des DIX COMMAN-DEMENS DV SEIGNEVR, EN lAQVELLE EST TRAICTE quel doit eftre le vray fetuice de Dieu.
D E V T. X I T.
LE SEIGNEVR DIT, Note ^ efeaute ce que ie te com-tti^e:^ et que tu preÃiereSyteyf^ tes eitfans apres toy ^quanti tu auras fivctcequiefibS üplai/aitt dessantten Dieu tay feuleitseist ce qsie te te com)naitde,ÃiHsy all-totster ne dimmer.
Preface fur les
Conimandeniens du Seigneur.
yVANTetyâENTRERA traiter particulicremétvn ?B chacun commandcmét,il eft bó de premieremet co-gnoiftre cc qui appartiét alacognoiflance vniucr-fe^'felle dheeux. Pourleprc-mier,qnc cela foit arrefté,q ue la vi e de lâhomme doiteftre reiglée par la Loy,non feulement à vnehonnefteté exterieure, mais auffi ala iu-fticeintérieure amp;nbsp;fpirituelle. Laquelle chofe, combien quâelle ne fepuifCenicr,neantmoins eft confiderée de bienpcu.Cela fe fait, pource quâon ncrcgardcpointlcLegiflatcundc la na turc duquel, celle de laLoy doit eftre eftiméc. Si quelque Roy defendoit par ediâ, de pail-larder, de meurtrir,amp; de dereber : ie confeffe, que celuy qui auroit feulement conccu en fon cueur quelque cupidité de paillarder, ou dcro ber,ou meurtrir, fans venir iufques à lâÅuurc, amp;nbsp;fans Pefforcer dây venir, ne fera point tenu de la peine,laquelle fera cóftituéc.Car,pource
A ii.
P R E F A C s.
quebproiydece du !egiflateurmortcl,nePc* ftendque iufque^ à lâhoncfteté externe ; ^ ordonnances ne font point violées, finon que lemal viencenefFeiâ.Mdis Dieu,dcuantr(til «luqucl rien nâeft caché, amp;nbsp;lequel ne Parrefte point tant à lâapparence extérieure de bien, quâà la pureté de cueurren defendant paillar-dife,homicide amp;nbsp;larrccin, defend toute con-cupifcencc charnelle,haine, côuoitifedn bien dâautruy,tromperie, amp;nbsp;touteequieftfembh» ble. Car,entant quâil eft Legiflatcurfpirituel, il ne parle pas moins à lâamc,quâju corps. Of» ire amp;nbsp;haine,eft meurtre,quant à lâamc: couoi-lifc,eft larrecin: amour defordonnée, eft pail-lardife. Mais quelquâvn pourra dirc,quâauflî bien les loix humaines regardent le confcilamp; la volonté des hommes, amp;nbsp;non pas les euenc-mens fortuits. le le confefle.Mais edaPentend des volontcz,lcfquellcs vienent en auant. Caf elles confiderent à quelle intention vne chacune Åuurc a cfté fai de: mais elles nâenquierent point les cogitations fecrctes.Pourtant,celuy qui fefera abftenu de tranfgreffer extencure-ment,aura fatiffait aux loix politiques :au cé-traire,pourcequela Loy de Dieu eft donnés à nozames:finous la voulons bicnobferuer, il fault quenozames foyent principailement reprimées. Orlaplufpattdeshommes,mcfnie quand
PKEFACT. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;J
quand ils veulent diffimuler dâetre contempteurs dâicelle, conforment aucunement leurs yeux, leurs pieds amp;nbsp;leurs mains, amp;nbsp;les autres parties de leur corps, à obferucr ce quâelle co-mandé: cependant,leurcueurdemeure tout aliéné de lâobeiffance dâicelle. Ainii,ils fe pcn-fent bien acquitez, fils ont caché deuac les homes,ce qui apparoift deuantDicu. Ils oyent, Tu ne meurtriras point, Tu ne paillardcras point,Tu ne déroberas poi nt. Pourtant,ils ne dégainent point leur efpéc pour meurtrir, ils ne le meflent point auec paillardes, ils nciet-tét point la main fur les biens dâautruy .Tout cela eft bon: mais leur cueur eft plein de meur tre,amp; brufle de concupifcence charnelle.ils ne peuuent regard er le bien deleur prochain,que de trauers, le deuorant par conuoitife.En cela ce qui eftoit Icprincipal de la Loy,leur defaut. Dont vient, ie vous pric,vne telle ftupiditeifi non quelailïans derriere le Legiflateur,ils ac-commodentla iuftice à leur entendement? A-lencotrc de cefte opinion fainâ Paul cric fort ®-»'*7« amp;nbsp;ferme, difant que la Loy eft fpirituelle. En quoy ilfignifie,que nonfeulemét eUerequiert obcilfance delâame, de lâentendement amp;nbsp;volonté: mais vne pureté Angélique : laquelle, eftant purgee de toute macule charnelle, ne fent autre chofe,quâefprit.En difât que le l'eus
A. iü.
ÿ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PREFACE.
delà Loy eft tel, nous nâapportons point vnî } nouuclle expofition de noufmefmes : mais nous fuynons Chrift,qui en cft tresbon expo* fi.teur.Car,pourcc quelesPhanfiensauoycnt feme entrelepeuplc vncopinionperuerfe:a* fçauoir,que ccluy qui ne commettoit rien par Åuure externe contre la Loy, eftoitbon ob-feruateur dâicelle,il redargue ceft crreur:afçi' uoir,quâvn regard impudique dâvne Icmmc, cft paillardife : amp;quc tous ceux qui hayffent leur f rere, fonthomicides, Car il faitcoulpa* bles de jugement, tous ceux qui auront con-ceu feulement quelque ire en leur cueuncouh , pablcs deuant le Confiftoire,tous ceux qui en , murmurant, monftrent quelque offeniion da courage ; amp;nbsp;coulpablcs de gehëne de feu,tous ceux qui par iniure,auront apertement deelai réleurmalucuillace.Ceux qui nâentendoyent point cela,ontimaginéquc Chrift eftoitvnfe-codMoy leiqui auoit apporté la Loy Euagcli-que, pour fupplier le défaut de la Loy Mofai-qué.Dont eft procédée ccfte fentence, comma vulgaire : Que la perfedionde laLoyEuan-gehque,eft beaucoup plus grandc,quâcllc nâe-ftoïten lâancienne Loy.Qui eft vn erreurtref-peruers.Carquand nous réduirons cy après en fomme les préceptes de Moyfe, il apparoidra par fes paroi!es mefmes,combien on fait gradâ iniure
preface. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;7
injure ala Loy de Dieu,en difant ccIa.Dâauâ^ tage, de ccftc opinio il fenfuyuroit,que la fain âete des peres anciens ne ditîeroit gueres dâv-nchypocrifie .Finalemét, cc feroit pour nous détourner de la reigle vnique amp;nbsp;perpétuelle dciuftice,quc Dieu lors a baillée. Or lâerreur eft facile à réfuter,pource querelle manière de gens ont penfé que Chrift adioutaft à la Loy, ou tant feulement il lareftituoit enfon entier: afçauoir,cn la purgeant des menfonges, amp;nbsp;du leuaindesPharifiens,dont elle auoitefté ob-fcurcie amp;nbsp;fouillée.
Il nous faut fécondé mentobferuer, que les préceptes de Dieu contienent quelque cho fe plus,que nous nây voy os exprimé par paroi* les.Ce quâil faut neantmoins tellement modérer, que nous ne leur donnions pointtel fens^ que bon nous femblera, les tournant çà amp;Ià à noftre plaiür.Car, il en y a dâaucuns, qui par telle licence,font que lâauthorité de la Loy eft vilipendée,commefi elle eftoit incertaine, ou bien quâon defefpere dâen auoir faine intcUi-l nbsp;nbsp;gence. Il fault donc, fâd eft poffiblc, trouuer
quelque voyelaquelle nous conduife feure-' nbsp;nbsp;meni,amp; fans doute,à la volonté de Dieu.Câeft
à dire,il fault regarder, combien lâexpofuion fe doit eftendreoutrcles patoUes ; tellement quâil appatoiffc,que ce ne foit point vue addi-fui.
s nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;P R F F A C E .
tion adioutéc à ia Loy de Dieu,des glofeshu-maines;mais que cc foit ie pur lens naturel du Legiflateur, fidelemét deciairé .Certes en tous les préceptes il cà fi notoire, quâvnc partie eft mife pour le tout, que ccluy qui en voudroit reftreindrclâintelBgenccfelon les parolles, ferait dignedâeftre moqué. Il eft donc notoire, que lâexpcfinon de la Loy ,1a plus fobre quâon la puiffe faire, paffe outre les parolles ; maisil eft obfeur, iufques ou, finon quâon diffinifle quelque mefure. Or ic penfc queceftecy fera tresbonne : fi on dirige fa penfée à la raifon pour laquelle le précepte a efte dônc:affauoir quâen vn chacun précepte on cofidere à quel-Ic fin il nous a efté donné de Dieu. Exemple. Toutprecepte eft pour commander, ou pour défendre. Nous aurons la vraye intelligence deiâvn amp;nbsp;de lâautre, en regardant la raifon ou la finjouil tend. Comme: L a fin du cinqâieme précepte eft,quâil fault fendre honneur à ceux aufquels Dieu lâa voulu attribuer. Cefteiera donclafomme,Quâitplaiftà Dieu, que nous honorions ceux,aufquels il a donné quelque preeminencc:amp; que contemnement amp;nbsp;contumace à lâencontre dâiceux,luy eft en abomi-nationiLa raifon du picmier précepte cft,que txoi.10. Dieufculfoit honoré. Lafomme donc fera: 0t»(-6. Qucla vrayepieté eft aggreable à Dicurcâeftà dire,
PREFA CE.
dire,lâhonneur que nous rendons à fa maie-fié : aucótraiie,quâjmpictéluy eft abominable . Ainfi faut-il regarder en tous préceptes, dequoyliefttrriâé. Apres,ilfauteercherla fin calques à ce que n ous trouuions, que câeft que Dieu veut teftifier luy eftre plaifant, ou defplaifant. Puis,de ce qui eft dit au précepte, ilnousfaut former vn argument au contrane, en cefte manière: Si cela plaiftà Dicu,le con-traireluy deplaift-.ficelaluy deplaift,le cotraiv reluy plaift.Sâii comande cela,il defend le co-traite: sâil defend cela,ilcommade le cotraire. Ce qui eft maintenant obfeur, en le touchant brieuemét ,fcra plusfamiliercmét edaircy par. lâexperiçnce,quand nous expoieronsles,pièce ptes. Pourtant il fufnra de lâauoir touché : fi-, non quâil nous faut confermer le dernier que nous auonsdia,quiautrcmét neferoitpoint entendu,ou fcmblcroit auis dcfraifonnablc. Ce que nous auons did:, que là ou lebien eft * commandé,le mal,qui eft. contraire,eft defen« du,nâa ià meftier de probabo ; car il nây a per-fonne qui ne le concede .Pareille met,le iuge-l métcommun receuera volonticrs,que quand on defend le mal, on commande lebien, qui eft au contraire. Car câeft vnc chofe vulgaire.^ que quand on condamne les vices, ou recommande le s vertus.Mais,nous demadoris quel-.
TO
PREFACE.
que chofe dâiuantage, que les hommes nâcö' tendent communément, en confeffant cehlt; Gar par la vertu contraire au vice, ils entendent feulement,fâabftenir de vice. Mais nous paflons outre:afçauoir,en cxpofant quecâeft faire le contraire du mal. Cequiiâentendfî mieux par exemple.Car en ce précepte,Tu ne tueras point: le lens commun des hommes ne confidere autre chofe, finon quâil fe faut ab' ftenir de toute outrage amp;nbsp;de toute cupidité de nuire. M ais ic dy quâil y faut entédre plus: afçauoir, que nous aidions à conferucrla vie de noftre prochain,par tous moy es quâil nous fera poflible.Et à fin quâil ne femble que iep®^ le fans raifon,ie veux approuucrmon dive.Le Seigneur nous defend debleffcr amp;nbsp;outraged noltre prochain, pource quâil veut que ft vie nous loit chere amp;nbsp;precieufe ; il requiert donc iemblablement les offices decharité, parlef-quels elle peut eftrc conferuée. Ainfi,on peut apperceuoir, commet la fin du precepte nous enleignc, ce qui nous y efl: commandé ou défendu de faire,Si on demande la raifon pour-quay le Seigneur a voulu feulemét à demy fi' gniher fon vouloir,plus quelâexprimer claire mët.Pourrelpôteà cela,on peut alléguer plufi curs raifons;mais il y en a vnc,qui me contente par delfus toutes. Câeft,pource que la chair Peftor-
PREFACE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»I
fâefforcé touflours de colorer, ou de cacher par vaines couuertures la turpitude de fon péché , finon quâon la puiffe toucher au doit : il a voulu propofer pour exemple, cequieftoit le plus vilain amp;nbsp;defordonné en chacun genre de péché: afin que lâouyemefme en euft horreur, pour nous faire detefter le péché de plus grand courage. Cela nous trompe fouuen t en eftimant les vices, que nous les exténuons, fils font quelque peu couuers. Le Seigneur donc nous retire de cefte tromperie,nous accoutumant à réduire vne chacune faute à vn genre, dont nous puiffions mieux cognoitre , en quelle abomination elle nous doiteftre. Ex-emple.Il ne nous fcmble point auif,quc ce foit vnmal fort execrable,que haine ou ire:quand onles nomme de leurs noms : priais quand le Seigneur les defend fous le nom dâhomicide, nous voyons mieux en quelle abomination il les a : veu quâil leur donne le nom dâvn fi horrible crime. Par ainfi,cftans aduertiz pay Iciugemét deDieu,nous apprenons de mieux reputer la grandeur des fautes : lefquclles au-parauantnous fembloyent legeres. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Tiercement,nous auons à confidcrer,quc câeft que veut dire la diuifio de la Loy en deux ^^ ^ ^ Tables,defquellesil nâeftpointfaidfifouuét â¡f«.io. mention enlâ£fcriture, fans propos : comme
11 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PR ET A CE.
touthomme de bon efprir, peut juger. Orb raifon cft fi facile à entendre, quâil nâeft ià m« ftier dâen faire nulle doute. Car le Seigneur i voulant enfeigner touteiiiPicecnfa Loy,il tellement dwiiée, quâil aafligné la preniicis aux offices dot nous luy fommes redeuablfS pour honorer fa maiefté: la fe confie, à ce qââ nous deuons à noftre prochain, félon charité' Certes le premier fondement de iufti«A lâhonneui de Dieu,lequel renuerfé,toutcslcs autres parties font diffipéeSjCommelcs pieces dâvn edifice ruiné . Car, quelle iufticeferî-e^ de ne nuirepointà noftieprochain,parh''f' eins, amp;nbsp;rapines ; fi ce pendant, par facnlegc nous rauilfons à la maiefté de Dieii,fag!oird Item,denepoint maculer noftre corps par paillardife ; fi nous polluons le Nom de Dicâ par blafphcmes ? Item, De ne point meurtrit lés hommcsifi nous tafehos dâefteindreUrne-thoiréde Dieu ? Ceferoitdoneen vain,qt*' bous prétendrions iufti ce,fans religion; tout à mfi comme fi quelquâvn vouloit fairevue belle monftre dâvn corps,fans tefte. Combien , quâà dire vray, religion non Iculement eftle i chef deiuftice d: vertu, maiseft quafilâamc, i pourluy donner vigueur.Cariamais les boni j mes negarderonr, entre eux équité amp;diledi' 0âulans la crainte de Dieu. Nous appelions donc
t R E F A CE. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;IJ
Jonde feruicedc Dieu,principe amp;nbsp;fondcméç Je iuftice-.vcu que ccluy o0é,tout ce que peu-uent méditer les hommes pour viure en drei-turc, continence, amp;nbsp;temperance, eft vain amp;nbsp;fri voie déliant Dieu. Pareillement nous lâappelions la four ce amp;efpric de indice: poureeque les hommes, en craignant Dieu, comme itige du bien amp;nbsp;du mal, apprcnentdecela, à viure pLiremétamp;droitcment.Pouitant,1c Seigneur en la premiere Table nous indruita pieté amp;nbsp;rcligiompour honorer fa maiedé. tn la féconde,!! ordonne com.met,(à caufe delà craiii te que nousluy portons,Ãd nous faut gouuer-nerenfemblc. Pour laquelle raifon nodreSei gncurlcfus,comme recitent les Euangebdes, a réduit toute la Loy fommairementendeux Lado, articles-, affauoir,Q^e nous aimions Dieu de tout nodrc cueur, de toute nodre ame, amp;nbsp;de toutes nozforces : Qtic nous aimions nodrc prochain,comme noufmefmes.Nous voyons comment des deux parties, efquclles il comprend toute la Loy,il cnaddrcflePvncà Dieu, amp;nbsp;lâautre aux ho mmes.
\ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Touteffois, combien que la Loy foit en-
I tierement contenue en deux poinds, fied-cc l que nodrc Seigneur pour oder toute matière dâcxcufc,a voulu plus amplement amp;nbsp;facilemet s deelairer en dix préceptes, tant ce qui appar-
14 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;PREFACE.â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;I tient à la crainte, amour amp;nbsp;honneur defai-uinité;commeà la charité,laquelle il nous tornade dâauoir à noftre prochain pour lâamour de foy. Pourtant,ce nâcft pas vne eftude inutile, que de cerchcr quelle eft ladiuifion des préceptes,moyennant quâil nous fouuiene, que câeft vne chofe,en laquelle chacun peuta-uoirfon iugemétlibre;amp; pourtant,quenous nâernouuios point contétion contre celuyqui nâaccordera point à noftre fcntence.Cecy dy* ie,à finque perfonnene fâemcrueilledeiâdi-ftindionqueiefuyuray: comme fi dlcoftoit nouuellement forgée. Quant au nombre des préceptes, il nây a nulle doute: dâautantquele Seigneur a ofte toute controuerfie par fa P*' roîle.La difpute eft fculcmcntà la manierede les diuifer. Ceux qui les diuifent tellement, quâily ait en la première Table trois préceptes amp;nbsp;fept en la féconde : effaeent le précepte des images , du nombre des autres : ou bien, le mettent fous le premier : commeainu . foit que le Seigneur lâait mis corne vn comma demét fpeci al.Dâauantagc, ils diuifent inconu derémétendeux parties le dixième précepte'' qui eft, de ne point conuoiter les biens de no- I ftre prochain. Il y a vne autre raifon pour les réfuter : que leur diuifion a cfté incongnuè en PEglifcprimitiuc,comme nous verrons tan-
PREFA CE.
toft apres. Les autres mettentbien, comme nous,quatre articles en la premiere Table: mais ils penfent que le premier fou vncfimplc promeffe, fans commandement. Ordema part,pource que ic ne puis prendre les dix pa-roUes, dont Moy fe fait mention, autrement que pour dix préceptes, Gnon queie fois con-Uaincu du contraire par raifon euidentc: dâa-uantagc,pource quâil me femble,que nous les pouuons diftmâement par ordre marquer au doit ; leur laiffant la liberté dâen penfer comme ils voudront, le fuyuray ce tpi mefemblc le plus profitable. Câeft,quelafentence,dont ils font le premierpreccpte,ticne corne vn lieu de Proemç fur toute lu toy ; puis apres, que les dix préceptes fenfuyuenf. quatre cnlapre-miercTablc,amp;fixenlafecondc,telonlâordrc or/r.;»j*». quenousles coucherons. Celle diuifioneh quot;^ mife dâOrigenefans difficulté,comme reccué communémet de ton temps. S arnd A uguftm auffilâapprouue.ll ehbten vray,quâeuvnau- Lib.j.ajB« trelicu,la premiere diuifion luy plaid mieux, âfj, ^ ^^^^ Mais câeh pour vneraifou trop legere â¢. afqa- yu f^^^ uoir,pourçe quefi on mettoit feulement trois préceptes eu la première T able,cela reprefen-
1 nbsp;nbsp;tcioitla Trinité;combien quâeu ce liculà mef me 11 ne diffimulc pas,que la nu lire luy pl aift plus,quant au rçtle.b! ous avions auffi v n autre ineien pcrc,qui accorde à nodre opiuion-.ee..
ilf nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EX PO SITTON
tnâ^lesfieii- luyqui acfcntles commentaires imparfaifi* wenl^chry» furfaind Matthicu.Iofepheattribueà thacu-/oûMu. ne Table cinq préceptes ; laquelle diftniÃion eftoir commune en fon temps, corne on peut coniedurcr. Mais,out, c ce que la i aifon conti edit à cela,veu que la difFerence entre lâhonneur de Dieu , amp;nbsp;la charité du prochain,y dl confonduedâauthonté de lefusChrift bataille au contraire : lequel met le précepte dâno-norerpereamp; merc,aucaralogueclelafecondc
^^tlu f. T able.Mamtcnât efeoutos leSeigneur parler.
LE I. commandement.
le fuis lâEternel to Dieu, quiùy retiré de la terre dâEgypte , de U , maifonde feruitude. Tunauras point de dieux eftranges déliant ma face. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;i
Ilnepeutchaloir,finousprenonslaprî' f tniercfcntcncc,commepartiedu premierprcâ ' . ccpte,ou fi nous la mettos feparémétimoyen-liant que nous entendions, que câeft comme Vrtproémefurtoutcla Loy. Premièrement ^uandon fait quelques lois, il faut doner or-
DES DIX COMMAND.
17
dre,quâelles ne PiboUffent par me pris ou con temnement. Pour cefte caufe, le S cigneur au commencement remedie à ce danger, en prouoyant que lamaicfté de faLoy ne foit contemnée. Ce quâil fait,la fondant fur trois raifons. Car il Tâattribue le droit amp;nbsp;puiffancc decommandenen quoy il nous aftraint en la neceffité dâobéir. Puis apres,il nous promet fa grace, pour nous attirer par douceur à fuy-ure fa volonté. Finalement, il réduit en mémoire le bien quâil nous a faiftipour nous redargue! dâingratitude, fi no us mefprifons ce quâil nous commande. Sous ce nom nâ e-terne L,eftfignifié fon Empire,amp; Seigneu rie légitimé quâil a fur nous.Car fi toutes ebo-fes vienent de luy, amp;nbsp;confiftent en luy : câcft raifonquâelles fovent referées à luy, comme â
i -1 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;n Rom.11,
. dit lainct Paul. Par ce mot donc il nous eft monftré, quâil nous faut foumettre au ioug du Seigneur; vcu que ce feroit vn monftre, de nous retirer du gouuernement de ccluy, hors lequelnous ne pouuons eftre. Apres quâil a enfeigné le droit quâil ha de comander, amp;nbsp;que toute lâobeiffance luy cft deuê : à fin quâil ne fcmble quâil nous veuille contraindre feulement par neceffité , il nous amène auflipar douceur,fe dcclairant eftre noftrc D i E v. Carenceftclocution,ily avnecor-
B.
l8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
MMilhtZ. Hart it.
De».7.i4-
Leuii.ï?quot;
t^aUc-Z-
rcfpondancc mutuelle : laquelle eft exprime« en cefte promcffe,ou il did:Ie feray leurDicn amp;nbsp;ils me feront pour peuple. De laquelle,! 6' svs CHRIST approuue, quâAbraham, Ifaac amp;nbsp;Iacob,ont obtenu falut amp;nbsp;vie éternel-le:pourcequeD lE v leurauoitpromis,quâil feroitleurn i e v. Pourtant,ce mot vaut autant, comme fil difoit: le vous ayelcuzpour mon peuple : non feulement pour vous bien faireenla vieprefente â¢. mais pour vous conduire à lâeternelle béatitude de monRoyau-me. O r à quelle fin tend cefte grace, il eft di^ enpluficurs paflages. Car quand noftreSei-gneur nous appelle en la compagnie de fon s peuple,il nous clit(ainfi que did Moyfc}poU! nous fandifier à fa gloire:amp; à fin que nousgar dions fes commandemens. Dont vient cefte exhortation, que fait le s E i G n evr à fon pcuplc:Soyez fainds,carie fuis faind. Orde ces deux eft déduite lâob teftatio'que fait Dim par fon Prophète: Le filz honore le pete, amp;nbsp;le feruitcur fon maiftre. Si ic fuis voftre Mai-ftre,ou eft la crainte ? Si ic fuis voftre Pere, ou eft lâamour?
Confequemment il recite le bien quâil a faid à fes feruiteurs, ce qui les doit dâautant plus efmouuoir, quâingratitude eft vn crime plus dcteftablc que tous autres. Or il remon-
DES DIX COMMAND. l^ firoitlorsau peuple d*Ifraelle benefice quâil Icurauoit faiâ:lequc!cftoit fi grand amp;nbsp;admirable,que câcftoit bien raifon, quâil fuft en e-lerncile mémoire. Dâauantage,la mention en eftoitcouenablc du temps que la Loydeuoit eftrepubliée. Carie Seigneur fignifie,quc pour cefte caufe il les a deliurés, à hn quâils le recognoiffent autheur de leur liberté , luy rédans honneur amp;nbsp;obciffancc.Scmblablemét quand il nous veut entretenir en fon fcruicc,il a accouftumé de sâorner de certains tiltres, par Icfquels il fe difeerne dâaucc les idoles des Pay ens.Car,corne iâay dift auparauant,nous fom-mes fi enclins à vanité, amp;auec cclafiaudaci- ' eux,quâincontincnt quâon nous parle dcDicu, noftre entendement ne fepeut tenir quâil ne decline à quelque folle fantaific. Le Seigneur donc, pour remédier à ce mal, orne fa diuinité de certains tiltres, amp;nbsp;par ce moyen nous encloft comme dedans des bornes,à fin que nous nâextrauaguions necà nelà ,amp; que nous ne nous forgions témérairement quelque dieu nouucau, cnlcdelaiffaqluy qui cftlc Dieu viuat. Pourtant,lcs Prophètes en le vou lant proprement décrire amp;nbsp;demonftrcr,mct-tenttouGoursenauantlcs marques amp;enfei-gnes,par Icfquclles il fâeftoit manifefté au peuple dâIfrael, Car quand il eft nommé,le Dieu B b.
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B X ro SI T i oK
«*«(/,i4.
dâAbraham,ou dâIfra ci, amp;nbsp;quand il eft affis en fon Temple de 1erufalem au milieu des Che-rubins:telles formes de parler ne font pas mi* fes pour lâattacher à vn lieu ou à vn peuple, mais pour arrefter la penfée des fidèles à ce Dieufeul,lequelfâeftoit tellement reprefen-té par fon alliance, quâil auoit faide aueefon peuple dâIfrael, quâil nâeftoit point licite Je detournerfon efprit à autre part, pourlecer-cher.Mais à fin quâil ne nous fembîe, que ceh ne nous appartient de rien, il nous fautrepU' ter,que la feruitude dâJEgypte,ou a efté le peuple dâIfrael ,'éftoit vue figure de la captiuite fpirituelle, en laquelle nous ibmmes tousHe-tenuz;iufques à ce que le Seigneur, nousde-liurantpar fa main forte,nous tranifereaure-gnc de liberté. Tout ainfi donc quâancienne-ment,voulant remettre fon Eglife fus en Ifra-el,il a deliuré ce peuple là delà cruellefeigneu riede Pharaon,dontil eftoitopprimé:en telle manière il retire auiourdâhuy tous ceux def-quels il fe demonftre eftre Dieu,delamalheu reufeferuitude du Diable;laquelle a efté figu-' réeparla captiuite corporelledâIfrael. Pour tât,il nây anulle creature,dont-le cueurne doy uceftre enflabé à efeouter cefte Loy :entât que elle procède du fouuerain Seigneur, duquel cometoutes chofes ont leur origine,auffi câeft raifo»
DES DIX. COMMAND? II taifonqueleurfiny foitdirigée. Dâauantage il nây a nul qui ne doyue eftrcfingulicremcnt incité à receuoir cc Legiflateur-.pour les com-mandemens duquel obferuer, il fe cognoite-ftreeleu: amp;nbsp;delà grace duquel il attend, non feulement tous biens temporels, mais auffi la gloire delà vie immortelle. Finalement,cela nous doit bien auffi emouuoir à obtempe-xcrà noftreD i E v. quand nous entendons, que par famifericorde amp;nbsp;vertu nous auons c-fté dcliurez du goufre dâenfer.
Apres auoir fondé amp;nbsp;cftably lâauthorité de fa Loy, il donne le premier preceptc,que
Nous nâayons point de dieux e-ftranges deuantfaface.
Lafin duquel eft, queDieu veutauoir feul précmincnce,amp; veut eftre exalté entre fon peuple.Pour ce faire, il veut que toute impiété amp;nbsp;fuperdition, parlaquellela gloiredefa diuinité eft amoindrie ou obfcurcie, foit loing de nous â¢. amp;nbsp;par mefme raifon, il veut e-ftre honoré de nous par vue vraye affeftion de pieté ; ce quâemporte quafi la fimplicité
' desparoUes. Car nous ne le pouuons pas auoir pour noftre D ieu, fans luy attribuer les chofes qui luy font propres, Pourtant en cc B. iii.
4i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ISXPOSÃTIOM
quâil nous defend dâau oir les dieux cftrangïS' en cela il fignific , que nous ne tranfferions ailleurs cequiluy appartie nt.Or combicqu® leschofesq nous deuôsà Dieu,foycnt innumS ' râbles : touteffois cll es fc pcuuét bien rappot
ter à quatre poins: afçauoir Adoratio,Fiinc'lt; Inuocatiamp;,amp; Aâiô de graces, lâappelle A dor* tion,la reuerence que 1 uy fait la créature,fefoU mettat à fa gradeur. Fiâce,lâaffeurâce de cueuf q nous auôs en luy,parle bié cognoiftrc: quad luy attribuant toutefageffe,indice,bonté,ver tu,vérité,nous eftimons q noftre béatitude A de communiquer auec luy. Inuocation eft, 1^ recours que noftre ame ha à luy, corne à fon cf poir vnique, quand elle eft preffée de quelque ncccflité. Ãâion de graces eftjlarccognoif-fance,par laquelle la louange detous bieirJ luy eft rendue. Comme Dieu ne p eut fouffrir quâon tranifere rien de cela ail leurs, auffi il veut que le toutluy foit rendu entièrement. Car il ne fuffiroit point de nous abftenirde tout dieu eftrange , finon que nous nous rc-pofionsen luy : comme il yen a aucuns mc-chans,lefquels penfent cftrelcur plus court, dâauoiren moquerie toutes religions. Au ton traire, fi nous voulons bien obferucr ce coni' mandement, il faut que la vraye religion pre* cede en noustpar laquelle noz ames foyent di * nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;rigée»
DÃS DIX COMMAND.
»3
âgées à Dieu: amp;nbsp;lâayant cogneu,foyer induites à honorer fa maiefté,à mettre leur fiance en luy , à requerir fon aide , à rccognoiftre toutes fes graces, amp;nbsp;magnifier toutes fes Åu-urcs-.finalcment, entendre à luy comme à leur but vnique. Apres que nous nous donnions garde de toute mauuaifc fuperftition, à ce que noz aines ne foy ent tranfportées ça amp;nbsp;là , à diuers dieux. Oril nous fauticy diligemment noter la nature dâimpiété cachée,comme elle nous déçoit par ces couuerturcs. Car elle ne nous fait pas tellement decliner adieux eftranges, quâil femblc auis que nous dc-laiffions dutoutlcDieu viuà t;mais enluylaif fantlc fouuerain honneur, elleluy adioint vne multitude de pctis dieux ; cntrclcfquels elle partit fa vertu. Ainfi ,la gloire de fa di-uinité eftefparfe çà amp;nbsp;là , tellement quâelle eft toute diffipée. En cefte manière les anciens idolâtres, tantluifs, comme Gentils, onti-maginé vn Dieu fouuerain, qui fuft Seigneur amp;nbsp;Pere deffus tous ; auquclils ont affuiety vn nombre dâautres dieux : aufquels ils attri-buoy ent le gouuernement du monde en com mun auec iceluy. Câeft ce quâon a faid pat cydeuant des faines trefpaffez:caron lésa exaltez iufques à les faire compagnons de Dieu ; en les honorant comme luy, amp;nbsp;inuo-B. üü.
