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REGHERGHES
SUR LA NATURE
AFFECTIONS TYPHOlDES
DU GHKVAL
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PiRIS.IMPR1MERIE DE E. DONNAÜD
9, BÜE CASSETTE 9.
^
*
BIBUOTHEEK UNIVERSITEIT UTRECHT
2912 792 9
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REGHERCHES
SÜR LA NATURE
AFFECTIONS TYPHOlDES
DU GHEVAL
HTUDES MICROGRAPHIQUES ET CHIMIQUES
DES ALTERATIONS DU SANG
INJECTION ET CONTAGION - ETIOLOGIE - SEMEIOLOGIE
ET THERAPEUTIQUE
J-B.-V. SALLE
VETERINA1KE EN] er AD 4laquo; RKf. IMENT DT CDlRiSSlEItS
Menibre et I.aurfat de la Socii^tö nationale et centrale de MMecine v^Wrinairc de Paris et de plnsieurs antres Soci^tt^s savantes
.\ V I! C
30 FIGURES INTERCALEES DANS LE TEXTE
df.ssimk^U Avnt? iiATiiniE. rva l'adteto
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Ouvrage CoüRfflrajJ^'u Sd^ö^pale de^Medecine VETERINAIRE,
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E C A S S E T T I- . 1873
9
Tons timiis rHfirvti.
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AVERTISSEMENT DE L'EDITEUR.
Depuis de longues annees, les medecins, les veterinaires et les journaux onl ete occupes par des controverses sans cesse renaissantes au sujet d'une maladie grave et sörieuse, non deflnie, que 1'on designait alors, comme aujourd'hui sous lenom daffections typlmdes du cheval.
La Societe Nationale et Centrale de inedeeine veterinaire de Paris tit appel, des 1836, aux praticiens typkoidistes ou mti-typho'idistes, en mettant au concours la question ck-s affections lyphoides.
M. Salie, auteur de cet ouvrage, a groupe dans une revue bibliographique, impartiale et concise, les opinions des veterinaires ayant repondu ä l'appel de la Societe
a
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II
veterinaire ; et, resumant les discussions qui eurent lieu au sein de cette Societe, 1'auteur nous apprend que la docte Compagaie a lUflniliuement accepti les affections typlmdes du chtvul !
Gelivre est un serieux traite de ces affections ; ie cha-pitie relatif aux alterations du sany est des plus remar-quables ; en effet, M. Salle, travaiU.eur infatigable, micro-graphe intelligent et conseiencieux^ est arrive ä deter­miner la nature de ces affections, qui consistent dans une alierutionprimitive du sang.
Getto etude, toute nouveile, a regu l'approbation de M. Ie Prof'esseur Robin, qui considere lesrecents elements tnicrographiques fourais par les decouverles de M. Sallo comme etant du plus grand inleret scientifique.
Les chapitres concernant les causes, les symplömes, et le tiailenienl sont I'cauvre d'un bon pralicien qui n'a rien negliga pour initier le lecteur ä la connaisfance de cette meuvtriere raaladie.
Du reste, les recompenses quo M. Salle a oblenues daus les concours ouverts sur cette question, tt5moignent hau-tement de sesconnaissanccs sp'riales : en ISGä, premier pn'a;deM. le Minislre de la guerre; -—en 1868 et 1872, deux premiers prico, ninMiwsv'on, de la Sociöte Natio­nale et Centrals de medccine vctörinaire de Paris.
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^•^
111
Ce travail a ete entrepris pour MM. les veterinaires, et
en particulier pour les veterinaires militaires; mais, au
point de vue scientifique, ce volume s'adresse tout aussi
bien aux medecins qu'aux veterinaires.
En faisant cetle publication, nous croyons avoir rendu un service reel k ceux qui ont pris la mission de soigner, de guerir, ou tout au moins^ de soulager les hommes et les animaux.
E. Donnaud,
Paris, juillot 1873.
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UECHERGHES
SL'R LA NATURE
DES
AFFECTIONS TYPHOIDES
DU CHEVAL
PREMIERE PARTIE
REVUE B1BLIOGRAPHIQÜE
Hlstopiqne et Critique laquo;ltgt;s Auteui-s ayant traite cette
muladic sous rtos laquo;lAnuiniiiatious diTerses.
GIIAPITRE PREMIER.
DES EPIZOOTICS ES GENERAL.
L'origine dos enzooties ou epizooties qui ont sevi sur I'espece chevaline, se perd dans les siecles les plus recules; Moise, qui est le plus ancien auteur que l'on coanaisse et qui vivait 175)1 ansavant Jesus-Christ, en fait mentioquot; dans sesecrits; ainsi, la ö-^et laöquot; piaie d'^syple, n'eiaient autres que des maladies epizooliques.
Puis apres, ce sont les savants qui, par leur exageration de Pidee poetique, grossissaient et denaturaient les fails j tels Ovide et Homere qui, dans son 3e livre de l'Iliade, parle d'une maladie terrible qui s'eiait repandue daus
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2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYI'HOIDES
le camp des Grecs jiciulant le siege de Troie (an 1218 avant Tore chietienne).
Plutarque nous apprend, dans la Vie de Romulus, qu'il y eut k Rome, du temps de ce roi, une mortality gene-rale sur les chevaux et sur les hommes ; ce qui peut s'ex-pliquer, quant aux hommes, par la coutume des anciens Romains de cohabiter avec leurs animaux, et de fouiller leursentrailles pour consulter les augures.
Aristote paile de la goutte (?) des chevaux, seule ma-ladie endemique ä laquelie sont sujels les chevaux qui ne sont pas domptes et qui vivent en troupe ä la campagne.
Tite-Livc (an 212 avant J.-C.) parle d'uue epizootie en Sicile, sur les chevaux, apres le siege d'Agrigenle par Marcellus,
Le poete Yarron est le premier qui ait parle de Yigms sacer (feusacrö); et Vivgile, dans scs Georgiques, decrivant celte maladie, nous fait clairement entrevoir que, dans ce cas, le cheval etait devore par une lievre ardente et pesti-lentielle, accompagnee d'un vertige fougueux. Puis, decii-vant les symplömes precuiseurs de la moit du cheval, Virgile dit :
..........Incest ux ibidem
Suilor, it Hie qui.dcm moritunts frigidus : Arel Pcltis cl ult;l Iriuium Iraclanli durii resistil,
C'est-a-dire que la mort du cheval s'annonce par l'abattement des forces et du courage, un degoüt uni-versel ; il porte les oreilles basses, frappe la lerre, sa peau est seche, dure, ef, il a des sueurs froides et ine­gales.
Puis, lorsque la maladie fait des progres, les yeux
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 8
s'euflamment, l'animal se plaint, gömit, pousse comme des soupirs; le hoquet survient, le saug sort par les ua-seaux, la langue est seche, aride, ainsi que la bouche : le cheval tauche au dernier periode.
. . . quot; . . /( naribus atcr Samjuis cl obfessas fauces premit aspcra fmgua.
Arretons ici nos recherches parmi las auteurs qui ne nous ont laisse, sur les affections epizootiques, que des documents üctifs, errones ou exageres par le sentiment poetique.................
L'art veterinaire, et surtout la parlie hippiatrique, claii encore infbrme dans lei'sieclede l'ere chretienue; il y eut d'abord les trav^uxüe Columelle, puis ceux d'Absyr-thus (an 330 deJ.-C), soldat de Nicomadie, qui servait dans les troupes de rempereur Gonstantia, dont la repu­tation fut tres-grande pour sa maniere de decrire et de trailer les maladies des chevaux.
Apres Absyrthe, l'art veterinaire resta stalionnaire pen­dantun demi-siecle ; il fautarriver ä Vegetius-Renatus qui ' fut le premier maltre, le premier fondateur 'Je la veteri­naire et qui ferma, pour ainsi dire, la porte de ceile sciencejusqü'hlasecoudo moitiedu 18esiöcle, c'est-ä-dire usqu'ä l'epoque de la fonda'tion des ecoles veterinaires en Fiance,
Vegöcc (an 380 de J.-G.) vivait soiis l'empereur Vslen-tinien ; il a fail un Traue de l'art veterinaire oü il s'oocup a surtout des maladies contagieuses ou malleatiques , de fievres et des maladiespestilentielles; il adecrit ces fibres, ces pestes, eu sept Varietes ou especes.
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4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPFIOIDES
Nous citerorm la deuxieme, aridus morhiis, susptrium (le soupir) qui se manifestait par des battements de flnncs, sans jetage; par une courbiUure gönerale ; par la perte de 1'appetit, la soif inextinguible ; par la fixite et l'obliquitö du regard ; par ia difticnlie de semouvoir ou de se cou-cher. Cette maladie, dit V6göce, est incurable si, dös le debut, on n'y apportesecours.
Pour nous, cette maiadie du soupir pourrait bien etre la gastro-enterite epizootique dlaquo; 1825, ou encore I'affection typholde de nos jnurs.
La sixiöme espöce est le morbus suhrenalis ou maladie sous-rmile, dans laqnelle ranimal est comme paralyse (pris) des reins, ne pouvant mouvoir la partie poste-rieure; il y a en outre, perte du goüt et de l'appetit, amaigrissement rapide et rnovt certaine.
Neserait-cepas l'entörite typho'ide comp'iquoe de para­plegic?...
Apres Vögöce, l'histoire des epizootics sur les chevaux reste incertaiae pendant une lougue suite de siecles; ä tel point quo pendant une serie de cinq sifecles consecuiifs, il n'y cut reellement que deux epizootics sur les chevaux.
C'est pourquoi nous laisserons ces recits problemati-ques que nous tenions cependant a faire connaitre, pour demontrer ensuite que les affections enzootiques et epi-zootiquesque nous etudion^ out existe ä toutes les epo-ques et sous les climats les plus opposes.
D'uti bond fantastique, franchissons une pcriode de quatorze ii quinze siecies, pour arriver en plein jhf slide doiU les travaux sur Tespece seront le prelude des grands labeurs scientifiques qui sont le propre de notre epoque.
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;S
En 1704, l'Allemagne, l'Alsace, les Pays-Bas et la Po-logne furent frappes par une epizoöfie mortelle sur l'espece chevaline; epizootic tellement serieuse et proba-blemeut si contagleuse que l'Angleterre dut prohiber l'eatree des chevaux provenant des pays iutectes.
En 1712, en meme temps que la paste bovine ou ty­phus, 11 se (lee'ara une epizootie fatale k l'espece cheva­line, et surtout aux chevaux des armees en campagne ; cette maladie fit ses ravages en Russie, en Lithuanie, en Prusse, en Moldavie, dans toute l'Allemagne, la Belgique, le nord de la France et l'ltalie, specialement les environs de Rome et de Naples (1).
laquo; Lancizi decrit l'epizootie chevaline qui eclata a Rome en mai et qui cessa en juin. Get auteur distingue deux affections dues toutes deux h une disposition maladive dusang: dans Tune, la circulation etait ianguissante; dans l'autre, trop rapide. Geile-ci ne difleraitguered'une (ievre aigue avec tremblements, accompagnee de constipation et de coliques. II y succeda une inflammation gastro-in-testinale qui so termina rapidemeot par la mort. Quant i l'autre, moins fatale, eile debuta par la perte d'appetit; les mächoires n'etaient pas rapprochees, maiselles etaient raides jusqu'ä la trachee. Survint ensuite la fievre et une angine avec engorgement de la gorge et jetage. Partbis les animaux laissaient pendre la langue qui etait de cou-leur jaunatre. Chez les animaux qui succoniherent il se-
(1) Nous devons (a l'honneur de M. G. Kleming) declarer que les quclques documents qui vont suivre, jusqu'ä tSOO, out elö emprunles äl'analyse que M. Dt;le, velerinaire beige, a faitc du travail de M. Fle­ming sur I'tiisloirc chronologiqte des epizoulicb.
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6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;WFECTIONS TVP1101DES
manifesta im tremblement de tout le corps, la retention d'urine, dessueurs froides. Ctiez les autres, les matiferes
i-ejetees par la beuche et le nez elaient abondantes, de uieme quo les urines, et les membres se tumefiamp;rent.
Lii cause interne de raff-cliun residait dans le sang qui abondait en parlicules lymphatiques.
L'autopsie tlevoiia la presence d'une matiere dure, polypoide dans le coeur, autour du pericarde et meme dans les comlu.us aericns etrcesophnge.
Quant ä la cause externe] Lancizi l'attribue ä I impu-rete lt;ie 1'almosphfere, par els parlicules liquides tosiques qui adherörent au corps des chevaux ; il le suppose d'au-taut plus que raffection so borna aux chevaux. 11 ne croit pas quo la contagion se propage par l'exlialation des voies respiratoires, car g^neralement la maladie ne sc pro-pageait pas d'ecurie en ecurie.
Cependant, dans uue autre partie de sou Tr,gt;.ite, il ajoule que la salive des malad s, avalee par les animaux sains, transmettait la maladie.
Le traitement consista dans la saignee lors de l'etat aigu ; plus tard dans les cordianx. Les setons et frictions .#9632;cchos coatribuörent a la guerison.
Les Italiens d^signaient la maladie par la denomina­tion de fievre endemique du cheval.
M. Fleming I'appelle influenza.
Scion Kanold, eelle maladie n'elait ni contagieuse, ni transmissible au belail. raquo;
D'apres cette descriplion faite sous rinflueace des con-naissances medicates de l'epoque, il ne nous reste aucun doute que cetle influenza de '1712 üb soit autre chose que
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7
ce que nous appelons aujourJ'hui fievre ou affection ty­pholde.
En 1731-32. — Nouvelle invasion de l'influenza qui rpgna presque dans le monde entier, le traversant de l'est ä l'ouest.
1734. — Gibson, auteur anglais, decrit une epizootie qui a sevi sur les chevaux en Angleterre, se caracterisant par une toux violente, dela fievre, de la constipation, et la ratete des mines. Sur plusieurs de ces chevaux, il s'est forme des eruptions ä la peau avec des vessies ressem-blant au feu de Saint-Antoine et des engorgements oede-mateux aux flaues et au venire, qui furent l'effet, ajoute Gibson, d'un sang tres-echauffe et enflamme.
1745. — Epizootic meurtriere sur les chevaux; ce
iretait ni la morve, ni le charbon ; qu'etait-ce 1..... Une
maladie du sang que caracterisaient des insectes particu-liers (?j et qui decelaii. une grande inflammation.
1762. — Epizootie en Suede et en Danemark qu'Hen-singer suppose etre l'influenza oompliquee d'une affec­tion aphtheuse.
1769. —Nouvelle epizootie en France sur le chevaux des dragons d'Auticliump et de Larochefoucault, ä Avesnes; e'etait une pneumonic asthenique, compliquee de pleu-resie avec alteration du sang qui, aprös la saignee, de-venait delie et fluide.
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8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIOAS TVPHOIDES
1770. — Weikard signale en Allemagne, ch(z les che-vaux, une affection putride; il trouvales poiiinous gangrenes et corrompus. L'experience apprit que les antiphlogistiques etaient contre-indiques et que la medication anti-septique reussissait.
Certes, en 1870, pour exprimer cette pensee, on dirait : pas de saignee dans les aft'ections typlioides,
4782. — L'influenza attaqna les chevaux dans la ma-jeure partie de FJEurope; Huvemann decrivit Taffection en Allemagne, Abilgaard en Dänemark, Darwin en An-gleterre.
1800. — Un memoire du professeur Gohier, sur un ve­ritable cas d'affection typhotde ii form'! mixte et grave, ob­serve dans le mois de germinal an vm.
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BIBLIOGRAPHIE.
CHAP1TRE 11
DES EKZOOTIES ET DES El'IZOOTIES TTPHOIDES. De 182S ;i 1872.
Nous diviserons ce demi-siecle en tr( is pöriodes dis-tincteSj afin de mieux exposer la fluctuation des ideos sur la nature essentielle de ces affections qui turent si di-versement denomraees, suivant les observations et las in­terpretations des auteurs.
Des 1838, M. Louchard, veterinaire militaire, fut un des premiers qui appliqua l'epithöte typkoide, comme une ' consequence del'etatspecifique des malades et dequelques analyses sommaires qu'il avail faites du sang. Depuis, les diUereats vetörinaires qui relaterent leurs observations, les accoiopagnerent de Texpression typkoide, oa de cette periphrase : Maladie compliquee d'alteration du sany. Les typhotdistes eurent de nombreux partisans et de non moins nombreux detracteurs, parce que ceux-lä eurent !e tort de chercher ä prouver une assimilation, voire meme une analogic entre les allectious typhiques et proteiquesdu cheval et la fievre typhoide de l'homme; ce qui etait une profoade erreur anatomique et pathologique.
En !8ö9, la Societe centrale demede-ine veterinaire de Paris, ä la suite d'uu rapport de M. C. Leblanc sur un memoire de M. Roagieux, trancha la question en declarant que, dans les affections du cheval, dont il s'agit, le sany
h.
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10nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;iFFECTIOKS TYPHOIDBS
etait tres-evidemment altere, mais qu'ellea n'avaient rien de commun avec la fiävre lyphoiJe de i'iioinme.
Cependant, les cas frequents d'aÖections lyphoiides se repetant dans rarmee et dans maiutes administrations Je l'aris, les observateurs serieux et convaincus des deux camps opposes relalant ce qu'ils avaient vu, etaient loin d'ötre d'accord aussi bien sur ie mode !ii\bi!uel des mani­festations morbides que sur les lesions qui les caracteri-saient le mieux; il ea etait de meine pour expliquer la ü.iture essentielle de ces affections et pour indiquer le Iraitement qui devaitj de preference, ötre employe pour les combattre,
Devaut im Lei etat de choses, la Societe centrale veteri-naire de Vm-].-. ouvrit, en loßi, ua cigt;;icour3 appelanl en lice les lyphoidistes el lesaii5;-lypliüi'i:stes.
Ce concours ne jeta sur la question qu'un jour incom-piet; tontefois, M. il. Bouley, rapporteur, conclut ä['exis­tence reelle, indeuiabie, de maladies chez le cheval, qui devraient ötte designees sous le nom de typhoides,
Le dernier mot n'etait pasdit sul1 la question : M. Da-vaine avail decouvert dans le sang de rate, des infusoires nouveaux qu'il nornmait bacteries ei bacteridies; un peu plus tard, M. Signol, veteriauire, venait ä son tour prou-ver la presence do ces infusoires daus ie sang des chevaux morts d'affection lyphoide.
De lii, nouvelielutte I les uns trouvaiente des bacl ries; Ins aulres, n'en Ir'ouvant jamais, niaient haulemenl leur existence.
Le röle de la Societe velerinaire de Paris etait done ui trsce : ouvrir un nouveau concours sur ces affections, avec demande expresse de faire des analyses chimiques et
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; U
microscopiques du sang. C'est cequi fut fait des le mois de janvier i868,
Les desastres de la France ayant empöche le cours re-gulier de toutes choses, ce n'est que tout recemment que M. II. Bouley put faire son rapport surceconcours, duquel il resuite que l'altöration du sang est parfaitement definie et qua la nature de ces affections est des lors mieux connue.
Ainsi quo nous le disions au debut de ce chapitre, nous exposerons la fluctuation des idees en trois periodes : lu de 1825 h 1859 ; 2quot; de I860 ä 1867; 3deg; de 1868 ii 1872. Nous suivrons pas ä pas les auteurs, en ayant soin de faire ressortir Vesprit et la lettre des eerits de ciiacun de nos confreres.
SECTION PREMIERE.
1™ periode, de 1825 ä 1859,
1825. — Girard pere. — Hurtrel d'Arboval. — Huzard. — Leblanc et Rainard. — Rodet,
etc., etc.—Gelte maladie est desigmie sous le nom de yas-tro-eräerite epizootique, avec des complications d'hepa-tite, d'epiploite, d'angine, de bronchite, de pericardite, d'endo-cardite, etc. En meme temps qu'en France, cette maladie etait observee en Danemarck, Suede, Allemagne, Uolslein, Beigique, etc.
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42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES
#9632;
On l'a attribuee ;i la chaleur, a la secheres.;, aux vents d'est, nord-est, ä Faction des fourrayes mal recoltes, aux abus de regime, aux erreurs de traileme;.t. Les lesions, la marche, la duree, les symptötnes, le traitement ont, dans leur ensemble general, beaiicou|) d'analogie avec les affections typholdes d'aujourd'hui.
On a pemö ä la contagion ; M. le directeur d'Alfort de
cette epoque y a songe aussi ; ce qui a pu donner le
change, c'est qu'ellepeut se manifester sous I'influence
de miasmes s'echappant du corps des animaux inaiades.
. {Recueil d'Alfort.)
1825, — Royer-Collard. — Epizootic de fievre gas-trique ohieivee ä Rouen, en 1814, sur ies chevaux du 4quot; regiment de chasseurs ä cheval, — II ressort de 1'expose des symptömes et du recit des lesions que celte epizootie etait identique a la forme typkoide afiectant a la fois et l'intestin et le pouiuon.
#9632;i826. — Dupuy. — Les accidents nerveux qui I'ac-compagnaient, c'est-ä-dire la somnolence au debut et plus tard les acces cerebraux, i'otu fait regarder par M. Dupuy comme une forme des a/fcction* verligineuses , et comme teile, il 1'a decrite dans le Recueil d'Alfort.
1832.— Renault. Maladie avec alteration du sang caractörisee par la tendance ä Vextravasation, — [I y a ana-logieparfaile, dans cette note, avec les affections typhoides. II esl le premier qui ait fait iatervenir l'alteration du
sang.
1838.— m. Clichy, vet6rinaire ä Janville (Eure-et-
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 13
Loxt).—Memoire sur la gaslro-enterite des animaux domes-tiques. — Co mömoire cousiste cn une serie d'observations sur l'enterite guäi; par les toniquesetles saignees. A l'au-topsie, on trouvait des lesions dans FestoniaC, dans l'in-testin des plaques noires et brunes et des petechies. 11 a leucuntie des ulc6rationä vers le jejunum, quelques-unes ayant detiuit la inuqueuse allaient jusqu'ä la membrane charnue. Malheureusement il n'y a pas de description bien precise. {Itecueil d'Alfort.)
4838. —Döhan, veterinaire ä Luneville. — Epizootie sur los cbevaux de l'arrondissement de Luneville pendant l'automne de i83G.
II lui donne le simple nom de Ga$tro-entero-hepato-me-ningite rachidienne III Gelte maladie sa caractörisait par la tristesse, l'inappetence, la coloration des conjonctivesen rouge-jaune safran, le pouls lent, inexplorable, marche vacillante, eic.
Al'autopsie, intlammation de restomac dont la mu-queuse etait epaissie avec erosions d'un ciraclere cance-reux; ii en o--t(li: raöme pour l'inlestin grele a un metre du pylore; et cä et lä, on remarque des petechies. Reins mous et reaipiis de mucus jauue, epais; la vessie parti-cipe ä l'iuflammation generale. Les poumons soat noirs comme dans l'asphyxie.
Quant aux causes, ressentielle auiail ele ies mauvais aliuicnts.
1838, — Louchard, ex-veteriuaire militaire. — En-zootie sur les cltevaux d'arlilkrie ä 7'ou/olaquo;se.~Gette maladie a ete l'objel d'uu rapport du directeur de i ecoie veteri-
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iinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPIIOIDES
naire de cette ville, oü il etaiulit laquo;jue c'etait uae altera­tion du sang coinpUqude de pleuro-pneumonie avec symplömes nerveux, et s'accompagnant chez cos tains chevaux de tumeurs charbonneuses; o:i y a reconnu quelque analogieaVec le typhus, et on a invoqciu comme causes des'predisposilions organiques que rien no saurait atteindre.
M. Louchard dit qu'il a vu quelques cas de fievre typhoide; mais il ne les decrit pas.
L'etude du sang a eta i'.iite : examine au microscope,
#9632;;•
;e liqui ;6 oHait comme un hüia velours cr.iiiioifli, damas-quine detaches blanchesargentines; traitees par I'acide sulfurique, ces lames ou taches augmentaient; traitees par I'acide azotique, ces series de perles, entourees d'une aureole, ressemblaient ä un ceil de perdrix.
Le siege de la maladie etait dans le sang dont ['alteration etait due a toutes les incitations auxquelles ontetepoumis les jeunes chevaux. Toujours, au centre du globule, il y avait une ticlio noire. {Journal de I'kule de Toulouse,)
i8;i8, — MM. Renault et H. Bouley. Pneu-irionle gnvi/rencuse avec alteration do: sang.
D'aprfes eux, il se produirait un arret de la circulalion, et les parois des vaisseaux, ainsi quo !e tissu eellulaire s'enflammeraient an contact prolonge des caillots. II y avail #9632;#9632;Iteration sepll'qiie du .sang, Gelte maladie ressemble ä la forme pectorale grave des affections typhoide,-. {Recueil d'Alfort.)
1840. — M. Lafosse.™ Maladie du sang ayant de 1'a-nalogieavec ies affect ions verligineuses. [Recueil d'Alfort.) C'est absolument la maladie qui nous occupe.
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
1844. — M. Moulin, v6t6rinaire militaire. — Fievre typhoide. 11 lui adonneceuom parce que celte enzoolie regnait eumönae temp; que la fiovro typhoide de rhom-mejili'attiibue ä la constitution m6dicale, aux transitions de iroid et de chaud sur ies jeunes chevaux non acdi-mates, (Journal de Toulouse.)
•1841. — M. X***. Note sur um 4phootiequi regne sur les chevom; de quelques departements du Midi. Cetle maladie qui est identique u celle qui nous occupe, est de-signee fous le Kom de vevtige, fiövre ataxique et a !yna-niique. Elle est dueä une alteration profonde du sauf/ et ä une perturbation du systfemenerveux. Elle est non conia-gieuse. Causes inconnues. {Journal de Toulouse.)
IS-il. — M. Delafond. Gasiro-enten'te epizootique, et compte rendu de l'ecole de Lyon, publie cette meme annee dans !e recueil.
Etait-ce bien lä une affection typhoide teile que nous ia comprenons ? Nous nele pensons pas. Pas de gravite, pas de duree, prompte guetison. G'etait une pneumonie biliaire. [Recueil d'AI fort.)
!,jjä. — MM. Damalix ei Heynal. Descrip­tion d'une affection particuliere qui a sevi sur le* jeunes chevaux, —11 y avait decomposition typhoide du sang et pre­sence du/ms dans le sangj les lesions offraient en outre des caracteresgangramp;ieux speciaux. {Recueild'Alfort.)
i8i3. — M. Charlier. Notice sur la maladie epi-
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16nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES
zoütique qui sevit actuellement sur iea ciiuvaux du depar-tement de la Marne.
Prise pourune affection du cceur ;t confondue avee la gastro-enterite des auteurs, cette maladle serait pour M. Charlier, une alteration du sung avec pridominance des principes aqueux et diminution des muteriancc solides.
Les syraptömes generaux furent teis que ceux qui ca^ac-lörisent Tatfection typhoide; les causes elaient led lieux communs ordinaireg, en en exceptant pourtant Vinconme. Le Lraltement a consiste en saignees, selons, purgatifs, 10-niques, vesicatoires; et soil bonte du traitement, soit pen de gravite de la raaladie, toujours est-il que tous les ch'gt; vaux malades ont gueri. {Recueil d'Alfort.)
4843. #9632;— M. Denoc, veterinaire ä Chalillon-sur-Marne. — De la fievre typhoide chez le cheval, maladle qui a regne epizootiquement dans qaelques coutrees dela Marne, dans les mois denovembre et decembre 1842 oi Janvier*-1843.
Toutd'abord, ftl. Denoc dit que cette maladie est iden-tique, mais non analogue äla dothienenteriederhoirme.
Debut. — Marche vncillaute, borborygmes, coujoac-tives jaunes boursoufleeSj repos force.
Augment, — lace grippee, dents fuligineuses , flancs cordes, hypochondres sensibles, oedäme du fourreau, som-noieuce, torpeur, attitude variee et incertaine.
Declin. — Attitude debout di.iiciie, expression partlcu-liere de soufiränce coincidaut avec les lesions du Systeme nerveux ganglionnaire. Sudaminas ä la face interne d;.s cmsses (cette eruption eat d'uu. bon augure, qüand eile apparait uu 12quot; au 'I5e jomj; — il y a rarement tumefac­tion deraquo; parotides qui s'ulcerent en donnant ecjuiement
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i7
ä un pussanieux et nauseabond, conjonctives petechiees. PühIs fort et vile, comptant 50, 70 et 80 pulsations a la lühuite, il y a constipation ou diarr'nee — et enfin sur-vient la mort.
Duree. — 20, 25 ou 30 jours.
Lesions. — L'epiploon est deiruit ea tout ou en partie ; le colon et le coecum sont marbres de pttits points rouges, sur celui-lä il y a de Luges ecchymoses, des plaques gangreneuses, et une arborisation vasculaire tres-remar-quable. Dai:s l'intestin, c'est une eruption de boutons h large base, ä bords reieves et denteles (bniiant uue excavation ulcereuse ayant detruit la niuqueuse. Foie enorme, mouet se dechirant facilement, reins docolorös, reduits quelquetbis en un deliquium boueux, coeur de-colore contenantdes caillots fibrino-albumineux.
Causes. — La nourriture auralt ete 1 a cause predispo-saute, et l'humidile la causadeterminante.
Traitement. — Au debut, saignee ; alors, le sang offre peu lt;vu pas de serum, la portion cruorique est ttfes-fai-ble. Si on saigne clans la 2quot; periode, le sang est visqueux, depourvu de globules et plus facilement coagulable. Sou-vent, apres cette saignee, on voil i'animals'essouftler, suer, se coucher, se debattre, se plaindre; ou voi1 survenir ia prostration, et la mort arriver, quoi qu'on fasse, ä u debut. la saignee petile et repötee, est bonne; mais plus tard, eile est pernicieuse, On doit donner des aliments nutritifs, 1'er-rugiueux, les toniques, Its atnerset les purgatifs lögers.
Pour M, Denoc, i'aifection est non contagieuse, tandis qu'elle le serait pour M. Demilly. {Recueil d'Alfort.)
Ainsi que M. Denoc, nous avons souvetit observe la syncope se produire pendant le cours d'une saignee.
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1843......M. Deloupy, veterinaire k Routier (Aude). —
' Notice sur une rnaladie qui, rcyne sur les solipedes de la contree de Dazes (Aude).
Meines sympldmes goneraux, monies lesions gönerales; dans le coeur, il a rencontro des filaments pseudo-meui-braneux resultant d'une exsudation morbide.
Le s,;ng se coagule en deux parties; la snperieure, jaune, dure, r6sistante ; I'inferieure, peu epaisse^ se re-trecit et se reduit eu un filet mince et mige dans uu se­rum abondauf, f t cela en ninins de liuit heures. Gette rna­ladie serait une cordite coincidant avec wie endocardite compliquie d'une alteration du liquide sanguin el d'une anomalie de l'cction du Systeme nerveucx;. {Journal de Tou­louse.)
1845. -MM. Earthelemy, aiue, membrede TAcade-aiiede medecine ei de la Commission d'hygiene hippique, et Laborde-, veterinaire principal, ontete envoyes par le ministre de ! i guerre, ä Provins. poiü' y etudier une uiala-die qui regnait enzootiquement sur les chevaux du P' re-giment de carabiniers.
1! ressort de leur rapport que : cette enzootie est de nature typhoide, les effets se manifestant sur le poumon et sur le tube digestif.
5846. — M. Goux, veterinaire ä Ägen.— Enzootie sur les chevaux. — L'histoire de cette maiadie n'oecupe pas moins de trois longs articles pleins d'ua raisonnement plus theorique que pratique.
G'etait une pleuro-pneumonie avec alteration du sang, uon conlagieuse.
Quelles que soient les causes, il exisle u:.e ceriaine
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;19.
combinaison, un concours de circonstances sans lesquelles ces maladies ne surgiraient point; c'est toujours un quid ignotum. {Jonriml de Toulcinse.)
'!84o. —M. Denis-Lambart, veti-riuairn ä Lahaye-Descaries. —De la ficvre typhoidedu cheval.—IIa remarque la grande proportion du serum, ce qui constiturait une verif.iible bydrohemie; il a coa-täte la durete et l'hyper-trophie des glandes de Peyer ; ii a vu une espece d'ulcere. Entre autres causes, il invoque la concordance de cetie ray.ladie chez l'homme, les effluves, les miasmes, etc. — II croit a la contagion que, da resle, il n'appuie que d'un sen! fait. {Recueil dAlfort.)
1849.— M. Gillet, v6terinaire principal. — Ü/motre sur les affections typkotdes. — Ce memoire, fort long et un pea confus, comporte letude des affections typhoides di-visees en deux groupes : 4quot; fievre typhoide; 2quot; typhus char-bonneur, — Le premier groupe est lui-mßme subdivise en quaere varictes: 1deg; alaxique (fievre maligne et pernicieuse); 2U adynamique (fiövre putride); 3U rauqueuse(fiävre j)itui-taire, catarrhale, adeno-meningite) ; 4quot; bilieuse (fievre gastrique).
II ne nous parait pas necessaire de suivre M. Gillet dans tons les details qu'il donne sur chaeune de ces formes ou de ces varietes ; les lesions de ce qu'il nomme fievre ty-plioirle sont telles que, d'apres l'auteur, on ne peut en nier l'existence cbez le cheval, car, toujours et padout, on rencontre des ulceratinm, ä differents degres.
Sang. — M. Gillet ne se charge pas de resoudre cette question, ä savoir : Si les changements survenus dans ce
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liquide sont bieu primitifs cu s'ils ne doivent pas fetre plu-töt consideres comme le i^sultat de l'alteration desorganes
de la digestion
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Nature. — Garact^ris^e par des phenomänes nei'veux perulaut la vie, cette maladie est do nature inflammuloire ayant son siege dans les glandes de Peyer et de Bmnner ; eile est accompagnee A'alteration du sang qui, sei'eux au debut, devient plus turd noir , poisseux, dissous et boueux.
Duree. — Elle varie du 4% 7'ou 8e au 30deg; jour; la more peut arriver ie 1 üe jour; la convalescence du 3üe au 40* jour.
Traitement. — Rien de particulier a noter ici. (Tome II des Memoiren de la Commission d'hygiene hippique.)
'i.SöO. —M. Dax, veterinaire au depot dt; Cluny. — De la fievre typhoide du cheval. — Mernoire adresse ä la Sociele centrale veterinaire; M. Pnulhomme, rapporteur. La discussion qui en est resultee a etc fort negative ; 1'on a eonclu quo ces affections sont, en general, diffici-lement ou lentement curables, qu'elles sont snjettes a recidive, et souventmorlelles. {flecvteil d'Alfort.)
1830. — M. Goux, veterinaire en lt;quot; au 10mc d'ariil-lerie, a envoye au concours ouvert au ministamp;re de la guerre, un memoire sur une enzootie typhoide observee au 40deg; d'artillerie ä Douai.
Dans ci! mömoire, remarquable par son mode d'exfiosi-tioii et de relation des fails, M. Goux proi'es.-e dejä les idees theoriques et pratiques qu'il a si courageusement soutenues dans ses travaux posterieurs et qu'il a ete assez
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heareux de voir accepter par La majorite des veferinaires civils et tnilitaires.
Ce travail de M. Goux a ete honore d'an premier prix, medaille d'or decernee par le ministre de la guerre.
1850. — M. Gaube, veterinaire militaire. — Affection enzootique observee sur les chevavx indigenes de l'ormee d'Afrique. li y trouve de l'analogie avec la fievre typhoide ()e l'homme ; l'etude des symptömes est divisee eu deux series: !quot; du debut au 2P jour ; 'i0, du 3deg; jour jusqu'ä la morl
C'etnit une affection generate avec alteration du sang. M. UuubL1 ne dit pas en quoi consistait celte alteration, ni sicette affection 6tait contagieuse ou uon. {Journal de Toulouse,)
1850-51. — M. Gourdon, pr'ofesseur ä Fecole ve-terinairo de Toulouse. — Nouvelles considerations sur les affections typhoides du cheval, Le terme de fievre tij-phoide chezle cheval, no doit pasetie conserve pares qu'il congt;acre l'existence, chez cette e=pece, d'une maladie qui n'existe pas pour eile; en sorte que ratfection typhoide unique, du cheval ne peut pas etre la memo maladie que la fievre lypho'ide del'hoinme; car l'aflfectiou du che­val n'a pas le caract^re den'apparaitre qu'une Ibis dans la vie, dotre contagieuse, et ne präsente pas davantage le caracleie eruptif.
Toutes ces affections si bizarreraent appelees, sont caraclerisees par un fait uiiiquc, essentiel, Yalteraiion physique ou chimique du sany: celte alteration esl de deux sortes :
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AFFECTIONS TYPHOIDES
4quot; Organiqm ou specifique, propre aux mafadiea spe-cifiques ou contagieuses. — 28 Physique , pRrticulifere aux affections dites typhoides. De lä, una grande difference entre ces affections du cheval et celle a laquelle on veut I'assimiler chez rhomme, puisque chez ce dernier^ eile se distingue par Vabsence d'alieration physique du sang ; il Taut done rejeter toulesles diverses appoiiations et defiigner tout simplement celte maladie par : affection typhoUe.
M. Gourdon pose en principe qua, quelle que soil la maladie du sang, la fibrine augmente toujours, e'est-krdire qu'ä l'etat de sante parfaite, eile est ä sou minimum ; par contra, quand le sang est r^ellement malade, ies globules diminueni constamment, en sorte que leur plus haute pro­portion represente le maximum de smtS.
(Nous ne partageons nullemeat ce? donnees, contraires ä la serieuse observation clinique et ä ['analyse cliimique.)
En uu mat, dit M. Gourdon, le caractere essential, vi­sible, le trait organique de l'affection typhoide, sous quel-que forme qu'elle se presente, depuis la simple anemie jusqu'ä la fievre charbonneuse, est toujours ce changement smmltane de proportions, ensens inverse, de la fibrine et des globules.
G'est done a la disparilion des globules quo Ton doit cette sorte de lluidite du sang qui lui perraet de s'extrava-ser et d'imbiber les tissus. (C'est une erreur, la fluidifö est due a la diminution notable de la fibrine )
Les effets de cette alteration generale sent de deux sories: i0 mecaniques, constituant les oedemes, les suffu­sions, les ecchymoses; 2deg; phusiologiques, interessant les organes suivaut la disposiiion da moment; localisation
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qui n'est pas iivree eatierement h un arbitrairo in^iisis-sable.
Cette affection preicute Irois varictes : 1deg; chroniqtie; 2deg; aigue; 38 foudroyanle. En considerant leurs car,,ctp-res propres, on a : 1e rhydrohemie ou anemie; 2deg; la. typhoe-mie; 3e la forme carbonculaire.
Plus loin, developpaut la structure intime du pournon, M. Gourdon pense que la pneumonie n'existerait pas, ce ne serait qu'un (ic|)6t ou caillotde sang constituant l'hepa-tisalion rouge ou giise seien l'anciennetä ; puis il conclut apres mainies citations d'auteurs, que : loute affection ty-phoide ou alteration du saug, caraeterisee par la perle plus ou moins complete des proprietes de ce liquide, s'ae-compagne necessatrement d'une alteration, variable en gru-vite, de la fonetion du pournon et par suite du tissu de cet orgarie; que, celte alteration, au lieu d'etre simplement ui:e complication accidentelle de la maladie g^nerale, doit etre consideree comme un symptöme essentiel et ca-racteristique de 1'aflFeclion typhoide, comme le phenomene !c plus regulier et Se plus constant de cette affection.
(G'est encore lä une erreur, car souvent ii n'\ a aueune lesion des poumons; toutefoi;:, nous reconnailrons avec M. Gourdon, qu'il n'y a jaraais pneumonie inflammatoire, que c'est un phenomene passif et que dans la majorite des cas, il y a localisation typhoide tur Tappareil pulmo-naire.)
Pendant la vie, continue M. Gourdon, il n'est guere possible de diüerencier une pneumonie franche de celle par alteration du sang, car Tune et l'autre se traduisent par les meines syrnplimes. (Gelan'est point exact; le de-cubitus, meme prolonge^ est possible pour un cheval at-
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AFFECTIONS TYPIIOIDKS
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teint de pneumonie typho!de). Apres la mort, on constate ou l'hepalisatioi!, quiestle propre des malaclies franches, i-u I'apoplexie pulmonaire, qui est speciale dans les affec­tions lyphoides H caraetörisee par des foyers dissemines s6parlt;sect;s par des portions saines, ou enfin, I'engouement pulmonaire qui ne differe (ie I'apoplexie que par une etendue moins grande dans cbaque lobe, ce qui est le pro­pre deraffection typho'ide hydrohemique.
Therapeviique. — Tons purgatifsetderivatifs aggravent la maladie, surtout si eile pst hydrohemique ; il ne faut avoir recours qu'aux aliments azotes et albumineux,' aux toniques et aux ferrugineux.
Le but de ce travail remarquable ä plus d'nn litre, est de ramener les affections typhoides k r'u.MTji; nous parta-geons entierement et sans restriction cette conclusion du meraoire de M. Gourdon. [Journal de Toulouse.)
#9632;1851. — M. .Delafond. — Recherches surmw nmladie du chevo.l encorepeu connve: Elle avail deux formes : I'en-terite aigne avec alteration du sang et l'anemie. Dans la premiere forme, le sang est d'un rouge fonce, il se se-pare en deuxcaillots egaux en hauteur en moins de Vd minutes; un peu plus tard le sang s'ecoule de lajugulaire en bavant.
Dans la deuxieme forme, ranemie, le caillot blanc est plus haut d'un quart que le noir. II reste sous la forme de gelee 7 a 8 heures; le caillot noir est diffluent et renft-rme des globules dont le diam^tre est diminue.
M. Delafond distingue Tenterile avec alteration du sang, du charbon ; i! n'y avait pas de lesion pulmonaire, Mainls auleurs contemporaius de Delafond, pretendent que ce
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n'etaif point lä I'affection dite typhoide ; d'autres affirment le conlraire.
#9632;\H')^ —M. Bey, professeur ä l'ecole vetorinaire de Lyon. Maladie epizootique observeemr les chevaux eraquo; 1851. — Ce fut d'abord une gastro-enterite, et plus tard une #9632;gastro-conjonctivite; M. Rey decrit cette maladie sous tcmtes ses lormps, mais seulement d'apros les caracteres qu'elle a offerts lors de sa derniöre apparition.
Causes. —Jl invoquelesconditionsatmospheriquesetles grandes chaleurs; il a era un instant qu'elle 6tait conta-gieuso, parce que cette affection regnait suv les chevaux de deux escadrons separes par plus d'un kilometre; mais plus tard, il a dii le nier.
Le sang so separait en moins de dix minutes; le caillot blanc occupait la moitie du vase, il etait un peu jaune et picture; le caillot noir etait de couleur foncee il y avail pcu ou pas de serum.
11 y a eu des complications tclles que : conjonctivite, bepatite, fourbure, vertige essentiei; les rechutes out ete rares. [Journal de Lyon.)
1852. — M. Delorme, veterinaire a Aries, — Con­siderations sur la f/astro-enterite epizootique qui a regne sur les chevaux en 1851.
C'est une serie d'observations bienrecueilliesetnotees jour par jour, offrant les caracteres dejä counus.
Causes, #9632; - La predisposition maladive est ;insaisissable c'est le sang qui est altere \i^r suite d'un changement de proportion dans ses elements constitutifs, il est plus fibri-neux et renferme moins de serum. S'il y a complication
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de pueumonie, il y a plus de serosite dans laquelle nage le caillot rouge ; dans les saignees suivantes, le serum augmente ou diminue suivant que la puemnonie persiste ou s'amoindrit. (Corame on le voit, c'est la contre-partie de la theorie emise par M. Gourdon.)
Jusqu'alors on n'a pas encore dit si les divers symptdmes morbides ont ete simultanes et paralleles, ou bien, si la causeaagi exclusivement sur les organes digestifs et le liquide sanguin ; et, dans cette deraiere hypothöse, si 1'ex-citation d'abordproduite sur le tube digestif a modifie la composition du sang, ou bien si l'alteration du liquide s'est developpee la premiere et a provoque ensuite Texci-lation des organes digestifs.
La contagion ii'est pas soulenable.
M. Delorme atlribue cette epizootic a des iieux commuas; comme Iraitement, il semble donner la preference au si-napisme. (Journal de Lyon.)
1852. — M. Jourdisr, veterinaire militaire. — Me~ moire sur une maladie epizootique qui aseviauk' d'arlil-lerie sur les chevoux de rcmoyites eventuelles en 1818 et
1849.
Etiologie. - Preparation des jeanes chevaux pour ia vente; effets de racclimafement; changements d'alimen-tation ; alternatives de ia temperature, etc.
Symptdmes. — Parfaitement decrits, cesont ceux qui cavaoterisent i'affection lyphoi-le proprement elite. Cette maladie a ete ascendante jusqu'au douziäme jour, pour disparattre le quinziöme ; ou bien, il survient des com­plications : 1deg; alteration du sang; '2deg; pleuro-pneumonie; 3deg; fourbure ; 4deg; tetunos ; 5deg; paraplegic.
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Lesions.— Dejä connues; cependant, il n'y avail rien Je particulier pour ks giaades de Peyer et de Brünner; la description des lesions est faite suivant les complica­tions.
Nature.— l^ile a consistlaquo; eijunealtiiratiou plus ou moins profonde, mais toujours primitive du ikiiile sanguin. (Älors pourquoi faire une complication de cet etat primi-tif d'alteration du sang?...) Le sang a, dans le principe, l'aspect du sue do nerprun et se coagule promptement; trois jours apres, la plasticite dimiuuait sensiblement, il y avait 2/3 de caillot blanc et 1/3 de caiilot noir; la coa­gulation eiaii lente et la putrefaction prompte.
Traitement. — Tonique, eau salee, ferrugineux, acetate d'ammoniaque, sinapismes, setons, etc. Sur 1^340 malades M. Jourdier n'en a perdu quo ouzo !-(Beau resultat, en vevite, qui implique plutöt le peu de gravite de cette epi-zoolie quo la bonto du traitement.) {JounHd de Toulouse.)
lt;853. — M. Liautard, veteriwaire miütaire, — Des maladies typlwides qui attaquent specialement ies chevaux de l'armee.
Li fievre typhoide du cheval serait; d'apres M. Liautard, une raaladie assez i'requeute ; on 1 observe dans ies monies conditions que la fievie lyphoiile de l'iiomme. Au fond, -elles constituent une seule et meine maladie identique dans son essence : alteration primitive du sau//, et dans ses lesions anatomiques essentielles : modification plus ou moins profonde, mais constante, des follieules muqaeux de finlestin. [Jouraal de Li/on.)
(Devant une profession de foi aussi categorique et aussi pou appuyse dans ce memoire, nous passerons outre en
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renvoyant toutefois I'auteur ii la theoric si sensee et si jusle de M. Gourdoraquo;, publieedeux aas avant queM. Liau-lard n'ecrivit ce qui precede.)
1853. — M. Loiset, veterinaire ä Lille. — De Vaffee-tion typhotde de l'espece ckevul.ine et de ses rapports avec la jlevre typko'ide de /.'komme.
M, Loiset fit, pour developper sou opinion, une bro­chure restee celebre ä cause du proues que rauteur inteata ä M, H. Bouley qui avait amerenient critique el M. Loi­set etle fond et la forme de cette brochure.
Le temps a peremptoireraent demontre les erreurs de M. Loiset quitermine ainsi ses conclusions :
laquo; L'homme, le cheval, et probablenaent d'autres ani-raquo; maux, sont suscepiibles de contracter la maladie raquo; typholde, qui leur devient ainsi, sinon commune au raquo; merne litre que la rage, la morve, le charbon, le cowpox, raquo; du moins d'une nature si voisine, que toute distinction raquo; bien tranchee relativement ä leür identitc pathologique * endeviendrait difficile ou impossible. raquo;
1856. — M. Sanson. /Je/o diathise typhotde du cheval et de ses manifestations ordinaire^ dans farntee.
Blftmant ses devanciers qui, dit M. Sanson, ont ecrit la plupart avec un esprit preconcu, peu lui Importe que la dolhienenterie existe chez le cheval, ou que la fievre typho'ide soil imaginaire; il tient ii etablir qu'il existe dans la noaologie decei, animal une diathese typhotde, c'est-a-dire un etat morbide general qui, sous l'influence de causes appreciables, communique un cachet propre (abat-tu, stupide, Tuipo;) aux orgauopathies particulieres.
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Nature de la diathese. — ü y a exces de coagulabiiite du sang; le caillot noir est plus petit que le caillot blanc ; la separation des elements s'effectue moins de cinq minutes apres la sortie de la veinu ; la fibrine augmente et les (jlohu-ks dhninuent constamment; \a malndie typhoide peut etre un acheminement vers les maladies charbonneuses.
Causes. —Faisant ü du bagage des causes occasionnelles que Tarmee traine ä sa suite, il ne reconnalt pour cause essentielle que les terrains argileux qui ne donnent pas aux plantes un principe stimulant indispensable ä une alimentation complete ; en outre de cela, il y a la prepa­ration des chevaux pour la vavtraquo;, qui altere toutes les actions nutritives.
Traitemenl. — Au debut, boissons miellöes acidulees, puis les toniques, les ferrugineux et, a la rigueur, une petite saignee. Si on a affaire ä la forme abdominale grave, le traitement, dit M. Sanson, est difficile, et si Ton veut courir quelques chances de succes, il faut employer les limonades acidulees, les fumigations de bales de genievre, le sachet sur les reins, les infusions de camomille, les la­vements de son, etc.
Quand la forme thoracique est bien declaree, mettre six setons animes avec du vamp;icatoire et uu large vesicatoire sur la poitrine ; supprimer la suppuration aussitöt que la tumefaction n'augmente plus. Pas de sinapisme. Avec les setons pas de crainte de gangrene (c'est le contraire que M. Sanson aurait du dire).
La diathese typboile du chevü\neparaitpas contagieuse. Un fail acquis, c est I'existence constapte, dans des pro­portions anormales, dune des matteres colorantes de la bile dans le sang des animaux atteints de cetle affection,
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laquellemature forme un precipite bleu en ti'iiitant le serurn par I'acide azotique concentre. (Ce procede (in­vestigation est excellent, nous le recommandons it nos confreres.) (Jtecneil d'Alfort.)
'1856. — M. Baillif, veterinaire mititaire. — Memoire nur une affection enzootique, catarrhale et typho'ide qui a renne et qui reyne encore sur /es chevauoo du train des Equipages de la (jarde.
C'est dans les ecuries des marchands que se trouveraient les causes principales de ces afiections; aussi M. Baillif s'eleve-t-il centre la diete et le regime du barbotage trop pvolonge.
Nature. — Cette maladie est principalement due ä une alteration du so/u/; les princijes sereux et albumineux y predominent; lesang a pen de plasticity il est d'un rouge terne et lave.
Formes:^ benigne; ä0 forme des affections calar-rhaies simples; 3deg; forme grave avec alteration sensible du sang et des organes contenus dans la poitrine; 4quot;forme typho'ide ou typhique.
Les sf/wi/''quot;7quot;'6'ctomu's' sent peu differents les uns des autres, et ne permeltent pas de saisir lacilement ce qui constituc le diagnostic de teile ou teile forme.
Truiteincnt. — Les set.ons jouenl \Qplm grand role; ils exlraient du sang le serum, hs principes albumineux, les differents sets, tout enfin, moins les globules et la fibrine. (Journal de Lyon.)
18öG. — M. Lafosse, professeur ä 1'ecole veterinaire
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; SI
lt;io Toulouse. — Lesions intestinales des solipede* simulant la ßl'vre tyijhoule de l'/tomme.
M, Lafosse decrit d'abord la tievre typho'ide do I'liomme d'aprös Louis; puis il cite deux observations ayant presente des lesions offrant quelque idontite. avec celles de l'liomme et consistant en de.i especes de coqgt;ie.s ßbreuses renfermant do h matiäre. L'analyse chimique a demonlre qu'il y avail la plus gründe analogic avec la matiere tu-berculeuse.
M. Lafosse conclut que les affections.iyphoides ne pour-raient bien etre que des indices d'affeciions tuherculeuses ou des complications -noreeuses meconnues, (Avouons que cetie conclusion liree de deux tails d'observation etait aussi ueuvc que bardie;' heureusement que l'avenir en a dem on tie le mal fonde.)
Pour M. Lafosse, la fievie typhoide du cheval ne serait autre que le lyphus de I'liomme toujours depourvu des alterations.specifiques de l'intestin. Le lyphus du boeuf serait la vraie tievre lyphoide de l'homme. {Journal de Toulouse.)
1806. M. Merche, veterinaire en 1quot; aux lanciers de la garde. — Dans son rapport annual, ildit que dans les affections typhoides qu'il a observees, il a pu conclure que ralteration evidente du sarg, due i; im trouble dans la qualite ou la quotiie respective deses parties Constituantes^ donnait im Ciiehet particulier aux malades.
M. Merche decrit ensuite les caracteres essentiels de CLlte affection dont la mnrelie cst generalement rapide, ä terminaisons fächeuses et oraigoant .la saignee conjme
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AFFECTIOKS TVPUOIDI-S
etani son eanerni ie plus redoutable. {Journal vetirinaire mil i lair e.)
1857. — M. Gen6e (Pierre), vetirinaire k Dol (IUe-et-Yilaine). — Rapport de M. U. Leblanc sur wie maladie vertigineuse epizootique.
Tout, dans ce rapport, temoignlaquo; des rapprochements do cette affection avec cello qui nous occupe.
L'auteur croit a la contagion en I'expliquant par fac­tion des fluides magnetique et electrique de la temperature sur !es produils morbides qui peuvent fort bien, dil-il, etre transformes en quot;virus, (ftecueil d'Alfort.)
1857. — M. Vallon, veterinaire principal. — Affec­tion lyphuide du.cheval, observee en Afriqac de 1845 a 1852.
Ce memoire est ecrit de main de maitre; rien de ce qu'il contient ne pent etre revoque en doute, car tout y est pratique, ä rexclusioii de quelques theories oiseuses.
Gommencant par I'anatomie palhologique, Vallon dit que le sang ayant ete trouve altere sur tous les malades, il considere cette alteration comme le caractere anatomique de cette affection.
Le sang, pendant la vie, varie d'aspect selon la periode ä laquelle on 1'etudie; mais, a toutes les epoques, la fibrine dinnnue, et cettediminuliun üsicnraison directe äe V'\n-tensile des pbenomenes morbides. Apres la morl, !e sang est poisäeux, tres-noir, onctueux comme du raisine, il est reconvert de gouttelcttesd'un aspect huileux; dans les cas foudroyants aussi bien que dans certaii-is cas moins
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 33
graves, le sang est tres-noir et presente un petit caillot blanc ; enfin, dans les cas ordinaires et pendant la conva-lesceuue, le sang est ä peu pres normal.
Lesions des organes digestifs. ~ Les prlncipales sont cellos de l'intestin grele oü Ton rencontre les alterations des glandes muqueuses et celles des glandes de Peyer, consis-tant en : 1deg; l'hypertrophie ; 2quot; le ramollissement; 3U l'ul-ceration ; il y a aussi des alterations des follicules isoles.
L'hypertrophie serait propre ä toutes les maladies ayant uu caractere typhique ; le ramollissement est ce que les medecins designent sous le nom de plaques reticuUes ; l'iilceration se fait da foilicule ii la muqueuse, eile n'a ete renconlree que le septieme jour sur un quart des animaux morts.
Comire lesions exceptionneiles, M. Vallon cite la pre­sence d'un ires-grand nombi-e de boutons ou furoncles d'autant plus nombreux qu'on se rapprociiait davantage du gros intestin, semblant formes par du sang depose dans le tissu sous-muqueux, puis envahissant la membrane charnue et la muqueuse; au centre se voyait un point ramolli correspondant au bourbillon; cliaque bouton etait entoure d'une aureole semblable ä celle qui entoure le furoncle chez riiomme. (gt;Tous avons observe des lesions identiquement semblables.)
Les autres lesions de la cavite abdominale et de la poitrine sont telles que nous les decrivons; il en est de meme pour les symplomes generaux et speciaux.
La duree moyenne par cheval gueri a ete de 26 jours, et de 24 par clieval mort.
Vallon reconnalt k cette affection plusieurs forrnes, 1deg; nerveuse ; 2U abdominale; 3quot; pectorale. El!e est accom-
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AFFECTIONS ITPHOIOES
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pagriee de diverses comolications : V maladie du foie; 2deg; maladie de poitrine; oquot; broncMte ; 4quot; angine; 5U ar-tlnile ; 6quot; fourbure; 7quot; synovite articulaire; 8deg; abces; 9deg; morve; 10quot; farcin. (Nous avons austi observe maintes complications,maints accidents critiques; nous ne cora-prenons pas que Vallon ait pu confondre comma iels, des maladresdu foiejdes poumons et des broncbes, qui forment la caracteristique de ces affections.)
Etiologie, — Kien de particulier, ni d'interessant ii noter; Vallon fait I'etiologiede toutesles maladies.
Contagion. Elle nest pas contagieuse.
Traitement, — Avec beaucoup de raison, I'auteur dit qu'il ne faut pas se renfermer dans I'usage d'un seul medicament, et que mieux \aut faire la medecine des symptömes etpuiser parmi les agents tMrapeutiques ceux qui sont le plus propres ä combattre les indications qui se presentent.
Nature. — laquo; C'est une maladie primitiveraent gene-rale due ä l'alteraiion du sang , au trouble profond du Systeme nerveux et qui s'accompagne de determinations morbides multiples, ayant leur siege principal dans le tube dig(!stif et dans les organes qui lui sont annexes ou dans les organes de l'appareil musculaire. raquo;
Et plus loin, M. Vallon dit:
laquo; L'ufi'ection typhoide u'est pas une maladie locale et speciale, c'est un compose d'elements morbides divers ; eile empruntti ii presque touies les maladies serieuses quelques troubles fonclionoels ou quelques k'sions graves.raquo; {Memoiresde la Commission d'kygiene,tomefi.]
1858. — M. Aubry, veterinaire ä Sainl-Seivan (Hie-
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Bim.IOGRAPHIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3raquo;
et-Vilaine.) — FAude amp;ur ime cpizootie de l'esphce ciwvnlin'! paratssant residier de l'mage des foins Uguminmx.
Cette maiadie est etudieo sous deux formes : 1quot; forme ataxique avec su! excitation, 2deg; forme adynamique pre-sentant dessymptömes analogues ä ceux que nous rela-terons, et ä teraiinaison fatale; ayant offert des epiphe-noiiienes tels ([u'aiie erupiion axanthemaleiise, la dilata-lion des pupitles, et im caractere de lualigisite des plaies se terminant parl'ulceration.
Les causes specifiques sent l'usage du foin des prairies artiflcielles; et les predisposantes, im travail abusif; les öccasionne'les, sont les arrets de sueur et le refroidissement ' pendant lanuit.
Sa nature. - Est-ce une indigestion vertigineuseou une hepatite? Non. — Est-ce la fievre typho'ide? II n'en est pas certain. —#9632; C'est une intoxication knie resultant de Valimentation au moi/en des legumineuses.
Le traitement general a etc suivi d'essais infruntueux ; l'auteur attribue une grande valeur au sulfate de quinine ä la dose de 2 ä 3 grammes par jour. {Recueil d'Alfort.)
1858. M. Signol, veterinairc ä la compagnie des omnibus. — Etudes cliniques suruneaffection du ckeval en­core äclasser.
De tcutes les recherche; que nous avons faites parmi les auteurs ayant traite decetlesinguüere affection, i! n'en est pas dont l'observation se rapproche autant des nötres que celle de M. Signol. La seu'e difference qu'll y ait, c'est que le nomhredenos malades ayant ete plus grand, le chiffre de la mortalite a ete proportionnelle et les lesions traquo;laquo;t üie plus carueterisees pour se rapprocher dalaquo;
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AFFECTIONS TWHOIDES
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vantage dn type unique typho'ide constituant, comme le dit M. Signol, unerea'ite pathologique.
En outre des formes abrtomimdc et pectorale des au-teurs, ilen est une troisieme que Ton a confondue avec la paralysie, la paraplegie,-etqvi\ donne aux chevaux une inarclie chancelante; eile reside dans les muscles psoas qui fiont lamoilis et parf'ois dechires.
Parliculariles. — 1quot; epistaxis ; 2quot; coloration rose, rouge ou violette de la peau ; 3deg; eruption comparee par le docteur Patte a Fecthyma de riiommc et qu'il ne faut pas confonfire avec le farcin ; 4deg; acces verligineux, de duree et.de densitö variables; 5deg; acidite des urines, qui serai t un Symptome essentiel.
Etiologie. — Refroidissement, insolation, predisposition individuelle ; du reste, loujours un inconnu.
Nature. — II y a de l'analogie avec le coup de chaleur, ranhomatoso foudroyante ; ce no scrait done qu'un em-pnisonnement de I'animal par sa propre substance, veritable intoxication.
Traitement, — Maintenir riniegrite des fonctions de la peau, toniques, essence da törehenthine, huile decro-ton, ertme de tartre.
Itrstimc. — Quant an rapprochement avec la fievre ty-plio'i le de I'liomme, il y a identite, mais non o/nalogie.
#9632;
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if
M. Signol ne nie pas la contagion, mais il ne 1'atfirme
pas.
(Pccueild'AHort.]
^859. — M. Girard, velerinaire en 'Ier Ji la garde de Paris. — De l'emploi thn-apcutique de l'essence de tc-rebenthine dans les affections dites typkoides dueheval.
Sympidmes. — Ls nous sonl connus, en general; seule-
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uieiil comme la forme thoracique a toujours predomiue, il en est resulte les symptomes particuliers propres ä la pneumonie; l'affaissement 6tait tel que, malgre cela, l'animal secouchait, pas longtemps, il est vrai, mais cela se renouvelait assez souvent. La mort survenait du 6deg; au lO6 jour; on, la maladie etant enrayee, la guerison se faisait du 9e au iO^our; la convalescence a ete^ en moyenne, de 40 a 45 jours.
LMons, — G'etait exclusivement la forme thoracique avec epanchement et foyers purulents. Dans la cavite ab­dominale, il y avait quelques rougeurs et une teinte plombee de la muqueuse ; les autres organes etaient plus ou moins ramollis.
Du sang. — Incoagulable, sirupeux, noir et tachant lesdoigts; Separation prompte; le caillot blanc est dans des proportions assez considerables; il n'y a qu'un tres-leger depot cruorique; le serum est plus ou moins abon-dant suivant les cas.
Etiologie.—#9632; Refroidissement de la peau, fatigues ex-cessives dues au service qui sc faisait nuitetjour.
Nature. — L'auteur se rattache a la diathese typho'ide de M. Sanson.
Traüement. — Les saignees, les sinapismes, les scarifi­cations sont inutiles. — Emetique ä la dose de 4 ä 8 grammes; puis, ölectuaire de 30 a GO grammes A'essence de ierebenthine rectißee; regime blanc, sulfate de soade. Les proprietes de cet agent, comme diurötique, sont irr6-cusables-, et dans les maladies du sang, les hydropisies, on peut meme porter la dose jusqu'a 100 grammes, sans inconvenient. {Recueild'Al/ort.)
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amp;.FFECTIONS IYPH01DES
i8b9. — M. Mottet, veteiinaire ä Soissous. —Con--tagion de l'affection typho'ide.
II -en cite un cas tres-remarquable dans une meiiiö ecurie oü chevaux anciens et nouveaux perissaient; il y eneut 70 qui moururent en un an. Mais, comrne I'auteur ne dit rien, ou pen de choseSj des causes, des symptömes, de la marche et des lesions, il est permis de douter. {Recueil d'Alfort.)
'1859. — M. Prang6, veterinaire a Paris. — Me-moire sur la gastralgie chez le cheval, maladie plus parti-culierement coanue en medecine veterinaire sous le nom de fievre typho'ide. {Journal de Lyon.)
Nous n'analyserons pas ici ce memoire ; nous en repar #9632; lerons k roccasion de la discussion qui a eu lieu ä la Societe veterinaire de Paris, amp; la suite du rapport de M. C. Leblanc sur un memoire de M. Rougieux. (Voir page 44.)
1839. — M. Knoll, veterinaire h Soultz (Haut-Rhin). Memoire sur l'influenza des chevaux.
Qu'est-cc que l'influenza ? C'est la gastro-enterite epi-zootique de -1825 decrite par Hurtrel-d'Arboval; c'est la fiövre gastro-catarrhale de Hagne, professeur a Yienne (Au-triche); c^est la fievre nerveuse epizootique du professeur Anker (Berp.e, lt;826] -, c'est la pleuro-pneumonie epizooti­que de Dieterich (path, speciale, page 657); c'est la fievre catarrhale opizoolique do Funk (Leipsik, '1836); c'est la fievre rhumatlsmale compliquee deSpinola: voilä ce que c'est que l'influenza!
Ce mot est une expression synthetique qui resume tout
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BIBL1ÜGKAPH1E.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 39
en eile. II y a 3 formes d'inüuenza ; ilaquo; forme type, sim­ple; c'est la rhuraatismale dans laquelle les sßreuses seules sent altaquees; 2deg; rhumatismo-catarrhale a laquelle vients'ajouter l'affection des muqueuses et des ganglions lymphatiques j 3deg; la plus dangereuse, c'est la gastro-rhu-raatismale ou bilio-rhumatlsmale dans laquelle le foie et les intestins sent cnflammes.
ITistorique.—EUeapparut lapremierefoisen Angleterra en 1732 et 1734; de la., eile fut importee en Allemagne. En 1820, on la voit en Luhuanie et en 1824 a Berlin; eu 1825^ en Suisse et en France.
Nature. — Le sysleme cerebro-spinal est affecte le pre­mier-, puls, 11 y a Irradiation sur le poumon, sur le foie, sur l'intestin, etc. D'ailleurSj si riutluenza apparalt sous teile ou feile forme, si tel ou tel organe se montre lese de preference, Kenner l'aUribue ä une faiblesse predispo-sante de Torgane entrepris, ou locus resistentw minoris.
C'est une rualadie des solides, non contayieme, due ä Faction d'un miasme inconnu dans son essence, mais rendu evident par ses efFets.
Caracteres du sang. — Si la maladie est typtmde, le sang ne se coagule pas et sa couleur est noirätre; s'il y a simple astbenie, il se coagule lentement et präsente Leau-coup de serum ; si le caractere est slbenique, 11 se prend tres-vite en une masse noirätre; le serum est peu abon-dant, la couenne inilammatoire est epaissie, dure, coriace. Quand le foie est pris, on voit au-dessus une miuee couebe d'une couleur jaunätre.
Duree. — Quand eile est simple, sa duree est de 13 ä 14 jours; si eile est typho'lde, sa duree est de 20 ä 25 jours.
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AFFECTIONS TYPHOIDES
Accidents critiques. — Ce sont les sueurs, la diurese, les evacuations alvines non colliquatives, le jetage et les abces dans Tauge; il y a aussi exfoliation de l'epiderme, la chute et le renouvellement des polls; une eruption pustuleuse ä la peau et un gonflement erysipelateux des membres et du fourreau.
Lesions. — Cavite thoracique : pl^vre rouge, epaissie, fausses membranes adherentes; poumons engoues, indu-res, hepatises; coeur double de son volume, päle, deco-lore, se dechirant facilement, et taches noires dans I'inte-rieur. Abdomen : foie tumefie, päle^ brunätre, ä substance cassante ou cuite avec abces ou cavernes; la rauqueuse gaslro-intestinale est injectee, maculee de plaques rouges et de piquetures multipliees plus ou moins rapprochees. Haine a vu des exsudations sereuses dansle tissu celluiaire sous-muqueux ; fait, dit-il, non encore signals en Fiance. (Nous le signalons dans nos autopsies.) II y a quelquefois des traces de metrite, de nephrite, de peritonite avec epanchement. La vessie offre souvent des taches rouges ct I'urine est safranee ou coloree en rouge.
Le sereuse cerebro-spinale offre des traces d'inilarama-tion et d'exsudation.
Diagnostic. — Lalourdeur, la demarche chancelante, I'affaissement subit, la teinte icterique et enfin le nombre des malades, servent d'elements de diagnostic.
Elle n'est jamais sporaiique.
Pronostic. — L'influenza est grave quand eile revet la forme icterique et typbolde; la mort arrive du 4e au 7'jour; le 5e est le plus redoutable et ceux qqi passent le 9', peuvent etre consideres comme sauves.
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Causes, — Inconnues. C'est sans doute un miasme specifiquc dont ricn ne peut expliquer le pourquoi.
Contagion.— Girard3 d'Arboval, Dieterich, Veith, ne croient pas ä la contagion. Furke, Anker, Spinola sont aussi de cetavis; mais ils pensent qu'wn element conta-gieux peut etre emjendre quand la maladie revet la forme typhoide.
Hering de Stuttgard lui trouve de l'analogie avec la grippe de l'homme et d'autres la comparent ä la fievre aphtongulaire des ruminants.
Traitement. — A Berlin, le veterinaire Reimacher a obtenu de nombreuses guerisons avec les boissons nitrees; aussi a-t-il donne a cette affection le nom de salpeler krankeit ou maladie du salpötre,
Les saignees, les setons, les sinapismes, les toniques, les purgalifs, les mucilagineux, le calomel, le sei ammo­niac, etc., etc., tout a ete employe.
II est prudent de separer les animaux malades de ceux qui ne le sunt pas, {Journal de Lyon.)
Le trait saillant de ce memoire sur I'influenza qui n'est autre que les affections typhoides du jour, est qu'on en place le point de depart, non dans une alteration primi­tive du sang, comme nous le faisons en France, mais Lien dans un trouble primitif des functions du Systeme cerebro-spinal; nous reviendrons sur cette appreciation qui ne manque pas d'une certaine justesse.
1859- — M. Saint-Cyr. La fievre typhoide devant la Societe centrale.
Nous citons celte critique de M. Saint-Cyr, au point de
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AFFECTIONS TYPHOIDFS
vue chronologique; nous la retrouverons clans la discus­sion de la Societe centrale que nous allons analyser.
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1859. — M. Rougieux, veteriuaire du depAt d'eta-lons de Uosieres-aux-Salines (Meurthe). — Memoire sur la fieure typhoiie du cheval, adresse ä la Societe centrale de niedecine veterinaire de Paris. Rapport de M. C. Le-blanc.
Le rapporteur, exarninant ce memoire dans tous ses details, conclut que la malailie observ^e par M. Rougieux etait seulement une gastro-enterite compliquie d'alteration du sang, et amiula ainsi tous les travaux ecrits sur cette affection depuis 1825.
M. Leblanc avait-il raison? Nous ne le pensons pas, parce que M. Rougieux ayant observe cette maiadie sur un grand theatre oü nous avons ete ä mem* de le suivre pendant six ans, et ayant affermi notre opiuion sur une masse de chevaux de tfoupe, il en resulte pour nous que M. Rougieux cst dans le vrai quand il se sert de l'epithete typhoide qu'il n'aurait cependant pas du faire precöder du mot fievre que rien ne justifie dans son memoire et qui vise trop ä la pathologie coraparee.
Nature. — Ge serait un (Moment morbide forme dans l'organisme et qui y reste latent, jusqu'ä ce que de nou-velles influences nosogenes provoquent son developpe-ment.
Causes. — Exces des fourrages artiöciels, excös de travail.
Pour etudier cette maiadie, M. Rougieux la divise en deux formes, la pectorale et rabdominale. -
Gomme signe pathognomonique, M. Rougieux dit que
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si Ton pince le muscle masto'ido-liumeral, un peu au-dessus de la pointe de 1'epaule, il en vesulte une con­traction toute particuliäre qu'il n'explique pas, mais qui est, pour lui, d'une grande vaieur diagnostique.
L'auteur udmet la contagion par virus volatil.
Traitement. — Pas de saignee-, user des revulsifs, des toniques et des amers.
Ce rapport fut suivi d'uns discussion assez an imee et critiquee par M. Saint-Cyr dans le Journal de Lyon ; ce dernier trouve qu'on est trop en desaccord sur la thera-peutique. Deplorable harmonic, dit-il; et pourquoi ? parce que chacun veut edifier et vout avant tout, et par-dessus tout, faire preuve d'une originalite qui n'est pas toujours meritee,
Mais..... laissons bonder M. Saint-Cyr et passons ä fe
discKssion.
M. Sanson, revient k la charge, baguette de verre en main, agilant son precipite bleu dans le vase contenant le serum et racideazotique; il pretend ququot;il n'y a pas d'in-flammation possible, pas plus que de complication d'altera­tion du sang; line pent y avoir qu'une diathese.
M. Colin croit que 1'affection typhoide u'a pas plus ete observee par M Sanson que par tout autre, et qu'il ne sufflt pas de constaier les lesions des glandes de Peyer, mais qu'il faut encore s'assurer de la nature de ces lesions. 11 avance que la quantite de fibrine oyant diminui, celle des glolmles a augments; d'oü ilresulte, par ce defaut de plasticite, une exhalation a travers les muqueuses.
M. Leblanc. — Les epitheles de fifevre muqueuse, de gastro-enterite, ayant la consecration du temps, valent mieux que fievre ou diathese typhoide. II repousse la
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AFFECTIONS TYPHOIDES
stase sanguine et admet Finflammation, et par consequent I'enterite et !a pneumonie.
A I'opinion de M. Colin sur l'etat du sangj il oppose celle de MJ1. Delafond et Clement, ä savolr: qu'il y a diminu­tion des globules et augmentation de fibrine, dallmmine et d'cau.
Quant ä la reaction des acides sur la bile, M. Leblanc dit que ga ne prouve rien.
M. Signol. 11 n'existe pas d'ulceralion; ce qui a ete pris comme tel n'estque le resultatde la chute d'une escarre, formant une veritable plaie susceptible de secica-triser. —La stase sanguine pent s'etablir dans le poumon sans provoquer d'inflammation. Le sang sort noir de la veine, et, 7 ä 10 minutes aprös, la separation de ses elements est complele,; le caillot blanc, plus gros que le noir, est colore en jaune; il est dense, solide, resistant; tandis que le noir est fonce, deliquescent; le serum est trouble, opalin ou clair, mais plus jaune qu'ä lelat nor­mal. En resume : f'eau et talbumine sont nugmentees, la proportion de ftdrine est la meine et celle des globules a di-minue.
M. H. Bouley. — Lc sang est altere, mais comment? L'dtat cholemique est-il cause ou efiet? II y a un inconnu qui nous ecbappe! II a vu l'hepatisation ct les fausses membranes, done l'ötat inflaramatoire existe. Tous les traitements sont applicables, reste ä savoir lequel con-vient le mieux ä chaque individuality.
M. Prangö. 11 nomme cette affectioo gastralgie, parce que oa eloigne toute idee primitive ou seoondaire d'alteration du sang, de mamp;ne que toute idee de conta­gion.
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Aux causes dejä connues, il ajoute celle du mode de croisements; lous les divers phenoraenes onl leur point de depart dans le sang, car, des ie debut, il y a diminution dans les elements sans qu'il y ait pour cela alteration ou viciaiion; les plantes papillonnacies chargees d'albumine amenent promptement la rupture dans l'equilibre des principes, d'oü le debut de la gastralgie. C'esl par la diminution de la fibrine, de l'albumine et du serum que s'explique l'arret fonctionnel des actes secretoiresj en sorte que toules les lesions ne seraient que secondaires.
Les alterations du poumon ne sent ni le propre de la lievre typhoide, ni celui de la pneumonie; il y a simple-ment engoueraent, mais pas do pblegmasie ; dans la gas­tralgie, le sang teint le poumon, e'est une hematisation ; de meme que toutes les taches abdominales ne sont qu'ldmatiques, formees par des alluvions de fibrine et d'al­bumine; on ne doit pas les confonure avec les petechies ou les eccbymofes.
La diminution ou raugmentation du sang ne constitue pas une alteration.
Traitement. — II est irrationnel de soustraire ii la masse du sang les elements qui, dejä, font defaut; etrange contradiction! Les vesicatoires, saignees, setons, sina-pismes, sont un non-sens!
Le sei de nitre ayant la propriete de fixer les matieres organiques, e'est sur ce principe qu'est fondele traitement: on en donne 125 grammes par jour, et, tous les 2 ou 3 jours, on donne 300 grammes de sulfate de soude; quel-quefois on fait une petite saignöe, mais dans lescas seule-ment d'hematisation du poumon; 6viter les variations
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dans le mode de traitement, pas d'electuaires; pas de diete; nourriture for'.ifiante.
Nous avouons ne pas comprendre la necessite ot la base de cette Ihcorie de M. Prange, voulant substituer une nevrose a une inilammation quand eile existe, ou a une alteration primitive ou secondake du sang.
Apres cetle discussion sur le fond de la question, il s'en suivit une autre sur la question de principe; et, une conclusion fut formulae comme suit : laquo; La maladie que M. Rongieux a decrite sous le titre de fikvre ty-phoide differe , par les symptöraes et les lesions, de l'affection connue sous ce nom en medecine humaine, raquo; Elle fut adoptee.
La premiere redaction disait:.......laquo; De I'afiec-
lion connue tani en mecleeine hutnaine qrien 'medecine ve-terimire. raquo; Sur la motion faite par M. H. Bouley, le dernier raembre de phrase fut supprime, attendu que I'honorable professeur avait declare ne pan savoir ce qu'on appelait fievre typhoide en medecine vtterinaire.
