MANUEL
MALADIES CEBBMIIES
KT
LEUK TRAITEMENT DOSIMÃTRIQUE Par le DOCTEUR BURGGRAEVE
PROFESSEUR ÃMÃRITR DE lâUNIVBRSITà DE GAND (BELGIQUE) AUTEUR DE LA Nouvelle Méthode dosimétrique»
GAN D
CHEZ LâAUTEUR, RUE DES BAGUETTES, 50 et dans les principales librairies
1888
o. oct.
36U9
MALADIES CÃRÃBRO-SPINALES
PROPRIÃTÃ
Bruxelles. â Typographie veuve Cn. Vanperauwera, rue des Sables, 16.
MANUEL
HUMS IBtSPINAlE
ET
LEUR TRAITEMENT DOSIMÃTRIQUE
Par le DOCTEUR BURGGRAEVE
PROFEÃSEUR ÃMÃRITE DR l/UNIVERSITà DE GAND (BELGIQUE/ AUTEUR DE IA TŸo'nveUe Méthode dosimélriqzie.
GAN D
CHEZ L'AUTEUR, RUE DES BAGUETTES, 50 et dans Us principales librairies
1888
INTRODUCTION.
Ce Manuel pourrait être tout aussi bien intitulé Revue du Répertoire universel de médecine dosimétrique quant aux maladies cérébrales, car il se compose exclusivement de faits empruntés à cette collection, aujourdâhui presque introuvable, preuve quâelle a été détruite en partie par ses adversaires, auxquels elle a été adressée à titre gracieux (câest ainsi que procèdent les ennemis de la lumière). N ous nâavons pas voulu nous parer des plumes du paon et avons rendu à César ce qui appartient à César.
i*
Pour les maladies cérébrales, nous avons surtout insisté sur la méningite, faussement appelée tuberculeuse â du moins dans les cas accidentels ou spontanés, où elle peut encore être jugulée par les alcaloïdes défervescents et les antiparésiques.
*
* *
En effet, câest par la paralysie du cerveau que se termine, le plus souvent, la scène quand, après avoir combattu lâinflammation, on nâa pas eu recours à la strychnine ou à la brucine (dâaprès lââge des malades).
*
* *
Nous en dirons tout autant de la fièvre
apoplectiforme, où la saignée ne fait souvent que précipiter la mort. Il en est encore de même dans les paralysies essentielles.
* * *
Le lecteur trouvera le complément du présent Manuel dans les Manuels de la fièvre, des inflammations, des maladies des enfants, des maladies diathési-ques, etc., qui forment une clinique dosimétrique. Câest tout ce quâil faut au praticien ; il ne doit pas jouer le rôle du â pédant » en face de son malade qui lui répondrait : ^ Guérissez-moi, vous raisonnerez ensuite. »
* *
La dosimétrie réalise lâhippocratisme en médecine. Câest lâapplication des règles si sagement déduites, par le père de
la médecine, du pronostic plutôt que du diagnostic. Si on peut dire de ce dernier quâil trompe souvent, le premier, par une sorte de suggestion (il faut bien se servir du langage du jour), prévoit ce qui va arriver et permet de fuir devant la tempête, comme un marin expérimenté, au lieu dâaller au-devant, comme lâallopathe obstiné.
Dr B.
II
FAITS CLINIQUES.
Traitement de la méningite des enfants {hydrocéphalalie aigue).
Parmi les maladies qui déciment les enfants, une des plus redoutables est, sans contredit, la méningite cérébrale, non seulement à cause de sa fréquence dans les grandes villes, mais encore parce que sa terminaison est presque toujours fatale. Les moyens préconisés dans ces derniers temps pour la combattre sont venus échouer entre mes mains, de sorte que
je me demande aujourdâhui encore sâil y a une guérison à attendre ou seulement des palliatifs à administrer. La méthode dosimétrique mâa inspiré un traitement qui mâa donné un résultat inespéré.
La symptomatologie de la méningite se résume, dâaprès le docteur Bouchut, dans les symptômes suivants : Céphalalgie, vomissements, convulsions, paralysie. Jâajouterai quâun symptôme domine presque toujours la scène pathologique et la précède souvent de quelques semaines sans aucun trouble apparent : lâinsomnie.
i®ââ Fait. â Méningite (hydrocéphalie aigue). â Lâenfant Dangin, rue de Charenton, six mois, allaité par sa mère, est amené à ma c onsultation le 16 décembre 1876. Il était souffrant depuis quelques jours, ne dormait plus, vomissait fréquemment et portait la tête inclinée en arrière.
Il nâavait pas encore de convulsions, mais les pupilles étaient dilatées, avec strabisme. Lâenfant ne toussait pas.
Diagnostic. â Méningite.
Traitement. â Bromhydrate de morphine, 5o centigrammes ; eau distillée, 5o grammes ; chaque gramme de la solution représentant i centigramme de sel de morphine.
Le lendemain, tous les symptômes de la veille sâétalent accrus. Je prescrivis alors une dose relativement forte, câest-à -dire 7 à 8 milligrammes de bromhydrate de morphine, mélangée à 20 grammes de sirop de sucre, qui furent administrés en trois fois, dâheure en heure. Lâenfant dormit quatorze heures consécutives. Quand il se réveilla, il prit le sein avec avidité, nâeut pas de vomissements et sâendormit de nouveau pendant deux heures.
Je continuai ainsi pendant quelques jours la dose de bromhydrate de morphine, et comme je remarquais, tous les deux jours, une intermittence marquée, je joignis à la solution 5 centigrammes de bromhydrate de quinine. Pour combattre la constipation je donnai, tous les deux jours, du calomel ou des lavements au miel mercuriel.
Je dois dire que jusque vers le 10 janvier, la
maladie a suivi sa marche habituelle, en parcourant ses phases avec une lenteur inusitée ; mais il nây a eu que deux fois des convulsions, trois fois seulement des vomissements ; la contraction des muscles de la nuque était toujours prononcée. Jâeus recours alors à lâhyosciamine, conjointement avec ma prescription précédente.
Bromhydrate de morphine. . i centigramme.
» de quinine . . nbsp;nbsp;5 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;»
Hyosciamine......i milligramme.
Sirop de sucre......20 grammes.
Partager en trois doses â une dose par jour â avec un jour de repos tous les quatre jours.
Depuis lors, lâamélioration a été remarquable. Aujourdâhui lâenfant paraît guéri, il est maigre, mais dort bien et prend régulièrement le sein et va régulièrement à selle. Une rougeole sâest déclarée depuis, mais sâest dissipée sans encombre.
Dquot;' A. Andrieux.
Remarques. â Il y aurait peut-être à discuter sur le diagnostic ; mais si ce nâa pas été une méningite confirmée, elle aurait pu le devenir. Le traitement nâa
eu du succès que lorsquâà la morphine on eût ajoutélâhyosciamine,contre lâélément spasme.
Di- B.
*
2= Fait. â Méningo-cérébrite. â Garrigou, dix-neuf mois, bébé vigoureux, bien doué, nâa jamais été malade. Le 20 octobre 1880, il perd sa gaieté habituelle. Les parents croyant à une affection vermineuse, me consultent le 21, et me demandent un remède contre les vers. Je prescris : calomel, i5 centigrammes ; santonine, 5 centigrammes , incorporés à sucre, 1 gramme ; en trois paquets, à prendre, un, le 21, le soir; un, le 22, le matin, et si lâeffet nâest pas obtenu, donner le troisième le soir.
Dans la journée du 23, trois attaques de convulsions ont lieu. Le 24, je suis demandé. Je trouve lâenfant les yeux convulsionnés en haut, la tête portée en arrière et enfoncée dans les épaules. Pouls à i3o; chaleur, 29; cris méningitiques ; grincements de dents.
Traiiement. â Cataplasmes sinapisés aux pieds.
renouvelés quatre fois par jour; aconitine, véra-trine et iodhydrate de morphine : i granule de chaque dâheure en heure.
Le 25, le petit malade est dans un état désespéré ; yeux vitreux, pouls imperceptible ; lâenfant ne prend plus le sein de la mère ; huile de croton en frictions sur la tète ; calomel, lo centigrammes en trois paquets : un dâheure en heure; hydro-ferro-cyanate de quinine avec les autres granules.
Le 26, légère amélioration ; lâenfant prend de temps en temps une cuillerée à café du lait de la mère. Pouls, 120; température, 28; moins de cris, collapsus plus prononcé, paupières tombantes ; chairs flasques, comme paralysées. Suppression de la morphine, qui est remplacée par la strychnine ; le reste est supprimé.
Le 27, lâenfant a repris le sein ; on continue le traitement.
Le 29, tout à fait, bien ; continuer les granules. Dâ' Maupat, à Cazan(Lot).
Remarques. â Ici encore la cérébro-méningite était imminente et a été conjurée par lâaconitine, la vératrine,
Iâiodhydrate de morphine et la strychnine. Câest cette dernière qui a déterminé la victoire â commeBlucher à Waterloo. Souvent les médecins font comme Wellington : ils attendent, câest-à -dire laissent le malade mourir faute dâune tentative suprême. La thérapeutique est une bataille, où il faut avoir toutes ses réserves sous la main. Câest parce quâelle sâest faite systématique que la médecine sâest noyée dans le torrent des spécifiques : aujourdâhui tel remède, demain tel autre... tant quâils guérissent encore.
Dr B.
*
* *
3« Fait. â Fièvre de denUiion méningo-cérébrale. â Jeune enfant espagnol, quinze mois; sevré, dentition incomplète;
2 janvier 1882. âApparition de fièvre continue avec exacerbations nocturnes; cris, agitation, insomnie; point de vomissements.
â 12 â
Le 3 et le 4, la maladie sâaccentue, surtout les phénomènes cérébraux et thermiques.
Traiiement. â Calomel à doses fractionnées, de demi-heure en demi-heure, 10 paquets de 5 centigrammes; cataplasme; lavements émollients.
Les 3, 4, 5, un tiers de la potion suivante : sulfate de quinine, i gramme ; sirop de quinquina, 70 grammes, et pendant le jour et la nuit en potion : Teinture dâaconit, 20 grammes ; sirop de fleurs dâoranger, 3o grammes ; infusion dâoranges, i5o grammes.
Le 6, au matin, vésicatoires aux mollets. Le soir, lâenfant ne reconnaît plus personne de la famille ; ses yeux sont ternes, fermés instinctivement ; insomnie et cris continuels ; mouvements convulsifs du bras gauche.
Le lendemain 7, à bout de ressources, jâinstituai le traitement dosimétrique, nâen attendant aucun effet salutaire (lâenfant dès ce moment était condamné) : aconitine, vératrine, digitaline, hydro-ferro-cyanate de quinine, 6 granules de chaque; pousser ces derniers jusquâà 10,2 de chaque, dâheure en heure.
