-ocr page 1-
XT
MICROBES
ET
INOCULATIONS VIRULENTES
par M. LEBLANO
laquo;EJIDBE DE L'AGADfiMIE de medecine
Extraits de la Kmue medicale des 9, 23 fevrier ot Ier mars 1884
. #9632;-. SR
PARIS
IMPRIMP.niE ET LIBRAlRlE CENTRALES DES CIIEMINS DE FEtl 1MPRIMERIE CHAIX
-^ClliTK ANOSV.ME AU CAPITAL DE SIX MILLIONS
V-nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Rue Bei'gero, 20
346laquo;
188i
-ocr page 2-
-ocr page 3-
-ocr page 4-
\
BIBLIOTHEEK UNIVERS1TEIT UTRECHT
2911 762 3
-ocr page 5-
L .'quot;-J
tfCjlt;ffy
MICROBES
ET
INOCULATIONS VIRULENTES
par M. LEBLANO
MEMBRE DE l'aCADÄMIE DE M^DECINE
Extraits de la Revue medicate des 9, 23 fevrier et 1quot; mars 1884
PARIS
1MPRIMERIE ET LIBRAIRIE CENTRALES DES CHEMINSEE FER IMPRIMERIE GHAIX
raquo;OOIBTE ASOKYJIB AU CAPITAL DK SIX MILLIONS
Rue üergere, 20 1884
-ocr page 6-
-ocr page 7-
MIOEOBBS
ET
INOCULATIONS VIRULENTES
II n'est pas donnö k tons les esprits de s'elever ä la hauteur des discussions philosophiques qui ont, pendant le cours de l'an-nee 1883, passionne i'opiiiion publique et rendu si interessantes les stances de TAcaderaie de m^decine. Malgre leur grande portee et quelque eleve que soit le talent des orateurs entendus, la masse des medecins et des vet^rinaires reste partagtie entre deux doctrines oppos^es. U s'agit de savoir, si vraiment loules les maladies contagieuses, qu'on les observe sur I'liomrae ou sur les animaux, sent dues ä des microbes, et si ces microbes ne pr^existent pas chez les Stres vivants. J'emploie le terme microbes, parce qu'il est le plus connu, mais on pourrait lui trouver de nombreux equivalents.
D'aprfes la doctrine pastorienne vuigarisöe et d^fendue avec ardeur par mon maltre et collegue, fll. Henry Bouley, le mi­crobe serait toujours introduit dans ramp;xmomie et l'amp;re vivant ne serait attaint de maladie contagieuse qu'autant qu'il aurait absorb^ ce microbe, aussi variable que la maladie produite par lui.
D'apres les adversaires de cetle meme doctrine, Teconomie creerait sur place les elements de la contagion qu'on d^signe sous des noms divers, microbes, microzymas, etc. G'est ce qu'on appelait autrefois la doctrine de la spontaneity des ma­ladies virulentes, doctrine quej'ai toujours döfendue; on pent changer le nom; la chose n'en existe pas moins. Peu Importe que le microbe soit l'element persistant de. la contagion, si on peut prouver qu'il n'est pas toujours introduit de l'oxierieur
-ocr page 8-
_ 4 —
dans l'economie et si on fait la preuve qu'il est cr^6 de toutes pieces dans le corps de Thomme ou des animaux sous I'in-fluence de conditions bien definies.
Personne ne nie la contagion de certaines maladies, on admet depuis longtemps que le virus de ces maladies, commu­nique ou inocule, donne naissance ä des affections identi-ques; la grande decouverte, sur laquelle se base la nouvelle doctrine de l'attenuation des virus consiste dans la connaissance de ce qui, d'aprfes ses partisans, est I'element unique de la contagion, le microbe; pour eux, aucune maladie contagieuse et virulente ne peut naitre que par l'absorption de cet 616ment unique. Du reste le mode d'absorption varie : tantöt c'est la voie digestive, tantöt la voie respiratoire, tantöt la peau privee d'epiderme, etc., etc. Ce premier point admis et accepte par les partisans de la doctrine nouvelle, ceux-ci sont arrives ä assimiler toutes les maladies contagieuses ä la variole, quoique le microbe de cette maladie se soit jusqu'ä present d6robe ä leurs yeux aussi bien que celui du cowpox, du horsepox et do la clavelee; ils ont pense que puisque la vaccine n'agissait qu'en donnant une variole aniraale attenuee, on pour-rait de meme attenuer les autres virus. On a done cultive les microbes decouverts dans un certain nombre de maladies con-tagieuses, att^nue par divers precedes leurs proprietes et ou a procede ä des inoculations preservatrices. Ici nous entrons dans le domainede la pratique, et, si je reconnais mon incompe­tence au point de vue des doctrines philosophiques, du mo­ment oü il s'agit de juger les effets des inoculations, et des qu'on sort du domaine de l'experimentation pure, je me per-mets de dormer mon opinion.
Praticien avant tout et surtout veterinaire, ayant spöciale-ment etudi6 la police sanitaire, j'ai suivi avec autant d'interet que d'atlention et sans parti pris, les experiences faites sur les animaux; 11 etait juste que la methode d'attönualion du virus iüt d'abord essayee sur eux et par consequent la vetörinaire a servi de champ de bataille aux partisans et aux adversaires de la möthode.
La section vdterinaire de rAcadömie compte ä lafois dans son sein le partisan le plus accentuöde la doctrine pastorienne et un physiologiste eminent qui I'a combattue sans ceder un pouce de terrain, parfois avec succes, mais toujours au point de vne de l'experimentation pure. J'ai le courage, car c'est un vni courage aujourd'hui, de ne pas partager les idees de mon col-
-ocr page 9-
teeue M. Bouley, et de m'en tenir aux doctrines qu'il m'a en-seigntes; sans 6tre aussi absolu que mon autre collogue W. Collin, je pense qu'au point de vue ou je me place, il a raison,
J'aurais pu ccrtainement dövelopper mes idees devant I'Aca-demie; mais la crainte de fatiguer mes collogues dejä öprouv^s par une longue discussion m'a arrete. La presse m'oifre, d'ail-leurs, un champ, moins retentissant que la tribune academique peut-elre, mais non moins honorable, et qui convient de tout point ä mes habitudes de praticien-veterinaire. Pour tout dire, enfin, il m'est particuliferement agreable de m'adresser h des lectcurs qui, jusqu'ä present, ont 6t6 tidelement tenus au courant des peripeties diverses du sujet qui va nous occuper.
Je traiterai tour ä tour la question de l'attenuation des virus et, d'abprd, je persisterai k ne pas accepter I'ostracisme decrete contre Jes faits cliniques mis de cöte et regardes comme sans valeur par les partisans exclusifs de rexperimenlation pure; je mainticndrai aussi la valeur des faits negatits egalement rejetes avec dedain par les admirateurs des seuls faits positit's. Si i'experimentation a de rares merites, auxquels nous rendons hommage, eile a aussi de grands dangers; personne plus qu'elle n'a droit au litre de/ai/acc; du reste, ce u'est pas d'au-jourd'hui, qu'elle I'a merite, mais, dans ces derniers temps, eile y a acquis de nouveaux titres.
