AVERTISSEMENT.
„Se vend au profit do Bétheiquot;.
Qu'est-co que Béthei ?
Voiei.
Bóthel est a Groningue. Groningue est une ville qui grandit. mais dont lo nomhre de pasteurs n'augmente pas. II en résulte que Groningue pos-sède un grand quartier exeentrique, comptant plus cinq mille habitants, oü il ne se faisait aucune oeuvre pastorale. Bethel est le centre d'une mission intérieure fondée dans ce grand quartier par M. le pasteur Daübanton , pour y répandre la vie de I'intelligence, du weur, de la conscience. Les deputes wallons ont passé une soiree dans l'école de Bethel, ils out parlé aux instituteurs, aux parents et aux enfants, ont entendu les chants de ceux-ci, et n'ont eu qu'une voix pour dire: „Voila une oeuvre éminemment chrétienne, philanthropique et civilisa-trice. II faut la soutenirquot;.
C'est pour cela que je vends ce petit livre beaucoup plus cher qu'il ne m'a coüté a imprimer.
^/tèies et i3agt;ms toa/Kons /
Ce petit livre vous est offert pour tant et de si bonnes raisons que je ne puis pas vous les exposer a fond. 11 faudrait un gros livre.
Une de ces raisons est que de bons Wallons, geus de tête et de emir, de différentes tendances, rn'ont encourage' a vous faire lire le discours que fai prononcé le 19 Juin a la Reunion de Groningue. Si je vous disais les mms de ces conseillers, vous leur trouveriez du poids.
Ce qiiils avangaient a aussi du poids.
Par exemple, Us me faisaient rernarquer que les Reunions annuelles des deputes des Eglises wallonnes ont une grande importance pour ces Eglises, et que ce qui s'y fait ne regarde pas seulement les deputes, mais avec eux quiconque est ivdllon. Cest oral, et l'on n'y pense pas assez.
Sans doute, il serait absurde de demander aux membres de nos Eglises de s''informer de tons les détails administratifs qui se traitent dans les Réu-
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nions; main n'ont-ils pas a savoir quel esprit y règne, comment on s'y efforce de maintenir solide le lien qui unit entre elles nos Eg Uses, et quelle impulsion on y donne.a leur (joucernement? Pent-oil, sans cela, être bon Wallon ?
Hé las ! Vintérêt accordé i/cnéralement a nos assem-hle'es annuelles se trouve encore en dessous du médiocre. On sait a peine que ces Reunions existent; on ignore a quoi elles servent; on ne se doute pas que Von puisse s'en préoccuper.
Ainsi, elles s'ouvrent toujours le jeitdi matin a 10 heures par un culte oh tons sont invités. Qui vient a ce culte, outre les députés? 11 in'est arrivé d'tj voir trois personnes, cinq personnes; quand il y en a dix, on commence a être émerveillé. Est-ce ainsi qu'une Eg Use wallonne doit recevoir les députés des Eglises sceurs? Avec moi, vous dites non; car, fen suis convaiticu, c'est par ignorance que vous avez péché, et a Vavenir, tour a tour d'aunée en année, on verra VEi/Use qui a Vhonneur de recevoir la Réunion être elle-même présente dans son prop re temple pour le culte d'oucerture.
N'ojfrez pas seulement a vos frères wallons quatre murs, des chaises, une chain; et un orgue; il leur fa ut at is si Ventrée de vos coeurs.
Nos Réunions annuelles n'ont pas du tout seulement une importance administrative. Elles out une ntilitc
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Men plus grande encore, de Vordre spirituel; c'est de cuUiver et de développer l'esprit wallon.
Je le reconnais, il pourrait exister nn mauvais esprit wallon, un esprit wallon sectaire, mesquin esprit de coterie. Dieu mas en garde! Et plutót dbolir nos c hè res et bonnes Reunions, que de leur laisser ciiltiver cet esprit-la !
Cest d'un autre esprit wallon que s'est inspire le discours que je mets sous cos tjeux.
Vous ignorez peut-être qu\m antique usage cent que le modérateur de la Reunion prononce un discours sur un sujet de son choix avant d'inviier VassembUe a commencer son travail. Celui que contienf ce petit livre doit V existence a cet usage, et F on a pensé que je ferais hien de vous en donner connaissance.
Lisez et jugez.
.Ven maintiens la forme primitive, C'est celle d'une allocution adressée, non pas a tons les membres de nos Eg Uses, mats specia lement a leurs deputes. Je desire ainsi vous transporter en pense'e au milieu des freres qui se trouvaient ensemble a Groningue le W Juin dernier, dans une salie modeste, ma is aima-blement décorée pour les recevoir. Je desire vous faire pour ainsi dire respirer quelques instants I'atmos-phère d'une Reunion wallonne.
