MANUEL
POINT DE VUE DOSIMÃTRIQUE
Par le DOCTEUR BURGGRAEVE
PR0KBSSKDR ÃMÃRITE DE DâUNIVERSITà DE GAND (BEI.OIQDkJ AUTEUR DE LA Nouvelle ^féthode dosimétrigue.
GAND
CHEZ LâAUTEUR, RUE DES BAGUETTES, 50
ET DANS LES PRINCIPALES LIBRAIRIES
1888
o. oct.
3625
MANUEL DES URINES
PROPRIÃTÃ
Bruxelles. â Typographie V* Cii. Vanuerauwera. rua des Sables, IC.
à lt;f'J^Z3
MANUEL
POINT DE VUE DOSIMÃTRIQUE
Par le DOCTEUR BURGGRAEVE
PROFESSEUR ÃMÃRITE DE LâUNIVERSITà DE GAND (BELGIQUE/ AUTEUR DE LA Nouvelle Méthode dosimétrique.
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CHEZ LâAUTEUR, RUE DES BAGUETTES, 50 ET DANS LES PRINCIPALES LIBRAIRIES
1888
PRÃFACE
Lâuroscopie est, à proprement parler, la chimie du corps. On y lit lâétat de santé comme lâétat pathologique, et les moindres nuances peuvent y être saisies dans leurs rapports avec la genèse des maladies.
Câest de lâhumorisme, plus la science moderne.
Le petit Manuel que nous venons dây consacrer nâa pas la prétention dâélucider un aussi grave sujet.
Plusieurs points sont encore à lâétat de problème.
Ce que nous avons voulu faire con-
naître, câest le rapport intime qui existe entre lâétat vital et les changements survenus dans la sécrétion urinaire et, par conséquent, la nécessité dây opposer les moyens vitaux.
La plupart des troubles de la santé, troubles qui ne tardent point à se traduire en lésions organiques, sont dus à un défaut de dépuration du sang, ou à des agents médicamenteux quâune pratique maladroite ou excessive, y a introduits.
On a voulu faire des voies urinaires un évier.
Câétait déjà trop quâelles soient solidaires de nos excès et de nos imprudences.
Avec cela que la nature â peut-être peu prévoyante â y a rattaché la fonction la plus impérieuse de toutes, la plus individuelle malgré son but général â la reproduction de lâespèce.
A tous ces titres, on ne saurait donc trop donner son attention aux urines, tant dans lâétat de santé que dans lâétat de maladie.
Nous avons fait suivre lâuroscopie de quelques considérations sur les assolements organiques, quâil importe de prendre en considération, tout comme en agronomie on soigne le sol pour le rendre aussi productif que possible.
Câest une erreur quelquefois de trop pousser à la diurèse : autant prétendre que le fumier des fermes gagne à être conservé en plein air, exposé à la pluie qui lui enlève ses sucs les plus nourriciers.
Câest encore là une de ces erreurs thérapeutiques dont lâallopathie ne se fait pas défaut, et que la dosimétrie a permis de redresser.
DÅ.
CONSIDÃRATIONS GÃNÃRALES.
De lâuroscopie.
Dès les temps anciens, lâinspection des urines a fait partie de la médecine, mais en lâabsence de données scientifiques, qui empêchaient dâen faire une application sérieuse à la diagnose et la prognose des maladies, le charlatanisme sâen était emparé. * *
Qui ne connaît Padmirable tableau de
Gérard Dow : la Femme hydropique ? La pauvre malade jette sur le « docteur des urines » des yeux mouillés dâespérance, mais, hélas! ce nâest pas de lui quâelle doit attendre sa guérison !
Il en est encore de même aujourdâhui avec les uromanes. Ce quâils voient à travers la bouteille, ce sont les écus quâelle doit leur rapporter.
*
* *
Nous allons examiner dans le présent Manuel â un état des urines étant donné â quels sont les traitements dosimétriques quâil faut y appliquer.
Ce nâest pas lâiatro-chimie que nous
â 3 â
entendons faire prévaloir, mais une médecine essentiellement vitale, car il faut, avant tout, dissiper le trouble vital.
Nous nâavons pas à refaire ici lâétude des urines pathologiques, mais les différents aspects sous lesquels se présente ce liquide dépurateur, ainsi que sa composition chimique, pouvant donner lieu à des indications quâil ne faut pas négliger dans le traitement des maladies, tant générales que locales.
* * *
Les reins reçoivent à travers leur parenchyme, dans les vingt-quatre heures, environ 25o kilogrammes de sang, et celui-ci, dans le même laps de temps, sous une température extérieure moyenne et un régime ordinaire, sây dépouille de
1,200 à 2,000 grammes de matières résiduelles : eau, urée, acides urique, hippurique, matières extractives : créatine, créatinine; substances grasses et pigments, sels : chlorure de sodium, phosphate, acide de soude, phosphates terreux de chaux, de magnésie, etc.
* *
Dans lâétat pathologique et même dans un simple dérangement de la santé, dâautres éléments peuvent se rencontrer dans les urines, dont les uns, tels que : lâalbumine, le sucre de raisin ou glucose, la graisse, indiquent un trouble de la nutrition ou dyscrasie ; les autres, tels que : cellules épithéliales, corpuscules de sang, de pus, etc., laissent préjuger un désordre organique soit dans les reins, soit dans leurs voies dâexcrétion.
Câest à déterminer les rapports du produit excrété avec la nature et le siège des maladies que le médecin doit spécialement sâattacher.
On peut dire que sans examen et analyse des urines, il nây a ni diagnose ni prognose, ni traitement rationnel possibles. Câest ce qui nous a déterminé à composer le présent Manuel.
II
CARA.CTÃRES PATHOLOGIQUES DES URINES.
Nous disions, tout à lâheure, que les reins sont des filtres, mais des filtres vivants, susceptibles de se resserrer ou de se détendre dâaprès lâétat général ou local, laissant passer, tantôt lâeau du sang, tantôt les matières solides qui y sont en suspension.
***
a) Couleur. â Rien de plus variable que la couleur des urines, et cette colo-
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ration nous sert à reconnaître lâétat de la nutrition et même lâétat nerveux et moral. Ainsi les urines dites « spasmodiques » sont presque exclusivement aqueuses; il nâen résulte aucune déperdition pour lâéconomie; mais, par contre, surgissent des troubles généraux, suites de la rétention dans le sang de principes excrémentitiels. Ainsi, presque toutes les irritations sont dues aux principes extractifs retenus dans le sang.
*
* *
Il en est de même dans les maladies fébriles aiguës : les urines, plus ou moins foncées, sont sans dépôt au début de lâaffection, aussi lâirritation est-elle alors à son summum, la chaleur âcre, mordicante, le malaise général, le pouls vif, précipité. Vienne la détente : aussitôt les urines sont hypostatiques, des
dépôts sây forment, où lâon retrouve les matières qui avaient été retenues dans le sang, où ils ont été cause du trouble général ou de la fièvre. (Voir plus loin.)
*
Cette manière dâexpliquer la fièvre est loin dâêtre de lâhumorisme, puisque câest toujours le trouble vital qui a précédé. Ce trouble a commencé par fermer les émonctoires : dâoù rétention, dans le sang, de ce que les anciens nommaient les matières peccantes,
* * â¢
Arrêtons-nous un instant à la valeur pratique de ce critérium : câest que dans toutes les affections fébriles, avec urines sédimenteuses,il faut agir sur le système nerveux vaso-moteur, afin de produire la
--IO â détente générale et de rouvrir les voies excrémentitielles.
Câest ce quâon fait en médecine dosimétrique, quand on administre, à doses fractionnées et coup sur coup, les alcaloïdes défervescents et calmants : la digitaline, la vératrine, lâhyosciamine, la strychnine, etc. (Voir le Manuel de la fièvre.)
A quoi servent les délayants dans ces cas, sinon à augmenter la fatigue des reins et souvent à produire une albuminurie et une glycosurie artificielles, ainsi quâil résulte des expériences de Claude Bernard ?