J'ai souveiiance qu'au temps oü mon pere, senl ou k peu pres, soutenait contre Renault et contre M. H. Bouley la propriete contagieuse do la morve, de nombreuses experiences furent faites par une commission scientilique composee de savants illustres (il y avail des medecins, des physiologistes et meine des vetiu'iiiaires); jamais on ne put arriver ä donner la morve aux chevaux d'experienccs, meme en les inoculant. Aujourd'hui, il n'y a plus d'autre source de cette maladie que la contagion, el quelle contagion? la contagion ä distance meme est admise : 11 suffit qu'un cheval passe dans la rue k cdl6 d'un autre atteint de cette maladie pour qu'il soil con-sid^re comme contamine, et cependant rexperimenlation, cette raethode proclamee infaillible, avail prononce el eile avail pose ce principe : laquo; La morve n'est pas contagieuse. raquo; Gombien pourrail-on citer d'exemples semblables sans compter les r6-sultats absolument opposes obtenus par des savants rep^tant dans les laboratoires les memes experiences. II faul done avoir un peu plus d'eclectisme et ne pas mettie de cöt6 les faits
-ocr page 10-
cliniques, car c'est en se basant sur eux que moia pere a eu raison centre ceux qui usaient de la pure experimentation.
Peut-on aussi nier la valeur des faits n^gatii's et affirmer qu'un seul fait positif annihile millc fails negatifs? Je prends un exemple :
Dans vingtetables, je fais pratiquer I'lnoculation Willemsienne prescrite par une loi, c'est-ä-dire j'inocule ä rexlremile de la queue le pretendu virus de la peripneumonie; j'obliens, sur les deux tiers des animaux, un gonflement de Torgane et, par suite, on declare que sur cux 1'inoculation a rcussi absolument, de la meme fa?on que, aprcs la vaccination, on croit ä sa r^ussite s'il vient des pustule-. Malgpö tout, dans un espace de trois h qualre mois, la maladie se declare sur ces animaux inocuies avec succes et tout röcemment; je conclus done ä l'inefficacite du procedö, non pas dans un cas, mais dans cent, et on me repond : ce sont des faits ncgatifs; ils n'ont aucune valeur; le seul fait positif consislant i mettre dans une Stable infectee une bete inoculee el ä la voir preservee sufiit pour r^duire h neant vos faits negatifs, quel que soil leur nombre. Je n'accepte pas ce raisonnement, trop avantageux pour les partisans d'une inoculation attenuee ou non, et je n'en tiendrai aucun compte.
Un autre point important k bien etablir est le röle, attribuö par nos honorables adversaires ä la predisposition. Tout d'abord, pour cerlaines maladies contagieuses, ils admettent que la race de Tanimal, son temperament le rendent impropre k contracter ces maladies; ainsi done, tel germe ou tel microbe n'a aucune prise sur les animaux d'une race; il en est de meme si on place ces animaux dans cerlaines conditions hygieniques; il est done inutile de les inoculer el de leur dnnner la maladie attönufe, puisqu'ils se prescrvent lout seuls.
Ainsi, par exemple, le mouton africain serait refractaire au charbon et tout troupeau de b^tes ovines place sur des pres mar^cageux n'aurait aucune chance de le contracter; il est meme reconnu qu'il suffit de faire paitre des moutons char-bonneux sur des pros bumides pour arreter la maladie sans inoculation.
Disons k ce propos que dernierement un des partisans les plus bruyants de la doctrine pastorienne a öprouve un insuccfes bien pdnible. Ayant place sur un terrain contenant des döbris charbonneux (recueillis lors de la plus eclfebre des experiences faites pour prouver la vertu de rinoculation) un certain nombre
-ocr page 11-
- 1 —
de moutons, il a eu la douleur de voir ces animaux atteints de la cacbexie aqueuse, le contraire du charbon, fait nögatif, il est vrai, et, par suite, sans aucune valeur. II faut evidemment tenlr compte de la predisposition, mais n'en pas abuser : per-sonne ne nie qu'une maladie contagieuse fera des ravages plus ou moins grands, suivant qu'elle sera introduite dans un milieu different.
Aycz un cas de morve dans une ecurie, oil les chevaux sont mal nourris, mal soignes et exced^s de travail et vous verrez la maladie se propager et durer des mois; que le meme fait se produise dans un Etablissement oü Phygifene est bonne et le travail modere et vous verrez le mal faire peu de victimes, parfois pas une seule.
Pour les partisans de la doctrine microbienne, le germe ne fructifie que sur un terrain bien prepare et il s'eteint quand 11 trouve un terrain contraire k sa propagation, c'est vrai; mais ce qui ne Test pas, c'est la cause premiere. Dans le premier cas, revolution de la maladie se fait lentement sous l'influence de la misfere pbysiologique; eile delate sans qu'on puisse prouver, ni trouver, malgre des reeberches minu-tieuses, l'origine du mal, cette contagion qu'on invoque sans cesse et qu'on ne peut parfois saisir; celle-ci eclate et eile frappe tous les animaux dejä prepares, voilä oü la contagion a un röle, et des lors un röle pröpondörant. Vous pouvez supprimer les malades, assainir les locaux; malgre tout, la maladie continue ses ravages et eile ne cesse qu'apres avoir fait de nombreuses victimes. Dans ces conditions l'inoculation du virus attenuc ne peut etre que nuisible et l'avenir le prou-vera.
L'un des grands dangers de la doctrine microbienne en ce qui concerne la contagion, c'est la confiance inspiröe aux gens peu instruits, eblouis par le mirage des prodiges an-nonc^s; pour eux la predisposition est lettre morte; c'est une inconnue, dont ils n'ont pas ä tenir compte. On leur dit : inoculez vos animaux et dösormais aucune maladie contagieuse ne les atteindra; dfes lors l'hygiene deviem une fraction n^gligeable. A quoi bon, dit le eultivateur ou l'entre-preneur de transport, depenser de l'argent pour bien nourrir et bien soigner mes animaux ; je n'ai qu'ä les faire inoculer et je pourrai tirer d'eux tout le profit desirable sans döpenser autant qu'autrefois. La police sanitaire devientune gone inutile. A quoi bon isoler les animaux atteints de maladie contagieuse?
-ocr page 12-
— 8 —
les autres sort inocules fit dfes lors la maladie passera ä cote d'eux; tant pis pour les proprietaires, qui ne font pas d'ino-culations preventives. Des lors la propagation ale champ libra malgre loi et reglements regardes comme aussi vexatoires qu'inutiles.
Certes ce n'est pas le but que se proposait I'illustre savant, qui a invente la methodc nouvelle et ni lui, ni ses parti­sans eclair^s ne pouvaiont supposer les conclusions nefastes qu'on tirerait de leurs paroles pleines de toi et de confiance en la vertu des inoculations; le danger n'en existe pas moins et j'ai cru devoir le signaler en me placant ä mon point de vue, cclui du v6tcrinaire sanitaire. Peut-on nier qu'il y ait un grand danger ä laisser dans Toubli les prescriptions de la police sanitaire, quiontdonne si souvent de prerieux resuilats? On n'a qu'ä se souvenir de Textinction du typhus ou peste bo­vine obtenue en France grace ä l'execution stricte des mesures prescrites par la loi; on peut, ä l'epoqne presente, se rendre compte des resultats extraordinaires obtenus en Hollande pour TexUnction de la pöripneumonie, qui decimait la race bovine de ce pays.
Dans le departement de la Seine, l'application de la nou­velle loi, quoique encore imparfaite. a fait diminuer les cas de rage dans l'espfece canine et par suite les cas de conta­gion chez rhomme (pas un cas dans le premier semestre 1883), Vouloir substituer ä l'execution des diverses regies de la police sanitaire la seulc inoculation serait, h mon avis, tenter un essai dangereux et coüteux; nous sommes en train d'en ac-querir Texperience ä propos de la loi sur la p6ripneumonie, qui a decrete l'inoculation obligatoire. Si la situation s'ame-liore, il faut en reporter le merite ä fexecution plus stricte des räglements sanitaires et non ä l'inoculation prescrite par la loi.