Ceci seul déja est pratiquement utile. Mais il ij a plus. J'ai fait dans ce discours, a mes collègues, une proposition, inapplicable certainement, sous cette forme, a mes lecteurs actuels; toutefois les motifs
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dont elle est appuyée sont du domaine de tous et doivent produire des effets pratiques, sous des formes varices, partout oh se fait sentir l'esprit ivallon.
J'espère, cher lecteur, que tu seras curieux de savoir quel accueil mes collègues out fait a ma proposition. Je te le dirai; mais, je Ven prie, commence par lire mon discours.
SXoOO-M/tO.
Messieurs !
II y a quelque vingt-ciuq ans j'ai eu l'honneur d'être depute a Bale, a I'assemblee générale de la Société des protestants disséminés, par la section de Morat, dout j'étais membre. II s'agissait d'une affaire vitale, d'une cause trés importante a défendre, et la section de Morat ne pouvait pas mieux choisir son député, si elle voulait être certaine d'envoyer quelqu'un de décidé a livrer bataille, brülant de zèle pour la cause en jeu, tout ame, tout coour, sur, a défaut de talent, d'avoir 1'éloquence des convictions ardentes et des volontés énergiques.
Ah! Messieurs, la belle bataille! Elle a été chaude. Dans les rangs oü je servais, il y a eu des instants d'augoisse ; la victoire n'était rien moius que certaine. Mais nous ne songions pas a reculer; nous tenions ferme notre étendard; et il a vaincu. C'est un des plus beaux jours de ma vie. Vous auriez dü être la; vous ne diriez plus que les discussions ne servent a rien.
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Do quoi il s'agissait? Vous me connaissez bien mal si vous ne l'avez pas au moins en partie deviné. Au milieu de ce monde protestant deeliire en factious hostiies, parfois haineuses, toujours paralysantes I'uue pour 1'autre, j'ai eu la grande joie de eontribuer a eonserver uu enclos réservé, oü la collaboration chrétienne, par conséquent féconde, avait jusque la trouvé uu abri. Un moastre hideux s'avangait menagunt pour y assoir son tróne detestable, en effacer la sublime devise, fraternité et harmonie, et tout fiétrir, tout faner, tout corrompre, en empoison-nant l'atmosphère de eet asyle sacré de son haleino pestilentielle. Ce moustre n'a point de nom dans le doux idiome do la France; 1'enfer eu le vomissant 1'a paré de titres respectables, mais usurpés, le faisant passer pour le zèle, pour 1'amour de la vérité, pour la foi; son vrai nom ne peut se prononcer que dans cette rude.langue qui supporte tout; ce moustro repoussant s'appelle en réalité odium
theologicum.
Nous ravens terrassé a Bale; 1'oeuvre des protestants disséminés — la même que poursuivent en Allemagne et ici les sociétés de Gustave-Adolphe — est restée impénétrable a ses assauts. Vetde retro Satanas! Et eufiu, d'uu commun accord, ceux qui, éblouis par ses sortileges, avaient été sur le point de l'admettre, et ses adversaires de la première beure, ont lavé, savonué, désiufecté, les éclaboussures de sa bave qui témoignaient encore de la lutte.
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Qui ne songe en veillant; il n'est l ion de si doux,
s'écrie le roi des fabulistes. Moi aussi j'ai fait bieu des rcves eveillos; je me suis racme parfois aecorde uuo toute puissance magique; je transformais alors le monde.
Naturellement j'allais au plus prossé. Oü done? A Vadium theologicmi, Messieurs. Je n'ai jamais pu construire mie utopie — utopie bienfaisante, eela va sans dire; je n'en fabrique pas d'autres — je n'ai jamais opéré en imagination la guérison d'aucune plaie que ee soit de cette pauvre humanité, sans rencontrer le monstre en travers de mon chemiu, et bon gré, malgré, j'en suis toujours revenu ïi débuter par „ecrasez 1'infamequot;. Comme je le hais! Comme cette haine a grandi dans mon ame depuis bientót quarante ans que j'ai commence de distinguer les vrais traits de l'Antéclirist! Comme je voudrais la distiller dans les coeurs, bruiante, apre, intransigeante, virulente, cette sainte et bonne liaiue. Telle que s'allume rindignation de 1'heureux fiance a la moindre tache que la méchanceté ou l'hypocrisie inenacent do faire rejaillir sur la blanche tuuique do son élue, telle devrait se redresser la jalousie du chrótien pour si pen qu'il pressente comme simplement possible l'atteinte en apparence la plus légere au trésor de son ame, a la radieuse charité. Les amours profonds engendrent les haines vigoureuses. Aimer Dieu, c'est haïr le diable. Uodium theologicum est Ie diable.