^4.
E X PO S 1 T I ON
cant, fleurs rendant graces de tous biens. Il ne nous femble point auis, que la gloire de Dieu foit en rien obfcurcie par cefte abomi- ' nation.Cobien quâelle foit pour la plus grandâ part fupprimée amp;nbsp;efteinte: lin ô que nous auos quelque imaginatio,quâil hafouuerainevertu par deffusles autres.Pourtant,fi nous voulons auoir v n feul Dieu,quâil nous fouuicne que ft gloire ne doiteftre nullcmët amoindrie; mais, q toutes chofes,qui luy font proprcs,luy foy^^ g ardées. Il fâenfuy t apres au texte,que nous ne deuos point auoir desdieux cftrâgcs,deuaDtft face. Enquoy ilnousadmoncftc,quenousnc nous pouuons reuoltcr à impiété, quâil ne fou tefmoing amp;nbsp;fpedateur de noftre facrilege.Cât lâimpiété eftplus audacieufe, dâautant quâclk penfepouuoir tromper Dieuenfes cachettes fccretes. Mais le Seigneur au côtraire dénonce,que tout ce que nous machinons amp;nbsp;®^^â' i tons,luy eft notoire.Pourtant fi nous voulons approuuer noftre religio à Dieu,que noftreeo fciencefoit pure de toutes mauuaifes cogitât'' ons,amp; quâelle ne reçoyuc nullepéfée, dedeen ner à fuperftitio amp;nbsp;idolatrie . Carle Seigneur ne requiert point feulement, que fa gloire fort conferuée par cofeffion externe: mais ^tiuanr fa face : à laquelle il nây a rié qui ne foit vifio ® amp;nbsp;manifefte.
DE s DIX COM MAND. ay
IE SECOND COMMANDEMENT.
Tunete feras point image tail-lee,ne femblance aucune des cho-fes,qui font en haut au ciel,ne ça bas en la terre,ne es eaues deffous la ter-re.Tu ne les adoreras,ne honoreras.
Commeil fâeft déchiré,au prochai n commandement,eftre le feul Dieu, outre lequel il nâen faut point auoir ne imaginer dâautre: ain fi,il demóftre plus clairement,quel il cft,amp; cornet il doit eftre honoré; à fin que nous ne forgions nulle cogitation eharnellé de luy.La fin du precepte eft, que Dieu ne veut point,le droit honeur,que nous luy douons, eftre profane par obferuations fuperftitieufcs. Pourtat en fomme, il nous veut rcuoquer amp;nbsp;retirer de toutes faço s charnelles de faire,!efquel les no-ftreentendemêtcontrouuc,apres quâil acoccu Dieu félon farudefie:amp; confequêment il nous réduit au droit feruice qui luy eft déumfçauoir fpirituel,amp; tel quâil lâa inftitué. O r il marque le vice, qui eftoit le plus notable en ceft endroit: ceftlâidolatrie externe. Touteffois, le comandemêt ha deuxparties.La premiere re-primenoftre témérité, à ceq nous neprefumi-â onsdâalTuietir Dieu, qui eft ineoprehcnfiblc.
iff
EXPOSITION
anoftrefens,ou de le reprefenter par aucune image. La féconde partie defend dâadorct aucunes images par manière de religio.La rd-tgt;eM.^. fon de la premiere partie, eft notée en Moyfci quad il elldit:Quâil te fouuiene qleSeigneut a parlé à toy en la vallée de H oreb. Tu as ou/ fa voix tu nâas point vcu de corps.Garde toy Ie/Ã4o. dóedeluyfaire aucunefimilitude,amp;c. Uûit *^- ^' auffi vfefouuent de ceftargumêt:q câeftéesho ^^' norer la maiefté de Dieu, fi on le veut repreif ter par maticrecorporellc,ou image vifiblc,o^ inlenfiblc,luy qui eft fpirituel,inuifiblc, amp;nbsp;Qquot;* donne mouuement à toutes creatures : paN*'' lementfi on accomparage fon cffcnceinba'^ à vnc petite piece de bois, de pierre, dâor, ou dâargent, Ceftemefmc raifon eftalléguée de aÃi7. fainä Paul, enfa predication aux Athénienâ'
Puis que nous fómes,dit il, lalignéede Dieâ' nous ne deuos pas eftimer que fa diuinitéfon fern blable ny à lâor ny à lâargent, ny à pietââ taillée, ny à rien qui fe puifle faire dâartifiee dâhomme. Dont il appert,quc toutes ftatueS qui fe font pour figurer Dieu, luy deplaifc»â du tout,comme opprobres de fa maicfté.Iled bien vray, que o i k v a quelque fois de | elairé fa prefence par certains fignes, fieâ' demmét,quâil eft dit auoir cfté veu face à face-Mais toutes telles manières de fignes,demon-firoyent
DÃSOIX COMMAND. 1/ ftroyent pareillement fon effenceeftre inco-prchenfiblc : car il eft quafi toufiours apparu £1-9.40. en nuée,en flambe,amp; en fumée. Dont il eftoit E^â i^* ^âgâ'ifié,quc le regard de lâhomme ne peut pc- ^â ^' netreriufques à le contempler clairement. Et pourtant Moyfe, auquel il fâeft communique plus familièrement quâà tous autres, ne peut Jamais obtenir de vcoir fa face. Mais aucon-traire luy fut refpondu, que lâhomme nâeft point capable dâvnc fi grande elarté.Mcfmc le â«â¢â¢)?⢠Propitiatoire,dont le Seigneur demonftroit la vertu de fa prefence, eftoit tellement com-pofé, quâildenotoit que le meilleur regard que nous puiffions auoir de fa diuinité, eft,de nous en efmerucillcr,comc dâvnc chofefurmô tant noftrefens. Car les Chérubins eftoyent E*».Mquot; pourlc couurir de leurs ailes:ily auoit vn voile pourle cacher : amp;nbsp;le lieu eftoit tellement retiré amp;nbsp;obfcur,quâil eftoit affez fecret de foymeC-me.Pourtà t il appert,quc ceux qui,pour defé-dre les images de Dieu amp;nbsp;des fainfts,allcgucnc les Chérubins, que Dieu commanda de faire, ne font pas en leur bS fens.Car que fignifioy et autre chofe ces images là ,finon quâil nây a nulle image propre à figurer les my fter es de Dieu? veu quâelles eftoyent tellement faites, quâeu couurant tout de leurs ailes,elles reprimoyent la curiofité de lâÅil humain, de la contempla-
18 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
tiondeDieu? Dâauantage, ilfautnoter qui toutefcmblacenâcft pas moins défendue, qu( , image taillée : enquoyeft refutéelafotedif ference que font les Grecs . Car ils fc penfent eftre bien acquitez, fils ne taillent pointDicH au marteau:mais cependant ils ont plus défu' perftitionaux images paintes, que nul autre peuple. Au contraire le Seigneur,non feulemet defend que nul tailleur ne le figure: mais du tout il ne permet quâon luy faceimage:pour-ce quâen ce faifant, on le contrefait auecop-. profite de fa maiefté. Outreplus, les formeâ iont exprimées en ce texte,dont les Payensa* uoyent de couftume de figurer Dieu. Parles efiofes quifont au ciel, il entend le Soleil, 1â Lune amp;nbsp;les eftoilles,amp; poffifile les oifcaW'.có' me au quatrième du Deuteronome, expofant fonintention,nomme tantlcsoifcaux, corne les eftoilles. Ce que ie nâeuffe point noté,!!' non que iâen veoy dâaucuns rapporter cela aui Anges: amp;nbsp;pourtant ie laiffeles autres parties comme affez cognues.
Sâenfuyt la fécondé partie du précepte,qugt; eft de lâadoration â¢. laquelle eft mechante en toutes images de Dieu: en autres images, com me de fainds amp;nbsp;fainftes, eft doublement e«' crafile. Car voicy les degrés dâidolâtrie .Pre'. . mierement lâentendement de lâhomme, comme
DES DIX COMMAND. 29
il créue dâorgueil amp;nbsp;de témérité, ofe imaginer Dieu félon fon apprehenfiori : amp;nbsp;commeil eft plein de rudeffe amp;nbsp;ignorance, au lieu de Dieu il ne conceoit que vanité amp;nbsp;vu phantofme. Il fenfuytapresvne autreaudace, quelâhommc attéte de reprefenter Dieu au dehors tel quâil lâa conceu au dedans:pourtant lâentendement engendre lâIdole, amp;nbsp;la main lâenfante. Que ce foitlà lâorigine dâIdolâtrie, que les hommes ne peuuét croire,que Dieu leur foit prochain, finon quâil y ait vne prefence charnelle,il ap-pertpar lâexemple du peuple dâIfrael l lequel difoit à Aaron: Nous ne flânons quâil eft advenu à ce Moyfe:fay-nous des dieux qui nous precedent. Certes ils cognoiffoy ent bicn,que celuy eftoitDieu,duquelils auoyentefprouué la v crtu en tant de miracles : mais ils ne pen-foyent point quâil leur fut prochain, finon quâils en viffent à lÅil quelque apparence corporelle , qui leur fuft tefmoignage, que Dieu les precedoit. Pourtant par quelque image precedente ils vouloyét cognoiftre que Dieu lesconduifoit enleurchemin, Nousvoyons auffi tous les iours cela par experience : que la chair nâeftiamais à repos,iufquâà ce quâelle ait trouué quelque fcinâifc leblable à fa nature, en laquelle elle fe reiouyffe, corne en lâimage de Dieu.Parquoy quafi en tous temps,depuis
EXPOSITÃOM
30
que Ic monde a. efté créé,les hommes,fuyUîn5 cefte cupidité,fc font forgés des images ,püUt fâaffeurcr que Dieu eftoitpres dâeux,quandilâ en auoycnt quelque figne à lÅil. Or dâautwt quâils ont peà veoir Dieu en telles images»'quot; lây ont adoré.Finalcmcnt fichans là toute lequot;' VCUCamp; penféc, fefont encores plusaUuó^' eâeft que, comme fâil y euft eu quelque diuùquot;' té dedas la pierre ou le bois,ils ont efté ernenn à reuerence amp;nbsp;admiration. Il appert maintenant, que iamais lâhomme ne fe met à adores les images, quâil nâait eonceu quelque fanta^' fie charnelle amp;nbsp;peruerfemon pas quâil les eft' me eftre dieux:mais pource quâil imagine que quelque vertu de diuinité y eft côtenuc. Pûquot;'' Unt foit que quelcun veuille figurer Dieu quelque fimulachrc,ou vnc creaturc,quanâ â fâcncline deuant,pour luy faire hóncur,defia» eftabbreuuéde quelque fuperftition.
Aceftecaufe le Seigneur non feulement a défendu de forger des ftatues pour le ^' rerrmaisauffi de confacrer tiltres ou pierres ou on fift reuerence. Que ceux donc qui cer-chent vaines eouuertures pourexeufer lâido' latrie execrable, dont la religion a efté pe'' due amp;nbsp;dcftruitecy dcuant par longues années dreffenticy les oreilles amp;nbsp;leur entendement. Nous ne reputons point, difent-ils, lesimi'
D E S D IX C 0 M M A N D^ 3I
gts pour dieux.Et auffi les luifs n*eftoyent pas Wnt hors du fens,quâils ne fe fouuinffent quâil y auoit eu vn Dieu, lequel les auoit deliurez de la feruitude dâEgypte,deuat quâils forgeaf-fcntles vcaux.Etdefaiâ,quand Aaronleurdc Kxiui-jx. nonce,apres auoir forgé les veaux, quâils vie-nent adorer les dieux, qui les ont dcliurez de la terre dâEgypte ; ils accordèrent volontairement à fou dire.En quoy ilsfignifioyét, quâils vouloyentbienfâarrefterau Dieu viuant, qui les auoit dcliurcz,moyennât quâils en euffent vnc remembrance au veau.Pareillement il ne faut pcnfer,les Payés auoir efté fi rudes, quâils nâentédiffent bien quâil y auoit vn autre Dieu que de bois amp;nbsp;de pierres. Pour cefte caufe ils changeoyent leurs fimulachrcs, quand bon leur fembloit, retenans toufiours les mefmes dieux en leurs cueurs. D âauatage,ils faifoyent à vn mefmc dieu pluficurs fimulachrcs : amp;nbsp;par celanc penfoyent point que ce fuffent dieux diuers. Finalement ils confacroyent tous les iours des ftatucs nouuelles ; amp;nbsp;ne penfoyent point que ce fuffent nouueaux dieux. Quâon life les excufcs que faind Auguftin raconte auoir efté prétendues par les idolâtres de fon temps. Car les fimplcs mefmes amp;nbsp;idiots refp6-doycnt quâils iiâadoroyent pas lâimage vifiblc, mais la diuinité qui habitoit là dedans miufl-
Jl nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;BXPOSÃTION .
blement.Et ceux qui nâerroyent pas fi lourdement, refpondoyent quâils nâadoroyent point ne fimulachre ne Diable, mais quâen lâeffigie corporelle ils contemployentle figne dâiccluy quâilsdeuoyentadorer. Qupy donc?Certes i tous idolatres, tant luifs comme Payens,ont | culafantafiequenousauons difte : câeft,lt;]â' ; nâeftans point cotens dâvue cognoiffaneelp*' ' rituelle de Dicu,ont penfë quâils enauroyet'^ j vue plus certaine, en faifant des fimulachre^' j Or depuis que ceftc fauffe amp;nbsp;peruerfe renieW' brace de Dieu a efté introduiâe,il nây a eU nu lefin-.iufquâà ceque conceuans erreur fus et' rcurjls ont penfé finalement que Dieu dédît' | roit fa vertu en fes images. Neantnioins h® luifs ontpenfc honorerleDicu éternel, «r®*' ; tcur du ciel amp;nbsp;de la terre, adorans les image®â amp;nbsp;les Payés ont penfé adorer leurs dieux, qquot;' | ils imaginoyent habiter au ciel. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;,
Ceux qui nieront le femblablc auoird e faid le temps pa{ré,amp; eftre faid en la PapiÃ'' ric,mentiront fauffemenLCar pourquoyi i gcnouillcnt-ils deuantles images? Pourquo/ viencnt-ilslà deuant pour prier? commet approchoyét,ence faiÃt,des oreilles dePteii' , Car ccqueditfaind Auguftin quelque p^'â . cft très vray,quc nul ne peut en priant,ou a^ rant,regardcr vn fimulachre, quâil oefoitM
DES D IX COM MAND.
35
ché en fon efprit,comme Pil deuoit eftre exaucé dâiceluy, ou quâil hâefpereauoirfecours de la.Pourquóyya-ilfigrade différé ce entre les images dâvnmcfmcDieuîquc lâvnc eft mepri-féc du tout, oulegerement honorée;! âautre eft en principale eftime amp;nbsp;honneur? Pourquoy prenent-ils tant de peine à faire pelerinage, pour vifitcries idoles,dont ils ont les fcmbla-blesenleursmaifons? Pourquoy en prenent ils auiourdâhuy autant de combat,comme Pil cftoitqucftiondc combatre pour fcmmesamp; enfans, amp;nbsp;leurs propres vies ; tellement quâils fouffriroyent plus aifément, quâon leur oftaft Dieu,queleurs images? Et ncantmoins,ic ne récite pas encordes lourdes fuperftitiqns du populaircdefqueUes lot qùafi infinies', amp;nbsp;font enracinées au cucur de la plufpart du monde; feulement iemonftrt, en payant, ce quâils allèguent,quand ils fe veulent défendre amp;nbsp;purger dâidolatrie.M'ais nous nâappelions pas,di-
â l nbsp;nbsp;fétils;lèsimagcs,no2.dieux. Auffi ne faifoyét
â 1 nbsp;nbsp;pasancicnnemétlesIuïfs,nclesPayés.Ettou-
U teffois les Prophètes leur reprochent affiduel- 0?⻫^/« i 1 nbsp;nbsp;lemét, amp;nbsp;mefme toute lâÃferiture: quâils pail- ^^!^^i^^
! ' nbsp;nbsp;lardoy ent aueelebois amp;nbsp;les pierres-.non pour mie ^ Exf-
autre caufe,que pour ce que font auiourdâhuy â^»âl-
- j ceux qui fe vantent dâeftre Ghreftiéns * Afça-' ( uoir, d'ââutantquâils adoroyiet charnellement H nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C.
34
exposition
Dieu, en remembrance de pierre amp;nbsp;de bois.
Leur dernier refuge eft, de dire que ce fût les liures des idiots. C^and nous leur con«' derós cela,combien que ce foit menfonge,vcii quâon ne les a en toute la Papifterie q ue pour les adorer; ienc veoypoint touteffoisquel fruiâpeuuent reccuoir les idiots des images: cfquelles Dieu nâeft figuré, fino n pour les rendre Anthropomorphites:câcft à dire, quâils eu Ãoyuent vn dieu corporel Quâon life ce quâen ont eferit Ladance amp;nbsp;Eufebc:lefqiiels nedoU tentpointde conelurre, que tous ceux quâun peut reprefenter par fimulachrcs, ont efté homes mortels. DontfaindAugiiftin ne va plgt; loing, prononçant que câeftehofe méchante) non feulemét dâhonorer les images,mais dâen criger à Dieu aucunement.Combien quâainh par lâc,i! ne dit rien qui nâeuft cfté long temp auparauât conclud aucocile Elibertin : autre tefeptieme chapitre, auquel font co tenuités mots:Nous auonsordoné, quâon nâait point de paindures aux eglifcs,à fin que ce qui eft ho noré ou adoré,nc foit poi nt paindaux murai! Ics.CeUcs quâon fait pour figurer les fainâs,de quoypeuuent elles feruir,finondâeftre exemples depompe amp;nbsp;turpitude? Et tels exemples, que fi quclcun les vouloirenfuyure, ilferoit digne dâauoir le fouet.Câefi vne grandâ honte de
DESDIX COMMAND. 3? deledirc, maisileft vray, que les paillardes dâvnbordeau font plus chaftemêt à modefte-ment par ces,quâon ne voit les images des vier ges aux temples. Lâornemêtdes Martyrs nâeft de rien plus conuenable.Quâil y ait doc quelque peu dâhonefteté en leurs images, à fin que leursmenfongesncfoyentpasfi impudentes: quandils prétendront que ce foyent liures de fainôcté.Mais encore nous refpondrons, que cefte nâeft point la manière dâenfeigner le peu pic Chreftien au temple : lequel Dieu a voulu eftre inftruit en bien autre doftrine,que de ces ⢠fitras.Carilavoulu qucla predication de fa parolle,amp; la communication defés Sacremes fuftlà propoféeà tous, comme vne doÃrinc commune,à laquelle nâont gueres bonne affe-âion tous ceux qui ontloifirde ietter les yeux çà amp;nbsp;là ,pour contempler les images. Dâauan- , tage,ic]eur demande, qui font ceux quâils appellent idiots,defquelslarudeffe ne peuteftre enfeigneeque parimages ? Car au contraire, noftre Seigneur auoue tous Chreftiens pour fes difciplcs :leur fait, eeft honeur de leur reuo-ler fa fageffe celefte,amp; commande quâils foy et inftruitsdesfecrets dcfon Royaume. lecon-feffequâilfen trouuera beaucoup auiourdhuy quinefe peuuent paffer de tels liures: câeftà dire,dâidoles. Mais dont vicnc,ie vous prie,
C. ü.
Jff nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
cefte ftupiditè, finon quâils font déniiez de 11 dodrine,laquelle feule cftoit propre à les enfd Glt;»i#.3. gnerj SainâPaul tefmoigneque i e s v s
c H R i ST nous eftpainft parla vraye pK' dication delâEuangile:amp; quâil eft comme cm cifié deuantnoz yeux. Dequoy donc fer-ùoit-il d'eleuer tant de croix de bois,de pierre) dâargent amp;nbsp;dâor, fi cela euft cfté bien imprime au peuple? que c H r i s T a efté crucifié poue noz péchés, à fin defouftenirnoftre maledi' dion en la croix, amp;nbsp;dâeffacer noz tranfgref fions?⢠Carde cefte fimple parollc les fimples cüflentplus profité,que de mille croix de boiî ou de pi erre. Quant à celles dâor amp;nbsp;dâargent ie confeffe que les auai icieux y prendrontpius de gouft,quâà nulle parolle de Dieu.
Touteffois,ienefuis pas tant fcrupuleui, dâeftimer quâil ne faille endurer nullement aucunes images-.mais dâautant que lâart depain-dre amp;nbsp;de tailler font dons de Dieu, ic requier' que lâvfage de lâvn amp;nbsp;de lâautre foit pur amp;net, afin queleschofcs que Dieu aordonnéesà fa gloire amp;nbsp;pour noftre bien, ne foycnt fouillé« par mcchantabus, amp;nbsp;non feulement fouillées, mais auffi conuertics en occafion de ruine, j Nous eftimons,que de figurer Dieu parfimu- . lachre vifible,câeft vnc chofe peruerfe, dâautat quâil lâa défendu; amp;nbsp;ne fe peut faire, fansob- j feurdr
DES DIX COMMAND?
37
fcurcir aucunement fa gloirc.Et à fin quâon ne penfepoint,quc cefoit vne opinion noiiuelle, ceux qui ont leu les Doâcurs anciens,fçaucnt bien quâils ont reprouué cela, comme nous. Sâilnâeftpointlicitede faire à Dicuvneima,-gcvifible, il eft beaucoup moins permis dâadorer lâimage au lieu de Dieu, ou dâadorer Dieu en icelle. Ilreftcdonc quâon ne pain-dé ou quâon ne figure, finon les chofes qui ap-paroiffcnt vifiblement : amp;nbsp;que la maieftéde Dieu, laquelle ne fe peut veoirà lâÅil,nefoic pollue par effigies peruerfes amp;nbsp;indecentes. Quant eft des chofes quâon peut licitement reprefenter,il y en a deux cfpeces. En la première font contenues lesbiftoires:en lafecon-delcsarbres, montagnes,riuicres,amp;perfon-nages quâon paint fans aucune fignification. La premiere efpece emporte enfeignement : lafecondenâeft que pour donner plaifir. Et touteffois, câeftchofe notoire, que telles ont cfté prefques toutes les images, quâon a eu iuf-ques à cefte heure parles eglifcs;câeft à dire, fans vraye fignification, ou enfeignement ; dont il eft aifé de cóclurre,quâellcs nâont point efté faites aucc lugemenc ne difcretion, mais dâvue foteconuoitife amp;nbsp;inconfideréc.Ie laiffe a dire combien elles font mal appropriées pour ce quâelles rcprçfentent,amp; combien les C. iü.
EXPOSITION
paintres amp;nbsp;tailleurs Py fotionczà plaifir.ScH' lementie dy, quâencore quM nây euft autre vice, elles ne font nullement accommodées ' pour enfeigner. Mais encore que nous laiP fions cefte diftindion,auifons brieucmcntPil eft expedient que les Chreftiens ay ent du tout quelques images en leurs temples, foitpout leur figurer de bonnes hiftoires,foit pour leur reprefenter des marmoufets fans autre figu'' fication.Premierement,finous auons en quel' que reuerence lâEglifc ancienne, pour eftree-meuz de lâauthorité dâicelle: quâil nous foU* uiene que par lâefpacc de cinq cens ans ou eu* uiron,que la Chreftienté eftoit vrayementeu fa fleur,amp; quâil yauoit plus grande pureté de doârine, les temples Chreftiens ont efté fgt;nâ images. On a donc commence de les intro* duirc,pour orner les temples, du temps que'*: , ininifterc de la Parolle eftoit defia enf*â®â ' corrompu.le ne difputcray pointficcuxqâ' , en ont efté les premiers autheurs, ont eu que** j queraifon:mais fi on fait comparaifon delâ'' 1 ncaage à lâautre,on cognoiftra quâils aueyeu* | defia fort décliné de lâintégrité de ceuxqquot;* gt;nbsp;fâeftoyentpalTez dâimages. O rie vous prie/* ftimerós-nous que les fainâs peres, qui onte' fté les premiers fedateurs de lâEglifc, lâeufleu fi long temps laiflée fans images, Pilseufleu jugé que ce fuft chofe profitable poutiw*
DES DIX COMMAND, 39
Mais aucotrairc, pour ce quâils voyOy ent que câcftoit vne chofe de bien petite vtilité, ou dû tout nulle, amp;nbsp;qui tiroir vne trefmauuaife queue, à caufedu danger qui fcn pouuoit en-fuyurc; ils lâont pluftoft reictée pour bonne raifon,quâils ne Vont oubliée par ignorâce,ou nonchalance. Ce que tefmoigne fainét Au-guftinclairement, endifant; que quand on Ei)iJî.4s.î» colloquelcs imagescnhautamp; en lieu hono- ââPlt;-â}-rablc'.tcUcment que ceux qui prient ou facri-fient, les regardenf.par lafimilitudc quâelles ontauec lâhommc vitrant, elles emeuuentles entendemens des hommes, tellement quâil fembleauis quâelles ayent vie amp;nbsp;efprit. Tan-toftaptesil adioute: Les fimulachrcs ont plus de force à courber en cogitatio charnelle no-ftte mal-heureufe ame,en tant quâils ont bou-
1 nbsp;nbsp;nbsp;che ,y cux,aureilles,amp; pieds-, quâils nâo t à la cor l rigcr,amp; ramener au droit chemin,en ce quâils l nbsp;nbsp;ne parlent point, amp;nbsp;ne veoyentgoutte, amp;nbsp;ne l nbsp;nbsp;oyent, ne cheminent. le penfequepour 1 celle caufe faina lehan nous a commandé \ de nous garder non feulement de lâidolâtrie, 1 mais aufli des idoles. Et de faiâ,nous auons 1 expérimenté trop plus quâil ne nous feroit de 1 nbsp;nbsp;befoing,par lâaftcftio entagée,qui a régné log 1 nbsp;nbsp;temps au monde, quâ incontinent quâ on met y des images envntemple,câcft ebmeftondref-
C, irrt.
4© nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ÃXPOSITION
foit vn eftendart dâidolâtrie, pource C|UC ta folie des hommes nefe peut tenir, quâelle ne decline à leur faire quelque honneur parfu-perftition. Dâauantage, encore quâil ny euft pas fi grand dangcr,toutelfois, quand ic regarded quel vfage font dediez les temples, ilnemefemble pas que cefoit ehofeconue-nableà leur faindeté, dâauoir autres images que les images vines, que Dieu mcfmeacon-facréespar faparolle: iâenten leBaptcfme, amp;nbsp;la Cene de noftre S eigneur, aucc l es autres ce-rernonies,lefquellcs nous doyuentemouuoit tat au vif, que câeft chofe fuperflue puis après de fouhaiter autres images.
Or pour deelairer plus exprefiement,com bien eft execrable toute idolatrie auS eigneur, il eft confequemment adioufté au précepte: QuâileftlâEternelnoftreDieu, fort, ialour. £xod.zo. amp;c- Ce qui eft autant, comme fâil difoit: quâil eft luy feul, auquel il nous faut arrefter. Et pour nous induire à cela, il nous monftre fapuiflance, laquelle il ncpeut fouffrir eftre meprifée.Puis il fe nommeialoux, pour figni-fier quâil nepeut endurer compagnon . Ticr-cemétil denonce quâil vengerafa maieftéamp; fa gloire, fi quelcun la tranffere auxcrcatu-res, ou aux idoles: amp;nbsp;que ce ne fera point vnc fimplc
DESDIXCOMMAND. 41 fimple vcngeace quâil paffe dcleger:mais quâel le Peftcndra fur les cnfans, ncueux, amp;nbsp;arriére noueux,lefquels enfuy uront lâimpiété de leurs predeceffeurs ; comme dâautre part il promet fa mifericorde amp;nbsp;bénignité en mille generations à ceux qui lâaimeront, amp;nbsp;garderont fa Loy.Cenâeftpas chofe nouuclle au Seigneur, de prédre la perfonne dâvn mary enuers nous. Carlaconiondion, pariaquelle il nous con-ioint à foy,cn nous reccuant au fein de lâE-glife,eft, comme vn mariage fpirituel, lequel requiert mutueUeloyauté. Pourtant, comme le Seigneur en tout amp;nbsp;par tout fait lâoffice dâvn fidele mary, auffi de noftre part il deman de que nous luy gardiós amour amp;nbsp;chafteté de mariage â¢. câeft à dire,que noz ames ne foyent point abandonnées auDiableamp; aux concu-pifcences de la chair; qui eft v ne efpcce de pail lardife. Pour laquelle caufe,quand il reprend les luifs de leur infidélité: il fe complaint que ils ont adultéré, rompansla loydu mariage. Parquoy comme vn bon mary, dâautat quâil eftplus fidele amp;nbsp;loyal, eft dâautantplus cour-roucé,sâil veoit fa femme decliner à quelque paillard;en tellefortelc Seigneur,lequel nous a cfpoufez en verité,tefmoigncquâil ha vne ia loufie merueilleufc,toutcffois amp;nbsp;quantes,quc en meprifant la chafteté de fon mariage,
ifff.j. ofte 1.
4z nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITIOM
nous contaminons de mauuaifcs cócupifccn-ces ; amp;nbsp;principalement quand nous tranifc-rons ailleursfagloiredaquellefur toutes cho-fesluy doiteftreconferuécenfon entier: ou bien que nous la polluons de quelquefupcr* ftition.Car en ce faifant, non feulement nous rompons la Foy que nous luyauons donnée en mariage: mais auffi nous polluons noftre amepar paillardifc.
E.roife 3 4, Nff»».l4.
Iïn:.3i.
OCM.^.
Il faut vcoir que câeftquâil entendent menace,quand il did, quâil vifitera lâiniquité des peres furies en fans, en la tierce amp;nbsp;quatri^ me generation. Car outre ce,que cela ne con-niendroit point à lâequité de laiufticediuinq de punir lâinnocent pour la faute dâautruy : l® Seigneurmefme dénoncé, quâil ne fouffrit* quelefilzportelâiniquitédu pere. Etneant' moins celle fentence eft fouuent répétée, qt*® Icspcchczdcs peres feront puniz en leurs cU' fans. Car Moyfeparlefouuent en ceftcrotté Seigneur,Seigncur,qui rétribués le loyer ®* niquité des peres,fur les enfans. Pareillement Icremic:Scigneur,qui fais mifericorde en mi le generations, amp;nbsp;rciettes lâiniquité des peres au fein des enfans. Aucuns ne fe pouans depe* cher de celle difficulté,enten dent cela des pet' nes temporelles : Icfquelles il nâeft pas ineen' uenient que les enfans fouffrent pour leurs P®
DES DIX COMMAND. 45
res : veu que fouuent elles fontfalutaires. Cc qui eft bien vray. Car Ifaic denonçoit au ip-^« Roy Ezechias, quâà caufedu péché parluy commis, le Royaume feroit ofté à fes cnfans:
amp; feroyent tranfportez cnpais eftrange. Pa- c,â.jj. rcillemcnt les familles de Pharaon amp;nbsp;Abi-cen.io. melcch ont efté affligées, à caufe de lâiniurc quâauoycnt faiâc les maiftrcs à Abraham, Et pluficiirs autres exemples femblablcs. Mais cclacftvnfubterfuge, pluftoft quâvncvrayc cxpofition de ce lieu. Car le Seigneur dénonce icy vne vengeace fi gricue,quâelle ne fe peut reftraindre à la vie prefente. 11 faut donc ainfi prendre cefte fentence'.Quela malediftion de Dieu non feulement tombe furlatefte de lâinique : mais eft efpädue fur toute generation. Quand cela eft, que peut-on attendre, finon quelepereeftantdclaifle delâEfpritde Dieu, viue méchamment? le filz, eftant auffiabandonné de Dieu, pour le péché de fon pere, fuy ue v n metme train de perdition? Le neueu amp;nbsp;les autres fuccefl'curs,eftas execrable lignée demechansgens, aillent apres en mefme rui-ne?Premicrement voyons fi telles vengeances rcpugnétà laiufticedeDieu.Orpuis que tou te la nature des hommes eft damnable, il eft certain que la ruin e eft appareillée à tous ceux aufquelslc Seigneur ne communiqué point
^4 EXPOSITION.