Contribuer par des promesses trop affirmatives ä la negligence des regies de l'hygiene n'est pas moins dangereux; car on ne peut nier qu'un certain nombre de maladies contagieuses ne seproduisent que lorsqu'on viele ces regies; nevoyons-nous pas le typhus des armies apparaitre dans les grandes agglomera­tions de soldals astreints aux fatigues de la guerre, insuffi-sarament nourris et entasses dans les casernes ou dans lesho-pitaux? La fievre typhoide ne reconnalt-elle pas les memes causes, agglomeration dans des locaux infects et misfere?
La peste bovine n'eclate-t-eile pas dans les troupeaux surme-
-ocr page 13-
— 9 —
n^s, prives d'eau et mal nourris, ou qui viennent des steppes de i'Asie en Europe, ou bicn encore chez ceux qui suivcnt les armees en campagne ?
-L'origine de cette dernifere maladie uniquement attribute ä la contagion reste encore un mystere; on a beau s'eloigner du cote de 1'Est on ne trouve pas les locality oil eile est perma­nente. Tout portc ä croire qu'elle nait dans les troupeaux en marclie, que la fatigue et la misere ont predisposös au develop-pement spontane de la maladie. Qu'ensuite la contagion propage ces diverses affections, c'est exact; personne ne nie que cette contagion, yariable en intensite, soit la cause la mieux deiinie de la propagation. II est, dans tons les eis, certain que la nalf-sance de ces maladies peut etre predito d'avance, alors qu'on met les animaux de cerlaines races ou les liommes dans des condi­tions k present bien delinles et acceptees par tout 1c mor.do. Dans la chaleur de rimprovisalion j'ai entendu (et je ne suis pas le seul) M. II. Bouley dire que nous portions en nous nos microbes ; tant quo 1'lndividu est dans de bonnes condi­tions Iiygieniques ces microbes ne sont pas dangereux et ils ne le devienncnt qu'en presence de l'afifaiblissement de l'orga-nisme; il reconnait done l'existence de la predisposition et il lui donne une importance capitale. II va aussi au-devant des objections trop fondees resultant des insucecs de la mölhode microbienne dans certains cas; mais il tombe dans la theorie de M. Bechamp, qui, sauf le nom do microzyma remplagant celui de microbe n'a jamais dit autre chose.
II est done peu important que la virulence soit due k un microbe plus ou moins authentique, si ce microbe reste inof-fensif dans tous les cas oü la predisposition manque. L'im-munite est done acquise aux etres vivants tant qu'ils so trouve-ront dans de bonnes conditions Iiygieniques; reste k savoir si l'inoculation du microbe cultive et par suite ayant perdu la faculte de transmettre la maladie avec sa virulence mortelle, donne rimmunite aux etres vivants, qui ne la possedaient pas naturellement. Toute la question se trouve resumee an point de vue pratique dans cette question.
Jusqu'a present les partisans de la nouvelle doctrine ont provisoirement divisc les maladies contagieuses connucs en veterinaire en deux classes: 1deg; maladies microbiennes, dont I'element vivant, le germe, a pu etre determine speciliquement grace k la merveilleuse melliode de sa culture possible dans un milieu intra-organique; 2deg; maladies non microbiennes, dont
-ocr page 14-
— 10 —
j'elöment vivaut n'a pu encore etre dötenuine et ne se moulie
que sous forme de granulations anatomiques non virulentes.
Dans la premiere sont ranges le cholera des poules, le charbon
sous ses deux formes (bacterien et bacleridien), la septicemie,
la rage, la morve, le rouget, la tuberculose.
Dans la seconde on peut placer la peripneumonie du boeuf;
la peste bovine, la clavclee, le hors^pox, Ic cowpox, la
gomme, la dourlnc, la muladie typlioide du cheval,la raaladie
des chiens. Parmi les maladies de la premiere classe il en est une donl
le microbe quoique coiinu n'a encore pu etre cuUivö, la rage. Nous aliens successivement eludier les resultals obtenus en
veterinaire par Tinoculaliou soit des cultures, soit du virus
attenuö ou non attenue.
lrc Classe. ChoUra des poules. — Getto maladie a servi
de point de depart ä la metbode d'attenualion des virus; Tinoculatiou a produit une maladie, dont les sympLoraes et les
lesions ne reproduisent pas exaetement les syiuplömes et les lesions du cholera des poules developpe nalurellemcnt; de plus le microbe a beaueoup d'analogie avec d'autres mici-obes auxquels on ne recounait pas la facultö de produire des mala­dies specinles.
Je n'insisterai pas sur ces points, qui ont dejä ete traites longuement et non moins longuement controverses. Le point important c'est de savoir si I'moculation est devenue pratique el si eile a donne des resultats satisfaisants. Pour ma part je n'ai rien pu observer; mais les renseignements que j'ai pu recucillir, ne sont pas affirmatifs: ou la maladie avait lout tue avant qu'on eut eu le temps de tenter I'inoculaiion, ou celte operation, pratiquöe apres l'invasion du mal, n'a pas eu pour eliet d'en arreler la marche. II est difficile, du reste, d'obtenir des observations precises en cas d'insucces, attendu qu'on craint de les publier soit pour ne pas se nuire dans l'esprit du public, foil pour ne pas mecontenter les tout-puis-sants partisans de la nouvelle methode. Je fais celte reilexion non seulement pour le cholera des poules, mais pour loutes les maladies centre lesquelles on a lente I'inoculaiion du virus altenue.
Charbon hacUridim. — (Sang de rate, fievre charbonneuse.) — Les nouvelles recherches microscopiques appuyees sur les connaissances anciennes fuurnies par la clinique, ont permis de distinguer deux sortes de charbon, le charbon bacleridien
-ocr page 15-
— H —
ou fievre cliarbonneuse ou sang de rate et le charbonbactdrien, charbon symptomatique, cliarbon ä tumeurs. Nous com-mencerons par le premier, qui a ttA le sujet des etudes de 3t. Pasteur; la partie experimeutale de la question a ete I'objet de trop nombreuses discussions et publications pour qu'il y ait lieu d'y revenir quand on s'adrcsse h des medecins et h des v6t6-rinaires. .Nous nc traiterons que les questions pratiques.
Charge par la Soclete centrale de medecine velerinaire de faire avec des collogues des experiences dans le departcment de 1'Oise, j'en ai publiö le compte rendu et j'ai constate l'heureux effet de rinoculation pratiquec avec du virus frais et bien prepare; non seulement riminuiiite a ete acquise par les sujets inocules, mais encore eile persistaitauboutd'une anneeet memedequinze mois. Dans un grand nombre de departeinents et ä l'etranger les resultats constates par divers experimentateurs ont ete aussi favorables; on ne peut done nier que dans le cas de charbon dpizootique la Taccination preventive ne produise de bons ellets, et que la deconverte de M. Pasteur ne soit appelee ä rendre de grands ser­vices dans les pays oüle charbon regne d'une fagon presque per­manente. A cole des succes noinbreuxetinconlesles il y a eu des insucces dedeux sortes dejä signales dansle discoursdeM. Peter et dont la connaisiance luivenaitde vetei-inaires. Dans certains cas, le virus a ete mal atlenue et la vaccination a cause despertes presque egales a celles qu'aurait produitesrepizootie en temps ordinaire; dans d'autres le virus a dto trop attenuö et l'immu-nite n'a pas ete acquise, puisqu'un certain nombre d'animaux sont morts ensuile de la fievre cliarbonneuse; enlin il est arrive que le premier virus ayant ete trop faiblc la seconde inocula­tion a fait perir quelques animaux.