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Le hait-on assez au sein des Eglises wallonnes? Y aime-t-on assez le bon Dieu?
Nos Eglises ont une bien noble mission, dout elles out possédé Tinstinct' dès le début, et dont il leur faut actuellement prendre pleinement conscience, sous peine de déchéance et de mort. Entendez la voix d'outretombe du venerable Mounier, que nous apporte le dernier fascicule du Bulletin de notre histoire '), en reproduisant ce discours d'ouverture de la Eéunion de 1863, qui fut si remarqué et si digne de l'être. II nous dit: „On a quelquefois accuse les synodes „wallons de 1'époque qui a suivi le refuge de s'être „montrés intolérants et persécuteurs. Cette accusation
„est sans fondement.....lis avaient en aversion
„les proces dogmatiques, couvaincus qu'ils ne pro-„fitaient ni a la vérité, ni a la piétéquot;. Et tous vous avez lu avec un intérpt palpitant le passage tóut entier d'oü je transcris 'ces paroles aussi vraies que frappantes. Vous avez constate avec joie que nos prédécesseurs, durant une période da tempêtes théolo-giques, incapables eux-mémes — ils n'étaient pas surhumains — de rompre en principe avec les pré-jugés ecclésiastiques d'oü naissent les procés de doctrine, avaient néaumoins ces procés en aversion, lis les avaient dans une sainte aversion; car co n'était pas par indifféreutisme, ce n'était pas par ce lache amour d'une paix factice et fallacieuse qui couvre
') Tome quatrième, 3e livraison.
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hypocritemeiit les plaies qu'il est impuissant a guérir; non, c'était, Mounier ne so borne pas a le dire, il le prouve, c'était par un zèle sincere pour les plus grands des biens, la vérite et la piété, sans les-quelles il_n'y a pas de charité.
Oui, les anciens synodes wallons ont été inconséquents; ils ont cherché des compromis; ils ont atermoyé, traiué en longueur, souvent sans conclure ; ils n'aimaient pas trancher les questions pendantes et tachaient de gagner du temps, espérant, comma on dit en hollandais, qu'elles s'éteindraient en per-dant leur sang. Je les aime pour cette faiblesse, les anciens synodes wallons. Elle témoigne d'une grande fermeté dans le désir de ne condamner personne; nos prédécesseurs ont eu la chrétienne perspicacité de croire qu'un homme zélé pour le règne de Dieu était toujours un auxiliaire précieux au sein de nos Eglises, et qu'il fallait tacher de l'y conserver, même lorsque dans sa predication ou ses écrits on croyait découvrir des idees hasardées, ou comme on disait alors, blamables.
L'esprit walton existait; Vesprit walton que notre frère Faure a dépeint a la Néerlande dans ces articles, réunis aussi en brochure, que vous avez lus ou que vous vous êtes fait traduire avec reconnaissance. 1?esprit walton, c'est le sentiment de notre solidarité a nous tous, membres et conducteurs de nos Eglises, dans la haute mission qui leur incombe de chercher 1'union dans I'amour de Dieu et de sa
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sainte volonté, et de faire voir au monde que cette union est réelle, puissante et féconde. AussiFaure, qui a 1'esprit wallon, qui 1'admire et qui le prêche, prêche-t-il la haine de Vodium theologicum qui en est 1'ennemi mortel, de même que nos pères, guides par l'instiuct wallon, 1'avaieut déja en grande rnéfiance.
Cultivons done 1'esprit wallon. Ne négligeons rien de ce qui peut nous y aider, surtout pas nos Eeu-nions annuelles, plus importantes encore par leur utilité morale quo par les intéréts administratifs, considerables pourtant, qui leur sont confiés. Elles ont beaucoup fait déja pour maintenir et développer l'esprit wallon. Efforgons-nous de leur faire produire davautage encore dans cette direction.
Je ne dirais pas cela, si je ne croyais pas con-naitre un moyen de parveuir a ce but élevé. Je sais que d'autres avant moi y ont pensé sérieuse-ment; j'en ai déja parlé a la Réunion de Maestricht; maintenant je veux revenir a la charge, dans la ferme conviction qui Pon fera bien d'accorder a la chose plus d'attention que cela n'a eu lieu jusqu'ici.