Le 7 au soir et le 8, pas dâeffet apparent. On continue.
â i3 â
Le 9, au matin, je trouve lâenfant apyrétique : disparition de lâexpression grippée de la face, qui avait existé deux jours avant; lâenfant a dormi la nuit ; les mouvements convulsifs ont disparu : continuer aux mêmes doses. Le soir et la nuit la chaleur reparaît ; journée tranquille : i granule dâhyosciamine.
Le 10, apyrexie ; nuit bonne, sans agitation, pour la première fois depuis dix jours ; lâenfant a pris un peu de lait, 4 granules dâaconitine, de vératrine, de digitaline ; 6 granules dâhydro-ferro-cyanate de quinine, dâheure en heure, 2 de chaque à la fois.
Le 12, traitement tonique et reconstituant : arséniate de fer, hydro-ferro-cyanate de quinine: 2 de chaque deux fois par jour.
Vu mon inexpérience en cette méthode, la forme cérébrale et lââge de lâenfant, je nâosai pas prescrire le sulfate de strychnine, ce que jâaurais pu et dû faire sans doute.
Malgré toute leur bonne (?) volonté, les princes de la science seront forcés de voir dans cette observation quelque chose de plus quâun embarras gastrique fébrile, déterminé par la dentition. Chose bizarre, lâenfant nâa jamais eu des envies de
vomir et a admirablement supporté les alcaloïdes. Pour moi, je veux voir dans le cas actuel au moins une forme de fièvre cérébrale, nâappliquant à cette désignation que le sens vulgaire.
Dr Noël (à Saint-Denis du Sig).
Remarques. â Les organiciens auront beau faire, ils ne se dégageront pas du cercle de Popilius, dâoù chaque fois quâils en sortent, la mort du malade en sort avec vous. Mais ils ont des yeux pour ne point voir, et des oreilles pour ne pas entendre. D^ B.
Â¥ *
4® Fait. â Méningite spinale à paroxysmes convulsifs (tnéningite cérébro-spinale des auteurs), avec bronchite du côté droit.
u Une longue et périlleuse convalescence précède le retour à la santé. » (TouRES, Méningite cérébro-spinale, 1843.)
« Dans l'enfance presque tous les cas sont mortels ; les signes fournis par
les lésions de la moelle épinière ont toujours été les plus fâcheux, et lâisolement des symptômes cérébraux a été, au contraire, d'un heureux augure... La diminution prompte des symptômes les plus graves est loin d'amener toujours une terminaison heureuse. » (WoiLLEZ, Diet, de diag. méd., 1870.)
« Que la méningite soit simple, granuleuse ou cérébro-spinale, il est rare de la voir guérir, une fois qu'elle a atteint laforme convulsive. » (Bouchut, Diet, de méd. et de thérap., 1878.)
« La léthalité est effroyable... le sulfate de quinine n'a pas réussi. » (Laboulbème, Méningite eérébrospi-nale, 1881.)
â Vendredi, 4 mai, je visitai Jules M..., dix ans, nerveux, sanguin, complexion sèche, constitution moyenne, très intelligent, atteint depuis huit jours dâembarras gastrique fébrile, avec frissons intermittents, raideur du rachis; lâenfant est comme ivre, quand il se tient debout les yeux lui piquent ; il a perdu sa gaieté, se plaint de douleurs dans les genoux, surtout dans le droit.
Dans la nuit du jeudi au vendredi, il a été pris
dâun grand frisson. A neuf heures du matin, je me rends auprès de lui. Décubitus latéral, en prostration, mais pas cette hébétude propre aux typhoïdes ; il y a eu du subdélire toute la nuit, du cauchemar, dépendant sans doute du retard de la circulation veineuse. Lâenfant nâa pas dormi depuis plusieurs jours (ce symptôme a une grande valeur dans les maladies fébriles graves, puisquâil suffit à lui seul à faire craindre lâapparition de la méningite). Les lèvres sont couvertes de croûtes épaisses dâherpès ; langue sèche, couleur ocre ; pas dâempâtement de la bouche ; sclérotiques et face subictériques ; sur le fond jaunâtre de la joue droite, une plaque dâun rouge vineux, signe de collapsus. Le malade répond sans hésitation aux questions, sâassied sur son séant pour compléter lâexamen ; il se plaint dâune douleur dorsale vers le huitième vertèbre. Respiration à type costal supérieur, constriction circulaire à la base du thorax, toux sèche, oppression. Le malade se couche de préférence sur le côté droit. Râles â sibilants dans toute lâétendue du poumon droit, en avant et en arrière ; pas de souffle ; râles sous-crépitants vers la base du poumon droit ; sonorité â exagérée dans toute lâétendue du poumon droit et
submatité à la base. Au côté gauche, murmure vésiculaire plus rude que dans lâétat normal ; crachats spumeux et visqueux adhérant au vase ; épigastralgie ; ventre serré ; hypocondres tendus ; constipation; oligurie; urines rouges, chargées de dépôts uratés ; pouls mou, dicrote à 124; température axillaire droite, 400,6; à gauche, 400,4; respiration, 32.
Traitement. â Arséniate de caféine, arséniate de strychnine, aconitine : i granule de chaque toutes les demi-heures, puis hydro-ferro-cyanate de quinine, salicylate de soude, cyanure de zinc, hyosciamine, benzoate de soude.
Guérison.
Dr Paquet, Ã Roubaix.
Remarques. â On voit par cette observation combien la méthode dosimétrique se prête aux traitements les plus complexes. Le confrère a eu ici à combattre, à la fois un état typhoïde avec complication de méningite, de bronchite et dâarthritisme : il a emprunté à la dosimétrie 2*
â i8 â les divers agents qui sây appliquent, tant comme dominante : salicylate de soude, benzoate de lithine, que comme variante : aconitine, vératrine, digitaline, hydro-ferro-cyanate de quinine, contre les processus fébriles; strychnine, contre la prostration nerveuse.
D'â B.
* *
5® Fait. â Trois cas de méningite iuherculeuse. â Soupirs, grimaces de la face, intermittence du pouls ; respiration inégale, suspirieuse ; céphalalgie intolérable ; cris hydrocéphaliques, et, chez deux, commencement de coma, constipation, ventre rétracté, grincements de dents.
Ces trois sujets ont été traités par le camphre bromé, le bromhydrate de cicutine, lâarséniate et lâhydro-ferro-cyanate de quinine, et tous les moyens accessoires : sinapismes aux extrémités, compresses froides sur le front, etc.
Ces trois malades se sont offerts à mon observation dans le courant de 1879; jâai donc obtenu dans cette seule année, relativement à la ménin-
gite tuberculeuse, des résultats que quinze années d'exercice médical antérieur nâavaient pu réussir à me donner.
Dr Reignier,
à Surgères (Charente-Inférieure).
Remarques. â En vain contesterait-on la valeur et la réalité de ces observations : la céphalalgie intolérable, les cris hydro-céphaliques, le coma, la constipation, sont des signes, sinon certains, du moins très probables de la méningite chez les enfants, surtout à lâépoque de la dentition. Mais il y a cette différence entre les dosimètres et les allopathes que ces derniers confirment leur diagnostic par lâautopsie, tandis que les premiers se contentent de guérir.
D-^ B.
* *
6® Fait. â Méningite Merculeuse. â Parmi les malades qui se sont présentés dans ces derniers
20--
temps à mon observation, il en est un surtout dont la guérison a été enlevée triomphalement, grâce au Burggraevisme. Câest un enfant de cinq ans, atteint depuis quarante-huit heures de vomissements incessants, avec céphalalgie atroce, photophobie, mouvements convulsifs, pouls à i3o, enfin toutes les apparences menaçantes dâune méningite à son début. â Brucine, hydro-ferro-cyanate de quinine, caféine, codéine : i granule de chaque toutes les demi-heures.
Le lendemain, le pouls était à 120, mais lâÅil était bon, le visage reposé, les vomissements ne sâétalent pas reproduits depuis le soir. Je recommandai à la mère, encore inquiète, de continuer les autres granules dâheure en heure.
Hier, le pouls ne marquait plus que go; la mère avait levé un peu lâenfant dans la matinée et lui avait fait prendre de la nourriture. Mêmes granules, mais seulement toutes les trois heures.
Aujourdâhui lâenfant va très bien. La mère, stupéfaite dâune guérison si prompte après des symptômes si effrayants, ne peut assez me remercier.
La brusque cessation dâune maladie qui sâannonçait si grave, constitue à mes yeux une véri-
table jugulation ; mais malgré les apparences, je me garderai bien de prétendre avoir enrayé une véritable méningite, sachant trop combien cette maladie est constamment mortelle.
Dr Rousseau, Ã Noisiel (France).
Remarques. â II en est de la méningite comme de la plupart des inflammations des organes centraux : si on veut en avoir raison, il faut les étouffer au début. Ces inflammations sont comme les incendies, où lâon arrive souvent quand le feu a envahi le bâtiment entier. Prétendrait-on quâon saurait pu lâéteindre à son origine?
Dr B.
7â Fait. â Méningite tuberculeuse suivie de guérison. â Le 16 septembre i88o, jâétais appelé pour un jeune enfant âgé de trois ans à peine. Au mois de mars dernier, je lâavais déjà traité pour une affection caractérisée par un mouvement fébrile
â 22 â
assez violent et des symptômes assez graves pour mâautoriser à faire appliquer immédiatement un vésicatoire à la nuque, en même temps que je faisais prendre à lâintérieur le calomel à doses fractionnées. Je fus assez heureux pour voir tous les symptômes se dissiper en deux jours et cessais de voir lâenfant. Je dois dire quâil nây a pas dâantécédents de famille : le père et la mère se portent bien.
Donc, le i6 septembre, je revois mon petit malade. Les parents mâapprennent que depuis deux jours il est dérangé, mais comme cette indisposition ne présentait pour eux rien de grave, ils avaient retardé de me faire venir. Depuis le i3, il a cessé de jouer, se plaignant de la tête ; il veut toujours être couché et demande à aller au lit ; « il y avait de la fièvre », me disent les parents, et lâappétit est supprimé. La nuit a été un peu agitée. Les journées du I4et du i5 se sont passées comme celle du i3, mais tous les symptômes constatés le premier jour ayant pris plus dâintensité, ils se sont décidés à mâappeler. Je trouve lâenfant couché dans le décubitus dorsal, dans un état dâabattement très marqué; pouls à 112, large, régulier; respiration 36, inégale mais non suspirieuse;
langue blanchâtre ; ventre plat, souple, indolore; visage pâle, exprimant lâhébétude; lâenfant répond aux questions et se raidit quand je veux lui ouvrir les yeux pour examiner les pupilles, qui se contractent vivement à la lumière ; il porte souvent la main à la tête, quâil tourne et retourne sans cesse sur lâoreiller ; clignotement des deux paupières; pas de contractures ni de convulsions, pas de vomissements ni de selles ; sensibilité intacte ; chaleur de la peau assez élevée ; rien au cÅur, ni aux poumons.