Done, en 1859, la fifevre typhoide ou les affections typhoides, comme on voudra appeler cetle maladie, ötaient formeliement raeconnues, dans leur individuality nosologique, par la savante compagnie dont les decisions sont generaiement acccptees.
Nous ne larderons pas k voir qu'aprfe le concours de 1866 sur cetle question, M. H. Bouley entratna la Societe veierinaire vers sa conviction, a savoir: que le cliev:il est sujet ä une maladie speciflque qu'il convient de dc'nom-met maladie typhoide; ccpendant, il reslait encore quel-ques points de cloute ä eclaircir, et cette question, remise ä nouveau au concours, en 1868, futtraitee d'une maniere
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si precise qua, desormais, tous accepterent les affections typhoideb.
SECTION II. 2C periode, de 1860 ä 1807,
i860. — M. Boiteux, chef de service a 1'ecole veteri-naire de Lyon. — De la contagion de l'affectim iypho'ide du cheval.
Elant veterinaireniililaire, M. Boiteux a observe cette af­fection en 1857 dans une remonte de 2700 chevaux sur lesquels plus de 300 furent malades, dont un sicciememou-ruf, soil 80 !
M. Boiteux raconfe, d'une maniere aussi remarquable que laconique, l'histoire de cette maladie dont les details offrent ce trait indelebile de famille avec ceux que nous developperons un pen plus tard; 11 constata quclques cas 'de recidlve apres guerison complete.
Le sang mourait promptement dans le vase, le coagu-lum etait rapide et la separation des elements hntive; les globules formaient une gelte brane, sans consistance, tandis quo le caillot blanc etait h la fois plus volumineux et plus ferme.
Avec une reserve a laquelle il faut rendre justice, M. Boiteux cite quatre cas de chevaux dquot;officiers vivant loin du foyer dquot;infection et dont Tun a ete, par erreur,
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conduit ä rinfirmerie pour un coup de pied; il en sortit onze heures apres; ce fut assez pour que cette jument eät la maladie rögnante, et que les trois autres, assez eloignes d'elle, en fussent laquo;ws^ja^emts.-rund'euxmemesuccoml'a, {Journal de Lyon,)
Si la contagion est discutable, M. Boiteux conseille neanmoins, en pareiile occasion et par mesure de r ru-dence, l'eloignement et la sequestration absolue des malades.
Nous ajouterons qu'ä Grenoble, nous avons obsorvo des fails analogues; mais, scientifiquement, ils ne suffisent point pour etablir le caractere specifiquement contagieux d une maladie donnee.
'I860. — De la maladie rignante, — La societe veteri-naire fut saisie d'une communication de M. C. Leblanc sur une maladie qui regnait alors euzootiquement sur les cbevaux de Paris^ maladie qui faisait beaucoupde victimes et qui se caracterisait par des congestions apoplecliques sur les ganglions lymphatiques, sur le ponmon, le foie et la rate ; M. Leblano pcre considerait cette maladie comme etant de nature charbonnense. sans etre cependant con-tagieuse.
M. Charlier, opposant ä M.Leblanc ses fails cliniques et necropsiques, declarait^, au contraire, que cette maladie etait de nature inQammatoire. Plusieurs seances furent remplies des savantes et interessantes discussions de MM. Leblanc, Charlier, Delafond, Renault et Bouley; ce qui en estresulte, ce n'est point Taccord doclrinalni me­dical, ranis c'estque ccite maladie n'avaitrien decommun,
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ni de loin ni de pres, avec las affections typho'ides de nos jours.
Nous avons tenu k faire celte declaration, parce que quelques-uns de nos confreres, for^ant l'expression symp-tomatique et pathologique de la maladie regnante, n'ont pas hesite ä tenter un rapprochement enlre eile et la maladie typhoi'de. (Bulletin de la societe veterimire,)
\ 801. — M, Beugniet, veterinaire mililaire. — Dans cette maladie, il conseille l'emploi du carbonate de fer et recommande les setons. — Cela ne nous semble pas logique.
1860. — Acadömie de Mödecine. — M. le doc-teur Gazalas a presente une etude trfes-complete snr les affections typho'ides. Entre autres conclusions, nouscitons lal3mc:
laquo; Les lesions anatomiques qui caraoterisaient les maladies typhiques, apres la raort, etaient aussi variables que leur nature etait complexe; et, tandis que les lesions des plaques de Peyer ne manquaient qu'exceptionnellement dans les cas oü la maladie avait offert, pendant la vie, les symptö-mes et la marche du typhus, elles etaient generalement absentee ou superfigielles dans ceux cü ces maladies avaient presente Vinconsto.nce et Virregularite des affections fypho'/des. raquo;
Desormais done il ne faudra plus tant se preoecuper de 1'absence, chez le cheval, de ce que beaueoup de veleri-naires considerent encore comme le caractere essentiel de la fievre typhoide de Thomme, pour refuser d'admettre
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les affections typhoides dans le cadre nosologique veteri-naire.
'1862. — M. Salle, veterinairemilitaire. — Nousavons envoye au minisfre de la guerre, pour le ccncours annuel entre les veterinaires de l'armee^ im memoirc ayant pour titre :
De l'unite des affections iyphouks du cheval ou de la typho'idie.
Cen'estqa'en ISfii que la commission nominee pour juger la valeur de ce travail fit son rapport au ministre, demandant pour Tauteur une medaille d'argent; cette commission etait cornposee de MM. Reynal, Goux, Merche et Auboyer, rapporteur.
Devant coufondre en un Beul tout le fruit de nos obser­vations, nous n'analyserons pas ici notre memoire, dont la substance trouvera sa place dans la 3deg; partie; nous croyons ne devoir que suivre et expliquer les critiques du rapport de M. Auboyer. Ce memoire-etait divisc en sept chapitres:
4deg; Bibliographie. — Cbose utile, dit M. le rapporteur, ne fut-ce que pour fournlr une nouvelle preuve do la do­mination que l'usage nous impose, memeen medecine, en montrant la facilite avec laquelle beaueoup d'observatcurs subissent moralement la pente entrainante des influences syslematiques desepoques oü leurs pensees sont publiees.
Nous reconnaissons la verile de celto appreciation, car suivant les idecs de l'öpoque, nous avons tente d'eiablir Tidentite entre ccs aflPections du cheval et la fiövre typholde de riiomme ; ce qui etait alors, comme aujourd'hui, une prejudiciable etprofonde erreur.
2deg; Caracteres generaux et commims, consideres dans
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l'expression symptomatique et pathologique. — A l'appui de nos doctrines, nous avions joint plus de vingt autop­sies tres detaillees et des piöces pathologiques conservees dans l'alcool, portant, disions-nous alors, le cachet indele-hile de la forme do la fifevre typhoide gangreneuse, si bien decrite par Bretonneau de Tours, et designee par lui sous 1c nom de dofhienenterie. Tout en critiquant nos dires, M. Auboyer ajoute qu'il est regrettable que cos pieces jus-tificatives ne soient pas parvenues ä la commission. A notre tour, nous regrettons cette erreur de M. le rappor­teur, car ces pieces etaient si bien parvenues a la commis­sion que, des que nous eümes connaissance du rapport de M. Auboyer, on nous donna l'autorisation de faire des recbercbes dans une salle ad hoc, oü sont deposes les divers envois, et que, raquo;ans peine, nous fumes nssez heureuoo pour refrouver la boite contenant toutes les pieces jnstifi-catives.
A. part cette observation, M. le rapporteur accepte tout ce que renferme le 2deg; cbapitre.
3quot; Symptomatologie. — L'auteur, dit M. Auboyer, a eu tort de diviser l'unite typhoide on typbo'idie, en forme aigue, ebronique et foudroyante; il est possible que cette classification soit bardie, mais eile n'est point irrationnelle si Ton veut so. penetrer des formes bien definies des diverses manifestations de ces atfections; quoi qu'il en soif, nous acceptons la critique elrenongonsa ces appellations nouvelles.
Nous avions fait une etude du sang, a l'aide du seul hemalomelre, sur plus de cent saignees a diverses perio-des de la maladie; de lii, nous avions tire les dMuc-tions suivantes: l'altoation du sang se caracterise, 1deg; par
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la diminution de la fibrine qui, dans certains cas, existe ä peine; 2quot; par une augmentation absolue des globules; 3deg; par une petite augmentation du serum. Nous ajoutions que le sang, dans certaines circonstances, avait la reaction si iCiDE, qu'il pouvait dccnper une lame de cuivre,
M. Sanson, dans son travail sur la diathese typhoide, nous ayant conseille d'essayer la reaction de I'acide azo-tique sur le serum, reaction qui, ä Tetat normal, se tra-duit par un precipite blanc d'albumine, nous avons tenlü, sur chaque saignee, des essais de cc genre, essais qui ont eu pour resultats de nous donner, dans la majorite des cas, des precipites colores en vert, en bleu et meme en mir, tous signes decelant le melange au sang des prin-cipes colorants de la bile; ce qui, d'apres M. Sanson, serait un jalon de diagnostic certain pour ces affections. Si nous n'avons pas fait d'analyse chimique ni microsco-pique du sung, c 'est que nous n'avons pu trouver ii Gre­noble, oil nous etions en garnison, un savant capable d'un travail aussi delicät, aussi serieux. G'est ce que nous avons formellement declare dans notre memoire, et cependant M. le rapporteur nous inflige un blame (non merite certes), pour ne nous etre pas mis ä la recherche des bacteries.
4deg; Diagnostic et Pronostic. — M. le rapporteur nous blame ii nouveau de la division erronee que nous avons voulu elablir; et, se meprcnant sur la valeur si irapor-tante de l'unitc de ces affections, il nous reproche de n'avoir point voulu admettre les divisions et subdivisions de nos devanciers, reconnaissant les formes abdominales simples et graves, thoraciques et cerebrates. Ce ne
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sont point la des formes, ce sont des manifestations d'une maladie qui, en somme, est wie.
Pour aider ä former im pronostic, nous avions etabli maintes statistiques demontrant les influences des saisons, dunombrede clievaux re^us, de Tage de ces chevaux et de la date de leur immatriculation par rapport a la date de l'fclosion de la maladie ; malgre l'importance reelle de ces donnees, le rapport n'en dit mot; en temps et lieu, nous traiterons ces questions.
5deg; Etiologie. — A la recherclie de finconnu, nous avions evoquö tout 1'arsenal etiologique; ne trouvant rien qui put expliquer Tetiologie meurtriere que nous avions observöe, nous diimes rattacher les effets ii la seulecame qui nous parutprobante; ainsi: sur 119 chevaux morts, 33 tom-berent malades \e jour mchne de leur arrivee au corps; — SO, entre le 1er et le 8deg; jour; — 15, du 9e au \'6e jour. — Or, dans ce cas, on ne pouvait faire jouer les influences nefastes de l'insfnllalion et de l'acclimatement. On ne pou­vait, rntiomellement, evidemment, que supposer uno action destructive des forces organiques, par le sen! fait du deplacement rapide des chevaux par les voies ferries, allanten quelques heures du nord au sud, ct del'ouest a Test, alors que nous savions que ces chevaux avaient ete livres en bonne sante par les depots de remonte.
Depuis, cette idee a fait son chemin; et unjour vien-dra, oü Ton ne (lira pas avec M. le rapporteur, que, dans I'espece, nous avons eu le tori de ne pas suivre les smtiers liattus!
6deg; Traitemmt, — Ce serait empieter sur la suite de cc travail que de discuter pied ä pied la critique de M. le rapporteur, qui pretend que nous nions tons traitements
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rationnels h opposer a la marche de teile ou teile forme. Plus convaincu auiourd'hui que nous ne l'etions ä I'epo-que oü nous fimes ce memoire, nous vepeterons que cetto affection otant une dans son essence, il ne s'agit que de savoir de quelle nature est la maiadie; qu'alors, la tMra-peutiqne gönörale sera lap'tnctpa/e; taadis que la spe-ciale, suivant les formes ou manifestations, comrae on voudra, ne sera que secondnire.
7deg; Nature des affections typhoides: Contagion.Nous exphmions ainsi notre pensee: La typhoidie est une affection generate, caracterisee par I'alteration organique et primitive du sang ; composee d'eleraents morbides iden-tiques, quoique ties-varies suivant les lieux d'election; ayant uns analogic parfaite avec la fievre typho'ide de l'homme; n'etant pas enfin contagieuse.
M. le rapporteur so refuse h admettre ces donnees, sur-tout en ce qui concorne Tanalogie entre ces affections et la fievre typhoide de riiommo. ( Tome XIV, memoires de la Commission d'hygiene.) En accordant cette erreur ä M. Auboyer, dont le rapport, da reste, est aussi impartial que parfaitement ecrit, nous demanderons, non ä cetres-honorable confrere que nous avons le regret de ne plus compter parmi nous; mais nous demanderons, disons-nous, ü MM. Reynal, Gonx et Merche, mexnbres do la commission, de vouloir Lien nous accorder le benefice des quelques idees neuves que contient ce memoire, ä savoir : la tendance constante ä prouver l'unite de ces affoctioas; — la decouverto de Pacidite du sang: — les influences fatales d'un changement brusque.de climat, de latitude, par le fait du transport des chevaux par les voies ferrees; — enfin , comme consequence de l'unite
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morbide, une therapeutique genemle plus simple et plus constante.
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1863. — M, Feuvrier, velerinalre en 1quot; au ae cui­rassiers de la Garde.
Affection typhoide. — Avec beaucoup de details, M. Feu-Yrier decrit les antecedents heureux de ce cheval; les symptömes du debut donnerent le change sur la nature de cette maladie; apparut enfin la forme abdominale tranche.
Le traitement consista en laxatifs et en electuaires b. base de gentiane et d'essence de terebentliine.
La guerison semblait prochaine et certaine quand, tout ä coup, survint une crise epouvantablo qui fut suivie de la mort.
L'autopsie decela toutes les lesions abdominales de ces affections, voire meme les alteratiom profondes des glandes de Peyer et de Brünner. La cause de cette mort inaltendue est attribute ä un epaississement des parois de roreillelte droite, epaississement tel, que l'ouverture ventriculaire etait presque bouchee.
M, Feuvrier ajoute que s'il a classe cette maladie sous le nom de tvpboide, e'etait pour se ranger sousla doctrine du jour; il croit qu'il serait plus rationne! de la rappor­ter aux affections charbonneuses qui, du reste, rögnent frequemmenl ä Meaux oü il ötait alorsen garnison.
M. Feuvrier publia, plus tard, une autre observation d'affection typboide ayant debute sur un cheval fait, en traitement pour un crapaud, et qui fut compliquee d'nne angine sur-aigue qui necessita l'operation de la fracheo-tomie.
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Des lors disparurent les symptomesasphyxiques, et avec eux, ceux de I'affection principale; ce cheval guerit et fut reforme. ( Journal veterinaire militaire.)
1863.— Acadömie des sciences.— MM. Dela-fond, Davaine et Signol. Des bactiries ou hacte-ridies darts le sang des animaux morls du charbon et des affections typhoides.
C'est en 1860 qua le regrette M. Delafond vint commu-niquer ä la Societo velerinaire le fruit de ses recherches sur le sang des animaux charbonneux j laissons la parole äM. Delafond:
laquo; Les corpuscules charbonneux, vus avec un grossisse-raquo; meat de 5 a 600 diametres, se montrent sous la forme raquo; de filaments tres-delies, ou mieux, de petites baguettes raquo; plates, simples, plus ou moins allongees, unies, d'un raquo; diametre egal dans toute leur longueur, transparentes, laquo; legörement ombrees k leurs bords et dont les deux j extremitessont brlsees carrement et tres-nettement; tres-raquo; generalement droits, on les apercoit quelquefois courbes raquo; ou coudes a angle plus ou moins aigu. Dans cette cir-raquo; Constance, un grossissement trös-considerable fait raquo; reconnaitre qu'ils sent incompletement fractures dans raquo; une partie de leur longueur, le plus souvent dans leur raquo; milieu. Leur diamötre est de 2 ä 4 milliemes de milliraquo; raquo; metre au plus dans toute leur etendue ; leur longueur raquo; varie de 4 milliemes ä 1 centieme de millimfetre. Vus raquo; avec les plus forts grossissements, on ne constate ni raquo; cellules, ni aeroles, ni vacuoles interieures ; Us riexecu-raquo; tent Jamals de mouvements, ils flottent dans la liqueur i) du sang lorsqu'elle est agitee sur les lames de verre et
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raquo; suivant le deplacement des cellules rouges et blauches.raquo;
M. Delafond admit que ces corps n'etaient point des ani-maux infmoires, mais bien des cryptoyames dont l'especc reste encore, quant ;i present^ a determiner.
laquo; Jesuis loin de pretendre, ajouta-t-il, que ce soient ces raquo; proluclions qui engendrent le charbon et que la nature raquo; propre du virus qui transmet la maladiesoit due a leur raquo; existence; mais je dois faire remarquer que le sang des raquo; animaux charbonneux me parait avoir acquis me com-raquo; titution morbide favorisant esscntiellement la multipiica-raquo; tion de ces productions. Et je suis d'autant plus dis-raquo; pose ä admettre qu'il en est ainsi que, plus I'affection raquo; cbarbonneuse est rapide et promptement mortelle, plus raquo; aussi le nombre des corps charbonneux est considerable raquo; dans les liquides circulatoires et dans les tissus. raquo;
Ce fait toutnouveau, interessant, et sa description sont restes debouts! et cependant, quelques annees plus tard, M. Davaine vint annoncer la decouverte d'infusoires dans le sang de rate, infusoires quil nomma bacle'ridies, parce que ces infusoires ayant la forme de baguettes cylindri-ques, ressemblaient aux vibrions ou bacteries constatees dansle fermeut butyrique de M. Pasteur; voici la descrip­tion qu'en donne M. Davaine :
laquo; Les bacteriums du sang de rate sont des filaments libres, raquo; droits, roides, cylindriques, d'une longueur variable raquo; entre 4 et 12 milliemes de millimetre, d'une minceur raquo; extreme; les plus longs offrent quelquefoisune, et tres-raquo; rarement deux inflexions ä angle obtus; par un tres-fort raquo; grossissement on distingue des traces d'une division en raquo; segments; ils n'ont absolument aucun mouvement spon-raquo; tane. — Par la dessication, ils conservent leur forme
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raquo; et leur apparence. L'acide sulfurique, la potasse caus-raquo; tique en solution concentree ne les detruisent pas, ils se raquo; comportent a l'egard de ces reactifs comme les conserves raquo; les plus simples.raquo;
Nous ne voyons aucuae difference entre le fait nouveau de M. Delafond, anterieur de trois annees an fait nouveau de M. Davaine; et cependant, M. Davaine n'a, en aucun cas, dans aucune circonstance, fait mention de la decou-verte de M. Delafond ! (?)
Dans cette merae seance du lO aoüUSeS, M. Signol a etabli que les bacteries ne sont pas particulieres au sang de rate ni aux maladies dites charbonneuses, car il a pu les observer maintes fois dans la maiadie du cheval quali-fiee dediathese typhoide, d'influenza, d'a/fectwns typhoides, dont les modes de manifestations sont tres-diflerents. laquo; G'est ainsi, ajoute M. Signol, dans la lettre adressee a raquo; TAcademie des sciences, qu'il m:est arrive de renoon-raquo; trer des bacteries, soit chez les animaux qui out suc-raquo; combe ä la forme thoracique ou abdominale de cette raquo; affection, soit encore chez les chevaux raorts ä la suite raquo; de ces formes qni se caraclerisent par des raptus he-raquo; morrhagiques, et plus souvent chez ceux ayant suc-igt; combe ä la forme paraplegique, qui est Tun de ses raquo; modes d'expression les plus ordinairesj car il est remar-raquo; quable que, malgre la diversite des organes frappes par raquo; la maiadie, l'etude histologique permet de constater, raquo; dans ces circonstances d'apparences si diverses, des raquo; lesions analogues^ d'oü l'on est logiquement autorise ä raquo; presumer entre elles une itlentite de nature. raquo;
Apres avoir decrit les bacteries et relate les inoculations heureuses qu'il a faites, par lesquelles les animaux inocules
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mouraient ea oft'rant des multitudes de bacteries, M. Si-gnol enonce une nouvelle decouverte sur la nature de l'alteration du sang typholde : laquo; Le sang presente ordi-raquo; nairement ce caraclere remarquable qua, si ou Texamine raquo; apres la mort, les globules ont disparu; et on trouve des raquo; cristaux de formes diverses resultant de leur dissolution, raquo; el dont les plus nombreux ont la plus grande analogic raquo; avec ceux de cholesterine. raquo;
Nous avons voulu rapporler, avec qaelques details tech­niques, ces fails si interessants sur lesquels nous revien-drons en traitant de nos experiences sur !e sang; nous pouvons dire, des k present, que le sang des chevaux typho'ides contient, apres la mort (jamais nous ne I'avons vu pendant la vie), des masses de cristaux de formes va-riees, que les cristaux en aiguille ou en baguette cons-lituaient, par leur destruction, les bätonnets de Delafoad, les bacteridies de Davaine. Cetle queätion importante aura son developpement; en attendant cetle preuve, prenons uij point d'appui sur M. le professeur Bassi, de l'ecole veterinaire de Turin qui (nous I'lgnorions en 1870 ), ecmait ceci en 1865 : Ler bätonnets de Peilen­der et de Brauell existaHt dans le sang charbonneux dune vache nesesontpas reproduitspar l'inoculation; M. Bassi exprime la conviction que ces bätonnets ne sont autre chose que des cristaux !
Quoi qu'il en seit, il reste acquis ä la science que les affections dites charbonneuses et lyphoides sont caracte-risees par la presence dans le sang des infusoires du genre bacterium, ou tout au moins des bätonnets de Delafond, Bassi et Salle.
1864. — M. C. Leblanc, veterinaire ä Paris.—
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Quelques mots sur ce qu'on appelle encore la fievre typhoide du cheval.
M. Leblanc, se retranchant derriere le vote fait en 48b9 ä la Societe centrale veterinaiie, vote qua nous avons rapporte au sujet du memoiie de M, Rougieux, exprimant que cette societe ne pouvait s'engager ä reconnaitre une affection dite typhoide chez le cheval, M. Leblanc, disons-nous, regrette que, depuis cette epoque, on ait continue a se servir de celte epituete, ce qui est une erreur, puisqu'il aete hien pi'ouve qtiaWe ne convenait nullemeut ä la mala-die dont il s'agit.
Gertes, ie travail de M. Leblanc est excellent sous bien des rapports; ses vues de philosopbie m^dicalesont hautes et larges, — la critique qu'il fait des diffcrents aufeurs est rnoderee et nous parait, fondee, — mais combien il doit regretter son veto!
Mais........passons!
M. Leblanc qui est anti-typhouliste, ainsi qu'on a pu le prejuger par les quelques lignes qui precedent, fait une revue retrospective dans laquelle il ne trouve ni grace ni merci pour la nialadie que nous etudions ici; ni le me-moire de M. Trelut (1), ni le travail de M. Baillif, ni la gastralgiede M. Prange, ni M. Dehan, M. Denoc, M. Lafosse, ni M. Delorme et tant d'autres que nous avons cites, n'ont pretendu decrire les affections typhoides; ou s'ils I'ont fait, M. Leblanc cherche a prouver que ces auteurs se sont trompes. 11 naccorde un satisfecit qu'a M. Gourdon ; trop
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(I) Voir, a ccs noms, les analyses des travaux contenus dans la premiere pei'iode.
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BIBLlüßRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Si
heureux de nous trouver d'accord avec lui, touchant ce remarquable et savant mömoire !
Ce n'est point lä son opinion privee^ ajoute M. Leblanc, oh I non; c'est celle de la Societe tout entiöre; et pour ne laisser aucun doute, nous copions textuellement le paragraphe suivant, qui exprime si biea sa pensee tout entiöre. ( Page 306, tome IV de la Clinique veterinaire.) laquo; De la discussion, il etait resulte qu'on ne pouvait adinet-raquo; tre que le cheval eüt une affection semblable ä la fifevre raquo; typhoide de l'homnie. Quant aux autres points, tels que raquo; la nature de l'alteration du sang, son application meme, raquo; aussi bien que la reunion des maladies typho'ides en un raquo; seul type, ils etaient et sont encore rcstes non resolus.raquo;
Dans un autre article (page 507, loco citato), M. Leblanc ajoute : laquo; Si je refuse d'admettre comme typho'ides les raquo; affections eonnues anciennement (telles que les fievres raquo; muqueuses, bilieuses, etc. ) qu'on veut confondre ä tort raquo; avec l'affection typhoide, je namp; nie pas qu'il existe une raquo; maladie ^pizootique non contagieuse, qui se traduise raquo; par une alteration du iluide sanguin et Tepanchement de raquo; sa partie sereuse dans les tissus; mais eile est plus raquo; rare qu'on ne l'a dit. raquo;.........
En somme, c'est une concession que l'experience des typhoidistes permettra de faire ä M. Leblanc, et qui leur coütera peu, puisque tous nous savons que ces maladies — non lyphoides — se rencontrent tres-frdquemment sur les jeunes chevaux; le fait qui reste acquis au debat, c'est que AI. Leblanc veut bien reconnaitre une maladie grave avec alteration du sang sevissant sur les chevaux non iaits^ non acclimates. M. Leblanc cite de nombreuses analyses dusangfaites a l'aide de rhömaiomötre et de la pesöe
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des caillots; il en resulte que la nioyenne, sur 23 essais pratiques avec du sang provenant d'animaux atteints de flevre muqueuse ou de pneumoniebilieuse, a ete, en poids, de: 6 gr 9; — caillotblanc, 5 gr15; — caillot noir, 11 gr7; d'oü, diminution de la fibriue eA augmentation du caillot cruorique renfemant les globules. ( CHnique veti'irinaire.)
1865. — Acadetnie des sciences. — M. Gu6
rard a puhlie un travail intitule :
Recherches sur i'etat et les symptömes typhotdes; I'auteur avance, entre autres choses, que: 1deg; Cette maladie peut exister seule et independamment de toute localisation; — 2deg; qu'elle peut dormer lieu ä diverses congestions visce-rales; — 3quot; qu'elle peut occasionner la mort avant de s'efre localisee, et ne laisser d'autre trace de son passage que la liquefaction du sang et des congestions passives dans les autres vaisseaux; — 4deg; que, lorsque les localisa­tions viscerales se sont produites, elles arrivent trfes-rapi-dement h la suppuration; — 5U que Torigine de cette affection proviendrait de ['introduction dans reconoinie d'un ferment, d'un miasme; — 6U quentin leur appella­tion ne doit pas laisser dans I'idee la presence absolue d'alterations specifiques des glandes de Peyer et de Brünner. raquo;
Cette maniere d'envisager la question qui nous occupe trouvera evidemment des contradicteurs, mais aussi eile aura ses adeptes ; nous pensons que les veteriuaires n'au-ront pas tort de se rallier auxidees do M. Guerard.
1866,— M. Mgguin, veterinaire en 2ä ä rartillerie de
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k Garde, fait ä la Societe centrale une communication sur-l'excmen du sang dans les affections chorbonneuses (1).
Une commission est nommee pour faire im rapport sur celte communication.
M. Mitaut, veterinaire en \quot; au 93 d'artillerie, sans vouloirattendre les conclusions de ce rapport, trouve tres-ä propos de se livrer a ua exaraen critique de la commu­nication de M. Megnin ; en consequence, ä la seance d'oc-tobre, M. Mitaut demande la parole pour se livrer ä quelques considerations pratiques sur ce fait.
Ainsiquenousle verronsunpeu plus loin, M. Gouxapris soin de defendre les saines doctrines suivies dans la mede-cine veterinaire militaire, en refutant M. Mitaut dans ses arguties peu bienveillantes. Depuis que M. Megnin a prä­sente cette communication, il a ete nomme membre cor-respondant de la Societe ; en sorte qu'aux termes du regle-ment, la commission institute pour l'examen de ce travail se trouve en etre dispenselaquo;.
Cast done ä M. Mitaut lui-meme que nous emprunte-rons les donnees essentielles du memoire de M. Megnin; il resulte de l'expose des faits:
1raquo; Que la moit prompte du sujet affecte nquot;a pas permis au veterinaire de constater, sur le vif, la nature du mal;
2deg; Que les lesions trouväes ä Pautopsie du cadavre con­sistent en epanchements de sang, suffusions passives avec separation.de ses elements, sous la sereuse peritoneale sur
(1) En ISGC, )I. Megnin a donne lecture ii I'Acadämie des sciences de cello note sur la IransmissibiliW de cette affection a d'aulrcs ani-maux, psr inoculation du sang chavbonneux ou lyphoide.
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AFFECTIONS TYPIIOIDES
tout, et dans l'hyperlrophie du Systeme lymphatique avec coloration en noir des ganglions ;
3deg; Que le sang du mort, visiblement altere, rien qu'a I'oeil nu, irise^ boueux et noir, contenait des bacteridies veri-tables;
4deg; Que I'observateur a ete assez heureux pour saisir ä temps ces dernieres avec son microscope ;
5deg; Que d'autrea veterinaires ont pu les reconnaitre aussi, soit iileur attitude, seit ä leur animation ;
6deg; Que ce sang allere ou decompose, inocule a des cochons d'Inde par M. le professeur Colin, les a fait perir rapidement; et que le sang de ceux-ci, introduit dans reconomie par le meme precede, a cause egalement la mort de plusieurs autres, en donnant lieu k tons les de-sordres constates sur les premiers cadavres j
7deg; Enfin, que le malade etendu sur la litiöre ne pouvait plus se soutenir et qu'il n'a pas fait le moindre effort pour se relevor.
M. Megnin ne sachant au juste ä quel genre de maladie attribuer la mqrt du cheval, serait tente de le rapprocher du genre typhotde foudroyant, car il a pu constater sur les cadavres des chevaux qui ont succombe a cette affection, surtout pour lescas graves, identiquement les mimes lesions et le meme Hat, de sang.
Et, sur ce theme, M. Mitaut, qui estun anti-typho'idiste endurci, pose un dilemma en ces termes : Ou les affections cliarbonneuses sont des affections typhoides, — ou, les affections typhoides sont des affections charbonneuses? — Eh bien, non! repond-il! Les affections charbonneuses sont specifiques at ne peuvent se retrancher derriere le
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voile d'autres affections qui ne sont pas! Et le fait de Mlaquo; Megnin etait charbonnenx et non typhoide,
Vous-memes, iyphoidistes, etes-vous sürs de vous com-prendreentrevous? Non, ajoute M.Milaut; et pour preuve il fouiüe par-ci, par-lä, dans las Annales veterinaires scien-tifiques; il blame las reactifschimiques, il repousse avecune critique mordante ( qui nous rappelle involontairement le renard de !a fa^le) l'usage du microscope; il anathema­tise ces infortunees bacteridies qui se cachent aux yeux des uns et qui fretillent aux yeux des aulres; bref, agace, irrite de voir que la majorite des veterinaires ne veut pas accepter ses petites maladies de poitrine lVinstallationt toutes franches, toufas inflammatoires, il pousseunhonr-rah formidable centre les typho'ides et les typhoidisfes. Gependant, de guerre lasse, M. Mitautfait dans ce memoire ce qu'il a fait avec plus de solennitö dans le concours special dont nous ne tarderons pas a nous occuper, il fait des concessions : si vous acceptcz, 6 typboidistes, mes pneumonies anodines lt;£installation t je reconnaitrai avec vous les afiections typho'ides ;t type foudroyant qui ont, il est vrai, quelque analogic avec les affections charbon-neuses!
Peu Importe aux progres de la science que vous passiez dans notre camp, honorable M. Mitaut; il nous reste ac-quis ce point indiscutable, ä savoir: que les jeunes che-vaux peuvent etre atteints de pneumonies benignes, mais qu'aussi, le plus souvent, ils sont frappes par un debut effrayant du ä une alteration du sang donnant ä ces mala­dies un cacbet tel, que Ton ne doit desonnais les designer que par Texpression typho'ides.
Nous terminerons en appliquant specialement a M. Mi-
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taut ses propres paroles de la fin de son memoire : laquo; La raquo; Societe cent rale, appeiee ä se prononcer sur lout ce qui raquo; est relatif ä chaque Systeme, quel qu'il soil, demamle raquo; d'abord unc sitijation parfaitement definie. 11 lui faut raquo; ensuile des fail? bien specifies, cites en assez grand raquo; nombre et k propos, des vues scienlifiques tres-precises raquo; et des arguments aussi nettement formules. raquo;
. En veriif':, c'est votre ens, trh-honoi'e .collegue!......._
Uri mois plus tard, M. Colin, avec toute la dignitö d'un savant serieux, crut devoir rappeier ä MM. les raembresde
la Societe centrale comment, il avail fait les inoculations d'un sang charbonneux ou typhoide dont M. Megnin parle dans son memoire, et quels en avaient ete les resultats scientifiques.
a I! ajcute, sans acriraonie contre les typhoidistes, que ces inoculations nesont pas de nature ä etayer Fhypoth^se
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d'apres laquelle los affections elites typhoüdes scraient des
formes ou dos degr^s d'une maladie charbonneuse. Car, d'une part, on ne salt pas au juste quelle etait la maladie du cheval qui adonne le sang des inoculations; et, d'autre part, rien ne montreune analogie evidente entre cette maladie etlespretendues affections lypho'ides.raquo; {Bulletin de la Societe centrale velerinaire. — Tome I, 3e serie, — 1866.)
18G6, — M. Goux, veterinaire principal, — Affec­tions typhoiies. — Rdponse a M. Mitaut.
M. Goux tend b. demontrer que M. Mitaut, considörant ces affections cornme inflammatoireSj les traitant conse-quemment par les antipblogistiques, est tout ä fait dans t'erreur; il combat, sanspeine, son adversaire pied ä pied,
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et reduit a neant ses arguments qui, au point de vue de Tarmpe, consislaient ä opposer lel auteur avec lui-meme, outels avectels, pour demontrerla (ouchanteharmonic qui nous unissait sur ce terrain legal de la science.
Avant d'entrer dans l'exposc des symptömes puises dans les annales veterinaires militaires, M. Goux fait une courte revue bibliographique pourprouver que celtemala-die a existe de tous temps et que los auteurs lui recounais-saient un caractere lyphique, putride, aussi bien que cela se passe de nos jours; que c'est done avec raison qu'on lui a applique repitheto tres-rationneüc de typlioide.
M. Goux conclut en ces termes: -10 Entre les fails ob­serves par M, Mitaut et !cs affections typho'ides propre-ment dues, il y a une difference notable ; les malades de M. Mitaut n'otaient attaints que d'une maladie de poitrine inflammaloire, si Ton peut en'juger par les Eignes et symp-tomes qu'il en a fourrns et par !es lesions qu'ii adejerites; rien cn elles n'impliquait l'alteration primitive du sang.
2deg; Les affections typho'ides sont rarement sporadiques; le plus souvent elles sont enzootiques et öpizootiques, s'attaquant aux chevaux de tout äge, de toute provenance, mais plus parliculierement aux jeuneschevaux.
3deg; Elles consistent en une alteration primitive, mais plus oumoins profonde du sang; ce n'est que consecutivement que ces affections se localisent sur Tun ou i'autre des grands visceres et qnelquefois m^me sur tous ä la fois.
#9632;i0 Elles peuvent entrainer la mort sans laisser de trace, c'est-a-dire avant meme de s'ötre localisees; il n'y a que le sang qui solt visib'ement allere.
5deg; Elles peuvent apparaitre pendant le corns des affec­tions gourmeuses ou des maladies de poitrine d'aeclimate-
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ment, dont elles changent la physionomie et augmentent la gravite.
6Ü Pour les combattre, employer de preference lesrevul-sifs (inergiques, les toniques et les excitants diffusibies.
7deg; Les antiphlogisliques et surtout les saignees doivent Stre proscrits d'unemanierc absolue.
L'auteur termineen disant ä M. Mitauten particulier et i tons, en general, qu'il y a moins de dangers h prendre une pneumonie inllammatoire ou d'installation pour une pneumonie typhoide qu'ä regarder une pneumonie typho'ide commeune pneumonie ordinaire; ceci est d'une graude verite; mais le difficile pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas voir, e'est le diagnostic differentiel; ce -dont nous traiterons dans la 3e partie.
M. Goux n'a pu convaincre M. Mitaut, et la preuve, e'est le memoire de ce dernier envoye pour le concours de 1866. (Journal vetirinaire militaire.)
1866. — M. Barreau, veterinaire militaire. — Nou-veaux fails cliniqms pour appuyer I'opinion qui lend ä ad-meltre un certain rapprochement, sinon une identite com-plele, enlre les maladies charbonnemes et les maladies dites typhoides.
M. Barreau a voulu apporter, dit-il, quelques materiaux sur le chantier de pathologic comparec-, il conclut : laquo; En se croyant autorise a admettre an point de \'ue clinique, une grande analogic et dans certains cas, une identite ä peu pres complete au point de vue de la Symptomatolo­gie, de Tanatomie pathologi.que et de l'etiologie, entre les affections typhoides et les affections charbonneuses. Nous
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croyons en effet, dit M. B^rreau, qu'il y a lä une chaine pathologique non interrompue.raquo;
11 est regrettable que, pour etayer son opinion theorique, M. Barreau n'apporte aucun element d'inoculation ou d'examen micruscopique du sang; car, dans ces sortes de question, ce ne sont pas des opinions qu'il faut avan^ car, mais bien des faits verifies, controles et ä l'abri de toute contestation. Du reste, l'auteur ne paratt pas bien convaincu lui-merne, puisqu'ii avoue ailleurs qu'il n'ose-rait pas aftirmer qu'il y eüt identite dans rafiection. laquo; Nous n'avons pas assez l'habitude de voir la fievre charbonneme pour affirmer que ces lesions appartiennent aux maladies carbonculaires, raquo;
A quoi sert fie ballon d'essai lance sans lest ni bous-
sole?.....Ce n'est pas dans le cabinet que doivent se dis-
cuter ni se demontrer des questions aussi importantes que celles qu'a soulevees M. Barreau.
1866. — M. Sanson, La diathhe typkotde du cheml. — Tout en ne partageant pas d'une maniere absolue les idees qui servent de base ä notre condisciple et amiraquo; M. A. Sanson, pour faire prevaloir la valeur scientitiquede la nouvelle appellation de diathese qu'il veut donner a. la maladie plus generalement connue sous le nom d'affec-tions typhoides et que nous preferons, nous partageons en-tierement, ainsi qu'on a pule voir precedemment, ses id6es sur l'uniti de cette maladie dans la quelle tout est sous la dependance de l'alteration du sang, en so'rte qu'il n'y a que des manifestations plus ou nioins graves de ce seu' tout, et que jamais il ne doit y avoir de complications; ce que Ton observe n'est qu'une expression de l'alteration du
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AFFECTIONS TYPHOIDES
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sang, en Sorte que cefte maniere de voir et de juger la dia-Ihese ou les affections typhoides simplifie la therapeutique de ces affections.
Dans ce nouvel article de M. A. Sanson, on retrouve les donnees de son memoire sur la diathese, pablie en 1856, et que nous avons deja analyse (voii' page 28); settlement, ua peuaigri de n avoir pas vu accepter d'emblee ses theo­ries diathesiques, notre savant confrere se laisse aller ä une critiqae araere des fails et des clioses qui se sont passes depuis les huit annees qui separent la publication de son memoire de celle de cettenofe; il s'etend avec de nou-veaux details sor la valeur diagnostique de cette reaction de i'acide azotique sur le serum d'ua sang typhoide qui donne toujours un precipiio colore en /jleu;d6\'i, dans notre memoire de 1862 ( voir page 52), nous avons ap-plaudi M. Sanson de cette decouvertespeciale dans I'espece, et cette fois nous no pouvons qu'ajouter encore ä ce que nous en avons dejä dit.
Dans ious les cas, M. Sanson, plus convaincu que jamais de la verite de sa doctrine, attend avec conSance leresul-tat du concours ouvert on 1864 sur ces affections; il ter-mine en formulant son opinion en quelques propositions ^Ues que l'elat actuel de la science permet de les forma­ler.
I. — Sous l'influence de conditions indeterminees, il se prodnit dans la constitution du plasma sanguin des jeunes chevauXj vivant agglomeres, une modification protluisant un trouble plus ou rnoins accentue de la nutrition des eUments anatomiques.
II. — Le premier effet de ce trouble est un arret de relimination dos materiauxde la bile qui subsistent dans
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le plasma sanguin en proportions'anormales; d'ou teiute icterique des muqueuses apparentes.
III.nbsp; — ün peu plus tard se manifestent, comma conse­quence de ce trouble, des signes de stupeur, de faiblesse, de titubation, peu compatibles avec ['absence de toute le­sion perceptible d'un organe important quelconque.
IV.nbsp;— Si ratteinte portee est plus considerable, aux signes generaux se joignent des troubles fonctionnels pro-duits par des stases de plasma dans l'intestia, le poumon ou rencepiiale ; de lä, les trois formes des auteurs.
V. — Cttle alteration est quelquefois si prompte, si ra­pide dans recouomie, qu'elle tue l'animal en peu d'heures.
VI.nbsp; — Toutes ces diverses formes cliniques dependent done, avant tout, de l'etat anormal du sang.
VII.nbsp; — II convieut de donner a ce trouble le nom de diat/iese typhoide, comme on donne ä present celui de diathese urique ou herpitiqm,
VIII.nbsp; — Gelte appellation a l'avantage d'quot;eveiller imme-diatement Tidee que e'est Tetat general qui est essentiel et qui doitdominar le choix des moyens therapeutiques.
IX. — 11 n'y a Jamals lieu de tracer un programme complet aux cliniciens: ou doit agir suivant les cas.
X.nbsp; — Le trouble fonctionnel provenant des stases san­guines du plasma, on ne doit des lors avoir d'autre preoc­cupation que celle de degagcr les organes atteints; la sai-gnee est toujours inuiile et souvent nuisible.]
XI.nbsp; — Le plus efücace de tousles moyens pour deriver le plasma est d'avoir recours aux revulsifs externes.
XII. — L'etat diathesique leger disparait seul; beau-coup de malades guerissent par l'expectalion (c'äst notre
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AFFECTIONS TVPHOIDES
avis). Lesseis alcalins purgatifsaident auretablissement de Tequilibre du plasma sanguin.
XIII. — Pour la diathese interne, il faut avoir recours aux toniques et aux amers.
XIY. — Lo point capital est de faclliter la circulation du plasma ; robscrvalion severe a prouve que la chose a redouter est surtout la medecine trop äyissante.
A part la satisfaction d'auteur que nous ne pouvons accorder ä M. Sanson, pour Texpression diathese, nous sommes heureux do nous rencontrer sur le meme terrain theorique; aujourd'hui, nous acceptons ses dires,aiusi que le prouvera amplement notre miimoire qui a ete juge en 1872.
1867. — M. Barreau, veterinaire militaire. — Observations surune forme speciale de Vaffection typho'ide.— Un cheval entre a I'infirmerie pour engorgement d'une parotide; avecjetagedu ineme cote: tout vapourlemieux'; l'aniraal parait hors de danger, quand, tout a coup, sur-viennent la tristesse, l'inappetence et quelques signes generaux faisant supposer I'invasion d'une pneumonic d'acelimatement; quelques jours apres, cet animal mourait pour ainsi dire subitement.
A Tautopsie on trouve un epanchement de 15 ä 20 litres dans le peritoine dont les parois sont couvcrtes de fausses membranes; les reins, !e foie, les ovaires, sont ramollis. Dans les plevres, pas d'epanchement, — pouraous sains, — coeur volumineux, contenant dans ses diverses cavites beaucoup de sang incoagule.
M. Barreau conclut a une infection typhiqm. (?)
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CONCOüRS DE 1866 Sur les affections ti/phoidcs dans l'espcce chcvaline.
Le programme pose par la Societe centrale de medecine veterinaire, 6tait ainsi con^u:
laquo; Dans la description de ces affections, on ne se bornera pas k indiquer les symplönies visibles et Fordre dans le-quel ils sesuccedent; ces donnöes importantes seront com-pletees par celles que fournissent la percussion et l'aus-cultation de la poitrine.
b Les recherches d'anatomie pathologique ne peuvent, non plus, rendre a la science les services qu'on est en droit d'en attendre qu'autant qu'on aura procede avec un soin extreme a l'examen de tons les organes, et döerit avec detail leur etat sain ou malade. On ne devra pas manquer de faire unCimention speciale de Petal des pla­ques de Peyer et des ganglions mesenteriques.
raquo; Les alterations du sang, observees aux differentes p6-riodes des affections typho'ides, ou aprös la mort, seront decrites avec precision. Des etudes microscopiques faites ä ces differents points de vue, fourniront aussi sur cette partie de l'histoire de ces maladies de precieux rensei-gnements.
raquo; Lorsqu'une maladie typho'ide se sera presentee sur un certain nombre de chevaux, il importera de recher-cher si, dans la meme locality, une maladie plusou moins analogue a altaque d'autres especes animales domestiques, et si les medecins ont observe a la meme epoque quel-que affection semblable chez I'homme,
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laquo; L'appreciation des methodes de traitemöut employees jusqu'ä ce jour dans )es affections typho'i les exige, beau-coup de circonspeclion. 11 sera important de comparer la marche de la maladie livree ä elle-meme avec rinfluence des methodes curatives, sur la terminaisou henreuse ou funeste dans les cas legers et dans les cas graves, au debut et au summura du mal.
raquo; Les concurrents, entin, devront joindre a leur travail un certain nombre d'observations detaillees, representant les clifferenles manileslations des maladies typhoides. raquo;
Le prix propose est de la valeur de i ,000 francs! C'est dans la seance bisannuelle et solennelle du 10 novembre 1864 que fut lance ce programme, laissant aux veterinaiies jusqu'au Ier avril 1866 le soin d'y repondra.
line commission, composee de MM. Goux, Leblanc pöre el II. Bouley, rapporteur, fut chargee d'examiner les me-moiies eavoyes au concours.
G'est dans la seance du 9 mai 1867 que Jl. le rappor­teur II. Bouley lut son remarquable et savant travail sur ce concours; et c'est le 26 döcembre decettememe annee qu'eut lieu la distribution solennelle des recompenses qui furent ainsi reparties:
1deg; Medaille d'or de 400 francs ä M .SW/e, veterinaire en 2quot; aux dragons de l'Imperatrice.
2deg; Medaille d'or de 200 francs, ä M. Mitaut, veterinaiie en Jer au 9e regiment d'artillerie.
3quot; Medaille d'or de 200 francs, a M. Palat, veterinaire en \quot; au 49 regiment d'artillerie.
4quot; Medaille dor de 200 francs, äM. Mouchot, veterinaire tiDelme (Meurlhe).
5'J Medaille d'uryent et un exemplaire des iMemoires de
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BIBLIUGRAFHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; K
laSociötöäM. Reaard, vöterinaire a Dampierre-le-Chä-teau (Marne).
Avant d'aborder l'analyse du rapport de M. Bouley, nous devons reproduire textuellemenl les paroles qu'il a prononcees avant d'entrer eu maliöre.
laquo; Comme vous pouvez en juger, Messieurs, par la te-raquo; neur meine de ce programme, la commission qui Tft raquo; redigö, n'a fait aucune reserve relativement ä ['existence raquo; des maladies dites typhoides des anirnaux de l'espece raquo; chevaline.
raquo; Pour eile, cette question d'existence ne peut donner raquo; lieu ä aucun doute; eile est, des maintenant, eclaircie; raquo; eile est resolue par Taffirmative la plus absolue lily a raquo; chez le cheval uns affection ou des affections typhoides!
raquo; Tel est le point de depart de la commission, el, cette raquo; pvemisse posöe, eile demande par son programme, tres-raquo; explicilement detaille, que les concurrents etudient ces raquo; affections typhoides au point de vuecompiexe des symp-raquo; tomes, de l'anatomie pathologique, des alterations du raquo; sang notamment, des conditions dans lesquelles elley raquo; se manifestent et du traitement qui est le mieux appro-raquo; prie ä leur nature.
raquo; Ce programme, qui, de la part de la commission dont raquo; il emane, a ete comme une declaration de principes, n'e-raquo; tait peut-ötre pas, dans sa teneur, l'expression de la raquo; pensee de la majorite des membres de la Societe, et il raquo; est probable qtte si le temps avait permis de le soumettre raquo; ä une discussion avant sa publication, il eut ete autre-raquo; ment con^u et formule, et qu'on se serait abstenu no-raquo; tamment de considerer comme definitivement resolue
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raquo; une question qui, pour un certain nombre des membres raquo; de la Societe, pavaissait encore assez litigieuse : celle de raquo; l'existence meme des affections dues typhoides, ou, tout raquo; aumoins, delajusteappropriationduqualificatif lt;?//3Äo?rfe raquo; ä une ou a des affections bien determinees du cheval; raquo; mais^quoi qu'iiensoitdecetteparlicularite,leprogramme raquo; publie est devenu celui de la Societe et a du servir de raquo;'charte aux concurrents. raquo;
Le memoire inscrit sous le numeio -) (M. Salle) porte pour1quot;titre : Paroles d'uncroyantaux affections typhoides; et pour titre principal: Memoire sur une enzootie typhoide en 1859 et en 1865, avec parallele entre les affections ordi-naires des femes chevaux et les affections typhoides ; appuye par 25 observations, onze pieces patholoyiques, et diverses planches colorizes et dessinees d'apres nature par I'auteur.
Tout d'abord^ I'auteur s'explique d'une maniere trös-nette : laquo; Entre les affections dites typhoides du cheval et raquo; la fievre typhoide de rhomme, non-seulement, il n'y a raquo; pas d'identite mais, dans la majorite des cas, iln'y a pas raquo; d'analoyie.
i raquo; Par affections typhoides du cheval, il faut entendre un raquo; ordre de maladies ä manifestations diverses, dues yene-raquo; ralement ä une intoxication, apparaissant sous les formes raquo; sporadique, enzootique et epizootique, ä marche insi-raquo; dieuse, n'ayantrien de commun avec les autres maladies raquo; du cadre nosologique veterinaire, mais se rapprochant raquo; toutefois des maladies ckarbonneuses quant ä Talteration raquo; du sang; et, enfui, ressemblant exceptionnellement aux raquo; affections typhoides de rhomme, telles que les ont decri-raquo; tes les Bretonneau, les Louis, les Chomel et autres. raquo;
M. Salle dit s'etre inspire des idees 6mises dans un tra-
t
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 77
vailrlu docteur Guerarc!, intilule : Recherches so.r l'ttat et les symptdmes typho'ides. (Voir l'analyse, page 62.)
D'apr^s les donnees de Tauteur, l'affection typhoide serait üne, consistant essentiellement dans une alteration primitive dusang, due h la presence d'un ferment oud'un raiasme,, donnant lieu ä des manifestations trös-variees, suivant les appareils ou les organes sur lesquels l'alteration generale du sang laisse plus particulierement son em-preinte.
Ces premisses posees, l'auteur decrit les signes precur-seurs et les symptömes generaux communs a ces affections; puis il aborde la description des principalesmanifestations qu'il a divisees en pulmonaires, abdominales, cerebro-spi-nales, et enfin leurs manifestations du Systeme circula-toire.
(Devant reproduire ces symptömes in extenso, nous ne croyons pas devoir !es analyser, pour öviter des redites et des longueurs inutiles.)
L'auteur formule ainsi les modifications qu'a subies le sang:
Modifications physiques.
10 Une diminution de la fibrine ; 2deg; Son incoagulabilite; 3deg; L'augmentation des globules; 4deg; La diminution relative du serum.
Modifications chimiques.
1deg; Le melange de la bile ou de sa matiöre colorants au sang;
2deg; Une modification organique, inconnue, de l'albu-mine;
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78nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFFXTIONS TYP1I01DES.
aü ün excäs de matieres grasses;
4deg; L'ACiniTE DU SANG.
L'existence des bactertes n'a ete constatee dans aucun
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cas.
M. Bouley critique las causes invoquees par l'auteur, qui sont les liens communs propres ä toutes maladies, etil reserve les influences nefastes attribuees au transport par chemin de fer jusqu'a ce que de nouveaux elements de so­lution soient produits. (Nous reviendrons sur ce point d'etiologie qui nous semble toujours trös-important, si-non essentiel.)
M. le rapporteur approuve toutes les considerations de-veloppees par l'auteur sur la question dutraitement.
L'auteur reste indccis sur la question de la contagion qu'il n'a pu resoudre.
Quant ä Tanatomie pathologique, M. Bouley reconnait qu'elle a ete parfaitement trait^e, aussi bien que la symp-tömatolcgie et la therapeutique ; c'est pourquoi il classe en 1re ligne le memoire de M. Salle qui resume en ces termes ses conclusions generates :
^Les jeunes chevaux de reraonte sont sujels ä une af­fection qui n'a rien de commun avecles maladies franches et aigues;
2deg; Cette affection est dependante d'une alteration non definie, mais proionde et primitive du sang;
3deg; Elle setraduitpar un cortege de symptomes speciaux et s'affirme par des lesions speciales qui meritent ii la ma-ladie le nom de typho'ide, parce qoe la stupeur en est le
,;„
caraetöre predominant pendant la vie et parce que les le­sions se rapprochent de celles du typhus des Mtes ä comes.
ii
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BIBLlOGIiAl'HlE. •nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 79
Le mömoire inscrit sous le n0^ (M. Mitaut) a pour litre : Maladies d'acdimatation des chevaux de troupe, appclces typ/w'ides, et souvent caracterisees par des fluxions sur le poumon,avecalteration du sang.
Pour M. Mitaut, cette maladie dite typhoide, ä mani­festations infiniment variees, n'est autre chose qu'une maladie d'acdimatation des chevaux neufs qui, se trou-vant tous places dans des conditions identiques, ne peu-vent nulle part echapper aux mauvaises influences, quels que soient leur äge et leur etat general.
L'auteur decrit les symptömes generaux qu'il rapporte plutot l des phlegmasies veritables qu'äun etat typhoide : entreautresparticularites,M. Mitaut avance que lesmalades chez lesquels la localisation s'effectue dans la poitiine ne perdraient jamais completement I'appetit ni la gaiete, meme quand ils sont fortement attaints.
L'inappetence prolongee serait le signe de la localisa­tion abdominale.
L'alteration du sang peut accompagner I'une ou I'autre de ces formes; seulement alors, la qualificationde ty­phoide pourrait lui etre appliquee; l'auteur prefererait dormer a ces maladies les noms de franche, non franche, adynamique et gangreneuse; il ajoute un peu plus loin que 1'affection dite typhoide serait mieux defmie une pneumonie, une enterite.
Gependant M. Mitaut, qui ne parait pas trös-convaincu que ces affections soient toujours des phlegmasies franches, dit que cette maladie presente deux grands caractferes : que, dans certains cas, eile est cönstiluee par un trouble general, sans lesions organiques bien accuse es, et pouvant se terminer par la mort; que, dans d'autres cas, apres cette
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•AFFKCTIONS TVI'UOIDUS.
fievre geaerale, quelquefois en meme temps qu'elle, eile se termine par des lesions inflammatoires du poumon ou de Tintesün, isolees ou reunies, avec toutes sortes d'as-pects, de degres et de complications. . Cette contiadiction nous parait süffisante pour prouver le peu de valeur des arguments deM. Mitaut qui s'obstine, quand meme, h ne voir que des phenomenes essentielle-ment inflammatoires.
L'anatomie pathologique constate quejamais il n'y a ni ulceration, ni ramollissement des plaques gaufrees et des follicules muqueux; eile constate que toutes les lesions sent celles de renterite, de la pneumonie, de la pleurite, etc., et , comme consequence , M. Mitaut n'admet pas que l'alteration du sang soit primitive, eile procederait ton -jours de la pneumonie avec ou sans enterite.
JV1. Mitaut ne dit pas en quoi consisterait cette alteration du sang qu'il est, dit-il, difficile ä demontrer par I'hema-tometre; nous demanderons a M. Mitaut pourquoi il n'a pas cherclie ä la demontrer par d'aulres moyens.
En somme, laquo; l'affection des chevaux de remonte serait sans analogic avec la fievre ou les affections typhoides de riiomme, dent eile differerait par des lesions inflamma­toires trös-distinetes du poumon, par I'absence complete de toute alteration des follicules muqueux de l'inteslin ; par I'absence aussi de toute propriete contagieuse. raquo;
Suivant I'auteur, cette maladie ressemblerait ä celle dites des chiens.
On dit nihil mmm sub sole , nous avouons cependant que cette comparaison 6st tout ä fait nouvetle, mais aussi qu'elle est completetnent erronee I
M. Mitaut dit que la vraie cause, la cause essentielle de
ilaquo;
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BlßLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;81
cette maladie n'est dans aucune des conditions ou in­fluences auxquelles on la rattache.
Cependant, il a remarque : ideg; qu'elle se manifeste toujours sur l'ensemble d'un detachement de remonte, deux ou trois mois apres l'arrivee au corps (de la le qualificatif de maladie dJinstallation; nous verrons par des faits que nous ne pouvons accepter ce qualificatif, car nous avons souvent observe l'invasion de cette maladie le jour mömeou quelques jours apres l'arrivee d'un convoi).
La maladie croit et decroit en raison directe de l'arrivee desjeunes chevaux et de la cessation de ces arrivees.
2deg; L'auteur a remarque que l'intensite de la maladie coincide avec les plus grandes fournees de chevaux au corps et non avec les intempöries de la saison.
3deg; Les chevaux faits, les derniers immatricules et les chevaux de la remonte qui viennent de fournir iem1 con­tingent de malades, sont epargnes completement par la maladie (nous ne partageons point absolument cette remarque, car, souvent, nous avons precisement observö le contraire).
4deg; La maladie reste localisee dans un regiment sans se repandre au dehors et reciproquement.
Abordant le traitement, M. Mitaut reconnait que les moyens preservatifs sont aussi inconnus que les causes; les medications doivent generalement amp;re en rapport avec l'etat des malades; toutefois, l'auteur de ce memoire insiste sur la saignee qui sera forte au debut, malgre la faiblesse apparente du äujet; mais, s'il existe une alte­ration du sang, les grandes saignees doivent etre repu-diees.
Malheureusement M. Mitaut ne s'explique pasbien clai-
6.
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82nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TVP1101ÜKS.
rement, et surtout peu scientitiquementsur ce qu'il entend par ces mots : altöration du sang, et par consequent, comment il sait se rendre compte que cette alteration existe ouqu'elle n'existe pas.
M. le rapporteur blame avec raison cette medication dangereuse, d'autant plus que 1'alteration du sang pent se manifester dös le debut, et qu'alors la saignee aurait pour consequence fatale et necessaire d'aggraver la position du malade
Memoire n0 3 (M. Palat) portant pour litre : Des affec-ions tijpho'ides dam /'espice chevaline.
M, Palat definit ainsi cdte affection : ft Une maladie laquo; infectieuse et contagieuse, produite par des causes multi-laquo; pies et susceptible de se developper h I'etat sporadique, laquo; enzootique et epirootique. raquo; II etudie cette maladie sous ses differenles formes : abdominale, thoracique, ataxique et muqueuse.
L'etude du sang a ele faite avec rhematometre et un peu avec le microscope; l'alteration du liquide sanguin serait de nature putride.
Contraireraent ä l'opinion du memoire n0 2, M. Palat a constate des lesions specifiques des glandes de Peyer, c'est-
i
ä-dire des ulcerations.
L'autenr attribue diverses causes h cette maladie, telies que les mauvais fourrages, les influences paludeennes et
! nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; surtout la contagion qu'il n'affirme dureste pas, cuinme
une consequence d'experiences dinoculation qu'il n'a pas faites, mais bien comme une consequence de faits c'ini-quej qui lui sont personnels.
M. Palat a constate la coincidence reciproque d'epidö-mie et d'epizootie typhoides.
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BIBMOGRAFHIH.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;'nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;S3
(l n'hesite pas k rapprocher celte maladie de la fiövre charbonneuss.
L'auteur repudie la saignee, etconsellle comme traite-ment celui que la generalite des piaticiens met en pra­tique. C'est un excellent travail.
Memoiren0 4 (M. Moucuot). Le but principal que s'est propose l'auteur, a ete surtout de prouver que I'affection typho'ide du cheval est une maladie contagieuse. Elle se rapproche sensib!ement de la fievre typho'ide de riiomrae, mais eile n'en presente pas les caracteres anatomiques principaux, c'est-ä-dire les lesions des plaques de Peyer et de Bri'inner. (Nous savonsqu'aujourd'hui ces pretendus caracteres anatomiques sont sans valeur.)
L'auteur eludie cette maladie sous les formes : simple on abdominale, compliquee ou pectorale. (Cette division tout arbilraire, n'est point conforme au principe d'unite generalement admis.)
II conseille le traitement revulsif et contro-stimulant et dit, qu'il faut etre trfes-circonspect dans l'emploi de la saignee.
II n'a pas remarque de coincidence epidemique et epizootique.
M. Mouchotfournit huit observations pour prouver la nature contagieuse de cette maladie; mais cela n'a rien d'assez probatif ni de scientifique; cependant, ces faits doivenl e(re pris en consideration au point de vue mamp;ne de l'interet qu'ils offrent.
Memoire n0 5 (M. Renard). Etude sur Vorganopathie adynamique du cheval qualifiee d'affeelion typho'ide par les auleurs.
L'auteur prefere I'appellation A'organopathie adynamique
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84nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPIIOIDES.
ä toute autre, parce que lout en ne prejugeant rieu de la nature essentielle de la maladie, eile lui parait se rap-porter mieux a Texpression maladive qu'elle est chargee de representer.
En verite, dit M. H. Bouley, le besoin de cette nouvelle denomination ne se faisait pas sentir !
M. Renard rejette toutes les divisions on formes gene-ralement admises, parce que dans tous les cas la roaladie est tjne ! Cependant, pour aider a Texpression de sa pensee, il cree deux nouvelles formes, en rapport avec la marche rapide ou lente de la maladie.
r Organopathie sporodique dont les symptomes se rapprochent de ceux des aßections typhoides en y ajoulant cette particular) te : le craquement des articulations pen­dant la marche ; quant aux lesions, elles sont identiques partout et constituees par un depot asthenique du sang, sans-aucune trace de reaction, d'organisation plaslique ni d'inflammation dans les tissus ou rägnent ces epanche-ments.
2deg; Vorganopathie adynamique ne serait autre chose que Vanemte de Delafond,
I/auteur admet que le sang a subi nan une profonde alteration maladive specifique, mais un derangement dans la proportion normale de ses elements constitutifs; pour lui, I'element diminue an sang est le cruor, e'est-a-dire la partie globuleuse.
(Nous qui, comme M, Renard, avons etudie le sang ä Thematom^tre, nous sommes arrive a une appreciation diamelralement opposee, c'esl-ä-dire que I'element aug-mente du sang est le cruor ou partie globuleuse.)
Cette affection n'a rien de specifique; eile ne resulte
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;85
pas d'une intoxication ; eile n'a rien d'iiiflamiualoire; eile n'est pas de nature febrile; eile n'a pas d'analogie avec la fiövre typhoide de Thomme; eile consiste tout simple-ment dans la modification qu'a subie le sang.
Aussi M. le Rapporteur a-t-il lieu de s'etonner de cette interpretation si absolue quand, precisement, M. Sails a fourni des resultats opposes.
La cause essentielle git tout entiere dans ralimentalion avec des plantes issues d'un sol froid et humide, qui ne renferment pas les elements necessaires ä la reparation organique.
Le traitement consiste en revulsifs, toniques, amers, et les analeptiques.
i\I. H. Bouley ne partage en aueune fagon la maniere de voir de M. Renard, car Jamals Yaglobulie, pnisqu'il faut l'appeler par son nom, ne pourrait causer ces affections telles qua nous les connaissons; et le pourrait-elle , qu'alors ce ne serait plus i'aglebulie proprement dite qui n'est ni aussi soudaine dans son apparition, ni aussi grave, ni aussi tenace que l'aftection typhoide.
Resume et conclusions.
La fin de ce rapport est tellement importanle et remar-quable, que nous ne pouvions ranalyser sans priver nos confreres de la partie ta plus essentielle de ce concours, ä savoir : le raisonnement tbeorique et pratique base sur les elements scientifiques les plus serieux et les plus recents.
Nous laisserons done la parole ä M. H. Bouley :
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86nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TWHOIDES
laquo; Mainlenant, Messieurs, que nous sommes arrives au bout de ce travail d'analyse, dont la longueur nous a ete commandee par le nombre, le volume et l'importance des memoires soumis h votre appreciation, une derniäre täche nous reste k remplir; celle de mettre en relief ce que ce concours a produit et d'indiquer les questions qui restent encore k resoudre, malgre les efiorts tentes par les concur­rents pour arriver a leur solution.
raquo; Un premier fait, trcs-imporlanl,, nous parait devoir etre mis definitivement hors de deute aujourd'hui, non-seu'.ement paries demonstrations qui ressortent de ce con­cours, mais par toutes celles que donne journellement la ciinique dans les etablis^ements civils et militaires: ce fait est 1'aptitude qu'a le cheval ä contracterune maiadie ä laquelie le qualificatif typhoide est bien approprie, en tnntque ce qualificatif est 1'expressionde I'etatsyniptoma-tiquedes malades et non pas de lesions constantes, dont le sipge invariable seraient les glandes et les follicules isoles de I'instestin gvtle.
raquo; En d'autrestermes la maladio ou l'affection du cheval, que Ton peut et que i'on doit appeler typhoide n'est pas identique a la fievre de l'homme qui porte le meme nom, ä l'enierüe folliculeuse ou dothimenterie de Brefonneau.
raquo; Mais si Tidentite n'existe pas entre ces deux sffections, en ce sens surtout que les lesions infestinales sont bien plus rares dans l'affection typhoide du cheval qne dans la fievre typhoide de l'homme, dont ellcs ont ete considerees pendant tres-longfemps corame le caraetöre essentiel et neccssaire; si, disons-nous, 1'identite n'existe pas entre ces deux affections, on ne saurait contester qu'elles aient entre elles des caracteres de ressemblance aux points de
!,*raquo;_, 2.
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i^quot;
BlBUOflRAPIIIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;squot;
vue tout ä la fois de la Symptomatologie, des alterations pathologiques et de l'etiologie,
raquo; L'affection typhoide du clieval parait etre dans son principe une affection generale, ou autrement dit une ma-ladie dont le siege primitif est dans le sang. Les lesions locales ne sent que secondaiies, au point de vue chrono-logique,
raquo; Mais en quoi consiste l'altöration que le sang a eprouvee. et qui est le point de depart de toutes les manifestations symplomatiques generates et locales, comme de toutes les lesions dont rautopsic fait reconnaitre I'existence dans un ou plusieursappareils?
raquo; A cet ^gard, il fuut faire l'aveu que les differents me-moires clont nous venons de presenter Vanalyse ne four-nissent aucun document qui ait une valeur veritablement scientifique.
raquo; Cette sterilite s'explique par les difficultes des recher-ches que comporte la solution de ce problcme complexe, par l'insuffisance des moyens analyliques auxquels on a eu recours pour poursuivre ces recherches, et, disons-le aussi, sans craindre de froisser les amours-proprcs, par la com­petence insulflsante de ceux qui les ont entreprises.
raquo; Le sang est un liquide d'une extreme complexity de composition; et, quand on considere ce que Ton pent ap-peler la multitude des principes qui concourent ä sa for­mation, les variations incessantes que leur imprime, au double point de vue de leur qualile et de leur quantite, le fonctionnement de Torganisme, et enfin le nombro pies-que infmi des alterations plus ou moins passageres ou du­rables que ce liquide pent eprouver, suivant les influences multiples auxquelles il est soumis, les unes exterieures a
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
r
lorganisme, les aulres interieures; quand, dis-je, on con-sidere I'ensemble decesfaits, onne peut se defendre d'une sorte d'effroi en presence des enormites de la täche qu'im-plique l'analyse du sang, et Ton s'explique la nullite et, ce qui est pis, la faussetö des resultats obtenus jusqu'au-jourd'hui par les moyens trop insuffisants dont on s'est servi pour proceder a cette operation si difficile.
raquo; II faut qu'ä Tavenir on suive une autre vole, si 1'on veut faire quelque chose d'utile. Le veterinaire qui n'est que clinicien ne peut pas seul proceder aux recherches qui sont necessaires pour constater si le sang est altere dans une maladie et de quelle nature est cette alteration. II lui laut, pour cela, le concours d'un horame initie aux mysteres de la chimie organique et ä toutes les manipu­lations delicates qu'elle comporte; 11 faut aussi qu'ils sa-chent se servir, Tun et l'autre, du microscope et se rendre un compte exact des impressions qu'il leur transmet.
raquo; Sans une collaboration eclairee, les recherches hema-tologiques ne sauraient Sire veritablement fructueuses ; au contraire, elles peuvent conduire aux plus graves er-reurs.
raquo; Ainsi, par exemple, l'auteur du memoire n0 i affirme, contrairement ä lout ce qui a ete constate jusqu'aujour-d'hui par les observateurs et les experimentaleurs les plus competents, que, dans Taffection typhoide du cheval, le sang est devenu acide. Suivant lui, cette aeiditö du sang, pendant la vie et apres la mort, serait demontree par le papier de tournesol et par le decapage d'une lame de cui-vre trempeedans ce liquide.
raquo; Que le sang ait 6te reconnu acide sur le cadavre, c'est possible, quoique douteux; mais sur le vivant, c'est plus
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 89
que douteux; ou, tout au moins, je demamle !a permis­sion non-seulement d'en douter, mais de n'y pas croire pour ma part, jusqu'ä nouvel informe, et plus complet surtout, que celui auquel l'auteur s'est livrö.
raquo; Ce qui me fait me montrer si sceptique ä l'endroit de cette affirmation de l'auteur du memoire n0 1, c'est que ralcalinite du sang est une loi generate h laquelle il ne semble pas que des exceptions authentiques aient ete en­core trouvees. Je sais bien que Delafond avance dans sa Pathologie genemle que, d'apres quelques auteurs laquo; le raquo; sang renfermerait, dans sa composition, de l'acide lac-raquo; tique combine avec de l'ammoniaque, et que, danscer-raquo; taines maladies, l'acide lactique peut se separer desa raquo; base alcaline et se montrer libre dans le sang qu'il rend raquo; acide, ce que Ton reconnait facilement par la leinte raquo; rouge que prend le papier de tournesol place quelque raquo; temps dans le sang, soit pendant la vie, soit apres la raquo; mort. raquo; Mais apres avoir formule cette opinion d'apres quelques auteurs, et aprös avoir dit que chez 1'homme on a constate I'etat acide du sang dans le rhumatisme aigu, la fiövre puerperale, Delafond ajoute qu'il n'a Jamals fait de semblables observations dans les maladies des animaux, et qu'il engage les veterinaires a fixer toute leur attention sur ce point.
raquo; II n'y a done pas äinvoquer ici l'autorite de Delafond, a l'appui de la these de 1'acidite possible du sang, dans quelques maladies, car Delafond ne parle pas de cette aci­dity d'apres ses observations et ses experiences person-nelles.
raquo; Que si, maintenant, contrairement ä toutes les no­tions acquises en cette matike jusqu'ä nos jours, il etait
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AFFECTIONS TYPIIOIDES.
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reconnu que le sang des chevaux affectes tie la maladie typho'ide a perdu ses proprietes alcalines et r^agit acide pendant la vie des malades, ceserait lä, Messieurs, h coup suv, un fait d'une tres-grande importance, et qui servirait a lui seul a marquer I'affection typho'ide du cheval d'un caractere distinctif tellement univoque, qu'il n'y aurait plus possibilite de commetU'e Jamals une erreur de dia­gnostic. II suffirait, en effet, pour reconnaitre Texistence de cette maladie avec une certitude mathematique, de re-cevoir sur une bände de papier de lournesol une goutte de sang extraite d'une veine quelconque par une simple piqüre. Si cette goutte faisait passer au rouge la place qu'elle aurait. touchee, on saurait rigoureusement ä quelle maladie on aurait affaire, et Tobservateur n'aurait plus k interroger les symptömes que pour preciser les appareils on cette maladie se serait localisee etmesuror sagravite.
raquo; Ce n'est pas seulement au point de vue du diagnostic que l'acidite reconnue du sang dans les affections typhoides du cheval aurait de l'imporlance. Ce changement si pro-fond des proprietes du fluide circulatoire donnerait I'ex-plication des symptömes de stupeur, d'abattement, de coma, de prostration, en un mot d'ataxie si marquee par lesquels s'accuse le plus ordinairement Taffection ty­pho'ide.
raquo; L'alcalinite du sang — propriete qu'il doit aux sels ä base de soude, phosphates et carbonates, dissousdans son plasma— Talcalinitedu sang estune condition necessaire, d'apräs M. le professeur Robin, de l'accomplissement re­gulier des phenomenes de la clfeassimilation nutritive.
raquo; Le plasma alcalin se trouve done, en vertu de son al-calinite meme, d'une faculte de dissolution considerable-
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BIBUÖGBAPHIB.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 91
mcut accrue pour l'acide. caibonique. L'experienceprouve, en effet, que l'ean chargee de phosphate et de carbonate de soude peut dissoudre dix fois son volume de ce gaz.
raquo; Grace ä cotte sorte d'avidite du plasma du sang pour l'acide carbouiqne, il s'en sature dans son passage a tra-vers les capillaires des tissus, dont les elements anatomi-quesdecbargösdeceprincipepeuvents'ennparerderoxygene qne leur apportent les globules du sang.
raquo; L'alcalinite de ce liquide est done, comme on le voit, une condition indispensable de racenmplissement de la nutrition, puisque e'est eile qui est I'instrument principal de röchange des gaz entre les tissus et le sang, entre le sang et les tissus.
raquo; Que le sang perde son alcalinite et devienne acide, et alors destitue, dans une mesure plus ou moins large, de sa propriete dissolvante pour Tacide carboniqne, il ne se cbargera plus de ce gaz, a son passage ä travers les capil­laires, dans la proportion qu'exige l'activite du mouve-ment nutritif, qui se trouvera par ce fait ou ralenti, ou plus ou moins empeche.
raquo; Ce rapide aper^u peut faire comprendre, sansqu'il seit necessaire d'entrer dans de plus amples developpe-ments, la gravite de l'alteration qui consisterait dans la disparition des proprietes alcalines du sang et la substitu­tion dans ce liquide de l'etat d'acidite ä celui d'alcali-nite.
raquo; Aussi nous a-t-il paru necessaire, avant d'accepter comme definitivement demonfree I'affirmation relative k ce fait, que nous trouvons formulee dans le memoire n0 i, de solliciter par nos reflexions les observateurs h le ve­rifier.