Une grande faiblesse des Wallons provient de Tabsenee presque compléte de contact religieux entre les groupes constitués parmi eux, comme ailleurs, par les divergences de vues. Nous ne nous connais-sons pas les uns les autres pour pen que nous appar-tenions a deux groupes différents, et nous ne faisons rien pour apprendre a nous connaitre. C'est un grand
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mal. Je puis vous assurer, et chacun d'entre vous peut sans aueun doute faire une confession semblable, que je eonnais personnellement maints Wallons que j'estime, avec lesquels j'ai de nombreux points de sympathie, mais dont la religion m'est un livre ferme. En qualité de Wallons, sauf les liens adminis-tratifs, uous ne sommes absolument rien les uns pour les autres. Eh bien! je le répète, c'est un grand mal. Tont homme vraiment sérieux a des points de contact avec tout autre homme vraiment sérieux, et l'esprit wallon exige do nous que nous fassions tons nos efforts pour découvrir ces points de contact et les amener en pleine lumièro.
Pourquoi ne le fait-on pas? C'est la faute du monstre. Ce menteur, qui a inveuté l'inquisition ot qui a mis la decomposition dans le monde protestant, a jeté un épais voile de préjugés sur tout ce que possèdent en commun les chrétiens, dès que leurs habitudes de pensee et de langage different; il a eu l'audace d'appeler infidélité toute généreuse tentative de soulever ce voile; il est ainsi parvenu a nous rendre indifférents les uns aux autres. Enne-mis ou séparés, voila son abominable devise; et comme les temps actuels ne sont pas favorables aux procés de doctrine , c'est pour le moment la seconde alternative qu'il a fait prévaloir.
Mort done au monstre, et vive le raprochement dans le respect de la liberté individuelle! Nous avons a nous mieux connaitre, hommes de la droite
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et de la gauche, et quand nous y ferons nos efforts, nous serons recompenses par d'agréables surprises; nous trouverons des jardins verdoyants Ik oü notre imagination n'avait placé que d'arides deserts; nous découvrirons que s'il y a beaucoup de dons, il n'y a qu'un esprit de Dieu, et nous verrous ce bon esprit a l'couvre la oü nous ne le soupgonnions pas.
C'est le principal. Mais il y a une autre cbose encore qui, pour être secondaire, n'en est pas moins trés importante. Hommes de la droite et hommes de la gauche — avec ceux du juste milieu, s'il existe reellemtjnt un juste milieu — nous avons énor-mément a apprendre les uns des autres par rapport a la doctrine, aux vues religieuses, aux conceptions au moyen desquelles notre intelligence tache de se rendre compte de la vie religieuse. Le moment est passé oü nous pouvions encore nous figurer que la vérité était toute d'un cóté et 1'orreur toute de 1'autre. On ne peut plus persévérer dans cette aberration — encore un mensonge du monstre; pour cela le monde des idéés religieuses s'est trop modifié durant les cinquantes dernières années, même dans les cercles les plus conservateurs. La vraie orthodoxie est morte. Le nom même est en train de disparaitre.
C'est ici, Messieurs, que je me suis proposé de vous prendre en flagrant délit de jugement téméraire. Vous vous êtes demandé pourquoi j'ai commencé ce discours par le congrès de Bale, qui vous semblait
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étranger a mon sujet, et vous m'avez accuse de m'être simplement laissé entrainer au plaisir que les veterans eprouvent a raconter leurs campagnes. Certes, j'aime a me reporter a ce Waterloo; mais j'avais una bonne raison pour en parler devant vous. C'est que c'est a Bale que, pour la première fois, je me suis apergu que ceux que, jusqu'alors, on avait appelés les orthodoxes, étaient en quête d'une autre denomination. Je n'y ai pas entendu parler d'orthodoxes et de libéraux, mais de positifs et de négatifs. Naturellement je n'ai pas manque de protester, avec une vivacité dont sans doute vous me croyez capable, contre des termes aussi absolument inexacts. Nous autres soit-disant négatifs niions sans doute nombre de choses, mais c'était afin de pou-voir en affimer énergiquement tout autant; et les soit-disant positifs niaient a tour de bras nombre d'abjets d'une importance capitale a nos yeux. Du reste, quand je me vis traiter de négatif, je déclarai éprouver une grande consolation a me trouver dans la société des premiers chrétiens, traités de négatifs par les autorités romaines, dans celle des réformateurs , égalemant calomniés par les catholiques, par dessus tout dans celle du mattre vénéré, de Jésüs, livré aux Remains paree que les Juifs le croyaient ennemi de la religion. Mais, je vous l'avouerai, tout en protestant, je me réjouissais au fond du coeur. Ces braves gens, pensais-je, ont cboisi un titre auquel ils n'ont aucun droit; leur affirmation
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ne vaut rien, mais leur negation a uu grand prix; ils ue veulent plus s'appeler orthodoxes. Bravo!