Un certain nombre de fails ont ele publies; beaucoup d'autres sont restes inconnus pour les raisons indiquecs plus haut. II a ete reconnu que pendant une certaine periode le liquide fourni pour rinoculation ä un grand nombre de veterinaires avail perdu les propriötes que possedail le premier virus attenue; on a aussi altribue les insucces ä la maniere döfectueuse dont on pratiquait rinoculation, mais la preuve n'a pas ete faile sur ce point. Par exemple, il est certain que depuis trois ans le pen de duree des chaleurs et la temperature peu elevee des mois de juin, juillet, aoüt et septembre ont diminue dans de grandes proportions les pertes causees par le sang de rate dans les troupeaux non soumis ii la vaccination; ainsi dans les trou-peaux avoisinant celui do Rosieres, ferine oü nous avons fait
-ocr page 16-
— 12 —
nos experiences, la mortality a ete presque nulle, quoiqu'on n'alt pas fait d'inoculation.
La certitude absolue ne sera acquise qu'aprös Töpreuve d'une annde Ires chaude et oü on pourra voir la difference de mortalite existant entre les troupeaux vaccines et ceux qui n'ont pas subi ä l'inoculation preventive; pour Tinstant on ne peut nier que les resultats soient en faveur de rimmunite acquise par la methode pastorienne et tout porte k croire que I'expeiience acquise dans les ann6es cliaudes les confinnera. Si on peut aussi etre certain de la quality du virus obtenu par la culture il ne restera plus aucun objection ä faire et Ton pourra dire que le service rendu par M. Pasteur est immense, düt sa decouverte n'avoir pour unique elfet que de preserver l'agriculture des pertes causees par le sang de rate. On aurait tort de contester l'efllcacitd des inoculations dans ce cas et autant il est juste de rdagir contre des idees theoriquesn'ajant pour base que les succes obtenus ä l'occasion du charbon, autant il faut accepter les fails iburnis par l'experimentation et par la pratique. L'on peut contester I'explication donnee pour le transport des corpuscules germes k la surface du sol grace aux vers de terre; car tile laisse k desirer et on peut trouver bien d'autres causes de propagation de la maladie; il suffit de parcourir les ferraes pour voir le sang, les debris cadaveriques, les peaux provenant des animaux charbonneuxabandonnes dans les champs, dans les cours et dans les etables. La surface du sol d'une feme oü depuis des annees regne le sang de rate est tout entiere infectee, sans compter les murs, le sol des bergeries, etc. Combien de fois n'a-t-on pas vu la maladie eclater sans que le troupeau ait etc meue sur des fosses charbonueuses, et sans qu'on puisse trouver les causes de contagion venant du dehors? Cette question d'etiologie restera longtemps indecise et le principal devoir du velerinaire sanitaire devra consister k faire disparaitre toule trace des debris charbonneux en persuadant aux cullivateurs, qu'ils sont eux-memes en grande partie la cause des pertes causees par le charbon bacteridien.
ßlalgre la loi, ils ne font aucune declaration, sacrifient les animaux malades avant la mort, laissent les chiens trainer les visceres, enfouissent mal les cadavres, gardent les peaux dans leur feme, enfin font ce qu'ils peuvent pour perpetuer les germes charbonneux. En presence de taut de causes nous pen-sons qu'on peut ne pas insister sur le role trop preponderant accorde aux vers de terre et ne lenir compte de cette idee
-ocr page 17-
— 13 —
qu'en prenant la sage mesure de ne pas enfouir les cadavres dans les champs destines k la päture ou k la röcolte des four-rages .
Charbon hacUridien, charhon symptomatique, charbon ä tu-meur.—Le microbe de ce charbon dilFöre de celui du charbon bactöridien de memo que les symptomes de ces maladies con-fondus ä tort sous un meme nom; on observe souvent les deux formes de charbon dans un meme pays. Je n'insisterai pas ici sur les causes, les symptomes et les lesions differentielles, je me bornerai ä indiquer les resultats obtenus par la methode de vaccination preconisee par MM. Arloing, Comevin et Thomas, les deux premiers professeurs i l'Ecole vetörinaire de Lyon, le troisiöme simple praticien. Cette methode consiste dans I'in-jection intra-veineuse du virus att6nue par la culture; on a du renoncer k I'inoculation sous-cutanee, qui donnait des re­sultats presque toujours mortels. Sur le lieu de Tinoculation on voyaitapparaitre une tumeur charbonneuse, qui bientöt gagnait les regions voisines et provoquait la movt du sujet; c'est alors que mes collegues ont eu recours ä rinjectiou du liquide dans la veine. Gelte methode est assez difficile k appliquer, car on doit coucher 1'animal, mettrc la jugulaire k nu, y faire penetrer l'aiguille de la seringue de Pravaz sans qu'une goutte du liquide tombe dans le tissu cellulaire sous-cutane. Les resultats obtenus au point de vue de Timmunite ont ^te favorables et j'ai pu tout recemmcnt avoir connaissance de ceux publics par M. Tho­mas; quoiqu'il reconnaisse que les cas de charbon, soit bac-terien, soit bacteridien, sont devenus plus rares qu'autrefois en raison de l'humidite des dernieres annees, quoiqu'il n'ait pas pratique contre le second la vaccination pastorienne, il affirme que chez les animaux vaccines la perte par le charbon bacte-rien a ete de 1 1/2 pour mille, tandis que chez les autres non ATaccines eile a ete de -14 pour mille.
De concert avec les professeurs de Lyon il a tente de substi-tuer la mdthode hypodermique k la methode intraveineuse. MM. Arloing et Cornevin ont attönuö le virus par la chaleur en revenant k la methode de M. Toussaint perfectionnee par M. Chauveau et en abandonnant le mode des cultures invents par M. Pasteur; en portant le virus ä lOS0 on prepare le liquide pour la premiere vaccination; pour la seconde la tem­perature n'est que de 85. C'est avec ce virus attönue que des inoculations ont etö tenlees k la queue et elles n'ont pas pro-duit d'accidents funestes.
-ocr page 18-
— 1-i —
La question en est lä : on peut rdsumer les rdsultats obte-nus en disant que le procede d'inoculation par injection intra-veineuse est pcu pratique, mais qu'il a donnö des resultats favorables; quant au nouveau mode par inoculation sous-cutanee on en est encore aux (ätonncments. II parait probable que le mode d'attenuation par la chaleur, du ä M. Toussaint et modifie par notre confrere Chauvcau, directeur de 1'Ecole de Lyon, linira par remplacer le procede des cultures s'att6-nuant d'elles-memes ; il semble plus sur et moins sujet k erreur. C'est une question ä etudier et eile est du reste en bonnes mains.
Rage. — Les recberches faites jusqu'ä ce jour n'ont pu faire connaitre le microbe de la rage; cbacun connait les experien­ces faites par 31. Pasteur et ses collaborateurs, lesquelles ont eu pour resultat do demontrer les proprietes contagieuses de certaines parties du sytseme nerveux. Les quelques animaux qui ont survecu ä la trepanation et i l'inoculatlon de la pulpe nerveuse sont, dit-on, refractaires et ont acquis I'inimunite complete. Sans vouloir mettre en doute cette assertion il est permis d'attendre, pour conclure, d'abord que le procede d'ino­culation seit moins dangereux et ensuite qu'on ait une plus grande certitude que l'inoculatlon, devenue sans danger, don-nera I'immunite au sujet inoculö. Nous n'en sommes pas lä encore et nous attendrons avec patience le moment oü Ton pourra inoculer preventivement cette terrible maladie et en preserver ä coup sür b6tes et gens.
