SECRETS DE LA
VRAYE AGRICVLTVRE, ET HO-NESTES PLAISIRS CtyâON REÃOIT EN la mefnagerie des champs, pratiquez amp;nbsp;experimen-^ lez tant par lâautheur quâautres experts en ladiôle fcience,diuifez en xx. iournées, par Dialogues.
avec
l'A? DlSCOVJiS VE TOVT CE QVE DOIBT faire yn- diligent mefnager champefire ,tous les mois,i^ félon que lesJaifons du temps fint bonnes,ou mauuaifis.
TKADTITS EN FRANÃOIS DE L'I-
TALIEN DE ME S S E R A V G V S TIN G ALLO, gentil-homme BreJcian^par François de BELLE-FOREST, Comin^eoif.
A PARIS, Chez Nicolas Chefneau,ruë Sainâ;Iaqucs,à lâenfeignc de lâEfcu de Froben,amp; du Cheine verd.
M,D,LXXJL
Aucc priuilege du Roy.
cnibc* ne éW^ru ^^Uâ
5 O N SIE V R, Æ iamais l'innocence \f»t recogneue en aucun e^lat^ou condition de vie en laciueUe la hommes ^5 employent^ çgt; s adonnent ^ iepen-fe tjue la vie ruÃique , çgt; ffaÃora-leeà celle (jui doit en cecy en porter ^auantage : veu que du Joc, charrue , GT* paÃurage Dieu a iadis ti-'f^^lcs plus iUuÃres dentre ceux quifont renommel^n lefritu-retour leur vertu, amp;nbsp;excellence. Et quoy que le labeur, cgt; peine que thomme prend d cultiuer les champs luy ayt e^lé en
joint dés le commencement y comme pour penitence defon mef-ftiéiyt^ tranfgreÃionyà eél-ce quele malheurfe conuertifant J en benediélion: du heu meÃne duquel procédé laJoufrance, çgt; ^eÃlaiÃry on voitÃortirauÃi le repos, e^ contentement le plus j ^randquepuife receuoirlef rit de lâhomme. Lequel enant ne ^ow s'exercer, lt;amp;nbsp;trauaiUer comme celuy qui a bameà '^igi-hnte qu'il luy eÃimpoÃible qu elle foit fans rien faire y e^ les tnains duquel doiuent imiter les conceptions intérieures n'a
lt;^iiÃi exercice aucun qui luy foit propofeà digne de luyy amp;^ plus ^niuïel y que b Agriculture. Et qu'il foitvray, regarde!^ ie '^ousprieyComme Dieu a vouluedlreferuy exterieurementy (^ ^'^^J. ^^Ã^Ã^ baf echo intérieure par les fruits recueillis moyen-â ij
E P I S T R E.
nant l^an, amp;fdenceà remarquable queà le labourage. Et comme ceÃefdencefi/t confiderée diuerfement, egt; compm-fic ,' diuers ena^à efl il que tout reueuantpre/que à vn,tout auÃi, amp;⢠enjemblement,cgt; ebaÃunen fin particulier,a eÃe emploie aufiambifiruice de [ancien autel, figure debefait, duquel nout fouirons enfiaperfiblionJe Utiles laboureurs du premierfie^ 1 de, ^ auant que le deluge purgeas!, e- punifl les mefehance^ â tendes humains , pour voir Noélouéen beÃriture, amp;nbsp;quilt premier cultiua la vigne.Laboureurs eÃojet fis enfians,iamp; aj-mds lafimplicitérufiique, amp;^ tout diuersfut Nemroth le ebà ' Ãur, amp;⢠premier qui introduit la tyrannie au monde. Berger ^LaboureurÃut abraham, c- de meÃme office celuy qui lay oÃritpainamp;^ vin venant de la guerre contreles tyrans qui froyentpillé,amp;^faitprifinn!erLoth, g^fifimille. Mairie- ; quoy mefiruiroit rbeÃlucher icy tant de matteres puis quels Prophete PPeliÃefutttre d apres la charrue pour efiremisnu Ãruicedugrandfiruiteurde Dieu ffelte f £tpuis quâdmos defimple B erger fut fait annonciateur, amp;gt;nbsp;truchementfiddle nbsp;nbsp;'
de la parole diutne^IelaiÃelaÃcree mémoire desfitntsefnis: voyeg^ce qut ef dit de ce grand £oy Cyre, parlât au P rince Lacédémonien, lequel sâétonnant de voir le plant dâvu verferfi bien tomparty que les proportions (deometriquesy edeyent auÃt bien obfiruees que rien plus, le Roy Perfin luy dit : Mlt; * mainsÃnt celles, qui ont plante', entd, e^mefiage toutes ces choÃs. K7ye:g^ toute lâantiquité'romaine sefre exercée en celle Ãinte vacation, gÿ^ que iamats les reytubliques ne firent mieux gouuernées, ny les armées mieux conduites que lors que le Prince sâadextrant aux champâs, renfircoit fis membres, elSâ' s'accou-fumoit d la peine. Pifi^ ou câet que fit trouuéPlyfièlorsqUS on le voulut mener auÃegede Proye-'lahougt;-antfesterresfierd' les, ^ maigres dâ/taque. (fiuint Cineinatfiuuerain magifirut,
EP IS T RE.
0* dictateur domain fut tiré de U charrue pour venir dR.o~ rne^ e^ défendre fn pais dies courfes des ennemis. Si ie voulais tout dire ce quife pourrait alléguer jur cesle feienee tant neeeÃ-[lt;iire.)ie n aurais iamais fait ^mais vous (yionfeur)ftplirés au reile^el^ epimeres queie vous ofreicy vne Agriculturefortat, non de ma main., qui nefiisà digne que dc^tre apeUéavnà Ãinli est at, auee le redle de ce qu il a pieu a Dieu me donner de ÿâlt;ices.,ains de la forge.,?^^ façon Avn bon vieillard Italien,qui neÃrit rie,queluy mefmenayepratiqué,e:^ duqucl(oupeu sen j fwlt}ont emprunté ce qu'en ont eferit,ceux qui nous ont paint j U maifon ruftique,en Frace. Non que ie leur vueiUe a fl er leur gloire,ny lespriuer de la louange qui leur eH deuepour leprouf-{ fit public auancépar eux,?^ imitant ccÃui-cy,^^ y adioufans 1 quelque cas de leur fingulicre erudition, egt; louable experience: carieÃime ceux qui trauaiUent, amp;^ admire leur gentiUeÃe, amp;nbsp;feauoir, mais ie veux bien qu'on fcache, que ceU auteur edi au^ .tant digne d'eflre fueiUeté, comme on luge admirable vn Caton, (lolumclle,Crefence,Farran, ou Conflantin,d cauÃque la Ion-lue experience defonartluy donne autant de hardie fe, e^ de certitude d parler, que fait le longtrauail, amp;⢠diÃiplinedela guerre au bon,cd^ vaillantÃoldat,lors qu'il eà quefion de deui-j fer de cellefience ruÃe,e^ fe renouucllant tous les lours en lâexercice militaire. Orpoureeque ieÃay que vouseflant en vo-fre maifon de Puy-damour, naue7fautre contentement quâen luplaifante cgt; non malicieuà compagnie des laboureurs, amp;-que les iardins,vergers, prairies, viuiers, vignes amp;gt;nbsp;chapsfont '^oflre eflude, ioint que celle amitiéfi longue qui nous a coioints tnefemondà recognoiÃrevofhonneÃesdeuoirs C^ offices d'a-tgt;y entiers moy,ayant fait parler Frâcois ce gentilhomme Bref-fin,(st* hntrodufant en Francc,ievous ay choifipourÃn ho-fi^afeuré qu il fera bien traité de vous, et* enfemble pourle â iij
____E P I S T R E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;) patron de mon Åuurey qui tefmoignera à iamais, qae ie ne fits fdoingdemes amis yquetouÃoursla mémoire de leur rcrtunt fiitprejenteà mon esprit, lt;^ que leurs deportemensnefoyent graue'^en ma penfée. Ksus le receure^^donc^ amp;⢠ensemble leur-^^ff^^^\pommeilluyappartient,e^ l'honoreree^^tantdcaufiii Jon aagejuy payant le yo.an defauie^que pourfafmgulierd-rudition.'C?^ luyfere'/^on accueil pour [amour d\m zoj'd^ amy^qui le quot;vousprejeie:(Ã^lequelà eu^î eu quelque casdemeib leur,n euHfaiUy auÃi die'vous mettre en main:quoy que iep' Jè(ie le dis Jans tranjport c[a^e[lion)que ie neÃauroy 'vous offrir vn prefnt plus remarquable que [Agriculture dufeigitV , AuguÃm Gallo Bre/fan,quoy quen toutes cbofsdela viens- । Ãique onnujèpoint en France ny Picardie de toutes lesfscefgt;s 1 de labourage,prcernes, e^ 'vignobles,qu il def riten fnælt^'^^^ J â Triais quoy ? ainfi que nature sâefiouit en la diuerfité,no((suuïes auÃi le contentement en noUre vfge, amp;⢠en celuy des^^' j S gers, e^ (peult eÃre') pratiquant leurs manières defaire, uouf nbsp;nbsp;0
rendrons no-i^terres plus fertiles, ou a tout le moins nous taj^ il rons que no^i^laboureursfront e^ plus diligent amp;nbsp;mieu:^^^^^ ' tique^i^encc/lefcre'e, amp;⢠necefaire fience. Accepte'T[Jo/fCamp; -le G allô parlant François, egt; 'voÃre BeUe-foreU, qui nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;|
donne,dfauÃi bon cÅur,quâil f recommande à â¢vo^tf onnes^^â cet.Priant Dieu (MonÃeur) 'vous donner en fantélongue, amp;.
heureufvie. De Paris ce de May. 1571-
FÃre meilleur amy à iamais â¢vous obéir,
E DE BELLé-FOKEdF i
PROLOGVE DE MESSER
AVGVSTIN GALLO GENTIL
HOMME BRESSAN,
^^^^LES KI N GT lOKI^NEES DE LâaGRICVLTVRE, ET DV PLAISIR des Champs.
g» 0 Y Confidcrant en mon efprit combien cd '' noblc,amp; cxccllente,combienagreablc,plaiün-tc,amp; necellairc lâAgriculture à nous tant que lommes de mortels, ie mâefbahis auffi, dâoù procède que ceft art foit fi peu eftimé, amp;nbsp;pratiqué par vnc fi petite troupe de la nobleilc de | noftretemps.Carfinousregardosfon ancienne Origine, qui cil le fondement de toute no-^â^/^^^â ^^^^^»â^â^^''^'^'^Qâ^sque Dieu lâa indituée dés le commencement du monde, amp;nbsp;la donna au premier pere Adam,lâayant crée à fon Image, amp;nbsp;fcmblancc, amp;nbsp;formé du âmon de la terre le mil au iardin délicieux, dit Paradis terreftre, afin que (eoinmc dit rcfcriturc)il le cultiuaft, amp;nbsp;gardaft,amp; où il deuoit à lâaducnir prendre fesaifes auec contentement, fâil ne fut tombé en péché comme *lfeit. Ainfi,combien que iuftement il meritaftdâen dire chalfé, fi dire que par la grace, amp;nbsp;mifericordc diuine, l'Agriculture luy refta pour fon pairctemps,amp; comme compagnc:afin quâoutre fon viurc needfaire die luy feruift dâallégement, amp;nbsp;allcgrcfiâc au milieu de les ahans amp;nbsp;plus friefucs calamitez, qui luy font données pour chaftiment, amp;nbsp;penitence lie fes faultcs,amp; péché commis contre la diuine maiefté. Edantdonc, O'ftargamp;profdnonla plus ancienne, la plus iuftc,amp; prouffitablc que mute autre vacation, dâoù vicn celle occanon fi maudite que la pluf-part ^hommes nâen tiennent compte, amp;nbsp;ne lâcxtoUent comme illuy apar-rænt, veu que par elle on vit ainfi efloigné (quâon voit) des ambitions, oonuoitifes, amp;nbsp;vaines occupations de ce monde ? Iuftement donc ceux-là frpcuuent apeller, heureux, Icfqucls ayment tellement ccfte profdfion, i Tr ils nâont moyen de penfer ailleurs, ny à famuferà autrcsaélioni, co-Snoilfants par experiéce quâil nây a plaifir qui puifle f cfgaller à ccluy quâils irntent,tandis quâils font ententifs à cultiucr leurs iardins, leurs vergiers, leurs champs.On fçait que iadis y a grad nombre de Princes trcf-exccl-l'nts,quiaymercnt fi ardamment ccfte profdfion,que laiflà ns leurs aifes, 1 ^ dclices à part, fe mirent à la pratiquer de leurs propres mains, voyans
PROLOGVE.
amp; cognoiïïà nts combien grande eft la difference entré la vie penible, faf-cheufc,amp; pleine de pcrils/elle quâeft celle du gouuernement public,aucc cefte humble,alPeurée amp;nbsp;pleine de repos,amp; laquelle on fuie menant la vie des champs amp;nbsp;ruftique.Et à dire le vray, câeft chofe incrucillcufc que voir que dâvn (cul grain forte vn nombre infiny de fcméce, amp;nbsp;dâvue petite verge,eftre produit vn bien grand arbrc,amp; dâvn tédre fyon amp;: ente, des fruits treirauoureux.La mcrueille prend encor fou accroilicment en lacontcm-platiô de la vertu cachée eu quelque feméce,germe, ou racine que cefoit, amp;lcs effects qui fen enfuyuent, amp;les occafious dâiccux : amp;nbsp;fortansdelà , pour pafl'er,amp; pénétrer plus outre, regardaus celuy qui feme amp;nbsp;ente, qui arroufe amp;nbsp;améde les terroirs,amp; les cultiuc,neantmoins nous voyons que de nâcft luy qui y donne lâaccroiffcment, où eft la caufe principale des cf-feéts qui en proccdcnt,ains câeft le feul Dieu qui produit, accroift, multiplie amp;nbsp;maintient tout ce qui uaiftfur terre, amp;nbsp;qui encor guide la main amp;nbsp;lâcfprit de celuy duquel extérieurement ces fccours dépendét. Câeftpout-quoy,ie Auguftin Gallo,confidcrant diligemment aucc quelle prouidéee là diuine majefté a ordonnée lâAgriculture pour le Ibuftien, vie amp;nbsp;nourriture du genre humain,amp; ayant employé mon temps dés ma icunefle iuf-qucs à lâaage de 70.ans en ceft art,auec mon grand contentemét amp;nbsp;pl^i^r ay penfé(pour le prouffit de chafcun)de faire fortir en lumicre vn difcouts fait amp;paiTé entre quelques gentils-homes de noftre carrier,au bourgplaf faut dePoncarahauquelffi ie ne fuis dcccu)on pourra voir le grandprouf-fit amp;nbsp;plaifîr quâon peult tirer en bien cultiuant la terre : laquelle, comme mere gracicufe,non feulement rend fcs fruits aucc vfure,ains encor fait cognoiftre,quc le Icigncur noftre Dieu ayme amp;nbsp;fauorilèceux
qui vcmicufcincnt,amp;dâvn cÅur généreux I cm-ploycnt à la eultiucr.
ARGVMENS
lOVRNEE PREMIERE
i DES SECRETZ DE LâAGRICVLTV-RE DE MESSER AVGVSTIN GALIO Gentilhomme Brefcian,
or JONT iNTROVriT^ii JE^^ BAPTISTS AVOGADRe: BT VINCENT MAGIE, DISCOV-rans fur les quabtex^ des terroirs, lt;juel\^on les doibt acheter, le moien de les ordonner (^ départir, de les cultiuer labourer.
^à N T R i les villages,amp; lieux champeftres du pais SreP-J^^iâJi cian, amp;nbsp;finages de la cité de B te lie, pleins de champs, amp;nbsp;paifages platamp;ns , amp;nbsp;ddcftables, on voit le Bourg de PoncaraI,qtie les anciens nommcrcnt,pont Carrare,auquel ont dccouftume tousles gentils-hommes ^^/ voifins de fc retirer,comme à vn licu,amp; retraite pleine g de douceur, amp;nbsp;qui fcmblc eftre comme le centre naturel des lieux circonuoifins pour fou aménité, amp;nbsp;gentiUcirc : amp;nbsp;là cefte tioblefie feftât retirée y fait demeure la plus part de lâannée pour leur paf-fetemps amp;nbsp;volupté honncfte,amp; pleine de vertueufe recreation.
Vn iour entre les autres aduint,quc le Seigneur Vincent Magic partant d vnc ficnne ferme vint vifiter lean Baptifte Auogadrc,qut le receut aucc pareille courtoific,amp; hônefteté que de couftume : amp;nbsp;fâeftans pourmenez - «ufemble par quelque cfpacc employans leurs propos fur les loüaii-g«de lâair lcrain,amp; plaiiancc du lieu où ils cftoyent, iâaflircnt dedans vn ocau,amp; delectable Iardin,à la frefcheur,amp; ombre dâvue treille,amp; grande, amp;fpaticufe:.oùfcftansarrcftcz quelque peu (ans mot dire, Vincent Magic rcprenantle difeours commença à parler en cefte forte.
Vcritablemét Seig. Auogadrc,unt plus ic regarde ce lieu amp;nbsp;lâafficttc de . telle Bourgade, amp;nbsp;queicconfiderevoftrécftat,amp;fclicité,icfuispluscf-*ncuà vous porter vue douce cnuic,mefme voyant auec quel contentc-tpcnt dâefprit vous palTcz les angoifles de cefte vie en vous addonnant à 1 Agriculture, ce caufant le grandfçauoir amp;nbsp;cognoiftance que vous aucz évnart fideleétable.Dâautre part, me voyant peu vetà en cefte fcicnce, ^quot;ivoudroit me parangonnerà vne bonne troupe de noz citoyens qui
PREMIERE lOVRNEE
11 ont pkifir quâen ceft exercice, ie voudroy fort vous prier me faire tat de de courcoifie que de mâenfeigner les moyens,amp; chemins neceflaires pour fiiyure vne proreffion tant cxcclléte,ahn que par cy après ie face eultiuee mes terres dâautre façon que nâay fait par le palï?.
Iean BAPTISTE* laçoit Seigneur Vincent, que vous puisez eftre tro mpé en vodre opinion raefine,entât que ie fuis ccluy qui fuis le moins verfé amp;nbsp;expérimenté en ccd exercice de labourage, amp;nbsp;melhagementdes champsmeantmoins voyant voftre bon délit, ie fuis cotent de vous fatif faire,amp; mâoffre de vous en dire,amp; difeourir tout ce que iâen fçay, amp;nbsp;félon que ce comporteront voz requeftes amp;nbsp;demandes.
v i N c E N T. Vous me ferez dóe vu fingulicr plailîr,mc difant en premier lieu,les códicions,qualitez,amp; confideratiós quâon doit regarder, amp;nbsp;auoir eu achetant quelquepoffeffion amp;nbsp;heritage:dâautant quâil nie femblc (Aie ne fuis deccu)que Air toute chôle il faut prendre clgard à celle cy, comme la plus grande,amp; qui cll dc plus dâimportance,
Iean baptist e,Vous nâauez point mauuais iugement en cecy, amp;nbsp;ne vous trompez en forte quelconque. Donc, prenant mon commencc-A o do t niôtdecccy,commeduchef,amp;fourcedctoutlercllc,iedis:queccluyqui K^'arderle veut acheter vncfcrmc,amp;pollcflionchampellrc, faut que furtoutilre-plus celuy garde lâafliettc, amp;nbsp;en quel air elle ellpofce: car bien quelle full douée de qui achet- toutes les perfeôlions que lon fçauroit fouhaiter, neantmoins fi la honte, tevoefer- amp;falubrité delâairluy venoirà manquier, qui cil le point le plusfcuramp; neccllà irc,il fcroit grand folie dây employer lon argent. A celle caufcles terres mal acrecs faut que loient cuitécs,amp; dctcllccs comme nuifibles;en-tant quâil vaut mieux auoir clgard à la fanté amp;nbsp;conferuation de fa vie, quâl choie autre terrellrc,ou prouthtablc quelle que ce loït. Outre la conlide-ration du bon air,encorc faut-il choifir le lieu qui foit lain en fon fondz amp;nbsp;aflicttc:car fil clloit alîis en quelque marellz quâô ne peut clpuifer,cfcou-lcr,ou faire fcchcr,lâil clloit boueux,argilleux, ou ayant de la craie, ou duquel le terroir full crud,alprc,dur,amp; caillé de couleur rougeallre,onau-roit beau y trauaillcr,amp;y employer toute lâindullric amp;nbsp;trauail quâhom-me fçauroit ymaginer, li cll-cc quâciicor on ne fçauroit nây pourroit tant gaigner que dâalter celle irnpcrfcólion,amp; rendre la terre bonne amp;nbsp;fertile. Mais d autât que le plan,amp; affette des lieux cil diuers, amp;nbsp;que les vus lont montaigncux,dâautrcs en planurc,dâaiitrcs participent de tous les dcux:ie fuis dâaduis quâon choiliiîe le terroir qui cllât plain, ell toutesfoisioint amp;nbsp;marié à quelque plailà ntc colline, d'autant que tournant vers lâOrient, Occident,ou Midy,amp; non au Septentrion amp;nbsp;tramontane, il fera plus fertile , amp;nbsp;abondant en fruits que fil clloit tout ou en planure, ou en coftau amp;nbsp;colline. Veu que les poffcllios qui ont leur alîicttc enuirônée de beaux collaux, amp;nbsp;montaignettes reuellues de boys dâoliuicrs,amp; autres arbres fiuiticrs,amp; prouHîtablcs, font les mieux accommodées, amp;nbsp;deplus grand proulfi t que les autres,entant quâelles Ipnt capables dâaporter amp;nbsp;produire toute choie quâor^ihaircment fc recueille en vn païsamp; contrée,Dauan-
DE LAG RI C V LT VRE.'
tage faut prendre garde de ne fc loger en village, ny hameau mal renômé, tftantchofe infuportabic dâeftre toufiours en querelle aucc vn mclchant Voifin, cequiacaiifeà pluficutsde vendreleurs heritages, amp;nbsp;de quitter leurs pais,pour ailleurs viurc en repos. Vous dis dâauantage, quâil eU bon, 411e voûte poUeffionfoitelloigncedesfortereires, amp;nbsp;lieux de garnifon pour le moins de deux lieues,des riuieres,amp; torrcns,amp; de ceux qui tyrans nbsp;nbsp;; â¢ufent le peuple;pourcc que les forterefles font ordinairement fubiedes à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ âJuclque nouucauté qui eft dommageable aux voifins: amp;nbsp;quand aux fleu-quot;esleur delbord vous contraint à faire toufiours des frais pour reparer les tunics amp;nbsp;degaft.il cft bien vray q ie loue lâaffiettc des pofleffions qui font près quelque flcuue non rauiflà nc,amp; précipité, amp;nbsp;qui ne font loingtaines des lacs ou autres eaucs nauigables, dâautant que par ce moyen, à peu de . â . £ eoiift on peut faite porter fes viures ailleurs pour en tirer prouffic. On ne lt;nbsp;il peut encore faillir,achetant quelque heritage près des gras villes,veu que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ri letcucnu en eft plus grand,à caulc de la valleur des chofes qui fe vendent â^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* mieux cftant près que fl on eftoitefloigne des villes. Outre ce,lemaiftre fetenantcnla cité peut fouuent aller vifitcr fi fes laboureurs font le de-Uoirau labourage. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- -
ViNCENT.Toutce que venez de dire cft de grande importancemlais â Æ ^ telle voftre confidcration quâil foit neceffaire que le maiftre voye fouuct f« terres, eft la plus importante, amp;nbsp;où il faut auoir le plus dâefgard. Veu luttant plus fouuent vn feignent fagc,bon mefnager, amp;nbsp;qui Içait iuger te qui eft prouftitable,vifite ton heritage,tant les terres deuicnnet deplus nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* belles,fertiles amp;nbsp;rncillcuresiaufli dit-on en commun prouerbc:Quc l'Åil nbsp;Drouet dümaiftrecngtelfe le chenal. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;comw
Iean BAPTISTE. Câcft cncot lâoffice dâvu fage hommc,de ne point acheter pofleffion aucune,où feulement il faille auoir cfgard li lâair t.ft bô, oumaiiuais, amp;nbsp;où de iour à autre on cft en procès preft à vuider aucc la eae)ït,quoy que le lien foit fet tilc:voirc ne faut le choifir fterile pour eftre enlieufain,amp; bien a'cré,ains eft requis de fçauoir,quels vens y régnent, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^^ ^^.^ foufflent ordinairement,^: fenquerir de tout le terroir par le menu, amp;nbsp;ce ^^fer °ig enquoy il eft bô on que câeft quâil refufe, Slt; ne peut porter nacureUemét, bon mel-Cai cefte confidcration nâeft pas de fi peu dâefFcét,qu.c quiconque nâadui- nager des brade bié près à cccy,à peine pourra-il iamais porter le nom de bon meC- champs, nager champeftre.
V m c E N T,Sçachant quâen cccy confifte la vraye perfeûion de lâA-griculture,Gvoudroy-iefçauoir.par quel moyen on peut cognoiftre vne Diucrfitè ligrande amp;nbsp;difficile vaticté de terroirs li differens les vus des autres, y en destenoM îyant de moyennement bons, de bons, amp;nbsp;de trcsfertiles, comme au contraire de mclchans,pires,amp; qui encor ne font de valeur quelconque.
lî A N B A P T. Auffi faut-il confidercr,qne les heritages ont dîners plas amp;nbsp;afficttcs,les vus eftâs fur des coftaus,dâautres en plaiiurc, les vns lur les monts,amp; les autres en valée;amp; que chafeun peut auoir fix qualitcz diner-bsde tctroirsià fçauoir gras,ou maigre,fcc ou humide,rare amp;nbsp;tcdit,oulo
PREMISRB lOVRNEE.
Comme la bonté ou fterilué dâvn terroir eft co-gneue.
Herbes fai fans co-gnoiftre la Bonté dâvn terroir.
Autre figue à co-giioiftrc la Doneterre.
Autreefiay de labonté des terres.
Bonté des chaps à la couleur.
lidc,amp; cfpais:amp; de tant plus ces qualitcz font meflccs,de tant dhicrfificnt elles la bonté,ou fterilité de la tetre.Or entre les terres qui ne font de grad apport,les pires font celles qui font gluantes, argiUculcs,pleines de craye, amp;nbsp;blanchaflrcSjCclles qui crollcnt,amp; tremblent, les dures, aipres, amp;nbsp;trop fortes: amp;nbsp;ne doit-on les choifir,ains reietter comme terroit ingrat, malin, amp;nbsp;qui eft fans prouffit quelconque. Mais les bons font cogneuz lors que fins améliorer, ny greffer les champs, ou fans les ciiltiucr, de mignarderà force de labourage, ils produifent de beaux arbres, nourriflent les bleds gaillards,amp; fertils,enargiircnt les herbes florillà ntcs:amp; cn fomme,efquel-les les fruits font bons amp;nbsp;faiioureux.Encore en fait-on iugemét lors meb me quâils ne font ny rompuz ny femez ou cultiucz aucunemcc,fil y croift de la dent de chien,la lampe du treffle, amp;nbsp;des mauucs, veu quâil nây a pas vue de ces herbes qui,naillà nt en quelque lieu,ne donc fignihance de fertilité: mais fur toutes le treffle en porte lauâtage. On cognoift outre-plus fi vne terre eft bonne quelle quâelle foit, en la remuant amp;nbsp;cauant amp;nbsp;la remettant foudain en la folTe dâoù elle a efté tiree, dâautant que la icttansde main en main amp;nbsp;la prefsâs ainfi quelle fera remife en là placc,fi elle croift amp;nbsp;furpalîc le foiré apres quâil fera plein, câeft figne que la terre eft bonne amp;fertile,fi lonyfemedufourment: mais fi tout yentrc,amp;que le heu demeure vny amp;nbsp;cfgal,cc terroir fera ^ppre pour vignoble amp;nbsp;pafturage : mais ne pouuant ce qui en eft tiré emplir la foffc,dc tant plus monftre-il lepeu de valeur du terroir. Mais le moyen plus expedient à cognoiftre quelque terroir que ce foit fil eft bon ou mauuais,câeft prenant vne motte de terre bien herbue amp;nbsp;la baigner vn peu en lâeau,fi la maniât elle tient aux mains, de eft grafte à la touchcr,fy tenant comme poix amp;nbsp;la iettanr à terre diene f cfmic point:ceftcprenne fuffit à faire voir, amp;nbsp;cognoiftre que cefte terre eft de bonne trempe amp;nbsp;fort fcrtille. Poureftayer encor fivn terroireft doux,amp;maniable,ou nô,il faut predre vne pailée de terre aucc lâherbe, au lieu où Ion fupçonne le plus que le champ foit infertile, amp;nbsp;la mettre dans vn vafe dâeau douce,amp; defFaite,amp; confummee que fera cefte terre, lapaffer par vn lingc,amp; gonfler cccy après q fera coulé amp;nbsp;pafte amp;nbsp;deuenu der, dâautât q telle que fa faneur fera, le terroir lâaura anftî de mefine. Les terroirs peunent anffi eftre cogneuz à la couleur, iaçoit quâil y ait de la difficulté à les remarquer tous,fi cft-cc quâon y recognoift aucuns,amp; iceuxles mcillcurs,cómc font ceux des veilles mafurcs,ceux qui font faciles à ciilti-ner amp;nbsp;dcfquels la face eft noiraftt c. Les Mafuriers font marquez à la coiiquot; leur des pierres cuittes amp;nbsp;brifecs quâon y trenne,dâautant q ces lieux furet habitez le teps pafté.Ceux qui fôt faciles font cogneuz à la couleur qu ils portét,laqucllc raporte à la cire neuue : amp;nbsp;les noirs fe fôt allez remarquer à leur naifue couleur: amp;nbsp;toâ ces terroirs font toufiours cftimez gras amp;nbsp;torils,fi ce nâeft quâils foyét marefeageux amp;nbsp;aquatiqs, car alors ils ne feroiet de guere grad valcur.il eft vray, que ic fcroy dâaduis quâô enfcitfellaya-ucc la houc,ou pailc,befchât amp;nbsp;canât en diners lieux pour voir la hauteur de la grelle amp;nbsp;bonté du terroir,amp; fil y a deftbuz de rargillc,craye ou terre blanche
DElâAGRICVLTVRB. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Æ igt;linchc qui font les pircs:ou de la marne qui foufFre lâeau : d'autant quâil yîdeccfteterreainnfablonncufc amp;nbsp;marneufe qui eft fi forte quâà peine *îpeut-on rompre ou pénétrer aucc les houes amp;nbsp;picz,tant foycnt-ils bien Jcercz amp;; pointus. Or font ces ellays de grande importance, pour élire biftz es champs lefqucls de prime fact napparoilfent point try in fenils, ââyinutiles en leur fupci ficic: voire en ceux nicfinc qui fcmblcnt bons,Icl-^uelsncantmoins deirouz,amp; cflà s remuez font pleins de terrois mauvais, i*f(liuerfcs matières fort dangeceufes pour le labourage. Et tât plus la vente de cecy fefclcrciil,comme Ion voit la difference de la terre dâvu arpet *Iautrcamp;la diuerfité dâvue perche à vue autre, voire de chafeun fillon l'îuoifinant.Ic côfcille encor quâon choifillc pluftod vne ferme amp;nbsp;terres, ygmi^^çf ^oùilyaitdelâcau, qucficllecnclloitdefpourueuc : dâautantquâcflant jon ayant âlgt;reiiuétfuffilainment(ellant de bon fonds bien cfgalle, carrée,amp; culci- de lâeau lieéjilcl^refqucimponiblc quâelle ne porte double prouffitque les au- q^uc fans Itts.Aum eilce autre cas de rcaicillir du foing,lin,amp;n)illct,amp; autres cho-fesquonapar lefecours amp;nbsp;benefice de lâeau, que dâauoir dégels fruits ert . Iitctre,qitifancnt,amp; fc fechent durant lâardeur de lâcftc.Et troUUctay bon ^^, Æ \gZ (Well polfiblc) quâon achetaft vn heritage vny,car outre ce quâon le peut mitage vni. âoitdâvn bout à lâautre, le plus grand aile câeft quâà plaifir amp;côrtimodc-®ent on a le moyen de le partir, toit à ferner, amp;nbsp;à l'arroufer,l e mettre en q'i«ré,amp; à y planter les arbres proportionnement à la ligne. Et dis enCor ^fplus,quâon peut mieux labourer aucc vn fcul foc, amp;nbsp;charrue quarante ââ pens de terre vnic,quc vingt-cinq feparez, amp;nbsp;à diuerfes pieces pofez amp;nbsp;îlns en divers lieux.
VINCENT. lâaytoufioursdcfircdâvnir lâhéritage que iâay à Pompean, mais mon malheur mâa de tant luiuy,q quelque bon party que iâaye voulu faire à ceux qui me dcuUcnt prier pour leur proufht,amp; anantage, ils ne mâont iaraais daigne accommoder:lcsvns delqutls le font,conduits de ne fçiy quelle bellife,égt;c les autres aucuglez dâenuie.
ihà n BAPTISTE. Or pourluyuant quels doivent élire les champs qui foiétplaifansà voir,ailez à labourer amp;nbsp;plus fertils,amp; de grand aport: b dis quâil faut les mettre en quarré piece à piece,nâayant plus de quarante perches chafeun en logucur,ny moins de trente ou vingt-cinq,y failant dcsfolfcz autour amp;nbsp;de tous coftez, y plantant des arbres qui loient plul-toll des Saules quâautres plus grids U y ombrageux,telz que font les pern-pliers amp;nbsp;trcmbles.Dâautant que tout ainli que le Saule cil de bon oihbra-gc,amp; ayant peu deracincS;au contraire les autres ont lâombre dangereu-lè,les racines groire$,!ongucs amp;âcn grande quancité.Bicn eft vray, que les Saules ne croilfent guère finon ou le terroir eft bon,amp; humide,là où fau-tte vient alfcz beau,amp; en lieu fcc,amp; en vne terre non guercs fertile-Au re^ de ie ne fuis point dâaduis,quâon plate iamais des Aunes autour des chips qu'on labo lire, amp;nbsp;cultiuc:amp; mefinement vers O rient,Midy,amp; Occident, dâautant que leur ombre eft fi maligne amp;nbsp;nuifible : quâon ne voit one de beaux bleds,lins legumes o«miUct,en lieu ou feftende fon ombrage.
a iij
Faut que les champs foyét qua-rez amp;nbsp;foP loyez autour.
Q^ek arbres ou doit planter autour des draps.
Ombrelles Aunes dan gereufe aux bleds amp;nbsp;feuréer
PKEMIERElOVRHEE
Ces arbres font fciilêmcnt corn odes aux prairies, qui iamais nâen fohtgv. ûécs,dâautant q lâherbe deuiét plus belle amp;nbsp;gaillarde à lâombre que où' elle Aunes cô- uâeft point ombragce;amp;pource aulîî que les fucilles de lâAune tobant del-modes aux Ã;s^amp; fy pourrifsas,/eftas elpaducs,rendét le pré plâgraSjabôdat amp;fcrtil. pracnes. VINCENT, QuivoUs meut de iouhaiter que les champs nâayent que quaranrepercheseu longueur de leur eûenduc? I e a N b A p T.Pâautant que lors quâon lâabrouuc amp;nbsp;arroufe fil cil de ibixare-dix,ou quatre vingts pecch'esjâeau farreftant au milieu amp;nbsp;eftant bdbing que lâautre moitié(oit atiffi hunieélée,amp;baignée, il ch force que lapartic laabbreuuée rcçoiuc tour autant dâeau que dés le commenccmét, iufques à tant que la féconde partie ibit dcuémét arrouicc.La on h le châp eftoit mis en deux pieces,IV-neayâteu de lâeau pour ücómodité,on lâclcoulcroirpour en là i/bnnerla fecodetÃ:par ce moyen chalcunepicce en auroit autant quâil luy en feroit neccljà irc. Q^el dômage eftimez-vous que ientér les chips quâon abreu-ue fils ont ccor,ou cent-cinquante perches dâpftçnduc,pour le trop dâeau qui les iuiFoque,Que fils eftoiét partis en trois pieces ( Celon lâégalité que iâay ditjon verroit quâelleçn feroitla comodité, ét auantagepourlepere de famille. Car G vous donnez à chaicun chap lâeau qui luy ièra necedaice CanspliuJllâacceptera, commeiâ mere amp;nbsp;bonnenourrice .⢠mais tantphs celle eau Carrelle Car lay,ôc y demeure longuement, il la recognoidpour i maradreCaCcheuCe Sc dômagcable.-pource q le trop dâarroulêmér noyant la terreja refroidiÃ,red laie,amp; endurcir toute Corte de ccrroir:voirealtere
Pourquoi rn champ ne doit a-uoir que
quarante perches en
quarré.
amp; galle la gtçlTc des charnps, la tranCportât ailleurs,Sc en CaiCant cCcoulet vue partie,lins aucun prouÃr,lbus terre. Dâauantagc,Cile champnâeltde guère grande cliendac, non feulement il cil toll amp;: Coadain al)rcuué,Sca beloing de moins dâeau,que ccluy qui eft plus log, amp;nbsp;Cpacieax,ains encor on peut abaUCer lâeau amp;: délias,amp;: delCoazpar les bords,amp; orées du châp, nbsp;nbsp;)
amp; la conduire aiCcmcnt,amp;cau milieu,amp;par tous les coings,ôc endroiada labourage. Mais Ci la longueur excede celle qaeie dis, on ne peut iamais çonditirc les chariots à lâeau iufques aux lieux qui Contau millieu du chap, amp;: ainCi ne faut Câelbahir G le coultrc SeCoey font des vallons qui cCcoalét touGoars lâeau. Cans quâelle face retour au lieu dâoù elle part, ScGlcC^âs nbsp;nbsp;i
vallôs font noycz,ôcgaGcz de lâeau dormate qui CarreGâten euxlesmor-- nbsp;nbsp;^
Incommo fond, Sc accable.Dâauantage,toat ainCi quâva champ contenant cent per- nbsp;nbsp;l
ditez que ches enlôgucur naqdeux canaux amp;nbsp;cfgoutsà cCcouler lâcaa,encGatpar' J le trop de ty en trois pieces il auroit Gx canaux qui feroit via grand bien, Si plus dâa-dre Tiocâ^ uancemétpoutleproulGtdumcfnager.ee quifc voitaGezparexperien-champs. nbsp;nbsp;çe,çarpaGâcle foc Sccharuc delâvn boucduGllôà rautre,toaGoutsceqai
cG.de plus gras en la retire fuit lefoc,Scpource le laboureur cGantau bout le nettoyé,amp;lailCc là ceGe terre, laquelle de trois ou quatre ans en quatre ansCabailCc amp;nbsp;CeCpandpar tout le chà p,Ãc pour lâcngrclGr,amp;pour lâvnir, amp;: elgaUer de mieux en mieux routes Icsannécs.Etdcpareil biéfontocca-Gô les foiftiz diuiröncz dâarbrcs,lcfqucls aaeclcurfaciUagc engtclfentla
I _ tcrrej^rcticnnccrcaacnclofcfoasrcrrc,poarucuqaclelditsfoirczfoié(
DE L'AO MOV LTV RE.
rfoz du cofté que lâeau pounoit forcir, amp;nbsp;laquelle autrement fortiroit par âincurs,laillânt les fodez fans humcur.fils auoiét quelque yiUrc amp;nbsp;ouuer-'Wc.Lc prou Hic qui f enfuit encor des champs courts de de peu dâedéduc, Relique les BÅufs y labourent aucc moins de ttauail,amp; fatigue, dâautant Wnon feulement fcûouiflcnt-ilsamp; rçpfennét haleine thans au bout du ®llô,ains encor lors que le laboureur nettoyé amp;nbsp;defeharge fon foe de ter-f':amp; que puis il le tranlportc pour commencer lâautre raye amp;nbsp;fiilon.
Le foulage merit des BÅufs é» ' champ» courtA. .
Vi N c E N T.Câeft feulement à celle heure q ie cognais quel eft le doma-1 ?t que fouffrêt mes champs fi longs en mo village Pompean,pour eftre fi chargez dâeau quâils ont de couftumc:mais iâelpcrc q cell hyuer ie les drei-hray,amp; party ray de la mcfmc façô que vous les auez dcfcritz,amp; déclarez.
Le vignoble dôma-
gcablc aux hós chaps.
1 £ A n B A p T i s T E. Si vous cn vfcz ainfi, tant plus loueray-ic vollre 'hligcncecmais dauantage encor,fi vous allez toutes les vigircs IcfqueUcs font plus dômageablcs q de prouffir fur les terres qui font deftinées pour fosfemcnccs.Et bien-heureux feroiét ceux-là quiayans de bons champs, füsen oftoient le vignoble,amp; fur tout de ceux qui porter du lin amp;nbsp;millet en abondance,plantans la vigne au lieu moins fertil, amp;nbsp;où lâeau ne fut ia-niaisfrequcntc,amp; ce dâautant quâoutre quâon en rccueillcroit plus grand quantité de vcndà gc,amp; que le vin cn feroit meilleur ,cncor la vigne fcroit uiicux deplus ailcmentcultiuée,amp; la garderoit-on aucc plus deïà cilicé amp;nbsp;^«belles amp;nbsp;des hómes,qui couftumiercment endômagent amp;nbsp;les vignes amp;nbsp;arbres fcmblablcs. Aufficâelllapcrfeéliondâvnvray amp;nbsp;bon mcfnager Leprouffit th^npcllre,comme iâay dit,quand il fait que la terre produit celle forte de ^j^çj,,^''', Huiél,lequel naturellement luy cil le plus propre amp;nbsp;luy plaill le mieux. nbsp;nbsp;ây, fout ,â
V i N c E N T. Ie ne vous promets pas foulcmcnt dâen oftettout le vigno-* Jelcouucit blc amp;nbsp;plantes de pareille lotte,ains tous les plus grâdsarbres qui font autour de mes champs des femences,dâautant que ie fçay que tant plus ils fc-lontà dtfçouueriilsautontlaiouyilancedüfoleil amp;desucnts, amp;nbsp;quâon joutralcs.laboure.raifcmcnt,amp;aulongamp;à latrauerfc.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;: , -
Iea N, B AP T EST E. Ic fuisbi^aifc que vous cognoifficz de quelle importance cftlo labourer la terre cn long,amp;; en ttauers, amp;nbsp;de quel prouffit fontlcsycntsà viichampdcfcouucrtpourlc defeharger delà pouffierc, amp;nbsp;le défendre le plus fouuenE des neigcs,brouillais amp;nbsp;tempeftes. nbsp;nbsp;f
V i N c E N T.Orcs q ic vous fuis obligé,amp; me fens vollre rcdeuable pour i,^quot;^''^5 ccsvozaducrtilfemcs fi proufficables,ic vous prie de cétinuer, amp;nbsp;me dire met fe doit Cornent amp;nbsp;en quelle forte ilfaut drelferles maifonschà peflrcs, tant pour loger le pe laife de la dcmcurc,qpour eultiuer plâaifémét nos hcritagcsamp; pollelliôs. £= ^^ famil IE A N B A p T i STE. Câcfl à vn b OU pci'c dc famille à drcirer la maifon ^'^ *ââ' en lieu Sc aÃiette bien airéc de faine, amp;nbsp;alfez ample de fpacieufe félon le ' nbsp;nbsp;^â'
aux
teuenu de fon heritage , amp;nbsp;capable de ce qui fây recueille : faifant quâelle ait la face plu ho fl vers Orient,ouMidy, quâà lâOccident, ou Septentriô, ^Tramontane ; de mefmes quand ces parties ne paiTent point lâvncpar lâautre ; car fi les. vents qui entrent ne pouuoient fortir , lâair nâen leroit pa5fifain,qucccluy de LcuanteuMidy, à caufedu premier Soleil, qui
* ui)
8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f R. E M I E R Ã I o V K N Ã E.
Pour aeco moder les logis chî-peftres pour les laboureurs amp;nbsp;padres.
Quels doi uent eftre Icseftablcs
durant Iâhyuer donne grand fccours à chalFcr les maunaifes A froides hu meurs.Or fil eft pofliblc que Ic logis foit aflis fur la poflclfion mefme, ou à tout le moins quâil nâen foit guercs eflongne, veu quâon ne fçauroit dire combien grand prouffit a porte aux champs ce voifinage, amp;â quelles font Icsincommoditez fl on encftplus edongnéquederaiton. Encor faut-il que le logis foit h bien comparty quâil puilfe lcruir aux comrnoditcz,tant de lâEhc que de rHyucr^afin que le maidrc foit plus allichc dây demouret en tout temps,amp; faifon.Moins ne faurfe foigner de loger les fermiers,li-boureurs,bcrgcrs,porchcrs amp;nbsp;autres chacun fa côdition,amp; meftier: d autant quâedât ainfi les choies bien drellccs,tellcs gens viendront volontiers vous ternir,amp; fe tiendront en vodre compagnie.Faut encor accommoder les cdabl,es,(uyuât le nombre des bedes,amp; troupeaux que vous potiedez, amp;nbsp;qui y doiuent demourer ou partie de lâan,ou bien toute lâannée : amp;nbsp;les ferez pludod plus foacieufes quedebefoing ,q trop petits amp;nbsp;moins ara-plcs,ouurans amp;nbsp;dredans les fenedres à Septentrion,amp; Midy oppofcz, ou au Lcuant,amp; Ponant,dâautant que les vents y pallans prefqiic tans arreft, les feront amp;nbsp;rendront fains en toute faifon. Et nâcd befoing dây faire des planchcrs,car par ce moyen ils feront plus allcurcz du feu ; au rede quâily cud force trouz,amp; onuertures non plus grades,amp; larges dâvu demypdd, afin que la chaleur de lâhalcinc des haraz amp;nbsp;troupeaux puilfe penctret les foins, amp;nbsp;autre padure durant lâhyucr,lcfqucls en lcront conicruez en plus grande humeur, amp;nbsp;peferôt plus que fil nây auoit aucun trou,ny oiiucrtu-rc.Befoigne dâauantage dâauoir les greniers au foing fi grans, amp;nbsp;de fi belle cdendue,quc facilement on y puific manier amp;nbsp;gounerner le foing, lavet fe,paille de millct,rcdeul,amp; fourrage, les pailles de feues, amp;nbsp;panicles qui feruent pour la nourriture des bedes, meimement en temps de froidure. Con'^âillc encor quâon ayclc moyen de poiiuoir conlcruerlefouerreamp; tenue à autre cas feruant à faire littiere longuement pour le bcdail : amp;discccy counerc amp;nbsp;pour ceux qui nâen ont point en abondance,nây ayant aucune proportion pomquoy. ny conuenance du fouerre fcc à ccluy qui ed mouillé : ny de celuy qui eft en lieu haut, à lâautre que Ion foullc aux picdz ordinaircmet en leurs paib Qn le pref hers. Les fenils, amp;nbsp;lieux où le foing ed enferré foient poicz vers le Midy, le autre- ayaiU vn porche,ou galerie dâaufil grand cfpacc quâils ont dâedendue,ayit Italie amp;nbsp;^ââ^ °â douze bralfes de large dedans les piliers, amp;nbsp;malfcs apilécs du foing Gafeogn; nedat moindre la commodité du porchc,quc du lieu ou Ion met le foing quâen fra- anionccllé:dâautant que là fe peut garder tout ce qui fert à batre le blcd,amp; ce,veu que autres grains fi lon en a befoing,amp; mefme au temps des millctz, veu que on ne le venant les pluycs,ainfiq lors aduientordinaircmcnt,ces portiques,amp;ga-(^i'^SoKMu^ iories (cruent à lécher amp;nbsp;mettre en ordre les femences, aufo bien prefque ains en mô que fi câedoit dehors.Encor y peut on mettre amp;nbsp;garderies tóncaux,tines, ccau, lait cuucs,amp;autrcs vailleaux à faire vin: voire les charctcs,coultrcs,ratcaux,amp; en fajô^dc autres indrumets necelfaires à lâAgriculture,amp;: labourage.On ne Içauroit 1 pdiui v. jjre le grand prouffit que ces portiques aportét auxfoingsamp; fourrages, foit en les delchargcanqou pcfant,ou les ara«pour Icsdôncr auxbcftcs:amp;
DE iâa CRICVLTVRE.
5gt;
311 contraire le Homage amp;nbsp;ineórnodite quâils fencer, nâayat lieu de telle retraite,eftäs teUemée brûliez du folcil,amp; du vent de Midy, quâils en perdét leur vccc,amp; en deuiennét legers amp;nbsp;fans humeur jpprc pour la nourriture.
VINCENT. Puis que vous aucz dilcouru fi à propos fur la neceflité des baftimens,félon ce que ie vous en auois requis:encorc fouhaite ic entendre de vous touchant les eaux necedaires à chacune alficttc dâhéritage.
Des eaux des paies amp;nbsp;des Ci-fternes.
Des eaux des fontai nes, rinie-tes , La«, maiefts, amp;nbsp;palus.
IEAN BAPTIST E.Toiit ainfi quâes lieux montagneux,amp; par les Col-j lines, fc hauts codaux nous faifons des eifternes pour y reccuoit lâeau des pluyes, comme edant la plus legere,meilleure amp;nbsp;plus faine que toutes les autres, ainfi nous en vfons en général es vallées, amp;nbsp;planure, fouïlfant des puitspour no lire fcruicc.Lcfqucls ne faut pas fculcmét que foient dion-gnex des folles où Ion fait pourrir le ficus,ny des diables du bdlail,amp; des toids à pourceaux, amp;nbsp;tout autre lieu leur pouuant nuire pour lâcfgard du pilfat des bdlcs(fils ne font bien creux amp;nbsp;profonds ) ains faut encor que foient couucts,amp; en lieu non expofé aux rays du folcil, tant pour nâdlre pcnclltez en Elle par lâardeur folairc,quc pour affin que durant les pluyes ceux qui vont à lâeau ne foient offencez de lâaroufement celeflc. 11 cil vray Quêtant plus ces eaux font proches de la fuperficiede latcrrc, elles font JiilTi plus chaudes en Elle, amp;nbsp;lâHyucr pleines de grande froidure , amp;nbsp;par tonfequent crues amp;nbsp;de mauuaife cocoélion en tout tcmps.ll y a des canes ^osfontaincs courantes,lefquellesfauf quâelles font couftumicrcmcnt iracs,amp; de difficile digdlion,fi cft-ce que leur frefeheur eft plaifante lâE-fté,amp;: lâHyucr elles ont vnc certaine chaleur aggrcable. Mais celles qui vicnnet des montagnes amp;nbsp;hauts rochers font de tant meilleures, quelles defeendent de plus haut,comme cftans batucs, Se rompues en cheant par les precipices dcspicrrcs,amp; âpreté des roches. Et difcourant en cas pareil des Lacs,flcuucs,amp; autres caiix,courâtes;ic dis quelles font toutes bones ou gencral,(auf que lâEfté elles font chaudes amp;nbsp;froides en Hyuer. Au refte. toutainfi qcelles q courut parles palâ ne valet iaraais gucrcs,fcmblablc-wet celles epii dormét amp;ne conret point,fót trcfnuifiblcs amp;nbsp;pernicieufes.
VINCENT. Ellant informe de l vfage de trois éléments en ce qui touche lâAgriculture, amp;nbsp;quâil nâeft ia bcfoing de vous interroguer fur le feu ^ui fait le quatricfmc de ces corps fimplcs,chafcun eftât aduetty de fa force amp;nbsp;vigueur,!! vous plaira me declarer ce que doit faire Vhôme qui veut j^^^ patties denement exercer lâart du labourage. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;teqaifcsca
Iean bApti STE.Celuy quipretend deuenir bonmefnagercham- ccluynai f eftrc,amp; Içauant en la fcicncc rurale,faut en premier lieu que fon defir amp;nbsp;veut (uy-üprit foyent enclins à aprédre ceft art, amp;nbsp;le moyen de lây exercer, la dili- ç^i^^*^'^' gence pour le mettre en clfcél,amp; vn plaifir continuel procédant de la co-Jnoillancc de la nature iSc qualité des chips qui luy font en main pour les cultiucr,eftat celle chofe de fi grandeimportâce, quefie ne me puis rafla-hcr de lcâdirc)quiconquc ne mettra peine à fâen rédre bon maiftre, iamais ne fera cueillette qui bien luy rcufi51fc,amp; ccluy qui lâcmbrafle,nc Içauroit «lieux faire reluire la gétillclfc de fon cfprit,ny mondret la diligéee de fon a v
IO
PREMIHRE lOVRNEE
^Ne faut trauail quâen ne prenant point plus de terre à labourer quefes forces ne dre de tet-
portent,dâautant quâon voit ordinairement, amp;nbsp;au clair, que plus raporte vn petit champ bien ciiltiué,quâvn grad au double, lequel eft accoulhcamp; peut labou façonné lentement amp;nbsp;corne par manière dâacquit.En outrejî vn telhom-me ne veut vendre fa maifon quâil a en ville, quâà tout le moins(çôniedit Magon labourer trefexpert, amp;nbsp;excellent) il ne laifte point fes pollcffions , finon le moins fouuenc quâil luy fera poffiblc,amp; que lut tout il fây arrefte aux faifons quâil faut planter,faire courir lâeau fur les terres,^ les enfemé-ccr.Car les chaps font malheureux, le maiftre dcfqucls ignore ce qui leur eft ncccirairc,ôc qui f en raporte au dire amp;nbsp;volonté de fes fermiers, amp;nbsp;laboureurs.Et ceft pourquoy çeux la font louables,qui bautet de couerfent aucc ceux qui font de cefte profcllîon,amp; art plein dâexceUence: veu quâils aprennent les iccrets de cefte fcicnce, non tant des expérimentez amp;nbsp;bien verfez en icclle,mais fouuenc eft inftruit par ceux mefme quâon pcnfc qui en foient ignorans:auffi voit-on que le prouerbe ne ment point, qui dit.' Que non vn ieul homme mais tous cnfcmblc,fçauét toutes chofes.Encor
re quo lie
A dois de Magograd O O
amp; expert laboureur.
Prouerbe fur le peu qui eft en vn feul home.
nent tftrc Icscómanâ demcns du laboureur.
Lâordre que doit luyure le mefnager ruftique.
Comme fe faatgou-nctner à fendroit des ferui-Wurs.
trouüc-ie bon que cc mefnager aprouac les reigles que fuit,amp; obferue vu bon pere de familie à cultiuer fes ccrrcs:lcqucl en premier lieu ne cónianâ de iamais ricn à pas vn de fes gens^qui foit de grade importance, fi coino-démét il le peut faire luy mcfmcs,amp; ne dclailic one vnc befongne iufques au lâcndemain, fil la peut de/pefeher tout fur lâheure, fçaehant bien que toufiours le tarder elf dômageablc,entant que le temps,qui eft choie pre-cieufc,fcfcoule continuellement : loiuct quâily apluficurs occurrences* Icfquellcs furuenants contre nos dcHâcinSjtôpcnt auffi pour le plus fouuet nos entreptinfes. Le bon mefnager en outre ordonne tous les loirs à fis gens à chacun en particulier ce quâil doit faire le lâcndemain matin : aulfi taillant à fuyurc cell ordre, amp;nbsp;mcfnagcmcnt,il verroitfouuent de la cou-fufion en ces befongnes.Ne fau t dauantage, quâil foit à leuer au poinä du iour,amp; plulloft cncor,fi le cas le requiert,pour voir fi ceux de là famille fc mettent en deuoir Iclon quâil leur en a donné charge.Et câefi lors quâil ad' uilcra diligement qui font ceux qui le mollirent fidcles au trauail, amp;nbsp;foi-gueux à luy obéir,amp; ceux quifont lents amp;nbsp;pardieux, amp;nbsp;de peu de difere* tion: amp;nbsp;ce afin quâil les guerdonne aucc le tcmps,amp; fuyuat fa fagclfe, chacun Iclon fon mérite. Or tout ainfi que iamais on ne doit le charger de manuals fcruitcurs,ny laboureurs,ayât moyen dâen auoir de bonsjoyaur amp;nbsp;diligcns,quoy quâils cou lient dauâtagc,auffi faut que le perc de famille fuportc tant quâil luy fcrapolhblc ceux qui luy font bons amp;nbsp;neccllaircs,a toutlc moiins durant le temps que laforcc le contraint pour les affaires dâimportancc,amp; nâenpouuanr rccouurcr de meilleurs.
VINCENT. Vous me faites à preltiTt voir amp;nbsp;coguoilltc la follic dcpla-ficurs,lclquels tranlportcz de cnolcrc chaffent leurs Laboureurs,amp; doroe-ftiques plus necdîà ircs : amp;nbsp;fur le point quâils en ont le plus de bcfoing,ils nâen trounent ny de bons ny de manuais pour leur faire feruice : fi qu'en-trans en dcfcfpoitils qiutccnt,forccz,leur infortuné labourage.
DE LA-CRIC VIT VUS
II
Iean BAPTISTE. Câcft bien tout autremétxav le bon père de familie,amp; ûge mcfiiager eft toujours amyable,courtois,gratieux amp;nbsp;liberal envers ceux qui luy font fcruice,caccnà nt les fiddles amp;nbsp;ceux qui Font feruy plus longuement : tellement que plufieurs fois il fc mondrc largc,cn leur liepartant quelque douceur amp;nbsp;graticufttc,ou de Farget amp;nbsp;quelque habit: ^fur tous,à ceux qui font panures, amp;nbsp;les plus dignes dcfqucls on doiuc 3uoir coropaffion. Dâauaniage eft requis quâil les paye comptant, amp;nbsp;non en autre denrée ou marchandife que lâargent, amn quâils ne fe plaignent éclacharté, amp;nbsp;hautpris,oune trouuentlachofcliuréebonne,(clonlcur fintafic.Quc fils veulent de voz denrées ou viurcs,il vaut mieux leur laif-fer vn fois meilleur marché que le pris ne court,que de leur védre vn fcul toumoys dauantage.Et certes ceux là font trompez plus que de moitié de iufte pris,qui tafehent de f enrichir auec perfbnnes de telle eftoff e, dâau tat ^iiepenlà ncgaigncr vnfols,ils font perte dâefeus à grand nombre,comme îlfcz le fout voir leurs chiips qui dâheure à autre f cfcoulér,amp; vont en cm-pirant.Et quand il nây auroit q lâhonneur qui nous clguillonnaft, ebafeun pouruc perdre fa reputation deuroit bien payer amp;nbsp;contenter fcs mercen-naircs, lelqucls eltaus bien fatisfaids feruent plus fidèlement, amp;nbsp;ne vous lailFentiamais au temps quâil vous font les plus neceflaires. Eft requis en outre,qiic lepere de famille courtois amp;nbsp;charitable donnehóneftement à ââningerafes gens à lâheure dciicamp; ordinaire: iâentcnsà ccuxà quiil doit ^-îde/pence : lins les cmployerà chofc quelconque tandis quâils prennent leur repas,fil nâeft prelle de quelque grande neceflité, ains attendre quâils ayent contété honneftemét la neceffité naturcllc.Car ccftiiy-cy eft le vray â¢Doyen pour fe faire fcruir,amp; ay mcr:pluftoft q les façons de faire falchcu-fcs dâaucüSjlcfqucls non fculemét deftournent à tout propos amp;nbsp;pour peu dâoccafion leurs gcns,amp; leur rompent leur repas,ains qui pis eft,aflîftcnt à lcur manger,comme fils vouloicnt copter leurs morceaux: amp;nbsp;fc contri-ftent,corne qui leur rauiroit le cÅur, fils manger plus que le plaifir de ces inaiftresne porte.Moins de reiped que ceftuy-cy, le diferet mcfiiager nâa aFedroit de fa famille,en ne failant point courir ça amp;nbsp;là fes fcruitcurs,lors quâilplcut ou ncgc:amp; mcfmc durât la nuit, fi ce nâeft pour affaires de grâ-dcimportâcc,amp; ne doitiamais leur dire iniurcs,ny faire reproches qui les hfchét:Pluftoft fil en a qui luy defagréent il les doit contenter, amp;nbsp;honne-ftement leur donner congé,amp; courtoifc licence.
Quel eft le bopcie de famille rc-eoznoifiât les lient.
Quel proffit ona, pelant bié fcs ferui-teun.
Autre» courtoifics du bô pere de famille.
Vincent. Puis que iâay apris ces bons enfeignemens,encor ne fuis-ic content,ain« atrens ouyr voz difeours ûir les choies plus importantes que ion doit faire amp;nbsp;garder auec les fermiers amp;nbsp;laboureurs.
IE A N B A p T.Ccluy qui ne veut point luy mefrae prédre le foing de cul-tiaerfes tcrrcs,faut que fc pouruoyc dâvu bon fermier,auquel il face bonne compagnie,(anstoutesfoisdéfaillir fouuctlcfollicitcrdc fon deuoir, amp;nbsp;mcfincs és choies qui feront deplus grande confequéee.Et ne faut eftre fihaultà lamain, qu'ilnediiportc bien quelque paroîlc du laboureur plus Hiantageuic quâilne doit dire, ny le tençer, amp;nbsp;rudoyer fil prend quelque
Comme (è doit gou-uerner »n maiftreen-uers fon fcimicr.
PREMIER!! lOVRNEH
petite chofe plus que ce qui luy efehet à fa part. Dâautant que l experience Fautesd vu nous fait voir,que ceux qui veulent tous les iours conrefter, amp;nbsp;quereller lu*'^««'** uuec tels hommes que les fermiers,ils font contrains(ne polluant vinre eu perdre fer p3ix)(lâcn châger toutes les annees.Et aduient q penfans gaiguct au chan-fermier», gc ils rcncontrent,non rien de moins,ains pis que ccluy quâils auront mis hots,amp; challé. Ainfi ne faut point f efbahir ii telles poffcflions vont en decadence amp;nbsp;empirent: amp;nbsp;le tout à bon droit,puis que les maiftres ne fadui-fent point que tant plus fouuent ils changent de labourcur,dc tant ils font diminution de leur crcdit,amp; reputation.Aufià voit-on q les bons fermiers bien quâils fçaehent que les chaps de tels maiftres font fcrtils,fi nâen veulent-ils point goufter, faifeurant quâils nâauroient le loifir de les cultiiict plus long temps q dâvnc année.Et à vous dire la vcritc,il y a des Seigneurs, amp;nbsp;maiftres fi aucuglez,amp; opiniaftres en leur conuoitife,q pour auoir vue cornée plus,ou quelque autre petit feruice dâvn que dâautrc,nc le pouiiât tirer dâvn fermier faiünt bien leur befongne, le changerôt aucc vn qui ne fçait que vaut le labourage, qui falTuictira à telle feruitude.Qm eft vnefaU te fort remarquable : entant que pour le gain, amp;nbsp;coruce de la valeur dâvn ducat,ils perdront le reuenu de vin-cinq : amp;nbsp;peut-eftre de cinquate efeus. Que fils eftoient fi figes que de voir amp;nbsp;contrafter aucc leurs laboureurs ce qui fort feulement au prouffît amp;nbsp;auanecmet de leur pofteflion,amp; I vne partie amp;nbsp;lâautre feroient amp;nbsp;leur prouffit,amp; leur office.
VINCENT. Qimls accords amp;nbsp;articles entendez-vous quâon doiuc faite aucc fon fermier?
Combien fe trompée ceux qui veulct enrichir fut leurs fermiers.
Côine Ion doit cotrafter auec les fermiers.
Prouffît quâoit tire en nerrov-ant 1rs bleds.
IEAN BAPTISTE. Surtouticsfautobliger de labourer, roraptcamp; nettoier bien les champs,amp; leur donner tout autant de feméce que de m-fon,amp; comme la terre en peut porter : amp;nbsp;quâen temps amp;nbsp;faifon oportune ilsdcfchauçcntlcs vignes, amp;nbsp;les façonnent ainfi quâil apartient, vlà nsdc pareille diligéee aux prcz,amp; autres chofcs,lelon que le beibing le requer-ra;lcur ipecifiant poinét par poinét ce quâils ont à faire, comment amp;nbsp;en quel tcmps,amp; combien de fois lâannéc,afin que plus à eler ils fçaehent ce quâils ont à faire. Faut encor que f obligent de bien houer, amp;: befeherks terres ou lon feme les legumagcs,milictz,amp; panicles,amp; à farder les four-ments au mois de Mars,linon,tout au moins ce qui fera en leur puilfîncc: car ils ne ferôt dcfpccc dâvn feul tournois,qui ne viéne au proumt deplus de quatre,amp; pour leu r maiftre, amp;nbsp;pour eux mefincs. Et fils iailfent quelque coing du champ fans le befeher fquoy quâils ne deuftent en outre vue fculepartic,amp; mcfmc ceux q ne font en peine de trauaillcr après lesMars; quâa tout le moins foiét aftraintsà les nettoyer amp;nbsp;farder dés le commencement du mois dâAuril. Aufti ce deuoir nâeft de peu dâimportance: Entât que bien fouuét les mefehantesherbes fuftoquent les bleds,amp;les Courbet par terre par leur trop grande gaillardlfc, mefmement cftans renu criées ou par les vcnts,ou vchcmencc dcspluyes.Par ainfi ne faut fcfbahirJih phifpart.des cfpis font vuidcs,amp; fins grain quelconque, amp;nbsp;fi les autres ne viennent à lcur pcrfeétion,amp; maturité. Aiïfti,quand le ben gram eft aecó-
»K t*Aû M C VITV RB. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃJ
peigne de vcfle,yutoie,amp; aut/es herbes nuifibles, de tSt Ic pain en eft plus *®«plaiamp;nt amp;nbsp;moins fauoureux, mal lain,amp; tache de maimaife couleur, ^^'fouuét fi appetifie quâil ne monte pas à la moitié dâautant de bon bled, ^^foiirmcntnonmeflédeces herbes. Et non feulement trois charges de 'd bled amp;nbsp;metail ne montent pas à deux de grain pur, amp;nbsp;net, ains, qui pis *ll»lc$champs où telle femece eft cfparfe ne produifent pas la moitié que font ceux efquels on ferne les grains bien purgez,amp; criblez, amp;nbsp;feparez de ^db villcnnic,amp;femencc dommageable.
Vincent. laçoit que ic nâaye veu obliger les fermiers à chofe de telle fl grade importâcc,fi eft- ce quâaucun ne deuroit oublier ceft article, amp;nbsp;lâofforccrà Pencéluer pour leprouftit tant du maiftre que de ccluy qui eii-tfeprend le labourage.
lEAN BAPTISTE, Outre ces articles fufdits,il couient encor le faire Aquoy ne-obliger à charrier,amp; trainer certaines faifons de lâannée,ce qui fera de be- ^^ ^ f^^^ foing,de curer les follez, nettoyer les canaux, amp;nbsp;cfgoutz des terres : amp;à obnaerl« planter des arbres,amp; -vignes és lieux où il en aura denaut.Dauatage, quâils fernuets.
*10 pourront charrier pour autre que pour voz affaires, durant les temps Hoil faut lab'jutcr,ou moilfonner: amp;nbsp;ce dés le moys de May,iufques apres hsfemaiUesidâautant quepour le gaing dâvn efeu, ils porteroyent dôma-go, amp;nbsp;à eux mefmes, amp;nbsp;à leurs maiftres pour plus de quinze ou vingt du-^ïiî.Voila pourquoy ces maiftres là fe preiudicient eux mefmes,qui durât lo temps des fcmaillcs font porter par leurs fermiers leur prouifions en la ville,aucclcs bÅufs amp;nbsp;atteUage,Scieur font delayer les chofes tref-necef-faircsà faire.Caronncfçauroitiugcr du dommage quâon reçoit tardant dâïnc fepraaine à autre à ferner fes grains, Sc couurir fon heritage. Ces articles font necefiaires^tant pour le maiftre, le fermier, que pour la poflef-fion,amp; no ceux-là qui font fculemét à lâaife du maiftre,amp; toufiours dom-tnageablcs au panure païfant, lequel pour fefentitfruftré , mais pluftoft eCcotché amp;nbsp;mal traité de fon maiftre, ne fe foucie feulement de labourer de bon CÅur les terres,ains pluftoft fafché,ôc mal affediionné à fon patro, ne fait que re fuafier,Sc pcnlcr les moins de luy quiter fon hcritagc,lc prc-micrpartyfoitable quile luy pourraprefenter.Ãt pour cognoiftre fi vn la côme on bouteur a defir de fe tenir à ux articles propofez au côtraef, faut voir fi en peut co-
, luylifant il y cótrcdiót,ou nomSe mclmes en ceux qui font le plus impôt- gnoiftre fi tins,amp; necclfaires.Car ainfi quâen côtredifant, il fait paroiftre de ne vou- ^'g^^â¢''^ loir promettre finon autant quâil a dcfir,Sc penfe dâefteâ;ner,aufti en pro- loj^dc^fai-inettantgaillatdemcnt,Sc fans fe faire tirer lâoreille chafeun des articles,!! te fon défaut croire que fon cÅur ne tend à parfaire rien, ou bien peu de ce quâon uoit. luy propofe.Et par ainfi,lcs maiftres qui choifilfent tels homes, font mal alt;iuifcz,dâautant quâils fe mettent en hazard dâefprouuer en ce monde vnc infinité de peines,pertes Sc angoillcs.
VINCENT. Et certes ceft aduis nâeft moins à confiderer Sc noter que bs autres q vous auez iufque icy difcouruz:veu quâvn maiftre ne fçauroit bntir vnc plus grad difgtice,Sc fafeherie, quâayant vn laboureur defloyal.
t4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PREMIERE loVRMEÃ
pardieux amp;nbsp;riotcux,aucc lequel il faille toufiours cricr,cótcllcr,amp; le me-naçcr,amp; fouuent venir fi auant en querelle,que fi vn homme ne 11 parhi-élcrncntmodefte,ilellpourà la fin perdre toute pacicncc.
Se faut in- I^AN BAPTIST E.Icfmsdâaduisencor,quclc maiftre fenquicre fur la former du vie amp;nbsp;façons du fermier quâil veut prendre, non feulement de ccluy quâil fermier a- fcruoitauparauant,amsdcs voifins,amp; autres qui font de là cognoilfancc: uaiu que qyç fl ion entéd quâil foie parcircux,mauuais labourcur,amp;mal côplcxion-en erurr. n^Jemaiftredoitpluftoft fouffiirtoute incommodité quâacceptervntel
Faut deniouter toufiours en bon copte auec 15 fermier.
Cófeil qui cd à noter.
homme en fa compagnie,Dauarage,nâcn louera ou receura iamais aucun, qui nâaie pris honneftement congé de fon premier maiftre, afin dâcftrcal-feuré de lâauoir à fon befoing, lans quâil luy faille plaider, ainfi quâadulent fouuée en pareilles occurréccs.Et loueray quâauraoins vue fois lâan il vié-ne à compte auec fon fermier ; car en celle façon, amp;nbsp;le laboureur fera fon deuoir plus volontiers,amp; le maiftre en aquerra bonne rcnommcc:amp; dó-liera occafion au fermier de ne le point abâdonner, mais pluftoft faire de mieux en mieux Ion eftat de bon cÅur amp;nbsp;ioyeufement, fe voyant carc/fé
amp; accompagné fi courtoilement de Ibn maiftre : amp;nbsp;de là pourra-on voir lâcftcd: de celle fentence qui dit : Bicn-heureufe la pollcffion cultiuccpar laboureurs naiz en icelle, car ils lâaymcnt comme leur propre heritage, de cognoiftant tous les coings,amp; parties du tcrtoir,amp; fon naturel.
Vincent. Puis quâil y a fi grande difficultéà . tróuucr vn fermier entier,fiddle, amp;nbsp;diligent, ie penlc quâil vaudroit mieux que ce fullions nous mefmes qui entreprinfios la charge de noftre labourage : Ã: fiir tout ceux qui nâen font pas trop chargez pour le grand nobre: car outre ce quâils ne feroient point embrouillez auec des fermiers malins amp;: cautdcux,icinâaC-feure encor que cela leur reufiîroit à fort grand prouffit amp;nbsp;auantage.
i E A N BAPTISTE. Et iious bicn-ucureux, amp;nbsp;la terre fortunée fi
Romains anciens a-donnezau â labourage jYicncrions,la terre produiroit les fruits auccplus grande abondance que clicnefaità prefcnt:ioyçulcdcfc voir carelice de rechef par les citoyens gentils, amp;nbsp;de bon jugement, amp;nbsp;dehurce de la main tyrannique des paï-lansgroffiers amp;;lantrailôn , contreIcfquds ellecHtcHemcnraigrie, amp;nbsp;indignée quâil ne faut pas fellonncr,fi elle ne produift les fruits auec telle fertilité,quâelle falloir durant lâheur du premier auge.
aucepurite amp;nbsp;diligence toute telle quâen vfoient les anciens Romains nous venions à la cultiucr. Dâautant quâoutre la vie heureufe que nous
Cenfeurs à Roineai.îs efgard fur touseftats.
Audi câeft iuftement quâelle fe defpitc , puis que ces cruclz, ignoransU vraye fcicnce du labourage,veulent neantmoins que Icproufiit leur dou-blc,amp; loit triple fur ce que la terre a de couftume de germer amp;nbsp;produire: ellimans ( les aucugles quâils Ibnt) de l'enrichir Cans trauail en vue grande eftendue de champs quâils entreprennét à cultiuer.Et ne faut fcfnicrueil-ler fi ces hommes ainfi deffauorilcz de fortune font toufiours panures, amp;nbsp;fils portent dommage^ preiudicc infiny à leurs maifires.QiÅ fi les Cen-feurs de nofti'c temps prenoientaduiS'fur celle canaille, à I nnitarion des trcirage.spohccurs de Rome, il nây a langue qui peuR dignement expri-
DS LAGRICVITVRE.
met le prouffit qui forciroit de ces belles amp;nbsp;grandes poflcflîons,quî à pre-fent (ont fi mal trainees.
V i N e E N T. De tant plus ic vous oy, tant ic fens amp;nbsp;cognois que vousâ labourez, amp;cultiuczvoz terres aucc plus de prouftit que ne fçauroient Vous aporter vue infinité de fermiers cnfcmblc.
Iean BAPTISTE. Quj eft ccluy qui ne fçait, que chafeun de noftre
calibrCjik eftat pour faire laoourcr fes terres au ce plus gradauantage que j ne porte la puilfancc de tant de païfans, aufqupls lâcfcu ne vaut huict carlins, foit que leur pauurcté en foit caufe.oa quâils foient nial-hcurcux par lcurpareflâc,amp; fai-ncantife. Et ic dis cecy, a caufe que ( foit dit cecy pour txemplc)ie donne huict niarquets pour iour, à ceux qui cfinondét les ar-l)rcs,amp; accouftrent les vignes fans leur y donner rien plus, amp;nbsp;ces païfans kuren payent autant,amp; toumitrent encor leur defpcnce.Lc mcfinc,puif-kclire,de la fauchaifon des foings,amp; de les faire ferrer amp;nbsp;mettre en ordre tnlagrangCjamp;chofesfcmblablcsquilefout, amp;nbsp;payentalaiourncc, amp;nbsp;câeftehofe mcrucillcufe que les bonnes gens ayment mieux me venir fer-uir(iaçoit que ic ne leur face iamais les defpens)quâils ne font le païfant, à caufe que tous les foirs ie leur paye leur falairc, de les autres au contraire attendent iufques à la fin de la fepmainc,amp; quelque fois à la fin du raoys: outre ce que bien fouirent on les contente de quelques viures, amp;nbsp;grains les pires quâon ayc,amp; leur comptent à plus haut pris que ne fe vendent au marché.Lailfant encore à part les bouches inutiles, amp;: qui ne feruét de rie cnlamaifon,amp; autres chofes qui font dommageables ; combien penfez-ïousque portent de prciudicelesachapts quâils font contraints de faire tous les ans,dc bceufs,cheuaux,draps,amp; autres cas qui leur font neceflai-tes,ncpouuans payer comptant,amp; prenanstcrmcà la nouucllc cucillct-teïCar fils prennent pour cinquante efeus de marchandife, eu cfgard au pris ordinaire de rargcnt,amp; à celuy du bled au temps quâils pay ent,qui eft lois qu lieft au meilleur compte que de toute lâannccifi que pour cinquâ-tcilsen payent fouuentesfois cent, oudauantage. le vous pourrois dire encore le dommage quâils fouifreut en charriant pour auttuy, entant que cclaoccaiionncfouucnt la mort de leur bcftail,amp;quâlsfement,dc cultiuét mal leurs terres.Or laillant ces contadins apart, ie dis que files citoyens hbouroyent eux-mefines leurs terres,non ieulemcnt auroicnt-ils double ptouffit en ce qui eft du feigncur,ains encore en ce qui touche lâothcc du firmier.
Marquer# eft mou-noyé de V cuilc, le# huit de laquelle valient trois fois de Fiâ ce.
Vincent. Puis que me faiókes certain de cefte grande commodité,ic Vous prie me dire,quelles font les chofes qui me font propres pour culti-Ucr mes champs,que iâay près les faux-bourgs de noftre ville.
Combieu ytouffite de bien payer le Douuict.
Iean BAPTISTE. 11 VOUS faut prcmicrcmét vu puilîant amp;nbsp;fortbou-mer,fans auoir cfgard à La paye que luy donncrez,dâautant que câeft de luy ^ledcpéd tout le prouftit quâon peut actédre de lâAgriculture. E le trou-uatà voftre fâtahc,il ne fera pas leulemét courcoys amp;. amyablc aux bÅufs tnlcs penfantjdc leur donnant à manger, amp;nbsp;aucc mcfurciains encores les
I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PRBMIEREIOVRKEB
; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;frottera le foir auant quâils fe couchent,amp; leur fera bonne litticre, foit de ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paille,ou autre chofc;amp;le matin de bonne heure les cilrillcta,amp; nettoye-ragcntimcnr,lcur lauant iouuentefois la queue aucc de lâeau tiede,leiirc-ftant ce choie ià incamp;prouffirable.Eticprcdra bien garde à ne les faire laboureur daran t la grande ardeur du iour,quand il plcü ou neige,fi cenâeft que la ncccffitele prcilc,nyne les chargera ou faichcra leur faire grand Comme 'âoyage,amp;ne les battra que peu ibuuér,de aucc grande diieretion. Et lors faut gou- ^ri ils arriucront le foir cichaulFcz à la inaiion, il leur mettra du vin en la ââââ ^^® gueule,nc les liant point à la mageoire iniques à tant quâils nefuerôtplus, BÅu s. amp;icrontdu tout dcila/îèz:puis leur donncraleurmangcrfclonià couilu-' mc,duquel en ayans vfé vnc partic,lcs mènera à rcau,afan quâils y boiuent Jabourc^ur^ tant qu ils en auront beioing. Le boiiuicr faut quâencor labo lire la terre,la doit faire. aolt;âipc,amp;heric,amp;icmccommodcmct,amp; cniâià iiôn : défera diligent à le lener matin,amp;iûr tout durât les chalcurs,a/în de labourer durant la teef-fehear marinalc,iuiqncsiîirlcsncufhcurcs, on vnpeu danantage ; puis y retournera fur les quatre heures, fziC^ntlibeCoigneiaCqiiesapresfolcil Vn bou- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;9â«? ccd en ccif c forte que les bÅufs fe maintiennent amp;iat aieineceC- ^ robnftes.Et ayans vn laboureur ainh fait à vodte potte, vous prendrez faire pour cncor vn bouuier qui lâaide à gounerner amp;nbsp;Conduire, amp;nbsp;Ics bÅufs,amp;leî fecours du chcuaux,à charger,amp; deicharger quand il charrie, amp;nbsp;en tout autreaiFaifc Ubourcur. appartenant à câett ettat.A cettny vous donnerez le logis oùfe tiendroitle fermier, fl vous en auiez,aueclciardin,8c chofesnecettaires poailcar vi-ure,ainfi queie fais aux micns,fans que vous en foyez incômodé,amp;: qufit viuent contents,^: à . leur aiie,dâ'autant quâils mangeront à leurs heures. Se fans aucun refpeét deperfonne à qui ils doiuent obcüîance.
VINCENT. Diètes moy quel falaire ctt~cc que vous leur donnez, amp;nbsp;h nbsp;nbsp;j quantité,^ forte des viures que vous leur dittribuez-
Gages, Se ^E^N BAPTisTE.Iedonneenprcmierlieuaulaboureuriy.cfcüspit viuresqu'il an,amp;dixau bouuier: Se chafeun apourfon viurc trois fotmnes de fatine, faut, Se au huièt barils de vin,autat de Hures de lard,da fourmage,huile,fel déboisée amp;auâbouâ ^^â ^^'^â' ^â ^^^ôncttcmétnecclTiire.Mais fçaehez quâilsmâaymét,amp;nic uier. lcruentfort diligément, dâautant quâils voyent que ic leurs tiens bónecó-p3gtiie,tâtau viurc amp;: cóucrfer,quen.leurpayant franchemétleurfalaire.
Lemau- VINCENT. Cette vottrc façon de mefnage meplaitt bien. Se le traitc-uais paye- ment que vous faitesà vozferuiccurs:queûpluficurscn vlbicntainfi,fans ment em- leur retenir le paycmenn.e,ou les menacer en lieu d'argent de les payer de mreurs ^^â^ baAonnadcs,ou coups dâe{pcc,ilsne veeroientfcommcils font) leurs ter-res,ttionuentdans ettre caiduccs.Maislaittanr ces gensrioteux Sccruels maittrcs, ic vous prie mâenfeigner quels doiuent ettre les bÅufs queia-ch eccraypour m on fer tu ce.
^^quot;^f Z'' JEAN pAPTiTE.Ic VOUS confcHIc de ne point employer amp;nbsp;dclpédre fe°quot;^BÅùrs ^^^ ciaquâte efens ou foixâte en vnc paire de bÅufs pour les voir grid,idî poulie la- que font ordinaireméc ceux du pais Bouloignoisrains les choidrczinoyd foarage, en grandeur,qui fojctreuncs,bié quarcez,cobuttes,liez enpaïsinfcrtilSl delcoaucf
DE lâaGRICVLTVR-*«
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Ne fault trauaillet les icuncs boeufs.
defeouuertrveu que tels fe maintiennent en tout lieu,quoy que chault ou délicat,amp; dâair fubtil.Quç il vous en pounez recouurer es terres qui vous font voilincs,ou fur le lieu mefrne, ou vous habitez, ie fuis dâopinion que Vous les achetez pluftoft que les eftrangers,encor quâil vous couftent da-«antage, dâau tant quâils ne ieront fubicéls à maladie, comme les autres, à taufe du changement de lâair. Et fils font choifis de contrée ch range, amp;nbsp;quâils foiét ieunes, ie ne trouucrois pas bó q pour la première année vous les trauailliflîez beaucoup,amp; fur tout durât les grades chaleurs: les nour-tilfant pluftoft de bon foin que dâherbe, dâautant que par telle nourriture nonfculcmct ils ferôt réforcez pour iouftnr tout trauail, amp;nbsp;en craindrót moins le chault,ains encor dureront plus long temps fains amp;nbsp;gaillards, amp;nbsp;vousdefpendront moins : dâautant que voftre bcîlail ne paillant point lâhcrbc,vous rccucillircz plus grande quantité de foins en voz ptacrics,amp; focluy meilleur,que fi les beftes auoient broufté le meilleur de lâherbe ne faifant que poindtc.Vous aduertidant en outre, ne les prefter à perfonne, Nâeft bon iiy les enuoycrloing en charriage, car ce faifant ils ne fetoient de longue durée en volireictuice. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de labour.
; VINCENT. Eftant fait fage par le difeours de fi bos amp;nbsp;prouffitablcs ad-Ueitiircmcns, encor defireroy-ie dâentendre de vous le naturel de chafeun terroir en la diuerfitc qui y elf fi grandc,amp; que Ion voit en noz terres,tant «collines que plaine châpagne,afin que ie fçaehe la difference de laquelle il faut vfcc en les cultiuât,^ pour leur faire porter,amp; produire les fruits qui leur lont proprcs,amp; quâils ont les plus agréables.
t E A N B A P T. le fuis ioycux q vous vous enqueriez de celle variété des terroirs de laquelle les anciens ont fait allez de metionmeatmoins ie vous
1 difeouray feulcmct des noffres qui font picrrcux,fablonncux,marncux,amp; p ^^jÃ^^ fis en terres qui iadis furet pleines de baftimés : amp;nbsp;puis des forts, cruds,amp; j^ tetoirt. duts,vous lardant foubsfiléce les marefcagcux,aquatiqucs,glaircux,argil- Teitoits leuxôc blanchaffrcs,lcfqucls(cômc iâay dit)il fault euiter comme la pelle, voifins des Començant donc à parler de ceux qui font voifins de nos montagnes,qui Alpes, fonttertes fortes plus quâautremetrie dis quâils font bospour le vignoble, amp;nbsp;abondent en fourmcnt,amp; autres fruits amp;nbsp;fcméces.ll cil bien vray, que le terroir François qui nous eft proche,amp; autres terres voifincs ne font en tout fcmblables à ccluy de Piedmont,toutesfois produit-il meilleur vin q tousles autrcs,cxccptant toutesfois le terroir voifin de la riuicrc de Salb, enplufienrs villages,lequel furpade tout autre en bóté,amp; fertilité. Et par- Naturel lardes terres fortes,ic dis quelles ptoduifent allez de bled fourmct,pour- des terres neu que lâannée foit fcchc,amp;. principalcmét au mois de May, mais dâautre f®*t®*â teucnu,fort peu de chofc:mais fi les faifons font pluuieufcs, elles rapoi tét Peude gtain,amp; grâd abodace de paillcs.Ccux qui font cruds, afptes, crof-hns,amp; trop durs,ie les eftime de peu de valeur: dâau tat qfâils nâont les fai- J^â°^ j^ Ions répétées,amp; à fouirait amp;nbsp;despluyes,ôc de la fe chèrelïc,à grande peine, ^^ç'^ ' amp;nbsp;difficulté produirôt-ils ny fourmét,ny autre ehofe. Et outre quâils lont Hul-ayfez à tultiuçr,encore ne faut-il point lesarroufer.vcu que lâeau leur
b
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PRÃMIERI lOVRNSE
feruiroit dâautant de venin amp;nbsp;ruine.
Vincent. Etnây auroit-il aucun moyen de remédier au default de ces terres fterillcs? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Moyen de IE A N BAPTISTE, On les pourroit treibien Iabourer,hcrfer amp;nbsp;amenles remet- der fouucnt,car tant plus fouiiét elles feront remuéespar le contre,amp; fen-tre en for- j^^j J^ foc,batucs,amp; efmies par le rateau,amp; claie,tant feront elles defen-dues du foleil,des vents, amp;nbsp;de la gelée, amp;nbsp;plus encor feront elles meilleures, comme Ion y portera des charges de liens pour leur amendement. â VINCENT. Mais cornent fçauroit-onpouruoir à ces champs qui font , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fi malins,que des aufli tort quâils font afià ilJis des pluycs,reau demeure fur la fiiperficic de la rerre,lâns pénétrer le dedans,iulqucs à tant que lâardeur du folefl les delfcche : ou qui dés que la lèchcrelïé les ailault, fe fendent amp;nbsp;crcualîent de telle forte que les heures amp;nbsp;autres plus grands animaux fy pourroient retirer amp;nbsp;muccr?
Come on peukamc-der les champsre-tenäs lâeau en leur fu-pcrficic.
Eft bon de marner les terres ns or fondues.
lEAN BAPTISTE, On fecourroit ces terres, en y conduifà nt grande quantité de fà blon,amp; le méfier en labourant auccla terre,tout ainfi que d câefloit du fiens:amp; la première fois nây ayat de guère prouffîté,y retourner fi fouuér,quâó cogneufi lâameliorcmét de la terre,Et faifant bien amp;nbsp;deue-ment cecy,non fculemét cefte terre famcliorcroir amp;nbsp;pourroit eure euhi-uée auec quelque commodité, ains digercroit mieux les eaux des pluyrs, amp;nbsp;celles quâon leur donneroit pour les arroufer en reps de fecherclfc.Bicn cfl vray que fi Ion voyoit de ces champs qui eulîént du fabion, ou marne neuuc,vue braifée ou deux fous la fupcrficie (corne il y en a plufieurs) lors vaudroit-il mieux faire des folles loing lâvne de rautrc,amp; fi hautes quede raifbn, amp;nbsp;tirer celle marne, amp;nbsp;lâblc dâvn collé,puis les letter la part ou la terre féroit la plus flerille,amp;infruélueufc,dâau mît quepar ce moyen ces terroirs Ce meficroient trefbicn cnfcmble.
V i N CE N T. le me crains quâen faifân t ces frais,la dc/pence ne fünf!â® grande que Icprouffit quâon nefçauroit tirer.
lEAN BAPTISTE. Ãncor fcroy-fc de voftre ad ms fil failloit fîiie cecj endiuers lieux,où le terroir nâeft de guere grande valcur,amp;apport. Mais voyant que les pires des noftrent valent amp;nbsp;huid amp;nbsp;dix efeus lâarpent, fils cftoientcultiucz amp;nbsp;amendez de ccftcfbrte,ilsnc vaudroiét pas moins de cinquante, amp;nbsp;de cét quclqiicfois.Et fi on nây vouloir tant dcîpcdrc,à tout le moins côfcillcroy-ie quâon y plantaftplufioft des arbrcs,q dây ferneries bleds, ou Jcs,'drc/Icr cnpracrie:amp; fur tout quâc y mill des vignes elpailfes, mefme es terres qui font dépareille valeur que le terroir GoJtolcngo, lef quelles on ne peult cultiucramp; toutesfois produifcnt-cllcs de belles vi-gnes,amp;le meilleur vin de la contrce.Etccfte-cycfHa vcrtu,amp;induftrielî plus recommandable de tout bon labonreurfcar ie nepuisafièz lâoulcrde Je dire) que de fçauoir tirer le reuenu plus vtile de chafeun terroir, fclô fon portement amp;nbsp;naturel,
Vincent, Mâarreftant volontiers en tout ce q mâauez dit iniques icy, fattens q félon voflrepromcfîc vousmâcfclaircifïiez ce quâon doit obier*
DE LâAGRICVITVKE.
J?
lier es autres fortes diuerfes de terroirs.
lEAN BAPTISTE. Entre les terres plus legeres de ce pars, font les «bléneufcs,comme les plus maigres,amp; foibles de toutes les autres: d'au-IWt que quelque grelle que vous leur donnez,on oây a fi toll elpandu lâa-, Hicndenicntjque le folcil ne le bruflc,où que lâeau des pluyes ne lâempor-Itabas,amp; encorpluftoft fouffrent elles celle incommodité fion lesar-loufe faifant cfcoulcr lâeau par canaux. Mais venant à la terre grafie, pa-!ftcufe,amp; où iadis y a eu des baftimés,ie dis,quc encor que ce foit la moins nogncuc en nofire pais,fi eft elle la fleur de tout autre tcrioir:amp; plus parfaite eft la pallcufe,amp; noire; pour dire plus molle, amp;nbsp;ailée à labourer : amp;: laquelle eftanc celle qui enrichit nofire pais de lins, amp;nbsp;qui rend vnefi grande abondance de îourments,millets,roms,amp; autres reuenus,nc fault ftlbahir fi en pliificurscndroiéls on vend lâarpent dâicelle, decent, amp;nbsp;rent cinquante efeus.Et ainfi,ceux qui achetée de tels champs ne fc t rompent en lorre quelconquc,à i'clgal de ceux, qui pour auoir bon marché nefefoucient de mettrelcurargcnt en vu terroir ficrillc:lefquelscreucnt lt;lcducilpuisapres,voyans que tant plus ils delpendcnt à les améliorer, fi
- Henvoycntilsiamais vue belle cueillette.Neâtmoins,ne trouuc-ic mau-i liais dâacheter des champs qui font en friche,mais que le fonds en foit bo, 1 nbsp;nbsp;bien aflis, veu quâen peu de temps on les peult cfgallcr en bonté ,.aux Meilleurs que lâon fçaehe trouuer.
F/N c E N T, Puis que mâauez monfiré la condition au vray des principaux terroirs de nofire contrée:vous me ferezvn fingulicr plaifir dâen faite autant fur la qualité des coftaux,amp; collines, amp;nbsp;comment on les doit cultiuer.
Conditio des terroirs fa-blonneux.
Piouffîc des terres noires, amp;nbsp;douces.
Champs en friche nô à mef-prifer.
Naturel des lieux a Gis és co-ûaux amp;nbsp;Collines.
Qj/eft-ce qu'on doit mettre es coraux
j î £ A N BAPTISTE, Auant quâentrer en ce difeours, il fault que fc * mette en icu la diuifion des quatre parties de noz coftaux, attribuant achafCunc ce qui luy eft le plus conucnablc. Dâautant que lâafficttc dâvu lieu regardant le Septentrion veult autre chofe pour produire, que de celüy, qui regarde le midy : amp;nbsp;celuy qui eft cxpolé au leuant, deman-1 dechofes diucrïés à celuy qui tend à lâOccident. Ainfi tenant pluftoft ' propos de la terre montueufe expofée à tramontane ie dis que ion pro-âtc câeft qwâon y plante des chaftaignes, afin tant dâen auoir le fruit, que mur fi feruir du bois pour en faire les oultils necefiaircs, eftant ceftar-itedâautrc prouffit que pluficurs autres au fcruicc,amp; pour la pafture fnleuriaifon de toute forte dâanimaux. Et ne fuis point dâaduis quâon y plante dâautres arbres fruitiers ny moins y ferner aucun grain, veu que ^ââ^f^â^' «prouffit en feroit de fort peu dâimportance. Q^ant aux autres trois Nmj. parties, ic dis quâil befongne y planter des Oliues, mais plufioft au itiidy , quâà lâOccident, amp;nbsp;fur tout elles ptofperent és lieux qui ont leur regard à lâOrient, à caufc quâarbrcs de telle qualité fc plaifcnt au fo-kil, ne faiûnt que fc leucr. Le mefmeie dis des Amandiers, Grenadiers, amp;nbsp;Figuiers.
V i N c E M T. Confiderant que les collines, amp;nbsp;coftaux voifins de la cité
Plan aymé des- Oli-Biers,Amâ diers , Figuiers amp;nbsp;Grenadiers.
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fREMlERS JOVRNîR
font choifis pour la demeure de la noblelfe, il me femble lt;ï»âil i^Toitben cncor,que les Ciprée,Pins,Lauriers,Wirtes,amp; fcmblablcs gctils,amp; touf-iours verdoyans arbres, feroyent bien fi on les pUntoit aufij es Heux qui font expofez au foleil,ou du leuant,ou du midy.
IF. AN BAPTISTE. Pour la beauté des lieux, iefuis de mefmc opinio que la voftre: mais pour le prouffic,ic trouucroy meilleur quâon les reuc-ftift de Pomicrs,Poiriers, Abricotiers, amp;nbsp;auant-pcfcbicrs:ou (comme ùy dit)dcs Amandiers,Grenadiers,amp; Figuiers,à caufe que ces arbres deman- nbsp;nbsp;.
dent vn tel plan,amp; affiette.Moins ne fins-ic d'aduis quâon y plante de bd- J ncs vignes,amp; principalemét de celles qui portent de bon vin,amp; des muf ⢠cats, fil eftainfi que le terroir foit propre à nourrir les raifinsplusdcli* cats,lefqucls de tât plus feront bons, le vin qui en fera fait., aura meilleur gouft,amp; donnera plus de prouffit,amp;contentement.