Qu'ils avaient raison, et avec combien de raisou 1'abandon du terme d'orthodoxe, si recherché encore du temps de Vinet, a fait des progrès éton-nants chez les protestants de langue frangaise; on dit maintenant „positifquot;, a la manière des Suisses allemands, et surtout „évangéliquequot;. Je n'insisterai pas sur ce que ce dernier titre est aussi bien une usurpation que 1'autre '). Ce qui importe, c'est de constater qua cette recherche d'apellations nouvelles vient de ce que Ia vraie orthodoxie se meurt.
Faut-il des preuves? Savez-vous ce qui se passé en Ecosse, chez les presbytériens d'Ecosse, dans la forteresse d'un calvinisme qui, en fait d'intran-sigeance, en aurait remontré a Kuijpek? Uu pro-fesseur Robertson Smith — notez, un professeur, ce qui est plus grave encore que s'il s'agissait d'un pasteur, si 1'on juge d'après les principes que le raonstre a fait prévaloir — le professeur Robertson Smith , accuse a juste titre d'hérésie pour avoir fait a la science critique des concessions entrainant qu'il se trouve des erreurs dans la bible, n'est destitué qu'a une trés faible majorité dans un synode de plus de cinq
') Ceux qui ont entendu ce discours ont bien compi'is que j'appelle usurpation, non pas la volonté d'être évangélique, mais la prétention d'enlever ce titre a d'autres Chretiens.
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cents votants , après une longue et minutieuse enquête et des débats extrêmement prolongés. Enfin, après sa destitution, il se voit soutenu et entouré par une trés nombreuse clientèle, non pas de libres-penseurs, non pas de rationalistes, non pas de gens qui ont rompu avec l'Eglise et la tradition, mais de presbytériens, qui entendent rester presbytériens. Et cette année encore, nouveau proces de doctrine contra un autre professeur, M. Dons, hérétique comme le premier; et cette fois, acquittement, non pas franc et net sans doute, mais en tout cas maintien dans les fonctions.
Si l'on fait ces choses au bois vert, que ne fera-t-on pas au bois sec ? Allez dans les cantons de Vaud, de Neucbatel, de Genève; elle est belle l'orthodoxie qu'on y trouve! Déja le professeur Godet ^ dans son commentaire sur le 4e évangile, publié il y a un quart de siècle, disait a réitérées fois: „On ne trouvera peut-être pas orthodoxe ce que je dis ici; peu m'in-porte; il s'agit d'etre vraiquot;. Et depuis! II y a des années déja que la faculté de l'Eglise libre de Lausaune décernait le grade de licencié a un jeune homme qui, dans sa these, prouvait, par les contradictions contenues dans l'histoire du déluge, que ce récit est tiré de sources diverses. M. le professeur Astié, accuse d'hérésie devant le synode de l'Eglise libre, est maintenu en fonctions par un faux-fuyant, quoi-que sou infidélité a la confession de foi soit patente. L'identification de la bible avec la parole de Dieu
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fait hausser les épaules, j'en suis personnellement témoin, a nombre de persounes marquees bon teint dans les cereles oü la marque est considérée comme nécessaire. Que pensent eeux qu'on appelle evan-géliques de la divinité de Jésus-Christ, du sacrifiee expiatoire, des conditions du salut, de la nature du salut ? Les termes de la langue religieuse ont en grande partie subsisté; mais cherehez ce qu'il y a dessous; vous serez étonnés du vague, de rincohe-rence; vous serez obliges de vous écrier: „Ce n'est plus ga!'' et en même temps vous serez bien embarrasses de dire ce que c'est. On serait effraye si l'on savait combien en réalité de Wallons, pour revenir chez nous, méritent le büeher de Servet.
