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DE LA COM-
MVNICATION DES
fideles qui cognoiffent laveritédelâE-uangile,aux ceremonies des Pa-piftes,amp;âprincipale!nent à * leurs Baptefmes, Ma-riage$,Mefl'e$,Fu neraiUcs,amp;
Obfeques pour les trefpaflei.
Par Pierre Viret.
SAINCT PAVl BIT.
1. Corinth. lo.
le ne veux pas que foyez participant des Diables, Vous ne pouez boire la Couppc du Seigneur, amp;nbsp;la couppe des Diables. Vous ne pouez eure participant de la Table du Seigneur, amp;nbsp;de la table des Diables.
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PIERRE VIRET
aux leûcuri.
COmbiéquçiâayefaia quelque diffï cultépremiercmentide bailler à im primer lâEpi dre que iâauoye eferite, tou chant la communication des fidèles, a~ üec les papilles,pour les raifons qui ont 14 efté touchées, touteffois, ie penfe que ceux qui verront ces traittez que i'ad-iouAc encore â celle Epifire, fuyuant prefque ce mefmc propos,nâen feront pas fort efbahiz,amp; ne jugeront pas mon labeur eftre du tout vain,f ilz aduifent diligemment aux raifons que ie leur ay rcndu,amp; que ie leur rendz encore d pre- J fent,qui mâont défia à lâautre fois,amp; encore maintenantefmeu,i eferire de celle matière. Carfiiâay eu quelque iufte raifon,pour m'induire à l auere fois,dâef crirc'decetchofe$,iene lay pas moindre maintenant. Etplcuà à Dieu que ie ne lâculTe pas tant bonne: mais depuis d lors,iâay encore expérimenté dâauan-tage,ce que ie craignoyc défia adonc,i^ dequoyiâay admonncAéles ledeurs, CâetI afauoir, qu'ilz ne filfcnt pas comme les matrons Lefbiens auoyent de
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â Ã AVX LECTEVRS.
couftume.Carau licude mefurcr leur muraille,amp; leur ouuraige à la rcigle, pour le drelTer félon icelle, ilz vfoycnt dâvne rcigle de plomb,laquelle ilz faifoy ent ployer corn me ilz vouloycnt, pour la faire connenir d leur ouurage,non pas leurouuragc d la rcigle, pardaqucllc il dcuoitcftrc corrigé amp;nbsp;redrelTé. Il y en a auiourdhuy plulîcurs:(Ie ne dis pas des papilles: carceux Id fuyuent tous celle couftumc, des maffons Lefbicns.) Mais ic le dy de ceux mefmes qui fe glo rifient de la cognoiffance de lâEuangile, voyre de ceux qui veulent eftre tenuz pour les mieux cntenduz,amp; les plus par fairz doseurs des antres,qui font le fern blable,cn l'expofition des faindes eferi-tures,pour les faire feruir d leurs affections,au lieu de reigler amp;nbsp;corriger leurs a fFcélions,par icelles. Et finguliercmcnt en celle matière, de laquelle il cil main tenant qucllion. Car câell vne leçon mcrueillcufement difficile d entendre, amp;d apprendre, d ceux qui nâont point encore apprins d renoncer d eux mefmes,amp; qui veulent fuyure lefus Clirill, fans porter leur croix après luy.Et pour tant
t
AVX LECTEVRS $ tant,fâillz ont trauailé à tranfformcr les faindes Efcritures , en toutes fortes, pour approuuer pariceUe$,ce quâil z font Contre le commandement de Dieu,a-uant que nul les ayt reprins, amp;nbsp;que nul ayt condamné par eferit leur opinion quâilz ont en cecy,Dieu fait quelle violence ilz ont tafehé de luy faire para-pres,quandilz ontfenty comment ilz eftoyentpreflez ,par les tefmoignages de la parolie de Dieu, produidz, par les miniftres dâicclle.Dieu fait les complain tes que plufieurs d'entre eux ont faict, de ceux qui auoyent mieux aymé rendre tefmoignage à la vérité de Dieu, amp;nbsp;faciffaire à leur deuoir amp;nbsp;office, quâà l'af fediondâiceux. Ayant donc ouy,amp; en tendu ces chofes,amp; les répliqués quâaucuns dâeux ont encores au iourdkuy, contre ce de quoy ilz deuroyent défia bien eftre plus que fatiffaidz,fâilz fevou loyent contenter de raifon. lâay bien voulu mettre la main de rechef à cefte matière, pour monftrer encore plus clai rcment,à ceux qui pourroyent eftre ef-meuz,par leurs raifons, amp;nbsp;offenfez des nofttes,quc la dodrine que nous auons
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^ AVX LECTEVRS.
baillée,touchant ce cas, eft pure, amp;nbsp;fer-mc,amp;prinfe,amp; fondée, non par fur lei raifons de rentendement humain, mais fur le confeil de Dieu, qui nous rft reue lé pa r fa parolle. Moy donc eftant défia fur celte délibération,i ay encore cité efmeu d'auâtaige,â la pourfuyurc,aprcs quei eu veu â Strafbourg quelque ef-crit,d'aucun fanant perfonnaige,qui de mandoit encore confeil fur ceft affaire, amp;nbsp;qui dcclairoitparfon efcrit,quâil n'c-ftott pas bien content de la rigueur que nous tenons aux üdcks en celle communication aucc les papilles. Voila quant à la principale caufc,qui mâa inci té d faire ce que ie fays maintcnant,có-me il apparoiftra plus clairement, par la leelure des trairtcz fuy uans. Et à celle fin que ceux qui les liront en puif-enc mieux faire leur profita amp;nbsp;fauoir auant quâentrer en la lecture diceux, quâilz en doyuent attendre,amp;qucl fruit ilz en peuuent rapporter, ie les en veux bien aduertir. EnlâEpillre, qui a défia eftéimprimée,iâaytraittéla matière que ie traitre maintenant,en ce prochain traitté,plusen général,fans defeendre point
AVX LECTEVRS. 't point en particulier,aux cfpeces det cérémonies,amp; idolatries des papilles,que nous condamnons,corne ic le fay main tenant, au traitté fuyuant. Voila donc défia la premiere difference, qui eft entre lâepiftre,amp; ce prefent traitté. Il y a aufiïccla,queic procède icy dâvn autre ordre^qu en lâepiftre, amp;nbsp;que ic traitte la matière d vnc autre forte,amp; par autres iraifonsamp;argumens qui nâauoyét pas en core efté deduidi fi amplement, en lâepiftre. Etpariceux mefmesie refponds auiTl aux obicefions amp;nbsp;répliques, qui ont efté faites par ceux qui répugnent à la doctrine icy traittée,contre les argu mens que nous auions mis en auant co tre eux j Aufquelx iâadioufte encore quelques tefmoignages, amp;nbsp;exemples de lâEglifc ancienne, pour monftrer cô-menc nous auons pour confirmation de noftre fentence,les tefmoignages, tant de lâEfcriturc fainâc,quc de lâEglifc ancienne,tant des Ifraclitcs que des Chre ftien8,amp;des Prophètes, Apoftres,do-Ãcurs amp;nbsp;fidèles qui ont efté en icellc.Lc traitté qui va aptes, ceftuy cy,cft plus pour ceux qui font defia en délibérât^
8 AVX LECTEVRS.
on dâabandonner lâidolâtrie des papilles, amp;nbsp;de fortir dâentre eux , que pour ceux qui veulent maintenir /quâilz peu uent encore communiquer en bonne confciencc,â leurs aflcmblécs. Le dernier, nonobftant quâil foit cfcric,pour ceux qui demourent encore entre les pa piftcs,amp; principalement pour les cour-tifan$,amp; ceux qui ont quelque office pu bliquc,touccffoi$,il netraittepas lesmcf meschofes,qui font déduites aux autres, touchant la communication en i-dolatric aucc les idolâtres, mais des autres poinclz,qui leur peuuent fcruirdc bons aduertilïemens,pourfefauoircon duirefélon Dieu,U ou ilz fonr,fclon les cas diuers qui leur peuuent aduenir: comme le tout fera dit plus amplement, en fon lieu amp;nbsp;en fon ordre. Vcla la fom-me,tant de lâEpiftre, que de tous fes au très traiteez, amp;nbsp;la conucnance,amp;diuer-ficé des matières'traittèes eniceux. Or fil adulent que ic reiterc quelque fois quelque chofej, qui aura defia cfté dicte en vn autre lieu, il nâen faut pas dire ef merucillé.Car il eft bien difficile de trait ter ces matiercs,tant conioincles enfem blc
AVX LECTEVRS. 9 ble,fans redire quelque fois,quelque chofe qui aura délia eflé dicte, mais non pas en telle forte,ny à tel propos. Par-quoyiâay bonneefperance,que les Ic-deurs bien affedionnez à la vérité, ex-euferont facilement,non feulement cela, mais beaucoup dâautres ebofes plus dignes de reprehenfiô,qui voudroic iuger de mes efcritz,d lati-gucur,dc lâart des orateurs,
* amp;dclappmpedesle-treshumai-
nes.
DE LA COMMV-
NIGATïON DES FI-deles, qui cognoiffent la vêrifc de lâEnangile.aux ceremonies des Papiftes:amp; principalement à leurs Baptefmes,Mariages. Meffes, Fane railles, amp;nbsp;Obfe-ques pour les trefpaffez.
jio M B à EN ^^iquc ccftequc-Iftion a défia e-jfté traittée amp;nbsp;débattue affez i amplement, amp;nbsp;alTcz furfifam-ment:câettafa-uoir,fâileftlicî te aux fidèles, qui ont cogneu la vérité, de conuerfer auec les Chreftiens Papilles, amp;nbsp;de communiquer auec eux,en leurs facrificet amp;ceremonics,fansof-
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EPISTRE
fenfer Dieu, amp;nbsp;quel moyen il y faut te-^i^iek 'ââ'^â tout'ffâ*â il y en a coufiours plu-fefeheufe fieurs, de ceux aufquclz ilfemblc que celle matière attouche de plus près, qui ne fe pcuuent contenter de refponfe quâon leur puilTc faire , ne de raifons quâon Icurpuilfe alléguer, touchant ce propos. E t qui eft la caufe pourquoy ilz font tant difficiles à contenter? le ne puis entendre quâil y aye autre caufe,linon quâil me femblc, quâil en prend de cecy comme de ceux qui fe veulent ma ricr,ou quidelibcrent de quelque autre chofe dâimportance. le trouuc quâil y Diueriité en a de trois fortes.Les vns font impru-^ddeUbe'^*^ââ '^ téméraires , qui font tout fans rent de confcil,amp; fans aduis dâautre que dâeux-«T'eiqne mefmes, ne fuyuans finon leur propre affedion. Ily en a des autres tout contraires,qui font plus prudens amp;nbsp;plus fa-ges,qui ne veulent rien entreprendre ne faire fans bon confeil,amp;fans lâad-uis de leurs amiz ,amp; de ceux quâilzco-gnoiffent auoir les moyens, pour les pouuoir addreffer â ce à quay ilz preten dent, ne fe voulans point fier à leur pro pre confeil amp;nbsp;affection. Ceux cy font
AVX FIDELES. ij autant dignes de louange, que les premiers,font dignes de vitupéré.Or outre ceux C'y, il y en a encore d'vn autre ordre,qui font entre ces deux cy. Ce font ceux qui demandent confeil: mais tou-tcffois il ne fuyuent le confeil quâon leur baille, finon entant quâil ert confor me au leur, amp;nbsp;à leurs affections . Car quelque chofe quâon leur confcille, fi faut il ncantmoins quâilz facenttouf-iours cequâilz ont délibéré. Dequoy Icurfertil donc,de demander confeilê Seulement pourcouurir amp;nbsp;pour pallier leur folie amp;nbsp;leurs affections de quelque apparence. Parquoy ilz ne font en rien diffcrens aux premiers, finon en ce, quâilz font plus grans hypocrites, plus tins, amp;nbsp;plus cauteleux. Car fâilz pcuuent trouucr vers ceux aufquclz ilz faddreffent, tel confeil quâilz le défirent, ilz le fuyuent trefuoluntiers, amp;nbsp;font fortioyeuxd'auoirtrouué le moyen , par lequel ilz pourront donner d entendrc,quâilz nâont rien faid temerai remcntiny fans le bon confeil, aduis amp;nbsp;vouloir de leurs amiz amp;nbsp;de gens fages^ Mais fâilz ne rencontrent ce quâilz cer-
14 EPISTRE
chent^ilzfont comme 1«premiers,amp; ne fuyuent autre confcil que le leur propre.
Il nâen aduient pas moins en cefte Dioeriité matiere,laquelle nous auonsmaintc-deceux nantà traitter. Carily en apinfieurs, tifientVHâ* ^^ ^°*f qu'ilz ayent cognoifTance Ucognoifdcs abnz , amp;nbsp;des idolatries amp;nbsp;fuperftiti-fancc de ons,qui fc commettent aux eg life s papi Sufgüe-Ã^j. (QUfçffoij ji2 ne font nulle difficul ' té de fe ruer dedans,fans rien confide-rcr,amp; fans demander aduis ne confcil, fi câeft bien faidou mal. Car pour le premier , ilz nâont pas délibéré de faire au-tremé t, quâainfi que leur telle leur chan te, amp;nbsp;quâil leur vient mieux d propos, quelque raifon quâon leur puiffe mettre en auant, pourtant quâil nây a partant de crainte de Dieu en eux,ou deco-gnoiflance,quâellc les follicite à fâenque tir de telles chofes. De lâautre part,ilz nâontpas telle eftime dclâEglife de le-fut amp;nbsp;des vrais Chreftiens amp;nbsp;fidèles, ny tant de foing dâauoir bonne renommée amp;nbsp;bonne reputation entre eux,quâilz fc foucient beaucoup de les feandalizer, ny dâeftre tenuz dâeux pour idolâtres.
Ceux
AVX FIDELES. ïy Ceux cy nefontdu tout point hypocri-tes.Car ilz nâaynient Dieu,ny n'cn font lefcmblant. Ce leur eft tout vniCom-nient Dieu fait honnoré oudeshonno-Té,amp; quelle opinion kt gen» debien ayentd eux, mais qutilz puiftent viure au monde Sleur ay fe. Ceux qui font Vne pkilofophie de la religion, amp;nbsp;qui nâen parlent que par manière d'acquit, comme de quelque autre fcience humai ne,font fort de celle bende. Il y en a des autres , qui nonobftant quâilz defire-royent bien de demeurer en Icurmai-fon amp;nbsp;en leur pays, auec leurs femmes amp;nbsp;enfant, amp;nbsp;au près de leurs parens amp;nbsp;arnys : tonteffoit craignant dâoffenfer Dieu , amp;nbsp;faifan» fcrupule de communiquer aux facrilcgei amp;nbsp;blafphemet dei idolâtres, ilz f enquiercntdcla volonté de Dieu, defirans dâappaifer leur con-gt; fcience: non pas par fcinftife,maitde bonne affedion ,pourfcrnirS Dieu félon fa volunté.Ccux cy font vrais ferui tears de Dieu, amp;nbsp;fans hypocrifie. Et pourtant ilz font leur profit de ce qui leur eft propofé par la parolle de Dicu,amp; ayment mieux renoncer S leurt affe-.
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étions,qu'à le fus Chrift leur Sauueur,amp; abandonnerpluftoft toutes cliofes , que fa paroUe. Et fâilz font quelqueefpace de temps,difficulté de fe rendre du tout dlefus,amp;fe feparer de toute idolatrie, cela vient,ou d'ignorance,pourtant que ilz ne font pas encore bien inftruiffz fur celle matiere , ou dâinfirmité de chair, laquelle touteffois ilz vainquent 7ÿj par apres, par la vertu delà foy ^i eft '^â/«b'eux,laquelle Dieu leur augmente de loüreniour. Mais outre ceux cy nous auons les hypocrites,qui nâont pas dcli-bcré,non plus que les premiers, de f ad-donnerdutout dIcfusChrill,amp;de renoncer deuxmefmes amp;dleurs plaifirs amp;nbsp;voluptez. Parquoy ce quâilz demandent lâaduis amp;nbsp;lâopinion des autres, fur celle matiere, nâcll linon pour farmer de leur authorité', afin quâilz puiffent mieux couurir amp;nbsp;pallier leur idolatrie amp;nbsp;leur lîmulation amp;nbsp;fein^ife: comme lâcxperience le tefmoigrié. Car nous voyons manifeftement quâilz font ain-15 des refponfes qui leur font faites fur cela, comme ilz font des fainclcs Efcri-tures.Sâil y a quelque fort argument, amp;nbsp;quel-
AV X FIDELES. 17 quelques fortes raifons, qui les prefTenc plus quâilz ne voudroyentjlz regimbent incontinent-, amp;nbsp;grincent lesdens Contre ceux qui parlent autrement que ilz ne défirent.Au contraire,fil y a quel que poind, fur lequelilz puilfent prendre pied, Dieu fait comment ilz le font Valoir, amp;nbsp;comment ilz efpient de près, fâilz pourront trouuer quelque raifon, quâilz puilfent deftoumer â leur fens amp;nbsp;affedion. En quoy il appcrt,qu'ilz ccr-chcnt,cc quâilz ne voudroycnt pas trou uer,amp; quâilz demandent confeil plus pour pallier amp;nbsp;couurir leur faid,amp; pour fatiffaire aux hommes, quâilz ne le font pour cognoiftre la vérité, amp;nbsp;pour fatif-faire à Dieu. le ne dy pas cecy de tous,amp; principalement de ceux qui pechent en core par ignorâce ; mais ic parle de ceux qui font telz queicdy,amp;qui en font conuaineuz pat le tefmoignage de leur propre confcience, trauaillans plus à c-dre veux Chrediens,comme Ananias Aa.y. amp;nbsp;Saphira^, quâà lâcdre en vérité amp;de faid,comme les vrais Apodres amp;nbsp;difei-ples de lefusChrid. Brief, ilz fuyuent la Voyedc Balaham, demandant confçil Ã
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EPISTRE
Dieu,lequelilz ne veulent pas fuyure Parquoy, celuy qui les a comparé le pre mice à Balaam,nclcurpouuoit bailler tiltre plus propre, nâvfer de comparai-fon,qui leur full plus conucnable. Puis donc qu'il y a telle diuerfité de gens , amp;nbsp;quâil y en a de tant quercleux,touchanr ce cas, qu'ilz ne fe pcuuent iamais con-tcnter,de raifons qu'ilz ayent oiiyes ,ic aydélibéré démettre encore quelques poinâz en auant touchant celle marie--, rc, outre ce que iâenay défia eferit: non tejcinre» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
pourquoy pas pour efperance que Paye dcpouuoir ce Traidé fatiffaire à ceux qui ne fe pcuuent con-cü fai a. £fnter de ce quâen a défia efté eferit, amp;nbsp;qui veulent dire contentieux contre la vérité de Dieu,amp; plaider auecluy, niais ( pourconfermer dâauantagc c5cre leurs vaincs raifons,ceux qui ontdefiafaiél leur profit de celles qui ont efté defdui-Ães furceft affaire :amp; pour effayer fiie pourroye encore profiter quelque choie enuers ceux quipechenten cecy , ou par fimplicicé,ou par ignorance, ou par infirmité,amp; pour expliquer encore plus clairement ce qui a défia efférraielé de Cacy,tantparlcs autres que par moy, Donques
AVX FIDELES. i^
Doriques pour mieux defduire les inatieres par ordre,amp; pour en auoir plus claire amp;nbsp;plus facile intelligence, il nous faut premièrement confiderer enquoy gift tout le different, amp;nbsp;la difficulté de Lj. peina ceftequeftion. Nous nefommes pas principal en different, nyïn doute, afauoir mon, Jj^^j'j fi idolâtrie eft péché . Car nous tenons g^,,!,^ ^^.^ défia tous, cela pour refolu entre nous, traidée. Le principal poind donc eft: Afauoir mon,ficâeft idolatrie dâaffifter aux af-femblées des idolâtres , aufquellcs ilz font profcffion de leur religioniamp;qucl-1e affiftcncc nous y eft licite,ou non. Car quand nous aurons prouué,qucd'y affiftcr, câeft idolatrie, il fenfuit ncccf-fairemct,que câeft vn péché, qui ne doit nullement eftre approuuéd vn homme Chreftien. nbsp;nbsp;nbsp;Donques,pour bien co-
gnoiftre,fi cela eft idolâtrie, il eft requis Diffinitiô premièrement de diffinir amp;nbsp;de fauoir ^,*^°^jj, que câeft quâidolatrie. Car nous nous rriigi3,amp; pourrions bien tromper autour de cc^iuæfcre mot,iugeans eftre idolatrie, ce que neâââ' lâeftpas-.ou aucontraire,iugeans nâeftte point idolâtrie, ce qui eft idolatrie mani fefte. Or fi nous voulons bien entendre
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iO nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃPISTRE
que câeftqu'idolatne,prenons fon contraire,afin que par la conference de lâvn amp;de lâautre,nouspuilfions mieuxiu-ger amp;cognoiftre ce que nous querons. (J^i eft le contraire dâidolâtrie ? Serui-ce diuin.Car puis quâidolatrie fignific le feruice des idoles amp;nbsp;des faux dieux,i] ne y a point de doute quâidolatrie, amp;nbsp;faulfe religion,ne foyent tout vn:amp; que diuin feruice,amp; vrayc rcligion,nc foyet leurs contraires. Et qu'eft- ce que diuin fer-uice,ou religion f Ce nâeft autre chofe quâvu feruice pur amp;nbsp;entier, ou vn honneur donné à Dieu, tel quâil le requiert de nous enfesfainâcs Eferitures. Il fâenfuit donc, quâidolatrie eft vn feruice ou vn honneur,dóné à autre quâà Dieu, . ou vn honneur amp;nbsp;vn feruice autre quâil nâeftcommandéde Dieu par faparolle. Parquoy, nous conelurrons, quâidola-tric eft vn feruice coloré du Nom de Dieu, par lequel levray Dieu eft dcf-honnoré, amp;nbsp;les faux dieux honnorez, foubz le tiltre de lâhonneur de Dieu. Il fâenfuit donc,que tout feruice quâon veut tenir pour diuin, amp;nbsp;pat lequel on pretend dâhonnorer Dieu autrement quâil
AVX FIDELES. Il tjuâîl nâa commandé par faparoUcicflâ idolatrie, amp;nbsp;que Dieu nâeftpas honnoré par iccluy,mai$ le Diable foubz le Nom de Dicu,quelquc belle apparéce, ou cou leur quâil puilïe auoir.
Puis donc que nous fanons que i« paru c'enquâidolatricamp;feruicediuin,il nous *â * ^|* faut maintenantcofiderer quelles font «amp;ââ,« les parties duferuicediuin,amp;que câeft ligion. quâil cóprend:amp; puis eda cogneu, nous entendrons auifbpar le contraire,quel-Ics font les parties dâidolâtrie, amp;nbsp;qu'elle contient - Or pour mieux entendre iuf-ques d ou fâeftend le feruice diuin, nous prendrons le nom dâinuocation ,par le- inuoc»* quel le feruice diuin eftfouuenteffoys non-lignifié amp;nbsp;exprimé aux faindes Efcritu res ; comme il appert par le tefmoiena- . â . gede Ioel,difanr: Quiconque inuoque- Aa.i. ra le Nom de Dieu,fera fauué. Si le fa- Roin.ioâ lut eft promis à tous ceux qui inuoque-ront le Nom de Dieu, fans en point excepter,il eft tout certain que lâinuocati-on du Nom de Dieu,eftle plus grâdfer-uice,que nous puilTions faire à Dieu, amp;nbsp;celuy qui contient quali tout ce que le Seigneur requiert de nous. Car pour le
EPISTRE
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premier,il comprend la foy, fans laquet Toy vraie |ç ^ ^1^ jfnpQjl',l,[e déplaire d Dicu,amp; par laquelle ce que nous raifonsluyeft aggrcabic. Car comme lâApoftre le tef-Rom.io. joigne: Comment lâinuoquerontilz, filz necroyenten luy f Puis donc que lafoy efteomprinfe en lâinuocacion du Nom de Dieu,il fenfuit necefTairement quâelle requiert le cueur,amp; ramc,amp; lâcf-prit.Car la foy ne peut dire fans ces cho fes,attendu quâelle comprend lâentende ment amp;nbsp;la volunté,amp; quâelle ne peut e-ftre fans la vraye cognoiffance de Dieu, amp;fans vne perfuafion amp;alTcurance de fes promctres,amp; vn confentement amp;nbsp;v-ne obciifance du cueur fidele d la parol-1e du Seigneur. Pource lâApoftre ayant did : ce que nous auons defia touché en Rom. to. vn autre lieu: Ãe cueur on croit pour - iuftice.-il adioufte incótinent:amp; on faid confclTion de bouche pour falut. Par cSfeffion Icfquelles paroUes il comprend lâautre amp;nbsp;tefmoi partie de lâinuocation du Nom de Dieu, * ^'â^ â^ 8*^ P®^ feulement en vne foy * vainc amp;nbsp;morte, ou en vne vainc opini-oh, amp;nbsp;contemplation de la parollc de Dieu: mais en vne vertu amp;nbsp;puilîance de lâ£f-
Avx flDÃLES. tgt; TEfpric de Dieu,qui fort en elFedià qui produict lesfruictz delâEfprit de Dieu» auec lequel le cueur fidele cftconioincl par la foy. Et pourtant,le Prophete nâa pas feulement voulu dire : Quiconque croira au Nom de Dieu,il fera fauué: combien quâil le pouuoit bien dire dla vérité . Car celle propofition cft veritable. Mais afin que nul ne fc deceuft foy-niefme,fe feignant vnc foy à fa pofte, (comme plulîeurs font fc vantant de la foy,amp;fi ne feeurenc iamais que câeft que foy,amp; n en fentircntiamaisla vertu ) il a mieux aymédite: Qjqieonque inuo-quera le Nom de Dieu,fera fauué : pour mieux exprimer la vertu amp;nbsp;la nature de la foy, amp;nbsp;pour nous donnerplus facilement d entendre quelle cft la vrayc foy, par les fruiftz amp;nbsp;par les Åuurcs dâicelle. Car quand il parle dâinuoquer Dieu, il nous renuoye incontinent d la foy,fan» laquelle nous ne pouuons entendre la vraye inuocarion du Nom de Dicu,non plus que les effeelz fans leurs caufes . Et quâil parle de la vraye inuocation, il appert par ce quâil promet falut aux inuo-catcuts, lequel nâeft pas promis aux hy-
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*4 EPISTRE
pocritcs,mais aux vrais fideles,aufquelz lâEfcriture fainde faddreffe. Parquoy il la faut entendre félon le fens de ceux aufquelz elle parle,câcftafauoir des fideles, qui la preneur, au fens de lâEfprit de Dieu, qui parle d eux par icelle. Et fi nous faut encore notcr,que le Prophete nâa pas did: Quicoque inuoquera Dieu, Le Nom mais le Nom de Dieu:non pas qu'inuo-dcDlcu. querDieu,amp;inuoquerleNomde Dieu, nereuiennenttoutenvn. Carie Nom de Dieu,eft prins pour Dieu,quâil figni-fic. Mais pourtant que le Nom de Dieu emporte auffi amp;nbsp;lignifie le los, la vertu, amp;nbsp;la renommée de Dicu,lâEfcri(ure fain de nous admonnefte par celle manière de parler,que les vrais fidele$,amp; lesvrais innocatcurs du Nom de Dieu, font te-nuz amp;nbsp;obligez, de le magnifier, de publier fon los amp;nbsp;fa renommée, de le célébrer, amp;nbsp;de prefeher en toutes manières fesvcrtuz amp;nbsp;louanges, Parquoy il eft tout certain que le nom dâinuoeation contient mamfeftement la confelTion de bouche,que nous dcuons faire de no lire Foy,amp; la profellion de la rcligion,la quelle nous voulons fuy ure. Câeft aulÃÃ
AVX FIDELES. tç lacaufe,pourquoy les Prophètes,par-lansduferuice diuin qui doit eftre fait â Dieu,par toute la terre, apres que 1e-fus fera manifefté, ilz le deferiuent, par ees manières de parler: Ployer le genoil, au Seigneur:Iurer,par le Nom de Dieu, amp;nbsp;autres femblablcs.
Nous conelurrons donc,que tout ainfi que ceux font hypocrites, qui in-uoquent D I E V , tant feulement de la Hypocri-bouchc,fans lâamour au cueur,par foy, '^â^ ^^ quâauffifcmblablcmcnt,ccux ne font M^^l point vrays Chreftiens, mais vnc autre forte dâhypocritcs,qui fe vantent de la Foy, amp;nbsp;ncantmoins,ilz nâen font point de confeifion ne de profcirion,ny de pa-rollcnydâÅuureSjCXtcricurcs. Carlâvn amp;nbsp;lâautre eft requis. Parquoy 11 ne font pas fort loing,dc ceux, defquclz lâApo-ftrcdict:Ilz confeffentcognoiftreDieu, ^^^j, mais ilz le nient par Åuures.Car fi ceux nientOieu par Åuures,qui le confeflent de bouche,amp;neantmoins,ilz ne font point les «uures, correfpondentes, ny conuenables d la confeffion quâilz font, ny d la cognoifTance quâilz fe glorifient dâauoir , en pouuons nous dire guere
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moins,de ceux qui fc glorifient, cnucrs aucuns,en particulier,de cognoiftre la vcrité,amp; de renoncer aux abus de lâA n-techrift, touteffoi$,en public,ili feffor-cent,par tous les moyens quâilz peuuét, de monftrcr,amp; donner à entendre aux idolâtres, quâilz font tclz quâeux , fai-fans les mefnies Åunres quâilz font. Si nous entendions bien, la refponfe que Ananias fcift à Icfus Clirift, quand il lâcnuoyoit d Saul,eftantcnDamas,nous nâaurions plus befoingdc difputer lon-gucmenr,dc cefte matière. CarAna-nias,parlât des fideles que Saul eftoit ve j^ nuperfccuteren Damas,ildiiâ;Ilaicy Ibumv autorité,de part les facrificateurs,dc lier leurs du tousccux qui inuoquent ton Nom.Lcf jef«quot;*' quclz entend il, par ceux qui inuoquét
Icnomdclefusî liefttoutccrtain,quc il nâentéd autres, que ceux quâil a appel lé,fainiftz,par auant câeft d dire, les fidèles amp;Chrcfticns. Puis donc qu'Ana-niasbaillc'cc tiltre,aux Chreftiens amp;nbsp;aux fideles,amp; que deftre inuocatcurs du nom de Icfus,amp; clirefticn,ou difciple de Iefus,lîgnifie vne mefmc chofe, en câeft endroit,iinây apointdc doubte, que ces dite
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Chrcftiens,quieftoycnten Damas,ne filTent confelfion de bouche,du nom de lefuSiamp;profelTion de la religion Chre-ftiennciparÅuures extérieures,par lef- , . quelles ilz fe moftroycncdiitercns aux Ãonae, autres Iuifz,qui eftoyent en Damas, premiers tout ainfi que les fideles amp;nbsp;les faindz, chreihe», ?[ui eftoyent en Hierufalcm auoyent, Aa,i.j. â
aid. Carilz ne fe contentèrent point dâauoircreu,d la predication de Pierre, mais aucc ccla,ilz voulurent encore fai reprofelfion de celle foy, par le Eatcf-niequilz receurent publiquement,en tefmoignage,qu'ilz fe rendoyent entic renient d lefus, amp;nbsp;quâilz fe feparoyent de la generation mauuaife amp;nbsp;peruerfe, félon le confeil de faind Pierre. nbsp;Car
fâilz uâculfent fait profclTion manifede, du nom de lefus,pourquoy Saul les euft ilperfccutez, en Hierufalemf Ãtpour-quoy les full il venu cercher, en Da- Aagt;7-SâP mas pour les meneren Hierufalcm,fâilz entrent feulement tenu leur Foy f«crc-te, fans la declaircr,par inuocation ma-nifefte du nom de I E S V S, amp;nbsp;mà -nifefte profclTion amp;nbsp;proteftation de lâE-uangilcf Si ne pouvons nous toutef-
18 EPISTRE
fois alléguer raifó,pour couurir amp;nbsp;pour fon^Xs*' 'â^â-â^â^^ â°^ fimulations amp;nbsp;feintifes, chrertiens touchant rinuocation du Nom dcDieu, ancici,»- amp;leferuicediuin,qui ne puilTent au-ucc ceux fant,ouplusferuirà ceux ld,pourdiffi-amp;dctluifz muler leur religion,qua nous. Carn auee 1« nous allcgons,que nous ne conuerfons PâP*ûlt;t. pjj entre IcsTurcz,ou entre les Payens, ou les Iuifz,amp; entre des peuples,qui re-iettent manifeftenicnt Icfus Chrift amp;nbsp;fon Euangile,niais entre vn peuple,qui porte le nom deChreftien,comme nous, amp;nbsp;qui eft baptizé,au Nom du Pere amp;nbsp;du Filz amp;nbsp;du faind Efprit,amp; qui fait profcf fion dâvne mefme Foy amp;nbsp;dâvnc mefme religion,auecnous,excepté quâelle eft corrumpueamp; fouillée par quclquesa-bus amp;fuperftitions,nefer3 il pas facile de répliquer au contraire , que ceux de , Hicrufalem amp;nbsp;de Damas auoycnt toutes ces mefmescxcufes,amp; encore plus péremptoires, amp;nbsp;plus fauorable , que nous* Carilz conucrfoyent,au milieu dâvn peuple, qui eftoit tenu pour peuple de Dieu,qui auoit la circoncifi-on des promenés,la doctrine de la loy amp;nbsp;Kom4.9. ^'* Prophètes amp;nbsp;le feruice diuin,tel que il auoit
AVX FIDELES. I9 ai auoit efté ordonné de Dieu,beaucoup moins Corrumpu,par traditions humaines, que les papilles ne lâont pas, fans comparaifon. Car pour le moin$,il nây auoit point dâidolâtrie manifefte,com-meen lapapifterie,en laquelled peine on peut rien trouuer,pour petit quâil foit, non pasvne feule ordonnance de Icfus ,qui ne foit prefque totalement Corrunipue amp;nbsp;renuerfée,par fuperftiti-on amp;nbsp;idolatrie,plus execrable quâelle ne futiamais entre les Payent. le ne dis rien des autres inuentions,qui n'ont ne fondement ne couleur,quelle que ce foit,aux faindes Efcriturcs,mais y repu gnent manifeftement. Si dâautre part, nous allegons les dangicrs,amp; amp;nbsp;les pcr-fecutions,ccuxlacnefloycnt ilz horsî Sâilz eulTcntpcu dilTïmuler,amp; trouuer fulfufantcs noz cxcufes,fans ofFenfer Dieu,penfons nous quâilz ne fuirent de chair amp;nbsp;de fang,commc nous, amp;nbsp;quâilz nâeulTcnt leur chair autant delicate,que nous la noftre,pour cerchcr les moyens, de fuy t amp;nbsp;euiter les perfecutions amp;nbsp;dan gierse II nây a point de doute. Mais ilz cognoilfoycnt bien, quâil ne fc failloit
JO EPISTRE
pas louer aucc Dieu, ne feruîr â Icfus Cliriftfans croix,pouriâinuocation de fon Nom.