Moi-ve et farcin. — Si I'experlence pratique peut etre ac-quise par la clinique et Tobservation, j'ai la pramp;ention d'avoir vu et suivi plus que tout autre veterinaire un grand nombre de solipedes morveux on farcineux; aprfes trente-cinq ans d'exercice ma croyance en la spontaneity de cette maladie n'a fait que s'accentuer. Dans un grand nombre de cas il a 6t6 absolument impossible d'invoquer la contagion comme 6tant l'origine de cette affection, suite de la misfere physiologique et de l'excamp;s de travail.
Comme i'a dit autreibis M. H. Bouley, ä la tribune de l'Academie de medecine, c'est une maladie qu'on peut produire ä volont^ en soumettant les chevaux h un certain regime et la contagion peut n'y avoir aucune part. Si on applique avec s6verite les reglements sanitaires, comme je m'elforce de le faire k Paris, on pourra arriver k diminuer les cas de morve en supprimanl les effets de la contagion;
-ocr page 19-
— lö —
jamais on ne fera disparaitre une maladie, qui nalt dans le corps de ranimal et qui est la suite d'un manque d'öquilibre entre la recette et la depense, tout comme la tuberculose et la pßripneumonie du gros betail. L'element contagieux se erde lui-m6me dans Teconomie et on constate dans la pratique jour-nalifere la verite des theories de MM. Bouchardat et Bechamp. On n'a qu'ä visiter les ^curies des administrations qui suivent une hygifene raisonnee et deraandent un travail raisonnable et Ton sera convaincu que la morve disparait d'elie-meme sans inoculation preventive.
Depuis des annees jamais un cas de morve n'a etamp; constatö dans les ecuries d'administration de chemin de fer, dont les chevaux sont sans cesse sur la voie publique; les chances de contagion ne manquent cependant pas; au contraire on a beau prendre dans d'autres administrations de voitures publiques toutes les precautions imaginables pour dviter cette contagion, unique source, dit-on, de la maladie, les cas n'en sont pas moins persistants et dus en partie ä la spontaneite.
Les termes d'une proposition ainsi posee sont exacts : bonne hygiene et travail modert pas de morve; travail excessifet mau-vaise nourriture, morve persistant en depit de l'abatage et des autres mesures de police sanitaire. Voilä la verity que trente-cinq ans de pratique m'ont demontree eclatante et que rien d'experi-mental ne pourra me faire renier. Peu m'importe que I'agent de la contagion seit un microbe ou un virus manquant de microbe, le fait clinique n'est pas moins reel et il faul n'avoir jamais vu cette maladie de pres pour accepter qu'elle ne se döveloppe que par ie fait d'un contage.
On a dejä decouvert le microbe de la morve il y a quelques annees; mais il paralt que ce microbe etait apocryphe ; on vient d'en trouver un autre ä la fois ä Berlin et k Paris; est-ce le meme ou I'un d'eux est-il peu authentique? C'est une question k döbattre entre les savants frangais et allemands; I'important est qu'on n'a pas encore essaye les inoculations preventives ä l'aide du virus attdnuö. Je doute qu'ou r^ussisse ä donner I'immunite aux chevaux places dans les conditions dejä indiqu^es pour provoquer l'apparition de cette maladie; si on opfere sur les autres le resultat favorable est facile k prevoir puisque sans inoculation preventive on I'ob-tient rien qu'en suivant une bonne hygiene et en evitant la contagion par l'application des mesures ordinaires de police sanitaire.
-ocr page 20-
— lö —
Si on veut tenter l'inoculation sur les sujets dejä malades on sous le coup de l'inoculation on peut etre certain d'un insuccfes complet; et meine on a, pour les derniers, la chance de provoquer plutöt l'apparition des symptomes de Taffeetion farcino-morveuse. C'est un lait dejä observö chez les bovides places sous le coup de la peripneumonie, chez lesquels l'ino­culation caudale active l'apparition de cette maladie; il en sera de memo pour toutes les maladies ayant une longue periode d'incubation. Je doute fort que les directeurs de compagnies soient disposes ä tenter Texperience de l'inoculation preven­tive et qu'ils no pramp;erent k cette pratique celle moins dange-reuse de soumettre leurs chevaux h un regime rationnel tant au point de vue de la nourriture qu'au point de vue du tra­vail. Nous attendrons done avec confiance le resultat des experiences tentees, heureux d'avoir tort si elles reussissent non seulement dans le laboratoire mais encore dans la pratique journaiiere.
Rouget. — Le rouget du pore est une maladie ä marche rapide et dout le microbe a ete recemment decouvert par le regrettö Thuillier. Damp;jä un savant doctcur anglais avait annonce I'avoir trouve ; il parait avoir erre et avoir pris un autre orga-nisme microscopique pour le vrai microbe. Le dernier trouvö a öte cultive et döja des inoculations preventives ont ötö ten-toes; les unes ont et6 suivies de succes, les aulres paraissent avoir eu un resultat moins heureux. On attribue cette difference ä la race des animaux : les pores du Midi auraient un tempe­rament se pretant mieux ä l'inoculation preventive et ils pa­raissent acqucrir une immunite refusee aux pores de la Bre­tagne ou d'autres provinces.
Nous en revenons done k la question de predisposition dejä traitec au debut de ce travail, question qui prime toutes les autres : chaque fois que les experiences donnent un resultat incertain ou negatif eile apparait pour couvrir la retraite. Lorsque les inoculations preventives ont confere I'immunite contre le charbon aux moutons de race fran^aise on 1'a laissee de cote; cependant, au point de vue de l'inoculation, de la marche et de la mortalite, le rouget se rapproche beaucoup du charbon bacteridien (sang de rate); comment expliquer cette discordance dans les motifs invoques tantot pour expliquer la reussite complete, tantot pour pallier un insucces relatif. Evidemment il y a lä un inconnu genant.
Si la doctrine de rimmunitö acquise par l'inoculation du virus
-ocr page 21-
— n —
attenuö peut 6tre appliquöe a des maladies contagieuses, c'est ä celles dont la marche est rapide et oü la mort est la conse­quence presque constante. La rouget du porc et le sang de rate du mouton peuvent leur servir de types; le microbe qu'on trouve facilement dans l'une, plus difficilement dans le premier, a pu etre cultive, on a pu inoculer les cultures sans provoquer d'accidents mortels. On devrait rationnellement obtenir par l'inoculation un resullat analogue et cependant ii n'en esl rien. Teiles sont les reflexions qui viennent ä l'esprit des observa-teurs attcntifs et n'ayant pas de parti pris, et qu'on considere ü tort comme des ennemis du progres. Pour qu'ils soiont convaincus, l'experience de laboratoire leur parait insuffisante, et on leur impute ä crime toute restriction; il taudrait croire sans voir et il est pas mal de partisans de la doctrine micro-bienne qui ont toujours eu cette conliance admirable, mais, en verite, un peu trop cxtra-scientiliquc.
11 taut done attendre que les experiences en cours aient ete plus uombreuses et aient eu pour sujets des animaux de race et de pays dilierents, pour se prononcer sur la valeur du pro-cöde applique ä faire disparaitre le rouget du porc.