La vraie orthodoxie est moribonde. II reste des tendances diverses; mais chaque jour qui s'écoule fait mieux sentir le ridicule qu'il y aurait, lorsqu'on éprouve de la sympathie pour une tendance donnée, a prétendre ue rien avoir a appreadre des autres. Je ne dis point cela du tout uniquement, comme je n'estime point impossible que vous le supposiez, a, 1'adresse des personnes qui se rattachent aux tendances conservatrices. II est vrai que 1'application saute aux yeux pour ces dernières, puisque c'est un fait incontestable qu'elles ont énormément em-prunte, méthode et résultats, aux tendances plus progressives, et que par conséquent rien ne prouve qu'elles ne puissent plus exploiter une mine trop riche pour être épuisée par une seule génération. Mais
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j'estirae tout aussi vrai — je pèse mes paroles; je dis tout aussi vrai —.que ceux qui, comme moi, sont du cóté delibérément progressif, ne sauraieut, sans trés grand dommage pour eux-memes et pour la religion, négliger de comprendre a leur propre point de vue les représentants de la tradition conservatrice. Taut que nous no lions rendrous pas compte de ce qui fait persévérer des hommes éclairés et conscientieux dans dos affirmations qui nous sembleut ruinéos de fond en comble par 1'évidence même^ et hésiter devant des résultats qui nous pa-raissent aussi solidomeut acquis quo beaux et rejouis-sants, il y aura uu cóté, et un cóté important, de la vie religieuse qui nous restera obscur. Nous y perdrons de toutes les manières, et 1'une des consequences les moitis graves ne sera pas que nous contiuuerons a méconnaitre nos frères autant pour le moins qu'ils uous mécounaissent.
Nous avons, tons sans exception, a apprendre les uns des autres; le mensonge du monstre commence a être percé a jour; disons hautement que c'est un mensonge, et mettons-nous a I'ceuvre, confiants dans le sérieux, dans 1'amour de la vérité, dans le désir du regno de Dieu, les uns des autres; cherchons les moyens de nous raieux connaltre mutuellement, de mieux pénétrer ce qui fait I'essence de la religion pour chacun d'entre uous, de mieux comprendre quelles sont nos vues, ce qui nous les fait croire vraies et salutaires, et quels sont les motifs de nos doutes.
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Car de la doctrine^ il en faut. Personne ne peut s'en passer. Sans doctrine, pas de religion. II y a lougtemps qu'on 1'a dit, quieonque croit eu Dieu; épouse la doctrine „il y a un Dieu.quot; Le monstre ne ment pas quand il affirme la nécessité de la doctrine et l'importance de la pureté de la doctrine; c'est le grand art du démon, saus lequel il ne pourrait par séduire des millions d'araes pendant do longues suites de siècles, que de prendre de grandes vérités pour point de depart de ses plus astucieuses mystifications. Non seulement il faut de la doctrine, mais encore il la faut aussi vraie que possible; car, sans parler du bien que font les doctrines vraies, les maux que les fausses ont déchainés sur l'humanité sont incalculables; ce sont elles qui ont sacrifie taut de tendres iunocents a Tepouvantable Moloch, ce sont elles qui ont creó les bacchanales, inventé la prostitution religieuse, arraché a la familie, a la société, a la civilisation, a Tosuvre du règne de Dieu, une noble et touchante Elisabeth de Hongrie et tant d'autres parmi les meilleurs des humains; elles sout la mere de tous les fanatismes, païens, maho-métans et Chretiens; elles ont pollué la réforme des abominations de Jean de Leide et de ses acolytes. Que dis-je, Messieurs, le plus grand crime qui ait ete commis ici-bas, ce sont elles qui 1'ont perpétré; c'est une doctrine fausse qui a cloué Jésus au gibet.
Quel interêt immense, pressant, incessant, que celui de la vérité de la doctrine religieuse! Loin de nous
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la vanité, l'esprit de parti, la crainte de se déjuger! La vérité, toujours la verité, rien que Ia vérite. Et puisque l'histoire etale devant nous la longue et tragique preuve que jamais homme n'a possédé toute la veritó, et que les plus infailllbles a leurs propres yeux sent les plus dangereux de tous, cherchons humblement, avec perseverance, a ap-preudre les uns des autres^ pour progresser par le choc des convictions,, prenant soin, pour ceci comme pour tout dans notre vie, de nous tenir con-stamment sous le regard de Dien, afin que sa sainte communion épure uos coours de ce qui n'est pas 1'amour de la vérité.