Diagnostic. â Probablement méningite tuberculeuse.
Traitement. â 5o centigrammes de calomel en dix paquets ; compresses fraîches sur le front.
Le 17, pouls 110 ; respiration, 3o, La nuit a été moins agitée ; plusieurs garde-robes ; tous les symptômes précédents persistent. Aconitine, 5 granules; compresses froides.
Le 18, nuit agitée ; peu de sommeil ; cris plaintifs ; une selle. Lâenfant est presque toujours somnolent et porte souvent la main à la tête; rougeurs passagères et subites du visage ; décubitus dorsal; langue humide; ventre plat; la tache méningitique se produit assez rapidement ; con-
traction égale des deux côtés du scrotum ; pouls, I2o; respiration, 26, irrégulière, temps dâarrêt suivi de quelques inspirations rapides ; quelques râles muqueux disséminés en arrière ; vésicatoire à la nuque ; glace sur la tête : hydro-ferro-cyanate de quinine et aconitine, 5 granules.
Le ig, lâenfant a crié à plusieurs reprises dans la journée et a gémi une partie de la nuit; ce matin encore, il continue à se plaindre ; il paraît moins somnolent quâhier ; pas de strabisme ; regard plus net ; pupilles également dilatées ; lèvres sèches ; ventre plat, non rétracté. Le simple attouchement sur divers points du corps semble provoquer une douleur très vive ; pas de selle; pouls, 124; respiration, 32, inégale, sus-pirieuse. Continuer avec lâhydro-ferro-cyanate, lâaconitine et la glace.
Le 20, pouls, loS; respiration, 32. Lâenfanta dormi un peu, mais le sommeil a été souvent interrompu par des gémissements, qui continuent encore au moment de ma visite ; la douleur de tête paraît plus violente et lâenfant porte très souvent la main au front; la tête roule continuellement à droite et à gauche sur lâoreiller, et quand on lâassied pour panser le vésicatoire, elle
retombe sur lâépaule ; sourcils froncés ; paupières complètement closes ; quelques mouvements brusques du corps ; respiration toujours irrégulière, suspirieuse ; vomissements assez copieux de matières glaireuses ; ventre plat ; hyperesthésie assez grande; deux garde-robes dans le lit provoquées par des lavements laxatifs ; langue blanche sans enduit ; quelques râles disséminés ; lâenfant ne parle plus.
Le soir, pouls, 140; respiration, 40; lâenfant nâa pas parlé de la journée; une consultation est demandée par la famille.
TraHemeHi. â Lait; glace; vésicatoire à chaque mollet et sur la partie antérieure de la poitrine ; aconitine, 5 granules.
Le 21, pouls, 120, régulier; sédation momentanée ; cessation des cris ; sommeil pendant une heure environ; les gémissements reprennent au réveil; les rougeurs diffuses du visage se reproduisent et lâenfant porte très souvent la main à la tête; lâhyperesthésie paraît beaucoup plus marquée quâhier, mais la motilité est intacte ; langue rose, sans enduit ; ventre plat, non Tétracté ; la peau nâa pas perdu son élasticité ; décubitus dorsal en chieH de fusil; une seule selle, non diar-
â 20 -
rhéique. Cette nuit, quelques râles humides, disséminés.
Je revois mon petit malade à midi, et le soir, à six heures, statu quo. Quelques mouvements brusques du corps.
Traitement. âHydro-ferro-cyanate de quinine, aconitine ; 5 granules; glace sur la tête; cataplasmes sur le ventre; lavement laxatif; eau vineuse (lâenfant ne voulant pas prendre du lait).
Le 22, la nuit, à trois heures, on vient me chercher ; lâenfant a des convulsions très violentes du visage et du côté droit du corps. Jâapplique moi-même deux petits vésicatoires aux apophyses mastoïdes et fais prendre au petit malade r granule de bromhydrate de morphine tous les quarts dâheure ; glace sur la tête ; calomel à doses fractionnées.
Le matin, à 8 heures, je trouve lâenfant paralysé de tout le côté droit, mais plus la jambe que le bras; la sensibilité persiste dans les parties paralysées; en chatouillant le scrotum, le côté droit ne se contracte pas ; les convulsions ont diminué de fréquence et dâintensité ; plus de mouvements brusques du corps. Je reste auprès du petit malade et administre moi-même des gra-
nules darséniate de strychnine, dâhydro-ferro-cyanate de quinine, dâaconitine : i de chaque (ensemble) toutes les vingt minutes.
A neuf heures, pouls à 134; à neuf heures et demie, 126; à dix heures et demie, 122; à deux heures, 102; respiration, 3o; à trois heures, pouls à 116, après deux vomissements de matières glaireuses. A trois heures et demie, pouls, 140, et le soir, à huit heures et demie, pouls, 107 ; respiration, 3o, assez régulière.
U ne sédation assez marquée suit lâadministration des granules ; mais les gémissements reprennent bientôt. Lâhyperesthésie est moindre quâhier; lâenfant supporte mieux les pressions diverses. Endormi au moment de ma visite, à huit heures du soir, lâenfant est très agité en se réveillant, avec injection soudaine et très vive de la face exclusivement; dilatation égale des pupilles, qui sont un peu plus larges quâhier; langue recouverte dâenduit ; lèvres sèches ; ventre légèrement rétracté ; pas de selle ; râles muqueux assez abondants en arrière.
Traitement.âAconitine, quinine, strychnine; lavement laxatif; glace sur la tête ; eau vineuse.
Le 23, huit heures du matin, pouls, 140 ; respi-
â 28 -
ration, 38. La nuit a été moins agitée ; la céphalalgie paraît constante ; lâenfant se plaint et supporte avec peine le plus léger attouchement ; il est beaucoup plus agacé ; lâhyperesthésie, qui paraissait hier un peu atténuée, a repris toute son acuité ; pupilles très dilatées ; langue rose et humide ; ventre rétracté ; selle après lavement ; la peau de lâabdomen a perdu son élasticité; lâintelligence paraît conservée ; lâenfant se raidit chaque fois quâon lui administre les médicaments, mais sans parler ; il détourne la tête et cherche à rejeter ce quâon lui a mis dans la bouche.
Le soir, à deux heures, pouls, no; respiration 28 ; la paralysie du côté droit persiste ; décubitus dorsal, toujours en chien de fusil : même traitement.
Le 24, pouls, 108, régulier. Il y a eu de lâagitation dans la nuit; pupilles comme hier; la sensibilité subsiste ; lâhyperesthésie paraît moindre ; les membres sont en résolution ; lâiris ne se contracte plus ; les rougeurs subites persistent et sont très marquées; la tache méningitique se produit très rapidement; rétraction abdominale plus grande ; respiration irrégulière, sus-pirieuse ; décubitus dorsal ; selles involontaires ;
urines rares ; quelques râles humides en arrière.
Traitement. â Hydro-ferro-cyanate de quinine et arséniate de strychnine.
Le 25, état demi-comateux; pouls, r2o. Les cris ont été plus rares, mais plus forts; statu quo; rétraction plus accusée de lâabdomen ; pupilles plus dilatées quâhier, également des deux côtés ; lâhémiplégie persiste, mais la paralysie semble avoir un peu diminué dans le bras ; toujours quelques râles humides.
Traitement, â Comme hier; ajouter quelques granules de codéine.
Le 26, lâenfant nâa pas crié la nuit ; état somnolent, presque comateux; refus absolu de prendre quoi que ce soit ; la vue paraît abolie ; les paupières fermées ; pupilles également dilatées ; mêmes rougeurs passagères du visage ; lâhyperesthésie persiste; pas de vomissements ni de convulsions; âe ventre paraît se rétracter davantage, et quand on plisse la peau, il est facile de constater quâelle a perdu beaucoup de son élasticité; les plis sâeffacent lentement ; décubitus dorsal (en chien de fusil) ; la jambe paralysée reste dans la position quâon lui donne (i) ; quelques râles disséminés.
(1) Signe de catalepsie, toujours fâcheux dans ces cas.
â 3o â
Traitement. â Granules de strychnine, de digitaline, de codéine.
Le 27, résolution presque complète des membres ; décubitus dorsal ; les mouvements continuels de la tête sur lâoreiller ont usé les cheveux à lâocciput et déterminé à ce niveau une inflammation du cuir chevelu; la vue paraît toujours abolie; lâenfant sent les pincements, qui provoquent aussitôt des rougeurs au visage ; pouls, i5o, régulier; lâirrégularité du système respiratoire est plus prononcée; de temps en temps une inspiration suspirieuse ; difficulté très grande de faire prendre les médicaments ; ventre très rétracté; une selle liquide, involontaire; lâamaigrissement est frappant ce matin. Même traitement.
Le 28, lâenfant tousse toujours ; pas de mouvements convulsifs ; pas de selle ; pouls, 144 ; lâintelligence paraît complètement abolie ; lâenfant retire les jambes quand on lui chatouille la plante des pieds ; hyperesthésie moins marquée ; lèvres sèches ; lâamaigrissement continue ; lâenfant prend un peu de vin, pupilles moins dilatées quâhier.
Traitement. â Arséniate de strychnine, hydro-ferro-cyanate de quinine.
Le 29. â Ãtat comateux dont lâenfant est sorti à plusieurs reprises pour prendre quelques gorgées dâeau vineuse ; la sensibilité persiste évidente, car lâenfant cherche à se soustraire à la plus légère pression. Pas de selles ; pouls, 154; respiration très irrégulière et suspirieuse ; pas de convulsions ; gémissements violents ; la paralysie du bras diminue; il y a quelques mouvements légers.
Traitement. â Bromhydrate de morphine, caféine, aconitine, strychnine, dâheure en heure.
Le 20. â Statu quo. Pouls, 142 ; pas de selle malgré les lavements.
Dans la nuit, à onze heures, on vient me chercher : lâenfant a le ventre extrêmement ballonné. Cataplasme ; calomel : 5o centigrammes, 5 paquets. Reprendre morphine, aconitine, strychnine.
Le i®'â octobre. â Le calomel a produit plusieurs selles, et le ventre a repris les caractères quâil avait les jours précédents ; il est très rétracté ; lâenfant paraît un peu plus tranquille. Pouls, 134. Continuer le traitement, en y ajoutant lâarséniate de fer.