Quand donc tout fera bien confide ré,il eft tout clair, que Iâinuocation du NomdcDieu,ainfi entendue,comme n Jus lâauons declairée,amp; comme elle fc doit entendre, comptent toute la premi cre tablc,amp; tout ce quâappartient au fer uicediuin. Car elle comprend le premier commandement,en tant quâelle requiert, que nous feruions au vray Dicu,en vtaye crainte amp;nbsp;en vrayefoy. Parquoy elle nous admonnefte, de fuyr tous faux dieux,toutes idolc$,hcrefiesamp; faulfes opinions amp;nbsp;fedes peruerfes ,qui font contraires,^ la parolle de Dieu, en laquelle il feft v rayement manifefté, amp;nbsp;nous admonnefte aùiTi,dâobeyr,à ce cô-mandement: Tuadorcraslc Seigneur ton Dieu,amp; feruiras ^ luy tout fcul. Elle comprend audibles autres comman-demens fuyuans,qui font mention, de fcruiramp;IionnorerDicu,amp;de manife-fter celle foy amp;nbsp;celle crainte dcDicu,que le Seigneur requiert de nous,par le premier commandement. En fommeil
nous
AVX FIDELES.
fions en feigne par iceux , quâil ne veut point eftre honnoré, par idoles, ny par cliofes vilîblcs amp;nbsp;marcricles,ny Åuurcs humaines, finon en la manière quâil nous a commandé : amp;nbsp;quâil ne veut point,que nous abufions de fonNom,amp; que nous le prenions en vain, mais en tout honneur amp;rcucrence,amp;que nous le fanftifions. Il nous commande donc de fuyr les idoles, amp;nbsp;les traditions hu- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
maine$,amp;dcfFcnd,dclc renier amp;nbsp;blaf- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;f
phemer,cn forte que ce foir. En après, parlâobferuationdufabbatôc du repos, quâil commande,il nous cnfeigne,cn quel honneur nous deuons auoirfapa-rolle amp;nbsp;fcs facremens,amp; le minifterede iceux, amp;nbsp;les alTemblées de lâEglife,pour lefquclles chofcs,ila ordonné ceiour la. Car il ne veut point que les fidèles foy-ent efpars,amp; quâilz viuent folitaires amp;nbsp;cfquarcez les vns des autres,mais quâilz ayent leurs atTemblècs,amp; quâilz eilifcnc cclles,aufqucllcs le Nom de Dieu eft in Uoqué amp;nbsp;glorifié, pour conioindre leur inuocation amp;nbsp;confeflâion,aucc celle des autres fainô'lz,amp; pour trauailler à entre tenirralTcmbléc publique,afin que Iç
JI EPISTRE
Man.is.
minifl-ere publique foittoufiours mieux conferué en icelle. Laquelle chofe no- . ftre Seigneur Icfus Chrift nous recom- I mande alTez clairement, quand il did: i PartoucUouilxfcront,dcux ou trois, ( affemblcz en mon NomJe fuis au milieu dâeux :amp;ce qu'ilz demanderont leur fera faid. Il monftre bien pat ces parol-les,qu'il veut quâil yayt vue honnofte fréquentation, des afTcmblécs publiques,amp; quâvu chafeun y trauaillc. Pour cede mefme raifon, Dauid parle tant fouuent de ces alTcmblécs , difant:le
peuple amp;nbsp;les Roys couicnnenc en - ( PfaI.ioi. feniblc,pourfcruir au Seigneur. LaloU enge dâiceluy, eft en lâEglife des faindz.
Vous quidemourez en la maifon du Bû,^. Seigneur. Et en Efaie. Ma maifon,fera appcllée maifon dâoraifon, à tous peuples. Puis donc,que ces alTcmblées nous font recommandées,aufqucllcs il nous CO nuient édifier n oftre prochain,amp; elles font comprinfes , en lâinuocation du Nom de Dieu,il fâenfuit aulTî, par confc quent,quâelle comprend fufFifamment, la fécondé table
S u yuant donc nodre propos 'commence
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AVX FIDELES. 14$ |ïiencé;Puis que nous auons parlé des parties 4e lâinuocatió du Nom de Dieu, t câen 4 dire,du feruice diuin,amp;4e lavraye i religiomVçnos maintenant 4 celles Ji- ^Æquot;* i dolatrie, Tout ainfi que lâinuocation ^quot;â¢Ã§'quot; du Nom de Dieu amp;nbsp;le diuin. feruice , requièrent amp;nbsp;prefuppofent la Foy du cueur,pour le premier,amp; puis la confef-fion de bouche amp;nbsp;laprofclTion amp;nbsp;prote-ftation dâicelle,comme le fruid amp;nbsp;le tef-moignagcdeccllcFoy, aulTiau contrai re, idolâtrie,prefuppofefaulfc fiance, en autre quâen Dieu,ou autre fiance que Dieu ne la requiert enuers foy, amp;nbsp;puis profeiïion d'icelle, qui fc faici tant de pa toiles que d'Åuurcs, par tous les moy es, par lefquelz nous teftifios ,cc qui eft en noftre cueur,ouce que nousvoulôs que les hommes çftiçnent y eftre, Carainfi que Dieu ne fc contente pas de nous, fi quant amp;nbsp;quanç,auec la Foy que nous nous glorifions dauoir au cueur, nous ne luy faifons hommage,amp; ne luy rendons lâhonneur qui luy appartient, dcuant les hommes , en fuyuant ce quâil nous a commandé, amp;nbsp;nous réparant de ce quâil a défendu,amp; le condam-
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Dluerflté d'idola^ trief.
Efa.tg.
Mau. if.
nant amp;nbsp;deftruifant,tant quâIl eft en no-ftrepouuoir,aulTi Icdiable, requiert de fes feruiteurs, auec la fiance quâilz mettent en luy lâhonneur amp;nbsp;lâhommage, quâappartient au feul Dieu.Parquoy, ce luy qui fait fcmblant par dehors,de fer-uir d Dieu,félon faparolle,amp;qul vfe des niefmes ordonnances amp;nbsp;ceremonies, que Dieu a ordonnées, amp;nbsp;couteffois il nây a point le cucur,mais il eft conioinâ aucc le diable de cueuramp; de volunté, il nây a point de doute quâil ne foit idolâtre. Car il a en fon cueur,lâidole laquelle il adore,combien quâelle nâapparoilTc pas dehors, amp;nbsp;fert d autre quâà Dieu, ce cftafauoir,dccluy,à qui il a mis fon cueur: veu que Dieu ne tient point de fernicepour ficn,amp;pour agréable,fil ne procède du cucur,amp; de la Foy en luy,
£°ru***^' ^^ââ^®â1'â^^^â^ ^°ââf ^^P'*quot;^^quot; Or Dieu nâeft pas fcruy par péché,mais le diable. Les hypocrites, qui ont cfté entre les I uifz,vfans des facrifices, amp;nbsp;des ceremo Ef».t.6ô nies commandées en la loy, contre lef-Amoz 8. quelz,Ics Prophètes ont tant crié, eftoy Hypoerw *ntde tclz idolâtres. Mais pourtant #( nuù. quâilz nâont pas cfté tant manifeftcmét addonnez
AVX FIDELES. Jà addonnez au diable,que les payens, qui lt;ftoyentfansDieu,amp; fansloy reuelêc deDieu,lâefcriturefainaeleurfaiiâ ccftEfa.19-honneur,de les appcller,hypocrites. Ce ^â'â' ®* «cantmoins ,ilz ont efté vrays idola- *^â^â très. Carhypocrificn'cft pas fans idola- idolâtrie tric,veu quâil y a en idolatrie faulfeté amp;nbsp;^hypocri fimulation ,feintife!amp; faulfe imitation âquot; du feruicediuin,comme en hypocrific, qui nâeft autre chofe quefeintife amp;nbsp;ba-Ãelcrie, ou mommerie, fi nous voulons regarder, â la naifue fignification du niot,amp; d la nature de la chofe quâil figni fie. Nous ne pouuons donc feparer ceux cy desidoiatres,attcdu quâilz fe feignét laolurw fetuir d Dieu, amp;nbsp;ilz feruent d autre, conuer». foubzlctiltrcdu Nom de Dieutfinon que nous vucillionsdire, quâilz ne font idolâtres quedcuant Dieu,amp; non dc-uant les hommes,pourtant que leur ido latrieeftfcctettéen leur cueur,amp; que lâhomme nâen peut iuger,finon par le tefmoignage cxtericur.Parquoy ilz ne font pas moins coulpables deuât Dieu, que les premiers; mais ilz le font fou-uenteffois plusd caufe quâilz ont plus abufédu Nomdc Dieu. Pourle moins,
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ilz font autant idolâtres amp;nbsp;coulpable* dâidolâtrie deuant Dieu, que le paillard M»t.ÿ. qui côuoyte la femme de fon prochain, fans mettre touteffois fa conuoitifeen cxecution,eft addulterc amp;nbsp;coulpahle d'a dultere deuant Dieu.
Or fi ceux font dignes dâeftre tenus pour idolâtres, que dirons nous des autres , qui fe glorifient, dâauoir la premie rc condition, qui eû rcquife amp;nbsp;comprin fe en la vrayc inuocation du Nom de Dieu,maisilz défaillent, en la féconde? Sâilz ne veulent permettre,que nous les tenions totalement pour idolâtres,pour le moins,il leur fera force de nous per-Demyldo mettre, que nous les tenions,pour de-my idolâtres. Et fâilz ne fe veulent rc-pirfaitz cognoiftre idolâtres deuant Dieu,ilz ne Idolâtres. peuuent,pourle moins efchapper,qu'ilz ne foycnt contraintz de fe rccognoiflre idolâtres deuant les hommes,fâilz ne font du toutâdeshontez, attendu que les hommes iuget des faiSz extérieurs, par lefquelz ilz fe dedairét idolâtres,fai fans les aeuures des idolâtres. Et fâilz veulent dire que tous nâont pas telle o-pinion dâeux,pourtant quâil y en a plu-fieurs.
AVX FIDELES. J7 fieurs, aufqurlz ilz ont dedairê leur tueur,touceffois ilz nc pcuuent nier,' quâilz nâentretiennent en idolatrie les autres ignorant,qui iugent de leur faiâ félon leur fens: amp;quâilz nâempefehent, ceux mcffnc,aufquclz ilz ont deelairè lcurcueur,de confelfer Icfus Chriftfi manifeftcmentqu'ilz deuiTent: amp;nbsp;quâilz ne foyent en fcandalc aux fideles, principalement aux debilcsamp; ignorant, qui ne cognoilTent pat leur cueur. Mais â quâilz nient tant quâilz voudront, queâ' ilz ne font idolâtres, ny deuant Dieu, ny deuant les hommcs,la vérité neant-nioirisles reuaincra. Car puis que fer-üice diuin parfais, requiert confefTion amp;nbsp;profclfion de la Foÿ,qui eft au cueur, par parolle amp;nbsp;par reuurcs, amp;nbsp;que Dieu commande cxprciremcnt,quâon leglo-rifie,amp;quâon le confclfe,dcùant les hom mcs,ilfâcnfuitque ccluy quinc comprend toutes ces deux parties du feruice diuin,eft rebelle amp;nbsp;defobeiffant d Dieu, amp;nbsp;quâil nâayme pas Dieu de tout fon cueur. Parqüoy il eft tout certain, que il a fon cueur à autre, quelque foy que ilz cuyde auoir;amp;parconfequenr, quâiV
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j8 EP IS T RE cftidolatrctfinon en tout,pour le moi'n* en partie. Sâil l'eft en partie, il ne peut donc nier qu'il ne puiffe cftre iullcmcnt appellêidolâtre,olTenfanc Dieu,par fa defobeiffancc,contre.fon commandement,amp; offenfant fon prochain ,par le fcandale quâil luy baille. En quoy il eft plus dangereux, amp;nbsp;plus coulpable de-UjntDicu,en tant quâil touche d la féconde table,qui regarde au prochain, que les prcmicrs,que iâay appellê hypocrites,qui font plus coulpablcs, en tant quâil touche la premiere table, qui regar de droit d Dieu. Mais touteffois, ilz ne peuuent nier, ne les vns ne les autres, qu'ilz ne foyent idolâtres, amp;nbsp;coulpablcs iaoU*«« ^tuantOicu, combien quâilz le foyent , âpar manières diuerfcs amp;nbsp;différentes : amp;nbsp;quâilz ne le foyent pas du tout tant, que ceux qui le font totalcmcnt,amp; de cucur amp;deprofefrion,amp;qui pefehent manife ftcmcnt,contre la première amp;nbsp;la féconde table,fan$ auoir regard,ny d Dieu ny d leur prochain.
Or puis que nous auons comparé le diuin fcruice,amp; lâinuocationduNom de Dicu,aucc idolatrie amp;nbsp;fuperftition, amp;nbsp;que
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â quenousauons examiné la nature,amp; les parties,de lâvn amp;nbsp;de lâautre, confide-rons maintenant.fi les chofes, defqucl-Ics nous fommes en different, font ido-latrie,ou non,amp; fi elles nous peuiient c-ftre aucunement licites, ou fi elles nous font totalement défendues de Dieu, amp;nbsp;illicites. Mais afin que la multitude ne nous engendre confufion, amp;nbsp;ttopgran ' de prolixité, nous ne propoferons pour exemple, quâaucunes des principales, parlefquelles,il fera facile à iugcr,dc toutes les autres. Nous propoferons donc celles,aufquelles il eft plus difficile de diffïmuler, amp;nbsp;moins facile de fâen exempter: câeff à fauoir lâaffiftence au ^^^^ Baptefmedes papiftcs,d la mcffc,aux fu pointu ncrailles amp;nbsp;obfeques pour les mortz , amp;nbsp;ätWuiti au mariage. Car qui pourra efekapper, de commettre idolatrie,en ces quatre poinclz, il efehappera facilement,par tout. Venons donc pour le premier,au Baptefme.
Quant au Baptefme des papiftes ic feroye moins de fcrupule dây affifter, amp;nbsp;te Bipter dây apporter les cnfans,quc Dieu me mtdtsp» donneroit, quâaux autres ceremonies, ?*âââ¢
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dcfquelles il fera tantoft parlé, com* bien que ie nâoferoye pas du tout abfouL dreamp;exeufer ceux qui y afliftentiOU qui y prefentent leurs enfant, qu'il n'y ayt encore de la faute bien grande d reprendre en eux, en tant quâilz vfcnt de la forme de Baptifcr,qui cft au iourdhuy rcccué.cntre les papilles . Mais pouf mieux don ner d entendre mon intenti-on,toUchant ce poind,ie mettray premî ercmentenauà nt,lesraifons qui mâef-meuuc nt d condamner aucunes chofesi dignes de reprehenfion, en ceux qui v-fent de celle forme. Etpuis ie defdui-tay les autres raifons qui mâinduifent d iuger la faute qui fây commet, moins vi ticufc,amp;plu$fupportable que celle,de ceux qui airiftct d la mcirc,amp;aux autres fcmblables blafpliemes. La premiere c'ell,que nonobilant que la vraye for-nic,amp; la fub dan ce du Baptefme,ordonné par lefus C hril},demeure entiere ,en oirifonU^â^^^' *âi®P*®*â® lt;J® baptifer, touteffoys, riprcndrc nous ne pouuohs nyer quâil nây ayt beau Ba'fief aucoup d additions,amp; dâinuenrions,cört Btcilrc«. trouvées des hommes, qui ont edéad-, iouftéetdcellefotme,ordonnécpar lefus
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lus CErift, amp;nbsp;obferuée par fes Apoftres amp;difciplçs, qui ne font pas pures, mais pleines de beaucoup de vanitez amp;defu perfticiôns amp;idolatrics,lefquellcs il faut que nous approuuionss comme le refle, fi nous voulons communiquer d la forme amp;nbsp;fubftance qui y demeure entière, duBà ptefme ordonné par lefus Clin il. Or afin que nul ne fâabufe,iâappeHe
icy approbation dâidolatrie,tout confen Approba^ ternent que nous baillons à toutes cEo- ââquot; â*â**â fes controuuees contre la parollc de Dieu, amp;nbsp;par IcfqueUcs Dieu eft dcsEon-norê. Car qui confentiil approuuc ce d quoy il confent. Et de nyer,quc celuy nây confenr pas qui fe raift, amp;nbsp;qui diflâi-mule toufiours telles cEofes , fans ia-hiais fonner mot contre icelles, où fans ia mais leseóndamner par quelques figues, par Icfqùelz il manifefte quâil ne les approuue pas: mà is,qui pis eft,il faid femblanr de les approùùer,nous ne le pouùôns nyers fi nous ne voulons contredire d vetité. Car fi nous examinons depreslesparolles de lefusCErift,par lefquelles il admonnefte ceux qui iê Mat-'o-confclTeront, ou qui le nyeront, ou qui
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auront honte de luy deuant les hom-* mes,de ce quâil leur aduiendra,amp; les autres padages de lâEfcriture , qui font mention de lâinuocation amp;nbsp;de la confef lion amp;nbsp;profclTion de noftre religion,quc I le Seigneur requiert de nous, nous co-gnoidrons clairement, que le Seigneur ne fc repute pas feulement eftre nyéamp; blafpliemé,deceux qui Icnyent amp;nbsp;blaf phement manifcftcnicnt,mai$ auffi de ceux qui par leur filence perpetôel le t«ech.ij. trahitfent, amp;nbsp;qui iamais ne fe mondret
Eia.58. auoir zelepour fa maifon,ny fa gloire i cueur: comme il appert par les reproches quâil en faidtanrfouuent au peuple dâIfrael, par fes Prophètes. Mais Y* ' nbsp;nbsp;âÃofât '^â'^t â^'ia, que quand il punid vn
lions Je Pieu»
qu«Pquot;ni Pâ^âP'â^ pour fes pechez, quâil nepunid pas feulement les mefchans qui lâont prouoqué manifedement direamp;dven geance, mais quâilpunidfouuenteffois ceux qui font tcnuz pour les plus iudet amp;nbsp;pour les plus innocens? Il nây a point
de doute ,qae cela ne vienne en partied caufc du confentement qu'ilz ont tous donné à iniquité: non pasapprouuans manifenement le mal, qui a cfté commis
AVX FIDELES. 4gt;
tais contre Dieu, comme ceux qui l'ont commis de faid: mais pourtant quâil2 lâont approuué fecretement,entant que Hz lâont tropdi Simulé, ou par crainte dâencourir les males graces des hommes,amp; de tomber entre leurs mains, ou par trop grande negligence, ou fupport amp;nbsp;faneur ; comme nous en auons Ic'tef-nioignage cnHcli,amp;cn tant dâautres, HcH-defquclz les exemples font tout clairs *â¢**quot;â¢â *⢠aux fainäes Efcritures, amp;nbsp;nommécmét
au faicl dâAcham, du temps de lofué. *^â^ Car fi le peuple a efté frappé de Dieu à 'ââ''7'* caufc du facrilegc quâAcham auoit com mis en Hiericho,combien quâil nâya-noit nullement confenty,mais,qui plut cfl',qu'il en futîdu tout ignorant,feulement pourCe que ce miferable facrilegc cftoit au milieu dâiceluy ; penfons comment Dieu nous peut tenir pour incoul pables,quand nous endurons tant de blafphemes, amp;nbsp;de facrilcges ex ecrablcs, que nous voyons tous les iours commettre deuant noz yeux contre fa Ma-iefté. Mais que dy-ie,enduronseNous faifons bien pis. Car nous les approu-Uont i deux maint, par le céfencernent
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EPISTRE
que nous déchirons tous lesiours en-uers ces bhfphemes . Et qui plus eût nous enflambons la fureur des tyrans, amp;nbsp;trahylTons hoz frètes, amp;nbsp;fommes eau fc fouuéteffoys, qu'ilz font mis à mort. Car lî nous nous déchirions dâauanta-ge, ou,pour lé moins,fi nous rie faifions rien pour approuuer h faulfe religion des idolâtres 4 au lieu que nous les con-fermôns eri leur erreur amp;nbsp;tyrannie, amp;nbsp;que nous les armons de noftre authority contre noz frercs, amp;fommes en pre-iudice â ceux qui cofeifent IcfusChrift, nous ferions én grand foulas à noz fre-res, amp;nbsp;romprions les cucùrs de leurs ad-Uerfairesi amp;nbsp;nous diminuerions leur au thoricé amp;nbsp;forcc,par h multitude amp;nbsp;confiance des confeifeurs du Nom de DicUi Parquoy nous ne pouuons nycr, que nous ne foyonsparticiparis du mal, amp;nbsp;par confequent, dignes de là punition, que ceux meriterit,aufquclz rious cori-fentons4amp; trop plus, farts nulle compa-raifon,quc lé peuple, qui feritit la mairt de Dieu,pour le péché dâAcham.
Maintenant,puis que nousauorts inonfiré comment toutconfentement don-
AVX FIDELES. 4'f ^onné à idolatrie , contient approbation dâicellç, amp;nbsp;quâil y a confentement, Hou il nây a nulle declaration du contraire,(quelque cliofc que nouspuiffiôs alléguer,de la condamnation fccretc en tioz cueurJ,de telles chofes ) amp;nbsp;fembla-blcnient que cç confentement amp;nbsp;appro bation,eft vnc efpece d'idolatriç amp;nbsp;de fu perftitlon,amp;quc toute idolâtrie amp;fu-perftition defplait d Dieu, monftrons quelles ceremonies il y a au Baptefmc, adminiftté par les preftres papiftes, qui contiennent idolatrie ou fuperftition. Carquand nous aurons monftré cecy au Baptefmc,qui eft lâvn des principaux amp;nbsp;le premier Sacremét delâEglifeChre ftiennc, amp;nbsp;la ceremonie qui cil encore plus demourée en fon entier en lâeglife Papale, amp;nbsp;qui a la moins efté barbouillée des traditions humaines, amp;nbsp;fouillée par idolatrie amp;nbsp;fuperftition ,de toutes celles que les Papiftes ont retenu de lâor donnancc de Icfus Chrift amp;des Apo-ftres,il fera facile diuger quenousde-Uonseftimer des autres. Car fila plus nette eft tant fouillée, que deuons nous attendre pur amp;nbsp;net dâeux; Cecyeftla
4lt;f E P IS T R E
caufe pourquoy iâenparlcray plus amplement. Car autrement ie me deporte-royc volunticrs dâexaminer parleme-j_ nu toutes les fingeries amp;badineries que woniMdu ^^â preftres font en leur Baptefme. Car Baptrfnie elles font tant fottes, amp;nbsp;tant dignes de Ãrcf^'* â'°'î^''f*'â'l'^^ '' *^*^ ^^^ ^ iedoyrire, voyant tes finges qui fâefforcent de con trefaire toutes les Åuures de Iefus,amp; de les reprefenter,comme baftelcurs ; ou fi ie doy pluftoftplouter, voyant ce faina amp;nbsp;facré Sacrement eftre tellement con-trefaid amp;nbsp;difformé par les inuentions amp;nbsp;traditions des hommes, quâil reifem-blc plus â vnieu amp;nbsp;à vnc farce,ou bafte-lcrie,ainfi quâil eft adminifiré par les preftres papiftes, quâà la pure ordonnan ccdclefus: mais l'indignité de lachofe me contraind. Parquoy,i caufe que pluficurs pcuuent ignorer ces chofes, ou quâilz les eftiment plus legeres quâci les ne font , iâen toucheray quelques poindz, amp;nbsp;des principaux. Il eft vray quecefte matière nâeft pas totalement conucnablc aux propos, que nous auôs entreprins de demener en ce Traitté, amp;nbsp;quâelle fepourroittraitter plus proprement
AVX FIDELES. 47
ment en quelque autre lieu , amp;nbsp;â quelque autre occafion ; mais pourtant que lâoccafîon fy offre aucunement, amp;nbsp;que eecy nâa pas encore efté guère traicté de plufieurs ,iâay penfé qu'en faifantvne autre eliofe, ic pourroye faire cecy auec, amp;nbsp;qu'aucuns en pourroyenc faire leur profit : les autres pourront palTer outre, amp;nbsp;le laitrer,fil leur vient ^ poind, Pour Venir donc aux fingeries amp;fupcrftiri-on$,qui font en cefte forme de baptizer des Papiftes, pour le premier ilz ont cefte obferuation amp;fuperfticion,quâil faut mettre deference à la manière de porter renfat à lâeglife,felô ce quâilcft,ou maf le,ou femelle. Sâil eft made,il faut met-^* ^^^ ' tre la tefte dâiccluy fus le bras droit. Sâil,näsle ce eft femelle,fus le bras feneftre, comme«!' 1â fc--fâil y auoit differcnce,en Clirift,entre Icâ¢quot;'^' ââ malle amp;nbsp;la femelle, amp;nbsp;entant quâil tou-v^ufc* clic au falut,amp; d la communication des biens celeftes , contre la fentencc de faind Paul, qui did clairement: En Clirift, câeft d dire, quant d la religion amp;Oâl'î» d la communication que nous auons a-Uec lefus Clirift amp;nbsp;auec fon Egl fe,il ne y a Iuif,Hc Gteciil nây a mafte ne fçmel-r
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leJl nây a ferfny franc. Car toutes cet differences, qui font entre les hommes, entant qu ilz conuerfent au mcdc,font abolies au Royaume de Dicu,amp;enla vie fpirituelle , amp;nbsp;lâhomme intérieur. Puis donc que le Baptefnic eft ordonné par lefusChrift,pourrons,tant malles que femelles, en general,pourquoy y niettent ilz celle difference, tanroft au commencementf Veulentilz fignifier, que les femmes ferôt à fcneflreauiour du lugemcnt,attendu que lafcncllre Matt.iy. ellfouuenteffoysprinfcen male partie, aux Efetituresf lâeuffe penfé que celle foie ceremonie amp;fuperftirion full venue de la folie amp;nbsp;fottife des femmcs,fi ie nâen cuife leu la loy amp;nbsp;la rejgle aux lî-ures des prellres,qui contiennent leur forme debaptizcr,amp; dadminillrcr les Sacremens : pour le moins,cela ell en ceux que iâay veupardtça , Maisç'eft bien le moins,quececy. Carc'eft vue chofc,ou 11 y a plus de folie, que dâidolâtrie : cornbien qu'elle nç foit pas fans fu perdition.
Lesexorz Après cecy,les grans exorcifmes amp;nbsp;ciim« amp;lesGoniuracions f enfuyuent, quâil faut fai-
A V X FI D E L ES. '4 Æ
faire fuj Ic petit enfant, qui eft 5 bapti-2er,comme fâilauoitvne legion de Dia bles au corps. Car ilz coniurent Satan, amp;ilz luy commandent quâil forte hors du corps de renfant:amp; cecy,pour la plus grand part,deuant laportedelâEglife, auant quâil foit permis,que lâenfant entre au temple. Car il le faut bien coniu-terdeuant,afin que cesDiables,qui font enfon corps,nây entrent auec luy. Car il y en a défia affez dâautres. le croy, pourtât que leurs temples fontdefdiez au Diable, amp;nbsp;à fes idoles, quâilz ont eu peur,que ces petisenfans innocent, qui nâeftoyent encore point fouillez dcsa-â bominations de lâAntechrift,entraient en iceux, ainfi purs amp;nbsp;netz de telles ordures,quâilz ylfoycnt du ventre de leur merc.Parquoy ilz ont aduifé de les bar-bouiller,amp; de leur bailler quelque marque de la Befte,amp; de leu r A ntcchrift, a-uant quâentrer en ces bordeaux de Satan , craignant quâilz nefuffent purement amp;nbsp;totalement defdiez amp;confa-
coniuratî onsfur let enfans.
crez à Iefut,par fa pure ordonnance. Mait pour mieux continuer leur farce cédera commencée, ilz mettent encore dîne-ptcfme. D
ço EP IST RE
rence entre le Baptefme des fila amp;des filles(pour le moins félon lâvfage des E-uefehez de deça)tellement quâau Baptef me des enfans martes ,ilz ne nomment le Diable que vingt foys:amp; en celuy des femelles,trente foys. Penfez quâily a îcy derechef quelque grand myftercamp; fecret. Toureffoys,ic ne fay que ce peut ertre, fi dâauenture ilz ne veulent figni-fier,que les femmes font plus endiablées,que les hommes,pour le moins du tiers. Enquoy ievous laiiîe dpenfer lâhonneur quâilz leur font, amp;nbsp;d Icfus Chrifl:,qui les a pleinement deliurées de lapuirtance de Satan par fa mort amp;nbsp;pafljon,amp; par fa refurteftion: Icfquclles chofcs nous font figurées au Baptefme, â â* â par lequel nous mourons,amp;fommes en feucliz aucc Icfus Chrift, amp;nbsp;reffufeitos aucc luy. Câeft celuy qui ert venu pour «â¢leE.j. jçftfQifj ifj Åuufes du Diable, amp;nbsp;qui a lié le fort, lt;amp;nbsp;lâa defpouillê de toute fa Mat.it. force amp;puirtancc. Câeft luy qui charte - les Diables par fa vertu, non pas les con iurations amp;nbsp;enchantemens des preftres. ^ Et quand toutes lesparolles quâilz di-fent en leur Baptefme ne feroyent autre
AVX FIDELES. ÿi tre chofe que la pure paroUe de Dieu, il y aurait neantmoins grand faute, en ce ' quâilzlcsdifent enlâgage quelcsigno rans ne les peuuent entendre.
Orparmy ces coniurations,il y a encore pluficurs autres badinerics. Car premièrement il faut dufcl,pourfaler Lefei.
g°''g^ ^'* P'*â enfans. Carilz craignent quâilz nepuiffentboirc,fâilz ne leur falent la gorge de bonne heure. IIz appellent ce fcl,lefcl de fageffe. Carilz nâont point dâautre moyen pour faire fa gcsny les grans ny les petis ,finon en leur falantla gorgc,comme aux brebis, quand ilz font petis enfans. Et puis quandilzont faiâ cela,illeur femble quâilz fc font bien acquittez de leur of* fice, amp;nbsp;quâilz n'ont plus nul befoing de enfeigner les hommes. Car ce fd, qui leur eft le fel de fageffe, leur fuffift pour tout ce qui eft requis â leur office amp;au falut de lâhomme Chreftien: câeft afa-uoir, pour la Loy amp;nbsp;la fciencc de la pa-rolle de Dieu, qui eft le vray fel, duquel Mat.y. ûl nous faut eftre falcz, amp;nbsp;qui nous rend incorruptibles,amp; immortelz, amp;nbsp;fauou-reux amp;nbsp;agréables d Dieu, en paroUcs
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ft EPIST RE
col.4.
Le crv chat.
amp;enfaiâz. Câeft le fel, auquel fainft Paul veut que noz paroUes foyentcon fites. Or fâilnâyauoit encore que celle ' application de fel fur la gorge des petit enfant,nous pourrions palTcr cela, com me vnieu,amp; vn tour de bafieleursimais ilz commettent des grant blafphcmcs autour de ce fel,en la coniuration dâicc-luy.Car ilz font pricre à Dieu,que ce fel leur foit faia vn Sacrement falutaire, pour chaffer le Diable, ennemy de lâhumain lignage : comme fi le fel auoit efté ordonné de Dieu d cela, amp;nbsp;quâil en euft faiavnSacrement. Quinyera,qucces manières de faire, ne foyent vrayes for-celleries amp;nbsp;charmeries î Quelle couleur pourrons nous trouuer,pour couurir, que telle inuocation fur le fel, ne foit, non feulement vne fuperftition, mais vnc vrayc idolatrie,amp; vn blafpheme, qui attribue au fel ce qui conuient à le-fus Chrid tant feulement » Touteffoy s, ceux qui fontprefens,pourapprouucr ce Baptefmc,il fautaufri quâilz approu-uent ces blafphemes, en la manière que nous auons did deffus.
Il y eft après le crachat,quâilz mettent
AVX FIDELES. $J
tent au nez amp;nbsp;aux oreilles du petit en-fant,pour contrefaire,comme finges, le lik is^ miracle, par lequel lefusChriftguerift [ch.9. ' celuy quieftoit Lourd amp;muet,amp;aufli lâaueuglc.Carilz vfentdes mefmespa-rolles Syriaques, ou Chaldaiques, def-queUes Icfus Chrift a vfé en rendant lâouyc au Lourd, excepté qnâilz ne les La uent prononcer,ny cLerire, corn me il ap partient. Car au lieu de lire Ephata, qui îîgnific,Loys ouuert,il2 prononcent F.f-feta,qui fignific vnc choLe fterile, amp;nbsp;qui ne peur plus porter fruid. Enquoyilz monftrent bien leur ignorance amp;nbsp;be-fteric. Etdequoy Lcrecefte badinericî Lâenfant eft il Lourd, ou muet, ou aucu-glcî E t quand il le Lcroit,luy rendroy-cnt ilz lâouyc, ou la parollc, ou la veuë, par leur crachat,amp; par leur Effeta,comme IcLus Chrift a fa ici à ceux quâil a guery e Mais ie vous laifte â penfer ft cefte ceremonie eft fort honncfte,amp;fort profitable aux péris enfans,de bauet ain fi fur leur vifage tendre amp;nbsp;délicat, amp;nbsp;les empoifonner de baue amp;dc crachat,amp; fur tout quad les preftres fontnaplcut amp;nbsp;gorricrs,amp; quâilz viennent de fuct {a
D Ã
ç4 EPIS TR s
veröle, comme il adulent founentef-⢠foy s. Vrayement il y a belle comparai-fon,entre leur faliue,amp; celle de Iefus,amp; entre leur Åuure,amp; la fienne. Ne fanent ilz point dâautre feien ce, pour ouvrir les oreilles aux hommes,afin quâilz entendent la parollc de Dieuf Pleuft à Dieu,quâilz ne les nous euffentpas tant fermées par leur faulfe doctrine, au lieu de les nous ouurir par la parollc de Dieu.Car nous en ferions plus capables que flous ne fommes.
le ne me veux pas arrefter beau-Lâhuilcamp; coup fus lâhuyle amp;nbsp;fus le chrcfmc,quâilz lechrelhic bjiHjjjt ^y ji^u ju fainû Efprit, qui eft i.icKx. la vrayc Vnftion, pour laquelle nous Efi.ûi. fommes appeliez Chreftiens,laquelle le feul lefus, le vrà y Chrift amp;nbsp;Oind de Dieu,nous donne. le veux feulement quâon foit aduerty, quâilz cftimentplus ceft huy le amp;nbsp;ce chrefme,qui y eft adiou-flé par lâinuention humaine,que lâcaue, 'qui eft lefigne exterieur» ordonné de Dieu, au Baptefme. Et qu'il foit vray, nous en auons le tefmoignage publique, des poures ignorans, amp;nbsp;dâeux mef-mes auifi. Car ilz monftient bien en
7 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hâ'^
AVX FIDELES. Ãf quel honneur amp;nbsp;reuerence ilz ont ce faimä chrefme, par ce quâilz ne permettent point qüâvnfimplcprcftre le confa creæil nâeft Euefquc,ou ibufFragant:ou pour le moins, fil nâa quelque priuilegc pour ce faire,plus que les autres prefttes communs. Mais pour lâeauë du Baptef-mc,il nây a fi Ample curé,ou vicaire,qui ne foie plus que trop fuffifantipour con facrer lâeauë des fons amp;dc$ baptiftiercs. 11 y à au ifi cela,quâaptes quâilz ontbap-tizé lâenfant dâeauë,au Nom du Pere, amp;nbsp;du Filziamp; du faincl Efprit, il luy faut en core faire vne croix de ce fai ne! chrefme fur le fommet de la tefte, pour confirma tion,amp;pour le dernier fecl duBaptef-mc. Car le figne amp;nbsp;le feel de lâeauë, or-donnépar lefus Chrift,aueefapromef-fc,ne feroit pas fulfifant,filz ne le con-fermoyent par leur huyle.Qui voudroit raconter les moqueries, folies,fupetfti-tions amp;nbsp;idolatries, quâilz commettent en confacrant ce fainâ chrefme amp;nbsp;ce faind huylc,le faluant,comme lî câeftoit vnecreature raifonnable,onen feroit bien vn liure à part.