E«.i8.
fagrace: amp;nbsp;ncantmoins UsperifTent parleUf propre iniquité, amp;nó point par haine inique de Dieu. Et ne fc peuuent plaindre de ce que Dieu ne les aide point de fagracccnfalur, W' me les autres.Quad donc cefte punition auiet aux mechas pour leurs pcchez, que leurs nuirons par longues années font priuées delà g« cede Dieu, qui pourra vitupérer Dicupour celaîMaislc Seigneur, dira quelcun, prononce au contraire,qüç lâenfant ne fouffrirapoiue la peine pour le péché de fon pere. 11 nous faut notereequi cftlà traiâé. LesIfraelites,ayaus eftélonguement affligés de diuerfes calanu-tcz,auoyent vn prouerbe commun, qucleuts peres auoyent mangé du ver-ius, amp;nbsp;quele$ dens des enfans en eftoyent egacées. Enquoy ils fi gnifioy ér,que leurs parens auoyent commis les fautes, pour lelquclles ils enduroyent tant de maux, fans les auoir méritez ; amp;nbsp;ce pat vneirede Dieu trop rigoreufe,pluftoftq^^ par vnefeuerité modérée. Le Prophete leur denonce,quâil nâeft pas ainfi:mais quâils enén rent pour leurs propres fautes; amp;nbsp;quâil necon-uientpas à laiufticc de Dieu, que lâenfant iu-fte amp;innocétfoitpuny pourlcs fautesdefon pere. Ce qui nâeft pas auffi dit en ce paffage-Car fi la vifitation,dont il eft icy parlé,eftlors accomplie, quand le Seigneur retire de la mai
DES DIX COMMAND. 4$ fon des iniques fa grace,! a lumière de fa vérité, amp;nbsp;toutes autres aides de falut : en ce que les enfans, eftans abandonnez de Dieu en aueu-glemêt,fuyuent le train de leurs predeceffeurs, en celailsfoufticnent la malcdiâion de Dieu. Ce quââpres Dieu les punift, tant par calami-tez temporelles, que par la mort cternelle, cc^ la nâeft point pour les pechez dâautruy, mais pour les leur.
Dâautre cofté eft donnée vne promeffe,. qucDieu edendrafa mifericorde en mille gc-_ nerations fur ceux qui lâaimcront,laquelle eft. fouuenteffoismifeen lâEfcriture: amp;nbsp;eftinfe-rée en lâalliance folennclle, que fait Dieu auec fonEglife: le fcray ton Dieu,amp;lc Dieu deta pj,,^_ lignée apres toy. Ce quâa regardé Salomon,di if«.}i. fantquâapreslamort dcsiiiftcs, leurs enfans îrw-io» feront bien-heureux : non feulement à caufe de la bonne nourriture amp;nbsp;inftruâion, laquelle de fa part aide beaucoup à la félicité dâvn homme, mais auffi pour cefte bcnediamp;lô,qu c Dieu a promifeà fesferuiteurs: que fa grace, refidera éternellement en leurs familles. Ce qui apporte vne finguliere confolation aux fideles^amp; doit bien èftonner les iniques,Car fi, la mémoire, tantde iuftice comme dâiniquité, hateHe vigueurjenucrs Dieu,apres la mort de lâhomme, que la benc4iâiQ0. dç U première
4^ EXPOSITION
Peftende îufques à lapofterité, amp;lamaledî âion delafeconde:par plus forteraifon,ccluy qui aura bien vefcu, fera bénit de Dieu fans fin â¢.amp; ccluy qui aura mal vefcu,maudit. Or a cela ne eontreuicnt point, que de la race des mechâs,aucunefFois il en forte de bons: amp;nbsp;au-lt;otrairc,de la race des fideles, quâil en forte de medians : car le Seigneur nâa pas voulu ieye-ftablirvne reigle perpétuelle, laquelle dero-gaft à fon eledion.Caril fuffit,tantpourcon-folerleiufte,que pourepouanter le pêcheur, quecefte dénonciation nâeft pas vainc ne Ri' uole;combien quâelle nâait pas toufiours lieu-Car comme les peines temporelles, que Dieu enuoye à dâaucuns, font tefmoignages de fou ire contre les pechez,amp; figues du iugementfo tur, qui viend ra fur tous pêcheurs : combien quâil en demeure beaucoup impuniz en lavie prefentc:ainfi le Seigneur,en donnât vn exemple de cefte benedidion, câeft, de pourfuyure fa grace amp;nbsp;bonté fur Icscnfans des fideles, à caufe de leurs pcres : il donne tcfnioignage, commentfa mifericorde demeure ferme éternellement fur fcs feruiteurs. Au contraire, quand il pourfuyt vnc fois lâiniquité du pc-re iufquâau filz : ilmonftrequelle rigueur de iugementeft appreftée aux iniques, pour leur propres pcchcz;cc quâil a principalementre-
DES DIX COMMAND,
47
gardé en ceftefentence. Dâauantagcil nous a voulu,comme en paflant,fignificr la grandeur delaniilericorde,lâeftendarit en mille generatios : commeainfi foit quâil nâeuft affigné que quatre generations à fa vengeance.
LEIII. commandement.
Tune piedraspointleNomde lâEternel ton Dieu en vain.
La fin du precepte eft,qucle Seigneur veur, lamaieftédefon Nom nous eftrefainâ:eamp; fa crée. La fomme donc lcra, quâicelle ne foie pointprofanée de nous, par mefpris ou irre-Ueréec. Alaquellcdefcnfei cfpond le précepte dâautrepart: quâelle nous foit en recommeda-lion amp;nbsp;honneur fingulier. Etpourtat il faut, tant de cueur comme de bouche , que nous fuyons inftruits à ne penfer amp;nbsp;ne parler rien de Dieu ou de fcs myltercs,finon reueremmét amp;auecgrandefobricté ; amp;nbsp;quâen eftimantfes Åuures,nous ne conceuions rien,qui nefoit à fonhonneur. Il faut diligemment obferuer ces trois poinds. Câeft que tout ce que noftre efprit conçoit de Dieu, ou quâen parle noftre langue,foit conuenable à fon excellence, amp;nbsp;Ã
4?
EXPOSTT 1 ON
la faindeté de fon Nom: amp;nbsp;tende à exalter^ grandeur.Secondemcnt,que nous nâabufions point de fa fainâe parolle tenicraircmêt, amp;nbsp;^ nousnerenuerfions point fcs myfteres,poUf fcruirà noftre auaricc,ou à ambition,ou 3 noz folies.Mais corne la dignité de fon Noio tft imprimée en fa parolle amp;nbsp;fcs myfteres: que nousles ayos toufiours en honneur amp;nbsp;en efti' me. Finalement, que nous ne mefdifionsne detradions de fes Åuures: comme aucuns m^ chans ont couftume dâen parler par contumC' lie: mais à tout ce que nous recognoiffos f3iô de Iuy,quc nous donnionsla louange dcfag^l' fc,iuftice,amp; vertu.Voila que câeft,Sandifer 1' Nom de Dieu.Quand il en eft autremét faid) il eft méchamment pollué, pource quâonleti-rchors de fonvfagc légitime, auquel il eftoit confacré: amp;nbsp;quand il nây auroit autre mal,il eft amoindry de fa dignité, amp;nbsp;eft rendu con* téptiblc . Orficâcftfimalfaiddâvfurpertrop Icgercmentlc NomdeDieupar témérité: c® fera beaucoup plus grand péché, de le tirer en vfagc du tout mcchant:commc de le fairefcruir à forcclcrie, nécromancie, coniurations illicites,amp; telles manières de faire. Touteffois, il eft icy parlé en cfpecial du iurement, auquel lâabus du Nom de Dieu eft fur toutes chores dctcftable. Ce qui eft faid,pour nous engendrer
DES DIX COMMAND. 4p drer vn plus grand horreur de toutes autres ef peces dâ en abufer.
Premièrement il faut entendre, que câeft que iurement.lurcment,cft v ne atteftation de Dieu, pour confermer la vérité de noftre pa-rolle. Car les blafphemes manifeftes, qui fc font comme pour dcpiter Dieu,nefont pas di gnes quâon les appelle iuremés. Or il eft mon-ftré enplufieurs paffages de lâEfcriturc, que telleatteftation,quand elle eft deuemét faite, eft vne efpece de glorifier Dieu.Comme quad lefaiedià ,queles Affyriens amp;nbsp;Egyptiens fe- lA-iâ-rontreceus cnlâEglifc de Dieu -.Ilsparleront, dit-il, la langue de Canaan, amp;nbsp;iurcront au Nom du Seigneur â . câeft à dire quâen iurant pirlcNom du Seigneur,ilsdeelairerotquâils le ticnent pour leur Dieu. Item quand il parle comment le Royaume de Dieu fera multiplié: Quiconque,dit-il,demaderaprofperité, l«p.6î-ilia demaderaenDieu: amp;nbsp;quiconque iurcra, iurcraparle vray Dieu Item,lercmieiSilcsdo fteurs enfeignét mon peuple de iurer en mon ^quot;*ui. Nô,come ils lâont enfeignéde iurer par Baal, ie les feray profpercr en ma maifon.Et eft à bo droiâ quâen inuocant le Nom de Dieu en tefmoignage,il eft did quenous teftifions noftre religion enuers luy . Car en telle forte, nous le confeffons cftiela vérité éternelle amp;
D.
$0 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
iJrem.iS.
^fi-7-lere.ij.
immuable: veil que nous lâappelions non fcU lernet comme tefmoing idoine de verité:mais corneVeluy auquelfcul appartict delà maintenir, amp;nbsp;faire venir en lumière les chofes cachées : dâauantage comme celuy, qui cognoit fcul les cueurs .Car quad les tefmoignageshumains nous defailléc, nous tefmoing: amp;nbsp;mefme quand
prcnosDieu pour ileftqueftiondâaf
Jere.^. So^ho.l,
Leul.19
fermer ce qui eft caché dedans la confeien«-Pourtant le Seigneur fe courrouce amereniét contre ceux qui lurent par les dieux enrages: amp;nbsp;prend vnetelle manieredeiurement comme vn figne de renoncement de fon Noni.Co me quand il did: Tes enfans mâont abandonné : amp;nbsp;lurent par ceux qui ne font point dieux. Dâauantage il denote par la gradeur^t la peine,combien ce péché eft exccrablc;quâlt;l il did, quâil deftruira tous ceux qui iurentau Nom de Dieu, amp;nbsp;au nom de leur idole. Or puis que nous entédons,que le Seigneur veut, lâhonneur defon Nom ehre exalté ennoz^t mens:nousauons dâautantplus à nous garder, quâau lieu de lâhonorer,il nây foit mefprifé ou amoindry.Câeft vne contumelie trop grande, quand on fe pariurepar fon Nom;amp; pounât, cela eft appelle en la Loy,profanation. Calque reftera il à Dieu,fil eft defpouillé defave «téî line fera plus Dicu.Oronlâen dcfpouil-
DESDIX COMMAND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^I,
Ic, en Ic faifant tefmoing amp;nbsp;approbateur de faulfeté. Pourtant lehofua voulant contrain- leh»f.7. dre Acham de confeffer vérité, luy diâ ; Mon enfât,donne gloire au Dieu dâIfrael.En quoy il denote,queDicu cft gricuement déshonoré, fi on fc pariurc en fon Nom. Ce quinâeft pointde mcrueille:car en cefaifant,il neticnt point à nous,quâil ne foit diffamé de menfon ge. Et de faià ,par vnefemblabicadiuration que font les Pharifiens en lâEuangile Saines ie/, ,jgt;. lehan, il appert quâon vfoit de cefte forme de parler communémét entre les Iuifs,quand on vouloir ouyrquclcun par ferment, Auffilcs formules de lâEfcriturc nous enfeignét quelle crainte nous deuons auoir de mal iurer;com-mequandileftdiâ-.Le Seigneur eft viuant: lotu. LeScigneUrmâenuoyetelmal amp;nbsp;tel. lté,Que i.slt;t»».i4. Dieu enfoittefmoingfurmon ame. Lefquel- ^..R'jss. les dénotent,que nous ne-pouuons appeUer ' Dieu pour tefmoing de noz parolles, quâil ne venge la pariurc,ü nous iurons faulfcment.
Quand nous prcnoslc Nom de Dienen fermétverltable,maisfuperflu,combien quâil ne foit pas profané du tout, touteffois il eft rendu contemptible, amp;nbsp;abbaiffé de fon honneur. Câeft donc la fe conde efpece de ferment par laquelle il cft prins en vain. Pourtant il ne fufht pas de nous abftenir de pariurc ; mais il D. Ã.
EXPOSITION
faut auffi quâil nous'fouuiene, que le ferment nâapasefté inftituépour le plaifir defordon né des hommes : mais pour la neceffité, amp;nbsp;que autrement il nâeft permis. Dont fenfuy r,que ceux qui le tirent à chofe de nulle importance, outrepaflent le bon vfage de licite, Or on ne peut prétendre autre neceffité,fmon quâen fer uant à la religion ou à charité. En quoyon peche auiourdhuy trop dclordonnément. Et ce dâautant plus, que par trop grande accou-ftumancc celà eft eftimé pour néant:combien quâil ne foit point de petit pois au iugement de Dieu. CarindifFeremment onabufedu Nom de Dieu en propos de folie amp;nbsp;vanité: amp;nbsp;penfe-on que ce nâeft point mal faid, pource queles hommes,par leur licence, font venuz quafi en poffeffion de ce faire. Neantmoins le mandement de Dieu demeure toufioursiU menace,qui y eft adiouftée, demeure inuiola-b!c,amp; aura vne fois fon cffcâ:par laquelle vue vengeance fpirituelle eft dénoncée fur tous ceux , qui auront prins le Nom de Dieu en vain. Il y a vne mauuaife faute dâautre codé, queles hommes en leur iurement prenentlc le no des fainds, pour le nom de Dieu ,iurans parS.Iaquesou S. Anthoinc.Ce qui eft vneim pieté euidente : vcu quela gloire de Dieuleur «?ft ainfi tranfferée.Car ce nâeft point fans taufe,que
DES DIX COMMAND. 5'3 fe,quc Dieu nommémet a commandé, quâon iuraftparlonnom: amp;nbsp;par mandement fpeciai dsh.iJ. nous a défendu de iurerpar dieux eftranges. 010 Et câeft ce que lâApoftre Jift en cfcriuant, que g^ââ^â'^â les homes en leurs fermés appellét Dieu corne leur fupericur: mais que Dieu iure parfoy-mefrne, à caufe quâil nâa nul plus grad que luy.
Les Anabaptiftes,non contens de cefte moderation, con lamnét fans exception tous iuremens: dâautant que ladefenfe deChrift eft generale : ou il dit, le vous defen de ne iu-rcr du tout, mais que voftre paroUe foit ouy, i^^tii.^, ouy ; non, non, ce qui cft outre, eftmauuais. u^.^. Mais en ce fai Tant, ils fontiniureà Chrift,le faifant aduerfaire de fon Perc, corne fil eftoit venu en terre pour anéantir fes commande-mens.Car le S cigneur en fa Loy non feulemét E*«-«« permet le iurement,commc chofe licite,ce qui deuroitbicn fuffirc ; mais commande dâenv-ferenneceffité. OrChnfttefmoigne,quâil cft uh.io.ti^.'^ vn auec fon Pere:quâil nâapporte rien,que fon Pere nâait commande â¢. que fa dourine nâeft point de luymefmc.amp;c. QiPeft ce donc que ils diront? Feront-ils Dieu repugnant à foy, pour defendre amp;nbsp;condamner ce quâlia vnc fois approuué,en le commandant ? Pourtant leurfcntence ne peut cftrercceue. Mais pour-ce quâil y a quelque difficulté aux parollcs de
D. iii.
J4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
tiatih,^.
Chrift ,il nous les faut regarder de plus près. Defquellrs certes nous nâaurons point lâintel Iigéce,finô que nous cofiderions fon bur,amp; di rigions nofti c penfee à ce quâil pretend en ce paifage là . Or eft-il ainfi, quâil ne veut point amplifier ne reftreindre la Loy ; mais leulemct la réduire en fon fens naturel, lequel auoite-fté grandement corrompu par les faulfes glo-fes des Scribes amp;nbsp;Pharifiens. Si nous tenons celà , nous ne penferons point que Chriftait voulu codamnertous fermés vniucrfelleniet; mais feulcmét ceux qui tranfgreifent lareiglf de la Loy .11 appert de les parolles,que le peu-plenefegardoitpourlors fmodefepariurer: corne ainfi foit que la Loy ne defende pas feulement les panures: mais les iuremés fuperflus. Parquoy le Seigneur Iefus,vray expofiteurdc la Loy,admoncfte,que non feulcmét câeft mai faid de fe pariurer,mais auffi de iurcr. Comment iurerâAf^auoir, en vain. Mais les fermes que la Loy approuue,illes kiffe libres amp;nbsp;en leur entier. Mais ils Parreftent à cefte diâion D v T o v T-.laquelle touteffois ne fe rapporte poitau vcrbequieftlamis,afçauoiri v ker: mais aux formes de iuremens qui fenfuyuét a-pres.Car câeftoit là vne partie de lâerreur,que eniurantparleciel, amp;nbsp;par la terre, ils nepen-foyentpas attoucheric Nom deDieuLeSci-gneur
DES DIX COMMAND. îî gneur donc,ayant corrigé la principale tranf-grcifion,leur ofte apres tousfubterfuges, afin quâils ne penfent pas cftre efchappez,fi en fup-primant le Nojn de Dieu,ils lurent parle ciel, amp;nbsp;parla terre.
Pourtant ce ne peut eftre chofe douteufe à gens de lain cntendemét,quele Seigneur ne icprouue en cepaffage autres fermés,fino ceux qui eftoyét défendus par la Loy. Car luymcf-nie,qui a reprefenté en toute fa v ie 1 a perfedi-onquâil a comandée, nâa point enhorreur de iurer,quand la chofe le requeroif. amp;nbsp;fes difei-ples, que nous ne doutos point auoir gardé fa reiglc,ont fuyuy vn mefme cxéplc.Qui oferoit^^^^^ ^ dire,qucS. Paul euft voulu iurer,fi leiuremét euft ché du tout defendu?Or quad la matiere lercquieri,iliurefans aucun fcrupule,adiôu-tant mefme aucuneffois imprécation. T outef fois,la queftion nâeft pas encorefolué:pource quâaucuns penfent quâil nây a que les fermens publiques, qui foyent exceptez â¢. comme font ceux q le Magiftrat requiert de nous : ou que le peuple fait à fes fuperieurs: ou bien les fupc rieurs aupcuple:lesgens dâarmes à leurs Capi taines;amp; les Princes entre eux,en faifat quelque alliacé. Auquel namp;bre ils camp;prencnt(amp; à bo droiél)tous les fermés qui font en S. Paul, veuqueles A poftres en leur office nâot point Kpotu.
D. iiii.
5^
EXPOSITIOÃlt;.
tleb.i;.
efté hommes particuliers,mai s officiers publi quesde Dieu. Etdcfaift,ieneniepas, que les fermés publiques ne foyent les plus leurs,dâau tât quâils fût approuués de plus fermes tefmoi gnages dcIâEfcriture. Il eft commandé au Ma giftrat, de contraindre vn tefmoingà iureren chofes douteufes, amp;nbsp;Ictefmoin eft tenu dâéref pôdre.Pareillemér,lâApüftre did, que les co-trouerfies humaines font décidées par ce renie de.Pourtatlâvn amp;nbsp;lâautre ha boneapprobatio de ce quâil fait. Et de fai(â,on peut obierucr,q les Paycns anciennemet auoyét en grade religio les fermés publiques amp;nbsp;folénels: au côtrai re,quâils nâeftimoyét pas beaucoup ceux quâils faifoyét en leur priué : corne fi Dieu nâen euft tenu copre.Neantmoims de condanerles fermés particuliers, qui fe font fobremét és chofes neceflaires auecreuerence, câeft vne chofe trop pcrilleufeiveu quâils font fondés fur bone raifon,amp;exéples delâEferiture. Car fil eft H citeà pcrfônespriuécs,dâinuoquer Dieu pour luge fur leurs propos; parplus forte raifon il leur fera permis de lâinuoqucr pour tef-moing.Exemple. Ton prochain tâaceuferade quelque deloyauté:tu tacheras par chanté de tepurger;il nâacceptera aucune raifon enpa-yemét.Si ta renommée vient en danger,pour lâobftinaùün quâil ha en fa mauuaife fantafie: fans
DES DIX COMMAND. $7 fans ofFeiifc tu pourras appellerau iugcment deDicu:à fin quâil declaire ton innocence. Si nous regardons les parolles;ce nâeft pas fi gtad chofe dâappellcr Dieu en tefmoing, que pour luge.Ie ne voy point donc, pourquoy nous deuions reprouuervne forme de ferment, ou Dieu foit appelle en tefmoignage.Ec pour cela nous auons pluficurs exemples. Câeft que Abrahamamp;. Ifaac ont faid ferment à Abime-lech.Sion allégué quecefoyent feimenspu-bliques,pourle moins,lacob amp;nbsp;Laban eftoy et Gf».3i. perfonnes priuées,amp; neantmoins ont confer-mé leur alliance par iurcment.Booz eftoitho- ^t^â-i-niepriué,qui a ratifie par ferment le mariage promis à Ruth.Pareillement, Abdias,homme iuftcamp;craignant Dieu(comme ditlâ£fcritu-re)lequel ceftifie par iurement ce quâilVeut per fuader à HeIic.Ie ne voy point donc meilleure reigle,finon que nous modérions noz fermes en telle forte, quâils ne foy ent point téméraires, legerement faids, ny en matiere friuole. nycnaffedion defordoanée : mai s quâil s fer-ucntà laneceffité: afçauoif, quandileft que-fiion de maintenir la gloire de Dieu, ou con-ferucr charité enuers les hommes;à quoy tend le commandement.
j8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
LE IIII. COMMANDEMENT.
fylJ.lO.
Quâil te fouiiiene de fandifier leiourdurepos. Tubefongneras fix lours, amp;nbsp;feras toutes tes Åiiures. Le feptieme eft le repos du Seigneurton Dieu. Tu ne feras ait* cune Åuure:ne toy,ne ton filz,ne ta fille, ne ton feruiteur, ne ta chaW' briere,ne ton beftail, ne lâeftrangcf qui eft entre tes portes. Caren fi^ | iours,ôlt;c.
La fin du précepte eft, quâeftans morts i noz propres affedions amp;nbsp;Åuures, nousmedi' rions le Royaume de Dieu : amp;nbsp;quâà cefte méditation nous nous exercions par les moyens quâil a ordonncz.Ncantmoins pource quâ111 vnc cofideration particulière amp;nbsp;diftinde des autres,il requiert v ne expofition vn peudiuct fe.Les anciens Dodeurs ont couftume de le nommer ombratile;pource quâil contient où feruation externe du iour-.laquelle a efté abolie à lâaduenemêt de Chrift, comme les autres figures.
PES DIX COMMAND. Ã^
figures. Ce qui eft bien veritable: mais ils ne touchée la choie quâà demy:pourtât il faut pré dre lâcxpofirion de plus haut : amp;nbsp;confiderer trois caufesjefquclles font contenues fous ce commandemét.Car le Seigneur, fous le repos du feptiemeiour, a voulu figurer au peuple de lfracî,le repos IpirituehCâeft que les fideles fe doyuent repoier de leurs propres Åuures: à findelaifferbefongner Dieu en eux. Secondement,il a voulu quâil y euftvniourarrefté, auquel ilsconuinlient pour ouyr la Loy, amp;nbsp;v-fer defes cérémonies. Tier cernent, il a voulu donner vn iour de repos aux feruiteurs amp;nbsp;gés dctrauail,quifontfouslapuiffance dâautruy, afin dâauoir quelque relâche deleur labeur, Touteffois il nous eft monftré en plufieurs ^â^jâ^' pa(rages,quecefte figuredurepos Ipiritucl a j*â'â*/ â euleprincipallieucnce précepte. Car DieuEv.io.?!. nâaiamais requis plus eftroidcmcnt lâobeif- O' ^3-fance dâaucû précepte,que de ceftuy cy.Quad **A^^' il veut denoter en les Prophètes, toute la religion eftre deftruiâe: ilfecomplaint quefon Sabbath a cfté pollué amp;nbsp;violé;ou quâil nâa pas efte bien gardé nefandifié. Comme fiende-laiffant ce point,il ne reftoit plus rien,en quoy ilpeuft eftre honoré. Dâautrepart, il magnifie grandementlâûbferuation dâiceluy ; pour laquelle caufe les fideles eftimoyent pardeffus
6O nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
Ni/jc ^.
txoi.Jl-
Ixtch4âlt;i.
tout le bien quâil leur auoit Eiiâ, vn bien fin-gulier, en leur reuelant le Sabbath. Car ainlî parlent lesLeuitesen NehemiahiTuas mon-ftréà nozperestonfainftSabbath, tes com-mandemens amp;nbsp;ceremonies: amp;nbsp;leur as donné la Loy par la main de Moyfe. Nous voyons co-ment ils lâont en finguliere eftime pardelîus tous les autres préceptes. Ce qui nous peut monftrer la dignité amp;nbsp;excellence du Sabbath. Laquelle eft auffi dairemét expofee par Moyfe amp;nbsp;Ezechiel.Car nous liions ainfi en Exode: Obferuez mon Sabbath: car câeft vn figne entre moy amp;nbsp;vous en toutes voz generations: pour vous donnera cognoiftre que ie fuis!« Dieu qui vous fanâifie'.gardez doc mon Sib-bath:car il vous doit eftrefainâ. Que les en-fans dâIfraellegardent,amp; le celebrent en leurs generations:car câeftvne alliance perpétuelle, amp;nbsp;vn figne à toute éternité. Cela eft encore plus amplement diâdâEzechiel ; touteffoisb Ibmme de fes paroUes renient là , que câeftoit vnfigne, dont Ifraeldeuoitcognoiftre, que Dieueftoitfonfanâificateur.Or fi noftrefan âification confifte au renoncement de noftre propre volonté,de là défia apparoift la fimili-tude entre le figne cxtcrnc,amp; la ehofeinterieu rc.ll nous faut du tout rcpofer,à fin que Dieu befongne en nous:il nous faut ceder de noftre volonté,
DES DIX COMMAND. lt;^1 volonté,refigner noftre eueur,renoncer amp;nbsp;qui ter toutes les etwidîtez de noftre chair : brief, il nous faut ccfler de tout ce qui procédé de noftre en tendement, afin quâayans Dieu be-fongnanten nous, nousacquiefeiens enluy: H«tr.3.4. comme auffi lâApoftrc nous enfeigne.
Cclaeftoit reprefenté enllrael par le repos du feptieme iour. Et à fin quâil y euft plus grade religion à ce faire: noftreSeigneur confermoit cell ordre par fon exemple. Car câeft vne chofe qui ne doit point emouuoir petitement lâhomme, quand on lâenfeigne de ftiyure fon Créateur. Si quelcun requiert vne lignification fectette au nombre de fept: il eft vray-femblable,puis que ce nom en lâEferitu* te lignifie perfeâiô: quâil a efté eleuen ceften-droit,pour dénoter perpétuité: à quoy fe rapporte ce que nous voyos en Moyfe. Car apres nous auoir did,que le Seigneur Peft repofé au feptieme iour, il nâen met plus dâautre apres, pour luy determiner fa fin. On peurroit aufli amenerquat à eela, vneautreconiedurepro-bablc. Câeft tpe le Seigneur par ce nombre a voulu lignifier, que le Sabbath des fideles ne feraiamais parfaidcmcntaccomply, iufques au dernier iour.Car nous le commentons icy amp;nbsp;le pourfuy nous iourncllemenf.mais pour ce que nous auons encore bataille affidueUe co-
â¬2. ïxposition
tre noftre chair,ilne fera point acheué,iufquâ3 ufa-Jtmtr. ccquelafcntcnce delefaie foit verifiéeiquadif ï.c#r.is. nbsp;nbsp;dit,quâau royaume de Dieu il y aura vn Sab
bath continué cterncllcmcnt:afçauoir, quand Dieu fera tout en tous. II pourroitdoncfcni-blcr auis,que par le feptieme i our, le Seigneur ait voulu figurer à fon peuple la per fcûion du Sabbath qui fera au dernier iour â¢. à fin dele faircafpircrà icelle perfeâion, dâvneeftude continuelle,durant cefte vie.Si ceftc expoCtiu femblctrop fubtile, amp;nbsp;pourtant que quelcun ne la veuille reccuoir;ie nâcmpechc pas, quâun nefecontente dâvneplusfimple. Câeft,quele Seigneur a ordonné vn iour,par lequel le peuple fuftexcercité fous la pedagogic de la Loy» i à mediter le repos fpirituel, qui eft fans fin* Quâil a affigné le feptieme iour, ou bien pen' fant quâil fufhroit,ou bien pour mieux inciter le peuple à obferucr cefte ceremonie, luy pro* pofant fon cxeniple:ou pluftoft pour luy ®°' ftrerqucle Sabbath netcndoità autrefin,fi-non pour le rendre conforme à fon Créateur. Car il nâen peutgueres chaloir, moyennant que lafignification du myfteredemeurc;câcft, que le peuple fuft inftruit,de fc demettre deles Åuurcs. A laquelle contemplation les Prophe les reduifoyent affidueUement les luifs : a fin quâils ne penfalTent iâacquiter, en fâabftenant dâeeuures
DESDIXCOMMAND. 6âJ dâÅuures manuelles. Outreles paffagesque nous auonsalleguez,il eft did enlcfaie: Situ iefa.5S. tererircsau Sabbath, pour ne point faire ta Volonté en mon faind iour,amp;celebres vn Sab bath faindamp;; délicat au Seigneur de gloire: amp;nbsp;le glorifies,en ne faifant point ces Åuures,amp;ta propre volonté nâeft point trouuée, lors tu prolpercras en Dieu.O r il nây a doute, que ce qui eftoit cérémonial en ce precepte, nâait efté aboly parlâaducncmentdeChnft, car il eft la veritè,qui fait par fa prefence euanouir toutes les figures.!! eft le corps, au regard duquel les ' ombres font laiffées.ll eft,dy-ie, le vray acco-pliflcmcntdu Sabbath. Car cftans enfcueliz âââ*â'*â
( auccluy par leBaptcfme, nousfommes entez en la compagnie de fa mort, à finquâeftans faiâs participans de farcfurredion,nous cheminions en nouucauté de vie. Pourtant dit lâApoftre,qucle Sabbath a efté ombre de ce Co/ojfî. quideuoitaduenir: deque le corps en eft en Ghrift:câeftà dire,lavrayc fubftanceamp; felide de la verité'.laqueileil explique bien en ce lieu là . Or icelle nâeft point contente dâvu iour; mais requiert tout le cours de noftre vieduf-ques à ce que,eftans du tout morts à noufmef-mes,nousfoyonsrempliz de la vérité de Dieu. Dont ilfenfuit que toute obferuatio fupeifti-cieufe des iours, doit eftre loingdes Chteftiés.