Le 2. â La nuit a été assez tranquille et lâen-
--'32 --
fant, sur les instances de sa mère, a prononcé le mot maman. Je veux lâentendre moi-même, et après lâavoir longtemps supplié dâappeler maman, il finit par prononcer lentement et péniblement ces deux syllabes. Jâexamine le bras et la jambe paralysés : la paralysie a évidemment diminué, mais surtout aux bras où les mouvements sont assez étendus. Ce retour de la parole et du mouvement le vingtième jour de la maladie, nous rend un peu de courage et dâespoir ; et jâinsiste auprès des parents pour quâon observe exactement mes prescriptions. Arséniate de strychnine, de fer, aconitine, digitaline.
Le 3. â La nuit a été un peu moins mauvaise et à plusieurs reprises lâenfant a dit : maman ! maman! mais toujours sur les instances de la mère ; le bras droit exécute quelques mouvements, mais avec maladresse ; les doigts se contractent péniblement, et la main pour saisir un objet quâon lui présente sâavance sans assurance et manque le but. Une selle; pouls, 124. Même traitement.
Le 4. â Lâenfant a reposé un peu la nuit. Ce matin il ouvre légèrement les yeux pour les refermer presque aussitôt ; la parole est un peu plus
assurée, mais lâenfant ne parle pas spontanément ; les mouvements du bras sont un peu plus étendus, mais la maladresse de la main est toujours très grande, La jambe droite se meut un peu. Pouls, I2O.
Même traitement; on augmente la dose de strychnine, dâarséniate de fer ; eau vineuse ; bouillon.
Le 5. â La nuit a été assez bonne; lâenfant ouvre les yeux et pleure à ma vue ; la jambe et le bras droits ont repris un peu de force ; lâémaciation est extrême. Pouls, 102; respiration, 24, assez régulière; une selle naturelle.
Le 6. â La nuit a été meilleure ; lâenfant a reposé plusieurs heures ; la force revient insensiblement dans les membres paralysés. On essaye, dâalimenter lâenfant, mais câest avec peine quâon parvient à lui faire prendre deux cuillerées à café dâun Åuf à la coque ; il commence à accepter du lait. Pouls, 104.
Ley. â Lâamélioration continue; alimentation un peu plus abondante ; lâenfant prend toujours les granules de strychnine, de fer, dâaconitine. Au bout de quelques jours, il se sert parfaitement de ses membres ; lâintelligence res'
vient ; lâappétit renaît ; les fonctions se régularisent et le petit malade entre en convalescence. Il continue à prendre ses granules chaque jour.
Le i6. â Lâenfant commence à se lever et reste ainsi plusieurs heures auprès du feu, dans son petit fauteuil. Lâappétit est si vif quâon est obligé de le modérer ; peu à peu les forces renaissent et lâamaigrissement diminue ; lâenfant marche dâabord en titubant. Au bout de quelques jours, la marche est plus assurée; et aujourdâhui, 24 octobre, il peut être considéré comme définitivement guéri.
Jâeus lâoccasion de le voir fréquemment, et la guérison se confirme chaque jour davantage ; lâembonpoint fait des progrès considérables et lâenfant a retrouvé, avec ses forces, la gaieté de son âge.
Dr Darsin,
à Lamote-Landeron (Gironde).
Remargues. â Il est évident que eâest ici la strychnine qui a donné le coup de fouet; sans elle lâenfant, à bout de forces, eût succombé. Mais cela prouve
combien les ressources de la nature sont grandes, et quâen lâaidant, on peut arriver à obtenir des guérisons presque inespérées.
Dr B.
8® Fait. â Méningite aiguë, jugulée en cinq jours par le traiiemeni dosimétrique. â Le 22 juillet 1881, je fus appelé pour donner mes soins à un enfant de douze ans, dâun tempérament lymphatique et faible, ayant passé par toutes les maladies infantiles.
Symptômes. â Rigidité extraordinaire des extrémités et derrière le cou ; état somnolent dont on a de la peine de le faire sortir ; stupeur générale ; pouls irrégulier et mou, à 86 ; langue saburrale, rotige sur les bords et à la pointe ; vomissements fréquents de matières bilieuses ; constipation ; délire tranquille et sombre; chaleur, 37®,5.
Lâenfant est malade depuis quatre jours, et les parents pensant que câétait un simple rhume, sâétalent bornés à des remèdes domestiques ;
mais voyant que la maladie sâaggravait, ils me firent appeler.
En présence de symptômes alarmants, je diagnostiquai une méningite aiguë.
Traiiemenf. â Sangsues à la nuque et 60 gr. de Sedlitz Chanteaud dans un litre dâinfusion de café, comme boisson; i granule dâaconitine et i de strychnine toutes les demi-heures; sinapismes aux jambes.
A onze heures du soir, je retournai voir le malade : il a eu plusieurs selles dans la journée et a uriné abondamment; la chaleur était montée à 3g° c. ; le pouls à 110 ; stupeur et état comateux, avec délire.
Traitement. â Deux larges vésicatoires aux extrémités inférieures. Je fais suspendre lâarsé-niate de strychnine et ajouter lâhyosciamine et la caféine ; i granule de chaque toutes les demi-heures; continuation du Sedlitz comme boisson.
Le i3, au matin. â Pouls, 100; température, 38 ; rigidité moins prononcée, mais le délire continue. Même traitement; les vésicatoires ont produit un grand trouble.
Le i3, au soir. â Même état. Continuation du traitement.
Le 14, au matin. â La rétraction du cou et la rigidité des extrémités ont complètement disparu et le petit malade prend une position naturelle dans le lit; les pupilles sont un peu dilatées; lâétat comateux et le délire diminuent; pouls, 98 ; température, 370,8. Je fais suspendre lâhyoscia-mine et la remplace par lâhydro-ferro-cyanate de quinine, avec lâaconitine et ia caféine : i granule de chaque toutes les deux heures. Continuation du Sedlitz dans de lâeau de café.
Le 14, au soir. â Même état. Même traitement.
Le i5, au matin. â Le danger a disparu ; le petit malade a dormi tranquillement toute la nuit et ne sâest réveillé que pour prendre ses médicaments. Pouls, 80 ; température, 370 c. Le malade désire manger. Je fais continuer le même traitement toutes les quatre heures ; un peu de pain trempé dans du bouillon ; continuer le Sedlitz.
Le 16. â Pouls normal; chaleur naturelle; langue encore un peu rouge sur les bords et à la pointe; lâappétit a reparu; lâenfant a bien dormi. J e fais suspendre la médication à lâexception du Sedlitz, et permets dâaugmenter lâalimentation. Lâenfant entre en convalescence.
Vu la gravité des symptômes lorsque jâai été appelé, et la solution si prompte et si favorable dâune affection que jâai vu durer des semaines avec le traitement allopathique ordinaire, je proclame, une fois de plus, la puissance jugulatrice de la méthode dosimétrique.
Dr JuAN Fernandes Ballestero, à Séville.
iquot; août i88i.
Remarques. â Comparée à lâobservation précédente, on voit que le traitement a été plus franc et, par conséquent, la guérison plus prompte et plus franche. Câest le propre de toute méthode nouvelle de provoquer dâabord un peu dâhésitation; mais celle-ci cesse bientôt, et tout médecin qui a pratiqué une fois la dosimétrie y devient bientôt expert ; tandis que lâallopathie ne fait quâaugmenter ses doutes et ses incertitudes, au point de devenir sceptique et expectant.
Dr B.
4c *
gc Fait. â Méningite simple. â Enfant mâle de dix-sept mois, petit, bien constitué, très vif, dâun appétit glouton.
Les i6 et 17 juin. â Il est triste et refuse sa nourriture, et dort dans un coin retiré de la chambre.
Le 18. â Même état ; grande faiblesse ; il vomit et nâa pas eu de garde-robe.
Le 17. â Je suis demandé. Je constate de la chaleur à la tête ; langue sèche, rouge à la pointe et sur les bords ; joues rouges alternativement, aux pommettes ; respiration faible ; pouls petit, fréquent. Lâenfant se plaint quand on le touche et jette des cris comme sâil avait peur ; yeux brillants ; ventre chaud, ballonné ; urines rouges, marquant le drap ; température, 40â c. ; pouls, très vite.
Diagnostic. â Méningite.
Traitement. â Aconitine, brucine, hydro-ferro-cyanate de quinine : i granule de chaque toutes les demi-heures ; pommade camphrée ; onguent
napolitain belladoné en frictions sur le ventre ; cataplasmes ; infusion de tilleul pour boisson.
Le 20. â Mêmes symptômes, mais moins forts; pouls, go-ioo; température, 40° c. Même traitement.
Le 22. â Lâenfant nâest plus somnolent et ne crie plus ; plusieurs garde-robes ; urines bonnes ; tousse par accès prolongés ; rien à lâauscultation.
Traitement. â Hyosciamine, iodoforme, hydro-ferro-cyanate de quinine : i granule toutes les heures.
Le 23. ââ Amélioration notable. Mêmes granules ; bouillon ; lait.
Le 24. â Plus de fièvre, mais toujours la toux. Mêmes granules dans une cuillerée de sirop de capillaire au chloral.
Le 25. â Guérison.
Dquot;^ Bruyère,
à Saint-Ouen (Seine).
Remarques. â â Cette observation fait voir combien la méningite simple au début, se dissipe promptement par un traitement énergique, tandis quâen la
â 41 â laissant marcher, elle devient organique, câest-à -dire incurable, ou si lâenfant en revient, câest aux dépens de ses facultés psychiques.
D*- B.
* *
io'^ Fait, âMéningite simple chez un adulte. â Campagnard vigoureux, malade depuis trois jours, fondant à vue dâÅil ; fièvre intense ; vomissements ; diarrhée. A mon arrivée, je trouvai le malade couché sur le dos, le faciès déprimé et les yeux enfoncés ; soif très vive, bien que la langue fût pâle. Sans mâoccuper des symptômes gastro-entériques, je laissai deux tubes, un de strychnine et un dâhyosciamine, avec recommandation de donner i granule de chaque toutes les demi-heures jusquâà chute de la fièvre. Au bout de deux heures, les vomissements et la diarrhée avaient cessé, et le malade se sentit revenir à la vie. Bref, on continua le jour suivant, et le mieux se prononça de plus en plus.
Je nâai vu le malade quâune fois, et six jours
â 42 â â
après, il put venir me voir à Béthune. Il ne conservait quâune grande faiblesse et une douleur de tête couronnante. Je lui donnai des granules dâarséniate, de caféine et de quassine et tout rentra dans lâordre.
Dr Lotte,
à Béthune (Pas-de-Calais).
