telsa-uertiffemens,mefmes le iour precedent celui de fa mort, fe mettant à table pour difncr il tcouua fous fa fetuiette vn petit billet, lâexhortant de fe donner garde, quâon vou-loitluiioucr vn mauuaistour; foudain il fc fait apporter vne plume amp;nbsp;de lâancre,puis efcriuit de fa main , O» rsit, amp;nbsp;letta le billet fous la table. Le Roy;deliberé de sâen desfaire dcfpefcha force léttres,pourueut aux feuretez ne-.ceffaires,pour empefeherque fon aduerfaire ne le preuinft, .dans la ville fil au chafteau.Levitigttroifiefme iour de Décembre venu, le Duc de Guifeamp; les fîens furent affem-
Jtâr.âr blczen confeil dans vne chambre proche de celle du Royst lequel eftoit auflï en fon cabinet auec quelques Seigneurs
Æ amp;nbsp;gentilshommes.Entre les gens de fa g3rde,des quelques â années le Roy auoit quarante cinq gentilshommes, la plit-fpart dcfquels pour eftre cadets amp;nbsp;priuez de moyens dâen-ti etenir vn grand trainauoyent efté inttituez, par lâauis du Duc dâEfpernon,Ieur promoteur,amp; autres, pour eftre pluâs proches de la perfonne du Roy, Ces quarante cinq cftoyéf,â
I «, înfinimentrui'peftsauDucdeGi!ife,quiauoiteffjyéquel-â*5*â* quesfois de les faire caffer : eux auftilâaimoyent aufti pcij .1... (H* nbsp;nbsp;qu'vne efeharde en leurs yeux. Le Roy en fit venir fept ou
huit des plus a{reurez,8{ leur tint propos fur lesafairesquî le pfcffoyent,declairant les certains auis quâil auoit des attentats contre fa perfonne amp;nbsp;couronne. Peu apres il en-iioyc appeljer le Duc de Quife , qui changeant de couleur 8t coiiî;
Henrt TRMSÃSMI.
amp; comme s'il euftfenti quelque défaillance,enuoya quérir nbsp;nbsp;l.
(des raifins,amp; en mangea. Auât que partir de la chambre du ill'llâ»'' H Confeihil auoic demandé vn mouchoir blâc, mais on ?olta ^**,^**;Z, au page qui le lui âportoit,amp;fut trouuévn billet lié dâsvn des bouts dâicelui,contenant ces mots en fubftancc,fortei
»He
amp; vous fauuez,autrement vous elles mort. Comme il entroit en la ch.imbre duconfeil en lâalleeconduifantà celle du Roy,fa deshancc fc redoubla , voyant les gardes autrement difpofces que de coullume, amp;nbsp;fut fur le point de retourner : mais rafléurant fon vifage il pafla outre , amp;nbsp;entra dans la chambre,le Roy eftanttoufiours en fon cabinet. De longuemain il auoic foupçon que lâvn des quarante cinq, nommé Lorignac, auoit entieprins de le tuer. Comme il sâauançoicenceftechambre, amp;nbsp;sâaprochoitdelaportedu cabinet, il delcouureLongnacaffisfur vncofre, les bras croifez. Son foupçon sâenflamme,amp; lui court incontinent Contrermais Longnae 8c les autres plus habiles, executans nbsp;nbsp;nbsp;â ,
ce qui leur auoit cRécoraiiAandé, le tetraflent 8c defpef-Vâ**,***â çhent à coups dâefpees fur la place,fans lui donner loifir dt f gueres parler- 11 fut quelque peu aux traits de la mort. 8c \ veu (1 ce quâon dit) en tel eftat par le Roy 8c les autres qui fortirent du cabinet pour voir mort celui qui es dernier» ans de fa vie auoic donné tqnt dâalarmes à foy mefmes 8c à vne infinité dâautres. Celle execution ne fe pafla pas fans bruit,nommémét de la part du Duc aiuli enferré,ce quâentendu de la chambre du confcil, où elloyent fes adherans, |e Cardinal de Guife,fe doutant de mauuaife mcftirc,print lâefpouuante.Sc fortitau grand pas,pourfe fauuci: mais a-çonfuiiii d'vn qui auoit commandement aux gardes Ef-çoflbifes, il fut arreftéprifonnier, 8c incontinent apres le Cardinal de Bourbon, le Prince de leinuille, le Duc dâEI-beuf jlâAtcheuefque de Lyon , 8c plufieurs autres du parti du feu Duc, fut aufli prins Pericart fon fecretaire . auec tous fes memoires 8c papiers , par lefquels le Roy defeou-unt particulièrement plufieurs deffeins 8c feercts confeils delà Ligue, 8c conut de plus en plus fes bons 8c mauuais feruiteur', La Roine mere femonftradu commencement cmuntnst. fort efineue de cell accident, 8(C dit quelques mots vn peu à quot; rudes à fon fils: niais le mcfmeiourelle côpofa fon vifage; d'p'f«. â¢Â»* quine dura gueres,corne nous (e dirôs ci apres au cômence- fquot;âquot; ment de lâannec 1589. Le Legat du Pape anerti de ce coup, ⢠«quot;en cfmeut peu,ce fembloit : 8c prie dâinter ceder enuerslc
it.D.LXxx VIII. Henri trouiismï.
Roy pour Ia vie du Cardinal de Guife , il promit sây em^ . ployer,amp; dit on quâil le fit: mefmes plulîeurs tenoyent que
â¢â¢ â¢â¢â¢â - touyfchift terminé en la mort du chef. Mais comme vn . cowrefleué, amp;nbsp;qui pertfeeftre prochain de quelque grande amp;/:xtraordinairement fauorable profpcrité,nepeutai(é-njent patienter,fe voyant raualé,ou emporté bien loin ar-«ere de fon efpoir:ainfi ce Seigneur,dâcfprit merueilleufe-inent prôpr,amp; qui nâembralfoit rien de petit,tonnbé fi fou-dain de Ci haut, amp;nbsp;tranfporté de douleur à caufe de fes pertes domc(liques,ne peut fe contenir que par paroles bouillonnantes de cholere defmefuree il ne lafchaft plufieurs menaces, qui paffoycnt encore plus auant que les deflcins Wsrr ^âdefonfrere,duquelileftoitlebrasdroit.ns'enuelopadonc ^râinal « langue cffrenee en mefme punition, eûât iugé coul- -⢠nbsp;nbsp;' pable de mcfmecrimequâilauouoit amplement: de forte
quâil fut tue' quelques heures apres dedans fa pi ifon. Les partifans de la Ligue, logez es fauxbourgs, ayans oui le ' ⢠vent de ce qui eftoit auenu.fc donnèrent lâalarme fi chaude, , que iamais ceux de la Religion ne partirent du fauxbourg de S.Germain des prez à la S.Barthelemy lâan if 71. fi hafti-uement,8c fans bottes,que firent la plufpart de ceux ci : de forte que ceux qui le iour precedent euflent prins au poinél dâhonneur amp;nbsp;appelle au combat à outrance quiconque les euftappellcz Royaux ouPolitiques,renioyent lors comme meurtre le nom de Guife amp;nbsp;de laj^ue. Le lendemain, le Roy qui auoit incontinent apres lâexecution enuoyé diners pacquets ça amp;nbsp;là : de donné charge à quelques vns de ïâalTeurer du Duc de Mayenne,afin quâil ne remuaft, comme il fit incontinent apres,fit entendre aux Eftais, de nou-ueau affemblez, quefonintention eftoit quâils fuflent continuez, auecrefolutionde fuyureleurs raifonnables con-feils.Le Comte de Briffac y fit vne haranguc,pleine de congratulation, amp;nbsp;dâexhortation au Roy de pourfuyure à faire la guerre à ceux de la Religion, quâil defehiroit par toutes fortes dâoutrages,amp; requeroit quâon leuroftaft touteefpe-rance de grace:imaginît quâil leur en pourroit prendre come aux deux chefs,aufquelsilauoitadhcré,amp; dôt les corps furent réduits en pouldre parle commandement du Roy.
£» Wti rff reprendre ce qui concerne ceux de la Religion, le ruerré âdu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nâuarrc, entendant que lâarmee de la Ligue, dont
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tn Poiftoii, vint a u Rochelle pour aujfer aux afaires plus «â»ââ'f Vrgens.ta ilentcndit au inoisdâAouft,que le Duc de Mer-cÅur, 1âvn des chefs de la Ligue, amp;nbsp;gouuerneur de Brera- b i â â nrg,« gne, ertöte parti pour aflieger Montagu .gardé parle fieur de Colombieres,qui aux approches auoitrudeniet tafle les aflicgeans,amp; tué les plus affeurez. Surce, MercÅurauerti que le Roy de Nauarre eftoit à la Rochelle,il sâimagina que câeftoit pour faire leuer le fiegetpourtanc fe refolut il de fai re retraite à Nantes, où il fe trouua trois iours auant que le Roy fuft aproché de Montagu.laiflânt pour arrieregarde le regimen deGcrfty, lequel fut desfait par le Roy, les vns tuez, fur la place,les autres prinsà merci, leur colonel blef-féjfe fauuant apres fon mailtre. La charge fut faite à deux lieues pres de Nantes, huitenfeignes furent enleuees aucc tout le b,)gage,8t quaire ces cinquante prifonniers emmenez, Le lendemain, comme il pretendoit attaquer Cliflbn ville Scchafteau, il fut contraint tirer vers Angoulcfmc, pour defgager dâentre les mains de la Ligue le Duc dâEf-pernon. auquel on tua quelques domeftiques 8e officiers, amp;nbsp;lui mefmes par lâcfpace de deux iours 8i demi fut affiegé amp;nbsp;aflailli de pre«- au chafteau,en trefgrand danger de fa per-fonne. Mais ayant erté fecouru à poinft, cefle mutinerie tâappaifa, quelques vns des plus mauuais ayanspayé pour toutlerefte. Il auoit erté enuoyélà pour commander de parle Roy es prouincesdâAnjou,Touraine,Poiftou, An-gouli'nois,8c Sainâongc.-amp; sâapreftoit pour molefler ceux de la Religion: mais en ce mois dâAoiift,pcu sâen falut que lespartifansdela Ligue nele miffent du tout bas. Voila comme le malheur lâacompagnoit, eftant contraint viure parmi fes ennemis coniurez, amp;nbsp;plein de mauuais courage contre ceux qui ne lui auoyent iamais donné occafion de leur faite mai, Le Roy de Nauarre retournant en Poiftou, penfoit aux moyens de s'emparer de Nyort ville qui le dcfdaignoit amp;nbsp;brauoit plus que nulle autre, par les menées du Lieutenant 8c de quelques Ligueurs quiycom-mandoyent. Ils auoyent commis de grandes indigni-tez (ur les cotps de deux gentilshommes de ce Prince , tuez en vne charge pres des fauxbourgs où ils sâe-floyent trop auancez. Mais ne pouuant pour lors ers auoir raifon , il pourfuiuit fon entreprife de Beauuoir fur mer, Paflaat pres de Nantes il vid le ficur de U
.D.ixxxvnr. Hïmri trotsissm«.
Trimouille qui auoit desfaic vnc compagnie de gens de pied amp;nbsp;prins leur chefdans Ie bourg de Douay. Le qua-'⢠'⢠triefmeioutdâOftobre, Beauuoirfutinuefti,amp;(maugréU difficulté des aprocbes.St du chemin pour 1âartillerie, amp;nbsp;du temps) prins par compoGtion trois femaines apres. La Ligue ne voulant perdre cefte-place forte St de grande im-» portance, auoit enuoyé au fecours le regimen de Saiuét Pol, le plus beau amp;nbsp;le plus redouté que ceux de Guife euf-fcor. Le lendemain de laredditiondeBeauuoirleshabi-tansdelâifledeBouing , qui auoyent promis ne receuoir pcrfonne, donnèrent entree en leur iflc à deux des plus braues compagnies de ce regimen. Mais ces foldats nây fu ⢠rent fi toll entrez que le cÅur leur cheut aux pieds, de telle forte qu'il? enuoyerent vn tambour au Roy de Nauarre, le fuppliant leur donner vn fauf conduit pour fe retirer en lieu de feureté. 11 les tenoit enclos, amp;nbsp;pouuoit fans perte, à caufe des paflà ges quâil tenoit, ou les faire tailler en pieces,ou atout le moins defualizer.Ncantmoins de fon plein gré il leur donna à tous la vie amp;nbsp;les armes, auec vn palTe-port pour leur feureretraite. Il pardonna aufll aux Infu-laires,qui lui auoyent fauffé la foy: douceur qui brifa tellement la dureté de leur naturel farouche que depuis ils font demeurez trefaffedionnezà fon feruicc,quoy quâils foyent des plus adonnez aux ceremonies de lâEglife Romaine. Ayant puis apres laiffé le regimen de Preau pour renfort dedans Montagu,amp; diftribue des garnirons à Mauleon , la Ganache, Talemond, Fontenay amp;nbsp;autres places, il sâachemina vers la Rochelle, pour fe trouuer en lâaffemblee generale de ceux de la Religion,illec conuoquee par lui pour auifet à ce qui eftoit expedient en ces confufions dont ils eftoyent menacez. Lâouuerturcfe fit,le 14. de Nouembre, en la maifon de ville', où fe trouuerent près du Roy de Na-uarrcjle Vieonte de Turenne,le fieur de laTrimouille.auec plufieurs autres Seigneurs amp;nbsp;gentilshommes. Tous les députez des Kglilésfurent receus ceiourtge le lÿ.fuyuant, tm entra en maiiere, amp;nbsp;continua-on lâcfpace de quelques femaines. Reiglement fut eftabli pour la defenfc amp;nbsp;con-feruationdeceuxde la Religion : puis fut auifé à ce qui concernoirlaiuflice, lesconléils, le- finances, ks officiers, Icsrecompenfes amp;nbsp;gages, la difcipline militaire amp;nbsp;tout Se cuidetrendoit de la guette. Finalement, lî Dimanche 1?. de De*
n E N R. I T R. 01 s I I s M B. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;30
lt;!e Décembre fuyuant, apres la predication amp;nbsp;prières publiques,le Roy de NauaTe prefent, la clofture fut faite de â*â.ÆÆ toutes les refolutionsprinfesenicellealfemblce, aucc lâv-nion,confentenient amp;nbsp;approbatie de tous,pour la gloire Je Dieu,le fetuice du Roy,la conferuation de fa couronne, le tertabliffement de lâEftat, la generale conferuation du royaume, des bous fideles François amp;nbsp;fuietsduRoy en icelui-.contre tous ennemis,Iiguez,mutins amp;nbsp;feditieux, qui diredement ou indirederaent voudroyent en procurer le trouble ou lâeuerfion..