VINCENT. Que trouuez vous le plus expedient à eultiuervnterroif affis lut vn coftau,ou fil eft labouré aucc le foc, ou belebe à tout laboiie, amp;nbsp;befcbe,ou fi on le remue auec lepic,amp; pailc de fer.
Comme lEAN BAPTISTE. On remue trclbien la terre aucc la pailc de foi ft°''^cquot;ld' *^^*^ dâautant qucplufieurs collines font dures, pour dire le terroirpier-uezlcs'^co- teuxamp;accompaigné du roch,illc fault labourer aucefes boues longue, Ãaux. amp;nbsp;pics pointusjamp;dlroits,amp;par la main de manouuriers forts,amp;robu- fo ftes,car remuans gaillardement la terre, ils cauferonr que le grainycroi-ftra en abondance, oui tre ce que les arbres y feront foifonnez de fluid foubait. Bien eft vray que fi on y pouuoit trauailler aucc la chuitue,ii fy feroit moins de frais, mais le raport nâen feroit fi grand, ny la terrefi bien mife en ordre, que fi le manouiirier hoüant, ou befebant y auoit monllrélâeffort,amp;induftrie de fcs bras. Qncfiquclquâvnà fanraifode Jabourcrà toutfon attcllage,icluy conferllcdcnepomt fairefes rayer, amp;nbsp;filions de bault en bas,ains en traucrlà nr, amp;nbsp;encorâ fi bien accommodez, que les eaux depluye fefcoulans en ddeendant, amp;nbsp;dlans retenues entre les fillons,nâcnrauiirent,amp; tranlportcnt la grelle delà terre en ail' tre part.
VINCENT. Nyailpasaucunmoyenpourcmpdcbcrqucccspluycf, amp;: eaux rauineufes nâemmeinent point la grelle de la terre ailleurs?
Comme il i£AN BAPTISTE. On pourroit faire des appuys banks amp;nbsp;larges, amp;nbsp;fault ac- tirez à la ligne, amp;nbsp;fais en façon dâvu banc,félon que les collaux feront ou lesco/hiur P^s, OU moins baults, amp;nbsp;droits, amp;nbsp;fur tous ceux qui ont de la pierrepla-pourlcs ré te par ddliis la terre. Caries brilà nr, amp;nbsp;rompant, amp;nbsp;cauanton drclTcroit dre de nbsp;nbsp;nbsp;ailcmen t vn appuy dâvn mur lèc, câdl à dire, fins mortier de chaux, amp;nbsp;Je
grand lâblc, y failà nt par dedans des ouucrturcs en quantité, mais non, plus Jar-prouffit. nbsp;nbsp;gçj Je demy picd,amp; dloignécs lâvnc de lâautre, pour le moins dâvne braf
Ãc, afin dây planter puis après de Câpres, lors que la terre de ddlbuzfcrj faite dgalc de tous collez à la haulteur delà muraille: neantmoins fault que les ranges lôiét dloignces,amp; faites en degré deux ou trois brades Jâv-ne de lâautre,foit pour môter ou dclccndrc.be drefians ce mur auec vn bô
DE VAGRICVl-TVRB.
JJ
ordre,bailee ces feneftres Sc ouuerturesjwn Iculement on recueillera es collines grande abondance de Câpres, ayâs vigueur de la terre qui eft par derrière,amp; du foleil per déliant,amp; fans eftre ottencée du vent de Bifc ains encor le deifus qui fera fait en planurc lut les bancs, pourra eftre rcinply dâArtichaults.Mais vous me direz,que ce mur fera de quelque frais à lâen-ttctcnir,ouy bien file prouSit quâon tireroit, amp;nbsp;des Câpres, amp;nbsp;des Arti-duults,ne furmontoit cefte defpencc.
VINCENT. Câeftfans aucun doute,que filon faifoit ce que vous dites gt;uec foing amp;nbsp;diligencc,quc le reuenu en feroit plus grand,quc de tous les oliuiers,vignes,amandiers,ou fruits femblablcs quâony fçauroit planter, Toutesfois amp;nbsp;en lâvne, amp;nbsp;autre forte, on tireroit non moins de prouffit
Câpres ay ment les murs cou-uerts de terre, amp;nbsp;bayent le froid.
its collincs,quc de quelque bon terroir affis en la plaine campagne.
lEAN BAPTISTE. le mâeftonne que les coftaux ne foicnt beaucoup Quel pro-plus eftimez quâils ne font ; vcu que tout efprit gentil peult laiouir de la |â ^^ fraine amp;nbsp;faine fubtilité de lâair, de lâaménité amp;nbsp;gracieux plaifir du plan, . ^afTicttCjdc la gaillarde,amp; agréable contemplation de la pcrfpeétiuc, amp;nbsp;* âInt dâautres,amp; diuers contentemens, quâon y peult receuoir. Oultrc ce que ces lieux font quatre fois plus capables pour y placer des arbres frui-, fcts,que ne fonc les champs affis en planurc: dâaucanc, que roue ainfi que ' ceux qui fonc cnla plainc,f ils font plancezforrvoifmsfenuifcncrvniâau- ks colH-
^ââ^par leur ombragc:les autres au contraire (félon que le plan va en mon-tâiK]furpafl'ans dâarbre en arbre lâvn lâautre, ne f empefehent aucunemet, l* campa-amp; ne peuuent f entrenuire.O r voyez fion mettoit ces collines à bancs amp;nbsp;Râ®â Icuéesfcommc iâay dit)qui ne fulfent point trop droites, foycz feur que le
. prouffit du fous en feroit acreu dâvue cinquiefmc partie. Et à direlavcri-té,outre la commodité amp;nbsp;reuenu quâon en pourtoit tircr,ccft accroift de prouffit,feroit pour fatisfaire aux frais quâon auroit fait en dreifant ces bancs amp;leuécs.
QncI pro
ies coftaus
Arbres pl* fcrtils fut
nés quâeu
vi-NcENT,lencmâe(babisdc lâaccroiircment des arbres encefteaC-fette des coftaux,touchant le nombre amp;nbsp;quantité: mais mâeftonne de ce 1 que vous dites, que les lieux ainfi difpofez par leuces amp;nbsp;bancs, croiflenc 1 ùnfienmefurc dâvue cinquiefmc partie.
lEAN BAPTIST E.Cc que ic dis eft fans doute quelcôquc,car fi vous «icfurcz chafeun murs qui font en pied, amp;nbsp;cfgallcz de terrafle par derrière,vous verrez lâefted; de mon dirc.Ce que bien on peult iuger par les dc-Wezdechafeuncfcalicr,defquelsfiproportionnement vous mcfurezla nautcur Se largeur, verrez que de beaucoup ils furmontét ce qui eft dref-fé en longent en droite vigne.
VINCENT. Encor faudroit il difeourit delà grande diuerfite de tant ic montagnes qui font en noftte contrée '.mais dâautant quâily faudroit employer vn long temps, il vauldra mieux que me faites entendre les Ce qui eft moyens quâil fault tenir à bien culciucr les terres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i'bien'la
lEAN B APT i ST E.Pourbicn amp;nbsp;deüement labourer les champs,font g^mç^j^ «quifes trois chofcs:c eft vu laboureur,qui aitbô fens amp;nbsp;roceur iugemét, j^jj^, b üj
Xl
PREMIERE lOVRNEE
Levtay la-bouragefe fait auec-ques mois de frais, amp;nbsp;plus de piouffit.
Experience de bien labourer amp;nbsp;auec moins de frais.
les bÅufs à propos,amp; le couine biê dreffe, amp;nbsp;auquel nyaye default quel-conque.Mais fur tout eft il neccllajre,quc le laboureur cognoilîe le naturel amp;nbsp;condition du terroir quâil manie: amp;nbsp;labourant mette fiauant le foc es champs qui font de bon fonds quâil luy ferapoffible, amp;nbsp;au.x autres autant quâil y trouuera la terre bonne amp;nbsp;propre pour nourrit les femencf Jt Dâautant que tout ainfi que mettant bien auant le coulcrc es terres de bô fonds, il tourne,«Se remue celle partie de deflouz, qui eft la meilleureamp; plus grafte pour nâauoir encore efté mife en Åuurc,ny prouffité,ainiî que defta a fait celle qui eft dcftùs:de meftne, fil pouftoit trop auant fou outil en La terre infertillc, il pourroit remuer le terroir qui feroit du font fans eftait, amp;nbsp;quinâapporteroit aucun proufht aumaiftre. lieft vrayquâilne faillcra one de prendre peu de terre auec fon inftrument à la fendre.Dâautant que non feulement de tant plus auant il entrera en la bonne terre,amp; la fendra,amp; rompra plus fubtilcment, de tant elle raportera plus de fruit amp;nbsp;femence:ains encor en pluficurs châps, qui demandent quatre bÅufs amp;nbsp;deux homes pour labourer fept ou huift perches le iour, amp;nbsp;encor mal remuécs,le bon laboureur fcul,auec deux bÅufs fe contentera dâen cuiti-ucr trois perchées,«Se icelles trefbicn,parfaitcmér,amp; à fon aife, amp;nbsp;Icfqud-les rendront plus de blcd,auec quatre boifteaux de femence, que ne ferôt les huift perches fufditcs,auec douze. i â
VINCENT, Par ce moyen vous me faites voir le grand auantage quâon a de bien labourer: entant que non feulement on y cfpargne la moy tié de la defpencc des perfonncs, des bÅufs «Se des fcmenccs, ains recueille Ion autant auec vingt arpens de terre bien labourez, amp;nbsp;quiayent Goufté deux cens ducats, comme en quarante mal cultiuez, amp;nbsp;du pris de 4oo.ducats.
Ckofe à «onfidcrer en labourant durât lt;]uo ferne les bleds.
? i E A N BAPTISTE.. Vous voycz donc(ainfi que le vous ay diftqucle bien labourer eft pris en nâempoignant point guère de terre auec le foc,amp; lepoufter bien auant dans terre, veu que la première fois on ne penctre pas tant quâil eft de befoin pour trouucr la terre dure,amp;.'par ainfi il fault: quâaux autres façons,on y aille le plus profond quâil fera pofliblc : mais! la derniere y fault aller légèrement, lors quâon ierte les femences fur ter-rc,ou quâon les coiiure amp;nbsp;met deftbubs auec lâaraire. A cefte caufe tout ainfi que pluficurs iaboureurs,cultiuans leur terre,durât que le temps eft doux amp;nbsp;puis foudain y cfpandans la fcmcnce,la preftcnt,piquenr,amp; batet iufques à ce quâelle efteouuerte deux amp;nbsp;trois doigts ioubs terre,auffi quandle temps eft froid,ils fement premieremet le grain, amp;nbsp;puis renuer-fent la terre non moins dedemy pied de profond. A cefte caufe ne fault f cfbahir,ft cccy empefehe que le fruift ne fort point fi facilcmet comme quand il eft couuerc à peu de terre,amp; fi les grains nailfcnt fi rares, amp;nbsp;peu cfpais:car tant plus ils tardent à naiftre, de cat le germe fe gafte amp;nbsp;legrain, eft rongé par les vers amp;nbsp;animaux qui vicient fonds terre.
VINCENT. Icncfçay home qui peut one iniuftement blafincr ces ad-ucrtifTemésieu cfgard que ces laboureurs peu curieux couurét eu femât,
l nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;D E lâa G R I C V I. T V RI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã^
lie terre les bleds feulement de rdpaifleur de deux doigts, durant le mois lt;leSeptembcc:amp;au commencement dâOdobreils rechargent dâautant de terre auec lâaraire le blcd,pourlecouurir afin quâil germe.
It A N BAPTISTE. Lebon cultiueurcncoreourrequâilractprofond . leferen labourant, amp;nbsp;prenant peu de terre la rompt premièrement en j^^J'quot;^^ ' long,amp; en la retaillant,y va à larrauerfe: amp;nbsp;depuis, li comme à la troifief- parfaite-ftetois il la fend de long, amp;nbsp;la quatriefme à trauers, ainfi à la cinquiefine ment va (qui eft la dernicre façon) amp;nbsp;lors quâil veut ferner fon champ,il faut que le châ^?-j fibourc en long.Et quoy quâil le herfe de fillon en fillon en lôg,amp; trauers, i tompantles mottes dures aucc vne grand hcric,bien dentée de pointes de fer biélongues,fl faut il encor que le radeau y paife quâil foie de fer, pour foûtcrlcs herbes nuiûblcs à tout leurs racines,lefquellcs il bruflera en vu tisjors quclefoleillcs aura bien.dclTcchces. Amli labourant, iicrfant,amp; fifteUant trelbicn là terrc,il ne nettoyé non feulement en perfection fon ehamp falc, amp;nbsp;charge de fes herbes inutiles, en deux ou trois pareilles façons,ains fait encoj que le fourment qui y naift produit, amp;nbsp;fonde mieux fcsracines,quâil ne fexoit edant ferne en vn autre champ, quâon auroit laboure plus bas,fans que les rauincs des pluyes le puident offen cer,à caule lt;luc plus facilement elles padent dedous, Icfqucîles au contraire leur dc-t â¢nourcroyen t dedus,û les racines auoyent amp;nbsp;dcdus,amp; à lâentour cede ter-to fl durc,,amp; fafeheufe.
II dit cecy à caufetjuâë Italie vn mcfine chap porte fruits, bleds , te vins.
Moyen de labourer és champs où il a des arbres à treillages. Le befeher eft lâvn des meilleurs labour»-
Vie EN T. Cede façon de labourer, amp;nbsp;herferme fcmble parfaiétc es fbamps qui font à defeouuert, mais comment pourroic-on vier de pareil deuoir à trauers ceux qui font chargez de vignoble? lt;nbsp;i
Iean BAPTISTE. Ccluy qui a les arbres, amp;nbsp;vignes quife correfpó-dent cfgallement par droiture de toutes parts , peult imiter les labou-tcurs de Rouado,amp; autres lieux Yoifins,lclqucls labourent, amp;nbsp;herfent es vignobles autant en long, comme en trauers, foudeuans aucc la main les Vignes,ou aucc des fourchettes fi bien amp;nbsp;gentiment qucle,s BÅufs y peu-uent trelbicn palier fans les aucunement endommager.
V i N e E N T. Nous pourrons donc comparer, amp;nbsp;efgallcr ces cinq façons de labeur,amp; herfement au houcr,amp; bclchcr à force de bras, edant h meilleure forte de eultiuer qui fc pmlfe troiiucr, ny mettre en befoi-gnc.
Iean b a p t i s t e. Il nây a doubte aucun que le befeher à la main amp;nbsp;bouenefoitle labourage le plus prouffitable de quelque manière quâon
fçaehe de cultiucr:nlaisfçachez,q de cribler la terre aucc des cribles dâar- ^' ' cbail,ou pludod de fer ed encor dâautre perfedtion que tout le rede ; veu ^lucnon tant feulement elle ed rompue, .amp; nettoyée à fouhait du labou-*Ãur,ains ed tenue comme en pédant en telle hauteur quâon la veut met-ftqde force quâil nâya fi bonne femence,dc laquelle on nâen tire au double proufîit,quâon ne feroit dâvn autre champ façonné en autre manière. Car h tronuant cede terre comme cendre , iledà fuppofcr , qucnaillà ntvn â¢Bentele fruit en vne autre, cede-eyed pour en produire cinq cens. lied
t4 PREMIERMIOVIINEE.
vray que pour ceft effaitt: ne feroyent bones celles terres qui (bnf oupiet* reufes,oudurcs,ou crues,ou trop fortes: trop bié celles qui font a propos, amp;nbsp;Icfquellcs on trouuc (ans humeur,qui empdehe quâô ne les puilleainu cfruier,amp; cribler.
Ce que doit obier-net vn bon iabouieur enuers tou te forte de terroir. Ne fault la bourer les chaps bour beux tant quâils feiSt «empez.
VINCENT. Icpcnfe quâaifément cclafcfcroit es moysd Aouft, amp;ac Septembre,amp; fur le printemps, amp;nbsp;lut tout lors quâil tant planter IcsAf perges,Artichauts,Safran,amp; autres chofes gentilles, amp;nbsp;qui portent alhï de prouffit,amp; reuenu au mefnager.
lEAN BAPTISTE. Pourfuyiunt encor ce qui eft du dcuoir dâvu bon laboureur,ic dis que iamais il ne labourera vn champ, tandis quâil dl bai-gnc,tellcmcnt quâen y padant le foc,la terre y demeure toute amonccllee, de mclmcs es terroirs qui font forts,durs,ou croflans,dâautant que cela les rcndfifeursamp; prenez, quâil eft impolTible de les réduire en pouldre, amp;nbsp;moins receuoir lalcmencc pour luy donner vigueur en germant, amp;nbsp;naif faut,ou à produire bon fruit en leur faifon.Dauantage ne doit iamais mettre la charrue amp;nbsp;araire fur vn terroir fangeux, amp;nbsp;réduit en bourbe, lequel eft mal maniable, amp;nbsp;difficile à remuer fil nâeft fcc,amp; non apte à receuoir faifonnément la femcncc:amp; fault que fe monftte diligent toufiourà culu-ucr toute autre forte de terroirs,amp;les mettre au meilleur cftat quâil lu/^^' rapoffiblc.Et quad fe vient quâil met lâaraire près les vignes, ou autres arbres,il ne doit paffer, en leuant le foc, par dclfus les reiettons qui fortent des racines,toutes les fois quâil en fcnt,ainfi que font plufieurstams fatre-ftera toufiour faifant tels rencon trcs,amp; les coupera de fon hachete ,pluf-coft que les rompre aucc le coultfe,cn danger de le mettre cnpicccsamp;' de gafter les bÅufs, amp;nbsp;eft chofe vitupcrable à ccliiy qui ne les ofte, amp;nbsp;tron-çonne,dâautant que ces reiettons fe faifans maffifs,amp; fengroil'illà ns,amp;ft eftendans en longueur de iour à autre, font grandement dommageables aux fcmenccs,entant quâils dcuorcnr,amp; fuccent leur grclfCjCommeffrua* dâempefehement à lâaraire de ne pouuoir remuer, amp;nbsp;ouurir celle partie dû-champ que ces racines fuperflucs occupent.
Vincent. Dâautant quâil en y a plulicurs qui ticnnéc y auoirplufents terroirs Icfquels tant plus fouuent on les romp, amp;nbsp;façonne, ils endemen-nentplus maigres,amp; fterillcs,ic voudroy fçauoir quelle eft voftre opinio fur celle occurrence.
1EAN BAPTISTE. Ccux qui Cil font Ic nombre grand,fe trópent plu5 que de iufte pris.Bié eft vray,quâil en y a quelques vus qui font fi legiers,q tantplus onlcs labourc,durantlcs chaleurs,ils font tcllcmétpcnecrezdu lolcit, quils en demeurent foibles,amp; peu habiles à produire grains. Mais quoyîlâefpericncc nous fait voir que hors ce petit nombre, il y a fort peu de terroirs qui cftans labourez en faifon dcüc,amp;tcmps.oportun,nerapot-tent beaucoup plus de fruit que 11 on dcfiftoit de les remuer,amp; ouurir.
V i N c E NT. Encore fouhaitc-ie que me difficz les autres efgards amp;nbsp;ob feruations fuyuics par h s bons laboureurs en eultiuant dmerfementies tcrrcs,amp; chafeune en fou temps,amp; faifon,
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1
DE LA G R IC V LTV RE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^
lïAN BAPTISTE. Difeaurant en premier lieu de nos contrées j leA ^y'-^â^â^j quelles participent de toutes les autres du païs : ie vous dis, quâvu champ garder^** quot;^ ayant porté ou du fcul formcnt,ou autre bled des principaux,amp; foit pour pour bieu en porter lâannée apres,le bled cftâtfié,amp; coupé,il en faut le pluftoft que cultiuct faire fe pourra öfter les chaumes, amp;cftcults, ÃC puis le labourer fouuent, les champs amp;nbsp;herfetainG que fay dit par cy douant : fans faillir de le ferner en temps oportun,amp; durât que la Lune cft nouucllc, vcu quâil peut aduenir que ce terroir foit fuict à la vermine, ou ne foit allez fort pour porter vn bled fur *utre:ioint que fix feptiersde bled femez de bonne heure, rendront plus ala cueillette que fept G on eft tardif à les lemer. Comcauflileditlcpro-quot;etbe: Comme ta fcmencc là ifonnéc trompe quelque fois le laboureur, le tnicr tardcment,nc faut guère iamais de le deceuoir en fon attcntc.Ic cô-fcillc cnouttc,quc G le champ nâeft bien ncttoyé,amp; purgé, iaçoit quâil fut âlcucmétlabouré,gras,amp; fertu de fon naturel, quâô ne le ferne point:dâau-hnt quâainfi il produiroit moins beaucoup q tout autre , quelque maigre quâil fuft,pourueu quâilfoit nct,amp;bic cultiué.tt ccluy qui deux ans de fuite a porté dufourmét,eftant le troiGeûne à vuidc, que foudain on en ofte, amp;nbsp;grebes,amp; cftcule, amp;nbsp;quâon le feme de millet auant la Gn de luing, vcu queiufquâà ce temps câeftlaflcur,amp; feifon la plus propre pour ce faire, amp;nbsp;rfpatcc que fera laîèmencc quâon le befehe bicnpar deux fois , aftu de luy f^dlirerlavoyetamp;aprcslaSainéiMartinqucla terrefoit remuéeaueclc âôc,amp; diligemment labourée : amp;nbsp;la lailFans cuire fous lâeffort de grandes gelées, quâon la rompe , amp;nbsp;herfe de rechef fur la Gn de lanuicr, amp;nbsp;lâayans bien amcdcc,amp; fumce,quâon y feme de la Veirc,amp; parmy en la moitié du tiers élu labourage fait au commencement de Mars, foit auffi mife, amp;nbsp;fc- i^^o,n j^ tuée lâAuoine aucc mefmc,amp; pareille mefurc quâon fait en mettât le four-.
Went fous terre..
v-m c E N T. Ne vaudroit-ilpas mieux y mettre plus de Vefïè,ponr eftre rucillcur pafturc pour les bcftes,que lâAuoinc.
Ira N B A PT i ST E.lâay dit quâon y meit des deux auoiGnezésGllonx j enfcmblc,aGn que la Vefle foit mieux (uftentée par lâAuoinc,amp; en croifle plus hautemeur,encor qu en tel cas V Auoine ne foit fi bonne,amp; prouftita-oh que la Vefte, amp;nbsp;pâlie le quinzicfmc de May, amp;nbsp;le grain eftant parfait, Prouffit quâon le coupe ,amp; des que fera feché, elle prouGtera grandement pour la ^^ °quot; ®â^® aourriturc des BÅufs, amp;nbsp;cbcuaux,là ns quâil foit befoing leur dóner pour nbsp;quot;^^ Æ
les engrclfer autre forte de grain,qdc cefte Vefle. Laquelle outre ce quel- p^Mi, le ne gafte iamaisla tcrre,clle Eéd plus dâherbe beaucoup qucTrefle quel- font pois rôquc.loint que des auffi to ft quâon lâa oftee des champs, on y peut ferner dcfqucls ifs Phafoles,ou du millet cnnironlâhuiéficfmc du mois de luing.Bicncft la goufle 'ray quâen y femant des pois,la terre en fera lâannée aptes plus apte,amp;fct- ^ [^ die en fourment,quc non pas G on y mettoit du millet : car tout amfi que j^j^ ^^^^ ]^^ lemilamaigrift le tcrroir,lâautrc fcmencc lâengrefle. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ers,amp; plus
Vi N c E HT. le voy à prefent la fottifc de ceux qui eultiuent la terre pour ronds, yfcmcrccs pois amp;nbsp;millet,fan s prédre garde à y mettre pluftoft de la Vefle,
â ~ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
16 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PR EIK IE KE lOVRSFE
laquelle fc recueille du mefme temps que ce terroir eft en repos,
Iean BAPTISTE, Sçaclicz que lâcn recueille fi grand quantité en treze ou quatorze iournaux,qnâclle me fuffic tout le lôg de lâan à nourrir, , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fix BÅufs queie tiens pour môlabourage,fans que ie leur donne nyfoing
nyAuoine,
V i N C E N T,Puis quenous.fommesfurlapafturc des belles,dûtes moy, ie vous prie commclcdoibtfcmcrlcTrefic , afindâauoir dufoingaboiv damment.
Iean baptist e, laçoit que communément on le ferne aumoys defcæcT'^ ^â' Mars parmy les bleds,il mefcmble toutesfois quâil feroir meilleur quo le Trefle. ^^ f^^^ lt;1â la Saindt Barthélémy,iufque au dixiefme de Septembre,amp; ce en vn champ feme de Segle,efiant cultiué,amp; herie.D'autant queiettant celle fcmence alors parmy.la poudrc,amp; terre menuilee, amp;nbsp;lâincorporant dedaS deux fois auccla hcrfe,outre ce herfement fait fur le Segle, il en relie peu qui ne prenne picd,amp; ne prouffite : que fi vous le femez au mois de Mars, non feulement ne peut fi bien naillre, ( eftant iette fur la terre dure) ains encor meurt,ce quâon clpard fur le bled verdoyant,Dauantagc lâherbcfc-méeenAouft,amp;fuf-dits iours de Septembre, efi plus hauteamp;bcl!cà la Sainél Martin, que celle quâon feme durant le printemps lors qu'on cou-pe,amp; fauche les bleds:amp; ne craint,ny pluycs,ny froids,ou fechcreircjpour auoir bien fondé fes racines,Et ainfi eftas les bleds coupez, on ne fera feu-lemét vn bon relie de Trefle coupé pour lâan fuyuat, ains pourra en tirer deux fois le foing en vn an,pourueu que le temps ne foit trop fafeheuxA contraire, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;h
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;V i N e E N T,Ie vous demande,quâelleferaence du Trefle vous femblc la
meilleure,ou celle qui eft autour de fon efcorcc,amp; pcau,ou lâautre qui eH
Ouellc fc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;defeouuerte.
n^cc au 1^ AN p APT 1ST Ã.Câell fans doubte que celle quiellcouucrteedl^ Trefle eft meilleure pour auoir la greme plus Yiuc,amp; vigoureufe, amp;nbsp;que celle pelÃ-laraeilleu- cule amp;nbsp;toupet couurant le grain,luy done plus dcfecoursà îafairc,amp;grf' mcr,amp;naiftre,amp; ceux quil ollent amp;ncttoycnt, ne le font pour autre oc-cafiô que pour la tenir en moindre efpacc, amp;nbsp;pour accommoder ceux qui
⢠/ rachcccnCjamp;lcfquels veulent loing porter celle graine.
Vincent. Cécile quantité vous femble-il quâil en faut à chafeun ar-pcnr,ou iornau de terre.
La quotité Iean BAPTISTE. Pout faite qiiâvn terroir ayant arpéc de fon elpice, degrainde amp;nbsp;bien net,produifc aflez de foing,il riy fault pas moins de cinqliuresde Tteflepour celle graine, enclofe en fou toupet, amp;nbsp;telle : ou la moitié de tels poids il la graine eft bien reputgéc,amp; nçttoyée : amp;nbsp;mefmement au mois de Mars, pour les raifons^us mentionnées. Dâautant que tant moins on en femera, le Trefle en fera uioins elpais, amp;nbsp;les mefehantes herbes y croiftront cnû place. Or tout ainfi que ceux-là font à vitupérer qui és bonnes terres, amp;nbsp;nettes, lefement efeharfement, aulîi ne font louables ceux qui en cfpar-dçntplus quâil ne fault és champs qui font chargez de vilennic, entant
DE tâAGRléVtTVRE.-^
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t[ue,amp;; les vns,amp; les autres en ^porteront fort peu de prou dît.
VINCENT. Puis que fay apris de vous, combien importe amp;nbsp;eft ptouffitable dâainlî ferner le Trefle, ic fouhaite encor de fçauoir, amp;nbsp;vous prie me le dire, le 1-noy en de faire quâvu champ demeure à couhoursen prairie.
JEAN B A PT 1S T r.En premier licu,befoin elf que durantlhyueron Moié dâ^-l'e/galle amp;nbsp;vnife fort gentiment, puis le fault fubtilemct labourer aucc le prlt;^« yq foc lubril,à tout le moins deux fois amp;nbsp;de long, amp;nbsp;de trauers, amp;nbsp;à chafeun Coup quâil fera labouré, quâon ne faille par mclmc moyen de Je heiler. Eftant ainfi bien ner,amp; mis en ordrc,fans y clpargner le fumier,amp; amen-lt;lcment,le conuient labourer,non aucc le grand foc,amp; y lemer de lâAuoi-ne,puisle herfer vue feule fois,amp; par dcllus eipandre en grand abondance de la graine de Trefle, pour les raifons fufdites, amp;nbsp;quâauez entendues: Ecriant à tout le moins deux fois le champ,afin que ledit Trèfle entre dedans,amp; foit couucrt,commc il apartiét.Et fur la fin de luing, que lâAüoi^ nelcra coupée,que pour la my luiilcc on en ofte les herbcs,amp;cftucil pour les belles, amp;nbsp;puis on fauchera le foing qui fera creu pour la premiere an-née.Et nefaulefaillir de frimer tous les ans ledit pré, amp;nbsp;fur tout lors quâil nây a point dâeau pourlâarroufcr, amp;nbsp;abrcuucr : quelâil y enaen abondan-Cc,leipremicr an paflé,quâon lâofte de tousles entours du pré,tât que lâhy» nc8durera,dâautant que par ce moyen le pré f engteftéra mieux, amp;nbsp;lâhcr-^cfengaiHardira amp;nbsp;lcra plus druc,amp; abondante.
VINCENT. Allez vous dâautres moyens, pour aydér à la fertilité des prez.faits en telle forte que vous dites!
lEAN BAPTISTE. Pour faite que lâherbe y foit abondante, il nây a lieu fiproulEtable que la terre efmiéc,amp; méfiée aucc le fiens,amp; amende-incntâdâaiicant que cela coufte moins, que fi on prenoit le fumier le plus fur qui foit en lâcftablc,amp;dauatage caufc que le pré produit plus de foing que li 011 lay donnoit de plus grafle prouifion pour ton amendement. Et parrinfi on recueille la pouflierc des chemins les plus fréquentez, de ce durant les grandes chalcurs,laquclle foit bien feche, amp;nbsp;la fault conduire en la court du logis, ou pluftoft au pré mclmc quâil fault fumer : amp;nbsp;cefte fouflierc fault que ce foit qtdinaircmét aucc le ficus des bcftcs,amp; mcllcc auedapaille,amp; autre greflé, amp;nbsp;amendement, amp;nbsp;les bleds cftans femez, toutle fiens,amp; fumier quâon tire des eftablcs, fault que foit porté où cil ,ceftepoufliere bien entaflée, amp;nbsp;laquelle en defehargeant fc mefle ailemét Wee ledit ficus lufqucs à tant que celle matière croift cnlcmblc,amp;la fault ^nlî lailîèr nicllangécjiufqucs à ce que arroufée des eaux, amp;nbsp;tranlpcrcée parles gelées,elle cll fuffîlà mmcnt meure. Ainfilâcfpandant en Ianiiier,amp; Feurier par le prc(ainfi que iâay diQproduit beaucoup plus dâherbe, que fi feftoit du fumier tout pur tiré des cftablcsicntant que ce meflange, amfi anicnuilc,pcnetrcmieux iufquâaux racines de quelque herbe que ce Ibit, dement. ⢠.que ne fctoit le fumier, lequel eftant grolficr, fait moins de prouftitaux prez^que aux terres enlcmcncécs,pour ne pouuoir lâincorporer am fi facir
champ' à toulîoms.
amp; comme i! peuk e-ftre en-gvefle en piufïeiiis fortes.
L'amtlt;Jc-_ met need-faire aux prez nou-ueau imitiez.' â
Qa?â jpf fit porte la fange te-cucliic pat lesrucs amp;chcmins eftant lèche.
Ãn que! téps fault
eipandre ceft amen-
C â1
P R IM I eâr B J 0 V R N Ã E
lement anec le prc,commc aucc les terres à femence.
VINCENT, Mais qui nâauroit du fumier pour le mener suée celle terre menue, ne pourroit-elle pas prouffiter pour la fcrtillc abondance des herbages es prairies, fi elle eftoit dilperfee toutepure amp;nbsp;feule durât la fai-fon delâbyucr?
JEAN BAPTISTE. Non fculcmcnttourncroit cllcprouffitablcpoiir ^^quot;* jpuf les prcz,amp;politics bleds,fi à chaicun arpent on en donoit pour le moins ^â* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dix charettecs,amp; tombereaux, lâelpandant ainfi quâon fait la fiente de Fiés chemîs^ geons,ains encor les vignes fen trouuef oient bien, le mefiiagcr en donnant vnc pailéc de chalcune en Odobre quand ou les defehaucc.
v i N e E N T. le fuis ioyeux que cccy foit bon pour les vignes, amp;nbsp;quâon pcult clpargncr le fiens pur lequel eà parfaitement prouffitablepour lâamendement des terres labourées : mais ic ne voy aucune railôn qui mâin-uitcà ladôncraux bleds,puis quâelle a telleforce de faire fortir, amp;rcgaiJ-lardir lâherbe es prairies.
lEAN BAPTIST E. Vous auricz iufte occafio de ce dire, fi on la mou-
la terre,mais de lefpandre, amp;nbsp;ierter Amplement fur la terre icniéc versla Saint Martin,elle eu tcllcincnt corrigée,amp;mortificc du froid,quâil dlinâ* polfible quâelle nây foit de grand prouffit,amp;iccours.
Autres moyens pour en-fre/Ter, amp;nbsp;Jiidiorcr ht ferres.
V J N e E N T. le vous prie de me dire encor tous les moyens que vous içauez outre les precedens,pour faire quclcs prcz produif.nt de lâherbe en abondance.
pf«.
i E A N B A P T i s T E. En premier lieu les ordures amp;nbsp;nettieures des eu-iiicrs,amp; canaux à arroufer les champs,amp; ce quâon tire des folîèz en les curant,eftans mis en tas Æ our fepurer pour quelque temps y font fortpropres amp;nbsp;prouffitablcs. Les boucs quâon aiîèmblc en nettoyant les rues amp;nbsp;chemins en hyucr,fi elles font mifes en vn tas, où elles croupifient tout le temps iniques à la finde Mars, font fort bonncspourfoilonncr lesprez de grand quatite dâherbe. Mais les nettieures de lâairc,du Cortil,amp; court, les balicurcs de la mailôn,lc fiendes poules, amp;pigcons y font deplus grad effic3Cc,amp;y caufonrplus de proulfirlors qu'on les laufe longuctncntfc purgcr,amp;pourrir,auant quâen efpandierien for lâhcrbc.Bicn cil vray que ccd vn grâd bien au prc,amp; depeude coad,fi(îe pouiiancfairc/on moyc-nequefeau coure lâhyucr nuit, ätioar pat délias, amp;: fur tout lots que les UStil mo- ^^1^^^^ tombent des arbres,St par mefmemoyen faire fi bien en herlânr, yen dâen- raftclant, roulant, Si:gt;bcfchan[lesvafes,Si:canaaxpropresà .fairecourit greifet les lâeau,afSn que titans la,greife da fonds, ils la fACentcomir aucc lâeaapit tous les coins. Se lieux nccclîà ires à edre cngrctfez.Or faifant cecy durant les moys de Noucmbre,Deccmbrc,Ianuicr Se Fcurier,il fault prédregar-de,quâon nâen vfepas aindaux champs,où le Trede a edé ferne,Se lefqutls la fécondé année de leur premiere cueillette, on feme de lin, Se fourmet: caries traitant en cede forte,il nâyaaroit Trede qui nemourud tout fou-dam, Encore fault edee aduetty dene point faire courir lâeau fut les prêt
Ne fiait donner lâeau en hy ucr aux vieuxprez.
; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;BE t'A G RIC VIT VRE. ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*5
; qui font vieux durans les grandes, amp;nbsp;cxccilîues froidures, fi ce n*eft qu'elle euft à continuer longuement, dâautant que lâeau défaillant, cefte terre jinfirccuitc,amp;abrcuucc fouffriroirgrandement parla vehemence des plaçons,amp; gelées. Encorne louc-iepas peu ceux qui ont inuente de faite des amas,amp; monceaux de terre gralfc es cantons, amp;nbsp;encogneures des «anaux,par lefqucls feilende lâeau des champs,amp;qui ne font ii profonds, amp;nbsp;longs,que les eaux tournans,amp; courant fans celle fiir iceux, en font vn (tel, amp;nbsp;fi beau amas dans les follcz,quc les curant en Autonne, amp;les charmant , amp;nbsp;portan t aux prez en Printemps, ou bien aux champs lors quâon les façonne,amp; laboure,à peu de frais ils fc rcHcntcnt de ce plaifir,amp; benc-Ãce. Et fault faire encor de ces amas esfoffez principaux , efquels lâeau tourttoutle long de lâannée, amp;:lcfquels ibientlong au moins dâvne perche,amp; efloignez lâvn de lâaurte,trois ou quatre.
Prouffit ^uaporte de recueillir les fu-roiets pat les rues.
v i N c E N T.Non moins font à louer ceux qui ont adextreztant depau-«rcs qui vont crier du liens par les rucs,amp; qui recueillent par les rues das des paniers,amp;hotereaux la fiente des bÅufs,amp;des chenaux: ce qui aporie vn grand prouffit aux terres des fauxbourgs , amp;nbsp;voifines de la cite, amp;nbsp;à tesenfans qui vendent chafeunehotec deux deniers, amp;nbsp;le pris croiflant dâheure à autre par les villes.
HAN BAPTIST E.Dc là fe voit combien grande eft noftre diligence, ^induHric à faire amas de diuerfes matières pour engrelTcr noz champs, Iflqucls ne fault fclbahit (quoy que fterillcs de leur naturel) fils produi-fenc dâan eu an plus de fruits que ceux qui font plus fcrrils es bonnes, amp;nbsp;jralTcs contrées.
VINCENT. Puis que nous auons allez deuifé de ces amendemens, amp;nbsp;jrefles pour fertilier les champs,ic defire que vous me difficz encor quel moyen il y a pour vnir,amp; cfgatlcr les prez qui ont des coilaux, doz amp;nbsp;va-lées.Car fil cil ainfi quâvn champ,encor quâil ne le faille abreuucr,cll plus quot;icquis vny,amp; clgal,cecy eft plus neccllà irc beaucoup à vn pré quel que ce lôit,vcu mefmeraent que la necefiité requiert quâon lâarroufc, amp;nbsp;abreune
1 toutes les années.
; lEAN B A PTi STE. Pour abaiflcrvndozquinâcllguerclôg,ny large, «dis quâil fault couper, amp;nbsp;rompre ledclTus du pré en tât depetits carrez, qui nâayent non plus dâvne braliéede lóg,amp;delargc,amp; non plus efpais,amp; jros dâvn doigr,lelquels on leue fi adextrement quâils not garde de le bri-fir en les raettât à part, voire ap rès quâon en a tire la terre lupcrflue,on les y pcult remettre ayfémet chafeun en fon ranc,amp; ordre fans que pour cela ces mottes amp;nbsp;carreaux fuperficiaires relient de produire lâherbe auflibic quâau par-auât.Mais fi le doz,amp; prominéce contient alTcz dâcfpacc,il faudra leuer les mottes delà rerre herbues piece à piece , aucclcur terroir pour les maintcnir,ou plufloll labourer lâvn amp;nbsp;lâautrc,amp; lâamóccllcr,afin quclechaulr, amp;nbsp;gelées les cuifent, amp;nbsp;cfpurent, amp;nbsp;au bout dâvn an quâon les aura ainfi vnis,fauldra cfpandre ce terroir au fons le plus maigre lut les mois de Décembre, amp;nbsp;lanuier, car ainfi faifan t, ils produiront herbe en ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;c iij
Moyfs de bien mir amp;nbsp;cfgallw les peex.
JÃ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PREMItRâE lOVRNEE
abonJancepar pinceurs annces.Et fi le terroir eft aifezblult, on potte la terre amonceJlée es plus bas lieux,amp; l'y ayant clpanduc, on ia rafteUe a-uec des rateaux de fer du lieu où eliea cftéprilè amp;nbsp;oftée, y lurlcmant encor du Troflc,amp;y mettant du fumier fort mcnu,lequcl encor ne fault oublier de raftclcr, amp;nbsp;iemer à la façon qui a elle men tionnec cy deffiis, iul-quesà tant que ce terroir foit conduit es valions, attendu qucles parties , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;dclpoiiillccs le porarrontaylcmcnt cmprcer,amp; venir dâherbe. Or lors que
il faudra emplir les Vallos amp;nbsp;fur tout où lâeau eft arrcftcc,(5c croupie,fault en premier lieu quâaucc cefte terre coduite dâénhault on cmplillè ces defaults,/mettant quantité de ballons amp;nbsp;courts, amp;nbsp;longs, Iclon laprofon-dcur,ou bafteur de reau,clloigncz lâvn de lâautre né plus de deux braifes, amp;nbsp;les bouts dclqucls apà roiftèntfur Tcait de la groUcur d'vu doigrfans plus,ahn quâon puiftè cognoiftre en cleo niant lâeau, ou attendant quâelle '^â^''dJr,par cesbaftons.qucllc quantité de.terre y eft ncccllà ifc,amp; laquelle y Ibit conduite de lieu à autrc,tant quâà peine puiftè on voir ces ballons,
VINCENT. Dâautant que tous céslècrcrsncnouslcroicntdcgucrc grand prouftir,ny confequence : lî après cela ic ne Içauois remédier à net-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;toyer la terre des taupes,amp; vermine qui font tant de dommage auxprez,
â^**f/,'t*â iardins,amp; Unsren iettant la teneparleur lôuftlc hors de leur ranicreuâa-â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;compterois à vndgrahdcfaueuf,lil.vüusplailbit me monftrerIç moyen
Trois dules cxtcnninlt;tr,?«ii ;f. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,
nio/cns i E A n_b. A PT r s T E. Il y a ctois moyens deles prcndrcilcpremicr deft lier Æ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^'^^â^{i,(îû^eft befoin de le tenir en garde amp;nbsp;comme en ien tiaclk furie
pet, ^^'^^'^ if^'i^i: Carolen près le lieu où le plus ftefehemét elles ont iouSic,gepoots lioish terre zear ce il fur rhcuimelmc quâelles reierrent ordinaircnicnt )'''' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la.terre fclonleur coudame.Et quiconque aura,, ou pic,ou houe en main
yt^i^ ^ndisqimceftc_bcftceftcnolHce,illatircrahorsfà cilemcntdcfaranie- ; â'âlt;- ^.,al ^â:^l-£feco^moyencfldemcttre,amp;fairecourirlâeau,aulieuoaeliesaii- J 'A**'*« nbsp;nbsp;nbsp;^'^^'âCfouilicfrercbcment^vea que dés quelles le r0ntiront,ne failliront de
^ en^l^. nbsp;nbsp;fortirpourfcgarentirfur(juelquemotte,amp;:lionpourralcsruegoupre-
dre en vie.Letro^efmegiil en prenant vue vine iùr le mois de Mars que elles font en amour, amp;r la mettant dans vu ballm allez creux lefoir après le folcilcouché,.enicrrant ledit vaie influes au bord,a6n que lestaupes puiUent faulter dedans,oyans crierla prifonniere la nuit: dâautac que celles quil entendront (eflanr celle belHole dvne.ouye fort aiguë,de fubtilc) .y venans Heur pas,entreront dans le valéfvue après rautre:Sctantplasy en entrera,amp;plus elles crieront, (ans que pas vueen puUlèfortir, à caufe qu e le dedans du balTin cRlillc^poly,amp;: glfiant.
vr N CEN T.Iefuis content de celle h gentile inuention,amp;neatmoins ne me fçaurois garder de vous prier,(fvue autre faneur, bié que la qaelUô doit al fez dilScilc^amp;câell fur lâimpitoyable cruauréquâvfenr les.vers à fen-.droïc des bleds amp;nbsp;lemences,depuis quelles font nées,mlqucsa tant.quâon les fauche,lt;Sccoupc:cc qui eliplus à côtrecÅur au melnagcr rudiqueque tout etiorc,gc raume de tempcllc,laqucllcruine les chaps foudain,amp;raai
D E lâiA-Ã R I C V L T V R E*
.57
vers qukó^ gent les biels.
ivn coup,la où celle maudite vermine eft plufieurs mets à lt;oger les bleds. ^f^â^J*'* amp;prefquelecÅur,amp; entrailles du panure laboureur. â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. ,.i
1E A N ' B A p T i s T E .le ne mâelbahis pas,fi les paifans ont tonfiaurs efti-mé celle malédiction comme chpfe dcplôréc,amp; fans remède aucun, mais, iemâeftonne des citez,chaftcaux,dc villages, qui nâawnt deefle la guerre Ã
Ks petits aniniainc pellifcrcs,qui font laïuinc de tant de fermieis,dc leurs lcigneurs,amp; fou tient caufent la cherté des viures.. Car fi on en vfoic ainlî, pn empliroit des l'acsà milüers,ainfi que founent on a fait^amp;: vfc plufieurs fois des Fanfignes, Icfquelles rongent., ^ démangent telfomcnt les bourgeons,pampres, amp;: fueiüage,quc fos vi^içç,!^ les raifiqs lcmblcn,t., amp;nbsp;pâ-roilFear auoir patlé par les fianuties. .0 ry ayant fort , peu d eipemnee de pouruoir à celle vilennie de versée diray-neantmoins le peu quepenuent hireJes diligens laboureurs peut f enprciialoir.Qr fçait-on quâentre tous les vers quifont niüfibles aux bleds les plus dangereux font ceux qui font longs amp;nbsp;gros à lâclgal du doigt,que lâIralié nomme Zaccartl : Icfqucls pour edre de leur naturel de tresfoide qualité, ne forrent guère,iamais de terre, niais de tant plus faprochc le téps chault, amp;nbsp;croill,ilsfauoifinentauffi de la fnperficie de la terre :amp; par amfi durât les thalcurS,on a meilleur moyé lt;luejamais de les deftruire.il eft donc nccdlà ire que lc laboureur,«! celle hifon mette lâaraire és champs,amp; les labourc fubtilcracnt, dâautant que fi fnlapremierc façon ces beftcsfontdcfcouucrtes , en grandnombrcnl y Maura peu quâon ne voyc à la féconde amp;nbsp;troifiefme. Mais dâautant quâen mefmc temps fi ne fçauroit labourer,amp;lcs occir cnfcmble,il fera bien dâa-Uoir quclquâvn qui le fuiue aucc yn pannier, dans lequel il les mettra ou mortes, ou vines, ainfi que lâautre les defeouurira, pour les donner aux poules, lefqucilcs en deuiendront fort grafles, amp;nbsp;feront des Åufs en bon iJoinbre.Suffîlc-vous, que quiconque en vfera ainfi deux, ou trois fois,il verra q la quantité en leva bien diminuéc.Encore en pcult-on dcipcchcr, amp;vuiderles champs quâon abrcuuc,amp; lefquels auront cfté rompus amp;nbsp;labourez en Iinng,amp; luillct:amp; ce en ccfte fortc.Eftât ce terroir bien bru il c'y amp;nbsp;liaflé du folcil,y faut letter de lâeau,amp;la faire cfcouler fur le card,amp; aucc vUeadreflc quelle aille lentement,^ petit à petit par tou t lcgt;champ,amp; la biffer fur iceluy autât(amp; non plus)que ces vers foient fortis de terrepour fuir la mort.Dâautant que par ce moyen ils feront non feulement noyez, amp;fiiffoquez de lâcau.mais bequetez, amp;nbsp;mangez des oyfcaux , ou bien ©n Ifs.pourra recueillir à belles mains ou paillées, ou aucc autres inftrumés: Voire csa celle manière on deftruira encor les petites lézardés Jes mulots, fcutiz'amp;'ÃaupeSiamp; autres petits animaux dommageables , qui viuent entre deux-terres. - ? ' â .r;ii d -J.
-y.! N C E N tJc nâauoy encor iamais ouy parler dé ces fccfcts.Ncatmoins içay-,ie bien que plufieurs fement des Lupins pour engrefler les champs, amp;(coramc dâautrcspcnfcnt)pour faire mourir ces bçftclctces,ou à rout le moins pour les faire retirer en bas. â ,
JEAN BAPTIST E.Eiicouc fiHS-iç dâaduis quâonjcs feme en luillct à la
On
Fan fitnes. Moyens dâexterminer les vers qui ronget les bleds.
Zaccmrtl.
pins lout / f / de leur na-rurd contraires aux vers.
JX nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PRÃMIÃRE lOVRNïI
D^okodâ^ ^^^°â*^*^ façon pour engrefler les terrois qui font maigres, pourucu quilt de hure i. *^^ foyent niorfonduz.d'autant que le legume nây prouffite guère, amp;nbsp;fi ne châp. 10 b caufent la mort de ces vers.Bien eft vray que pour celle année ils ne mole-Mathcolc. ftentpoint les bledsfemez en celle terre, ciuant quâallanspourrongcrlâ . Et eft fele- fomcncç,amp; trouuaut le lupin amer,amp; de mauuais gouftilsîc retircr.Mait fuci^m-'^ ^^^^^â' que le plus expedient pour engrefler les champs, amp;nbsp;qui cille plus blabk aux prou/fitable eft d'y ferner des pois dcs.q le bled eft coupé, Ãtleftculr ofte En. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de la rcrrc,dâautat quâil fault moins de ceux cy pour enfomencer vn arpér,
que des Iupin6,qui font moindres, amp;plus menuz. Et là où ccux-cy,à fça-Aurremoy uoir,lcs lupins,ne portent guère grand fruit,les pois.cn rendront deux ou ks ren *^amp;: ^æâ^ charges pour arpentj outte que la terre eft nctroycc,cflaiit befoin de pou7eL f^fioücr,amp; belcher. Puis tournant cefte herbe des pois lors, quelle eft fc-grc/kr les *^^^ ^ ^^ mettant auedâaraire fous terre,amp; y femant du fa urmentpar def Huu. nbsp;nbsp;nbsp;fus,poseront non moins dâamendement à la terre, que Içauroiét faire les
lupins.Et iaçoit que les vers fe nourriflènt en iceux ( pour nâeftre poina-mers ùnfi que font les lupins ) fi cft-cc quâils ne dommagerontpoinrIfS bleds aucunement.
Vr N c E N T.Cefteinuenrion des pois meplaiftgrandemcnt,entanrqw outre ce que venez de dirc,il ne fault quâvnc façon pour les cn^femeocer-lEAN BAPTiSTE.,Ilya encor vn autre remède,câcft,quc fi vous femez fourmcnt,ou autre bled au champ où le millet aura efte recueilly, ces bdholcs nâyporecront: aucun preiudicc , pource quâils prendront leur nourriture des feduz,Se:pieds quirefteront dnraillct enterrez foubs teree pu lâaraire,le millet eüant leué du champ,Sc lâedeulrdâicelay coapc,qaâô le condaife fur la terre caltiaée,laquelle il en fault du tout coauriLcaria renaerfantdepuis foubs terreaueclcfoc, onypeultfearemcnt femenia blcd,atcendu que ces vers,laiilans le grain, fattaqueront à ces cfieulcs de anUet^
Bizmoi^s V t ^ ce S S T. Si VOUS fçauezencor quelque autre moyen dâetmelfer les
pour redre champs,vous me ferez grand plaiûr denen lailfcrpasvn fans me le deelf Ss^^^^â' ^^^gt;^l'^lceentendre,
t^ampL i i^AN BAPT.LepremiermoyendebienfaiTelitoutchampmaigte,^ Æ de le faire fertil,câeil de le lailfer vn anou deux en repos, fans oublier, ton-
tesfoisdclelabourerfouuentenHyuer,voirefEAé, iafquesà tantqa'il foit temps dâymetree la femence. Le fecondmoyen cA decaucrlcs bords de chafcun,coAé da champ par deux rayes amp;nbsp;Allons, amp;nbsp;ce deuantlâHyact l'abailfant vers befolfcde deux façons de hoüe,amp;r dreAant ce terroir corn-m c. vue louée de riaicre,y meûerpetit à tpetit de la chaulx noauclle, lequel fe cuira A bien durant les froidures,que lues que vous la conduirez, amp;:fe-merez parle champ fur la An de Feurierfera plusabôdantelacaeiUettcq Aens quon y fçauroitmcAanger. Le troiAefmc,câcA quââpres que le fourni et en fera oAé à laAun A Martin, on rompe la terre, Se puis la Auiclaboa^ ter vne autre fois fur la An deIanuier,deMars,amp;:deMay pour y ferner des foA,amp;: puis quad on y y c ultiem et du bled four met, ou quelque autre le^
nence.
DE LA G RJ C V tlV RE, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;JJ
mene«. Quatriefmement eft la terre engreftée fi on lâamende, amp;nbsp;fume de bonfi«M,amp; fumier frefehement cueilly cnVcftable, pluftoft que le choi-fir plus vieux, amp;nbsp;lâefpandrc durant le croiffant de la Lune, vu peu deuant (juc donner les feméces à la terrennais le faut foutertet le pluftoft qu il fell poffiblc aucc lâaraire,amp; foc,afin de le garder du hafle amp;nbsp;du folcil, amp;nbsp;des vtnts;d autant que tant plus il cft efpars frcfchcmcnt,amp; remué fous terre, , Ãydeuient plus mol, Ãk; prouffitc aux grains, amp;nbsp;à quelque feraence que tlon y ierte. Le moien cinquiefime, eft que fi le terroir cft léger, on y face dcoulcr,amp; courir lâeau continuellement au mois de Feurier lur les bleds, lumoins lâcfoaccde neuf ou dixiours, car cefteeauyfera daufiigrand q^j_-^]]^ ptouffit que le ficns,ou amendemcnt,En fixiefme lieu,y lert beaucoup dây ^^^^ ^^ ^^ bire brufier (après les moiflons) les cftcults,amp; autres herbes qui font aux cuns lieux champs,amp; pour mieux les fccourir du bois, quiconque en a en abondan- engeneft« W,cn rcmpliflent les filions principaux dâvu bout du champ à lâautre, amp;nbsp;Puisymcttrclcfcu,amp;.toutx:ccybruflanrcn peu de temps, fera de grand Dic:n,amp; auantage en tous les lieux,cfquels paruiendra le îeu, amp;nbsp;encore où l beendreferaclparfc.Lcfcptiefmc moyendâamelioreméc côfifte en met-i dntdela chaux fur la terre labourée, car outre quâelle cngrciFe grande-âftét,cllc nettoyé encor tout terroir,amp; y fait mourir toutes les herbes nui-â butes,amp; dagereufes. En huiticfmc lieu fault y furfemer la terre tirée pour laite du falnitrc,lors quelle eft patacheuée de cuire, amp;nbsp;ledit fel tout par-fiitfSi finy. Le ncuhelme(commc iâay dit)câeft de mettre la terre amp;nbsp;ponf-hcre recueillie par leschemins en efté fur la terre cultiuéc,après la Saméf Martin.Lc dixicfme,amp; dernier moycn,bien que nous en puÃTions dire amp;nbsp;itncnet dâautres,çft dây ferner non feulement des pois,amp; Lupins, comme l.j.cha.Sÿ. encor iâay.propofé,mais de la Velle,Feues menues amp;nbsp;Seneué, amp;nbsp;foucerrer lujucUe fe voudra de cesfemenee à tout lâaraire, lors quâonfeme, amp;nbsp;met les bleds en terre.Or fais-ic finicy-, pour eftre defiatard, amp;nbsp;quâauffi il me Cemble nous auons affezdifeouru longuement pour cefte iournéc.
Salnitte câeft du Sal peftre, voy Matbeole fut Ãioic.
Vincent. Tout ce que vous aucz dit fur lâengteflcmcnt des teucs cftde grand prouftit pourle mtfnager, fauf que de brufier du bois par les hllons,ou dây efpâdre la chaux,pour eftre fi cher entre nous, feroit de plus Stand dcfpcnce,quc le prouftit ne nous en feroit reuenant de tel amelio-i Cetnenedes terres, amp;nbsp;non.fi à propos que dây brufier défius les mauuaifes herbes.Et plus ne prouftitoroit dây bruflcrles efteubs^pres les moiflons, !^i^ ^llt;' éautant quâen nos carriers, où la terre cft ftcrillc, cela nous fert de litière nbsp;nbsp;nbsp;'
pour les beftes, amp;nbsp;puis nous le départons commodément pour en fumer les terrcs,pluftoft que les brufier,ainfi quâon faifoit ces années preceden-Cesuttendu que lots on nâauoit pas la parfaite cognoiflance de bien culti-üct,comme lon a à prefent, amp;nbsp;laquelle va croiflant toufiour de mieux en ''tieux.Et nay dit cecy pour vous contredire, ains vous mercie afteftucu^ lerne ne de tout ce que fi courtoifement vous mâauez dit fur cefte profel-hontant excellente de lâAgriculture Et quilfoit ainfi,ie vous promets de tetoumer demain vcis,vous,cfperant que ne me ferez moins courtoys, tic d
34
'PREMIEKE lOVRNEE
liberal à me declarer le refte que ie pretends vous demande*^ » ^^ ^°^® aucz efte à cefte heure.
â¢IeAN BAPTISTE. Etic mâoblige cneprde vous difeourir fur cccy tout ce que vous voudrez,amp; defirerez de moy, non feulement demain , ains tous les autres iours que voudrez choifr pour ce faire.
EIN DE LA PREMIERE
I O V K N E E.
'X
55
SECONDE lOVRNEE
DE LAGRICVLTVRE DE
MESSER AVGVSTIN GALLO,
EN LAQJBLLE EST TRAITE DE
LâHERBE MEDICALE, ET AVTRES
ai4 labourage.
points proufptables
E S I R A N T le feig.VincétMaggie de tenirpromellc à lâAuogadre,nâeut pas fi tort finy fô difner,quâillâal la. trouucr en fa ferme, amp;nbsp;defeedu quâil fut de chc^ ual, le vint voir en fil fort belle, ,amp; gentille chapelle quâil auoit fait baftir au bout de fô iardin,amp;laquelr Ic regardoit vers le Nord,oii Tramontane, amp;nbsp;affiie vis à vis de la grand treille,qui partifioit ce beau, amp;nbsp;plaifantIardin.Orfeftanscntrefaluez,amp; affis chat
cun en Ca placc,après quelque leger difeours tenu fur la beauté,amp;plailan-cc de raffierte du licu,amp; des tableaux, amp;nbsp;artificielles paintures lefqucllcs embcllifloicnt cedeuot oratoire, le Maggie, pour ne point employer le temps en vain,commença à parler en cefte forte. Puis que la freicheur du litunous efi fi à propos, amp;nbsp;nous fcmblc lemondre à quelque bon arrai-» lôiincmcnt,vous me ferez vn grand plaifir,amp; fingulicrc faucur,feigncur Cefte fier-Auogadrc,me difant la qualité,vfiigc,amp; perfection de cefte voftre flourit ^^ 5^ *S-faiwe herbe Mcdicale,dâautant que iufques à prcfent,ie nâay rien entendu J°'^ defies forces, amp;nbsp;vigueur, ny comment eft-ce quâil la fault eultiuer, amp;nbsp;meani en
nourrir.
i E A N B A P T i s T E.Vous ne mâcufiicz fccu faire plus grad plaifir q de: me requérir du difeours dâvne pafture tât precieufe.Dâautant que nô fcu-hraét elle eft toufiours fiaine,amp;fort falutaire pour les haras,ains encor fe-ftée en terroir qui luy foit propre,elle réd tel Huit,amp; eft fi abondante par Icfipace de vingt,ou trete ans, q corne dit Golumelle, le demy arpent ro-mai doit pour lâordinaire porter déquoy nourrir troischeuaux tout Ic lôg delâannée : amp;lors mefmemeht que le terroir eft accommodé dâeau pour lâarroufer,ôu,en eftant ûns,quc à tout le moins il foit fi gras,amp; bd, que la greffe luy feruc dâhumeur allez fuffifante.Car dâautant plus fera le champ «ol,cefte herbe, amp;nbsp;fingtilicre pafture, pourra eftre fauchée cinq,amp;fix fois ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;d ij
. France.
Traité de lâherbe nS-méeMc-dique, A: par nous S.foioÿ.
SecONDEE lOVRHIE
TaOjVoirefept es temps fuyuans,fauf celle année, que premièrement elle aura efté femee.
VINCENT. Cefte herbe eftant cogneue des fi longue antiquité, amp;nbsp;ut prouffitablc, pourquoy cft elle fi rare en pluficurs endroits de lâItalie, amp;nbsp;mefine en ce païs,lequel eft doué des choies les plus cxquifcs,amp; mcillcu-rcs,quâon puilFe recueillir,ny dire fur ce qui touche,amp; apartient à bié cul-tiucr la terre.
Dâou efl venule SJoingcn Italic.
lEAN BAPTISTE. Ccftc dclicatc panure fut gaftée, amp;nbsp;dedruitepat les Goths aucc tout ce qui eftoit en la milcrablc Italie: amp;nbsp;ayant efté relcr-uéccndiuerslieuxdâEIpagne,furle tard depuis elle eft retournée à Naples, Volterre amp;nbsp;Scandian,amp; à la fin tombée en main dâaucuns de nos Ci-toycns,qui lâont haucée, amp;nbsp;mife en valeur, amp;nbsp;fur tous le noble feigneur Hercolan Carcho,cxcellcnt en rart,amp; feienec de lâAgriculture.
VINCENT. Quelle terre vous paroift,amp; fcniblc meilleure pour la ferner,amp; la faire naiftrc,amp;croiftre en abondance.
Moyen de cultiuer la terre pour le faine Foins.
Saint foin en (à feme ce liait le fer. Panis. ou Panicle cil fcmbla ble au mil let, mais à la fucille plus large, amp;nbsp;le tuyau plus hault amp;nbsp;gros.
lEAN BAPTISTE. Elle vicnt non feulement és champs légers, ayans la terre bonne, amp;nbsp;aifée à labourer,ains encor fans vous dcceuoir, la pourrez ferner en ceux qui produifent de beau lin, en laJabourant ouplu-ftoft hoüant, amp;nbsp;befehant la Lune eftant vieille, amp;nbsp;en fon déclin,Stic tempsfec, amp;nbsp;fans remouillurc afin que les mauuaifes heybes meurent, amp;nbsp;fechent.Et dâautant quâil fc fault pener de la faire naiftre, lâns qifautre herbe le mefle aucc elle, aiiiïï cft-il bcfoin que le champ où vous la met-strez foit aplany, amp;nbsp;vny, fort net, gras, bien labouré, amp;nbsp;hcrfé en long, amp;nbsp;en large,amp; à traucrs,Ià ns y vfcr du grand foc, amp;nbsp;y faire des filions principaux, amp;nbsp;trop cfpandus:commcnçant le labeur en Iuing,amp; puis en Aouft, en Olt;ftobre,Deccmbrc,amp; Feuricr,afinquc,ce terroir, amp;nbsp;herbes qui font eniceluy, foycnt mortifiez fuflifamment,amp;parlc,chaultdâefté, amp;nbsp;par les gclécs,amp; froidures de l'hyucr. Et pafte la my Apuril quâon y conduife du fumier vieux, le mettans foudainementà tout l arairc fous terre , amp;Ie champ cultiué amp;nbsp;hcrfé que fera tout vny, amp;nbsp;lâns fillon quelconque que on y feme ccftc hcrbc,mcftée aucc des Panicles,ratcllant la terre aucc des raftcaux de bois à , dents empailles, car elle eft cnnemyc du fer. Et nâa garde de fouffrir aucune incommodirépouric Panicle à caufc quâen la premiere fauchcifon,il fera coupé eftant encor en herbe, amp;nbsp;ainfi mourra de foy-mcfmc,amp;noftrc herbe fauchée renaiftra, amp;nbsp;germera fans eftre meflee dâaucun mauuais herbage: amp;nbsp;ce dâautant quâelle eftant drüc, amp;nbsp;gaillarde, elle oftera aux autres la place pour y naiftre comme cllcs cullèut fait fi on nây euft point mis du Panicle. Neantmoins fault eftre aduerty,que le terroir foit gracieux, car autreraet cefte femence y naiftroit à grand difficulté : amp;nbsp;fi la terre nâeftoit préparée ainfi que fay dit, encor fcroit-ce vne grande perfcôtion de criucller ce terroir, amp;nbsp;puis y vfcr des façonsiapar moy propofées.
VINCENT. Combien de Icmcncc fault-il employer pour lâilonner va champ de ccftc tant bonne pafturc.
De lâA G ft I C VL T V R E
JEAN B A P T i S T E. Il y en fault politic moins trois onces à chafeun ( eiircâu,qui reuicnnent à vingt amp;nbsp;cinq liâtes au demy arpent, toutesfois qui en y mettra dauan tage ne fera que fon prouffit, amp;nbsp;auanecment. Car tant plus riicrbcnaift cipefle Se drue,tât elle cftplusprouffitablc au mef-nager,amp; en outrc(commc iâay dit)auec grand diaîcultc dâautres herbes y furnaiffent. Or ne faille il faillir de la ferner durant la nouuellc Lune, amp;nbsp;fut le tard,vcu quâcitant humedee par la rouféc de la nuit,ellc fortira plii-ftoft,amp; facilcincnt:là ou fi la femence cftoit clparfc en la chaleur du ioiir, elle fc creueroit prefque toufiours,amp; ne feroit que de peu de prouffit. Et fil y a de lâeau , il la fault arroufer tout bellement pour la première fois, d'autant que fi Ion y alloit aucc trop de violccc,amp; impctuofité, faeilernet cllcfc retircroit amp;nbsp;feroit iettéepar lâeau toute dâvu colle du champ :amp; moins eft befoin de lâarroufcr depuis le mois de Septembre, iufques à la findâAiiril. Bien eft vray que fil venoitvne grande fechcrefte en Odlo-btc,amp; au commencement dâAuril,ilne feroit pas mal fait de la baigner , vn peu.mais Icgcrcment : iaçoit quâil y a de nez citoyens qui fc paftent de labrcuiicr, dâautant quâils y mettent fi grande quantité de fiens, le meilleur quâils pcuuent trouucr,quc toufiourslatâ¬rrc.demcute humide, amp;nbsp;molle.
v i N c E N T.Te voudroy fçauoir en quel temps il fault couper cefte hcr-lgt;e,8c en quelle façon on la doit ordonner.
lEAN BAPTISTE. En premier lieu on la fauche tous les ans huiâ: iours auoifinans la Lune,à caufc que dâordinaire on la coupe tous les trete iours;mais nefault lailîèr cefte herbe à tas plus dâvn ioui,amp; fur tout ccl le du trcfle,car fi cl le demeure lôg temps en vn lieu., elle fcTchaufe de telle force, quâelle fiiffoque amp;nbsp;fait mourir celle qui luy eft au deftobus, laquelle ny reuient plus oneques. Et ainfi non feulement eft il requis de la faire fccher le pluftoft que faire fcpcult,ains fil eft impoffiblc quelle Te dedeche furie lieu, fi fault il tous les iours remuer de iour à autre ces tas dâherbe en autres lieux. Au refte que le mclnager foit aduerty de ne point foutfrir que les beftes paiflent cefte herbe, dâautant quc,amp; la dent, amp;nbsp;lâa-leinedcs beftes luy eft fi dômageablc,quââpres cela, ou elle produit peu, ou ricn,ou elle meurt du tout. Quand à ce qui touche au recueillir la fc-mciicc de celà inâ foin, ic dis quâil ne fault lây attendre pour la première innée,à caufc de fa débilité amp;nbsp;foiblcTTc, mais aux autres fuiuans, il y a d u. moycn,farrcftans à la féconde coupe, amp;nbsp;faucheifon, pour eftre meure la femence es mois de May,Iuin,amp;Iuillec,nc voulant point moins de temps pourfon allà ifonncmcnt, amp;nbsp;maturiténaçoit quâencor celle faifon fait fa-cilemét deux coupes pour le prouffit du perc de famille. Ncantraoins eft il befoin que les gouftes ou eft cnclofc la femence foient fi fcches, quâen les rompant on faperçoiue de la maturité, laquelle Têvoit fi les grains y font,amp; fc monftrent iaunaftres.Et dâautant que lâherbe mefme conçoit amp;nbsp;produit dâautre herbe nouuelle ( Ti on tarde trop à faucher la première) à caufc que Ibuucnt elle fc ployé,ou eft couchée par terre, il fault eftre fort d iij
Corne, amp;nbsp;quand fe faucke le S.foin.
Quelle femence du S. fois eft a garder.
Grand prouffit qu'apotte ce 5. foin. Corne cefte femence eft CO-gneuc c-ftremeure.
^8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SÃCONDE! o VRNEB
foigncuXjamp; diligent dc tailleraucC vnc faucille bien accrue, amp;nbsp;trcnchätc tous les bouts qui-iontgoullcz, amp;nbsp;les mettre lâvn après lâautre dis vn lac, amp;nbsp;puis les eftédre en taire qui foir nette,amp; là les bié lëclier,amp; batrrc:puis oftât CCS paillettes,amp; feftuz qui font4c refte apresla fomcnce/ccouce,la fault cribler en vn crible fort meDu:amp; les goulics qui ne ferôt bié clgouf fées,on les battra dé rechef, amp;nbsp;h fouiiét quâil nây demeure rien dc foniécc: PuisfaUant ce q aiira efte criblé,la pouffierc.ira par terre,amp;lalcmécc dc-mourcra dans leCaz,Sc goulîe farreftat delfos fora choifie lâvneaprès iâaii-rrc,iufqucs à tant que la fomence demeure foule amp;nbsp;bien nette. Or dâautac que les goulics citant rctorfos, ne peunent parfaitemét dire deliurces du fruit quâelles córicnnent,c'cll bié tait que delcsgarder, de les ferner aucc le relie dc la Icméce la première elparfo,amp;puis rallcller le tout.enfomhlei veu quâen vlà nr âinlî, on ne leucra pas moins de cen t lunes de foméce en chalcun demy arpent,(Sedeux charrettées dc pallurc coupées à la faux,qui ne fora en rien moindre quclc foin, lauf quâelle fora vn peu plus meure.
VINCENT. Ellimez vous que cefoe herbe foitauffi bonne, amp;nbsp;falutai-re citant verte,pour Ic bcllail,que lors quâelle cil en foin, amp;nbsp;bien meure? I,E A N B A PTIST E,Mais bien ordinaircmcntlcsbcllcslamangcntdc plus grand appétit cllant verte, toutesfois fault que Cou coupée vpioar aupar-auanr,dâaufanr quâils enpourroient fotrouucrmal,à caufo defon humidité, fils la mangeoient frclche,amp; non palléc, amp;nbsp;mifo au venrpour. vnpeulalècher.Maisdonnéeainfircpofo'cque vousdis,cllcnerechaufe, nyolFcncelcsbellcs,ainli que fait le treUe, amp;aurrcsherbcs cucilliesfrc(-chemcnt,ainslcsmainticnrlà incs amp;nbsp;gaillardes.
V i N c E N T. A prefont que vous mâauez lâtisfait en ce qui efode celte Æ herbe liprouffirable,li ell-ce que ic voudroy fçauoir comme on doit fou- Æ cher, amp;nbsp;mettre en ordre les foins,.amp; quel raoyé il fault tenir pour les gar-dcr longuement.
Traité fur ^^ AN «APTi s T a, le fois dâaduis,qucfil cltpolhblc, les foins foictU. ic raefna- fa.uch.czcn[aLunc nouücile,dâautant ç^udopiccupoizc Si piodaupaii' gemét du aprcsplusdâhcibc,(juâilnefauûonlcscoupclaLunceflantaudcclin:amp; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
toia. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;yaaltmicuxlcsmctti:cà basc{laitSYnpcutcdtcs,quattendlcquâilsCoamp; nbsp;nbsp;nbsp;1
trop meins, dâautant quâils en font plus Cauouteux, amp;nbsp;engreÃent plusles nbsp;nbsp;nbsp;1
bcues:outrece,caufentqueles vaclicsfontplusabondates enlait, ^'que^ â le ptéeüplus preà à pouirer,amp;vous foifotmerde regain.Et lors venhles vachers,âc paucats des monts,aa commencement dâOäobre aux loges, amp;: cabannes ruÃiqucs,rctrouuent les herbes haultespour la pagure amp;les greniers bien chargez de foin. Auffi telles gens fc ruent mal volôticrsfat du foin beaucoup meur,dâautant que non feulement il empcfchcqueles beÃesayent beaucoup dclait,amp;quâelles le magent à grand difficulté,ains fait grand quantité dâcÃrain,qui nefert de rien plus quâà faire lirtierc. Da-
» vantage quand Ion fauche les prez quâon cipande feulemcc ces moules q, on pcult raÃeUer amp;nbsp;fechcr dans le loir,amp;les réduire en boireaux ou petits monccaux:dâautanc que lâherbe qui fera eÃedue amp;nbsp;touchée du folcil,fiel~.
DE lâa GR IC VIT VRt-- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;37
lé lieft amoncélcc aiiant la niiiâ:,aireurcz-vous que ce hc fera fans que la roufécnoôlurnenc luy prciudicie, laquelle ronge, amp;nbsp;mine ijfflknicnt fi» fleur, que les vaches amp;nbsp;autre beftail la mangent fort enuis la trouuansiè? clie,amp;: (ans gouft:amp; outre ce elle deuenant legere dommage au feigneur, U vendant au pois, amp;nbsp;quintal. Eft requis encor que le foin qui eft garde-pour la nourriture des chenaux, amp;nbsp;bÅufs qui doinent labourer foit bien fcc:amp;ponr eeft eftait, ie dis, que tout auffi toft quâil eft en fon fenil quâon beouure treibien de paille bien eiFuyee, amp;nbsp;lèche, amp;nbsp;ce la hauteur dâvue trade,tant pour le conferuer de la chaleur,amp; garder de la puanteur de lâc-ftatlc,quâann que la paille attirât ces chofes du tout, le foin demeure lins / fentir rien de ces imperfeâions.Et le foin auffi apprefté, outre quâil donnera plus de force aux beftes qui labourent , encore empelchera-il quâils ayent des trcnchces:là où ccluy qui fort pour les vaches, amp;nbsp;brebis ne fault quefoit guère fec,amp; fur tout les deux premières fauchaifons, tantpourec quelles le mangent bien, quauffi elles en font plus abondantes en lai étage, Et voila le vray moyen dâofter lâoccafion aux bouniers amp;nbsp;bergers de lé plaindre ordinairement du foin vn peu moify, ou aucunement humide à caufedeS vapenrs,amp; chaleur de reftable,jSc lcquel,aueclâimportunité de leur crierie,amp;plaintcs,ils veulent quâ-on leurlaiftè pour néant.
V i N c E N T. Ce remedede conferuer le foin auec la paille, mâeft dâautât plus agréable,corn me iâay fenty de defplaifir,cs termes efqucls mâont fou-^fht conduit les pafteurs,amp; vachers en deliberation de ne iamais mettre duTrefle en champ quelconque, amp;nbsp;de faire labourer cepeu deprez qui font emmon heritage. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
lEAN B APTi ST E.Nefoyezpas limai eonfcilléqucd'y faire paflctlc coutrc:carfils ne vous agréent tels quâils font à prefent,il vaudroit mieux dây faire mettre le fcu:car câeft vnc inuction trelproufficablc aux lieux que nous difons,amp; qui ne produifent point de foin: dâautant que par ce mo yé nuy recueille fi grand quantité de icgle, fourment amp;nbsp;millet, quâà grand peine le fçauriez vous croire.
Y i N c E N T.Et quel ordre tenez vous à brufler ces prez,amp; en quelle forte en peut-on tirer tant de fruit que vous dites?
IE A N B A p T i s T E. Tout pré,quoy que maigre amp;nbsp;infertil, nâeft point boni eftre ainfi bruflé,tels que font les argilleux amp;nbsp;où il y a du grauois amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
glaireux,ou ceux qui nâôt au lommet amp;nbsp;delFus plus hault pour le moins q foâ bons» de trois doigts de bon rerroir:ains fault donner le feu à ceux qui font fees, bruflet.
amp; arides,amp;lefquels produifent fort peu dâherbe,ou qui fontbien encrou-ftez,amp; enracinez dâherbe pluftoft maligne que prouffitable. Car en leuât les mottes, elles demeurent tout ainfi qfi câeftoicnt des peaux de mouton cftenduës,ce quiaduient durant les grandes,amp; cxceffiues chaleurs,amp; faut cômencer de ce faire en Auril,iufqucs à la fin dâAouft: mais le meilleur eft ce qui fc fait en Auril pour y ferner le millet, amp;nbsp;puis le feglc, amp;nbsp;en fin du mctail.amp;pour les deux premières années nây fault mettre du fourmét:car
4® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PREMIERE lOVRNEE.
pour fl grand gaillardifc caufée de la mollefle amp;nbsp;humeur de la terre, il fe' roit en danger dâaller par terre,amp; fe coucher: amp;nbsp;laquelle greife eft efpuilce par le millet à diiierfes fois, félon quâon verra que le champ fera gaillard, amp;nbsp;plein de greife : Dâautant quâil fen treuue de fi gras quelquefois, amp;nbsp;fl-forts à dompter,quâils fuporteront huiâ:,ou dix ans de fuitte quâon y ferne millcr,fcglc,ou fourmcnt,amp; metail. Or pour bruHerces prez que vous voulez réduire en labourage, il lây fault gouucrnercommcles hommes cxcellens amp;nbsp;bien verfez en celle pratique : lefqucls cftans fournis de petites belches bien aiguilëes amp;nbsp;taillantes,amp; faictes proprement pour cell cf-f ait, coupet le dclîus,amp; croulle du pré en mottes longues dâvue brafle amp;nbsp;demie,amp; larges de moytic amp;nbsp;non plus elpailTcs guère que de deux doigts en hauteur.En choifillà nt donc comme enuiron douze bralTcs en quarre la coupent droitement de lâvn bout à lâautre,amp; vue bralfe loing de la première , ils en coupent vne autre femblablc , ainfi en faifans de tel efpacc chafeune des ces quarrcs,il les drellcnt debout lâvnc apres lâautre, iniques à tant que les douze bralïcs foict accomplies de mettre en Åuure en droite lignc.Et autant en fera Ion parle traucrs,lai(rans les carreaux efloignez dâcnlcmblc, non moins que dâvnc bralfe amp;nbsp;demie. Or drclfent-ils, rompent:, taillent, amp;accoullrentccs mottes de celle longueurfufdite, leur donnant du pied amp;nbsp;les reuerlânt en arrierc,aucc telle dextérité amp;nbsp;adreflc,. lâvnc apres lâautre les tenans debout, amp;nbsp;defeouuertes au foleil , quec'eft merucillc de leur villclîc amp;nbsp;agilité.Lcfquclles eftant cuites deuement par le foleil en huid ou dix iours,ils les brüllet,les accommodant en premier-lieu fvnc après lâautre en guife dâvn fourneau fait en rond, ayant au fonds par vn collé vn rron,amp; pcrtuis,afin de mettre le fen dedans : amp;nbsp;fault-quo ce four ne loit pas moins large au dedans que de deux bralfes : mettansic premier cercle de fange redoublée ainfl quâvnc fueillc de carte : amp;nbsp;lâautre lcnl,amp; Ample aucc de lâherbe par delfus en vfant ainfi de cercle en cercle, iniques à tant que chafeun fourneau ait vne brafle amp;nbsp;demie de haultcur. Fans mettent vn peu de paille , amp;nbsp;lur ces mottes deux falcincsde boisa trauerspour micuxlcs licraucc les autres , les faiûns aller toufiours en cllrçfiflant, iufques à tant quelles ayent tout enuironné aucc ces mottes le fourneau à fuffifance.Eticeluy parfait félon quâilslc deuilent, on y met le feu,lequel brullant,amp;,paille,amp; falcincs, amp;nbsp;mottes dures allant feftain-drcpourle moins vingt amp;nbsp;vingt-quatre heures.. Ce pendant iamais les païlans ne lâabandonnct,ains aucc des fourches ficres ils attifent ordinal rement le feu,ou pour radrefler les mottes qui vont en bas, amp;nbsp;rclcuat celles qui ne font pas bien cuitcs,amp; celles qui au fonds font mifes en doubla ils les rcmettcnt,amp; cllendent fur les fourncanx,3fin que le feu qui monte les defeché.Et bru liées quâelles font,on Icslailfc refroidir fix ou leptiours, amp;: après cela on clpâd,amp; ferne toute celle cendre par le champ fans killer vn leul coing qui ne fen relfente en tout ccll clpacc où ces fourneaux ont. efté drcflcz;dâaucant que ce terroir pour auoir elle bien cuit,fcraaflèzfcr^r til,amp; plus quâautre quifoit,encor quâon le couunt i vne pouflîcre fi parfaite,!
DE LAG RI cv LT VRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;41
fiitc.Et CCS bons labourcars nâvfcnt dâautre induftric,feulement attendet-ilspartoutlemoys de May que quelque bonne pluye tombe,laquelle de-ftrempc,vniirc,amp; incorpore toute celle terre cendreufe, la labourans bas, amp;fansprendrctcrreplusde quatre doigts aucc lâaraire, fi on veut ferner du millet enuironrhuiâ:icfmciour deining : amp;nbsp;ne faudra la befeher, ny larder de quatre ans,ou dauantage, à caufe quâil nây naiftra aucune herbe «uifible,feulement anec le larde en faudra öfter le millet fuperflu, amp;nbsp;trop cfpai5:amp; au mois dâO6tobre,amp; non pluftoft y ferner du Seigle,ou metail, (commeiâay dit)à caufe que les femences y viendroient trop gaillardes. Vr N C E N T.Quels frais faut-il faire pour mettre en point deu, vn demy *rpent de terre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Ira N B A PT i s T E.Dâordinaircony dclpenddouzeliurcSjOupeudâa-Uantagejmais cefte dc^/cnce nâeft que pour vne feule lois.
VIN e E N T.Bien quelcgrâdprouffitpulircfuportcriafafchericde tels frais,ne fçauroit-on trouucr quelque autre moycn,quicmpelchaft quâon iicdcfpcndift pas tant pour ce melhagement?
IE A N BAPTISTE. Dâaucuns drcHent Ics mottes anec le foc fort dili-gcmmcnr,puisicspartilfcnt,amp; mettent au fourneau ainfi que iâay dderit cydeuant: aufqucls iaçoit que foiraduis quâils nâauancét guère ce failà nr, pour y employer grand quotité de boys à brufler ces tcrroirs,fi cft-cc que Wc quâils auanccnr,amp; expedient tout leur befoigne, encor cefte façon foplus prouffitable que la preccdcnte:cntanc que la befehe ne touchant point,ny leuat la croufte de la terre plus de trois doigts, lâaraire trouuar le terroir aifé à manicr,y entre doublement,amp; ainfi la terre eftant bien bruf-lcc,demeurc fi mollc,amp; gaillarde,que dix ans apres cela, elle fcra.fi fcrtillc que mcrueille.
V i N e E N T.Nâeftimez-vous point que le Saind Foin prouffiteroit tref-bien en ces champs ainfi accouftrez , cftansfigras, amp;nbsp;repurgez de toute hcibc dommageable?
IîAn p, A p T i s T E.Non feulement cefte fingulicrc,amp; excellentepa-fturey croiftroit abondamment,amp; à fouhair:ains encor,qui donneroit de telle terre aux Aiperges, Artiehaux,au Citrons,amp;autres plantes gentilles, c'eft fans doute,quâil nây a plan,ny terroir fi gras,qui peut deuancer ceftub cy en abondance de te Is fruits.
Vi N e E N T.Changeôs propos:car voyat le grad rcucnu,amp; vtilité quâon tire en femant du ris es champs maigres,amp; falcs,amp; mal nettoyez, lefquels fereduifent en bon eftat par telle fcmccc:vousmc fauorilcrez grandemet, Vivons plaift me dire le moyen quâil faut garder à les cultiucr,amp; ferner. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
IE A N B A P T. Efpandant la femence es champs fufdits,de tant plus ils ptoduifent, quâils font puilfants, amp;nbsp;gaillards de terroir, lefquels veulent Traitémo-encor moins dâeau que ceux qui font foibles, amp;nbsp;légers, à caufe quâà tels cl- ^âquot;âj®⢠bnâcftguereprouftitable,f ils ne font bien cfgalez,amp; vnis,ou que lâeau ne â¢y^j^^'^^ bit retenue auec quelques petites leuccs. Pour le ris donc on laboure vn âj^^ âj^ jjj_ champ allant quâil cômcncc à icttcr,amp; encore eft taille,amp; fondu fur la fin
e
4i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-SBCONDï lOVRNEE nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Let Ris .veulent c-ftee nourris en lâeau.
Ptoufiit ^uc porte le Risà vne terre.
de Ianuicr,amp; puis luy donne Ion encor fa troifiefme façon, ^ 'à ^*^?^Và commencement dâAHril,y mettant quatre mefures de bellefenicccac cundemy arpent , laquelle aytdetrempé vn iour entier, car cela raitq âpluftoftleris vientà naiftre : voire y a il des mcfiagcrs qui ^^'^? ^^ ^ mefmes la mettent en lâeau, amp;nbsp;lây lailfcnt iufques à tant quâelle commen ce germer,amp; puis la fement. Ayant en premier lieu fait, üc drcHe leurs uées pour arrefter lâeau cfpaiires,amp; eiloignées lâvnc de lâautre tant qu ne poflîblc,lcs cftendront en long,amp; en trauers,félon le peu,ou moins que comportera la planure du champ. Ce que le laboureur expérimenteÆlt;) gnoit aifémér auec lâeau, laquelle de lieu en lieu luy moniere comme Ion commodes,amp; bien drelfez les bords, amp;nbsp;ceux qui font nccellaircs. Outre ce,il fera diligent à fe prédre garde que lâeau foit touiiour en chafeuncat'' rcau de fon champ femé, haulte fans plus de deux doigts, amp;nbsp;en artoulera efgallement tous Icfdits carreaux amp;nbsp;parterres,ians fouhrir quâelle ccirede courir ( finon en aucuns cas, que ie vous diray ) iufques à tant que les R*â foient meurs.Encor fault fe foigner de les voir fouuent, pour voir en quâ eftat foânt les petits conduis amp;nbsp;canaux qui conduifent lâeau, amp;nbsp;les leuteâ par tous les coins du champ,pouruoyant à tout ce qui eft neccllairc. Maâ fil voit que le ris deuient gaillard plus quâil ne fault, il ofte lâeau, amp;nt / remet point iufques à tant quâil cognoit que le Soleil luyayefait pétard ceftc trop grande gaillardife, en la mortifiant:amp; voyant que lâherbe vicn^ à fc former en efpy,fçachant quâen mefme point elle flourift,amp; grcnc)lots il redouble lâeau pour l allcurance du fruit,afin que ne foit niellé,amp; gaR^ fil ny prend aduis,amp; le deffend par fa fageirc,amp; diligécc.Suffife'vous,que quicôque fe gouuerne bien en cecy, il ie peut a (Teurer de recueillir amp;nbsp;dh, quinze amp;nbsp;vingt charges de Ris en vn demy arpent de terre. Et outre ce quâon peult le ferner deux,amp; trois années de fuite ( comme ne produilant pas alors moins que la premiere annce)câeft encor vn grand auantageate champ quâil en deuient plus gras,amp; purgé de toute herbe nuifible, amp;des beftes dommageables qui y eftoyent au parauât. Et par ainfi le laboure«f pourra fans nulle crainte, y ferner deux ou trois continuz bled furhW^â» foit fourment, ou mctail, dâautant que la cueillette en fera fort beUt i^ les moiifons de grand prouffit.
Ris meflé en farine anec le bled. Comment les bleds faut que foyent Ic-mez.
Et à dire la vérité, fi le Ris ne caufoit fi mauuais air quâil fait, à caufe des eaux quâil veut auoir par lâeipacc de cinq mois, ieferoy dâaduis quâon en ièmaft quatre fois autant qu on fait, veu le grand foulagcment quâil donne à tout ce pais pour la nourriture de ceux qui le mangent en potages,on qui le font moudre auec du Segle, amp;nbsp;millet enfcmble, ou auec lefeulSc-glc,pour faire le pain plus prouffitablc.
V i N c E N T.Quelle façon,amp; couftume vous plaift le mieux en matière de ferner les bleds,ou de les laifter legeremet fur la terre, ou de les couutit auec le foc,amp; araire.
Iean BAPTISTE. Il y en a plufieurs qui fement fagcmét,amp; de(rus,amp; deifous,félon quâil conuiét à l aflictte des hcux,à la tardmeté des Icmaillcs,
DE 1âA G R I C V LT V R Ã. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4J
ouà lafaifonopottunc,miais la plus-part fây gouucment félon leur puif-amp;nce,amp; autres lùyuât ce quâils ont acouftumé,amp; laquelle couftuine peut eftre aufli mauuaife,amp; fairs fruit,que bonne,amp; prouffitablc.Bicn eft vray que tant plus on feme faifonucment,amp;en temps oportun,de tant aufli on doit pluftoft mettre la femence delfouz que dcllùs, dâautât les grains naii-fent pluftoft eftans couuers de peu de terre, que ceux efqucls on met les grains deffouz à tout l'atellage, comme ayans charge plus grande, amp;nbsp;pelante,amp; quâaufli quatre mefures font plus, femées de Bonne heure que ne font cinq, ou fix cfparies trop tard en terre. Orfion tarde de ferner iuf-ques à tant que le froid furuicnne, il nây a point dâexcepdoh aucune, ains fault quâen général on feme delfouz quelque forte de terroir que Ion cn-fctnencc;amp; fault couurit le fourment fi fubtilement auec 1 arairc,qu il ne aye point plus de quatre doigts de terre par dclfus, amp;nbsp;laquelle encor foit bien hcrfcc,tout ainfi que fi on auoit feme par deflus. Et par ainfi ceux-là faillcnt grandement,Icfquels ayans feme leur grain durât les faifons don-Ces(ainfi que la raifon le requiert) amp;nbsp;iceluy couuert de deux doigts de terre feulement, auec la hcrfe,lors que voyant le froid,amp; gelées, amp;nbsp;quâils fc-, ment delfouz, comme il fault le faire alors, font fi peu aduifez que de rc-1 muer plus dâvn demy pied de terroir jamp; là ils pofent la femence; amp;nbsp;pource | default fdbahir fi ce panure grain fonuent meurt en grande quantité, fjQjjçie I Ãour ne pouuoir germer,amp; fortir hors de la terre quâaucc grid difficulté, ceux qui pour eftre enterrez plus profondément quâil ne leur eft necclfaire : amp;nbsp;de femet tard tant plus adulent ce defaftrc:cômc on tarde plus à efgandre les femenecs. ®^ â®P Æ ' V i N c E N T.Combien de melures de beau fourment pçnfcz vous que â^^ i taportem quatre mefures femées en vn demy arpet de terre bicn,amp; deue- tutter 1 .ment faifonnéc,amp; culciuécî
l lEAN B A PT i ST E.lc nâattédois querheure que vous vousenquiflicz
* de moy fur vne chofetant necclfaire: dâautât que la plus-part du mode ne fe prend point garde au grid dommage quâil Ibuftre pour ne ferner point i le bled ainfi quâil fault, lequel naiftroit mieux eftant cfpars ainfi quâon en 1 vfe à lâendroit du lin; amp;nbsp;non alignes amp;nbsp;rayes droites, amp;nbsp;efloignees vn de-\ my picd,amp; pluslâvnc de lâautrc,fclon que grofliercmét on laboure ce ter-\ toir,amp; ccft erreur occafionc,quâon novoit que pcu,ou point de grain cn-1 ttc ces rayes,amp; fillons,ains adulent que les premiers femez f çntallent en-j fcinble,Si fe Icntans fuffoquez lâvn de lâautte,nc fault f çlbahir,f il en naift depuis en fi petite quantité.
VINCENT. Commet me fçauriez vous faite voir quâil ne naiflent pas tops,ou au moins la plus grande partie.
HAN B APT i ST E. Il vous fault entendre auât toute chofc,q fix mellites de fourmét femées en vnterroir de moyenne bûté,qui ne raporicnt quence mefures par iournau, amp;nbsp;demy arpcnt,à fqauoir deux charges, Sc , îtmic,tédât cinq mefures pour vnc:or fi tous les grains venoyét a ptoul-bt aptes eftre femez,il faudroit que chaeû cfpy ne produift q cinq grains. ^ files cfpis font chargez chacun de dix grainsgt;amp;tout naillant,le demy
44 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SICOHDÃ lOYRNEB
arpent dcarolt rendre foixante mefurcs,qui font cinq charges, ^ nâen re-dant q deux amp;nbsp;demye, câeft chofe feure q la moitié du grain ne viét point à prouffit en fcmant,Et rendant lâcfpy vingt grains(ainii quâordinanemet font ces chaps moycnnemét bons) tout le fourment naillant kroit vingt chargesjà ou nâen produifant que les deux amp;nbsp;demie luidiccs,câcft fans aucune difficulté,que le chap nâen red que la feule huitiefmepartic.-Quedi-ta Ion dauâtagehi tous les grains engédrent en naillant plulieurs clpislcar quand bien chacun ne rendront que deux grains en rcïpy,amp;nc failans les deux charges amp;nbsp;demie, câeft fins faillir qu il nâen naift de feize quâvn tant feulement.Orpmlcz fi chacun grain engendre les quatrc,lesfix amp;nbsp;les dix cfpis ou dauantage,amp; que non pourtant ces demy arpents ncfacentqiie deux charges,amp; demie de grain,combien en doit naiftre de fourment, de celuy qui a efté mis en terre?
v i N c E N T.Puis que vous mâauez aduerry dâvne fi grade faute amp;nbsp;lourd 'errcur,dites moy,ie vous pric,dâou eft-cc que ce malheur procédé?
JEAN BAPTIST E.Vcritablemct ce ne font point les oifeaux qui cau-- fent ce dommage, bien quâils bequerent amp;nbsp;mangent quelque partie des grains, qui demeurent à defeouuert apres la femence. Nefont auffih* vers,ou autres beftioles quirongent le bled fouz tcrre:cntant que foulet le laboureur trompe les oifeaux en couurant le grain bien auant fouz tcr-te,amp; moins y nuifent les vcrs,y cirant mife la femêce des pois, des Lapin, ou du gros millet ou pour mieux direnâyayant aucune de ces befte s. Et Pourqooy pource la faulte viçpt, amp;nbsp;procédé toute de celuy qui laboure, amp;nbsp;ferne la nailfent fi terre.Lequel voulant que le grain gife «amp; demeure fouz terre, clpardptf-peu de nbsp;nbsp;nbsp;micrement rrefbien le tourment,puis le remuant aucc lâaraire, le fait tout
ftmant** ^°â^^^â' en vn tas en labourât,ce quâon voit facilement lors quâil naift,dâau-^eaucoup. ^^quot;^^ 4ââ*^ ^âââ ^ â^^ ^^ââ¢â^'^ â lignes droites entre les filions fais par le labou-rcur,tèló que le labourage aura efté fait groiricr,ou lubtil.Et le mefme adulent le bled eftant femé apres que la tene eft labouréc,entant que elpan-dant la femence fur les rayes qui fc trounent iii.cfgallcs,amp;prominentc$,'St es vallons éSc foliez des fillons,il adulent que tout le grain elpars auhau/t du fillon,fvnift foudain aucc celuy qui eft en bas: de forte quââpres,lots quâon herfe la tcrrc,non feulement lont couuers les grains les vnspatlcs autres,cftans vins par les rayes,amp; lignes, ains la herfe en trouuant quclcu fur le hault du fillon,lc pouirc,amp; lâenuoye en bas aucc les autres.