Remarques. â Combien de gastro-entéro-encéphalites dont quelques granules de strychnine, dâhyosciamine, de caféine, auraient facilement eu raison ! En cela Broussais est moins fautif que lâÃcole actuelle, qui ne veut voir la maladie que dans sa forme organique. Broussais eut à lutter contre le système incendiaire qui avait cours à son époque ; et dâailleurs, la plupart des alcaloïdes nâétaient pas découverts, à lâexception de la morphine et de la quinine. Il est vrai quâil ne connaissait pas non plus les prétendus spécifiques vantés de nos jours « tant quâils guérissent encore ââ.
Nous allons terminer par un cas emprunté à la médecine vétérinaire, qui prouvera que la dosimétrie est également utile pour nos grands animaux de ferme.
Oâ- B.
ii® Fait. âMéningite aigue chez une vache.â Dans la contrée que jâhabite (la Dordogne), la méningite sévit pendant la période des grandes chaleurs sur la race bovine, et fait éprouver à lâagriculture des pertes assez considérables. La mortalité dans ma clientèle était des neuf dixièmes avant lâemploi de la thérapeutique dosimétrique. Aujourdâhui, avec cette nouvelle méthode, je guéris huit sur dix. Voilà lâenseignement envers la dosimétrie clairement déduit.
Le 8 de ce mois, je fus appelé dans une ferme, à Combemenier, pour une vache de race limousine, âgée de dix ans. La bête refuse les aliments depuis le matin, tient la tête basse et
â 44 â
dans la marche vacille sur les membres antérieurs.
A mon arrivée, je constate les symptômes suivants : tête basse; la bête pousse au mur par moments ; les cornes et les oreilles sont chaudes ; lâÅil terne et à demi fermé ; mufle sec ; bouche brûlante ; température générale du corps très élevée; poil piqué; artère ronde; pouls petit, vite et serré ; les membres antérieurs nâobéissent plus à la volonté;au moindre mouvement, la bête menace de se laisser choir.
Diagnostic. â Méningite aiguë.
Traitement. â Saignée à la jugulaire de trois kilogrammes ; applications froides sur la région occipitale, souvent renouvelées ; frictions révulsives aux quatre membres ; aconitine, vératrine, digitaline, 4 granules dâheure en heure.
Le g, après mon départ de la veille, la bête a poussé plusieurs fois au mur avec violence et a fini par sâabattre. A mon arrivée, je la trouve dans le décubitus abdominal ; la tête paraît moins lourde ; la température générale du corps a sensiblement baissé, ainsi que celle des cornes et des oreilles ; les convulsions spasmodiques du cou et des muscles de lâavant-main ont cessé ;
lâartère est souple sous le doigt, et le pouls presquâà lâétat normal, mais un peu irrégulier. Un ptyalisme assez abondant sâest produit pendant la nuit (ce phénomène sâobserve toujours sur les sujets de la race bovine lorsquâon administre lâaconit) ; la bête a ruminé à plusieurs reprises; les forces musculaires sont dans un état de résolution complète. On donnera, plusieurs fois par jour, de la tisane de lin, de la boisson blanche avec de la farine dâorge ; 2 granules de vératrine et 4 de sulfate de strychnine, toutes les deux heures ; nouvelles frictions révulsives sur les membres ; continuation des applications froides sur la tête.
Le 10. â A mon arrivée, la bête est debout ; elle cherche avec satisfaction à manger ; la locomotion est facile ; la tête a son port naturel ; le regard est vif et nâindique plus aucune souffrance ; pas de fièvre ; le pouls est plutôt faible que fort, mais toujours un peu irrégulier. Jâannonce une guérison prochaine et définitive. Diminution de fourrage sec, boissons blanches à la farine dâorge et tisane de graine de lin, avec addition de sel vétérinaire Chanteaud : deux cuillerées à bouche, soir et matin; arsé-
â 46 â
niate de strychnine, g granules matin, midi et soir, 3 chaque fois.
Le ii. â La bête est convalescente. Il nây a plus quâà bien la nourrir.
Duchateau , médecin vétérinaire, à Tacane-Saint-Apre (Dordogne).
i8 juillet i88i.
Remarques. â Ce qui frappe dans cette observation, indépendamment du prompt rétablissement dâune maladie qui dans la même localité entraînait une mortalité des neuf dixièmes, câest lâaction sialagogue de lâaconit. A cette occasion nous rapportons la note sur la pilocarpine et la méningite, lue à la Société de médecine dosimétrique de Paris, dans sa séance du 5 décembre 1879, par le docteur Droixhe, de Huy (Belgique).
LA PILOCARPINE ET LA MÃNINGITE.
Il est une plante médicinale exotique dont, pendant ces dernières années, on a fait, un peu partout, un usage assez intéressant ; câest le jabo-randi ou Pilocarpus pinnatus, importé du Brésil en France par le docteur Contentio.
Nous nâavons pas à vous apprendre que câest un sialagogue et un sudorifique des plus énergiques, et quâà ce titre, il est appelé à rendre de grands et importants services dans les fièvres et les phlegmasies, notamment à leur période initiale. Cependant, nous désirons attirer quelques instants votre attention sur une phlegmasie particulièrement grave, où la température atteint rapidement 40â et 41® c., et où le pouls vibrant sâélève non moins rapidement à 140 et 160 pulsation à la minute, où la dénutrition est extrêmement rapide, sous lâinfluence de cette combustion exagérée, où enfin dâeffrayants phénomènes nerveux éclatent simultanément à ces symptômes fébriles. Il sâagit de la méningite. Câest dans de telles circonstances que nous avons donné, non pas le
jaborandi, parce quâil est souvent, presque toujours même, impossible de faire ingérer aux enfants la quantité dâinfusion nécessaire pour produire lâeffet attendu, mais le nitrate de pilocarpine à la dose de 5 centigrammes dans 40 grammes de sirop de sucre ou de fleur dâoranger. Cette solution est administrée par cuillerées à café de cinq en cinq minutes, jusquâà production des premières manifestations de la salivation et de la diaphorèse. Câest encore de la dosimétrie, tout comme pour les alcaloïdes en général. Câest le seul moyen dâéviter les accidents quâon a eu avec lâemploi mal ordonné de la feuille du Pilocarpus. Incontestablement, si lâon sâobstinait à n'utiliser invariablement la pilocarpine en injections sous-cutanées, à la dose de i centigramme, sans prendre garde à lâétat de susceptibilité individuelle, on donnerait raison à ces paroles prononcées au sein de lâAcadémie royale de médecine de Belgique : « La pilocarpine est un agent dâune grande infidélité, même dans la manifestation des deux phénomènes qui lâont tout dâabord fait apprécier : la diurèse et la diaphorèse. Tantôt il produit de violentes coliques, de véritables crampes intestinales et une diarrhée cholériforme.
tantôt des vomissements parfois suivis dâhémorragies, de gastralgies qui ne guérissent plus ou que fort tardivement ; dâautres fois une dysurie des plus pénibles, une anxiété extrême, une douleur précordiale déchirante, un refroidissement glacial et poisseux de la peau, une faiblesse inquiétante du pouls avec lenteur extrême (i5, 20, 3o) à la minute, ou avec une fréquence excessive (20, 3o, 40 au quart), une respiration exagérée, angoissante, des syncopes successives et prolongées, un affaiblissement bientôt suivi de trouble ou perte de la vue, comme dans lâanémie cérébrale. »
En présence de ce lugubre tableau, on pourrait bien se demander ; De quel côté est le danger ; du médicament ou du médicamenteur ?
Câest du modus faciendi que découle le bien ou que surgit le mal ; le modus faciendi est, du reste, lâune des bases de la méthode Burggrae-vienne. Ne considérant donc que les vertus réellement thérapeutiques de la pilocarpine, nous devons reconnaître : que la sudation est un moyen antiphlogistique excellent ; câest lâexpression dâune détente générale, un moyen physique de réfrigération, la sueur qui sâévapore refroidissant la surface sur laquelle lâévaporation a lieu,
à lâinstar des applications hydriques sédatives.
Mais en ce qui concerne la méningite, il y a plus que cela ; il y a un phénomène qui serait plus particulièrement critique : câest la salivation. Câest une idée que nous avons entendu émettre par un éminent maître, feu le professeur Spring (de Liège). Or, de même que nul diaphorétique ne peut rivaliser en certitude dâaction avec la pilocarpine, nul agent de la matière médicale nâa non plus une vertu sialagogue aussi puissante que lâalcaloïde du jaborandi. Câest dans ce double but que nous lâavons administré dans la méningite aiguë des enfants...
Dr Droixhe,
à Huy (Belgique).
Remarqries. â Sans contester les vertus du jaborandi, nous dirons que, comme la plus jolie fille du monde, â il ne peut donner que ce quâil a n. Or, dans la méningite, les indications sont multiples, et se borner à un seul moyen, en tant que Spécifique, est toujours, nous ne dirons pas un désavantage, mais un danger. Les
sudations profuses sont nuisibles, surtout quand elles dépassent lâeffort critique de la nature. Dans le choléra indien, nous avons vu lâaccès de froid revenir à la suite dâune sudation prolongée.
III
APOPLEXIE.
Dans lâapoplexie différentes circonstances peuvent se produire : perte de connaissance ; coma profond ; face vul-tueuse ; respiration stertoreuse ; pouls lent, fort et dur; pouls accéléré et faible; face pâle; respiration insensible; convulsions; paralysie, etc. Nous notons de suite ces circonstances, parce que ce sont elles qui doivent déterminer le traitement.
Quâon se garde cependant de croire que parce quâil y a des signes de turgescence il faut indistinctement saigner. Dans beaucoup de cas, cela ne fait que précipiter le collapsus et la mort. Ainsi, dans lâapoplexie à la suite dâun repas copieux, il faut débarrasser avant tout la circulation veineuse abdominale par les évacuants. Un purgatif fera ici lâeffet dâune saignée.
Nous en dirons autant des apoplexies des buveurs. Là aussi, la circulation est débilitée et la moindre saignée lâannihilerait. Il faut, au contraire, administrer les nervins, tels que la strychnine, lâacide phosphorique, etc.
*
* *
Nous citerons de suite le fait suivant, car en médecine pratique, il nây a que les faits pour se diriger.
Dans la nuit du 3 au 4 septembre dernier (1871), je fus appelé près dâun individu âgé de cinquante-huit ans, garde du génie, coutumier du petit verre, et même à lâoccasion du grand. Il venait dâêtre frappé dâune attaque dâapoplexieâattaques auxquelles il est sujet depuis trois ans. Il était hors de connaissance ; la respiration profonde, stertoreuse ; la face vultueuse ; les yeux roulant dans leurs orbites et par moments entrâouverts ; pas de paralysie ; le malade par moments change de position; émission involontaire des urines ; ventre ballonné ; le pouls ample, mais peu résistant, à g5 ; la chaleur augmentée.