Les saignées sont souvent inefficaces et même dangereuses, à moins dâêtre purement mécaniques, comme dans les obstructions viscérales. (Voir le Manuel des maladies de la poitrine.]
b] Densité. â Il est important que le médecin constate la densité des urines au moyen de Vuromètre. Cette densité peut être augmentée avec ou sans changement de coloration ou perte de transparence. Dans le premier cas, ce sont les matières organiques dissoutes ou en suspension, qui ont augmenté le poids spécifique du liquide; dans le second cas, ce sont les matières inorganiques en voie de précipitation ou en dépôt, telles
que :
â Signalons en premier
1°
lieu la présence de lâalbumine comme la plus importante, par rapport aux troubles généraux ou locaux dus à la soustraction du plasma nutritif du sang.
* *
Lâalbuminurie se rattache, en effet, à une altération de la nutrition, dont la source est dans les centres nerveux végétatifs, comme il résulte des expériences de Claude Bernard. Nous entendons parler de lâalbuminurie essentielle et non de celle produite par lâaltération du tissu rénal. (Voir Mamiel des maladies urinaires.)
*
* *
Lâalbuminurie est précédée de symptômes de dépression des forces nerveuses et musculaires, se manifestant surtout
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dans les systèmes respiratoires et circulatoires. Le pouls est lent, à cause de la dilatation, non instantanée, de lâartère, mou et ample â parfois seulement dans certaines artères, pendant que dans dâautres il présente des caractères opposés.
* *
Sous lâinfluence de la paralysie de ces éléments musculaires, les voies circulatoires subissent une dilatation pathologique, ce qui joint à lâexagération de la pression intra-vasculaire produit les infiltrations et les épanchements séreux. * *
La conséquence pratique de ce fait anatomo-pathologique, câest quâil faut toujours recourir à la strychnine, lâaco-nitine, la digitaline. (Voir Manuel de la pharmacie dynamique.}
Lâalbuminurie a ses degrés ; et ce nâest que quand elle est entrée dans sa période organique quâelle est mortelle. Câest donc là ce quâil faut empêcher.
*
* *
Pour reconnaître de faibles quantités dâalbumine dans les urines, il faut certaines précautions. Généralement, on se sert dâacide nitrique, mais il faut étendre ce dernier dâune certaine quantité dâeau, afin que la substance organique ne soit pas détruite immédiatement après avoir été précipitée. Il faut ensuite faire en sorte que les deux liquides â⢠acide et urine â demeurent superposés, afin que la couche ou pellicule dâalbumine puisse se former.
Le meilleur procédé consiste à verser un peu dâacide nitrique dans une éprouvette, avec une pipette ; laisser couler lâurine le long de la paroi sans secousse ni ébranlement ; la moindre partie dâalbumine devient alors sensible.
U n second procédé consiste à chauffer lâurine après y avoir ajouté une ou deux gouttes dâacide acétique ; puis à traiter le précipité par lâacide nitrique : sâil ne se dissout pas, câest de lâalbumine.
A défaut dâéprouvette et de pipette, on se servira dâun verre conique, au fond duquel on verse lâacide étendu, puis on
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fait couler lâurine le long de la paroi. Le procédé, généralement suivi, de verser lâacide nitrique concentré dans lâurine est vicieux et ne peut servir que lorsque lâalbumine y existe en grande quantité.
*
* *
La quantité dâalbumine quâon obtient dans un volume déterminé dâurine, peut être évaluée en se servant de verres exactement semblables. Mais pour le médecin, cela importe peu; il lui suffit de savoir quâil y a perte dâalbumine par les reins pour quâil emploie, en temps, les remèdes antialbuminuriques, câest-à -dire les modificateurs hématiques.
* *
Signalons maintenant quelques particularités qui, dans lâexamen des urines
par les réactifs, pourraient induire le médecin en erreur ; ainsi, quand on a versé lâacide nitrique dans une urine albumineuse, il se forme, indépendamment du coagulum, une belle coloration rouge due à lâaction de lâacide sur le principe colorant du sang.
Il en est de même quant au trouble dû à la décomposition des sels uriques : il se produit dans ce cas de lâacide urique libre, peu ou point soluble dans lâeau. Le trouble produit par ce dernier, disparaît quand on chauffe le liquide, contrairement au caillot albumineux.
Les deux précipités â quand ils existent simultanémentâforment deux cou-n*
ches distinctes, séparées par une couche dâurine plus ou moins limpide : la supérieure formée par les urates, se fondant insensiblement dans le liquide; lâinférieure nettement tranchée, plane et lisse comme les corps albumineux en général. Voilà pourquoi, dans les expériences, il faut éviter les remous.
Notons encore les cristaux de nitrate dâurée, caractérisés par leur disposition entrecroisée et leur solubilité dans lâeau : ainsi pour les faire disparaître, il suffit dâétendre lâurine avec deux ou trois fois son volume dâeau.
Quand lâurine est rendue épaisse par du mucus, il suffit de se rappeler que la mucine ne se coagule pas par la chaleur
et que le contraire a lieu par lâalcool, lâacide acétique et lâalun en solution. Dâailleurs, la forme du magma diffère essentiellement de celui de lâalbumine : ce dernier est compact, lisse, uni ; le second est filamenteux. Il suffit, du reste, de quelques gouttes dâacide chlorhydrique pour fondre et faire disparaître le magma albumineux. Au microscope ou à la loupe montée, on reconnaît les cellules épithéliales qui se trouvent constamment dans la mucosité, celle-ci étant en grande partie due au renouvellement de lâépithélium.
2° Sucre. â Il ne faut pas que la quantité de sucre dans les urines, aille au point de constituer un état diabétique, pour quâil y ait altération de la nutrition. Il suffit quâil y en ait une quantité
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appréciable, pour quâil en soit de la glycosurie comme de lâalbuminurie. Il est vrai que dans lâurine normale, il y a des traces de sucre, mais sans importance.
*
Une remarque générale, câest que les urines diabétiques restent presque toujours claires et pâles, quoique leur poids spécifique soit notablement augmenté. Ce sont donc les matières colorantes qui y font défaut. Cela coïncide également avec lâabondance des urines ou polyurie poussée au plus haut degré dans le diabète sucré. (Voir le Manuel des maladies urinaires.)
La présence du sucre dans les urines coïncide souvent avec celle de lâalbumine; aussi les causes qui déterminent ces deux états sont-elles identiques ; une
irritation du système nerveux cérébro-spinal, suivie dâaffaiblissement et de paralysie (Cl. Bernard). Ce sont les individus faibles, se livrant aux plaisirs solitaires, qui y sont particulièrement sujets.
Le sucre se produit-il dans les reins? On pourrait le croire quand on voit le diabète apparaître dans les lésions atrophiques du foie. Nous pourrions citer le système porte des reins chez les oiseaux (ou de Jacobson), qui établit une analogie dans les deux systèmes héma-uro-poïétiques.
Dâaprès ce que nous venons de dire, le traitement dosimétrique de la glycosurie doit être le même que celui de lâalbuminurie, câest-à -dire par les alca-
loïdes défervescents et excito-moteurs. Il faut relever les fonctions digestives et respiratoires : par la quassine, lâarsé-niate de soude, la strychnine, lâacide phosphorique, etc. (Voir le Manuel des maladies urinaires.)
*
Pour reconnaître grosso modo le sucre dans les urines, il y a deux méthodes : lâinspection et la réaction.
*
* *
Inspection. â On fait tomber sur un morceau de papier blanc une goutte dâurine dans laquelle on soupçonne du sucre, et on laisse sécher à la chaleur du poêle ou de la lampe. Sâil y a du sucre, le papier sèche moins vite, et laisse une tache sirupeuse qui, en lâimbibant, devient transparente, comme une tache
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dâhuile. On peut encore exposer à la braise incandescente des morceaux de papier sur lesquels on a projeté des gouttes dâurine. Si elle contient du sucre, on obtient une coloration foncée, comme une espèce dâencre sympathique â ou bien, on répand une goutte dâurine diabétique sur un morceau de drap foncé, quâon expose à une douce chaleur : on obtient ainsi une tache brunâtre, un peu visqueuse.