VINCENT. Comment fauit-il femcrJcsblcds,pourlcsfairenaiftrecfâ pars,alnfi que le Lin,amp; non à rayes droites? s
Moyen de nbsp;IEAN BAPTISTE. Qui vcult ferner, doit premicremet bien labourer
faire nai-. Ic champ,pui£raplanir,amp; clgaller aucc la hcric de rechef, ayant e^arfdi Are les nbsp;nbsp;femence,herfer encor, amp;nbsp;de long,amp; de trailers,puisraftdler de lillonca
^!usde^ f ^J^°âââ¢***^â* f*^^â^^^ : tenant vn homme de chacun cofté, afin quel» '^t*que Ã- terrefbitdcücment raftcllée. Bien eft vray que les rafteaux dentez defer la poffible font mcillcurs,que fi les dents cftoy et toutes de boys,dâautant quâils font mieux entrer le grain en tcrrc,laquelle ils efinient, amp;nbsp;rompent aufliplut â
DE l'AGRl C VITVRÃ.
«oraraodémcnt,8f enrouent mieux les mauiiaifcs herbes.
v i N c E N T.Q ji prédroir loigneulè garde a obferuer toutes ces chofes, On ne verrait pas i vn grain futroquer l'autre, mais pluftoft le mefnager y giigncroit plus du quart lut la femccc,q ladis. Toutesfois ie ne voy point luec quelle commodité on poutroit ralteUcr les chaps de terre fortc,vcu quâen tirant le raftcau,on atrachcroit encor la terre par les filions princi-piux:amp; lelqucls cftans elgaltcz, de vins,il nây a que danger que les pluyes Hegaftent,à emportent la force du fourment.
lEAN BAPTIST E. A cecy pcult on remédier: dâautant que fi on commence à rafteUer par les filions principaux, tirant à foy la terre iufques au milieu des lieux plus haucez fans plus, ils ne feront aucunement vais, ny efgallez.ains fe vuiderót,amp; feront que le fommet en fera comblé, amp;nbsp;ainfi finy qu on aura de rafteUer de tous coftcz,ainfi que dit cft,on pourra agé-cet la terre ainfi comblée,tout ainfi lt;jue le befoin le requerra.
VINCENT. Qu^l rçmede fçauroit on donner à ces terroirs, qui font fi foibles, amp;nbsp;malins^ quâeacor que vous y femez les bleds auec tout ceft art iapropofé,neantmoins pour leur grand froidure,ou excefliue chaleur, ils nây prouffitent guère iamais.
lEAN BAPTiSTE.Cequâonypeultremédiereft,quâeftanslabourez, ^c herfez ces champs,!! y fault en premier lieu ferner le bled,amp; lâincorpo-â« tellement auec uherfc,quc lâaraire en remuant la terre ne puilfc le faire choir du hault du fillon à tas en la raye,ainfi quâil fait ordinairement,amp; pRisherfer le tout,amp; le rafteller comme dit eft cy deflùs.Bien eft vray que en ces mefmes terroirs on ne poutroit vfcr de pareille façon après quâon auroit fauché les Millets,ou pois ou autres telles chofes fcmblablcs, dâautant qut tels champs ne font façonnez iufques à ce que les bleds lontia enfemencez ,amp; mis en terre. Pourceil vaudroit mieux le ferner fur ces paillots, amp;nbsp;cftculs des millets,tels quâontrouue, amp;nbsp;^uis labourer le tout fifubtilcment quâon y face vn tiers plus de façons qu on nâa point de cou-ftumc,nc fichant neantmoins le toc plus auant quâenuiron de quatre doigts en terre, amp;nbsp;herfant auifi cefte terte auec grand diligence ; à caufc que le rafteller y feroit fafeheux, amp;nbsp;mal aile, à taufe des feftuz en grand nombre quâon y rencontre. Bien eft vray que, qui veult ferner les autres * bleds en terre ia labourée, non feulement fault en premier lieu cfpandre lafemence,amp; la mefler amp;nbsp;incorporer auec le terroir, aucc la hcrle : mais icmuéc quâelle eft foubs le coutre, la fault encor herfer, amp;nbsp;rafteller tout ainfi quâa la première fois.
VINCENT. Mais quel moyen a Ion de faire bien toft fortir les bleds fur terre, veu que tant plus ils tardent à poufler, amp;nbsp;germer, tant plus font j ils mangez des oyfeaux, rongez des vers, ou morfonduz amp;nbsp;gaftczpatla ' vehemence excefliué des froidures!
Comme fault choi-fit le bled pour le foot er.
( lEAN B A PT i s T E.U nâeft iarcquis defcmcrlcs grainsfilnâontttépé en lâeau durât quelques heurcs,puis eftenduz à lâombre pour les elluycr, amp;nbsp;lecher fibié quâils puilfent rouler,amp;; courir lois quâon les clpard, amp;nbsp;fc-e uj â¢
4^
SECONDE lOVRNEE
iXic.Carpsï ce moyen on oftera tout ce quâils ont^egadédclTiis, pour ne cHee guère apte pour produire:ou à tout Je moins, vous en pourrez vous fcruir a le fairegcrmcr,oa en autres manières, comme Jefai/ant montre, pour en tirer Jcpeu de farine, ou fleur dâicelle, qui encor y rede: ou bien les mefleraueeles autres bleds,ou les donner aux poules: amp;fcmerczicu-lemét les beaux grains eboifls qui demourront au fonds de lâeau,IcfqucJs naiflronr dans trois ou quatre iours. Prenant cependant garde à la faulte - de ceux qui Zemans leur grain à trauers de deux ou trois collines, lefqucls couiirans les Allons principaux, en les acourciflanr auec lâaraire, redoublent la icmence de-cbaicun flllon, auec celle quâils couurent fur le bord des lignes,Si rayons plus baulrs. Pour euiterdoncce dommage, que les grains foientfemez allans le long du champ, de flllon en flllon, amp;nbsp;ne la poinr letter es rayons dâcmbas,flnon ceux quiparfoisy lâutcnr,caroutrc ce quâil y faudra employer moins de icmence, fl nây aura encor perte aucune du grain fu/foquenyperdu.
VINCENT. le vous prie encor me dirc,qucJlc forte amp;clpccc de fourni en t eâ la mefllcurc,pouricmcr en ce pais?
1. Ta Cello Marzuo-
lo, Cotez-
JEAN BAPTISTE. Laiflà ntà part le fourmenr,quâon a de coufonue defomer en la marche Treuiflanne, amp;nbsp;le bled Toièl en Lombardie je di-
fo°lt;hùeiri- ^^âquot; â'â ââ^ quarricrs,bicn que Je MarzoJ eft mis en terreau mois de Mars, eez de ià ns chercher autre ià ifon, de Ce dâautant que Jcs terres nâayant peu dite Weds, qui cuJtiuccsJâAutonneà cauièdutcmpscontrâire,on Jes cmployciaPria-foatlcspe temps. Or cede icmence quoy que Ja pJus menue dâen tre Jcs bJeds,pcic de*Ma« forr,amp; ne rend pas beaucoup chant femée.Qui cd cau/c qucieconfeille-iâefeour- â ââ^y dâemployer Je CorezzoJ, pource quâiJ eft propre à tout terroir, amp;nbsp;y geon amp;nbsp;croid fort faciJcmct,amp; fait pJus beau pain que tout autrc:Toutcsfoisfon gros bled natureJ cd dâaymer pladod Ja terre Jcgcre,amp;maigre, que les terres for-^^^^ge. nbsp;nbsp;nbsp;tcs,amp;: champs pJus grasMais quoy qu il en foit ic loue plus le bled iauna-
ilreà cauicquâil produitplusdepaillc, amp;dc grain, amp;feticntplusfernic-menr debout, reflhaur auxniclles, amp;nbsp;bruines, beaucoup mieuxqucle Ãorezzol.Et outre que ce bled dcuicntplus grand, amp;plus beau es terres fortcs,quc terroirs légers, faciles , de autres Icmblablcs, fl cd-cc quâil eft plaiiant au regarder,pour chre rouflbyanr,gros,dc apparoifl3nr,amp; quâen-cor il pefe pour charge pludeurs liâtes plus que Jcs autres : mais ce grain
, avne faute, amp;incommoditc'icuJc, qui cd que fon efoorieeflant vnpcii dureJerte, dcgroflirc, ne fait pas le pain fl blanc, de deheat que bien Jon fouhaitteroir.
te rrar V ^ ^ lt;^ ^ J^ â^d^ voudroy fortiçauoir les fmgularitcz fpccidécs,Si quâon moyen de doirgarder à bon efoient en ièmant Jes grains.
fetnei le J E A N B A P T i S T EjEu premier lieu que Jamais on neiemeJegrain qui fomment, fera créa en vn bon,amp;grasrcrroir,foitfourmcnr,.ou feiglc, en vn champ te autres maigre,dc dcriUe.Et ccd dâoù vient lâerreur des fcrmicrs,(pui fartons dâvn terroir gras,\âoat caltiucr des champs de contraire condition, de portent
DB lâa G RIC VIT V RF. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;47
Jublcd rccucilîy en la terre fertile, pour le feiner en cefte autre. Paillent encor ceux-là qui fement le fourment, amp;nbsp;autres grains ayans paffe vn an, amp;nbsp;plus ceux qui icteent en terre le grain qui eft défia enuieilly de deux ou trois annéesida^tant que tant plus le fourmcnt,amp;: autre bled eft vieil, de Ne tauft ' tant plus mal à ilemcnc y naift, amp;nbsp;eft moins prouffitablc. Et dauantageTc ^'^g^'^ trompent dâeux-mefmcs,ccux,qui ne choifiifent point le plus beau grain, jj.à meilleur,amp; plus net pour le ferner,le fcparant du fauuage :dâautant que ce nâeft pas puis après grà d merucillc, fi celuy qui croift aux champs eft pau-nrc,amp; de peu dâc(pcrance,amp; fil eft fuftbqué par les mefehantes herbes. Et à dirclavcrité,lalemccceftantchoiltcduplusbeau,net amp;nbsp;meilleur grain, eft de grand importance, amp;: ( fil cftoit pofliblc) ilfaudroitchoifirgrainà grain les meilleurs pour cnfemcncer la terre. En outre,non feulement ne faudroir ferner que les bledsnaiz en vn (cul terroir fans meffanger les grains pris en plufieûrs endroits:ains encor(fi faire fe pouiioit, corne aulîi lachofeferoitfacile au diligent laboureur, pour le grand prouffit quâon pourroit tirer ) ildcuroitleschoifirdescfpis qui ont efté produits dâvn niefinc grain.Car tout ainfi que le bon pere de famille ruftique, cherche les meilleures beftes, les arbres, amp;nbsp;herbes plus prouffitablcs pour lâvfagc de fà maifon,amp; pour emmefnager fa terre , câeft à luy encor de choifir les meilleures femences,lefquelles foient propres au mefme tcrroir,où il prétend les fcmericar faillant en cecy, uâeft de merucillc fil eft trompe amp;nbsp;deceit en fou attente.
Vincent. Puis que vous mâauez cfpluché, ce que plus iâatrendois, ic Millet, K vous prieme difeourir encor fur le millet le meilleur pour le mettre en le moyen terre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;de le fc*
Iean b APTisTE.ToutcfortedemiUct eftdetantmeilleurc,com- âquot;⢠me elle eft femée en terroir qui luy foit propren! eft vray que celuy qui eft plus grandclct,amp; que les Italiens nomment Spà rgolc, pource quâil cfpad fonfucillagc,nc craint pas tât la fcchereffe que les autrcs.Lc millet tel ordinairement eft ferne és champs quâon narroufe point, amp;nbsp;eft allez de bon ^â^^®4^® raport,pourueu que foit bien eultiué. Quant à ceux qui ne vicnnét point ^^^ ' ^'' beaux Uns reau,amp; arroufement, ic dis que ce font les grandes milloques, Cefte noi-quâon dit en Bearn, Armignac,amp; Bigorrc,où il en croift abondammcnt,a- te amp;nbsp;obfeu Pellées par lâItalien Mà zare,amp; en y a de deux fortes,qui font prefque fern- â^^ f® trouvables en haultcur,amp; largeur de fucillcs ayans beau grain, amp;nbsp;qui (ont de q*^ f®^.'â bon apart en terre fertile, comme faifans en vn demy arpent les fix amp;nbsp;fept g^ç_ charges pour an,font toutesfois dilfemblables en la gouflc,qui contiêt le Petit mil-grain,^ au fucillage:dâautant que laMilloque la plus en vfage produit fes let plus fucillcs amp;nbsp;gouffe iaunaftrc, amp;nbsp;lâautre, quifemblceftrenouueUe, les fait ^âjj^J^ noircs,5cobfcurcs.Et nâeft cefte-cy magée des oyfcaux, amp;nbsp;paffereaux cô- ^^^^ ^.^^^^ me la iaune,dâautant quâils ne fçauent cognoiftre lorsquâelle eft paruenue autre, enfe maturitc,cllc apparoiHant toufiours verdoyatc.Mais fi vn champ eft bien drefte, nettoyé, fcrtildcfanaturc,amp; commode pour Ic petit millet, nommé de lâItalien MiglioNano,ic dis que cefte femence millettc,furpaf-
quot; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;4» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SECOND« lOVRNEE
fe toutes les autres contenues foubs ce gère,foie en quotité de fruift, pois, Cammo- °â beauté de femence. Et outre quâil endommage moins les champs, amp;nbsp;ditez du pe eft pluftoft meur de quinze amp;nbsp;vingt iours que les autres, chofeà eftimer, dcmUlct, pour nâeftre fubict fi longuement aux iniurcsamp; incommoditez du temps.
Encor ne craint'il pointTe froid,les neges, ny les pluycs:ains fy plaift, amp;nbsp;rcgaillardift,pourucu quâil ioifie de la chaleur.Dauantage pour dire fi bas deiambe,amp; iueillagcilncfcnt gucre ou point les furies des vents, ny le degaft des bdlcs,ou oyfclcts,fc cachans dedans,à caule que facilement on Tertilitédu les y peut aperccuoir.Bien eft vray, que ce grain demande dâeftre (ourlent millet. arroufc,lors quâil ne plcuft gucres,amp;quâon le feme non efpaiiremét,à eau-fc quâil engendre dâvn grain fcul les trente amp;nbsp;quarante pieds fort beaux: par ainfi nâeft de mcrueille fi le iournau,ou demy arpent de ce grain, produit en vne bonne terre les dix,amp; douze charges. Fault öfter du champ le Milletnoir millet noir,lequel eft facileract cogneu pour auoir les fucillcs plus cftroi-fans profit tes que lâautre,lors quâil eft petit,amp; quâon farcie la tcrrc:dauantage eftant comme fc ^.j^ grain il furmonte le pctit,amp; bon en haultcur redoublée, amp;nbsp;ainfi on le cognor . ppyjj couper au choix,amp; le donner aux poules pour les engreflèr.
V i N c E N T .Tandis quâona vféde ce petit millet ,iâay toufiours entendu par les laboureurs les plus experts,amp; meilleurs,quâil eft le plus parfait, amp;nbsp;emporte le pris fur tous autres : maisicmâcfbalusdc^iliificurs, quilt poiiuans ferner lâen dcportent,auec cefte feule exeufe, qn ils mettent en a-uânt,difiins,quâils ne fc foucicntdc le ferner, pourcc quâil eft trop bas, amp;nbsp;quâil y a de lafafchcricà lc couper, amp;nbsp;quâau refte il ne porte guère de paille.Ignorans quâils font, qui ne regardent point le grand prouftit, amp;nbsp;vtilitc de ce grain : amp;nbsp;que la paille de ce ipillet, quelque petite quâelle foit, fâit plus de bicn,amp; de feruice arpent pour arpent à lâcfgal des autres, pour les bÅufs, que pas vne forte dâautre cuillettc, dâautant quâils mangent toute ccftc-cy,amp; des autrcs,ils nâen pcuuent mafeher que les bouts où cdoitlc^ grain,à caufe de la grofleur du chalumeau,amp; iambe d iceux trop durc.\ Mais lailfant ceux-cy en leur ignorance , ie vouspnede mâapprendrclc moyen dâenlcmcnccr ces millets.
Comment Iean b a p T i s t E.On les femc,amp; herfe-on le foir,ou matin à la fief fe doiucnt clicur,les preflant puis apres,aucc vne claye dâofier en forme dchcrfc,qui ferner amp;nbsp;foil bié chargée,afin que le folcil ne leur nuife en naifiant, ce quâil feroitfi nullen'' '* ^^ Icmcnce nâeft oit point prcftée:amp; lendemain matin fault le reprelier y c-ftant tombée dellus la roufcc,amp; qui en vferoit ainfi les dcux,ou trois matins cnfuyuans,il ne feroit que bien pour leur auâtage: car t.ât plus ils font prcircz,ils tardent dâauantage à fortirfur terre, amp;nbsp;ce pendant ikgerment defibubs non (ans grand prouftit, auât que poufter dehors. Et quiconque fault de fy gouuerner en cefte (ortc,quâil ne feftonne pas auffi, fil voit là fernece fc creuer amp;nbsp;ddrecher par la vchcmcct,amp; ardeurdes rays du folcil..
v i N C E N T. Ne troiiucricz-vous pas bon,que cefte femence ar(e tellement du fólcil,fut mife en lâeau pour luy donner force?
11A N B A p T i s T E. Non fculcmét le loué-ic à lâendroit de cefte feraé-ecca
BE I.âAGRICVtTVR.E.
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ce en tclcas,ain5 encor de toute autre, amp;nbsp;en toute laifon, dâautant quelles nailFcnt amp;nbsp;plulloft,amp; auee plus dâaUcurance.Et ainfi ceux-là feroient vnc grand faulte,qui ne voulanspoint mouiller,amp; tramper la femccc, refufe-roicnt encor de la ferner le matin à la frcfclieur,amp; de la couurir foudain a-uec le foc:car par ce moyé elle ne feroit point haflcc,ny arfe du foleil,ainfi que celle quâon ferne Iculcm.cnt fur la terre labourée.
Vincent. Comment le faut-il gouucrnci,Ã bien nettoyer, amp;nbsp;farder vn champ ferne de millet?
Iean b AP T i s T E.Dâautant que lâancien Prouerbe dit.
Qui vcult bien emplir fon vaillèau.
Son millet farde eftant nouucau.
Et pourec lèroic-il bon de le farder tout aufll toft quâil eft hors de terre, p^p^pg j^ dâautant que non feulement alors, on en ofte aifémet les herbes fauuages, fancier le amp;nbsp;nuifiblcs(lelquclles tant q viiicnt luy rauiflent la grefle pour lâen nour- millet dés rir)ains encor les racines fentant comme onlcs mignardc en eukiuanr, amp;nbsp;quâilcftnay lemuant la terre,elles f cfpandcnt,amp; cflargilfcnt foudainernéu Et Iclqucl-lestant plus quelles feltcndér/le tant font puiflantes,amp; aptes à produire fueilles,groflir le picd,amp; caufer grand abondance de grain. Au côtraire,ll on tarde de ce faire, lâhumeur ne f occupe quâà faire cllcucr, amp;nbsp;croiftre le pied,amp; tige de la plante en hault fans fecourir les racines, qui forit foibles Pourauoir tant de terre à lâcntour.Et ce que ic dis de farder faifonnément KS millets, ie lâentcndsaufli des lcgumagcs,paniz,amp;autrcs chofes fembla-hlcs,iaçoit que ceux-cy en Ibuftrcnt moins, pour nâeftre pas li tendres, amp;nbsp;délicats que le millet.
V1N C E N T. Câeftà prdent queie cognoy foccafion pour laquelle les labourcurs,amp; fermiers de peu de valeur,recueillent li peu de millet: dâautant quâau temps, quâil deulfent lâauoir fardé pour la Iccondc fois ( ain/i que le deuoir le requiert) il leur fullitfiis commencent de ce faire pour la V«micrc.
Han b A PT i sTE.Iefuisioycuxque vous cognoiffiez le malheur de celle gent dcûftrée.Et 11 tels fermiers lonc infortunez à faire leurs affaires tout au contraire de ce quâils doiuent, aufll malheureux font les maiftres qui les tiennent près dâeux pour en tirer lèruicc.
Y i N c E N T. Le quatriclme four de May vous fcmblc-il que fault ferner les millets quâon failbnne par labourage,amp; la vcllc.
Iean B a p T i s T E.Lc5 bonslaboureurs,nclclèmcntiamaiscnMay, acaufe quâauant que fc meurir faifonncmcnt,ils font dcfia à demy mangez des oyfeauXjlà ns produire tant de fluid, que font ceux quâon met en terre «lés le huiticfmc de luinjufqurs à lâhuidicfmc de Iuillct:car tout ainfi que ce temps eft le plus propre,^ comme la fleur des laifons pour le millct,dc tant encor ils iouïlîcnt de la roulée du mois dâAoulf,amp; par conlequccc ils abondent en grain plus q femez en autre temps. Et lâexpérience nous fait 'oir,que iamais Ic millet nâeft bien grenu, 11 premièrement il nâa la roufee longue,amp; bien attrempée par laifon, laquelle alors eft bonne, amp;nbsp;parfaite.
En quti temps fc ferne le millet.
Le millet ayine la frefeheut desroufées
'p nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SBC0NDE Io YRNEe
' eftant Ic^müéls plus longues que celles de Iuin,ou Iuillct.il cH vray, que es lieux fubicts au froid tels que font nos valécsplcft bd de ferneren May, à caufe quâil tarde allez longuement à y meurir.
â Vi N c E NT.Trouuez-vousbon, quâon ferne auffi bien le paniz comme le millet? â
Où fault Iean BAPTISTE. Lors quâvn champ ett de bon tcrroir,q!i'il eft net, ferner,amp;le gras, bien cultiiié , amp;nbsp;iaiionne dâeau, ainfi quâil fault,icconfcillc quâon y millet,amp;lc lemepluftoft du millet, quedupaniz, icquclnc maignft pas tanrlater-Paniz. rc,faitmcillcutpain amp;nbsp;eft plus vendu au marché. Mais ccluy qui vcult
ferner du paniz, doit choihr les terroirs légers, pierreux, amp;nbsp;ailîs es colli-^^quot;'^ nes , amp;nbsp;collaux, amp;nbsp;encor où lâeau nâeft guere fréquente , dâautant que auck'mil- *ft^âf chaült de fon naturel, il fort, amp;nbsp;naift plus facilement que le Jet, millet. â ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»mam ;l-rgt;r. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;m
VINCENT, Dâautant quâen Francc-curtc,on ferne panis en grand abo^ igt; dance (pour y dire le terroir tel que vous ditcs)ils y mettéteheor despois amp;C de la millioque,'amp; millet Indien. nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^â'â â
ayant le grain menu.
C'ed me 1E A N B A P TIS T E, le ne trouucray ia bon que cefte mclliquc foit mile efpccede en telle aflictte de labourage pour afin quâelle porte aifez de fruiél (carte millet fort feroitfc frauder foy-mefme)rrop bien pour dóner force aux vignes e/paif branchu, fement dilpolccs,amp;fur tour elle eftant deuenue grandc,afin quâelle les défende du cnault,Mais qui voudrait ferner celle plante pour lcprouffit,le meilleur cil de la mettre es chaps de bô amp;nbsp;gras terroir, amp;nbsp;fur tout en ceux qui font humides : car nâayans defaûlt de chaleur, vnc perche rendra plus defruid,quc ne feroient quatre en vn autre endroit.!' jj '^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
dây employer,ny ma peine,ny mes champs:fçachant bien quâelle fait totii-iours vn terroir Ià lc,amp;: nâen laiilèpas vn de ceux où elle croift quâelle nâa-maigrilîc:amp; me tiens pour afleure, que fi eu G place ie lerne des legumes, auoinc,ou vefic,quâaprcs la cueillette y femant du bled, iâen auray beaucoup plus de raporr,amp;prouffit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
IE A N BAPTIST E.Nou feulement vault-il mieux de ferner leschofes quâaucz dites que la melique, puis quâc toute faifon elle eft fi dommageable aux ferrcs,mais encor y pcuit-on ferner, en lieu dâiccllc,dcs péris mars, de la vcfîè,amp; des lupin$:amp; fi la terre eft bóne,bicn fumée,eultiuée, amp;mi-fè en point,on ne fçauroit faillir dây mettre du bled rougeafire.
, Vi N c £ N T. Côincnr pourroit-on ferner en Mars,dâaurrc forte de bled que ccluy que venez dcairc? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.1
Poarmens rouges peu uent ertre femez au mois de fturier és bons tcirons.
I E A N BAPTISTE. Ic UC dis p3s quccc blcd rougc fepuifie ferner au mois de Mars:trop bic ay-ic vcu,quc depuis la Sainél Antoine iniques à la fin de f curicr on le femoit és terres gaillardes:amp; méfinemenr au terroir de Liuclh au finage âr campaigne de Brcfîc,amp; ce à caufe que celle terre nâefl point bien difpolcc auanr JâHyucr;amp;ainfiaueclafèmcnccacoufluméc,cc bled naiiroir,amp; feflendoit fi bien,quâil rcndoirplus,quclcs voilins lemez en Septembre amp;nbsp;Oétobre.Erquoy que cefburmér nccroillcen tclleià i-
DE LâA G R J C V LTV RF, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Æ!
fonfinon és terres fufditcs,fi eft-ce quepluficurs pcuuent faire IcïcmbJa-â¢blc,ayans allez de temps pour labourer, herfer, nettoyer, amp;nbsp;amender les lieux mal eultiuez durant lâAutonnc.Et à dire vray, ceux-là font de grads fols,qui en ce temps ordinaire des femaillcs, couurent ces terroirs, quoy Quâils les voy eut falcs,maigrcs,amp; fort mal labourez,amp; otdonncz:aulC ne nbsp;nbsp;.
fault fellonner li le plus fourrent ils recueillent fort peu de femence. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . J
VINCENT. le vous prie encor de me faire cognoiltrc,cn quel temps eft-ce quâil fait bon lemer les fcbucs.
LâItalien le» apclle ihuemit-cie, conte sâil difoie febue» de d'hyucr.
r E A w BAPTISTE. Tout aiuà quâil nây a grain qui ne fouhaite dâeftte £g ^^^^ fnlcmenccfuyuantfonnaturel,i5lt;:lavaleur,amp; bonté de la terre, amp;diucr- moyen de lité de lâair, chafeun auffi qui fc mefle de lâAgriculture doit auoir le iugç- ferner le» nient de ferner Ãs febues en temps,amp;: faifon oportune, fçaehans que lâvp febue*. . tft plus propre,amp; meilleur qtre lâautre. Ainfi ic fuis dâopinion quâen no-ftre pars,qui font terres fortes, on feme les grolfcs febues au commeneç-ment d'Octobre, pluftoft que les communes au Printemps : entant'que ^celles là non feulement viendront mieux à leur faifon,que celles quâo rc-cueil cnluin, ains rendront plus de fruit, amp;nbsp;auront le grainplus grand, Lemieux fourny.Que fi les champs font dâvu terroir foiblc, amp;nbsp;léger, ,il y fault lemer les febues communes, ou les plus menues, Iclquellcs y abonderont dauantage en aport: femant ces deux elpcccs durant la vieille Lu-ïie, amp;nbsp;mefmc celle de lanuier, dâautant que par ce moyen elles font pli^s chargées de fruit, que fi la Lune efinit nouucllc:amp; encor ne font tant af-faillies de celle vermine noire qui les róge quâaucus ont nommée puçôs, quifouüentgafteront toute vne febuierc. Et ne fault manquer de bien bcfchcr,amp; nettoyer le champ lors quâelles fortent,amp; poufient fiir terre., VINCENT. Faitesvous eftat de ceux qui ferner les febues en celle faifon apres la premiere façon donnée à la terre, là ns attendre quâelle ay t eu amp;nbsp;la féconde,amp; troificlme,tout ainfi quâon en vfe à celles de lâAutomu?, - lEAN BAPTIST E.Câcft fans doutc que les façons reiterées, y font de ^lusgrand proulht, que fi vne foule fois la terre efi labourée : toutesfois fault la rompre auât lâHy ucr,afin quâelle foie cuite par la gelée: mais dâautant que plufieürslaboureurs, neprenans garde au plus grandptoufiit: non feulement (craignans la peine) efpandent amp;nbsp;foment ils les febues Iqr lelcul pKmicr labourage, ains encor difent, que qui en feroit dauanta-.ge,cllcsnc vicndroient point belles: adiouftans, que ceux qui fi fouucrit .ont labouré leurs champs, fc font veuzfxuftrez de leur attente fans re;-â cueillir que peu de grain: mais ils taifent que ces façons ont efté données .lUx champs apres le dix,ou douziefmC de lanuier, qui efi faifon mal prq-pre,dâautant que les champs nâont efté deuëment rcpolcz entre le tempf, ;amp; efpace de chafeune façon,ainfi quâil faudroit pour les faire venir à Icqr .pcffc(ftion,amp; ainfi nâeft befoinf cfbahir fieUcs font de fi peu de raport,3c prouffit.
. y i N c E N T.Eftât ceft article de confcqucncc,tant pour le maiftrc,quc â pour ccluy qui net la fe^me, le maiftre en aecordat au fermier ne deutojt f ij'
Ji nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SECONDIEIOVRNEe
oublier de le faire coucher au conrra6t du marché, amp;nbsp;non ceux qiiâhi« vous me dites. Maisiciouhaite que me diffiez par ordre, amp;nbsp;donnez pat regle! vnamp; lâautre de ces points.
Moyen de /®^N BAPTISTE. Ilsncfcroyentpas feulement bien defaçonnet planter les »infi fouiient la terre en Ces CniCons, ainû queiâay dit, mais plus encore, iî tébues. nbsp;nbsp;durant le Printemps ils plantoycnt Jesfebues, ain/i quâon en vie en cer
tains endroits du pais,lt;Sc Cremonois, amp;nbsp;Montouan, IciqticJs en plantent des perches à Vintaines : car par ccâc façon ils en rccucilln oycur au double, amp;cfpargncroyenr prciquelamoyriédcla icmcnce. Snfhlc vous que plantantics febues en bon tcrroir,bicn drcllc, eultiué, en g te lié, amp;fuiné (hic temps ne leur eft du tout contraire) on y recueille du fruiten abondance, amp;nbsp;lâannée luyuante y ièmant du fourment la cueillette en clîgran-de,amp;copieufe: d autant que les febues cngicCTcat la ferrefurrputaurre legumage.
VINCENT. M.us par-auenturc auriez vous quclqucâiccrctmoyenj pour conieruer les febues de ces vcrs,qui y naiïïent ordinairement dédis, Ãcles rangent}
Mögende JEAit B A P T15 T E. Il fault quc tout aulÃà tad lt;jaclleCont horsdeh conleiaei goulîc,amp; couuerrurc,les faire bien Cecher, dâantat que rantplus elles font tes febues ieches,^ allées de terre en la Lune vieille,de rantees vers tudétifeogé-des reis. drerdedans. Maispaurfâairearcr,qaâiIsnynaHîéntpainc,ilny3remeJe phisfeur que de Ceparer les nairesddnec les blanches, Ãcayanttoutcoupé enCemble faire freier les noires,paar elite de difheile caillbn, oiilâ^ff^gt;'^ moudre,pour en faire du pain,les niellâtaaec dâautre farine:là o^^^^ ^^^quot; ches feront miCes far vne table,Scies frater Ci bien lâvncaptes lâautre aiicc lamain oinâe d huile dâoliuesiafqaes à ce quelles foyét imbibées de cede liqaeut:Si ainCi elles Ce conferucrontà pca de ftais,Sc dcmcutecottceii Q ... nbsp;nbsp;leur eCcorce longuement bonnes à manger en potage. Or les febues tant
débuts '^^^^^^» 9â^ ^^«^^â^s ^â'âï^ plaiCantcs au manger, mais pour elite froidesde leur naturel, elles engendrent des humeurs fort groires,caufenc douleur de telle,amp;: font toufioursde mauuaiCc digellion.
VINCENT. Puis queiâay entendu ce queie delîroy fçauoit touchiut ce legume,ie vous prie,me faite pareille faneur de me diCcoutit des autres grains que lon Cerne es mois de Fcuiicr,Mars, Sc May,
Comme il nbsp;nbsp;lEAN BAPTIST E.Premièrement failà nc mentió des pois, ie dis qu'il
taule Ce- nbsp;nbsp;fluitles ferner en Mars durant le ctoilfant delà Lune, amp;nbsp;es champsbien
mee les amendez amp;nbsp;engrelfcz, amp;nbsp;culciaez ainfi qu'il apartient:lcfqaels citaslecs, pois. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ou légers, ou allisfar quelque collaa, ils ne feront que meilleurs politic
mefnage,amp;les manger en porages.Mais en les be fchdt,amp;acoadrât,fault qaeloyentloingl'vn de rautre,dâautà t que leurs rameaux fclpandét plus que de pas vn des autres legumages. Et aucc ce que la femécerequiertdâe dcegroircpour mieuxproulhtcr,li cd-ce quâil cil bôdelà mettre eiilâeaa pour la faire dedréper vne nuit, à caufe que les grains en naidcntplusfa-cilcniér, amp;nbsp;encor dians dâvue nature qui relient fon Ici, ils lailfcaten tré-
5Ã
®E l'ACRI'CVLTVRE.
Pois font de nature fentins le fel. Qijalité
i pint partie de cefte faléutc. AinU ne faille trouucr eftrartge, G lors quâil ( plcuft, lâeau qui coule des ramcauxfur la racine, y fait telle nuifance que fouuent toute la plante meurt,amp; déchoit.Les pois font chaults,amp; humides de leur nature,accvoillans amp;nbsp;le fang,amp; la cholere: q eft caufe quâeftâs bié cuits,la purée augméce le lait aux fcmracs,leut prouoque leurs fleurs, ^â POâ' â efmeutlâvrinc, amp;nbsp;cfclairciftlavoix en lâhomme. Quant à ce qui touche aux pens poisie dis que les ayât lemez amp;nbsp;bien hoüez, amp;nbsp;befehez aucc les jçâââ' mefmes laçons que deftus,il fom bons à ciutc,amp; en faire potage, amp;nbsp;mcil- âtenus dit» leurs encor les meflant aucc du millet; qui y vault mieux que le fegle pout de lâItalié foire du pain, amp;nbsp;dâautant que celle femence eft offencée des vers qui fâen- Cicctchia. gendret es febues ,il la fault cueillir la Lune eftât vieiUc,amp; la faire foudain bien fechcr, mais vault mieux la faite mouldrc ,cftant bonne à faire du pain.ôt des potages,alufibien qu autrement.Ce grain, fors quâil eft bon à nieder aucc le fegle, (comme dit cft)il eft venteux, amp;nbsp;de peu de plaifir au gouft,amp; faucur.Dc mefme qui voudra ferner des lentilles,fault que fume Du moy£ bien fon champ, amp;nbsp;le feme au mois de reurier ,lc befehant, amp;nbsp;nettoyant âf' f'*quot;« ainfi que de raifon,dâ autant quâainû feulement elles deuiennent belles es nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â *â Utroits qui font gras amp;nbsp;fcrtils,amp; qui font bien eultiuez, mais en potage, elles ne font guère iamais bonnes finon accôpaignécs de force chair bien piaffe,ou de bon huile .Et outre que ce legume ell toufiour viande diffici-hiLeerer,elle eft encor nuiûblc à lâcftomach, fait enfler les boyaux, of- yââ ÆÂ« fofque laveûe,caufc des fongcshideux,amp; cfpouucntablcs,ôc dâautres dô- 'ââ *^
WAges en lâhomme.
v 1H c E N T.lamais cc grain ne me pleut,amp; cc pour plufieurs raifons^Sc pourccicïclaidepourlcsdcgouftcz, amp;lt;pui ont dediuers,amp;eftranges
' apetis.
lEAN B zVrti ST E.Pourfuyuat encor lesgrams quâonfemeenMars,
le iis que lâAuoinc eft raife en terre aucc les raefmes façons du labeur, a-wnià eracnt,amp;ageancemet du terroir que Von vfc à eultiuet les legumes, Bienedvray quâon nelabcfchc ny remue point ainfi quâon fait les pois, febues,öi lentilles dés que font fortis de terre. De meime forte ferôt gou- y^uoinc. vernez les lupins qui forât femezaumoisde Mars ; lefqucls iaçoit quâon Comme fo ncbcû:hepoint,fieft-ce que qui leur donneroit cefte façon,amp; les remue- foment les toità toutlahoüe,illeutferoitvngrâdauatage-.carlehouerfert,amp;prouf W^f. fttebeaucoup,amp; atoute forte defemence, amp;nbsp;à quelque plate que cefoit. p^o^^^g'^ VINCENT. Liiil'ant apart, que ces grains ne fe mangent guère finon itoutefc-etuds, amp;nbsp;pour donner apetit : fr eft-cc que moy les ayant femez pour les menec. recueillir en leur temps,amp; les feraat pour engreffer mes champs,non feu- Qua t'A lement ont ils proufité pour mcsfourmcnts,ains mâont rapotté du «rain f^â'\ ââ , 41 clga\ de quelque legume qu on Içauroit dire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fç g. ^p^,
lEAn BAPTISTE. Qm vcult cnfcmcnccr la -vclTc, foit pour faire du ment la pùn,ouïaccompagner aucc de lâAuoinc pour la nourriture des belles, ie eultiuet. fois dâopiniô qcc foit és mois de Fcuricr,ou de Mars, amp;nbsp;ce aucc vne feule façon. Bien ell n ray qu il v ault mieux rompre le terroir deuât que lâhy uct
54 SECONDE lOVRNEE
Pour feiner les pc tis bleds de Mars..
'1 b
Bonté,amp; vices des pois.
vienne, amp;nbsp;fur la fin de lanuier le labourer trclbien vnc autre fois, puis le chargeant de fumier,quâon la ferne à la troificfmc façon lut la fin de Fc-urier, ou au commencement de Mars,ainfi que plus amplement hier ic vous difcourus.Ncantmoins aillent quâen ce païs, on la ferne feule dés le mois dâOftobre pourlamefler auec dâautre grain à fairedupainà manger. Puis quiconque veult ferner fourment de Mars, ou fcgle du mefrac tcmps,fault que ce terroir, ou vous voulez mettre cefte femence, foit labouré auantlâhyucr, puis y repairer le foc amp;nbsp;lesherferà lafaint Antoine enlanuier, afin quâalorsils foyentpréparez, amp;nbsp;fumezpourlatroifiefrac façon,amp; pour y clpandre ces feméces.Qui auffi veult ferner les pois gtos, que les Italiens nomment Fafoli, ie dis quâils veulent amp;nbsp;demandent dâe-ftre mis en terre bien dilpofée. Ainfi il cil requis de rompre celle terre en Mars,ou pluftoft en Fcurier,amp; qui le fcroit lâhyucr dés la faint Martin, ce ne fèroit que mieux, amp;nbsp;plusfagement fait : amp;nbsp;le rompre, ou y donner au mois dâAuril vnc troificfmc façon,amp; eftant bien engreflé, amp;nbsp;fumé , le fc* mer à la fin de May,puis les remuer amp;nbsp;mettre fouz terre auec lâaraire, les ayant premièrement fait quelque temps tremper ende lâcau, ce quil« fait naiftre plus facilement: amp;nbsp;pour ceft effeél on les befehe deux fois, ^ félon quâils meuriiTent on recueille, amp;nbsp;trois , amp;nbsp;quatre fois leur fruité'â leur gouife, amp;nbsp;eftuy.Ccs pois veulent eftre femez au large, ils cngrcHcnt les charnps où on les met, font abondans en fruit, amp;nbsp;femence, fe gardent long temps amp;nbsp;fur tout legume crohreut en cuifant,amp;font pkifansà tout le mondc.Bien eft vray quâils engendrentaffez de vcnroficczau clt;âr^' * font de fort difficile digeftiom
VINCE NT. Me fiiffilà nt ce que mâanez déclaré tou chant «s grinst dâautant quâen mcfinc faifon,on a auffi de cou flume de ferner les tins' « fouhaite que me difcouriez des moyenis quâil fault tenir pour enauoiK'â abondance..
Traité fur la feméce amp;nbsp;labeur pour auou force Uns.
ii
i E A N B A PTi STE. PafTantfouz fileucc Icsfaçons ,A' manières vlees par les anciens à ferner les Lms,amp;raefoacment es terroirs ou lonauoit Kâ cueilly des raues,ch les bcTchanc,amp;hcctoyautlors quâils eftoientiagr^''-delcts,amp;âaütrcs moyens du tout différés à ce que maintenat nous failonsî ic'dirà y, qUenous fommcsforcredeuablcs à ce noble Btcfcian, qui nous monft f a le Vray moyen de les ferner, amp;nbsp;aconftrer, amp;nbsp;ce commençant ta premier lieu à clpandre dés lemois de Mars de la femence du Trefle pat' my les bleds, amp;nbsp;coupant le bout de ladite herbe lut le dixiefme de luilt', amp;nbsp;Icfom à lafin dâAouûrfumant ledit pré auatNocl,où bien peu deteps dpÃeS.Etiâayafttfauché trois fois du mbisdeMayauantiufquesaiafintl^ Scptcrrîbncjle labourerdés la my Noucmbrc,à fin quefoitcuir,amp;hiuc«if par la gelée, fans toutesfois ficher Icfoc guère auât dans terre: dâautat que le propre At lin eft de venir fort beau ou les racines du trefle font en ab»' dance,léfquellcs fil troune en ce terroir renuerfees fur terre auec 1 araire eft caulc que le lin auec grad facilité y plate, amp;nbsp;elpâd fes racines tédrclct-les qui y croiflent trclbicn. Et à dire vray,il fait bon voir le labottieutfw
DB tâAGRICVLTVRÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Jf
lafin de FeUtier,ou és premiers iours de Mars ferner dix mefures de lin,oU dauantagc en vn iaurnau on demy arpent de terre aind cukiuée,amp; drelfée en carreaux larges chalèun de huiét, ou dix fcillons bien hoüez, raftcllez, herfez, amp;efgallcz pour y recueillir vingts quintals de lin bien accouftré, j ainfi quâordinairemcnt en adulent es champs qui font bons,amp; cultiuez'en â' â â-â Icurfaifon. Le fait encor bon voir lors quâil arroufefon lin en temps o-pnrtun,amp; de carreau en carreau fort lentement, ayanepremieremet dref-fe les canaux,amp; conduis és efpaccs des filions principaux de la mefme terre,amp; non guère efioignez Tvn de lâautre, afin que lâeau fâefleue fur les carreaux aplaniz,amp; elgallez en largeur.Puis eft grand plaifir Ic.voyant fe foi-gner du lin lors quâil poulie hors amp;nbsp;naift, quâil croift,amp; fcmbellift, amp;nbsp;y lait ce qui eft requis dcuèment à chafeune faifon : moins nâen faifant lors qucle lin prend couleur pour meurir , car il luy ofte dâautour les herbes tluircnipefchcnt,afin quâen tyrant la grainc,cn le maillctant,amp; peignant^ Voire le filant telles immóndiCes ne foiént méfiées aucc la filalfc.Outre ce «lue le bon mefnager nâoublie aucune diligence à lâarracher cftant meurje conduire fcc en fa maifon, amp;nbsp;cftant tel en tiret lafcmcnce. Car tant plus on tarde dâen fecouer le grain,lcs fouris auflî plus en gaftent amp;nbsp;mangent, rougeans aucc la femenec le pied du linûoint que les eaux deuiennét plus crues,amp; moins aptes à amollir le lin, là où en luillct, amp;nbsp;Aouft elles y font îroüifitables.Ot le lin cftant tcdrc,6i délicat,ne faut que foit enVeau plus Je deux iours entiers; mais fil eft dur,ne doit-on lâen öfter quâil nây ait trel f é trois iours,amp; trois nuifts, faifant encor cccy entre deux Lunes , afin quot;nbsp;' Æ qu en le datant,amp; bargeant, il ne fen aille en feftus, amp;nbsp;fans aucune filalfc nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;;
de refte.Tiré qu'on lâa de lâeau le faut mettre en vn tas tout rond, amp;nbsp;large nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,â1,!
de deux ou trois braffes laiflà nt les racines dehors aulE longuement que ilacfté en rcau,lc chargeant dâais,aucc de grotfes pierres par deffus.
Cecyfaiti8c le temps efcoulé, l'eftendra au Soleil, efpandant de pied en Y^i chafe une poignée,amp; de brin en brin afin qu il en leche mieux, puis le reduifant en faix,licz de riortes,amp; hards dâozicr,les porte en fa maifon , amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lo
lâayant fait bien battre aucc les maffes amp;nbsp;maillcts,lc fait peigner quand bo luy fcmbletle mettant de iour à autre en tas, amp;nbsp;bien chargé pour confom-âuet,amp; rompre les feftus qui font dedans,amp; afin de rendre le lin, amp;nbsp;filaffe plus allez,amp; fins à filcr,cc qui adulent files trouffeaux ont efte ainfi pref-fiicnfcmblc.
V t u c E N T.QueUin eftle meilleur à eftte fubtilcment file,puis qu ainfi thquileny adediuerfcsfottcs. ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
IçÃN B A PT 1ST E.Tout ainfiquelefubtilfquoy qui!foitle plusbas Q^isfo^t détour autre) eft le meilleur,cftant mol,6cdclicat au manier comme foy e: les môl-ccluy auffi qui eft long,ôcgros eft plus afprc,amp; rude à filer.Par ainfi font a leurs lins louer nos Brefeians, qui ont trouué vn nouueau moyen de faire le filet à * filer, coudre trc{blanc,8lt; treffubtil,Sc ce auec grande facilité. Entant quayans choifilc lin qui eft fans femence le plus fubtil,Ãc beau,amp; blanc, qu ils fça-l'cnt eftire, le font tremper cinq, ou fix lours enVeau courante au temps
SECONDS IO VAN EE.
E» plu- fuÃitjfans Ic mettre le tirans de lâeau eiitas»oumonceau,quicft caufeque deVa ^^ batu,amp; peigné quâil eftjl deuiét trefblanc aucc moins de peine qucccluy coigne on 4â^* a efté en pilc,amp; entallc, lequel pour ^cfchaufer ainüptclfé lortant de met fes lins lâeaUjdeiiicnt noir,amp; tendant fur lâobfcur.
no en lâeau ains 7. ou S.iours au ferain, amp;nbsp;roufée de lu nulâ.
le penfe quâil parle des Chan-â tcs.
Vincent. Ayant efté apris,amp; informé de ce que ie voulois fçauoir,ic reccuray grand contentement , fi encor me déclarez comment il fe fault gouuerner à ferner les lins hiuernaux, dâautant quâen nos cartiers on nâen lerne que bien peu.
lEAN BAPTIST E.Pour ferner ce lin quâon nomme CalabroiSjil fault cultiucr le terroir dés rEfté,amp; fumer bien le champ, puis le ferner des le commencement de Septembre,iufques à la fin, donnant au demy arpent de terre trois ou quatrequars de femencc félon qucla terre eft grace, ou moins fertile.O r ce lin croift alfcz abondammet fi les grans froids ne luy portent dommage,o.u fi certains vents dangereux, qui Cbuftlcnt au printemps ne luy oftent là gaïUardifc. Mais il eft bon feulement pour faire les toillcs g rodes, amp;nbsp;lefqucllcs durét moins q celles de lâautre lin.U eft vray q fon picd,amp;tuyau,ou tige eft plus gros,amp;haut que de Lâautre lin,amp;produit plus de femencc, amp;nbsp;laquelle iette plus dâhuile: au refte, on y vfc de pareil deuoir,amp; mefinc iuduftric à racouûrer,quc nous fiùfons à ccluy qui noâ^'
eft ordinaire.
VINCENT. Pourquoy voulez-vous quâon face les carreaux,.A rayesâ larges és champs,ou ion feme le lin.
Difeouts des rayes larges ou le lin eft femé. faute des laboureurs faifant les laycs e-ftioites en labourant.
1EAN B'APTiSTE. Nou feulement me plaift-il dclcsvoirfigf^quot;â^âââ^ amp;nbsp;fpacicufcs que vous ay, dit,où le lin eft femé , ains voudroy qâ ®â^^â '^''' cor le femblablc où les lcgumes font efpandus, voire Les prez ,,tnillcis,.amp; bleds, pourueu toutesfois que les champs le peuflent foutfrir fans aucune leur incômodité,dâaucant que le fruiét y feroit plus grand que des cftroi-tcs. Ecainfi entre les fautcs plus fegnalécs des laboureurs (parlanti««'' met des mauuais fans interellcr les bons)eeftc-cy en eft vnc,quâils ne ront point les rayes larges.Lclquels bien q lcs,champs foyent fains,cours,pfâ' dans, amp;nbsp;non vicieux, pouuans faire aucc leur prouffitleur labourageâ® huit,ou dix filions,le font de quatre, de trois amp;nbsp;Bien fouuent de deux»»â^ feulement,le dommage eftât du leul raaiûre, lequel ayant fait obliger ion fermier à bié fcmer,f en voit dcceu tellement que foixâte iornaux de terre ne luy porteront pas plus de prouffit,ayant fait ainfi ces rayes eftroites,^-force fillons principatix,quâen quarante labourez corne ilfaut,amp;ayas les raycs.laigcs,amp; eftendues raifonnablement,amp;cn cela le fermier ne fait an* cune perte,cntant quâil recueille du blcdiclon la preportion de lafemeee» amp;nbsp;cncorcà lâefgaldefes façôs,amp;autres trauaux par luy employez.Mais» mcfchaccte eft en ce cogneiie,q pouEélpargncr vntiers de lèmcncc,amp; Æ' tant de fon trauail aux façons,ne fait confcicnce de porter prciudice a Ion maiftre qui ignore cefte trôpcric,amp;là ns quâil y gaigne ricn.Encor fe plan fl en la raiiere de la facilité de couper les bleds aiÃment ( cftans les rayes efiroites)
DE LAG RI cv LTV R Ã. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;57
eftroitcs)amp; en les artouünt,dâautant que lâeau ne fait que palTcr entre les fiions principaux,iufques à tant quelle ayt pénétré dâvn bout à lâautre de celle mifcrable terre.
Vincent. Ces lâcherez,amp; tromperies font fi euidenres,que ie vou-érois quâon challaft de nos terres cefte nation tant dcfloyalc. Car fi elle a-chetoit le demy arpent dâvn bon terroir les cent cfcus(comme il nous cou ftent)ilsne feroiern iaces vilennies,amp; fraudes pleines de mefchanceté.
1EAN BAPTi ST E.Sçacliczcncor,quelcbonlaboureur(fîlaterrcne Lesdeuoirs luy cft contraire) ne fault iamais à faire large fuflifammét le lieu haufie où dâvn bonamp; ilfcmc fon bled,aircuré que ce faifant il en a toufiours plus belle cueillette fiddle fer-que fl telles rayes cftoient eftroites, amp;nbsp;y laboure mieux à fon aife, nây ayat æâ'ââ tant de monceaux de terre.Et pourtât cccy ne lâempcfchc point quâil nâar-ïoufc,amp; donne lâeau trefbien à fa tccre;attendu quâauat quây cfpâdre lâeau ilapremicrcmcntacouftrcz les conduits Æamp;iceux eftoupezde filloncn fillon, faifant la elofture fi haulte, que lâeau courant de vallon à autre, eft contrainte de fefpandre fur chafeune raye pour rinondcr,amp; abreuuer. Et outre quâil ne fault de la forcer,amp;: la tourner par les canaux diligemment pour la faire courir tout bellement dâvn bout du champ à lâautre , encor il la deftourne,amp; la conduit es autres rayons qui font à rcfcart,amp; ainfi lcmiiant,amp; remettant lâeau,il arroufe tout fon terroir.Ainfi nous voyons ^pouuons conclure , quâil nây a aucune comparaifon dâvn loyal laboureur,aucc vn fermier miferable,amp; infidcllc,ceftiiy ne faifant rien qui foit à propos,là où lâautre non feulement laboure, difpofc, amp;nbsp;feme fa terre aucc prudence,amp; diferetion ains encor eflarte amp;nbsp;efmondc les arbres,coupe les ,vignes,fauchelcsprez,fume,amp; amande les champs, gouuerne deuëment les lins,amp; en fomme il fait ce qui eft vtile,amp; de confequence félon que la Lune luy eft fauorablc.
V i N C E N T.Comment entendez-vous que les chofes de lâAgriculture foient raportées au cours,amp; influences benignes de la Lune?
lîAN BAPTIST E,Vous nâattendez point que ie vous deduifc les rc- Virgil, en gles du grand Poète Mantouan , quâil dit deuoireftre gardées en lâAgri- fes Georgi culture felon le cours des pianettes , oulaconfideration des eftoilesqui ^'^^ââ . nirrcnt point. Dâautant que ces chofes font de lâoffice dâvn excellent Aftronomc pluftoft que dâvn fimplc laboureur,amp; pourcc feroit-cc fc lan- ââ en la ter dans vn abyfmc amp;nbsp;chaos qui en voudroit faire vn tel récit que le cas Lune amp;nbsp;mérite. Et par ainfi parlant feulement de la Lune , laquelle pour eftre la Vieille amp;nbsp;plus proche de nous entre tous les pianettes,amp; corps celeftcs,fait aufli fur Yoicede lA nous fes effcts,cn cc qui eft du corps,amp; furies choies tcrreftres. 1e dis dóe Lune nou-quâclle eftant nouuelle,câeft fagement bcfoigné,amp; de plater arbres, ferner uelle. nethes,tailler amp;nbsp;couper le bois pour f en chaufer,amp; faucher les prez pour lanourriture dcsbeftesivoirc à fumer,amp;cngrcirer toutes ces chofes,dâautant quelle ne donne pas moins de force au fumier pour amollir la terre quâelle fait aux arbres,amp; feméces à gerlner,croiftrc,Ãc multiplier chafeun en fon endroit.
58
SECOND I lOYRNEB
Come, amp;nbsp;en quelle fuilon faut couper les
les chcuciix,amp; roignantnoz ongles,amp;au contraire en tuant les porcs, amp;nbsp;autres beftes.Car li durant la Lune allant en decroift-on les tue, tant plus vous tarderez à les falcr,tant faudra-il de feu amp;nbsp;de temps à faire cuire leur chair: amp;nbsp;ne fault,cecy céfideré, Pcfbahir,fi vn fauciflon,ou autre telle via-dé font amoindris dâvn quart lors quâon les fait cuire.Quant à moy ie n a-chetc guère ces belles pour les nourrir, fi ie ne fuis alTeuré quâils font naiz au croulant de la Lunc:car autrement ils ne croilfent guere, amp;nbsp;leur chair nâefi du pois luflifant alors quâon les a occis.Mais puis que mâauez die, ce quâil fault faire la Lune eftant nouuellc, ie vous prie faire le femblablcdc ce quâelle caufe eftant en decroift.
Quand fault cou' perle bois pour baftir
lEAN BAPTISTE. Tout ainfi que tailler les vignes maigres amp;nbsp;plantées en allez panure terroir, cftproutfi table la Lune croi(Ià nt:il fault aulTi que celles qui font gaillardes le foiét elle decroi fiant, veu quâelles en produiront plus de railins, que fi elles eftoient taillées au croifiaut, dâautant que lors elle farreftant à les amollir, amp;nbsp;engrefier, ne cauferoit quâabon-danec de Pampres, amp;nbsp;de fueillagc. Et les coupant la Lune enuicilliflà nt, le bois fe reftraint,amp; factend feulement à produire du fruict en abondance. Par mefine moyen fe fault gonuerner à efraonder les Citronicrs,amp; autres arbres fruiétiers, attendu quâils en font plus foifonnezdefruidage. Et fil eft pofllblc,!! fera bon de vendanger au deferoit de la Lune,dâaurant quelle caufera que les vins en feront mieux, amp;nbsp;plus longuement conict-ucz,lcfqucls fans cclafcroyenc en danger de fe tourner,amp; poulfcrau mois de Mars fuyuât,en la mefme faifon quâon taille la vigne.En pareil deconrs fault anflî moudre les bleds pour garder mieux les farines, Bifncft ''wy que le pain croift amp;nbsp;prouflite plus fi la moufturc eft faite la tune ctoifant, amp;nbsp;eftât nouuelle.Ccluy encor qui ale moyen,doit moifibnncr,amp; faucher fon bled la Lune eftant en decours, arracher les lins, les legumes, cueillit les pommes,amp; autres fruids.Bien eft vray que les legumes defracinezan croifià nr,font de plus facile cuifibn.Suis dâaduis encor quâc mefme temps de la Lune en decours on coupe le bois pour baftimens, faire preffouers, ponts,amp; autres chofes femblablcs:amp; mefine vers le vingt-fepriefmeionh amp;nbsp;pluftoft le foir,quc le matin : car tout ainfi que de nui ci lâhumeur tend, amp;nbsp;monte à la cime de rarbre,ainfi de iour le foîcil la tire à la racine. Auffi voit- on par experience que fi on coupe deux pièces de bois dâcfgalle nature, forcc,amp; grolfcur,amp;; mifes encor foubs pareille charge, qui foyétmi-fcs à bas en mefine Lune, mais lâvnc taillée au croiflant, amp;nbsp;lâautrcaudc-cours:ic dis que celle qui a cfté coupée au croifiant ne cclfcra deiettet, amp;nbsp;plourcr fa vapeur, à caufe de lâhumidité non encor cuite, amp;nbsp;bien digcicc qui eft en cllc,fe débilite dâheure à autre,tant quâelle f eclattc, amp;nbsp;rompt du tour. Mais lâantre iouïftà nt dâvne concoétion lai fon née parle decours de la Lune,demeurera plusforte que iamais,amp;plus apte à fupporcer quelque charge quâon fçauroit luy mettre dclîus: amp;nbsp;encor cecy fera mieux cogneu, fi ce bois eft coupé pluftoft en lâAutonnc que non point au Printemps.
DE lâAGRICVLTVRE.
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VINCENT. Quel rcmcdcpcult ontrouiicrdc foiriÃcrlcs arbres qui font foibles, amp;nbsp;klqmlson eftfouuent contraint delà neceffité de couper pour les mettre en otuurc, quâon foie ailcuré quâils feront de bien peu de durée?
lEAN BAPTIST E.Dâautant que tels arbres font tendres tellement du fommetiufques à la racine pour la matiere aqueufe qui eft en eux, que de leur naturel ils attirét glourcmét à foy la terre: fi cft-cc que quicoque fen Vcult feruir lôg tcinps,tault quâil les entame du co Ré quâil preted les couper vn peu plus allant que la moytic du Recours de la Lune, les laiRant en pieds iâefpace dâvn iour cnticr,ou dcux,amp; puis paracheue de les couper amp;nbsp;abatte.Car les laiRant ainfi à demy coupez, toute lâeau qui eft endofe dedans,fort de ce bois,cc quâelle ne teroit point,fi les coupât,on les abatoit, fut lâheure mcfmc,par terre. Et qui ne voudra croire cecy, quâil coupe vn chcfnc,ou chaftaigner, qui font des plus forts, amp;nbsp;durables dâentre les arbres que nous ayons,amp; par mefme moyen vn aubicr,pommicr, amp;nbsp;aulne, qui font des plus foibles,amp; tendres, amp;nbsp;les laiRc ainfi que iâay dit cy deuâtr amp;nbsp;verra la quantité dâeau qui fortira de ces tendres à co m paraifon des autres .Mais des auflî toft que ceux quâo vcult mettre en Åuure font par ter-tcbien defehargez de ramage,de cfmondez, il en fault öfter I'dcorcc, les liilfant au lolcil, à la pluye, au vent, amp;c au froid pour le moins Iâefpace de ^^ inois,auant que les mettre en befoigne, y mettant toutesfois deftoubs t^rj picrrcs,ou autres pieces de bois, atin que lâhumeur de la terre ne leur porte aucun dommage.Et fil cftoit befoin de les efcarrer,quâon les mette en ordre pour ce faire des que lâcfcorce en fera oftée t dâautant que lors ils fendurciffent tout ainfi que fils auoitnt leur propre amp;nbsp;naturelle force amp;nbsp;Vigucur.ll eft vray,quc les mettans en Åuure, fault que foicnt à couuert, dâautât que fi lâeau les offençoit,quelque durté qui fut en eux,ils ne l^au-toient eftre de guère grand durée.
Moyen de renforcer les arbres ejui font foibles.
V iN c i N i.laçoit que cecy ne foit point le propre dâvn laboureur, ny dcnioy, ains feulement des Aftronomiens amp;nbsp;exccllcns Philofophes, de fçauaus és chofes naturelles,fi cft-cc que ie ne dclifteray devons difcouiit en peu de paroles,ccquâaut refois iâay ouy dire fur cecy à vn miéamy fort fçiuant,amp; plein de doctimc.LaiRant donc apart, quâen moins dâvn mois laLunc face le cours Ck chemin entier que fait le fokil tout le long de Comefon lâannée,amp; quâelle foit cluudc,feche,humidc,amp;ftoide:ic dis quâelle nâa au- ^'^j^jç'i j enne lumière de foy,ains la retient,amp; reçoit toute du folcil, en dónant les 1quot;°^ '^ rcbas,amp; reflexions à la terre aucc plus de vehemence, lelon quâelle fe lent effersde là «lire efioignee du lolcRicomme au contraire, tant plus elle aproche de la Lune, coniondion auec iceluy ,tât moins elle depart fa clarté,6é vigueur à la terre. Et câeft delà que vient tpuc nous difonS la Lune amp;nbsp;accroiftre, amp;nbsp;dimi-nuct,non quâau v ray elle croilfc, ou fente amoindtiftcment (lauf que lors quâellefoutlre eclipfe amp;nbsp;default)eftât touftours de rotime illuminée du to Icihmais cioift,ou decroift cefte clarté feulcmêt quâelle rcfpand,amp; rener-bere fut la terre Jtt cefte fplcndcut lelon qu elle f tfpand, ou default,elle a
60 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SECONDEIOVRNEE
Effets foi cd.
auflî amp;â pliis,amp; moins de force de moimoir lâhumeur des chofes naturelles à exécuter leurs effets: Car de tant plus celle lumière va f augmentant, auffi lâhumeur dâicelles abonde,amp; fclpand par les parties extérieures, corne au contraire,tancplus cllcmaquc,amp;diminue',lâhumcurnaturcJJcfcnt auffi dâ3fFoiblillèmcnt,amp;lèrctirc,amp;rcllrainte'sp3rtiesinterieures.Aceft effet y a encor vn accclloirc,quc celle lumière croiflantlâclpaccaulh delà nuit que la Lune cil fur terre,va f3ugmcntanr,amp; elle diminuant,le temps auffi de la nuit amoindriH, viciait moins durable. Et par là nous pou-â^â uos recueillir que tout ainfî quâen la premiere faiCon, cell le folcil qui rc-uclllcs arbres de leur beauté, cnjafccondcil produirlcsfruits,à Jatroi-Eefmeles meurill,amp;à la quafrielme les reucflifl de fucillage,amp; leur donne vigueur amp;nbsp;conferuation: ainli la Lune au premier a. pumance dâamol-lir,au fécond de donner fruits, au croiEeCme de meurir, amp;nbsp;au quarriefrac deles conferuer.
VINCENT. Pais que parlant de h Lqnc vous mâauez fait voir la diamp;~ reace qui ed en elle mcEne a demy illuminée du foleil au premier quart dâicelle accomply, amp;nbsp;que lors elle ed eCgallcmcntilludrée au troifefme, amp;nbsp;que le premier donne autant de vigueur, qucle tiers de redramteje vous prie me dire encor quelquefecretpour garder les fruits des vers, é^ tignes qui les rongent dedans.
Moyen do cueiHiiauf
SEAN BAPTISTE.Auantqucvous fatisfaireencecy, tadisqaefayla mémoire frefehe,il fault q ie die quel moyé il y a de moidonner les bleds, encore qu vne partiedâiceuxnefalfent point encore meurs,amp;JefqiieIs ft bien les on moydonneroit Volontiers pour fe voit des manoauriers, de moylfon-Eates non neurs en main,dcfquels on nepourroit cheuir dedans retirez en leur cô-lesmlurs^ tréc.Ou bien quand on coupe les bleds dâvn champ les vns edans meurs, amp;: les autres non,fans en faire a deux fois,coupcr tout cnfcmble. Lefour-inent donc,tant celuy quided encor à fa maturité, edant le grain formé. Seen fa perfeélion,qae celuy qui ed meut, tandis que les moydonneurs faucbccont,Se:lierontlcs gerbes, foientfoudain mis par terre,ayanslâefpf regardent au Nord, Se tramon tane. Se non moins de dix gerbesfvue lut lâautre iufqaes à tant que le folcilles ayt penctrées,leqael fe coachaD{,lc5 fault mettre debout: Se Icslaider ainE toute laauit, Selemarinfuyuant, ains que le folcil defchaufc,les cipandre encor par terre comme deifas. Et edmedier de faire aiaE,Se.foir,Se matin,iafqaesà tant quelles foiét bien Ceches Se meures,que E le foleil ne reluit pointai nâedia befoin dclescou ^^f^f ^^ ^^^^^- E^ quanta ce qui touche la conferuation des grains, iedis qu il fault que les greniers ayent leurs fenedres qui regardent du Septen-Qu,e}sdoi trionamidy. Se du Leuant au Ponant: car E les vents ne peuaent courir uent edre librement,^ pader dâvn bout à lâautre,!! y a danger que le chaud ne porte ^^.^ Sâ^^' nbsp;quelque dommage aux grains. Vray ed qu âil y en a aucuns desnodrcs qui
garderie ^^^â^^^^^^ Eon quâen tout temps les fenedres ayent leur regard à Tremon-blcds Ion- tane,pource qucla bife tient toudours le bled fcc. Seen frefeheurtSepour-guemear. : ce,dilcnC'ils on neplanchcpoint les grenierspardedus, afin que les vers
DE XâAGRI CVLTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6l
ïifément yâpenctret entre les canaux,amp; tuiles du toit,amp; que lc lieu en foit *^°Jâ **^ plus frais en toute faifon. Or quant à moyie ne trouue point bon quâon confeiùcr Ãaifle longuement le fourraent en gerbe dâautant quâelles fefehaufent en- le founnet fcmble,amp;.ainfi le bled abonde en papillons, lignes, amp;nbsp;artufons qui le ga-ftcnt.ll eft vray que fi les gerbes auoient efté en pied fechées au Soleil durant trois iours, que peu fouuent aduiendroit au grain vn tel dommage. Mais depuis quâon a difeontinue de ce faire à caufe de la cherté des viures, amp;quc ion roboit les gerbes aux champs,que le fourment donc foit batu, amp;bié fcché au plus chault Soleil par lâelpacc de trois iours,amp; tout chaule quâil eft le cribler,amp; le porter ainh au grenier, dans lequel ne fault lailfcr trou ny permis tant petit foit-il,qui ne foit bouché à chaux, amp;nbsp;fable: puis nettoyant la place de tous coftez,amp; oftant les rantelles du hault du toiét. amp;nbsp;toute autre vilcnnie,efpandant encor fur le lieu, où voulez mettre vo-ftre grain,vn peu de vinaigre le poferez en vn tas,amp; ietterez amp;nbsp;par les entours, amp;nbsp;fur la cuue du tas encor vn peu de vinaigre. le vous diray en ou-trc,vn autre fecret pour coferuer toute forte de fonrmct:c eft q parmy dix charges de bled bié fcc,on en y mefle vne de millet bien nettoye, vcu que non feulement la froideur de ceftuicy deffendra longuement le bled,de la vermine,Sede toute efchaufaifon,ains encor faeilemêt on le tirera de pat-my le bled auec le crible.Ievous pourroy encor dire dâautres fccrets fur ce propos,mais pour eftre ceux cy certains, amp;nbsp;experimétez ic feray fin pour ccfteheure,ayans allez fuffifamment difeouru pour vne fois.
V i N c E N T.Auât que nous leuer dâicy,ic denre que me difiez encor vn autre fecret d'importance (fl vous le fçaucz)qucl remede y a-ilde ce fourment dcdanslequel fe font engendrez les hanctons en grande abondace, lEAN BAPTIST E.Fault premicremêt que vous fçachicz, queiamais ils nây entrent que peu de iours apres que le bled a efté batu;amp; pource dés ^°^^'â^^ que le fourment cómence à fefehaufer, ou engendrer telle vermine quâà ^jJ^^ j^j^ le face porter en lâaire pour lâefpoudrer gentiment auec le crible, puis lâe- hanetons, ftendre,amp;Ainfi efpandu,le laifler au Soleil durât fa plus, grand ardeur iuf- amp;â chalen-ques au foir,puis ainfi chaule,amp; bié nettoyé,le raporter au grenier, lâétaf- S®ââ' hnt le plus hault amôccllé quâil fera poflible.Cat dâau tat plus il fera haut, celle chaleur f amortira,Si tuera toute cefte verroinc.Outre ce quâé trois ou quatre iours tant ce tas amp;nbsp;monceau fera fi frais, quâil fera hors du danger de plus experimenter cefte ruine,ains fe conferuera vn fort long téps.
VINGEN t.Touc ainfi que les deux premiers remedes contre ces peti-tesbeftes mâont efté agreables,ainfi ceft autre meplaift grandemet, efpe-rant de nefouffrir plus par cy apres fi grand incommodité que iâay fait cy deuantde cefte vermine,Or ne rcfteml autre cas, finon que demain nous nous troauions cnfemblc, pour deuifer de ce que ic defire de fçauoir,au-moins fi la chofe vous eft agréable.
lEAN BAPTISTE. Mais bien me donnera vn extreme contente-mcnt,Sc ainfi,ie vous attendray trcfuolonticrs.
, ^^PIN DE LA SECONDE lOVRNEE.
S
6i
TROISIEME IOVRNEE
DE LAGRICVLTVRE DV
SEIGNEVR AVGVSTIN GALLO,
DISCO^KANT Df^ MOrEN DE PLAN'
TER ET ESLEVER LES VIGNES en peu de temps.
E troificfinc four nâapparut pas fi tort, qucaHifU^^ accouftumée le Seigneur Vincent ne fauoyaft s ^ maifon de FAuogadre, lequel iltiouua fc pourmen^ le long du logis quiregardoit à Tramontane, amp;Æ long dâvne allée droite , ceinte des deux collet?â'' deux fort belles bayes de Sanguin ^.laquelle ^ foit la ftparatiô du iardin dâaucc le logis d^K^ iabo)i-reurs. Enrrefalüczquâilsfefurent, FAuogalt;ltc,Pâ'^*y le Maggie par la main, le conduifan trout bellement iniques auboutac lâallée ibuz vn beau amp;nbsp;grand chaftaignier quicûoit bien touffu, amp;nbsp;cfp^'* en ramagc,OLL,cftant le lieu frais à caufe de lâombre,^ accommode délit' ges à Pentour,.ils fafErent. Et ayans deuifé du plaifirmetucillcux,duquel on ioifilFoir cnia diuerfite de cefte verdurc,amp; duiargon,amp; gazoBif-lemcnt des oifèlcts qui ne cefloyent déchanter: le Seigneur Vincent», mettant la main droite fiir fon cftomach,parla en cefte forte. Puisquâil eftainfi,fcigncur Baptifte, qiie ccsiourspallêz vous auez vie decouttot-fie en mon endroit, en mâcfclcrcrflant les doutes defqucls ic me fuisen-quis de vous, ic vous prie quâil vous plaifc continuer, amp;nbsp;me dire la qualité des vigncs,amp; de enafeune particulièrement félon ion naturel,amp; propriété.
Cobien la vigiic cft diflembla-bk aux au très arbres
lEAN BAPTIST E.Iaçoit q,amp; les ancicns,amp;lcs iurifcôfultcs ayetmis la vigne enrre,amp; fouz le nom des arbres, fi cft- ce que pourtant elle nâa rie qui foit femblablc au refte des arbres,là ufquc de bois,amp; quâelle eft aptei élire brufléc tout ainfi que les autres.Or pour preuuede cefte dilfimilitu-de,on voit premièrement que la vigne cft par le dedans toute poreufe,amp; remplie de rcfpirails trcfiipais,amp; trcirubtils és farmens,bois, amp;nbsp;pampres: cft auffi dillcmblablc en clcorcc,droiture,amp;coulcur,deiorte qienclçau-ro;s bonnemét dire quel arbre cft ccluv,quinc f oit plus beau qucceftui«
Dl LÃGRICVLTVRl.
q.Outre cc elle eft encor diuerfe dâiceux,pour ne fc pounoir tenir en pied amp;nbsp;debout fi elle nâeft fouftenue fclô (à ncccffité,amp; foibleflc,ains corne les rameaux des autres arbres fruitiers tendent toufiours en haut, amp;nbsp;fe dref-fcnt,foicnt quâils forent chargez de fraiâ: ou non,au contraire le bois,far-mcnt,amp; fueillage de la vigne ioints à fon fruift, foient quâils foient efeha-lallez,ou appuyez à des arbres, ou eftenduz en long fur quelque berceau amp;nbsp;trcillage.ou quâils rampent le long des ormeaux ou autre boys,fi cft-cc que toufiours corne foibles, languiflans amp;nbsp;tédrclcts ils baiffent la telle,amp; tecerchant dâaller par terre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;s
Là vigne fottfoible» amp;nbsp;ayant befoin He Couftien.
Vincent, f^ant à ce que vous dittes que celle plante eft fi foible, pourquoi diitûrrne,ôc languillantcûl faut croire que Dieu noftre feigneur, la faitte Dieu a pro de celle forte pour afin quâelle ne foruift à autre chofe quâà produire celle dmt la _vi-tant excellente amp;nbsp;precieufe liqueur du vin, laquelle cil fi nccclTà irc pour |quot;^^,|^ '^ lefuport,amp; vit desm ortcls.Car fi elle cftoit apte à faire autre chofe ,câcll jj^^-ej at. fans doute quâon en cmploieroit fi grand nombre pour lâvfagc que le vin bres, en feroitbeaucoup plus cher que ne le voyons dire.
1EAN BAPTIST E.Qim dircz-VOUS encor de la dilTcmblancc du rai-fin à tout autre ftuiél,duqucl nous ayans pardeça la cognoillance.Lcs autres fruits font tous tnauifs,amp; dâvue piece : amp;nbsp;ccluy de la vigne eft rouf-tours inol,trct-tendrc,amp; toufiours diuifc,amp;c party en plufieurs grains cô-«t« en pieces diuerfes,ayant chafeune grape grand nombre de grains, di-â¢t«scn grandeur lâvn de lâautre : amp;nbsp;de faneur telle, quâil nây a langue qui peut exprimer la variété dcsdelicatdlcs,quc la vigne fait goûter à lâhôme, foit quâil mage le raifin ou boiuc les Yins,maluoifics,mufcadets, amp;nbsp;autres iufinicsboiVlbns,quâelle produit partout le monde.
Vincent. Bien que i ay c à vous demander plufieurs chofes, fur la nature, amp;nbsp;propriété des vignes,fi eft-cc que ie me contenteray que pluF toll quenousy arrefter ,vousmc monftnez quels font les terroirs quâil twill cuiter pour la planter, amp;nbsp;ceux qui luy font propres, amp;nbsp;proffita-hlcs.
1E A N B A P.En premier lieu ne fault les planter au fommet, amp;nbsp;copeau ^^* ^â deuosmôtagncs,ôc moins és lieux qui font pofez à lâobier duventdcBi- j^^g^j^, ^ lt,amp; fur les collincs,dâautat quâelles ny feroier guère graft prouffit à pro- manuals dune empefehées par la violccc des froidurcsicomc auffi ne faut les met- pour la vitte en mauuaife terre fi corne font lesaracrcs,aià t gouft de fcl,cn celles en- amp;*«⢠cor qui font maccfcagcufes,ouglcrcufcs,ftâautà iqlc vin quâô y recueilli-toit,ne feroit ny hon,ny de garde,ains qui gafteroit, ôc poufferoit fort fa-tilement.Nc faut encor mettre les vignes maigres en vn terroir gras, non ^'n pour plus qlcs feraUcs en vn maigreimoins ne plater celles qui font efmoüel- la vigne. lécSjamp;fontle grain ferme és terres quifont froides, ôchumldcs,ny en ter-toit chault,Sc lcc,les autres qui ont alfcz fte fubftance, amp;nbsp;le grain mollet. Me faut en mettre de pas vue forte éslicux qui ont des pierres au hault,amp; time en grande quantité,à caufe qu elles leur nuifentVefté pour la chaleur qa elles rcuerbcrcnt,amp; enhiuer à taufe de leur froidure exceffiue.Maisy
lt;»4
TROISIS SME lOVRNEl
vignes, Sc
a yantpietre,oa ro cher à la racine, ce leur fera grand atianragc pour les tenir frefehes en efté, amp;caufant que le vin en Ãcra meilleur,amp; plusiauoii-Vallons reux. Nâcft encor prouffitablc de planter la vigne es profondes amp;nbsp;baffes fo«^^roquot;* vaJees^quoy quâeUesproduih/fent des raifins en abondance, dâautant que pXà favï- ïâPpouuans/à ifonne'mentmeurir, feroyent des vins vcrds, amp;nbsp;de peu de valeur-.maisfiquelquâvn en vouloir planter en tels lieux,quâil chonidede celles qui font les grains du rai/în rares,.amp;-pcu efpais,.ahn qucleioleily Chois des pcneere,Sc entre allez facilement. Scmblablcnicnt qui veult planter des yigaes,!^ vigncs,faultquilchoifiiredumeillcurplant quâilluy ferapo/fble , amp;en kspla^ei^ ^^^^^^^^'^Oir de diuerfes fortes, quâaudi il les mette feparement lâvne de ' lâautre.Dâautant que les pctites,amp;:gentiles produifans les raifins courts,Si les grodes,longs,il eâaudi befoing deles placer loing lâvne de l'autre,eins encor faut les vendenger choiftcs,ôc non coures à la ble, car par ce moyen le vigneron les feparera pour faire fes vins, félon que les diaerfitcz des raifins fe trouuent chacun à par foy,ou les melier comme bon luy femble. Outre cc quâen les taillant,!! peut commencer par ordre, par celles qui le veulent élire les premieres,à Iqauoirlcs plus gaillardes,S: fertiles, depuis fairelefemblablcauxplustardiues.Etparcemoyenellesfoqtfaçonnées, Sç mcilleurées félon leur naturel en chafeane faifon, ce qui fepeut faite aifément quand de diuerfes fortes elles font mellà gées.Et par ainfine fauc trouuerellrange, fi en tel cas,ily en a qui font endommagées pour elite taillées hors de temps amp;: faifon. Et cd cecy de grand confequence, quay Cófidera . 4^^P^^ de gens prennent garde h ce dom^mage,amp;grandptciudice. Fault tionsà pla- encor que celuy qui veult planter la vigne', contemple la qualité, detem-terlariguc perie de rair,^ lâalTiette du terroir où il la veut mettre. Catficeamp;vasle midy,ilprendra de ccllomefmc partie les farments quâil veuepoatuignet, de planter. Se face le femblable fil la veut mettre versie leuant : voulant
encor plainer en lieu haut quâil prenne les pourueins aulh envnevigne haute,amp;: fl bas,en vn bas vignoblc.Plârâtaulh en terroirchauld,fcc,froid, ou humide,ea requis que d'alTiettepareille il choiûire le farinent à rcnoii-ueller.Câr obferuant ceU ordre, 8cles (arments tâaffermirontpludoUen terre,^ feront meilleur fruiâ,Sc porterontpludoUque fi Ion fygonact-noit autrement. Eti aduertis de ne point iamais planter la vigne es lieux La visie ^^^^â^^ quedurâtleprintemps,nyés chauds quâen Auconne, es tempêtez, nayme ny â^^â^â^ ^gt;^ Oâ:obrc quâau moys de Feuricr.Maisdâautat que la vigne fcpbiH le iroid ny plus és lieux chauds quefroids,cs fecs,quâbumides,amp;: ayme mieux le beau leseaux. [cmpsquclapluycnefuisauiridâaduisqaâellcnefoicpointplâtéeésrems qui ont l eau voilinc de leur fupcrficie,ny es terroirs quiaymétdâefrefou ucntabrcuuez.Dâautantque,outre quâils neproduifenrpoint de bas vins, amp;nbsp;Icfquels fe galîcnt allez toll, les vignes encor ny font de guère longue durée. Ainli,conlîderé que lâeau leur nuit, ie loue quâon les mette en lieux fees,amp;pluflod és collaux,quenon en laplanure. Laquelleiaçoit quâoedf naicemeneproduifeplus de vin, fi ell-cc que les collines le font meilleur pour dire piquot; fccourues parles rays biefaifansdu Soleil.Et tout ainll quâà voit que
DE lâagRICVLTVRB.
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voit que tout champ tant plus eft gras,amp; plus puilfant de fonds, produit plus grand quantité de vin,amp;iccluynô guère bon:ainfilc terroir maigre en porte moins qui de beaucoup furpallé lâautre en bonté. D auantage, ceux la recueillent meilleur vin,qui douent le plus de faços à leur vignoble,amp; les hoüent plus fouuent,amp; ont plus de truiét, que ceux qui en lieu ddesbefeherfecôtentent delcsamcnder,amp;fumer,ouy mettre dautres chofes pour les engre lier,amp; amollir ; dâautant que, quant a la boute, amp;nbsp;quantité du vin, raffiette du lieu félon fou naturel, amp;nbsp;1 art accouilumc à façonner lavignc,fout les raifous qui caufent la produéliou du raifin.
Y i N c E N T.Ores que iâay bien,amp; deuement notez ces aduis,amp; inftru-ftions,ic fouhaite qme comencicz à difeourir les moyés qu il faut obfer-Ucr à plâcer,amp; efleuer la vigne fclô q vous en auez la couftume, amp;nbsp;vlagc. Iean BAPTISTE. Dâautant que fur tout il fault planter des farmens qui produifent du fruiél à luffifance, ie vous confcillc de choifir la vigne qui ne foit guère mouellcufe,dâautant que cefte-cy, non fculcmét eft ter-tilc,(?c en produit abondamment,ains encor ne craint point que bien peu la ncgc,les brouillats,bruinc,baflc,amp; brufleure de 1 Efte, comme font les Vignes no autres qui nâont cfgalle force. Et afin que nâen plantiez qui vous delplai- quot;^quot;^' ^'J^^ fcnt,vous verrez fur le cómenccment de Septembre les vignes plus chat- ^ fubietres gées de fruiftA qui font à voftre fantafie, amp;nbsp;les marquerez au pied auec auxiniures 'âo{lrefcrpillon-.amp; voulant plantcr,vicndrczicy choifir les prouucins, amp;nbsp;du temps ûrincnslcs plus gros,ronds,amp; ayans plus dây eux,amp; marques de bouton- que les au-nemens, amp;nbsp;Iclqucls celle année ont porte force raifins, ce que vous co- ââj^ ^.j^5 guoiftrez aux petits bouts des grapes,qui en auront cfté coupcz,amp; pas vn ^^ JI5 Jq^. des autrestdâ autant que vous leviez en doute fils feroyent point fcrtilsou uent tftre non pour les vcoir defehargez , amp;nbsp;ftcrillcs-.vous ne prendrez de ceux qui eboifis font ou au pied,ou és branches,qui font fans grades marques de boutons, P»quot; P'â®®^ Se moins de ceux qui font proches de la cime, acaule quilsy lont amp;- pi^^j-j. cumrs,inhtils Se trop dehcz,pour feruir à tcUcbcfoigne.Etlcs fault choi-fit,Se couper au croiflant de la nouucllc Lune, fur le tard apres midy , de les planter tout aulTi toft quâil eft pofliblc aux premiers iours dâicelle Lune. Que fi par cas vous enuoy ez quérir loing ces plants, amp;nbsp;fatmens, les mettrez foudain enVcau,lcs plantant lans plus tarder,amp; vferez de mcfmc auec lâeau à ceux qui ont cfté coupez frefehement, Se lut tout fi le terroir éâoùils fortent eft fcc de fa nature,loint que e eft chofe naturelle qu aibre nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^^^'
Autres in-ftruûions profitables pour la vi-ene.
quelconque ne pcult croiftre iamais lansle fecours de lâeau, amp;nbsp;de tât plus ^^^ font foibles, de tant le ly on qu on plante en fouffte dauantage fil a faulte ^ oyg nef-dâhumeur.Par ainfi fault mettre foing amp;nbsp;diligence que lors quâils germét prouffita-ils puiflent facilement fortir hors,ay ans la terre molle,amp; ay fee à penetrer. Wc P®^^®' ^^ le côfcille donc ,quc plantant la vigne on face, non des troux,mais de pc- P ^quot; titsfoftczlargesà âvnebraffc de demie,amp; ayans pareillehaultcur, de ce an ° mois dâOctobre, fi voulez planter voftre larment enfeurier ,mais fi dcli-hetezde faire voftreplant auanrlâHyucr,reluis à âopinion que vous foi-tûyezdés le mois dâAouft dâautant que les vus f olïcz feront misée rédigez b
66 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TROUIESMETOyRNSK
en cendres par lâeffort des chaleurs , amp;IcsaurrcsparlivehcnicnccdcS gelees, amp;nbsp;ferez rclgoïiftpourlesarroulcrau lieu oùle champ va leplus lt;npcndanr,afin que les eaux qui y entrcnt,courcnt pardeflous terre iniques auprochainfoile , ypallà nsroutcsfoisle/oc , pourfaire moinsde delpencc, autantquâil pourra entrer auant en terre, amp;quot;nbsp;puis finir le relie allée la hoüe, iertant le meilleur terroir dâvn co rte', amp;nbsp;le relie dâvn autre, mais le tout loing de la riuc de lâelgouft, amp;nbsp;canal pour le moins d'vnc bd-nc braHc,afin quâen plantant voftre Cirment,Yoas y pailTiez mettre dclîîiî premièrement la terre grallè tirée de là , amp;nbsp;puis celle des bords autant qu on en y trou liera de bonne, amp;nbsp;prou/htable ; aplanilîà nt encor routlc relie, encor que le terroir full maigre,dâautant qnâauec le temps ilCerca-dra fertile. Ces FolVcz ainCi drclTez^il fault couurir le fonds mec des pierres non plus grandes qnvn psin, car en celle façon les vignes demoar-rontfrekhes durant lapins grande chaleur, amp;nbsp;tandis quâil plouucr3,ou que les eaux auec Icfqucllcsonlesarrou/e , ou celles de Iburcefe purgeront amp;nbsp;clcouleront par le champ, amp;nbsp;encor caulèront que les boutons des vignes ne germeront pas fi toll toutes les années ; chofe veritablemét trefproaltitahlc^pais que la bruine, nylagelec amp;e froid noéiurnenclcnr porteront dommage, comme font à celles quipoüirent plulloll qaede Dc/oin , amp;nbsp;a leur preindice. Et ce pendant fault couurir ces pierres de . bonne terre,alin quâon ne les voye, mettant delfus encor des brochems, ^ branchages .i^eantmoins pour y laite moins de frais, vonsypeurrez mettre du pelon de challaigne,ou autres eCpines,amp;:pointuresqiiâquot;^^°â^â^ de grand poids, afin que les racines delà vigne nâayent aucun empefehe-menrà fefpandre amp;nbsp;croiflreen largeur, Scgrolfeur: leurmctfantpuisa-pres tant de bon terroir par defTus, quâonny apeeçoiue rien quiloitde nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â
toutes ces chofes.Et cecyfaic vous planterez voz vignes, ou autres phn-tcs,lesmettantvn demypiedlâvn derautre,afin quâonpuilVehoüerliCft-re entre les dcax.Et les couuricez de terre auec du fumier fait de lôg téps. Comma- ^^ P°'^â^ lt;=^^^lt;^lt;^^ ^'^^ ^gt;^^_^^gt;^^^lt;^ ^=S^^in deraiûn,amp;:grapcs,ou lie de vin, ou dué quâon 3uec balle de bled,qui ed le plus cômode, fil Pen trouue de croppie dâvn peurtuer an,ou dâauantage, car cecy fait tellement germer, pour élire trefehaud chanKs^~ ^^^°'^ ^^^^'^^h^^s tacines,que fouuent il adulent querelles vignes edans ra^dc^Se ^Ittfi engteffées de ced amendement, portent abondance de fruid dés la balle du féconde année.Par aind ne ferait que bien fait de mettre à part celle poil-bled edant lade tous les ans en quelque lieu à defcoauert,ô£ non la laufetgader fouz batu. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;les bedes,pour fen feruiren cedelorte,pout leprouditdes vignesdneoe
ed elleprouditable à faire tod naidreles cocoardes, amp;nbsp;citrouilles.
V iN CEN T.Iepenfe quâencor cede paille folle,ed de grand effait,cónie foauentiâen ay veu lâexperiéce,i la mettreaueclerofmarin,lcs citrons,H-mons,oranges,amp;: autres tels arbres délicats, lors quâon les plante fans ta-cine,amp;qaiaidez ainû viennent Sc tod,amp; trefbeaux far terre, croiffans,amp; prenons racine.
Jean b a r t i s t e. Après ce vous neplanrcrez pointplus de deux,ou
DE LâASRICYLTVRE.
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^fois farmens près dâvn arbrc,dâautant que tant plus il en y a enfcmble^ât *®oins chalcunparticipe de la bonté^amp; grelle du terroir : Bien loueray-ic 'lue vous en mettiez en lâefpace qui eft entre Tvn arbre, amp;nbsp;lâautre, mais 'Joignez dâvue bradée amp;nbsp;dcmic,ou dauantage dâcnlcmblc, vcu que vous ''s pourrez entretenir en les façonnant de la mefinc forte que les autres Ptincipauxiconfidcré que quand ceux cy font hoüez,amp; acouftrcz,cncorc wboure ion ce qui eft à leur entour.Et ces farmens ainfi qui font de relie ^fuperfluz, comme ils auront deux ou trois ans,vous les pourrez repU-f^r en dâautres champs,amp; endroits, lefquels feront pluftoll,amp; porteront ^eut fruit que ceux qui font taillez, amp;nbsp;ont eu des façons : neantmoins les huit planter tous eilendus en terre à plat, amp;nbsp;le plus large quâil vous fera pùfliblc,pourucu que les bouts ne foyent trop mcnuz,amp; fnbtils,lefquels Relieront fur tcrrc:car de tant plus feront eftendiis de leur long,plus grad fera le nombre des racines quâils feront. Pource ic loue grandement ceux qui plantent les ceps roefmes entiers, aucc les farmens enlacez lâvn dans l'autre, lefquels ayans quantité de racines, contraignent les vignes à produire plulloft,amp;: le maintiennent en force plus longuemcnt.Trouue auf-f louable la façon de faire de ceux du terroir de Bergame, lefquels pianotent leur vigne es terroirs forts, amp;nbsp;puilfans, en leur laifant des foifez profonds de deux braires,amp; aucc autant de largeur: puis mettent les farmens ^tifonds bien eftenduz tout à plat iettans par dellüs non pas la iufte moy-bf du terroir le plus gras quâon a tire du folle,amp; kiffans mcurir,amp; fe purger le refte qui demeure fur le bord de la folié , amp;nbsp;dâan en an ils en iettent dans iccllcjiufqucs à ce que dans trois ou quatre ans les folles.foyent plei-nes,amp;cfgallcs au refte du champ,ce qui eft trefprouffitable pour la vigne: tantpoiir lâoccafion de ce terroir mcnu,amp; purifié, que dâautant que le fo-Icil pénétreiufqdes aux racincs,amp; leur porte vu grand auantage.Et outre te que la premiere année ils ne kiftent à chafeun farment que deux bou-tonsjparoilfans fur tcrre,encore les nettoyent ils, façonnent amp;nbsp;befehent, y Iettans des cfchalats en la kifon, amp;nbsp;félon quâils voycut que le plant en a befoin,amp; ncceflîté. Tellement que titans hors de terre ces vignes, non feulement elles produifent tous les ans du vin à plus grand foilon que les autrcs,ains encor fe maintiennent belles amp;nbsp;gaillardes par pluficurs centaines dâans.
VINCENT. laçoit que les Bergamefques foyent en cecy plus à louer que les Brefcias,fi eft- ce quâau refte qui concerne lâAgriculture les autres les furmontent de beaucoup.
T outarbre eftât en l'eue haye lâa-touche-métdu fer
I î A N BAPTISTE. Plantez quâaurez voz farinés nouuellcts ne laiflé-itià chafcû que deux yeux,ou boutós,amp; comme ils pouHérôt, amp;nbsp;que les germes ferôt à vn doigt lâvn de lâautre,vous en ofterez les moins beaux a-ueclamain,amp; fort gcntimét,fansy toucher auec fer quelconque: amp;nbsp;nec-toyerez tout ce qui refte en arrachât tous les bourgeôs qui y furcroiflent: amp;nbsp;fcr«z cecy vers le mois de May,iufques à tant que ce letton fera auoyé à fe faire lôg,dâautât que lors il cejjera de germer. Et le mois de Feurier fuift ij
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TROISIBSME lOVKNEE
Jâcfleuerâ' uanr.fauldra couper amp;nbsp;railler auec vne ferpette ccpcu quâil y aura de bois les vignes furie farinent principal, afin que fortifiant en cep,amp;iambc,letoutfoitv-nouuellc- ny en vne mefine tige. Dauanrage ne fault faillir de be/efier autour de ces ment p!a- pieds amp;nbsp;rrois,amp;quatre fois:la première anHee,amp;aurrcsfijyuanfes:voirc ^^^^' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;feroieplusprouffitable de ce faire tous les mois dePeurier, iufquesen 0-
ôtobre,mais tourner toufiours partie du terroir dclfus des le mois de May iniques à la fin dâAouft, afin quâeftans les vignes defehaacées la. racinene foit gailée, amp;nbsp;ancantiepar les ardeurs excedmes du folcil. Puis les emplie du to uz aaec le foc aait lâHyuer,fl tant on peut faire pour eaiter aux ftais, amp;nbsp;faire le Icmblablc en les ouurant,amp; defehaalfant au Printemps,durant lequel illes faaltbcfchcr,ncttoycr,amp;:façonncr bien gentilemcnt,en coupant, amp;nbsp;taillât toutes les racines qui poalVenthors terre, mais le plus près dupied quâil fera poffible, dâautant que la plante teroitoffcncéeûonluy coupoit foubs le tronc,Se fur tour fi on le faifoit au mois deMay,ou durât lesgrandes chaleurs. Et en Feurier leur fait mettre près de petits ballons auecleursrameauxeirartez,a6nquelcs farmensy rampentde[fus,Iors quâils croilfent de temps à autre : Se dâautant que ces vignes auront deux ans lePeurier fuyuât,vous les raillerez au renouaeau par dellus deux boutons, y raertans les pieux à les fouAenir, qui leur feront nee elf lires, ainU que de couAume.Et les boutons cAans longs dâenuiron vn doigr,vouscn oAerez le moindre en beauté,que A le pied. Se tige vous femblealfez forte,ie fuis dâopinion que les y lailfcz tous deux les tenus bien nets, amp;cmô-dez de toute autre germe qui viendra y naiAre,Si: pulluler alâenrountail-lât encor le peu de bois qui y fera accreu (ainfi que dit eA) afin que Ic pied fefortific,amp;que tout foit couerty en vne mefmetige. Lâannée troibefme accomplie en Peurier luyuant,eAans houées ces vignes, Si nettoyées felo les failbns,vous en pourrez alors tirer deux ou trois farmens lc*pluspuif-fans, Sc dâan en an, en prendrez dauantage félon la force que verrez que les vignes auront.Et ccAe cA la vraye. Se feure manière dâelleuer. Si faite bien toA croiAre les vignes,Scnon celle quâordinairementon ob fer ne au paisBrefeian, oulon commet deux fautes. En premier lieu faillcntils en Faulte de es que dés quâils ont planté la vigne, la lailfcnt aller par terre les deux ou ta e^neuat ^â^°^^ ^â^^ premiers, amp;: qui pis cA, fouArent que tout autant quâelles proies vignes, duifent de rameaux y demeurent,lefquels tant plus font en nombre, agirent au Ai lâhumeur qui deuroitcArecmployécà nourrirlaracine.Lafc-condcfaulte eA,queles deux, ou trois ans efcoulez que font, ils coupent entre deux terres la tige delà miferable vigne:amp;non côtans de ceAc première tyrannie,la continuent quelquefois Ax, Sc fept ans de fuite, cenans pouraAcuré que tant plus fouiicntils la coupent,La racine en cAplus renforcée, amp;nbsp;fccourué. Ce qui eA tresfaux, car en coupant cent tiges entre deux terres,!!ne fera année quâils nefacent mourir huiiA ou dix racines,^ ou coupant vn millier de noitueaux Carmes qui font deAus terre vneièule n ây Cçauroit reccuoir dommage.Dc cecy on peut faire prcuuc, en coupât vn petit plant de Saule bien ramé, amp;nbsp;feillu : A vous cilà rrcz Cculcmenclc
CE LâA G RI CVLTV RE.
branchage, il nâaia garde de mourir:mais qui toucheroit au pied à la tige» amp;nbsp;entre deux tcrrcs,cc feroit bien grand mermeilie lâil ne fe lcchoit,amp; vc-noità mourir. Penfez en outre côbicn le befeheur ou vigneron doit eftre hge,^ diligent à fe donner garde quâen befehant il ne frape la racine de la vigne par dcHouz ( alfcui é quâelle craint plus le choc quâon nâeftime ) amp;nbsp;«laconfidcré,on conclura,que couper la tigefouz terre leur eft plus que nuifiblc amp;nbsp;dommageable.