.lt;î4 exposition
Ncantmoins, dâautantque Ics deux deP nicres caufes nefe doyuent pointmettre entre les ombres anciennes : mais conuicnent egalement à tous fiecles-.combien que le Sabbath foitabrogé, cela ne laifiepointdâauoir lieu entre nous,que nous ayos certains iours,pour nous aflcmbler à ouyrles predications, à faire les oraifonspubliques, amp;nbsp;cclcbrerlesSacre-mens. Secondement,pour donner quelque relafcheaux feruiteurs amp;nbsp;gens mcchaniques.il nây a nulle doute,que le Seigneur nâait regardé lâvn amp;nbsp;lâautre,en commandant le Sabbath. Quant au premier : il eft affez approuué paf lâvfagemefmedesluifs. Lefecond aefténote bew.5. parMoyfeau Deutéronome cnces paroHes: Afin que ton feruitcuramp;tacbambricrefere-pofentcommetoy. Quâil te fouuiene que tu aseftéferuitcur en Egypte. Item, en Exode: A fin que ton beuf, amp;nbsp;ton afne, amp;nbsp;ta meignie fe repofe.Qui pourra nier,que ces deux chores ne nous conuienent auffi bien quâauxluifs? Les aHemblées Ecclefiaftiqucs nous font com mâdées parlaparolle de Dicu:amp; lâexpcricnce mefmenous monftre quelle neceffité nous en auons.Or iâil nây a iours ordonnez : quandfe i.Cor.14. pourra-on aflcmbler ? LâApoftre enfeigne que toutes chofesfe doyuét faire decentemec amp;nbsp;par ordre entre nous. Or tant fen faut que lâhonefteté
DES DIX COMMAND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;6^
lâhoncftcté Ãc lâordre fepuiffe garder fans cc-ftepolicc des iours;quc fi elle nâeftoit, nous verrions incontinent merueilleuxtroublcs^amp; confufion en lâEglife. Or fâil y a vne mçfnre ncceffité entre nous, à laquelle le Seigneur a voulu remédier,en ordonnant le Sabbath aux Iuifs,qucnul nâallegue celle loy ne nous appartenir de rien. Car il eft certain,que noftre ho Pere nâa pas moins voulu prôuuoir à noftre ncceffité,quâà celle des luifs. Mais que ne nous alTcmblos-nous tous les iours, dira quel cun, pour öfter ceftedifference? ieledeure-rois bicn;amp; de faift, lafagelTe fpirituelle de Dieu feroit bien digne dâauoir quel que heure au iour,qui luy fuft deftinéc. Mais fi cela ne fe peut obtenir de lâinfirmité de plufieurs, qu'on Paffcmblc iourneUement â¢. amp;nbsp;la charité ne per met point de les contraindre plus outre:pour-quoy ne fuy lions-nous la raifon,laquelle nous aefté monftrée de Dieu?
11 nous faut eftre vn peu plus longs en ceft endroit, pourcequâaucuns entendemens légers fetépeftentauiourdâhuy à caufe duDima ehe :carils fe plaignent,que le peuple Chreftié eft entretenu en vn ludaifme:veu quâil retient encore quelque obferuation des iours. A cela ierefpon que fans ludaifmc nous obferuons lcDimanchc,veuquâil y a grande diffcréce en-
es
EXPOSIT ION
Ctbjj'.t,
GaltU.^.
R.no.1^.
trc nous amp;nbsp;les luifs. Car nous ne lâobferuons point dâvncrcligion eftroi te comme dâvnc ceremonie,en laquelle nous penfions eftre com-pnns vn myfterefpiritucl: mais nous en vfont corne dâvn remede neceflaire, pour garder bo ordre en P£glifc. Maisfainâ Paul,difcnt.il$, niequc les Chreftiensdoyucnt eftreiugezen lâobferuatio des iours:vcu que câeft vn ombre deschofesfutures: amp;pourccftc caufe craint dâauoirtrauaiHé en vain entreles Galatiens: dâautâtquâils obferuoycnt encore les iours.Et aux Romains il afferme,que câeft fuperftition, ft quelcun difeerne entre iour amp;nbsp;iour. Mais qui eft lâiiome dâentendemet raflîs,qui nevoye bien de quelle obferuation parle lâApoftre? Car ils ne regardoycnt point à ceftcfin,que nousdifons,dâobferuerla police amp;nbsp;ordre en 1âEglife:mâis en retenant les feftes, corne ombres des chofes fpiritucllcs, ils obfcurcilToyét dâautant la gloire de Chrift, amp;nbsp;la clarté de lâEuangile: ils ne fâabftenoyentpointdâÅu-ures manucllcs,pource quâelles les empechaf-fentde vaquer à mcditerla parolle de Dieu: mais par vnc folle deuotió,dâautat quâils i ma-ginoyent, en fe repofant, faire feruice à Dieu. Câeft donc contre cefte peruerfe dodrinc que criefainâ Paul:amp; non pas contrelâordo-nancc légitime, qui eftmife pour entretenir
P«*
DES DIX COMMAND, Ã7 paix en la copagnic des Chrcftiês.Car les Egli-fcsquâil auoitedifiées^ardoyentle Sabbath en ceft vfage : ce quâil moftie en affignat ce iour là aux Corinthiés, pour apporter leurs aumofncs enlâEglife.Sinouscraignôslafuperftitiô:ellc ââ¢Cw.rtf. cftoit plus à craindre aux feftes ludaiqucs, quâelle nâeft main ten at au Dimächc.Car come il eftoit expedient, pour abbatre lafuperftitió, on a delailfé le iour obferué des luifs: amp;nbsp;come il cftoit neceffaire pour garder ordre,police amp;nbsp;paix enlâEglife,on en a mis vn autre au lieu.
Cobien que les anciens nâont point choify le iour du Dimanche pour le fubftitucr au Sabbath fans quelque confideration.Car puis quclafinamp;accompliffemëtdc ce vray repos qui eftoit figuré par lâancien Sabbath,eft acco plyenlarefurreftionde noftre Seigneur: les Chreftiés fbt admon'eftez par ce mefmc iour, qui apporte fin aux ombres, de ne Parrefter point à la ceremonie qui nâeftoit quâombre.Ie ne mâarrefte point au nombre fepticme, pour affuietirlâEglife en quelque feruitude : car ic ne condà nerois point les Eglifes, qui auroy et dâautres iours folennels pour Paffcmblcr , moyennant quâil nây ait nulle fuperftition ; comme il nây en a nulle, quand on regarde feulement à entretenir la difciplinc. Que lafommcdonc du précepte foit telle. Cona-E. ii.
58 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
me la vérité cftoit demonftréc aux lui fs fou» figure, ainfi fans figure elle nous eftdeclairée: câeftquc nous méditions en toute noftrevi« vn perpétuel repos de nozoeuures,à ce que Dieu befongne en nous par fon Efpiit. Secon dement,que nous obferuions lâordre légitimé de lâEgIife,à ouyr la parolle,célébrer les facre-mcn$,amp; faircles prieres folcnnelles. Tiercement,que nous ne grcuions point par trop» ceux qui font en noftre fuicâion. Ainfi 1e-ront renuerfez les menfonges des faux do-fteurs,qui ont abbrcué au temps palfé le po-ure populaire dâopinion ludaiqiie, ne difeer-nans entre le Dimanche amp;nbsp;le Sabbath autre-mcnt,finô que le feptieme iour eftoit abrogé quâon gardoit pour lors-, mais quâil en falloit neantmoins garder vn.Or cela nâeft autre cho fcà dire,quâauoirchangélc iour en defpitdes Iuifs:amp;neantmoins demeurer enla fuperfti-tionquefainft Paul condamne: câeftdâauoir quelque fignification fecrete,ainfiquâellec-ftoit fous le vieil Teftament. Etdefaid,nous voyons ce quâa profite leur dodrinc.Car ceux qui la fuyucnt,furmontent les lui fs en opinio charnelle du Sabbath: tellement que les re-â¢i cgt;î8. prehenfions, que nous auons cnlefaic, leur conuiendroyent mieux,quâà ceux quelc Prophète reprenoit de fon temps.
lE V.
DES DIX COMMAND.
69
LE V. COMMANDEMENT.
Honore ton pere amp;nbsp;ta mere,Ã fin que tes lours foyent prolongez fur la terre, laquelle le Seigneur ton Dieu te donnera.
Lafineft: pource que Dieu veut quelâor-dre quâil a conftituc foit entretenu'. quâil nous -fautobferuer les degrez de préerninencc corne il les a mis. Pourtant la fomme fera : Que nous portions reucréce à ceux que le Seigneur nous a ordonnez pour fuperieurs: amp;nbsp;que nous leur rendions honneur amp;nbsp;obciffançç,à Uec rc-cognoiffancc dû bien quâils nous ont faiâ. De cela fenfuy t la defenfe, quenous ne defó-gions à leur dignité, nepar contemenmenc, ne par contumace, nepar ingratitude; carie nom dâHoneur, Peftéd ainfi amplemét cnlâE-fenture.Comme quand lâApoftre dit, que les Preftres, qui.prendent bien, font di^es de double honneur : non feulement il pà rle delà reucrence qui leur cft deuë: mais auffi delà re-muneration que meri te leur labeur. O r pour-ce que ce commandetnent,lequel nous affuic-tit à nozfuperieurs,cft fort contraire à la per-uerhee denoftrç nature: laquelle,commeel-
* E. üi.
70 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
le creue dâambition amp;nbsp;orgeuil, ne fe fournît pas volontiers: à cefte caufe la fuperiorité, laquelle eftoit la moins odieufe amp;nbsp;plus amiable de toutes, nous acfté propoiee pour exé-ple:pource quâelle pouuoit mieux flefehir amp;nbsp;amolir noz cueurs à fc foumettre en obeif-fancc. Parquoy, le Seigneur petit à petit, pu la fuietion qui eft la plus douce amp;nbsp;la plus facile à porter, nous accouftume à toutes fuie-tions: pource que câeft vnc mefmc raifon. Car quand il donne precminêcc à quelcun, entant que meftier eft pour la conferuer, il luy com-muniquefon nom.Les tiltrcs,de Pere,dc DiW amp;nbsp;Seigneur, luy font tellement propres, que quand il en eft faiâ menti on,il faut que noftre cueur foit touché delà recognoiffance de fa Maiefté. Pourtant, quand il en fait les hommes participans, il leur donne comme quelque eftincellc dcfa clarté, à fin de les anoblir, amp;nbsp;les rendre honorables félon leur degré. Par quoy en celuy qui eft nomé Pere, il fautreco-gnoiftrç quelque honneur diuin : veu quâil ne porte point letiltre de Dieu fans caufe. Pareillement celuy qui eft Prince ou Seigneur, communique aucunemét à lâhoncur de Dieu. Parquoy il ne faut douter, que le Scigneür ncconftitueicy vnereigle vniuerfellc. Câeft, que félon que nous recognoiffons vn chacun
DES DIX COMMAND. 71
cun nous cftrc ordonné de Dieu pour fripe-rieur,que nous luy portios honneur,reueréce, amp;nbsp;amour:amp; que nous luy facionsles (cruices quâil nous fera poffible. El ne faut point regarder fi nozfupericurs font dignes de ceft honneur,ou non.Car quelconques ils foycnr, ils ne font point vcnuz fans la volonté de Dieu en ce degré : à caufe duquel noftre Seigneur nous cómande les honorer. Touteffois nommément il nous cómande de teuerer noz parens,qui nous ont engendrez en ceftevie.ee que nature mefme nous doit enfeigner.Car tous ceux qui violent lâauthorité paternelle, ou par mépris,ou par rebellion,font monftres amp;nbsp;non pas hommes.Pourtant noftre Seigneur cómande de mettre à mon tous ceux qui font deCobeiffans à pere amp;nbsp;à mere: amp;nbsp;ce à bóne eau fe.Car puis quâils ne recognoiflent point ceux, par le moyen defquels ils fontvenuz encefte vie, ils font certes indignes de viure. Or il appert parplufieurs paflages delà Loy , ce que nous auons did eftte vray:afçauoir,que lâho-ncur,dôtil eft icy parlé,hatrois partics,rcucrc ce, obei{rance,amp; amour procédant delà reco-gnoiffancc des bienffaids. La premièreeft cô-madéc de Dieu, quad il commade de mettre à j^,^ j,, mort c duy qui aura detradé de pere amp;nbsp;de me- L.w xo. ic.Car en cela il punit tout conténemet amp;nbsp;mef P****®*
E. üü.
^3. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
pris.La féconde,en ce quâil a ordoné,quc Pen-Ãt rebelle amp;nbsp;defobeiffat fuft auffi mis à mort. Latroificme eftapprouuée en cequcditlefus Chrift au iy. de S.Matthieu,que câeft du com-mandemét de Dieu,de feruir amp;nbsp;biêfaire à noi parés.Touteffois amp;nbsp;quatesqucS.Paul faitæé tion de ce prccepté,il nous exhorte à obeiflan* ce: ce qui appartientà lafccondepartie.
La promeffe eft quât amp;nbsp;quant adiouftee, pour plus grande recômédation:à fin de nous à dmonefter, combien ceftefuietion eft ag* greablc à Dieu . Car fainét Paul nous incite f ar ceft aguillon:quand il dit: que ce précepte eft le premier aucepromefle.Car la promeffe, que nous auos eue cy deffus enla première La ble,nâéftoitpas fpccialeà vnpreccptcfeulcm?t, mais Peftendoit à toute la Loy. Quant eft de Pintélligécede cefte cy,clle eft telle : Câeft que le Seigneur parloitproprement aux Ifradites* dclaterre quâil leur aùoit promife en heritage. Sldoncla poffeffion de cefteterre eftoit vne arre de la bénignité de Dieu : il ne nous faut éfmemeillcr fâil leur a voulu teftifier fa grace ^ en leur promettant longue vie: par laquelle ils pouuoyent plus longuement iouyr , de fonbencficc.Câcft donc comme Pildifoit: Honore pere amp;nbsp;rncre,à fin quâen viuat logue-ment tu puiffes.îôüyr plus long temps delÃ
DESDIX COMMAND. Jj tsrrcdaquelle te fera pour tefmoignage dema grace. Au refte pource que toute la terre eft benite aux fideles,à bon droid nous mettons lavicprcfentc entre les bencdidios de Dieu. Parquoy, entant que la longue vie nous eft ar gument de la bcneuolencc de Dieu fur nous, cefte promeffe auffi nous appartiët. Car la Ion guc vie ne nous eft point promeffe; comme elle nâa point efté promife aux luifs, poürcc quâelle contiet enfoy beatitude ; mais pourcc que câeft aux iuftcs vne enfeigne delà bonté de Dicu.Sâil auient donc,que quelque enfant bien obeiffantà fesparens trefpaffe en faieu-ncffc(commcfouuentiladuient)Dieu nclaif fcpas de demourer coftammet en fa promeffe, mefme ne lâaccomplit pas moins, que fil don*-noit cent arpens de terre à quelcuh, auquel il enauroitpromisdcilx arpés. Letoutgiftenr cela, q la longue vie nous eft icy pfomUc, en^ tant quâelle eft benedidion.D âauantage quâc le eftbenedidion de Dieu, entât quâelle nous teftific fa grace ; laquelle il deelaire à fes ferui» teurs cent mille fois plus en la mort. Au cony traire, quand le Seigneur promet fa bcncdir dion en lavieprefénte ,à ceux quife feront rendus obeiffans à percs amp;nbsp;à . meres ; fcmbla-blement ilfignifie que fa malcdidion adaien dra à tous ceux qui auront efté defobeiffans.
74 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
Et à fin que fon iugement foit execute, il ordonne en fa Loy,quâon en face iuftice. Et sâils échappent de la main des hommessen quelque manière que ce foit, il en fera la vengeance. Car nous voyons de cefte manière de gens co-bien il en meurt,ou en guerre, ou en noifc, ou en autre façon:tellemét quâon apperçoitquc Dieu y bcfongne, les faifat mourir mabheu-reufement. Etfi aucun y en a qui échappent jufques à la vicilleCfe ; veu quâeftans priuez en cefte vie delà benedidio de Dieu,ne font que languir, amp;nbsp;pourlefutur fontreferuezà pluâ grandâpcinc; il fcn faut beaucoup quâils foyet parti ci pans de cefte promefle. Pour faire fin, il faut bricuemét noter,quâil ne nous eft point commadé dâobéir à noz parés,finon en Dieu: ce qui nâeft point obfcur par le fondemêt que nous auons mis.Carils prefident furnous,en-tant que Dieu les a eleus : leur communicant quelque portion de fonhonneur. Pourtant la fuietioh, qui leur eft rendue, doit eftre comme vn degré,pour nous conduire à la reueren-cede Dieu,qui eft le fouuerain Perc.Parquoy, fils nous veulent faire tranfgreffer fa Loy, ce nâeft pas raifon que nous les ayons pour pères: mais nous doyuent eftre lors pour cftran-gers,qui nous veulent deftourner de lâobeif-fance de noftre vray Pcrc.II faut auoir vn mef me iu-
DE s Dl X co M M AND. 7y Sie jugement de noz Princes,Seigneurs,amp; fu-perieurs. Car ce feroit vnc chofe trop deraifo-nablc, que leur preeminence valluft quelque chofe pour abbaiffer lahautcffe de Dicu;vcu quâelle en depend, amp;nbsp;ladoitpluftoft augmen ter,quâamoindrir: confcrmer,quc violer.
lE v I. CO « M AN DE M E NT.
Tu nâocciras point.
La fin eft â¢. dâautant que Dieu a coniolnt envnité toutlcgcnre humain:quc lefalutamp; laconferuationdetous doit eftre en recommandation à vn chacun. Parquoy enfomme, toutcviolécc amp;nbsp;iniurc amp;nbsp;nuifà ncc,par laquelle le corps de noftre prochain eft blclTé, nous eft intcrditc.De là nous faut venir au comma-dement: câeft, Quefi nous pouvions quelque chofe pour coferuer la vie de noftre prochain, il nous y faut fidèlement employer ; tant en procurant les chofes qui y apparticnent,quâen obuiantà touteequi y efteontraire: pareillement fils font en quelque danger ou perplexité,de leur aider amp;nbsp;fubuenir. Or fil nous fou uicnt, que Dieu eft le legiflateur qui parle en ' «âeft endro it ; il faut peider, quâil donne cefte
iS nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
reiglc à noftrcamc. Car cc fcroit chofe ridi-c'alc,qiic celiiy qui contemple les penfécs du cucur,3i: Parrefte principalement à icelles,nâm ftruiftà vrayciufticc,qùenoftrecorps. Par-quoy lâhomicide du cueur eft icy defendu : amp;nbsp;nous eft commandée lâaffedion intérieure de conferuer la vie de noftre prochain.Car combien que la main enfante lâhomicide : toutef-foislecueur le conçoit,quandil eftantaché dâircamp; dehainc. Regarde fi tu te peux courroucer à ton frère,'que tu nâappetes de luy nui re. Si tunctcpeuscouroucer:auffinelepcus tu hayr,quetu hâaycscc mefmc defir :'VcuquJ haine nâeftquâire enracinée Combien que tu diffimulcs,amp; taches par couuerturcsobliquci dâéchapper ; il cft certain, que haine amp;nbsp;ire ne peuuenteftrefanscupiditédemal faire. Situ veux encores tergiuerfer: défia il a efté pro--ftoncé par le faind Efprit : que tout homme -qui hait fon frere en fon cucur, eft homicide. .Ãleftprononcé parla bouche de Chrift;que ccluy qui hait fon frere,eft coulpabl c deiuge-mcnt;Qui monftre figne de courroux,eft coul pable dâeftre condamné par tout le Confifto-ire: Quiconque luy did iniure, eft coulpable de lagehcnnedu feu. LâEferiture note deux raifons,fur lefqucllcs eft fondé ce précepte. Câeftque lâhomme eft image de Dieu: puis aul5
DES DIX COMMAND. 77 aufficftnoftrçchair.Pourtantfi nous mevou lonsviolcrlâimagc de Dieu: nous ne deupns faire aucune offenfe à noftre prochain. Ãtd nous ne voulons renoncer toute humanité; nous le deuons entretenir comme noftre propre chairr. Lâexhortation qui fc peut tirer pour cela du bénéfice de la redemption de lefus Chrift, fera traitée ailleurs. Mais le Sei -gneuravoulu,quc nous confiderions naturel lementees deux choies ia dites, en lâhomme: lefqucllcs nous induifent à luy bien fairc:câc(\ quâenvnchacun,nousreucrions fon image, laquelle y eft imprimée: amp;nbsp;aimions noftre pro pre chair . Parquoy, ccluy qui Peft abftenu dâeffufion defang:nâcft pas pourtât innocent du crime dâhomicide.Car quiconque,ou com metparoeuurc, ouPefforce amp;nbsp;eftudie, ou cen çoitenfon cueur aucune chofc contraire au bien dcfon prochain, eft tenu de Dieu pour homicide. Dâautrepart,finon que nous nous employôs fclô noftre faculté,amp; lâoccafion qui nous fera donnée, à bien faire à noftre prochain ; par telle cruauté nous iranfgrelTons ce précepte. Or file Seigneur fe foucie tant du fa lut corporel dâvn chacunide cela nous pouuôs entendre, combien il nous oblige à procurer lefalut des ames, lefquelles font fans coparau ion plus precieufes douant luy.
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EXPO sIT I ON
lEVII. COMMANDEMENT.
Tu ne paillarderas point.
Lafineft. Pourcc que Dieu aime pureté amp;nbsp;chafteté: que toute immondicité doit eftre loing de nous.La fomme donc fera: Que nous ne foyons entachez dâaucune ordure ou intemperance de la chair. A quoy refpond le précepte affirmatif: câeft que noftre vie en toutes fcs avions foitreigléc à chafteté amp;nbsp;co-tinenc«. Oril defendnommémétpaillardife, d laquelle tend toute incontinccc:à fin que pat la turpitude amp;nbsp;deshonnefteté, qui cft en pail-Iardife,plus vifible amp;nbsp;apparcte, entant quâelle dcfhonorc noftre corps;il nous rend toutein-continencc abominable. Pource que lâhomme a efté créé à cefte condition, de ne viure point folitaire,mais auoirvne aide fembla-ble à foy. Dâauantage que par la malediâion du péché il a efté encores plus affuiedy à cefte neceffité : dâautant quâil eftoit expedient,le Seigneur nous a donné remede en ceft en-droit,eninftituant le mariage: lequel aprcslâa uoir ordonné dcfon authorité,lâafanâifié de fa bcncdidion.Dontil appcrt,quc toute com pagnie dâhomme amp;nbsp;de femme, hors mariage, cft maudite deuant luy : amp;nbsp;que la compaignie dem»'
DES DIX COMMAND.
79
de mariage nous eft donnée pour remede de noftre neceffité : à fin que nous ne lâchions la bride à noftre concupifccnce. Ne nous flattons point donc,quad nous oyosque lâhomme ne peut cohabiter aucc la femme,hors ma riage,fanslamalediôfiondc Dieu.
Or comme ainfi foir,que nous ayos doublement meftier de ce remede: afçauoir, tant pour la condition de noftre premiere nature, qucpourlcvice quiy eftlurucnu: amp;nbsp;quede cela nul ne foit excepté, fino celuy à qui Dieu afaiftparticulièrement grace :quâvn chacun regarde bien ce qui luy eft donné. le confefle bien,que virginité eft vnc vertu qui nâeft pas à mefprifer : mais dâautant quâelle nâeft pas donnée à chacun, amp;nbsp;aux autres elle nâeft donnée que pour v n temps, ceux qui font tormen tez dâincontinence, amp;nbsp;ne la peuucnt furmon» ter, doyuent recourir au remede de mariage, afin de garder chafteté, félon le degré de leur vocation.Carfi ceux qui nâont point receu vn teldon(iâenten de continence)nefubuien-nentà lcur fragilitépar le remede qui leur eft offert amp;nbsp;permis de Dieu, refiftent à Dieu amp;nbsp;à fon ordonnance. Et ne faut que quelcun obieâeicy ce quâont accouftumé plufieursde fairc:quepar lâaide de Dieu il pourra toutes chofes. Car cefte aide nâeft point donnée, û-
80 EXPOSITION
Matth 19,
J.Ciir.'/.
non à ceux qui cheminent en leurs voycs: câeft à dire en leur vocation. D c laquelle fc détournent tous ceux qui endelaiffant tous les moyens que Dieu leur baille, veulent pat folle témérité furmonter leur neceffité. Le Seigneur prononce, que continêcc eft vn don Gngulier,lequel nâeft point donné indifferein ment à toute fonEglife:mais à bien peudefes membres. Car il nous propofe vn certain genre dâhomme,lequel feft chaftré pour le Royaume des cicux;câeft à dire ,*pour vaquer plus librement à feruir à la gloire de Dieu. Et à fin que nul ne pcnfaft,quc cela fuft en noftre vertu,il auoit auparauant did, que tous nâen font point capables,mais tant feulement ceux, aufquels il eft donné du ciel. Dontilconclud, que celuy qui en' pourra vfcr, en vfe. Sainâ Paul cnfcigne de mefme,plus elairemét ,quad il did: Quâvn chacun a receu fa propre grace de Dieu: lâvn en vne forte, lâautre en lâautre. Puis que nous fommes aduertiz par vnetelle dénonciation,quâilnâeft pas en la puiflance dâvn chacun de garder chaftetéhors mariage, mefme quâil y euft dcuotion,amp; quâon Peffor-çaft de le faire; puis aufli quâil nous eft dénoncé,quecâeft vne grace fpeciale de Dieu,laquelle il ne donne quâà certaines perfonnes,à fin deles auoir plus propres amp;nbsp;plus à deliurc Ã
DES DIX COMMAND. 8l fonferuicc. Ne combatons-nous point cotre Dieu, amp;nbsp;contre la nature quâil a inftituée,fi nous nâaccommodons noftre fa^on deviure à lamefurc denoftre faculté? Dieu defend paillardifeen ce commandement: il requiert donc de nous pureté amp;nbsp;chafteté. OrlefcuI moyen delà garder eft, quâ vn chacun regarde fa portée,que nul ne mefprife le mariage, com me inutile ou fuperflu;quc nul ne defire de fen pafler,finon quâil fc puiffe abftenir de femme: que nul ne regarde en ccft endroit ou fon repos ou fa traquillité charnelle : mais quâil ccr-che feulement dâeftre mieux difpofé à feruir à Dieu ,eftant depefehé de tout lien qui lâen puiffe diftraire. Dâauantage,pource que plu-fieurs nâont le don de continence, finon pour vn temps, comme nous auons did: que celuy qui lâha fâabfticne de fe marier, cependat quâil fen peut paffer,amp; nonplus. Si la force luy de-faut,pour dompter amp;nbsp;vaincrela concupifeen-ce de fachair,il entende par cela, que Dieu luy impofe neceffité defe marier, ce quede-monftrelâ Apoftre, quand il commâdc, quâvn chacun, pour euiter paillardife, ait fa femme, amp;nbsp;quâvue chacune femme aitfon mary. Item, que celuy qui ne fe peut contenir, fe marie en Dieu.Prcmicrcmcnt il fignifie par cela,quela plufpart des hommes eft fuieteauvice dâin-F.
gi nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXrOSITIOM
continencc.Secondementilnâen excepte nuls de ceux qui y fontfuiets, quâil ne commande à tous de recourir à ceremede vnique, que il propofepour obuier à impudicité. Par-quoy, quiconque ne fe contient,fil mefprife deremedier à fon infirmité par ce moyen,il peche,mcfmeà cequâil nâobtempere pointa ce commandement de lâA poftre.
Et ne faut pasqueceluy quife contient depaillarderaduellement,fcflatc, comme fil nâeftoit point coulpable dâimpudicité, fi ion cueur brûle de mauuaife concupifccnce. Car fainâ Paul di ffinit que la vray e chafteté contient pureté de lâame , auec Phonnefteté du corps. Celle di t-il,qui eft hors mariage,pen fe à Dieu, comment elle fera fai nde de corps amp;nbsp;dâefprit. Et pourtant,quandil adioutcla raifon, pour confermer cefte fentence,quccc-luy qui nefe peut contenir,fedoit marierai ne did pas feulement,quâil eft meilleur de pre-dre vne femme,que de fouiller fon corps auec vnepaillarde:mais quâil eft meilleur defe marier,que de brûler. Omoz Preftres, Moynes amp;nbsp;Moyneffes, laiffans cefte confideration derrierre,fe confient bien quâris fe pourront contenir. Et qui leur a rcuelé,quâils pourront garder chafteté toute leur vie, à laquelleilsfo bligentA toufiours? Ilsoyentlafentencedc Dieu,
⢠DES DIX COMMAND.
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Dieu, touchant la condition vniucrfelle des hommes ; câeft, quâil nâcft point bon à lâhom-medâeftrefeul. Ils entendcnt(amp; pleuft.à Dieu quâils ne le fentiffent point) combien les aiguillons dâincontinence font afprcs en leur chair. De quelle hardieffe ofenr-ils reietter pour toute leur vie cefte vocation generale: veuquelcdonde continence eftle plus fou-uent donné à certain temps, félon que lâopportunité le requiert? En telle obftinatio que ils nâattendent point qu e Dieu leur doy ue ai-der.maispluftoft quils fe fouuienent de ce qui efteferit: Tu ne téteras point le Seigneur ton Dieu. Or cela eft tenter Dieu,de fcfforcer cotre la nature quâil nous adonnée, amp;nbsp;contemner les moyés quâil nou s prefente ; comme fils ne nous appartenoy ent de rien. Ce que ceux cy non feulement font; mais nâont point hon te,dâappeller le mariage,pollution ; duquel noftre Seigneur nâa point penié 1âinftitution^'Y^Y cftreindigncdefamaiefté-.lcquelilapronon jj'J[''^â cé eftrehonorable en tous:lcquel lefus Chrift afanâifié par fa prefence, amp;nbsp;honoré parfon premier miracle. Et font cela feulement pour magnifierlâeftatquâilsticnenf. câeftdefabftc-nir de mariage, corne fil nâapparoiffoit point parleur vie mefme, que câeft bien autre chofe dâabftinencc de mariage, 5: de virginité. Et
E. ii.
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ncantmoins,ils font fi effrontez, que dâappcl-ler leur vie AngcIique.En quoy certes ilsfont cropgrâdâiniureaux Anges de Dicu:auqucls ils accomparagent paillars amp;nbsp;adultérés,amp; encore beaucoup pires. Et de faidjilnefautpas icy grans argumens : veu quâils font conuain-euz par la vérité.Car nous voyons à lâÅil,com bien par horribles punitions noftre Seigneur punit vne telle arrogance, amp;nbsp;contemnement defesdons : amp;nbsp;ay vergongne dedecouurirce qui eft plus occultc,combié quâo en fcait trop la moitié,tellemét que lâair en put. Mais nous aurons encore à parler en vn autre lieu de là témérité de ce vÅu. Quant eft de ladefenie quâon a faide aux Preftres de fe marier : iedy quâeu cela il y a eu vne méchante tyrannie, no feulement contre la parolle de Dieu,mais auf-fi contre toute équité. Pour le premier,il nâc-ftoit nullemét licite aux hommes de défendre eeque Dieu auoit mis en noftre liberté.Seco-demér,câeft vnechofenotoire, amp;nbsp;laquelle nâa pointmeftierde probation, que noftre Seigneur aexprelfément ordonné,que cefteli-berté ne fuft point violée. Outrcplus, faind Paul, tantà Tite, quâà Timothée,ordonne quâvu Euefquefoit mary dâvue feule femme. Mais, comment cuft-il peu parler auec plus grande vehemence , que quand il dénoncé, quâil
DES DIX COMMAND. 8j quâil y aura des medians, lefquels défendront le mariage: proteftantquelelainâ Efprit les rcuele, arin quâon fen donne degardezamp;no-nie telle manière de gens non feulement fc-duamp;eurs,mais Diables. Voyla donc la Prophétie S: le tcfmoignage du fainâ Efprit, par lequel il a voulu dés le commencement prémunir les Eglifes : câeft, que la defenfe du mariage,cft dourine diabolique. Mais noz aduerfaircs penfentauoir trouué vne belle e-chapatoirc, quand ils expofent cela eftre did dâvnefeâe ancienne dâheretiques,quâon nom moit Taciens. Ce font,difenc- ils,ceux-là qui ont reprouué Ic mariage,amp; no pas nous.Com meficefte Prophétie,encorequâeUeeuft efté vne fois accomplie aux Taciens, nepouuoit audibien conuenir à eux. Mais nous ne condamnons point,difent-ils,le mariage du tout, feulement nous le défendons au Clergé.Com me G vne cauillationtant puerile, eftoit digne dâeftre receuê;de dire,quâils ne défendent point le mariage, dâautant quâils ne le défendent point à tous. Cela cft autant comme fi quelque tyran difoit,vneloy quâil auroit fai-âe nâeftre point inique, dâau tat quâelle ne gre uctoit quâvue partie du peuple.
llsobiedcnt,quâily doit auoir quelque marque ,pour difeerner le Clergé dâauee les F. in.