En ces entrefaites lâaraneç delà Ligue fous la conduire Exflaiti a» du Duc de Neuers rauageoii le bas Poidou amp;nbsp;pays voilîns. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de
Son premier arreft fut contre Mauleon,villette foible qui y* entra en capitulation , amp;nbsp;ce pendant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;plu-
fleurs de la garnifon tuezJe refte sâeftant là uné au chafteau patitn. fut conduit en feureté à Fontenay. Celafaitjlâarniee marcha vers Montagu , où il y auoit enuiron deux cens cinquante hommes de pied,cinquantecuirafles,amp; autantdâar-goulets. Ils ne laiflerent pas faire les approches à lâaifr, ains firent trois forties,où plufieuts de lâarmee furent tuez. Au bouc de quelques iours, lâartillerie ayant fait vne falue , il y eut difpute entre Colombieres amp;nbsp;Prcau,qui commandoyée dedans, touchant la reddition de la place, à quoy Colombieres enclinoit amp;nbsp;fon auis remportattcllement quâils for-tirentparcompofition. MaisColombieresaufortir delà ville,fc retira en lâarmee de la Ligue: amp;nbsp;Sagonne colonnel de la caualcrie lcgere,contre la capitulatiô,pourfuiuit ceux qui fe retiroyent,S: en tua quelques vns.Reftoit de ce codé la Ganache,ville amp;nbsp;chafteau, aflîfe es marches de Poidou amp;nbsp;Brct3gne,à trois lieues de lamer.Lc fieurduPleflis Ge-dé y commandant pour le Roy de Nauarre, fut renforce dâvn fecours dâenuiron quatre cens hpmmcs, tant de pied qucdecheual fous la conduite du Baron de Vignoles,Ru-fignijAubignyamp;Robiuiere.Legouuerneurcftoit aufli affilié des capitaincsla Perrine fon lieutenant, Beauregard, S.George amp;nbsp;la Forellerie. Le feiziefmc de Décembre, vn gros de caualerie de lâarmee aprocha, amp;nbsp;donna de roideur iufques prcs du fauxbourg. Rufigny y courut lâefpee en la main, mais fans cuiralTe , amp;nbsp;fut tué : ceux qui le fuiuoyenc renuerferenit par terre le capitaine lean amp;nbsp;quinze argoulets affaillansjlciquels gaignerenc vne partie du fauxbourg :îe
R Ri i«
M.D.IIZXIX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HsNM TRôISlîlM«.
, refie fut difputé amp;nbsp;gardé par ceux de la ville.Les jours fui-uans fe pafTerent en rudes efcarmouclies, où les afïiegeans firent grande perte dâhommes de commandemét.Sur la fin de Vannee, le vin defaillant aux afliegez , fort trauaillez à caufe des retranchemésoù il fâloit que chafeû sâemployaft. lâartillerie commençaà tonner. 11 y auoit fix gros canons, quarre grandes couleurines amp;nbsp;deux moy ennes.Le General fit fommerlcs afliegez de fe rendre, ce quâils refufcrenr,amp; renuoyerét par deux fois le Heraut qui les follicitoit à parlementer. Câeftoit enuiron le penultiefine ou dernier iout de Decembrerauquel tçmpsjde plein iour,amp; à la veue dâvn chafeun, vn l'oldat V â . alion,du regimen de Picardie, auec l'efpee nue au poing, print fa courfe au trauers dâvn grand pré droit au fort du capitaine Beauregard,criant C haut que tous lâentendoyentde pattamp; dâautre,Viue Nauarre,M.de Guife eft mort, amp;nbsp;Niort prins. On lui tira plufieurshar-quebuzades : mais pas vne ne porta que dans fon chapeau. Les afliegez furent par lui acertenez de ce qui eftoit auenu à Blois,de ce que le Roy de Nauarre auoit fait au hautPoi-élou depuis la venue de lâarmee de la Ligue contre la Gat nache,
Nitri frins nbsp;nbsp;Quant à Niort,il en alloit ainfi.Le 14.de Décembre,le S.
ftur de S.Gelais.acompagné de Raques Parabieâre.Haramburc, 4t Niuar- Preau amp;nbsp;autres , enuiron jjo.harquebuziers,quatre vingts cuiraffesjSc fix mulets chargez dâefchelles amp;nbsp;de pétards enuiron le 14.de Décembre, iurprindrentpar efcalade, amp;nbsp;en-foncemet de portes cefte ville là pleine de Ligueurs amp;nbsp;ges ennemis lurez delà Religion.Lelieutenant,chef de lamu-tinerie, amp;nbsp;qui orgueilleufeme/it mefprifoit le Roy de Na-, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;uarre , ayant voulu faire diTrnauuais mal à propos amp;nbsp;auec
les armes comparoir en rue, fut incontinent mis par terra auecquelques autres, amp;nbsp;alla rendre lâame en vne panure maifon pres lâvne des portes, où il fut troupe mort trois iours aprct.Le peuple perdit incontinent courage. 11 y en eut qui fe ietterent par deflîis les murailles,amp; sâen tua quelques vnsiautres deualerent auec des cordes, ou fe cacheter, amp;nbsp;plufieura fe retirèrent au chafteauitellement quâen moins de trois quarts dâheure les aflaillans entrcrent,vjinquirent amp;nbsp;demeurèrent maiftres de la place,fans perte plus grande que de cinq ou fix hommes.Il en fut tué de ceux de la ville enuiroq vingteinq ou trente: le matin venu, la ville fut
Henri troisiesme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;514
pillee,toutes fois fans meurtre ni violcment.Vne partie des habitansertoyent coulpables de pillages, meurtre* amp;bri-v gandagcsjexercez de longue main fur ceux de la Religion. Ils auoyenr dit 8c fait beaucoup de chofes trefindigncs cotre le nom du Roÿ de Nauarre, en defpic duquel ils auoyéc traîné par toutes les rues de la ville le corps du grand Pre-ubft de France, portant les armes pour ledit (leur Roy, lequel le fort des armes aiioit abatu,combatant pres des murailles , peu allant la prife. Les plus riches habitans 8t plus qualifiez. Ligueurs,furent quittes pour racheter lents vies amp;nbsp;bieus,de quelque petite fomme. Le fieur de Maltcorne,qui coramandoicau chaftéau, capitula dés ce mefmc lotir. Le Roy y an iua le lendemain auec quelque caualeric,St a fou arriuee receut Malicorne fort humaincmér,lui permit dâern porter du chaftéau tout ce qui eftoit lien, outrepliis donna main leuee à la femme dâicclui de lâabbaye de S. Lignare. Vn fetil habitant de Niort fut execute lors par iuftice. Il fc nôinoitlamart,homme riche,mais hay de pluGcurs à caufe de fes crimes puniflables felon les loixiil fut conuameu dâe-ftre des chefs delà (editiôqui auoit outrà geufement detra-ôé des principaux Princes du fang.Ses maléfices amp;nbsp;forfaits bié auerez le fi ct pédreamp;eftrâglcr.Les ligueurs firent depuis leur reuolte generale publier vn libelle fameux a Lyô, plein dâhorribles menfonges touchât cefte prinfe, lefquels nous fupprimons,contens dâauoir reprefente' la vérité des chrsfes.Ontrotiua dedans Niort, cinq beaux canós de batterie, portant plus de demi pied dâouuerture, St deux fort lôguescouleurines que ce Lieutenant fufmenrionné auoit fait fondre, pour (comme il difoitpardei'ifion)enfaluer le Roy de Nauarre, quand il aprocheroit de Niort. 11 y fut trouué auflî trois autres moyennes coulctirines.Les canons eftoyent montez 8t equippez tout à neuf, St prefts à eftre menez en lâarmee ligueuie pour le fiege de Fontenay. 11 y auoit là dcdansqUantitcdcbleds fiiffifanrc pourentrctenir deux ans vne armee de vingt mil hommes, Auflî fuient trouuez plus de vingt milliers depouldres en tnagaz.in-ujj-tre la quantité prefoue incroyable quâaiioyent les particuliers , qui pour auoir trop mefprifc leurs ennemis furent faits la proye de ceux quâils auoycnt publiez, amp;nbsp;outragez, en toutes fortet.Le fieur de S.Gelais fut eftabli gouucrneuir delà ville St du Parabiete du chaftéau.
â RR. ij.
W.p.ixxxix. Hsnxi t r. o r i s s m ï.__
M. D. L X X X I X.
lieT) Evenohs à 1.1 Ganache. Au commencement de lâan- ⢠/«GinacAf, XVnee lâarcillçric commença de fçfaireouir, amp;nbsp;Je4,iour à taufe ie de lanuicr redoubla, tirant plus de huit cenc coupa de ca-la malaiit non. Lesbrelches faite.s, lâarmee vint à l'alïaut,fouftenu âN^rrî' P®*quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loixâte hommes au plus. Les autres eftoyenc
^difipatiö ui-dâdes Sc bleflëz.ou occupez à garder les çinq forts dref. de lâarmee lez cn dehors, deux defquels furent gaignez par les affail-lans,auec grande perte de leur part, les foldats sâeflâs reti-rezen côbatant. Lâaflautfutrudeesdeuxprincipalesbref-ches, où il nryauoit que cinquante hommes de garde. Li refinance fut fi ferme, que le lendemain les afliegeâs trou-uerent quâils auoyeiit perdu l'vn de leurs maittres de camp, amp;nbsp;plus de trois cens hommesjfansles bleflez. Tort apres y eut vu pourparlé d'accord, amp;nbsp;furent les alTiegez follicitez de rendre la place au Duc de Neuers, duquel les députez dirent quâil n'y efpargneroit rien pour lâauenir iquefon retardement la elf oit plus preiudiciable pour les afairesdit Roy de Nauarre que Ion nepenfoit. Que le Roy pour lâexecution des Ducsamp; Cardinal de Guife i auoitalfez de* claire la guerre à la Ligue,St vouloir fe feruir des forces du |lt;oy de Nauarre contre icelle; que les affiegez auoyent acquis afîez dâhonneur en ladefenfedâvne æefehante place, offrant le Duc aqxgouuerneurs Ãt genfdâatines leurs ar-pnes,chcqaux amp;nbsp;bagage,aux foldats,armes amp;nbsp;bagage : aueç retraite feure la où ils voudroyent aller. En outre leur o-äroyoit huit jours de terme poor auerrir le Roy de Nauarre de celle capitulation, laquelle detneureroit conclue aq bout du tenips, s'il ne les defgageoit. Comme le Roy sây acheminoic ,il tomba malade, amp;nbsp;Icfutextremément : au moyen dequoy la Ganache, nâayant peu eltre fecourue, la çompofition tint. Incontinent le relie de toute celle grande armee de la Lâgue fc fbndit.Les Ligueurs qui y efloyctjç sâefearterent çà amp;nbsp;là .Le Duc sâen retourna vers le Roy. SC puis en fa mqifon.Le haut amp;nbsp;bas Poiftou,taut menacez de ceftorage,furent del jurez.
CoKfnAin/- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1â* penfoitque lamortdes DuesSe Cardinal
frange en de Guifeferoit que les Ligueurs mettroyent de lâeau en lâesiat de leur vin,ne voulut recercher de trop pres ceux quâil tenoit prifonniert; fc contentant de garder les principaux, 8c re-
rtïMRI TROIS I IS MÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jiy
îaiTcliânt de iour à autrc ceux qui fembloyent de moindre eftofFeuïiais il conut lolt apres quâil sâefton mefeonté. Car / , il nây eue pis vn de ceux la,qui puis apres ne procurait mil- â¢'âgt; 'S le Maux contre lui amp;nbsp;contre le repos de la France.Il fit dôc («ââ¢Â»* fur la fin de Décembre publier vntnandeinent à Blois, par lequel efioit exprèllément cnioint à cous les partifans de U maifon de Guile,de le reciter en leurs maiions,auec pardon de leurs fautes, pourueu quâils derneuraflent fideles art koy. LcPreuoll des marchands de Paris, le Ptefidencde Nully,fuiuis de Marteau,CoinpanjRoutandjSc autres,par-* tirent de Blois pour aller (ce promirent ils ali Roy ) con-
Uertir les Parifiens : mais ils uereuindrent pas, ains leioi-gnirent à leurs compagnons. Le Duc de Mayenne , ayant donné ordre à Lyon,sâachemina diligemment par la Bour-gongne à Parisj où le peup)c animé par fa prelence, par le Uueil des Ducheflesde Nemours, Guile, Monipenlicr, amp;nbsp;par les etieries futieufes des prclcheurs fedicieux,sâopini3-ftra amp;nbsp;rebella à bon eicient. On ellime que iilefieur dâÃntragucs euft fait ce quâilauoit promis au Roy,touchant la reduftion dâürleâs, (comme câeitoit raifon quâil eflayait de remédier an mal quâil adbic fait) amp;nbsp;ne le fort point laifl'é deuacer par S.Mauricc amp;nbsp;Roflieux,qui y firent fouleuctle peuple amp;nbsp;ruiner la Citadellc^ians que le MarefchaldcHaut- , rnont peult y poutiioir, les chofes ne fe fuflent pas desbau- b thees, comme elles firent, parfaute de donner ordre a ce pTêinicr tumulte. ^Le Duc de Mayenne y courut fur le «⢠«⢠commencement, amp;nbsp;encouragea ceux dâOrléans. Ayant ' mis les afaires en train de ce codé, il délibéra (puis quâà ⢠⢠..... tout perdre nây aquâvn coup périlleux) de pourfuiuie fa â poinéle, amp;nbsp;fe leruir de la faueur des villes amp;nbsp;des moyens du Roy dâEfpagnc,pour sâeilablir en France, où de longue main 11 auoit traîne cede toile, defireux de garder la piece vourfoy. Afin donc derendte les Parifiens irreconcilia- i quot;nbsp;blcsauRoy,il donna ordre que le Parlement lui fidfonj)i ⢠proces, fit pendre, gebtuder lâeffigie du Roy,l^ fit excom-munier'à Rome amp;nbsp;en Sorbonne, detederSc maudire par /»â »gt;Â»Â»Æ les curez, adiuger aux enfers parles preieheurs, fit impri- / mer des pneres contre lui, amp;nbsp;défendre par expres dâen parler en autre qualité que d'vn tyran. Ltures Latins BcFran-çois font publiez dedans amp;nbsp;dehors la France où ce Prince Ãdoit deferié comme le plus impie^ iniude, vilain amp;nbsp;ptofj^.
RR. iij.
Hinri troisiismï.