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AFFECTIONS TYPHOIDES
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raquo; Jusqu'h nouvel ordre. la question de l'aciditi du sang dans la maladie typho'ide du cheval, doit done 6tre re-servfe.
raquo; L'alteration du sang, dans cette maladie, ne consiste-rait pas seulement dans son acidite, suivant l'auteur dc ce memoire, mais encore dans une diminution de la fibrine devenue moins coagulable, dans une diminution relative du serum, une augmentation des globules, le melange au sang de la matifere colorante de la bile, une modification organique inconnue de la fibrine, et la presence dans le sang d'un exefes de matiere grasse.
raquo; L'ensemble de ces propositions prouve que l'auteur du memoire n0 1 a fait de louables efforts, pour acquerir des notions sur l'etat du sang dans la fievre typho'ide du che­val ; mais, malheureusement, le concours d'un chimiste lui a fait defaut, et toutes les conclusions qu'il formule n'ont d'autre base que l'examen homatometrique et ob-jeetif du sang, pendant la vie et apres la mort.
raquo; Or, I'hematometre est un instrument trop imparfait et trop intidcle, pour que rien que par la mensuration des cailiots blanc et noir dans un vase gradue, et la compa-raison de i'un avec I'autre, on puisse arriver ä des donnees positives et d'une valeur veritable sur les proportions re­latives des globules, de la fibrine, du serum et de la graisse du sang.
raquo; La preuve de l'incerlitude et du peu de valeur des re-sultats obtenus par les moyens hematometriques exclusi-vement employes, ressort, du reste, de la divergence des opinions des differents observateurs sur les quantites re­latives des elements constituants du sang.
raquo; II resulte d'une revue retrospective, faite dans son
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BIBLIOGRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 93
travail par Tauteur du memoire n0 \, que; sur huit obser-vateurs, quatre admeltent Taugmentation de la fibrine et quatre sa diminution.
raquo; Parmi les cinq coacurrents dont les travaux viennent d'etre analyses, un affirme Taugmentation des globules dans raffection typhoide du cheval: c'est l'auteur du me­moire n0 i ; tandis que l'auteur du memoire n0 6 fait jouer a la diminution des globules un role tellement pre­ponderant que, suivant lui, cette maladie n'est qu'une aglobulie, et que toutes les manifestations qui la caracte-risent procedent exclusivement du nombre trop röduit des globules que le plasma du sang tient en suspension.
raquo; fividemment, s'il existe si peu d'accord sur des ques­tions de nombre et de mesure, entre ceux qui ont eu re-cours exclusivement aux precedes hematom^triques pour etudier le sang des chevaux typho'ides, c'est que ces proc6-des sont par trop imparfaits et trop insuffisants, pour pou-voir conduire ä des resultats constants et certains.
raquo; L'hematometrie ne peut done etre qu'un moyen tres-secondaire d'apprecier les qualites du sang en sante comme en etat de maladie. C'est l'analyse chimique et l'inspec-tion raicrographique, employees de concert, qui, seules, peuvent fournir des donnees veritablement certaines sur la composition du liquide sanguin.
raquo; II suffira, pour se convaincre de la verite de cette proposition, dereflechir a la complexite de la composition du sang, au nombre si considerable des sels que son plasma renferme et ä l'importance du röle qu'ils remplissent. Nous avons vu tout ä I'heure celui qui appartient au phos­phate et au carbonate de soude, dont la presence dans le plasma du sang augmente sa faculte dissolvante pour 1'a-
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cide carbouique. Le chlorure de sodium qui existe dans lesang, dans la proportion de 3 a 5 gr. pour 1000, ajoute encore ä cette propriete.
raquo; Les autres sels, chlorhydrate d'ammoniaque, sulfale de potasse, sulfate dc soude, carbonate de potasse, car­bonate de chaux, carbonate de magnesie, phosphate de maguesie, phosphate de chaux, sulfate de chaux, silice, servent de dissolvants les uns par rapport aux autres. Les chlorures et sulfates alcalins sont des dissolvants pour les sels calcaires.
raquo; En outre, les carbonates et les phosphates cedent une paitie de leurs bases k des acides d'origine organique, tels que Tacide urique, par exemple, qui esl forme par les elements chimiques des principes albuminoidcs des mus­cles et du tissu fibreux, et concoureut aiusi, par un aulre mode, aumouvement regressif ou de desassimilatioa dont la trame organique est partout incessamment le siege.
raquo; On ne trouve pas seulement dans le sang das princi­pes salins d'origine minerale, tels que ceux dont I'enume-ration vient d'etre faite et des sels d'origine organique, tels que les urates, les hippurates, les lactates, les su-dorates, etc.
raquo; On y rencontre encore d'autres principes tels que Turee, la leucine, la cholesleriue, la seroline, les principes graisseux et les principes sucres.
raquo; 1/uree qui provient de la desassimilation des tissus lamineux, fibreux et sereux ;
raquo; La leucine, principe immediat crislaliisable fouini par le foie;
raquo; La cholesterine et la seroline qui ne sont pas libres dans le sang et y forment des compositions peu stables ;
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raquo; Les principes gratsseux qui provienuent en grande partie du chyle, mais qui augmentent dans le sang ä la pcriode d'emaciation des maladies et s'y trouveut alors h l'etat de sels en dissolution;
raquo; Enfin les principes sucres dent la premiere forme est !a maliere glycogene. Cette matiere, par une modification isomerique, est susceptible de passer a i'etat de glycose, sucre fermentescible cristallisable, lequel est trös-peu sta­ble et se trausforme facilement en acide laclique, qui de­compose les carbonates et les bicarbonates de soude du sang.
raquo; Mais de tous les principes immediats du sang, les plus importants a eludier, au point de vue pathologique, sont ceux que M. le professeur Robiu a ap$e\es principes coagulables non cristallisables, qui sont le centre de com­position de toute substance organisee. Emanant des ali­ments sous la forme d'aibuminose, principe isomere non coagulable, ils servent ä la renovation assirailatrice des elements auatomiques auxquels ils se fixent, en se modi-flant isomeriquement, et cedent une partie de leur ma­ttere.
raquo; 1000 parties de sang conliennent 500 parties environ de ces substances coagulables a I'etat frais et 78 seulement a I'etat de dessiccation.
raquo; Ce sont la fibrine, l'albumine, l'albuminose et un peu de matiere colorante, analogue a celle de la bile.
raquo; L'albumine et la fibrine sont des substances isomeres qui renferment la meme proportion d'azcle, de caibone, de soufrc, d'oxygene, d'hydiogene, et de phosphore et ne different l'une de l'autre que par la proportion de leur eau de combinaison, l'albuminose conlcnant de 85 ä 87
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pour 100 d'eau, tandis que la fibrine n'en renferme que80.
raquo; Les substances coagulables fixent energiquement et dissimulent aux reactifs ordinaires les sels ä base calcaire et ä oxyde metallique, auxquels elles servant de dissol-vants. En sortant des capillaires pour fournir ä l'assi-milation de tons les tissus, elles enlrainent avec elles les sels d'origine minerale qu'elles ont la propriete de fixer, et les cfedent aux elements anafomiques dans la mesure de leurs besoins. En echange, les capillaires recoivent les principes cristallisables d'origine organique, tels que 1'u-ree, la creatine, la creatinine qui, n'etant pas fixes chi-miquement par les substances coagulables, mais seule-ment dissous, sont facilement elimines par les glandes auxquelles esl devolue la fonction de les separer du sang.
raquo; Ges substances coagulables qui ont la propriete, une fois qu'elles sont assimilees, de faire partie iutegrante du plasma sanguin, de renouvelev leurs materiaux, molecules a molecules, c'est-a-dire de se faire et de se defaire inces-samment, sont peu stables et subissent facilement Taction alterante des milieux dans lesquels I'economie peut etre nlacee.
raquo; G'est lä une de leurs propriötes les plus caracteris-tiques et les plus importantes ä connaitre pour I'interpre-tation des faits pathologiques.
raquo; Ici, quelques developpemcnts sont necessaires, parce que les faits dont nous allons parier peuvent servir ä eciai-rer l'etiologie des affections typhoides du cheval.
raquo; Lorsque, ä I'aide d'un melange refrigerant, on re-cueille la vapeur d'eau que contient l'air des marais ou
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celui des habitations oü des animaux sont agglomöres en nombre trop considörable, on trouve dans cette vapeur d'eau une petite quantity de substances coagulables albu-minoides qui presentent dejä un degre d'alteration plus ou muins avance. Elles röpandent une odeur fetide pavli-cuiiere et continuent ä se putrefier avec une rapidite remarquable. Si on met en contact avec des fibres muscu-cuiaires saines ou du sang normal, I'eau obtenue par re­frigeration et qui est chargöe de ces substances albumi-noides en voie d'altöration, les fibres musculaires et le sang qui subissent ce contact entrant en putrefaction tres-rapidemei-it.
raquo; Eh bien, cette action exercee sur des substances or-ganiques telles que la chair musculaire et le sang par des substances aibuminoides en voie de decomposition, peut aussi se produire lorsque ces substances alterees penetrent dans Teconomie en certaine quantite. II est possible alors que, par le seul fait de leur contact, elles entrainent gra-duellement des modifications des principes coagulables du sang auquel elles se melangent, modifications se caracte-risant par nne tendance ä la putrefaction.
raquo; II est impossible qu'une fois assimilees elles causent dans les fibres musculaires, dans les elements nerveux, dans tous les tissus enfin des modifications analogues a celles qu'elles ont fait subir au sang lui-möme; d'oü le caractere general que presentent aussitot les maladies dues a. cette cause, parce que le sang ayant ete modifle primi-tivement, tons les elements auxquels vont se fixer ses principes coagulables sont modifies parallelement.
raquo; Lquot;un des caracteres essentiels des substances organi-ques etant de transmettre, par simple contact, aux subs-
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tances organiques saines le genre d'alteration qu'elles ont eprouvee, on concoit que, quelle que soit la vole par la-quelle les substances organiques alterees penetrent dans l'organisme, et meme lorsqu'elies sont en petite quantite, les effets de ce contact peuvent de proche en proche se faire sentir ä la masse entire du plasma du sang.
raquo; Ainsi s'expliqueraient, d'aprfes M. le prot'esseur Robin, leseffets-de Finoculation charbonneuseou d'autres inocu­lations du meme ordre et peut-etre de toutes les inocula­tions de matieres dites virulentes. Au contact des subs­tances inoculees, les substances coagulables subiraient un changement d'etat dans leur constitution moleculaire, en vertu duquel de nouvelles proprietes leur seraient acqui-ses, de meme que le phosphore ordinaire en acquiert de nouvelles aussi en se transformant en phosphore rouge, proprietes qui, pour ce corps simple, ne dependent que d'un changement d'eiat moleculaire.
raquo; Ainsi, les principes coagulables du sang sont suscep-tibles de subir des modifications dans leur etat molecu­laire et dans quelques-unes de leurs proprietes, par 1'effet du simple contact des substances organiques ayant deja eprouve des modifications identiques. Mais ce changement d'etat n'implique pas que leur composition elementaire ait varie et que leurs caracteres specifiques fondamentaux aient dispiru.
raquo; II suffit pour que ces modifications surviennent qu'une certaine quantite de la substance organique modifiee elle-meme aitete introduite dansrorganisme, par une voie on par une autre.
raquo; Unu fois introduite, eile pourra determiner ses effets,
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avec plus ou moins de rapidit^, suivant que sa quantite sera plus ou moins considerable.
raquo; C'est de cette maniöre que se produisent et se Irans-mettent !es maladies dites generates, ainsi designees par^e que toutes les parties de r^conomie offrent des troubles de la nutritiou et, par suite, de tous les autres actes qu'elles aecomplissent.
raquo; Ce sont ces affections, dit M. Robin, que Ton a nom-mees maladies du sang, soit parce que l'on a suppose qu'il etait primitivement lese — ce qui est souventreel, en rai-son du röle d'intermediaire necessaire qu'il joue entre les parties solides du corps et les milieux dans lesquels nous vivons _ soit parce que, seul, il presenfe des change-ments appreciables ou du moins appreeiös jusqu'a pre­sent,
raquo; Ges maladies sont remarquables souvent, ajoute-t-il, par l'intensite, la rapidite ou Tetendue des troubles qui se mauifestent. On les dit, d'autre part, remarquables aussi par l'absence des lesions ou le peu d'intensite des lesions obfervees. Cela n'est viai qu'ä l'egard des organes consi-deres quanta leur forme, leur couleuret leurconsistance seulement. Mais les lesions ne tont pas cherchees oü elles existent veellement, e'est-a-dire dans les substances orga-niques. Ce sont, en effet, elles qui sontmodifiees molecu-lairement. Ce qui le prouve, ce sont:
raquo; 1deg; Les affections dans lesquelles nous pouvonscons-tater les alterations subies par certaines substances orga-niques;
raquo; 2deg; Les differences survenant dans la coagulation des substances organiques, les differences de reaction que ces alterations ont döterminees;
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raquo; 3deg; Surtout, les changements qui surviennenl dans la formation et l'expulsion des principes immediats d'origine organique, resultant de la desassimilation des elements anatomiques dont la substance est moiifiee.
raquo; Ainsi done, dans certaines maladies, parmi lesquelles on pent ranger I'affection lyphoide du cheval, les substan­ces organiques sont modifiees dans leur arrangement%mole-culaire, par des causes encore mal determinees ; et, seit que leur modification consiste dans la quantite des mate-riaux qui ont servi ou servent ä leur formation, ou dans leur qualite, elles acquierent d'autres proprietes d'ordre organique que celles qu'elles doivent avoir normalement.
raquo; Dans l'etude de ces affections, pour se rendre compte de leur nature, pour dislinguer les phenomfenes fonda-mentaux des epiphenomönes, les lesions caracteristiques et primitives de celles qui ne sont que secondairescon.se cutives, ne survenant elles-memes que comme epipheno-menes, ii faut pouvoir remonter de ces lesions complexes, mais peu marquees comparativement a ce qui a lieu dans les autres maladies, jusqu'aux modifications portant sur l'ötat moleculaire des substances organiques, modification qui dominent les autres alterations et existent souvent en l'absence de tout cbangement physique et de structure intime.
raquo; On voit par cet apergu, qui n'est qu'un resume de quelques-unes des propositions fundamentales developpees par M. le professeur Robin, dans seskgons sur les hw mews normales et morbides du corps de l'komme, que pour etudier les alterations du sang dans les maladies, les pro-cedes de mensuration et de ponderation des substances coagulables de ce liquide sont completemenl insuffisants etne peuvent que donnerdes resultats sans valeur.
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igt; L'etude du sang, pour 6tre feconde, exige de bien autres efforts, qui impliquent le recours ä des precedes analytiques dontl'usage n'estpas d'ordinaire tres-familier aux veterinaires. II est done indispensable, s'iis veulent faire des recherches utilesen hematologie.qu'iis s'associent des collaborateurs ayant toutes les aptitudes voulues pour proceder aux manipulations fines et delicates que com-porte l'etude du sang par Tanalyse et par le microscope.
raquo; Mais ä cöte de ces recherches techniques, il en est d'autres qui restent plus particulierement de la compe­tence du clinicien et qu'il doit poursuivre parallelement ä celles qui sont specialement du domaine de la chimie.
raquo; Elant donnee cette proposition fondamentale de la doctrine du professeur Robin, que les substances organi-ques saines sont susceptibles, au contact de substances or-ganiques alterees, de partieiper de l'alteration de ces der-niferes par le fait seul de ce contact; et ceia, de proche en proche, avec plus ou moins de rapidite ou de lenteur, suivant Ja quantite des substances alterees, suivant aussi leur mode d'alteration, etant donnee, disons-nous, cette proposition fondamentale, 11 serait interessant de la veri­fier sur les animaux par des experiences diversifiees , feiles, par exemple, que la transfusion du sang des sujets typhiques ä des sujets sains; l'injeetion, dans les veines, de la vapeur d'eau recueillie, h l'aide d'un mölange refri­gerant, dans les ecuries oü les animaux typhiques sont agglomeres; l'inoculation des substances coagulables, en voie d'alteration putride, que contient cette vapeur; la cohabitation d'animaux sains avec des animaux typhiques, apres constation, par ce precede analytique facile, de la presence, dans la vapeur d'eau, de la maliere coagulable
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alteree. Et puis, a supposer que des experiences, faites d'aprcs ce programme, donnassent des resultats positifs, il faudraitj pour rösoudre la question, savoir si la ma-tiörequot; organique obtenne, k I'aide d'un melange refrigerant, dans les ecuries des animaux typhiques, a des propriety qui lui sont exclusives et dependantes de l'etat typhique lui-möme, il iaudrait, dis-je, que les momes expöriences d'injection dans les veines et d'mooulation fussent rope-tees avec de la substance organique, recueillie par le mSme precede, dans des ecuries closes oü sont agglomerös des animaux en sanle,
raquo; Mais ces developpements suflisent pour faire com-prendre dans quelle voie il fautentrer aujourd'hui, si Ton veut faire des recherches fructueuses en hematologie. Assez longtemps on s'est maintenu dans les erremeuts de riiematometrie, sans arriver ä des resultats bien utiles. Le temps est venu d'entreprendre autre chose que ce qui a ete tentepar nos devanciers pour öclaircir les questions si difficiles et si obscures de la nature des alterations que le sang eprouveincontestablement dans un certain ordrede maladie. ?\Tous ne savons si toutes les idees de M. le pro-fesseur Robin recevront la consecration de l'experience; mais ce dont nous sommes convaincu, e'est que le livre de ses lecons ouvre des horizons nouveaux, agrandit les anraquo; ciens, repand la lumiere sur bien des points oü regnail avant la plus profunde obscurite, et risout dejä un certain nombre des problemcs inutilement cherches avant son apparition.
)gt; C'est ce qui nous a determine ä proftter de Toccasion de ce rapport sur les affections typhotdes du clieval pour engager les veterinaires ä mettre ä contribution cesnou-
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BlBLIOGRAl'lllli.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; iQS
veaux travaux sur l'hematolgie, et ä en s'en inspirer dans les recherches que comportent les questions qu'ils ont a etudier. raquo;
Discussion sur les affections typlioules.
Seance du 13 juin ,1867. - M. Colin. — Depuis la discussion de 1859 ( voir page 43), c'est-a-dire depuis huit annees, il y a eu bien des recits sur cette maladie, voire rr.eme le concours actual, eh bien! M. Colin se de-mande si la lumiere s'est faite dans la nuit oü nousetiuns plonges? laquo; Non, repondit-il. —II ne peut accepter cette maladie typhoide: 1deg; parce que les typhoidiens n'ont jamaispuetablii' uneressemblance, ni meme uneanalogie, entre cette maladie et celle de 1'homme; — 2deg; parce qu'on confond sous une denomination commune des maladies dit'ferentes ; 3deg; parce que les observatems ne peuvent pas mfeme tomber d'accord sur les caracteres et sur la nature de ces pretendues affections.
Qnoi, s'ecrie-t-il, toutes les maladies, sauf une on denx, atteignent Thomme et les animaux sans changer leurs ca­racteres essentials, lour physionomie, at Ton voudrait que la fievre typhoide fit saule exception, an passant de l'homme au che-val!
Mais, les typhoidiens voulant ä toute force at quand meme conserver les analogies dent parle M. Colin, ont pre-tandu avoir constate les lesions specifiques de l'intestia grele; il y a plus, ils ont presente des preparations plus splendides par leurs etiquettes, que par leur expression
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pathologique; c'est une mystification, il faut qu'elle ait un terme!
Et les bactöries? — Vite, 11 en faut aux typholdlens, tt
tous d'en trouver...... dans leur imagination, car, dlt
M, Colin, jamais on n'a pu lui en faire voir.
Enfin, pour completer la seriedes emprunts ä la patho­logic humaine, on invente la cirrhose, la degenerescence graisseuse lt;lu foio, etc., etc!
Mais cela ne suffisait pas! Voici venir la bile melee au sang, les ferments, les acidcs!! Etonnez-vous done, mes­sieurs, ajoute M. Colin, qu'un pauvre cheval puisse mou-rir avec un sung charge de bile, d'acide et de ferments.
Pour les partisans de la doctrine typholde, tout esl tupho'ide! Un engouement pulmonaire, une pneumonie qui n'est pas franche, une pneumonie gangreneuse, une angine ä physionornie insolite, une gaslro-enterite com-pliquee d'aiteration du sang, un ictere, une flövre mu-queuse, un efat adynamique mal defmi, une paralysie sans cause appreciable, tout cela et peut-etre plus encore, on I'appelle maladie fyphoide.
0 praliciens, vous ne possedez pas l'arl du diagnostic! Trop d'erreurs! trop de confusions! vous observez mal! Tout cela est un peu embrouille I Mais enfln, qu'entendez-vous par maladie typhoide? Est-ce ceci, est-ce celä? Jamais le sphynx de la table n'a propose d'enigmes plus inintelligibles que les vötres! li faut en finir avec ces fic­tions, dit en terminant iM. Colin; observez mieux vos malades, tätez le pouls, percutez, auscultez, examinez le sang, faites-le analyser par un chimiste, pratiquez des autopsies, faites des essais d'moculation, etc., etc.! raquo;
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AuCant le Christ disantä sss disciples: Allez et ensei-gnez 1........ajouterons-nous.
II ne nous serait pas difficile de repondre a cette bou-tade inqualifiable et si peu mod^ree, si peu convenable aussi bien dans le fond que dans la forme; mais nous en laissons le soin ä de plus autorises, ainsi qu'on le verra un peu plus loin.
Nous ne reprocherons personnellement qu'une chose a M. Colin, c'est son vote de concession; c'est une faiblesse qui ne nous fait pas prendre au serieux son role de refor-mateur.
M. Camille Leblanc. — Dans une argumentation serree qui temoignait de la valeur pratique da notre es'ti-mable collogue, M. Ltblanc a comble les lacunes existant dansles descriptions des divers concurrents; il a mieux precise les differences cliniques et pathologiques existant entre ces affections et de semblables manifestations dc forme franche et aigue.
PourM. Leblanc, la maladie est ike, les lesions sont \a-riees,il n'y a pas deformes separees; en sorte qu'il ne pent admettre les divisions trop nettes admises jusqu'ä ce jour. Des lesions locales ne peuvent pas seules juger la question, il faut en outre de certains caracteres particu-liers reveles i Tautopsie, qu'il y ait dans lesautrejorganes des traces d'un etat general; et, pour les lesions, comme pour les symptömes, il faut un ensemble qui en forme pour ainsi dire lacaracteristique.
Ces id^essont les notres; dans notre memoire de -1862' nous les avons developpees et soutenues. Avant de clore ses observations, M. Leblanc critique la recente publica­tion de M. Sanson sur la diathese typhoide; il n'attache
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pas lant de conSance que M. Sanson au reactif de l'acide azotique sur le serum du sang typho'ide; il ne peutadmet-tre que toutes les maladies, depuis le plus simple embar-ras gaslrlque jusqu'ä la Hfevre charbonneuse ne soient qn'une, dependant absolument d'un arret dans les functions söcretoires du foie,
M. Leblanc croit qu'il est plus rationnel de reconnaltre trois ordres de maladies bien trandiees: 1deg; On doit placer dans le meme ordre I'embarras gastrique aussi bien que la pneumonie ou la pleuro-pneumonie; 2quot; la lievre ataxique outypboiclecaracterisee par une alteration du sang consistant principalement en la facile separation du serum de la por­tion solide du sang; 3deg; enfin la fievre charbonneuse carac-tcrisee par l'etat poisseux du sang, sa propriete contagieuse et la presence de bacteries.
Au sujet de la nature de ralteration du sang, M. Leblanc d'accord avec les analyses de M. Clement d'Alfort, et con-trairement h l'auteur du memoire n01, dit qu'il y a dimi­nution des globules et augmentation de la fibrine, Le mi­croscope a permis de reconnaitre la difference qu'il.y avail enlre les affections typhoules et les maladies char-bonneuses; en ce sens que, pendant la vie, il n'y a pas de bacteries dans le sang typho'ide, tandis qu'elles abondent dans le sang charbonneux; en sorte que, I'examen mi-croscopique du sang trancherait la question en soule-vant tout soupgon de doute.
Seance du 11 juillet laquo;867. — M. Signal. — M. Colin ne s'etant pas contente d'attaquer de parti pris les con­currents, avail cherche ä tourner en ridicule scientitique les assertions de M. Signol, a savoir : que M. Signol au-rait en vain voulu rapprocher la fiövre typhoide
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du cheval de celle de l'homme; — et que posterieure-ment ä la decouverte de M. Tigri qui aurait vu des bac-teries dans le saug typho'ide de riiomme, il serait venu, lui, M. Signol, annoncer mlt;?me ä l'Institut cette deccJuverte sur le sang typho'ide du cbeval.
G'est alors que JI. Signol demontre, preuves ä l'appui, que les dirgs de M. Colin sont entierement contraires ä la, verite; que jamais il n'a pretendu prouver l'analogie entre celte maladie du cheval et celle de rhomme; et qu'ensuite sa communication ä l'Institut est anterieure d'au moins 2 ou 3 mois ä celle de M. Tigri.
Quant ä la presence des bacteries, M. Signol dit que si M. Colin ne les a pas vues, c'est qu'il ne l'a pas voulu • du reste, il Importe peu que M. Colin croie ou ne croie pas ä leur existence.
A propos du desaccord que M. Colin reproche aux pra-ticiens en general et aux concurrents en particulier ; M. Signol repond : laquo; En verite, M. Colin revele bien lä son v incompetence, et on coinprend du reste que, n'ayant raquo; etudie ni les unes ni les autres de ces formes de la mala-raquo; die, il ne puisse dechiffrer ce qu'il appelle une enigme raquo; du sphynx. C'est qu'il manque ä ses appreciations une gt; chose essentielle, la pratique; autrement il reconnal-raquo; trait facilement la relation pathologique entre ces affec-raquo; tions, c'est-ä-dire l'elat lyphoule, l'alteration du sang, raquo; comme il le dit lui-meme: mais l'alteration du sang o consideree comme cause et nou pas comme effel.raquo;
M. Colin n'est point sobre dans les conseils qu'il donne aux praticiens; mais lä, il manque de modestie et de res­pect puur nos maitres qui nous ont professe ces principes
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avant lui; ef, que Ton veuille bien noter que ce qu'il pres-critde faire est precisement ce qu'il critique.
Eafin, dit M. Signal en terminant sa replique : Au lieu de s'entenir h une sterile negatioiij M. Colin ferait mieux de se mettre h l'oeuvre et de nous donner la caraclöris-tique de ces affections; et puis, avant tout, qu'il se mette au courant des travaux de la raedecine. humaine, pour lui apprendre que les idees auxquelles il se raltache si energiquement, sont singulierement modifiees.
M. Colin se defend mollemen!; ii ne veut pas relever les ameuites de la note de JL Signol qui lui a reproche, bien ä tort, de ne pas etre praticien, car il n'a pas affiche la preteulion de l'etre et ce sont les circonstances qui en sont causes,
M. H. Bouley. — Le savant et impartial rapporteur blame les expressions violentes dout s'est servi M. Colin; laquo; il pretend que le droit de critiquer ne donne pas celui d'injurier, et que e'est aller au-delä de toute mesure que de suspecter la bonne fui des concurrents qui, de leur plein gre, se sont faits les justiciables de la Societe veteri-naire.raquo;
Pour nier 1'alfection Upholde, M. Colin s'appuie sur liois arguments principaux; le premier, est quecette pre-tendue maladie du cheval ne serait pas identique dans ses symptomes et ses lesions ä la fievre typhoide de i'homme. Et d'abord, dit M. Bouley, on n'est plus aujourd'huiä prötendre 1'identite; on aiimet seulement Fanalogie; et quand meme ces affections seraientidentiques, ce n'est pas la difference de leur expression symptornatiquedans les es-peces differentes qui serait un argument bien valable contre leur idcnlile no-sible; el pour prouver cette veritö, M. Bou-
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ley dit que la pneumonie, la morve, le tetanos, la rage, sont toutes des maladies bien differentes dans leurs manifesta­tions etchezriiomme et cliez les animaux ; aussi, conclut-ilsur ce premier argument de M. Colin que laquo; les maladies peuvent fetrewnesdans toutes les especes auxquelles alles sont raquo; susceptibles de s'attaguer, et que cependant^ en restant raquo; identiques ä elles-raemes, elles peuvent etre tellement raquo; ditteientes au point de vue symptomatique, qu'elles ne raquo; soient plusreconnaissables. Done, la ditference d'expres-raquo; sion symptomatique entre la fievre typhoide de Thomme raquo; et celle du clieval n'est pas un argument a faire valoir raquo; pour prouver que ces maladies ne sont pas identiques. raquo; Le deuxieme argument de M. Colin est dans ce que Ton confond, sous une denomination commune, des maladies difierentes; et cette argumentation de M. Colin est deve-loppee en termes tres-peu galants; ce ne sent pas precise-ment ces termes d'une politesse, d'une urbanile exquises, qui elonnent M. Bouley, non! c'est la teneur meme de cetle proposition dansla bouche d'un physiologiste tel que M. Colin, qui, mieux que tout autre, devrait savoir com-bien sont variees ä Tinfini les manifestations duesä une alteration du sang; quela cause de cette alteration soit na­turelle, accidentelle cu experimentale, alteration qui, en somine, n'est que Texpression d'un etat pathologique un et idmtique ä lui-meme.
Troisieme argument: desaecord entre les observateurs sur les caracteres et sur la nature de ces pretendues affec­tions. Mais, dit M. Bouley a M. Colin, comment, vous qui avez combitltu les questions de physiologie les mieux eclairees, vous qui avez ainsi prouve qu'cn physiologie, les opinions peuvent etre divergentes, comment ne pou-
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tin
AFFECTIONS TVl'UOIUES.
vez-vous admetlre qu'ellei le soient en palhologie: et des lors, pourquoi vous monlrersi severe envers les praliciens, les pathologistes?.....
M. Colin, avant de donuer de tres-haut des conseilsaux praticiens, aurait mieux fait de commencer par donner 1'exemple ; il se serait alois convaincu laquo; qu'ilexiste chez le n ckcval une affection ä manifestations symptomatiques tr'cs-raquo; vuriees, dont la stupeuret I'adynamie constituent le carac-raquo; lere constant, fundamental, et a laquelle, pur cela meme, raquo; la qualification de TTPHOiBE pent etre legitimement atfri-raquo; l/uee.
Ttlke.st, dil M. Bonley, ma dcrnicre conclusion !
Apres celle vaillanle replique, M. Colin balbutia quel-([ues raotSj pui$, coofuset batlu.....il se lul!
L$ discussion t'tait close; cependant M.'Leblanc dc-clarareserverson opinion, qurint au fond de la question que n'avaient aboide, ni M. Bouley, ni M. Colin. Nous al-lons avoir a apprecier cette opinion au sujet d'un travail special de M. Trasbot.
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1557. _. Dan? la seance du 10 Janvier, M. Trasbot, chef deservicede cliniquc ä l'ecole d'Alfort, donna lecture d'une note sur la presence de bacteries dans le sang d'un chevai morl de taffeclion typhoide.
Ce travail fut renvoye ii une commission composee de MM. Colin, lleynol, Goubaux, Mathieu et C. Leblanc, rapporteur.
Ce n'est que dans la seance du 12 decembresuivant, que M. C. Leblanc fit son rapport.
M. Leblanc. — M; Trasbot a decrit dans sa note des lesions trouvees a I'autopsie il'uu chevai entier, äge de
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13 ans, appartenant ä la Gompagnie des Omnibus, lequel mourut le7 Janvier, apres deux jours de maladie.
Ni les symptömes ni la marche ne sont relates, les le­sions ne sont pas celles qu'on reconnait ctre spedales ä l'affection dlte typho'ide; l'etat du sang se rapproche plutot des caraetöres qu'on assigne au sang des animaux ayant aiccombe ä une affection chavbonneuse; il manque, pour qu'on se rattache a ceite derniere opinion, une confirma­tion : c'est rinoculatiou de ce sang ä des animaux sains,
Tons les auteurs sont generalement d'accord que les bacteries n'existent point pendant la vie dans le sang des solipedes atteints de la maladie dite typho'ide, le meine accord existe, ou ä peu pres, sur la presence des bacteries pendant la vie dans le sang des animaux atleints du diar-bon; en sorte que ces differences fondamentales suftiseut pour etablir la distance qui separe les affections typhoides des maladies charbonneuses ; en outre, la contagion des premieres n'a jamais pu etre pvouvee, tandis que cede des secondes est admise sans conteste; en sorte que, dit M. Leblanc, ons'explique difticilement comment cclle opi­nion de Videntite des affections dites typhoides et char­bonneuses puisse etre desormais soutenue.
Dans l'etat actuel de la science, il est sage d'admeltre que les bacteries existent ordinairement dans le sang char-bonneux et qu'elles disparaissent des qu'il y a fermenla-tion putiide ; et qu'en outre, leur absence ne suffit pjs pour denier le charbon que confirmera toujours I'inocula-tion.
De meme, rien n'autorisea dire que le sang des chevaux typhoides contieime des bacteries pendanla vie, et que si
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AFFECTIONS TYPHOIOES.
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on en trouve apres la mort, ce caractere n a nen de spe­cial ä cette maladie.
La note de M. Trasbot n'a pas fait faire un pas a la science ; il faudrait prouver la presence des bacteries pendant la vie dans le sang typhoide, de möme qu'il fau­drait prouver que leur presence est constante pendant la vie dans le sang charbonneux.
Le concours de -1867 n'a pas elucide cette question. M. Leblanc forme des voeux pour que ce sujet soit remis au concours pour 1870.'
G'est, du reste-, ce qu'a decide la Societe, seance tenante.
Ici se termine la 2quot; pöriode de noire revue analytique; on remaiquera les progres immenses qu'a tails la question qui, en 1859; elait mise en doute par la docte Compagnie et qui, en 1807, eslresolue par Vaffirmative la plus complete.
Ce quidifferencie la 1re periode de la 2me, c'est que celle-lä reconnaissait Videntite entre ces affections et la fievre typhoide de rtiomme, tandis que celle-ci repousse cette identile, admet seulement Vanalogie, mais qu'en revanche, eile tend ä rapprocher ces affections des maladies char-bonneuses, tendance que repudie avec raison W. C. Le­blanc.
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SECTION III. ^ periode, de 1868 ä raquo;872-
1868. — M. Trasbot, chef de service de clinique ä .''ecole d Alfort. — Observation de pneumonie tur un ehe-
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BIBUOGRAPHIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;US
val avec alteration du sang ayant occanonne la mart. Ino­culation du sang ä im lapin et ä im cheval immediatement apres la mart du sujet, lUmltat negatif de l'inocula-tion.
Tout en reconnaisssmt !e bien fonde de la critique de M. C. Leblanc sur l'observation qui avail motive le rapport precedemment analyse, M. Trasbot reste convaincu qu'il avait eu ä constater les lesions d'une pneumonie typhoide et neu d'une affection charbonneuse. Danscet article ties-precis, tres-detaille, il nous met en presence d'quot;un cheval de trait ayant tous les signes d'une pneumonie a droite qui, huit jours apres, ne tendait a la resolution que pour reapparattre du c6te gauche, mais alors avec des signes tels, qu'il dut reconnaitre qu'il y avait complication d'olte-ration du sang.
Cinq jours apres, ce cheval mourait presentant fous les caracl^res symptomatiques et necropsiques d'une maladie analogue au charbon et aux affections typhoides du jour.
En outre des lesions generales, speciales ä l'une ou ä l'autre de ces affections, le sang presentait de nombreuses alterations des globules rouges, beaucoup de leucocytes et de granulations, et enfin une muhitude de bacteries.
Ce sang fut inocule ii un lapin et ä un cheval; le lapin est mort d'infection pulride resultant d'une gangrene trau-matique, — le cheval n'a ressenti aueun effet de cetle ino­culation; mais, inocule ä nouveau, huit jours apres, avec du sang vraiment charbonneux, il est mort du charbon 48 heures apr6s.
M. Trasbot tire de ce fait les consequences suivantes : Ce n'etait pas le charbon, puisque la maladie ne put s'ino-
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AFFECTIONS TYPUOIDES.
culer; ce n'etait pas la fievre typhoide, puisque les lesions etaient ä peu pres nulles.
Qu'etail-ce done? — Une pneumonie avec alteration du sang.
Ces conclusions nous surprennent, car I'absence ou la presence des lesions intestinales ne suffit pas pour infirmer ou aifirmer Tetat typhoide; nous croirions plus volontiers h une affection sporadique des mieux caracierisees. {liecueil d'Alfort.)
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1869. —M. Mitaut, vöterinaire militaire.— A la seance du 1 \ mars 1869, M. Mitaut a lu un memoire tout empreint du vieil komme tenant ä son drapeau et ne vou-lant pns servir dans la legion etrangdre des typhoidistes.
Et tout ceia, ä propos d'un travail de M. Barreau dont nous avons deja parle, dans lequel M. Mitaut ne savaitau juste si la maladie qu'il a observee etait de nature typhoide ou charbonneuse. M. Mitaut, arme de faits cliniques qui lui sont propres, repond carrement: ces sortes d'atfec-tions,ämarclie rapide, semanifestant par des engorgements asphyxiques dans la region pharyngo-laryngee,quot; sont de nature essentiellement charbonneuse et nvliement typhoide.
Et !a pieuve?........Aucune preuve ä l'appui!
ni inoculation, ni examen microscopique, ni analyse cbimique!......
Ce n'est point ainsi, pretend M. Mitaut, que Ton arrivera ä rendrela theoriemödicale deplus en plus claireauxyeux de tous.
Quoi qu'en penso M. Mitaut, les typhoidistes, sans avoir recours aux voies indirectes, arriveronl ä leur but sans craindre le reproche qu'il leur adresse charitablement;
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BlBLlOGHAFHtK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
d'abuser de la muUiplicite des denominations obscures appliquees h un meme etat morbide.
1869. — M. Liautard, veterinaire militaire. — Affections typhn'iies.
Sous une forme sarcastiqae, et sans avoir l'honnetete de nommer aucun des nombreux auteurs qui ont ecrit sur cette question, et qui, meme sous ses yedx, Vont etudiee avec persisfance par la voie experimentale, M. Liautard blame tout ce qui a ete fait, voire meme ce qu'il a cuu avoir dit et fait; mais, grace a son tact medical, il croit pouvoir expliquer la nature de ces affections, en ee servant des experiences des autres.
Ces Maladies infectieuses seraienl dues a un empoison-nement cause par Tabsorptiou pulmonaire des produits que contient l'air des ecuries oil se trouvent agglomeres beaucoup de malades, dans les depots de remonte et dans les infirmeries des corps; aussi, trouvant mauvaise la qualification de typlioide donn^c ä celte matadie, il la dote, il l'etiquette, dirait M. Mitaut, du nom de toxemie'-... Avouons que le besoin ne s'en faisait nullement sentir. M. Liautard et nous, etions ensemble dansle m6me regi­mental a sans cesse ete temoin de no-3 recherches sur les alterations du sang contenant des cristaux et souvent acide; il a suivi nos essais sur l'action de la bile sur le sang; 11 a vu nos experiences sur Tinoculation des pro­duits älteres recueillis dans l'air confine d'une ecurie ren-fermant des malades typho'ides; il a vu tout... puis il a ecrit son remarquable article. Tout a I'heure nous invo-quious M. Mitaut; qu'il nous permelte d'appliquer ä M. Liautard une de ses epigraphes, ce sera notre reponse:
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AFFKCTION'S TVPIIOIDES
laquo; L'honnStete veut que chacun garde ie faible merite de ses oeuvres. Aussi, dans ropinionpublique, celuiqui prend les idees d'autrai ou qui cherche ä jeter le discredit sur elles, quandil ne lui est pas possible de se les approprier, celui-lii sesert de moyens iisdignes d'an homme debien ! raquo; {Journal veterhiaire militaire.)
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1869.— M. Mennechy, veterinaireen Ier au 8e chas­seurs. — Affection de nature typhoide, — ( Extrait des rapportsannuels de lot8.)
48 chevaux, regus en mai et en juin des depots de Mä-con et d'Aurillac, ont ete atteints d'une maladie de nature typhoide, et neuf de ces chevaux ont succombe.
Lesions, — Dans les plevres, arborisations etpetechies, pas de fausses membranes; les poumons sont le siege d'hepatisations- peu franches, disseminees en differentes parties; lamuqueuse des bronches est epaissie, rougeätre, et cells du pharynx et du larynx presente de nom-breuses taches noirätres et des fausses membranes. Le coeur est pale, mou, ddcolore, couvert de petechies que Ton retrouve aussi dans les ventricules el sur les gros pi-liers. Quelquefoisil y avail des caillots organises, d'autres fois le sang restait a l'etat de bouillie ou de sirop epais et noir. Les muscles etaient larves et noiicis.
Le sang tire ä I'eprouvette a piesente les caracteres suivants: au debut de la maladie, pen de serum; le caillot restait noir ou se divisait en deux parties; plus tard, le serum elait plus abondant et le sang se coagulait rapide-roent.
Dans 1'intestin, taches et plaques hematiques, hyper-trophie des plaques de Peycr et de Brunner; pas d'ulcera-
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tions. — Bougeur et epaississemenl de ia muqueuse recouverte deproduits pseudo-membraneux. La vessie et l'uterus ont leur miiqueuse poinlillee de taches noires et rouges, les reins sont ramollis.
Le foie n'ajamais ete rencontre ä l'etat normal; il etait toujours augmente de volume, cuit et ramolli. La rate a aussi ete rencontree grosse et boursouflee ; boue splenique sirupeuse tresabondante et tres-noire.
Tous les ganglions lymphatiques etaient älteres, gros, ramollis, couverls de taches ecchymoliques. A n'en pas douter, ces lesions se rattachent aux ati'ections lyplioides les mieux caracterisees.
Quant aux symptömes du debut elde l'elot, ce sent ceux quiseront devedoppes ulterieurement.
Causes. — G'est une maladie d'acclimataliün sous une forme maligne.
La cause principale serait la pratique vicieuse de l'en.-graissement ou de la preparation h la ventc qui modifie l'equilibre des Clements de l'economie, ce qui estincompa-tibleavecl'existeüce desfonetionsvitales; et, choseremar-quable, c'etaient precisement les chevaux qui avaient le plus d'embonpoint qui furent les premiers atleints.
En 1868, les cbevaux reslerent peu de temps dans les elablishements d'aebat, et furent exprklies de suite dans les corps ; or, on saitque les phenomeuesde modification et de tram formation de i'economie se produisent avec moins de pertuibation et de gravite dans le pays et sous le climat oil sont nes les chevaux. que s'ils viennent ä etre transportesAmgumen*dans un aulre pays et sous uri aulre climat. Aussi, par ce transport en chemin de fer, les jeunes chevaux ont-ils etesoumisaux influences pernicieuses d'un
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tel voyage, alors qu'ils etaient dans un etat fonctionnel de troubles profonds par suite de ce cliangement de climat,
M. Mennecliy pen.;eque celte affection n'a aucune pro-priete conto (/tense.
Traitcment. — Moyens hygieniques et thcrapeullques pour combattre Tetat typhique par les analeptiques et les toniques: les revulsifs ont aussi ete employes sous toutes les formes.
CONCOÜRS DE 1870. liapporl de M, H. Botiloj, du 2quot; juin 1872. PnoGRAMHE. — De t'affection typholde du cheval. #9632;
laquo; Exposeria Symptomatologie de cette affection suivant raquo; les formes diverses qu'elle esl susceptible de revetir , et raquo; indiquer, avec le plus de precision possible les earac-raquo; teres qui la differencient des maladies qui peuvent avoir #9632;raquo; avec eile des analogies de forme, d'expiession exterieure laquo; et de lesions.
raquo; Faire l'etude du sang dans cette maladie avec tous raquo; les moyens clont 11 est possible de disposer aujourd'iiui,
raquo; S'attacher a reconnaltie si eile est susceptible de se raquo; transmetlre, soit par cohabitation, soit par inoculation, raquo; soit par transfusion du sang, soit par injection dans les raquo; veines de la vapeur recueillie par refiigeration dans raquo; I'almosphere confinee des ecui ies oü des malades sont raquo; rassembles.
laquo; Rechercber les conditions dans lesquelles cettemala-raquo; die est susceptible de se developper.
raquo; Tächer de donner la demonstration, par des esais raquo; comparatifs etparuno slatistique rigoureuse, de l'efßca-raquo; cite d'un moyen ou d'une melhodc de traitcment. raquo;
Le piix a decerner sera de la valeur de 1,500 fr.
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Comme on le voit, ce programme elait scientifique-ment plus serieux que celui de 1866 ; on demandait sur-tout des recherches sur l'stat du sang, sur la contagion , sur Tetiologie et sur le traitement.
Six memoires furent envoyes; apres discussion et suivant les conclusions de M. Bouley, ils furent classes et recom­penses de !a maniere suivante :
Nquot; 1. — M. SallEj veterinaire militaire. (Mernoire in-scrit sous le n0 5.) Medaille d'orde la valeurde 600 francs.
M0 2. — M. MiiGMX, veterinaire militaire. (M emoire insciit sous le nu 3.) Medaille d'or de 400 francs.
N0 3. — iM. Just. Gauvet, veterinaire ä Narbonne (Aude.) (Memoire nü a.) Medaüled'or de 400 francs.
N0 4. — M. ßoNx\ARD, veterinaire militaire. (Memoire nquot; 2.) Medaille d'argent.
IS'0 o. — M. Pourquier, veterinaire ä Montpellier, et M. Lagriffoül, veterinaire militaire. (Memoire nquot; 4 fait en common.) Medaille d'argent.
Un seul memoire, celui qui etait inscrit sous le üraquo; i, n'ayant pas rempli les conditions du programme, n'a point ele recompense,
C'est dans la seance solennelle du 26 decembre 1S72, que ces medailles ont ete distribuees aux laureats.
Tous ces memoires avaient ete envoyes au secretariat de la Sociele avant le 21 decembre 1869; mais, dit M. le Rapporteur, aux fleaux de la guerre et de la Commune etant venus s'ajouter ceux de la peste bovine, il ne lui a pas ele possible de se livrer plus tot au travail d'analyse de ces memoires.
Memoire n0'6. — M. Saile. — Nous ne pouvons ni ne devons analyser ici notre memoire qui sera, dans la
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iFFECTIONS TYPHOIDES.
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2deg; parlie, l'objet essentiel et principal de ce travail. En terminant son rapport, M. Bouley dit : laquo; Le memoire qui nousparait devoir etre place en premiereligne est celni qui est inscrit sons le nquot; 5, parce que c'tst celui dont I'aateur s'est le plus tfforce de proceder, par 1'experimentation, k l'eclaircissenient des questions que compoitait le pro­gramme et qui a obtenu effectivement, par ce mode de proceder, le plus grand nombrede resullats positifs.
Ainsi : ^ II a constate clans le sang descrislaux avantsa putrefaction. Ces cristaux, il les a representes, etaenvoye des preparations microscopiques qui permettent de les voir.
raquo; il en a assigne l'espece; d'apräs les caractcres qu'il a reconnus. M. le professeur Robin, quo j'ai consult^, m'a declare que toutes les affirmations, surce point, de I'au-teur de ce memoire etaient parfaitement exactes. II m'a ajoute que lesfaits rapportes dans ce travail avaient d'au-tant plus d'interet qu'ils etaient tout nouveaux ; qu'aucune recherche n'avait encore ete entreprise dans l'ordre de celles que Tauteur de ce travail venaitde commencer, et, toute question d'interpretation des fails qu'il faisait con-naitre mise de cöte, ces fails avaient ä ses yeux une grande importance par eux-memes et meritent de fixer I'attention.
raquo; M. le professeur Robin considere aussi comme une particularite toute nouvelle, Facidificalion presque imme­diate aoreslamort du sang reslo alcalinjusqu'ä la der-diere minute de la vie. raquo;
Memoire nquot; 3. — M. M6gnin. — La maladic lypho'ide etant infeclieuse et resultant d'un erapoisotmement du sang par un miasme animal, eile so rapproche des lors.
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de la famille des lyphus; aussi, M. Megnin propose-l-il de la nommer affection typhique ou encore typ/ms d'e-curie, typhus equilia.
laquo; Notre typhus du cheval, dit l'auteur, bien qu'ayant avec le typhus des hopitaux, beaucoup d'analogies de symplömes et de lesions, ne peut 6tre cause que parua niiasme ar'imal ou plutöt cabaliin; il est de la meme fa­mille, mais il constitue une espece entieremeut distincte. Voilä pourquoi nous repoussons l'appellation de tievre typho'ide, qui pourrait faire croire qua nous le regardons comme ['analogue du typhus de l'horarae , aussi bien que le mot affection typlioide qui, grammaticalement, veut dire qu'il n'y a qu'uu rapport de refsemblance. Pour nous, c'est bien uue affection typhique, c'est-ä-dire qui participe de la nature du typhus, et nous proposons, pour le specifier et le distinguer des autres, le noin de typhus d'ecurie (typhus equilin). raquo;
Ces principes poses, M. Megnin public quatorze obser­vations qui lui servent de base pour decrire cette naaladie dans ses phases et dans ses formes diverses.
Apres cet expose, l'auteur fait connaitre l'ötat du sang, qui, peu different de l'etat normal au debut de la maladie, change de caraclera ä mesure qu'elle progresse. laquo; Alois le caillot blanc se reduit de plus en plus, le caillot noir devient moins ferme et plus fonce, le serum plus colore, et l'analyse montre en meme temps ce que ies pböuomeues ci-dessus faisaient dejä prcjuger, une diminution progressive dans la quantite relative des principes fibrino-albumi-neux. raquo;
Dans les cas les plus graves, et quelques instants avant la mortr il n'y a plus de caillot blanc • le caillot noir n'est
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AKFECTIONS TYPHOIDES.
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plusqu'un magma caillebote tres-noir, ressemblant ä du sirop de mures, [/analyse ne raonlre plus qu'une petite quantite de fibrine, et l'acide azotique, reagissant sur le serum, ne donne plusqu'un precipile allmmineux tres-faible, ne dissiinulant plus la belle coloration verte que ce reactif forme avec la hiliverdine, qui parait plus abondanle qu'ä I'elat normal. Le microscope fait voir que, dans ce sang, Its globules, an lieu d'ötre ferraes, d'avoir une belie forme discoide et de se reunir en pile de monnaie.(carac-tere du sang normal et des maladies inflammatoires), sont diffluents, se döforment facilement et s'agiegent en se collant par leurs bords, en formant des ilots informes qui lloltent au milieu du serum.
Dans deux circoustances, I'auteur a trouve dans le sang les bacleridies caracteiistiques du charbon; rnais jamais il n'a constate son acidite.
Apres avoir donne la desciiption des lesions, I'auteur fait observer qu'il resulte de leur examen et de celui des symptömes laquo; que l'etat du sang est la lesion principale qui domine toutes les autres, comme I'ctat febrile prime tousles symptomes. raquo;
Pour lui, toutes les alterations des tissus se raltachent ä I'elat du sang, comme ä leur cause essentielle : les laches hematiques, les suffusions sanguines sont I'expression de la fluidity du sang ; de meme, le volume augmenle de la rale et sa consistance diminuee, etc., eic.
Comme on vlent de le voir, lout, dans cetle affection, se rattacherait äralteration du sang; ainsi, pour les symp­tömes: le coma tiendrait aux infiltrations sereuses de 1'a-rachnoide— le verlige -. aux suffusions sanguines ducer-veau — les accidents respiratoires ct pulmonaires : a la
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congestion passive du poumon — la dianhec: aux con­gestions passives de l'intestin, etc., elc.
Revenant, dans un chapitfe special, avec plus de de-veloppements sur la nature de cette affection, l'auleur re-pete quec'est une maladie zygmaiique ou infectieuse Ae\amp; famille des typhus, mais differant cependant assez du typhus d'liöpital et de la flövre typholde de l'homme, pour en faire une espece disiincte.
Quelle est la cause du typhus equilin ? laquo; C'est un mys-terienx agent qui, respire par le cheval, penetre dans le sang, Tallere et de!ermine la serie des phenomenes et le cortege des lesions donl rensemble constitue la ma­ladie. raquo;
Gomme causes secondaires, M. Megnin invoque l'agglo-meralion dans les ecuries insalubres, la mauvaisc alimen­tation, les mauvaises Saisons, I'lnfUience de Tage, des ma­ladies et des predispositions.
M. Bouley discutant la valeur intensive de ces causes, dit que M. Megnin n'est pas arrive ä la demonstration convaincante de la theorie qu'il soutient.
Mais il resulte de la demonstration fournie parl'auteur, qu'il reste desormaisacquis ä la science que cette maladie est infectieuse et non contayieuse, et que des lors, etaat admise une cerlaine predisposition chez les jeunes che-vaux, il ne sera pas surprenant qu'un seul cas de mala­die puisse en engeudrer d'autres, au sein d'uue agglome­ration, par la seule voie de rinfection.
Cumme (raitement, Tauteur repousse les antiphlogisti-ques, et preconise la medication revulsive, les loniques et l'esseuce de therebenthine.
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iFFECTIONS TYPHOIDES.
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Apiös cette esquisbe, M. Bouley ajoute que c'estun tres-bon travail.
Memoire nquot; 6. — AI. Just Cauvet. — L'affeclion typhoidene se presente pas, dit 1'auleur, sous une forme fixe et invariable j si on ne jugeait que d'apres les mani­festations symptomatiques les plus apparentes, en devrait etablirplusieurs maladies distinctes, mais I'etude attentive de ces diGerentes manifestations permet d'en saisir la res-semblance, de les rapprocher, de les renfermer dans un seul cadre, et de constituer Vuniie au milieude ce desordre apparent.
Getto appreciation tres-juste, tres-fondee des affections typhoides, a recude M. Bouley rapprobation la plusab-solue; car, partant de ce principe, M. Cauvet decrilavec une logiqne remarquable les symptöraes qui rev^lent ä nos yeux ces affections dans toutes leurs nuances et sous toutesleurs formes.
Quant ä la nature de cette maladie, M. Cauvet formule I'opinion qu'anatoyniquement, il n'y a pasd'assimilalion possible entre cette maladie et celle de l'homine; et que les differences sont encore plus manifestes, plus faciles ä etablir que les points de similitude. (I fait ensuite cette reserve, que souvent nous avons faile aussi, ä savoir: que la marche de cette maladie, chez le cheval, esttrop rapide pour que les manifestations analomo-pathologiques aient le temps de se produire.
M. Cauvet ne croit a aucune alteration putride du sang destyphoides; il a constate que le sang etait nlcalin, plus iluide et moins coagulable qu'ä I'etat normal, ce qui expliquerait les bemorrhagies, les transsudatioHS, les stases, etc.
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La presence dans le sang des elements de la bile, de-montree par la reaction de l'aoide nitrique sur le serum, n'est point exclusive ä l'etat typhoiiie ; et puis, dit M. Cau-vet, ce faitn'expüque oullement les phenomenestyphoides, car la ligature du canal biliaire n'entraiae pas les acci­dents dits typhoides.
Mais si le fait dominant et caracteristique de la maladie n'est pas dans la constatation de la presence des elements de la bile mölee au sang, on le trouvera dans Valteration du foie qui est constante et invariable.
laquo; Quelle que soil, dit Tauteur, la forme de Taffection, sa gravile, sa periode, et au milieu de tons les desoidres qui causent la mort, on trouve dans le foie des lesions prüfendes, invariables, constantes, caracteristiques, qui merilent d'etre etudiees d'une maniere approfondie, car e'est dans l'organe sicriteur de la bile que se trouve le NöEüd
DE LA. QUESTION. raquo;
Nous avons souligne, ^ivec intention, cette opinion de M. Cauvet, parcc qu'elle est conforms en tons points ä celle que nous avons exprimee dansnotrememoire.
Apres cette proposition, Tauteur entre dans de bautes considerations physiologiques sur les fonctions normales du foie, et sur les consequences de son alteration; quand nous tr. iterons cette question, nous relaterons ce remar-quable passage de son memoire.
Eludiant les causes, M. Cauvet place en premiere ligne celles qui out pour effet de troubler l'exercice des depura­tions cutanees et pulmonaires, coincidantquelquefoisavec une alimentation avarice et malsaine; de la, exces d'acide cqrbonique dans le satig ameuant la stupeur des centres nerveux et une alteration de la structure du foie. Approu-
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APFECMORS TYPHOIDES.
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vant cette thöorie qui est aussi la nötre, nous la develop-peroRS en temps el lieu.
L'auteur nie Ja contagion et declare n'avoir jamais pu la transmcttre, soil par la tranfusion du sang, soit par rinjection dans les vcines de la vapeur condensee des in-ftrmeries oü les malades etaient loges, ni par la cohabitar tion.
Arrivant au traitement, M. Cauvet dit que la saignee est pliitöt nuisib'e qu'ulile ; — que les revulsifs sent excel-lents, — les setons dangereux, — les vesicaloires ont des inconvenients, — les loniques sont excellents, et entre aulres l'ecorce de cliene. Le tannin, I'acide gallique, sous forme liquide, jouissent des meilleures proprietes cura­tives; la medication ferrugineuse devra aussi etre em­ployee.
Memaire nquot; 4.—MM. Pourquier et Lagriffoul, — Ce memoire est tout simplemeut un recueil de trois observations de fievre lypholde, que les auleuis ont adresse a la Societe, en declarant qu'ils ne concouraient pas dans le sens du programme, mais qu'ils voulaient seulement apporttr a la discussion leur part contributive.
Ces honorables confieres ont voulu prouver: 1deg; que I'ap-pellation de fievre typlioide etait rationnelle; 2deg; que cette maladie n'avait rien de commun avec la tievre cliarbon-neuse; 3deg; qu'ayant apparu ä Montpellier en memo temps que la fievre typhoide de I'liomme, et qu'ayant cesse aussi dansun meine temps, il serait possible que le genieepide-mique se cbangeäl en gmie epizoolique; 4deg; enfiu que cette maladie proviendrait tres-certainement de l'absorption d'un agent infectieux, veritable poison quo MM. les auteurs avouent ne pas connaitre.
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Memoire nquot; 2, —M. Bonnard. — Nous avons vu dans les analyses precedentes M. Mitaut lutter contra les typhoidistes, auxquels cependant i! faisait la concession d'admettre, de reconnaitre l'affection typhoide dans des circonslaucesbien deternninees parlui; mais ce qu'il uous etait reserve de voir, c'etait le Luther, le Calvin, le refor-mateur enfin, des doctrines admises par tous et sanction-nees par la Societe veterinaire.
M. Bonnard, en eifet, declare neüement qu'il nJexiste pas, qu'il ne peut merne pas exister d'affection typhoide, eu ce sens quo celte maladie proteique sera consideree comme nm; comme l'on consiilere la morve, la gourme, par exemple. II n'y a ,pas de formes dans cette maladie ; ce sent des pneumonics, des ententes, des pleuresies bien definies, mais revetant un caractere comrnun; qne ce caractere soitappele typhoide ou autrement, peu Importe ä nofre courageux confrere, pourvu qu'on reconnaisse avec lui que ces diverses maladies des jeunes chevaux n'ont enlre alles aueun air de famille, aueun lien nosolo-gique, en un mot qu'elles ne dependent pas d'nn seal etat que l'on persiste ä nommtr: elat typhoide!.....
fte jöuons pas au docteur, dit-il; appelonsles dieses par leur nom; c'est une maiadie A'accovtumance , ce n'est qu'une (/owrme , ce n'est qu'une diathese gourmeuse, ce n'est qu'une pneumonie gourmeuse, une enterite gour­meuse , une arachnonlite-rachidieane gourmeuse, une resorplion purulente gourmeuse'#9632;.....(sie)!
M. le Rapporteur critique avec raison laquo; les tendances de l'auteur qui, malgre les qualites que peut rent'ermer son memoire, merite le leger reproche de faire une trop g! ande part ä des interpretations qui ne produisent que des vues
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AFFECTIONS TYPH01DES.
d'un esprit qui se complait aux generalisations abstraites et qui ne s'inquiöte pas assez d'illuminer pour les autres quand il croit voir asstz clair. raquo;
Resume et conclusions.
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Apres cet impartial et remarquable rapport, M. Bouley fait ressortir la valeur comparative de tel memoire avec tel autre, blämant celui-ci, approuvant celui-lä; et cela,en suivant le programme pas a pas.
C'est ainsi qu'ä propos de la recberche des causes, notre eminent inspecteur general se livre a des considerations aussi neuves qu'elevees; en les reprpduisantlextuellement, nous aiderons nos lecleurs ä leur faciliter des recherches ulterieures vers ce quid ignotuml
Le programme demandait par son quatrieme para-graphe laquo; de rechercher les conditions dans lesquelles raquo; raffection typhoide est susceptible de se developper. raquo;
laquo; C'est sur cette partie du programme que le concours donne de moins bons resultats. Malgre les eirorts tentes par les concurrents, la question de la cause de l'affection typhoide reste encore enveloppee de la plus profonde obs-curite. Nous avons indique dans notre rapport, a I'eiidroit dechaeun des memoires que nous analysions, en quoi les raisons etiologiques evoquees respectivement par les auteurs de ces memoires, nous paraissaient insuffisantes. L'idee de cause entraine celle de la Constance et de l'iden-tite des effets.
raquo; Si, etant donnee une condition que Ton consi-d^re comme causale, on constate l'existence certaine de cette condition, sans qu'on voie apparaitre les effets ou
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Teffet qu'elle devrait produire d'apres la theorie; ou, in-versement, si ceseiiets apparaissent sansqu'il soit possible de constater la preexistence ä leur manifestation de cette condition causale que la theorie admet comme necessaire, il y a de bien grandes probabilites pour que cette theorie ne soit pas la vraie. Elle ne peut etre teile, en etfet, qu'au'-tant que les faits s'y accommodent exactement et qu'ils la^ confirment. Dans le cas contraire, eile est tout au moins insuffisante.
raquo; Aucune des interpretations etiologiques formulees dans l'un ou l'autre de ees memoires ne resiste ä cette epreove.
raquo; La question de l'etiologie de l'affection typholde du cheval reste done tout entiere ä eclairer.
quot;raquo; Ea cet etat de cause, je demande ä la Societe la per­mission de proilter de ce rapport, non pas pour lui propo-' ser la solution de ce difficile probieme de la cause de l'affection typhoide, — je regreite de ne pouvoir avoir cette pretention, — mais pour lui soumettre, comme je l'ai fait en 1867, quelques idees qui pourront conduire ä cette solution.
raquo; Nous avons eu tons l'occasion d'observer la fievre ou l'affection typhoide ä Paris, apres la peiiode du siege.
raquo; On sail que, dans la seconde moitie de cette doulou-reuse periode, la population chevaline fut livree en proie ä la population humaine, dont eile constitua la ressource aliraentaire principale et presque exclusive pour ceux des habitants qui ne pouvaient disposer d'aucune provi­sion.
raquo; Plus de 27,000 chevaux ont ete livres officiellement ä la consommation des boucheiies municipales dans les mois
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
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de novembre, de decembre et de Janvier; et conune trop souvent le marche libre et les requisitions individuelles ne fournissaient pas journellement les 450 victimes stricle-ment indispensables pour donner ä chaque habitant latres-maigre portion qui lui etait allouee, force fut de recourir aux grandes administrations dont la cavalerle constituait une sorte de reserve oü I'on allait puiser aux Jours de deficit. C'est ainsi que l'administration des Omnibus a livre ä la boucherie, par voie de requisition amiable, plus de 1,000 chevaux ; et celle des Petites-Voitures, 4 ä 5,CO0 environ (1).
raquo; Mais lorsque sont reveuus les jours de travail, il a faliu remplir les vides que l'abatnge des bouchers avait fails dans les ecuries de ces grandes administrations, et comme le temps manquait pour preparera leursservices, par un entralnemenl methodique, les chevaux nouvelle-ment achetesqu'on a du recruternon-seulementsur les mar­ches fran^ais devenus insulfisants, mais encore sur ceux d'Anglclerre et d'Allemagne, ces chevaux ont du etre mis d'emblee ä ieur täclie quotidienne; et, sous la pression de la force des chases, on a exige d'eux de produire du travail dans la meine mesure et suivant le meme mode que leurs
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(1) Cc u'c-l pas sculcmcnt la boucherie i|ui a fait dolt; vidcs, pendant la pcriode du siege, dans lesrangs de la cavalcrie des Omnibus. Outre le? 1,067 chevaux livres aux bouchcries municipales et uiililaires, la eotnpagnie en a perdu löä par des morts accidentelles; 467 ont cte I'cl'ornies; 128 abattus; 21) ont dlsparu et 23 out cte tues pendant la Commune; enfin 26 out etc rendus aux marchands qui les avaient li­vre?, conune impropres au service, el Ü'J cedes a difVerenls services. Sommc toute, 2,214 chevaux out du etre remplaccs. Nous devons ces renseignements a I'obligeanCH dc noire colleguc M. r.'i((uet.
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devaaciers et que ceux qui avaieut echappe aux abatages de la periode du siege.
raquo; C'est dans ces conditions et sous cette influence d'un travail exccssif, relalivement ä la force actuelle des ani-maux qui devaient y suffire, que raffection typhoide s'est manif'eslec.
raquo; Ainsi done, cette ibis encore, comme dans bien d'au-tres circonslances aut'irieures, on a vu FalTectiou typbo'iJe s'allaquer surlout aux animaux nouveliement recrules, qui, loin d'avoir ete disposes au travail par un entraine-ment methodique, ont, au contraiie, ete prepares pour la vente par un regime excessif d'alimentation favorable ä l'engraissement; melhode vicieuses'il en fut, mais gene-ralement adoptee, vous le savez, parce qu'elle donne aux chevaux le lustre, le brillant qui plait aux acheteurs; et aussi parce que, sous la rondeur des formes, se dissimule plusf'acilement ce que la machine peut avoir de defectueux dans sa conformation.
raquo; Etant donnees ces conditions d'inaptitude äun travail energique et continu par un defaut d'entrainernent et par l'etat d'engraissement des sujets auxquels on demande ce travail dans line mesure qui depasse leur capacite actuelle, quel rapport y a-t-il entre cette maladie typhoide, qui est venue les frapper et a fait parmi eux un grand nombre de victimes, et ce travail relalivement excessif auquel ils ont ete obliges de suffire ?
raquo; Teile est la question, ou, pour mieux dire, I'enigme dont le mot est a trouver.
raquo; Voyons si les donnees physiologiques actuelles ne peuvent pas meltre quelque peu sur la voie de cette solu­tion tant cherchee.
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iFFECWONS TYPHOIDES.
raquo; On est d'accorrt aujourd'hui pour admettre que ce qui constitueesseutiellement la flevre lypho'ide du cheval, c'est une alteration encore irisirfßsamment determlnee du liquide circulatoire. Cela ressort du mode ordinaire d'ap-paritioo de celte maladie, de son expression symplomali-que constante et de ce que iaisse voir le cadavre dans toutes ses parties, traduisaut par leur couleur assombrie ralteration prol'onde du sang qui les imprögne.
raquo; La coloration foncee du sang pendant la vie et apres la morl, voilä un des phenomones objectils qui, dans cette maladie, sont le plus apparents.
raquo; D'oü vient cette coloration ?
raquo; Est-ce la predominance dans le sang de l'acide car-bonique qui la produit?
raquo; Sans doutc que, lorsqu'un muscle se contracte, il absorbede l'oxygene et il se forme dans sa liame uue pius grande quantite d'acide carbonique que dans son etat d'incrtie, ce dont temoigne la reaction acide conslatee apres la contraction.
raquo; ü'un aulre cöte, quand la respiration est tres-accele-ree, la proportion d'acide carbonique diminue notable-ment dans I'air expire, de sorte que les contractions mus-culaires, que necessite la rapidite de la locomotion, ont ce double resultat de donner lieu, d'une part, kla formation d'une plus grande quantite d'acide carbonique, et, d'autre part, ä une exhalation moindre de cet acide par I'appareil respiratoire, celte exhalation diminuantavec I'acceleration de la respiration: double condition pour que lesang eprouve une premiere modification qui Tecarte plus ou moins de son etat physiölogique, suivant que le travail accelere est
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exige de Tanimal pendant un temps ou moins ou plus prolonge.
raquo; Quelle part d'intluence peut avoir sur ie Systeme gene­ral, sur le Systeme nerveux notamment, sur les fonctions seeretoires, sur ceile du foie eu particulier, cet 6tat du sang modiüe par une proportion excedante d'acide car-bonique?
raquo; Voilä un premier sujet de recherches qui ne manque pas d'interet.
raquo; Mais cet etat du sang qui resuite d'une proportion excedante d'acide carbonique, est un etat que Ton peut dire tres-provisoire. U suffit, pour que cet excedant dis~ paraisse, que Fanimal seit laisse au repos; et alors, avec la respiration ralentie, les exhalations pulmonaires s'effec-tuent graduellement dans la juste mesure necessaire pour que le sang se depouille de cet exces de gaz de la combus­tion qu'iltenait en dissolution.
raquo; Mais ce n'est pas seuiement l'acide carbonique dont la proportion s'aecroit avec la contraction musculaire, ce sont aussi ce que Ton appelle les matieres extractives : la creatine (C8H9Az30'') et la crealiniue, que l'on considere comme des produits de la suroxydation des matieres albu-minoules, etdoul la presence en exces dans le sang a pour eff'et de lui imprimer une alteration beaueoup plus pro-fonde et plus persistante que l'acide carbonique lui-roeme.
raquo; De fait, la creatine excerce sur la propriete contrac­tile des muscles une action siderante tres-aecusee. Quand on iirjt3cte une dissolution de cette substance dans un muscle, sa propriete contractile est suspendue pour repa-
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AFFF.CTIONS-TYPHOIDES.
raitre quand, par le lavage, on a fait disparaitre la crea-tine injectee.
raquo; Gelte propriete de la creatine etant etablie experi-mentalement, voici maintenant les questions que Ton peut se poser:
raquo; Ne peut-on pas admettra un rapport etroit entre ces modifications plus ou tnoius profondes et durablss que la conttaction de l'appareil musculaire imprime necessaire-meut au sang, et les premieres manifestations de cetle ali'ection lyphoide, qui consistent dans la coloration foncee des muqueuses apparentes et la faiblesse musculaire qui esl souvent excessive'.'
raquo; Cette faiblesse, qui denonce dans les muscles I'amoittlaquo; drissement de la faculle contractile, ne peut-elle pas etre rationnellement atlachee a I'uction qu'exerceraient sur leurs fibres ces matieres qui se trouveraient dans le sang en plus graude proportion que ne le comporte I'etat pby-siologique?
raquo; Ne peut-on pas admeltre aussi que ces matieres ex­tractives predominantes dans le sang, iiun moment donnc, exerceraient ieur influence siderante sur les parois con-tractiles desvaisseaux capillaires et y determineraient une sorte d'inertie, plus ou moins piolongee, qui donnerait l'explication des stases sanguines viscerales qui sont des caracleristiques do I'affection lyphoide du cheval?
raquo; Cette inertie possible, probable peut-etre des capillaires, sous l^niluence siderante de la creatine, ne donnerait-elle pas l'explication de l'inertie funclionnelle, ou lout au moins de l'insuftisance d'action de l'organe liepatique, et, par suite, des autres modifications anormales du liquide
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sanguin, qui resultent de la cessation (faction du foie ou de son action diminuee?
raquo; Voilä un beau champ de recherches ü entreprendre. Voici maintenant unautre apergu :
raquo; On n'est pas d'accord sur la proportion et l'etat de la fibrine dans le sang des animaux typho'ides. Cela depend sans doute de la periode de !a maladie oü les recherches onl ete faites sur ce point. II serait possible qu'ä la periode initiale, la fibrine füt predominante dans le sang, et que plus tard eile se dissolvät.
igt; De fait j il est demontre par les experiences de M. Smee, qu'un couranl d'oxygene qui traverse du sang defibrineä la temperature de 36 degres, donnenaissance ä !a formation de la fibrine dans ce snng qui en est actuelle-ment depourvu. Ne peut-on pas admettre que, sous l'in-fluence de la respiration acceleree qu'implique un travail precipite, la proportion de la fibrine augmente dans le sang, par suite de I'oxydation de falbumine; et cette pro­portion de fibrine, plus forte quo dans l'etat regnücrement physiologique, ne pounait-elle pas etre la condition de certaines manifestations inflammatoires que Ton voit se produire dans certaines formes de l'etat lyphoide?
raquo; II y a encore lä matiere ä des recherches interessantes. Mais dans les animaux qui ne sont pas prepares au travail par un entrainement methodique, chez lesquels au con-traire le tissu adipeux est predominant par le fait du regime auqnd ils ont ete soumis avant la venle, la con­traction musculairerepetee, que necesske un travail force, n'a pas seulement pour consequence de modifier la erase sanguine par une trop^ forte proportion des matieres albu-minoides oxydees; les matieres grasses d^posees dans le
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AFFECTIONS TTPHOIDES.
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tifsu adipeux ne repassent-elles pas aussi dans le sang? La •reponse ä cette question n'est pas douteuse. liest certain, en effet, que la rapidite de la disparition de la graisse du tissu adipeux est pioportiomielle-a Factivite de la loco­motion, et Ton pent se demander si cette graisse absorbee sous rinduence de cette activite, devenant ä un moment donne excessive, l'oxygäne du sang ne se trouve pas süf­fisant pour lui faire subir les transformations qui sont les conditions de son elimination rapide du liquidt circula-toire. Les accidents si graves que Von constatait autrefois, plus souvent qu'aujourd'hui, sur les boeufs de boucherie surmenes, n'avaient peut-elre pas d'autres causes que la sa­turation du sang, tout ä la fois, par l'aeide caibonique, par les matieres extractives resultant de l'oxydation muscu-laire, et par la graisse absorbee en nature, sous ^influence d'uue marche trop precipitce et trop longtemps continuee.
raquo; En soulevant ces questions, que je souraets actuelle-mentaux reflexions de la Societe, monbut est demomrer lavoie dans laqnelle il me semble qu'on devrait entrer pour arriver ä la solution du probleme de la nature de l'affection typholde du cheval, maladie qui parait procc-der de la maniere dont la force des jeunes animaux est appliquee a la production du travail.
5) Ce qui me semble militer fortement en faveur de cette maniere de voir, c'est que la fievre typlioide peat 6tre evitee dans une grande mesure lorsque les circonstaiices permettent d'adapter, par un cntrainement metbodique, les animaux au travail qu'ils doivent produire ulterieure-ment. Oil peut admettre alors que, par un entrainement, qui consistc dans un exercice jourualier de courte duree et ä vitesse moderee, on ne donne lieu ä l'oxydation des
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matieres albumino'ides et graisseuses que dans une jusle mesure, rigoureusement proportionnelle ä l'activite des appareils eliminateurs, le sang ne se trouve pas sature de ces matiöres extractives dont la surabondance attenue-rait partout, dansl'hypothese oü je me place, et pounait meme suspendre la propriete contractile, non-seulement dans les muscles, ce qui se traduirait par la faiblesse ex­cessive, mais encore dans les parois des capillaires, ce qui donnerait lieu aux stases caracteristiques de la maladieet aux (roubles foßctionnels des organes secreteurs j ce qui donnerait Heu aussi ä ces lesions locales qui, suivant leur siege, peuvenfentrainer la mort dans im temps plus ou moins rapide parl'interruption des functions principales : innervation, respiration, fonctions digestives, elc.
raquo; Teile est la theorie.
raquo; Elle exige, pour la verification, beaucoup de recher-ches et un grand concours d'efforts. C'est ce qui m'a determine h la formaler devant vous, pour solliciter des tra-vaux dans l'ordre d'idees que je viens d'exposer. L'etio-logie des maladies ne peut 6tre eclairee que par l'experi-mentation. On n'a rien dit de süffisant, au point de vue etiologique, quand on a enonce que raclion du froid sur la peau en moiteur donnait lieuä une inflammation pul-monaire. Entre ces denx faits, 11 en est an autre, qui est la condition de rinllammalion et qui precede probable-meut de i'etat du sang ; et il est probable que, dans ces ras, le processusde la localisation est le meme que celui des maladies que l'on appelle eruptives.
raquo; Mais le sujet de l-'affection typhoids est assez vasle pour qu'il ne soit pas necessaire de l'elargir encore.
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AFFECTIONS TYP1101DES.
raquo; Faire Telude du sang par l'analyse et p?r le micros­cope sur des sujels soumis ä des tnivaux acceleres, avant et aprös le travail, pour se rendre compte des moditica-tions que Texereice prolonge de la locomotion aura pu imprimer au liquide oirculaloire.
raquo; Proceder ä l'utude de ce liquide, par les mamp;mes moyens, sur des animaux affcelös de la fievie typhoidej dansles jours successifs de leur maladie.
5gt; Examiner, par l'analyse et par le microscope, le sang et l'appareil musculaire des chevaux que Von aura sou-mis a des exercices prolonges, ä des allures rapides, avant tie les faire abaltre, et cimlier leurs muscles comparative-ment avec ceux d'un animal mort dans des conditions differenfes. (M. Colin rn'a dit avoir conslale ä Toulouse l'existence de cristaux de creatine dans les muscles d'un animal force ä la course.)
raquo; Faire des experiences d'injection ilans les vein.es de solution de creatine, pour etudier la serie des symptömes qui doivent en resulter, et les comparer ä ceux de l'affeclion lyphoide spontanee. Voilä, Messieurs, une es-quisse d'un programme de recherches pleines d'inlerets; et, quels que soient les resullats qu'ellcs domicraient, elles ne pouiraient pas manquer d'etre profitables. raquo;
Discussion sur les affections typhoides.
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A I'lieure oü nous ecrivons ces lignes, le compte rendu offlciel des seances de la Soeieie veterinaire qui out suivi le rapport de M. H. Bouley, n'a pus enr ore ete public.
Nous empruntons done ces details au compte rendu.
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B1BLI0GEAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;laquo;fl
tres-exact et tres-laconique, que publie M.Decroix dansle Journal de medccine viterinaire militaire.
L'inleramp;t de cette discussion est immense, car il s'agis-sait pour la Socicle d'emetlre un avis sur la question de la contagion qui n'avait pas ete resolue par le concours.
Ainsi qu'on le vena, il y a cu, comme toujours, du^ow et du contre; mais puisqu'il y a des contagionnistes con-vaincus, il en ressort, an point de vue pratique et des interels prives et generaux, qu'il faut, dans le cas d'en-zootie ou d'epizoolie typholde, eloigner les animaux sains du foyer principal d'infection.
Geci dit, voyons la discussion ;
Seance du 8 aoüt 1872. — M. Mathieu regrette de n'a-voir pas eu le temps d'etudier convenublement le rapport; cependanl il fera les observations suivantes: il a remar-que que le memoire a0 3 parle de la disposition en ilots de.s globules du sang sur le champ du microscope, et non de la disposition normale, en pile de monnaie. ce qui peat tenir ä ce que les globules sont emprisonnes dans la fibrine. 11 n'a jamais observe racidite du sang aprös la mort, comme I'a fail l'auteur du memoire n0 5. Coutrairement ä ce que dit le mertie auteur, il a toujours obtenu une reaction alcaline et non acide, avec les va-peurs condensees par la refrigeration.
M. Salle appuie les opinions emises dans le rapport, a savoir, que le travail excessif et premature est une cause d'affection typhoide. En 1859, pendant la campagne d'ltalie, il a vu de convois de jeuues chevaux arrivant du 13ec-IIelloin ä Grenoble oü il etait en gavnison, entrer presque tous ä l'inürmerie. Les chevaux etaient visiles
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UTRCTIO.NS TYPHOIDES.