V i N c E N T.Or d'autant quâordinairement on voit quâeu efteuat les vignes uouucllcSjil y a grand danger que ne foyen t gaftees par les bceufs,amp; Vaches,amp;: q dés aufli toft quelles en font morfes, ou pafturécs, voire ayat feulement Icnty lâalcinc de ces beftes, elles font vu lôg temps aude que reprendre leur premiere farcene voudroy bien fçauoir,fil y a aucun moyen dâobnier à cecy,amp; les deffendre dâvue telle malcdiéliou,amp; dommage.
Ne fault couper le pied de la vignepour pClcrprouf fiter aux ra eines. Lâhaleine des bÅufs eft dôma-gt; geable aux vignes nou uelles. Secret ' pour cm-pefeher q les bÅufs n'aprochet des vigne« pour y pai-ftre.
IEAN BAPTISTE. Câcft faus aucun doute que le plus gentil remede pour empefeher ce dommage eft, fi vous baignez ces vignes nouuclles a-uec lâeau pure qui refteés vailfeaux cfqucls onafait amollir les cuirs de bÅufs,ou de vache,amp; autres anlmaux,aircuré qdés quâils aprocherót, ne pouuans fouffrir ceftc puautcur,amp;que naturellement ils ont cefte eau en norreur,ils nây donneront plus aucune attaince. Ainli vous ayant vu vafe de telle eau,en treperez chacun pied aucc vn balay, fi toft que verrez que hfeille,amp; pampres ferôt fortics,amp; belles,amp; ce fur le loir, afin que la fref-cEcur de la nuit face mieux incorporer celle liqueur en la plante,que non pas fl on lây mettoit le matin,amp; que le loleil luy oftaft fa force.
VINCENT,Combien defoisfault-ilcecy? vcu que croilPans dâheure à autre les tendrons, amp;nbsp;fcillagcs, iufques à tant que font venus en leur per-fcôlion,amp; que dâautres en y lurnaiircnt,amp; lefqucls neftas mouillez de celle liqucur,nc deuroiét aiilîi fe reHentir de la puateur en forte quclcôquc.
i E A N B A r T i s T E. laçoit que les pampres tendrons, amp;nbsp;bourgeons ptemicrement trempez fumfent à cccy, amp;nbsp;que fans les rebaigner laprc-fiiicrc puanteur dcllournc allez les beftes dâen approcher : h etl-cc pour Riieuxlâaircurcf de ne foulfrir le dommage accoullumc,ie fuis dâaduis que cftans grâdclcts ces pampres on les en mouille, amp;nbsp;fur tout lors quâils font bien abreuuez de la pluy e.
V i N c E N T.le voudeoy fçauoir encore, comme on doit faire les trous à planter vigne nouuellc, és lieux cl quels on nâa point la commodité dây faire des folles fufdites.
lEAN BAPTIST E.Voâiic Ics ferez point moins lôgs de trois coudées, amp;largcs dâvncamp; demie,amp;dc pareille hautcur,afin quâô pullfe plâter deux amp;nbsp;trois pieds de vigne à chaeû arbre lâvnc fcparcc de lâautre à tout le mois dâvu demi pied dâefpacc,fans q de tât plâ elles ferôt dclchaufsccs,aull'i elles endeuiédrôt plus belles.Mais nâoublirezde mettre dâslcs folles ce qiâay dit parcy dcuant,afin quelles fe maintiennét amp;nbsp;plus frcfchcs,amp; plus gaillardes, ioint que ce fera aulTi biê le fuport de lâarbre que de la vigne quâon y platera,dcfqucls la dillancc fera proportionée félon la qualité du taifm h iij
Comme fault faite les trous à plantet vi-g»«-
70 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TROISIESME lOVR-NEÃ
amp; du terroir ou il croiftecar qui plantcroit vue vigne fcrtillc en vn terroir maigrc,amp; fterillc, fablonneux,amp; marncux,ou dâautre telle forte, vous ne pafferez fix,ou fept coudées,mais fi cell: en bonne terre,on peult lâeftédre iufques aux neuf, amp;nbsp;dixiefrae, amp;nbsp;fi ce font des gros raifins, à caufe que le cep charge quantité de branchage plus que les autres, de tant plus auflî vous mettrez les plants nouueaux loing les vns des autres.
v i N c E N T.Pourquoy auez vous fait tant de treillages,amp; cnlaçures de fâule autour de voz terres labourées, pour faire courir fur leurs berceaux tantdcbellesvignes,quipcndcnten oas fi bien chargées de beaux rai-fins?
Des treilla i E A N BAPTISTE. Voyant le grand dommage que faifoyent les orages qu on brages à mes champs,iâen fcis öfter tous les gros arbres qui y eftoict à lâé-Ãt^rau- tour,amp; en leur place y ait fait mettre des vignes,amp; des plans de Saule qui tour de* lcruiront puis apres pour les fouftcnir:amp; delquels nonfeulemét ay-ic de-champs. fia tiré cefte année trente efeus, amp;nbsp;en tireray dauantage des fagotages, liens, harts, lärmens, iauellcs amp;nbsp;autres chofes que ic vendray ce mois de Feurier ; ains encore mâattens que les vignes qui fefpandent par dclfus fourniront le vin,que fay befoin pour toute ma famille.
v i N c E N T.On ne feibahit pas fimplement,quâayant fi grad vignoble cy autour,vous retiriez fi grand proufht de ce fagotage: ains chafeun loüe voftre inuention, voyat tant de branches de vigne chargées de raifins autour de ces cercles par vous dreirez,fans que les bleds,ny autre fruit lèrefi fenrent aucunement endommagez de cefte ombre.
lEAN BAPTIST E.Puis que VOUS parlez dâinucntion,ie vous en veux monftrer vne autre, pour faire tous les ans corne vne garenne de vignes, klquclles de cinq en cinq ans vous faifonneront autit de pieds auec leur racine,comme vous en voudrez amp;nbsp;vendrc,amp; planter.Vous choifirezdôc vn lieu propre amp;nbsp;commode pour ce faitc:où vous ferez Icsfoiresnôplus elloigneesjâvnc de lâautre de huit brallcs,amp;de largeur,amp;profondeur que vous ay dit par cy dcuant,amp; y mettant les mefmes choies, y planterez des meilleures vignes q bô vous femblcra,loing lâvnc de lâautre pour le moins dâvu picd,lcs façonnant tout ainfi que les autres que nous auons difeoutu cy deirus,y mettans les cfchallaffons Iclon le bcloin,afin que le branchage de la vigne y puilïé ramper dclfus,mais fault aduiler quâils ne foyent clloi-gnez plus dâvu demy pied dâcnlcmblc. Et comme ces plansanrôt accomplis les trois ans,amp; tels quâb doit les tirer de terre au mois de Feurier pour auoir du fruit, vous ferez alors deux ou trois prouins de chacun picd,lef-qucls croilfans dâan en an, félon quâils fe renforcicont, vouslcs mettrez fouz terre dâvn pied de hauteur fins plus, amp;nbsp;de trois bralles dâcftcnduc,amp; ayans lcs vignes en face laBifc tirât à midy, la première fois les fault tourner vers lâoccident, amp;nbsp;les tailler tellement quâil nepuillc aparoiftre que deux gets fins plus hors de terre,amp; les accommoderez fi gcntimcnt,amp;a-ucc telle mefurc,quâon puilfc amp;nbsp;les bcfchcr,amp; cfchallalfcr li bien que lâvn bourne donne point empefehement à lâaucrczcc qui fc fera li vous fouter^
CI lâagricri TV RM. 71
lez vne brade loing du pied de la vignc,lc prouin,lc fecod dcux,amp; le troi-ficfmc trois;de rechef. Le quacriefinc dâvue,le ci 11 quiefmc de deux, le fix-iefmc de crois,amp; le tout allât toufiours de droite ligne. Car pat ce moyen Ivn (arment ne donnera aucun empefehement à l'autre : amp;nul bourde deux neuds, amp;nbsp;boutons paroilTant fur terre, empefehera fou voifin, ains feront clgaUement partis les cfchaUairemcns félon la qualité des vignes, amp;nbsp;farmens. Et f^eftant engeance le plant en plus grand nombre, vous les mettrez fouz terre en plus grand amp;nbsp;double quaiKÃté quâau parauant, y laiHant neantmoins toufiours des bourgeons,amp; pointcs,qui puillcnt fai-ïe boys lâannée cnfuiuant,amp; cflans les cimes,amp; bouts clloigncz de demy pied,onlcspourrahoüerEicilcmcnt, amp;nbsp;lors quâaurezapuyées les tiges plusgraudes,amp; pieds plus gros,amp; renforcez,afin quclebrâchagc ayeou fc fouftcnir,amp; y grimper,lequel tournera fur le Fcurier fuiuant vers le mi-dyivousbelcherez encor autour des bouts prouignez aucc les pieds, amp;nbsp;le Tout enfon temps amp;nbsp;fai(on.Puis au Fcurier fuiuant, commencerez à def-chaufferlcs plans qui feront vers roccident,lcfqucls ( ayans deux ans ac-Complis)feront tellement accrcus,amp; fortifiez de racine : que les plantant ailleurs, amp;nbsp;leur forniflant toute choie neceflà ire, ne faudront de porter fruiétdans deux ans: puis les 0 liant pour planter, ils le monllrcrontplus bcauz que ceux quâon a plantez cfbarbez quatre ansauparauant. Et les iyant tous oftez de ce licu,vous ne ferez faute de prouigner les quatre ou cinqnouueaux lärmens qui vous y lailftz(commc dit elt)pour pied de vigne: vfans de pareil deuoit aux autres que rcmucrcz,amp; en 0lierez tous les ansenlamelmefacon quâaurez fait aux premiers. Dâautant que fi vous plantez deux cens vignes en vnc perche de terre à la manière ful-dite,cllcs vous rendront(cftans en force)pour le moins tous les ans 1500.plans,qui fuffirontpartout, amp;nbsp;feront commodes amp;nbsp;bonnes à planter par tout,lans que vous pourrez vendre deux Marquets chafcuncplantc,quifont vingt ^ cinq efees de rctc:quc fil y auoit demy arpent de terre,vous en tireriez lt;lcux cens efcus de reuenu.
Esbarbez, fignific cà mondis, amp;nbsp;nettoyez de inoullc.
Marquer piece de monnoye
Vcnitiêne,
Aduertifle mens nc-£efl'aires,amp; profitables pour les ri* gn«-
Vincent. Que doit-on faire aux vignes pour auoir du fruiôt,amp;rai-fins en abondance?
Iean BAPTIST E.Entre tous les points dcfquels ie pourroy vous ad-nertir fur ce propos,ic vous en deduyray feulcmét cinq,comme cflans de plus dâeft'ait,amp; importance q tous les autres.Le premier eft que vous bcl-chiez pluficurs fois les vignes auant lâan començans cnFcuricr,lors quâelles mondrent la bourre, amp;nbsp;lâouurcnt pour pouirer hors, iufques ou moys dâOctobre quelles faccomplill'cntamp; cclFent decroiftre, amp;nbsp;ferez voftre befoigne au dccroill de la Lune, à caufe que les herbes fe delTcchcnt plus fiacillcmcnt.Qujnd aufecond,fouuienne vous que lors que vous ouurez amp;nbsp;defehauflez la vigne vous ofticz toutes les racines,qui le defeouurét en les hoüant prefque lùr la terrc,cn oftant toute lâherbe qui croift à lâentour finit au fillon,ou és conduits, ou au folTé, amp;nbsp;entre les deux arbres aufqucls font appuyées les vignes.Ticrccmét faut noter de tenir bien nette la tige.
Ji nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TROISIESME lOVRNEE.
Arfoucheinaiftrciredetoutrcgctton croiflantfouz les bras principaux, oufouz Jaliaifbn: amp;nbsp;en öfter route vermine, amp;nbsp;eleargots, amp;nbsp;autre choie quiluypourroitcftreprciudiciabJe, entant que ces animaux (quoy que pcris)ancantilîcnr,amp;fonrlbuucnrperdrc,amp; mourir les vignes.
Le quatriefine précepte eft que vous arrachiez au moys de May tous les reiettons hiperftus qui fe trouuent e's branches, amp;nbsp;bras de la vigne, y laiftà nr Iculcmcnt ceux qui lônc amp;nbsp;les plus beaux amp;nbsp;plus neceftaircs pour fcn ayder lâannée fuyuante: amp;nbsp;encor pour lcruir de pied , amp;nbsp;dperonaux vigncs,alîn quâils le trcuucntplus balles, dâautant que par ce moyen elles en dcuicnncntplus belles,amp; plus aidées à tailler. Ncantmoins eft befoing dâofter tous les lärmens lettons, amp;nbsp;bourgeons qui nâauronrpoinr porte railîns de lâannéc.-dâautant quâcftans ftcrilJcs,cc nâeft pas railbn quâils tiret à foy lâhumeur qui deuroitlèruir à ceux qui ont efte fcrtillcs.
tn lieu de nbsp;nbsp;Le cinquiclmc poind eft, quâà la En de May vous coupez les bouts Je couper les tousles Carmens qui ont raiCin,aEn que lâhumeur qui CeCpand enalongcit eftamwe ^^ branchage,Coit employé à groÃir,amp;: nourrir le raiCin : outre ce que larva France. deur, Schade ne pourra nuire au frui£k,ainCi quâil adulent Couucnt,ellc Cd-pandantlurles bouts rcndrelets des branches,ne Catreilcpointà Cccoutir, Sc faire croidre le raiim.
V IN cru T. Quel temps edimez-vous edre le meilleur pour tailler 1rs vignes, 1 c prinremps,ou lâAuronnc?
Traité ton ItAN S A P T1 S T E. Vous choirirez,amp;: taillercz(Ci faire fe pculc)les d-chanties^ gijj.^ maigres fur le croilCant delà Lune iufques au quinzicCiuedicede au mequot;d 1« â¢Â°'^ â^^ lanuier : mais tant plus elles feront grades, tendres, amp;nbsp;lértilles, faute tail- pbis vous attendrez à les couper fur la queue de ladite Lunerdâautant que 1er, amp;nbsp;en l'experience nous fait voir que celle faifon y edplusprouffitable qu'autre â^V^d^^r ^^^^ cefoit:ce que vous pourrez elfayer es autres Lunes.
delà Lune nbsp;nbsp;^^^^^s qui font adifes,Sc plantées Curies codaux, Sc lieux voiCins,fault meilleur à d^^foyent taillées vu peu auant que lâhyuer commence, Sc de telle forte taillervi- quelles ncCoyencpointoffencécsdela BiCe : caries caillant alors aefaak gnes quâau craindre quelles loudrcut mal,OU Coycm aldjibCcs pour leur plüUicr, fie tre lailon. didiller, ainCi que celles quâon taille au printemps, amp;: quipluscd, elles Vi ncstail P^â'^^^^ P^^^^ â^^ ^'^^^â^gt;^ ^^^^^^Y ^'â^rillcur que les autres.
téae^Aa ^quot;f;^^Attendre à les tailler iniques a tant quâil commence à geler, tonne plus ^hrsdesaudl toll quelles font dcCpouilléesdc leur fucillcs, à caaléque fercilesquc lors leboys ed bien meur.Voire ny au printemps me fine, ou en autre lai-Jes autres. Con,tandis que les vens Croids Coufflcnr,ou quâil plcud: ains lois Cculemer fecâpr^re ^^â^ ^ ^ââ ^^lâ^^i^'^â^^^P^^^ gt;nbsp;Coit que le Soleil luiCe, ou que le tempsfoie à tailler^1^ nuageux,dâautant quâil y ed touCiours aind commode, yigoe, Au relie fault les cailler , auanc quâelles donnent dgnidance quelconque de ponder hors, ou produire choCe aucune de germe, dâaucant que lors tanc plus les yeux, amp;nbsp;bourgeons auroyenc poulie hors leur bourre,de cane la vigne Peu fenciroir plus inceredee.Le vigneron aura encor cCgard de laidci autant de boys aux vignes gralCes, de humides com-meds
D B lâaGRICVLTVRE.
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Abondace tic bois c/l ncceflairc am ccps qui font gf^S, amp;nbsp;gaillards.
meils verront cffrenecellaire pour départir celle fiipcrfluitc qui fc trou-ue eu icelles,cliant cecy le vray moyen de reietter lâelthaufailôn amp;nbsp;bruf-Icurc,laquelle ruine,amp; pourrill le raifin à caufe du trop de grc(îc,amp; nourriture. Ainh, com me ccluy fault beaucoup qui dcfpouiHc ces vignes de branchage,entant que les farmens qui relient font h chargez dâhumeur, queceflans de porter fruicl, famulcntà feulement produire rameaux, fucincs,amp; rendrons,ou fléaux pour grimper : Pareillement encor fait fon deuoir celuy, lequel, non feulement y laiffc autant de bois quâil eft de bc-foin:ains les voyant en grand nombre, aucc les cfchallas à part tous ceux quâil voit furcreuz plus que de lâordinaire, amp;nbsp;les eftend en telle longueur quâil voit effre nectllaire. Et effant bien pratique en celle fcicnce, ofte tout le bois des vignes maigres,lequel,fil y laiiroit,fcroit caufe de la ruine (lctoutelaplantc:amp; mcfmcm.cntfil en tailloir plus que les années precedentes. Ce fera la diferetion au relie du fage vigneron, de ne laiUcr trop chargée de bois celle vigne, amp;nbsp;cep, qui aura plus porrede raifins que de cou/hitnc,y lailfant feulement les lettons,amp; rameaux quâils verront effre alfcz félon la force de la plantc.Dauantage eft befoin, que foie bien aduifé à façonner, acouffrer, amp;nbsp;nettoyer les vignes nouuellcs, aucc autre confi-derario que les vitilkâs:car tout ainfi que celles qui ont porté fruicl défia pkifieurs années , pcuuent ordinairement mieux fupporter la charge de plus de branchage lâan fuyuant leur portée : au contraire il en fault laillcr pénaux vignes nouuclles la première année de leur fruiél, les laifsât croi-Hre par faifon,iniques à ce quâelles foycnt alfcz fortes.Dauantage trou liât quelque vigne fi vieille, Sefleffrie quâl 11c fcmblepreffcà fc rendreâ, amp;nbsp;à mourir,fl elle eft de bon plant,ic fuis dâopinion que la rcnouuclliez, mettant cpiclqucproucin foubs terre qui foit à propos pour ellcrou en defaut deeela, ne craignez de luy donner deux, ou trois taillades au plus beau lieu du cep, amp;nbsp;tige,afin que là forte quelque farment qui foit bon à prô-ticigner,amp; reparer en peu de temps,amp; fans frais (à mere vigne.
Faultcs
Vous imiterez pareillement les experts amp;nbsp;fages laboureurs,amp;vigncrbns, Icfquels en taillant la vigne oftent les lettons, amp;nbsp;boisfuperflu amp;nbsp;inutile, quâon corn quicroiffent deirous,ou près des bons,amp; vtilcs,amp; Icfquels ilscognoilîcnt mieten tail aptes à produire du fruiél en abondance : amp;nbsp;au contraire ne fuyucz point latracc dâvn nombre infiny dâautres, qui gaffent, amp;nbsp;ruinent les vignes mifcrablcs en y lailfant tant de farmens lans prouffit, amp;nbsp;mal à propos, amp;nbsp;en oftent ceux qui deuroient y effre,amp; ne full ce quâà feruir dâelperon, amp;nbsp;garant en default des bons.
Cofidera-tion fur les ccps portas plusque de l'ordinaire
lantles vi-
Sans encor que fouirent alli^hcz du plaifir de quelque beau branchage lailPcront vn bras de la vigne partant dâvn lieu à autre, quicaufe que les plus des fois ils (ont priuez dufruidfà tout le moins pour vnan,ou que la pauurc plante le fentant de celle charge,va de iour à autre en empirant.
A ccftecaufeicfuisdâadiiis quâon face les cfperons de la vigne au bas, afin quelle ne courre tiop,amp;nc lailPcr en iccux q deux nÅuds,de ycux,ou boutons à chafcun.Et véritablement fi les affligées vignes pouuoient dire i
Elperons en lavignc font de (au mens quâo laifle pour faire bois.
74 TROIÃIESMEIOVRNEE
vncparticdes torts,amp;iniures quâon leur fait, amp;nbsp;trouiioyent Jcsiugesc-quirables,qui vouluflcnt leur faire iullicc, ic mâailcurc que les galères fc-roient fournies deplufieurs centaines de vilains, qui ignorent lâart de bié traiter la vigne.Chaftimcnt,fà ns mentir, digne de tulle gens, Iclqucls ne Içachans vne choie,encore refuient ils de lâaprcndrc, amp;nbsp;m oins veulétrc-cognoidreleurs fautes.
Ãl entend la feigneu-rie des Ma
Vincent. Câed üns doute,que iînoz illuil:rcîamp;magniüques iti-gneûrs imitoient les anciens Cenieursde Rome , iurreigaiddes terres mal cultmccs : il nây a langue quipcult exprimer jamais larichcdc delears ÃniÃqaes fabicts , auec le grand auancement amp;nbsp;prouific de leur feigneuric. « Vernie, ^^j^ dâautant que ic crains de ne iamais voir cede police, icfouhaite que vousmepourfuyuiezadiicourir^cc qui redeà dire furie proposdu vignoble.
fauk quot;tad I^AN BAPTISTE. Quand au moyen de tailler la vigne, vous la de-lcr les vi- (cendrez de délias lâarbre, lois que le temps cd humide, ou quâil plcud, gnesésco- dâautant que lors elle ne ic romptpoint, ce quâelle fait lile temps eâfcc, naux. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ou trop charge de halle. Et loyez tort ibigneux dâauoir touliours des taH-
lans , Si fetpes qui coupent bien, amp;nbsp;ayentle fer bien cünoulu, amp;nbsp;fubtil, car par ce moyé, vous couperez toute choie fans peine,ny difficulté quelconque. Aurez Ibuaenancc que taillant le bois vous le coupiez tczà it^ de laiambe,amp;pied pcincmal,rans y laiffier bout aucun,ainfi qucfontpla-£eurs ignoraas : aulli ne fault Ãâelbahir li cesvignes Ibnt foimcnt gagées parla vermine qui y entre ; amp;nbsp;d tels vignerons iont efUmezgahns^en Allant des bouts es vignes quiCeruent fculcmcntà y pendre desdaCcons ôc bouteilles.
ViNCENT.Ie vondroyfçaaoirencore,comme,amp;parqaclmoyenon pculr enter les vignes ficriUes, ou vieilles, ou celles qui ne portent guère bon fruit.
rnueffa Gaamp;ca, amp;: fejjêlo, ECpeces d'outils à percer.
Quâed-ce
lÃAN B A r T t s T r. De tout tant de fortes que les auteurs anciens en ïacomptent,ie n en trcuue de plus louee,ou meilleure que celle que nous ^PP^£bs T'r/rfeâaGitamp;eii,tariere,ou celle que nous nommons-F^/o,le foret.
V i N c E n T. Ven ay veufouaentà Fezzolo,en coupantlatigeau liea oà elle edplus belle,ncttc amp;nbsp;ronde amp;: lafendans toutainfi quâon en vfc aux arbres rruiâiers, amp;nbsp;y mettant deux grcffes félon la proportion du pied de la vigne.Mais iaçoit que iâaye leu Columcllc, qui parle de cede Triuelle Galliquc,fi cd-cc que iamais ienâaypea entendre la forme dâicelle.
Iean b APT 1ST E.Ccd indruméted tout ain ft fait quâvne tariere ou qjc Triad ^°â^^^gt;^^^â^ ^âi^i^^cls on fait le trou du bondon aux muids pour y mettre le leà fçaaoir ^^^quot;^ dcdâs,ôc lequel coupe fans fairelimeurc,Sc ed deparciHegroircür,amp;: va: tariere proportiôné tout ainfi quâon veut que fait le pcrtuis,amp;ouuertureà inct-ou foret. nbsp;nbsp;tre le greffe,Sc fyon quâon veut enter.Sans couper donc le pied,ou tige de
la vigne,vous la percerez feulement auec vu foret accoullumc en vnlicü rond,poly,litîé amp;: nct,}a tranfperçantiufques à la moüclle, puis agraditez le trou auec la tariere,lequel fault cni:orqac demeure bien net : puispre-nans vn grede rond,beau Sc vn peu plus grand que le trou,le couperez ou
delâagricvltvre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;75
il fera plus groflet lâarrondiflà nt en longucur,tant que facilement il puifle entrer,mais luilemcnt dans le trou apreftépour edt cffcT,le coupans net' tement, amp;nbsp;de telle force quâon nây voy c que deux nÅuds le pouflans, amp;nbsp;battans auec quelque bois, ou marteau dans fon trou iufques à tant quâil foie h bien planté,à ficbé,quâon ne voyc rien de ce qui y a efté aiguilé, amp;nbsp;fault faire cecy dés le mois de Mars iniques à la my Auril,mais ce pendant fault toufiours prédre cfgard,amp; au temps quâil fait,amp; à lâafl'iette des lieux, ou vous voulez enter la vigne. Bieneft vray que ienâay pas eu pareil effet en mes vignes que ccftui-cy, iaçoit que les farmens y foy ent venuz grids dâvn bon pied, amp;nbsp;demy,à caiifc que lâhumeur des eaux a abondé de telle forte es trouz de la tariere,quâà la fin ils y font dell'cchcz,amp; morts: néant-moins tiens-ie pour tout alleurc que cela proufEteroit es lieux haults, amp;nbsp;vignobles qui font fur les coftaux,amp; collines pour eftre fees, amp;nbsp;fans trop dâhumi(litc,au contraire de noz chips qui font humides: ou pour y pour-noir qui taillcroit la vigne, vn peu par dcllouz le lieu de lâenté, afin que c5me ion lâhunieutf'efcoulaft par ceftctailleure,amp; non par le trou du greffe. Mais ente la vi-ie veux vous dire vn fecret infaillible, lequel, outre que ne trouuerez en gâ® 1°ââ^ auteur quelconquc,eft encor iufques à prefent cogneu,amp;pratiqué de peu
de perfonnes.Vous prendrez donc vn Urinent des plus beaux,amp;longs amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â¢. ^ j
plus bas, qui foyent au bas du pied de la vigne, amp;nbsp;lequel fans tfmonder .zn Couperez au bout, ou il ch rond amp;nbsp;groflet, amp;nbsp;le laiflerez fi long quâil ayt eftantà terre amp;nbsp;fouzicelleà tout le moinsvndemy pied teefluy vous le ' ') ââ 'ââ* fendrez par le milieu le long dâenuirondemy doigt en aiguifant, amp;nbsp;poin- ' nbsp;nbsp;.
tant vn peu le bout, puis prendrez celuy que voudrez enteren celle fente lequel ayc pied amp;nbsp;demy de longueur, amp;nbsp;de pareille grandeur amp;nbsp;grofleur que celuy qui eft plante, amp;nbsp;lâaplaniflant en long félon la longueur de la fente, le coignerez dedans fi bien quâon ne voye point dâouuerture, ains feulement lâefcorce des deux farmens. Puis prédrez vn petit toupillou de blaffe ou vn linge fendu comme pour faire vn bandeau amp;nbsp;en lierez lâente, amp;nbsp;en couurirez tout ce qui a elle fendu, chargeant de bouc les deux bois éufcmblc:puis mettrez cefte liailon de farmens au fonds de la folfe ou eft plantée la mere vigne, ayant ladite folle pied de demy de large, amp;nbsp;autant de longamp; profond,amp; ce au cofté,amp; efeart de la vigne, félon q le pourrez faite comodément,félon lâalignement des autres ccps,amp;tellement quâon y puifle befeher à lâentour. Et ayant vny, amp;nbsp;efgallé ledit folfe auec le terroir plus gras,vous couperez Vente, ne luy laiflant q deux nÅuds amp;nbsp;yeux pour poufler. Vtay eft quâil fcmblcroit meilleur quâen lieu de fendre,amp; a-planir lefdits farmens, pour enter lâvn en lâautre, quâon les fendift tous les deux par le milieu de la logucur dâvn doigt, les taillant à trauers iufques à la mouelle feulement dâvn cofté:amp; oftéc celle moytie coupée de chafeun, les accouplercz,amp;licrez cnfcmblc comme dit eft:dâautât quâils demeurc-tont mieux vnis en cefte façon quâen la prcmicrc,Toutesfois vous côfcil-lay-ic quâayant fait cecy,allât quâarracher le vieux ccp,amp; fouche, vous at-Uiidicz a tout le moins quatre ans,afin que lâente fe renforce,de deuicnne
il)
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TROISIESME lOVRNBE
puiïÃjnfcJaqucJlc tirerez dede/Touz terre deux ans apresrent?ure,amp;la vieille coutenfeinbleJalajiîantiiifqiicsà ce queletcps venu vous lâoile-rez,amp; arracherez du tout. Et ceftui- cy cil le vray moyé dâenter toute forte de vigne,entant quâil ne fy fait aucune perte de fruit, amp;encor lâente dénient pi us beliefeccuat huincnr,amp;forcc du pied a/fouré de la vigne vieil-Je.Cc qui nâaduientpoint à celles quâon ente par le moyen du forer,amp; tariere, à caufe q celles cy font de peu de durée pour élire miles das le vieux tronc,Icqucl continuellement va fe gallar,amp; altérant pour rhumeur,qui abonde toulîours es tendres amp;nbsp;délicates entes,de greffes,lelquclles ClOlC-fontde telle forte quâelles engroffiffenrplus que le cep, amp;nbsp;troc principal, fins que le plus fouuft elles tombent à bas,ou font érellccs dés la première année, tant par les venrs,quep3rlcs belles, ou autres melà uenruresqui aduiennent ordinairement, là où les dernières entées comme iâay dit,peu foaucnr,ou iamais tombent en ces djngcrs,ou accclfoircs, pour câremi-fcsloaz terre,non cxpoléesaax Cafdiccs incommodizez,
VINCENT. Quoy que mâayez déclaré vn Ci gentil Ceczet, linefais-ie pas encor ütisfait,3ms délirefçauoir les moyens dâengrcUcr les viâ:rncs,amp; plants qui font maigres.
Diuerta- ^^AN BAPTISTE. On les cngrdre,amp;: amende prcmicrementaucc mademés du filmier leplus vieil quâon pcultchoilîr, mais faultle mettre loingda amp;nbsp;breiles pied de la vigne. Se des racines au moins d vn demy pied, car fil en elloic ouô peuk plus pzes,illear nuirait pat trop aaecfa chalenr.Et pouty faire moinsde oaei aux ^^jj-j y font Fort bonnes amp;nbsp;proprcs,ics grains, amp;â grapes du riüamp;tpreÃees
Se dcffechées,le tan des noix,les nettoycures de la feméce du Un, 1^ figure des arbres, Scies cendres quâon tire des foutnaifes. Encore y cil bonncla poullicrc recueillie en Eâé par les rues, de chemins, la terre (comme iâay de fia dit^orelleaprcs la façon du falpctre,la gtelfe des Cloaques,cf^oats. Se prinez,le den gardé des cheuaiix,poarlâymettre en Autonne, comme auni lorsil leur fault donner tout lâamandcmét, ains que combler Se vnit les folles. Nâellinutilelapoudrc desprcz quâon aura bradez, ny celle des laines batuës,nyla chaux menue meflée aaec du vieil Eens. Y ed bon fu-corclcbourdu foaerrelebled edant batu, mais bien pourry, duquel ie vous ayfaitfigrâd comptecy deffus:Sela dente (maislortdedtye Secot-rompué}dcspoules, pigeons. Si animaux femblables. Ãlt;!efontà reieuet les rctailleures descoudariczs, pelletiers, amp;nbsp;fauctiets, ny la limeuredes coracs.Maislçachez, que tell es grailles Se amandemens deutoient edre pludod donnez aux vignes nouucllcs quâaux autres, afin quepladod elles feident Se produidlfent desraidns, amp;nbsp;vinée: dâautant que les grandes font mieux entretenais en les bien caltiuant,Se befehant, entant quâainfi les goauernant elles portent de meilleur vin,Sefe maintiennent plus lon-gaement,Se belles,Se gaillardes.
v i N c E ti T. Quels arbres font le'micux à propos, Se les meillears,pout edre plantez près les vignes,pourleurfcrairdâapayà lcarbcfoin.
iE AN baptist E.Suyaant ce qui facoudame en noz carriers,!! nây a
77
DE LâAGRICVI.S'VRB.
arbre fi prouffitablc pour ccft effet que/âo/«,à caufe qui! dure plus long téps,à la teille plus menue,amp;les racines moindres q les autres. Il cft vray ^u és lieux inótagncuxjamp; pierreux,glcreux,fccs,amp; fort maigres,nelèroit rjuc biéfait dây planter des freies,d autat qu ils y vicnnét bien,amp; y croif-fcntplus beaux que les Opics. Lelquels freines, quoy que ne Ibyent de 11 lôgucclurée,amp; quâils craiguée fort le froid lors quâaulîi gclenc les vignes, ficit-cc quâil font à prifer entant q les ferpens nâaproclicrôt iamais vn lieu ou feftéd leur ombrage.Et nô feulemct ont ils ce bencficc,amp; priuilege de nature,ains encor pour mieux brider cefte verminc,ils floriffent,ains que les ferpens fortét de leur taniere:amp; ne le dclpouillcnt de leur feillage,quc celle vilénie ne fc rcmctte,amp; rétre en Ion logis fouterrain.ie laiffe les me-rifiers, defquek on ne lâaide point corne de coullumc, amp;nbsp;moins fuis-ie de aduis quâon vfc en cecy des ormeaux, tant pource quâils croiffent en trop cxcefliuc grandeur, quâauffi ils font trop de pied, amp;nbsp;racine laquelle nuit à la vigne,amp;galle le terroir: amp;aiitât en peut on dire des noyers,voire ne me plaiient les Saules, à caufe q les vignes fur iceux appuyées nâaportent que oie peu de fruit,amp; le vin qui en fort cil foible,amp; fans aucune force: amp;nbsp;ain-fiqui en vcult planter que ce foit en berccau,ainf que dit cft cy deffus?
VINCENT. Quçls plâs fôt les meilleurs pour porter raifins abodammét. JEAN BAPTISTE. le ttouuc boii quâon plante ceux qui produifent brailîn amoncelle,noir,amp; mollct,car de tels en fortirade bon fruit amp;nbsp;du
Arbres ^p-pres pour eftre près les vignes à les lou,-frenir.
Opo en Italien, cft vn arbre qui cioift en lâItalie,peu brancha amp;nbsp;onibta-
Lâombre des FreC-nes nuifi-ble aux fet pensilt;
plus excellent, qui auflî fera accompagné de toute autre forte de railîns noirs, amp;nbsp;blancs. Bien cft vray que tel fruit cft plus dclicat au manger, amp;nbsp;fait meilleur vin,mais non en fi grande abondance,amp; font ces railins facilement offcnccz,amp; endommagez par le mauuais tcmps,amp; de lâardeur du folcil. Les railins gros,amp; longs,qui font noirs font affez bons, à caufe que ils ne faillcnr guère à produire fruit: mais les fault accompagner de quelque bon raifin blanc,amp; du noir fufdit à grain amoncellé, car autrement il tieferoit vin qui vaufift,foit en couleur,force,nây laucur dclicicufe, eftant nidc, amp;nbsp;trop coulouré, fi encore les gros raifins noirs amp;nbsp;pruncUats font prouffitablcs a planrcr,à caufe quâils abondcnt,amp; font quantité de vin,lc-qucl toutesfois cft petit,amp; fumeux,mais le fault amender le méfiant aucc le noir au petit grain : dâautant que tel vin fc conferue fort longuement,!! Vous cueillez lefdits raifins durât le decours,amp; plain midy lors que le Soleil cft en fa plus grande forcc,amp;ardcur amp;nbsp;cueillir le fruit non trop incur: ce quâon pcult faire à pluficurs autres fortes de vignoble. le lotie encor les raifins qui ont la grape longue,amp;les grains gros,amp; clair femez, mais levin en cft bon,amp;gentil, amp;nbsp;plaÃà nt à boire, mais cft chargé de couleur, toutesfois le peut on accommoder à tout autre pour luy öfter cccy,pour-uea que lâautre nâay e mauuais gouft, cft proufhtablc en outre de planter 11 vigne nommée Voltolinc, dâautant quâauccce quelcraifiny vient en îbondance,amp; que le vin en cft bon, amp;nbsp;loué de chacun: on le peult boire, amp;nbsp;fcul,amp; méfié auec dâautre.Or apelle Ion ce plant Voltolin, ou remuât, icaufcquelc vin qui en fort fc peult remuer pluficursfois lâannée fil fc
7^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;TROrSIESME lOVRNEE
gifle, VU quâvu iour ou deux il rcuient en ion entier, amp;nbsp;dure puis après Jongiiemenr,amp; plus que tour autre.Mais entre toutes cesiortes de radins il nâen y a point de meilleur queJepetit radin noir Veronois,lcqaclno» Ãèulcmcnt croiA en quantité, mais fait Je vin bon amp;nbsp;ûuoureux, amp;nbsp;lequel 11 eft guère chargé de couleur. Apres ce le farment, amp;nbsp;troncdcla vignee-ftant de peu de mouelle,il nâeft guère {met tjy à la gelée, bruines, frimats, halle, ny chaleur trop vehemente: ioint que les fellies cheantains que le railm fait meur,allez long tcnips,lc Soleil fait meurir le fruirauccplus de facilité: tellement qucc'eft vn plaiÃrdc voir ccsgrapesgrandes, noires, Si en beaunombre pendre en l'arbre ain/îdelpotiillcdcfcillagc. lepouc-roy vous nommerpluheurs fortes encor de rai/îns,qui ne fontguerc bos, ou plailans à manger,mais vousayantdilcouru des meilleurs,nous parlerons des vignes blâchcs,quiportcntalfcz de fruit, amp;lc vin dcfquellesnâell. pas du pire.
vi N c E NT.Cc faifant,vous me ferez chofe agréable.
JEAN BAPTISTE, le fuis dâopinion qu'on plante des plans,amp;vilt;rncs blanches qui font le grain gros,Scia grapegrandc,à eau fe quâils iettent du vin fuffiùmmcnt,mais qui cA fort, amp;nbsp;fumeux, mefmementes lieux ouïe terroir y eA arroufc:amp;pourccilvaultmicuxyincAcr de ceux quifont foiblcs,amp;:non fi chargez de couleur.Bicn cA vrayque fi ces plans font des meilleurs, amp;nbsp;plantez lût descoAaux, Se ou le terroir ne Ibit gras,ny trop humide, le vin en léraplus délicat de tant que plus la vigne fera bien touchée du Soleil,ainfi quâon le voir icy par experience. Pes gros rai fins blancs cncor,quimcHrillcnrplullo/l que les autres,font bons aeftre gardez pour le plant pour la commodité du meurir de lâabondance du fruit, Se du vin qui en eA excellent. Là où celles quicardcntà meurir,oatle grain gros, Se la grape longue,Se levin plus blanc que les autres, mais qui nâeA en fapcrfcâ:ionquâcAanthiucrné,Sefurlcecmpsdes grandes chaleurs,Se cA meilleur 11 on le garde plus dâvue année. Et ayant parlé des raifins blancs les plus ptouhcablcs, icnepallcray outre fur la diueciltédcs autres.
v IN cEttT. Puis q vous auez parlé des vignes quâon plante aux chaps, ic fuis en attente que me difeouriez de celles quâon mer esiardinspour en manger le fruit,pour les lcchcr,Se en faire de bonne boUfon.
i E A N BAPTIST E.Sut tout le loUe les Vernaccics, dâautat que tel rai-An cA trefbon en verius^Se cAant iccbé,puis on en fait vn breuuagefde-licat,quela MaluoUic, ou autre boilfon fanoureufe par nous cogneuëne remporce,'ou furpalle de guère en bôté. Biê eA vr.ay quâeu ce pais ce finit demande d eArc planté fur les collines, ainh quâon voit principalement à Cellâtique,Sc Limâ.Apres on plate des Muleats blacs, à caufe quâilslont bos Sc délicats à mâger,Sê a faire le vin de rat plus, meilleur amp;nbsp;Amoureux, commeie raifineA attaint du Sulcil,ou adis,Si pôle fon planten bonlieu amp;: terroir fur vn coAau. Neà cmoinsles Muleats noii s font les meilleurs à mâger,maisienc crains que le vin nâen foich bô qm des blancs.Les Aluf
be lâaGRICVLTVKE
7?.
cadets primerains doiuent encor eftre plantez, à caufe quâils font meurs aux mois de Iuillct,amp; pluftoft félon que le temps,amp; faifons fc feront com portez. Sont fcmblablementtrefdouces, amp;nbsp;plaifantes au gouft les Mal-uoifiesblanches,mais leur vin eft different de celuy de Candie: amp;nbsp;pource nous nâen plantons guère,fi ce nâeft aux iardins.Eft requis encor plater les nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j^jÃ^
taifins Brumefies noirs, quoy qu ils tardent à meurir , toutesfois les fait-il gfumeÃet beaux voir,à caufe quâils ont belle grape,Scies grains bien fournis,durs,amp; ont le graï bons à manger par lâcfpacc de pluficurs mois. Mais les blancs de cefte for- gros, dur,_ te qui croiflent és lieux haults,amp; cxpofcz au Soleil, font plus à loücr pour tardif a leur plus grande dclicateire,amp;'quâils fe conferuent plus longuemcnt.Mais entre tant de fortes de raifins que iâay mis en allât, nâen y a pas vu qui me
mearir.
rite dâeftre cfgallc à ccluy quon nóme Marine noire,eftant délicat an mager,amp; qui meurift fort toft,amp; facilement. Ce raifm outre quâil eft fin guller pour n auoir point aucun pépin en fon grain,amp; que mange crud,il ne fait dommage quelconque,encor eft oclroyé aux malades, amp;nbsp;nâa fon pareil en bonté,cftant léché,amp; mangé en fa failon,amp; eft non feulement propre à faire aller aux affaires,amp;amollir le ventrc,amp; remettre lâeftomach en
Marine noir raifin fans pépin en fon graî
lon dcuoir,5c donner apetit aux degouftez, ains fort délicat en tartres, amp;nbsp;gaftcaux,amp; autres telles,amp; femblablcs mignardifes : aulTi bien quâon f en fert és fauces pour les poilfons,gibier,Sc autre forte de chair. Après ce rai-f® à vue façon toute propre pour loy, amp;nbsp;luy faut façonner la tige dâvue autre forte que les autres vignes ; car comme les autres fc tiennent balles quand on les taillc,autrcmcnt elles f en iroient à neât:ccfte-cy au côtraire ne potteroit ftuiél en abondance, fi tquslésons ne couroit à fon aile. Et Ãiourceic loue plus les vignerons qui font courir ces vignes le long de curs cours,ou autour amp;nbsp;enuiron de leurs maifons,ou les font ramper fur les arbrcs,que ceux qui les eftendent en des trcicllcs,Sc berceaux.
Ceraifin à bien parler ell raifin quâ5 dit de Corinthe.
V IN c E N T. le mâelbahis de pluficurs, lefqucls ayans quantité de tel Ituift^uc fe foucient dâen faire fechet à liurcs pour fen feruir en leurs mai-fons félon que nous auons de couftumc:amp; de forte que le mangeas crud, ils defpendent puis après beaucoup à fe fournir de ccluy quâon porte de Leuant,quinâeft point fi lauourcux au gouft és chofes quâon cuit, amp;nbsp;dc-licatcffcs des faulces, bien que foit plus délicat que le noftrcà lcmanger toutfeul. (
IE A N E A r T i s T E.11 me plaift,quc vous cognoiffîcz la faineantife de pklficurs, amp;nbsp;mefme de ceux qui fc trouuent aux champs, qui fc pouuans prcualoirdepluficurschoies fans frais quelconque, le lailfent pluftoft gafterfansproufftt,quâenióuyr,amp; en honorer leur maifon en la compagnie de leurs amis.
V IN c E N T.Tandis quâil me fonuient ic vous prie me dire,fil eft bon de planter,ou enter les vignes,amp; autres arbres fruiéfiers lâannée du Biffexte: attendu que pluficurs eftiment que plantées en telle année elles ne fçau-roient durer plus hault que dâvu an, ou deux. Sont encor en opinion que durant lâan Billcxte pluficurs femmes auortent, amp;nbsp;les belles ne deliurent
So
TROISIISME lOVRNEB
dâaucu^s*° ^^^â^ engeance fans peril, amp;nbsp;que les Åufs des poules,ny autres oyfeaux ne trop eu- viennentà prouffitoupcrfeélion quelconque: voire y a il des hommes 1» rieux. fuperftiticux,qui tiennent lâan du Biflextepour mal-cncontreux, amp;nbsp;fin-fortune, que non iculcmcntnc voudroyent cipoufer femme pour riche, amp;nbsp;belle amp;nbsp;bien aprile quelle fuit (tandis que du regains encor refulèroicnf dâacheter alors quelque poireUjon, amp;nbsp;moins fc nrerrroienten chemin pour faire quelque long voyagc,à hllonncr les ondes de la mer, commé-De fan de â'â^â' hallimcns,ou autre entreprilè, amp;nbsp;louable amp;nbsp;nece/là irc : fa/ltmans de BiiTexte, nbsp;nbsp;quelque malheur h alors il en faifoyent, ou ctFcd:uoyent que Iquâvnc de
voy Ma- CCS cho/cs,
5a°urnaf*s ^^quot;^^ BAPTIST E.Câed An nâed point appelle Bidexfc pour procéder des influéees cclcftcs,ains lculemcnr,par lâopiniô amp;nbsp;ordónance des hom-mestainfi quâonlif,qucncplailà ntà lulcCclârceque NumePompilea-uoitordonc/ûrlarai/bndudepartemétdes moys (ia.çoitquâiccluyfy fuc plus Ãgementporre que RomuleJayantpris lâaduis de plu/icurs lauans rinTuB^C P^'^^^''â}^ë^^ luy plcnû:dâcdablii: lâAn de ^6f.ioürs,ainhquâôa toufioats Cate ainfi (gt;i^(lt;^â^'^t^-^^i^ voiar quâil y auoit tous les ans hx heures de plus, voulat que nommé. nbsp;nbsp;â^^ quatre en quatre ans on ajoutait vn jour au nóbrc,lcqucl fâappcUecoil
BiHcxtc^ cualc quâen telle année on copte deux fois,amp;dcux iours de faite le hxic/mc des Calendes de Mars,i fçauoir le 14. amp;nbsp;2y:dc Feaiicrlc tempi de lâxn inrcrcalairc,cómeil fobfetac à Rometain/î que qui dirait fi Pierre durant le BUfexte eiloit mort le 24.dudir mois,amp;- lean le zyü eil-ceqlâvn amp;nbsp;lâautre feraient dits edre decedez le ûxie fine des Calédes. Et heritable' met qui n aurait gardé ccd ordre,an eud veu tous les cent ans lydours de furcroid en lâannée: Ãc ainfi comme ainfi lait que la fede de Nod adulent touhoinsen Hyucr,dans 70o.ans elle viédroir durât les grandes chaleurs delâedé, amp;nbsp;à dire le vray cede façô de faire Sc fiipputcr les années, furrnd-te toute la manière de laquelle nfoyentiadis les Grecs,Caldées,Eoipiicas, amp;:autres nations,lefqucllcs reiglercnt leurs ans diuerfemcr,amp;: à leurfane tafic ainfi que recitent Herodotc,Scruic,Plutarque,Macrobc,Suetone,lt;!l£ pludcurs autres bons auteurs. Ainfion peut conclure que le Büfexte ne porte aucune incommodité en foy,qui empefehe déplanter, oa entcc,ny de faire chafe quelconque qui foit nccclfaire.
ViNCEUT. Pats que iâay mon cÅureclercy touchant le Bidexte, vous me ferez plaifir,me difcourant de ce quâon doit garder amp;nbsp;ob ferner à ven-denger les vignes : amp;nbsp;fur tout lequel vaut mieux de les cueillir bien meu-â res,ouaigrettcs,ou médiocrement.
Iean BAPTISTE. Pout Ic prefentiene içauroy vouscoplaiceen ce-^y y ^ caufe qa il me faut aller en des affaires qui me (ont dâimportance: mais reuenant demain à lâheure accoudamée,nous parlerons, Ce de cecy, amp;nbsp;d autrescboics,ainûqueiem.c verray enquisde vous.
Vincent. le meraparce à vous, de fuis predafaire tout ainfi quâil roasplaira en ordonner.
^flN DE LA TRO ISIESME lOVRNEf.
QVATRIESME
QVATRIEME lOVRNEE
DE LâAGRICVLTVRE DE
M. AVGVSTIN GALL O,
âTOKCHANT L£S rsND ANGES, ET
façons A FAIRE LE VIN, AVEC
Vautres obferuations à ce apartenantes.
0 M M E lâAiiogadre eu ft fait copagnic au feignenr ^Vincent parrelpace prefquedâvnmille, amp;nbsp;eftant inuité à dilner pour lendemain, le Magic ne faillift ,à Py trouucr,amp; ayans finy leur repas, le retirèrent à lE lâôbrc en vn lieu touffu, çouuert, amp;nbsp;agréable pour .^ fafraifchcur,pouryouïrlcdoux amp;plailant murmure , amp;nbsp;bourdonnement de lâeau qui couroit du cofté de Tramontane, on de Septentrion, le long du i ardin, où fâeftans faits porter des fieges, amp;nbsp;affis que furent, Vincent comin ença de parler en celle forte. 11 me fouuient, feigneur Baptillc, quâhier ic vous dis, que ce me feroit chofe agréable, fil vous plaifoit me difeourir ce quâil fault faire pour la cueillie des railins, amp;nbsp;façon des ven-â¢^^quot;gestde pource fattens à prefent que vous mâen dcclariezpar ordre, au ®oins ce qui y cil le plus necclfairc.
Traité fut le nioicn que fault tenir à ven danger.
Han BAPTIST E. Pour fatisfaire à celle vollrerequcllc :ic vousad-peut à faire le meilleur vin quâil luy ell polfible.Et par ainlî ne fait faute de Vcndâgcrlc raifin eftant meur mediocremet: car lâil le coupoit encor ver-^lt;-'let,amp; aigre,il feroit des vins gingucts,amp; verds fans grace ny bon goull: amp;nbsp;eftant trop meur,lc vin aulfi feroit mat,amp; fans faneur,amp; quâà grà d peine on pourroitconferuer long temps.
Dauantage metfoing,dc ne point vendanger, non feulement durant ^nilplcull (lâil ell en fa puilfanccdeccfairc) voire ny lors quelc raifin eft chargé de roufée : ains doit attendre quâelle foit abbatuc, amp;nbsp;que lâair foit Puiftoll chault que froid , dâautant que le vin en ell meilleur, amp;nbsp;de plus longue durée. Ainfi quâen aduint en celle heureufe année de lâan 1540. Oùlc temps des vendanges fcllans palfé fans pluye iufquesà la Sainél Martin , lâanfoifonna tellement en bons froumems, amp;nbsp;dclicatclfc de k
Pluye dan-gereulc durant la vtndangc.
Lâan ij'40. fort fcttiJ.
«I
Q^ATRieSMI ÃOVRNEE
vins , que de noftrc aagc on na vcu vnc pareille abondance. Sifaire fe peut cncor,ic tronucray bon quon nc védangeaft point quââpres le i8. Comme ouao.iourdcla Lune, à caiifcquclcsvinsciideuicnncnt plus pui/Ià ns, faut ^^°*' amp;nbsp;font de meilleure garde que fi le raifin eft cueilly au croi/îà nt.Faiit au/ïï pour ^faire *î^^ ^^ diligentmefiiagcricparefen vcndangcant)aucc toute curiofite, les de bon vin/^*^ââ^^ââ^oâ^®â^ââ¢^^^^2:,grcfiez,bruficz,amp; ch an fis dâaueeles bons,(ans y laifièr parmy fueillc,paillc,ny feftu quclcôquc,ains eft befoin que les ti-ncs,cu,ues,amp; vaiflêaux,où le vin doit bouillir Coicz bien ncts,amp;' fins quâon y laific ordure quelconque,car défaillant le vigneron en cccy,aiicincntles vins pourroiérfcga/lerjamp;corrÃprc.Pour faire encor le vin parfait,amp; délicieux,faut eboi/ir le raifin gentil du grofficr,amp; cómun,Jcs blâc,dcsnoirs nc méfiant plus de deux Ibrtcs de raifins menuz amp;gctils enlcmblc, corne qui mettroit ccluy qui eftià uoureuxauee vn doux,amp;le blac qui cil puif fanr,aucc ccluy qui cil foiblc,amp; charge de coulcur;amp;- ayât fait chois,mcr-Lerai/in t« les gros raifins amp;nbsp;comuns à part pour faire la boifibn de la famille, ou entarte en gens de bafic qualité,qui arriucronr en fa maifon. En vedangeant encozle terre ertpu melnager oblcrue cecy quâil laific en rerrepour le mois deuxon trosiours 5oieif ^^^' â lâair,amp; à dclcouucrrlcs raifins choiCis en ras,dâaHt3nt quâils en deuiénent meillcars(pouïaca quâil ny plcuue defiusicnranr que, amp;nbsp;le folcilSi la tou-fee les zfRnenz, Sepuzilient, amp;nbsp;l^zczzec^iii lent ofie toute zmaziiilihii-mcur:puis les laiffenonplus hault de deuxiours d^ns la. caue,ains que les fouler,afin que le vin croifTe en force amp;nbsp;bonté,efiant le raifin ainft cfpuré. 'Vîncrnr. Maintenir que fay entendu ces aduertifremens,iâams encor dâouir voflre opinion,cntat que touche le bouillir du vin en la cuiic.
Jncomodi- h^j., BAPTISTE. Câefl la queflion la plus difficile à vuider quâautre uicnncnt ^ââ.5ââpmilepropoler a vn bon meffiager,amp;: expert vigneronid autarqae en Jairtà nt '^'^^t vue telle,amp;. fi grande diucrfité de raifins,despais amp;: terroirs lefqucls taaei: Ion- font plus que différés en remperarure,du froid,chauld,amp;: autres quaiitez, guement il cflimpoffible de donner en cecy vnaduis qui foit general à toutes con-«â⢠nbsp;nbsp;nbsp;trées.Er ainfi ne fault rrouucr efirange les dinerfes façons en cecy de chaf-
cune Prouince,l vnele faifant en vne forte,rautre en vnc aurrc,voirechaf cù en parriculiera des dinerfirez à faire fon vin,à fapoflc,amp;: fantafie. Ain-f quemeCme on voir en ce village, que plu fieurs font bouillir leurs vins ^ingt Si trete iours,la où,amp;irtoy,amp;dâautres en allez petit nombre, ne les laiflons cuuer que cinq ou fixiours.
V r N c i N T.Pour quelle raifon cfl-cc que vous les laiffez bouillir fp^u de temps}
Iean B A p T i ST E.11 fault que vous fçaehiczq tatplus les vinsbouil-lent,amp;plus ils font gros,mols,mars,faas faneur, Sc bien fonuct fenaigrif-^ chargez de couleur, ne differentprefque en rien à lâefpailfcuide ^' ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l ancre lapins noire.Or tel brcuuage efl malplaifanr en toutcf3ifon,dâaa-
^^^^^^'^f 1^ f'^^'â^ble que vous auallicz vncmcdecine,amp;en outre il otfufquele fcns,emplifl trop les vénes, dilfbultlcs membres, noyé, Sc galle le foye, amp;: remplir tellement cbalcun de fumoûtez, âc groffesha-
de L'AGRJCVLTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;81
meurs,amp; fur tout les plus gentils cfprits,qu'on ne peuk ny manger,ny di- Q^^jj^jn, gerer les viandes quâaucevne fort grade difficulté.Et pour ceftc caufeces Ã^iespl» vins font louables,amp; à choifir qui (ont clairets, amp;nbsp;vcrincils,mais teUemét fains amp;nbsp;que leur couleur le raporteà cclle dâvn ruby des plus orientaux,amp; trâfpa- meilleurs, tens quâon puillè vcoir;cntant que tels vins non feulement caufent la di-geftion facile,ains les arroufant,^ trépane alFcz dâeau,nâen perdent pourtant leur faueur,amp;: dclicatcire:cc qui n adulent pas au refte des vins.
VINCENT, laçoit que les gros vins rouges foyent agréables au com-mun,ficlbcc que les délicats, clairets, amp;nbsp;lubtils en couleur ont de tout temps efté louez,amp;'choifis par les hommes de bon iugement, amp;nbsp;fur tout pat les médecins les plus experts amp;nbsp;excellents.
lEAN BAPTISTE.llyacncorvneautreoccafion,quimonftrecombien eft dommageable de faire bouillir les vins fi longucmcnt:ainfi quâon peuk cognoiftre par exemple. Car fi vous mettez en deux cuucs en chaf-cune trente hoftées de bons raifins,amp; bien choifis amp;nbsp;purifiez,amp;quc lâvnc bouille quatre ou cinqiours, il fault quelle vous rende pour le moins vingt féaux de vin; amp;nbsp;lâautre bouillant vingteinq ou trente iours,fans nulle doute nâen rendra point dixhuit,amp; bien fouuent encore moins fi le vin aboullu aucc grand vehemence amp;nbsp;chalcur.Et de cecy prendrez Vexperié- Vins ^^®^â^ Ce es lieux où ion fait bouillir aucc le feu pour le garentir, dâautant que de Ãtiixantc hoftées de raifins, ils nâen fçauroient tirer quarante-cinq (eaux pleins de vin.Mais quelquâvn pourroit dire que cefte exemple eft hors de E, confideré que le vin qui enue dans les tines, amp;nbsp;tonneaux ,boult
.cnt,amp; à ion ailc,là où ccluy que le fcv efehauffe eft poufle, amp;nbsp;contraint par cefte force exterieure.Et ie dis quâil eft plus vray-lcmblablc que noz vins qui cuuent vingt-cinq amp;nbsp;trente iours, diminuent pluftoft de la dixiefme partie,que ceux quâon fait bouillir au feu, de la cinquiefme, entant que ceux-cy nâont que des quarts dâheure pour fentir les flames, amp;nbsp;tien pas les vingt iours,comme les noftres.
V i N c E N T.Mais quelle opinion vous fcmblc la meilleure pour garder les vins,lc long ou le peu bouillir en la cuue.
lEAN BAPTIST E.lc fuis toufiouts cfté dâaduis que les vins fc confer-uent,amp; garder,non pour cuucr les vingt ou trete iours,ains font de meilleure garde lors,que le moins ils cuuent:cc que iâay vcu par cxpcriécc,quc les vins qui bouillent fi longuement, amp;nbsp;iufques à ce que dâeux mefmes ils Celîcnt, ne fe mainticnnét pour cela mieux, ny plus lôg temps que les au-trcs.ll eft vray quâeftant coulé amp;nbsp;rcfroidy,tant plus le laiflez en la cuue,amp; mieux il fc prepare pour eftre de durée. Et naduient cecy pour-ce quâil a boulin longuement,ains dâautat que les grapes ay as le deflus à la cuue, amp;nbsp;deflus de ce vin cuué,ont induit ce vin prefque côforme au gouft du vinaigre. Mais ie dis qf il efton vray que le vin fe coferuaft pour bouillir longuement,amp; iufques a tant quâil cclTaft de foymcfmc,tant fâen fault que les anciés euffent teu vn tel fecrct,voire nâeuffent laifle tât de remèdes, quâils ont fait,pout le garentir,amp; fauucr.Et fi cecy eftoit veritable,les Mllanois,
84
QVATRIESME lOVRNEE
qui font des plus friands de bon vin que nation quâon lçachc,nâauroyenC point lailîc la coullumc de faire cuucc leurs vins les vingt amp;nbsp;trente iours, pour le faire feulement bouillir trois ou quatre,amli qu'ils en vfent des le temps que Louys douzicfnc,Roy de Francc,fe feie feigneur de celle terre Les Mila- richc,amp; florilIà ntc.Car les Fraçois ayans coullumc de boire des vins chinent dîs^quot;quot;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nomment ils pour nâcllrc guere chargez dccouleur)ellansail
retsfccls les nomment ils pour nâeftre guère chargez dccouleur)eftansail
Fraçois le Milanois,amp; trouuansles vins du pais afpres, grolîîers, amp;nbsp;trop vermeils.
faire Je vin cl arrêt.
à les acouftrer à la mode de France. Les Milanois amp;nbsp;autres leurs voifins, cognoillà ns que celle voyc de faire vin, clloitamp; meilleure amp;nbsp;plus facile que la prcmierc,ont depuis continue' ce quâils aprindrent des f rançois/c en v/ent à la mode que ie vous ay dclcrice:comme auHî le mcfmc ont lait
ceux dcSauoyc,Picmont,Saluccs,Monrfcrrat, amp;nbsp;prclque toute la Lom-bardierdâautant quâils voyent, quâen nclaillant guere le moull en ciiue,le âvin en a plus belle couleur,plusagrcablegouft,amp;là ueur, en cil meilleur, amp;.fc gardeplus longuement quâil ne faifoit au parauant. Que direz vous encor des vins quâon boit tour le long de la contrée Voltolme.lclqucls on fait fins quâils cuucnr,ou fâils le font,ccd fort peu de temps. Se toiitcslois ils fc gardent,amp; mainnennet en leur bonréiultjucs à vingt ans. A Cçauoir, Aalsi tou* ü les pais dâHongrie, Alemaigne, amp;nbsp;autres Prouinecs n'vlênrdâvn pareil mclh igcmcnt? Et dcquoylcruiroit dâaller rechercher ccfmoignage d^cc-cy en pais ellrangc,puis quâil y a Ci grand nombre de noz Brelciaat^if«*^'
ces pays «teftéfub-iefts aux Franjois.
mementeeux qui arroulcntleurs vignobles) lefquels desïong^â^â^P^â'^ çanefontprefquerien cuucrlcs vins quâils vculétgardcr:anâs^°â^fâââ^^quot; jlèramp; couler le railîn, amp;nbsp;moud, tout aullî cod quâon le porte de la vigne, dâautant quâils voyent que par ce moyen ils en duren tplus long tempîA demeurent meilleurs que bouillans en La cuuc.
VINGEN r.Dites moy(ie vouspric)la façon de faire ces vins.
lEANBAPTiST E.Pout faire büs,amp; dclicicuxlcs vins quenousapd-1ÃS forccz,à caufe quâils fonc faics de rai fins noirs: faule premieremét tout
Vin blanc fait de rai-amp;Mnoirs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i r , nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
audi cod q lerailm cd porte en la. touleric,ÿc mis en la cuuc le foulet [ici-bien aux pieds, Se mettre le vin dus des vaidcaux les plus nets quo fyoa cboiCiridc quoy quâonpeulcmettre Ibuz leprcllbüer cesraifins,n vaaltH mieux les fouler,à caulc que le vin en fort mcillcur:puis failani bouHUtce vin qui rede dans la cuuc,aüec de lâeau,qui feruita de boue defpencepoue les feruiteurs. Or qui venir, peaktéplir fouuét les vailfeaux où edeevin, de pareille liqueur,quon doit garder exprès pour ccd cffct,iufques à tant quâil fc foie fuHifammcnt purge en iettanr les laperdaitezparle bondé. Il cd vray que les remuant quelquefois tandis quâils bouillene,amp;: en oilath lie qui ed au fonds,fcra le vin plus agreable,amp;:fauoureux,fansatrcdrciuf qucs à la faint Martin:amp;pis ferait on û on demeuroit à ce faire iniques au i nbsp;nbsp;nbsp;mois de Mars.Or ces vins font piquas par lâcfpacc de plufieurs mois,de le
taifin nedant mal meury, font aucunemet douxiScde lègue durée (comme diced) de iont blies enperfc£iió,poarucu que foyent mis en vailfeaux
DE LâA G RI cv IT VRî. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;85
«etsà plaifir.Mais pour faire quâils foient doux lâan fuiuant quâils ont efté faits, amp;â piquans tout le long de lâannée, on met dans le vailleau où il eft, vn tiers de mouft fort doux, fait (comme dit eft) de raifins noirs, amp;nbsp;bien meurs,lequel mouft ne fçauroit boüillir,pour eftre la quâtité du vin vieil plus grande que celle du nouucau. Et plulieurs eftiment que tel vin croift dâvnlèaupour charrette, pour ne venir amp;nbsp;exhaler fa force en bouillant, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
ainfi que font les autres raifins qui ciment,amp; pour nâeftre beu, amp;humc par les grapes du railin,qui confommét beaucoup de la fubftancc du vin. Bien eft vray, quâaucuns eftiment que ce vin nâeft point parfait, iufques à la fin du mois de Iuin,quoy que ieleur prouue le contraire,entant que tât plus il teilt la chaleur,tant il eft plus amiable amp;nbsp;gentil, amp;nbsp;faccroift en bote ayant vn an pafté. Mais il luy fault changer de vaifteau fur la my Noué-bre,ou pour le moins au mois de Mars,afin de lâoftcr de la lie quâil aura au fonds,amp; que par ce moyen il fe rend de longue durée.
VINCENT. Quelrcmcde auez vous encor pour conferuer les autres vins.
1E A N B A P T i s T E. le ne fçay point les fccrets pour les garder tous, dâautant quâil en y a de fi pcrucrlc nature, quâencor qu on employai!: tout fçauoir pour les garcntir,fi ne feront ils iamais de garde. le vous en diray tieantmoins quelques vns pour aider les autres qui fe gaftét pour les fau-'«s quâon fait à leur grand dommagc.il fault que vous coupiez le raifin a- ^^ââ jB°^^ ticcccllcdiligence, amp;nbsp;façon que ie vous ay dit;amp;vous redis cncorquc qu\i ne fe fuyez foigneux de faire rafclcr,lauer,amp; nettoyer fi bien voz cuues,amp; vaif- gafte. féaux quâil nây refte ordure quelconque, vcu quâil ne fault fâefbahitfi le vin ne peult eftre conferué, lequel a boüilly auec de la falcté, amp;nbsp;vilennic.
Et des que le raifin fera à voftre maifon, le ferez fouler aux pieds dans la cuue, puis le letter dans la tme ou tonneau en lieu couuert, afin quâil ne çleuue dedans, amp;nbsp;que le Soleil ne lâéchauffé,amp; face bouillir auec violen-t^^'-dâautant quelevindeuient meilleur, quandilboüilliftà fonaifc. Et lt;)uandà lâefpace que le vin doit bouillir, ou tant de iours ou moins, ic ne fçauroy en determiner, eu efgard aux raifons cy deffus alléguées : Néant-moins félon mon iugement,on ne deuroit point paffer plus hault que des huit iours.
v i N e E N T.Qui en vferoit ainfi en noz carriers,en lieu de boire de quel que vin clairet, il auroit du plus trouble quâon fçauroic dire, chofe qui eft plus que dcfplaifante à tous les citoyens de Brefle.
lEAN B APT i ST E.Eticdis,que fi ccftecouftumccftoità blafmcr.ily ^quot;p* j^^' ipluficurs contrées qui fe tróperoyent grandemét,amp;plufieurs de noz ci- ^^^^^ ^ijj, toyens qui les reçoiuent fi troubles, quâa giad peine font ils efclaircis aux rets de Gaf feftes de Noël: mais qui puisapres deuiennent fipiquans,que prefque toigne, toufiours ils font larmoyer ceux qui en boiuent, outre ce quâils font de fi gaillarde, amp;nbsp;vermeille couleur, que toufiours ils fautclent dans le voirre: choie qui conuictoit, comme Ion dit, les morts dâen boire. Que fi ces vins deuiennent fi pkifans au gouft, comblé font moins à vitupérer ceux
k lij
8lt;gt; 0^ A T ME SM B lOVRNEE.
Moyen de faire qu vn vin demeu te piquât.
qui les tirent, nâcftans encor du tout purificzjll eft vray que ces vins oftez que font du vailfeau perdent leur force piquantc,mais qui les veult tranf porter dâvn lieu à autre,amp; les garder en leur vigueur fault en premier lieu les battre bien auec vn bafton iufques au fonds, amp;nbsp;lié, amp;nbsp;puis les conduire,amp; entonner ainfi troubles quâils font, entant que dedans quatre iours ils feront éclaircis pour la lie qui fen ira au bas,amp;:laquclle eft celle mefmc qui leur donne celle force amp;nbsp;gouft fauourcux,amp; piquant.
VINCENT, Icne fais quâattendre que vous me dillicz lâordre, amp;nbsp;moyé que vous tenez à faire les vins de diuerfes faucurs,coulcur,force, amp;nbsp;puif-fancc,amp; auffi comme on les peut faire verdelets,amp; piquans,fauoureux amp;nbsp;doux,ou à tout le moins qui en tiennent quelque chofe.
lEAN BAPTisTE.Eftantfurlepoint, amp;nbsp;propos, de ces chofes,ic dis premièrement que plufieurs foulent dés le premier loir des vendanges les raifms cueillis, amp;nbsp;ce à beaux pieds dans les cuucs, amp;nbsp;fines, ou auec des grofles maifucs de bois, amp;nbsp;au prelTouer pour le moins deux ou trois fois de fuite, puis demeurent deux autres iours ains que les entonner, amp;nbsp;mettre le vin en fes vailfcaux.En y a dâautres,qui efcoulcnt de la cuuecoranic la moy tié du vin, amp;nbsp;le mettent en vue autre cuuc iufques à tant que toute la vandangc ell foulée, puis le remettent dedans : îaifans cecy deux ou trois foirs de fuite : dâautant que lâexpérience a fait voir amp;nbsp;cognoiftre que le vin non feulement endeuient meilleur, amp;nbsp;de couleur plus agrerme, ains encor en eft oftec la greife, amp;nbsp;grolfcur qui caufe que les vinsncfonr point de durée.
v i N c E N t.D étant plus ay-ic contentement oyant ce voftrlt;: dilcours, comme ic fçay que mes vignes de Pompean produifent le vin moi, mat, amp;nbsp;foible, tant pour eftre les champs fouuent arroufez, que pour la greffe trop grande de la terre.
lEAN BAPTISTE. Quant à la dinerfité des façons de faire de bon vin ie vous propoferay cecy pour exemple : quâon mette en vne cuuc quatre charrettées de raifins, qui foyent bons, lefquels fouliez, amp;nbsp;ayant boüilly deux ou trois iours,faudra tirer,amp;â couler le vin du tout fans quâil en refte ricn,qui loit mis en vn autre vailfeau de grandeur pareille, p uis emplir b premier de bos raifins,amp; les fouler aux pieds.Et ce vin eftât efclaircy,que foudain on lâentonne,amp; enuaifcllc dâautant quâil en fera plus parfait,dcli-cat,amp; mieux piquât. Le vin encor eftât tiré de la première cuue,on pourra mettre en icelle vne charrcttéc,ou deux dâcau,amp;delfus icelle des grapes de raifin bien foulé iufques à en réplir le vaifleau: ce quâon pourra vfer de mefmc à lafccôde félon la quâtité du raifin qui fera dedâs,laillà nt bouillir le tout iufques à ce q le vin fait purifié,lçquel fera bié toft clair,amp;dcmour ra corne nouueau fait, amp;nbsp;ce q ie dis dâvnc cuuc tenant quatre charrettées de vin(eftant ou plus, ou moins) fi eft-ce que lâeau y doit eftre mife cuef garda la quâtité du raifin. Et fi encor vous defirez de laire du vin mefléa-ucc de rcau(pour eftre plus là ins,amp;dc plus facile digeftion q les autrcs)ie fuis dâaduis que dés que vous aurez mis les raifins, amp;nbsp;vendâge dâs la cuuc
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OK LAGRIC VLTVM.
à bouillir, vous y mettrez de lâeau felon que verrez que le peut porter la nature des raifins,lcfquels eftans bons ne tçauricz moins faire que dây iet' ter la quart ou le quint dâeau à leur proportion,dâautant quâelle ne fait pas tant croiûre le vin,comme Ion en a mis de quâticé dans le vailîcau, à eau-fequevne partie fcuaporc en fumées, amp;nbsp;lâautre fcfcoule en bouillant. Et ayant ainfi enue trois ou quatre iours pourrez lâenuaiirdlcr, amp;: fera ce vin clairet, amp;nbsp;fort plaifant, amp;nbsp;gentil pour boire. Et fi voulez en faire de moins fort,amp;: fumcux,vous ferez fouler aux pieds trefbien toutes les grafts qui vous reftent apres la première ciiuéc, amp;nbsp;y mettre la quatricfmc partie dâcau;amp;trois ou quatre iours apres mettre ce vin en des muis,amp; fera ce vin amp;nbsp;bon à boire,amp; apte à mefler à ceux qui font trop forts amp;nbsp;chargez de coulcur,chofc plus prouffitablc que dâvfer de lâeau pure, amp;nbsp;toute cruc.Mais pour faire ce vin plus dclicat,le fault mettre das vue cuuc pleine de grapes de raifins fors meurs, qui ait efté entière cinq ou fix iours, le laillant cuuer vn iour fculemct,amp; lâen tirerez amp;nbsp;parfait,amp; fort fain à boite. le veux vous enfeigner encore vne autre forte de faire vin qui fera de grand proufit,amp;: foifonnant quatre fois autant quâil eft,amp; délicat à lâvfcr, bien eft vray quâil en fault tirer tous les iours iufques à ce quâil fera failly. Vous cfgrumerez donc telle quantité deraifin que bon vous femblera, prenant garde à cecy,quc pour autant de hotées de raifins que vous mettiez denS la cuuc , vous mettiez audi à chafeunes dix hottéesnon moins que de deux féaux dâeau toute bouillante,couurant dâais à ce propres,tout foudainlevailTcau,afinquclavendangcainfi chaulde face micuxfoncf-fait, amp;nbsp;fc parface en fa chaleur. Qyiefivousfaifiez en cccy endesmuis foncez des deux bouts,il ne feroit ia befoingdây mettre des ais, ains feulement cftouper le bondon:amp; gouftant de ce vin deux ou trou iours apres, le trouucrez fort plaifant à fauourcr. Obferuans neantmoins cccy, que ceux qui en feront tirer portent leur pot plein d eau frefehe, qu ils iette-rom deirus,puis tireront du vin à leur fantafic,amp; fâapellc ce vin la boiffon despauurcs,à caufe du peu de frais quâil fây fait aie faire, amp;nbsp;qu aulTiqn en boit peu dâautant quâil mord, amp;nbsp;pique la langue à ceux qui en boiuent: dâautant auffi que vous y pouuez adioufter du vin quelque fois pour luy .confcruet amp;nbsp;le gouft, amp;k couleur â¢. amp;nbsp;fcraboncncorlcvinfaitauecdc lâeau pour lâaccroiftrc.Vousaprédray encor vn autre moy en proumtablc. Câeft qu eftant tiré le vin,amp;: coulé,vous ofterez les grapes feches qui font à lacuue,amp; deflus les autres en la cuuc, amp;nbsp;ferez bien fouler ce qui reuera dedans : de fil y eft entré foixantc hotecs de raifins, y mettrez tculcmcnt dix ou douze féaux dâeau,puis couurat bien la cuuc,pourrcz vfer de ce vin trois,ou quatre iours apres,amp; fera fain, amp;nbsp;fauoureux conleruant la bonté en ces grapes pluficurs moys,pourueu qu on les tienne bien couuertes. fault que vous monftre vne autre manière de vin dcleéiablc fait aucc de lâcau'.câeft que mettans dans vne tine,amp; cuuc quelque foixantc aottees c raifinbicn mcur,vous lây lailTercz cinq,ou fix iours repolcr, amp;nbsp;fine,Puis prendrez le vin qui en fortira le mettant en vn autre vaillcau,^
78 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0^ AT R IE SME lOVRKEE.
focidain fouler aux pieds Icfdits raifins, amp;nbsp;vendange, fur laquelle ietterez quelques vingt ieauxdâeau,plus ou moins félon la quantité durailin:ce-cy fait vous remettrez dedans le premier vin tiré foulant de rechef le tout tre/bien cnfcmblc,rcnuaillélant,amp; mettant es muis trois ou quatre iours après ce vin,lequel trouiicrez fort délicat au boire.
v i N c E N T.Ãftant ces fept fortes de faire vin prouffîtablcs, ie voudroy fçauoir encore quel moyen vous tenez à les diuerfifier en douceur.
Iean BAPTIST E. Auant que vous declarer cecy ie vous apprendray pluftoft de faire les vins fans trop de vapeurs,ou fumofitez, encor quâils Ã'oient des plus puiilans raifins quâon içaeheeboifir, ou ceux quinafifent en terre graire,ou parmy les champs arroufez. le vous dis que la vendange portée que fera à la maifon, citant blanche,la ferez foudain foullcr, amp;nbsp;prcfier,mettans ce vin en vue cune, ou vailleau plus large de bouche,alîn quâil puilfc mieux feuaporer,amp; ietter hors les fumées : mais dâautant que lâcipacc de fept ou huit iours,il ne ceflera dâcfcumer:Ne faut aufli cclfcr de lâoftcr aucc vnc caife menuement trouée amp;nbsp;pertiiilce,amp; ce fouuét,amp; iuf ques à ce quâil cefléra de ietter ceftefupcrfluitc:puis le tirerez,amp; coulerez de telle forte que vous' ne toucherez aucunemec à la lie qui eft au fons du vaiireau,ainfi en cmplilfant voz muis le trouucrez aufli peu fumeux, quâ^ fil auoit efté fait aucc lâeau,amp; quâelle y full meflee par moy tié, amp;nbsp;mcfwe pourrez vfer de la vendange noirc,tant foit elle puillà ntc, amp;nbsp;fortic de terroir gras,amp; encor que le vin euft boulu plus que de couftume»
Quant à ce qui concerne les moyens de faire le vin doux ; vousprédrez cent hures de bons raifins,amp; fort meurs, amp;nbsp;les mettres dans la cune , amp;nbsp;iccux bicn foulcz,y ietterez dclîiis la quantité dâeau de 5o.liures,lcsGom-partiflant par cinq,ou fix matins de fuite à lâentour des grapes du vin que voulez faire doux,aprcs cela retirerez le vin lendemain du iour fixiere, amp;nbsp;le verrez eftre cler,doux,amp; picquant. Vous en diray vne autre forte: Aiettez trente hotées de raifins bien meurs dâs vnc cuue,Ics y laillantain-fi fans les fouler trois ou quatre iours ains que les foulcr,amp; foulez que feront trcfbien,niettez y defius cinq ou fix féaux dâeau bouillante, en cou-urant tout auffi toft le vaifleau afin quâil foit plus puiflant à reifet quâon le demâdc:amp; 24.hcures après faut tirer ce vin lequel fera fort clcr,amp;doux en fon boirc:cncorne vo* celcray-ie point ce fccrct,quoy quâilfoitplâfâcheux à faire q les autres vins quâon adoucift par le moyé de lâeau y deifus c(pâduc. Câefi que fi vous mectez(ie dis cecy pour exemple) le lundy dans la cuuc 30.hotées de raifins boHS,bicn choifis,meurs, amp;nbsp;qui ne foientfen-dus,ny cfolatez du chault ou pour la pluy c,lc mardy au foir il faut que les mettiez fur douze féaux dâeau pour Ic moins,laqucllc retirerez le mcrcrc-dy fuyuant,Iapofà inainfi auinéc dansvnc autre tinc,afin quâelle cxhalcfes vapeurs : Puis Icicudy au foir remettrez celle eau auinéc fur les raifins fùfdits,rcn tirant le lendemain encore vncoup,amp; lây remettant lelà mc-dy au foir, amp;nbsp;le Dimanche la faut couler, ou tirer encore pour la mettre dans le valc fuicht. En fin, foulant bien ces raifins qui font en la cuuc,
DE lACRICVlTVRE.
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y iettercz delfus cede eau enuinée que dit eft, lây laiflans mfqucs au mer-credy, amp;nbsp;lors tirant, amp;nbsp;coulant tout,cn ferez vn vin clcr amp;nbsp;fort délicat, plaiiant,amp; délicieux à boire. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
V i N c E N T.Puis que iâay entendu comme ces vins fc font, ie defire encor de fçauoir les moyens dâen faire de doux fans eau.
Iean BAPTISTE. La premiere façon cft(pour exemple) prenez moy dix hotées de bonne védange,tenue quinze ou vingt ioursfur la paille,ou fur les aiz,laquel le foulerez trefbié aux pieds dans la enue, amp;nbsp;la deflus iet-lezmoy douze bons féaux de vin nonucau qui foit bon, amp;nbsp;clairet : amp;nbsp;dix ou douze heures après cnuaiirdlez ce vin, tout autant quâen pourrez tiler,affeurez-vous quâil fera doux tout le long de lâannée.
Lâautre moyen eft , prenez telle quantité de vendange que voudrez, mais que foit bonne , bien meure , amp;fanseftre aucunement remouillée , amp;nbsp;fans quelle foit efcachéc, la mettrez en la cuue fans y faire autre cas de huift ou dix iours, afin qifcllc fe prclfant dâellc-mcfmc rende aftez de vin, amp;nbsp;lequel ainfi quâil viendra par la canellc ne faillirez de mettre foudain dans le muid,amp; iccluy tiendra longuement fa douceur, puis foulant tout ce qui reftera dans lacune, trois iours après en tirerez le vin qui y fera de teftcjequel encor aura de la délicat elfe. La troifiefme manie-tc de faire donx le vin,cft,fi vous prenez,comme qui diroit dix hottées de â«fin bien meur tenu dix iours, ou fur la paille, ou fur des aiz au foleil, les fiicttrcz en la cuue (ans les rompre ny preflcr,amp; deux iours apres y icterez deflus cinq,ou fix féaux de vin nouue au bon, clair , amp;nbsp;non chargé de cou-lcur,ôc vingt-quatre heures tirerez amp;nbsp;coulerez le tout, autant que venir en pourra,amp; le mettrez en vos muids pour la garde. Cccy fait vous foulerez vn peu cefte vendange icy iettât encor pareille quantité Icvinnou-ucau que dit eft,lây laiirant,amp; le tirant de mefme que lâautre. La quatricf-mc,amp; derniere fois foulerez à bon cfcicnt,amp; trefbien ledit raifin,y mettât dümefinc vin autât que deflus,le laiffant cuuer le mefme téps que dit eft, amp;nbsp;le tirant de mefme forte. Par ainfi faifant bien ces chofes, comme ie les Vousay déduites,vous aurez en quatre fois vingt-cinq,ou trente mefures de bon vin gentil,amp; ayant de la douceur fauoureufe, amp;nbsp;lequel fera fain amp;nbsp;proufficablc à lâeftomach , lequel pourrez mettre en fa dluerfité dansvn tnefine muid,ou en diuers pour en auoir de pluficurs fortcs.ia quatriefme forte de faire du vin doux,eft de prendre dix ou douze hottées de védange amp;infi que bon vous femblera de raifins bons amp;nbsp;bié meurs,ft les bien fouler,puis remplir vnc petite quelle du vin qui en fortira qui foitbié reliée, amp;nbsp;cnccrccléc,amp; ainfi pleine amp;nbsp;mife das lâeau iufques à quatre doigts près de la cuue y baignât prefque toute,lây laiffant par l'elpace de quinze iours amp;nbsp;plus,felon qlc vin fera puidanf.puis conduirezledit vaiffeau ainfi plein dans le tclier,ou cane,lequel vous rendra du vin blâc,quoy que les raifins foyét noits,amp; qui demeurera doux tout le lôg de lâannée,pour nâauoir eu le moyen de bouillir.Cinquiefmemétle vin le fait doux en prenât des rai-fins des meilleurs,plus meurs,amp;choifis,lcut coupant tout net la quelle de
Æ0 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;QVATRIESME ÃOVRNEE.
^^ o'-^P^â^ ^'â oftant les grains qui feront gaftez amp;nbsp;pourriz,ou non encor bien meurs aucc des forlcctes, amp;nbsp;ainfi eimondez amp;nbsp;nettoyez les mettre Tvn apres lâautre fans les rompre, dans vnc cuuetee faite en long qui foie fur vnc charrue à lâombre fous vn portiquc,ou allée, amp;nbsp;le foir la mettrez à defeouuert afin quâelle reçoiue la roulée par huiél ferées cótinuellcs:Puis tirerez diligemment tout le vin qui en fortira lequel fera trcldoux tout le long de rannée:puis ferez preder tout ce qui reliera de raifin,dont tirerez encor du vin aifez doux,amp; piquant à boire. Le moyen fixiefme de faire le vin doux amp;nbsp;bon,cft,fi vous mettez des raifins fur des aiz,ou clayes dans le four tout chauld iufques à ce quâils lây cnflcnt,amp; enflez que ferôt les öfter foudain,y en meflant dâautres non mis au four en telle quantité quâil vous viendra en fantafic défaire du vin. Celle védangée aflcmbléc ainfi la foulerez trelbicn,amp; la liqueur en fortant fera mife for le vin qui cil cntonncl-lé,les muids edans bien clos amp;nbsp;elloupcz tout fur lâheure, amp;lçachez que dans quinzeiours ce vin fera ou peu ou fort doux, félon la quantité des raifins que vous y aurez fait mettrei Mais le meilleur câell dây mettre de cinq en cinq hottécs,ou féaux de vin,vn feau de ces raifins ainfi choiüz,amp; acouftrez que dit eft. La manière feptiefme amp;nbsp;qui efl la meilleure pour faire que le vin dure en fa douceur, amp;nbsp;perfeélion tout le long de lâannée, câell en prenant dix lâchers de toile,ou dauantage,ou pluftoft de laine aiât le poil au dedans,amp; de la longueur dâvue bralfe, fai dis à la figure amp;nbsp;façon dâvnc chaufle dâhipocras,à fçauoir,pointus au fóds,auec vn cercle de boit en hault,amp; coufu tour à rentour,afin quâils ayent près dâvnebra/fedoii-uerturc.Et accommodant vue efeheUe à main,fur des chcua/ers,amp; appuis hauflèz de terre dâenuiron quatre brafles mettrez Icfdits fachets aucctel intcruallc que les forcles fapuyent,amp; foyenc foullcnus for les marchés de ladite cfchelle ainfi ellant en lâair:Puis mettre deifus vnc canne, amp;efeou-loir de deux aiz larges de demy pied bien cimentez,amp; ioints enfemble,amp; aulfi long que les lâchers en leur clpacc,amp; foit par defloubs Icfdits fachets vn peu efloignce,afin que reccuant le vin elle lâcnuoye dans vn vafe, amp;nbsp;tinette de bois, lequel foit à terre. Tout cccy accommodé ainfi quâil fault, vous mettrez en chafeun des fachets autant de vin quâil y pourra dedans, lequel foit frefehement foulé,amp; qui nâaye bouilly encore : amp;nbsp;tandis quâil fortira trouble, rcmettcz-le toufiours dedans, iufques à ce quâil deuienne clerjamp; purifié: amp;nbsp;lors ne ferez autre cas,iufqucs à tant que les fachets ayét tout cfcoulé ce quâils auront dcdans,lcfqucls bien lauez,amp; ce premier vin cfcoulé entonncllé qui fera forty bien clcr,cn y remettrez dâautre, amp;lcs poferez en leurplace pour faire ainfi que deflùs : continuans iufques à CC quâaurez fait la quantité de vin quâauicz defleignée.
Ce vin tiré,coulé,amp; fait en celle forte,ne fera fi mal lain,ny caillant opilation que le relie de vins doux quâon met és vailfeaux eftas encore troubles,amp; lefqucls on boit, quoy que non bien purifiez de leur matière ter-rcllrc. le vous en monllrcray encor lâhuiélicfinc façon fins plus, afin quâaprenicz de diuerfifier vn feul vin faifant quelque fcllin,toiit ainfi que
DE IâAGRICVITVRE.
Sâ!
fi VOUS en mettiez fur table de dmerfes fortes, amp;nbsp;lequel outre que fera piquant au gouft, fera encor, «Se allez, amp;nbsp;peu doux félon que voudrez quâil lefoit le prenant neantmoins toufiours d'vn mefme vaiircau,vfant de telle fubtüité quâil nây aura aucun des adiftans au banquet, qui faduife de cefteforbe lîgentille,amp;fi plaifant artifice. Vous prendrez donc telle quantité de bons raifins, bien meurs, amp;nbsp;non foulez comme il en pour-roitdansvnc queue félon vortrcdelfcin, amp;nbsp;icelle queuefoit bien encer-cclée, iâcmplillant de ces grains de raifin, à peu près de demy pied la bouchant trefbien, amp;nbsp;alFermilIant le bondon aucc vne douue, ou autre piece de bois, appuyée contre le plancher, ou contre autre lieu, afin que Icfdits grains ne bouillent quâà grand' difficulté : amp;nbsp;fentans quâils ne bouilliront plus, prendrez vnvaillèau de Vernaccie,amp; vin doux,lcte-nans près de voz queues amp;nbsp;muids en la caue: donnans charge au fomeil-hcr qui tirera ce vin piquant dele donner dés le commencement tout pur, amp;nbsp;leur difà nt quâon porte du vin ayant quelque douceur, que lors on verfe vn peu de celle Vcrnaccie,amp; vin doux dans la bouteille, puis lâémpliflant dudit vin piquant : amp;nbsp;ainfi vous en demandant'de plus doux,il ne fauldra quây adiouftet du voifin de voz muids, amp;nbsp;queue ordi naire.
VIN c E N T.Ie me fuis tellement pieu en ces voz lècrets touchât le vin, queie nâay voulu vous interrompre le difcours,iufqucs à ce dernier: dâautant que celle façon de faire me paroill femblable à lâvlà ge des hollcliers, amp;nbsp;tauerniers plus delloyaux,lefqucls pour vne fomme de vin quâils aurot en leur maifon,ils la fophiftiqueront de forte que les holles penferót boire de plufieurs fortes.
iEAN BAPTisTE.NollreprâtiqucellbicndilFcrentcdecclledesho-ftclicrs,dâautant que nous mêlions deux trclbonnes chofes enfemble: amp;nbsp;eux mettent feulement du vin cuit,qui ell auffi clpais que de lâancre,dans levin ordinaire, ou du miel pour le faire trouuerdoux, ou du vinaigre pour luy donner pointe : chofe, pour vray,qui romproit Ic meilleur cllo-tnach du monde.