*)
ne qui etifteftc : amp;nbsp;de Hors les Icfuitcs amp;nbsp;autres pre fchcur* pcn(îonii.iires dâEfpagne ne fe feignirent pas. 11 fut par eux appelléen pleine chaire K Um» erodes, fur lâanagramme de fon nom.Le peuple cou ut au Louure,oiiil commit tous les exces quâil eft pofliblc depen'êi , nâefpargnant meuble s,tableaux amp;nbsp;autres chofes qui elf oy enten titre de propriété au Roy. Lon briia Si trama fes armoiries amp;nbsp;effigies, 11 futdegradCjfon grand feau brifé, 8t de la en auant lon ne parla plus de lui quâen exécration. Et pource quâil auoic des feruircurs en la Cour de Parlement, vn desj^ze de Paris, petit chiquaneur amp;nbsp;procureur,nommé Buffy le Clerc (lequel depuis lucca fi bien la ligue quâen trois ou s]U3-treans il amaflà quatre cens mil efeus : puis apres ef-cheus par confifcation ou autrement au Duc de Mayenne) ayant mis bas fa tobeamp; veftu h cuiraitè, la pillole en
main i'uiui dâvue racaille trefinfolentc,fe tranfportaau palais en la chambre doree, print au fiege vcncraolcdelaiu-ftice fouueraine de France le premier Prelidcnt amp;nbsp;autres
tantConfeilliersquePrefidensengrâd nombre quâil mena deux à deux depuis le palais iniques à la Balhlle, le n5. ) lourde lanuier,tout le peuple criant à lâarme amp;nbsp;au meurtre fiircux. Buffy 8c fes compagnons nâauoyentcharge que ,, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâen prendre dix ou douze,par lâauis des Ducs de Mâveu-
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 ne,dâAumale amp;nbsp;des feize,qui comrnandoyent lors dâs Pa-
( nbsp;nbsp;a,quot; ⢠I ristrnais les autres Confeilliers 8c Prefiden.s,hüteux de voir
J,'quot;' â¢â¢â¢â¢â¢gt; rt»»0,*defmembrcr leurs corps,dirent qu'ils vouloyent elite tous
enremble.Eflans en pri(on,on arrefla les Royaux.les autres furent renuoyez a leur requefte chez eux. Si. sâaccordèrent tort apres auec les feize. Ãpres cela fut efleu par le peuple vn Confeil general deFviiionjCompofc de gens choifis des trois Eflats, aprouucparles lâarlemens, qui auoit charge dâordonner desafaires publics,8c de receuoir en conference
j toutes les prcuinccs amp;nbsp;villes Ligueufes, les députez def-* I quelles auoyent feauce 8c voix tieliberatiue cri ce Confeil, â¢' â ⢠- lequel nôma 8c eflablit le Duc de Mayéne lieutenât gene-' ' ral de lâEllar amp;nbsp;couronne de France,Puisfurenteflablis des
iConlèils particuliers enchafeun des feize quartiers de Paris,coinpofëz chafeun de neufperfonnes notables. A tra-uers tout cela fc mefloyent les Sorbonnilfes qui ne cef-foyent dâallumer le feu, entre autres on a remarqué pour les plus feditieux Boucher,GuariiijFeuatilcnt, Cueilli,Roze,
Henri i ro i sm nui. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jîi$
tic,Pelletier,Giiiceftre,Hamiltonj Chri/îin,Lucain, Mau- ,â¢
clerc, Commolet, 8c certains jeunes prcfcheurs de leur di- ^f****'^ fcipline,qui lettoyenc le feu par la gorge. Ils rcftreignircnc
puis apres le conlèil general de leur vnion au nombre de
quaranteicompofé de trois Euefquesjde cinq curez de Pa-
rtSjdâvn nommé Launoy deuenu,de miniftre, Apoftat,puiS i chanoine de SoifTonsiitem de fcpt gentilsliommesderclle f' eftoit prins de Iâre(idensgt;Gonfeilliers, 8c bourgeois de Pa- â
ris.Onleurbâülaencoreprtfques autant dâadioints, pour 1 laplufparttrefafîeftionnez au Duc de Mayenne, lequel iaiûbit ces petis compagnons iouer ainfi aux Rois pour a-cheminercantplusaifémentfes afaires, ayant trouué en nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
ces commencemens pour les commoditez de la guerre ' des montagnes dâor dedans Paris, où en vn an Ion defpen-
dit près de deux millions d'efeus parles commifiions de-
cerndes en ce confeil general. Pluficurs riches maifonsfu- I i , i tent pillecs,inSnis meubles précieux védusprefquespour
rien en la place publique,les notables bourgeois amp;nbsp;gentils--.
hommes, quâon fçauoit eftre pecunieux , eftoyent rançon-nez dâeftrange forte, en leur faifant acroirc quâils eftoyent
politiques. Outre tout ce que deffùsjils publièrent 8c en-,
uoyerent par tout leurs lettres dâvnion, fonnans dedans 8c
dehors la France le tocCain fur le Roy , lequel de fon cofté eflayoït de ramener à quelques plus douces pen fees ces coeurs csfarouchcz,pat vne deliberation,portant abolition (
amp; oubliante de toutes contraucniions,enfemblclâobfcru3- â¢*
tion de fes edits dâvnion entre fes fuiets Catholiques pour , ïâexftirpation de lâherefieimais câeftoit louer dâvne lyre de*-1 uantlesafnes,commeditlc prouerbe.
Au commencement de cefte annee Catherine dé Mtrt Ca ( Medicis Roine mere, qui depuis le deces du R.oy Hen-
ri fécond, fon mari,auoic par lâefpace de trente ansba-ftonne la France , cftant malade des quelques feniai-
nés auparauant , 8c recheutc de melancholie apres lâe-
xecution de Blois, fuiuit les Ducs 8c Cardinal de Gui- é»â«««.'!â¢â¢/â¢' fe. Perfonne ne fe fôucia ni ne sâempefeha dâelle ni en fa maladie ni en fa mort. Apres fon trefpas (dont fut parlé diuerfement , les vns tenans qu'elle mef- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;!
me auoic hafté fa fin par vn extreme regret 8c defpir, devoir tous fes deffeinsrenuerfez J 8c ceux quâelle hayf-foit infiniment,prefts à sâauancet contre fon efperance : les
RR. iüj.
WtD.ixxxn'
H £ N R I T II et S If JM I.
autresadiouflaiisque par moyens extraordinaires onlul auoit fait doubler le pas) on ne parla non plus dâelle que dâvne cheure morte.Ou (i Ion sâen fouuint,amp;lî elle cil en lapenfeedequelquesvnsitantdclâKnequcdelâautreRcli-gion, c'cft pluftoft pour en reietter la mémoire, que pour touchjr à fa vie.trauaillee dâambition infatiable,amp; dâvn en-treme defir de vengeance alencontre de grands amp;nbsp;de petit, J. , . dont font procedecs les Iliades de malheurs qui ont plon-5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;gélapauure Franceen feu Seen fang.
£fgt;rti de dixncufiefme de lanuier fut publiée à Paris amp;nbsp;ail-b^uecon leurs vne declaration des Princes Catholiques, villes amp;nbsp;trt tt Tleji. communautez vnies auec les trois Eftats du royaume, pour la conferuation de la Religion amp;nbsp;la liberté du peuple, , auquel ils promettoyent defeharge dâvn quart des taille» i. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;crues: combien que Ion peut dire que le peuple de Fran-
1 \ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ceaitplus foufFertdâe.\torfionsfousJa ligue en trois ans,
I quâil nâauoit fait durant les trois guerres ciuiles, Sc fous le regne des trois derniers Rois. Dauantage leso. du mois, les PreÃdenSjPtincesjPayrs de France,Prélats,maiftres des
I requeftes,Confeilliers,Aduoca«s amp;nbsp;procureurs generaux, [ greffiers, huilTiers, notaires, aduocats amp;nbsp;procureurs de la Gourde Parlement au nombre de jiiî. firent vn nouueau
ferment dâvnion,fîgnédc chafeun dâeux en pariiculicr,au-jeuns y ayansapofé leur fang en lieu dâencre : la fin duquel leftoit de poutfuyure le Roy par toutes voyes (fans aucun frefpcft de fa dignité,ou autre confîderation) pour lâexecution de Blois. Le decret de Sorbonne fait auparauant/uî publié aulTbportant que le peuple de France eftoit abfoul» amp;nbsp;afranchi du ferment 4e fidelité Stofaeiflanceprefté au toy Henri troifiefrae. Que le mefmc peuple pouuoit lici-I tement amp;nbsp;en aflcurec confcience eftre armé amp;nbsp;vni,recueil-I lir deniers,Sccontribuerpourla defcnfeamp; conferuation de lâEglifcRomaine , contre les confeilspleins de toute mef-' chanceté , amp;nbsp;efforts dudit Roy, amp;nbsp;de fes adhcrans quels . ,â quâils fuffent:puis quâil auoit (difoyent ils) violé la foypu-( blique,au preiudice de la Religion Catholique, delâedit de Æ la fainfte vnion, 8c naturelle liberté de la conuocation de» trois Eftats du royaume. Lc'Roy voyant que plus il em-flojeiapiu- ploycit Je douceur pour ramener les defuqyçz-irtfchemin, aux dents pour courir où leurs
«ut nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^oTr.çü^çiltsUinC^otxoyent,, fe mocquansdelui
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;attt^
îIiSM Tuoinnut. Ã17
îe attribuant lâaffedion qu'il auoit de les reunir à foy à «ef râtQitr crainte deles auoir pour ennemis gt;nbsp;ou de les perdre pour Z/« fuietSjvfa de fon authoritc,publiant par toutes les prouin-ces diuerfes declaratiôs defonintentio, tant côtrc le Duc
de Mayêne,leDuc amp;nbsp;le Cheualier dâAumale,chefsdela re- i 4 bclliô.que contre les villes de Paris, Amiens,Orleans, Abe- ' uilleamp; autres leurs adhérantes. 11 les aeeufoit donc dâattentat , felonnie, amp;nbsp;rebellion, prononçoit iceux chefs 8c i membres tous infidèles, rebelles, atteints 8c conuaincus ' lt;nbsp;des crimes de felonnie,rebellioD,8c de Lelc Maicfté au premier chef, lesdegradoit de tous honneurs enfemblcleur pofteritéjfien dedans vn mois ils ne ferangeoyent fous fon 1 obeiflancc . Le terme efloit pour le commencement de ' Alars. Voyant quâen lieu de fe repentir, ils faifoyent tant plus lesacarij^res,sâarmoyent de tous coller, pratiquoyét .
hors du royaume, failîlloyent les deniersiau nom du lieu- 1 Æ/gt;*»â â¢'â¢â¢ tenant general de lâEltat, decernoyent patentes 8c corn- â raiflîons fous vnnouueau feel, opprimoyent par coneuf-lionsincroyables plufieurs prouinces, mettoyctenchemi-fefes plus hdcles fuiets qui ne vouloyent leur adhérer» J fans traiter gueres plus gracieufement les autresquia-uoyent tant fouhaité 8c brigué la ligue, brief auoyent ma- nbsp;nbsp;â
nifcftementvfurpé toutes les parties delà Maiefté royale, i exceptélenomquâilsrcferuoyêtà autrecommoditéiilre» â folutdemettreauflîdcfapart vne armee fus pour reprimer CCS infuportables attentats. Et pour ce faire expédia i lettres patentes pour la conuocation amp;nbsp;aflèmblee delà no-blclfe 8c gendarmerie. Peu apres fiiiuit vn autre edit dut Roy, par lequel il tranfportoit en la ville de Tours lâexer- î cicede la iullice qui fe füuloitrendreen faCour de Parlô- â mcntdeParisienioignantà ceux dâicelle Cour,de fcl-êdre j incontinent a Tours,pour y exercer leurs charges. Il fit vn | melme tranfport de fs chambre des Comptes en mefme licu;8c priuadetousoflîces,chargcs,dignitez8c priuileges , Paris 8c les autres villes,aufqucllcs il vouloit faire peur, 8c | les réduire afoy,auantque venir aux armes« Mais câeftoit â ietter de lâhuile dedans le feu.
LeRoy dcNauarre reuenu enconualcfccncedâvnepe-- .. rilleufe maladie peu apres le trefpas de la Roine mere, de- .»âJ libéra pour faire prcuue de fa fidelité enueârs le Roy,de tra- uarrt, le-uerfer (tant quâil pourrçit) les de^^eins de? ligueurs les
^p.ixxstx. Henri troisiesmï*
cA* empefchanc de nen empiéter es lieux quâil auoicmoytfn dâaireurercantpourleferuicedu Roy que pour le fouh-gemenc de ccui: de la Religion. Ainfi donc il rcccut à (oy ceux de S-Maixent amp;nbsp;de Millezay, afleura contre la Ligue Chaftelleraut,Loudunilâifle Bouchard,Mirebcau, Viuonne
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;autres places voiÃnes : puis sâauança lufques en Berry,SC
y print fur la Ligue la ville amp;nbsp;le cliafteau dâArgenton.Rc-tournéà ChaftellerautileCcriuitau cômencement de Mars lettres bien amples aux trois Ellats de France,pleines dâadmonitions ferieufes quâils eulfent à quitter la Ligue, amp;nbsp;les auertiffant que sâils continuoyent en leurs mauuais con-fcils, il eftoit délibéré,fi le Roy le lui commandoil, de fe mettre en campagne auec fes amis gt feruiteurs, efperant que Dieu lui fetoit la grace de rompre beaucoup de leurs dcireins,amp; de leur bien tailler de la befongne. 11 prenoit en , fa proteélion 8c fauuegarde toutes les villes amp;nbsp;perfonnes qui fe ioindroyent auec lui contre la Ligue; promettant ne permettre que rien full innoué es villes ni en la police, ni en lâHglife, finon entant quâil attoucheroit la liberté dâvu chafcun:ayant apris (difoit-il) pour conciufion,que le vray 8c vnique moy en de reunir les peuples au feruice de Dieu, ⢠â¢r â¢â¢â¢*»' 8c dâcftablirlapicté en vnEftatjCâeft la douceur, la paix,les »â¢V»* ÿeu* bons exemplesinon la guerre ni les defoidres, par lefquels e nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les vices amp;nbsp;me IchanceteznailTent au monde. Ence temps
la ville Sc chafteaii dâAngers furent aflcutezau Roy : mais le Duc de MercÅur alfuiettit prefqucs toute la Bretagne au , , parti de la Ligue,,! laquelle Rouen,TJiouloufc StLyonsâe-9 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢â â âV' Roygnt ia rangez : ü^ouj-deaux faillit dâen eftre : mais le
' MarefchaldeMatignonfutfidelcauRoy, tellement que les Ligüeurs Scleiuites furent contrains dâen dcfloger. En ces efmotions Ion mit en termes vne trefue entre le Rby amp;nbsp;celui de Nauarre, afin de puuuoir plus commodemeiic faire telle à la Ligue, quicroifl'oit de fern une en femaine, Pi»»plt;«rl«Le Roy fe voulant feruir des forces du Roy de Nauarre, entrt^^et Iclquelles il ne ponuoit gueres.lui offrit 8c bailla Sau-afoue Xoi». ^urpourfeuretédefonpalfagefiir Loire: au moyen de* quoyen attendant lâarrelldelà trefue le Roy de Nauar-re fit paifer routes fes troupe de la Loire, pour ioindrc les forces de Normandie, du Maine, 8c dâautres lieux qui lâ^t-tendoyent, en intention de sâapprocher des Ligueurs, K les
Henri troisiesme. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ji8
les rcleuer de peine de plus levenircercheren Gafcop-gne amp;nbsp;Saintonge,comme ilsauoycnt fait. Puis le urilil leur dénonça la guerre, sâils difFeroyent de pofet lt;Æ les armes. Ils sâcn monlhcrentaulTi peu efmeus que des lettres patentes du Roy par lefquellesil transferoitla iu-flice Sc lurifdiftion des grands Maiilres ,EnqueHeurs, 8C generaux reformateurs, qui fc fouloit tenir aii Palais a Paris au liege de la table de marbre, en fa Cour de Paricmenc de nâagueres eftabli à Tours. Sur la fin du inefme mois il publia vn edit declaiiant que tous les biens meubles 8c immeubles du Duc de Mayenne, des Ducs 8c Chcualicr dâAumale, amp;nbsp;de ceux qui volontairement habitoyent es villes de Paris,Thouloufe,Orleans,Chartres,Amiens, A-beuiIle,Lyon,le Mans,amp; tous autres tenans leur parti, acquis Sc confifquez , voulant que les deniers prouenans de la vente dâiceux fulfent employez aux frais, de la guerre.