Et que dirons nous du béguin amp;
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^e EPI s T RE
du chrcfmelct i quâilz mettent en la te-Bxel«^'*^ de du petit enfant, pour mieux contre- .
garder amp;nbsp;honnorer celle fainde greifet t Mais que lignifient ces paroUes quâilz f difent en le mettant: Reçoys la robbe ' blanche,fainde amp;fans macule,laquelle tu puilTes porter deuant le Throne de Chrift, afin que tu ayes la vie éternelle, amp;nbsp;que tu vines éternellement. Saind ^^j nbsp;nbsp;nbsp;Paul tefmoigne que ceux qui font bap-
tizez ont veftu lefus Chrift.il nous ex- : horte aulfi fouuentcffoysdedeueftirle icony vieil homme,amp;dveftir le nouueau, qui gt;nbsp;Eph.j. cftlefusChrift.Câeftlarobbenuptiale, '
amp; la robbe dâinnocence, quâil nous faudra porter,quand nous comparoiftrons ' deuant le Throne de fa Maieftémonpas des béguins amp;nbsp;des chrefmcletz. Ont ilz la puiffance, ces béguins, de nous faire viurc éternellement lt;nbsp;Si nous nâauons autre robbe pourcouurir noz ordures, elles feront mal couuertes. Qui ne voit clairement,quâilz attribuent à vn linge amp;à vn béguin, ce qui neconuient que t» torche aufeul lefus ? Et la torche quâilz mettenten la main de lâenfant, quâilz appel lent la lampe ardente amp;nbsp;irreprehenfi-ble.
AVX FIDELES.' Ã7 igt;k,nâeft elle pas bien propre,pour lâilluminer, au lieu de la parolle de Dieu,qui félon le tefmoignage de Dauid , c'eft pfji.u3. la lampe de noz picdz,amp;noflre lumieref le me déporté des autres fanfares,quâilz font vers lâautel,amp;en toute celle farce, q uâilz iouënt. Il me fuffifl-,dâauoir tou ché ces poinclz,lefquclz iâay traitez quel que peu plus amplcment,queie nâauoye délibéré, pource que plufieurs ne fen prennent pas garde, amp;nbsp;quâilz nâen ont pas efté aduertiz.
Or nonobftantqu'ilfcmble,que ces l«appro; ceremonies ne font pas de telle impôt- bationdâi tance,quâelles nous puilfent aucune- â*®*»wle ment fouiller,cftans prefens a tel Bap- Bapiefme tcfmc,amp; y prefentâtnoz e n fa ns,tou refers pre foys, il y a plus dâapprobatió dâidolâtrie, ®â*' quâil ne féblc.Car les adiuratios amp;les in uocatios qui fefont,fur tous ces fatras, fclz,cracharz,huylesamp;crcfmcs,voirefur lâcaue' mefme,font toutcspleinesde fu-pcrftitions,idolatries amp;nbsp;blafphemes plus euidentes quâon nelcspourroitnyer,lef quelles il femble que nous approuuions par noftreprefence. Et nonobftant que on puilfe alléguer, que ces chofes peu-
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EPISTRE
uenteftre tenues pour indifferentes, lt;S pour«â4ââ*^^'* ffâne prinfes des anciens qui ont «Tenioniadioufté ces ceremonies au Bapcefmt **ân*'fllP°â'^'^^â*^'â*^^^facrement plushonnora roenoug*^^'â^?®â^^' ^^''â^ auoir aux hommes kg deuÃgen plus grande reucrcnce,amp; pourfigni-auoir. gçj. par ces chofes vifibles les dons amp;nbsp;graces inuifibies qui font baillées aux fi deles par le Baptefme,nous auons beaucoup de raifons pour refpondrc contre toutccla. Carpour le premieree ne confeffe pas que toutes ces mocqueries foyent prinfes des anciens, qui font dignes dâeftre tenus pour anciens de iâE-glife Chreftienne, amp;nbsp;quâilz en ayent v-fé comme ceux cy. En apres quand il nous confteroit tout manifeftement, que les anciens auroyent cfté auteurs amp;nbsp;inuenteurs de toutes ces ceremonies, comme nous lifons,quâilz font quelque mention de ces exorcifmes,ilnefâen-fuitpas touteffoys,quâllnây puilfc auoir de lafaute,vcu quâelles ne font point or données de Dieu. Mais il femble pluf-toft que cela peut eftre iugé vue grande prefumption que les hommes, de leur autorité,ayent ofé entreprendre dâainfi barbouil
AVX FIDELES. nbsp;nbsp;5y
barbouiller les faindes ordonnances de . Dieu,fans en auoir aucun comniande-nient,ny fondement aux fainefes Eferî turcs. Carpcnfentilz mieux Iionno-terlesfacrcmcns, que Dieu qui en eft l'auteur f Penfent il mieux fauoiramp;co gnoiftre, ce qui eft propre, pour efmou-Uoir les hommes à deuotiô,amp;â teuere ce enuers les facrerhens que Icfus Chrift, Matt.j; qui lâa ordonné? ou que fainét lean Ba- tue.?. tifte,qui a efté le premier par lequel ce j^j''âÆ facrement 5 efté praâiquéjou que les A aA.kj. poftres amp;nbsp;difciplcs de Icfus, qui fe font 8-16. bien contentez delafimplc ordónance de Dieu,fans y mefler tât de badinages, que ceux qui fe glorifient d'eftre leurs fucceffeurs y ontadiouftéê Nous en a-^ons les exemples amp;nbsp;les tefmoignageî, aux hy ftoires de lâEuangilc,amp; aux Actes des Apoftres, en ceux qui ont efté bap-tizez,tant par fai net lean,que par les dif ciplesdeIcfus Chrift. Etnousamp;lcs anciens, nous pouuons bien contenter, de ce dequoy ceux cy fe font contentez, fans vouloir eftre plus fages qu'eux. Et quand tout fera bien aduifé, nous ne pouuons nyer quâil ny ayt défia eu ia-
«fo E P I s T R E
His beaucoup de fupeftitions entre IcJ anciens, dés incontinent apres le temps des Apoftres: comme leurs liurcs mef-meslctcfmoigncnt, amp;nbsp;nomméement fainâ Auguftin, qui faiâvnc fi grand complainète,cn lâEpiftrc quâil a eferit i Iannuarius,de la trop grande multitude des ceremonies qui eftoyent defia entre les CIirefticns,de fon temps, trop plus intolerables,quc celles des luifz. Nous ne deuons donc pas incontinent tout te nir pour fai net amp;nbsp;parfaict, ne comparer aux facremens amp;nbsp;ceremonies ordonnes de Dieu,ce qui nous cft propofé, foubz le tiltre dâantiquité,amp; de lâEglife ancien nc,fans lâexaminer,d lâexamen de la pa-rolle de Dieu.Mais lâexpérience ne nous monfire elle pas affez clairement,de | quoy ces ceremonies ont profité, aux la Abus des cremenst Dequoy y ontellcs feruy,fi- â ecremoni non pour obfcurcir,amp; anneantir la gra-cede Iefus,amp;la vertu des facremens, S pour amufer les hommes du tout aux chofes vifiblcs,amp; pour les arrefter du tour, aux foies amp;nbsp;vaincs traditions des hommest Car fi nousconfiderons feulement ces ceremonies,qui ont efté ad-iouftées
AVX FIDELES. «t iouftées au Bapte{rne,nâont ellcj pas tel lenient aueuglè les yeux des koninies, quâilz les ont plus eftimez,fans compa-raifon,quece qui eft de la propre fub-flance du Baptefmee
Quand il nây auroit que le chref-me,duquel nous auons parlé, en quelle reuerence a il eftér Qu aefté lâeaue du Baptefme,au pris dâiceluy ê Lachofe nâeft elle pas venue iufques la, que lâon J nâeuft pas tenu pour eflre bien baptizé, i celuy qui euft feulement efté baptizé, enla forme que S.Iean,amp; que les Apo-! ftres auoyent baptizé,fil nâeuft palfé par toutes ces ceremonies ? exepté en 1 cas dâextreme necetfiré. Car à lors ilz ont bien baillé puilfancc à toutes per-fonnes, voire aux femmes mefmes de baptizer fans fel,cracliaf, ne chrefme. Mais touteffoys , fi lâenfant furuiuoit, plus quâilz ne penfoyéc, amp;nbsp;qu ilz le peuf ; fentporterà lâEglifc, ou quâon peut a-; uoirvn prcftre,pour le Baptizer, il fail-j loit encore aueclâcauë quâil auoit defia 5 receue; quâil fud embarbouillé de tou-tes leurs barbouillcurcs. Enquoyilz - ont bien monftré, que leur doctrine eft
St
EPISTRE
fort vaîne.Car manlgré quâilz en ayent eu, ilz ont efté contrainétz de confeiTer que le Baptefmc, donné fans leurs in-uentions,feulement auec leaué,cftoit , futfifant, voire, donné pat les femmes, Sicnneccffité, le baptefmc adminidré | feulement en eaué , auec les promclTcs ; de Dieu, eft tenu pour vray Bapcefme, ilfâenfuytdonc,fclonleurdoarinc mef me,queleBaptc£mecftvray Baptefmc, ! fans les ceremonies qui y ont efté adiou liées par eux. Sâil eft vray Baptefmc, pourquoy ne fc contcntctilz,dccc que en a défia efié faicl,fans fe faire de reelief apporter lâenfant , comme fil nâeftoit pas parfaiclemept baptize,fans leurs fa--1 trasf Et filz nâeftimcnt,que ce Baptefmc foit parfaid,pourquoy permettent ilzde baptizeri autres,quâaux mini-lires de lâEglifc,amp; fingulierement aux femmes,aufqueUes Dieu n a point baillé la charge,nây la puilfance du minille-re de l'Eglifef Aulfi en ces pays de de-ç^,quand on apporte vn enfant aupre-ftrc,pour le baptizcr,il demande dcuant toutes chofes;y a il que bien; Si lâenfant hâa point efté baptisé par les femmes, ci les
AVX FIDELES. tfj les rcfpondcnr,quâil nây a que bien. Il fenfuyt donc félon leur manière de par 1er,quâil y a du mal fil 5 efté bapcizé,par les femmes. Si nous voulons donc exa miner leurs manières de faire, nous ne pourron$iuger,finon quâilz condamnent eux mefmes leurs cérémonies, en approuuant le Baptefme,donné fans i-celles:amp; quâilz les requièrent de rechef, somme necelfaires, quandilz ne fe con tcntentpa$,que les enfans foyent bap-tizez,fansicelles.Et pour plus grande confirmation, de lâincertitude amp;nbsp;incon fiance qui efi en leur doârinc, nâauons nous pas auiourdhuy les exemples tout frais,qui nous en font foy? Les anciens conciles ontiugé, que ceux qui a-Uoyent efté baptizez,par les hcreciques, félon la forme de lâEglife de Dieu,quâilz i eftoyent vrayement baptizez, amp;nbsp;quâilz ne deuoyent point efire rebaptizez. Mais auiourdhuy:en combien de lieux de lapapifterie,ont efié rebaptizez,par les prefircs, ceux qui auoyent efié bapri zez,par les minifires de l'Euangilef Et pourquoy faifoyencilz cela, linon pour tant quâilz nâeftimoyentpas que ces en;
«4 EPISTRE
fans fuirent bien baptizezf Et pourquay | en auoyentilz celle opinion ? Ilzfa-uoyent bien quâil? auoyenc cfté bapti-zez dâcaué\au Nom du Pere amp;du Fiizamp; du faind Efprit- Parquoy,combien que nous ferions hérétiques corne ilz nous cftiinent,toutcftoys,encore feroyent ilz contre les anciens conciles. Et faifans I cela,ilz fc dedairent vrays Anabaptiftes amp;rcbaprizeurs,contraires aux conciles, quâeux mefmes ont approuuez. Qui clldonc la caufc,qui leur faidt rebapti-2erlesenfans,baptizez parles vrays mi niftres de lâEuangileifelon lâordonnance de Dieu,Sc la forme de lâEglifc ancien ncêllnây a point dedoubtc,quc la principale caufe ne vienne de ce quâilz nâefti nient pas ces enfans bien baptîzez.pour tant quâilz nâont point efté falez de leur fcl, amp;nbsp;quâilz ne leur ont point baué amp;nbsp;craché furie vifage,amp; quâilz ne les ont point engrclTez de leurs huylc$,ny embéguinez,amp; lauez de leur eauc charmée ' amp;coniurée. Puis donc qu'on met celle j neccirité,en ces cérémonies,amp; que ceux quilesobferucnt,lèsobferuentauec tel f le opinion; amp;nbsp;qui plus ell,puis quâil fy !
commet
AVX FIDELES. S^ kommet des blafphcmcs tout euiden J,amp; qu'il nâeft polTibie dâen-vfer, fans faire quelque adoration amp;reuerence à leurs idoles, elles ne peuuent plus eftre proprement tenues pour indifferentes,fi nous les receuons fimplement,fans aucune fignification ou declaration quâci les nous dcfplaifent,amp; que nous les con damnons.
Mais Ion me pourra répliquer,fur ^j^.^j^^ cccy,quâil ne feroit donc nullement li- s/vahu, cite, de iamais conuenir aux affcmblées dâaucun», publiques,en quelque Eglifc que ce fuft J^â^â^^ nyd vfer de ceremonie quelconque,,âce de» non pas mefme des facremens, ny dâau- autre», cune cérémonie , ordonnée de Dieu, pourtant quâil y en a, en toutes affem-blÃc$,pourChreftiéncs quâelles foyent, toufiours quclcuns,qui nây conuicn-nent pas,amp; qui nâvfen t pas des ceremonies ordonnées de Dicu,commc il appar ticnt,fans y apporter quelque mauuaifc opinion,pourperuertir lâordonnance de Dieu: corne nous en auons tant d'exem
j pies,au peuple dâIfrael. nbsp;nbsp;Carcombien
que ce peuple euft la loy de Dieu, toutef fois,il nâeftpas feulement reptins ,dâa-
E
EPISTRE
uoir feruy aux dieux eftranges, â lâimi-tationdes Genrilz amp;nbsp;Payens, mais les Prophètes »comment les condamnent i ilz? Quelz reproches leur font ilz,à tfi-i.çS. caufede la faulfe opinion qnâdzappor-66. toyentdeleurmaifon,auxfacrifices or Amoz.3. donnez de Dieu f amp;nbsp;de leur foie fiance ~ -â' nbsp;nbsp;amp;nbsp;intention peruerfe, par iefquelles ilz
abufoyent desfacrificesj lafoitquâilz les filfenr, quand à la forme extérieure, en la mcfmc manière,quâilz auoyente-fté ordonnez de Dieu, amp;nbsp;pratiquez,pat les anciens patriarches amp;nbsp;prophètes? Il ! eft bien adui$,que ce feroit vue trop grâ de fuperftition,amp;vn empefehement qui ne nous laifleroitiamaisfcruird Dieu, nyvferdefes ordonnances,fil failloic â que noftre confeience fuR tellement lubiede à celle dâautruy, quâil ne nous full nullement loyfible, dâvfer des cho-fes dcfquelles les autres abufent.Car ia-mais il ne fuft amp;nbsp;ne fera, que plufieurs, mais que la plus grand part, nâabufent des ordonnances de Dieu mefmes, amp;nbsp;quâilz ne les corrompent amp;nbsp;peruertif- â lent,par leur entendement corrompu, amp;nbsp;par leur faulfe opinion. Il nous faudra
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^ra donc aller feruir d Dicu,auec les anges,ou attendre deluy feruir,iufqucsa-pres la refurredion, quand lâEglife de Dieu fera toute purgée dâhypocrites,dâignorance,dâerreur amp;nbsp;dâabus. C ar nous ne la trouuerons iamais tclle,en ce mon de,quâil nây ayt toufiours de lâyuroyc â**â¢*?⢠niertée-parmy le bon grain, amp;nbsp;des poif-fons pourris,au filêamp; retzdelâEuan-
Il fcmblc bien, que ces raifons aycnt grande apparence. Mais il y a grand Refpöfe.
I difFetence , entre les ceremonies, qui font auiourdhuy aux Eglifes papiftes,amp; lefaiddeccux ,qui y communiquent: amp;nbsp;entre les ceremonies du peuple dâIf-rad, amp;nbsp;le faict amp;nbsp;lâvfage des fainclz, qui ont cfté en iccluy .Car pour le premier, 11 nous faut noter que nous auons à con fidcrcr diuctfcs fortes de ceremonies, aux Eglifes papilles,âcomme elles ont auffieftéen Ifrael,du temps quâil aefté feduiclamp;corrompu,par idolatrie. IlyDiuifion a des ceremonies, oui font encore de- ââââquot;'â
* nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1 i 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i ⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;monief»
mources de Fordonnanec de Dieu. Il y
, en a des autres qui ont totalement eftê
â controuuées , par lâentendement hu-i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;E t
ÃS EPIST RE
main. Touchant celles qui font de-s montées, de lâordonnance de Dieu,il les nous faut encore confidercr,en troys fortes. Carily enaïquifontdcmçu-rées pures,fans eftre corrumpues par au cnn mertinge, des traditions humaines, qui contiennent en foy,quelque profef fion dâidolâtrie,ou de fuperftition amp;nbsp;de blafpheme. 11 y en a des autres,qui ne font pas demeurées en leur pureté,amp;def quelles nous ne pouuons vfer,fan$ com mettre quelque cfpcce dâidolâtrie ,fi nous ne condamnons aucunement, lâabus qui y eh. Touteffoys,combien que il y a de la corruption beaucoup,cn iccl- â les, ce neantmoins,âla fubftanceamp; la for me de lâordonnance de Dieu, y demeure cnticre,en forte,quâil y a encore du bié, du quel on peut prendre le fruia. Il y en a des autres, qui ont bien fuccedé au lieu des pures ordonnances de Dieu, amp;nbsp;qui nous fontpropofées, au lieu dâicel-les,amp;enfemblentauoir quelque imita tion,maisil y eftfipeu demeuré de bon amp;nbsp;de lâordonnance de Dicu,amp; il y a tant dâadiou(lé,des inuentions de lâAnte-çhrift, amp;nbsp;de fon lcuain,quâil nâyeft rien demeuré
ÃVX FIDELES, ^^
Henicuré,dc quoy Icfidde fe puiffe fet-uirjoufte lâintention de Dieu, qui a ordonné la chofe, amp;nbsp;qui ne foit du tout conuerty en vrayepoifon.Maij afin que tout cecy foit mieux entendu, nous déduirons maintenant tous ces poihelz, par ordre, amp;nbsp;monftrerons par exemples, quelles ceremonies font de ces diners or dres,propofez par nous. Et en la dedu-dion de cede matière, nous traiterons quant amp;quant,ccs quatre poindz que nous auons promis,(clon lâordre amp;nbsp;lâcf-pece des ceremonies, qui leur conuien-dront. Quant d la première manière des cercmonies,contenues en cefte diui Aon,nous y pouuons mettre la circonci fion entre les Iuifz,les facrificesamp; les ce remonies commandées en la loy, qui font toufiours demeurez en leur entier, entre le peuple dâIfracl. Mais ie ne fay, ceremoi fi entre les papilles nous en pourrons nies du pointtrouucr,de telles. Enquoy nous P'jquot;ââ auons bien occafion de gémir, amp;nbsp;de de-plourcr noz malheürs,qüc nous foyons tumbez en tel abyfme dâignorance, dâer reur amp;d'abns,quâil ne foit rien demeuré de pur amp;nbsp;dâentier, en la Chreftienté ,de
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tout ce quiaefté ordonné de DîeUiamp; que nous foyonsdeuenuz en pire eftat que iamais les luifz ne furent, quelque corruption qui ay t eflé entre eux. Par-quoy les argumens que nous faifons, prins de la coniparaifon de lâaffiftence, que les Prophètes ont faid au temple de Hierufalem,amp; aux facrifices amp;nbsp;ceremonies des luifz nâont point de conuenan ce, aucc ce que nous pouuons faire, aux temples'des idoles, amp;nbsp;aux alTemblêes Oifferéceâ^^âââloiatres . Car nonobftantquâily entre U» eut des hypocrites,amp; des idolatres,entrc erdfern ^' P^^P^^ ^â^fracl,toutcffoys,puis que ce pie de Hie temple auoit eftè cdifié,amp; député au fer rufilcm, nice de Dieu, par le commandement dâi ^«***ââ¢,^'^â7â â^ ^^â ceremonies fcmblablemét, âci.^^f^' qui y eftoyent en vfage,les vrays ferui-teursdcDieucnpouuoyent amp;nbsp;deuoy-entvfer,fans fcrupule de confcicnce.
Mais qui plus eft, ilz euflent mal faief, fâilz nâen eulfentvfé. Carilz auoyent commandement de glorifier Dieu, non feulement en fccrct,cnlcur'cucur amp;nbsp;en leursmaifons,mais publiquement,en fon Eglife,amp;de faire profeifion de fon Nom amp;nbsp;de fa religion. Or ilz ne le pou-uoyent
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uoyent faire que par le moyen queDieu leur auoit lt;iónê,en fa loy.Carde co trou ucr der nouuelles manières ,dc feruiri Dieu,amp; laiffcr celles quâil auoit ordonnées,afin quâilz nâeufient rien de commun aucc les hypocrites , ou aucc les i-dolatres,il ne leur eftoit pes licite. Car en cuydant cuitcrvnâinconuenicnt, ilz fuffettumbez cnvn autrc.Puisdôc que il n'y auoit point d'autre manière de 1er ij escien uiri Dieu,qui luy fuft agréable, fi non ce JafiJe celle, queluy mefmc auoit ord0né,non
obftat que les hypocritcsamp;fuperftitieux te à lâlnfi idolâtres en abufoyent, touteffoys la dde. confcicnce des fideles nâeftoit pas fubie-âeâ lâintention, nyâla faulfe opinion de ceux qui abufoyent des pures ordonnances de Dieu. Carpuys que les fer-uiteurs de Dieu en vfoyent,tcndans à la fin pour laquelle ces ceremonies e-ftoyent commandées de Dicu,les hypocrites amp;nbsp;fuperftitieux nâen pouuoyent pas prendre fcandalc,pour eftre édifiez amp;nbsp;confermez enâlcur faulfe opinion,at-tcndu que les fainelz ne peruertilfoycnt point la fin,nclâvfage des ordonnances de Dieu.C ar les fainâz ne font pas fub-
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7t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EPISTRE
îcaz,de penfer à toutes les fantafies,qué les folz pourroyent imaginer en leur cerueau,ny adeuiner,toutes les opinions foies ,qu'ilz pourroyent auoir. Il fuffift; quâeux ne baillent pas occafion de fcandale,aux autres . Si les autres le prennent fans caufe,ce nâeft pas la coul-pe des ferultcurs de Dieu: Ce feroit leur coulpe,fâilz vfoyent de quelque manière de faire,qui ne fe peuft interpreter,en bonne partie:ou qui auroit en foy quelque apparence de mal: comme nous en auons lâexemple en beaucoup de traditions humaines defqucllcs iamais la fin ne fuftbonne, ne 1âinftitution dâicelles? ou fil y a eu quelque apparence de bien, touteffoys la pratique nâen valut iamais rien,fclon laquelle on iuge de la chofe, tellement quâon nâen pcutvfcr,fans con fermer lâerreur des errans,qui ne regardent quâd la fin,pour laquelle ilz entendent que la chofe leur a efté commandée. Ainfi donc que ie ne puis affubie-âirlesconfcienccs des debiles,ou des (impies amp;ignorans,diuger bien dâvne chofe, en laquelle il y a manifefte apparence de mal,comme iâen pourroye iu-g«
AVX FIDELES. 7? gerfdon ma fcicnce,mai$ il faut que iâen demeure d leur jugement, veu que lâen vfe,quant à lâapparéce, comme eux. Auflï dâvue cEofe qui eft bonne defoy, ie nâen doy pas eftre fubiet d la foie fan-tafic de perfonne, ny d fon fol iugemét: mais il faut que les autres en foy ét fub-ietz au mien: ou autrement, jamais ie nâoferoyc faire âumofne, ou pricre, ou quelque autre bonne Åuurc.Car il nây a fi bonne Åuure,de celles niefmcs qui font cômandées expreffement de Dieu, de laquelle les ignorant amp;nbsp;les hypocrites nâabufent. Car ilz les font auec opinion de mérite, quâilz attribuent d celle Åuure,par laquelle ilzaneantilTcntlc Merite de lefus. Mais puis que lâÅuurc eft bonne defoy,amp;mâeft commandée de Dieu, ie ne fuis tenu que de la faire, félon fon ordonnance. Si ceux qui la voycnt,en iugent autrement, que mon intention ne porte,ic ne fuis point fubiet dleur iugement en cela, amp;nbsp;ne fuis pas tenu dâobuier d toutes les penfées quâils peuuentanoir. Carie ne pour-royc. Puis donc que iâay faid lâÅuure d telle intention quâelle a efté ordonnée
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74 EP IS T RE
de Dieu, üz font pins tenuzdefuyur« mon intention,que moy la Icur.Sâilz ne le veulent ou fanent faire, ie mâen rapporte d eux. Mais des ceremonies amp;nbsp;des Åuurcs qui ne font pas commandées de Dicu,amp; qui font fcandaleufes, amp;nbsp;que ie puis obmettre fans offenfer Dieu, amp;nbsp;ie ne les peux faire fans Poffen fer,ou,pour le moins,fans offenfer mon procliain,ic mâen doy deporter,amp; doy entendre que mon intention doit eftre fubiette d celle de celuy qui en iuge, attendu quâil en iuge félon lâintention pourquoy la cho fe a efté ordonnée, amp;nbsp;félon la pratique dâicelle. Carainfi que ie veux que lâintention de mon prochain foit fubiette d la mienne, en ce que iâenfuys lâintention de Dieu,aux Åuurcs commandées de luy, auffi il faut que mon intention foit fubiette d la ficnne, en ce que iâenfuys les Åuurcs inuentées par les hommes,tant quâil en iuge félon lâintention de ceux qui les ont ordonnées amp;pra-diqnées.'Vâoyla quant aux iugemés des infidèles amp;nbsp;debiles.
â Venons aux fidèles. Hz nâont point auffi iufte occafion dâetre feandalizez des
AVX FIDELES. 75 Jes bonnes ttuures des Saindz, mais e-difiez d'auantage, amp;nbsp;toufiours mieux incitez i louer Dieu â¢. qui eft lâvnc des fins principales, pourquoy les affem-blêes des fidèles fc font,amp; pourquoy Dieu a commandé quâil fuft glorifié amp;nbsp;confeffé en icelles, par le publique tef-moignage de fes cérémonies amp;nbsp;ordonnances . Mais ily a encore dâauantage. Carles Saimäz rcprcnoyentpublique-ment les abuz, amp;nbsp;les faulfes opinions, que les hypocrites apportoyent,aux ordonnances de Dieu. Et combien quâilz fulTcnt conioinâz auec eux, quant aux corps, amp;nbsp;quant d lâapparence de lâÅuure extérieure , qui eftoit commune tant aux vns quâaux autres, neantmoins ilz eftoyent feparez les vns des autres, non feulement quant au tueur, en fccret, mais aulTï quant à la profeiTion quâilz faifoyent de leur religion, tant de paroi lesqucdâÅuures. Car ilz auoycntles Prophètes qui prefehoyent purement la Loy de Dieu, amp;nbsp;qui ne ceffoyent de reprendre lesfaulfes opinions amp;lcsa-buz,qui ponuoyent corrompre le fetui-cediuin. Puis donc que les Prophètes
7^ IP IS TRE faifoyentprofeffion manifefte de la pa-rolle de Dieu, amp;que leur minifterca-uoit lieu entre les fideles, il eft tout certain que les Prophètes amp;nbsp;leurs difciples ne deuoyent point eftre empefehez d rendre leur deuoir par la niauuaife con-feiencedes autres .Et du temps de lefus ' Chrift mefme, nonobftant que les Scri-Mit.iÿ. bes amp;nbsp;Pharifiens culTcnt fort corrompu les entendemens des hommes,par leurs traditions :touteffoys encore lefus Chrift tcfmoigne,quâilzprefehoy-Matt.1}. 'quot;f ^â ^^y de Moyfe,amp;commande de
Iesouyr,amp;delcurobeyrencela. Pour le moins, ilz nâenduroyent point dâidolâtrie manifefteau Temple de Hierufa-lem. Parquoy,combien quâilz abufaf-fent de la Loy de Dieu, amp;nbsp;des facrifices, amp;des traditions de leurs anceftres, par leurfaulfe intelligence amp;nbsp;opinions cor rompues, neantmoins lefus Chrift amp;nbsp;lesSainâz qui onteftédece temps,cohi lue 1.1.3. meZacharie,Elizabeth, tehan Baptifte, Ãêh.i 7. Simeon, Anne, lofeph, la vierge Marie, Mat.is. amp;nbsp;des autres femblables,nâont pas laiffé
de frequenter le Temple, amp;nbsp;de feruiri ;
Dieu félon faLoy,vfan$ des ceremo
nies
AVXFIDELES. 77 pies amp;nbsp;des facriflccs dâicelle.Mais quand il eft venu â poinâjlz ont condamné amp;nbsp;reprins les abuz qui cftoyent, tant en la peruerfeobferuationde la Loy, quâaux traditions des ancicns:commcilconfte, tant parles fermons de Iclian Baptifte, que ceux de lefus Chrift amp;dcfcs Apo-ftres. Puis donc quâilz condamnoyent manifeftement ce qui eftoit à repren-dre,ilz pouuoyent bien,fans nulle diffi culté,vfer des ordonnances de Dieu, au lieu eleu de Dieu, mefme au milieu des hypocrites.
Et nonobftant que tous les fideles, qui pouuoyét eftre de ce temps là , nâeuf fent pas la charge amp;nbsp;lâauthotité dâenfei-gncr, comme Icfus Chrift, ou comme Zacharie,lehan Bapciftc,amp; autres fem-blablcs,nc telles occafions, pour repren dre les abuz, il nâeft touteffoys pas vray femblable, quâilz fe foyent totalement tcuz,fans donner aucun ligne de la do-ftrineâqu'ilz appronuoyent. Et quand ilz nâeuffent faid autre chofe, que fuy-ure fimplement la doctrine de lefus, de Ichan Baptifte,amp;des vrays feruiteurs de Dieu, ce neantmoins cela leur fuffi-
78 EPISTRE
foltiveu quâil y anoitpubliquc profeffi-on de la vraye dodrine amp;nbsp;religion de Dieu,amp; quâeux ne faifoyent rien qui fuft contraire à icelle,pourapprouuer faulfe religion. Autant en pourrions nous maintenant dire de nous, qui fom mes aux lieux, aufquelz nous auons liberté de conuenir en lâEglife pour ouyr la parolle du Seigneur, amp;nbsp;pour eekbrer fet faindz Sacremens, amp;nbsp;qui auons les Palpeurs, qui prcfch.cnt lâEuangile purement. C ar combien quâil y ayt plu- : lieurs hypocrites , amp;nbsp;idolâtres entre nous,ilnousfufFit,quenou$ auonsle minifterede lâEuangile, amp;nbsp;lâvfage des Sacremcns,puramp;franc,amp; que les abuz 1 fontcondânez par lesvrays feruireurs I dcDieu,rant en publie,quâenparticu-lier.Puis quâil y a telle liberté,amp; que les fidèles pcuuent feruir à Dieu, fans aucun ligne euident dâaucun confente-menr,ou approbation dâidolâtrie,ou de fuperftition, cela nous fufFit. Voyla quant à la premiere confideration des i ordonnances de Dieu, qui font encore ' demeurées en lâEglife, en leur premiere pureté, fil y en a touteffoys point en lâe
A V X FIDELES. j? ghfe Papifte , Dequoy ie doubte encore. Carie nây en fay point,connue en celle des I uifz.
Venons maintenant à la féconde. Ilyadâvne autre forte dâordonnances, ^â'''â¢ââf qui nonobftant quâelles renennet quelcond 01, que chofe de la première ordonnance de Hrc. Dieu, ce neantmoins elles font corrotu pues parle mcllingcdcs inuentions hu maines, mais les vues plus, les autres moins. Les vnes font tellement corrom pues, que ia foit quâà peine ilfoit polTi-ble de pouuoir vfer de ce qui y eft demeuré de bon,fans commettre en quelque endroit, quelque efpece dâidolâtrie, touteffoys la fubtlancc,amp; la forme de lâordonnance de Dieu y demeure encore entiere. Nous auons exemple de cecy au Baptcfmc des Papilles,amp; fi nous vou te B apte! Ions,au Mariageaufii.Car combien que mcdeiprc le Baptcfmc ayt fortefté barbouillé amp;â^'âââ fouillé par ces menuz fatras ,defquelz nous auons parlé.-touteffoys la vrayc forme amp;nbsp;fubftance du Baptcfmc, câeft a-fanoir,la promeffe de Dieu,amp; le figne vi fiblc de lâcauc,dcmcurét purs amp;nbsp;entiers, tellement que les plus grans Papiftci
8o EPISTR E
du monde, font encore co nt rainez de confcirer,commeiladefiaefté touché, quâen cas de nccclTité, ceux doyucnt e-Ãre tcnuz pour vrayement baptizez, qui ont eu reaué,aucc la promeffe. En quoy vérité les contraint, de confelfer, que tous leurs autres badinages,ne font pointdclafubftance amp;nbsp;de la vraye forme duBaptcfme,iafoit quâautrement îlz les eftiment plus que ce quicA de lâordonnance de Dieu, attendu quâilz ont mis telle nccciTité au Baptefme extérieur, quâilz condamnent d mort etet nelle tous ceu x qui ne lâauront receu.