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leur arrivee, et parmi les malades, ii y en avait qui inou-raient dans les 24 heures, quoiqu'ils fussent parlis du Bec-Helloin en bonne sante. II a attribue la cause de la maladie aux fatigues, ä la frayeur, et aux ecarts de regime pendant le voyage en cliemin de fer. — D'apres M. Bou-ley, ilyaurnit lieu de tenter des experiences d'injection de la creatine dans les muscles et dans les veines, pour savoirsi l'exces de creatine qui se developpe pendant les trop grands tflorts musculaires ne serait pas une des causes d'affaiblissement de la conlractilite; mais M. Salle pense que cette substance coüte trop eher et qua la pro­portion que Ton pourrait injecter serait insignitiante relalivemoüt ä la quandte qui existe normalement dans tout le systeme musculaire du cheval,
M. Leblanc constate qu'il y a beaucoup do jeunes chevanx qui tombent malades lo jour de leur arrivee ä Paris, ou une quinzaine de jours plus tard, et cela en rai-son des fatigues, du mauvais temps et du manque de soins pendant le trajet en chemin de fer.
M. Decroixfait remarquer ä l'assemblöe qu'en fixant a 27,000 le nombre des chevaux iivres ä la consummation pendant le siege, M. Bouley ne parle pas de ceux qui out etc Iivres ä 1?. boucherie avant le mois de novembre, ou abattus frauduleusement ä partir de cette epoque jus-qu'ä la fin du siege. —Le rapport paraitajouter une trop grande valeur sur le clevelop|)ement du typhus du cheval : les chevaux appartenant au iquot; regiment de la garde republicaine oat etö iortemeut eprouves a Versailles, dans jles ecuries de ['Orangerie, pendant l'ete de 1871, et les eunes chevaux ont ele plus eprouves que les vieux , quoique ne travaillant pas, ou ne faisant que des proine-
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nades hygieniques. Les chevaux du 2e regiment, loges dans les Petites-Ecuries^ beaucoup plus saines que celles de ['Orangerie, n'avaient presque pas de malades.
M, Vatel dit que la maladie affecle diverses formes, notamment la forme siderante. Selon les organes atteint?, les lesions sent si d^fferentes, qu'en certains casellesont de Tanalogieavec celles de lafievrecharbonneuse; elles varient du reste selon l'anciennete de la maladie. L'auteur du memoire n0 6 a dit que le foie est primitivement malade; M. Vafel croit plutöt que c'est le sang. — Les causes que Tont peutinvoquer, pour expliquer l'apparition de la ma­ladie, varient beaucoup selon les sujets : apres le siege, j'ai perdu mon cheval, dit M. Vatel, qui etait ägö et qui n'etait nullement fatigue par le travail ou les voyages en chemin de fer. On voit quelquefois des chevaux entasses dans des ecuries malsaines sansque la maladie se declare. — Dans une ecurie ou un cheval lyphique arrive, l'affec-tion se transmet de proche en proche par infection ; laquo; c'est ce qui est arrive dans mon infirmerie, oü 7 chevaux onl eteatteints; 4 sont morts. La maladie a ete pius meur-triere au commencement, qu'ä la fin de l'epizootie.raquo;
M. Benjamin : De ce que vient de dire M. Vatel, il semblerait que, dans son ecurie, il y a eu contagion par cohabitation.
Mais je m'eleve centre cette interpretation des faits. Aux Omnibus, oü il y a eu un grand nombre de chevaux atteints, je n'ai pas vu un seul cas de contagion chez les chevaux entres a l'infirmerie pour affections diverses, et places ä cote des chevaux typhiques.
M. Signol rappeile qu'en 1867, les depots des chevaux d'omnibusdeClichy et de la rue d'Ulra faisaient le meme
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AFFECTIONS TYPHOIDES,
service, sur la mfime ligne : ceux de Clichy tomberent presque tous malades, tandis que ceux d'ülm se portaient bieu. A un certain moment, les exigences du service firent que Ton conduisit de ceux-ci ä Clichy pour rempla-cer les malades. Eh Lien ! ils furent atteintsde raflection typhoide peu de jours apres leur arrivee dans les ecuries infectees. De sorte qu'au point de vue pratique, il faut prendre des precautions comme si la maladie etait conta-gieuse.
M. Leblanc: Dans les etablissements oü il y a beau-coup dechevaux dans les memes conditions hygieniques, quand Tun d^eux est aflecle de la maladie, les autres tom-bent malades aussi. La nouniture aune influence snr la forme que prend la maladie; les chevaux engraisses pour la vente sont les plus frequemmcnt atteints. Les chevaux eleves dans les environs de Chartres et qui proviennent de croisements avec les elalons anglais ont ordinairement la forme siderante.
M. Vatel dit que les maladies de poitrine franches, peuvent prendre !e caractere typhoide par le voisinage d'un cheval typhique.
M. Trasbot est convaincu que la maladie est conta-yieme: ä Montreuil, un cheval achete par un proprietaire, tut place dans une ecurie de 23 chdvaux, 1c lendemain, il mourut de l'affection typhoide ; trois ou quatie jours ajnes, d'autres chevaux tomberent successivement malades jusqu'ä ce que toute I'ecnrie ait ete atteinte. A Alfort, un cheval typhique donna la maladie ä des chevaux en traitement pour des maladies externes, avec lesquels il fut place. Dans I'Ecole meme, un cheval mourut de l'af­fection typhoide ; on lava la boxe oü il etait, puis on y
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placa un nouveau cheval, qui tomba malade 5 ou 6 jours plus lard. laquo;Pour M.TrAshoi,'üesttres--evidentqu.e Inflection typliüiJe est conlagieuse. raquo;
M. Bouley : II ne faut pas confondre la contagion avecl infection.
M.Benjamin: Le typhus des bceufsse transmet ä tous les aniraaux de l'etable oü il appaiait, 11 n'en est pas de meme pour le typhus du cheval. La peripneumonie est contagieuse par infection, et non par virulence et ino­culation.
M. Decroix s'est applique, dans son regiment, ä voir si des chevaux bien portants ou en traitement pour des blessures, lomberaient malades dans les eciuies ou etaient places des chevaux typhiques, et il n'a pas constate un seul cas de contagion soil par contact immediat, soil par inaction, d'oü il se croit autorise ä conclure que les dan­gers de transmission ne sont pas bien äcraindre.
M. Trasbot : Un seul fait posilif bien observe a plus de valeur que tous les fails nrgatifs,
M; Benjamin pense qu'il est piemalure d'affirmer que la maladie est contagieuse, quoiqu'il soit partisan de risolement pourtoutes les maladies, lorsque cela est possible.
M. le Präsident dit qu'il est au moins prudent de prendre des precautions, comme si les proprietes conta-gieuses etaient demonlrees d'une maniere evidente pour tout le monde.
M. Leblanc: Pour un fait de contagion il y a 200 fails de non-coalugioi).
A3. Bary esc contagioniste; il se rappelle avoir vu, avec M. Bouley, une ecurie de 40 chevaux qui en perdit
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AFFECTIONS I'YPHOiDES.
80 par le remplacement successif des morts; et tous !es moyens de desinfeclion ne pureut arreter la mortalite.
M. Salle a vu des officicrs, de passage ä Grenoble, pour la campagne d'ltalie, placer leurs chevaux dans les ecuries des lypliiques, malgie ses recommandations, et ces che­vaux ne sont pas tombes malades.
M. Bouley: Nous nous trouvons incontestablement en presence d'une inconnue etiologique; tous ceux qui ont observe la fievre typhoide out ete frappes par quel-ques circonstances predominanles qui sont deveuues des circonstances causales. Je crois qu'a Paris personne ne peut meconnaitrequ'ilya correlation entrele travail exces-sit' des jeunes chevaux et le developpement de la maladie. Dans la Compagnie du gaz il y a ea nioins de chevaux atteints qu'ä la Compagnie des omnibus, oil le service a ete plas penible. M. Bouley rap'pelle les experiences de-montrant que la creatine injectee dans Its muscles les pa­ralyse; or, les contractions musculaires augmentant la proportion de cette substance, n'est-on pas aniene k con-clure qu'un exces de travail amene ua exces de creatine, one inertie dans le tissu musculaire et aussi dans le tüsu contractile des vaisseaux capillaires, ce qui pourrait expli-quer les lesions et les syraptömes de la fievre typhoide ? — lln chimiste a Irouve 2 grammes de creatine dans 5 kilog. de tissu musculaire normal. Ge principe n'est pas si cou-teux qu'on ne puisse 1'employer pour quelques experien­ces; 1'uree pourrait peut-etre meine le remplacer pour ces series de reebcrches. Uue chose cerlaine, qui ressort des fails mentionnes par MM. Yatel et Trasbot, e'est qu'un cheval malade peut communiquer sa maladie aux animaux avec lesquels on le met en contact; il en est ainsi du cho-
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BlJiUOGUAPIlIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
lera de Thomme. On peuc etre etonne que I'Ecole d'Alfort ait autrefois doute de la contagion de la morve; mais c'est qu'alorson n'avait pas le genie experimental actuel.
Aprös cetle discussion, onproclama le nom des laureats qui furent non moins satisfaits de leurs succes que d'a-voir vu definitivement adopter, par la docte compagr.ie, la realite des affections typlmdes chez le cheval.
Nous desirous que, suivant las voies si larges et si fecon-des, tracees, jalonnees par M. H. Bouley, de zeles expe-rimentateurs, d'habiles praticiens, de serieux chimistes et de savants micrographes viennent apporter ä la So-ciete veterinaire ou ailleurs, le resullat de leurs travaux et de leurs reclierches.
En attendant ces nouvelles decouvertes, nous allons aborder I'etude si complexe äe ces affections, en nous ai­dant des travaux rapportes dans cette revue que nous nous sommes efforce de faire avec impartialite et degagee de tout esprit de controverse inutile; cette revue (bien certainement incomplete), peche par*sa longueur, nous le savons, mais Firnportance du sujet nous a oblige a ne rien negliger.
licsume.
Nous avons vu que de tout temps, l'espöce cbevaline a ete decimee par de meurtriäres enzcoties ou epizooties, parmi lesquelles on doit ranger une singuliere maladie a formes variees, a terminaisons souvent fatales, et que Ton est presqud unanimement d'accord aujourd'hui de designer sous le nom de: affections typhoides.
Cette maladie proteique nait et se developpe dans tons
les climats et sous les latitudes les plus opposees; eile so
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VFFTCTIONS TYI'HOIDES.
manifeste surtout au sein des agglomerations de chevaux, dans les ecuries les plus malsaines aussi bien que dans les ecuries les plus propres, les mieux tenues. Elle frappe de preference les chevaux les plus jeunes et les plus vigou-reux; que ces chevaux soient mal nourris ou qu'ils soient bien nourris; quelles que soient les saisons, quelles que soient les variations atmospheriques, cette maladie peut apparaitre, sans que de loin ou de pros, on puisse directe-menten rattacher l'effetä une cause certdine.
De meme que dans les epidemics, quand la maladie typhoide s'introduit dans une ecurie, dans un village, dans un quartier de cavalerie, eile sevit rigoureusement d'abord; puis eile va en s'affaiblissant peu a peu, pour erifin disparailre apres avoir fait un certain nombrede vie-times.
II ressort tres-evidemment de la revue retrospective qui precede que, ä part les interpretations des faits, tous les auteurs sont d'accord sur la base d'un traitemenl gene­ral, a. savoiv : les toniques. Cette medication implique necessairement que Ton a reconnu que le caractere essen-tiel de cette affection etait une Sorte de faiblesse generale, due ä une modification survenue dans les elements nor-maux conslituant le plasma du sang. En eflet, les ve-t6rinaires qui ont bien observe, defiaissent maintenant cette iraladie par les termes suivants :
Les affections typhoides du ckeval sont une dans leur essence, ä manifestations tres-variees, uyant le caractere enzootique et epizootique, plus rarement sporadique; mm contaqieuses mais infectieuses; dependant d'dke alteration PRIMITIVE DU SANG qui laisse sa fatale empreinte d-ms tous les tissus et dans tous les organes. Ces maladies n'ont o.u-
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BIBLlOdilUPHlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; U7
cune identite avec la fievre typhotde de l'homme ni aucune analogie avec le charbon.
Giäce aux progres qu'a fails l'anatomie pathologique de la mödecine humaine, nous avons enfin abandoimö les faux errements qui nous avaient conduits ä classer cette affection dans le meme ordre qua la fievre typhoide de rhorame ; grace aux travaux serieux entrepris sur cette question, nous avons delaisse le8 fausses interpretations qui nous faisaient appeler ces affections, des pneumonies ou des enterites compliquees d'altörations du sang; ou en­core, comme Louchard en 1838 : des alterations du sang compliquees de pneumonic, etc. C'etait une erreur, aussi bien dans un camp que dans un autre, car dans ces affec­tions, Vital du sang prime tout; il n'y a pas de complica­tions, il n'y a que des manifestations,
Cependant il est une manifestation assez frequente; nous voulons parier des affections siderantes ou foudroyan-tes qui ont pu faire croire un instant ä une analogie entre cesdites aflections et les affections charbonneuses; en 1856, M. Saoson est Tun des-premiers qui ait ecrit que ces affections pouvaient etre un acheminement vers les maladies charbonneuses; depuis, cette opinion a fait son chemin, eile a rencontre d'ardents et de convaincus d6-fenseurs, tels que MM. Megnin, Mitaut, Karreau, Palat et nous-mgme; mais dös 1867, M. G. Leblanc a peremptoi-rement demontr6 que cette analogie etait fausse, en ce sens que, d'abord les affections typhoides n'etaient pas conta-gieuses comme Test toujours le charbon; et qu'ensuite la presence des bacteries dans le sang charbonneux etait un fait presque constant, tandis que dans le sang typhuideil n'avail pas encore et6 prouv6 qu'on en eut \a pendant la
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vie, et qtrtl etait exceptionnel d'ea trouver apres la mart. Du reste, le dernier concours a bien etabli que 1'on avail compris la mauvaise voie dans iaquelle on voulait entrer, car tons les concurrents ont ecrit que ces affections n'avaient rien de commun avec les affections carboncu-laires.
M. Mögnin, faisant une subtile Variante, pretend qu'en raison de rorigine zygmalique de cette maladie, on doit I'appeler aflection typhique ou typhus d'ecurie. Cette ex­pression ne nous paralt pas plusheureuse, ou mieux choi-sie, que la toxemie de M. Liautard ou la gastralgie de M. Prang6, ou encore I'organopalhie adynamiqw de M. Renard.
Des 1851, M. le professeur Gourdon est le premier qui, ramenant ces affections ä Vuniti, a savamment demon-tre qu'elles n'avaient aucun caractere inflammatoire ni aucun rapport avec la tievre typho'ide de rhomme -, ces sages principes ont ete generalement acceptes, sauf par Tun de nos confreres, M. Mitaut, qui ne veut voir dans ces maladies que des phenomenes inflammatolres, sans altera­tion ni primitive ni secondaire du sang.
De toutes les exagerations et les erreurs commises par les uns et par les autres, il en esfresulte que le fond de la question s'est notablement äclairci; que, dösormais, on doit reconnaitre, dans le cadre nosologique veterinaire, une nouvelle entite morbide qui vient de recevoir une con­secration solennelle a la Societe nationale et centrale de medecine veterinaire de Paris, a savoir: que le cheval est susceptible de contracter une affection on des affections dttes typfio'ides se caracterisant par une alteration primitive du sang; uffection, dit Vallon {loco citato), qui n'est pas une maladie locale, mais bien un compose d'elem^ ts morbi-
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des divers, empruntant ä presque toutes les maladies se-rieuses quelques troubles fonctionnels ou quelques lesions graves.
L'alteration du sang etant le point de depart de tous les desordres organiques qui sont le propre de ces affections, c'est par l'etude du sang que nous allons commencer, en exposant, avectous les details que comporte ce serieux exa-men, les recherches cliniques, microscopiques et chimi-ques auxquelies nous nous sommes consciencieusement livre.
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I^rIhI.Ii.'v.-
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DEUXIEME PARTIE
DES ALTERATIONS DU SANG.
Inoculation, Contagion, Infection, Nature des afTcctions Ijplioiiles.
CHAPITRE PREMIER.
RECnRRCHES SUR l'eTAT 0RJECT1F DU SANG PENDANT LA VIE ET APRES LA MORT.
SECTION I.
Physiologie du sang.
Le sang est alcalin ; sa coagulation s'opere en huit ou dix minutes et se fait en deux parties : Tune superieure, jaunätre ; I'autre inferieure, d'un rougebrun plus ou moins fence, e'est le caillot noir forme par les globules. Le cail-lot blmc se resserre transversalemeut et laisse ecouler au-tourde lui le serum ; le caillot noir ne secontracte pas, si­ce n'est vers le point ou il se continue avec le premier; le se rum n'est complelement separe qu'apres vingt-cinq ou trente heures, et meme plus.
Les proportions respeclives qui s'observent entre le cail­lot noir et le caillot blanc dependent d'une infinite de cir-constances, telles que: la forme du vase, la saignee franche ou baveuse, le repos ou l'agitation du vase aprfes la saignöe.
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i Klaquo;
AFFECTIONS TYPHOIDES.
La coagulalion s'opere apres la mort dans les vaisseaux comme en dehors de ceux-ci; et si sa composition n'est pas profondement alt^ree, il se coagule dans le coeur, les ar-teres pulmonaires, etc.; cette coagulation se fait aussi pen­dant la vie, quand lesangs'extravase accidentellemcntdans les tissus, dans les cavites, etc., etc.
Dans le sang coagule, on distingue le cruor et le serum ; le vehicule des globules est le plasma, ou liqueur du sang qui consliUie la partie essentiellement assimilable du fluide nutrltif.
A.nbsp; Constitution chimique, — Le sang reuferme divers 616ments : 1deg; la fibrine, tenue en dissolution par des agents inconnus; sur 1000 parties, il y en a 4 de fibrine; 2deg; Val-bumine, qui reste coustamment dissoute, meme apres la coagulation; Vacide azotique laprecipitedu serum en ft aeons blancs tres-abondants; sur 1000 parties, il y en a 65 ; I'al-bumine esf. trfes-utile a la nutrition generale; 3deg; les ylobu-fes sont dans la proportion de 101 ä 104 sur 1000; ils contiennent une matiere albuminoide qm eslla globuline; 4deg; l'hematine ou hematosine esl\a matiere colorante rouge des globules du sang; le fer entre dans la composition pour 66 milliemes; 5deg; les matteres grasses sont libres ou de-doublees, ou associees aux alcalins du sang; la graisse n'est pas en assez forte proportion pour donner ou serum wie teinte opaline; 6deg; enfin, il y a divers elements qu'il n'est pas absolument indispensable de faire con nail re ici.
B.nbsp; Des modifications dans les proprietes et la composition du sang. — Une partie de ces modifications tient a Petat des fonctions digestives; lesautres deviennent le point de depart, plus ou moins 6loigne, de divers etats morbides ou sont la consequence de la maladie.
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fiTAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;1S3
L'eau est celui des elements qui varie dans les propor­tions les plus ctendues; les principes fixesdu sang dimi-nuent en masse quand Telement aqueux augmente, et reciproquement.
La fibrine augmente dans les inflammations, pneumo-nies, pleuresies; eile parait diminuer dans les pyrexies. L'albumine diminue a mesure que la fibrine augmente, surtout dans Talbuminurie, I'anasarque, les hydropisies ; mais eile est plutot la consequence que la cause de ces affections. La proportion des globules eprouve moins de variation. Les matures grasses eprouvent des variations prolongees quand elles sont modifiees, et dont le sang ne peut se debarrasser qu'avec difficulte.
Le sang peut etre enfin modifie par l'introduction de principes putrides, vindents, miasmatiques. Mais toutes ces modifications ne peuvent 6tre appreciees que par le secours des analyses chimiques et des observations micros-copiques; un grand nombre d'entre elles ne se revelent que par les troubles plus ou moins profonds qu'elles determi-nent dans I'organisme.
SECTION II.
itat palhologique du sang dans les affections typho'ides.
Jnsqa'k ces derniers temps, les appreciations des auteurs sur les qualites et les quotites relatives et absolues des divers elements du sang n'ont eu pour base que les essais fails a rhematometre, Quelque imparfaits qu'aient ete ces essais, quelque inexactes que soient les donnees fournies par ce mode d'investigation, quelles que soieni les critiques
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AFFECTIONS TYPHOIDES,
qua l'emploi de l'hematometre ait soulev^es, il n'en est pas moins vrai de dire que rhematomölre peut fournir quelques utiles renseignements, non pas sur restimation rigoureuse du plus ou du moins de fibrine, ou du plus ou du moins de globules ou de serum, mais bien sur I'etat meme du caillot, sur sa consistance ou sa mollesse, sur la coloration du serum, sur sa transparence ou son opacity, etc. G'est ä ce point de vue que nous relaterons les conclu­sions que nous avons formulees dans I'espfece, en nous basantsurde tres-nombreuses observations.
Avant d'aborder ce sujet, cilons les appreciations si di­verses et si variees de nos devanciers.
En -1832, Renault est le premier qui ait fait interve-nir l'alteration du sang; ce n'est qu'en 1851 que M. Gour-don a constate une augmentation de la fibrine et une di­minution des globules.
1855.— M. Delorme a note Faugmentation dcla tibrine.
1856.nbsp; — M. Sanson cite raugmentation de fibrine et la diminution des globules.
Dans la meme annee, M. Baillif dit que les principes sereux et albumineux predominent.
1857.nbsp; — Vallon reconnait la diminution de la fi­brine.
1839. — Girard en admet, au contraire, I'augmen-tation.
4859. — M. Colin soutient la diminution de la fibrine et l'augtnentation des globules.
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1-TAT Du SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 1SÜ
Delafond : dimiLution des globules et augmentation de la fibrine.
M. Signol I augmentation de l'eau et de l'albumine; diminution des globules ; la proportion de fibrine est la meme.
Prangö : diminution de la fibrine, de l'albumine et du serum,
1862. — Dans notre mamp;noire, nousavons admis la di­minution de la fibrine et Taugmentation des globules.
1867. — M. Renard a ecrit dans son memoire qua le cruor serait dimlnuö.
M. G. Leblanc reconnait la diminution des globules et l'augraentation de l'albumine et de la fibrine.
1872. — U. Mögnin admetla diminution progressive dans la quantite des principes fibrino-albumineux.
En resumant cette revue retrospective, nous trou-vons :
1raquo; Fibrine.. .! Augmcntatioti admise par 6,
\ Diminutionnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;__
raquo;.
2deg; Albumi
tu.
Augmenlation — . 3. Diminulionnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;9
3o Globules. .) Al'g™nlation.
Diminulionnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 7.
,„ (,.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;( Augmentationnbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 2.
4deg; Saum, . .!
( Diminulionnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; #9632;!.
II n'est r^ellement pas facile de lormuler, sur ces con­tradictions flagrantes, uue opinion scientifique de queique
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
valeur; toutefois, il nous semble que Ton doit admtttre la diminution de la fibrine. Si I'accord n'existe pas sur cette question, du moins est-il parfait sur les divers etals pathologiques objectifs qu'offre le sang aux diverses p6-riodes de la maladie.
A. Etat du sang pendant la vie. — Le sang offre des caracteres divers, selou la perioi'e de la maladie a laquelle on 1'examine.
Au debut, alors quelecheval paraitetreencore en bonne sante, le sang jaillit de lajugulaire en un long jet rutilanf, et la veine fluide a le rnemedegre de tension du commen­cement jusqu'a la fin de la saignee; il est rouge noirätre; il ne tache pas les doigts; il se coagule assez promptement.
Un peu plus tard, quand la manifestation, en voie d'evo-lution, est bien localisee, la saignee est deja moins fran-che, sans cependant elre baveuse ; recueilli dans uiie eprouvelte, le sang se coagule en douze ou quinze minu­tes, et !es caillots jaune et rouge sont dans des propor­tions ä peu pres egales; le caillot sorti de l'cprouvette est dur et se maintient longtemps da^s sa forme cylindrique.
A la periode d'augment, pendant laquelle les petecbies se montrent sur toutes les muqueuses apparentes, le sang est plus noir et sort plus lentement de la veine, tache les doigts et se coagule lentement. On constate i\ l'cprouvette une legere diminution de hauteur du caillot fibrineux; le serum est peu abondant, souvent clair, quelquefois opa-lin; ildonne un prdcipite bku par la reaction de l'acide azotique.
Pendant le declin, la saignee est baveuse, le sang s'e-coule tres-difflcilement; il est noir, poisseux et tache for-tement les doigts. II ne forme dans I'eprouvette qu'un
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;vm
caillot iocoagule n'ayant que trcs-peu de fibrine, ou peu oupas de serum ; en lenversant ce caillot sur un plan hori­zontal, il s'efale peu a peu comme une gelee, et ne tarde pas h perdre sa forme cylindrique. Lepeu de serum qui s'en exprime, traite par Taeide azotique, donne un preci-pite bleu, noir-bleu, aile de. corheau.
Dans les affections typhoi'des foudroyantes, dont le declin suit de pres le debut^ le sang ne sort plus de la veine: c'est ä peine si Ton peut en recueillir la conlenance d'une eprouvette; il n'est alors qu'un liquide gelatiniforme, d'un noir d'encre, tres-putrescible et incoagulable. II n'y a que des traces de fibrine et de serum noiiätre; le preci-pite est noir-brun ou won* franc.
Pendant la vie, le sang se presente avec divers caractöres d'alteration physique et quantitative, dont la principale est une tendance a la diminution de la fibrine ; ce qui ex-plique parfaitement au veterinaire le pourquoi de ces ta-ches rouges ou brunes apparaissant ä la peau, et de ces petechies sur les conjonctives et la pituitaire. '
II est, en laquo;ffet, aise de comprendre que la matiere co-lorante du sang n'etant plus, ou etant moins retenue par I'element fibrineux, eile se depose, ici et la, sous des for­mes diverses, qui ne sont que des tachs^ teintees par Vhc-matine, d'oü le nom de taches hematiques donne ä ces sta-ses sanguines.
I'ar l'akeration profonde du sang, se traduisant par un exces de dirairjution de la fibrine et une modification chi-miqne inconnue pour un veterinaire praticien ne jugeant les choses que de visu, on s'explique ces plaies hideu-ses que nous signalerons, ces chutes partielles des le-vres, etc., etc. Si, au contraire, ä la periode de declin,
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AFFECTIONS TYPHolDES.
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#9632; : #9632;
on observe des oedemes partiels ou generaux, 1'examen physique du saug demontrera un exces de serum joint k une diminution de librine.
B.nbsp; nbsp;£tat du sang apres la mort. — Le sang offre des modifications physiques bicn plus saisissables encore que pendant la vie, d'autant plus visibles que la maladie a ete plus grave et la marcbe plus rapide.
En ouvrant un cadavre, le sang s'etale en nappe fluide et violacee, sa surface est ridee, plissöe et recouverte de vesicules graisseuses.
C'est prccisement cette alteration du sang qui imprime aux tissus, aux fibres musculaires du cceur, ä la tunique interne des vaisseaux, aux sereuses, au foie et aux reins, les diverses teintes qui donnent aux autopsies leur carac-teristiquc speciale, dont nous parlerons en detail au cbapi-tre des lesions.
Üne particularite ä noter, e'est qu'assez souvent on trouve exsangues les organes parencbymateux et les gros vais­seaux veineux ; la masse du sang paraitrait alors avoir diminue (?)
Enfin, apres la mort, et jamäis pendant la vie, le sang offre quelquefois LA REACTION AC1DE, fait que, lepre-mier, nous avons signale, et qu'il est facile de verifier ä Taide d'une simple bandelette de papier de tourneso! qui passe immediatemenl au rouge.
C.nbsp; nbsp; nbsp;Appreciations diverses. — Dans les affections typholdes, le sang subit uneccrtaine modification qui se traduil, pendant la vie: \0 par le ralenlissement de la cir­culation ; 2deg; par des suffusions et stratums sur les mu-queuses apparentes et sous la peau ladre (est-ce une (ache de purpura?...); 3quot; par l'examen du saug ä sa sortie de
*•#9632;
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ßTAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 139
la veine, et ä la maniere dont il se comporte dans un vase inerle.
Apramp;s la mort, cette modification se tmduit : \0 par de nombreuses taches ou plaques maculant les intestins etlesorganes parenchymaleux et les fibres musculaires; 2deg; par la presence de longs caillots fibrino-albumineux dans les vaisseaux pulmonaiies et les cavitös du coeur; 3deg; par Taspect du sang, qui se coagule lentement et qui est tres-putrescible. En quoi consiste cette modification ? Est-eHepn'meVew ou consecutive? Nons avonsdeja exprime notre opinion ä ce sujet, nous avons dit que Validation eta.it primitive.
Le trait saillant, apparent, saisissable pour tous, est le ~ #9632; suivant: diminution de la fibrine! Quelle est la valeur de cette modification? Pour repondrej nous laisserons la pa­role au savant et regrettö Delafond. A la page 432 de son Traite de pathologic ^e'weVo/e (2e edition), sous letitre: Diminution et incoagulation de la fibrine, il s'exprime en ces termes (textuel) :
laquo; La diminution du chiffre de la fibrine du sang veineux, raquo; au-dessous de sa quantite normale, est un acte morbide )i qui se produit generalement pendant le cours des mala-raquo; dies oü Ton constate que cette matiere organique se coa-raquo; gule lentement et d'une maniere fort incoraplöte.
* Les medecins qui ont feit une ötude serieuse de la raquo; tievre typboide, parmi lesqueis nous citerons MM. Louis, raquo; Chomei, Andral, Gaultier de Claubry, etc., s'accordent raquo; a dire que, pendant le cours de cette rvdoutable affec-raquo; tlon, dans le trfes-grand nombre des malades et dans B tous les cadavres, le sang se montre incoagulable, noir, raquo; epais, ou blen semi-coagal6 en de petits caillots mous et
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iFFECTIONS IWHOIDES.
i) ailllueuis. MM. Andial et Gavarret d'une part, Kodier et raquo; Becquerel de l'autre, ont analyse le sang dans le cours raquo; de la fiövre lyphoide de Thomme, et ils ont constate raquo; que, daus rimmense majorite des cas, le chiffre des glo-raquo; bvlcs etait conserve, celui de la fibrine oöaisse; et que, raquo; circonstance remarquable, plus la fievre typlio'ide etait raquo; grave, plus la fibrine allait en diminuant; tandis qu'au raquo; contraire le chiffre de$ globules non-seulement conservait raquo; I'etat normal, mais encore etait mgmmte des le debut, raquo; non pas relativement ä la diminution ds la fibrine, raquo; mais d'une maniere absolue.
raquo; L'etat sirupeux, la liquidite et la couleur noire fon-raquo; cee du sang se rencontrent aussi dans le typbus, la peste, raquo; le cholera, etc.......
raquo; .....Chez les animaux, le sang se montre parfois in-
raquo; coagule ou tres-incompletement coagule, noir, epais et laquo; comme sirupeux, soU pendant la vie, soil et surtout raquo; aprös la mort, notamment dans la fievre cbaibonneuse, raquo; le typhus contagieux du gros betail, le vertige du cbe-raquo; val, le tetanos et la rage......
raquo; ......La fievre typhoide existe-t-dle chez les animavoo,
raquo; et le sang analyse ofjre-t-il une diminution de la fibrine ? raquo; Nousne saurions repondre tr^s-categoriquement ä cette raquo; question. (Delafond admet une analogic frappante entre raquo; la fievre typhoide de Fhomme et la peste bovine.)......
raquo;........Quant aux exemples de fievre typhoide des
#9632;raquo; autres animaux domestiques, cites dans ces dernieres raquo; annees par Rigol, MM, Rayer, Leblanc et Loiset, nous raquo; pensons que de nouveaux fails bien observes etconvain-raquo; cants sont necessaires pour fixer les opinions des veteri-raquo; naires ä cet egard. raquo;
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fiTAT Du SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; If.l
Nous avons cite ce passage textuellement parce quenous sommes d'accordavec MM. Delafoml, Louis, Chomel, etc., sur les lesions essentielles du sang; quant aux doutes et aux desics exprimes ä la fin de ce passage, nous pensons que dans les affec'ions typho'ides du cheval, ilya dimi­nution et incoagulation de la fibrine.
D'accord aussi avec les pathologistes veterinaires qui se sont occupes du sang, nous avons observe des accidents nerveux ataxiques ou adynamiques qui sont la consequence de l'incoagulation du sang et de la formation incomplete de son plasma dans l'acte de la respiration.
La diminution de la fibrine se manifeste ä l'observateur par des taches, ecchymoses, petechies, plaques, etc., re­sultant du defaut de plasticile du sang qui, exsudant des vaisseaux, imprfegne et pönfetre les tissus de sa matieie colorante.
Si nous admettons que l'alteration du sang est primi­tive, on pourra nous opposer que c'est une erreur, que cette alteration est fausse, au lieu d'etre vraie.
Cependant, en faveur de ['affirmative, on poamlt invo-quer lesraisons suivantes:
TLes cas frequents oü, des chevaux succombant ä cette affection. Ton ne trouve aucune lesion organique (sauf celle du foie) pouvant expliquer rationnellement cette mort plus ou moins rapide; mais oü Ton trouve, en re­vanche, des lesions generales, dans tous les tissus et dans tous les vaisseaux, lesions qui sont telles, qu'on ne pcut invoquer pour les interpreter, qu'une alteration du sang. Or, si ce n'est une alteration ww'e, reelle, quelle peut etre la cause de cette raort ?
2deg; Quelle que soit la localisation de la maladie, et quelles
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MTIT/riONS TYPHOIDES,
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que soient la benigoite on la gravity de ia manifestation, lafaiblesse et lamo/kssedu ponls sont un des caractcres les plus constants de la maladie. Or, sice signe n'est pasdü ä une alteiationdu sang, a. quoi en altribuer la cause?......
D. Etat du sanrjjuge juir l'hematometre. —#9632; II faut etre träs-circonspect dans lemploi de rhematometre dont les renseignements ne suffisent pas toujours pour porter uh pronostic et un jugement sur la nature de la maladie; toutcfois, cette methode d'examen sera tres-utile pour se rendre compte de l'etat du sang au debut, compare ä ce qu'il pourra etre ä Vaugment ou au diclin,
C'est un moyen simple, ä la porteede tous; car a defaut de l'examen microscopique, souvent impossible et toujours difficile, l'hematometre sera bon ä consulter.
Nousavons fait des experiences comparatives et suivies, sur plus de cent saignees pratiquees sur des animaux tres-malades; en prenant une moyenne de nos diverses notes, nous en sommes arrive ä formaler les conclusions pratiques quisuivent:
1deg; La separation des elements du sang est rapide, mais la coagulation est lente et müme eile n'a pas lieu dans les cas foudroyants.
2deg; Le cruor n'est pas toujours nettement, franchement separe du caillot fibrineux; quelquefois, l'un se confond avecl'autre.
3deg; Parfois le caillot fibrineux est contracte, resserre; etalors, une certainequantite deserum le separe duverre; c'est le plus souvent qu'il remplit rcprouvelte,et tou­jours dans les cas les plus graves. En eff'et, sur 36 ob­servations de chevaux rnorts, nous en avons cote 14
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fiTAT DU S\NG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;163
dont lecaillol n'6tait pas contracts, et ces 14 sont preci-sement ceux qui ont eu la maladie la plus serieuse et la plus courte.
4deg; La caillot fibrineux est generalement strie, marbre, piquete de trainees ou points rougeätres; il est cramoisi dans les cas trcs-graves.
5deg; Le caillot cruorique n'est pas uniforraement rouge, il est souvent arborisö de trainees blancliätres que Ton a supposees etre des taches de matieres grasses.
6deg; Le serum est plus ou moins abondant, mais plutöt moins que plus ; 11 n'exsude ordinairement qu'apres 36 ou 40 heures ; quelquefois il est clair; le plus souvent, il a une teinte laiteuse, opaline ou vcrt-jaunatre (ce qui est toujours un mauvais signe). Lorsque le cheval est atteint d'une affection foudroyante, le serum est roussätre ou brunalre.
7deg; La consistance du caillot est variable; il esfle plus ordinairement mou, diffluent, et il s'dtale en nappe ä la sortie de l'eprouvette.
S0 Entre deux saignöes faites sur un meme malade, Tune au debut, 1'autre in extremis, on trouve des differen­ces träs-opposees dans les hauteurs des deux caillots, au point qu'a la saignee du moment de lamort, il n'y a que trös-peu ou pas de fibrine.
9deg; Dans tous les cas, la hauteur proportionnelle des deux caiilots n'est ni ögale ni constante; ainsi: ou les deux cail-lots(ce qui est rare), sont demöme hauteur; ou, il y a plus de cruor que de fibrine; une autre fois, ce sera le contraire; parfois meme il n'y a pas trace de caillot fibrineux.
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
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10deg; En prenant une moyenne, sur cent saignöes d'essai, nousavonstrouvö:
1deg; Diminution de la fibrine. 2deg; Augmentation des globules. 3deg; Diminution du serum.
Gelte tormule n'appartient pas ä nous senlement, car eile a ete indiquee par maints auteurs serieux que nous avons designes dans la premiere partie de ce travail et au commencement de ce chapitre; en outre, nous sommes d'accord avec MM. Andral et Gavarret qui ont ecrit que dans ces affections, le chiffre de la tibrine descend le plus bas et que les globules, au contraire, accusent le chiffre le plus eleve.
Nous ne tarderons pas ä voir que les analyses chimiques les plus rigoureuses, ont amene les memes resultats que ceux fournis par les simples et usuels essais faits ä Taide de rhematometre.
E. Reaction de l'acide azotique sur le serum. — Chacun de nous a lu le remarquable travail de M. Sanson sur la dialhfese lyphoide. Longtemps il nous a servi de caie-chisme..., mais la raison et Fexperience venant, nous avons du nous separer du rnaitre dont nous ne pouvions plus partager les idees; cependant, une chose nous a jus-tement frappe dans ce travail: c'est le moyen d'investiga-tion si simple qu'a fait connaitre M. Sanson pour assurer un diagnostic et asseoir un pronostic dans/e cas dediathese typhoide: nous voulons parier de la reaction de l'acide azo­tique sur le serum! A Velat de sante, nous le savons, il se forme, sous cette reaction, un precipite albumineux blanc, tandisquedans le cas d'affection typhoide, ce precipite revet
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fiTAI DÜ^SAiNG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;16=
diverses teintes, dont la bleue ou levert bleu est laplus or­dinaire.
Qu'accuse cette teinte ? Elle accuse que !e principe co­lorant de labile se trouve mel(5, en certaine proportion, au sang. Et, corame consequence, eile donne la mesure des desordres generaux et loeaux auxquels le veterinaire va assister, et que nous ferons connaitre.
Nous avons done teilte, presque ä chaque saignee, la ve­rification du fait avance par M. Sanson, et il en est resulte ceci: sur cewlt; saignees, la moitid a donnö un preeipite va­riant., en teinte, du bleu deciel au bleu de Prusse. Un dixihne a fournides precipitesnotVs oM^-tms. Enfin, quatre dixie-mes n'ont donne aueun preeipiü colore, il etait simplement blanc albumineux. (Sur ce chiffre de 40, ily en a 12 pro-venant d'essais sur des chevaux morts de la maladie re-
gnante.)
Pour se livrer ä ces essais, ilfaut, comme premiere con­dition, user A'acide concentre, car, s'il est faible, on n'ob-tient que des resullats negatifs. 11 faut verser le liquide goutte ä goutte, lentement, at, avec une baguette de verre, agiter vivement le liquide, pour que la reaction s'opere parfaitement. En n'agissant pas ainsi, on est souvent mis en defaut; cela nous est arrive et a beaucoup d'autres aussi. Plus le serum est clair, plus le preeipite est bleu; plus il est trouble, plus le prtkipite est noir ou brun. Cette reac­tion est-elle, dans raffirmative ou la negative, un moyen infaillible de diagnostic et de pronostic ? NoN I car beau-coup de chevaux, dont la maladie a ete suiviede guerison, ont fourni la coloration bleue; de meme que, parmi les morts, il en est qui ont donne un preeipite blanc. Mais, comme la grandemajorite des chevaux qui ont succombe,
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AFFECTIONS ITPHOIDES.
a offert aussi cetfe teinte bleue, nous croyons, qu'ä la ri-gueur, ceite reaction chimique doit Sire prise en considera­tion. En outre, les precipites noirs ou bruns sont aussi d'une grande vaieur, car on ne les observe que dans les cas les plus graves. Nous avons toujours eu recours a ce moyen empirique; nous l'avons enseigne et demontre a certains collogues qui en ont reconnu le merite pratique. Nous conseilloiis done l'dpreuve de la reaction de l'acide azotique sur le serum cornme jalon ä poser sur la route si diilicile du diagnostic et du pronostic des affeclions ty-phoides.
Dans les chapitres suivants, nous prouverons par la voie experimentale, par I'analyse chimique et par I'examen microscopique, qu:en effet, dans ces affections, ilsetrouve mele au sang certains elements constituants de la bile et surtout sa matiere colorante ou hiliverdine.
On i objecte queces coagulums diversement colores eu vert clair, vert fonce, bleu clair, indigo, bistre tt mir, s'observaient dans des affections autres que les afl'ections typboides, et on en a conclu a l'inutilite de cettemethode analytique ä,la portee de tous.
(Jette objection prouve, au contraire, que dans toutes les maladies oü Ton remarque cette particularite, cela implique que le sang renferme un vice dans sa constitu­tion, cequiest toujoursd'un trte-grand interetäconnaitre. En general, on doit toujours attacber une vaieur capifale A toutfs les colorations anormales obtenues par reaction, dans les diverses liqueurs de l'economie.
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fiTAT Dü SAXG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;161
CII API THE II
RECHERCHES CL1NIQUES, EXrjilll.ME.N'TALES, M1CR0SG0PIQUES ET CHIMIQOES SÜR LES ALTEKATIONS DU SANG ET DE L'üRINE.
SECTION Iquot;.
Rechcrches cliniques ct experimentales.
Vpeiniere obscpvution.
Charles, Nraquo; M0 1218, 8 ans, remonte de Caen, euti'6 ä rinfirmeriti le \amp; Janvier 1869, raort le 24 Janvier.
Cet animal.-, d'un temperament sanguin-nerveux, etd'un modele remarquable,fit,en decembre 1868, un court sejour ä l'infirmerie pour one indisposition legere, sanscaractere precis; il en sortit avec toutes les apparences de la sante.
Le 14 Janvier 1869, il est amene a notre visile pour cause d'mappetence duraut depuis 2 ou 3 jours, aggravee d'unetoux petite et avortee. Cecheval est triste et abattu; sa marche vacillante; le Oanc vite et retrousse; le pouls faible et mou ; les muqueuses infiltrees, un peu jaunätres; les baltements du coeur sonores, precipites, tumultueux. Livre a lui-meme, l'animal se laisse aller an plus complet abattement que reveille a peine la presentation d'aliments varies.
En rai-on de la secheresse et de la petitcüse de la toux et du battement du flanc (et quoique rien ä Tauscultalion ne denote une tendance ä la pneumonia), en raison des ha­bitudes preventives suivies au regiment, un seton cst place
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AFFECTIONS TYPI101DES.
au poitrail et un large sinapisme est appliquö sous la poi-trine.
Les elfets immediats du sinapisme furent peu marques ; car, sauf quelques legöres inquietudes, quelques pietine-ments, le malade resta calme pendant toute la duree d'ap-plication du sinaspisme, qui fut de 9 heures environ.
Lorsque Ton retira ce revulsif, il y avait un engorge­ment general assez marque ; un vesicatoire fut place en arriere, au niveau de l'ombiUc, pour fixer cet engorge­ment.
Le (5. — Affaissement notable de la tumefaction sous-thoracique; on eut des lors recours aux pointes de feu; mais rien ne fit!
L'animal se maintint pendant deux ou trois jours avec un semblant de mieux; la toux avait disparu, les batte-ments du flanc avaient diminue et l'appetit semblait par-fois renaitre ä cenains instants de la journee. Le seton avait produit son etfet, il y avait tumefaction, douleur, chaleur et suppuration.
Gependant, le pouls restait lent, faible et mou ; les mou-vements du coeur etaient toujours tumultueux et les con-jonctives teinteesd'un jaune legerement bistre. Les pointes de feu reataient seches ou ne laissaient ecouler qu'un li­quide jaunätre, sanieux, spumeux.
^ 20. — L'etat du malade s'aggrave d'une maniere generale, n^.n sous l'influeace d'une pneumonie que l'on pouvait redouter au debut, mais sous Tiulluence d'un etat adynamiquequi semblo devoir bientötfaire peiir l'animal. On constate en eilet : .station automatique, (iquilibre in-stable; trislesse prot'onde, appelit nul ; graude soif; batte-
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 169
ments du cceur bondissants; pouls inexplorable; mu-queuses brunälres; constipation.
Dans la region droite oü furent placees des pointes de feu, il se developpe un engorgement chaud et douloureux qui gagne dans tous les sens avec rapidite. Quelques sca­rifications ne tarderent pas ä favoriser l'afl'aissement de cet engorgement qui, des lors, est reste stationnaire, sans donner aucune crainte sur la nature qne Ton supposait devoir etre gangreneuse ou charbonneuse.
Des cet instant, ia mort etait imminente; le dixieme jour de la maladie, l'animal ne pouvant plus se tenir de-bout, s'affaissa lourdement sur la lüiere; ilessaya quelque-fois de se relever.mais le train posterieur, trop faible, res-tait sur le sol. Dans cet etat, le malade se 'ivre ä peu de mouvements, möme des membres; il expire dans une teile immobilite que i'on ne se doutait pas que sa mort füt arrivee.
Autopsie.
Quoiqu'il fit unfroid de—40 k Hlaquo; centigrades les ca-vites splanchniques etaient encore chaudes; et cependant 6 heuresnous separaient de la mort.
Toutes les chairs sont päles, decolorees et se dechirent facilement; le sang est noir, difüuent, epais et graisseux; une bände de papier de tournesolpiongee dans ce liquide encore tiMe, puis retiree aussitöt et hivee ii grande eau, donne des traces tres-sensibles de enaction acide ; cette coloration rouge du papier de tournesol repasse au bleu par l'essai d'une reaction alcaline; done ce sang etait acide '#9632;
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Mraquo;FECT10M8 IIPUOiDES.
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Cavite thoracique. — Plevres et poumons sont dans leur etat normal. Le cceur est hypertrophie; son tissu est tres-päle, mou et comrae s'il eüt ete cuit, tant il est facile de l'tntamer et de le dechirer, de le perforer avec les doigts ; ses caviles sont exsangues.
L'endocarde des cavites droite et gauche est macnle de larges petechies d'un noir brunätre ; le bord libre des valvules auriculaires et ventriculaires est epaissi et teinie de noir; l'interieur des oreillettes est violace, ainsi que la membraue interne des gros vaisseaux arleriels et veineux; les ganglions lymphatiques de l'entree de la poitrine sont enormes, raraollis et gorges de sang noir et dilfluent.
Cavitti abdominale. — La masse inlestinale est saine dans toules ses parlies, Le foieeamp;t decolore, jaune pale, ramolli; la rate est enorme et presente sur la face viscerale de larges plaques circulaires lie de vin, surtout dans la region moyenne; eile est gorgee de sang tres-noir, Ires-epais et diffluent, Les ganglions lymphatiques sont tume­fies et noirätres; les reins sont ramollis, offrant dans les bassinets un mucus epais et jaunälre.
Nota. — II est recueilli, dans des flacons speciaux, du sang provenant du cceur, du foie, de la rate et du Systeme veineux abdominal, pour etre soumis k I'examen micros-copiqueet ä 1'analyse chimique.
Examen microscopique du sang.
Nous avons fait ces recherches avec un microscope moyen de la maison Nachet, pourvu des ocu!aires QoH, 2 et 3 et des objectifs n0' 1, 3 et 5; nous nous sommes prin-cipalement servi de la coaibiuaison de l'üculaire n0 2 et de
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f.TAT Dt! SA!\'G.
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1'objectif n0 5, donnant un grossissement de 500 diametres. Pour mesurer les proportions en longueur et en largeur nous avions I'oculaire nraquo; 3 muni d'une echelle microme-trtque qui, avec Tobjectif n0 5, donnait un grossissement de 700 diametres ; chaque division du micrometre equivaut a 1/400 de millimetres.
Les dessins micrographiques que nous avons-reproduits dans ce travail n'ont pasune valeurrigoureusementmalhe-matique, car n'ayant pas h notre disposition de chambre claire, nous avons rendu de visu les objets qui se presen-taient dans le champ du microscope, aussi exactement que possible, sous le rapport de la forme, de la grandeur, de la largeur e't de l'epaisseur.
Dans ces relations successives de faits cliniques, nous aborderons l'etude microscopique du sang, sans aucun commentaire, reservant nos observations et nos apprecia­tions pour les grouper dans un meme tout.
Sang du cceur. — Gros­sissement de 500 diametres. — On remarque au milieu de la masse des globules, ou nageant en suspension dans le serum, une multitude de cristaux ä formes definies, color6s en rose ou rouge,
rectangulaires ou lozangi-
Fiquot;. 1. — Sanquot; du coeur.
ques, triangulaires ou pris-matiques, rhombcidaux etpolyedriques. On distingue tres-nettement leurs contours etleurs dimensions qui etaient, au maximum, de -10/400 de millimetre de longueur et, au minimum, de i ä 3/400, sur 1 a 6/400 de largeur.
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AFFECTIONS TyPHOIDES.
Les globules normaux sont petits et peu nombreux ; il y a un certain nombre de leucocytes, joas de bacteries.
Sang du foie, de la rate et de la veine porte. — Les glo­bules blancs sont trfes-nom-breux; les globules rouges sont irreguliers, a bords fran-ges, etoiles, dechiquetes. On voit flotter, glisser entre les globules blancs et rouges une multitude de bätonnets droits ou flexueux , sans au-
cune apparencemoniliforme, raesurant 1/800 de millimetre
de largeur sur 1 a 6/400 de longueur. Analyse chimique. — Un litre de sang recueilli lors de
la section de la veine cave posterieureet de la veine porte,
et place dans un vase tres-propre, non vernisse, fut en-
voye de suite ä M. Boucher, pharmacien principal de l'hd-
pital militaire du Gros-Gaillou h Paris,
Nous t'erons connaitre, en meme temps, le resultat de
ces interessantes analyses laites par ce remarquable et ba-
bile chimisle. Inoculations. — Nous avons inocule, h un lapin, du
sang de ce cbeval, h l'aide de la lancette et de la seringue
a injection sous-cutanee : resultat negatif.
On trouvera les details de cette injection et de celles
qui vont suivre au chapitre de la contagion.
Ocn \ iomlaquo;' observation.
Logis, N0 M' 1354, 13 ans, remonte deSt-L6, enlre ä rinfirmerie le 28 avril 1869, mort le 6 mal.
Sanquot; du foie.
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ItTAT DO SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 173
Antecedents. — Gheval excellent sous le rapport du foud et de la sante, n'ayant jamais ete malade.
Un jour, en mars, il est monte par un officier de träs-grande taille et fort lourd . et avec ce poids enorme, il fournit une course longue et rapide.
De retour ä l'ecurie, ce cheval, haletant et couvert de sueur, parait triste et inquiet; cependant, dös ie lendc-main, la gälte avait reparu.
Huitjours environ apres, nons constatons un leger je-tage sereux, qui ceda facilement; puis le cheval reprit son service.
Debut. — Le 28 avril, au matin, on mande en toute Mte im vöterinairepour donner des soins ä un cheval qui allait moui'ir, disait-on; \\ Tarrivee du veterinaire, la crise etant passee, celui-ci ne put que constater une sueur abondante et g4nerale et un peu d'agitation ; pouls petit, serrö ; mu-queuses apparentes päles, sans infütration.
TJne inquietude generate regna pendant 24 heures : flaues agites, vites, mais non tumultueux ; yeux fixes un peu bagsrds, la tete sans cesse tournee vers lesflancs; membresanterieurs agites et grattant le sol; defecation normale; urine Mquente, non chargee, peu abondante; pouls petit, faible et serre ; muqueuses peu cölorees ; au-eun indice n'est fourni par l'auscultation ni parla pression des parois du ventre ; enfin, dans i'intermitience des dou-leurs, on voyait l'animal boire et manger avec satis­faction. Trös-evidemment, le diagnostic efait incertain. On fit une laquo;lign^e de B kilog. a lajugulaire ; 2 setons furent places au poitrail; on mit un sinapisme sous la poitriue. — II y eutunmieux appreciable qui seconfirma
10.
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Hi
AFFFXTIOIVS TYPHOIDES.
jusqu'au 5 mai, jouroü eut lieu une nouvelle crise pour laquelle on vint nous ramp;latner.
Symptömes. — Mais, a notre arrivee, le fort de la crise etait passe, nous dit-on ; cependant le cheval etait encore haletant et la sueur ruisselait abondamment de tout son corps. Gomme renseignements, on nous dit, que subito-ment, l'animal fut pris de tremblements genöraux, d'une acceleration croissante du flanc et que, la face grippee, les nazeaux largement dilates, l'ceil fixe et proeminent, il paraissait tellement souffrir que les jambes se ployaient spasmodiquement, puis que le malade s'affaissait sur le sol, pour se relever aussitot. Bref, apräsune troisieme crise, l'animal succomba.
Autopsie.
Pas de rigidite cadaverique, cavites splanchniques encore tiedes, quoiqu'il y ait 10 beures que le cheval soil mort. Sang noir, epais, diffluent, irise [et recouveit de gouftelettes grasses, oomme les yeux sur la soupe.
Cavite abdominale. — Rien d'anormal dans le tube in­testinal. — Peu de sang s'ecoule a la section des gros troncs veineux; ce sang est noir et epais, la rate et '.e foie sontexsangues; ce dernier, jaune, pale clair, est en-tierement ramolli. Reins normaux. Ganglions lympha-liques tumefies et gorges de sang noir.
Cavite thoracique, — Pas d'epanchement; la plfevre costale presente une injection capillaire tres-remarquablc; les poumons non engoucs ofFrent sur leurs faces costales de nombreusnp plaques noires, circulaires, de. diamötre variable et parfaitement deiimitoes du tissu pulmonairc
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fiTAT DU SANG.
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sain et ambiant; en pratiquant des coupes dans la substance pulmonaire, on voit que ces stases sanguines ne sont pas que superficielles, mais qu'il y en a encore ä l'in-terieur, affectant la meme dissemination qu'au dehors ; chaque point malade etant separe du voisin par du tissu sain,
Les divisions bronchiques, grosses et petites, sont retti-plies de spumosites, et la muqueuse est couverte de ver-getures, de plaques, de points, de lignes dessinant de ca-pricieuses arabesques noirätres sur un fond legörcment rose.
Leger epanchement dans le sac du pericarde ; le coeur est tres-gros, päle et ramolli; il y a un caillot dans le ventricule et l'oreillette gauche, dont I'eudocarde n'offre lien de particulier; a droite, au contraire, les cavites sont pleines d'un sang noir, epais, violace, tachant les doigts. teinte qui a impregne les fibres charnues.
Examen mm-oscopigue du sang. — Grossissement de 800 diam^tres. — Globules rouges alleres dans leur for­me, a burds irrtguliers, de-cl:iquetes, etoiles. II y a, dans chaque preparation, uncer­tain nombre de leucocytes
etunegrandequantitedecris-
#9632;Fiff. 3. — Sang du foie.
taux de toutesformes: telsen
aiguille; allongees et termineesen pointesjelees pele-mele, et formant des groupes admirables dans leur etonnant agencement; tels, en parallelogrammes reguliers ou irre-guliers, en rectangles, en lozanges, en rhomboides; ces
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AFFECTIONS TYPHOIDF.S.
cristaux mesuraientde 3 a 12/400 de millitn. de longueur
suriß a2/400clemillim. delargeur.
Enfin , au milieu de cette masse de globules irregu-liers, de leucocytes, de ba­guettes, de cristaux de tou-tes formes, on apercevait une infinite de petits hrins raides ou de hötonnets.
Fig. 4. — Sang (In cccur.
Consequences. — Cette singulifere maladie recotinait pour causes : Un epmsement pnr suite d'vn trnvnil force et vite, avec une surcharge extraoTdinaire.
Ce n'est point ä proprement parier un cas sporadique typho'ide ä symptömes classiques, mais il doit rentier sous cette denomination, si Ton considöre l'etat general du sang et son examen microscopique.
Ici, ces brins ou biitonnets ne seront pris par personne pour des bacteries ou bacteridies; la nature möme de la maladie eloigne toute idee de rapprochement; mais comme ces bätonnets ressemblent ä ceux que nous avons dejk vus et que nous vorrons dans les affections typho'ides les mieux caracterisees. on est logiquement amene h con-clure qne les bätonne'.s typhoides ne sont pas des bacte­ries et reciproqueraent. Nous aurons ä revenir plus d'une fois sur ce point interessant.
Troisietnc obscrTation,
CMtre, N0 Mraquo; 1239, i ans, remonte de Caen, enire ä I'lnfirmerie le H juin 1869, mort le 21,
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Ge cheval etait de grande tnille, tres-vigoureux, forte-mentcharpente et en assezbon etat h son entree h I'infir-merie pour cause d'inappetence.
Quatre jours apres, e'est-a-dire le 15, ä 4 heures du soir, cet animal est pris tout a coup de violentes quintes de toux qui I'oppressent au point qu'il en resulte de fre­quents rejets d'urine et de matieres fecales. Les flancs vive-ment agites donnent de 13 ä SsO mouvements ä la minute; roeii est injecte et macule de nombreuses veinules noi-ratces; le pouls est plein , lent et mou; les mou­vements du cceur sonl violents, precipites et retentis-sants; la marche est affaissee, litubante, brisee, c'est ä peine si le malade peut se deplacer, et chaque mouvement est accompagne de plaintes rauques et de toux petite, seche et douloureuse. La percussion de la poitrine denote de la matite ä droite-, Tauscultation verifie les donnees do la percussion, c'est-a-dire qu'il y a absence de bruit res-piratoire dans le tiers inferieur du poumon droif;au-dessus, on percoit une respiration supplementaire, qui n'est pas le vrai bruit de souffle des pneumonias franches. Du c6te gauche, diminution generale du bruit respira-toire.
L'auscuitation tracheale et nasale fait entendre un bruit de glouglou accompagne de plaintes tres-accusees.
Reflexions. — En presence d'un debut si in3tantanlaquo;5, si rapide, si expressif dans ses symptomes, neut-on diagnos-tiquer une pneumonic franche? peut-on rattacher cet 6tat ii ce que 1'on voudrait nommer pneumonic d'installation ? y a-t-il une seule maladie qui se caracterise aussi nette-ment, sans avoir et6 precedöe d'une periode croissante d'incubation ? Non! et cependaut celle qui fait Tobjet de
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AFFECTIONS TYPHOIOKS.
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cette observation n'a pas eu d'incubation, eile a debut6 ex abrupto. A notre avis, e!le ne peut appartenir qu'ä Tordre des affections typhoides qui, seules, donnent lieu ä un debut aussi tnstantane.
Traitement. — Large sinapisms sous la poitrine, 6!ec-tuaire tonique et terebenlhinö. Le sinapisme, applique a 5 heures du soir, n'avait produit qu'un trfes-leger engorge­ment ä fO heures et n'avait cause au malade ni gone, ni douleur, ni surexcitation. Cependant I'etatg^n^ralestplus satisfaisant; Tanxiete est moins grande, I'ceil plus vif.
Le sang esl rutiiant et se coagule tres-promptement; le microscope h'y decfele rien d'anormal; pas de reaction acide.
Le 16. — On enl^ve le sinapisme aprös 12 heures d'ap-plication; I'engorgement produit est assez considerable en tons sens. Le niveau de Talteration du poumon droit est plus eleve ; le pouls reste mou, faible et lent avec ten­sion de Tarierei les conjonctives sent infiltrees, legere-ment bistrees; les dents sonLdechaussees et bordees d'un cercle rouge brun,
Les urines sent frequentes, abondantes et ties-claires ; elles ont uae forte reaction acide.
Le sang est toujours normal, se coagulant facilement.
L'etat general du sujet n'est pas mauvais, I'aUitude est assez bonne; l'appötu est presque nul. Amaigrissement rapide, faiblesse gnmde, torpeur diminuee.
Du 17 au 20, jour de la mort, la pneumonic a fait de sensibles progres; l'aggravation a suivi une marchecrois-sante.
Le sang a toujours ete dans les memes conditions, et les
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E'lAl DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 179
tirines, toujours claires et abondantes, ont sans cesse et6 acid eg.
Le 47, survient une tumeur en arriere du coude, alors que l'engorgement du sinapisme tendait ä la resolu­tion.
Dans la nuit du 19 au 20, ranimal se coucha sur le cote gauche, et lä, il semblait plus a l'aise et se reposer avec caltne. Le 20, au matin, on l'aida h se relever; puis on placa le soir un appareil de suspension sur lequel il s affaissa et mourut le 21 h 5 heures du matin.
Autopsie.
Pas de ballonnenient; le eadavre est encore chaud et repand une odeur trös-mauvaise; les muscles sont pales et decolores; le sang est noir, sirupeux, se repandant en naf i Jncoagulee, (Quelle difference avec le sang du vi-vant )
Cavite abdominale. — Tout 1'intestin est remarquable par la päleur livide qu'il reflete ; l'intestin gröle est par-seme de nombreuses et larges ecchymoses affectant des formes diverses, ecchymoses quine sont quesous-sereuses. L'epiploou et le mesentere sont couverts de taches höma-tiques et leurs vaisseaux sent gorges de sang noir. Des coupes diverses, pratiquees dans le tube digestif, n'attes-tent qu'une päleur plombee de la muqueuse epaissie et re-couverte d'un enduit gluant, grisätre, fort adherent.
Le foie est pÄle, der,'ore; le lobe median tombe en vrai putrilage sous la plus legere pression, ainsi que les deux tiers du lobe droit.
La rote est boursouflee en quelques points, maculae de
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AFFECTIONS TYPHOIOES.
#9632;.' ••
larges plaques hematiques et pleine d'une boue epaisse, gluante, noiratre.
Les 7'eins, pales, ramollis, couverts de taches petechiales brunätres, interessant l'epaisseur du tissu propre, presen-lent sur leur coupe une desorganisation complete de la region tubulee et une multitude de petöchies. La mu-queuse des bassinets est rouge, ^paissie et s'ecrasant sous ledoigt; un mucus epais et roussätre römplit les bassi­nets.
La vessie, pleine d'urine chargee de mucus, est ecchy-mosee sur toute sa surface muqueuse et offre, ä son fond, deux larges lacerations taillees k pic et entourees d'un cercle noirätre.
Les ganglions lymphutiques sent päles, decolores, ra­mollis.
Cavite thoracique. — Pas d'epanchement; les plevres sont noirätres, tres-injeeteesj le mediastin offre des traces de fausses membranes non organisees.
Le poumon droit est hepatise dans les deux tiers de sa surface; l'appendice anterieur et les bords superieur et posterieur seuls sont restes sains. Des coupes pratiquees dans cette splenisation, parfaitemeut limitee sur ses bords, montrent que le centre est ä Tetal d'hepatisation rouge. II n'y a aueun foyer purulent; des fractions de ce pou-rnon altere plongent au fond d'un vase rempli d'eau.
Le poumon gauclie ne presente que qnelques points de pneumonic lobulaire caracterisee par des taches brunätres bien isolees et bien delimitees du tissu sain.
Cwur. — Le pericarde est finement arborise sur toute sa surface; le sac est rempli de liquide epais, roussätre et sanguinolent. Le coeur est tres-päle, rnou, comme s'il eüt
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etecuit; il est recouvert de taches noiräties, surtoat le long des sillons coronaires. Le sac gauche renferme peu de sang imparfaitement coagule ; il y a des petechies sur les gros piliers; ä l'orifice auriculo-ventriculaire est un caillot fibrineux qui se prolonge assez loin dans l'aorte posterieure. Le ventricule droit est plein d'un sang pois-seux, noir, incoaguleet teintant Tendocarde en violet ainsi que l'oreillette droite; sous cette teiute uniforme, resis­tant ä un lavage prolonge, on distingue de larges et noires petechies disseminees sous Tendocarde et interessant assez profondement le tissu propre.
Les ganglions de l'entree de la poitrine sont mous, pales et decolores.
Le larynx offre sous les cordes vocales de larges plaques brunätres; la glolte est noire, epaissie; la muqueuse du pharynx est noire et ramol lie.
Nota. — Un litre de sang tres-propre, non souille de corps etrangers, recueilü dans la poitrine, est envoye ä l'analyse chimique. — Des echanliDons divers sont pris pour l'examen microscopique.
Examen microscopique du sang. ~ Ainsi que nous en avons fait mention, le sang, examine ä diverses periodes et recueilü ä diverses sources, n'a present^ dans aucun cas, pendant la vie, rien d'anormal, sinon que le diamötre des globules agglutines en masse, nous a paru moindre ; il n'y avait aucune trace d'acidite.
Aussitöt aprös l'ouverture de ce cadavre encore chaud, nous avons plonge une bände de papier de tournesol dans ce sang tiede, et, immediatement, ce papier a passe au rouge ; Vociditeeto.it done evidente.
Si cette acidite u'a pu amp;re conslatee pendant la vie et
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AFFECTIO.NS T\PHOinKS.
que, des la mort, eile devient si sensiblemeat appreciable, il faut que necessairement le sang,^er vitam, soil modiüö dans seselements, de teile maniöre que, post mortem, une reaction inconnue s'operant au;-sitöt, il en resulte la pre­sence d'un acide dans ce liquide; tandis quesur un cheval mort d'une maladie franchement inflammatoire, le sang ne presentera jamais un aussi etonnant phenomene. t C'estlä une preuve incontestable, nous semble-t-il, de ralleralion primitive du sang,
Yoyons maintenant les in­dices fournis par le micros­cope. Quelle que soil Tori-gine du sang, qu'il provienne du foie ou du coeur ou d'ail-leurs , on constate des mas­ses de bätonnets droits ru ilexueux oulegerement cour­bös ä angle aigu, depourvus Fig. S. — Sang du Coeur. de mouvements , isoles ou reunis par groupe ou en masse, flottant dans le liquide ou adherents aux globules, mak le plus souvent libres, et coiores en rose ou en rouge.
Oü ces bätonnets etaient le plus nombreux, c'etait dans le sang de la veine cave posterieure et de la veine porte; rnais partout on en constatait: dans la rate, le foie, le coeur et la tumeur du coude oü il y avail plus de Fig. 6— Sangde la veine cave, leucocytes qu'ailleurs.
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On remarque aussi, comme toujours, de nombreux cris-taux a forme definie et constante, nageant dips le liquide au milieu des globules et des Latonnets.
De l'urine. — Examinee au microscope, eile presente du mucus en grande quantite et quelques cristaux en ba­guette.
Essayee par le papier de tournesol, eile donne la reac­tion acuk. Traitee par la chaleur, dans un petit lube, eile se trouble et prend 1'apparence laiteuse; ce trouble n'etant point dissous par I'acide chlorhydrique rectitie, c'est une
s
preuve qu'il est cause par Palbumine et non par des sei: calcaires. Si on ajoute ä l'urine line gouttc d'acide azoti-que, on obtient unmeme trouble albumineux sans precipite.
Anab/se chimique. — Du sang recueilli dans la poi-trine, infeste de bätonnets, ainsi quele represente la figure nraquo; 5, est envoye pour etre analyse.
Inoculations. — Croyant qu'il soit necessaire pour ino-culer du sang, par voie d'injection sous-cutanee, que ce sang soit au moins a une temperature do 30deg;, on mit un vase rempli de ce sang rempli de cristaux et de bätonnets, dans l'eau chaude, au bain-mnrie; puis, examine denou-veau, avant rinjection, on a constate la disparition des k\tonnets; etonne de ce fait, nous times un autre essai qui nous donna des resultats identiques.
Or, comme nous voulions inoculer un lapin avec du sang contenant cristaux et bätonnets, nous diimes nous servir de sang ä la temperature ambiante.
^interpretation de ce fait, la dissolution des cristaux ä une temperature de 30deg;, est fort importante; au chapitre de la contagion, nous en tirerons de justes de­ductions.
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AFFECTIONS TVPIIOIDES
tfeuatrieme o bservatiou.
L6ona, jument, n0 matricule 1268, 5 ans, remonte de Saint-Lo. — Entree a. 1'infirmerie le 8 aoüt 1869, morte le 14.
Apres un court sejour ä Tinfirmerie du 20 au 28juillet, pour une bronchite legöre, cette jument sortit dans d'ex-cellentes conditions de sante.
Le 8 aoüt, 2deg; sejour ä Tinfirmerie pour inappötence complete sans autre signe de maladie; marche un peu alourdie, muqueusespäles, rosees,un peu infiltrees-, flancs calmes; pas de tristesse, peu d'appetit, fonctions norma­les. On place un s^ton au poitrail.
Le 9, jmqu'ä deux heures apres midi, meme etat de santö apparent; tout ä coup, vers 3 heures, inquietude generale avec deplacement desmembres; agitation du corps; flancs vites, profonds, entrecoupes; face grippee, yeux fixes. L'auscultation nous decele une absence de bruit respira-toire dans la partie inferieure des deux poumons, avec bruit supplömentaire trös-prononce accompagne d'une sorte de sifßement dont l'echo se traduisait au dehors par une forte plainte qui, du debut ä la fin de la maladie, n'a cesse de se faire entendre. Application d'un large sinapisme. Pendant la nuit, le marshal de garde a amp;6 temoin de desordres violentsportes au paroxysme de lafureur; l'ani-mal sautait dans lamangeoire et se livrait ä des mouve-ments desordonnes, puis retombait dans le calme ab-solu.
10 aoüt. Levee du sinapisme; peu ou pas d'engorge-ment; friction avec Thuile de croton tiglium sous le ven­ire; vösicatoire sur les cotes; electuaire tonique, diureti-que et stimulant.
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La pneumonie double constatee la veille a fait beaucoup de progres, et cependant l'animal se couchait de temps en temps pendant quelques instants. Constipalion ; urines 6paisses, acides, frequentes et pen abondantes; plainte, silflement continu; attitude brisee, nonchalante, et alternee par bipäde alternativement au repos et a I'appui; mou-vements nerveux des membres anterieurs se portant dans Texlension et restant un instant au lever.
Les revulsifs n'ayant produit aucun effet, on pratique, dans la soiree du H, une saignee qui ne put 6tre achevee, parce que l'animal pris subitement d'agitalion extreme et de tremblements generaux, etait sous lecoup d'une chute imminente si on eut continue la saignee qui fournit en­viron deux litres de sang.
Le 12, au matin, Tetat general etait si alarmant, qu'on crut devoir tenter une deuxieme saignee qui, cette fois, s'est faite librement.
Le seton du poitrail donne assex de suppuration ; aux lieu et place des revulsifs, un enorme engorgement se manifeste; la plainte a cesse, mais la foux persiste; 1'ap-petit est meilleur. Bref, malgre Tagitation du flanc, mal-gre les signes peu favorables fournis par I'auscultation, on espöre cependant une serieuse amelioration.
Le 13. Le malade est conduit au grand air, au soleil; il marche pöniblement, mais il ne se fait pas tirer par les rönes du bridon. Rentre ä l'ecurie, il se roule plusieurs fois sur le dos, comme un theval gai et en bonne sante; Use relive avec vivacity il boit et mange bien et barbote avecunesorte de rage; et pourtant, I'auscultation attes-tait que la pneumonie avait fait des progräs chaque jour.
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AI FECTIONS TVPH01DES.
Dans la soiree du U, nouvelle crise brusque et violente qui commpnea l'agonie; la mort survint immediatement apres la chute du malade sur !a litiere.
Autopsie. — Elle eut lieu 4 heures apres la mort, ä une temperature de 20deg; centigrades. Les chairs sont brülees etnoirätres, il n'y a pas deballonnement.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; '
Cavite thoracique. — Paf d'epanchement; les plevres sont legereraent et finement injcctees; les poumons sont marbres, macules de larges taches noiramp;tres tres-distinetes ou de petites petechies en nombre infini -. entre chacune de ces taches hematiques le tissu est pale et nacre. Diver­ses coupes pratiquees sur ces taches et plaques, demon-trent que la stase sanguine n'est pas que superficielle, mais qu'ello se prolonge protondement dans l'epaisseur du pounaon, laissant entre elles le tissu sain avec des con­tours parfaitement delimites. Cette parficularite etait beaucoup plus apparente sur le poumon gauche que sur le droit, cote de la mort,, ainsi que sur les appendices an-terieurs et le lobe median.
La lesion organique consistait en une veritable hepati-sation grise occupant la partie moyenne et inferieure des deux poumons; des portions de ce poumon altere, plon-gent au fond de l'eau.
Le coeur ne presente que quelques taches hematiques, il est un peu decolore et moins mou que dans certains cas. Les oreillettes sont d'un blanc pale tres-remarquable; au-cune lache dans les ventricules; aucun caillot; sang noir, poisseux, violace.
Caviti abdominale. — Decoloration generale de la masse intesti nale; les anses blanchälres de l'intestin grele, sont picturees de milliers de petites taches roses et noires sous-
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muqueuses; ici et lä on remarque des taches noirätres, brunos, plus larges, dures au toucher et constituces par du sang exlravase.
L'entree du pyloro, jusqu'au-delä du renflement pylo-rique, est trös-epaissi et presente des plaques noirätres. En incisant cette region, on voit la muqueuse palie, en-duite d'un mucus trös-6pais, et en partie corrodee ä l'en-droit de ces epanchements sanguins operes dans l'epais-seur de la membrane charnue; ces plaques etaient recou-vertes d'une matiere blancMtre, pultacee, formant des dessins irreguliers.
Les taches de i'intestin grele existaient entre la mu­queuse et la membrane charnue, et sür quelques-unes, on voyait teur centre en voie d'ulceration miliaire ou plus avancöe.
A sa terminaison dans le coecum, cet inteslin oflre les mömes lesions qu'au pylore avec erosions de la muqueuse. Au fond du coecum, il y a des ulcerations avec infiltration sanguine sous-muqueuse.
Tous le5 ganglions lymphatiques sent plus gros, in-jeetes et ramollis.
Le foie est couleur feuille-morle, s'ecrasant en pulpe sous la plus legöre pression.
La rate est maculee de taches rosees, mais eile a con­serve sa couleur normale; eile est exsangue.
Les reins sont aussi älteres: le gauche offre, sur une coupe raediane une infiltration sanguine tres-profonde et generale de tout son tissu propre. Rien dans le bas­sinet.
Le droit, au contraire, pale, ramolli, ne presente aueune sugillation dans l'epaisseur de son tissu, tandis que le
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AFFECTIONS TWHOIDES
bassinet rönal est plein de rnatiäre d'apparence purulente, tres-epaisse, nageant dans une masse de liquide albumi-neux.
La vessie ne contient pas d'urine; son fond est tapisse par une couche de mucus; la muqueuse est picturee, maculee de capricieuses arborisations noirätres.
E-ramen microscopique. — Le sang, examine pendant la vie, jour par jour, n'a ja-mais presente la moindre alteration , sinon plus de leucocytes qu'ä l'etat normal; toujours il s'est parfaitement coagule.
Fig. 7. — Sung apres la mort. Apres la mart : acidite et incoagulabilite. Enfin, diverses preparations ont montre cristaux el batonnets comme dans les cas precedents.
De l'urine, — Acide pen­dant la vie et albumineuse, eile presente les memes ca-ractferes aprös la mort.
La matiere epaisse du bas­sinet prise par maints ecri-vains, pour du pus, exami­nee au microscope, s'est Fig. s. — Cellules epiiheiiaies presentee sousla forme d'une de la muqueuse du bassin ot multitude de cellules epithe-liassinel renal.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;,. ,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; in
hales, un peu plus allon­ges en pointe qu'ä l'etat normal; elles proviennent de la muqueuse du bassinet renal.
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 189
Analyse chimique. — ün litre de ce sang fut soumis ä l'analyse chimique; on en constatera las ramp;mltats au cha-pitre special.
Cinquicme observation.
Ciceron, nraquo; matricule 1240, Sans, remonte de Caen; en-tre ä l'inftrmerie le -26 aoüt 1869, mort le 5 septembre.
Animal d'un temperament mou et lymphatique qui fut laisse en subsistance ä Montrouge, en airivant de Caen, dans l'impossibilHe oü il etait de pouvoir continuer sa route jusqu'ä destination.
11 entra ärinfirmerie Ie26 aout pour inappetence, avec acceleration rles mouveraents du flanc, coloration jaune-rougeätre des conjcnctives qui etaient tres-inßltrees.
Seton au poitrail; sinapismesous la poitrine; electuaire tonique au quinquina et au kermös. C'est ä peine s'i le malade a fait quelques mouvements pendant l'action mor-dante du sinapisme; il etait abaüu, somnolent, le front appuy^i conlre le mur de face; les paupieres etaient demi-closes.
Cette attitude, cefte höbetude, cette somnolence ont ete le caraclere dominant et persistant de la maladie ; tantöt les flaues sent plus agites, tantöt ils sonl plus lents; l'aus-cultation et la percussion ne denotent aueun trouble; tantöt appefit, tantöt inappetence complete; d'autres fois, paraissant gai et plain d'appetit, il s'anetait tout a coup de manger, boudait, se retirait au bout de sa longe ou s'appuyait contre le mur de face.