VINCENT. levoudroy encore fçauoir quelquefecret pourdonner bonne odeur,ou plaifant goull, amp;nbsp;faucur au vin ,.commc fouuent iâen ay goufté amp;nbsp;à Rome amp;nbsp;en autres lieux dâItalie.
lEAN BAPTISTE. le pourroy vous difeourir plufieurs chofes fur ce Receptes propGS,toutesfois ie vous déduira y feulement ce que fouuent iâay experi- â donner menté fur cecy aucc le con tentement de plufieurs.Dâautant que pour dó- auâ1^°*^^ net le goull de mufeadet au vin nodueau defia mis en Ics muids, entónelé amp;nbsp;deuenu clair,iây mets des fleurs fechées à lâombre amp;nbsp;cueillies de lâânéc, defureau,lefqucllesi'éuclope dans vn fachct,ou piece de linge,afin quâcl-Ics ne fâefpandent par le vaifléau, autant quâil en pourroit en la main pour chafeun Icau d.â vin,amp; lequel moyen le vin reçoit celle odeur de Mufeat; mais ic les lie fi bicn,amp; tellement au bondon que les lachets ne defeendét jamais plus bas que de la j^ioy tié du vin;amp; au bout de huid iours ie les en
lij
Ãl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Q^VATRIÃ SVE lOrRNEÃ
oftezfailant lcSemblable lors que j'y mers les grains de Comndre'.
v i N c E N T. Nâayant eu grand moycn,ny Joi/îrde vousdcinadcrauffC cliofc touchât les vins,ie vous prie me dire comme Ion doit bailir amp;nbsp;dreP ferles Gaues,amp; Ccllierspour Jesgarder bien, amp;;con/crucr longuement.
lEAN BAPTISTE.Icvoudrois,filcdoitpo(îible,quclesfeneftreSjamp;t Ãomme il ibuipi tails des Gaues, amp;nbsp;Celliers iu/îent fai (îles ayans regard versie Nord 1«* Caucs â^Septentriondâautât quelaÃifcneleur nuitiamais,ainspludortprouf-amp;Celüerâ ^^^ *ââ' ''â® contre la violence amp;nbsp;ardeur du Soleil.Et toutain/î que toute caue veut c/lrc fouterraine regardant en hanlr, auffi délire elle d élire ob-fcure,froidc,lcchc,amp;: elp.ii/îc dc muraille, Eli encor ncccllà irc quâcllelôif clloignc'e du lblcil,dcs fours,elluucs,cllablcs, porcheries,poullaillicrs, amp;nbsp;autres licax fubiedls à la puanteur, voire de tout lieu ou lon face bruit vehement,lequel puifle clmouuoir les vins par Cn Ãccoiüïc: Câell pourquoy Alemans ^âs Alemans font a louer qui ferment les caues fort diligemment enEHé, tiennent nbsp;nbsp;afin quela chaleur nây cntre,amp; que nul air, ou vent: y paUrepénétrer,elü-
^*quot;â Câ' niant cela aulîî cnnemy,amp;nuiliblc3u vin que les chaleurslespluscxcef-caESà '* ^â^^' ^fâ^â®^®â^oquot;qâââ^^^oâf^â^â«ca««^sc^3rtéq«clconquefiafvn peti{roarpiraUfealementpoardonnerair,roirqncceü)iironzrctre, on que le vin foie en vn cellier, lequel ils vont toufiours tirera la chandelle. Orfontilscecy, non tant pour la conCeraation Sc longue garde dn vin, que pour le boire frais en E(lé,amp;: en Hyuerfans trop grade froidare. Outre ce que tous les iours,durant rEAé,ils lauent tous leurs y ai fl eaux oaHy a du vin a lâentourauec de la leffiue tous les iours vnê fois, Scplasfoanét faifantgrand chaut,tant quâils rcluifent.comme miroirs. Orfontib cecy. On en fait fçaebans que celle humidité rafrefehid le vin, amp;nbsp;fait que la poufficre ne pteCqueau luy câ damageable,ny autre vilennie quelle que cefoit. Par ainfi ne fault taten fra- fermerueiller h nozvins fempuantillcnt bien fonuenr, de: fils fe gagent edans aind chargez les vaideaux de poudicre quâon les voit, vcu que lâeu ay vcu de tellement chargez de la dente des poules,pigeons,Se autres animaux queicudc fair didiculté de boire de ce vin quelque delicatelfe qui lâeut fait recommandable. A cede eaufc comme les Alemans fontloda-blespour tenir audinettes leurs caucs,quâon pourroit faite les chambres entre nous:audt fommes nous à blafmcrpour les tenir plus falcs, amp;nbsp;ordes que les edables ny toits à pourceaux.
viNctNT.Et certes vous condamnez iudementnodre parede à con-feruervn thefor dprécieux que le vin, amp;: lequel cd ediméfur toute autre commodité par cous les hommes.
ir an BA PTi STE. Cede liqueur benide,amp;: heureufe cd à loucr,de e-qui render dimer pourpludeurs caufes de raifons:Dâautanr que,comme difentles fate vin recó ges,ccdc boidon a grand aproche Se conuendee auecla nature humaine, ^andable. entant que pris modérément Se auecattrempdee conforte la chaleuma-tuccllc en nous,elclaircid Se elaride le fang troublé,ouarclcsporcs,Seco-duics du corps,ode les opilations du foye,Se lesgrodiercs, Se efpaides fu-mofitcz du caeur,dcfquclles fengendre toufe tridedepnondratfa vertu,
DE t'ACRI C VLTVIH. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5}
amp; efficace, non feulement es membres de noftre corps, ains encor csa-Ãions de lame : la tenant ioyeufe amp;nbsp;plus capable en lâaprchcnfion, amp;nbsp;rc-cerche des caufes plus difficiles,amp; fubtilcs à pourfayuir,amp; entendre. Au contraire qui en prend plus que de raifon, outre quâil brufle le fang, enflamme la cbolcrc,ancantift les forces,affoiblift les ncrfs,engcdrc la gou-te,amp; autres maladies, amp;nbsp;altérations de la difpofition corporelle : encore ofte-il lamemoire,oft'ufqucla vertu de rentendement, fait la langue be-^uc,amp;tardiuc au parler, amp;nbsp;en fin fait perdre lâhonneur,amp;.accourcift la vie des hommes,
VINCENT. Eftant afleurc delà vérité de toutes ces chofcs;ic vous prie me dire, comme ie me dois gouuernerenners les vins qui font défia cn-uai(rellcz,S: mis en leurs muis, pour les conferuer en leur bonté longuement.
lEAN BAPTIST E.Premièrement ic loué que les vins eftans tirez,amp; ^^â3â5â^ mis en leurs vai(Tcaux,vous laifficz ouiietr le bondon,amp;lcs emplifficz to* * les iours dâautre vin,iufques à ce quâils ceflent de bouilhr,amp; lors cftouper non des le bondon, fans y rien remuer iufques à tant que vifiterez voz vins pour vins, les emplir,amp; changer, foit à la Saint Martin, comme aucuns font, ou au mois de Mars que les Pefehiers commencent à florir, quoy que les anciés (oyent dâaduis que cela fe face le raifin eftant en fleur, amp;nbsp;ce après le plein âe la Lune amp;nbsp;elle dcclinât,car qui attédroit du tout fon déclin,amp; decours (ie parle des vins puiflans)ils fouffriroyét pluftoft toute choie impoffible quefc gafter: mais les autres, ie fuis dâaduis les muer la Lune eftant vieille,dâautant que les forts fe pouuans conuertir en aigreur, elle fera non moins puifTante de les garentir que les autres.
Vi N c E N T. Eftcs vous dâaduis de remuer ainfitous les vins nouueaux?
JEAN BAPTIST E.Parlant fculcmét de ceux qui croiffent en noz tev-toirs,amp; de leur force,amp; nature, câen fans doute quâil eft bô de les remuer fit fur tout ceux quifortent des vignes grafles de leur naturel : ou pour c-ftrclc terroir arroufé, ou fumé, amp;nbsp;amendé, entant que lors les muis font plus chargez de lie,que de quelque autre vin que ce foit.
VINCENT. Nâeftimez vous pas que de toute forte de vin ccluy eft ordinairement le meilleur quâon trouuc au meilleur duvaiflcau,quc cil qui eft ou au fonds,ou à la cime?
lEAN BAPTISTE. Non feulement il eft mcilleur,ains encor fe garde-toit mieux qui prendroit ce vin du millieu en les efehangeat,lequel fe co-ferueroit mieux que les autres.Et pour-ce les anciens difent que de lâhuile ledtlPas en eft le meilleur,au miel le fonds,amp;au vin ccluy g. eft au milieu. Etpourfuiuat noftre premier propos,ic vous aduertis que du temps, que régnent les grands tonnerres, il fault que foudain vous donniez air à voz vaiffeaux, amp;nbsp;remuiez ce qui eft au fonds, dâautant q par ce mouuemet ils ferôt petfeuerez de ceft eftroy de lâoragc,amp;cn fortira la chaleur nuifiblc g. feroit peu entrer dedas: amp;nbsp;vous fouuiéne de mettrp toufiours en celle fai-tanviic elpineà u fons du vaiffcau,amp;cn tirer tous lesioursvnvoirede
1«)
54 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;0^ ATRIESMB lOVRNEE
vin, Ã caufc que cela luy eft fort proufficabic.
VINCENT, le voudroy encor que VOUS mcdifficiccsfccretsqinlcr-uent à garder le vin en tout temps.
Secrets pour eon-feiuct le vin lègue-mène.
lEAN BAPTIST E.En premier lieu vous prendrez tout autant dâonce dâAllum de roche bien pille, amp;nbsp;laÃe,en autant de cornets de papier comme vous voulez accouHrciRie vaideaux de vin,amp; en chafeufeau que vous en mettrez dans le muid, vous ictterez dedans la pouldrc dâvu cornet, en vfant ainfi à chafeun iufques à ce quâayez enuailfellé tout voftre vin: mais là où le vin feroit foiblc,amp; ûns force,défait aucc de rcau,il y en fault mettre once amp;nbsp;demy pour feau.La féconde maniere eft quâen voulât ainfi ac-couftrer douze feaux,en prédrez vn feau du vin raefme, dans lequel mettrez douze onces dâalum, le faifant bouillir fur le feu, amp;nbsp;ne celfant de lâef cumer iufques à tant quâil ait fait trois ou quatre bouillons, amp;nbsp;commei fera refroidy le ictterez fur les autres douze féaux premièrement par vous remuez. Mais vous feriez mieux de mettre ce vin ainfi acouftrédansls muid bien net,amp; fec,auant quây mettre le refte du vin,le tournant puis a-prcsdâvn codé amp;dâautrc pour les mieux abreuuer de ce gouft:amp;cotut eftat apaifé,amp; rcfroidy,rcmplirez voftre vailfeau de ce vin, lequel fe maintiendra fort bien à caufc de la compofition qui lâimbibera amp;nbsp;au fuft, amp;nbsp;à la lie dudit muid. Cequinepeultcn rien preiudicierà ceux qui boiront de ce vin,comme Ion eftime que lâAlum y mis tout crud eft dommageable. La troificfmc manière eft,quâen accouftrit,amp; nettoyant vn vaifleau de douze grands féaux, vous en preniez vn feau plein de vin. auec douze apces de ici commun, y obferuant le mefmc que iâay dit fault vier à lâendroit de lâAlum. Mais vous feriez mieux fil y auoit fix onces dâAlùm pamy fix onces de lèl commun. Quatriefmement il feroit bon que voulas accou-ftrer douze féaux de vin lâayant remué, vous prinfiiez huit onces de fel,amp; quatre de foulphrc bien pillez,ôc pulucrifez Icparcmcnt l'vn de lâautre,amp; lâayant ietté dcirus,eftouper foudain le vaideau,afin quâil ne feuapore pat aucun lieu : amp;nbsp;quatre iours apres en,pourrez boire à voftre aile. La cin-quiefme manière eft, que voulaiis ainfi drefter pareille quantité de vin que dcirus,vous preniez huit,ou diz poignées de grauois,amp; petis cailloux pris en quelque torrent, amp;nbsp;les lauer trefbien les mettant dans le muid, polcrez vneefcuellc de terre furle trou du bondon La gueule regardant en hault, bouchant le tout, amp;nbsp;lâcftoupanc auec de la Cray e, afin que la fumée du vin voulant lortir ne prüfte trouucc ifluc, amp;nbsp;ainfi foit contrainte f en retourner par le vaifteau, amp;nbsp;conlcrucr le vin tout ainfi queficâeftoit de lâeau viue.En lieu fixiefme,puis que iâay parle de lâeau vine,fi vousvou* lez bien garder v ne telle quâtité de vin que deftus, après quâil fera remué, vous y pourrez mettre quatre onces en chafeun feau, dâeau de vie, cuitte quatre fois,laqucllc non feulement le confcrucra,ains encor luy donnera faucur. Septiefmement eft, que fi le vin eftfoible , vous en prendrez vn feau, amp;nbsp;le ferez bouillir auec douze onces de le!, amp;nbsp;bien boüilly, amp;nbsp;efeu-mé quâil fera,le mettrez dans le vaifteau qui foie fcc,bicn clos,égt;; bondon-
DE tâAÃR.ICVttVRE. .
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né,puis le tournerez dâvn coftc,amp; dâautre, le roulant vn long temps par la placc.Rafroidy que fera,amp; plein de vin, y aioufterez trois onces dâeau ar-dcnte,ayant eu quatre cuilTons;ce(î;e recepte,outre qu elle vault à conlèr-uer toute forte de vin, eft encor faine, amp;nbsp;donnant bon gouft, amp;nbsp;faueur au vin. Lâhuidiefrac manière fe fait ainfi, voulans acouftrer fix féaux de vin remué,amp; porté dâvn lieu en autre, prendrez deuxliurcs dâargent vif dans vite petite phiole de voirre,laquelle foit eftoupce de cire rouge, ou verte: en mettans encor au col de ladite phiole enuiron dâvn doigt, la couurans de parchcmin,ou peau de monton blanche, amp;nbsp;bien conroyée, en forme de chapeau fattachat à laditte cire, amp;nbsp;laquelle vous lierez bien au bôdon, afin que le vin nây entrc,puis la fonderez amp;nbsp;mettrez iufquesà demy vaii-feau,amp; fera ainfi liée au bondon, afin quelle ne chée au fonds, amp;nbsp;en la lie du muid.Ec comme vous verrez que le vin ira en diminuant,amp; fe viendra
baiflezaufl.î la phiole peu à peu la faifant tenir toufiours à peu près du milieu du vin qui eft dedans le muid.Et en voulans garder plus grand, aioufterez toufiours quatre onces dudit argent vif, pour chafeun feau de vin. Or quoy quâil en foit,ceftc drogue ne nuift aucunement auvin,mais plut-toft le conicrue trc(bicn,à caufe quâil eft froid de fa naturc,amp; propriété. Le neuficfmc moyen à garder le vin eft,en le tirant,amp; cnuelfclant de mettre en chafeun feau de vin quatre onces dâhuile commun; lequel farrefte-tadeffus tout ainfi que fi ce fuftvn drap qui le couiirift fans quâil y laiHé pcnctreriâair, ny autre chofe épi luy puifte eftte nuifiblc. Et ne lâen ofte-rez iufques à tant que le vin fera fort au bas, amp;nbsp;lors feparerez lâvn de lâautre en oft an s lâhuile aiiec vnc cuillierc trouée ou aucc vnc cftamine,amp; autre chofe fubtilciou le mettrez en des boccails,à caufe que le vin fâarreftat au fonds,rhuilc demeutera au col longuet du boccal,lequel cpuifé, amp;nbsp;cf-coulé pourra encor feruir lâannée après pourmefme vfage. Et fi le vin c-ftoit foible amp;nbsp;fans forcemy mettrez point pour chafeun feau moins de fix onces dâhuilc.Ioint que fi les vaifleaux eftoient plus longs ou larges que de couftumc,il faudroit y mettre auffi plus grande quantité dâhuilc,atten-du que le vin ticndroit plus de place,amp; largeur au hault, que fi le vailfcau cftoitbas,amp;eftroit. Or que lâhuile foit bon , amp;nbsp;fuffifantpourconferuer quelque vin que ce (oit,on le voit en ce que les Apoticaires aucc cefte liqueur conferuent toute plante ayant iuft, amp;nbsp;quelque force conferuablc, voire amp;; le vin des Grenades, qui eft fi foible en eft gardé long temps. Le lt;lixicfme,amp; dernier moy en,eft de ptédre du ioüphre fondu à petit feu ^0. onces vue once de clous de giroffle,vnc autre dâci'^cns, amp;nbsp;deux de mde- '^ *â?. guette,puis vn quart dâonce de candie,amp; autat de poutre long, amp;nbsp;de gin- ^â® ' Jâ gêbteblâc aucc cinq noix mufcadcs:pilcz tout cccy cnfcmble, amp;nbsp;lâincot- técdâEthio porez aucc le fouphre, puis mettez-îe au feu fait lentement dans vn pot pic le long de terre iufques à tant q le tout foit mefté,amp;incotporé. Apres ce prendrez de la cofte desbufehettesdebois fubtiliées aucc le rabot plusfubtil, ayans enuiron delà Gui-deux doigts de largeur,amp; les ferez en rôdeur en forme dâancaux, amp;nbsp;cnuc-lopcrcz ces petis cercles ainfi fubtils en des fcilles de fer, les trempât tret
Lâhuile a grand force à cSfer-ucr les autres chofes liquides.
Meleguet-
CtyATRIESMB ÃOVRKEE
bien Tvn apres lâautre dans icelle fufditte cornpofuion,iufqucs à tant que ils lâaycnt bcue,amp; humée. Voftre muid eftant de douze grands mefurcs, vous prendrez fix de ces aneaux les enfilant en vnc chaîne , ou auec du fil dâarchalt, amp;nbsp;les mettrez dans ledit vaillcau bien net, amp;nbsp;ellùy c , prenant bien garde quâils ne touchent au fions, amp;nbsp;tenant lâm des bouts en voftre main , afin que tout ne chee dcdans:à quoy vous mettrez le feu auec vnc bôugie,ou autre chofe,cftoupans fioudain le bondon fi bien que la fiuméc nâen puille fortir en forte quelconque,amp; demy quart dâheure après oftcz la chaîne, pu fil dâArchalt,eftoupant de rechef le trou du bondon comme dit eft,iuiqucs à tât que vous mettez lâentonnoir, amp;nbsp;iccluy bien lié amp;nbsp;en-uclopé de.toile,ou dâeftouppe de telle forte quelle y entre à grad difficul-té,y iettant alors le vin dedans,ou auec les féaux,ou cuucttcs,mais de forte que lâentonnoir foit toufiours à demy plcin,afin que le vaiffeau ne puif-fe rien cxhaler,amp; vomir de la fumée qui eft dedans,lequel leué, amp;nbsp;ofte,ne faillcz de fioudain y mettre le bondon. Or trois iours après,vous pourrez boire de ce vin,quoy que huiét,ou dix iours il fe fentiroit de ces drogues, amp;nbsp;compofitions : mais qui en vferoit ainfi au vailfeau dés que le vin y eft mis eler de mouft,amp; ne faifant que fortir de la cuuc,le vin feroit fans cefte là ucur, amp;nbsp;cefte recepte eft bonne pour conferuer quelque forte de vin quâon fçaehe, amp;nbsp;fut- il à moitié dâeau. Et ne fault craindre que le fouphre nuifecnlc beurrant,eftantluyfaindefonnaturel : amp;nefertlaquepour defeharger la couleur. Le refte des drogues y font aiouftées pour odet^^ fouphre celle puanteur quâil a comme naturelle en fon odeur.Touff*. ** eftime-ie que lâopinion de lean Baptifte Nazaric eft la meilleure jqninçnt que le fouphre vaut mieux pilé auec ces chofes aromatiques fuf-nômecs, que non pas fondu, amp;nbsp;incorporé de la façon fufditte, amp;nbsp;les vnir auec de lâeau ardente, amp;nbsp;viuc comme qui feroit vne faulce,à caufe que par ce rooic les bufehettes de bois, font bien toft ointes de cefte liqueur, amp;nbsp;le feufy prend mieux à fon aife,ainfi quâil fault que la compofition foit btuflée. Aufti par ce moyen ces cfpiecs auec la force,amp; foefueté de lcurodcur,cni-portent,amp; vainquent la puanteur du fouphre.
Moyea de faite du vi-naigrcblac des vins pOUlTcZ, amp;nbsp;gâtiez.
V i N c E N T.Comment remettez-vous fus les vins qui fontgaftezî Iean BAPTIST E.Vousfçauez quâen toutes les faifons de lâannée,il Æ xdiuerfes fortes de vin qui ont quelque default, les vus eftans chancis,les autres poullcz,les autres feulement eftonnez qui ont quelque amertume, ou qui mordet aucunemet la langue pour cftrc quelque peu aigres.Qnât à ceux qui font chancis* ie fuis dâopinion que fils font foibles beaucoup, tjuâon les ofte du tout du vailîeau, afin quâils ne le gaftent, amp;nbsp;empunaifif-lènr.Mais fils font fors, amp;nbsp;fumeux, quâon les vende à ceux qui font lâeau de vie,ou que pluftoft on en face du vinaigre,à caufe que le prouflit cillera plus grand. Par ainfi pour vous en aider, vous ferez choix de quelques grapes de raifin, qui nâont encor pafte par lâeau, amp;nbsp;les mettrez ioubsle preifouer : amp;nbsp;eftans ainfi cfcoulées les mettrez dans deux cimes feparées iâvnc de rautre,teUcmcut quelles fuient comme fiifpéducs,amp;à my airées:
Et
OB LAG Rl CLT V RE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;97 enfcmblc lâcfpace de quatre iours,metrez cn lâvnc dâiccllcs autat de cc vin gafté,comme il en fault pour aller par deflbubs les grapes fans pallet par deifus, lequel y ayant demoure vingt-quatre heures lâen tirerez tout, le mettant encor en lâautre cuuc,amp; fur le refte de la grapc,amp; par lâefpacc encorde vingt-quatreheurcsdequelfiny, leietterez derechef dans lapre-micrCjvfant de celle façô de faire iufques à tant quâil foit deuenu fort blâc amp;nbsp;aigre : amp;nbsp;quoy quâil ne vous fcmblaft allez fort amp;nbsp;aigre,nc fault lailïcr de le mettre dans vos muids,dâautant quâen peu de temps il faigrira parfaitement. Que fi de vins fcmblablcs vous voulez faire du vinaigre dâautre forte,vous continuerez dâen metre fur les grapes blanches, ou noires tous les iours ainfi que delTus, amp;nbsp;ne faudra de deuenir amp;nbsp;blanc,amp; fort.
Que fi encor de ces mefmes grapes vous cn voulez faire proulHt,il faudra mettre vn peu de vinaigre par deiTus ledit vin galle,ou fans iceluy, le lait fantl'ale temps quâauons dit de vingt-quatre heures, afin quâelles faigrif-fent amp;nbsp;donnent puis après force au vin quâon y mettra par dclfus.Bien cil vray, que pour la première fois ce vin diminuera de troifiefme, ou quatrième partie,mais dés que les grapes cn ferôt abreuuées quelque vin que vous y verfez, ne fouifrira diminution quelconque:amp;lesprcirant,cncor gaigncricz-voiis quelque chofe. On pcult encore faire du vinaigre du vin gafté en toute faifon,mais il diminue prefque de la moitié:pcencz donc ce 'la poullé,amp; Ic mettez au fcu,le faiiant bouillir iufques à ce quâil efeume, puis lâoftercz de vafe cn vafc iclon le nombre quâil cn aura au fcu,mettant à chafeun feau de vinaigre vnc once de poyure batu,amp; pulucrifé,amp; vnc li-uredefcl, puis luyfailant encor donner vn bouillon, le mettrez enfon vaiireauaulbltil,amp; peu de temps apres il deuiédta aigre félon voftre fou-hait.
VINCENT. Nây a il pas encor dâautres moyens de rendre tout vinaigre bien fortâ
itAN B APTi sTE.Enaiâtdouzc(cauxdcccvinga(lc,faitcscnhouil- je fort bô ürvnà boncfcicnt,puislciettezfurtoutlerefte, lâaugmentant amp;nbsp;dimi- vinaigte. Huant félon que le vinaigre fera peu,ou plus fort,amp; le rédrez bon cn pcr-fcâion. Lâaigrirez cn outre dâau5tage,y mettant dedans vnc lame dâacier toute ardente allez fouuent,mais chalcunc fois la faifant refehaufer félon la bonté,ou peu de force dudit vinaigre,car il fe parfera cn celle forte.
Vincent. Auez-vous quelque fccret pour remettre les vins gaftez eu tel point quâon lespuilfe boire,fans les ictccr,ou les douer à vil ptis,ou pour rien?
IE A N BAPTIST E.Parlant de ces vins, amp;nbsp;no de ceux qUi font du tout gaftez,amp; pourris, ic diray par quel moien on les pcult reduire cn cllat tel quâils pourrot feruir à les boire iufques à la dernière goûte, mais quâon ne les garde guere longucment.En vendages dóc,dés que vous aurez tiré ce vin nouucau qui fort le premier aucc impetuofité de la cuuc,voâ ietterez deffus la grape du railin roulé le vin gallc,mais en moindre quantité q cc-l'^ï 4}^ vous cn aucz tiré,afin que les grapes aient allez de force pour fai-ru
5gt;^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lt;yATRlESMH ÃOVRNE«
lt;^els vins re bouillir, amp;nbsp;ceftiiy mis,amp; lâautre qui refte de la cuuéc;Ãf fout fur rhenre tre faHa' ^^â^â^^ fouler ces grapes, fans y toucher autrement iufques à ce que verrez vendange, que fabailfentjamp;lors les ferez entonncler,amp;péfe quâil fera clcr,amp;perdra fon mauuais goaft amp;nbsp;amertume: amp;nbsp;fil luy reftoit encor quelque manuals gouft, le pourriez mettje en vue autre cuuepour deux ou trois iours, en laquelle nây eut non plus devin quâen laprcmicrc, lequel tirant apres lera bien purgé,amp; fans vicc,ny degaft quelconque. Voicy encor vn autre moyen pour vins Icmblablcs, prenez deux mciuresde raifins premiers meurs de chafeune bottée, amp;nbsp;les dgrumez bien dans vne chaudière pief ne de bon vin,tant que lefdits grains de raihns y baignét à leur ailc,faiïà nr bouillir cecy, iniques à ranr que le rai/în Ce creuc,amp; tout bouillant jetterez ce vin cuit fur celuy qui cftgafté,rayanrneantmoins au parauât remuéen vn vaidcau qui ibit net,de h grand de qaelc vingadé, de le bouillyy puif fent entrer cnicmble.Et Ci ibubaitez de le eine mcillcur,lc mettrez en vne autre cuue qui Coit plus de demy pleine de raidns bien meurs, lefqudsy ayent repofeians dite foulez, ny rompus quelques trois iours, ains quây mettre le vin Ci/dit;lcqucl y ayant cuué deux iourspourrez lâofter,amp;lcri fore deUcur^muis ic vous cofcille de le boire durant lcCroid,uÃn quâUne Ce tourne Si poulCe auccla chaleur.
Vi N e t N r'.Vous pluid-ilpus me dire quelque moyen,3iremedepour uyder. Si remettre les vins qui Ce Centent de la. bru/Icurc, Si cCcludaiCon, aÃn quâils nâaillent en empirant?
à vn^vin'^ lEAN B A P T i St E. Ayant premièrement remué Ce vin en vn^^deM lots quâil dâ^ ^^^^ ^°â^ ^ net, vous prendrez autant de bonnes orensesnon douces, fomence à niais qui ont de raigreur,Sc amertume, comme il y a de ivaat de vin dans feiîüet. nbsp;nbsp;le vailièau,Si les diuiCant chaCcun en quatre les enderez enicmblc, Siilt;:f
mettrez dans le niuidaucc vnepierre par dedus le bondon , aÃn que ces orenges occupent depuis IchaultiuCques au fonds du muid. Cans routes-fois que ladite cnÃleure touche du tout au fonds : Si cinq ou lixiours a-près pourrez vfer,Si boire de ce vin,dâautant quâil fera auÃi bon q iamais. ToutesCois ne fault laiiCerlcfditesorenges plus de dix iours dans levaiC feau,ahn quâils nâendommagent le vin,ains le vendrez, ou boirez iüCqaa à tant quâil loithny.
Vin CEN T.Ie vousprie encor quâil vous plaife mâenfeigner les moyens pour oder la cbancilleure_, Si toute autre mauuaife odeur qui gade les ^aideaux.
Sixmoiens dâodti la chidifeare amp;nbsp;punaitie
des vaif Ceauz.
le AN BAPTISTE. Si VOUS deûrez dc nettoyer VU muid tenant douze féaux, il vous faut prendre vn bon feau de laidiue bien forte. Si douze li-ures de lie de vin qui foitforcfccbe:Sila où le vailCeau tiendroie dauâtage^ ic fuis dâaduis q vous y adioudez félon la quantité le plus de laidiue, Si de lie comme bcloin il en fera. Tout cecy mis en vne chaudière furie feu lots que la verrez bien boüillir,ieteerez cede mixtiô ainlîchaude dans le vaiC feau bien net,Si rafclé, lâedoupât foudain de telle forte que rien nâen puif Ce forcir,ou cxhalenlc roiiat vne bône piece parla placc,reirerâs encor ce-
DE L'A GR I G VLTVRÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;519
cy,Ci vouî voyez que la première fois nây fuffife: mais en fault tirer cefte compofition de dedas auant quâelle fc refroidilîc:car fi elle deuenoit froide,amp; que le vai fléau nâen fuft point tout plein, il deuiédroit encor moify, amp;nbsp;chancy du co fié quâil feroit vuidc. Le lecond moyen, eft. quâayant def-foncélc vailfeau que voudrez guérir amp;nbsp;nettoyer de telle ordure,amp; cmply à detny ou diuantagede paille feche le mettrez debout, amp;ymettantlc feuje couurirez tout auffi toft,mais non du tout,afin que le feu ne feftai-gnc,roüant amp;nbsp;tournant ce fons peu à peu, afin de brufler toute 1âinfcótió: apres cecy fault nettoyer le muid amp;nbsp;en öfter toute cefte brufleure aucc Vne rafcloire de fer,lc lauant amp;nbsp;nettoyant trclbié aucc le balay. Et lors remettrez le fonds en fon licu,prcnât vn feau de vin,ou de bon vinaigre ou fâIus ou moins, félon la grandeur du vailfeau le iettant dedans tout boüil-ant,amp; bien eftoupé que fera de toutes pars, le ferez courir amp;nbsp;rouler vne piece, ça amp;nbsp;là pour lâabrcuuer de ce vin. Que fi parcas pour cecy cefte mauuaife odeur ne f en alloit point,ny de la fenteur du bruflé ne fault que recommencer iufques à tant quâil foit net parfaitement. Le troificfmc remède eft,dâcmplir le vailfeau-gafté de bone eau toute crue,amp; froide,amp; l'y laifTer lâcfpace de deux iours,amp; en ùftant le fonds le rafcler de toutes pars fi bien que la lie oftée,on voye le fuft bien net par tout; puis ferez de feau fucendrée toute bouillante que vous ietterez dedans en frottant, amp;nbsp;nettoyant le muid aucc le balay fort diligemmét.Lâayant apres cecy bié laué, amp;nbsp;deffoncé tournerez fa bouche vers le folcil, afin quâil y clpandc fes rais, amp;nbsp;chaleur le laifià nt ainfi par trois ou quatre iours:puis le fault emplir de grapes de raifin, amp;nbsp;du marc dâiceuxne failà ntque fortir duprefiouer, le couurant de fou fons mefme. Au bout de quatre iours le vuidât,amp; remettant le fons, y ietterez dedâ s du vinaigre tout bouillant le roulas dâvn co-fte amp;nbsp;d autre ; vniour après, oftez ce vinaigre amp;nbsp;cmpliffcz ce vailfeau de vin,vous tenant tout alleuré quâil ne vous fera faulte quelcôque. Le qua-ttiefme moyen eft bienaifé à fairc:à fçauoir,en prenant tout autât dâonces dâalum de rochc,cómc il y a de féaux de vin dans le muid,amp; le faire bouillir en vne chauderée dâeau, amp;nbsp;toute bouillante la ietterez dans ce vaifîcau quevouseftouperez afin de le faire rouler iufques à tant que cefte eau le ïcfroidilfcjlâen tirant tout auffi toft que cefte froideur la failift, afin que la Rïoyfilfeurc ne le remift en la place vuideme ceftant de continuer ce lauc-ment iufques à tant que la puanteur en foit oftée : amp;nbsp;cefte eau fera bonne encor à dâautres vailfeaux gaftez de mefme forte.Vous pouuez encor pré-dre de lâeau des tainturiers ayant taint leurs draps, amp;nbsp;ce à moindre frais, alors quâils la iettent, amp;nbsp;laquellefera autant que lâautre eau dâalum, la- Moyen de quelle ne fe pculr faire fans frais. Encore ne veux-ie faillir de vons apren- châdfléu-dredâofterlamoyfilfcurc au vin, amp;nbsp;non au vailfeau, ce qui fcfcra,(i vous, fc au vin prenez autant dâorcngesamcrcs,comme il y a de féaux de vin dans voftrc amp;nbsp;non au muid:amp; diuifans en quatre chafeune defdites pômes dâoréges vn peu plus vailfeau. auant que de lâefcorcc les enfilerez ainfi quâil a efté dit cy delfus, les attachât au bondon fi bien quâelles ne touchét point au fons, les y lailfant dix
m ij
lOO nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Q_y ATR I ES ME lOVRNEE
jours fins plus: lt;5lt; pourrez boire de ce vin fans quâil aye aucun default ny vice.
Comme on cfclair-eift les vis troubles.
VINCENT. Ayant vCéde courtoifie en mon endroit en mâenfeignant tant de belles chofes, encore vous prieray-ic me dire, quel moyen ilya dâclclaircir vn vin qui eft trouble.
lEAN BAPTisTE.Câcft cliofc ayfc'c, amp;nbsp;facile à faire,puis que le nombre dâautant dâÅufs,quâil y a de féaux de vin au muid, y pcuuent remédier envniour ou deux, mais les battre aucc leur coque allant que les letter dans le vai/icau, oftant neantmoins cellcpcau menue, amp;nbsp;fubtile qui tient la coque, dâautant quâellefèchant, amp;pourrillà ntpourroit endommager Je vin.Mais â le vin eft fort trouble, vous lâo/lcrez de ion vailfcau pourle mettre en vn autre bien net,y adioudanrla tierce partie plus dâÅufs quâau parauanr,amp; vue once de fêl, vnc orangc,ou citron pour fèille de vin, vne poignée ou deux de marne bien lauée: amp;mcilanstoutcccy aucevnba-fton,lc ietterez dans le muid aflcuré que dans quatre iours le vin (en auf /i clair que Je deûrez.
VINCENT. le vous merde encor de ces adaertitTemens : amp;nbsp;quandiJ vouspJairanpuspourronsaous Jeuerdâicy, aucc conditio tourcsfoisque ne faudrez demain de mâcfclalrcir encor Jcs doutes que ic dcüre dâentendre.
lEAN » AP TiSTE.Mais vous, donnez vous garde de faillit devons trouucr icy à lâheure accoadamée,dâautanr que ic ne manqueraypointde mon deuoir tout ainh que iâen ay vfé iufques à Jâbeureprefente.
^FIN DE LA C^VATRIESME
i o v s. N s r.
101
CIN oy IE s ME lOVRNEE
DE LAGRICVLTVRE DV
5EIGNEVR AVGVSTIN GALLO,
TKAITÃ^T^ £^!^ QUELLE S 0 KTE
Qj^ PEVT DRESSER VN BEAV
Cgt; pUifant iardinage.
E Seigneur Vincent de retour que fut lendemain à lâheureafligncc par rAuogadrc,amp;arriucà fonlogis le trouua en la falette près le viuier fous le colombier du milieu: là où il prenoit fon palfc-tcmps non feulement à repaiftre faveueparlesfeneftres,quieftoient là ouuertes de toutes parts, fur la beauté des treilles, berceaux, iardin, vergier, amp;nbsp;fes champs qui eftoient du cofté dâorient : ains encore fc rccrcoit-il voyât vnc infinité de poilfon courant, faut clant, amp;nbsp;follatrant le long de lâeau: ainiî Vinccntlcîà Jüant, amp;nbsp;rany de mcrueille voyant vncfi belleprofpcéliue, entrant es difeours, amp;nbsp;arraifonnemens accouftumez luy commença à parieren ccfte forte. Confiderant, quâentre tous les plaifirs quelâhom-â¢e reçoit en la vie ruftique, amp;nbsp;exercice du labourage, vn des plus grands font les arbres fruitiers, dâautant quenon feulement leurs rucillars,amp; rameaux donnent lâaifedâvncgrand frefcheur,amp; plaifontombrage,les fleurs repaiflent lâcfprit dâvnc gaieté quâon ne fçait exprimer , amp;nbsp;les fruits nous contentans le gouft aucc leur dclicatcflc: ains encor noftrc ai-fc y prend accroilPcment pour voir ces arbres eftre le logis amp;nbsp;retraite dâvnc infinité dâoifillons, lefquels en deigoiftant leur iargon, amp;nbsp;bien gazouillé ramage, diuerfifient tellement les accords de leur mufique, quâon ne fçauroit fouhaiter rien de plus harmonieux, amp;nbsp;dclcétablc. Et pour-cc,fcigncur Baptifte , eftant ce chofe trcf-honorablc amp;nbsp;digne de tout gentil efprit, voire requife par les plus grands Princes que Icplaifirdc iardinagçs:ic fouhaiteroy bien afteétueuiemer quâil vous pleuft me mon-ftrer lâart amp;nbsp;moyen dâen drclfet vndes mieux accommodez, amp;nbsp;plus gentils quâon voyc ou puifle trouucr, fuiuant que nous auons accouftume de les faire.
lEANBAPTiSTE.Icne mâenhardis ia de vous promettre de dire tou-ra iij
lot
CJNQ^TESMB XOVRNEÃ
Quelle ^^^ ^^^ chores rcquiCcs à vn iardinr/êiilcmcnc me fais-ic fort de vouîwon-doit eftre ^^^^ celles qui ïontJes plus nccclîà ncs , amp;nbsp;pratiquées panny nous. Par Jalsietce nbsp;nbsp;ainÃ.qui vculrplan ter, amp;drcilcrvn iardin, fault premièrement qu'il adui-
Moyen de garder vn verger.
dvn ver- Ãq le terroir ne /bitpoint marc/cageux,arencux, marneux, nyauffitrop dur,amp;expo/e au Soleil, dâautant que les herbes nây prou/fiteroyent point quefort mal-aiiement.SiicftpofTîble encor, il faudroit-le dre/îèr près du logis/ant pour lâaile, amp;nbsp;commodité de laiouiiîà nce des fruits, quepour empdeher quâon nây face dommage tel quâon fait en citant cPoigné. te fault allbirdauantagcplultoft à Tramontane, amp;nbsp;vers le Septentrion que fur le regard du midy,alîn que des fenelires auar on puiUciouïr de là gaii-lardifc,amp;c beauté, tel queie v.oy dire celuy tant beau vergierde Gaiiono-fire bon amy.Il cil bien vray que fil dloitpolc versie midy, il fetoirplas expofé au Soleil, mais nâauroirfi belle prolpcéliue pourleplailîr de ceux qui font en lamaifon,Sc encore ferait offencé, amp;nbsp;endommagé de lapouf fiere, Sc ordures dâvne aire lors que les bleds font battis, h par cas ilen c-Ãoit voifunce que fins nul doute, dl fort nuilîble, amp;nbsp;dommageable aux arbres Idquels le chargent tellement de moullc,amp; viJcnnic,quc bien fou-ueneils en meurenr. Voudroy encor quâon y feit à lâentour vn grand, large,Sc profond foffé,non tant pour y conlciucr lâeau en toute laifon,(iue pour le fortiÃer contre les larrons ,.amp;les belles, Sc encor pour y dreifer vn.viuier:amp;: le long duquel foit drefsé vnc baye efpaiffe d'aubefpines,ayac trois ou quatre cntrclallurcs,amp; rancs liez amp;nbsp;vins cnlcmblc: dâautant quây vfaut de diligence, Schon foing ceftehayefera beaucoup plus forte que muraille quâon y fçauroit faire.
VIN CEN T.laçoir que les bayes foyentplaiCantes,Sc agréables,Ci fuis-ic dâaduis que la muraille pour eûre plus forte,Sc baltic en moinsde temps, edaulTiplusprou{btable,laquclle,c(iantpainte amp;:accoadréegentitnent ne donne guère moindre plaidrquela baye,
Qn cd-cc UÃAN BAPTISTE. Ayatpris dgard a lâadlctrc du lieu,fault encor co-^akedmèr (^â^â^^^^ ^® qâ^' lt;;^ ^^ P^â^ propre au naturel dudit terroir: car fil cd pf apte en vn châp ^ produire de rberbe qiic dublcd,ie fuis dâaduis quâon lâcmprcc,amp;:y feme dâarbres de lâherbe a y faire vn pré,à ciufc quâil portera plus de prou (Et, amp;: fi fera fiaitiets. nbsp;nbsp;pbis plaifantà regarder:ioint quc le lieu nâen fera ii endommagé des fruits quandils cherront,oulors quâon les recueille: comme feroyent les bleds. VIN CEN T.Etiedis que don culeiuoit,amp;: labouroicvn vergier tousles ans les arbres f en porteroycntmieux,amp;: rendroyentdu fruit cnplusgrad abondance.
JEAN BAPTISTE. Encore que ce foit en la prairie que les fruitiers font plantez, on ne rede point de belcher ,amp; remuer autour du pied des arbres dcux,amp;: troisfois.lâan,aind quâil cd requis,amp;neceifaire.
VINCENT. le voy encor vneautreincommodite en cecyâqiii cd que lors quâon abreuuclcs prez,on porte auld dommage aux arhres:amp;:ne dô-nant point lâeau allaironiiceà lâherbc,au[rmcfaultl'artcndredâauoirgue-rc grand cueille de foing,mcfmcmct die temps cd tourné à la fccberellè.,^
DE iâacMC VLTVRE.
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lEAN BAPTISTE. Encore cecy ne me deftoume point de mon opi-Aion,d autant quâarrouilmt les prcz au temps feulement quâils fouffrtnt grand fcchcrefl'e,amp; nây lailfcnt point lâeau finon entât quâil en eft befom», le fuis aifeuré que cela ne porte point de prciudice aux arbres, mais pluf-toft leur eft proufEtable,amp; mefmc(eu elgardà laià iibn)lcsengrefle amp;nbsp;ay-dcà laproduôtiô des fruits amp;nbsp;maturité dâiceux.Il eft vray quefaifant courir lâeau ordinairemcnt,3infi quâon en vie és autres praéries, pour engref-ferlcpré,ce ne feroit fans grand prciudice des arbres. Mais en lieu de lâeau quâvn tel pré foit amendé, de engrefté auec de lâamédcmcnt choify, amp;nbsp;fort clmcnuilé,ou qui foit mefté auec de lapouflicrc,dâautant quc(commc iâay dit)il portera plus dâherbe que tout autre : fins le proufSt que les fucilles, amp;nbsp;fruits des arbres cftans deuenus grands luy cauléront en cheant, amp;nbsp;en-grcffantlc terroir. Voire que les fruits qui viennent en lieux non arroufez font ordinairement plus lauourcux, amp;nbsp;le conferucntplus longncmét que ceux,la terre dcfquels on abrcuuc: quoy que quelque-fois y obftant la fc-chcrcllècefruit ne vient en parfait accroilfement, amp;nbsp;accouftuméc grandeur.
Autres ad-ucitiflc-inens pour le maintc-nemét des vergers.
ViN c E N T.Commentfc faut-il gouuerner à plater ces arbres,amp; qucl-lemefureeft-il beloing de tenir en lalignement dâiceux pourmettredi-ftancecfgalc de lâvn à lâautre?
Iean BAPTISTE. A bien plantcr,amp;dilpofcr vn verger fault coalî- fau^'jjep derer en premier lieu la nature du terroir,car fil eft doux,gras,amp;quâil fail- f^j iç p|jn, le lâatroulcr, il fault auffi tenir loing le plant lâvn de lâautre les compartil- «lâvn vex-fantà tout le moins à trente-fix coudées dâefpacc,amp;chacun arbre de fon Sâgt; voifin foit fcparé dâenuiro dixhuiét coudées, amp;nbsp;mefmc fi ce font des pom-miers a caule que cell arbre fclpandplus en branchage , amp;nbsp;deuientpius grand que les poiriers ny cerifiers, ou autres fruitiers femblables. Et qui les planteroit plus efpaiiremcnt,non feulement,cftans paruenus à leur iu-fte accroiirance,ils fcmpclchcroycnt dâeux mclmes,ains donneroyent encor tel ombrage au fons,amp; à la terre dâalentour, quâon nâen pourroit tirer prouffit quclcoque. Audi ce nâeft pas tout que de voir vn arbre bien chargé de fruit,mais le plus grad plaifir gift à le contempler grâd, bien touffu, amp;nbsp;feftendant en bcllc,amp; large cheuelurc.
Vincent. Pourquoy eft-ce donc que les arbres de ce voftre verger font fi cfpaisen eftant le terroir fi gras,comme la gaillardifc de celle herbe dtuc,amp; verdoyante le monftre?
IEAN BAPTISTE. La naïuc verdure, amp;nbsp;abondance herbue de ce pré ne prouient point de la bonté du terroir qui eft fort maigre, amp;nbsp;argillcux, ains de lâabondance de lâamendement, amp;nbsp;fumier que iây mets tous les ans niellé auec de la pouflicre, qui le contraint à plus produire que ne porte fonnaturel. A celle caufc,moy cognoilfant ce quâil valoir, ay fait lâelpacc des allées,amp; alignement de feulement 24.coudées, amp;nbsp;lâintcruaUe des arbres dâenuiron neuf coudées loing lâvn de lâautre.
T i Nc E N T.Mais pourquoy y aucz-vous planté fi grâd nombre de poi-
CINQ^IESME lOVRNEM
74
0^1 terroir vealêc iespoiaiers
riers amp;nbsp;vnc Ci petite quantité de pommiers.
Le poirier I e A N baptist r. Sçaehant que les poires font plus fragiles, plus Vantéen^ ^°^^^^â ^ de plus grand liqueur que les pommes, que le poirier ayinc le fic^u fcc'quot;amp; terroir Ãà blonneux,marneux,amp;fec,iâay icyplantcceièarbrc en plus grand ûbloncux. nombre que des pommicrs,amp; le peu delqucls qui font icy, font encor come ûuuagcons,amp;non fi grand leur fruit que depoires.Câeftpourquoy ie loucleScign, JulianCulline, dâauoirfaitembeJIirfongrandiardinfain/i quauezvea)detellc,amp;figrandabondance depommiers, amp;peudcpoi-ricrs,commc bon amp;nbsp;läge mclnagcr quâil cll,entant quâil leak que la pomme eft mafiiue dclbn naturel, amp;nbsp;quâelle croift, amp;nbsp;dénient parfaitement amp;nbsp;bcllc, amp;nbsp;bonne,amp; grande en vn terroir gras,moJ, amp;nbsp;humide tel qnâcll leTien.'Neantmoinsn zelterculcmcntdiCcvct en rzligncmenzfipzrantles elpzces de ^exondées,Scies arbres lâvn de lâautre dc4cizc comme auflîà mettre des amandiers,ceririers,pe{chiers,Sc autres arbres Cemblables aiaCt qaciayfait, ains les plante en vn petit vergerà part lâns y mellet ny poi~ lier,ny pommier quelconque.
VINGEN T.£t quoy ellimez-vous plus vne bonne poire quâvue bonne-pomme?
Les poires 114 n BAPTISTE. On nelçauroir nier que la poire ne foit commu-deUcates nbsp;nbsp;«fâ¢cnt plus plairanrc,ôc CauourcuCe au gouft, amp;nbsp;que celles qui font bon-que lespô- -ucs ncfoyentplus cllimées,8c mieux vendues que les pommes.llcAmy naesi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quelles ne font Ci faines, mais font plus plaifan tes à manger eu leurfaUbn, cru'cs,3c cuites,pour confire. Seen faire de bons gafleaux.
V i it c EUT. Si ce que vous dites eft veritable, pourquoy ^(^'^^ ^°â*' quâon ne plante point plus de poiriers que de pommiers, amp;nbsp;non au con-trairc-ainn quâon en vfc ordinairement!
Iean BAPTIST E.le vousdis que non feulement font à blafmer ceux qui ont leur plan,Sc terroir côinodc pour le poirier,^ cependantypbn-tenr des pommicrs:ains encore ceux qui plantent de mauuaisplans Sc de lâvn,Sc delâautre,ayans le moyen dâen reconurerdc bós, Scprouflitables.. Vincent. Ceult-eüte quâon ne plate, ou entepoint tant de poiriers, que depómiers,dâautant que la poire aâelk de tclle,^ fi longue durée que la pomme!
Poires de Iean baptist e.Les poiriers ne durent pas moins, ayans leurs fai-* Autonne Ions, veu que des la myMay on voit les petites poires mulquées,lcs poires de rarité nbsp;nbsp;fainäIeai3,poires à deux tcflcs,Bergamotes,Sc autres en nôbrcinliny qui te^^ bon ^^â^^â^^^^l^l'^^^l^l^l^b^Cf^^^^b^gt; Un outre celles quâon recueille en Au-chredien, tonne allée leurs deucs circon(lâces,Sclefqüelles durctiufques à Pafques, cailleau- amp;nbsp;dâauantagc:amp;pour leurprecieufe rarité on les vend plus chèrement au louCat, St poids, que les pommes quâon vend à la mefure.Au rcfle, lequel des arbres autres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fraiciiers ed-ce qui foit ûbeau,baut,8c droit que lepoirienlequclnâagat
de de tant occuper aueefon ombrage que fairlcpómier: ains encorpot-teprcfquetouslesansfruiâ,la ouïe pommier cd ioarnalierportant vne année amp;nbsp;lâautre non.
VINCENT,
DE l'a G R. IC VLTVRÃ.
âoy
V i N c E N T.Iaçoit que les pômiers portent leur fruit ainfi que vous dites par rdafehe dâannée,fi cft-ce que lâan dâabondâce en foifonne tant que il redouble la fertilité du poiricr:lcquel outre quâil eft plus difficile à croi-ftrc,amp; plus mal-aifé à enter que le pommier, encor eft-il plus fubiet en là tendreur dâeftre rongé de vers quâaucun arbre fruitier quâon fçaehe.
Lâente du poirier fu-ierte à eftre rongée de vers. Traité fur le planter des arbres fruitiers.
lEAN B A PT i s T E.LaHlà nt à part tout ce quâon fçauroit dire au contraire dâvue part amp;nbsp;dâautre, il eft temps déformais que nous parlions du moyen de planter les arbres qui eft la première requefte que vous mâauez faite, Pour y entrer donc,icdis quâauant que planter il fault faire Icsfoficz à lçs mettre deux ou trois mois auparauanf.entant que le terroir fe dilpo-fera de telle forte quâil pourra fccourir alfcz fuffifamment les racines, les faifant, amp;nbsp;plus, ou moins larges amp;nbsp;profondes,, ainfi que le requerront la bonté du terroir,amp; la grandeur de lâarbre. Il eft vray quâaux petits à rbres le fofle ne doit eftre moindre que dâvn pas amp;demy de tous coftez,amp; de deux à ceux qui font plus grids,ôcencor dauantage,amp; fault mettre le bon gt;nbsp;terroir dâvn cofté,le moins parfait de lâautre,afin que lors que vous plate-rez lâarbre vous mettiez au fonds le meilleur , amp;nbsp;puis lâautre apres en cm-plilfant la folfc.Fault depuis que chafeun arbre foit planté plus, ou moins allant en terre félon fa bonté : drclfant amp;nbsp;accommodant fi bien amp;nbsp;genti-mét les racines à tout la main,que lâvne ne demeure point fur faut te,cou-Urant premièrement le fons de petites pierres,nâayant la plus grande plus:-dâvn demy pied en circonfcrcnce;à celle fin quc(commc ic dis auant nier) qu elles facent vu pareil cffet,quâclles font aux foliés des vignes.Et eft requis que le mefnager prenne garde de ne point planter ny durât les grads froids,ny quand il faiéh grand chault,ou vent exceffif, ou quelque longue pkiye,ains feuhment lors que le temps eft doux amp;nbsp;fort ferain, choififtant pluftoft vn iour nuageux que le folcil eftant chaloureux, amp;nbsp;la Lunc croil-lânte.Etlors quâon lesdcfplantc, pour les replanter fault marquer en la î'^e la manière comme ils gifoiéten terre,afin que la partie de lâarbre qui tcgardoit rOrient,foit aufli orientéc,car fe gouuetnant ainfi à lâendroit de ccftc-cy,lcs autres feront aufli le femblable.
Et fault les arracher la Lune eftât tendre amp;nbsp;nouuclle,fut le foir, amp;nbsp;auec le plus de racines quâil fera pofliblc ; amp;nbsp;fil en y a quclquâvnc de gaftée, ou rompue quâon ne faille de la couper.Que fi on les porte de loing,que fou-dain quâon les a arrachez , que les racines foient enudopéesde quelque drapeau auec de la te rre,afin de les garder du vent,amp; du lolcil,aufli eftant ainfi gardées elles prendront pied plus facilement. Et plantant ces arbres fault fouler la terre ainfi quâon la iette fur les racines, auec vue mafluc de bois bien efgalle en fons, afin que les arbres loient plus fermes, contre la â vehemence des vents.
Vincent. Lcqueltcmpscft-ceqVcvouslouczlepluspourplantcr ^â^E® arbrcs,ouauantlH.yucr,ouauPrmtcmpsi yicà plan-
1e AN BAPTISTE. Si Ics trouz,ou follcs font faites dés Ics mois de luü- tei lesat-kt,oü Aouftjlç trouucrois meilleur de les plâtcr en O ctobrc,ou N ouem~ bres,
n
to6 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C I NQV Ã E S M B 1 0 V R M E E,
brc,que non en larmier ou Feurier : dâautant que lots la terre ^ageançe amp;nbsp;bien autour des racines de rarbre,qui /ont comme mortes,que lors quâelles commencent à poulîcr, amp;nbsp;germer, elles fecourent beaucoup mieux lâarbre que fil eudedé planté au Printemps. Que Ci les rameaux font ef fartez,ou les racines fort gailécsamp; inrcrcirées,ie luis dâaduis quâon lespla-tc en Feurier,pourucu que les folles foyent faites dés le mois de Dçcera-bre.
Qnéls arbres meilleurs à en-terjes do-meftiques ou les lâu-
VINCENT. Lequel eft le meilleur à planter, ouïes ianuageons depoi-riers amp;pommiers,oales autrespourpuis après les enter,
Ie,4N b A PTi s TE.Iaçoit quâentrenous on plante les fauuagcons,/î fais-icplus de copte des domeftiquespour y enter dedas.Dâautant quâenta nt vn lâuuageon amp;nbsp;vn domeftique enlcmblc,le domediqueporterafon fruit plus gros,amp; faaourcux,8c ayant plus de liqueur que lâautre.
Auffi voit-on par experience quâayant enté fur vn là uuagcon, lors quâil uageoas. cpmméce à porter fruit. Ci vous y entez encor vn coup les meCmes greffes dâva meCmearbreje fruit en fera,Sc mcillcutôcplus beau.Câedpourqaoy en Flandres,en AJemagne,amp;autres prouinces on neplantcgucrc iamais finon des arbres dome/liquespour fen ferait à enter.
v IN entT.Ce que venez de dire cd allez croyable,entant qaecesat^ bres domediquesfontpluspleinsdedoaceurquclcsautres,SiCauancenC plus faeilementen accroid'ance,Coir en gtodeur ou hauteur.Maisilyadu peril quâil ne feront de fi longue durée que les fauuages.
Come les arbres veu
I E A N BAPTISTE. Tout ainüique les iardiniers ( au moins commeie penCe dcaroient pludod auoir efgardauproufBe, amp;nbsp;à Ihonneur quâà la pcrpctuité,amp;: longue durée: andi conCiderans la bonté des arbres domediques,ne dearoycntlaidcrdcles planter pour lâopinion qnHs en ont quâils ne font pour durer les cent ans ou plas,ainfi que font les faU' uageós.Audi leur doit-il laffirc quâils viurót no feulemét durant lâaage à : celay qailes plate ou defes enfans:ains encor de Ces neaeux,Srplas outre, VINCENT. le vous prie de mâenfeigner quelque rcigle pour aider à h gaillardifc de ces arbres,amp;fur toutà les tenir frais,amp;. en bon ordre.
lEAN BAPTIST E.EnpremieiUeu fault que foient bouez,amp;. befehez deux fois 1âan:Se: fur tout veulent cetraittcmentles poiriers,3cpommiers pour edre plus requisSc precieux que les aurres:3c fils font plantez en vn
lent edre
tiaitei 3c pour edreplus rcquisamp;precieux q
caredez. nbsp;nbsp;terroir qui foie maigre,qae fur lâAutonne on les amédeauec du fumier,Sc
terroir mena Caries racines, mais meûé aaec la terre meCme du lieu, Si lomg dâvn pied de la tige,Si tronedeVarbre. Il ed vray quâil vaulrmieux leur douer à chaCcun vuepeûée de cellepoufliere quâon recueille en Edé parles chemins,edant la deCpéce de moindre frais,Si la cbofeairez prouf-hcable.Puis fault quâau mois de Fearieron efmóde amp;: coupe les rameaux amp;â reieccoas iapertiazau decroid de la Lune,Sc fur tout ceux qui regardée en bas,ou qui lâacrochenc au milieu de l'arbre,amp;: fault lây gouaemerfélon la gaillardifc de lâarbre à lâefmonder ain Ci. S affife-vous q tant plus ils ferât ordonnezSc traitez aucc difcreeion,queplus aadiils abonderont en bons
BE lâa G R I C VIT VRE.
friiifs,amp; en dureront plus longuement. Mais fault faire cccy lors quâil ne fait ny froid ny vent cxcclTif, ny pluye, amp;nbsp;toufiours auec le fer bien tail- Comroe fc lant,coupant les grosrameaux qui pendent en bas,ouqui font les plus fault gou-prcs du tronc, afin que lâeau de la pluye ne fy arrefte, amp;nbsp;que lâcfcorcc en âémet a croilfant puille couurir ce qui a efte taillé. Mais ferez aduerty de nâvfer de quot;f^o^jç^ cesretaillcmens alors que les arbres font en fleur, dâautant que facile- j^j arbres, ment ils pourroyent fc fecher, amp;nbsp;tarir, ainfi que plufieurs fois iâen ay veu lâexpérience. En ce temps meCme fault öfter les fucilles fcches qui ont en elles endos les nids, amp;nbsp;oeufs des chenilles,amp; autres beftiolcsfcmblablcs,.
Icfquellcs confumcnt,rongent,amp; gaftent amp;nbsp;les fucilles,amp; tendrons, amp;nbsp;le fruit mefmc:fans quâencore elles font fccher,amp; mourir bien fouuent tout . lâarbre,amp; fur tout les poiriers, amp;nbsp;pommiers, pour eftre plus fubieds à ce-fte maudite vcrminc,que le refte des fruiticrs:amp; eft befoin en outre de rc-purgetlcs troncs de toute playe amp;nbsp;entameure que les vers, oufourmis y font, à caufe que cela caufe leur mort, amp;nbsp;ruine. Ne fault encor oublier que lors que lâarbre ne croift plus en grofteur de fendre lâcfcorcc du tronc en quatre tout du long, ou en cinq lieux félon quâil fera gros ,amp; lors eu peu de temps on le verra croiftte à mctucille. Encor cft-ce chofe da grandâ confideration que lors que les arbres font chargez de fruit plus que dâordinaire , ainfi quâil adulent fouuent quâil y en a autant ou plus que de fucilles, de les en defehatger de la troificfme partie, ou de la moy-tié , dâautant que ceux qui refteront non feulement dcuiendront plus bcatix,ains encor lâannée après il y en viédra plus que fi on les laiÃ'oit ain-fi chargez.
VINCENT, Comme ie prens plus de plaifir en ces aduertiflemens, encore voudroy- ie que me difcouricz d.c la façon dâenter les arbres, amp;nbsp;Ici-quels font les meilleurs pour ce faire.
lEAN B A PT1 s TE.laçoit quâil y ayt pluficuts moyens dâentcr,fi cft-cc Les arbres que celuy qui fc fait auec le forct,amp; tariere eft le plus en vCige entre nous, amp;celuy qui eft aufli le plus fcur, mefmemét fi câeft faitau Printemps,lors â que les arbres comencent à fuer en leur tronc,amp; rameaux,amp; deflouz ter-rc;amp; les enterez aux mois de Mars,amp; dâAuril,lâils font placez en lieu expo fé au froid:mais fi leur pli eft regardé du chault,lcs fault enter en Feurier, amp;nbsp;toufiours ains que les greffes commencer à pouffer,amp; germer.Et cefte ey eft la vray e manière quâil fault fuyuic:cntât'qu ainfi q le chault ouvre, â¬lucille,amp; contraint tout arbre à germer amp;nbsp;produire,amp; fucilles,amp; fleurs, lâHyuer au contraire,amp; le froid les fcrrc,amp;lcur endort leur force.Et vault mieux enter fur le foir,que le marin,amp; le plus près des racines que des rameaux,dâautant que tant plus bas eft lâcntcurc,plus grâd vigueur auffi reçoit lâété de lâhumeur dç ha terre. Et quit à ce qui touche la Lune ou nou-uclle,ou vieille pour enter,encor eft il plus prouftitable de ce faire durant quâelle croift,dâautant que les greffes prennent amp;nbsp;fâaffetmiflent mieux, amp;nbsp;en croiffcnt,amp; pluftoft,amp;dauiitage.ll eft viay quâéter au decouts,amp; mcl-mernét depuis ton plein iniques au 14.de fon déclinées entesen ferôt plus
eltans en feue fait bon enter auPtintëps
n ij
teS nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ClUQ^ÃtSUn lOVRNEB
abondâtes en fruit à Iâaduenir.Si cA-ce que ie Cais dâadais quâon en vfc in-trcmcnr,amp; Joüe fort ceux qui entent toufiours durât ianouuclle Lune es terroirs qui font maigrcs,amp; en decours en ceux qui font gras amp;nbsp;fertiles.
VINCENT. De tant plus font recômandablcsccux qui entent es mois faCdits, tant plus doit on accu/cr ceux qui le font en Hyucr, amp;nbsp;les entent en l'arbre qui eft encor à planter, lequel ils plantent vers Noël durant les grandes froidures: par ainû ne fault feftonner fi ces arbres font toufiours fi chétifs, amp;nbsp;iâils défaillent en peu de temps. Ce pendant ie defire fçauoir fèulcincnr quels greffes amp;ïyons il fault cnoifir,amp; de quel cofié de l'arbre il les conuient prendre.
Quel doit eftee lâar-
Corne on r E A N B A P r r s T E. le feroy dâopinion quâon efieuft deprifi ceux qui doit choi- rournentà lâOrien fur lâarbre, amp;nbsp;qui font bien proportionnez en beauté, fes r^ter ^groÃear, a.yans les yeax, 8c boutons gros amp;: eCpais, Sc les fault (Cil eA poifiblcjles enter au/îî tort quâon les aura coupez de leur mere ioiiebe. Si on les porte de loing,quâils ioyen t cnuclopcz auec vu peu de terre Sc dans vu drapeau, ou autre choCe, aÃn quâils Coyent maniables a c/lrc entez, Sc non Cecs par le vent, Ãc force da Coleil. Il eAvray quâon les peak porter dansles canncsamp;roleaux bien clos en vnpeu dcmicl.Or fiultil quelâar-^^ ^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;brefar lequel vous voulez enter Coit lain,ieune,vcrd,rond,nec,non rorca,
flud on '' ^'â® nÅuds,amp; de belle couleur,afin que plus aiiemen t le nouueau fyon y ente. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;prenne pied,8i gentile noarrirute.Levoulans enter à fente,oa auec le fo
ret Je fault fier au plus beau lieu de tout lâarbre, mais que le fer loir bien trenchât au poffiblc,afin dépolir la tailleure ;amp; en fendre autantçuïl^ ra befoinjiantpremieremet treÃaien le tronc aûn quâil ne faà fendu plus que de raifon: ^ Ci gentimenr,accommodat le greffe en fa fente, quâon ne voyc rien de ce qui eft taillé, amp;nbsp;que le premier Åil, ou lieu des boutons^ grand peincpuiffcilcfircapcrccu foitfur la taillcure, ou par dehors fat l'efcorce du rameau,ou de la tige: laquelle foit bien liée, Sc couaerte auec de la cire meüéc auec ce qui eA eÃargy amp;nbsp;fendu, elle valant mieuxpour conurir quâautre choie qu on Crache dire, 8c encor pour emplir mieux la fcntc:amp;-autour lierez lâente de paille defeiglc, accouArée auec vnpeu de terre, afin qaelesgreffcspouÃcntScgermentplusfacilcment, Icfquelles ffayentpoint plus dedemypied de hault 8c longueur hors du troncou Jon les plan te.
vi N CE N T.le vouspriecncordemâenfcigncrlemoyendâencerà peâ-te couronne,ou comme autres dient,à enfeillerles entes.
^ent^/'i ^^quot;^^ BAPTISTE. Ccilcfaçondâcntcmcntncfurgucreiamaiscnv-petite cou- ^^S^panny nous,iaf oit qaô en pculr vier en tour teps que les arbres font sonne. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;en fcue:nonpourtant fen aidelon en Feurier ôcMars, luillct,Sc AouA,f
caufe que lors les arbres font le plus en amour, amp;nbsp;lâairplus doux Sc tempere pour les fecourir.Qui en veut vfer faultpluAoACadreffera ux arbres gros,qacnon pasaux menus, 8cfubtils:à ceux qui ont lâefcorce dure amp;: groAicre,auant quâaux autres qui lâont mollette,Sefubtile,y mettant lâente atfez groÃe, Sc ayant les boutons eCpais, 8ctirée du coAéleplus orienté
BE LâA G R I C VITT HE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃO9
He Con arbre premier. Er ayant coupé le tronc, auquel on venir la mettre, aueevnefie fubtilc, le fault raider aucc vn couteau iufques à tant quâil foit bien net,poly,amp; cigal de telle forte, quâon ne puiire otFcncer aucune-met refcorcc:puis le fault lier aucc vue cordc,ou ceinture près le lieu, ou lâarbre a efté fié, afin quâil ne fe fende , lors quâon fichera le coing entre le bois,amp; lâefcorcc.Mais vn cloud de chenal bic limé, y feroit mieux ceft of-fieeque le coing: amp;nbsp;lâaiguifant gentiment, le fault mettre ou le coing, ou le cloud entre le bois,amp; lâefcorce à dextrement non moins de deux doigts dans le tronc delâarbre, regardans de la pointe ronde vers lâefcorce, amp;nbsp;de celle qui eft plate vers le bois: puis façonnerez voftte ente felon la forme du coing,ou du cloud cnuiron deux doigts, y lailîant outre lâefcorce vet-dc,amp; fubtilc,auffi la premiere les accommodant fi bien dans les trous fais aucccesinftrumens qucles efcorces amp;nbsp;du tronc, amp;nbsp;ddâente fe puilfent entre-baifer fans quâon voye rien nud du bois taillé: ains la feule cfcorcc y apparoiffe.Et pcult on lai (fer la première cfcorcc au greffe du cofté quâon nâageancc point auec de la bouc,toutesfois la fault cllcuer vn pcuamp; en ui-ron deux doigts, à caufe quâelle poféc en fon lieu fert de deifcncc à lâefeor-cedutronc,comme ficâefioit vn petit chapeau,ou couronne.Accouftre-Jcz an refte ces entes autour du tronc loing lâvne de rautrc,nô moins que de quatre doigts:amp; que foudain vous couurez amp;nbsp;la tailleurc du tronc, 5c la fente de lâefcorce, amp;nbsp;des entes aucc de la cire comme deffus iâay défia dit. Puis en oftant la corde, ou ceinture, lierez lâefcorce aucevne hard dâofier fi longue quelle puilfe embrafTer le tronc en trois,ou quatre tours, amp;nbsp;doubles, afin que les entes foyentpar ce moyen deffenducs, amp;nbsp;fe tiennent fermes contre les vents,amp; autre violence:amp;contre le tronc mettrez vn pieu, 5c fouftien pour les fuporter, oftant les reiettons dâalentour do lâarbre: 5c à chafeune des entes lailfervn bouton ou deux des plus beaux quiparoiffent en icelles : dâautant que tant plus le nombre en fera moindre , rhumeur caiifcra la vigueur 5c accroillcmcnt des rameaux qui y feront pour refte.
VINCENT. Encore fouhaiteroy-îe de fçauoir les moyens dâenter à tuyau,ou(ainfi que nous difons)à violette.
lEAN BAPTISTE, laçoit quâon puilfe enter à tuyau les mois dâAuril, MoyJ dâen 5c de May,fil fuis-ie dâopinion comme pour chofe meilleure que ce foit en ter i tuyau luin, ou fur le commencement de luillct, ayant neantmoins a lâauancer, â ou retarder felô que le païs eft chaulr,ou froid, 5c encor à choifir les greffes lors que les arbres font en leur pcefedion, quelles foyentncttcs,po-lics, amp;nbsp;prifes du cofté de 1â0 rient,vfà nt de foing à cueillir chafeû tuyau,amp; le tordre,5c accouftrer fans le rompre cftant lâefcorce de deflus le rameau fort proprement Ãc de mefme raefurc que le rameau, afin quâen le mettât deflus, il fcmblc vnc mefme chofe aucc iccluy : 5c nâaura Ce tuyau plus de deux boutons,5cycux,5c en y mettant les plus ou moins félon que lâarbre que vous entez foifonne en rameaux,5c branchage.
V i N c E N T.le fouhaite encor de fçauoir de vous la façon dâenter en et
n iij
IIO
CIN Q^ lïSME lOVRNEE
cnteencf- lEAN BAPTISTE, Pour enter de ccftcforte, faulr cn premier licu 0-cuifon, ^^â^ ^oâ® ^^s boutons de lâarbre auec vn couteau bien taillant à la pointe, amp;r ce en formc,amp; Egure dâvn cCcu{ron,amp;: mettre vn greife en licu,amp;placc du rameau que vous en auez ofte,mais qui lbit vn peu plus grandclet afin quâil empliiîè ce qui cà vuide, amp;nbsp;lequel on air moyen de planter vn peu par deilbuz lâcicorcc, liant cbaicun nÅud,amp; cCculToa enté aucc vn lien de cicorcetoutautourdurameau , ou tronc enté, ians que la liailè count.' rien deVefcalTon, afin de ncmpeCchcr point quâil poulie, ôegermeà fon temps amp;nbsp;f^ifon. ToutesFois vaudroit-il mieux coiiurir ce bouton, amp;nbsp;Åil entamé auec celle languette dâefeotee qui teilep^t deilbuz, fins quâon lâuye coupé, amp;nbsp;la lier 2uec vue autre efeotee nulTi lubtile, ce qui eH coupé pur deirouz,amp; a.ubout de cinq, ou Ãk iours deüier, Sc dcüioûer le tout: veu que dans ledit temps le bouton,amp;ncud de lâente Feroit incorporé, 8c vny auec l'humeur du tronc: »Je cependantnefaultfaillir d'oCmondcr amp;nbsp;couper tous les rumilFeaux, de grelFes non entées qui Font à lâentour amp;: tousles reiettonsqui iùrcroiilronticlonIcsFuiFons, iaFqaesiceqacles bonnes entes,amp;cplans Foyent Fortifiez, de pamenas à leur perFeâion. Et ceflc manière dâenter Fc Fait au tronc, Setige de l'arbre tandis quâil eflicu-nc,amp;tendre,laquelle eflât endurcie,de deuenuëgrofle,amp;: malUue, on enteles rameaux en cFculFon, tantpour-ce quâils prennent, amp;nbsp;FafFetmilFcnt bien pour cflrc tendres, quaufli ils Font grand quantité de greffes pour
Fen aider ailleurs,
dc°'j^rFamp; ^^^ CE N T.Et véritablement câeil art dâenter cil vnedesphw belles amp;nbsp;inuention ^^^c^Umtes choFes qui Foit en toute la fcicnce dâAgriculture: veu la force dâenter. quâon Fait à la nature changeant les Fanuageons en domefliqaes,Sclesar-bres flcriUcs, en ceux qui Font Fettillcs amp;.dc grand appoi t.: amp;nbsp;trafinuant, ceux qui Font de maunais goufl,en grand delicatcfle, les tardifs en ceux qui viennent auantFailon,ôc les Faifonnez les Font deuenir tardiFs.Diaam tage cell art Fait que non Feulement lâvnc cFpece efl cbangée,amp;ttanFmaée en vnc autrc,amp; que diuers Fruits Faccommodenten, amp;nbsp;lut vn meFrnearbre : ains encor les arbres etrangers paruiennent iniques à nous, amp;nbsp;nous FaiFons largçfle dés noflres aux pars, amp;nbsp;hommes eflrangcrs.
izAN B A PT i s T E. Mais qui Içauroitiamais afFez déduire leprouffit, commodité,plaiFir,amp;: contentemét quâa le bon mcFnager quientefesar-bres, ayant cefl auantage de recueillir le Fruit aucc ces melincs mains qiu les ont cntez,nouriis de eflcuczp leur ttauail,âi diligécc: Q^FâilFaiUoit diFeourir de renc quels ont efléiadis les Piinccs, Capitaines, amp;' gransIci-. gneurs, Sciés plus Fcgnalcz du monde qui ontilluflréc, Sc miFe en pris la icience de bien enter,ienc Fçay quand ic pourroy mettre En à mon dire.
V i N c t N T. Puis que nous suons deipeché de ce coflé, vous me Feriez quées^con ^â^^^plaihr, me ds.clairant qaelsFont les meilleurs Fruits quâon recueille dénées des en ces Contrées.
medecias. j£AN BAPTISTr.Iecommenccrayprcmicremctà vousdcduircdes
D B lâag RIC VITVRÃ.
in
poires mufquccs qui font bonnes des la fin du moys de May: amp;nbsp;Icfquclles iiçoit que foiét plaifantes,amp; fort délicates au gouft,fi eft-cc que plufieurs les reicctent,amp; nâen veulent point vfcr,pour-ce que les médecins enblaf-menc rvfage,amp; pour-cc quâà grand peine font-elles cueillies, quâon voit foudain quâelles fe corrompent. Apres ces mufquccsvicnnct les canalicrs, poire pour vray qui merite tel nom pour le gouft agréable quelle a,amp; de autant quâelle nâa rien de manuals ny corrompu en ellc,amp; cil fa faifon dés lâentrée du mois de luing. A cefte poire fuccedét celles quâon dit amp;nbsp;nomme glacées;lefquellcs font trefdelicates à les mager crues. Cclles-cy finit hnt viennent les poires de cigoigne plus belles que bones ; amp;nbsp;foudain de celle race celles qui font les moins belles, ont vnc faucur, amp;nbsp;gouft pleins de grand delicatelfc aprochant à lâodcur,amp; faneur des mufcadcllcs. Apres cclles-cy viennent celles quâon dit grumeUes alfez grolfctcs , amp;nbsp;pleines lt;lâvn gouft dclicaf.lcfquclles finilfant foudain,ou bié toll apres font meures les roufquées non moindres que les canalicrs fufdits,amp; là uourcufes,amp; délicates à caufe de celle odeur fentant le mufe. le pourroy vous deduire Vne infinité dâautres fortes de poircs,mais dâautant que cclles-cy futfifenc pourlâeftéjic vous parleray des meilleures qui fe cueillent en Autonne. Entre lefquellcs eft la bcrgamottc,que ic penfe élire vn des fruits plus fa-Uoureux ôt délicats que Ion fçache:mais nâell de garde guère longucmét, fl on ne le cueille vn peu auant quâil foit meur, pour le conferuer dans le foüerre.Syuent apres les poires de certeau. amp;nbsp;cailluau fruit précieux, amp;nbsp;crud amp;nbsp;cuit fi colt que Noclpalfe, mais lâarbre cil tellement alfaiUy de vcrs,que fonuent il en va en ruine: amp;nbsp;par ainfi câeft bien fait que de les oc-cir auec vn fer fubtil mis au bout du trou ou celle vermine fengendre, amp;nbsp;en vfcr de mefine à tout arbre offence par celle vilennie. Y font les poires encor de dame leannc,lefquellcs outre que font groires,amp; délicates, elles font encor de longue garde amp;nbsp;bóne,encorc la poire de bon Chrellien laquelle pour élire bonne amp;nbsp;crue,amp; cuite en toute faifon,il nây a aucun qui 1âctafchedâcnauoirenfonvcrger:aullîbienqucdc plufieurs autres ma-niercs,qui durent bonnes prefque toute lâannée.
V i N c E N T.Ces poires furent toufiours plus ellimécs que les autres,amp; en la grand cité de Vcnifc,amp; par toutes les autres villes qui lâauoifinent.
1EAN BAPTISTE. le loüe encor à mon polTible les poires dâefpine, tant pour ellre ce fruit abondant tous les ans,que pour ellre bons,amp;cuits amp;nbsp;en tartclagcs,amp; confitures auec le miel,amp; le fuccrc:amp; que lâarbre dure cent ans amp;nbsp;plus,amp; croillcnt plus grâds,amp; plus beaux que cous les autres. Dâanantage cucillà t ce fruit bien meur voire amp;nbsp;full-il tombé de lâarbre,amp; en exprimant tout le fuc,amp; liqueur qui cil dedans le faifant bouillir, celle boiffon a telle amp;nbsp;fi grande delicatcffe au goull,quâclle furmonte la faueur de tout brcuuage,amp; confiture,ou raifiné que fçaehions faire auec des rai-fins,amp;efpicerie pour en vfcr à tabictout le long de lâannée.Et voila quant à ces fruits.
Les gra-melks lot
corne poires à deux
teftes. Delicatef-fc de lapai reberga-mocte.
Poires de certeau.
Poires de dame leâ-nc. Poires de bon chre-ftié, amp;nbsp;leur petfedion Poires dâef pine,iepc-fcque loicc celles que nous apel-ISs calluau veu que lâvfagemef me y cor-refpond.
Ill nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CINQ^IESME lOVRNEE
V i N c E N T.Ic voudroy f^auoir cncor quelque reigle raaprenant à con' feruer cesBonnes poires.
Cómefe Iean BAPTISTE. En premier lieu fault noter de ne les cueillir point faut gou- que la bruine,amp; roufee Autonalc nây foit cheute pour le moins trois, ou cuenîk ^ nbsp;nbsp;quatre fois dcirus,dâautât quâelle fert beaucoup à les fortifier pour la gar-
gardc/ jj* dc,amp; les accroift en bonté,Et faut eftre fi foigneux q de ne les cueillir one fruit. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;durant la pluyc,pluftoft eftât bien feches,amp; elfuyées du Soleil, amp;nbsp;que les
cueillant ne foyent blecez,ny heurtez en forte quclconque:ains les choi-firez Tvn après lâautre aucc voftre couteau à couper amp;nbsp;emmaché au bout dâvue perche,amp; qui foit bien taillant:ou pour cuiter fi grand peine quâon les face choir dans vu drap cftcndu:oftant de parmy les bonnes les pourries,gaftccs,amp; qui font ofiencées en quelque forte q ce foit: amp;nbsp;ccllcspoi-res qui font bclles,mafiiues,amp; fans offence, ny bleflure les mettrez fut la paille en lieu ou le vent, ny lâair ne les puillc nuire, ny les offencer. Et de mefinc diligence fault vfer à conferuer Icspommcs. Mais pour garder amp;nbsp;Tvn fruit,amp; raurre,à fçauoir,amp; poires,amp; pommesiufques en Carefme,amp; Pafques amp;nbsp;fi frefehes comme fi elles ne faifoyent que fortir de lâarbre : ie dis que cueilly quâon aura,amp; choify les plus entières, maffiues, amp;nbsp;belles, amp;⢠non trop meures,!! fault deffoncer vn muid, amp;nbsp;le mettre tout debout, y poiantarrengément ces fruits, maispluftoft y mettant vn lit de paille,; (suis eftendre vue autre lit de fruit, amp;nbsp;continuant ainfi iufques à tant que e vaificau foit plein,lcquel vous ferez refoncer,amp; elorre fi bicn,amp;qââ'^' bondon,amp; ton t autre trou foit fi bien cftoupé,quc le vent nypiii(^^^'^^'^'â nementpenetrer.
V i N c E N T.le vous prie me difeourir encor fur ies meilleures delqucl-les nous ayons cognoifiance de par deçà .
Iean BAPT i s T E.Laprcmicrc forte que nous voyons,amp; quifontlcs Pommes auant laifon parmy nous,font les petites pôincs douces, amp;nbsp;moyennes ici-douces , q quelles font en pcrfcólió au temps mefines que les poires mufquees.Mais tenT dc's nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;paffccsjilnây a pom me aucune bónc,qui foit digne de qui Ion fa-
Ican ' c^ compte,iufques en rAutonnc,amp; après les vcnd3gçs,ôc lors toutes font, meures,amp; bonnes à recucillir,amp;fur tout files brouillas,amp;:roufccs aucon-nalcs les ont fortifiées,amp; endurcies. Sont délicates encor les pómesrou-Pommes ges,amp; rondes,lefqucllcs pour eftre tédres font bonnes amp;nbsp;crues, amp;: cuites rouges,amp; en conipoftc dans vn pot de terre aucc du fucerc, viande bóne Sc pour les rondes de fains,amp; pour les malades;mais ce fruit nâeft de guère longue durée. Après peu de du- fQ^- Jej pommes quâon nome de Paradis dâautant quâelles le gardet affez .
longuemét amp;nbsp;font treffauoureufes apres Noel:amp; en y a de deux fortes,amp; cfpeccs,cn ce cognciies en leur differcncc,que lâvne eft plus longue qlâau-tre.Il y a cncor deux fortes de pómesvn peu rougcaftrcs,mais les aigrettes font plus eftimées que les douces,dâaurât que tout ainfi que les douces ne padent guère plus outre que les feftes de Noel en leur bonté,dâautant que de là en auant elles fe gaftcnt,flcftriirent,amp;diminucnt,câcft lors que les aigrettes viennent en leur perfcólion,amp; durent plufieurs mois maintenant leur
DE lâaGRICVLTVRE.
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goulï,amp; faucur: amp;outre ce quâelles font plus groires,fermeSjamp; fauoureu-1« que les douces,ellcs font encor meilleures pour cófire,amp; faire copofte fn toute faifon^Sot bones auffi celles quâon dit calamanes tant pour eftre le péfeque agréables pour leur grand dclicatelTe à chafeun, q pour eftre auffi de lon- j âf®^â®j guedurée.Mefmepour ce refpeft font prifées les Pommes Pupines,pour pg^çjquot;jâ lescaufcs fufdites de leur bôte^amp; durée.Non moins font louées les rofta- eapedu ou iolcs,ains font plus agréables, pour furpafler en beauté amp;nbsp;liqueur toute de rainette autre forte de pomrnes:amp; par ainfi ne fault f elbahir fi és feftes de Carne-ôal,amp; Mardy gras,on les vend fi chèrement à la icunefle, .amp; lots mefme-tuent quâils mal quent amp;nbsp;ballent en public. Après ce font les pommes di- Pommes-â tesdes Italiens Apote, amp;nbsp;Melle Apie, iadis grandement eftimées par les Apics. anciens,amp; quâencor de noftic temps on eftime furmonter touteslcs autres en dclicatclfe.le pourroy vous en déduire dâautres fottes,quâoiitrou-uc en ce païs,mais pource que iâay defehiffré ce qui eft dé meilleur, il eft temps amp;nbsp;raifon déformais,que nous parlions des autres fruitages.
Vingen t. Anat que vous paffiez outre, ie defire encor que me diffiez quelles font les qualitcz du coing. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Cofidera-
Iean b APT isTE.Ccftcpommecftdiflemblable à toutes les autres non jâ cnformc,cfcorce,folidité,odcur,amp; faueur,amp; pour autât ce fruit nâa point coings amp;nbsp;4uv^ fon pareil à faire Compoftcs,Codignac,diucr(cs gelées,amp; paftez amp;nbsp;diuers. 1® moien ' ^''f amp;nbsp;forts dclicats.Et fi le fruit eft fingulier,lâarbre encor ne luy en doit rien., ^'
® nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i D ' i i teramp; re-d autat que ii vous coupez viuameau d vn an,ou deux,« venez a le plan- plantée ter durant Iccroill'ant delà Lune es mois de Feurier, ou Nouembre, il portera du fruit en peu de temps. Voire fi vous y entez deflus des poires,. pommcs,bïuignons,ou auant- pcfchcs,abticots, amp;nbsp;autres fruits il en fort des plus délicats que des autres entez furies arbres quifont de mcfmc efpccc que rente,pour avoir vue certaine liqueur peculicrc,amp; fpcGialc,amp; icelle pleine de vue grande douceur.
Et deux ans apres on peuk encor öfter ces rameaux cntcz,amp; les planter alanouucUc Lune de Feurier, lefqucls.produiront leur fruitforc délicat eftans à faifon.
de la poire enuers amp;nbsp;en Iho- nbsp;nbsp;Qualité
des poues
Y i N c E N T.Eftlmcz-vous que la propriété me face mefine eftait que la pomme?
IE A N B A P T i S T E. 11 nây a pas guère grande difference du naturel de lâvnfruit,à la namcté de 1âautre:vcu que toutes les fortes prefque des poi- ^ ^ . tes font de tant plus aftringcntes,commc elles ont de lâaigrcur,amp; afpreté: cecyritaHS neantmoins font bonnes à reftraindre le vomiffement, amp;nbsp;fluz de ventre, qui apellc amp;à eftanchcrlafoif,amp; alteratiomCc quâaufli font les pommes aigrettes, Ccrife cd-amp; non du tout meures. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;le qui eft
V i N c E N T.lc fouhaite encor que vous pourfuiuicz à me dire les autres ^ââ'jçjâpj^ fortes des fruits félon que vous le verrez neceftaite,amp; à voftre plaifir,loi- ^^jj lâapel-fir amp;nbsp;fantafic. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;leGume,
Le AN B APT i ST-i.le vous parléray donc des Cerifes,puis que ce font amp;nbsp;raigret-dts premiers fruits qui fe voy ét an-mois dâAuril, ou aucomencement de- te,C«ifc.
O
n4
CINQVIESME lOVRNEE
Mayâ: or quay qifellcs royentfortpriCées,de tant plus elles Pont belles,d câ-cc que touhoars ce fruit ett mal faia, d autant quâil engendre de mau-uaifes humeurs en lâeü:omach,ôcdes vers au corps,SeCont de peu de août-riture,comme auFTi font les CÅurs qui viennent bientôt apres.
les apelle
Apyes vieimét celles qui participent du doux ôc 3.igre, amp;nbsp;lont dclicatesP ' Sc bonnes à confire aucc du fucre, tantpourles fains, que pour les malades,qui faydent de celle liqueur fi foefue que ce fruit produit en fa faifon. Or en ces fruits-font à louer plus ceux qui naiffent és Cerifayes, Se furies petits arbres,à caufe que ceux-cy portétplus que les grands amp;nbsp;haalt cûc-uez,amp;qa ils germent cnplus grand abondance vers le pied: mais quien- ' teroit des greffes des bas cerhies furies grands, il cauferoit Scplus grand quantité de frair,Sc plus groifes les cerifes, telles que font noz atrriottes Pour bien oupââg3rreaux,pourauoirplusdegrâsraineauxqiicnâonrccuxq^ij font roit toutes comme trainans patterre. Vous diray encor que fi les entant on mettoit les eCpeces le bouton. Si Åil du greffe en bas que les rameaux en fortansfe comporte ce Finit, teroict de la forte mefme,cc qui feroitfort agréable à voir. Ces Cerifayes iefui^Dio- ^°â^â' ^^^^ ^^^^^ ^^^ iardins pour le plaifirde lâombrage, mais dans la court feot. liut.i. ^^quot;^ logis,ou ailleurs non,à caufe que la volaille,amp;: geliaes poucroiéc ga-chap. iz}). fier le fruit en le becquetant. En ce me fine temps font meures les menfes, lefquelles iaçoit que foyent plus petites que les gaines, fi font-elles bónes crucs,mais meilleures feches,ôc en faulces,paflez,tartelages. Les CÅurs VltaUen de Agriottes peuuent efire entées fur ces Guiniers communs Scvaufi mieux ce faire far les fauuages,que fur les domefliques. Etquoyqueles Cerifes trop aigres ne font guercs piaffantes à les manger cracsà caafede leur aigreur, amp;: afpreté,fifont- elles trefbonnes à confire dt a les manger fechées ou au fourgon au foleil.
B rognes, amp;nbsp;Sufine le Fruit.
A quay feraent les Prunes de Damas. Prunes de Aoud ont conuenan-
ViscENT.A prefent qae vousm auez ütisfait touchât ces ftaits.qai font pcefque d'vue meCme fotteputtéds que vous me parliez des Prancs, amp;nbsp;diaeriité dâicelles qui font entre nous.
ItAN B ARTISTE.Les premières font celles quâon dit de Damas,lef-quelles quoy que foient les pluspetitcs dâentre toutes, fontneantmoins ce aaec le belles,fauouceufes,dcfainesfilesmangercruës,maisplafloûcaites,oafe-Damas, nbsp;nbsp;ches,dc me finement en lafaulce des volaillcs,poules,di autres oyfeaux.Et Ugoaaa'^ P^ns cela ce fruit efi boit faire bon vôtre,le fai faut vn peu bouillir aaec vu fauouieux P«^â dâeau de le mager ainfi mol,dcbié facréiil eh vray que legros Damas Ces Mica- amp;nbsp;qui efldoux,amp;: bien meut vault mieux pour ce(t vfage que tout autre: bofans, ie rnais quoy qu il en fait,de crues, amp;C cuites, feches,ou vertes,eflâs trempées ^ont^celles d^^ns de lâeau tiede,elles eflachent la Ibif Après fuyaétles Prunes dâAouft que aousâ lefquellesaaecce quâelles font belles,vnpeu lôgues,amp;groffetes,font en-apdlons corfortfaincscracs,cuites,amp;fechées.Lesgroflesprunesencor,óclefqael-prunes de les font rôdes, fl OU les laufe bien incurirpeuuent porter le tiltre debate, Datte. nbsp;nbsp;nbsp;^2iais dauantage qui les ferait cuire foubs les cendres chaudes(enuelopées
neaemoins auec quelque fucillc) de puis les efcorccr,dcpcler,dclcstrcfbié charger de facre ains q lesmanger:ou vaudra mieux les peler toutes crues.
DE LâAC RI C V LTV RI.
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amp;les faire cuire dans vn pot de terre aucc du fuerc.Mais pour manger des Prunes fainement, de les meilleures, fault choifir celles trois fortes, que nous apclons Mirabolans,violets, blancs, amp;nbsp;iaunes,quifont parfaites,cn-core que nefoyent cuites. Et font trcfloüables, amp;nbsp;de grande lecommen- PrunesCa-dation les Prunes quâon nommcCathclancs bien meures,quâon peult ma thelanes. get crues,amp;les plus prifées dâentre toutes font les blanclies,vertts,viülec-tes,ou qui ont la couleur du cramoify.
V IN c E N T. Véritablement ie ne cognoy fruit quipuiflèPcfgallcr à cc- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' ftui-cy en douceur,ny quiaye la liqueur fi plaifante,ôclauoureufc,amp;fi de-licate,voire ne qui conforte de tantreftomaeb de rhommc,alors quâil eft faify de quelque grande chaleur,loif,amp; extreme alteration. Que dira Ion de lâallégement, amp;nbsp;réfrigéré que lent vn panurehomme alTaiUy de la fic-urCj-voyant que le medecin luy permet de mager vne Cathelane, ou PruÃ' de datte bien meure le la mettanten bouche bien pelée,amp;la fauourant ainlifrefchc,,amp; pleine de bonne liqueur comme elle eft ?veu que par le moyen de ce rafrefchilfcment lâardeur de la heure famortift, amp;nbsp;le patient ïecouure quelque peu lâapetit quâil auoit défia perdu, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;j, lEAN BAPTISTE. Vous aurez auffi bonne occafion de parler des Atmonia-prunes dâAouft blanches,des noires de Septembre,des Maximinianes,dcs qgt;ïes,Alber prunes de Perdigon,de Icrufalem, amp;nbsp;autres diuerfes fortes : mais pource quâil refte grand nombre, amp;nbsp;iccluy diuers de fruits à difeourir, laillant le propos des prunes,nous parlerons des Armoniaques (quâon a eftimé vne cfpcec dâabricot)lefquclles ontlâodcur fort foëfuc,amp; agrcable,la couleur plaiGncc à voir,à caule quâelle fe raporte à lâor, amp;nbsp;au gouft ttefdelicates,fi elles fon entées. Mais pour le plus commun ne font fi faines que les Prunes,amp; ne fe gardent guère longuement leurs arbres, amp;nbsp;for tout fi on les ente fur des Pcfchicis: là où elles durent amp;nbsp;fe maintient leur arbre plus long temps fi on lâente fur le prunier, amp;nbsp;plus fi fur lâAmandier, ou fur vn Ãoignadicr.
ges,âamp; Abri cots apro-chent fort
v i N C E H T.Iâay toufiours fort aymc cc gétil fruit pour auoir deux fin-gularitcz en produifant deux chofes bonnesj à fçauoir lâArraoniaque qui cft fon fruit,amp; le noyau qui eft dedans lâoz dâicelle. *
lEAN BAPTiSTE.'Voâ aucz encor les abricots, Icfquclsquât au fruit
en gouft les vus des autres, amp;nbsp;nây a pref-que que la diuctfité du nomA-bricots, amp;nbsp;omis doi-uent eftre entez. DesAlber-
quand fait bon planter leur» noyaux.
De ces
fur Diol-
cor.liu. i;
font prefque fcmblablcs aux Armoniaques, amp;nbsp;en partie fe raportent aux Pefches,fauf pour le fucillage,amp; Icfqucllcs onpeult allez bien enter for le Prunier,amp; mieux encor fur les Armoniaques. Mais-dâautat quâà grad difficulté lâente prend faite en fente ôefelonlâvfagccómun,ilvaultmieuxde haus voy prendre les greffesqui ne foyent guere tédres,ny ieuncs,ou pour plus gai- M»dieolc gner les enter a tuy au,à caufe quâils prédront plus facilement. Les Albcr-ges font encor fort rccómandécs,lefquelles ou peult à la façon fufdite en- cbap.iji. ter fur des pefchiçrs,amp; Pruniers: toutesfois le chemin plus affeure câeft de planter les oz,amp; noyaux pluftoftlâAutonne,quâattendre iufqucs au Prin-temps.Vous Içauez puis aprcs.de combien de fortes de pdehes nous aiiôs en no2 carncrs, amp;nbsp;eôbicn facilcmciu l'arbre croift,amp; naift en noz terres.
0 M
HÃ
CINQVIESME lOVRNEE
mais il fy maintient fort foiblcmcnt, entant que le froid les fait Bien toft cnuicillir en ce païs,amp; que les neges,gelées, amp;nbsp;brouillars qui furuicnnent apres quâils ont fleury,lcs aneantiilént,amp; gaftent.
V i N c E NT.Neiçauez vous pas quelque remede pour les colcruer plus longuement, amp;nbsp;des moyens pour empefeher quâils ne craignifFent point, ainli quâils font,ces inalediélions,incômoditez, amp;nbsp;aHà ults de la froidure? ^6du***f nbsp;nbsp;â ^^^ B APT i STE.Pourconicrucrces arbres, il fault les en ter fur des
chier amp;cS Coignicrs,oupkiftoft les marier auec quclqucAincndicr.Mais lors quâils me il le 1°â'*^ naturels les fault tailler non iculemenrvn peu plus hault (fuppofé fatilt gou- que tant plus le tiennent balles, de tant elles en font durables) mais ceux inerncr. nbsp;nbsp;nbsp;qui trauerfcnt les fault couper au milieu:mais entanclùr la verge, amp;nbsp;tronc
la fault couper rez à rcz de terre, lors que lâété eft grolle comme le dolgr, afin que pluftoft elle prenne racine quclc tronc deuienue en hauteur,laÃ-fanr croidre feulement vnreiettonjduquel proccdétles autres.Maispour garentirtoutpefehier,lors quâil eft en danger défaillir, amp;/clecher,fault relIà rtcr,amp;cnoftertousJes rameaux, toutainfi quâon en fai taux Saules quand on les etefte amp;nbsp;coupe: car en cede forte ils deuicnnentgail-Moyensde lards,amp;aulîi bien ramez quâau parauant. Dauanrage en fendantlâcfcorce ks pcfââ entière de la tigc,amp; troncfcoinme iâay dit par cy deuanr)laquelle fonuenc .cluers. pour edraindre par trop rarbrc,cd caufe quâil le meurt, amp;nbsp;dedèche. Suis encore dâaduis quâon replante tout pclchier tandis quâil nâed encor guère gros, amp;nbsp;le mettre dans la folle en long, toutainfi quâon envfe'ilâo^^^^'^ de la vigne,laillà nt fortir, amp;nbsp;fauancer fur terre vn (cul ramaal^^l^^ â''quot; uc de tronc,amp; de rige:amp;ainfi il lcra de longue durée à cauledu bon nombre des racinesquâil aura luy lèruant de fondement amp;nbsp;nourriture; mais fault couper la plus longue branche qui Ibit droite fur toutes les autres: Ce quâencore on deuroit oblcruer à lâendroit de tous les arbres fruitiers» lors quâon les replante, à caulc que câcd celle qui les empdehe déporter du fruit en abondance.
VINCENT. Quefaultilfairepourcaudrquelespclchcsdeuicnncnf, amp;nbsp;plus grodcs,amp; meilleures que de coudume?
Pourren- lEAN B A P T i S T E. laçoit que le fumer, amander, amp;nbsp;befeherautour dre Icspcf- du pied detoutarbre lôit ebofe fort pro uffita b le, encore lâedilplusà lâé-ches meil- droit dupelchier,quifen lent lècouru grandement.Ccluy donc qui veuh Jeures amp;nbsp;despefehes bonncs,grollcs,amp;rcmplics de chair,fault que houe, amp;nbsp;remue plus bel- la terre du pied de lâarbre pour le irfoins quelques trois fois lâan :amp; luy â' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;donne du ncniamp;zerroic gras,amp; fort menu vn peu auant quclâHyucr vié-ne,amp; fur tour du fumier desporchcrics, qui les fait deuenir plus gros que Qualitez toutcautre âforcedâamendement. Ornâyailcfpeccaucuncdcccfruitde amp;nbsp;proplie- pefehierfôitmade, ou femelle, quincfoit nuifiblcà redomach,pourlc rez de la nbsp;corrompre fort facilement, amp;nbsp;par ainli les fan Je manger deuantJerepas: pelchc. nbsp;nbsp;gyj oiangc les fleurs de pefehier à icun cela aide à rendre benefice de ven
tre, empdehele vomi(lemenc,confor[elecÅar,amp;: occidlcs vers quilâengendrent dans le corps.