Une autre expérience consiste à mettre de lâurine dans un pot de terre non vernissé : au bout de quelque temps, le liquide imbibe toute lâépaisseur du vase et le couvre à lâextérieur dâune efflorescence blanchâtre, qui nâest autre que la substance saccharine â ou bien encore, on met de lâurine dans un
vase quâon couvre dâune feuille de papier, et on lâexpose à proximité du poêle, après y avoir ajouté un peu de levure : au bout de deux jours, le liquide répand une odeur semblable à celle du moût de vin au début de la fermentation, et se couvre de moisissure ou champignons de la bière. {Tonila cerevisiæ. â Voir Manuel des maladies urinaires.}
Réaction. ââ Nous indiquerons ici sommairement les principaux procédés usités en urologie.
a) Méthode Meanmené. â On laisse tomber sur une étoffe claire de laine, imbibée de chlorure de zinc puis séchée, une goutte dâurine diabétique : par la chaleur il se produit une tache noire. (Dâautres substances hydrocarburées peuvent donner la même réaction : il
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nây a donc quâune simple présomption.)
è) Réaction Malagute. â On fait bouillir de lâurine diabétique dans une partie égale dâune solution concentrée de potasse ; le liquide prend une teinte brune de miel, parfois même noir de goudron, après lâavoir laissé reposer quelques minutes,
c) Réaction Trommer. â On verse dans une éprouvette, à hauteur dâun pouce environ, de lâurine, avec quelques gouttes de potasse et une goutte ou deux de sulfate de cuivre et dâacide tartrique. Le protoxyde de cuivre mis en liberté donne lieu à une coloration jaune. Par lâébullition, le liquide devient rougeâtre. (Dans ces deux réactions les alcalis. Secondés par la chaleur, décomposent le sucre en acides glucique et mélasique.) Les mêmes réactions sont produites par la liqueur de Bareswell, à base de po-
tasse et de sel de cuivre, et par celle de Franqui, Ã base de bismuth.
d} Méthode de Trousseau et Dumontpal-lier. â Elle consiste dans lâemploi de la teinture dâiode et nâa rien de constant, puisque lâaction décolorante attribuée par ses auteurs, au sucre, est propre à toute urine acide.
e) Méthode de Cuttow et de Krause. â Elle consiste à réduire la glucose par lâacide chromique : ce dernier passe par désoxydation à lâétat de protoxyde ou dâoxyde, en donnant à lâurine une teinte verte.
N ous citerons encore deux autres méthodes ;
A. Une solution de carmin indigo, alcalinisée par du carbonate de soude,
est chauffée jusquâà ébullition avec lâurine à analyser. Si elle contient peu de sucre, le liquide se colore dâabord en vert, puis en rouge pourpre. Si, au contraire, la quantité de sucre est très considérable, lâurine devient rouge, puis jaune.
B. On chauffe lâurine avec une solution ammoniacale argentique pendant un assez long temps : lâargent se précipite en forme de métal brillant. (Plusieurs acides organiques présentent la même réaction, de sorte quâelle nâest pas tout à fait caractéristique pour lâurine diabétique.)
Toutes ces méthodes ne donnent que des résultats qualitatifs ; pour une analyse quantitative, il faut avoir recours à la volumétrie ou au polarimètre. Il serait
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à désirer que chaque pharmacie fût munie dâun laboratoire expérimental et que les pharmaciens fussent également chimistes, au lieu de simples manipulateurs.
* *
Régime des diabétiques. â Au début et pendant toute la première période de la maladie, la quantité de sucre contenue dansles urines esttoujours proportionnée à celle des aliments féculents ingérés. Dans la seconde période, au contraire, les proportions de sucre sont tout à fait indépendantes de la nature de lâalimentation. Un régime exclusivement anima-lisé donne lieu à une égale quantité de sucre quâun régime exclusivement végétal. On sait, du reste, que les matières albuminoïdes sont susceptibles de subir lâaction glycosurique du foie (ou des
reins?) Quoi quâil en soit, il est évident quâil faut non un régime exclusif, mais un régime mixte.
3° Fibrine. â La présence de la fibrine dans les urines sâobserve dans lâhématurie et la diphthérie (voir le Manuel des maladies urinaires) ; on lây trouve alors sous forme de plasma amorphe, ou de cylindres fibrillaires. La fibrinurie nâa donc pas la même expression générale que lâalbuminurie.
La fibrine passe-t-elle directement du sang dans les urines ? On peut en douter, puisque cette substance est éminemment coagulable dès quâelle est soustraite au mouvement circulatoire et à la chaleur
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du corps. En dâautres termes, la fibrine nâexiste point, comme telle, dans le sang et, par conséquent, ne peut passer dans les urines directement : ce nâest quâà lâétat de corpus moriuum quâelle peut sây trouver.
* * *
On pourrait objecter que, dans les vaisseaux, la fibrine peut se trouver à lâétat de caillot ou dâembolie : mais alors la cessation de la circulation générale ou locale en est la conséquence. Si on trouve si rarement de la fibrine à lâétat de caillot dans lâurine, câest quâelle y est dissoute par les alcalis, notamment le carbonate dâammoniaque. Sa présence ne peut donner lieu quâà peu de données séméiotiques en dehors de lâexsudation sanguine qui lâa déterminée.
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4° Chyle-lymphe. â Dans quelques cas, infiniment rares, on a cru rencontrer de la lymphe et du chyle dans les urines : il faut se tenir en garde contre ces apparences. De ce que lâurine est blanche, laiteuse, il ne faut pas se hâter de conclure à la présence du chyle; ce sont plutôt des substances grasses émulsionnées.
Si, dans lâétat normal, on ne trouve dans lâurine que des traces à peine appréciables de substances grasses, celles-ci peuvent, sous lâinfluence de certains états morbides, y devenir abondantes au point de rendre lâurine laiteuse. Ces prétendues urines chyleuses peuvent être
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des urines purulentes ; câest au microscope à renseigner sur ce point.
* * *
Toutefois il y a des signes dâinvestigation quâil ne faut pas négliger ; ainsi les urines grasses cessent dâêtre opaques quand on les mélange à de lâéther ; en outre, elles laissent sur le papier des taches, qui sont transparentes après dessiccation. Par lâingestion habituelle, dâaliments gras, lâurine en peut présenter les caractères. Nous lâavons constaté chez des personnes des polders, se nourrissant lâhiver en grande partie de lard. Comment cela se fait-il ? La graisse nâest pas absorbée directement et ne peut passer du canal alimentaire dans le sang et du sang dans les urines ; câest dans le foie que la graisse alimentaire est convertie en sucre. Il faut donc ad-
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mettre que lorsque cette substance est surabondante au point de ne pouvoir être convertie en glucose, la partie excé-dente passe dans le sang par les veines sus-hépatiques et de là dans le système circulatoire général. Réali dit avoir observé, durant plusieurs mois, chez une femme de cinquante ans, une urine grasse, dont lâémission nâavait lieu ordinairement que dans la matinée : mille grammes dâurine fournirent i5 grammes de matières grasses.
Les urines grasses peuvent encore se rencontrer dans la dégénérescence graisseuse des reins et de leur épithélium. Mais, nous le répétons, il ne sâagit pas ici de chyle. Cela se concevrait sâil existait chez les mammifères et lâhomme un ni*
système rénal porte, comme chez les oiseaux. (Voir plus haut.)
5° Matières extractives. â Les reins sont particulièrement chargés dâéliminer les matières azotées en excès dans le sang, notamment lâurée ; or, lâurée sous lâinfluence des ferments organiques se dédouble en acide carbonique et en ammoniaque (i) ; câest là son danger. (Voir le Manuel de la /lèvre.) On comprend donc lâimportance des agents diététiques qui ont pour effet dâentretenir la diurèse dans son état physiologique, Sedlitz Chan-teaud, strychnine, aconitine, digitaline. (Voir le Manuel de la pharmacie et pharmacodynamie.)
(1) Lâurée est un isomère ou cyanate dâammoniaque, puisquâil sufiit de chauffer ce dernier pour le transformer en urée.
La quantité durée rejetée par les urines, dans lâétat de santé, par vingt-quatre heures, peut être évaluée de 25 à 38 grammes; mais subit de notables augmentations par suite des fatigues corporelles et des excès. Chez lâhomme, comme chez les carnivores, la quantité dâurée dans les urines lâemporte de beaucoup sur celle de lâacide urique; lâune et lâautre diminue par le régime végétal.