Nonobftanc tout ce que deffus , le Duc de Mayenne
r fl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n n ' de la li!H*
Sc fes confederez ayans leur armee preltc , hrent vne eflite des mieux refolus, gc sâacheminetent au Vendef- Ælt;,«« du , mois, en intention de furprendre le Roy à Tours, où il e- 7(oy,«««»â ⢠ftoit aflez tçal acompagné, Sc outreplus ilsauoyentin- I* telligefice cil Cour 8c dedans la ville. Le Roy de
uarre auerti que cefte armee eftoit à Vendofme, 8c es ,,, enuirons , délibéra de les aller voir ; 8c pour ceil ef-fcû partit le vingthuitiefme iourdâAuril à lapoinfte du iour auec quatre cens maiftres, 8c mille harquebuziers à cheual, amp;nbsp;fit dix grandes lieues dâvnc traity. Eftanc en chemin pour aller plus auant , il rectut uouuclles que le Roy lâappelloit à fon fecours: pourtant tourna-il bride en toute diligence , 8c vint loger à Maillé fut Loire, deux lieué's pres de Tours, apres auoir demeuré vingtquatre heures à cheual. Le Roy promptement auerti de celté^rriuec en fut trelà ife : car on craignoit fort que le Duc de Mayenne ayant prins fainft üuyn pres Amboi-fe,quâil battoit de deux cou!eurines,fe vinlt loger aux faux-bóurgsde Tours: ce quâauenant le Roy eftoit en danger tout euidentde faperfonne. Le Dimanche dernier iour du mois les deux rois s'eiirreuirent en lâailee du parc du Pleflis lez Tours auec mutuelle detnonftration de
M.B.ixxxrx. Henri tROisiÃsui.
tout contentement. Le Roy de Nauarre montra ce ioe^ vncfrancherefoluùon,quiluieftoitordinaire: car le Mi-refchal de Hautriiont lâeftanc venu trouuer amp;nbsp;exhorter de Friche re- la part du Roy de vouloir venir vers lui, tout incontinent felahoH du il délibéra de sây acheminer, biffant tout foupçon Sc nief-priÃnt plufieurs auertiflemens quâon lui auoit donnez pour retarder celle entreucue, trcfagreable au peuple, 8c profitable au Roy, Apres que les deux Rois eurent lâefpa-ce de quelques iours communiqué enfetnblè, celui de Na-uarre repaffa Loire,St fc logea au fauxbourg de S.Saphorin, puis la trefue accordée entre eux fut publiée par la ville de Trefati,iiri nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2pfgj auoir efté emologueeen la CourdeParle-
ment,comme auflî fut le fécond edit ou dénoncé de guerre * â contre les chefs de la ligue Scieurs adlierans, qui fe retirèrent du commencement vers Vendofme, puiseflimanJ quele Roy deNauarre full fort eflongnécnuiron lehui-tiefrae de May cfonnefet iufques aux fauxbourgs de Tours, attirez par leurs intelligences, amp;nbsp;attachèrent lâefcarmou-cbe,leur arriuee foudaine donna lâalarme en la ville, où il y ⢠eut du trouble au commencement, 8c en diligence lonen-jùoya versie Roy de Naudrre qui eftoit vn peu eflongné, pour le hafter.Le Cheualicr dâAumale y eftant arriué apres lâefcarmouche ,fe logea chez le Preuoft , près S.Sÿmplio-rian,où en fomllantlamaifon fe troutierent trois ou quatre -*⢠heures apres quelquesfoldats qui lui furent 3mencz,lequei \,gt;ll}ei ir ^'5 poigoarder deuant fes yeux. Au mefme inllant defortemêe furent trouuees quarante ou cinquante femmes amp;nbsp;filles ca-Cathe^i^uei chces dans vne caue, lefquelles furent toutes violées coro-ttesh^ucHn. me par tout lerefte du fauxbourg: 8i mefmes dauslâEglife de S.Symphorian, quelques femmes S: filles y réfugiées comme en lieu de feureté, furent forcées en prefcnce de a. leurs maris,peres Si meres, que ces Catholiques Ligueurs contraignoyent dâalfiftet à fi horribles fpcftacles, pour les outrager dauantage. Le lendemain furent veus fur le p j-- ué du temple les hils où le Vicaire atteftoit auoir veurrai-ner 8c ietter les femmes 8c filles. Ils rompirent les coffres 1/ J j,« 8: les verrifees de ce temple, pillèrent tout ce qui y eftoitr â ***** mefmes apres ^uoir battu à coups de plat dâefpee, le Vicaire 8c le Chapellain quâils tindrent garrotez toute la nuifi, coupèrent la corde fouftenant le ciboire, pour voir sâil ftoit dâargent doré ; mais trouuant que ce nâefioit que cui-
urea
Henri troisissme,
Jî»
pre, le îetterent par defpit contre terre. En furettant, ils i trouucrent deux calices, dont lâvn efloit dâargent, lâautre/ dâeftain. Ils laifl'crent celui dâeftain, difans par riiee quâil j eftoit de lâvnion,8c faifoyent confcience dây toucher; celui dâargent fut declairéroyal 8c hérétique, pat confequent de bonne prife. Laboiftede la fabrique, où il y auoit quelque ji argent,les chapes amp;nbsp;paremens de lâautel, les robes amp;nbsp;acou-ftreinens du Vicaire, fe trouucrent aufli hérétiques, 5c eu çefte qualité'furent emportées. Ce Cheualier print pour, fou butin vnc fort jeune fille dâhonncfte.maifon, qui nâa-â uoitgueres plus dâonze ans, trouueedans yn grenier, laquelle il força,lui tenant toufiours le poignard à la gorgc,à I raifon delà tefiftancequâelle luifaifoit, Scpuislâenuoyai ' fes officiers pour en abufer de mcfmc. Le lendemain matin, ces ligueurs, fenians quâon les viendroit bien tort def- j nicher, amp;nbsp;que le fecours du Roy aprochoit, sâapreftent à ' defloger,8c chafeun pour payer fon hofte met le feu en fou ' logis,de maniéré que tout ce fauxbourg euft efté réduit en I cendres fans le prompt fecours qui y fiic donné.
1,
Puis que ie fuis entré en ce propos, ie fera^' encore trois ââ' pas,puis reuiendray à la fuite de mon recueil. Faut noter j,* donc que depuis la leuee des armes, la Ligue ne fit aucun efForr,(inon contre les villes amp;nbsp;bourgades de fon parti, où eStre UT^e Ecclcfiaftiques, nobles amp;nbsp;roturiers foupçonnezdefauori-Cat/n ier tant foit peu au Roy, furent violentez en toutes fortes: mefmes à Thouloufe, ils tuerent cruellement le Prefident buranti,amp; Dafis aduocat du Roy, tous deux affcâionnez f,,tt à lâEglife Romaine.lamais ceux de la Religion en Guyen Sturt. ne 8c ailleurs nâeurençplus de repos que durant ces rauages 4/X de la Ligue:8c çâeftoit vn commun dire alors,que les brebis paiftroyent en alfeurance , tandis que les loups sâentrebat-r' troyent. Il nâeft poflible de reprefenter les facrileges,vio-lemens,blafpliemes contre Dicu,mocquerics de toute rcli ⢠gion, notamment delà Catholique Romaine, perpetrees es villes Ligueufes, amp;nbsp;aux champs parmi leurs troupes, X.eurs foldatsjdont vne partie cftoycntpreftresamp; moines, tout du long du Carefme, au mefpris des ordonnances cia j Pape, quâils appelloyentPere Saind, mangeoyeiit de I« j çhair, mefmement es lieux où ilsauoyent abondance du poilfon. Plufieurs dâentre eux contraignirent les curez 8c X^çaires des paroiffes,eii leur mettant Je poignard à {a got;
M.D.lXXXrx} nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HïNRI TKOtsTBSMI.
ge,de baptifer (excufez moy,fi i'vfe de cc facré mot,en vu ,, I aftefi execrable) des veaux, moutons,aigneauxjCorhonïj
* .frl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;brochets,carpes,batbeaiix,foles,turbots,härenes,amp;c. Câeft
''âllJ en beaucoup de lieux, amp;nbsp;par diuerfes fois, que celasâcit I fait.tandisquela Sorbóneamp; les prefcheursfouldroyoycc contre leur Prince legitime amp;nbsp;fouuerain. Forcer femmes I amp;nbsp;filles dans les temples, meuririrles pauures payfansau I près des autels, courir le calice, amp;defpoLiilletIcsEcclefîa-ftiques,eftoit la forme eflentielle dâvn bon amp;nbsp;zélé ligueur: Ipoiirueu qu'on alleguaft,Ils font Royaux. Entre grand nôtre dâexemples, vn fuffira,pour monftter le Lyon (comme J-,-----ün dit) par les ongles. Vn des plus huppez de la Ligue, 1 nommé Commeronde auoitvn regimen compofc de fepe 1 à huit cens hommes. Ayant couru, pillé 8c rauagé tout le i pays dâAnjou, 8c la Comté de Laual, il le logea fur la fin I d'Ãuril au bourg dâArquenay.apartenant au fieur de Ram-I bouillet,8cd!ftantdetroislieuésdeLaual. Il y auoit là vn
temple (quâils nomment Eglifc) autant bien meublé amp;nbsp;paré quâautre de tout le pays,pour auoir efté dotté 8c'cnrichi de longue main par les Seigneurs du lieu.Les habitans nâa-uoyent retiré ni ferré chofe quelconque des orneniens, ) pource quâils ne fe pouuoyct perfuader que fous ces beaux I mots de Catholiques vnis amp;nbsp;zelezlonpeuftcouuer tant de crimes enormes : ioint que plufieurs troupes de la Rc-I ligiony auoyent pafféauparauant, qui nâauoyentaucune-1 ment touché à ce temple ni à ce qui eftc,it dedans. Mais i Commeronde,pourfonpremierexploitdeguerre, bruf-. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I la les portes de lâEglife, puis y entra auec fes gens, qui la
. ' pillèrent entièrement, tuèrent vnpauure hommeau pied' â¢â¢â¢ du crucefix .pource quâil feplaignoit quâen ce lieu mefmc Ion auoit violé à femme en fa prefence : firent leur ordure \v .⢠.ss,.. V » nbsp;nbsp;1 djns le ^néflier,8c par toute lâEglife: te des acouftremens
V*H- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dont eftoyentparees quelques noftre d.ime, en firent des
l|â¢^t I
......... I
â habillemens de rechange amp;nbsp;de monilrc à leurs garfes. Pour le comble, ils prindtent le ciboire dâargent , où il y auoit vingtquatre hofties. Vn dâentre eux fc velt en preltre, fait mettredixhuicou vingtfoldatsà genoux , 8c ayant encor les mains pleines de fang 8c facrilegcdiftribue «es hofties, puis iette les trois ou quatre autres par ter-|te qui fiircnt foulées auxpieds. Au partir, ils vendirent
HïNri TioisiitHi, Jia
fes chapes , la bannière amp;nbsp;les reliquaires aux moines Uquot; d'Eurons,les calices,burgtcs. amp;nbsp;la croix dâargent à ceux de ç.i» Vague. Peu de iours apres ils en firent autant à Tho- /.clay«.
Klais attendant Iâtiiftoire particuliere de la Ligue, ou toutes fortes de tragedies cruelles amp;nbsp;infames fe trouue-ront renouuellees , reuenons à lâattnec ligueufe amp;nbsp;aux Parifiens. La reunion des deux Rois leur fit voir que câeftoità la ligue à courir. Pout cefte caufe le Conicil general de lâvnion drefla memoires, lettres amp;nbsp;auertif-femens dedans amp;nbsp;dehors le Royaume , de tout ce qui fembla propre pour afl'eurer ce baftiment de confuiion, Ils enuoyerent gens amp;nbsp;infituflions bien amples à Rome, pour iuftifier leurs adions , demander vn Legat, promettra la publication du Concile de Trente, obtenir fa-gt; Meut amp;nbsp;aide de tous coftez par lâinterceflion du Pape amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, â¢.lt;,
des Cardinaux. Vn de leurs pacquets fut furprins en nbsp;nbsp;nbsp;a*'
chemin , tellement que leurs mines furent efuentees? néanmoins leurs députez qui eftoyent le commandeur de Diou, le confeillier Coqueley, lâAbbé dâOrbais, amp;nbsp;le Doyen de Reims pafferent outre, fur la fin de May. Autres defpefchcs furent enuoyees aux villes de la Ligue pour tirer contribution: car il faloit delâa'rgentà charre-tes pour fournir aux defpenfes de tant de Roitelets, au remplage des coffres des plus affamez , pour lâacquit
( des debtes dâaucuns , amp;nbsp;pour lâachapt de terres amp;nbsp;Sei-j gneuries des autres.
Ce pendant dedans amp;nbsp;autour des villes fe faifoyent infinies courfes, pillages, captures, faccagemens:plu-fieurs Royaux furent aflaffinez çà amp;nbsp;là . Par tout la li- trt de la cence eftoit extreme, amp;nbsp;la rage contre le nom du Roy fetnonftroicdutoutdcfèfperee. 11 nâeftbit plus queflion dâvnecfmoeion en quelque petite eftendue de pays: mais en voyoit le feu de cefle reuolte auoirenuahi les quatre coins amp;nbsp;le milieu de la France, (î furieufementque câeft horreur de sâen fouuenir. LeRoyauoit déslecom-mécement dâAuril enuoyé des forces çà amp;nbsp;là . Et quelques villes non eflongnees de Paris eftoyent encor à foncom-mandement.Genlis qui auoit fait homrnage à la ligue, sâe-floit reduitede bonne heure à fon deuoir, par rentremife jje quelques notables bourgeois : iamp; ce fut depuis (pour
HjHRI TROlSIE SM!.