Autant en pouuons nous dire du te Maria f^ 3 ri age, combien que le Mariage nâeft pascomprins au nombre des Sacremés, aux faindes Efcritures,fi nous prenons
, Sacrement proprement enlafignifica-tion que nous le prenons, quand nous parlons du Baptefme,ou de la Cene.Car
Gen.j. ®âââ ne pouuons nyer que le Mariage Mat.19.. ne foit ordonné de Dieu. Et là ou il y a
amp; contrat légitime, entre le
'â ' mary amp;nbsp;la femme,il nây a point de doub te que le Mariage ne foitferme amp;nbsp;legiti me deuant Dieu: combien que lâefpoux amp;
AVX FIDELES. 8i amp;lâefpoufe ne feroyentpoint efpoufez t en lâEglife. CedecouÃume donc,que £f,ââ^ nous allons dâefpoufer en TEglife, nâeft fom. pas venue, ny obferuéc en lâEglife par vn exprescóniandementde Dieu,corn niedecelebrer leBaptefme oulaCene: mais pour honnorcr le Mariaged'auan-tage,parrinuocation duNomdc Dieu, fus les nouucaux mariez,amp;pour mieux obuier aux fcandale$,fraudes,amp; trompe ries,qui fepourroyét commettre foutz lâombre de Mariage .En tout cccy il nây a rien qui ne foit conforme à la parolle de Dicu.Car de prier pour les nouucaux mariez, amp;nbsp;de leur remonftrer quel eft leurofficcparla parollede Dieu,cela eft lâoffice des Pafteurs amp;nbsp;des MiniftreS , amp;nbsp;de toute lâEglife .Scmblablcmcnt,dc vc j nir faire profelfion publique du faina , Mariage en lâEglife , cela fert d lâhôneur du Mariage,pourobuier aux paillardi-fet qui fe pourroyent commettre foubz le tiltre dâiccluy. Il fert pareillement à - lâordre publique, amp;nbsp;d la paix amp;d lâédification delâEglife,pourobuier auxin-' conucniens,cautclcs amp;fcandales,qui autrement y pourroyent aduenit.Nous
81quot; ÃPISTRE
ne ponuons auflï nyer, que cecy ne foif Mu.i$. du Commandement de Dieu , qui commande que nous nous gardions defcan i.cot.14. âî1^âlt;^ 4®'rout foit faid en lâEglife par bon ordre.Puis qu'ainü eft,quel empef-chemét me doit retarder, dâv fer de cefle fainde ordonnance, amp;nbsp;de cefte louable couftumedc lâEglife? Quand cecy fe fe-roit en la forte que nous cnvfonsaux Eglifes,aufquclles le vray vfagc du mi-niftcre cft reftitué, la queftion nâauroif point de difficulté. Mais en la Papifte-rie, nous y trouuons la mcfmc difficul-té,quc nous trouuons au Baptefme;ex-cepté premièrement, que cede profeifi-on extérieure du Mariage,nâcft point de telle qualité amp;nbsp;importance,que celle du Baptefme. En apres,elle nâa point dâexprès Commandement, de la célébrer en telle ou en telle manière, amp;nbsp;par certaines ceremonies, comme nous Fanons du Baptefme. I tcm,lc fcandalc ne ferait pat fi grand, dâobmettre cefte ceremo-nic,que dâobmettre le Baptefme. Mais au reftc,il eft tout certain, quâil efi force d ceux qui fe veulent efpoufer en la Pa pifterie,dâapprouuer tout plein demenuz
AVX FIDELES. 8J' nui fatras i que les prcilres ont tnefle.^ panny cefte kenediâion du Mariage, amp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;'
certaines cérémonies amp;nbsp;inuocations, qui ne font pas fans efpece d idolatrie, comme au Baptefme. Et qui plus eft, ceux qui fây efpoufent, font côtraindi, pour lapluspart,decomparoiftre ou â leur Melfe^ou à leurs Vcfpres,ou à quel que autre maniéré de faire, qui ne vaut guère mieux, Lefquelles chofes ne font pas exemptes dâidolâtrie, CarauxVcf-près mefmes, combien y aildâinuocati- â' ousd autre quâà Dieu?
C^âeft il donc de faire fur cecytV aut il mieux lai (fer les enfans fans les bap-tizer, amp;nbsp;les nouucaux mariez, fans les cfpoufer,quc venir aux prcllrcs en telle forte, amp;nbsp;vfcrde leurs manières de fairct Que icpuilfe exeufer totalement ceux qui y vont en la forte que iâay défia did, amp;nbsp;les abfouldrc de toute efpece dâidolâtrie, ie ne puis bonnement pour les rai-fons deifus alléguées, Caries ceremonies quâil faut icyobferuer ne font pas de telle nature,que celles que lesSaindz qui ont efté encre le peuple d I fracl, ont ebferuêes,envfantdes ordonnances de
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EPISTRE
Dieu.Mais puis que iâay promis dâexpô-«nldte * ^'â^ *â quelle manière il eft licite aux fi- , dâaffifler deles dâafiifter en cefte manière de Bà p-auEaptef' tefmc, amp;nbsp;qu'il y a à reprendre, amp;nbsp;à fup-medetPa nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;⢠â j
pift« . amp;P'â'âf*^'gt;â'''iendray maintenant fur ce fil lefautpoina. Et puis il fera facile à iugerdu I du tout re Mariage.
Pour le premier, ic ne fuis point de LâinUltu/aduis, que les fideles gardent leurs cn-tionduBafans,fan$ les faire baptizer: amp;nbsp;cccy pour Mat.}.»8. plufieurs caufes. La premiere, pourtant Eph.S. que le Baptefme eft le Sacremetit de no
Aftl.
Tit.J. i
Gene. 17
ftrc regeneration, amp;nbsp;le premier, pär lequel nous fommes receuz amp;nbsp;incorporez en lâEglife de Icfus. Semblablement lâalliance que Dieu a faiâeaucc nous amp;nbsp;â ââuec noz cnfans,cft confermée en nous amp;nbsp;en eux par iceluy. Parquoy ic he voU droye point, que moy, ne que le miens, fuflent priucz des graces amp;nbsp;bénéfices, qui nous font promis au Baptefme : ny delà confolation que nous y receuons, parlctcfmoignage quinousyeft donné de lâalliance de Dieu,auec nous amp;nbsp;les nôtres, amp;nbsp;de la confirmation que nous y receuons de noRre Foy, amp;nbsp;des prières qui f y font par lâEglife,pour ceux qui y font
AVX FIDELES. 8$ fontprefentez.Car ie fuis certain que la vertu desSacremens ne depend pas du Miniftre, par lequel ilz font admini-ftrez,mais de lâordonnance de Dicu,qui les a ordonnez . Parquoy il me fuffift, que ie reçoyue leSacrement enticriquel que le Miniftre foit. Car il ne me peut pas priuer de ce qui mây eft promis de Dieu,moycnnant que ie nâaneantilfe fa grace,par mon infidélité amp;nbsp;par ma coul P'â
- Dâautrepart, il y a auffi grand dangler de fcandalc pour le prochain, fi le Baptefme cft obmis. Car puis que le Baptcfme eft la premiere profeffion amp;nbsp;proteftation que iepuis amp;doy faire de la religion Chreftienne,fiienâcn tient conte, ie bailleray occafion aux vns de â'âg'f que ie fuis vn homme fans Dieu, fans Loy,amp; fans Foy.ou,pour le moins, que iâay mauuaife eftime de la religion Chrcftienne, amp;nbsp;du Baptcfme : ou que ie fuis quelque Anabaptifte. Et par ainfi. Dieu fera deshonnoré en deux fortes. La première, par ce que ie ne luy rendz pas lâhonneur qui luv cft deu,par publique confcifiQû, amp;nbsp;tefmoignage «le m»
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Foy.Lâautre eft «n ce,que par vn tel mef prisse baille occaÃon aux mefclians,ou de mefprifer le Baptefmc, amp;nbsp;la religion Chreftienne, amp;nbsp;les prepare â venir fans Dieu amp;fans religion: ou ic leur baille occaHon de blafplicmer lâEuangilf,com me vne dodrine diabolique, qui côdam aie le Baptefmc, ou qui approuue lâopinion des Anabapciftes amp;nbsp;de ceux quî blafmcnt le Baptefmc des pens enfant. Etaux bons amp;nbsp;aux de biles, ic don ne oC cation, ou d'auoir mauuaife opinion de i moy,amp; de fc retirer de la dodrine,de laquelle ilz entendent que ie fay profel- 1 lion:oii de faire le frmblable que moy. 1 le conclut donc, que fâil cdpolfiblc !
dâauoir Miniftre, nous ne deuons pas ' mefprifer le Baptefmc, quel que le Mini dre puiffe edre, attendu que le Sacrement quâil minidre, foit Sacrement en vraye fubdancc amp;nbsp;formc,amp; que le Mini drefoit Minidrcpubliquc.Qjiandiedy . Minidre publique, iâentens quâil foit ap pcllé amp;approuuêde quelque congrega j tion,cn laquelle le Nom de Icfus foit in uoqué. Car nonobdanr que les predret , papides foyent admiz en leur office par
4 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lâAnte-
AVX FIDELES. 87, IâAntcchrift^toutcffoy» puis qu'ils tiennent le lieu de Miniftre,amp; que ic nâen puis auoir des autres ,amp; que tenant le lieu des Apoftresde lefus Chrift, ilz me adminiftrent le mefme Baptefme que les Apoftres ontadminiftré ,ie ne puis totalement condamner leur miniftere, en ccftendroit,nô plus que Icfus Chrift a condamné le minifterc dâAnne amp;de Cayplie.ou des Scribes amp;des Pharifiés, quand ilz ontprefehé la Loy,ou admini ftré la Circoncifion,ou les autres Sacrc-mens amp;nbsp;facriamp;ecs de lâEglifc de Hierufa lem. Car nonobftant qu'au refte ilz fif-fent lâoffice dâAntechrift, amp;nbsp;quâilz fuf-i fent paruenuz par mauuais moyens en lâoffice quâilz exerçoyent : touteffoys, puis quâilz cenoyenc le lieu des Sainâz, ce quâilz faifoyent comme fainâ,à lâimi tation de ceux,dcfquelz ilz tenoyent le lieu, ne deuoit pas eftre reietté ne condamné,d caufe de leurs perfonnes, amp;nbsp;de la faute qui eftoit en eux aux autres chofes. Aulfi nous ne condamnons pas totalement le Baptefme,qui a e-fté adminiftré par les preftres papilles , comme nous condamnons leurs
88 EPISTRE
MeiTet, Pareillement nous nefaifons pas rebaptizer ceux qui ontefté bapti-zez par eux: mais nous approuuons ce Bapcefmc, entant que IcfusClirift y a efté inuoquè : combien que nous condamnons les vaines amp;nbsp;fuperftitieufes ccrcmonics,defquclleslla eflé barbouil lé.Er pourtant,ie trouuc feulement vne difference entre lâadminiftration des Sa â r cremens ,dcfquclz nous parlons main-: tenant »faiâc par les faux preftres, qui ont efté en Hierufalem, amp;nbsp;celle des Papi ftes ,câeftquâilz cftoycntplus purement obferuez entre les luifz, félon lâordonnance de Dieu, quâilz ne le font entre
-les Papifte$;ic dy ceux qui y font 1er â .plus purs. Parquoy, nous pouuons . moins communiquer à ceux des Papilles , fans péché, que ceux du temps des Scribes amp;nbsp;Pharifiens, ne faifoyét à ceux du Temple, pour les raifons qui ontdef iaclfédcfduiclcs. nbsp;nbsp;Mais en ceux,auf-quelz la fubftance amp;nbsp;la forme demeure purc,ie fupportc ceux qui y alfiftcnr, pourtant que fâilz nây alTiftcnc ^en cuy-dant euiter vninconuenient ,iiz tombent en des autres plus grans,comme ie
iâay
AVX FIDELES. 8gt;
lâay défia monftré.Car îafoit quâil ne fail le pas faire mal, afin quâil en vienne du *®'â^quot; bien , touteffoys , quand deux maux nous font propofez, amp;en telle forte, que nous ne pouuons euiter, ou lâvn ou lâautre, il vaut toufiours mieux eflire le moindre.
si ie fuys donc en cefte neceflïtÃ,ou queie foye contraint,de faire baptizet mô enfant aux prefttes papiftcs,ou quâil demeure fans eftrebaptizé,amp; que ie ne le puyiTe garder fans eftre baptizé, que ie nâoffcnce Dieu de l'autre collé , amp;nbsp;mon prochain fcmblablemcnr,péchant contre la première amp;nbsp;la fécondé table,amp; fans dangier encore dâeftte bruilé auec tout cela, amp;nbsp;de donner grand fcandalc à laparoUe de Dieu,ilell encore plus expedient amp;nbsp;plus requis, que ie le face bap tizer, quâautrement. Puis donc queie fuys défia preffé iufque là , ie dois adui-fer,fi ie pourroye trouner quelque moy en,pour euiter lâidolâtrie, que ie feray contraint dây commettre. le dois ad-uifer,fi ie pourroye auoirle moycn,dâal leren quelque atfcmbléc Chreftienne, ou ie puilfe auoir le Baptefme pur amp;nbsp;net
5»o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EPISTRE
fans foui lieu redes traditions humaines comme il fe peut quelque foys faire,aux villes qui ont quelques Eglifes prochai nés auxquelles le vray vfage des fa cremens eft reftituè:ou aufqucllcs il y a quelque nombre de fideles,qui peuuent auoir quelques afTcmblées, au milieu des idolâtres,ou par les maifons, ou par les autres lieux ,'qui leur font les plus propres, félon lâexigence des temps amp;nbsp;dcscirconftanccs;comme les fideles de la premiere Eglife faifoyent en Hicrufa lcm: amp;nbsp;comme ilz ont faiél fouuentef-foys,du temps des perfecutions. Ou ie dois aduifer, fi ie pourroye auoir,par quelque bon moycn,dcs miniftres , qui Icsjpeulfêt adminiftrer, ainfi quâil appat tient. Si cela nây eft,il faut confiderer, fi on pourroit trouuer quelque moyen, pourdeclaircr ce qui nous defplait,en ce que nous faifons,amp; ce que nous approu uon$,ou reprouuons. Si tout cccy dc-faut,amp; que nous nâayons pas encore la foy, ne la conftancc,pour venir iufques d telle dcclaration,nây le moyen,pour le faire fans dangier, ny le cncur pour pou uoir encore foubftenir tel dangier, reco gn or lions
AVX FIDELES. 51 gnoiffonj noftre infirmité deuantDieu, amp;fn vfant de ce qui eft bon,demandons | luy pardon, de ce qui cft mauuais , qui ! nous dcfplait, amp;nbsp;toutcIFoys nous ne Lofons encore condamner, mais feniblc que nous lâapprouuions.
Touchant le mariage, il y a prefque Afflûmee vnc mefme raifon: exepté, que nous^â^JJ** nous pourrions mieux déporter en icel- pipiocu luy, de la ceremonie de lâEglife, quâau Baptcfmc,pour les raifons deiTus dides. Il y a aulfi cela,qu'il feroit plus facile, à fâen abftcnir,ou plus facile,^ le edebrer, entre les fidèles. Car celle cérémonie, nâcncloft point neceffaircment deprofef fion,dela religion Chrefticnne,nc des autres dependances,qui font aux facre-mens , proprement appeliez facre-niens. T out le dangier qui pourroit c-ftreà f'abftenir de celle ceremonie,feroit au fcandalequi f en pourroit enfuy nre,dc lâopinion que les ignorant pour-roy ent auoir de paillardife, ou dâadultère,commis entre ceux qui ne tinedroy-ent point pour mary s amp;nbsp;femmes, par faute de cefte confirmation,amp; approbation publique: lequel fcandale ne feroit
5gt;t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EPISTRE
pas petit,ne peu au deflionneur de lâE-«angile. Car ilz pourroyent alléguer, que ceft Euangile,,veut abolir le mariage, amp;nbsp;entretenir toute ordure amp;nbsp;paillar dife. Car il ne faut pas grande occafion aux mefchan$,pourcalumnier la parol-lede Dieu. Touteffoys,puis que le mariage nâeft pas tenu pour facrement, en lâEfcriture,commele Baptefme,amp; que la ceremonie qui eft obfernéc dâiceluy, en rÃglife,nâcft pas cômandée de Dieu, comme: vn facrement, finon en tant, que lâordre publique, amp;nbsp;lâinuocation du Nom de Dieu nous font recommandez: Puis aulfi que ie pourroyc inuoqucf Dicu,amp; protcfter,par autre moyen, que par telles efpoufaifons,qucle party,auec lequelic conuerfe, mâeft conioincl par mariage: câeft afauoir, par tefmoings,amp; par in ftrumés publiques, du contrat le gitime de mariagc,amp; par lâordre de la iu nice ciuile,auec ma confelfion amp;nbsp;de ma partie ou quelque autre fcmblablc moy en, iâaymeroye mieux me déporter du tout de celle cercmonie,fâil mâeftoit poflï ble,que de lâacheter, par la moindre fi-gniheation dâidolâtrie,que iây pourroyc commet-
AVX FIDELES. jl Commettre. Touteffoys, fiienepuis autrement, iâen dis comme du Baptef-me: Combien que la neceffité n'eftpar â^y fi grande,quâau Baptefme.
11 refte maintenant, la troyziefmc forte des ceremonies , ordonnées de cercmoni Dieu qui font corrompues,par les in- «dutroy Uentions humaines: mais plus que ccl j'^â°*'' les defquelles nous auons maintenant parlé : câeft afauoir,de celles qui lot telle mét corropues amp;peruertics, quâil nây eft demeuré ny fubftâce, ny forme entière, de lavraycordónanccdeDicu,finó quel que vaine imagination, amp;nbsp;faulfe repre-fentation,pour faire â croyreaux hommes, que câeft lâordonnance de Dieu. , Nous mettrons la meflè en ceft ordre, afin que nous mettions fin aux quatre poincl2,quionteftè mis en auant,au comencement. Car quand nous auros parlé de la mclfc, il fera aulfi facile den-tédre,que nous deuons eftimer,dâalTifter aux funérailles amp;nbsp;obfeques pour les mortz. Quand à la mcffc,ie nâignore pas ^^^j®*quot;' les coleurs quâon luy baille,pour la faire âuni. trouuer meilleur, quâelle nâeft. le ne dis pas feulement les papiftes, qui lâont
54 EPISTRE
en fi grande reucrence, quâilz efiiment, que toute la ChreftientéeftU comprin fe, amp;nbsp;que tout leur falut y gift. Caret eft la plus grande idole, quâilz puilTcnt auoir. nbsp;nbsp;Mais ie parle autfi, de ceux qui
fe glorifient,de cognoiftre la vérité, qui voudroyentbien trouuer coleur,pour pallier,lâairiftencc qn'ilz y font.Ceux cy ne peuuct nyer,dc la meiTc, ce que nous en auons did,que ce ne foit la plus gran dc,amp; la plus execrable idole, non feulement qui foit en la Chreftienté,niais qui a iamais efté foubz le ciel;comme il me feroit facile à le monftrer,fi le temps le portoit maintcnant,amp; fi la chofe le re Ã[ueroit. Mais cefte matière a défia af- ' éz efté debatue amp;nbsp;manifeftée, tant par parolle que par efcrit ,de plufieursfa-uans perfon nages,aux raifons defquclz nul ne peut contredire, f il ne veut refi-fter manifeftementâ vérité. Et ceux pour Icfquelz nous eferiuons ces ebofes nâygnorent pas ce que ie dis. Parquoy ie nâay pas befoing dâen faire plus long procès. Car noftre different nâeft pas,8-ucceux,f'il y a idolatrie en la meffe ou non. Careuxamp;nout,tenonsdcfiacc- ⢠la
AVX FIDELES. ÿf la tout pour rcfolu:maij fil y a moyen dây Pouuoir alîiftcr amp;nbsp;comparoiftre,aucc^* ^'quot;quot; 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fence ton
1 les papittcs , fans communiquer aucc chantraf j eux, à l'idolâtrie qui y eft commife, amp;nbsp;liftcncc à ' fans en faire aucune profeiïion. Uzdi-*ââ*^â I fentquâouy. Nouslenyons. Ouyons donc les raifons,qui font alléguées d'vn cofté amp;nbsp;dâautre , amp;nbsp;puis on iugera,quelles font les meilleures.
Ceux qui afferment quâon y peut comparoiftte,fan$ offenfer Dieu,par ido t« «'û latrie,allcguentprcmieremét,quc non- ^^j ,quot;Æ obftant que la mcirc,tellc quâon la cele- prouuent. breâprefcnt,foitpleine de fuperftition^â»^*'*â¢* amp;nbsp;idolâtrie,amp; blafphcme,contre la mort^'jJJ^, amp;nbsp;palTion de Icfu$,ellc eft touteffoys def cenduede la Cenede lefus Chrift. Mais qui plus eft,ilz luy font ceft honneur de l lâappeller,laCenede lefus. Ilzdifent 1 auffi que les additions qui y ontefté ad â iouftécs,yont efté adiouftée$,pour la plus grid part,'par les pere$,qui ont efté en lâEglifc,anciennc. Parquoy,pui$ que ainfîeft,il nefautpas pour la peruerfe i opinion,que les ignoran$,amp; que les infidèles y apportent, amp;nbsp;pour la corrupti-j on qui y eft venue,de leur part, que ce
5^
EPISTRE
qui y eft prins de la fainde Cenede Ie-fus,amp; des faindes ordonnances de lâE-glife ancienne , foit reprouué,amp; quc ceux foyentiugcz idolâtres, qui y alfi-ftcnr,fans aucune lignification d'idolâtrie, ny de communication d icelle,V-fans des chofes bonnes,qui y fonr,fclon lâintention de ceux qui les ont ordonnées. Voila leurs raifons,lefqucllcs il« veulent colorcr,ptcmicrcmcnt par vne crainte quâilz ont de donner fcandale d perfonne, filz nâeuitent la fufpicion quâilz pourroyent donner d aucuns, oU à tous leurs aduerfaires amp;nbsp;aux debiles amp;ignor8ns,dâcftrcfansDieu,amp;fans foy, fans loy amp;nbsp;fans religion, filz ne Eantoy ent point en lâEglife,aucc les autres, amp;nbsp;fâilz ne communiquoycnt nullement aueccux,pourdeclarer leur religion. Lâautrecolcur cft ptinfc,de lâexemple des fidèles amp;nbsp;des fainctz,qui ont efté en cnlbaeL trc le peupled lfracl,du temps que les veaux de Hieroboam ont efté dreftez en Dan amp;nbsp;en Bethel, amp;nbsp;que les hautz lieux onteftécnfigrandvogue,tanten luda quâen Ifrael amp;nbsp;en Samarie.Item,du teps que le feruice de Baal y eftoit, amp;nbsp;que le temple
AVX FIDELES. 57, temple de Hierufakm niefme , a cûé fouillé par les idolatries qui y ont eHé drelféesitantparles Roys amp;les Princes, j que par le peuple de luda. Car nous ne ' pouuons nyer, qu'Vrias,le preftre de 4.Ro.rtf. Hicrufalem, nâayt édifié au temple vn *^ââ'*quot;â autel,contre le comandement de Dieu, de Hierum par le commandement dâAliaz, Roy de fa em. luda, du temps mefme d'Efayc,fcmbla.. ble à ccluy de Damas,ville de Syrie. Il nây apointdedo«bte,quâilnây euft mar nifefteidolatrie,cn ccla,amp; que les facri-[ fices nây aycnteftéfailt;âz,qui deuoyent ' eftrefaiâz fur lâautel du Seigneur,le- j^ 5 quelaeflémcfprifé,poutlionnorcrce- -' i luyla. Enaprcs,n'cft-ilpas efcrit,quc 4.Ro.iSlt; Ezechias ftoilfa le ferpent d'ærain ,quc ââ - â Moyfe auoit faidf Pourtant que iufques à ces iouts la,lcs enfans dâIfracl luy fai-foyentdesencenfemensf Ilyauoitdôc idolatrie en cela,laquelle fcmble totalc-â ment conuenir,auec celle qui eft auiour ' dliuy entre les papilles, en lâeuchariftie, feenlamelfe. Carainfique le ferpent i lt;îâærain,nâauoitpas eftédrclféau defert j par le commandement, ou par l'inuenti i on des hommes,mais il auoit efté dreifé
G
ÿS EPISTRE
par Moyfe vray feruiteur de Dieu par le Commandementdâiceluy: auffilaCcne nâeft pas vne inuention hunainc, mais vne ordonnance de Dieu, ordonnée par i lefus Chriftnoftrc Seigneur. En apres ainfi que le peuple, a par apres abufé de ⢠ceferpcntdâxrain,amp;lâa honoré, vn log efpace de temps, par encenfemens, com me vn reliquaire précieux ,⢠auiÃà les Chrefticnsontabuîédcla Cenedeno-ftre Scigneur,amp; lâontconuertic en mef-fe,amp; en lâidolâtrie qui y eft maintenant commife,qui a longuement duré. Ou-treplus,nâcfl'ilpascfçrit de rechef,que ^«,0.18. Manaflet Roy de Iuda,redifia les hautz lieux que fon pere Ezechias auoit dc-Aruidze amp;nbsp;quâil reloua les autelz d Baal, amp;nbsp;planta vn boys comme Achab auoit faiâamp; adora tout lâcxercite du cieljà luy feruit? Il édifia aufli des autelz en la maifon du Seigneur à tout lâexcrcitc du ciel,es deux portes de la maifon du Seigneur; Il miftaufli vne image,au boys quâil auoit planté en la maifon du Sci-gneur.Ne lifons nous pas pareillement, â¢.Cbrap les execrables blafphcmcs amp;nbsp;abomina-tiont qui cftoycnt,tant au temple de ~ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Hicrufa-
AVX FIDELES. $9
ÃIierafakmquâautourd'icfluyâqnï ont^ Ro.x^ «fté abatucsjïngulicremcnt par Ezechi
SS, amp;nbsp;par Iofias,Roy dc ludaf Sem-E««b.8. fclablemcnc , Ezcchicl, quel reproche faia il aux anciens amp;nbsp;au peuple dâIfracl, de lâidolâtrie quâilz commettoyent au tcmplef Ne did il pas quâil a veu en lâentrée dâiceluy, lâimage de Baal, laquelle il appelle lâimage dc ialoufie amp;nbsp;du zelc, prouoquantDicudiref Ne diâ-ilpas auffi, quâil y a veu, toutes les paroitz peintes de toute efpece de reptile, amp;nbsp;de nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.
befte abominable, amp;nbsp;toutes les images de la maifon dâIftael,amp; par tout à lâenui * ron, amp;nbsp;les anciens qui leur offroyent encenfemensf Item les femmes qui plouroycnt Tammuz amp;nbsp;Adonis? Et les hommes, qui eftoyent tournez contre Orient,qui adoroyent le foleilî
Mais que veulent ilz conclurre par ces exemples? Premièrement que les ^,pââj. Prophètes amp;nbsp;les fideles qui eftoyent de print des ce temps tant les Roys amp;nbsp;Princes les peuples nâont pas laiiTé à frequenter * les lieux ou ces idoles eftoyent drelTécs, n'y dâentrer au temple amp;nbsp;dâyenfeigner de facrifier corne leurs prcdcceircucs fai-
loö .EP IS TRE
foycnt auant quâIfrael, amp;nbsp;que Ie temple de Dieu full fouillé amp;nbsp;poilu, par idolatrie. Dequoy nous en auons les exemples tout euidens, en Iofophatamp; Eze-t.chr.io çjjjgj_ Carileft cfcritde Iofophat,que quand celle cruelle guerre des Moabites amp;dcs Ammonites,fâeflcua contre luy, il vint au temple du Seigneur, amp;nbsp;fift là alTcmbler tout le pcuple,hommcs amp;fcm mes amp;nbsp;petitz cnfans;amp; y fift fa priere,en laprefenccde tous, laquelle full exaucée de Dieu. Il y clloit aulTi le Prophe- 1 te Iahazicl,âlz de Zacharie,qui prophe tifoit,amp; qui leur annonça la vidoirc. H J 4.Ro.t9. en cil autant efcritprcfquc,dâEzechias, quad Sennacherib efmeut la guerre con tre Iuy,amp; quâil affiegea Hierufalem. 11 cil là did claircment,quc ces bons Roy s auec tout leur peuple font vcnuz prier au tcmplc,amp; quâilz ont, efté exaucez de Dieu,nonobllantquc le temple eull e-llé poilu amp;nbsp;fouillé dâidolâtrie,parauant. Laquelle chofe ilz nâculfent pas faiâ,ne j permis aux autres,fâil y cull eu de la faU , te amp;nbsp;que cela ne fc full peu faire fans of fcnfer Dicu,par idolatrie. Parquoy ilz concluent quâil ne nous cil pas moins ,' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;loyfible
AVX IFIDÃLES. lór Ioyfible,par 1e fctnblable quâà ceux la de frequenter les fà fcrificei des papilles, amp;nbsp;dây affilier à lâintention que ceux cy, defquelz nousparlôs,y affilient amp;nbsp;dâvn telcueur quâilz y Von t,fan s idolâtrer au cunement. Camonobllantqueles papilles ayent leur feruice diuin corroni- Differenz pu par beaucoup de fuperllitions amp;nbsp;dâi- â, 'quot;â^ dolatries,touteffoys nous ne pouuons liefjes nyer quâilz ne foyent auffibicn peuple luifelle« de Dieu,amp; quâilz n'en portent le Nom: ââââ amp;nbsp;le nom de Chrcllien comme le peuple dâIfrael,corrompu par idolatrie ,portoit le nom du peuple fainaamp;edeu. Car nous ne deuons pas auoir telle eftime des papilles que nous lâauons des Tucz, ou des luifz de maintenant, qui fe dc-clairent manifellemcntennemis de no lire religion comme les Gcntilz amp;nbsp;les Payens fe deelairoyent alors ennemis ouuersdes Ifraelites. Carfâilzelloycnt telz,il ne feroit loyfiblc aux fideles dây communiquer aucunement,non plus que les Prophètes amp;nbsp;les fainelz, qui ont eftè en Ifrael ont communiqué auec les Payés,en leurs idolatrics;qui touteffoy s nâont pas faid difficulté de communi-
G J
EPIS TRE
IOt
ü quer auec leurs freres,let enfans dâIfra-el cobien que lâhypocrjfic, amp;nbsp;lâidolâtrie fuft grand entre eux. Caries papilles portent le mefme nom de Chreftiens, que nous portons. Ilz confelTent le mef Differéce *â' Di'U. Brief,ilz confelTent les mef-entre le» mes articles de foy que nous côfclTons. pipiftciamp; Carquidemandcrad vn papille quâelle ^1«M?' eftfafoy amp;fa creance,il mettra en a-uant le mefme Ctcdo,amp; le mefme Sym boledcs Apollres,que noufmefmes tenons. Mais qui plus cll,ilz le chantent ouillerecitcnt.tousles jours en leurs MclTcs. En quoy gift donc le différente Il negiftpas en ce qui elide la fubftan-cede noftre foy amp;nbsp;religion,comme il I fcmblc: Mais feulement,en certaines traditions,amp;inuentions humaines, lef quelles nous ne voulons nullement re-' ceuoinains nous les condamnons comme blafphemes damnables : eux au con traire les veulét tenir amp;obfcruer,nó feu A nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;lement côme la parolle de Dieu: mais il
les ont en trop plus grâd honeur amp;'reue réccqueccquicftcomandédc Dieu ex prclTement.Il fcmblc aduis quand tout fera bien calculé, félon lâopiniô de ceux, lt;7
AVX FIDELES. tóf
lt;7,quâil nây a non plus de difference en- nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, tre les papilles amp;nbsp;nous,quâil y en auoiti^treVa» entre Ifraelamp; Iuda,du temps qu lfracl damp;iud^ I auoit fes veaux dâor,amp; fon feruice diuin
en Dan amp;nbsp;en Bcthel,amp; qu'il auoit Baal, amp;nbsp;que ludafctenoittantfeulemcntau temple de Hicrufalcnbamp; au feruice diuin,qui luy auoit effé commandé par la loy.Ãu pour mieux dire il y peut auoir telle difference, quâelle eftoit en luda mcfmc,du temps que luda fuftauffi cor rompu comme lfrael,amp; que les vns ft tenoyentâla première ordonnance de Dieu,amp; le feruoyent tant feulement félon fa loy:amp; les autres vouloycnt feruir à Dieu amp;nbsp;à Baal,tout cnfcmblc,amp;con-ioindre les inuentions amp;nbsp;traditions humaines,auec la loy de Dieu, comme les papilles les veulent entretenir,aueciâE-uangilc.Cariafoitqu'Ifracl,amp; ceux qui eftoyent en Iuda, fuyuans leurs meurs, fuirent cheuz en idolatrie amp;nbsp;fuperftiti-on:touteffoys,ilz nenyoyétpas manife ftement la loy de Dieu donnée par Moy
; fc, comme les Payens ou comme le»
; luifz amp;nbsp;les Turez condamnent mainte
' fiant lâEuangilc,niais ilz la conffffoyet,
4.
EPISTRE
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tout airtfi que les papilles confclTcnt lâE uangile . Parquoy il fcmble bien,qu'ily ayt quelque raifon,amp; vue belle apparen ceauxargumensqueceux cy auoyent, aufquelz nous auons maintenant affai re. Mais puis que nous auons ouy leurs raifons,cxaminonslc$de plus prcs,amp; les collâtionons aueclcs no ftres,qui feront amenées au contraire,pour mieux pouuoiriuger lcfquelles auront plus de iuftre,amp; quelles feront plus conformes âla vérité de Dieu.