L'effet immediat du sinspisme fut de reveiller le ma­lade et dquot;exciter un peu son appetit; cela ne fut pas de longue duröe, car il retomba bientöt dans le möme etat
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\FFKCTI()NS TYPHOlDliS
de somnolence pendant lequel las flaues restaienl agites coratne au debut, mais sans acceleration; le pouls etait plus faible et plus mou; les muqueuses plus infiltrees et plus jauimtres.
La percussion n'accusait ni douleur ni defaut de re-sonnance; cependant 1'auscultation denotait uue grande diminution du bruit resp'natoire du cote gauche. Erection frequente — urine rare ä reaction acide. La temperature s'elant elevee tout ä coup, I'animal eut alors quelques crises inquietantes se manifestant par un trouble extreme de la respiration et par une somnolence plus grande que de coulume.
L'engorgement du sinapisme ayant disparu^ on place 4 setons animes sur les cotes, opemlion qui se fait sans que le sujet manifeste la moindre douleur.
L'appetU roste capricieux ; docubitus court et frequent; toujours erection ; amaigrissement rapide : mouvements du coeur sonores et ües-acceleres.
Enfin, apres un coma qui a persists pendant dix jours, I'animal succomba pendant la unit, du 4 au 5 septembre.
Le sang examine pendant la vie n'a rien present^ d'a-normul; dans les deraiers moments, on n'y a vu au-cunetrace de bätonnets, raais les globules ctaieal un peu deformes, dechiquetes et les globules blancs assez nom-ingpendant la vie. breux. Lesang n'aofl'erl dans aueun cös, de reaction acide. Autopsie. — Le cadavre est encore tiede; les masses
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£TAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;19 j
musculaires ne sont pas totalement decolorees, cependant leur teinte n'est pas uniforme, car ici elles sont noires, tres-brunes, tandis que la, elles sont päles et rosees.
Cavite abdominale. — Leger epanchement — exterieu-rement ou interieurement, les intestins ne presentent rlen ä signaler; l'epiploon est epaissi et gorge de sang tres-noir, ainsi qu'une portion du mesentere.
Le foie offre wie tres-gmnde alteration: le lobe droit et le lobe median sont entierement decolores, presentant une teinte feuille-morte, blafarde, lavee, cadaverique; ca et lä, on voit de larges taches petechiales interessant assez profondement le tissu propre, si roil pent appeler ainsi un magma, an putrilage graisseux n'ayant plus au-#9632; cune apparence physiologique, ni normale.
Le lobe gauche a sa couleur et sa consistance habi­tuelles.
La rate est grosse, bossuee, pleine de boue violacee ta-chant fortement les doigts.
Les reins n'offrent rien d'anomal; les bassinets sont pleins de mucus jaunatre tres-epais; le mucus se retrouve aussi dans la vessie dont il tapisse le fond; c'est, ainsi que nous I'avoiis dit dans l'observation precedente, k la presence de nombreuses cellules epitheliales qu'est du Tepaississeinent de ce mucus.
Cavite thoracique. — Les plevres, et surtout le medias-tin, sont dans un elat de congestion extraordinaire; la plfevre costale est injectee dans ses ramifications les plus tenues.
Les poumons sont sains, sauf l'appendice anterieur et une partie du bord inlerieur du poumon droit qui sont le si^ge d'un eugouement considerable, donnant au tissu
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AFFECTIONS TYI'HÜIDKS.
une resistance, une durete, un poids, comme dans le cas d'hepatisation; mais, il n'en est rien, ce n'est qu'une splenisation, car, par une section de cette region, le sang s'ecoule noir et poisseux; puis, le tissu en quelque sorle dßgorge, redevient souple et plus leger.
Cwur. — Le pericarde est aux deux tiers rempli d'une serosite rougeätre et epaisse.
Le ca3ur est decolore, mou, flasque et couvert de larges laches et plaques petechiales sur les ventricules el sur les ore'llettes.
L'endocarde venlriculaire est pale, mais il n'offre pas de petechies, tandisque l'endocarde auriculaire en offre de bien belles; le sang des ventricules est violace et non coagule,
Cavile cränienne. — Leger öpanchement dans les me-ninges; Tarachnoide est tres-congestionnee ainsi que les plexus choroides; rien d'anormal, de üjsm, dans la sub­stance propre du cerveau.
Examen microscopique.
Reaction, ;jlaquo;s/ mortem, le-gerement acide; en introdui-sant une goutle d'eau salec, sous le couvre-objet du microscopej on volt entrai-ner dans ies courants qui s'etablissont, enlre ies aggio-merations de globules, une multitude infinie de baton-
Sunquot; du Foic.
nets; absolument, comme en cas d'lnondation, on volt le (orrenl entrainer de nom-
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fiTAT Du SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 193
breux debris de paille ou de foin qui se trouvent sur les rives. Ce phenomöne s'observe dans le sang recueilii dans tons les organes.
II n'y avail pas trace de grands cristaux; mais on ob-servait beaucoup de globules blancs.
Stixieme observation.
Le Bail, numero matricule 1280, 4 ans, remonte de Paris; entre ä i'infirmerieleil decembre 1869, raort le14.
Get animal, d'un caractere irascible, violent, dangereux meme, entra a rinflrmerie le 28 octobre pour pneumonie legerequ'un sinapisms fit avorter. Enjaison de 1'irritabilite du sujet, on ne put mettre de setons an poitrail, tant il y avail de dangers h courir pour Toperateur et pour ses aides.
Un mieux appreciable s'^tant declare, ce cheval sortit de rinflrmerie et conserva jusqu'ä ce jour un appetit tr£s-satisfaisant, malgre une petite toux persistante qui fut negligee de la part des cavaliers employes ä lui donner des soins ä la. remonte.
Le 11 decembre, ce cheval prit parfaitement son re-pas du matin ; au retour de la promenade, il manifesta subitement des coliques nssez fortes; ventre ballonne, sueurs abonnanles, tendance Ires-accusee ä pousser an mur; les membres posterieurs llechissent sous le corps et pietinent eotnme s'il y avait un commencement de pa­raplegia — tremblemeats generaux, tete basse, et par in-lermittence, il y a du coma, la le!e etant appuyce centre la mangeoire.
Lesconjonctives sont d'un rouge tres-fonce, fortemeul sal'ranees, et infillrees sans petechies; le pouls est lent, iiregulier, diffus; respiration accelcree ou lente.
Oneut recours hunlraitementiTkamp;-energiq\ie: moutarde.
k
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
vesicatoire, huile de croton, pointes de feu (que Tanimal se laissa cette fois appliquer sans accuser la moindre douleiu); il n'y eut, dans aucun cas, de revulsion ä la peau.
A I'interieur, toniques, diuretiques, excitants diffusibles. — Quarante-huit heures apres, il y eut paraplegic incom­plete, mais paraplegic complfele du membre postörieur droit; en meme temps se declara de la dypsnee et suffo* cation qui amena lamort trois jours apres le debut.
Busang. — Une saignee d'essai faite 1u2 heures avant la mort, presenta a Fhematometre un sang se coagulant par-faitement dans des proportions normales; il y avail a peine trace de serum.
Aucune alteration ä rcxamen microscopique; pas de reaction acide.
Autopsie. — Pas de ballonnement; cadavre tiede ; sang noir et poisseux; decoloration de tout le Systeme muscu-laire.
Cavite thoracique. —Pas d'epanchement, plevres in-jectecs; les poumons, le gauche surtout, presentent les lesions caraeteristiques de la pneumonie typhoide, teile que nous la comprenons, teile que nous la decrirons au chapitre des lesions.
Ainsi : la partie antericure et plus de la moitie supe-rieure du poumon gauche ne sont pour ainsi dire qu'une immense plaquCj noire d'encre, irreguli^re dans ses con­tours, mais parfaltement nette et delimitee du tissu sain qui esl un peu plus rose, plus rouge qu'a I'etal normal. Sur le lissu sain, sont des taches, des slries noiiatres tres-distinctes du tissu ambiant avec lequel elles ne se fondeut par aucune degradation successive de teinte.
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ^s
Tous ces signes objeclifs se repeient sur le poumon droit avec un peu moins d'etendue seulement.
Ces taches hematiques ne sont pas sous-pleurales; dans la partie la plus malade du poumon gauche, c'esl une infiltration, une imbibition du sang epancbe, veritable splenisatiou, sans trace aucune de desorganisaticfn du lissu vasculaire; cav, cette partie du poumon en appa-rence si malade, surnageait le liquide dans Itquel on la plongeait. Des coupes pratiquees dans l'epaisseur du poumon laissent sourdre un peu de sang noir et sirupeux dontune partie est recueillie pour l'examen microsco-pique,
Le cceur est pamp;le, decolore; les vaisseaux qui rampent ä sasurlace sent gorges de sang noir; des petechiesmiliaires maculent le grand .sillon auriculo-veatriculaire ; son tissu est mou, se dechirant, s'ecrasant en bouiilie sous'la moin-dre pression du doigt. Le ventricule gauche contient un longcaillot übrino-albumineux; pas de taches hematiques sous l'endocarde. Le ventricule dröit renferme un sang poisseux, gelatineux, teintant en violet tout l'endocarde, leinte qu'un lavagü ne peut faire disparailre et qui se re-pele dans l'oreillette en se prolongeant sur la tunique interne des gros vaisseaux (sang recueilli).
Cavüi abdominale. — Tous les intestins, sauf un peu de päleur et de decoloration, sont ä i'etat normal.
Le foie est presque entieremeut decolore'; il revet la leinte feuille morte, on dirait le foie gras deü volatiles. II est simou, si friable, qu'un rien l'ecra e et le dechire; avec le cas precedent, ce sont les lesions les plus completes que nous ayons vues.
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
La rate est exsangue, pale et couverte de pamp;echies mi-liaires.
Les reins sont aussi tr^s-alteres, surtout le gauche qui s'ecrase sous le doigt, tant il est mou et desorganise. Sur une coupe de la pointe a la base, on constate de nom-breuses taches hematiques et absence de toute organisation normale; le bassinet est rempü de mucus ^pais. Le rein droit est moins alterö que le gauche.
La wslaquo;'e est picturee d'un millier de petechies, sur­tout au fond oü Ton voit une large stase de sang en forme de croissant.
Les psoas sont päles et converts de taches hömatiques ä leur surface, aussi bien que dans la profondeur de leurs fibres qui te dechirent, par suite d'un ramoIHssement fort avance.
Examen microscopique.
Le sang, n'importe ä quelle source il ait amp;iamp; puise, presenfe la serie des alterations dejä signalees : ms-
Fig. -II el 12. — Coeur droit.
taux et bufonneti;, suivant les types remarqnables repre-sentesdans les fig. 11,12, U, 15 et IS.
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fiTAT Du SANG.
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Lefait le plus singulier, et qui n'est generalement qu'une exception, c'est qu'aucune alteration n'a et6 constatee dans le sang du ventricule gauche, fig. 13.
f]v. 13. — GoBor gauche.
Fig. 14. — Veinc cave.
Nous cessons icl de reproduire des fails cliniques, car ces six observations nous ont offert six types differents
Fig. lö. — S.-ng du foi
Fig. 16----fcangdela veine
Jporte.
de cette singultere affection, types consideres dansle debut et 1'expression symptomatiques, mais tous les six iden-tiques, consideres quant ä Talteration Ju sang Jugee par Texamen microscopique, les reactifs et l'analyse chi-mique.
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198nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDKS.
D'aprös ce rapide et laconique exposö de symptömes et de i^sions, on corapremlra qua nous ne puissions admettre les pueumonies inftammatoires d'acclimatement, ni ]e typhus equilin qui suppose une constitution medicale epizootique, ce qui ne fut pas observe par nous en 1869 ; non, ce n'est ni cecl, ni cela, ce sont des types bien carac-lerises dtaffections typhoides.
Tirons maintenant les döduclions de ces divers exaraens microscopiques du sang typhoide.
SECTION H. Recherches microscopiques.
Dans chacune des observations qui precedent, et dans celles qui seront rapportees au chapilre de la contagion, nous avons soumis le sang a un minutieux examen mi-croscopique dont nous avons reproduit les resultats de visu, sans chambre claire.
Resumant nos recherches sur l'amp;at objectif du sang et sur son expression d'alteration la plus profonde, nous dirons :
!0 Bendant la vie, il y a diminution de la fibrine, ä tel point que quelques instants avant la mort, il n'y a memo plus ti ace de caillot blanc; et le caillot noir n'est plus qu'une epaisse gelee, un magma caillebote. A cette periode, on constate un precipite verddtre, en traitantle serum par I'acide azotique.
Le microscope dömontre Talteralion des globules qui se
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ETAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;199
röunissent en masse, en s'accolanl par leurs bords, au lieu d'etre en pile de monnaie, comme dans le sang normal; ces globules sent deformes, etoiles, et paraissent d'un dia-metre moindre. Mais ces alterations si graves ne se re-marquent generalement qu'ä la fin de la maladie ou im-mediatement apres la mort,
II y a aussi, tres-souvent, de nombreux globules blancs isolös ou reunispar lots.
Jamais, pendant la vie, nous n'avons constate l'acidite du sang.
2deg; Aprös la mort, e'est-a-direrfes la seconde qui suit 1'ex­tinction du principe vital, on constate presque dans tous les cas, une masse de cristaux roses ou rouges, ou blancs et brillants, de forme tetraedrique, lozangique, quadrila-terale, prismatique, hexagonale, rbomboidale,-lamelleuse, en aiguille ou nn baguette.
On remarque aussi le plus souvent dans tout le sang, quels que soient I'organe ou la region (excepte pourtant quelquefois, le sang du ventricule gauche, ainsi que nous en avons rapporte un exemple), on remarque, disons-nous, une multitude de petits brins comme des bouts de crin, raides, non flexueux, rarement courbes, d(5pourvus de mouvement propre qui ne peuvent etre autre chose que les hätonnets de Delafond, tels qu'il nous les a decrits dans son memoire adresse en ISGO ä 1'Academie des sciences (voir page 56).
Et, chose a noter, e'est que ces batonnets etaient en rai-son {nyerse du nombre des cristaux en aiguille.
Ces bätonnets enlierement solubles dans I'acide ace-tique et möme dans l'eau, etaient trfes-nombreux et tres-
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'200
AFFECTIONS TYPH01DES.
vlsibles dans un sang tihde ou froid ; ils disparaissaient a une temperature de -f 30o, ainsi que nous I'avons dit dans la 3deg; observ. (page 183).
i_ 5e Dans deux cas seulement, nous avons vu la bacteridie (bacteriu;n catenula); lors du concours de 1872, de tous les auteurs, M. Megnin est le seul qui en fasse mention, et encore n'en a-t-il vu que deux fois ; preuve que leur constatation serait plutotune exception qu'une rhgle.
Les bacteridjes que nous avons vues, etaient bien celles du charboo, identiques ä celles que nous avons observees dans la serosite d'une pustule cliarbonneuse existant ä l'o-reille d'un lapin inocule par M. Davaine lui-meme, et dont voici le dessin aussi fidöle que possible.
Fig. 16. — Bacteridics des-secheos du übarbon dessi-nces de visu.
Fig. 17.
#9632; liiitonnets tvpho'ides.
En jefant un coup d'oeil de comparaison sur ces deux figures, il est evident qu'un observateur serieux ne pourra confondre ces deux types d'alteration du sang. Et si le doute etait possible, il serait aise de le lever : 1deg; par I'ino-culation qui reste nulle et sanseffet, avec le sang typhoide;
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RTAT DüfSANG.
#9632;201
2quot; par l'essai des acides qui dissolvent les bätonnets et qui sont sans effet sur les bacterldies ; 3laquo; par l'action de l'eau chaude ou froide qui fait disparaitre les bätonnets, tandis que les bacterldies resistent mamp;me ä rebuliilion, et peu-vent encore etre alors inoculfes avec succes.
A. — Des cristaux. — Dans le memoire que M. Signol a soumis ä rAcadömie des sciences, le 10 aoüt 1863, on lit ceci : laquo; Le sang presente ordinairement ce caractere re -raquo; marquable, que si on l'examine apres la mort, les gio-raquo; bules ont disparu, et on trouve des cristaux deformes raquo; diverses resultant de leur dissolution, et dont les plus raquo; nombreux ont une grande analogie avec ceux de cho-raquo; lestörine. raquo;
A notre tour, essayons d'expliquer la formation de ces cristaux que nousavons rencontres dans maintes et maintes preparations microscopiques.
Et, d'abord, quelle est la nature de ces cristaux ?
Est-ce de la cholesterine qui cristallise en 6cailles
blancbes, brillantes et rhom-
bo'idales, et qui est insolu­ble dans Teau?
Du reste on salt que la cho­lesterine existe ä peine dans le sang normal, car on n'en
trouve que 0,08 pour 1000. Fig
Cristaux-types de cho­lesterine ct d'hemoglobine.
Est-ce de YhoBmatoidine, principe immödiat accidentel, resultant de la decomposition d'une substance propre
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202nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIO.NS TYPH01DES.
ä Teconotnie et qui est cristallisable en rhoraboides obliques ?
Est-ce de Vhwmatocristal-line on kemoylobine, qui cristallise en baguettes fines et allongees, se terminant en pointes aigues, ou en rhomboidesj roses ou rouges et qui est soluble dans I'eau'/
Est-ce de la tyrosine cris-
Pig. -19.—Autrescristaux-types illioinOiilubiiic.
tallisant en aiguilles blan­ches et brillantes, et que
1'on rencontre toujour's däns le foie et la rate, lors de certaines affections du sang ?
Est-ce du phosphate am~ moniaco-magnesien ?
!'-st-ce enlin du phosphate de chaux'l
Nous ne saurions rien af­firm er !
Toutefois I'analyse chimi-
que a donne ä penser que
Fig. 20. — Cristaux-typo- de phosphate ammumaoo-nia-gnesien.
las cristaux les plus gros etaient formes par du phos­
phate atnrnoniaco - magae-sien; tandis que les cristaux en aiguille ou rhombo'ides se-raient de lacholesterine oude rhamp;noglobine (1). Quoi qu'il en soil, la presence si constante de ces innom-
(1) Voir la noteadditionnelle page 2il.
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TB
liT.VT 1)1! SANG,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 203
brables cristaux, trouvespeu d'heures apres lamort accuse une modification reelle dans les elements normaux du plasma du sang.
En l'aisant quelques experiences sur faction de La bile milangee au sang nous avons pu, ä volonle, donner nais-sanco ä des crlstaux de forme, de couleur, de dimensions identiques ä ceux que nous avions observes dans le sang typbo'ide; d'oü, cette deduction naturelle : les cristaux du sang sont das a la presence des ^laments de la bile me-langee au sang. Mais, est-cc de la bile resorbee? ou bien n'est-ce qu'uu exces des elements de labile non secretee, par suite de la desorganisation complete du foie ? et quelle serait l'action de la bile sur la erase du sang ?
Nousaurons ä apprecier ces questions dans le chapitre suivant.
Un point qui est toujours reste obscur pour nous, est celui de savoir comment ces cristaux, si nombreux aprfes la mort, ne s'observent pas du tout pendant la vie. . . .
A ce sujct, voici notre theorie ne s'appuyant sur aucun fait experimental. On salt que les principes elemenlaiies de la cholesterine^del'liaematocnstalline^tc., sontcristal-lisables dans certaines conditions de reaction chimique; ne savons-nous pas aussi, d'apres les faits rapporles, qu'aussitöt apres la vie, il s'opeie instantanement dans le plasma du sang typhoide, une veritable reaction acide, puisque ce sang n'est plus du tout alcalin et qu'il rougit le papier de tournesol ?
Eh bien ! cette reaction inconnue ne serait-elle pas la cause de la cristallisation immediate de ces elements cris-tallisables qui sont en surabondance dans le sang, par suite d'une sorte de dissolution des globules?
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5(1/.
AFFECTIONS TYPHOmES.
A cette cause, ne pourrait-on ajouter celle du refroi-dissement et de l'arret du mouvement circulatoire? N'a-vons-nous pas cite la disparition de ces cristaux dans du sang chauffß ä 30deg;; cequi impliquerait I'aclion cristal-lisante du retroidisscment ?...............
B. — Des butönnets. — Frappe du fait plusjhaut for-mule, ä savoir: que le nombre des bätonnets observes etait en raison inverse de celui des cristaux en baguette ou enaiguillp; et, convaincu par rexperience, que ces bä­tonnets etaient toujours plus norabreux dans le sang du foie, de la rate, de la veine porte et du poumon, que dans le sang du laquo;eur ou des gros vaisseaux, nouscher-chions en vain Fexplication de ces deux fails quand, un jour, le hasard nous mit sur la voie d'une appreciation qui, quoique toute theorique, sans doute, n'en est pas moins res tee exacte de visu.
Nous avions, sous le champ du microscope, un fouillis admirable, inextricable de cristaux en aiguille; nous nous complaisions devant ce tableau aussi etonnantqu'original; lorsque, par l'appui trop prononce de Tobjectif^sur le couvre-objet, a la suite d'une fausse manoeuvre, nous avons detruit, brise, fow/e pour ainsi dire, ces splendides cristaux en aiguille. Que restait-il, nageant dans le s6-rum ? Une multitude de debris de ces aiguiUes ressemblant en tons points mix BATONNETS observes dans les preparattons
NATURELLES 1
Depuis, nous avons souvent renouvele cette experience si simple et si facile, et toujours nous avons obtenu le mamp;me resultat qui nous a demontre que: les bätonnets du sang typhoide ne pourraient Hen etre autre chose que des debris de cristaux en aiguille !
mm
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fiTAT DU SAMG.
20S
Et si nous nous reportons k la description que Delafond a faite des bätonnets (page 56) du sang charbonneux, nous serons tente de reconnaitre le plus grand air de parente entre les uns et les autres.
Du reste, en 1865, M. le professeur Bassi de Tecole ve-terinaire de Turin, parlant des bätonnets que renferme le saug charbonneux, exprime la conviction que ces baton-nets ne sont que des cristaux.
Quand nous avons öcrit notre memoire pour le con-cours, nous ignorions cette publication de M. Bassi; sans quoi, fort de cette opinion, nous aurions peut-etre moins timidement avance la nötre qui, aujourd'hui, est ferme, convaincue, inebranlable.
Mais si, artificiellement, on peut former des bätonnets, comment, naturellement, a lieu leur formation ?
Les bätonnets sont en raison inverse des cristaux, avons-nous dit; cela ne signifierait-il pas que les cristaux brises, detruits pour former les bätonnets, ne pouvaient plus, dös lors, etre constates dans leur entier ?...
Et, par contre, les cristaux etant plus nombreux, et les bätonnets moins abondants, cela ne signifierait-il pas que ces cristaux restant entiers, complets, ils ne pouvaient con-sequemment pas former des bätonnets de leurs debris qui n'existaient pas ?.......
Les sources de sang fournissant le plus de bätonnets, provenaient du foie et de la rate; tandis que celles qui fournissaient les cristaux volumineux, provenaient du coeur et des gros vaisseaux : cela ne signifierait-il pas, qu'au moment du refroidissement et de la cristallisation, ces cristaux obliges de passer dans des cellules et des ca-pillaires trop etroits pour leur diametre ou leur longueur,
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S06nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
se seraient alors casses devant et contre ces obstacles, formant aitisi par leurs debris, les batonnets en ques­tion?.......
Dans le coeur, au contraiie, et dans les gros vaisseaux, la circulation et le monvement etant larges et libres, cela ne pourrait-ilexpliquer le pourquoi de la quantite de oris-taux observes en raison inverse du nombre des baton-nets?.......
Quoiqu'ilensoit de ces suppositions, il n'en reste pas moins constant et bien acquis h la science, que 1'allera-tion du sang jugee par le microscope, pent se resumer en ces lermes:
Iraquo; Presence de bacteridies exceptionnelkment constatee ;
2raquo; Presence comtante de batonnets bien differents de la bactcridie proprement dite ;
3„ prc-sence constante de mmbreux cristaux de formes variccs, rouges, roses, ou Mams.
4quot; Alteration de la forme des globules rouges;
5deg; Augmentation, en nombre et en volume, des globules
blancs. Yoyons maintenant les vesultats que va nous donner
1'analyse chimique.
SECTION III. Analyse chimique du sang el de t'urine.
Le? resultats obtenus jusqu'a ce jour ne peuvent encore servir de base a des conclusions scientifiques irrefutables;
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I'.TAT Dlquot; SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SOT
ce ne sonl que des jalons posös pour I'avenir; car, I'etude si interessante du sang dansces affections est si complexe, si variee, que ce n'est qu'apres bien des annees d'observa-tions rigoureuses et comparatives, que Ton pourra esperer arriver ä determiner la nature de Talteration du sang typhoüde du clieval.
Ces prelimiuaires poses, nous copions textuellement la note que nous a commumquee M. Roucher, pliarmacien principal äThöpilal militaire du Gros-Caillou, ä Paris.
ot Les echantillons de sang qui m'ont et6 remis etaient raquo; diffluents et ä peine coagulables, deconsistance assez raquo; epais?e; et il etait evident que ce sang renfermait pen ou raquo; pas de fibrine; on n'a pu des lors songer ä doser ce a principe.
raquo; Quant aux globules, souvent uombreux et san? defor-raquo; maiion, ils se sont montres d'autres fois tres-rares, a deformes, spheriques ou dichiquetif; en sorte que Ton raquo; pent dire que cet element du sang varie beaucoup raquo; d'aspect et de proportion dans ces afi'ections. 11 faut raquo;. noter que dans les cas d'addite du sang, les globules raquo; etaient rares et profondement deformes.
raquo; Le sang coagule par la chaleur, puis iillre, est acide ; raquo; cette acidite a eteconstatee a deux reprises sur trois.
n Dans le premier cas, I'action sur le papier de tourne-raquo; sol etait assez energique, mais la quantity de sang etait 8 trop faible pour qu'on put chercher efficacement la na-raquo; ture Aa, cet acide.
raquo; Dans le second cas, I'acidite etait moindre, mais la raquo; quantite de sang mise a ma disposition etait assez grande raquo; pour qu'on put esperer en retirer I'acide ; cette recher-
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208nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TVPH01DES.
igt; ehe est en voie d'experience, et le resultat en sera raquo; publieplus tarcl s'il y a lieu (1).
raquo; Ce qui ressort manifestement des observations faites, raquo; e'est que daus certaines affections dites typhoides du raquo; cheval, le sang peut quelquefois offrir reaction tres-raquo; semiblement acide (2); ajoutons cependant que d'autres raquo; echantillons de sang n'ont pas offert cette particula-raquo; rite.
raquo; Le serum qui m'a ete adresse etait remarquable par raquo; sa viscosite et sa couleur d'uu jaune-verdatre assez raquo; fence. Traite par 1'acide azolique, il a donne une coa-a gulation dun yris-bleuatre; Tacide sulfurique con-raquo; centre formait dans ce serum un coagulum bleu d'in-raquo; digo fonce, soluble en bleu-verdutre dans un grand excös raquo; d'acide; I'acide azotique ajoute ä cette liqueur, lui raquo; communiquait une couleur rouge-pour pre. La colora-quot; tion bleue dent il s'agit, tirait plus ou moins sur le raquo; vert, selon la proportion d'acide employe.
raquo; Le serum agile avec du chloroforme ou de Tether, raquo; s'est coagule sans abandonner de matiere colorante ä raquo; ces dissolvants.
raquo; Tout porte ä crolre que le serum en question renfer-raquo; matt l'un des principes colorants de la bile.
raquo; J'ai vu une fois des bacteridies en enorme quanlite et raquo; paraissant aussi nombreuses que les globules eux-raquo; mömes.
raquo; Uneautre fois, il m'a semble que les bacteridies plus raquo; pelites et plus minces que celles qui se trouvent ordi-
(1)nbsp; Les evenemcnls do guerre ont mis fin ä ces recherches.
(2)nbsp; 51. Mcgnin, dans son inemoire, nie cette acidite.
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;20raquo;
raquo; nairement dans le sang, offraient l'apparence d'un raquo; chapelet et se rapprochaient de la structure du bacte-raquo; rium catenula.
raquo; Le sang s'est trouve renfermer plusieurs fois des raquo; masses de cristaux en aiguilles ou en forme de baguettes raquo; prismatiques, parfailement cristallisees, que le temps raquo; n'a pu detruire apres plus de dix jours. Ces baguettes raquo; ötaient solubles dans l'acide acetique et insolubles dans raquo; l'alcool. Sous l'influcnce de l'ammoniaque, elles dispa-raquo; raissaienl pour ftüre place, assez promptement, ä un raquo; grand nombre de cristaux prismatiques de phosphate raquo; ammoniaco-magnesien.
raquo; Au bout de quelques jonrs, ce sang avait spontane-raquo; ment depose de trös-volumineux cristaux de phosphate raquo; ammoniaco-magnesien.
raquo; Ce saug, neulre, renfermait peu de globules, tous raquo; älteres; il etait diffluent et sans ßbrine; pas de bacteries raquo; ni de bacteridies; dans d'autres .cchuntiilons, il s'y raquo; trouve de larges lamelies crislallines semblables ä celles raquo; de la cholesth'ine ; dans d'autres cas, j'ui rencontre dans raquo; le sang des cristaux d'kcematocristalline que le temps ä raquo; fait dispanitre. raquo;
Appreciations. — Sur ces donnees sommaires, mais importantes, fournies par M. Roucher, on ne peut, il es^ vrai, definir la nalure de i'alieration du sang ; toulefois, il ressort des nombreux fails que nous avons observes et des examens du sang, pratiques par diverses methodes, que lalteration est tellement variable pour chaque sujet, qu'il est impossible, quant a present, d'etablir entre les symptomes, les lesions et les alterations du sang, une cor­relation quelconque, ni de pros ni de loin; et cependant,
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quot;210nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYP1I01DES.
c'est lä qu'il faut arriver pour esperer, sinon guerir dans tousles cas, du moins attenuer la gravite de !'afleciion.
Que Tod juge de la variete de furmes par ces aperc^us:
Ici, des symptömes inquielants et tres-graves, et peu de lesions organiques;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
Lä, au contraire, symptömes nögatifs pour ainsi dire, et lesions organiques profondes, generales ;
Une autrefois, le sang secoagule promptement pendant la vie, h toutes les periodes de la maladie, et il reste diffluent apres la mort;
Snr un autre cas, il est coagulable au d^but et devient incoagulable au döclin ; quand aüleurs, il reste incoagu­lable du döbut ä la fin;
Tantöt les globules sont normaux et enüers, tanlot ils sont deformes, döcbiquetes, etoiles;
Tar.tötils paraissent augmentes ou bien diminues ; sou-vent le nombre de leucocytes est considörable ; d'autres fois c'est äpeine si on en constite ;
Dans uncas d'apparence benigne, et ccptadant suivi de mort, ontrouve le sang acide;
Dans un autre il ne Test pas, alors m6me que la maladie a etö träs-accentuöe, tres-grave et de courte duree;
Enfin, dans un 3e cas, le sang est acide, la maladie ayant ele trös-serieuse, tres-grave et de longue duree;
Parfois, rarement, on ne pcut rencontrer des bacteridies; generalement, il n'y en a pas trace ;
Le plus souvent ce sont des cristaux magnifiques, dis­poses en formes geometriques diverses ou en aiguille ou on baguette;
D'autres fois ce ne sont que des debris de ces cristaux en aiguille, formant de veritables bätonncts ;
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£l'Al DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; '211
Dans d'autrescirconstances, aucune alteration visible du sang, la maladieayant ccpendant etö fort bien caracferisee eto/Trant lesl^.-ions patholcgiqueslespluscaracleristiques.
Bref, devant un tel etatproteique de ces affections, peut-on, en verite, ^ormuler une conclusion rigoureusement pratique et scientißque ?
Peut-on direaujourd'hui,si,ä chacune deces varieles,se rattacheuneformespecialeeibiendeterminöedelamaladie?
II est prudent de rester dans uns sage res rve et dquot;at-tendre la solution de ces problemes, du temps et de I'ob-servation; engage dans cette voie, nous continuerons nos recherches avec persistance, trop heureux si, dans unjour prochain, nous pouvons jeter une luraiörc plus vive sur l'obscuritöqui nous entoure (I).
(d) Uepuis ccconcours, nons avons sans ccssc Iravaillc a clucidcrla question de la nature des allciations du sang typholdo ; nos recher­ches nous ont amene ä formulcr qudques conclusions nouvollcs que nous avons enoneees a la seance de mars 1S73, de la Socielo nationale Ct conlralc de meducinc velörinaire, tendant ;\ prouver :
1deg; Que la constalation des cristaux n'cst pas exclusive a l'itat ly-phoide, puisqu'on les retrouve, quelquefois, dans Ic sanp d'un cheval mort de tonte autre maladie, et ouvert 12 ou lö lieures apres la inort.
2deg; [nversement, on no les retrouve pas dans le sang d'un cheval Ouvert aussitöt ou quelques licurcs apres la mort; laudis qu'ils sont presque constants clans le sang lyphoide, qncl quo soil l'inslant qui xeparc t'aulopsie de la mort.
3deg; Ces lails donneraient ä penser que laUeiation du sang typholde scrail analogue ä celle que subit le sang normal pendant 12 ä lö heurcs de fomentation cadavörique (?).
4deg; Appliquant le precede experimental indique dans lappondice du Traitc d'hisloloyie de Frey, nous ttommes arrive ä supposer que les cristaux en aiguille, en baguette, ou rlionjbuides, seraient formes par lliaimalon-istnlline ou mieux encore himoglobine, n'snllanl do la dis­solution des globules.
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AFFECTIONS TYPHÜIDES.
De VUrine,
lly adejä quelques annees que M. Signol a Signale l'a-cidite des urines chez les chevaux atleinls de ces affections; cette anomalie n'est pas constante car, pendant l'epizootie typhoids si meurtriere que nous avons observee en 1839, nous u'avons jamais vu un seul cas offrant l'acidite des uri­nes ; plus beureux en 1869, ainsi que 1c relatent les faits cliniques que nous avons fait connailie, nous avons pres-que cliaque lois reconnu l'acidite evidente des urines.
AFoatainebleao, M. Petitot, pharmacien-cbimiste d'un grand merite, a bien voulu tenter quelques essais d'ana-Ivse sur des echanlillons d'urine que nous lui avions con-
Ccs cristaux sont rouges ou roses, ils sont solubles duns l'cau, landis que ceux do la cholesldrine, quoique affeetant les mfimes formes rhom-Ijoidalus, Sont hluncs et ubsolument insolublcs dulls l'cau.
Cependant les cristaux types d'Wmoglobine que nous a fail voir M. Ic professeur Hobln, ne rcssemblant en rien a ces grands cristaux ana­logues de forme h ceux de la cholestdrine, cela uous ferait croire que les susdils cristaux ne seraientpoint de l'hemoglobine.
y.n soilc qu'actuellement, nous devons avouer el reconnailre que les grands cristaux solubles dans l'eau soul de nature iiulelcrminee: e'est a I'analyse cliimique seulc, qu'il appartient den icconnaitrc la valour cxacle.
5raquo; La conslalation dc la presence des cristaux csl cxccssivemenl in­teressante, et domine toutc autre alteration, imisquenous savons qu'ils nepeuventse produire que dans le cas de dissolution de la librine d'abord, et dos globules eusuile; cc qui cst bien la le caracttre du sang typboide qui esl incoagulable cl qui a perdu sa couleur opaque, toutc caraclerislique, pour dovenir clair, violace, avec un reflet dc siropde gi-oscilles sur les parois du verre qui 1c contient.
Gquot; lluelle est la cause ds cette modification si grandc du plasma du sang? Question a letude. Uuoi qu'il en soil, nous croyons toujours que la bile et ses acides jouent, dans cot ctal, le role principal.
(Note do I'Aulcur, avril -1X73.)
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Etat du sang,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 213
fies; nous repeterons ici ce que nous avons döjh ecrit a ca sujet.
Essayee par le papier de tournesol, eile donne la reac­tion acide. Traitee par la chaleur, dans un petit tube, eile se trouble et prend l'apparence laiteuse; ce trouble n'etant point dissous par l'acide chlorhydrique rectifie, c'est une preuve qu'il est cause par Valhumine et non par des sels calcaires.
Si on ajoute ä l'urine une goutte d'acide azotique, on obtient un möme trouble albumineux sans precipite.
Elle offre en outre beaucoup de mucus charge de cel­lules epitheliales.
Resumant ces analyses chimiques, nous dirons :
1deg; Peu ou pas de fibrine;
2deg; Globules plus ou moins nombreux, sonvent deformes, etoiles, dechiqueles, et loujours agglutines par Hots;
3deg;. Acidite du sang, souvent constatee;
4deg; Serum epals, visqueux, precipitant en gris-bleuäfre, ou blm-verdatre par l'acide azotique et l'acide sulfuri-que ;
5deg; Principes colorants de la bile dans le serum;
6deg; Quelquefois des bacteridies;
7deg; Le plus souvent, ce sont des cristaux en aiguille ou prisnatiques ou rhomboides solubles dans les acides ou dans l'eau.
8deg; Les cristaux etaient semblabtes ä ceux de la choleste-n'ne et de l'luematocristalline; et les plus gras etaient du phosphate ammoniaco-magnesien ;
9deg; Urinesaeides, albumineuses et char gees de mucus rempli de cellules epitheliales de l'urethre ei des reins.
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Hi
AFFECTIONS TYPHÖIDES.
CHAPITRE III.
INFLUENCE DES ALTERATIONS DU FOIE, SÜR l'eTAT DU SANG.
SECTION I.
Des alterations du foie.
Le foie est un organe qui joue un role physiologique d'une extreme importance; tres-volumineux dans la vie foetale, il remplit alors la fonction d'un organe principal d'hematose, puisque le poumon ne pent encore fouction-ner ; il est, clans la vie extra-uterine, diverticulum de 1'appareif digestif et dyaliseur, il est appareil glycogeni-que par excellence et secreteur de la bile ; il supplee enfin, par son activite augmentee, ä l'acfmte diminuee du pou­mon altere par une cause ou par une autre.
laquo; Le foie. dit M. Colin, fait epvouver au sang une fil­tration d'une espece particuliere, une depuration plus ou moins complete; il semble placelä comme une barriere sur la voie que prennent les matieres längeres pour parvenir au foyer de la sanguification. Get organe op^re parmi ellesune espece de triage et les modifie pen a peu, puis les elimine sous forme de bile. raquo;
La bile sert ä la digestion, a la depuration du sang et a la combustion respiratoire; la bile secretee est en partie resorbee; cette secretion est lente, mais eile conserve, n\eme pendant 1'abstinence, unegrande activite.
La bile nielangte au sang, agit comme dissolcant, fait verdre aux ylobulcs lew pellicule et arrete la coagulation
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 215
de la fibrine ; dans ce cas il y a augmentation de Ja quantile normale de cholesterine melee au sang, et appa­rition sur les muqueuses du pvincipe colorant de la büe ; ou, peut-etre tout simplement, coloralion plus instense de la matiere jaune du serum qui, se deposanl dans les tissus, peutainsi constituer la teinte icterique.
Dans le cas d'ictöre, soil par une obstruction des canaux biliaires, soit par un empechement organique quelcon-que, y a-t-il passage de la büe ou de quelques-uns de ses principesdans le saug?
Ou bien, la secretion de ce produil etant airetee ou diminuee, y a-t-il sculcment dans le sang une surabon-dance insolife des elements biliaires, elements que fac­tion du foie en eiit retires, si ses fonctions se fussent exe-cutees seion leur mode normal ?
Toujours est-il que Ton retrouve dans le sang les ele­ments de la bile et parliculierement ses principes colo­rants ; mais, comma le dit avec raison M. Cauvet, dans sonmemoiredu concours analyse en 1872 (voir page 125), le fait caracterislique et dominant des affections lyphoides, n'est pas tant dans la constatation de la presence des elements biliaires dans le sang (fait variable et inconstant) que dans Talleration de l'organe d'oü celtc secretion pro-cfede, fait constant et invariable. laquo; Quelles que soient, a ajoute M. Cauvet, la forme de cette affection, sa gra-9 vite, sa periode, et au milieu de tous les desordres que vT cause la mort, on trouvedans le foie des lesions profan-* des, invariables, constantes, caracteristiques; c'est dans laquo; ces lesions du foie que se trouve le nceud de la qües-laquo; tion! raquo;
Combieu M. Cauvet est dans le vrai j c'est toujours
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216nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
ainsi que nous avons envisage les consequences de Talle-ration du foie, alteration que tons les veterinaires ont declaree etre constante et comme etant un des signes necropsiques caracterisant le mieux cette affection.
Pendant lJepizootie de 1859, sur un releve de 25 obser­vations fort interessantes, nous avons trouve unealteration profonde du foie dans la proportion de -16 pour une duree de maladie de 1 ä 10 Jours et dans la proportion de 9 pour une duree de 10 ä 30 jours. Dans les six observa­tions qui precedent, le foie etait altere et meme dans deux cas, ce n'etait plus un organe ä texture definie, le foie n'etait qu'un magma, un deliquium, une boue quasi sanieuse I
Si les fonctions du foie sent diminuees, empechees, perverties et meme annulees, quelles ne doivent pas en etre les consequences!
Examinons I'expression minima et maxima de ces sortes d'alterations si communes et si constantes.
Elles consistent en unepäleur partielle ou geuerale, en une decoloration tirant sur le fauve ou la teinte feuille-morte,des troislobes, dedeuxoude un seulement.Lti con-sislanceesttres-rarement normale; le plus souvent, lefoie est raraolli, s'ecrasant sous le doigt, ayant I'apparence d'uu degre de cuisson peu avanee; parfois, dans les cas rapides oii foudroyants et meme dans des cas de duree de 4 ii 6 jours, le foie n'est plus qu'une matiere amorphe, un detritus organique.
Diverses coupes praliquees dans l'epaisseur des lobes ne donnent lieu ä aueun ecoulement de sang; ou s'il y en a, ce sang est pen abundant, noir, visqueux, violace, siriipeux. Les faces de ces coupes sont iaunesou maculees
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6TATDUSANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; J17
de taches hematiques, prösenfant des stries blanchätres, lanimeuses, veritables productions accidentelles, soute-nant dans leur reseau le deliquium du foie.
Gelte desorganisation da foie, sa teinte fauve, sa consis-tance, donnent ä cette alteration une grande ressemblance avec le foie gras des phthisiques ou du foie des canards et des oies engraisses pour un usage special. Dejä, cette comparaison a ete etablie, ce doute a ete souleve; la preuve seule a fait defaut.
Nous avons pu trouver un micrographe qui a bien voulu etudier, chercher la nature de cette desorganisation du foie; voici le resultat de ses recherches :
laquo; Les cellules du foie etaient pleines d'une matiere elrangfere ä Torganisation normale et groupie autour du noyau central; certaines cellules avaient conserve leur forme polyedrique, tandis que d'autres etaient en voie de deformation ou rompues dans leurs contours au point de laisser echapper une partie de leur contenu qui flottait au milieu de la preparation. Ce contenu n'etait autre que des vesicules adipeuses nettement visibles. raquo;
Done, la matiere etrangere renfermee dans les cellules du foie etait de la matiere grasse; done, dans certaines conditions, et dans les affections typhoides, le foie peut subir la transformation graisseuse ; ce qui implique ne-cessairement que cette glande a renonce ä ses fonetions d^puratoires, glycogeniques et biliaires; ou qu'au moins ses fonetions sont ralenties, perverlies, sinon interrom* pues.
Avant de tirer de ces alterations les deductions physio^ logiques et pratiques qui en sont la consequence, nous
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AFFECTIONS TYPHOIDES.
allons enoncer le resultat de quelques expöiiences sur le melange artificiel de la bile au sang.
SECTION II.
Experiences sur le melange artificiel de la bile avec le sang.
Frappe de la persistance avec laquelle nous constationä des cristaux brillants et lamelleux, nous nous deman-dlons si ces cristaux ne seraient pas formes par de la cholesterine en excesdans le plasma du sang; c'est pour-quoi nous avons lente ces experiences.
i quot;gt; Experience. — 30 grammes de gang extrait de la ju-gulaire d'un cheval en parfaite sante sont melanges par agitation avec cinq decigrammes de bile debceuf; ä i'ins-tant mfeme, la couleur normale du sang passe au rouge violet. Ni le jour, ni le lendemain, il ne se forma aucun caillot; la separation des elements ne s'etait pas faite ct le sangviolace etaitreste fluide.
Ge sang, examine au microscope, avant le melange, etait tres-beau quant au nombre et a la forme des globu­les; landis qu'apies le melange il offrait une diminution tres-notablc du diamelre des globules.
Huit jours aprös, ce melange reste libre et expose äl'air, par une temperature de 22deg;, repand une odeur tres-förte • le microscope y demontre la presence de tres-nom-breux cristaux identiques ä ceux dont nous avons dejä reproduillcs types. Pour faire une experience parallele et comparative.
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fiTAT Dl1 SANG. .nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 219
nous avions de meme laisse expose a i'air, pendant uu temps egal, de la bile fraiche et pure de tout melange; ni avant, ni apr^s, on ne put constater la presence d'aucun cristal.
Consequences. 'iuLa bile, ainsi qu'on ie suit depuls longtempä, empeche la coagulation du sang ct dimiuuc le diametre des globules en delruisant, sans doute, leur pellicule.
2deg; Apres un certain temps de melange de la bile au sang, il y a formation de ciislaux analogues de forme avec ceux du sang typhoide-, dans cs fait experimental, ces cristaux ne peuvent etre que de la cbolesterine; done, de pareils cristaux du sang typboide ne sont que de la cbo­lesterine {i).
3deg; La formation de ces cristaux n'ayant pas lieu tout naturellement dans de la bile sans melange, la cristallisa-tion se ferait done sous rinfluence u'une reaction chimique qui se passerait entre les elements du sang et ceux de la bile.
28 Experience. — 30 grammes de sang de la jugulaire sont melanges, par (imitation, ä wngramme de bile pure; immediatement, il y a changement do couleur : du rouge-brun, le sang passe au noir purpurin.
Comparativement, nous prenons une egale quantite de ce meme sang dans un vase de meme forme et sans me-
(1) Sous renvoyons ;i la nolo prcccdontc, page 211; car il y a dans i'apprecialion ci-dessus uno orrcur profonde au sujet de ces prcten-dus crislaux de cholesterinc, qui ne sont en rcalilö que de l'hemoglo-bine. (ifote de l'auleur, avril -1873.
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MO
AFFECTIONS TOHOIDES.
lange avec la bile; Egite vivement, il ne s'opere qu'un le­ger changement de couleur, du ä Faction de l'air. Ces vases furent laisses en repos pendant 36 heures, Vase de sanypur: Separation complete et parfaite des elements du sang, avec exsudation d'un serum tres-clair, d'un beau jaune; rien d'anormal n'est constate par le microscope; le serum traite par Tacide azotique dorme un coagulum blanc.
Fase de sang melanye ä la bile: Viscosite et fluiditö du sang qui est vioiace; les globules rapetisses sont accoles parilots, ou isoles et non reunis en pile de monnaie ; pas de reaction acide.
Nota: Au serum pur, extrait par decautation, nous ajou-tons cinq decigrammes de bile; traite aussitot par l'acide azotique, es serum ne donne pas de coagulum colore, Huit jours apres, nöuvel examen microscopique. Sang pur : Le caillot a conserve sa forme; odeur pu-tride, disparition presque complete des globules; pas de bacteridies.
Sang melange : nombreux cristaux rhomboules; pas de reaction acide.
Serum melange: Pas de cristaux ; pas de coagulum co­lore par la reaction de l'acide azotique.
Consequences. — 1deg; et 2deg;, comrae dans la premiere ex­perience.
araquo; 11 resuiterait de cette experience que les coagulums obtenus dans le serum par l'acide azotique ne seraientpas dus au melange de la bile pure au sang, mais seulemeut a un exces d'une de ses matieres colorantes.
4deg; Que le sang pur, en voie de decomposition, ne pre-sente aucune crislallisation.
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ETAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;$2!
5deg; Que, dans aucun cas, le sang pur ou mölange avec de la bile n'a presente de reaction acide.
3e Experience. —30 grammes de sang de la veine-porte, provenant d'un cheval moit d'affection typhoide et pre-sentant de nombreux cristaux, dans une proportion de cinq dixiemes du cbamp du microscope, ont et6 melanges par agitation avec un gramme debile pure.
Ce sang, incoagulable naturellement, est devenu fluide aussitöt üpresce melange j ä l'autopsie, ildonnait une reac­tion acide; ce melange n'a augmenteni diminue, niaffaibli cette acidite.
Trois jours apres, les cristaux etaient si nombreux qu'ils occupaient toute la surface du cbamp du microscope, soit les neuf dixiemes environ.
Consequences. — De toute evidence, les cristaux lamel-leux observes dans le sang des typboides, sont en raison direcle de la quantite de bile, puisque, dans cette expe­rience, nous en avons augmente le nombre ä volonte.
4e Experience. Du sang arteriel provenant des arteres coccygiennes est recueilli pour continuer ces experiences de la maniere suivante : 1quot; du sang pur est laisseen repos absolu; 2raquo; du sang pur est vivement agite; So du sang pur est melange h un gramme de bile; 4deg; du sang pur est ega-lement melange ä deux grammes de bile.
Nous n'entrerons pas dans les details minutieux des suites de cette experience; nous en poserons seulement les consequences.
Consequences. — 1raquo; La bile a immediatement moins d'action dissolvante sur le sang arleriel que sur le sang veineux;
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mnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS T^PHOIDES.
2deg; La dösagregation et la destruction des globules est en raison directe de la quantite debile ajoutee au sang :
3deg; La formation des cnstaux est moins rapide dans le sang arteriel qua dans lesang veineux.
Besitme,
h'etat cholemique des affections typboides est le resul-tat du melange au sang de certains elements de la bile qui dissout et la fibrine etles globules-, s'accusant, d'une part, par de nombreux cristaux ihombolbes de formes diverses; et, d'autrcpart, par une teinte icterique specifique duesraquo; la mattere colorantede la bile, dont on peut decouvrir la presence, dans la majoritedes cas, par la reaction de l'a-cide azotique sur le serum, reaction qui, nous le savons dejä, donne uncoagulura colore en bleu verdätre.
SECTION III.
Deductions physiolögiques el applications pratiques.
Nous avons dit et reconnu avec M. Cauvet que c'etait dans 1'alteration du foie qu'etait le meud de Id question ; mm comment se fait celte alteration si constanle ? Par suite de causes que nous aurons ä examiner, il y a de­pression de toutes les forces vitales, consecutives k une modification tres-marquee dans les fonctions pulmonaire et cutanee; le sang, cbarge d'acide carbonique et d'autres proluits non 61imines, a une action speciale et specifique sur les centres nerveux, ce qui determine le coma et la stu-peur qui foment la caracteristique de ces affections. Or,
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ßTAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;223
dans de telles conditions, les fonctions cerebro-spinales sontperverties; l'action du grand sympathique est diminuee et tous lesorganes secreteurs quisont sous sadependaneee' qui jouent un grand röle dans le rhythme parfait des fonc­tions de la vie animale ; ces organes, tels que le foie et les reins, charges, par une suractivite fonctionnelle, de sup­pleer ä la diminution des actesrespiratoiresetcutaneSjSubis-sent un commencement d'altöration qui va sanscesse crois­sant, alteration qui est cause de presque tous les desordres necropsiques que Ton constate; cependant, il ne faut pas Dublier que c'est d'abord le sang modifte dans ses elements constitutifs qui a ete le point de depart de ce tout qui four-nit les symptömes et les lesions caracterisant les affections typhoides, et surtout les lesions du foie. Qaoi qu'il en soit de cette theorie, un fait reste : Les modifications de teccture et de fonctions du foie; que doit-il en resulter?
I0 Par la suppressionou la diminution de la glycogenie il y a diminution de l'activüe respirafoire : de lä, sanguifi­cation incomplete; lenteur de la circulation, battements tumultueux du cceur; petitesse, mollesse et faiblesse du pouls, tous les signes enfin qui sont accuses pendant la vie du sujet.
2deg; Par la diminution de la secretion biliaire, ou par un empechement quelconque ä cette excretion, on trouvera dans le sang les elements composant la bile, soit qu'ils aient etö resorbes, soit que, par defaut d'elimination, ils y soient restes entierement : de la, diminution du diametre des globules, dissolution de leur pellicule et action spe-ciale sur la fibrine qui est incoagulable.
3deg; Ce manque dans la quantite normale de bile a, eu ou­tre, pour effet d'amoindrir les actions digsstives, et cons6-
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Squot;24nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECT10MS TTtFHOlDES.
quemment d'aider ainsi ä 1'appauvrissement d'un sang dejä si altere.
Continuons la recherche des influences que I'alteration du foie peut avoir sur le sang.
Tel cheval qui meurt aprfes dix ou douze heures de ma-ladie et qui presente ä l'autopsie la desorganisation complete du foie, comment la comprendre, sinon qu'elle priexistait ä Vinvasion objective du mal ? Gar autrement, nous nous expliquerions difficilement qu'une teile lesion put se pro-duire en quelques heures, voire meme en quelques jours.
L'alteration du foie doit se faire lentement, par suite de causes multiples qui ont une action sur le sang, et se pro-Amsmipeut-itre ainsi que nous venons d'en emettre la theorie. C'est ici que nous invoquerons, avant d'arriver au chapitre special de Tetiologie, une cause que nous croyons trös-puissante dans Tespfece : nous voulons parier des in-convenients de la preparation des chevauxpour la vente.
laquo; Ce regime consists en un veritable engraissernent raquo; comme on le pratique pour les betes ä cornes; il con-raquo; siste a enfermer les animaux dans des ecuries souvent raquo; obscures et malsaines, toujours tres-chaudes, oü ilssont raquo; condamnes au repos absolu, nourris a discretion et em-raquo; pätes de farincux ou de grains cuits, jusqu'ä ce qu'ils raquo; aient acquis rembonpoint^desire. raquo; (Tome XVI, 1865, des Memoires de la commission d'Hygiene).
Ne sait-on pas que les betes de boucherie soumises k ce regime pernicieux prlt;5sentent souvent la degen^rescence graisseuse du foie ?
Ce regime etant applique au cheval, ne pourrait-il done avoir les memes consequences ?
Persistant dans notre maniäre de voir, sur i'importance
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RTAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 228
des alterations du tbie dans ces affeclions, et d'accord en ceia avec beaucoup de praticiens et surlout avec M. Gau-vet qui s'est si categoriquement explique ä ce sujet, nous conserverons la force de nos convictions jusqu'ä ce qu'on nousaitdemontreetprouve que l'altöration du foie n'est pas coustante.
Nous sommes tellement convaincu du röle quejoue le foie malade que, conlrairement ä lout ce qui a ete eerit et ditpar differentsv^terinaires, nous conseilions haute-meütetsans restriction l'eniploi des purgatifs drasliques, comme traitement preventif etcuratif.
M. H. Bouley, dans son rapport, nousi demandait pour-quo; nous n'en avions pas fait ressai ; maiscet essai a' ete fdil el sur des chevaux de troupe et sur des chevaux de culture, et nous nous en sommes toujours bien trouve ; du reste, nous reviendrons sur cette question au chapitre du traitement.
Nous rösumant, nous dirons que la disorganisation du foie nous parait etre la cause :
'l0 De l'incoagulabiliie du sang et de la dissolution desglcbules;
2quot; Del'exces de matiöre jaune dans le plasma du saug ;
3deg; De la presence de cristaux aussi nombreuxque va­ries, formes, nous le savons, de la mauere colorante des gobules dissous ou hemoylo/jine.
13.
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mnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES,
CHAP1TRE IV
DE LA. CONTAGION ET DE l'i.NFECTION.
#9632;
Les divers travaux des veterinaires, qua nous avons rap­ports dans lal-partie de ce travail, temoignent d'un desaccord sur la question de la contagion et de Tinfec-tion, qui prouve combien peuvent varier les apprecia­tion's selon les faits observes d'une raaniereplus ou moms
rigoureuse.
Ainsi sur 33 veterinaires qui ont pris som, dans leurs ecrits ou dans les discussions, d'aborder ce pomt si important de la genese de ces affections, nous trouvons: 11 . contagionnistes, 15 non contagionnistes et 7 qui admettenl Tinfection I
11 doitetre evident pour tous que, en parlant des affec­tions typhoides, on doit comprendre, par contagion, la reproduction possible de cettemaladie a un animal sain, par voie d'mocw/^wn du sang, comme pour le chavbon,
par exeraple.
Or, a l'exception des m(5moires envoyös au dernier concours de la Societe veterinaire, les auteurs qui se sont declares contagionnistes n'onteu,pour appuyer leur opinion, aucun fait probant d'inoculation; ils ont admis la contagion par cohabitation.
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;-227
Mais qu'est-ce que la contagion par cohabitation, sinon de Vinfection ?
Parmi les veterinaires qui admettent Vinfection en appuyant leurs dires par des faits expörimentaux et cli-niques, nous citerons MM. Palat, Liautard, Megnin, Vatei, Signol et nous-meme.
M. Megnin reconnait ä cette maladie un caractöre zyg-matique; nous ne partageons pas son avis, car la pre­sence du ferment butyrique de M. Pasteur ou, si Ton veut et ce qui est la meme chose, les bacteridies de M. Davaine sont loin d'etre constantes pendant la vie.
II y a bien des problemes a resoudre pour arriver a etre scientifiquement fixe sur la contagion ; posons l'enoncö de ces problemes:
1deg; Cette maladie est-clle inoculable el consequemment contagieuse ?
2deg; Est-elle inoculable, contagieuse et non infectieuse?
3deg; Est-elle non inoculable, non contagieuse, mats sirnple-ment infectieuse?
SECTION I. Contagion par cohabitation,
Depuis Girard pere qui, en 1823, a declare que cette affection pouvait etre contagieuse, bien des veterinaires re-commandable? ont admis cette opinion; enlre autres, nous citerons MM. Denis-Lambert, Genee, Mottet, Boiteux, Palat, Mouchot, Vatel, Signol, Trasbot, Barry, etc.
Nous-meme avons observe a Grenoble le developpement de cette affection sur trois chevaux fails, vivant au milieu
._
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228
AFFECTIONS TYPHOIDBS.
de jeunes chevaux de 4 ä 5 ans, atteints de Inflection ty-
phoide.
Mais ces cas isoles, au milieu d'une epizootie tres-meurlriere, ne süffisant pas pour oser affirmtr la conta­gion par cohabitation. II en est, croyons-nous, de m6me pour les autres fails relates par nos confreres; Us ne sont ni assez nombreux ni assez suffisamment etablis, ni assez rigoureusement et scientifiquement developpes, pour admetlre d'une maniere definilive la contagion par coha­bitation. Cependant, connne la contagion par cohabitation nest, ensomme, quedel'infection, il est plusrationnel de dire : Les affections typhoides sont infectieuses; bientöt nous donnerons la preuve experimentale de la propriete fatalement infectieuse de cette maladie, ce qui appuierait scientifiquement les opinions de Messieurs les contagion-nistes.
SECTION II.
Contagion par inoculation du sang (i).
Precedemment nous avons rapporte quelques fails cli-niques dont l'examen microscopique et l'analyse clinique nous ont deraontreralteralion du sang.
C'est le sang du cheval dont Thisioire est rapportee dans lu Ire obs. ( page 167 ) qui nous a servi ii faire une premiere inoculation sur des lapins; au moment de I'inocu-
(1) Nous n'avons pu tenter, avec succcs, des essais Oe contagion par transfusion du sang, parce que nous navions pas les appareils ni5-cessaires pour faire celle delicate experience.
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r
Etat du sang.
229
lation.cesang offrait au microscope les alterations ci-des-sous representees.
rig. 21-22. —.Song inoculö sans ramp;ultat.
'Ire Expirience, — Le 4 b Janvier 1869, nous avons pia-tique ä la lancette, sur un jeune lapin, plusieurs inocula­tions aux oreilles, aux levres, aux plats des cuisseset pres des aines; ces inoculations multiples ne furent suivies J'aucun resullat.
Le lendemain, pensant que le ftoid que nous subissions alors avait peut-etre empeche l'alteration de ce sang, nous lesoumetfons de nouveau aTexamen microscopique, et sans peine nous y avons retrouve cristaux et batonnets; nous teutons alors, sur un autre lapin, une deuxieme autre experience.
2quot; Experience. — A l'aide de la canule employee chez l'homme pour les injections sous-cutanees, nous injeetons sous la peau de la cuisse droite d'un lapin et sous la peau de la region costale quelquesgoutles de ce sang.
Aussilöt apres, le lapin replace dans sa case se blottit dans un coin et ne fait aueun mouvement. Sept heitres apres le lapin etaü mort, sans avoir remu6,
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?30
ÜFFECTIOHS TVP11Ö1DES.
pendant sa courte agonie, car il fut trouve dans la mötne
attitude et ä la meme place.
L'autopsie nous a demontre toutes les lesions locales et generales qui sont le propre de l'empoisonnement par absorption d'une mature septique, teile que le sang qui a 6te injecle. #9632;
iVolaquo;s nv pensons pas devoir ranger ce fait dans le cadre de la contagion par inoculation, car l'examen du sang ne nous a fait voir ni cristaux nihätonnels.
3e Experience. — Le sang inocule provenail du cheval qui fait le sujet de la 3deg; obs. (page 176); dans ce sang on constate une mul­titude de bätonnets droits, raides ou legerement cour-bes sous divers angles, de-pourvus de mouvements, isoles oureunis pargroupes, flotlants ou adberents quel-quefois aux globules, mais le plus souvent libres. G'etait dans le sang des veincs-caves et veine-porte que les bä­tonnets etaient en plus grand nombre ; mais partout il y en avail, dans le foie, la rate, lepoumon, lecoeur,etc.
Fig. 23.
San.: du conir.
Fig. 21.—Sang du lapin inocule.
On remarquait, en outre, une grande quantite de cristaux
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ETAT m SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;231
de formes diverses nageant au milieu des bätonnets ou des globules.
Nous injectons ä un lapin quelques gouttes de ce sang a droite et ä gauclie du flaue, dans la direction des aines, seien la möthode ci-dessus relatee.
Dix-huit heures apres, cet animal est triste, ne mange plus etse trains peniblement; les plaies resultant de l'ino-culation sont blafardes, ä bord renverses, suintant un liquide roussätre, epais, infect.
Mort, apres 'iiheures!
Autopsie. — Les regions sous-cutanöes au niveau des injections sont neires et infiltrees. Dans l'abdomen, on volt les vaisseaux du mesentere gorges de sang noir ainsi que la veine-eave posterieure; rate noirätre.
Le sang est poisseux, d'un noir violace ; les poumons sont a l'etat normal ; taches petechiales dans le coeur.
Examen microscopique du sang. — Le sang du cceur, du foie, de la rate noff're pas trace de bätonnets ni de cris-taux, mais les globules sont alleres dans leur forme; ainsi: reunis en masse ils sont, ou mieus, ils paraissent tailles en facettes polygonales comme un gäleau de miel; entre ces masses, nageant dans le serum, des globules Voiles ä 4, 6 ou 8 pointes et quelques leucocytes.
Si nous vouions bien admeltre que le sang typho'ide se caracterise par des cristaux et des bätonnets, nous serons forceinent amene k conclurc que ie sang du lapin inocule ue reprodukant pas ce type, n'estpasallörö suivant le mode typhe'ide ; et que consequemment cette inoculation a ete suivied'un resultat negatif.
4deg; Experience. — Un jeune lapin, tres-vigoureux, a et6 soumis h l'inoculation de la maniöre suivante: 4 pi-
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132nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
qüres ä la cuisse droite avec une lancelte recouverte de boue splenique — 5, ä la cuisse gaucbe, avec du sang du foie — 4, sous le ventre, avec du sang provenant du coeur — 5, h roreille gauche, par du sang du foie— el enfin 4. iv roreille droite, avec du sang de la rate.
Tout ce sang provenait
du chevaldont l'expos6des lesions se trouve dans la 3quot; obs, (page 176) et dent la figure ci-coatrerepresente les alterations.
linmediatement, ni con-secutivement; ces piqüres
multiples et variees n'ont ete
Fig. 25. — Sang du foie.
suivies d'aucun effet. Nous croyons done que ce fait, ajoute ä ceux qui prece­dent, prouve la non-contagion de 1'affection lyphoide par voie A'inoculation du sang.
5deg; Experience. — Un aulrc lapin a ete inocule de la meme maniere que dans 1'e.xperience piecedenle, avec du sang du cheval de la Cc obs. (page 193).
Resultats nigatifs; et ce-
pendant, ce sangetait infeste
Fig. 2ü. — Sang du coour.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;de bulonnets, ainsi que 1'on
peut s'en rendre compte enjetant un coup d'ceil sur la
figure 26.
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ßTAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;laquo;38
En resume, il döcoule de ces quelques exp6riences que nous nepouvons admettre la propriete contagieuse prise dans l'acception rigoureusement scientifique du mot.
SECTION III.
Contagion par infection.
Pour arriver ä la determination experimentale de la contagion par infection, nous avons tenle de resoudre ies desiderata contenus dans le programme du concours da 1867, ä savoir: laquo; Rechercher la contagion, par injection raquo; dons les'veines, de la vupeur recueillie par refrigeration n dans Vatmosphere confinee des ecuries ou des malades sont raquo; rassembles. raquo;
Pour donner ä ces experiences une valeur reellement scientifique, nous avons du attendre le moment oil nous pourrions reunir quelques chevaux typtioides dans une meme ecurie; ce n'etait alors pas chose facile, car nous n'avions, de loin en loin, que des cas isoles. Enfin, nous avons ete assez heureux pour pouvoir faire cctte experience dans de bonnes conditions.
Voici l'observation de six chevaux frappes d'aSection typho'ide a forme pectorale, avec debut comateux fort grave.
\0 Ciceron, dont l'histoire fort interessante est con­signee dans la Squot; obs. (page lt;89).
2deg; Croc, voisin de gauche de Ciceron, entre a I'infir-merie le 15 juillet 1869, estrestejusqu'au 18 dans un etat d'abattementetde coma extraordinaires; tete basse, immo­bile, yeux fixes, membres ecartes Tun de 1'autre par bi-
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234nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS lYPUÜIDES.
pMes cTnterieur ou posterieur, ou agites isolöment de mou-vements saccacles accusant de vives et laucinantes dou-leurs.
Pouls faible et mou; muqueuses jaunes, infiltrees; defecation normale; urine acide;peaubrillante, recouverte de mouches dont les piqüres et les agaceries ne peuvent reveiller le malade do son profond coma; inappetence pour les solides, grands desirs pour les liquides ; marche difficile, penible, plaintive, litubante; les membres sont projetes en avant avec une force assez grande et 1'appui se fait brusqucment, absolument comme un cheval qui est sous l'action de frictions faites aux membres, avec de l'es-sence de terebenthine.
Apramp;s avoir suivi une marche ascendante, on vit ces signes generaux de coma, de stupeur, disparaitre succes-sivement et progressiveraent.
3quot; Chicaly, place en face (par opposition posterieure) du cheval classe ici sous le n0 \, entra a I'infirmerie le 5 juil-let, et en moins de huit jours parcourut toutes les phases gravement accusees de la forme pectorale : Urine acide, sang normal.
Traite vigoureusement par les revulsifs externes et les toniques, cet animal, tres-vigoureux et de bonne nature, l'emporta sur le mal.
4deg; Casimir, 5deg; Cidei 6deg; Cagnotte, rentrentdansle meme cadre nosologique que les trois autres.
Ces six chevaux ctaientloges dans uneecurie de lacon-
tenance de huit chevaux et orientee au nord; la maladie
etait bien caracterisee chez tous, il nous fallait done nous
häter de tenter I'experience.
Modus faeimdi. — Pendant la nuit du l'a au 13 juillet
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;35
1869, de dix heures du soir ä qualre heures du matin, nous pl-iQons dans cetteecutie une cuvette ä large fond, contenant 4 grandsbocauxen verreblanc, delacontenance de 2 ä 3 litres et remplis d'un melange refrigerant de glace et de sei marin.
Vases et cuvettes avaient ete soigneusement neftoyes et laves ä l'eau distillee; la table supportant cet appareil fut placke en arriere et pres des chevaux les plus malades, c'est-ä-dire les nos i, 2 et 3; la porle de recurie resta dose ainsi que qualre vasistas sur six; la temperature exterieure ^tait, a 10 heures du soir, d'environ 18deg; cquot;.
Touies precautions prises, le melange refrigerant mis en en place, nous avons defendu i'entree de cette ecurie ä moius d'un cas de force majeure.
Le 13, h 4 heures du matin, avant que Ton ne fasse le nettoyage de 1'ecurie, avant que Ton n'ouvre portes et fe-netres, nous allons recueillir le produit oblenu ; en entrant dans I'ecurie, nous avons constate qu'il n'y faisait pas trop chaud et que Fair ambiant etait parfaitemeut respirable.
Les vases ä melange refrigerant etant serres les uns contre les autres, leurs fonds ne touchaient pas celui de la cuvette qui contenait une petite quantite de liquide clair, transparent, souille de quelques impuretes de foin. Ge liquide etait acide, et precipitait en rouge par le nitrate d'argent liquide, accusant ainsi la presence de matieres organiques.
II y avail 72 grammes de ce liquide, soit un peu plus de 2 grammes par heure et par cheval; il est filtrö au papier Berzelius; puis, aussitöt apres nous procedons a I'injec-tion de ce produit dans la jugulaire.
Nous avons adressö a uotre zele collaborateur,
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J36nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECT1U.NS IYPH01DES.
M. Roucher, 50 grammes de ce liquide, pour qu'il füt eludie at analyse, s'il etait possible.
Experience d'injection d'un produit altere dam le sang d'un animal sain.
L'animalqui servit a cette experience etait un mulet, äge de 8 ans, gras et' bien portant, devant fetre abatta pour cause de boiterie incurable.
La veine jugulaire gauche, mise ä nu, est ouverte d'un coup de lancette, im aide maintenant la compression au-dessus de l'ouverlure; nous injectons trois grammes et demidu produit recueilli; tous las temps de cette opera­tion se sont passes dans les meilleures conditions.
Aussitöt apres l'operation, nous faisons donner äcet in-fortune mulet cinq ä six litres d'avoine qu'il devora avec une activile digne d'un raeilleur sort; puis, ayant bu k satiete, ce mulet est reconduit dans une öcuriede la ville, et lä, nous recommandons qu'on donne ä cet animal tout ce qu'il voudrait manger.
Pendant les 48 teures qui suivirent ropöralion, le mu­let but et mangea tres-bien.
Le 3deg; jour: tristesse, inappetence, mais pas d'autre si-gne, ni local, ni general.
Le k'jour: grande tristesse, inappetence complete, ab-solue; muqueuses jaunätres, flancs agit^s.
Le 5e jour: troubles generaux, battements tumultueux ducoeur;marcliechancelanle; coma, stupeur.
Les 6e et T fours : flancs vites, muqueuses Jaunes, infil­trees; pouls faible et petit; absence de bruit respiratoire
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£TAT DU SAfiG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 237
en divers points; diaijhöe; urine jaune et epaisse; pas d'appetit, grande.soif, Le 8e jour : morl! Autopsie de suite.
I
Autopsie.
Cavite thoracique. — Les deux pouraons ont une teinte d'un rouge noir, disseminöe par plaques plus ou moins larges, bien distinctes et isolöes du tissu ambiant qui est d'un rose päle. Diverses coupes pratiquees dans le pou-mon laissent sourdre un sang noir, sirupeux, dont une partie est recueillie avec soin pour l'examen microscopi-que. 11 n'y avait aucune alteration organique ancienne ni recente.
Le cceur est päle et un peu mou; sa surface offre quel-ques ecchymoses dans les ventricules; sang poisseux, ta-chant fortement les doigts; larges petechies sur les gros piliers. Du sang des ventricules est mis de cote pour l'e-tude microscopique.
Rien d'anormal dans les ganglions lymphatiques.
Cavite abdominale. — La masse intestinale est päle, de-coloree; pas d'autres particularitc's ä signaler.
Le foie est noir, plombe, peu resistant, se dechirant, s'ecrasant facilement en donnant un sang noir, tres-pois-seux, violace et teintant les doigts a la maniere des mor­dants (sangrecueilli).
La rate est dure, seche, raccornie, bossuee, rapetissee ; eile est presque exsangue; eile ne contient qu'une epaisse bouillie, sorte de confiture surchargee de gelatine (boue splenique et sang sont mis ä part).
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?3laquo;
AFFECTIONS TYI'HOIDES.
Les reins et la vessie ne presentent rien de parliculier, pas plus que les ganglions mösenteriques.
Fig. 27. — Coeur.
Du sang. — Examine pendant la vie, el chaque jour, il n'a rien offert d'anormal.
Apres la mort, il ne donneawcww? reaction acide; mais
on constate : 1deg; que les glo­bules etaient profondement älteres dans leurs formes, ils etaient remarquablement e-toiles; 2deg; que de nombreux cristaux de forme variable, anguleux, irreguliers, rec-tangul'aires, roses et rouges
fig. 29. — Rale.
ou en parallelogramines, al
longees en baguettes fines pointues ou terminees en fer de lance, se faisaient remar-quer dans tous les echantillons de sang recueilii; 3deg; enfin.
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fiTAT DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 439
que dansquot;aucun cas, nous n'avons observe ni bacteri-dies ni bätonnets (1).
Autre experience d'injection d'nn produit sain dans le sang d'un animal sain.
Le 3 decerobre 1869, nous avons recueilli, conime pre-cedemmentj le produit de la vapeur d'une ecurie conte-nant cinq chevaux tres-bien portanls; n'ayant que peu de glace, nous n'avons pu recueillir que cinq grammes de liquide, quantite plus que süffisante pour i'injection.
Ce liquide etait transparent, legercment sale^ un peu acide et ne donnant, par le nitrate d'argent, qu'un preci-pite legerement colore en rose; ce qui est une difference bien sensible avec 1'observation precedente.
Cheval. Injection de trois grammes et demi de ce li­quide dans la jugulaire d'un vieux cheval liongre, propre au trait, ä une temperature de deux degres au-dessous de 0.
Etat du sang aoant finjection: Dans riiematometre, beaucoup de serum ; 2i3 de hauteur du cailiot fibrineux, caillol coagule, ferine.
Exavtenmicroscopique. — Globules normaux et nom-breux leucocytes,cornme il arrive chez ies vieuxchevaux uses.
Details. — Ce cheval d'experience recevait par jour une hotte de paille, une demi-botte de foin, 2 litres d'avoine et 4 litres de son en barbottages.
Pendant huit jours que dura Tattente d'un resuliat quelconque, le cheval but el mangea sans paraitre indis­pose par quoi que ce soit ; apres ces huit jours, sacrifice de cet animal qui n'offrit aucune lesion organique.
(i) Un gramme du liquide altere a 6lc injcctc sans succes dans la ju. gulaire d'un jeune chien epagneul en parfaite sinte.
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240nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYFH01DES.
Du sang apres la mort. — Le microscope y retrouveles alterations precitees, ni plus ni moins.
Appreciations.—On Mi evidemment conclure de ces deux experiences si probatives, que : 1deg; Les produits de l'air confine dune ecurie contenant des chevaux sains, etant injectes dans le sang d'vn cheml egalement sain, HE
PRODUISENT AUCUN RESULTAT.
2deg; Les produits de Fair confinr tune ecurie contenant des chevaux typhoides, etant injectes dans le sang d'un ckeval sain, sont susceptibles de trammettre la meme maladie; ce qui doit la faire ranger dans la classe des maladies inkec-
T1EÜSES.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; . .
Ces conclusions ne sont point con formes ä celles qui re-sultent de semblables experiences faites par nos confreres MM. Megnin et Cauvet ; en attendant les details (que nous ignorons actuellement) sur la maniere dont leurs expe­riences onl eleconduites, et Smionl,ä quell es sources les produits injectes ont ete puises; en attendant, disons-nous, nous maintenons avec fermele et conviction nos apprec.a-tions sur la contagion par infection ; convictions qu£ nous pouvons ainsi exprimer, en repondant aux problemes po­ses i\ la page 227.
Les affections typhoides sont:
1 IVon contagieusespar inoculation.
2raquo; Contagieuses par cohabitation, ce qui n'est autre chose
que de Vinfection ä distance.
30 Infectiemes, et jugees telies-par Fexperimentation qui est venuconfirmer les fails assez frequents d'observalions cliniques.
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ETAT DU SA^G.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; iM
CHAPITRE V,
NATURE DES AFFECTIONS TYPHOIDES.
Pour raieux se rendre compte de la difficulte que les di­vers ecrivains ont eprouvee pour exprimer leur opinion surla nature de ces affections, difficulte qui se traduit par les expressions et les appreciations les plus variees et les plus opposees, nous croyons qu'il est utile de grouper enun ieul tout les opinions resumc'es des auteurs dont nous avons analyse les travaux dans la premiere partie ; et souvent celte opinion s'exprime, pour les uns purement et simple-ment, par une appellation synonymique, quand, pour d'autres, eile est appuyee par des theories plus ou moins exactes et fondees.
En 1825, c'est la gastro-enterite epizootique.
1826. — Dupuy ecrivait que cette aftection n'etait autre qu'une forme des affectioKS vertigineuses.