U.B.IXXXIX.
eftrc à vne petite iournee de Paris vers !a Picardie) vnecC-Zit'lHut rs poignit les Ligueurs bien rudement. Le Duc de Montpenfierellantauec forces pour leRoy euNorman-Normâdit, dia, ailifté des fieurs de Haiot, Creuecocur, Baqueuille amp;nbsp;/ faritDuc Lârchan,desfît premièrement la garnifon de Faïaizc.princ Almtftn trois capitaines,tailla en pieces la plufpart de leurs gens j dc efearta le refte.Puis il afîà egea Fa!ai7.e,amp; fur les nouuelles recenes quele Comte de Briflac acompagné de deux à trois cens gentilshommes Ligueurs, quelques preftres, amp;nbsp;de cinq a fi»mille piétons, venoit au fecours, il laifla le (îege pour leur aller an deuanr. llssâeftoyent logez en trois villages,deux defquels il força, tuant ceux qui y tindrent bôs les autres ne prefterent gueres de combat apres. BrilTaC sâenfuit aucc toute fa cauallerie. Le nombre des ligueurs tuez alors, fut de trois mil amp;nbsp;dauantage, entre lefquels fa i'«'»**)»»* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;beaucoup de gentilshommes. Les viftorieux
«C nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âl^â^llle à douze cens prifonniers,entre lefquels c-
*5 ftoyentenuiron trente gentilshommes amp;nbsp;des principaux.
Ce fut vnmauuais prefage pour la ligue: Vn mois apres ou £» 3Mnj^®ouiron,afçauoir le i8.lourde May,le (îeurdeChaftillon ftr It fitiir ayant piSé à Baugency auec deux cens chenaux amp;nbsp;autant nZf Clt;wr^//if.dâharquebuziers, fâchant que quelques troupes du Duc dâAumale marchoyent pour charger le fleur de Lorges, lequelbattoitles chemins, sâauança vers Bonneual auec vingt gentilshommes menez par Fouquerolles qui rencontrèrent Arcleinuille commandant dedans Chartre»
pour la Ligue.Il les veut reconoiftre:mais eux le chargeur, S; lui tuent cinq ou fix des liens à fa tefte.-tellement quâil fe retire au galop, amp;nbsp;va donner lâalarme aux troupes de Picardie côduites par les fieurs de Saueuze amp;nbsp;des BrolTeSjqui m enoyent ènuiron cent cinquante gentilshom mes, fuiuis dâautres caualliers,au nombre de trois cens maiftres amp;nbsp;no-bre dâharquebuziersà chçual, amp;à pied. Saueuzeiettedéliant fes harquebuzlers, ordonne fa troupe de lanciers en baye, amp;nbsp;fans fe desbander vient au pas. Chaftillon ayant fait alte, place fon infanterie amp;nbsp;fait deux gros de fa cauale-rie, ayant a fa gauche Cliarbonniere amp;nbsp;Harambure aucc leurs compagnies de cheuauxlegers: puis prend la charge, où Saueuze acourut braueraent au galop de trente pas, fes harquebuzlers à chenal ayans fait leur faluedâaffezpres. Lâinfanterie de Chaftillon les ieceut,Sc (aptes les premieres
H £ N R. 4 T R 01 SU S Mit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jit
tes hatqucbuzades tirées) fe niefle dedans la caualeric venue à la charge,tuant force cheuaux à roups dâefpee dedans les flzncstfans perte que de trois foldacs. S3ucuie,qui d'abord auoit b tefte tournée contre les cheuaux legers, print fut la droite, chargeant de telle furie Cbaltillon, que fes premiers rengs furent rompus, lui choqué amp;nbsp;porté par terre, auec huit ou dix gentilshommes, dont il n'y eut que deux ou trois legerement blefléz, amp;nbsp;vingt ou vingt cinq cheuaux des leurs tuez. Chaftilton Sties liens fe releuent, St combatent courageulèment à pied, Surce Harambure amp;nbsp;Fouqucrollcs chargent fi rudement Saueuze 8c les liens qu'ils les renuerfentSt rompent, en fbrte quâils n'eurent plus moyen de fgrallier, ainsniisà vau de route, furent pourfuiuis, plus de fix vingts gentilshommes ayans eflé terralTez morts fur le champ. En la fuite, il y en eut plus de foixantc tuez ; tous leurs hat* quebuziers y demeurèrent : deux cornette« furent gai-gnees, 8c quatante gentilshommes prins, partiedâiceux blefTcz, entre autres Saueuze, qui porté à Baiigency,comme fes amis 8c domeftiques le voyans en danger de mort lâadmonnefialfent de demander pardon à Dieu , de fe con-feffer amp;nbsp;communier,item de crier merci au Roy, iamais ne peutyeftre induit, pour quelque remonfttanee qu'on lui feeuft faire, ains mourut comme defefperé. Il portoiten fa cornette la croix de Lorraine, auec me deuife Efpagno- f' ïeenlettresiâorjMcriromatconttnto.llj eut enccl^emef- ' me rencontre quelques vingt cinq ou trente foldats, lefâ quels fur la fin du combat eftans tombez es mains de Cha-ftillon, qui defiroit les fauuer, aimèrent mieux elite def-pefehez fur le champ , que de iurer quâils ne porteroyent । , iamais les armes contre le Roy, tous les ennemis dtv^''*'*** quel fortis alors de Picardie furent lors abatus. Au tnefmeg^j,^^ temps, la ville de Sentis afltegee par vne armee de Pa-rifiéns fous la conduite du Duc d'Aumale , ayant eftéie Duc dt furieufement batue, fouftint 8c repoufla vn rude affaut. Et comme les afîiegez eftoyent follicitez de fecours leur vint amené par le Duc de Longueuille, â fuiui des fleurs de Humieres,Boniuet, la Noue, 8c autres : dont sâenfuiuit bataille, en laquelle les afliegears furent desfait«, enuiron quinze cens tuez fut le champ,
SS, j.
Hin XI TXoisiE SM«.
m.d.lixxix.
en fuite, amp;nbsp;à la pour fuite, tant par les viÃorieux que par les payfans.- la Ligne y perdit aufli lâartillerie amp;tout le bagige de lâarmee. Depuis le Duc de Mayenne ef-faya d'auoir par intelligence cefte place qui lui impor-toit beaucoup, 8c il» faueur de quelques craiftrcsdela ville, chanoines, preftre» 8t moines, y fit entrer douze ou treize capitaines , pour a poinâ nommé efgor-ger vn corps de garde la nuirf , 8c fauorifer en endroit propre vne efcalade. Ses troupes aprocherent fort pres, 8c y en eutquivindrent iufques au foffé : mais le corps de garde ayant lors elle renouuellé 8c prenant garde de pres à Iby , ceux qui eftoyent dedans nâo.'ê-rent fe monftrer , vn de dehors sâeftant bazardé dâa-procher eut la cuiffe rompue dâvne moufquetade : l'alarme donné, les aflaillans fcretirent. Ce bleffé prins defcouure la menee. Les Capitaines entrez 8t les trai-flres palfcnt par les mains de lâcxecuteur de iuftice: 8c Senlis perfeuere toujours depuis en lâobeiflà nce du Roy.
, Le Roy encouragé par tant dâheureux commence-mens délibéra de sâauaocer : tellement que depuis le ra«» orra« commencement de luin iufques à mi-luillet la guerre J, !» Kiff« commençai sâefehaufer: 8c lâintention princip.tle du Roy Jt Paru, eftoit de matter ceux de Paris, sâaffeurant quâapres a-uoir dompté la plus groffe telle de la Ligue, toutes les antres feroyent iong incontinent, amp;nbsp;retrouueroit ce qui elloit merueilleufement efgaré pour lui , câeft afçauoir lâamour 8c lâobeiffance de fes fuiets , lefquels de leur part , le redoutant autant qu'ils le haylfoyent, prati-, quoyent auflï de tous collez pour maintenir leur Ligue continuer en leurs foulleuemens. Celle rancune implacable Contre lui faifoit quâes principales villes , fur tour dedans Pans, Ion ne parloit de ce Prince que comme du plus execrable tyran qui eull iamaiselléau moo-de. Melmes les prefeheurs follicitez par quelques chefs de la Ligue, 8c bien payez de leurs penfîons extraordinaires pour cell efFcd, acourageoyent tous en general 8c chacun en particulier de lui courir fus, le tuer à quelque pris que ce full, promectaiis aux tyrannicides vne place par
H I N R I IR O I 8 I ! ! M J. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iM
par defTus les Anges en Paradis. Outreplus Ion pour- jfpi' i fuiuoit chaudement amp;nbsp;par diuess artifices vn moine duquel nous parlerons tantoll, pour faire vn fignalé feruice â / la ligue. Ainfi donc le Roy s'eftant aproché de Paris, fc rendit pres de Paris , où le Duc de Mayenne reue-nu bien vifte des enuirons de Tours pour sâoppofer au Duc de Longucuille, elloitfort empefehéfe voyant talonné par tant d'endroits , amp;nbsp;d'ennemis fi puilfans. Ses foldats commencèrent deviurc à diferetion dans la vil
le: ce que les Parifiens goulloyent allez impatiemment: mais les petis nâofoyent fe plaindre: amp;nbsp;quand aux grands, ils pratiquoyent le commun dire , bonne mine enmauuais leu. Le Roy print incontinent Elfampcs. tagt de I4 Cependant le Duc de Longucuille ayant ioint les trou- l'ââ** v pes de Champagne amp;nbsp;recueilli es enuirons de Chaâr.-Æji j ftillon fur Seine les Suifles amp;nbsp;Lanfqucnets que condpi-foit le fieur de Sancy ( lequel auoit efmeu la guerre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
contre le Duc de Sauoye es enuirons de Geneuc , 8c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
lâayant acroché là sâeftoit acheminé en France) fit détour vn corps darmee dâenuiron vingt mil hommes : puis alla pilTer à Poifli la riuicre de Seine, 8c fe rendit auprès du Roy, lequel battoir Ponroife, donc les affiegez fe rendirent le lendemain vingt cinquiel'roe iour de luillet.i compiJllttiondedeux cens milefcus,amp; deliurance des plus fedicieux , pour leur faire receiioir punition exemplaire. Puis le Roy alla fuiui de celui de Nauarre bien vei-gner lâarmee des Suifles rangée en bataille , amp;nbsp;voulut palfer par tous les elcadrons auec tant de demonftration de contentement, de refiooilfance , Sc de carellè aux chefs, que tous auflî lui firent paroillre la grande affe-ûion quâils auoyent de loi faire feruice. Ayant toute» fes forces enfemblc , qui faifoyent vn corps de quarante cinq mil hommes , il sâachemina promptement vêts PariT, 8c à coups de canon fe rendit maiflre du pont Saind Clou. Le Duc de Mayenne 8c les autres chefs de la ligue auec leurs plus confidens des feize 8c hu, airen-qnarinre dans Paris commencèrent a redoubler leurs tot ctntnU confcils 8t voyans les Rois (i proches d'eux, ou pour les attirer à la bataille , ou pour les ferrer de pres 81 contraindre le peuple à fe reconoiftre iugerent en ce
SS. ij.
M.p.Lxxxix. Hinri troisiismi.
y â ' â'iï â . progrez des afaires du Roy que Jeï leurs jâen alloycnt ) ruinces, amp;nbsp;qu'il n'y auoit plus moyen de fubfifter elUnt declairez criminels de lefe maiefté au premier chef (que , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dâesecuter quelque inlîgnc forfait , en faifant tuer le
, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Roy , leur maiftre, leur bien faitcur , leur Ptince St
Seigneur foucrain. Des quelques fepmaines aupara-uant, vn ieune moine laeopinnomme frere laques Clement , natif (a ce quâon dit) dâvn village appcllé Sorbonne auprès de Sens , homme confit en desbau-clies , ayant pafle par les mains de quelques confef-feurs, amp;nbsp;communiqué auec certains lefuites St autres auoit efté pour quelque promptitude remarquée en trwr «/af lm (fQuug' jQm propre a faite vn grand coup. On le
' dt hnt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Mayenne , (Åur de
â ' Monipenfier amp;nbsp;autres patient à lut en diuefs lieux, le quot;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prient de continuer en cefte bonne volonté quâils en-
I: nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/«»f
tendoyent eftre en lui par infpirations extraordinaires de faire vn fignalé fcruiceà la fainfte Vnion, à l'Egiife Catholique, St à fa patrie : lui promettent abbayes, Ãuefehez , amp;nbsp;tout ce qu'il fouhiittcroit. Il demeure vne elpace de iours tanioft chez la Duchefle de Mont- , penfitr , qui entre les Parifiens eifoit appellee lafainâe i veufue, quelquesfois aucc fon Prieur, par fois aucc 1 les leluites, qui le catechizerent a leur mode, ne lui promettans rien moins (car on parloit la tout ouiier- | tement dâexterminer le tyran ) quâvne pLicc en Para-â dis par dtlfus tous autres, sâil auenoii quâil fut martyrize. Ce moineabruuc de fa fureur, amp;nbsp;detantdâal- i lechemens, de careilès , promelfcs , amp;nbsp;proteftations | de félicité temporelle â amp; éternelle , le refould amp;nbsp;promet de tuer le Roy. Le peuple qui ne penfoit point i- ni ne fçauoit rien de fi cruelles mödees , parloir de I fc rendre , Si auoit beaucoup rabatu de fa chole-re. Surce, le Duc de Mayenne amp;nbsp;ceux de fou fe-cret font prefeher par les plus zclez Sorbonniftes li lefuilfes , es principaux temples de Paris , quâon euft encores patience fept ou huift iours , amp;nbsp;quâon verroit quelque grand chofe , qui mettroit lâvnion a fon ailé. Les prtfeheurs de Rouen, dâOrléans amp;nbsp;dâAmiens , le prefeherent ctj mcfme temps gt;nbsp;6c en mef-mes
HsNRI TR.OISIÃÃME.