8lt;» nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
laiz ; come fi Dieu nouait point preueu quels font les vrais ornemens qui doyuét eure aux gens dâEglifc.En parlât ainfi,ils blafmcntlâA-poftre, comme fil auoit confondu lâordre de lâ£glife,amp; renuerfélâhonnefteté dâicelle: veu quâen donnât comme vn patron dâvn vray E-uefque, entre les vertus quâil y requiert, il y metle mariage.Icfcay bien cornent ils expofêt cela :câeft, quâil ne faut point elire pourEuef-queceluy qui aura cfté marié pour la féconde fois.Et de faiâ,ic cofcffc,quc cefte interpretati on nâeft pas nouuelle : touceffoisil appert par la procedure,quâelle eft fauflc,dâautâtquâinco tincntapres il ordonne quelles doyuent eftre les femmes des Preftres amp;nbsp;Diacres. Voiladôc S.Paul,qui metle mariage entrcles vertus dâvn bo Euefque.Ceux cy difet que ceft vn viccin-tollcrableen lâeftatEcclefiaftique.Quipiseft» nâeftans point contens de lâauoir blalmècn général, lâappellent fouillure amp;nbsp;pollution charnelle ; qui font les parolles de ce vicieux Pape,récitées en leurs Canons.Quâvn chacun penfe en foymefme, de quelle boutique cela eft party. Noftre Seigneur Icfus faiteeft honneur au mariage, de le nommer image amp;nbsp;reprefentatio de lâvnitéfainâe amp;nbsp;facréequâil ha aucc lâEglife. Que pourroit-on dire plus, pour exalter la dignité du mariage? QucHc impu-
DES DIX COMMAND. 8/ impudccc donc cft-ce,de lùppeller immonde ou poilu,quad il nous demonftre la grace fpi* ritueHede lEsvs CHRIST^ Or comme ainfi foit, que la prohibition répugné ain-fidaircmét à laparolle de Dieu:touteffois en coreilsont Vne couuerture,pour monftrer que les Prcûres ne fe doyuent point marier. Câeft que fil a fallu que les Preftres Leuiti-ques, quand ils approchoyent de lâautel, ne cohabitaffentpointauec leurs femmes, à fin de faire plus purement leurs facrifices: que ceneferoit point raifon,qucles Sacremens deChreftienté, qui font plus nobles amp;nbsp;plus excellcns,fuffent adminiftrezpar gens mariez . Commefi câeftoit vn mefmeoffice du miniftereEuangelique,amp; delaPreftrifeLe-ui tique. Au contraire,les Preftres Leuitiques reprefentoyent la perfonne de lefus Chrift: lequel,eftant Médiateur de Dieu amp;nbsp;des hommes, nous deuoit reconcilier au Pere par fa pureté trefaccomplic. O r comme ainfi foit quâiceux cftans pécheurs, ne peuffentrefpon-dreen toute manière à fa faindeté : à fin delà reprefenter aucunemét en figure,il leur eftoit commandé de fe purifier outre la couftume humaine, quad ils approchoyent du Sanduai rc,dâautant que lors proprement ils portoy ét la figure de Chrift, en ceque,commc moyens
F. üü.
88 expositton
£ir.j}.
neurs, ils apparoiffoy ent deuät Di eu,au nom du peuple, au Tabernacle, qui eftoit comme image du Throne celeftc. Or puis que les Pa-fteursEcclcliaftiques nâontpoint cefteoffice amp;nbsp;perfonnedacomparaifon nâeftpointà pro-pos. Pourtant,lâApoftre, fans aucune exception, afferme que le mariage eft honorable entre tous : mais q Dieu punira les paillars amp;nbsp;adultcrcs.Et de faid,les Apoftres ontapprou ué parleur exêplc, queie mariage ne derogoit dla faindeté dâaucû eftat de quelque ex cell été quâil fuft. Carfaind Paul tefmoigne, que non feulement ils ont retenu leurs femmes, mais auffi quâils les ont menées en leur compagnie.
Dâauatage, ce a efté vnegrande impudence,quâils ont exigé vne telle chafteté,pour cho feneceffaire, Enquoyils ont faic g rand opprobre à lâEglife ancienne : laquelle combien quâelle ait efté excellente en pure dodrine,ne-antmoins a encore plus fleury en faindeté. Car que diront-ils,ie vous prie,de tous les pères anciens,lefquclsonveoit non feulement auoirtolleré le mariage entres les Euefques, mais auffi lâauoirapprouué ? Il fenfuyuroit, quâils ont entretenu vne profanation des myfteresde IDieu ; puis que, félon lâopinion de ceux cy, ilsnc les traitoyent point pure-mët.Bien eft vray,q cefte matière fut agitée au
Concile
DES DIX COMMAND. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;89
Concile de Nice: amp;nbsp;comme il Pen trouuetouf jours quelques fuperftitieux, qui fongétquelq refueric nouuelle pour fe rendre admirables) il y en auoit qui euffent voulu le mariage eftre interditaux Preftres. Mais quâeft-ce quâil y fut coftitué? Câeft que la fentence de Paphnu-lius fut reccuë : lequel declaira, que chafteté cftoit cohabitation de lâhomme auecla fem-me.Parquoy, le fainâ mariage demeura en fon entier,amp; ne fut poi nt réputé à deshonneur auxEucfques qui eftoyent mariez:amp; neiugea on point, que cela tournaft à quelque maeufe auminiftere. Depuis furuinrintdâautres téps auquels Tâaugmenta cefte folle fuperftition, dâauoireneftime exceffiue lâabftinence de ma tiage. Car la virginité eftoit tellement priféc, quâà grand peine eftimoit-on,quâil y euft vertu digne dâaccomparer à icelle. Et combien quele mariage ne fuftpasdutout condamné comme pollution,touteffois la dignité dâicc-luy eftoit teUemét obfcurcie,quâon nâeftimoit point quâvu homme afpiraft droiftement à perfeâion,linon quâil fen abftint. Delà font vcnuzles Canons,par lefqucls il aefté ordonné, que ceux qui eftoyent défia enlâeftat de Preftrife nefe marialTentplus.Puis après dâau très, par lefquels a efté défendu dâen rcceuoir qui fulTent mariez,finon par le confentement
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expöSitiön
de leurs femmes,ils promiffent chadeté perpe« tüelle-.pourcc quâil fembloit aLits,que cclafcr-uoit à refidre U Preftrife plus honorable, on lâa fauorablemcnt reccUiTouteflois fi rioî aduerfaircs nous obicâoyent lâancienneté : ic reponpremièrement, quecefte liberté a elle du temps des Apoftres,amp; a duré affez longue* nient apres, que les Preftres pouuoycnt eftre mariez: mefmes quelcs Apofircs,amp; les autres fainds pères de lâEglifcprimitiuc,nâont point faidfcrupulcdâen vfer. le dyfecondement, quenous deuons auoir en telle eftime leurc« ple,quccâeftmal iugé à nous, de tcnirpouril-licite ou deshonnefte ce qui a efié lors non feulement vfité, maisauffi prifé.Ic dy dâeua-tage, que mefme du temps que Icmanagcnâa pluseftéen telle reuerence quâil appartenoit, par lâopinion fuperfticieufequâon auoitdela virginité:ficft-cequâonnâapointdu premier ; coup defédu aux preftres dele marier, comme ] fi câeftoit vnechofe neceftaire: mais pource quâon preferoit au mariage lâeftat de continc-cc,Finalemcntiedy,quecefteloy nâapas tel- \ lementeftércquife lors, quâon contraigniftà j continenceceuxqui nela pouuoycnt garder. Quâainfi roir,lcs Canos anciens ont ordonne grieues peines furies Preftres qui auroyent paillardé:ceux qui auoyentpris femmes,ils les ont
DES Dix COMMAND. SI ont feulemêt demis de lâoffice. Parquoy,tûu-lelFoisamp; quantesquc nozaduerfaires, pour maintenir cefte nouuclletyrannic, dont ils v-fent, nous allégueront lâEglife ancienne : nous répliquerons au contraire, quâils mon firent en leurs Prefires vnc telle chafteté, quâeftoit celle desPreftres anciens : quâils o-ftent tous paillars amp;nbsp;adultérés â¢. quâils ne permettent point, que ceux lefquels ils ne peuuent foutfrir habiter auec vnc femme en mariage, Tâabandonnentà toutevilenie: que ils remettent au deffus la difciplinc ancienne, laquelle eft abolie entre eux, pourrepri-merla deshonefteté qui fe commet entre eux: amp;nbsp;quâils deliurent lâEglife de cefte honte amp;nbsp;turpitude, par laquelle elle a efté ia log temps défigurée. Quand ils nous auront odroyc tout cela, nous aurons encore vnc autre répliqué à leur faire; quâils nâimpofent point ncceffité en vne chofe, laquelle de foymef-meeftlibre, amp;nbsp;fedoit accommoder à lâvtili-té de lâEglife. le ne dy pas ces chofes pour accorder quâon doyuc aucunement donner lieu aux Canons, qui ont aftraint les gens dâEgli-fc à lâeftat de continence: mais afin que toutes gens de bon efprit cognoiflent queUeimpu-dence câeft à noz aduerfaires, de tant diffamer le faimâ mariage fous couleur dclâEgli-
^Z EXPOSITIOM
MiimJi.
Iniunt cr».
fc ancienne. Quat eft des peres,defque!s nous auonslcsliures, excepté Hierome, ilsnâont point detraâé fi fort de lâhonncftetédu maria ge: mcfme quand ils declairent priiiémcntcs quâils en penfoycnt. Nous feras contens dâvn tefmoignagede faind Chryfoftome:veuquâ11 nâeft point fufpcâ dâauoir trop fauorifé au mariageimaisau contraire a trop encline à pd fer amp;nbsp;magnifier la virginité.Or il parle en«' ftemaniere:Lcprcmicr degréde chafteté/ft virginité immaculée. Le fécond, efimariag® loyalement gardé. Câeft donc vnc féconde e* fpece de virginité, que lâamour du mary amp;nbsp;d® la femme,quand ils viuent bien en mariage.
Maintenant,fi les gens mariez recognoif fcnt,quclcur compagnie eftbenite de Dieu: cclales doit admonelter de ne la point contaminer par intemperance difloIuë.Car comblé que lâhonefteté du mariage couurc la turpitude dâincontinence: ce nâeft pas à dire, que ce en doyuc eftre vne incitation. Pourtant ils ne doyucnt pas penfer, que toutes chofes leur foyentlicites;mais vn chacunfe doit tenirfo* brement auec fa femme, amp;nbsp;la femme mutuellement auee fon mary ; ft gou uemans tcllemét quâils ne facent rien contraire à la fainâete du matiage.Car ainfi doit eftre rei gléc,amp; à tel le modeftie fe doit réduire lâordonnancede
Dieu:
DES DIX COMMAND. ÿj DieuiiS: non pas fedcfborder en dilTolution. Finalement il nous faut regarder quel legifla-teurcâeftqui condamne paillardife: câeftafça uoir,celuy qui nous poffede entièrement. Et pourtant à bon droit rcquiertdc nous intégrité, tant au corps, quâen lâameamp; eniâefprit. Quand donc il defend de paillarderà l defend iuflî, ou par habillemcns immodcftes,ou par geftes amp;nbsp;contenances impudiques, ou par vilaines parolles,tédre à induircles autres à mal. Carvn Philofophe nommé Archclaus, ne dit pointfans raifon à vnieunc homme trop délicatement veftu,que câeftoit tout vn, en quelle partie du corps il monftraft fon impudicité. Cclady-ie,haraifondeuar Dieii,lequclhaen abomination toute ordure,en quelque partie quâelle foit, ou de lâame ou du corps.Età fin que nul ne doute de celaxonfidcros que Dieu nous recommande icy chafieté.Sâil lâa com-mandèeùl condamne tout ce qui y contrarie. Parquoy, fi nous voulons obéir à ce commâ-dcmentjil ne faut point que le cueur brûle intérieurement de mauuaifeconcupifccnce,ou que le regard foit impudique, ouquelafacc foit ornée,comme pour maquerclagcs,ou que la langue par vilaines parolles attire à paillar-dife,ou quela bouche par intéperance en donc matière. Car tous ces vices font corne ma-
94 nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
culcs,parlefquclles chafteté amp;nbsp;continence eft entacncc,amp; fapuretc eft fouillée.
tE vm. COMMANDEMENT.
Tu ne déroberas point.
La fin eft, pource que toute iniufticeeft defplaifante à Dieu ; qucnous rendions à vn chacun ccquiluy appartient.Lafommedonc fcra-.quâil nous deféd detacher à attirer à nous les biens dâautruy: amp;pourtat nous commande de nous employer fidelement à conferuet le fié à vn chacun.Car il nous faut eftimer,que cequâvn chacupoffedc,ncluy eft point adue--nu par cas fortuit: mais parla diftribution de Dieu:amp; à cefteraifon, quâon nepeut frauder perfonne defes richefTes, que la difpenfation de Dieu ne foit violée. Or il y aplufieurs efpeces de larcin. Lâvnc gift en violence: quand par force, amp;nbsp;quafi par vne manière de briganderie, on voie amp;nbsp;pille le bien dâautruy . Lâautre gift en fraude de malice : quand cautcleufement on appourift fon prochain, en le trompant amp;nbsp;dcceuant. Lâautre ha vne a-ftuce encores plus coiiuertc, quand fous couleur de droit, onpriuc quelcun defes biens. Lâautre en flaterie: quand par belles parollcs
DES DIX COMMAND. 9$ parollesonatcireà foy, ou fous uitrede donation, ou autrement, ce qui deuoit appartenir à vn autre.Mais pour ne point trop nous arrefter à raconter les genres diuers : il nous fautbrieuement noter,que tous moyens dont nousvfons pour nous enrichir au dommage dâautruy, quand ils dedinent de lafyncenté Chreftienne, laquelle doit eure gardée en di-leftion: amp;;fedefuoycnt à quelquc obliquité iiâaftucc,ou de toute autre nuifance, doyuent eftretenuzpour larcins. Car combien que ceux, qui y procèdent en telle façon,fouuen-teffois gaignent leur caufe deuant le luge : * neantmoins Dieu ne les a pour autres que lar-! rons. Caril veoitles embufehes que font de loing les fines gen s, pour attrappcr les fini-pies enlcurs rets ; il veoit la rigueur des exa-â ftions que font les plus grans aux plus petis, pourlcs fouler ; il veoit combien font vcni-nieufcslesflateries,dontvfentceux qui veulent emmieller quelcun pour le tromper: Icf-queUes chofes ne vicnent point à cognoiffan-1 ce des hommes. Dâauantage la tranfgref-fion de ce précepte ne gift pas feulement en cela quand'on tait tort à quelcun enfonar-gent,cn marchandife,ou pofleffiommais auffi en quelque droit que ce foit. Car nous frau-dos noftre prochain de fon bié,finousluy de-
5lt;f nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
nions les offices,auqucls nousluy fommeste' nuz.Parquoy fi vn receucur, ou metayer, ou fermier, au lieu de veillerfurlc bien de fon maiftre, vit en oifiuetc,fans fe foncier depro-curcrlebiendcceluy qui le nourrift:fâildilTiâ pcmal ccquiluy cft commis, ou en abufeen fuperfluitc: fi vnfcruiteur fe mocque de fon maiftre,fâil diuulguefcsfecrets,Pil machinerie contre fon bien, ou fa renommée, ou fa vie:fi dâautre part le maiftre traite inhumainement fa famille,eâeftlarcin deuant Dieu. Car celuy qui ne fâacquite point enuers les autres,du de-uoirqucportefavocation,retient ce qui appartient à autruy.
Nous obéirons donc au commandement, fi eftans contens de noftrc condition, nous ne tachons à faire gain, finon que honefte amp;nbsp;]cgitime;fi nous nâappetons point de nous en-richir,cn faUat tort à noftre prochain ; fi nous ne machinons point de le deftruirc,pour attirer à nous fon bien :fi nous ne mettons point noftre eftude à affemblcr nehefles dufangde la fucur dâautruy : fi nous nâattirons point de ^à amp;nbsp;de là , à to rt amp;nbsp;à traucrs, tout ce quâil cft polfible, pour remplir noftrc auarice, ou dcf-pendre enfuperfluité.Mais au cótraire,fi nous auons toufiours ce but dâaider à vn chacun, tantquenouspouuons, de noftrc confeil,amp; de no-
DES DIlXTC ÃM M A KD. ?gt;7 it neftre fuftance , a conferuer lefien.. Et Pi/ auient que nous ayons à faire auec mefehan# gens amp;nbsp;trompeurs'.que nous.loyos prefbi pluf-toft dequiter duDoftKiqUftdecombâtreauee â eux par melmc manee.EcKo:n ftulementçq^: mais quand nous verrons aucuns en, pourcté, nous comuniquions à leur indigence , amp;nbsp;fou-lagionsleur neceffité parinüftre abondance. Finalement quâvn chacun regarde çnquoy il cft obligé du deuoir defon office chuers lcs .autres,à fin de Pacquiter loyaumcnt.Par cefte »aifon,que le peuple porte honneur à fes fupe-ticurs, fe foumettant à eux de boncueur,o-beiffant à leursloixamp;commandcmens.ncrç-fufant ne quâilpuiffe faire fans offéfer Dieu. -Dâautre part que les fupctieurs ayent foing amp;nbsp;folicitudede gouuernerleur peuple, de con-feruer la paix par tout, d efcn dre les bons, cha-.ftier les manuals,amp; gouüerner, comme ayans à rendre copte de leurofficc à Dieu fouuerain â¢iuge; QiiclesMiniftrCsEcclefiaftiqueS admi--niftrent fidèlement la par^oUede Dieü,nccoi}-jompans point la dourine de faâlut,mais- coq-âferuans laipuretc dâicella. Et que noafcul^ mentils mftruifent le peuplc cnbonne doâîi ne: mais auffi en exemple de vie. Brief quâils â¢prefident comme bons payeurs fur les brebis.
Dâautre part quel: peupk les reçoyuc pour -erq nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;C.
9^
exposition
mcfragcrsamp; Apoftres de Dieu ; leur rendant lâhonneur que noftre Seigneur leur attribue, amp;nbsp;leur donnant à viure. Que les parens fern ployét à nourrir,inftruire, amp;nbsp;gouuerncrleurs enfans,corne leur cftans comis de Dieu, neirt .traitans point trop rigoreufement, pour leur faire perdre courage; mais les entretienenten douceur amp;nbsp;bénignité conuenable à leur per-fonnc ; corne il a efte did, que mutucllcmét les ^enfans leur doyuent reuerenec amp;nbsp;fuictioft. -ïtem,Qiie les ieuncs portent honcur aux vieil les gens,corne noftre Seigneur a voulu ceft aa-gelà cftre honorable.: amp;auffi que les anciens tachen t de dreffer les jeunes par leur prudence, ne les traitans point par trop grande ri-^iicur,majs vfans dâvnc grauitc tempérée aucc douceur amp;nbsp;facilité. Quelesferuiteursfcren--deutferuiablesà lcursmaiftres, amp;nbsp;diligensi leur complaire : amp;nbsp;no point feulement à lâceü» mais aufti de cueur,commc feruans à Dieu. Que les maiftres auffi ne fc rendent point trop difricilcs amp;nbsp;intraidables à leurs ferui-teurs: lesopprimansdctrop grande rigueur, ou les traitans contumelieufement: mais plus 'toft quâils les recognoiflent pour frères amp;nbsp;'leurs compagnons aufcruicc dcDicu;à findc les entretenir humainement. Quâen cefte ma-nierc donc vn chacun repute ce quâil doit il fes pro-
DES Dix COMMAND. '^ÿ prochains,en fon ordre amp;nbsp;degré,amp; leur rende ce quâil leur doit.Dâauantage il faut quetouf-iours noftre mémoire foit dreffée aulegifla-teur-.à finquâil nous fouuicne, que cefte reiglc nâeftpas moins ordonnée au corps,quâà iâ.ime, à ce quâvu chacun applique fa volonté à con*-feruer amp;nbsp;auaccrlc bié amp;nbsp;vtilité de tous homes.
LE IX. commandement.
Tu ne feras point faux tefmoing contre ton prochain.
La fin eft ; pource que D icu ,qui cft vérité, ha (uéfonge en exccratio, quâil nous faut garder vérité fansfeintife. Lalomm: donefera, que nous ne bleffions la renommée de perfon ne par calonies ou faux rapporcs;ou que nous le greuions en fa fuftancc. Brief, que nous ne facions tortaperfonnemy en mcdifant,ny en nous mocquât. A cefte defenfcrcfpondleprc-cepte affirmatif: quâaidios à vu chacun, fidèlement à maintenir la verité;foit pour confer-uct fon bien, ou fa renommée. Il appert que noftreScigneur a voulu cxpoferle fens de ce précepte au aj.chapitre dâExode. Difant: Tu ne maintiendrasparollc de méfonge: amp;nbsp;ne te coioindras à porter faux tefmoignage pour le tm.!^. menfonge, ltem,Tufuyras tous menfonges.
G. ii.
.|lt;gt;o nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;^ v â E-X lt;gt;4) 5 I T I O N, ,,
â¢Et«n yn autre lieu, nonfeulement il nous dc' fend dâc(UerapporteurSjdetraiSeurs,amp; medi-fans;mais auffi de deceuoir noftre frere : car il :parledelâvnamp; de lâautre nomément. Certes ÿ nây a doute, que comme cydeffus il a voulu corriger cruauté, impudicité, amp;nbsp;auarice: auffi quâil veut icy reprimer faufleté: laquelle cH comprife en ces deux parties, que nousauons diftes.Car ou en mcdifant nous bleffons lare-nomee demoûre prochain:ou par menfonges amp;nbsp;parollcs obliques nous empefchós fon profit. Or il ne peut challoir, fi on entendicy te^ moignagefolennel,quife rend en iugement, ou qurgift en parollcs priuécs:car il faut rouf-jours là reuenir:que dâvn chacun genrede vices,noftre Seigneur nous propofc.vnc efpecc po ur exemple,! laquelle il faut rapporter routes les autres.' Dâauantagequâil choifitcellfi en laquelle il apparoift plus de turpitude. Co-bien queiâaime mieux prendre ce commanr dcniontcngencrakdâautânt que fauxtefmoi-gnagc en iuftice nâeft jamais fans pariure. Or du pariure il en a efte parlé en la premiere Tables Maintenant nous voyons, que pour bien obfemer cé précepte, il faut que nous facions feruir'ânoftre bouche à noftre prochain en
' vérité, tant pour luy conferuer fon eftime, quefonprofit. Lâéquité cft bieneuidente.Car fi bon-
DE S ft IX tbMttAND. löt fibone renommée eftplus'precieurcqûéthré--forquelconquc,onne fait point moindré tort. à Ph'omme en luy offât fa bonne eftime^quâem ledcfpouiilant de.fi fuftance. D-âautrepart onufait aucuneffois plus de dommage au prochain par menfonge, quepar larcin.â NW antmoins câeft mcrucillcs, comment on nefçj foueye point dâoffenfer en ceft endroits Carib yena bien peu qui ne foyent entachez, bien, fonde ce vice: comctoutle monde eftenclin à efpluchcr, amp;dôfcouunr les vices dâautruy i. Et ne faut penfer, que ce foit exeufe vallable,i fi nous ne mentons point : carceluy quideféd de diffamer le prochain en mentant 5 veut que. foneftimefoitconferuée, entant quhlfe peut» faireauec vérité. Car combi en quâil ne de-.' fendefinon de la bleffer par menfonge;toutef-' fois en cela il figniamp;cquâil lâha enrecomméda-tion.Oril nous doit bien fufhre, quand houi voyons que noftre Seigneur pren4 ccftc foli-â ôtude, que noftreprochain ne foitpoint dif-» famé. Parquoy toute detradioh efticy con-. danéefans doute.Par detraftion, nous entendons, non point reprehenfion qui fc fait pour' corriger 1âhomme:non point aceufationiudi-dairc,qui fe faitpour remédier aux vice's; non 1 point corredion publique,qui fe fait dèqud-cun pour desnner crainte aux autres s no point ^c.otijfuîh nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;G. iii.
l
101
EXPOSITION
aducrriflcincnt, quâon fait de la méchanceté dâvn homme à ceux aufqiiels ileft expedient delà cognûiftre,ahnde nâen eftrepoint abu-fez: mais iniurc odieufe, laquelle fé fait de mauuais vouloir, ou de cupidité de mcdirc. Dâauantage ce précepte lâçftcnd iufques là , que nous nâaffedions point vne plaiiantcrie dâhoncftcté,amp; vne grace de brocarder amp;nbsp;mordre en riant les vnsamp;les autres, comme font aucuns,qui fcbaigncnt,quandils pcuuent faire vergohgne à quelcun. Car par telle intempérance fouuenteffois quelque marque demeure furlâhomequâon a ainfi noté. Maintenant lî nous confiderons le legiflateur, U-quel ne doit pas moins dominer fur lesau-reillcs amp;nbsp;fur lescueurs, que fur les langue.*, nouscognoiftrons quâicy là cupidité dâouyr les detradeurs, amp;nbsp;la promptitude de leurprc-ftcrlâaureillc, amp;nbsp;de croire légèrement à leurs mauuais rappors, nâeft pas moins défendue, quededetrader. Car cefcroitvnemocquerie de dire que Dieuhaitlc vice de maledicence enla langue: amp;nbsp;quâil ne réprouuaft point la malignité du cueur, Pourtanr,fi nous portons V raye crainte amp;nbsp;amour à Dieu, mettons peine,tant quâil eft poffiblc amp;nbsp;expcdiét,amp; entant qudacharité requiert,dc ne point accommoderne les aureiUes, nela langue,à blafme, ..i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;detradion,
DES DIX COMMA ND. »ji detra dion,ou brocardilctde ne donner point facilement lieu en noftre cueur à maxtuaifes fufpicions : mais prenant en bonne part les faifts amp;nbsp;diâs de tout le monde,conferuons en toute manière lâhonneur à vn chacun.
lE X. COMMANDEMENT.'â
Tu ne conuoiteras point la mai-fon de ton prochain,amp; ne délireras pointfafemme,ne fon feruiteur, ne U châbiiere,ne fon beuf, ne fon af*-ne,ne nulle des chofes qui lot à luy^
La fin cft;Pource que Dieu veut que toute noftre ame foit replie amp;nbsp;pofTedée dâaffeâia de charité, quâil faut ietter hors de noftre cueurtoute cupidité contraire'. Lafomme donefera, quâil nenous vicne aucunepenfee en lâcntendcmct,pour emouuoir noftre cueur à concupifcence: laquelle emporte nuifance ou detriment à noftre prochain. A quoy ref-pond dâautrepart le précepte affirmatif. G*eft:-que quelque choie que nous conceuions,dcli fierions, ou appetions,ou pourfuy uions: que cclafoitconioindaueclebiê«SL vtilité dç no-ftreprochain. Maisily aicyvne grade difficulté. Car fi Ce que nous auos diâ par cy de-t G. iiii.
KJ^t .a ; B X R O) s l T-Jl o H
umtcft vray i que hoftïe Scigiïcur, en defendant la paillardiie amp;nbsp;larcin,par cela defendoit impudtfKé,amp; fout vouloir de nuire, tromper amp;^lrO'bcr ; il Sembler oit auis eftre fupeiflu, de maintenant interdire feparéement lacon-cupifcencc. des. biens ^dâantruy . Toutef-fojs nou? pourrons foudre cefte queftion, en «onfiderant quelle-différence il y a entre qonûiiE amp;nbsp;concupifçence. Car nous appelions confeil, vn propos délibéré de la volonté:'quand le cueüfMel^Ebmmc eft vaincu amp;nbsp;fuhiugué par .la. tentation.. '' Concupifeçnce ppjjtieftic lans .tclle'del^oation ou confen-tement : quand Ic'cueur éft feulement chatouillé amp;nbsp;picqué defcommettre quelque mef-ehaheetî* Parquoy,'âcomme cy deirus,le hei-gnoura voulu, que les voletez, entreprinks dtKXUuteside eânômefuffent modérées félon la reigle decharitétainfi maintenant il veut,quo les penfees de lâentendement y foyentduifi rapportées: à ce quil nfy en ait nul qui incite au contraire. Gbmme au parauant il ade-» fcndu',quele cucur ne fuft induit à ire', haine, pailUrdife,rapine, menfonge : ainfi à prefent à defend ', quâil nây foit prouoqué ou emeu. Et nâeft pas fans caufe quùl requiert vneü gra* de droiture. Car qui eft-^cc qui niera,que ce nefoit râifon,quetoutês lesvertuz dedâarac
⢠' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;foyent
DES DIX COMMAND.' Wf foment appliquées à chari té ? Et fi aucun en eft. deftourué , qui cft-ce qui niera , quâelle ne fuit vicieufe? Or dont vient cela, que quelque cupidité dômageufe à ton prochain, entre en ton entendement-.finon dâautant,quâen négligeant les autres,tucerches feulement ton profit ? Car fi tout ton cueur eftoit occupé do charité-nulle telle imagination nây auroit.cn-gt; trée.11 faut doc dire' quâri eft vuy de de charité-, entât quâil reçoit tel! es cocupifcences. QucI-conobieftera,quâil nâeft pas touteffois conue-t nablc que les fâtaifies,qui vol tiget au cerucau, amp;nbsp;apres Peuanouyffent,foycnt condamnées. pourconcupifccnccs;lcfquclles ont leur fiegc. dedans le cueur. Ic refpon, quâil cfticy que-ftion des fantaifics, lefquellcs non feulement paffent au traucrs du cerucau : mais aulfi poi-gncntlccueurdeconcupifcence: vcu que ia-mais nous ne conceuons en la penfée quelque defir oufouhait,quclc cueur nâen foit touché amp;nbsp;enflambé. Noftre Seigneur donc comman de vnc mcrueilleufe ardeur de charitc;.laqueli le il ne veut eftre empefehée de la moindre co cupifcence du monde. Il requiert vn cueur merueilleufemcnt tempéré : lequel il ne.veut eftre aucunement picqué dâvn feul aguiHon contre la loy de charité. Sai nâ Auguftin mâa faitouuerture à entendre ce précepte ; afin:
lOf E X ? 0 S I T I'Ã N
quâil ne femble à quelcun queiefoye feulêfl mort opinion. Or combien que lâintention de Dieu a efté,de défendre touteniauuaife eu pidité: neantmoins il a mis pourexcmpldcs obiefts, qui ontaccouftumé le plus fonuent de nous attirer amp;nbsp;deccuoir. En quoy fartant, il ne permet rien'à la cupidité de lâhomme: quandil la retire dcschofes,efqucllcs elle cd principalement endinée. Nousauons maintenant la féconde Table de la Loy laquelle nousadmonefte ampicrnentdc ce que nous deuons aux hommes pour lâamour dcDieur^ lur lequel eft fondée la charité. Parquoy oo auroit beau inculquer les choies qui fonten-feignéesen cefte féconde Tablc,finonquetel lcdodrine fuft premièrement appuyée furli crainte amp;nbsp;reucrencede Dieu,comme fur fou fondement.