1838. #9632;— Dehan l'appelait : Gastro-entero-hepato-menyngite rachidienne.
U
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J42nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES
4838. — Louchard avaiujait que le siege de la ma-ladie elait dans le sang altere par toutes les incitations des jeunes chevaux; il trouvait, en outre, une certaine ana-logie avec le typhus.
4841. — M. Moiüin 1'un dei premiers, la riomma fievre typho'ide.
4843. _ M. Chaflier pensait que c'etait une altera­tion du sang avec predominance des principes aqueux et diminution des maleriaux solides.
^843, _. M. Benoc, I'appelant fievre typhoide, ajou-tail que cette aflection etaitidentique, mais non analogue a la dothienenterie de rhomme.
4843. __ m. Deloupy n'a vu qu'une cardite et une eudocardite compliquees d'älteration du sang et d'une anomalie de raction du systöme uerveux.
,]846. —M. Goux : Pleuro-pneamonie avec alteration du sang.
4848.nbsp; — M. Denis-Lumbert: Fievre typho'ide.
4849.nbsp;— M. Gillet avancait que c'etait une maladie de nature intlammatoire avec alteration du sang; il en a fait deux varies : 1deg; fifevre typho'ide proprement dite; 2deg; typhus charbonneux.
4850. — MM. Gaube et Dax: Affection gamp;ierale
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Etat du sang.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; j43
avec alteration du sang. — Fievre typho'ide analogue ä celle de l'homme.
1851. —M.Gourdon ramene ces affections 3 1'laquo;laquo;laquo;^'; il repousse l'analogie et i'identite avec la tievre typho'ide de notre espece; il admet et reconnait l'alteration du saug qui est tout.
•ISäl. — Delaiond a soutenu que l'enteritej avec alteration du sang, sans lesions pulmonaires, n'est pas le charbon.
#9632;185?. — M. Jourdier : G'est une alteration plus ou moins profonde, mais toujours primitivoj du sang.
1853. — M. Liautard croit que c'est une seule et meine maladie que celle de rhornme, avec alteration pri­mitive du sang, et lesions constantes des l'ollicules mu-queux de l'intcstin.
(853. — M. Loiset: Fievre typho'ide identique ä celle de rhornme.
1856. — Sanson : Etat morbide general ou diathese typhoiJe ; cet etat peut etre un acheminement vers les maladies charbonneuses.
1856. — M. Baillif : Maladie due a une alteration du sang.
1856. — M. Lafosse : Ce ne pourrait bien ötre, dit-il.
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*44nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
que des indices d'atfections tuberculeuses ou de compli­cations morveuses meconnues; ce ne serait que le typhus de riiomrae sans alterations intestinales.
(806. — M. Merche, reconnaissant la pluralite dans I'unile, dit : Affections typhoides, au pluriei.
/jSo7. Vallon : Maladie generale due ä une alte­ration du sang.
1858. — M. Aubry tt'est pas certain que ce soit la fiövre typhoicle; ce serait une intoxication lente resultant de ralimentation au raoyen des legumineuses.
1858.nbsp; -- M. Signol a ecrit quo c'etait un empoison-nement de l'aninuü par sa propre substance, veritable intoxication. II y a identite, mais non analogic, avec la fievre typhoide de l'homme.
1839. — Girard se rattache ä la dialhese typhoide.
1839. — Prange nomme cette affection gmtralgie, parce qu'on eloigne toute idee primitive ou secondaire d'alteration du sang, de m6me que toute idee de conta­gion.
1859.nbsp; nbsp;— M. Knoll, analysant les travaux des Alie-mands, donne ä cette maladie le noxa A.'Influenza ; d'autres Allemands la comparent encore ä la grippe de l'homme ou ä la fievre aphtongulaire des bestiaux. Selon M. Knoll, le systöme cerebro-spinal serait attaque le premier ; de lä,
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fiTAT Du SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;24
irradiationssur le foie, le poumon, les intestins, e(c. Gette affection serait due ä raction d'un miasme inconnu.
1859. — MM. Rougieux et Leblanc : Le premier a avance que c'etail la fiövre typhoide avec alteration du sang; tandis que M. Leblanc,combattant ces conclusions, a soutenu quece n'etait qü'unegastro-enterite compliquee d'allöration du sang.
1862.nbsp; — M. Salle : C'est une affection generale, une dans son essence, caracterisee par rnlteration organique et primitive du sang, ayant de l'analogie avec la fievre
, typhoidu de l'homme.
1863.nbsp;—- M. Signol annoncc le premier la decouverte des bacteridies dans le sang du cheval typhoide.
1866. — MM. Mögnin et Mitaud : Les affections lyphoides foudroyantes seraient de nature charbonneuse et seraient alors contagieuses.
1866.nbsp; nbsp;— M. Barreau admet l'analogie avec le charbon.
1867.nbsp; — M. Palat admet aussi l'analogie avec le charbon.
1867. — M. Mouchot : Analogue ä celle de l'homme.
1367. — M. Mitaut soutient que c'est une maladie Tranche se compliquant secondairement, et, quelquefois, d'alteration du sang, sans analogie avec la fiövre typhoide
44.
L
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.246nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFKCTKWS TVPHOIDES.
deUhomme; ce serait plutöt analogue ä la maladie des
chiens.
,, 867. - M. Leblanc a demontre qu'it ne peut y avoir d'analogle entre cette maladie et le charbon.
1867 _ M. Renard, en appelant cette affection une organopathie adynamique, fait pressentir immÄdiatement
la nature qn'il lui altribue.
m1 _ M. Sanson, revenant sursa theorie etnise en 1856, dit querappellation de diathese typhoide a I'avan-taged'eveiller Hdee que e'est t'etat general qui est essen-tiel.
4869. — M. Liautard dit que c'est me toxwnie.
1872 - M. Megnin, considerant cette maladie comme le resultat d'un empoisonnement par un miasme animal ou cabalbn. la clenomme maladie zygmatique et propose les q.uhcles de i affection typhiqae, typhus d'ecurie on encore typhus equilin ; car, pour cet auteur, ce serait leellmnent un typhus d'une espece k part.
1872 _ M Gauvet repousse toule assimilation pos­sible entre ces maladies du cheval et celllaquo; de Vhomme; ilfaitjouer ä l'altcration du foie un role principal, qui serait le noeutl de la question.
1872 — MM. Lagriffoul et Pourquier out ecrit que ces aiections n'avaient lien .le commum avec les ma­ladies charbonneuses, et qu'elles provenaient de l'absor-
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ßTAt DU SANG.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; W
ption d'un agent infectieux, veritable poison inconnu. Theoriquement, ils admettent que le genie epidemique pourrait se changer en genie epizootique.
187^. — M. Bonnard, a qui nous ne laisserons pas le dernier mot, car sen opinion (que i;ous respectons loute-fois), est une negation complete des aftirmations si con-cordantes sur Fexistence de cette maladie qui, pour notre estimable collegue et ami ne serait qu'une diatkese your-mensel,.. Cette aflection ne peut ni ne doit etre une, comme la morve et la gourme, par exemple; pour lui, I'etat typho'ide n'existe pas!
1872. — Pour- Nous, au contraire^ cesont des mala­dies generales nees sous I'mflixence de causes encore inconnues, avec alteration profonde et primitive du sang, infectieuses mais non contagieuses par virus fixe, et n'ayant aucune ressemblance avec la fiövre typho'ide de rbomme ni avec le chatbon.
Ainsi done, de 1825 a 1872, ce ne Cut, entre veteri-naires, qu'une lutte incessante pour tächer d'aniver a la demonstration de la nature de ces affections ; on remar-quera, dans I'analyse comparative qui precede, divers couranls d'opinion, suivant les epoques.
1o Un engouemeut immense, inebranlable, pour la denomination de fievrc typho'ide du cheval analogue, identique memo a celle de l'hommo. Cerles, nous avouons que, dans le principe, cette appellation a du etre fort seduisante pour les veterinaires et fort tcrrifiante pour les piopriötaires de chevaux ou les chefs de corps; on s'atta-
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148nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
chait, Ton se cramponnait a cette idee d'analogie; il a fallu,pour la faire abandonner, la persiatance de la Societö veterinaire qui, en provoquant d'utiles et de serieux tra-vaux sur la question, a force les concurrents ii suivre une vole autre que celle de la rontiue. En sorte que, aujour-d'hui, ce n'est plus dans cet ordre de maladies typhiques qu'il faudra esperer trouver la nature de ces affections.
2deg; Peu ä peu surgit la pensee qu'il pourrait bien y avoir une alteration du sang; et, ä peine cette opinion fut-elle lancee dans le monde scientifique, qu'elle fut acceptee par tous les observateurs impartiaux, tant cette alteration etait evidente.
Mais, en quoi consistait cette alteration? fitait-elle se-condaire ou primitive?
G'est lä qu'etait et qu'est encore tout le debat! Si par une cause inconnue, insaisissable, mais certaine , cause agissant directement et fatalement sur le plasma du sang, on veut bien admettre l'alteration du sang, cette altera­tion sera primitive et se manifestera des le debut, ainsi que l'a avance M. Knoll, par une perversion dans les fonclions du Systeme cerebro-spinal; e'est alors que surviendront et que surviennent les modifications de tex­ture du foie, des reins, des ganglions lymphatiques ; puis, consccutivement k ces modifications plus ou moins pro-fondes, plus ou moins rapides, on voit ralteration du sang se manifester par un changemeat de couleur et par un degrö moindre de coagulabilite, qui serait la source generatrice de toutes lessutfusions, plaques ct taches he-raatiques que Ton rencontre presque toujours dans les inteslins, les mesenteres, les plevres etle poumon.
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BiBUOliRAPHIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;J49
3deg; Bien des Remains velerinaires se trouvant en pre­sence d'afiections foudroyantes, siderantes, ont voulu tenter un rapprochement, line analogic entre ces types et le charbon proprement dit. II s'est engage a ce sujet des discussions serieuses, il a ete ecrit un grand nombre de pages pour prouver celte ressemblance. M. C. Leblanc a demontre jusqu'a i'evidence que cette ressemblance ne pouvait elre admise, par la raison que : 1deg; Le sang des chevaux morts d'afiections typlioides foudroyantes ne contenait que tres-rarement les bacteridies que Ton a roconnues etre constantes dans le sang charbonneux, aussi bien pendant la vie qu'apres la mort; et que,/laquo;mlaquo;?s, chez les chevaux typho'ides, on n'en a constate pendant la vie. 2deg; Le sang typho'ide nest pas inoculable, tandis que le sang charbonneux I'est toujours. Les quelques experiences d'inoculation que nous avons rapporlees viennent victo-rieusement ä l'appui de cequ'a avance M. C. Leblanc.
4deg; La Iheorie admise et professee par M. Mitaut, a savoir : que ces affections seraient de nature inflamma-toire, etant contraire ä l'opinion generale et aux fails cliniques de chaque jour, ne sauraitdonc etre admise comme vraie et fondee.
5deg; La theorie de M. Sanson ne reconnaissant qu'une diathese typhoide est assez exacte dans ses developpe-ments, mais eile ne nous semble pas suffisammeut jus-tifiee, en ce sens qu'eile eloigne le clinicien du fait prin­cipal caracterisant ces affections, l'alteration du sang.
60M. Cauvet, altribuant ä l'alteration constante du foie un röle capital dans les modifications que subit le sang,
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8S0nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS nPHOlDES.
nous parait etre dans le vrai. En effet, les analyses chi-miques, les examens faits au microscope, les experiences que nous avons entreprises sur la bile raelangee au sang, prouvenf que celte alteration du foie joue un röle essentiel dans ces affections.
7deg; Nous ne croyons pas necessaire de combattre les theories de M. Prange sur la gastralgie ; de M. Renard sur l'organopathie adynamique; et de M. Bonnard sur la diatliese gourmeuse; ces opinions se detruisent d'elles-memes par leur invraisemblance.
8raquo; M. H. Bouley, dans le resume de son rapport sur le concours de 1872 (voir page 135), cherchantä determiner la nature de ces affections, developpe avec un talent et une science tr5s-eieves une Iheorie entierement neuve que nous apprecierons au cbapitre de i'etiologie, tendant a prouver que ees maladies naltraient sous I'influence d'nn produit (la crfatine), qui se formerait en exces, pendant le travail excessif et premature auquel on sou-meltrait les jeunes chevaux sortant des paturages et des ecuries oü on lessoumet ä laquot; pratique Yicieuse de la pre­paration i la vente.
Deja, en 1838, M. Louuhard avait pressenti que ces affections etaient dues aux incitations auxquelles on soumct brusquement les jeunes chevaux. En 1858, M. Signol emettait l'avis que c'etait unempoisonnement de l'animal par sa propre substance; en sorte que M. II. Bouley aurait peut-etre trouve la nature de ces affections en en determinant la cause.
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fiTAT DD SANG.
raquo;51
Resume.
Les attections typhoides, de nature iiü'ectieuse^ont dues k une alteration primitive du sang, alteration causee par un empoisonnement, ou une sorte d'intoxication, qu trouverait sa source dans la production d'un miasme animal s'introduisant dans reconomie par les \ oies respi-ratoires; on dans la production d'un exces de creatine qui a une action speciale, deteiininee, connue, sur les systemes circulatoire et musculaire.
Quoi qu'il en soit de res supposition?; i! rcsle acquis que ces affections ne sont pen de nature eharhonneuse, qu'ellcs ne sontpas contagiemes, mais wfectieuses, et qu'elles n'ont au-cune amlogie avec la fevre typkotde de Vhomme,
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TROISIEME P4RTJE
läliologie. Srmptoines et licsions. Traitement Couclusious si-ueralcraquo;.
CIIA PURE PREMIER
DE l/ETlOLOUIJi.
L etude de Tetiologie des affectiüiis fyphoides, est bien ceitainement la plus difficile de celies que comporte ce travail; avant cTaborder cette quesiion, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de nous retrancher derrifcre les considerations qu'a emises, a ce sujet, M. II. Bouley dans son rapport sur !e concöurs da 185(5; en faisant nous-memesl'aveuqu'en 1872, la recherche de 1'etiologieest res-tee obscure etque toutreste encore ä prouver, ä demontrer.
laquo; Les questions d'etiologie, disait en 1866 M. H. Bouley, sont de celies que Ton ne devrait aborder tou-jours qu'avec une tres-grande circonspection, et ce serait faire acte de sagesse de savoir se ramp;signer au silence, c'est-a-dire a l'aveu de son impuissance ü expliquer les fails, quand ils se presentent et restent devant nous a l'etat de sombres enigmes.
laquo; Ne vaut-il pas mieux se taire, en effet, que de se leurr^r d'explicalions ou, pour mieux dire, d'amplifica-
IS
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81,4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
tions oiseuses, oü la sonorite des mots ne sert, le plus souvent, qu'ti masquer l'inanite des idees? 11 est incon­testable que, dansles phenomenes de l'ordre biologique, la recherche des causes est, le plus souvent, extremement difficile, en raison de la multiplicite des circonstances qui precedent et accompagnent la manifestation des effets,. et de l'embarras oü l'on se trouve de distinguer, au milieu de ces circonstances anterieures ou concomitantes, celle qui est verilablement la cause, c'est-a-dire celle qui a determine la production du phenomenc.
laquo; Mais croit-on reellement que cette ditTiculte a ele surmontee lorsque, dans le chapilre des causes d'une maladie determinee, on a accumulö une foule de condi­tions que Ton croit pouvoir invoquer comme cawsa/eraquo;, bien que, lorsqu'elles agissent ailleurs, dans d'autres temps et dans d'autres lieux, ou bien elles restent steriles, ou bien elles produisent de tous autres effets?
laquo; Qu'est-ce, en outre, que des explications eliologiqucs qui reposenfsur des suppositions qu'il n'est pas possible de verifier et qui laissent I'esprit dans le vague et dans rindecision ? raquo;
Et cependant, c'est la oü nous en sommes tous! nous invoquons telles et telles causes que nous croyons reelles et vraies, et ne pouvant les verifier par des preuves indis-cutablcs, nous laissons dans le vague et l'indecision et noire esprit d'observateur et l'esprit de ceux qui nous font l'honneur de nous lire.
Quoi qu'il en soit, avant que la lumiere ne se fasse et pour aider ä la production do. cette lumiere tant desiree, passons en revue les opinions des differents auteurs sur la genäse de ces affections.
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etmocre.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; iss
SECTION I. Des causes, — Revue retrospective et analytique.
I82Ö. — La clialeur,la secheiesse; les vents d'esl et d'outst ; fourrages avaries; abus de regime; erreurs de traitement.
1838. ~ M, Louchard : Predispositions organiques.
#9632;1841. — M. Moulin : Constitution medicale; transitions de t'roid et de cliaud pour les jeunes auiraaux
non acclimates.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; quot;
1843. —M. Denoc : One mauvaise nourriture aurait ete la cause predisposante ; et rimmidite, la cause deler-minante.
1848. — M. Denis-Lambsrfc : Effluves ct miasmes et une concordance de cette maladie avec la fiovre typhoide de i'homm-e,
ISO'S. — M. Delorme : Une alteration du sang.
18b2. — M. Jourdier : Preparation a la vente ; accli-matement; changement d'alimentation; temperature brusque et variee.
1856. — M. Sanson : Preparation h. la vente, et sur-tout rinfluence des terrains argileux qui ne donnent pas aux plantes les stimulants indispensables.
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Jä6nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
1858. — M. Aubry : Les causes specifiques sont l'usage des foins des prairies arlilicielles; les predispo-santes : travail abusif; les occasionneUes : arrets de sueur et refroidissement pendant lu null.
'1858. — M. Signol : llefioidissement; insolation; predisposition.
18j9. — M. Girard : Refroidissement; fatigues exces-sives.
lt;8ö9. #9632;— M. Bougieux : Excös de travail; exces de i'ourrages artificiels.
1859. — Prangö : Mode de croisement.
De cette epoque au concours de 1866, il s'est produit bien peu d'idees neuves sur cette question ; voyons rapi-detnent les opinions emises dans ce concours.
1866. - - Apres avoir successivement passe en revue les Lieux communs de la palhologie generale, nous avons en-suite considore l'aclion du transport par les chemins de fer comme une cause specifique ; bientöt, nous revien-drons surce point eliologique.
1^66. _ M. Mitaut .dit avecraison que Ton ne saisit pas bien la filiation entre l'une et l'autrj cause ; ie rapport certain decausalite reste ä Irouver.
Cependant il a remarque que : \lt;gt; l'invasion ae faisant par bouflees coincidant avec l'arrivee succesfive des convois, et la decroissance suivant les mömes proportions.
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fiTIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; ISt
cela exclut tonte ictee de causes individuelles ; 2deg; les in-temperies dessaisons ne sont pas äinvoquer, parceque la manif'estalion de la maladie est en raison directe du nombre des convois de jeunes chevaux, c'est-a-dire que si la remonte a ete considerable, la maladie pourra propor-tionnellement etre considerable aussi ; 30quels que soient les travaux anxquels on soumet les chevaux, malgrö toutes influences nuisibles, les chevaux faits du corps et ceux qui, dejh, ont ete malades, sont epargnes; 4deg; pas de coincidence entre les apparitions de la maladie dans 1 armee et dans los chevaux etrangers au corps; et reci-proquement.
Ges remarques sont fort judicieuses, pleines de valeur et dont on devrn tenir comple.
1866. — M. Palat : Action des mauvais fourrages pouvant determiner Talferation du sang. — Influences pHludeennes. Tl nie Faction malfaisante des fourrages arti-ficiels. La cause la plus efticace serait l'encombrement des habitations, ecuries ou navires; c'est aussi notre avis, pnisque cette maladie est infectieuse. Combattant notre opinion sur le transport par chemins de fer, M. Palat dit qae s'il devai! en elre ainsi, les chevaux ne tomberaient pas mal-ides 3 ou 4 mois apres leur arrivee, mais bien des cette arrivee; c'est precisement parce que nous avons vu tomber les chevaux malades des leur arrivee au corps, que nous avons attribue h ce mode de transport une in­fluence g(5n6ratrice,ce que d-ailleurs nous ne tarderons pas a demontrer.
M. Palat enfin, admet la contagion comma cause se-rieuse.
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258nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYP1101DES,
,1866. — M. Mouchot : Gelte maladie est susceptible de nallre spontan^ment sous l'inüuenco de causes encore inconnues; mais une fois deciaiee, eile se propage par la contdgion; et le mode le plus efficace de sa Iransmission, o'est la cohabitation.
IgRG. — M. Renard : La cause essentielle de cette affection git tout cnticro dans 1'alimentation avee des plantes issues d'un sol froid et humide, lesquelles lie ran-ferment pas, dans la rae-ure necessaire, les elements de la i eparation.
Gomme on le voit par ces courtes citations, le ccncours de 1866 a fait emprunt de toutes les causes possibles in-voquees pour toutes les affections en genfiral; une seule, specifique, essentielle, est sortie dece chaos, c'est la con­tagion ou I'infection paraissant, theoriquement, assez probative.
4869. — M. Liautard : Empoisonnement cause par I'absorption pulmonaire des produits vieles des ecuries,
Le ccncours juge en 1872 a fait faire quelques progres ä la question de retiologie; en effet: nous avonsdemontrö, experimentalement, la propriety infeclieuse et la non-1nopriete contagieuse, ce qui est un fait immense pour les soins hygieniques et pröventifs ä employer pour arreter le mal dans ses debuts.
4872. _M. M6gnin : M. Bouley demontre dans son rapport, que M. M^gnin n'a pas plus ete pros de la verite que les autres concurrents; aimi, les influences de
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ßlJOLOGlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SäS
ragglom^ration dans les ecuries insalubres, d'une mau-vaise alimentation, de la mauvaise saison, de Tage, des maladies et des predispositions, etc.; ce sont lä des causes qui ont, dit M. Bouley, une influence parfois tres-inten-sive et ne produisent que des effets nuls; tandisque Ton voit ailleurs des effets tres-accuses, sans qu'il seit possible de les rattacher h une cause quelconquo.
M. Megnin a reconnu que des que la manifestation de la maladie existe dans une agglomeration de chevaux, cette maladie peut se transmetlre, a distance, sur les jeunes chevaux d'abord et ensuite sur les convalescents de maladies anterieures qui deviennent, des lors, une proie certaino et facile, eteela, parce que cette affection est in-fectieuse.
Mais la cause gönöratrice, oeculte, serait un mysterieux agent qui, respire par le cheval, penetre dans le sang et l'altere(?).
Certes, comme le dit M. Bouley, voilä une causa qui est oin desatisfaire l'esprit.
1872.— M. Lagriffoul: Coincidence entre lamanifes-tation de cette maladie et la fievre typhoide de I'homme; ce qui lui fait supposer la transformation possible du genie epidemiqueen genie öpizootique.
M. Lagriffoul, ayant observe que, pendant un ete, les chaleurs avaient ete si lories qu'elles avaient desseche les etangs d'alentour, pense que ceite maladie proviendrait trös-certainement de l'absorption d'un agent infectieux, vetilable poison qui se melange au sänget l'ahäre (?).
Toujours le meme quid ignotuml „
1872. — M. Bonnard : Dejä, nous I'avons vu.
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260nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;iFFECTIOKS TYPUOIDES.
M. Bonnard repoussant toufe idee d'afleclion lyphoide, et ne voulant qu'une diathese gourmeuse, se met h la re­cherche de causelaquo; tellement subtiles que M. Bnuley, dans son rapport, les declare introuvables, insaisissables; si done, nouscitons ici M. Bonnard, ce n'est que pour me­mo ire.
4872. — M. Cauvet : Les troubles des fonctions de la peau et du poumon etant le point de depart de TaUeration du sang, M. Cauvet recherche ce qui peut produire plus particulierement ces troubles, a savoir : les divers etats de l'atmosphöre, ses variations, les chaleurs excessives et persistanles, la nature des travaux, la stahulation, etc., etc.
11 ne croit pas ä la transmissibiiite de cette affection, parce qu'il n'a pu la pratiquer experimentalement ; I'in-fluence des fourrages arlificiels lui parait nulle, de möme que celle des transports par les voies ferrees.
Abordons maintenant nos rechercbes etiologiques.
SECTION II. Recherches etioiof/iques.
L'idee de cause entraine celle cle la Constance et de l'i-demile des effels; or, dans la revue qui precede, nous avons vu qu'il n'en etait pas ainsi; e'est pourquoi M. H. Bouley, elevant la question ä un point do vue plus soienti-fique et plus pratique, a lache d'eclairer la voie nouvelle dans laquelle les experimentateurs devaient entrer.
Pendant le siege de Paris, un nombre considerable de
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flTIOLOGIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 261
chevaux provenant surtout des grandes administrations, aetelivre a la tonsommation; apres la capitulation, on a du recruter sur les marches franqais et ttrangers les chevaux necessaires au service de la place, du commercf; et de rindustrie; ä peine achetös, ces chevaux non entraines, mais trop bien prepares ä la rente, ont du produire de suite la meme snmme de travail et dans les monies conditions que leurs devanciers.
C'est sous cette influence d'un travail excepslf relative-ment a la force actuelle des animaux qui devaity suffire, que Vajfection typhoide s'est manifesföe.
Quelles relations y a-(-il entre cette maladie typhoide etce travail relativement excessif?
C'est lä uneenigme dont le mot est a trouver; cepen-dant, la Physiologie pent nous aider a deviner uno partie de cette önigmej en cffet, on salt que c'est l'nl^raüon du sang qui constitue 1'affeclion typhoide, et que la colora­tion noirätre de ce sang est un fdit k pen prcs constant. Or, cette coloration serait probablement duo ä un exces d'acide caihonique forme par la contraction musculaire permanente pendant la duree du travail, et par une exha­lation moindre de cet acide par I'appareil sespiratoire(cette exhalation diminuant tonjours avec l'acceleration de la respiration).
Gel otat du sang doit avoir une cerlaine influence sur le Systeme nerveux et sur les fonctions secretoires et no-tamrncnt sur celles du foie; mais quoi qu'il en soit de cette influence, il ett certain qu'elle nest que de courte duree, eile n'est que provisoire, car il sulfit, pour que cetexce-dant d'acide disparaisse, que ranimal soit laisse au repos; etalors les fonctions pulmonaires s'tffectuant reguliere-
45.
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263nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
ment et graduelleraent, le sang se depouillo pcu ä pou de cet exces de gaz qu'il tenait en dissolution,
laquo; Mais, (iit M. II. Bouley, ce n'est pus seulement Tacide carbouique dont !a proportion s'accroil avec la contrac­tion rnusculaire, ce sont aussi ce qu'on appelle les ma-tieres extractives: la creatine et la creatinine, que Ton considere comme des produits de la suioxydation des ma­tures albuminoides, et dont la presence en exces dans le sang, a pour eilet de lui iraprimer uno alteration beaucuup pins profonde et pits persistante que I'acide carbonique
lui-meme. raquo;
Or, dans les affections typhoides, les premieres et con-stantes manifestations consistant dans !a coloration foncee des muqueuses apparentes et la faiblesse rnusculaire qui est souvent excessive, ne pourrait-on pas admettre un rapport etroil entre ces nianilesfations et les modifications plus ou moins profondes que la contraction rnusculaire imprime necessairement au sang ?
Ne pourrait-on admettre que cet exces decreaiino clans le sang exerceiait un action sidörante sur les parois con-tracliles des capillaires, ce qui donnerait l'expücation des stases sanguine? viscerales?
Cette inertiecontractile des capillaires ne donnerait-elle pas I'explication de rinerlie fonctionnelie du l'oie, et par-tant de toutes les aulres modifications anormales du li­quide sanguin?
M, Bouley continuant la serie raisonnee de ces supposi­tions physiologiques se demande ti, ä la periode initiate, la fibrine ne serait pus predominante dans !e sang el si, plus tardj eile nose dissoudrait pas.
II admettrait ^augmentation de la fibrine, par suite de
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ET1ÜLUG1E.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; SM
l'oxydation de l'albumine due ä l'influence d'une accele­ration de la respiration qu'implique toujours un travail precipite; et cetle proportion plus grande de fibrine na pourrait-elle pas 6tre la condition de certaines manifes­tations inflammatoires que l'on voit se produire dans cer­taines formes de l'etat typhoide?
Et, parmi les chevaux soumis ä la preparation vicieuse do la vente, ne pourrait-on admettre que les matieres grasses ne repassassent aussi dans le sang? La reponse ä cetle question, dit M. Bouley, n'est pas douteuse.
Teile est la theorie de M. Bouley ; il nous convie tous ä en demontier le bien ou mal fonde, par la voie de Tob-servation et de l'expmmenlation; et, cerles, pour notre compte, nous nous ferons un devoir de poursuivre ces reoherches etiologiques (f).
#9632;1deg; De lo cohabitation et de l'infection. — A la S6 partie, chap, it, section n et m (voir pages 2 i 8 et 233), nous avons dejä envisage cette question; nous avons admis Tinfection prouvee par voie experimentale et nous l'avons supposee, tout au moins probative, en nous appuyanl sur les faits cliniques de mainls veterinaires.
Entre autres, nous citerons ici M. Megnin qui, suivant le rapport de M. Bouley, dit laquo; avoir acquis la conviction.
(I) Doja, nous avons eulrepris des eludes dans ce sens, ne pouvant des mainlcnanl, affirmer ni infirmer la llicorie de M, Bouley, nous allons, purement el simplemenl, exposcr nos idecs sur les causes pro­bables de ces affeclions. — (Note de l'autcur, juin 1873.)
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#9632;•
264nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
par l'observation des fails, que chaque animal represente un foyer susceptible de röpandre ses irradiations infeclieu-ses dans les ecuries siiines oü on le fait emrcr; il rapporte le fait extraordinaire de l'infeclion de toute une ecuriede 45 chevaux, deieraiuree par I'introduction dans ce groupe d'un autre groupe de 30 animaux malades a divers de-gres. raquo;
Nous-möme, en 1859, au milieu de la terrible epizootie dont nous avons deja porle, avons observe 4 cas d'iDt'ec-tion qui ne peuvent laisser aucun doute; ainsi, Tun, ayant 3 ans de presence au corps, est mort apres 5 jours de ma-ladie; un autre, ayant 4 ans do service, est inert apres 4 jours de maladie; le 3r et le 4e cas, avec 3 et 4 ans de pre­sence au corps, sont morts apies 6 et 7 jours de maladie; tous ces chevaux appartenaient a des officiers, ils etaient loges dans un des cotes de Tecurie qui servait d'infumerie. Est-il done imposs;b!e d'admetlre que tous les elements organiques qui se degageaicnt de cet immense foyer d'in-fection, aient öte la cause du developpement de cette ma­ladie chez des chevaux faitset ages?
Par centre, nous opposerons ä ces fails, celui de la pre­sence do chevaux d'officprs faisant parlie de retal-major d'un corps d'armee qui, k defaul d'autre place, furent lo-ges au milieu des chevaux malades el dont aucun ne fut atteint.
Toujours esl-il, qu'aujourd'hui, Tinfection est admise par voio de cohabitation ; que, des lors, ce mode de pro­pagation devient une cause generatrice qui doii etre placee au premier rang.
2deg;/)laquo; I'agglomeration. — M. Bouley a fort bien comquot;
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fiTIOLOClE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; laquo;6S
battu I'importance etiologique que beaucoup atfaclient a I'agglonieiation; il est vrai que Ton a observe cette ma-ladie dans des milijux tres-bien aeres et sans agglomera­tion, de mftm ; qu'on ne I'a pas observee dans des conditions diametralement opposees; mais, 1'infection etant, il y a indication d'eviler toute agglomöralion pour eviter la diffusion du foyer infectieux.
3deg;/gt;laquo; transport deschevauxpnrlesc/ieminsdefer, comidtre comme vne des causes des affections typhoides.
En 1839, pendant les armements precipites qu'aneces-sites la campagne d'ltalic, le 4quot; regiment d'artilierie, en garnison a Grenoble, a icqu 1995 chevaux, dont 1,H2 du Jöpot deBeclIellouin, 3ö2 du depot de Villers et 170 de Caen; la difference provenait, par petiles fractions, dc divers autres depotlaquo;.
Sur ce nonibre, il y a eu 533 chevaux atteints de l'affec-lion lyphoide et 119 pertes, dont plus de la moitie (6G) fut fournie par les chevaux du depot de Bec-Heliouin.
Si nous considerons ia date da debut do la maladie, sui-vie de moit, par rappoit a l'epoque de l'arrivee au corps, nous relevons sur nos notes les chiffres suivanis:
Le jour meme de l'arrivee au corps.......... 33
De ON A huit jodrs apres Varrivee.......... 50
Z?laquo; neuvieme At] Qwyiitiiv jour........... IS
Total..... 101
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266nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
Soil done -lOI chevaux sur H9 qui sent morts, au$-sitöt apres lew arriv'e mc corps!
Frappe de ce fait qui ne laissa pas qua de nous sur-prendre beaacoup, nous ppuvions supposer que ces che­vaux reconnus malades, pour la plupart, a leur arriv^e ä Grenoble, devaient etre malades au moment de leur em-barcaiion en chernin de fer.
Pour eclairer nos doutes, nous avons prie nos collogues MM, Mariot-Didieux et Polin, de vouloir bien nous d'on-ner tous les renseignements nöcessaires sur ce point. Le trait saillant des leltres que nous avons revues est que, rfans les depots, aucune mnlndie du genre typ/wtde n'a ete nhse.rveeni avant, ni pendant, ni apres les aehats! Et pour-tant, cliose remarquable, les chevaux arrivaient au lieu de destination, malades; ils entraient aussitöt ä rinfirmerie et certains d'entre eux sucoombaieut le jour meme ou quelques jours aprös, ainsi que le constate la statistique ci-dessous:
iSombre dc chevaux morts.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;iKirue do la maladie,
48. . . .
. . . . de 1 ä 8 jours.
25. . . .
. . . . 9 ä 15 id.
16. . . .
. , . . 16 ä 20 id.
Total : 89 chevaux morls sur 119, {plus des deux-iien) aprös une durös de maladie de 1 ä 20 jours; et sur ce Chiffre de 89, il y en a eu 48, (soit plus de la moitiö) qui sout morts apres unc duree de maladie de 1 a 8
jours!
Devant des fails aussi probants, pouvons-nous recher-
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ETI0L0G1E.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;laquo;7
eher une cause purement localn?Nö!!! puisque pres des trois quarts des malades furent reconnus tels, peu de leraps aprfesleur immalriculatiun.
Pouvons-nous invoquer les influences nuisibles de /'ac-climotement ? Non!
Logiquement, n'eiions-nous pas tout naturelleraent ameue ä rechercher la cause, dans le mode de transport de ces chevaux et dans les circonstanccs qui ont precede et suivi leur achat ?
Dans notre premier memoire adresse en 1862 a M. le minislre de la guerre, le rapporteur n'a pas voulu admet're -cetle cause que nous considerions (pour les fai!s que nous avions observes k Grenoble) comrae essentielle. Plus tard, en WGö et en 1872, revenant sur ce point de 1'eliologie de ces affections, le rapporteur, M. II, Bouley, crut devoir encore faire ses reserves ä cet egard.
S'algTÖ ces critiques, malgrö ces reserves, nous persis-(ons ä invoquer cello cause, que nous aüons analyser, es-perant dormer ainsi tcute satisfaction a IVsnrit,, selon le desir de M. H. Bouley.
Parmi lous les depots qüi ont fourni des chevaux au Iquot; regiment d'artillerie ä Grenoble, nous prendrons pom-type celui de Bec-Hellouin, parce que e'est celui qui en a envoye au corps la plus grande quantite. Avec notre esti­mable confrere, M. Mariot-Didieux, ex-veterinaire en 10r a ce depot, prenons les chevaux plmöt maigres que gras, plulöt/fl/fV/tfc's quo trop vigoureux, lels qu'iis eiaient au moment de l'acli if;, et suivons-les depuis l'instant oü ils quiltent le sillon jusqu'au moment oü ils airiveuta desti­nation.
En raison de l'epoque agricole ä laqueile se firent les
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?6Snbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDBS.
achats, la plupart des chevaux etnient pris atteles ä la charrue ou iravaillant ä divers Iravaux de la fermeet des champs; en ralson de I'lirgence, k-s courtiers et les mar-chands livraient leur.s chevaux au depot, sans avoir eu le temps deles preparer ii la vente, ainsi que cela se pralique habituellement partout, mais surtout en Normandie.
Los dependance- du döpdt ne süffisant plus pour loger tant de chevaux, on les entassait sous des hangars oil ils ötaient snumis aux iu'emperies des nuits si froides des moisde mars, d'avril ct demai. Pendant le tres-court se-jour qu'ils faisaient au ddpöl, ils n'avaient que la ration regiementaire bien insufßsante pour eux qui recevaient toujours une ration plus abondante, surtout en fourrages.
En sorte que 24 ou 48 heures apres I'achat, un couvoi de chevaux se mettait en route, dans les conditions phy-siclogiques suivantes : refroidissement general, poil pique, digestion ralenlie, appetit nul ou peu developpe.
Du depot de Bec-Hellouin a la iquot; Station da chemin de fer, il y a unecourte etapo do £0 kilometres que les che­vaux faisaient conduits en main ; lä, le convoi passait la nu;t et des le lendemain il s'embarquait en chemin de fer pour se rendre ä l'ecole de dressage de Paris, soit 440 ki­lometres de parcours. A Pari?, repos pendant une nuit; puis nouvelle traversee pour aller au chemin de fer de Lyond'oü il partaitpour Grenoble, distant de 560 kil. en­viron.
Ainsi done, c'etait un voyage qui durait de 30 a 60 heu­res, pendant lequel un convoi de jeunes chevaux parcou-rait 720 kil. du nord au midi et de Tonest ä Test!
Que se passai.t-il en chemin de fer? Les chevaux serres, comme on le sait, les uns centre les autres, ä peine abrites
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fiTIOLOGlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 169
du froid de la nuit et du jour par des bäches mal closes, sans cesse exposes ä des tourbillons d'air froid, recevant peu ou pas de nourriture, buvant peu ou meme pas du tout; en proie ä la peur, h la frayeur, biises^oar uns fatigue musculaire excessive qui s'accroissait sans cesse par les commotions el les ebranlements les plus frequents et les plus incommodes ; bref, chaque convoi de chevaux arrivait a destination dans des conditions telles, que beaucoup d'entre eux etaient malades ou que presque tons le deve-naient ä leur tour, quelques jours aprös.
Voilä les fails tels que nous les avons observes. • Nous ne sommes pas ie seul ni le premier qui ayons i:i-terprete ce mode de transport comme cause göneratrice des maladies typholdes; les volumes XVI et XVlI äesMe-moires de la eommission d'hygicne hippique contiennent maintes relations a ce sujet; en 18G8, M, JMennechy dont nous avons analyse le Iravail (voir page 116) est aussi de noire avis; il s'exprime ä peu pres en ces termes: laquo;c On salt que les phenomenes de modifications et de transfor­mations de l'economie. se produisent avec moins de per­turbation et de gravite dnns lepays et sous leclimat oiisont nes les chevaux, que s'ils viennent ä etre transportes brvs-qv.ement dans un autre' pays el sous un autre climat. Aussi, par le transport enchemin de fer, les jeunes chevaux qui ont ete soumisaux intluences pernicieusesd'untel voyage, sont-ils dans un etat fonctionnel de troubles protonds, par suite de ce changeraent do climat. raquo;
Nous pourrions invoquer l'opinion de maints aulres vetennaires militaires qui partagent nos vues sur les inconvenients des Iransports de chevaux par les voies ferrees; pour eviter des longueurs inuiiles, nous nouscon-
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270nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS T7PH01DES.
tenterons de rappeleranos lecteursque M. J. Poncel, v6te-rinaire en, l^au depot de remonte de Paris, a publie dansles nos 2lt; et %2 du Moniteur de l'elevage (juillet et aoüt Müll) des appreciations qui concordent avec les nötres d'une inaniere teile, qu'il semblerait que les incon-venienls deschemins de fer pou;- le transport des chevaux, dussent rester desormais indiscutables. Dans l'espece, raulorile toute specialo de M. Poncet, doit faire foi, car sa theorie repose surrobservalion de plus de 40,C00chevaux reguspar ce depot dans une periode de 7 a 8 ans; p^riode pendant laquelle il a constate que laquo; par rapport ä Tage les chevaux de 4 ans en souffrent quatorze fois plus que ceux de 7 ä. 8 ans — que ceux de 5 ans, neuf fois plus souvent que ces dernlers — et que ceux de 6 ans en souffrent seulement trots fois plus souvent que ceux de 7ä8. raquo;
Selon M. Poncet, bien des chevaux meurent de l'affec-tion typhoide quelques heures apres leur arrivee au depot.
M. Poncet propose de notables ameliorations ä apporter aux wagons-ecurie ou aux vachferes; ses id6es sont pra­tiques, mais d'une execution difficile si l'on songe ä la force d'inertie qu'opposent aux progrhs, les grandes com-pagnies de chemins de fer.
En 18C9, le congres des Sociötes protectrices des ani-maux qui eut lieu ä Zurich, et auquel nous avions l'hon-neur d'etre dclvgue, s'estoccupöactivement et (res-serieu-sement de l'amelioration des transports des chevaux et bestiaux par les voies ferrees. — Les deliberations qui ont ete prises et arrelces, ä la suite d'une discussion cuverte entre lesdelegues detoutes les contröes de l'Europe et de
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JJIIOIOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;71
rAir.erique, ont 5te soumises ä tous les gouvernements par la voie officielle.
L'anprochain, en 1874, un aulre congres doit s'ouvrir a Londi es, la discussion sur cc sujetysera reprise, avec l'appoint des fails malheureux que nous a offerts la guerre avec la Prusse; esperons qua grace h l'activite et ä l'auto-rite deces Societes prot:;otrices, ]es gouvernements cede-ront enfin ä Tinslance pressante de nos reclamations ct qu'elles obligeront les compagnies a ameliorer leur ma­teriel de Iransport el a observer une reglementation qui satisferaa. la fois et 1'interet public, et la conservation de­in santedenosanimaux transport's.
M. ITf Bouley reclame avec raison une statistique ri-goureuse et comparative ctablissant le nombre des affec­tions typhoides existant avant l'etablissement des chemins de fer^ et celui de ces memes affections depuis qu'on use de ce mode de transport.
Certes, si cette statistique pouvait 6tre 1'aitc, nous ne doutons pas un seid instant qu'elle ne soit en faveur de not're appreciation; cependant, e'estici lecasde faire une restriction importante.
Le transport par les voies ferries ne devient cause deter-minante quau moment des grandes remontes necessuees par un e!at do guerre ou en prevision de guerre, parce que la transition est brusque, et parce que racclimatement ne pent se früre; tandis qu'il n'en est pas de meme pour les transports par voips ferrees qui se font tous les jours, et qui ne sont pas suivis immediatement de la maladie qui nous occupe. Cola tient a ce que les chevaux acbetes par les depots restent dans ces de^öis un certain temps qui leur permet de sJliabituer peu a peu k une transition
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!7S
AFFECTIONS TYPUÜIDBS,
future qui se fera, dös lors, avec moins d'ä-coups pour I'entrelien en saute de tout I'organisme.
Puisque les fails nous out ameue a trouver dans ce mode de transport une des causes de ces affections, comment en expliquer le modns faciendi
D'aprcs la theorie de M. II. Bouley, le travail excessif, la contraction muscuiaire, l'activite de la respiration, au-raient pour eil'ets: 1quot; un excös d'acide carbonique en dis­solution dans le sang; 2deg; un exces de creatine qui aurait sur le sang une action modificatrice profonde.
Or, dans l'espöce, c'est-ä-dire dans ies transports de che-vaux jeunes et non acclimates par les voies ferrees, ne pouvons-nous, par le raisonnement, placer ces chevaux dans !es conditions cü M. 11. Boulty a place les jcunes chevaux non acclimates ä Paris, ef travaillant, sans en-trainement, au-dessus de leurs forces du moment ?
Cela nous parait possible, sinon evident; examinons d'abord les effets de ce transport rapide, quant aux fonc-tinns respiratoires.
Nous voyons ces chevaux mal loges, mal installes, soumis aux refroidi-semenis de la peau et mal nour-ris, monier en wagon dans des conditions pen favorables pour supporter les fächeuses influences hygieniques aux-quellcs ils vont etre exposes en chemin de fer. Une fois cases, nous les voyons sous lecoup de conrants d'airfroid, p.ersistants, d'autant plus violcnts, plus pernicieux, que la vites-e du train est plus giande et que les intemperies du jour ou de la nuit tont plus variables; or, dans de telles conditions, 11 n'y a rien de surprenant h admettre que les fonotions cutanees soient perverties, diminuees, et que le
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fiTIOLOGIF.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; S73
sang ne se trouve surcharge d'acide carboniqae, d'oü pre­miere modification dans la erase sanguine.
üne aulre consequence de ce transport, c'est la fatigue eircesslaquo;Ve qu'endurent les chevaux, par suite d'une station debout, forcee, incommode, fatigue qui s'accroitä cliaque kilometre par ia resistance muscuiaire qu'ils doivent con-Stamment opposer seit äla trepidation, soil aux commo­tions du train, soit enfin aux ennuis d'un voisinage qui n'est pas toujours agreuble; de iä, ä la formatiou de l'cxces de creatine dont parle M. II. Bouley, il n'ya pas de suppo­sition inadmissible, impossible.
En resume, toute theorie laissee de cote, le fait brut reste, a savoir : que sur 2,000 chevaux environ, regus a grande vites.se, par les voies ferrees, nous avons conslate plus de 500 ccs de malu.die fi/pho'ide auisiiot apres iar-rivee au corps!
4deg; De la preparation ä ia vcnte. — Nous avons deja etu-die les inconvenients dc celle vicieuse pratique qui a pour but de donner aux chevaux un poll lustre, brillant et de cacher, sous des formes anondies, certains defauts qui se-raient trop apparents. Sans vouloir trop nous elendie sur ce point que tousconnaissent, nous citerons, cependant, ce passage des memoires de la commission d'hygiene hip-pique :
laquo; Les chevaux prepares a I'engraissement sont ceux qui raquo; iraversent le moins bien la peiiode critique de l'accli-raquo; matement; quelques-uns tombent malades tres-peu de raquo; jours apies leur acquisition. Enlre autres depots, il faut raquo; citer ceux de Caen, Saint-Lo, Alengon, Bec-Hellouia
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274nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECT10XS TYPIIOIDES.
)gt; dont les chevaux s'acdimateat Is plus difficilement et raquo; qui sont le plus exposes aux affections typlioiJes. raquo;
Pour interpreter jadicieusement les consequences de cet engraissernent, nous emprunterons encore une citation au remarquable rapport de M. Bouley: laquo; Chez les clievaux raquo; non soumis ä i'entrainement, et chez lesquels, au con-raquo; traire, le tissu adipeux est predominant par lefait du re-raquo; gimeauquel ilsont ete soumis avant la vente, la contrac-raquo; tioli niusrulaire repctee, que necessite un travail forcö, i) n'a pas seulement pour consequence de modifier la erase raquo; sanguine par une trop forte proportion de matieres al-raquo; buminoides oxydees, les malleres grasses deposees clans raquo; le tissu adipeux ne repassent-elies pas aussi dans le raquo; sang? raquo;
On ne saurait en douter, puisque ä la mort on trouve generalcrneut le sang reconvert de goutlelettes graisseuses en grande quantite, par la raison que l'oxygene du sang a ete insufßsant pour faire subir ä la graisse les transfor­mations qui soru les conditions do son elimination rapide da liquide circulatoire; ce qui est une cause nouvelle ajoutee aux autres pour modifier le sang.
Dans les campagnes,, nous avons souvenl vu des che­vaux bien soignes par les cultivateurs, parce qu'ils sont leurs etalons (aux formes communes et peu dignes de ce litre); ces chevaux tres-gras, ne travaillent que par a-coups, car on les menage; mais quand vient le besoin d'un cheval en plus, on s'empare de cet etalon et on le fait travailler outre mesure.
Qu'en resullo-t-il ? Cost que la rnaladie venant a sevir dans I'ecurie, I'etalon est invariablement frappe le pre-
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ßTTOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 275
mier; et pourquoi? parce que cet animal se trouve etre dans les conditions enoncees par M, Bouley, ä savoir. travail excessif sans entralnement, et veritable eograisse-ment.
La pratique de la preparation ä ia vente est done une cause qui a une certaine valeur.
5deg; Travail premature, excessif. — Si Ton n'a pas oublie lesscientitiques donnees du rapport dejä cito, on compren-dra ce que peuvent ces causes dans la genese de ces af­fections.
6deg; De l'acdimuiement. — Sans vouloir ätre trop exclu-sif sur la cause originelle que nous venons de developper, nous admeltrons assez volontiors les influences de l'accli-matement, comme causes occasionnelks, mais nous nous garderons bien d'en faire un point de doctrine, tel que l'a erige en prineipe M, Mitaut. Pour nous, e'est-a-dire d'a-pres ce que nous avons observe, les cas de maladie re­montant a trois mois au plus, apramp;s i'immatriculation des chevaux, ont ete fort rares; et e'est pourquoi, dans ce cas, nous croyons qu'il serait plus sage de rechercher ia cause de ces cas exceptionnels ailleurs que dans 1'acclimatement qui, ainsi que nous venons do le dire, serait une cause occasionnelle, mais non determinante.
Mais, puisque M. Mitaut soutient sa these avec energie et conviction, puisque d'autres suivent les m^mes erre-ments, nous devons accepter leurs opinions. Ces opinions admises, nous nous trouvons forcement en face d'un di-
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AFFECTION'S TYPUOIDES.
lemno qui jette ie doute et le trouble sur les appreciations a fomuler, quaot ä la theorie de M. Bouley. En effet, voilä un convoi de 30 jeunes chevaux de remonte, arri-vant gais et Lien portants; ils ont, en genöral, 4 ans, etce n'est qu'ä Tage de 5 ans? au morns, qu'ils peuvenl et doi-vent passer ä l'ccole d'escadron; c'est-ä-dire que de 4 a 5 ans, ils ue font que ce que Ton appelle Vecole de dressage, ecole douce, lente, progressive et peu t'atiganle.
II arrive qu'apres 3 ou 4 mois, dix chevaux de ce con­voi sont frappes d'affeclion typhoide; alors, si I'on doit invoquer une cause, chacuu de rechercher la constitution medicale, ou l'iniluence des Saisons, ou l'action de i'accli-niatement, ou encore les ferments, les miasmes, les elfla-ves, etc.; mais il ne viendra biencertainemenlä l'idöede peisonne de peoser ä la formation d'un execs de cniatine cause par Tabus d'un travail excessif qui n'a pas eu lieu.
En sorte que la cause generatrice qu'a si savamment deveioppee M. Bouley, d'apres les fails qu'il a observes ä Paris, upres le siege, ne peut etre, dans lous les cas, ap-pliquee aux aflections typhoides qui se manifeslentsur les chevaux de tioupe.
7deg; De Valimentation. — Toulenourriture avarice, grouil-lant memo d'insectes microsccpiques, comme le dit M. Megnin, peut ne pas donner lieu ä aucune manifesta­tion typhoide; tandis que des chevaux bien nourris peu­venl en etre atteints. Nous peusons que la nounilure, conbideree comme cause, ne saurait avoir d'effets que sur des chevaux chez lesquels la maladie ne se declarerait
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ETIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;277
qu'apres 3 ou 4 mois d'installation, car pour ceux qui sont fiappes tout de suite, la uourriture n'en est point la cause.
Oaaaltribue aux terrains argiieux, aux legumineuses une action speciale sur le develcppement deces affections j ä noire avis, c'est uae eneur d'appreciation, peut-elre meme uue erreur de diagnostic; dans les environs de Nancy, oü la culture des legumineuses se fait sur une grande echelle, oü les terres sont argileuses, et oü les cbevaux consomment en vert de grandea quantites de fourrages artificlels, on observe, il est vrai, le vertigo dil de Lorraine, et Tanemie (nous I'avons tres-souvent ob­serve, nous-meme) ; mais ce n'etait point la maladie que uous appelons: affection typhoide.
8deg; Des saisons. —En 1859, ä Grenoble, pendant les mois de Janvier, fevrier, mars, avril et mai, qui fuient froidsct bumides, lecorps a re?u 1674 chevaux sur 1995 ; sur ce nombre, il n'y eut que 204 malades! Tandis que les mois de juin, juillet, aoüt et septembre, qui ont ele fort chauds ( 38quot; centigrades), il y eut 280 iyphoiiles I Entin, dans les mois d'octobre, de novembreet dedecem-bre, malgre les froids et les influences miasmatiques d'une inondation qui avail en^eveli la vilie sous ses eaux, il n'y eut que 49 malades !
De ces fails, on doit evidemment conciure que les sai­sons ont une certaine inlluence sur les manifestations de
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278nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
cette maladie, et que (comme le dit M. Bouley critiquant a cesujet M. Mögttin), ce tont les Saisons oü les conditions d'epuisemeut sont les plus grandes, telles que I'ete, par exernple.
Qo Da mode de croisements, — Nous savons que tons chevaux de toutes provenances pcuvent etre atteints de l'aft'ection (yphoide, que ces chevaux soient anglais, nor-mands, percherons, etc.; ce n'est done pas au plus on moins de purete du sang que nous attribuons riramunite ou la non-immunite; non ! par mode de croiiement, nous voulons dire que si ce croisement est mal entendu, s'il est faux, le produit qui en resuitera pourra etre moins bien conslitue, moins endurant, que s'il en eüt ete aulre-ment, et que consequemment, il deviendra une proie plus facile pour les influences typhoWes.
lOo /)es miasmes, des ef/luves, des agents ou ferments toxiques, etc. Nous ne citons ces causes tant de fois invo-quees, que pour memoire; seuiement, admettant I'infec-tion, nous sommes bien oblige de reconnaitre que I'air confine des txuries oü sont des malades, peut et doit trans­porter ä distance des elements organiques vieles, prove-nant du corps de ces malades.
Wquot; Del'age. — Lejeune age est bien certainement ie plus propre au developpement de cette affection; car sur \ \ 9 pertes, il y en avait 100 ^e 4 laquo; 6 ans.'
\1o Resume. — L'alteration du sang est un effet et nou une cause.
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jJTIOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 879
Quelle est la cause primordiale de cette altöratioh?
Elle est itisnisissable, inconnue; quand on croil 1'avoir irouvee par un raisonnement, eile vous echappe par un autre.
II u'y aque des indices; il n'y a de preuves manifeste-ment causales.
G'est ä rexperimentalion seule que 1'on doit en appe-ier pour rechercher ces pauses,
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VFFECTIONS TYPHOIDKS.
CHAPITRE II.
DES SYMPTOM ES.
SECTION I. Considerations generates.
Les diffei'entes miTiifes(ations qui constituent I'etat ty^ pholde, pourraient faire croire h plusieurs maladies dis-tinctes; mais connaissant la nature de ces affeclions, c'est-ä-dire l'altei'ation primitive du sang, il e?t facile de saisir, entreI'expression si variee des manifestations, uncertain air de parente, une {4ramie ressernblance qui, par le fait, etablit l'unite!
En effet, quand sevit une epizootic typho'Me, il n'y a pas dans I'economie un appareil, un orgaue, un tissu qui n'accusent cette maladie proteique: le syslöme circula-toire, les appareils respiratoire et abdominal, les centres nerveux, lefoie, la rate, les reins, les muscles, les articu­lations, tout enfin, tout', porte l'empreinte indelebile de celte entile morbide qui, ensomme, est une\
Ces affections nous ont toujonrs presente des pb^no-menes morbides d'un meme type; que ces phenomenes aient etegraves, legers ou foudroyants, toujours ilsetaient uns ct ne variaient que par leur intensite relative.
Ces manifestations si diverses piocödent-elles d'un fluxus, d'une congestion ou d'une inflammation? Ouil mais ici ce n'est plus le type des maladies franches; ces expressions revetent une forme toule spamp;jiale quand elles
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SfiMÜIOLOOIR,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 881
sont observees pendant le cours de la maladie ou apres la mort; car il arrive quelquefoi?, souvent mamp;me, que la maladie typhoide proprement dite disparaissant tout ä coup, eile cede la place a une autre affeclion qui offre des symplömes et des lesions qu'on aura toujours tort de con-fondre avec ce que presents generalement Taffection ty­phoide (ypique.
La pierre d'achoppcment de tous ceux qui ont ecrit sur ces affeclionsaeVe Vtiablissement de la preuve de /.'existence des alterations specifiqves des glandes de Peijer el de Brün-wer .'De lä des lutfes, des equivoques scientifiques ayanl pour resultat ultime la negation ou le doute do ces aft'ec-tions.
Quo l'on ait observe ou non ces ulcerations, peu im-porte pour l'elucidation de cette question velerinaire. Est-ce que le chancre de morve, !e bouton de farcin sont la morve ou le farcin? Est-ce que ces manifestations soul immuables et fatalement necessaires? Chacun de nous ne sait-il pas que la morve ou le farcin pouvent etre affirmes sans le chancre ou rulceic?...
Pourquoi doncalors vouloir absoluraent qu'il y ait ulce-ration des follicules intestinaux pour qu'ii y ait affection typhoide bien caracterisee?...
C'est la une profonde et regrettable erreur ! Car, en de-hors de ces alterations (non constantes chez lliomme), il ya toujours chez le cheval des manifestations pathologi-quesd'un möme ordre, variant de stfge, mais identiques dans leur essence, c'est-ä-dire dans les modifications du sang.
Que les vclerinaires qui out observe des lesions intesli-nales bien caracterisee?, et nous sommes de ce nombre les
IG.
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i(Sinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYP1I01DES.
fassent connailre; mais que de lä, ils ne lancent pas ä la face du monde scientifiqne cetle theorie : Le cheval pcut avoir, il a meme, la vraie ficvre. lypho'ide de Vhomme!
C'est li), nous le repetons encore, une errcur qui, fai-sant croire ä une maladie imaginaire, detourne malheu-reusement de la voie qui permettrait de reconnaitre une entite morbide qui n'a pas son analogue dans noire pa-ihologie.
Ces quelques points de ressemblance entre cette mala­die de I'liomme et celle du cheval n'elablissent entre elles, nous ne saurions trop le redire, qu'une liaison si faible, qu'on ne doit pas s'en targuer pour prcuver une analogic parfaite.
Dans ces affections, l'alteration du sang joue un role es-sentiei, capital, primitif! Ce principe une fois admis, il sera plus facile de comprendre la nature des lesions et d'expliquer leur mullipiicite.
Les affections typhoides etant unes, nous ne devons pas les etudier, ainsi que I'ont fait la pluparl des auteurs, sui-vant les formes qu'elles peuvent presenter, mais plutot suivant leurs manifestations qui dependent toujours de l'alteration primitive du sang.
laquo; Pour l'exposition de ces etafs morbides, il convient, raquo; dit M. Cauvet, de meltre en relief ks sigacs essentieis raquo; qui constituent le fond de la maladie et d'isoler le plus raquo; possible les manifestations distinctes qui peuvent etre raquo; reunies dans leurs rapports symptomatiques, de les raquo; reunir pour constituer les formes spccialcs, suivant I'or-raquo; gane qui semble plus parliculierement affccle, afin de raquo; mieux etudier la maladie sous sei differentes faces, d'en b approfondir et d'en etudier plus aisemenl la nature, el
L
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SEMfilOLOGIR.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 583
raquo; de consklörer comme des epiphenomenes certains Irou-raquo; bles, d'un ordre en apparence secondaire, qui vienncnt raquo; se ratlacher aux troubles cssentiels. raquo;
Mais, pour arriver a ce resuitat, il faut necessairement suivre une melbode artificielle, c'est-ä-dire eludier les di­verses manifestations d'une mariiere un psu abstraite; car, dit M. Bouley, dans son rapport, laquo; il est rare, dans la realite, qn'elles restent aLsolument independantes les unes des autres; autrement dit, qu'un seul appaieil de-viennele siege de lesions locales, tandis que les autres eu resteraient completement exempts. raquo;
Notre methode descriptive consistera done ä faire con-naitre:
1deg; Les cameferes geniraux et communs;
5,deg; Les manifestations pulmonaires, et leurs lesions;
3deg; Les manifestations abdominales, et leurs lesions ;
4deg; Les manifestations cereiro-spinales, et leurs lesions;
5deg; Les manifestations siderantes ou foudroyantes et leurs lesions;
6deg; Uelude des divers epiphenomenes;
7deg; Le parallele di/ferentiel entro ces manifestations ty-phoi'Jes et de semhluhles manifestations de maladies (ranches, qui sera fait immediutement apre.? chaque manifestation.
Tout en scindant cette description, nous devons in sis­ter sur ce fait, que: dans ['expression des symplömes, il faut un ensemble, un cortege qai en forme, pour ainsi dire, la caracteristique.
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raquo;Sinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TWHOIDES.
SECTION II.
Des affections lyphoides en particulier.
Le genre nosologique TypkoMe pmprunfe son expression nominfile ä une etymologie indiscutable: Tu(po?-EtSoi;. C'est celte expression m^me qui est, le inde irm des palholo-gistes veterinairesqui, moinsheureux qua certains autrej, n'ontpu observer ces iiffeclions avec tons leurs caracteres coramuns et particuliers.
Et pourtantj ces affeclions sont connues depuis long-temps: de la gastro-enterite flel825,ä la diathfese lyphoide de M. Sanson, cette maladie n'est ju'wne/Sa denornina-tion seule a varie, car les symptömes et les lesions ont loujours ete, ä peu de chose pres, idenliques.
En medecine, en palhologie, en therapeutique, il est bon de s'entendre! Est-ce que 1'expression typhoide, fai-sant nattre dans I'esprit I'idee d'une maladie infectieuse, ne donne pas de suite au praticien le mode de traitement amp; employer pour guerir le malade ? N'est-elle pas prefe­rable, cette expression, ä toutes celles qui I'ont precedee? Gaslro-enferife,gastro-conjonctivite, gastro-hipato-nepltrite, f/astro-pneumo-enferite compliquie d'alteration du sang, et tuttcc quantm ! Toutes ces expressions cveillent I'idee vers des symptomes franchemenl inflammatoires; elles accu-seut par leur assemblage de mots, par leurs trails d'union, une multiplicitc d'organes ou d'appareils d'organes af-fectes, mais voilh tout! Aussi I'expression affection ty-pno'iDE est-elle preferable ä toute autre, car ello designe un desordre organique profond, general, du a une altera-
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SfiMßlOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;288
tion non encore bien definie du sang, alteration primitive, essentielle, alteration qui est type au lieu d'etre compli­cation, difference capitale qu'il Importe de bien saisir.
Ges affections proteiques etant, il leur hut necessaire-ment nn nom; ce nom, nous I'avons designe, c'est celui-la seul qui leur convienne, nous avons dit: AFFECTIONS tt-
•PHOIDKS !
Ktudions mainfenant les caracteres symptomatiques communs propres h ces affections.
Caracteres communs. — On presente au veterinaire un jeune cheval malade, dit-on; cheval qui, hier encore, ötait' en parfaite santii; i! n'a ete soumis, ajoute-t-on, daucune influence fächeuse, pasd'exces de travail, pas demauvaise nourriture, pas de refroidissement de la peau. Le veteri­naire examine ce cheval, et rien, dans les divers appareils d'organes, n'accuse de maladie; cependant, ce cheval boude les aliments, il est mou au travail, il est sans cesse couche; pendant la marche, on conslate la desunion entre l'avant et rarriere-rnain; le train post^rieur se berce d'un cole a I'autre; le pas est alourdi. Pendant le trot, les al­lures sont decousues, il y a affaissement, brisement de? forces, bercement plus marquö du Irain pos'.erieur, dont les membres s'enlrecoupent; les mouvements du flanc sonf. plus rapides que ne le comporte le leger exercioe auquel on vient de livrer le malade; les battements du coeursont sonores, tumullueux et non isochrones. II n'y a pas de toux; la percussion et rauscullation ne denotent rien d'anormal; pas de constipation, pas de diarrhee; les urines sont claires, peu abondantes et s'ecoulent rdgu-liörement.
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28Cnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECT1ÜNS TV'WIOIDES.
Le signe maladif qui domine, c'est done l'affaissement et l'instantaneite da debut. — fitudions d'autres signes.
Le pouls ? 1! est mou, tovjours mou, faible, irregulier, tres-lent; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on le trouve accelere; maisalors, comma toujours, il est mou.
Les muquemes, la conjonetive I.... C'est lä que le prati-cien va trouver la pif.iuie de toijciie de ces affections.
Ici, que Ton veuille bien me permeltre une digression : de i8'61 k 1856, nous avons ete aux prises avec cette affec­tion que Ton no nous avait pas apprise k connailre, alors que nous etions elcve ä l'Ecole vet^rinaire; eile sevissait sur les chevaux de la campagne, dans les contrees oü exer-cent encore actuellcment JIM. Mouchot et Rougieux, de la Meurthe. Si nous faisons ce rapprochement, c'est pour demontrer que ce n'est pas d'hier que nous avons etudie cette maladie, decrile ä un point de vue trop special, par M. Rougieux, entre antres.
De 1856 ä 1865, nous avons, dans Tarmee, observe cette affection sur une vaste echelle, surtout lors des grandes remontes qu'a necessities la guerre d'Italie, et, depuis cette epoque, nous l'avons suivie et aaalysee sur des sujets provenant des remontes annuelles de divers corps.
Eh bien! dans ces circonstances si diverses, sous des latitudes si opposes, dans des conditions si variables, nous avons toujours constate ceci:
L'affaissement musculaire, le berepment du train pos-terieur, etant accuses avec plus ou moins d'intensW, tou­jours Vetat de coloration jaunutre, A'infiltration profonde, dc sanguification noirdtre de; veinules des conjonctivks.
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SfiMElOLOr.IK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;281
nous ont fait porter un diagnostic qui, rarement, a ete mis en def'aut.
Cela est si vrai que, dans les campagnes oil nous avons traite ces affections, quand nous passions la visite gem'irale de 20 h 25 chevaux appartenant ä une meine ecurie, si nous en trouvions laquo;raquo; qui pieäentät cette coloration patho-gnomonique des conjonctives, coloration que nous pour-rions appelec typkoide, nous etions certain d'etre prochai-nement aux prises avec l'apparition de cette maladie, et chaque fois I'evenement est venu justifier nos previ­sions.
Quand on constate l'existence precleuse de ce rensei • gnement primordial, joint ä l'etat de falblesse, demollesse du poubquot;, double indice de l'absence de toute manifesta­tion inflammatoire, le cheval qui offre ces signes doit etre aussitot soumisä une observation rigoureuse ; car, douze, vingt-quatre ou quarante-huit heures apres le premier examen, la maladie est completement declaree.
Nous disons declaree, mais non encore localisee! En effet, ici plus encore que dans d'autres maladies, tout I'organisme etant frappe par I'aUeration specifique du sang, l'afi'ectioß typhoide pent rester quelques jours a l'etat latent; eile est dans une sorte d'equilibre de troubles fonctionnels, sans que pour cela la vie de Tanimal soit en danger. Mais il peut arriver, et il arrive souvent, que cet equilibre soit rompu, et que la maladie se localise. Alors, si c'est un organe important ä l'entrelien de la vie, comme le cerveau ou le poumon, qui soit plus particulierement atteint, la vie est compromise, le pronostic est plus grave; si, au contraire, eile se localise dans les intestins, il y a plus de chance de guerison, qu'il y ait kxanthejie om non,
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'288nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .U'TI'CTKKNS TYPUOIUKS.
peu imporle! car a'ors c:est un mal nccessaire qui n'ac-quierl de rimporlance qu'autant que les ulceralions ou la chute des bourbülons furonculeux auronl eu pour conse­quence la perforation des tuniques abdominales. Mais, dans le cheval, ce fait doit ctre rare, nous ne croyons pas qu'on I'ait menliomie; quant ä nous qui avons fait tant d'autopsies interessantes, nous n'avons jamais observe vine perforation inteslinale. Cependanl, celle localisation, quelle qu'elle soit, nest pas toujours unique, car il n'esl pas rate d'observer ä la fois des symptömes du cölii de la poitrine ei du cöte du ventre, se manilestant avec uue intensite egale dans Tun etl'autre appareil d'organes. Ges localisa­tions doubles, — ou eas mixtes de M. Sanson, — dans les cavites abdominale et pectorale, sontcellesque nousavons plus particulierement observees pendant l'epizoolie de 185J; en 1865, nous avons ele assez heureux pour pou-voir etudier des manifestations isolees, dontlessymptömes particullers nous aideront ii en traduire fidelement l'liisto-rique. Les signes fournis par le pouls, les conjonclives et l'etat genöial du malade, sufüsent pour asseoir, au diibut, le diagnostic; mais quand la maladie a dejä quelques jours de date, quand eile revöt un caractere plus grave. alors 1c tableau symptomatique change: 1deg; ou la maladie est localisee parfaitement, et alors le röle du veterinaire deuent plus facile au point de vue, bien entendu, du trai-tement: 2deg; ou l'atfiissement general est tcl, le pouls est sifaible, si lent, les muqueuses sont d'un noir si j ouipre si violace, que le veterinaire, sans hesiter, peut diagnosti-quer une affection typhoide foudroyante l
Lös doanees preliminaires que nous venous d'exposer recevront dans ce memoire une demonstration plus com gt;.
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SßMfilffLOGJE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;89
plete, plus ötenduo, en etudmnt chacune ii bon toui les diverses manifestalions que revet cetle affection pro-teique.
Toutefois, avant d'entrer dans des delails precis, nous repeterons que les caracteres generaux, particuliers et constants, sent: 1deg; l'instantaneile du debut; 2deg; la tituba-tion ; 3deg; raffaissemeiitinusculaire; 4deg; ie trouble desbatte-ments du cceur; 5deg; ia mollesse dupouls; 6U la somno­lence; 7deg; la coloralion jaunätre des conjonetives veinu-leesde stries noirätres.
Nous avons dit que, generalement, la localisation n'etait pas me, mais bien multiple; cependant, ia pneumonia est la localisation la plus frequente, ia plus ordinaire; quel-quefois, sans aulre localisation bien aecusee, eile fait pe-rirlecheval; souvent, eile est aecompagnee de lesions abdominales. Ce n'est qu'exceptionnellement que i'on oonstate des accidents cerebraux. En sorte que lquot;on no peut ötablir de regle sur le mode habKuel des raanil'esla-tions, car l'expression symptomalique varie d'un lieu ä ua autre, d'une annee ä l'autre en un meme lieu, et dans une memo saison ; eile varie memo eidin, avec l'arrivage de differents convois de jeunes chevaux.
Ces affeclions bizarres presentent parfois des pbeno-menes de pnlridile qui, heureusement, ne sont point constants; tantot on est aux prises avec des tumeurs de formation rapide; tantot chaque seton est suivi de gan-gtene, de chute de peau et de plaies hideuses; tantot ce sont des epiphenomenes, sortes d'accidenls critiques, trös-varies, plus ou moins graves ou plusou moins heureux,
Les affections lyphoides ont une gravite relative, sui-vant l'ensemble benin ou serieux des symploims; suivant
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290nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYl'IIOIDES.
surtout leur elat sporadique, enzuotique ou epizootique ; h 1'etat sporadique, elles sont assez rares, alles sont beni-gnes; tandis qu'a I'etat enzootique et surtout epizoolique, elles sont plus graves, plus meurlrieres. Mais ces affections sont tellement singuliöres dans leurs iormes et irregu-lieres dans leur marche et leurs terminaisons, qu'en principe, on doit toujours les considerer comme pouvant entrainer la mort.
SECTION HI.
Manifestations pulmonaires.
II y a, avons-nousdejä dit, dans ces affections, des phe-nomenes morbides presque toujours constants du cöte des poumons; nous pourrions ajoater que, seien nos propres observations, les manifestations pulmonaires ont gönera-lemer.t ete concomitantes des manifestations abdomi­nales. . De toutes les maladies du cheval, la pneumonie francke eamp;t certainement celle que le jeune praticien diagnostique d'emblee, ä premiere vue, et sans erreur possible, tant la frequence de cette maladie, dans las Ecoles veterinaires, l'a souvent initie ä ses manifestations, alors qu'il etait öleve. Cette proposition n'est-elle pas une w'laquo;'^? Qui la contesterait? Qu'arrhe-t-il de cette initiation parfaite ala connaissance d'un pneumonie franche si commune ii la clinique de noslieoles? II arrive que le jeune praticien, ä i'abri d'un diplome, traite indistinctement toutes les afl'ec-lir-nsde poitrine des jeunes cbevaux comme d les a vues
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SKMKIOLOGIi:.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 591
trailer ex professo dans les Ecoies. De lä insucces sur in-si'.cces, pertesd'animaux, deboires, regrets!
Nous nous sommes trouve dans ce cas; pourquoi ne I'uvoueiions-nous pus? Et, dans le pays on nous exercions, nous avons toujours vu les jeunes veterinaires echouer dans le traitement de cerlaines maladies de poitrine qu'ils croyaient si bien connattre,
11 y a done diverses maladies de poitrine? —Oui! — En premiere ligne se trouve la pneumonie franchement in-flammatoire, qui sevit habituelienient, dans les grands centres de population, sur les clievau:; qui, travaillant beaucoup, sont fortement nourris en grains et en four-rages; celle-lä est le prototype du genre; dangercuse quand le veterinaire n'est pas appele ä temps, mais guö-rissable generalemeni quand i'art intervient a propos. En seconds et troisieme ligne se range une serie de pncunio-nies a developpements lents, ä marche insidieuse, toujours graves et tres-souvent mortelles; ecs pneumonies forpides, latentes, revetent toutes un cachet special, e'est le cachet TYPHOÜDE.
A toutes maladies il y a une cause, mais cette cause a plus ou moins d'action sur tel ou tel animal, suivant la predisposition individuelle, les milieux, ralimeniation.etc. Or, dans I'espece, la pneumonie typhotde sevit plus particu-liörement sur les jeunes chevaux de remonte de troupe et des grandes administrations, trop souvent toges en grand nombre dans un meme local, et sur les chevaux de petite ou grandeculture, recevant ordinairemeutuue nourrituie pen alibile relativement au travail qu'on leur demande.
Ge qui fait la caracteristique essentielle de la pneumonie typhoide, e'est Vinstantaneite f/e son debut, sans que rien
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292nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
puisse faire remonier d'une aianiere ceitaiiie de I'eSet a la cause.
Le praticien trouvera la source originelle du genre dans l'examen prealable du sujet: niarche plus ou moins titu-bante; jjuuls [aible et mou; conjonctives jaunätrtSj veineei de stries brunättes et inüllrees ; Iristesse inaccoulumee. Que le praticien veuille bieu ajouter ä cette expression typique certains renseignements sur les causes probablet de cette indisposiiion subite, renseignements dont la va-leur exclura pour lui loute idee de causes occasionnelles brusques et intempestives, et il pourra dfes lors prcjugei avec quelque certitude qu'il va etre aux prises avec une maladie non franche, non injiammatoire, en un mot avec une affection be natuhk tvphoudb.
iStudions maintenant celle pneumonie, suivant ses pe-riodes.
A. — Debul.
Diminution des t'onclions de relation;
Tristesse, inappetence;
Attitude brisee; llexion alternative des meinbres pos-terieurs avec appui complet sur I'un ou I'autre, entraioant l'inclinaison, l'affaissement de la region superieure de ce membra;
ßlargissement de la base de sustentation des membres anterieurs;
Peau moite, chaude, bmlante, ou froide el glacee;
Arrachemeut facile des crins;
Paupieres demi-closes, larmoyantes, yeux ternes^ fixe?;
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SßMfilüLOKfF,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;raquo;93
Conjonctives infiltree?, jaunäfres, couleur noyer, veinu-lees de noir;
Pouls petit, mou,. fälble, parfois inexplorable ;
Battementsdu coeur sonores, tumuitueux, retentlssants, bondissants;
Flancs vltes, agites sans trouble, ä succession de mou-vements reguliers, sans fremissement, sans intermit-tence;
Rarement jetage ; plainte nasale profonde, expressive, accusant une perturbation dans les fonctions respira-toires;
Bruit de sifflement sec, metallique on de glouglou, i\ 1'auscultation tracheale;
Percussion insensible, accusant le plus souvent de la matit6 dans la region inferieure de fun et l'autre poumon, mais cependant plus dans Tun que dans I'autre;
A Tauscultation, on constate une absence plus oumoins complete de bruit respiratoire, en bas et de cbaque cote de la poitrine;
Au-dessus de cette ligne de demarcation souvent egale en nivem pour les deux poumons, on pergoit un bruit supplementaire qui n'a ni la force, ill l'ampleur de sem-blable bruit si caraeteristiquedespneumonies franches:
Ce bruit est mou, sans rudesse, ni secheresse;
Toux, variable; c'est-a-dire-que tantöt eile existe, tan-töt eile n'existe pas; quand il y a toux, eile est molle, faible, petite et repetee;
Pendant cette periode, le malade peut se coucher at prendre un repos reparateur;
Le sang, examine it Thematometre et au microscope, ne presente aucune particuiarite a signaler.
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294nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .\FFECT10NS TYPHOIDES,
15. — Auyment.