31Ã
mes termes. Le Moine ayant donné ordre à fon projet , fort de Paris amp;nbsp;sâachemine à S, Cloud. Si tort quâil J fut parti , le Duc de Mayenne fit prendre prifunniers â¢?' plus de deux cens des principaux*citoyens amp;nbsp;autres,, gens riches , quâil fçauoit auoir des amis 8c du credit aiicc ceux du parti du Roy, pour gage, amp;nbsp;afin de /au- J ucr fon moine , fi apres auoir attenté ou execute ile- ' ftoit arrefté. Le moine sâeftant prefenté pour parler au tjgt; Roy , le premier iour dâAouft, difant auoir lettres du prefidenr de Harlay amp;nbsp;creance de fa part , le Roy le fit appeller en fa chambre , où nây auoir autre que le trifpaÃe le fieur de Bellegarde , premier gentilhomme dâicelle, amp;nbsp;lendemain. le Procureur general , lefquels il fit retirer , pour entendre plus priuément celui qui sâadrefloit à lui en contenance fort fimple , ce fembloit. On dit quâen celle melme chambre auoyent elléprins lesconfeilsdes maf-i facres au mois dâAouft lâan i$7i. où le Roy ,lors Duel d'Aniou sâeftoit trouué des premiers. Le moine te voyant feul, lâoccafion en main, alfeurant fa contenance dç^plus en plus, tira de lâvne de fes manches vn papier quâil prefenta au Roy , 8t de lâautre vn coufteau, duquel auec violence il enfonça vn coup dans le collé I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-,
du petit ventre du Roy , attentif à lire , amp;nbsp;qui fe fen-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f
tant bleffé retira delaplaye le coufteau, dont il frapa Ici moineau delTus de lâoeil, amp;nbsp;là delTusacoururent quelques J ' Gentilshommes,quiefmeusde l'indignitédâvn fi execra- .
ble forfait, ne peurentfe contenir quâà coups d'efpces il» ne tualTcnt cell affaHin, lequel sâen alla en Ion lieu, amp;nbsp;fut canonizé amp;nbsp;adoré delà Ligue, au contraire detellé de l ceux quiadhcroyent à la dignité royale , Si au parti de 1 la Religion. En lâanagramme de fon nom frette laeques element, furent trouDcz-cês rrrots en autant de lettre», Câtfl r enfer ^ui m'a créé. Aulfi fembla-il quâapr» ce coup nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
les furies fulfent forties dâenfer pour renuerfcPfansdcf-
â fus deflbus tonte la France. Le Roy porté en fon lift, les Médecins amp;nbsp;Chirurgiens lui appliquèrent le premier apareil, amp;nbsp;iugerent que la pUye nâelloit mortelle ; ain moyen dequoy il fit ce mefme iour eferire amp;nbsp;donner auisde lâattentat, 5c de lâcfpoir de fa guerifon, tant aux i gouutrncutt des lâà ouinces, quâaux Princes, eflrangers '
SS. iij.
.IXXXIX. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HIN»I TXOISIISMl
fes amis amp;nbsp;alliez. Mais Ie Roy fouuerain ayant dif-autrement de la vie de ce Prince , le retira du ââÿquot;/'â monde fur les trois heures de matin du iour fuy-uanr.
Peu auant fon ttefpas il parla de fens fort radis amp;nbsp;pai-lîble ,Ce reconut, nomma le Roy de Nauarrefon bon frere legitime fuccefleur de la Couronne, exhorta fes bons fuieis de lui obéir gt;nbsp;de demeurer vnis , de remettre le different de la Religion à la conuocation des Eftats generaux du royaume qui pcnfcroyent aux reme-des conuenabics , de faire eftat delà pieté , amp;nbsp;de prier Dieu pour lui. Sur ces paroles il rendit lâefprit.Q^ant aux infolences de la Ligue dedans Paris St ailleurs,a-pres le ttefpas duRoy.vne autre hiftoire les declaire-ra : car noffre intention nâeft de paffer plus auant en ces recueils.
^uùfitrU En ce Prince défaillirent les Rois de la race de vy du yglgjj -yj régné en France , depuis l'an mille itCmt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quinze , iulques a. lan mille cinq cens nui-
' tante neuf. Sous leur domination ont efté renouüek leas prefques toutes les merueilles des ficelés palléz. Ce dernier Roy fut peu regretté de la plufpart de fes fuiets , pour caufe de beaucoup de.fautes par lui com-roifes enfon adminiffraiion. L'occafiondâicelles (fans toucher aucunement à la confcience ni aux afaires de pieté amp;nbsp;de iuffice ) fut, quâau gouucrncmcnt politic il ne i fccut oneques bien difcerner que trop tard fes amisdâa-uec fes ennemis : amp;nbsp;le défit quâil auoit de paffer (à vie en delicesjlui fit perdre infinies belles occafions de pour-uoir au bien de la France amp;nbsp;de plufieurs autres pays.
â gt;â Sa nonchalance enhardit fes ennemis pres amp;nbsp;loin, de-, dans amp;nbsp;dehors le royaume , Ã beaucoup remuer. Nây .
ayant pas voulu mettre la main quand il deuoit, il trou- nbsp;nbsp;i
â¢* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* ua finalement la porte clofe , fe vid chaffé hors de la nbsp;nbsp;i
maifon , amp;nbsp;ceux quâil auoit trop fupportez en infinies fortes ,ellablisen A place,qui lui donnèrent (brlate-
*'* â lie des coups de bâflon, dont il deuoit les abatte dâheure. On difeourot diuerfement fur fon trefpas ; lés vnse» ftimans quâil eftoituop toll forti du monde au regard ' delà !
Henri t ko i s i i i h i. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3x4
de U France , les autres iugeans Je contraire. Qupy quâil en foit, fon deces fut à tout le royaume vn cooi-mencement de calamitez du tout particulières, comme lâhiftoire du Roy Henri qua-triefme, de la race de Bourbon , pourra quelque Jour en faire foy.
SS. iiij.
INDICE DES MATIERES
PRINCIPALES CONTE-nucs en celiure.
Ze fettl Ãgnifie la ffrerntere nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;du feuillet)^ la
lettre 6, y eflant adtouslee fi^nffie la fécondé page.
A. ceux dâ A Beuille tuent leur Zx gouuerneur amp;nbsp;autres en haine de la Religion 77
Accident notable nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;19
lâAmiral fe montre fidele fer-uiteur du Roy amp;nbsp;du royaume 4:. prefente requefte Ãpur ceux de la religion 48 11 confiance 57 b.fon voyage en Normandie74,7^.De lâAmiral, voycx ijo. b,i^i. I44.i4ç.ij3.a.'b,i57.b,ï59.b, 187 II fe confie es paroles du Roy 190 bjVientà PA-risi9i.b, cfiblefTe 194 0,It finalement malTacré i9lt;f. b, defenfe de lâinnocence de luy amp;nbsp;des liens loo.b lâAmiral de Vilards fait guerre à ceux de la Religion iti.b, Jgs ^drtts par quel moyen de-fioiirné du parti de ceux de la Religio 117. eftabli chef en Dauphiné 119. life venge de ce qui eftoit aduenu a Aurange lio. b, eft rompu en deux rencontres 121. bjfaifi prifonnier nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;122.b,
Agen, 8r ce qui sây cfi fait durant les premiers troubles.
9^-97
Agge afliegee, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â»lt;
Agriane,amp; ce qui sây fit, ni.b, Aiguefmortesprinfe 246 b, Amiens, amp;nbsp;ctjqiii sây fit contre ceux de la Religion 76.b, le fieur dâAndclot, amp;nbsp;ce qui luy aduint nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;154 b,
Angers,êf ce qui sây fit, 8ç le.cfiafteau nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prins amp;
ce qui y aduint, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;288.b,
Anglois chaflés du haute de grace nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;îp
Angoulefme, amp;nbsp;cequi sây fit, lOX
Anne de Mont-morenci Con-neftable rappelé en Court, b,punit ceux de Bourdeaux j
Anne du Bourg, amp;fon procès P fa mort
Antoine Bourbon duc de Van-dofme efpoufe ïeanne dâAl-bret Princefte de Nauarre
Antrain,5rccqui sây fit,^ 80 Armees pour le duc dâAniou ijQ.a.b,
Arnices des Alemans, amp;nbsp;fes ex ploits,
lâArmce inuincible d tfpagno difflpee nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JO7
Aurange, amp;nbsp;xic qui y aduint
|
INDICE. HÃ.bjlO Aurillac,amp; ce qui y aduint 8i Au(ronnc,amp; ce qui sây fit 116.b, Autiin, amp;nbsp;ce qui y aduint, 117 à Auxerre furet maflacrés ceux de la Religion 79'^ B BAr fur Seine,* fon cflat durant les premiers troubles nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;78 Baron de la Fare,* fon eftran-geinfolence, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;114.b, laiourneedesquot;SarricaJei à Paris 30}.b,j04 Bataille deDreux 7^ b,75 la Bataille de S. Denis 14S b, 147 de Montcontour 171.b, deCoutrasjOÃlâvn des chefs aucc vne des armees de la Ligue eft mis par terre, 295. 29S Bayonne,* le voyage qui y fut fait nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;159,197. b, Batourdantuc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toy.b, Bcaucaire, amp;ce qui y aduint, 109 Beaune , amp;nbsp;ce qui sây fit, gt;17 Bcauuoir inuefli amp;nbsp;prins par compofition nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jt2.b, Bedarieux 1 amp;nbsp;cc qui sây fit, lU.b, Belleuilic garcntie par vne notable auenture, 128.6, Bergerat prinfe, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loi Befmes meurtrier de lâAdmirai exterminé 2çi.b, Bciiers , amp;nbsp;ce qui sây fit, 108 Blois , amp;nbsp;les cruautés y exer-cee.s, Blois prinfe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijo.b, Bolongne , * la guerre di-cellc4.b,j.cft remiîe es mains du Roy Du quot;iirdet vaillant gentilhom |
me Bouillargues, amp;fes exploits iii.b, Bouquenegre pendu nbsp;nbsp;114.6, Ceux de Bourdeaux punis par leConneftable Bourdeaux,* ce qui sây fie, 95 Le Bourg de mer, * les cruautés qui y furent commifes 85.6, Bourges rendue au Triumuirat 71b, Bourges en Berry, * ce qui sây fit durant les premiers troubles, Bourgongne, * ce qui sây fit, 125 Bourgueil, où plufieurs furent cruellement tués, Bretagne,* ce qui sây fit, 9J BriiTac tué Brouage affiegé * rendu 272. b, * derechef affiegé 288 b Bugolccapitaine traiftre, cau-ie de trefgrands maux 97.b Butin merucilleux fait à Rouan c. CAIais prinfe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2^ le Cardinal de Lorraine follicite le Pape à prendre le parti des Franlt;jOis 2 le Cardinal de Guifetué b, Carcaflbnne,amp;:ce qui sây fit 107 le Cardtn^ii dt *3ourh9n fert de mafquc â la ligue 277.b, le Cardinal de Chaftillon fe retire en Angleterre iy4â meurt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;18^ Cardinal de Lorraine 9 amp;nbsp;fes comportemens au Colloque de Poifly 6j.bid4 Voyez de lui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;137 Carcnian rendu nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^5quot; Chafter |
INDICE.
Caftelnaudarri J amp;nbsp;ce qui sây fit,
Catherine de Medicis , amp;nbsp;fa premiere regencc. 9.b Voyex,ta Roine mere.
Catholiques Romains, amp;nbsp;leurs marques eftrantjes, *
à Ceant en Othe furent meurtries plufieurs perfonnes pour la Religion
â Chaulons en Champagne furent pendus deux hommes de la Religion
Chaton fur Saone, amp;nbsp;ce qui y aduint,
La Charité, amp;nbsp;quel traitement y eurent ceux de la Religion,
la Charité affiegee 1^9. prin-
fe par le Duc d^Alen^on 173 Charles IX roy de France
$8. reconoirceux de la Religion pour fes bonsamp;loy-aux (ubiets ni. aagédexiii. ans eft déclaré maieur,Tp b, foilicité par TEfpagnol de rompre lâcdit de pacification 134. efpoufela fille de VEmpereur Maximilian 187. b,fes pratiques i89.b,i9O.i9i. Il auoue le maflacre auoir fté fait par fon commandement 100. Voy Ã03 b,ao4.Il eft malade wj.230.meurt aju Defeription de fon naturel 231 b
Charles duc de Lorraine efpou fe la féconde fille du Roy de France nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;28
Charles,Cardinal de Lorraine,
Chirac,amp; ce qui sây fit, Â¥ 4 Cifteron affiegé par deux fois, i24.a. b, amp;nbsp;la retraite miracu Icufe des affieges, 12$ monfieur damp;Clfruan, apres la defroute die Varmee des Rei-Rres,meurt vers Brefle 300.b
Coignac , où plufîeurs de la Religion furent executes a mort, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;101b
Colloque dePoifly ^2.b,63.64 Concile de Bolongnc 3 Confcfiîon de foy des Eglifes deFrance nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^
le Conneftable prins prifon-nicr deuant S.Quentin 24
du Conneftable , voyex 31.b, 130
Lorbigni,ou S. Leonard, 80 Courtifans,amp; leur inconftance
57
Coufturier memorable 4 Craon,amp; ce qui s*y fit, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8^
Crfiauté horrible
D
DAmyate,amp;ce qui sây fit, in Dauphiné , amp;nbsp;ce qui y aduint durant les premiers troubles, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n8
Dcffaite des gens de lâEmpereur i$.i6.des Ffanlt;^ois 16.b, i8.b,23 24
Dcffaitede Suxe ,Mombrun,Sc autres, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;121
Dcffaite notable au foulagc-ment des Rochelois 181.b
Defroute du capitaine Grille, III
Dieppe,6c ce qui sây cft fait,9t.