Tuberculose. — Cette maladie qui frappo l'espöce humaine encore plus que les diverses especes animales, a 6te l'objet tout recemment de discussions, qui ra'engagent ä la laisser de cote. Si on a trouve un bacille propre ä la tuberculose; si ce bacille forme l'element contagieux de la maladie, choses discutables, on n'a pas encore essaye de preserver les indivi-dus bien portants en leur inoculant la maladie attenuee. Mou but etant d'apprecier les resultats obtenus par l'inoculation, je n'ai done rien h ajouter aux documents nombreux deja connus des medecins et des vetörinaires.
2deg; classe. — Nous arrivons maintenant i l'examen des resul­tats obtenus par l'inoculation appliquee aux maladies conta­gieuses, dont le microbe est encore inconuu.
Peripneumonie contayieuse. — Depuis trente ans l'inoculation preventive est pratiquee en ßelgique dans le but de pr6vcnir la peripneumonie, et depuis trente ans la maladie persiste sans diminuer ni augmenter. De Belgique, la pratique de l'inocu­lation a passe en Hollande, en Allemagne, en Angleterre, en France, etc. ; generalement accept6e comme donnant de bons resultats, eile a cependant trouvö des gens assez osfe pour contester son efficacite et on peut me compter parmi cette mino­rity, qui tend ä devenir en ce moment une majoiitö.
-ocr page 22-
— 18 —
L'inoculation du virus de la peripneumonie ne rentre pas dans le cadre actuel; on prend du serum pulmonaire et on inocule ce serum k la queue de ranimal auquel en veutcontorer I'iinuiu-nit6. Ce lieu d'eleclion est furcö, car tout aulre est dangereux et la mort est presque toujours la suite de rintioduclion du serum dans le tissu sous-cutanö des autres regions. A la queue les tffets do I'moculation soiit moins aigus et on a la ressource, en cas de gangrene, d'amputer cet Organe, dont rutilitc n'est pas absolue. II s'agit done ici d'une inoculation faite avec du virus neu atlenue et dans un lieu special. Lorsque 1'operation est tuite, on voit se produire autour de la piqüre un gonflement; le delai est variable; inais ce qui Test surtout e'est l'intensite du gonllement; tanlot ä peine sensible, tantot apparent, d'autres fois amenant une inflammation suraigue gagnant le coccyx et le train posterieur. Aucune regie n'est possible ä fixer ct dans la merne etable, avec le möme virus, I'etfet varie suivant les animaux; encore lä on peut invoquer la predisposition, quoiquo la race, le climat, I'bygiene soient identiques. II arrive meme que reffet de l'inoculation soit nul et alors on dit que Timmuuite etait acquise naturellement. L'inoculation peut etre preventive c'est-ci-dire pratiquee avant l'apparition de la maladie dans I'etable, ou preservatrice e'est-ä-dire pratiquee apres les premiers cas; les avis varient sur les vertus de ces deux precedes; mais avant de faire connaitre les resultats obtenus par leur emploi, je dois faire observer que jamais les animaux inocules n'ont presenle, ni les symptömes, ni les lesions de la peripneumonie lorsqu'ils out Eiiccoiube aux suites de 1'inoculation, mais uniquement une gangrene de la queue et du train posterieur.
Lorsqu'on inocule soit la variole, soil le cbarbon, soit la rage, soit la peste bovine, soit la morve, sans employer de virus attenuös on reproduit la maladie avec ses symptömes et scs lesions, mais pour la peripneumonie on n'observc rien de semblable, premiere preuve qu'on fait fausse route depuis trente ans.
La deuxieme preuve consiste dans I'absence d'immunite ac­quise constatee chez un grand nombrc d'animaux rcconnus pc-ripneumoniques malgrd qu'on les ait inocules auparavant. Les partisans de la melhode expliquent ces insucces de deux facons : d'abord ils pretendent que l'inoculation a cte mal faite par les Operateurs et que tons les elfets out ete nuls; ensuite ils affirment que rimmunite ne peut etre acquise par un animal
-ocr page 23-
— 19 —
pouvant avoir la maladie ä Total d'incubation. Or, ils ne peuvent indiquer la duröe de cette pt;riode et, en I'etendant indefmi-ment, ils arrivent ä lour conclusion favorite, que la contagion est la seule cause de cette maladie. C'est une erreur et dans nombre d'observations publiees tant en France quk l'ölranger il a ele impossible de prouvor ['action d'un contago quelconque. Grace ä l'appui de l'opinioii publiquc, on a fait voter en France une loi rendant obligaleire, dans les etables, I'inoculatiou de la pöripneumonie; j'ai eu ä l'appliqner et j'affirme qu'on n'a obtenu aucune diminution par le fait de cette mesure coü-tcusc, car on indemnise les proprietaires, lant pour les ani-maux morts des suites de 1'inoculation que pour ceux devenus malades malgni I'inoculalion.
Du reste le congres veterinaire international de Bruxelles, saisi de la question, a juge que rinoculation obligatoire preven­tive ctait dangereuse, finoculalion obligatoire dite profcrvalrice impossible ä imposer ct que seule rinoculation facultative elait admissible.
En France, aujourd'hui, les partisans de la methode Willems commencent ä abandoimer rinoculation obligatoire. teile qu'on la pratique dans des etables deja inl'ectees; ils reconnaissent que ses resultats laissent ä desircr et qu'ils peuvent etre mal interpretös; ils squot;eii tiennent ä rinoculation preventive comme seule eflicace. Voici les resultats obtenus grace ä ce mode de proceder dans les gouvernements de Magdebourg et de Merse-bouig (Prusse).
En iSlQ-ll le nombre des cas etait de. . 496 1877-78 —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;521
1878-79 —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;477
1879-80 —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;946
1880-81nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 799
1881-82nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1.120
1882-83nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1.188
II faut avoir une foi robuste pour croire encore aux effets de rinoculation preventive quand on a sous les yeux une sta-tistiquc aussi probante.
Si nous nous en tenions au resultat experimental, nous pourrions croire aux vertus do I'inoculation ; car, dans quel-ques cas, il suffit de faire une inoculation ä la queue pour empecher les inoculations ulterieures faites en un lieu del'cndu d'etre mortelles; c'est en se basant sur ces resultats experi-mentaux que les partisans du docteur Willems, laureat de
-ocr page 24-
— 20 —
l'Academie de mödecine, ont affirm^ que l'inoculation caudale donnait l'immunite. Jusqu'ä nouvel ordre cette opinion est contredite par la pratique et, si la maladie disparait parfois apres rinoculation, c'est un cas fortuit. Dans le plus grand nombre des cas, eile persiste et eile s'eteint apres avoir fait sa moisson de victimes, moisson variable suivant la predisposition. En 1883, j'ai altendu, avant d'inoculer les animaux, au nombre de 301 conlenus dans vingt-trois etables infectees, qu'un second cas de maladie se produisit, et j'ai altendu en vain. Si on avail inocule, on eut crie au miracle et l'immunite aürait ele proelämee acquise ä ces 301 vaches, que je me suis borne ä sequestrer. Voilä comment on fait collection de fails favorables ä l'inoculation et comment on noie au milieu d'eux les ob­servations defavorables ä la methode Willemsiemne. Le cadre d'un article ne me permet pas d'insisler sur une question dont I'elude cxigerait un volume : je vou'ais seulement prouver que l'inoculation non altenueo du virus peripneumonique ne confere pas rimmunlle dans le plus grand nombre des cas, et que les resultats fournis par I'experience sont en pleine con­tradiction avec ceux donnes par la pratique. Vouloir toujours conclure, en se basant uniquement sur rexperimentalion, est une faule, et l'avenir le prouvera comme le passe l'a dejä fait maintes fois.