Dono. '
* Ilncfera pas maintenant difficile à iugff quel eft le but de la Loy :afçauoir vnciuliice parfaidc,à ce que la vie de lâhomme foit conformée .à la pureté de Dieu, comme à vnpâ* tron. Car noftre Seigneur a tellcmétdcpeinâ fanaturcen la Loy,quefi quelcun accomplif-foitccqui y eft commande,!! reprefenteroit _ en fa vie lâimage de Dieu. Pourtant Moyfe, voulantfommaircmcnt réduire en mémoire au peuple dâifraelfcs cSmandemensiEcquâed
. ce
CES DIX COMMAND, IO7
celfrad^iloit-il, que tc commadeton Dieu: finon que tu le craignes amp;nbsp;chemines en fes voyes? quetuPaimes, amp;nbsp;que tu le ferues en tout ton cucur,dc toute ton ame : amp;nbsp;garde feS commandemens? Et ne ccffoit dclcur répéter cela touteffois amp;nbsp;quantcs quâil vouloir rc-monftrer la fin de la Loy. Voila donc à quoy regarde la dodrine de la Loy xâeft de conioin drelâhommeparfainâcté de vicà fon Dieu: amp;nbsp;comme Moy fc dit en vn autre lieu, le faire on«.ii. adherer auccluy. Or lâaccompliffement de cefte fainfteté gift en ces deux articles : Que M4«/gt;.ii. nousaimiosleScigncur Dicudetoutnoftre cueur, de toute noftrc ame, amp;nbsp;de toutes noz forces: En après noftrc prochain corne nouf-mefmes. Le premier donc eft,quc noftrc ame foitenticremet remplie de la charité de Dieu. De là apres fenfuyura la dileâion de noftrc prochain. CâcftcequâcntcndlâApoftrc,quad i.hm.i.
dit, que la fin des commandemens, cft cha~ rité,üc confcience pure, amp;nbsp;foy non feinâc. Nous voyons comment la bonne confcience amp;laFoy,câcftà ,dirc en vn mot la pieté amp;nbsp;crainte de Di eu,cft mifeau dcffus,comnic au chef:amp; de là apres déduit charité. Ce (croit donc folie, de penfer que la Loy nâenfeignaft «no quelques petis rudimens de iufticc, pour introduire feulement les hommes à Vn cota-
Ão8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;ïf t fgt;à s K ION. ''â
meiTCcmcnt : amp;nbsp;non pas pour les conduire ni' parfaite voye; voii que nous nefaurions deft-rer vne plus grande perfeâion, que celle qui cft tomprinicenla'fentcnce deMoyfe,amp;cel-i la defainô Paul, Garou voudra tendre ccluy qtli'nc fera point content de lâinftruâion, par laquelle lâhomme cft dreffé amp;nbsp;formé à lacrain tedc'Dieu,auferuicè fpintuel deGmaiefté, à Jâobeiflance des commandemens, à la droi-.1 t.wUturamp;de Dieu amp;nbsp;de G voye, finalement à pureté de confciencc,fincerité de foy,amp; dileâion?
.x f.ib'jj 'Parlaq ucllc raifon eft con fermée lâexpofitioa qtie nous auons mife, en reduifant aux com-rnandemens de la Loy tout ce qui eft requis a piété amp;nbsp;charité. Car ceux qui fâarreftencà ie n'efeay quels elemens, comme fi elle nâenfei-gnoit quâà demy la volonté de Dicu:ne nenét point biêla fin dâicclle^commeditlâApoftrc.
â¢â â¢â¢ â â¢' TouteffoîspoureequeChriftamp;fesApo ftres aucuneffois en récitant lafomme de la Loy, ne font nulle mention de la première* T able : il faut quenous touchions vn mot de cela ; à caufe que pluficurs Py abufent, refc-rans I es parolles à toute la Loy,lefq uelles font M^di ij diftes delà moitié. Chriftenfainâ:Matthieu disque le principal delà Loy gift en miferi-cordc,iugement amp;nbsp;foy. Par ce mot de Foy, il nây a doute quâil ne fignifie vérité. Neant-moini
DES DIX OOMMAND. lOp
moins pour çftendre Cefte fcntenceà la Loy vnkierfellc,aucuns prenent le mot de Foy, pour religion. Ce qui cftfriuoIexarChrift parle là des Åiiures, par Icfquellcs lâhommp doitfairc apparoiftrefaiuftice . Si nous Qigt; feruonsceftcraifon,il ne nous fera point de mcrueille,pourquoy en vn autre lieu, eRant interrogué,quels font les comandemens quâai faut obferuer pour entrer en la vie éternelle: il refpond, que ce font ceux qui fâenfuyuent: Tu ne tueras point. Tu ne paillarderas point. Tunedefroberaspoint. Tu ne diras point faux tefmoignage. n Tu honoreras perc amp;nbsp;mere. Tu aimeras ton prochain comme toy-.mefme. Car lâobier nation delà premiere Table eftoit fituéc ou en lâaffeâion i nterieure dp cucur,oucn ceremonies. Lâaffeâion ducueur nâapparoiffoit point. Les hypocrites obfer-uoyent les ceremonies plus diligemmcnr que tous autres.Ce font doc les Åuures de charité
qui rendent plus certain tefmoignage de la iufticc.Maisquclcun demandera,fil y a plu« grande importance, pour obtenir iuftice, de viure bien amp;nbsp;loyaument entre les hommes, que de craindre Dieu, amp;nbsp;lâhonorcr par pieté? Acclaicrefponsque non.Maispourcequenul ne peut facilement gar der charité du tour,que premièrement il ne craigne Dieu, lesÅuure«
no nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSJTtOM
Tfiiif.
dc charité font approbation mcfmc de la pieté dclâhommc.Dâauantage,commcainfifoit, que Dieu ne puifle receuoir aucun bienfaiâ de nous, comme il dit parfon Prophète : il ne requiert point que nous nous employons à luy faire du bien : mais il nous exerce en bon- i nes ocuurcs enuers noftre prochain. Parquoy ce uâeft point fans caufe, que fai nd Paul con-ftituctoutclapcrfediondu fidele, en charité. â Et en vn autre paffage il lâappelle lâaccompli- , fement delà Loy : difant, que celuy qui aims fonprochain,aaccomply laLoy. Puis aptes dit,quâcllccft entièrement comprinfe fous rt mot : Tu aimeras ton prochain commetoy-mefme. Car il nâenfeignent rien dâauantage, que ce que dit le Seigneuren cefte fentence. Tout ce que vous voulez que vous faccntles hommes, faites leur: car en cela gift la Loy amp;nbsp;les Prophetes. Il eft ccrtain,quc tant la Lof que les Prophetes, donnent le premier lieu à la Foy,amp; à la reueréce du Nom de Dieu: puis après recommandent la dileâion enuers le prochain. Mais le Seigneur entcnd,que là il nous eft feulement commande à âobferucr droiôurc amp;nbsp;équité enuers les hommes, pour teftifier la crainte de Dieu,fi elle eft en nous.
Arreftons nous donc à ce poinâ:que lors noftre viefera bien ordonnée à la volonté de Dieu,
DES DIX COMMAND. Tit
t nbsp;Dieu, amp;nbsp;au commandement de la Loy, Celle
l eft profitablrtsii route manière à noz frères. \ 'Au contraire, eh toute la Loy on ne lit point vnefeulcfyllabe,qiii donnereiglc à lâhomme deeequâil doyue faircou biffer,pour fon pro fit. Et certes,puis que les hommes,de leur naturel font trop plus enclins à Paimer, quâil ne feroildemeftier sil ne falloir ià leur donner commandement pourlcs enflamberà cefta-mour qui de foy mefmc excedoit mefurc. Dot il eft cuidcnt,quc non point lâamour de nouf-mefrne, mais de Dieu, amp;nbsp;de noftre prochain., eftlâobferuation des commSdemens: amp;nbsp;pour tant,queceftuy là vit trcfbien,qui le moins quâil luy eftpoffible,vit à foymefmc.Dâautre-part, que nul ne vit plus defordonnémêt, que celuy qui vit à foy, amp;nbsp;ne pcnfe quâà fon profit. Mcfmclc Seigneur, à fin de mieux exprimer quelle affeébon dâamour nous deuons à no-ftre prochain , nous renuoye à lâamour de noufmcfmc, amp;nbsp;nous le propofe pour reiglc amp;nbsp;patron. Ce qui eft diligemment à confidercr. Carilnefaul point prendrecefte fimilitudc, comme dâaucuns Sophiftes ,qui ont penfé, quâil comandoità chacun de iâaimer en prc-micrlicu,puis après fon prochain. Mais plus loft il a voulu tranffcrer aux autres lâamour que nous attirons à nous. Parquoy,lâApo- i.c»r.tj
ftrc'dit,que charité ne cerche point fon profit .particulier. Et ne vaut pas vn feftu la raifoo âquâjls allèguent : cleft, que la rciglc preceded choie,quieftcompaflceà iceUe. Orileftainfb ; difcnt-ils , que noftrc Seigneur compare M i charité denoftre prochain à lâamour de noui* j mefmes. le rcfpon, que noftrc Seigneur ne conftitue point ceft amour de noulmcfnief commcvncrcjgle,à laquellcfoitrcduitcladi- J ledio denoftre prochain, comme inférieure. , Mais au lieu,que de noftrc peruerfité naturel- I Ic,noftrcamourrcpofoit en nous,il monÃre quâil faut quâelle lâefpandc ailleurs: à fin que bous ne foyons point moins prefts à bien faire aux autres quâà noufmefmes.
ÃVTRE EXPOSITION
Des dix Com mande mens. ; . ;
tu7j 'S
Par PH. M. a ;(n
*EST VNE ©HO5B bien profitable amp;nbsp;treffa-lutairc que méditer au« comandemens delà Loy: I car ils eonticnent vnc ( dodrinc tant ample amp;nbsp;1 haute,quâon ne la pour-
toit ramais affez pleinement co^noifirc. né irmais efpuiler. Parquov la follic deâcéurc qui tmaginent quâon peut fatiffaire à la Loy dé Picu,nousdoit eftre en plus grandâhorreur; amp;nbsp;qui plus cft,difans dâauantage quâil nous eft poflibic de faire quelque chofe par deffus^ voire de meilleures chofes. Ces paroles ne font point humaines, mais femées par le Dia-ble;qui par cefte incarnation tirée de fa pni-dâhommie amp;nbsp;pureté ^ déçoit le genre humain'. Car comme ainfi foit que Dieu demonfire en cefte Loy,à quoy cft créée nature humai nCj deque! degré nousfommes tombez, en quelles miferes amp;nbsp;tenebres nous fommes plongés,
â EXPQSITIOÃî
»14
If drabic cornefc rnôqùamp; de nous, afémé de» parolle5ide^uiféç?gt;:^^^tjflai^tJaLoy dePieu. Sachet'doc les fidèles que ces erreurs des'Pha-rifiès amp;moynes ne lot pas Iegiers:amp; quâils prient Dieuque les viUesdbyeiâirachez de no2 cueurs,lcfquels nous empefehentde contéplef deplus près laLoy de Dieu, laquellcà bo elei ent pétçiV cftrcla voix de Dieu, côtenantJe» chores figrxndes,q ne les pourri os entiercmei jç^prendre. DVni. câo M m a nd.
J à premier commandement contient'eefte 1â'Åuurequi eftià plusfouucraine amp;nbsp;prin^ cipale-de toutes les autfes : afçauoir la vraye cognoiffancede Djeu, vraye amp;nbsp;parfaiteobe-ilTânçc epuers Dieu,la parfaite crainte,fiancf» amp;amourdôDieu.Oril.comprcnddcuxcliOi lis fort excel lentes r afçauoir le moyen de co-gnoiftreDieu,amp; la vraye adoration.Le moyi fn de cognoidre Dicu,cft dâapprehèder Dieu pai;faparolle amp;nbsp;parfontefmoignage. Car poureeque Dieu cftinniûble,il faut neceflai-remet quâil y ait quelque tefmoignagedclu/» paylequelnoi}sle puiffionscognoiftre amp;cô* prendre! Cotqme lâefptit humain côtemplant Vofmuagadc ce monde,ha quelque penfement ^Dicugt;qui en ed louuricc:mais cede cognoif ià qcc n-ed pas encore fuffifante, laquelleont pqdâbien les.Ethniques amp;Mahometides,)» foil qut^cdiable lâarrache à plufiems. Mai»
D E s D4 Xl C O M J*,AND . ^tj cvbi en enc0E«qii?ïlJefoit grande ttcHUefrois, nous demeura cefte doute, afçauoH?.fi. Pieu, noftre créateur Ija foingde nouSÿsM ojt,amp;,g»-; auce noz prières çsâilA'çut eftre ainfi. adoré, dit, çÃnient il veut eftre axloré.Nous aupas icy bc foing de la paroUede. Di eu, amp;nbsp;de tefittoigna.' ges, Parquoy icy nous eft propolt;jée^nç,ce.rf^. neparollc,amp; VnccrtaintcfmoignagctlcfuisJe, Seigneurton Dietuqui lUy tirého-rs dch ter-, redâEgypte. Queinoftreentendement,donc fuitaffeuré quecôçft celuy Dieu,qui lâeft ma-oifefté, après auoir donné cède paroUe en la motagne de Sina,amp; qui a dit franchemét quâil eft ton Dieu,quiha foingde toy^quihiielgard ftir toy,qui iuge,defeat, amp;nbsp;punit. ' Le tefmói-f gnagey aefté adipufté.afçiuoircefteijenoméq addiurâce amp;nbsp;proteââon de ce peuple, quand.. il cftoit ramené dâEgypte. amp;.c. CoiqbP dqmç' que Dieu foit inuifiblc -, touteffois lâcntenq demont humain irecognoift ceftqy cy eftrçlç, veay Dieu. quifâeft.maififefté en (h paroUe dq pas tcfmoignages ad^mircfcles, amp;a déclaré,çp-met-il v eut eftre idoréfA'nfi fut dominée la par. roUt au comencemet à ; Ada en paradis, amp;nbsp;Isy fut propo(éçlxiaaiure'-yhiuevf«ll%ide toutes chofesJaqueUehiy feepit pour vp certain tef-moignagpde Dieu..I)A5iiSjftpras^uâil eut traget grtfféiile^befttiltgjdâiifeÃQ^Qlq^eU'fiqWp ûo defohpéché. Parquoy auffifut adiouftée
IVà nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»EXPO SIT lÃN. '
vhc autre parolle,afçauoirla parollc de grace, A lfes figntsy eftoyétquant amp;nbsp;quit ; car ieso-blatióris eftóycntrauies par feu celcfte. A inti nous eft auffi propolec ccftc mefnic paroUc dâEuagile/amp; Certain tefmoignage,afçauoirle Fili de DiCU crucifié amp;nbsp;rctTiitcité.IccIluy nous monftre fo» Pere par foy mefme.Quand nous cognoiffos ce Filz.nousinuoquós le Pere eter nefi quïPeftmanlfcfté en fon Filz,cómeil eft didaupremier chap.de SrJchaiNul ne veitia maïs Dieu.Le feul Filz qui eft au fein du Pere,' luymefmc lâa racolé. lté: Qui me veoir,vcüit auffi mô Perc. Itc chap,(i.dc S.Matth.Nul ne eognoitle Pere,finon le Filz, amp;nbsp;cclluy à qui le Filz lâa recelé.Par icdluy le Perc a efté appai-[è;9c pwr lâamour de luy il exauce nozprières .Chrift luymefmc dit au i ^.chap.deS.Ieha, T ont ce que demanderez en mon nom à mon PörCjille vouS donnera.Afleurons nous donc 4 ceftuy tyeft ce Dieu, lequel fâeft maniiefté* nous donnât (oFilZiamp;lâenuoyatpourlcIiurer à mort,amp; Icrcflufcitâtjà fin quâil futnoftremö diatcutjinterceffeur ,protedcuf, amp;fauueur. Dâauâtage que câéft célUy qui a donc à ce Filz lâEuâgile-de remilfio de péchez amp;nbsp;de vie éternelle. Si paricUe inuocationnous recognoif-fdns le Dieu éternel amp;toutpui(ranf.fi nousa-uOnsfiâceén Icfus Chrift par lâEuangile quâil i:».^' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;. J. . - ij . nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nous
DES Dix ÃOMMAND. H7 nous a donné,nous fauros facilement quâelle ditferccc il y a entre la vraye inuocatio de lâ£-glife, amp;nbsp;lâinuocation de tous les Ethniques amp;nbsp;Gentils. Toutesfois amp;nbsp;quâtes doc quenoftre efpritcriera à Dieu, quâil inuoque ce Dieu quieftPerc de noftic Seigneur lefus Chrift crucifié (S: rclTulcité, amp;nbsp;que par foy il péfe que lâEuangile nous eft donné par ce Ãilz, difant: Touteequedemaderezà mô Pereen mon no il le vous dôncra.S.Paul nous admoneftefou-uençdâvnc telle forme de recognoiftre Dieu. En la i.aux Corint.i.chap. Car puis quâen la (apiencedeDieu le monde nâa point cognu Dieu par fapiéce, il a pieu à Dieu par la follic de predicatio fauucr les croyâs.Dâauantage ce qui eft dift delà facrificaturc de Chrift entrant és Saines des fiinds,nous enfeigne cefte mef-me chofe. Les autres hommes ne cognoiffent pointDicu entât quâil eft inuifible:mais le feul filzde Dicuencefecret, amp;enccSaimâsdes fainfts.Parquoy quand nous voudras venir à Dieu, recognoilfons ce Sacrificateur nous co diiiiat à fon Perc,amp;: luy offrant noz prières; co me il eft diâenlâepi. aux Ebr. Ayans ceftuy cy pour Sacrificateur,allons auec fiâce au throne de la grace de Dieu.ll eft neceftaire q nous foy ons inftruidsdecefte manière de recognoiftre Dieu,à fin quâil foitinuoqué corne il appartiêt.
H. iii.
\i3 nbsp;nbsp;nbsp;â¢'^â^^E k y ó s ï t^ö M'S
Orlcshonneursijftenóus deuós aDieU, dèfqutlsil cft icy faiVcoihandémét, lont ceux g*:'CógboÃftre DicU, Gtoirc d 1.1 parolle de ieu, Vrayemet craindréamp;dlmér Dieu,auoir vraye fóy amp;'fiance en Diefui Car il requiert de nous la rfaiân.té,quad H dit;-Ifefü»sle Dieupuif fant,ialoux,vifitac les ihiqiiités.Item:Tu train drasTeSefgneurto Dièu,amp;fcruiras à luy feul. Il requiert amour amp;nbsp;fiacë,quad il dit;Ic luis tó Dieutóutpuiffant, ayantefgard à toyjayant fuing de toy ;te defendant amp;nbsp;lauuat.ltcm :Fai* fant mifcricorde à ceux qui' lâaimer. Item: Ai* méleSeigrteur to Dieu de tout to cueur. Car en quelque lieu que ces paroUes fôyétlcucs,ce font récits dupremier commandement.
Or quâil requière parfaifte obeilTancciicft demoftré par ces parollcs au ff.chap.de Deut. Aimele SeigneurtôDieudetoutton cueur, de touteton amc,amp; detouteta puiffance.il re quierc dot la crainte,la hâee,amp;amour de Dieu pafdeffus toutes chofes. Et en telle forte requiertil lesvertui,quâil veut quâellesfoyet pu res,ardentes,amp; parfaites fans aucune mixtion de cocupi fcences corropucs. Mais cefte nature humaine cürropue,ne peut redre vne telle par faite obeiffance.Lcs efprits doutent toufiours de lâire deDieu,amp; defâ mifcricordc.Nul nâha point yne telle crainte quâil la doit auoir. Nul nâha
DES DIX COMMAND. SIP n*bi^pas vnefi ardéte dilcftion quâit lâdoita-Hoir.Et quant amp;nbsp;quat il y a beaucoup de mef-châtesaffcftiosmefléesparmy.ParquoyS.Paul dit;L*affeâiô de la chair eft inimitié à lâenco-itedeDieuJlnâentêdpas queceföitvn legier ftial,quand il la nome inimitié à lâencontre de Dieu . Cefte Loy donc toufiours aceufe amp;nbsp;condamne tousles homes en ceftecorruption de nature; car ils ne rendent, amp;nbsp;ne pcuuent rendre parfaiteobeifTà nce. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;⢠quot;1
quot;î' Que quel eu die maintenat:Mais il faut ne-ceffairemêt que ceux qui fot aggreablesà Dieu tccopliffent cefte Loy. le refpon : Premiere-' hienton ne peut pas mefme eSmeneer fans la tognoiffance de Ghrift amp;nbsp;de lâEuangile; Car; pource que laLby aceufe amp;nbsp;codamne tous lés-hommes, amp;nbsp;nous cognoiflons que nous fom-Jnes coulpablcs,amp; pleins dâobftination cotre Cefte Loy ; à cefte caufe noz cueurs fâeftoignét de Di eu,ils nâaiment point,ils nâofent pas demander desbies à Dieu. Mais quad parlapa-rollcde lâEuangile nous cognoiffons que noz pechez nous font pardonnez pourlâamoür de Chrift, amp;nbsp;que nous fomes receuz en grace,amp; faids enfans de Dieu,iaçoit quâen foyoS indi ^nes,lors cognoiffas lâaffiftace amp;nbsp;mifericorde de Dieu,nous lâinuoquons,nous cômenço ns à nous affuietir à luy,à le craindre, à nous fier
H. iiii.
120 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
en lapromeffe de fa mifericordc, amp;nbsp;lâaimer, non comme vn dieu oifeux, mais comme no-Ãre Pere, ayant vray ement loing de nous, amp;nbsp;nousfauuant.Commcildit: le fuis ton Dieu. Nous començons donc à faire le commande-ment,quand nous auons cognu Chrift. Puis apres,cobicnquePobeilfancc doit croiftre, touteffois ceux mcfmc qui font régénérez, ne fatiffontiamaisà la Loy : mais les icliques de péché leur font pardonnées,corne nous dirôs cy après, amp;nbsp;font reputez iuftcs pour lâamour du médiateur lefus Chrift. Corne il cft eferit: Chrift eft la confommation de la Loy .Et puis quâils font iuftespar ceftc imputation faille pour lâamour du bilz de Dieu,lâobciflance co mécée cft aggrcablc,ia^oit quâelle ncfoitpoït enricre. Les régénérez donc accopliflent cefte Loy en lacomméçanr,amp; en croyant que pour lâamour de Chrift ils font reputez iuftcs :amp; quâà caufe deluylcs reliques de leurs péchez leur font pardonnecs.
Or 11 fera bô par forme dâenfeigner copren dre toutes lesÅuures du premier cómandemét par ces parollcs : afç iuoir par ces deux mots Crainteamp;Foy.Car côbicn que Diledionacco pagne neceffairemet la foy,ou la fiâce de la mi-fencorde diurne, toutelfoislemot de Dile-Ãion cft plus obfeur,que de Crainte, amp;dc Foy:
DES CtX COMMAND.
121
Foy : pour autant quâil nous faut experimeter la crainte en la repentance, amp;nbsp;la fiance en la confclacion.
lâay parlé des Åuures du premier coman-demcnt:afçauoir de cognoiltre Dieu, de croi-reenla parollc de Dieu, de la crainte, delà foy, ou hance,de la dileâion de Dieu. Il faut adioufter à tout cecy la paticccenafflifiions, ou quand nous fommes tormentez amp;nbsp;opprimez parla violence iniufte des tyrans, ou autres: ou quand dâautres communes calamitez nous auienent, afçauoir les maladies,la mort, perte de bicns.amp;c. En toutes les deux fortes Dieu requiert obeiffance de cueur.Et lâobcif-fance de lâEglifc en toutes les deux fortes dâaf-fliâions,cft vn Åuurc du premier commandement amp;nbsp;de lâadoration deDieu-.cômelâobeif-fance dâHabd en fa mort:lâûbeiflancc de tous les martyrs en leurs tormens: lâobeilfanccde lob, de Dauid en leurs calamitez domefti-qucs,amp;c. Car ileftcfcrit du premier : Qui me voudra fuyurc,quâil portefa croix,amp;c. lté, Il nous faut eftre femblables à lâimage du Fila de Dieu. Item: Lamortdesfainäseft pre-cieufe deuant la face du Seigncur.il y a done des commandemens euidés de cefte obeiflan-ce:amp; Dieu veut eftre plus craint,que les tyrâs, Dâauantage il veut que nous ne torn bions pax
lii nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;E X P, 0 S I T I O N
douleur en defefpoir,nó pas au milieu des tormes,amp; ne pétions pas quclbyons meprifez de Dieu, mais q nousayons celte confoiatió,q.uc Dieu.nous elt propice,amp; quâilcoduiraPiHuc-
Quant à lâautreefpcce, afçauoir des caU-mitez cômunes,il eft clcrit: Le lugcmét tomen ce parja maifo de Dieu. Soit doc que cefoyét peines,foitquccefoycnt exercices, leSeigneut Dieu veutqfon Eglife foitfuietteà telles cala mitcz,pourceq la nature de lâhôme cftluiette à la mort,à caufe du péché,lequel eft adherat 4ra chair: amp;pluficurs pechez aduelsde lâEgü fc,voire des tainlt;fts,fontpuniz.Parquoy Dieu veut que fon Eglife l'oit admoneftée de ces pei ncs amp;nbsp;.fâcheries,quâelle foito beifl'ante,quâelle foit exercée en la foy, en prières, amp;nbsp;efperance, quâelle ne tombe point ^en defefpoir, quâelle ne penfe point eftre reiettée ou meprifée de Dieu: mais quâelle fe confole en ce, que Dieu luy eftpropice,amp; quâil gouuemeralâilfuc. ley apparticnentles fentences, qui commandent dâeftre obeiflant és communes calamitez:amp; defe confolerparfoy : Ne murmurez point câcftà dirc;nevous courroucez point contre Dicu^ommefâ11 vous traitoit ngoreufement: ou comme fâil vousauoit enmefptis. Item: Humiliez vous ious la puiftâte main de Dieu. ItemsvUEfpric abbatu du fentiment de fon mal,
DES DI X e o M M A N O.â ^Jj mal, eftvn facrifice aggreable à Dieu.â Item: Pfeau. 37,Süisfuict à Dieu,amp;efpereenluyj item: Sacrifiezfacrificedeiuftice, amp;nbsp;clpcrez au Seigneur.
i Regarde combien il y adebönes Åuurcs en cefte obeisance , lefquelles apparrienent auffi au premier commandement. La première,câeft lâobeiffancemefme, laquelle regarde Dicu:amp; de foy eft vne boue Åuure, amp;nbsp;lâordo-nance en ce commandemêt, lequel comande, que Dieu fort plus craint que les tyrans. Dâa-uantage il nous commande dâendurer les peines, lefquelles nous font impoféesde Dieu: afçauoir la mort, amp;nbsp;autres femblables t com-meil eft dit:Leiugementcômence par la mai-fondé Dieu. Ou:Nous fomnles corrigez par le Seigneur, à fin que nefoyons condamnez auec ce monde.Il faut que la foy foie comoiri-teauec cefte obeiffa.cc,par.laquelle nous foyos affeurez que Dieu ne nousa point enmefprisj quâil ne, reiette point les affligez : mais quâil a efgard à nous,quâil nous eft propice, à : quâil nous donnera bonne iffue, félon le fentiment quâen auoit Dauid lors quâil cftoit banny .Cei-fte foy amp;nbsp;cefte efperance font Åuurcs du pre* mier commandement:amp; dâicelles procedecc-fte vertu j quâon appelle patience: câeft à dire, lâobeilïincc qui eft rendue à Dieu auec vne
i»4
EXPOSITION
traquiUité dâefprit,ouauec vne volonté dâobéir, laquelle procédé delà confolation dels foy .Saind Paul appelle toutesces chofcs,Pa«: comme aux Philip. 4, La paix de Dieu,laqiiel- I le furmontc tout entendement, conleruevoï cueurs,amp; voz tens: Câeft à dire, quâil y ait vue telle paix en vous, amp;nbsp;tranquillité dâefprit, que vous obeifficz à Dieu,amp; camp;fcrmiczamp; fortifiez voz efprits par la confolatio de la foy : en forte q uc vous puiffiez endurer les aducrfitcz,ay ans cfgard à la promefle de Dieu : en laquelle tout ainfi quâon y contemple la merucilleufe , bote amp;nbsp;mifericorde de Dieu, auffi y apperçoit onfadiledion.
ANTITHESE.
Confiderons maintenant la contumace amp;nbsp;rebellion du genre humain contre le pre mier commandement : à celle fin que nous rc-cognoiflions noftre infirmité,amp; que nous apprenions aucunement de difeemer les degrez despechcz,qui font contrece commandemet. Le premier degré eft des Epicuriens amp;nbsp;Académiques, lefquels nient, ou doutent, quâily ait vn Dieu : fâil fefoucie des chofes humaines : fi ccftcparollc,qui eft receuë de lâcglife, eft do-née de Dieu. Telle eft auiourdâhuy la plus grand part de tous les hommes, lefquels ont reietc
DES DIX COMMAND. JXf reictté du tout toute opinion de Dieu, amp;nbsp;font contens de douter Pd y a vn Dieu, ou non;d6 qui plus eft,ils conferment cefte doute. Par-quoy, après latranfgrelfion de noz premier# pcrcs,fontcnfuyuies de lourdes amp;nbsp;cfpefles ténèbres, amp;nbsp;puis après la malice des hommes conferme telles tenebres, amp;nbsp;le diable y aide.
Le fécond degré eft de ceux qui adorent lesidolcs: câeft à dire, deeeux qui fc forgent plufieurs dieux , amp;nbsp;attribuent à vn chacun diucrfcpiiiffancc, commè les Ethniques : ou rendent lâhonneur qui appartient à vri feul Dieu, afçauoir lâinuocation, aux creatures: comme ceux qui inuoquenl les fainâs morts. Cat lâinuocation attribue toute puiflance:ou bien ils enferment Dieu dedans certaines fta-tues amp;nbsp;images, iaçoit quâil ne veuille aucunement eftreattaebé en lieu ne chofequelconque fansfa paroilc. Car il eft certain quel« mondea toufiours cfte,amp; eft encore plein dâidoles. EtPinuocation des lainds, amp;nbsp;lâadora-; don des images ne differéten tien des mÅurs des Ethniques.