Dijon,amp; ce qui sây fit izS Difeours fommaire de ce quiagt; uint es villes amp;nbsp;ptouinces de France durant les premiers troubles yS.bjyy.amp;c.
la Douane abolie à Matfcjlle ajo
amp; fa mort
Chartres affiegee 150.b Chafteauneuf prins 1^3 Chaftillon fur Loire, amp;nbsp;ce qui
S'y fit,
Icfieur deChaftillo dcffaitlcs
Ligueurs en BeauRc 320.b leChaftclct prins
Chaftelleraud affiege' 170
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INDICE. Doufi prins par le Duc de Gui-fc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;300.b JeDuc dâAlençonfc retire de lâCour, amp;nbsp;difcoursfurcefte retraite 2Ãi b, déclaration par lui publice îîj. b,fcs de-porteiuens 256. b,i$8. 260. pour accroilfement dâapanage il eut Aniou, Touraine amp;nbsp;Berry, 26^1. il retourne en Cour 12^7. b ,crt réconcilié au roy fon frere , cfleu lieutenant general dâiceluy 272.vaenFlandrcs274.b, fa mort nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;b le Duc dâAlue vient tourmenter les pays bas nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;144 le Duc a'^ni9t4 , amp;nbsp;fon armee tiifo a b,i7O.b,i7i. ^175.174. b,i77.182.18) 219« cftant et leu roy de Pologne sây a-rhcminet24.2xy. A apres la mort de fou frere retourne en France nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;238.b Voycx Henri ÃII. le Duc dâArfeotpris iç U Duc de Bouillon , apres la defroute de farmee desrei-Ãres, meurt à Geneue îoo. b,lesefforts de la ligue contre lui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5oo.b,}oi le Duc (.'afimtr sâaccorde auec le Prince de Condé 2^4. entre en France auec armee 2V8. b , les requeues amp;re-monftrances au roy, 271. Le Duc ä^EÃferno» rcfpond aux accufations faites contre lui par le Duc de Guife Voycx de lui, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^12 le Duc de Guife tué 74 b» le Dmc de Gutfe fils du prcce^ dent,blcffé 2^^, fes déporté*« mens 282 a b, 297.298.299. 200 301.302.503.304 joç.joôâ. 3O7.5o8.fesmenees amp;nbsp;entreprîtes contre la perfonne du Koy dcfcouuertes-.dont sâen-fuiuitfexecution imorl du* |
dit de Guife, jop hjia, exploits du Dm dt loyeufe con.- tre le Roy de Nauarre, 293. 6,294. fon armee eft deffai-te,amp; lui tué, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;29à le Duc de Longueuillc deffait les Ligueurs deuant Senlis le Duc de Lunebourg tue 79 le Dhc de Mi^Jfnne, Sc (Ci def-feins contre la Rochelle, 172.273. fes exploits pour la Ligue , 28^.287.288. b, 307 bjjiv31^.318.32â.6,322 exploits du D«c de Mercofttr pour la Ligue en Bretagne, 188.317.6 le Duc de Nemours amp;nbsp;fon en-treprife 66. terrible piege à luidren'é nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;117.6 le Duc de Neuers amp;nbsp;(is ex ploits de guerre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;26 le Duc de Sauoye sâempare du Marquifat de SalulTes 307. 508 le Duc dâVfei chargé de faire guerre en Languedoc 247.6 Duras, fes exploits amp;nbsp;fa deffai-te nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7iâ9^â99 £ EDit contre les blafphema-teursi. comtre les petites dates amp;nbsp;autres abus delà cour Romaine nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8 Edit de Romorantin 4t. b, de Fontainebleau 60. de luil-iet ^1. de îanuier ^^.b, 69, contrauentions â iccluy IJâ.b Editât faucur du Clergé â¢Ã4 IJ5 b Edits contre ceux de la Religion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijçb troiiîeme Edit de pacification tSy. autre cditdepacifica'-tiefit lîo. Voy lîî b Ed,p |
INDICE.
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Edit de pacification rompu, âc pour quelles raifons 16^ .b Edit de lâvnion contre ceux de la Religion, joS b,509 Eglifes de France , amp;nbsp;ce que font les miniftres pour le repos dâicelles i;o. b, 138.le rude traitement qui leur eft fait nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i;4 eftat des Eglifti de Q^erci, Languedoc , Sc autres pro-uinces 220. b, 22a. b, 22,.b, 227. a.b,22;i.2^4.a.b,242.b, Embufeade dâimportance, iio b lâEmpereur Charles V. afûe-ge Auets 12. quitte fes eftats à fon fils amp;nbsp;fon fiere 2Ogt; meurt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;28 Efeoffe en guerre 1 b,4.b Efmeütes en Guienne à caiife dcscxaâiens nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 b Efmeutc de S Medard 6amp; Efmeutc des payfans contre ceux de la Religion yS.b Efpernay,amp;ce qui sây fit durant les premiers troubles 78.b Eftampes prinlc par le Roy )22 Efiats generaux afiignel au to-de Décembre M. D.ix. 48, b.jj. affembleï à Orleans $8. rupture dâiceux 59 les Efiats particuliers de Paris voyétplus clair que tous les autres nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jp b intention de raffemblee des Eliaii defcouuerte 268,b amp;nbsp;ce qui (e fit « 'dits Efiats, 259.270.271 alfig nation des i Blois }o5.jo8 Eftoille nouuelle amp;nbsp;tnerueil-leufeaucicl lâEuefque dâAmbrun Je fes fol-dats desfaits lâEuefque de Valtnttr ft çt |
quiaduiiitde famenee y r X Executions de perfonnes de qualité Executions diuerfes contre ceux de la Religion loj.b Exemple notable de l'infirmité du iugement humain es affaires dâimportance 158 Exploits mcrueilleux des capitaines Piles amp;nbsp;la Riuiere loo.a-b F F Amine de Sancerre tu femme afiit^ee en fa mai fon, amp;nbsp;fa defenfe notable. 175 b Feurs en Foreft, amp;nbsp;ce qui »'y fit, Florae,amp; ce qui y aduint, 114 la comté de Faix, amp;nbsp;ce qui-s'y fit, Fontaine lean, amp;nbsp;ce qui y .aduint aux moines, Fontenay affiegé amp;nbsp;prins 258 France amp;nbsp;{on eftat fous Henri H. amp;nbsp;Francois II. joa.b, Jt. fon eftat miletable ijp. 2,-7.ji4.b,tij François Oliuier reftabli en lâefiat de Chancelier ji. fa mort François II. roy de France jo. b. fe plaint de ceux de Gui-fe 40. eft frappé de maladie, 5 5.b,meurt Fumeier capitaine, ft fes notables exploits G la Anache rendue pat compofition jt4.b le pays de Giuaudanj ft ce qui |
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INDICE. amp;*y fit, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HJ b Granesgt;amp; c« qui sây fit, iij.b Grenoble,amp; ce qui y aduinc du rant les premiers troubles 120 I2l.b,I22.12J Guerre en Efcoffci.b,en Picar die 7.b,i6 b, 19.b, entre les François Sc Efpagnoîs, amp;nbsp;les occafions dâicelle 7 Guerre en Lorraine 10 11.12. en la duché de Luxembourg ii.b,en Piedmont ly.enToà caneiy.b, en Vide de Corfe 20.es enuirons de Rome 21. enEfcoffe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;42.b troifieme Guerre ciuile, amp;nbsp;ap ⢠prcfts pour icelle i$2. b Guerre contre VEfpagnol con -feillec nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;190 diuers exploits de Gutrre 221. ajjî.zjy,guerre enPoiâou treceuxde la Religion b,i8o.229,2j7.b, en Viuarais 249.b,en Prouencc 250. en Saintonge nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i$i.b Guerres duties en France,dâoù nafqiürcnt, 263 préparatifs âc commencement de nou-uelleguerre, iS']. fixieme guerre ciuile nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;272 Exploits à tguttte du ficur de Laual amp;nbsp;autres enPoi^ou amp;nbsp;ailleurs, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;291.292,29^ Guyenne en trouble à caufe desexadions 2. b, rcmife en fon premier efiat Guyenne öfprouinces circon uoifines, Sc ce qui sây fit, 95. 96 ceux de G«//?, amp;nbsp;leurs déporté-mens infupportables b, lâentrepHlc contre eux eft defcouiierte 38. Ils efmcu-rent guerre en Efeofie 41. b, leurs pratiques en France f 2 b, font reconciliés auec le roy de Nauarre 5^ b, feignent vouloir eftre de la confeffion dâAusbourg le ducdeGuifetuc74* b,I^* ceux dcGuifc,voyei 138.263» 273.27^.277.b,279 b |
Guyen fur Loire,amp; ce qui y ad-uint aux premiers troubles 8t H H Aumont, amp;nbsp;ce qui sây Rt, n4.b Le Haure de Grace, amp;nbsp;ce qui y eft aduenu durant le^ premiers troubles, 94. b Henri IL roy de France, amp;nbsp;fon facre,i.proteftation dâiceluy 4 b, eft menacé de mort 24/ b meurt 30. amp;nbsp;laifte cinq fils amp;nbsp;cinq filles nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;50 Henry ni roy de France amp;nbsp;de Pologne, retourne de Pologne en France 238. b,efcrit aux Rochclois239. b, va en Auigno 243 eftfacré à Reims 248.fes deportemens2$2.2y4. b,25J.b, 258.b,2Ã9. 26^7.268. b,farcfponfe a la requefte de ceux de la Religion,271.fes lettres au roy de Nauarre, amp;nbsp;fa declaration pour defarmer les ligueur^, 28o.cerchcappüinuâinenc a-ucc eux , de leur donne plus quâils n'cfperoyent,282.amp; ce qui en aduient,283.Tl.ib,ege le terme de fix mois donne à ceux de la Religion , amp;nbsp;de-claire formellement contre eux,285. Reiglctqét dâiceluy entre ceux de lachte Religion 28$ b. Il eft folicité par ceux de la Ligue a faire guerre a ceux de la Reli-gion3O3.Tl sâenfuit de Paris à Chartres le iour des barricades 304. b, fa refpon-fe aux Parifiens voulans exeufer les barricades, 306. b , fa harangue aux Eftaw tenusaRlüis3o8.b,Il defçou- |
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dtfcouure les entreprinfei du duc de Guife contre foyj amp;nbsp;le fait exccuter à mort jOÿ.b.jio.Ce quâil fit depuis ' jii.b.jiy.jifi.b.jiy.jig.jio. amp; ce qui fe fit à Paris contre luy jis.jiS. Trefues entre luy amp;nbsp;le Roy de Nauarrc jiSjb. 11 sâapproche à main armee de la ville de Paris 321, b. prend Eftampes amp;nbsp;Pontoife 322, eft blelTé à mort par vn lacopin, amp;nbsp;tref palfe le lendemain 323 A-uis fur la vie dâiceluy 323,b Heldin prinfe par lâEmpereur 13. reprinfe par les François I3,b. puisreprinfe amp;nbsp;facca-gee par lâEmpereur ij I. La ville de lamets affiegeeamp; rendue nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;301.b frere laques Clement,moine lacopin 322,b. blell'e le Roy à mort, amp;nbsp;luy-mefme eft tué rj monficur de la ixrritttt mini-ftre de la Religion execute a mort par le duc de loyeu-fe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;294 lenlis deffait aucc fes troupes â92 h lefuites.leur profeftion Srleur nom,amp;c. I39,b.i4o,amp;c. Tniuftice amp;nbsp;cruel traitement fait au chef de la iuftice à Rouan nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;92 Iniufticcseftranges 123. b Infolence eftrange du Baron de la Fare nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;114.b lournee memorable de S. Gilles 110.12 3, b. amp;nbsp;lafcnucil 138, b. de Loudun iSo. de Baflae nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16^3 loyeufe, duquel lâvne des trou peteftdedaitc mb |
INDICE. I(Toire prinfe parle duc dâAlençon nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;272 Iftbudun,amp; ce qui y aduint Ifly,amp; ce qui y fut fait durant les premiers troubles 79.b lultice notable amp;nbsp;nouuelleen France nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;132 L. LAboria deuient traiftre lo^. 107 Lanfquenets en France iSÿ. leur auaricecaufe dâvn grâd mal s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;172.b le fieur deamp;(«««/,amp;fcs exploits de guerre en Poiâou amp;nbsp;ailleurs 291.292.293.la mort de luy amp;nbsp;deles freres 293 Laumofnicre desfait pj.b Lens en Artois prinfe amp;nbsp;pillée nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;23 Lertoure affiegee , amp;nbsp;rendue 98 Lignerolles tué nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;180 Ligue en Guyenne gt;33.0 Ligue du Roy nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;137 Ligue en France par qui fondée 263. premiere ligue faite à Peronne en Picardie 2ÃS.J ferment de la ligue 26Sjb. prétextés amp;nbsp;artifices des chefs de La ligue â 273,b.275. enfantement de la ligue à Paris,amp; commenç elle y fut efleuee , amp;nbsp;autres chofes concernans icelle 277.278,amp;c. Perte que laL,/« recent en la bataille de Courras, 296 nouucaux efforts de la pour ruiner lâeft.it de Fran-ce,lc Roy,la maifon de Bout bon, amp;nbsp;tous ceux de la Religion , 302.303.304.305 3olt;». 307 313. diffipation delâar-mee ligueufe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3i4.k |
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î N à I C B. autres efforts de la ligue contre le Roy 516.b,p8.321. b »A«3esamp; deportemens cf Rranges des Ligueurs à Tours 318. b J voire contre les Catholiques rneimes 319. Les Liseurs deffaits en Normandie , enBeauffe,32o»b, en Lâifle de France,amp; à Sen-lis, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ju.a.b les efforts des cheft de laL/gu^, amp;nbsp;leur attentat contre la vie du Roy Limoges , amp;nbsp;quel rauage il y eub Limoux »6c quelle fedition y fut efmeue, Liuron alïîegee 243. b. 24^. 147 Lorraine dcfonDiic mis en la â¢naia du Roy Lm,on aûîegé 18;. b ,rendu 186.b Luncray j amp;nbsp;ce qui sây cft fait, 9? Lufîgnen aûlege amp;nbsp;rendu par compofition 240.241 Lyon amp;nbsp;ce qui y aduint ix(Ã.a b, citadelle pourquoy y fut baftie nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijy M V X lt;nbsp;Aiiifcfte liuret ainfi IVl nommé, amp;nbsp;ce quâil contient nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;276 b, amp; 279.b le Mans , amp;nbsp;ce qui sây fit 83.8 Marans prîus amp;nbsp;reprins Marthaftel,amp; ce qui sây fit J14 b Marcfchal de S.André, amp;: fon audace le Marefcha! dâAnuille perd iüà armee deuant Sommie-re 22r.bj fis depoitçmchs |
refponfe du }gt;îareethui little tftais le Marcfchal de Biron enuoyé en Poitou le Maiefchal dt Termes def-fait auec fon armee Marguerite roine de Nauarre meurt Mariage du Dauphin aiicc la roine dâF-feofle 26 b, du roy dâEfpagne, du duc de Sa uoye nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;28.a.b le Marquis de Brandebourg prend le duc dâAumal« I« b le Marquis deMarigna meurt 20 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' Marquifat de Saluffes occupe par R duc de Sauoye 308 Mafeon aÃtege par deux fois 127. b, amp;nbsp;128 b, cft prins 129 Maflacre de Vafliy 68 âMaflîicre horrible à Thoulou- feio;.b,à Gaill3c loj.b Maffacrc a Aurange ijy.b Mafl'acrcs en Proucnce laj.b, amp;nbsp;autres lieux 13; a.b Maflaertsa Paris 106 b,197. 198.amp;'defenfe deVinnocen-ce des maflacrci 201 b,Voy 2O4.b,2Oà Maugiron faccage ceux de Orcnoble nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jio.b Meaux en Biic, 6: ce qui sây fit durant les premiers troubles rifle de Medoc priûfe 165 b Mende , amp;nbsp;ce qui sây fit 115.6 Mercurfale fr emprifonneme« de quelques cônfcillicrs de Paris nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;29 Merindol amp;nbsp;Cabriercs, ôc leur proces nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f Mets ville franche amp;nbsp;imperiale .ifluieitie au roy ro.affie-gecparrEmpercur 12.13.b, dcliure« |
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t N D tleliüree nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;141b le fieur de Mombrun, Sc fes exploits nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47 Mombrun deffait 121 amp;nbsp;après yne grande vidoirc cH prins fc execute à mort ljQ.b,i5« Monluc 99. bj O). bgt; 104.97« 2O2.b,2IJ Montauban gt;nbsp;amp;nbsp;accident mer-ueilleux de ceux dudit lieugt; iO3.bgt;iO4. JOÃ.ce qui y eil ad-uenu durant les premiers troubles nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^oj.b,iO4 Montargis, amp;ce quisây fit» 81 b Montbrifon, Sc cc qui s*y fitj 11^ Mont de Marfau prins lOi le comte de Montgommery, Sé fcs exploits 168. b» fa ruine 227.218.ij5 Montmarin rend Raucroy au ducdcGüife , JOI. amp;nbsp;ce qui lui en adulnt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;joi.b te duc de Montpcnfier delFait les Li^^ueurs en Normandie, , O jio.b Montpcflier , Ãc cr quisây fit, 110 Murnas prins nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;b Mort de lâEmpereur Charles Y. de fa fÅur , de la toine d'Angleterre,amp; du Cardinal Poius la Mote Gondrin tué «8 b Moulins en Bouibonnois 82 Mouiians deffait nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;b Mucidan prins par efcaladc, ioo.b,anîegé nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;14; N te Roy deNauarte comment rcceu à la Cour du roy Eran-^ois II. JJ.comment trai-tc'à Orlcins b, 54.55. réconcilié auec ceuxdeGuife 0. b| pratiques contre luy |
I CÃ. tfi b, feduit par fes ehnelnii 6^.meurt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;71 b,amp; 9û«b le royaume de Nauarrt aban donné par lê Pape au premier occupant nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ijj la 49 hauArvt fe Retire à la Rorhellé auec fes enfaiu 154 b, vient à Parts gt;où elle meurt nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;191 le roy de Af4tt4rrr,âr toti maria«* ge auec la fÅur du Roy 188« a. b, 189. b, fes fianj^ailles Sè efpoufailles 194. quel traitement lui efi fait au tnafTaûre de Paris 198.6, il fe retire de la Cour 259. fait refponfc aux députés desERats pouruoità foy 27^.6,278.6* fa declaration faite â Bergerac 281. autre declaration dâiccluy , à fcs lettres aux ERats de France amp;nbsp;à ceux de Paris,28?.b,ce quâil fit aude-fauantage des quatre armées de la Ligue drcfl'ees contre luy, 195.294.6,295.29^. ce quâil fit apres fa victoire b,fes exploits de guerie pour fadefenfiue 3116,312.517.5/8. Trefucs entre luy Ãr le roy de France nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ji8.d Nerac,ôc ce qui y aduint, 97 Neuers ce qui s*y fit durantquot; les premiers troubles 79 b Neuuy en Toura ne,Ãr ce qui y aduint, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;88 Nidr prins pour le Roy de Na-* uarre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;3H*b Nifmes furprinfe par ceux de la Religion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i75-b Nonnay , amp;nbsp;ce qui aduint du* rant les premiers troubles* II^UJ LaNouéeReu chef de guerre dans la Rochelle 214 O ORdonnances contre ceux 4c la Religion nbsp;nbsp;nbsp;8.b TT« 1« |
INDICE.