Premièrement quant d ce quâilz al Mxraifö« lèguent,que la melfe tient quelque cho fus dites, ff delà Ccne,amp;de l'ordonnance de le-fus,amp; quâelle leur peut feruir dâvn me-nît^nquot;dc *â°quot;^â^icelle:ie tefpons que nonobdat lameflê. quâil y ayt en icelle des parolier prinfes dclaCene,quellcnâarien de femblable d la Cene,non plus que les charmes, for cellcrics,cnchantcmens amp;nbsp;inuocations des diables d la parolle de Dieu, amp;nbsp;aux faindes £fcriturcs,amp;aux oraifonsdes faindz,iafoit que ces chofes contiennét en elles beaucoup de prieres amp;nbsp;de motz de laparolle de Dieu,amp; des manières de faite des faindz,amp; quâelles en fcmblent t nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;auoif
AVX FIDELES. 107 ' suoir quelque imitation. Parquoy ie ne confeireray pasdelaMelTc,ce que iâay Concédé dû Baptefme des-prertres : câeft afauoir , quâelle foit- la.'Cenc de Icfus Chrift, amp;nbsp;quâelle foit encore digne de ce nom,amp; dâcflrc tenue pour telle,amp; quâelle ayt autant de conuenanccaucc la Ce ne de Iefus,amp; aucc la pratique qui a e-flé dâicelle en lâEglifc des Apodres, que leur Baptefme en a aucc celuy des Apo-ftrcs,amp; aucc laptaclique de lâEglifc pri-mitiuc.Car en la Melle tout y cil renuer fé entièrement:tellement quâil nâyeft demeuré ny fubftance, ny forme aucune de la vrayc Ccnede Icfus,ny rien de la fin,pour laquelle elle a edé ordonnée. Et nonobdant quâelle ayt des beaux fardz,pour esblouyr IcsycUxdcsfim-plcs,amp; pour les feduire plus facilement, foubz lâombre de la Ccne de Icfus, amp;nbsp;de lâordonnance amp;des datutz de lâEglifc ancienne:touteffoys il ne nous faut pas : nbsp;nbsp;nbsp;arreder feulement au fard qui y rd,non
plus quâaux beaux motz amp;nbsp;aux beaux Noms de Dieu,desAngcs,amp;des Sainitz, ! que les Magiciens amp;nbsp;Enchanteurs mec-t tent en leurs charmes amp;enchanteméss f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;G 5
IO« EPISTRE
mais il nous faut regarder tout le corps« amp;nbsp;le principal de la matière,amp; comparer ce qui fe faid en la Meffe, amp;nbsp;fa fin pour-quoy elle fe chante,3 ce que IcfusChrift * ordonné en fa Cenc, amp;nbsp;à la fin dâiccllc. Et alors ontrouuera quâil y a autant d dire de lâvnc a' lâautre, que de la lumière aux tenebre$.amp; que lâvncdeftruid tota lement lâautre, amp;nbsp;quâil nâyachofe plus contraire au monde. Parquoy,d'autant quâelle a plus dâapparence de faindeté, amp;nbsp;quâelle a plus defrobé des couleurs de la Cene amp;des meurs de lâEglife anciéne, dâautât elle eft plu$dâgereufe,amp;plu$ exe crable.Carpour le premicr,ilnây apoint Comniiv de comunication en la Mefle, mais fcu-nioa. lement vne excommunication. Car comment pouuons nousappellercom-mun,ce qui eft à vn tout feule Or il eft tout certain, quâen la Meflc nul ne com muniqued la Cene de Icfus.Carlc peuple y eft totalement priué de la commis ta com. nié, laquelle le preftre referue pour luy feul.Mais fi nous voulons encore parler laMcfTe. plus proprement, nous ne pouuons pat dire d la vérité, que le preftre co munie. Car nous nepouuons pas, d bien parler, appel-
AVX FIDELES. 107, appellcr communion,fondeieufner amp;nbsp;ft fouppe au vin,quâil prend ld publique ment dcuant touj,veu quâilnây a que luy feul d table, amp;nbsp;que nul nây communique auecluy .Carcommentefteom-mun,ce qui nâeftquâdvn tout fculf Et de répliquer, quâil communique pour^®â¢âquot;*' les autres, il nây a non plus dâapparence,iâââ'X-» que de dire,quâildifne pour les autres.Ie fuis esbaby,fi ceux qui fe contentent de la communion que le preftrefaid pour eux en la MclTc, fe contenteroyent que le preftre difnaft au (T pour eux : amp;nbsp;fâilz nevoudroyent point auffi difnereux-mefmes en propre perforine, amp;nbsp;fans vicaires . T outeffoys,câcfi tout vn,dc ce que ic dy. Car puis que lâhomme iufte Aâjic.%. vit de fa Foy, il ne peut viurc de celle de â'°'quot;' *⢠vn autre, non plus que dclâame dâau-^ j^y^â truy : ne receuoir nourriture pour fon ame,dc la nourriture quâvu autrerc-Ãoit,pour la ficnne,fi luy mefme ne la re çoit auffi pourfoy : nonplus que mon Corps ne peut receuoir nourriture de ce quâvu autre mange, fil nâa auffi fa refe-âionpourluy. Carnonobftant que *quot;«gt;â¢**⢠nous foyons toux vn corps, amp;nbsp;membres gp^.i***
io8 EPISTKE
lesvnsdes autres,par la Foy en lefus, touteffoys vnne peut pascroyre pour tous, ny femblablement nous ne pouvons cftre membres de ce corps, fi nous nâauons vncIiafcunnoftreFoy ,quicft lââme de noftre ame, pour nous vinifier, non pas par celle dâautruy. Carnepen-fohs pas que nous foyonsnourriz delà Foy dâvn autre, amp;nbsp;que nous communiquions aux biens fpirituelz qui font en Iuy,ainfi quâvu enfant eft nourry au vétre de fa mere de la nourriture quâelle reçoit pour foy .Car ainfi quâil eft necef-faire quâvu chafeun des membres qui font en vn corps, foyent participant de lâame qui eft au corps,amp; quâilz en ayent leur portio, ou autremét ilz font mortz amp;nbsp;fans vie, fans mouuement nyfenti-meutiaufli il eft requis que tous ceux qui font membres du corps de Icfus, foyent participans delâEfprit de Icfus, amp;de celle Foy, par laquelle il nous eft communiqué : ou autrement ilz font mortz. Puis donc quâil eft requis quâvu chafeun ayt fa Foy, de laquelle ilviue, qui uâeft touteffoys quâvue mefnic foy de tous en Icfus,auffi ileft requis qüâvu chaf-
AVX FIDELES.
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chafeun ayt fa nourriture propre, pour nourrir cede Foy ; amp;nbsp;quâily communiqué,non pas par vicaire, mais en propre perfonne.Cat qui nây cft,rien nây prend. Puis donc que le miniftere de la parolle amp;nbsp;les Sacremens font ordonnez pour nourrir,pour augmenter, amp;nbsp;pour confir mer noftre Foy d'auantage ,il eft requis que nous y communiquions noufmef-mcs:lî telle neceffité ne nous empefehe, quâil ne nous foit nullement polTiblc. Mais fi cela nous aduicnt,il nous faut rc courir à la feule Foy, amp;nbsp;nâefipoint de bc foing que nous mettions des vicaires pour edebrer les Sacremens en nofirc nom. Car nous nâen aurons point dâa-uâtage,par le moyen de ceux qui y com muniqueront pour nous, que fâilz nây communiquoyent point. Mais qui pis eft, ilz nous priuent du fruid que nous en reccuriôs par noftre Foy,par la foleamp; faulfe fiâce que nous mettos en leur Åu ure,fansenauoirpromeftcdc Dieu au-cunc.Car quand Icfus Clirift a ordonné fa Cene,il nâa pas diet du pain: Prenez le vn de vous, amp;nbsp;quâil le mange pour tous les autres.Mais il a did à tous: Prenez le
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EPISTRE
amp; le mangez. Et du vin,il nâa pas didl; tuciî^' ®®âââ'â! If I vn pour lâautre : mais, Pre-kcor.w. nez ie,amp; lediuifez entre vous. Comme donc nul ne peut eftre baptizé pour moy,auffi nul ne peut participer à la Ce nepourmoy. Effiles Preftrespeuuent célébrer la Cene pour nous, amp;nbsp;quâelle nous profite tant mortz que vifz,ilz pcuuent autTi eftre baptizez pour nous, non feulement quand nonsfommesvi üans,mai$ anffi quand nous fommes mortz;veu que la Cene quâilz font profite,félon leur doctrine, tant aux mortz quâaux vifz. Carie ne puis cognoiftre, puis que le Baptefme eft vn Sacrement, aufti bien que ta Cene, quelle apparence,ou quelle couleur il y peut auoir gue rc plus grade en lâvn quâen lâautrc.Voy-1a quant à la communion que les pre-ftres fon t pou r tou s.
Mais il y a encore p!s,câeft que les pre aJikuidc^^ââ'fââ'âfP°'quot;^ «ft«c5niunion que 11 Cene ilzfont cnla mémoire du facrifice de la i.cor.u. niort amp;pafljon de lefus ,qui eft la fin, pour laquelle Icfus Chrift a ordonné fa faincte Ccnc:mais au contrairc,ilz abo-ülTent par leur Me fie la mémoire de ce fa-
AVX FIDELES. tit
Sacrifice, amp;nbsp;ilz ancantilTcnt la vertu de lecluy, amp;nbsp;la grace quâil nous a apportée. Carnonobftant que Icsprcftres facent nicntion de cefte mémoire aux parolier facramentales,prinfc$ delaGenc,lcf- ââf^tâ^ quelles ilz prononcent: touteffoys tou- Lue n. tes les autres parollcs qui vont deuant i.cor.iu amp;nbsp;apres,tefmoignent clairement que ce quâilz font eft vn facrifice, non pas vue Commémoration du facrifice de Icfus. Et quand ilz voudroycnt glofer amp;nbsp;expo fer leurs parollcs autrement, nous auSs le Canon de leur Mefre,amp; leur doctrine, expofitions amp;nbsp;praciiquc,pour glofe, qui les condamnent. Puis donc quâil y a fa-crifice en la Mclîc pour la redemption des ames: câeftdonc à dire, que ccluy de Hebr.ÿ.v.' lefus nâeftpasparfaicl.Ecparainfi lefut ^5.10.
Clirift nâeftpas Icfus Chrift: amp;nous ne i fommes pas rachetez par fa mort amp;pal
Abolition du mérite fion, mais nous fommes encore en noz Je !«amp;»amp; pechez, félon les conclurons de fainclquot;quot;âquot;^' Paul.Ne voylapas vne belle commemo ù iiioitamp; ration de la mort amp;nbsp;pafTion de lefus e le pikton-pourroye pourfuyurc ce propos plut am plement, amp;nbsp;femblablcmcnt celuy de la tranlfubdantiation , amp;nbsp;de la prefence
EPISTRE
IIX
charnelle du corps amp;nbsp;du fang de Chrift, amp;nbsp;de l'idole quâon a faid du pain, par laquelle la Ccne cil plus que peruertie, amp;nbsp;conuertie à la plus horrible idolâtrie, amp;nbsp;au plus execrable blafphemc qui fut ia-mais vtu,ny ouy fur la terre. Mais pour tan t que ces poindz font défia tout con felfcz par ceux pour qui nous eferiuons cecy ,amp; que nous nâauons pas maintenant entreprins dâexpofer ces chofesau long aux autres qui ne les entedentpas encore,ie me deporteray dâen parler d'a-uantagc,pour le prefenr. lime fuffit dâauoir montré quâil nâeft rien demeuré de la vrayc fublfancc, ny de la forme de la Cene,cn la Melfe, dequoy vn hom me fidele puifie aucunement faire fon profit, ne quâil puifie approuuer, fans confentirà ceux qui renoncent la mort amp;la palTion de Icfus Chrift, Carpuls quâil nây a point de vrayc communion, félon lâordonnance de lefus Chrift,ny de vrayc commémoration de fa mort amp;nbsp;paiîion, mais vn renoncement amp;blaf-pheme tout euident dâicelle, amp;nbsp;de fon fa crifice, par quel tiltre pourrons nous ap peller,amp; tenir la MclTcpourCcnc de le fusf
AVX PID EL ES. IIJ fusfEt fi quflcun veut replîquer,quâelle peut cftre Cene de Icfus â ceux qui la tiennêt pour telle, combien qu'elle foit Vn blafphcmc aux idolâtres: ie leur demande la manière comment elle fera Cene? I Iz me diront que cela fe peur fai rc en deux fortes.La première,quand a-nec la Meffe il y a communion, comme il aduict à Pafques amp;â autres telz iours. Car après que le preftre adéficuné,amp; faid fafouppc auvin,ilfe monftre vn petit plus charitable ces iours là ,que les 1 autres. Car il eft hoftc,amp; il baille auffi à ! defieuner aux autres, qui affilient à fa i Meffc,fâilz veulét: mais ce n eft pas fans ! leur faire bien payer leur efeot. Ettou-1 teffoys,ia foit quâil leur faid quelque 1 part à fon banquet, ce neantmoinsilne i leur baille pas encore du mefme vin quâil boit, amp;nbsp;fil v a encore quelque difference entre fon pain, amp;nbsp;celuy quâil di-ftribue aux autres. Parquoy ie nepuis 1 nullement approuuer celle cômunion. i Car pour le premier, puis qu'il y a de la , difference entre la communion du Mi-nillre,qui minillrc le Sà cremenc,amp;ccux qui le reçoyuce, la communion ne peut
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«4- EPIST RE
eftrevrayc. Dâautrepart, en plufieurt lieux, auant quâon puiffe communier en ce poindjl faut premièrement acheter IcfusChrift du preftre, comme Ier luifz lâachetèrent de ludas: amp;ccluy qui rachete,approuue le vendeur, amp;nbsp;fc rend coulpable amp;nbsp;fubiet 5 la malediâion que Xa.S. fainâ Pierre a donné en Simon le Magi cien,à ccux qui veulent auoirledonde Dieu pour argent. Dâauantagc,puis que celuy qui minière le Sacrement, a con-facré en fa MeÃe les lignes vifiblcs quâil me baille,auec lâopinion, que ces chofes vlfibles font le propre corps amp;nbsp;le propre fang naturel de Icfus Chrift,moy qui le reçoy ,iâapprouuc amp;fa Meffe amp;nbsp;tout ce quâil faid : vcu que ie ne fay pas autrement que les autres, qui font de telle o-pinion.Il y a auffi cela, quâil ne nous eft pas loyfiblc de defguifer amp;nbsp;de changer lâordonnance de Dieu.Carfi faind Paul ^cor;«. areprins tant griefuement les Corinthiens, amp;filz ont eftéchaftiez de Dieu de maladies amp;dc mortz,pour lâabus que ilz commettoyent en la Cene ,penfons comment il pourra approuuer amp;nbsp;endurer vn tel changement amp;vn tel abus de
ÃVX FIDELES. Hà û fainâe Cene,quc cefluy, qui cft,fans â¢lulle comparaifon, trop plus intolera-lleiquecduy des Corinthiens. Par-HUoy ic ne puis encore trouuer raifon luffifante,pourapprouucr telles MclTci amp;nbsp;telles Ccncs;aucc ce quâencorc nây eft guère fouuent célébrée telle communion.Il y a encore vnc autre raifon, quâilz pourront alléguer,câeft quâà eux, qui ont la fcicnce,amp; qui fauent difeerner le mal du bien,ellc leur fcrt de Cene. Car il y a beaucoup de bons poindz, par lef-quelz ilz fincitét â glorifier Dieu. Sâils pouuoyent tellement feparer la poyfon de la bonne viande, quâilz ne touchaffen t point â la poyfon,leur raifon pourrait auoir quelque apparcnce.Mais coin ment fe fera cclagt;Car par fcniblables rai fons,ie pourray approuucr, comme iâay défia did, tout ce que les Enchanteurs font,amp; me feruit de leurs charmes. Et quand ainfi fcroit,que quant à moy amp;nbsp;â macanfciencc,ie me pourroye garder ' de la poyfon quiy cft,toutcffoy$ en la j faifant manger, par mon exemple, aux ' autres, qui nâont pas celle feienec, pen-fant que iâapprouue tout ce qui y eft, ie
ti6 EPISTRE
les tue,amp; fuis meurtrier dâiceux . Combien que ie ne puis tellement feparer lâvn de lâautre, que ie nâaualle de la poy- i à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;/ fon,entant que ie ployé manifeftement
le genoil à Baal, quelque couleur que ie puilfe bailler à mon oeuure. Et quand i'en pourroye eftre exempt, quant d ma partie deuroye touteffoys auoir memoi rc de celle fentenee de faind Paul : La i-cor.S. Science enfle:charité cdifie:amp; me garder de tuer mon frerc par ma fcience.
Il fâcnfuit donc, que quiconque veut comparai approuuer quâil y a quelque chofe de fondes fa bon en la MciTc, dcquoy le fidele fe peut gt;nbsp;cnficesde# feruir,commc de la Cene, en y affiliant, doiaircs ' flâ' P®' ^'^^' mefme raifon il pourra auf auec ceux fi approuuer lâvfage des charmes amp;nbsp;for-d« papiz ccllcrics,amp; toutes les idolatries,nonfeu lement des Ifraelites,mais aulTi des Pagt; yens amp;nbsp;des Turez. Car quelle idolatrie â eftoiten Ifrael,qui nâeuft claire imitation des facrifices des Patriarchcs,amp; exé-ples,pour leur donner couleur plus belle, que nous ne pourrions dla Mefiei Mais fans les eplufeher toutes par le ) j. Rois.ij mcnu,prenons les veaux dâor,amp; le tem- â pic de Bethel amp;nbsp;de Dan, amp;nbsp;les hautr 1 lieux.
AVX FIDELES. 117 lieux. Puis que les Patriarches auoyent ⢠lîcrifié aux montagnes amp;nbsp;aux boys, amp;nbsp;, i ^uâilz y auoyent drclPé des autel2amp; des ; I Uiemoriaux,en lâhonneur de Dieu, corn ; niclâEfcriture le tcfmoigne,principale-l luentd'Abraham,Ifaac,Iacob,amp;plu- GcncM.' ( fieuts autres, les luifz nâauoyentilz pas i grand apparence défaire le femblablef , En apres. Bethel dontauoit il prins ce Rethii. ( nomê Pourquoy a eftè appellé Bethel ce lieu qui parauanteftoit nommé Luz,fi- Loz.
[ nonacaufequcDicueflUapparuà la- Gcn.iS.;
,, cob, amp;nbsp;que lacob a là veu le ciel ouuert, ^ â^* t amp;nbsp;lâcfchele qui attaignoit de la terre au , i ciel, par laquelle les Anges montoyent f amp;dcfcendoycntf Parquoyilappcllace ,, lieu,la Maifon de Dieu, qui eft la figni-j fication de ce nom Bethel: amp;y facrifia , au Seigneur, amp;nbsp;y drefla vn autel amp;vn { memorial, en lâhonneur amp;nbsp;en la memoi . rc du Seigneur qui luy eftoit apparu, amp;nbsp;,| qui lâauoit deliuré de tous maux . Les ,i Ifraclites nâauoyent ilz pas belle cou-Æ leur dâedifier là des chapelles, des tem-£1 pies amp;dcs autelz ,pouren confacrer à , Dieu la mémoire à tout iamais,amp; pour t louer Dieu ,là ou ce fainâ Patriarche «â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;HJ
118 EPISTRE
lâauoitlouêf Eftilpoffiblede tronnef lieu plus fainâ au monde,attendu les grant merueilles que Dieu y a laides a-uec Iacob t Et combien qu'ilz auoyent leweaiix'^^'^'^ â^^^ veaux d'or,ilznc condam-dâor. noyent pas touteffoys la Loy de Dieu î-Roi».!;pour cela,mais ilz lâappronuoycnt,amp; cntcndoyent de fa cri lier d Dieu, félon icclle,comme lacob auoit faid: amp;nbsp;de fai re là d Dieu le mefme feruice quâilz luy culTcntfaidcn Hierufalem. Mefmeilz auoyent belle apparence dédire quâilz faifoyent cela pour euiter les danglers, les fachcrics,amp; la defpenfe que le peuple euftfaid fans propos amp;nbsp;fans nul profit, allant en Hierufalem fi Ioing,lt;Sc pour a-uoir plus grande commodité de feruit i Dieu,afin quâil full mieux feruy.
Ilz auoyent trop plus dâapparence, fans nulle comparaison, que noz Papilles. Car pour le premier,outrc ces rai-fons que i'ay alléguées,ilz nâauoyent pas totalement changé amp;contrefaiâle feruice diuin, commandé de Dieu en la Loy,comme ceux cy ont faid. Il nây a-uoit guère autre diffcrcncc,finon quâilz le faifoyent en vn autre lieu, que celuy que
AVX FIDELES, U^
â queDieuauoit ordonné, amp;quâilz y a- , , Uoyenc adioufté des images.Mais enco- p7dcTif rc elles eftoyenr plus d fupporcer, que raeUtes amp;nbsp;l'idole de la Meffe.Car ilz nâeftoyent pas ^â ââ»PH fi beftes,quâjlz cuydaffent que ces ima- ®â' ges fulTcnt dieux, ne quâilz les adorai-fient comme dicuxmiais ilz les auoyent fieulemcnt pour vne remembrance de Dieu, comme les Papiftes difient quâilz ont les leurs,excepté leur fainâe hoftic. ^^^ ^^^, Car ilz nedifient pas fieulemcnt quâilz ae hoAk la tiennent en la remembrance de Icfus Chrift, mais que câcftlcfus Chriftluy-mefime, en propre perfonne,tout entier,
| en corps amp;nbsp;en ame,en chair amp;nbsp;en os, i v ray Dieu de vray hô me, amp;nbsp;quâil la faut adorer comme Dieu. Voicy vne idola-trie,quifurpalTe toutes les autres.
Donqucs,fi Dieu nâa peu approu-ucr ce tcmplc,amp; ces facrifices de Bethel, quelques belles raifions que les Ifracli-tes culTcnt peu auoir, mais les a rciettez amp;condamncz,plus quâon ne pourroit di re, voire en telle forte, quâil a changé le nom à ce lieu là ,amp; lâa faid appeller,Bcth Bethiuî, auen,par fies Prophètes,qui fignific,mai fon de vanité, qu dâiniquité, au lieu de
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;5 .4. â quot;
XtO nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EPISTRE
Bethel,qui fignifioit maifon de Dien, commentpourrailendurer,quela Mef fc,qui eft trop plus execrable que ne fut jamais Bethel,fait appellee,ou tenue pour Cene de lefus ? veu quâil nây a rien au monde plus contraire d icelle,amp; d tout le mérite de lefus f Lifons nous point,quc ianiais Prophete, ny vray fer uitcur de D I E V ,foit alléfacrifier en Bethel f Nous lifons bien , que Hieroie« pre- boarn a ld eu,comme Micha, fes preftres ft«« de â mercenaires ,aufquelz il confacroit les Hiemboa mains,pour facrifier en fon templc,coni me le Pape les confacrc aux liens. Mais nous ne lifons point,que les vrays Preftres , amp;nbsp;les vrays Leuites amp;nbsp;Prophètes, y foycnt jamais allez facrifier, ne quâilz ayent induict le peuple d y aller, ou que ilz ayent appronué ce que fây faifoit, mais tout le contrairc.Carincontinent que ces autelz furent dreffez, il y alla }.Roi«t} bien vn Prophete,enuoyé de Dicu:mais non pas pour y facrifier, ains pour reprendre Hicroboam, amp;nbsp;pour luy annon cer la ruine quiluydeUoit aducnir,amp; fur toute fa maifon amp;nbsp;fon Royaume , i caufe de celle idolatrie.
Or !
AVX FIDELES.
IZI
Or ce que nous auons did: de Bethel, Mous le pouuons auffi dire de Dan,amp; en temple de fore plus du temple de Samarie,qui e- 8 anurie, ftoit en la montaigne de Garizim. Car Combien quâil eut encore plus d'apparen Cequelameffe des papiftes,toutcffoys les Samaritains eftoycnt differens aux Ifraelites idolatres,en ce que les Ifracli- riâjâ*^ tes eftoyent de ce peuple, qui auoit re- Uur oru ceu la Loy de Dieu par Moyfe,amp; que les Samaritains efloyentylTus des peuples idolâtres qui auoyent Id efté admenez parles Roys dâAirirle,qui iamais nâauoy ent feruy à Dieu puremét félon fa Loy. Carau commencement quand ilz furent en celle terre,ilz ne feruoyent quâd leurs dieux amp;nbsp;à leurs idoles, aufquelles ilz auoyent feruy,en leurs paysiufques d tant que le Roy d'Alfyrie leur enuoya des Leuites,pour lesenfeignerà feruir au Dieu dâIfrael,fclon faLoy à caufe des lyons quiles venoyentdeuorer. Mais touteffoys,ilz nâabandonnèrent iamais du tout leur idolatrie .-ains ilz ont depuisfaidvn meflinge de la Loy dcDieu auec leurs anciennes fupcrftitions,fcm-hlable à celuy des Papiftes . Par-
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EPIST RE
ItZ
quay nous pourrions j bon droit mieux comparer noz papilles aux Samaritains quâaux Ifraelitcs:amp;cecy par beaucoup de raifons , Icfquellcs ie ne veux pas Kn«d« m^intenantpourfuyure. Touteffoys, Iuifzamp; combien que les Samaritains du temps des sam* de Icfus Chrift ne fuirent point tant ido ricams. lattes quâilz auoyent cfté parauant, amp;nbsp;que nous ne lifons pas que le different, qui cftoit entre eux amp;nbsp;les Iuifz,vintdes idoles;mais du temple tant feulement, amp;nbsp;combien que la religion fuft fort ab-baftardie entre les Iuifz,ccncantmoins il y auoit vne mcrueilleufc feparation amp;nbsp;haine à caufe de celle diuerfitê ; comme il appert par beaucoup de paffages de lâEfcriture. Premièrement, par les pa-Jeh*n4. rolles que la Samaritaine did à lefus Chrift,amp;puis par le manuals accueil, xuamp;g. que les Samaritains luy firent quand il palfoit par leur contrèe,pourtant quâilz cogneurent,quâil montoit en Hicrufa-Ich,S. lcm;amp;par ce que le nom de Samaritain cftoit tenu entre les Iuifz,cómclc nom dâvn hérétique. Les Samaritains auoyét touteffoys belle colcur. Car comme la Samaritaine allégué d lefus Chrift , Iacob
AVX FIDELES. lïj col) auoit habité en celle mótaigne,amp; il y auoit ferny i Dieu.Si quelenn des fer-uiteurs de Dieu,qui eftoyent entre fon peuple,fuft allé en ce temple de Gari-zin),aux alfembléct des Samaritains,ou à celles des Ifraclites, qui facrifioyent en Bethel,lequel des Prophètes, ou des Apoftres,lâeuftpeuapprouuerf Ilenft touteffoys peu alléguer, quâil nây com-mettoit point dâidolâtrie,principalemét en Bethcl,amp; quâil nây adoroit point les veaux dâor,mais quâil y aiîiftoit, d caufe des facrifices qui fây faifoyent, à lâimitation des pere$,'amp; de la Loy,amp; d caufe de célébrer la mémoire des graces que Dieu auoit faid dleurperclacob,cncc lieu.
Mais quelcun pourra répliquer,que les fideles qui eftoyent en ce temps'ld, auoyent beau moyen de feruir d Dieu, i.M«t autre part,amp; de faire profefGon de lcuræ'^â®^ foy.au temple ordonné de Dieu,en Hie-rufalcm. Parquoy dâaller Id, ilz enflent tenté Dieu. Car lâidolâtrie de Bethcl,de Dan,de Berfabée amp;nbsp;des hautz lieux nâe-ftoit pas au temple de Hicrufalem, mais câeftoyét lieux fepatez loing du temple.
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EPISTRE
lefqudz 1« idolâtres feftoyent cfleus. Mais câeft autre cliofc de ceux qui nâont nul autre moyen,pour glorifier Dieu en fon Eglife,linon entre les Papilles. Et que diront ilz des Ifraelites mefmes, qui elloyent fideles entre ces idolâtres des dix lignées qui eftoyét fubieâes au Roy Hieroboam? Quelle liberté auoy-ent ilz,dâaller en Hierufakni e Autant que les fidcle$,qui font foubz le peuple de viure félon lâEuangile. Car qui euft peu aller pourfacrifier en Hierufalem, puis que Hieroboam auoit cllably fa ma nicre de faire;amp; quâelle auoit efté reccué par le peuple, fans dangier dâellre tenu pour rcbelle,amp; pour mutin amp;nbsp;feditieux digne de mort. Etdu temps dâAchab amp;nbsp;de Icfabel,queleferuiccde Baalamp; des tetempie bautz lieux eftoyent en fi grand bonde ittabel neur amp;nbsp;fi bien maintenus,lequel des vrays feruiteurs de Dieu y cil allé communiquer auec les idolâtres qui elloyent toutclFoys du peuple dâIfrael? Pour le moins ces fept mille, defquelz le Seigneur tefmoigned Helic,quâilz nâont Romii.pgjjjf ployé le genoil à Baal nây font point allez,amp; nây ont nullement com-!
muniqué
AVX FIDELES. **$ mu niqué node parollc nede faia,nepar fcintifc. Et ceux qui y font allez,qucl-le louange en ont ilz de D I E V i amp;nbsp;de fes Prophètes? Nous le pouuons entendre par la louange qui eft donnée d ceux qui ont faid le contraire.Si les Pro phetes, amp;nbsp;tant de gens de bien, qui ont efté pcrfccutez , pourtant quâilz nâont pas voulu ployer le genoil à Baal,cuf-fent voulu faite comme ceux cy veulent faire entre les papilles, lefabcl ne les euft pas perfecutez fi cruellement.
Et que dirons nous des fidèles de lu- Le tép» da,quieftoyentdutempsquclc templeâ^' '?'°' mefme de Hierufalem fut poilu amp;nbsp;fouil jc^quot; Ja. lé,par les abominations dcfquellcs il a efté parlé cydeffus? le nenicray pas, que les Prophètes, amp;nbsp;les feruitcurs de Dieu,nâayent vfédu tcmplc,amp;quâilz nây foyent côuenuz , comme il appartenait fclonlaloy:Maisicne confetTeray pas, quâilz ayentiamais communiqué auec les idolâtres,amp; quâilz fe foyet adioinâz d leurs alTcmblêcs, quand ilz facrifioy-ent d leurs idoles,' amp;nbsp;par autre manière, que celle qui aUoit efté commandée en la loy,quc prCfnictement cela ne
EP IST RE
mefoitprouuénonpai par imagination,mais par les faindes Efcritures,auf-quclles ie trouuc tout le contraire. Car nous lifons les rcprehenfiós,amp; les repro dies,que les Prophètes en ont faid aux prcftres,aux Princes amp;nbsp;au peuple, amp;nbsp;les reformations qui en ont efté faides par les bons Princes. Mais qui plus cft, le Seigneur ne fe plaind il pas,que ces ido lattes,ont ddaifTé fon temple,pour facri fier ailleurs» Parquoy ie fuis grandement cfbahy de ceux qui nous mettent en auant l'exemple de lofaphatamp;dâEze chias; I Iz monftrent bien,ou quâilz ont trcfmal leu l'Eferiturc fainde, ou tref-mal aduifé en la lifanc d ce quâilz lifoy-ent.ou quâilz eftoyent tellement affedi oncz,dy trouuer quelque poind,pour colorer leur erreur amp;nbsp;idolatrie, quâilz ont du tout efté aueugle$,aux autres paf fagc$,amp; quâilz nây ont vcu que ce que leur fembloit faire pour eux. Car nâeft *'dgt;r.i7.j{ pjj eferit, de lofaphat auant quâil ay t faid celle alfcmblée, amp;nbsp;celle prière, quâilz metten ten auant,quâil au oit défia reformé la religion,par tout fon pays, tancod au commencement de fon regn«
AVX FIDELES. I«7, gne» II nâauoit donc pas laiiFé lâidolâtrie au temple. Et Ezechias en a il moins Faift. Nâa il pas commencé fon regne, par la reformation de la religion.Nâcft il x,chrjp, pas eferit notamment de luy, quâil a cô-mandé aux preftres amp;nbsp;aux leuites, dâo-fler toute lâordure du fanduairee Mais l'exemple du ferpent dâærain, nâeft ilpas allégué bien d proposf Ilz nepourroyét trouuer exemple plus propre, pour ruiner leur Meffe,laquelleilz veulent fl bien colorer,par la comparaifon quâilz en font auec ce ferpent d ærain. Car fl £zechia$ ne lapeutfouffrir, iafoit quâil fuft demeuré tel quâil auoitcfléfaiclpar Moyfc mais lâa fait abbatre fans le vouloir autrement reformer, feulement d caufedclafuperftitiondu peuple, com ment approuueroit il ces beaux reforma teurs de la meire,qui eft du tout contrai redDieuf
Et quand les Prophètes nâont pas tu les Roys,telz quâilz deuoyent eftre, amp;nbsp;quâilz ont fou de nu amp;nbsp;nourry lâidolâtrie au lieu de lâabolir,ilz nâont pas laif-\ fépourtât,de la reprendre amp;côdamner, . amp;nbsp;non feulement eux, mais aulTi leurs
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aJheranj,aufquelz cela dcfplaifoit,amp; quifuyuoyent ladoärinf des Prophe-te$:ou autrement,pourquoy eulTent e-rté perfecutez les Prophètes,comme Efa ie,Hieremie,Amoz,iic les autres fembla J bles,amp; pluheurs gens de bien,amp; dâhom- !
4.Rlt;âi».iiniesiuftes,tantpar les Roysquepar les preftresamp;parlepcuple,quilcurfauori-
4 Roi«.xi£(jy^j^^quot; Poycquoy ^ j^^ jgj,|. jj fangiu ftc amp;nbsp;innocent efpandu en,Hierufalcm, ' j.Chr.ji-paf ManafTestNe font pas racontez aux ïiuresdes Roy$,le$prefches que les Pro phetcsontfaia,concrc l'idolâtrie dice-luye la foit donc quâil y cuti de l'idolâtrie en la ville amp;au temple,touteffoys» les fidèles nây conuenoycnt pas auec les infidcles,cn vnc mefme idolâtrie : mais ilz auoyent leurs alTcmblées amp;nbsp;leurs fa-crifices d part, telz quâil appartcnoit:ou ilz declairoycnt quâilz ne confentoyent i pas aux abominations des idolâtres. ' vilksmef Nous auons par dc-ça des villcs,auf 1 lées depa quelles les habitant ont liberté dâaller, dr'^âek 'ââ ^ lâEuangilc,ou d la mcirc,amp; aufqucl eftant'en les les vns fontpapiftcs,amp; viuent félon liberté dcleur papifterie,amp;lcsautres,felon la refor r\.â^| mationderEuangilc. Entrelefquclles *â'â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous
AVX FIDELES. tt? nous prendrons pour exemple la ville dâ0rbe,de laquelle ie fuis natif,qui a celle liberté,! caufe de la diucrlîté de religion,qui eft aux deux feigneuries, câeft afauoir Berne amp;nbsp;Fribourg,aufquelles et leeft fubiette. Etpourtant,les citoyens amp;nbsp;habitans,ont liberté de fuy urc la quelle quâilz veulent,de ces deux religi ons fans perfecution,nc contrainte, ny dâvn cofté ny dâautre. Les fideles amp;nbsp;les papiftcs y ont tous vn mcfnie temple,au quel les papiftes ont leurs autelz , amp;nbsp;leurs idoles, amp;kurs autres inftrument d'idolatric,amp; leurs heures déterminées, pour faire leur diuin feruicc. Les fideles de lâautre part, ont auffi leurs heures. Et quand les vns ont faid leur tour,les autres font le lcur,quand leur heure eft vc nue:amp; cela tout en vn mefme templc,amp; par lâaccord des deux feigneuries. Mais les fideles nâapprouuét pas pourtant,lâi-dolatrie des papiftcs;côbicn quâilz con-uiennentau mefme temple,auquel les papiftcs conuiennent: Carilz nây con-uiennent pas aucc cux,ny pour les cau-fes, pour Icfquclles les papiftes fây aftem (»lent. Car les papiftes fây afTcmbleht
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pourblafphcmerDieu,par leurs idolatries,amp; les fideles,pour y ouyr la parolle de Dieu,amp; pour lâinuoquer félon icelle, amp;nbsp;pour célébrer les facremens ordon-viiletnâi nez de Dieu,amp; pour condamner les er-yjn, pas rcurs des papilles,amp; faire profelfion tou liberté, te contraire,!} la leur. le ne doute pas que les fideles, qui eftoyent entre les / luifz amp;nbsp;les IfracLiccs,ne fiifcnt le fem-/ blablc,quandilzconucnoyentau temple de Dieu.