Lâurée est le dernier terme de la métamorphose régressive des éléments azotés dans lâorganisme ; câest donc une marque de lâactivité organique : aussi ne faut-il pas sâétonner que lâurée diminue dans la chloro-anémie; dâoù nécessité dâun régime azoté. Mais, avant tout, il faut
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relever lâaction digestive, principalement celle du foie. Dans lâatrophie jaune aiguë de cet organe, lâurée disparaît presque complètement du sang et des urines. Lâatrophie jaune aiguë est une maladie presque toujours mortelle, en quelques jours après les accidents caractéristiques. (Voir le Manuel des maladies abdominales.}
Dans les maladies fébriles aiguës, la gravité se gradue dâaprès la quantité dâurée excrétée ; on peut dire que câest un baromètre organique qui ne trompe point. Quand dans le typhus la production normale dâurée sâarrête, câest que la convalescence nâest pas loin ; à chaque septénaire, la quantité dâurée dans les urines diminue â si tant est que ces périodes ne puissent être abrégées ou
coupées â or, sous lâinfluence des alcaloïdes défervescents : digitaline, aconitine, vératrine, strychnine, etc., la quantité dâurée diminue dans une notable proportion, non seulement à cause dâune excrétion plus abondante dâurine â ce qui ne ferait que déplacer la difficulté â mais par suite dâune combustion moindre et de la sédation du système nerveux vaso-moteur.
* *
Dans les catarrhes chroniques, la production dâurée est moindre, mais elle est compensée par une augmentation dâacides. Dans le choléra, la maladie de Bright, les névroses, la production dâurée est également moindre.
⢠Expériences stir les animaux. â La liga-
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turè des artères rénales ou lâextirpa-, tion des reins donnent lieu à des convulsions et enfin à un état comateux qui se termine par la mort. Quand on injecte de lâurée dans les vaisseaux, on provoque des symptômes urémiques, à moins que les reins ne redoublent dâactivité. Quelquefois il survient un état typhique, par suite du dédoublement de lâurée en carbonate dâammoniaque. (Voir plus haut.)
Lâurée, en tant quâaltérant du sang, peut donner lieu à lâanémie et à lâÅdème du cerveau, se traduisant en apoplexie séreuse, en méningite, etc. (Voir le Manuel des maladies cérébrales.)
*
Pour isoler lâurée, il faut commencer par condenser lâurine en lâévaporant, et
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la traiter par lâacide nitrique : on obtient ainsi un nitrate dâurée, insoluble dans lâeau fortement acidulée. On décompose ensuite le nitrate dâurée par le bicarbonate de baryte : il se forme du nitrate de baryte, en même temps que lâacide carbonique se dégage et que lâurée se sépare. On traite alors le tout par lâalcool rectifié c^ui dissout lâurée, et on isole cette dernière en évaporant le liquide préalablement décanté. Lâurée pure cristallise en aiguilles prismatiques transparentes ; sans odeur, avec une saveur fraîche, légèrement amère. Elle est très soluble dans lâeau; moins dans lâalcool.
* *
Lâurée est un produit de la nutrition ultime, ainsi que nous lâavons dit; chez le chloro-anémique, elle se forme en petite quantité. Il faut donc un traite-
merit excito-moteur et reconstituant, principalement par les arséniates, les phosphates. (Voir le Manuel de la pharmacie pharmacodynamique.)
6° Matières colorantes, pigment. â Ce sont : Vtirophéine et Vuroxanthine. Cette dernière donne lieu à Vuroglaticine et - à Vurrhodine, sous lâinfluence de lâoxydation, Il y a encore Vuroerythrine, quâon ne rencontre quâen cas de maladie. Viennent ensuite les colorations étrangères à lâurine produites par la bile, le sang, et dont il faut également tenir compte dans la séméiotique.
* *
Liâurophéine est un dérivé de lâhématine. Pour lâobtenir, on évapore au bain-marie un kilogramme dâurine et plus, jusquâÃ
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consistance sirupeuse ; le résidu est délayé dans de lâalcool (qui dissout lâurée et les sels) ; on filtre et on concentre à son tour par évaporation jusquâà consistance sirupeuse, et on laisse reposer dans un endroit frais, afin dâobtenir lâurée et les sels sous forme cristalline. On décante ensuite le liquide restant, et on le traite par lâéther, qui sâempare de lâuroxanthine et de la petite quantité dâacide hippurique qui peut sây trouver. Il ne reste plus alors quâà sécher avec précaution, pour obtenir un résidu formé en grande partie dâurophéine, sous forme dâune substance brune, acide, douée dâun grand pouvoir colorant, se décomposant à lâair en donnant naissance à du carbonate dâammoniaque. On peut admettre que la même opération a lieu dans les fièvres graves ou ataxo-adyna-miques. (Voir le Manuel des/levres.}
Lâhématinurie se rattache à la déglobulisation du sang. Nous voulons parler de lâhématinurie ou mélanturie quâon observe à la suite de fièvres intermittentes de longue durée, accompagnée de tuméfaction chronique de la rate, du foie et des reins, (Voir le Manuel des maladies urinaires.)
*
* *
Les autres produits colorants de lâurine, tels que la créaiine, la xanthine, Vinosité, sont dus à des oxydations incomplètes et aux métamorphoses nutritives régressives. Ainsi lâinosurie est une maladie dâaffaiblissement qui se rapproche beaucoup de lâalbuminurie et de la glycosurie. Pour reconnaître lâinosite dans lâurine, on se sert, comme réactif, du
nitrate dâoxyde de mercure concentré : on évapore lentement dans une capsule. Sâil y a de lâinosite, quelques gouttes suffisent pour obtenir un précipité jaunâtre.
En continuant à chauffer, le précipité devient dâun rose plus ou moins foncé, selon la quantité de matière extractive. On précipite lâinosite par lâacétate de plomb, et on décompose par lâacide sulthydrique le précipité, puis on traite par lâalcool, dans lequel lâinosite est insoluble.
*
* * â¢
La coloration ou pigmentation de lâurine indique lâétat de la combustion organique. Nous ne parlons pas des co-
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lorations dues aux boissons (urina poins), mais de celles, au contraire, quâon observe dans lâabstinence et les états fébriles. La combustion organique est-elle faible, la coloration des urines lâest également (anémie, chloro-anémie, etc.). Dans les maladies fébriles aiguës, câest le contraire (typhus, septicémie, etc.). On comprend dâaprès cela, combien il est important dâagir sur la diurèse : Sedlitz, strychnine, digitaline. (Voir Manuel de la fièvre.}
Urines acides ou alcalines. â Nous devons revenir ici sur ce que nous avons dit dans le Manuel des maladies urinaires. Dans lâétat de santé, les urines sont acides, à cause du phosphate acide de soude ; mais pour peu quâon sâécarte de cet état, il se forme des acides abnormes.
tels que : acides lactique, hippurique, urique, câest donc une question de régime. Avec un régime végétal les urines sont alcalines, à cause des bicarbonates terreux, du bicarbonate de chaux surtout; avec un régime animal, les urines sont acides. On voit par là quâil nâest pas indifférent de prescrire aux malades tel Ou tel régime : dans les affections chloro-à némiques, le régime doit être animal ; dans les affections inflammatoires, il sera, au contraire, végétal. Lâhomme étant omnivore, il lui faut un régime mixte; ainsi nos premiers parents étaient à la fois frugivores et carnivores, ils vivaient de racines, de fruits sauvages et du produit de leurs chasses.
Lâurine saine est neutre, ou du moins très peu acide ; elle devient alcaline par
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le dédoublement de lâurée en carbonate dâammoniaque. De là la nécessité de ne pas laisser trop longtemps lâurine séjourner dans la vessie.
Quand les urines sont alcalines au moment de leur émission ou peu de temps après, câest un état grave (ou auto-empoisonnement). Dans le rhumatisme articulaire aigu, les urines sontfor-tement acides, le suc des muscles lâest également ; de là lâimportance du traitement alcalin. (Voir Manuels des diathèses, de la goutte et du rhumatisme.)
* * *
Parmi les acides abnormes de lâurine^ il faut comprendre lâacide oxalique, qui donne lieu aux calculs durs ou muraux.