DÃ LâAGRICVLTVRI.
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V i N c.Vous pUifc doc de difeourir encor fur U qualité des bones figues lEAN BAPTIST E.11 uâcft aucun qui ne fçache que les figues font: des meilleurs amp;nbsp;plus précieux fruits que nous ayos: amp;nbsp;Icfquellcs fclon la terre,amp; plant ou elles font mifes,fc mondrent ou plus, ou moins douces, amp;nbsp;fiiioureufes.Et cecy procède pour raifon de lâair froid,ou chault, ou tempere: ou pour lâefgard des terroirs fees, ou humides, gras, ou maigres, af-prcs,ou mols,forts,oulcgers,amp; facilcs,pierreux,ou Uns roch,amp; carrière, otialfisen quelque ancienne mafure. Ãt dâautant que la diuerfité eneft fort grande,en y ayant de groircs,amp; menues,rondes, amp;nbsp;aigues, blanches, noircs,vcrtcs,amp; grifaftfes,chafcun y prend plaifir,ainfi quâil a le gouft, amp;nbsp;fagrée en la couleur. Et quoy que ce foir le dernier fruit que nous man« gioiis,fine fail!et onc guère ces arbres à porter,à caufe quâils ne font point endommagez par les negcs,amp; gelées,broüillars,amp;grandes froidures ainfi qrfil en aduient à pluficurs autres.
Diuerfité de figues defquelles les petites Ãmfaftres ont les pl* â fauourcu-fes.
Quels fruits font les plus fin gullen.
VINCENT. lâay toufiours ouy dire, voire pratiqué que les figues, pef chcs,i?c raifins font la courónc,amp; ornement fur tout autre arbre qui portentfruit.
lEAN BAPTISTE. Gertaidemeut vnc pciche bonne en perfedion a de tout teps edé eftimée de chacun,inais,amp; le taifm, amp;nbsp;la figue ont encor eu plus de loüangc;amp; pris que ceft autre. Entant que corne ces deux font fingulicrs eu cfgard à leur plante,moéllc,fueillagcc,raraeaux, amp;nbsp;fruir,cn-corc (ont-ils accomplis,amp; fort fingulicrs en gouft,amp; prouffitable bonté. Le figuier nâeft- il pas admirable quâil porte ion fruit par deux fois en vne année? Audi voit on que non feulcmét les fleurs en font bonnes à mâger, ains font fcmblablcs aux fccods fruis foit en cfcorcc,couleur,grain,amp;tor-mequoy que le fruit foit plus gros: amp;nbsp;par ainfichafeun en deuroit tenir grand coinpte,amp; mefracment voyant que fon fruit eft de grand fubftâce, Propriety amp;nbsp;nourriture, amp;nbsp;quâil amollift le ventre, fans quâencor la figue eftant fc- de lafiguc. the eft bonne auxdurtcz,amp; à lâenrouement, amp;nbsp;efcorchcures du gofier e-ftant gargariféc;amp; pour latoux,caterrcs, amp;nbsp;difficultcz dâhaleine apliquée cncmplaftrc.
v i N c E N T. A ce que dites que prouffitent les fleurs des figues,amp;quel-les font bonnes à mangcr,ie refpós que les médecins les ont en fi inauuai-gt; fc opinion pour la fanté(pour dire cela corne la poifon, amp;nbsp;malice de rout lâarbte)quâils ne fouffriroyent pour chofe du mode quâvu malade en vfaft, quoy quâils accordent aflez fouuent lâvfage des figues aux paciés, lefqucl-Ics fortent des rameaux les plus tédrcs,amp; les fleurs feulement des figuiers qui nâont encor quâvu an. Et que ces fleurs foy eut nuifiblcs, lâcxpcticnce nous le fait voir, entant que les pourceaux les fuyent au polTiblc, quoy quâils mangent les figues aifez gloutemcnt. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ou fault
lEAN BAPTISTE, Adiouftaut foy à voftre dire, autfi veux-ie que ces plants (®® arbres foyent plantez en lieu fee, près les murailles, ou mafures, es terres |ââjç^ pierreufcs,amp;calciueufes,voire dans les mefmes murailles eftans fendues, jgjjg pj^j ouademy ruinéc«,à caufe que le fruit en eft meilleur,amp; fc garde mieux és fains.
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CIKQ^IESME lOVRNEE
JicuXjiSi; afficttcs chaudes, que/bufrans quelque froidure. Mais pour les alfeurer de la gelee, il fault que des auat la faintMartin on les couorc tld-bien de paille,ou des relies du lin,lianr ces choies à la tige, amp;nbsp;au rameaux lî bien qu'on ne voyc rien de laplante. On plante encor les reiettons de deux ansbeaux,amp;ronds,que Ion met fous terre, toutain/î qu'on fait aux plans, amp;nbsp;verges qui ont leurracinc. Maispourles faire mieux prendre pied, vous ofterez lâclcorcc par le bas enuiron vn demy pied au fons de la f^g^j^ây laillà nt neantmoins attachée, afin que telle clcorce le conuerti/re en racines.
v t N c E N T,Puis que i ay entendu ce que ie vouloy Içauoir touchanfle figuier, amp;nbsp;ion traiccnicnt, ie délire encor dâentendre coin me il faultma-
Desgrena-des, amp;nbsp;de leurs diuer fitez.
Moyen de
garder que les grenades ne fe-
datent e-ftans meures.
lüft de gre rades bon en fauces.
lEAN BAPTIST r.Combié quâil y ait de diucrlès fortesde grenades, les vues edans douccs,lcs autres aigres, amp;nbsp;le troifielmc genreparticipant de tousles deux: fi cft-cc quâen général tout arbre tel demäde lâair chaule, ou qui loir à tout le moins temperé, dâautant quâil cllprefqucimpoifitile quâon les eilcue en pais froid,amp; moins y pcuuent-ils dire confcrucz,ouy porter fruit quelconque. On les plante és mois de Feurier,amp; de Macs durant la nouucJlc Lune amp;nbsp;ce auât quâils poullent,ouicttét hors germe, ny fucillc quelconque.-^prennent facilement,^«: aucç racine, amp;nbsp;lansicellc, pourueu que les rameaux Ibyent bien polis,amp; lillcz,amp; encoreieancs.
VIN cm T.Sçaucz'voaspasquclquefecretpour empclcherquclcfruii de ced arbre ne fouate,amp;iâefclatcpointi
LEAN BAPTISTE. Comme ainfi foie que les anciés yptopofentpiu-ficurs remcdcs,fi cd-cc que nâen ayant expérimenté pas vn fciih ic fais ac-coullumé de ne planter, ou enter que ceux-là lculcmenr,qui ne ercuét ou fâefclatcntpoint edans Icurfruit en maturité,amp; choifis toufioursdespius beaux,amp;meilleurs quife puiffent tcouucc.Et pour faire engroUir le fruit, non feulement yfert le den des pourceaux, ains de tant plus on en met au pied du g):cnadier,de tant auffi les plus aigres gfenades deuiennét douces, amp;: plailanccs, au goad. Bien cd vray que les aigrettes ibntplus prouffitar blcsà lâcdomachiodent la foifiSa alteration, arredent le vomidement, Sc
rcllraigncnt le dus de ventre,.
V t NcE N T.I'ay roufiours fort à ynié les bonesgrenades, mais ie ne peux Mathcole â^^^^^^ coalcruct hifeiucs à la fin du mois dâAoulfqui cilla laifon que les furie i. de malades en ont Je plus dâaffaire ,amp;: que dauantage ils les fouhaitendoint Diofeoti- que leur rac,8iiad cil plus par fait,ôc plaidant far la viade roilie,ou es fände cha.iij ccs.dapoiffon,amp;autrescliofes,amp;. beaucoup plus délicat que celuy des o-mLiere nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^^mons.
on confer- * ^ -^ N B A PTi ST E.Lâcxcellcnt medeci n Sc fimplicOle Mathcolc,tiét uelongue- quece fruit fe côfciacfott longaemét fi lors quâil cffmcur,âc cilat encor ment les fur lâarbre OU luy tordvn peu le petit rameau, amp;quot;nbsp;queüe à laquelle la grc-grenades. j^ade tient: amp;nbsp;autres diieneque mettat ce fruit dans de la craye trempéea-ueclâeaa, puis lâexpo faut au Soleil pour lây faire fcchcr, il gardecaaufG
Dl lâAGHTC VLT VRl. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;119
bien tout le long de Iâan.Se confcruent encor fi on les cueille durât la Lu-, ne vieille, amp;nbsp;moyennement meures,amp; bien fechcs,amp; fans eftre mouillées pardelTus, les ayant tenues trois ou quatre ioursau Soleil, amp;furvnaiz. aiât la fleur dclPous le fruit,les tournât dâvu cofl:é,amp;d autre pour le moins; vue fois le iour,afin que le Soleil les touche de toutes pars,lans que pourtant il atraingne aucunement la fleur, dâautant que cela cauferoit que le fruitnâefclataft,amp; fefendift, amp;nbsp;apres les mettre en vos greniers, amp;nbsp;furies plâchers: dâautres les fontdemouter quinze, ou vingtsiours à la fumée iufqiics à tant que lâcfcorcc foit bien fcchc,puis les enfermer corne dit eft.
Qliant à moy,ic les fais fcchcr(lcs ayant cueillies en la manière fuf-dicte) les tenant vn iour,ou deux au Soleil la fleur par dcirous,puis les mets dans, vu pot de terre bien elTuyé, amp;feché , amp;nbsp;lecouuerclcdupotcftant clos de poix,ou treibien bouché auec de la cirene tafehe q lâair nây entre point, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. -ÿ
iufquesà tant que ie vueille les öfter pour mon feruice.
V i N c E N T. Ayant eu de vous des aduertiflèmens plus fccrets que ie Confide-ne penfois, ic vous prie me diré les qualitez des meuriers tant noirs que rations des blancs. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rant blaes
ÃEAN BAPTISTE. laçoit quc 1 vn,amp; 1 autre des meuners tant blancs ^âg noirs, que noirs (oient femblables à produire leurs fueilles plus tard que pas vn des autres arbres,fi eft-ce quâils ont de la diuerfité enfemblc foit en fleur, fueille,amp; autres qualitez amp;nbsp;confidcrations:entant que le noir eft no (cu-Icment meilleur en fon fruit que le blâc,ains encor eft plus gros de tronc, fon fruit plus beau,plus fauoureux,amp; qui abode plus en liqueur, outre ce que lafuciUe eft plus grandc,amp; dure,amp; lâarbre qui eftant planté,prend a-uecplus de difSculté,amp;demeure plus long temps à croiftre, amp;nbsp;à deuenir gfänd.Et pour-ce ne faut f eibahir fi le nobre en eft fi petit pour nâeftre a-pte ceft arbre à eftre planté par plantes, amp;nbsp;fions,amp; à eftre pouruigné fous terre auec fa mere fouche, ainfi quâon en vfe aux blancs,lefqucls croilfent par le pais, foit pour eftre ainfi rcnouucllez par le plant des lettons,. ou à caufc des milliers quâon en feme de plus en mieux fuyuant lâinuétion que on a trouuée de noftre temds.
Vincent. Comment eft-ce donc quâon peult ferneries meuriers en fi grande quantité que vous dites?
IEAN BAPTISTE. Ouy Certaine mcnt,on les feme auec grand facili-.. nbsp;comme
té amp;nbsp;ils naiflent trefbien fi la terre eft bóne,amp; bien culciuée. Bien eft vray quâil y a peu de meures qui ayent femécc,amp; laquelle eft cogneüe lors que le fruit eft meur ( ce qui adulent au commencement de luing) fi quâayant pluficurs grains en (a maturité, câeft (ans doubte que le refte ne fera au fil fans en auoir:amp; ceux-cy fault plater tous vcrds,amp;entiers que font en terroir bien gras,net,amp; poly,amp; poudreuxdreflant lâaUgnemét en bône mer fuie pour efloigner la faméce ainfi quâil fault pour le moins quatre doigts lâvne de rautre,afin quâon puiffe belcher entre les deux lignes, amp;nbsp;les nettoyer tout à lâaife.Et pout mettre ce terroir en perfcdio nây a meilleur que le cribler de la hauteur de demy pied auec vn .crible de fil de fer ou dâar-
faut ferner les meures pour auoit abondâce de tels arbres.
CINQ^IïSME lOVRNEE
119
Moye de choifit le grain da menner pour le ferner.
QneUet fueilles font bonnes à faire Ufoye.
chart non guère menu,amp; cler:amp; afin que tort certe femence nailfe.eft bc-foing de la couurir aucc des.ertoupes,afin que le Soleil nây pénétre, amp;nbsp;les feche plus quâil nc faut,amp; les arroufer vn peupar deirus,afin que le tenoit lie fcngrofliflc,amp; caille en mottes,amp; durtcz,faifânt cccy tous les foirs ic-lon la neceffité des femeces.Mais nc fault Poublier de les arracher au prin» temps pour les planter à la ligne en autre lieu gras,amp; fertil femblablcmér,. amp;nbsp;bien curtiué cfloignant les pieds des arbres Tes vns des autres en quarre pour le moins dâvue en-iambcc,pour les befcher comodcmcntpluficurs fois lâannéc.On peurt bien les laincr au lieu où ils aurot erté femez, pour-UCH q fils font plus cfpais quâil nc faut,on en orte les fuperflus feulement, Icfquels rcplâtercz autre part,corne dit crt,lesentourant de pctis bartons amp;nbsp;perchcs,tant pour afin quâils nâaillent par cerrc,amp; fe perdent, que pour garder que les bertes ne les endommagent. Mais fi vous voulez en ferner au printéps,ie fuis dâopinion que foudain quâaurez cueilly le fruit vous en iettez ce que voulez gardcr,dâs vn feau,ou autre vafe plein dâeau,les frot-tant,amp; calfant de telle fortc,amp; bien atout les mains que la bonne fernen -cc,amp; grains ailler aufonds,amp; que cc qui nc vault ricii,amp; les peaux briffas de la meure rertent fur rcau:puis cfpuifant lâeau tout bcllcment:iufq^csà la femence qui fera au fons,ortcrcz les grains,amp; les ferez fccher fur des art à lâombre les gardant iufques au mois de Mars : amp;nbsp;lors les ferner au croif-fant de la Lune,ou attendre celle dâAuril,amp;du foir,car il fuffit que lors on les fcme,vcu quâauffi bien nc germent ou produifcnt-cllcs rien influes à tant que le folcil,amp; chaleur les ont touchées,amp; cotraintes de pouder-'Y feruantpar mefine moyen de les couurirauec dcs crtoupcs,i5lt;rt5arroulct félon la neceffité, amp;nbsp;dây remuer fouuent la terre, aucc le farclct ou petite houe. Auili en femant ces grains enecs deux faifons,quad bien celles plâ* tes quâon auroit accourtrécs,amp;pouruignées au commencemét de liung, ny la feméce mife fur terre failliroit alors, peut ertre que celle du printeps ne vous feroir point faurtc:outre que amp;nbsp;lâvne, amp;nbsp;lâautre manière luflifent à .rendre la femence quâon y employe,
V i N c E N T. Lefquellcs fueilles font les meilleures pour faire la foye,ou d u mûrier blanc,ou du noir»
Iean BAPTISTE, laçoit quc Celle dunoir face la foyc meilleure,fi crt-cc quâertant trop dure, elle nâert bonne pour les vers qui la filcnt:mais-cnlâAbbaic du Polefin les fueilles des meuriers y font parfaites pourceft crtaic,lcfquelles outre quâelles abondent plus, amp;nbsp;font meilleure foyc,le fruit y ert encor vn peu rougeartre, quoy que nonplus grad quc les meu* res blanches.
Moi^dâen-ter les mcuticts.
VINCENT. Nc fèroit-il pas bon dâencer ces blancs de eefte fortepuis-quâils prcndcoicnc,amp; foifonncroient auffi aifément que les noirs?
11A N BA PT i s TE. le louerois cede cntrcprifc,pourueu quâon prift les greffes amp;nbsp;iertons des meuriers blancs dâalfcz bonnegroifeur, amp;que lâannée enfuiuantfur la fin de luing on les entart à tuyau;car par ce moien en peu dâannées on cauferoit vue grande, abondance de bons, amp;nbsp;par-faitSz
Igt;E LAG RI C V LT VRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;UI
feits mciiriers,amp; principalement fi les entes eftoient prifes des arbres qui portent le fruit plein de grains,amp; bonne fcmencc-.dâautant quâen recueillant tous les ans,amp; multipliant ce peuplement dâarbres, en peu de temps le pais en foifonneroit à luflîfancc.
Vincent. Puis que ces Meuriers fc peuuentainfi enter, ne penfez-voiis pas que lès gros noirs ne le puilfent pas eftre auffi bien , amp;nbsp;mefmc-ment fur les blancs,quoy que ce foit difficilement quâon en recouure en . -grande abondance.
1EAN BAPTISTE. Dâautant que les Meuriers qui portent les gloires meures noires naiircnt,amp; croilfcnt aucc grand peine, amp;nbsp;difficulté, ic fuis dâaduis quâon les ente à tuyau,fur les blancs au téps fufdit,mais que les entes ne foient plus grolfcs que dâvu bon doigt. Et bien choify quâaurez les greffes,vous rcplâtcrez le Printemps fuy liant toute la tige , amp;nbsp;les entes de lôg,ainfi quâon en vfe aux vignes;à caufc quâainfi elle fe nourrift fur terre, amp;nbsp;croift puis apres,de deuiét en vn beau arbre auec le téps; amp;nbsp;qui fy gou-uernoit autremét,fcroit que la tige du blanc meurier feroit fuflbquce par lagroircuramp; faix de lâente du noir, à caufedefa gaillardife amp;nbsp;grand nu-meur.Qif on plate.neantmoins ces arbres loing des maifons,afin que lâinfinie multitude des mouches qui fy aflemblent, le fruiteftant meur, ne Meures fafehent les habitans : mais en tel lieu que les poules le puilTent manger, bon fruit lors quâil tombe,à caufc que cefte viande les engreffe fort amp;nbsp;fouftient. nbsp;nbsp;nbsp;pour nour-
Vincent, lâattends que vous me difeouriez quelque cas du naturel,, âÆ ^â P°'*â
amp; qualité de la noix,amp; noyer.
lEAN BAPTISTE, Ccft arbre porte le nom de noix du verbe Latin ^,^^;^ p^,.^. TSSocerc, quifignifie nuire, dâautant quâon voit par experience qucfivn le norm de homme fendorc deflbus,il fen rcleuera auec vue grande pefanteur de te- nui fan ce. fte,amp; fl eftourdy que urefque il ne fc peut remuenvoire eft fi maligne fon Traité des. ombre que rien de beau nây peultprouffitcrdcfloubs, amp;nbsp;quâauHi cefont quot;°^^ ^^^_ les racincs,eftans de merucillcufe eftendu'e, qui empefehét tout le terroir nderanon. où ceft arbre eft aflis ée planté.Et par ainfi font à blafmer ceux qui tiennét ces arbres dans leurs champs,amp; fur tout en ceux qui font les plus gras, amp;nbsp;fenils ; commeainfifoit quâils deuroienc les planter feulement versie Septentrion fur ie bord des chemins,ou ailleurs, où il nây a point dâautres fruits qui puiUtnt rcceuoir dômage de ccft arbre:amp; plater de celles noix, amp;nbsp;noyers qui portent abondance de fruit,qui font fubtiles de coque, blâ-chcs,plcincs,amp; groflès. Ce fruit eft bon auxeftomachs debiles, amp;nbsp;pcult fetuir,eftant pilé amp;nbsp;brayé en dmerfes faulccs,§c viandcs:voire cftans con
Quelles noix il faut planier.
fites auec du miel,ou fucrc, cftans à my faites, à tout leur tan amp;nbsp;coquille, Aquoy fer-ellesfont fort délicates à manger. Danantage feruent grandement a faire uétlcsnoix de lâhuile qui fert à paindre,à fen efclaircr,amp;auflî à le mangcr,felon quâon ^^'^ »quot;y«* en vfe en pluficurs pais amp;nbsp;contrées. Qj^antaubois,ilcft bon,amp; gentil à çftte mis en Åuurc, amp;nbsp;à faire de beaux ouurages à caufc quâil eft lifté, amp;nbsp;poly de fon propre naturel. On voit encor ordinairement que tant plus ceft arbre eft batu tous les ans, de tant lâannée enfuyuant il porte du fruit
P
fît nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;crNoyiEîMà iovrnei.
en plus grand abondance, amp;nbsp;que Ces rameaux font greffez amp;ronipuz. Et par ainü ne faut trouuer cftrange fi pliificurs bons mcfnagcrs font diÃ-gens à chafircr amp;nbsp;eflà rtcr les rameaux de tel arbre, ains encor font degrades amp;nbsp;diucrfèsincifionsaucclcferautroncjamp;tigcdïceluy.
Vincent. Puis que ielçay ce qui eft de bon amp;nbsp;de manuals en cefiaf bre,ie iouhaite encor le mefine de lâamandier,le volant tant cbcry de cha-Traité des lcun,à cau/c de ion fruit.
Amadiers Iean BAPTISTE. âCeA arbre nâc/l point foiConné en frultfll Sc où il les nâeAplanréfur les coftaux, amp;nbsp;regardant vers le M.idy,oa le Leuanr : ou és fault plan- J,eux prochains des monts, mais qui ont viCéc aux lieux fufdits : amp;nbsp;ou le terroir efi pierreux, ou marneux. Et certes fi cefi arbreportoit en toute terre, ainü que font le relie des fruitiers , Si quâil ne fe huHuH pas tant de flcurir(à . caufe qucleplus ibuuenr ces fleurs font endommagées du froid) â câen fans faillir quâil kroit fi abondant que les amandes ne vauldroycntle quint de« quâon les vend couflumicrement. Vous içanez quelle cilla perfedion de ce fruit, lequel on mage non feulemet crud tout le long de lâannée,ains encor cuit on en fait des lairsdâamandes,des potages,fourres, LâAman- Marzapas,amp; autresfcmblables dcUcacelfcs. Etpourcc ie vo^côfeilledâen d'et^dc planter quantité. Si des meilleures, ayant vollrc heritage fort à propos, amp;nbsp;degrid â°ââ^ ^ ââ'^ ây ® S'â^ââ^ ^^^â^ ^ rcntrcfcnlr,ny garderie fruit. Si lequel eâ de proufît,amp; gf^^flprouffit à fon mainte,Si de moins de dommage que tout autre,veu reuenu. nbsp;nbsp;nbsp;quefouz iccluy le bled y croift fort bcau,amp; gaillard,ayant lâamandierpeu
de fucille,Si icelle fort mcnuc:Neantmoins ne faillez de le belcher,Si ferner tous les ans, en oftansles reiettonsinuriles, Si les lecoarans contre les vers.
v i N c E N T.Que vous femhlc-il des AaeUaines Sinoifettes,troaaez-vo* Traité des ptoufhtable ny bon que nous les plantions en quantité en nos vergiers! noiCenesSe In An baptist e. Non feulement meplaifie en ces arbres,puis quâil Audlaiaes eH ainf quâils produifont du fruit,SiCain Si agréable, Si defqucls chafeun tofehe de faccommoder,ains trouae bon encor dâen auoir grande quatité és lieux conuenables,cóme és coartils,Sibairc-courts,Si près des granges où habite lapoulaille,afîn qa elle fypuilfe retirer à lâombre, Sifâyfauuct encor pour cuiter les buaux,Si Milâs qui font la guerre aux poamns.Scr' uent encor les Aaellainiers , Si Coaldricrsbieniouucnt dehayeauxiaC-dins,tant pour le prouSit quâils font, que pour la beauté les faifant bon voir,loxs quâils font bien ageancez,Si ordonnez par leiardinier.
Corne faut nbsp;V tn cent. Mais comment entendez-vous quâon les doiue ageancerâ
i £ A N B A P T i S T E.Ceux qui Veulent faidercômodément deced ar-noifettes, hre,pour en tirer du fruit, faut q tous les ans au renouueau les facet beiÃe Cou- cher près le pied,Si à l'entour, amp;nbsp;leur oder les reiettons (ans y lailferqae ^^'e â' I ^°^^»°^ quatre verges pour plant Si touffe. Si icelles bien nettes en haul-iieu fepiX' f^ur,nây laifsatny brache,ny rameau à trois,ou quatre braffesdu Gammée, fenc les nbsp;nbsp;ft outre que ced arbre fouhaite dâedre près des eaux,ou és lieux quâon ar-
Coudioies roufe,à caufc que celaluy aide,tant pour la produéfion abondante de fon
DE lâaGRICVLTVRI.
njr-
früir,quc pour fi duvécicncor le bénéfice des eaux y fert en ce que les plates amp;nbsp;racines germent, amp;nbsp;poulFcnt de telle forte, quâon en pcult replanter tant que lonvcultfansen ferner en forte quelconque. Au refte pour cfgard de fruit prouflitablc, il nâen y a point qui foit cfgal à la Chaftaignc, fou quâon aye garde à fa formc,ou naturel,ou quâon rclpcdle la nourriture quâelle donne à rhommezainfi quâon peult voir en nox montaignes,cf-quelles vnc infinité de peuple ne vit dâautre chofe que de ce fruit, le mangeant, ores roily,ores bouilly, tantoft fcc,vnc autre fois en pain,amp; qui en bouillie aucc le laiéi, amp;nbsp;qui en farine cuite en autre forte. Et veritable-ment la nature nâa pas Iculcmcnt fingularifé ccd arbre, luy produifant le fruit bon,quoy quâil foit planté vers la Bifc, ou Tramontanc : ains encor pour le bien des mortels ce mefine fruit eft fortifie dâvn fort barnois, amp;nbsp;anncurc fi puilfante quâelle eft faite à lâcfprcuue, ôc de la dent des belles, amp;nbsp;du bec des oyfeaux,. tandis que le fruit eft endos foubs vnpelon amp;nbsp;el-pineufe couucrrurc.Et outre cccy, elle ne fè contentant point de confer-uerlachaftaigne foubs la garde de cefte forterefle amp;nbsp;rempart pour quelque temps elle luy a encor donné vnc belle efcorcc alTcz dure par delfos (lepeloncn cftanthors) amp;nbsp;vneautreplus molle, amp;nbsp;fubtilctant de plai-fir elle prend en la variété de fon art, amp;nbsp;induftrie. Et quoy que eeft arbre produire naturellement des chaftaignes lefquclles font toufiours bonnes amp;nbsp;prouffitables, fl eft-ce que les entant auee de bons Marrons, à Ef-culfon,pctiu: couronne,ou à tuyau, ils foifonnent encor de plus gros, amp;nbsp;beau-fruit, amp;nbsp;lequel eft amp;nbsp;plus délicat ,.amp; fauoureux que les chaftaignes
Toutes ces manières fyfenten Limofin p-my Icsp ay-fans. Louange du chaUai-gniet..
Bon dâenter les cha-ftaigniers.
communes.
VINCENT. Comment, fault il mefnager, pour auoir quantité de ces: arbres?
lEAN B APTi sTE.,Pourcncftrcfoifonné,commcà fouhait,ilvault Moyé dâa-mieux les lemer que planter,amp; les mettre en terroir,rcgardant pluftoft le uoir des Septentrion,ÃC citant humide,que fcc,amp; ayant regard au Midy : dâautant fb^ftai-que eeft arbre ay me mieux lâombre que le folcil, les vallons,que les mon- ^^^^ Æ quot;* taigncs,la terre molle,que celle qui eft dure amp;nbsp;maftiue. Or fault il les fc- qâ fault; mer au mois de Mars en vn terroir bien loûc,amp; remué,nn,amp; amédc,plû.- planter ou tant deux trois amp;nbsp;iufques à quatre chaftaignes la pointe enfuz, mais lepa- ferner les rées dâcnfcmble, amp;nbsp;par tout le champ clloignécs lâvne de lâautre és mon- chaftai-ceaux à tout le moins dâvnc braire,y mettant vn ballon,ou rofeau és lieux ^^ââ^ n où les chaftaignes font plantées., afin quâon puifte cognoiftre ou il faudra nbsp;nbsp;nbsp;bô fc-hoùcr,amp; öfter lâhcrbe:amp; paUcz trois ou quatre ans les fault replanter par merles , tout lieu qui foit propre ,à caufe q eeft arbre croift de mieux en mieux en chaftai-chafeunelaifon.Vous feauezde quelleconfcquencefont eesarbrespour ^âââ faite les vaiireaux,^ merrain à mettre vin,amp;: autres boifsôs,amp;breuvagcs, amp;nbsp;non moins prouffitablcsà dreftet ponts. Canaux, Colonnes, amp;nbsp;autres chofes infinics,foit pour lesbaftimcns,cngins,cfchalas des vignes, cloftu-tes de parcs,iardins amp;nbsp;autres lieux commodes aux champsttellement que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
it ne voy dende nuifrblc en eeft arbre,lauf que le bruflant il fait la cendre
PM
114 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;CINQVIESME lOVRNEB
fi mauiiaifc,que faifant la Icflîue dâicelle,iamais les draps, amp;nbsp;linges qui en cadres de font touchez ne font fans en porter la tachc,amp;fouïlleurc.
ehaftai- VINCENT. Allez VOUS point quelque Iccrctpour confcrucrlcschâ-uaT quot;'en' ^^'gâ^'â^ ^ marrons verds amp;nbsp;entiers tout le long de lâannée.
Ãèfsiiie lEANBAPTiSTE. Q^â veult garder ce fruit, fault le cueillir moyen-Moyen de nemtnt raeur durant le dccours delà Lune, amp;nbsp;les auoir bien fees, les garder les mettant eu lieu freft dans du fable, ou en quelque vafc, mais que ce foit chaftai- toufioursà lafrefcheur, amp;nbsp;fi bien clos, amp;nbsp;cftoupé quâil nây puilfe en-gââ* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trer vu brin dâair,car autrement en peu de temps tout (croit gafté, amp;nbsp;corrompu.
VINCENT. Nous allons aflêz ce me fcmblc arraifonné amp;nbsp;dilcouru. pource fuis-ic content que facios icy paufe, mais que vous mâayez vu peu parlé des oliucs,amp; de ce qui leur atrouchc.
Traité des oliuiers.
lEAN BAPTISTE,Vous içaucz combien eft fingulicrc la liqueur que produit ce diuin arbrc:lequel eft fi necclfaire à la vie des bornes, que pour la vie amp;nbsp;vûge, pour lcsmcdicamcns,conièruation de pi ufieurs choies à nousprouffitables,amp; pour nous ciclairer durant les tenebres de la nuit,il nây a rien plus propre que ce qui fort de cell arbre tà c excellét. Lequel defire long temps auant que porter fruit,amp; auifi il eft de grandâ durée, neaf-moinsnâeft fertile en oîiues,fil nâefi planté en lieu hault,fur les cropes des monts,amp; collines, ou à leur pied amp;nbsp;racine expoié au chaulr, toufiours regardant ou lâOrient ou le Midy.
V i N c E N T.Nâeftimez vous point quâil vault mieux planter les iefton^ de roliuier,queles germes du pied,ou quâen lemer les oz,amp; noyaux?
Corne, ny en quelle
lEAN BAPTISTE. CâcftÃnsdoute,pourucuqueceiditslettons,amp; lyonsneibycnt pas plus petits nymenuz que le manche dâvnehoüc,amp; ûifô fault foy cil t bien ronds, liilcz, amp;nbsp;polis dâcicorcc, fins rameau, amp;nbsp;encor coupe olHew ^â âlâ^^quot;f ^^ Lune nouuclJe, leuâtlâcfcorcc groife enuiron vnc braire,amp; laif fer la verte qui eft plus fubcile: puis les planter au mois de Nouembre, amp;nbsp;en lieu bien chaulr,amp; fi en Fciirier,qucle lieu ibit tcmpcré,amp; tout autant en fcrez,lcs plantant en Mars. Neantmoins fault que les trous à les mettre ibyent fais deux mois auparauant, amp;nbsp;quâils foyent bien grands, amp;nbsp;entourez dâe/pincs, ou de fumier biépourry méfié auecle terroir mefme,amp; pre/Terez bien le tout cn/cmble à tout voz pieds à lâentour du ici ton planté, ainfi quâon luy iettera la terre es enuirons, ou fi voulez la fouler auec vne isalfue de bois, ainfi queiâay ditpar cy deuant. Et ne ferez fiultc de belcher,amp; autour de ces nouucauxplantez,amp; de tous les autres, à routle moins vnc fois lâan,à fçauoir au Printéps,amp; rnefine les engrefier de amender auec du fumier fort menu, méfié auec la terre, qui efi entour ces plan-En uek ^fâgt;'^âf^*^^®â^.^c®^®â^l^ââC^®â^*⻫*âoisâleFcurier, Sc de Mars, amp;:û mois limit nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â^^P^'^ froid en Auril,ou May,ayanc toufiours des ferperons qui ayét
tailleries Ictrcncnant bon,amp;bien acéré, coupant encor ce qui fiircroift au pied du oliuiers. tronc loir fl grand ou petit, durant que la Lune efi en dccours, amp;qucle temps efi lcCjamp;lcrain,cn ofiant auec diligence les rameaux feulctnenrdi-
de lâAGRIC VLTYRI. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ãij
uers,amp; fiiperfluz, les fees amp;nbsp;rompuz, amp;nbsp;les germes furnailTans, fi ce nâeft que la plante fut fi yieiüc,foible, amp;nbsp;caflee, quelle euft befoing dâeftre rc' nouuellée: car il faudroit alors y en lailfer vn,ou deux des plus beaux, amp;nbsp;lt;e pendant ne faudroit omettre de tailler tout ce qui lcroit de gafté, pourry,fcc,ou vermoulu en la tige de lâarbre ou es gros rameaux, amp;nbsp;cccy en la faifon nouuclle auec des fers aptes à ce faire iufques à tant que vous ayez defeouuert ce qui eft de bon au bois dâautant que lâayant ainfi coupé, celle maladie nepafferapoint plus outre, amp;nbsp;cnpeude tcmpslaplayc fera confolidéc , amp;nbsp;rccouuerte auec nouuellc efcorce par le dehors, mais au dedans non, lors que la tige eft fendue. Neantmoins ayant ainfi nettoyé ces lieux oftencez, les fault oindre auecdu marc de lâhuile preC-fé,afiuquele bois nâen fouffre, comme il feroit, qui nây vferoit de ce remède.
VINCENT. Quelle forte de ces arbres fault-il planter, pour en tirer plus grand prouffit?
Quelles 0- , hues fault choifir pour peupler.
Corne doi uent e/he entez les olimei#, '
ieanbaptist E.Onnefçauroitfaillirdcplâtcr,ou enter toufiours despEgroÃes,amp; fortes,amp; lefquclles en puiflent germer,amp; produireplu-fieurs, veu quelles produifent plus dâhuile que les menues : amp;nbsp;outre que les plus belles fe vendent mieux pour mettre en pot,amp; iaumui re, amp;nbsp;pour Confire ayat plus de chair que toutes les autres de noftre païs:vous aducr-tiffant quâau feul mois de May,il fault enter ces arbres, amp;nbsp;en efculfon à la manière queie vous ay dit cydeifus. Entez qu'ils lcront quâon ne coupe point les reiettons qui viendront fur lâente iniques au mois deMars ou de Aurileniaiuant,amp; toufiours les couper à nct,amp;rcz de la plantc,car par ce moyen elles ne font point endommagées, comme feroyent fi on oftoit pluftoft ces rameaux,amp; reiettons.
VINCENT. le voudroy fort fçauoir comme il fault recueillir les oliucs, amp;C nlt;^ueltemps.
Moyen, amp;nbsp;faifon à cueillir les olines.
TEAN BAPTISTE. On Ics recucillc ordinairement lors quâelles font bien noircs,amp; pluftoft à tout la main, que les battre, amp;nbsp;fccoucr auec vnc gaule, amp;nbsp;longue perche dâautant quâainfi battant lâarbre, on le froiiTe, amp;nbsp;rompt les branches en aifez bon nombre, tellement quâon fo font bien de tel dommage lâannée apres.Et vrayeraent il fait bon voir ceuxqui montet deflus des eichcllcs à main longues de 30.ou ^y.bralfcs, tirer fi diligêment das leur là in,amp; tabliers de cuir,ce fruit choifiifant les oliucs de rameau en ramcau,carils rclfemblct autant dâEfcuricux,fautans, amp;nbsp;roulans ordinairement par,amp; aux entours de lâarbre. Bien eft vray que le fruit quâon ne peultauoir auede croc,amp;à tout les mains,il eft force de lâabattre auec les perches,amp;lors ceux qui font délions font leur deuoir de les recueillir ainfi quâelles tombent à terre.Mais pour les confire vertes, les fault prendre lors quâelles f aprochent à deuenir noires,amp; fi gentiment quâelles ne foiét point froilfécs en forte quelconque.
Quelles 0-Imcs fault choifir pour confire.
v i N c E N T.Qucl moyen fuit on à les confire parfaitement?
lEAN BAPTIST E.Pour-cc faire en peu de temps, amp;nbsp;quelles demeu-
P âj
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CINQ^ IBSME XOVRNIE
Moyen de confire les oJiucs.
rent vcrtes,bcnes,amp; bonnes les prendrez trois iours apres quâelles feront recueillies, mais bien teches, ati autrement elles fbufiriroyent en les ac-couArant. Par ainfî ayans rcmply vnemefùre dâoliucs fainfi quâon les vend en noz Carticrs^faultprcndrc trois picotins de bonn e cendre criblée amp;demy de chaux nette, (fbitelle baignée ou non câefttourvn) Remettez tout cela dans vn vafe plein dâeau tant que les oliues y baignent de-dans:amp; méfiant tre/bien la chaux, Rela cendre enfcmble, y mettrez auiîî les oliuesparmy,prcnansgardencantmoins quâelles ne fc mafehent eu fe touchant, ou pre liant : les laiflà nt en celle mixtion neuf ou dix heures, puisprenez-en quclquâvne , amp;nbsp;la fendez pour voir h la chair fe fêpare du noyau, carfen oAant, ccd ûgne quâelles Conc prcAcsà confire, autrement laiflèzles-y vnpeu plus longuement rcecy fait amp;nbsp;les oflantdccc-Ac compofition les lauerez tre/bien, tant que fbyent nettes, les mettant dans vn vife bien net ,amp;: y faites la fà um urc,mettantparmy du thim,fcr-polct, amp;nbsp;femence dâanis, ou des codes,Se bois de fenoil. Mais qui veult conferuer longuement ces oliues, fault changer ladite faumure de trois en trois mois, car autrement elles perdroyent amp;nbsp;leur gouA, ÃC leur beauté.
v t N c E N T.Cede façon meplaiAplus q celle que fvH avec de la chaux nouucllc, qui a edé caufe que craignat vn degond aies manger,ie me luis remis à les tailler, amp;nbsp;couper, Sc les purger feulement auec belle eau viuc, Sc courante.
Recepre a i e A N BAPTISTE. ConEfant ainûlcs oliues,que ic voasayrbt, elles oIiues^foK ^?^^^^â^^^^^^^^^^'^â^^'^ loyenc mal-faines, quâoutre quelles p[oulStent,ort ttieares.°^ ^«-accouAre plus facilement amp;nbsp;en moins de temps, ioint quelles en demeurent plus ver tes, amp;nbsp;plus belles,
VINCENT. Tramiez vous bon quâon conRlfelcs oUues qui font fort meures, comme en pluficurs lieux fen ay mangé des grades, qm me dmâ bloyentfortdclicatesî
lEAN BAPTIST E.Non feulement ie loue quâon en accoudre Scgatâ-de de ces noires,puis quâeUes font plus faines,amp;:meilleures qucles autres, pourucu quâon lesaccoudreainû. quâil faalt,aius encorpour-cc quâelles iont de meilleure amp;nbsp;plus lomic garde, fans qu âil les faillc mettre dis lâeau, ou faumure.Orpour en cohre vue me{urc,faaltlcsfaircfechcrà lâombre,. en lieu expoféau vent,dc la mettre vue dure de miel, vnâautre dâhuile, Si autant de fcl, vue once depoiure,autant de clou degirode, vue dâanis,vne de lenience de coriandrc,lc tout pilc,amp; pulucrifécnfemblc, ayâs exprimé encor le iud de ncaf,ou dix limons,ou oréges de bonnet moyénefaueur entre doux amp;nbsp;aigre,amp;:,tout cecy medé enfcmble,amp;bien ordonné mettez Comme leaueeles. oliues en vn pot de terreau frais,amp; durenrtoutclâannée. learrefùc ^â^^^ c E N T.Faircs VOUS plus de compte de lâhudefa idéaux pieds, que onktlauc dcceluyeiuiedeipraintaupredouéer.
roltue,ou lEAN. BAPTISTE.. C'cd faus faulte que lâHuile foulé aux piedsed hprcllâat. taudoursmeilleur,plus doux,clcr,amp;agréable au mâger enfaladcquêter
DB tâA G arc VIT VRB.
117
luy quâó prefTc.Mais dautat quâil feroit impoffible de Ic faire tout en foulant,! caufe quâon ne fçauroit fuffirc à lâabondance du fruit qui fe recueille,pour eilrc plus difficile le fouler, que picilcr amp;nbsp;à caufe du dômage qui f en cniuyuroit en la perte derhuile,entant q le predouër en fait plus rendre beaucoup que les pieds. On pourroit encor difeourir pluücurs autres confiderations touchantceftarbre, mefmement 'combien ilcftgen-til en ouurage, bon amp;nbsp;fain à le brufler,amp; fén chaufcr,amp; que fcs noyaux font la cendre parfaite : mais'en ayans allez dit, il eft déformais temps que nous leuonsdâicy,amp;quc demain nous reuenions pour difeoutir durefte.
Commo-ditez qu'a tire dubois defOliuier
y i N c E N i. le fuis preft à faire félon vohre plaifif.
^FIN DE LA CINQVIESME
J O y R N E E.
1x8
SIXIESME lOVRNEE
DE LAGRICVLTVRE DV
SEIGNEVR AVG V S T I N G A L L O,
CONCERN ANT LES* NOTENs DE
DRESSER LES lARDINAGES SOIT
pour le plaiftr^ ou pour en tirerproufft.
V Icucr du Soleil le iour fixiefine, le feigneur Vincéc retournant au logis de lâAuogadre à lâheure accou-fturnée,amp; voyant vue petite pluye amp;nbsp;rouiee menue tober du ciel,fe craignant de plus grand pluye,monta fur vn coche couuert de cuir : ainfi aflemWez que furent,amp; fapcrceuansde lâeau qui aHoitrcuforcanr,, fen en tretet en vn garderobe qui eftofrioint,amp; cô-tigu à la fale,lequel regardoit au lcuanr,amp; duquel a-iiant on voy oit tout le iardin embelly dâvnc infifiicc de caflincs,amp; pots de terre pleins de Citrons,Limons,amp; Orenges amp;nbsp;dâautres qui cftoient remplis de diuerfes herbes odoriférantes,chargéés.de trclbcllcs fleurs,qui dô-noient vn mcrucillcux plaifir amp;nbsp;contentcmétila veuc.Qui futcaufeque le Magie,ayant confidcré à fou aifc lâordre gentil obfcruc au compartimet de ces cho(cs,commcnçaà parler en cefte lôrte:Puis quâil eft ainii quâhier nous parlâmes de ce qui touchc,amp; concerne les vergers amp;nbsp;lieux propres aux arbres fruitiers, iâay granddefir que ce iour foit employé au diieours des iardinages,dreircz pour le Icul contentement dcsycux, amp;nbsp;de ceux que on dcllcigne pour le prouffit,amp; feruice aile de tout vn melnagc.
Louange desiardins
Epicure fut le premier qui dre (Ta iar-din en A. thencs.
Iean BAPTISTE. Il nây a aucune doute que ce nâayr eflé toufiours vn grand contentement amp;nbsp;plaifir à tout mefnagcr,dâauoir vn iardmet qui fut gentil; amp;nbsp;plus encor fil reftendoit félon les iouhaits, amp;nbsp;aflethons, amp;nbsp;fuyuant le vouloir,amp; puiflance des plus gentils cfprits:ainfi quâon en voit les defléins dreflez par tout le monde en diuerfes maifbns,amp; ûiperbcs ba-ftimens tant anciens,que modcrnes;tantpar les citez,amp; chafl:eaux,queés villes plus gentilles : fuyuant la premiere defeription iadis faite parle fameux philofophe Epicurc,en la grand cité dâAthencs:Icquel ayant fué, amp;nbsp;ahané longuement à reftude,fcn y alloit tous les iours y pafler fon temps, amp;y
DE lâaGMCVLTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Il^
amp; y reforcer,amp; rauigaicr fon e(prit accable prefque de trauaii. Qnç diras nbsp;nbsp;Alcinoc
nous encor dâAlcinoé Roy des Feaciens? CcHuyayac fait dreller vue infi- Roy des nité de iardinagcs,amp; parterres.chargez de fruitiers,hcrbcs,amp;fleurs de tou â^^^^^ tes fortes,ayant vaqué la meilleure partie du iour aux affaires plus impôt- piaiÃr aa tans de fon royaumc,cntroit dans ces lieux de plaifir pour y palier fes fan- jardinage. tafics,amp;: foucis qui le plus fouuét luy rongeoyent iniques aux plus fècret-tes,amp;: profondes entrailles du cÅur. Le mefme lifons nous de Mecenas, lardins de lequel auoit faitdrefler les iardins de telle beauté amp;nbsp;gétiUeiTe dans Rome, Mecenas que lâEmpereur Odauian Auguftc,y alloit bien fouuent Py recréer,amp; de- ^^^^ â duire,y trouuant plus de plailîr,amp; contentemet quâen autre chofe,amp; plus pour jeur bellc,amp; de plus grand coufequence. Plus eft à confiderer ce que faifoient ^ayeté par iadis amp;nbsp;Diocletian grand Monarque des Romains,^ Circ,Roy de Perfe, l Empe-amp; feigneur ptefque de tout le Lcuant,lcfquels de leurs propres mains-cul- ««Augu-liuoycnc amp;nbsp;drcllbycnt les plans,amp; parterres de leurs iardmages : amp;nbsp;diray Diodetia» quâils y eftoyent fi diligens amp;nbsp;niduihieux,quâils faifoient eftonner chafeù amp;nbsp;cyte de ccfl exercice fi bien par eux pratique. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;trauail-
Ic vous ay mis en allant ce petit nombre (laifià nt vne infinité dâautres loyentde grands perfonnages qui Py font amufez) pour vous monftrer combien de ^^â^iâ¢X'ns tout temps çâaeftéchofe fort honorable amp;nbsp;plaifantc defe deleéler ende Autant beaux iardins,amp; vergiers. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ptefque en
V i N c e N T. De tant plus vous mâauez allégué dâexemples de ces hom- a fait de mes illufircs , amp;nbsp;Princes tant cxccllens qui fe font amuicz aucc grand amp;nbsp;âoft« teps merueillcux Poing au iardinage:tant auffi le defir me va le plus en accroiP j ^^5'^0» â fant de vous dcmâder,par quel moyen on pcult drefler ces lieux de fi grad jes Turcs, recreation, amp;nbsp;quelle ametteils demandent pour les fair-e beaux, amp;nbsp;corn- Traité â modes., nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;pour bien
I e A N B A P T i s.T E.Toutainfi quâhier ic vous dis les moyens qujl fail- ^^âquot;^ ^^ loit fuyurc à bien drefler vn verger ,jl fault fe gouuerner encor à baftir, amp;nbsp;jJ jjâ defleigner vn iardinagcflcqucl (Pil eft poflîblc) eft befoin de faire que foit Comparti-pofé vers la Bife,ou Tramontane,du cofté que le logis du maiftro regarde ment des celle partie du ciel,^fin q des feneftres auant il puifle iouïr de la perPpeéli- parterres uc du lieu:amp; lors mefinemét que cecy eftfait plus pour le plaifir,q prouf- ^* iardins. fit,ainfi quâà prefentiâentens que nous difeourrons, entant quâvue autrefois nous parlerons du iardiu de feruice amp;nbsp;comoditez de la maifon. Ayant doc trouué vne afliette a propos,que le iardin aufli foit aligné iuftemét en quarré,amp; foit bicn ccint de muraillc,o.u de haye fort cfpaifle,amp; forte faite dâAubclpins,DU de verds fanguins, ou autres fortes de plantes toufiues,amp; icelles coupées à lacime amp;nbsp;efgalccs en leur faifon.Or fault que le lieu foit aufli efgal amp;nbsp;vny,amp; fans eftre guère pendant,afin que les pluyes nâenportent en bas,de hors du lieu la greffe de la terrc:laquelle fault que foit bien rompuc,bóne de foy,ncttoyce depierres,ordures,amp; herbes nuifiblcs,amp; à laquelle il fault méfier en temps amp;faifon,dc bon fumier vieux,amp; dâictluy allez abondâment.Maisie fuis dâaduis que tel iardin foit côparty en quatre quarrcz,aiant chafeun fon allée par le milieu,amp; autour,qui foient non
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SiriESMt lOVKNEB
moins Ipacieufcs en largeur que de trois brafles chalcune.Etfaulf que ces quarrez foyentpauez gentiment de bons carreaux amp;nbsp;tuiles bien cuites,a-nec vn canal autour, qui Ibit à collé du mur, -Se ayant quelque trois pieds dclargc,mais quifoitlêparéedes quarrcauxparlcmoyédcrallée.Etpour . nbsp;nbsp;nbsp;faire plus beau amp;nbsp;gentil le iardin ,ilehbclo!nqucleditcanalamp;Icsquar-
reaux du parterre foyen t faits dâvn petit mur rchaulTé nonplus que dâvu picd,amp; couuerts de belles pieces de pierre tels que font les grez dcfqucls on paue les rucs,ainlî quâon en voirpluficurs és villes amp;nbsp;citez dâItalie.
Gaillar-dife des quarreaux amp;nbsp;céparti-mens.
v i N c E N T.Co'tainement il fait beau voir vn iardin ainlî drelié q vous le dellcignez, toutesfois mefomble plus gay, amp;nbsp;gaillard vn autre qui fera comparry en dinerfes fortes ayant des figures dâarmoiries,roues, quarrez, triâglcs,amp;autrcs telles diofes plailà ntcs à rcgardcrilcqucl encor fait plein dâherbettes odoriférantes,amp; là uourculcs,dc lys,petites rôles, violettes de dinerfes coulcurs,amp; qui foitparé,amp; cmbclly tout autour des bordures de pluficurs valcs,danslcfqucls on voye des citrons,Åillets,dela marieolai-ne,amp; bafilicplantcz,amp; de toute autre clpccc dâherbes amp;nbsp;bclles,amp;pleinei de grand foefucté amp;nbsp;bonne odeur.
Belle description de vil iardî de
rc perpétuelle.
JEAN BAPTISTE. La forme amp;nbsp;bcauté,amp;ordre fi bien drehe qucra-cóptez,mc plaih trelbicn,amp; mefinement fi les murs du iardin font paints ainlî quâil fault, amp;nbsp;quâau bourde ce beau lieu y ayr vn petit portique auec fon petit oratoire bien amp;nbsp;gentiment paint qui correlponde, commepour objet à vollrcprolpeéliuc;amp;das lequel portique vous puilficz vous retirer pour y Iire,chanter,ioiier dcsinllrumcns,ouy deuifer «Se banq^eteta-uec vos amys.Iâay encor veu desiardins tous enceints, amp;nbsp;enuironnezde hayes trcs-toulFuës,amp; fi bien agencées quâil nây auoit bout ny rameau qui ylaifaacc. pallall fon ordrc,foit en haurcur,ou felpadant en lâargeur.Etles faifoit encor de rant plus beau contempler, quelles eftoyenr toutes de Lauriers de Mirtcs,amp;là nguin$:amp; outre que les allées, tant à lâentour que par le milieu Places pro- ehoyent faites en forme de croix,«Sebien p3uécs,on y voyoit en lieu de pe-pres à faire nfs rchauHcmés de mur,dc belles bordures de Lauâde,de R ofmarin,Buys caufe^^de* ou autre chofefcmblablc, belles au poffiblc pour nâauoirplus de pied 3c leur verdu- dciuy de haultcur,amp; acouhrées auec telle induhric, quâil nây auoitpas vn fcul ramcau,non vne fueille qui paiîà il plus auât quelâautrc ; amp;nbsp;celle liai-fonfi biécomparric les faifoit paroihregrolies Se quarrées,tout ainlî que fi ce fullcnt de petites murailles quarrées.Et corne cecy fut plaçant au regard «Se merucilleux à iouïr de figrande bcauté,eneor donoit-il plus Se de plaifir amp;nbsp;dâcllonnemenr, voyant qae cela feruoit de gide,ôetctraitte à vne infinité dâoyfilions, qui là ns celle de nuit,amp; iour y delgoifoyctleur naifSc naturel ramage,accordans auec leurs accords comme à rcnuy,la diuerfité
Ces treilles font ce que nous apeilons Cabinets.
deJcunoyculcMufique. Encor y voyait-on trois treilles faites en berceaux, amp;nbsp;corne petites chapelles, amp;nbsp;oratoircs,qui cftoierdreUecs amp;cou-u erres fort rouffuement de beaux Gcnicmiiis,ou de Rôles Mufquettes^de Mirtes, oude Lauriers : or Jâvne de ces treilles, amp;nbsp;Cabinets choir près du portique, ôcluy feruoit dâentrée, amp;nbsp;les deux autres par les codez, mais
DE tâA6 RI C V LT V RE.
chafcun au bout des ailées qui alloyent par le milieu, amp;nbsp;qui fc ioignoyent à labaye feruant au iardin de clofture:de force que vous cftant là dedans il vous fcmbloit voir autant de grotefques pour ceux qui prennent plaifir à plulofopher,amp; pour le contentement des efprics Icsplus gentils. Encore ne me puis-ic garder de vous dire que iâay veu des petits iardins, Icfqucls cftoyent non feulement entourez de belles bayes,mais ayans les parterres ûns rchaulfcurcs, amp;nbsp;petits murs, ne reftoient dâauoirdc beaux Cabinets, amp;petits berceaux de Rofcs,ou Genicmins, Lauriers, ou Mirtes, lefqucls Coimroycnt auec vue grad gaillardife toutes les allées panées, qui eftoiét en croix, amp;nbsp;à lâentour du iardin, amp;nbsp;ces treilles fi bien tapiUécs vous don-noyent vn iîng.ulier plaifir,vous y pourmenant par deflous. Et quoy que leur grandeur amp;nbsp;haultcur ne fulient de grand efiendue, fi eft-ce que leur forme,plaifantc verdure amp;nbsp;gentillclfe, donnoyent vn grand contente-ment, amp;nbsp;refiouïflancc à ceux qui les regardoy ent amp;nbsp;iouilfoy ent de lâaile de les contemple!'.
v i N c £ N T.Si iâofoy,ie diroy que les iardins font plus beaux efians clos de baye,amp; où les parterres, amp;nbsp;carreaux font embellis de gétillcs bordures verdoyâtes en tout temps: que clos de murailles ou ayât les parterres en-Ceints de rehauecmens fouftenus de tuillcaux ou pierres: veu que(commc Vous dites)ccfte verdure donne plus de contencemét,amp;rénd la perfpecti-ucplus ioyculc,amp; agréable,amp;quâécor pour ce rcgatd,onioüifi de la dou-ce,amp; plailà ntc harmonie des oy féaux qui y repairent.
lEAN BAPTi STE.OnpourroitdilcourirdeplufieursautreSjamp;diuer-fes fortes de compartimés,puis quâil y en a allez de façons dtuetfihées,entre IcfqueUcs ie ne peux taire ce iardin fingulier des Magnifiques Comtes Martinéguesde Barco,eu cfgard aux beaux treillages, amp;nbsp;cabinets faits de limons,ayâs les allées toutes panées,amp; les rchauccmés, amp;nbsp;bordures chargées dâvue infinité de vafes pleins de diuerfes amp;nbsp;gentiles plantcs,herbesamp; Heurs,Icfqucllcs contentent, auec la foefueté de leur doux flairâte odeur, lâÅil,amp; fclpric de chalcun:amp; outre ce, le plaifir y eft plus grand à caufe de pluficurs ruilleaux courans le long du iardin,torcans amp;nbsp;du yiuicr,amp; dâvnc belle amp;nbsp;clerc fontaine,là drelféc d vn art fubtil,amp; auec celle induftrie,quc iepenfc que lâItalie nâen ayc point vue autre qui la puifle féconder.
V r N c E N T.Ic confeife encore que ce iardin eft trefbeau pour pluficurs iailôns,mais parlant de la beauté Se grandeur de la fontaine qui y fourt,amp; produit de foy tât de ruiircaux:fans métir ie ne trouuc pas moins mcrucil-Iciilc celle de Mcfficuis lesCazzaghes à Botecin,amp; mcfmc elle efiât acco-pagnée de pluficurs iardincts fort gctils amp;nbsp;delcélablcs drcircz,amp; comparés de citrons,limons amp;nbsp;orcngcs,amp; quâelle eft voifinc de la cité,amp;:enuiró-ücc dâaucuns coftaux fort amènes amp;nbsp;plaifans à la veuë.
!EAN BAPTISTE. Pallans outrc,amp; diftouras des herbes qui embcl-hlfent les iardins,amp; font bonnes amp;nbsp;cômodes amp;nbsp;pour les potages,amp; pour hs falades,ic çômçnccray par la lai élue, laquelle eft prifee fur toute herbe ^tuât enfaladcjtantpoar eftre plaifantc au gouft, comme pourcc quâelle
Singula ri* té du iar-din. tefontaine des Comresde Barco.
Laidue, St fes louan-gcs,amp;; pro-pneux.
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SIXIESME lOVRNEE
refrefehift le cÅur,amp; amollift le vent:rc,fait abonder le bon fang.engedre alFcz de laiét aux nourrices, amp;nbsp;caufe vn douxfommeil la nuit;qui eft cau-fc quâon la mange mefmement apres le fouper toute crue, iâentens ceux qui font fains, car on la donne cuite aux malades: outre ce quâelle eft plus Hre aux Choleriques,quâaux Phlemariqucs ou meiâcoliques.Et quoy y en ayt de diuerfes efpcccs,fi vculét elles toutes auoir le terroir gras, poudreux,nct,lcger,amp;aile à labourer.
De lâendi-uie qui eft cellequ'on 4it icy Chi Corée: 8tdc fl force.
VINCENT. La laidluê mâa toujours efte agréable, tant pourcc quâon en troune en abondance,que pour (eruir en tout temps,amp; faifon.
*Ccfte herbe me fern .blc celle q nous apel-fons Chri-fte marine, veu les ^-orictezque lauccurluy donne.
La Melide eft nômée par ceftui-cy, Citrona,amp; BaÃe chia.
Vertui de la Melige.
lEAN BAPTIST E.Cccy aduiét, à caufe quâon les ferne tous les mois, lauf lois quâil fait quelque froid cxcclïif:amp; quâaulîi on les replan te, ftlon quâil en eft befoin,tout auHi toft quâelles ont prins vn peu dâaccroilfcmét. Et quant à lâEndiuic quelle elle cft,ic dis que pour la mâger crue, ou cuit-te en faladc,e!le eft prclquc femblablcà la laidluc quant à la bontc,amp;for-ee de rafrefehir, amp;nbsp;mefme ayant eitélicc,amp; quâelle eft deuneue blanche. Dauantage outre quelle eft trefbonne à diftiHer, amp;nbsp;en boire aiiih lâeau toute pute, amp;nbsp;en Sirop, elle eft encore faine, amp;nbsp;bonne en potages. Peur manger encor en faladc eft bonne lâherbe nomméedu dragon, amp;nbsp;fi fauou-reufe quâelle pique amp;nbsp;mord la langue aucevnbon gouftamp;piaifantco-deur, elle cftant belle, pour auoir lafucillc verte, amp;nbsp;menue, eftant encor delicate à cofire auec du felamp; vinaigre.Mais à caufe quâelle ne porte point fcmence,ny graine,on en plantcJcs racines Icfqucllcs germent amp;produi-fent affez de plantes.il eft vray quâelle ne vient quâen bon tcrroirÃ^^P°* fc au folcil, amp;nbsp;fc tient toufiours verte, lauf que la fueillc meurt) ^ fane durant le grand froid. Cefte herbe diminue la rate, düfonlt les opilations du foyc, conforte le cÅuramp;lâcftomach, fait dencnirla face gentiment coutource,amp; tout le corps en bonne habitude. Parlant puis après dela MclilTc, ie dis quâelle eft la plus parfaite de toute autre pour efttc odoti-fcrante,fauourcufc amp;nbsp;trefbonneen faladc, voire amp;nbsp;confite auec du vinaigre, voire amp;nbsp;fon eau diftilléc fert grandement en Sirop. 11 eft vray quâelle ne fe maintient finonen lieu bien aéré ,amp; en terroir qui luyloit propre. Et eft cefte herbe bóne non fculcmét contre la Pefte, en vfant en quelque forte que cefoie : ains encor fi vn homme fc doutoit dâauoir mange quelque viande vcnimcufe,comme il aduicnr fouuent à ceux qui mangent des Potirons,amp; chofes fcmblablcs, elle y eft dcgrandprouffit,amp; y fert defin-gulicrrcmcdc.
v i N c s N T.Puis quecefte herbe fi gentille fc garde fi difficilemér,ic/ê-roy dâaduis que durant les froids on la meift dans des vafes, amp;nbsp;la tint on enfcrmée,amp; couiicrte pour la conlcrucr.
Citronelle.
i E A N BAPTIST E.Vous auez encor la CitroncIIcjlaqnclIe eft gentille amp;nbsp;bcllejamp; bonnc,eftant verte, en faladc, amp;nbsp;quoy que toufiours elle face amp;nbsp;porte fcmence,on la pculc encor replanter fort facilement. Le iuftdc cefte herbe à qui en éprdra trois ou quatre cucillcrées plus, ou moins fclô la force de Ion cftomach , fert de remedefort fingulicr aux morûircs des
DH LâAlï RI CVLT VRI.
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nome Slt;-greiuola.
Eftoik het be Ricole.
fcfpens,dcs Scorpîon$,des Muferaignes, amp;nbsp;à ceux qui font offenerz pour Lqtaüenla aiioir mangé des champignons.Moindre nâen la valeur de la farriette, dite Saturée par Diofeor. amp;nbsp;Cunile par Pline, laquelle dâodeur reflcmblc au thiin,mais elle cft plus perite,amp;alcs fucillcs plus tendres.Et outre quâelle a le gouft delicat,amp; foucf flairant pour la manger verte,amp; fechc en diucr-fcs viandes,clle eft encor plaifante à voir dans des pots, amp;nbsp;vales le lôg des bordures,on la feme au commencement de f carier, ou après Iclo que les terroirs font en afficttechauldc.oucxpofcz à la froidure. Pourfalade cft encore bone lâherbe nommée cftoilc, laquelle outre que flourift deux ou trois fois ran,durc encor longuement en terre. La ricole ne vault moins que la lulditc portant auffi fa rieur lâan deux ou trois fois, amp;nbsp;fe maintient longtcmps,cftant bonne à diftillcr,amp; fort propre, amp;nbsp;commode à mettre en (trop: La decoétion de laquelle vault contre lâopilation du foye, amp;nbsp;à la douleur des rcins.On peult raefmemét louer lâozcille, ou acctofe tant cl- propnetex le cftbonne en falade,amp; plaifante au regard: amp;nbsp;quâaufli elle flourift, amp;nbsp;fe deloieiUe maintient ainfi que les précédentes, amp;nbsp;cftbóne amp;nbsp;à diftillcr,amp;cnfirops, voire en quelque forte que vous la mangiez,elle cft trcfprouftitablc côtre les fleures dâefté,amp; fur tout contre les peftilctialcs.Et pour faire bons potages,touttcs,amp;: fouaces dâherbes cft bonne amp;nbsp;faine la bourache,voire amp;nbsp;j^[Æ bouten (à ladetandis quâelle cft tendre,ces fucillcs cftantfingulicrcment bon- rachc. nes amp;nbsp;cuites, amp;nbsp;crues, encor la fleur eft meilleure, comme celle qui re-fiouift le cÅur, purge le fang, conforte les cfprits vitaux, donne force aii poulmon, amp;nbsp;en fomme elle eft telle, quelle pcult dire ce qui eft.eferit. Ego fan borrago ijH^gnndinÃmpera^o. (Câe ft à dire.)
La Bourrache ie fuis, C^ loye au cÅur conduis.
Du perfil amp;nbsp;de fes
forces,amp; vertut.
Apres cccy iâeftime que le pcrfil a de grandes proprictez,entât quâil le fait bon voir fi tendrelct,amp; menu verdoyer en tout temps,parfait en faladcs,à faite ûuecs, cuit en potages, mis fur le poilfon, oy féaux amp;nbsp;autres viandes pour leur douer gouft: De forte q le coupant forment il dure long temps, mais la premiere année la femence ne vault rié là où puis aptes elle cft bô« ne à femcr.Et outre ce que le pcrfil diftillé fert pour la faute de lâhomme,il engédre le fang aigu,amp; fubtil,dc forte quâil eft meilleur pour les phlcgma tiques,que pour les (ânguins,amp; cholériques: dauantage la racine bouillie aucc de bonne chairfert grandement aux opilations du foyc,à purger les rcins,amp;: à ceux qui font fubiefts à la picttc,ou graueUe. Et parlât des herbes Icfquelles on fait faladcs en elle,le pourpier nâeft des moindresilcquel non feulcmét rafrefehift le foy c, Sc efteint lâardeur des reins, ains encor le flux dedà ug,amp; fur tout ccluy quâon crache amp;: fort de la poitrine,il cft vtay que celle herbe eft diilîcilc à digérer,amp; de peu de nourriturc.VousIçaucz en p^nr-cncot combié cft faine lâherbe dite Racinellc.que Ion mange,amp; cuite, amp;nbsp;pi«, amp;nbsp;de crue (oit en falade,ou autrement,aucc fcs racines: AulTi foit quâon la man- i« propne ge,ou quâon en boinc lâeau diftillcc, elle rorap les durtez amp;nbsp;opilations du ^^^ foye,amp; de la rate, amp;nbsp;eóforte lâeftomach, amp;nbsp;vault mieux replantée que fe- â^Uç. jj ' Bîcc,à caufe quelle en deuiét plus belle, amp;nbsp;fes racines plus grosfettes, def- icm yena
lt;1 »J
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SIXIESME lOVR-NEE
quelles,eftant nettes,amp; bien accouftrccs,on fait de gentilles falades. , v i N c E N T. Auez vous en mefme ranc cefte racine que la chicorée. ain-fi quâordinairement la tiennent noz Apoticaircs,
Des pens lEAN BAPTISTE, laçoit q la chicorée luy (oit dilîemblable enfleur, m°enus^amp; ^ ^°*^^ ^^^^® ayant mefmes proprietez,amp; naturc,fauf que Tvn eh domefti-toufiouis que,amp; la chicorée ch eftimee îauuage. Pour les falades font fort bons cn-T«ds. core les pctis porreaux menus, Icfqucls il fait bon voir à caufe de la fubti-té de leur fucillage (i racnu,amp; qui verdift tout le long de rannée,amp;:lcqucl plain,amp;agréc à chafeun.On les feme au printemps lors quelcs autres bu-Betonique nesherbes font femees.Kefte à parler de labctoniquc,Iaquellcnonfeulc-herbe fort ment cft bonne à manger en falades,potages,amp; autres chofes ; ains lingu-corcliale,amp; Jj^jç pour guérir les blcirures de la teftc,lcs os caliez, amp;nbsp;rompus, les yeux mgu lerc. ofFcnccz,l'cftomach debile,le foyc opilé, les douleurs de la rate des Poulinons,amp; autres dmerfes maladies.
Proverbe fur la Beto nique.
Delà mc-te.
Du pou-lior,amp; fa propriété.
Des efpi-nats, amp;nbsp;de leur bote.
Des poi-técs,amp;leur propriété, amp;nbsp;différé-ee.
V1N c E N T. Puis que cefte herbe cftla roync , amp;nbsp;fleur de toutes les autres on peult dire encor ce prouerbe qui court par la bouche de chakun. Tu as plus de vertu,amp; proprictcz,quclaBctoniquc..
lEAN BAPTIST E.Aprefent que i'ay parlé de la plus grand parried« herbes gentiles quâon mange en falade, il fault déduire les autres lèmbla-bles,amp; deftpeUes on fe fert en potage, amp;nbsp;qui outre ce cmbcliUent lesiar-dins. Pouc-ce ic commenceray à la mente laquelle ic dis bonneà eftre meflée auec les autres pour faneur és potages,Ibitéspurées,oufrini-res, amp;nbsp;autres aprefts : dccefte-cy fe plante amp;nbsp;nâeft point feinetâ* ^'* peult dire le mefme du pouliot, lequel eftant odoriférant amp;nbsp;fauoutcux,. eft bon amp;nbsp;en potage, amp;nbsp;en toute là uce:;amp; outre quâilprouoqueles fleurs aux femmes ,amp; refehauffe lâcftomach, lâhuile en eft bon poulie foulas des choliqueux,amp; pour aider la ftiftocation de la matrice aux femmes. Parlant puis après des herbes blancluâs, ic les maintiens iaincs,amp; bonnes en potage, falade, amp;nbsp;atures chofes fans quâelles fontpiaifantes pour eftre vertes en tout temps, amp;nbsp;flouriftant en chafeune faifon. Les cf pmars encor font bons, amp;nbsp;bouillis,,amp; fricaftez,mi5 en pafte,amp; tourtes,amp; en plufieurs autres manières,amp; fur tout en hyuer,,cn Carclmc, amp;nbsp;iufquei au mois de May. On les feme au mois dâAouft, amp;nbsp;font cnlcur beauté,, iulqucsà tant quâil iettent leur femence, amp;nbsp;fi on tarde de les femer:,ils ne produiftnt pointde graine. Ccsheibcs cy font mangée auant toute autre viandc,il eft vray que amoliflent le ventre, mais nuilentà lâeftomach.. Or du temps quâon les ferne, afin quâils naiilcnt bien, les fault mettre en terre le foir, amp;nbsp;les couimr de fouerre, ou auec du chaulme, les arrouiant tousles velpres tout bellement, à tout le moins trois iours de fuite. Et. q.uien vferoitainfi aux autrcsfèmcnccs, quâon cfpard en efté,clle nai-ftroyent tref facilement. Mais pour garder de gelée les çfpinars les fault couiirir de. fueillcsdc noyer auant quelcs brouillars tombent en forte quelconque. Les poirées encor ne font moindres en potage, tourtes, amp;; tourteaux en.quelque faifon que ce Ibit quelcs çfpinars ,^mais les coulent
DE lâagMCVLTVR!. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I^f
ferner en carefme,amp; le long de lâan pour en anoir toufiours amp;nbsp;de vieilles, amp;nbsp;de ncuiielles : amp;nbsp;choifir pluftoft les blanches que les vertes, pour eftre plus belles,amp; plustcndres.Dâautât auffi quelles amoliiicnt le vetre, font eftemuer,purgent le cerueau de catarres,amp; en kuat la tefte aucc leur leP fiuc olient les ordures du cuir delà tefte. Pour herbe odoriférante,kuou-reufc,amp; bonne eft bóne en potage la fehierie auec dâautres herbes;laqucl-Ic veut eftre lemee en carefrne,ôc autre failbn,afin quâon enayt tout le lôg de lâannée. Si vous la faites fccher à lâombre,«Si la mettez puis dans le vin lors quâil bout,elle luy donne vn parfait gouft de mufcadet;lc mefme fait fa fleur y bouillant dedans,amp; empefehe que le vin ne chancift,ou fc pour-tife.Pour herbe bône,amp; faine eft encor prife la Bugloirc,kquelle eft mangée amp;nbsp;en potage de en klade , amp;nbsp;eft bon de la diftillcr lors quâelle eft en fleur,entant que fon eau fert en plufieurs chofes pour la medecine, on la ferne en carenne, amp;nbsp;autres faitons de lâannée ainit quâon veut.
Buglofc herbe médicinale.
Vincent. Vous ayant prefque parlé de toutes les herbes gentilles que nous mangeons en diucrlcs maniercs,ic fouhaite dâouir parler de celles encor quâon met en des vafcs pour lefcul embclliftcment des iardi-nages.
Delà Mai icolainc,amp; fespropric-tcz.
i E A N BAPTIST E.Pout faite gentils ces iardincts,amp; parterres predi-tcs,ic loue fur tout la maticokinc,entant que toufiours elle verdoyé, de a lâodeur fort focfuc,amp; eftant touftue en rameaux,amp; de fucillagc mcnu,nó (eulement la peut-on ageancer dans les vafes,ains encor la diftiller,car tcl-le,amp; réduite en lefGuc,cllc defleche les catarres,amp; faleté de la tcfte,fans q le iuft dâicelle tiré par le nez fait eftemuer,amp; purge treibien le cerueau:ôc ne luy doit guère le Bafilic en odeur,de verdurc,dé en beauté pour bié parer quelque vafc de terre à cauic de la facilité de les fucille|S,dc ram.caux. On en vie de mefme à lâendroit du Mirte le mettant en des pots de terre pour ornement dâvn iardin à caufe quâil flaire bon, amp;nbsp;dure vcrdfort long temps de flourift lâannée plufieurs fois,dlt; f en peut-on feruir en plufieurs manières,de forte que les parfumeurs f aident fort de fon eau, amp;nbsp;en font grand eftime.
Du Mine, amp;nbsp;de fa foefueté.
Des violiers de tou te lottes.
Vi N c E N T. Il nây a perfonne qui ne fc rcfiouilfc voyant vn beau iardin cmbelly de quelque grand diuerfité de vafcs ageâcez par ordre fur les parterres auec ces herbes odoriférantes, qui.rcifcmblcnt autant de fontcnel-Ics fur les carreaux ou de tours,pyramidcs,nacelles, boules, hommes, oy-feauxdc autres animaux.
Des oeillets , amp;nbsp;girofliers. -
Iean BAPTISTE. Les violiers font rccommundablcs pour leur naturelle beauté à tenir das des vafes pour verdoyer,toufiours,amp;flourir fou-ucnt,qiii eft vn grand plaifir, amp;nbsp;allcgrclfe, voyant telle diuerfité de couleurs,ainfi q les fleurs font auffi diuerfes. Apres fait bon voir les girofliers, amp;nbsp;pots à Åillcts,tant pour eftre toufiours vcrds,amp;ayas des fleurs preique toute lâannée diuerfes couleurs blanc, vermeil, incarnat,grifaftre,amp; mek langé,lefqucls outre leur beauté fingulicrc font les fleurs plus foëf-flaiià -tes que nous ayons.
1^6 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SIXIESMEIOVRNEÃ
v i N c E N T. Puis quâauez difcouru de toutes ces gctilIcfTes i attens 1 at^ raifonncmcnt des herbes quâon femc,amp; plante pour le proufiit,amp; les iar-dins dcfqucllcs on tient en là main, ou bien on les donc à ferme ou à mol* tié,ainfi que plufieurs en vfent en nos carriers. DBS IARD INS C 0 MM V N S.
Iean BAPTISTE. Laillà ns à part les rcigles quâon obferuc ordinairement pour faire croiftrc amp;nbsp;embellir toute forte dâherbes, amp;nbsp;fruits dâautat que ceux qui en font profclîîon,en ont auffi la cognoillâncche comnicn-ceray à uous dilcourir des choux,à caufe que nous en auons en grad abon-dancc,amp; Icfquels demandent le terroir net,gras,amp; leger, venans pluftoft es lieux temperez, que non es païs qui Ibntchaults ordinairement ; aulfi voit-on que durant les grades chaleurs ils ne font point fi plailà ns au raa-fer,ny fains à lâcftomacn, feulement eft leur là ifon au printemps ou bien Autonne, amp;nbsp;fin tout eftans mortifiez par les gelées. Et quoy que ceux quâon arrotilc durant lâcfté loyent beaux, amp;nbsp;verdoyans, fi voit-on quâeu toute autre là ilon font plus fauoureux beaucoup ceux qui ianiais ne fenti-rent tel arroufcmcnt.Et outre quâil y en a qui font crefoez, defehiquetez,, cabus,amp; choux fleuris,amp; choux en raue(lclqucls on plante en Aurilpour lâhiucr, amp;nbsp;en Aoufi pour la carefine ) on leur coupc encor les bouts alors de leurs racines.
V iN CE NT. Les choux mâont toufiours grandement pleiten Icurlüfou, mcfinemcntdec3bus,ouquionrculcsfommctsdes fucillcs liezen Autonne, dâautanrquâen peu de temps ils deuicnnent blancs mais il vaut mieux de les coucher de pied en pied fouz terre 5^ ^â^ couvrit, car ils en font amp;nbsp;plus blancs,amp; plus délicats.
lt; nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ieanbaptiste. le fuis dâaduis quâon ne les feme, nyplanteiaman â¢
' près les vigncs,vcu quâilsleursfonttcllcmcntcnncmis,quâcfles fenefloi-gnent,rout ainfi que lâvn cnnemy de lâautre;finsq lâexpérience nous fait voir,q fomâtlcur feméce de trois ans,elles produilent no des choux, mais Hiftoire aurat de raucs.Depuis le broder des choux cuirs-efianr beu trépéauecée dâclipux* ^â^â^^® 'ââ P^â allant le repas,, amollir le verre:amp; en oflà t la premierc eau, amp;nbsp;en y mettant dâautrc,fait au contraire, amp;nbsp;le refiraint ; amp;nbsp;outre que leur iufl auec du foccrc fert. cotre la coux,amp; les afinariqucs,amp; rifiqucs,ia femé-cc cfl auflifortprouflitable pour les péris cnfà ns,fors quâils font molcftcz des vcrs.Et qui fe laucroit la tefle auec de la Icflîuc faire de cendres de cotons de choux,il ofleroit amp;nbsp;la rignc,amp; lcs ordures qui naifienten la telle.
Mais en yenans depuis aux choux blancs qui ont la teile ferme amp;/crrée corne vnc ce nquot;cftâau ^^^^â^ toute rôdc,ie dis, que iaçoirquâen partieils foientfcmblables au rc-Lîgiicdoc, fie des choux communs,fifont-ils diffères en bote pournoits,^ ce ned es ils ne valet moys de May, amp;nbsp;de luing, quoy quâà VeniCe foyentpriiez durant lâhiuer:. guère ny mais ils demennent beaux en certains terroirs, amp;nbsp;iceux fumez plus que de ^^w^amp;L Coulfume.Sont encor de grand prou Ait les raues,quâon fome en filing, amp;nbsp;moins en luiller,à cau/c que leurs fucillcs font bonnes plufieurs moys durantrinais hwer, CCS raucs wntplus fonc,dcfoouillcc5 de leurfuciUagc, amp;plas demeurent cllçi
DE LAGRICVLTVRE,
lit
elles petites,S: ne deuiennent point en leur gtoireur naturelle , nycroil-fent en abondance,fi leur terroir ne correipond à leur naturel, amp;nbsp;fil neft fuflîfamment anicndé.Et ce fruit eft bon, amp;nbsp;fut toufiours plaifant en potages,amp; à faire des tourtes,amp; tourteaux,amp; autres chofes fcmblablcs.
Gestourtes fc font en Italie, de paftes, amp;nbsp;herbes c5-
Dauantage ce fruit outre quâil eft lauourcux cftant cuit fous les braifes
pour en faire falade,amp; boulu pour con)poftc,il prouoque rvrine,prouffi-te aux reins,donne bonne nourriture,quoy que grofficre; amp;nbsp;quâil foit aucunement nuifible à lâcftomach,à canie de fcs ventolîtex, fi en permet on quelque-fois lâvfagc aux maladcsdâcfcorce duquel eft bonne fritte, cftant au-parauant fechc,pour la carcfmc.
mevnpafté dans Tnc padie.
Or ce fruit a en loy vn malhcur,qui iamais ne faut en ce pais,quieft,que quelque part quâil foit femé, il nây croit iamais plus de beau fourment, ou autre grain,quelque fien ou fumier quâon y mette. Et ne fault dire que la Milloquenâayerienquila fécondé pour amaigrir tout terroir, dâautant que larauc dommage beaucoup plus quâelle, ll eft bien vray que ic loue ceux qui en fement en leurs iardins des plus petites, amp;tard, afin que les lailîaus en terre,ils en puilfent manger vers le Carefmc, dâautant quâalors elles font délicates.Et paftant oulttc les Naucaux qui font femblablcsaux raucs,fauf quâils font vn peu plus folides,amp; iaunes,ic diray les qualitcz du ^^^'âââ^ ⢠petit naucau long amp;nbsp;pointu,dit Rauaiot, amp;nbsp;parles Vénitiens Bifi, lequel eft délicat à manger en pluficursfortcs:On lc plante à la my-Fcuricr,puis tous les quinze iours,pour en auoir de verds de moys en moys corne plus ôn en met en terre , amp;nbsp;encor en fait-on fecher an Soleil pour en vfer en CarLfmc,amp; autres faifons:il eft vray que ce fruit eft toufiours venteux,amp; à caufe de fa douceur il engendre des vers aux enfans.
Vincent. Ce fruit mâa toujours agrée verd au potage, amp;nbsp;cuit aufli en eau fimplemcnt.Duis le préparant,amp; taillant à rouelles en vu plat auec de 1 huilc,(cl,amp; vinaigre, amp;nbsp;elpiccs.
Eebues pnmctât-nes.
1ean B APT i STE.Moins neft à louer la febue quâon plante csiardins en Odobre,Noucmbrc,amp; Dccembrc(pourucu que la terre ne foit point
gelée)pour en mager auprintemps,amp; vertes,amp; cuites en dinerfes manie-rcs.Pour le prouftit aufti du mefnage eft bon de ferner abondance de por- jj^^ . rcaux dés lâentrée de Feurier,amp; les replanter en Aouft, coupât le fommet, rcaux, amp;nbsp;amp;nbsp;bout des fucilles,dâautant que tout ainli q tout lâan on mange des fueil- leur euku-Ics en potage,amp; autrcment,aufli vfc lâon du fruit,amp; crud amp;nbsp;cuit en diuers temps,amp; faiions.Bicn eft vray,quc tous pourreaux font nuifibles à lâefto- ^^^ ^^j_ mach pour eftre venteux, mais cuits en vne féconde eau font fains alfcz: veaux, fans encor que bouillis en de lâhuile ils oftent la douleur des oreilles, amp;nbsp;la femence eft fort prouffitable contre les venins.
rc. Médecine
VINCENT. Q^y que long temps,iâaye vfé de cefte viande,amp; cuittc,S: cruc,frlâay-ie difeontinuée puis peu de temps en ça, pour nâeftre propre à mon cftomach,mais pluftoft la nourriture des païfans amp;nbsp;ruftiques.
l E A N BAPTISTE. Puis que femmes venus lur les viandes ruftiques.
SIXIESME lOVKNEE.
ic veux que parlions de lâail, lequel on plante ordinairement en Feurier, Corne les mais il vault mieux en Noucmbrc,afin quâil foit plus gros,pourueu que le aulx doi- terroir y loit à propos,amp;roufiours durant que la Lune eft tcndrc,amp;nou-uellcicarfi elle eft vieille, amp;en decours, il fault belcher lors que lâail eft forty à trois fucilleSjCarleshcrbes nây croidrôtpas fi roftà lâentour, comme quand la Lune eft nouucllc.Or pour garder long temps les aulx,faulc les lailfcr bien mcurir,amp; les cueillir au decours de la Lune, les tenans au
uenc eftre rukiuez.
ProprifCez des aulx.
Corne en Cafeoigne quâon en lait des. faulces.
Soleil tant quâils fcchent trelbicn,puis les mettre en lieu qui ne foit point hutnidc,amp; où route-fois le Soleil ne f elpande point,car ils ne durcroyent guere.Et a ce fruit plufieurs proprictcz,amp; lùr tout contre les vcrs,amp; voila pourquoy à bon droit on lâapclle le Triade des rulliqucs. On le mange cuit contre vne vieille toux,pour les angofifes de lapoitrinc:amp; crud contre les vers: amp;nbsp;le potage auquel on cuit amp;nbsp;le coton, amp;nbsp;les fueillcs des aulx mis en cliilcrc, ou bien en fomantarionfurie vôtre dcliurc ceux quifouf-frent colique amp;nbsp;chafic les ventofitez.
VINCENT, Jâay toufiourseuccfruitpoHragrcable, à caulequâon le mange crud, tandis que ces fueillcs fon t tcndreletces, auec le fel, ou en û-lade, amp;nbsp;encor au potage,outre ce quâeilauc meur on Icpille, amp;nbsp;cuit filon les coullumes des pais es maifons.
Difference fies aulx,amp; ekhalores
lEAN BAPTis TE,Nousauonscncorlcs clcbalottcs,lcfqucllcs,bfin que foyent aucunement Icmblablcs eu odeur,amp; lâueur aux aulx,amp; quâelles foyent plantées pareillement, fi c/l-cc quâelles leur font en ancre cas difièmblablesicar corne ainfi foit que lâail produifint en vn chefpl^^^^â-^ gouilès,fi fait-il nafilrc fur terre vn fcul pied, amp;nbsp;branche auec 1« fueillcs
JongucSjamp; quclqucpcu Jargcs:amp;au contraire les cfchalortes, quoy que dâvue teile en forcent pluiîeurs Ci cA-ce que vous ne voyez aucun pied,ny feda fur terre, fculemenrde chaicune gouilè elles produilenrdepetites fueillcs menues, amp;nbsp;rondes, Iclqucls puis apres pour naiftre fèpt ou huid cnlèmblc,font vn toupet allez beau,amp; verdoyât,amp; qui durera par lâc^a-cc deplufcurs mois.Ces inclines fueillcs font auflî bonnes en ùladc toil-
tes crucs,amp;cuitçscnpotagcauccautrcscholcs.
Sulfifc-vous quclcsproprictcz decefruit fclgallcntà celles des aulx, lauf quâil cil plus falclieux à lâellomaclî à caulc quâil ell cncorplus aigu,^ fubtil en goull que Icprecedcnt.
Vincent. Les clcnalotrcs onttoufiours elle viande agréable aux pii-fans , amp;nbsp;dâautant que tont le long de lâan elles le maintiennent fous terre, aulfi fis en mangent,amp; cuitres,amp; crues en toute failon.
nAt^ B AP Ti s T E. Pour viifruit,quilôitforr, amp;nbsp;autre-fois douxau ^^' goull font les oignonsJcfouelsdcmà dent vn mefine terroir que les aulx, ® nbsp;nbsp;nbsp;â nbsp;nbsp;nbsp;amp;nbsp;veulcnrquclatcrrcloitbicnagcancc'c,amp;cultiue'c; amp;nbsp;tous de quelque forte ou cfpccc quâils foyent blancs, ou rouges, ou ronds fi les faultlcmcr en Aoull, dcrcplantcr à Palqucs, amp;nbsp;loin lâvn de lâautre, afin quepuiUent grolfirtoutcà lcurailc.
v i N c E N TJajoir que les oignons foict la viande propre des vilains,amp;:
DE lâagRICVLTVRE.
ii9
contadins,à caufe quâon les mange fauoureufement toutvers en plufieurs fortes dés le temps quâil moiffonnent les bleds,iufques à Pafques: fi eft- îl quâencor les grans en vient depuis le mois de Septembre, foit en falades, fricalfécs, ou nachis, amp;nbsp;paftez, ainfi quâil eft de couftume : mais dâautant quâils ne fc gardent guère en ce païs,on les trempe en lâeau, puis font con. feruez tout le long de lâan dans dû vinaigre.Lâoignon tout crud, eftat mis Venu de fur quelque partie que ce foit du corps qui ait clié efehaudée, amp;nbsp;brufléc. Lâoignon en ofte la bruflurc,amp;apaifefoudain la douleur. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;bruiste*
lEAN B A P T i s T E.Pour fruits froids de leur qualité font les Cocom- â â'^â bres Icfqucls on mange cruds en falade durant les grandes chaleurs, amp;nbsp;en potage taillez à menusmorccaux.On les lime au mois de Mars, tout ain-fi que les Courgcs,Citroiiilles,amp; Mclós,puis on les mange en Iumg,Iuil-lct,amp; Aouft,amp; veulent le terroir qui foit gras,amp; mollet.
Concombres 5f de leur culture.
VINCENT. Mange qui voudra de ce fruit quant à moy îc me veux tenir au confeil de lâexccllcntMathcol,qui admonefte quâon nâen tienne comptc,dâautant que fa nourriture faflcmblc fi bien en nos veines,que fy pourriirant à la moindre occafion,engendre en nous de grandes fieuresÃ: icelles difficiles à guérir.
Matheol condamne les Conco mbies.
lEAN BAPTISTE. Moyeftamdcvofticaduis,fuisauffidâopinion, que parlions dâvn fruit plus agréable que nous ayons durant les grandes chaleurs à fçauoir des Melons, lelqucls demandent non feulement le terroir chault, ains encor léger, net, bien cultiué,amp; amendé r Ãn les ferne ordinairement en Mars fur des couches en lieux feparez amp;nbsp;non expofez à lâombre â¢. amp;nbsp;fault que le fumier, amp;nbsp;terroir pour les. cngrcHcr (oit vieux, recent,ou nouueau,amp; de brebis ou de chieute pluftoft que de BÅufs, ou de cheuaux,amp;autrcs bcftes,âque les femences miles en terre foyent tenues nettement,amp;quâon en ofte toutes herbes qui y croiffent autour,auffi fou-dain quâelles fournées, iufques à cc que lafemencc aye produit ,.amp; fleurs, amp;nbsp;fruit.
Du Melon.
V i N c E N T.laçoic que les Melons foyent trompeurs cnlcur bôté en ce pais, ccluy neantmoins, qui aie terroir à propos, en pcult ferner pour le grand prouftit quâon en tire, amp;nbsp;fur tout des Pepons, amp;nbsp;Succrins, à caulè quâils ne faiflét point en leur douceur. Bien eft vray qu encor quelcs médecins aeçufent toute cfpccc de Melons pour eftre mal fains, encor blaf-ment-il ces Pepons fur tous autres. Vray eft que lâefcorcc eft bonne à raf-ftefehir, amp;nbsp;engrefler les chenaux : amp;nbsp;outre qu elle fert à eftre confite auec du miel,ou fuccre,ou pour eftre mife en comporte,eft bonne auffi pour la manger fritte en car.efme,fi on les coupe fubtilcmét, amp;nbsp;depuis on lcs met p^^ æ^ç^ Stecher au Soleil. Les femences confittes auec du fitccre font délicates dcsMclôs. f'our les fains,amp; non nuifiblcs aux malades,à caufc que non feulement el-es raffrefehiflent lâcftoinach,amp; le difpofent,ams prouoquent encor lâvri-ne, nettoyent les reins amp;nbsp;en oftent la graueile, fie fablon, amp;nbsp;font amollit ^pi«r«gt;
lEAN BAPTISTE. Pouifiuitdciatdinagcilnâcnyapoint demciV
Ã4O nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SIXIESME lOVRNEE
leur que font les Coucourdes blanches, lefqueUes durant lâardeur de l'e-fté font faines amp;nbsp;aux potages,amp; aux tourtes,frittes encor en lâhuile,outre ce que les cotons dâicelles font fort bons amp;nbsp;parfaits en coinpoftc Icsac-Des Ceu- couftrantauec du miel,amp; du fuccre. Leurs grains font plantez au mois de couidcs,amp; Mars feparez les vus des autres, ainfi quâon en vfe à ferner les Melons, amp;nbsp;comme les ^^ lieux gras, amp;nbsp;bien nets, mais tenus premièrement en lâeau afin quâon uerne^â*^' ^â^ plante ce qui tient au bout du grain, amp;nbsp;quâauffi lesbons qui iront à fonds,feront ceux qui fortiront amp;nbsp;mieux, amp;nbsp;pluftoft. Encor vaudroit-il mieux les tenir toute vnc nuit à tremper en du lait, dâautat que faifanspa-reilproulfit, encor le fruit en fcroit plus ià uoureux. Les fault replanter prclque dés que font forties, amp;nbsp;quelles ont deux ou trois fucillcs,amp; les mettre en lieu, où elles puillcnt facilement monter en hault, afin quedc-liiennent meilleures, que ne font eftant lefruit couche par terre :amp; de .tant plus elles font longues,amp; fubtilcs, audi font elles plus tendres, amp;nbsp;fa-uourcufes,pourueu quâon prenne les grains de celles qui font les plus longues, amp;nbsp;la pointe tendant en hault, à caufequâainfi les Coucourdes en viennent plus longues. Neantmoins fault accourciriSc cfpointcrles bouts dés quâils font vn peu grandelets, afin quâils'produilent plus de raâ triage amp;nbsp;branches, amp;nbsp;en icelles plus grand abondance de fruit. Et outre les proprietez dâicelles affez notoires à chafeun, elles valent mieux pour les cholériques, amp;nbsp;chaults de complexion, que pour les flegmatiques, amp;nbsp;choleriqucs.k'lailfeà partles Citrouilles tant marines,qucTurquc/ques, Jcfquclles font bonnes en potage,tourtes, amp;nbsp;en fritturc auccdd fi'''^ en hyuer,amp; en Carefrae, lefqucllcs il fault auffi planter, amp;nbsp;gouuerner a a manière que deifus.
VINCENT. Les Coucourdes ne me plaifent pas par les feules rar-fons quâauezia déduites, ains encor à caufc quelors quâelles fontmeu-res,amp; feches,on en fait des flafeons, amp;nbsp;Calebalfes. pour y mettre, amp;nbsp;vin, amp;nbsp;huile,ainfl quâen vfent, amp;nbsp;ceux qui voyagent, amp;nbsp;ceux qui eultiuent les champs.
DesCarot- ip^N B A P T i S T ï.Entre les fruits du iardin commun,font bónts cU' corlcs Carottes,à caufc quâon en mange tout le long de lâhyucren faladc, .amp; le Carefme en comporte : amp;nbsp;les feme Ion au mois de May en terre bien nette amp;nbsp;fumée, puis on befehe diligement le lieu amp;nbsp;eft tenu net de toutes herbes fauuages, tandis quâelles font tcndrclctrcs : amp;nbsp;font bonnes dés le mois dâOéfobre iufqucs à Pafques : Bien eft vray quâil les fault cueillir en DesPafte- Nouembrc,cnofterlafucille,amp; la garder foubs le fable, car autrement nagucs. nbsp;nbsp;elles feroy ent corro mpucs par la gclée.Et parlans encor des Paftenagucs,
ie dis,que iaçoir quâelles veulent vn mefme terroir que les Carottes, amp;nbsp;a-yent mefme racine,amp; forme: neantmoins font diflcmblablcs en couleur, faneur,amp;longucur.Onlcs feme en May,amp; luing feules,amp;parmy les Ca-rottcs,amp; raucs,amp; le conferuent vn an entier, ou deux en terre, tellement quâon en trouuc par la cheute des fleurs de vieilles, amp;nbsp;de nouuellcs, qui font bonnes lâhyucr,amp; enCarefme foie frittes,ou autrcract,lcfquclJes qui
DE LâAGRICVITTRE.
141
mage fent que luy prouoquét lâvrine amp;nbsp;les mois aux femmes:amp; les fueil-Ics pilées,amp;mifcs lut les playes qui viennent aux iambes des panures par-fans,y font trefproulficables,amp; allègent grandement leur douleur.