Voyez l'astuce du monstre. II s'est servi de cette vérité, que nous avons besoin d'une doctrine aussi pure que possible, pour élever une barrière infran-chissable contre les progrès de Ia doctrine. II ne voulait pas de doctrine vraie; mais s'il 1'avait dit, on I'aurait aussitót précipité dans l'enfer qui I'avait vomi. Ce qu'il voulait, c'étaient les persecutions, les haines, les guerres de religion, le sang, I'orgueil, la dureté de coeur, la stagnation de I'intelligence, du sentiment et de Ia consience, tout ce qui fait plaisir au diable. Et il a réussi, tout «implement en fai-sant croire aux hommes que la doctrine vraie, ils la possédaient une fois pour toutes, rédigée , achevée, claire et nette, et eu leur inspirant une grande terreur de la laisser se perdre. C'est le monstre qui a changé le christianisme en catholicisme et qui a
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réussi a faire rester le protestantisme aux trois quarts catholique. II a aiusi détruit la condition indispensable du progrès de la doctrine, la collaboration frauehe , confiante, désintéressée, sans peur, de tous ceux qui aiment la vérité et désirent une doctrine vraie. C'est un tour de passe-passe effroyable qu'a joué aux pauvres humains 1'habileté diabolique.
Qu'en disent les jeunes gens parmi nous ? N'eprou-vent-ils pas le besoin, un grand besoin, de se mettre plus au clair sur la doctrine religieuse, de sortir du vague, de 1'insaisissable, du chaotique dans leqnel ils se débattent et qui les étrangle ? N'est-ce pas pour eux une deception de nous trouver par-qués dans nos coteries, sans contact, sans échange d'idées, de sorte qu'eux, les jeunes, soient privés de ce que reclame l'ótat vacillant oü par la force des choses se trouve leur esprit, c'est-a-dire de pouvoir entendre contradictoirement ce qu'on dit a droite et ce qu'on dit a gauche, avec les motifs a l'appui, les objections et les répliques? Ne voudraient-ils pas poser leurs questions a eux, exposer en toute liberté leurs difficultés, et savoir ce qu'on en dit, de nouveau a droite aussi bien qu'a gauche, a gauche aussi bieu qu'a droite ? Et serait-il mauvais que les membres non théologiens de nos Reunions sussent quelles difficultés encombrent la recherche sérieuse de la vérité ? N'ont-ils pas, eux aussi a s'éclairer, a faire le bilan de leurs véritables possessions spi-rituelles, a apprendre a respecter la piété sous
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d'autres formes que celles auxqaelles ils sont habitues, et a comprendre uu autre langago que leur patois ?
Entrez franchement dans cette voie, celle de I'echange loyal des idees, que ne redoute personne si c'est vraimeut la verite qu'il desire; faites-le eu observant religiousement la condition indispensable de cette entreprise, qui est le respect absolu de la liberté de chacun, permettant de tout dire , supposant derrière chaque affirmation ou negation le sérieux, la volonté d'obóir a Dieu plutót qu'aux hommes, le désir du règne de Dieu; osez enfin faire de propos délibéré servir vos Eéunions a ce but^ organisez, en dehors des séances officielles — c'est parfaitement possible — des conférences fraternelles consacrées a l'examen des points les plus importants de la doctrine religieuse — ne voyez-vous pas tout ce que vous y gagnerez^ et avec vous l'Eglise? C'est alors que nous verrons s'épauouir dans toute sa largeur et sa fécondité le noble esprit wallou; chacun de nous s'apercevra qu'il vaut moins qu'il ne croyait et que les autres valent plus qu'il ne le soupgonnait; uous continuerons a obéir a des tendances diverses^ mais les préjugés que uous avons les uns sur les autres s'évanouiront, uous nous appré-cierons, nous nous aimerons, nous pourrons colla-borer pour mille choses oü rien d'essentiel ne nous separe, mais oü nos préventions uous emprèchent de neus comprendre et de nous expliquer. Ce grand
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interêt, le progrès de la doctrine, profitera; forces de mettre les points sur les i, comme on dit, nous nous rendrons mieux compte du contenu des expressions que nous employons, nous discernerons mieux ce qui est vraiment acquis et ce qui est «haucelant; nos affirmations diminueront peut-être en nombre, mais pour gagner en valeur et nous faire sentir sous les pieds un terrain de plus en plus solide.
Et le souffle de l'esprit wallon passera de nos Reunions sur nos Eglises. Peu a pen ceux qui les composent s'apercevront que l'étroitesse est ennemie de la vraie piété; on osera s'avouer que 1'essentiel est, du moins en partie, ailleurs que la oü on se le figurait; on demandera de la lumière; membres des troupeaux et pasteurs ne joueront plus a cache-cache les uns avec les autres, comme un écrivain trés conservateur constatait il y a une trentaine d'années dans ma patrie que cela a lieu d'une manière lamentablement fréquente, paree que pasteurs et ouailles ont peur les uns des autres.
Messieurs, je m'arrête, quoique il y ait encore énormément a dire. Mais il me semble que ceci suffit, et que tous vous êtes d'accord que l'esprit wallon vous impose le devoir de prendre ma proposition au moins en sérieuse consideration.