(Voir le Manuel des maladies urinaires.) On a prétendu que les fruits acides produisent cet état dâoxalurie ; ce sont, au contraire, les substances sucrées qui, par le fait dâune combustion incomplète, donnent lieu à une formation dâacide oxalique.
Les maladies fébriles aiguës ou les exacerbations des maladies chroniques (phtisies, consomptions) influent sur la formation des dépôts dâacide urique. Lâaspect de ce sédiment est fort variable : couleur brique, cannelle, rose, etc. Ce sont ces dépôts qui forment la gravelle et plus tard les calculs dâacide urique. Câest pour nâavoir pas surveillé notre santé que nous avons été atteint de calculs de ce genre, dont nous avons été heureusement débarrassé par notre col-
lègue et ami M, le professeur F, Guyon. Depuis lors, nous observons un régime neutre et nous nous en trouvons bien.
Chlorures. â Le chlorure de sodium, est un des facteurs de la santé. (Voir notre ouvrage sur lâemploi du sel.) Aussi est-il dâune grande importance dans les pyrexies et les inflammations. Dans toutes ces affections, le chlore tend à disparaître des urines : pneumonie, pleurésie, rhumatisme aigu. etc. Dans le typhus, la disparition du chlore dans les urines est subordonnée aux excrétions intestinales : quand il reparaît, câest un signe de convalescence. Dans les affections leucocythémiques, lâabsence de chlore dans les urines est un signe néfaste.
Les déductions quâon peut tirer de ces faits, câest quâà lâhomme malade, comme à lâhomme en santé, il faut du sel commun dans ses aliments et ses boissons â et nullement un régime fadé â comme cela se fait généralement. Quand la médecine deviendra-t-elle rationnelle, au lieu dâêtre esclave des préjugés populaires?
*
Pour constater la présence du chlore dans les urines, on se sert dâune solution de nitrate dâargent : quelques gouttes versées dans le liquide y forment un précipité blanc, compact, pesant, gagnant bientôt le fond du vase, en laissant à la surface une pellicule
IV*
â So â blanchâtre, qui finit elle-même par gagner le fond.
* *
Phosphates. â Il sâagit de constater les conditions des phosphates dans les urines. Et tout dâabord il faut établir la différence entre les phosphates alcalins : de potasse, de soude, et des phosphates terreux : de chaux, de magnésie ; de même que parmi les phosphates calciques il faut distinguer ceux qui sont acides et ceux qui sont basiques ou alcalins. On comprend que la présence de ces derniers dans les urines se rattache à un manque de nutrition des os (ostéomalacie ou rachitisme).
*
* *
Il nây a que les phosphates alcalins qui sont éliminés par les urines, en tant
que métamorphose régressive. Leur quantité, dans les vingt-quatre heures, peut être évaluée à 3-4 grammes. Dans les maladies aiguës, la diminution des phosphates alcalins coïncide toujours avec la période dâaggravation (dans la pneumonie par exemple). La réapparition des phosphates est un signe précurseur dâune heureuse terminaison.
Pour déterminer la présence des phosphates alcalins dans les urines, il faut ajouter au liquide quelques gouttes dâammoniaque : le trouble ou effervescence, est dâautant plus instantané que la quantité de phosphates alcalins est plus grande.
* *
Le phosphate basique de chaux est
tenu en suspension dans lâurine par lâacide carbonique. Le moyen de le découvrir consiste donc dans lâébullition. Pour distinguer le magma de lâalbumine, il suffit de verser dans la solution quelques gouttes dâacide acétique.
* Me *
Lâutilité dans les eaux artificielles de lâacide carbonique est au moins douteuse : si, par leur fervescence, elles facilitent la digestion, lâacide carbonique les rend débilitantes, surtout pouiquot; les personnes faibles. (Voir le Manuel des dyspepsies.}
*
Quand les éléments des phosphates terreux manquent dans lâéconomie, il faut les y introduire : câest pourquoi lâacide phosphorique est indiqué avec les éléments terreux : chaux, soude. Mais il
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faut, en même temps, donner ce que nous nommons le coup de fouet. Chez les enfants rachitiques, comme chez les femmes épuisées par une lactation trop prolongée, lâhypophosphite de strychnine et lâeau de chaux sont indiqués.
* ¥
Le sel de strychnine se décompose dans lâéconomie, et lâacide phosphorique combiné à la chaux, produit un phosphate de chaux soluble utile à la nutrition. La nécessité de lâacide phosphorique résulte encore de la rapidité avec laquelle les éléments phosphorés sont éliminés avec les urines. Dans un grand nombre dâaffections du système nerveux, lâélimination des sels calcaires dépasse la proportion physiologique. Il en est de même dansles affections de consomption.
Pour évaluer avec une précision approximative la quantité dâéléments terreux dansles urines, il faut laisser déposer le précipité au fond du verre, et y ajouter une ou deux gouttes dâammoniaque, afin de provoquer artificiellement la précipitation des phosphates. En effet, les phosphates terreux sont tenus en dissolution par les acides libres et les sels acides contenues dans le liquide. On explique ainsi la formation des calculs.
Il peut se faire que la précipitation des phosphates terreux se produise spontanément à la suite du passage dans les urines de sels alcalins de potasse et de soude, ou de fortes proportions de car-
bonates alcalins; ou bien encore à la suite du dédoublement de lâurée.
* â¦
Les phosphates terreux abondent dans lâurine des rhumatisés. Câest Bouillaud qui, le premier, attira lâattention des praticiens sur la coïncidence fréquente de lâendocardite, de la péricardite et du rhumatisme aigu. Si dans le cours de ce dernier une péricardite se déclare, les phosphates terreux diminuent dans lâurine, tandis quây apparaît de lâalbumine. Rien de semblable ne sâobserve dans lâendocardite. Quand la péricardite est en voie de résolution, lâexcès de phosphate terreux que caractérise le rhumatisme reparaît dans les urines.
Dans les affections chroniques en gé-
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néral, mais particulièrement dans celles des reins, de la moelle épinière et dans les névroses, la quantité des phosphates terreux descend au-dessous de la moyenne physiologique. Le phosphate basique de chaux (phosphate des os) est dissous dans lâurine par lâacide carbonique; il se précipite spontanément quand il y existe en trop grande proportion. Câest ce qui existe dans beaucoup de névroses et de névralgies, dans la méningite, la carie des os ou le rachitisme, lâostéomalacie. De là lâimportance de la médication par les phosphites et les phosphates, ainsi que nous en avons déjà fait la remarque.
*
* «
Matières médicamenteuses. â Le passage des matières médicamenteuses dans les urines est plus ou moins rapide
dâaprès leur solubilité ou leur volatilité. On sait avec quelle instantanéité â pourrait-on dire â lâhuile essentielle de térébenthine sây manifeste par une odeur prononcée de violette,
*
* *
Viennent ensuite les io dures (potassium), les cyanures (ferro-cyanure de potasse). Sur un individu qui avait une ectopie vésicale, on a remarqué que, huit minutes après son ingestion, lâiodure de potassium, à la dose de i gramme dans 5o grammes dâeau, apparaissait déjà dans lâurine.
* *
Lâiodure de potassium passe inaltéré dans les urines. Lâiode sây retrouve à lâétat dâiodure de potassium ou de soude.
Lâiodure de potassium active lâélimination du mercure dont lâéconomie a été saturée. Câest là -dessus quâest basé le traitement iodé dans les accidents tertiaires, qui ne sont souvent que du mercurialisme. Câest ainsi quâon voit les ulcérations, les engorgements glandulaires, les gommes des os et du périoste disparaître après lâexpulsion totale du mercure par un traitement iodé.
*
Les iodures de mercure {proto, deuto) doivent donc être préférés dans le traitement de la syphilis, comme présentant les conditions de solubilité voulues. Dans le traitement mercuriel, le mercure ne sort de lâorganisme quâen partie ; il en
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résulte quâau terme de la cure il reste le quart environ du mercure introduit; on cite même des exemples de fortes quantités de mercure métallique dans le squelette de syphilisés. Schneider a trouvé du mercure deux ans après la cessation du traitement mercuriel, dans lâurine de deux individus qui avaient été atteints dâhydrargirose.