VINCENT. le ne tins iamais compte de ce fruit, à caufe quâil eft plus propre pour les ruftiques,que pour lâeftomach des délicats amp;nbsp;gentils.
lEAN BAPTISTE. Sont bons encor les Rifforts, Icfquels on lerne en Auril,pour les manger à la my luin, amp;nbsp;mclÃTie pour ceux qui coupent les bleds,mais à caufe quâaulli toll: ils font feméce, on les feme de techef, à la fin de luillet pour en manger dés le mois de Septembre iufques à Pafqucs: neantmoins les fault cueillir auant quâil gcle, amp;nbsp;les cffucillans les mettre foubs le là bion pour les garder: Ce fruit mange au commencemét du re-p.is,prouoquc iâviine.amoilit le vétrc,amp; aiguife lâapetit.Mcfme IcsRaua-nels femez au mois dâAuril,font bôs à my luin, mais à caufe quâils grainct aulTitoft, on les relcme en luillet,amp; accouftrez foubs le fablon,ils durent iufques à Palques. Ceux cy cuits comme raucs, deliurent lâhomme qui v-nne difficilement amp;nbsp;aucc ardeur, amp;nbsp;font fortir la pierre, amp;nbsp;fablon, de la vclhc,amp; des reins.
VINCENT. Cefte viande eft bonne auffi pour les moy Ifonncurs aux tâlnmps,mais fort inutilc,amp; mal propre à mon cftomach.
iean BAPTISTE. Ayans dilcouru des herbes ruftiques, il eft raifon que parlions encor de celles qui ont quelque gentil eÃe,amp;parmy lefqucl-Ics ie commenceray enrollcr le fenoil, lequel fe trouue ordinaire en tout iardin,amp; qui eft femé es terroirs légers, amp;nbsp;de femence, nâayant point plus Avne anncc:amp; qui reuftit plus doux au gouft fi on met les grains ains que les ferner en l'eau micllée,ou dans du laiét durât vue nuit à tremper. Et le fault tenir nettement tandis quâil naift,amp; iufques à ce quâil foit paruenu à fonaccroilfcmcnt, car autrement les meichantes herbes pourroyentle fuffoquer.Le fruit du fenoil mangé en quelque forte que ce foit,chaire les vcntofitcz,amp; fait venir le laid aux femmes. Et pulucrifé à vertu amp;nbsp;propriété fcmblablc.
DesRaua-nels,amp;Ieur propriété.
Du feaoîl amp;nbsp;fes pro-prietet.
De lâherbe fainte en Diofeori-
V i N c E N T.Cc fruit gentil a toufiours cfté trefbon, amp;nbsp;propre à mager de apelléc verd des le commencement dâAouft,voirc les cotés amp;nbsp;troncs plus tédres peuuent eftre confits,amp; les rameaux chargez de fes grains aucc fel amp;nbsp;vinaigre en des vafes de tertc,pour en vfer en toute failon,amp; fur tout,durant qu'il fait quelque chaleur cxcclhuc.
lEAN BAPTIST E.Encre les herbes plus laines amp;nbsp;prouffitables, il ne fen trouue pas vue qui furpalfc celle quâon dit bonne ou fainte hcrbc:par ainfi ne fault lâefbahir fi nous en voulons treftous auoir en noz iardins. Et quoy que fon fruit puiflé eftre feme, fi eft- ce quâelle produifant pluficurs pieds amp;nbsp;rameaux en chafeun dâiceux,on cnprcnd,amp; Icsplâtcon en quelque autre lieu,lcfquels croilfcnt fort facileméf.lcqucl fruit,outrc quâil eft bon crud en diuerfes chofes,auffi fcc on le mâge, amp;nbsp;pulucrifé diticrfemét, fans que fes fueilics font bones en falade tandis quelles font tcndrcttcs,amp; en potage,courtes amp;nbsp;tourteaux à noftre mode. On plante cefte herbe aux
vetuame, liu. 4. cha. Æ S Mais ce nâed cefte cy, aïs plu-ftoft de lâAuronne ou garderobe,de laquelle voy Matheole fut Diofeo ride.liu.3. cha.xj.
141 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SIXIESME lOVRNEE
mois de Febrier^ou de Mars,mais au laige:à caufc que long temps elle eft en terre,amp;produit des iettons dâan en an:amp;ainfi citant cfpailFe l'vne racine empiétant fur lâautre, cil caufc que tout fc corrompt. Sera bon toutes-fois de remuer les pieds de celle herbe , amp;nbsp;fcs racines de trois en trois ans, amp;nbsp;les planter en autre lieu: icelle fechéc à failfeaux à lâombre,amp; bien bat-tucjcll bonne puis apres à pliifieurs mal3dics,outre ce que bcuiiant le ruft dâicelle aucc vn peu de vinaigre à ieun, tell ramt le fang, qui vient par la bouche: amp;nbsp;pris uns vinaigre,occit les vcrs,amp; fi vous en mettez aux orcil-lcs,il en apaifc la douleur. Pour plulîeurs raifons iâay toufiours ay mé celle herbe bcnille,de laquelle ie me Icrs en pouldrc, que ie mets en mes draps amp;nbsp;habits le mois dâAuril,à caufe quelle rend fort bonne odeur, amp;nbsp;les garde des teignes,
lEAN BAPTIST E,En CCS grands iardins mefmementon doit planter des lai élues, clpinacs,poirécs,amp;autrcs gentiles herbes par nous mentionnées: amp;nbsp;ces autres cncor,côinençans à la rue,laquelle veult élire femée au De la rue Printcmps,amp; fe maintient verte vn an ou deux en fa force. Et quoy que Se fes pro- celle herbe foit amere, fi en y a il, qui en mangent au mois de May pour pnetez. nbsp;nbsp;nbsp;médecine, prenans les rendrons aucc du pain, amp;nbsp;du fcl ; outre ce elle eft
bonne à faire de lâhuile qui praulfitc contre la douleur des flancs,amp; tintement des oreilles,
VINCENT, Encor non feulement cil elle bonne contre les venins, lt;5^ pource les femmes en mangent allans contre les ferpens, ains fen irdene auffi les cxorcilles contre les malins clprics,
lEAN B A p T i s T E.On ne doiepas faire moins de comptcdelâAbnn-Dc rA!ui- ce,ou Aluinc,qui fc ferne en Feurier, amp;nbsp;en Mars es terroirsquiluy foyent ne amp;nbsp;fes propres, encor peulc on planter fes getmesaucc leurs racines, amp;nbsp;les riquot; meaux vn peu retors: amp;nbsp;quoy que celle herbe foit des plus amères qu on voyc, li cll-ce que fa dccoclion vfée guérit les hidropiques, amp;nbsp;fonluc, ou Imilc occift les vers qui le créent aux oreilles,
V r N c E N T,le loüc aulli lâAluinc,puis que les rameaux, amp;nbsp;fucillcs verdoyantes fontprouftitablcs à toute blclFeurc faite fur le corps : amp;nbsp;citant propre au maldâellomach,amp; fcc,amp; vetd, on en fait encor de lâhuile pour la guciilon de pluficurs maladies.
De lâAehe. i E A N BAPTISTE.le prifc auffi fort 1âAche,dâautar que femé au Prin-tcmps,c(l bon pour toute mcurtrilfcurc amp;nbsp;fang figé de quelque coup que ce foit,fans ce que fort huilcfert à plulîeurs maladics,amp;lur tout aux efeor-cheures qui viennent au dedâs du goficr,fi on en oincl fouuct la partie of-Deraneth, fcnlce. Apres cecy,efl cllimé lâAnetb pour herbe laine, lequel on lerne au Printemps, lâhuile duquel feruam pour pluficurs maladies, pluficurs mâ-gent fes fucillcs en potage aucc diucrfiié dâautres herbes enfemblc.
Diofcoii- V t N e E N T,Diolcoridc dit, que la dccoéliô des fucillcs amp;nbsp;rameaux fees-de, liure 3. de celle herbe,amp; la femence enfemblc font reuenir le laid aux nourrices,, cha.fS. ont refolution de vcnrofitcz,allegent le corps de doulcur,arrcllcnt le vo-nulleracnt,amp; le fimglot,ou hoquet,amp; prouoquent lâvrinc.
DE LAG RIC VIT VUE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;145
ISAM BAPTISTE.IcpourroyencordifcourirfurIâlierbediteMarru- DâMamt-bic(les apocicaires rapcUent PraÃe) amp;nbsp;de fes qualitcz amp;nbsp;vertus, auffi bien j^æJ-^ââ^ que des proprietez de lâherbe Turque,amp; de rHifope,amp; autres de pareille j^ üme ellotFc,que ie ladre pour ehre pluftoft medccinales,quc boucs à manger: chap,105. -mais dâautant que ceJles,dcfquelles nous allons parlé fuffifent, il fault en-Cor parler de quelque peu dâauttcs,amp; puis nous ferons fin. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Delà fa»-
Cc fera donc de la Sauge que fera noftre propos, laquelle pour eftre fai- g'gt; *^ f*-nc,amp;prouffitablc,on en void grand abondance par tous les iardins.Ccllc â®ââ¢â herbe bénite croift plus facilement es lieux expofez au Soleil, amp;nbsp;chaleureux,quâes ombrageux,amp; humides .: amp;nbsp;pourueu quâon ne la plante point en terre afpc,glaireufe,ou marefeageufe,quelque iTiaigrc,ou pierreux que foule tcrroir,cllc y croift abondamment,amp; y dénient fort belle. Et quoy quelle defire dâeftre bienhoüce à lâentour,amp; tenue nette,amp; de fueillcs,amp; rameaux qui font gaftcz,amp; quâon la peult ferner au mois de Mars,amp; dâA-rrtil,fi vault-il mieux planter les reiettons auec leurs racines, amp;nbsp;encor les rameaux amp;nbsp;bouts dâiccux,çftans rctors,amp; au mefme temps fufdit,ou bien fi voulez au mois dâOctobre,Et pour la renouucller,il la laut tailler cnFc-uriertout rez de terre, car elle en deuiét plus belle,plus tendre, plus drue, amp;nbsp;clpailEc en peu de tpmps.Onfe fert de celle herbe gentille en pluficurs chores de cuilinc,foit à ro(lit,chair,volaillc,ou poilfon, amp;nbsp;encor en pota-ges,fans quâelle eft fauoureufe fritte(cflant tendt eilet te) amp;nbsp;acouftrée auec du fucrc,amp; en diuctles compofitions:amp; pour plus grad fanté,il y en a qui en mettent grandâ quantité ay pain quâils mangent,amp; dans leur vin, pour obuier aux catarres,amp; autres nuifibles humeurs. La conferuc de fcs tucil-les,amp; fleurs conforte lâcftomach, amp;nbsp;allege les douleurs de la telle : cuit-tc dans du vin , fi on fen laue la bouche, elle nettoyé les dents, amp;nbsp;gcn-ciiics, amp;nbsp;fait bonne amp;nbsp;foefue lâaleinc : amp;nbsp;de lâeau dillilléc dâicelle les yeux en ellans lauez,cela cfclaircit mieux la veuë.
v i N c E N T.Entre les proprietez de celle hcrbe,Matheolc dit,quc fi vue ç^^^z ' Uu fcmnic boit vu voirre du iufl de la fauge auec vn peu de fcl fe tenant qua- deDiofeo-trc iours fans auoir alfairc à Ibn mary, amp;nbsp;que puis elle couche auccîuy, ridc.ch.54, foudain elle fe fentira enceintc.Et pour exemple de cccy, met en auât que les Egyptiens ordonnèrent, après vne grande pellilcncc, que les femmes vfaflent de celle rcccptc,afin quelles engcndralTent plufieurs enfans.
Iean BAPTIST E.Parlant aulTi du Rofmarin, ie dis quâoutre quâil le Oy-Rofma fait beau voir és iardins,à caufc que toufiouts il ell verdoyant, il eft aulfi rin, fa cul-fauoureux au mâger en toutes les fortes mcfmes,quc laSauge,amp;pour ob- turc amp;ver-uicr à pluficurs maladies.O n le plante és lieux chaults, ou à tout le moins *ââ⢠expofez au folcil, amp;nbsp;nô fubicts au vent de Bile, à caufe que celle plante ne peult guère endurer la froidurc.Et pource le fault planter en Mars, fur le Midy,amp;: cotre quelque muraille,amp;en terre graire,foit auec racinc,ou tordant le pied quâon met foubs tcrrc,à caufc quâil fe prend facilement.
V i N c E N T.E,ntrc fes bonnes qualitez,fon eau dillilléc conforte tous les, membres de lâhomme,amp; cuifant les fucillcs en du vin blanc,qui f en laue-
144 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SIXIRSME lOVRNEï
toit la tcftc, hiy endurciroit la pcaii, conforteroit la ccriiclle amp;nbsp;garderoit que le poil ne luy chetroit pointzoutre ce que les fleurs mifes en conferu« confortent rcftoniach,amp; font bonnes aux mélancoliques.
De» A(jgt;et-ge», amp;nbsp;cô-rae les faut coltiuct.
lEAN BAPTIST E.Pour VU fruit fain amp;nbsp;délicat ic loüe les belles Afper-gcs,qui font tendres qui croiflent grofles en vn terroir fpongieux,amp; gras, pourueu quâon les nettoyé bien,amp; ibient emûdez comme il fault. On les feme au mois de Feuricr,ou de Mars,durât que la Lune eft nouuelle, mais il vault mieux planter les racines,lefqucllcs pcuplét mieux,amp;pluftbft que Icsfemcnccs , neantmoins les fault il replanter la fécondé ou troificfmc année.Et dâautant que tant plus bas on met les racines en terre, tant plus elles iettent de germes, amp;nbsp;les Afperges en font plus grofles: à cefte caufe on creufc la terre de tous les collez d'vne bonne coudec en largeur, amp;nbsp;la met-on feparcment entre les racines plantées au moins dâefpace, amp;nbsp;haul-teur quâil eft poflible : mais fault premièrement couurir le fonds de cornes de belles, quieftans couuertes de terre trclbonncdeuxou trois doigts auant en icelle,amp; pofets fur les Afperges aydét fort à tenir les racines en force amp;nbsp;les deliurcr de lâeau de la pluye : amp;nbsp;les fault planter en lieu {gt;lat,amp; de telle forte, que lâvn pied foit efloigné pour le moins vn pied de ong de lâautre:dâautant que tant plus grandes font les iambes, ou troncs, tant plus fault que foit grandâ lâelpace de lâvn à lâautre : autrement eftans clpaiflcmcnt plantez les pieds ils fe fuffoqueroient facilement les vns les autres, fans produire ny porter que bien peu de fruit. Et apres les aaoit fdantées en pied amp;nbsp;racine, y fault letter par deflusla troilrcfnep^â''^^ ., a terre cauee fans plus, amp;nbsp;la cribler,ains que lây mettre, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
puifle penetrer plus auant,amp; tire à foy les Afperges. Et delà enauantny fault faire autre cas, que les tenir fort nettement de toute forte dâherbes, amp;nbsp;au mois dâOélobre y mettre par dclTus de bó flens bic pourry, ou pluf toft des ratilîcurcs des cornes,amp; par deflus grand abondance de pépin, Si marc de vigne,amp; raifins.Et fur le mois de Feurier leur faut mettre par def-fus vnc troificfmc partie de la terre fufditc bien criblée amp;nbsp;nette de pierres, amp;nbsp;autres chofcs,puis la charger de flens, ainfi que dit eft au mois d Odo-bre: amp;nbsp;lâannée dâaprès au mois de Feurier aufli, quâon iette dertùs toute la terre quâon trouucra cauéc autour,S: laquelle non feulement fera criblée (corne dit cft)aucc vn crible de fli de rechal,ou de fer,afin quâelle foit plus ncttc,ains à celle fin que plus douccmétamp; faeilemet on eipointe les bouts des Afperges qui auront pouflé.Or nâeft il befoing les couper que iufques au troificfmc an,amp; encor au mois de May , à caufe que tant plus fouuent on les coupe plus auffi elles fâaftoibliflcnt amp;nbsp;dccroiflent : amp;nbsp;les coupant fault voir diligemment que ce foit foubs tcrre,car fi câcft dcirus,lcs coftôs qui reftent lut terre fruftrent les racines, fans quâils vous donnent aucun prouflît:amp; ne fault oublier que tous les mois dâOélobrc on les charge de bon fumier gras,amp; en Feurier de gros terroir auec pierres,amp; quelque autre chofc que ce foit,les befehant bien autour,mais non plus profond que de quatre doigts,afin que pluftoft elles fortent fur terre.
Vincent,
DE lâa G RI C V LT V RE.
â45
Vincent. Ainfi que iâay pris grand plaifir à ouïr rarraifonnement de ces reigles, ic voudroy fçauoir cncor,fi on peut donner dâautre forte dâa-mendement aux Alperges.
Iean a A PT i s T E. Outre cequciay dit, onypcultmcttrcdauan-tagedufien tout pur des chenaux, debrebis,colombsamp;poulaillc, mais qui foit gardé amp;nbsp;pourry dés long temps : mais mieux vault la bouc amp;nbsp;ordure des cfgouts,amp; cloaques,amp; la pouflîcre qui fort de la laine quand elle eftbatué.
v IN c E N T.Trouucz-vous bon quâon dclplantc amp;nbsp;replante tous les dix ans les Alperges,ainfi que font pluheurs,cftimans quelles deuiennétpius belles?
IE A N BAPTIST E.Ou nc deuroitiamais les remuer de leurs place,linon quand elles font trop clpaillcs,il faudroit defcouurirles racines,amp;: en öfter toutes celles qui font iuperflucs,pour les planter ailleurs,Car ce fai-fant deux ou trois ans de fuite, non feulement en oftera Ion toutes celles qui font enlallces,amp; freftcs,ainsncttoycrczccllcs quircftcront,lcfqutlits
on pourra couurir de pied en picd,auec vu peu de fien fort bié là ifonné,amp; pourry,amp; mefté auec autant de terre criblée:criblant encor le furplus,qui eftoit delfus au parauant,amp; le remettant en là place gentimét, ainfi quâon lây aura trouue. Et ceftuy eft le vray moyen pour faire q les Alperges pro-duifent de gros, amp;nbsp;treib eau fruit, lans les prouigner ou replanter ailleurs, ainfi que font plufîcurs,mais mal à propos, qui eft aulîi yn erreur amp;nbsp;faute treflourdc,amp; mefmement fi on les diuilc amp;nbsp;romp lâvn pied de lâautre,left quels iamaison nc deuroit ainh rópre,pluftoft faudroit eftre diligent que l^midtitude en fut abondante, LâAlperge eftant vn fruit délicat, amp;nbsp;fain à ehalcun,dc fur tout quand elle eft grofte,tendre,douce,amp;non trop cuitte, elle rend! appétit à vn malade,lâil en vie auant le repasdert côtre la pierre, ÆÆ âÆ amp;nbsp;à la douleur dâeftomach,amp; au mal de coftez : fait auoir bonne couleur ' * ^ââ'' au vifigc,amp; bonne odeura toutie corps,
g*-'
VINCENT, Puis quefay prisplaifirencesaducrtiftcmcns,ie voos prie mâenfeigner denxou trois moyens,pourfairegroffir les Artichaux
Des A nicha iix, amp;nbsp;manierede les culnucr
Iean battiste. Qui en veulc recueillir de beaux,fault auffi q choi-filfcla femécc,amp; graine la plus belle,amp;dcsplus gros quâil pourra trouucr: amp;nbsp;la ferner au mots de wars duist la Lune nouucilc,en terroir bon,gvas,amp; net à Lâaduâtagff,Et eft befoin de mettre ciuqou fix graïs en autât de trouz
en vn rond,atin quâils faeent vn beau toupet,amp; plante,amp; vnc coudée plus loing en (emet autant,afin que lâvnc plante nâempefehe point lâautre.Bien cft vray quâil vaut mieux planter les lettons,amp; branches que la fctncncc,à caufc quâon en recueille pludoft du fruit:outrc ce que les plantât, amp;nbsp;pro-uignaut ainh tous les mois des ccluy de Mars iuftpes en Nouébre, on aye du fruit en diuerfes faifons de lâannécien lâan premier,amp;lc fécond an félon lacôuftumc,quelqucsfois plus,amp; dâautres moias,ftlon q la terre eftgrai-fe,pu maigre,quâellc eft en lieu chaut,ou humide,ou h le terroir cft dur,amp; malapropos pour cefte plante.Et fur tout fault plâceralcceux qui portet f
I4lt;î nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃIXIÃSMI IOTR.NEB
du plus beau fruît,ainfi quâil en y a de diuerfes cfpeccs en groflcur,cn Ion« gueur,amp;enrondeur,dediuerfcscouleurs,amp; faneurs, les vns eftansefpi-neux, amp;nbsp;les autres fans pointure.
V i N c i N T.Quoy que les Artichaux foyent de moindre bóté,amp; moins Gins que les Alpeiges,amp; quoy quâils ne durent fi long reps en tctrc,à cau-fe que les rats,amp; taupes les mangét facilement foubs icelle: fi cft-ce quâils font à tous plus agreablcs,amp;: fe remettent en force auec plus dcfacilitc,amp; portent pluftoft leurs pommes amp;nbsp;fruits.
Jean b a p t i s t e. Non feulemét agréent-ils à tous,amp; frais,amp;tédres, mais il y en a qui les mâgent cruds le matin auec du pain,amp;du fcl,lors que encor ils font tcndrclcts,comme viade fort delicate. Ainfi ceux là fe trompent qui les mangét lors qu ils font trop meurs, à caufe quâils font fansfi-ucur agrcablc,amp;plus encor font mal plaifans ceux qui croilfcnt en terroir non bien qualifie: amp;nbsp;ceux là errent amp;nbsp;font mauuais mefnagers, quiayans terre propre à ce fruit,nâen y ferner point,veu le prouffic quâon en tire, eu dgatd au grand nombre qui fen vend tous les ans en ce pars.
V i N c E N T.Nefçauez-vous point quelque fecret pour les garder de ce-P ut eftil ^^ vermine qui les rouge amp;nbsp;mange par foubs terre en diuers lieux? ger les rats lEAN BAPTISTE. le ne fçauroy pour vray vous dire aucun fecret: qui gaftét neantmoins ay-ic veu quelque vns quientouroyent les plantes de celle les Arti- herbe de quelques ballons de Sureau le fichans vu bon demy pied en ter-chaux par re,amp;fortant autant par delTusamp;efloigncz quelques quatre doigts fculc-on s terre j^ç^j py^ jç rautrc:difà ns que ces beftioles abhorrans lâodeur du nâauoyent garde dâen aproener ny dcirus,ny dclfoubs terre tandis qu u cil verd,amp; ainfi des que ces ballons font fees,il les faut rcnouuellet.D autres font vne eloflure tout à lâentour du lieu de chafeune plante, dâefpincs les plus fcches, amp;nbsp;poignantes,amp; logues dâvn doigt quâils mettent vn bon demy pied foubs terre,!âvne près de lâautre,amp; ce iufques dcllus la terre,entât que dés que ces rats aprochent,amp; fentent celle pointure, ils ne faillcnt de fe retirer foudaineraent : amp;nbsp;pour les poindre ainfi prouffite fort le pelon, , j amp;nbsp;couucrturc clpineufc de la challaignc,le mettant tout ainfi que les clpi-nes,amp; lequel ne dure pas moins de deux ans. Dâautres fe prenans garde, 3â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠fe quâil y a de ces beftioles rongeufes,y iettent deux ou trois féaux dâeau lâvn
â apres lâautre, amp;nbsp;celle vermine fortant hors, cil par eux occife. Dâautres mettent des noix,ou chaftaignes empoifonnées ou ces rats fréquentent, les couurant quelque peu de terre,afin que quelque perfonne ou volaille ne fen cmpoilbnne:ou les mettent és trouz de ces belles, qui les rogeans fâcnucniment,amp; meurent.Mais le meilleur eft de faire boullir des febues en lâeau bien cmpoifonnéc,amp; les mettre aux trouz mefnies, car fentas celle odcur,lcs rats y courent fort.
VINCENT. lâattcndoy que vous me miflîcz en ieu ceux qui ont adcx-trez leurs chats à l'y tenir de nuit,amp; des que ces rats fortéepour faire leur rauagc ils ne faillent de foudain les occir.
lEAN BAPTISTE. Cômc il cft difficile de le fouuenir de tout,ic coa-
DE VAS RIC VIT VRE.
1'47
feite encor que iauois mis en oubly à vous dite corne Ion pcult garder les Artichaux,afin quâils ne loyent gelez,amp; quââpres ils portent fruit en leurs téps. Parainfi les fault bié fumerait mois dâOctobre aucc du fien propre, y méfiât du terroir de plante en plante,auec lequel vous les chauflerez vn pied de haulqreinliant tout dés le pied iufques à la cime, amp;nbsp;liant les bouts desfueillcs aucevu peu de fouërre,lcs couurirez aucc de lapaillc de lin ou chanure,dc forte que non fculemét la gelée nây puifTe penctrcr,ains encor vous verrez au Printemps le fruit apparant en plus grand nombrejors q on les viendra dcllier. Vousaduertilîantneantmoins dâofter amp;nbsp;tailler les troncs,amp; cardes deux doigts fur terre dés que le fruit en eft coupé, à caufe quâils repullulent de plus beaux lettons pour porter fruit lâannée fuiuan-tc,outre ce que les aucuns en porteront pour le mois de Septembre.Et a-uant que les rcchà iifTcr en Oéiobrc,en fault öfter tous les pieds qui y font furcteuz, fans y laifler que le tronc principal, lequel fe fera plus beau, amp;nbsp;portera du fruit en plus grand abondance.
VINCENT. le defire que pouifuiüicz le refte du iardlnagç » aipfi quâil Vous viendra à plaifir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ni: mur nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;je;
i E A N BAPTISTE. Câcft raifon que difeourions des Fraifes, à caufe que câeft vn fruit gentil amp;nbsp;dclicat:lcquel croift fur lescoUines, amp;nbsp;au pied des montaignes, amp;nbsp;plus és lieux ombrageux, quâexpofez au folcil. Cefte herbe ne vient point de grainc,ains la fault replanter en Feurier, ou Mars, alors quelle produit certain filets fubtils, qui rampent par terre, Icfqucls ayans demy pied de long fe fichent fi bien en tcrre,quc puis ils produifent tout autat de racines amp;nbsp;fucilles tout à vn mcfmc temps quâil les fait beau voir,à caufe que long téps elles demeurent en leur vcrdeur,amp; cfgalcmcnt baffes. Et nâeft-cc pas vn grand plaifir de voir en Auril de May leur fruit foubs les fueillcs qui rcfltmblent autant de pieces de corail y attachéesî Par ainfi tout mefnagçr de gentil efptit en deuroit auoir en abondance en fcs iardins,autour des bayes, ou le long des allées, ainfi que voyez cy près ceViuier.
Comme fault garder les ar. tichaux.
DcjFrai-fes.
VINGEN T.Câcft fans doute,que les Fraifes ont cfté agréables des toute faifon,tant pour eftre les auant coureufes des autres fruits, que pour eftre plaifantcs au manger parmy les compagnies,amp;mcfmc quand on les mange aucc des cuillicrs bien fucciccs, tellement quâelles relferablét tout autant de groifclles bien cuittes amp;nbsp;faifonnées.
Médecine dciîtiiiei, in Ui.
LEAN BAPTISTE. Auant que parler des groifeUes, que vous mâauez tamcntu'és,ic diray, que quiboiroit dubroüct des racines, ou fueillcs des Fraifiers, cela fert à reftraindre le fang qiettét par labouche ceux qui font tôbez de quelque hault licu.Mais reuenas aux groifclles,ic dis que iaçoit . quâelles foiét aigrettes,fi font elles plaifantcs pourvenir ainfi à leur faifon, Veu quâon les mange crues,amp; cuittes enpotagc,ainfi que vous auez dit.
V i N c E N T.Q^oy quâon die que les groifclles font la viade des femmes â grolfcsjfilouay-ie que ceux qui en ont de belles bayes,quâils en départent auxboidurcs des allées de leurs iardins. . a ,
⢠fij
4
148 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SIXIESMEIOVRNEE
JEAN BAPTISTE,Or puis que le folcil móftre aiiou' defia fait ptefque â facourfePaprochant lcVcIpre,ie fuis dâopinion que parlions feulement Delà La- des rôles,des lis amp;nbsp;delà Lauandcdaquellceftnon leulcmcnt bonne pour uanilc,amp; faire des bordures baltes,gentilles, amp;nbsp;plaifantcs,amp; qui verdoyent en tous defes pto- tempstains encor eft fort odoriférante,amp;propre, cftantfeche,à la mettre pnetex. parmy le litige,amp; les habillcmcns,leur départant de Ibn odeur,amp; les pre-feruant des vers, amp;nbsp;teignes : voire li auce lâhuile de Lauande vous oignez vollrc chef il dcllechc les cararres,amp; conforte grandement le cerueau: amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'1
en oignant la nuque du col,fcrt contre les fpafiiies,efuanouïircmcns amp;nbsp;e-ftounemes de nerfs aduenans par paraliîîc. Celle herbefe plante au Printemps, amp;nbsp;pluficurs en font grand compte, mefmement aucuns qui la fai-Tans dillillcr, vendent rcau,qui cil fort odoriferateaux perfumeurs, A: en Des Ro- tirent de bons deniers. Quand aux rofes, vous fçaucz quâil en y a dcplu-fes, amp;nbsp;leur heursfortes:à fçauoir,dç là uuages,que nous dilbnselglantincs,amp; de roll'-diuetfité. nbsp;gçj andj croilfant es bayes,de rofes de Damas,amp; Scarlatines, que nous ar
pelions deProueMce;amp; entrclcs blanches,puttcles lauuages,iJy enades mufquces,amp; les communes,amp;ccllcs qui if ont que cinq fueilles à la fleur, mais les blanches ne font point bonnes à faire du fuccre rolat, ny debóne xau,amp; moins à faire chofes plaif3ntcs,ny mcdccinales : leulementfetucnt à faire fcchcr, pour les mettre entre les draps,amp; fur tout parmy le mefca-gc de lin,à caufe de la foefueté de leur odeur. Parlant donc de ces blather amp;nbsp;non des faiiuagcs, ie dis que la premiere clpcce eft des communesgia ont les fueilles clpailfes amp;nbsp;doubles,amp; font balles de pied, ayasfott^^^â® odeur,amp; les bayes faites de tels rollers font trcfbcllcs amp;fottcnt ces Heurs fur la fin dâAuril. Lâautre forte eft de celles qui nâont que cinqfûciUcs, Si^ qui font bien flairantes, amp;nbsp;en trouue Ion dés le mois dâAuril iufquescii Oélobrc,fortaus dâvn feul pied amp;nbsp;tige de rolicr, qui en peu detempsfé groffit amp;nbsp;renforcc,amp; fc fait iong,auec allez de rameaux, quâon accoudre 1 en diuerfes manières,afin que feruent dâombrage,lors quâils font deuenus nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I
grands.La troifiefrae forte de rofes blanches font lcsMufqucttes,qui font plaifintcs à voir,pourcftre petites, amp;nbsp;lâarbre bien charge de fueillage,amp; la fleur fort foefue dâodeur, amp;nbsp;qui ne faillcntiamais depatoiftreenleur faifomoutre ce quâon pculcagcacer leur pied amp;; branches pour faire om-Des rofes bragc,ainfi que dit eft cy deflus. Venas aux rofes rouges,ic dis,qne les Ze-^d^ed -es nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;quot;^ ^^ ti ouucnt propres à faire du fuccre Rolar, à caufe que la coil-
font rôles leur nâen eft point allez viuc,mais font parfeites à taire des firops laxatifs, de ProuC- ù faire de lâeau, amp;nbsp;de lâhuile rolâc, du vinaigre amp;nbsp;plulicurs autres bonnes ce. chofes. Les Damafquinesfèruentà tous les effets quedeflus,amp;cncor3 Les efcar- faire du luccre rofoc. Mais parlant des efcarlatincs de cinq fueilles, ie dis font ^rofes 4'*â^^'^5 eftas chargées amp;nbsp;vines de couleur, font meilleures que les autres, de Prouins ® hifo*-â toutes CCS chofes quâon fait auec les autres, amp;nbsp;que fou luccre rolà t, ou Confcruc,furpaire tout autre amp;nbsp;en couleur,amp; en bontés
VINCENT. laçoitq toute forte de rofes me plailcnt, hay-ictoufioufs fait plus de compte desDamafquines,amp;cfearlatiries que des autres,à caifr
PB VA 6 MC TXT vu®.
»49
fc quelles furmontent ie refte en beauté, amp;: font plus prouffitabics.
lEAN BAPTISTE. Après cellcs-cy, les lys ornent aiiffi grandement Du lys, amp;nbsp;vu iardin,comme ainfi foit quâil les face beau voir, amp;nbsp;que lâhuile, amp;nbsp;lâeau ^'â propre quâoo en tire feruent beaucoup à caufe des grandes vertus amp;proprieccz diuerfes de cefte herbe ; on plante les oignons du lys feparement au mois de Feurier, amp;nbsp;en bon terroir, afin quâil« nailîent toft, amp;nbsp;produifcntleuc fleur en fa faifon. Pline tient que lâoignon du lys mec du vin guérit de morfure de Serpent, amp;nbsp;du poifon des champignons : amp;nbsp;cccy fuffife pour cefte heure : car fi nous reuenons demain, ie ne faudrayà vous difeourir de tout ce quâil vous plaira me requérir.
VINCENT. Et ie nâay garde de faillir à vous venir
tronuer, pour cpleuons nous, amp;nbsp;allons où . » lt;; bonvpusfemblcra, caric prensplai-fira vous complaire en
toutechofe,
^FIN-D-E LA S IX I ES MEj
I O V R N E E.
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SEPTIESME lOVRNEE
ADIOVSTEE DE LAGRICVE-
TV RE DE MESSER AVGVSTIN GALL O, COMME IL fAKLT'GQP'P'BUNE K L E S C I T R O N S, LIMONS,
E fèpncfme iour le Seigneur Magie venant à lâhoi« reaccourtumée troiiua lean Bapaifte Auogadre fur la fin de Ion dilhec loubs vne treille, afin de iouïr mieux à fon aile dâvn petit vent doux , amp;nbsp;plailânc qui fai faut trcmblottcr les branches , amp;nbsp;fucillarts des Arbres , amp;nbsp;ondoyer les ficurs diacrfifiecs le long de la pracrie, amp;nbsp;les là rments, amp;nbsp;pampre â^â^ la treille, les Citroniers, Limoniers amp;nbsp;Orengiers de tout fon beau iardinage : après feftre amouteufe-ment entre-là lücz,faffirent, à lâaccouHumé, loubs celle frefcade:ou Vincent contemplant cntentiiiementla beaute'du Iicu,amp; deladiucrfi-tc des plantes, amp;nbsp;arbrillèaux mis chafeun en fon terrier, chargez de fruits, fe rcfolut de commercer dâarraifohner Ãbn amy, auquel il parla en celle Ibrtc. Puis que cesJoqts.pa^J^pous auons allez difeouru fiirles vergiers amp;nbsp;iardins, il..mç femamp;|c clf^e eonuenable queparlions des Citrons, Limons,- amp;nbsp;Orenges: car vous es ayant fi grande abondance, amp;c de fi beaux, ic me fais fort quâauez aulfi le meyen dâen dcuilèr à fuf-filà nce. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
JEAN BAPTiSTE.NâatTendczpoinrdemoy^queicvousdilcourefur lâinfinité des arbres qui croillen t le long de la Huierc de Genes,de Naples, amp;nbsp;autres pars qui font luf la mcrMedjferitinée,lclqucls font fauorilcz cô-rinuellcmét de la narurc,comme ceux qurlähs elli c cmpclchez,ny forcez parles neges, tcmpclles,froidtjres,.ó#aaefesincómoditczdu rempspro-duilcnt des fruits en toute abondaec.^Ãien vous deduiray-ie/eulcmét des arbres,amp; fruirs,qui croisent facilcfeet en celle noftre terre. Et quoy que nous Brelcias nâayons point lâait fi heurcment que les proulncci fuldircs, ii auons nous occaCion de nous contenter delà libéralité de lanature qm nous a emichi aoüie icnoii: cnla nuiercSalodi3nc,lçqucl,pour cAïc Noi-
DB lâacKT er LTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l^l
^ns de cc grid Lac de la Gardc(lcquel en branade,amp; fureur fcmblc com-barre amp;nbsp;vouloir efgaller lâOcean) faitparoiftre à chafcun(fi tant on doibt dire de luy)quc câelt vn pourrait amp;nbsp;paragon du Paradis terreftre.
Lac de Garde, jadis Lac Bc-nac.
R luiere Salodiénc dicte du fleuuc Sa» lo, amp;nbsp;du chateau de mefme nom en Lobardie.
Vingen t.Combien de fortes de fruits fc trouuent en ce pais?
Iean BAPTISTE, Ic penfc que vous cognoilTcz Robin de Maderne, qui eft le plus fameux iardinier qui fc mefle de ce ft art,amp; profeffiô honorable: Ceftui-cy venant tousles ans accouftrer, amp;cultiuermcsiardins,amp; arbres au mois de Mars,en la façon fi excellente que les voyez : dit quâil y a cinq fortes de ce fruit à fçauoir Citrons,Limons, Orengcs,Pômes dâAdam,amp; Liraonncs,amp; queiaçoit quâoncognoifleles Citrons,Limons,O-rcngcs,amp; partie de pommes dâAdam, fi eft-il que les Limonnes ne font fi bien cogneües,entant quelles font vn fruit participant de la pomme dâAdam, amp;nbsp;du Limon.
i. .1
Corne faut planter les Orengiers, Citrôniers amp;nbsp;arbres fembla-blcc.
Vincent. Tous ces fruits naillènt-ils dâvne mefme forte, ou fil y a quelque difference aunaiftre , planter, oufemer, quilesfepardâvndc lâautre?
1E A N B A P T i s T E. Il nây a point de doute que tous fe penuent ferner, amp;nbsp;quâils naiflent chafeun en fa taifon,mais non quâils viennent tous cfga-lemcnt,dâautant que femantles Citrons,Limoiis,Orengcs,pommes dâA-dam,amp; Limonnes ils font fort long temps auant que porter fruit : mais fi vous plâtez des icttons,amp; fions bien ncts,amp; polis en leur efcorcc, amp;nbsp;coupez franchement, nonplus longs dâvndemy pied, amp;nbsp;le long eftant bien ' rafclé,amp; nettoyé,deux ou trois doigts autant q vous en voulez mettre en tcrre,ils deuiennét foudain fort beaux,amp; prouffitables: fault neantmoins que ne fouffrent ny grâd chault,ny grâd froidçveu que lâvn, amp;nbsp;lâautre leur font grandement nuiiibles,amp; dommageables.Encore eft-il befoing de les planter edoignez lâvn de lâautre demy pied fans plus, afin que facilement on puiffe belcher autour dâcux,ainû que formet il fault ainfi en vfcr: amp;nbsp;faire quâils ne foicnt point plus hault de deux ou trois doigts fur terre,mon-ftrans leurs petits bouts nailfans.Bié eft vray quâils viennét plus beaux en ptouignantles rameaux,à caufe de lâhumeur abondant quâils reçoinent de leur tronc,iufques à tant quâils ayet pris racine.LâOrengicr neâtmoins ne vientpoint par ce moycn,lequcl ayant le boys fort dur, mal-aifémét préd il racine:par ainfi luy fcul fault que foit femé, amp;nbsp;en bon terroir, dâautant quâencor eft-il long temps auant q porter fruit,amp; qui vcult lâauancer dâen porcer,fault q lâente fur les pômiers dâAdam. Aufli depuis cinq ans en ça onfeft tchement accouftuméà enter les Citrons,Limons, amp;nbsp;Orengiers, fur CCS pommiers quâon ne fçauroit dire le grâd prouffit que ces entes rc-dcnt,foit en la bótc,qüantité,ou beauté, amp;nbsp;grolfeur des fruits qui en for-tcHt,lcfquelî viennent pluftoft que ne font les Gitrons,ou Limons entez fur les Orengiers, ainfi que de long téps on a de couftume amp;nbsp;quâencor on le fait:m3is on vfc plus dé lâcnture furies pommiers dâAdara,à caufe quâils reçoinent les Citrons, Orenges, amp;nbsp;Limons, que de celle quifcfait fur chafeun arbre de fou efpecc:amp; ainfi nefaut feftonnerfi les plus cxccllcns
SEPTIESMS lOVRNBÃ
iardiniers font toute diligence quâils peuuent de plater tou t autant de rameaux amp;nbsp;lettons de ces pommes dâAdarn,pour le prouffit quâils en tirent. Et certes ces fruits efioient en peu de rcputation,à caufe que leur fruit ne eft gucre bon à manger crud, ny pour confire, feulement fen feruoit-on pour lauer les mains,ou pour les porter en main,^ caufe de leur beauté, de groffeur qui eft en iceux.Mais eftant ceft arbre de fi grand fecours aux iatr 'dinicrs,nâcn y a pas vn en noftre riuiere, qui nâen plante abondamment, à caufe quâen peu de temps ils améliorent ce fruit par le moyen des autres.
Vincent. le voudroy fçauoir comment eft-ce que lâon peulc enter les Limons, Citrons, Orenges, amp;nbsp;Limonnes, quâeft ce que Ion obfcruc changeant dâvue efpecc en lâautre,amp;lefqucls reuÃîirent à plus de prouffit, amp;nbsp;vtilité,
Robin de Mademe excellent iatdiniet. Cóme faut enter les arbres lus nommez.
IE A N BAPTIST E.Robin mon maiftre mâa pluficurs-fois dit,quc quad ie voudroy pläter,ou ferner ces arbres, que ie choififTe des meilleurs qui fc pourroyent trouucr,pluftoft q prendre des moyés,pour y en enter puis a-pres des plus parfaits.Par-ainn ie loüe quâon ente vn bonCitrônierfurvn meilleur qui loit de fon cfpccc:car il y en a de ceux-cy, qui font ordinairement plus beaux,amp; ayans la cofte relcuée,plus gros,amp; plus long, amp;nbsp;plus délicats encor amp;nbsp;au gouft, amp;nbsp;à lâodeur. Et pour-ce quâil en y a plufieuts qui entent les Citronniers fur les Limonniers penfans quâils vicnnet plus gros,ou dâefcorce, ou de chair : les bons iardiniers toute-fois au contraire
mettet le Limô fur le Citron,à caufe que le fruit en eft produit plus 1ââ^^â^ entant que le Citronnier à beaucoup plus dâhumeur pour lanouinrure que nâa pas le Limonicr.Ces fruits.fapellét Limons Citrónez,amp; f®â'^^^'â 'â mez plus proufEtables à lâcftomach que les autres naturels, lefquclsfont froids en leur qualitc:fans que les iardmiers pour leur plus grande vtilite, entent amp;nbsp;Citrons,amp; Linions(cômciâay dit^îùrlcs Orégiers, tant poutre quâils porter plus de fruit quâen leur tronc naturel, qu'auHi ils ne craignét pas tât le froid,à caufe quâils participét de la propriété de l'orcngc,qiu vc-nât fur vn boys dur,amp; fans moelle,rehfte en nollre riuiere au froid, quoy quâen toute lai fou il loit à defèouucrt.Ainfi'iuftcmér ic loue IâArdupreftre Settede Maderne, lequel en fcs beaux iardins a vndcfes OrengiersforC grand,que iamais il ne couure, amp;nbsp;auquel ila enté vn Limonnier foubs la plus balfe branche de lâOrangicr, qui demeure ferme contre le froid, amp;nbsp;ne fault tous les ans à porter les Limons fort beaux, lefquels aifé/nent ou difceined,âaueclcsOEcngcs. Et quoy quâil y cnaytdedoux,dâaigrcs,amp; de faneur entre-aigre,amp; doux,en fort grande abondance, fi ne iont-ils eC-gaulx enbontéà ceux de Gencs , amp;nbsp;des autres pais dâItalie voifins delà mer. Et aduient cecy tant à caufe ddâaffiette du. terroir douce dâvn bon air,amp; quâauffi on les laillc bienmeurirains que les cueillir, route-fois ne lailfent d-âeftre agreablcs,tant pour portcr(com me iâay dit) da fruit abondamment toufiours, que pour produire de fort beaux arbres, amp;nbsp;lefquels ne craignent point la froidure âainfi que font amp;nbsp;les Limons, amp;nbsp;les Citrons. Et iaçoit que peufouuent oriente les.Orengiers, fi fuis-ie dâaduis quâon
DE lâaGRICVLTVRE.
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quâon change vnc elpcce peu bóne en vnc mcillcure,ou qui fort afiez belle: mais dâautant que lâorange aigre-doux,ell le plus ordinaire entre nous au manger,amp; celuy du lus duquel nous vfonsleplus en nos viandes, aulfi on en plante plus ordinaircmet que de ceux qui font plus doux, amp;nbsp;moins aigres.loint que la pomme dâAdam, amp;nbsp;lâorége font toufiours la fleur plus plcine,amp;que le citron en porte plufieurs vaincs,amp;; inu tiles,amp; le limon de celles qui font de peu dâcftcôl ; par ainfi il fault que la pomme dâAdam amp;nbsp;lâorcngcr foient entez enfembk, à caufc (ainfi que dit ell) que leurs entes, comme on voit ordinairemcnt,prouâitcnt fort,amp; portent fruit en abondance aucc le l'ccours du pied fur lequel on les ente.
V i N c e N T.Siie voulois enterde fi gentils arbres que ceux-cy qu auos nommez,de quelle forte d enteurc fault-il vferî
iEAN BAPTISTE. Le propre moyen pour enter ces fruits, câeft à cP cuffon,tout ainfi fi i ay dit des oliuiers, mais ne faut oublier de tailler tout ccquicftdcfupcrflucs ycux,amp; boutons qui ne font point entez, amp;nbsp;mef-me en öfter tous les reiettôs, qui y iurcroillcnt par fucceflion de tcmps:amp; fi par cas on laiile le rameau quâon trcuuc deflus le lieu quâon ente, quâon ne laiffc pas pourtant dây mettre allez de terre,amp; lâagcâccr fi bien que fai-fant racine au dedans ce qui eft enté, on puilïc öfter cellui- cy fans danger lâannée cnfuyuant,le plantant encor, afin que puis après on y puillc mettre quelque autre ente.
De melmepcult-on faire au tronc principal tandis quâil eft icune,amp; tendre, lâentends quant aux rameaux qui feront bons à rcceuoir lâenteurc: Fault neantmoms enter toufiours par Lune nouucllcau mois de Mars amp;nbsp;d Auril,ou vers la fainél lcan,amp; autres fours,afin que le bois luc,amp; foit en feue,amp;amour.
VINCENT. Comme le fault gouuerner pour faire facilcmét multiplier celle belle forte dâarbres?
IEAN BAPTISTE.La voyc plus Ordinaire, amp;nbsp;plus facile eft celle de laquelle vfent les experts iardiniers,lorsquâils taillét les fuperfluitez de tous arbres au mois de Mars,5lt;: fur la fin dâiceluy,ou plus tard,félon que le téps eft repurgé du froid.Dâautant quâalors il choifilîcnt les ramcauxà propos, amp;nbsp;placent des ballons de la inclure amp;nbsp;façô que iâay dit cy dcflùs:quclquc-fois en y mettans fi grâd nombrc,quâoutre ce qui fait befoin ils en platent
Corne faut enter les oregers amp;nbsp;fruits fem-blables.
Comme fe multipliêt les citrons amp;nbsp;arbres fmb labiés.
à milliers,pour en vendre par tout.Et ces arbres cy deuiennenc fort beaux dâordinaire,à caille quâils font fouuent amédez amp;nbsp;hoiiez,voire les arroulc Ion quand il eft requis. Au refte fi on vculc encor augméter ces plates, on le peuk faire,en mettant non Iculcmét des cafles, amp;nbsp;vafes autour des plates,qui foyent pleins de bóne terre amp;nbsp;bien fumée,ains encor des citrouilles vuidcs ou pots de terre cuitte,ou autres vafes,ayans vn trou au fonds, mais fi bien accommodez quâils ne puiflent point tombcr,mais fault pre-nrieremet entamer vn peu le ballon amp;nbsp;plante,qui doit élire fiche en terre, afin q les racines fortent plulloll hors,quâelles ne feroict fil nâauoit point. elle cntamé.Et ce moyé eft ayfé à couper toute forte de rameaux,non tant
I;4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SEPTIESMEIOrRNEE
pour en peupler lcsiardins(ain(Iqueiâaydit) ains encor eftantlc fruit ra« je,pour en faire part aux amis,ou pour les planter dans des vafcs,ainfi que nous en vfons,clquels il les fait beau voir lors quâils font chargez de fruit.
v i N c E N T.Combien de temps font ces baftonsainfiplantcz,amp; leso-rengers femez ains que produirefruit?
lEAN BAPTISTE. Quelque diligéee quâon face à lâendroit des oren-gcrs femez en tout ce qui cil requis à les cultiuer,fi cft-cc quâil ne leur faut rien moins de douze ans auant quâils portent aucunemét ; or deuinez co-bien doiuent tarder ceux lefqucls on ne befehe point, amp;nbsp;ne font nettoyez ny fumez en forte quclconquc?Mais les citrons, quâon plante à la manière fufdite(fi le froid,ou autre iniute du temps ne les empefehe) eftans traitez ainfi quâil fault en vfcr aux plantes tendres de nouuelles, portent (fuit au bout de trois ou quatre ans. Bien eft vray que les limons quinefont point entez,quelque bien eultiuez quâils foycnt,atteudcnt cinq ans, auât que porter leurs pommes.
VINCENT, Comment eft-ce quâon cultiue ces gentils arbres?
Quel fieu eft requis aux Ci-tronSj amp;nbsp;Oronges,
Lâeau fort neceflatre aux lardîs.
IEAN BAPTISTE, Sclon les rcigles quâobferue Robin mon maiftre iardinicr,faul t en premier lieu quâils ayent le terroir bien qualifié,qui feit doux,legcr,bien gras,amp; net, fans quâil y ayt pierre quelconque: qu'encor il fait expofé au loleil, en lieu hault, mais non fubiedt à la Bile, ou vent de Nord,lequcl eft toufiours treC-contraire à cefte plante. Apres eftrequis bien fumer les iardins aucc du fumier bien pourry, qui foit defientede chenal,de bÅufs,ou de brebis, vfant de cecy amp;nbsp;auant que planter ksfu^ dits germes, amp;nbsp;ballons, auant que les hoüer, amp;nbsp;ains que les coüurir dâais pour les garder de la froidurc.Et iaçoit que ces fruits le plaifent toufiours de voirlcfolcil, amp;fur tout les citrons, entant que les autres fuportent mieux la froidure, fi eft-ce pourtant que durantles chaleurs il ne fault Icurlaiirer auoir faulte dâeau, mefmement ces plantes qui ont de couHu' me dâeftre arroufées. Et bien quâil y ayt des iardiniers fi diligens,qui tiennent leurs arbres fi bien fournis de terre fort gralfc, quâen laillans toufiours vne bonne partie au pied de lâarbre, fi ne lailfen t ils pourtant de bef-cher autour tous les mois,dcs leMars iufques en Septébre pour le moins, amp;nbsp;puis, auant que couurir le refte des plantes, empliflent les trouz delà terre quâils auoyent mife à part durant les mois de la chalcur.Et nâoublie-ray la diligence dâaucuns iardiniers, lefqucls couftumiers dâarroufer leurs arbrcs,amp; nâayans ny puids,ny fontainc,ouCifternc,fi eft- ce quâauec grâdâ peine, amp;nbsp;fafçheric ils vont quérir l'eau bien loing, afin que leurs plantes nâendurent point lafoif, quoy quâà çhafeun pied il nâen y faille pas moins de deux féaux :amp; par ainfilbnt bien-heureux ceux, qui ou dedans leurs iardins,ou non guère loing ont lâeau à commandement, entant quâils recueillent dâordinaire,amp; plus de fruits,amp; deplus beaux,amp; qui font biefai-fonnez.Et par ainfi nous pouuons vfcr de ce prouerbe quâon dit commu-ncmct,quc tout ainfi que le bonamp; parfait terroir eft toufiours le vray père des plantcs,lâcau aulG qui leur eft donce par meiurc,amp; en temps opor-
D S iâag R I C rt T VR E, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1^^
Ãün,eft aufli leur mere treÃfcrtilc,amp; abondante. On hone donc(coramc , iâaydit)tous les mois autour des pieds de ces plantes, commençant lors que les iardms font eultiuez iufques au mois dâOdobre, aUans diligemment amp;auec grande curiofitéà leur donner ces façons. Et ainhpourlcï remuer par arc,amp; ordonner auec diligence, on paye vn bon manouuricr dâvn tiers mieux que les autres, lequel Içait les moyens, amp;nbsp;de les befeher, amp;nbsp;de les cultiucr,quoy que les autres foyent gaillards,amp; de grand trauaik outre ce fault careifer, amp;nbsp;bien nourrir ceux qui font bons maiftres en ces façons.Et pour côlerucr les branchages de ces plantes,amp; les tenir en force,les fault tailler tous les ans ou plus ou moins, félon que reftimeraehre necelîà irc vn bon amp;nbsp;expert iardinier : dâautant quâeftans délicats amp;nbsp;précieux ces arbrcs,le maiftre diligent fault auffi que foit curieux en ce retrâ-chement,amp; à lcs faire bien amp;nbsp;Ibignculcment cultiucr. Et nâoublie encor dâen öfter non feulement ce qui y eft de fuperflu auec du fer bientren-cliât,amp; auec leurs mains drelTcr,amp;ploy er les rameaux la part que fcr.a ne-ceftaire, ains encor les haulrent, amp;nbsp;abaiircnt Iclon quâils'verront le cas le requérir. Et outre quâaucc des tenailles ou forces bien taillantes ils oftent les déniions amp;nbsp;cfpincs,amp; coupeur les bouts,amp; germes qui viennent à la cime de lâarbre,oftent aufli ceux qui montent trop hault, afin quâils foyer clgauxen mefure conucnable. Et dâautant que près le lieu taillé au fom-metdes rameaux,y furcroilfentplufieurs reiettós,quâon nâeny laillc point plus hault de trois, coupant le refte, à caufe que le branchage feroit trop cfpais,(Jc touffu. Encor alon couftume de mettre quantité de perches le- . gères, pour fouftenir les rameaux, lefquels ils accommodent fi bien que chafeun pcult porter fruit félon fou naturel ; amp;nbsp;fault auoir toufiours à la maifon quantité de liens en lieu humidc,pour fen féruir en cecy toutes les fois quâil fera befoin:amp; outre ce conuient tenir lâÅil fur les racines,trócs, amp;nbsp;gros ramcaux,afin quâils ne fc pourriffentmar qui fauldroit dây prendre garde,amp;dc les nettoyer fouucnt,çâcll fans doute quâils ne demoureroyent guère en eftre,
VINCENT, Depuis quel temps eft- ce quâil fault couurit ces iardins, a-fin quâils ne foyent furpris des gelées, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. . '
i E A N B A P T i s T E, 011 Ifs couure toufiouts au mois de Nouébre ql- oblcmer que fois bien toft,amp;dâautres tard,félon que les iardiniers voyent que lâair ihr le cou-eft difpole au téps doux,ou quâil les menace de froidure, Neâtmoins mon uni desü-bon maiftreRobin eft dâaduis quâon les couure pluftoft de bonne hcure,q renters, attendre quelque froid furuenant au defpourucu,lcqucl nuife aux arbres, amp;nbsp;face périr tout le fruit qui eft défia meur,ainfi que fbuuent eft aduenu à plufieurs iardiniers par leur pare(fc,Et non feulement fault eftre foigneux de les couurir de bonne heure, ains encor ains que ce faire, prendre garde quâils ne foiét point mouillczcn forte quelcôque:car fi le froid les lurpre-noit en cefte forte,facilcmét amp;nbsp;ai bre amp;nbsp;fruit feroyent gaftez par la gelee: outre ce que ceftcmoüillcurc cauferoitvnc pourriture amp;nbsp;corruptioanx flcurs,amp; fruits eftâs à couucrt,Mais les bons de experts iardinicrs,pour c-
155 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SEPTIESME lOVRNEE
, uiter cc peril,auant que couurir ces fruits, oftent des Citronniers (eftans Citronnier ccux-cy les plus fubiedsà lafvoidure)toutcs les fleurs, bourgeons, amp;nbsp;ra-en cofitutc â¢'«eaux plus tcndrelets, lefqucls ils Talent amp;nbsp;confilcnt pour manger celle aucc du fd viade délicate,amp; en Hyuer,amp; en Carcfmc,amp; prefque tout le relie de lâan-nee.Depuis, à caufe que les iardins font ordinairement enclos de muraille,fault que les piliers foyent-ils faits de brique ou de bois,foyét couuerts de bois de challaignicr,proportionnez à la grandeur de lâédifice : mais fur tout prendra garde le pere de famille,quâil nây plcuuc point dedans, amp;nbsp;fur Eau dene- tout durant le degel des ncgcs,à caufe que celle eau cil la plus nuifible des ge nuifible autres.Et fil y a quelque fente,ou trou en la logc,quâcllc loir bien clofc amp;nbsp;^Å'câc^ bouchée aucc du foin,ou des clloupes,lefqucls trous on pculr ouunr,lors ' que le temps cil clcr,doux,amp; ferain, amp;nbsp;que le folcil nwnllrc (es rayons,a-«n que ces rays reluifent fur les plantes, amp;cn dcchallcnt tout le mauais air, dellcchansaufli lâhumidité corrompante caufée par lâombre: amp;lors que le foleil decline amp;nbsp;fe retirc,faul t les rclloupcr,afin que le froid ne fai-hirc ces arbres. Les bons iardiniers outre cc, lont fi diligens à voir fil cH belbin que le lieu foit réchauffé par le feu, quâils mettent des pots dâeau fur les fcneflres doles de la loge, amp;nbsp;fils voyét que lâeau fiait elprife déglace, ne faillcntaufli toll dây allumer du feu de bois bien fee, amp;nbsp;fur tout de branches dâoliuc fils en ont, amp;nbsp;encore vfent ils de charbon, à caufe que amp;nbsp;chaleur cil grande amp;nbsp;durealPcz, fans porter dommage aux plantes aucc â Corne on ^fl^mâ¢^ quot;Y fuâ¢ce, Bicnellvray que le iardinicr voyant que les fudlles cogToift â â^^® Citronniers font graircs,amp; ointcs(ellant cela figue quâils ont du froid quclesCi- allez) ne fault de leur aprochertoutlcfcu: car alors le fruit qui'^^P°'â'^ uonmers efté fecouru à temps,meurt,amp; fcn va par terre, à lâaprochc du feu: amp;nbsp;ceft W^'^^ â^^ 'â¢^quot;'- phisfubicél au froid, comme il a du fuç, amp;nbsp;fubllancc : amp;nbsp;* '®â â ceux-là font moins fubicéls, qui aulfi en font le moins chargez. Le bon iardinicr aufll nâell trophatifà delcouurir fes fruits, quoy que le temps fcmblc promettre quelque douceur, amp;fcrcnité, entant que louucntle froid faignant de f en dire allé renient aucc telle vehemence, quâil ne laif fe arbre ny fruit fans le faifir,amp; le mettre en dager de mourir. Nearmoins le iardinicr voyant que le folcil cil pour reluire quelque temps duiour, quelquefois il ouurc quelque ais,amp; foliuc du toit de la logc,amp; dâautres la laide ouucrtc, afin que les fruits, amp;nbsp;plantes puiflent iouïr deux ou trois heures de la chaleur du foleil.Fault ncâtmoinsdlre aduerty quââpres quâo ode la couuerturc dâais de dclfus ces arbres, le froid fcn dl allé, fil y a quelques rameaux touchez du froid, nây fault point toucher, iufquesà tà t que les bons auront poulfé leurs icteons amp;nbsp;branchettes hors, car autrement il ne feroit que bon, que de tailler vn peu ceux qui font ainli malades.
v r N c E N T.Et certes il y a bien de la peine,amp; des fraisa nourrir,amp; gou-uerner ces arbres, tellement que ie pcnlè que peu de iardiniers en facent leur prou Ait,fi cc nâdloitque ie ne içache nation ayant meilleur iugemet fur cede pratique,que les gens de cede riincrc.
CE LâAGKICVLTVRE.
la nourriture des Orégiers.
lEAK baptist E.Câeft fans doute quâil y a de la fafehene beaucoup, prouffft de amp;nbsp;encor plus de frais quâon ne dit poinf.mais ic puis vous allcurcr que les proulEtsen font deplus grand importance , entant quâil y a peu dciardi-niers qui nâayent cent efcus francs pour an de chafeun iornau de terre. Mais que dirons nous de ces bicn-fortunez iardiniers Icfquels fe trouuét auoir garenty leurs arbres du manuals temps, amp;nbsp;les autres ellans perduz? Ceux-cy au lieu que les autres années auoyentdcproulfit ccntclcus, en ont tiré quatre cens : amp;nbsp;ainfi ne fault felbahir fi on en voit qui font fi riches en celle contrée : amp;nbsp;pourtant ic conclus, que tout ainfi que nous ne fçaurions dire tous les frais qui y font necclTaircs, aulfi le reuenu nous en eft incertain.On fçait que de toute forte dâarbres on tire prouffit,pour les planter ailleurs, amp;nbsp;des fleurs de Citron pour manger en falades, pour les garderaucc du vinaigvc,ou les eófire aucc du micl,ou du fuccrc:amp; de ccl-les des oi cngicrs,amp; ancres,pour en faire eaux de fenteurforc rares,amp; prc-cici]fcs:Dauantage on ne rire pas moins dâargent des fruits meurs, que de ceux qui ne le font point,voire amp;nbsp;des plus petis,aiitât que des plus beaux: à caufe quâon confie ceux qui ne font point meurs,amp; des petis orenges on fait de beaux chapeaux, amp;nbsp;couronnes plaifantcs à voir, amp;nbsp;fort focfiics à les flairer.Quant aux belles, amp;nbsp;meures chafeun fçait combien on les pri-fe aux banquets,amp; pour les confitures,amp; pour en donner aux malades,amp; les mettre en medecine, ainfi que les bons apoticaircs en pcuuent iuger. Outre ce que de iâefcorce des orenges on fait de bonne mouftardc, de Vo-rcngcc,pain dâefpice, amp;nbsp;autres delicatefres,on vend encor les Citros pour faire la Cittonade efuece de confiture en diuerfes manières: amp;nbsp;en fomme tous les fruits pourris, amp;nbsp;entiers fe vendent foit pour en tirer le ius, ou en auoir lagraine,cntant que celle des Orenges fe plante, amp;nbsp;celle des Citros eft vendue aux Apoticaircs : amp;ainfionenayetoufiours quelque vtilité: dont ic côclus,que fi les fraisy font grands,amp; continuels, le prouffit aulfi en eft toufiours en main.
Dequoy on fait jpf-fit des O-rengiers, amp;nbsp;arbres fembla-blcs.
V i N c E N T. le voudroy fçauoir encor fil y a dâautres fortes dâorenges, Citrons,amp; Limons que ceux defqucls vous aucz défia parlcîjUîn(quc fil y en a)ic puilFc fçauoir Icfqucls font les meilleurs pour les malades,amp; quels politics fains.
Diuetlîte de Citrons cogneus de noftre temps.
lEAN BAPTIST E.lâay entendu de mon Robin quâil y a de trois fortes de Citrons,la premiere eft des noftres qui font beaux,les féconds,font les gros de Genes, amp;nbsp;la troificfmc efpecc elf de ceux q ont vne glade au bout les premiers,pour eftre les plus délicats, amp;nbsp;cordials quâon fçaehe en lâEurope,font les plus priiez tat plus ils font gros, amp;nbsp;logs, amp;nbsp;quâils ont les co-ftes rcleuccs de lâvn bout à lâautre. La plate de ceux-cy en porte orcs peu, A: rantolf en abondance,amp;cnproduit encoj de tous rods,les vus aucc telle amp;nbsp;autres non: amp;nbsp;dâautres qui fcmblent dire fans telle,ayant les bouts fort gros amp;nbsp;autres figures monllrucufcs, ainfi quâil plaill à la nature de fe ioücr en fes nourri lions. Les fecôds qui font les Gcncuois,font fort gros, amp;nbsp;de plus douce faneur que les no lires, mais nâôt celle foefuete, amp;nbsp;odeur t iij
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agrcable,ny la naïuecé au gouft quâon fent aux noftres. Les troifiefmesà tout leur gland lont vrayement les uicillcurs de tous,quoy que plus petis: Ãmonobllant ils ne font guère en vfage. Bien eft vray que Robin ma fait voir encore vne autre force de Citrons monftmeux, quâon apeUe defigu-rcz,à caufc de la variété des formes qui y aparoiffent, amp;nbsp;lefqucls iontaudi bons que les autres, mais dâautant que ces plantes ne portent guère fruit, Diuerfité ils ne font guère en vfage. Quant aux efpeccs des Limôs,ie dis quâil y ena dcLimos. Je communs,qui font differens cnfemble les vus plus beaux,amp; meilleurs , que les autres ; amp;nbsp;y en a qui font citronnez à caule quâils ont la figure, amp;nbsp;beauté des Cirrons,mais ne font fi gros,quoy que loyer entez (comme dit eft) fur ladite plante, afin quâils croillcnt en bonté , amp;nbsp;autres parties fus - - ' â recitées. Et vous dis encor dauanragc,quc le Comte François Auogadre en a tccouucrt dâvne forte fort rare à Genes, quâil a mis auec le refte des fruits quâil a en fon iardin fi excellent qui eft foubs le Chafteau de la cité,, ains encor produit des Limons,quiclgallcnt en douceur, amp;nbsp;bonté IcSi Orenges.
vi N c E NT.Ienâouysiamais dire que des Limôs,qui font aigres de leur naturel f en trouuaft de fi doux au gouft que vous dites.
lEAN BAPTISTE. LâarbreduLimontant pluscftieune,amp;plusil produit dâefpincs,ne3htmoins à Maderne en y a qui nâen produifeutaucunement: qui cft vn grand aife à manier celle plante, veu quefelpi-nc dâicelle eft fort poignante, amp;nbsp;la plus venimeufe fur tous les arbres:-amp; la bonté du Limon cft lors plus grande , comme ils font P^â® â^^ââ ' drcs,amp; plus meurs amp;nbsp;pourueuzdeiusfuffifamment: quiefteaufeque communément ceux de Genes furpaifentles noftres, à caufe quâonlcs lai 11e fur lâarbre afin que le froid ne leur nuife. Et fi en noftreriuierc on en vfoitainfidâvn an à autre, amp;nbsp;quâils ne fuirent moleftcz du froid, câeftfans doute quâon pourroit paragonner les noftres à tout tant quâil y en a en cefte contrée. Quant aux Limonnes, iaçoit que foyent de mcl-, me bonté, que les Limons, fi ne font elles guère en vlage, à caufe quâil ne fait guère beau les voir pour eftre longues, amp;nbsp;allez mal-plailantes au rc-gard,amp;: différentes à la gcntilelfe des Limons. Semblablement venans au naturel des Orenges, chafcunfçait(ainfi que dit cft) quâil y en a de doux, dâaigres, amp;nbsp;demoyens, mais cecy ne le cognoit quâen les mangeant, fauf 0 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;que les lardiniers plus expers le dilcernent au fueillagc de lâarbre,amp; à lâcf
eorcc du fruit. Bien cft vray que les Orengiers de Genes font touliouts. des meilleurs que lcsnoftrcs,mais qui lairroit meurir ccux-cy, amp;nbsp;lâiisnâc-ftoyent alfaillis du froid,ils clgallcroycnt les Geneuois, auffi bien que les Limons. Et en fin difeourans des pommes dâAdam, ie dis que ne valent guère à manger, ny pour faire confitures, feulement feruentà rendre les. mains belles en fc lauant auec icelles,ioint quâeftans belles,groÃes, amp;nbsp;rôdes, elles feruent dâornement à vn iardin, amp;nbsp;encore a vne chambre tant, plus grand nombre on en y met. Suffife vous que ceft arbre de pommes. dâAdam cft tref-vtile pour rcceuoir (comme dit cft) toutes les bonnes en-
DE lâa G RIC VLTVRF, Jj^ tes de Citrons,Ltmons,amp; Limóncs,amp; encordes Orangers, Sc pour produire bien toft leur fruit, amp;nbsp;du plus beau quâarbre autre quel que ce foit. Voulat puis apres parler des fleurs deCitró (outre que ic vous ay dit quâils en portent en grand nombre) ie dis que quand en vn rameau, amp;ïommet dâiceluy fc trouuc la première fleur eftre vaine, amp;nbsp;fans prouffir, on peur, fans fallir, öfter tout le rameau, dâautant que tout le refte fera fcmblable. Par ainfi fault cognoiftre ains que cueillir ces fleurs, celles qui font bon-'nes dâaucclcs inutiles choiliflanr les vnes, amp;nbsp;laiflant les autres, Qui eft caufe que ceux qui ne font maiftres en telle pratique cueillét la premiere fleur qui fe leur prefente, fins penfer que fouuent ils portent vn grand dommage à leur am y, cucillans tout autant de fruits,quâils auront ofté de fleurs. A ceftc caule eftans les fleurs du Citron ( comme dit eft ) la plus-part vuidc,amp; celles du Limon pleines pour le plus, auffi celles de lâOrange, amp;nbsp;de la pomme dâAdam font prelquc toujours parfaites. Et fça-r^fltzqucla fleurde 1â0 rangier a le premier lieu en foëfueté dâodeur, la pomme dâAdam le fécond, le Limon letroifiefme,amp;le Citronnier ne tient que le dernier : qui eft choie efmcrucillable, que le Citron ayant le deifus, amp;nbsp;auantage fur ces fruits, que fa fleur foit moindre en odeur que les autres.
Delà qualité des fleurs de Ciuônier.
Vincent. Tandis quâil me fouuicnt,ic veux fçauoir de vous, fi ce» arbres font de longue durée, ou non.
lEAN BAPTIST E.ll cft difficile de iugeriuftement dece que demandez,fi eft il que par longue expciiencc plufieurs tiennent quâils viuct fort longuement . Car iâay ouy dire à plufieurs fe tenans le long de ceftc riuic-re,lefquels ont,amp; nonantc,amp;céc ans dâaagc,qui voyas aucus de ces arbres diient n auoir point fouucnance de iamais les auoirveu plâter:voire quelque frères preicheurs du conuent de Sainte Sabine à Rome mâont récité xjuâen leur maifonyavnOranger planté iadis par les mains du benoift pere Saint Dominique, lequel neantmoins produit encor tous les ans de beau fruit, amp;nbsp;fort délicat au manger, amp;nbsp;à dire vrayeeft arbre cft pour a-uoir enuiron de trois cens foixâte lèpt ans. Ce qui eft allez croiableà caufe que le boys de lâOranger eft non feulement dur dcfolide, ains encor c-ftant planté en terre grallè,amp;à propos,fait fes racines profondes plus que tous ces autres arbres :amp; par mefmc raiibn les fuyucntlcs Limons, amp;nbsp;Citrons, amp;nbsp;autres de telle efpece. Quant à ceux-là font les plus parfaits lefqucls durent vn an, fans eftre dommagez ny du froid, ny dâautre incommodité du temps : amp;nbsp;lefqucls paifans cc temps ou chéent à tcr-rc,ou perdent leur bonté de grande viciUelTc. Que dirons nous des autres perfedions de ces gentils arbres ? Lefqucls ne font pas feulement agréables en toute faifon à la vcüc des hommes, à caufe de la naiucté du fruit amp;nbsp;verdure des fueilles, ains encor fernble que le refte des arbres defpouil-Icz de leur beauté, paroiflent pauurcsamp; miferablesau pris de la beauté, aménité amp;nbsp;gcntillcllc de ccux-cy. Et fil fault difeourir du naturel des fueilles de ces arbres,ie disque celles de lâOranger font de telle durée.
De la durée des arbres fuf dits amp;nbsp;du moyen de garder leur fruir.
Saint Dominique flourifloit lâan liop
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que iamais elles ne tombent ( fi ce nâeft que lâarbre fois-altéré de quelque /ecrette maladie ) ce qui eft plus que familier à tout autre arbre, amp;nbsp;nom* mément au Citronnier à caufe de fa delicatelTe fur tout autrc.Bicn eft vray que foudain il rccouurc auprintemps tout ce que le froid luy auroit rauy, * produifant des fleursà lâeigalde tous les autres de là force. Et pour-ce ne fault f eftóncr fi au printempsla pluf-part de la contrée de la riuicre,(com-mençant de Salo iufques au dernier village vers Trente) eft agréable à re-garder,amp; trelfocfue à lâodorcr,amp;flairer pour la bonne odeur que rendent les fleurs de loing auant.
V 1NC E N T,Trouuez-vous bon de cueillir les Cedres nâeftans point encore mcurs,amp; encore verdoyâSjamp; qui petit à petit aucc le temps deuicn-nent iauncs, aufli bien que ceux qui font fi meurs, quâa ies voir on diroit quâils font coulourcz de faffran?
Cémefaut J^AN BAPTISTE. Il nâya point de doubtc que tant plus amp;nbsp;Citrons,, choifir le amp;nbsp;Limons,amp;O tenges font meurs cnperfeâion,amp; de tant leur bonté tft fruit aigre grandc:ce quâon peult fà irc les choifilfant lâvn après rautre,mais non lors dâauec le que les mailtrcs vendent aux marchâds tout ce qui eft de fruit,amp; dcllus,amp; dclloubs lâarbre en Septembre amp;nbsp;Olt;âobre,amp; q lors ils feparentles meurs dâauec ceux qui ne le font point,pour les porter en Alcmaigne, Hongrie Poloignc,ou Mofeouie:car eftas arriucz les marchads, amp;nbsp;que ce choix eft fait,ils les trouuent tous prefts, amp;nbsp;parfaits foie pour confire,ou les mager cruds,comme la pluf-part les mangent tout ainfi quâils les achètent. Puis vendent les plus meurs le pluftoft quâil leur eft pofliblc,amp; fur rourles Ct-trons,amp; à Vcnifc,amp; par tout le pars voifin pour les confire, Si encore les portent plus loing iufques à Milan.
Et ainfi pouiionsconclurre que pour nous , mieux vault vnbonrtuit frais cueilly, quâvn autre qui foit mal-meur pour le manger lors qu il fera bien coulouré : amp;nbsp;mefinement ceux-cy qui ne font pas bien agcancei en leurs calles amp;nbsp;panicrs,ainfi que font ceux quâô porte es partiesde Sâepton-trion.
Vi N c E NT.Commclèfaultgouuerncr,pourcmpelchcr que ces arbres ne montent point plus hault que ne conuient à leur complexion, amp;afin quâils portent plus de fruit?
Comefaut lEAN s A P T 1 s t E.Vous mefaites vnc queftion de grandeimportace, accouftret amp;nbsp;que peu degens obferuent : entât que ces arbres croillà ns ainfi en hau-Us arbres. teur,nonfeulement neportét tantdefruitqferoienteftans ageancezau-tremcnt,ains encore font Icmblable incommodité fi on nâen ofte la multitude des ramcauxinntiles amp;nbsp;fiiperflusquiatcirétà foy rhuracur,quide-uroit feruir à la fleur,affin de produire, amp;nbsp;mieux nourrir le fruit. Parainfi ne fault fcftonncr,fi tant de plantcs,non dreflées ny ordonées auccla rai-fon qui y eft requife au cultiuer,portent fleurs fans dfed, Si ne donnent fruit quelconque. Qui voudra doc auoir abondâce de fruit,quâil ne fouf-fre point que les plantes montent plus hault que de raifon,amp; ofte ce qui y. fera de fuperflu, foit cnlong,ou en trauers : vous aduertillant que fi vous coupez
DE lâaGRICVLTVRB. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;16-1
coupez auec le fer-bien trenchant les cimes des braches qui padent trop, quâils ne produirot que trop,lefqucls on pourra rompre à tous les doigts, autrement les fommets feroyét plus chargez quâau parauant.Et fault vfef de pareille diligence à tous les arbres qui font autour du tronc,amp; corps de lâarbrcxar fi vous y laiffiez celle efpaiîlcur des ramcaux,ou nouueaux,ou vieux, lefolcilnc fçauroit plus pénétrer pourayder par lâouucrturc des branches,aucc fes rayons,aux fruits : amp;nbsp;qui plus eft les rameaux mefmes feroyent fans porter fruit aucun,ou au moins en petit nombre.
V i N c E N T.Sçauroit-on faire eed oflSee en autre faifon quâau Printeps, durant lequel chafeun fc trauaille après ces gentils arbres?
Iean DAPT i ST E.Nonfeulement fault-il coupcr,amp; ageancer ces arbres durât le Printcmps,amp; non en autre faifon, ains cil befoin ce faire durant la Lune ellant vieille, quand on taille ce qui y cil de fuperflu, à caufe quelle ne les fait point cngaiUarditainfiq lors quelle cil tendre amp;nou-ucllc-.fans ce que (comme ray dit parlant des autres arbres fruitiers) elle faitprodaire du fruit en plus grande quantité. 11 eft vray quâen quclejuc faifon que ce foic,ne fault faillit dâofter à belles mains les rameaux tendre-iets qui font fuperfluz ainfi quâils nailfcnqà caufe que cccy iiâcft pas fi pre-iudiciablc à lâarbre comme lors que ces rameaux font grâdclcts, amp;nbsp;quâon eft forcé de les taillcnaucc ce ne doit on manquer de couurir les cimes des rameaux coupez amp;nbsp;mefmes de ceux qui font les plus gros, à caufe que le lieu incifé lcroit plus dommagépar lâeau qui y entreroit, amp;du loleilqui fechcroit leur humidité,que fi du tout ils eftoient à dcfcouucrt:amp; les fault couurir aucc de la cire blanchc,ou nouuclle meflée aucc de la terre. ,
VINCENT. Quelle faifon eft la plus requite pour arracher ces plantes, foit pour les changer déplacé, ou les porter en quelque lieu loing-tainî
lEAN BAPTIST e.Lcs bós iardiniers ne les bouger ramais de leur lieu, penfant les mcliorer,cómc ainfi foit quelles te porter mieux en leur terre matrice q fi vous les rcmucz.ailleurs,fi ce nâeft quâils euftent quelque def-fein qui les meut à ce fairemn ce cas,ou pour les enuoier ailleurs,ils les def plantent ordinairement au Printemps pluftoft quâen Autonnc:entât que Moyen de tout ainfi que lors le bois tâaffermie eftât meur amp;nbsp;à caufe que lâhumeur cef p'antet les fc de le fomenter à caufe du froid voilimcn la primeuerc auffi ils commé- orangers, cent à germer,dés que font plantez,amp; produilent fucillcs,voirc des fleurs ^^y^'* files plantes font allez grades amp;nbsp;puiffautcs.Neantmoins fault qfoyez ad- ^j^.^ ucrtis q tant plus ces plantes font grofles, auffi fault-11 que Ion aduife que les parties quiregardoyent le midy foyentrcplâtées en mefme confidera-tiomcar autrement elles fouffriroiét aifez fi le cofté qui eftoit vers la Bife ouTramontane,rcgardoit puis apres vers lâOrient, ou lâOccident, amp;nbsp;pis. fil tournoità la partie Auftrale.Et ceft aduis eft de trclgrandc importâce:.. veu que ceux quifaiUent en cccy,voycnt fouirent leurs arbres morts,ou à tout le moins,qui tardent tr longucmét à porter fruit,à croiftre,^ germer gaiUardcméf.quâils euffent fait,fi on les eut plétcz dés quâils icttcrcnclcur
V
1^1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SEPTIESME lOVRNEB
firemicr germe fur terre. Et aduient ce dommage pour le plus a ceux qui aident deuenir fort grans ces arbres dans des miuds, ou pots de terre,à caufe q les portans dedans amp;nbsp;dehors tous les ans, ils ne le prennent point garde de les ageancer en lâeftat mefme quâils edoient lâannée precedente. Vray cd,quel'll y auoit quelquâvn de ces vafes,aiant les rameaux tournez à la Bilc.lelquels fudentplus maigres que ceux qui font vers midy,ietrou ueroy bon alors de tourner la plante de lâautre part, dâautant que ces rameaux,par ce moyen,fecouruz du folcil, pourroyent clgalcr les autres en bcautc.Mais qui les voudroit porter loing,ou fur descheuaux, ou en charrette, il fault tellement accommoder leur racine aucedes drapeaux, ou paille liée aucc la terre,quâelle ne (bit od'enccc,ny du vcnt,ny du lolcil aucunement: amp;nbsp;dés le loir que feront arrinées au lieu où Ion les portoiqquâd les plante non feulement en terre bonne amp;nbsp;parfaitc,ains les faultlouuent arroufer fur le tard,felon que lancccffité fcmblera le requérir.
v i N c E N T.Puis que fu th laminent vous mâauez difeouru corne il fault amp;nbsp;culciucr amp;: gounerner les citronniers, amp;nbsp;autres fruits dâelpece fembla-ble en cede riuiere de Salo,ic vous prie me dire encor ce quâô doit oblct-\ nerenuers ceux que nous auons en nodrecité, amp;nbsp;autres lieux de ce pais amp;nbsp;contrée.
lEAN BAPTi STE.Onadecondumedâaccoudrer ces arbres entro« manières,tant à Brede quâaux villes amp;nbsp;villages voifins:les vus les plantet à midy fans iamais les oder de leur terre,dâautrcs dans les inuids,amp; autres les mettent en des vales de terre. Les premiers font tout itnti ailmex quâon en vfc en la riuiere, les enfermans amp;nbsp;couurans dés lâAutomne ,ann quâils ne gclcnt:puis les defeouurans au Printemps afin quâils verdoient amp;nbsp;dcuridcntamp; que les fruitsedans formez pni lient tendre à leur perfe-«dion.Lclqucls bien que nâaient pas lâair fi apropos que ceux de lariuiere, fi cd-cc,quâcdans bien gardez ils deuiennent à la fin audi beaux, amp;nbsp;bons, amp;nbsp;tels que bien fouuent ils furpalfcnc ceux quâon cultiuc es lieux ordonnez feulement pour ce reucnu,fauf les plus cxcellens des mefiragers, qui fc plaifcnt en la generofité de ces fruits.
Ce Pin fc Les féconds qui eultiuent ces arbres mettent en leurs pots, amp;nbsp;CalTes du apcile La- Pin noir,à caufe que câed vn bois fort dur ,amp; lequel rclidc à lâeau, quâils clouent à quatre trauerfiers de chadaignier à chafeune Cade, palfans de-my pied à chafeune plante,amp; ces pieces de bois font audi larges,amp; lôgues comme les arbres font grands,mais en fomme, la moindre nâa rien moins dâvn bras amp;nbsp;demy de long, amp;nbsp;peu moins de large. En ces aiz on ticntdc la terre menue amp;nbsp;trclgradê,mcdéc tous les ans de fiante bien cuite amp;nbsp;fai-fbnnéc longucmét,qui foie de pigcó,de poulaille,ou de cheuaux, ou bien de terroir dés efgouts amp;nbsp;cloaques : amp;nbsp;puis vers la fainéh Martin mettent toutcecy à coimcrtfoubs les loges amp;nbsp;porches de leurs maifons, afin qles premieres gelées nâodencét point ces arbrcs,ou les fruitspendâs en iceux: neatmoinsfault edre foigneux,quâils ne toiéc priuez du lolcil dâieclle là i-fommais vers la fainébe Katherine les faut mettre en des falcs,ou autres li-
DE LâAGRICVLTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l6j
eux bien clos,amp; ferrez, amp;nbsp;y porter, fi le froid eft cxceffif,dcsbraifes, amp;nbsp;eu temps chault dâarroufer leur tcrte,fi elle en abefoin.Puis à lamy Mars on les remet à lâair, toutesfois fouGs leur couuerture, afin quâils iouïHcni des rays du lolcil: amp;nbsp;vu peu auant la fainét George, les fault mettre au foleil à defcouucrt,îcs artoufans toutes les fois quâils auront faulte dâhumeur.Ne fault oublier au mois de Mars, en les mettant hors dâen öfter, amp;nbsp;couper les rameaux fupcrfluz,lcs defehauffans enuiron quatre doigts en terre ,y coupans toutes les racines qui y ferôt trounées autour de lâarbrc,afin que les autres qui font en bas foyent à leur aifc,lcfquelles tant plus font eftoi-gnécsdclafuperficic,tantlcs arbres deuicnnent puiflansà porter fruit. La troifiefme forte de petits atbres,quâó met dans des vafcs de terre pain-ie,font cultiuez auccplus grande induftric que les autrcs,lefquels donnée du plaifir,comme ceux, qui non feulement font beaux à voir fut les fene-ftics, ou murs, ains encor portent du fruit à mcrueilles, tellement quâon voit des arbrilfeaux en ces vafes, qui ont plus grand nombre de beau fruit que de fueilles verdoyantes. Nâeft-ce pas chofes merucillcufc, de voir vn pot non plus hault dâvue coudée,amp; large de demy pied au fonds, amp;nbsp;la dedans vn petit arbre planté nâayant point plus d vne coudée de haulteur, qui foit neantmoins fi chargé de beaux citrons,quc chafeun le voyant,fâe-Ibahit comme il eft poftible que ces rameaux puiflent porter cefte charge fans que tout ne foit rompu,de mis en pièces?
y IN c EN T.Câeft là vrayemét que la nature fait cognoiftre quelles font fes forces és thofes vines, monftrant que tandis quâvu de ces citronniers (quelque gtos quâil foit)eft porté fie fouftenu du rameau duquel il prend iâhumcur,neâtraoins ne lâaccable point aucc fa pefanteumnais fi on le tire de fon lieu, amp;nbsp;quâil foit rattaché auplcd du bafton qui le pottoit, foudain il plie, amp;nbsp;force tellement le rameau , quâiceluy mouftre fouimpuiftauceà porter ce faix ainfi ejuauparauant il faifoit,auant qu ils fuflent dcluuis.
lEAN BAPTiSTE. IlucfaultiadouterqueVartaprcfqucparcillcfi-militude à lanature,que le finge Iciublc rapotter à lâhômc: de par ainfi n y a lâgue humaine qui peult racopter fon cftort, à caufe quâil nous eft incô-prehcnfible,tandis q fommes eniielopez eu la prifon obteure de ce corps. Et pource fommes grandement obligez à Dicu, qui nous fouftte d imiter vue partie des Åuutes de cefte metutilleuic otiurierc, aueenoftre enten-demcntichofe quâil nous doune ians aucun noftre merite.
VINCENT, le voudroy fçauoir h en ces vafes ou peult auffibien plan
ter fos Limonniers,amp; 0 tengers,comme les Citronniers.
lEAN BAPTISTE.Selonepuclcsarbtcs,foyentdâOrtges,Ciitons,ou Despots Liinôs,font petits,il fault aufo auoir les vafes de mefmc.aacc peu de terre de mais qui foit bié grafieidc en lieu,où la Bife ne puifle leur nu«e,amp; qui loit 1quot;quot;^,^ââ^^ bien acré,à caufe quâeu trois ans ils porterôt fruit,excepté lâOrégcr,à eau- ^^^^^^ fe deladutté de fon bois: mais qui vtult que ceftuy encor porte h uit bien loft,quâil lâente fur dcsCitronniets,ou pluftoft fur les pommiers d Adam, car ainfi ils porterôt de plus beau fruit que dâordinaiic.Et pour maintenir
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long temps CCS fruits dans leurs vafes amp;nbsp;po ts de terre, il fault les en oftef tous les trois, ou quatre ans, amp;nbsp;enfemblejeur changer la terre à peu près de trois doigts du fond,en y mettant de bien menue, amp;nbsp;gra(rc:amp; par nief-me moyen à couper les bouts des rameaux, afin quâils le tiennent bas, amp;nbsp;cnfemblc tailler ceux qui feront fuperfluz,amp; de iong,amp; de traners.Durat lïfté,quâon ne leur laillâe point anoir difette dâeau, ôc en Hyuerlcs arrou-fer legerement, car autrement ils feroyent en danger dâertre gelez, par le pied amp;nbsp;racine.
v i N c E N T.Faites vous point differéce des rameaux à mettre encesva-ics,fils ont point défia fait racine ibubs tcrrc,ou qui auront efté choifis de quelque beau tronc dâarbre,amp; mis au baril,ou pot de terre?
P rf 1EAN B A P T i s T E.Etles vns,amp; les autresîbnt bonsà plantcnmaislc' fes amp;nbsp;etis choify du tronc, fera plus agreable à voir lors quâil fera cnrichyde' maids ou fes fruits : Uçoic que celuy qui fera tiré de terre portera fruit dés lâannée 15 plate les fiiy liante.
Orengers. nbsp;nbsp;v i N C E N T.Tout ainfi que vous mâauez apris les moyens de garderlé-
guement ces arbres és vafes de terre, ic voudroy audî fçauoir comme on les peult maintenir en bon chat és Caifes amp;nbsp;muids apteftez pour ce faire.â lEAN BAPTIST E.Comme on voit que les racines font en trop dâabô-â dance en la fuperficic, amp;nbsp;près des quatre parts des ais fufdits, ie dis qn an mois dcMars on leuc en hault la plante aucc des cordes hors de fon mmd, amp;nbsp;quâon la tienne ainfi en hault,iufque à tant quâvue partie de la ff''''â^?â eft autour des racines à demy pied pres,foit ofl:éc,faifans le nicfâ^epatde foubs la racine, afin que remettas toute plante en fon lieu propre jC^uiayt de la terre gralfe au fonds,y foit mife dedans auec fa racine,amp;lors faultic-plir tout le muid,de treibonne terrc,dâautant que câeft ainfi que les arbres rcieuniflcnt,amp;prennent force nouuclle, amp;nbsp;lors ils portent fruit abonda-ment, pourueu quâon les taille en leur faifon,amp;que les plantes foyent tenues baffes deuëment amp;nbsp;en bonne forme.
v i N c E N T.Ce moyen de rcnouuellcr les plantes me plaift de tant plus, que iâen ay veu pluficurs eure vn fort long temps fins porter aucun huit: amp;nbsp;peniè que le tout aduiçntà caufe quâil y a trop de racincs,lcfquclles cn-gloutiiTent lâhumeur qui deuroit fc/pandre par toutes les plantes.
lEAN BAPTISTE. Enttc Ics gentils ciprits quifeplaifent à tenir ces arbres en bon ordrc,ic ne peux taire.MclI. lean Ange Rota,lcquel agcan-cefigentilcmeutics plantes dedans les pots amp;nbsp;vales de terre, quâon nây voit point vnc branche qui palfc lâautre: de forte que chafeun fen clbahit en ce que la naturfc/amp; lâart cnfemblc feftudient à monftrer ce quâelles ont deforce. Outre ce quâil nâafon pareil à mettreen point de vafes fcih-blablcs,ou font effigiées diuerfes lottes dâanimaux faits de Bafilic, Marjo-lainc,Mirtc,amp; autres plantes femblables,quc chafeun contemple à caufe de leur rareté,amp; gcntillclfc.
v i N c E N t.QjjcI moyen obferuent ceux-cy,à faire queccsarbrillèaux font ordonnez en telle forte?
DB t'.AGRIC VLTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l6^
iBAH B APTi sTE.Cesingcnieuxamp;fubtilseiptits^cntrclcsmoyens dcfquels ils vient non feulement retranchent-ils ou auec les mains, ou a-uec les forfettes les rameaux, fleurs, ou femences, amp;nbsp;fruits de ces plantes nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f
qui font hors de leur ranc, ou qui font doubles, ou trop lâvn fouz lâautre, ams encoi voyans que lâarbrifleau ayc quelqueramcau plus petit,ou fiib-til que les autres, tournent le vaie vers le Soleil, afin que ccfluy-cy prenne force,amp; fengrolîlfcjamp;outrc ce quâils font foigneux de les arroufer faifon-nemenr,amp; auec eau qui foit ropo(ce,amp; meflee auec du fumier, ne failicht de les enfermer en h y uct de peur du froid,lcuT douant vue heure ou deux pouriour, iSc fur le mid y le Soleil, afin quâil les fortifie, amp;enofte toute humidité. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. t
VINCENT. Puis queiufquesicy vous mâauezfatis-faitfvr tout ce que ie vous ay rcquis,reftc feulement à me dire les plus grandes vertus amp;nbsp;pro-prictez quâayent les Citrons,Limons,amp; Orenges.
lEAN BAPTIST E.Eftant fur le point de vous difcouiit de ces arbres, Gennllef-amp; de leurs fruits, ie vous diray en premier lieu, que le Citronnier eftant ^' du Ci-bien eultiué , non feulement eft toufrours chargé de fruit, comme celuy ^'°âquot;âââ qui en a de meurs, de ceux qui meurilfent, de petis, amp;nbsp;trefpetis, qui vont toufioars en acctoiflantiains-cft cilcor bien fourny de fuciflage verdoyât. Par-ainfi ne fault fâeftonner files plus gentils cfprits de ce pars en ont de diucrfcsfortes(commeiâay dit)pourfy recréer les voyant, amp;nbsp;les eultiuât de leurs mains propres.Lailfant puis labcauté, amp;nbsp;bonté de ces fruits pre-
r I nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;a du Citron
deux pour en auoir lumlammcnt parle, entre les prcrogatiues que natu- contre i^ reUement ils ont cefte-cy elf rrcf-excellentc, amp;nbsp;rare, quâils font propres venin, contre le venin non feulement le fruit mangé, ains encor la graine ; ainfi que Athenée racompte eftre aduenu de fon temps en Egypte. Dauantage qui vfe de la decoftion de ce fruit,amp; la tient en bouche, fait auoir bonne, amp;nbsp;douce haleineflc mangeant-enconfiture, efehaufle lâcftomach, amp;nbsp;leur fuc aigret eftaint lâhumeur cholérique,amp; preferue de lapefte, fans que les Sirops dc^ médecins modernes vfent de leurs Sirops médicinaux pour amortir la 2ââ°â ^* foifésfieurcspcftilentiales. Vous parlant encor de lâarbre naturel du Li- ^^j pgÃ.^. mon,amp;non de celuy quâon ente fur le Citronnier,ie dis quâil ne craint pas Icntiales. tant le froid que le Citronnier,amp;de mefme en font les fruits que naturel- Cecy eft lement il produit ; Icfquels outre que font vn peu aigres, amp;nbsp;dâvne faueur P^*^®^-â' plus piquante que les autres cfpcccs,fon fuc eft aufli plus froid, amp;nbsp;fcc,du- ^æf^o jj queâl on fait de bons firops aufli bien que de Citrons, pour eftaindre lâar- i.chap. 151. deur de la cholcrc,amp; contre les heures pcftilétihles. Et lâeau dâiceux diftil- Pioprictcz léc en vn Alambic de verre, nâeft feulement bonne pour faire la face bel- du Limon. lc,amp;:polic aux feinmes,ains fert à öfter lâordure de tous les lieux du corps, fans que donnée à boire aux enfans , occift les vers quâils ont dedans le corps. Refte à parler de lâOrenge, amp;nbsp;de fcs effaitsAc bois duquel (comme dit elf on voit eftre fi dur, quâil refifte à tous les froids qui pcuuent aduc-nir en noftrecontrée, pourueu quâil foità couuert, amp;non cxpoféà la Bife: mais en la riuicrc Salodianc, nâeft befoin dâen couurir aucun, à caufe
v iij
i66 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;SEPTIESMÃ lOVRNBE
Aufsi ne font-ils en Prouence, ny en la pleine de Roufsilló.
que la félicite de lâair leur eft fecourablc, amp;nbsp;quoy quâil y nege dclTus, à ne craignent-ils aucune ruine.Ces arbres produilent Icparcmcnt trois fortes de fruit,à fçauoir(ainfi que fay dit)de doux,dâaigrets, amp;nbsp;de faneur moycn-, nc:mais toutes les efpeces ont lâcfcorcc plus amcrc que tousles autres fruits des arbres fus-nommez;amp; laquelle eft parfaite en celle confer-ue quâon fait à faire de bonne inouftarde,amp; autres chofes alfcz en vfage.Les doux fut chaults en toutes leurs partiesjesautres ont le iuft,amp; fuc froid félon plus, ou moins quâils ont dâaigreur en cux:amp; pour-ce les médecins de noftre temps donnent des aigres, amp;nbsp;non des doux, à iufteraifon à ccux qui font malades de ficurechaulde. Nous deuiferons de
main de tout ce que bon vous femblcra, , VINCENT. Et ic ne failliray auffi de
venir à vous à lâheure accouftumée:
amp; pour-cc leuons nous amp;nbsp;allons chafeun à fes affaires.