Il y a des autres villes, cfquelles il nây a pas fi grande liberté. Car lâEuangile nây cd point prefcké,amp; iâvfage des facre niens,nây ed pas puramp; franc,d caufe que les Seigneurs qui y font,nc le permettét pas, Parquoy les fideles qui y font ne pcuuentconuenir auec les Papides fans idolatrer,maisilzfc feparcnt dâeux, amp;nbsp;â¢Vontcomuniquer,auecles Eglifes pro cliaincs,aufqucllc$ ilz font profcdion, de leur rcligion.Car nonobdant que les Seigneurs amp;nbsp;Magidratz de ces lieux, ne fauorifentpas d lâÃuangilc,touteffoys ilz ne perfecutent pas fi cruellement les fidelcs,commc en plufieurs autres pays-Qui pourroit ainfifaire,par toutld 0â
AVXFIDELES. tjt il y a des fideles,la difficulté que nops a lions,en cefte matière, feroit tantoft o-ftée. Mais il nâeft poffiblc d la plus part fan s dangier de la vie.
V oila pourquoy nous querons ces cfchappatoircs,amp;pourquoy nous allons cerchcr ces raifonsamp; exemples,Icfquelz ne font pas fuffifans,pour fatiffaire aux confciences,qHi font en fcrupule de ce-cy,ny pour renuerfer les raifons de lâE-fcriture,qui ont defia efté alléguées con trecefteopinion: mais les conferment d'auantage, fi le tout eft bien examiné amp;nbsp;entendu. Et fi ces raifons,alléguées per ceux cydoyuent auoir lieu, nous pourrions approuucrpariccllcs mefmes toutes religions nonfeulemctdcsSama ritains amp;nbsp;des Ifraclitcs idolâtres, mais celles aulTi tant des anciens payés, com me de s T urez,attendu quâelles ont tou-tes-quclque imitation des anciens peres amp;nbsp;des vrays feruiteurs de Dieu, laquelle nâa pas moins de colcur que celle qui peuc eftre en la mclTe. Car tous les fa- j^ jj^^ Orifices des Payens anciens, dâoù ont ilz (jçâ eu leur foutee, que de ceux des Patriar- payensan ehest Douant le deluge dâoù eft venue ci*quot;*â
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la cóüftumf,amp; la Loy de facrificr,que la maifon dâAdam? Et après le delugc.quc de la maifon de Noé amp;nbsp;de fes enfans?
Gtn.8, Combien penfons nous auffi que les au très peuples amp;nbsp;nations ayent prins des manières de faire des Hebrieux, amp;nbsp;de leurs ceremonies, principalement ceux auec Icfquclz ilz ont efté meflez, amp;nbsp;ont Conuerfe e Semblablement la Loy de LâAlcoz Wa^iomct, amp;fon Alcoran,combicna il ran de dcpieces prinfcs,tantdu vieil que du Mahoratt nouucau Teftament? Combien a il de bonnes fent;nces,amp;dc bons paflagcs,de laparolledcDien, amp;de beaux tefmoi-gnages de lefus Chrift? Mais quâeft-ce autre chofe qu'vu amas amp;nbsp;vn meflinge, du vieil amp;nbsp;du nouucau Teftament,amp;de$ herefies, erreurs,traditions amp;nbsp;opinions des hommcs,commc la loy amp;nbsp;la doctrine du Pape? Il y a encore cela de meilleur quâil condamne lâidolâtrie, amp;nbsp;quâil nâen approuue point manifeftement, cô me le Pape amp;nbsp;les fiens qui tient plus des Payent anciens, fans nulle comparai- i fon, que Mahomet. Approuuérions nous donc lâAlcoran pourtant,amp; les hc- j relies pareillement, qui font prefques i tou
AVX FIDEL ES. Ijj toutes forgées de plufieurs paflages de I'Efcriture,makentenduz amp;nbsp;mal appli-, quez? Ilnâyapasplusderaifondâap-proiiuer la jnelTe, ne d'y communiquer que de communiquer à toutes ces cho-fcs,auecccuxquilcs fuyuent.
Or fi les facrifices mefmes, qui ont efté faia,entrc le peuple dâifrackâ lâimitation des Patriarches, félon lâopinion desidolatrfs,contrclaparollc de Dieu, touteffoys font reprouuez de Dicu,amp;dc fes Prophètes amp;nbsp;Apoftres,fi ceux qui y ont communiqué font condamnez,pen fons quelle raifon il y a,dc comuniquer d ceux,qui mefme nâont ne fondement en lâEfcritute,non pas en apparence mcf me, ny cxcple,ny imitation des faindz: mais font ouuertement condamnez, parlaparollcdcDieu,amp; du tout prins ou des luifz infidèles,ou des Turcz , ou ceremoni des anciens idolâtres amp;nbsp;de leur imitati- quot;nbsp;â*â*®quot;t â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, payenne«
on? Or nous ne pouuons nyer,quâen la meflc,amp; en plufieurs autres traditions papales il nây ay t beaucoup de telles cc-remonies,qui font du nombre de celles que nous allons mifes en la premiere di uifion: câeft afauoir,celles qui ne font
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nullement commandées ne de Dîeo, ne de fes feruiteur$,amp; qui nâont ne fondement nâantorité, ny exemple en la fain deEfcriture,nyimitation aucune, ny des Patriarches,ny des Prophètes,ny des Apoftres. Car quel exemple pour-rontilz allcgucr,de rEfcriturc,pourap-prouuer leurs images amp;nbsp;reliques, amp;nbsp;les adorations amp;nbsp;reuerences qu'ilz y font, qui font chofes défendues manifefte-sl on peut mcnt,enlaparollcdeDlcuf Etlâinuoca dire pre » non amp;nbsp;lâintcrccfTio des hommes mortz, meffcâfij 4â'^ fondement a ellc,en lâEferitureâLa idolatrie. Coftume dâen faire des dieux, des aduo-cas,patrons,amp; médiateurs,dont eft elle prinfc, quedesPayens amp;nbsp;des idolâtres! Sâeftil iamais trouué nul des fainöz,ap pronuez en lâEfcriture,qui ay t faid, ny enfeigné telles chofes? Les Tnrez font encore plus d fupporter en ceft endroit. Car nonobftant quâilz tiennent Mahomet comme vn grand Prophete de Dieu: touteffoys,ilz ne lâadorent pas, comme Dieu,amp; nâen font pas leur aduo car amp;nbsp;patron. Et du Purgatoirc,amp; des fuperftitions amp;nbsp;idolatries, qui fe commettent autour des mortz,quâcn dirons nous
AVX FIDELES. Ijj nous? Nous suons afTez montré, tn des autres lieux,commentâtoutecefte doârinc,amp; manière de faire, eft prinfc des Payens enticrement.Parquoy ,puis que la mclTceft compofée pour la pluf grand part-dc telles abominations, je lailTe d penfcr,à ceux qui font de fain iugcment,comment nous y pouuons af fifter,fans commettre idolatrie amp;nbsp;autres femblables blafphemcs '.
Et pourtant ie fuis fort efbahy, de ceux qui fcpromctteDt,amp; qui nous veu lent faire à croire, quâilz y airiftcnt,amp; quâilz y peuuent comparoiftre, fans y bailler aucun confcntemcnt,ou ligne dâidolâtrie. Carcomment peuuent ilz nycr que la meffe ne contienne vnc entifre amp;nbsp;folennellc obligation, d toute la doctrine amp;nbsp;faulfe religion de lâAntc-chrift ? comme il leur a délia efté prouuê par argumens inuinciblcs,par ceux qui onteferitde ceftematiere. Dâauancage, filzeftoyenten la meire,fans donner aucun ligne dây prendre plaifir, amp;nbsp;f'ilz ne faifoycnt,ponr le moins en partie, comme les papiftes qui y font, mais que ilz dcmauraltent là , au milieu deux,
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fans honnorf r leur idole,qui y eft Icuée, deuant les yeux de tousecommentl en-dureroyent les idolâtres auec lefquelz ilz falTcmblentf Nefontilz pas con-traindzdây approuuer le plus execrable facrilege amp;nbsp;blafphemc, qui fy com-meteê Et toutcffoys,ilz ofentdire,que ilz nây donnent nulz lignes d'idolâtrie. Mais fâilz ne faifoyent cela,ilz offenfe-roycntplus,ccux auec lefquelz ilz taf-chentdcfâcntrctcnir,quâilz ne feroyent fâilz nâalloyent nullement à la meffe: at tendu quâilz nây vontpourautre chofe, que pour les cô téter, amp;nbsp;quâilz ne les peu ucnt contenter,linon en leurdeclairant par leur fimnlation,quâilz veulent eftrc tenuz pour tclz quâeux. Car dâalléguer quâilznây vontpas pour cela,ce feroit parler,contrc leur propre confcience.
Carileft tout certain,quâilz nây vont pas pour gouft quâilz y préncnt,nepouf profit quâilz en puilfcnt raporter,ne que ilz en attendent quelque couleur quâilz veulent alleguer,dc lâordonnance de le fus,amp; des percs.attendu quâil nây a rien en la mclfcde tout cela,dequoy ilz fe puilfcntferuir,fans auallcr lapoyfon.
AVX FIDELES. 137 qûi eft méfiée parmy ce qui femble a-«oir plus dâapparence: veuauin quâilz pourroyent trop mieux trouuer hors de la MefîciCe pourquoy ilz difent quâilz y Vont.Parquoy ic concluz, que fans faire,pour le moins,quelqueffoys manife-fte declaration, quâilz condamnent la Meffe enticremenr,ilz n'y penuentaffï fter,fans approuucr amp;nbsp;confermer lâidolâtrie qui y eft commife, f'ilz ne m'amei nent dâautres raifons,pour leurdefenfe, que celles que iâay vcu amp;ouy iufques
Touchant ce quâilz allèguent,de la crainte quâilz ont de venir cnfufpicion Refponfe dâeftre fans religion, amp;nbsp;de donner occa-fion auxinfirmes amp;debiles,dc penfer ic quâilz foyent du tout fans Dieu ,fan$ Loy amp;nbsp;fans Foy, fâilz ne vont d l'Eglife, Comme lesautres, amp;nbsp;fâilz ne font quelque femblant de feruir à Dieu , comme eux, il y a belle refponfe, laquelle iâay â ' différé iufques icy . lieft certain que fainct Paul nous admonnefte de pour- nom'.ai Hoir toutes chofes bonnes amp;nbsp;honneftes deuanttou$,afin que nous ne donnions occafion de fcandale à perfonne,amp;dc
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blafphemerlaparollcdeDiâcu. Mais ce choUs°î'^ quot;â'^ P®* pourvoir à chofes bonnes amp;nbsp;ces déliât honnetlcs, en contreuenant au comtes hâmes niandemcnt de Dieu , pour contenter les hommes : ou autrement nous pourrons, par femblablcs raifons, confentir prefques 5 toutes mcfthancetcz . Car i.picr. 4. comme faind Pierre le did: Pourquoy elles vous hays, chairez amp;nbsp;perfecutez des infidèles amp;nbsp;des mefehâs, finon pour tant que vous ne vous desbourdez aucc eux en leurs vilennies amp;nbsp;dilTolutions? Si nous craignons donc dâeftre tenuz pour gens fans Dieu amp;nbsp;fans Loy, comme nous le deuôs craindre, d bon droit, tefmoignons noftre religion par noftre fainde vie amp;nbsp;conuerfation, tant de pa-rolles que de faid, amp;nbsp;nous conuaincros facilement demenfonge tous ceux qui nous voudroyent changer de telz crimes. Câeft le confeil que faind Pierre â¢â¢Wer.j. Jonne aux femmes fideles. Il ne leur did pas qu'elles fréquentent, aucc leurs mariz infidèles,les temples des idoles,amp; les facrifices amp;nbsp;abominations des idola-tres:mai$ que par leur fainde conuerft-tion amp;nbsp;honnêteté, elles trauaillcnt 1 è^Z
AVX FIDELES. t}^
I gJgner leurs marîz à I E S V S Ckrifl. Saind Paul fcmblablemcnt, quand il enfeigne les ferfz ,il ne leur commande col. J pas, fi leurs maifires amp;nbsp;Seigneurs font infidèles amp;nbsp;idolâtres,quâilz leur tiennét compagnie en leurs idolatries,mais que t.Tlm.tf« ilz les icruent loyallcment, amp;nbsp;quâilz fc Tit.1. conduyfentauec eux en telle forte que leurs maifircs foycnt contraindz de louer la dodrine Chreftienne, que leurs fermtcurs fuyuent,amp; quâilz Icspuiflcnt gagner d lefusChrift, par leur loyauté amp;nbsp;honnefic conuerfation. Voylalc moyen,par lequel il y faut ptoccder.Car il nous faut eftte Icfel de la terre,amp; la lu Mathea miere du monde .lieft donc requis que nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
Ce fel monftre fa vertu,amp; que noz paroi l«s,amp; toutes noz oeuurcs, foycnt confi- Colio.4.â tes en ce fcl,felon le confeil de l'Apoftre.
11 cft requis que cefte lumière Inyfe de- waty^ uant les hommes,amp;quâelle foit mife fus le chandelier, afin quâelle luyfe à tout ceux qui font en la maifon , amp;nbsp;non pas foubz le muyd amp;nbsp;foubz lelid.Carla cité qui eft fituée fut la motagne, ne peut eftre cachée.
Et pourtant,fi nous ne courons pas
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auec les idolâtres en leurs idolatries,fai-
Euangeliz des terne«» raire.
fons des autres chofes, Icfquellcs ilz fo-ycnt contraindz de iuger eftre aulTi bonnes,ou meilleures, qu'ilz neiugent leurs ceremonies. Noftrelangage foit tcl,quâilz cognoiffent que nous ne fom mes pas fans Dieu, mais que tout ce qui eft contraire d fa fainde voluntê,nous dcfplait.Si nous nâallons plus offrir aux preftres,amp;fi nous no donnons plus à ceux qui chantent, donnons d ceux qui plourét, amp;nbsp;faifons tant d'aumofnes aux poures,aulieu de ce que nous offrions aux preffres, que les hommes cognoiffent que nous nefommes pasfcmbla-blcs d vn tas de moqueurs, qui fe glorifient de lâEuangile, amp;ilz nâen font autre profeffion, linon enmefprifant les cérémonies du Pape, amp;nbsp;en fe moquant des preffres, amp;nbsp;de leurs facrifices. IIz font bons Euangcliffcs, moycnnît que ilz ne leur offrent plus rien, quâilz man gent de la chair tous les ionrs, amp;nbsp;quâilz facent autres chofesfemblablcs,tour-nans la liberté de lâEuangile en toute li cence charnelle, fans deelairer par fain-dc vie amp;nbsp;conuerfation, quelz fruielz la P»-
AVX FIDELES. 141 parolle de Dieu porte.!l eft tout certain, quâil y a beaucoup de telz Euangeliftes, folz,téméraires ,outrecuydcz,amp; moqueurs de Dieu amp;nbsp;des hommes, qui ne fccurent amp;nbsp;n'entendirent iamais, que câeft que lâEuangilc : amp;nbsp;qui ne cognoif-fent quclcsabuz dclâAntcchrift,pour fen moquer,comme Lucienfaifoit de ceux des Payens. Mais ilz ne cognoif-fent pas lefusChrift,comme illefaut cognoiftre, pour le glorifier. Et pourtant, telz perfonnages donnent fou-Uent occafion aux ignotans dâeftimer que la dourine de lâEuangilc eft vnc vraye apoftafic,amp; vn mefpris de Dieu amp;nbsp;de fa pa rolle. C ar ilz iugent de la doâ tine, amp;nbsp;de tous les autres qui la fuy uent, félon ce quâilzvoycnt en ceux cy. Ilz Voycnt bien, que ceux cy fc moquent de la religion , laquelle eux tiennent pour vraye amp;nbsp;fainclc, amp;nbsp;ne voyent rien ' dâauâtage en ces nouueaux Chretiens. Car ilz nây voyent point d'autre manie re de feruir d Dieu. I Iz nây voyent point de vraye penitence,dâamendement de vie,de crainte de Dieu,ne de Foy.llz n'ÿ Voyent point dâinuocation du Nom dé
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Dieu, de prières ny dâoraifon$,dâatftî-nence ncdefobrieté,ny desÅuuresde charité. Mais aucontrairc,founcntef- ; foys ilz voyent que telz Euangcliftet ; font plus desbauchez en toutes diffolu-tions,que nulz autres, amp;nbsp;que leur Euan gilc ne leur fert que pourvue farce amp;nbsp;gaudilTcrie. Quant à moy, ic hay plus telz Chrefticns,qucles Papilles,qui vi-uent en leur ignorance. Car ilz ne fer' uent d rEuangile,que pour donner occa lion aux aduerfaires de le blafphenicr, amp;nbsp;de ic perfecuter d'auantage,amp; de feaU dalizerîes iguorans, amp;nbsp;les reculer de la 1 vérité. Mais ceux qui cognoilTcnt â vrays vrayement IcfusChri 11,11 n'y a point de ebreâiés. doubte,quâilz ne viuent en telle crainte de Dieu,de en telle reuerence de fa paroi le,amp; quâilz ne foycnt fi modeftes en leurs diâz amp;nbsp;faidz, quâilz ne contraignent leurs aduerfaires,à confclTer, que lâimage de Dieu rcluyften eux:ou,pour le moins, à confeiTer, quâilz ne font pas fans crainte de Dieu.
Les Prophètes, amp;nbsp;les Apoftres, amp;nbsp;leurs difciples, ne font pas allez aux af-femblées des idoiatres,pour eniter ces j blaf- 1
AVX FIDELES. 14J fclafmes :comljien quâJlz ont fouuent e-fté accufcz dâcftrc blafphematcurs amp;nbsp;có tcnipteurs de toute religion , pourtant quâilz condainnoycnt lâidolâtrie. Car ilz ont mieux aymé cidre blafphcmez euxmefæes , amp;nbsp;blafmcz en cefte forte, îniuftcment,amp; eftre tcnuz pour blafphe niateurs,hérétiques amp;nbsp;fehifmatiques, deuant les hommcs,que l'eftrc d la vérité dcuant Dieu. Combien que pour con Uaincrcles mefehans de leurs faulfes ac eufations amp;nbsp;calumnies,ilz ont alTez ma nifefté, tant par leur doedtine, que par leur vie,qu'ilz eftoyent tout autre$,que les mefehans nedifoyent. Ilz ncfe font pas rompu la telle, pour fatiffaire d tous les hommes amp;nbsp;principalement aux mef chans. Car ilz cognoilToycntbien que cela eftoit impolTible. Mais il leur a fuf-fy de fatiffaire premièrement d Dieu, entant que leur infirmité humaine y a peu attaindre ; amp;nbsp;puis,d ceux qui eftoy-entdignes quâon euft regarddeux,amp; qui prenoyent raifon en payement. Nous auons lâexemple aux premiers Chreftiens, qui furent en Hicrufalem, de la manière comment il nous faut cm
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ter telz fcandales amp;nbsp;tclz reproches, Ces tó i.3'4 gjfjcs auoyent leurs alTctnblécsparv-ne cliafcune niaifon, amp;nbsp;leur manière de viure i part,différente aux autres habitant de Hierufalem , qui feftimoyent 'bien les plus religieux,amp;lcs plus fainâz de la terre. Mais la Foy amp;nbsp;la charité e-Roit fi grande eneux ,amp;ily auoit vue conuerfation fi honnefte,quc tous en e-ftoyent cfmerueillez, amp;nbsp;les auoyent en telle reucrcce,que nul ne fofoit adioin-drc à eux . Qjjand nous fuyurions les meurs de ces bons Chreftiens anciens,fi non en tout,pour le moins en partie, nous fermerions facilement la bouche à noz aduerfaires, amp;nbsp;remédierions ayfée-ment au fcandale que nous craignons, fans idolâtrer auec les idolâtres.
De répliquer que nous ncfomnies cément il P®^ ^ââ Prophetes,ny Apoftrcs,ny Mi-apparnét niPres, amp;nbsp;quâil ne nous appartient pas, a tout lie ou que nous ne fommes pas renuz de fó^abui*^^ f^â^ comme eux, ny de reprendre les a-buz, comme ilz les ont reprins, il nây a point dâapparence .Car nonobffant que nous nâayons pas tous telle charge amp;nbsp;cômiirion,quelcs Prophètes amp;nbsp;les Apn lires
AVX FIDELES, i4Ã
Ares amp;Mîniftres de lâEglife, ce néant-moins fi fommes nous tous tenuz amp;o-tfigez ,dâcftrc le fcl de la terre, amp;nbsp;la lumière du monde,en noftreendroit:amp;de
watt, t* Ephlt;. Mat.lS,
luyre au milieu des renebres, amp;nbsp;des en-fans de tenebres, corn me des lampes amp;nbsp;des luminaires ; amp;nbsp;de nous garder de tous fi;andales,amp; de le donner d perfon-ne:comme il appert, tant par la dodrinc de noftre Seigneur Icfus Chrifi, que par les admonitions que l'Apoftrc en faia aux fidèles. Dâautrepart,combien quâil ne nous appartienne pas à tous dâenfei-gner publiquement en lâEglife,ny de prendre vn fouet,pour en chaffer lesâ marchans qui y font, comme I E S V S Chriftlesa chaffez du Templcde Hieru ' falemiOU d'abattre les idoles,corne Eze-chias amp;â lofias les ont abattues, amp;nbsp;corne lâoffice desvrays MagifiratzChreftiéslc requiert, ce neantmoins il nâeft loyfible à nul fidele dâenfeigner, ny dâapprouuer faulfcdoffrinc amp;nbsp;idolatrie, en quelque forte que ce foit! maisau contraire,vn chafeunefftenu en fon particulier,de fâen retirer, amp;d'eftudierd en retirer les ïUtres, amp;nbsp;principalement ceux qui leur
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attouckent de pluj pres,amp; qui leur font plus fpccialement commis, amp;dc faire quelque profclfion de la dodrine Chre-ftienne. Car de fen taire perpetuelle-mét,cela cft vne cfpece de renycr Dieu: amp;nbsp;encore plus d'approuuer par figues extérieurs ce qui cft rcprouué de Dieu. Et fur tout, quand les peres de famille, amp;nbsp;ceux qui ont charge de peuple, ne tra uaiilent point de faire cognoiftre Dieu, amp;nbsp;5 Icglorificr, d ceux defquelz ilz ont la charge, mais les laiffcn t viure perpétuellement en erreur amp;en ignorance, cela cft vne chofe merueilleufemcntdef plaifanted Dieu. Abraham cft grandement loué de D ieu,de ce quâi 1 apprenoit â fes cnfans,amp;aux enfans de fes enfans, â craindre amp;nbsp;d honnorer Dieu. Dâautant donc que Dieu luy baille plus de louange,pour cefte Åuure,d'autât nous donne il mieux d entendre, quel reproche ceux auront deuant luy,qui auront faid le contraire. Careequieftdidpar E«f.î îî Ezechiel aux Pafteurs,eft did aux peres amp;mercs,amp;d tous ceux quiontcharge dâautruy.S'ilperiftnuldeccux qui nous font commis parnoftrecoulpc,lefang diceux
AVX FJDiELES. 147 'iâiceax.fcra requis de noz mains. îe ne fay donc que ceux qui ont offices amp;nbsp;bénéfices entre les Papiftes, amp;nbsp;charge d'âmes amp;nbsp;dépeuplés, refpondront a' celle fentence d'Ezechiel,amp; quelle exeufe ili pourront auoir deuantDieu,de feftre, non feulement toufiourt teuz,mais,qui plus cft,dâauoir entretenu par leur filen ce Ãfeindife amp;nbsp;dilTimuIation, les autres en erreur amp;nbsp;ignorance. Car fi nous nauonspointlâvfagednminiftere delà parolle amp;nbsp;des Sacremen$,comment fatif ferons nous à ces commandemens amp;nbsp;exhortations, que le Seigneur faiâ tant fouuentà fon peuplefc'cftafauo;r,d'en-feigner fa Loy â leurs cnfans amp;nbsp;fuccef- ®â*quot;®â feur5,de lâffcrire de tous collez,.amp; la por ter corne vn figne en leurJbras. Iteni,ce qui cil did de lâagneau pafchal : Quand ^â âquot;y tes cnfans te demanderont: Pourquoy fefaidcecyê Tu leur raconteras les mer Ueillcs du Seigneur ton Dieu, amp;nbsp;les eau fes pour lefquellcs ce Sacrement aefib ordonné de luy. Or quand les nollrcs auront efté en la Meffe, amp;nbsp;quâilz auront â ven les lingeries qui fy font, que nous diront-ilzf Et que leur refpondrons
»4.t EPISTRE
nous ? Comment accomplirons nous tfe que fainct Paul nous commandetQuâd vous mangerez de cepain,amp;bcuurez de cehanap,annoncez lamortduSci-gneur,iufqucs à ce quâil vienne. Comment annonceront nous la mort du Sei gneur, de comment enfeignerons nous ïnoz enfans d lâannocer aucc ceux qui la renoncentâ Il eft touteffoys requis de fatiffaire d ces commandcniens,amp; de fai rc quelque vrayeprofeiTion de nodre re ligion.Carfaind Paul le requiert mani feftemen r par ces parolles. O r il eft tout certain,que tout le contraire fe faia d la Mcirê,amp; que ceux qui y affiftent, reny-entla mort amp;nbsp;paillon de Iefus,aulieu de la confeffer, amp;nbsp;de luy en rendre graces. Ils nepeunent doncpat appeller v--, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ne telle Cene^Euchariftic ,c'cft d dire,3-
dion de gracet.Car il nây en a point.
i Or combien quâainfiföir,toutcf-Li maniefoys de bailler certaines lois, comment re deflixeefte profeflïon fepourroit faire,ilfe-fionquot;*^'^^®** difficile,pourtant quâil y a beaucoup decirconftances d confiderer,félon les temps,les lieux,les perfonne$,les cas diuers, les diuerfes occafions, amp;nbsp;autres
AVX. FIDÃLES. 14 9 trei telles chafer,'dèfquellcs on ne pour rolt donner lôi^ fpecialfès, par Icfquel-leson peut comprendre tout cequieft requis dây aduifer, d caufe de la diuerfité des circonflances, amp;nbsp;des cas qui peunet furuenir.Parquoy il faut laiiTcr cela à la ⢠diferetion dâVn chafeun fidele, amp;nbsp;â l'E-fprit de Dieu qui les conduit!, qui en temps amp;nbsp;lieu les inftruyra comment ilz fe doyuent porter,mais quâilz ncfor* tenr point hors de celle relgle generale: Regle g, c'ellafauoir,que pour chofe quipuiffe ncraie po aduenir,il ne faut iamais confentir à â'^^^'^ idolatric,ny l'approuuer en quelque ma quot;nbsp;â â niere que ce foie ; amp;nbsp;que le fidele ne doit point demeurer fans faniäifierleNom de Dieu. Du moyen amp;nbsp;de la maniere,il le faut laiiTcr d l Efprit de Dieu, qui habite en nous, amp;nbsp;le prendre en lareigic qui nous eft propose en lâEferiture, félon lâexigence du cas,amp; les exemples des Sainetz . Car fi nous fuy uóns la pa-roHe de DieudâOnâion du fainft Efprit nous enfeignera comment il faut vfet des chofes faindes.
Puis que nous auons parlé alTcz
- amplement de ces chofes, il eft mainte..
IÃO nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EP SST R E
nant facile à iugçr commeBr nom poo* «iû«'amp;â®â® compatoiftre aux Euneraillcs amp;nbsp;übfeques 0bfeques, qui fe font pour les trefpaf-pour 1« fez,entre les Papiftes. , Car pour le prêtre mier', nous nâypouuons guère alTïfter, fans alfifterâ la MeiTe quant amp;nbsp;quant. Or il a défia eftémonftré en quelle ton fcienceonpeut comparoiftte cnlaMef fc.Dâauantagc,foitquâil7 ayt Melfe,ou non, nous nây pouuons eftre prefens, Putgatoi fans approuucr lâopinion du Purgatoire. re, que les Papiftes en ont, par laquelle la vertu amp;nbsp;l'efficace du fang de Icfus, Hebr.i. qui eftlc vray Purgatoire de noz aines, i.cor.s. amp;nbsp;la vertu de fa mort amp;nbsp;pa(f)ôh,eft anc-^P**â®â antie,auiri bien comme en la Mclfc.Car puis que les Papiftes y vont pour prier pourladeliuracc deramedeceux pour Icfquelz telles Funérailles amp;nbsp;Obfeques fe font,il nâya point de doubte,que ceux nefoubfigncntparleurprcfence d leurs facrilegcs amp;nbsp;blafphcmes, qui leur tiennent compagnie,fans deelairer quâils condînent celle faulfe opinion du Pur-gatoire,pleine de blafpheme contre le-fus Chrift, attendu quâilz ont quelquef foys efté de telle opinion,«St quâilz nâonc en-
AVX FIDELES. ijr
lt;ncorc point manifefté quâilz croyoy-fnt autrement. Parquoy ,fi ceux qui cognoilTcnt la vérité, y comparoiffent» pour euiterlafufpicion quâonpourroit auoir dâeux, quâilz condamnent le Purgatoire, amp;nbsp;les prières, amp;nbsp;les fuffrages amp;nbsp;facrifices pour les mortz , nul ne peut nycr, quâilz ne renoncent manifefte-ment Icfus Chtift,amp; quâilz nâyallent expreffement à celle intention. Sâilz le font feulement pour ciuilité amp;nbsp;humani té,ilz doyucnt entendre , que la ciuilité eft trop indigne dâvn Clirefticn, laquelle ne peut effre gardée fans renoncer le fus Chrift, qui nous doit eftre trop plus cher, que trente mille vies, fi nous les auions. Carfâilnousfautabandonner pères, meres,frètes,feurs, femmes ,en- Luci4. fans,poflcffions amp;nbsp;heritages, voyrc noz propres vies,pour effre de fes difciples, pour le fuyure, amp;nbsp;pour confeffer fon Nom, il eff beaucoup plus requis,de renoncer à telles ciuilitcz.Car nous fom-mes défia de long temps aduerriz par le fusChriffamp;parfonfainff Apoffrc, que fi nous plaifions encore aux hommes, G**â*« i nous ne pourrions effre feruiteurs de
«â 4.
.151 EPISTRE
Ich.I^.
Dieu:amp; qu'Il nâcftpofTiblc que le mon* de nous aynie,finous ne fommes des fiens. Parquoy câeft grand folie,de cuy-der complaire aux hommes, aux chofes contraires d IcfusChrift,amp; demeurer neantmoinsdifciplesdc Icfus Chriftee pendant. Il nous faut donc conclurre, que toutes ces manières de ciuilitex, aufquclles nous ne pouuons feruir,fans communiquer aucunement aux idolatries amp;nbsp;fuperftitions des idolâtres, ne .fontpoint chofcs indifferentes, ny loy-fiblés à lâhomme Chrefticn,ny tantâc-ftimer, qu'il les faille acheter par vn renoncement de Dieu.
Orpuis que nous auons affez amplement monftrê,comment il nâeft pof-fiblc de conucnir aucc les idolâtres en leurs an'cmblêes,amp; de faire femblant au cun dâapprouucr leur idolâtrie, fans ido latrer,amp; quâil nâeftpolTibledây conucnir fans lâapprouuer aucunement,fi Ion ne faid quelque profclïion du contraire,amp; fulfifante declaration, quâil nây a point de noftre confentement. Puis que nous auons prouué pareillement,que lâidolâtrie , qui eft maintenant entre les Papi-......lies
AVXFIDELES. Ifj
fles, n'cft en rien plus à fupporter que Celle, qui a efté entre les Payens, nous nionftrerons maintenant,connnent lâo Herefiean pinion de ceux qui fouftiennent quâon ciéne tou peut diffimuler ces chofcs,amp; alTiftcr aux ^â^â* j facrifices des idolâtres , fans offenfer cation ax Dicu,lcurcft- commune auec plufieurs uecl«ido anciens hérétiques: amp;nbsp;comment elle a â*ââ*â eftècondamnée des Peres anciens,pour hérétique.Et pour le premier,nous mettrons en auant,le faux Prophete corn me E^jif^m Elzaiquiaeflêluif,amp; fâctl conioinct d prophete, la fecte amp;nbsp;hcrefie des 0iTeniens,qui c- ^Ã^ÿ' Hoit entre les luifz. Ceftuy comme E-piphaniuslc tefmoigne,difoif.que ce Epip.iii. nâeftoit point péché dâadorer les images, ^ââ¢p\ entempsdeperfecution,veu quâon ne les adoraft point,en fa confciencc ny de faire quelque confeffion de bouche en lafaueurdes idolatres:mais qu'on ne la fiftdecueur. Etpour mieux deccuoit les hommes,ce trompeur nâauoic point de honte d amener pour tefmoings,vn Phinées,Ptertre,de la lignée de Leui, amp;nbsp;dâAharon: amp;nbsp;vn autre ancien Phinées, qu'il difoic auoir adoré PJiane du temps de la capciuité deBaby lonc,amp;quâil auoit
«â S
154- EPISTRE
par ce moyen cuité le dangler de mort deuant le Roy Darius. Mais ces tcfmoi-gnages, quelz fondemens ont ilz en lâE fcriturc? Sâil lâcntcndoit par ceft Aha-phuXquot;* ton duquel il parloir, le frere de Moyfc: Nom. i$. amp;nbsp;par ce premier Phinées, le filz dâAharon, qui eft tant loué en lâEfcricurc,d caufe du grand zelc quâil a monftré, pour la gloire de Dieu,en tuant ce paillard,qui paillardoit aucc la Moabite, les tefmoignages fctoyent manifeflemenc contre luy. Car nous ne lifons point dâAharon quâil ay t iamais adoré les idoles: fi nous ne le voulions prendre fur lâexemple du veau dâor. Mais lâEfcritu
Exo n â^^ â' condamne elle pas clairement A-haron fur ce faictrNon pas quâelle lâaccu fc dâauoir adoré le veau : mais pourtant quâil lâa faift : combien quâil Payt faiâ par crainte de mucination, pour entrete nir le peuple, iufques d la venue dc.Moy fe. Et les idolâtres qui lâont adoré,qucl Icpunicionenoncilz reccu? Touchant Phinées,lcfilz dâAharon, il a faid tout
leconrraire,vcngeant lâiniurc,rant de lâidolâtrie, qui auoit cfté commife contre Dieu auec Baalpcor,que la paillardi-
AVX FIDELEÃ. i^f flt;,de «ft idolâtre amp;nbsp;paillard execrable HUâil tua. Lâexemple de lâautre Phirces eft controuué à plaitir.ou fil eft vray, il tlâeft pas pourtant approuvé par lâeferi-turc, ne digne de fuyure. Et pourtant, Epiphanius reprouuant cefte damnable opinion diâ de luy en cefte manietc.Il a ntenty contre verité^enfeignant premie rement de renyer Dieu, commandant à Ceux qui lcfuyuoycnt,dâeflre participant des deteftablcs facrifices d'idolâtrie par fimulanon.En apres il a menty, de-ceuantfes auditeurs,leur commandant de nycrde bouchc,leurpropre Foy,affcr mant quâil nây auoit point de péché. Par quoy, Epiphanius côclud que leur mala diecftincurable. Car comme il did: fî la bouche qui confeife vérité fe prepare dmcnfonge,qui croira,que le tueur de ceux qui font telles chofes,ne foie cauteleux,menteur amp;nbsp;plein de fraude amp;nbsp;dcttomperierattcnduqucrEfcririire dî uinc prononce, amp;nbsp;enfeigne manifefte-ment: De tueur on croît à iuftice,amp; de stontroi bouche on faiclconfclfion à falur.Voy-la les parolles dâEpiphanius,touchant 1 cefte faulfe opinion,laquelle il reptou-
ï^lf EP IST RE
ne manifeftcnicnc, fuyuantla doftrine de lâEglifc ancienne.