Aprös 24 on 48 heures du debut, Tetat du malade est plus accuso:
Attitude generale plus abattue, plus inquietc;
Torpeur, hebetude augmentant en raison directe des piogres de la pneumonie :
Souv^nt insensibility h l'application des setons et sina-pisme; augmentation en hauteur du niveau des parties malades du poumon ou des poumons ;
11 n'est pas rare de conslater, soit au centre, soit en arriere de l'un et l'autre poumon, des parties non permea-blesäl'air; et comme consequence de ces pneumonies partielles, lobulaires, il est assez frequent de conslater le lendemain du jour oü on les a reconnues, qu'elles sont en voie de resolution, ou meme qu'elles sont complete-ment disparues ; mais le fluxus s'etant dep\ace, on decou-vre ailleurs de nouveaux points malades;
Le bruit de soufüe, proprement dit, est difficile sinou impossible äreconnaitre;
En revanche, il se fait dans les portions encore permea-bles da poumon une succession de bruits qui n'ont pas leur analogue dans les maladies franches; c'est une sorte de rale crepilant humide, entrecoupe de rales muqueux bruyants ou de chantsplaintifs, rauques et caverneux ;
Percussion plus douloureuse, ou absolument insen­sible ;
Acceleration remarquable do flanc ;
Le malade se couche encore de temps ä autre, c'est alors que Tappetit se reveille et que 1c cheval mange avec avi-dite et plaisir pendant im court espace de temps;
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sEmßioLOGiE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;. ans
Quand il y a toux, eile est petite, douloureuse et n'est que peu ou pas repetee ;
Jetage nul ou jaunätre, ßpais;
Souvent la deglutition des solides et des liquides occa-sionnc de douloureuses quintes do toux; dans ces cas, il y a ordinairement laryngite tres-serieuse;
Le sang so coagule plus lentement; le serum plus ou moins abondant est plutöt trouble que clair; il precipite en vert par l'acide azotique; examine au microscope, rien d'anormal; aucune reaction acide sur le papier de tour-nesol.
0. — Etat,
Aggravation generale detous les symptomes;
Muqueuses violacees, le plus souvent maculees de pete-cliies;
Station debout, automatique ; ecartement demesure des membres antcrieurs portes dans Tadduction extreme ;
Pouls filiforme, inexplorable;
Battements du coeur tres-vites, non isochrones entre eux ;
Augmentation des parties malades, ou, chose etonnante! diminution de cette etendue et meme, l'un des cdtes malades accnsant une tendance ä l.i resolution ;
Percussion quelquefois douloureuse, faisant pressentir des points pleuretiques ou meme une pleuresie generale ;
Planes troubles, tres-accelercs;
Ducubitus involontaire, force, parfois prolonge, mais n'aecnsant toujours pas une morttres-proebaine ;
Lp. sang est poisseux, incoagulable ou ne se coagulant
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296nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;.\F1'ECTI0NS HPHÜIDES.
que d'une mauiere tres-imparfaite ; globules deprimes, deformes, etoiles; nombreux leucocytes; jamais, dans aucun cas, nous n'avons trouve de bacleridies, ni de ba-tonnets, ni de crislaux ; precipite vert bleuätrcpar l'acide azotique ; aucvne reaction acide au papier de tournesol.
V* remarque. — En divlsant avtiliciellement I'analyse des symptömes pour en faciliter Tinterpretation speciale, nous D'enlendons nullenient exclure la presence d'autres signes appartenant aux fonctions abdominales; ainsi: qu'il y ait manifestation multiple cm simple, on remar-quera'que les excrements sent durs, coiffes el meme un peu sanguinolents, ou qu'ils sont mous, diarrlieiques, que les urines sont plus ou moins frequentes, claires ou huileuses, jaunälres ou rougeätres et que souvent, elles out une reaction acide.
Q' remarqne. — L'usage des selons, j rohibe paries uns, vante par les autres, doit etre, änotreavis, employe dans les cas de pneuraouie typhoidc, non pas seulemenf comme revulsifs proprement di(s, mais bien comma r/iddes devant eclairer le praticien sur l'etal du sujet. Ainsi: quand, apres 24 ou 36 lieures de leur application, il y a chaleur, douleur et tumefaction de la region , e'est d'un bon augurc, au conlraire, si la meche n'a produit aucnne reaction, il laut craindre pour l'avenir du malade. D'autre part, i\ la suppuration est grumeleuse, jaunätre, sanieuse, sanguinolente, e'est un mauvais signe differentiel de ce que 1'on observe generalement dans les maladies (ranches.
D. — Convalescence. La marche et la duree sont tre?-va)'iables, cela depend
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SKMKIOI.IICIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Sin
de l'inlensite et de la gravite de l'epizootie; teile pneu­monic typhoide peut durer 8, 10 et 12jours, quand teile autre parcourt ses phases en 4 ou 6 jours.
La tristesse, Thebetude, le coma qui signalerent le debut et les diverses periodes, ne sont pas d'une duree per-sislante egale a la duree meme de la maladie, car il y a des intermittences de reveil, de gaiete, suivies de retour vers cetle somnolence specifique.
Le premier, le seul signe certain de l'entree dans la convalescence, c'est precisement la cessation complöte de cet etat particulier pendant lequel le malade est si abaltu, si endormi, si inconscient de la vie de relation. Et, de meme que le debut a ete instantane, de mSme est instan-tanee I'apparition de la marche vers la convalescence.
Cetle convalescence est plus ou moins longue, suivant que la maladie a ete plus grave; d?.ns tous les cas, eile demande beaucoup de soins, car ces affections sont sujeltes a des rechutes souvent mortelles.
E.— Comcteies difj'erentiels.
Quoique le veterinaire praticien ait pu saisir, sur uae premiere lecture des signes et symplomes qui precedent, les differences qui separent ces pneumunies des pneumo­nias franches, nous croyons, dans l'interet de la science, devoir icproduire textucllement la partie du remarquable discours prononce par M. C. Leblanc a la Societe veteri­naire de Paris, lors de la discussion sur le concours de 1866, partie qui traite de ces caraclöres differentiels.
...........laquo;II existe, sans contredit, des
b caractöres communs ä toutesles affections qui out pour
17.
i
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•298nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
n siege la cavite pectorale ; mais dans la marche et dans raquo; les symptömes des pneumonies ou pleuro-pneumonies raquo; compliquöes d'alteration du sang, comme les appelait raquo; Delafond; typho'ides, romme on les appelle aujour-raquo; d'hui, il existe quelques caracteres susceplibles de les raquo; faire distinguer des affections aiguf'S attaquant', soil raquo; les plevres, soil le poumon. D'abord, je signalerai la raquo; rapidite de rinvasion ; dans quelques heures vous trou-raquo; VC'Z le poumon, qui etait permeable la veille, envahi soil raquo; en totalite, soil dans une grande partie, la moitie on raquo; les deux tiers; quelquefois I'autre poumon presente co raquo; meme phenomene, mais c'est le cas le plus rare. En o outre, le bruit de souffle est peu sensible dans la par-raquo; tie qui respire encore, et si un poumon seul est pris, raquo; le bruit supplementaire qu'on entend de rauttecote est raquo; plus faible que dans la pneumonie ordinaire.
raquo; Dans quelques cas, on est surpris de voir la matile raquo; disparaitre aussi rapideraent qu'elle est apparue, et le raquo; poumon reste indemne devenir ä sou tour impermea-raquo; ble k I'air dans une grande partie de sonetendue, Ainsi raquo; done, rapidite de l'invasion, chaugcraent brusque de la raquo; matite, tels sont les caracteres de la pneumonie ataxi-raquo; que (j'emploie ce mot au lieu de compliquee d'altera-raquo; tion du sang) au debut. Dans la pneumonie ordinaire, raquo; onpeutsuivre faoilement les progres du mal; la partie raquo; inferieure du poumon se prend d'abord et le bruit du raquo; souffle monte h mesure que la pneuraunio s'etend ä la raquo; partie superieure du poumon ; ce bruit et le bruit sup-raquo; plementaire sont tres-foits; ce qui tient evidemment k raquo; ce que dans le cas de pneumonie ataxique la substance raquo; pulmonaire n'etant pas hepatisee, I'air entre encore dans
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SfiMilülOGIE,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 299
B les divisions moyemies des bronches et ne distend pas b outre mesure les portions restees saines. des deux b poumons. Plus tard, la presence du räle crepitant est un jgt; indice presque constant qu'on se trouve en face d'une raquo; pneumonia aigue; cöpendant, je l'ai observe quelque-raquo; fois dans Jes deux affections ; il faut done pour trouver b des caracteres difierentiels les chercher ailieurs; on les raquo; (rouve dans la rapidite avec laquellela matite se resout raquo; si ia maladio cede: on voit le poumon revenir ä son etat raquo; normal aussi vite qu'il s'en est cloigne ; en outre, Wtat raquo; general donne des indications precieuses; du moment raquo; oil l'affection est ataxique, eile peut se fixer plus parti-raquo; culierement surle poumon, mais il y a des manifesta-raquo; tions plus ou moins marquees du cöte des visceres de raquo; l'abdomen ou du Systeme cerebro-spinal. üa des symp-raquo; tomes les plus remarqnables est celui quej'ai dejä note raquo; au debut, ä savoir l'expulsion de crottins rougeätres et raquo; Demission d'une urine sanguinolente. La presence de raquo; laches heraatiques, le jefago jaune grumeleux par les raquo; nsseaux, sont encore des signes d'un etat general. La raquo; coloration du pus recueilli sur les setons fournit encore raquo; un indice bon ä noter : on voit, en effet, dans le cas de raquo; pneumonie ataxique, le pus etre jaune, mal lie, grume-raquo; leux et forme de caillots fibrineux ; dans le cas de raquo; pneumonie franche, le pus du seton est blanc, cremeux, raquo; quelquefuis mele de stries de sang; enfin, un des raquo; symptömes qui est le plus caracteristique, c'est le d^cu-raquo; bitns frequent, qu'on observe dans le premier cas, et b qui, dans le second, n'est ordinairement que le prelude raquo; delamort. raquo;
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30(1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES,
F, — Pleit7'o-pnetmonie,
Dans la revue analytique contenue dans la l^partie, nous avons vu que M. Mitaut a defendu avec tenacile sa theorie consistant h nier les pneumonies et les pleuro-pneumonies elites typlio'ides, qu'il considere comme des maladies inllammatoires; sans douter un seul instant de la bonne foi qui, toujours inspire notre honorable colle-gue, nous devons cependant douter de ce caraclere con­stant qu'il imprime aux affections de? jeuneschevaux. Evi-demment, il n'y a pas, dans tons les cas de maladie ty-phoide, de pneumonie avec alteration du sang; non ! il y a souvent, trop souvent meme, des maladies franches que dans un instant d'engouement, on a confondues avec les affections typhoides; et e'est precisement cette confu­sion, cette erreur de diagnostic qui a fait tant classer de pleuro-pneumonies inflammatoires simples, dans I'ordre typho'ide.
En effel, la pleuresie oula pleuro-pneumonie typhoide sont excessivement rares; de meme que dans la pneumo­nie typhoide, Tinstanlaneite de l'iuvasion imJiquela nature de la fievre ataxique; cette instaataueite est teile, que e'est tout-a-coup qu'il se forme entre les plevres un epancliement sereux.
Les caraeteresgeneri-ux de ccs pleuresies sont les mernes que dans les maladies franches; mais on ne constate pas cette extreme sensibilile a la percussion, ni la raideur ou la rapidile du pouls, ni le mouvement de torsion des cötes, ni enfin la gene bien accusee de la respiration.
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SßMEIULOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; :!0I
Le dcculitus est impossible et, le plus frequemment, l'appetit est conserve ; rauscultation fait entendre les bruits bien connus qui sigaalent la presence du liquide, dent on peut aisement suivre chaque jour la marche ascendante.
Tres-souvent, dans les autopsies, nous avons observe des pleuresies diapbragmatiques qui nous ont trompe, de meme qua beaucoup d'autres, par leur expression symp-tomatique; M. C. Leblanc fait, avec raison, remarquer que ces sorles de pleuresies ayant uu relentissement sur le foie, donnent lieu ä des coliques et colorent les con-jonctives en un jaune qui donne souvent le change au praticien; erreur qui pent avoir de funestes conse­quences.
G. — Anatomie pathologique.
Avant de decrire les lesions de la pneumonie typhokle, nous jetterons im coup d'ceil rapide sur les lesions et alte­rations generales que Ion observe habituellement, quelle que.soit la manifestation.
Du reste, dans ces affections, des lesions locales nepeu-vent pas seules juger la question; il faut, de meme que pour les sympiömes, un ensemble de lesions porlant leur cachet; il faut que, dans tons les organes, dans tous les tissus, on trouve des traces de cet etat general.
Cela est si vrai que si Ton montrait a un praticien le poumonseM?, il luiserait ditficile d'affirmer que les lesions qu'offre cet organe, sont de nature typhoide. Pour aider aux recherches necropsiques, nous feronstous nos efforts pour rendre plus intelligible noire pensfe, en faisant
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302nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\FFKCTI0NS TYPUOIDES.
remarquer que si nous ötions en face d'un cadavre, il nous serait plus aise de convainore qu'ä Taide d'une sim­ple- description eciile.
iquot; Lesions-geiwrales. —Dans IMnamense majorite des cas, lesang estincoagule, il s'ecoulenoir, epais, sirupeux, serepandantennapperecouverteq lelquefoisde nombreux globules graisseux; il fache ksdoigtshla maniere d'un mordant; ÄOMülaquo;n#, il rough, le papier de tournesol, reac­tion qui denot'j une certaine acidite (et, ce qu'il y a de tres-remarquable, e'est qne cette acidite n'est manifeste qu apres lamort).
Ce sang offre, en outre, a I'examen microscopique, seit des crislaux de form's diverses, seit des bätonnets que nous avonsdejä dit nV'tre que des debris de cristaux en baguette, plutölquedtsbacteridics; faittrös-important, d'autant plus probatif, quo les inoculations de sang rempli de bätonnets sont restees sans etfet.
Ls quanlite de sang pmait relativemont dmiinuee, car ii s'en ecoule lies-peu ä la section des gros troncs veineux, et souvent le foie, la rate, les reins sont ex.sangues.
I! resulte de cette alteration du sang que tous les tissus, tons les organes en ressentent les eft'ets: que la maladie aitetede longue ou de courte duree, lt;OMlt;/porte l'im-preinte du cachet lypholde.
Ce sont des infiltrations jaunätres dansletissu cellulaire sous-eufane ou lnter-mii8culaire; ce sont des muscles decolores, pales, flnsques. roous, bruns ou noirätres. Les extenseur.s et les flechisseurs de l'avant-bras, les muscles pectoraux et ceux des membres postetieurs sont souvent noyes dans une infiltration epaisse, jaunatre, demi-consis-tante connne de la gelatine non solidifiee ; quelquefois,
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SMlOi.OGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; HOS
ce sont les peauciers qui ont subi cette disorganisation ; generalementenfin, les fibres musculaires sont maculees da taches petechiales plus oumoins larges.
Quand, pendant la vie, on a observe des boitedes, des lombagos, et surtout des paraplegies, on rencontre souvent une alteration des muscles psoas que Fon trouve tres-ramollis, ayant leurs fibres eutrecoupees de matiere albu -mineuse organisee ou de tissu d'appaience graisseuse ; dans certains cas, ainsi que nous i'avons vu, les psoas no sont qu'un informe detritus.
S'il y a eu des mortifications de la peau, des sphaceles,. on trouve des plaies hideuses, gaugreneuses.
En general, la decomposition du cadavre est rapide; le refroidissement est prompt.
, 1deg; Poumons. — Le plus ordinairement, iln'ya pas d'e-panchement, ä moins qu'il n'y ait eu pteuresie. Si la maladio a rapidement enleve I'animal, on ne trouve pas loujours dans les pouraons des lesions suftisamment eten-dues et assez graves pour donner raison de la mort.
Que la maladieait ete courts ou de longue duröe,yajnaw lespoumons ne sont a Yetat sain ; h part les lesions bien cai:aclerisees, le poumon est toujours pale, d'un blanc mat, convert de sillons, de vergetures, demarbrures d'un rouge fonce ou noiiatre ; au toucher, le tissu pulmonaiii! nquot;a pas celte resistance elastique et ne fait pas entendre cette sorte de crepitation qui caracterisaitretat de santöj il est, au contraile, mou, flasque, conservant, longtemns l'smpreiute du bout du doigt coinme si c'etait une parlie oedematiee.
Au point correspondant de la region pulmonaire, oil, pendant la \ie, des rkles, des bruits inaccoutumes ont ete
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304nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Mquot;l KCTIONS TYPIIillDI-S
percus, on rencontre des lesions significalives; c'est pre-cisement le caractöre de ces lesions pulmonaires typhoides qui en forme la specificite; ainsi, que ce soil dans la lon­gueur du tiers inferieur, que ce soil au centre quot;ou dans !es appendices anteriems, on remarque i\ l'un ou ä lautre de ces endroits une coloration mirälre d hords tranches et parfaitement distincts des partiesenvironnantes . Teile une lache d'encre sur du papier bristol! Gelte coloration ne ressemble en aucune fagon aux lesions analogues de la pneumonic franche^ dont les teintes, se degradant pen a pcu, tinissent par se confondre avec la teintedurestedu poumon.
Ces tuches, plus ou moins etendues, delimitent done parfaitement une lesion simulant un foyer apopledique ; une incision pratiquee dans l'epaisseur de ce foyer, laisse ecoulersoit du sang en nature, mais un sang .noir, siru-peux, irise, soit un liquide spuraeux, sanguinolent. La presence de ce sang accuse une extravasion a travers les vaisseaux, et celle dolaserosite accuse une transsudation a travers les parois vascalaires distendues par une stase sanguine.
Parielavage, ou le grattage de la section operee,.on voit une tranche dun rouge vif, ayant une certaine rösis-lance, encore un pen elaslique; ou bien el;e estd'un brun maibre degris, resultat dun depot plaslique. Un lambeau de ce foyer apopltctiquedetacheet plonge dans un vase rempli d'eau surnage un peu, et, si on le plonge au fond du liquide, il ne revient que trös-lentement ä la surface.
Cette portion du poumon, absolument impermeable ä lair, n'estpas aussi profondement alleree qu'on pourrait le supposer, et cependant, si eile a une certaine etendue
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SfiMEfOLOGlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 303
jians les deux poumons, on comprend aisement que celte lesion finisse par entralner la mort, car ce qui reste de sain n'est plus süffisant pour 1'hematose.
Nous avons vu les lesions les plus simples de pneumonic typhoide; maissi le chevnl a ete sept ou dix jours malade au plus, les depots de plasma flnissent par se desorganiser ; il se forme des poches, des cavernes pleines d'un magma infect; et, chose a noter, e'est que malgre cet efat avance des lesions organiqnes, l'apparence exterieure des parties malades estrestee la meine, cquot;est-ä-dire que les alterations sont toujours parfaitement holies des regions ambiantes.
C'est la persistance de l'aspect objectif des lesions typhoides qui fait le caradere differentiel avec les lesions de pneumonics franches.
Ces lesions — qu'on pent nommer speciaks —de la pneumonie typhoide procödentsurtoutd'un elementhemor-rhagique, — element qui, nous le verrons plus tard, predomine dans les manifestations abdominales. Elles ont, ä premiere vue, quelque analogic avec les pneu-moiiies par hypostase, avec les pneumonies passives, mais elles en different par cela meme que ces dernieres font lieu d'^leclion dans les parties declives, et ne se traduisent qu'apres une maladie plus ou moins longue, tandis que les pneumonies typhoides sontbiencirconscrites et siegent aussi bien dans les parties superieures et cen-trales que dans les parlies declives.
3deg; Plevres. —Quand il y aeu fluxus du cote des plövres, il y a un leger epanchement, et ces sereuses, plus ou moins epaisses, sont le siege d'une vive sugillation, d'une injection iles plus tenues ou d'un depot sable rougeätre occupant
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306nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS lYPHOIDES,
toute la surface costale ; le mediastin anterieur est gene-ralement plus allere que les autres parties des plevres.
Si la maladie a eu une certaine duree, on trouve quel-qviefois un veritable hydrothorax, et des fausses mem­branes en voie d'organisation parfaite, mais ce n'est lä qu'iino exception, car generalement ces graves lesions sont rares.
4quot; Branches, trachöe, larynx. — Les grosses et petites bronches ont leur calibre rempli de matteres spumeuses, rougeatres, sanguinolenteSj epaisses etrepandant une mau-vaise odeur; la muqueuse, toujours infiltree, obstrue quel-quefois la lumiere des petites divisions bronchiques; eile est d'un rouge noirätre, teinte quo n'enlövent ni le lavage ni le grattage.
La traciiee, pleine de mucosites, a aussi sa muqueuse öpaissie, infiltree, picturee de larges plaques rouges on noires, et otfrant de petites ulcerations grisatres.
On trouve toujours des lesions dans In larynx, mais alles sont d'aufant plus graves que, pendant la vie, il y a eu laryngite; dans les cas ordinaires, la muqueuse es! epaissie, couverte de larges plaques rouges aoirdtres: tandis que, quand il y eu laryngite, eile est noire, gan-grenee, d'une odeur sue generis. Les cordes vocales, le fond des ventricules, les cartilages arythenoides et l'epi-glotte sont crihles d''ulcerations gri ätres, petites, taillees ä pic, interessant möme la cartilage; ou bien, au lieu de ces ulcerations, cesont de pelits tuhercules.
L Interieur des poc/ies ^w^am/es est tapissö d'une riebe arborisation bleuätre, et quelquefois le tissu cellulaire sous-larynge est macule d'une multitude de points noirs et rouges, ressemblant ä une fine poussiere.
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SfiMJIOLOGIB.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;307
5deg; Appareils circidatoire et gangiionnaire; pen-carde. — 11 est generalement epaissi, couvert de fines arborisations et macule de petccbies; il y a presque toujours epanchement plus ou moins considerable, tantot clair, tantot d'un jaune citrin, tantöt epais et d'un jaune roussatre. La face interne est quelquefois picturee depelechies arrondier noires et violacees.
Cmur, — 11 a toujours subi de grandes modifications. Ainsi: il est plus volunnneux qu'a Tetat normal; il est mou, pale et completement decolore, ou bien il a une teinte d'un brun violace; rarement sa surface exterieure est nette de laches ou macules, car ordinairement elles existent en grand nombre le long des sillons aneriels ; alors, elles sont tres-bien dessinees dans leurs contours circulaires, ou elles sont radiees ; leur couleur est violacee, livide ou d'un noir indigo ou noir d'encre. La pointe du coeur est quelquefois tellement noire qu'il sem-b'erait qu'elle aete artificicllement teintee.
Les oreillettes sont volumineuses et decolorees: I'ab-sence de petechies est plus constante que pour les ventrigules.
Yentricule gauche. — En principe general, on peut dire qu'il renferme toujours un caillot fibrineux, plus ou moins volumineux, s'etendant quelquefois bien avant dlt;ms les divisions aortiques. Le lissu sous-endocardique est toujours macula de largcs laches violacees, et cela surtoul ii la pointe et sur les gros piliers; les cordages de soutien des valvules participent ä ces teintes anormales. Les val-vules sont rouges, molles, epaissieset leurs bords libres sont garnis d'une maliere jaunutre, concrete, assez dure • dans certains cas, il y a des caillots adherents ä I'endocarde,
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nnsnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\iti:cti(i:ns typiioidks.
des fausses membranes grenues, striees, longues et flot-tantes.
Ventricule droit. — Le plus souvent rempli d'nn sang nöir, poisseux, violace, ä reflet plombeirise, imparfai-tement coagule et tachaut les doigts; ce ventricule ne pre-sente que rarement de caillot organise comme dans le ventricule gauche
Dans rimmense majorite des cas, les petfahies font de-faut, et quand elles existent, on les rencontre plutotsur les gros piliers qu'ailleurs; quelquefois le bord libre des valvules est epaissi et colorö en rouge Violet.
Vnisseaux. — Souvent on rencontre la veine cave anterieure ä son entree dans la poitrine, couverte de pötechies et de petites taches brunes. La membrane interne de l'aorte anterieure et de l'aorte poslerieure est souvent coloree en rouge lie de vin, teinte qui ne disparait ni par le lavage, ni par le grattage et qui s'observe dans cer-taines circonstances, lors meme que Tautopsie a ete faile immediatement apres la mort, ce qui rejette loute idee de lesion cadaveriqmraquo;; cettemembrane interne est epaissie et se dütache facilement. Quelqueiois on y trouve des caillots qui se prolongent assez loin dans leur canal; ces gros Vaisseaux richement arborises, presentent aussi des taches d'un noir livide.
Ganr/lions lympkatiques. — A l'entröe de la poitrine, les ganglions sont plus gros; iis scat ramollis et refletent une teinte variee qui n'est pas celle de l'etat normal; en les incisant, la coupe laisse sourdre, par une legere pres-sion.. un liquide noiuUre, epais, caseeux.
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seMfilOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 30laquo;
H. — Cumcteres differvntiels.
Nous emprunterons encore ä M.C. Leblanc les principaux caractöres differentiels existant entre les lesions tjhoides et les lesions speciales ä de sernblables maladies tranches.
laquo; Dös qu'il n'y a pas d'hepalisation rouge ou grise, el qu'on rencontre ce qu'on a justement appele splenisation du poumon, on doit admeltre qu'il y a eu pneumonic ataxique ; mais cette lesion n'est pas Isolde; eile doit ötre accompagnee de la presence de caillots blancs dans le cceur, d'une separation des elements du sang, le caillot noir d'un cöte, le serum de l'autre; si vous ne trouvez aucune lesion autre que la congestion du poumon, et que la mortsoitsurvenue rapidement, vousavezeusimplement une congestion pulmonaire : les lesions seules du poumon sansautres caracteresindiquant 1'aiteraliondu sang,ne sont pas süffisantes pour caracteriser la pneumonie ataxique.
raquo; Si, au d^but, on ne trouve qu'une splenisation du poumon, .plus tard on rencontre cet organe reduit, dans unegrandeelendue, en putrilageverdälre, avec des caillots flbrineux desagreges, ce qu'on appelait les Itisions de la grangrene pulmonaire, lösions qui se produisent rapide­ment et qu'on a confondues autrefois avec les lesions de la pneumonie chronique. Les vomiques et les abces pulmo-naires anciens sont limites, entoures de parties hepatisees, et n'ont aucune ressemblance ave^ la gangrene pulmo­naire, suite d'afl'ection typlio'ide. Dans la pneumonie surai-gue, on rencontre rarement celle lesion, et eile estlimit6e a une portion du poumon, sans avoir jamaisl'etendue ou laspectdeprofonde desorganisationqui lacaracterise dans le cas de pneumonie ataxique.
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310nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYFHOIDES.
raquo; Quand il y apleuresie, le liquide öpanchc est epais et se coagule; on ne trouve point ces fausses membranes jeunes et delicates qui avec Töpancliement clair et jaune eilrin, se voient dans la pieuresie oi'dinaire ; il y a comme un vaste caillot blanc sale ou jaune, interpose entre l*s feaillets des plövres, et les fausses membranes sont mal formees. raquo;
Ce qui caracterisesurtout cettcdifference, c'est,endehors des lesions locales, la mulliplicite des lesions generales, existant partout ä des degres variables, suivant les cas, que Ton rencontre toujours dans les affections typholdes et que jamais ou n'observe dans les maladies tranches.
SECTION IV. Manifestations abdominales.
Si la toux, ia percussion et 1'auscultation permettent d'otablir siuement un diagnostic sur la localisation spe-ciale d'une affection typhoide, des signes et des symptömes non moins precis permettent d'etablir un diagnostic sur la localisation abdominale.
Au debut, 1'affeclion typhoide, comme toute maladie grave, laisse le praticien dans I'incertitude sur I'avenir reserve ä son malade; car alors il ya dans les troubles t'onctionnels one sorte de baiancement mutuel etüblissant la henignite de l'affection; mais, soit que la nature ait ete impuissante k combattre cette affection latente, soit qu'une medication intempestive ait brise cet equilibre aux depens de I'une ou I'autre tonction, il arrive que le Systeme de
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SßMfilOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 311
compensation est brise, et qu'il s'elablit une predominunce morbide formidable vers un ou plusieurs visceres; c'est ce qui etüblit la malignite.
Dejä nous venons d'etudier cette rupture d'equilibro aux depens du systems pulmouaire, etudions-la mainti-naut par rapport au Systeme abdominal si complexe et si fatalement privüegie dans cts affections.
Nous avons dit que le resultat de nos observations per-sonnelies nous avait amene ä envisager les affections ty-phoides dans leurs manifestations, comme s'etant mon-trees presque toujours sous un type mixte, c'est-ä-dire conmie ayant fait ü la fois lieu d'plcction et dans la poi-trine et dans l'abdomen; malgre ccs localisations multi­ples, nous avons, pour faciliter I'lnitiatiun du praticien aux sympfömes locaux, decrit la manifestation pulmonaire, sevissant seule, sans altacher aucune importance aux symplomes abdominaux. Nous ferons de rnfeine pour les manifestations abdominales, nous les decrirons telles que nous les avons constatees, sans avoir egard aux signes in-tercurrents ou concomitants donnes par la poitrine.
II nous semble que cette metkode est preferable a une description d'ensemble, et qu'il devieudra facile ä un observaleur, au moyen de ces donnees speciales, de recon-naitre aupres d'un malade lo mode de manifestation qui predomine au moment de son examen.
Faut-il. a l'exemple de beaucoup d'aufres, diviser l'etude syrnptomalologique abdominale en forme binigne
et en forme grave ?.....Nous ne le ferons pas ; nous pre-
ferons suivrc un ordre qui se rapproche plus de la vßritö clinique; nous titudierons done les manifestations abdo­minales aux periodes de debut, d'augment et d'etat.
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SI 2nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
(juand il y a tendance vers une localisation abdomi­nale, la teinte icterique des conjonctives est bien plus prononcee encore que dans la pneumonie typhoide ; et lä, comme ici, cette teinte particuliere pent, a eile seule, faire supposer la nature de Tinvasion morbide. L'ictere, bien accuse, existe surtoul chez les malades qui doivent fata-lement succomber, quolque pourtant ce pronostic ne soit pas invariable.
Les symptomes generaux des manifestations abdomi­nales sont plus accentues que dans la pneumonie; I'animal est beaucoup plus triste et plus abattu; il eprouve une sorte de douleur lancinante et continue qui donne a son indi-vidu une expression, une physionomie particulieres qui ne s'observent jamais quand les poumons smds sont malades. Le fait difierentiel est constant entre les pneumouies et les enterifes franches; mais il n'est point aussi mani-festement tranche que dans les atfeclions typholdcs.
A. — Debut.
Le debut, — le debut reel, -— est geiieralement inaai-assable, oar les signes de tristesse passagere, d'inappe-lence irreguliere, restent inaper^us quand, surtout, des precedents speciaux n'ont pas appele Taltention particu­liere des individus charges de la surveillance deschevaux ; c'esl-a-rtire que, dans un corps oil il y a dejä eu uq cer­tain nombre de malades ä symptomes typho'ides bien de­clares et confirmes par des autopsies, il est certain que I'eveil etant donne sur cetic grave affection, on pourrades lors mieux en saisir le debut reel.
Si done une enzootie lyphoide regne dans un corps,
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SEMElOLOGIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 313
depuis quelque temps clejä, il sera facile au veteiinaire de 1'etudier dans son debut, en observant avec soin tous les chevaux malades ou non, soit pendant le travail, soit ä lecurie, soit encore et plulol k l'arrivee d'un convoi de jeuues chevaux de remonte. En dehors de ces circon-stances tout exceptionnelles, le debut ne sera guere ap -preciable.
Lors des grandes remontes faites pour et pendant la campagne d'llalie, nous passions, a l'arrivee de chaque convoi, la visite de santede tous les chevaux; maiscomme uos occupations etaient alors tres-nombreuses, — nous elions seal avec le veteiinaire en premier, —et quenoire temps ötait compte, noire role se bornait ä nous rendre compte de l'clat de la refjion sous-glossienne et des con-jonclives; or, sur 40, 50 ou 80 chevaux composant un convoi, 10, 13 ou 20 presentaient celte parlicularite: in­filtration des conjonclives veinees de stries brunätres et ri-jletant une teinte Ugerement Jaumtre. Les chevaux qui offraienl cclte simple modification des conjonclives, — modification ii laquelle un veterinaire non preuenu n'au-rait peut-6tre attache aucune importance, —ces chevaux, disons-nous, elaient, sans hesiter, mis aussitot ii I'infir-merie.
Tousles chevaux ä peine debarques du chemin de fer ne nous donnaient pas, heureusement, tous cessymplömes prodromiques, ce n'etait que la minority; d'autres avaient la gourme, d'autres des angines, des bronchites, quelques-uns avaient meme des pneumonies ordinaires bien d6-clarees.
C'elait, en quelque sorte, une fatalite que de recevoir des chevaux offrant ainsi des signes de maladies! II n'en
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314nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
reste pas nioins cousiant quu la mortality a ete effrayantej car, sur 1,995 chevaux regus du Ier Janvier au 31 decern-bre -1859, il yen a eu ; ,416 entras ä I'infirmerie, se repar-lissant ainsi: 533 affections typhotdes dont 119 raquo;norlt;s, et 883 maiadiei diverses dont 4 i marts! soit 186 pertes en moj/enne sur 1,000! Gelte digression etait necessaire jjour mieux faire apprecier ia valeur de nos arguments et la source oü nous lesavons puises.
Nous revenons a noire sujer. Qu'arrivait-il de cette de­cimation V C'est que sur 10 chevaux, par exemple, enlres a I'infirmerie pour y etre soumis a une observation rigou-reuse et k un traitement rationnel ou expectant, il y en avail cinq ou six qui, deux ou trois jours apres, offraient tons les signes de i'aflection typhoide; et que, huit jours plus tard, ces cinq ou sis animaux mouraientj et meme il arrivait que, par la suite, lesquatre ou cinq autres avaient le meme sort.
Dans tons les cas, c'est-a-dire que la lerminaison ait ete fatale ou non, nous dirons que pas un des chevaux mis a rinflrmerle avec le inen.e renseignement donne par les conjonctives, M'ejeWia/^e ä la maladie reynante'.
En nous promenant, comtnecela nous arrivait souvent, dans les ecuries pour y examiner its chevaux, si nous en voyions un plus triste qu'un autre, s'il oti'rail, en outre, une coloration jaunätre des conjonctives, il etait aussilot envoye ä I'infirmerie, et quelques jours apres, ce chevai etait frappe par la mala lie.
En sorte que, nous le repetons une derniere fois encore, des precedents ayant fixe l'opinion du veteiinaire sur la nature dc la maladie, rexatnen de l'ceil, joint ä Texpres-sion de tristesse profonde du clieval, lui peimettront de
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SfiMamp;OLOGIB,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 318
porter a 1'avance un diagnostic sur raffection en incuba­tion. Suivons done ces chevaux pris partni ceux arrives au corps depuis peu et entivs a I'infirmerie romme sus­pects tfaffectiontyphoide. L'appetit se soutient encore penquot; dant douze ou vingt-quatre heures; mais la gaieteef I'en-train ne regnent pas au reps? ; ies anirnaux mangent plus par habitude que par besoin. Bientöt surviennent une lassitude extraordinaire, un brisement des forces, une courba'ure generale ; !e malade se repose alternativement sur i'un ou I'autre bipkle; i! ne se couche pas souvent; 11 gratle le sol avec impatience ; ä ce semblant do surexci-tation succede un instant de torpeur pendant loquel la töte s'abaisse vers le sol comme si le sommeil venait tout ä coup surprendre le cheval; les fourrages sont pris avec nonchalance; il y a de l'intermittence dans Tacte de la mastication; la soif est grande et ne semble jamais assouvie.
Cetle expression typholde est suivie d'une pöriode de bien-elre; le cheval redevient gai, il porte haut la töte, H mange avecappetit, il se couche avec precaution en se rcposant parfaitement; cet etat de choses n'a qu'une duree de quelques heures, car tous les signes precedents reappnraissent peu a peu.
Si on fait sortir le cheval, il n'est point vif, comme e'esf le propre d'un jeune animal; il se fait tirer par la longe, sa marche est lente, mais non encore decomposee ; excite par le fouet, il reagit cependant et preiul le trot ou le galop, sans que rien d'anormal se fasse remarquer dans ses allures.
La couleur des conjonclives est Jaune icterique: il n'y a pas de petechies dans cette periode, elles n'apparaissent
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111(1nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES,
que plus tard, alors que la maladie est bieu d^claree, et quand surtout eile est localises sur I'intestin.
Pendant trois ou quatre jours, ces signes vont en aug-mentant; l'app^tit diminue, le desir des boissons est plus grand, la coloration des conjonctives est plus foncee, les veinules sont plus eaillantes; ici et Hi, on remarque do pelites stases sanguines, qui ne sont point encore des pele-chies; I'oeil est larmoyant; labouche est un peu seche et chaude; le pouls est plein, mou, plutot lent qu'accelerö. Rien encore d'anormal du cöle du venire ni du cote de la poi trine.
Entin, six ä huit jours au plus apres I'entree a rintir-merie, lous ces signes et symptornes, un peu vagues jus-qu'alors, se dessinent plus nettement; Yiquilibre des trou­bles fonctionnels cslt;rom/3f, In localisation se manifeste.
Nous laisserons de cöte les symptömes propres a la poi-trine, ils sont connus döjä; nous ne nous atlacberons, comme nous I'avons dit, qu'aux symptAmes abdominaux.
L'appelit est presque nul, il y a une sorte d'aberration, qui porte le malade, a manger de preference sa litiöre ; la lete est porlee si bas qu'on clirait que I'animal ne pent plus la relever; grande torpeur ;' cepeudant cetle somno­lence disparait h l'appel de la voix ou sous l'eflet de la plus legere excitation ; la marche est lourde, incerlaine, un peu vaciliante; le llanc est retrousse, un peu vite, sans trouble dans ses mouvements; les reins sont roides ou peu sensibles; il y a des alternatives dans la temperature de la peau, qui est tantöt chaude, tanlöt froide, ct son-vent il y a de legers frissons aux grassets et dans les masses ol^craniennes; le pouls est mou, faible et lent, mais, dans certains cas, tout etant mou et faible, il accuse jusqu'ii
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T^
sr.MKIOI.nillK,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;317
50 pulsations a la minute; 1'ceil est plus larmoyaat, la conjonctive plus jaune, les vaisseaux plus gorges de sang noir ; la Louche est seche et bi ülanle; de nombreux bor-borygmes se font entendre; de legeres coliques sansduree s'observent, il y a alternativement constipation et diar­rhea; les excrements, dons tousles cas, repandent une mauvaise odeur.
A ce debut viennent quelqnefois s'ajouter des sympto-mes de gourme, qui, faisant derivation heureuse ou mal-heurense, ont pour effet d'enrayer la marche de l'affection typho'ide; mais nous avons observe assez frequemment qu'unefois la gourme guerie, ia maladierevenait avec Vine intensite teile que la mort en etait rapidement la conse­quence.
Assez souvent, surtout quand la maladie n:8 pas revetu la forme enzoolique, ces signes et symptomes disparais-sent lentement ou tout h coup, et alors on voit I'animal renaitre a la saute et entrer en convalescence ; dans d'ad-tres circonslances, le debut peut ne pas etre suivi immedia-fement de la guerison, il se prolonge pendant un temps, sans aucune apparence d'aggravaticn, c'est une sorte de chronicitc do la chose, si nous osons nous servir de cette expression impropre; enfin, et c'est le plus ordinaire, äla periode de debut succede celle d'augrnent, qui, comme la maladie grave, se presente d'emblee ii rohservaleur, sans prodromes, avec tons les curacteressuivants:
B. — A/'f/ment.
L'altilude est paresseuse, Lrisee; les mouvements sent lents et nonchalants ; la marche est vacillante, il y a un
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3I.Snbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS T^PHOIDES,
bercement irös-accusö du train de derriöre; le ttanc est extraordinairementagite; les battements ducoeursont vio-lentset tumultueux, la temperature de la peau est varia­ble; les crins s'arrachent lacilement.
A l'ecurie, le cheval est toujours triste, il est indifferent pour tout ce qui se passe autour de lui,c'est ä peinasi son oreille se tourne du cotö d'oü vient quelque bruit, ou si le globe de 1'ceil pivote de ce cote-la. C'est, en un mot, une immobilite absolue ; la tete est basse, I'oeil mome, les reins insensibles; la station debout est incertaine, a cha-que instant I'appui se fait sur l'un ou l'autre bipede, et le cöte du corps qui est au repos est affaisse sur lui-meme. Ati moment de la distribution des fourrages,. cette apatbie, sernble surmontee par l'instinct de la conservation ; on voit alors I'animal relever la teted'unemanicie automnti-que, s'approcher lentement. mecaniquement du rätelier, puls manger avec un appelit ou un desir bien faible ; les boissons farineuses, au coutraire, sent toujours prise.laquo; avec aviditö.
Le pouls est plutot plein que petit, mais il est toujours mou, lent et faible; dans la soiree, il se releve parfois, il devient acceler^, la peau est plus chaude, Tanxiele plus vive, surtout chez les sujets qui sont dans un certain etat d'embonpoint. II faut bien se garder de prendre ce sem-blant de reaction pour un sigue inflammatoire. Les con­junctives sont infiltrees d'un jfiune couleur de noyer, les vaisseaux y sont tres-apparents et gorges d'un sang noir ; les stases sanguines, observees au d(5but, sont plus accu­ses et ressemblent dejä beaucoup a des petechies. La bouche est cbaude et seche, la muqueuse en est rouge jaunalre ; la langue est recouverte d'un sediment brunätre
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SßJlfilOI.OMK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;:V|lt;i
fort adherent; la muqueuse gingivale est marbree de brun autour des incisives, et ici et lä on voit de petites taches brunes on rouges que nous considerons comme impor-tantes ä constater au point de vue du diagnostic. Le ven-tre est retracte, il y a de frequents borborygmes, et les coliques se manifestent plus souvent et avec plus de duree qu'au debut; les hypochondres aecusent une certaine sensibilite ä la pression du poing ou du genou ; il y a diar­rhea on constipation; dans cedernier cas, les crottins sont monies et coitfes et repandent une mauvaise odeur. Les urines sont assez abondantes, claires *et ne se troublent qu'apres un certain sejour dans un vase ; guelquefois pas d'acidite, car aueune reaction ne s'opere sur le papier de tournesol ; peu ou pas de trace dalbumhie.
La pituitaire est rouge jannätre, maculee de nombreux vaisseaux noirätres; eile est le plus souvent seebe, mais quelquefois eile est humide, dans le cas oü il doit y avoir complication de pneumonie.
Le sang, recueilli ä riiematomefrc, n'indique aueune anomalie dans les rapporls quantitaiifs de ses divers ele­ments ; il faut noter cependant une separation des caillots plus prompte et leur coagulation plus lente, II n'y a pas toujours de preeipite bleu par l'acide azotique sur le serum, pas de reaction aeide.
Duree. — Cette periode a unednree moyennede quatre jours au minimum, et de sept au maximum.
G. - Etat.
G'est ä cetle periode expressive que l'atfeclion typhoide se dessine d'une maniere vraiment saisissable ; c'est alors
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Milnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; UKKCriltNS TVl'IIOiDKS.
qu'eilc revet /laquo; forme protamp;que qui donne raison desseni-blants de dissidences paraissant exisler dans les descrip­tions de tels ou tels ecrivains, ayant observe sous des lati­tudes et dans des milieux dißerents.
En effet, pour ce qui nous concerne, entre nos observa­tions de '1859 et celles de 1865, il y a une grande diffe­rence ; dans les premieres, on rencontre 11 chaque autop-sie des lesions instestinales specifiques; dans les secondes. au contraire, elles sont tres rares, mais les accidents cri­tiques et cerebiaux y sont mieux accuses et ralteralion du sang yparait plus complete, plus profonde.
Le passage de Taugmi-nt ä Tetat est tout d'abord mar-que par la perte presque absolue de l'appelil, bieiUöt sui-vie d'une inappetence complete, aussi voit-on la maigreur arriver rapidement; le clieval fond, comtne on le dit, ä vue d'oeil; les poinles des bandies, des fesses, desepauies, des acromions font saillie; l'epine dorsale n'est plus qu'une vive arete. La marche est titubante, impossible, la chute parait a c.haque pas imminente. La peau est chaude et seche ; le poll lerne et pique; les crins s'arrachent Ires-facilement. La somnolence est piofonde, continue, et c'est ;i peino si i'on pent en lirer l'animal; les paupieres sont closes ou demi-closes; I'ocil est larmoyant; la \ue est obtuse; I'ouie a perdu de sa finesse; la tete, lourde et pesante, est appuyee contre le mur de face, le bout du nez reposant dans le fond de la mangeoire, oil 1'appui se fait sur le front contre la mangeoire. Tmmobilite lors de la distribution des fourrages ou des barbolages.
Le pouls est d'une mollesse exltaordinaire, queiquefois il est petit et accelere ; chaque soir, il y a exacerbation, le pouls est plus plein et plus vile; il en est dewrae quand
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SßMfilOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 331
on a mis de hirges revulsifs qui agissent promptement; cette reaction est loujours d'un bon signe, ä la condition qu'elle aura de la durce, qu'elle se maintiendra ; mais, le plus souvent, le pouls redevient petit et mou, ce qui in-dique au praticien que la f-urexcitation produite n'a pas ete süffisante et ququot;il y a lieu de la renouveler sons n'iniporte quelle forme.
La peau est alternativement chaude ou fioide, des sueurs partielles couvrent les epaules, les flancs, les grassets, et meme ces sueurs sont generales, et si elles sont prolongees, elles peuvent hater la mort du cheval ou amener la guerison, comrne nous en avons vu un exemple remarquable, que nous citerons eu parlant des accidents critiques, ou epiphenomönes.
Les conjonctives sont d'un rouge safrane; de petices petechies noirätres entourees d'une aureole plus claire, maculent ces muqueuses ; plus tard, les conjonctives de-viennent violacees et sont picturees d'une infinite de taches pelechiales isolees ou agtninees. Quand il y a du ladremx levres ou an bout du nez, on voit des tnches brunes, noires ou violettes qui sont arrondies et entourees d'une aureole plus claire (sorte de purpura).
La bouche est brulante, la langue fuligineuse ; les inci-sives sont dechaussees, bordees d'une injection brunatre ou rougeätre; la muqueuse gingivale est violacee, cou-verte de taches noires ou brunes de 4 ä amp; millimetres de diamfttre; plus tard, ces taches se transforment en de veritables ulcerations, ce qui est un signe aggravant le pronostic; souvent la gorge est douloureuse, tumefiee, des abces se forment dans les poches gutturales.
Le ventre est de plus en plus retracte, colle aux lorn-
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32ünbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
bes; la region des hypocondres est trfes-sensible, Fanimal fuit sous la pression qu'on y opfere et se defend mäme vi-vement malgre son etat de torpeur et d'insensibilite appa-rente. Les reins sent roides on accusent un exces qui se prolonge niöme jusqu'ä la base du garrot; le flanc est vite; accelere, profond ; quelquefois, il est entrecoupe, tiem-blotant, ou ses mouvements sont tollement tumultueux qu'il est impossible d'en saisir la decomposition ; cet etat particulierdu flanc pent tenir a une lesion grave des pou-mons; mais, en l'absence möme de toute lesion pulmo-naire, si le flanc est ainsi agite, il faut en rechercher la cause dans une influence du Systeme nerveux ganglion-naire ; car, quand cela s'observe, le facies du malade a tout ä fait le caractere dit abdominal, caractere que nous connaissonstous.
On entend de nombreuxborborygmes, k distance meme; il y a souvent des coliques legeres et intermittentes ou graves et continues; quelle que soit leur duree, elles ne se prolongent pas au-delä d'un jour pour reapparaitre le lendemain ; mais nous n'avons Jamals vu succomber un cheval a la suite de ces coliques. La defecation se fait au'omatiquement, I'anus est relache, beant; il y a le plus souvent constipation opiniätre avec crottins mous, sees, durs, moules, coiftes; quand ily a diarrhee, eile est con­tinue, e'est toujours d'un mauvais augure; dans Tun et Tautre oas, les excrements repandent une odeur infecte, repoussante. Les urines sont troubles, epaisses, rougeätres, sanguinolentes et meme contenant quelquefois des cail-lots de sang en nature. Plus la diureseest abondante, plus le pronostic perd de sa gravite ; si, au eontraire, Tecoule-ment des urines est rare, plus est grave le pronostic. C'est
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SfiMKIOLOGlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;323
lä un fait d'observation personnelle que nous döveloppe-rons au chapitre du traltement. II est favorable devoir les fonclions urinaires amp;Jexecuter physiologiquement; naais quand rexcretion a lieu sans aucun effort expulsif-et sans aucune preparalion prealable, c'est d'un mauvais augure. Les urines sont albumineuses et acides, ou c'est le con-traire.
Quand il y a en meme temps pneumonie, les sympto-mes speciuux de cette localisation viennent s'ajouter ä ceux qui precedent, et assombrissent d'autant ce tableau pathologique.
Qu'il y ait pneumonie ou non, la pituitaire prend, comme les autres muqueuses apparentes, une teinte bis-tree, violacee; eile est couverte de petechies noirätres; les sinus veineux qui ia sillonnent sont gorges d'un sang noir, Tous les symptömes que nous venons d'esquisser ne tardent pas ä prendre des proportions inquietanles qui menacent de plus en plus la vie du sujet; la marche de la maladie est rapide, la mort qui en est, neuf fois surdix, !a consequence ne se fait pas attendre.
Pendant la periode d'etat, le sang s'ecoule difiicilement de la veine; il est noir et tache les doigts en violet; re-cueilli dans une eprouvette, on constate de la diminution dans la hauteur du caillot fibrineux ; le serum, pen abon-dant generalement, est plulöt clair que trouble; traite par Tacide azotique, il donno un beau precipite vert-bleu.
üuree. — Courte, trois ä six jours; la mort peut sur-venir sans aggravalion extraordinaire; autrement, si la nature resiste, lea symptömes prennent les caracteres sui^ vants :
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3gt;4nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIUES.
I). Periode d'etat in extremis.
A cetle periode, la maladie peut se pr6ssect;uter sous trois types differents: r ou eile code peu k peu, et 1'animal enlre en convalescence, ce qui esl rate ä observer; 2quot; ou la maladie persiste et prend une forme stationnaire, tou-jours aux depens des quelques chances de guerison que 1'on pourrait encore avoir; 3deg; ou enfin, 1'atfeclion marche rapidement vers la movt,acconipagnee d'accidents cri­tiques de diverses natures, qui alors 6teni toute esperancc de guerison; c'est cette derniet e phase de la maladie que nous damp;signons sous le uom de periode de putridite.
La maladie'continuant sa marche ascendante, on voit augmenter l'abaltement qui se tradult par extinction totale des sign^s de la vie animale ; si le malade peut se tenir encore debout, c'est par un prodige d'equilibre inslable, car le cheval ne parait pas avoir conscience de son etat; las de cetle altitude impossible, il se laisse choir comme une masse inerte et il se debat sur la litiere dans les angoisses d'nne agonie asphyxique,
La peau est biülante, seche ou couverle de sueurs gene-raks; lesnaseaux, largement ouveits, sont romplis d'un jelage infect; les flaues baltent tumultueusement; le pouls quot;est difficilement explorable avec 70 ou 80 pulsations i\ la minute-, les muqueuses apparentes sont cyanoseesj la defecation et les fonclions urinaires se font aulomatique-incnt. A cette periode, fes urines sontacides.
Le sang, fne expeiimentalemcnl, sort ä peine de la veine; il est difficile d'en recueillir le contenud'une 6prou-velle.
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SfiMfilOLOlirE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;328
Quand il est coagule, ce n'est qu'ulaquo; informe magma noiratre. Dans d'autres circonstances, quand la maladie a ete de longua duree, le serum est relativement plus abondant quo les aulres elements.
Le sang n'est pas acide; on constate, au microscope, une deformation des globules qui sent agglutines, accoles ea masses que i'on ne peut que difficilement detruire.
Duree. ~ Quand I'aflection a parcouru rapidement ses diverges periodes, la duree est courte : douze, vingt-quatre, trente-six henres au plus ; dans ce cas, il est ex-tr^mement rare de voir la guerison succeder a un tel etat; si la maladie a eu une marche plus lente, cette periods peut durer cinq ä dix jours; et apres, il y a bien peu de chances pour que I'animal revienne en sante,
E. — Convalescence.
La convalesceuce arrive du 7e au 10deg; jour ets'affirme par une sorte de reveil du malade ; eile est toujours dif­ficile, et exige des soins hygieniques rainutieux, car le moindre ecait de regime peut entrainer une rechute grave et mortelle.
F. — Caracteres differentiek
ENTRE une cuprite aisue et une enteritc typhoide.
Symplthnes, — Trislesso; non­chalance clans les mouvemcnls; roins roidos; perlo de Tappetit; bouchc chaude, seche et pätouse;
Sympldmcs. — Lc debut reel
passe genöraloment inapergu. Aux
premiers signes de i'invasion, on
peut etrc certain que ranimal a
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.{•6
AFKEUTlüNS IVI'llülüliS.
tuliqucs sourdes, legeres, inloi-ipittenles; crotlins dars, coilles ol raoules; conjonctive iiiHUrcc, Icgcrciiieiil jauiiiHro ; pouls petit, vif; artere dure et roulanlc .sous lisdoigtsi urine peu abondante el. tl'iin jaunc Ibnce.
Tcls soiit les syniplömcs de rcnlcrilo lögere; quand cllo esl grarc, il y a aggravation des syinp-lömes ci-dessus : giaiulo tris-Icsse; demarche cfaancclantc; poil |ii(liic; peau chaude; paupiöres Uinielieeä; bouche chaudo et su­che; salive rare formant tuie ecnine gluante; langue rouge sur ses bords el. ii sa poinlo, lüligi-ueuse a sa suriaco; matiero re-monteuso sur los dents, qui sonl d^chaussecs i inappcteiifc coin-plele; ventre douloureux a la pression; cordo du flaue tendue; (laues creux et liaiils; croltins durs et rares expialses avec dou-leur et coilles d'une sortc de fanssc membrane; coliques jilus l'requenteraquo;, de \gt;\ugt; de durde el inlcrinittenlcs. Le malade paratt inipiict; il pielinq saus cossoj ü so coiielio; il se relövc. Quelque-fois, il \ a diarrhee, el quand eile n'cst pas epuisnuli-, c'est le iilus ouvent d'un bon signe.
I.a conjonetivfc esl do plus (a plus jaune, sur fond rougcalre-, avec inliltraliou ; pouls pulil, \ itc, soitc; allen lendue cl i'uuluulc.
etc depuis quelqile temps deja sous le coup d'une grave affection, et en eilet ; prostration profondo,
iuappelcuce alisoluc pour les soli­des et grand besoin pour les li­quides ; attitude brisee, marcho chancelante; Jiaufti loujours faiblc, mott, incjpluruhle ; (iiien flasquo, so Udssant facüemcnt ilcprimer : conjonclives infiltrees, fond jau-uaire, veinules livs-apparentes; (lanc im peu agite, hypochondres insensibles; constipation i crotlins durs, uioules, odorants, raremeut coilles.
Apres Irois ou quatre joul's, aggravation generalc; la prostra­tion augmente, rien no pout re-veillcr le malade; demarclie litu-bautc, presque impossible; peau. plutöl froide quo chaude; yeiix demi-clos, et ies paupieres uesont pas iuineliocs dans tons los cas j bouche chaudCj brülante, sechc et saus aueune salivation anor­male; la langue ost quelquefeis l'uligiuonsc, iiiai-; ce n'est pas con­stant; dents döchaussöes ; mil-queuae gingivalo violacce, inar-bree, ainsi que la labiale, toutes deux souvent nlcoiees; inappc-lencc absolue pour les solides el los liquides ; llanca retractos el vites; vontre indol'ore et doulou­reux ; crottlns durs, peu on pas euill'o- ; quclquelois diarrböo ; co­liques rarest sans duree; le ma-
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SfMIKIOI.OCIK.
:)27
Les loncliüiis urinaircs soul, ra-1 lade est loujo:irs dans uuc slatio i lunties et doulounniscs; I'urine aulomatiqne; il ne so couohe pus csl epaisse cl rougciUrc. Ordinal- souyent; los conjonctives soul ic-iciiieiit, le soil-, il y a exaccrba- teriques, sur fond rouge lie de vjn tion aveo sueurs aux flaues, aux et mfime non, souvent eltes sont ;iis, k la base des oreilles; on, en-' pioturtes de pelechies noirdtresi cove, ec sonl des frissons partiels \pouls de plus en plus mou et pins el genei'mix. 11 y a grande pros- inexplorablei arlere flasque el
lialion.
La marche do la maladie est ra­pide S la giiei-ison est presque ccr-tainc.
vide ; les urines e'eeoulent prdi-nairement sans pflbii, ellcs soul huileiises; le soir, il ya exacor-batlon, niais e'est de peu de du-rec ; sueurs et treiiibleinents; sou-vent, pendant le cours de la ma­ladie, interviennent des crises gc-iieralenienl fatales.
G. — Anatomie pathologiq
tie.
Generalemenl la decomposition est rapide et les cada • vres d^gagent une odeur infecte.
laquo;. — Appareil digestif,
Quand Tautopsie est füite peu d'instants aprös la moit, il n'y a pas ordinairement de ballonnement; cependant il existequelquefois, el meme i! est considerable. A 1'ouver-ture de 1'abdomen, si on constate de l'epanchement, ce n'est qu'une exception, II est rare de voir la masse intes-tinale avec sa lernte physiologique ; le plus souvent eile est verdätie et glaante au toucher, comitfe apres vingt-quairo heures de decomposition, ou biea eile est simple-
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328nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFKECTIONS l'YPHOIDKS.
ment päle avec rettet nacie ; quant aux dimensions, il y a le plus generalement retrecissement. Une alteration qui est presque constante, c'est la presence de plaques plus on moins grandes, de boutons, de taches d'un rouge noirätre ou brun ou plombe et meme noir franc, disseminees sans ordre apparent sur les mesentöres, Tepiploon, et sur le tube intestinal, aussi bien sur I'intestin grele que sur le gros colon oü ces taches existent le long des bandes charnues. Les mesenteres, Tepiploon sont toujours epaissis et colores en jaune plus ou moins fonce. Tous les vais-seaux sont gorges cl'ua sang noir imparfaitement coagule. L'etat de vacuite des inlestins est le plus ordinaire.
1deg; Douche, arriere-boucke, [jharynx ei aesophage. — L'ar-riere-boucheetlabase de la langue sont ie plus souventcri-blees d'ulcerations petites et dechiquetees comme avec uu emporte-piece. La face interne des levres est quelquefois rongee par des ulceralions plus larges que celles du fond de la boucbe et entourees d'ime aureole plus foncee quo I'ulceration meme.
Le pharynx asa muqueuseepaissie, ramollie, uniforme-ment coloree d'un rouge aoirätre et meme d'un noir fonce, ou bien ce ne sont que des vergetures violettes; ordinairement, eile est corrodee, gangrenee, tombant en splucele et offrant aussi des ulceralions lenticulaires.
La muqueuse de l'oesophage est alteree j usque dans sa portion cervicale, c'esl-a-dire rouge, epaissie et ra­mollie; puts, äpartir de la portion thoracique jusqu'au caidia, on ne remarque göneralement rien d'anoimai.
2deg; Estomac. — Quelquefois, Jistendu par les gaz, cet Organe ne Test jaiuais par les aliments; il est, au conlraire; plulöt rapeliäs^ et revenu sur lui-metne; la toile epi-
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SläMamp;OLOOIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;a?9
ploique qui le recouvre, souvent dechiree, est genera-lement rouge et epaissie.
La muqueuse du sac droit est tanföt d'un rouge uni­forme avec epaississement el grand developpement des glandes mucipares. Son öpith^lium s'arrache facilement; tantot ce ne sont que de simples vergetures offrant un magnifique pointille rouge, et rarement Ton rencontre ces rougeurs disposees par plaques ou bandes ou stries iso-lees; dans d'autres cas, cette muqueuse est noirätre, bru-nalre, violacee, corrodee en maints endroits et möme ulceree etcompletement desorganisee.
Nous avons vu ä l'entree du cardia, des tumeurs ren-fermant du pus en nature, tres-peu louable, existantenlre les deux plans des fibres charnues.
Quand il y a epaisseur des membranes, au niveau du pylore, le liquide conlenu dans Testomac est ordinaire-ment noir, epais et roussätre; quand Teslomao est completement vide, les parois internes sont tapissees par un mucus solidifie pour ainsi dire, dispose en larges plaques fendillees et eraillees; dans ce dernier cas, on rencontre souvent aussi de petites ulcerations ayant com­pletement detruit la muqueuse.
Une alteration — qui ne manque pas de grumte — et qui s'observe assez frequemment, — a son siege au pylore : celui-ci est enorme; il est colore en noir ou en rouge brun tres-fonce j le minimum de l'öpaisseur des mem­branes est de 2 centimetres et le maximum a ete de 4 a 8 centimetres; cela est du ä du sang en nature, öpanchö entre les membranes et plus ou moins organisö, ce qui explique l'inegalite dans l'epaisseur et la difference que l'on ressent au toucher. Nous avons quelquefois meme
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33onbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFl'üCTIONS TYHHÜlbliS,
rencontre des cas oü cet epaississement acquiert une durete cretacöe. Dans presque toutes les autopsies quo nous avons failes, nous avons constate que l'ouverture pylor.'qne est plus ou moins obstruee, et qu'en y passant le doigt on eprouve autant de resistance que pour l'introdiiire dans le cardia. M. H .Bouleyayant une seule l'oisobserve uneobstruction presdupylore, a regardecefait comme etant cause de l'enteriie aigue chez le sujet qui l'a presente. Nous ne partageous point, son opinion, d'au-tant plus que ces obstructions pyloriques ayant ete obser-vees frequemment, elles seraient plutöl efflaquo;t que cause de la maladie typhoide a forme abdominale.
En faisant une coupe du pylore, on voit que I'alteration de la teinte du sac droit se continue vers I'intestiu grfele, et que cette muqueuse ötant noirätre ou verdätre, eile reprend au pylore une teinte d'un rouge carmine, qui dis-parait quelquefois au commencement du duodenum. La muqueuse pylorique est tanlöt cou'eur lie de vin, tantot eile est noire, gangrenee, se dechirant facilement ou lombanl en detritus ; mais il faut dire que cet'.e profonde desorganisation n'est pas egale sur tous les points. Dans certains cas, on y voit de long noyaux formes par du sang caille, recouverts d'une couche sifranee, durs et criant sous I'instrument tranchant; ces noyaux faciles ä detacher laissent au-dessous d'eux leur place tres-bien marquee par I'absence complete de muqueuse, et leur contour irregulier est dessine par une profonde dechiqueture de la mu­queuse.
Les lesions ordinaires et presque constantes du renfler-ment pylorique laisseraient supposer, qu'en raison mfeme de la vascularisatioa de l'estomac, oetorgane se trouverait
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BBMEIOtOGlE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;331
uii des premiers frappe de sedation, de torpeur par l'action morb'ide d'un sang allere, et qua, par suite de cet etat particulier, l'elemeut reparateur icsu de la digestion, venant ä faire defaut, 11 serait admissible qua l'auimal ainsi doubiement epuise ne püt resisler ä cette grave affection ; et ce qtü nous porte ä tenir ca raisonnement hypothetique, ce n'est pas seulement la constalation des alterations de res'omac, mais encore et surtout celies du tube digestif que nous allons etudier.
'ia Intestin grele. — Tres-souvent retreci et vide de toute espece d'aliments, il est quelquefois entrecouoe de dilatations et de retrecissements qui le font ressembler ä un long chapelet de gaucissons. Sa surface quot;exterieure ne presente Jamals sa, coloration naturelle, car le plus sou-vent eile est, dans son ensemble, pale ou vert plornbe, mais non dans toute sa longueur; car, on voit au vert pale succeder le vert fonce, puis une couleur ardoisee suivie d'un gris päle. Nous avions conserve des portions d'intestiu offrant ces diverses teintes, mais, par la dessicca-tion, elles disparaissaieni pour (oujours. Ordinairement il y a une infinite de taclies, de grandeurs tres-differentes, variant du rouge cramoisi au brun et m^me au noir_; le peritoine parlicipait toujours plus ou moins ä cette colora­tion anormale.
Dans tous lescas, la muqueuse est lapissee d'une couche epaisse d'une matiere jaunätre, noiiätre, öpaisse, glai-reuse, puriforräe, ressemblantau meconium ; quelquefois ce mucus est si ^bondani qu'il remplitälui seul lout le calibre de l'intestin. D'autres fois, tres-adherent ii la mu­queuse, ilsemble organise et simulede veritables fausses membranes. Les alterations des follicules, observees dans
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332nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYfHOIDKS.
lous les cas, nousexpliquent, ainsi que la si bien demon-tre M. Andral, ce changement de caractöre du produit de secretion qui n'est plus du mucus, niais bien une mauere cpaisse, jaunätre, lluicle ou concrete. La coloration de la muqueuse ressemble ä celleclu dehors, c'est-ä-dire qu'elle n'est pas non plus uniforme : ici, elleest disposee par an-neaux circulaires d'un beau rose, puis eile est pale, puis rouge; lä, eile est d'un noir plombe auquel succede un rose tendre suivi lui-mSme d'un vert cadaverique. Nous devons ajouter que pour verifier la nuance de ces teintes, souvent masquees par unecerlaineepaisseur de cetenduit meconeiforme dont nous avons parle, on est oblige d'avoir recours au lafage ou au grattage pour faire disparailre ce liquide epais.
En outre deces lesions generales, qui, quelquefois, sont uniques, on rencontre des alterations toutes speciales qui demandant ä Stre etudiees en detail.
Duodenum. —La muqueuse en est rouge, brunchocolat ou mfeme noire h partir du pylore jusqu'au-delä de l'ou-verture des canaux choledoque et pancreatique; plus loin, la teinte varie, ainsi que nous venons de ie dire plus haut ; partout la muqueuse est epaissie, infiltree de serosite ou de sangen nature; eile estplissee, ratatinee. Ici et la, on voit de larges plaques rouges, rondes ou ovales, dquot;uu aspect tomenteux magnifique et dures au toucher; e'est surtout vers Ie pylore que Ion'rencontre ces plaques qui sont quelquefois d'un noir plombe, granuleuses et recou-vertes de sediment jemne d'ocre pris par M. Signol pour line consequence de Tadministralion du quinquina a cer­tains malades auxquels ce medicament avail ete donne. Nous croyons que M. Signol a fait erreur, car toujours
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SßMfilOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 333
nous avons observe ceUe leinte jaune, que nous ayons ou non fait usage de quinquina : cetle leinte serait plutot due ä la bile qui, n'etant pas sufflsamment absorbee, se serait concreteeen plaques rayonnees ; cette Hypothese trouverait un semblantde raison parce fait constant d'observation, a savoir: que ce n'est qu'au niveau de l'ouverture du canal cboledoque que se remarque cette beile teinle jaune, ailleurs il n'y en a pas. Dans d'autres cas, c'est une multi­tude de points miliaires formes par du sang extravase en nature; quelqnefois raeme ces petits points sont agglo-meres et forment une tumeur sanguine de la grosseur d'une noisette.
Les glandes isolees de Brünner, enormement hypertro-phiees, font le plus souvent noyees au milieu d'une vaste plaque dun rougabrun ; quelque-uues sont deprimtkss (t dediireesnkvr som7net, et simuknt deverilablea ulcerations. Iln'est pas rare de rencontrer des esckares de la muqueme de 5 ä 6 centimetres de longueur, sous lesquelles la mem­brane charnue est presque äletat normal.
Pour se faire une juste idee de la valeur de ces lesions, il faut se convaincre que I'auteur, dans les descriptions qu'ilen a donnees, est plulöt teste au-dessous de leur expression reelle ; car, dans maintes circonstances, ceü lesions etaient plus accentuees et plus completes.
Jejunum. —Lamuquensedecette deuxiöme portion do Tinlestin grfele, aussi tapissee d'un epais mucus glaireux, parlicipe ä l'altcralion geniale du duodenum; toutefois, les plaques sont moins larges et moins accu-ees ; mais en revanche, il y a de nombreuses taches petechiales et des ecchymofes qui sont quelquefois disposees en arborisa-
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334nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFIiGTIONS WHOIOES,
tions ressemblant ä des branches de polype; raremeiit la telnte de cette muqueuse est d'un gris plomhe.
Ileum. — Dans aucune des autopsies, celte portion de l'intestinn'aete vuesunsalterations, toujours la muqueusf reflate la variele des teiutes que nous Savons; eile est plus ou moins epaissie et ramollie ; tout rappareil glan-dulaire est modifie, et cette modification varie depuis la fimple hypertrophie jusqu'ii i'ulceralion.
Une particularite qui rarement fait defaut, estcelle-ci : ks plaques de Peijer hypertrophiees sont entourees a tin cordon rouge noirdtre et assez dur au toucher. Cs cordon, nousravonsdit dejci, faisait lä 1'offioe d'une enceinte iso-lanle, en quelque sorte, puisque le tissu circonscrit ou inscrit dans ce cercle etait tout a fait dissemblable des parties periplieiiques. En nous exprimant alors ainsi, nous nous reservionsde revenir sur les considerations que nous a fait connaitre M. Andral dans ses Etudes sur les altera­tions des foUicules intsslimuco on, entre autres choses, il dit quo le follicule malade est le siege d'une injection formee par de pelits vaisseaux entrelaces en divers sens, represenlantun grand cercle rouge qui circonscrit le folli­cule. Si nous rappelons ce texte, c'est atin de n'etre pas accua6 d'avoir confondu un etat normal avec un etat ma-ladif. D'accord done avec M. Andral, nous repeterons que 1'appareil glandulaire intestinal etait malade, et que la presence de ce cordon, entouiant les plaques agminees, altestait un travail modiricateur de ces follicules; et cette hypothese nous parait si bien fondee que le travail mo-dificaleur etant tennine par I'etat furonculenx parfait, ce cercle disparaissait completement.
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Passons deThypertrophie des plaques de Peyer k leurs ulcörations furonculeuses.
Chezuncheval nous avons rencontre des $schares gan-grenemes, des boutons furonculeux, tanquam stelaquo;,laquo; firma-menti.
Quelques-unes de ces plaques sont petiles, lenticulaires. les aulresovales, quelques-unes elliptiques ; niais le plus grand nombre aft'ecte une forme circulaire avec un dia-metre maximum de2 ä 3 centimetres. Ges innombrables plaques existent sur les follicules isolos, mais surlout sur les glandesde Peyer ; elles sont d une couleur variable, et cela sans consideration du lieu ou on les examine; les unes sont recentes, les autres sont d'une periode plus avancee.
Ges furoncles, remplacant les follicules, ont une teinte jaune-, ils sont convexes, aplatis ou dechiquetes et plus ou moins adherents; les uns sont noirs, les autres bruns et recouverls d'un enduitjaunälre dispose ä la maniere des riches soutaches des cötes de melon.
Autour de ces plaques, la muqueuse est coupee ä pie et presente une injection penicellee considerable; il en est qui, d'une periode plus avancee, ofirent des pertes de sub­stance, veritables vlccratiom au fond desquelles se voient les obres charnues ; enfin, quelques-unes soulevees, prfes de tomber, s'arrnchent facilement et laissent voir en des-sous d'elles uue fine dissection des fibies musculaires, car la tunique fibreusc etaitentierement detruite.
De loin en loin, on remirque des surfaces circulaires, jaunes, de 5 ä 6 milimeties de diametre, representant la substance jaune elastique que Ton rencontre toujours dans les lesions de la flevre typhoule de rhomme.
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33Gnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TWHOIDES
II y a quelques ulceralions peu profondeSj elliptiques et d'un petit diamelre, qui sont des mieux caracterisees dans ce cas, comme dans les plaques qui ont un plus grand diametre ; la surface externe de Tinteslin a une teiate He de vin a. laquelle participe le peritoine.
En detachant la muqaeuse des autres membrane?, par voie de dissection ou d'arrachement simple, on voit en certains endroits qui ne correspondent pas aux plaques ulcerees, une surface brunalre qui ne parait absolumeut qu'a la face externe, et qui ressemble a. une barbe brune recemment faile.
Ces alterations des follicules sont surtout remarquables dans l'ileum, oü Ton voit les plus belles, les plus larges de ces lesions,
Ainsi done, les lesions specifiquequot;s de l'intestin grele qui ploident en favenr de la denomination de typhoIde pour cet ordre de maladies chez le cheval. sont :
Premier degre. — Hypertrophie des follicules isoles et agmines avec cercle des vaisseaux les circonscrivant d'une raaniere toule particuliere; et, comme consequence, aber­ration de la secretion du mucus intestinal;
Deuwieme degre. — Formation, au lieu et place de ces follicules hypertrophies, d'un bouton furonculeux separe de la muqueuse parunsillon plus ou moins profond et irregulier ayant la disposition d'un cercle isolant;
Troisieme degre, — Ulceration partielle ou complote de ces boutons ou eliminationdesditsfuroncles; au pourtour, la muqueuse, saine encore, est tailleea pic.
Voilä ce que nous avons observe, non pas sur un mäme sujet, mais sur des sujets diderents; 1'experience nous a demontre que celte affection avail des caracteres
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SEMErOLOGlK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;:537
suffisanls pour^en faire na genie a part, el c'est pourquoi, d'accord avec la majorile des veterinaires mililairts, nous disons quo l'affection lypbolde exisle et qu'on ne peut lanier.
Nous avons vu dans I'ileum une tunieur de la.grosseur d'une aveline,bleuatre, resistaule, et contenant, dans son interieur, rflaquo; pilaquo; (;mlaquo;lt;re ; en dessous, la muqueuse et la fibreuse sont detruites; il ne reste plus que la musculeuse dont les fibres, en quelque sorte dissequees, sont plus apparentes. Nous avons ä6]i constate cette tendance ä la formation du pus, sou dans le poumon, soil dans I'estomac, soil ailleur?, et si nous insistons sur ce fait, c'est pour demontrer que ce n'est pas faire fausse route que d'admettre la formation du pus dans les affections ty-pho'ides, puisque, d'une part, nous avons rencontre du- pus un peu partout el que, d'autre part, il nous semble que les chevanx, sujuls de nos observations, etaienl bien alteints de cette maladie.
A la terminaison de J'inlestin grele dans le coecum, commenoaitun aulre ordre d'alleralions, que nous aliens dfcrire.
4quot; Cacum. — II renferme ordinairement pen dematiöres alimentaires, c'est plntöt un liquide contenant en suspen­sion quelques parcelles flbreuses et renandant une odeur infecte.
Lerepli valvulaire qui exisle ä la terminaison de l'in-testin gröle est toujours epaissi, rouge fonci ou d'un noir plombe ; sa muqueuse, ramollie, presente quelquefois des perles de substance. Dans la pluralite des cas, la mu­queuse du ccecum est rouge, noirätreou plombee et s'ar-rache trös-facilemont; ordinairement a la pointe, ces
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.laquo;8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFEGTJOHS TYPIKHDKS.
altüi-alioiis S'iit ä leur maximum, et ni^me, chez certains sujels, on constate de verilnbles lacerations tres-irregu-lieres, si Ton peul ainsi appeler des pertes de substance do la muqueuse.
5deg; (iro.i.colon, — L'etat normal ne se rencontre j-jmais ; la seule exception ä invoquer est le peu d'etendue des lesions generales dejä relatees et consistant dans les pla­ques, les taches, 1'etatet lacouleur de la muqueuse, car le plus souvent le gros inlestin participe a 1'ensembie total de cessortes d'alteratious, c'est-ä-dire que la muqueuse egt;t epaissie, qu'elle varie en couleur du rouge au noir,qu'elle estm^me plombee ou verdntre.que parfois eile est gluanto ou tout äfait söche; dans ce dernier cas, les ingesta sont durs, serres, presses, compactes, et trös-adherents ä la mu­queuse; et entin, quedelarges plaques rouges ou violacees existent ie long des bandes charnues.
De meme que pour lecoecum, nous avons vu le long des bandes charnues sept ä buit tumeurs contenant cha-cune du pus; cette particularite a eleobservee aussi dans d'autres circonstances. Enfin, pour 6tre d'accord avec mainlsobservateurs, nous devons dire que les courbures anterieures sont quelquefoisrerapUes de graviers, de sable, d'ardoiseou d'autres corps elrangers solides, sans pour celay attacher, daus I'espece, beaucoup d'importance, puisque leschevaux qui presenlerent ces amas avaient fait lacampagne d'Italie, oü ils avaient pu deglutir ces objets en mangeant ä terre.
II arrive quelquefois que les plus graves alterations n'existent qu'en uu seul point d'election oü la muqueuse est plus noire, plus ramollie que partout ailleurs, formant des boursouflures au-dessous desquelles le tissu cellulaire
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SßMßlOLOGIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;339
sous-muqueux efetemohysemaleux et laisse ä nu les fibres de la tunique charnue.
6deg; Colon flottanl. — Gomme lesions gönerales, rien de particulierä ajouter ä celles dejraquo; connueset seresumaut par uii etat de coloration variable et un certain degt-ede ramoliissement dela muqueuse. On y renconlre plus sou-vent des crottins durs, sees et monies, que des matteres liquides ou ä demi ramollies.