Peste bovine. —Le typhus contagieux ou peste bovine ne s^vit jamais en France; c'est done une maladie dont une sur­veillance active, k la frontiörc, nous doit preserver. A une seule exception pres eile n'a regne dans noire pays qu'k la s-jite de son invasion par les armces elrangeres. Elle se trouve dans des conditions idenliques a celle du cholera asiatique : tant qu'ou executera les mesures de police sanitaire on s'en preservera, ou bien, des le debut, on arretera scs ravages.
En 1871 etl872 quarantedeparlementsoatete envahis et ce-pendant on a fini par triompher de cello invasion par la stride application des moyens legaux. Dieu merci 1 nous pouvons recourir a l'abatage des suspects et couper le mal en sa racine. Done toute epizootic de typhus devra etrc etouffee des son debut. Si on permet en France l'exportaiion du belail autrichien, les pröcaulions devront redoubler; car la peste bovine, qu'on croit originaire des provinces de la Russie d'Asie, fait de frequenles apparitions en llongrie et en Gallicie.
11 y a dejä longlemps qu'on a essaye, en Russie, de praliquer rino­culation pr6servalrice;maisjusqu'a present les tentatives ont toutes
-ocr page 25-
— 21 -
echoue. Les pertes occasionnees par 1'inoculationdu virusont et6 tellRment grandes qu'on a juge daugereux de continuer les experiences; il est bien entendu qu'on inoculait,conime autre-fois pour la variole, le virus pur.
Depuis la döcouverte de l'attönuation des virus et de leur culture, on n'a pas manque de chercher le microbe et de le döcouvrir; rien encore ne prouve son aulhenticite : en Egypte,oü depuis quelquts annees lo tiers des representantsde l'espece bovine a succornbs par le fait d'une invasion de peste bovine, un jeune veterinaire (ran^ais, JVI. Piot, a tente des essais d'inoculation avec le virus attenuö sur le betail des fermes du khedive. Nous ne cormaissons pas encore les resultats obtenus. Quoi qu'il en soit, ondoit s'elever contre toute tentative d'inoculation preventive dans un pays oü le typhus ne peut naitre spontanöment. Quant ä l'inoculation appliquöe aux animaux d'une ferme ou d'une commune dejä atteinte, eile parait destinee ä un insucces complet, car la ma-ladie se propage avec une teile rapiditö et la force du contage est tellement grande qu'on n'aurait presque jamais le temps de voir les etfets de l'inoculation dite preservatrice. Dans ce cas les partisans de l'inoculation auraient le droit d'expliquer leurs in­succes en affirmant quela maladie etaitdejä ä l'etat d'incubation chez les sujets inocules ;• des lors ils devraient convenir que ce mode de preservation manque son but.
Le seul moyen d'extinction est l'abatage des malades et des suspects,moyen peu medical,mais'sür.C'est celuique laHollande a adopte contre la peripneumonie et qui devrait etre mis en usage surtout en cas d'invasion de peste bovine.
Clavelee. Horsepox. Cowpox. —Qu'il s'agisse de variole ovine, equine ou bovine, les l'aits sont semblables au point de vue de l'inoculation virulente. Completement inof­fensives, la variole Equine (horsepox) et la variole bovine (cowpox), passent souvent inaper^ues; la premiere coincide souvent avec la gourme du cheval et j'aurai occasion d'y re-venir; la seconde, non seulement ne demande pas de moyens pröventifs, mais encore on cherclie ä la produire pour rögenerer le vaccin humain. On n'a done ä s'oecuper que de la variole ovine ou clavelee, maladie grave, souvent mortelle, qui cause aux agriculteurs des pertes considerables.
La loi prescrit, dans certains cas, la clavelisation des Irou-peaux infectes; cette mesure presente des dangers commetoutes celles qui en arrivent ä l'inoculation directe du virus; parfois la clavelisation cause des pertes tellement nombreuses qu'il y
-ocr page 26-
-— 22 —
aurait avontage ä laisscr IVpüootie varioliquesuivre son cours. Naturellemcnt on a du penrer ä attönuer le virus de maniere k conferer Timmunite en diminuant ou meme en faisant dis-paraitre la mortalite; comme jusqu'ä present le microbe de toutes ies varioles s'est derobe aux savantcs recherclies des par­tisans de la nouvelle doctrine, on n'a pu le cultiver.
Un professeur do Toulouse, M. Peuch, a fait de nombreuses experiences pour arriver ä trouver un virus attcnue et il paralt y etre arrive en diluant le virus. Les dilutions ontvarie du 2ome au 50™. Pour la dilution du 20me au 30quot;lorinoculation aete suivie d'une eruption generalisee, qui a suivi une marcbe reguliere; chez les animaux inocules avec du virus dilue au 50me I'eruption a öte secondaire, ou localisee au point inocule; neanmoins, chez tous, rimmunite a ete acquise. Les experiences devront etre continuees mais un point important est dejä acquis; c'est celui-ci : en diluant le virus claveleux on övite les pertcs et on conföre Timmunite. Si en op6ranl sur une vaste echello on voit se confirmer ces deux resultats, on pourra considerer la question comme resolue. Le manuel operatoire est simple et k la portee de tous les praticiens; la preparation du virus attönue est facile et on n'aurapas h craindre ces inegalit^s d'in-tensite, qu'on observe avec la methode des cultures et qui ont produit tantot la mort, tantot I'absence d'immunite.
C'est encore une preuve que la decouverte du microbe dans le liquide virulent n'est pas nccessaire pour qu'on puisse con­ferer I'immunite: la vaccine a preserve de la variole avant la decouverte de {'element vivant et la clavel^e pourra 6tre pro-venue sans qu'on ait pu trouver le microbe de cette maladie, reste aussi peu connu que celui du horsepoxet celui du cowpox.
En combinant I'inoculation suivant le proccde Peuch, avec l'application des reglemenls de police sanitaire, on arrivera k faire disparaitre cette raaladio qui cause de si grandes pertes aux proprietaires de troupeaux, surtout dans le midi de la France.
Gourme. — La gourme est une maladie critique, qu'on ob­serve chez les solipedes arrives ä la pöriode de la seconde dentition et qui a pour principaux symptomes : le jetage avec toux, l'engorgement des ganglions de 1'auge avec forma­tion d'abefes; enfin une tendance k I'apparitionde foyers puru-lents dans tous les ganglions, c'est une veritable pyohemie. Tres contagieuse, la gourme se communique meme aux ani­maux ages mis en contact avec des malades plus jeunes.
-ocr page 27-
— 23 —
Du inonieiit oü eile elaitrangec daus la classedcs maladiescon-lagieuses eile devait avoir son microbe, mais comma jusqu'ä preheat Mamp;nent vivant est reslö inconnu on a clierche le priu-cipe conlagieux. autre part, et un professeur d'AU'ort, M. Trasbot, a cru avoir resolu le probleme: il a affirmö que la gourme et le horsepox etaient une seule et meme maladie. Or j'ai deja dit que la variole equine pouvait apparailre en meme temps que la gourrae. De cette exception on a voulu faire une regle et concluie qu1!! suffisait d'inoculer a un cheval le horsepox pour le preserver de la gourme. Les faits n'ont pas coufnmö le bien fonde de cette opinion acceptcc dejä par mon collegue M. Bouley et indiquee comme une pr^cieuse decouverle dans son remarquable livre sur les maladies contagieuses.