Je connaissais le malade de longue date et sa fâcheuse habitude; je ne risquai donc pas de tomber dans lâerreur de la saignée. Je prescrivis un purgatif au séné et au sel neutre de magnésie ;
â 56 â
puis, lâeffet obtenu : lâacide phosphorique et le sulfate de strychnine, de chaque i granule toutes les heures.
En faisant cette prescription, mon but était de relever lâaction cérébrale, toujours déprimée chez les buveurs, malgré une surexcitation apparente. Lâacide phosphorique (quâon ne doit pas confondre avec le phosphore) possède les propriétés des acides minéraux, avec cette différence â toute à son avantage â quâil est assimilable, comme moins éloigné de lâorganisme vivant (Burdach). Câest ensuite un puissant nervin : sous ce dernier rapport, en même temps quâil tempère lâaction de la strychnine, il lui vient en aide. Aussi nous employons généralement ces deux agents ensemble.
Ainsi sâexplique notre médication dans le cas présent : le malade a pris successivement jusquâà 20 granules dâacide phosphorique et autant de sulfate de strychnine par jour ; puis la dose a été en décroissant. Le résultat a été que cette dernière attaque nâa pas eu de suite fatale.
Nous allons maintenant relater les faits cliniques comme nous venons de le faire pour la méningite.
* *
iquot; Fait. â Apoplexie cérébrale. â Mâ® C..., soixante-dix-sept ans, haute en couleur, dâun caractère violent et commandant sa maison avec une verdeur toute virile, bien portante jusque-là , est tombée du coup â me dit la famille â frappée au moment où elle venait de se mettre à table ; elle est transportée dans son lit sans sentiment ni mouvement.
Traitement. â Lavement au séné et au sulfate de soude, sinapismes. Jâhésite à donner un vomitif, les attaques ayant eu lieu avant le repas. Câétait heureux, car les vomitifs dans ces cas doivent être écartés non seulement à cause des efforts quâils provoquent, que par le collapsus qui en est la suite.
La nuit se passe sans changement appréciable, quand le 22 octobre, câest-à -dire le lendemain matin, jâarrive près de la malade. Je la trouve sans mouvement ne répondant point âmes appels réitérés ; la face immobile et tout le côté droit paralysé; la sensibilité abolie. Je me contente de faire donner de nouveau un lavement purgatif
â - 5S â
salin et, de plus, appliquer de la glace sur la tète.
Au soir, la malade est dans le même état ; le lavement a cependant produit son effet, mais les phénomènes loin de sâamender, semblent sâaggraver de plus en plus, et un ronflement de mauvais augure me laisse peu dâespoir. Pourtant désireux de savoir à quoi mâen tenir, jâapplique le marteau de Mayor, qui me donne peu ou pas de résultat.
Je quitte la malade pour revenir le lendemain de bonne heure. â Elle est toujours dans le même état, peut-être même plus grave, car il y a eu de lâexcitation dans la nuit. Je me décide alors à pratiquer une saignée pour ainsi dire exploratrice, en faisant appliquer 8 sangsues derrière les oreilles. Immédiatement il sâest fait une détente, car à midi, quand je reviens, la malade semble prêter de lâattention à ce qui se passe, autour dâelle. Je lui dis de pousser la langue ; après bien des efforts, elle parvient à entrâou-vrir la bouche, mais la langue est complètement immobile et ne peut pas sortir. Jâessaye de lui faire avaler un peu dâeau, mais elle est rejetée par régurgitation. Il mâétait désormais impossible
dâétablir un traitement interne par voie liquide. Jâeus recours aux granules Chanteaud : aconitine, digitaline, arséniate de strychnine, de chaque i granule toutes les deux heures, dans un peu de miel, placé sur le plan incliné de la langue leur permettait de glisser plus profondément, ce qui se fit très exactement.
Le soir, la malade était sensiblement mieux, elle avalait plus facilement et répondait par signes aux questions qui lui étaient adressées. Elle avait pris 12 granules de chaque alcaloïde.
Câétait le troisième jour de lâattaque et la sixième heure du traitement dosimétrique. Jâavais évidemment affaire à la forme apoplectique, mais la période comateuse passée, je pouvais avoir bon espoir, sans oublier cependant que tout danger nâavait pas disparu. Les granules furent donc continués, mais seulement toutes les heures dâabord, puis toutes les deux heures et enfin toutes les trois heures. Les choses allaient bien; la malade pouvait prendre café, eau vineuse, bouillon froid et le sel Chanteaud le matin.
Huit jours après lâattaque, il se produisit un mouvement fébrile ; la malade se plaignit dâune douleur vive dans la tête, ne dormait plus, avait
des rêves, voyait des fantômes, avait de lâagitation et des contractures dans les membres paralysés. Je pensai alors que jâavais affaire à une encéphalite secondaire, se développant autour dâun foyer hémorragique. Cet état de choses qui avait duré toute une nuit, menaçant de continuer, je fis reprendre les mêmes granules, tous les quarts dâheure, pendant six heures, au bout desquelles tous les phénomènes morbides cessèrent pour ne plus reparaître. Câest donc à la méthode dosimétrique que la malade a dû son salut.
Dr Beclu (Paris).
Remarques. â Cette observation est pleine dâenseignements : câest que lâapoplexie veineuse, avec ou sans hémorragie circonscrite, exige lâemploi des défervescents et des névrosthéniques ; et le docteur Beclu a été heureusement inspiré dans le cas présent. On peut dire que les trois quarts de ces apoplexies sont mortelles faute dâêtre convenablement traitées. La saignée dans ces cas
doit être locale et seulement comme moyen dâexploration; immédiatement après, il faut relever lâaction cérébrale.
*
2® Fait. â Apoplexie hémorragique, laryngo-cérébrale. â Traitement dosimétrique. â Guérison. â Dona Flora ..., vingt-six ans, mariée; tempérament sanguin, constitution bonne, bonne santé habituelle, enceinte de cinq mois, sans antécédents pathologiques ni cause appréciable, éprouva, une heure après avoir mangé, à une heure de lâaprès-midi, un grand vertige, suivi dâune douleur de tête et au larynx, avec vomissement alimentaire, grande chaleur générale et cuisson au palais ; on la coucha et on me fit appeler. Je trouvai la malade dans un trouble extrême et un état pléthorique très prononcé, avec incohérence cérébrale, aphonie, soif intense, pouls dur, plein et fréquent ; céphalalgie si forte quâelle était obligée de soutenir sa tête avec les deux mains.
Je prescrivis : aconitine, digitaline, hyoscia-
--62 --
mine, i granule de chaque, ensemble, tous les quarts dâheure. Après la quatrième ou la cinquième dose, les symptômes commencèrent à diminuer graduellement et la malade fut un peu plus tranquille. Le soir, après consommation du contenu des trois tubes, le pouls devint normal et la malade recouvrit la voix ; enfin, à la dernière heure de la soirée, elle sâendormit tranquillement.
Le lendemain matin, de très bonne heure, elle prit quelques aliments quâelle vomit immédiatement; je la vis après; le pouls était légèrement fébrile, la langue saburrale ; la malade ressentait une lourdeur de tête avec céphalalgie. Je lui fis prendre une cuillerée à café de Sedlitz Chanteaud dans un verre dâeau dâorge, ce qui produisit quelques évacuations. Quelques heures après, je fis prendre toutes les demi-heures 2 granules dâaconitine associés à 2 granules dâarséniate de strychnine, jusquâà consommation du contenu des deux tubes.
Le soir, la malade se trouvait fort bien et complètement débarrassée, elle soupa avec plaisir et ensuite dormit parfaitement. Toute la journée du lendemain se passa sans aucun trouble et âtoutes les fonctions étaient redevenues normales.
Depuis lois la malade nâa plus ressenti aucune indisposition.
Dr Garcia del Rey.
(Revue dosimétrique de Madrid.)
Remargues. â Il sâest agi ici dâune congestion à la base du cerveau, ainsi que le démontrent les symptômes du larynx, congestion qui aurait pu devenir mortelle en se jetant sur les poumons.
3« Fait. â Apoplexie nerveuse. â X.,., soixante-cinq ans, valétudinaire, ayant perdu depuis cinq ans son embonpoint habituel, à la suite dâune entérite chronique qui ne le laissait quâà de rares intervalles jouir dâune santé fragile. De temps en temps, un refroidissement de la peau ou un écart de régime provoquaient des accidents tétaniques qui lui tournaient la bouche comme dans les apoplexies sanguines et séreuses, lorsquâil survint, en décembre 1872, une véritable apoplexie ner-
veuse, qui le rendit complètement hémiplégique à gauche, fit dévier la bouche et lâÅil du même côté et rendit la déglutition impossible. Des sangsues à lâanus et toute la médication classique ne modifièrent en rien cet état.
Je vis le malade le lendemain et le trouvai plus affaibli que la veille. Jâeus alors recours au sulfate de strychnine, quâon parvint à faire prendre au malade au moyen dâun peu dâhuile dâamande douce sur le plan incliné de la langue, chaque fois i granule ; frictions avec un mélange de teinture de noix vomique, dâammoniaque liquide et dâessence de térébenthine. Le malade prit ce soir-là 3 granules de strychnine ; le lendemain il en prit 2 seulement. Vers onze heures, la prostration devint telle, quâil ne fut pas possible de rien tenter ; il survint une transpiration ruisselante qui dura dix-huit heures, au bout desquelles le malade en sortit, appelant sa femme. Je ne le vis pas ce jour, mais le lendemain; je le trouvai dans son fauteuil, et son premier mouvement fut de se frotter les mains, et de répondre à mes questions ; et il put faire quelques pas dans la chambre.
Dr Delrieux,
à Angoulême (Charente-Inférieure).
â 65 â
Remarques. â La rapidité avec laquelle lâétat apoplectiforme sâest terminé ne permet pas dâadmettre un épanchement séreux ou sanguin ; ça été plutôt un collapsus cérébral, dont la strychnine a eu raison. Le mot apoplexie veut dire abattre.
* *
4« Fait. âApoplexie hystérique. â Une jeune femme de la campagne, dâune bonne constitution, veuve depuis deux ans, un peu hystérique avant son mariage et depuis son veuvage, tomba complètement hémiplégique et aphone, dans son champ, dâoù elle fut rapportée chez elle sans connaissance.
Appelé en toute hâte, je trouvai la malade avec un pouls souple et régulier ; la face régulière sans coloration anormale. Sangsues à lâanus, frictions énergiques sur lâépine dorsale avec un mélange dâalcali volatil, teinture de cantharides et teinture de noix vomique. Au bout de quatre jours, la dösâ*
â 66 â
glutition devint assez facile pour pouvoir donner une potion de teinture de noix vomique. Des lavements dâassa-fÅtida aidant, je pus faire avaler des granules de sulfate de strychnine, sans obtenir dâamélioration avant le onzième jour, où commença à se manifester de la douleur dans les membres paralysés. Le quinzième jour, la malade pouvait porter la main à la tête et saisir les objets. Enfin, le vingt-deuxième jour, elle marchait à lâaide dâun bâton, et le vingt-quatrième elle allait faire visite à ses voisins appuyée sur une simple canne.