Les autres préparations métalliques : arsenic, cuivre, plomb, etc., restent également dans lâéconomie, nâétant éliminés quâen partie par les urines, et exigent un traitement par lâiodure de potassium, qui rend urophanes beaucoup de métaux qui ne le seraient pas sans cela.
â 6o â
Il nâen est pas des alcaloïdes végétaux, comme des métalloïdes : câest-à -dire quâils nâapparaissent point dans lâurine, à moins dâavoir été ingérés à dose toxique. A la suite dâun grave empoisonnement par la morphine. Shearman retrouva dans lâurine une grande quantité de cet alcaloïde, Il en est de même pour la nicotine; avec la plupart des autres alcaloïdes ou plutôt glycosides, on nâen retrouve que de faibles traces, même après un usage prolongé. Si on retrouve la quinine, câest par suite des doses massives auxquelles on emploie cet alcaloïde. La strychnine se décompose presque en totalité dans lâéconomie. Dâoù il résulte que les alcaloïdes, réputés violents poisons, nâen sont pas en réalité et, en tout
cas, beaucoup moins que les plantes vireuses en substance. Ainsi viennent à tomber tous les reproches fait à la dosimétrie : dâagir par des poisons.
III
ASSOLEMENT ORGANIQUE.
Lâétude des engrais agricoles a fait un immense progrès depuis les travaux de Liebig. Ce chimiste a démontré, quâoutre lâoxygène, lâhydrogène, le carbone, lâazote, qui composent â en proportions diversesâles engrais des plantes, celles-ci exigent pour se développer une quantité déterminéeyde sels terreux. Il a aussi prouvé quâen introduisant dans les engrais des matières minérales, cjui manquent dans certaines terres, on active lâassimilation âdâautres éléments.
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*
* *
Les principes minéraux de la cendre des plantes étaient regardés, avant les travaux du chimiste allemand, plutôt comme empruntés au sol que comme des principes constituants, et on leur donnait peu dâimportance dans les analyses.
Les principes minéraux qui se trouvent dans les végétaux â bien que nâen constituant en poids quâune très faible quantité â ont été reconnus comme indispensables à leur développement.
* * *
Ces principes ne font pas seulement partie des matériaux inorganiques qui
composent les plantes ; leur présence utilise encore tous les composés dâorigine organique mis à leur disposition; de même que leur absence rend inutiles les matériaux au milieu desquels les végétaux finiraient par périr.
On connaît les services que lâacide phosphorique des phosphates rend à la culture des céréales : la récolte du froment ou du maïs est triplée et même quadruplée, lorsque le sol a reçu un engrais de ces sels. La vigne prospère au point de devenir inattaquable par lâoïdium, quand on la soufre et quâon emploie à lâengraisser du fumier contenant des sels de potasse et de chaux. La silice favorise la végétation des graminées. Le plâtre active puissamment la produc-
V
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tion des herbes potagères et surtout du trèfle.
Des expériences répétées avec des engrais chimiques ont fait voir que dans du sable calciné, auquel on ajoute des substances minérales contenues dans la cendre des végétaux, et des matières azotées sous forme de sels ammoniacaux ou de nitrates, la végétation sâopère aussi vigoureusement que dans la terre la plus fertile. Ce résultat a lieu même quand on néglige lâhydrogène, lâoxygène et le carbone, qui concourent à la formation des plantes.
Il a été constaté également, pour lâemploi de lâengrais complet de ville dont les bases sont lâacide phosphorique, la
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potasse, la chaux et lâazote, que ces éléments doivent être employés tous ensemble, et que lâabsence dâun seul dâentre eux paralyse lâaction de tous les autres. Les plantes, en effet, ont des besoins complexes et variés, aux différentes époques de leur vie.
Ce principe physiologique dont lâapplication a déjà donné de si beaux résultats à lâagriculture peut être appliqué également à la nutrition des animaux. Il peut nous frayer une voie nouvelle et plus sûre pour activer et améliorer le processus trophique dans lâorganisme humain, pour assurer le développement corporel des enfants et des jeunes gens, pour conserver une santé florissante aux adultes et pour obvier à certaines indis-
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positions qui prennent exclusivement naissance dans un défaut partiel de nutrition dâun organe quelconque.
De même, on a reconnu lâutilité des préparations ferrugineuses dans lâanémie ; des phosphates et des sels calcaires dans lâostéomalacie et le rachitisme, pour accélérer lâinduration du cal cartilagineux dans les fractures des os, et pour crétifier le ramollissement caséeux des poumons chez les tuberculeux ; de même, ne pourrait-on pas rechercher quelle est la masse des combinaisons minérales propres à favoriser la nutrition générale du corps humain, à en corriger le défaut ou même à la développer et à lâactiver quand elle est normale.
Dans le milieu organique liquide constitué par le sang, où se développe comme un animal aquatique â pour me servir dâune phrase de Claude Bernard â la famille des éléments histologiques qui forment lâanimal terrestre, ne pourrait-on pas introduire, outre les composés hydro-carbonés et azotés fournis par lâalimentation, une quantité plus ou moins forte de ces composés minéraux que les aliments â surtout après leur préparation culinaire â ne contiennent pas toujours? En effet, ce milieu liquide interne (la partie liquide du sang) nâest pas suffisamment pourvu â dans notre régime habituel â de ces principes minéraux qui activent la nutrition des tissus et des organes, et qui se trouvent précisément dans la cendre de ces organes et de ces tissus ; en les
introduisant artificiellement dans lâéconomie on sâassurerait un moyen certain (?) dâutiliser le reste des aliments hydro-carbonés et azotés ; dâempêcher ou de réparer les pertes qui sâeffectuent continuellement par le fait des excrétions dépuratives et excré'mentitielles.
» *
Du moment où lâon connaît les principes minéraux dont lâanalyse a révélé lâexistence chez lâhomme, il est évident quâun mélange de ceux-ci, représentant dans de justes proportions tous les principes fournis par lâincinération du cadavre dâun homme adulte et bien constitué, pourrait donner une poudre nutritive ou trophique, non moins utile que celles que fournissent aux plantes les engrais les plus précieux. Ce mélange pourrait sâappeler dâune manière concise.
poudre zootrophique, pour la distinguer des poudres phytotrophiques, qui servent dâengrais aux végétaux. (Voir plus loin.)
De mème que la dose dâoxygène dont notre corps a besoin, nous est fournie par lâair inspiré; lâhydrogène, le carbone et lâazote, par nos boissons et nos aliments, de même, la partie minérale destinée à compléter la nutrition sera indiquée par lâanalyse des cendres des divers organes du corps humain. Voyons quels sont ces composants et comment est démontrée leur influence spéciale sur le processus plastique.
Nous savons, jusquâà ce jour : 1° que le cerveau et les nerfs contiennent du phos-
phore à lâétat dâacide phospho-glycérique ; ou bien en combinaison quaternaire albuminoïde ; ou bien encore à lâétat de phosphates alcalins et terreux; 2° que dans la graisse cérébrale on trouve du soufre, de la potasse, du fer et des traces de manganèse ; 3° que les os et les dents contiennent du phosphate de chaux, du carbonate de chaux et des traces de fluorure de calcium ; 4° que le sang contient des phosphates et des chlorures en abondance, du soufre sous divers états, du fer et du manganèse, de la potasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie à lâétat de sels ; 5° que dans les parties molles on trouve â en plus ou moins grande quantité â les composés minéraux du sang; 6° que dans le poils et les ongles il y a aussi de la silice.
Quant aux phosphates, on sait quâil existe une solidarité étroite entre ces sels et les matières albuminoïdes. Lâexistence dans une plante, dâune de ces substances implique la présence dâune quantité proportionnelle de lâautre. Le phosphate qui entre dans la composition des végétaux ne fait pas partie de leur squelette ; il accompagne, au contraire, la matière azotée, dont lâexistence est indépendante anatomiquement de celle des tissus. (Dusart.)
La quantité de phosphate de chaux contenue dans les êtres vivants, est toujours proportionnelle à leur activité, à leur température, à leur développement. Un animal soumis à lâinanition minérale,
perd rapidement lâappétit, diminue de poids, et on constate chez lui une consommation autochtone de phosphate telle, que la plus grande partie du squelette disparaît dans lâespace de quelques mois.