^^F1N DE LA SEPTIESME I O v R N E E. '
HVITIESME lOVRNEE
DE L'AGRICVLTVRt D,E M.
AVGVSTIN GALLO,
STR
P Lf^SlEKKS CHOSES QJ^ON
RECVEILLE DE LA TERRE, QJ/I NK JontpourU nourriture des hommes, ny pafiuredes Animaux.
Eiâourhuiticfinc nefutfitoftvenuque M. Vincent, nâallall à lâheure accouftumée trouuer Baptiftc A-nogadre,amp; le furprit fur la fin de fon difner loubs vnc belle treille, ouiliouiflbitdela frefcheur dâvn petit vent foef qui faifoit trcmblottcr les rameaux des arbres de fon beau iardin,faifantvndoyer les fleurs du pré voifin,amp; efbrâfler les fruits des Limons, amp;nbsp;Oré-gcrs qui eltoient le long du treillage, amp;nbsp;voicy, après ifeftre filucz,que 1 Auogadre regardant Magic, qui ne diloit rien,luy parla en celle fortc:Scig,Vincent,dequoy vous plaift-il que nous difeourons auiourdâhuy,puis que les iournées palfécs nous les auons employées fur les chofes plus grandes,plus rarcs,amp; plus neceiraires,quife recueillent en tout le pais Brellà n.
VINGEN T.Sur ce point que vous aucz parlé,iâay eu en penfee de mâenquérir de vous dâaucunes chofes quâon tire de la tcrrc,lcfquellcs quoy que ne loyent pour le manger ny des hommes ,ny des beftes, portent néant-moins quelque prouflitmomme ie dcfire que vous me dilhez particulièrement du Chanurc, commençant au terroir quâil luy fault pour le faire venir bcau,long,amp;: ayant bonne loye.
i EA N BAPTISTE. QuoY quâaupaïsBreflan fen y recueille peu, à co-paraifon du terroir Boloignois,ôe autres terres Lobardes, fi trouucroy-ic bon quâon en y femaft en plus grade quotité:amp; raefme par ceux qui nâont terroir propre pour le lin,ny eau pour les baigner,qui ncantmoins ont les c5âefaât champs bien gras,amp; de bon maniémét:à caulè quâon voit combien font feiner le ncccllaires ces choies au païs,où elles croilfent bien fans quâil faille les ar- Chanuie.,
HVITIESME lOVRNEE.
rotifer. Gchiy done qui aura trouue Ic terroir à fon gré pour yfetnetdu chencuy quâil faire ure, que tan t plus il cótinucra dâan en an dâen feiner en vu mefme licu(pouiucu quâil foir engreflede bon ficus, amp;nbsp;bien menu) de tantfon champ deuiendra meilleur pour en produire en plus grade quantité. Par ainfi fault rompre ce champ auant que lâhiuer furuienne,afin que la terre foit mcurc,amp; là ifonndc par la gelée : Si lartuicr pafle,dc rechef on y donne vue façon,amp; que la terre foit bien hcrfcc,amp; la dernière fcpmainc de Mars,quâon laboure le champ,bié fumé,pour la troihefme fois, amp;nbsp;que la (emeftee y foit clpanduc,amp; herfcc,fans le couurir que bien à point.
Neantmoins vault-il mieux faire comme aucuns, quiayans enladittc frifon bien fumé leur champ,le befehent tout,puis le fement, amp;nbsp;raftclcnt de telle fortc,quc toute la femence eft incorporée auec la tcrrc:puis voyas quelctcmpsfcdilpofeà pluye,fôudalnyicttentdu fiens de Colomb par deflus, comme Ecâeftoit autant de fcmcncçJcquclfâincorporant apres la pluycaueclc terroir, fait fortir le chanure le plus beau, amp;nbsp;en plus grand quantité quâon fçaifroit fouhaiter,amp; ceux qui nâont fiente de pigeon,ayas rompu la terre iadis femée de celle femence, à la fin de luillct la rompent de rechef,afin quâelle foit cuitte du Soleil:puis lâayans bien amendée, y fement des febuesen Odobre, lefquellcs eftans grandclettes au mois de Mars,ils renuerfent auec le foc ou pluftoft auccla houe, comme citant de plus grand prouffit.
v i N c E N T.Combicn faut-il de femence pour demy arpent? -lEAN BAPTIST E.Ccluy qui a le champ gras,amp; de terrepaff^*®^ââ*^. fault quâen y mette plus de quatre quarts,à caufc que la femenceproduira rarement les pieds du Chanurc amp;nbsp;fi gros,amp; grid de iambe, quâilforp^' raplusdcvmgt amp;nbsp;cinq hures de chanurc bienfait : mais à caufc qniH^'^^ vu peu grolficr,il ne feruira guère quâà faire des toiles grollcs, ou des cordes fines,ou filet à coudre amp;nbsp;fort fubtil.
Vray elt,que qui aura le champ moyennement gras, amp;nbsp;pluftoft vn peu--mouillé que fort y pourra mettre plus de Icmcnce qui foit belle, dâautant que le Chanurc naillant clpais fcraplus menu deiambe, amp;nbsp;moinshaulti que le prcccdcnt:duquel non fculcmct ôn pourra faire des toiles groffes, pourfairclà cs,tcntcs,y,Qiles,amp;rctsà pcfchcr:(à caufe que ceux delin durent moins dans lâeau) mais choifilîà ns les plus fubtilcs iambes, on en fera de bonnes toiles pour faire des licculs,chcmifcs, amp;nbsp;autres choies feruans aumefnage. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,,
VINCENT. Nctrouucz-vouspasbondebcfcherlc Chanurc, encor quâon ne befelve point le Lin?
l E A N B A p T1 S TE.Lors quâil nait rarement, on le pcult beftherauee les befchcs,dcfqucllcsonyfeà befchcrlcs legumes,le millet, de Icfrou-mct,pourucu(commc fay dit)quâils ne foyt lemé clpailTcment en terrc,amp;; afin quâil croifle amp;nbsp;devienne fubtil, on lebèfche auec des pics nâayans que ^ deux ou trois doigts dclarge,amp; de lâautre collé deux pointes aiguës,amp; 10- j gués dâvu doigt, dâautant q fouuét peut aduenir quâon arrache autciccux des
DE L AGRI CVLTVRE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ló?
des Iicrbcs,amp; aiicc les mains mefmes fans dommagcr à la plante.
VINCENT. Qn^cft-cc quâon y fait après quâil a efté bien belebe?
lEAN BAPTIST E .Oiî nây fait autre façon,iufqucs à tant quâil ITC blan-chift point,car tant plus y a de pieds qui ne deuiennent blancs, autant en fault il arracher, ou pluftoft couper bien près de terre ( ainfi quâon fait es pais,où il en croill abondance) toutes celles plantes qui font fans femen-ce qui les femelles portent,amp; non les malles. Lcfqucllcs iambes on lailfc pour quinze ou vingt iours , iufques à tant que la femence elf meute, amp;nbsp;puis on en ofte tous les bouts pleins de la graine, quâon met lut des draps au foleil,amp; eftans bien fees, on en tire la femence, les frottant bien entre les mains, puis les criblant dans vn crible menu, oftant la graine de fon cfcolfe,amp; la gardent iufques au temps quâil la faille ferner.
VINCENT. Dequoy fe peult-on feruir des pieds qui font trop meurs?
i E AN B A PT 1ST E.Bien quc nos païfans en retirent quelque peudâe-ftoiipefortgrolfe pourfairedes cordesdepeu de valeur, fieft-ce quâes lieux où lon en recueille en abondance, on cuit le pain aucc cefte forte de chanurc trop meure,à caufe quâelle brulle trelbien.
VINCENT. Pourfuiuez à me racompter comme lon fe gouuerne aux pieds qui ne portét point grainc,aprcs quâon les a coupcz,amp;mis en trouf-feaux fort petits.
. 1EAN BAPTISTE. Ou met CCS ttouflcaux en lâeau qui foit peu cou- côfidcra-rantc,où ils foyent baignez trelbien par 1âefpace de fix,fcpt, ou huit iours, tiens pour quâil leur faut pour les bien amp;nbsp;dcuémét amollir,amp; adoucir,car il y a gran- arroufet le de difteréce à vue caue crue,ou douce,ou du chanure cueilly dur, ou mol, chanurc. ou du temps tardif,ou là ifonnc,ou fil fait grande chaleur ou tempcrée,ou fl le ceps eft pluuicux:amp; par ainfi on ne pcùlt determiner au vray le nombre des iours quâil faut que le chaurc foit en lâeau, mais lây fault lailfer iniques à tât que les pieds lailTent quelque peu leur cfcorcc:amp; câeft lots quâil les fault tirer hors,amp; les faire fechcr au folcil,puis quand bon leur fcmble on les bat lur vn bout de poulttc auec vn batoücr,puis onlcs braie,amp; rôp Mafehoite plus menuement aucc les malchoucres.Cccy fait on entortille le chanure eft ceft in-à plufietirs doubles en vne cheuille de bois qui foit bien forte, amp;nbsp;là on le ftrumetfut tire amp;nbsp;rompt tellement que lâefcorcc en fort fi bien quâil ne fault plus que ''^quot;^^^ la palier par le fcran,cfpais ou menu,lclon quâon le veult pour le mettre à jj^jurc nô la quenoiUe pour filer. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;encor batu
V iN e EN T,Dequelchanurc vfelon pourfairclcscordes, amp;nbsp;mefmes les plus grolfcsî
1E A N BAPTIST E.Non feulement prend on les eftoupes moyennes, amp;nbsp;les plus groffes que le chanurc produit aircz,ains encor celle mefehâte eftoupc qui eft,amp; fe tient à refcorce,amp; mefme quand on le rópt,amp; eftefte propriété dés le commenccmét fur le fcr,ou fur la cheuille de bois fufdicc.Lc chenc- du chiure, uy ,ou graine de chanure donnée à mâger, ou boire à lâhomme luy fait re-foudre les ventofitcz;amp; fi la volaille en vfc,amp; fur tout les poules, elles feront des Åufs tout le long de lâHyucr, quand les autres nâen font point,.
X
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KTITIESME lOVRNEÃ
cinpcfchccs de lâcxccz de la froidure.
Chardons à foulon: en Friuli-dicsGarzy.
VINCENT. Nâeftimez-vous point que ce ne foit vn grand prouSît de ferner des chardons à foulon?
lEAN BAPTISTE. Câeft fans doute qui les femeroit à propos en terroir qui leur fut propre,amp; feroiét cultiuez comme il fault,quâeu deux ans on en tircroit autant de prouffit amp;nbsp;plus quâà ferner du froumcnc,ou autre grain quelque ce foit.
V i N c E N T.Mais quel terroir leur fault-il,afîn quâils croilfent en abondance?
Iean BAPTIST E.Ccluy leur eft meilleur qui eft vn peu plus mol que dur, leger, que fort, gras que maigre, amp;nbsp;net plu ft oft que falc, où il nâaye picrrcs,ny glairc,amp; qui aum ne foit point marefeageux.
V i Nc E N T.Commcfault-ilferner ces chardons, amp;nbsp;les gouuerneriuf ques à la fin?
Comme fault culti-uer les chardons à foulon.
Iean BAPTISTE. On rompt en premier lieu aiiant que lâHyucf vicne la terre auec le foc,afin que le froid la cuifc,amp; faifonne,amp; puis furie mois de Fcurieronluy donne vnc autre façon ,amp; eft hetiee trcfdiligem-ment.
Et lors que fur la fin de Mars on les veult fcmcr,ou fur le commenecmée dâAuril(ayant premièrement bieft fume le terroir ) on le laboure Si heik, (mis y feme Ion les chardons le plus rarement quâon pcult, puis fon rafte-cz auec des raftcaux de fer afin de les faire entrer en terre. Mais ferait mieux fait,fi en lieu de leur donner trois façons auec la ch3.rrné,à e les bic fumer, amp;nbsp;holier tour foudainauant la furuenuederHyucr, oubienl^ que voudrez les mettre en terre,amp;puislcs raftcller,comme dit eft: n oubliant point au commencement de May de les nettoyer, amp;nbsp;farder de vos mains propres,amp; cnluin,ouluillct les belcher encor fil eneftbefoin. * ' Et auant la là inâ: Michel en Septembre on les arrache auec lahoüe,amp;en oftant les teftes,on les replante encor en terre bien nette amp;nbsp;cultiucc,com-me il fault auec des petits pieds de bois loing lâvn de lâautre dâenuiro pied amp;nbsp;demy. Et fault mettre la racine toute dedans les trouz de pied en pied (laquelle eft tout ainfi que celle dâvn reffort ) foulans par deflus deueinct la terre. Dauantage les fault holier cftans aflîs en leur lieu, amp;nbsp;lors quâils commencent poindre, Ãc germer, amp;nbsp;encor en Mars, Auril Ãc May, fil eft bcfoin,cat câeft grand prouffit pour la plante, pourueu que ce ne (oit lors que les chardons commencent à pouller.Et nây fault faire autre cas, fors que lors que font fortis,il en fault couper ceux qui font carrez amp;nbsp;inutiles, afin que lâhumeur de la terre aide amp;nbsp;prouffîte à ceux qui font bons, amp;nbsp;de feruice. Et dâautant que fur leur fleur ils commencent à fleurir des le haultdelatefte,iufqucs à ce que tout foit fleury, la fleur eftant cheute les fault couper le foir,ou le matin ayans demy pied de long, les mettans dix ou douze en vn faiffeau cnfcmblc, les pcndans feparez Icsvns des autres à lâombre, ou au vent, amp;nbsp;non point au foleil, ny en lieu humide: obfcruanscecy de iourà autre,dufqucsà tant que tousles bons feront
DE LâAG R.I C V LTV RÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I7I
recueillis. Mais où grande quantité fen recueille les fault mettre en de grandes corbeilles, amp;nbsp;les porter en la maifon, les eftendans en lieu cou-ueit,non cntallez,amp; coupez dâvn demy pied fculcmcnt.Et pofcz ainfi par quelques iouts,fault choifir(mais que ce foycni bornes qui lây entendent) ceux qui font bons à carder bonnets,amp; les autres qui feruent feulement pour les draps,car les premiers valent mieux quatre amp;nbsp;cinqfois, que les derniers.Les laboureurs experts en ceft art femét les chardons de la meilleure femence quâils puiffent choifir (eftant cccy fort à confidcrcr en toute forte de feméce) amp;en bonne terre,mettans demy once de graine à chaf-cun carreau de terre.Et à ccux-cy ils ne font autre cas,quoy quâils naillcnc cfpais,quc les nettoyer forment : amp;nbsp;ayans recueilly ceux qui flcurilTent la ÃTcmicre année, lailTcnt venir les autres pour les cueillir lâannée enfumât, ors quâils feront en fleur. Et les ayant cueillis,les mettent fur le midy au foleil,les tournans deux ou trois fois, puis les attachent à troufleaux deux à deux,amp; les mettent fut vnc pcrchc,tout ainfi que les efttiers pendét des deux codez dâvne felle,amp; en Ucu fcc, où le vent pénétre, les laiflant là iuf-qucs à ce quâils les choifi lient fà la manière fufditc)pour les vendre. Bien cft vray quâil y en a dâautres, qui en lieu fcrablablc mettent ces chardons fur des clayes faites à propos,les mettans en pied,Si la tefte en hault, afin que les efplnes ne fc gaftent en forte quelconque.Et lots quâils les veulent porter à vendre, ils les mettent à troufleaux bien grands, ayans deux coudées amp;nbsp;dauantage de long,amp;vne en rond autour dâvnbafton,lc pied eftât par dedans,amp; les efpines dehors,afin que ne fc gaftcnt,amp;ainfi commodément ils en portent deux fais fur les eipaulcs, tout ainfi que ficâcftoyent deux féaux dâeau fur vne courge.
VINCENT, le vous prie que me faites ce bien de parler encor, comme fault lemer le guede ou P aftel,quelle terre cft-cc qu il demande, amp;nbsp;comme on le Cerne,amp; en quel temps.
lEAN BAPTIST E.Toutc forte dc Guede fe plaift plus de la terre forte Du Guede amp;nbsp;charnue que dc la mediocre,amp; moins ay me il celle q eft legete.Depuis ou Paftcl. on le feme en ce pais la dernière fepmamc dc Fcui ier, ou bien la première de Mars ; mais il ne vient ia 1'1 beau es terres labourées, côme fait és autres pais, oùlon le feme en celles qui lont tepofées, amp;nbsp;ont cfté trois ou quatre ans en friche;amp; ainfi le fault ferner cs prez femez dc treffle, qui ayent efté deux ans au parauant préez, ainfi quâauCfi on y lerne Ic lin, amp;nbsp;fur Iclqucls ne fault pallet Ic foc,iulqucs à tant quâon y vu cille lemer le Guede.
V iN CENT.Eftesvousdâaduis dc fumer celle terre,auant quây paffer le Coc,pour mettre puis apres aueciccluy le fiens foubs terre?
lEAN BAPTIST E.Silc mois dc Feurier precedent ce champ a efté fumé,on le peult labourer,fit lemer le Guede, neantmoins qui luy dóneroit dc quelque autre fiens qui fut bon,^ fiais,la plante en viédroit mieux, amp;nbsp;(croit plusbcUe.Eniât que comme le Paftcl dc loy emmaigrifle vnc terre, ceux-là font grands fols,qui non feulement le lement en terre maigre, ou toufiours il croift pcu,amp;.qui ne vault guère,ains qui pis cft,cfpident celle
'M
HVITIESME lOVRNEE
Ui
Moyfdâac-couftrcr le jGucdc, OU Paftel.
femcncc cn terre qui ne luy eft point propre.
v i N c E N T.Combicn vous fcmblc il que fault de femence au demy at-pent.
lEAN BAPTIST E. Après quâon a helfe la fcmêce, tant quâelle fait hic couucrte,amp; bien incorporée aucc la terre,fes iainbes amp;nbsp;plantes ayat leurs fueillcs haultes de deux,ou trois doigts,fault les befeher pour la première fois, amp;nbsp;faire le me fine la premiere fepmaine dâAuril, ou pluftoft, amp;nbsp;plus tard félon que le temps le fera porté ou beau,ou pluuicux;puis eftâs cueillies les fueillcs,depuis le quinziefme deMay on belchera les mefmes pieds pour la troificfmc fois, ou les racines dcfpouillces dcfdites fueillcs : amp;nbsp;en vfans de mefine les fucillcs recueillies que feront cn luillet, Aouft, amp;nbsp;Sc-ptembrc:tcllement que tout ainfi que cinq fois on recueille les fueillcs de pied cn pied,ainfi les fault befeher autant de fois aufti toft que la cueillette cn fera faite : amp;nbsp;ce befeher fc fait ordinairement par fcpt lois, à fçaiioir, ces cinq ia dites, amp;nbsp;les deux premières auant quâon recueille les fueillcs pourfairele Guede.
v i N c E N T.QiVeft-ce quâil fault faire,afin queces herbes fc recueillent pour auoir du Guede parlait.
lEAN BAPTIST E.Lc labourcurpratique cn cecy, corne il verra qud les fueillcs commencent à prendre couleur autour, amp;nbsp;non au milieu, les prend de plante en plante aucc la main, amp;nbsp;les romp tellement iufquesà la racine,quâil femble quâon les ayt coupées aucc vne faucille, amp;nbsp;les merp^r ordreà rombrc,afin que le foleil ne leur porte dômage:puis les niecioubs la meule tirée dâvn chcual,laquelle tourne dedans vn vafc vnptuplusUV gc que le tour quâelle pcult faire en rouant autour, amp;nbsp;prclfée qu eft W^^^ celle partie qui pculr audit vafc,on fait arrefter le chenal, amp;nbsp;retourne Ibn les fucillcs preflées tellcmét dâvn cofté, que le fuc qui cn eft forty,tire vers la part qui eft la plus bafte au milieu, lequel cftant mis hors, amp;nbsp;le fonds bien clluyé, on remet les fueillcs encor foubs la meule pour les prefter, ce qui cftant fait, on les réduit en pelotes pelant chafeune vingt ou vingt-quatre onces, Icfquelles léchées au foleil, ou au four 11 le temps eft plu-uieux,on les met au grenier, iufques à la là inâ: Martin, quâon les prelfc J mur la dernière fois:amp; puis de cefte poudre on fait vn tas aufli hault que e Guede a de quantité,lequel comme comméce fcfchauftcr,aplanit tout Ic tas:mais le tournant fault mettre de lâeau delfus, iufques à tant que fuf-fifamment il foit abrcuué, car comme le trop dâeau le noyé, le peu auffi le fait brullé:puis on Iâcntaffc non cn hault,ains en longueur,amp;ainli deiour à lâautre on ne fault point de le remuer iulques à tant quâil fc refroidit: amp;nbsp;puis Ic remue encor tous les quatre iours,ou de llx cn lix, iulques à ce que du tout il foit refroidy. Et cecy fc fait aucc grand diligence, car 11 on y iai-foit faulte, le Guedeiecuiroit cnfemblc, amp;nbsp;ne vauldroitchofe quelconque. Lequel cftant affine ainfi quâil conuient on Ic lailfe cn lieu froid, amp;nbsp;bien pané iufques à ce quâon Ic vend, amp;nbsp;ainfi tant plus il eft amoncelle 15-guemcnr,tantplus fafhne amp;nbsp;deuientmeilleur.
DE lâagricvltvre.
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Vincent. Comment fe gouuerne Ion pour en tirer tant de femcncc ^juâil en fault(comme vous ditcs)Ã vn demy arpent?
IEAN BAPTIST E.Mettons Ic cas que le champ aytvnarpcnt,amp; que le guede eftât cueilly ordinairement au mois de Scptcmbrc,on y ferne du fromcntimais en voulant laitier pour fcmcce,il ne paffe point la quatrief-me ou cinquiefme partie,pour la recueillir, puis apres au mois de May ou de luing fuinant: laquelle eftant coupée, on porte en lâaire au Soleil bien battue,amp;vétce,amp; vcnnée,cll portée au grenier pour la ferner en fon téps. Au refte la guede eft de grand valeur,non fculcmct pour taindre les draps ^^ guede. noirs,^dâautre coulcur,ains encor les fucillcs mifes en emplaftrc font rc-folution des apoftumes, amp;nbsp;confolident les playes faites frefehement eftâ-chent le flux de fang, gueriffent le feu fauuage, amp;nbsp;les vlccrcs qui courent par tout le corps.
VINCENT. Puis que vous mâauez monftré comme il fe fault gouucr-net enuers lcPaftcl,ie defire fçauoir cncor,quâcft-ce quâon doit faire pour ferner,amp; cueillir la garance, que iâay entendu effre de plus grand prouftit que le gucde,de moindre frais,amp; peine à la cultiucr.
IEAN BAPTISTE. Cela cft 11011 feulement Véritable, ains cncor cl- De la gale vient amp;nbsp;croift en tout terroir bon, Se fain ; bien eft vray que tant plus il rance. Se eft bon, amp;nbsp;non fort,ou trop léger, de tant plus dâan en an en y croift il en 5°â¢quot;?' â' abondance iufques à tant quâon arrache les racines. On employe autant de greine quâà ferner le chanure par arpent, amp;nbsp;cecy au mois de Mars, amp;nbsp;fur des coftaux bien amendez, amp;nbsp;fumez, amp;nbsp;quiayent eu trois où quatre^ gt;nbsp;façons aucc la charrue, maisic feroy dâaduis quepluftoft on Ics hoiiâft que labourer , ou pluftoft criucllées: car combien que le cribler là terre S foit plus long temps à le faire, amp;nbsp;de plus grand couft, fi cft-ce (prefupo-fé que cefte cy eft la perfedion du labourage^ on en deuroit cribler vn arpent, ou demy, eu cfgard au grand prouftit qui f en tire. Ainh la femcncc eftant mife en terre, amp;nbsp;en icelle incorporée auedaherfe, amp;nbsp;rafteaux, il ne fault que la tenir nette des herbes nuifiblcs iufques au temps quâil fauldra cueillir la garance en Septembre pour en auoir la femence ; amp;nbsp;a-prcs ce fault couurit les racines de pied en pied mettans deux doigts de terre fur chafeune prife fur les filions principaux , afin que la gelée ne les offence. Se que les racines cngrofiffcnt, amp;nbsp;lâannée enfuyuant, comme les autres rameaux feront coupez en Septembre, Se la femence recueillie, fauldra couurit le pied vers la fainét Martin à la façonfufditei amp;ainficn vfe Ion tous ans, iufques à tant quâon vient arracher les racines pour faire la garance.
VINCENT. Combien dâannées fault- il couurir ces plantes, ou racines pour les rendre parfaites?
1EAN BAPTISTE, ll y Cil a dâaucuns qui ayans le premier an coupé les rameaux amp;nbsp;tccueiUy la graine, amp;nbsp;encor à la faméf Martin recouuertes les racines, lâan apres, faifans le fcmblablc des rameaux, amp;nbsp;cueillans la fc-raence, arracher auflilcs racines quâils font fccher au Soleil, puis les vou-
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174 HVITIESMB ÃOVRNEB
lans moudre ou prefler, les font encor fcchcr en vu four grâ(i,amp; fait tout propos, puis les preflent foubs la meule incfine ou ils eipraignentU Guedc, amp;ccfte-cyeft la fine garance. Mais la plus part deceuxquife mcflcntdccccy, amp;nbsp;qui veulent tirer plus de prouffit de leur terre, ne fe contentent feulement de quatre , ou fix ans de recueillir la femence, amp;:rccouurir toufiours les racines, amp;nbsp;cÅur du piedauecla terre,ainsv-fent de ce menagcmenr,amp; huit, amp;nbsp;dix ans, voire vont iufquesà ladou-zicfine année : ayans pratique cccy, que tant plus longuement ils tardent à cueillir les racines,rint plus grand quantité ont-ils de garâce commune tous les ans, amp;nbsp;qui eft plus fine que fils les artachoyent ainfi moins (à i* fonnément.
v i N c E N T. En quel temps arraché-ion ces racines?
lEAN BAPTISTE. La dcmicrc année eftant la graine tecueillicâU mois de Scptcmbrc,on arrache auec la houe, ou pic toutes les racines qui ont efte fouterrécs,lcfqucllcs miles à fcchcr au Soleil,amp; nettoyées tat que la terre en foit oftéc,on les porte puis (quand on veult) aux fours bié nets, amp;nbsp;efehauffez où eftans bié fechées,depuis moulues,amp; brifécs fous lapier-rc,on crible la pouldrc meilleure,amp; plus fine des efcorces:amp; de rcchcfl« meulcnt,y mellans de cefte pouldrc moulue grollemcnt auec les racines de dix-huit mois, amp;nbsp;apellcntcecy la garance terfanine: amp;nbsp;lcreftclafinc laquelle auffi cft meilleure, amp;nbsp;plus belle comme plus longuemcntlcsra-eines ont demeuré fouz terre.
v i N c E N T.Combicn peult valoir le milicr de lâvne, amp;nbsp;l'autre lotte de garance?
lEAN BAPTISTE.Ccllcquiefttcrfamiucamp;groflicre,fevend40-^ 45.efcus le inilier, mais la plus fine (dite pergoline) eft au pris de foixante efeus.
v i N c E N T.Et combien penfez-vous quâon pourroit tirer dâefeus tous les ans dâvn demy arpent de terre auec cefte femence?
lEAN BAPTISTE.le ne fçauroy en dire le pris certain : entant q non fculcméc vn tcrroir(bicn quâil loit bon) cft pour en porter plus ou moins qiiâvn autrc,ains encor fe cire le prouHit,ou lâenfuit le dommage à cueillit les racines ou pluftoft ou plus tard:toutesfois confiderant que la feule fc-inencc tous les ans eft de plus grâd reuenu que fi on y femoie du froumét, ic penfe quâen fix ans on en tireroit pour demy arpent, loit de femence ou des garances finc,amp; moycnnc,la valeur de cent elcus.
Châ/cun pays a (bu ïnclinatió à quelque cas parti-calier.
v i N t E N T.Eftant cefte forte de labeur de peu de trauail,pcu de frais,amp; de grâd prouffit,pourquoy eft-cc quâon nâen feme en ce pais,qui cft allez commode pour en produire fuffifamment ou pourquoy, ceux qui nâen recueillent quere nâen fement en plus grande quantité?
IEAN BAPTIST E.I1 y a dcux railous : lâvne que chafeun pais a fes inclinations à faire porter à fes terres aucunes chofes de bon rcuenu,efqucl-Ics les autres ne fe piaifent point, linfi quâôvoit des foycs infinics,quâô tire des Meuriers au Friuli, Marche Treuigiane, au terroir Padouade au Vice-
D 1 l'aGRIC VtTVRÃ. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;175
ùn,Vefonois,amp; Polcfan:amp; toutcsfoislcs BvefTanSjBergamafques secte-marques en rccueillét peu à comparaifon des fus-nommez.Lâautre occa-fion pour laquelle on nâen feme grand quantité eft, à caufe quâon ne pcult longuement tenir les hommes qui meulent, amp;nbsp;puluerifcnt la garance, à caufe que celle poudre eft fi fubtile,amp; de naturel amp;nbsp;force fi pcnctrâte,quc foudiin elle prend le nez de chafcun,amp; lâenuenime, fi quâen peu dâannées elle fait mourrir plufieurs.Par ainfi ne fault fâeftóner ft on en ferne en peu de lieux,puis quâil vault mieux garder fa fanté amp;nbsp;gaigner moins, que faire grand prouffit,perdant amp;nbsp;fantc,amp; vie.
Pouldrc de la garance dâgeceufe.
v i N c E N T.Ãft-il ho de rclTemer encor ccfte graine,au lieu mefmc d'où Ion a arraché les racines?
lEAN BAPTISTE. A caufe qu viî tel champ fe trouue gras fur tout autre alors que les racines en font oftées, les bons laboureurs y fement deux, ou trois ans de fuite,du frouraent, à caufe quâil y vient beau abondamment, amp;nbsp;puis fement la fus-ditte femence au printemps en vne autre lieu, afin que la terre foicgre[rée,amp; mcliorée,5c laquelle on peut dire que ferepofe lors que la racine ne fait que produire les rameaux de la femen-cc,amp; qu encor les fucillcs qui tombent luy feruent dâautant de nourriture.
VINCENT. En quelle forte fe ferne, ou plante le Tan quâachètent les tainturiers pour taindre leurs draps, amp;les conroyeursà contoyer leurs peaux,amp; cuirs?
lEAN BAPTISTE. Ccfte plante ne fe ferne point à caufe que ne porte femence qui foit devalcur,mais on plante les lettons aucc leurs racines,amp; afin quâils en produiffent abondammcnt,onlcs prouignc,amp;: font remuez de pied en pied fouz terrc,ainfi qu ô en vfe aux Meuriers, ainft que i'ay dit cy deuant:amp; le printemps,après on les oftc,amp; plante de pied à autre chacun à part,amp; aucc fcs racines,8c eftoignez vn bô couldc loinglâvn de lâautre,8c autât en traucrs,afin que puiffent croiftrc,ôc croisant eftre befehez fcparémcnt,amp; remplis de terre autour aucc la hoüc auant que face froid, fie puis les dcfchaultcr au temps doux.
v i N c E N T.Que fait-on ces troncs cftans defeouuers?
lEAN BAPTISTE. Ricn olus faufquâau commencement à â Aouft on coupe toutes les braches qui font en bas (fauf de ceux quoprouigne pour plantcr(commc dit eft) 8c autant quâon en coupe ,lcs fault lier en vn fais autant quâen pourroit cnla maimpuis les porter en lâaire, 8c laïcs couper ft menuemet que fueillc,ramcau,ny branche nây demeure ayât la grofleur dâvn doigt,ou longueur dâvne oliuc. Cecy fait,lcsfaut eftendre au Soleil, fie les remuer fouuét tous les iours aucc vn rafteau iufques a tat que fuient bien fees,puis les mettant en des facs, les porte-ion au grenier, ou autres lieux,les y laiffant iufques à ce quâil les fault vendre.
VIN c EN T.Combien ce vcndccTanà laliure?
lEAN BAPTIST E.Sâll eft accouftré comme il fault les marchads lâachètent fept ou huit fois la liurc: ôe fil eft plâté en bon terroir,ft ne dure-il
HVITIESME lOVRNEE
gucre log temps en terre,fi eft-il quâon en tire à raifon de 2 j.Iiurcs des no-lires de reuenu de demy arpent pour anncc,amp; cecy vient lans y faire grâd frais en femence,ou autre chofe dâimportance,faut'que de befeher en Au-tonnc,amp; Printemps,amp; à le couper amp;nbsp;battre eftant fec,iulqucs à ce que les fucillcs en foicnt 0 ftees.
De raibrc à Tan.
V i N c E N T.Ic penfe que fi celle plante cHoit mife es iicu.'c où Ion feme le lin,quâclle ne fera fi prouffitable que les lins.
lEAN BAPTISTE. Vous aucz raifon de le dire, fi fon naturel portoit quâon le plantait en tel rerroir:maiï d amant que celle plante vient aiifli bien en terre pallà blement bonne, on la mer en ce païs au terroir le plus foible,lcqucl en autre chofe peult dire ne fçauroit faire lâaport dâvn cfen de prouflit pour an en demy arpent; amp;nbsp;ainfi confiderât quâil nây fault faire delpcnce.ny dâhommes,ny dâargent pour lâarroufer, ic fuis dâaduis quâen ces terroirs foibles,on en y plante tant quâil fera poflîblc dâautant que ces champs prouffitét plus que qui y mettroit du bled ou legumes., ioint que toufiours on a lâargent au poing,amp; quâauHi on yâpcult planter des vignes cnfcrnble,à caufe que leur ombre ne leur pcult dire preiudiciable.
V i N c E N T,Vousnâaucz rien dit touchant le fumer, ou amender celle plante.
I E A N BA p T i s T E. Ic feray toufiours dâaduis quâon fume la terre ains que plater les rameaux,amp; deux ans après en chaulîà nt le pied, ie voudroy quâon y mdt vn peu de ficus bié mcnu:bicn ell vray,quc pour faircmods de frais, fcroit bon dây mettre delà poulficre recueillie parles chemins, çomme fouuent iâay dit,quâon en vfe durant les chaleurs en Ed«,^ autant que lâHyucr paH'é,ces plantes en feroyent plus gaillardes.
De la mai-iolainc.
VINCENT. Allez-vous cognoilïà ncc de la Mariolainc, quâon feme au Milannois,laquelle ainfi que i ay entendu,rend grâd reuenu, à caufe de fa graine,quâon veut en quantité aux marchands qui lâcnuoyét en Flandres, de Allcmagncî
i E A N B A p T. lâen ay veil de fort belle auprès de Milan:ncantmoins fi le terroir ne luy dl à propos,ellc ne porte gucre de fruit, outre quâc lie ell fi délicate,que La moindre nege qui luy dônc ddfus, ou autre temps mau-uais,taridis quâelle eft en flcur,cllcdlfans femenee ny fruit quelconque.. âMais dlât en bon terroir,amp; aiant le tépsà lbuhait,lçachcz quâil nây a chofe entout le terroir fufdit,quileur foit tant prouffitable, vcu quâon a her-fer à perches,car ainfi apellcnt-ils leurs meuires:mais à caufe quâordinai-rement y furuient des neges elles dlât en Hcur,nc faut fdbahirfi fouuent «elle faut,cómc elle fait,à porter. Ainfi ie penfe quâelle prouffiteroit mieux en ce pais pour nâdlre tant fuiet au froid,amp; neges, q le terroir Milannois.
v i Nc E N T. Quelle terre vous Icmble que requiercdle'planteî
IEAN BAPTISTE. Sans doute le terroir qui eftoit vnpeu mollet, amp;nbsp;fans pierres luy dl agréable, amp;nbsp;ainfi nc feroir mal apropos de la planter,, ou Ion feme les lins,amp; oùils deuiennent trdbeaux.
v i.N c E N T.Côment fault accouflrcr ces tt'rroirs,combiéy faultdcfc-
mence.
DE lâa G Kl CV LT VUE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã77
menée à demy arpent,Ce en quel temps dcjâannec la faultfemerî
itAN BAPTISTE. La tcicc cftaiit bonne, fault la rompre aucc le foc auat rHyuer,afin que la gelée la cuifeamp; faifonnç:puis la rompre de rechef vers la famd Antoine en lanuier, amp;nbsp;rayât fumée aucc du fiens vieux, mc-nu,amp; tourné fous terre à tout le foc,faudra ietter deffus vnc liurc de graine pour perche, au commencement de Mars, ceft quatre ou cinq hures pour iornau,ou demy arpcnt,auec laquelle fault y mefler autant dé fable, afin que mieux elle foit departiemâeft pourtant befoin dâoublier à larafte-lertrcfbicn, afin que lâincorpore aucc la terre, llcftvray quevauldroit mieux hoher celle terre depuis la funél Martin lâayant bien fumée au par-auant,amp; nây faire autre cas, hifques à tât quâon la femeroit amp;nbsp;cultiucroit, ainfi quâauous dit cy deflus. Et diray dauantage que qui cribleroit ces terres hohées demy pied de hault, anant que les enfemencer il y feroit plus de proufEt,à caule que celle herbe eft fi gentille , amp;nbsp;quâelle porte plus de fruit,tant mieux elle eft eultiuée.-
V i N c E N T.QjLy fait-on auant-qu elle foit recueillie? nbsp;nbsp;nbsp;t
1e AN B APT i ST E.Non feulement fault la bcfchcr,amp; chaulTcrde pied en autre dés qu elle eft fortre de terre,ains encor fi elle eft trop cfpaiHé en faut öfter ce qy eftde fuperflu,amp; le replâtcr deux pieds eùfemblc és lieux oùilnâcny aguerc, neantmoins veulent eftre vndemy pied loing lâvnc planté de 1âautre:car aians rcceu les façons comme iâay dit, elles rendront plus de lcracncc,quc ne fctoicnt'fi on les plantoir cfpaiffement.On coupe puis apres la femence de temps à .autrc,coramcnçât au mois de luin, luil-lct,5lt;: Aouft,ainfi quâon voit quelle vict à maturité,amp; quelle eft fcche:cc qui fecognoift en prenant les bouts des fleurs , amp;nbsp;les rompant entre les ' mains,car la graine laultc hors fi elle eftbien meure. Vous aducrtiflant de ne couper point que celte fleur qui eft bien failonnée, labattât fur des lin-cculx,^ eftâtbié fcche,la cribler,voire vcnncr,amp; puis la palier par vn fas, afin que la pouflierc f on aille à terrc,amp;quc la feméce nette demeurcimais rebattant encor les bouts des-fleuts qui reftenc au crible, l«s reduifanten bonne femence comme la precedente.. n-q, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1
V i N c E N T.Combicn fault que le demy arpentrende de graine?
IE A N B A p T i s T E.U dcuroitordmaircmcnt en rendre cent liurcs, fix vingts,fcpt vingts,ou dauantage,amp; fc vend à Milan fix amp;nbsp;lept rcaux la li-uremutre que les bouts fees des fleurs font aufli vendus,à caulé quâon f en fert aux potages en poudre,pourcc quâellerft de bonne odeur.
V i N C E N T.Sçauez-vous point à quoy elle lert à ces peuples qui lâachètent fi bien?
1E A N B A p T i s T E.Ic ne fçauroy lè dirc,fi ce n eft que ic croy quâils lâachètent pour en vfer comme de mcdccinc,ou pluftoft pour la mâger pub uerifee en leurs viandes comme nous faifons le Poiurc,Cancllc, amp;nbsp;autre cfpiccric:amp; mefmement que ne rccucillans point de vin, ils lâenfcruét en leurs boiflbns artificielles, à caufc que cefte graine eft odoriférante, amp;. de bonne faueur.
y
Ã^S nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HVl'ïlïSMB 1 löVRl^rF.
VINCE NâT. Ic VOUS prie encormedirccncombiendc'fortcspcut-011 faire de lâhuile,outre ccluy quâon recueille des Oliucs?
De lâhuile i E à N- B ^-P T i S T E.Vous fçaucz la grand quantité que nous en tirons-de fernen- de la lênlcilee'dU lin,qui eft 15®n,non feulement pour la lampe,durant ante de Lin. tà txfneufônces dâfGéluy,quc-fcroyenr douze onces de cekiy dâOliuc,ainÿ encor le prisen eft femblablc.Er de cecy vous pcuiicnt allcurer les Milan-nois,amp;Bergiinafqnes,qui en achètent grand quatitéde nous pour bruf' lcr,voire le manger lâayans purge de celle mauuaife odeur, qui luy eft or-dinaire.Et parmy les vertus de ceft huile ctl cefte-cy,qu Æ liât fait fans eau,' tâtplusilell viel,amp; beu tout chaultgt;apaifo le mal décollé,ainfi queielâà y expérimenté pluheurs fois. Vous fçauca encor, combien dâhuile nous tirons des pépins raftelcz, des grapes de railrn prcllhrécs ; lequel eft bon à -faire lumière fort relplcndillantc. utu' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.)ui.;,i
VINGEN T.Ignorez-Vous que lâhuile de la feméce des raues ne foit bon, ainfi que dâaucuns difentî
lEAN BAPTISTE. Si VOUS parlez des raues que nous mangeons au mois de Nouébre,celles-cy ne portent point graine fi-vous ne les mettee auec leur fueillc dans le fable durant les mois de Décembre,Ianuicr,amp; Fc*â uricr,Ies replantant en Mars auec les raefmes fueiUes, afin qu'elles portée femence au mois de May .â¢â mais celle grainé rend fort; peu d huile, au ref-â Ceft de P^*^ dâvnc autre qui eft fculcméc femée pour cell effect: amp;nbsp;ainfi fault laif la nauette fer les autres comme de nulle importance. Par ainfi, qui vcult naoûde quâilentéd. lâhuile en abondance,quâil ferne de celle autre forte de raues, incfi^emcnC enluillet,ify vamp;nsdâautriindnllrie que les belcher à temps, comme ou fait les autrcs,lcfquelles fleuriront non feulement au Printemps, ainsferont grand quantitede femence.au mois de May, ainfi les cueillans eftans* mcurcs,amp;lcs preffaut foubs la meule,amp; prciroiicr,où Ion preffe le lin, amp;nbsp;autres huiles en rirèrez les dix-huiél liurcs pour minor,lequel huile,outre quâil fait belle clarté,ell bon à manger pour la commune, agréant à aucus comme ccluy dâoliues;
v i N c E N T.Combicn peult-on tirer de femence pour demy arpent?
lEAN BAPTISTE .Sicile cil femée en bonne terre,amp; eultiuée félon la faifon, elle rendra cinq charges de femence fine, faiùut deux cens liurcs pour charge. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;iî
VINCENT. laçoit quâentre nous lâhuile de noix ne foit en vfage,fi me ferez-vous plaifir den parler comme en pallant.
i E A N B A PT.Ceferoit grade folie à nous dâvfer à faire quantité dâhuile de ces arbres fi grands quâils croiftroient en ce païs,amp; en nos champs,que nous cultiuôs aucefi grande diligéce,amp; leiournau dcfqucls nous rcuiétà cent amp;nbsp;deux cés efcus:car fi nous confidcrós le dommage que nous fenti-rions,amp; de leur ombre nuifible amp;nbsp;dangereufe, amp;nbsp;de la grande multitude des racincs,amp; quelle perte fur nos chaps aporteroie lâêcrée des palfans depuis q les noix font bônes iufques à tat quâon les a cueillies,câelt fans doute que le prouffit quâô en peut tirer,uâeft à clgalcr au dômage.Non portât
DE LâA G RI cv LTV RE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lyjl
fuis-ie dâà dui's t^ué qui à urade bons noyers, amp;nbsp;qùiportet dc btfaûâfruit,amp; bon, quâil les plante le long des chemins, amp;nbsp;fur les bords des champs, es ââ^ * bóns» campaignes fterilcs,amp;fur les coftaux ou la terre eft maigrejamp;autres lieux tcir«. dclcrts,amp; cfcartez:mais aux champs fertiles nÃiamais,ou le bon frouthêt croift bich,ny aux prcz flcuriflà ns,où vignes qui ont lcs'raifinS*dcriCâts,amp; autres lieux qui font de bon réuenu t^ar 01/uc/çâmâolt hier qhâon nfhre de lâhuile en-grande abondante de CeS arbres,Ãors-quâà s font bons, êcqu'e le temps ne leur eft point Contraire: lequel huile eftant clcr,eft bon à mager , à faire clarté, amp;nbsp;pour autres infinis feruices. le pourroy encor vous difeourir de lâhuile quâon pourroit tiret du Sicomore,du Chelhc porte gland,amp; autres arbres, mais (pcult eftrc)ic feroy trop long, amp;nbsp;par ainfi ie parlerayfçutemcnrVnpeudclafeme,à fçaùqit,dclaYcmcnccduHéftrei Dr l'huile lequel eft non feulement bon amp;nbsp;parfait à majngcr,à efclairer,amp; autres cô- de I» femé-moditez, ains encor en fort fi grande quantité que câeft prefque chofc in- « de He-croyablc. Et pource noz Montaignâts qui font voifins des Grifons, amp;nbsp;du ^*'â Comté de Lodron deuroyent recueillir celle graine, laquelle tombe à milliers de facs des Hefttes qui font parmy ces bois, pour en tirer puis a-pres tant d huile quâelle rend auec lcurgrandprouffi'r,amp; auatage, amp;nbsp;pour npllrcycilité,à caille duhau.h ptis.dc cas^iiüCips, que nous auon$, qui eft fi cxccdif quâon nâypcult dcforn)aiî,attaindvc^,iâ¢
v i N c £ N T.Ie luis ioyeux quâayçz ipis fin à Voz dilcours,à caufe quâil, fault que ie me ttouuc à Brclic aux plaids pour aydervn mien amy: ainfi foubs voftre congé,ie mâen vay monter à chcual,aucc in- â tention de ne faillir demaio,afip que nçus parlions encor â ^;, , , de quelque chofc de bon, ainfi que iniques à prefent s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous allons fait, i £ A n J b A P t i s t r.
Venez quand il vous plaira:Ie feray touf-iours preft à vous fatisfairc.
. . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;(v) s
p^fiN DE L A Ãl'viTIESME;
I 0 Y R N E s.
J 8c
NEYFIESME lOVRNEE
ADIOVSTEE DE LâAGRICVLTVRE
DE M. AVGVSTJN GALLO,
OP' PLrSlÃyRS iCHOSï:^ DIl^£RSES
SONT TRAITEE,', O V PIVSTOST .niijetex^rauagitmmen/, i
U.
o MME le ncufiefmc jour le feign. Vincent Magie fut venu vers lâAiiogaclre, il Ictroum enfa grand fale le pourmenant: amp;nbsp;fâeftans amyablcméc entte-falùez,comniede couftume,fèmirent à lc allcoir,amp;pcude temps apres Auogadrc regar-dant fon amy, luy dit: Dequoy auez vous en aeÃ-y beration que nous dénions difeourir ^Fa^i*:'^^^ temps celte ioiiméc?
VINCENT. Dâautant que tous ces huitiours paircznousauons.panc dcdiiicrfeschofcsjmaisfclon leur ordre,ievoudroy (fi vouslctrouucx bon)que nous arraifonnions dâaucunes encor qui femblcrôt extranagan-tespour eftre diuerfement propofees, ainfi que ie l'ay penfé mâen venant vous vifiter.
lEAN BAPTIST E.DrclTcz voz qucltios tout ainfi que bon vous fera-blcra,amp; ie fatisferay,autant que me (cra polîiblc,à voz demandes.
viNCENT.Ic vous prieray doc pour le premier point,de me dire Æ il eft meilleur de labourer auec des bÅufs,ou auee des cheuaux, ou mulets, ou feulement auec les afiics,ainfi que fontpiufieurs laboureurs en Italie.
lEAN BAPTiSTE.il efthors de doute quâen Italie les bÅufs font plus propres que tout autre animal pour le labouragc,cncant que lâexpérience nous fait voir quâils-font plus forts,plus adcxtrcs,amp; plus comodes à culti-ucr fi grande diucrficé de terroirs que nous auons,foic es monteignes, co-llaux,vallôs,campagnes.amp;planurc.Lcfqucls pour direfcrtils,ouftenlcs forts,ou raols,alprcs,ou loges,durs,ou faciles,crollâs,.o.u affermis, amp;nbsp;come figez,blâcs,ou noirs,rouges,ou grifallrcs,amp; dâautres f orces qu'il feroit impoffible deracompter, il nây a doute quelconque que nous nclcaurios nous aydcr de befte plus à propos, que du bÅufpour les bien cultiucr. Et pource qu'cnAllcmagnc,amp; autres Prouinccs,ne le trouuét ordinaircmet
D E LâA G RI C VIT V R B. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;jSl
«Je fcrablables terroirs, il nâeft de merucillc fi aufîî on y laboureprcRjuc Ear tout allée des chenaux, corne ceux qui en ont infinité, amp;nbsp;qui font td-unent faits à cecy, quâils deipechent deux fois plus de terre que nous ne faiibns. Et aduient encore cecy, à caufe quâils ont grand nombre de cam-paigncs fort ipacicuics, Icfquclles naturellement font plus de terre legere que forte ou dâautre manière. Et pourcc nâeft merucillc fi en ces pais le recueille fi grande quantité de bleds,cftans les terres fi bonnes,amp; lefquel-Ics ils lafifcnt repofer, fans les labourer, amp;nbsp;ferner tous les ans ainfi q nous lommes contrains de faire ordinaircmet. Bien eft vray que nous auôs ccft auantage fur eux,quâayâs bien cultiuez nos champs auec nos bÅufs, nous les pouuons cngrcllcr pour les vendre aux bouchers, ou bien les manger chez nous, ce que ne font ces Septentrionaux de leurs cheuaux, amp;nbsp;autres ,bcftcs, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
v i N c E N T.Eftant refolu fur cefte demandc,ic voudroy que vous mâin-ftruifiezés préceptes de bien eultiuer les champs, defquels iaçoitque mâayez parlé en la premièreiournée,fi mâaUcurc-ic quenâclpluchaftcs point tout ce qui fen pcult dire.
lEAN BAPTISTE. Lailfant la plus-part dc cc quc ie VOUS dis alors,ic dis que non feulement la terre defire dâeftre ouuerte petit à petit,amp; quâon y entre bien allant à tout le foc,ains eft encore befoin que foit bié aplanie, amp;nbsp;trelbicn amendée, amp;nbsp;engreflee. Car lâayant ainfi clgalée outre que les pluyes, amp;nbsp;lâarrouicment ne leur foy^nt point nuifibles en conduifant ailleurs lagrcirc,lc Soleil aufli,lc chault,amp; le froid luy font grademetprouf-fitablcs,amp;Iarcndcntdc beaucoup meilleure. Et dis encore danantage, que fi eftant bien labouréc,on vient mefler la forte auec la molle, la graf-fc amp;nbsp;la maigre cnfcmblc,amp; chafeune dâicelles auec du fiens, les femences aufiîfincorporent aifémciK auecicelles: amp;aduientcecy mefmementa-f)tcs quâon a deuëment rompu toutes les mottes dures amp;nbsp;groftes, amp;nbsp;que a terre eft bien briféc,amp; amcnuifée,amp; reduite en pouidre. Il eft vray que Pâ ferner aucuns anciens veulent qu on ne laboure point les terroirs qui lont trop fç^hes. fees,à caufe quâils fc corrompent, amp;nbsp;ne- reçoinenr pas la femence : cc qui pourroit bien aduenir en leurs climats, mais ceftuynoftre, eft tout au contraire, amp;nbsp;mefmement fi nous Icsièmons nâayans point efté humcélcz 'auparauant par les pluyes, lefquclles tombans depuis fur les grains clpars efpailTcnicnt ne fault douter quâelles y font dâvri grand fccours : entant quefe refoluans ces terroirs en pouidre ainfi quâils font tout auffitoft .quâon les rompt, foudainaufti le bled fort, amp;nbsp;commence à poindre, au moins cckiy qui eft polity germer. Icfuisbien dâaduis neantmoins que Nefault vous ne labourez point ces autres qui font trop mois, amp;nbsp;lauez, Icfquels labourer fendurcillcnt depuis en tclleforte,quc de long temps ils ne roçoiuent au- ^â terres .Cune femence,amp; ne fault cefte rcigle iamais, ftee nâeft que vous leur don- ' niez auant que les rompre, fi bonne quantité de fumier, que parle fccours diccluy, elles produifent les bleds à la couftume, amp;nbsp;raport des bonnes. Et ainfi font louables les laboureurs qui labourent fouuent leurs
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NEVFIESME lOVRNEE
En quel temps fault labsurer les terres foib'es.ae legeres.
champs, amp;nbsp;ne fouffrent quâils fendurcilfcnt de telle façon, que puis apre^ ils foyent afpres aulaboui:amp; quilcsouurcnrâamp; rompent en tel temps,amp; auec telle induftriciqutlcur trauail cngcndre,amp; produit vn grand prouf-fit à leur maifon,Et certes cccy eft de h grande importance, que tout ainfi que le laboureur labourant les terres en leur fiilon, les rend meillcutes, au contraire auffi fil y met la main elles citant fort baignées,ou auant que elles foyent tepoféesà tout le moins vn mois apres la première façon, penfant leur feruir de fceours, il eau le leur dommage, ou ne leur nuifant point fl ne lcurportc*il rien dâauancement. Le bon mefnager doit encor eultiuer les terres foibles, amp;nbsp;Icgiercs plultoft en liyucr quâen autre faifon, amp;nbsp;mefmes quâen cité, entant que le chault exceffif rcfoult le peu de fub-llancc qui eft en elles, là où lâhyucr incorpore lâhumeur des eaux afin que elle putile leur bien faire auec leur humidité. Mais les autres terres amp;nbsp;fur tout les fortes,tant plus elles font labourées, amp;nbsp;hyucr, amp;nbsp;elté, tant plus fe mcuriircnr,amp; fcngrclfent. Outre ce que les fendans à fubtils fcillons, amp;nbsp;mettans bien auant le foc en tcrrc(commc dit cil) non feulement on arra-chc,amp; occill les melchà tes herbes,amp; leurs racines font mifes fus, Iclquch les meurent puis apres battues du Soleil,des vents,amp; gelées,amp; quâaufli a-ucc les ralleaux, amp;nbsp;herfes, on les ofte pour les brufler, ains encor pour le contraire, tant moins le bouuicr, amp;nbsp;laboureur fait entrer le fer en tcrre,lc champ en demeure plus mol pour produire.
Q^I fu-mid fault mettre éi terres prc-ftetâ le-mer.
VINCENT. le voudroy fçauoir encor quelle forte de fumier trouuez vous le meilleur pour les champs quâon va ferner,le frais,ou le vieux.
lEAN BAPTISTE. Quoy quc Ics anciens dient qu a tellestcH« on y clpand pluholl le fiens, bien pourry, amp;nbsp;repofé, que le frais, amp;nbsp;nouucauà caufc que ccllui-cy produit abondance dâherbes nmliblcs, amp;nbsp;plus que le vicux,li ell-ce que le frais ayant plus de vigueur, amp;nbsp;force pour greller, amp;nbsp;meliorer la terre, ie ne fais li grand compte de celle produélion de mail-uaifes herbes que du prouftic que ce ficus porte à quelque femence que ce foit : ioint que lâexpérience nous fait voir que deux charrettées de ficus tout traisprouffitcut plus queue.fout ny trois,ny quatre deccluyqui ell ainh repolé : lequel tant plus on tarde dâefpandre fur terre ia labourée, va fuccclTiuemcnt perdant fa vigueiWquot;. Si ainh tant plus il cil frais-, amp;nbsp;fou-dain renuerfe auec le foc fouz teure, tant a il plusdâcliort pour lameliorer, amp;nbsp;rendre Icttils. Que fi Louys Rodeugo excellent laboureur clloit icy vous luy orriez dire fur ce propos quâil fetoitbefoin que tout aulîî tort quâvue belle à fienté, on deuroit porter la fiente en terre, qui luy eft aufti prouffitablc-, ainfi frefehe, amp;nbsp;elle la louhaitc non moins que l homme fait plus de compte dvn Åuf pondu frefehemeut que des long
temps.
v i N c E N T.Qm en vferoit ainfi, ce feroit fans prouffit quâon mettroit foubs les belles la paille pour faire liticre, entant quâelle refteroir ciuë, amp;nbsp;fins fe pourrir, amp;nbsp;laifonner, ainfi quâon voit en aducuir à celle qui à pour le moins demouré vu mois auec la fiente des belles.
DE lâa GUI CV LTV R E.â l nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I'Sj»
JEAN BAPTISTE. Câcft autre chofe de parler de la paille corne pail- i le,amp; du fiens,ainfi quâil cil le plus proufficabîc.Car le voulût le laboureur | preualoir des proums de la paille, ou autre cas femblable feruât à lidicrc, » ne fault doubter quâil ne foit befoing de le mettre en tas, amp;nbsp;lalailTcr là vu i bon mays croupir pour fy altcrcr,amp; iaifonner : neantmoins vous aduer-tis-ic que tant plus vous tardez à lâclpandre fur terre, amp;nbsp;lâincorporer en icelle,que le fumier en perd auffi plus là vigucur,amp; effort.
v i N c E N T.Si en ay-ic ouy parler de ceux qui font profeflîon de lâAgriculture, lefquels difent que tant plus le fiés eft frais,que plus auffi il fuSb-que les femences aucc la vclicmence de fà chaleur.
IEAN BAPTISTE. Sicelaauoitlieucomme cliofcVéritable, malfc porteroiée les champs,qui ne font fumez ou meliorez q de la feule chaulx viueenphificurs endroits du terroir de Corne : amp;nbsp;neantmoins elle eft de tel prouffit,à tout le moins par trois ans de fuite, q ie mâefbahis que nous nâen vfions point,amp; dâautres auffi,qui ont leurs clumps,amp; terres lUriUes comme les noftres.
v i NC E N T. Vous trouncricz donc bon quâon amendaft nos champs a-uec la chaulx elle eftant fi chcre, amp;nbsp;quâil en faudroit beaucoup à lâarpent
IEAN BAPTISTE. Voyant,Icprouffit que rendroit vndiamp par Vtilitédâa-trois ans de fuite,eftant aîfi amédc,ic dis auffi que ce fcroit à moindre frais mendet les quâaucc le fumier,lequel en pluficurs endrois fê vend allez,amp; trop chcre- terres aucc mcnt,amp; duquel nâen fault pas moins de fept ou huid voycs pour arpent, 'â ehaufx amp;nbsp;encorc.cn y fault y porter toutes les années. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;âââ'â â¢
Car vous deuezfçauoir que la chaulx eft non feulement de plus grand prouffit que le ficns,amp; qui la fccondc,amp; troificfmc année leur fait plus de bien quelapremierc,ce que ne fait le fiens,ains encor cuit,amp; faifonne tellement la terre ,.amp; occift fi bien les mefehantes herbes, que les bleds demeurent tous nets aux moilfons:fans que le prouffit nây cil pas petit en ce quâil nâen fault point plushault dâvne voyc pour iornau de laboureur, là où de ficus il y en fault pour les deux façons plus de vingt amp;nbsp;cinq charret-tées au demy arpent. ;
Vincent. Quels terroirs font ceulx qui ne peuuent compartir cefte façon dâamendement fait aucc la chaux? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
Iean BAPTIST E.Qui la mettroitauee ceux qui font plains decraye, pierrcux,glereux,(à blonncux, crofians, ou trop durs,non feulement en y fauldroit grande quantité,ains encor la dcfpcncc y fcroit fupcrflue,amp; fans aucun prouffit.
v i N c E n T.Ic voudroy fçauoir encor que fi la chaulx fc pcult donner à moins de frais,en quel temps cft-cc quâil la fault efpadre en terre,amp; comme il fy fault gouuerner.
iean BAPTISTE. Quant à celuy, en premier lieu, qui la doit prendre du monceau,ou du lieu où elle cfl,eft befoing que fôit vcllu de lin, «Sc toille blanche,amp; tiénc fa face couuerte, afin que la poudre ne luy offence les ycux,lc nçz, ny les oreilles, ou luy entre en la bouche:amp; encor quâen
i8
NEVPItSME lOVKNEE
refpandant aux champs,foit fuiuy du laboureur lequel foudain auec le foc la renucrlc (oubs tei le,puis feme dellus fon frounicnt.ou autre grain ainfl quâil lâa délibéré, amp;nbsp;pour-ce quâil y en a les aucuns qui ne veulent faire fi gratis frais a achepter la chaulx, ils f y gouuernent ainfi:ils-cn prennent la qiiatricfme partie moins pour arpent,amp; fur le moys de May,y meflent du terroir tiré des lollez,amp; bords des chemins qui foit bié lcc,faifans vn feil-londdâvn, de autant de lâautre iniques à ce que tout foit employé, puis laillà ntcecy deux ou trois moys ainfi meflé enfcmble : puis après ils départent ce meÃahge fur le mefme champ,ains que le labourer pour fa dernière façon,amp; le lement aufli toft quâils ont fait ce rcmuenicnt,ou au pa-rauant,afin que le labourant ils mettent le grain foubs terre.
Mais il vaudroit mieux melier cefte chaulx auec la poudicre rarnalTée durant les grandes chaleurs par les chemins,à caufe que plus aifément elle lâclpandroit,amp; fe mefleroit auecplus de facilite,amp; plus menucmcntparlc champ,amp; porteroit du prouffii dauantageà la terre.
Dâautres pour defpendre encor moins,prenncnt feulement les deux tiers de chaulx,amp; la mcflét,commc dit eft cy delfiis,quelque quinze iours ains que fcmer,auec du fiens qui fe fait par les belles allas par les cheminscaulfi ce meflange fe cuit amp;nbsp;parfait en moins de dix iours,amp; ainfi ilslâcfpandcnt fur la terre quâils labourent auant, on apres auoir ietté dellus la femenee.
Il y en a encore pkificurs en ce pais, qui pour cuiter plus grands frais a*' chetent des conroyeurs ce qui leur relie de chaulxfen cllansfcruisà ac-coullrcrleurscuirs,amp;: y mettent de cecy deux fois autant que de chaulx, pour arpenr,^ fen trouuent bien à tout le moins pour deux ans.
Louanges 4cTliomas Porcacchy
Outre ce que ces laboureurs achètent autant de cendres quâils trou-uent pour les mettre aux terres où ils fement le Lin , encore recouurent ils des lauandicrcs les cendres cuites vices en leur lolîîucs : ce qui me fait dire que ceux-là furpaflent tous les autres de lâcllat de Milan en indullrie du labourage, comm c ainfi foit que leur terroir foit aflèz (lerillc, comme celuy qui ell fort raboteux, amp;nbsp;neantmoins le rendent-ils fertil, amp;nbsp;abondant par leur diligenGc,ainfi quâon peult recueillir de la doéle deferipnon de la noble Cite de Come,faitcpar mon grand amy le Seigneur Thomas Porcacchy:lcqucliâaymetantpourfon grandIçauoir, amp;nbsp;noblclfc , que pour la gcntilklle des façons, amp;nbsp;manières de faire quilbntcnluy,ioint que fesÅuurcs le rendent illullre, amp;nbsp;honoré de ceux qui ne le cognoif-fent.
VINCI N T.Le Porcacchipourvray ell tel que vouslcpâ!gnczyamp; pour tel le recogneuz-ie lors que par vollrc moiê ie pris à luy cognoiflà ncc,dc-quoy ie me iens vollrc rcdcuablc.Mais puis q vous auez parlé de celle rare-: façon
» E lâa G R I C V L T V R E. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;185
ftçon dclabourngCjic voudroyfcauoir encor pourquoyles bonslabou-reursfement pluftoft es champs du l;n,lc trcfiîc,quc le millet?.
Han BAPTISTE le nay point veu faire cccy au Comalque,trop bie Gonzague à Gonzague foubs Milan,amp; fans que le lin y foit vn brin inter elle, entant â^ 'â '®â' q le lin y chant creu de trois doigts fur terre, on feme 1 c tréfilé par deflus, lequel y vient fi beau que le lin chat rccucilly,on trouuc ccfluicy fi hault amp;nbsp;Ãi beau,quâils le coupent vers la binr^t laques,à la fin de Iuillct:tellcmét que efias fur le point de ferner les bleds en Septembrc,ou Oetobre(quoy quâil foit hault, cipais, amp;nbsp;fans herbe qui lâempcfchc, fi quâon le pourcoit faucher pour lapallurcdes belles) fi cll-il rcnucrlc foubs terre auec le foc feruan t de grelle,amp; fumitr,piris le bled y cil lerne par delfos. Chofe louée nbsp;nbsp;âj-reffle
depluficurs expertsau labourage qui ttouuent meilleur dâen vfer ainfi, prouffita-que de ferner le millet apres que le lin cil recucilly:lequtl millet bien que bic aux foit de plus gridreuenu.que le tréfile fauché, fi cmmaigrit-il amp;nbsp;altère tel- champs, lement vn chap,que non feulement ne raporte il point la moitié du frou-ment que de coullurne lâannée cnfuyuant,ains deux ans après il le f.nt de ce dommage.
VINGEN T.Qiioy que le premier four vous mâayez difeouru comme il failloit brillier les eftculcs amp;nbsp;chaumes, fi me ferez vous plaifir de me dire quels font ceux quâon doit brillier, amp;nbsp;quelmpycn il y fault tenir. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Prouffit de
ieAn B a p T i s T E,Les bons pères dclamillc font a loüîr,lefquels ne brufler les ont point faute de paille à faire liélicrc à leurs beftes, amp;nbsp;en ont pour en eûcuis. brufler,amp; mefine celle quâils trouuent chargée de mauuailcs herbes,d autant quâoutre quâaucc icelles ils en engrefient les champs qui font fccriles amp;nbsp;froids,cncor bruflent-iis par ce moyen les herbes nuifibles, les racines dâicelles, étcnfemblc vn tas de vermine qui fouuent portent dommage aux blcds.Bicn efi vray quâil fault hure cecy lors que l ait eft nct,.ôe levain,, afin que les cendres amp;nbsp;eftinctlles ne fulfent loing portées, fi les vêts loul-floyentauee efiort, ou que le feu ne nuifit aux voilins, ou à foy-melmc: tontes-fois le fauloil allumer du colle qfoufile quelque ventée air doux, amp;nbsp;léger,amp; fur tout fil y a quelque nuage,amp; quâon peut l'attendre d auoir bien Coftpluycilaqucliefurucnant après queles chaumes feront bruflees, lâeau feruiroit beaucoup à melier éc incorpore r ces cendres auec la terre, eftanteefie graille fort bonne amp;nbsp;proufiuablc à fairc germer les bleds,amp; à les faire venir à leur perfedtion. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;â »
V i N e E N T. Vous mâayant parlé du moyen de faire fortir les grains, me foiiucnant que la féconde iournée, vous mâcnfiignafics quelques points feruans au millctne voudroy ouïr de vous, fil vault mieux les lemer, ams que rompre la terre pour la d.rnierefaçon:dâautant(quâa nioniugcment) ilsdeuroyet plus facilement naiftre,attendu quâilne kroit pas fi colbtou-ché du folcil,que famé fur la terre.
Iean BAPTIST E.I1 me dclplâillqucie ne vous dis pour lors,qiicia-maisnefautfcmerlcrnilletforlc point que le champ clllaboure, dâau-tant que rexperitnee me fait vx)ir,que ce grain germe, élt; narft en fouretc.
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NBiTFIESMB lOVRNEÃ
Cómefaci-lemcnt on fait naiftrc le rnillec.
fi on le feme apres que le foleil eft couché, amp;nbsp;quâon le couiire lendemain le pluftoft qui! fera pofliblc. Auffi ayant efté humeété par la roufée, amp;nbsp;couuert de peu de tcrre,puis foulé auec la herce bien pefante par deux ou trois matins de fuite,il ed impofliblc quâils ne fortent toil, amp;nbsp;germent fa-cilcment:dâautant que la nature leur eft telle,que non (culementpairerôt ils par cefte terre ainfi foulée Sc prclfée, quâil nây a terroir que ce grain ne penetre:amp; tant plus la terre eft batuc,amp; clpailFe fur iccluy,amp;mieux cft-il defendu des ardeurs du Ibleils, . ?
VINCENT. Puis que mâauez monftré auec quelle facilite nailfent lcs_^^ millets durant les ardeurs de lâEfté, me icmble que deuez mâinftruire lur lâaftaifonncment des autres femences.
Lâartfuplée au default de nature.
Moyen de faire venir lesfemcccs durant la chaleur.
lEAN BAPTIST E. Lâart a efté ay mé tellement dc tout temps, parles homes ingcnieux,qfouucnt auec leur induftric,ilsfupplécnt aux defaults de la nature:iâay voulu vous dire ces paroles,dâautât q câeft fans doute que lâhôme dc bon iugement,peult en temps dâEfté,faire fortir toute femence auec fon induftrie en des grands amp;nbsp;petits vafcs,cn la façon que ic vous di-ray,ncantmoins fuis-ie dâaduis quâon y face croiftre les feméccsfculcs que on peut replanter,amp; fur tout celles dc Meuricr, à caufe dc la difficulté qui eft à efleuer plus quâen toute autre femence. Pour vous en racompterdôC la manière quâô y doit fuyurc,ic dis en premier licu,quâil fault ferner toute cfpece de femence en bóne terrc,bien gra(re,ncttc,amp; menué qui fait mife (pour plus grande commodité) en vn vafe dc bois, ayant vn demy pied de haulteur amp;nbsp;largcur,amp; long à lâcquipolcnt fur des petits charriors où il cü aflis,amp;: des ciuicrcs qui les porter, afin q le matin on les conduife*^^'â®'^â fee,amp; le foleil cfclairât, amp;nbsp;refehaufant fort, on les puifte foudain retitet à rombre,amp; fur le foir les mettre dc rechef au frais dc la ferée. Et cccy peut on faire au mois dc May,amp; autres durant les chaleurs,commc en dâautres vafcs quâô porteaifémétfuries bras,amp; dedâs amp;nbsp;dchors.Ncantmoins faut toufiours le tenir pour aduerty,quâains que mettre ces femences en terre, vous les ferez tremper par quelques hcurcs,amp; les ayant fait vn peu fecher au foleil,les incorporer bien auec la terre à tout le raftcau,amp; les arroufant quant ferôt altcrées,fans y foufffir aucune herbe eftrangere ou nuifible.Et le Printemps fuyuantnâeft à oublier dc replanter toutes les plantes, foit dâherbes ou dâarbres,durant que la Lune eft tendre, amp;nbsp;fur tout celles des Meuricrs,aufquelles fault changer plus de vingt fois dc placc:auffi fi elles trouuent terre à propos,clles y vicndront,amp; croiftront en abondance.
v i N c E N T.Comment pourra Ion pHluerifcr,amp;efmicr les grolfcs mortes dures quifcndurcilfcnt parle chault,de forte que le temps dc fernerfc pafte.
Moyen de rompre les mottes trop dures.
i E A N B A p T i s T E. Ic ne confeiHcray iamais à hóme,qui voulat rompre ces durtcz,vfc dâarroufement pour ce faire,car il dômageroit fbn terroir plus que luy proufiiter:bicn luy diray, quâil prenne vne maftùé légué dâvne coudée. amp;nbsp;de la grolleur de la iambe dâvu homme,laquelle eftat bic cnccrceléc par le bout,dc lames de fer, amp;nbsp;manchée dâvn ballon fait céme
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DE LâAGRICVLTVRE.
la hante dâvne arfegaye, de longueur de quatre ou cinq pieds, il en-battra les mottes frac après lâautre, car ainfi il les menuifera facilement comme poudre.
VINCENT. Puis que vous mâauez facilité cccy, qui me fembloit affez diffîcilcà c m'éhardis de vous prier dâvn autre point, lequel me paroit im-poffiblc à fairc,à içauoir, que vous me difficz par quel moyen on peult 0-fter la neige, ayant mefmement elle plus de trente iours fur les bleds, amp;nbsp;lefqucllesles gaftent,ainfi quâauons vcu puis quelque temps en çà .
En France cela aduinC lâan i s s f. Moyen de fairefondre lej neige».
lEAN BAPTISTE, laçoit quâon die en commun ptouerbe que la nc-ge pour quinze ou vingt iours,eft la mere nourrice des blcdsmcantmoins leur fert elle de belle mere fafchcufe,y demeurant les trente: amp;nbsp;fi elle pafle outrc,câell leur teigne amp;nbsp;corruptiô;or dis-ie quâon ha peult öfter,y faifant courir de lâeau par deffusfpourueu que ce ne foit point en quelque terroir fort)la rompant auec des rouleaux, amp;nbsp;rafteaux, amp;nbsp;autres inftrumcns,iuf-qucs à ce que foit amenuifée: amp;nbsp;qui nâauroic point dâeau, la deuroit herfer tous les iours, ains que le foleil foit hault, entant quâen eftat hors la crou-fte glacce,lc foleil fondroit facilement le refte auec fa chaleur. Au default de cecy,aidc la nature,car le temps fc counrant, ou adoucilfant, ou picu-uant,il la refouldra amp;nbsp;fera fondre.
v i N c E N T.Si ie difoy cccy à mes fcrmicrs,amp; laboureurs, ils me refpo-droyentquâen y iettant de lâeau par deifus ils nuiroyent aux bleds, amp;nbsp;au tcrroir,amp; que la herfer fi fouuét,amp; la peine en feroit fafeheufe, amp;nbsp;les frais non guère plaifans. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;l
jiiEAN BAPTIST E.Qp,ind au dommage que feroit lâeau, câeft peu de cas au pris du prouftit amp;nbsp;bien quâon feroit au bled : amp;nbsp;quand aux frais en lahcrUnt, câeft là ns doute que toufiours on a trouué bon, amp;nbsp;agréable Ic Carolus,ou tournois,qui raportc vn ducat de prouftit,
VINCENT. Venant aux thofes qui font en la puiifancc de lâhomme, ic dis, que tout ainfi que le premier iour vous me dites les moyens de faire mourir amp;nbsp;rats, amp;nbsp;vers, auant quâon feme les bleds, vousme diffiez orcs comme on les peult auoir lois quâils les rongent durant le temps doux.
lEAN BAPTIST E.Ou fait facilement que lâhomme ingénieux pour-uoit à cccy allez bien comme à dâautres chofes, qui fcmblent impoftiblcs cnlâAgriculcurc,pourucu quâil prenne efgard aucommencement,moyeu amp;nbsp;fin de la maticre qui luy eft mile déliant. Par ainfi, qui eft lâhomme fi groflier, qui au leuer du foleil voyant manger les racines de fcs bleds, ne doiuecognoiftreque tout ver eft proche amp;nbsp;voifitndclafupcrficie delà terre,commc ainfi foit quâeu la mt fraefailon ii fait encor remuer lesfueil-les?Et ainfi nâeft guère malaifédeledcfcouurir, amp;nbsp;le tuer. Et certes câeft grande fotilc de voir tous les iours le dômage quâils portcnt,amp; lâen plaindre , comme qui nous rongeroie le cÅur, lans y pouruoir touteslois à la façon que ie viens de dire.
Moven de occir les vers lt;]i)i logent le» bleds en terre.
v i N c E N T.Vous mâayantmonftrcâce rcmedc,cncorfault-il quemâen-feigniez quelque voye pour delicchcr les paluz non entournez de monts, 2 ij
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NEVPIBSME lOVRNEE
OU collines, ou lieux ayans leur adîette plus haultc que la fuperficiedeC' dits paluz:car autrement il nây fault point pcnlcr voire nây deireigneraa-cun remède.
lEAK BAPTIST E. 11 écr)0Jç(cômmc vous ditcs)impofl'ible de faire cP couler les eaux des paluz quigUént entre les monts amp;nbsp;codauXjfiuf filsc-ftoyent minez, (^ que les conduits fc feident par dclfoubs, ce qui ferait i fort diflieilc à faire : ce qui aullîlèroit mal aifé en la meime planure fil nây auoit quelque panic amp;nbsp;defeente grande,ou petite,voifinc, ainfi que nous 'â' nbsp;nbsp;voyons quâen ont bit.» prclcnt lesfeign.de Venife en la grade paluz Mo-
,ccllolîê,laqjixlleiepenfe aefteinondee dâeaux depuis le déluge,iufquesà tant quâon luy a donne pallagc dclfoubs le fleune de la Brcnte,amp; du grand Conmp en chemin qui tire à Padoue. TeJlemét que les conduits de ces eaux f efeou-pculttfcou fans vers lâOrient,on recueille en ce trait de pais grand abondace de bleds let es pa- amp;nbsp;autrefeuenu. Mais dâautant quâil y a diners paluz amp;nbsp;marefts le langde ^^â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;la manne,aparcenans lt;k à la feigiicuric,amp;.au Duc de Ferrarc,lcfquclsinô-
dent denoyent vncinlinitc de terres, pour nây aiioir aucunevoye pour leur donner illù.c,il nây aa.ucre moyen, linon que de faire de grands folfcz es lieux ou les eaux courent baHement, afin quâaucc la terre tirée de ces follcz haults amp;nbsp;largcs,on feit des leuécs, qui donnalfent empefebement, amp;nbsp;aux mare Ils, amp;nbsp;à toute autre forte dâeau, fuû- cede pluye, du fluz de la mer,ou regorgement de riuicrcs.Et voudroy que fur ce folfé li grand, eut vn pontpour palier amp;nbsp;hommes amp;nbsp;belles aucc leurs charriages, amp;nbsp;autres inftrumens propres à les eulriuer: amp;nbsp;quâen outre les riucs fulfcnt bordées de force laul'es,aulnc.s, amp;nbsp;autres arbres de pareille eftofte, amp;nbsp;qui ayment vnctelle afiiette, amp;nbsp;mefmement files paluzelloycntde terrelegetc,ou. fablonnculc ainfi que lont ordinairemét.Ie dis cccy, à caufe que fi onfoil* loit dây planter ces arbre s,câcll fans doute q les leuces du folié fen iroyent par terre,amp; empliroyent le folle,
VINGEN T.lit vraycmcnticconfeircccquc venez de dirc,cllat alfcurc quâà la lôgue on rehauccroit ces lieux,car tant plus on creuferoit le bas an hauceroit auUi Icslcucestamp;cllfans mentir cncor,q les eaux de qlqucpart que pourroyent venir^conduifans au côtraire amp;nbsp;frblons,amp; autre matière (ainfi que de leur ordinaire elles cnamcinct) amp;nbsp;les fucillcs des arbres en-graillà ns le lieu y pourroyét dômager, qui nây prendroit foigneufe garde,
i E A N B A PTi s T E.Outreq CCSnoz ditcoursibnt prouliitablcs, vou-, droy que tout autour de ce plâ il y eut vn folfé plus large que ceux qui fe-royent faits par le milieu en long, amp;nbsp;au large à traucrs,a caufe que le creu-faut on fcroit vncautre Icuée par dehors,fi grande que nul eau y entreroit en aucû reps, amp;nbsp;faudioit que cefolfé pallalf vny par vnc fi nie bouche, laquelle on peult ettouper, amp;nbsp;dorre aucc vnc tfclulc fouftenne de deux piliers de pierre ou dcbois de Chaftaignier,amp;: fortifiée de chaifncs (comme on fait en diucrshcux)mcfincmét le.s cau.x fc grollilfans par oragcamp; effort des vets impetueuK.Ecparce mo'yéil nây entreroit dâautre eau q de pluye, laquelle entrée dans les folfez, Icfquels la renuoyeroyet par lâcfclufe vers
DE tâAGRICVLTVRE«
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la mer,ou vers les lacs,ou autres lieux aflis plus bas.
VINCENT. Qm auroit des lieux tels, façonnez corne vous dites,com-ment les fault- il eultiuer? '
lEAN BAPTIST E. A caufe i] CCS licux UC font guère Gus eau,ou crou ⢠pillant deifous, ou dâautres que les vcns,amp; pluyes y portét,on les met or' dinairement en pracrics pour toujours ou à tout le moins iufquesaccq ils font fl fccs,quâon y puilfc feiner les fromés, ou autres grains quâo voudra choilîr.Et dlans ainh en pré,on y fait grad nombrede loges, aucc des perches autant déliant icelles que le porte la quantité du foing qui lây rc-ciieillc,pour lây mettre à counert de y loger les belles ordonnées pour y c-ftre noiirriesiamp;y dre lie Ion encore des maifons pourlcs hommes qui lâattendent amp;nbsp;au foing,amp; à nourrir ce bcftail. 11 cil vray que fi ces lieux peu-uent dire réduits en tel cllat,quâris Ibycnt aptes au labourage,amp;y planter la vigne, ou auraoins la plus-parc d iceux:on en fait vne belle diuilion de pollélfions que facilcmcnr,lcs loges,amp; granges eftant drcllees, lây alienable vne bellecompaignie de laboureurs pour y habiter,
De e« perche» viels en Gafeoi-gne â met-tic le foing prèsIc» maifon».
v i N c E N T.Mais cornent pourroit- on accommoder les terres qui font noyées des cauxpluuialcs,afin quâelles peuffent lcruir de quelque reuenu, d^que ces eaux qui ne pcuuét lâefcoulcr hors les lcuées,nc loyent augmé-tées par celles de la mer, ou dâailleurs, ainfi quelles eftoyent auparauant quâon y mit cell crapdehement pour f aider de la terre?
i E A N BAPTISTE. Ic neferay one dâaduis quâon femaft aucun grain en lieux fcmblablcs, à caufe de la difficulté de les recueillir, bien trouuc-ray bon pour alfeuré prouffit,quâon les emplit dâaulnes, qui fulTcnt plantez loing les vus des autres vnecoudée en quarté, entant quâil en oft croit quelques 14 400. pour arpent,amp;lclquels encore tant plus leroy et en grad nombre,plus hauceroyent le fons,amp; auec la fucillc tombant tous les ans, amp;nbsp;aucc leurs racines, qui font croiftrclc plan auccleur grandeur, amp;nbsp;troc fouz tetre, amp;nbsp;outre ce quâelles fechcroyent tous les ans la fuperfluité des humeurs de ce lieu, les Aulnes y viendroyent encor fi beaux, puillà ns, amp;nbsp;clpais,quc de trois en trois ans ils rendroyét les 15.amp; 14. mille fagots ayas deux brades de long chafeun, amp;nbsp;grande quantité dâarbres à faire diuerfes fortes de pieces propres à Ibuftcnirle.s edifices fais fur pilotis.Mais qui rc-fuferoit dâemployer ces lieux en telle forte, on y pourroit faire des lolfcz ayans pour le moins quatre ou cinq bralfécs de large commençans dés le plus hault du lieu iniques au plus bas,amp;:lcs creufer autant quâil feroit poft fiblc,amp;iceux fuifent efloignez vingt braftées fans plus lâvn de lâautre, la terre oftécdcfquclsfut portée es lieux vuides,ou faits en Icuées, plantant le long dâicelles des fatux,amp; Aulnes,afin quelcsfolfez ncfcmplilfcnt, de entre les plus gros des Aulnes en y planter des plus cfpais, comme dit eft cy dcHuSjOU y femât du gland, ou bien y Enfant des prez, filon quâon verrait la choie eftre plus prouffitablc.
v i Nc E N T.Sçauriez vous quelque remede pour cfcoulcr vne eau non guère grande ayat fource en quelque coing dâvu champ,laqucllc non feu-z iij
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NEVFISSME lOVRNEE
à faire perdre dci fourect drau earn champ.
lemcnt nuit à la terre, ains contrifte le maiffre nâayant moyen dclâoftcr, pour nâauoir heu bas à la faire efcoulcr.
lEAN BAPTISTE. Nây a voyc aucuneà donner chemin à telles eaux, auffi nâen fçay-ic autre cas fino quâaucûs laboureurs mâont dit dâen auoir du tout cftaintes, fans y faire autre cas que dây faire courir dâautres eaux courantes fi long téps, quâà la fin cellcs-cy ont pris autre chemin fans leur porter aucun preiudice.
VINCENT. Tandis quâil me fbuuient, ie voudroy fçauoir voffre aduis fur les femenccs faites en Autonne : dâautant quâen plufieurs pais dâItalie, amp;nbsp;peult eftre par tout,on ne fe foucie point dâaugméter la mefure du bled au ferner en vne terre graife : ains la diminuent pluftoft, ce quâils ne font aux maigres. Etnous en noftre païs Brellà n, ainfi que nous en mettons quatre mefures pour demy arpent aux champs qui font médiocrement cultiucz,nous en douonsfept amp;nbsp;huit amp;nbsp;plus encore à ceux qui font gras, amp;nbsp;trefbicn accouftrez,amp; aux plus maigres,nâen y mettôs pas plus de quatre :voyans queceux-cy à caufe de leur foibleife nâont force dâen porter dauantagc,amp; les autres à occafion de leur gaillardife,amp; fertilité font pour porter la fcmencc fufdite.
S'il fault pim douer de fcméce aux diapj grarqu'aux maigiei.
lEAN BAPTISTE. Lâexpérience nous fait voir, que les champs plus gras produifent auffi plus grand abondace dâelpics,qui font, amp;nbsp;plus longs amp;nbsp;plus pleins de grain que ne font les maigres tant foyont-ils bien culti-uez:par-ainfi eft à louer ce que vous dites eftre obferué en Italie,amp; encor ce que dit le fameux Columellc,qui a ordonné de donner moins de fone-ce aux champs gras amp;fcrtils, quâa ceux qui font médiocrement bons, amp;nbsp;aux maigres plus quâa tous : dilà nt queceux-cy nâont point tant dâeffort de germcr,amp; produire comme les gras,il fault auffi leur difttibucr plus de fcmencc : au contraire qui en donneroit pareille quantité aux fcrtils que aux maigres,câeft fans doute, quâils ne fçauroyent abonder en grains ainli quâils font ordinairement, amp;nbsp;ne ver voit-on rien dauantage ou prouffit de plus,pour la fcmencc fur-auancéc.
v i N c E N T. Puis que vous louez tant ce labourage eftiâgcr,pourquoy cft-cc donc quenoz laboureurs font en ce pais tout le contraire?
lEAN BAPTISTE.Quoyquechà feunfâcfbahiUedececy,neatmoins il fèmblc à ces laboureurs quâil nây a point guère grand diffcrcncc,quât au prouffir, femanten vn mehne temps deux pieces de champ voifines, amp;nbsp;chafeune dâvn iotnau de mefmc terroir, à lâvnc dclqucllcs ils mettrôt fept mefures de bled, amp;nbsp;du mefmc nâen donneront à lâautre que cinq tant feulement: entant que tout ainfi que le premier ne peult produire que peu dâefpics,pour auoir grand abondance de grain fortis fur terre,Bcquil fault que la terre aucc fa graillé nourrille tout ce qui eft germé, iufques à la fin: auffi en lâautre piece pour y auoir moins de fcmencc amp;nbsp;moins de germes, les pieds porteront dauanrage par lâeffort de fertilité que ce champ ef-galîera lâautre en grolleur,amp; longueur dâcfpics,amp; au raie grain plus beau, à caufe quâil a feulement de fcmencc ce qu'il luy en fault,quoy que le prc-
DE i'aCRICVLTVRE.
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miet nâaura pas moins dâclpicsquedcfeniencciettce,bicn vray que le tuyau fera fi menu quâau moindre vent,ou pluye qui faillaillira ils feu ira. à terre. Ainfi nous concluons que tout laboureur peut fans faillir vfer des Lâexpenc-moyens que la pratique amp;nbsp;experience luy ont mofiré eftre proufiîtables, eftant cclte-cy la vraye maiftrife defeouuraut les fccrets diuers de la terre félon les climats de leur aflicte.
V i N c E N T.Eftans fur les propos de fcmeccs,ic defire fçauoir les moics de faire forcir les Melons,pepons,amp; Citroullcs.
lEAN BAPTIST E.Sur le commencement de May fault prendre de la balle de bled fort pourrie,amp; comme côuertic en marc amp;nbsp;ficus repofée de deux ans,mife en vn pâmer hault de trois doigts, puis en icelle mettre telle quantité de grains quâon vcult faire naiftre, y adiouftant pareille fom-me de la balle lùf ditce,puis encor autant de femcnce,failà ns ainfi par toute la couche, tant que tout foit plein, amp;nbsp;mettans celle claye, ou pannier dedans le four,aufli toll que le pain en cil hors tiré apres fa cuillbn,amp; que Ja chaleur fell vn peu attiedie foudain en elloupans trefbien la guellc,amp; y lailfcz vos femenecs par lâelpace de deux iours,lcfqucllcs tirant hors,vous les verrez qui auront pouiré,amp; lêront nées,puis les plantez aucc leur terroir luldit,meflé toute-fois aucc quelque peu de terre gralfc, fins mettre plus de quatre,ou cinq plantes pour valc ou vous les replanterez.
V i N c E N T.Ie nâouiz iamais tenir compte de celle balle de blcd,commc vous faites en cccy,amp; à haftet les vignes à produire toll des raifins.
Iean BAPTIST E.Si entre nous BrclTans ne faifions pourrir ces petites paillcs,amp; balle en Autonne pour laietter fur nos prez, ainfi que nous failons, amp;nbsp;la tenions en quelque lieu fepaté, amp;nbsp;à defeouuert lâelpace de deux ans lufqucs à tant que fut conuertie en ficns,non feulement nous en feruirions nous pour Icfdittcs graines, ains encor pour marier les vignes à toute forte dâarbres qui font autour de nos terres, pourueu quâelles eufset leurs racines de deux ans,afin de les faire ramper auflî bien fur les grands, que fur les mediocres,amp; plus pctis,amp; ainfi fans empefehemét on tireroit tant de raifins de ces champs,qu ils porteroient du vin en abondance:ou-tre cc que tenant les bords bien nets iufques au folié les befehant fouuér, on y femeroit toute forte de bled, là ns fouffrir que ces lieux foient occupez par les efpincs,chardons,amp;auttcs herbes launages,ainfi que font plu-Ãicursignorans, quinefefoucientdc eultiuer ny pour le prouffit quâon peut en auoir,ny pour la beauté quâà peu de labeur ils peuuent à leur hon-neur,donnerà lcurs terres.
Vincent. Puis quâelles entré fur le propos des vignes, iâaurois fort cher fi me difiez quel prouffit en tiret les memagers, qui les couurét fouz terre par tout le mois dâOélobre,amp; iufques à la fainél Martin.
Iean baptist e. On nâvlè point de celle façon de faire finon à celles qui font plantées, en lieux bas,amp; defeouuers, amp;nbsp;qui font expofez aux froidures de la Bife, qui les alfault, de forte que furuenant le froid, facile-
cc vrayc, amp;nbsp;feule guide à manier la
terre.
Moyen de faire toll naiftre la graine des Melons, 5c Pepons.
Comme fault fou-terrerles vignes fu-ietres à la gelée.
1^Z nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;NEVFIES ME IOVRNEE
merit elles font gelées des le haut iufqnes aux racines:!! quâeftans ain/Tgelées les faut couper,au moins tout ce qui eft fur terre,attendis quâelles re-iettenr au pied des autres farmens pour poi ter lâannée fuyuâte. Ainfi fail-lent lourdement les vignerons qui les fouterrent ainfi bien nettoyées, amp;nbsp;taillées iufques en hiuer,vcu quâencor quelles ne fullcnc fubiettes à la gelée que peu fouuér,fi eft-ifquayans vue fois pris la couftiimc de les cou-urir,,cc ieroit folie de la difeontinuer : entant que nâayans point elfe rompues en les defliant de leurs arbres,amp; les couuranc corne dit eft, fans doute quâelles faiFeurent contre la gelée mieux que les autres qui font a (Fail- . lies des vcns,des pluyes,amp; des neges:ioint quâayans cfté bien ordonnées, onlcsiointamp; lie depuis facilement à leurs arbres félon la couftumedes luldits laboureurs,
V i N c E N T.Cefte façon eftant fi prouffitablc que vous ditres,ie mâedone que la pluFpart des vigneronsne le mettent louz terre tous les ans:car il nây auroit autre prouftit que de les tailler en ce temps y ayant peudâaf-faire,on ne deuroit point dilfcrcr iufques au printemps.
Iean B APT i s T r.Ncfautfclbahirdecccy, veu que chafeun fuit fon ancienne couftumc,nâayant cure de lâopinion des autres, bien quâelle foit. mcillcure,amp; de laquelle fâaidcnl plufieurs tant efttangers, que leurs propres vorfins.
v i N c F. N T.Vousmâaucz faitfouuenirde ce filet fubtil, amp;nbsp;beau quâon blanchift feulement en ce pars pour la valeur de plufieurs miliers d eicus, amp;nbsp;lequel on vend par tout le monde , amp;nbsp;qui eft art propre à toute dame honefte,pour,eftrc chofe rare, amp;nbsp;fort gentille : amp;nbsp;pour-ce que ic fçay que IcsDamoifcllcs de ce carrier en blanchificnt allez,vous me ferez plaifir de me dire comme cft-cc que edafe fait.
lEAN BAPT i s T E.Mafcmnic,auec fes filles, amp;nbsp;châbriercs, enaccou-Da moyen firent bonne quantité auccgrand plaifir: faifans premiercmét la 'cTiue la deblanchir plus forte quâil leur eft poftiWc pour mettre dans leur cuue, amp;nbsp;le fécond le filet à iouren oftant le filet le fccouentfort, amp;nbsp;le remettent en vu autre cuuicC coudre. j^j^^^ net, ce quâelles font par lâcfpacc de ij.iouis, à fçauoir Fvn ionr le fc-coijans,amp; le Fullans lâautre en repos, amp;nbsp;voyansquâil eft amolly, font vue autre lelFiuc,amp; mettans le filet en la cuuefte de boys prennent du SaUon à pieces amp;nbsp;le mettes dedans, amp;nbsp;le iourcnfuyuautlclecoüentdccuuicrà âutrc,amp; lâeftendent fur des ais au Soleil,amp;lur le foir le remettent en la id-fine qui foitbicn clercâamp;: anec le Sauon meûne, vfans de celle façon tous les iours tant que le filet foit blanc en celle perfédion quâil eft requis . Ne fault faillir de lailFcr les efeheueaux fur les ais,finon lors quâà tous les bras on IcsJècoüc amp;nbsp;de leur faire leur lefüue parfaite tous les ioursitifques à la fin,amp; outre que vousfçauez q ce filet a beau luftrc, amp;nbsp;eft fort fubtil,on le véd encor aux marchands amp;nbsp;30. amp;nbsp;40.fols lâonce, qui le portent en pais eftrange. Par ainfi ne fault Peftonut r fi chalcun tient fi grand copte de ce filet,amp; li prtfque tous fadonnent à en auoir,nây ayant que bien peu qui le foucient de faire onurages de chemifes, amp;nbsp;autres choies aucc de la.foye,, voyans