L'accneil qui a été fait a ce discours m'a profoii-dément réjoui.
L'idée fondamentale qui Vinspire a été reconnue vraie a Vimanimité, quelques réserves qu'il fut iniman-quable que Von fit au sujet de plus d'un point de détail.
Mêrne le moyen pratique que je proposais afin que nos Reunions servissent a nam mieux faire connaitre religieusement les mis aux au tres a semhlé si acceptable qu'une motion, presque aussitót déposée par MM. Laciie-ret, Eochedieu , De Bylandt , Picakd, Gayte et Van Boneval Faure, a eu pour résultat que la Reunion a invité son bureau a régler a l'avenir l'ordre du jour de telle focon qu'il restat disponible, autant que possible, un temps convenable et suffisant pour les conferences fraternelles.
MM. Lacheret , Eochedieu et Chavannes ont été chargés de préparer ces conférences pour l'année 1891.
Et maintenant, frères et sceurs wallons, je me permets de vous répéter que cette affaire vous regarde.
Vous ne vous connaissez pas religieusement les uns les autres. Cela fait que vous vous jugez mal des
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deux cótés. Des deux cótés, vous rnéconnaissez le hien chez ceux qui sont d'une autre tendance que la votre ; vous dénaturez dans votre imagination ce qu'ils pensent et veulent; vous les voyez autres qu'ils ne sout. Je vous Vaffirme ; je le sais ; j'en ai millepreuves. Or c'est tin mal affreux.
Que pouvez-vons faire ?
Les conférences qui auront lieu a I'occasion des Reunions ne seront que pour les deputes, peut-être avec quelques invités. Files ne sent pas pour tons en général.
Mais tons en général peuvent, j'ose dire doivent, faire deux c hoses.
1° amp; próoccuper d'a pp rend re a mieux connattre et a mieux comprendre les personnes qui se rattachent a une autre tendance que celle a laquelle on appartient soi-même, ou croit appartenir. Alors on recherchera les occasions de s'entretenir de choses religieuses avec les gens sérieux de toutes nuances. On fuira les vaines discussions qui n'ont pour hut que de montrer que Von a raison, et que Vinterlocuteur a tort. Au lieu de ces joules s té riles ou malfaisantes, on s'enquerra de ce que pense I'interlocuteur et de ce qui le fait penser ainsi, et on lui dim franchement sa propre pensée et les motifs qu'on a.
2° Si Von veut sérieusement cette premiere honne chose, cela entraine nécessairement la seconde, que void: renoncer une fois pour toutes a Vabominable préjuyé — qui n'en est pas mains un préjugé et pas
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moins abominable pour être vieux de je ne sais com-hien de siècles et répandu sous tantes les latitudes — qu'il serait hon, juste, utile, chrétien de ne prendre part au cnlte que lorsqu'il est présidé par quelqu'un dont la théologie a le honheur de nous agréer.
Eh quoi ! A-t-on oublié ee mot si juste d'un monarque, qui, pour avoir été un tyran, n'en avait pas moins parfois une sureté de jugement merveilleuse, et qui, plagant un certain prédicateur au-dessous d'un autre, disait: „J'ai été content du premier, maïs le second in'a rendu mécontent de moiquot; ? — Quelle funeste erreur que celle de rechercher exclusivement les prédicateurs dont nous sommes contents! Ne voyez-vous pas le danger de cette satisfaction, qui nous fait courir le risque de ne point entendre ce dont mus avons le plus de besoin, ce qui nous reprend ?
Mais il y a plus. Non seulement il fa ut absolu-ment nous habituer a discerner le souffle religieux, è le sentir, a Vapprécier, sous cVautres' formes que celles qui nous sont chères • il nous faut même nous en laisser édijier par la même houche qui exprime, outre les sentiments chrótiens, des opinions auxquelks mus ne pouvons aucunement nous rallier. C'est ce que Von ne cesse de méconnaitre, et cela fait un mal si grand que je ne puis pas essay er de Vexposer ; toute l'hist oir e du christianisme y passer ait.
On ne peut pas entendre tous les prédicateurs, c'est clair. On peut avoir de bons motifs pour en mettre quelques-uns de cóté, je le suis. Mais le motif tiré
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de ce qu'un prédicateur a des opinions que nous riapprouvom pas est mauvais.
11 est vrai qiCil y a des faux prophètes; mais Jésus a dit que c'est a leurs fruits, non pas a leur doctrine, que Von peut les reconnaitre.
LEIDE, 30 Septembre 1890.
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