*
* *
Les carnivores mangent la chair de leur proie avec les os. La viande qui a cédé au bouillon la moitié de ses sels minéraux, a naturellement moins de valeur nutritive que la viande rôtie. La salaison de la viande lui fait perdre aussi une certaine quantité de ses sels minéraux, et i5 p. c. de sucs nutritifs. La viande de porc fraîche et rôtie est plus nourrissante que le jambon. Les marins obligés dans les voyages de long cours de faire usage presque exclusif de salaisons, 'sont fréquemment atteints de scor-
but. On combat cette affection par lâacide phosphorique qui reproduit les phosphates des viandes douces. Le jus de limon doit son action bienfaisante au même acide (i).
* *
Benecke a confirmé lâimportance des phosphates dans la nutrition. Le phosphate de soude, dâaprès ses expériences, est indispensable à la formation des cellules tant végétales quâanimales, et partant chez lâhomme. La graisse ou lâalbumine ne sauraient y suffire. Quand on constate un défaut de processus des cellules (câest-à -dire un dépérissemènt ou marasme), on peut soupçonner un manque de phosphate de chaux; et ce
(i) Quatre litres et demi de jus de citron ont donné 5 1/2 grammes dâacide phosphorique anhydre ou 25 gram, de phosphate de soude. (Galloway.)
â 76 â soupçon est confirmé par lâobservation, car dans les cas de lâespèce, lâadministration de phosphate de chaux comme remède, active énergiquement le travail de la nutrition cellulaire.
Jusquâici il a été question de combinaisons phosphoriques ; quant aux bases alcalines et terreuses, voici le résultat obtenu par lâanalyse. En comparant les chiffres dâun grand nombre dâexamens de lait de femme et de lait de vache employés à lâallaitement dâenfants, avec le développement relatif de ceux-ci, apprécié chaque jour par kilogramme, on peut en conclure que lâaccroissement le plus fort de lâenfant coïncide, en général, avec la prédominance des bases alcalines et terreuses, et surtout des alcalins. Les éléments minéraux ne peu-
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vent subir un abaissement notable dans leurs proportions, sans que la santé nâen soit troublée. :îî
Dans les aliments dits complets, tels que Åufs, lait, viande, céréales, les principes azotés et hydro-carbonés, malgré des variantes considérables, suffisent, en général, à maintenir la vie. Lâélément alcalin est celui qui exerce la plus grande influence sur le développement de lâanimal dans la première période de sa vie.
Parmi les substances minérales, le sel commun ou chlorure de sodium, est indispensable à la nutrition : en nourrissant des animaux avec de la caséine, tantôt avec de lâeau pure, tantôt avec de lâeau
salée, ceux privés de sel avaient des déjections plus riches en phosphates, contrairement aux seconds. Le chlorure de sodium facilite donc lâassimilation des phosphates calcaires dans lâorganisme.
Les mêmes circonstances ont lieu dans les fractures, selon que le sang est riche ou manque dâéléments phosphatés. Chez les scorbutiques, le cal ne se consolide pas. Il ne sâagit pas dâune opération chimique, mais dâun travail organique ou vital; de là la nécessité de combiner .
les phosphates phosphite de).
la strychnine (hypo-
belge qui a étudié lâac-
Un chimiste
tion du chlorure de sodium, a constaté
que sans ce sel dans le plasma du sang, la fibrine, lâalbumine, la musculine, rostéine,se solidifieraient et les globules se dissoudraient. Les globules sanguins se décomposent dans une solution dâalbumine pure, tandis que lâeau albumineuse, contenant i/ioo« seulement de sel de cuisine, conserve parfaitement les globules, sans quâils sâaltèrent.
* *
Quand on supprime de la nourriture dâun individu, le chlorure de sodium, il devient pâle, chlorotique, Ådémateux; son appétit disparaît, la sécrétion de la salive et du suc gastrique diminue. Câest ce qui arrivait autrefois aux malheureux prisonniers condamnés au pain et à , lâeau sans sel. (Voir notre ouvrage : Amélioration de l'espèce humaine par le régime salin.}
Il est donc hors de doute que lâacide phosphorique, le chlore, la potasse, la soude, la chaux, etc., ne servent pas seulement à fournir des éléments de consolidation aux tissus squeletteux et à remplacer ainsi les sels alcalins et terreux qui se perdent avec les urines et les sécrétions intestinales, mais quâils servent principalement au travail dâassimilation dans la formation des parties solides de lâéconomie.
⦠* *
Nous avons parlé, plus haut, dâune poudre zootrophique ; pour quâune pareille poudre puisse être utile, il faudrait connaître lâexacte composition de la cendre produite par la combustion complète du
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corps dâun homme adulte mort en état de santé parfaite. Feu le professeur Giovanni Polli, qui sâest appliqué à la solution de ce problème et qui a été un des promoteurs de lâincinération des cadavres, en Italie, a fourni à cet écard les données suivantes :
* *
Et tout dâabord le phosphore : en partie à lâétat de phosphates de chaux et de soude; une partie à lâétat dâhypophosphite. Une portion du phosphore arrive ainsi dans lâéconomie sans être tout à fait oxydé ; il concourt à lâexcitation et à la nutrition de la pulpe nerveuse et subit des combinaisons avec les matériaux azotés ou albuminoïdes. On connaît les célèbres préparations de Churchill, au sirop dâhypophosphite de chaux et de soude. Lâhuile de foie de
morue agit de même par son acide phos-pho-glycérique,
* * *
Pour le même motif, une partie de soufre pourra être administrée à lâétat dâacide hyposulfureux ; comâniné aussi à la magnésie avec laquelle il forme du sel soluble et parfaitement supporté. De là , les bons effets de lâemploi journalier du Sedlitz Chanteaud.
Le chlore sera donné sous forme de chlorure de sodium, sel type dâun composé minéral indispensable à la nutrition normale de lâhomme et des animaux domestiques (voir Statique animale de J. Barrai); le calcium sous forme de phosphate et carbonate de chaux ; le fer
et le manganèse à lâétat dâhydrate de peroxyde ; le silicium (en très petite quantité) à lâétat de silicate de potasse.
Dâaprès ces données, voici l a formule de la poudre zootrophique du professeur de Milan.
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Hypophosphite de chaux . , . |
. 10 parties. |
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Phosphate de chaux tribasique . |
. nbsp;nbsp;10 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» |
|
Phosphate de soude..... |
. 15 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» |
|
Carbonate de chaux ..... |
10 nbsp;nbsp;nbsp;» |
|
Hyposulfite de magnésie . . . |
. 15 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» |
|
Chlorure de sodium.....' |
lO nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» |
|
Bicarbonate de potasse .... |
15 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» |
|
Oxyde ferrique...... |
. nbsp;nbsp;10 nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;nbsp;» (1) |
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Oxyde manganique..... |
2,5 » |
|
Silicate potassique..... |
2,5 » |
(i) La dose dâoxyde ferrique, qui pourrait paraître exagérée, doit être assez forte pour quâune partie puisse être dissoute et portée dans la circulation. Les sels de fer so-
Le professeur G. Polli, avant de proposer aux médecins sa poudre zootrophique (dont les composants sont, du reste, parfaitement inoffensifs), a voulu faire quelques essais sur lui-même et ses enfants, dans le but de déterminer pratiquement la dose à laquelle elle agit, et jusquâà quel point on peut la supporter. La dose variant de 1/2 à i gramme pour chaque repas, est parfaitement supportée par un enfant de cinq ans. Il a commencé, pour lui-même, par i gramme au déjeuner, 2 grammes au dîner; puis lubies (sulfate, acétate, lactate) ne peuvent être administrés sans provoquer des nausées et des vomissements. On perd de plus une bonne partie de lâoxyde ferreux parles garderobes, comme le démontre la coloration verdâtre des selles, dues au sulfure de fer.
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2 grammes au déjeuner et 2 grammes au dîner. Il a renouvelé cette dose pendant trois jours de suite, sans ressentir le moindre malaise à lâestomac ou dâembarras dans les fonctions alvines. La dose ordinaire serait donc de 3 grammes par jour pour les enfants ; de 5 à 6 gram, pour les adultes â sauf les modifications exigées par les cas spéciaux.