1raquo; Rectum, — Presque toujours, la muqueuse est plus alteree que dans le colon replie, et encore cette alteration n'est-elle pas de meine nature; la muqueuse est fort epais-tie, ratnollie, partieliement dechiree, d'un noir violet uniforme oü dispose par stries ; les crottins ysont göne-ralement amasses en quantile; ils sent durs, sees et serres.
h. Appareil glandulaire.
1raquo; Foie.. — Dans la 2e partie, nous avons suftisamment relate les lesions et alterations du foie, et surtout les consequences qui pouvaient en resulter; pour ne pas repe-(erici ces descriptions et ces considerants, nous renvoyöns le lecteurä la sect. \ du chap, in de la 2e parlie, page 214.
2quot; Rate. — II est rare de la rencoiitrer sans aueune niolificalion apparente; ainsi, le plus souvent, eile est petite, ratatinee, completement exsangue: dans ce cas, le Systeme veineux abdominal est gorge de sang, Ou bien, eile est enorme, large, boursouflee, noueuse, pleine d'un sang poisseux, gelatineux, veritable boue violacee, tachant forlement les doigts : dans ce dernier cas, le Systeme ve\-
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340nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;APFKCTIOKS TYPHOIDKS.
neux abdominal a moins de developpement qu'a 1'etat normal ; parfois eile est picturee d'un millier de pelechies violacees, lenticulaires, entourees d'une aureole plus ciaire sur toute sa surface, ou k la pointe, ou seulement surtebord tranchant. Quelquefois sa pointe est enorme el, en I'incisant, il s'en econle une matiere albumineuse loussätre.
Ces lesions de la rale sont fort interessantes, car elles attestent que le sang a subi une profonde modification.
3quot; Reins.— Les lesions en seront decrites au litre de I'Appareil ginito-vrinaire.
5quot; Pancreas. — Rien cle particulier a noter.
P. — Appareil genito-urinnire,
\a Reins. — 11 est Ires-rare de renconlrer les reins sans lesions; car, de meme que dans le foie, elles sont con-stantes. lis sont ordinairement plus gros, plus volumineux, ramollis et tres-friables ; quelquefois il n'ya qu'un rein de malade, et c'est plus souvent ie droit; dans ce cas, le gauche est plus petit qu'ä 1'etat normal. Salon I'ancien-nete de la maladie, Talteration est plus ou moins com­plete ; dans tous les cas, la desorganisation n'est pas egale dans Fun et l'aulre rein. Tantöt ils sont plus pales qu'en sante, tantöt ils sont plus fences en couleur ; d'tmtres fois, une riebe et capricieuse arborisation rampe sous la capsule flbreuse, qu'eile souieve en maints endroits, ou encore ce ne sont que de larges laches analogues a celles que lJon a rencontrees sur l'intestin greie, ou des milliers de pele­chies qui Interessent presque l'epaisseur de toute la sub­stance corticale. Nous avons meme observe des cas oü la
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SßMßlOIiOGIK.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 341
capsule tibreuse etait soulevee par un epanchement jaune citrin, clair et tremblant comme de la gelee.
Si Ton fait une coupe horizontale de la pointe vers la base, on trouve ou ün simple ramollissement ou une des­truction complete de la substance corticale et tubulee, qui est noirätre et couverte de taches hematiques; il est meme quelquefois impossible de reconnaitre la structure de la substance tubulee qui, toute noire, repand une odeur infecte; ici et la, on rencontre quelques foyers purulents. Quel quo seit, du resle, le degre d'alteration des reins, on rencontre ton/ours dans le haamp;sinet une certnine qnantite de secrition Jaunätre Spaisse, glaireuse, cnseeuse elpuriforme ; quelquefois le bassinet est rempli de sang en nature, Les lubes terminaux et l'infundibulum de ruretere sont tou-jours vougesettres-epaissis.
Si on fait un usage prolonge de l'onguent vesicatoire, la cantbaridine ab?orbee peut reagir sur les reins • raais ici cettesuppositionnepeutetre invoquee. puisqueTalteration des reins a toujours ele la meme, qu'on ait fait usage ou non d'onguent vesicatoire.
2deg; Unteres. — Ils sont presque toujours le siege d'une sugillation magnifique ; generalement ramollis et grossis, ils ont parfois le volume de l'index. Une section faite en travers laisse toujours ecouler une certaine quanlite de cette maniere puriforme dont le bassinet renal est plein; la muqueuse est epaissie, rouge et infiltree.
3deg; Vessie. — Petite, revenue sur elle-meme et conlenant peu d'urine, tel est 1'aspect qu'oftrc le plus souvent la vessie ; la voir grosse et pleine d'urine n'est qu'une excep­tion. A la section du col, ily aleger ecoulement d'une urine plus souvent epaisse, jaune et huileuse que claire ; eile est
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Minbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AI'FKCTIO.VS l'yPHOlJES,
quelquefois sanguinolente, tenant en suspension de pelils caillots ; cela s'observe quanl du sang a ete trouve dans le bassinet rönal; cetle urhio n'est pas toujours acide ni al-bumineuse.
La muqueuse, epaissie, infiltree, est d'uri rouge brun ; eile e?t le plus souvent maculee d'une multitude de peto-chies noirätreSj peliles, arrondies, noa agminees et disseminees, tantöt sur toute sa surface, tantot n'exisfant qu'au col ou dans le fond, qui est quelquefois tapisse d'un depot sMimenleux Ires-adhereul ä ia muqueuse.
Nous repeterons ici ce que nous avons dit, ä propos des reins, sur la valeur, dans l'espece, de l'absorption de la cantharidine.
4deg; ürethre. — La muqueuse de ce canal par.ticipe a ia vasciilarisation gönerale dans sa premiere portion ; eile est rouge, epaissie, maculee et stride de noir.
5deg; Vagin et uterus. — La muqueuse vaginale est rouge, violacee, seche et picturee de taches hematiques.
La muqueuse de Tuterus est rouge, epaissie, infiltree, criblee de taches petechiales ou maculee de larges plaques hematiques, ou encore d'un rouge brun, rouge livide ou noir violace : e'est surtout dans les comes que ces teintes vives s'observent plus particulieremen!.
Quelquefois la portion peritoneale du bassin est vive-ment injeetöe, ainsi que les ligaments suspenseurs uterins,
11. — Caracteres differentiehdes lesions
ENTBE niie ent^rite aiuur et une ent^rite typhoVdc.
(in rcmarqiio dilTörentcs rou-] Li muqueuse est infillr^e, epais-grars en fnnue ile poinls, de p'.a- \ sie, diversementcoloröe en ronge,
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SKMKlOLOOli:,
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ques, sur l;i muqiumsc entlamni^e j cello-ci öl bourBOullie, cpaissio ou compiiHoaiCvl detniilo. On voil quelcjuefois des petits points siiij-binls qni no sont autre clsoso qnc des folliciilps hyporlnipliiOs Dl reconverts d'uhe couchede mucus connreto en forme dc membrane, Qitc Vcnlcri.tc sail franche,aigul'ou adynamigue, les glahdes de Pever
ET DE UrU-SNER SORT TODJODRS
baines. Ii. m'ya pas d'ülc.i':iutio.\'S ! Los ganglions niosonlcriqnos soul dans quelquecas engorges el rou­ges tres.
In'iin on noil-, soil pmlongues ban-dps, soil par plaques on boutons; los follicules sont hypertrophies cl entourds (f'utt cordon rfo vaisscauM apparents qni al'flrment Icur alte-lalion. Chez quelqaes snjels, In modification esl. [dns profonde, car on renooulre rfc gros cl lai yes
BODl'OMS FCRONCULEUX Cl DE VERJTA-RI.F.S ULCÜRATIONS DES PLAQUES DK 1'iiVEii. Ce ^ont In les lesions spe-cifiques; loules les autres quo j'ai I'appurleos, soil do I'inlestiii, soil des aulres regions, no permcttenl pas de confondre ces donx affec­tions, l.es ganglions mösenteriques sonl, rougeftlres, phisgros, ramollis
Pi tDCIW rrffin'ls rti pulrUai/r_
SECTION V.
Manifeslations cerelrro-spinales,
Les premieres, entre loutes les manifestations, ce sont celles qui dependent des troubles du cerveau; en effel, ne savons-nous pas quo le premier signe, le seal signe durable dans ces affections, est le coma ! Or, ce coma est du ii une alteration primitive dusang, inconnue dans sacause aussi bienque dans sa nature; alteration qui a pour effet de determiner dans la sereuse la plus fine de l'economie, Parachnoide, un fluxus anormal momentane ou continu, qui est le point de depart de tous io,- desordres que nous connaissons diMä,
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.144nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TO'HOIDKS.
Ainsi done, premier effet : le coma ; puis viennent les agitations des membres que nous avons vues chez certains snjets fitre ce que Ton nomme, dans l'homme, des crispa-tions nerveuses; ou bien, ce n'est, au contraite, qu'une immobilile absolue. On constate raffaibiissement ou I'exal-tation instantanee de la force musculaire; les soubresauts dans les masses ol^craniennes et dans les muscles du grasset; ii y a aussi la roideur des mouvements. La pa-ralysie partielle, locale, et enfin les boiteries intermiltenles dues evidemment k un trouble dans I'lnflux nerveux des gros troncs qui se distribuent dans cemembre.
Mais lä neseboroent pas les plienomenes dils atacoiques de ces manifestations : dans certaines conditions que Ton ne peut ni prövoir, ni empecher, en toules saisons, mais surlout ä I'automne, on voit le cheval offrant tout ä coup des symptömes vertigineux violents, furieux, de-sordonnes; ou encore, frappe d'un coma, d'une slupeur teile qu'il y a appui irresistible et tres-tenace contre le ratelier, la mangeoire ou 1c mur de face.
Dans d'aulres cas, e'est une paraplegic qui debute brus-quement, et alors on voit le malade lutter autant qu'il le peut contre la chute imminente qui le menace et dont il ne se relevera pas.
Ces accidents sont tres-varies, et pendant leur duree, souvent intermittente, on remarque une sorte de temps d'arret dans les mouvements du flanc qui est fremissant, et d'un calme apparent ;et e'est notamment dans les ma-nifeslalioiib abdominales, plutöt que dans les peclorales, que I'on observe ces symptömes alaxiques.
Quelquefois, il ya tiismus träs-marquö, suivi d'un
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SEJlfilOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 345
relachement de mächoires; puis, peu apres, nouveau trismus.
Dans ces divers etats, le pouls est tres-faiblo, Irös-dar, serre, pendant les acces; il redevient mou et [)lein pen­dant les intermiltences.
Les conjonclives sont rouges, noirätres, sur un fond jaune bistre, souvent maculees de petechies.
Quand il y a manifestations du cote des centres ner-veux, lamaladie est generalernent de courte duree; car, le plus souvent, une moit prompte vient y metlre une fin.
Lesions. — La forme ataxique, qui s'observe rarement seule, est intimement liee ä l'aiteralion du sang; car, souvent la mort suivant de quelques heures le debut, on trouve ä l'autopsie, non pas des lesions essentielles du cerveau ou de la moelle epiniere, raais une stase sanguine dans les vaisseaux sus et sous-arachnoidiens et meme dans ceux qui rampent sur les lobes cerebraux ou le long de la moelle.
Le sang de ces vaisseaux est noir, sirupeux, incoaguhible; jamais, dans ce cas, nousu'y avons constate de cristaux ni de bätonnets.
SECTION VI. Manifestations siddrantes ou foudvoyanles.
Dans les cas ordinaires de pneumonie ou d'entörite typboide1', la marche de la maladie suit un cours regulier ; sa duree est variable, mais enfin eile peut etre prevue,
II est des cas exceptionrels, assez rares, oü la fin de la
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^16nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TVI'llOIUES.
maladiti suit ile pres le debut; c'est ce que Ton a noninie cas foudroyants #9632;'
11 n'y a pas de dibut apparent; le signele plus certain de l'invasioa, c'est la coloration des muqueuses, qui sont tout ii coup d'un rouge violace, acajou et quelquefois meme cijanosees. Par ce sigae, ou peut 6tre sür que la maladie sera courte et qu'eile aura une terminaisou fatale.
Les flancs sont tumultueusement agites ; le corps mis-seile de sueur; il y a des tremblements generaux ; pro­lapsus de la levre inferieure et du penis ; reins roides el vousses; extremites giacees ; mouvements du coeur preci-pites, affoles pour ainsi dire ; pouls petit, filiforme, inex-plorable ; conjouctives, buccale, pituitaire, noirej, viola-cees, couvertes de petechies larges et irradtees ; rien d'anormal dans les bruits respiratoires; pas d'appetit; diarrhee ou constipation ; nombreux borborygmes; urines frequentes, troubles ou rougeätres.
Get etat dure un, deux ou trois jours au plus -, puis, il
s'aggrave d'une maniöre desesperante; on voit i'animal
lutter de toutes sesforces, de toute sa jeunesse centre la
mort; agonie douloureuse, desordonnee ; mort prompte
et cerlaine.
Kssaye-t-ou de lasaignee?le sangs'ecoule tres-difd-cilemcnt de la veine ; il est noir, violare, gluant, collant et tachant jles doigts, et presque incoagulable. La saignee occasionne sou vent de veri tables syncopes.
Examine au microscope, on ne voit que leucocytes, et globules deformes, etoiles; le sang n'offre pas (race de bacteridies (du moins, nous n'en avous janaais rencontre); il u'y a pas decristaux ; il ne donne aucunc reaction aeide;
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Sß.MI'IOLOGIi:.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;M'i
niaiy, (uiilc pur l'aoide azotique, il en rösuile uu coaguluui noirätre.
C'estcetievsjriele d'affection lyphoide que certains au-leurs ont compaiee ä la fievre charbonneuse. La meprise est possible, excusable. Si nous disons meprise, c'est quo les caracteies specifiques que 1'on a donnes du saug chaibonneux ne se rencontrent pas dans le sang vivant ou mort des animaux succombant a Taffeclion typhoide foudi'oyante ou siderante.
Si ce n'est du charbon, qu'est-ce V..... Toujours est-il
que cette pretendue fievre charbonneuse ne se transmet pas par inoculation, caractcre diflerentiel qui doit lever lout doute ii cet egard.
SECTION YlI.
Des epiphenomenes.
\o Aeeesvertigineux.— Dejä. nousavons dif, ä la section des manifesfations cerebro-spinales, que quelquefois il y avait des ncces vcrtigineux, surtout quand il y avait pre­dominance de la localisation abdominale ; mais, en de-hors decefait deiermhie, il vient souyent s'ajouter aux phenomenes de diverses manifestations des accidents ou epiphenomenes du cote des centres nerveux, veritablelaquo; acces vertigineux essentiels qui nesont nullement sous la dependance des organes digestifs ou de leurs annexes. Dans ce cas, ces acces sent de cour'e duree et ilssont graves.
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348nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
ta Pamplecjie.— Dans certaines cii Constances, eile se niontre des le debut de ces affections, et c'est pourquoi, sans doute, M. Signol a cru devoir faire una forme .para-plegique. A notre avis, c'etait lä une erreur d'apprecia-tion.parce qu'on invoquait surlout la dechirure complete ou incomplete des muscles psoas. En effet, dans ces affec­tions, on voit tres-souvent, presque loujours, le cheval campe du derriere; eh bien ! les psoas, normalementpius mous que tous lesautres muscles, se trouvant, comme tons les tissusde I'organisme, sous le coup d'une action destructive, pour ainsi dire, qu'y a-t-il done d'impossible d'admettre que, sous le double effet d'une extension con-staule et prolongee, et d'une diminution morbide de leur resistance physiologique, ces muscles se dechirent fibres par fibres, kntement, mais sans cesse, comme cela arri-verait d'un morceau de caoutchouc ramollisur Lquelon tirerait parchaque extremite?Si les chosessepassent ainsi, la dechirure des psoas ne pent expliquer la paraplegic, mais bien la contracture generalc des muscles de l'ar-riöre-main, qui sont en lutte ouverte pour resister a une chute imminent^ du corps surfe sol; et si ces muscles puissants nese dechirent pas, comme les psoas, c'est parce que leurs fibres sont plus solides ; cependant, nous avons, observe aussi une dechirure complete des muscles obiurateurs clans le cas de psraplegie.
Le plus ordinairement, camp;i paraplegies incurables ne se manifestaient que dans la derniere periode de la maladie.
3deg; Bolteries intermittentes, — Nous avons souvent ob­serve des cas de boiteries intermittentes des membres anterieurs et surlout des posterieurs; generaiement ces
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SiMlOLOGIE.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;349
boiteriesdisparaissent sans traitement sans savoir ui pour-quoi ni comment; quelquefois, dans ces boiterles, il y avail abolition de la sensibilile, ce qui prouvait qu'elles dependaient d'une perversion nerveuse.
4deg; Sueurs abondantes et diurbse. — Les sueurs partielles s'observent frequemment, tandisque les sueurs genörales et abondantes sont plus rares; c'est toujours un signe que ne doit pas negliger le praticien, car elles peuvent etre suivies de guerison, si on a eu soin de les entretenir et d'eviter leur suppression. II sera toujours indique de favoriser les sueurs ou au molns d'eviter tout refroidisse-ment de la peau, et d'exciier la secretion de l'urine, qui hälera d'autant plus la guerison qu'elle sera plus abon-dante.
5deg; QEdemes, Mortification des tissus. Gangrene parlielle. Destruction des muscles. — II arrive quelquefois, k la fin de ces maladies, un cedeme considerable des quatre extremites qui ressemblent a quatre enormes poteaux ; cette infiltration s'arrete ä la hauteur des coudes et du ventre; si cet oedeme disparait brusquement, on doit s'attendre a la mort du malade. 11 n'y a pas que les membres qui soient infiltres, il y a aussi le fourreau, la region sous-abdominale, la t6te a son exlremite infe-rieure; I'animalest alors hideuxk voir. Dans le traitement de cedemes, il faut öviter les scarifications car il en resulte une hemonhagie passivequ'il est quelquefois bien difficile d'arreter.
Quand ces cedemes prennent une graude proportion, ils precedent la mort de un ou deux jours.
G9 Fourbure. — Ghaque fois que nous avons vu la fourbure se declarer, la mort a ete inevitable, non pas
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3S,Qnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Al'FBC'tlONS TXPHOIßES.
parce que ies douieurs elaieut lellemenl vialautes qiTolltis dussent amener un prompt epuisement nerveux, mais bien parce que !a maladie etait arrivee ä ce point que, fata-lement, eile devait tuer le malade.
Qaand eile apparait, on la constate soil dans les quatre sabots, soitdans deux seulement; la nature des lesioas ne laisse aucun doute sur cette congestion asthenique, passive des sabots.
7deg; Laryngile et angine. — Ces accidents sont tiesraquo; Mquents; ils n'acquiörent de Ja gravite qu'autant que Taffection revet elie-meme une forme grave. Ces epipheno-menes, fussent-ilsmeme benins, ont toujours une serieuse importance, en ce sens qu'ils genent beaucoup le malade pour la deglutition des solides et des liquides.
8deg; Eruption ä la peau. — Cette eruption qui peut avoir quelque analogie aveo l'ecthyma de l'homme, a ete quelque-fois confondue avec le farcin, et traitee comme teile. Gelte eruption est toujours grave et souventsuivie de la periode d'etat. Elle se montre tout a coup, sous forrne de cliapeiet, sur les cötes, sur I'encolure, sur les membres; chaquo bouton estrelie a celui qui le suit par une sorle de cordon ; aussi, cette disposition a-t-elle pu permettre la con­fusion.
Ces boutons sont de la grosseur d'une balle de fusil, ils sont chauds, tendus et douloureux ; ils disparaisscnl, par resoluiion simple, favorisee par les fondants; ou ils s'abcedent ä la maniere des boutons de farcin, et alors, il faut les cauteriser pour en baler la guerison.
9deg; AvortemerU. — Panni les animaux achete^ do touies mains pour les remonles des regiments, il s'est trouvc quelques juments pleines qui i'uront atteintes del'affeetion
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SMfilOLuGIK,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;381
regnante. I,es unes moururenf, les autres avorterent ; et celles qui mirent bas ä terme, ne purent elever leurs pro-duits par suite du defaut de lactation süffisante.
Nous devons notoi- qu'un foetus avorle presenta des traces de lesions inteslinales analogues ä celles qui furent toujours observees sur !es chevaux adultes, Ce point d'ana-tomie pathologique doit etre pris en grande consideration, quant a l'appreciation de la nature de celle affection es-seniiellement constituee, nous le savons, par I'alteration du sang.
iOo Syncope, — La syncope, consecuti veä la saignee, est un fait que nous avons observe, ainsi que d'aulres veterinaires; eile se manileste des le debut de la saignee, quelquefois dans le milieu, mais toujours avant la fin.
'Il0 Synovites tendmeuses et articulaires —De meine que dans les pneumonies et pleuro-pneumonies franches, on observe dans les maladies typhoides des synovites teadi-neuses et articulaires.
\%ä Crnqxement des articulations. —Nous n'avons Ja-mais observe cette particularity qui serait, pour M. Renard, tellement caracteristique qu'il crut devoir donner ä ces atlections le qualificatif d'organopathie adynamique.
ISquot; Coloration de la peau. —Parmi tons les nombreux malades que nous avons vus, nous n'avons jamais con­state de coloration de la peau, en dehors des regions oil ily avail du ladre, telles que ie bout du nez, les levies, les testicules, etc,
14quot; Vepistaxis peut quelquefois se produire.
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Kinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AmjCTIONS TYPIIOIDKS.
CHAPITRE III.
TRAITEMENT.
SECTION I. Des moyena hygieniques.
A, — Dei t.raitements en general.
Nous avons vu faire usage des traitements les plus contre-indiques dans des maladies typholdes a symptömes bieus accuses. Nous avons vu trailer ces maladies, toujours et quand m6me, par de memes moyens: que ces maladies revelissent teile ou teile forme. Nous avons vu entin les beaux resultats de ces methodes exclusives et systema-tiques ; la mort du cheval, et cela neuf.foii sur dix!
Quel est le röle d'un vetörinaire place en face d'une ma-ladie typhoide? Son role doitconsister äfavoriser non-seu-lement la nature, mais surtout a 1'imiter dans ses efforts de reparation.
Quels sont les moyens employes par la nature? C'est un systeme multiple et varie lt;\e derivation : ici, cesont des sueurs copieuses ; lä, de la diarrhee ou de la diurese; ou encore c'est une localisation morbide qui cfede sa place a une autre,etc., etc.
II y a done indication pour le veterinaire de substituer une affection ä une autre affection de meme espece ; da provoquer des phenomenes critiques qui la jugeront, et, ä döfaut de ceux-ci, d'employer des moyens artificiels
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3^3
equivalents. D'oü le choix entre les saignees, les rövulsifs, les sinapsmes, las sudorifiques, les toniques, les amer,laquo;, les diuretiques, etc.
11 riy a pas de traitcment special des affections typhoiies I il n'y a pas d'antidote {antidote?... le mot a ete dit, nous ne I'in^enlons pas)! S'iln' y a pas de traitement special, il y a un trailement qui devra toujours ötre rationnel: on y arrivera : 1deg; en faisant appel aux secours puissants d'nne hygiene convenahle: et 2deg; comme adjuvant, en mettcmt en usage des moyens tMrapmtiques utiles.
B. — lgt;es seeoun hygitniquespreservatifs.
Premiere indication. — L'un des secours hygieniques les plus efficaces, e'est d'eviter rencomhrement. La reunion d'un trop grand nombre de chevaux dans une meme eourie est line cause d'infection indestructible, parce que lenzootie une fois etablie, celle-ci fera d'autant plus de prognV; qu'elle aura plus de sujets predisposes ä etre frappes.
Nousavonspu apprecier les inconvenients de rencom-brement et les avantages de fisolement. Dans la garnison oü nous avons observe lenzootie typhoide, objet principal de ce memoire, les malades provenaient tons de la möme source, c'est-ä-diredesecuriesoü cent cinquanteet deux cents chevaux etaient enlasses les uns sur les autres ; tandis que lä oü il n'y avait que peude chevaux rassembles, soil dans les ecuries de la ville, soit dans celles des cantonnements, ces ecuries ne nous fournissaient que trös-peu de malades. Ce fait cl'observation trouve sa confirmation dans les con­sequences ile I'enzootie qui a sevi sur les chevaux de la
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SUnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS 'lYl'IIOIDIiS.
Gompagnie des omnibus de la villa de Paris : peu de uia-iades et peu de mortalite, rolativement au nombie. Parce que, dans chaque depot, lesecuries sont gencralemont peu spacieuses et ont I'avanlage d'etre trös-morcelees ; d'oii pas A'encombrement proprement dit.
ßeuxieme indication. — Maintenir I'integritedes foncliom de la peau. Faire de frequents pansages, öviter lescourants d'air souvent inevitables dans les grandes ecuries, toutes les fois que Ton veul les aerer. Si les fonctions de la peau paraissent ralenties, si le poll est lerne et pique, il faut faire usage de doubles couvertures et de bandes de llanelle aux extremiles. 11 .suflit d'emettre cetle indication, qui contient lous les developpements theoriques, pratiques et physiologiques quechacun de nous conualt; il nous paratt done inutile d'en essayer ici le developpement.
Troisieme indication. Ne pas aömer du travail force et premature. Cette condilioa essentielle n'est pas toujours facile ä remplir, car les chefs de corps ne s'y pretent pas volontiers. 11 est, toutefois, du devoir du veterinaire de de-mander la suspension du travail pour les jeunes chevauN soulfreteux ; de la sorte, et quoi qu'il arrive, sa responsa-bilite sera toujours a couvert.
Quatrieme indication. L'alimentation devra etre de bonne qualiie, en quantile sullisamment reparalrice; les ecarts de regime, que ce soil en exces ou en moins, predis-posant toujours le cheval ä contracter des maladies qui, sous rinfluence de certaine constitution medicale, peuvent revetir le cachet typho'ide.
Cinquieme indication. PromenadesJournalieres. Elles scront toujours d'un excellent effet, ii la condition qu'elles
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III.MTi:MK;M.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3bn
se feronl par un temps non pluvieux et vers l'heure (Je midi en toutos saisons, excepte en ete.
En observant ces indications principales, que nous au-rions pu encore multiplier dims leuis details^il y aura, d'une part, plus de chances de ne pas ötre aux prises avec I'af-fection lypho'ide; et d'autre part, il y aura plus de chalices aussi de voir apparaltre les maladies ordinaires du jeune äge, teiles que gourmes et pneumonies franches, avec une gravite relativement moins grande que si on ne se füt pas conformö ä ces indications. Mais si, malgre ces soins hy-giemques, qui sont generalement executes dans tous les corps, I'affeclion ty[)lioi(le vient k se declarer, il y a lieu do les modifier, ainsi qu'il va etre dit.
ii C. — Des secours lujqieniques cvratifs.
Si on n'avait que quelques malades a traiter, ilserait bien facile de leur donner les soins hygieniques les plus minutieux ; aiais quand les malades se comptent par cen-laines, commenous I'avons vu au regiment ou nous avons etudie cette affection, cela devient a peu pres impassible. Ainsi, pour retablir chez un petit nombre de malades les fonctions de la peau dans un etat normal, on fera usage de fumigations excilantes generales ou de bains de va-peur simples ou anodins; puis, aprös, ou sechera la peau par de vigoureux coups de bouchons de paille, et Ton re-couvrira bien le malade. Chaque jour, ces soins seront repetes; et uneheure ou deux apres, I'aninnal sera sorti ou promene pendant un laps de temps qui depenclra et de son etat et de la temperature du jour. Dans le cas d'enzootie oud'epizootie, ces fumigations, auxquelles nous attachons
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336nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
une certaine importance, ne sauraient se pratiquer; on se contentera de bons et frequents pansages journaliers, et des frictions seches sur lesextremites; cette operation sera süffisante, si surlout eile est faite en dehors de l'ecurie et auSoleil, pour rechauffer lapeau, la tonifler et entretenir ses fonctions.
Quand les malades seront loges dans de pelites ecu-ries, et si la temperature est peu elevee, il y a indication de faire usage de la couverture; mais s'il fait chaud, s'ily a agglomeration, remploi de la couverture sera plus nui-sible qu'nlile, car eile agirait dans le sens du mal que Von veut combattre, en provoqnant des sueurs que le raoindre courant d'air pent repercuter.
En recommandant dJöviter les encombremenls dans un meme lieu, afin qu'il y eut moins de chances devoirappa-railre la maladie, nous avions, a fortiori, la pen?ee de soutenir qu'ils ne doivent pas avoir lieu pour les chevaux malades. C'est ce qui ne se fit malbcureusement pas au \ir regiment d'artillerie, oü il y avail plus de deux cents malades dans une seule et meme ecurie; aussi le nombre des victimes a-t-ilete considerahle I Ge n'est pas que nous invoquions ici la contagion, non ! Mais il est bors de doule que, dans de telles conditions, toul primail en faveur de la maladie, d'autant plus qu'une aeration complete etait impossible dans cette ecurie, trop longue et mal disposee pour la pratiquer sans danger.
Le pansage et Vaeration des ecuries sent des moyens hy-giöniques trös-importants ü utiliser; car, en outre des eifets immddiats qu'ils ont sur la peau. ils favorisent The-matose. Ppur arriver ä cet important resultat, il faut non-seulement veiller ä ceque les ecuries soient constamment
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miTEMBNT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;357
ventures, mais encore il faut qua les chevaux fassent de courtes el frequenles promenades, pendant lesquelles on renouvellera completement Fair des ecuries, et Ton refera les liträres. Au retour des promenades, les malades de-vront fetre vigoureusement et promptement bouchonnes; puis on leur donnera aussilot ä manger,
Dans les affections typhoides, jamais ün malade ne sera mis a LA BIETE !
Le regime blanc ne sera qu'une exception ; il sera im superflu, mais jamais il ne devra exclusivement composer la ration alimentaire du malade. Paule, foin, avoine, ca-rottes, orge, pain, tels seront les elements de la ration re-confortanfe. Entre le regime dcbilitant et le regime forti-tlant, ilya un juste milieu, car il nefaut pas tomherd'un exces dans un autre; c'est au vetennaire traitant qu'il appartient de diriger avec tact l'alimentation de tel ou tel sujet.
II ne faut pas craindre d'allumer et d'entretenir la fievre du malade; ii. faut plutot craindre de ie voir vivre aus depens de sa propre substance. On devra observer, sur-veiller, later la faculte digestive du cbeval, et ne pas se rebuter (Tevant un refus d'aliments. On usera de patience et d'atlention ; on fera presenter ä la main soit quelques brins de luzerne ou de sainfoin; puis, un instant apres, ce seradel'avoine en petite quanlite, placee dans le creuxde la main du cavalier qui le pause habituellement, ou encore une mince tranche de pain, et ainsi de suite, et toujours pendant la maladie. 11 sera bien rare, avec ces petils soins amis, de voir le cbeval refuser lanourriture. Sila maladie est tellement avancee que tout instinct de conservation ait disparu, on nonrrira ä la seringue, et ce liquide, bien
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3öHnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYI'HOIDES,
charge de farine d'orge, sera en partie degluti, et le reste nura pour immense avanlage de gargariser, detergev le fond de la bouche, qui est le plus souvent reconvert de matieres saburrales infecteSj matiöres dont Todeur oleau malade toutappetit, par suite de degoüt.
Faute d'fmile, la lampe s'eteint! Nourrissons done les malades, entretenons la lampe vitale, pour ne pas voir Vanimal s'eteindre faute d'aliments reparateurs.
Si rapplication rigoureuse de ces principes e^t absolu-ment indispensable pendant la duree de la maladie, eile Test bien plus encore pendant la convalescence, qui est souvent Iroublee par de graves et morlelies rechutes.
Nous pensons que, dans le cas oü I'affection typhoidesc declarerait enzootiquement dans un corps, ce serait une sage et prudente mesure que de provoquer aupres du chef du corps I'etablissement d'une infirmerie en dehors du foyer producteur, oil Ton place; ait non pas seulement les convalescents, mais encore ceux qui, Abs le debut, n'offriraient que des symplönaes legeis et peu inquietants. Gelte mesure, mise ä execution, am ait, nous en sommes certain, poureffetde diminuerconsiderablement lespertes, et d'empecher que les convalescences ne fussent longues etdifflciles.
Thioriquement, e'est praticable; mais, militairement parlant, e'est peut-etre plus difficile.
Quand un veterinaire esl bien convaincu, sn convic­tion gaynera toujours vn colonel, el alors... plus d'impos-sibilites!
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lliAIIKMKM.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Su'J
SECTION II.
Des moyens therapeutiques.
Avant de parier du Iraitement propre ii chaque manifes­tation, nous allous jeter un coup d'oeil sur la valeur des inoyens therapeutiques employes genöraleraent.
Valeur de ces mot/em.
La variete des traitements employes jusqu'a ce jour de­note ou Timpuissance de la therapeulique suiyie, ou la gravite delaffeciion : Tune et l'autre, peut-etre.
En 1859, nous avions un si grand nombre de malades, et la mortalite etait teile, que noire veterinaire en premier resolut de faire, ä titre d'essai, differents lots de malades, et de trailer chaque cheval, de chacun des lots, suivant teile ou teile indication :
1laquo;* Lot......nbsp; nbsp; 13 clievaux. Medical]on expäctante.
2raquo; Lot......nbsp; nbsp; Klnbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;tonique et lurTugliieu^c.
3e Lor......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; contro-stimulfintc.
4e Lot......nbsp; nbsp; iiinbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; purgative.
.'gt;lt;- Lot......nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ileplelive.
C'' Lot......nbsp; nbsp; II)nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;revLilsivc
7deg; Lot......nbsp; nbsp; innbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; (liui-cliquo.
8e Lot......nbsp; nbsp; 10nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; stjmulante et antisepliqno.
Ces experiuiicea, par trop exclusives, n'ont peut-etre pas une grande valeur absolue, au point de vue des resul-tats fächeux obtenus; ellt-s nous ont loulefois permis d'en
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360nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TtPHOlDES.
apprecier la valeur relative, eu combinant, dans un irai-tement, teile ou lelle medication qui, selon la forme, nous a paru etre favorable. De tous ces traitements, ceux qui nous ontsemble les plus rationnels, les plus feconds en iieureux resultats, sent: lu methode ex/jectanle, les toni-ques, les purgatifs, les diuretiques et les revulsifs cutanes.
1deg; Methode bxeectahte. — L'expectalion a une duree dependante de la marche de la maladie ; car il peut arri­ve)' que, d'emblee, la forme soil nettement dessinee, et alorspasde medecine expectante: üfavt cujir de suite. Mais e'est lä lecas le moins ordinaire; car, ie plus souvent, la pöriode d'incubation met un certain temps avant I'explo-sion de la maladie reelle. Nous formuierons notre principe par cette proposition en deux termes : Prudence et obser­vation !\La tlehors de cetle iigne prudente, on s'exposera bien certainemen!, ii commettie des erreurs et a jeterune perturbation profonde dans l'econümie d'un animal, que la nature seule aurait peut-etre gueri 1
C'est surtout pendant cette periods d'expectation que I'ondevra tenir la main ä la stride application des soins hygieniques, et que 1'on pourra user moderemeal des pur­gatifs minoratifs et des diuiotiques salins, dont les effets therapeuliques aideroot ou luUeront la disparition d'un simple malaise, et dont faction benigne ne pourra qu'at-tenuer I'apparition de la forme typholde en vole d'evolu-tion. Nous ajouterons que, si Vexperience dCactualite a bien demontre au veterinaire que les setons n'occasionnaient pas de chutes de peau ou d'autres accidents, on ne devra pas craindre de placer deux setons au poitrail, dtvant agir ä la fois comrae revulsifs et depurateurs. II arrive ceptndaat un moment oü le role expectant
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TRA1TEMK.NT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 361
eesse, pour faire place au role actif, c'est-ä-dire au traite-tement essentiellement curatif; car, malgr6 les soins pre-venlifs, la formt de la maladie s'est declaree.
2deg; MEDICATION TONIQUE ET FERRUGINEÜSE. — Elle CSt le
corollaire nalurel et indispensable de ralimentation qui, nous Tavons dit, ne devra jamais faire defaut. Si 1'on est bien penamp;rö que le cartictöte essentiel de ces affections est une alteration plus ou rnoins profonde du sang, on comprendra que ce n'est que par Talimenlation, les toßi-ques, les amers, les ferrugineux, qu'il y aura lieu d'espe-rer pouvoir latter contre la mort qui menace le sujet. Par cette medication, on releve les forces, on leur donne la resistance necessaire pour supporter les complications, on determine des reactions favorables, et enfin on abrege les convalescences.
On aura done recours i celte medication avec perseve­rance et dans tons les cas, e'est-a-dire sans avoir egard ä ia forme de la maladie.
3raquo; Medication coNTiio-STiMULANTE. — Si, dans les pneu-monies franches, Tömetique a une action speciflque, il ne serait pas absolument indique dans la forme pectorale qui, nous le savons, n'a aueun des caracteres de l'inflam-mation tranche; si on Femploie, ce sera concurremment avec les toniques et les diureliques ; car, seul, il serait d'une inefficacite certainlaquo;; son action serait plutöt comme sudorifique, de meme que tous les aritimoniaux; a ce litre, 1'emelique peut etreutile.
4deg; Medication purgatitb. — Ella est d'un secours efti-cace, quand eile n'est pas employee sans indication ; eile aide ä relever l'appetit et ii favoi iser les functions trou-blees du tube intestinal, On choisira, les purgalifs salins,
2!
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302nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS IVPllüllitS,
dont l'action est douce et sulfisammem coatiuue; 011 n'cn fera pas un u^age journalier ; on altendra les etfets qui devront se produire. L'abus des purgatifs est une cause frequente de mortality, parce qu'ils excitent tiop les in-testins, et agissent dans le sens du mal.
Leur mode d'adiniuistratiou n'est pas non plus indifte-rent, quant aux resultats qui doivent en etre la conse­quence : on a l'habitude de les donner en lavaije dans les barbotages, qui comptent au cbeval comme ration ali-mentaire ; qu'arrive-t-il ? le cheval prend son barbotage, desagreablement sale, une fois, deux ibis, trois fois peut-elre; ä la quatriöme fois, il refuse, il boude. Que fait-qn alors habituellement? Si le veterinaire n'est point present pendant ce repas medicinal, les gardes d'ecurie laissent le ciieval au bout de sa longe, sans renouvelev le barbo-tage, ou ils le renouvellent sans addition^, bien entendu, rie sels purgatifs. En sorte que voilä un malade qui, d'a-bord, u'a pas ete purge, comme on avail cm devoir le faire, parce qu'il a refuse son barbolage; et qui, ensuite, ayant peut-etre soif el faim, a ete prive de boisson et de farine d'orge, et cela aux depens de ses forces vitales, deja affaiblies.
Ceci se fait cbaque jour. Nous preferona administrer les purgatifs, les diuretiques et tousles seis solubles, sous forme d'electuaire, en ayant la precaution de faire fondre ies sels avant de les meler au miel et ii la farine de reglisse. le ia horte, on sera d'abord certain que le malade a pris en entier la medication prescrile; et puis que le malade n'aura piusde ces degoüts qui i'empechent de manger, de-goüts qui se prolongent fort longtemps par une sorte de metiance uislinctive.
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IliAlTEJlHNT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;363
Contrairement ä lopinion generale, nous preconisons des le debut les purgalift drastiques, k la dose, une seule fois donnec, de 30 k 45 grammes de poudre d'aloes, en electuaireou en bol.
Nous avons soimnt conslate les bons etfets de cette niedication dans les campagnes ; e(, en i8W, etant ä Meaux, avee le depot des lanciers de la Garde, ce dernier perdait beaucoup de fihevaux, quand nous, qui usions des drastiques au debut, nous n'en avons pas perdu m seul.
5deg; Medication depletivjs. — Eu principe, la saigneedoit etre proscrite ; car le pouls, toujours laible, lent et mou^ ne I'indiqae pas sulfisanament.
Gependant, ü y a des exceptions. Ainsi, le pouls s'etant releve sous l'influence des rövulsifs, et se nmintenant piein et accelere, il y a indication de pratiquer une petite saignee d'abord, sauf ä la renouveler si l'etat de surexcita-tion se prolonge ; cependant, mamp;ne dans ces cas excep-lionnels, il ne faudra jamaisabuser; horsde lä, la saignee sera tres-nuisible toutes les fois que le pouls sera lent, faible et mou.
Dans les affections typhoides, le sang se delruit rapide-meat et ne se nnouvelle que lentement; en retirant done mal apropos du sang, on Mie la mort du tujet. Nousen avons fait malheureusement I'experience; en outre la saignee, si petite soit-elle, falte dans de mauvaises condi­tions, provoq^e, comme nous l'avons vu, des syncopes, qui tradulsent aux yeux des moins clairvoyants les incon-venienls de la fftcheuse voie dans laquelie ils seraient disposes a s'engager.
6deg; Medication revulsive. Setons, lesicutoires, sim*
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364nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;iFFECTIONS IYPH01DBS,
pismes, etc, — Parmi les revulsifs, il y a uu choix qui de­pend de la manifestation predominante au moment oü l'on est pret ä diriger un traitement. Si, comma nous l'avons dejä dit, I'experience locale a damp;nontre qua le sang n'efait pas trop profondement viele, l'emploi du seton est indique; saulement, il ne faut pas en multiplier I'usage, ainsi que nous Tavons vu trop souvent pratiquer j car, au lieu d'agir comme revulsif, il agit comma epuisant de 1'economie, par I'abondante suppuration qui jaillit sans cesse do chacune des sources (la manque da suppuration est toujours d'un mauvais augure, cependant). Si, au con-traire, le sang est vicie; si dejä on a observe des accidents consecutifs aux setons, ne serait-ce que sur un seul sujet, on doit s'abstenir alors d'avoir recours ii cat agent tevulsif. En effet, n'avons-nous pas suftisamment demontre, que les setons ont generalement etö suivis de chutes de paau et de plaies hideuses, jncicalrisables i1 11 appartient done au veterinaire de decider pour uu contre le seton, salon les cus.
Les vesicatoires prodnisent des efl'ets moins redoutables que las setons; cependant, comme leur action est plus immediate, mais de moins de durea, on comprendra qu'ils ne peuvant se subslituer aux setons dans un raemebut. Ordinairement, on ne les amploia pas, das le debut, comme revulsifs devant agir avec efficacite dans un cas urgent, mais bien seulement comma revulsifs devant pro-longer I'action d'autres agents plus puissants, tels que les sinapismes par exemple. Si on en faisait un large usage on davrait, non sans raison, radouter laurs effets directs sur les reins, par suite de l'absorption de la cantha-ridine.
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TRAITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 365
Les sinapismes sont, en quelque sorte, le Deus ex ma-china ofo traitement curatif. Tls doivent amp;re fails defarine de moutarde fraichement moulue, et etre appliques large-ment sous la poitrine, se prolongeant fort en arriere et remontant ä mi-cotes. Leur duröe de söjour döpendra des effets produits, effets;qui se traduisent par un epais et vaste engorgement de la region sinapisee ; si, apräs cinq ou dix heuresd'appiication, le sinapismen'a fourni qu'une legäre infiltration, 11 vaut mieux replacer le mfeme cata-plasmequed'avoirrecoursäunautretoutnouveau,parceque nous avons remarque que, dans le cas de non-echange, il y avait moins h craindre les chutes de peau. On peut laisser le meme sinapisme douze, vingt-quatre et meme trente-six heures ; il n'y a pas d'inconvenients, s'il n'a pas 6te renou-vele (c'est mauvais signe, quand le sinapisme n'a produit aucun effel). Quel que soitl'engorgementobtenu, il faut le fixer par du vesicatoire place en arriere, pres du fourreau ou des mamelles, de maniöre ä pouvoir, sans inconvenient, garantir du froid la plus vaste surface revulsee ; car^ par tons les moyens, il faut eviter une repercussion.
Si l'application du sinapisme n'a pas eu, sur la maladie une apparence de victoire, il est indique d'agir de nouveau avec energie; pour cela, nous avons plutöt eu ä nous louer des frictions d'/mledeeroton tiglium, dans la proportion de 30 yovttespovr 3 centilitres d'ladle ordinaire. Nous prefe-rons cet agent si actif, quand il est de bonne qualite, au vesicatoire, en application sur la partie revulsee, parce que l'huile decroton est d'un emploi plus facile, parce queses effets sont prompts, et parce qu'enfin son absorption peut thörapeutiquement agir sur le tube intestinal; tandis qu'un vamp;sicatoire d'une pareille etendue ne produira que des
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mnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIÜKS,
eflfets relativement moindres et que son absorption est h craindre.
Enfin, laquo;oms repoussons, commemoyens revulsifs, I'usage des scarifications, qui sent suivies d'hemorrhagies tres-prejudiciables au sujet. Nous repousaom les poinles de feu penetrantes, qui peuvent avoir pour resukat d'amener dos sources inlarissables de suppuration epuisant le malade, et doccasionner des chutes de peau, en formant d'immenses plaies suppurantes. Si ranimal guerit dans de telles con­ditions, il gueriia avec son epuisement, dont il ne pourra que raiement se relever; s'il meurt, ce sera en partie le fait de cet epuisement, qu'on aurait pu eviter.
Nous ne noussommes etendu que sur le siuapisme fixe, parce qu'il est le plus usite; mais on a souvent besoin d'en appliquer aux plats des cuisses et aux extremites; ces sinapismes volants produisent souventd'heureuxeffets,
7deg; Medication diumStiquk. Favoriser la secretion uri-naire, tel doit elre le but constant du veterinaire. En France, tons les Yeterinaircs front d'accord sur cette medi­cation ; et, en Allemagne, on est si bien pönetre de son avantage, que Vinfluenza a regu le nom pittoresque de maladie du salpetre (Salpeter-Krnnheit). — Voir et con-suiter le memoire de M. Knoll, pub'.ie dans le Journal de medecine veterinaire de l'Ecole de Lyon en. 1859, sous ce titre : Influenza des chevoux (page 38).
Deux medications puissantes sont en notre pouvoir : -1deg; l'azotate de potasse ; 2deg; l'huile essentielle de töreben-thine. Nous avons essaye de Vune et de Tautre, et nous pre-ferons,au debut, le sei de nitre ä la dose de 30 ä 420 grammes par jour; ce sei sera avantageusement remplace par I'es-sence de terebenthine, mais seulement ä titre provisoire,
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TBÄITEMBNT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 307
car cette essence agit trop promptement et trop vivement sin les reins, et degoute les malades; h la dose fractionnöe de 1 decilitre par jour, eile suftira pour entretenir la se­cretion urinaire dans de bonnes conditions et pour per-mettre de revenir au sei de nitre sans que les organes absorbants soient trop impressioune.s de ce cliangement, de cette alternance dans le choix de ces diuretiques.
Nous preferoüs Vacitate depotn^e'a I'azotate; car, pas­sant ä l'etat de carbonnte par suite d'uue reaction qui s'opere dans le sang, il aide beaucoup ä l'excretion des elements anormauxqui s'y Uouventetk leur elimination par les reins.
A haute dose, l'acetate de potasse peut etre d'un grand secours dans le traitement des affections typhoides.
So MEDICATIONS STLMUUNTE, NARCOITOUE, ANTISKPTIQUE.
L'acetate d'nmmoniaque est excitant et antispasmodique; il est utile d'y avoir recours dans les formes ataxiques : il est aussi indique au declin des maladies se traduisant par un affaiblissement considerable et un sang appauvri. Nous croyons qu'on n'a pas assez ['habitude de ce medicament, et que si on l'employait pluä souvent, ou de temps en temps, on ne pourrait qu'en tirer de bons rösultafs.
Nous ne savons pas qu'on ait souvent mis en usage les opinces. Pour notre compte, nous ne I'avons pas fait, ni vu faire. Gependant, en raisonnant par analogic, il est a penser que, dans certains troubles nerveux, desordonnes, on pourrait administrer lo laudanum de Rousseau k la dose fractionnee de 2 ä 3 centilitres par jour, soil en breuvage, soil en electuaire.
Nous avons fait usage de hreuvages ethers, mais ieur ac­tion est trop fugace; nous n'avons pu en constater les effets.
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3G8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDES.
Pour panser les plaies, les chutes do peau, les detri­tus des muscles, on se servira de lotions chlorure.es et excitantes,
SECTION III. Traitement suivant les manifestations.
A. — Mani/'esfations pulmonaires.
Application d'un sinapisme sous la poitrine, qu'on laissera en place jusqu'ä ce qu'il y ait un engorgement süffisant produit. Si, sous l'influence de cette revulsion, le poulsse releve, les muqueuses deviennent phis rouges, il y aura indication de faire une petite saignee, que Ton devra meme renouveler le lendemain, des qu'un mieux appreciable est serieusement constate. Mais si le pouis ne se releve pas, si la prostration persiste, il ne fautpassai-gner ; car, en le faisant, on aggvaverait l'etat du malade. Ces traitementsrevulsifs etdeplelifs ne suffisent pas ä eux seuls pour hater la guerison ; ils devront recevoir, comme adjuvants, les toniques tels que le quinquina, la gentiane en poudreou en extrait, et l'alimentation ; en outre, on ne devra pas oublier les purgatifs salins et Tazotale de potasse ii la dose de 30 ä 35 grammes par jour.
La marche vers la guerison se dessine du septieme au dixiöme jour; si, a cette periode, il n'yapas de mieux r6el; si rausculfatiou denote un progrös dans les lesions pulmonaires ; si le pouls, toujours faible et mou, est ac-compagne d'infiltration des conjonctives, sans rougeur 5
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nUITEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 3(i9
si, enfin, il n'ya pas d'appetit, le role du veterinaire de-vient plus embarrasse ; on doit s'attendre a une mort pro-chaine. Que faire, alors, saiguer ? Non ; mais bien tenter des revulsions nouvelles soit sur les cotes, soil aux fesses, ä l'aide du vösicatoire, ou mieux encore de l'huile de cro-ton tiglium ; pas de setons dans cette phase de la maladie; ils seraient au moinsinutiles, sinon nuisibles; puis conti-nuer ä plus haute dose la medication interne.
Si le sujet n'est soumis aux soins du veterinaire que lorsque des desordres graves se sont döja produits dans les poumons, il ne restera que peu d'espoir, et peu de chances dans le resultat du traitement.
B. — Manifestations abdominales.
Le tube intestinal etant frappe d'atonie, il y a aberra­tion generale de secretion, d'ou indication d'aider a la nature daus ses modes de reparation. Et, d'abord,il faut reveiller I'organisme par un vaste sinapisme sous-pectoro-abdominal, puis fixer I'engorgement par le vesicatoire, et surtout par l'huile de croton. Gela fait, savoir at-tendre! On insistera surlechoix d'une nourriture alibile frequemment distribu^e et toujours sous un petit vo-leme ; de deux jours 1'un, purgatifs salins qui, par leur douce et lente action, süffisant pour exciter moderement le tube intestinal et en modifier la secretion glandulaire ; breuvages ou boissons anodines, emollientes ; lavements legörement irritants ; diuretiques a doses successivement croissantes, le sei de nitre pouvant etre donn^ depuis 30 jusqu'a #9632;! 25 grammes par jour ; et quand on suppose que
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:i7iinbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AKl-l-CTIO.NS TVPH01DES.
la tolerance peut fetre ^tablie, on a recours ä l'essence de törebenthine en electuaire; et, enfin, observer I'applica-tion severe des soins hygieniques plus loin exposes.
La continuite de cette simple medication suffira pour amenerla guerison des cas graves les plus ordinaires; mais quand i'affection ne code pas, ou ne parait pas devoir co­der apr^s quelques jours de ce traitement, c'est qu'alors 1'economie est compromise dans ses divers organes; en effet, nous avons vu des lesions incurables dans presque tous les visceres. Malgre cette aggravation, le veteiinaire ne doit pas pour cela abandonner le malade ; il doit tou-jours compter sur la nature qui, souvent malgre nous et contre notre attente, fait des prodiges etonnants. Dans cescas, on insistera sur les revulsifs cutanes en diverses regions, et sur la medication interne ä laquelle on pourra ajouter I'acetate d'ammoniaque.
Lasaignee est rarement indiquee ; ellene se fera que quand l'acceleration et la plenitude du poulsle comman-deront.
On pourrait essayer despurgatifs drastiques dans le cas de constipation opiniätre;ma;s cela n'est pas necessaire, car les lavements irritants, los frictions sous-abdominales repet6es et les purgatifs salins a haute dose peuvent facilement la faire cesser. Pour la diarrhee, lavements anodius, breuvages opiaces de deux jours Tun jusqu'a ces­sation parfaite.
Enfin, dans certaines circonstances, on peut avoir re-cours aux toniques : le vin ti^de sucre, le bouillon gras, les soupes, etc.; quand on peut se permattre cette licence, on est sür d'arriver ä bien.
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IIUITIiMKNT
C, — Manifestations cerebro-spimles.
La manifestation cerebrale reclame des soins pompts, immediats, energiques. Pas de sinapisme, Tanimal ne le supporterait pas, et cela le surexciterait trop, Revuisifs fixes sur les extremites. Frictions d'huile de croton sous I'abdomen. Purgatifs drastiques, affusions froides et conti­nues sur la tete et la face. Eviterque I'animal nese con-tusionne aumilieu deses mouvements desordonnes. Jamais de setons. Essayer de la saignee; mais nous ne la con-seillons pas.
Ayant place la paraplegie dans les accidents critiques, c'est ä ce paragraphe que nous nous occuperons de son traitement.
D. —Manifestations fondroyantes.
Dans le cas d'affection typhoide foudroyante, le debut estsiinstantane at la mort si proche, quetoute interven­tion de Tart devient a peu pres inutile; car, on doitse le rappeler, le sang, dans ces circonstances, a la plus grande analogic avec celui des animaux attaints de fievre charbonneuse.
Nous ne disons pasqu'il faille, abandonner le malade ; on peut tenter la guerison par lous moyens que le veteri-naire preferera, selon les indications; seulement, nous disons que, de toules les manifestations typhoides, c'est celle-lä qui est la plus fatale.
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372nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
SECTION IV.
Traitement suivant Us epiphenomhies.
Ces traitements speciaux devront 6tre, dans tous les cas, accompagnes des traitements propres aux formes qui predominant lors de la manifestation des accidents cri­tiques.
1deg; Sueurs et diurese.
Silessueurs abondantes se manifestent, il faudra tenir bien chaudement le malade, eviter toute repercussion. 11 sera memebon defavoriser cette crise, qui pent etresalu-taire, par l'emploi des fumigations emollienles geniales, et las continuer tant que les sueurs naturelles ne pren-dront pas, par leur extreme abondance, un caractere in-quietant.
Quanta la diurese, il suffira de I'entretenir par le sei de nitre ä petite dose; il y aurait danger d'augmenter la dose dans le cas oü la diurese normale se maintiendrait ; on ne le feiait que si la secretion de l'urine paraissuit se ralentir.
2deg; OKdemes, mortification des tissus, gang?'ene par­tielle, etc.
Ces accidents sont le nee pins ultra de gravite dans le pronostic. II est inutile d'entrer äce sujet dans des deve-loppements. On traitera localement ces divers accidents
...
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TRA1TEMENT.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 373
comme nous renseignent les principes generaux de patho­logic et de Chirurgie.
3deg; Boitcries intermittentes et paraplegtes.
Connaissant la cause probable de ces boiteries et leur point de depart, on se contentera de condamner Tanimal au repos et de faire des frictions revulsives sur le membre malade.
Quant ä la paraplegia, sinapismes aux fesses, sur les reins; frictions avec le liniment aramoniacal; application d'un vesicatoire. Le choix dependra des symptömes et des effets produits parteis ou tels de ces revulsifs.
4deg; Fourbure,
La trailer localement comme la fourbure ordinaire, en insistant, toutefois, sur les revulsifs genöraux et locaux, et sur les diuretiques.
5deg; Laryngiteraquo; et angines.
La premiere indication ä remplir, c'est de favoriser la respiration, en placant le malade dans un lieu nl trop chaud, ni trop froid. Tenir une forte matelassure sous la region laryngee, pour eviter Taction du froid. User des vesicatoires reiferes, si l'amelioration ne s'annonce pas. Dans les cas urgents, ne pas Msifer ä faire l'operation dela tracheolomie.
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374nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHÜIDES.
6deg; Bniptionde hov.tnns.
Dans l'unet 1'autre cas, avoir recoursäla sequestra­tion ; ce sera, pour les boutons du moins, une mesure de prudence. Ces boutons disparaissent sons une forte applica­tion de l'ongufnt fondant de Giwd.
tquot; Avortement. amp;quot; Syncope. — 9deg; Acres vertigineux.
Nous citons ces accidents critiques pour ordre ; car, dans le cas d'avortement, il n'y a rien ä faire pour s'op-poser ä ce qu'une autre jument n'avortat pas.
Quant aux syncopes et aux acces vertigineux, on se rapportera pour le traiteraent h ce que nous en avons dit au paragraphe precedent.
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DIAGNOSTU..nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;373
CHAPITRE IV
A. — Diagnostic,
Ces affections n'ont aucun caractere d'individxal-ite mor­bide, c'est-a-dire que leur expression symptomatique est multiple; car ce sont lies affections generales sevissant ä la fois sur tous lesorganes. G'est pourquoi leur diagnostic reclame une attention soutenue, et encore faut-ilquele praticien ait fait ecole, parce que certains symptomes fu-gaces et communs a d'autres maladies pourraient trfes-bien passer inaperijus devant les yeux d'un observateur non prövenu, et surtout si cet observateur a une certaine dose de scepticisme sur la question.
En effet, nos annales veterinaires sont pleines d'oppo-sitions systeraatiques : les uns voient^ dans toutes les ma­ladies generales des jeunes chevaux, des symptAmes es-sentiellement typho'ides ; les autres, au contraire, plus exclusifs, nevoient qu'une simple difference entreles ma-ladies les plus ordinaires du jenne äge et certaines mani­festations qu'ils veuleut bien decorer cle 1'epithele : avec alteration du sang!
Nous ne repoussons pas, nous ne repousserons jomais la demonstration de fails qui nous sont inconnus ; mais nous avanQons que la theorie des incroyants auagt; affections typho'ides, n'a pu nous convaincre, nous cboyant ! parce qu'elleest compl^tement opposee a la theorie pratique que nous avons developpee.
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:i78nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
D'autres veterinaires, plus absolus, imbus d'idees m6-dicales que notre pathologie n'a point encore admises, ont decrit ces affections sous le nom de fievre typhoMe, creant ainsi d'emblee, et saus preaves, une nouvelle ma-ladie duchevai. Nousrecusons cette opinion, qui est sans base, car il lui manque les trois etats qid pourraient seuls la soutenir, ä savoir : -f0 la fievre; 2deg; le caractere
ERUPTIP CONSTANT DÜ TUBE INTESTINAL ; 3deg; LA CONTACION !
Dans le diagnostic des affections typhoides, le vöteri-naire devra, pour rester dans de sages limites d'appre-ciation, accepter, d'une part, le principe typho'ide vrait c'est-a-dire aynnt pour caractere essentiel Valteration primi­tive du sang; et, d'aulre part, il devra laisser de cöte les idees d'analogic, fausse ou reelle, entre ces affections du cheval et la fievre typho'ide de lliomme, ainsi que celles qui s'aftirment ^ar/a negation absolue de cette entite morbide. Ces affections etant, comment les reconnaitre ?
A la-suite des manifestations pulmonaires et abdomi­nales, nous avons etabli le parallele entre ces formes typhoides et les formes aigues et franches; nous ne revien-drons done pas sur ces differences, au point de vue du diagnostic. Nous ajouterons ici que, une maladiese pr6-sentant avec des symptömes vagues, des signes d'adynamie donnes par la mollesseet la faiblesse du pouls, et une de­marche chancelante, brisee, on sera en droit d'exclure toute idee de phiegmasie franche qui s'annonce, on le salt, par des signes morbides opposes. Ge premier jalon pos6 dans la voie du diagnostic, on en trouvera un deu-xieme dans la teinte jaune et l'infiltration des conjonc-tives; et un troisiamp;ne jalon sera donn6 par le rösultat de la reaction de Tacide azotique sur le s^rum du sang ; si cJest
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DIAGNOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;377
un pröcipilealbumineux coloröen vertou en bleu, cesera un signe diagnostiquequiatoujours ete pour nous d'une grande valeur.
L'expression morbide persistant et la raaladie suivant sa marcbe ordinaire, on arrivera ainsi plus tard ä diagnosti-quer aisement teile ou teile forme, suivant la manifestation dominante au moment de l'examen.
Un trouble irregulier de la respiration, une modifica­tion dans lemurmure respiratoire, la constatation de tels outels bruits pectoraux, de la toux, annoncent/a forme pectorale.
L'absence des manifestations pulmonaires, la diarrhee oula constipation, les coliques legamp;res et intermiUentes, la douleur des hypochondres ä la pression, la conjonc-tive jaune et trös-infiltree, une faiblesse paticultere du pouls, ce sont la autant de signes qui font diagnostiquer / u forme abdominale.
Un trouble, plus grand encore, annonce par la fixite des symptomes propres ä la poitrine et ä l'abdomen, dö-cMe la forme plus grave et assez commune de la pneumo-enterite typholde.
Que, tout ä coup, les muqueuses deviennent violacees, cyanosees, et recouvertes de taches petechiales ; que le sang, noir, sirupeux et peu coagulable, soit enticement d^fibrine, on sera en face d'une forme redoutable: la forme foudroyante, sideranfe.
Si, ä ces diverses expressions, vieunent se joindre des symptomes ataxiques, de la paraplegia, des accidents convulsifs locaux ou g6neraux, ce sera la forme cerebro-spinale.
Toutes ces formes, icutes ces manifestations, sont sous
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378nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TYPHOIDKS,
l'influence fatale des modifications qu'a pu subir le Sys­teme circulatoire, influences qui se traduisent par la mol-lesse du pouls, la leinte icterique des muqueuses appa-rentes et des petechies qui les maculenf, et par I'exaraen du sang, soil de visu, soil au microscoos.
Quelle quesoit la manifestation, le diagnostic depend de Vequilibreentre les troubles fonctionnels ; et quel que soit cet equilibre, stable ou instable, c'icstl'i'tat do sang oni prime
CE TOUT MORBIDE !
B.— Pronostic.
A toutes les periodes de la maladie, il est toujours grave; car quelle que soit la forme simple du debut, lamarchede la maladieest quelquefois si rapide, que la mort suit do pros ce debut en apparence si benin.
Pourmieux se faire une idee de la gravife ol/solue et re­lative du pronostic, nous dirons qu'au Iquot;1' regiment d'arlil-lerie, la perle des chevaux frappes en 1859 d'affectioris lyphoides, a ete de 119 sur 533, soit un quart; tandis que la perte n a ete que d'tm vingtibme pour les autres maladies, soit 41 sur 883 entres ä 1'infirmerie.
La valeur du pronostic est sous la dependance de causes diverses ; analysons ces causes :
1deg; Lessaisons. — Le pronostic sera d'autant plus grave, que la maladie sevira pendant les deuxiöme et troisieme trimestres. Le releve des registres de i'infiimerie nous donne des resultats eloquents; car pendant les deuxieme et Iroisieme trimestres, la perte a ete de quatre cin-quihmes.
2deg; L'äcje. - -11 est mort des chevaux do tous les äges,mais
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I'RONOSTIC.
379
bien plutöt des jeanes chevaux de remonte que des chevaux adultes, habitues depuis longteinps au regime du regiment et au cümat de la localite, Les H9pertesse repartissent ainsi :
#9632;If! chevaux ügos do..........h ans.
't~ —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;......... n —
•-M -nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .......... 7 -
e - —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .......... s —
#9632;gt;t —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; .......... !1 —.
Total. MS porlos, rlont lo-; li-nis if.imis pour les rir/es de r/ualre a six ans,
3deg; Pates de l'arrivee an corps.— Le releve ci-dessous des notes prises au momeHt de l'arrivea des convois des chevaux, prouve, eu egardäla date de l'entreeärinfir-merie, que celte enzootie n'a pas pris naissance dans la localite occupee par la garnison, puisque la totality des malades a offert les symptomes de l'affection regnanle le jour meme on quelqnes jonrs oprh leur orrivec.
Furonl allcmls le jour do rarrivcc,.........
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; do i It H jours aprcs I'iirrivoo. . . .
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; do 9 ä -15 jours apros l'an'ivöe.. . ,
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; do ^6 a 30 jours aprö^ l'arrivöe. .
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; do 31 a 00 jours apres l'arrivöe. . .
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; de 01 a -100 jours apros l'arriv(?o..
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;do 101 a ISO jours apros ram'vce.
Sur 110 portes.
. 33 chevaux. 80 —
ISnbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
8nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
;gt;nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
5nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;
3nbsp; nbsp; . —
Si, relativement au nombre total des chevaux enlres ä
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380nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFKGTIONS TYPHOIORS.
I'infirmerie pour cetteaffection, on etablit ierelevepropor-tionneljComme ci-contre, on trouve:
Plus d'un tiers pour le jour de Tarrivöe; Plus de la moilie pour 8 jours apres ; Un dixiemc pour 9 a IS jours apres j Un seizieme pour IC k 30 jours apres.
4deg; Formes de la maladie. — II est bien certain que, plus la maladie sera grave, plus le pronostic devra etre grave ; cependant, cette proposition n'est pas absolument inva­riable, ainsi que le prouve cette statistique :
Gucris.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Moris.
Manifeslalion simple, au debul. . . .nbsp; nbsp; Moitie.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;A'eaut.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; rompliquöe, a I'elat, . .nbsp; nbsp; Un quart.nbsp; nbsp; Dix quinziemes.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; compliquco, au declin..nbsp; nbsp; In quart.nbsp; nbsp; Quatre quinziemes.
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Foudroyaate........nbsp; nbsp; Nfent,nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Un quinzieme.
Quand, ä la maladie ordinaire, se joindront brusque-ment des accidents critiques, cela aggravera d'autant le pronostic.
5deg; Examen du serum, — Apräs avoir relate les diverses series d'experiences que nous avons faites surlesang, nous avonsinsiste sur les bons resultatsque peuvent donner les essais ä tenter sur le serum avec i'acide azotique. C'est ici le lieu de r^peter nos conclusions, qui aideront ä fixer le pronostic. Nous disions, que, sur cent saignamp;s la moitie a donne un precipitö variant, en teinte, du bleu de ciel au bleu de Prusse. Un dixieme a fourni des precipites noirs
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PRONOSTIC.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 381
ou brims ; quatre dixiemes, eufin, n'ont donne aucun preci-pite colore, meme sur quelques chevaux morts de cette affection. Nous le repamp;ons, cesessais sent bons a faire ; ils nepeuventqu'aider au vöterinaire ä suivre une bonne voie dans le traitement de ces maladies k debut si variable, si insidieux.
G. — Duree.
Elle varie suivant diverses circonstances, dont lesprin-cipales ont ete les influences des saisons; en general,eile a et'i de courte duree, car plus des trois quarts sont morts en moins de quinze jours de maladie.
Nous resumons ainsi les pertes, quant ä la duröe :
48 chevaux sont morts apres. .
. 1 h
8j
om-s
do maladie.
28 —
— —
9 ii
10
8 —
— —
16 k
20
18 —
— —
n .i
30
9 —
_
31 a
SO
._
11 -
typholdes.
ril i'i
100
ill) pertes
Chevauu
tjaeris.
Hoyenne.
( Maximum., . tie 23 a So jours. ( Jlininiuin. . . de lö ä 20 jour^.
Chevaux worts.
Maximum.. . de 15 ä 23 jouiä. Hoyenne. . . j Minjmumgt;g . de 10 ä IS jours.
Nous terminons ici uos considerations sur hi pronostic,
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382nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; AFFECTIONS TOHOIDES.
tiasees sur des fails, sur des chiffres, qui sont des elements serieux; quoique ces conclusions soient excluslves ii I'enzootie typhoide da 1859, elles nous parais-sent cependant pouvoir ötre applicables ä toute autre enzootie, puree que nos observations reposeut sur un vaste champ d'etudes.
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CONCLUSIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;383
GHAPITRE V.
Conclusions generates.
Iquot; Les jeunes ciievaux do 4 ä 5 ans, sont particuiieie-ment sujets ii une maladie qui doit eti'e designee sous le nom de : Affections lypho'ides.
2raquo; Les chevaux fails peuvent, exceptionneliement, con-tracter cette maladie.
3deg; Ges affections sont rarement sporadiques, mais le plus souvent enzootiques ou epizoutiques ; dans ce dernier cas, elles sont graves et meurtrieres.
4deg; Elles consisteiit ea une serie de symptomes fres-varies, generaux, et propres ix la manifestation ptincipale de la maladie.
ä'J Ces symplömeSj queis qu'ils soient,sont domines par un etat d'adynaiaie, de stupeur qui en forme la caracte-ristiquc; cependant, exceptionneliement on constate des phenomeues ataxiques tres-prononces.
6deg; Ces syraplomes generaux et locaux different essen-tiellement de semblables symptomes des maladies fran-chement inflammatoires.
7deg; Les lesions sont multiples, generates et locales, por-tant rempreinte d'un cachet specifique qui eloigne touto idee d'origine de maladie franche.
8deg; La tesion la plus evidente, la plus conscanie, esi celie du sang ; nan pas toujours pendant la vie, mais toujours upres la mort,
9deg; La lesion organique la plus pathognomonique et gcneralement constante est celle du foie.
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384nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;AFFECTIONS TYPHOIDES.
10deg; L'hematometre, le microscope, la chimie et l'expe-rimentation, ont dömontre :
a.nbsp; — Qa'it y avail un trouble dans la proportion nor­male des Elements coagulables et non cristallisables du sang.
b.nbsp; — Que le plasma renfermait un exces d'elements cristallisables.
c.nbsp; — Que de nombreux cristaux brillants ou colores, et de formes diverses, etaient la caracteristique de cette alteration.
d.nbsp;— Que de nombreux batonnets rigides ou flexueux, solubles dans les acides, floltaient dans le serum.
e.nbsp; — Que les bacteridies n'ont pu que rarement eire constatees ; et encore, n'est-ce qu'öpm la mort et Jamais pendant la vie.
f.nbsp; — Que les globules rouges etaient plus ou moins älteres dans lours formes, et que les globules blancs etaient assez afaondants.
g.nbsp; — Que la mauere colorante de la bile etait en exces dans le plasma du sang.
b. — Enfin, que le sang of/rait quelquefois la reaction A.OIDE apres la mort et jamais pendant la vie.
11deg; Camp;s, amp;Se,c\.\om ne sont pas eontagiemes par inocula­tion.
12deg; Elles sont contagievses par cohabitation, e'est-a-dire qu'elles sont infectieuses.
13' On ne peut scientifiquemertt ni rigoureusement
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CONCLUSIONS.nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;SSB
raltacher leurs manifestations a aucune influence mias-matique ou paludeenne.
Hquot; Leurs causes reelles, propagatrices restent done in-connues jusqu'alors.
15deg; Elks n'ont rien de commun avec la fiivre (uphoidede I'homme ni avec le charbon proprement dit.
16deg; Ces affections sont moins redoutables et moins eni-gmatiques qu'on ne I'a suppose.
l7oUnehygieaebien reglee, bien entendue; uue nouni-ture convenable et süffisante ; quelques purgatifs salins ou meme drastiques, sont necessaires pour emp6crier. retarder ou au moins diminuer la gravite de ces affections.
180Quand la maladie est declaree, les revuisifs energi-ques externes, les diuretiques, les excitants et les toniques, sont indiques pour mettre fin aux desordres organiques et synergiques de ces affections.
19deg; Dans tons les cas, le pronnsticest grave.
20deg; Enfin, pour simplifier ces conclusions, nous repe-terons ce que nous avons dejä exprime h propos de la contagion :
Les affections typho'ides dii cheval sont des mala­dies generales cavsees par une alteration primitive du sang, non contagieuses, non inoculables, mais in-fegtieuses.
FIN.
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TABLE DES MAXIERES
Avorlisscmenl do i'editcurnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;I
PREMIERE PARTIE.
ReVIIK BIBLIOGIUPHIOM: ET CRITIQUE raquo;ES AUTEUnS AVANT TRAITK CETTE QUESTION SOUS DES DENOMINATIONS DfVEUSES.
CHAPITRE I. —Des epizootics en general............. i
GHAPITRE II. — Des enzooties et des epizootics ttiphoulcs ie 182raquo;
A 187f............'......... 9
Section i. — iquot; p^riod^ de 4S3H 1^9.............. 41
Section ii. — laquo;'• periode dc 1800 a 1857.............. /,;
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;Rapport de M. 11. Bouloy sur le concours dc
1866...........'............. 73
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Discussion ä la Sociele contralc dc medecinc
veliirinaire do Paris..............103
Section in.— #9632;!= periode de 1868 a 180-2..............112'
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Rapport de M. H. Bouley sur le concours dc 1870. 118
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Discussion a la Sociele cenlralc do medecine ve-
tirinaire do Paris..................13laquo;
—nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; Resume general...................li^
DEUXIEME PARTIE.
Des alterations du sang inoculations contagion infection___
nature des affections typhoines. CHAPITRE ). — Recherches stir Vctnl ohjeclif rtn snnq pendant la vie el apres la mart.
Section i. — Physiologie du sang...........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; aka
Section n. — Ktat pathologiquc du sang. ....'.quot;quot; .quot; .' .' .quot; .' . . iri;j CHAPITRE U.— Recherclics rbniques, r.rperimcntalcs,viicroscopiriiies
et ohimigues sur les allerationsdu sang el de f urine.
Section i. — Recherches cliniques et experimcntalcs.......107
Section ii. — Recherches miscroscopiques..........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;ION
Section m. — Analyse chimique du sang et de l'urine. . ,quot; .' .quot; .' . 200 CHAPITRE 111. —Inllucnces des alterations du fair sur letal du sang.
Section i. — Des alterations du foic................214
Section ii. — Experieaccs sur le melange artiliciel dc la bile
avec le sang......*........nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; 218
Section m. — Deductions phjsiologiques et applicalinns praliques 222 CHAPITRE IV. — De tacontagion et de Vinfcction.
Section i. — Contagion par cohabitation..............227
Section ii. — Contagion par inoculation du sang. ......'. 228
Section m. — Contagion par inlcction..............\ . 233
CHAPITRE V. — Nature des affectiorts typhoXdes..........241
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gggnbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; IABLB,
TROISIEME PARTIE.
EtIOLOCIE. - SVMPTOMES £T LCSIOXS. - TBAITEMENT. - COHCWSIOWS GENliRALES.
CHAPITRE I. — De Vitiologie.
Section i. — Uevuo retrospective el analytiquc...........-|.,
Section n.—Rceherchcs oliologiques................- '
CHAPITRE 11. — -Des sym-plömes.
280
Section i. — Considöralions gcncralos....._• •.....
Section u. — Dfts affections typholdes en parliculier.......-^
Section in. — Manifestationspulmonaii-es..............-^
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; A. — Debut.................J'-
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; B. — Augment................Til
.....raquo;raquo;O
C
D
_.........29G
i, - Caracteres differentiels........|9'
F.nbsp; — Plcuro-pneumonie...........^
G.nbsp; — Anatomie palhologique........^
11. — Caracteres differentiels........;gt;quot;raquo;
Section iv,
Manifesla
A.
B.
_
C.
_
D.
_
E,
__
F.
tions abdominables............^J
—nbsp; Debut.....'............^ :
—nbsp; Augment...............• ^
—nbsp; E'at...................•mi
—nbsp; Id. in extremis............quot;''
—nbsp; Convalescence.............vjj'.l
r. _ Caracteres differentiels........3*8
Cr. — Analomie palhologique........amp;W
—nbsp; a. — Appareil digestif........^-'
_ b. — id. — glandulairc......aaa
__ c. _ id. — genito-urinaire. . . . •gt;•*quot;
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; II. — Caracteres differenliels........raquo;*-
Section v. — Manifestations c6rcbro-spinales..........^?
Section vi. — Manifestations foudroyantes............%.:,
Section TO. — Des Epiphonomenos.................quot;:H
C11AV1TRE III. — Traitement.
352
Section I. — Des moyens hygi^niques............
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;\. _ Des Iraitcments en general. ....... •quot;-
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;p. _ Des secours hygieniqucs preservatils. . . dod
C. _ Des secours liygieniques curatifs #9632; • • • lt;/^;'
Section n. — Des movens tbcrapouliqncs . . • #9632;,......' ' ' qfilaquo;
Section in. — Traitement suivant les manifestations.......•quot;raquo;
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; a. — Manifestations pulmonaires.......ow
B __nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;id. — abdominales.......|;gt;a
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; c' —nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; id- — c6r6bro-spinales.....|^
_nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; i). _nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp; nbsp;id. — foudroyantes.......raquo;i|
Section iv. — Traitement suivant les Epiphenoraenes.......*'-
CHAP1TEE IV. — Diagnostic, pronoslie, durie..........raquo;
CHAP1TRE V. — Conclusions gcnerales..............6 quot;
Paris. — Imprimerip de E. Donnaud, rue Cassette, 9.
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