(Idem.)
Remarques. â Le cas sâindiquait ici par les précédents hystériques ; jeune fille et veuve â câétait la bête dont parle Platon â qui nâavait pas reçu satisfaction.
5« Fait. â Apoplexie chez un vieillard. â Un
vieillard (soixante-quinze ans) fut trouvé un matin dans son lit sans parole, sans connaissance. Arrivé près de lui, je le trouve en supination, les paupières closes ; langue déviée ; membres paralysés, froids et insensibles ; cet homme venait dâêtre frappé dâapoplexie.
Traîieme7it. â Sinapismes aux extrémités; frictions sèches. Mâétant assuré que la déglutition se fait encore, je prescris 40 granules arséniate de strychnine, i tous les quarts dâheure, avec une infusion aromatique. Le lendemain, le malade avait repris ses sens, ouvrait les yeux, parlait, remuait bras et jambes ; la sensibilité et la chaleur étaient revenues. Il était guéri.
Dr Taulier,
à Châteauneuf de Mosène (Drôme).
Reviarques. â La dosimétrie nâa pas la prétention de faire des miracles ; mais câen est presque un que de voir un vieillard frappé inopinément dâapoplexie dans son lit, revenir à la vie sous lâinfluence de quelques granules de strychnine. Combien dâautres ne sont-ils pas
â 68 â
passés aux sombres bords, qui avaient été peut-être moins profondément atteints ?
D-- B.
IV
PARALYSIES.
Les paralysies qui dépendent des apoplexies centrales se dissipent avec elles ; il nâen est pas de même des paralysies périphériques, qui peuvent exister en dehors de toute lésion cérébro-spinale, du moins celles qui sont encore curables; ce sont celles que nous allons examiner ici, car à quoi bon un emplâtre sur une jambe de bois?
* * *
FAITS CLINIQUES.
i®*quot; Fait. â Paralysie des membres inférieurs, suite
de rhumatisme chronique. â Une femme âgée de soixante-quatre ans, est atteinte depuis quatre ans de paralysie des membres inférieurs due à une dyscrasie rhumatismale. Jâordonne : acide phos-phorique et sulfate de strychnine, de chaque 4granules par jour. Petit à petit le sentiment et le mouvement revinrent : des picotements, des * élancements, des soubresauts de tendons furent les prodromes de lâeffet médicamenteux. Bientôt une certaine raideur dans les membres annonça la contraction fibrillaire. La malade pouvait sâappuyer sur ses jambes et rester quelque temps debout, alors quâavant elles pendaient au corps comme une masse inerte. Après trois mois de traitement, elle put aller à béquilles, respirer lâair vif et sec du milieu du jour. Comme câétait au commencement de lâété, et que la température était propice, jâordonnai que ces exercices journaliers fussent continués malgré les réclamations de la patiente, qui craignait de faire une chute ; des aides la soulevaient et dirigeaient ses premiers pas.
Aujourdâhui elle sâest débarrassée de ses béquilles et vaque aux besoins de son ménage comme avant. Elle fait même quelques courses
peu éloignées de chez elle ; elle continue à prendre les granules dâacide phosphorique et de sulfate de strychnine, en les suspendant de temps à autre. Comme auxiliaire, elle prend de lâhuile de foie de morue et une décoction de quinquina : deux cuillerées de chaque par jour. â Comme régime, de la viande de bÅuf, du bon pain et du lait. â De la flanelle sur tout le corps et un badigeonnage à la teinture dâiode aux membres inférieurs, qui restèrent Ådématiés pendant deux mois, avec douleurs articulaires. Jâai cessé quand ces symptômes eurent disparu.
Jâai réussi à guérir deux cas de paralysie rhumatismale de la main et de l'avant-bras, en suivant le même traitement et régime.
Dr Nackers, Ã Moorsel (Belgique).
Remarques. -â Les paralysies rhumatismales sont souvent le désespoir du médecin, tout autantquedu malade; plus même, puisque ce dernier conserve lâespérance là où le premier nâen a plus. Cependant tant que les muscles ont continué à se nourrir, il ne faut pas déses-
pérer dây voir revenir la sensibilité et le mouvement. Quelquefois la cause réside dans une interruption des courants nerveux entre la moelle épinière et les nerfs périphériques, auxquels cas on observe la paralysie progressive, mais même alors, il faut encore tenter le traitement par les névrosthéniques : acide phospho-rique, strychnine, arséniates, ferrugineux, régime salin.
* *
2â Fait. â Paralysie des membres inférieurs. â L..., vingt ans, légèrement lymphatique, séminariste au séminaire de Coutances (Manche) ; il y a deux ans, veut se lever, à la cloche du matin, il croit ses jambes engourdies et les met le long du lit avec ses mains ; puis il tombe quand il veut marcher. Le docteur appelé constate une paralysie contre laquelle, dit-il, il nây a rien à faire. La semaine après, on me conduit le malade en
- 73 -
voiture. On se tient de chaque côté pour le faire marcher.
Voici son état : déviation de la bouche à gauche, strabisme interne de lâÅil droit, parole embarrassée, mémoire des mots diminuée ; rire dâidiot ; diminution considérable de la force du côté droit (bras et jambes), moins du côté gauche. Si on met le malade debout et quâon lâappuie, les jambes peuvent se soutenir ; mais- sâil veut marcher, elles fléchissent; la gauche un peu moins. Au dynamomètre, la force est moindre dans la main droite. Le malade étant assis et cherchant à donner un coup de pied dans la main quâon lui présente, lève encore assez haut le pied plus quâon ne pourrait le supposer en le voyant marcher. Le tégument est sensible partout à la piqûre dâune épingle.
Quoique mâexpliquant difficilement cette paralysie, je demandai un an de traitement. Jâai fait prendre à mon malade lo granules dâarséniate de strychnine et lo dâacide phosphorique par jour. Au bout de huit mois, la guérison était complète. Le jeune lévite est retourné à ses études.
D'' Calbris, Ã Tinchebray (Orne).
Remarques. â La carrière du malade étant donnée et ses vices secrets connus, on peut se demander sâil nây avait pas là un épuisement nerveux dont lâacide phos-phorique et la strychnine ont eu raison. Le phosphore, comme on sait, est un des facteurs principaux de lâinnervation; or, chez le malade dont nous venons de rapporter lâhistoire, il y a eu évidemment une irrégularité dans la distribution nerveuse, ainsi que la déviation de la bouche, le strabisme, la diminution de la force plus dâun côté que de lâautre le démontrent, sans quâil y ait eu pour cela lésion vasculaire, ni épanchement. Le confrère a eu confiance dans la dosimétrie. Aujourdâhui nos hypnotiseurs auraient recours à la suggestion.
32 Fait. â Paralysie diflithéritique. â Il y a un
â 75 â
mois environ, jâai été appelé près dâune petite malade qui avait déjà été soignée par un de mes confrères. Elle était atteinte de subparalysie des membres inférieurs, consécutive à une angine diphthéritique. Depuis deux jours, elle se trouvait dans cet état ; les parents étaient désolés, et moi-même, en les voyant, je ne pus mâempêcher de leur dire que la guérison serait longue.
Jâordonnai, pour commencer, lâarséniate de strychnine : 6 granules par jour, i à la fois, dâheure en heure, avec une cuillerée de café noir à chaque prise ; plus, un bain sulfureux dâune demi-heure. Je promis de revenir le surlendemain. Or, jugez de ma stupéfaction, lorsque à ma seconde visite, je trouvai ma petite malade jouant, au soleil, dans la cour de la maison ; il ne lui restait quâun peu de faiblesse dans les membres malades, mais elle marchait bien et dâun pas régulier. Elle avait pris 12 granules dâarséniate de strychnine et deux bains sulfureux.
Depuis dix ans que jâexerce dans ce pays, jâai eu beaucoup dâaccidents de ce genre, consécutifs à la diphthérie; deux fois jâai vu, malgré tous mes soins, la mort arriver par lâextension de la paralysie à tout le corps ; et ceux qui ont été les moins
â 76 â malades en ont toujours eu pour plusieurs semaines à se remettre.
Dr J. Develle,
à Saint-Benoît-sur-Loine (Loiret).
Hemargues. â Quelle est la cause de la paralysie diphthéritique? Un poison animal, diront les uns; un microbe, répondront les autres. Nous préférons ne pas le savoir, mais agir symptomatiquement. Voilà pourquoi dans lâangine diphthéritique il faut, indépendamment des antipyrexiques â aconitine, hydro-ferro-cyanate de quinine â le sulfure de calcium et la strychnine. (Voir Manuel de la fièvre.')
ALCOOLISME. -RAMOLLISSEMENT DU
CERVEAU.
Lâabus de lâalcool amène le ramollissement des tissus mous, par conséquent du cerveau. Voici comment Rokitansky sâexprime à ce sujet :
« Comme le ramollissement dans le cerveau ne diffère dans ce quâil est dans dâautres organes quâen raison de la délicatesse du tissu cérébral, il ne peut être considéré comme doué dâune existence propre, et son étude ne doit être faite quâavec les lésions diverses dont il est le résultat. » (Anatomie pathologique.)
* * *
Haase, en parlant du ramollissement cérébral en général, lui reconnaît trois causes principales, et distingue ainsi :
1° Un ramollissement par imbibition et macération, auquel il rapporte, en grande partie, les ramollissements entourant les foyers hémorragiques et les tumeurs ;
2â Un ramollissement dâorigine inflammatoire ;
3° Un ramollissement provenant dâune diminution ou dâun manque de nutrition. *
Ces trois genres de cérébro-malade sâexpliquent par lâabus des spiritueux, dans ce sens que ces derniers produisent lâétat athéromateux des artères, lâhyperé-
mie des capillaires, et enfin lâatrophie des cellules nerveuses de la substance grise, siège principal du ramollissement.
***
Le ramollissement cérébral est toujours précédé dâischémie, ou oblitération des vaisseaux par thromboses, embolies, ou dégénérescence athéromateuse.
* *
Mais il faut également admettre un ramollissement idiopathique : câest celui que produit particulièrement lâalcool. Ce dernier sature le tissu cérébral, dissout sa graisse phosphorée et le rend incapable de fonctionner. Les vaisseaux frappés de paralysie se laissent distendre, et il se fait des suffusions et des
â 8o â
épanchements séreux dans les interstices lamellaires et dans les ventricules, sans quâon y constate des produits plastiques dâune inflammation. Virchow admet quâil faut surtout faire intervenir ici le reflux veineux, par suppression ou diminution du vis a tergo.