11 a eferit femblablement, quâil y^a lâhiiloire cu vnâfanantperfonnage, nommé The de Theoz odotius,quiacftéprifonnier,dcaufe de eXi» 1gt;'â ^â religion. Ceftuy iafoit quâil fuft fa-Tom.j uant,ilnâapas touteffoysconfclfé lefus hxr.y4' CIirift,aucc ceux qui ont cfté prifon-niersauccluy,amp; qui ont foüffert martyre, pour le nom dâiccluy, mais lâa nyé. Et pourtant que les fidèles qui le.co-gnoirtbycnt,luy reprochoyent ccllapac tour,il leur refpondit, à la fin, qu'il nâa-noit pas renyé Dieu, en renyant lefus Chrift,mais vn liomme.Et dés lors pour fauuer fon honneur,amp; euiter le vitupéré quâilauoitdâauoirrenyé lefus Chrift, il nyaque lefus Chrift fuft Dieu, affet-manc quâil nâeftoit que pur liommc.Cc-ftuymefmeaefté le premier auteur,de Theodoe la fede amp;nbsp;lie relie des Tlicodotlcns ,qui *âquot;â* ont retenu fon nom, âcaufe quâilz ont fuyuyfes opinions amp;herclîes. Nous - voyons icy mainifeftcment,vn merueil leux exemple du iugement de Dieu, fur ceux qui pour fauuer leur honneur amp;nbsp;pour pallier leurs pechez, ofent exeufer
amp;
AVX FIDELES. Ilt;i7
amp; Refendre ce qui cft totalement con~ treOieu. Et pleuftd Dieu, que nous Dâen culüons point de noftre temps,qui en eurent faici au tan t ou plus, pour eui ter les perfecutions amp;nbsp;pour couurir leur honneur deuan t les hommes. Car combien en auons nous veu, qui pour fem-blables caufes font venus iufques, ou d niefprifer,ou 4 condamner amp;nbsp;renier du tout la doûrine de verité,voire iufques d la pcrfecuterfNous deuons donc gran dement craindre, quand nous voyons telz exemples,qu'il ne nous en aduien-ne autant. Mais combien y a il auiour dhuy dâAtheiftes, c'eft à dire,des homes fansDieu qui nefôt ne luifz,tie Turcz, ne Papifl-cs,nc Chreftiens, qui nâont ne Foy ne Loy:mai$ fe mocquent de toutes les religions du móde,amp; viuent com me Epicuriens,fans attendre point dâau tre vie que cefte icy,non plus que les bc hes? Et dâoù font ilz ylTus? lieft certain quâvne grand partie en a cfté engend réc,en lâEglifc papale:mais il y en a auffi grand nombre,qui ont eftè de ces Chreftiens dclicatz,qui nâontpeu fouf-frir les efpines de Icfus Chrift. Parquoy
ïç8 EPIS TRE
Ãlz fc fontprcmîfrcmentvolu flatter, amp;nbsp;ontvolu nager entre deux eauc^quand îlz ont veu que la confelTion du nom de lefuseftoît fi dangereufe. Et puis ilz ont volu maintenir que ce n'eftoitpaJ malfaiâ^dediiTimuleride renyer lefus Chrift,parfimulation$ amp;nbsp;communications aucc les idolâtres. Et puis de la, ilz font venuz d fc mocquér amp;nbsp;reiettet totalement lefusChrift amp;fon Euangi-le. Mais ilz ne fontpas touteffoys re-tornezau Pape. Car ilz fanent bien, qu'ilne vantrien : mais ilz n efiiment , guère lefus Cliriftdâauantagc. Ce font gaudilfeurs qui ne fc foucient,quede vi U re â leur aile.Et plcuft d Dieu que celle 1 pelle d'I talie,amp; de la courtR omaine qui elide ne croire point en Dieu, ne full point tant cfpandue,amp; en France,amp;aux autres terres amp;nbsp;pays. Les Libertins font forty s dâvnc telle fource,amp;font tombez par telz degrez en cell abyfmc dâerreur auquelilz fôtabyfmez.Etauiourdhuy, , nous voyons encore tous les iours ^experience de telles ebofes,en plufieursde , ceux qui veulent maintenir amp;nbsp;faire le ! J contraire, dece que nous enfeignont ⢠icy. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Nous
AVX FIDELES. nbsp;nbsp;If Æ
Nous lifonsparcillcmentqueânon obftant quâOrigencs ayt efté contrainä j-orjâ* amp;nbsp;efforcé,par les Payen$,de tédre, maul n«, gré foy des fucilles des Palmes, d ceux Epiph .li. qui montoyent,pour adorer lâimage Hc*â^ââ¢^,' Serapi$,amp; quâil diâamp; quâil cria publique mentdeuantcux:Ic ncles prefente pas d Sarapis:mai$ à Chrifl',rouccffoys,pour tat qu'âpres beaucoup de perfecutions, faiefes contre luy, il promit par contrainte de facrificrdel'cnces aux dieux des Payent, amp;nbsp;qu'âpres celle promefle, les Payens luy auoir ieelé de lâencens en laâmainje menèrent au près de lâAutel,! 1 a ellê reieà é de lâEglifepar les mar tyr$amp;confeireur5,quandilz furent ai uertys,quâil auoit faid cela en Athenes. Epiphanius ne diel pas quâil ayt offert lâencens.Triais feulement pourtant quâil a promis de le faire, fe voyant pre lie, amp;nbsp;en dangier,amp; que fuyuant celle promef fe,lc$ Payens lâont mené par force iuf-ques à lâAutel,auec de lâencens en fa niain,ces bons Peres anciens ont tenu cela pour vn renócemetde Icfus Chrill. Et pourtant, ilz luy ont tenu celle ri-gueur,cn forte quâil a efté grandement
r(?o EPISTRE
déboute, par toutes les Eglifes, ou il eft allé,par apres,quant elles ont cfté aJuer ties de ce faicl. Or penlons,pui$ que ces Eglifes anciéncs,onttenu telle rigueur d ce perfonnage,tant fanant,amp; qui a rît trauaillé pour lâEglife,en quelle reputation les anciens peres ont eu ces fimula tionsamp; dilTimuiarions d'idolâtrie,kf-qucllcs pluficurs eftiment tant peu.
Mais que dirons nous du ditîcrent «n^L V ^ââ^ isinct Paul amp;nbsp;faintt Barnabas ont Paul amp;de' Câ fi grand enfemble, que lâvn fâeft fepa Barnabas ré de lâautre, à caufe de Ichan Marcf
Qjielcrimeauoitcommis Ichan Marc, pourquoy faincl Paul ne le voloit plus en fa compagnie? Il nây auoit autre,fi-non que Ichan Marcf'en cftoit retourné, fans paraclicucr le voyage quâil a-uoitcntrcprins auec eux, Sainâtuc qui raconte lâhiftoire, nacufe point Jehan Marc,dâautre vice, amp;nbsp;nâcfcrit point que faincl Paul aytfaid difficulté de le reccuoir,amp; de lâadioindre en leur compa gnic,cn ceft autre voyage,quâil entrepre noit auec Barnabas,hnon pour celle feu i^âan If^aufif- Orconfidcrons,quclpcrfon-Marc. nage Ichan Marc cftoic. Pour le premier
AVX FIDELES. i6f
mier,il cftoitcoufin de Bamabai amp;nbsp;filz dâvne fainde femme , de Hierufalem, nommée Marie, en la maifon de laquel le les fideles cftoyent affembicz quand faind Pierre fut deliuré de la prifonde Herode, amp;nbsp;en laquelle il fe retira tout droit apres fa deliurance. En quoy nous pouuons cognoiftre,de quelle reputation cede femme eftoit,amp; toute fa famille. Dâautre part,quand ces deux grans Apoftres, Paul amp;nbsp;Barnabas ,auoyent eleu ce Iclian Marc pour leur tenir com pagnie, en vn voyage de fi grande importance, amp;nbsp;pour feruir au miniftere de rEuangile,aueceux,ilz ont clairement tefmoignê_, quelle opinion ilz auoy ent dâiceluy,amp; quel tcfmoignage lâEglife en rendoir. Et quâa il commis depuis, pourquoy faind Paul nâa volu nulle-mét permettre,quâil allaft plus auec eux pour raifon que Barnabas Ãuy ayt peu al leguerf Quand il nây euft point eu autre raifon,que pour gratifier à Barnabas Aa.ij. fon compagnon,tant loyal amp;nbsp;tant fidele en lâÅuure de Dieu, qui eftoit coufin ^udidlehan Marc,ficft il bien aduis, que faind Paul ne le deuoit aucuncniét
1^4 EP 1ST RE
rcfufer fil n'y auoit quelque grâJ crime en luy qui prelTaft fort fa confcience. Il fembloit bien que la faute que lelian Marcauoit comniifcnâeftoit pas grande. Il Defeftoitpas reuolté contre lâE uangile.amp;il nâeftoit pas rctorné pour embralfer le monde,amp; pour renoncer à i.Tlm.4. lâEnangilc,cóme Demasduquelfaind Dcmu. Paul fc plaint fi fort. 11 riâauoit point commis d'ade dâidolâtrie, ne digne dâc-fire réputé crime. Il n'y auoit rien ire prcndre,finon quelque affedion humai ne, amp;nbsp;quelque infirmité, amp;nbsp;quelque le-gereté,ou inconflâce,ou crainte humaine qui le retira pour quelque temps; no pasdelâEuangile: mais du voyage auquel il auoit efté adioinû aucc ces deux Apofires. Et touteffoy s jamais Barnabas nâa peu induire fai nd Paul i le recc-uoirde rechef, pour feruir auec eux au minifierermaii ilz fonttombez en figra de fafcherielâvn auec lâautre d caufc de 'Afiaf, cela,quâilz ont rompu compagnie lâvn i lâautre,tcllement que Barnabas fen eft alléprefcherdâvn codé aucc fon coufin lehan Marc,amp; fain J Paul de lâautre a-necSylas fon compaignon. Or fi faind Paul
AVX FIDELES. lO'
i Paula efté tant offencê contre lehan Marc,à caufe de celle infirmité amp;nbsp;legie-reté, qui ne luy cd aduenue que celle foys,qu'il lâa cftimé indigne dâaller en fa \ compagnie,comment endureroit il, ou Cornent approuueroitildes Chreftics,amp; fur tout,ceux qui fie mederoyent d'en-feigner les autres qui aurbyent renoncé
; lewsChrid? Et fâilfaifoit difficulté de â receuoir ceux qui lâauroyét vue fois rc-' noncépourcraintedes tormens,corn-men treceuroit il ceux qui le renoncent tous les iours ,voyre fians y edre con-trainciz,par formens,feulcmét pour pre uenirlc dangier quâih craignent,du-j ^uclilz ne font pas encore aircurez que j il leur aduiendra : bu poUr gratifier amp;nbsp;' pour plaire aux hommesîPour le moin» lie fuis aircuré, que faina Paul nâeud pas 1 receu au mînidcre,éeux qui eufTent vric foysrenoncéteTus Clirid,en quelque manière que ce foit, fians grande peni-i tence,amp;fians grans tefimoignages dâiccl-I le: amp;nbsp;qu'ilz nâeu d'en t non feulement j tonfelfé leurpcchédeuanf lâEglife,maî$ quâilz ne l'eulfent plouré autant que Jâïind PierreploUra le fien,après qu'il Matt.iô.
\i^4 IFfsTlà '
cut renyé Icfus Chrift. Nous Iepouop$ u'feucriz ^*^^ prefumcr par cc ff exemple, de lélia té des an MarC. ; ,
tiens con Nous auons auffija pradique,^ les quinâ»- *^f oiplcs de la fpucritè ,amp; rigueur de Fà ooyêt pat glifc ancienne,Contre ceux qui auoyenc tóé fer/ renoncé Icfus Chriff,par contrainte, ou mes aux nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;-
tonnent. P®^ Crainte des tormens.Et entre les au-trcs,iâen racontcray vnc hiftoire qù'Epi a Tom » P^®^âââ en a efcrit,en çeffe manière: Du sêaa.ô8?tcnipsdcla pc(fccution,qui aeffé faiffe contre lâ£gli{e,par lâEmpereur Diockti , en amp;Maxittufnlt;il y a eu deux Euefques tous deux grant pciifonnagcs, lâvn nom ^^fquot;* dr ^^ Picrrc,Ã^efquç. dâAlexandrie en Ã-Aielidriegyp^^-. Etrautrç,Mcl,çtius EuefqueJe amp;nbsp;Mêlez . TEcl)aide,qui cftauiri pareillement vnc *^â*â Cité dâEgypte. Ges dçux Euefque$,Fu-rent tous deux prins dçâémprifonUezià -ucc plu fleurs autres Martyrs, à caufede la religion Chreftienhcspaj-ceux qui a- j uoyent efté ordonnez du Roy pour ce faire, iceux idemeurerent long temps en vnc mefmcprifon,pour effre mcnc2 au martyre. Ce pendant il aduint que .? ⢠pluficurs des autres y furent mencz,au,--quclilz morurcntjconfelfans conflam-i ment;
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AVX FIDELES, i «5
*lïcnt Icfus Chrift.Mais' ces deux Eucf-4Ucï furent referucz pour les derniers« îflninic les principaux amp;nbsp;les plus grans. Or il aduint' quâentre .ceux qui furent nicnez au martyre,les vns lâendurerent ronftamnient,amp; les autres défaillirent» amp;feruircnt aux idoles amp;nbsp;leur facrific-rent par contrainte.Ceux cy qui auoy-entdcfailly,fc retirèrent par deucrs les confeifeurs amp;nbsp;les martyrs, qui cftoyent en rEglifc-,d celle fin quâilz obtinfent mifericorde par penitence. Les vns e- ^*âifion ftoyent gendarmes amp;nbsp;les autres clerz de^J^Jyââ diucrseftatz.Lcsautreseftoyent des mî nifircs amp;dcs anciens de lâEgIife,amp; les au très diacres.A caufe de cecy,21 y eut grof feefmotion,amp;vn tumulte entre les mat tyrs qui ne fut pas petit. Car les vns di-foyent, que ceux qui eftoyent vncfoys. cheuz,amp; qui auoycnt abiuré,amp; nâauoy-entpas perfeuerbeonftamment ne bataillé pour le nom de Iefus,nc deuoyent j point eftrereceuz à penitence, afin que» ceux qui rcftoyentencorc,nefe fouciaf fent moins des reprehenfions, amp;nbsp;de la peine qui eftoiteniointe,â telzpcrfon-iiages:amp; quâà caufe du pardon, qui leur;
~i6S â EP IS TRE
aaroitefti donné fi toft,les autres ne prinfent plus de hardiefte d tranfgrelTcr, amp;nbsp;quâilz ne fuffcnt induiâz à abiurer, amp;nbsp;d confentir aux abominations des Payens. Ceuxquieftoyentdecefteo-pinion,câeftoyent Meletius amp;nbsp;Pclcu$,amp; plufieurs autres, tant martyrs que céfef feurs,enfembleauec eux,qui cftoyent en ceftc fentence,pour le zele amp;nbsp;lâaffeâi on quâilz auoyent d lâEuangile. Ilz ne refufoyentpas touteffoy$,qucccux qui fâeftoycnt monftrez tant debiles au mat tyre, ne fuirent apres quelque long efp* ce de temps, quand la perfecution feroit finie, reccuz en lâEglife pour leur dé net lieu depenitcnce:amp;quâilz nefuflent rc ceuz pourfidclc$,aprcs quâilz auroyent faiiS penitencc,amp; monftré les fruitz dâi-cellc:mais ilz nâeftoyentpastouteffoys dâaduis quâilz fulTcnt remis en leur premier cftat,ny en leurs premiers offices, fâilz en auoyct quclcun en lâEglife,ains quâilz fulTcnt fculemét ad mi s,en la coni munion de lâ£glife,comme membres dâi celle amp;nbsp;comme quclcun du peuple. Or Pierre lâEucfque dâAlcxandric,efmeu de pitié amp;nbsp;de mifericorde, enuers ces pou-
urct
A VX FIDELES. 1^7, Ures infirmes, prioicamp; fupplioit quâon les receuft endcrcmét,en tdeftat quâilz « ftoyent parauant,fan$ les priuer totale ment de leurs offices, apres quâilz au-toyentfaid penitence, amp;nbsp;fatiffaief au fcandalc, fa id par eux, d celle fin que d auentureceux quieftoyent défia vne foys tombez en confufion,d caufe de leur infirmité amp;nbsp;débilité,par les tentations du diable, ne fuiTent totalement fubuercis,amp;pcrduz du tout,fâilz dc-meuroyent fi long temps,fans eftre rc-ceuz.
Voicy donc des opinions fortdiucr fes,Icfquellcs ont toutes grande apparence. Car les vncs font pour la faneur de vérité,amp; du zele,qui doit eftre entre les fideles amp;nbsp;les autres, pour la faueur de mifericorde amp;nbsp;d'humanité. Ce différent a efté prefques femblable,à ccluy de faind Paul amp;nbsp;de Barnabas,fînon que la caufe de lehan Marc nâeftoit pas du tout femblable. Aulfi il a efté caufe dâvn tel fehifme, que Pierre, Euefque J^é^j^ dâAleiandric,auec;fcs adherans, feft fc- ird« paré de Melctius Euefque de Thebaide, martyr» amp;nbsp;de ceux qui fuyuoyent lâopinion dâi-^Jj.ââ
L 4
ilt;58 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EPISTRE
Ccluy : amp;; Mclctius,amp; les fiens de lâautre cofté,fe font mis à part, en telle forte que des lors,ilz nâont plus Comuniquè enfemble,mais ilz faifoyent leurs allem Liées i partlt;amp; prioyent amp;nbsp;celebroyent la Cene,feparez les vns des autres.Tou-teffoys,Meletius,qui fouRenoit lâopinion la plus rigoreufe, eut plus grand fuy te, amp;nbsp;la moindre partie demoura auec Pierre dâAlexandrie,qui par après fouf-frit martyre,pourlç nom de lefus.EtMe letius, combien quâil ne fuft pas mis ^ temarty morr,comme PicrrcrArcheucfqucdâE-redePier gypfç^toufeffoyj , il fut Confiant, telle- ' 3tandnéamp; 4ââ^^ f^^ banny, amp;nbsp;enuoyé aux de Mêlez métaux,qui eftoit vne peine, corne qui tiâ« diroit maintenant enuoycr fur galere.
Et depuis, combien que dâvn co fié amp;nbsp;dâautre,ilz demouroycnt tous fermes en vne mcfmc doctrine amp;nbsp;en vne mefme Foy, ce neantmoin$,la diuifion fut tel-le,amp;lesfedesentre eux,que ceux qui fuyuoyent lâopinion de Pierre dâAle -xandrie , fc faifoyent appcllcrâlâEgli-fc Catholique : amp;nbsp;ceux qui fuyuoy- ( ent celle dcMclccius,rEglifedcs martyrs.
Of
AVX FIDELES. lO
Orvoyons maintenant de quoy ceft : nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;, ' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;y nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Abjurer
exemple nous peut feruar. Nous pou- ,j(âj Wons cognoiftre pariceluy combien lâE chrift. glife ancienne atrouué fcandaleux de abiurer Icfus Chrift,pourfauuer fa vie, amp;nbsp;de donner le moindre ligne du monde de confentement aux abominations des Payent, du temps desperfecutions. Car nous voyons icy quelle difficulté les vns ont faift à reccuoirceux qui ne auoyentpas effé conftans. Car iafoit quâilz ne fuirent pas Nouatiens, amp;nbsp;que â*®quot;*â**â« ilz ne vouluffentpas nyer penitence i ceux qui apres leur abiuration, fc vou-loycnt réconcilier d lâEglife, ce néant-moins ilz ne vouloyent pas permettre, quâilz fuffcnt recenz facilement en la communion de lâEglifc,ne dvn long efpacc de temps: mais quâilz demouraf-fent comme excommuniez,iufques d Ce quâilz euffent monftrê certains lignes de repentance, par vn long temps. Etpuis encore apres quâilz feroycnt rc-'â ceuz en la communion, comme vn du peuple,ilz ne vouloyent nullement per mettre quâilzfuffcntiamais admis,ou icftituez en leurs offices amp;nbsp;premiers e-
170 EPISTRE
ftatz, attendu quâilz feftoyent fi mal portez . Et pourquoy faifoyent ilz cecy« ce nâeftoit pas pour enuie, ne pour hay-nc quâilz euffent contre les pourcs pécheurs , ny dâvnc arrogance Pharifien-nc.Car ilz auoyenc bien pitié amp;nbsp;conipaf fion des poures infirmes.Mais ilz le faifoyent en partie,dâvh tel zclc,quc fain^ Paul auoit refufé IchS Marc: amp;nbsp;de crain te quâilz auoyent,que fi on ne tenoit quelque rigueur en ce cas,que plufieurs netinlTenr pas grand conte de renoncer lefus Chrift, amp;nbsp;de communiquer a-ucc les idolâtres,amp; que par ainfi plufieurs neperdilfcnt courage au martyre,à lâexemple dâeux . Et les autres,qui eftoyent de la bende des mifericordieux encore nâeftoyencilz pas dâaduis quâon les receuft,anant quâilz eurent tefmoi-gné leur penitence. Le different cftoit feulement en ce,que ceux cy ne les vou loyent pas fufpendrc,ny entretenir fi long tcmp$,que les autres, ny les priuer totalement de leurs offices enlâEglife, amp;à toutiamais. Orpenfons, puis que ces fainffz Euefques, amp;nbsp;tant de confef-fcurs,amp; de martyrs, qui font mortz par
AVX FIDELES. 171 apres, ou qui ont,pour le moins, beaucoup fouffcrc,pour le tcfmoignagc de vérité,ont eu tel différent pour cefte ma tierc,comment ny les vns ny les autres, pourroyent, ic ne dy pas feulement cx-cufer de péché, mais tenir pourChre-ftiés,amp; reccuoiren leur cémunion,fans gradepenitéce, amp;nbsp;eóftffion de leurs fau te$,ccux qui font meffier de communiquer aucc les idolâtres,amp;de renycriefut Chrift tous les iours par leurs fimulari-ons amp;diiTimulatiós:voyre,auant quâilz foyent perfecutez, ny en danger de leur vic,feulcment pour preuenir le danger, lequel ilz pourroyent mieux cuiter a-uant quâilz foyent tombez en la main de leurs cnnemiz,fans idolâtrer, que les autres qui font défia prins,amp; qui ne peu uent fuyr, ains font contrainclz, ou de mourir,ou dâabiurer. Cardâallegucr que il eff plus licite dcnycrlcfus hors de la perfecution, amp;nbsp;quand on ne nous en re quiertpas expreffe confcffion,quc quâd il adulent le contrairemous auons défia affez refpondu 5 cefte rcpliquc,cn lâEpi-ftre,laquelle a cfté premièrement eferi-tc fur cefte matière. Et femblablcmcnt
17^ EP IS TRE
à la difference quâon pourroît mettre entre lâidolâtrie des Payens, amp;nbsp;celle des Papilles, amp;nbsp;les manières dâabjuration, amp;de nyer lefus Chrift. Mais auant que nous fortions du tout hors de cell exem pie ,,il nous faut encore noter la grande difficulté que les anciens pères ont faid à reccuoir perfonnc,dc quelque eftat ou qualité Jquâclle full, en leur communion,fi elle nâeftoit en tout amp;nbsp;par tout dâac cord,amp;dâvn mefme confentement en toute la dodrine, amp;nbsp;aux ceremonies, amp;nbsp;façons de lâEglife,cn laquelle ilz conuer foyent: fi ce nâeftoyent quelques chofes lcgieres,qui nâeftoyent pas de grande importance,amp; quâon lai doit en la liberté de tous,fans nul dommage de la paix amp;nbsp;de la concorde de lâEglife, Car nous voyons icy comment ceux qui tenoyét le party de Pierre dâAlexandrie,fe font feparez de Meletius,amp;defa bende:amp; Weletius amp;lcsfiens,de Pierre amp;dc ceux qui le fuyuoyent.Ilz nâeftoyent toutcf-foys en rien diffcrcns,ny en la dodrinc, ny aux ceremonies, amp;nbsp;en ladifciplinc, amp;aux meurs dclavraye Eglife,finon en ce point,que les vns vouloyent la di,-fei-
AVX FIDELEÃ. 17? fcipline de lâEglifc plus rigorcufe en cell endroit» que les autres. Or logeons maintenant, fi ces faindz perfonnages fe font feparez de la communion Icsvns des autres, en forte quâilz faifoyée leurs affcmblêcs d part, feulement d caufe de celle diuctfité dâopinions, comment ny les vns,ny les autres euffent peu admet tre en leurs affemblées, amp;nbsp;recognoidre pourvrays fidclcs,ccux qui font en celle opinion,contre laquelle nous eferiuons maintenant. Icdy cccy,nonpasquc îe vueillè totalement approuuer celle fi grande feuenté amp;rigueur,qui a efté entre les anciens en telz cas : mais feulement pour monftter que ces chofes ,dcf quelles h'oüjjdifputons d prefentinâeuf-fent pas efté ellimécs fi legieres en ce tèmpsi'dj^r^à speres anciens, lefquclz ceux cÿ Vêhlèar faire les autheurs des addirios qui forttenlaMcfle,qui ont par après efté corrompues par lafaulfe Intel ligence amp;nbsp;par les faulfes opinions de leursfucccifeurs. Voyla la caufepour-quoy nous mettons en auant telles lu-fioires?^''-
Nous auons encore vn autre exem
174 EP IS T RE
plc en lâhiÃoire Ecclefiaftique,touchant HWo.Tri ce pointibien digne de nicmoire.il eft li pinub.ö. raconté comment lulicnlâApoftat cer-Autrr«, choit tous les moyens,par Icfquclzil empif. pourroit exalter les ceremonies, amp;nbsp;ma-c/îTcauz uiercs de faire des Payens, Orentreles idede lu autres,il en trouua vn méruciUeufe-henrapo nient cautclcux. Les anciés Empereurs lï^counu auoyentaccouftumé de donner des dós me de« amp;nbsp;des edrennes d leurs gendarmes amp;fer Empex uiteurs :cc qnâilz faifoyent voluntiets mains. amp;nbsp;ââ commencemet dc Ianuier,ou le lour leurse- qu'on celebroit la mémoire de la natiui Arennes. té du Prince,ou de quelque ville royal-
1e. En ce temps la, lulien eftant Empereur, voyant quâil ne pounoit, ny par menaccs,ny par flatterie, deftoumer les Chrefliens, qui efloyent en fa court, amp;nbsp;en fon feruice, ny fes autres fubieâz fcmblablemét,dela religion Chreflicn-ne , pour les faire facrifier aux dieux des Payens,amp; â fuyure leur religion,Ia-quellcilfâefforçoitdâhonnorer en toutes les manières quâil pouuoit ; il cercha cauteleufcment le moyen pour les dece noir, foubz lâombre dc fimplicité, amp;nbsp;de la couflume ancienne des Empereurs.
Et
AVX FIDELES. 17^ Et pourtant, il commanda quâvn chaf-cun qui venait d la main de lâEmpereur pour lâIionnorer, offrir premièrement de lâencens, eftant admonnefté de ce faî re par les offices amp;nbsp;officiers. Or il y a-Uoit deuant luy vn autel amp;nbsp;de lâencens, qui eftoit Id mis, félon lâancienne amp;fo-lennelle coutume des Romains. Alors les vus mondrerent franchement amp;ma nifedement leur vertu amp;nbsp;confiance, amp;nbsp;ne voulurent nullement offrir, ny prefenter lâencens,nyprendre don.nye-flrcnnc de lâEmpereur. Les autres,d lâoccafion de la loy amp;nbsp;de la coudume an cicnne, furent dcccuz, tellement quâilz ncfapperceurent nullement dclacau-tcle de lâEmpcreur,amp;nc penferent point â la faute quâilz faifoyent. Les autres, combien quâilz cogneur.cntbicnla malice amp;la cautelc de Iulicn,touteffoys îlz ne peutent décliner ny euiterla Pa-yennerie: les vus edans furprins de lâamour du gaing qui edoit aux edren-nes: les autres, edans troublez de peur, ou cdonnez parlefoubdain comman-dementqui leurenfutfaid. Orilad-Uint,quc pluficurs de ceux qui auoyent
I7(f EPISTRE efté dcceuz par ignorance 5 inuoquoyét Icfus Chrift, félon leur couftume,cn mangeant amp;beuuant,aufquelz quel-cun diet : Quâauez vous trouuc,dâinuo-quer Chrift, lequel vous auez, il nây a guère renyé,quand receuant les dont amp;leseftrenne$ de lâEmpereur,vousa-nez mis lâencens au feu ? Quand ces gen darmes eurent ouy ccla,amp; quâilz eurent entendu ce quâilz auoyent commis par amp;*lt;^Ã^*Sââ°â^®â*''â *'â*^°'â***â®*â* faultans hors ccdâau- de la table,ilzfcprindrentd courir par Clins gcH les rues publiques, dâvue grande impe-chrXê« fâ°fité,crians après leur Dicu,amp;tef-â moignans à tous hommes,qu'ilz eftoy-ent Chreftiens, amp;nbsp;quâilz perfeueroyent en ce nom:amp; quâilz auoyent faid par i-gnorance,ce quâilz auoyentfaiâ enuert lâEmpereur, Et pourtant ilzdifoyent, ) nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;fâil eftoit licite dâainfi parlcr,que la main
auoitfeulementefté Payenne,non pat la cófcience:veu que cela auoit efté faid par ignorance. Et quand ilz furent vc-nuz au Prince,ilzietterent Id deuant luy lâor quâilzenauoyentreceu,amp;luy requcroyent à haute voix, quâil reprint ce quâil leur auoit baillé , amp;nbsp;quâil let J nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;tuaft.
AVX FIDELES. 177
tuaft. Carilz confeffoyent, quâIlz fe re-pentoyentde cequâilz auoycntfaia,amp; quâilz en faifoyent penitence. Etpour-tant que leur dextre auoit pêché par im prudence amp;nbsp;fans confidctation,ilzdefi-royent de fubmettre tout leur corps i pcine,pour le Nom de Chrift, à taufe de la faute quâilz auoyent commife contre luy. Et ainfi quâilz le dirent de bouche, ilz le monftrerent auffi par effeft. Car quand lâEmpereur commanda,que la tefte Icurfuft couppée,ilzallerentvoi luntiers à la mort. Et quand ilz entendi rent que la fureur du tyran eftojt paf-fée, amp;nbsp;quâil auoit rcuoqué fa fentence^ ilz en furent fort marriz. Car ilz voua» loyer de bon cucur tefmoigner parleur fang,lc defplaifir quâilz auoyet, dâaüoir deshonnorè. Icfus Chriftpar ce moyens combien que lecaseftoit pitoyable,amp; digne dâexeufe. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n- n'.)