La saveur de cette poudre est légèrement amère et salée ; le palais le sent à peine, si on a la précaution de bien la mêler à lâaliment, de lâavaler de suite, et de prendre trois ou quatre cuillerées de potage pour rincer tout à fait la bouche. Les personnes difficiles pourront lâenvelopper dans du pain azyme, et puis une gorgée dâeau par-dessus.
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Ce mélange de substances presque toutes inaltérables à lâair et qui peuvent se trouver associées sans subir de doubles décompositions pourraient aussi sâadministrer en tablettes, mais toujours avant ou après le repas (i).
Les indications de la poudre minérale
(i) II existe beaucoup de préparations analogues à la poudre zootrophique, telles que : Vostéine ou bouillie de phosphate de chaux d'albumine, du docteur Mouriès, pour enfants cachectiques, surtout à lâépoque de la dentition, et pour les nourrices fatiguées par une lactation prolongée ; le lacto-phosphate de chaux, du docteur Dusart, dans un grand nombre de maladies dâenfants dues au défaut de nutrition, ainsi que dans le croup et la diphthérie ; le phosphate de chaux ferrique ou albumine du docteur Pavesi, etc.
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trophique sont nombreuses ; nous nous bornerons aux principales :
1° Aux enfants qui souffrent de la dentition, dans un sirop quelconque, ou par lâintermédiaire de la nourrice, en majorant convenablement la dose;
2° Aux enfants atteints dâostéomalacie, de rachitisme, de scrofulose, de chlorose ou aglobulie. Cette indication a été confirmée par les études intéressantes du docteur Valsuani, sur les cachexies puerpérales. {Mémoires de l'Institut lombard, vol, XI, 3® partie.) Elle est également appuyée sur les observations des docteurs Ducrossie et Follin, sur la formation des ostéophytes ; et par lâabsence ou la diminution des phosphates dans lâurine et dans les selles pendant les premiers mois de la grossesse; par les expériences de Boussingault, qui ont servi à démontrer que la vache pleine, fixe dans son organisme plus du double
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de phosphate de chaux des aliments que ne le fait le veau ; et enfin par lâimpossibilité ou la difficulté dâobtenir la solidification du cal dans les fractures des os chez les femmes enceintes (Virey) ;
3° Aux femmes atteintes de cachexie puerpérale et aux femmes enceintes chlore-anémiques ;
4° Aux fracturés, pour accélérer la consolidation du cal ;
50 Aux individus affaiblis par des suppurations ou atteints dâinfection purulente, et surtout aux tuberculeux qui ont des cavernes dans les poumons. Cette indication est aussi confirmée par lâutilité des os calcinés, de lâeau de chaux, recommandés par des praticiens tels que Quarin, Barlet, Meyer, Beddoèse, Herzog, etc., et par lâefficacité du savo-jecoro-calcaire (huile de foie de morue et chlorure de calcium, constatée chez de centaines de phtisiques par le doc-
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teur VandcnCorput. {jfotirnal de/)harmacie de Bruxelles.) Il en est de même de la poudre do Boyer, dont la composition tend au même but. {Annales de chimie lt;nbsp;applic.).
6° Aux anémiés par pertes de sang, ou par aglobulie ;
7° Aux convalescents qui relèvent dâune longue maladie et qui ont dû observer une diète sévère et qui ne peuvent supporter une alimentation réconfortante;
8â A tous ceux qui, quoique en état de santé, ont besoin de renforcer leurs fonctions nutritives, sans augmenter leur régime habituel. * *
Nous terminerons par cette seule remarque : que les granules dosimétriques dâhypophosphite de chaux et de soude,
â 90 â
ainsique ceux dâhypophosphite de strychnine et de brucine, répondent à ces diverses indications et sont dâun emploi plus commode, en même temps quâils agissent sur le principe vital. Il ne faut pas confondre le travail de lâassimilation des plantes avec celui des animaux. Chez les premiers, un engrais suffit, puisque câest une sorte de transition entre le règne minéral et le règne végétal. Il nâen est pas de même chez les animaux et partant chez lâhomme, où le travail organique est primé par le travail vital, sans lequel il nây a pas dâassimilation possible.
CONCLUSIONS.
Lâétude à laquelle nous venons de nous livrer, fait voir que lâurologie doit être la contre-épreuve de la nutrition dans lâétat de santé comme dans lâétat de maladie, sans cela on marche à lâaveugle, câest-à -dire dans lâornière de lâempirisme, Lâexamen chimique des urines est donc le complément de la clinique, en même temps que la dosimétrie en est la pierre de touche.
Dâaprès les urines, on peut juger de ce qui se passe dans lâintérieur de lâorganisme. Il est vrai que la dosimétrie, par la jugulation des maladies aiguës, a for-
tement restreint le champ de la pathologie; mais toutes ces maladies ne peuvent être également arrêtées dans leur cours, et alors surviennent les modifications du travail organique qui nous mettent sur la voie du traitement à instituer.
* *
Lâurologie est donc une science exacte appliquée à lâhomme malade, et quâon ne néglige jamais impunément. Nos anciens le savaient, mais ils se trouvaient réduits à lâinspection, qui cependant leur donnait des indications utiles.
Aujourdâhui, nous sommes plus avancés, grâce aux progrès de la chimiatrie. Dans les pyrexies et les inflammations, nous ne comptons plus par septénaires
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ou périodes, mais par les changements survenus clans les humeurs, sans que cet humorisme ait rien enlevé à la science de ses droits; mais, au contraire, il les a accentués en les fondant sur des données positives. Nous savons aujourdâhui quelles déductions il faut tirer de la présence ou de lâabsence de tels ou tels principes récrémentitiels dans lâurine, parce que les mêmes changements existent dans le sang: par exemple, lâabsence ou la présence des chlorures et des phosphates.
TABLE ANALYTIQUE
Préface
Fuges v-vin
I
CONSIDERATIONS GENERALES.
Uroscopie. â Les uroscopes et les uromanes. â La Femme hydropique, de Gérard Dow. â Les reins sont des filtres vivants du corps. â Les urines reflétant lâétat de santé...........Pages i-5
II
CARACTÃRES PATH0L0GIQ.UES DES URINES.
a) Coloration. â Fièvres graves. â Etat nerveux. â Ãtats diathésiques. â è) Densité. â Albumine. ââ Sucre. â Chyle-lymphe. â Matières grasses. â Matières extractives.â Urée.â Pigments.â Urophéine.â
â 96 â
Uroxanthine. â Hématinurie. â Créaline. â Xanthine. â Urines acides et alcalines. â Chlorures. â Phosphates. â Matières médicamenteuses ; cyanures,
iodures, bromures.........
Pages 7-61
III
ASS0LE.MENTS ORGANtQUES.
Principes animaux, végétaux et principes minéraux. â Rôle de l'acide phosphorique. â Composition et reconstitution du sang. ââ Importance des phosphites et des phosphates. â Rôle du chlorure de sodium (sel commun). â Poudre zootrophique du docteur Giovanni Polli (de Milan). â Composition de cette poudre, ses usages hygiéniques et thérapeutiques. â Conclusions.
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HYGIÃNE THÃRAPEUTIQUE
A lâusage DOMESTIQUE
SEDLITZ CHANTEAUD. â Sel rafraîchissant et tonique, ne déterminant aucune irritation des voies digestives, et le dissipant quand existe un dérangement intestinal. Câest le Sel de ganté par excellence. Aussi son usage sâest-il généralement répandu et a coupé court aux prétendues pilules de santé, dont les drastiques font la base. La vulgarisation de ce Sel est doric un véritable service rendu au public. Pour lâusage habituel, on en fait dissoudre une cuillerée à café dans un verre dâeau, quâon prend le matin en se levant.
Le Sel Chanteaud se trouve aujourdâhui dans toutes les pharmacies achalandées.
Pour les granules dosimétriques, il faut la prescription du médecin. On aura soin de vérifier si ce sont des granules véritables portant la marque de la maison Chanteaud et la signature de lâauteur de la méthode.
Pour tous les renseignements concernant sa méthode, sâadresser au docteur Burggraeve, à Gand, rue des Baguettes, 5o.