Au début du ramollissement cérébral, on constate un affaiblissement de diverses facultés, notamment de la mémoire. Bientôt le jugement perd de sa netteté, les idées se confondent; la vue se trouble et devient très faible ; lâouïe et le toucher sâémoussent. Puis surviennent des fourmillements, de la pesanteur dans les membres, très souvent dâun même côté, des étourdissements et un état vertigineux presque constant.
*
Ce qui caractérise surtout cet état, câest lâanémie cérébrale ; et câest en cela que beaucoup de médecins se trompent croyant quâil sâagit dâun état congestif actif. Lâapoplexie ne tarde point à survenir si on ne rend au tissu sa consistance et aux vaisseaux leur élasticité (voir plus haut). Il est bien entendu que ces malades doivent renoncer à leur mauvaise habitude, surtout quant aux spiritueux ; un bon régime et lâexercice au grand air. Le délire des ivrognes doit être attaqué par la strychnine, lâaconi-tine, la digitaline et lâhyosciamine, ainsi que nous en produisons plus loin des exemples.
* *
Une nouvelle forme de ramollissement 6*
â 82 â cérébral a été décrite dans ces derniers temps par Parrot : câest le ramollissement des nouveau-nés, quâon aurait tort de prendre pour une encéphalite et qui est, au contraire, le résultat dâune nutrition insuffisante du tissu cérébral. De là les bons effets des hypophosphites, principalement de lâhypophosphite de strychnine.
FAIT CLINIQUE.
Emploi dosimétrique de lâacide phosphorique et du sulfate de strychnine dans le coUapsus cérébral. â Un enfant de sept ans est amené dans notre service, à lâhôpital civil de Gand. Le petit malade se plaignait peu, répondait lentement aux questions quâon lui faisait ; sa face était pâle ; les pupilles fortement dilatées; le pouls, petit, filiforme, sâeffacait sous le doigt. Il y avait à la région frontotemporale droite une plaie contuse en voie de
réparation : lâaccident, une chute, datait de dix jours.
Ãtait-ce le commencement dâune méningite traumatique ? On pouvait le craindre, mais la faiblesse du petit malade excluait lâidée dâune opération. Pour ce motif et afin de ne rien compromettre, nous nous bornâmes aux nervins : acide phosphorique et sulfate de strychnine (après un lavement au sel de cuisine), i granule de chaque toutes les demi-heures. Il en fut administré ainsi deux doses de chaque dans la journée.
Les pupilles se contractèrent ; et les urines, que jusque-là on avait dû évacuer par la sonde, furent émises volontairement.
Le lendemain, le traitement fut continué. Le pouls qui était à 120, se releva et diminua de lo pulsations dans la journée ; lâaction excito-mo-trice de lâacide phosphorique et de la strychnine était donc manifeste. Malheureusement, comme câétait à prévoir, lâenfant succomba dans la nuit du troisième jour. Lâautopsie fit voir lâhémisphère cérébral du côté de la plaie recouvert dâune plaque de suppuration tenace, adhérente à lâarachnoïde qui était fortement granulée.
VI
DÃLIRE NERVEUX.
Quoiquâil nây ait point de fonctions sans organes, on peut admettre une exagération des premières sans lésion matérielle des seconds. Câest ce qui explique la rapidité avec laquelle les troubles purement dynamiques se laissent juguler par les agents dosimétriques, et, par contre, que ces troubles persistant pendant un certain temps, la lésion matérielle en est la conséquence plus ou moins prochaine. De là pour le médecin la nécessité dâagir avec énergie au début
â 86 â
de tout trouble fonctionnel assez marqué pour détruire lâharmonie générale, câest-à -dire lâétat de santé.
* *
Le délire nerveux est dans ces cas, puisquâil peut exister sine et ciun materia. Il peut être passager ou être lâindice dâune lésion matérielle du cerveau, notamment le ramollissement, comme le fait voir la lettre suivante :
Monsieur Burggraeve,
Je suis avec un vif intérêt les progrès de la dosimétrie. Je suis un de vos anciens élèves de Gand ; à un enfant gâté on permet plus quâau vulgaire. Veuillez donc excuser la franchise de la présente lettre.
Jâai eu à traiter depuis plusieurs années des délires nerveux chez les alcoolisés : il ne sâagissait pas alors de dosimétrie. Depuis jâai donné aconitine, digitaline, arséniate de strychnine.
Jâai réussi à merveille, bon nombre de fois,
dans les vingt-quatre heures, au grand étonnement de lâentourage, et à ma grande satisfaction. Je vous en rends grâce.
Cependant un homme que jâavais bien guéri il y a un an, en vingt-quatre heures, par votre médication, mâa laissé en plan cette dernière fois. Je lui ai administré les trois alcaloïdes un jour: toutes les demi-heures i granule de chaque. Au deuxième jour rien. Le troisième jour, je force la dose de strychnine ; mon homme devient de plus en plus furibond. Jâai administré le chloral à forte -dose (7 grammes) ; il sâest endormi pour se réveiller guéri.
D'' ScHAAN, Ã Sedan.
Remarques. â Cela prouve que dans le traitement des maladies â comme avec les jolies femmes â il ne faut omettre aucun point; câest-à -dire que dans le délire nerveux des ivrognes, lâhyosciamine est une condition sine qua .non.
TABLE ANALYTIQUE
i
INTRODUCTION.
Le Répertoire universel de médecine dosimétrique quant aux maladies cérébrales,â Les ennemis de la lumière. â « Il faut rendre à César ce qui appartient à César. »
â La méningite pseudo-tuberculeuse et la paralysie du cerveau. â Emploi de la brucine et de la strychnine. â La fièvre apoplectiforme. â Danger des saignées. â Les maladies aiathésiques. â â Lâhippocratisme en médecine. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 1-4
II
FAITS CLINIQUES.
Traitement de la méning^ite des enfants.
i^r Fait. â Méningite (hydrocéphalie aiguë). â Traitement.
â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 6-9
2â Fait. â Méningo-cérébrite. â Traitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 9-11
3â Fait. â Fièvre de dentition méningo-cérébrale. â
Traitement â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 11-14
4â Fait. â- Méningite spinale à paroxysmes convulsifs (méningite cérébro-spinale des auteurs), avec bronchite du côté droit. â Traitement. â Remarques. Pages 14-iS 5â Fait. â Trois cas de méningite tuberculeuse. â Traitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 18-10
6' Fait. â Méningite tuberculeuse. â Traitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages
71 Fait. â Méningite tuberculeuse suivie de guérison. â Traitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 8® Fait. â Méningite aiguë jugulée en cinq jours par le traitement dosimétrique. â Remarques. nbsp;Pages 9® Fait. â Méningite simple. â Traitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 10â Fait.âMéningite simple chez un adulte. â Traitement.â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 11â Fait. â Méningite aigué chez une vache. â Traitement.
â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages
La pilocarpine et la méningite. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages nbsp;47-51'
lll
APOPLEXIE.
Symptomatologie. â Apoplexie après les repas. â Apoplexie des buveurs. â Observations. Pages 53-56
FAITS CLINIQUES.
iââ Fait. â Apoplexie cérébrale. â Traitement â Remarques nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 57-61
2â Fait. â Apoplexie hémorragique, laryngo-cérébrale.
â Traitement dosimétrique. â Guérison. Pages 61-63 3e Fait. â Apoplexie nerveuse. â Traitement. â Re
marques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 63-65
4â Fait. â Apoplexie hystérique.âTraitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 65-6amp; i'^ Fait. â Apoplexie chez un vieillard. â Traitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 66-68
IV
PARALYSIES.
Paralysies ; centrales, périphériques. â Leur curabilité.
Page 69.
FAtTS CLINIQUES.
i«' Fait. â Paralysie des membres inférieurs, suite de rhumatisme chronique. â Traitement. â Remarques.
Pages 69-72
2» Fait. â Paralysie des membres inférieurs. âTraitement. â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 72-74
3quot; Fait. â Paralysie diphthéritique, â Traitement â Remarques. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 74-76
V
ALCOOLISME. â RAMOLLISSEMENT DU CERVEAU.
Les abus de lâalcool. â Opinion de Rokitansky, de Haase
â Cérébro-malacie. â Marche du ramollissement cérébral. â Ramollissement cérébral des nouveau-nés (Parrot). nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 77-82 Emploi dosimétrique de lâacide phosphorique et du sulfate de strychnine dans le collapsus célébrai.
Pages 82-83
VI
DÃLIRE NERVEUX
Caractère du délire nerveux. â Nécessité de sa jugulation. â Lettre. nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;Pages 85-87
NOMENCLATURE
DES
MANUELS DE MÃDECINE DOSIMÃTRIQUE
PREMIÃRE SÃRIE.
Manuel des maladies des enfants.
Manuel des maladies des femmes.
Manuel des dyspepsies.
Manuel des maladies des voies urinaires.
Manuel des fièvres puerpérales. Manuel de pharmacie et pharmacodynamie dosimétriques.
DEUXIÃME SÃRIE.
Manuel de la fièvre.
Manuel des urines.
Manuel des maladies du cÅur. Manuel de la goutte et du rhumatisme goutteux.
Manuel de thérapeutique dosimétrique. Manuel des maladies diathésiques.
TROISIÃME SÃRIE.
Manuel de la phtisie pulmonaire. Manuel des névralgies et névroses. Manuel des maladies dyscrasiques. Manuel de la pleuropneumonie. Manuel des maladies cérébro-spinales.
Manuel des maladies abdominales.
Ces Manuels se vendent au prix uniforme de 2 francs. Les acheteurs dâune série jouiront dâune remise de 3o p. c.
HYGIÃNE THÃRAPEUTIQUE
A lâusage DOMESTIQUE
SEDLITZ CHANTEAUD. â Sel rafraîchissant et tonique, ne déterminant aucune irritation, des voies digestives, et le dissipant quand existe/;* un dérangement intestinal. Câest le Sel de santét, par excellence. Aussi son usage sâest-il générale-^' ment répandu et a coupé court aux prétendues'* pilules de santé, dont les drastiques font la base. La vulgarisation de ce Sel est donc un véritable service rendu au public. Pour lâusage habituel, on en fait dissoudre une cuillerée à café dans un ^erre dâeau, quâon prend le matin en se'â./)^ levant.
Le Sel Chanteaud se trouve aujourdâhui dans^ toutes les pharmacies achalandées.
Pour les granules dosimétriques, il faut la prescription du médecin. On aura soin de vérifier si ce sont des granules véritables portant la marquequot; de la maison Chanteaud et la signature de lâauteur de la méthode.
Pour tous les renseignements concernant sa méthode, sâadresser au docteur Burggraeve, à Gand, rue des Baguettes, 5o.