Orconfiderons maintenantÿfices gendarmes approuucroyent ce qUc plu-' licurs,qui veulent eftre tenuz pour homes fort fauans,amp;fort affcelionncz envers la vérité,approuuent â prefent.m Penfons comment ilz confentiroyent â:°â«iû M
178 .EPIS T REquot;â ' I suedes courtifans de noftre temps,amp; auec tous ceux quifuyuent les courez des Princes, amp;nbsp;fur tout, auec ceux qui deulfcnt enfeigner les autres,qui ne cef fentdâattrapper tous les Jours offices amp;nbsp;bcncüces,amp; depourchaiferyerslcsPrin ee$,d'auoir non feulement des eftren-ncs,mais des Euefehez, Abbayes, étoffés,mitres amp;nbsp;prebendes,defquclles ilz ne peuuent iouyr, fans commettre mille foy s plus d'idolâtrie, que tous les autres , amp;nbsp;fans eftre les ouuriers amp;nbsp;les in-ftrumens des idolâtres, amp;nbsp;de toute idola trie. le voudroyc bien quetelz courtifans cxaminalîent diligemment tek cxcmplcs,amp; quâilz apprinfent pariceux ' à fc dcfplairc mieux, amp;nbsp;à mieux cognoi Ãre leurs imperfedions, amp;nbsp;combien ilz fontloing dclaperfcdion,ienedypas des anciens Euefques,amp; des principaux ChreÃiens,qui ont cûé entre les anciés, j ' mais des gendarmes, qui éÃoyent en la i court dâvn tel apoRat,que luUen. Car j celle conPanec amp;nbsp;vertu, eftplus mer-ueilleufc en des gendarmes,qui couRu- nbsp;nbsp;^
micrement font des gens les plus def-i j baucliez,quâelle nâeà en des autres. Qr fi '
AVX FIDE LES. 17^^ fi ceux cy ont faîâ fi grand confciencc dâauoir donné le moindre confentemec du monde d la Payennerie , mafquée neantmoinsdela couleur de lâhonneur amp;nbsp;de l'obeylTancc quâilz deuoyent â leur Empereur, voy re encore par ignorance :pcnfonj en quelleconfcienccilz approuucroyétee de quoy aucuns font; auiourdhuyfipeude conte, amp;nbsp;quâilz ne Veulent cognoiilrc eftre péché: qui fans nulle coniparaifon,cft trop plus d reprendre, que ce que ceux Idontcomis. Ceux qui ne fc contentent pas de la refponfe qui leur adefia efié faiâc, touchant la confeffïon que nous reque rons quâilz faccnt entre les Papiftes, mais veulent, puis que nous Icurfom-rnes, d leur femblant,fi rigoreux ,que nous leuren donnions quelque reigle plus certainc,amp; plus fpecialc:ilz ont icy Vn excmplc,qui leur pourtoitbien fer-uirdcela. Hz demandent,fil leur fuf-fift de faire vne telle confelTion de lefus Chrift,que fainft Pierre lâa faide auprès **â**â*®â de Ccfatée:ou que celle dcMarthc,quâd lehamU j lefuj Chrift vint relTufciter fon frète: lonqucceUc de lâEunuque, baptizé pat *^'®â Mi'
l8Ã âEPÃSTRE
fai net Philippe ièti celle, de laquelle S, Paulparlc au dixiefnie des RomainsJe leur refpond fur cela,que nonobftant que celle confcfTion comprend fommai rement toute la dourine Chreftienne, quâelle neferoit pasaffez fuffifante au temps prefcnt,pour nous bien acquirer de noftre office entre les Papilles. Alors que le different eftoit entre les fideles amp;nbsp;lcsinfidelcs,fi Icfus eftoit leChrift,amp; fil eftoit Filz de Dieu,ou non: celle con fclfion eftoit affez ample. Car elle deâ lt;nbsp;elaroit manifeftement quelle opinion ! « ceux qui la faifoyét,auoyct de la doâri- I « ne Chreftienne,amp; de toutes les doâri- 1 nes amp;nbsp;religions, qui y contreuenoyent. i Orcelaeft requis en vnevrayc confef- 1 fion, câeft afauoir, quâelle monftre claire [ c ment,amp; fans fophiftcrie,quclle religion 1 ä elle approuuc,ou reprouue. Puis donc» Je que maintenant le different que nous î f auons aucc les Papifte$,nâeft pas fi lefus fi eftleChrift,amp;leFilzdc Dieu,ou non, il e eft requis quenousfaifions confelfion, pariaquelle nousdeelairions que nous D nâapprouuons point ce qui eft contre le ft fut, amp;nbsp;que nous voyons eftrecondam- P
AVX TlDEVES. iWi
hè par fa parollc;ou fi nous ne le dedai-rons manifeftemenr,pour 1e moins,que nous ne failions rien qui ay t apparence de lâapprouucr. Or le different que nous auons auec les Papilles, nâeft pas touchant la confelfion de bouche, de ces propoficionsdclTufdiiSes, Car eux amp;nbsp;nous les confêlions tout dâvn accord: niais il y a difference en Ce quâeux les confclTent tant feulement de bouche,amp; ilz les renycnt par Åuurcs:amp; nous les ConfelTons de bouche amp;dâÅuute. Et 1 quâil foit vray,leur pratique Scieurs tra dirions lenoustefmoignent. Car par leurs ceremonies amp;nbsp;facrifices,ne renyét ilz pas pleinement IefusChrill,tranf-portansfon merite ailleurs? Puis donc , que le different vient de leurs traditio s ⢠amp;de leur pratique,il faut quenollrc ConfelTion feilende iufqucs à la réprobation de celle pracliqUe amp;nbsp;manière de faire, en forte que la difference quiell ffttre eux amp;nbsp;nous,foit cogneuë. Pour-, ^Uoy a donné le Seigneur autres Sacre-Wes d fon peuple,que les autres nâont,fi ; Oon pour tefmoigner la difference amp;fe ' Paradon manifefte qui doit dire entre il â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;MJ,
i8t EPI S TRE
les fideles amp;nbsp;les infidèles f Et rexcommunication pourquoy eft elle ordonnée} Il faut donc faire telle confeiTion, qui aboliffe toute approbation dâidolâtrie,comme ces courtifans amp;nbsp;gendarmes de lulicn ontfaid,quand le temps ⢠le requiert. le nâentend pas tonteffoys par cecy,quc les fideles qui font aux courtz des princes infidèles, amp;nbsp;qui con-uerfent entre les Papilles, fe viennent prefenter à la mort,commc ceux cy ont faid .⢠amp;nbsp;ne requier pas de tous v ne telle vertu amp;nbsp;confiance. Car iefay bien que ce feroit en vain. Mais ie defire feulement, que laconfclfion que nous ferons foittelle,quc les idolâtres ncpuif-fent point prendre de inftcoccafion dâi-celle,de fe venter,ou dâeftimer que nous approuuôs ce qui eft reprouué de Dieu, amp;nbsp;ce que nous condamnons en noz cucurs.Sâilz le fe vculentfaire accroyre, ⢠amp;nbsp;nous ne leur en auons pardonné iu- ' fte occafîon,nous ne les en pouuons pas garder. Mais fi nous auensfaid chofe parquoy nous leur ayons donné iufte occafion, dâauoir telle opinion de nous, nous deuons trauaillcr en toutes manie '
AVXHFIDEEES. iSÿ res â leur donner à entendre le contraire, par ici meilleurs amp;nbsp;plus gratieux moyens que Dieu nous donnera. Etfl nous n'auons pas la hardieffe amp;nbsp;la confiance pour ce faire, reCognoilTons noz intirmirez,à prions Dieu quâil nous for titie d'auantage. Car quand il vient à fairevneconfeiTion,il faut aduifer en quoy giftle poinfl principal du different. Car de confclfer de bouche,aucc les Papilles,tous les articles de la Foy,amp; puis au refte, faire comme eux, amp;nbsp;diffi-mulcr toute ma vie, amp;nbsp;mâaccorder aucc eux en leurs traditions, amp;nbsp;en la practi-que dâicelles, par lignes extérieurs : cela ne feroitpas affez côfciTer lefus Chrift, mais le renyer. Les Papiftes mefmes le nous donnent aflez à entendre.Car filz doubtent de quclcun de nous,quc nous ne foyons pas des leurs, ilz ne fe conten tent point,quc nous confeffions les arti des de la Foy aucc eux, amp;nbsp;que nous con fe(rion$,quc nous croyons ce que fain-âc merc Eglifc croyt, mais il y faut ad-ioufter, la fainde Eglife Romaine, la Mefle, Purgatoire, amp;nbsp;antres telles cho-fes. Or fi lâAntechrift requiert vue con-
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Ã84 'lEPISTRE
fclTton tant oùuette de nous', en ferons nous vnc fophifte pourlefus Chriftî Mais puis que nous fommes fur les txemplecourtifans,mettons en enauant des au-Exo^x^f*^*'^* P^*^* anciens. Moyfc a eftévn Hebr-v. grand courtifan: car il a efté nourry dés â¢^ 7. fon enfance en la coUrt de la fille du roy Pharaon, amp;nbsp;à eftê tenu aux cfcoles des Egyptiens. Il auoit là le moyen dâauoir tout ce que foncUeur euft feeu defirer, amp;dc parucnir en plus grand honneur amp;nbsp;dignité, quâhomme qui fuft en Egypte. Car la fille de Pharao le tenoit pouf fonfilz,amp;ilauoit bien le fauoir amp;lc$ moyens, pour eftre préféré à tous les au très. Dâauantage,nous ne lifons point qu'il aytiamais efté contraint dâidola-trcr,non plus que Iofeph,qni a auffi efté quot;â ' vngrandcourtifan,deuaptletemp$dc Moyfe. Cariafoit que les Egyptiens fuftent dâvne autre religion que les He-brieux,amp; quâilz haylTcnt celle des Ifra-elires .⢠touteffoys nous ne lifons point, quâilz ayentcontraint les Ifraelites de adorer leurs faux dieux, ainfi que Nabu Dan-J, chodonozorPafaid en Babylonc. Car nous auons le tefmoignage tout clair, 1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;corn-
AVX FIDELES. îSç Commentlofepheftant^n Egypte,tenait toufiours fa religion à part, amp;nbsp;com ®'âââ^îâ mentileftoitfeparédesEgyptiens,i eau fe dâicelle,mefme en fon boyrcamp; mâger: córnét il appert par le baquet quâil fit à fes freres.En aprcs,Moyfc voyât la capti uité en laquelle ce pouure peuple dâIfra eleftôitderenu,nâauoitilpas belle couleur de dirceDieu m'a bien amené icy.Il me faut bien garder dâen bouger. Carie puis beaucoup feruir à mes frètes amp;nbsp;à tour ce peuple eftât en ceft efiat, amp;nbsp;trop plus que fi ie l'abandónoyc.Mais au con traire,fiie lâabandonne ie petdtay tous les moyens que iâay à prefcnt,amp; iâefmou uray le Roy dâauantage contre eux amp;nbsp;Contre moy, amp;nbsp;madame ma maiftrelTe auiri,qui mefaidtant dâhonneur amp;nbsp;de bien. Outreplus, nâauoitilpas lâexcm-pic de lofeph qui a bien habité en Egy- icfeph. ptc,entre les Egyptics,fâs offenfer Dieu amp;nbsp;qui a efié en grand foulas, fon Pere 5 fes frètes amp;nbsp;à toute leur famille?Moy-fenâenpouuoitil pas autant efperetf Car iafoit que le Roy qui eftoit pour Iors,fuft fort côtraire au peuple de Dieu il pouuoit alléguer quâil y auoit efperan, M S
ï8(f EP IS TRE V
cc,ou quâil châgeroit de courage,ou que il en viendrait vn meilleur, ou pour le moinj qu'il pouuoit plus ayder à fes fre JiinSz reSicftant en ta court que dehors : com-couniÃs. me il eft aduenu premièrement en lo-feph. Et puis apres le temps de Moyfe, parle moyen des bosferuitcurs de Dieu qui ont efté tant en la court des Roy s des Babylonnicns que des Mediens amp;nbsp;Perfiens,par la volunté de Dieu amp;nbsp;pour celle caufe. Car nous n'ignorons pas Daniel Combien Daniel a profité en la court de Nehcmias Nabuchodonofor amp;nbsp;de Darius. Et Ne-doSé^^*^ i*'iâ*aîâEzras,Mardochée amp;nbsp;Efther, ont Eilher. üz pru fccouru i leurs ptuplcs,cllans a-uancezenla court desRoys dePerfeamp;de Medeê Mais quelque chofe quâilz ayent faift, nous ne lifons point touteffoys, qu'ilz ayentiamais communiqué i lâidolâtrie des Roys amp;nbsp;des Princes amp;nbsp;des peuples, auec lefquelz ilzonc côuerfé. Nousauons le tefmoignage tout cui-dentdecela en Daniels en fes compagnons. nbsp;nbsp;Et fi entre les Ifraelitcsilfen
cll'trouuéâqui ont obey aux mandemes iniques,faietz par les Roys de Babylône amp;nbsp;de Medc,aulquclz Daniel amp;nbsp;les compagnons
AVX FIDELES. 187
pagnoni ont refiftéton qui foyent allez aux procelTionides Babylonnienj,dcf-queUesBamefaia mentioulz nâen font pas à louer, amp;nbsp;lâEferiture fainde ne les approuue pas pourtant,mais elle les con damne,enapprouuant ce que Daniel amp;nbsp;Dan.j.7-fcs compagnons ont faid. Parquoy ce quâaucuns allèguent des proedTions dcf quelles Baruc parle, nâeft pas fufFifant, pour approuucr leur opinion. Car met tóslecas,quccelintefuftdetellc antori té que les autres de lâEferiture Icfquelz nous appelions canoniques,amp; que Hie-remicluymefme, eufteferit celle Epi-dre : il eft tout euident,que celle Epiftre ne lafchepas la brideauxifraelites,pour i aller aux proceffiôs des idolâtres, amp;nbsp;que le cofeil quâelle leur baille nâeft pas pour ceux qui vont en la proceffion, auec les Babylonic$,mais pour ceux qninây vôt l point pour les confermer contre ces abo ! niination$,afin quâilz ne foyent point efmeuz,dc ce quâilz nâont point de tel di uin fcruice, ne tétez à fuyure les meurs des idolâtres. Mais voyans bfafphemer Dieu aux autres,quâeux le glorifient lt;n leur cueur, ayans dcfplaifir de voir.
185 EPISTRE ^
ainfi defhonnorer Dicu,amp; dâeftre en tel i re eft rage, en laquelle ilz font cotraidz de voir ces abominations,amp; en laquelle ilz ne penuent franchement feruir d Dieu en fon temple,amp; felon les ceremo .⢠nies'defa Loy. Maisilne fçnfuyt pas
pourtant que Ce peuple ne pouuoit pas-feruir dDieu,au temple de Hierufalcm, ny facrifier félon la Loy: que les fideles aycnt efté idolâtres entre les idolacrcsamp; quâilz nâayent toufiours eu leur manière de viure différente à celle des idolâtres. Et quâil foit vray,nous lepouuons nlherj. fognoiftrcparlâaccufation quâAmâ fait contre Mardochée,amp; contre toute la na tion des luifz. Carillcs âceufegrief-uement, de ce quâilz ont toufiours leurs loix amp;nbsp;leurs manières de viüred part, contraires d tous les autres fubiedz du Roy,amp;de lâEmpire dâAffuerus.Et quand Mardochée fut efteuéen fiâgrande di--Efther 8. S^*^^ '^ ^^ Court du Roy, lâEferiture ne
tefmoigne elle pas que plufieurs des Ta yens fefaifoyent luifz,amp;qu'ilz receuo-yent leurs Loix? Parquoy il eft cui-dent,quâilz cftoyent differens aux autres,en religion,amp; quâilz ne le dilfimu-# loyent
A V X FIDELES. 185 loyen t pas. Entre les peuples quâilz ont conu crfé, ilz ont toufiours eu leurs fy-nagogucs. Carfi Mardochéeeuftvoulu dilTimuler.ny luy ny tous lesluifz ne furent pasvcnuz au dangicr, auquel A-man Icsauoit mis. EtlîEftIierfaifoitEaher.14 confciencc,amp; demâdoit pardon d Dieu, de ce quâil la falloir aller accouftrée plus pompeufement quâelle ne defiroit, pour complaire au Roy fon mary,amp; pour en- â nbsp;nbsp;^
tretenir fa dignité royalle,pcnfons quel regret elle euft icedé fi elle euft efté contrainte dâidolâtrer.
Mais reuenons à Moyfe,noftre cour-tifan. Puisquâilpouuoitmettrecna-uantdcfontemp$,toutesccs raifons amp;nbsp;colcuts,que cens cy ontcu,pourquoy d il laiffé la court? Il eft vray quâil fut con traint de fuyr dâEgypte pour cuiter la fu reurdu Roy qui le vouloir faire mourir, Exod.i. d caufe de lâEgyptien quâil auoit occis. ^^J^J, Mais moyfe,pourquoy auoit il occis lâE Liùiyte gyptien? Ne voyoytilpas bien Icdan- deMoy.è gier ou il fe mettoit? Ne pouuoit il pas bien diiTimulerViniure quâon faifoyt à lâHebrien pour lequel ilâprint la querelle? Car puis que luy ne faifoyt iniurc
150 EPISTRE
à pcrfonne,auoit il à refpondre da pêché de cell Egyptien iniurieux e Ilfemble bien queMoyfe fen pouuoit facilement deporter.Et il ne nous faut pas doubter, quâilnâayt bien preueu,cequi luy de-uoit aduenir. Et auant quâil full fugitif dâEgypte, nâauoit il pas défia abandonné la court,pour aller vifiterfes frc-, ^ res? Et pourtant,le faincl Apofire re-gardant d la vérité de la chofe,âcd la Foy qui conduifoyt Moyfe,ii nâa pas diet: Moyfeaeftébanny amp;chaflré,ou il fen eft fuy dâEgypte:Mais il a dici: Par foy, Woyfe eftant ia grâd,refufaamp; eut en def dain dâellre nommé filz de la fille dePha rao, ellifant pluftoft ellre affligé, auec le peuple de Dieu,que dâauoir pour vn peu de temps iouy (Tance de péché : eftimant lâopprobre de Chrill,plus grandes richef fes que les trefors qui eftoyent en Egy-pte.Car il auoit cfgard,à la remuneration,Parquoy il lailTaEgyptc,ne craignît point la fureur du Roy. Car il tint bon comme fil euft veu celuy qui eft inuifi-ble. Notons les paroUes de 1'Apoftre.il dia premièrement,que Moyfc refufa,amp; quâil eut en defdain, dâeftre tenu pour
Filz
A V X FIDELES. rpi
Filz de la Fille de Pharao. Et ce que les autreseftimoyent vn grand honneur,amp; vnc grand grace,luy lâa eftimê vn def-honneurdcuantDieu. lia mieux ay-mé eUrc chétif amp;nbsp;miferable,félon le mô de aucc le peuple de Dicu,camp;cftre bergier de brebis entre les Madianites , quâélire grandScigneur en Egypte,amp; voir fes h^.j: frètes affligcz,fans leur fecourir. Et Aa.7. quand a il faiâ cclafJLâa il faid quand il eftoit ieunc cnfant,amp;quâil nâauoit point le fens raffisfll lâa faia en lâeage de quarante ans,comme tefmoigne S.Efticn-ne:amp;quand il eftoit délia en grand eai ge,pourfauoiriugerdes chofcs,afin que nul ne penfe quâil lâay t fait par {cgierc-
1 tê,ou par témérité. Mais fur tour,il faut bien pefer ce motderApoftre,difanr, que Moyfc a plus cher aymé eftire dâe-ftre affligé aucc le peuple de Dieu,amp; por ter lâopprobre de Chrift,quâauoir la ioyf fance de péché vn petit de temps entre les Egyptiens.Ilf'enfuycdonc,qucMoy fe eftimoit quâil euft peché,fâil nâeuft fait te quâil a faid. S. Chryfoftome poyfe bié te mot.
'â - si donc Moyfc a cftiniê quâil feroit
EPISTRE
coulpabledc pêché non feulement fâil perfecutoit fes frétés amp;nbsp;fa nation, mais fâil ne leur fecouroit amp;fâil ne les alloit vifitcr en leur affliction, combien qu'il courtifâtP^â^ âlemourer en la court, fans idola-lotâiemét trer,amp; fans leur nuy re aucunemét:qucl eotrairej le excufe pourront suoir Ceux qui font * â^ '' par tes courtz amp;nbsp;qui ont credit amp;nbsp;autorité,qui ne fouffrent pas feulement que leurs frètes foycnt perfccutcz,fans leur dôner aydc ny fecours,mais qui plus eft incontinent quâilz voycnt'quclcun des fideles,ilz fc retirent dâeux tant quâilz pcuuent,craignâs quâilz ne leur deman dér quelque aydc. amp;nbsp;faucur,ou quâilz ne foyentendangierpoureux? Cclaeft bien loing de faire comme Moyfe,amp; d a bandonnertout, pour effre guydes amp;nbsp;conducteurs des pouurcs fidèles amp;nbsp;les mener par le defett. Mais ceux font encore pis,qui non contansjdc diffimulerj fâaydent mefmc à perfecuterceux quâilz deuffentmaintenir. Ilz fontdescour-tifans bien contraires à Moyfe. Car au lieu que Moyfe effimoit péché, non pas fâil perfecutoit fes frercs,car il nâen auoit garde: mais fâil ne leur fecouroit ,dc ce
AVX FIDELES. I5gt;J qu'ilpouuoit en leun perfecutiós, ceux cy nâeftimét rien de les delaiflcr du tour, amp;nbsp;de bailler faneur d ceux qui les perfe-cutcnt,pour euitcr le dangier ou ilz crai gnent de tomber. Et au lieu que Moy-comparai fc auoic belle colcurdc mettre en anant^pj,''^'â pour fon cxcufc,lâcxéple de lofcph, qui woyfc, eftoit Tvn des anciens patriarches,amp;nc-antmoinsil nâen a point voulu abufer, pour fc couurif.ceux cy au cótrairc,taf-chent de fe couurir de tous les pairages amp;nbsp;exemples qu'ilz pcuuent rencontrer, à tort amp;nbsp;d travers, pour petit de coleur qu'ilz péfent auoir:combicn que le plut fouucnc,ilz nâont pas grand apparence: ou qui plus cft,ilz leurs font totalement ç-sncraires. lafoit que Moyfe euft grande apparence de pallier fa demeure en la court, par lâexemple de lofcph,amp; trop plus grande que les noftres nâont de pal lier leur idolatrie par lâexemple de Naha man:touteffoys il voyoyt bien, que les exemples nâeftoyentpas fcmblablcs, ne les temps,ne les circonftances des pcr-fonnes: amp;quc lofephy pouuoitdemou rcr,cnfcruantdDieu amp;nbsp;d fon peuple, Veules moyens quâil en auoit pour lors,
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154 EPISTRE
quieftoyent tout autres du temps Je Oene Moyfe. Car lofephauoit cfté mené en '*^' Egypte,patlaprouoyancede Dieu,pour donner le fecours à fon Pereamp;fcs freies,amp; â tout le peuple de Dieu,quâil leur a dónê,afin que Dieu fut glorifié en luy Gene.u. amp;nbsp;que la prophétie que le Seigneur a-uoit faiâ à Abraham,fuft accomplie en fes fucceifeurs. lofcphdonçeud mal fai J dâabandonner la court de Pharao, puis qu'il eftoit certain,que Dieu l'auoit là appellé,amp; quâil voyoy t que fa preféce y feruoit â la gloire de Dicu,pour le glo rifier entre les Egyp ticns,amp; à la coniola tion de fon peuple,attcndu quâil y auoit tel crcdit,amp; telle grace enucrs le Roy amp;nbsp;tout le peuple.Mais Moyfc a affaire â vn tyran,cnncmy deDieu amp;nbsp;de fon peuple, aucc lequel il ne peut glorifier Dieu, ny aiTiftcr d fon peuple,cominc il dcuoit. Il cognoiffoitaufTi que la malediction de Dieu eftoit en celle cou rt,amp; en ce royau nic,veu quâil perfecutoit le peuple de Cen.17. Dieu. Dâautre part il eftoit certain,de la benedidion promife d Abraham, qui de Uoit en brief eftre accomplie,fur fon peu pic. Parquoy fi Moyfcfuft demouréen ccl-
AVX FIDEIEÃ. 191
celle court tyrannique,il curt approuué la tyrannie der mcfchani,amp; fc fud rendu coulpable de la malcdidion amp;nbsp;de la fureur de Dieu,qui eftoit préparée aux Egyptienr. Etpourtant,ilnefâcftpoint Voulu louer auec Dieu. 11 nâa regardé, quâà la promelTe amp;nbsp;à la volunté deDieu, amp;nbsp;à fon deuoir amp;nbsp;office. 11 nâa pas faid comme ceux qui, defiramde demourer en court,pourtant quâilz ne pcuuent o-blicrEgypce,ny abandonneriez delicci amp;nbsp;players accoftumez dâicelle : veulent donner à entendre,quâilz le font pour auoir meilleur moyen,dâayderaux fidèles amp;nbsp;de mieux auancer lâEuangile: mais qui les verroit en leur confeience on cognoiftroit quâilz ne le font que pour euxmcfmc$,amp; que câeft le moindre de leurs foucyz . Q^and ilz le feroyent coartlù« comme Iofcphamp;Daniel,ou Nehemie amp;nbsp;fidele*. Ezras,ou Mardochée amp;nbsp;Efiller,ou comme Naliaman,amp;Iehan Baptifte,amp; quâilz fulTentdetclz courtifans, ce feroit vn grand bien.Nous aurions bien oceafion de les louer,amp; de louer Dieu en eux. Si lehm faind lelian Baprifte euft efté vn tel Eiptiüe. courtifan ,quc ceux cy,amp; quâil euft fi
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bien fccu flater Hcrodc,comme ceux cy flatent les Princes,amp; entretenir aulTi bien ma dame la putain Herodias, com-Mat.u.i4 me ceux cy fauent entretenir lesDames decourt;fatefte nây full pas demouréc de gaigc, mais tout le corps, amp;nbsp;lâame auiîï cutlent cfté en grâddangicr dâaller d per CanU- dition cternelle. Mais on ne trouue plus nauxchrc de tclz courtifans,qui pour dire, amp;nbsp;pour Mat'll f»*feccquefainaichanadit,amp;fait en aA.u,â court, vueillentimpctrer de tclz chap-peaux rouge$,pour dire relz cardinaux, quâHerode à faitfaind lehan Baptillc,amp; faincl laques.
Sâilz répliquent,qu'il ne font pas de telle qualité que ceux lâ,amp; qu'ilz ne font pas appeliez d telles cliofe$,amp;quâilz nâont pas tclz dons dcDicu,ne telle vocation que Moyfe amp;nbsp;les autres, lefquclz nous auons nommcz,amp;que tous ne peu uentpas auoir telle conftance,pour mef prifer ainfi la mort; ie leur réfpondz fur cela,quc ie confelfc bien, quâilz ne font pas tclz, amp;nbsp;que ie ne requier pas d'eux, aulTi telles chofcs,que de ceux Id. Carie fay bien,queicperdroy$ mon temps. le ne requier pas qu'ilz tuent le petfecu-tcur
AVX FIDELES. 1517
teur commeMoyfe a tué lâEgyptien: car leur vocation nâeft pas telle. Maisie dis gj^j; feulement ces chofe$,pour monftrer, cô bien nous fommes loingdcs vertus des anciens, voire de ceux qui ont efté dc-
uant lâaduenemétdc lelus Chrift.Nous wanailfe Voulons bien mettre les exemples dâi- im^tion ceux en auant,fâil y a eu quelque infir- â mité en eux, pour pallier noz pechez: mais nous lailTos leurs vertus appart, amp;nbsp;ce qui eft dignede fuyureen eux. le le dis feulement,pour monftrer que ceux li nâont point idolâtré, amp;nbsp;quâilz nefe fontpointconformez aux hommes mo dains amp;charneiz en chofequifuft con traire à Dieu. Mais quâilz ont toufiours eu en finguliere recommandation,lapa rolle de Dieu, lâédification de fonEglife. le le dis donc: afin que finousnepou-Uons peruenir â telle perfedion de ver-tuz,quepourle moins nous apprenions mieux à nous cognoiftre, amp;nbsp;à nous hu-iuilier,amp; que nous ne faifions pas boucler, pour nous exeufer en noz pechez, de ceux defquelz lesvertuz nouscon-damnent,amp; que nous ne leur imputios pas les pechez quâilz nâont'pas commis.
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EPISTRE
pourtant que nous les conimettons,pé-fans que les nôtres ne ferôtpas péchez, fi nous pouuons monftrer,que nous les 11 ne fantgyQfjj p^yy compagnons. Or fil y a de ptchei is faute aux Sainâz.que nous nâapprou dethindz uions pas pour bonne Åuurc,lcs péchez quot;maquot;quot;Qâ* peuuent efire en eux. Carilz nâont pas toufionrs efté/ans péché. Et fi nous fuyuons leurs fautes,au lieu delcursver tuz,elles ne feront pas vertuz en nous, pourtant que les fainâz pcuuent auoir commis telles fautes. Mais il nous faut toufiours confiderer que câeft,que la pa-rollede D I E V appronue,oureprou-uc.
lieft certain quâil cft bien difficile défaire fon deuoir entre les hbmmes, eSpani/ tant quâil touche â la religion, amp;nbsp;fingu-fonde» lierement aux courtz des princes. Car elles font tant corrompues, que nous les pouuôs appellcr,d bon droit, la voyc amp;nbsp;la defeente aux enfers, amp;nbsp;principalement celles des prelatz de lâEglife. Par-quoy ileft bien difficile dây bien faire, j^j^f jg fans mettre fa vie en grand dangier. Mar'ci4lt; Nous pouuons prendre fur cecy fainâ Pierre pour exemple. 11 nâa pas faiä long
AVX FIDELES. i^Ã
Icngfciouren lamaifondeCayphe,amp; entre les cournfans qui y eftoyent. Et ^â^^^ ce quâil y eftoit allé, nâeftoit pas pour y auoir fes plailîrs,amp; fuyure la court ⢠Ce neantmoins il nây a pas beaucoup dc-niouréfans renyer lefus Chrift. lia re-nyé lefusC hrift en la court,amp; en la mai fon du grand Eucfque, amp;nbsp;quand il en a cfté hors amp;nbsp;efloigné, il a plouré fon péché, amp;nbsp;a confclTé lefus Chrift conftam-menr. Il vaut donc trop mieux plourer noz péchez , amp;nbsp;les renoncemens que nous auons faidz de lefus Chrift,eftant auec fai nd Picrre,hors de la court amp;nbsp;des palais des princcs,quc le renyer amp;nbsp;blaf-phemereniceux . Touteffoys,combien que celle manière de viure foit merueil lcufcmétdâgcrcufc,cc neâtmoins nous voyés que plulieurs bons feruiteurs de Dicu,fe font bazardez de bô cueur,pour maintenir la gloire de Dieu, amp;nbsp;pour fe-courir 5fon peuple,voyre auxcourtz des princes tyrans amp;cruclz. Et Dieu les a deliurez de leurs mains: amp;nbsp;leur a don- sdnâx Je né grace denant les tyrans.Saind lehan «quot;«d« Baptifte y a laiffé la teftc,amp; plufieurs MJM4.
Martyrs;mai$Dicuadcliurê Daniel, amp;nbsp;oan.}.7« 5* 4
too EPISTRE
fet compagnons,amp; pluficurs autr«,quJ fc font mis cn des gros danglers. Et nonobftant queDieu ne face pas auiour dhuy des miracles fi cuidens, qu'il fai-foit alors; toutcffoys il a toufiours beau coup de moyens pour fauuer: comme nous en voyons tous lesiours lâexpérience. Car il aduient fouuenteffoys que ceux qui ont plus dilfimulé, amp;nbsp;qui ont eftê plus couuers, amp;nbsp;qui ont eu plus depeurdefemaniferter: quâilz font les pluftoft prins,amp; les premiers en dan-gier.Aucontraire,pluficurs qui ont faict merueille, amp;nbsp;qui fe font plus deelairez, durent plus longuement.Car les cucurt prou.1*. des Roy s,amp; de tous les hommes,font en la main de Dieu. Parquoy il les meine, amp;nbsp;il les encline H ou il veut. nbsp;Quand
Nehe.x. Nehemias cftoit deuant le Roy fon fei-gneur, amp;nbsp;que le Roy le veit fi trifte, amp;nbsp;quâil entendit que celle triftefle dcNc-hemias venoitâcaufe de lâafflidion du peuple dâIfrael , amp;nbsp;des empefehement quâil auoit d édifier le Temple,amp; la ville de Hierufalem:lc Roy ne chaffa pas Nehemias de fa court, mais Dieu mit au cucur du Roy,de luy bailler faueur,amp;de lâeo-
AVX FIDELES,
toi
rennoyer, auec mandemens royaux, pour ayder à fes frères. Et quand Efther fucadnionncftéepjrMardochéefonon Enher 4» cle,dâallcr parler au Roy AlTuerus,pour le peuple dâIfrael,Efther veoyt clairement quâelle fâalloit hazarder à la mort: touteffoys, combien quelle ne fuft que vnc femme,fi print elle courage, amp;nbsp;fc re commandant dDien,elle print hardiefTe defe prefenterdeuant le Roy, au dangler de fa vie. Mais la Foy quâelle auoit en Dieu,ne la decent pas.Car Dieu tour na celle oeuure au falut de tout fon peu pic, amp;nbsp;luy bailla telle grace dcuant le Roy, quâelle impetra de luy tout ce que elle voulut. Et du temps delà perfc-cution de Hierufalem, quand fai nd E- a a. 8. flienne fut lapidé,les Apoftres,qui e-ftoycntles plus dangereux, ne demou-rcrentilz pas en Hierufalem pour lors, fansdangier? Et au temps de lulicn lâApoftat,ncfutilpas contraint de défendre les perfecutions,voyant la grande confiance des Chreftiens? Ce que les autres tyrans ont auffi efié contrains de faire fouuenteffoys. Si Dieu nous donnait detelz cucur$,nous efiaindrions
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tot EP IS TRE
les perfccutions,amp; les feux, au lien que nous les allumons amp;nbsp;enflammons, Stlufion ⢠Voyla que iâauoyc à dire,pourle prefent, fur la matière qui a efté dedui-de en ce prefent traitté, par lequel nous auons monftrê premièrement, que c'c-floit que le diuin feruicc,amp; idolâtrie, qui eft fon Contraire : amp;nbsp;par la cognoif-fance de ces deux chofes,nou$ auons aulfi monftrê,ficâeflidolatrie,ou non, de communiquer aux facrifices, amp;nbsp;aux eglifes des Papiftes : amp;nbsp;fi lâhomme fidele le pouuoitfaire,fans offenfer Dieu. Et pour mieux donner d entendrecccy par fpecial,amp; par le menu, nous auons aulïï monftré la diuerfité qui efl entre les ceremonies,amp; ce que n ous y eft licite, ou non. Et nomméement au Baptefmc,en la Melfe,au Mariage, amp;nbsp;aux Funérailles amp;nbsp;Obfequespourles mortz.Eten trait-tant ces poindz, nous auons aulfi ref-pondu aux argumcns,amp; aux raifons alléguées contre noftre fcntcce, par ceux qui font dâopinion contraire. Et pour-tan t qu'ilz fc veulent armer de lâau tho-rité des peres ancicns,pour bailler luftre â leur caufc: nous auons aulfi mis ena-
uant
AVX FIDELES.
uant quelques exemples, prins tant des bures des anciens Doâeurs delâEglifc, que des hiftoircs £cclcfiaftiqucs,pour monftrerpar iceux, combien les Clire-ftiens anciens leroyentdifferens en opî nions,fila viuoyent maintenât, à ceux qui veulent eftre tenuz pour Chrediés, amp;nbsp;qui eftiment tant peu de participer aux idolatries des Papilles. le ne double point, que pluficurs ne prenent pas grand plaifir d la leflurc de ces cho-fes: mais ides prie, quâiiz ne regardent pas â moy, ny d leurs afFcâions, mais d Dieu,qui parle en fes feruitcurs, amp;nbsp;aux raifons qui leur font proposes par fa pa rolle.Si elles font telles, quâilz nây puif-fent contredire,fans contreucnirdleur propre confcience:ie les pric,quâilz nâen treprenentpas de batailler contre Dieu: mais quâilz bataillent contre euxmef-me$,pour vaincre leurs infirmitez amp;nbsp;af fedions, amp;nbsp;quâilz fâhnmilient deuant Dieu, amp;nbsp;quâilz luy donnent lâhonneur amp;nbsp;la gloire qui loy appartient. Quant d moy,ie les prie femblablement, quâilz nemctiennentpas pourvu de leurs en nemiz, amp;nbsp;pour vn homme qui defire de
J04 EPISTRE
troubler leurs poures confciences , amp;nbsp;qui prent plaifir en leurs miferes amp;af, Ãiaions. Mais quâilz me tiennent pour vn de leurs freres, amp;nbsp;pour vn fidele Mi-niftre de lefus Chrift, qui ne defire que leur bien,amp; leur falnt,amp; de leur donner courage, pour croiftre toufiours de plus en plus, en la cognoilTance de I E S V S Chrift,amp;enlaperfcdion Chreftienne, qui cft rcquifc de nous tous,amp; Ã laquelle nous fommes tous appeliez de Dieu. Auquel fcul foit honneur amp;nbsp;gloire d tout
jamais.
FIN DE CE Traitté.