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Oftie afîîegeeamp; print* parks Efpagftoîi 2i.Vgt;reprinfe 0.2. P PAixcn Alemagne igt; Paix accordée entre les âtois de France amp;nbsp;dâEfpagne t'i8 Paix accordée amp;nbsp;publiée 7Ã.a.b negotiation deP^i* 148.151 b Paix acceptée par le Prince, amp; ce qui s*cn enfuit 152. a. b, pourparlé de paix 179.181. 182 bgt;i84.paixpubliee 187 edit de P^»* auec la Ligue con rre ceux de la Religion negotiation de P4;* 248.b,249 edit de P4r?jîr4rion 261. de nul effed nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;2^1 pourparle de P4r» conclue bien tort apres la reddition de Brouage, i7J.b,i74 Pamiers,amp; ce qui sây Ht, nf Papes amp;nbsp;leur naturel 21. b, 21. b bulle du Papt Stxte cojxtrc le Roy de Nauarre amp;nbsp;le Prince de Conde', amp;nbsp;la renion-ftrance du Parlement de PUf ris fur icelle, 185. protefta-tion contre le Pape, 285 Parirtcos font des terribles fac-cagemens fur ceux de la Religion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;76.b les Parirtens, aufquelsle Roy demandoit argent 35Ã.b,luy font vne remonftrance cequife fait à Partt contrôle Roy 305. b, 304.315.316.311.6 Parlemens prciudiciables 105.6 Pay fans de Pcrigori chaftiés 161.b Perfecution contre ceux delà Religion |
Perfonnages notables executes i mort à Rouan nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;91.b Philippe roy dâEfpagne.efpou fêla Hlleaifaec du roy de France 28.6,29 b,fcs eftorfcs contre les pays bas 143.6 t Philibert Emanuel prince de Piémont efpoufe la fÅur du roy de France Pierre Gourde devait 156.6 Piles, amp;ftâs exploits merucil-leux Poidiers , amp;nbsp;ce qui sây fit dur rant les premiers troubler, 88 Poidiersaffiegé la negotiation de Pologne i93.b;Voy Pôltrot,amp; fon fupplice 75.13t Pontoifc rendue au Roy 322 le royaume de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;enuabi par le roy dâEfpagne î74j6 Prefidens de Paris defapcin- teXjpuisrertablis 6,b les PrjnctsProtertans, amp;nbsp;leur confeil pour s affranchir 8, b.leurs lettres au Roy, nbsp;nbsp;11 les Princes de France trabis 49,b ô: comment ils fontre-ceus à Orleans 5*. leurs exploits de guerre 167,6.168. 174.182.183 185.apres lapaix accordée ils t endent les villes dâaflcurancc 191. viennent à Paris «ÿz.quel traitement leur ert. fait apres les mafl'aercs 204,6. leurprote dation contre le Pape 285 le Prince de ConJé trefafft-dioné au bien du Roy amp;nbsp;du royaume 36.b,mainiieni fvn innocence 41. b, fonconhil defcouuert fon empii-fonnement Ãi b,52. faiulhfi-cation 59.6,61. accord entre luy 6c le duc de Guifé 61. 6/ il fe retire de Paris 69. 6» comment empefchela diffi-parien de fwn , 7^* |
r N D I c E.
»Birche dcuers Patis 72. ce (]ui luy auint peu auant Ia bataille de Dreun yt.bjVóy-cidc luy ijo.8,158.8,144.145.
' W9 151.155.a,b,i55.i57.i58.Sa mort nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ilt;f4
lê Pnzïcr df Condi fils du precedent , amp;nbsp;C}uel traitement luy cH fait au mafiacre de Paris 198.6,llfiïretire en Alcma-gne 219 b, Sa declaration 2^6. accord entre luyamp; le DucCafimir »gt;4. entre en France auec armee iy8. b, amp;nbsp;.apres lâedit de pacification , 2lt;?r eft fruftre de fon gouuernement de Picardie b, pouruoit à fa. feurctd, 26$ b,Voyei de luy 2^7.170.
' 1.8^. 18^. 'foiFvbyUge vers Angers, amp;nbsp;ceqüi^nuduint, 288 b,iPefpôufela fÅur4ü fieur de îlTrimouille, de laquelle il a eu vn -fils 192. auec petites forces attaque*
⢠Pvn des plus braues- regi-31 mens de la Ligue 291:. bj « Voyez d8*'luy,294 II meurt eftanr empoifonne b Piifoivnicrs pour la -religion foiilà gez nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'â42
Procesinoeablc entre Tvniaer fité de Paris amp;nbsp;lesîefuites .j}9,b.i4t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Pro»cnce,amp;ce qui y a'dirint ipdiiriirles-premicrs troubhe^
1:5,8
ïrouidence de Dieu, 3c exem-d pies notables dâicclle 106 Puig-iiliacd., 3c fonentreprife. , i8t,b.j.^d, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
le Pu fin afiîegé 8c ruina. i.^4i PuyDurens, it ce t5uiyaduint T jii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Q^â efae , 3f ce qui sây fit uM. -
R ' -ïquot; »
RAueroy prins,ft ce ,ui sâji fit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âI -joi
Reiftresft leur bonne volonté enuers ceux de la rcligiS 74
Reiftres en France
Reiftres conduits par Thoré desfaits nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j5î'
difeours du voyage amp;de la def ' route de rarmee des '^ijirts
Religion amp;nbsp;fon auancenaent en France 45,b.44, a,b.45, 47.confpiration eStreeeut dfilareligiô 51,8.54.b.Jeur deliurance57.59.lls font re- .S conus par le Roy Charles pour fesbons 3t loyaux fi».â iets nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ill
nouuelle ruine à ceux de la
iJ9i,b. amp;nbsp;nouuelles machinations contre eux 3c leurs aflbcicl. î52. Iour4 plaintes z66. rclponfit dû R«y à leur requefte xyi.edit de paix contrâeux ïSads.
-1 Voyei 285,a,b. joï.l3O7,a,b.quot; ,,511)0 nbsp;nbsp;nbsp;'
Reliques butinées '1
Rcrnede audefordre desmô-
. noyés x, , .
Rcmonftrance du Clergé non tre ceux de la Religion 285
la Renaudie prend charge de la.captiire de ceux de Giiifc 57.eft tué 1- , , 59,8
Reuel ) Se ce qui y aduint * 11.107,8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
ht Ritiiere, Sc (es exploits mef-aieiUeux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;sO*
les â^iheUcn inuefiis 1^2,8,144, lt;1.102,8. leut defenfe tioj,b. ., {205'. 2otf,k) 208 diltours du
ficge de la Rochelle iuf-quâà la paix ottroyee aux at flegex 212,8. entreprifefirr
T.lh
INDICE.
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laRochellc tïS.Voy »39,8. J40.1Ã7 Rois lie Prante anciehs 'i modernes, amp;leur diff«*«- des Rois de France , roirel CharleSjFranijois, amp;nbsp;Henri: amp;nbsp;des Roisiamp; rdines de Na-uartè,voyez Nauarre. 1» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â»ârt promet faneur i . ceux de la Religion 31,8. i.quiiuy font requcfte 34.1a revente du royaume luy eft quittée yd,8.yï. sâaccorde auec Iproy de Nauarre y», bdes deportement ylf.tto. 13L âys.b. 131,8 134,143,8. ⢠lyd.ifii.iyy. 17S. i8id) 304, 8. fa mort la Reine Eliza8eth vefiie de Charles I X. depart hors de France t la Racietfe , tt qui s*y fit ioj,8 II Rouan prinle Rbuà n , |8c te qui s^ fit du-â 1 ranr les premiers troubles 88,8 Bfôuan afficfçee 89.99, prinfe 91, b. arreft du Parlnment dâicclle contre eftrx de la Reli^iori nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;89,8 Rpiicrgue , amp;nbsp;ce qui sây fit 0413 - ,.*'1'. â ' J S 1', t SAinâ Chriftofle , te les meurtres y commis 88 â à Sainiâ Cyro'quelle chofead-uint durât les premiers trou blés nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7^)8' le (leur de SttiiS imaf-â¢facré 'par fon coufinâ§eisi main nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;78,b Sainâe Pay , te prife dâicelle ' 100 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â ' Sainâ Gelais, amp;nbsp;fa deliurance memorable nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ipojb |
SainâGilles prins 14$ Sainâ lean d'Angeli afllcgé 177. amp;nbsp;lâindigne.traitement fait à ceux quifqrtirent par , compofition nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;£78 S Jean de Nemours, !c ce qui lây.fit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;8t,b Saénd Leonard, ou Cotbigni 80 Sainfl Lo, amp;nbsp;ce qui sây eft fait 94,b Sdinâ Lo afiiegé amp;nbsp;prins M3 Paul / çe qui sây fit ii:. St Poind infignc meurtrier, meurtri SaiadQuencin inucAi prins i4,b nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;3 â . le ficur dcz S. Romain amp;nbsp;fes no (ab paroles nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Z4| Sà nieuxe^d fa moçt â . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;321 Sdneerre afliegec ilt;îi,b. Voy . x)j iO4,bâ2o6,b. 108 laâ¬a-ipinc d'icelJe 211 la dcli' ujance nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;au 4 Sfnltt quel traitement fut fait à ceux de. la Religion 7^,b Se((Us affiegee par les Ligueurs, qui y furet desfaits |2i. d vne trahifon defeou-uerte nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5«,b ïStns fc fit/nafTacre de ceux de la Religion nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;79âb SftCrie pnqfc par lâEmpereur i7,b.i9 Simon de Mav execute ij9 Soinmicrc affiegee laish Sommeriue fait guerre cruelle a fon pere 124. entre dedans Cifteron nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;r itç,b Stratagème nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i$lt;f,b Strorty desfait nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i^7 capitaines SHâffei decapitex ^99 Supplices de ceux de la Rcb-gion Sute desfait nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âÆ* Synode |
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INDICE, Synode tenu » Paris 29 Synode nationnal à Nifincs lÿo.b T TAillcboiirg jffiegé îyijb Tahrt pnns, .amp; reprins Ubb Tirafcon en Foil ,amp;ce qui y aduint nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ii$,b Taiianes affîcgc Lyon n6,b. prend Mafeon nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;129 Terride,amp; fe*. efforts loÿ Teronenne prinfe amp;nbsp;rafee I4.b Thconiiille affiegee S: rendue 2S,b Theodore de Befxe prefehe à la cour nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5} Thoré conduit les Reiftres îtî Thouloufe, !c ce qui y eft ad-uenu durant les premiers troubles ioi,b.ioa.io, Tours amp;nbsp;pays voifin , amp;nbsp;les eruautexy commifes 86,b. 8t Ttaiftreexecuté à mort 171 le Triumuirat fe failit de Paris 3r du Roy nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã9 Trefue faite amp;nbsp;rompue 2O,b. î? Troubles horribles en France tfé.b.ic ce quiaduint es villes amp;nbsp;prouinces jurant les premiers troqbjés 76^. 77.*e èinquicfmesTroubles en Fran ce nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;22S ceux de Troycen Champagne comment fe comportet durant les premiers troubles 77.1â |
V la XT Alette aceufe par le V duc deGuife,Iuy fait refponfe nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jo^ Valence delà les monts prinfe lî Valognes, amp;nbsp;les malîîicres qui y ont cfté exercer 9^,b lcVendoûnois,amp; ce qui y aduint nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;849h VctelayaÃiege nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;17^ leViconte deTurenneprend philîenrs places fur les Ligueurs nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;29^, b le Vidame de Chartres empri-fonne nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47gt;b Villefranche, æcc qui sây fit Villes de Picardie prinfes fur les François Villes defmanteîlees nç Vinay battu deuant Grenoble itbb Vire,amp; ce qui sây fit 94 Viuaret$gt; amp;nbsp;ce qui y aduint 112 eftat de Viuarais VVniuerfitc de Paris plaidoye contre leslefuites 1^996.141 Voleurs en nombre de ixxx. executes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;111,b Vulpian prinfe amp;nbsp;defmanteke v Aintonge, amp;nbsp;pays dâOnis, amp;nbsp;ce qui sây fit durant les premiers troubles »ci,b |
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