Le 3.degré eft des Magiciens,Icfqucls ont intclligécc auec les diables ennemis de Dieu» amp;nbsp;de ceux auflî qui demandent confeil auM magiciens,amp; de ceux qui font addonez à dâau-tresfuperftitieufes ceremonies amp;nbsp;reucrenccSj
116 .i MxrosiTioM
â¢fqûellcs ils attribuent puiffance fins ordon» tiance de Dieu. Parquoy fâil Penfuyt aucun effeâ, le diable en eft caufe amp;nbsp;autheUr, amp;nbsp;telle fianceeft appuyée fur les diables. Toutes ces chofesfontdéfendues,corne ileft diâauiO. du Lcui t. Lânomme qui Paddreffera aux magiciens amp;nbsp;diuinatcurs, amp;nbsp;qui aura paillarde à ueceux, iemettray ma face contre luy,amp; le retireray du milieu defon peuple-, à lemct-twly à mort. - -nxKl ifîr. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;.»S ni-Mh l ;
t''^ Le 4. degré eft des lui fs, des Philofophes; desHereiiques,amp;des MahometiftéSjlcfquels fc forgent tous des dieux à part ; amp;nbsp;ne veulent point recognoiftre,que celuy eft le vray Dieu, qui par fon Filz lefus Chrift fâeft donné! to-^öiftreencefte fienepafólle: combienquâdâ irtveutpoint eftrerecognu, ny inuoquéau-tr-êment.ParqUoy-lcs Manichéens corrompét felptöfnicr cotnmadeinent: pour autant quhts iittamp;gincntdcux dieux,1e bon amp;nbsp;Icmaunai5:amp; leS font tous deux éternels.Samofatenus aufÃ, qui dit quâil nâyn que la nature humaineenâ lefus Chrift: comme aulGles Mahomctiftesle donfeffentjÃ: atteftentmefehammét. Les Ar-rienrauffi ont corrompu ce comman dement, pourautatquâilsontniélc Filzde Dieueftre dchfuftancc du Pere. Semblablement ceux qui ont dit, que le faiadEfprit cftoit tant feulement
DES DTX COMMAND. li7 Icmcntvn mouuemét crééamp; formées homes. Le ^, degré eft de ceux qui nâinuoquent point Dieu parle Médiateur leftis Chrift: mais pluftoft ils fe forgent dâautres aduocats amp;nbsp;médiateurs, afçauoirles fainâs, les meffe^ Icsfatiffaâions, ou autres Åuures. Itcm,ccut qui difét quâil fautdoutcniela grace de DiciX Le ff.degré eft de ceux qui fe reuoltent,ou qui ont abandonné la'vraye dodrine delâBi «angile par crainte j ou haine: commeluda^ Iulianus,amp; autres fcmblables. i-'üruî » d- Le7, degré eft de ceux qui fe dcfcfpereni: comme Saul. Et faut neceflairement quêtons ceux qui nâontlacognoiffancedelâEuà ngile^ delafoy en Chrift, tombent en ce delêfpoifî » Le 8. degré eft de ceux qui nâapprenenc pointlâEuangile ,amp; qui nefe refucillent point deleur.pareue pouroUyr amp;nbsp;cognoiftrcla do*, drinc de lefus Chrift: iaqojt que le Pcrocclfe-» ftcnous ait commandé deiâefeouter.'K.s'f! A * Le 9, degré eft des hypocrites,Icfqoels'camp;d bien quâils confeffent la vérité, amp;nbsp;quâiiS nè foycht point pollux dâidoles externes, neanU moins en leur cueur ils font fans crainte de Dieu,fans foy,amp; ai met mieux leurs voluptex, ôuleursricheffes,que Dieu: comme Nabal. Il y a toufiours beaucoup de telles gens en lâE^ glifc, voire en celle qui ha la pure dodrine,cb-i.
IZS nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;BXrOSiTION
menout cnfcigne la parabolcdela femence.
Lc lo. degré eft orgcuil, câeft à dire, cfti-matió ou fiance de fa propre puiffance, fagef-fe,amp; vertu, fans rccognoiftrc fon imbécillité, fans rccognoiftrc quâil faut inuoquer lâaids de Dieu. Comme Alexandre legrand, lequel ayant mis à fin pluficurs grandes entreprinleJ, eftimccftrcchofegloricufe,quâil aconqüis vn royaume par fon côfcil,par fa proucfle,amp; fo' cc:il prend plaifir en cefte ficnc prudéce amp;nbsp;ver* tu: il commence à meprifer amp;nbsp;opprimerfeS inférieurs : de ne cognoit point que fi grandes ehofe$amp; tant cxcellétcs ont cfté paracheuées parlâaidc deDi eu,lequel rauiflbit iâempireaux Perfes pour les punir: comme Alcxandreluy mefrne en a cfté puny puis apres, eftantplus méchant que parauant. LâEferiture nous de» peint en cefte forte Nabuchodonofor, lequel eftatchaftié, rccognoift cefte arrogâce en foy» amp;nbsp;fc corrige. Mais Sénachcrib clcué dâvue telle fiace de foymefme, ne fc corrige pomumitâ il cft tué. Et les hiftoircs nous enfeignent que bien fouuctlcs hommes vertueux amp;nbsp;excellent ontefte finalement accablez par horribles4-uentures. Cela auicnt, pourcc quâils pèchent en cefte fortc:afçauoir, ils lâeftiment eux mef-mes,amp; fc fient en leurs dons,fans rccognoiftrc leur infirmité humaine : fans cognoiftre quâil faut
DES .D4 K COMMAND 1^9-faut demander aide à Dieu : amp;nbsp;bien fouuent ils lâefforcent défaire des chofes perilleufcs, voireiniques amp;mefchantcs, felonleursaffe-dions particulières, fe fians en leur propre, puiffaneexomme Poffipée.Il y a encore dâautres vices:afçiuoir,diffolution, meprisjamp;op-preffion des autres: comme Alexandre nefc fouciantdericn,gourmandoit, amp;nbsp;mettoità mort fes principaux capitaines, mefme ceux qurluy auoyent faid plus deferuice: parquoy les peines Pen font enfuyuies. ⢠Les Poctes auffi nous tefmoignent fêblable chofe dâAiax, lequel ( comme recite Sophocles )dcuint enragé ,pourcc quââpres quefon pere Telamon luy eut dit au départir, quâil fe monftraft vaillant,mais quâil demadaft la vidoire à Dieu, il refpondit;queles couards mefmes peuuétob-tenirvidoire par lâaide de Dieu; amp;nbsp;quâtà luy, quâil pouuoitvaincrelas Dieu.Par ccsexêples on peut facilement cognoiftre, pourquoy les gês vertueux amp;nbsp;magnanimes font à la fin cruel lement accablcz.Et de cefte arrogance amp;nbsp;con-fiaccdefoymefmeileftefcrit -. Tout ce qui eft haut amp;nbsp;eleué deuantles homes, cftabomination deuant Dieu. Et ebbien quâon puiffe ap-perceuoircecy plus facilement éshomesver-tueux ; touteffoistous les hommes ont quelque cotagion de ce mal eneux. PlufieursPap-
â nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;1.
Ão nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;exposition
puyent, amp;fc fient plus en leurs richeflcs,en leurs amis,amp;cn leurinduftric,quâenDieu.Ap prenons à cognoiftreces maladies, à finque nous nous amendions,amp; que nous nous fions vrayemet en Dieu:c6meditDauid: Regarde en moy, amp;nbsp;aye pitié de moy, caricfuisfculct amp;nbsp;pourc.Ité: Monpcrcamp; ma mere mâont dc-laiiré: mais le Seigneur mâa prins en fa charge. Les hypocrites auffifbnt de ce nombre,lef-quels fe fiét en leur propre iuftice deuat Dieu, corne le Phartfien, Luc. i8. Beaucoup dâautres pechczfâaffcblcntauecceuxcy:afçauoir,quâd5 Bereeognoiffentpointleurinfirmjté,quâils ne recognoiffent point quâils font dignes depei-ne deuant Dieu,que leur fiace efi vainc, quâils nâinuoquétpointDieu au nom dcIefusChrifti mais qui pluseft, ilsprefentent à Dieu leurs çeuures en lieu du médiateur lefus Chrift.Iâay (donné place à ceux cy au ç. degré cy defTus.
Le n. degré eft impatience, laquellecft proprement côtrairc au premier commandement ; pource que la volonté refufe dâobéir Dieu au temps delâaffliâion. AucuncfoiseUa fe courrouce à Dieu, corne cotre vn Seigneur rigöreuK,ou contre vniugcinique:de laquelle affcdion lâEfcriturebiéfouuentnousadmo-Hefie,comme:Courroucez vous, amp;nbsp;ne pechei point: câeft à dirç/cfiftez à la douleur, amp;nbsp;de-ftpurpe^
DES nrx COMMAND. 151 ' ftournez amp;nbsp;addouciffez voftre affcdion,a fin quâeâ.Ieobciffe à Dieu au temps de Pafflidion, comme auons did cy deffus.
lâay recueillyles degrez des pechezjef-quels font diredement contraires au premier commandemenf.lcfquels degrezon peut facilement cognoiftre amp;nbsp;iuger, Et pource que le Decalogue eft le fommaire delà dodrinede toutes vcrtiiz, il faut que nous diftribuyons chacune des vcriuz, à vn chaeû des comande-mens. Au premier appartient cefte vertu, qui eft aucuncfois noméc Pieté, aucuncfois Rcli-gion:mais on lâentend mieux quand on dit, la Crainte de Dieu,! a foy ou la fiace, lâamour de Dicu Et à la vérité,cefte vertu qui eft appellee Pieté,comprcnd toutes ces parties. La vertu de patiéce eft auffi de ce nobre. Au demeurât, cemotdePictéeftprefque corrcfpondant au nom delà lufticc générale, fi nous prenons la deiînition de cefte obeiffance qui eft rendue à Dieu en tous ces cômandcmcns(cômc nous dirons puis après) à celle fin que Dieu fort o-bey,amp; que toutes Åuures luy foy eut rappor-tées.Soit donc icy mife cefte vcrtu,qui eft no-mée lufticc vniuerfellc.
I. iu
J3^
'EXPOSITION
' DV I I. C O M M ANDE M E N T.
A Pres quâil a efté parlé des mouuemens de cucur enuers Dieu au prcniicrcomaisde-inent;câefl: à dire,de la principale amp;nbsp;intérieure adoratiô;pource que Dieu requiert vneobcif fance de cueur non feinte, fclon.ee qui eft dit: Aime ton Dieu de tout ton cucur. Item: Les vrais adorateurs adoreront en cfprit amp;nbsp;vérité. Dâauantage,lefecond commandement parle delaprofclïîo extcrnc,par laquelle Dieu veut eftre cognu,amp; inuoqué par noftre voix, Et tout ainfi quâil fe manifefte par la parollc,auf-fî veut-il quecefte parollc foit diuulguée par tout,amp;: annoncée de viue voix.Parquoy après quâil a efté parlé des mouuemens du cueur, maintenant il eft parle deceftevoix, qui fait refonner le nom amp;nbsp;la parollc de Dieu.
Tu ne prendras point Je nom de ton Dieu en vain.
AV premier commandement font contenues les parollcs affirmatiucs amp;nbsp;negati-iies:afçauoir;Ic fuis le Seigneur ton Dieu, qui tâay tiré hors de la terre dâEgypte. Cefte cy eft afnrmatiuc,à laquclleil faut adiouftcrlcs autres afhrmatiues: afçauoir. Aime le Seigneur ton Dieu de tO'Ut ton cucur. lté :Tu craindras Je Sei-
D E s D I X COMMAND. I^J. le Seigneur ton Dieu. Apres les afârmatiiics lontauffi adiouftées les negatiues ; commeeft celle c y ;Tu nâauras point de dieux eftranges.-Par ce moyé quand nous oyons parler des ne-, gatiucs es autres fuyuantes, il nous faut touf-iours premièrement conccuoir amp;nbsp;imprimer en noftre entendement lâaflirmatiuc au premier commandement. En ceftuy cy Dieu defend lâabus de fon nom ; amp;nbsp;toutclfoisil veut que celle parolle foit diuulguéc amp;nbsp;manife-ûéepartout;afçaùoir,le fuis ton Dieu. Ce fot icy donc les vrais vfages du nom de Dieu: a-fçaiïoir,la vrayc prédication, lavraye inuoca-tion.aâion de traces,de la confeflîon. Sachos donc que ces quatre fortes dâÅuures fonticy commandées;amp; faut icy alléguer des tefmoi-gnagcs affirmatifs: comme, Allez, enfeignez toutes nations amp;nbsp;gens.Item:lnuoque moy au lourde ta neceffité,amp; ic te dcliureray;amp; tu me. honoreras,ou tu me rendras graccs.Item ; On. croit de cueurà iufticc,amp; on fait confeflîon de bouche à falut. Ces tefmoignages parlent proprement de ces efpeccs, detquclles auons parlé.Orleiurcmcntell compris enlâinuoca-tion. Car ccluy qui iure,inuoque Dieu,afin quâilfoit tefmoingdç fon affeâion,quâil ne y cutpoint tromper s amp;nbsp;prie que Dieu prene Javengeace, amp;nbsp;quâilpuniffeletrompeur:^il iii.
IJ4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
fâvbligc à cede nicfme peine. Parcccyon pent bien entendre quel lien eft le Ici ment/i U inüO4uesLieu, à hnquâil face la vengeance lurtoy, lî .uesnicntcui, oufituciompes.Dc quelle charge plus facheufe fe pourron greuer Vhommeâou co ment fe peut il obliger à plus grande peine ? Parquoy, les iffucs loue corre-Ipondantes, dâautant que cefteobligation eft eftablic,amp; confermée par le droit diuin, allja-uoirencc lieuiDicii nâaura point pour innocent,ccluy qui aura pris fon nom en vain. Parquoy ,lcs periurcs font puniz dâhorribles pci* nes,melmement en ce monde.
COMMENT PEVTESTREAC-comply ce commandement.
OR tout ainfi que nous auosdid cy deflus quâon ne peut faire 1 es Åuures du premier commandement fans lacognoiflanceduFiIi de Dieu,amp; fans la foy,autant ch faut-il penfet decefecond commandement. Il eft allez notoire, quelâinuocatio ne peut eftre faiôe,fan» recognoiftre le m cdiateur,qui eft Ictus Chrift. Autant en faut-il dire de lâaâion de graces. I-tem,i' faut ncccfiaircmét quantauminiftere, qiâcIâEuargiIe du fiizde Dieu foitannScée. Dâauaniage,et mmcdcfiusiâay did,quâil fa-loit que la reconciliation faiâc par le Filz'ic Dieu,
DES DIX COMMAND* 13^ Dieu,fut premiei cmcnt appréhendée, amp;nbsp;puis apres que lâobciflance commencée eitoitag-grcabidautât en faut-il peler des autres com-mandemens. Et les ocuures des autres com-mandemens font lors aggieables à Ãieu:amp; lors par icelles nous adorons Dieu, quandics ocuures du premier commandement precc-dcnt;af^auoir,â¬oy,amp; crainte.Et par ce moyen les autreslont latridces de louange,amp; ionc ag-greablesà Dicu : amp;lingu!icrcmencJcsceuuie$ dulccod commandement, commcil eft elcnt, amp;nbsp;melmc de celte clpeccde telacnfieray iaci i-fice de louange, Si lâmuoqueiay le nom du Seigneur.
LES PECHEZ contre LH fécond commandement.
^ âEft vnc mcfmc antithefe ou contrariété '^dece fécond commandemét,que celle du premier quant aux vices intérieurs, defqucls nous auons parlé cy deffus. Ce font donc icy les pochez contraires à ce commandement ; a-fçauoir, les opinions amp;nbsp;proposdes Epicuriens, les méchantes adorations externes, les exécrables inuocations des diables, des ido-les,amp; des morts:fauffedoârine,periures, fer mens iniques, parolles arrogantes amp;nbsp;déclarantes lâimpatience de lâhomme.comme Aiax
I. iiii.
*.ïj(Sâ nbsp;nbsp;' E X P à s I T^Ià N'
difoit, qu'il pouuoir obtenir viâoirc fanslâai-de de Dieu. Itcm, ce ma!trop fouuent vfite: ââfçâu'ôir,fecouurirdunoniâde Dieu , du nom de irréligion, amp;nbsp;delâEuangfte, pour maintenir fes meichantes affedions, fon atiaricc, arn-âbitiôh,pa}llardifeS,quot; amp;nbsp;haines.Le Pape a con-qùis puifTance amp;nbsp;autliorité fous le filtre amp;nbsp;âvrnbrö'du miniftere, ilafait des guerres ini-âquéS, il ai trouué des moyens infinis pour at-âtrapper argent,il a ordoné des idoles,amp; autres füperftitions amp;nbsp;fatras innumerablcs.Aueccc, les hommes dâauiourdâhuy donnent bié fou-ïicAtcouleur à leurs afFedions mefehantespar lenomamp;tiltrcde lâEuangile. leyaulfifont compris tous les fcandales , qui blelTent les confciences infirmes, amp;alFoibliflent la foy: ou ceux qui deftournent les volontez dâau*
⢠cuns de lâEuangile, nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;*
' Les menaces horribles font adiouftées à ces deux premiers commandemens, lefquellés tout ainfiâquâelles-parlent des peines corporelles, auffi elles annôncentlâirc éternelle : eär la Loy nâannonce pas la remiffion des pe-â chez, mais lâire éternelle eft apertement deelairée en lâEuangile contre ceux qui ne âLâamendent amp;nbsp;ne fe repentent point: comme â il eft'did: -Départez vous de moy iniques 'à « feu 'êterhel,Câr-cequi eft iey did des peines
' nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;données
ÃES DIX COMMAND. 137 âonnèes iufques en la troifieme amp;nbsp;quatrième gcncratiojil Peneend des corporelles. Et tout ainfi que peines font adiouftées à ces deux pre miers cômâdcmens,auffi font-elles aux autres cnfuyuans:comme au z7.de Dcut.malediâiô fon adiouftées à tous les c5mandemens. Et ne faut point douter que les calamitez de ce mode nefoyentenuoyées pour la peine de toutes fortes de pechez,félon ce qui eft did au Pfe.II corrige les hommes à caufe de leur iniquité. '
DV III. COMMANDEMENT.
0Utainfi quâil eftparléau premier com-A mandement des Åuiires intérieures de lâa me, de lâentendement, de la volonté, amp;nbsp;du cueur entiers Dieu ; amp;nbsp;au fécond,de la profef-fionextericure;auffi en ce troifieme comman-demcntil eft parlé des ceremonies inftituécs amp;ordonnéesde Dieu. Mais il faut que nous entendios, quelle eft la principale fin dâiceVies. Les ceremonies ont efté ordonnées pourlc-âminiftere de la dourine, amp;nbsp;luy feruent corn-une dâvnaide.Lecommandementdonedu repos parle principalemet du minifterc de la do-ârinc, amp;nbsp;delâadminiftration des ceremonies ordonnées de Dieu. Comme ainfi foit que le texte neparle point feulement du repos, mais
lt;j8 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
ftulfi delafandification. ll eft commandé qirt ceiour là les fainâcs Åuurcs ibyéc faiâes,câcft à direjesÅuurcs proprement dédiées à Dieu: afçauoir,quele peuple l'oit enfeigné, amp;nbsp;les ceremonies ordonnées de Dieu,foyent entretenues. 11 faut quâvu certain iourfoit depute pour cela. Cefte ordonnance eft generalc-mentpour tous hommes,amp; pouttous temps: par ce que câeft loy de nature. Au demeurant, quantalâobfcruationdufeptieme iour,ilcû. tout certain,quâaptes lâabolition des cérémonies Lcuiciqucs,ceftc ceremonie mefme .a efte chagée, comme ilâeft diâ clairement au a.des Colof. ll eft donc vray quâil y a deux parties au troificme commandement, lâvne naturel-le,ou morale, ou generale ; lâautre partie câeft la ceremonie, qui eftpeculicre au peuple dâIf-rael,ouefpecedu feptiemeiour. Quantau premier, il eft dit,que la chofe naturelle ou générale elt perpétuelle, amp;nbsp;ne peut eftreancan-tie:afçauüir le commandement qui eft donné pour la conferuation du miniftere public: tellement que lepeuplefoit inftruit vn certain iour, amp;nbsp;les ceremonies ordonnées de Dieu, foyent entretenues.Quant à Iâefpecc,laquellc parle nomméement du feptiemeiour, elle eft abolie.
Apprenons donc,que véritablement il eft ilt;7
DES DIX COMMAND, 139 icy fait commandement de confcruer Iennui ftere public , amp;nbsp;les ceremonies IcfqncUes font ordonnées de Dieu: lequel, Dieu veut entretenir,à fin quefonEglifccroiircioumcl-Icment amp;nbsp;dure perpétuellement : comme il eft diâau 4 des Ephef. Luymefmeen a donc aucuns Apoftres,aucuns Prophètes,les autres Pa fleurs, les autres Doseurs i afin que le corps de Chri fl foit bafly, amp;nbsp;que ne foyon s plus flot tans,amp; cflans démenez ça amp;nbsp;là à tous vents de doêrinc. Il a donné vnc certaine paroUe par les Prophètes amp;nbsp;Apoftres,laquellccftelparlc par tout, adiouftant certains tefmoignagcs: amp;nbsp;a ordonné des miniftres publiques, pour faire retenir cefte paro!lc,à fin que nous ayons vncdoftrinecertaine amp;nbsp;refoluc de Dieu, amp;nbsp;que nous nâimaginions point de nouuclles religions, comme les Ethniques, ne de nouvel les adorations. Vn chacun doit aimcr,a-uoir en reucrence, amp;donner accroiflement,félon fon pouuoir amp;nbsp;vocation, à ce bénéfice de Dieu tant excellent: comme lefus Chriftdiä, Qui, vousoit,il mâoit:qui vousmefprife,il memefprife. Et les Prophètes plorans la dc-folation amp;nbsp;le defert du rcpos,fe plaignent que le miniflere de la dodrinc eftoi t aboly.
Les Åuures donc de ce commandement font: Je faire bien fon deuoir en ce miniflere:
140 exposition ouyreeuxqui enfeignentfiddement, amp;nbsp;vfer droitement des facremens,amp; donner aided leur vfagepar noftre exemple,amp; en les frequê-tant, obéir à ceux qui nous enicignent bonne doârine:nourrir, honorer, amp;nbsp;maintcnirles Doreurs fidelcs:dóner faueur à ce qui eft ne-, ceffaireen lâEglife.Icnc cerchcpointlâallego rie de ce commandement, mais iâenfeigneîe propre amp;nbsp;le principal fens.Car ce nâeft pas vne ceuurelegcre, ne de petite importance que la conferuation duminifccre, qui eft ordonné de Dieu.
Lespechez cotre cecommandemét font: delaifferouabolirlâoffice de bien enfeigner, enfeigner chores fauffes, corropre les ceremo nies, nefe trouuer iamais ou peu fouuentés predications, en lâaflembléc oulâEglifceftfi-delcnientinftruite, deftourner les autres des predications ou par exemple ou par quelques au très moyens,lçs deftourner du miniftcrcle-quel nâeft point poilu ne fouillé par idolâtrie amp;nbsp;fuperftition : comme les Donaciftes defen-doyent en leurs afleblécs de nâobéir pointau miniftere delà vraye doârinc, de faire les Åu ures manuelles amp;nbsp;feruilcs, câeft à dire les Åu-uresqui empefchétle miniftere,au iour qui eft député pourlapredicaîiô:employcr cesiours lien içux amp;nbsp;gourmandifes, ou autres mef-chan-
DE s DIXâCO M M AND. I4^ cbancetcz,mefpriferles bons rniniftreSjamp;Ieur direiniure : ne vouloir rien donner pour les nourrir amp;nbsp;maintenir ; ne co uurir point leur irt firmité, sâils font ges de bonne doclrinexomc Cham fe mocquoit de fon pcre,le voyat nud: ne fauorifer point aux neceffitez dePEglife.
Or comme il a efté diet cy deffus, que le premier commandement doit eflre enclos en tous les autres â¢. lefquels dâautant que ce font commandemens de Dieu, il eft befoing dây recognoiftrelâauthcur,amp;: que lâobeiffance luy enfoit rapportée; à cefte caufe la crainte de Dieu amp;nbsp;la Foy font comme la vie des autres Åuures, amp;nbsp;doy uét eftre auec toutes les Åuures des autres commandemens. Parquoy auant quâelles puiffent eftre Åuures de ce commandement,il faut que la cognoiflance du Filz de Dieu y foit conioi nte;à fin que nous puiffions obéir à ce commandement par foy, amp;nbsp;en in-uoquant Dieu. Dâanantage puis que ce commandement parle des ceremonies amp;; du mini ftere, il eft befoing dây comprédre lâEuangile. Car leminiftcrc de la Loy nâeft autre chofe quâvn miniftere de mort; mais lâEuangile an-noncelaremiffiondespechez, amp;nbsp;la vieeter-nel!e,à caufe du Filz de Dieu. Auec ce, les ceremonies ordonnées de Dieu, font figures de Ãhrift ; parquoy les lui fs mefmc ne pouuoyét
î4i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EX PO SITTON
pas faire lesÅuurcs de ce commandement ain à quâil appartenoit, fans la vraye cognoiffan-cc de Icfus Chrift. Et quant aux moines, amp;nbsp;prcftrcs,pour autant quâils ignorent la do-ârtne de la foy, de la vraye inuocation amp;nbsp;ado ration,il y a beaucoup de vices amp;nbsp;de corruption en leurs ceremonies. Ils penfent fau'demet quâils honorent Dieu par les traditions humaines. Ils corrompent la Cene du Seigneur en plufieurs fortcs,amp; rapportent toutes fes cérémonies corrompues à leur propre profit. Ces pcchczfont contraires aufà à cc comma» dement,amp; polluent le repos.
Les noms des vertuz contenues au premi er commandemet,appartienét auffi aux deux enfuyuans.
LA SECONDE TABLE.
T^ N core quâil nây euft icy autre commande* ment que de la vie publique, touteffoi'h faut-il que la raifon humaine cognoiffe quâil y aicy vne très bonne forme de gouuernemet public propofée. P remi erem ent 1 a feign eu-riede Dicuefteftablic,l*obeiffance eftcommandée,lapaix eftforrifiée, quandilcA did, Tu ne tueras point.Lçs mariages font entretc-nuz,quand il eft diri,Tu ne paillarderas point. Les poffeffions des biés font conferuées, quad il eft did, T « ne defroberas point. Puis après
DES DIX COMMAND, 14} Icsiugemcns fontordonnez , amp;nbsp;Ia vérité eft confermée és contrats amp;nbsp;tranfaóions,qualt;i il eft did,Tu ne feras point faux tcfmoing.Ce font-cy les fou rees desloix politiques.Toutcf foisfçachonsquela vie politique nous efti-ey enfcignéc : mais ily faut adiouftcr deux çhofes. Premièrement retenons que Dieu eft autheur de ces loix,amp; de la vie politique.Par-quoy fçaehonsque pour lâamour de Dieu il faut rendre obciflancc, Afin que le premier commandemét foit enclos en tous les autres, amp;nbsp;la crainte amp;nbsp;la foy gouuernent és autres commandemens lâobeiffance. Secondement apprends que non feulemcntlesÅuures exter ncsnous font eâmandées, mais auflî lâobcif-fanec intérieure. La nature de lâhomme deuoit eftre tellement ordonnée,quâelle nâeut aucunes affedions,ouinclinations,ouoeuurcs contraires à ceft ordre,auquel cl le a efté créée, amp;nbsp;lequel eft déclaré décommandé en la Loy.
Or il y adcl3contu macc,defordrcamp; cô-fûfion en la nature des hommcs:fingulicremét en cefte vie politiquc,amp; gouuernement duil. Car combien y a il de rebellion és republiques? combien de cruelles occifions?combien de guerres iniques ? combien de haines? com biendâenuies? Etdâauantage tantdepaillar-djfes dilfoluçs, tant dâamours defordonnées.
144 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSIT ION
amp; tant de rages des amoureux. Puis apres in-numerables larcins manifeftes,tromperies infinies entre les marchans,vfures,trafiques mef â¢chantes amp;nbsp;malheurcufes. Outreplus,qui eft celuy qui ne foit tormenté dâauarice ? Qui eft ceUuy qui foit content du fien ? amp;nbsp;vfedefes tiens ainfi quâil appartient? Finalement tous fçplaignêtdes cauillations amp;nbsp;menfonges, qui fc font es contrats,tranfadions,paches, amp;nbsp;iu gement. En fcs exemples nous voyons mani ⢠feftement vhc confufion en lâordre que Dieu a inftitué. Apprenons donc quâil nâeft point parlé feulement des faids externes en la Loy de Dieu: mais que toute la rebellion de la nature de lâhomme eft condamnée,amp; quelacon fufion amp;nbsp;defordre intérieur y eft auffi bien comprins que lâextérieur. Parquoy lescom-mandemens de concupifcence font adiouftci en la fin ,lefqucls parlent apertement de la co-tumace intérieure.
Maintenant donc nous traiderons brie-uement les autres coramandemens : lefquels pource quâils font politiques,il fautpreniie-rement fçauoir que Dieu commande , que nous viuions en cefte focicté politique, en 1a-quclleil veut eftre cognu, il veut que nous ex-crcitions en foy amp;nbsp;prières communes, en perils amp;nbsp;trauaux communs;!! veut que diledion foit
DES DIX COMMAND. 145â foil entretenue entre les homes, amp;nbsp;quâvncha cunfoitfuict à la feruitude commune, à cau-fe de luy ; il veut quâen cecy noftre confeflîon foit publique,à finqueles autres foyentin-ftruits amp;nbsp;foyentinuitezà la cognoiffance amp;nbsp;crainte de Dieu: comme il eft efcrit, Quevo-ftre lumière reluifedcuant les hommes. 11 ne veut pas que Samuel ouDauid demeurent cachez en quelque defert ou cauernc,amp; que feulement ils vaquent à quelques fecretes cérémonies: mais il veut quâils conu erfent au milieu des vagues amp;nbsp;orages du gouuernement publicq, amp;nbsp;là publier par toutladoârine qui leur a efté donnée de Dieu. Ilveut quâen ces perils ils lâexercent enlaFoy,amp; enfeignent les autres. Il veut faire apparoiftre les tefmoi-gnages de fa doftrinedcfqucls il manifefte par eux. 11 veut quâils foyentfuicts à la feruitude commune,à caufe deV obeiffanecqui eftdcué à Dieu. Par ce moyenlaLoy faittoutegal amp;nbsp;vni, commandant à vn chacun de faire fon deuoir,en feruantlâvn à lâautre, amp;nbsp;faifant ce quâils doyuent faire ; ainfi que nousfom-mes tous membres dâvnmefme corps ,conjoints par diledion mutuelle, amp;nbsp;feruices mutuels ,à finquenousobeiffionsà Dieu. Sea-chons donc quâil nous eft icy fait commandement de fuppotter les charges les vns des
l4lt;î EXPOSITION
autres, amp;nbsp;la feruitude commune de toute cc-ftc vie : fâemploycr lâvn pour lâautre. Et retenons cela, que Dieu nous a créés à ceftefin, que nous nous entretenions en cefte focieté politique. Car la premiere Loy ne commande pas, Cerche le defcrt, cerche ton plaifir, çcrche ton repos: mais elle did, Honore ton pere amp;nbsp;ta mere. Elle eftablit les feigneurics amp;nbsp;lâobeiffance. Apprenons donc que les Åu-uresde la féconde Table font vray es adorations de Dieu,comme celles dç la premiere: ainfique cy deffusiâay défait que câeftoita-doration: afçauoir quand elles font gouucr-nées parla foy, amp;nbsp;parla crainte de Dieu.Par-quoy quand les Prophètes fontcomparaifon des adorations, les feruiecs politiques font tant de fois préférez aux ceremonies. Efa. i, Donnez jugement au pupille,amp;c. Et$8,Bri-fe to pain à celluy qui en ha neceflîté. Ofee 6, Zacha.7,Iugezdroidiugcment. Etmefme-ment lefus Chrift prife ces plaifirs mutuels, quand il dit que le commandement deladi-lediô duprochain eft femblable au premier; çâcft à dire que Dieu requiert obciuanceen toutes les deuxfortes, amp;nbsp;que les Åuuresdes deux tables,font adoration s de Dieu.
DES DIX COMMAND.quot; 147
DV IIII. COMMA ND.
ZARIc quatrième commandement comme ce parle premier degré de feigneurie ou gouuernemétiafçauoir par lâauthorité des pères amp;nbsp;mercs,lefquelsdoyuét donner exemple aux autres gouuerneurs:defquels il eft parlé ail leurs,corne aux Rom.13. Et il eft faidcoman-demêt du fouuerain degré dâobcilTancc: afça» uoir de lâhonneur , lequel eóprend trois cho-fes.La premiere, câeft la cognoiffancc deDieu: lequel il nous faut propofer corne autheurde lâaffociatio humaine,tant en mari age,quâen la republique.En ces ordonnaces apparoir la fa-ge(redcDieu,fabonté enuers nous,faiufticc, fon ire cotre les mechas, la protedio de lâinno cence.Ceft honneur donc eft, quand nousco-gnoiffons que cefte foci été eft vncÅuure diui ne,vn tefmoignage de ia prouidencc,falutairc augenrehumain, bonamp;honefte: amp;nbsp;quand nous aimons cefte ordre à caufe de Dieuamp; pour noftrcvtilité:amp; quand nous prios Dieu humblcmét quâil coferuc ceft ordre. Secôde-ment il comprend lâobciflance externe,! celle fin que nous nous employ os mutnclemét à co feruer les républiques,amp; non pas à les deftrui rc amp;nbsp;gafter. Tierce met il eóprend vne équité, par laquelle nous fupportios aucunes fautes é
K. ii.
t4^ nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Ã-XPOSITIOÃ?
nozfupcricurs,voyat ccftcinfirmité humaine» qui eft fi grande: amp;nbsp;par cefte noftrc équité,mo deratióamp; diligence,nous reparios la faute,amp; y donni6srcmede;entelle forte toutcsfoisquc ne facios rien cotre les comandemés de Dieu.