J'ai institue une serie d'experiences qui ont eu pour resul-tat de prouver : 1deg; qu'un cheval ayant eu le horsepox pouvait contracter la gourme ; 2deg; qu'un cheval ayant eu la gourme pouvait etre inocule avec succes du horsepox. Sur trente et un chevaux d'omnibus inocules, neu!quot; ont eu la gourme malgre rinoculalion. En meme temps je faisais surveiller 122 che­vaux aclietes en meme temps que les tronle et un inocules; sur ces 122 chevaux, vingt-quatre seuloment ont 6te atteints de cette maladie.
Done rinoculalion n'a eu aueune sorte d'effet pour preser­ver les inoculös, attendu que la proportion des chevaux at­teints de gourme a ete plus forte chez les animaux inocules que sur ceux qui ne l'avaient pas ete. D'antre part, M. Weber et moi avons constatö la variole equine chez des chevaux que nous avions vus atteints de gourme auparavant,
La question de l'identitö de la gourme et du horsepox est jugee dans le sens nögatif et l'immunilö acquise contre la gourme par rinoculalion du virus variolique peut etre re-gard^e comme un pur produit de l'imagination. C'est ainsi qu'en voulant appliquer ä toutes les maladies contagieuses la theorie de I'inoculation preventive on arrive ä faire fausse route et k s'egarer sous l'empire d'illusions theoriques. II n'est pas non plus exact d'attribuer le döveloppement de la gourme k la seule contagion ; cette maladie se produit spontanement chez les jeunes animaux qui changent de regime et de climat. Les faits abondent ä l'appui de cette opinion, qu'on peut contester, mais qu'on ne peut prouver etre fausse,
-ocr page 28-
__ 24 __
Maladie des chiens. —On designe, sous ce nom, le catarrhe bronchiquedesjounes chiens et on y ajoulc une foule de maladips du jeune äge, telles que le catarrhe intestinal, la keratite ou la conjonctivite, les convulsions, la choree et une affection Eruptive de nature bulleuse, impropreraent connue sous le nom de petite vörole.
Le type de la maladie (distemper) ost done le catarrhe bronchique souvent complique de pneumonic lobulaire; la contagion est indeniable, mais, comme pour la gourme, on a en vain chercliö l'elemont vivant do la bronchite et on s'est rejete sur la maladie eruptive, dont on a fait le phenomene principal et k laquelle on a altribue la propriety contagieuse. De lä ä tenter I'inoculntion preventive du liquide des bulles et ä dire que cette inoculation conförait l'immunitd contre la maladie, il n'y avait qu'un pas. M. Trasbot, dsect;jä createur de l'identite de la gourine et du borsepox, a soutenu l'identilö de la petite veröle du chien et de la maladie. Ce n'ctait du reste qu'une imitation; d^jä on avait pretendu qn'en inoculant le vaccin au jeune chien on le preservait de cette affection proteique ; l'experiencc avait fait justice de cette idee, aussi peu medicalc que pen pratique,et il n'en etait plus ques­tion, lorsque le professeur d'Alfort est venu soutenir une these nouvelle. II n'a pas ete plus heureux que pour la gourme ; il est en effet prouve par la pratique journalifere, et j'ai pendant trente ans snivi des centaines de cliiens jeunes et malades places ä l'höpital, il est prouv^, dis-je, que le catarrhe bron­chique, avec ses complications, pent exister sans qu'on voio aueune eruption se produire; il n'y a done pas concordance absolne entre les symptömes de la maladie et l'eruption bul­leuse. En outre, il cst etabli que les animaux ayant eu le ca­tarrhe peuvent, apres guerison, etre atteints de la maladie de peau et que la rcciproquc est vraie. Entin ancune expörience ne prouve que l'inoculation du liquide des bulles,pas plus que celle du liquide vaccinal, confere I'immunite contre la ma­ladie aux jeunes animaux d'espece canine.
11 faut done, comme pour la gourme, renoncer ä trouver I'ele-ment contagieux dans le liquide renferuie sous I'epidenne et en revenir ä Tancienne doctrine de la contagion par le jela^e, coutagion directe et sans element vivant. On peut se convain-cre,qu'en veterinaire, depuis le coryza jusqu'ä la raorve, depuis la peripneumonie bovine jusqu'au catarrhe bronobique du chien, les maladies se propagent par le jelage et qu'on n'a pu
-ocr page 29-
— 25 —
trouver d'autre cause que le contact direct ou le döveloppe-ment spontane. Les bacilles de la morve et de la tuberculose peuvent exister dans les poumons et dans les ganglions; reste ä prouver qu'ils sont les elements de la contagion d'animal vivanl a animal vivant. 11 faul done attendre et en rester ä l'idee que le jetage seul peut servir de vöhicule et produire cette espfece de contagion.
Dourine. — La dourine, ou maladie Ju coit, se propage uniqueinent par i'accoupleinent; analogue sur ce point k la syphilis eile en dilfere par beaucoup d'autres. Importe en France par des etalons arabes, cette maladie contagieuse regne en Algerie et dans le midi de la France; sa terminaison fatale est la paraplegic. La contagion par le coit cst facile, un etalon sufiit pour infecter trente juments, chiffre moyen des saillies; celles-ci ä leur tour propagent le mal et la maladie inconnue au milieu de ce siecle est maintenanL inscrite dans la loi. Jusqu'ä present le microbe de cette maladie est teslamp; aussi iuconnu que celui de la syphilis. Aucun vet^rinaire marchant dans la voie ouverte par Auzias-Turenue n'a essaye de confercr I'inimunite par i'inoculation du virus : done rien a dire au point de vue qui nous occupe.
Affection ttjphoide. — On peut dire que cette maladie, autre-fois rare et qui mainlenant regne chaque annee, a amp;16 la plus etudiee de toutes les alfections du cheval; sa contagion autre-fois formellement niee parait etablie; cependant on peut affir-mtr que e'est surtout une maladie infectieuse. Ses formes sont variables et comme la fiövre typhoide de l'homme eile a des manifestations intestinales, pectorales et cerebrales. Je n'ai pas ici a en faire l'historique, je me bornerai k dire que, du vivant de l'auimal, le sang no renferme aucun microbe; apres sa inert on en a trouve un se rapprochant de la bacteridie charbouneuse, mais disparaissant rapidement en raison de la prompte alteration du liquide.
Depuis que la nouvelle methode est en faveur je sais que de nombreuses et patientes recherches ont ete faites mais leur resultat n'a pas ete publie, ce qui prouverait qu'il a etd peu favorable: car generalement on fait connaitre hati-vement tout ce qui peut confirmer la theorie microbienne. Bien entendu l'absence de microbe a empeche de tenter au-cune inoculation de virus attenu^, et pour cette maladie, si
-ocr page 30-
commune et si facile ä Studier, nous en restons aux vieilles idtes, c'est-ä-dire qu'on essaie de la guörir et qu'on ^vite la contagion, c'est encore cequi semble le plus sür.
J'ai termine cette revue sommaire des affections contagieu-ses connues par les vöterinaires; aux mödecins de juger si les resultats obtenus sur les animaux peuvent les encourager ä essayer sur rhomme les inoculations preventives.
IIUIquot;. CBNTKALE DES CUEUINS DE IfEK. — IMP. CHAIX. — 20, RtE BBKGERE, PiHIS. — C0Igt;6-^
-ocr page 31-
-ocr page 32-
-ocr page 33-
-ocr page 34-
/( m/sj*
-ocr page 35-