Orleschofcs doyuenteftre feparéesdes perfonnes. Ceft honneur ainfi diuifé en trois, corne iâay did, eft toufiours deu au fupcrieur: câeft à dire,à lâaflociatio mefmc du mariage,amp; à lapolitique:laquellecft coiointeparloixho-neftes amp;nbsp;louables,lefquellcs Dieu a imprimées en lâentendement des hommes,amp; autres lois cquitables.En cefte forte les Peres,les Pro phetes,IefusChrift,amp;lcsApoftrcsontapprou ué toufiours le mariage, amp;nbsp;lâordre politique, amp;nbsp;les ont auouez pour Åuures amp;nbsp;bénéfices de Dieu, ainfi quâils ontobferué les change-mes des mouuemens amp;nbsp;des temps aux gouuer nemés publiqucs.Dont ils on t péfé que Dieu auoit foing des homes. Cepend at touteffois ilsfcparoycntccs chofes des perfonnes,amp; des ccuurcs du diablc;lcqucl,dâautantplus que les ecuuresde Dieu font grandcs,amp; tant plus Pef forcc-il deles effacer,de les ebralcr amp;nbsp;deftrui rc du tout,comme furieux amp;nbsp;plein de rage. S, Paul doc aimoit lâordre politique, amp;nbsp;lesloix dclâépire Romain,amp; obeiffoit à icelles: mais il nâaimoitpoint Nçrp ne Caligula:amp;qui plus eft,
ÃES DIX COMMAND. Ã4p fft,il les auoit en execratió amp;nbsp;horrcur,comein ftrurnensdu diab]e,mauditsdeDieuâ. parles inechancctez defqucisil voyoittout lâordre denatureeftrercnuerfé amp;nbsp;contaminé,IInous faut obleruer cededidinöió des chofes amp;nbsp;des pctfoncs: afin quelesÅuurcsdcDieufoycnt fcparéesdesÅuuresdu diable. Etcclluyqui pourra difcernerles chofes dâentrel ^^perfo-uesdl aimera mieux,iSlt;:auraen plus grande rc-ucrcncclcsloixciuiles amp;nbsp;gouuernemens publics : amp;nbsp;en confiderant cefte grade cofufion des royaumes amp;nbsp;empires,laquelle procédé du diable amp;nbsp;defes fuppods, il fera plus fâché de vcoir la puiffance du diable,lequel eftantaffiz au plus haut degré de tout le gouuernemenr, auec grade arrogace amp;nbsp;cruauté,declare la haine quâil ha cotre Dieu,demonftrc cobien peu de conte il fait de tous les hommes,defeouure fatyrannie amp;nbsp;inhumanité. Car quelle chofe plu.s horrible, plus vilaine, plus abominable pourroit-on imaginer, qucles tyrans qui ont efié de tout tcmps?Et cobien de Princes y eut il iamais, qui ayent edé exempts de tyrannie, voire ceux quinâauoyétpas grande puiflance amp;nbsp;authorité?Et cobieny en a-il cncoicauiour dhuy?Certesbicnpeu. Il edbefoinqucnous entédions quelle cd lagradeurdc ccsmanx;amp; nous faut gémir quad nous y penfons, amp;nbsp;faut
K. iü.
ljo nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOS ITTON
prier Dieu quâil luyplaife corriger telles i-niquitez, amp;nbsp;conferuer les républiques. Et ne faut point exculer, ou fauorifer les vices ious prétextédclâÅuurcde Dieu: nepour lâexcellence du lieu ou dignité,foufFrir aucuns torts manifeftes, ny iniures outrageufes , neme-chancctc2,nedebordemcs exécrables oudif-foluiiósdcfordónécs des tyrans, lesquels pil-lcnt,rançonnent,dcftrouflent lans ordre,fans fin, fans mefure. Mais lcreftede ceux qui lont de la république, aufqu«Is le Seigneur Dieua donné l'on glaiue, font tresbien quand il chaf fent du gouuernemét de lâempire tels N erons amp;nbsp;Caligules,tcls monftrcs amp;nbsp;peftes. Comme Traian did tresbic à cclluy qui auoit la charge de toute fa gendarmerie, luy donnant lâef-pée: Vfe de cefte efpéc pourmoy, quandic te commanderay chofesraifonnablcs : mais fi ie te commande chofes iniques amp;nbsp;deraifonni bles,vfe- en contre moy. Mais fi ceux qui ont le gouuernemét par deflus les autres,fót loyaux: câeft à dire, sâils fefforcent aucunemet de faire leur deuoir,amp; fi bien fouuent ils font quelque bonne chofe, amp;nbsp;ferepcntent apres auoirmal fait,il faut cacher leurs fautcs,ou y donner rc-jnede. Tcls ont efté Dauid,Salomon,lofa-phat: Icfqucls combien quâils furent Princes exceliens amp;nbsp;vertueux,ncantmoins ils font tô-bez
D à S D r X COMMAND. 10 bezlourdemêt;amp;leurs pechezont efté mis par efent : à finquenousfoyonsadmoneftezque câeft vne chofe trefdifficile,amp; grandement pc-rillcufe, que Ie gouuernemene dâvn royaume, ou dâvn empire. Car corne ai nfi foit que le dia bic eft meurtrier, il tache à démolir les républiques, à renuerfer amp;nbsp;ebranler les gouuer-neurs ; ou il ha les fuppofts amp;nbsp;inftrumens entre le peuple: comeiladu tout deftruiâ Saul, lequeltoutcsfois auoitfaidau comencement de grades chofes amp;nbsp;vtiles ,11a tendu les lacqs à Dauid,defquels il sâeft depeftré à grande difficulté. Puis apres il efmeut fonfilz Abfalo con tre luyde forfait duquel attira depuis vnc gran deruinc.Lediablcdôctroublelcsrepubliques amp;nbsp;la nature des hommes eft de foy dcbile,tant celle des gouuerneurs,que du peuple. Ettous deux aiment naturellemét la liberté charnelle, amp;nbsp;hayffent le ioug des loix amp;nbsp;de toute difcipli ne. Câeft bienvn grand amp;fingulier don de Dieu,fe gouuerner moycnnemét au milieu de tant dâembufehes du diable, amp;nbsp;vnc fi grande infirmité humaine entant de fortes debile amp;nbsp;foible. Comme dit apertement Salomon, A fin que lâÅil voye, amp;nbsp;que lâoreille oye, le Seigneur Dieu facelesdeux-.câeftà direià celle fin que le magiftrat ait bon confeil : amp;nbsp;que les fuietsfoyent obeiflans comme ils doyuenti
K. üü.
1J2 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
que Dicuy befongnc, amp;nbsp;quâon cognoiflc que câcft fon ccuure, laquelle il nianifeftc par les fideles gouuerneurs, entre l cfqucls il y en a de meilleurs les vns que les autres. Il nây a point de fageffe entreles hommes,ne vertu tat grade fuit-elle, qui puiffe fatiffaire à tant decho-fcs. Parquoy fainâPauldidà laa. Cor. 3, NüftrcfuffilancceftdcDicu. Item;Nousnc fommes pas fuffifans de nous mefmcs,amp; ne pouuonspas penfer feulement ce qui eftrai-fonnable.Maislafidelité eft rcquifeés perfon-nes:câeft à dire la volonté de bien faire.i. Cor. 4. Au demeurant, il eft requis aux miniflres. quâilsfoyent fideles. Puis donc que lâeftat du gouuememét ciuil eft vn moyen cftat,reco gnoiffons-lepourvn bénéfice de Dieu,lequel Dieu adminiftre par magiftrats fidcles;amp;obe-iffonsà Dicu,qui eft autheur des républiques, Dâauantage portons honneur à ceux qui ont charge publique , amp;nbsp;autres qui font à lâentour dâeux,à caufe de leur loyauté, amp;nbsp;de fi grandâlabeur quâils endurent. Câeft adiré: recognoiffons quâils font aides de Dieu, quâils font les inftrumens, par lefquels Dieu nous adminiftre de fcs biens ; aimons les, amp;nbsp;nous afluictiffons deux : amp;nbsp;confeflbns que nous deuons rendre graces pour leur grande diligence : amp;fupportons aucunes deleurs fautes,
DES DIX COMMAND. If J fautes:en forte touteffoi s,quc nous nc facions rien contre le commandement de Dicu.Cefte équité eftvne grande vertu, amp;nbsp;bien difficile. Pay noté en peu de parolles quelles chofes font comprinfes par ce mot,Honneur: lequel il faut diligemment confidercr:iâay parléauf-fi de la difference qui eft entre les chofcs amp;nbsp;les perfones.
Or ce commandement contient les dc-uoirs mutuels des fuiets amp;nbsp;de leurs fupericurs. Les deuoirs des fupericurs font fignifiez en ces deux mots, de Perc amp;nbsp;de Mere:auffi en tout le Dccaloge,auquel eft comprifepar tout la manière de gouuerner , toutes les vertuz, amp;nbsp;tous les deuoirs dâvn bon pere, amp;nbsp;dâvn bon gouuer neur;ainfi que cefte fentence eft veritable, come Xenophon a dit: Vn bon prince nâeft en tien differêt dâvn bon pere.La premiere charge doncdâvn bon gouuerncurfoitdela première table â¢. câeft à dire, quâil ait ce foingque les Eglifcsfoycntbien inftruites. Lepercioit fongneux que fes enfans foyent fiddemet cn-fcignezcniâefcholedc lefus Chrift: dâauâta-ge quâil foitiufte amp;nbsp;conftant quand il faudra fouftenir la querelle de Dieu;quâil foit ehafte, quâil foit large enuers les bons, ayant zcle, amp;nbsp;hayflant de tout fon cueur toute vilenie; quâil foit veritable en dits amp;nbsp;faits : quâil foit de-
iy4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;E X P Ã S I T I Ã N
bonnairc amp;nbsp;fans malice, ou aucun mauuaiî foufpeçon. Quâil foit diligent à biê employer fes biés, en forte quâil donne bon ordre à tou-teslcsneccffitez,quifuruiendront. Outrepius (corne iâay dit) tout le Décalogue cft vne forme dcgouuernemenf.amp; quand Icgouuerneur aura vne affedio paternelle, il fâefforcera aulli à fuyureces vertuz.
Pareillement que ccluy qui eft fuiet,porte honneur à fon fuperieur : câeft à dire, quâil rc-cognoiffe que les gouuernemés publiques foC ceuures de Dieu,quâil obeifle à caufe de Dieu: amp;nbsp;quâil fupporte quelques fautes.Icy aulTi ap-partienêt ces vertuz:afçauoir, la iuftice généra le,qui eft vne obeiffanec lcgitime,deuè au ma-giftrat: item la charge delà vocation dâvneba cunâtem cefte équité,quâon doit auoir en cou â urant les fautes des fuperieurs, ou en y donnât remcde,à fin que la paix publique ne foit point troublée.
Mais lespcchez ou vices contraires font plus faeilemens cognuz, comme larebellion cotre les fuperieurs, laquelle eft nommée dcf-obeilTance: amp;nbsp;eft vne iniquité generale amp;nbsp;vni-uerfelle.Item,la fedition:item,lapare{fedâexe-cuterfon office:item,fâingcrcrenla vocation dâautruy. Decevicefontcntachezbienfou-ucntamp; Icsfuperieurs,amp;lesfuiets. Parquoy fainft
DES DI X COM MANO. Hf f^inô Pierre defend dâeftre trop curieux és bc-^ongnes des au tres.
Dâauantagc, (comme iâay did cy deffus,) tout ainfi quâaux gouuernemens publiques ii faut mettre difference entre leschofes,amp; les perfonnes:auffi faut-il mettre difference entre les chofes mefmes. Es autres monarchies le gouucrnenient appartenoit principalement i la defenfe de la focieté ciuilc amp;nbsp;honcftc,iaçoic quâils nâeuffent aucune cognoiffance de la i e-ligion Chreftiennc:mais au royaume de lâA n-techriff,ils ont des loix perpétuelles ; fingulie-rementlcs loix de fon régne,lefquclles contie-nent vne nouuelle ad oratio plei ne de blafphe-ines,amp; contraire à lcfus Chrift, amp;nbsp;condamnée de Dieu.Et la fin princi pale de ce regne,eft dâabolir totalement le nom de Chrift. Etfous ce prétexté ce regne a cfté bafty, comme Pii appartenoit à la gloire de Dieu, que le nom amp;nbsp;la doârinede Chriftfutcfteintetotalcmét.Tel eft le royaume de Mahomet,LaLoy deMahomet eft vn outrage manifefte contre Chrift. Auccce elle commande le brigandage : car elle commande de tuer ceux quicroycnt lefus Chrift eftre leFilz de Dicu.Item,elle veut que par force amp;nbsp;coufteaux on diuulguepar tout les erreurs. Daniel apredift toutes ceschofes, chap. 7â parlant delà petite cornc:11 parlera
IJlt;à nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;BXPOSITIO»
contre lâEternel, amp;nbsp;brifcra les fideles du très« haut. Dâauantage pluficurs fortes de vilenies amp;nbsp;paillardifcs infames font permifes par cede Loy.Et à la vérité les mariages des Mahome-tiftes font nuis ; car il leur eft permis par laloy d.âefpoufer femme,de la répudier, amp;nbsp;après lâa-uoirrépudiée,la rependre, félon la fantafie priuée dâvu chacun,fans cognoiffance de cau-fc.IIspermettentauffi parleurloy des paillardifcs cxecrables,à caufe defquellcs le Seigneur Dicua deftruit Sodome, amp;nbsp;pluficurs autres citez, Parquoy, tant Pen faut que laloyde ceregnefoitdeDieu, quepluftoft ilya vne rage diabolique, laquelle Dieu permet de régner en orgeuil iufques au dernieriour,pour punirle mode. Ainfi félon que les pechez font crcuz depuis le commencement iufques au-ioudâhuy, auffi laferuitude eft creuë, amp;nbsp;li durté des feigncurs,amp;: finalement la confufio. Acefte caufe il faut obferucr la difference qui eft entreles autres monarchies,^: le royaume dcMahomet.Danielpouuoit exercer lâoffice demagiftratau royaume de Babylonc. Les luifspouuoycntfuyure la guerre fous la conduite dâAlexandrc.LesChrefticns pouuoyent eftre foudars des princes Romains: ainfi que fous lâempire de Marcus Antonius les Chre-ftiens curent pluficurs viâoircs,amp;Iuy parleur loyauté
DES DIX COMMAND. IÃy loyauté triompha plufieurs fois enPannoniCî pource quâlis ne faifoyent guerre pour autre raifonque pourla conferuation, amp;nbsp;honefte entretien de leur république. Mais il nâeft nullem ent licite aux Chreftiens de faire guerre auec les Turcs,lefqucls ne pretendent point de conferuer leur république en honefteré, mais de confermer amp;nbsp;eftendre leur loy . Il eft bienlicitcaux Chrefties dâendurer laferuitu-de:mals il ne leur eft aucunement licite dâaller en guerre auec les Turcs:car le texte dit aper-tement;Il brifera les fideles de Dieu.
lE V. COMMANDEMENT.
Tu ne tueras point.
CE commandement defend non feulcmét les torts externes faits aux corps:non feu-Icmêtlesvengcâces particulières extérieures: mais auffi cefte malueuillacc qui eft au cueur, les haines, rancune, cnuie, amp;lcdefirpriué de vengeance,commelefus Chrift expofe clairement cecommandemetau;, de S. Matthieu. Etau contraire il requiert vue debonnairetc enuers tous,mifericorde, zele, amp;nbsp;cefte fynce-reaffeâion quiefteotraire à malueuillance, manfuetude ,patience, droiture: laquelleeft contente de quitter quelque chofedefonbon
«5? nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;« X P o s I T I o M
droit pour les caufesprobables quâelle veoît: à fin que ceux en qui il y a efpoir dâamendement,foycnt remis au droit chemin : de peut auffi quâil ne fâengendre des diffenfions publiques apres les difcors particuliers:pour autant que nous fçauons,quâil y aeftroit commandement touchant les oftenfes particulières : afça-uoir,Pardonnez,amp;ilvousfera pardonné,
Dâaiiantage la vengeance nâappartiét pas à vn homme priué tant foit il irrité:maisleSei gneur Dieu veut quâon luy referue, amp;nbsp;luy a borne feslimites. Parquoy il dit : Amoyla vengeance. Or il eft certain combien de troubles ont efté emeuz par conuoitifes priuées amp;nbsp;dcfirs de prendre vengeance.Parquoy apprenons ce que Dieu a commande touchant la vengeance, amp;nbsp;obeiffons au commandement de Dieu.
Il fauticy adiouftcr auffi,que le magifirat ou le gouuerneur de la république peut licitement vfcr de vengeance, ainfiquc Dieuluy a commandc;amp; lâoffice du magiftrat eft défaire la vengeance, amp;luy appartient ce qui eft dit: A moy la vengeance, ie 1âexecuteray. le puni-ray,ou de ma main,ou par permiffion, ou par lâoffice légitime du magiftrat: car Dieu efta-blit,confcrue, amp;nbsp;changelcs royaumes, les fei-cncurics,amp; républiques,comme dit Daniel au z.chap.
DES DIX COMMAND? 1^9
î.chap. Dieu change les royaumes,amp; les cfta-blit. La vengeance diuinc donc eftvne peine légitimé, amp;nbsp;qui iuftement appartient aumagiftrat, quand il punit les brigans, adultères, periures,deftroufleurs,larrons,amp; ceux qui par fentence criminelle font iugez à mort. Lâoffice amp;nbsp;les guerres légitimés appartienét au ma-giftrat: comme quand Conftantin reprima lâorgeuil amp;nbsp;felonnie de Licinius par armes. Ettout ainfiquelagucrrecftlefouuerain de-Si^éde la puifTance amp;nbsp;authorité du magiftrat; auffionen abufe grandement, amp;il nâauient guiercsfouuentquâon face guerre iuftement, amp;nbsp;ainfi quâil appartiét. Mais commeainfifoie SueleDiablcfoitmcurtrier dés Iccomméce-
ment, amp;;ennemy mortel de tout ordre ciuil, ^':srcpubijqyes, g, detoute difciplinc, bien fouuentil fufeite de grandes gu erres fan s gra^ deoccafio^embrafeles courages des deuxeo-ftez dâvne méchante amp;nbsp;inique cupidité. Le Seigneur Dieu permet ces brigandages à celle fin quâil puniffelcs pechez des deux parties. Comme la guerre de Peloponnefus(qui futla ruine de toute la Grece) fut efmeuë par legeres caufes',iyjant laquelle fut couppé vn bois cipez, equel eftoit confacré félon les cérémonies amp;nbsp;couftutnes des Paycns.La caufe de cc-l e emotion,futquç Pericles fe fentit irrité des
Ãffo^ BXPOSITIoH
iniurcs,qui auoyent cfté faites à Afpafia: amp;nbsp;e- | flat efchaufTe,il entreprit la guerre .Et qui plus cft,vn bo droit nâeft pas affez iufte amp;nbsp;fuffifan-tc caufe pour faire la guerre, fingulierement quand lesoccafions font legeres: comme on dit,que bien fouuent le meilleur droit,câeft vn grand tort amp;nbsp;vnc grandeiniurc. Maisilfaut vfcr dâéquité, amp;tafchcrpluftoft à remédier, fâily a quelqueoffenfe commife, qucpourla faute dâaucus,punir les innoeês,meurtrir ceux qui nâont point offenfe, nuire fans diferetion aux eglifes amp;nbsp;républiques. Et fâchent les gou-uerneurs amp;nbsp;princes que la guerre doit eftre ' vnc vengeance diuine,amp; quâelle ne doit point feruir à lâaffeâion de lâhomme, ou à vn courroux temeraire : comme difoit Abigail à Da-uid, Pour autant que tu fais la guerre du Seigneur,quâil ne foit poît trouuc de mal en toy.
LE VI. COMMANDEMENT.
Tu ne paillarderas point.
IL y a vne grade confufion publique en lâor-drequi eft ordoné de Dieu,cn ce fixieme cô-mandement, laquelle doit eftre défendue felo lâopinion de tous. OrlefusChrift expofeee comandementen S. Matth chap. S- amp;demon- ( ftre que non feulemct les pechez exter nés font défendu z,
DES DTX COMMAND. Iff» I dcfenduz: mais aufli lâinclination peruerfe,amp; les eftranges mouuemcns, qui fontcontraires à ce commandement. Et comme il aeftédift cy deffuSjtoutainfi quâil faut exelurre aucunes affirmatios auec les negatiues;auffi faut-il noter en cell: endroit, que le vray mariage eft in-ftitué amp;nbsp;confermé, pour autant quâil eftfou-ftenu par celle loy,laquelle approuuc la con-uerfatjon de mariage:amp; au contraire elle condamne toute affcmblée dâhomme amp;nbsp;de femme,faide hors le mariage Icgitime.Ecmenace de punir les paillars en celle vie; amp;nbsp;les eondam ' ne à mort perpétuelle après celle vie:comme il eddiden lâepillreaux Ebrieux,Dieuiugera les fomicateurs amp;nbsp;adulteres.Item aux Ephe.y, ' Vn paillard ou fouillé nâa point dâhéritage au royaume de Chrill amp;nbsp;de Dieu: car pour ces chofes, lâire de Dieu vient fur les enfaus dâincrédulité. Or iâay did que le mariage cllella-blyamp; confermé par celle loy :pourcc que com bien que le monde ne puniffe point les adulte res,ne les autres paillardifes aulïî: neantmoins Dieulcs punit,amp; ne permet point que fes menaces foyent vaines amp;nbsp;fans effed ; comme les exemples de tout temps ledcmonllrent; voire ceux qui ne font point rédigez par efcrit. T ou teffoisDieua bien voulu quâaucuns ayentc-fté eferitSjà fin que nous foy os admonetlez de L.
jÃ^i nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
cefte reiglc,afçauoir, que Dieu fe courrouce à la vérité à tous ceux qui fontfouillcz amp;pol-luzdc paillardife; amp;nbsp;qucmefmeilchaûieri-gourcufcmcnt ceux qui Pen repentent,comme Dauid a efté chaftié: ou il deftruit du tout ceux qui ncPamendent point, comme Sodo me a efté du tout mife à lac. Et non feulement ces cinq villes ont efté du tout dcftruites pour ceftc caufe, mais auffi les paillardifes, adultères, amp;nbsp;fouillcurcs infames ont efté caufe de la ruine de beaucoup dâautres villes : comme de toutes les villes de Grece, de Thcbe,dâAthene,de Sparte. Et non feulement Troyca efté punie à caufe de lâadultéré ; mais plufieurs R oys font morts honteufement, ont finy leur vie malheureufement à caufe de leurs paillat-difes;commcEgifthus,Clytemncftra,prcfque tous les Macédoniens, Philippe, Alexandre, Demetrius,les Ptolomées,plufieurs Empereurs. Et bien fouuent auffi les royaumes ont efté tranfferez par cruelles guerres pour cefte caufe : comme prefque toute la lignée deBen-iamin a efté du tout deftruitc à caufe dclâadul tere commis en la femme du Lcuite. Regardons à ces exemples, amp;nbsp;entendons aux mena-cesdiuincs, amp;,obeiflbns volontairement à ce commandemenr,amp; refiftons à toutes mauuai f8saffeâions,amp; defirs illicites. Les vertus qui pen
DES DIX COMMAND. Iffj Penfuyucnc,font icy rcquifcs:afçauoir, pudicité,chafteté , ou continence, vergongne, at-trcmpanCe,fobricté:car fans attrempancc nul ne peut contregarderfa chafteté.
DV VII. COMMANDEMENT.
Tu ne déroberas point.
ET icy auffi faut cercher lâaffirmatiue ; car dadiftindion des feigneuries amp;nbsp;poffeffi-onsyefteftablic: ce que mcfmc tefmoigncle contenu de ce commandement eftrevne ordonnance de Dieu. Car dâautant que les larcins font de fendue par iceluy, il veut aufft que chacun poffede paifiblcmcnt fou bien. Parcetefmoignage foyentconfutéeslesréue', ries dâvn tas de gens fanatiques, lefquels défait lent lourdement amp;nbsp;au grand defauantage de lâEglifcdeDieu, amp;nbsp;fouftienentquâenlâEuan-gilc la propriété des biens cftdefendue. Dâa-uantage il faut obferuer la defenfe qui nous eh faià e ; afçauoir que ne conuoitions point les biens dâautruy . Et pour autant que les contrads font ordonnez de Dieu, à fin que les hommes demonftrent lâobeiffance quâils doy uet a Dieu par plaifirs amp;nbsp;feruices mutuels, on y doit garder faindeté amp;nbsp;droiture ; cat
L. ii.
16'4 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;EXPOSITION
Dieu punit Iâiniuftice , mefme és contrats, non feulement par les peines ordonnées par lemagiftrat ; mais aufti par autres calamitcz, comme diâ Haie: Maledidion fur toy qui deft rouffes,car auffi biê feras tu defpouillé.Dcut. 2j,Ayes vnpoixamp;vnemefureiufte ; à hnque tu viucs longuement. Etnous voyonsparcx-perience la vérité de cefte fentence, qui did: Les chofes mal acquifes fe dechéentde le diminuent malheureufement. Cefte loy contient pluficurs vertus cotraires à auarice,lafchecé,amp; prodigalité :afçauoir, droiture és contrats, libéralité,diligence,cfpargne. Car toutes genJ lafchesquifâattendentfurle labeur dâautriiy,' tous prodigues, font larrons, dâautant quâde ne pourroyét entretenir leur oifiueté,ne fatif-faire à leur defpenfe,sâils ne le prenoy ent dâail leurs, 5c rauiffoyent du bien dâautruy. '
DV VIII. SOMMA ND.
Tu ne diras point faux tefmoignage.
z^ Efte loy cftablit amp;nbsp;conferme les iugemes,'
amp; les paclrcs,amp; contient vne vertu qui eft la plus excellente de toutes les autres:afçauoir Verité.Le profit de laquelle eft cotenu amplement és dodrines, ésiugemcns,éspaches, amp;nbsp;cnli
DES DIX COMMAND. iSj enh couerfation. Car toutes les dodrines cor rompues par fraude, ou par lâarrogance amp;nbsp;in-diferetion des efprits : toutes les calomnies amp;nbsp;cauillations faides en iugement, toutes trorn periesamp; trafiques cauteleufes des marchas,tou tesfophift cries,tous ceux qui par leur hypocri fie dc^oyuct amp;nbsp;prenêt les autres au trebuchet, amp;nbsp;ne declairentpoint librement ce quâils Tentent, amp;nbsp;quelle eft leur nature amp;nbsp;opinion, corrompent ce commadement .11 nous faut diligemment obieruer cobien grade eftendu:ont toutes ces chofes en noftre vie, à fin que nous apprenios à vrayemét hayr amp;auoir en execra-tionlefard,la diflimulation,oulafophiftcric.
DV IX. ET X. COMMAND.
Le neufieme amp;lc dixième commandemet adiouftentvnc declaratiomà fin que nous fcachions que non feulement les Åuurcs externes font commandées par la Loy de Dieu, mais auffi le péché qui eft enraciné en la dodri nehumaine tant corropue, eft codamne amp;nbsp;re-prouué de Dicu-.lequel eft appelle cocupifeen-ce.Car non feulemét font icy reprouuées les ff fedions vicieufes ,efquelles eft adioint le con-fentement,comme on did;mais auffi cefte pcr-uerfe inclination qui eft en nous, par la quelle
L. iü.
iÃ6 EXPOSITtoN
nous auons Dieu en defdain perpétuellement, amp;nous nous deftournos deluy, amp;nbsp;fomesrebel les à fa loy, laquelle auiîî engendre en nous vne cofufion horrible de couoicifes infinies,la foit quele cofentemet ny foie pas toufiours.QiianC à cernai perpecuei,faind Paul dit: Laprudéce delachaireft ennemie de Dieu: car elle nâeft point fuicte à laLoy de Dieu,amp;ne fây peut affu ietir aucunemêt. Et ne penfons pas que ce foit vn petit mal, que dâeftre cnnemy de Dieu : car lâinimitié entiers Dieu coprend beaucoupde malhcurctcz:afçauoir des doutes de Dieu,rc-culement de Dieu,murmure cotre Dieu,quad nous fommes puniz: puis apres des pen fées va gués, contraires à la Loy de Dieu: afçauoir, confiance en fa propre fagefle ou vertu, con-temnemét des autres,enuie,ambition,auarice, defirs defordonnez de paiHard;fe,conuoitife de vegence. S.paul comprend toutes ces cho-fcs parce mot dâinimitié. Ces chofes font du tout contraires à Dieu : amp;nbsp;Dieu femblable-menteft irrité contre telles mefchancetcz;ia foit que pour lâamour de fon FiIzil pardonne aux fideles. Orce que faind Paul appel le inimitié contre Dicu,illâa3uffi appellé ailleurs concupifcence : laquelle fignifie vne maiiuai-fc inclination, amp;nbsp;corruption de toutes affe-dions. Par ce moyen il eft certain quâil nây
DES DIX COMMAND. 1^7 en a pas vn de tous ceux qui font naiz en cc-ftccorruption,qui puiffe fatiffaire à la Loy de Dieuxar la concupifcencecorrompue demeure en cefte nature mortelle,laquelle faind Paul afferme efire péché, au 7.des Romains. Eepuis aprcsil lâappelle inimitié cotre Dieu: amp;nbsp;il adioufte quant amp;nbsp;quant, quâelle ne peut cftreaffuictieà la Loy de Dieu :parquoy elle eff reprouuée par ce Decalogue. 11 eftbe-foingquenousfoyonsadmoncficzdecescho fcs,à finque nous puilfions cotemplcr la grandeur de la grace de Dieu,amp; entcndrela dodri ne de la iuftification par la Foy.
Audemeurant, il faut auffmotercccy ;a-fçauoir que combien quâil ne foit point parlé en tousles commandemens en quelque certain lieu des loyers,ou des peines,neantmoins il faut entendre, que les promeffes amp;nbsp;les menaces apparcienent également à tous les commandemens, amp;nbsp;quâil en eft faid niétion ailleurs bienfouuét. Le fommaire des promeffes eft coprins en ces paroi lest Qui aura accôply toutes ces chofes, v i ura en i cell es. L e fo m mai-â^tdes menaces eft en cecy : Maudit,celluy qui ne refera point arrefté en toutes les chafes qui font eferites en la Loy. Mais il faut entendre, que toutes les promeffes delà Loy fontfaides fous condition icâcftafçauoir,
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quâil ne fe face neu contre la Loy. Or puis que la Loy nous condamne toufiours,ces pro meffesferoyent vaines amp;nbsp;friuoles,fi nous nâc-ftions enfeignez par lâEuangile , comment nousfommes reputez iuftes, amp;nbsp;commcntle commencement de cefte obei{rance,que nous rendonsfelon la Loy ,eftaggreableà Dieu. Les promclTcs donc font faites aux bons par lafoy qui eft en Chrift, amp;nbsp;les promeffesde la Loy font ratifiées : pource que Dieu reçoit lâobeiflancc comme aggreable. Parquoy il donne des loyers amp;nbsp;corporels amp;nbsp;fpirituels, félon ce qui eft did: Donnez, amp;nbsp;il vous fera donné. Etau Pfeaumc3a, Afin quâil racheté leur vie de mort, amp;nbsp;quâil les «ourriffe au temps delà famine.
LOVA Hex à Ã.ãV.